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Nietzsche : Introduction à sa philosophie/Humain, trop humain/Des principes et des fins
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| width="33%" align="right"|'''[[Nietzsche : Introduction à sa philosophie/Humain, trop humain/Pour servir à l'histoire des sentimaux moraux|II. Pour servir à l'histoire des sentimaux moraux]]'''
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Cette première partie du livre compte 34 aphorismes. Elle porte sur les problèmes de la connaissance et de ses conséquences éthiques, ainsi que sur les erreurs de la métaphysique, et pose les fondements d'une réévaluation des sentiments et des idées humains (moraux, religieux, esthétiques, épistémologiques) d'après une science nouvelle, la philosophie historique.
== § 1. Chimie des idées et sentiments ==
Le premier aphorisme de ce chapitre annonce le sujet du livre, sujet qui donne une explication du titre : la philosophie historique. Cette philosophie historique découle d'une réévaluation des problèmes philosophiques rendue possible par la réfutation de la métaphysique. En effet, la métaphysique explique l'origine et la nature de tous les concepts moraux, religieux, philosophiques, en y introduisant une division temporelle caractéristique qui leur attribue une valeur supranaturelle. Par exemple, la vérité, la raison, etc. auront une origine surnaturelle, cela veut dire qu'elles ne sont pas engendrées, autrement dit qu'elles sont éternelles, par opposition au caractère éphémère ou vain de l'erreur, des passions, etc.
Or, toute explication métaphysique étant écartée, la question se pose de savoir comment nous pouvons encore expliquer ces concepts, ces sentiments, etc. Par exemple, si la vérité n'est pas éternelle, quelle relation a-t-elle avec l'erreur ? La vérité, de ce point de vue, pourrait être une variété de l'erreur. Ce qui est ici écartée, ce sont les explications métaphysiques qui opposent par nature des concepts ou des comportements psychologiques. D'une manière générale, il faut comprendre comment certaines réalités naissent les unes des autres, la vérité de l'erreur, l'altruisme de l'égoïsme, etc.
Cela suppose de faire l'histoire de ces réalités, et d'en faire une analyse comparable à l'analyse chimique. Ceci démontre en particulier l'importance de la psychologie pour comprendre la genèse des valeurs humaine (par exemple, plus tard, dans [[Par-delà bien et mal#Psychologie du philosophe|''Par-delà bien et mal'', première partie]], Nietzsche fera une psychologie des philosophes). Nietzsche énonce dès ce premier aphorisme ce que devrait être une méthode débarrassée de la perspective métaphysique :
*l'observation morale scrupuleuse et fine ;
*l'art de la nuance : la réalité est faite de degrés ;
*la nécessité de formuler une théorie de la sublimation des instincts pour expliquer la nature de toutes les valeurs humaines.
C'est donc une question de méthode qui se pose. Mais il se pose alors immédiatement un autre problème : le caractère foncièrement inhumain d'une connaissance qui ne recourt plus aux explications humaines habituelles. Non seulement, par une telle méthode, les sentiments humains les plus nobles se trouvent analysés en passions jugées viles, mais on retire du même coup ce qu'il pouvait y avoir de consolateur dans la contemplation de la partie la plus haute, la plus morale de l'humanité, et dans la pensée de sa destinée supranaturelle. Tout ceci est supprimé d'un coup, et la vérité devient ainsi laide et repoussante.
Cette première partie est ainsi partagée à peu près en deux groupes d'aphorismes :
*les aphorismes qui montrent les erreurs de la métaphysique ;
*les aphorismes qui posent les questions méthodologiques et morales sur les conséquences de l'impossibilité d'une perspective métaphysique sur le monde.
Le point sans doute essentiel est que Nietzsche fait dès le début du livre entrer le temps dans le champ de la pensée. Il n'est plus question de se demander ce qui vaut éternellement, et de donner ainsi une valeur absolue à certaines réalités, mais de penser le monde d'un point de vue fini, celui de l'homme, c'est-à-dire d'un être vivant, donc mortel, qui ne sait en somme pas grand chose sur le monde qui l'entoure ni sur lui-même. Il y a là une certaine ressemblance avec la démarche socratique, qui nous appelle à la modestie. Nous verrons que cette perspective temporelle sur la finitude humaine entraîne une redéfinition complète du champ de la philosophie, en particulier une prise en considération de ces nombreux aspects de la vie humaine qui furent longtemps refoulés par la pensée éternelle (par exemple le rêve, dont l'interprétation a une place clé dans la méthode nietzschéenne).
À la fin de l'aphorisme, Nietzsche énonce les domaines qui doivent faire l'objet d'un nouvel examen ; ces domaines forment le plan du livre :
*''représentations et sentiments moraux'', chapitre II
*''religieux'', chapitre III
*''esthétiques'', chapitre IV
*''basse et haute civilisation'', chapitre VI
*''société'', chapitre VII, VIII, IX
*''la solitude'', chapitre X
Les trois premiers domaines sont donc la morale, la religion et l'art. Leur étude sera approfondie au fil des ans dans ''Aurore'', le ''Gai Savoir'', ''Généalogie de la morale'', ''Crépuscule des idoles'', etc. Nietzsche dégagera en effet les types de l'artiste (Wagner, l'artiste moderne) et de l'homme religieux (psychologie du prêtre dans la ''Généalogie), dont nous trouvons déjà les traits caractéristiques dans ''Humain, trop humain''. Nous trouvons également déjà l'idée d'une double origine de la morale, idée qui sera l'objet de la généalogie.
Le domaine suivant, portant sur la société et la politique, conduit à l'élaboration d'une grande politique ; et la solitude est un thème lié au philosophe législateur qui réunit en lui plusieurs traits typiques de l'homme moral, artiste, religieux et politique.
Ainsi, la lecture scrupuleuse de ''Humain, trop humain'' donne une idée précise et développée de l'ensemble de la pensée de Nietzsche qui possède une unité et une continuité parfois occultées par le découpage en trois périodes de sa philosophie. Ce premier aphorisme nous donne à lui seul un plan relativement complet de toutes les œuvres de Nietzsche ; néanmoins, il faut garder à l'esprit qu'on ne trouve pas encore explicitement les grands concepts auxquels on réduit Nietzsche - Volonté de puissance, Éternel Retour, Surhomme.
== § 2. Péché originel des philosophes ==
À l'analyse des sentiments et des idées qu'il propose, Nietzsche oppose le point de vue de tous les philosophes : ceux-ci décrivent l'homme comme une vérité éternelle. Pour répondre à la question de savoir ce qu'est l'homme, les philosophes analysent l'homme actuel, et pensent ainsi le connaître dans son ensemble, ce qui donnerait une clé pour la compréhension du monde en général : le monde est conçu comme originairement semblable à l'homme. Cette théorisation est ainsi une téléogie dont l'homme est le centre.
Cette méthode a quelques présupposés que Nietzsche souligne particulièrement :
*l'essence de l'homme est éternelle ;
*elle est immuable au sein du devenir ; l'homme est en quelque sorte autonome, il est une réalité indépendante des choses ;
*l'homme est mesure (Nietzsche fait allusion à l'étymologie de ce mot) absolue des choses ; thèse que Nietzsche reprend en disant que l'homme est l'animal qui fixe des valeurs, en croyant à l'objectivité de ces valeurs.
Ces attributs traditionnels de l'essence de l'homme sont étonnants par leur démesure, car il montre qu'en réalité l'homme s'est pensé comme ''Dieu''. L'homme s'est ainsi pensé comme un être atemporel, dont l'essence n'est pas touchée par le monde et le devenir.
La thèse opposée soutenue par Nietzsche introduit au contraire, comme nous l'avons signalé plus haut, le temps dans la connaissance que nous pouvons avoir de l'homme. Plus exactement, le temps est l'élément essentiel de cette connaissance. Nous ne pouvons pas sérieusement penser l'homme comme un être sans histoire, qui ne serait pas modifié en son fond de manière substantielle, dont l'existence n'aurait pas fondamentalement de dimension temporelle. La connaissance même que nous pouvons en avoir est soumise au devenir, au changement, au temps. Cette thèse a des conséquences qu'il s'agit d'établir correctement, et ''Humain, trop humain'' en est une étape importante qui sera largement poursuivie par toutes les œuvres suivantes de Nietzsche.
Une première étape consiste à modifier le vocabulaire de la philosophie, modification qui va également exprimer un changement dans le champ de déploiement de la pensée : en effet, la dimension historique de l'homme se traduit dans cette aphorisme par l'emploi de mots et d'expressions qui s'opposent au vocabulaire métaphysique : influence, modeler, événement, évolution humaine, résultat d'un devenir.
L'emploi de ces mots se fait dans les thèses suivantes :
*d'une manière générale, l'homme est le résultat d'un devenir ;
*ce devenir commence bien avant l'histoire connue, autrement dit nous ignorons totalement l'essentiel du devenir humain ;
*l'histoire connue (à peine 4000 ans) présente une humanité relativement stable ;
*les facultés humaines sont elles-mêmes un résultat ;
*l'homme est influencé et modelé par la religion et la politique, parfois de manière très éphémère ;
*il n'y a ni données éternelles ni vérités éternelles.
De là découle cette double conclusion : pour connaître l'homme, il faut établir une philosophie historique ; cette philosophie historique suppose de la modestie. En ce qui concerne la philosophie historique, il s'agit d'étudier l'être homme en tant que tel, c'est-à-dire selon deux axes :
*en analysant les composants de ses sentiments et de ses idées ;
*en décrivant leur histoire.
Cette méthode met particulièrement en valeur l'étude morale des hommes ; contrairement à la métaphysique qui étudie des réalités en apparence très éloignées de la réalité quotidienne de l'être humain, Nietzsche souhaite une science morale qui fasse l'observation de tous les petits courants de la vie (ce point est détaillé par exemple dans le ''Gai Savoir'' : le rythme des jours - fêtes, travail, repos - les problèmes de l'alimentation sur le moral, les conséquences de la vie en communauté, l'étude des différentes mœurs selon le travail, etc.).
Quant à la modestie, elle va être illustrée par Nietzsche dans l'aphorisme suivant avec le cas de la vérité.
== § 3. Estime des vérités discrètes ==
Nietzsche a signalé dès le premier aphorisme la conséquence psychologique radicale de la réévaluation de l'humanité d'un point de vue historique. Sous une forme interrogative, il se demande en effet : faut-il être inhumain (alors que jusque là les philosophes furent trop humains) pour ''voir'' l'homme (ses sentiments et ses idées) et le monde (dénué de finalité) du point de vue de la philosophie historique ?
L'aphorisme trois apporte quelques précisions en abordant le problème de la vérité.
Pourtant, il y a ici un problème : s'il nous faut étudier l'homme d'un point de vue historique, celui qui l'étudie doit ''relativiser'' sa connaissance. En effet, Nietzsche vient de l'affirmer : ''il n'y a pas de vérité éternelle.'' Dès lors, peut-il y avoir des ''vérités discrètes'' ? Or, ici, au lieu de répondre à cette question qui vient naturellement à l'esprit, Nietzsche se dirige immédiatement vers une évaluation ''psychologique'' de la vérité. Ce sont d'autres aphorismes de cette même partie qui répondront à cette question du scepticisme de la connaissance liée à la question de la possibilité d'une véritable réfutation de la métaphysique.
Mais nous pouvons dire cependant que Nietzsche commence déjà à répondre à cette question, en purifiant le concept de vérité de ses dimensions psychologiques injustifiées. Autrement dit, il dégage la question de la vérité de ce qui empêchait d'en poser véritablement la question, et nous avertit implicitement : pour comprendre exactement la philosophie historique, il faut commencer par admettre que les qualités humaines de la vérité sont égarantes et obscurcissent le problème. Ainsi, avant d'en venir à la métaphysique proprement dite, le regard doit se purifier, la pensée doit être claire. Il faut désobstruer ce chemin pollué par l'histoire de la pensée (philosophique, religieuse, morale), chemin qui mène au problème en tant que tel.
Nietzsche commence par souligner le caractère modeste des vérités découvertes par une méthode rigoureuse. Ces vérités s'opposent aux conséquences psychologiques des erreurs humaines ; ces erreurs sont en effet :
*éblouissantes, enthousiasmante ;
*consolatrices et dispensatrices de bonheur ;
*belles.
Ces qualités sont à rapprocher du platonisme : le désir du bien qui fait la passion philosophique en excitant la recherche des vrais réalités, l'éclat et la beauté de la vérité, des Idées éternelles, la perspective d'une vie meilleure pour les justes évoquée dans le ''Phédon'', etc.
Par opposition, on comprend que les vérités que Nietzsche veut soutenir risques de paraître ternes, qu'elles n'existent vraisemblablement pas l'intérêt, et qu'elles ne soulèvent pas les masses ; mais elles sont aussi irritantes, laides et repoussantes, tragiques. Nietzsche rejettera néanmoins plus loin toutes ses qualifications parce ce ne sont jamais que des mystifications, qu'il s'agisse d'optimisme ou de pessimisme.
Ces qualifications ne pas en réalité l'essentiel de cet aphorisme, mais il s'agit plus fondamentalement de la modification du jugement à l'égard des vérités, modification qui est le résultat d'une spiritualisation et d'une plus grande intériorité des formes de notre vie.
À ce stade de la réflexion, Nietzsche énonce le mot de toute sa pensée : intériorité. C'est ici notre thèse interprétative : toute la philosophie de Nietzsche est centrée sur le progrès de l'intériorisation des activités humaines, intériorisation qui est un approfondissement de la vie de l'esprit, un enrichissement et embellissement de soi. Tout est alors résumé par cette formule : ''[...] combien un simple regard où brille l'esprit doit maintenant avoir pour nous tous plus de valeur que la plus belle proportion, que la plus sublime architecture.''
L'homme est œuvre d'art, la plus sublime. La connaissance historique de l'homme proposée par Nietzsche va dans ce sens. Ainsi, paradoxalement, alors que les vérités discrètes sont d'abord jugées laides, par une plus grande intellectualisation l'homme devient lui-même :
*de plus en plus beau (harmonie, éclat de l’œil intelligent), et même sublime (idée de grandeur, de noblesse, de force et de puissance) ;
*de plus en plus profond et vaste (il faut s'assimiler toute la connaissance dira Nietzsche dans le ''Gai Savoir'') ;
*de plus en plus riche.
Ce processus est selon Nietzsche un enlaidissement aux yeux des époques antérieures.
== § 4. « Astrologie et choses apparentées » ==
=== Référence du texte ===
Le titre allemand est « Astrologie und Verwandtes », que l’on peut traduire par « Astrologie et choses apparentées ».<ref>Friedrich Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', aph. 4, dans ''Sämtliche Werke. Kritische Studienausgabe'', éd. Giorgio Colli et Mazzino Montinari, t. 2, Berlin/New York, De Gruyter, 1988, p. 26-27.</ref>
Nietzsche y soutient, avec prudence, que les objets de l’émotion religieuse, morale et esthétique appartiennent peut-être seulement à la surface des choses. L’homme croit toucher, dans ces expériences, le « cœur du monde » ; mais il se trompe, parce qu’il confond la profondeur de ce qu’il ressent avec la profondeur de ce qui est. La comparaison avec l’astrologie sert à rendre visible cette illusion : de même que l’astrologue imagine que le ciel étoilé tourne autour du destin humain, l’homme moral suppose que ce qui lui tient le plus à cœur doit aussi être le cœur même des choses.
=== Analyse du titre ===
Le titre « Astrologie et choses apparentées » est volontairement ironique. Nietzsche ne veut pas seulement ridiculiser une croyance ancienne ; il veut montrer que des croyances beaucoup plus nobles, plus respectées et plus intimes, sont parentes de l’astrologie. Le rapprochement est rude : la religion, la morale et l’esthétique sont rapprochées d’une pratique que la culture savante du XIXe siècle considère déjà comme dépassée. L’effet recherché est clair : ce que l’homme moderne juge puéril lorsqu’il le rencontre dans l’astrologie, il continue peut-être à le pratiquer sous des formes plus honorables.
L’astrologie repose ici sur une erreur d’échelle. Elle interprète le ciel entier en fonction du destin individuel. Elle suppose que les astres parlent de nous, que l’ordre cosmique a pour sens notre bonheur, notre malheur, notre naissance, notre caractère, notre avenir. Or Nietzsche affirme que l’homme moral commet une erreur analogue : il part de ce qui l’émeut le plus fortement, puis il conclut que cette émotion révèle l’essence du monde.
Le mot « apparentées » est donc important. La parenté ne porte pas sur le contenu des croyances, mais sur leur structure. L’astrologue, le croyant religieux, l’homme moral et l’homme qui sacralise l’art peuvent avoir des doctrines très différentes ; ils se ressemblent pourtant lorsqu’ils projettent leurs besoins sur la réalité et prennent l’intensité de leur émotion pour un indice de vérité.
=== Le problème central : confondre profondeur affective et vérité métaphysique ===
La thèse de l’aphorisme peut se formuler simplement : une expérience peut être très profonde pour nous sans révéler la profondeur des choses. Nietzsche ne nie pas que la religion, la morale et l’art puissent bouleverser l’homme. Il dit au contraire qu’ils le rendent profondément heureux ou profondément malheureux. Mais cette profondeur est d’abord psychologique. Elle indique la force d’un besoin humain, non l’accès à l’être même du monde.
C’est ici que se joue la portée philosophique du texte. La métaphysique traditionnelle tend à valoriser ce qui paraît profond : le sacré, le bien, le beau, le tragique, le sublime. Nietzsche soupçonne cette profondeur d’être une illusion produite par l’affect. Parce qu’une expérience nous saisit, nous croyons qu’elle nous met en contact avec l’essentiel. Parce qu’une exigence morale nous semble absolue, nous croyons qu’elle est inscrite dans la structure même du monde. Parce qu’une œuvre nous élève ou nous dévaste, nous croyons qu’elle nous ouvre un accès privilégié au réel.
L’aphorisme oppose donc deux profondeurs. La première est celle du vécu : elle est incontestable comme fait psychologique. La seconde est celle de l’être : elle est précisément ce que Nietzsche refuse d’accorder sans examen. Le sentiment ne prouve pas l’essence. L’intensité ne prouve pas la vérité. La valeur vécue ne prouve pas l’ordre du monde.
=== La critique de l’anthropocentrisme ===
L’attaque vise surtout l’anthropocentrisme. L’homme se place au centre de la réalité. Il croit que le monde doit répondre à ses inquiétudes, à ses valeurs, à ses espérances et à ses blessures. Ce geste est visible dans l’astrologie, mais Nietzsche le reconnaît aussi dans la morale. L’homme moral ne se contente pas de dire : « cela m’importe ». Il ajoute : « puisque cela m’importe, cela doit être l’essentiel ». Il transforme son centre affectif en centre ontologique.
La formule finale de l’aphorisme est particulièrement importante : l’homme moral suppose que ce qui lui tient essentiellement à cœur doit aussi être « l’essence et le cœur des choses ». Le jeu sur le mot « cœur » montre la projection. Le cœur humain devient, abusivement, le cœur du monde. L’homme ne découvre pas l’essence des choses ; il y installe ce qui lui importe.
Il ne s’agit pas seulement d’une erreur intellectuelle. Nietzsche parle de « fierté » ou d’orgueil. La croyance morale contient une forme de vanité : elle suppose que l’univers doit être proportionné à notre sérieux moral. L’homme se donne une importance cosmique. Il n’accepte pas que ses valeurs les plus intimes puissent n’avoir qu’une signification humaine, historique et psychologique.
=== Religion, morale, esthétique ===
Nietzsche mentionne trois domaines : le religieux, le moral et l’esthétique. Leur réunion est significative. Dans ses premiers écrits, l’art, en particulier la tragédie grecque et la musique, semblait encore porter une puissance de révélation métaphysique. Dans l’aphorisme 4 de ''Humain, trop humain'', l’esthétique est ramenée au même plan critique que la religion et la morale. Elle n’est plus un accès privilégié au fond de l’être ; elle devient un phénomène humain à analyser.
La religion est touchée parce qu’elle prétend souvent donner accès au sens ultime du monde. La morale l’est parce qu’elle transforme des valeurs humaines en ordre universel. L’esthétique l’est parce qu’elle peut faire passer l’émotion du beau ou du sublime pour une intuition de l’absolu. Dans les trois cas, Nietzsche ne nie pas l’expérience ; il en conteste l’interprétation métaphysique.
Cette critique ne signifie pas que religion, morale et art soient sans importance. L’erreur serait de lire l’aphorisme comme un simple mépris. Nietzsche dit plutôt que leur importance doit être comprise autrement : non comme révélation du « cœur du monde », mais comme symptôme de la vie humaine. Ils deviennent des documents sur l’homme, sur ses besoins, ses fiertés, ses peurs, ses puissances d’idéalisation.
=== La surface des choses ===
La notion de « surface » ne doit pas être comprise trop vite. Dire que les objets religieux, moraux et esthétiques appartiennent à la surface des choses ne signifie pas simplement qu’ils sont insignifiants. La surface est le lieu où apparaissent les phénomènes humains, les formes, les interprétations, les affects. Elle n’est pas le néant. Elle est ce que nous pouvons observer, décrire, comparer, historiciser.
Nietzsche renverse ici une hiérarchie ancienne. La métaphysique méprise souvent la surface au profit du fond, de l’essence, de l’arrière-monde. Nietzsche, lui, apprend à regarder les surfaces avec patience. La surface n’est plus ce qu’il faut fuir ; elle devient ce qu’il faut savoir lire. Ce déplacement est essentiel pour comprendre la suite de son œuvre : les valeurs ne seront plus considérées comme des vérités tombées du ciel, mais comme des signes, des formations, des produits d’une histoire.
L’aphorisme prépare ainsi le geste généalogique. Lorsqu’une valeur se présente comme absolue, il faut demander d’où elle vient, ce qu’elle exprime, quel type d’homme elle suppose, quelle souffrance ou quelle puissance elle traduit. L’aphorisme 4 ne contient pas encore toute la méthode de la ''Généalogie de la morale'', mais il en annonce déjà l’esprit : ramener les valeurs à leurs conditions humaines de formation.
=== La prudence du « probablement » ===
L’aphorisme commence par « il est probable » — en allemand : « Es ist wahrscheinlich ». Cette prudence est capitale. Nietzsche ne remplace pas une métaphysique par une autre. Il ne prétend pas posséder à son tour le vrai « cœur du monde ». Il propose une hypothèse critique : il est plus raisonnable de penser que nos émotions religieuses, morales et esthétiques appartiennent à l’ordre humain et phénoménal que de les prendre immédiatement pour des révélations de l’essence.
Cette manière de procéder correspond à la « vertu de modestie » que Nietzsche associe, dans les aphorismes voisins, à la pensée historique et scientifique. Le philosophe doit renoncer à parler trop vite de l’éternel. Il doit apprendre à soupçonner les grands mots lorsqu’ils dissimulent des besoins humains. La modestie n’est pas ici une faiblesse ; elle est une discipline contre l’orgueil métaphysique.
=== Rapport avec l’esprit libre ===
Le destinataire implicite de cet aphorisme est l’esprit libre. L’esprit libre n’est pas celui qui ne croit à rien par tempérament. Il est celui qui supporte de ne plus accorder immédiatement aux valeurs les plus chères un statut cosmique. Il accepte que ce qui émeut profondément l’homme puisse n’être que trop humain.
Cette liberté est difficile, car elle retire à l’homme une consolation majeure. Croire que le bien, le beau ou le sacré touchent le cœur du monde donne à la vie une garantie. Nietzsche retire cette garantie. Mais il ne retire pas toute valeur à la vie : il oblige seulement à ne plus confondre valeur humaine et vérité métaphysique.
La liberté de l’esprit consiste donc ici en une décentration. L’homme doit cesser de croire que le monde a été fait à la mesure de son cœur. Il doit apprendre à voir ses croyances comme des interprétations humaines. L’image de l’astrologie a précisément cette fonction pédagogique : elle nous fait sentir le ridicule d’une projection que nous continuons à pratiquer dans des domaines plus respectables.
=== Prolongements dans l’œuvre de Nietzsche ===
La comparaison entre morale et astrologie revient plus tard chez Nietzsche. Dans un fragment de 1880, il écrit : « L’ordre moral du monde — une sorte d’astrologie ».<ref>Friedrich Nietzsche, fragment posthume 6[242] de 1880, KSA 9, p. 261.</ref> Dans ''Par-delà bien et mal'', il rapproche encore la morale traditionnelle de l’astrologie et de l’alchimie, en les présentant comme des formes de préjugé et de pensée non scientifique.<ref>Friedrich Nietzsche, ''Jenseits von Gut und Böse'', aph. 32, KSA 5, p. 51 ; voir aussi Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches Jenseits von Gut und Böse'', Berlin/Boston, De Gruyter, 2016, p. 259-260.</ref>
Le commentaire d’Andreas Urs Sommer sur ''Par-delà bien et mal'' éclaire rétrospectivement l’aphorisme 4 de ''Humain, trop humain''. Il souligne que l’astrologie, l’alchimie, la morale et la philosophie dogmatique ont en commun de subordonner le monde à un désir humain d’ordre, de sens et de correspondance. Elles refusent une vue désintéressée du réel et supposent que le monde est organisé selon des catégories humaines.<ref>Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches Jenseits von Gut und Böse'', Berlin/Boston, De Gruyter, 2016, p. 259-260 et p. 509-510.</ref>
L’aphorisme 4 apparaît ainsi comme une première formulation concise d’un motif durable : la critique de la « moralisation » du monde. Ce que Nietzsche combat, ce n’est pas seulement telle ou telle morale, mais la tendance à faire du monde entier le miroir de nos jugements moraux.
=== Difficultés et limites de l’aphorisme ===
L’aphorisme soulève cependant une difficulté. Nietzsche critique l’idée que nous touchions le cœur du monde, mais il continue d’utiliser les images du cœur et de la surface. On peut se demander si cette opposition ne conserve pas quelque chose du vocabulaire métaphysique qu’elle critique. Si Nietzsche affirme que la religion, la morale et l’art ne sont que surface, ne suppose-t-il pas encore qu’il y aurait un fond plus vrai ?
La réponse doit être nuancée. Nietzsche ne décrit pas ici positivement un fond ultime. Il utilise l’opposition entre surface et cœur pour retourner contre la métaphysique son propre langage. Son propos n’est pas : « je connais, moi, le véritable cœur du monde ». Il est plutôt : « rien ne nous autorise à prendre nos expériences les plus intenses pour une révélation de ce cœur ». La notion de surface sert donc moins à définir une ontologie qu’à produire une discipline du soupçon.
Une autre difficulté concerne la morale. Si l’homme moral projette ses valeurs sur le monde, faut-il conclure que toute morale est fausse ? L’aphorisme ne dit pas exactement cela. Il dit que la prétention métaphysique de la morale est suspecte. Une morale peut avoir une fonction humaine, sociale, psychologique ; elle peut organiser une forme de vie. Ce qui est contesté, c’est son droit à se présenter comme l’essence même des choses.
=== Portée philosophique ===
La force de l’aphorisme tient à sa brièveté. En quelques lignes, Nietzsche déplace le problème de la vérité morale, religieuse et esthétique. Il ne demande pas d’abord : « ces croyances sont-elles nobles ? », ni même : « rendent-elles heureux ? ». Il demande : « de quel droit leur attribuons-nous une portée métaphysique ? »
L’aphorisme apprend donc à distinguer trois plans : l’intensité vécue, la signification humaine et la vérité du monde. Une croyance peut être intense sans être vraie. Elle peut être significative pour l’homme sans exprimer l’essence des choses. Elle peut avoir une grande puissance de formation sans posséder la valeur d’une révélation.
Cette distinction est l’un des gestes essentiels de la période dite « positiviste » ou « éclairée » de Nietzsche. Le mot « positiviste » doit toutefois être employé avec prudence : Nietzsche n’adhère pas simplement au modèle d’une science accumulant des faits. Il adopte plutôt une ascèse intellectuelle : ne pas gonfler nos expériences jusqu’à en faire des vérités cosmiques, ne pas prendre nos besoins pour des lois de l’être, ne pas transformer notre cœur en centre du monde.
== § 5. « Malentendu du rêve » ==
=== Sens général de l’aphorisme ===
La thèse centrale est simple, mais considérable : la métaphysique naît d’un malentendu portant sur le rêve. L’homme ancien aurait pris l’expérience onirique pour une connaissance. En rêvant, il voit des lieux, des êtres, des morts, parfois lui-même dans des situations impossibles. Il en conclut qu’il existe un autre monde, aussi réel que le monde de la veille. Le rêve devient ainsi la première preuve sensible d’un « ailleurs ».
Le point essentiel est que Nietzsche ne présente pas le rêve comme une révélation, mais comme une méprise. Ce n’est pas le rêve qui est métaphysique par lui-même ; c’est son interprétation primitive qui le devient. Le rêve est un fait psychophysiologique. La métaphysique naît lorsqu’on lui attribue une portée ontologique : au lieu de dire « j’ai rêvé d’un mort », on dit « le mort est réellement venu » ; au lieu de dire « mon cerveau a produit une image », on dit « mon âme a voyagé » ; au lieu de dire « j’ai vu une scène intérieure », on dit « j’ai accédé à un autre monde ».
L’aphorisme opère donc un renversement. Ce que la tradition religieuse ou métaphysique présente comme signe d’un au-delà est ramené à une erreur d’explication. Nietzsche ne réfute pas d’abord l’au-delà par un argument abstrait ; il cherche à raconter comment l’idée d’un au-delà a pu apparaître et se stabiliser.
=== La logique du « second monde réel » ===
L’expression « second monde réel » est capitale. L’homme ne se contente pas d’imaginer un monde fictif ; il croit le connaître comme réel. Le rêve a cette puissance particulière : pendant que nous rêvons, ce qui apparaît semble se donner avec la force de la présence. Le rêve ne dit pas : « ceci est une représentation » ; il impose une scène comme si elle était vécue. C’est pourquoi il a pu servir de modèle à la croyance en un monde autre.
Nietzsche ne prétend pas que toutes les doctrines métaphysiques soient directement sorties d’un rêve particulier. Il formule une hypothèse généalogique plus générale : l’expérience du rêve aurait rendu possible la division du réel. Elle aurait fourni à l’humanité une première matrice de dualisme : monde visible et monde invisible, corps et âme, vivant et mort, ici-bas et au-delà.
Il faut donc comprendre la phrase « ici est l’origine de toute métaphysique » avec précision. Nietzsche ne veut pas dire que Platon, Kant ou Schopenhauer se réduisent immédiatement à une croyance naïve au rêve. Il veut dire que la structure fondamentale de la métaphysique, la division du monde en deux ordres, s’enracine dans une expérience ancienne où l’homme crut rencontrer un autre réel.
=== Rêve, âme et corps ===
L’aphorisme rattache ensuite la distinction de l’âme et du corps à la plus ancienne interprétation du rêve. Cette idée est cohérente. Si le rêveur voit un mort, ou s’il se voit lui-même ailleurs que là où repose son corps, il peut supposer qu’un principe intérieur se détache du corps. Le rêve suggère alors l’existence d’un double : quelque chose de nous voyagerait pendant que le corps dort.
Nietzsche mentionne la « Seelenscheinleib », expression difficile que l’on peut rendre par « corps apparent de l’âme », « corps spectral de l’âme » ou « double corporel de l’âme ». L’idée est que l’âme n’est pas d’abord conçue comme une pure abstraction. Elle garde une apparence, une forme, une silhouette, parce qu’elle apparaît dans le rêve. Le rêve donne donc une quasi-corporéité à ce qui sera ensuite pensé comme spirituel.
Cette remarque est importante pour comprendre la méthode de Nietzsche. Il ne part pas d’un concept pur de l’âme. Il cherche les conditions imaginatives et sensibles qui ont rendu ce concept plausible. L’âme n’est pas née d’une démonstration philosophique ; elle serait issue d’une interprétation de certaines expériences : sommeil, rêve, apparition des morts, sentiment du double, hallucination, souvenir vivant des disparus.
=== Rêve et croyance aux morts ===
La phrase finale de l’aphorisme donne l’exemple le plus fort : « Le mort continue à vivre, car il apparaît au vivant dans le rêve. » Nietzsche reconstitue ici un raisonnement élémentaire. La première prémisse est que ce qui apparaît dans le rêve est réel. La seconde est que les morts apparaissent dans le rêve. La conclusion est donc que les morts vivent encore.
Du point de vue moderne, ce raisonnement est fautif. Mais Nietzsche veut montrer qu’il a pu être puissant pendant des millénaires. Il ne s’agit pas d’une erreur occasionnelle, mais d’un schème durable d’interprétation. Le mort rêvé devient le signe d’une survie. De la survie du mort naît la foi aux esprits ; de la foi aux esprits peut naître, par amplification et organisation, la croyance aux dieux.
L’intérêt philosophique du passage tient à ce déplacement : la croyance en l’immortalité n’est pas traitée comme le résultat d’un besoin moral supérieur, mais comme l’effet d’une confusion ancienne entre apparition et réalité. La métaphysique ne naît pas dans la pureté de la raison ; elle naît dans une erreur perceptive et affective.
=== Le mot « malentendu » ===
Le titre ne dit pas « mensonge du rêve », mais « malentendu du rêve ». Ce choix est significatif. Le rêve ne trompe pas volontairement. Il n’enseigne pas une fausse doctrine. C’est l’homme qui le comprend mal. Il prend une expérience interne pour une expérience externe, une image pour une présence, une représentation pour une preuve.
Cette nuance évite de réduire Nietzsche à une simple dénonciation. Le rêve a eu une fonction de formation. Il a donné à l’humanité une matière d’interprétation. Il a élargi l’imagination, nourri les récits, soutenu la mémoire des morts, peut-être même favorisé certaines formes d’art et de religion. Mais il a aussi installé une erreur durable : croire que le monde perçu dans le rêve est un second réel.
Le malentendu n’est donc pas seulement psychologique. Il devient culturel. Une erreur individuelle, répétée et confirmée par des récits collectifs, peut fonder des institutions, des cultes, des doctrines. L’aphorisme montre comment une petite erreur d’interprétation peut, à très longue durée, produire de grands édifices métaphysiques.
=== Rapport avec la « logique du rêve » ===
L’aphorisme 13 du même chapitre prolonge directement cette analyse. Nietzsche y examine la manière dont le rêveur explique après coup ce qu’il éprouve. Un bruit extérieur, par exemple une cloche ou un coup de canon, est intégré au rêve comme si toute une scène antérieure l’avait causé. Le rêveur invente donc une cause après l’effet, puis croit à la vérité de cette cause. Nietzsche formule alors une comparaison essentielle : comme l’homme raisonne encore dans le rêve, l’humanité a longtemps raisonné à l’état de veille. La première cause venue suffisait à expliquer ce qui demandait explication, et cette cause passait pour vraie.<ref>Friedrich Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', aph. 13, KSA 2, p. 33-34.</ref>
Ce passage éclaire fortement l’aphorisme 5. Le rêve n’est pas seulement une source d’images ; il est aussi un laboratoire de raisonnements fautifs. Dans le rêve, l’esprit cherche une cause, mais il se contente d’une hypothèse rapide, affective, improvisée. Cette logique ancienne continue à travailler l’homme moderne. Elle montre que la raison humaine s’est développée à partir de formes primitives d’explication, et qu’elle garde en elle des habitudes très anciennes.
Nietzsche donne ainsi au rêve une valeur généalogique. Le rêve conserve en nous des états reculés de la culture humaine. Il n’est pas seulement un phénomène privé ; il est une survivance. Il permet de comprendre comment l’homme a autrefois expliqué le monde : par analogies immédiates, par personnifications, par causes imaginées après coup, par confusion entre impression et réalité.
=== Métaphysique et histoire des erreurs ===
L’aphorisme 5 appartient à une critique plus large de la métaphysique comme histoire des erreurs devenues respectables. Dans le même chapitre, Nietzsche affirme que ce que nous appelons maintenant « le monde » résulte d’une quantité d’erreurs et de fantaisies accumulées au cours du développement des êtres organiques ; la science stricte ne nous en détache que lentement, mais elle peut éclairer l’histoire de la formation de ce monde comme représentation.<ref>Friedrich Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', aph. 16, KSA 2, p. 37-38.</ref>
Le rêve est l’une de ces erreurs fondatrices. Il ne s’agit pas d’une erreur purement théorique, aisément réfutable. Elle s’est mêlée aux affects les plus forts : peur des morts, désir de survie, besoin de consolation, étonnement devant le sommeil, incapacité à distinguer nettement l’image vécue de la réalité extérieure. Pour Nietzsche, la métaphysique a donc une profondeur historique, non parce qu’elle découvre la profondeur de l’être, mais parce qu’elle plonge ses racines dans les plus anciennes habitudes humaines.
L’expression « par de nombreux millénaires » est importante. Nietzsche insiste sur la durée. Une croyance n’a pas besoin d’être vraie pour devenir puissante ; il suffit qu’elle soit répétée, transmise, ritualisée, incorporée. La métaphysique est ainsi une ancienne erreur qui a reçu la dignité du vrai.
=== Rapport avec les fragments posthumes de 1875-1879 ===
Les fragments de la période 1875-1879 confirment que Nietzsche travaille alors à une critique historique des anciennes cultures. Dans un fragment du printemps-été 1875, il affirme que ce qui nous sépare définitivement de l’ancienne culture est que sa base nous est devenue caduque : foi aux esprits, culte religieux, enchantement de la nature. Il ajoute que la critique des Grecs est aussi une critique du christianisme, parce que cette base leur est commune.<ref>Friedrich Nietzsche, fragment posthume 5[156], printemps-été 1875, KSA 8, p. 83-84.</ref>
Ce fragment éclaire l’aphorisme 5. Le rêve n’est pas isolé : il appartient à tout un monde de croyances où les esprits, les morts, les forces naturelles et les puissances divines sont encore liés. Nietzsche voit dans ces croyances les fondements périssables des anciennes cultures. L’enjeu n’est pas seulement religieux ; il est culturel. Une culture entière peut reposer sur des représentations que la pensée historique et scientifique rend désormais intenables.
Dans le fragment suivant, Nietzsche formule même une tâche : montrer que toute culture repose sur des représentations devenues caduques.<ref>Friedrich Nietzsche, fragment posthume 5[157], printemps-été 1875, KSA 8, p. 83-84.</ref> L’aphorisme 5 accomplit cette tâche en miniature : il montre comment une représentation très ancienne, le rêve comme accès à un second monde, a pu porter des croyances majeures.
=== Ce qui change par rapport au jeune Nietzsche ===
Le texte marque une distance nette par rapport aux écrits de jeunesse. Dans ''La naissance de la tragédie'', Nietzsche accordait encore à l’art, au rêve apollinien et à l’ivresse dionysiaque une portée métaphysique. Dans ''Humain, trop humain'', le rêve n’est plus un accès privilégié à un fond du monde ; il devient l’origine d’une illusion. Ce déplacement est considérable.
Il ne faut pourtant pas dire que Nietzsche cesse de s’intéresser au rêve. Il continue à y voir une puissance formatrice. Mais cette puissance est désormais expliquée de manière historique et psychologique, non métaphysique. Le rêve n’ouvre plus sur l’être ; il renseigne sur l’homme. Il ne révèle pas un arrière-monde ; il révèle la façon dont l’humanité a fabriqué l’idée d’un arrière-monde.
Cette transformation correspond à l’esprit général de ''Humain, trop humain''. Nietzsche y préfère les explications sobres, génétiques, historiques, aux grandes intuitions métaphysiques. Il ne cherche plus à sauver le tragique par l’art ; il veut comprendre comment naissent les croyances qui donnent profondeur et consolation à la vie.
=== Le rêve n’est pas l’inconscient freudien ===
Il faut éviter un contresens. Nietzsche ne propose pas ici une théorie psychanalytique du rêve. Il ne cherche pas à interpréter les rêves comme accomplissements de désir, ni à déchiffrer leurs symboles personnels. Son problème est plus ancien et plus culturel : comment l’humanité a-t-elle interprété le fait même de rêver ?
L’aphorisme porte donc moins sur le contenu particulier des rêves que sur leur statut. Ce qui importe n’est pas tel symbole onirique, mais la croyance que le rêve met en relation avec une autre réalité. Nietzsche ne demande pas : « que signifie ce rêve ? » Il demande : « pourquoi a-t-on cru que le rêve donnait accès à un autre monde ? »
Cette différence est essentielle. L’aphorisme relève d’une généalogie de la métaphysique, non d’une psychologie individuelle du rêve. Le rêve est envisagé comme fait anthropologique : une expérience commune qui a pu engendrer des croyances communes.
=== Une critique de la preuve par apparition ===
L’aphorisme attaque implicitement une forme très ancienne de preuve : la preuve par apparition. Quelqu’un apparaît ; donc il existe. Le mort apparaît ; donc il vit encore. Une figure divine apparaît ; donc elle possède une réalité. Une scène onirique se donne avec force ; donc elle appartient à un monde réel.
Nietzsche montre que cette preuve repose sur une confusion entre présence vécue et existence objective. Ce qui est présent à la conscience n’est pas nécessairement présent dans le monde. Le rêve a pu masquer cette différence parce qu’il est vécu comme réalité au moment où il se produit.
La portée de cette critique dépasse le rêve. Beaucoup de croyances métaphysiques reposent sur le même passage abusif : de l’intensité de l’expérience à la réalité de son objet. L’homme éprouve fortement quelque chose ; il en conclut que l’objet correspondant existe. L’aphorisme 5 donne un modèle simple de cette erreur.
=== La dimension affective : les morts, la peur, la consolation ===
Le texte est très bref et semble froid. Pourtant, son exemple final touche à une expérience affective très forte : le rapport aux morts. Rêver d’un disparu n’est pas une expérience neutre. Cela peut consoler, troubler, effrayer, donner l’impression d’un contact. Nietzsche sait que les croyances métaphysiques ne naissent pas seulement de raisonnements faux ; elles naissent aussi d’affects puissants.
C’est pourquoi la croyance à la survie des morts a pu être si durable. Elle ne répond pas seulement à une curiosité intellectuelle. Elle apaise ou organise l’angoisse devant la mort. Elle permet de maintenir un lien avec les disparus. Elle donne un sens aux apparitions nocturnes. Elle transforme le trouble du rêve en ordre religieux.
La force de Nietzsche est de ne pas se laisser impressionner par cette puissance affective. Il ne la nie pas ; il refuse seulement d’en faire une preuve. Le fait qu’une croyance console ne la rend pas vraie. Le fait qu’une apparition bouleverse ne prouve pas qu’elle vienne d’un autre monde.
=== La formule « probablement aussi du culte des dieux » ===
Nietzsche est plus prudent lorsqu’il parle des dieux : il écrit que la croyance aux dieux vient « probablement » aussi de cette source. Cette prudence importe. Le lien entre rêve et foi aux esprits est direct : voir les morts en rêve semble expliquer la croyance à leur survie. Le lien entre rêve et dieux est plus indirect. Les dieux supposent des opérations supplémentaires : amplification des esprits, personnification des forces naturelles, organisation rituelle, transmission mythique, autorité sociale des prêtres et des poètes.
La prudence de Nietzsche renforce plutôt qu’elle n’affaiblit son argument. Il ne prétend pas expliquer tout le religieux par une cause unique. Il indique une origine possible, ou l’une des grandes conditions de possibilité de la métaphysique religieuse. Le rêve n’explique pas tout ; il rend pensable la division du monde et la survivance invisible.
=== Portée philosophique ===
L’aphorisme a une portée philosophique considérable, car il transforme la question de la métaphysique. Au lieu de demander si l’âme, les esprits, les dieux ou l’au-delà existent, Nietzsche demande comment l’humanité a appris à poser de telles entités. Il substitue à la preuve métaphysique une enquête généalogique.
Ce déplacement est l’un des traits majeurs de la pensée nietzschéenne. Les doctrines les plus élevées ne sont pas prises d’abord comme des vérités possibles, mais comme des symptômes. Elles expriment une histoire, des peurs, des habitudes d’interprétation, des besoins de consolation, des erreurs incorporées. L’aphorisme 5 montre déjà cette méthode dans sa forme la plus concise.
Il en résulte une critique du dualisme. Le dualisme âme/corps, monde sensible/monde suprasensible, vie terrestre/vie posthume n’est pas présenté comme une découverte de la raison, mais comme le prolongement d’une ancienne interprétation du rêve. La métaphysique est ainsi reconduite à une scène très simple : un vivant rêve d’un mort et croit que ce mort vit encore.
=== Difficultés et limites de l’aphorisme ===
L’aphorisme a aussi ses limites. Sa généalogie est très rapide. Nietzsche condense en quelques lignes une histoire immense : rêve, âme, esprits, dieux, métaphysique. Une telle condensation est philosophiquement suggestive, mais elle ne vaut pas comme démonstration historique complète. Les religions et les métaphysiques ont des origines multiples : rites funéraires, expériences de la nature, organisation sociale, langage, pouvoir politique, mémoire des ancêtres, peur, gratitude, domination sacerdotale, poésie. Le rêve est une source probable, non une explication suffisante de tout.
Il faut également lire avec prudence le vocabulaire de la « culture primitive ». Nietzsche parle depuis les catégories du XIXe siècle. Sa manière de distinguer cultures « grossières » et cultures supérieures appartient à un cadre historique daté. Pour un lecteur contemporain, cette terminologie doit être critiquée. Elle ne retire pas tout intérêt au diagnostic, mais elle impose de séparer l’intuition philosophique, la genèse des arrière-mondes à partir d’expériences mal comprises, des schémas évolutionnistes trop simples.
Une autre difficulté tient au mot « métaphysique ». Nietzsche l’emploie ici très largement. Il vise toute doctrine qui sépare le monde en deux ordres et donne au second la dignité du réel véritable. Mais toutes les métaphysiques ne se réduisent pas à la croyance aux esprits ou à l’immortalité. Certaines sont des constructions logiques, des théories de la substance, de la causalité ou de la vérité. L’aphorisme n’en donne pas une analyse complète ; il en vise le noyau imaginaire et affectif.
=== Ce qu’il faut retenir ===
L’aphorisme 5 de ''Humain, trop humain I'' propose une généalogie du dualisme métaphysique. Le rêve aurait donné à l’homme l’expérience apparente d’un autre monde. De cette expérience mal comprise seraient sorties la distinction entre âme et corps, la croyance à un double de l’âme, la foi aux esprits, puis peut-être la croyance aux dieux.
Sa thèse la plus forte est que la métaphysique ne commence pas par une pensée pure, mais par une erreur d’interprétation. L’homme ne découvre pas l’au-delà ; il interprète mal le rêve. Il ne prouve pas l’immortalité ; il conclut trop vite de l’apparition des morts à leur survie. Il ne découvre pas l’âme ; il donne une réalité autonome au double imaginaire qui semble agir dans le rêve.
L’intérêt durable de cet aphorisme tient à sa méthode. Nietzsche apprend à chercher l’origine humaine des croyances qui se présentent comme surhumaines. Il ne se contente pas de nier ; il explique. La métaphysique apparaît alors comme un produit de l’histoire humaine, formé par le rêve, la peur, l’imagination, le besoin de causalité et la puissance des habitudes collectives. C’est pourquoi ce texte, malgré sa brièveté, est l’un des points importants du tournant critique de ''Humain, trop humain''.
== 6. « L’esprit de la science est puissant dans la partie, non dans le tout » ==
L’aphorisme 6 porte en allemand le titre suivant : « ''Der Geist der Wissenschaft im Theil, nicht im Ganzen mächtig'' », que l’on peut traduire par : « L’esprit de la science est puissant dans la partie, non dans le tout ».<ref>Friedrich Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', § 6, KSA 2, p. 27-28.</ref>
Le texte oppose deux manières de pratiquer ou de comprendre la science. Dans les domaines les plus restreints, la science est traitée de manière « purement objective » ou « strictement conforme aux choses » : le chercheur s’attache à un problème limité, sans demander d’abord quel profit existentiel, moral ou consolateur l’homme pourra en tirer. Mais dès que l’on considère les grandes sciences « comme un tout », la question du « pourquoi ? » et du « à quelle fin ? » réapparaît. Nietzsche précise que cette question est « fort peu objective » : elle ne vient pas de l’objet étudié, mais du besoin humain de donner une valeur à la connaissance.
L’aphorisme culmine dans une critique de la philosophie. Celle-ci, placée par Nietzsche au sommet de la pyramide du savoir, ne se contente pas d’étudier des objets particuliers. Elle demande quelle est l’utilité de la connaissance en général, puis elle cherche inconsciemment à lui attribuer « l’utilité la plus haute ». De là proviennent, selon Nietzsche, la métaphysique ambitieuse, le mépris des explications physiques jugées trop modestes, et la tendance de toute philosophie à devenir une « apologie de la connaissance ».<ref>Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', § 6, KSA 2, p. 28.</ref>
=== Situation dans l’œuvre ===
L’aphorisme suit immédiatement des textes qui expliquent l’origine de certaines croyances métaphysiques à partir de phénomènes humains ordinaires : l’astrologie, le rêve, la séparation de l’âme et du corps, la croyance aux esprits. Il précède des aphorismes qui prolongent directement son diagnostic. L’aphorisme 7 affirme que la philosophie s’est séparée de la science lorsqu’elle a demandé quelle connaissance rend l’homme le plus heureux ; l’aphorisme 8 dénonce l’interprétation « pneumatique » de la nature, c’est-à-dire la tendance à lire la nature comme un texte à double sens ; l’aphorisme 9 soutient que même si un monde métaphysique était possible, les raisons qui ont rendu ce monde précieux aux hommes relèvent de la passion, de l’erreur et de l’illusion de soi.<ref>Nietzsche, ''Menschliches, Allzumenschliches I'', §§ 7-9, KSA 2, p. 28-30.</ref> L’aphorisme 6 forme donc un pivot : il passe de la généalogie des croyances à la critique de la philosophie comme besoin de signification.
=== Explication détaillée ===
Nietzsche ne dit pas que l’esprit scientifique serait faible ; il dit qu’il est puissant « dans la partie », mais non « dans le tout ». Cette formule signifie que la science devient forte lorsqu’elle renonce aux grands effets de totalité. La recherche exacte gagne en rigueur lorsqu’elle accepte de ne porter que sur des objets déterminés. Elle ne promet ni salut, ni sagesse universelle, ni réconciliation de l’homme avec l’existence. Elle veut savoir ce qui est, non garantir que ce savoir soit finalement bon pour nous.
La « partie » désigne donc un champ limité, mais non un champ insignifiant. Pour Nietzsche, la petitesse apparente de l’objet est la condition de la probité. Les plus petites régions du savoir peuvent être traitées sans pathos, parce qu’elles n’exigent pas encore que l’homme y trouve le sens de son existence. La grandeur bruyante de la métaphysique est ici moins digne que la précision d’une explication physique, physiologique, philologique ou historique. Ce renversement est essentiel : les solutions modestes, que le philosophe traditionnel juge décevantes, sont précisément celles qui respectent le mieux l’esprit de la science.
La question du « à quoi bon ? » est, dans cet aphorisme, l’indice d’une reprise de possession humaine de la connaissance. Elle paraît légitime, car l’homme veut savoir si la connaissance sert la vie ; mais elle introduit déjà une attente intéressée. À partir du moment où le savoir doit prouver son utilité suprême, il n’est plus entièrement libre. Il est sommé de produire une justification. C’est pourquoi Nietzsche écrit que les grandes sciences, envisagées comme totalité, sont traitées de manière moins impersonnelle que leurs parties. La science cesse alors d’être pure recherche ; elle devient réponse à une demande de valeur.
La philosophie est le cas extrême de ce mouvement. En se plaçant au sommet de la pyramide du savoir, elle prétend embrasser le tout. Mais cette position la rend vulnérable à la plus grande illusion : croire que la connaissance doit avoir pour la vie la plus haute utilité. Sous l’apparence d’un discours sur la vérité, la philosophie défend alors l’importance de sa propre activité. Elle devient une apologie de la connaissance, c’est-à-dire une justification de la connaissance par celui qui vit de connaître.
Nietzsche ne reproche pas seulement aux philosophes d’avoir produit des erreurs. Il leur reproche d’avoir donné à leurs erreurs une fonction d’élévation. La métaphysique « haut volante » naît du désir que la connaissance soit profonde, décisive, indispensable. Elle préfère les hypothèses grandioses aux explications physiques parce que celles-ci paraissent trop pauvres pour satisfaire l’exigence humaine de signification. Or cette pauvreté apparente est, pour Nietzsche, leur force : elles expliquent davantage en promettant moins.
Le passage où Nietzsche rapproche la philosophie de l’art est particulièrement important. La philosophie « veut ce que veut l’art » : donner à la vie et à l’action autant de profondeur et de signification que possible. La formule n’est pas un simple reproche esthétique. Elle signifie que la philosophie traditionnelle, même lorsqu’elle se présente comme pure recherche rationnelle, conserve une fonction poétique : elle intensifie l’existence, elle l’interprète, elle la rend plus habitable. Mais cette puissance d’approfondissement se paie d’une perte de probité scientifique. La philosophie ressemble à l’art lorsqu’elle donne du sens ; la science, dans ses domaines particuliers, se distingue d’elle lorsqu’elle cherche seulement la connaissance, « quoi qu’il en résulte ».
La dernière phrase est l’une des plus fortes de l’aphorisme : les philosophes sont « tyrannisés par la logique », et la logique est « par essence optimisme ». Cette thèse ne signifie pas que tout raisonnement logique soit faux. Elle signifie plutôt que la logique porte avec elle une confiance : confiance dans l’intelligibilité du réel, dans la valeur de l’ordre, dans la puissance du connaître, dans l’idée qu’un monde pensable est aussi, d’une certaine façon, un monde justifiable. La logique devient optimisme lorsqu’elle fait croire que le réel doit répondre aux exigences de la pensée et que la connaissance est nécessairement bénéfique.
Cette formule reprend, en la transformant, un thème déjà présent dans ''La Naissance de la tragédie''. Nietzsche y parlait du « puissant délire » de la science et de « l’optimisme caché dans l’essence de la logique » ; le commentaire de Jochen Schmidt souligne que cette critique du lien entre logique, connaissance et optimisme s’inscrit alors dans la polémique contre le socratisme et dans l’héritage de Schopenhauer.<ref>Nietzsche, ''Die Geburt der Tragödie'', § 15, KSA 1, p. 101 ; Jochen Schmidt, ''Kommentar zu Nietzsches Die Geburt der Tragödie'', p. 289-304.</ref> Dans ''Humain, trop humain'', la perspective a changé. Nietzsche ne demande plus à l’art tragique de sauver l’homme de la science. Il défend désormais les sciences particulières contre la philosophie, c’est-à-dire contre la tendance à faire de la connaissance une consolation globale.
=== Portée philosophique ===
L’aphorisme 6 formule une critique de la philosophie par la méthode. Nietzsche ne réfute pas ici une doctrine métaphysique particulière ; il analyse le besoin qui conduit presque toute philosophie à la métaphysique. Ce besoin tient à la demande de signification. L’homme ne veut pas seulement connaître : il veut que la connaissance ait du poids, qu’elle confère à l’existence une profondeur et qu’elle justifie la valeur de celui qui connaît. La métaphysique naît lorsque ce désir de valeur s’introduit dans la recherche.
La portée du texte est donc double. D’un côté, Nietzsche promeut une discipline scientifique : se limiter, fragmenter les problèmes, refuser les grandes totalisations, préférer les explications modestes aux constructions sublimes. De l’autre, il prépare une critique généalogique de la philosophie : derrière l’amour de la vérité, il faut chercher les besoins, les intérêts, les espérances et les stratégies d’autojustification qui donnent forme aux doctrines.
Cette critique touche aussi l’idée même de système. Le système philosophique promet une vue d’ensemble, mais Nietzsche soupçonne que cette vue d’ensemble exprime moins la structure du réel que le besoin du philosophe de donner à son activité la dignité la plus haute. La science dans la partie renonce au système comme consolation ; elle accepte de ne pas savoir encore ce que vaut le tout. Une telle abstinence est difficile, car elle frustre le désir humain de grandeur. C’est pourquoi Nietzsche associe l’esprit scientifique à une forme de sobriété.
L’aphorisme a également une portée critique contre le positivisme simpliste. Nietzsche ne dit pas : remplaçons la philosophie par la science comme nouvelle foi totale. Une telle conclusion reconduirait exactement ce qu’il critique : la transformation du savoir en valeur suprême. Ce qu’il faut préserver, c’est l’esprit scientifique dans son exercice local, expérimental, impersonnel. Dès que la science devient vision du monde, elle risque de reprendre la fonction ancienne de la métaphysique.
=== Commentaire interprétatif ===
Cet aphorisme est bref, mais il touche un point central de la pensée de Nietzsche : la vérité ne devient pas plus vraie parce qu’elle paraît utile, profonde ou nécessaire à la vie. Il faut donc séparer deux questions que la philosophie a souvent confondues : que pouvons-nous connaître ? et pourquoi voulons-nous que cette connaissance ait une valeur suprême ? La première question relève de l’enquête ; la seconde relève de la psychologie et de la généalogie.
Le texte invite à une ascèse intellectuelle. Il faut apprendre à supporter les explications qui diminuent le prestige de nos croyances. La « physique » mentionnée par Nietzsche ne désigne pas seulement une discipline particulière ; elle représente toute explication qui ramène un phénomène à des causes naturelles, historiques ou humaines, au lieu de lui prêter une signification supérieure. Le philosophe métaphysicien craint ces explications parce qu’elles retirent aux choses leur profondeur apparente. Le libre esprit les accueille parce qu’elles libèrent la connaissance du besoin de grandeur.
Il serait pourtant inexact de conclure que Nietzsche oppose simplement la science, bonne, à la philosophie, mauvaise. La philosophie reste nécessaire comme diagnostic des valeurs, comme critique des illusions et comme interrogation sur les conditions humaines de la connaissance. Ce que Nietzsche vise, c’est la philosophie lorsqu’elle se fait défense intéressée de la connaissance, lorsqu’elle prétend savoir d’avance que connaître est le plus haut bien. Une philosophie fidèle à l’esprit scientifique devrait donc apprendre à se méfier d’elle-même : elle devrait examiner ses propres besoins de sens, ses propres enthousiasmes logiques, sa propre tendance à transformer la vérité en consolation.
L’aphorisme prépare ainsi une nouvelle figure du philosophe. Ce philosophe ne sera plus un fondateur de monde, ni un prêtre de la vérité, ni un artiste du sens total. Il sera plutôt un analyste des illusions de grandeur qui accompagnent la connaissance. Il devra descendre dans les petites choses, dans les causes modestes, dans les explications qui n’embellissent pas. La vraie probité ne consiste pas à donner à la vie le plus de profondeur possible, mais à ne pas confondre notre besoin de profondeur avec la vérité des choses.
=== Conclusion ===
L’aphorisme 6 de ''Humain, trop humain I'' est l’un des textes où Nietzsche expose le plus nettement la rupture du libre esprit avec la métaphysique. La science est forte lorsqu’elle accepte la limitation de ses objets ; elle s’affaiblit lorsqu’elle cherche à se justifier comme totalité. La philosophie, parce qu’elle demande l’utilité suprême de la connaissance, tend à devenir une apologie d’elle-même. Elle veut donner au savoir une profondeur comparable à celle de l’art, alors que l’esprit scientifique cherche la connaissance sans lui imposer d’avance une fonction consolatrice.
La leçon de l’aphorisme est donc une leçon de probité : ne pas demander à la vérité de nous rassurer sur sa valeur ; ne pas préférer les grands édifices métaphysiques aux petites explications vérifiables ; ne pas confondre la puissance de la logique avec une garantie que le réel soit ordonné pour notre bien. Nietzsche ne détruit pas la connaissance : il la délivre de l’obligation d’être une consolation.
== Origine et nature des erreurs de la métaphysique ==
Ce problème capital pour la suite est abordé en 2, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, etc.
Pourquoi des explications métaphysiques ?
*le langage comme pseudo-science
=== L'interprétation du rêve ===
Dans l'ensemble de l'œuvre de Nietzsche, le rêve a une place importante et multiforme. Dans cette première partie de ''Humain, trop humain'', le rêve est l'objet des aphorismes 5, 12 et 13.
L'aphorisme 13 présente une explication psychologique du rêve, appuyée par des aspects physiologiques. L'aphorisme 12 a une importance particulière, car il porte sur les différentes strates affectives et cognitives de l'homme qui justifient l'approche historique de l'homme proposée par Nietzsche dans le l'aphorisme 1. Enfin, l'aphorisme 5 montre que le rêve a rendu possible l'idée d'une seconde réalité.
On remarque d'emblée que l'analyse du rêve recoupe toutes les analyses de la métaphysique ; bien plus, l'interprétation du rêve est une explication intégrale (conditions de possibilités, raisonnements logiques, fonction fabulatrice, etc.) de la pensée métaphysique et de toutes les inventions de l'esprit humain. Mais cette interprétation a également une dimension morale de première importante. Nous allons analyser à présent l'ensemble de ces dimensions.
== Réévaluer le problème de la connaissance ==
*la place de l'illogique
*la nécessité de l'erreur
== Le problème de la finalité de la connaissance ==
*la philosophie est-elle tragique ?
[[Catégorie:Commentaire philosophique]]
[[Catégorie:Nietzsche : Introduction à sa philosophie (livre)]]
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Livre de cuisine/Rôti de porc
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{{Série_cuisine}}
'''Rôti de porc mariné'''
== Viande ==
1 rôti de porc de 1,5 [[kilogramme|kg]], complètement dégraissé et ficelé sans [[barde]]
== Marinade ==
* ½ bouteille de {{i|vin blanc}} sec ([[bordeaux]] ou [[Vin de Bergerac|bergerac]]),
* 1 {{i|carotte}} coupée en rondelles,
* 2 grosses {{i|'=oui|échalote}}s coupées chacune en quarts,
* 1 branche de {{i|romarin}},
* {{i|poivre}} en grain et poivre du moulin (grossièrement concassé),
* {{i|'=oui|herbes de Provence}},
* {{i|clou de girofle|clous de girofle}},
* {{i|'=oui|huile de pépins de raisin}} ou {{i|'=oui|huile d'olive}},
* 4 {{i|carotte}}s en rondelles fines.
== Ingrédients pour la cuisson ==
* Une grosse poignée d’{{i|'=oui|olive noire|olives noires}} à la grecque coupées en 4,
* 4 belles gousses d’{{i|'=oui|ail}} pour piquer dans le rôti,
* 1 grosse boîte de {{i|champignon}}s de Paris (800 g), ou mieux : frais et émincés,
* {{Unité|150|g}} de {{i|lardon}} nature,
* 4 grosses {{i|pomme}}s,
* Wedges surgelées (Picard) : sortes de {{i|frite}}s épicées (ou {{i|pâte}}s). Des frites conviennent également.
== Les cuissons ==
# Faire dorer à la {{Ustensile|poêle}} les champignons bien égouttés avec de l’ail (une gousse hachée finement) et du persil.
# Bien laisser réduire les champignons.
# Réserver.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Faire dorer les lardons dans la poêle.
# Ajouter les carottes de la marinade et les autres, les olives noires et faites bien revenir le tout.
# Laisser cuire 15 min en remuant. Réserver.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Faire cuire en compote les pommes.
# Réserver.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Retirer le rôti de la marinade et le sécher avec un torchon papier.
# Le piquer d’ail avec les 4 gousses, chacune coupée en 2 dans le sens de la longueur.
# Réserver la marinade après l’avoir passée pour ôter les épices.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Faire dorer le rôti dans la cocotte avec un peu d’huile, ajouter les carottes et échalotes de la marinade, les autres carottes, les lardons, les olives noires.
# Bien mélanger et ajouter la marinade. Puis faire cuire à feu très doux pendant 45 min (grand maximum)
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Retirer le rôti de la cocotte. S’assurer que les carottes sont correctement cuites (au besoin achever la cuisson dans le {{Ustensile|four à micro-ondes}}).
# Conserver la marinade.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Décongeler et cuire selon indications les Wedges au four (ou au micro-ondes). Si ce sont des frites, prévoir le temps nécessaire.
# Découper le rôti en tranches assez fines afin que les arômes se développent.
== La présentation et le vin ==
Servir dans des plats séparés afin de laisser le choix aux convives :
* Le rôti,
* Le mélange de carottes, d’échalotes, de lardons et d’olives noires,
* Les Wedges (ou les frites si vous avez préféré cela),
* Les champignons,
* La compote de pomme,
* La marinade,
* Servir de préférence avec un vin du sud-ouest. Éviter les vins trop délicats sur une viande marinée.
NB : Si la cocotte en fonte a un couvercle creux, verser de l’eau froide dans la partie creuse au cours de la cuisson.
[[Catégorie:Plat principal|Porc Roti]]
[[Catégorie:Cuisine française|{{SUBPAGENAME}}]]
[[Catégorie:Recettes de tous les jours|Porc Roti]]
[[de:Schweinsbraten]]
[[ru:Буженина]]
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/* Viande */
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{{Série_cuisine}}
'''Rôti de porc mariné'''
== Viande ==
* 1 rôti de porc de {{Unité|1.5|kg}}, complètement dégraissé et ficelé sans barde.
== Marinade ==
* ½ bouteille de {{i|vin blanc}} sec ([[bordeaux]] ou [[Vin de Bergerac|bergerac]]),
* 1 {{i|carotte}} coupée en rondelles,
* 2 grosses {{i|'=oui|échalote}}s coupées chacune en quarts,
* 1 branche de {{i|romarin}},
* {{i|poivre}} en grain et poivre du moulin (grossièrement concassé),
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* 4 {{i|carotte}}s en rondelles fines.
== Ingrédients pour la cuisson ==
* Une grosse poignée d’{{i|'=oui|olive noire|olives noires}} à la grecque coupées en 4,
* 4 belles gousses d’{{i|'=oui|ail}} pour piquer dans le rôti,
* 1 grosse boîte de {{i|champignon}}s de Paris (800 g), ou mieux : frais et émincés,
* {{Unité|150|g}} de {{i|lardon}} nature,
* 4 grosses {{i|pomme}}s,
* Wedges surgelées (Picard) : sortes de {{i|frite}}s épicées (ou {{i|pâte}}s). Des frites conviennent également.
== Les cuissons ==
# Faire dorer à la {{Ustensile|poêle}} les champignons bien égouttés avec de l’ail (une gousse hachée finement) et du persil.
# Bien laisser réduire les champignons.
# Réserver.
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# Faire dorer les lardons dans la poêle.
# Ajouter les carottes de la marinade et les autres, les olives noires et faites bien revenir le tout.
# Laisser cuire 15 min en remuant. Réserver.
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# Faire cuire en compote les pommes.
# Réserver.
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# Retirer le rôti de la marinade et le sécher avec un torchon papier.
# Le piquer d’ail avec les 4 gousses, chacune coupée en 2 dans le sens de la longueur.
# Réserver la marinade après l’avoir passée pour ôter les épices.
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# Faire dorer le rôti dans la cocotte avec un peu d’huile, ajouter les carottes et échalotes de la marinade, les autres carottes, les lardons, les olives noires.
# Bien mélanger et ajouter la marinade. Puis faire cuire à feu très doux pendant 45 min (grand maximum)
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# Retirer le rôti de la cocotte. S’assurer que les carottes sont correctement cuites (au besoin achever la cuisson dans le {{Ustensile|four à micro-ondes}}).
# Conserver la marinade.
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# Décongeler et cuire selon indications les Wedges au four (ou au micro-ondes). Si ce sont des frites, prévoir le temps nécessaire.
# Découper le rôti en tranches assez fines afin que les arômes se développent.
== La présentation et le vin ==
Servir dans des plats séparés afin de laisser le choix aux convives :
* Le rôti,
* Le mélange de carottes, d’échalotes, de lardons et d’olives noires,
* Les Wedges (ou les frites si vous avez préféré cela),
* Les champignons,
* La compote de pomme,
* La marinade,
* Servir de préférence avec un vin du sud-ouest. Éviter les vins trop délicats sur une viande marinée.
NB : Si la cocotte en fonte a un couvercle creux, verser de l’eau froide dans la partie creuse au cours de la cuisson.
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/* Marinade */
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{{Série_cuisine}}
'''Rôti de porc mariné'''
== Viande ==
* 1 rôti de porc de {{Unité|1.5|kg}}, complètement dégraissé et ficelé sans barde.
== Marinade ==
* ½ bouteille de {{i|vin blanc}} sec (bordeaux ou bergerac),
* 1 {{i|carotte}} coupée en rondelles,
* 2 grosses {{i|'=oui|échalote}}s coupées chacune en quarts,
* 1 branche de {{i|romarin}},
* {{i|poivre}} en grain et poivre du moulin (grossièrement concassé),
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* {{i|clou de girofle|clous de girofle}},
* {{i|'=oui|huile de pépins de raisin}} ou {{i|'=oui|huile d'olive}},
* 4 {{i|carotte}}s en rondelles fines.
== Ingrédients pour la cuisson ==
* Une grosse poignée d’{{i|'=oui|olive noire|olives noires}} à la grecque coupées en 4,
* 4 belles gousses d’{{i|'=oui|ail}} pour piquer dans le rôti,
* 1 grosse boîte de {{i|champignon}}s de Paris (800 g), ou mieux : frais et émincés,
* {{Unité|150|g}} de {{i|lardon}} nature,
* 4 grosses {{i|pomme}}s,
* Wedges surgelées (Picard) : sortes de {{i|frite}}s épicées (ou {{i|pâte}}s). Des frites conviennent également.
== Les cuissons ==
# Faire dorer à la {{Ustensile|poêle}} les champignons bien égouttés avec de l’ail (une gousse hachée finement) et du persil.
# Bien laisser réduire les champignons.
# Réserver.
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# Faire dorer les lardons dans la poêle.
# Ajouter les carottes de la marinade et les autres, les olives noires et faites bien revenir le tout.
# Laisser cuire 15 min en remuant. Réserver.
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# Faire cuire en compote les pommes.
# Réserver.
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# Retirer le rôti de la marinade et le sécher avec un torchon papier.
# Le piquer d’ail avec les 4 gousses, chacune coupée en 2 dans le sens de la longueur.
# Réserver la marinade après l’avoir passée pour ôter les épices.
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# Faire dorer le rôti dans la cocotte avec un peu d’huile, ajouter les carottes et échalotes de la marinade, les autres carottes, les lardons, les olives noires.
# Bien mélanger et ajouter la marinade. Puis faire cuire à feu très doux pendant 45 min (grand maximum)
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# Retirer le rôti de la cocotte. S’assurer que les carottes sont correctement cuites (au besoin achever la cuisson dans le {{Ustensile|four à micro-ondes}}).
# Conserver la marinade.
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# Décongeler et cuire selon indications les Wedges au four (ou au micro-ondes). Si ce sont des frites, prévoir le temps nécessaire.
# Découper le rôti en tranches assez fines afin que les arômes se développent.
== La présentation et le vin ==
Servir dans des plats séparés afin de laisser le choix aux convives :
* Le rôti,
* Le mélange de carottes, d’échalotes, de lardons et d’olives noires,
* Les Wedges (ou les frites si vous avez préféré cela),
* Les champignons,
* La compote de pomme,
* La marinade,
* Servir de préférence avec un vin du sud-ouest. Éviter les vins trop délicats sur une viande marinée.
NB : Si la cocotte en fonte a un couvercle creux, verser de l’eau froide dans la partie creuse au cours de la cuisson.
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[[Catégorie:Recettes de tous les jours|Porc Roti]]
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[[ru:Буженина]]
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/* Ingrédients pour la cuisson */
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{{Série_cuisine}}
'''Rôti de porc mariné'''
== Viande ==
* 1 rôti de porc de {{Unité|1.5|kg}}, complètement dégraissé et ficelé sans barde.
== Marinade ==
* ½ bouteille de {{i|vin blanc}} sec (bordeaux ou bergerac),
* 1 {{i|carotte}} coupée en rondelles,
* 2 grosses {{i|'=oui|échalote}}s coupées chacune en quarts,
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== Ingrédients pour la cuisson ==
* Une grosse poignée d’{{i|'=oui|olive noire|olives noires}} à la grecque coupées en 4,
* 4 belles gousses d’{{i|'=oui|ail}} pour piquer dans le rôti,
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* 4 grosses {{i|pomme}}s,
* Wedges surgelées (Picard) : sortes de {{i|frite}}s épicées (ou {{i|pâte}}s). Des frites conviennent également.
== Les cuissons ==
# Faire dorer à la {{Ustensile|poêle}} les champignons bien égouttés avec de l’ail (une gousse hachée finement) et du persil.
# Bien laisser réduire les champignons.
# Réserver.
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# Faire dorer les lardons dans la poêle.
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# Réserver.
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# Retirer le rôti de la marinade et le sécher avec un torchon papier.
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# Faire dorer le rôti dans la cocotte avec un peu d’huile, ajouter les carottes et échalotes de la marinade, les autres carottes, les lardons, les olives noires.
# Bien mélanger et ajouter la marinade. Puis faire cuire à feu très doux pendant 45 min (grand maximum)
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# Retirer le rôti de la cocotte. S’assurer que les carottes sont correctement cuites (au besoin achever la cuisson dans le {{Ustensile|four à micro-ondes}}).
# Conserver la marinade.
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# Décongeler et cuire selon indications les Wedges au four (ou au micro-ondes). Si ce sont des frites, prévoir le temps nécessaire.
# Découper le rôti en tranches assez fines afin que les arômes se développent.
== La présentation et le vin ==
Servir dans des plats séparés afin de laisser le choix aux convives :
* Le rôti,
* Le mélange de carottes, d’échalotes, de lardons et d’olives noires,
* Les Wedges (ou les frites si vous avez préféré cela),
* Les champignons,
* La compote de pomme,
* La marinade,
* Servir de préférence avec un vin du sud-ouest. Éviter les vins trop délicats sur une viande marinée.
NB : Si la cocotte en fonte a un couvercle creux, verser de l’eau froide dans la partie creuse au cours de la cuisson.
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{{Série_cuisine}}
'''Rôti de porc mariné'''
== Viande ==
* 1 rôti de porc de {{Unité|1.5|kg}}, complètement dégraissé et ficelé sans barde.
== Marinade ==
* ½ bouteille de {{i|vin blanc}} sec (bordeaux ou bergerac),
* 1 {{i|carotte}} coupée en rondelles,
* 2 grosses {{i|'=oui|échalote}}s coupées chacune en quarts,
* 1 branche de {{i|romarin}},
* {{i|poivre}} en grain et poivre du moulin (grossièrement concassé),
* {{i|'=oui|herbes de Provence}},
* {{i|clou de girofle|clous de girofle}},
* {{i|'=oui|huile de pépins de raisin}} ou {{i|'=oui|huile d'olive}},
* 4 {{i|carotte}}s en rondelles fines.
== Ingrédients pour la cuisson ==
* Une grosse poignée d’{{i|'=oui|olive noire|olives noires}} à la grecque coupées en 4,
* 4 belles gousses d’{{i|'=oui|ail}} pour piquer dans le rôti,
* 1 grosse boîte de {{i|champignon}}s de Paris ({{Unité|800|g}}), ou mieux : frais et émincés,
* {{Unité|150|g}} de {{i|lardon}} nature,
* 4 grosses {{i|pomme}}s,
* Wedges surgelées (Picard) : sortes de {{i|frite}}s épicées (ou {{i|pâte}}s). Des frites conviennent également.
== Les cuissons ==
# Faire dorer à la {{Ustensile|poêle}} les champignons bien égouttés avec de l’ail (une gousse hachée finement) et du persil.
# Bien laisser réduire les champignons.
# Réserver.
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# Faire dorer les lardons dans la poêle.
# Ajouter les carottes de la marinade et les autres, les olives noires et faites bien revenir le tout.
# Laisser cuire 15 min en remuant. Réserver.
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# Faire cuire en compote les pommes.
# Réserver.
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# Retirer le rôti de la marinade et le sécher avec un torchon papier.
# Le piquer d’ail avec les 4 gousses, chacune coupée en 2 dans le sens de la longueur.
# Réserver la marinade après l’avoir passée pour ôter les épices.
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# Faire dorer le rôti dans la cocotte avec un peu d’huile, ajouter les carottes et échalotes de la marinade, les autres carottes, les lardons, les olives noires.
# Bien mélanger et ajouter la marinade. Puis faire cuire à feu très doux pendant 45 min (grand maximum)
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# Retirer le rôti de la cocotte. S’assurer que les carottes sont correctement cuites (au besoin achever la cuisson dans le {{Ustensile|four à micro-ondes}}).
# Conserver la marinade.
#:{{Ligne|marges=0.5em 4em}}
# Décongeler et cuire selon indications les Wedges au four (ou au micro-ondes). Si ce sont des frites, prévoir le temps nécessaire.
# Découper le rôti en tranches assez fines afin que les arômes se développent.
== La présentation et le vin ==
Servir dans des plats séparés afin de laisser le choix aux convives :
* Le rôti,
* Le mélange de carottes, d’échalotes, de lardons et d’olives noires,
* Les Wedges (ou les frites si vous avez préféré cela),
* Les champignons,
* La compote de pomme,
* La marinade,
* Servir de préférence avec un vin du sud-ouest. Éviter les vins trop délicats sur une viande marinée.
NB : Si la cocotte en fonte a un couvercle creux, verser de l’eau froide dans la partie creuse au cours de la cuisson.
[[Catégorie:Plat principal|Porc Roti]]
[[Catégorie:Cuisine française|{{SUBPAGENAME}}]]
[[Catégorie:Recettes de tous les jours|Porc Roti]]
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Livre de cuisine/Mitraillette
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/* Ingrédients */
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{{Livre de cuisine}}
La '''Mitraillette''' est un plat Belge très répandu dans les snacks.
==Recette==
[[Fichier:Mitraillette viandelle sauce curry ketchup - Friterie.jpg|vignette|300px|Mitraillette sauce curry-ketchup]]
=== Ingrédients ===
* Une demi-baguette (''{{i|pain}} français''), ou des dérivés comme des demi-baguettes plus épaisses, plus moelleuses. Une autre alternative non négligeable est le pain congelé, qu'on réchauffe au four ou au {{Ustensile|four à micro-ondes}}. Cette dernière solution est très discutée dans le milieu des consommateurs. Une baguette entière est parfois d'usage, mais inutile d'avoir les yeux plus gros que le ventre, terminer une mitraillette dans une baguette entière est un exploit.
* Une {{i|viande}} frite ou froide,
* Des {{i|frite}}s belges (salées ou pas),
* Une {{i|sauce}} au choix.
[[Fichier:Mitraillette.JPG|vignette|300px|Deux mitraillettes garnies, de sauce riche et de sauce Brazil.]]
=== Réalisation ===
Ouvrez la baguette en deux, tapissez le fond, si vous le souhaitez, de sauce, placez la viande et garnissez de frites.
Il est également possible d'ajouter des crudités (un peu de carottes râpées, de la laitue fraîche, des morceaux de tomates,... selon les friteries, les crudités proposées sont différentes.
Il n'est pas si rare que l'on propose du chou) et du fromage de type {{i|cheddar}} moyen ou doux (qui rehausse le goût et rend le tout moins sec).
== Liste des sauces utilisables ==
Voici une liste de différentes sauces fréquemment utilisées pour les mitraillettes :
*La [[mayonnaise]],
*Le [[w:ketchup|ketchup]],
*L'andalouse,
*La brasil,
*La [[Livre de cuisine/Sauce cocktail|sauce cocktail]],
*La sauce tomagrec,
*La sauce samouraï,
*L'[[Livre de cuisine/Aïoli|aioli]],
*La [[Livre de cuisine/Sauce tartare|sauce tartare]],
*La [[Livre de cuisine/Sauce béarnaise|béarnaise]],
*Les sauces américaines (légère et forte),
*La sauce riche,
*La sauce bicky,
*La sauce poivre,
*La barbecue,
*La Pickles,
*La sauce Hawaï,
*Ketchup curry.
== Apport nutritionnel ==
La mitraillette est un plat très riche.
L'apport nutritionnel dépend du type de baguette, de la quantité et de la qualité des frites, de l'huile de cuisson, de la viande, des crudités, du type de sauce et de la quantité de sel.
Ce tableau, établi à partir d'une mitraillette moyenne, est un exemple.
{| class="wikitable" |
|+ Tableau indicatif
|-
! ||Demi baguette||{{unité|200|g}} de frites||Viande (hamburger)||{{unité|10|g}} de salade||{{unité|10|g}} d'oignons||{{unité|20|g}} de ketchup||Total
|-
!Calories
|{{unité|192|kcal}}||{{unité|624|kcal}}||{{unité|255|kcal}}||{{unité|1.8|kcal}}||{{unité|0.46|kcal}}||{{unité|22|kcal}}||{{unité|1095|kcal}}
|-
!Protides
|{{unité|4.20|g}}||{{unité|6.00|g}}||{{unité|13.00|g}}||{{unité|0.012|g}}||{{unité|0.015|g}}||{{unité|0.3|g}}||{{unité|23.5|g}}
|-
!Lipides
|{{unité|0.8|g}}||{{unité|40.00|g}}||{{unité|10.00|g}}||{{unité|0.00|g}}||{{unité|0.00|g}}||{{unité|0.1|g}}||{{unité|50.9|g}}
|-
!Glucides
|{{unité|29.5|g}}||{{unité|114.00|g}}||{{unité|30.00|g}}||{{unité|0.03|g}}||{{unité|0.1|g}}||{{unité|5.00|g}}||{{unité|178.6|g}}
|}
[[Catégorie:Sandwiches|Mitraillette]]
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/* Ingrédients */
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text/x-wiki
{{Livre de cuisine}}
La '''Mitraillette''' est un plat Belge très répandu dans les snacks.
==Recette==
[[Fichier:Mitraillette viandelle sauce curry ketchup - Friterie.jpg|vignette|300px|Mitraillette sauce curry-ketchup]]
=== Ingrédients ===
* Une demi-baguette (''{{i|pain}} français''), ou des dérivés comme des demi-baguettes plus épaisses, plus moelleuses. Une autre alternative non négligeable est le pain congelé, qu'on réchauffe au {{Ustensile|four}} ou au {{Ustensile|four à micro-ondes}}. Cette dernière solution est très discutée dans le milieu des consommateurs. Une baguette entière est parfois d'usage, mais inutile d'avoir les yeux plus gros que le ventre, terminer une mitraillette dans une baguette entière est un exploit.
* Une {{i|viande}} frite ou froide,
* Des {{i|frite}}s belges (salées ou pas),
* Une {{i|sauce}} au choix.
[[Fichier:Mitraillette.JPG|vignette|300px|Deux mitraillettes garnies, de sauce riche et de sauce Brazil.]]
=== Réalisation ===
Ouvrez la baguette en deux, tapissez le fond, si vous le souhaitez, de sauce, placez la viande et garnissez de frites.
Il est également possible d'ajouter des crudités (un peu de carottes râpées, de la laitue fraîche, des morceaux de tomates,... selon les friteries, les crudités proposées sont différentes.
Il n'est pas si rare que l'on propose du chou) et du fromage de type {{i|cheddar}} moyen ou doux (qui rehausse le goût et rend le tout moins sec).
== Liste des sauces utilisables ==
Voici une liste de différentes sauces fréquemment utilisées pour les mitraillettes :
*La [[mayonnaise]],
*Le [[w:ketchup|ketchup]],
*L'andalouse,
*La brasil,
*La [[Livre de cuisine/Sauce cocktail|sauce cocktail]],
*La sauce tomagrec,
*La sauce samouraï,
*L'[[Livre de cuisine/Aïoli|aioli]],
*La [[Livre de cuisine/Sauce tartare|sauce tartare]],
*La [[Livre de cuisine/Sauce béarnaise|béarnaise]],
*Les sauces américaines (légère et forte),
*La sauce riche,
*La sauce bicky,
*La sauce poivre,
*La barbecue,
*La Pickles,
*La sauce Hawaï,
*Ketchup curry.
== Apport nutritionnel ==
La mitraillette est un plat très riche.
L'apport nutritionnel dépend du type de baguette, de la quantité et de la qualité des frites, de l'huile de cuisson, de la viande, des crudités, du type de sauce et de la quantité de sel.
Ce tableau, établi à partir d'une mitraillette moyenne, est un exemple.
{| class="wikitable" |
|+ Tableau indicatif
|-
! ||Demi baguette||{{unité|200|g}} de frites||Viande (hamburger)||{{unité|10|g}} de salade||{{unité|10|g}} d'oignons||{{unité|20|g}} de ketchup||Total
|-
!Calories
|{{unité|192|kcal}}||{{unité|624|kcal}}||{{unité|255|kcal}}||{{unité|1.8|kcal}}||{{unité|0.46|kcal}}||{{unité|22|kcal}}||{{unité|1095|kcal}}
|-
!Protides
|{{unité|4.20|g}}||{{unité|6.00|g}}||{{unité|13.00|g}}||{{unité|0.012|g}}||{{unité|0.015|g}}||{{unité|0.3|g}}||{{unité|23.5|g}}
|-
!Lipides
|{{unité|0.8|g}}||{{unité|40.00|g}}||{{unité|10.00|g}}||{{unité|0.00|g}}||{{unité|0.00|g}}||{{unité|0.1|g}}||{{unité|50.9|g}}
|-
!Glucides
|{{unité|29.5|g}}||{{unité|114.00|g}}||{{unité|30.00|g}}||{{unité|0.03|g}}||{{unité|0.1|g}}||{{unité|5.00|g}}||{{unité|178.6|g}}
|}
[[Catégorie:Sandwiches|Mitraillette]]
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Wikilivres:Demandes de suppression/2026
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Fourmidable
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Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions période Grèce Hellénistique
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{| border="0" cellpadding="0" width="100%" style="background: #f9f9f9"
| colspan="3" height="25"|<div style="text-align: center;">[[Philosophie/Thalès de Milet|Thalès de Milet]]</div>
|-
| width="33%"|'''[[Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions Ier millénaire AEC|Période de la Grèce Classique]]'''
| width="33%" align="right"|'''[[Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions période République Romaine|Période de la République Romaine]]'''
|}
= Période de la ''Grèce'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Grèce_back|<sup>🔄</sup>]] ''Hellénistique'' =
<p style="text-align: right;">([[w:323_av._J.-C.|-323]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, mort d’[[w:Alexandre_le_Grand|'''Alexandre''' le Grand]] [[#Alexandre|<span id="Alexandre_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] [https://books.google.fr/books?id=SkYwAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA59#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Suppléments, §117a - Alexandre de Macédoine}}] — [[w:31_av._J.-C.|-31]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, défaite de [[w:Cléopâtre_VII|'''Cléopâtre VII''']] à la [[w:Bataille_d%27Actium|bataille d’Actium]]).
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Grèce Hellénistique|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br />'''[[#Alexandre_back|<span id="Alexandre"><sup>I</sup></span>]]
'''<br /><br />
{{Boîte déroulante fin}}
== [[w:Callimaque_de_Cyrène|'''Callimaque''']] [[#Callimaque|<span id="Callimaque_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] de [[w:Cyrène|''Cyrène'']] [[#Cyrène|<span id="Cyrène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:310_av._J.-C.|-310]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Cyrène'' — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:240_av._J.-C.|-240]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, en [[w:Alexandrie|''Alexandrie'']]) [[s:Auteur:Callimaque_de_Cyrène|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=PLrWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP13&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA171#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume II, §22 - Callimaque de Cyrène}}]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Grammarien et poète grec de la [[w:Dynastie_lagide|''Cour des Ptolémées'']], il œuvra à la [[w:Bibliothèque_historique|''Bibliothèque'']] [[#Bibliothèque|<span id="Bibliothèque_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] d’[[w:Bibliothèque_d%27Alexandrie|''Alexandrie'']] sous la direction du premier ''bibliothécaire'', [[w:Zénodote|Zénodote]], et supposemment l’y succéda. Il élabora en outre une bibliographie détaillée, sur 120 rouleaux, de la littérature et de la science grecque, intitulée les [[w:Catalogue_de_la_bibliothèque_d'Alexandrie|''Tables'']] (Πίνακες / Pínakes [[wikt:en:πίναξ#Ancient_Greek|(en)]]), aujourd’hui perdue, et s’appuyant sur les collections de la ''Bibliothèque d’Alexandrie''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Callimaque de Cyrène|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br />'''[[#Callimaque_back|<span id="Callimaque"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Καλλίμαχος / Kallímakhos [[wikt:en:Καλλίμαχος#Ancient_Greek|(en)]]; du verbe κᾰλλῐ́μᾰχος / kallímakhos, « se battre noblement »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun κάλλος / kállos [[wikt:en:κάλλος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Beauté. 2. La noblesse. 3. Une belle personne ou chose. »; de l’adjectif κᾰλός / kalós [[wikt:en:καλός#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Beau, charmant. 2. Bon, de qualité, utile. 3. Bon, droit, moral, vertueux, noble. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun μᾰ́χη / mákhē, « 1. Bataille, combat. 2. Querelle, conflit, dispute. 3. Concours, jeu. 4. Champ de bataille. 5. (logique) Contradiction, incohérence. »; du verbe μάχομαι / mákhomai [[wikt:en:μάχομαι#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (avec datif) Faire la guerre, se battre. 2. Se quereller, se disputer. 3. Affronter, concourir. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe nominal de résultat ou d’action -ος / -os [[wikt:en:-ος#Ancient_Greek|(en)]].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Cyrène_back|<span id="Cyrène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Κῡρήνη / Kūrḗnē [[wikt:en:Κυρήνη#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Cyrène, une ancienne ville de l’actuelle Libye. 2. Cyrène ou Kyrène, personnage de la mythologie grecque. ».
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Bibliothèque_back|<span id="Bibliothèque"><sup>III</sup></span>]] Du nom commun grec ancien βῐβλῐοθήκη / bibliothḗkē [[wikt:en:βιβλιοθήκη#Ancient_Greek|(en)]], « (meuble, lieu) bibliothèque »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun βῐβλῐ́ον / biblíon [[wikt:en:βιβλίον#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Bande de papyrus. 2. Petit livre, tablette, lettre. 3. N’importe quel livre ou écriture. »; Corruption [[w:Attique_(dialecte)|''attique'']] (un dialecte du grec ancien) du nom commun βυβλίον / bublíon [[wikt:en:βυβλίον#Ancient_Greek|(en)]]; du nom commun βῠ́βλος / búblos [[wikt:en:βύβλος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Papyrus (à la fois en référence à la plante et aux écrits utilisant le matériau semblable au papier dérivé de la plante). 2. Livre. »; potentiellement du nom propre Βῠ́βλος / Búblos, « Byblos, une ancienne ville ''phénicienne'' exportatrice de papyrus, située dans l’actuel [[w:Gouvernorat_de_Kesrouan-Jbeil|''gouvernorat de Kesrouan-Jbeil'']], [[wikt:Liste_des_gouvernorats_du_Liban|''subdivision administrative'']] au centre du ''Liban''. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe déverbal -θήκη / -thḗkē [[wikt:en:-θήκη#Ancient_Greek|(en)]], indiquant généralement un espace dans lequel des objets sont placés ou stockés; du verbe τῐ́θημῐ / títhēmi;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Dans le monde grec, le nombre et la variété des ouvrages, la possibilité de les copier et de se les procurer, l’existence d’un public de lecteurs et d’amateurs de livres permirent la création de bibliothèques, distinguables en 2 catégories :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • privées, d’un particulier ou d’un scholarque comme celle d’Aristote (et de son école) ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • et royales ou princières, comme celle d’Alexandrie. Cette dernière se distingue par une volonté d’exhaustivité présente à la fois dans la politique d’acquisition, d’accumulation et de réalisation de traductions officielles, mais aussi dans ses liens avec le ''Musée'' (Μουσεῖον / Mouseîon [[wikt:en:Μουσεῖον#Ancient_Greek|(en)]], temple dédié aux [[w:Muses|''Muses'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Muses_back|<sup>🔄</sup>]] et un lieu d’étude et de production intellectuelle), dans son rôle de centre de la vie intellectuelle, et qui se retrouve chez les premiers monarques de la dynastie ''Lagide'' et les bibliothécaires successifs. Par ailleurs, la ''Bibliothèque d’Alexandrie'' était, dès ses débuts, séparée en 2 collections : la plus importante était, supposément, exclusivement réservée aux pensionnaires du ''Musée'' alors que la seconde, beaucoup plus réduite, était, supposément, ouverte à un public plus large.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">[https://www.univ-montp3.fr/uoh/lelivre/partie2/les_lieux_de_conservation__les_bibliothques.html {{Info|<sup>🔍</sup>|Cours de l’UOH sur Le livre, de l’Antiquité à la Renaissance — chapitre Les lieux de conservation : les bibliothèques, par Béatrice Bakhouche, enseignante-chercheure à l’Université Paul-Valéry, spécialiste de Langue et littérature latines ; Béatrice Beys, professeure certifiée à l’Université Paul-Valéry, spécialiste d’Histoire de l’art ; Daniel Delattre, chercheur en papyrologie grecque au CNRS-IRHT (UPR 841) ; Charles Guérin, enseignant-chercheur à l’Université Paul-Valéry, spécialiste de Langues et littératures latines ; Trung Tran, enseignant-chercheur à l’Université Paul-Valéry, spécialiste de Littérature française.}}] [https://www.persee.fr/doc/topoi_1161-9473_2005_num_12_2_2041 {{Info|<sup>➕</sup>|Compte rendu à propos des bibliothèques antiques par Michel Sève (professeur émérite d’histoire grecque à l’Université de Lorraine) : Lionel Casson (professeur émérite d’histoire classique à l’Université de New York), Libraries in the Ancient World, 2001.}}]'''<br /><br />
{{Boîte déroulante fin}}
=== Iambes [[#Iambes|<span id="Iambes_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px;">À la fin de son ''Aitia'', '''Callimaque''' a écrit qu’il passerait à un domaine plus piéton de la poésie. Par cela, il faisait référence à sa collection de 13 ''Iambes'' [[wikt:en:Callimachus#Iambs|(en)]], s’appuyant sur une tradition établie de poésie ''iambique'' dont la caractéristique déterminante était leur ton agressif et satirique. Bien que les poèmes soient mal conservés, leur contenu est connu à partir d’un ensemble de résumés anciens (diegeseis). Dans les ''Iambes'', '''Callimaque''' commente de manière critique des questions d’intérêt, tournant principalement autour de l’esthétique et des relations personnelles.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Iambes|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Iambes_back|<span id="Iambes"><sup>I</sup></span>]] Du grec ancien ἴαμβος / íambos; (Prosodie ancienne) Pied de deux syllabes dont la première est brève et la dernière longue, pamphlet.'''
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre I.</div> =====
{| cellpadding="0" align="{{{align|right}}}" style="margin-left: 2em; width:40%; border-spacing:3px; text-align:center; background-color:#F8F9FA; border:2px solid #C8CCD1"
|-
| style="border:solid 1px #F8F9FA" | '''Manuscrits'''
|- style="font-size:8pt; line-height:10pt; vertical-align:middle"
| align="center" | <div style="margin-right: 1em; padding:0 0 4px 0; text-align:justify;">{{{légende|
* Le '''Papyrus Oxyrhynchus 7''', n° 1011, v. 92 sqq. [[w:en:Papyrus_Oxyrhynchus_7|(en)]] [https://archive.org/details/oxyrhynchuspapyr07gren/page/14/mode/2up <sup>🔍</sup>].}}}</div>
|}
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Le poète présente [[w:Hipponax|'''Hipponax''']] [[#Hipponax|<span id="Hipponax_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], qui, revenue de chez [[w:Hadès|'''Hadès''']], convoque les savants alexandrins et, pour les inviter à ne pas se quereller, raconte l’[[w:Apologue|''apologue'']] de la coupe de [[w:Bathyclès_de_Magnésie|'''Bathyclès''']] [[#Bathyclès|<span id="Bathyclès_back"><sup>'''II'''</sup></span>]]. Celui-ci, un [[w:Arcadie|''arcadien'']] {{Info|<sup>?</sup>|selon Callimaque puisque Pausanias le dit originaire de Magnésie}}, a légué une coupe d’or à son fils, pour la remettre au meilleur des Sept Sages. Ce fût '''Thalès''' pour avoir déterminer la [[w:Petite_Ourse#Histoire_et_mythologie|''figure étoilée du Chariot'']], qui la refusa. La coupe passa de sage en sage jusqu’à ce que, revenue à '''Thalès''', elle fut dédiée au dieu qui veille sur le peuple du [[w:Nil|''Nil'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Nil_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Livre I|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br />'''[[#Hipponax_back|<span id="Hipponax"><sup>I</sup></span>]] Du grec ancien Ἱππῶναξ / Hippônax [[wikt:en:Hipponax#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Poète grec, il est l’un des trois plus grands représentants de la poésie ''iambique'' [[#Iambes_back|<sup>⤴️</sup>]], avec [[w:Archiloque|Archiloque]] de [[w:Páros|''Paros'']] et [[w:Sémonide_d%27Amorgos|Sémonide]] d’[[w:Amorgós|''Amorgos'']] [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/pseudo.htm <sup>LdS. Pseudo. §2</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], originaire d’[[w:Éphèse|''Éphèse'']])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Bathyclès_back|<span id="Bathyclès"><sup>II</sup></span>]] Du grec ancien Βαθυκλῆς / Bathuklếs [[wikt:en:Βαθυκλῆς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif βᾰθῠ́ς / bathús [[wikt:en:βαθύς#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Étant à une grande distance verticale de : haut, profond. 2. Épais. 3. Généralement : fort, intense, plein. 4. Profond. 5. (de couleur) Profond. 6. (temps) Crépuscule. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe nominal propre -κλῆς / -klês [[wikt:en:-κλῆς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du nom commun κλέος / kléos [[wikt:en:κλέος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Rumeur, rapport. 2. Bon rapport, renommée, gloire. 3. (rare) Mauvais rapport, discrédit. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + le suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Sculpteur grec et auteur du trône d’Apollon [[w:Amyclées|''Amycléen'']] (détaillé très précisément par [[w:Pausanias_le_Périégète|Pausanias le Périégète]] [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/pausanias/laconie.htm#XVIII <sup>DdlG ''l.''III., ''c.''XVIII.</sup>]).<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], originaire de ''Magnésie'' [[w:en:Ancient_Magnesia|(en)]], ancienne ville du nord-ouest de la [[w:Thessalie_(périphérie)|''Thessalie'']] actuelle)'''<br /><br />
{{Boîte déroulante fin}}
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px">
<div style="text-align: justify; margin: 2em 2em;">''Supplementa, aliunde nota, in texta ipso apposuimus.''<br /><p style="text-indent: 0px;">Ἀκούσαθ' [[wikt:en:Hipponax#Latin|Ἱππώνακτος·]] οὐ γὰρ ἀλλ' ἥκω<br />ἐκ τῶν ὅκου βοῦν κολλύβου πιπρήσκουσιν [[#ll2-4_Iambes_NdT_EC|<span id="ll2-4_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>ll.2-4</sup>'''</span>]]<br />φέρων ἴαμβον οὐ μάχην ἀείδοντα<br />τὴν Βου̣π̣άλε̣ι̣ο̣ν̣ . . . . . . . . . .<br /> . . . . . . . . . . ''uersus desunt circa uiginti'' . . . . . . . . . .<br />ὤπολλον. . . . . . . . . . . ς παρ' αἰπόλῳ μυῖαι<br />. . φεῖκες. . . . . . . . . . . πὸ θύματος Δελφοῦ<br />. . αιμιν. . . . . . . . . . . ιν ὦ 'κάτη πλήθευς<br />. . ιλοις εν . . . . . . . . . . πνοὴν ἀναλώσει . . . . . . . . . . λον τὸν τρίβωνα γυμνώσω. σωπὴ γενέσθω καὶ γράφεσθε τὴν ῥῆσιν.<br />ωἈνὴρ Βαθυκλῆς Ἀρκάς — οὐ μακρὴν ἄξω<br /> . . . . . . . . . . καὶ γὰρ οὐδ αὐτός μέγα σχολάζων εἰμὶ πὰρ μέσον δινεῖν [[#l13_Iambes_NdT_EC|<span id="l13_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.13</sup>'''</span>]]<br /><p style="text-align: center;">···························································································<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">''Quae sequuntur — circa triginta uersus — aut ualde mutila sunt, aut omnino desunt...''<br /><p style="text-align: center;">···························································································<br /><p style="text-align: justify;">Ἔπλευσεν ἐς Μίλητον ἦν γὰρ ἡ νίκη [[#ll14-15_Iambes_NdT_EC|<span id="ll14-15_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>ll.14-15</sup>'''</span>]]<br />Θάλητος, ὅς τ ἦν τἄλλα δεξιὸς γνώμῃ<br />καὶ τῆς ἁμάξης ἐλέγετο οταθμήσασθαι<br />τοὺς ἀστερίσκους, ᾗ πλέουσι Φοίνικες.<br />Εὗρεν δ ὁ προυσέληνος αἰσίῳ σίττῃ<br />ἐν τοῦ [[wikt:en:δίδυμος#Ancient_Greek|Διδυμέος]] τὸν γέροντα κωνείῳ [[#l19_Iambes_NdT_EC|<span id="l19_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.19</sup>'''</span>]]<br />ξύοντα τὴν γῆν καὶ γράϕοντα τὸ σχῆμα<br />τοὐξεῦῤ ὁ Φρὺξ Εὔϕορϐος, ὅστις ἀνθρώπων<br />τρίγωνα καὶ σκαληνά πρῶτος ἔγραψε [[#l22_Iambes_NdT_EC|<span id="l22_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.22</sup>'''</span>]]<br />καὶ κύκλον επ. [[#l23_Iambes_NdT_EC|<span id="l23_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.23</sup>'''</span>]] . . . . . . . . . . <br />τῶν ἐμπνεόντων ε. . . . . . . . . . .<br />οὐ πάντες ἀλλ οὓς εἶχεν . . . . . . . . . .<br />πρὸς δή μιν ὧδ ἔϕησε. . . . . . . . . . .<br />ἐκεῖνο τοὐλόχρυσον ἐξ. . . . . . . . . . .<br />οὑμὸς πατὴρ ἐϕεῖτο του . . . . . . . . . .<br />δοῦν ὅστις ὑμέων τῶν σοϕ. [[#l29_Iambes_NdT_EC|<span id="l29_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.29</sup>'''</span>]] . . . . . . . . . .<br />τῶν ἑπτά· κἠγὼ σοὶ δίδωμ. [[#l30_Iambes_NdT_EC|<span id="l30_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>l.30</sup>'''</span>]] . . . . . . . . . .<br />. . . . . . . . . . σκίπωνι τοὔδα. [[#ll31-32_Iambes_NdT_EC|<span id="ll31-32_Iambes_NdT_EC_back">'''<sup>ll.31-32</sup>'''</span>]] . . . . . . . . . .<br />. . . . . . . ην ὑπήνην τἠτέρῃ . . . . . . . . . .<br />ἐξεῖπε· τὴν δόσιν μὲν . . . . . . . . . .<br /><p style="text-align: center;">···························································································<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">''Quae sequebantur usque ad finem narrationis desunt. Enotuerunt haec :''<br /><p style="text-indent: 45px;">''ex Cramer Anecd. Ox. II, 297 (fr. 89, Schn.).''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Σόλων· ἐκεῖνος δʹ ὡς Χίλωνʹ ἀπέστειλε.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">''ex Etym. Magn. 442, 10 (fr. 96 Schn.).''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">πάλιν τὸ δῶρον ἐς Θάλητʹ ἀνώλισθεν.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">''ex Diog. Laert. I, 29 (fr. 95 Schn.).''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Θαλῆς με τῷ μεδεῦντι [[wikt:en:Νεῖλος#Ancient_Greek|Νειλέω]] δήμου<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">δίδωσι, τοῦτο δὶς λαϐὼν ἀριστεῖον.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#ll2-4_Iambes_NdT_EC_back|<span id="ll2-4_Iambes_NdT_EC"><sup>2-4</sup></span>]] Quae in charta desunt (v. 2 βου π, v. 3 ἀείδ, v. 4 τὴν βο. et αλ) ex uariis auctoribus restituta sunt, cf. Schneid. fr. 92, 85, 90 ǁ [[#l13_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l13_Iambes_NdT_EC"><sup>13</sup></span>]] μέσον δινεῖν lectio incerta ǁ [[#ll14-15_Iambes_NdT_EC_back|<span id="ll14-15_Iambes_NdT_EC"><sup>14-15</sup></span>]] in charta non comparent; restituendi sunt ex Acill. Tat. in Arat. ''Phaenom.'' cap. I (fr. 94 Schneid.) ǁ [[#l19_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l19_Iambes_NdT_EC"><sup>19</sup></span>]] ϰωνείῳ Hunt: ϰωνηω ǁ [[#l22_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l22_Iambes_NdT_EC"><sup>22</sup></span>]] τρίγωνα Hunt: ιγ desunt ǁ σϰαληνὰ Hunt: in charta tantum σϰ. Haec supplementa ex Diog. Laert. I, 24 et Diod X. 6 petita sunt (fr. 83 a. Schneid.) ǁ [[#l23_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l23_Iambes_NdT_EC"><sup>23</sup></span>]] sqq. Hos uersus sic restituit Hunt, supplementa petens ex iisdem auct. (fr. 83 a. Schn.) atque ex Schol. Pind. ''Pyth.'' III, 64 (fr. 91 Schn.). τὸν ϰύϰλον ἐπταμήϰεʹ, ήδὲ νηστεύειν | τῶν ἐμπνεόντων εἷπεν· οἱ δʹὑπήϰουσαν οὐ πάντες, ὰλλʹοὒς εἷχεν οὔτερος δαίμων ǁ [[#l29_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l29_Iambes_NdT_EC"><sup>29</sup></span>]] δοῦν ʹὅστις Hunt: νʹος in charta desunt. ǁ σοφ: σοφῶν ὁνήιστος restit. Hunt ǁ [[#l30_Iambes_NdT_EC_back|<span id="l30_Iambes_NdT_EC"><sup>30</sup></span>]] in fine uersus ἀριστεῑον Hunt ǁ [[#ll31-32_Iambes_NdT_EC_back|<span id="ll31-32_Iambes_NdT_EC"><sup>31-32</sup></span>]] Θαλῆς δὲ τῷ σϰίπωνι τοὅδαφος πλήξας ϰαὶ τὴν ύπήνην τἠτέρῃ λαϐὼν χειρί rest. Hunt.</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n7/mode/2up <u>Callimaque</u>],
[https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n249/mode/2up <u>Iambes</u>], [https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n255/mode/2up ''I''], texte établi par [[w:Émile_Cahen_(helléniste)|Émile Cahen]], Société d’édition « Les Belles Lettres», 1922<br />(également disponible [http://www.poesialatina.it/_ns/Greek/testi/Callimachus/Iambi.html ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px">
<div style="text-align: justify; margin: 2em 2em;">Écoutez, écoutez [[w:Hipponax|'''Hipponax''']] [[#Hipponax_NdT_EC|<span id="Hipponax_NdT_EC_back"><sup>'''1'''</sup></span>]]; j’arrive de là-bas, où l’on a un bœuf pour une obole, et j’apporte ici mes ''Iambes'', mais non pas mes ''Iambes'' de guerre, du combat contre [[w:Boupalos|'''Boupalos''']] [[#Boupalos|<span id="Boupalos_back"><sup>'''I'''</sup></span>]]...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······················ Lacune et vers mutilés ······················</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Par '''Apollon''' ! comme les mouches dans la cabane du berger,... ou les guêpes... (ou les convives) au banquet delphien [[#banquet_delphien_NdT_EC|<span id="banquet_delphien_NdT_EC_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]... (les gens se rassemblent)... par '''Hécate''' [[#Hécate|<span id="Hécate_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] [[w:en:Hecate#Archaic_period|(en)]], quelle foule... (à parler) on perdra son souffle... à bas le manteau ! Silence, et passez par écrit mon discours. [[w:Bathyclès_de_Magnésie|'''Bathyclès''']] [[#Bathyclès_NdT_EC|<span id="Bathyclès_NdT_EC_back"><sup>'''3'''</sup></span>]], l’Arcadien — j’irai vite... car je n’ai pas grand loisir pour tournailler par ici.</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">(Le fils de '''Bathyclès''') fit voile vers ''Milet'', car le prix revenait à '''Thalès''', savant en toutes choses, et qui sut déterminer [[w:Petite_Ourse#Histoire_et_mythologie|''la figure étoilée du Chariot'']], qui guide le marin de [[w:Phéniciens#Les_cités_de_Phénicie_et_leur_histoire|''Phénicie'']]. Sous bon auspice, l’Arcadien [[#Arcadien_NdT_EC|<span id="Arcadien_NdT_EC_back"><sup>'''4'''</sup></span>]] le trouva dans le ''temple de [[w:Didymes|Didymes]]'' [[w:en:Didyma|(en)]] [[#Didymes_NdT_EC|<span id="Didymes_NdT_EC_back"><sup>'''5'''</sup></span>]], à râcler le sol de sa [[w:Férule|''férule'']], y gravant la figure trouvée par [[w:Euphorbe_fils_de_Panthoos|'''Euphorbos''']] [[#Euphorbos|<span id="Euphorbos_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] le [[w:Phrygiens|''Phrygien'']] [[#Phrygien|<span id="Phrygien_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]] [[#Euphorbos_NdT_EC|<span id="Euphorbos_NdT_EC_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] qui le premier dessina triangles et scalènes et cercles, et qui enseigna à s’abstenir de toute chair; on le suivit, non pas tous, mais ceux que tenait un mauvais démon. L’homme ainsi lui parla...<br />« Cette coupe d’or massif.... mon père m’a chargé... de la donner au meilleur des sept sages... Et je te la donne.... »<br />
Alors '''Thalès''', frappant le sol de son ''bâton'', et tenant sa barbe dans sa main, répliqua : « Ce présent...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">(La coupe vint à) [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon_back|<sup>🔄</sup>]]; et '''Solon''' l’envoya à [[w:Chilon|'''Chilon''']] [[#Chilon_NdT_EC|<span id="Chilon_NdT_EC_back"><sup>'''7'''</sup></span>]]...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">... Et le présent revint aux mains de Thalès...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">... '''Thalès''' me consacre au dieu qui veille sur le peuple du ''Nil'', après m’avoir, deux fois, reçue comme prix...</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Hipponax_NdT_EC_back|<span id="Hipponax_NdT_EC"><sup>1</sup></span>]] Hipponax d’Éphèse, le iambographe de la 2<sup>e</sup> moitié du VI<sup>e</sup> siècle avant J.-C. est censé ici arriver des enfers, où un bœuf vaut une obole ''(cf. [https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n165/mode/1up Ép. XIII, 6])''. Il avait poursuivi de ses railleries le sculpteur Boupalos.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#banquet_delphien_NdT_EC_back|<span id="banquet_delphien_NdT_EC"><sup>2</sup></span>]] Le « banquet delphien » était une expression proverbiale, pour désigner le fait de ne pas profiter de ses propres dépenses : la foule était si grande aux sacrifices delphiens que le sacrifiant n’avait pas lui-même sa part de la victime.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Bathyclès_NdT_EC_back|<span id="Bathyclès_NdT_EC"><sup>3</sup></span>]] L’histoire de la coupe offerte « au plus sage des Grecs » est racontée, entre autres, par [[w:Diogène_Laërce|Diogène Laërce]] ([https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/thales1.htm ''I, 28 et suiv.'']), qui en donne trois versions différentes : Callimaque suit ici un historien local, Maiandrios de Milet. Balhyclès l’Arcadien ne semble pas pouvoir être identifié à l’artiste connu du même nom, qui était de ''Magnésie''.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Arcadien_NdT_EC_back|<span id="Arcadien_NdT_EC"><sup>4</sup></span>]] Le grec dit « avec un oiseau — le pivert, σίττη [[wikt:en:σίττη#Ancient_Greek|(en)]][[w:Sittelle_torchepot|<sup>📚</sup>]] — favorable», et « l’homme d’avant la lune», προσεληνος. Les Arcadiens passaient pour le peuple le plus ancien de l’[[w:Hellade_(thème)|''Hellade'']].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Didymes_NdT_EC_back|<span id="Didymes_NdT_EC"><sup>5</sup></span>]] ''Didymes'', près de ''Milet'', avec un temple et un oracle célèbres d’Apollon.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Euphorbos_NdT_EC_back|<span id="Euphorbos_NdT_EC"><sup>6</sup></span>]] C’est-à-dire [[w:Pythagore|Pythagore]]. Le ''Phrygien'' Euphorbos, un des personnages de l’[[w:Iliade|''Iliade'']], fils de [[w:Panthoos|Panthos]], fut tué par Ménélas, qui suspendit son bouclier dans un temple d’[[w:Argos_(ville)|''Argos'']]. Pythagore, de par la [[w:Métempsycose|''métempsychose'']], prétendait avoir été ce personnage. Dans plusieurs textes il est désigné sans autre explication, comme ici, sous le nom d’Euphorbos : ainsi, chez [[w:Lucien_de_Samosate|Lucien]] ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucien/dialoguemorts.htm#38 Dial. mort. XX]), [[w:Ménippe_de_Sinope|Ménippe]], s’adressant à Pythagore: « Euphorbe, ou Apollon, ou de quelque nom que tu te veuilles être appelé. » De même [[w:Horace|Horace]] ([https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9761552x/f59.item.r=Panthoides Odes, I, 28, 10]) le désigne par le nom de [[wikt:Panthoides|''Panthoides'']] [[#Panthoides|<span id="Panthoides_back"><sup>V</sup></span>]].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Chilon_NdT_EC_back|<span id="Chilon_NdT_EC"><sup>7</sup></span>]] Ces vers et les suivants ne figurent pas sur le papyrus. Ils sont empruntés à diverses sources. Après avoir fait le tour des Sept Sages, a coupe revient une seconde fois à Thalès, qui la consacre dans le [[w:Didymes#Temple_d’Apollon|''temple d’Apollon Didyméen'']].'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n7/mode/2up <u>Callimaque</u>],[https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n249/mode/2up <u>Iambes</u>], [https://archive.org/details/hymnespigramme00calluoft/page/n255/mode/2up ''I, pp.166-167''], texte traduit par [[w:Émile_Cahen_(helléniste)|Émile Cahen]], Société d’édition « Les Belles Lettres», 1922</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Émile Cahen de 1922|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%; margin: 2em;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br />'''[[#Boupalos_back|<span id="Boupalos"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Βοὐπαλος / Boúpalos [[wikt:en:Bupalus#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Sculpteur et architecte grec, principalement connu pour sa querelle avec le poète satirique Hipponax [[#Hipponax_back|<sup>⤴️</sup>]], rendue proverbiale par les auteurs de l’Antiquité.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], originaire de [[w:Chios#De_l’Antiquité_au_Moyen_Âge|''Chios'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Chios_back|<sup>🔄</sup>]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Hécate_back|<span id="Hécate"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἑκάτη / Hekátê [[wikt:en:Ἑκάτη#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Selon la [[w:Théogonie_(Hésiode)|''Théogonie'']] d’[[w:Hésiode|Hésiode]] au [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], déesse de grand honneur avec des domaines dans le ciel, la terre et la mer.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Euphorbos_back|<span id="Euphorbos"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Εὔφορβος#Grec_ancien|Εὔφορβος / Euphorbos]]; du nom commun [[wikt:en:εὔφορβος#Grec_ancien|εὔφορβος / eúphorbos]], « gras, bien nourri »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adverbe [[wikt:εὖ#Grec_ancien|εὖ / eû]], « 1. Bien. 2. (Idée d’origine) Noblement. 3. Bien, régulièrement, justement. 4. Bien, avec bienveillance. 5. Heureusement. »; accusatif neutre de l’adjectif [[wikt:ἐύς#Grec_ancien|ἐύς / eús]], « bon, brave »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun [[wikt:φορβή#Grec_ancien|φορβή / phorbḗ]], « 1. Pâturage. 2. Nourriture animale. »; [[w:Nom_déverbal|''nom déverbal'']] du verbe φέρβω / phérbô [[wikt:en:φέρβω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Nourrir. 2. Faire paître, paître. 3. (passif) Être nourri. 4. Manger, consommer. 5. Profiter, avoir. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ le suffixe nominal de résultat ou d’action -ος / -os [[wikt:en:-ος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Dans la mythologie grecque, guerrier [[w:Troie|''troyen'']] qui a combattu pendant la [[w:Guerre_de_Troie|''guerre de Troie'']].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Phrygien_back|<span id="Phrygien"><sup>IV</sup></span>]] Du nom commun grec ancien Φρῠ́ξ / Phrúx [[wikt:en:Φρύξ#Ancient_Greek|(en)]], « un phrygien »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Ancien peuple de langue indo-européenne du centre-ouest de l’Anatolie.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Panthoides_back|<span id="Panthoides"><sup>V</sup></span>]] Mais aussi [http://www.espace-horace.org/trad/patin/odes1.htm#xxviii ''fils de Panthoüs.'']'''<br /><br />
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Écoutez '''Hipponax'''; je viens du pays où un bœuf coûte une obole, et j’apporte ici mes ''Iambes'', non pas mes ''Iambes'' guerriers contre '''Boupalos''' [[#Boupalos_NdT_JT|<span id="Boupalos_NdT_JT_back"><sup>'''1'''</sup></span>]].</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Par '''Apollon'''! comme les mouches dans la chaumine du berger... ou les guêpes... (ou les invités) au ''banquet delphien'' [[#banquet_delphien_NdT_JT|<span id="banquet_delphien_NdT_JT_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]... (les gens accourent)... par '''Hécate''', que de monde... (à parler) on perdra le souffle... j’ôterai le manteau. Faites silence et écrivez mon discours. '''Bathyclès, l’Arcadien''', ce ne sera pas long... car le temps me manque pour tournailler par ici.</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">(Le fils de '''Bathyclès''') fit voile vers ''Milet'', car le prix appartenait à '''Thalès''' qui, savant universel, avait mesuré, dit-on, ''la figure étoilée du Chariot'', guide du marin de ''Phénicie''. Un pivert donna un présage favorable et l’homme d’avant la lune (l’Arcadien) trouva le vieillard dans le ''temple de Didymes'' [[#Didymes_NdT_JT|<span id="Didymes_NdT_JT_back"><sup>'''3'''</sup></span>]]. Il râclait le sol de sa férule et y inscrivait la figure que trouva '''Euphorbos le Phrygien''' [[#Euphorbos_NdT_JT|<span id="Euphorbos_NdT_JT_back"><sup>'''4'''</sup></span>]], le premier qui dessina triangles et scalènes et cercles, (et qui enseigna à s’abstenir de la chair) des animaux; (on le suivit), non pas tous, mais ceux qu’ (un mauvais démon) possédait. L’homme lui dit ceci... « Cette coupe d’or massif... mon père m’a prié... de la donner au meilleur des sept sages... Je te la donne...» Alors '''Thalès''', frappant le sol de son bâton, et prenant sa barbe dans sa main, parla à son tour ; « Ce présent...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Solon''' (eut la coupe), et il la passa à '''Chilon'''...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">... Et le présent revint à Thalès...</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">······························ Lacune ······························</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Thalès''' me consacre au dieu qui protège le peuple du ''Nil'', m’ayant deux fois reçue comme prix...</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Boupalos_NdT_JT_back|<span id="Boupalos_NdT_JT"><sup>1</sup></span>]] Pour Hipponax voir notre notice sur Hérondas. Boupalos : sculpteur, raillé par Hipponax.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#banquet_delphien_NdT_JT_back|<span id="banquet_delphien_NdT_JT"><sup>2</sup></span>]] Expression qui signifie ne pas avoir le profit de ce que l’on dépense. Il y avait une telle presse aux sacrifices de ''Delphes'' que celui qui sacrifiait ne recevait même pas ce qui devait lui revenir de la victime.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Didymes_NdT_JT_back|<span id="Didymes_NdT_JT"><sup>3</sup></span>]] Près de ''Milet''. Il y avait dans cette ville un temple et un oracle d’Apollon.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px; font-size:85%;">'''[[#Euphorbos_NdT_JT_back|<span id="Euphorbos_NdT_JT"><sup>4</sup></span>]] Euphorbos le Phrygien est d’abord un personnage de l’''Iliade''. Mais Pythagore ayant prétendu que ce héros revivait en lui, c’est de Pythagore qu’il s’agit ici.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://www.camberbec.org/Callimaque/ <u>Callimaque, Iambes</u>], ''I, pp.79-80'', texte traduit par [https://data.bnf.fr/fr/12380325/joseph_trabucco/ Joseph Trabucco], Librairie Garnier Frères, 1934<br />(également disponible [http://ugo.bratelli.free.fr/Callimaque/Callimaque.pdf ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
[[Catégorie:Philosophe]]
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Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions période République Romaine
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Alex Mtlr
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wikitext
text/x-wiki
{| border="0" cellpadding="0" width="100%" style="background: #f9f9f9"
| colspan="3" height="25"|<div style="text-align: center;">[[Philosophie/Thalès de Milet|Thalès de Milet]]</div>
|-
| width="33%"|'''[[Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions période Grèce Hellénistique|Période de la Grèce Hellénistique]]'''
| width="33%" align="right"|'''[[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_EC|Période du Principat de l’Empire Romain]]'''
|}
= Période de la [[w:République_romaine|''République'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#République_back|<sup>🔄</sup>]] [[w:Rome_antique|''Romaine'']] [[#Rome|<span id="Rome_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] =
<p style="text-align: right;">([[w:Années_500_av._J.-C.|-509]], chute de la [[w:Royauté_romaine|''royauté romaine'']] — 16 janvier [[w:27_av._J.-C.|-27]], nomination de [[w:Auguste|'''Caius Iulius Caesar Octavianus''']] aux titres d’[[w:Auguste_(titre)|''Augustus'']] et de [[w:Princeps_senatus|''Princeps'']] par le [[w:Sénat_romain|''Sénat romain'']])
<span id="Oligarchie_back"></span>{{Boîte déroulante début|titre=NdA Rome|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Rome_back|<span id="Rome"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Rōma [[wikt:en:Roma#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">À l’époque ''républicaine'', la gestion de la cité romaine est d’abord marquée par la consécration du principe de publicité des réunions ''politiques'' (dans le cadre du [[w:Sénat_de_la_République_romaine|''Sénat'']] mais aussi dans le cadre des réunions [[w:Comices|''comitiales'']]), de [[w:Collégialité|''collégialité'']] des pouvoirs (les magistrats sont toujours plusieurs à détenir une même charge, à l’instar des deux [[w:Consul_(Rome_antique)|''consuls'']]), de spécialisation des [[w:Magistrature|''magistratures'']] (chacune d’elles dispose d’un pouvoir spécifique et d’un champ d’application bien défini) et d’[[w:Élection|électivité]] des charges (les magistrats sont pour l’immense majorité élus par le peuple romain réuni en assemblées). La devise traditionnelle de la république est [[w:Senatus_populusque_Romanus|''Senatus populusque Romanus'']] (SPQR), « le ''Sénat'' et le peuple ''romain'' ». Elle symbolise l’union consensuelle du ''Sénat'', où siègent à l’origine les familles de l’élite économique et politique de la cité, et de l’ensemble des [[w:Citoyenneté_romaine|''citoyens romains'']], qui par son vote adopte les lois, confère leurs pouvoirs aux magistrats, et consent au versement des impôts et à la levée des armées.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">À l’origine, la République romaine est largement dominée par l’aristocratie [[w:Patricien|''patricienne'']], héritière de la [[w:Fondation_de_Rome|''fondation de Rome'']], lorsque celle-ci a constitué le Sénat primitif autour des rois légendaires. Cette division entre ''patriciens'' et [[w:Plèbe|''plébéiens'']] s’estompe cependant au cours des siècles, au gré des différentes [[w:Sécessions_de_la_plèbe|''sécessions plébéiennes'']] permettant à l’élite économique de la plèbe de se faire une place en politique — en obtenant notamment, à partir de [[w:367 av. J.-C.|-367]], le droit d’élire un ''consul'' chaque année. L’essentiel des ''citoyens romains'' reste composé d’une importante masse d’artisans et de petits paysans propriétaires dans les zones fertiles de l’Italie centrale, tandis que les patriciens sont souvent propriétaires de [[w:Latifundium_(Antiquité)|''vastes domaines cultivés'']], les ''Latifundia'' (latus, « spacieux » + fundus, « ferme »), qui leur permettent de dégager d’importants revenus pour subventionner leur carrière politique. L’élite de la société romaine qui contrôle les rouages de la ''République'' se caractérise notamment par une célébration des origines familiales et des ancêtres prestigieux, dans le cadre de la [[w:Gens_(Rome antique)|''gens'']]. Chaque grande famille de Rome exerce alors un pouvoir informel dans la cité, grâce au [[w:Clientélisme_(Rome)|''système clientélaire'']] : une relation de services mutuels entre deux personnes de statut social différent, l’un puissant, le « patron », généralement aristocrate, et une personne de rang moindre, généralement un homme libre, appelé le « client ». La ''République romaine'' est loin d’être une ''démocratie'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#démocratie_back|<sup>🔄</sup>]] : il s’agit avant tout d’un [[w:Oligarchie|''régime oligarchique'']] [[#Oligarchie|<sup>II</sup>]] dans lequel les citoyens jouissent certes des mêmes droits civils, mais ne jouissent pas des mêmes privilèges politiques et religieux, l’essentiel de leurs droits dépendant, de fait, de leur position au sein des [[w:Cens_(époque romaine)|''classes censitaires'']] ''romaines'', établies en fonction du patrimoine foncier des familles recensées. La ''République romaine'' est donc avant tout un système de compétition, de course aux honneurs, entre les mains d’un nombre restreint de grandes familles ''patricio-plébéiennes'' formant la [[w:Nobilitas|''nobilitas'']], la noblesse.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><span id="Oligarchie"><sup>II</sup></span> Du nom commun ὀλιγαρχίᾱ / oligarkhíā [[wikt:en:ὀλιγαρχία#Ancient_Greek|(en)]], « (politique) Règne de quelques-uns, oligarchie. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun ὀλιγάρχης / oligárkhēs [[wikt:en:ὀλιγάρχης#Ancient_Greek|(en)]], « oligarque »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ de l’adjectif ὀλίγος / olígos [[wikt:en:ὀλίγος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. De petite quantité : peu. 2. De petite taille : petit. 3. De faible degré : léger. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du suffixe -άρχης / -árkhēs [[wikt:en:-άρχης#Ancient_Greek|(en)]], « souverain, chef »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 45px;">➥ du nom commun ᾰ̓ρχή / arkhḗ [[wikt:en:ἀρχή#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Début, origine. 2. Souveraineté, domination, autorité. 3. Le bout d’une corde ou d’un bâton, le coin d’un drap. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 60px;">➥ du verbe ἄρχω / árkhō [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Commencer [+génitif = quelque chose, de quelque chose, par quelque chose]. 2. (transitif) Diriger, gouverner, commander [+génitif = quelqu’un]; [+datif = quelqu’un]. 3. (intransitif) Être un dirigeant; détenir un archontat. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 60px;">➥ + du suffixe nominal -η / -ē [[wikt:en:-η#Ancient_Greek:_zero_grade|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 45px;">➥ + du suffixe adjectival -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal abstraite féminin -ία / -ía [[wikt:en:-ία#Ancient_Greek|(en)]];<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> [[w:Forme_de_gouvernement|''Forme de gouvernement'']] où le pouvoir est détenu par un petit groupe de personnes qui forme une [[w:Classe_dominante|''classe dominante'']].
</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
== [[w:Cicéron|'''Cicéron''']] [[#Cicéron|<span id="Cicéron_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">(3 janvier [[w:106_av._J.-C.|-106]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Arpino|''Arpinum'']], [[w:Citoyenneté_romaine|''cité romaine'']] de [[w:Latium#Antiquité|''Latium'']] — 7 décembre [[w:43_av._J.-C.|-43]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, assassiné en quittant sa villa de [[w:Formia|''Formia'']], par la [[w:Proscription_de_43_av._J.-C.|''proscription'']] du [[w:Second triumvirat|''second triumvirat'']], sur ordre de [[w:Marc_Antoine|'''Marc Antoine''']]) [[s:Auteur:Cicéron|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=PLrWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP13&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA365#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume II, §123 - Cicero (Marcus Tullius –) père}}] [https://books.google.fr/books?id=SkYwAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA655#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Suppléments, §123 - Cicero (Marcus Tullius –) père}}]
[[Fichier:Bust of Cicero (1st-cent. BC) - Palazzo Nuovo - Musei Capitolini - Rome 2016.jpg|vignette|Portrait posthume de Cicéron de la moitié du [[w:Ier_siècle|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>EC</small>|de l’Ère Commune}}]]. Marbre.<br /><p style="text-indent: 15px;">Provenance : ? .<br /><p style="text-indent: 15px;">Exposition : [[w:Palais_Neuf_(Rome)#Salle_des_Philosophes|Sala dei Filosofi, Palazzo Nuovo, Musei Capitolini]] [https://www.museicapitolini.org/en/opera/ritratto-di-cicerone-0 <sup>🔍</sup>].]]
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">''Orateur'', ''politicien'', ''philosophe'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]] et ''citoyen romain'' [[#Rome_back|<sup>⤴️</sup>]]; il publie une abondante production, d’ouvrages sur la [[w:Rhétorique|rhétorique]] et d’adaptation en latin des [[w:Philosophie_en_Grèce_antique|''théories philosophiques grecques'']], considérée comme un modèle de l’expression [[w:Latin_classique|''latine classique'']], et dont une grande partie nous est parvenue.</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Cicéron|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Cicéron_back|<span id="Cicéron"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin Marcus [[w:Tullii|Tullius]] Cicero :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Prénom_romain|{{Info|praenomen|nom individuel du citoyen romain}}]] [[wikt:Marcus#Latin|Marcus]]; forme contractée de *Marticus;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ de l’adjectif [[wikt:Martius#Latin|Martius]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 45px;">➥ dérivé de [[wikt:Mars#Latin|Mars]], « [[w:Mars_(mythologie)|Mars]], dieu des guerriers, de la jeunesse et de la violence de la mythologie romaine. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 45px;">➥ + le suffixe adjectival [[wikt:en:-ius#Latin|-ius]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + le suffixe adjectival [[wikt:-icus#Latin|-icus]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Liste_de_nomina|{{Info|nomen|nom de famille}}]] [[wikt:Tullius#Latin|Tullius]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Cognomen|{{Info|cognomen|surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}]] [[wikt:Cicero#Latin|Cicero]]; de [[wikt:cicer#Latin|cicer]], « pois chiche » [[#pois_chiche|<span id="pois_chiche_back"><sup>II</sup></span>]].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#pois_chiche_back|<span id="pois_chiche"><sup>II</sup></span>]] Sens original multiple :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Selon [[w:Pline_l%27Ancien|Pline l’Ancien]] ([[w:23|23]], à [[w:Côme#Histoire|''Novum Comum'']] — [[w:79|79]] [[w:Mort_de_Pline_l%27Ancien|<sup>📚</sup>]], à [[w:Stabies#Éruption_de_79_ap._J.-C.|''Stabies'']]) <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup> :'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''2. Les [[w:Fabii|'''Fabius''']], les [[w:Cornelii_Lentuli|'''Lentulus''']], les '''Cicéron''' ont eu ces noms d’après l’espèce de légume qu’ils excellaient à cultiver.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre18.htm <u>Histoire Naturelle</u>, ''l. XVIII'']'', c. III, §2''<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Selon [[w:Plutarque|Plutarque]] ([[w:46|46]] <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>, à [[w:Chéronée|''Chéronée'']] — [[w:125|125]] <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>) :'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''Le premier de cette famille qui eut le surnom de '''Cicéron''' fut un homme très estimable; aussi ses descendants, loin de rejeter ce surnom, se firent un honneur de le porter, quoiqu’il eût été souvent tourné en ridicule, il vient d’un mot latin qui signifie pois chiche; et le premier à qui on le donna avait à l’extrémité du nez une excroissance qui ressemblait à un pois chiche et qui lui en fit donner le surnom. '''Cicéron''', celui dont nous écrivons la Vie, la première fois qu’il se mit sur les rangs pour briguer une charge, et qu’il s’occupa des affaires publiques, fut sollicité par ses amis de quitter ce surnom et d’en prendre un autre; mais il leur répondit, avec la présomption d’un jeune homme, qu’il ferait en sorte de rendre le nom de '''Cicéron''' plus célèbre que ceux des [[w:Aemilius_Scaurus|'''Scaurus''']] et des '''Catulus'''. Pendant sa questure en Sicile, il fit aux dieux l’offrande d’un vase d’argent, sur lequel il fit graver en entier ses deux premiers noms, '''Marcus Tullius'''; et au lieu du troisième, il voulut, par plaisanterie, que le graveur mit un pois chiche. Voilà ce qu’on dit de son nom.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/Ciceron.htm <u>La Vie de Cicéron</u>]'', c. I''</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:De_Republica|De Re Publica]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:De_la_République|📚]] [https://books.google.fr/books?id=SkYwAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA680#v=onepage&q&f=false {{Info|➕|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Suppléments, De Republica}}]
{| cellpadding="0" align="{{{align|right}}}" style="margin-left: 2em; width:40%; border-spacing:3px; text-align:center; background-color:#F8F9FA; border:2px solid #C8CCD1"
|-
| style="border:solid 1px #F8F9FA" | '''Manuscrits'''
|- style="font-size:8pt; line-height:10pt; vertical-align:middle"
| align="center" | <div style="margin-top: 1em; margin-bottom: 1em; margin: 0 1em; padding:0 0 4px 0; text-align:justify;">{{{légende|L’ouvrage rédigé en 6 livres n’est parvenu à l’époque moderne que très mutilé, seule la fin dite du [[w:Songe_de_Scipion|''Songe de Scipion'']] fut conservée au cours du Moyen Âge en raison de son mysticisme apprécié des auteurs chrétiens. Le reste de l’ouvrage aux considérations plus politiques fut retrouvée en 1818 par [[w:Angelo_Mai|'''Angelo Mai''']], préfet de la bibliothèque de manuscrits du ''Vatican'', dans un [[w:Palimpseste|''palimpseste'']] d’un ouvrage d’[[w:Augustin_d%27Hippone|'''Augustin''']] d’Hippone, référencé [[w:De_Republica#Le_palimpseste_Vaticanus_Latinus_5757|'''Vaticanus Latinus 5757''']], copié au début du VIII<sup>ème</sup> siècle sur les pages lavées et grattées d’un [[w:Codex|''codex'']] du IV<sup>ème</sup> siècle.}}}</div>
|}
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Traité sur la politique, écrit en [[w:54_av._J.-C.|-54]]. L’ouvrage, écrit sous la forme d’un dialogue platonicien, traite de la meilleure forme d’État et de la manière de bien conduire un État. Cette question avait déjà été abordée par les Grecs avec ''La Politique'' d’[[w:Aristote|'''Aristote''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Aristote_back|<sup>🔄</sup>]] et ''La République'' de [[w:Platon|'''Platon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]]. '''Cicéron''' applique leurs analyses aux institutions de la [[w:République_romaine|République romaine]], pour établir que la République du [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]] était la cité la plus proche de l’équilibre idéal formulé par ces théories. Il complètera ce traité par le [[#De_Legibus_I|''De Legibus'']], ouvrage consacré à l’aspect législatif des institutions.</div>
==== [[w:De_Republica#Livre_I|Livre I]] ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Introduction, présentation des protagonistes, '''Cicéron''' place ses dialogues vers [[w:129_av._J.-C.|-129]], moment où, selon lui, cette République quittait l’équilibre idéal qu’il va décrire, avant que, toujours selon lui, l’intervention des [[w:Gracques|'''Gracques''']] [[#Gracques|<span id="Gracques_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ne bouleverse l’harmonie républicaine.</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Livre I|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Gracques_back|<span id="Gracques"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Gracchus;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Nom donné à deux frères et hommes d’État ''romains'', [[w:Tiberius_Gracchus|Tiberius Gracchus]] et [[w:Caius_Gracchus|Caius Gracchus]], petits-fils de [[w:Scipion_l'Africain|Scipion l’Africain]], connus pour leur tentative infructueuse de réformer le système agraire ''romain'' durant la deuxième moitié du [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]] :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• En [[w:-133|-133]], Tiberius fait voter une [[w:Question_agraire_%C3%A0_Rome|''loi agraire'']] connue sous le nom de [[w:Lex_Sempronia|''Rogatio Sempronia'']] qui reprend le principe de l’[[w:Anadasmos|''Anadasmos'']] grec, prévoyant la limitation au droit de possession individuelle et la redistribution aux citoyens pauvres des terres récupérées.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_163_av._J.-C.|-163]], [[w:Rome_antique|''Rome'']] — post [[w:Années_133_av._J.-C.|-133]], ''Rome'', assassiné par les sénateurs opposés à sa réforme) <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Et de [[w:-123|-123]] à [[w:-121|-121]], Caius renforce cette loi et ambitionne de diminuer les pouvoirs du [[w:S%C3%A9nat_de_la_R%C3%A9publique_romaine|''Sénat romain'']] et d’accroître ceux des [[w:Comices|''comices'']], assemblées qui expriment la volonté du peuple romain dans les domaines électoraux, législatifs et judiciaires.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_154_av._J.-C.|-154]], [[w:Rome_antique|''Rome'']] — post [[w:Années_121_av._J.-C.|-121]], ''Rome'', assassiné par le ''Sénat'' en promulguant pour la première fois un [[w:Senatus_consultum_ultimum|''senatus consultum ultimum '']], donnant au consul [[w:Lucius_Opimius|Lucius Opimius]] les pleins pouvoirs pour mettre fin à la sédition de Caius, à cause de divergence politique sur la construction d’une colonie à [[w:Carthage#Cité_romaine,_vandale_et_byzantine|''Carthage'']]) <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup></small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XIV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Témoignage de l’invention du premier [[w:Planétaire|''planétaire'']] [[#Planetes|<span id="Planetes_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] par '''Thalès'''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Planètes|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Planetes_back|<span id="Planetes"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun latin planeta, planetes [[wikt:en:planeta#Latin|(en)]]; du nom commun grec ancien πλανήτης / planḗtēs [[wikt:en:πλανήτης#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Voyageur, vagabond. 2. (astronomie) Planète. 3. (médecine) Une fièvre qui se manifeste par des crises irrégulières. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de [[wikt:en:πλανάω#Ancient_Greek|πλανάω / planáō]], « 1. Faire errer, conduire à l’errance. 2. Égarer, tromper, induire en erreur. 3. (voix passive) Errer, s’égarer. 4. Errer en parlant, s’éloigner du sujet. 5. Faire une chose de manière irrégulière ou avec des variations. 6. Être dans le doute ou être perdu. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe masculin de nom d’agent -της / -tēs [[wikt:en:-της#Ancient_Greek:_agent_noun|(en)]].'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''Il n’est pas vrai, mes chers amis, que le soleil, la lune, ni aucun autre astre, errent dans leur course : c’est tout le contraire ; chacun d’eux n’a qu’une route et non plusieurs ; ils parcourent toujours le même chemin en ligne circulaire ; et ce n’est qu’en apparence qu’ils parcourent plusieurs chemins. C’est encore à tort qu’on attribue le moins de vitesse à l’astre qui en a le plus, et le mouvement le plus rapide à celui dont la course est la plus lente. Supposé que la chose soit telle que je dis et que nous nous la figurions tout autre, s’il arrivait qu’aux jeux olympiques nous fussions dans une erreur semblable à l’égard des hommes ou des chevaux qui courent dans la carrière, appelant le plus lent celui qui est le plus léger, et le plus léger celui qui est le plus lent, en sorte que, la course finie, nous donnassions des éloges au vaincu comme s’il était vainqueur ; il me paraît que nos louanges seraient injustes, et ne plairaient guère aux coureurs qui ne sont pourtant que des hommes. Mais quand nous tombons dans de pareilles méprises par rapport aux dieux, ce qui tout à l’heure et en parlant d’hommes était ridicule et injuste, ne vous semble-t-il pas l’être ici à l’égard des dieux ?'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' Platon, [https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Platon_-_%C5%92uvres,_trad._Cousin,_VII_et_VIII.djvu/707 <u>Les Lois</u>, ''l.VII'', ''§822 a-c'']</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
:'''Textes latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XIV.</small>''' Tum [[w:Lucius_Furius_Philus|'''Philus''']] : Nihil novi vobis afferam, neque quod a me sit cogitatum aut inventum : nam memoriâ tenio [[w:Caius_Sulpicius_Gallus|'''C. Sulpicium Gallum''']] , doctissimum ut scitis hominem , cùm idem hoc visum diceretur , et esset casu apud [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-166)|'''M. Marcellum''']] , qui cum eo consul fuerat, sphæram [[#sphæram|<span id="sphæram_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], quam [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)|'''M. Marcellus''' avus]] [[#Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)|<span id="Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] captis [[w:Syracuse#Période_romaine|''Syracusis'']] ex urbe locupletissimâ atque ornatissimâ sustulisset, cùm aliud nihil ex tantâ prædâ domum suam deportavisset jussisse proferri : cujus ego sphæræ cùm persæpe propter [[w:Archimède|'''Archimedi''']] [[#Archimedi_De_Re_Publica|<span id="Archimedi_De_Re_Publica_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] gloriam nomen audissem, speciem ipsam non sum tanto opere admiratus : erat enim illa venustior et nobilior [[#nobilior|<span id="nobilior_back"><sup>'''4'''</sup></span>]] in vulgus, quam ab eodem '''Archimede''' factam posuerat in [[w:Pudicitia#Les_temples|''templo Virtutis'']] '''Marcellus''' idem. Sed postea quàm cœpit rationem hujus operis scientissime '''Gallus''' exponere, plus in illo siculo ingenii, quàm videretur natura humana ferre potuisse, judicabam [[#judicabam|<span id="judicabam_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] fuisse. Dicebat enim '''Gallus''', sphæræ illius alterius solidæ atque plenæ vetus esse inventum, et eam a '''Thalete''' ''milesio'' primum esse tornatam [[#tornatam|<span id="tornatam_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] : post autem ab [[w:Eudoxe_de_Cnide|'''Eudoxo''' ''cnidio'']] discipulo, ut ferebat, [[w:Platon|'''Platonis''']] eamdem illam astris [[#astris|<span id="astris_back"><sup>'''7'''</sup></span>]] cœlo inhærentibus [[#inhærentibus|<span id="inhærentibus_back"><sup>'''8'''</sup></span>]] esse descriptam; cujus omnem ornatum et descriptionem, sumptam ab '''Eudoxo''', multis annis post non astrologiæ scientiâ sed poeticâ quâdam facultate versibus [[w:Aratos_de_Soles|'''Aratum''']] extulisse. Hoc autem sphæræ genus, in quo solis et lunæ motus inessent, et earum quinque stellarum, quæ errantes et quasi vagæ nominarentur, in illâ sphærâ solidâ non potuisse finiri. Atque in eâ admirandum esse inventum '''Archimedi''', quod excogitasset quemadmodum in dissimillimis motibus inæquabiles et varios cursus servaret una conversio. Hanc sphæram '''Gallus''' cùm moveret, fiebat ut soli luna totidem conversionibus in aere illo quot [[#quot|<span id="quot_back"><sup>'''9'''</sup></span>]] diebus in ipso cœlo succederet; ex quo et in cœlo sphæra [[#sphæra|<span id="sphæra_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] solis fieret eadem illa defectio, et incideret luna tum in eam metam, quæ esset umbra terræ, cùm sol e regione. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . </div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; width: 50%;">'''<small>[[#sphæram_back|<span id="sphæram"><sup>1</sup></span>]] In codice modo scribitur ''sfæra'', modo ''sphæra'', modo ''sphera''.<br />[[#Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)_back|<span id="Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)"><sup>2</sup></span>]] Cod. primâ manu ''Marcellus''; secundâ ''Marcelli avus'', quæ est emendatio certissima.<br />[[#Archimedi_De_Re_Publica_back|<span id="Archimedi_De_Re_Publica"><sup>3</sup></span>]] ''Archimedi'' in secundo casu more suo Tullius, ut pro Balbo XXV ''Theophani''; ad Brut. ep. XV, et de Or. II. 74 ''Themistocli''; ad Att. XIII. 28 ''Aristoteli''; Brut. VII. LXXXIII ''Thucydidi'', Tusc. I. 41 ''Ulyxi''; de Or. II. 22. 23. Brut. XV. LXXXIII ''Demostheni'' et ''Pericli'': unde etiam Persius IV. 3 ''magni pupille Pericli''. Lege et Quintilianum Inst. I. 5. Sic loquitur etiam Fronto.<br />[[#nobilior_back|<span id="nobilior"><sup>4</sup></span>]] Cod. primâ manu ''novilior'', secundâ ''nobilior''.<br />[[#judicabam_back|<span id="judicabam"><sup>5</sup></span>]] Cod. ''judicam''; sed mox factum ''judicabat''. Mihi videbatur scribendum ''judicabam''.</small>'''
</td>
<td valign=top style="text-align: justify; width: 50%;">'''<small>[[#tornatam_back|<span id="tornatam"><sup>6</sup></span>]] lta cod. secundâ manu; et primâ ''ornatam''. Cicero in Arateis 3o4 : ''tam tornare cate contorlos possiet orbes''.<br />[[#astris_back|<span id="astris"><sup>7</sup></span>]] Cod. primâ manu ''illam stellisque cœlo;'' secundâ vero deletum ''stellisque'' et scriptum ''astris''.<br />[[#inhærentibus_back|<span id="inhærentibus"><sup>8</sup></span>]] Cod. sine diphthongo, ''inherentibus'' , sed deinde haud scio an sit superaddita ''a''.<br />[[#quot_back|<span id="quot"><sup>9</sup></span>]] Cod. habet ''quod'', ob sonum videlicet similem sequentis litteræ ''d''. Profecto Longus p. 2231 jani obacrvavit, ''quot'' et ''quod'' male aliquoties confundi.<br />[[#sphæra_back|<span id="sphæra"><sup>10</sup></span>]] Cod. ''sphela'', quamquam ''l'' non caret interpolatione. Superius cap. V vidimus ''lacelari''. Sed enim vox ipsa ''sphœra'' hîc omittenda videtur, vel scribendum ''cœli sphœrâ''.</small>'''</td></tr></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n9/mode/2up <u>La République de Cicéron. Tome Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n77/mode/2up <u>M. Tulli Ciceronis. De Re Publica. Liber Primus.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n115/mode/2up ''XIV''], d’après le texte inédit, récemment découvert et commenté par [[w:Angelo_Mai|'''M. Mai''']] ([[w:De_Republica#Le_palimpseste_Vaticanus_Latinus_5757|''Le palimpseste Vaticanus Latinus 5757'']] ), Bibliothèque du Vatican. Avec une traduction française par [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/abel-francois-villemain?fauteuil=17&election=24-04-1821 '''M. Villemain'''], de l’Académie Française, L.-G. Michaud, Librairie, 1823</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XIV.</small>''' Tum '''Philus''' : Nihil novi vobis afferam, neque quod a me sit cogitatum aut inventum ; nam memoria teneo, '''C. Sulpicium Gallum''', doctissimum, ut scitis, hominem, quum idem hoc visum diceretur, et esset casu apud '''M. Marcellum''', quicum eo consul fuerat, sphæram, quam '''M. Marcelli''' avus, captis ''Syracusis'', ex urbe locupletissima atque ornatissima sustulisset, quum aliud nihil ex tanta præda domum suam deportavisset, jussisse proferri : cujus ego sphæræ quum persæpe, propter '''Archimedi''' gloriam, nomen audissem, speciem ipsam non sum tanto opere admiratus : erat enim illa venustior et nobilior in vulgus, quam ab eodem '''Archimede''' factam posuerat in ''templo Virtutis'' '''Marcellus''' idem. Sed posteaquam cœpit rationem hujus operis scientissime '''Gallus''' exponere, plus in illo Siculo ingenii, quam videretur natura humana ferre potuisse, judicabam fuisse. Dicebat enim '''Gallus''', sphæræ illius alterius solidæ atque plenæ vetus esse inventum, et eam a '''Thalete''' ''Milesio'' primum esse tornatam : post autem ab '''Eudoxo''' ''Cnidio'' discipulo, ut ferebat, '''Plalonis''' eamdem illam astris cælo inhærentibus esse descriptam; cujus omnem ornatum et descriptionem, sumptam ab '''Eudoxo''', multis annis post, non astrologiæ scientia, sed poetica quadam faculiate versibus '''Aratum''' extulisse. Hoc autem sphæræ genus, in quo solis et lunæ motus inessent, et earum quinque stellarum, quæ errantes et quasi vagæ nominarentur, in illa sphæra solida non potuisse finiri; atque in eo admirandum esse inventum '''Archimedi''', quod excogitasset, quemadmodum in dissimillimis motibus inæquabiles et varios cursus servaret una conversio. Hanc sphæram '''Gallus''' quum moveret, fiebat, ut soli luna totidem conversionibus in aere illo, quot diebus in ipso cælo, succederet, ex quo et in [cælo] sphæra solis fieret eadem illa defectio, et incideret luna tum in eam metam, quæ esset umbra terræ, quum sol e regione.....</div></poem>
<div style="text-align: center; direction: ltr;">(''Octo paginæ hic a '''Maio''' desiderantur.'')</div>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/289|<u>De Re Publica. Liber Primus</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/296|''XIV'']], avec la traduction en français publiées sous la direction de [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''M. Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n295/mode/2up '''ici'''] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f289 '''là'''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XIV.</small>''' [[w:Lucius_Furius_Philus|'''Philus''']] [[#Philus|<span id="Philus_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] prenant la parole : Je ne vous présenterai, dit-il, rien de nouveau, ni découverte, ni pensée qui m’appartienne; car voici ce dont je me souviens. [[w:Caius_Sulpicius_Gallus|'''Sulpicius Gallus''']] [[#Caius_Sulpicius_Gallus_AM|<span id="Caius_Sulpicius_Gallus_AM_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] [[#Caius_Sulpicius_Gallus|<span id="Caius_Sulpicius_Gallus_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], homme d’une profonde doctrine, comme vous le savez, entendant un jour le récit d’un prodige semblable, et se trouvant chez [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-166)|'''Marcellus''']] [[#Marcellus-166|<span id="Marcellus-166_back"><sup>'''III'''</sup></span>]], qui avait été son collègue dans le consulat, demanda qu’on lui mit sous les yeux un globe céleste [[#Machine_Anticythere|<span id="Machine_Anticythere_back"><sup>💡</sup></span>]], que [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)|l’aïeul de '''Marcellus''']] [[#Marcellus-222|<span id="Marcellus-222_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]] avait autrefois enlevé après la prise de [[w:Syracuse#Période_romaine|''Syracuse'']], du milieu de cette magnifique et opulente ville, sans rapporter dans sa maison d’autre butin d’une si grande conquête. J’avais entendu souvent citer cette sphère, à cause de la grande renommée d’[[w:Archimède|'''Archimède''']] [[#Archimède|<span id="Archimède_back"><sup>'''VII'''</sup></span>]]. L’aspect ne m’en parut pas fort remarquable. Il en existait une autre, d’une forme plus élégante et plus connue du vulgaire, ouvrage du même '''Archimède''', et placée par le même '''Marcellus''' à [[w:Rome_antique|''Rome'']], dans le [[w:Pudicitia#Les_temples|''temple de la Vertu'']]. Mais sitôt que '''Gallus''' eut commencé d’expliquer avec une haute science la composition de cette machine, je jugeai qu’il y avait eu dans le géomètre [[#géomètre_AM|<span id="géomètre_AM_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] sicilien un génie supérieur à ce qui semblait la portée de l’humaine nature. '''Gallus''' nous disait, que cette autre sphère solide et compacte était d’une invention fort ancienne, et que le premier modèle en avait été donné par '''Thalès''' de ''Milet''; que, dans la suite, [[w:Eudoxe_de_Cnide|'''Eudoxe''' de ''Gnide'']] [[#Eudoxe_de_Cnide|<span id="Eudoxe_de_Cnide_back"><sup>'''IX'''</sup></span>]], disciple de [[w:Platon|'''Platon''']], avait tracé sur ses contours les astres attachés à la voûte des cieux; et que beaucoup d’années après, empruntant à '''Eudoxe''' ce dessin et cette belle ordonnance, [[w:Aratos_de_Soles|'''Aratus''']] [[#Aratos_de_Soles|<span id="Aratos_de_Soles_back"><sup>'''X'''</sup></span>]] leur avait donné l’éclat des vers, sans avoir lui-même la connaissance de l’astronomie, et par la seule force de son instinct poétique. Il ajoutait que cette configuration de la sphère, qui représente les mouvemens de la lune, du soleil, et des cinq [[w:Astronomie_grecque#Mouvements_réguliers_des_planètes|''étoiles nommées errantes ou irrégulières'']] [[#Planètes_back|<sup>⤴️</sup>]], n’avait pu s’appliquer à ce premier globe d’une forme solide; et que l’art merveilleux d’ '''Archimède''' était d’avoir tellement combiné sa nouvelle sphère, que dans le jeu de mouvemens disparates, une seule impulsion déterminait des résultats inégaux et variés. En effet, '''Gallus''' touchait-il cette sphère [[#sphere_AM|<span id="sphere_AM_back"><sup>'''3'''</sup></span>]], on voyait, sur sa surface, la lune remplacer le soleil par un tour de cercle, autant de fois qu’elle le remplace dans les cieux par l’intervalle d’un jour; d’où il résultait que la disparition du soleil s’y trouvait marquée comme dans les cieux, et que la lune touchait le point où elle est obscurcie par l’ombre de la terre, à l’instant où le soleil reparaissait sur l’horizon, etc. [[#etc_AM|<span id="etc_AM_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]</div>
</poem>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''<small>[[#Caius_Sulpicius_Gallus_AM_back|<span id="Caius_Sulpicius_Gallus_AM"><sup>1</sup></span>]] Cicéron nomme plusieurs fois ce Gallus, pour sa science et sa passion de l’astronomie. — [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre2.htm <u>Pline, liv. II, ch. xix</u>], le cite comme partageant l’opinion de Pythagore, que la terre est éloignée de la lune de 126,000 stades, et que sa distance du soleil est double de ce nombre.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#géomètre_AM_back|<span id="géomètre_AM"><sup>2</sup></span>]] On sait que ce fut Cicéron qui, curieux de toute espèce d’étude et de gloire, rechercha et découvrit, à ''Syracuse'', la sépulture d’Archimède, oubliée dans un lieu désert, entourée de ronces, et reconnaissable seulement par la figure d’une sphère qui surmontait le tombeau.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#sphere_AM_back|<span id="sphere_AM"><sup>3</sup></span>]] Cette sphère, à l’exactitude près, ressemblait, comme l’on voit, à la sphère mobile que les Anglais ont appelée [[w:en:Orrery|''Orery'']], du nom d’un célèbre protecteur des sciences, qui fit construire cette machine : « C’est, dit [[w:Voltaire|Voltaire]], une très-faible copie de notre monde<br />« planétaire et de ses révolutions. La période même du change-<br />« ment des solstices et des équinoxes, qui nous amène, de jour<br />« en jour, une nouvelle étoile polaire, cette période, cette course<br />« si lente d’environ vingt-six mille ans, n’a pu être exécutée par<br />« des mains humaines, dans nos ''Orery''. Cette machine est très-<br />« imparfaite; il faut la faire tourner avec une manivelle. Cepen-<br />« dant c’est un chef-d’œuvre de l’habileté de nos artisans. Jugez<br />« donc quelle est la puissance, quel est le génie de l’éternel Ar-<br />« chitecte, si l’on peut se servir de ces termes impropres, si mal<br />« assortis à l’Être suprême ! » [[#Voltaire_Histoire_de_Jenni|<span id="Voltaire_Histoire_de_Jenni_back"><sup>XII</sup></span>]] La science actuelle parlerait avec moins de respect de ces ''Orery''; mais on concevra sans peine quelle admiration devait inspirer, dans la peu savante et ingénieuse antiquité, la première ébauche d’un semblable travail.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''<small>[[#etc_AM_back|<span id="etc_AM"><sup>4</sup></span>]] La traduction a complété la phrase mutilée de l’original; la suite de ce détail astronomique manque dans le manuscrit, jusqu’au moment ou [[w:Scipion_Émilien|Scipion]] en revient à parler de Gallus.</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n9/mode/2up <u>La République de Cicéron. Tome Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n77/mode/2up <u>De La République. Livre Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n115/mode/2up ''XIV''], d’après le texte inédit, récemment découvert et commenté par M. [[w:Angelo_Mai|'''Mai''']] ([[w:De_Republica#Le_palimpseste_Vaticanus_Latinus_5757|''Le palimpseste Vaticanus Latinus 5757'']] ), Bibliothèque du Vatican. Avec une traduction française par M. [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/abel-francois-villemain?fauteuil=17&election=24-04-1821 '''Villemain'''], de l’Académie Française, L.-G. Michaud, Librairie, 1823 (édition de 1878 également disponible [https://archive.org/details/larpubliquedeci00maigoog/page/n141/mode/2up ''ici''])</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Francois Villemain 1823|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Philus_back|<span id="Philus"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:φίλος#Grec_ancien|φίλος / phílos]], « ce qui est aimé »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Consul de la [[w:République_romaine|''République romaine'']], affecté à la province d’[[w:Hispanie_citérieure|''Hispanie citérieure'']] en [[w:136_av._J.-C.|-136]], durant la [[w:Guerre_de_Numance|''guerre contre Numance'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_179_av._J.-C.|-179]], [[w:Rome_antique|''Rome'']] — post [[w:Années_136_av._J.-C.|-136]], lieu indéterminé) <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup><br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Caius_Sulpicius_Gallus_back|<span id="Caius_Sulpicius_Gallus"><sup>II</sup></span>]] Du nom commun latin gallus [[wikt:en:gallus#Latin|(en)]], « 1. Un coq. 2. • Un gaulois, un habitant de la ''Gaule''; • Un galate, un habitant de la [[w:Galatie|''Galatie'']], en ''Anatolie''. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Préteur en [[w:-169|-169]] puis, l’année d’après, tribun militaire de la II<sup>ème</sup> [[w:Légion_romaine|''légion'']] pendant la [[w:Troisième_guerre_macédonienne|''troisième guerre macédonienne'']] contre [[w:Persée_(roi)|Persée]], le roi de [[w:Royaume_de_Macédoine|''Macédoine'']]. Il y gagne une grande réputation pour avoir rassuré les soldats en leur expliquant le phénomène d’une éclipse de Lune ayant lieu la nuit précédent la bataille de Pydna (ou selon certains auteurs pour l’avoir prévu). Il devient consul en à son retour de Macédoine en [[w:-166|-166]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_209_av._J.-C.|-209]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'' [[#Rome_back|<sup>⤴️</sup>]] — date <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> et lieu indéterminé.e.s)<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Marcellus-166_back|<span id="Marcellus-166"><sup>III</sup></span>]] Diminutif latin de Mārculus [[wikt:en:Marcellus#Latin|(en)]], lui même diminutif de Mārcus.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Homme politique ''romain'', consul à 3 reprises en [[w:Années_166_av._J.-C.|-166]], [[w:Années_155_av._J.-C.|-155]] et [[w:Années_152_av._J.-C.|-152]]. Il est le petit fils de Marcus Claudius Marcellus 5 fois consuls [[#Marcellus-222|<sup>II</sup>]] et l’arrière grand-père de Marcus Claudius Marcellus : consul en -51, il participa à la remise à Cicéron [[#Cicéron_back|<sup>⤴️</sup>]] de lettres dénonçant la [[w:Conjuration_de_Catilina|''tentative de coup d’État de Catilina'']] et choisit le camp de [[w:Pompée|''Pompée'']] lors de la [[w:Guerre_civile_de_César|''guerre civile de César'']], s’exilant sur l’île de [[w:Lesbos|''Lesbos'']] [[#Lesbos_back|<sup>⤵️</sup>]] à la défaîte de ce premier. Pardonné par César en -46, il sera poignardé en mai -45 par l’un de ses esclaves alors qu’il s’apprêtait à s’embarquer pour rejoindre ''Rome'' par la mer [http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/ciceron_ad_fam_IV/lecture/12.htm <sup>C., LàdF, l.IV, XII</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_208_av._J.-C.|-208]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'' — [[w:Années_148_av._J.-C.|-148]]<sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, mort nauffragé en Méditerranée lors d’une ambassade au près du roi [[w:Massinissa|Massinissa]] de [[w:Royaume_de_Numidie|''Numidie'']])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Marcellus-222_back|<span id="Marcellus-222"><sup>IV</sup></span>]] Consul ''romain'' à 5 reprises et général plusieurs fois victorieux : <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">• contre les celtes [[w:Gésates|''Gésates'']] lors de la [[w:Bataille_de_Clastidium|''bataille de Clastidium'']] et en rapportant la [[w:Dépouilles_opimes|''dépouille opimes'']] (ou en latin ''spolia opima'') de leur chef [[w:Viridomaros_(Gésate)|Viridomaros]] en [[w:-222|-222]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">• contre [[w:Hannibal_Barca|Hannibal Barca]] [[#Hannibal_Barca|<span id="Hannibal_Barca_back"><sup>V</sup></span>]] lors des 3 batailles de [[w:Nola_(Italie)#Histoire|''Nola'']] de [[w:Bataille_de_Nola_(216_av._J.-C.)|-216]], [[w:Bataille_de_Nola_(215_av._J.-C.)|-215]] et [[w:Bataille_de_Nola_(214_av._J.-C.)|-214]] de la [[w:Deuxième_guerre_punique|''deuxième guerre punique'']] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">• et lors du [[w:Siège_de_Syracuse_(213_av._J.-C.)|''siège'']] de [[w:Syracuse#Deuxième_guerre_punique|''Syracuse'']], qu’il s’empara en [[w:-212|-212]]; [[w:Archimède|Archimède]] [[#Archimède|<sup>VII</sup>]] est tué au cours du pillage qui a suivi.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_270_av._J.-C.|-270]], à [[w:Rome_antique|''Rome'']] — [[w:Années_208_av._J.-C.|-208]], à [[w:Venosa#Histoire|''Venosa'']], transpercé par une lance lors d’une embuscade ''carthaginoise'' au cours d’une mission de reconnaissance pendant la ''deuxième guerre punique'' <sup>[[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/185|Plutarq. lVdHI. VdM. éd.1853, p.181]]</sup>) <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup><br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Hannibal_Barca_back|<span id="Hannibal_Barca"><sup>V</sup></span>]] Du nom propre latin Hannibal [[wikt:en:Hannibal#Latin|(en)]]; du nom propre [[w:Punique_(langue)|''punique'']] 𐤇𐤍𐤁𐤏𐤋 / ḥnbʿl (/ḥannībaʿl/) [[wikt:en:𐤇𐤍𐤁𐤏𐤋#Punic|(en)]], « Que Baal me fasse grâce. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ de la [[w:Proposition_subordonnée|''proposition subordonnée'']] 𐤇𐤍𐤉 / ḥny (/ḥannī/), « qu’il me fasse grâce »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ + du nom commun 𐤁𐤏𐤋 / bʿl (/baʿl/) [[wikt:en:𐤁𐤏𐤋#Punic|(en)]], « 1. Seigneur, maître. 2. Baal. 3. Bourgeois, citoyen. »; du nom commun [[w:Phénicien|''phénicien'']] 𐤁𐤏𐤋 / bʿl, « 1. Seigneur, maître. 2. Propriétaire, maître. 3. Mari. 4. Baal, nom divin pouvant qualifier un ensemble de divinités des peuples de langues sémitiques du [[w:Proche-Orient_ancien|''Proche-Orient ancien'']], en Syrie et au Levant ([[w:Ugarit|''Ugarit'']], [[w:Phénicie|''Phénicie'']], [[w:Canaan_(région)|''Canaan'']]) et par dérivation dans les implantations phéniciennes de Méditerranée ([[w:Carthage|''Carthage'']]). 6. Bourgeois, citoyen. » [[wikt:en:𐤁𐤏𐤋#Phoenician|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Et du nom propre Barca [[w:Barca#Etymology_2|(en)]]; du ''punique'' 𐤁𐤓𐤒 / brq (/baraq/), « éclair, foudre »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Commandant en chef [[w:Civilisation_carthaginoise|''carthaginois'']] contre les ''romains'' lors de la [[w:Deuxième_guerre_punique|''deuxième guerre punique'']], battu par [[w:Scipion_l’Africain|Scipion l’Africain]] à la [[w:Bataille_de_Zama|''bataille de Zama'']] en [[w:-202|-202]]; puis homme politique par la suite, il finit par s’exiler volontairement en ''Asie'' à cause de dissenssion politique en [[w:-195|-195]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_247_av._J.-C.|-247]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Carthage'' — [[w:Années_183_av._J.-C.|-183]]/[[w:Années_181_av._J.-C.|-181]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Bithynie|''Bithynie'']], suicide par ingestion de poison après qu’il eut trouvé refuge chez le roi de [[w:Bithynie|''Bithynie'']] [[w:Prusias_Ier|Prusias I<sup>er</sup>]], et que ce dernier fut forcé par les ''romains'' de le livrer)<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Machine_Anticythere_back|<span id="Machine_Anticythere"><sup>💡</sup></span>]] Dont subsiste un potentiel exemplaire récent de plus d’un siècle, nommé [[w:Machine_d%27Anticythère|Machine d’Anticythère]] [[#Anticythere|<span id="Anticythere_back"><sup>VI</sup></span>]] puisque découverte au large de cette [[w:Anticythère|''île grecque du même nom'']] en 1901 dans une [[w:Épave_d%27Anticythère|''épave d’un navire de charge romain'']] qui a fait naufrage au deuxième quart du [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]] [https://www.namuseum.gr/en/collection/ellinistiki-periodos-3/ <sup>🔍</sup>]. La seconde mention antique d’une machine similaire est donné par Cicéron qui rapporte que [[w:Posidonios|Posidonius]] [[#Posidonius|<span id="Posidonius_back"><sup>VIII</sup></span>]] a construit une sphère mobile (assez pour être « ''transportée en [[w:Scythie|Scythie]] ou en [[w:Histoire_des_îles_Britanniques#Période_pré-romaine|Bretagne]]'' ») reproduisant les mouvements conjoints du soleil, de la lune et des cinq planètes alors connues :'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''Quand on voit une statue, ou un tableau, on sait que pareil objet est l’œuvre d’un artiste, quand on aperçoit de loin un navire qui se déplace on ne met pas en doute l’existence d’un marin qui le dirige conformément aux règles de la science nautique et de même le spectacle d’un cadran solaire avec ses lignes nettement tracées ou d’une [[w:Clepsydre|clepsydre]] nous oblige à comprendre que les indications données par ces appareils ne sont point fortuites, mais calculées par le constructeur : qui convient de tout cela peut-il supposer que le monde où ces ouvrages mêmes et leurs auteurs et toutes choses ont leur place naturelle se soit formé sans que le calcul réfléchi y fût pour rien ? Si l’on transportait en Scythie ou en Bretagne cette sphère qu’a construite naguère mon ami '''Posidonius''' et qui, dans ses révolutions successives, montre le soleil, la lune et les cinq planètes tournant, comme ces astres le font dans le ciel, jours après jours, nuits après nuits, lequel parmi les habitants de ces pays barbares hésiterait à considérer cette sphère comme un parfait exemple de ce que peut le calcul ?'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' {{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}, [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature2.htm <u>De Natura Deorum</u>, ''livre II'', ''§XXXIV''.]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Anticythere_back|<span id="Anticythere"><sup>VI</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἀντῐκῠ́θηρᾰ / Antikúthēra [[wikt:en:Ἀντικύθηρα#Ancient_Greek|(en)]], « en face de Cythère »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du préfixe [[wikt:ἀντί#Grec_ancien|ᾰ̓ντῐ- / anti-]], « 1. anti-, en face, en opposition. 2. à l’égal de, semblable à, qui rappelle. »; de la préposition ἀντί / antí [[wikt:en:ἀντί#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Par-contre, à l’opposé. 2. En même temps que. 3. En échange, à la place de. 4. Au prix de, en échange de. 5. Pour le bien de, pour. 6. Au lieu de. 7. Comparé à. 8. Équivalent, ni meilleur ni pire que. »<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom propre Κῠ́θηρᾰ / Kúthēra [[wikt:en:Κύθηρα#Ancient_Greek|(en)]], « Cythère »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Île grecque de la [[w:Mer_Égée|''mer Égée'']] située au sud-est du [[w:Péloponnèse|''Péloponnèse'']], entre l’île de [[w:Cythère|''Cythère'']] et la [[w:Crète|''Crète'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Archimède_back|<span id="Archimède"><sup>VII</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:en:Ἀρχιμήδης#Ancient_Greek|Ἀρχιμήδης / Arkhimḗdēs]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du préfixe ἀρχι- / arkhi- [[wikt:en:ἀρχι-#Ancient_Greek|(en)]], « dénote une importance primordiale ou une autorité. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ Soit du verbe ἄρχω / árkhō [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Commencer [+génitif = quelque chose, à partir de quelque chose, par quelque chose]. 2. (transitif) Diriger, gouverner, commander [+génitif/datif = quelqu’un]. 3. (intransitif) Être un dirigeant; être un [[w:Archonte|''archonte'']], détenir un ''archontat''. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ Soit du nom commun ἀρχός / arkhós [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « dirigeant, chef, prince »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun μήδεα / mḗdea [[wikt:en:μήδεα#Ancient_Greek|(en)]], « (poétique, pluriel seulement) Conseil, plan, art, prudence, ruse. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe nominal (ou adjectival) -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Illustre [[w:Archimède#Apports_en_géométrie|''géomètre'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Géométrie_back|<sup>🔄</sup>]], ''mathématicien'' [[w:en:Archimedes#Mathematics|(en)]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Mathématiques_back|<sup>🔄</sup>]] dont de nombreux écrits nous sont parvenus [[w:en:Archimedes#Writings|(en)]], et encore plus illustre [[w:Archimède#Apports_en_mécanique|''physicien'']], ''astronome'' [[w:en:Archimedes#Astronomical_instruments|(en)]], ''ingénieur'' et ''inventeur'' [[w:en:Archimedes#Discoveries_and_inventions|(en)]].<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Lors de la chute de [[w:Syracuse#Antiquité|''Syracuse'']], [[w:Plutarque|Plutarque]] <sup>[[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/169|lVdHI. VdM. éd.1853, p.165]]</sup> rapporte que Marcus Claudius Marcellus [[#Marcellus-222|<sup>II</sup>]] s’opposa à la volonté de ses soldats de brûler et raser la ville, mais leur accorda à contrecœur « la permission de s’emparer des trésors et des esclaves<nowiki>[</nowiki>, en leur défendant<nowiki>]</nowiki> expressément de toucher aux personnes libres, de tuer, de déshonorer, de réduire en esclavage aucun des Syracusains ». Marcellus aurait été très affligé d’apprendre la mort d’Archimède et Plutarque <sup>[[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]] [[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/170|p.166]]</sup> décrit 3 récits de celle-ci :<br />• soit par un légionnaire romain irrité de son refus de le suivre jusqu’à Marcellus avant qu’il ait achevé la démonstration de son problème ;<br />• soit par un légionnaire romain sans d’autre raison que de le tuer et se souciant peu de sa démonstration et de sa supplique de ne pas laisser un problème imparfait ;<br />• soit par des légionnaires romains qui voulurent s’emparer d’une caisse, croyant qu’elle contenait de l’or et non des instruments de mathématiques, tels que des cadrans au soleil, des sphères, et des angles avec lesquels on mesure la grandeur du soleil, qu’Archimède portait à Marcellus.<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Plutarque <sup>{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} [[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/168|p.164]]</sup> rapporte également qu’Archimède aurait demandé à « ses amis et ses parents de placer sur son tombeau, après sa mort, un cylindre renfermant une sphère, et, pour inscription, le rapport du solide contenant au solide contenu ». Lors de sa [[w:questeur (Rome antique)|questure]] en Sicile en [[w:-75|-75]], Cicéron <sup>[[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/71|Tusculanes, liv.V, §XXIII, éd : Nisard, 1864, p.61]]</sup> raconte sa recherche et sa découverte du tombeau d’Archimède, complêtement oublié par les habitants locaux et envahi par les ronces et les épines, mais reconnaissable par l’inscription (qu’il ne rapporte pas) gravée sur la base d’une petite colonne et par les figures d’une sphère et d’un cylindre placées au-dessus.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:287_av._J.-C.|-287]], à [[w:Syracuse#Antiquité|''Syracuse'']], ville du sud-est de l’île de [[w:Trinacrie|''Trinacrie'']] ([[wikt:Τρινακρία#Grec_ancien|Τρινακρία / Trniakría]], « trois pointes »), actuelle ''Sicile'' — [[w:212_av._J.-C.|-212]], assassiné lors de la prise de ''Syracuse'') <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup><br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Posidonius_back|<span id="Posidonius"><sup>VIII</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Ποσειδώνιος#Grec_ancien|Ποσειδώνιος / Poseidônios]], « De Poséidon. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Ποσειδῶν, Poseidôn [[wikt:en:Ποσειδῶν#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival -ιος / -ios [[wikt:en:-ιος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">''Philosophe'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]] ''stoïcien'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Stoïcisme_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Prytane|''prytane'']] (magistrat issu des Cinq-Cents de la ''Boulè'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bouleutérion_back|<sup>🔄</sup>]] de la ''démocratie athénienne'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#démocratie_back|<sup>🔄</sup>]]), astronome [[w:en:Posidonius#Astronomy_and_Meteorology|(en)]] (notamment créateur d’un ''planétaire'' [[#Machine_Anticythere|<sup>⤴️</sup>]] et calculateur de la circonférence de la Terre par méthode de mesure de l’arc [[w:en:Arc_measurement|(en)]]), ''géographe'' [[w:en:Posidonius#Geography,_ethnology,_and_geology|(en)]] (grâce à de nombreux voyages autours de la ''Méditerranée'' : ''Grèce'', [[w:Hispanie|''Hispanie'']], ''Italie'', ''Sicile'', [[w:Dalmatie#Période_romaine|''Dalmatie'']], ''Gaule'', [[w:Histoire_de_la_Ligurie#Époque_romaine|''Ligurie'']], ''Afrique du Nord'' et sur les rives orientales de l’[[w:Mer_Adriatique|''Adriatique'']].), historien (auteur d’un ouvrage continuant celui de [[w:Polybe|Polybe]] sur la conquête romaine de la Méditerranée), ''mathématicien'' [[w:en:Posidonius#Mathematics|(en)]] (tentant notamment de prouver le [[w:Axiome_des_parallèles|''cinquième postulat de géométrie'']] d’[[w:Euclide|Euclide]].), et sixième ''scholarque'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#scholarque_back|<sup>🔄</sup>]] du ''Portique'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Stoïcisme_back|<sup>🔄</sup>]] à la mort de son maître, [[w:Panétios_de_Rhodes|Panétios]] de ''Rhodes'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Rhodes_back|<sup>🔄</sup>]], en [[w:-112|-112]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:-135|-135]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Apamée|''Apamée'']], une des quatre [[w:Satrape|''satrapies'']] qui formaient la [[w:Séleucides|''Séleucide'']], sur la côte ''méditerranéenne'' de la ''Syrie'' actuelle — ''ca.'' [[w:-51|-51]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Rhodes'' ou à ''Rome'') [https://books.google.fr/books?id=qfl1xwEACAAJ&lpg=PA1067&hl=fr&pg=PA1481#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Vb, §267 - Posidonius d’Apamée}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Eudoxe_de_Cnide_back|<span id="Eudoxe_de_Cnide"><sup>IX</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Εὔδοξος ὁ Κνίδιος / Eúdoxos ho Knídios [[wikt:en:Κνίδος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">''Astronome'', ''géomètre'' (élève du pythagoricien [[w:Archytas_de_Tarente|Archytas de Tarente]]), ''médecin'' (élève de [[w:Philistion_de_Locres|Philistion de Locres]]) et ''philosophe'', il composa plusieurs ouvrages dont aucun ne nous est parvenu, sauf son traité sur [[w:Aratos_de_Soles#Les_Phénomènes|''Les Phénomènes'']] qui se retrouve presque en entier dans la première partie du poème d’Aratos [[#Aratos_de_Soles|<sup>X</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:395_av._J.-C.|-395]], à [[w:Cnide|''Cnide'']] — ''ca.'' [[w:342_av._J.-C.|-342]], à ''Cnide'') <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA5&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA293#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §98 - Eudoxe de Cnide}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Aratos_de_Soles_back|<span id="Aratos_de_Soles"><sup>X</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἄρατος [[wikt:en:Ἄρατος#Ancient_Greek|(en)]] ὁ [[wikt:Soloe#Latin|Σολεύς]] / Áratos ho Soleús ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poête grec, dont seuls ''les Phénomènes'', un poème de 1 154 vers en grec sur l’astronomie, est parvenu jusqu’à nous. La première partie expose pour l’essentiel les idées d’[[w:Eudoxe_de_Cnide|Eudoxe]] sur les positions respectives des constellations, à quoi l’auteur ajoute des considérations sur la [[w:Catastérisation|''catastérisation'']] [[#catastérisation|<span id="catastérisation_back"><sup>XI</sup></span>]], transformation des êtres en astres ou constellations. La seconde partie provient du [[w:Théophraste#Météorologie|''Des Signes du temps'']] de [[w:Théophraste|Théophraste]], premier ouvrage de prévisions météorologiques en Europe.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup>]] siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}, à [[w:Soles_(Cilicie)|''Soles'']], sur les côtes méditerranéenne au sud de l’actuelle ''Turquie'' — ''lieu de décès indéterminé'') [https://books.google.fr/books?id=crnWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=Richard%20Goulet%20dictionnaire%20des%20auteurs%20antiques&hl=fr&pg=PA322#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume I, §298 - Aratos de Soles}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#catastérisation_back|<span id="catastérisation"><sup>XI</sup></span>]] Du nom commun grec ancien [[w:Catastérisation#Sens_savant|καταστεισμός / katasterismós]], « catastérisme, dessin formé par les étoiles, disposition des étoiles dans une constellation » [[w:Jean_Martin_(helléniste)|<sup>Jean Martin</sup>]] [https://www.jstor.org/stable/43684972?refreqid=excelsior%3Aea2cab106212917e502559eb8148c943 <sup>Pallas n°59, p.21</sup>]; du verbe καταστερίζω / katasterízō, « catastériser, représenter sous la forme d’une constellation » <sup>{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}, [https://www.jstor.org/stable/43684972?refreqid=excelsior%3Aea2cab106212917e502559eb8148c943 p.20]</sup>;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du préfixe κατά- / katá- [[wikt:en:κατα-#Ancient_Greek|(en)]], « Qui vient du bas »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun [[wikt:ἀστήρ#Grec_ancien|ἀστήρ / astḗr]], « corps céleste ».<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Voltaire_Histoire_de_Jenni_back|<span id="Voltaire_Histoire_de_Jenni"><sup>XII</sup></span>]] [[s:Livre:Voltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome21.djvu|<u>Œuvres complètes de Voltaire. Volume 21. Romans.</u>]] [[s:L’Histoire_de_Jenni_ou_le_Sage_et_l’Athée|<u>L’Histoire de Jenni ou le Sage et l’Athée</u>]], [[s:L’Histoire_de_Jenni_ou_le_Sage_et_l’Athée/Chapitre_VIII|''Chapitre VIII. Dialogue de Freind et de Birton sur l’athéisme'']], [[s:Page%3AVoltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome21.djvu/580|p.554]]</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XIV.</small>''' Ce que je vous dirai, reprit '''Philus''', n’est pas nouveau; je n’en suis pas l’inventeur et ma mémoire seule en fera les frais. Je me souviens que '''C. Sulpicius Gallus''', un des plus savants hommes de notre pays, comme vous ne l’ignorez pas, s’étant rencontré par hasard chez '''M. Marcellus''', qui naguère avait été consul avec lui, la conversation tomba sur un prodige exactement semblable; et que '''Gallus''' fit apporter cette fameuse sphère, seule dépouille dont l’aïeul de '''Marcellus''' voulut orner sa maison après la prise de ''Syracuse'', ville si pleine de trésors et de merveilles. J’avais souvent entendu parler de cette sphère qui passait pour le chef-d’œuvre d’ '''Archimède''', et j’avoue qu’au premier coup d’œil elle ne me parut pas fort extraordinaire. '''Marcellus''' avait déposé dans le ''temple de la Vertu'' une autre sphère d’ '''Archimède''', plus connue du peuple et qui avait beaucoup plus d’apparence. Mais lorsque '''Gallus''' eut commencé à nous expliquer, avec une science infinie, tout le système de ce bel ouvrage, je ne pus m’empêcher de juger qu’il y avait eu dans ce Sicilien un génie d’une portée à laquelle la nature humaine ne me paraissait pas capable d’atteindre. '''Gallus''' nous disait que l’invention de cette autre sphère solide et pleine remontait assez haut, et que '''Thalès''' de ''Milet'' en avait exécuté le premier modèle; que dans la suite '''Eudoxe''' de ''Cnide'', disciple de '''Platon''', avait représenté à sa surface les diverses constellations attachées à la voûte du ciel ; et que, longues années après, '''Aratus''', qui n’était pas astronome, mais qui avait un certain talent poétique, décrivit en vers tout le ciel d’ '''Eudoxe'''. Il ajoutait que, pour figurer les mouvements du soleil, de la lune et des cinq étoiles que nous appelons errantes, il avait fallu renoncer à la sphère solide, incapable de les reproduire, et en imaginer une toute différente; que la merveille de l’invention d’ '''Archimède''' était l’art avec lequel il avait su combiner dans un seul système et effectuer par la seule rotation tous les mouvements dissemblables et les révolutions inégales des différents astres. Lorsque '''Gallus''' mettait la sphère en mouvement, on voyait à chaque tour la lune succéder au soleil dans l’horizon terrestre, comme elle lui succède tous les jours dans le ciel ; on voyait parconséquent, le soleil disparaître comme dans le ciel, et peu à peu la lune venir se plonger dans l’ombre de la terre, au moment même où le soleil du côté opposé.....</div></poem>
<div style="text-align: center; direction: ltr;">(''Il manque ici huit pages dans le manuscrit, selon '''Angelo Mai''''').</div>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/289|<u>Traité De La République. Livre Premier</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/296|''XIV'']], avec la traduction en français publiées sous la direction de [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''M. Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n295/mode/2up '''ici'''] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f289 '''là'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>VI.</small>''' — '''Philus'''. — Ce que je vous dirai n’est pas nouveau, rien là ne m’appartient, c’est un simple souvenir.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''S. Gallus''', un savant, vous ne l’ignorez pas, se trouvait un jour chez '''Marcellus''', son ancien collègue du consulat, et, entendant parler d’un phénomène semblable, il fit apporter la sphère céleste que l’aïeul de '''Marcellus''' se réserva jadis comme le seul monument de sa victoire à la prise de l’opulente et magnifique ''Syracuse''.<br /><p style="text-indent: 15px;">J’avais entendu souvent citer cette sphère, à cause de la grande renommée d’ '''Archimède''', et je n’y trouvai rien de remarquable au premier abord; elle me parut même inférieure à cet autre globe, plus connu, du même Sicilien, et que Marcellus aussi consacra dans le ''temple de la Vertu''. Mais aussitôt que '''Gallus''', avec sa science profonde, eut commencé l’explication de ces rouages admirables, je reconnus à l’habile inventeur un génie vraiment surhumain.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''Gallus''' nous apprit que la sphère solide et pleine est une ancienne invention due à '''Thalès''' de ''Milet''; dans la suite, '''Eudoxe''' de ''Gnide'', disciple de Platon, traça, paraît-il, les constellations suspendues à la voûte des cieux; puis longtemps après, empruntant le système d’ '''Eudoxe''', '''Aratus''', étranger à l’astronomie, mais inspiré par la seule force de son instinct poétique, chanta dans ses vers l’admirable ordonnance des corps célestes.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''Gallus''' ajoutait que le genre de sphère qui retrace la marche du soleil, de la lune et des cinq étoiles nommées errantes ou irrégulières, était bien différent de la sphère solide, à laquelle ne pouvaient s’appliquer les mêmes évolutions, et l’art merveilleux d’ '''Archimède''' était d’avoir si bien combiné sa nouvelle œuvre que, dans le jeu de mouvements disparates, une seule impulsion donnait le cours inégal et différent de tous les astres.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''Gallus''', en effet, touchait-il à cette sphère, chaque tour de cercle amenait la lune à la place du soleil, comme elle lui succède toutes les nuits au firmament, puis encore, de même qu’au ciel, tantôt le soleil disparaissait, tantôt la lune tombait dans l’ombre de la terre, quand le soleil reparaissait à l’horizon...</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f5.item <u>Cicéron. De La République</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f19.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f35.item ''VI''], traduction nouvelle par Victor Poupin, Librairie de la Bibliothèque Nationale, 1911</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XIV.</small>''' — P<small>HILUS</small> : Je ne vous apporterai rien de nouveau, rien que j’aie imaginé ou découvert. Je me rappelle seulement que '''C. Sulpicius Gallus''' [[#C_Sulpicius_Gallus_JVLC|<span id="C_Sulpicius_Gallus_JVLC_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], un homme de grand savoir comme vous ne l’ignorez pas, se trouvant par hasard chez '''M. Marcellus''', son ancien collègue au consulat, alors qu’on parlait d’un phénomène pareil, fit apporter la sphère prise par l’aïeul de '''M. Marcellus''' à ''Syracuse'' — c’était tout le butin qu’il avait pour sa part retiré d’une ville aussi pleine de richesses et d’œuvres d’art [[#Syracuse_JVLC|<span id="Syracuse_JVLC_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]. Cette sphère, dont j’avais souvent entendu parler à cause du grand nom d’ '''Archimède''', ne me parut pas si digne d’admiration. Plus gracieuse de forme et plus connue du vulgaire était celle que le même '''Marcellus''' avait fait placer dans le ''temple de la Vertu'', et qui était aussi l’œuvre d’ '''Archimède'''. Mais quand '''Gallus''' eut commencé d’expliquer très savamment la structure de cette sphère, je jugeai qu’il y avait dans ce ''Sicilien'' plus de génie que la nature humaine ne semblait en admettre. '''Gallus''' donc nous disait que l’invention d’une autre sphère, solide celle-là et pleine, était déjà ancienne, que '''Thalès''' de ''Milet'' avait tourné la première, puis que, plus tard '''Eudoxe''' de ''Cnide'', disciple, disait-il, de '''Platon''', y avait représenté les astres de la voûte céleste [[#Eudoxe_de_Cnide_JVLC|<span id="Eudoxe_de_Cnide_JVLC_back"><sup>'''3'''</sup></span>]]. Bien des années après, '''Aratus''' [[#Aratus_JVLC|<span id="Aratus_JVLC_back"><sup>'''4'''</sup></span>]], non en astronome savant, mais en poète de talent, avait, dans ses vers, décrit cette sphère empruntée à '''Eudoxe''', et en avait célébré tout le travail. Mais pour cette espèce de sphère où sont représentés les mouvements du soleil et de la lune et des cinq astres qu’on nomme planètes, on ne pouvait la confondre avec une sphère solide; et il fallait admirer le génie créateur d’ '''Archimède''', qui avait trouvé moyen de figurer des mouvements inégaux et des orbites différentes par la rotation d’un seul objet. Quand '''Gallus''' faisait mouvoir la sphère, on voyait la lune se substituer au soleil par des rotations s’opérant dans le métal en nombre égal à celui des jours dans le ciel; ainsi dans la sphère comme dans le ciel, le soleil disparaissait et la lune se trouvait dans l’ombre projetée par la terre, quand le soleil pénétrait d’une région du ciel...</div></poem>
<table cellspacing=10 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''<small>[[#C_Sulpicius_Gallus_JVLC_back|<span id="C_Sulpicius_Gallus_JVLC"><sup>1</sup></span>]] Caïus Sulpicius Gallus, consul en 166 avec M. Claudius Marcellus, petit-fils du Marcellus qui combattit Annibal et s’empara de ''Syracuse'' après un siège fameux. Cicéron parle de ce Gallus avec éloge dans le [[w:De_oratore|''De Oratore'']] ([http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/oratore1.htm liv. I, chap. 53]), dans le [[w:Brutus_(Cicéron)|''Brutus'']] ([http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/brutus.htm chap. 20]), dans le [[w:De_officiis|''De Officiis'']] ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/officiis1a.htm liv. I, chap. 6]), dans le [[w:Cato_Maior_de_Senectute|''De Senectute'']] (chap. 16 [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/senectute.htm <sup>XIV.</sup>]).</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#Syracuse_JVLC_back|<span id="Syracuse_JVLC"><sup>2</sup></span>]] En revanche, Marcellus, d’après Plutarque <sup>lVdHI. VdM. éd.1853, pp.[[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/172|168]]-[[s:Page:Plutarque_-_Vies_des_hommes_illustres,_Charpentier,_1853,_Tome_2.djvu/173|169]]</sup>, avait transporté à ''Rome'' ce qu’il y avait de plus beau à ''Syracuse'' en tableaux et en statues.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#Eudoxe_de_Cnide_JVLC_back|<span id="Eudoxe_de_Cnide_JVLC"><sup>3</sup></span>]] Eudoxe, dit de ''Cnide'', mathématicien et astronome, vivant au IV<sup>e</sup> siècle avant J.-C. Il avait composé un traité des ''Phénomènes'' qui se retrouve en grande partie dans le poème d’Aratus, dont il va être question.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#Aratus_JVLC_back|<span id="Aratus_JVLC"><sup>4</sup></span>]] Aratus est un poète alexandrin, contemporain ou à peu près de [[w:Théocrite|Théocrite]] [[#Théocrite|<span id="Théocrite_back"><sup>'''I'''</sup></span>]]. Ainsi qu’il le dit plus loin, Cicéron avait traduit son poème des ''Phénomènes'' et ''Pronostics''.</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f4.item <u>Cicéron. De La République</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f12.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f22.item ''XIV''] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f210.item <sup><small>NOTES</small></sup>], traduction, notices et notes par Charles Appuhn, GF Flammarion, 1965</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Charles Appuhn de 1965|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Théocrite_back|<span id="Théocrite"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θεόκριτος / Theókritos [[wikt:en:Θεόκριτος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif et du nom commun θεός / theós [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|(en)]], « divin, dieu, divinité »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du verbe κρίνω / krínō, « 1. (transitif) Séparer, diviser, distinguer entre deux choses ou personnes ou parmi un groupe de choses ou de personnes. 2. (transitif) Commander, organiser. 3. S’enquérir, enquêter. 4. Sélectionner, choisir, préférer. 5. (transitif) Trancher un différend ou un concours ; (intransitif) Porter un jugement, prendre une décision : • (voix moyenne, voix passive) Décider d’un concours ; (voix moyenne et voix passive) Se disputer, se disputer, se quereller. 6. Décider ou juger [+accusatif et infinitif = que quelque chose fait quelque chose], [+accusatif et accusatif = que quelque chose est quelque chose]. 7. Discerner entre le bien et le mal. 8. Juger, prononcer. 9. Traduire en justice, accuser. 10. Condamner, critiquer. 11. Sécréter, cacher, dissimuler. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe adjectival récessif -τος / -tos [[wikt:en:-τος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">''Poète'', auteur de [[w:Mime|''mimes'']] (imitations comiques du langage ou des gestes), d’[[w:Poésie_pastorale|''idylles pastorales'']] et de [[w:Épopée|''contes épiques'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:310_av._J.-C.|-310]]<sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Théocrite#cite_ref-2|''Syracuse'']] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:250_av._J.-C.|-250]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>)</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div><br />
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XVI.</div> =====
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px;"> Témoignage de la première prédiction/compréhension d’une éclipse solaire par '''Thalès'''.</div>
:'''Textes latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XVI.</small>''' Atque ejusmodi quiddam etiam bello [[#bello|<span id="bello_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] illo maximo, quod ''Athenienses'' et [[wikt:Lacedaemon#Latin|''Lacædemonii'']] [[#Lacædemonii|<span id="Lacædemonii_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] summâ inter se contentione gesserunt, [[w:Périclès|'''Pericles''']] ille et auctoritate et eloquentiâ et consilio princeps civitatis suæ, cùm obscurato sole tenebræ factæ essent [[#sacris_litteris|<span id="sacris_litteris_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] repente, Atheniensiumque animos summus timor occupavisset, docuisse cives suos dicitur id quod ipse ab [[w:Anaxagore|'''Anaxagora''']], cujus auditor fuerat, acceperat, certo illud [[#illud|<span id="illud_back"><sup>'''4'''</sup></span>]] tempore fieri et necessario, cùm tota se luna sub orbem solis subjecisset : itaque etsi non omni intermenstruo, tamen id fieri non posse, nisi certo intermenstruo [[#intermenstruo|<span id="intermenstruo_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] tempore. Quod cùm disputando rationibusque docuisset, populum liberavit metu : erat enim tunc [[#tunc|<span id="tunc_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] hæc nova et ignota ratio, solem lunæ oppositum solere deficere; quod '''Thaletem''' ''milesium'' primum vidisse dicunt. Id autem postea ne nostrum quidem [[w:Ennius|'''Ennium''']] fugit, qui [[#qui|<span id="qui_back"><sup>'''7'''</sup></span>]] ut scribit anno quinquagesimo CCC. fere post [[w:Rome_antique|''Romam'']] conditam [[w:Iunius#Calendrier|''non. juniis'']] [[#juniis|<span id="juniis_back"><sup>'''8'''</sup></span>]] « soli luna obstitit et nox ». Atque hâc in re tantâ inest ratio atque solertia, ut ex hoc die, quem apud '''Ennium''' et in maximis annalibus consignatum videmus, superiores [[#superiores|<span id="superiores_back"><sup>'''9'''</sup></span>]] solis defectiones reputatæ sint, usque ad illam quæ [[w:Quintilis#Calendrier|nonis quinctilibus]] [[#quinctilibus|<span id="quinctilibus_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] fuit regnante [[wikt:en:Romulus#Latin|'''Romulo''']] : quibus quidem '''Romulum''' tenebris, etiam si natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in cœlum dicitur sustulisse.</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#bello_back|<span id="bello"><sup>1</sup></span>]] Cod. primâ manu ''vello'', secundâ ''bello''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#Lacædemonii_back|<span id="Lacædemonii"><sup>2</sup></span>]] Ita in cod. constanter ''Lacœdemonius'' et ''Lacœdemon'' curm diphthongo in secundâ syllabâ, cùm vulgo scribatur in tertiâ. Vaticanæ scripturæ favet gentile ''lacœna'', et vocis etymologia, siqua est, ex [[wikt:δῆμος#Grec_ancien|δῆμος]] [[#Λακεδαίμων#Grec_ancien|<sup>📚</sup>]]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#sacris_litteris_back|<span id="sacris_litteris"><sup>3</sup></span>]] Eadem locutio est in sacris litteris Matth. XXVII. 45, Marc. XV. 33.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#illud_back|<span id="illud"><sup>4</sup></span>]] Cod. illut pro ''illud''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#intermenstruo_back|<span id="intermenstruo"><sup>5</sup></span>]] ''Intermenstruo'' superadditum est secundâ manu.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#tunc_back|<span id="tunc"><sup>6</sup></span>]] Cod. primâ manu ''tum'', secundâ ''tunc''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#qui_back|<span id="qui"><sup>7</sup></span>]] Ita cod.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#juniis_back|<span id="juniis"><sup>8</sup></span>]] Cod. ''junis'' pro ''juniis''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#superiores_back|<span id="superiores"><sup>9</sup></span>]] Cod. primâ manu ''superioris'', secundâ ''superiores''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify;">'''<small>[[#quinctilibus_back|<span id="quinctilibus"><sup>10</sup></span>]] Cod. primâ manu ''quinctilibus''; mox deleta ''c'', quod fieri non fuit necesse, propter alia in vetustis codicibus exempla.</small>'''</td></tr></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n9/mode/2up <u>La République de Cicéron. Tome Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n77/mode/2up <u>M. Tulli Ciceronis. De Re Publica. Liber Primus.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n121/mode/2up ''XVI''], d’après le texte inédit, récemment découvert et commenté par [[w:Angelo_Mai|'''M. Mai''']] ([[w:De_Republica#Le_palimpseste_Vaticanus_Latinus_5757|''Le palimpseste Vaticanus Latinus 5757'']] ), Bibliothèque du Vatican. Avec une traduction française par [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/abel-francois-villemain?fauteuil=17&election=24-04-1821 '''M. Villemain'''], de l’Académie Française, L.-G. Michaud, Librairie, 1823</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 18px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XVI.</small>''' Atque ejusmodi quiddam etiam bello illo maximo, quod ''Athenienses'' et ''Lacedæmonii'' summa inter se contentione gesserunt, '''Pericles''' ille, et auctoriate et eloquentia et consilio princeps civitatis suæ, quum obscurato sole tenebræ factæ essent repente, ''Atheniensiumque'' animos summus timor occupavisset, docuisse cives suos dicitur id, quod ipse ab '''Anaxagora''', cujus auditor fuerat, acceperat, certo illud tempore fieri et necessario, quum tota se luna sub orbem solis subjecisset : itaque etsi non omni intermenstruo, tamen id fieri non posse, nisi certo intermenstruo tempore. Quod quum disputando rationibusque docuisset, populum liberavit metu : erat enim tunc hæc nova et ignota ratio, solem lunæ oppositu[m] solere deficere; quod '''Thaletem''' ''Milesium'' primum vidisse dicunt. Id autem postea ne nostrum quidem '''Ennium''' fugit, qui ut scribit, anno ccc quinquagesimo fere post ''Romam'' conditam ?</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">.... ''Nonis Junis'' soli luna obstitit et nox.</div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Atque hac in re tanta inest ratio atque sollertia, ut ex hoc die, quem apud '''Ennium''' et in maximis annalibus consignatum videmus, superiores solis defectiones reputatæ sint usque ad illam, quæ ''Nonis Quintilibus'' fuit regnante '''Romulo''' : quibus quidem '''Romulum''' tenebris etiamsi natura ad humanum exitum abripuit, virtus tamen in cælum dicitur sustulisse.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/289|<u>De Re Publica. Liber Primus</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/297|''XVI'']], avec la traduction en français publiées sous la direction de M. [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n295/mode/2up '''ici'''] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f289 '''là'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 520px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XVI.</small>''' On raconte même d’une manière à peu-près semblable, que, dans cette grande guerre où les ''Athéniens'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Athènes_back|<sup>🔄</sup>]] et les ''Lacédémoniens'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Lacédémone_back|<sup>🔄</sup>]] luttèrent ensemble avec une si violente animosité, ce fameux [[w:Périclès|'''Périclès''']] [[#Périclès|<span id="Périclès_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], le premier homme de son pays par le crédit, l’éloquence et le génie politique, voyant les ''Athéniens'' préoccupés d’une excessive frayeur, à la suite d’une éclipse de soleil qui avait répandu tout d’un coup les ténèbres, leur enseigna ce qu’il avait lui-même appris à l’école d’'''Anaxagore''' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaxagore_back|<sup>🔄</sup>]]; que de semblables effets arrivaient dans un intervalle précis et nécessaire, lorsque la lune se trouvait placée toute entière sous le soleil; et que par ce motif, bien qu’il n’en fût pas ainsi à tous les commencemens de mois, cela ne pouvait jamais avoir lieu qu’à des renouvellemens de la lune. Ayant démontré cette vérité par le raisonnement, il délivra le peuple de ses craintes. Car c’était alors un système nouveau et inconnu, que celui de l’obscurcissement du soleil par l’interposition de la lune; et l’on dit que '''Thalès''' de ''Milet'' l’avait entrevu le premier; mais dans la suite cette notion ne fut pas ignorée même de notre [[w:Ennius|'''Ennius''']] [[#Ennius|<span id="Ennius_back"><sup>'''VI'''</sup></span>]], qui écrit que vers l’an 35o de la fondation de ''Rome'', aux [[w:Iunius#Calendrier|''nones de juin'']],</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''<small>Le soleil fut couvert par la lune et la nuit.</small>'''</div>
<div style="text-indent: 18px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Telle est, au reste, en cette matière, la perfection du calcul et de l’art, qu’à partir de ce jour ainsi consigné pour nous dans les vers d’'''Ennius''', et dans les registres des Pontifes, on a supputé les éclipses antérieures, jusqu’à celle qui était arrivée aux [[w:Quintilis#Calendrier|''nones de juillet'']], sous le règne de [[w:Romulus_et_Rémus#Fondation_de_la_ville_de_Rome|'''Romulus''']] [[#Rome_back|<sup>⤴️</sup>]], éclipse dont la soudaine obscurité permit de supposer que '''Romulus''', en dépit de cette périssable nature qui l’entraîna vers une fin toute humaine, avait été miraculeusement porté dans les cieux.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n9/mode/2up <u>La République de Cicéron. Tome Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n77/mode/2up <u>De La République. Livre Premier.</u>] [https://archive.org/details/bub_gb_k8xa1ugzycYC/page/n121/mode/2up ''XVI''], d’après le texte inédit, récemment découvert et commenté par M. [[w:Angelo_Mai|'''Mai''']] ([[w:De_Republica#Le_palimpseste_Vaticanus_Latinus_5757|''Le palimpseste Vaticanus Latinus 5757'']] ), Bibliothèque du Vatican. Avec une traduction française par M. [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/abel-francois-villemain?fauteuil=17&election=24-04-1821 '''Villemain'''], de l’Académie Française, L.-G. Michaud, Librairie, 1823 (édition de 1878 également disponible [https://archive.org/details/larpubliquedeci00maigoog/page/n141/mode/2up ''ici''])</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Francois Villemain 1823|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Périclès_back|<span id="Périclès"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Περικλῆς / Periklễs [[wikt:en:Περικλῆς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de la préposition [[wikt:περί#Grec_ancien|περί / perí]], « 1. (Avec le génitif) : • Autour de; • Pour : au sujet de, en vue de; • Par-dessus, au-dessus de. 2. (Avec le datif) : • Autour de : (Sens figuré) Autour de, de manière à envelopper ; (Par suite) Aux environs de, dans le voisinage de, dans les environs de; • Pour : Au sujet de ; À cause de, par suite de. 3. (Avec l’accusatif) : • Autour de : (Devant nom de personne ou de lieu) : - Au bord de, le long de ; - Contre (comme contre un mur) ; - (Par suite) Dans la région de; (Devant un nom de personne) Dans l’entourage de; • Pour : En vue de; À l’égard de. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun [[wikt:κλέος#Grec_ancien|κλέος / kléos]], « 1. Ouï-dire, bruit, renommée. 2. Bonne réputation, gloire, renommée. 3. Action glorieuse. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Stratège, orateur, homme d’État et général ''athénien'' très influent durant l’[[w:Siècle_de_Périclès|''Âge d’Or d’Athènes'']] (aussi appelé [[w:Pentécontaétie|''pentécontaétie'']], « période de cinquante ans »), en particulier entre les ''guerres médiques'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Mèdes_back|<sup>🔄</sup>]] ([[w:-490|-490]] — [[w:-479|-479]]) et la [[w:Guerre_du_Péloponnèse|''guerre du Péloponnèse'']] [[#Péloponnèse|<span id="Péloponnèse_back"><sup>II</sup></span>]] ([[w:-431|-404]] — [[w:-479|-479]]). Il serait aussi à l’origine de projets de construction de la plupart des structures encore présentes aujourd’hui sur l’[[w:Acropole_d%27Athènes|''Acropole d’Athènes'']] (cf. Plan d’Athènes [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Athènes_back|<sup>🔄</sup>]] et de son ''Acropole'' [[#Acropole|<span id="Acropole_back"><sup>III</sup></span>]]) dont le [[w:Parthénon|''Parthénon'']] [[#Parthénon|<span id="Parthénon_back"><sup>IV</sup></span>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:495_av._J.-C.|-495]], à ''Athènes'' — [[w:429_av._J.-C.|-429]], à ''Athènes'', en succombant à la [[w:Peste_d%27Athènes|''peste d’Athènes'']]) <sup>[[w:Ve_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Péloponnèse_back|<span id="Péloponnèse"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Πελοπόννησος / Pelopónnēsos [[wikt:en:Πελοπόννησος#Ancient_Greek|(en)]], « l’île de Pélops »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom propre Πέλοψ / Pélops [[wikt:en:Πέλοψ#Ancient_Greek|(en)]], « (Mythologie grecque) Roi de [[w:Pise_(Élide)|''Pise'']], ''cité grecque'' de l’[[w:Élide|''Élide'']], située à l’ouest de la ''péninsule du Péloponnèse'' sur la ''mer Ionienne'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet#ionien_back|<sup>🔄</sup>]] entre la [[w:Messénie|''Messénie'']] et l’[[w:Achaïe|''Achaïe'']]. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ probablement de l’adjectif πέλλος / péllos [[wikt:en:πελλός#Ancient_Greek|(en)]], « de couleur foncée, sombre »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du nom commun ὤψ / ṓps [[wikt:en:ὤψ#Ancient_Greek|(en)]], « œil »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun νῆσος / nêsos [[wikt:en:νῆσος#Ancient_Greek|(en)]], « île »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> [[w:Péninsule|''Péninsule'']] du sud de la ''Grèce'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Grèce_back|<sup>🔄</sup>]], et région la plus méridionale des [[w:Balkans|''Balkans'']]. Elle est reliée à la [[w:Grèce_Centrale_(région_traditionnelle)|''Grèce continentale'']] par le pont terrestre de l’[[w:Isthme_de_Corinthe|''isthme de Corinthe'']], aussi appelé [[w:Mégaride|''Mégaride'']], qui sépare le [[w:Golfe_de_Corinthe|''golfe de Corinthe'']], situé en [[w:Mer_Ionienne|''mer Ionienne'']], et le [[w:Golfe_Saronique|''golfe Saronique'']], situé en [[w:Mer_Égée|''mer Égée'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Acropole_back|<span id="Acropole"><sup>III</sup></span>]] Du nom commun grec ancien ᾰ̓κρόπολῐς / akrópolis [[wikt:en:ἀκρόπολις#Ancient_Greek|(en)]], « ville haute »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif ἄκρος / ákros, « 1. Au bord, extrême, début, fin : le plus à l’extérieur (surtout du haut). 2. Pointu, tranchant. 3. Étant le plus de toute caractéristique : le meilleur, le plus ancien, le premier. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun πόλις / pólis [[wikt:en:πόλις#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Ville : • La citadelle athénienne; • Sa ville ou son pays. 2. Tout un pays, comme dépendant et appelé d’après sa ville : [[w:Cité-État|''Cité-état'']]. 3. Communauté : • L’état; • Le droit de citoyenneté. 4. Un type de jeu de plateau. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Citadelle construite sur la partie la plus élevée et la mieux défendue d’une cité de la ''Grèce antique''. Le terme est généralement utilisé pour désigner l’Acropole d’Athènes, mais chaque ville grecque possédait sa propre acropole.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Parthénon_back|<span id="Parthénon"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Παρθενών / Parthenṓn [[wikt:en:Παρθενών#Ancient_Greek|(en)]]; de l’adjectif παρθένος / parthénos [[wikt:en:παρθένος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Vierge, virginal. 2. Chaste. »; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> [[w:Trésor_(architecture)|''Trésor grec'']] [[#trésor|<sup>V</sup>]], situé sur l’Acropole d’Athènes, destiné à la conservation d’une sculpture [[w:Chryséléphantin|''chryséléphantine'']] de la déesse Athéna, l’[[w:Athéna_Parthénos|''Athéna Parthénos'']], que les ''Athéniens'' considéraient comme la patronne de leur cité.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"><span id="trésor"><sup>V</sup></span> Du nom commun grec ancien θησαυρός / thêsaurós [[wikt:en:θησαυρός#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Trésor. 2. Coffre-fort, dépôt, coffre. »; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Édifice où l’on dépose des objets de valeur.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Ennius_back|<span id="Ennius"><sup>VI</sup></span>]] ''Poète'', ''dramaturge'', ''écrivain'', ''historien'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Histoire_back|<sup>🔄</sup>]] et [[w:Annales|''annaliste'']] de l’époque de la ''République romaine'', dont seuls quelques fragments de son œuvre nous sont parvenus.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:-239|-239]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Rudiae|''Rudiae'']], dans la région historique de [[w:Apulie|''Apulie'']] de la [[w:Grande-Grèce|''Grande-Grèce'']], actuelle région des [[w:Pouilles|''Pouilles'']] du sud de l’Italie — [[w:-169|-169]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Rome'') [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA5&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA99#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §25 - Ennius (Q. -)}}]</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XVI.</small>''' Il arriva quelque chose d’assez semblable pendant la longue guerre que se firent les ''Athéniens'' et les ''Lacédémoniens'' avec un si terrible acharnement. On nous rapporte que '''Périclès''', qui par son crédit, son éloquence et son habile politique, était devenu le chef d'''Athènes'', voyant ses concitoyens consternés d’une éclipse de soleil qui les avait plongés dans des ténèbres subites, leur expliqua ce qu’il avait appris lui-même de son maître '''Anaxagore''', qu’un pareil phénomène est dans l’ordre de la nature et se reproduit à des époques déterminées, lorsque le disque de la lune s’interpose tout entier entre le soleil et nous; et que s’il n’est pas amené à chaque renouvellement de la lune, il ne peut toutefois avoir lieu qu’à l’époque précise où la lune se renouvelle. '''Périclès''' décrivit aux ''Athéniens'' tous ces mouvements astronomiques; il leur en fit comprendre la raison, et dissipa leur terreur; l’explication des éclipses de soleil par l’interposition de la lune était alors assez nouvelle et peu répandue. '''Thalès''' de ''Milet'' est, dit-on, le premier qui la proposa. Plus tard elle ne fut pas inconnue à notre poêtre '''Ennius''', puisqu’il dit que vers l’an 350 de la fondation de ''Rome'', « aux nones de juin, le soleil fut dérobé aux hommes par la lune et les ténèbres ». Aujourd’hui l’habileté des astronomes et la justesse de leurs calculs vont si loin, qu’à partir de ce jour, indiqué par '''Ennius''' et consigné dans les Grandes Annales, ils ont supputé toutes les éclipses de soleil antérieures jusqu’à celle des nones de juillet, arrivée dans le règne de '''Romulus''', et qui répandit sur la terre cette nuit soudaine pendant laquelle le fondateur de ''Rome'', enlevé au monde, subit probablement la loi commune, mais put aux yeux du vulgaire passer pour avoir été ravi au ciel par sa vertu surhumaine.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/289|<u>Traité De La République. Livre Premier</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/297|''XVI'']], avec la traduction en français publiées sous la direction de [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''M. Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n295/mode/2up '''ici'''] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f289 '''là'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>VIII.</small>''' — On raconte un fait analogue dans cette grande guerre où ''Athènes'' et ''Lacédémone'' luttèrent avec tant de haine.<br /><p style="text-indent: 15px">'''Périclès''', à qui son éloquence, son crédit, son habileté donnaient le premier rang dans sa patrie, voyant les ''Athéniens'' frappés de terreur à la suite d’une éclipse de soleil, profita des connaissances puisées à l’école de son maître '''Anaxagore''' pour apprendre à ses concitoyens que de semblables effets se répètent, dans un intervalle précis et déterminé, quand la lune est placée toute entière devant l’orbe du soleil, et que, s’ils ne se reproduisaient pas nécessairement à chaque période lunaire, ils ne pouvaient cependant arriver qu’à chaque période.<br /><p style="text-indent: 15px">Cette démonstration raisonnée calma le peuple, car c’était alors une découverte nouvelle, l’obscurcissement du soleil par l’interposition de la lune, et '''Thalès''' de ''Milet'' en eut, dit-on, la première prescience. Plus tard, notre '''Ennius''' n’ignora pas non plus cette loi sidérale, et vers l’an 350 de la fondation de ''Rome'', écrit-il, aux nones de juin, « le soleil fut couvert par la lune et la terre plongée dans les ténèbres. »<br /><p style="text-indent: 15px">Tel est du reste le point auquel sont arrivés aujourd’hui l’art et les calculs astronomiques : depuis cette époque, consignée dans '''Ennius''' et les ''Livres des Pontifes'', on a pu compter toutes les éclipses précédentes, en remontant jusqu’à celle des nones de juillets, sous le règne de '''Romulus''', ténèbres au milieu desquelles ce roi, en dépit de notre périssable nature et d’une fin tout humaine, passe pour être monté aux cieux dans l’apothéose de sa vertu.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f5.item <u>Cicéron. De La République</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f19.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56958289/f38.item ''VIII''], traduction nouvelle par Victor Poupin, Librairie de la Bibliothèque Nationale, 1911</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XVI.</small>''' — Dans cette guerre acharnée qui mit aux prises ''Athènes'' et ''Lacédémone'', '''Périclès''' de même, le premier d’entre les citoyens par l’autorité qu’il avait su prendre, par l’éloquence et la clarté de l’esprit, voyant les ''Athéniens'' remplis de crainte parce que le soleil avait brusquement disparu et que la nuit s’était faite [[#Éclipse_JVLC|<span id="Éclipse_JVLC_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], exposa, dit-on, ce que lui-même avait appris d’ '''Anaxagore''', son ancien maître : qu’à un moment précis et bien déterminé ce phénomène devait se produire nécessairement, la lune recouvrant entièrement le globe solaire. Bien que cela n’arrivât pas toutes les fois que la lune était nouvelle, cela ne pouvait arriver qu’à ce moment-là. En exposant ainsi, en expliquant rationnellement le phénomène, il libéra les âmes de la crainte. C’était alors une théorie nouvelle et encore peu répandue que celle de l’éclipse de soleil par l’interposition de la lune entre cet astre et nous, et c’est '''Thalès''' de ''Milet'' qui en fut, dit-on, l’un des premiers auteurs. Notre poète '''Ennuis''' [[#Ennius_JVLC|<span id="Ennius_JVLC_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] ne l’ignorait pas, lui qui écrit que l’an trois cent cinquante après la fondation de ''Rome'', aux nones de juin, la lune se trouva devant le soleil et ce fut la nuit. On fait en cette matière des calculs si savants que, partant de cette éclipse relatée par '''Ennius''' et dans les grandes annales, on a pu supputer les précédentes éclipses de soleil jusqu’à celle des nones de juillet, sous le règne de '''Romulus'''. Ce roi périt alors dans les ténèbres d’une mort naturelle et tout humaine, mais sa vertu, dit-on, le porta au ciel.</div></poem>
<table cellspacing=10 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''<small>[[#Éclipse_JVLC_back|<span id="Éclipse_JVLC"><sup>1</sup></span>]] L’éclipse de soleil dont il s’agit ici, et dont Plutarque fait mention dans la [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/periclespierron.htm ''Vie de Périclès''], s’est produite dans la deuxième année de la guerre du Péloponnèse (430 av. J.-C.).</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; direction: ltr;">'''<small>[[#Ennius_JVLC_back|<span id="Ennius_JVLC"><sup>2</sup></span>]] Ennius avait composé un grand poème en hexamètres sur l’histoire romaine.</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f4.item <u>Cicéron. De La République</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f12.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f22.item ''XIV''], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f24.item ''XVI''] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f210.item <sup><small>NOTES</small></sup>], traduction, notices et notes par Charles Appuhn, GF Flammarion, 1965</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
=== [[w:De_legibus|De Legibus]] [[#De_legibus|<span id="De_legibus_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Traité sur la ''politique romaine'', écrit en [[w:52_av._J.-C.|-52]], est le complément d’un précédent traité sur les ''institutions romaines'', le [[#De_Re_Publica_⤴|''De Republica'']]. Comme '''Cicéron''' ne le cite pas dans la liste de ses ouvrages ''philosophiques'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]], on ignore si l’ouvrage fut terminé et édité. De plus, son caractère général n’en faisait pas un recueil législatif efficace, tandis que le bouleversement des institutions républicaines le rendait obsolète. Il s’est en grande partie perdu au cours des siècles.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA De Legibus|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#De_legibus_back|<span id="De_legibus"><sup>I</sup></span>]] Datif [[w:en:Dative_case#Latin|(en)]] / [[w:Ablatif#En_latin|ablatif]] pluriel du nom commun lex [[wikt:en:lex#Latin|(en)]], « 1. Proposition ou motion de loi faite au peuple par un magistrat, projet de loi. 2. (au sens figuré) Projet de loi qui est devenu une loi, loi, statut. 3. (au sens figuré) Précepte, règlement, principe, règle, mode, manière. 4. (au sens figuré ) Contrat, accord, pacte. 5. (au sens figuré) Condition, stipulation. ».</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
==== [[w:De_legibus#Livre_II|Livre II]] ====
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">'''Cicéron''' aborde le droit positif, ainsi qualifié d’après le latin [[wikt:positum|positum]] « posé, en place », pour désigner le droit tel qu’il existe réellement. Il établit sa dépendance vis-à-vis de la morale et de la métaphysique. Revenant sur la notion de Loi suprême présentée au [[w:De_legibus#Livre_I|Livre I]], '''Cicéron''' distingue les lois véritables, émanant de la raison divine et conformes à la morale, tandis que les autres ne sont des mesures conventionnelles, variables et parfois injustes.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Témoignage d’une théorie, de '''Thalès''', du Tout plein de dieux.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XI.</small>''' Melius Græci, atque nostri : qui, ut augerent pietatem in deos, easdem illos, quas nos, urbes incolere voluerunt. Affert enim hæc opinio religionem utilem civitatibus : si quidem et illud bene [[#Dictum_est_a_Pythagora|''dictum est a '''Pythagora''''']], doctissimo viro, tum maxime et pietatem et religionem versari in animis, quum rebus divinis operam daremus; et quod '''Thales''', qui sapientissimus in septem fuit, homines existimare oportere, omnia quæ cernerentur, deorum esse plena; fore enim omnes castiores, veluti qui in fanis essent maxime religiosis. Est enim quadam opinione species deorum in oculis, non solum in mentibus. [[#Eamdemque_rationem_luci_habent_in_agris|''Eamdemque rationem luci habent in agris'']]. Neque ea, quæ a majoribus prodita est quum dominis, tum famulis, posita in fundi villæque conspectu, religio [[w:Lares_(mythologie)|''Larum'']], repudianda est.</div></poem>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">Jam ritus familiæ patrumque servare, id est (quoniam antiquitas proxime accedit ad deos) a diis quasi traditam religionem tueri.</div></poem>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">Quod autem ex hominum genere consecratos, sicut Herculem, et ceteros, coli lex jubet, indicat omnium quidem animos immortales esse, sed [[#Fortium_bonorumque_divinos|''fortium bonorumque divinos'']]. Bene vero, quod Mens, Pietas, Virtus, Fides consecratur manu : quarum omnium Romæ dedicata publice templa sunt, ut illa qui habeant (habent autem omnes boni), [[#Deos_ipsos_in_animis|''deos ipsos in animis'']] suis collocatos putent. Nam illud vitiosum, Athenis quod, [[#Cylonio|'''Cylonio''']] scelere expiato, [[w:Épiménide|'''Epimenide''' ''Crete'']] suadente, fecerunt Contumeliæ fanum et Impudentiæ. Virtutes enim, non vitia consecrare decet. Araque vetus stat in [[w:Mont_Palatin|''Palatio'']], Febris; et altera [[w:Esquilin|''Esquiliis'']], Malæ Fortunæ, detestatæque : quæ omnia ejusmodi repudianda sunt. Quod si fingenda nomina, [[#Vicepotæ_CdR|<span id="Vicepotæ_CdR_back"><sup>1</sup></span>]] [[#Vicepotæ|''Vicepotæ'']] potius vincendi atque potiundi, Statæ standi, cognominaque Statoris et Invicti Jovis ; rerumque expetendarum nomina [[#Salutis|''Salutis'']], Honoris, Opis, Victoriæ. Quoniamque exspectatione rerum bonarum erigitur animus, recte etiam a Calatino Spes consecrata est. [[#Fortunaque|''Fortunaque sit vel Hujusce diei'']], nam valet in omnes dies; vel Respiciens, ad opem ferendam; vel Fors, in quo incerti casus significantur magis; vel [[#Primigenia_CdR|<span id="Primigenia_CdR_back"><sup>2</sup></span>]] Primigenia a gigendo, [[#Comes_CdR|<span id="Comes_CdR_back"><sup>3</sup></span>]] Comes. Tum..... ***</div></poem>
<div style="text-align: center; direction: ltr;">''Desunt pauca.''</div>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Vicepotæ_CdR">[[#Vicepotæ_CdR_back|<sup>1</sup>]]</span> ''Vulg. hæc leguntur depravata turpiter'', Vicepotæ potius vincendi atque potiundi, statassandique cognomina, Statoris et Invicti Jovis. ''Gôrenz verba illa'' vincendi, potiundi, ''et'' standi, ''ut glossemata'', ''uncis inclusit''. ''Schütz'', ''suo more'', ''omnino delevit'', ''Nos tantum mutavimus'', ''Gronovio et Davisio ducibus'', ''barbarum verbum'' statassandi.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Primigenia_CdR">[[#Primigenia_CdR_back|<sup>2</sup>]]</span> Primigeniam. ⸺ <span id="Comes_CdR">[[#Comes_CdR_back|<sup>3</sup>]]</span> ''Al. mss.'', comestum. ''Desperatus locus''.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f7.item <u>Œuvres complètes de M. T. Cicéron. Tome Trente-Deuxième</u>], publiées en français, avec le texte en regard, par [[w:Joseph-Victor_Leclerc|Jos.-Vict. Le Clerc]], professeur d’éloquence latine à la faculté des lettres, [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f275.item <u>Des Lois</u>], traduction nouvelle, par [[w:Charles_de_Rémusat|Ch. de Rémusat]]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f386.item <u>De Legibus Liber Secundus</u>] [https://la.wikisource.org/wiki/De_legibus/Liber_II <sup>📜</sup>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f414.item ''XI.''][https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f472.item '''<small><sup>NOTES</sup></small>'''] Académie de Paris, Chez E. A. Lequien, Librairie, 1826.<br />(également une édition de 1864 disponible [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/395|'''ici''']] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f388 '''là'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XI.</small>''' - Plus sages furent les Grecs et nos ancêtres qui, pour augmenter la piété envers les dieux, ont voulu qu’ils habitassent les mêmes villes que nous. Cette opinion inspire aux cités une utile crainte religieuse; selon du moins une belle parole de [[w:Pythagore|'''Pythagore''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pythagore_back|<sup>🔄</sup>]], cet homme d’un si grand savoir, la piété, la religion n’ont jamais plus d’action dans les âmes que lorsque nous nous appliquons au service des dieux; et '''Thalès''', le plus renommé des [[w:Sept_sages_de_Grèce|sept sages]], a dit : « Les hommes devraient être persuadés que tout ce qu’ils voient est plein de dieux; nous en serions plus purs, nous regardant alors comme étant dans le plus saint des sanctuaires [[#Thales_CA_De_Legibus|<span id="Thales_CA_De_Legibus_back"><sup>'''1'''</span>]]. » Car, selon une croyance ancienne, les dieux ont une forme sensible aux yeux, ils ne se révèlent pas seulement à l’esprit. Les bois sacrés ont aux champs la même raison d’être. Et il ne faut pas non plus rejeter la tradition, venue des ancêtres, suivant laquelle maîtres et serviteurs rendent un culte aux [[w:Lares_(mythologie)|''Lares'']] en vue du champ et de la maison.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">Conserver les rites de la famille et des ancêtres, c’est en quelque manière garder une religion transmise par les dieux, car l’antiquité est voisine des dieux.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">Quant à ceux d’entre les hommes qui ont été divinisés, comme Hercule et les autres, la loi, en nous ordonnant de les honorer, nous enseigne que, si toutes les âmes sont immortelles, celles des héros sont divines. On a bien fait aussi de consacrer l’Intelligence, la Piété, le Courage, la Bonne Foi; les temples élevés dans Rome à ces vertus font connaître aux gens de bien, qui en sont tous doués, que leur âme est le sanctuaire de la divinité. Les [[w:Histoire_d%27Ath%C3%A8nes#Antiquit%C3%A9|''Athéniens'']] en revanche commirent une faute quand, après les cérémonies expiatoires accomplies, sur l’avis du [[w:Histoire_de_la_Cr%C3%A8te#P%C3%A9riode_d%C3%A9dalique,_ou_renaissance_cr%C3%A9toise|''Crétois'']] [[w:Épiménide|'''Epiménide''']] [[#Epiménide|<span id="Epiménide_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], pour se laver du sacrilège dont ils s’étaient rendus coupables en poursuivant [[w:Cylon|'''Cylon''']] [[#Cylon_CA_De_Legibus|<span id="Cylon_CA_De_Legibus_back"><sup>'''2'''</span>]], ils élevèrent un temple à l’Affront et à l’Impudence [[#temples_CA_De_Legibus|<span id="temples_CA_De_Legibus_back"><sup>'''3'''</span>]]. Ce sont les vertus, non les vices, qu’il faut consacrer. Sur le [[w:Mont_Palatin|''mont Palatin'']] se dresse un vieil autel dédié à la Fièvre, un autre sur l’[[w:Esquilin|''Esquilin'']] à la Fortune [[#Fortune_CA_De_Legibus|<span id="Fortune_CA_De_Legibus_back"><sup>'''4'''</span>]] mauvaise et maudite; tous les monuments de cette sorte il faut les condamner. Que si l’on veut forger des noms, ce soient plutôt des noms tels que Vicepota de ''"vincere"'' et ''"potiri"'' (vaincre et se rendre maître), Stata de ''"stare"'' (demeurer debout); ou des surnoms tels que Stator et Invaincu donnés à Jupiter; ou encore des noms de choses désirables comme le Salut, l’Honneur, l’Abondance, la Victoire. Comme l’attente d’événements heureux relève le courage, c’est avec raison que [[w:Aulus_Atilius_Calatinus|'''Calatinus''']] a consacré l’[[w:Spes_(déesse)|''Espérance'']] [[#Espérance_CA_De_Legibus|<span id="Espérance_CA_De_Legibus_back"><sup>'''5'''</span>]]. J’approuve que l’on consacre la Fortune ou même la [[w:en:Fortuna_Huiusce_Diei|''Fortune de ce jour'']], car c’est tous les jours qu’elle peut servir, ou encore la [[w:en:Temple_of_Fortuna_Respiciens|''Fortune Respiciens'']], c’est-à-dire secourable, même le Hasard qui comprend les événements incertains; soit enfin la [[w:Sanctuaire_de_la_Fortuna_Primigenia|''Fortune Primigénie'']] [[#Primigénie_CA_De_Legibus|<span id="Primigénie_CA_De_Legibus_back"><sup>'''6'''</span>]] qui préside à notre génération, la Fortune Compagne. Alors. . . . . . .</div></poem>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em 0 2em"><small>Lacune de peu d’étendue.</small></div>
<table cellspacing=5 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Thales_CA_De_Legibus">[[#Thales_CA_De_Legibus_back|1.]]</span> La parole de Thalès à laquelle Cicéron fait allusion paraît bien être le mot connu : πάντα εἶναι πλήρη θεῶν. Il faut observer cependant que cette parole paraît s’accorder mieux avec la manière de voir des ''Perses'' qu’avec celle que défend Cicéron.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Cylon_CA_De_Legibus">[[#Cylon_CA_De_Legibus_back|2.]]</span> On sait que Cylon, qui avait un moment réussi à s’emparer du pouvoir, prit la fuite, et que ses complices, qui s’étaient réfugiés dans le ''temple de Pallas'', furent massacrés. Une peste désola ensuite ''Athènes'' et Solon appela le Crétois Epiménide, dont on vantait la piété, pour purifier la ville.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="temples_CA_De_Legibus">[[#temples_CA_De_Legibus_back|3.]]</span> [[w:Zénobios|Zénobius]] [[#Zénobius|<span id="Zénobius_back"><sup>II</sup></span>]] (''Proverbium de Impudentia'') rapporte que d’après [[w:Théophraste|Théophraste]] [[#Théophraste|<span id="Théophraste_back"><sup>IV</sup></span>]], il y avait à ''Athènes'' des autels dressés à la [[wikt:en:ὕβρις#Ancient_Greek|Violence Ὕϐρις]] et à l’[[wikt:en:αναίδεια#Greek|Impudence Ἀναίδεια]].</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Fortune_CA_De_Legibus">[[#Fortune_CA_De_Legibus_back|4.]]</span> La fièvre n’est pas rare, on le sait, dans la vallée du [[w:Tibre|Tibre]] et les ''Romains'' lui avaient, pour s’en garantir, dressé un autel. La Mauvaise Fortune avait son temple évidemment pour la même raison.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Espérance_CA_De_Legibus">[[#Espérance_CA_De_Legibus_back|5.]]</span> [[w:Aulus_Atilius_Calatinus|A. Atilius de Calatie]], consul en [[w:258_av._J.-C.|258]] et [[w:254_av._J.-C.|254 avant J.-C.]], dictateur en [[w:249_av._J.-C.|249]], remporta une victoire sur les Carthaginois et obtint les honneurs du triomphe.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Primigénie_CA_De_Legibus">[[#Primigénie_CA_De_Legibus_back|6.]]</span> Le Hasard avait son temple au-delà du ''Tibre'', la Fortune Primigénie, c’est-à-dire première-née, en avait un bâti, selon Plutarque, par Servius, au ''Capitole'' et un autre sur le mont Quirinal.</small>'''</poem></td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f4.item <u>Cicéron. Des Lois</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f152.item <u>Livre Deuxième</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f163.item ''XI.''][https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6146d/f243.item <sup><small>NOTES</small></sup>], traduction, notices et notes par [[w:Charles_Appuhn|Charles Appuhn]], GF Flammarion, 1965<br />(également disponible [http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/cicero_loisII/lecture/3.htm ici])</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Charles Appuhn 1965|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Epiménide_back|<span id="Epiménide"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἐπῐμενίδης / Epimenídēs [[wikt:en:Ἐπιμενίδης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Poète et [[w:Iatromante|''iatromante'']] [[w:Crète|''crétois'']], actif :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> • Selon [[w:Platon|Platon]], à la fin du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup>]] / début du [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}} [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/loislivre1.htm#15 <sup>Les Lois ''l.''I</sup>]; il aurait prédit aux ''athéniens'' les guerres médiques 10 ans au paravant et la défaite des ''Perses''.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> • Selon [[w:Plutarque|Plutarque]], à la fin du [[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|VII<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <sup>lVdHI. ''l.''I - VdS. ''c.''XV.</sup>]; il serait venu à ''Athènes'' expier les profanations du massacre des complices du conspirateur [[w:Cylon|Cylon]] par l’archonte [[w:Mégaclès_(archonte_en_632_av._J.-C.)|Mégaclès]], se serait lié d’amitié avec [[w:Solon|Solon]], l’aurait aidé à rédiger ses lois, et serait plus précisemment originaire de [[w:Phaistos |''Phaistos'']] (au sud de la ''Crète'').<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Zénobius_back|<span id="Zénobius"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ζηνόβιος / Zēnóbios [[wikt:en:Ζηνόβιος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Ζήν / Zḗn [[wikt:en:Ζήν#Ancient_Greek|(en)]]; forme poétique de Ζεύς / Zeús [[wikt:en:Ζεύς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun βῐ́ος / bíos [[wikt:en:βίος#Ancient_Greek|(en)]], « la vie (souvent avec une connotation positive) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">''Sophiste'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Sophiste_back|<sup>🔄</sup>]] grec qui enseignait la rhétorique à ''Rome'' sous l’empereur [[w:Hadrien|Hadrien]] [[#Hadrien|<span id="Hadrien_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] (règne de 117 à 138).<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Le traducteur, Charles Appuhn, fait référence ici au proverbe :'''<br /><p style="text-align: center; margin: 0 2em;"> « ''4.36. Θεὸς ἡ Ἀναίδεια: αὕτη τέτακται ἐπὶ τῶν δι᾿ ἀναισχυντίαν τινὰ ὠφελουμένων. Φησὶ Θεόφραστος ἐν τῷ περὶ Νόμων, Ὕβρεως καὶ Ἀναιδείας παρὰ τοῖς Ἀθηναίοις εἶναι βωμούς.'' »<br /><p style="text-align: center; margin: 0 2em;"> « ''4.36. L’impudence est un dieu : il a été établi sur ceux qui bénéficient de l’impudence. '''Théophraste''' dit dans son ouvrage « Sur les lois » que parmi les Athéniens il y a des autels de la violence et de l’impudence.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">'''<u>Ἑκατοντάς Δ΄</u>, [[s:el:Επιτομή_εκ_των_Ταρραίου_και_Διδύμου_παροιμιών_συντεθείσα_κατά_στοιχείον/Δ#p4.36|§36]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] première moitié du [[w:IIe_siècle|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>EC</small>|de l’Ère Commune}}]]) [[s:el:Συγγραφέας:Ζηνόβιος|<sup>📚</sup>]]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Hadrien_back|<span id="Hadrien"><sup>III</sup></span>]] En latin Imperator Cæsar Traianus Hadrianus Augustus;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Publius Aelius Hadrianus, dit Hadrien, est un ''empereur romain'' lettré, ''poète'' et ''philosophe'' à la réputation pacifique, de la dynastie des [[w:Antonins_(Rome)|Antonins]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(24 janvier [[w:76|76]] <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>, à [[w:Italica_(Espagne)|''Italica'']], près de [[w:Séville|''Séville'']], — 10 juillet [[w:138|138]] <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>, à [[w:Baïes|''Baïes'']], près de [[w:Naples|''Naples'']])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Théophraste_back|<span id="Théophraste"><sup>IV</sup></span>]] Du grec ancien [[wikt:en:Θεόφραστος#Ancient_Greek|Θεόφρᾰστος / Theóphrastos]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|θεός / theós]], « divin, dieu, divinité »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + [[wikt:en:φράζω#Ancient_Greek|φράζω / phrázō]], « faire connaître, raconter, expliquer, conseiller »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + le suffixe adjectival récessif [[wikt:en:-τος#Ancient_Greek|-τος / -tos]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">''Philosophe grec'' et élève d’[[w:Aristote|Aristote]], il fut le premier [[w:Scholarque|''scholarque'']] [[#scholarque|<span id="scholarque_back"><sup>V</sup></span>]] du ''Lycée'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Lycée_back|<sup>🔄</sup>]], de [[w:322_av._J.-C.|-322]] à sa mort ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Il se nommait Tyrtamos (en grec ancien Τύρταμος) de son véritable nom; c’est Aristote qui le surnomma « Théophrastos », littéralement « divin parleur » :'''<br /><p style="margin: 0 3em; text-indent: 15px">« ''4. Cette ville d’[[w:Eresós|Eressos]] a vu naître '''Théophraste''' et [[w:Phainias_d%27Érèse|'''Phanias''']], tous deux philosophes [[w:École_péripatéticienne|péripatéticiens]] [[#péripatéticiens|<span id="péripatéticiens_back"><sup>VIII</sup></span>]], tous deux disciples et amis d’ '''Aristote'''. '''Théophraste''' s’était appelé d’abord '''Tyrtamos''', c’est '''Aristote''' qui changea son nom et l’appela '''Théophraste''', dans le but apparemment de ne plus entendre ce premier nom, si dur, si discordant, mais en même temps aussi pour signaler à tous la passion de beau langage qui animait son disciple.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">'''[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535174f/f9.item <u>Géographie de Strabon</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535174f/f11.item <u>Livre XIII</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535174f/f77.item <u>Chapitre II</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535174f/f80.item.r=Tyrtamos# ''4.''] (également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/strabon/livre132.htm ici]).<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">([[w:371_av._J.-C.|-371]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Eresós|''Eresós'']], sur l’île de [[w:Lesbos|''Lesbos'']] [[#Lesbos|<span id="Lesbos_back"><sup>VII</sup></span>]], — [[w:288_av._J.-C.|-288]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Athènes'')<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#scholarque_back|<span id="scholarque"><sup>V</sup></span>]] Du grec ancien [[wikt:σχολάρχης#Grec_ancien|σχολάρχης / skholárkhês]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de [[wikt:σχολή#Grec_ancien|σχολή / skholế]], « loisir, temps, libre, repos, lieu où se passe les loisirs, où les cours sont donnés, école »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + de [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|ἄρχω / árkhô]], « faire le premier, commencer; être le premier, commander »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Directeur d’une [[w:Philosophie_en_Grèce_antique|''école de philosophie'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Lesbos_back|<span id="Lesbos"><sup>VI</sup></span>]] Du grec ancien [[wikt:en:Λέσβος#Ancient_Greek|Λέσβος / Lésbos]]; Le nom signifiait à l’origine « boisé, couvert de forêt », peut-être un emprunt [[w:Hittites|''Hittite'']], car le nom ''Hittite'' d’origine de l’île était [[w:en:Lesbos#Etymology|''Lazpa'']];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Île grecque de la périphérie d’[[w:Égée-Septentrionale|''Égée-Septentrionale'']], située dans le nord-est de la [[w:Mer_Égée|''mer Égée'']] à moins de 15 kilomètres du rivage turc. Le terme de [[w:Lesbianisme|lesbienne]] découle de la poésie antique de [[w:Sappho|Sappho]] [[#Sappho|<span id="Sappho_back"><sup>VII</sup></span>]], qui est née à ''Lesbos''.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Sappho_back|<span id="Sappho"><sup>VII</sup></span>]] Du grec ancien [[wikt:en:Σαπφώ#Ancient_Greek|Σαπφώ / Sapphṓ]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poétesse grecque très célèbre durant l’Antiquité, elle est considéré comme l’une des [[w:Neuf_lyriques_grecs|''neuf poète.sse.s lyriques'']] de la Grèce antique. Son œuvre poétique ne subsiste plus qu’à l’état de fragments ([https://archive.org/details/oxyrhynchuspapyr01grenuoft/page/10/mode/2up papyrus d’Oxyrhynque n°7] [[w:Papyrus_d%27Oxyrhynque|<sup>📚</sup>]], notamment). Elle est connue pour avoir exprimé dans ses écrits son attirance pour les jeunes filles, d’où le terme « saphisme » pour désigner l’homosexualité féminine, tandis que le terme « lesbienne » est dérivé de ''Lesbos'', l’île sur laquelle elle a vécu.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|VII<sup>ème</sup>]] — [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}, à [[w:Mytilène|''Mytilène'']] sur l’île de [[w:Lesbos|''Lesbos'']] [[#Lesbos|<sup>VI</sup>]])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#péripatéticiens_back|<span id="péripatéticiens"><sup>VIII</sup></span>]] Du grec ancien [[wikt:en:περιπατητικός#Ancient_Greek|περῐπᾰτητῐκός / peripatētikós]], « qui se promène »;;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de [[wikt:en:περιπατέω#Ancient_Greek|περῐπᾰτέω / peripatéō]], « se promener »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ de [[wikt:en:περί#Ancient_Greek|περῐ / perí]], « autour »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ + [[wikt:en:πατέω#Ancient_Greek|πατέω / patéō]], « marcher »; de [[wikt:en:πάτος#Ancient_Greek|πάτος / pátos]], « chemin »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + le suffixe adjectival [[wikt:en:-τικός#Ancient_Greek|-τῐκός / -tikós]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Courant ''philosophique'' d’Aristote qui enseignait au ''Lycée d’Athènes'' en marchant avec ses élèves :'''<br /><p style="margin: 0 3em; text-align: center">« ''Les [[wikt:sectateur|sectateurs]] d’'''Aristote''' furent nommés péripatéticiens, parce qu’ils dissertaient en se promenant dans le Lycée.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">'''[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176184/f12.item <u>Œuvres Complètes de Cicéron.] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176184/f14.item Académiques II</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176184/f20.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58176184/f30.image.r=peripateliciens ''IV.''].<br />(également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/academiques0.htm ici])</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XI.</small>''' Les Grecs et nos pères ont mieux fait : pour augmenter la piété envers les dieux, ils ont voulu qu’ils fussent habitants des mêmes villes que nous. Cette opinion introduit en effet dans la cité même, la religion qui lui est si utile, selon le sens du moins de cette parole du savant '''Pythagore''', que jamais la piété et la religion ne remplissent plus les âmes que lorsque nous sommes occupés du service divin ; et de cette autre de '''Thalès''', le plus sage des sept sages, qu’il faut que les hommes pensent que tout ce qui frappe les regards est rempli des dieux, et qu’alors ils deviendront plus chastes, comme s’ils étaient toujours dans le plus sacré des temples ; car, suivant une certaine croyance, les dieux n’apparaissent pas seulement à l’esprit, ils ont une présence [[#Dictum_est_a_Pythagora|<span id="Dictum_est_a_Pythagora_back"><sup>'''1'''</sup></span>]]. Les mêmes raisons nous font placer aux champs les bois sacrés [[#Eamdemque_rationem_luci_habent_in_agris|<span id="Eamdemque_rationem_luci_habent_in_agris_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] ; et ce culte, transmis par nos aïeux, tant aux maîtres qu’aux serviteurs, qui se célèbre en vue du champ et de la maison, ce culte des ''Lares'' ne doit pas être oublié.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">Garder les rites de sa famille et de ses pères, c’est garder une religion pour ainsi dire de tradition divine ; car l’antiquité se rapproche des dieux.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">Quand la loi prescrit le culte de ceux d’entre les hommes qui ont été sanctifiés, comme Hercule et les autres, elle indique que si les âmes de tous sont immortelles, celles des bons et des forts sont divines [[#Fortium_bonorumque_divinos|<span id="Fortium_bonorumque_divinos_back"><sup>'''3'''</span>]]. Il est bien que la raison, la piété, la force, la foi, soient consacrées par l’homme : ainsi Rome leur a dédié des temples, afin que ceux qui les possèdent (et tout homme de bien les possède) croient que leur âme est habitée par des dieux [[#Deos_ipsos_in_animis|<span id="Deos_ipsos_in_animis_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]. Ce qui est mauvais, c’est ce qu’on fit à ''Athènes'', lorsque après l’expiation du crime de '''Cylon''' [[#Cylonio|<span id="Cylonio_back"><sup>'''5'''</sup></span>]], sur le conseil d’ '''Épiménide de Crète''', on éleva un temple à l’Affront et à l’Impudence ; ce sont les vertus et non les vices qu’il faut consacrer. Un autel antique est dressé, sur le ''mont Palatin'', à la Fièvre ; un autre, sur l’Esquilin, à la Fortune mauvaise et maudite : tous les monuments pareils doivent être proscrits. S’il faut inventer des surnoms, il faut plutôt en choisir qui expriment la victoire et la conquête, comme ''Vicepota'' [[#Vicepotæ|<span id="Vicepotæ_back">'''<sup>6</sup>'''</span>]] ; l’immutabilité, comme ''Stata'' ; ou des surnoms tels que ceux de Jupiter Stateur et Invaincu ; ou bien que ce soient les noms de choses désirables, comme le salut, l’honneur, le secours, la victoire. Ainsi, comme l’attente des biens relève les courages, '''Calatinus''' a eu raison d’élever un temple à l’Espérance [[#Salutis|<span id="Salutis_back">'''<sup>7</sup>'''</span>]]. La fortune aussi peut en avoir, soit la ''Fortune de ce jour'' [[#Fortunaque|<span id="Fortunaque_back">'''<sup>8</sup>'''</span>]] car ce titre peut se rapporter à tous les jours ; soit la ''Fortune Respiciens'', c’est-à-dire secourable ; soit celle du hasard, qui regarde plutôt les événements incertains ; soit la ''Fortune Primigènie'', qui préside à la naissance ; soit la Fortune compagne, ou......</div></poem>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em 0 2em">''Lacune.''</div>
<table cellspacing=30 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; width: 50%; text-indent: 15px">'''<small><span id="Dictum_est_a_Pythagora">[[#Dictum_est_a_Pythagora_back|1.]]</span> — XI. [[w:Pythagore|Pythagore]] disait que les hommes deviennent meilleurs lorsqu’ils s’approchent des dieux (Plut., ''de Sperst.''[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/supestition.htm#27 <sup>(169e)</sup>], et ''de Orac. defect.''[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/oracles1.htm <sup><nowiki>[7]</nowiki></sup>]); ou, selon la version de [[w:Sénèque|Sénèque]], qu’ils changent d’esprit en entrant dans un temple, en voyant de près l’image des dieux, en écoutant un oracle (''Epist. 94''[http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/lucilius3.htm#_ftnref116 <sup><nowiki>[116]</nowiki></sup>]). Suivant Thalès, le monde était animé et plein des dieux (Diog. Laert., I, 27) <sup>ici traduit par ''dieux'', mais aussi par [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/thales.htm#27 ''esprits''] et [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/thales1.htm ''âmes'']</sup>. L’interprétation que Cicéron donne de leur pensée n’est pas incontestable; elle est entachée d’idolâtrie. ([https://data.bnf.fr/fr/17106914/johann_friedrich_wagner/ ''Wagner.''])<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Eamdemque_rationem_luci_habent_in_agris">[[#Eamdemque_rationem_luci_habent_in_agris_back|2.]]</span> — [[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]] On comprend peu comment la même raison fait placer les temples dans les villes, et les bois sacrés dans les campagnes : c’est sans doute pour que les habitants des campagnes comme ceux des villes aient à leur portée un lieu d’oraison et de recueillement. Ces bois étaient de simples bocages : aussi, malgré Cicéron, il y en eut toujours dans les villes; c’étaient comme les jardins des temples.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Fortium_bonorumque_divinos">[[#Fortium_bonorumque_divinos_back|3.]]</span> — {{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} Ceci est plus poétique que philosophique. Cette distinction des âmes immortelles et des âmes divines n’est point réelle, ou n’est pas assez certaine pour être affirmée. Il y a dans cet ouvrage même des principes qui la combattent. Cicéron revient souvent à cette idée, qui ressemble à la doctrine du petit nombre des élus, mais qui n’a point l’appui des mêmes arguments; et il est permis de n’y voir qu’une concession aux croyances de son temps, et une illusion du [[w:Conjuration_de_Catilina|''vainqueur de Catilina'']], qui espérait que les sauveurs de la patrie seraient admis parmi les [[w:Di_indigetes|dieux ''indigètes'']]. (''Nat. des Dieux'', II, 24[http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature2.htm <sup>XXIV.</sup>] ; ''Devoirs'', III, [https://droitromain.univ-grenoble-alpes.fr/Francogallica/deofficiis3_fran.htm 5.] ; ''Républi.'', VI, 7[[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/354|<sup>VII.</sup>]] ; Lactance, I, 15[http://remacle.org/bloodwolf/eglise/lactance/instit1.htm <sup>CAPUT XV.</sup>], etc.)<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Deos_ipsos_in_animis">[[#Deos_ipsos_in_animis_back|4.]]</span> — XI. Les temples de toutes ces vertus existaient en effet à [[w:Rome_antique|''Rome'']] (''Nat. des Dieux'', II, 23[http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature2.htm <sup>XXIII.</sup>]). [[w:Lactance|Lactance]] blâme l’approbation donnée par Cicéron à ce culte allégorique, qui lui parait propre à substituer l’adoration des vertus déesses à l’amour des vertus pratiques. « C’est la vertu, dit-il, qu’il faut honorer, et non son image » (I, 20[http://remacle.org/bloodwolf/eglise/lactance/instit1.htm#_ftnref82 <sup>CAPUT XX.</sup>]). [[w:Adrien_Turnèbe|Turnèbe]] veut placer ici une phrase que Lactance rapporte, et que l’on trouvera parmi les Fragments ; il y est question des statues de l’Amour que l’on voyait dans les gymnases grecs : c’est évidemment à cette idée qu’elle se rapporte ; mais placée au lieu indiqué par Tunèbe, elle se lierait difficilement à ce qui précède, et donnerait lieu de supposer une lacune plus étendues.
</small>'''</td>
<td valign=top style="text-align: justify; width: 50%; text-indent: 15px">'''<small><span id="Cylonio">[[#Cylonio_back|5.]]</span> — [[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]] [[w:Cylon|Cylon]], athénien, vainqueur aux jeux olympiques, s’était emparé, par l’ordre d’un oracle, de la citadelle. Assiégé par les Athéniens, et réduits à la famine, il parvint à s’évader avec son frère, et ses compagnons se réfugièrent en suppliants au pied de l’autel qui était dans l’Acropole ; ceux à qui la garde en fut confiée les séduisirent par des fausses assurances, et les immolèrent, ainsi que quelques autres qui s’étaient retirés près de l’autel des [[w:Érinyes|Euménides]] (Thucydide, I, 126[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm#CXXVI <sup>CXXVI.</sup>]). Pour expier ce crime, on fit venir de [[w:Histoire_de_la_Crète#Crète_minoenne_et_mycénienne|''Crète'']] [[w:Épiménide|Épiménide]], dix ans avant la [[w:Guerres_médiques|''guerre Persique'']] ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/loislivre1.htm Platon, ''Lois, I''] ; [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/epimenide.htm Diog. L., ''I''], 110), et des autels furent élevés à l’Affront et à l’Impudence. Il parait qu’Épiménide consacra ces autels dans la même intention que le roi [[w:Tullus_Hostilius|Tullus]] avait élevé des temples à la Pâleur et à la Peur, non pour les adorer, mais pour les apaiser et détourner leurs coups (''[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre1.htm liv. I], 27'' <sup>XXVII.(7)</sup>). La même observation doit s’appliquer aux autels de la Fièvre et de la mauvaise Fortune ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature3a.htm ''Nat. des D., III''], 25 <sup>XXV.</sup>).<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Vicepotæ">[[#Vicepotæ_back|6.]]</span> — XI. On trouve ''Vicepota'' ou ''Vicapota'', dans Tite Live, II, 7, et la déesse ''Stata'', dans Festus. L’origine du titre ''Stator'' est connue ([http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre1.htm Tite Live, ''I'']'', t2'' <sup>XII.</sup> ; Ovid., ''Fast.'', VI, V. 793[http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fast/FVI.html <sup>§§791-794</sup>]). Il y parle aussi de celui d’Invictus ([[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]], v. 650[http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fast/FVI.html <sup>§§649-650</sup>]).<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Salutis">[[#Salutis_back|7.]]</span> —{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} Il y avait à Rome des temples érigés au [[w:Salus|Salut]], sur le [[w:Quirinal|Quirinal]] ([http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/atticus4.htm ''ad Att., IV''], I ; Plin., ''H. N.'' XXXV, 4 [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre35.htm <sup>VII.</sup>]); à l’Honneur (Tite Live, XXVII, 25 [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre27.htm <sup>XXV.</sup>]); au Secours (Varr., ''de Ling. lat.'', IV, 10 ; Macr., ''Sat.'' I, 10 [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/macrobe/saturnales1.htm <sup>X., XII.</sup>]); à la Victoire, à l’[[w:Spes_(déesse)|Espérance]] (''Nat. des D.'', II, 23 [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature2.htm <sup>XXIII.</sup>]), etc.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"><span id="Fortunaque">[[#Fortunaque_back|8.]]</span> —{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} [[w:en:Fortuna_Huiusce_Diei|''Le temple de la Fortune de ce jour'']] avait été dédié par [[w:Quintus_Lutatius_Catulus_(consul_en_-102)|Q. Catulus]], à l’époque de la [[w:Guerre_des_Cimbres|''guerre des Cimbres'']], en [[w:102_av._J.-C.|651]][[w:Calendrier_romain#Les_années|<sup>📚</sup>]] ; celui de la [[w:en:Temple_of_Fortuna_Respiciens|''Fortune Respiciens'']] était auprès du [[w:en:Temple_of_Jupiter_Victor|''temple de Jupiter vainqueur'']] (Plut., ''Quest. Rom.'')[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/questionsromaines.htm <sup>§74</sup>]. [[w:Servius_Tullius|Servius Tullius]] invoqua le premier, la Fortune du hasard, dont le temple, situé près du Tibre, fut réparé par [[w:en:Spurius_Carvilius_Maximus#Early_career|Carvilius]], pendant la [[w:Troisième_guerre_samnite#L’an_293|guerre de Toscane]] (Tite Live, X, 46 [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre10.htm#XLVI <sup>XLVI.</sup>] ; Ovid., ''Fast.'', VI, V. 773 [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fast/FVI.html <sup>§§771-784</sup>]). Le [[w:Sanctuaire_de_la_Fortuna_Primigenia|''temple de la Fortune primigénie'']], déesse de la naissance, fut aussi voué par le même roi, et plus tard par P. Sempronius, pendant la [[w:Deuxième_guerre_punique|deuxième guerre Punique]] (Tiv., xxxiv, 53 ; XLIII, 13)[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre29.htm <sup>XXXVI.</sup>]. L’épithète de ''Comes'', compagne, était aussi un surnom divin de la Fortune ; mais en cet endroit le texte est interrompu et peut-être altéré.</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f7.item <u>Œuvres complètes de M. T. Cicéron. Tome Trente-Deuxième</u>], publiées en français, avec le texte en regard, par [[w:Joseph-Victor_Leclerc|Jos.-Vict. Le Clerc]], professeur d’éloquence latine à la faculté des lettres, [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f275.item <u>Des Lois</u>], traduction nouvelle, par [[w:Charles_de_Rémusat|Ch. de Rémusat]]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f386.item <u>De Legibus Liber Secundus</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f415.item ''XI.''][https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796195p/f472.item '''<small><sup>NOTES</sup></small>'''] Académie de Paris, Chez E. A. Lequien, Librairie, 1826.<br />(également une édition de 1864 disponible [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/395|'''ici''']] [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Fichier:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu&page=395 <sup>📚</sup>] et une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f388 '''là'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;"><small>'''M.''' [...]</small> Les Grecs & nos Romains après eux ont pensé plus raisonablement , quand , pour affermir la piété que nous devons avoir pour les Dieux , ils ont voulu qu’ils eussent leur habitation dans les Villes de même que les hommes : car cette opinion nourrit la Religion & fait un très bon effet dans la société ; puisque selon cette belle parole de [[#Pythagore_JM_Des_Loix|<span id="Pythagore_JM_Des_Loix_back"><sup>'''1'''</span>]] Pythagore , ''la piété & la religion ne font jamais tant d’impression sur l’esprit que lorsque nous sommes occupez du service divin'' ; & que suivant [[#Thales_JM_Des_Loix|<span id="Thales_JM_Des_Loix_back"><sup>'''2'''</span>]] Thales le plus renommé des sept Sages , ''nous devons être persuadez que tout est plein de Dieux'' ; parceque ne les perdans point de vûe & nous considérans comme dans des temples , nous serons toûjours plus retenus & plus religieux : car il ne faut pas croire que les hommes se bornent à l’idée toute spirituelle de la divinité , suivant certaine opinion , [[#certaine_opinion_JM_Des_Loix|<span id="certaine_opinion_JM_Des_Loix_back"><sup>'''3'''</span>]] ils s’en font une image visible.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Les [[#Bois_Sacrez_JM_Des_Loix|<span id="Bois_Sacrez_JM_Des_Loix_back"><sup>'''4'''</span>]] ''Bois Sacrez'' doivent être conservez par la même raison qne les temples.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Le culte [[#culte_JM_Des_Loix|<span id="culte_JM_Des_Loix_back"><sup>'''5'''</span>]] que maîtres & domestiques nous rendons au ''Lares'' à la vûe de nos maisons de campagne & dans les [[#carrefours_JM_Des_Loix|<span id="carrefours_JM_Des_Loix_back"><sup>'''6'''</span>]] carrefours de nos Domaines , est une institution de nos ancêtres que nous ne devons point rejetter.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Pour ce qui est des [[#cérémonies_JM_Des_Loix|<span id="cérémonies_JM_Des_Loix_back"><sup>'''7'''</span>]] ''cérémonies propres à chaque famille'' , & que nous avons recues de nos péres , ce ne nous est pas une moindre obligation de les garder , que si nous les tenions des Dieux mêmes ; puisque ceux qui nous les ont transmises étoient assez proches d’eux pour les avoir reçues de leurs mains.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Quand la Loi nous ordonne de rendre les honneurs divins à ceux d’entre les [[#hommes_JM_Des_Loix|<span id="hommes_JM_Des_Loix_back"><sup>'''8'''</span>]] ''hommes'' que nous avons ''consacrez'' , comme Hercules & les autres ; il faut entendre qu’à la vérité les ames de tous les hommes sont immortelles , mais que celles des Héros sont divines.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> À la bonne heure que ''l’Intelligence'' , ''le Courage'' , ''la Fidélité'' , ''la Religion'' ayent des temples , comme [[#ces_vertus_JM_Des_Loix|<span id="ces_vertus_JM_Des_Loix_back"><sup>'''9'''</span>]] ces vertus en ont toutes dans Rome , afin que les gens de bien , qui constament en sont douez , puissent penser qu’ils sont les temples vivans de ces divinitez. [[#divinitez_JM_Des_Loix|<span id="divinitez_JM_Des_Loix_back"><sup>'''10'''</sup></span>]]<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Mais , ce qui n’est pas supportable , c’est qu’à Athênes on ait élevé un ''temple à l’Ignominie'' & ''à l’Impudence'' ; comme on fit à l’instigation d’Epiménides de Crete , après que l’on eût expié [[#Cylon_JM_Des_Loix|<span id="Cylon_JM_Des_Loix_back"><sup>'''11'''</span>]] le crime de ''Cylon'' : car s’il est à propos de consacrer les vertus , il est indigne que l’on fasse le même honneur aux vices. Ainsi cet ancien [[#autel_JM_Des_Loix|<span id="autel_JM_Des_Loix_back"><sup>'''12'''</span>]] Autel dédié ''à la Fiévre'' sur le mont ''Palatin'' , un autre ''à la mauvaise Fortune'' sur l'''Esquilin'' , & tout autant qu’il se trouvera de monumens semblables , doivent être regardez avec exécration.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> Mais si nous voulons forger des noms à l’envi des Poétes , que ce soit plûtôt dans le sens ''de vaincre'' , ''de recueillir les fruits de la victoire'' , [[#déroute_JM_Des_Loix|<span id="déroute_JM_Des_Loix_back"><sup>'''13'''</span>]] ''d’arrêter une déroute'' , tels que sont ceux de ''Stateur'' & ''d’Invaincu'' que nous avons donnez à Jupiter ; & que ces noms se rapportent à des [[#desirables_JM_Des_Loix|<span id="desirables_JM_Des_Loix_back"><sup>'''14'''</span>]] choses desirables , comme ''le salut'' , ''l’honneur'' , ''le secours'' , & ''la victoire'' , puisque l’attente des bonnes choses peut servir à nous relever le courage. Nous ne trouverons donc pas mauvais que ''Calatinus'' ait consacré ''l’Espérance'' , nous passerons à un autre qu’il ait divinisé ''la Fortune'' , ne fût - ce que ''de ce jour'' , aussi bien sa puissance s’étend sur tous les jours , à un autre ''la fortune secourable'' , à celui -ci ''le hasard'' qui préside aux événemens imprévus , à celui là la ''fortune primitive'' qui nous accompagne depuis le commencement de notre vie ,</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="Pythagore_JM_Des_Loix">[[#Pythagore_JM_Des_Loix_back|1. ''Pythagore'' ]]]</span> Chef de la [[s:L’Encyclopédie/1re_édition/ITALIQUE|secte dite ''Italique'']] , étoit de [[w:Samos|''Samos'']] , & vivoit vers l’an 534 avant J.C. Il faisoit sa demeure ordinaire à [[w:Crotone|''Crotone'']] , [[w:Métaponte|''Métapont'']] , & [[w:Tarente|''Tarente'']]. Il excella particulièrement dans les [[w:Mathématiques_de_la_Grèce_antique|Mathématiques]] , & fut le premier des Philosophes qui soutint [[w:Âme#cite_ref-52|l’immortalité de l’ame]]. Il mourut l’an 497 ou 98 avant J.C.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="Thales_JM_Des_Loix">[[#Thales_JM_Des_Loix_back|2. ''Thales'' ]]]</span> le premier des sept Sages de la Gréce , Auteur de la [[w:L’Encyclopédie/1re_édition/IONIQUE|secte ''Ionienne'']] , ainsi nommée à cause de ''Milet'' en ''Ionie'' sa patrie. Il mourut âgé de 90 ans ou environs vers l’an 545 avant notre Ere.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="certaine_opinion_JM_Des_Loix">[[#certaine_opinion_JM_Des_Loix_back|3. ''Ils s’en font une image visible.'' ]]]</span> L’ascendant qu’à sur nous notre imagination , & l’habitude où nous sommes de nous représenter les êtres corporels , fait que quoique Dieu ne puisse être l’objet que de notre entendement , cependant nous ne laissons pas de nous en faire une idée , sous laquelle nous l’appercevons , non pas tel qu’il est , mais tel que cette faculté inquiéte , & qui cherche à se fixer dans la contemplation de l’infini , se le peut figurer par la soustraction des matérialitez.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="Bois_Sacrez_JM_Des_Loix">[[#Bois_Sacrez_JM_Des_Loix_back|4. ''Bois Sacrez.'' ]]]</span> Les Romains n’ont pas été les seuls qui ayent eu une vénération particulière pour les bois. Tout le monde sçait que ce fut une occasion de scandale qui subsista longtems parmi le peuple chéri de Dieu , & que les meilleurs Rois de [[w:Judée#Nom|Juda]] eurent bien de la peine à déraciner cette superstition du cœur de ce peuple.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="culte_JM_Des_Loix">[[#culte_JM_Des_Loix_back|5. ''Culte que nous rendons aux Lares.'' ]]]</span> Les fêtes à l’honneur des ''Lares'' étoient marquées dans le Calendrier au second de Mai. On ne laissoit pas cependant de les célébrer à plusieurs reprises suivant l’ordre qui en étoit donné par les Prêtres ou le Préteur. Elles s’appelloient ''Compitales'' du mot latin qui signifie ''carrefour'' , lieu où elles se célébroient par les Esclaves , qui jouissoient pendant ce tems-là d’un intervalle de liberté. La part que prenoient les Maitres dans ces sacrifices étoit marquée par autant de figures de cire & de laine , qu’il y avoit de personnes de condition libre dans la famille. On faisoit aussi des Jeux , dont les Maitres Voyers avoient l’Intendance ; ils furent instituez par Servius Tullius. On en peut voir l’histoire dans ''Pline l.''36. [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre36.htm <sup>''c.''LXX</sup>] ''c''. 27. ''Macrob. c.'' 7. ''Sat. l.'' I. [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/macrobe/saturnales1.htm <sup>fin Chap. VII.</sup>]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="carrefours_JM_Des_Loix">[[#carrefours_JM_Des_Loix_back|6. ''Carrefours.'' ]]]</span> Les Romains ne bâtissoient pas des Temples à leurs Divinitez indifféremment en tous lieux ; ils en consacroient aux uns dans l’enceinte de la Ville , aux autres à la campagne , à ceux-ci dans les carrefours , à ceux-là sur les montagnes. [[w:Johann_Roszfeld|''Rosin'']].</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="cérémonies_JM_Des_Loix">[[#cérémonies_JM_Des_Loix_back|7. ''Cérémonies propres à chaque famille.'' ]]]</span> Il y avoit des fêtes particulières & propres aux familles. Les familles ''Claudia'' , ''Emilia'' , ''Julia'' , ''Cornelia'' , avoient les leur. Elles avoient aussi leurs Liturgies. ''Macrob.'' I. ''Sat. c.'' 16. [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/macrobe/saturnales1.htm <sup>§2 Chap. XVI.</sup>]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="hommes_JM_Des_Loix">[[#hommes_JM_Des_Loix_back|8. ''Hommes consacrez.'' ]]]</span> Cicéron fait trois classes de Divinitez ausquelles se doit rapporter le culte des Romains. La première des Dieux qui ont été de tout tems ; la féconde des Dieux qui le sont devenus par leurs grandes actions ; & la troisième des ''Vertus divinisées'' , qui sont comme les degrez par où l’on s’éléve au Ciel. Les Dieux dont il s’agit ici sont de la seconde classe , & on les appelloit ''Indigetes''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="ces_vertus_JM_Des_Loix">[[#ces_vertus_JM_Des_Loix_back|9. ''Temples des Vertus.'' ]]]</span> Ces Vertus avoient chacune des Temples & des Autels ; ''l’Esprit'' dans le Capitole , consacré par [[w:en:Titus_Otacilius_Crassus_(praetor_217_BC)|'''T. Otacilius''']] [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/LIV/XXII.html <sup><nowiki>[22,10] §2 (10)</nowiki></sup>] ; la ''Piété'' par [[w:Manius_Acilius_Glabrio_(consul_en_-154)|'''M. Acilius Glabrio''']] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre40.htm <sup>''c.''<nowiki>[34] §[5]</nowiki></sup>] ; la ''Valeur'' par [[w:Scipion_Émilien|'''Scipion le Numantin''']] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10022291w/f22.item <sup>fin de page, « hardiesse »</sup>] ; [[w:en:Temple_of_Honor_and_Virtue|la ''Vertu'' & l'''Honneur'']] par [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-222)|Marcellus]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/fortuneromains1.htm <sup><nowiki>Plut. dlFdR. §[5]</nowiki></sup>] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/marcellus.htm <sup><nowiki>Plut. VdHI. [28] XXXVIII.</nowiki></sup>] ; & la [[w:Fides_(mythologie)|''Fidélité'']] par [[w:Numa_Pompilius|Numa]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre1.htm <sup>T-L. AUC. ''l.''I. ''c.''XXI. (4)</sup>]. [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature2.htm ''Cic.'' 2. ''de nat. Deor.'' <sup>XXIII.</sup>]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="divinitez_JM_Des_Loix">[[#divinitez_JM_Des_Loix_back|10. ''Divinitez . . . mais ce qui n’est pas supportable.'' ]]]</span> [[w:Adrien_Turnèbe|Turnébe]] croit qu’il faut rapporter ici un fragment cité par [[w:Lactance|Lactance]] , [http://remacle.org/bloodwolf/eglise/lactance/instit1.htm <sup>ID.</sup> ''l.''I. ''c.''20. <sup>§9</sup>] » Cicéron , dit-il ,<br />» nous apprend que la Gréce fit une<br />» entreprise bien grande & bien ha-<br />» zardeuse lorsqu’elle consacra des re-<br />» présentations de Cupidons & d’A-<br />» mours dans ses lieux d’éxercice. Il<br />» flatte Atticus , mais en le flattant il<br />» se moque de lui ; car il ajoûte que<br />» s’il sied bien d’avoir de la vénéra-<br />» tion pour les Vertus , il ne convient<br />» nullement de respecter les vices.<br />Ce fragment ne rempliroit pas toute la lacune.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="Cylon_JM_Des_Loix">[[#Cylon_JM_Des_Loix_back|11. ''Le crime de Cylon.'' ]]]</span> ''Cylon'' voulut s’emparer de la Citadelle d’Athênes pendant les Jeux Olympiques 600 ans avant J.C. mais son entreprise n’ayant pas réussi , il fut obligé de prendre la fuite avec son frére. Ses complices se voyans abandonnez, cherchérent un asile à l’Autel de Minerve : cependant [[w:Mégaclès_(archonte_en_632_av._J.-C.)|''Mégacles'']] leur ayant persuadé de comparoir en Jugement pour se défendre de l’accusation , en leur conseillant néanmoins pour plus grande sûreté de tenir toujours le bout d’un filet , dont l’autre extrémité seroit attachée à la Statue de la Déesse , le malheur voulut que le filet se rompît : ce qui donna lieu au perfide ''Mégacles'' & aux gens qu’il commandoit de les massacrer. Ce violement d’asile attira beaucoup de malheurs sur les Athéniens ; pour remédier ausquels , outre les autres mesures que l’on prit , on fit venir de Créte le Philosophe [[w:Épiménide|''Epimenides'']] , qui étoit en réputation d’avoir des secrets admirables pour les expiations , & qui fut le premier qui s’avisa de purifier la ville & les campagnes. [[w:Thucydide|''Thucidid.'']] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm#99 <sup>HdlGdP.</sup> ''l.''I. <sup>''c.''CXXVI.</sup>] ''Herod.'' [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/terpsichore.htm#57 ''l.''5. <sup>''c.''LXXI.</sup>] [[w:Plutarque|''Plutarq.'']] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm ''Vie de Solon'' <sup><nowiki>[12] XIV.</nowiki></sup>]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="autel_JM_Des_Loix">[[#autel_JM_Des_Loix_back|12. ''Autel dédié à la Fiévre.'' ]]]</span> Selon [[w:Valère_Maxime|Val. Maxime]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/valere/livre2.htm <sup>A&PM. ''l.''2. ''c.''V. §6.</sup>] , la [[w:en:Febris|Fiévre]] avoit trois temples à Rome. Elle étoit de ces Divinitez qu’on n’honoroit pas pour qu’elles fissent du bien , mais pour qu’elles fissent moins de mal.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="déroute_JM_Des_Loix">[[#déroute_JM_Des_Loix_back|13. ''D’arrêter une déroute.'' ]]]</span> ''Statassandi'' est un mot si extraordinaire , qu’il faudroit , comme dit [[w:Adrien_Turnèbe|''Turnebe'']] , un ''Oedipe'' pour le deviner. Je l’ai traduit comme un équivalent de ''Stare faciendi'' , ou de sistendi. D’où vient le surnom que Romulus donna à Jupiter , dans le tems qu’entraîné lui-même par la déroute des siens , il voyoit les [[w:Sabins|Sabins]] déjà maîtres de la Citadelle , prêts à s’emparer du peu de terrain qui restoit aux Romains. [[w:Marcus_Atilius_Regulus_(consul_en_-267)|''M. Attilius Regulus'']] fit un semblable vœu dans la guerre contre les Samnites [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre10.htm#XXXVI <sup>T-L. AUC. ''l.''X. ''c.''XXXVI.</sup>]. On l’honoroit aussi jupiter sous le nom d'''invaincu'' [[w:Temple_de_Jupiter_Stator#Histoire|<sup>📚</sup>]]. [[w:Ovide|Ovid.]] [[w:Fastes|Fast.]] [http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fast/FVI.html <sup>''l.''6. §§791-794</sup>]</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small><span id="desirables_JM_Des_Loix">[[#desirables_JM_Des_Loix_back|14. ''Choses desirables.'' ]]]</span> Le ''Salut'' , l’Honneur , le ''Secours'' , la ''Victoire'' , & l’Espérance , avoient leurs Temples à Rome. Mais il n’y avoit aucune de ''ces choses desirables'' qui fût révérée en tant de façons que la Fortune. [[w:Ancus_Marcius|''Ancus Martius'']] quatriéme Roi de Rome , fut le premier qui lui bâtit un Temple : & il ne se contenta pas de la diviniser , il lui fit changer de séxe , le Temple qu’il lui consacra étant sous le nom de ''la Fortune virile'' [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/fortuneromains1.htm <sup><nowiki>Plut. dlFdR. §[5]</nowiki></sup>]. [[w:Servius_Tullius|''Serv. Tullius'']] suivit son éxemple , & bâtit plusieurs Temples à la Fortune sous divers noms , & entre autres de ''primigénie'' ou de ''primitive'' , comme je l’ai traduit , à laquelle [[w:Publius_Sempronius_Tuditanus|''P. Sempronius'']] Consul en voua aussi un pendant [[w:Deuxième_guerre_punique|la deuxième Guerre Punique]] [[w:Publius_Sempronius_Tuditanus#cite_ref-4|<sup>📚</sup>]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Tite/livre34.htm <sup>T-L. AUC. ''l.''XXXIV. ''c.''LIII. §<nowiki>[5]</nowiki></sup>]. [[w:Quintus_Lutatius_Catulus_(consul_en_-102)|''Q. Catulus'']] pendant [[w:Guerre_des_Cimbres|la guerre]] contre les [[w:Cimbres|Cimbres]] voua [[w:Largo_di_Torre_Argentina#Temple_B|un Temple ''à la Fortune de ce jour'']] [[w:en:Temple_of_Fortuna_Primigenia|<sup>📚</sup>]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/marius.htm <sup>Plut. lVdM. ''c.''27.</sup>]. Le Temple de ''la Fortune secourable'' étoit auprès de celui de ''Jupiter vainqueur'' ; & celui de ''la Fortune du hazard'' , fondé anciennement par ''Serv. Tullius'' sur le bord du Tibre , fut rebâti depuis par [[w:en:Spurius_Carvilius_Maximus|''Carvilius'']] pendant [[w:Troisième_guerre_samnite|la guerre de Toscane]]. Outre ces Temples il y avoit encore ceux des Fortunes ''obsequens , privata , publica , viscosa , parva , mascula , barbata , bona spei , averrunca , blanda , convertens , virgo , dubia , plebeia , muliebris , equestris , seia , mammosa , redux''. [[w:Johann_Roszfeld|''Rosin'']] [https://books.google.fr/books?id=ZyQVAAAAQAAJ&hl=fr&pg=PA161#v=onepage&q&f=true <sup>ARCA.</sup> ''l.''2. ''c.''16.]</small>'''
</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=WYtfAAAAcAAJ&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Traité Des Lois, de Cicéron.</u>], traduit par Monsieur [[w:Jacques_Morabin|Morabin]]. [https://books.google.fr/books?id=WYtfAAAAcAAJ&hl=fr&pg=PA123#v=onepage&q&f=true <u>Livre Second</u>]. [https://books.google.fr/books?id=WYtfAAAAcAAJ&hl=fr&pg=PA177#v=onepage&q&f=true ''pp.177-183.''][https://books.google.fr/books?id=WYtfAAAAcAAJ&hl=fr&pg=RA1-PA71#v=onepage&q&f=true '''<small><sup>NOTES</sup></b></small>''']. Chez Jean Mariette, Librairie, 1719.</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
=== [[w:De_divinatione|De Divinatione]] [[#De_divinatione|<span id="De_divinatione_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<p style="text-align: left;">[[s:la:De_divinatione|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Dialogue philosophique de '''Cicéron''', publié en [[w:44_av._J.-C.|-44]] qui traite des divers procédés de [[w:Divination|divination]] connus et pratiqués à son époque. Cet ouvrage constitue avec [[w:De_natura_deorum|''De natura deorum'']] et [[w:De_fato|''De fato'']] une trilogie d’ouvrages traitant du sacré et des pratiques et phénomènes qui lui sont liés. '''Cicéron''' y analyse avec scepticisme les diverses formes de la divination et critique les théories des [[w:Stoïcisme|''stoïciens'']] [[#Stoïcisme|<span id="Stoïcisme_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] qui la défendent.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA De Divinatione|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#De_divinatione_back|<span id="De_divinatione"><sup>I</sup></span>]] [[w:Ablatif#En_latin|Ablatif]] singulier du nom commun divinatio [[wikt:en:divinatio#Latin|(en)]], « divination, prophétie »; du verbe divino [[wikt:en:divino#Latin|(en)]], « 1. Prévoir, prédire, deviner. 2. Prophétiser. 3. Deviner. »; de l’adjectif divinus [[wikt:en:divinus#Latin|(en)]], « divin, d’une divinité, surhumain, surnaturel »; de l’adjectif divus [[wikt:en:divus#Latin|(en)]], « 1. De ou appartenant à une divinité; divin. 2. Divin, pieux. ».<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#Stoïcisme_back|<span id="Stoïcisme"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre ''(ποικίλη)'' στοά / ''(poikílē)'' stoá, « portique pœcile, galerie couverte ornée de panneaux peints et située au nord de l’[[w:Agora_d%27Athènes|''agora d’Athènes'']] »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ ''(de l’adjectif [[w:ποικίλος#Grec_ancien|ποικίλος / poikílos]], « 1. Varié, divers. 2. (Au propre) Peint de couleurs variées, bigarré, tacheté, moucheté : • Couvert de; • Brodé; • Damasquiné, couvert d’arabesques, de ciselures; • Travaillé, entrelacé avec un art subtil. 3. Varié, variable, changeant : • Souple, artificieux, fertile en ruses; • Compliqué, complexe; • (Sens négatif) Équivoque, obscur, difficile à comprendre; Dans les textes anciens, ceci concerne les oracles, les lois. »;)''<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun [[wikt:στοά#Grec_ancien|στοᾱ́ / stoā́]] [[wikt:en:στοά#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Colonnade. 2. Porche ou une passerelle couverte ayant un ou plusieurs bas-côtés encadrés et soutenus par une ou plusieurs colonnades : portique ; arcade, cloître, place (par exemple la [[w:Stoa_du_roi|''Stoa Basileios'']] [[w:en:Stoa_Basileios|(en)]] et la [[w:Stoa_Poikilè|''Stoa Poikile'']] dans l’ancienne [[w:Agora|''Agora'']] d’Athènes). 3. Bâtiment marqué par un tel porche ou passerelle couvert et à colonnades (par exemple, la [[w:Stoa_d%27Attale|''Stoa d’Attalos'']] dans l’ancienne ''Agora'' d’Athènes). 4. Cour royale. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">École de [[w:Philosophie_hellénistique|''philosophie hellénistique'']] fondée par [[w:Zénon_de_Kition|Zénon]] [[#Zénon_de_Kitton|<span id="Zénon_de_Kitton_back"><sup>III</sup></span>]] de [[w:Kition|''Kition'']] à la fin du [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|IV<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], et nommée ainsi car enseignée sous la [[w:Stoa_Poikilè|''Stoa Poikilè'']] [https://books.google.fr/books?id=aYPX2VYQhpUC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA1020#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VII - Compléments, Annexe I - Stoa Poikilè}}].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#Zénon_de_Kitton_back|<span id="Zénon_de_Kitton"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ζήνων / Zḗnōn [[wikt:en:Ζήνων#Ancient_Greek|(en)]]; dérivé de Ζεύς / Zeús [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#NdA_mythologie_grecque_back|<sup>🔄</sup>]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe ''grec'' d’origine ''phénicienne'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#phénicienne_back|<sup>🔄</sup>]], fondateur en [[w:301_av._J.-C.|-301]] du ''stoïcisme'', l’école du ''Portique'' [[#Stoïcisme|<sup>II</sup>]]. Sa doctrine eut ceci de nouveau qu’elle joignit deux traditions jusqu’alors séparées, à savoir la théorie de la sagesse et la physique : Zénon tenta de concilier les thèses naturalistes de certains Académiciens successeurs de Platon [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]] avec la théorie cynique de la sagesse, et posa ainsi les bases d’un système matérialiste, moniste et déterministe dont le rayonnement fut considérable.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:334_av._J.-C.|-334]]/[[w:333_av._J.-C.|-333]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Kition|''Kition'']], Cité de la côte sud-est de l’[[w:Chypre_(île)|''île de Chypre'']] (« Κῠ́προς / Kúpros » [[wikt:en:Κύπρος#Ancient_Greek|(en)]]) — [[w:262_av._J.-C.|-262]]/[[w:261_av._J.-C.|-261]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Athènes|''Athènes'']]) [https://books.google.fr/books?id=aYPX2VYQhpUC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA364#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VII, §20 - Zénon de Citium}}]</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
==== [[w:De_divinatione#Livre_I|Livre I]] ====
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Le frère cadet de Cicéron, [[w:Quintus_Tullius_Cicero|'''Quintus Tullius Cicero''']] [[#Quintus_Tullius_Cicero|<span id="Quintus_Tullius_Cicero_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], présente les diverses formes de divination selon la classification traditionnelle énoncée depuis '''Homère''' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Homère_back|<sup>🔄</sup>]] et [[w:Platon|'''Platon''']], qui distingue la [[w:Divination#Divination_naturelle/artificielle|divination « artificielle »]], faite par des techniciens selon des rites institutionnalisés, et la [[w:Divination#Divination_naturelle/artificielle|divination « inspirée » dite aussi « naturelle »]] selon la terminologie introduite par '''Cicéron'''. '''Quintus''' s’étend longuement sur la forme de divination naturelle qui procède des rêves prémonitoires, manifestation selon les [[w:Stoïcisme|''stoïciens'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Stoïcisme_back|<sup>🔄</sup>]] d’une inspiration de l’âme humaine recevant un message divin.</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Livre I|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Quintus_Tullius_Cicero_back|<span id="Quintus_Tullius_Cicero"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] latin : <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • Le [[w:Prénom_romain|{{Info|praenomen|nom individuel du citoyen romain}}]] [[wikt:Quintus#Latin|Quintus]]; de l’adjectif numéral [[wikt:quintus#Latin|quintus]], « cinquième »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ de [[wikt:quinque#Latin|quinque]], « cinq »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + le suffixe adjectival avec le sens de « pourvu de » -tus [[wikt:en:-tus#Etymology_1|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Liste_de_nomina|{{Info|nomen|nom de famille}}]] [[wikt:Tullius#Latin|Tullius]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Cognomen|{{Info|cognomen|surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}]] [[wikt:Cicero#Latin|Cicero]][[#Cicéron_back|<sup>⤴️</sup>]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Homme politique, militaire et auteur romain, frère cadet du célèbre orateur Cicéron. Après une carrière politique classique, passant par le [[w:Cursus_honorum|''cursus honorum'']] jusqu’à la charge de [[w:Préteur|''préteur'']], il est [[w:Propréteur|''propréteur'']] en ''Asie'' puis participe à la [[w:Guerre_des_Gaules|''Guerre des Gaules'']] en tant que [[w:Légat_de_légion|''légat de légion'']] servant sous [[w:Jules_César|Jules César]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:102_av._J.-C.|-102]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Arpino|''Arpinum'']], [[w:Citoyenneté_romaine|''cité romaine'']] de [[w:Latium#Antiquité|''Latium'']] — [[w:43_av._J.-C.|-43]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, assassiné, avec son fils, par la [[w:Proscription_de_43_av._J.-C.|''proscription'']] du [[w:Second triumvirat|''second triumvirat'']]) [[s:Auteur:Quintus_Tullius_Cicero|<sup>📚</sup>]]</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XLIX.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Récits de la spéculation de '''Thalès''' sur l’abondance d’olives, en achetant toute la récolte de ''Milet'' avant que les oliviers ne soient en fleurs, et de la première prédiction d’une éclipse solaire sous le règne d’'''Astyage''' [[w:en:Astyages|(en)]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Astyage_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
:'''Textes latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XLIX.</small>''' Sed ut, unde huc digressa est, eodem redeat oratio: si nihil queam disputare quam ob rem quidque fiat, et tantum modo fieri ea quae commemoraui doceam, parumne [[w:Épicure|'''Epicuro''']] [[w:Carnéade|'''Carneadiue''']] respondeam? Quid si etiam ratio exstat artificiosae praesensionis facilis, diuinae autem paulo obscurior? Quae enim extis, quae fulgoribus, quae portentis, quae astris praesentiuntur, haec notata sunt obseruatione diuturna; adfert autem uetustas omnibus in rebus longinqua obseruatione incredibilem scientiam; quae potest esse etiam sine motu atque impulsu deorum, cum quid ex quoque eueniat et quid quamque rem significet crebra animaduersione perspectum est. Altera diuinatio est naturalis, ut ante dixi; quae physica disputandi subtditate reuerenda est ad naturam deorum, a qua, ut doctissimis sapientissimisque placuit, haustos animos et libatos habemus; cumque omnia completa et referta sint aeterno sensu et mente diuina, necesse est cognatione diuinorum animorum animos humanos commoueri. Sed uigìlantes animi uitae necessitatibus seruiunt diiunguntque se a societate diuina uinclis corporis impediti. (Rarum est quoddam genus eorum qui se a corpore àuocent et ad diuinarum rerum cognitionem cura omni studioque rapiantur). Horum sunt auguria non diuini impetus, sed rationis humanae; nam et natura futura praesentiunt, ut aquarum eluuiones et deflagrationem futuram aliquando caeli atque terrarum; alii autem in re publica esercitati, ut de [[w:Solon|'''Atheniensi Solone''']] accepimus, orientem tyrannidem multo ante prospiciunt. Quos prudentes possumus dicere, id est prouidentes, diuinos nullo modo possumus, non plus quam '''Milesium Thalem''', qui, ut obiurgatores suos conuinceret ostenderetque etiam philosophum, si ei commodum esset, pecuniam facere posse, omnem oleam, ante quam florere coepisset, in agro ''Milesio'' coemisse dicitur. Animaduerterat fortasse quadam scientia olearum ubertatem fore. Et quidem idem primus defectionem solis, quae [[w:Astyage|'''Astyage''']] regnante facta est, praedixisse fertur.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/cicero_de_diuin01/lecture/default.htm <u>De Divinatione. Liber Primus</u>]. [http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/cicero_de_diuin01/lecture/5.htm ''XLIX''], avec la traduction nouvelle de [[w:Charles_Appuhn|Charles APPUHN]], Classiques Garnier, 1936</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XLIX.</small>''' Sed unde huc digressa est, eodem redeat oratio. Si nihil queam disputare, quamobrem quidque fiat; et tantummodo, fieri ea, quæ commemoravi, doceam : parumne '''Epicuro Carneadive''' respondeam ? Quid, si etiam ratio exstat artificiosæ præsensionis, facilis ; divinæ autem, paullo obscurior ? Quæ enim extis, quæ fulguribus, quæ portenlis, quæ astris præsentiuntur, hæc notata sunt observatione diuturna. Affert autem vetustas omnibus in rebus longinqua observatione incredibilem scientiam; quæ potest esse etiam sine motu atque impulsu deorum, quum, quid ex quoque eveniat, et quid quamque rem significet, crebra animadversione perspectum est. Altera divinatio est naturalis, ut ante dixi : quæ physica disputandi subtilitate referenda est ad naturam deorum; a qua, ut doctissimis sapientissimisque placuit, haustos animos et libatos habemus : quumque omnia completa et referta sint æterno sensu, et mente divina, necesse est cognatione divinorum animorum animos humanos commoveri. Sed vigilantes animi vitæ necessitatibus servinnt, dijunguntque se a societate divina, vinctis corporis impediti. Rarum est quoddam genus eorum, qui se a corpore avocent, et ad divinarum rerum cognitionem cura omni studioque rapiantur. Horum sunt auguria non divini impetus, sed rationis humanæ. Nam et, natura futura præsentiunt, ut aquarum fluxiones, et deflagrationem futuram aliquando cœli atque terrarum. Alii autem, in republica exercitati, ut de '''Atheniensi Solone''' accepimus, orientem tyrannidem multo ante prospiciunt; quos prudentes possumns dicere, id est, providentes, divinos nullo modo possumus, non plus, quam '''Milesium Thalem''', qui, ut objurgatores suos convinceret, ostenderetque, eliam philosophum, si ei commodum esset, pecuniam facere posse, omnem oleam, antequam florere cœpisset, in agro ''Milesio'' coemisse dicitur. Animadverterat fortasse quadam scientia, olearum ubertatem fore. Et quidem idem primus defectionem solis, quæ, '''Astyage''' regnante, facta est, prædixisse fertur.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/192|<u>De Divinatione. Liber Primus</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/219|''XLIX'']] [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Fichier:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu&page=219 <sup>📚</sup>] [[s:la:De_divinatione/Liber_I#XLIX|<sup>📜</sup>]], avec la traduction en français publiées sous la direction de [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''M. Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n217/mode/2up '''ici'''], une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f212 '''là'''] ainsi qu’une autre publication de 1826 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f134.item '''là encore'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid;"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''<small>XLIX.</small>''' Je reviens maintenant à mon point de départ : s’il est vrai que je ne puis donner aucune explication plausible des exemples de divination que j’ai rapportés, n’ai-je donc rien répondu à [[w:Épicure|'''Épicure''']] [[#Épicure|<span id="Épicure_back"><sup>'''I'''</sup>]] ou à [[w:Carnéade|'''Carnéade''']] [[#Carnéade|<span id="Carnéade_back"><sup>'''II'''</sup>]] en montrant qu’il y a eu bien réellement divination? J’ajouterai que la méthode suivie dans la divination scientifique se justifie aisément, s’il faut reconnaître que la connaissance anticipée de l’avenir quand elle repose sur l’inspiration divine, a quelque chose de plus mystérieux. Quand la prédiction se fait par l’examen des entrailles, des fulgurations, des prodiges, des astres on s’appuie sur de longues observations antérieures. Or en toute matière une expérience ancienne est une garantie d’une valeur inestimable et la connaissance de l’avenir par ces procédés n’implique même aucune action particulière des dieux, aucune impulsion donnée par eux : on sait, pour l’avoir souvent éprouvé, quel événement annonce tel signe déterminé; on sait aussi, quand on attend quelque chose, quel fait précurseur doit en précéder la venue. L’autre sorte de divination est, comme je l’ai déjà dit, naturelle et, suivant les physiciens qui usent pour le montrer d’arguments valables pour les seuls philosophes, elle se rapporte à la nature des dieux : les plus savants et les plus sages des hommes ont montré que nos âmes en sont une émanation, qu’elles ont leur source dans cette nature. La raison éternelle et l’intelligence divine sont partout, rien n’arrive et n’existe que par elles, il faut donc bien qu’en vertu de leur parenté avec l’esprit divin, les âmes humaines participent en quelque manière à ce qui doit arriver et le ressentent. Seulement pendant la veille elles vaquent aux nécessités de la vie et, empêchées qu’elles sont par les liens qui les attachent aux corps se retirent du commerce qu’elles pourraient avoir avec les dieux. Rares sont les hommes qui, rompant avec le corps, n’ont souci que des choses divines et s’appliquent de toute leur ardeur à les connaître. Les prédictions de ceux-là ne sont point l’effet d’un transport divin mais attestent la puissance de la raison humaine; ils prévoient par des moyens naturels certains événements à venir, les inondations, l’embrasement dans un long temps du ciel et des terres. D’autres, vétérans de la politique, sont renseignés sur les destins futurs de l’État, c’est ainsi que [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon_back|<sup>🔄</sup>]], d’après ce que nous savons, a vu par avance la [[w:Tyran|''tyrannie'']] se lever sur Athènes. De tels hommes nous pouvons les appeler des calculateurs prudents, c’est-à-dire prévoyants, ce ne sont nullement des devins, non plus que '''Thalès''' de ''Milet'' qui, pour confondre les railleurs et leur montrer qu’un philosophe pouvait, s’il le jugeait bon, gagner de l’argent, avait acheté, dit-on, avant la floraison des oliviers toute la récolte d’huile du territoire ''milésien''. Ses observations lui avaient permis de reconnaître qu’elle serait abondante. C’est le même '''Thalès''' qui passe pour avoir, le premier, prédit une éclipse de soleil, celle qui eut lieu sous le règne d’[[w:Astyage|'''Astyage''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Astyage_back|<sup>🔄</sup>]].</div></poem>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/cicero_de_diuin01/lecture/default.htm <u>De Divinatione. Liber Primus</u>]. [http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/cicero_de_diuin01/lecture/5.htm ''XLIX''], avec la traduction nouvelle de [[w:Charles_Appuhn|Charles APPUHN]], Classiques Garnier, 1936</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Charles Appuhn de 1936|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Épicure_back|<span id="Épicure"><sup>I</sup></span>]] Du grec ancien Ἐπίκουρος / Epíkouros [[wikt:en:Ἐπίκουρος#Ancient_Greek|(en)]]; de ἐπίκουρος / epíkouros [[wikt:en:ἐπίκουρος#Ancient_Greek|(en)]], « aider, assister »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe grec, fondateur de l’[[w:Philosophie_en_Grèce_antique|''école philosophique'']] du [[w:Jardin_d%27Épicure|''Jardin'']] [[#école_Jardin_back|<sup>⤵️</sup>]] et du courant de pensée [[w:Épicurisme|''épicuriste'']]. Elle a pour objectif principal l’atteinte du bonheur par la satisfaction des seuls désirs « naturels et nécessaires ». En physique, il soutient que la Nature entière est composée de deux choses : les corps et le vide, qu’il appelle le « TOUT ». Dans la continuité de [[w:Démocrite|Démocrite]] [[#Démocrite_back|<sup>⤵️</sup>]], tout en s’en distinguant, il définit que les corps sont soit des atomes insécables, soit des compositions de ces atomes vouées à se dissocier. Ces dernières se forment aléatoirement dans leur course cosmique, par choc, dans une dynamique concentrique.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:342_av._J.-C.|-342]]/[[w:341_av._J.-C.|-341]] [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], à [[w:Samos|''Samos'']] ou à [[w:Athènes|''Athènes'']] — [[w:271_av._J.-C.|-271]]/[[w:270_av._J.-C.|-270]] [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], à ''Athènes'') [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA5&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA154#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §36 - Épicure de Samos}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#Carnéade_back|<span id="Carnéade"><sup>II</sup></span>]] Du grec ancien Κᾰρνεᾰ́δης / Karneádēs [[wikt:en:Καρνεάδης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe de la [[w:Nouvelle_Académie|Nouvelle Académie]], [[w:Probabilisme_gnoséologique|''probabiliste'']] de la philosophie de la connaissance. Il fut le dixième [[w:Scholarque|''scholarque'']] de l’[[w:Académie_de_Platon|Académie]] en [[w:186_av._J.-C.|-186]] ou en [[w:160_av._J.-C.|-160]] [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:214_av._J.-C.|-214]]/[[w:213_av._J.-C.|-213]] [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], à [[w:Cyrène|''Cyrène'']] — [[w:129_av._J.-C.|-129]]/[[w:128_av._J.-C.|-128]] [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], à [[w:Athènes|''Athènes'']]) [https://books.google.fr/books?id=PLrWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP13&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA224#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume II, §42 - Carnéade de Cyrène}}]</small>'''{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 18px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XLIX.</small>''' Mais revenons à l’objet de ce discours. Si, ne pouvant dire pourquoi chacune de ces choses est arrivée, je puis du moins prouver qu’elles sont arrivées , est-ce répondre faiblement à '''Épicure''' et à '''Carnéade''' ? Mais j’ose dire même que, s’il est difficile de rendre compte de la divination naturelle, l’artificielle peut être aisément expliquée. Les prédictions fournies par l’inspection des entrailles, par les foudres, par les prodiges et par les astres, sont fondées sur une longue observation. Or, en toutes choses, le temps et l’étude sont la source des connaissances les plus merveilleuses; on peut les acquérir même sans l’entremise et l’inspiration des dieux, lorsqu’on a observé à plusieurs reprises les effets de chaque chose, et ce qu’elle signifie. La divination naturelle peut, de son côté, par des raisons physiques, être rapportée à la nature des dieux, de laquelle, selon l’opinion des hommes les plus sages et les plus instruits, nos âmes sont émanées, et qui, remplissant tont d’une intelligence éternelle et d’un esprit céleste, doit nécessairement faire sentir quelquefois à l’âme humaine l’influence de cette parenté divine. Mais, pendant la veille, nos âmes sont asservies aux besoins du corps, et se trouvent éloignées, par les liens qui les enchaînent, du commerce de la divinité. Il n’y a qu’un petit nombre de mortels qui, se détachant en quelque sorte de leur corps, s’élèvent de toute la force de leur âme à la connaissance des choses supérieures à l’homme. Le talent qu’ils ont de lire dans l’avenir ne vient point immédiatement des dieux, mais de leur propre raison [[#raison_NdT_J-V_L|<span id="raison_NdT_J-V_L_back"><sup>'''1'''</sup></span>]]; et c’est la nature même qui leur montre d’avance les déluges, et l’embrasement futur du ciel et de la terre. D’autres, appliqués au gouvernement des états, prévoient de loin, comme '''Solon''', la naissance de la tyrannie [[#tyrannie_NdT_J-V_L|<span id="tyrannie_NdT_J-V_L_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]. Nous pouvons les appeler prudents, c’est-à-dire prévoyants; mais nous ne pouvons non plus leur donner le nom de devins qu’au philosophe '''Thalès''', qui, prévoyant qu’il y aurait une grande abondance d’olives dans le territoire de ''Milet'', et voulant faire voir à ceux qui lui reprochaient son indifférence pour la fortune, qu’il ne tenait qu’à un philosophe de s’enrichir, acheta toute la récolte des oliviers avant qu’ils fussent en fleurs [[#oliviers_NdT_J-V_L|<span id="oliviers_NdT_J-V_L_back"><sup>'''3'''</sup>]]. On dit aussi qu’il prédit le premier une éclipse de soleil, qui eut lieu sous '''Astyage'''. [[#Astyage_NdT_J-V_L|<span id="Astyage_NdT_J-V_L_back"><sup>'''4'''</sup>]]</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">'''<small>[[#raison_NdT_J-V_L_back|<span id="raison_NdT_J-V_L"><sup>1</sup></span>]] ''Voy.'' [[w:Maxime_de_Tyr|Maxime de Tyr]], ''Dissertat.'' XIX, c. 5, saint Augustin, ''de Divin. dæmon.'', c. 4, etc. ''Davies.''—— [[#tyrannie_NdT_J-V_L_back|<span id="tyrannie_NdT_J-V_L"><sup>2</sup></span>]] Celle de [[w:Pisistrate|Pisistrate]].—— [[#oliviers_NdT_J-V_L_back|<span id="oliviers_NdT_J-V_L"><sup>3</sup></span>]] ''Voy.'' la ''Politique'' d’Aristote, I, 11, et les auteurs cités par Ménage sur Diogène Laërce, I, 26.—— [[#Astyage_NdT_J-V_L_back|<span id="Astyage_NdT_J-V_L"><sup>4</sup></span>]] Hérodote, I, 74, 103, etc.</small>'''</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f7.item <u>Œuvres complètes de M. T. Cicéron. Tome Trente-Unième</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f9.item <u>De Divinatione.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f29.item <u>Livre Premier</u>]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f135.item ''XLIX''], publiées en français, avec le texte en regard, par [[w:Joseph-Victor_Leclerc|Jos.-Vict. Le Clerc]], professeur d’éloquence latine à la faculté des lettres, Académie de Paris, Chez E. A. Lequien, Librairie, 1826.</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem>
<div style="text-indent: 18px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XLIX.</small>''' Mais revenons au point même où nous avons commencé à nous écarter de notre sujet. Si, ne pouvant prouver pourquoi ces choses arrivent, je démontre seulement que leur existence est certaine, n’aurai-je pas répondu victorieusement à '''Épicure''' et '''Carnéade''' ? J’ose même dire, tout en avouant que la cause de la divination naturelle est plus obscure, qu’il est facile d’expliquer la divination artificielle. On a noté au moyen d’observations continues ce que présagent les entrailles, les fulgurations, les prodiges et les astres. Toute observation prolongée pendant des siècles arrive à des résultats merveilleux, résultats que l’on peut obtenir sans le secours et l’inspiration des Dieux, si on examine assiduement ce que signifie chaque chose en notant l’événement qui la suit. Vient ensuite la divination naturelle, comme je l’ai dit, qui peut, par des raisons physiques, être rattachée à la nature des Dieux. Et comme, selon l’opinion des hommes les plus savants et les plus sages, nos âmes ne sont qu’une émanation de cette nature divine, et que d’ailleurs tout ici-bas est rempli de cet esprit divin et éternel, il est nécessaire que nous ressentions les effets de cette parenté avec les Dieux. Mais pendant la veille nos âmes, asservies par les nécessités de la vie, s’isolent de cette société divine, enchaînées par des liens matériels. Combien est petit le nombre de ceux qui se séparant, pour ainsi dire, de leurs corps, consacrent tous leurs soins à la connaissance des choses divines ! La science augurale de ceux-là n’est point le résultat d’une inspiration divine, mais un effort de la raison humaine : c’est la nature qui leur dévoile l’avenir, et qui leur fait prévoir les inondations, et les embrasements futurs du ciel et de la terre. D’autres, appliqués au gouvernement des Etats, pressentent longtemps d’avance, comme l’Athénien '''Solon''', la naissance de la tyrannie. Plaçons ces derniers parmi les hommes prudents, c’est-à-dire prévoyants, mais ne leur donnons point le titre de devins, pas plus qu’à '''Thales''' de ''Milet'' qui, pour réduire au silence ses détracteurs, et leur prouver que, quoique philosophe, il pourrait s’enrichir si cela lui plaisait, acheta toute la récolte des oliviers du territoire de ''Milet'' avant qu’ils fussent en fleurs. Grâce à ses connaissances, il avait sans doute prévu qu’il y aurait abondance d’olives. On rapporte aussi qu’il annonça le premier l’éclipse de soleil qui eut lieu sous le règne d’ '''Astyage'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Livre:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu|<u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Quatrième</u>]]. [[s:Page:Cicéron_-_Œuvres_complètes_Nisard_1864_tome_4.djvu/192|<u>De Divinatione. Liber Primus</u>]]. [[s:Page:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu/219|''XLIX'']] [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Fichier:Cic%C3%A9ron_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Nisard_1864_tome_4.djvu&page=219 <sup>📚</sup>], avec la traduction en français publiées sous la direction de [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 '''M. Nisard'''] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n217/mode/2up '''ici'''], une édition de 1868 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f212 '''là'''] ainsi qu’une autre publication de 1826 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9795804z/f134.item '''là encore'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
=== [[w:De_natura_deorum|De Natura Deorum]] [[#De_natura_deorum|<span id="De_natura_deorum_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<p style="text-align: left;">[[s:De_la_Nature_des_Dieux/Table|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Traité philosophique, écrit en [[w:45_av._J.-C.|-45]] et dédié à [[w:Marcus_Junius_Brutus|'''Brutus''']] [[#Brutus|<span id="Brutus_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], un ami de '''Cicéron''', qui présente et oppose les visions théologiques des différents courants philosophiques grecs présents à ''Rome'' : le [[w:Stoïcisme|''stoïcisme'']], l’[[w:Épicurisme|''épicurisme'']] et l’[[w:Nouvelle_Académie|''académisme sceptique'']], en trois livres.</div>
<span id="Jules_César_back"></span>{{Boîte déroulante début|titre=NdA De Natura Deorum|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#De_natura_deorum_back|<span id="De_natura_deorum"><sup>I</sup></span>]] [[w:Ablatif#En_latin|Ablatif]] singulier du nom commun [[wikt:natura#Latin|natura]] + [[w:Génitif#En_latin|géntif]] pluriel du nom commun [[wikt:deus#Latin|deus]].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Brutus_back|<span id="Brutus"><sup>II</sup></span>]] De l’adjectif latin brūtus [[wikt:en:brutus#Latin|(en)]], « 1. Lourd, encombrant. 2. Terne, stupide, insensible, déraisonnable, irrationnel. »; emprunt à l’[[w:Osque|''osque'']];<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 2em;"> [[w:Sénat_de_la_République_romaine|Sénateur romain]], juriste et philosophe de la fin de la [[w:République_romaine|République romaine]], fils de [[w:Servilia_Caepionis|Servilia]], la maîtresse de [[w:Jules_César|Jules César]] [[#Jules_César|<sup>III</sup>]], et de ce dernier, à qui il porta le dernier coup en le [[w:Assassinat_de_Jules_César|poignardant le 15 mars -44]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:85_av._J.-C.|-85]], à [[w:Rome|''Rome'']] — [[w:42_av._J.-C.|23 octobre 42]], mort par suicide à la suite de sa défaite contre [[w:Marc_Antoine|Marc Antoine]], poursuivi pour l’assassinat de son frère, [[w:Caius_Antonius|Caius Antonius]] (représaille de la mort de Cicéron), et de son père, Jules César, à [[w:Philippes|''Philippes'']]) [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"><span id="Jules_César"><sup>III</sup></span>[[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Caius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Julius|nomen, nom de famille}} {{Info|Caesar|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}};<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 2em;">Général, homme d’État et écrivain ''romain''</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
==== <span id="Cic_de_Nat_Deor_LibI">Livre I</span> [[w:en:De_Natura_Deorum#Book_1|(en)]] ====
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">'''Cicéron''' est invité chez [[w:Caius_Aurelius_Cotta_(consul_en_-75)|'''Cotta''']] [[#Cotta|<span id="Cotta_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], un [[w:Pontife#Dans_la_religion_romaine|''pontife'']] <sup>[[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]] [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm ''c.''XXII.]</sup>, où il retrouve '''C. Velléius''', un ''épicurien'', et '''Q. Lucilius Balbus''' [[w:en:Quintus_Lucilius_Balbus|(en)]], un partisan des [[w:Stoïcisme|''stoïciens'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Stoïcisme_back|<sup>🔄</sup>]] <sup>{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm ''c.''VI.]</sup>. '''Cotta''' lui-même est un [[w:Nouvelle_Académie|''académicien sceptique'']], et il informe '''Cicéron''' qu’ils discouraient sur la nature des dieux. <sup>{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}} [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm ''c.''VII.]</sup> Velleius avait exposé les sentiments d’[[w:Épicure|'''Épicure''']] [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]] sur le sujet, et est invité à poursuivre ses arguments après avoir récapitulé ce qu’il avait déjà dit. Son discours se compose de trois parties : une attaque générale contre la cosmologie ''platonicienne'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]] et ''stoïcienne'' ; une revue historique des premiers philosophes; et une exposition de théologie ''épicurienne''. Le but est pour Velleius de montrer que l’idée ''épicurienne'' de Dieu comme un être parfaitement heureux, éternel, doué de raison et sous forme humaine, est la seule tenable, et les autres opinions divergentes sont considérées comme la preuve de leur inutilité. Dans la suite du livre, '''Cotta''' attaque les positions de '''Velleius''' en ce qui concerne la forme des dieux, et leur exemption de la création et de la providence.</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Livre I|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Cotta_back|<span id="Cotta"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] latin : <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • Le [[w:Prénom_romain|{{Info|praenomen|nom individuel du citoyen romain}}]] Caius [[wikt:en:Caius#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Liste_de_nomina|{{Info|nomen|nom de famille}}]] [[w:Aurelii|Aurelius]] [[wikt:en:Aurelius#Latin|(en)]]; du nom commun aurum [[wikt:en:aurum#Latin|(en)]], « 1. Or (sous forme de minéral ou de métal). 2. Couleur or. 3. Tout objet en or, comme une pièce d’or ou une bague en or. 4. Lustre. 5. Un âge d’or. »<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Le [[w:Cognomen|{{Info|cognomen|surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}]] Cotta [[wikt:en:Cotta#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[w:Consul_(Rome_antique)|Consul]], orateur, [[w:Pontife#Dans_la_religion_romaine|''pontife'']], et académicien sceptique, oncle de [[w:Jules_César|Jules César]] par la mère de celui-ci, sa sœur, [[w:Aurelia_Cotta|Aurelia]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:124_av._J.-C.|-124]] [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], ''lieu de naissance indéterminé'' — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:74_av._J.-C.|-74]]/[[w:73_av._J.-C.|-73]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], ''lieu de décès indéterminé'')</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre X.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Témoignage par '''C. Velléius''' d’une théorie, de '''Thalès''', sur l’eau principe de toutes choses, dont la nature des dieux est l’intelligence qui façonne ces choses à partir de l’eau.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>X.</small>''' Qui verò mundum ipsum animantem, sapientemque esse dixerunt, nullo modo viderunt animi naturam, intelligentes in quam figuram cadere posset : de quo dicam equidem paulò pòst. Nunc autem hactenus admirabor eorum tarditatem, qui animantem, immortalem, et eumdem beatum, rotundum esse velint, quòd eâ formâ ullam neget esse pulchriorem '''Plato'''. At mihi vel cylindri, vel quadrati, vel coni, vel pyramidis videtur esse formosior. Quæ verò tribuitur vita isti rotundo Deo # nempe ut eâ celeritate contorqueatur, cui par nulla ne cogitari quidem possit. In qua non video, ubinam mens constans, et vita beata possit insistere : quòdque in nostro corpore si minima ex parte significetur, molestum sit ; cur hoc idem non habeatur molestum in Deo ? Terra enim profectò, quoniam pars mundi est, pars est etiam Dei. Atqui terræ maximas regiones, inhabitabiles, atque incultas videmus, quòd pars earum appulsu solis exarserit, pars obriguerit nive, pruinâque, longinquo solis abscessu : quæ, si mundus est Deus, quoniam partes mundi sunt, Dei membra partim ardentia, partim refrigerata dicenda sunt. Atque hæc quidem vestra, '''Lucili''' : qualia verò alia sint, ab ultimo repetam superiorum. '''Thales''' enim ''Milesius'', qui primus de talibus rebus quæsivit, aquam dixit esse initium rerum : Deum autem, eam mentem, quæ ex aquâ cuncta fingeret. Si Dii possunt esse sine sensu et mente, cur aquæ adjunxit, si ipsa mens constare potest vacans corpore ? '''Anaximandri''' autem opinio est, nativos esse Deos, longis intervallis orientes, occidentesque, eosque innumerabiles esse mundos, Sed nos Deum, nisi sempiternum intelligere qui possumus ? Pòst '''Anaximenes''', aëra Deum statuit, eumque gigni, esseque immensum, et infinitum, et semper in motu : quasi aut aër sine ulla forma Deus esse possit ; cùm præsettim Deum non modò aliquâ, sed pulcherrimâ specie esse deceat : aut non omne, quod ortum sit, mortalitas consequatur.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n3/mode/2up <u>Entretiens de Cicéron sur la Nature des Dieux, Tome Premier</u>.][https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n149/mode/2up ''M. Tullii Ciceronis De Natura Deorum, Ad M. Brutum. Liber I.''] [https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n161/mode/2up ''X.''], traduits par [[w:Pierre-Joseph_Thoulier_d%27Olivet|M. l’abbé d’Olivet]], de l’Académie Françoise, chez les Frères Barbou, rue & vis-à-vis la grille des Mathurins, 1793<br />(également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f88.item '''ici'''], [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA26#v=onepage&q&f=true là] et [[s:la:De_natura_deorum/Liber_I|là encore]])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>X.</small>''' Pour ceux qui, dans leurs discours, ont doté le monde d’une âme raisonnable, ils ignorent de la façon la plus complète en quelle figure d’être vivant la pensée active peut se rencontrer; j’y reviendrai un peu plus tard. Pour le moment je me bornerai à dire l’étonnement que me cause la lourdeur d’esprit de ces gens : ils veulent qu’un être animé soit impérissable, jouisse d’une félicité parfaite et en même temps affecte la figure d’une sphère parce que, suivant '''Platon''', c’est la plus belle.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Et si, pour moi celle du cylindre, du carré, du cône, de la pyramide a plus de beauté? Quelle vie d’ailleurs accordez-vous à votre dieu sphérique? Vous voulez qu’il se meuve avec une vitesse telle qu’on n’en peut imaginer une égale. Je ne vois pas où une âme ferme et jouissant d’un parfait bonheur pourrait trouver place dans un monde ainsi lancé à travers l’espace. Si, dans une partie, même la plus petite de notre corps, la morsure du froid ou celle du feu se faisait sentir, ce serait pour nous pénible, pourquoi ne le serait-ce pas pour un dieu?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Or la terre, puisqu’elle est une partie du monde, est une partie du dieu et de très grandes régions terrestres sont, nous le voyons, inhabitables et incultes, les unes parce qu’un soleil trop ardent les brûle, les autres parce que, trop éloignées du soleil, elles sont couvertes de neige et engourdies par le froid. Il faudra donc dire, puisqu’elles appartiennent au monde, que le dieu souffre dans une partie de son corps d’un excès de chaleur, est glacé dans une autre.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Telles sont en gros, '''Lucilius''', les opinions qui ont cours dans ta secte, quant au reste je le dirai en remontant d’abord au premier en date des anciens philosophes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> '''Thalès''' de ''Milet'', qui ouvre la marche dans les recherches de cette nature, fit de l’eau le principe de toutes choses, son dieu était l’intelligence qui de cet élément les façonne. Si l’on admet l’existence de dieux n’ayant ni âme, ni sentiment, à quoi bon adjoindre à l’eau un esprit et si l’esprit peut exister seul en l’absence de tout corps, pourquoi faut-il lui adjoindre l’eau?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> L’opinion d’[[w:Anaximandre|'''Anaximandre''']] [[#Anaximandre|<span id="Anaximandre_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] est que les dieux naissent, viennent au monde à de longs intervalles, puis qu’ils meurent et que ce sont des mondes innombrables. Mais comment concevoir un dieu qui ne soit pas éternel? Après lui [[w:Anaximène|'''Anaximène''']] [[#Anaximène|<span id="Anaximène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] décida que l’air est Dieu, qu’il est engendré, qu’il est sans nombre et sans limite, toujours en mouvement, comme si, dépourvu de toute figure, l’air pouvait être un dieu, supposition d’autant moins admissible qu’un dieu doit avoir une figure très belle et que, de toute chose engendrée, il faut dire qu’elle est mortelle.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm <u>Cicéron, De la nature des dieux</u>. ''Livre Premier.''] ''X.'', traduction par [[w:Charles_Appuhn|Charles APPUHN]], 1935</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Charles Appuhn 1935|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Anaximandre_back|<span id="Anaximandre"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἀναξῐ́μᾰνδρος / Anaxímandros [[wikt:en:Ἀναξίμανδρος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun ᾰ̓́ναξ / ánax [[wikt:en:ἄναξ#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Seigneur, roi : • (des hommes); • (des dieux, souvent Apollon et Zeus). 2. Maître, propriétaire. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun μᾰ́νδρᾱ / mándrā [[wikt:en:μάνδρα#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Espace clos. 2. Bergerie, enclos, grange ou écurie pour bovins ou parfois chevaux. 3. (au sens figuré) [[w:Joaillerie#Sertissage|''serti'']] d’une bague représentant des bœufs. 4. Carré sur un damier. 5. Cloître, monastère. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe nominal de résultat ou d’action -ος / -os [[wikt:en:-ος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Philosophe [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]] ''présocratique'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Présocratique_back|<sup>🔄</sup>]]. Selon Mathilde Brémond [https://encyclo-philo.fr/les-presocratiques-a {{Info|<sup>🔍</sup>|Brémond, Mathilde (2019), «Les Présocratiques (A)», dans Maxime Kristanek (dir.), service gratuit créé dans le but de favoriser la réflexion personnelle et collective.}}], Maîtresse de conférences en philosophie à l’Université Clermont Auvergne, il est souvent présenté comme le disciple de Thalès, et serait le premier grec à avoir écrit en prose, dont il ne reste qu’un seul fragment. Les connaissances à son sujet sont plutôt limitées :<br />• Il a posé un principe originel, qu’il appelle l’[[w:Apeiron|''Apeiron'']] ([[wikt:ἄπειρος#Grec_ancien|ἀπειρον / ápeiron]]) : l’illimité ou l’indéterminé. Cet ''Apeiron'' est présenté comme un être divin qui « gouverne » tout : il n’a aucune caractéristique, mais est capable de générer des opposés, comme le chaud et le froid, qui contribuent alors à la formation de multiples mondes, non éternels et qui reviennent à l’''Apeiron'' en périssant.<br />• Ses théories astronomiques ont été plus transmises :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">o Les astres ressemblent à des roues au travers des orifices desquelles la lumières est perçues ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">o La terre est cylindrique, et se maintient immobile parce qu’en équilibre ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">o Il a expliqué les causes des phénomènes météorologiques par des mouvements d’air, l’origine de la mer et des animaux par une humidité primordiale, asséchée par le soleil.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Comme pour Thalès, un certain nombre d’inventions on été attribuées à Anaximandre, comme :<br />• Le gnomon permettant la mesure des solstices et des équinoxes,<br />• Une sphère représentant les astres<br />• La première carte du monde.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Selon Mathilde Brémond, ses explications des phénomènes naturels et de l’origine de mondes sont déjà les caractéristiques de la démarche présocratique, ce qui paraît plus légitime d’en faire le premier philosophe.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:610_av._J.-C.|-610]]/[[w:609_av._J.-C.|-609]] <sup>[[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Milet'' — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:547_av._J.-C.|-547]]/[[w:546_av._J.-C.|-546]] <sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Milet'') [https://books.google.fr/books?id=crnWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP1&dq=Richard%20Goulet%20dictionnaire%20des%20auteurs%20antiques&hl=fr&pg=PA192#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume I, §165 - Anaximandre de Milet}}] [https://books.google.fr/books?id=SkYwAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA759#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Suppléments, §170 - Anaximandre}}] [https://odysseum.eduscol.education.fr/anaximandre-philosophe-grec-pre-socratique-et-astronome {{Info|<sup><small>ODYSSEUM</small></sup>|Anaximandre, philosophe grec pré-socratique et astronome, article de l’Odysseum, site des ressources des langues, cultures et civilisations de l’Antiquité du Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Anaximène_back|<span id="Anaximène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre Ἀναξιμένης / Anaximénēs [[wikt:en:Ἀναξιμένης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun ᾰ̓́ναξ / ánax [[wikt:en:ἄναξ#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Seigneur, roi : • (des hommes); • (des dieux, souvent Apollon et Zeus). 2. Maître, propriétaire. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun μένος / ménos [[wikt:en:μένος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Esprit. 2. Désir, ardeur, souhait, but. 3. Colère. 4. Courage, esprit, vigueur. 5. Pouvoir, force. 6. Violence. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Suffix_2|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe ''présocratique'', considéré par la tradition ancienne comme le disciple d’Anaximandre [[#Anaximandre|<sup>I</sup>]], et le maître d’Anaxagore [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaxagore_back|<sup>🔄</sup>]] et de [[w:Diogène_d'Apollonie|Diogène d’Apollonie]] [[#Diogène_d'Apollonie|<span id="Diogène_d'Apollonie_back"><sup>III</sup></span>]]. Aristote rapporte que Anaximène considère : <br />• L’air comme le principe de toute chose « [[w:Arkhè|''arkhè'']] » (de même pour Diogène) [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/metaphysique1pierron.htm <sup>Métaphysique, liv.I, chap.III, §6</sup>], <br />• La terre de forme plate reposant comme un couvercle sur de l’air (de même pour Anaxagore et [[w:Démocrite|Démocrite]] [[#Démocrite_back|<sup>⤵️</sup>]]) [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/ciel2.htm <sup>Traité du Ciel, liv.II, chap.XIII, §§10-11</sup>], <br />• Et les tremblements de terre causés par la chute de fragments de montagnes brisées lors de leur imbibation et desséchement [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/meteorologie2.htm#76 <sup>Météorologie, liv. II, chap.VII, §6</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], ''Milet'') [https://books.google.fr/books?id=crnWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP1&dq=Richard%20Goulet%20dictionnaire%20des%20auteurs%20antiques&hl=fr&pg=PA195#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume I, §168 - Anaximène de Milet}}] [https://books.google.fr/books?id=SkYwAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA761#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Suppléments, §168 - Anaximène}}] [https://encyclo-philo.fr/les-presocratiques-a {{Info|<sup><small>ENCYCLO-PHILO</small></sup>|Brémond, Mathilde (2019), «Les Présocratiques (A)», dans Maxime Kristanek (dir.), service gratuit créé dans le but de favoriser la réflexion personnelle et collective.}}]<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Diogène_d'Apollonie_back|<span id="Diogène_d'Apollonie"><sup>III</sup></span>]] Du [[w:Nom_théophore|''nom théophore'']] grec ancien Δῐογένης / Diogénēs [[wikt:en:Διογένης#Ancient_Greek|(en)]]; de l’adjectif diogenḗs / diogenḗs [[wikt:en:διογενής#Ancient_Greek|(en)]], littéralement « né de Zeus »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Διός / Diós, [[w:Génitif|''génitif'']] singulier de Ζεύς / Zeús [[wikt:en:Ζεύς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival -γενης / -genḗs, né en un certain lieu ou dans une certaine condition;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe considéré comme le dernier ''présocratique'' (en excluant les sophistes), dont ses études de mécanismes de la nature sont rapportées par Aristote : <br />• Sa description très complète et très précise de l’organisation des veines dans le corps humain [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/animaux3.htm#II <sup>Histoires des Animaux, liv.I, chap.II, §§5-11</sup>];<br />• Ses explications du mécanisme de respiration des poissons : lorsque « les poissons rejettent l’eau par les branchies, ils tirent de l’air de l’eau qui entoure leur bouche, au moyen du vide qui se fait dans leur bouche à ce moment ; et par là, Diogène suppose qu’il y a de l’air dans l’eau »; et de la raison de leur mort à l’air libre : « la cause qu’en allègue Diogène est tout à fait naïve : il prétend que dans l’air ils prennent trop d’air, tandis qu’ils n’en ont dans l’eau que ce qu’il leur en faut » [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/respiration.htm <sup>Traité de la respiration, liv.I, chap.II, §§1-4 ; chap.III, §5</sup>];<br />• Son explication que les actions et souffrances ne peuvent intérargir entre elles mais avec un seul et unique sujet : « dans les corps où il peut y avoir action et souffrance, il faut nécessairement qu’il y ait une seule nature sujette à ces deux phénomènes », car sinon « le chaud ne pourrait pas se refroidir, ni le froid s’échauffer de nouveau. Ce n’est pas, disait-il, la chaleur et le froid qui se changent l’un dans l’autre ; mais évidemment c’est le sujet qui subit le changement » [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/corruption1.htm#63 <sup>De la production et de la destruction des choses, liv.I, chap.VI, §3</sup>];<br />• Sa définition de l’air comme le principe de toute chose « [[w:Arkhè|''arkhè'']] » (de même pour Anaximène [[#Anaximène|<sup>II</sup>]]) [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/metaphysique1pierron.htm <sup>Métaphysique, liv.I, chap.III, §6</sup>] [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/ame1.htm#215 <sup>Traité de l’âme, liv.I, chap.II, §15</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], localisation de l’[[w:Apollonie|Apollonie]] indéterminée) [https://books.google.fr/books?id=PLrWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PP13&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA801#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume II, §139 - Diogène d’Apollonie}}] [https://encyclo-philo.fr/les-presocratiques-a {{Info|<sup><small>ENCYCLO-PHILO</small></sup>|Brémond, Mathilde (2019), «Les Présocratiques (A)», dans Maxime Kristanek (dir.), service gratuit créé dans le but de favoriser la réflexion personnelle et collective.}}]</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>X.</small>''' Ceux qui ont prétendu que le monde est animé et intelligent n’ont jamais poussé l’examen de la nature de l’âme jusqu’à comprendre quelle pouvait être sa forme, question dont je parlerai tout-à-l’heure. Dans le moment, j’exprimerai ma surprise sur l’incapacité de ceux qui veulent que le monde soit animé, immortel, heureux, et surtout rond, par la raison que '''Platon''' considère cette forme comme la plus belle. Je dirai que, pour moi, celles du cylindre, du carré, du cône et de la pyramide me paraissent plus agréables. Mais que votre dieu soit rond, quelle activité lui attribue-t-on ? Qu’il se tourne avec une rapidité à laquelle rien ne saurait se comparer ? c’est précisément à cause de cela que je ne comprends pas que sa vie puisse avoir l’égalité et le bonheur du sage. D’ailleurs, ce qui est si pénible pour notre corps, comment ne le serait-il pas pour un dieu ? Il y a plus; la terre, certes, puisqu’elle est une partie du monde, est une partie de dieu. Or, nous voyons incultes et inhabitables les plus grandes régions de la terre, le soleil ayant brûlé les unes, la neige, les brumes et l’absence de la chaleur ayant glacé les autres. Si donc le monde est dieu, il faut admettre qu’une partie des membres de ce dieu brûlent tandis que les autres gèlent [[#monde_divin_Platon_NdT_Matter|<span id="monde_divin_Platon_NdT_Matter_back">'''<sup>1</sup>'''</span>]].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Telles sont vos opinions, cher '''Balbus'''; voyons maintenant celles des anciens, en commençant par le plus éloigné d’entre eux. J’entends d’abord '''Thalès''', le premier qui ait agité ces questions. Il prétend que l’eau est le principe des choses, et que Dieu est cette puissance [[#mens_force_NdT_Matter|<span id="mens_force_NdT_Matter_back">'''<sup>2</sup>'''</span>]] qui a tout formé de l’eau. Mais si les dieux peuvent exister sans les sens et sans le mouvement, et que cette puissance puisse se maintenir sans corps, pourquoi '''Thalès''' l’a-t-il jointe à l’eau ?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> '''Anaximandre''' croit que les dieux naissent, qu’ils prennent leur origine à longs intervalles, qu’ils meurent de même, et que ce sont des mondes innombrables. Cependant, quant à nous, nous ne saurions comprendre Dieu autrement qu’éternel.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Après ce philosophe, '''Anaximène''' enseigna que l’air était dieu, qu’il naissait, qu’il était immense, infini et toujours actif. Mais comment l’air, qui n’a aucune forme, peut-il être dieu, surtout quand on considère que non seulement Dieu doit en avoir une, mais encore la plus belle ? D’ailleurs, tout ce qui naît est périssable [[#Anaximène_NdT_Matter|<span id="Anaximène_NdT_Matter_back">'''<sup>3</sup>'''</span>]].</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''<small>[[#monde_divin_Platon_NdT_Matter_back|<span id="monde_divin_Platon_NdT_Matter"><sup>1</sup></span>]] ''Une partie des membres de ce dieu brûlent tandis que les autres gèlent''. Il est, sans doute, inutile de faire remarquer que ce sont là de froides plaisanteries. Si Platon qualifie le monde de ''divin'', il le distingue néanmoins de Dieu, son auteur.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''<small>[[#mens_force_NdT_Matter_back|<span id="mens_force_NdT_Matter"><sup>2</sup></span>]] ''Dieu est cette puissance.'' Le texte porte ''mens'' ; mais ce n’est pas dans le sens d’intelligence, c’est dans celui de ''force'', de ''cause motrice'', qu’il faut prendre ce terme. ''Voyez'' [[w:Friedrich_Gedike|G<small>EDICKE</small>]], ''Hist. philosoph. Ciceron.'', p. 40; cf. ''Æneidos'' lib. VI, v.727.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Anaximène_NdT_Matter_back|<span id="Anaximène_NdT_Matter"><sup>3</sup></span>]] ''Tout ce qui naît est périssable.'' Velleius est ici dans l’erreur ou commet une erreur, suivant l’habitude des épicuriens. Anaximène enseignait que ''l’air avait toujours été''.</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres complètes de Cicéron</u>.][https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA5#v=onepage&q&f=true ''De la nature des dieux. Livre Premier.''] [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA27#v=onepage&q&f=true ''X.''] [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA129#v=onepage&q&f=true <sup><small>NOTES</small></sup>], traduction nouvelle par M. [[w:Jacques_Matter|Matter]], inspecteur général des études, C. L. F. Panckoucke, éditeur, Officier de l’ordre royal de la légion d’honneur, 1839</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Ceux qui ont prétendu que le Monde avoit une âme, et qu’il étoit intelligent, n’ont point compris dans quelle forme l’âme peut subsister. Mais avant que de m’expliquer là-dessus, il me suffira ici de remarquer combien peu [[#épicurien_NdT_P-J_TdO|<span id="épicurien_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>1</sup>'''</span>]] d’esprit il faut avoir pour dire que le Monde est animé, immortel, souverainement heureux, et qu’en même temps il est rond.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Pourquoi rond ? Parce que la figure ronde, suivant '''Platon''', est la plus belle de toutes. Mais je trouve, moi, plus de beauté dans le cylindre, dans le quarré, dans le cône, dans la pyramide.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Et ce Dieu rond, à quoi l’occupez-vous ? à se mouvoir d’une si grande vîtesse, que l’imagination même ne sauroit y atteindre. Or je ne vois pas, qu’étant agité de la sorte, il puisse être heureux, et avoir l’esprit tranquille. Qui nous feroit ici tourner sans relâche, ne fît-on même tourner que la moindre partie de notre corps, nous serions mal à notre aise. Pourquoi un Dieu s’en trouveroit-il mieux que nous ?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> De plus, si la terre est une portion du Monde, c’est par conséquent une portion de Dieu. Or il y a de vastes régions, qui ne sont ni habitées, ni cultivées : les unes, parce qu’étant trop près du Soleil, on y meurt de chaud ; les autres, parce que l’éloignement de cet astre les glace. Si donc le Monde est Dieu, il faut, puisque ces régions font partie du monde, convenir que Dieu brûle d’un côté, tandis qu’il est gelé de l’autre.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Voilà, '''Balbus''', les sentimens de votre secte. Rapportons ceux des autres Philosophes, en commençant par le plus ancien.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> '''Thalès''' de ''Milet'', le premier qui ait examiné ces questions, a dit [[#Thalès_NdT_P-J_TdO|<span id="Thalès_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>2</sup>'''</span>]] que l’Eau est le principe de toutes choses ; et que Dieu est cette intelligence, par qui tout [[#Deus_autem_NdT_P-J_TdO|<span id="Deus_autem_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>3</sup>'''</span>]] est formé de l’Eau. Pourquoi joindre l’un à l’autre, supposé que les Dieux puissent être sans intelligence, ou qu’une intelligence puisse subsister elle-même sans corps ?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> '''Anaximandre''' croit que les Dieux reçoivent l’être, qu’il naissent et meurent de loin à loin, et que ce sont des mondes innombrables. Mais peut-on admettre un Dieu, qui ne soit pas éternel ?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> '''Anaximène''' prétend que l’air est Dieu, qu’il est produit, qu’il est immense et infini, qu’il est toujours en mouvement. Mais l’Air n’ayant point de forme, comment pourroit-il être Dieu, puisque Dieu en doit avoir une, et même une très-belle ? Outre cela, dire qu’il a été produit, n’est-ce pas dire qu’il est périssable ?</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#épicurien_NdT_P-J_TdO_back|<span id="épicurien_NdT_P-J_TdO"><sup>1</sup></span>]] A ces expressions impertinentes, il est aisé d’observer l’art de Cicéron, qui fait parler un ''Epicurien'' comme parlent encore ceux de son espèce. Beaucoup de hauteur dans les manières, nulle profondeur, nulle suite dans les raisonnemens, termes vagues, phrases entortillées.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Thalès_NdT_P-J_TdO_back|<span id="Thalès_NdT_P-J_TdO"><sup>2</sup></span>]] Les éclaircissements qu’il faudroit ici pour expliquer l’opinion de Thalès, et celles de plusieurs autres, se trouveront à la fin de ce volume, sous le titre de [[#Remarques_NdT_P-J_TdO|<span id="Remarques_NdT_P-J_TdO_back">''Remarques sur la Théologie des Philosophes Grecs''</span>]].</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Deus_autem_NdT_P-J_TdO_back|<span id="Deus_autem_NdT_P-J_TdO"><sup>3</sup></span>]] Il y a dans le Texte, ''Deus autem, eam mentem, quæ ex aqua cuncta fingeret.'' Sur quoi Gassendi, ''Phys. sect. 1. lib. 4. cap. 2.'' fait cette remarque : ''Cùm dicit FINGERET, non FINXERIT, planum facit placuisse illi eamdem adhuc causam penetrare in omnia, omniaque adhuc efficere.''</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Plutarque_NdT_P-J_TdO_back|<span id="Plutarque_NdT_P-J_TdO"><sup>4</sup></span>]] Plutarque, ''De plac. Philos, lib. I, cap. 3'', où il ne fait que copier Aristote, ''Metaphys. lib. I, cap. 3'', dit que Thalès fondoit son opinion sur ces trois raisons. C’est, dit-il, que « premièrement la se-<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» mence est le principe de tous les ani-<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» maux, laquelle semence est humide, ainsi<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» est-il vrai-semblable que toutes autres<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» choses aussi ont leur principe d’humidité.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» Secondement, que toutes sortes de plantes<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» sont nourries d’humeur, et fructifient par<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» humeur, et quand elles en ont faute, elles<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» se dessèchent. Troisièmement, que le feu<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» du Soleil même et des astres se nourrit<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» et entretient des vapeurs procédantes des<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» eaux, et par conséquent aussi tout le<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;">» monde. ''Traduct. d’Amyot.''</small>'''
</td>
</tr>
</table>
<div id="Remarques_NdT_P-J_TdO">{{Boîte déroulante début|titre=''Remarques sur la Théologie des Philosophes Grecs''|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><small>'' '''Thalès''' de Milet, le premier qui ait examiné ces questions, a dit que l’Eau est le principe de toutes choses ; et que Dieu est cette Intelligence, par qui tout est formé de l’eau. Pourquoi joindre l’un à l’autre ; supposé que les Dieux puissent être sans intelligence, ou qu’une intelligence puisse subsister elle-même sans corps ?''<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Quand on dit que '''Thalès''' fut le premier qui examina ces sortes de matières, on veut seulement dire qu’il fut le premier des Grecs, qui s’y appliqua en Physicien. Avant lui, déjà les Poètes avoient conté à leur manière l’origine du monde. '''Arisrote''' (''Lib. I. Metaphys. cap. 3.'') prétend même, que l’opinion de Thalès pouvoit avoir été celle des premiers Théologiens, c’est-à-dire, des plus anciens Poètes ; et l’on cite là-dessus un endroit (De l’Iliade, liv. XIV, vers 246.) d’'''Homère''' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Homère_back|<sup>🔄</sup>]], qui paroît y avoir beaucoup de rapport.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Quoi qu’il en soit, l’opinion de '''Thalès''', ainsi que '''Cicéron''' l’a expliquée, renferme deux propositions. L’une, ''Que l’eau est le principe de toutes choses.'' L’autre, ''Que Dieu est cette intelligence, par qui tout est formé de l’eau ?''<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Pour la première, tous les Auteurs la rapportent dans les mêmes termes ; et Plutarque insinue (''De Iside et Osiride.'') qu’ '''Homère''' et '''Thalès''' avoient pris cette opinion des Egyptiens. En effet, comme les Egyptiens voyoient que c’est le Nil qui cause la fertilité de leurs terres, ils pouvoient s’imaginer très-aisément et très-naturellement, que l’eau est le principe de toutes choses. Je suis fort trompé, si cette raison n’est préférée aux trois autres, que '''Plutarque''' [[#Plutarque_NdT_P-J_TdO|<span id="Plutarque_NdT_P-J_TdO_back"><sup>4</sup></span>]] a copiées d’ '''Aristote'''.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Pour la seconde proposition, ''Que Dieu est cette intelligence, par qui tout est formé de l’eau'', tous les autres ne disent pas, du moins en termes formels, que '''Thalès''' l’ait enseignée.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Un Critique (Bayle, dans son Dictionnaire, à l’arcle ''Thalès'', Remarque C ; et à l’article ''Anaxagoras'', remarque D.) voudroit inférer de-là, que Cicéron, lorsqu’il a dit que '''Thalès''' fit présider un principe intelligent à la formation de l’Univers, s’étoit trompé. Ou que si telle avoit été l’opinion de '''Thalès''', '''Cicéron''' étoit par conséquent tombé dans une contradiction visible ; puisque, fort peu de lignes après, il dit qu’ '''Anaxagore''' fut le premier des Philosophes, qui donna l’arrangement de la matière à une intelligence.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Voyons donc premièrement, si l’on doit soupçonner '''Cicéron''' de se tromper, lorsqu’il dit que '''Thalès''' reconnoissoit un principe intelligent. Je pourrois répondre d’abord, que son autorité devroit elle seule tenir contre le silence des autres écrivains. Quand nous avons un bon argument positif sur un fait semblable, on n’est plus reçu à employer le négatif. Mais une autre réponse, à laquelle je n’en vois point, c’est qu’il est faux que tous les autres écrivains se taisent là-dessus.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> '''Aristote''' (''De Anima, lib. I, cap. 5.'') nous dit, que les Philosophes tenoient qu’il y a une intelligence répandue dans tout l’Univers ; et que c’étoit peut-être ce qui avoit persuadé à '''Thalès''', que tout étoit plein de Dieux. '''Plutarque''' (''De plac. Philos. lib. I, cap. 7.'') nous dit, que Dieu est l’ame du monde, suivant '''Thalès'''. On voit dans l’Historien des Philosophes, que '''Thalès''' croyoit (Τὸν ϰοσμὸν ἐμψυϰὸν. Laërt. I, 27 et 35.) le monde ''animé'' : qu’il disoit que Dieu est ce qu’il y a de plus ancien, parce qu’il est improduit ; et que le monde est ce qu’il y a de plus beau, parce que c’est l’ouvrage de Dieu.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Toutes ces autorités qui n’étoient pas inconnues à M. Bayle, puisqu’il les rapporte lui-même, confirment parfaitement celle de '''Cicéron''', si l’on veut les prendre dans leur sens naturel. Et pourquoi leur donner un sens forcé, à moins qu’on ne se fasse un plaisir secret d’augmenter le nombre des Matérialistes ? Par ce mot nous entendons des Philosophes, qui donnent la formation de l’Univers à la matière toute pure, sans le concours d’une cause intelligente.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Mais, ajoûte M. Bayle, s’il étoit vrai que '''Thalès''' eût reconnu le concours d’une intelligence dans la formation de l’Univers, il s’ensuivroit que '''Cicéron''' s’est contredit visiblement, puisque, fort peu de lignes après, il dit qu’ '''Anaxagore''' fut le premier des Philosophes, qui attribua le mouvement et l’arrangement de l’Univers à un esprit infini.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Point du tout ; il n’y a pas ombre de contradiction. '''Thalès''', selon les passages que je viens de citer, vouloit parler d’une intelligence, qui ne faisant qu’un avec la matière, dirigeoit ses opérations ; comme on diroit que l’âme, qui jointe au corps ne fait qu’un même homme, dirige les actions de l’homme. Mais '''Anaxagore''' l’entendoit d’une intelligence absolument distincte et séparée de la matière, comme on le verra ci-dessous. Ainsi, celui-là trouvoit dans un même Tout la cause matérielle, et la cause efficiente, au lieu que celui-ci les divisoit réellement. Ce sont deux opinions toutes différentes, dont la première ayant été d’abord enseignée par '''Thalès''', et la seconde par '''Anaxagore''', '''Cicéron''' a eu raison de les reconnoître pour auteurs, celui-ci d’un système, celui-là d’un autre.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Il ne reste plus qu’à développer la dernière (''Si Dii possunt esse sine sensu et mente, cur aquæ adjunxit, si ipsa mens constare potest vacans corpore ?'' De nat. Deor. I, 10.) phrase de '''Cicéron''', qui contient la réfutation de '''Thalès'''. Elle paroît un peu tronquée. On devine cependant la pensée de '''Velléius'''. Il prétend, que '''Thalès''' a tort de joindre ensemble la Matière et l’Intelligence, si elles n’ont pas une liaison nécessaire. Or, dit-il, elles n’ont pas une liaison nécessaire : supposé premièrement, que les Dieux, c’est-à-dire, les principes, ou la matière de tout ce qui existe, puissent être sans intelligence, comme '''Epicure''' l’a cru des atômes, ''si Dii possunt esse sine sensu et mente'' : supposé en second lieu, que l’intelligence puisse subsister elle-même sans corps, comme '''Anaxagore''' le croyoit, ''si ipsa mens constare potest vacans corpore''.<br /><p style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Remarquons que Velléius raisonne hypothétiquement : ainsi, quoiqu’il ne crût pas qu’une intelligence pût être sans corps, il lui étoit permis d’en faire une objection.</small>
{{Boîte déroulante fin}}</div>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n3/mode/2up <u>Entretiens de Cicéron sur la Nature des Dieux, Tome Premier</u>.][https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n35/mode/2up ''Livre Premier.''] [https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n59/mode/2up ''X.''] [https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n215/mode/2up <sup><small>REMARQUES</small></sup>], traduits par [[w:Pierre-Joseph_Thoulier_d%27Olivet|M. l’abbé d’Olivet]], de l’Académie Françoise, chez les Frères Barbou, rue & vis-à-vis la grille des Mathurins, 1793<br />(également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f88.item '''ici'''], [[s:De_la_Nature_des_Dieux/1|'''là''']] et [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n93/mode/2up là encore])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div><br />
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XXXIII.</div> =====
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px;">[[w:Caius_Aurelius_Cotta_(consul_en_-75)|'''Cotta''']] reprend ici l’argument de '''C. Velléius''', selon lequel '''Thalès''' de ''Milet'' semble être le plus ancien philosophe à s’être questionné sur la forme des Dieux.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXIII.</small>''' Etenim enumerasti memoriter , et copiosè (ut mihi quidem admirari liberet , in homine esse ''Romano'' tantam scientiam) usque a '''Thale Milesio''' de natura Deorum philosophorum sententias. Omnesne tibi illi delirare visi sunt , qui sine manibus et pedibus constare Deum posse decreverunt ? Ne hoc quidem vos movet , considerantes, quæ sit utilitas, quæque opportunitas in homine membrorum , ut judicetis , membris humanis Deos non egere ? Quid enim pedibus opus est sine ingressu ? Quid manibus , si nihil comprehendendum ? quid reliquâ descriptione omnium corporis partium , in qua nihil inane , nihil sine causa , nihil supervacaneum est ? Itaque nulla ars imitari solertiam naturæ potest. Habebit igitur linguam Deus , et non loquetur : dentes , palatum, fauces, nullum ad usum : quæque procreationis causâ natura corpori affinxit , ea frusta habebit Deus : nec externa magis , quàm interiora , cor , pulmones , jecur , cetera ; quæ , detractâ utilitate , quid habent venustatis ? quandoquidem hæc esse in Deo propter pulchritudinem vultis. Istisne fidentes somniis non modò '''Epicurus''' , et '''Metrodorus''' , et '''Hermachus''' contra '''Pythagoram''' , '''Empedoclemque''' dixerunt , sed meretricula etiam '''Leontium''' contra '''Theophrastum''' scribere ausa sit : scito illa quidem sermone , et '''Attico''' : sed tamen. Tantum '''Epicuri''' hortus habuit licentiæ ! Et soletis queris. '''Zeno''' quidem etiam litigabat. Quid dicam '''Albutium''' ? Nam '''Phædro''' nihil elegantius , nihil humanius : sed stomachabatur senex , si quid asperius dixeram. Cùm '''Epicurus''' contumeliosissimè '''Aristotelem''' vexaverit : '''Phædoni''' '''Socratico''' turpissimè maledixerit : '''Metrodori''' , sodalis sui , fratem , '''Timocratem''' , quia nescio quid in philosophia dissentiret , totis voluminibus conciderit : in Democritum ipsum , quem secutus est , fuerit ingratus : '''Nausiphanem''' , magistrum suum , a quo nihil didicerat , tam malè acceperit.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n3/mode/2up <u>Entretiens de Cicéron sur la Nature des Dieux, Tome Premier</u>.][https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n149/mode/2up ''M. Tullii Ciceronis De Natura Deorum, Ad M. Brutum. Liber I.''] [https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n192/mode/1up ''XXXIII.''], traduits par [[w:Pierre-Joseph_Thoulier_d%27Olivet|M. l’abbé d’Olivet]], de l’Académie Françoise, chez les Frères Barbou, rue & vis-à-vis la grille des Mathurins, 1793<br />(également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f103.item '''ici'''], [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA92#v=onepage&q&f=true là] et [[s:la:De_natura_deorum/Liber_I|là encore]])
</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXIII.</small>''' Tu as, parlant d’abondance et faisant preuve d’une mémoire remarquable, passé en revue les opinions de tous les philosophes, depuis '''Thalès''' de ''Milet'', sur la nature des dieux, et certes je ne demanderais pas mieux que d’admirer un ''Romain'' qui en sait si long.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Tous ceux qui ont admis qu’un dieu existât sans avoir ni mains ni pieds t’ont paru délirer? Ne tient-on donc aucun compte, dans ta secte, de l’utilité par laquelle se justifie dans l’homme la présence de chacun de ses membres, ce qui pourrait vous amener à comprendre que les dieux n’en ont pas besoin? À quoi bon des pieds si l’on n’a pas à marcher? des mains si l’on n’a rien à saisir? Et j’en dirai autant des autres parties entrant dans la structure du corps où il ne peut rien y avoir qui soit en vain, sans raison d’être, superflu. C’est cela qui fait la supériorité de la nature sur l’art humain quelque habile qu’on veuille le supposer. Un dieu aura donc, selon vous, une langue bien qu’il ne parle pas, des dents, un palais, un gosier qui ne serviront à rien, et tous les organes que la nature a fabriqués en vue de la reproduction, un dieu les possédera sans en faire aucun usage? Le raisonnement s’applique tout aussi bien aux organes internes qu’aux externes : en quoi le cœur, les poumons, le foie peuvent-ils contribuer à la beauté d’un être si l’on supprime la fonction utile qu’ils remplissent?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Et cependant c’est pour qu’il soit beau que vous voulez en doter, votre dieu. C’est en s’appuyant sur de pareilles rêveries qu’[[w:Épicure|'''Épicure''']] [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]], [[w:Métrodore_de_Lampsaque_(le_Jeune)|'''Métrodore''']] [[#Métrodore_de_Lampsaque_le_Jeune|<span id="Métrodore_de_Lampsaque_le_Jeune_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], [[w:Hermarque_de_Mytilène|'''Hermarque''']] [[#Hermarque_de_Mytilène|<span id="Hermarque_de_Mytilène_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] ont dressé un réquisitoire contre [[w:Pythagore|'''Pythagore''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pythagore_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Platon|'''Platon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Empédocle|'''Empédocle''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Empédocle_back|<sup>🔄</sup>]]; bien mieux que [[w:Léontion|'''Léontium''']] [[#Léontion|<span id="Léontion_back"><sup>'''VIII'''</sup></span>]], une femme galante, n’a pas craint d’attaquer [[w:Théophraste|'''Théophraste''']] [[#Théophraste_back|<sup>⤴️</sup>]] dans un écrit de forme élégante, attique, c’est vrai, mais l’audace en est-elle moins choquante? Ce sont les habitués du [[w:Jardin_d%27Épicure|''jardin'']] [[#école_Jardin|<span id="école_Jardin_back"><sup>'''V'''</sup></span>]] [https://books.google.fr/books?id=aYPX2VYQhpUC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA1021#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VII - Compléments, Annexe I - Le “Jardin” (Κῆπος) d’Épicure}}] d’'''Épicure''' qui seuls ont pris tant de liberté. Et encore vous vous plaignez. [[w:Zénon_de_Kition|'''Zénon''']] [[#Zénon_de_Kitton_back|<sup>⤴️</sup>]] était d’humeur querelleuse.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 0px;"> Que dire d’[[w:Titus_Albucius|'''Albucius''']] [[#Albucius|<span id="Albucius_back"><sup>'''IX'''</sup></span>]]? Quant à [[w:Phèdre_(philosophe)|'''Phèdre''']] [[#Phèdre|<span id="Phèdre_back"><sup>'''X'''</sup></span>]], le plus courtois, le plus aimable des vieillards, il se mettait en colère dès qu’il m’arrivait de montrer un peu de vivacité dans la discussion, alors qu’ '''Épicure''' a invectivé contre [[w:Aristote|'''Aristote''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Aristote_back|<sup>🔄</sup>]], a calomnié [[w:Phédon_d%27Élis|'''Phédon''']] [[#Phédon|<span id="Phédon_back"><sup>'''XI'''</sup></span>]] le disciple de [[w:Socrate|'''Socrate''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Socrate_back|<sup>🔄</sup>]], a en plusieurs volumes tenté d’écraser '''Timocrate''', le frère de son grand ami '''Métrodore''', parce qu’il y avait entre eux quelque insignifiant désaccord philosophique, s’est montré ingrat envers [[w:Démocrite|'''Démocrite''']] [[#Démocrite|<span id="Démocrite_back"><sup>'''XIII'''</sup></span>]] même auquel il devait beaucoup, a médit de [[w:Nausiphane|'''Nausiphanès''']] [[#Nausiphanès|<span id="Nausiphanès_back"><sup>'''XIV'''</sup></span>]] son maître, dont il avait bien reçu quelque enseignement.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm <u>Cicéron, De la nature des dieux</u>. ''Livre Premier.''] ''XXXIII.'', traduction par [[w:Charles_Appuhn|Charles APPUHN]], 1935</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Charles Appuhn 1935|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Métrodore_de_Lampsaque_le_Jeune_back|<span id="Métrodore_de_Lampsaque_le_Jeune"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Μητρόδωρος / Mētródōros [[wikt:en:Μητρόδωρος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun μήτηρ / mḗtēr [[wikt:en:μήτηρ#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Mère. 2. Source ou origine. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun δῶρον / dôron [[wikt:en:δῶρον#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Cadeau. 2. La largeur de la main. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe grec originaire de [[w:Lampsaque|''Lampsaque'']] [[#Lampsaque|<span id="Lampsaque_back"><sup>II</sup></span>]] en ''Asie Mineure'', très lié à Épicure [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]], et appartenant à son [[w:Épicurisme|''école'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:321_av._J.-C.|-321]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Lampsaque'' — [[w:277_av._J.-C.|-277]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''lieu de décès indéterminé'')<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Lampsaque_back|<span id="Lampsaque"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Λάμψᾰκος / Lámpsakos [[wikt:en:Λάμψακος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Ancienne cité grecque d’Asie mineure, située sur la rive sud de l’[[w:Dardanelles|''Hellespont'']], en [[w:Troade|''Troade'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Hermarque_de_Mytilène_back|<span id="Hermarque_de_Mytilène"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἕρμᾰρχος / Hérmarkhos [[wikt:en:Ἕρμαρχος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Ἑρμῆς / Hermês [[wikt:en:Ἑρμῆς#Ancient_Greek|(en)]], « (Mythologie grecque) Hermès, un dieu grec, fils de Zeus [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#NdA_mythologie_grecque_back|<sup>🔄</sup>]] et [[w:Maïa_(Pléiade)|Maïa]] [[#Maïa|<span id="Maïa_back"><sup>IV</sup></span>]]. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ἀρχός / arkhós [[wikt:en:ἀρχός#Ancient_Greek|(en)]], « Souverain, chef, prince. »; du verbe ἄρχω / árkhō [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Commencer [+génitif = quelque chose, à partir de quelque chose, par quelque chose]. 2. (transitif) Diriger, gouverner, commander [+génitif = quelqu’un]; [+datif = quelqu’un]. 3. (intransitif) Être dirigeant; détenir un [[w:Archontat|archontat]]. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe ''épicurien'', successeur d’Épicure en tant que premier [[w:Scholarque|''scholarque'']] du [[w:Jardin_d%27Épicure|''Jardin'']] [[#école_Jardin|<sup>V</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], à [[w:Mytilène|''Mytilène'']] — [[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:250_av._J.-C.|-250]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''lieu de décès indéterminé'')<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Maïa_back|<span id="Maïa"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Μαῖᾰ / Maîa [[wikt:en:Μαῖα#Ancient_Greek|(en)]]; de μαῖα / maîa [[wikt:en:μαῖα#Ancient_Greek|(en)]], « dame », un terme honorifique pour les femmes plus âgées et une forme maternelle de μήτηρ / mḗtēr [[wikt:en:μήτηρ#Ancient_Greek|(en)]], « mère »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">L’aînée des [[w:Pléiades_(mythologie)|Pléiades]], 7 sœurs, filles d’[[w:Atlas_(mythologie)|Atlas]] [[#Atlas|<span id="Atlas_back"><sup>VI</sup></span>]] et de [[w:Pléioné|Pléioné]] [[#Pléioné|<span id="Pléioné_back"><sup>VII</sup></span>]].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#école_Jardin_back|<span id="école_Jardin"><sup>V</sup></span>]] En grec ancien κῆπος / kêpos [[wikt:en:κῆπος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Jardin, verger ou plantation. 2. Enceinte des jeux olympiques. 3. Sorte de mode de couper les cheveux. 4. Organes génitaux féminins. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">École philosophique ouverte aux hommes, aux femmes et même aux esclaves, créée par Épicure en [[w:306_av._J.-C.|-306]], située au nord d’Athènes [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Athènes_back|<sup>🔄</sup>]].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Atlas_back|<span id="Atlas"><sup>VI</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἄτλᾱς / Átlās [[wikt:en:Ἄτλας#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (Mythologie grecque) Atlas. 2. Massif montagneux d’Afrique du Nord [[w:Atlas_(massif)|Atlas]]. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> [[w:Titan_(mythologie)|Titan]] [[w:Hésiode|''hésiodique'']] du mythe fondateur de la mythologie grecque et de la Grèce antique, père des [[w:Pléiades_(mythologie)|Pléiades]], des [[w:Hyades_(mythologie)|Hyades]], des [[w:Hespérides|Hespérides]] et de [[w:Calypso|Calypso]]. À la suite de sa défaite dans la guerre des Titans contre les dieux de l’Olympe et Zeus pour régner sur le monde, ce dernier le condamne à porter la voûte céleste pour l’éternité sur ses épaules. Il est pétrifié par [[w:Persée|Persée]] avec la tête de [[w:Méduse_(mythologie)|Méduse]] et métamorphosé en l’Atlas, la chaîne de montagnes d’Afrique du Nord.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Pléioné_back|<span id="Pléioné"><sup>VII</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Πληϊόνη / Plêïónê;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Une [[w:Océanides|Océanide]], fille d’[[w:Océan_(mythologie)|Océan]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Océan_back|<sup>🔄</sup>]] et de [[w:Téthys_(mythologie)|Téthys]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Téthys_back|<sup>🔄</sup>]], et épouse d’Atlas [[#Atlas_back|<sup>VI</sup>]].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Léontion_back|<span id="Léontion"><sup>VIII</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Λεόντιον / Leóntion;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe ''épicurienne'' et [[w:Hétaïre|''hétaïre'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Albucius_back|<span id="Albucius"><sup>IX</sup></span>]] Préteur de la [[w:Corse-Sardaigne|''Sardaigne'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Sardaigne_back|<sup>🔄</sup>]] vers [[w:105_av._J.-C.|-105]], orateur, hellénophile et adepte de l’[[w:Épicurisme|''épicurisme'']] [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIe_siècle_av._J.-C.|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Phèdre_back|<span id="Phèdre"><sup>X</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Φαῖδρος#Grec_ancien|Φαῖδρος / Phaîdros]]; de l’adjectif φαιδρός / phaidrós [[wikt:en:φαιδρός#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Brillant, rayonnant. 2. (au sens figuré) Rayonnant de joie, lumineux, joyeux. »; du verbe φαίνω / phaínō [[wikt:en:φαίνω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Faire apparaître, mettre en lumière; montrer, dévoiler, révéler : • (transitif) Faire connaître, révéler, divulguer; • (du son); • (transitif) Montrer, exposer; • (transitif) Dénoncer. 2. (intransitif) Briller, éclairer. 3. (passif) apparaître; briller : • Venir à l’existence; • À venir; • (verbe copulatif ou de contrôle) apparaître (être) : a. (φαίνεται comme interjection) oui ; ainsi il apparaît; Apparemment; b. (tardif, impersonnel) il semble. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe [[w:Épicurisme|''épicurien'']] ''grec'', chef de l’école ''épicurienne'' à Athènes [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Athènes_back|<sup>🔄</sup>]] de [[w:75_av._J.-C.|-75]] à sa mort. Il fut réfugié quelque temps à [[w:Rome_antique|''Rome'']] lors de la [[w:Siège_d%27Athènes_et_du_Pirée|prise d’Athènes]], il enseigne l’épicurisme à Cicéron et à Velléius.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:138_av._J.-C.|-138]] <sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''lieu de naissance indéterminé'' — [[w:70_av._J.-C.|-70]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''lieu de décès indéterminé'')<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Phédon_back|<span id="Phédon"><sup>XI</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Φαίδων / Phaídōn [[wikt:en:Φαίδων#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe grec, originaire d’[[w:Élis|''Élis'']] [[#Élis|<span id="Élis_back"><sup>XII</sup></span>]], et capturé lors de la guerre contre [[w:Sparte|''Sparte'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Lacédémone_back|<sup>🔄</sup>]] alors qu’il était enfant et vendu comme esclave. Libéré par Socrate à ''Athènes'', il en devient un élève régulier jusqu’à [[w:Procès_de_Socrate|''sa mort'']], au quelle il assiste, et que Platon rapporte dans un dialogue portant [[w:Phédon_(Platon)|''son nom'']]. Par la suite, il retourne à ''Élis'' et fonde l’école de philosophie d’Élis ou d’Érétrie [[w:Eretrian_school|(en)]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] fin [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] — début [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|IV<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}})<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Élis_back|<span id="Élis"><sup>XII</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἦλῐς / Êlis [[wikt:en:Ἦλις#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Cité grecque située au nord-ouest du [[w:Péloponnèse|''Péloponnèse'']], à l’ouest de l’[[w:Arcadie|''Arcadie'']]. Elle était la capitale de l’[[w:Élide|''Élide'']]. Le sanctuaire d’[[w:Olympie|''Olympie'']] dépendant de son territoire, ''Élis'' avait la charge d’organiser les [[w:Jeux_olympiques_antiques|''Jeux olympiques antiques'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Démocrite_back|<span id="Démocrite"><sup>XIII</sup></span>]] Du nom propre Δημόκρῐτος / Dēmókritos [[wikt:en:Δημόκριτος#Ancient_Greek|(en)]], « choisi par le peuple »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun [[wikt:δῆμος#Grec_ancien|δῆμος / dêmos]] [[wikt:en:δῆμος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Quartier, pays, terre : • Les habitants d’un quartier ou d’un pays. 2. Les gens ordinaires : • (rare) [[wikt:roturier|Roturier]]. 3. Citoyens libres, peuple souverain : • gouvernement populaire, démocratie; • Assemblée populaire. 4. Canton, commune; dème. 5. Nom pour une prostituée. 6. Faction dans un cirque. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du verbe κρῑ́νω / krī́nō [[wikt:en:κρίνω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Séparer, diviser, distinguer entre deux choses ou personnes ou parmi un groupe de choses ou de personnes. 2. (transitif) Ordonner, arranger. 3. Se renseigner, enquêter. 4. Sélectionner, choisir, préférer. 5. (transitif) Trancher un différend ou un concours/une compétition, avec accusatif du concours ou du différend, ou accusatif d’une personne impliquée dans le concours ou le différend ; (intransitif) Porter un jugement, prendre une décision : • (moyen, passif) Avoir un concours départagé; • (moyen et passif) Disputer, se disputer, se quereller. 6. Décider ou juger [+accusatif et infinitif = que quelque chose fait quelque chose], [+accusatif et accusatif = que quelque chose est quelque chose]. 7. Pour discerner le bien du mal. 8. Juger, prononcer. 9. Traduire en justice, accuser. 10. Condamner, critiquer. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Philosophe grec considéré comme [[w:Matérialisme|''matérialiste'']] en raison de sa conception d’un Univers constitué d’atomes et de vide. Il fut un disciple de [[w:Leucippe|Leucippe]] [[#Leucippe_back|<sup>⤵️</sup>]], l’un des premiers [[w:Atomisme|''atomiste'']]. Aucun de ses nombreux ouvrages ne nous est parvenu, seules ses pensées ainsi que quelques fragments de son œuvre [[w:Démocrite#Œuvres|<sup>📚</sup>]] nous ont été transmis par de nombreux [[w:Doxographe|''doxographes'']] dont [[w:Simplicius_(philosophe)|Simplicius]], [[w:Aristote|Aristote]], [[w:Diogène_Laërce|Diogène Laërce]] et [[w:Plutarque|Plutarque]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:460_av._J.-C.|-460]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], à [[w:Abdère_(cité_antique)|''Abdère'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Abdère_back|<sup>🔄</sup>]] — [[w:370_av._J.-C.|-370]] [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|<sup>⏳</sup>]], en [[w:Grèce#Antiquité|''Grèce'']])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Nausiphanès_back|<span id="Nausiphanès"><sup>XIV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ναυσῐφᾰ́νης / Nausiphánēs [[wikt:en:Ναυσιφάνης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun ναῦς / naûs [[wikt:en:ναῦς#Ancient_Greek|(en)]], « bateau »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du verbe φαίνω / phaínō [[wikt:en:φαίνω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Faire apparaître, mettre en lumière, montrer, découvrir, révéler : • (transitif) Faire connaître, révéler, divulguer; • (du son); • (transitif) Montrer en avant, exposer; • (transitif) Dénoncer. 2. (intransitif) Briller, donner de la lumière. 3. (passif) Apparaître; briller : • Naître; • Arriver; • (verbe copulatif ou de contrôle) Avoir l’air (d’être) : a. (φαίνεται comme interjection) Oui ; ainsi il apparaît; apparemment; b. (tardif, impersonnel) Sembler. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du suffixe adjectival -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Philosophe [[w:Scepticisme_(philosophie)|''sceptique'']] [[w:en:Skepticism|(en)]] [[#scepticisme_back|<sup>XVI</sup>]] et [[w:Rhétorique#Rhétorique_dans_l’Antiquité_grecque|rhéteur]] grec, disciple de [[w:Démocrite|Démocrite]] [[#Démocrite_back|<sup>XIII</sup>]] et de [[w:Pyrrhon_d’Élis|Pyrrhon]] [[#Pyrrhon_back|<sup>XV</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|IV<sup>ème</sup>]] — [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}})<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Pyrrhon_back|<span id="Pyrrhon"><sup>XV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Πύρρων / Pýrrhôn;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Un des premiers philosophes [[w:Scepticisme_(philosophie)|''sceptiques'']] [[w:en:Skepticism|(en)]] [[#scepticisme|<span id="scepticisme_back"><sup>XVI</sup></span>]] et inspirateur du ''pyrrhonisme'' [[#scepticisme_back|<sup>XVI</sup>]] [[w:en:Pyrrhonism|(en)]], originaire d’[[w:Élis|''Élis'']] [[#Élis_back|<sup>XII</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Années_360_av._J.-C.|-360]] <sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à ''Élis'' — [[w:Années_270_av._J.-C.|-270]] <sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>)<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#scepticisme_back|<span id="scepticisme"><sup>XVI</sup></span>]] De l’adjectif σκεπτῐκός / skeptikós [[wikt:en:σκεπτικός#Ancient_Greek|(en)]], « Qui observe, qui réfléchit, qui interroge. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du verbe σκέπτομαι / sképtomai [[wikt:en:σκέπτομαι#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Regarder, examiner. 2. Examiner, considérer, penser : • (rarement) Penser, estimer; • Préparer, préméditer. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival -ικός / -ikós;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Le ''scepticisme'' est une attitude de questionnement ou de doute à l’égard des revendications de connaissances qui sont considérées comme une simple croyance ou un dogme.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Le ''pyrrhonisme'' est une ancienne école grecque de ''scepticisme philosophique'' qui rejette le dogme et préconise la suspension du jugement [[wikt:en:Epoché|(en)]] (ἐποχή / epokhē [[wikt:en:ἐποχή#Ancient_Greek|(en)]]) sur la vérité de toutes les croyances, pour atteindre la tranquillité mentale [[w:en:Ataraxia|(en)]] (ἀταραξία / ataraxía [[wikt:en:ἀταραξία#Ancient_Greek|(en)]]).
</small>'''{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXIII.</small>''' Tout ce que les philosophes ont pensé sur la nature des dieux depuis '''Thalès''' de ''Milet'', tu nous l’as rapporté de mémoire et avec une telle érudition, qu’elle m’étonne dans un ''Romain''. Or, te paraît-il qu’ils aient tous extravagué, en disant que les dieux pouvaient exister sans mains et sans pieds? Quand vous voyez quelle est pour nous l’utilité, quelle est au moins l’opportunité de certaines parties du corps, cela ne devrait-il pas vous porter à croire que les dieux peuvent se passer de ces membres? En effet, qu’ont-ils besoin de pieds, s’ils ne marchent pas; de mains s’ils ne touchent rien? Je ne parle pas des autres parties du corps où rien n’est sans objet, sans cause, sans activité, en sorte qu’aucun art ne saurait ici imiter la nature. Votre dieu aura donc une langue, et ne parlera pas; des dents, un palais, un gosier, et n’en fera pas usage. Ce que la nature a donné à l’homme pour la continuation de son espèce, le dieu l’aura reçu en vain; et les organes intérieurs lui seront aussi inutiles que les parties extérieures. Si pourtant le cœur, les poumons, le foie et les autres intestins ne sont pas utiles, qu’ont-ils donc de si beau? On le dirait, puisque vous ne voulez de tout cela dans le dieu que pour la beauté.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Et c’est avec de pareils songes [[#songe_Epicure_NdT_Matter|<span id="songe_Epicure_NdT_Matter_back">'''<sup>1</sup>'''</span>]] qu’'''Epicure''', '''Métrodore''' et '''Hermachus''' se sont déclarés contre '''Pythagore''', '''Platon''' , '''Empédocle'''! que la courtisane '''Leontium''' a osé écrire contre '''Théophraste'''! Il est vrai qu’elle l’a fait dans un langage ingénieux et vraiment attique; mais encore [[#Mais_encore_NdT_Matter|<span id="Mais_encore_NdT_Matter_back">'''<sup>2</sup>'''</span>]] !<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Telle est la licence du jardin d’'''Épicure''', et vous vous distinguez les dieux en hommes et femmes, vous voyez bien ce qui s’ensuivra. Pour moi, jamais je ne puis assez témoigner ma surprise de ce que votre chef ait pu arriver à de pareilles idées.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Mais vous en revenez toujours, à grands cris, au principe qu’un dieu doit être heureux et immortel. Ne pourrait-il donc pas être heureux à moins d’avoir deux pieds? ou pourquoi cette ''béatité'' ou cette ''béatitude'' (car l’un et l’autre de ces deux mots sont également durs, et il faut adoucir les mots par l’usage) ; pourquoi cet état, quelque nom qu’il porte, ne pourrait-il pas tomber en partage au soleil là-haut, à ce monde-ci, à quelque intelligence éternelle, qui n’aurait ni les formes ni les membres d’un corps humain?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Tu ne réponds rien à cela, si ce n’est que tu n’as jamais vu de soleil ni de monde heureux. Mais quoi, peux-tu nier que tu n’as jamais vu d’autre monde que celui-ci? Et pourquoi alors affirmer qu’il y a, non-seulement six cent mille mondes, mais un nombre infini? ''La raison le dit''. Et pourquoi la raison ne dit-elle pas aussi, lorsqu’il est question de la nature la plus excellente, d’une nature heureuse et éternelle, qui seule est une nature divine, qu’outre les avantages de l’immortalité qu’elle a sur nous, elle tient encore ceux de l’esprit, et puisqu’elle tient ceux de l’esprit, elle doit avoir encore ceux du corps? Dès-lors, inférieurs à Dieu dans certaines choses, pourquoi lui serions-nous égaux en forme? Si nous ressemblons à Dieu en quelque chose, c’est par la vertu plus que par la figure.</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''<small>[[#songe_Epicure_NdT_Matter_back|<span id="songe_Epicure_NdT_Matter"><sup>1</sup></span>]] ''C’est avec de pareils songes, etc.'' [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], qui faisait ses délices d’un paradoxe, s’est amusé à prouver que Léontium était la femme légitime d’Épicure.</small>'''</td>
</tr>
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Mais_encore_NdT_Matter_back|<span id="Mais_encore_NdT_Matter"><sup>2</sup></span>]] ''Mais encore.'' — ''Sed tamen.'' L’écrivain orateur se sert ici d’une figure de bon effet, connue sous le nom de [[w:ἀποσιώπησις#Grec_ancien|άποσιώπησις'']].</small>'''</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres complètes de Cicéron</u>.][https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA5#v=onepage&q&f=true ''De la nature des dieux. Livre Premier.''] [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA93#v=onepage&q&f=true ''XXXIII.''] [https://books.google.fr/books?id=ko_4tQjYbzgC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Cic%C3%A9ron%20De%20la%20nature%20des%20Dieux&hl=fr&pg=PA137#v=onepage&q&f=true <sup><small>NOTES</small></sup>], traduction nouvelle par M. [[w:Jacques_Matter|Matter]], inspecteur général des études, C. L. F. Panckoucke, éditeur, Officier de l’ordre royal de la légion d’honneur, 1839</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;"> Tout ce que les Philosophes depuis '''Thalès''' ont pensé sur la nature des Dieux, vous l’avez rapporté avec une érudition, qui m’a surprit dans un ''Romain''. Or vous paroît-il qu’ils aient tous extravagué, pour avoir dit que des mains et des pieds n’étoient pas une chose essencielle à la Divinité? Quand vous examinez à quoi servent des membres tels que les nôtres, ne vous est-il pas évident que les Dieux peuvent s’en passer? Faut-il des pieds, à qui ne marche jamais? des mains, à qui n’a rien à toucher? Ainsi des autres membres; car il n’y en a point d’inutile, point qui n’ait ses fonctions particulières. L’adresse de la nature surpasse ici tous les efforts de l’art. Votre Dieu aura donc une langue sans parler; il aura des dents, un palais, un gosier, sans en faire usage; il aura en vain ce qui est destiné à la génération; il aura non-seulement les parties extérieures, mais encore les intérieures, le cœur, le poumon, le foie et autres semblables, qui ne lui sont bonnes à rien, puisque vous ne lui donnez des membres que pour la beauté.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> De si folles rêveries ont-elles pu inspirer à '''Épicure''', à '''Métrodore''', à '''Hermachus''', l’audace de s’élever contre '''Pythagore''', contre '''Platon''', contre '''Empédocle'''? Que dis-je? la courtisane [[#Léontium_NdT_P-J_TdO|<span id="Léontium_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>1</sup>'''</span>]] '''Léontium''' osa écrire contre '''Théophraste'''; finement, je l’avoue, et d’un style Attique : mais enfin voilà jusqu’où le jardin [[#jardin_NdT_P-J_TdO|<span id="jardin_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>2</sup>'''</span>]] d’'''Epicure''' portoit la licence; et votre [[#coutume_épicurienne_NdT_P-J_TdO|<span id="coutume_épicurienne_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>3</sup>'''</span>]] coutume est cependant de prendre feu, pour peu qu’on ne soit pas de votre avis. Il n’en falloit pas davantage pour se faire une querelle avec [[#querelle_Zenon_NdT_P-J_TdO|<span id="querelle_Zenon_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>4</sup>'''</span>]] '''Zénon'''. '''Albutius''' entendait-il mieux raillerie ? '''Phèdre''', ce bon vieillard, qui étoit la politesse même, lorsqu’il m’échappoit quelque vivacité dans la dispute, aussitôt se mettoit de mauvaise humeur. Quelles ont été les invectives d’ '''Épicure''' contre '''Aristote''', et ses médisances infâmes contre '''Phédon''', disciple de '''Socrate'''? Il a écrit des volumes entiers contre '''Timocrate''', qui étoit le frère de son ami '''Métrodore''', et qui ne lui avoit déplu que pour n’être pas de son opinion sur je ne sais quel point de Philosophie. Il n’a marqué nulle reconnoissance pour '''Démocrite''', l’auteur de sa doctrine; et il a traité fort mal '''Nausiphane''', son maître, qui ne lui avoit [[#plaisanterie_NdT_P-J_TdO|<span id="plaisanterie_NdT_P-J_TdO_back">'''<sup>5</sup>'''</span>]] rien appris.
</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Léontium_NdT_P-J_TdO_back|<span id="Léontium_NdT_P-J_TdO"><sup>1</sup></span>]] Le P. [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], dans ses Remarques sur Pline XXXV, 40, prétend que Léontium étoit la femme légitime d’Épicure. Voici sa preuve. ''Plinius inter tabuas Theodori pictoris habet Leontium Epicuri cogitantem. Quo dicto non meretricem, sed Epicuri conjugem fuisse Leontium significat, et in tabula pingi de rebus philosophicis meditantem. Sic enim in nummis antiquis appellantur Plotina Trajani, Sabina Hadriani, et apud Plinium aliæ, conjuges, certè, non meretrices.''</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#jardin_NdT_P-J_TdO_back|<span id="jardin_NdT_P-J_TdO"><sup>2</sup></span>]] C’est-à-dire son école, parce qu’il enseignoit dans un [[w:Jardin_d%27Épicure|''jardin'']]. De même on dit l’[[w:Académie_de_Platon|''Académie'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Académie_back|<sup>🔄</sup>]] pour l’école de Socrate, parce que Platon et ses successeurs enseignoient dans un parc de ce nom-là. On dit aussi par la même raison [[w:Lycée_(école_philosophique)|''le Lycée'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Lycée_back|<sup>🔄</sup>]] pour l’école d’Aristote, et ''le Portique'' [[wikt:en:Stoa_Poikile|(en)]] pour celle des ''Stoïciens''.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#coutume_épicurienne_NdT_P-J_TdO_back|<span id="coutume_épicurienne_NdT_P-J_TdO"><sup>3</sup></span>]] Ceci regarde, non Velléius personnellement, mais en général tous les ''Epicuriens'', qui trouvoient qu’en disputant contre eux, on ménageoit peu les termes.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#querelle_Zenon_NdT_P-J_TdO_back|<span id="querelle_Zenon_NdT_P-J_TdO"><sup>4</sup></span>]] C’est Zénon l’Epicurien. [[w:Pierre_Bayle|Bayle]], dans son [[w:Dictionnaire_historique_et_critique|Dictionnaire]] [https://books.google.fr/books?id=BvaympyA3LQC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=bayle%20%22Zenon%22%20dictionnaire%20historique%20et%20critique&hl=fr&pg=PA607#v=onepage&q&f=true <sup>Zénon pp.607-610</sup>], a une article entier touchant Albutius [https://books.google.fr/books?id=DEn89SsJaYIC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=bayle%20%22albutius%22%20dictionnaire%20historique%20et%20critique%201734&hl=fr&pg=PA193#v=onepage&q&f=true <sup>pp.193-195</sup>]. Comme Phèdre, et quelques autres ne sont ici nommés qu’en passant, il est inutile de m’y arrêter.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#plaisanterie_NdT_P-J_TdO_back|<span id="plaisanterie_NdT_P-J_TdO"><sup>5</sup></span>]] Pour sentir cette plaisanterie, il faut se ressouvenir de ce qu’on a lu ci-dessus, page 107.</small>'''
</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n3/mode/2up <u>Entretiens de Cicéron sur la Nature des Dieux, Tome Premier</u>.][https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n35/mode/2up ''Livre Premier.''] [https://archive.org/details/entretiensdecic00cic/page/n117/mode/2up ''XXXIII.''], traduits par [[w:Pierre-Joseph_Thoulier_d%27Olivet|M. l’abbé d’Olivet]], de l’Académie Françoise, chez les Frères Barbou, rue & vis-à-vis la grille des Mathurins, 1793<br />(également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f103.item '''ici'''], [[s:De_la_Nature_des_Dieux/1|'''là''']] et [https://archive.org/details/TomeQuatrieme.OeuvresCompletesDeCiceronParM.NisardFirminDidot1881/page/n109/mode/2up là encore])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
=== [[w:Académiques|Academica]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Académie_back|<sup>🔄</sup>]] ===
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px"> Dialogue de '''Cicéron''', publié en [[w:45_av._J.-C.|-45]], qui nous est parvenu dans un état très fragmentaire : le second livre (connu sous le nom de ''Lucullus''; le premier, ''Catulus'', étant perdu) de la première édition (appelée ''Academica Priora''), des fragments du premier livre de la seconde édition (''Academica Posteriora'') remaniée, qui comptait quatre livres. On peut le considérer comme l’introduction naturelle aux ouvrages philosophiques de '''Cicéron''' qui suivent ; il s’y fait le porte-parole de la Nouvelle Académie, tradition philosophique sceptique issue de l’Académie de '''Platon''' et initiée par [[w:Arcésilas_de_Pitane|'''Arcésilas''']] de [[w:Pitane|''Pitane'']]. La question principale abordée dans l’ouvrage est celle de l’accès à la connaissance, étape première dans la pensée grecque pour la conduite de l’être humain. Il y présente les diverses positions soutenues par les successeurs de '''Platon''', mais refuse de s’aligner sur la doctrine d’une école particulière.</div></poem>
==== [[w:Académiques#Academica_Priora|Academica Priora]] <p style="text-align: right;">[[s:Premiers_Académiques|<sup>📚</sup>]] ====
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px"> La première édition se déroule sur deux jours consécutifs en [[w:62_av._J.-C.|-62]]. La conversation a lieu entre quatre dirigeants romains éminents : [[w:Quintus_Lutatius_Catulus_(consul_en_-78)|'''Quintus Lutatius Catulus Capitolinus''']], [[w:Quintus_Hortensius_Hortalus|'''Quintus Hortensius''']], [[w:Lucullus|'''Lucius Licinius Lucullus''']] et '''Cicéron'''. Le ''Catulus'' (perdu) a lieu le premier jour dans la villa balnéaire de '''Catulus''', et le ''Lucullus'' le deuxième jour dans la villa balnéaire d’ '''Hortensius'''.</div>
===== Livre II — [[w:Lucullus|'''Lucullus''']] =====
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px"> '''Lucullus''' insiste sur le fait qu’il répète de mémoire les arguments d’[[w:Antiochos_d%27Ascalon|'''Antiochos''']]. '''Catulus''' dit qu’il répète les vues de son [[w:Quintus_Lutatius_Catulus_(consul_en_-102)|père]], qui semblent être les mêmes que les vues initiales de [[w:Philon_de_Larissa|'''Philon''']]. '''Hortensius''' nie avoir une quelconque expertise philosophique. Cicéron défend les vues académiques sceptiques de [[w:Clitomaque_de_Carthage|'''Clitomaque''']].</div></poem>
====== <div style="text-align: center;">Chapitre XXXVII.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Témoignage de '''Thalès''' comme l’un des [[w:Sept_sages_de_Grèce|''Sept sages'']], et d’une théorie de l’eau principe universel.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXVII.</small>''' Princeps '''Thales''', unus e septem, cui sex reliquos concessisse primas ferunt, ex aqua dixit constare omnia. At hoc '''Anaximandro''', populari et sodali suo, non persuasit: is enim infinitatem naturae dixit esse, e qua omnia gignerentur. Post eius auditor '''Anaximenes''' infinitum aëra, sed ea, quae ex eo orirentur, definita: gigni autem terram, aquam, ignem, tum ex his omnia. '''Anaxagoras''' materiam infinitam, sed ex ea particulas, similis inter se, minutas, eas primum confusas, postea in ordinem adductas a mente divina. '''Xenophanes''', paulo etiam antiquior, unum esse omnia neque id esse mutabile et id esse deum neque natum umquam et sempiternum, conglobata figura: '''Parmenides''' ignem, qui moveat terram, quae ab eo formetur: [[w:Leucippe|'''Leucippus''']], plenum et inane: '''Democritus''' huic in hoc similis, uberior in ceteris: '''Empedocles''' haec pervolgata et nota quattuor: '''Heraclitus''' ignem: '''Melissus''' hoc, quod esset infinitum et immutabile, et fuisse semper et fore. '''Plato''' [[#Platon_NdT_Nisard|<span id="Platon_NdT_Nisard_back">''ex materia in se omnia recipiente''</span>]] mundum factum esse censet a deo sempiternum. '''Pythagorei''' ex numeris et mathematicorum initiis proficisci volunt omnia. Ex his eliget vester sapiens unum aliquem, credo, quem sequatur: ceteri tot viri et tanti repudiati ab eo condemnatique discedent. Quamcumque vero sententiam probaverit, eam sic animo comprehensam habebit, ut ea, quae sensibus, nec magis approbabit nunc lucere, quam, quoniam Stoicus est, hunc mundum esse sapientem, habere mentem, quae et se et ipsum fabricata sit et omnia moderetur, moveat, regat. Erit ei persuasum etiam solem, lunam, stellas omnis, terram, mare deos esse, quod quaedam animalis intellegentia per omnia ea permanet et transeat, fore tamen aliquando ut omnis hic mundus ardore deflagret.</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''<small>[[#Platon_NdT_Nisard_back|<span id="Platon_NdT_Nisard">''Ex materia in se omnia recipiente.''</span>]] C’est le τὸ πανδεχές de Platon. Cicéron en parle plus explicitement dans le [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/academiques0.htm premier livre des deuxièmes Académ.], 7.</small>'''</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f1.item <u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Troisième</u>.][https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f436.item ''Premières Académiques, intitulées Lucullus. Livre second.''] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f473.item ''XXXVII.''], avec la traduction en français, publiées sous la direction de M. [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 Nisard] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/academiques11.htm '''ici'''], une édition de 1150/1175 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9078196z/f61.item.zoom '''là'''] et une édition de 1885 [https://books.google.fr/books?id=S6vqLJ7tOusC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=academica%20priora%20cicero&hl=fr&pg=PA313#v=onepage&q&f=true '''là encore'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXVII.</small>''' À leur tête, '''Thalès''', l’un des sept sages, à qui l’on dit que les six autres, d’un commun accord, abandonnèrent le premier rang, prétendit que tout est formé avec l’eau. Mais il ne put faire goûter cette manière de voir à [[w:Anaximandre|'''Anaximandre''']] [[#Anaximandre_back|<sup>⤴️</sup>]], son contemporain et son ami, qui avait pour principe de toutes choses la nature infinie. [[w:Anaximène|'''Anaximène''']] [[#Anaximène_back|<sup>⤴️</sup>]], disciple d’ '''Anaximandre''', vit ce principe dans l’air infini, en ajoutant que ce qui en sortait, était déterminé ; que l’air formait d’abord la terre, l’eau et le feu, et que ces éléments formaient tout le reste. Le premier principe d’[[w:Anaxagore|'''Anaxagore''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaxagore_back|<sup>🔄</sup>]], c’est une matière indéterminée, de laquelle sont composées de petites molécules, semblables entr’elles, primitivement confuses, mais dans le cahos desquelles l’ordre a été introduit par l’esprit divin. [[w:Xénophane|'''Xénophane''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Xénophane_back|<sup>🔄</sup>]], dont l’époque est un peu plus ancienne, disait que le monde entier était un seul être, immuable, qu’il appelait Dieu, et à qui il attribuait l’éternité et la forme sphérique. Pour [[w:Parménide|'''Parménide''']] [[#Parménide|<span id="Parménide_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], le principe des choses, c’est le feu, le mobile de la terre, qui est formée par lui. Pour [[w:Leucippe|'''Leucippe''']] [[#Leucippe|<span id="Leucippe_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], c’est le plein et le vide ; [[w:Démocrite|'''Démocrite''']] [[#Démocrite_back|<sup>⤴️</sup>]], partout ailleurs beaucoup plus riche, tient ici le même langage. Pour [[w:Empédocle|'''Empédocle''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Empédocle_back|<sup>🔄</sup>]], ce sont les quatre éléments connus de tout le monde ; pour [[w:Héraclite|'''Heraclite''']] [[#Heraclite|<span id="Heraclite_back"><sup>'''III'''</sup></span>]], c’est le feu ; pour [[w:Mélissos|'''Mélissus''']] [[#Mélissus|<span id="Mélissus_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], l’être infini, immuable et éternel. '''Platon''' pense que Dieu a tiré d’une matière capable de toutes les formes un monde impérissable. Les ''pythagoriciens'' veulent que tout sorte des nombres et des premiers éléments mathématiques. Parmi ces grands hommes, votre sage choisira, je pense, celui qu’il veut croire, et tous les autres seront condamnés et répudiés par lui. Mais quelque doctrine qu’il approuve, il sera tout aussi certain des principes qu’elle enseigne, que des objets dont les sens témoignent, et il ne sera pas plus convaincu qu’il fasse jour maintenant, qu’il ne le sera, puisque vous en faites un ''stoïcien'', que le monde est doué de sagesse et renferme une intelligence qui l’a formé, lui et le reste des êtres, et qui contient, anime et gouverne tout. Il sera convaincu également que le soleil, la lune, les étoiles, la terre et la mer sont des dieux, parce qu’une âme intelligente est répandue et se meut en eux tous ; mais que cependant un jour le monde sera consumé dans une conflagration générale.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f1.item <u>Œuvres complètes de Cicéron. Tome Troisième</u>.][https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f436.item ''Premières Académiques, intitulées Lucullus. Livre second.''] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282067k/f473.item ''XXXVII.''], avec la traduction en français, publiées sous la direction de M. [https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/desire-nisard?fauteuil=39&election=28-11-1850 Nisard] de l’Académie Française Inspecteur Général de l’Enseignement Supérieur, Chez Firmin Didot Frères, Fils et C<sup>ie</sup>, Libraires Imprimeurs de l’Institut de France, 1864<br />(également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/academiques11.htm '''ici'''], une édition de 1875 [https://books.google.fr/books?id=pSagZf-k42kC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=A%20leur%20t%C3%AAte%2C%20Thal%C3%A8s%2C%20des%20sept%20sages%2C%20%C3%A0%20qui%20lon%20dit%20que%20les%20six%20autres%2C%20dun%20commun%20accord%2C%20abandonn%C3%A8rent%20le%20premier%20rang&hl=fr&pg=PA472#v=onepage&q&f=true '''là'''] et une édition de 2017 [https://books.google.fr/books?id=1oEkDwAAQBAJ&pg=PT2167&dq=A+leur+t%C3%AAte,+Thal%C3%A8s,+des+sept+sages,+%C3%A0+qui+lon+dit+que+les+six+autres,+dun+commun+accord,+abandonn%C3%A8rent+le+premier+rang&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwjZotbsz5P4AhUOYxoKHV8RCcQQ6AF6BAgHEAI#v=onepage&q&f=true '''là encore'''])</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Nisard 1864|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Parménide_back|<span id="Parménide"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Παρμενίδης#Grec_ancien|Παρμενίδης / Parmenidês]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe παραμένω / paraménô [[wikt:en:παραμένω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Rester près, se tenir à côté. 2. Tenir bon, maintenir sa position. 3. Rester en arrière. 4. Survivre. 5. (des choses) Endurer, durer. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ de la préposition πᾰρᾰ́ / pará [[wikt:en:παρά#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (+ génitif) • Depuis, de; • À cause. 2. (+ datif) À, à côté de, près de. 3. (+ accusatif) • Contrairement à; • À côté, par, près (avec les verbes d’aller ou venir ; avec les verbes de mouvement passé ; avec les verbes de frapper ou de blesser). »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ + du verbe μένω / ménō [[wikt:en:μένω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Rester, Attendre : • (au combat) Maintenir sa position, tenir bon; • Rester où l’on est; Loger, héberger, résider, habiter; • Tarder; Flâner, être oisif; • (des choses) Être durable; Rester, demeurer, subsister; • (de condition) Rester, demeurer, subsister; • Respecter, se conformer à; • (impersonnel, avec infinitif) Rester, demeurer, subsister. 2. Attendre, s’attendre à, espérer, expecter : • Attendre (Accusatif/Infinitif). »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe génitif singulier -ίδης / -ídês, « 1. Arbre à bois de construction, bois. 2. Colline boisée. ».<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> [[w:Philosophie_antique|''Philosophe'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]] grec [[w:Présocratiques|''présocratique'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Présocratique_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Pythagore|''pythagoricien'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pythagore_back|<sup>🔄</sup>]], puis [[w:École_éléatique|''éléate'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#éléate_back|<sup>🔄</sup>]]. Il est célèbre pour un poème en vers, ''De la nature'', qui eut une influence notable sur la pensée de son époque. [[w:Platon|Platon]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]] a consacré un dialogue qui porte son nom, [[w:Parménide_(Platon)|''le Parménide'']], pour traiter la question de l’[[w:Être#Philosophie_occidentale|''Être'']], dont Parménide a inlassablement répété qu’il est, tandis que le [[w:Non-être#Antiquité|''Non-Être'']] n’est pas.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] fin [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup>]], [[w:Élée|''Élée'']] — milieu [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}})<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Leucippe_back|<span id="Leucippe"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Λεύκιππος / Leúkippos [[wikt:en:Λεύκιππος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif λευκός / leukós [[wikt:en:λευκός#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Clair, brillant, luisant. 2. De couleur claire; blanc. 3. Pâle de peau, faible, lâche. 4. Juste, heureux, joyeux. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun ῐ̔́ππος / híppos [[wikt:en:ἵππος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. un cheval, (féminin) une jument. 2. (féminin) cavalerie, cavaliers. ».<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> [[w:Philosophie_antique|''Philosophe'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Philosophe_back|<sup>🔄</sup>]] grec [[w:Présocratiques|''présocratique'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet#Présocratique_back|<sup>🔄</sup>]], et un des premiers [[w:Atomisme#En_Grèce_antique|''atomistes'']] [[#atomes_back|<sup>⤵️</sup>]]''grecs''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}})<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Héraclite_back|<span id="Héraclite"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἡράκλειτος / Hērákleitos [[wikt:en:Ἡράκλειτος#Ancient_Greek|(en)]], « gloire d’Héra »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom propre Ἥρᾱ / Hḗrā [[wikt:en:Ἥρα#Ancient_Greek|(en)]], « (Mythologie grecque) Héra »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif κλειτός / kleitós [[wikt:en:κλειτός#Ancient_Greek|(en)]], « Renommé, célèbre; hautement honoré et admiré : (des choses) Splendides, excellentes. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du verbe κλέω / kléō [[wikt:en:κλέω#Ancient_Greek|(en)]], « Raconter, rendre célèbre, célébrer : (passif) Être célèbre. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du suffixe adjectival -τος / -tos [[wikt:en:-τος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Philosophe grec [[w:Présocratiques|''présocratique'']], dont on ne sait presque rien, à part des fragments d’un ouvrage qu’il aurait écrit selon Diogène Laërce :'''<br /><p style="text-align: center; margin: 0 2em;"> « ''Le livre qu’on attribue à Héraclite parle de la nature d’un bout à l’autre, mais se divise en trois parties, sur le tout, sur la politique, sur la théologie. Il le déposa en offrande sur l’autel d’Artémis, après l’avoir écrit en termes obscurs à dessein, dit-on, afin que seuls des gens capables pussent le lire, et qu’il ne devînt pas méprisable pour avoir été vulgarisé.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;"><u>Vies et Doctrines des Philosophes</u>, [http://ugo.bratelli.free.fr/Laerce/IsolesSceptiques/Heraclite.htm ''Livre IX, Chapitre I. Héraclite - ΗΡΑΚΛΕΙΤΟΣ''] [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm (autre traduction + texte grec)], de [[w:Diogène_Laërce|'''Diogène Laërce''']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">'''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] milieu [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], [[w:Éphèse|''Éphèse'']] — début [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], ''Éphèse'')<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Mélissus_back|<span id="Mélissus"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Melissus#Latin|Μέλισσος / Mélissos]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Philosophe grec [[w:Présocratiques|''présocratique'']], un [[w:Triérarchie|''triérarque'']] [[#triérarque|<span id="triérarque_back"><sup>V</sup></span>]] [[w:Ionie|''ionien'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet#ionien_back|<sup>🔄</sup>]] et dernier représentant de l’[[w:École_éléatique|''école éléatique'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#éléate_back|<sup>🔄</sup>]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], [[w:Samos#Ligue_de_Délos,_guerre_du_Péloponnèse_et_seconde_confédération_athénienne|''Samos'']])<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#triérarque_back|<span id="triérarque"><sup>V</sup></span>]] Du nom commun grec ancien [[wikt:triérarque|τριήραρχος / triērarchos]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun grec ancien [[wikt:τριήρης#Grec_ancien|τριήρης / trierēs]] [[wikt:en:τριήρης#Ancient_Greek|(en)]], « (Antiquité) Trirème grecque, vaisseau à trois rangs de rames. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du préfixe τρῐ- / tri- [[wikt:en:τρι-#Ancient_Greek|(en)]], « tri- (trois, trois fois) »; Forme combinante de l’[[w:Nombre_cardinal|''adjectif numéral cardinal'']] τρεῖς / treîs [[wikt:en:τρεῖς#Ancient_Greek|(en)]], « trois », et de l’[[w:Numéral|''adverbe numéral'']] τρῐ́ς / trís [[wikt:en:τρίς#Ancient_Greek|(en)]], « trois fois »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du nom commun ἐρέτης / erétēs [[wikt:en:ἐρέτης#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (principalement au pluriel) Rameurs. 2. (au pluriel) Rames. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + suffixe [[wikt:-άρχης#Grec_ancien|-άρχης / -árkhês]], « -arque (souverain, chef) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du nom commun ᾰ̓ρχή / arkhḗ [[wikt:en:ἀρχή#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Début, origine. 2. Souveraineté, domination, autorité. 3. Le bout d’une corde ou d’un bâton, le coin d’une feuille. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 45px;">➥ du verbe ἄρχω / árkhō [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Commencer [+génitif = quelque chose, à partir de quelque chose, avec quelque chose]. 2. (transitif) Diriger, gouverner, commander [+génitif/+datif = quelqu’un]. 3. (intransitif) Être dirigeant; détenir un [[w:Archonte|Archonte]]. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">En Grèce antique, la [[w:Triérarchie|''triérarchie'']] (du nom commun grec ancien τριηραρχία / triêrarkhía) est une [[w:Liturgie_(Grèce_antique)|''liturgie'']] [[#liturgie|<span id="liturgie_back"><sup>VI</sup></span>]] militaire, qui consiste à entretenir le [[w:Gréement|gréement]] et la coque d’une [[w:Trière|''trière'']] fournis par la cité, à l’équiper et à engager un équipage pendant un an. Le triérarque est choisi par l’un des [[w:Stratège|''stratèges'']] parmi les plus riches citoyens, [[w:Métèque|''métèques'']] et [[w:Archonte#Grèce_antique|''archontes'']] exceptés. La personne retenue est ensuite exemptée de liturgies pendant les deux années qui suivent.
</small>'''{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''C<small>HAP</small>. 37.'''<br />''Divers [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />entiments [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ur les éléments'' [[#Sentiments_éléments_NdT_GFS_dC|<span id="Sentiments_éléments_NdT_GFS_dC_back"><sup>1</sup></span>]].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> D’abord '''Thalès''', un des {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ept Sages, avec lequel on dit que les autres {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ix s’accorderent les premiers [[#premier_7_sages_NdT_GFS_dC|<span id="premier_7_sages_NdT_GFS_dC_back"><sup>2</sup></span>]], donne l’eau pour principe de tout [[#Eau_principe_tout_NdT_GFS_dC|<span id="Eau_principe_tout_NdT_GFS_dC_back"><sup>3</sup></span>]]. C’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pourtant ce qu’il ne per{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uada point à '''Anaximandre''', {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on ami & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on concitoyen, qui prétendit que ce principe étoit l’infinité de la nature [[#Anaximandre_NdT_GFS_dC|<span id="Anaximandre_NdT_GFS_dC_back"><sup>4</sup></span>]]. En{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uite '''Anaximene''', di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ciple de ce dernier, en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eigna que l’immen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ité de l’air étoit ce principe; mais que les cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es qui en ré{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ultoient, étoient finies, & qu’il en nai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit la terre, l’eau & le feu, qui produi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent tout [[#Anaximene_NdT_GFS_dC|<span id="Anaximene_NdT_GFS_dC_back"><sup>5</sup></span>]]. Selon '''Anaxagore''' c’étoit la matiere infinie, compo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ée de parties très petites, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblables entr’elles, & infinies en nombre; ces parties étoient d’abord pêle-mêle, & en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uite l’intelligence divine les mit en ordre. '''Xénophane''', qui étoit un peu plus ancien, prétendit que tout e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t un, immuable, & Dieu [[#Xénophane_NdT_GFS_dC|<span id="Xénophane_NdT_GFS_dC_back"><sup>6</sup></span>]]; qu’il n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t point né, qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel, & de figure {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phérique. '''Parménide''' dit que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le feu; qu’il meut la terre, & qu’il l’a formée . '''Leucippe''', que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le plein & le vuide. '''Démocrite''' e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t en cela du même avis; il s’étend d’avantage {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur le re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te. '''Empédocle''' veut que ce {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oient les quatre éléments vulgaires & connus. '''Héraclite''' dit que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le feu. '''Meli{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}us''' que ce qui exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t infini, immuable, a toujours exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}té, & exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tera toujours. '''Platon''' pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e que Dieu a fait le monde, qui e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel, d’une matiere capable de tout recevoir. Les ''Pythagoriciens'' veulent que tout vienne des nombres & des éléments des ''Mathématiciens''. Entre tous ces Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes, votre Sage, je pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e, en choi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ira un {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eul pour {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on guide; & les autres, qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i grands hommes & en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i grand nombre, s’en iront rejetés & condamnés.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> Quelque {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment qu’il embra{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e, il en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}era au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ûr que de ce qui tombe {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ous {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens: il ne croira pas plus qu’il fait jour à pré{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent, qu’il ne croira, puisqu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ''Stoïcien'', que ce monde e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age, & doué d’une intelligence qui l’a fait, qui s’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t faite elle-même, & qui regle & dirige tout [[#monde_Stoïcien_NdT_GFS_dC|<span id="monde_Stoïcien_NdT_GFS_dC_back"><sup>7</sup></span>]]. Il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}era également convaincu que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil, la lune, toutes les étoiles, la terre, la mer, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont autant de Dieux, parce qu’une certaine intelligence animale les pénetre, & que cependant un jour ce monde périra par un incendie.</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Sentiments_éléments_NdT_GFS_dC_back|<span id="Sentiments_éléments_NdT_GFS_dC"><sup>1</sup></span>]] Je trouve dans [[w:Sextus_Empiricus|Sextus Empiricus]] (contre les Mathém. Liv. X. & II. contre les Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iciens, Sect.310-318. p.684-686.<sup>pp.[https://archive.org/details/sextusempiricus0003unse/page/363/mode/1up?q=thales 363], [https://archive.org/details/sextusempiricus0003unse/page/365/mode/1up?q=thales 365], [https://archive.org/details/sextusempiricus0003unse/page/367/mode/1up?q=thales 367]</sup>) un article qui me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emble très-propre à donner une idée nette des pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ées des Anciens {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur les principes des cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es. Sextus en parle au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i ailleurs ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/empiricus/pyrrhon3.htm#4 Hypot. Liv. III. Sect. 30.] & Liv. I. contre les Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}. Sect. 319. &c. <sup>p.[https://archive.org/details/sextusempiricus0003unse/page/173/mode/1up?q=thales 173]</sup>); mais le pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age que je choi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}is, e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le plus clair & le plus détaillé. Je vais le traduire en faveur de mes Lecteurs.{{Boîte déroulante début|titre=[⋯]|alignT=center}}<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''„Ceux qui ont fait des recherches {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur la con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}titution de l’Univers, ont tout formé, les uns d’une {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eule cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e, & les autres de plu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ieurs.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Ceux qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont tenus à un {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eul principe, l’ont {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uppo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é, les uns {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans aucune qualité, les autres avec des qualités.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„De ces derniers, les uns ont adopté l’air, les autres l’eau; d’autres le feu; d’autres enfin la terre.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„De ceux qui ont admis plu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ieurs principes, les uns en ont pris un nombre déterminé, les autres ont cru que le nombre en étoit infini.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Ceux qui veulent que le nombre des principes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit déterminé, en comptent, les uns deux; d’autres quatre; d’autres cinq; & d’autres {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ix.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Ceux qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont pour le nombre infini, veulent, ceux-ci que les éléments {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oient {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblables aux cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es produites; ceux-là qu’ils {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oient différents.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Des derniers, les uns {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outiennent que les éléments {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont inaltérables, & les autres qu’ils {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}u{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ceptibles d’altération.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Les [[w:Stoïcisme|''Stoïciens'']] forment l’Univers d’une {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ub{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tance unique de{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tituée de toute qualité. Car, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elon eux, ce principe e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t une matière {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans qualité, & capable de toute {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}orte de changements, après lesquels {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont produits les quatres éléments, le feu, l’air, l’eau, & la terre.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Que tout {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit formé d’une {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eule {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ub{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tance, mais douée de qualités, c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment d’[[w:Hippase_de_Métaponte|Hippa{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}us]], d’[[w:Anaximandre|Anaximandre]], & de Thalès. Hippa{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}us, &, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elon quelques auteurs, [[w:Héraclite|Héraclite]] d’[[w:Éphèse|''Éphè{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e'']], attribuent la formation du tout au feu; Anaximandre à l’air; Thalès à l’eau; [[w:Xénophane|Xénophane]], au dire de quelques-uns, à la terre.---<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[w:Homère|Homere]] reconnoît plu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ieurs éléments, en nombre déterminé, qu’il borne à deux; la terre & l’eau--- Xénophane de Colophon e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t du même avis--- [[w:Euripide|Euripide]] veut que ce {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit l’éther & la terre.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[w:Empédocle|Empédocle]] en admet quatre“ --- [le feu, l’air, la terre, & l’eau. Au {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ujet d’Empédocle, Sextus dit la même cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e [http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/empiricus/pyrrhon3.htm#4 Hypot. Liv. III. Sect. 31. p. 136.]].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[w:Ocellos|Ocellus Lucanus]] & Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote cinq; car ils ajoutent aux quatre éléments une cinquieme {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ub{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tance qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e meut circulairement, & dont, à ce qu’ils di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont faites les cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es céle{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Empédocle compte jusqu’à {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ix principes; [quatre quand il parle comme ci-de{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}us, & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ix quand il leur joint l’amitié & la di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}corde]. De ces {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ix principes quatre {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont matériels, la terre, l’eau, l’air, & le feu; & deux {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont actifs, l’amitié & la di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}corde.“ [Principes actifs dans lesquels Mr. Drutens trouve l’attraction & la répul{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ion des Newtoniens, non de Newton; car chez lui l’attraction & la répul{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ion {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont des phénomenes, des effets, non des principes].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Que le nombre des principes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit infini, c’a été la pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ée d’[[w:Anaxagore|Anaxagore de Clazomene]], de [[w:Démocrite|Démocrite]], d’[[w:Épicure|Épicure]], & de plu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ieurs autres.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Mais Anaxagore crut que les principes étoient {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblables aux cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es produites; & Démocrite & Épicure qu’ils étoient différents & inaltérables: c’étoient les atomes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[w:Héraclide_du_Pont|Héraclide de Pont]] & [[w:Asclépiade|A{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}clépiade]] firent les principes différents des chho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es produites, mais altérables, étant des corpu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}cules {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans qualité déterminée.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[[w:Eusèbe_de_Césarée|Eu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ebe]] ([http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation1.htm Prépar. Évang. Liv. I.] ch. 8.) explique au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i les différentes pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ées des Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes Grecs {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur les premiers principes.{{Boîte déroulante fin}}</small>'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#premier_7_sages_NdT_GFS_dC_back|<span id="premier_7_sages_NdT_GFS_dC"><sup>2</sup></span>]] Le texte porte: ''cui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ex reliquos con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e primos {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}erunt.'' Davi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ius, Ur{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}inus &c. li{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent : ''conce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e primas'', „ont cedé la premiere place.“</small>'''
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Eau_principe_tout_NdT_GFS_dC_back|<span id="Eau_principe_tout_NdT_GFS_dC"><sup>3</sup></span>]] „Les plus {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ages des prêtres Égyptiens --- pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent qu’Homere & Thalès ont appris des Égyptiens que l’eau étoit le principe de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es“ (Plut. d’I{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}is & d’O{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iris pag. 364. D. <sup>[http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm §34]</sup>). Mais il ne faut pas oublier que {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i „Thalès de Milet dit que l’eau e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t l’élément des cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es [il dit au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}], que Dieu e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t l’intelligence qui a tout formé de l’eau“ ([[#Cic_de_Nat_Deor_LibI|Cic. de Nat. Deor. Lib. I.]] cap. 18.).</small>'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Anaximandre_NdT_GFS_dC_back|<span id="Anaximandre_NdT_GFS_dC"><sup>4</sup></span>]] Cet infini d’Anaximandre n’étoit que la matiere: „mais la matiere ne peut pas pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er de la pui{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ance à l’acte {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans une cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e efficiente“ (Plut. [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/opionionsphilo.htm#07 des {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent. des Phil. Liv. I. ch. 3. p. 876. A.]). Ici j’ai été obligé de paraphra{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er un peu le texte. Le traducteur Latin au lieu de ''actu e{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e'', traduit: ''rem creare nullam''.{{Boîte déroulante début|titre=[⋯]|alignT=center}}<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Anaximandre con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}idéra la matiere „comme un {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ujet informe, & l’appella ''infini'', c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t à dire, indéterminé, parce que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t la forme qui finit ou circon{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}crit tout être matériel dans {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pece“ ([[w:https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Batteux|Batt.]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94210n/f230.image cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}. prem. p. 207.]). Cette rai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t bonne en elle-même. Plutarque, en explo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ant le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment d’Anaximandre ([http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/opionionsphilo.htm#07 des {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent. des Phil. L. I. ch. 3. p. 875. F.]) {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ert du mot ''apeiron'', qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ignifie également infini, & indéterminé. Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys3.htm#92 Leçons de Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ique Liv. III. ch. 9. No. 2.] p. 348. D.) appelle ''apeirous'' les anneaux qui n’ont point de chaton: Homere donne la même épithete à la terre, parce qu’elle e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phérique, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uivant l’explication d’Eu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tathius & de Jean le Grammairien. Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote & Homere n’ont pas cru, l’un {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a bague, & l’autre la terre infinies: elles {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont indéfinies, parce que l’on peut placer où l’on veut leur commencement & leur fin.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Mais {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i l’explication de Batteux e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t bonne en elle-même, je ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}aurois l’accorder avec celle de Plutarque, qui dit expre{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ément (lieu cité) qu’„Anaximandre de Milet dit que le principe des êtres e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t l’apeiron; que tout en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ort & tout y rentre: que par con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}équent les mondes qui en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont formés & y retournent, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont ''apeiroi'':“ & que „leur principe e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ''apeiron'', afin que les générations ne ce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent & ne s’arrêtent jamais.“ Il me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emble que les deux dernieres phra{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es montrent clairement que le mot ''apeiros'' ici {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ignifie infini, non indéfini ou indéterminé. D’ailleurs Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote (lieu cité) dit que l’anneau e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t appellé ''apeiron'', en parlant „par une certaine re{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblance, non proprement.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Enfin „Anaximandre“ [croyoit] „que les Dieux reçoivent l’être, qu’ils nai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent & meurent de loin à loin; & que ce {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont des mondes innombrables“ ([[#Cic_de_Nat_Deor_LibI|Cic. de nat. Deor. Lib. I.]] cap. 10. J’ai copié la trad. d’Olivet). Le Latin de ce pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age porte: ''innumerabiles mundos''; le mot ''innumerabiles'' confirme le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens que je donne au terme ''apeiros''.{{Boîte déroulante fin}}</small>'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Anaximene_NdT_GFS_dC_back|<span id="Anaximene_NdT_GFS_dC"><sup>5</sup></span>]] Les opinions Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iques de ces Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes anciens {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont très-peu connues, parce qu’ils nous re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te peu de mémoires {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur lesquels on pui{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e compter. Je ne m’étendrai donc pas {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur ce {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ujet, & je me bornerai à une remarque générale que me fournit l’Abbé d’olivet ([https://books.google.fr/books?id=i7HqMwsDd0wC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=abb%C3%A9%20d%27olivet%20th%C3%A9ologie%20des%20philosophes%20%C3%A9ternit%C3%A9%20matiere&hl=fr&pg=PA258#v=onepage&q&f=true Théol. des Phil.] pag. 239. 240.). „Tous les Anciens croyoient l’éternité de la matiere. {{Boîte déroulante début|titre=[⋯]|alignT=center}}<p style="text-align: justify;">'''Mais la plupart [[#la_plupart_NdT_GFS_dC|<span id="la_plupart_NdT_GFS_dC_back">(*)</span>]] ne la con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}idéroient avant la formation du monde, que comme une ma{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e informe & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans ordre, ''rudis indige{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}taque moles'' [[#rudis_indigestaque_moles_NdT_GFS_dC|<span id="rudis_indigestaque_moles_NdT_GFS_dC_back">(**)</span>]]. C’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ce qu’ils appelloient ''chaos''. Les uns lui croyoient un mouvement naturell & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pontanée, par lequel, à force de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e mouvoir, elle attrapa enfin un arrangement, qui peu à peu devint ce que nous voyont. D’autres, ne lui croyant pas cette faculté motrice, lui a{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ocioient une intelligence qui lui imprima du mouvement, & la mit en ordre.---<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Anaximene donc, rai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}onnant {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}econd état de la matiere, quand elle pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a du chaos à une forme réglée, crut que d’abord elle devint air; que par con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}équent l’air, qui comprenoit alors tout ce qu’il y avoit de matiere, étoit infini, & que l’air modifié produi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}it la terre, l’eau, & le feu, d’où {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e formerent tous les êtres particuliers.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[#la_plupart_NdT_GFS_dC_back|<span id="la_plupart_NdT_GFS_dC">(*)</span>]] Je dis avec re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}triction ''la plupart'', à cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e d’Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote qui étoit pour l’éternité du monde.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[#rudis_indigestaque_moles_NdT_GFS_dC_back|<span id="rudis_indigestaque_moles_NdT_GFS_dC">(**)</span>]] Ovid Meram.Lib. I. v. 8.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Mr. d’Olivet cite Bayle qui, dans {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on dictionnaire (article ''Jupiter'', remarque G), a avancé „qu’il n’y a nulle apparence que Ciceron ait bien rapporté le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment d’Anaximene, & cela {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur des paroles de St. Augu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tin tirées de la cité de Dieu.“ Dans Bayle on cite en marge Lib. VIII. cap. 2. St. Augu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tin y dit: ''Anaximenes omnium rerum cau{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}as infinito aëri dedit, nec Deos negavit aut tacuit: non tamen ab ip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}is aërem factum, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ed ip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}os ex aëre natos credidit''. Ces Dieux nés {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elon Bayle, Saturne, Rhea, Jupiter &c. On peut {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur ce pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ulter les ''Ob{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ervationes Halen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es'', (Tom. II. Ob{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}. 19. pag. 440.). Mr D’Olivet dit qu’il falloit plutôt con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ulter la lettre de St. Augu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tin à Dio{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}core, laquelle e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t la 118 dans l’édition des Bénédictins, & la 56 dans les autres éditions.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">J’ai con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ulté cette lettre, & je trouve que (Cap. II. §. 23.) le St. Docteur ne parle du {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment d’Anaximene qu’en peu de mots; il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e rapporte à Ciceron ''de natura Deorum''. Pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ons à Anaxagore.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Anaxagore dit que les corps“ [les parties {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}imilaires] „exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toient au commencement, & que l’intelligence divine les mit en ordre, & donna ain{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i nai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ance aux cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es“ (Plut. [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/opionionsphilo.htm des {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entim. des Phil. Liv. I. chap. 7. pag. 881. A.]). Mais, ob{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}erve Socrate (Plat. de l’ame), „cet homme ne fait aucun u{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age de l’intelligence; il ne rend aucune rai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on de ce bel arrangement; & les cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es qu’il a{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}igne, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont l’air, l’éther, l’eau, & plu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ieurs autres cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es ab{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}urdes.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Socrate dans la {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uite de ce pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age, décrit parfaitement l’Optimi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te, par ces mots entr’autres: „il ne me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eroit jamais venu dans l’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}prit qu’Anaxagore ayant dit que l’intelligence gouverne les cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es, expliqueroit les phenomenes autrement qu’en prouvant que ''tout e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t bien comme il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t;'' &“ [j’aurois cru qu’] „après avoir a{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}igné à chaque cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e une cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e particuliere, il montreroit en général ce qui convient au tout.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">N’ayant pas Platon {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ous main, je tire ce pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}age d’Eu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ebe ([http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation14a.htm#44 Prépar. Évang. Liv. XIV. ch. 15.] p. 751. D.).{{Boîte déroulante fin}}</small>'''
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Xénophane_NdT_GFS_dC_back|<span id="Xénophane_NdT_GFS_dC"><sup>6</sup></span>]] Xénophane en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eignoit „que le tout étoit un; que Dieu étoit en toute cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e, & qu’il étoit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phérique, impa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ible, immuable, & intelligent“ ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/empiricus/pyrrhon.htm#33 Sext. Empir. Hypot. Liv. I. chap. 33.] Sect. 225.); „par-tout {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblable à lui-même, & tout intelligence“ ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/empiricus/pyrrhon.htm#33 là même], Sect. 224.): c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t à dire, que le monde e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel & inaltérable; qu’au monde étoit jointe une intelligence ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Ciceron/nature1.htm Cic. de nat. Deor. Lib. I.] cap. 11.) au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i éternelle, unie à la matiere, & répandue par tout l’univers; & que pourtant cette intelligence n’avoit rien de commun avec la matiere. {{Boîte déroulante début|titre=[⋯]|alignT=center}}<p cellspacing=15 style="text-align: justify;">'''A mon avis, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elon Xénophane, il en étoit de Dieu & de l’univers comme de notre ame & de notre corps. L’une differe totalement de l’autre; cependant ces deux {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ub{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tances {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont unies. En di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ant que Dieu n’avoit rien de commun avec la matiere, Xénophane parloit de la matiere gro{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iere, & formoit cette intelligence d’une matiere très-{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ubtile. S’il avoit attribué à {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on Dieu l’immatérialité, telle que nous la concevons, Xénophane n’auroit jamais dit que Dieu étoit „une {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phere impa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ible“ (Sext. Empir. Hypot. Liv. III. chap. 24. Sect. 218. à la fin). Selon Diogene Laërce ([http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9xenophane1.htm#1 Liv. IX. Sect. 19. vie de Xénophane]), ce Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophe en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eignoit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}implement que „la {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ub{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tance de Dieu e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t globulaire, & n’a rien de commun avec celle des hommes: que le tout voit, le tout entend, & cependant ne re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pire pas; & que tout exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emble, l’intelligence, la prudence, & l’éternité.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Origene dans les Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophiques (artic. d’Anaximandre, pag. 270. B. C. D.) parle de la doctrine de ce Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophe; mais, à mon avis, il ne l’explique pas avec beaucoup de clarté.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">J’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pere que quelques-uns de mes Lecteurs me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}auront gré du morceau que je vais ajouter à cette note. Il n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas court; mais il me paroît curieux, & propre à répandre du jour {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ujet que nous traitons. Ce morceau e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t de Plutarque : il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e trouvoit dans les ''Stromates'', ouvrage que nous avons perdu. Eu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ebe nous en a con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ervé ces lignes ([http://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation1.htm Prépar. Évang. Liv. I. chap. 8.] pag. 22-25.).<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„On dit que Thalès avant tous les autres établit que l’eau étoit le premier principe de tout, & que tout étoit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}orti de l’eau & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e ré{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}olvoit en eau. Après lui Anaximandre {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ciple en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eigna que l’infini renferme la cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e univer{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elle de toute génération & corruption; que les cieux & des mondes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans nombre étoient {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ortis de lui; que de lui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e fai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit la corruption, & long-temps avant celle-ci, la génération de tous ces mondes qui roulent perpétuellement; que la terre avoit la figure d’un cylindre, dont la hauteur e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le tiers de la largeur. Il ajoutoit que, pour la formation du monde, les partiesfécondes & productives du chaud & du froid, avoient été {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}éparées de toute éternité; qu’il s’en étoit formé une {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phere de feu, laquelle entouroit l’air qui environne la terre, comme l’écorce environne un arbre; que cette {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phere {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e bri{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e partagea en cercles, & produi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}it le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil, la lune, & les a{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tres. Il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outenoit au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i que l’homme au commencement fut la production d’animaux qui n’avoient pas la même figure que lui : car les autres animaux d’abord {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e nourri{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent d’eux-mêmes; l’homme a be{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oin pendant longtemps de lait & de nourrice, en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}orte qu’au commencement il n’auroit pas pu {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}erver, s’il eût été tel qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t à pré{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Anaximene, à ce qu’on dit, avança que le principe de tout étoit l’air, infini quant à l’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pece, & déterminé quant aux qualités; qu’il produi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit tout, en partie en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e conden{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ant, en partie en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e raréfiant; que le mouvement étoit éternel; que l’air comprimé avoit d’abord produit la terre fort large, qui par con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}équent {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outenoit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur l’air; que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil, la lune, & les uatres a{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tres étoient {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ortis de la terre. C’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pourquoi il appelloit terre le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil, qui, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}elon lui, avoit fort à propos acquis {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a grande chaleur par un mouvement très-violent.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Xénophane de Colophon prenant une route particuliere, & s’écartant du {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiment de tous ceux dont nous venons de parler, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}upprime toute génération & toute de{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}truction, pen{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ant que cet univers a toujours été {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblable à lui-même : car, s’il avoit été formé, il s’en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uivroit néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}airement qu’il n’existoit pas auparavant; or ce qui n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas, ne peut pas être fait, ne peut rien faire, & on n’en peut rien faire. Xénophane prétend au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i que les {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont trompeurs, & avec eux il calomnie la rai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on en tout. Il dit que la terre avec le temps de{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}cend, & tombe peu à peu dans la mer : que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t compo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é d’un grand nombre de petits feux. Touchant les Dieux, il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outient qu’il n’y a aucune prééminence entr’eux, parce qu’il ne convient pas qu’un Dieu commande aux autres; que l’un n’a jamais be{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oin du {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ecours des autres; qu’ils entendent & voient en général, non en détail; que la terre e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t infinie, & que l’air n’enveloppe pas {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es parties; que tout e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t fait de terre; mais que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil & les autres a{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tres doivent leur origine aux nuages.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Parménide d’Élée, di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ciple de Xénophane, en partie adopta {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entiments, & en partie en imagina d’oppo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}és. Car il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outint que cet univers e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel, immobile, & conforme à la vérité des cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es“ [e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t la {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eule cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e réelle],„étant {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eul, unique, immuable, & non engendré; que la génération regarde les cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es auxquelles on attribue fau{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ement l’exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tence; & que les {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens n’ont rien de commun avec la vérité. Parménide a{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ure de plus que, s’il y a quelque part quelque cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e outre ce qui exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te réellement, ce n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas un être; que ce qui n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas un être, n’exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te pas dans l’univers; & qu’ain{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i l’être n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t point engendré. Il dit au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i que la terre a été formée par l’air épai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i qui s’écouloit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„[[w:Zénon_d’Élée|'''Zénon''' d’Élée]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Zénon_dElee_back|<sup>🔄</sup>]] ne dit rien de particulier. Il flotta dans le doute.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Démocrite d’Abdere veut que l’univers {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit infini & immuable, parce qu’il n’a pas été fabriqué. Il dit au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i que dans le monde tel qu’il est, les cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es de ce qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e forme, n’ont aucun principe; que tout ce qui a été, e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ou {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}era, e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t lié depuis un temps infini par la force de la néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ité; que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil & la lune ont été formés; que quand ils étoient, non au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i chauds & brillants qu’ils le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont actuellement, mais {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblables à la terre, ils avoient leur propre mouvement en bas; que l’un & l’autre ont d’abord été formés comme l’exigeoit l’état particulier du monde, & qu’enfin, lorsque le cercle du {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil s’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t augmenté, le feu s’y e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ra{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblé & renfermé.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Épicure fils de Néoclès d’Athenes, s’efforce de rabattre le fa{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te de ce qui regarde les Dieux. Il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}outient que rien ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e fait de ce qui n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas; que cet univers a toujours été, & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}era toujours tel qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t; qu’à l’exception du temps infini déjà pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é, il ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e fait rien de nouveau; que l’univers e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t un corps non {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eulement immuable, mais au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i infini; & que le plai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ir e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ouverain bien.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tippe de Cyrene place au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i le plus grand bien dans le plai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ir, & le plus grand mal dans la douleur : il borne le re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te de la Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iologie au point de dire que la {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eule con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}idération du bien & du mal e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t utile.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Empédocle d’Agrigente établit les quatres éléments, le feu, l’eau, l’air, & la terre; que l’amitié & la di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}corde {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont la cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e de ces éléments; que dans la confu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ion primitive des éléments, l’air {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}épara & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e répandit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}phériquement; que le feu {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ortit après, & que ne trouvant pas d’autre place, il vola en haut cha{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é par le froid de l’air épai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i; que deux hémi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pheres circulent autour de la terre; qu’un de ces hémi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}pheres e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t tout de feu, & que l’autre e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t compo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é d’air & d’un peu de feu, & forme la nuit; que le mouvement commença parce que dans cette conjonction des éléments, l’impétuo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ité du feu prévalut; que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil par {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a nature e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t, non un feu, mais une réflexion du feu {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblable à celle qui {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e fait dans l’eau; que la lune {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e forma elle-même de l’air que le feu avoit abandonné, & qui s’étoit épai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i comme de la grêle; & qu’elle emprunte {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a lumiere du {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil; enfin que la partie principale de l’ame n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t ni dans la tête, ni dans la poitrine; qu’elle e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t dans le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ang, & que par con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}équent la partie du corps où il y a le plus de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ang, e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t la principale dans l’homme.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Métrodore de Chios affirme que l’univers e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel, parce que, s’il avoit été fait, il l’auroit été de ce qui n’exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toit pas; que puisqu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternel, il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t infini, n’ayant ni commencement ni fin; que l’univers e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t immobile, parce qu’il ne peut pas {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e mouvoir {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ans pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er d’un lieu dans un autre, & que néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}airement il devroit pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er dans le plein ou dans le vuide : que l’air épai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i forme d’abord les nuages, & en{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uite la pluie, qui tombant dans le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil, en éteint le feu; & que ce feu {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e rallume par la raréfaction; qu’avec le temps le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil s’épai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}it par la {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}échere{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e; que les étoiles {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont formées d’une eau claire & l’impide; que la nuit, le jour, & les éclip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es viennent de ce que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil s’éteint & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e rallume alternativement.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">„Diogene d’Apollonie établit que l’air e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t un élément; que tout {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e meut; & que les mondes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont infinis en nombre. Il imagine que ces mondes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont formés parce que, pendant que tout {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e mouvoir, ici il y avoit plus de rareté, & là plus de den{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ité; & que la plus grande den{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ité produi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit un tourbillon; que le re{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te s’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t formé de la même maniere; & que les parties les plus légeres {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont placées en haut, & ont produit le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oleil.“<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Voilà les rêveries, ou plutôt les extravagances que les anciens Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes débitoient {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur la formation de l’Univers. Je ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uis pas étonné que Socrate, après les avoir étudiées, mépri{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}at la Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ique. J’ai plutôt de la peine à comprendre comment Ciceron trouvoit que de pareilles „idées nous élevent, & nous donnent une noble fierté“ (pag. 119.). Elles me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emblent plus propres à nous humilier, & à nous faire {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entir notre foible{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e. Cependant elles contiennent quelque cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e de bon. Elles nous montrent que tous les Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes ont reconnu cette grande vérité que, ''puisque quelque cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te, quelque cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e a exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}té de toute éternité''. Si, comme Mr. Sulzer ([https://books.google.fr/books?id=oDsSH5ylYJoC&hl=fr&pg=RA2-PA268#v=onepage&q&f=true Nouv. Mém. de l’Acad. Royale des Sc. & B Let. an. 1770. pag. 268.] & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uiv.), que je regretterai long-temps, ils avoient développé la notion de l’être éternel, ils auroient vu que cet être ne doit {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tence à aucune cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e extérieure; qu’il exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te par la force de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a nature, ou néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}airement; qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t immuable & exempt de toute modification accidentelle; unique dans {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on genre, parce que, s’il en exi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toit deux, ou ils auroient des propriétés différentes, ou ils n’en auroient pas. Dans le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}econd cas les deux êtres {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eroient indi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}cernables, même par l’entendement; ils n’en feroient qu’un. Car, il ne peuvent pas différer par le temps, puisqu’ils {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont éternels: ils ne peuvent pas différer par la place, puisque dans ce cas la place {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eroit contingente, & il n’y a rien de contingent dans l’être néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}aire. Dans les premiers cas un de deux auroit des propriétés qui ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont pas e{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}entielles à l’autre, qui par con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}équent {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont accidentelles, & contradictoires à l’idée d’être néce{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}aire. Donc cet être n’a point de parties, parce que tout arrangement de parties e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t accidentel, pouvant ne pas être tel qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t. Par la même rai{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on cet être n’a aucune de ces modifications qui admettent des degrés. En un mot, s’ils avoient analy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}é la notion de l’être éternel, ils auroient vu que la matiere ne peut pas être éternelle, & ils auroient appris à di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tinguer l’ouvrage de l’ouvrier.{{Boîte déroulante fin}}</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#monde_Stoïcien_NdT_GFS_dC_back|<span id="monde_Stoïcien_NdT_GFS_dC"><sup>7</sup></span>]] Cette ame du monde qui s’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t faite elle-même, n’a pas manqué d’embara{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er Ju{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te-Lip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e qui (Phy{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iol. Stoic. Lib. I. di{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ert. 7.), demande en quel {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens la cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t vraie, puisque cette ame e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t éternelle. Il répond que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t, peut-être, parce que dans l’incendie du monde cette intelligence confondue avec la matiere, n’a ni éclat ni place. C’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t à peu près l’explication que donne de cette difficulté Mr. Batteux ([https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94210n/f335 Cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}. prem. page. 312]-316.). D’autres, & Ju{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te-Lip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e même, omettent le ''{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e'' & li{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent ''quæ & ip{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}um fabricata {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}it.'' C’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t couper le nœud gordien.</small>'''
</td>
</tr>
</table>
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<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=r6QTAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=castillon%20Acad%C3%A9miques%20Cic%C3%A9ron%201779&hl=fr&pg=PR1#v=onepage&q&f=true <u>Les Livres Académiques de Cicéron. Tome II</u>.][https://books.google.fr/books?id=r6QTAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=castillon%20Acad%C3%A9miques%20Cic%C3%A9ron%201779&hl=fr&pg=PA29#v=onepage&q&f=true ''Le Lucullus ou le second livre de la première édition des Académiques de Cicéron.''] [https://books.google.fr/books?id=r6QTAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=castillon%20Acad%C3%A9miques%20Cic%C3%A9ron%201779&hl=fr&pg=PA111#v=onepage&q&f=true ''XXXVII.''] , traduits et éclaircis par Mr. [[w:Giovanni_Francesco_Salvemini_da_Castiglione|de Castillon]] [https://books.google.fr/books?id=r6QTAAAAYAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=castillon%20Acad%C3%A9miques%20Cic%C3%A9ron%201779&hl=fr&pg=PA266#v=onepage&q&f=true <sup>NOTES</sup>], de l’Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse &c., à Berlin, chez G. J. Decker, Imprimeur du Roi, 1779<br />(également disponible une édition de 1826 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796311p/f241.item '''ici'''])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
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<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Vitruve|'''Vitruve''']] [[#Vitruve|<span id="Vitruve_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:80_av._J.-C.|-80]], [[w:Rome_antique|''Rome'']] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:15_av._J.-C.|-15]], lieu de décès indéterminé) <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Vitruve|<sup>📚</sup>]]
[[Fichier:Busto di Vitruvio.jpg|vignette|Portrait de Vitruve.<br /><p style="text-indent: 15px;">Provenance : ? .<br /><p style="text-indent: 15px;">Exposition : Promoteca veronese [[w:it:Biblioteca_civica_di_Verona#Promoteca_veronese|(it)]], [[w:Bibliothèque_municipale_de_Vérone|Biblioteca Civica di Verona]] [[w:it:Biblioteca_civica_di_Verona|(it)]].]]
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<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Architecte romain, connu pour son ouvrage en plusieurs volumes intitulé [[w:De_architectura|''De architectura'']]. Il est à l’origine de l’idée que tous les bâtiments devraient avoir trois attributs : [[wikt:firmitas#Latin|''firmitas'']], [[wikt:utilitas#Latin|''utilitas'']] et [[wikt:venustas#Latin|''venustas'']] (« fermeté », « utilité » et « vénusté, beauté gracieuse et élégante. »). Sa discussion sur la proportion parfaite dans l’architecture et le corps humain a conduit au célèbre dessin [[w:Renaissance|''Renaissance'']] de l’[[w:Homme_de_Vitruve|''Homme de Vitruve'']] de [[w:Léonard_de_Vinci|'''Léonard''']] de [[w:Vinci_(Toscane)|''Vinci'']].</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Vitruve|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Vitruve_back|<span id="Vitruve"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Vitrūvius. </small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:De_architectura|''De architectura'']] [[#Architectura|<span id="Architectura_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Unique traité d’architecture à nous être parvenu de l’[[w:Antiquité_classique|''Antiquité classique'']], dédié à l’empereur [[w:Auguste|'''Auguste''']] [[#Auguste|<span id="Auguste_back"><sup>'''II'''</sup></span>]].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Architectura|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Architectura_back|<span id="Architectura"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun grec ancien ἀρχιτέκτων / arkhitéktōn [[wikt:en:ἀρχιτέκτων#Ancient_Greek|(en)]], « maître d’œuvre, architecte »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du préfixe ἀρχι- / arkhi- [[wikt:en:ἀρχι-#Ancient_Greek|(en)]], dénote une importance ou une autorité primordiale; du verbe ἄρχω / árkhō [[wikt:en:ἄρχω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (transitif) Commencer [+génitif = quelque chose, à partir de quelque chose, avec quelque chose]. 2. (transitif) Diriger, gouverner, commander [+génitif/+datif = quelqu’un]. 3. (intransitif) Être dirigeant; détenir un [[w:Archonte|Archonte]]. » ou ἀρχός / arkhós [[wikt:en:ἀρχός#Ancient_Greek|(en)]], « Souverain, chef, prince »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun τέκτων / téktōn [[wikt:en:τέκτων#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Quelqu’un qui travaille le bois : charpentier, maçon. 2. Tout artisan (mais généralement opposé à métallurgiste, forgeron). 3. Un maître de n’importe quel art, comme la gymnastique, la poésie, la médecine ou l’ingénierie. 4. Auteur, créateur, planificateur. ».<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Auguste_back|<span id="Auguste"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre latin Augustus; de l’adjectif augustus [[wikt:en:augustus#Latin|(en)]], « 1. Auguste, solennel, majestueux, vénérable. 2. D’Août, le sixième mois du calendrier romain. 3. Augustain (relatif à l’empereur Auguste). 4. Impérial, royal. ».<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Premier [[w:Empereur_romain|''empereur romain'']], le 16 janvier [[w:27_av._J.-C.|-27]], et fondateur de l’[[w:Empire_romain|''empire romain'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(né sous le nom de Caius Octavius, le 23 septembre [[w:63_av._J.-C.|-63]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Rome_antique|''Rome'']] – d’abord se nommant Gaius Julius Caesar Octavianus, en prenant le nom de son ''père adoptif'' [[w:en:Adoption_in_ancient_Rome|(en)’]], [[w:Jules_César|Jules César]], avec son propre nom adjectivé, puis Imperator Caesar Divi Filius Augustus jusqu’à sa mort le 19 août [[w:14|14]] <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>, à ''Nola'' [[w:en:Nola#Antiquity|(en)]])'''<br /><p style="text-align: center; margin: 0 2em;">« ''Tandis que la force de votre divin génie vous rendait maître de l’empire du monde, ô César ; que tous vos ennemis terrassés reconnaissaient la supériorité de votre valeur, que les citoyens romains se glorifiaient de vos victoires et de vos triomphes ; tandis que les nations subjuguées attendaient leur destinée de votre volonté, et que le sénat et le peuple romain, libres de toute inquiétude, se reposaient de leur salut sur la grandeur de vos pensées et sur la sagesse de votre gouvernement, je n’aurais point osé vous présenter, au milieu de vos nobles occupations, le fruit de mes longues études sur l’architecture, dans la crainte de vous interrompre mal à propos et d’encourir votre disgrâce. [...]'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' [[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]], Livre I, Introduction, § 1.</small>'''
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==== Livre II ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Matériaux, maçonnerie et techniques de construction. Le deuxième livre contient la célèbre exposition sur l’origine de l’architecture, dans laquelle Vitruve évoque un monde primitif dans lequel l’homme découvrit le feu et construisit les premiers abris en bois, donnant vie au mythe de la « hutte primitive » et de la colonne en bois comme origine du temple dorique et de toutes les formes architecturales.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une théorie, de '''Thalès''', de l’eau principe de toutes choses.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''<small>II.</small> De principiis rerum, secundum physicorum opiniones.'''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> <small>'''§ 1.'''</small> Thales quidem primum aquam putavit omnium rerum esse principium. [[w:Héraclite|'''Heraclitus Ephesius''']], qui propter obscuritatem scriptorum a Graecis [[wikt:σκοτεινός|Σκοτεινὸς]] est appellatus, ignem. [[w:Démocrite|'''Democritus''']] quique eum sequutus est Epicurus, atomos, quae nostri insecabilia corpora, nonnulli individua, vocitaverunt. [[w:Pythagore|'''Pythagoreorum''']] vero disciplina [[#Pythagoreorum_vero_disciplina_MCHLM|<span id="Pythagoreorum_vero_disciplina_MCHLM_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]] adiecit ad aquam et ignem aera et terrenum. Ergo Democritus, etsi non proprie res nominavit, sed tantum individua corpora proposuit, ideo ea ipsa dixisse videtur, quod ea, quum sint disiuncta, nec laeduntur, nec interitionem recipiunt, nec sectionibus dividuntur, sed sempiterno aevo perpetuo [[#Sempiterno_aevo_perpetuo_MCHLM|<span id="Sempiterno_aevo_perpetuo_MCHLM_back"><sup>'''(2)'''</sup></span>]] infinitam retinent in se soliditatem.</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Pythagoreorum_vero_disciplina_MCHLM">[[#Pythagoreorum_vero_disciplina_MCHLM_back|(1) - Pythagoreorum vero disciplina]]</span>. Pythagore, comme plusieurs autres anciens, a enseigné que c’était la terre et non le ciel qui tournait. Selon lui, le monde est un tout harmonieusement ordonné dont le soleil est le centre, et les autres corps célestes se meuvent autour de cet astre en formant une musique divine.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Sempiterno_aevo_perpetuo_MCHLM">[[#Sempiterno_aevo_perpetuo_MCHLM_back|(2) - Sempiterno aevo perpetuo]]</span>. Cicéron ([https://remacle.org/bloodwolf/orateurs/catilinaire4.htm ive Catilinaire, ch. 9]) dit ut ignis Vestae perpetuus ac sempiternus[[#Sempiterno_aevo_perpetuo|<span id="Sempiterno_aevo_perpetuo_back"><sup>I</sup></span>]]. Sempiternum signifie une chose qui n’a point de fin; perpetuus, une chose qui n’a point d’interruption.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre2.htm <u>Vitruve, De l’Architecture</u>. ''Tome Premier. Livre II.''] ''Chapitre II.'', traduction nouvelle par M. Ch.-L. MAUFRAS, 1847 (édition de 1848 également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k236629/f149 ''ici''])</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA du texte latin de M. Ch.-L. MAUFRAS 1847|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Sempiterno_aevo_perpetuo_back|<span id="Sempiterno_aevo_perpetuo"><sup>I</sup></span>]]''' IX. [...]le feu éternel et sacré de Vesta[...]<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' [[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]] : Quatrième discours contre L. Catilina, prononcé dans le Sénat, chapitre IX.</small>
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<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">De principiis re[[w:ꝴ|{{Info|ꝴ|La lettre num, ꝴ (minuscule uniquement), est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de -num ou -nus.}}]] [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />c[[w:D_barré|{{Info|đ|La lettre đ ou d barré, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée pour noter tous les phonèmes des langues qui l’utilisent.}}]]<nowiki />m p[[w:Ħ|{{Info|ħ|La lettre ħ ou h barré, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée pour noter tous les phonèmes des langues qui l’utilisent.}}]]<nowiki />orú opinióes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">tHales quidé primú aquá putauit oíum re{{Info|ꝴ|La lettre num, ꝴ (minuscule uniquement), est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de -num ou -nus.}} e{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e príncípíum Heraclitus ephe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ius qui [[w:Ꝓ|{{Info|ꝓ|La lettre ꝓ ou p paraphe, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de pro- ou por-.}}]]<nowiki />pter ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}curitaté {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ctipto{{Info|ꝴ|La lettre num, ꝴ (minuscule uniquement), est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de -num ou -nus.}} a græcis Scotinos e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t appellatus ignem. Democritus quiq; eú {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ecutus e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t.Epicurus Athomos quos nŕi in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ecabilia cor[[w:Ꝑ|{{Info|ꝑ|La lettre ꝑ ou p barré à travers la descendante ou à travers le jambage inférieur, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de per, par, por.}}]]<nowiki />a:non nulli idiuidua uocitauerunt. Pythagoreo{{Info|ꝴ|La lettre num, ꝴ (minuscule uniquement), est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de -num ou -nus.}} uero di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ciplina adiecit ad aquá & igné aera & terrenú. Ergo Democritus & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i nó proprie res noiauit:{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ed tín indiuidua cor{{Info|ꝑ|La lettre ꝑ ou p barré à travers la descendante ou à travers le jambage inférieur, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de per, par, por.}}a {{Info|ꝓ|La lettre ꝓ ou p paraphe, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de pro- ou por-.}}po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uit.Ideo ea ip̃a dixi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e ui det́ [[w:Ꝙ|{{Info|ꝙ|La lettre ꝙ ou q à barre diagonale, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de quod, qui et que.}}]]<nowiki /> ea cú {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}int di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iúcta nec legunt́ nec intentioné recipiút:nec {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ectionibus diuidunt́:{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ed {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}empiterno æuo {{Info|ꝑ|La lettre ꝑ ou p barré à travers la descendante ou à travers le jambage inférieur, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de per, par, por.}}petuo infinitá retinent in {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oliditaté.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://libcoll.mpiwg-berlin.mpg.de/libview?start=31&viewMode=image&mode=texttool&characterNormalization=orig&viewLayer=dict&url=/mpiwg/online/permanent//library/4YSU4X91/index.meta&pn=31 <u>De architectura</u>]. [[w:Giovanni_Sulpizio_da_Veroli|Giovanni Sulpizio da Veroli]], 1486-1487</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>2.</small> Des principes des choses, selon l’opinion des philosophes.'''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> <small>'''§ 1.'''</small> '''Thalès''' est le premier qui ait pensé que l’eau était le principe de toutes choses. [[w:Héraclite|'''Héraclite''']] [[#Héraclite_back|<sup>⤴️</sup>]] d’[[w:Éphèse|''Éphèse'']], qui, à cause de l’obscurité de ses écrits, fut appelé par les Grecs Σκοτεινὸς [[#skoteinós|<span id="skoteinós_back"><sup>I</sup></span>]], croyait que c’était le feu. [[w:Démocrite|'''Démocrite''']] [[#Démocrite_back|<sup>⤴️</sup>]] et son sectateur [[w:Épicure|'''Épicure''']] [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]] prétendirent que c’étaient les [[w:Atomisme#En_Grèce_antique|''atomes'']] [[#atomes|<span id="atomes_back"><sup>II</sup></span>]], que chez nous on appelle corpuscules insécables et quelquefois indivisibles. L’école de [[w:Pythagore|'''Pythagore''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pythagore_back|<sup>🔄</sup>]] ajouta à l’eau et au feu deux autres principes, l’air et la terre. '''Démocrite''', bien qu’il n’ait point donné de nom propre aux principes qu’il admet, et se soit contenté de les proposer comme des corps indivisibles, me semble néanmoins avoir désigné les mêmes choses, puisque ces principes, lorsqu’ils sont séparés, loin d’être susceptibles d’altération, ou d’augmentation, ou de division, conservent au contraire une solidité perpétuelle, infinie, éternelle.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> <small>'''§ 2.'''</small> Puisque de la réunion de ces principes naissent et sont composées toutes choses, et que ces atomes sont différents dans les corps que la nature a multipliés à l’infini, j’ai pensé qu’il était à propos de faire connaître leurs variétés, leurs différentes propriétés, et les avantages qu’on en pouvait retirer pour la construction des édifices, afin que, d’après la connaissance qu’ils en auront, ceux qui pensent à bâtir ne tombent point dans l’erreur, et ne se pourvoient que de matériaux qui conviennent à l’usage qu’ils en veulent faire.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre2.htm <u>Vitruve, De l’Architecture</u>. ''Tome Premier. Livre II.''] ''Chapitre II.'', traduction nouvelle par M. Ch.-L. MAUFRAS, 1847 (édition de 1848 également disponible [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k236629/f149 ''ici''])</div></poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de la traduction de M. Ch.-L. MAUFRAS 1847|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#skoteinós_back|<span id="skoteinós"><sup>I</sup></span>]] Adjectif grec ancien σκοτεινός / skoteinós [[wikt:en:σκοτεινός#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Sombre, obscur, terne, faible. 2. (au sens figuré) Sombre, obscur, secret. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun σκότος / skótos [[wikt:en:σκότος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Ténèbres, obscurité : • L’obscurité de la mort; • Les ténèbres de l’au-delà; • L’obscurité du ventre/ de l’utérus. 2. Cécité. 3. (au sens figuré) Obscurité. 4. (d’une personne) Le mystère, l’ignorance, la tromperie. 5. La partie sombre ou l’ombre d’une image. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe adjectival -εινός / -einós [[wikt:en:-εινός#Ancient_Greek|(en)]].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#atomes_back|<span id="atomes"><sup>II</sup></span>]] De l’adjectif grec ancien ἄτομος / átomos [[wikt:en:ἄτομος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du préfixe [[wikt:ἀ-#Grec_ancien|ἀ- / a-]] [[wikt:en:ἀ-#Ancient_Greek|(en)]], « 1. ''Préfixe privatif'', aussi appelé ''alpha privatif'' (en grec ancien ἄλφα στερητικόν / álpha sterētikón [[w:en:Alpha_privative|(en)]]), pour exprimer la négation ou l’absence. 2. ''Préfixe copulatif'' (en grec ancien α ἀθροιστικόν / a athroistikon [[w:en:Copulative_a|(en)]]) pour exprimer l’union ou la ressemblance. 3. ''Préfixe augmentatif ou intensif'' (en grec ancien α ἐπιτατικόν / a epitatikón) pour renforcer la force des composés. 4. ''Préfixe prosthétique ou euphonique'' pour adoucir la prononciation devant deux consonnes. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif τομός / tomós [[wikt:en:τομός#Ancient_Greek|(en)]], « Coupant, pointu. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du verbe τέμνω / témnō [[wikt:en:τέμνω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Couper, tailler. 2. Mutiler, blesser. 3. Boucher, sacrifier. 4. Abattre, récolter, recueillir, moissonner, faucher. 5. Traverser, avancer, percer, labourer. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Courant philosophique affirmant que la matière est discontinue et composée d’éléments insécables. [[w:Leucippe|Leucippe]] [[#Leucippe_back|<sup>⤴️</sup>]] et son élève [[w:Démocrite|Démocrite]] sont les Grecs considérés comme les fondateurs de l’atomisme au [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}, doctrine reprise par [[w:Épicure|Épicure]], puis à [[w:Rome_antique|''Rome'']] par [[w:Lucrèce|Lucrèce]] [[#Lucrèce|<span id="Lucrèce_back"><sup>III</sup></span>]] au [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup>]] siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}.<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Lucrèce_back|<span id="Lucrèce"><sup>III</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin Titus Lucretius Carus;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ Le [[w:Prénom_romain|{{Info|praenomen|nom individuel du citoyen romain}}]] [[wikt:Titus#Latin|Titus]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ Le [[w:Liste_de_nomina|{{Info|nomen|nom de famille}}]] [[wikt:Lucretius#Latin|Lucretius]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ Le [[w:Cognomen|{{Info|cognomen|surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}]] [[wikt:Carus#Latin|Carus]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Poète philosophe latin du [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup>]] siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}, auteur d’un seul ouvrage en six parties, le [[w:De_rerum_natura|''De rerum natura'']] (De la nature des choses), un long poème qui décrit le monde selon les principes d’[[w:Épicure|Épicure]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]])
</small>'''{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''CHAPITRE II.'''<br />''Des principes de toutes choses, suivant l’opinion des philosophes.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> T<small>HALÈS</small> d’abord a pensé que l’eau était le principe de toutes choses. Héraclite d’Éphèse, qui, à cause de l’obscurité de ses écrits, fut surnommé Scoteinos [[#Scoteinos_NdT_ET_AC|<span id="Scoteinos_NdT_ET_AC_back">(1)</span>]], disait que c’était le feu. Démocrite et son sectateur Épicure voulaient que ce fussent les atômes, qui sont des corps qui ne peuvent être coupés ni divisés. La doctrine des Pythagoriciens, outre l’eau et le feu, admettait encore pour principes l’air et la terre. Si Démocrite n’a pas donné de noms particuliers aux principes qu’il établit, mais les a présentés seulement avec la qualité générale de corps indivisibles, il est bien certain qu’il les a regardés comme des ''éléments''; car lorsqu’il présente ces ''corps'' ou principes comme incapables d’altération [[#altération_NdT_ET_AC|<span id="altération_NdT_ET_AC_back">(2)</span>]] et de corruption, et qu’il leur donne une nature éternelle, infinie et solide, c’est parce qu’il les considère comme n’étant point encore joints les uns aux autres. Or donc, puisqu’il paraît certain que tous les matériaux sont composés et naissent de ces principes ou atômes et qu’ils jouissent cependant tous d’une infinité de propriétés différentes, j’ai pensé qu’il était à propos de parler de leurs qualités et des divers usages que l’on peut en faire dans la construction, afin que ceux qui veulent bâtir [[#ceux_qui_veulent_bâtir_NdT_ET_AC|<span id="ceux_qui_veulent_bâtir_NdT_ET_AC_back">(3)</span>]], en ayant connaissance, ne soient pas sujets à se tromper, mais qu’ils puissent faire un bon choix de tout ce qui leur peut être nécessaire.</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Scoteinos_NdT_ET_AC_back|<span id="Incapables_d_alteration_NdT_CP">(1)</span>]] C’est-à-dire ténébreux.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#altération_NdT_ET_AC_back|<span id="altération_NdT_ET_AC">(2)</span>]] Il me semble qu’il n’est pas difficile de voir qu’il faut lire ''individua corpora disjuncta non læduntur'' au lieu de ''non leguntur'', comme il y a dans tous les exemplaires, et que le sens est que les corps ne sont capables de corruption et d’altération que parce qu’ils sont composés.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#ceux_qui_veulent_bâtir_NdT_ET_AC_back|<span id="ceux_qui_veulent_bâtir_NdT_ET_AC">(3)</span>]] Ceux qui veulent faire passer Vitruve pour un bon homme, demi-savant, qui dit, à propos ou non, tout ce qu’il sait ou vce qu’il ne sait pas, allèguent ce chapitre dans lequel il promet beaucoup plus de philosophie qu’il n’en sait et qu’il n’en est besoin pour connaître et pour choisir les matériaux qu’on emploie en architecture; mais la vérité est que c’était la coutume de son tems à Rome, où l’étude de la philosophie était une chose rare et nouvelle, d’en faire parade avec une ostentation qui ne rendait pas un auteur aussi ridicule qu’elle serait à présent. Varron et Columelle, en une pareille occasion, en usent de même que Vitruve; car le premier, au commencement de son livre d’agriculture, qu’il dédie à sa femme, s’excuse sur son peu de loisir de n’avoir pas traité la matière de son ouvrage comme il aurait été nécessaire, et il lui conseille, pour suppléer à ce défaut, de lire les livres des philosophes, dont il lui en nomme jusqu’à cinquante, entre autres, Démocrite, Xénophon, Aristote, Théophraste, Architas et magon, qui ont tous écrit ou en grec ou en langue punique; l’autre, savoir Columelle, dit qu’il faut qu’un jardinier et un laboureur ne soient guères moins savans en philosophie que Démocrite et Pythagore.</small>'''
</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Les dix livres d’Architecture de Vitruve</u>], [https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PA45#v=onepage&q=thales&f=true ''Livre II. Chapitre II.''], avec les notes de [[w:Claude_Perrault|Perrault]], nouvelle édition revue et corrigée, et augmentée d’un grand nombre de planches et de notes importantes, par E. [[w:Tardieu_(patronyme)|Tardieu]] et A. Coussin fils, architectes, Chez les Éditeurs E. Tardieu & A. Coussin, et chez Carillan-Gœury & A. Mathias, 1837</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''CHAPITRE II.'''<br />''Des principes de toutes cho[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />es [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />elon l’opinion des Philo[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ophes.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"> T<small>HALES</small> e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t le premier qui a crû que l’eau e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toit le principe de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es. '''Heraclite''' ''Ephe{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ien'', qui à cau{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e de l’ob{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}curité de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es écrits fut {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}urnommé ''Scotinos'', di{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oit que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toit le feu. '''Democrite''' & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ectateur '''Epicure''' vouloient que ce fu{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent les Atomes, que nous apellons des corps qui ne peuvent e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tre coupez ny divi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ez. La doctrine des Pythagoriciens outre l’eau & le feu, admettoit encore pour principes l’air & la terre. Que {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i Democrite n’a pas donné ces me{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}mes noms aux principes qu’il établit, mais les a {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eulement propo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ez en qualité de corps indivi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ibles, il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emble pourtant qu’il ait pretendu {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ignifier la me{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}me cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e, car quand il les a établis comme [[#Incapables_d_alteration_NdT_CP|<span id="Incapables_d_alteration_NdT_CP_back"><sup>1</sup></span>]] incapables d’alteration & de corruption, leur donnant une nature eternelle, infinie & {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}olide ; c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t parce qu’il les con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ideroit comme n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tant point encore joints les uns aux autres. De {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}orte que pui{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}qu’il paroi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t que toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont compo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ées & nai{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent de ces principes, & que ces Atomes {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont differents en une infinité de cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}es differentes, je crois qu’il e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t à-propos de parler de leurs divers u{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ages, & comment leurs differentes qualitez doivent e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tre con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}iderées dans les Edifices, afin que [[#premier_7_sages_NdT_GFS_dC|<span id="premier_7_sages_NdT_GFS_dC_back"><sup>2</sup></span>]] ceux qui veulent ba{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tir en ayant connoi{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ance, ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oient pas {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ujets à {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e tromper, mais qu’ils pui{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent faire un bon choix de tout ce qui leur peut e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tre nece{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}aire.</div></poem>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#Incapables_d_alteration_NdT_CP_back|<span id="Incapables_d_alteration_NdT_CP"><sup>1.</sup> I<small>NCAPABLES D’ALTERATION</small>.</span>]] Il me {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}emble qu’il n’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t pas difficile de voir qu’il faut lire <FONT COLOR="#3366BB">''{{Info|individua corpora diſiuncta non laduntur|les corps individuels ne sont pas séparés}}''<FONT COLOR="#000000"> au lieu de <FONT COLOR="#3366BB">''{{Info|non leguntur|ils ne sont pas .}}''<FONT COLOR="#000000">, comme il y a dans tous les exemplaires; & que le {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ens e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t que les corps ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ont compo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ez.</small>'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''<small>[[#premier_7_sages_NdT_GFS_dC_back|<span id="premier_7_sages_NdT_GFS_dC"><sup>2.</sup> A<small>FIN QUE CEUX QUI VEULENT BASTIR.</small></span>]] Ceux qui veulent faire pa{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}er Vitruve pour un bonhomme, demy {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çavant, qui dit, à propos ou non, tout ce qu’il {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çait, ou qu’il ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çait pas, alleguent ce chapitre dans lequel il promet beaucoup plus de Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophie qu’il n’en {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çait & qu’il n’en e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t be{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oin pour connoi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tre & pour choi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ir les materiaux qu’on employe en Architecture : Mais la vérité e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}t que c’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}toit la coûtume de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on temps à Rome où l’e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tude de la Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophie étoit une cho{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e rare & nouvelle, d’en faire parade avec une o{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tentation qui ne rendoit pas un autheur au{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}i ridicule qu’elle {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eroit à pre{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent. [[w:Varron_(écrivain)|Varren]] & [[w:Columelle|Columelle]] en une pareille occa{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ion en u{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ent de me{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}me que Vitruve ; car le premier au commencement de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on livre de l’Agriculture qu’il dedie à {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}a femme, s’excu{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}e {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ur {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on peu de loi{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ir de n’avoir pas traité la matiere de {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}on ouvrage, comme il auroit e{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}té nece{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}aire ; & il luy con{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}eille pour {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}uppléer à ce défaut de lire les livres des Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophes, dont il luy en nomme ju{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}qu’à cinquante, & entr’autres Democrite, [[w:Xénophon|Xenophon]], [[w:Aristote|Ari{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}tote]] [[#Aristote_back|<sup>⤴️</sup>]], [[w:Théophraste|Theophra{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}te]] [[#Théophraste_back|<sup>⤴️</sup>]], [[w:Archytas_de_Tarente|Architas]] & [[w:Magon_le_Carthaginois|Magon]], qui ont tous écrit ou en grec, ou en langue Punique. L’autre, {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çavoir Columelle, dit qu’il faut qu’un Jardinier & un Laboureur ne {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}oient guerres moins {{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}çavans en Philo{{Info|ſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ophie, que Democrite & que Pythagore.</small>'''
</td>
</tr>
</table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=o11fAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Les dix livres d’Architecture de Vitruve</u>], [https://books.google.fr/books?id=o11fAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PA32#v=onepage&q&f=true ''Livre II. Chapitre II.''], corrigez et tradvits nouvellement en François, avec des Notes & des Figures. par le très-humble, très-obeï{{Info|ſſ|forme ancienne de la lettre s minuscule longue}}ant, & très-fidele Serviteur & Sujet [[w:Claude_Perrault|Claude Perrault]], De l’Academie Royale des Sciences, & Medecin de la Faculté de Paris, à Paris, Chez Jean Baptiste Coignard, 1673<br />(également disponible [http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/01665A0013Index.asp ici])</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">DES COMMENCEMENS DES CHOSES SELON<br />''les opinions des Philo[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ophes. Chap.'' II.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">L<small>E</small> Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophe Thales Mile{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ius fut le premier qui dict que l’eau e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit commencemens de tout. Apres Heraclite d’Ephe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e (lequel pour l’ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}curité de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}criptz, fut par les Grecz {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urnommé Scotinos) debatit que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit le feu. Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}equemment Democrite, & Epicure {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ucce{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eur, furent d’opinion que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toiét les Atomes, que aucuns de noz Latins appellent corps imparti{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ables, & les autres indiui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ibles. Ce neátmoins la di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cipline des Pythagori{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes adiou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ta a l’eau & et au feu, l’air, & la terre. A ce{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, nó ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tát que Democrite n’ayt appellé les cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es [[w:Ꝑ|{{Info|ꝑ|La lettre ꝑ ou p barré à travers la descendante ou à travers le jambage inférieur, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de per, par, por.}}]] nós [[w:Ꝓ|{{Info|ꝓ|La lettre ꝓ ou p paraphe, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de pro- ou por-.}}]]<nowiki />pres, ains {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulemét {{Info|ꝓ|La lettre ꝓ ou p paraphe, est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée en latin au Moyen Âge comme abréviation de pro- ou por-.}}po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é les corps indiui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ibles:{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t ce qu’il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emble auoir compris toutes ces opinions en la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ienne, pourautant que quand les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emences des cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ioinctes, nul n’a pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance de les a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}embler. Au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i elles ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ubgectes a perir:& {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i ne peuuent e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre diui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ees par aucunes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ections, ains retiennent en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oy vne permanence infinie, & qui peult durer a perpetuité.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Puis donc que de ces Atomes concurrens & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}’a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblás en ma{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, lon voit que toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es natureles ont vne participation, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}’en produi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent chacune en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pece, me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}mes qu’elles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eparees en infiniz genres & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tances, il m’a {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblé nece{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aire de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pecifier leurs differences, & de dire queles qualitez ou proprietez elles ont a l’endroit des mai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}onnages ou lon les applique, afin que quád elles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eront cógneuses, ceulx qui auront volunte de ba{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tir, ne pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent faillir par ignorance, ains preparent pour leurs v{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ages les matieres qu’ilz verront commodes a leur de{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eing & in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titution.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1785Index.asp <u>Architecture ou Art de bien ba{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tir, de Marc Vitruue Pollion Autheur</u>], ''Second Livre d’Architecture de Marc Vitruue Pollion. Chapitre II.'', mis de latin en Francoys par [[w:Jean_Martin_(humaniste)|Ian Martin]] Secretaire de Mon{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eigneur le [[w:Robert_de_Lenoncourt_(cardinal)|Cardinal de Lenoncourt]], povr le Roy Treschrestien Henry II., avec privilege du Roy, On les vend chez Iacques Gazeau, en la rue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ainct Iacques a l’E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cu de Colongne. M.D.XL.VII.</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
==== Livre VII ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Il s’agit du dernier livre consacré à la construction d’édifices, et traite de l’aménagement des sols et des revêtements muraux, dont de la peinture pariétale.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Introduction.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage transmission écrite des opinions de '''Thalès''' par les ancêtres de Vitruve et de ses contemporains.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;"><small>'''1.'''</small> Maiores cum sapienter tum etiam utiliter instituerunt, per commentariorum relationes cogitata tradere posteris, uti ea non interirent, sed singulis aetatibus crescentia voluminibus edita, gradatim pervenirent vetustatibus ad summam doctrinarum subtilitatem. Itaque non mediocres, sed infinitae sunt his agendae gratiae [[#Itaque_non_mediocres_sed_infinitae_sunt_his_agendae_gratiae_NdT_MCHLM|<span id="Itaque_non_mediocres_sed_infinitae_sunt_his_agendae_gratiae_NdT_MCHLM_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]], quod non invidiose silentes praetermiserunt, sed omnium generum sensus conscriptionibus memoriae tradendos curaverunt.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"><small>'''2.'''</small> Namque si non ita fecissent, non potuissemus scire, quae res in Troia fuissent gestae [[#Quae_res_in_Troja_fuissent_gestae_NdT_MCHLM|<span id="Quae_res_in_Troja_fuissent_gestae_NdT_MCHLM_back"><sup>'''(2)'''</sup></span>]], nec quid '''Thales''', '''Democritus''', '''Anaxagoras''', '''Xenophanes''' reliquique physici sensissent de rerum natura; quasque '''Socrates''', '''Plato''', '''Aristoteles''', '''Zenon''', '''Epicurus''' aliique philosophi hominibus agendae vitae terminationes finissent; seu '''Croesus''', '''Alexander''', '''Darius''' ceterique reges quas res aut quibus rationibus gessissent, fuissent notae, nisi maiores praeceptorum comparationibus omnium memoriae ad posteritatem commentariis extulissent.</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Itaque_non_mediocres_sed_infinitae_sunt_his_agendae_gratiae_NdT_MCHLM">[[#Itaque_non_mediocres_sed_infinitae_sunt_his_agendae_gratiae_NdT_MCHLM_back|(1) - Itaque non mediocres, sed infinitae sunt his agendae gratiae]]</span>. Vitruve commence ce livre par l’éloge des lettres, et rend hommage aux savants qui nous ont transmis les événements passés et les découvertes faites de leur temps. Il cite les artistes et les poètes qui ont d’abord fait fleurir les arts et les lettres dans la ''Grèce'', où les siècles de la belle littérature furent aussi ceux qui produisirent les plus fameux artistes. Il parle d’abord d’Homère, qu’il appelle le père des poètes. Il florissait cent ans environ avant la première [[w:Olympiade#Correspondance_avec_le_calendrier_julien|''olympiade'']] [[w:Années_770_av._J.-C.#Europe|{{Info|<sup>🔍</sup>|Chaque olympiade dure 4 ans et la première a, hypothétiquement, eu lieu en -776.}}]]. Il n’est point d’auteur, à l’exception peut-être d’Hésiode, qui soit plus ancien que lui. Rien ne peut être comparé à sa poésie ; il s’essaya dans le genre épique, celui-là même qui présente le plus de difficultés, et, prenant un vol d’aigle, s’élança au plus haut degré que puissent atteindre les forces humaines, par son immortelle Iliade. En vain les plus grands génies ont cherché à l’imiter. Le plus ancien poète de la ''Grèce'' fut aussi le meilleur ; ce qui fait dire à [[w:Velleius_Paterculus|Velleius Paterculus]] : « <FONT COLOR="#3366BB">{{Info|Neque ante ilium quem ille imitaretur, neque post ilium qui eum imitari posset, inventus est.|Il ne s’est pas trouvé avant celui qu’il imitait, ni après celui qui pouvait l’imiter.}}<FONT COLOR="#000000"> » Les beaux-arts, et surtout l’architecture, étaient déjà connus dans le temps d’Homère; il nous apprend qu’avant le siège de ''Troie'', la ville d’Orchestre était célèbre, à cause du temple de Neptune qui s’y trouvait, et que Minerve en avait un magnifique à ''Athènes''. Nous voyons dans Pline que le temple de Diane, en ''Aulide'', fut bâti plusieurs siècles avant la guerre de ''Troie''. Homère parle aussi de plusieurs palais qui existaient en Grèce avant cette guerre.<br />Les ''Grecs'' avaient appris l’architecture des ''Égyptiens'', qui, sous [[w:Inachos_(mythologie)|Inachus]] (1970 avant J.-C.), fondèrent en ''Grèce'' la première colonie égyptienne. Les autres colonies que [[w:Cécrops|Cécrops]], en 1657 avant J.-C.; [[w:Cadmos|Cadmus]], en 1594; [[w:Danaos|Danaüs]], en 1586, amenèrent eu ''Grèce'', en faisant connaître le culte de leurs dieux, y firent aussi connaître cet art qui, chez eux, y était entièrement consacré. Nous voyons, en effet, que peu après le temps de Cécrops, [[w:Deucalion_(fils_de_Prométhée)|Deucalion]] fit bâtir un temple en l’honneur de Jupiter Phixius, c’est-à-dire de Jupiter par le moyen de qui il avait été sauvé des eaux du déluge. Ce temple subsista environ neuf cent cinquante ans, jusqu’à la cinquantième [[w:Olympiade#Correspondance_avec_le_calendrier_julien|''olympiade'']] [[w:Années_580_av._J.-C.#Europe|{{Info|<sup>🔍</sup>|Chaque olympiade dure 4 ans et la première a, hypothétiquement, eu lieu en -776 ; donc la 50<sup>ème</sup> a eu lieu en -580.}}]]. Lorsqu’il fut tombé en ruines, [[w:Pisistrate|Pisistrate]] entreprit d’en bâtir un autre, sous le nom de Jupiter Olympien, qui est celui dont parle Vitruve dans l’introduction de ce livre. L’histoire parle ensuite de deux célèbres architectes, [[w:Trophonios|Trophonius]] et [[w:Agamède_fils_d’Erginos|Agamède]], qui étaient l’un et l’autre fils d’[[w:Erginos|Erginus]], postérieur à [[w:Héraclès|Hercule]] et à [[w:Thésée|Thésée]] d’une génération. Ils avaient bâti le temple de Neptune Hippius, éloigné d’un stade de Mantinée. [[w:Pausanias_le_Périégète|Pausanias]] nous apprend ([https://remacle.org/bloodwolf/erudits/pausanias/arcadie.htm liv. VIII], ch. 10) que l’empereur Adrien fit enfermer cet ancien temple dans un nouveau qu’il fit bâtir.<br />Les ''Grecs'', dit de Bioul, ne sont donc pas les inventeurs de l’architecture; ils la doivent aux ''Égyptiens'', auxquels ils doivent également les autres arts. Nous savons par les témoignages de l’antiquité, et Hérodote [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hérodote_back|<sup>🔄</sup>]] surtout nous l’assure ([https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/euterpe.htm liv. II], ch. 4), que la plupart des noms des dieux ont été portés d’Égypte en ''Grèce'' avec leur culte. Aussi Homère, avant de composer ses poèmes, parcourut-il l’Égypte pour s’instruire plus particulièrement de la théologie mythologique, et apprendre des prêtres ''égyptiens'' quantité de choses inconnues en ''Grèce'', sur la généalogie, les dignités et les emplois de leurs dieux ; ce qui fait dire au savant [[w:Pierre-Daniel_Huet|Huet]], évêque d’Avranches, qu’Homère, qui avait visité les ''Égyptiens'', rapporta de chez eux cet esprit fabuleux qui lui fit inventer non seulement les admirables poèmes qu’ils nous a laissés, mais encore mille nouveautés dans la généalogie, les dignités et les emplois des divinités ''grecques''; et ce fut là qu’il se perfectionna dans la poésie, qui y a toujours été soigneusement cultivée. Quelques écrivains nient que l’Égypte ait influé sur les arts de la ''Grèce'' ; j’invite à lire les [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65338087/f223.item p. 217 et suiv. du t. 1er de l’Histoire de l’architecture] de M. Daniel Ramée.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Quae_res_in_Troja_fuissent_gestae_NdT_MCHLM">[[#Quae_res_in_Troja_fuissent_gestae_NdT_MCHLM_back|(2) - Quae res in Troia fuissent gestae]]</span>. Ce n’est pas seulement à cause de son ancienneté que Vitruve cite Homère le premier, c’est encore parce que les anciens regardaient les événements qui se sont passés à ''Troie'', non comme une simple histoire, mais comme le fond de leur théologie. C’est pourquoi les livres d’Homère où ces événements sont rapportés, étaient en grande vénération; on estimait son histoire, on admirait sa poésie, et ses livres étaient réputés sacrés. Aussi Vitruve les nomme avant de parler des ouvrages qui traitent de la philosophie et de la morale, avant de citer l’histoire de Crésus, d’Alexandre et de Darius; et si l’on a infligé à Zoïle, surnommé le fléau d’Homère, ce châtiment dont il parle, pour avoir écrit contre ce poète, c’est parce qu’il avait tourné en ridicule un ouvrage qui traitait de la religion. </td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f1.item <u>Vitruve. Tome second et dernier.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f106.item ''Liber Septimus. Præfatio.''], traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre7.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>1.</small>''' Nos ancêtres ne pouvaient rien imaginer de plus sage ni de plus utile que de mettre par écrit leurs découvertes, pour les faire passer à la postérité; non seulement le souvenir ne s’en effaçait point, mais chaque âge venant y ajouter ses lumières, elles arrivèrent par degrés, à travers les siècles, à la plus grande perfection. Ce ne sont donc point de légères, mais d’immenses actions de grâces que nous devons leur rendre, puisque, loin d’être assez égoïstes pour garder le silence sur leurs vastes connaissances, ils eurent à cœur de nous les transmettre dans de généreux écrits. <br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;"><small>'''2.'''</small> Et s’ils n’en avaient point usé ainsi, nous n’aurions pu connaître les malheurs de Troie; et les opinions de '''Thalès''', de [[w:Démocrite|'''Démocrite''']] [[#Démocrite_back|<sup>⤴️</sup>]], d’[[w:Anaxagore|'''Anaxagore''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaxagore_back|<sup>🔄</sup>]], de [[w:Xénophane|'''Xénophane''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Xénophane_back|<sup>🔄</sup>]] et des autres ''physiciens'', sur les lois de la nature; et les principes que les [[w:Socrate|'''Socrate''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Socrate_back|<sup>🔄</sup>]], les [[w:Platon|'''Platon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon_back|<sup>🔄</sup>]], les [[w:Aristote|'''Aristote''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Aristote_back|<sup>🔄</sup>]], les [[w:Zénon_de_Kitton|'''Zénon''']] [[#Zénon_de_Kitton_back|<sup>⤴️</sup>]], les [[w:Épicure|'''Épicure''']] [[#Épicure_back|<sup>⤴️</sup>]] et les autres ''philosophes'' ont posés pour la conduite de la vie; et les actions de [[w:Crésus|'''Crésus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Crésus_back|<sup>🔄</sup>]], d’[[w:Alexandre_le_Grand|'''Alexandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_période_Grèce_Hellénistique#Alexandre_back|<sup>🔄</sup>]], de [[w:Darius_III|'''Darius''']] et des autres rois, et les mobiles de ces actions, tout serait resté dans l’oubli, si nos ancêtres n’avaient eu soin de nous les faire connaître dans des ouvrages qui sont arrivés jusqu’à nous.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre7.htm ''Livre Septième. Introduction.''], traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre7.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">Préface.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Il faut avouer que nos ancêtres ne pouvaient rien faire de plus sage ni de plus utile que de mettre par écrit leurs belles inventions; car c’est ce qui nous en a conservé la mémoire ; et, il est arrivé que, chaque siècle ayant ajouté quelque chose aux connaissances des siècles précédents, les arts et les sciences ont été portés à la perfection où nous les voyons maintenant. On ne saurait donc avoir assez de reconnaissance pour ceux qui ne nous ont point enlevé, par leur silence, les belles connaissances qu’ils ont eues, mais qui ont pris le soin de les communiquer à leurs descendants; car on aurait éternellement ignoré ce qui s’est passé à ''Troie'', et nous ne saurions point quelles ont été les opinions de '''Thalès''', de '''Démocrite''', d’ '''Anaxagore''', de '''Xénophane''' et de tous les autres philosophes, touchant les choses naturelles, ni par quels préceptes '''Socrate''', '''Platon''', '''Aristote''', '''Zénon''', '''Épicure''' et les autres, ont réglé les mœurs et toute la conduite de la vie; enfin jamais nous n’aurions entendu parler des actions de '''Crésus''', d’ '''Alexandre''', de '''Darius''', ni des autres rois, si nos ancêtres n’eussent pris le soin d’écrire des livres qui conservassent la mémoire de toutes ces choses pour en faire part à la postérité.</div></poem>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Les dix livres d’Architecture de Vitruve</u>], [https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=RA2-PA69#v=onepage&q&f=true ''Livre VII. Préface.''], avec les notes de [[w:Claude_Perrault|Perrault]], nouvelle édition revue et corrigée, et augmentée d’un grand nombre de planches et de notes importantes, par E. [[w:Tardieu_(patronyme)|Tardieu]] et [https://data.bnf.fr/fr/10266278/jean-antoine_coussin/ A. Coussin] fils, architectes, Chez les Éditeurs E. Tardieu & A. Coussin, et chez Carillan-Gœury & A. Mathias, 1837</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Noz predece{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eurs non moins {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}agement que profitablement, in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tituerent que par la compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ition des liures on lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit a la po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}terité le fruict de toutes bonnes inuentions indu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trieu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, afin que les louables exercitations ne peri{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent, ains qu’en croy{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant aage apres autre, tous bons Artz & Sciences au moyen de l’ampliation des e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}critures peruein{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent de degré en degré au {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouuerain but de doctrine, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erua{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent a perpetuité. A ce{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e nous ne leur deuons {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement rendre graces moyennes, mais immorteles, & infinies, con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ideré qu’ilz ne nous ont rien caché par Enuie ou mauuai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e affection, ains ont e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té curieux & ententi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}z a nous lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er par leurs volumes les intelligences de toutes di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ciplines. À la verité {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i ces bons per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}onnages n’eu{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent v{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de tele cordialité en no{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre endroit, iamais n’eu{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ions peu entendre queles cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es furent faictes a la guerre de ''Troye'', ny queles opinions eurét des cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es natureles, '''Thales''', '''Democrite''', '''Anaxagoras''', '''Xenophanes''', & le re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te des Phy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iciens : non (certes) queles fins ont pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crittes aux hommes, '''Socrates''', '''Platon''', '''Ari{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tote''', '''Zenon''', '''Epicure''', & autres excellens Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophes. Au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i eu{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ions nous ignoré les ge{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes de '''Cre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}us''', d’ '''Alexandre''', de '''Darius''', & de plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs grans Roys, me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}mes qui les e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}meut a faire leurs vertueu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es entrepri{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, n’eu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té que ce{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}dictz bons Ance{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres nous en ont lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é des commentaires, enrichiz de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entences doctes, tant afin de perpetuer iceulx grans Seigneurs, que pour exercer noz memoires, & les decorer de cou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tumes honne{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes.
</div></poem>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1785Index.asp <u>Architecture ou Art de bien ba{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tir, de Marc Vitruue Pollion Autheur</u>], ''Septieme Livre d’Architecture de Marc Vitruue Pollion.'', mis de latin en Francoys par [[w:Jean_Martin_(humaniste)|Ian Martin]] Secretaire de Mon{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eigneur le [[w:Robert_de_Lenoncourt_(cardinal)|Cardinal de Lenoncourt]], povr le Roy Treschrestien Henry II., avec privilege du Roy, On les vend chez Iacques Gazeau, en la rue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ainct Iacques a l’E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cu de Colongne. M.D.XL.VII.</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
==== Livre VIII ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Manières de trouver l’eau. Propriétés des eaux. Moyens d’apprécier la salubrité. Adduction d’eau.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Introduction.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une théorie, de '''Thalès''', sur l’eau principe de toutes choses.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;"><small>PRÆFATIO</small>.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">D<small>E</small> septem sapientibus '''Thales''' ''Milesius'' [[#Thales_Milesius_MCHLM|<span id="Thales_Milesius_MCHLM_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]] omnium rerum principium aquam est professus, '''Heraclitus''' ignem, magorum sacerdotes aquam et ignem; '''Euripides''' auditor Anaxagoræ, quem philosophum ''Athenienses'' scenicum appellaverunt, aera et terram, eamque ex cœlestium imbrium conceptionibus inseminatam, fetus gentium et omnium animalium in mundo procreavisse, et quæ ex ea essent prognata, quum dissolverentur temporum necessitate coacta, in eandam redire, quæque de aere nascerentur item in cœli regiones reverti, neque interitiones recipere, sed dissolutione mutata in eamdem recidere, in qua ante fuerant proprietatem. '''Pythagoras''' vero, '''Empedocles''', '''Epicharmus''' aliique physici et philosophi, hæc principia quatuor esse proposuerunt, aerem, ignem, aquam, terram, eorumque inter se cohærentiam naturali figuratione ex generum discriminibus efficere qualitates.</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Thales_Milesius_MCHLM">[[#Thales_Milesius_MCHLM_back|(1) - Thales Milesius]]</span>. Cette introduction est à peu près la répétition de ce qui a été dit dans le 2e chapitre du IIe livre, où l’auteur cherche à appuyer, par l’opinion des philosophes, les raisonnements qu’il contient sur les divers matériaux qu’on emploie pour la construction des édifices, particulièrement dans le 9e chapitre, où il traite des arbres. Tout ce qu’il dit dans ce IIe livre facilite beaucoup l’intelligence de cette introduction. Il commence dans les deux endroits par citer l’opinion de Thalès, qui prétendait que l’eau était le principe de toutes choses. Il cite ensuite celle d’Heraclius, qui disait que c’était le feu ; puis, après avoir parlé du système de ces philosophes, il revient à celui des pythagoriciens, son système favori, et termine en traitant de tout ce qui concerne les eaux, que les prêtres égyptiens honoraient d’un culte religieux.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f1.item <u>Vitruve. Tome second et dernier.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f222.item ''Liber Octavus. Præfatio.''], traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre8.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;"><small>INTRODUCTION</small>.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">L<small>E</small> premier des sept sages, '''Thalès''' de ''Milet'', soutenait que l’eau était le principe de toutes choses; '''Héraclite''' prétendait que c’était le feu. Les prêtres mages admettaient l’eau et le feu. '''Euripide''', qui avait été disciple d’ '''Anaxagore''', et que les ''Athéniens'' appelaient le philosophe du théâtre, assurait que c’étaient l’air et la terre; que la terre fécondée par les pluies qui tombent du ciel, avait engendré dans le monde les hommes et les animaux; que les choses qui étaient produites par elle, forcées par le temps de se dissoudre, retournaient à leur principe, tandis que celles qui naissaient de l’air retournaient dans l’air; que les corps ne périssaient point; que modifiés seulement par la dissolution, ils reprenaient leur qualité première. '''Pythagore''', '''Empédocle''', '''Épicharme''' avec d’autres physiciens et philosophes, mirent en avant qu’il y avait quatre principes : l’air, le feu, l’eau, la terre; que la proportion dans laquelle ils entraient dans la formation des corps, produisait cette différence de qualités qu’on y remarque.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f1.item <u>Vitruve. Tome second et dernier.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f223.item ''Livre Huitième. Introduction.''], traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre8.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;"><small>PRÉFACE</small>.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Thalès''' de ''Milet'', l’un des sept sages, estimait que l’eau était le principe de toutes choses; '''Héraclite''' disait que c’était le feu; les prêtres mages admettaient deux principes, le feu et l’eau; '''Euripide''', qui avait été disciple d’ '''Anaxagore''', et que les ''Athéniens'' appelaient le philosophe du théâtre, s’imaginait que l’air et la terre rendus féconds par les pluies du ciel avaient engendré les hommes et tous les animaux qui sont au monde, et que tout ce qui a été créé retourne et se change en ces mêmes principes, lorsque le temps les contraint de se dissoudre; en sorte que ce qui provient de l’air retourne dans l’air [[#ce_qui_provient_de_lair_retourne_dans_lair_PTC|<span id="ce_qui_provient_de_lair_retourne_dans_lair_PTC_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]]; que rien ne périt, mais change seulement ses propriétés dans la dissolution, et les reprend ensuite pour être ce qu’il était auparavant.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Pythagore''', '''Empédocle''', '''Épicharme''', et les autres ''philosophes'' et ''physiciens'', ont établi quatre principes, savoir : l’A<small>IR</small>, le F<small>EU</small>, l’E<small>AU</small> et la T<small>ERRE</small>, lesquels, mêlés et combinés ensemble de diverses manières et suivant leur nature et leurs qualités, ont produit tout ce qui existe.</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="ce_qui_provient_de_lair_retourne_dans_lair_PTC">[[#ce_qui_provient_de_lair_retourne_dans_lair_PTC_back|(1)]]</span> Je traduis ainsi ''cœli regiones'', parce que, comme il a déjà été remarqué, Vitruve entend d’ordinaire l’air par ''cœlum''.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Les dix livres d’Architecture de Vitruve</u>], [https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=RA2-PA121#v=onepage&q&f=true ''Livre VIII. Préface.''], avec les notes de [[w:Claude_Perrault|Perrault]], nouvelle édition revue et corrigée, et augmentée d’un grand nombre de planches et de notes importantes, par E. [[w:Tardieu_(patronyme)|Tardieu]] et [https://data.bnf.fr/fr/10266278/jean-antoine_coussin/ A. Coussin] fils, architectes, Chez les Éditeurs E. Tardieu & A. Coussin, et chez Carillan-Gœury & A. Mathias, 1837</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px;">L<small>E</small> ''Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophe'' '''Thales''' natif de ''Milete'' en la Region de ''Carie'', qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t d’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ie la mineur, & lequel fut l’vn des {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ages de Grece, a voulu maintenir que l’Eau e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t commencement de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es. '''Heraclite''' d’Ephe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le Feu. Les ''Pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes des Per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans'' nommez en leur langue [[w:Mage|''Magi'']], c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t a dire {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ages, ont dict que l’Eau auec icelluy Feu {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de la generation & corruption de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es. Mais '''Euripide''' auditeur d’ '''Anaxagoras''', que les ''Atheniens'' {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urnomment ''Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophe Scenique'', attribua ce{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t effect a l’Air & a la Terre, di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant que ladicte Terre conceoit & prend {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emence des Pluyes & Ro{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ees du Ciel, & qu’elle en a ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i produit en ce Mõdele genre des hommes & de tous autres animaux : me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}mes que ce qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t prouenu d’elle, alors qu’il vient a {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e di{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouldre par la nece{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ité du temps, retourne en pouldre, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans receuoir extermination, mais ({{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans plus) changement, parce qu’il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e reduict en la propriété qu’il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouloit auoir en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on principe. Toutesfois '''Pythagoras''', '''Empedocles''', '''Epicharme''', & plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs autres grans per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}onnages tant '' Phy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iciens'' comme ''Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophes'', ont propo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é quatre commencemens, a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}auoir le Feu, l’Air, l’Eau, & la Terre, affeurant que ceulx la e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tant allyez en la formation naturele, cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent les qualitez de toutes e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}peces differentes.
</div></poem>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1785Index.asp <u>Architecture ou Art de bien ba{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tir, de Marc Vitruue Pollion Autheur</u>], ''Huitieme Livre d’Architecture de Marc Vitruue Pollion.'', mis de latin en Francoys par [[w:Jean_Martin_(humaniste)|Ian Martin]] Secretaire de Mon{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eigneur le [[w:Robert_de_Lenoncourt_(cardinal)|Cardinal de Lenoncourt]], povr le Roy Treschrestien Henry II., avec privilege du Roy, On les vend chez Iacques Gazeau, en la rue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ainct Iacques a l’E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cu de Colongne. M.D.XL.VII.</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
==== Livre IX ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Astronomie : ordonnance d’ensemble de l’univers, planètes, lune, soleil, sphère céleste, astrologie et météorologie. ''Gnomonique'' : cadrans solaires, horloges à eau.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre VI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’ouvrages de '''Thalès''', portant sur le principe des choses.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI. <small>De astrologia ad divinationes genethliacas et tempestatum translata.</small>'''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[...]<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">De naturalibus autem rebus '''Thales''' ''Milesius'', '''Anaxagoras''' ''Clazomenius'', '''Pythagoras''' ''Samius'', '''Xenophanes''' ''Colophonius'', '''Democritus''' ''Abderites'', rationes quibus natura rerum gubernarentur, quemadmodumcumque quosque effectus habeant, excogitatas reliquerunt. Quorum inventa sequuti siderum ortus et occasus tempestatumque significatus '''Eudoxus''', '''Euchaemon''', '''Callippus''', '''Meto''', '''Philippus''', '''Hipparchus''', '''Aratus''' [[#Aratus_NdT_CM|<span id="Aratus_NdT_CM_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]] ceterique ex astrologia invenerunt, et eas parapegmatorum disciplinas [[#parapegmatorum_disciplinas_NdT_CM|<span id="parapegmatorum_disciplinas_NdT_CM_back"><sup>'''(2)'''</sup></span>]] posteris explicatas reliquerunt. Quorum scientiae sunt hominibus suspiciendae, quod tanta cura fuerunt, ut etiam videantur divina mente tempestatum significatus post futuros, ante pronuntiare [[#tempestatum_significatus_post_futuros_ante_pronuntiare_NdT_CM|<span id="tempestatum_significatus_post_futuros_ante_pronuntiare_NdT_CM_back"><sup>'''(3)'''</sup></span>]] : quas ob res haec eorum curis studiisque sunt concedenda.
</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Aratus_NdT_CM">[[#Aratus_NdT_CM_back|(1) - ''Aratus.'']]</span> Poète et astronome qui a composé sur l’astronomie un poème intitulé les ''Phénomènes''. Il a été traduit en vers latins par Cicéron, Germanicus, Avienus, et commenté par Hipparque, Ératosthène et Théon.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="parapegmatorum_disciplinas_NdT_CM">[[#parapegmatorum_disciplinas_NdT_CM_back|(2) - ''Parapegmatorum disciplinas.'']]</span> S’il faut en croire [[w:Claude_Saumaise|Saumaise]], les parapegmes [[wikt:en:parapegma#Latin|(en)]] auraient été des tables d’airain sur lesquelles étaient gravés la figure du ciel, le lever et le coucher des astres, avec l’indication des saisons de l’année. Ainsi les parapegmes seraient l’effet, le produit de la science, bien que l’opinion ordinaire en fasse des instruments, à l’aide desquels on est arrivé à la science elle-même, ce qui est plus en harmonie avec le sens du texte; et le mot ''parapegme'', pris dans sa signification grecque, peut très-bien signifier un assemblage de plusieurs parties liées ensemble, ce qui est loin de jurer avec l’idée des instruments de mathématiques qui servent aux observations des astronomes.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="tempestatum_significatus_post_futuros_ante_pronuntiare_NdT_CM">[[#tempestatum_significatus_post_futuros_ante_pronuntiare_NdT_CM_back|(3) - ''Tempestatum significatus post futuros, ante pronuntiare.'']]</span> Il est impossible de prédire d’une manière certaine les changements de temps, et la proposition est tout à fait fausse, non-seulement en ce qui regarde le temps, mais encore, et à bien plus forte raison, en ce qui a rapport aux actions libres des hommes.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f1.item <u>Vitruve. Tome second et dernier.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f352.item ''Liber Nonus. VI.''], <sup>[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f411.item ''NOTES.'']</sup>, traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre9.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI. <small>De l’astronomie employée pour prédire les changements de temps, et ce qui doit arriver aux hommes, d’après l’aspect des astres au moment de leur naissance.</small>'''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[...]<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Mais si l’on veut connaître le principe des choses, il faut lire les savants ouvrages des '''Thalès''' de ''Milet'', des '''Anaxagore''' de ''Clazomène'', des '''Pythagore''' de ''Samos'', des '''Xénophane''' de ''Colophon'', des '''Démocrite''' d’Abdère, qui nous font connaître les lois qui gouvernent la nature, et les effets qu’elles produisent. Sans s’écarter de leur système, '''Eudoxe''', '''Euchémon''', '''Callippe''', '''Méton''', '''Philippe''', '''Hipparque''', '''Aratus''' et tous les autres ''philosophes'' ont fait, à l’aide des ''parapegmes'', les observations les plus exactes sur le lever et le coucher des étoiles, ainsi que sur les saisons de l’année; observations qu’ils ont transmises à la postérité. Leurs connaissances sont bien dignes de l’admiration des hommes, puisque, à force d’études, ils sont parvenus, comme par inspiration divine, à prédire les changements du temps. Rapportons-nous-en donc à leurs lumières sur des choses qu’ils ont étudiées avec le plus grand soin.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f1.item <u>Vitruve. Tome second et dernier.</u>] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23663n/f355.item ''Liber Nonus. VI.''], traduction nouvelle (avec de nombreuses figures pour l’intelligence du texte) par M. {{Info|[https://data.bnf.fr/12555771/charles-louis_maufras/ Ch. Maufras]|Membre de la Société des antiquaires de Normandie, de la Société linnéenne du Calvados, de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques, professeur au collège Rollin}}, chez C. L. F. Panckoucke, éditeur, 1848<br />(édition de 1847 également disponible [http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Vitruve/livre9.htm ''ici''])</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;"><small>CHAPITRE VII.</small>.<br /><p style="text-align: center;"><small>DES CONSTELLATIONS DU MIDI.</small><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Ceux qui voudront connaître les principes des choses qui sont dans la nature et les causes qui produisent tous les effets qui se voient au monde devront consulter et lire attentivement les ouvrages que nous ont laissés '''Thalès''' de ''Milet'', '''Anaxagore''' de ''Clazomène'', '''Pythagore''' de ''Samos'', '''Xénophante''' de ''Colophon'', et '''Démocrite''' d’Abdère, qui ont écrit leurs découvertes et leurs observations sur ces matières. En suivant les mêmes systèmes, '''Euchæmon''' [[#Euchæmon_NdT_PTC|<span id="Euchæmon_NdT_PTC_back"><sup>'''(1)'''</sup></span>]], '''Calippius''', '''Meto''', '''Philippus''', '''Hipparchus''', '''Aratus''' et les autres astrologues, ont fait, à l’aide de la ''Parapegmatique'' [[#Parapegmatique_NdT_PTC|<span id="Parapegmatique_NdT_PTC_back"><sup>'''(2)'''</sup></span>]] [[#Parapegmatique|<span id="Parapegmatique_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], des observations plus exactes, qu’ils ont laissées à la postérité, sur le lever et le coucher des étoiles, et sur les saisons de l’année. Ces sciences, que possédaient ces grands hommes, méritent vraiment notre admiration, puisqu’ils ont tellement travaillé que les prédictions qu’ils ont faites des changements du temps [[#changements_du_temps_NdT_PTC|<span id="changements_du_temps_NdT_PTC_back"><sup>'''(3)'''</sup></span>]] ont paru venir d’une connaissance plus qu’humaine. Il est donc raisonnable de s’en rapporter à eux sur des choses qu’ils ont étudiées avec le plus grand soin.
</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Euchæmon_NdT_PTC">[[#Euchæmon_NdT_PTC_back|(1)]]</span> [[w:Adrien_Turnèbe|Turnèbe]] corrige cet endroit, et, au lieu de ''Eudæmon, Callipptus, Meto'', qui sont dans les exemplaires imprimés, il lit : ''Euchæmon, Calippius, Meto'', qui sont les noms des illustres astronomes dont [[w:Claude_Ptolémée|Ptolomée]] fait mention.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="Parapegmatique_NdT_PTC">[[#Parapegmatique_NdT_PTC_back|(2)]]</span> J’ai traduit ''parapegmata'', l’usage des instruments qui servent aux observations astronomiques, suivant l’opinion commune et contre le sentiment de Saumaise, qui croit que ''parapegma'', en cet endroit, signifie une table d’airain sur laquelle étaient gravés la figure du ciel, le lever et le coucher des étoiles et les saisons de l’années ; de sorte que ''parapegma'', selon Saumaise, est l’effet et la production de la science même qui a été trouvée par les moyens qui sont appelés ''parapegmata'' par ceux qui suivent l’opinion vulgaire. Mais cette opinion vulgaire me semble être plus conforme au texte, parce qu’il est dit que les astronomes ont trouvé la science des astres par la parapegmatique : ''siderum occasus et ortus parapegmatum disciplina invenerunt''. Or ''parapegma'' est un mot grec qui signifie en général une chose clouée et fichée quelque part, comme sont les lames d’airain dans lesquelles les lois, les déclarations des princes et les bornes des héritages étaient gravées, et que la langue française exprime assez bien par le mot d’affiche. Mais il signifie aussi l’assemblage de plusieurs pièces; ce qui convient bien aux instruments de mathématiques qui servent aux observations astronomiques.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small><span id="changements_du_temps_NdT_PTC">[[#changements_du_temps_NdT_PTC_back|(3)]]</span> L’argument de Vitruve est bon quant à la forme ; mais la principale des propositions est fausse, qui est que les astrologues prédisent le changement des saisons, et l’on peut, par le même raisonnement conclure fort bien que les prédictions que les astrologues font du changement du temps étant fausses, comme elles le sont, celles qu’ils font de la fortune des hommes le doivent être encore davantage, parce que la raison du peu de succès de leurs prédictions en ce qui regarde la fortune des hommes, qui est la liberté de leur volonté, manque à l’égard des éléments qui, n’ayant rien qui résiste aux impressions des astres, ne devraient jamais manquer de faire paraître les effets de ces impressions conformes aux prédictions des astrologues, si ces philosophes avaient la connaissance des causes de ces impressions</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Les dix livres d’Architecture de Vitruve</u>], [https://books.google.fr/books?id=DSiz0YNRXy0C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=vitruve%20de%20l’architecture%20tome%20premier%20livre%202&hl=fr&pg=RA2-PA192#v=onepage&q&f=true ''Livre IX. Chapitre VII.''], avec les notes de [[w:Claude_Perrault|Perrault]], nouvelle édition revue et corrigée, et augmentée d’un grand nombre de planches et de notes importantes, par E. [[w:Tardieu_(patronyme)|Tardieu]] et [https://data.bnf.fr/fr/10266278/jean-antoine_coussin/ A. Coussin] fils, architectes, Chez les Éditeurs E. Tardieu & A. Coussin, et chez Carillan-Gœury & A. Mathias, 1837</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de la traduction de C. Perrault, Tardieu et A. Coussin 1837|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Parapegmatique_back|<span id="Parapegmatique"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun latin [[wikt:parapegma#Latin|parapegma]]; du nom commun grec ancien πᾰρᾰ́πηγμᾰ / parápēgma [[wikt:en:παράπηγμα#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de la préposition παρά / pará [[wikt:en:παρά#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (+ génitif) : • Depuis; • À cause de. 2. (+ datif) : • À, à côté, par, près. 3. (+ accusatif) : • Contrairement à; • À côté, près (avec les verbes de venir ; avec les verbes de mouvement passé ; avec les verbes de frapper ou de blesser);<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du verbe πήγνυμι / pḗgnumi [[wikt:en:πήγνυμι#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Sécuriser, coller, fixer : • Se fixer sur. 2. Attacher, assembler, unir, construire. 3. Rendre solide, raidir, congeler, cailler. 4. (au sens figuré) fixer, établir, déterminer. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal de résultat ou de l’effet d’une action/d’une instance particulière d’une action/de l’objet d’une action -μᾰ / -ma [[wikt:en:-μα#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">(Antiquité) Planches de cuivre sur lesquelles les ordonnances et les proclamations publiques étaient gravées, et qui s’affichaient à quelque pilier pour y être lues de tout le monde.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">(Astronomie) Tables astronomiques en usage chez les ''Syriens'' et les ''Phéniciens'', qui indiquaient les levers et les couchers des astres.</small>'''{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: center; margin: 0 2em;">'''DES SIGNES QVI SONT À COSTÉ DV'''<br />''Zodiaque deuers la partie du Mydi. Chap.''VII.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[…] Mais pour les cho[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />es natureles Thales de Milete, Anaxagoras de Clazomene, Pythagoras de Samos, Xenophanes de Colophone, & Democrite d’Abdere, par rai[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ons [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ubtilement excogitees nous ont in[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />truictz comment Nature [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />’y gouuerne, & par quelz effectz elles les produict. Puis Eudoxus, Eudemon, Calli[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tus, Melo, Philipp, Hipparchus, Aratus, & autres qui ont [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />uyui les de[[w:S_long|{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />us nommez, n’ont par A[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />trologie [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />eulement cogneu la nai[[w:S_long|{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ance & decours des E[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />toilles, mais d’auantage predict [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />elon cela les euenements des orages & tempe[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tes, le tout au moyen de leurs regles & in[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />trumens A[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />trologiques, & en ont donné les intelligences a nous & a la po[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />terité. Parquoy ie dy que teles [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ciences [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ont a reuerer par les hommes, pource qu’elles ont e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />té cherchees a [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />i grad [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />oing & diligence qu’il [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />emble que ce [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />oit in[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />piration diuine qui faict iuger le[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />dictz euenemens des tempe[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tes auant qu’elles arriuent. Mais quant a moy ie lai[[w:S_long|{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />e cela pour les e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tudes & exercices de ceulx qui [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />’y vouldront amuzer.
</div></poem>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1785Index.asp <u>Architecture ou Art de bien ba{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tir, de Marc Vitruue Pollion Autheur</u>], ''Neufieme Livre d’Architecture de Marc Vitruue Pollion.'', mis de latin en Francoys par [[w:Jean_Martin_(humaniste)|Ian Martin]] Secretaire de Mon{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eigneur le [[w:Robert_de_Lenoncourt_(cardinal)|Cardinal de Lenoncourt]], povr le Roy Treschrestien Henry II., avec privilege du Roy, On les vend chez Iacques Gazeau, en la rue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ainct Iacques a l’E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cu de Colongne. M.D.XL.VII.</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Diodore_de_Sicile|'''Diodore''']] [[#Diodore|<span id="Diodore_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] de [[w:Histoire_de_la_Sicile#241_av._J.-C._-_535_:_Sicile_romaine|''Sicile'']] [[#Sicile|<span id="Sicile_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]]) [[s:Auteur:Diodore_de_Sicile|<sup>📚</sup>]]
<poem>
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">[[w:Historien#Les_historiens_de_l'époque_romaine|Historien]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Historien_back|<sup>🔄</sup>]] ''grec'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Grec_back|<sup>🔄</sup>]] du [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]], contemporain de '''Jules César''' [[#Jules_César_back|<sup>⤴️</sup>]] et d’'''Auguste''' [[#Auguste_back|<sup>⤴️</sup>]].</div>
</poem>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Diodore de ''Sicile''|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''<small>[[#Diodore_back|<span id="Diodore"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre ''théophore'' [[#théophore_back|<sup>⤴️</sup>]] grec ancien Δῐόδωρος / Diódōros [[wikt:en:Διόδωρος#Ancient_Greek|(en)]], littéralement « don de Zeus »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ De Ζεύς / Zeús [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#NdA_mythologie_grecque_back|<sup>🔄</sup>]], « Zeus »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun δῶρον / dôron [[wikt:en:δῶρον#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Cadeau. 2. La largeur de la main. ».<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Sicile_back|<span id="Sicile"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Σῐκελῐ́ᾱ / Sikelíā [[wikt:en:Σικελία#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ Du nom commun Σῐ́κελος / Síkelos [[wikt:en:Σικελός#Ancient_Greek|(en)]], « Sicule, ancien peuple de la ''Sicile'' »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal abstrait féminin -ῐ́ᾱ / -íā [[wikt:en:-ία#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">À l’issue de la [[w:Première_guerre_punique|''première guerre punique'']] ([[w:-264|-264]] — [[w:-241|-241]]), la ''Sicile'' tombe aux mains des ''romains'', devenant dès lors la première [[w:Province_romaine|''province romaine'']] hors de la ''péninsule italienne''. Seule la petite royauté de [[w:Syracuse|''Syracuse'']], confiée à [[w:Hiéron_II|Hiéron II]] qui a choisi finalement l’alliance romaine, conserve une indépendance relative jusqu’à sa chute en [[w:-211|-211]] après son alliance avec ''Carthage'' lors de la [[w:Deuxième_guerre_punique|''deuxième guerre punique'']] et un [[w:Siège_de_Syracuse_(213_av._J.-C.)|''long siège'']] mené par le consul Marcellus [[Marcellus-222_back|<sup>⤴️</sup>]]. Elle constitue un enjeu économique important. Riche en terres agricoles, la ''Sicile'' est pour ''Rome'' une importante source de céréales, selon l’expression de [[w:Caton_l%27Ancien|Caton l’Ancien]] :'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''M. '''Caton''', cet illustre citoyen, surnommé le Sage, appelait la Sicile le grenier de la république, la nourrice du peuple romain.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">'''[https://remacle.org/bloodwolf/orateurs/preture.htm <u>Discours VII. de Cicéron</u> ''Seconde action contre Verrès II. Livre II. Sur sa préture en Sicile. §II.'']</small>'''
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Bibliothèque_historique|''Bibliothèque'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_période_Grèce_Hellénistique#Bibliothèque_back|<sup>🔄</sup>]] ''historique'' [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Histoire_back|<sup>🔄</sup>]]<p style="text-align: right;">[[s:Bibliothèque_historique|<sup>📚</sup>]] ===
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px;">Ouvrage d’[[w:Histoire_de_l'humanité|''histoire universelle'']], compilant de nombreux auteurs antiques, et couvrant toutes les aires géographiques et temporelles connues, du commencement mythologique du monde à '''Jules César'''. Il a été rédigé en grec au [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|<small>AEC</small>|Avant l’Ère Commune}}]] et se compose à l’origine de 40 livres dont il ne reste aujourd’hui que 15 (les livres I à V consacrés à l’histoire mythique des ''Barbares'' et des ''Grecs'' et les livres de XI à XX traitant la période de [[w:-480|-480]] à [[w:-302|-302]], ainsi que quelques fragments des livres VI à X consacrés à l’histoire de la [[w:Guerre_de_Troie|''Guerre de Troie'']] et à la fin des [[w:Guerres_m%C3%A9diques|''Guerres médiques'']]).</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Bibliothèque historique|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: center; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px;"><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><small>''IV. Comme l’exécution d’un projet si utile demande beaucoup de travail et de temps, nous y avons employé trente ans. Nous avons parcouru, avec bien des fatigues et bien des risques, une grande partie de l’Asie et de l’Europe, afin de voir de nos propres yeux la plupart des contrées les plus importantes dont nous aurons occasion de parler. Car c’est à l’ignorance des lieux qu’il faut attribuer les erreurs qui sont commises même par les historiens les plus renommés.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Ce qui nous porte à entreprendre cet ouvrage, c’est surtout le désir d’être utile ( désir qui chez tous les hommes mène à bonne fin les choses en apparence les plus difficiles ) ; puis, la facilité avec laquelle nous pouvons nous procurer à Rome tout ce qui peut contribuer à la réalisation de ce projet. En effet, cette ville dont l’empire s'étend jusqu’aux confins du monde nous a fourni de grandes facilités, à nous qui y avons séjourné pendant un temps assez long. Natif d’Argyre [[w:en:Agira#History|(en)]], en Sicile, et ayant acquis une grande connaissance de la langue latine, à cause des rapports intimes et fréquents que les Romains ont avec cette île, j’ai consulté avec soin les documents conservés depuis si longtemps par les Romains, afin d’éclaircir l’histoire de ce grand empire. Nous avons commencé par les temps fabuleux chez les Grecs et les Barbares, après avoir soigneusement examiné tout ce que les traditions anciennes rapportent sur chaque peuple.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Puisque notre ouvrage est achevé et que les livres qui le composent sont encore inédits, je veux d’abord dire un mot sur le plan général que j’ai suivi. Les six premiers livres renferment les événements et les récits fabuleux antérieurs à la guerre de Troie, et, de ces six, les trois premiers comprennent les antiquités des Barbares, et les trois autres, celles des Grecs. Dans les onze livres suivants, nous donnons l’histoire universelle depuis la guerre de Troie jusqu’à la mort d'Alexandre. Enfin les derniers vingt-trois livres contiennent la suite de cette histoire jusqu’au commencement de la guerre entre les Celtes et les Romains, sous le commandement de Jules César, qui fut mis par ses exploits au rang des dieux : ce chef avait dompté les innombrables peuplades belliqueuses des Celtes et reculé jusqu’aux îles britanniques les limites de l’empire de Rome.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' [[w:Ibidem|{{Info|''Ibid.''|Locution latine signifiant « même endroit », utilisé pour éviter la répétition lorsque la même source a été citée dans la référence précédente.}}]], [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre1b.htm ''Tome Premier : Livre I chapitre IV''], traduite du grec par Ferdinand Hoeffer, Librairie Hachette et C<sup>ie</sup>, 1865.</small>'''
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==== Livre I ====
<poem>
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Le premier livre s’ouvre sur un prologue de l’œuvre dans son ensemble, soulignant l’importance de l’histoire en général et de l’histoire universelle en particulier. Le reste du livre est consacré à l’Égypte et est divisé en deux moitiés. Dans la première moitié, il couvre l’origine du monde et le développement de la civilisation en ''Égypte''. Dans la seconde partie, il présente l’histoire du pays, ses coutumes et sa religion.</div></poem>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XXXVIII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réfutation par '''Diodore''' d’une théorie de '''Thalès''' sur la crue du [[w:Nil|''Nil'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Nil_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXVIII.</small>''' Ἐπειδὴ δὲ περὶ τῶν πηγῶν καὶ τῆς ῥύσεως αὐτοῦ διεληλύθαμεν, πειρασόμεθα τὰς αἰτίας ἀποδιδόναι τῆς πληρώσεως. Θαλῆς μὲν οὖν, εἷς τῶν ἑπτὰ σοφῶν ὀνομαζόμενος, φησὶ τοὺς ἐτησίας ἀντιπνέοντας ταῖς ἐκβολαῖς τοῦ ποταμοῦ κωλύειν εἰς θάλατταν προχεῖσθαι τὸ ῥεῦμα, καὶ διὰ τοῦτ´ αὐτὸν πληρούμενον ἐπικλύζειν ταπεινὴν οὖσαν καὶ πεδιάδα τὴν Αἴγυπτον. Τοῦ δὲ λόγου τούτου, καίπερ εἶναι δοκοῦντος πιθανοῦ, ῥᾴδιον ἐξελέγξαι τὸ ψεῦδος. Εἰ γὰρ ἦν ἀληθὲς τὸ προειρημένον, οἱ ποταμοὶ πάντες ἂν οἱ τοῖς ἐτησίαις ἐναντίας τὰς ἐκβολὰς ἔχοντες ἐποιοῦντο τὴν ὁμοίαν ἀνάβασιν· οὗ μηδαμοῦ τῆς οἰκουμένης συμβαίνοντος ζητητέον ἑτέραν αἰτίαν ἀληθινὴν τῆς πληρώσεως.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile</u>, [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre1b.htm ''Tome Premier : Livre I chapitre XXXVIII''], traduite du grec par Ferdinand Hoeffer, Librairie Hachette et C<sup>ie</sup>, 1865</div>
</poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 520px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXVIII.</small>''' Après avoir parlé des sources et du cours du ''Nil'', nous allons essayer d’exposer les causes de sa crue. '''Thalès''', l’un des sept sages, prétend que les vents étésiens, soufflant contre les embouchures de ce fleuve, l’empêchent de verser ses eaux dans la mer; et, qu’ainsi enflé, le ''Nil'' inonde toute la ''Basse-Égypte''. Cette opinion, quelque probable qu’elle paraisse, est aisément réfutée. En effet, si elle était vraie, tous les fleuves dont les embouchures sont à l’opposite de la direction des vents étésiens devraient offrir un semblable débordement. Or, cela n’étant pas, il faut chercher une autre cause à ce phénomène.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile</u>, [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre1b.htm ''Tome Premier : Livre I chapitre XXXVIII''], traduite du grec par Ferdinand Hoeffer, Librairie Hachette et C<sup>ie</sup>, 1865<br />(également disponible [https://books.google.fr/books?id=WWsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=diodore+de+sicile+bibliotheque+historique&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&ved=2ahUKEwj_9Pr-y4WGAxVHT6QEHQeIBFgQ6AF6BAgKEAI#v=onepage&q=thal%C3%A8s&f=true ici] ou [[s:Page:Diodore_de_Sicile_-_Bibliothèque_historique,_Delahays,_1851.djvu/72|là]]</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXXVIII.</small>''' Après avoir parlé des sources et du cours du ''Nil'', nous essayerons d’expliquer la cause de la crue de ses eaux. '''Thalès''', compté au nombre des sept sages de la ''Grèce'', l’attribue aux vents Étésiens [[#vents_Étésiens_NdT_AM|<span id="vents_Étésiens_NdT_AM_back">'''<sup>1</sup>'''</span>]], qui, soufflant à l’opposite de l’embouchure du fleuve, le retiennent et l’empêchent de se jeter dans la mer : ainsi, son volume s’accroît, et bientôt il inonde toute l’Égypte dont le sol est bas et tout-à-fait plat. Mais, quelque vraisemblance que présente d’abord cette explication, on peut en démontrer aisément la fausseté. Si en effet ce que nous venons de rapporter était vrai, tous les fleuves dont l’embouchure se trouve opposée à la direction des vents Étésiens, éprouveraient la même élévation de niveau [[#même_élévation_NdT_AM|<span id="même_élévation_NdT_AM_back">'''<sup>2</sup>'''</span>]]; or, comme ce fait n’existe dans aucune autre partie de la terre, il faut chercher une raison différente de la crue du ''Nil''.</div></poem>
<table cellspacing=10 style="margin: 0 4em; ">
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small>[[#vents_Étésiens_NdT_AM_back|<span id="vents_Étésiens_NdT_AM"><sup>1</sup></span>]] Vents annuels périodiques qui soufflent assez généralement du nord au midi, après le solstice d’été et pendant la canicule. Ils durent environ six semaines.</small>'''</poem></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify; text-indent: 15px">
<poem>'''<small>[[#même_élévation_NdT_AM_back|<span id="même_élévation_NdT_AM"><sup>2</sup></span>]] Cet argument est employé par Hérodote, liv. II, chap. XXXII.</td>
</tr>
</small>'''
</poem></table>
<poem>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=oXp5jRK9Fl0C&printsec=frontcover&dq=diodore+de+sicile+bibliotheque+historique&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=true <u>Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile</u>], [https://books.google.fr/books?id=oXp5jRK9Fl0C&printsec=frontcover&dq=diodore+de+sicile+bibliotheque+historique&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=thal%C3%A8s&f=true ''Tome Premier : Livre I chapitre XXXVIII''], traduite du grec par A. F. Miot, ancien conseiller d’état, imprimé par autorisation du roi à l’imprimerie royale, 1834</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<poem><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''<small>XXIV.</small>''' Conjectures sur la cause des débordements du ''Nil''.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Après avoir parlé des sources du ''Nil'', nous passerons à ses débordements.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Première conjecture.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''Thalès''' un des sept sages de la ''Grèce'', dit que les vents étésiens qui soufflent contre les embouchures du ''Nil'' empêchant ses eaux d’entrer dans la mer, les font regorger dans toute l’Égypte qui est un pays plat et fort bas. Quelque vraisemblance que puisse avoir cette opinion il est aisé de la combattre. Car si cela était tous les fleuves dont les embouchures sont exposées aux vents étésiens seraient sujets au même débordement ; ce qui n’arrivant à aucun autre fleuve dans le monde, il faut chercher une cause propre et particulière au ''Nil''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile</u>, [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre1.htm ''Tome Premier : Livre I chapitre XXIV''], traduite en françois par Monsieur l’[[w:Jean_Terrasson|abbé Terrasson]], de l’Académie Françoise, chez De Bure l’aîné, Quay des Augustins, du côté du Pont S. Michel, à Saint Paul, 1737</div></poem>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
[[Catégorie:Philosophe]]
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Livre de cuisine/Coulis
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DavidL
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wikitext
text/x-wiki
{{Livre de cuisine}}
[[Fichier:Coulis fraises préparation.jpg|thumb|Préparation d'un coulis de fraises.]]
Le coulis est une sauce ou d'accompagnement des plats, obtenu à froid par écrasement d'un aliment et passage dans un tamis.
Pour les plats salés :
* coulis de tomates (autre nom de la sauce tomate) ;
* bisque de homard, de crabe...
Pour les desserts :
* coulis de fruits rouges (cassis, groseilles, etc.) en accompagnement de desserts tels que le fromage blanc, [[Livre de cuisine/Panna cotta|la panna cotta]]…
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Croatia Panna Cotta 2012 roberta f.jpg|Coulis de fruits rouges sur panna cotta.
Tian provençal aux aubergines et aux tomates.jpg|Coulis de tomates sur tian d'aubergines.
Chicken with tomato bredie (12567481243).jpg|Poulet avec coulis de tomates.
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[[Catégorie:Desserts|{{SUBPAGENAME}}]]
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