Wikilivres frwikibooks https://fr.wikibooks.org/wiki/Accueil MediaWiki 1.47.0-wmf.10 first-letter Média Spécial Discussion Utilisateur Discussion utilisateur Wikilivres Discussion Wikilivres Fichier Discussion fichier MediaWiki Discussion MediaWiki Modèle Discussion modèle Aide Discussion aide Catégorie Discussion catégorie Transwiki Discussion Transwiki Wikijunior Discussion Wikijunior TimedText TimedText talk Module Discussion module Event Event talk Wikijunior:Les civilisations anciennes 102 7140 769490 769467 2026-07-13T17:57:56Z JackPotte 5426 Révocation d’une modification de [[Special:Contributions/~2026-39420-92|~2026-39420-92]] ([[User talk:~2026-39420-92|discussion]]) vers la dernière version de [[User:Adelys27|Adelys27]] 760638 wikitext text/x-wiki Les civilisations anciennes sont connues au travers des éléments écrits ou archéologiques restants. Elles avaient des spécificités en fonction des lieux où elles se sont développées. Elles avaient des systèmes de valeurs, ou de relations parfois sensiblement différents des nôtres. Sommaire : [[Fichier:Wikijunior Ancient Civlizations II.png|vignette|Les civilisations anciennes.]] *[[/L'Égypte/]] (Afrique) *[[/La Mésopotamie/]] (Asie) *[[/La Grèce antique/]] (Monde méditerranéen) *[[/La Rome antique/]] (Monde méditerranéen) *[[/La civilisation carthaginoise ou civilisation punique/]] (Monde méditerranéen) *[[/Les Mound Builders/]] (Amérique du Nord) *[[/Les Anasazis/]] (Amérique du Nord) *[[/Les Aztèques/]] (Amérique centrale) *[[/Les Mayas/]] (Amérique centrale) *[[/Les Incas/]] (Amérique du Sud) *[[/Les Arabes/]] (Moyen-Orient) *[[/Les Vikings/]] (Europe) *[[/La Chine/]] (Asie) *[[/Les Khmer/]](Asie) *[[/Lapita/]] (Océanie) [[Catégorie:Wikijunior|Civilisations anciennes}]] [[Catégorie:Livres en cours de rédaction]] [[Catégorie:Wikijunior:Les civilisations anciennes (livre)|!]] [[de:Wikijunior Alte Zivilisationen]] [[en:Wikijunior:Ancient Civilizations]] [[es:Wikichicos/Grandes Civilizaciones]] [[fi:Wikijunior Muinaiset kulttuurit]] qqht78i5a6oyhunhs6nwhe8pu42nm3j Dictionnaire de philosophie/A 0 30496 769501 769473 2026-07-14T05:38:07Z PandaMystique 119061 769501 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo |A}} <!-- Grille de contenu --> <div style="display: grid; grid-template-columns: repeat(auto-fit, minmax(280px, 1fr)); gap: 2em; width: 100%; margin-bottom: 2em;"> <div style="padding: 1.5em; background: linear-gradient(135deg, #ffffff40 0%, #e0e4e840 100%); border-radius: 10px; box-shadow: 0 3px 10px rgba(0,0,0,0.1);"> :{{Page|A (logique)|A}} :{{Page|Abduction}} ᕻ :{{Page|Aboulie}} :{{Page|Absolu}} :{{Page|Absolutisme}} ᕻ :{{Page|Abstraction}} ᕻ :{{Page|Absurde}} ᕻ :Académie :{{Page|Acatalépsie}} ᕻ :{{Page|Accident}} ᕻ :[[Manuel de terminale de philosophie/Acte/Puissance|Acte et Puissance]] <small>(M)</small> :{{Page|Action}} ᕻ :{{Page|Affection}} :''Afrique'' ::— {{Page|Philosophie africaine}} :{{Page|Agnosticisme}} :{{Page|Aliénation}} :{{Page|Altérité}} :{{Page|Altruisme}} ᕻ :{{Page|Âme}} :{{Page|Amitié}} </div> <div style="padding: 1.5em; background: linear-gradient(135deg, #ffffff40 0%, #e0e4e840 100%); border-radius: 10px; box-shadow: 0 3px 10px rgba(0,0,0,0.1);"> :{{Page|Amour}} :Analogie :Analyse :Analytique :{{Page|Anarchisme}} ᕻ :{{Page|Anaxagore}} :{{Page|Anaximandre de Milet}} :{{Page|Angoisse}} ᕻ :{{Page|Animal}} ::— Communication animale ::— Droits ::— {{Page|Intelligence animale}} ᕻ :{{Page|Anthropocentrisme}} :{{Page|Antinomie}} :{{Page|Aporie}} :{{Page|Apparence}} :{{Page|A priori}} :{{Page|Argument}} ::— [[Philosophie de l'esprit/Argument de la connaissance|de la connaissance]] </div> <div style="padding: 1.5em; background: linear-gradient(135deg, #ffffff40 0%, #e0e4e840 100%); border-radius: 10px; box-shadow: 0 3px 10px rgba(0,0,0,0.1);"> :{{Page|Argentine (Philosophie)|Argentine}} (philosophie au XX{{e}} siècle) :{{Page|Aristote}} ::— Aristotélisme :{{Page|Art (introduction)|Art}} (introduction) ::— {{Page|Art}} (contemporain) ::— {{Page|Art et Vérité}} :{{Page|Ataraxie}} :{{Page|Athéisme}} :Atome ::— {{Page|Atomisme}} :{{Page|Attribut}} :{{Page|Authenticité}} :{{Page|Autonomie}} :{{Page|Autorité}} :[[Philosophie/Autrui|Autrui]] <small>(M)</small> :{{Page|Avortement}} (éthique) ᕻ :{{Page|Axiome}} </div> </div> {{PhiloRecherche}} {{Autocat}} n4d8bbiwbaxoevhdwsaeuv1o2027cze Dictionnaire de philosophie/Agnosticisme 0 37439 769502 768147 2026-07-14T08:22:35Z PandaMystique 119061 769502 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Agnosticisme|lecture=oui}} L''''agnosticisme''' désigne une famille de positions philosophiques relatives à la connaissance du divin. Au sens le plus courant, l'agnostique est celui qui suspend son jugement sur l'existence de Dieu ou des dieux : il ne croit ni qu'ils existent, ni qu'ils n'existent pas. Cette suspension peut s'autoriser de deux diagnostics d'inégale force, qu'il importe de ne pas confondre : tantôt le constat, en droit révisable, que les preuves disponibles sont insuffisantes dans les deux directions ; tantôt la thèse, plus ambitieuse, que l'esprit humain est incapable par principe de déterminer avec certitude l'existence ou l'inexistence du divin. Les classements de ces nuances varient du reste selon les auteurs, et l'on en présentera plusieurs au fil de l'article<ref>Pour des cartographies divergentes, voir Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, Oxford, Oxford University Press, 2010, chap. 1, et Graham Oppy, Atheism and Agnosticism, Cambridge, Cambridge University Press, 2018, p. 3-7.</ref>. Cette position épistémologique se distingue à la fois du théisme, qui affirme l'existence de Dieu, et de l'[[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|athéisme]] qui, en son sens le plus répandu, la nie ; on verra toutefois que l'athéisme s'entend lui-même en un sens fort (croire que Dieu n'existe pas) et en un sens faible (être simplement dépourvu de croyance théiste), ce qui obligera à affiner la carte. Au cœur de l'agnosticisme se trouve une interrogation majeure sur les limites de la [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] humaine face aux questions métaphysiques ultimes. == Origines historiques et étymologie == [[Fichier:T.H.Huxley(Woodburytype).jpg|vignette|Thomas Henry Huxley (1825-1895), inventeur du mot « agnostique » (1869).]] Le terme « agnosticisme » est forgé en 1869 par le biologiste britannique Thomas Henry Huxley<ref>Huxley raconte lui-même la naissance du mot dans « Agnosticism » (1889), in Collected Essays, vol. V (Science and Christian Tradition), Londres, Macmillan, 1894, p. 209-262 (le récit de l'invention figure aux p. 239-240). Dès 1860, sa lettre du 23 septembre à Charles Kingsley exposait la position sans encore la nommer : Leonard Huxley, Life and Letters of Thomas Henry Huxley, vol. I, Londres, Macmillan, 1900, p. 217-219.</ref>, à partir du grec « a- » (privatif) et « gnôsis » (connaissance). Huxley raconte lui-même la scène avec humour : lors de la fondation de la Metaphysical Society, ce club londonien où théologiens et savants croisaient le fer, chacun arrivait muni d'une étiquette, matérialiste, idéaliste, chrétien ou libre-penseur ; lui seul se sentait, comme le renard de la fable pris au piège, privé de queue. Il se forgea donc le titre d'« agnostique », par antithèse ostensible aux gnostiques de l'histoire de l'Église, ces docteurs qui prétendaient savoir précisément ce qui lui paraissait inconnaissable<ref>Thomas Henry Huxley, « Agnosticism » (1889), in Collected Essays, vol. V, Londres, Macmillan, 1894, p. 239-240. Le mot fut lancé dans le public par le journaliste Richard Holt Hutton, qui l'avait entendu à la Metaphysical Society : R. H. Hutton, « Pope Huxley », The Spectator, vol. 43, janvier 1870, p. 135-136.</ref>. Huxley cherchait ainsi à nommer sa position face aux débats religieux de l'Angleterre victorienne : ni croyant ni athée militant, il se disait incapable de connaître la vérité sur l'existence divine. Cette invention répondait à un besoin conceptuel précis : distinguer le scepticisme épistémologique de la négation dogmatique. Vingt ans plus tard, sommé de s'expliquer par ses adversaires, Huxley précisera le sens de son néologisme dans une formule restée classique : « L'agnosticisme n'est pas, en fait, un credo, mais une méthode », dont l'essence tient dans l'application rigoureuse d'un seul principe<ref>Thomas Henry Huxley, « Agnosticism », art. cité, p. 245.</ref>. Positivement, ce principe commande de suivre sa raison aussi loin qu'elle peut conduire ; négativement, il interdit de tenir pour certaines des conclusions qui ne sont ni démontrées ni démontrables<ref>Thomas Henry Huxley, « Agnosticism », art. cité, p. 246.</ref>. Le mot fait aussitôt fortune dans l'Angleterre victorienne, où la critique biblique, la géologie et le darwinisme ébranlent alors les certitudes reçues. Son essor doit aussi beaucoup à des transformations sociales : professionnalisation des sciences, presse périodique en pleine expansion, sociétés de discussion comme la Metaphysical Society, recul de l'autorité ecclésiastique sur l'université ; autant de conditions qui rendirent la position publiquement tenable et socialement habitable. L'historien Bernard Lightman a montré que ce vocabulaire nouveau permit à toute une génération de lettrés de quitter l'orthodoxie sans rejoindre l'athéisme militant<ref>Bernard Lightman, The Origins of Agnosticism: Victorian Unbelief and the Limits of Knowledge, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1987.</ref>. Leslie Stephen, clergyman devenu homme de lettres (et futur père de Virginia Woolf), publie dès 1876 une retentissante apologie de l'agnostique : à ses yeux, le « gnostique » est celui qui prétend savoir, l'agnostique celui qui avoue franchement que certaines questions excèdent nos forces, et cette franchise vaut mieux que toutes les théodicées<ref>Leslie Stephen, « An Agnostic's Apology », The Fortnightly Review, juin 1876 ; repris in An Agnostic's Apology and Other Essays, Londres, Smith, Elder and Co., 1893.</ref>. En 1889 encore, répondant aux théologiens, Huxley donnera du principe agnostique une formulation « autant éthique qu'intellectuelle » : nul n'a le droit de se dire certain de la vérité objective d'une proposition s'il ne peut produire les preuves qui justifient logiquement cette certitude<ref>Thomas Henry Huxley, « Agnosticism and Christianity » (1889), in Collected Essays, vol. V, Londres, Macmillan, 1894, p. 310.</ref>. La constellation victorienne ne se réduit d'ailleurs pas aux libres-penseurs. Curieusement, l'un des premiers alliés que Huxley se reconnut fut un ecclésiastique en vue, Henry Longueville Mansel, dont les conférences d'Oxford de 1858, ''Les Limites de la pensée religieuse'', soutenaient depuis la chaire que Dieu, être transcendant, excède une connaissance humaine finie : les Écritures ne nous livrent pas ce que Dieu est en lui-même, mais la manière dont il veut être conçu par nous, vérité « régulatrice » et non spéculative. Huxley lut ces conférences avec enthousiasme, y reconnaissant, dix ans avant de le baptiser, le principe de sa propre position ; Mansel, lecteur anglais de Kant, faisait ainsi passer dans la théologie même la critique des prétentions de la raison<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, chap. 2, qui suit Bernard Lightman, The Origins of Agnosticism, 1987 ; Henry Longueville Mansel, The Limits of Religious Thought (Bampton Lectures pour 1858), Londres, John Murray, 1858.</ref>. À l'autre bord, Herbert Spencer donna de l'agnosticisme une version métaphysique ample en affirmant la réalité d'un « Inconnaissable » derrière les phénomènes ; Huxley s'irrita d'être confondu avec lui et de voir l'agnosticisme se muer en quasi-religion, dotée de son Absolu et de ses articles de foi, tandis que l'Église, par la voix de Henry Wace, dénonçait au contraire dans le mot un simple masque de l'athéisme. C'est pour dissiper ce double malentendu qu'il reprit la plume en 1889<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, chap. 2. Sur la doctrine de l'Inconnaissable : Herbert Spencer, First Principles, Londres, Williams and Norgate, 1862, première partie (« The Unknowable »).</ref>. Bien avant Huxley, la pensée agnostique a des racines anciennes. Dès l'Antiquité grecque, le sophiste Protagoras avait exprimé une position proto-agnostique dans son traité ''Sur les dieux''. Sa formule célèbre affirme, à propos des dieux : « je ne peux savoir ni qu'ils sont ni qu'ils ne sont pas », ni quel est leur aspect ; beaucoup de choses, ajoute-t-il, empêchent de le savoir, à commencer par l'obscurité du sujet et la brièveté de la vie humaine<ref>Protagoras, fragment DK 80 B4 = Diels-Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker, 6e éd., Berlin, Weidmann, 1951-1952, vol. II, p. 265 ; trad. Jean-Paul Dumont, Les Présocratiques, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, p. 991.</ref>. On y voit déjà les deux arguments majeurs de l'agnosticisme : absence de preuves empiriques et limitations cognitives humaines. == Les précurseurs philosophiques == === Le scepticisme pyrrhonien === Le [[Dictionnaire de philosophie/Scepticisme|scepticisme]] antique, notamment celui de [[Dictionnaire de philosophie/Pyrrhon d'Élis|Pyrrhon d'Élis]] (vers 360-275 avant J.-C.) et de Sextus Empiricus (II{{e}} et III{{e}}&nbsp;siècles), préfigure l'agnosticisme par sa méthode de suspension du jugement (''épochè''). Pour les sceptiques pyrrhoniens, face à l'impossibilité de trancher entre des thèses opposées de poids égal, la seule attitude raisonnable consiste à suspendre son assentiment. Cette suspension ne vise pas seulement les questions théologiques, mais toute assertion sur « les choses obscures », c'est-à-dire ce qui échappe à l'expérience directe. ==== Pyrrhon et son héritage ==== Pyrrhon lui-même n'a rien écrit, mais nous connaissons sa pensée par son disciple Timon de Phlionte. Selon le témoignage d'Aristoclès de Messine transmis par Eusèbe de Césarée, celui qui veut être heureux doit considérer trois questions : quelle est la nature des choses, quelle disposition nous devons avoir envers elles, et ce qui résultera de cette disposition. À la première question, Pyrrhon répondait que les choses sont « également indifférentes, indéterminées et indécises », et que par conséquent nos sensations et nos opinions ne sont ni vraies ni fausses. Sur la disposition à adopter, il recommandait de ne se fier à rien, de rester sans opinions, sans inclinations, en s'appuyant sur une formule qui épuise méthodiquement les combinaisons du oui et du non : nulle chose, disait-il, n'est plutôt qu'elle n'est pas ; elle est et elle n'est pas ; ni elle n'est ni elle n'est pas. De cette disposition résulte d'abord ''l'aphasie'' (le silence), ensuite ''l'ataraxie'' (l'absence de trouble). ==== Sextus Empiricus et la systématisation ==== Sextus Empiricus, médecin et philosophe, fut le dernier grand représentant du scepticisme pyrrhonien. Son œuvre, notamment les ''Esquisses pyrrhoniennes'' (''Hypotyposes pyrrhoniennes'')<ref>Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, trad. Pierre Pellegrin, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1997, 415 p.</ref> et ''Contre les mathématiciens'' (''Adversus mathematicos''), propose une systématisation complète de l'argumentation sceptique. Le sceptique pyrrhonien, selon Sextus, s'oppose tant aux dogmatiques qui prétendent avoir trouvé la vérité qu'aux académiciens qui affirment qu'elle est insaisissable. Le sceptique, lui, « continue la recherche », refusant de s'arrêter à une conclusion définitive. Cette attitude interrogative permanente anticipe la posture agnostique moderne. ==== La méthode sceptique : les tropes ==== Pour parvenir à la suspension du jugement (''épochè''), les sceptiques ont développé des procédés argumentatifs appelés ''tropes'' ou modes. Le scepticisme pyrrhonien utilise principalement trois séries de tropes : * Les dix tropes d'Énésidème : ils montrent comment toute assertion sur la nature des choses est relative aux circonstances. Ces dix modes sont fondés sur les différences entre les animaux, entre les hommes, entre nos sens, sur les circonstances, les distances et positions, les mélanges, la composition, la relation, la fréquence et la rareté, enfin les coutumes et les lois. * Les cinq tropes d'Agrippa : plus tardifs et plus abstraits, ils constituent une redoutable « machine dialectique » contre toute prétention à la vérité absolue. Il s'agit de la ''régression à l'infini'' (toute [[Dictionnaire de philosophie/Démonstration|démonstration]] repose sur des prémisses qui demandent elles-mêmes à être démontrées), du ''désaccord'' ou ''diaphonie'' (les opinions divergent sur toutes choses), de la ''relativité'' (tout apparaît différemment selon les circonstances), de ''l'hypothèse'' (poser quelque chose sans démonstration), et du ''diallèle'' ou ''cercle vicieux'' (prouver une chose par une autre qui a elle-même besoin d'être prouvée par la première). * Les deux tropes contre les causes : ils visent à montrer que toute explication causale repose sur des présupposés indémontrables<ref>Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 164-177 (cinq tropes d'Agrippa) et I, 178-179 (deux tropes contre les explications causales), trad. Pierre Pellegrin, Paris, Seuil, 1997.</ref>. ==== Le but du scepticisme : l'ataraxie ==== Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le scepticisme pyrrhonien n'est pas une philosophie du doute paralysant. Son but est pratique et thérapeutique : parvenir à la tranquillité de l'âme (''ataraxie'') par la suspension du jugement. Le sceptique observe que celui qui cherche obstinément la vérité sur les choses obscures se trouve dans un état de trouble permanent, écartelé entre des opinions contradictoires également convaincantes. En suspendant son jugement, le sceptique découvre, de manière quasi fortuite, la paix intérieure. Sextus Empiricus compare cet événement à l'anecdote du peintre Apelle qui, désespérant de représenter l'écume d'un cheval, jeta son éponge sur la toile et obtint ainsi par hasard l'effet recherché. De même, le sceptique, renonçant à trancher entre les opinions contradictoires, trouve la sérénité qu'il cherchait<ref>Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 28-29, trad. P. Pellegrin, Paris, Seuil, 1997, p. 80-81.</ref>. ==== Scepticisme et vie pratique ==== Une objection courante contre le scepticisme est l'accusation d'{{'}}''apraxie'' : comment peut-on agir si l'on suspend tout jugement ? Les sceptiques pyrrhoniens répondent en distinguant plusieurs niveaux. Dans la vie quotidienne, le sceptique se laisse guider par : * Les ''affections'' naturelles (faim, soif, sensations)<ref>Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, XIV, 18, 1-5, citant Aristoclès de Messine ; voir Jean-Paul Dumont, Les Sceptiques grecs, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2001, p. 50-53.</ref> * Les ''lois et coutumes'' de sa cité * L'{{'}}''enseignement des arts'' (les techniques) * L'{{'}}''apparence'' (''phantasia'') des choses Le sceptique ne nie pas les ''phénomènes'' (ce qui apparaît), il suspend seulement son jugement sur les affirmations dogmatiques concernant la ''nature cachée'' des choses. Il peut donc vivre normalement, suivant les apparences sans affirmer qu'elles correspondent à une réalité absolue. ==== L'influence du scepticisme pyrrhonien sur l'agnosticisme ==== Le scepticisme pyrrhonien préfigure l'agnosticisme moderne sur plusieurs points essentiels : 1. La suspension du jugement : là où les pyrrhoniens suspendaient leur jugement sur toutes les questions obscures, les agnostiques suspendent spécifiquement leur jugement sur l'existence de Dieu. 2. L'absence de dogmatisme négatif : comme les pyrrhoniens refusaient d'affirmer que la vérité est introuvable (contrairement aux Académiciens), les agnostiques refusent généralement d'affirmer que Dieu n'existe pas (ce qui les distingue des athées). 3. L'argument de l'équipollence : les pyrrhoniens montraient que pour toute thèse, on peut trouver une thèse contraire d'égale force argumentative. De même, les agnostiques observent que les arguments pour et contre l'existence de Dieu semblent s'équilibrer. 4. La recherche de la tranquillité : si les pyrrhoniens cherchaient l'{{'}}''ataraxie'' par la suspension du jugement, certains agnostiques trouvent également une forme de paix intellectuelle dans le refus des certitudes dogmatiques en matière religieuse. Toutefois, il existe des différences notables. Les pyrrhoniens visaient une suspension généralisée du jugement, tandis que l'agnosticisme se limite généralement à la question de Dieu. De plus, la motivation n'est pas identique : les pyrrhoniens cherchaient avant tout la tranquillité d'esprit, tandis que l'agnosticisme moderne se fonde davantage sur une analyse épistémologique des limites de notre connaissance. En résumé, le scepticisme pyrrhonien offre à l'agnosticisme une méthode et un précédent historique : l'idée qu'il est possible, voire souhaitable, de suspendre son jugement sur des questions qui dépassent notre capacité de connaissance certaine, sans pour autant tomber dans un dogmatisme négatif qui affirmerait l'impossibilité absolue de connaître. === David Hume et la critique de la métaphysique === [[Fichier:Allan Ramsay - David Hume, 1711 - 1776. Historian and philosopher - Google Art Project.jpg|vignette|David Hume, par Allan Ramsay (1766).]] Le philosophe écossais David Hume (1711-1776) exerce une influence déterminante sur la pensée agnostique, bien qu'il n'ait jamais utilisé ce terme. Sa critique sans concession de la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]] et de la théologie naturelle constitue l'un des fondements intellectuels de l'agnosticisme moderne. Hume soumet la religion à l'examen serré de la raison empiriste et s'emploie à saper, une à une, les justifications rationnelles alléguées de la croyance en Dieu. ==== L'empirisme humien : impressions et idées ==== Le projet philosophique de Hume consiste à appliquer la méthode expérimentale de Newton à la science de la nature humaine. Dans son ''Traité de la nature humaine'' (1739-1740)<ref>David Hume, A Treatise of Human Nature, Londres, John Noon, 1739-1740 ; trad. Philippe Saltel, Traité de la nature humaine, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1995, 2 vol.</ref>, Hume établit un principe épistémologique cardinal : toutes nos idées simples dérivent d'impressions, et toute connaissance des faits repose, en dernière instance, sur l'expérience. Seules les « relations d'idées », comme les vérités logiques et mathématiques, échappent à ce tribunal<ref>Sur la distinction entre relations d'idées et questions de fait : David Hume, Enquête sur l'entendement humain, section IV, première partie.</ref>. Hume distingue deux types de perceptions de l'esprit : les impressions (sensations, émotions, perceptions vives et immédiates) et les idées (copies affaiblies des impressions dans la pensée et la mémoire). Le principe de base de l'empirisme humien affirme que « toutes nos idées simples [...] dérivent d'impressions simples », impressions qui leur correspondent, à leur première apparition, et qu'elles représentent exactement<ref>David Hume, Traité de la nature humaine, Livre I, partie I, section 1, « De l'origine de nos idées », trad. Ph. Saltel, Paris, Flammarion, 1995, vol. I, p. 79-82.</ref>. Cette thèse a une conséquence de grande portée pour la théologie : si toute idée doit provenir d'une impression sensible antérieure, d'où vient l'idée de Dieu ? Nous n'avons jamais eu d'impression directe de la divinité. L'idée de Dieu apparaît donc comme une construction intellectuelle complexe, formée par combinaison et amplification d'idées simples (intelligence, bonté, puissance) tirées de notre expérience humaine. Mais cette construction ne garantit en rien que son objet existe réellement dans la nature. ==== La critique de la causalité et du principe de raison suffisante ==== Hume s'attaque ensuite à la notion de causalité, pilier de toute démonstration métaphysique. Les preuves traditionnelles de l'existence de Dieu reposent sur le principe de raison suffisante : toute chose a une cause, donc le monde doit avoir une cause première, que nous appelons Dieu. Or, Hume démontre que la relation causale n'est pas un fait observable, mais une habitude mentale. Quand nous disons que A cause B, nous observons seulement trois choses : la contiguïté spatiale de A et B, leur succession temporelle (A précède B), et leur conjonction constante (chaque fois que A se produit, B suit). Mais nous n'observons jamais la « connexion nécessaire » elle-même. L'idée de causalité provient de l'habitude de l'esprit qui, après avoir observé la répétition régulière de la succession A-B, s'attend à ce que B suive A et interprète cette attente comme une nécessité objective.<ref>David Hume, Traité de la nature humaine, Livre I, partie III, sections 2-6 et 14, trad. Ph. Saltel, Paris, Flammarion, 1995, vol. I, p. 116-148 et 204-223 ; Enquête sur l'entendement humain, section VII, « De l'idée de connexion nécessaire », trad. A. Leroy, Paris, Flammarion, 1983, p. 109-134.</ref> Cette analyse ruine les fondements du principe de causalité appliqué à Dieu. Pourquoi le monde aurait-il besoin d'une cause ? Notre expérience de la causalité se limite aux objets observables dans le monde. Étendre ce principe à l'univers entier constitue un saut injustifiable. De plus, le principe invoqué demande examen. Les défenseurs classiques de l'argument, de Thomas d'Aquin à Leibniz, ne soutiennent pas que toute chose sans exception a une cause, mais que le contingent en réclame une, Dieu étant conçu comme un être nécessaire. La critique sérieuse doit donc porter sur cette distinction : le concept d'être nécessaire est-il intelligible ? et pourquoi l'univers lui-même, ou son fond, ne pourrait-il pas tenir ce rôle ? ==== Les ''Dialogues sur la religion naturelle'' : l'impossibilité de connaître Dieu ==== L'œuvre posthume de Hume, les ''Dialogues sur la religion naturelle'' (1779)<ref>David Hume, Dialogues Concerning Natural Religion, Londres, posthume, 1779 ; trad. Michel Malherbe, Dialogues sur la religion naturelle, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1997, 262 p.</ref>, constitue son testament philosophique en matière religieuse. Dans cette œuvre dialoguée inspirée du ''De Natura Deorum'' de Cicéron, trois personnages débattent de l'existence et de la nature de Dieu : * Déméa représente l'orthodoxie religieuse et la théologie négative : Dieu existe, mais sa nature dépasse infiniment l'entendement humain. Il convient de l'adorer dans le silence du mystère. * Cléanthe défend la théologie naturelle et la preuve physico-théologique (ou téléologique) : l'ordre et la finalité observables dans la nature attestent l'existence d'un Dieu intelligent et provident, à la manière dont une montre suppose un horloger. * Philon incarne le scepticisme humien : il soumet les arguments de Cléanthe à une critique méthodique, tout en maintenant une position ambiguë qui laisse planer le doute sur ses convictions réelles. La plupart des commentateurs s'accordent aujourd'hui pour identifier Hume au personnage de Philon, dont le scepticisme épistémologique préfigure directement l'agnosticisme moderne. ==== La critique de la preuve téléologique ==== Cléanthe présente l'argument du dessein intelligent (''design argument'') : de même que l'ordre d'une maison ou d'une machine suppose un architecte ou un ingénieur, l'ordre admirable de l'univers (la structure des organismes vivants, les mouvements réguliers des astres) implique nécessairement un créateur intelligent. Philon multiplie les objections, que les commentateurs reconstruisent volontiers ainsi : 1. L'analogie est faible : l'univers ressemble peu à une machine. Il ressemble davantage à un organisme vivant. Pourquoi ne pas en conclure qu'il est né et croît par génération, comme les plantes et les animaux ? L'hypothèse d'un univers engendré par un dieu végétal serait alors aussi légitime que celle d'un dieu architecte. 2. Le polythéisme serait plus cohérent : si l'on raisonne par analogie avec les productions humaines, on devrait conclure à l'existence de plusieurs dieux, puisque nos maisons et nos navires sont construits par de nombreux artisans coopérant. 3. Dieu serait imparfait : tout ouvrage révèle la compétence de son créateur. Or, l'univers est imparfait : il contient le mal, la souffrance, le désordre. Si l'on raisonne strictement d'après les effets observés, on ne peut conclure qu'à un dieu limité, apprenti maladroit ou vieillard sénile ayant abandonné son œuvre après l'avoir ratée. 4. L'expérience unique ne permet aucune inférence : toute inférence causale repose sur l'observation répétée de conjonctions régulières. Mais l'univers est unique ; nous n'avons jamais observé la création d'un monde. Comment alors inférer de l'effet (le monde) à sa cause (un créateur) ? 5. Une exigence d'économie, que les lecteurs contemporains formulent volontiers en termes de parcimonie ontologique : pourquoi supposer une cause extérieure au monde ? Le principe d'ordre pourrait être immanent à la matière elle-même. Poser un dieu transcendant multiplie les entités sans nécessité. ==== Le problème du mal ==== Dans les parties X et XI des ''Dialogues'', Hume aborde le problème de la théodicée : comment concilier l'existence du mal avec celle d'un Dieu tout-puissant et infiniment bon ? Philon formule le dilemme classique, hérité d'Épicure : les maux que nous voyons dans le monde sont-ils compatibles avec une bonté infinie ? avec une puissance infinie ? ne trahissent-ils pas plutôt l'incompétence ou la malveillance du créateur ? Si Dieu est tout-puissant et parfaitement bon, le mal ne devrait pas exister. S'il existe, c'est que Dieu est soit impuissant (il voudrait supprimer le mal mais ne le peut pas), soit malveillant (il pourrait supprimer le mal mais ne le veut pas), soit inexistant. Aucune théodicée, aux yeux de Philon, ne résout ce problème de manière satisfaisante, et aucune, aujourd'hui encore, ne fait l'objet d'un accord général. L'observation impartiale du monde ne permet donc pas de conclure à l'existence d'un Dieu infiniment bon et puissant. Au mieux, elle suggère une divinité aux capacités et aux intentions limitées. ==== La critique des miracles ==== Dans l'{{'}}''[[s:fr:Essais philosophiques sur l’entendement humain|Enquête sur l'entendement humain]]'' (1748), section X<ref>David Hume, An Enquiry Concerning Human Understanding, Londres, A. Millar, 1748 ; trad. André Leroy, Enquête sur l'entendement humain, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1983, section X « Des miracles », p. 163-193.</ref>, Hume formule une critique déterminante des miracles qui sape les fondements de la foi révélée. Un miracle y est défini comme une transgression des lois de la nature. Or, notre croyance aux lois de la nature repose sur l'expérience uniforme et répétée : l'eau bout à cent degrés, les corps lourds tombent, les morts ne ressuscitent pas. Lorsqu'un témoignage nous rapporte un miracle, deux expériences s'affrontent : 1. L'expérience uniforme de l'ordre naturel, qui rend le miracle extrêmement improbable. 2. L'expérience de la fiabilité des témoins humains, qui nous incline à les croire. Hume énonce alors sa maxime célèbre : « aucun témoignage n'est suffisant pour établir un miracle », à moins que la fausseté de ce témoignage ne fût plus miraculeuse encore que le fait qu'il prétend établir. En d'autres termes, le principe de parcimonie rationnelle commande de préférer l'explication la plus probable. Qu'est-ce qui est le plus vraisemblable : qu'un mort soit réellement ressuscité, ou que le témoin se trompe, exagère, ou mente ? L'erreur ou le mensonge étant des phénomènes courants, attestés par une expérience abondante, tandis que les violations des lois naturelles ne le sont pas, la raison commande de rejeter le témoignage miraculeux. Hume ajoute des considérations psychologiques et sociologiques : les témoignages de miracles proviennent généralement de peuples ignorants et barbares, à des époques reculées ; ils servent des intérêts religieux ou politiques ; ils se contredisent d'une religion à l'autre. Tous ces facteurs diminuent encore leur crédibilité. ==== Conséquences pour l'agnosticisme ==== La philosophie religieuse de Hume aboutit à un constat agnostique : 1. L'idée de Dieu n'a pas de fondement empirique solide : elle ne dérive d'aucune impression directe et apparaît comme une construction mentale dont la validité objective est douteuse. 2. Les preuves rationnelles de l'existence de Dieu sont invalides : ni l'argument cosmologique (fondé sur la causalité), ni l'argument téléologique (fondé sur l'ordre du monde) ne résistent à l'examen critique. 3. L'expérience du monde ne confirme pas l'hypothèse théiste : l'existence du mal, l'imperfection de la création suggèrent au mieux un dieu limité, au pire l'absence de toute providence. 4. Les miracles ne peuvent fonder rationnellement la foi : les témoignages surnaturels sont toujours moins crédibles que les lois naturelles qu'ils prétendent violer. Hume ne nie pas catégoriquement l'existence de Dieu. À la fin des ''Dialogues'', Philon admet que la cause ou les causes de l'ordre dans l'univers portent probablement « quelque analogie lointaine avec l'intelligence humaine ». Mais cette concession minimale, qui ressemble davantage à une précaution rhétorique qu'à une conviction sincère, ne change rien au fond : nous ne pouvons ''connaître'' Dieu, nous ne pouvons prouver rationnellement son existence ni déterminer sa nature. Cette position sceptique, qui suspend le jugement sur les questions théologiques faute de preuves suffisantes, annonce ce que le XIX{{e}}&nbsp;siècle nommera « agnosticisme », dont elle est l'antécédent le plus direct. En ce sens, David Hume peut être considéré comme le premier grand philosophe agnostique de la modernité, même s'il n'emploie pas encore le terme. Encore faut-il se garder de durcir le trait. Les ''Dialogues'' sont une œuvre délibérément équivoque, publiée après la mort de l'auteur, où celui-ci se dissimule derrière trois personnages, et l'assimilation de Hume à Philon, quoique majoritaire chez les commentateurs, demeure une hypothèse de lecture. La concession finale sur la « lointaine analogie » est trop mince pour fonder une théologie, mais sa fonction, ironie prudente, sincérité minimale ou artifice littéraire, reste discutée. Aussi est-il plus exact de dire que Hume fournit à l'agnosticisme ses ressources majeures, tout en laissant ouverte la question de savoir si sa position propre relève de la suspension du jugement, d'un scepticisme ironique ou d'un naturalisme voisin de l'athéisme. ==== La religion comme phénomène naturel ==== Dans son ''Histoire naturelle de la religion'' (1757)<ref>David Hume, The Natural History of Religion, Londres, A. Millar, 1757 ; trad. Michel Malherbe, Histoire naturelle de la religion, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1980, 158 p.</ref>, Hume complète sa critique par une explication génétique de la croyance religieuse. Plutôt que de chercher des preuves rationnelles de l'existence de Dieu, il examine les causes psychologiques et sociales qui ont produit les religions dans l'histoire humaine. Selon Hume, les religions ne naissent pas de la contemplation rationnelle de l'ordre cosmique, mais de la peur et de l'espoir face aux événements imprévisibles de la vie. Les hommes primitifs, ignorants des causes naturelles, attribuent les phénomènes incompréhensibles (orage, maladie, guerre) à des agents invisibles dotés d'intentions. Le polythéisme primitif cède progressivement la place au monothéisme, non par progrès rationnel, mais par concentration progressive du pouvoir divin. Cette naturalisation de la religion fragilise les prétentions de la théologie rationnelle : si la croyance religieuse peut s'expliquer par des causes psychologiques et historiques, sa genèse ne réclame aucune référence à une transcendance réelle. Encore faut-il, pour passer de la genèse à la valeur, une prémisse supplémentaire sur la fiabilité des mécanismes en cause : expliquer l'origine d'une croyance n'établit pas sa fausseté, sous peine de sophisme génétique. Hume distingue du reste expressément la question du fondement en raison de celle de l'origine dans la nature humaine<ref>David Hume, Histoire naturelle de la religion, introduction.</ref>. La religion est un phénomène humain, trop humain, qui révèle davantage la nature de l'esprit humain que la nature de Dieu. === Emmanuel Kant et les limites de la raison === [[Fichier:Immanuel Kant - Gemaelde 1.jpg|vignette|Emmanuel Kant, d'après Johann Gottlieb Becker (1768).]] La philosophie critique d'Emmanuel Kant (1724-1804) représente une étape majeure dans la genèse conceptuelle de l'agnosticisme. Dans la ''Critique de la raison pure'' (1781, seconde édition 1787)<ref>Emmanuel Kant, Kritik der reinen Vernunft, Riga, Johann Friedrich Hartknoch, 1re éd. 1781 (A), 2e éd. 1787 (B) ; trad. Alain Renaut, Critique de la raison pure, Paris, Aubier, coll. « Bibliothèque philosophique », 1997, 749 p. ; trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1944, réimpr. 2012.</ref>, Kant entreprend une analyse systématique des pouvoirs et des limites de la raison humaine. Son projet consiste à déterminer avec précision ce que nous pouvons connaître et ce qui échappe définitivement à notre connaissance. Cette « critique » (du grec ''krinein'' : séparer, distinguer) établit les frontières légitimes de la science et révèle l'impossibilité de toute métaphysique spéculative, y compris la théologie rationnelle. ==== La révolution copernicienne en philosophie ==== Kant opère ce qu'il nomme lui-même une « révolution copernicienne » dans la théorie de la connaissance. Traditionnellement, on pensait que notre connaissance devait se conformer aux objets. Kant renverse cette perspective : ce sont les objets qui doivent se conformer à notre mode de connaissance. Notre esprit n'est pas une cire molle recevant passivement les impressions du monde extérieur ; il impose activement ses propres formes ''a priori'' (antérieures à l'expérience) à tout ce qu'il connaît. Cette révolution a des conséquences immédiates pour la théologie. Si nous ne connaissons les objets que tels qu'ils nous apparaissent, structurés par les formes de notre sensibilité (espace et temps) et de notre entendement (catégories), alors nous ne pouvons jamais atteindre les choses « en soi », indépendamment de notre mode de représentation. Or, l'idée de Dieu vise, par construction, ce qui excède toute expérience possible : elle échappe donc à une connaissance qui ne vaut que des phénomènes. ==== Phénomènes et noumènes : la distinction maîtresse ==== Au cœur de la philosophie kantienne se trouve la distinction entre phénomènes et noumènes. Les phénomènes désignent les choses telles qu'elles nous apparaissent, structurées par les formes ''a priori'' de notre sensibilité (l'espace et le temps) et organisées par les catégories de notre entendement (substance, causalité, unité, pluralité, etc.). Les phénomènes constituent le domaine légitime de notre connaissance scientifique.<ref>Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, « Analytique transcendantale », Livre II, chap. III, « Du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et en noumènes », trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944, p. 225-259.</ref> La « chose en soi » (''Ding an sich'') désigne l'objet considéré indépendamment des conditions de notre connaissance ; le noumène, notion voisine sans lui être strictement synonyme, est le concept problématique d'un objet non sensible. Pour Kant, le noumène est un « concept limitatif » à valeur purement négative : il marque la frontière de notre connaissance possible sans nous donner accès à ce qui se trouve au-delà. Nous pouvons ''penser'' le noumène, mais nous ne pouvons le ''connaître'', car toute connaissance requiert que l'objet soit donné dans l'intuition sensible et subsumé sous les catégories de l'entendement. Il faut ici prévenir un contresens fréquent. Le noumène kantien n'est pas une seconde région du réel dont nous saurions qu'elle abrite Dieu et l'âme : pris en son sens négatif, le seul que Kant juge légitime, c'est un concept limitatif, la pensée d'une chose en tant qu'elle n'est pas objet de notre intuition sensible ; pris en un sens positif, il supposerait une intuition intellectuelle dont l'être humain est dépourvu. Parler du « monde nouménal », c'est donc marquer une frontière, non décrire un arrière-monde<ref>Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, « Du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et en noumènes », B 306-312, trad. Alain Renaut, Paris, Aubier, 1997.</ref>. Cette distinction ruine les prétentions de la métaphysique traditionnelle. Dieu, l'âme immortelle, la liberté absolue sont des idées de la raison qui outrepassent toute expérience possible. Mais aucune intuition sensible ne nous donne accès à ces objets, et nos catégories (qui ne s'appliquent légitimement qu'aux phénomènes) ne peuvent s'étendre jusqu'à eux. La théologie rationnelle repose donc sur une extension illégitime de notre pouvoir de connaître au-delà des limites de l'expérience possible. ==== La réfutation des preuves de l'existence de Dieu ==== Dans la section de la ''Critique de la raison pure'' intitulée « Dialectique transcendantale », Kant soumet à un examen critique les trois preuves traditionnelles de l'existence de Dieu : la preuve ontologique, la preuve cosmologique et la preuve physico-théologique (ou téléologique). La preuve ontologique prétend déduire l'existence de Dieu de son seul concept. Elle remonte à Anselme de Cantorbéry et a été reformulée par [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|Descartes]] : Dieu est l'être souverainement parfait ; or l'existence est une perfection ; donc Dieu existe nécessairement. Kant démontre que cet argument repose sur une confusion de fond : l'existence n'est pas un prédicat réel, c'est-à-dire une propriété qui s'ajoute au concept d'une chose. Kant illustre cette critique par un exemple célèbre : cent thalers réels ne contiennent rien de plus, dans leur concept, que cent thalers possibles. Le concept de cent thalers possibles contient exactement les mêmes déterminations que celui de cent thalers réels. La différence entre les deux ne réside pas dans le concept, mais dans le fait que les uns existent et les autres non. L'existence n'ajoute rien au contenu conceptuel ; elle pose simplement l'objet comme réel. On ne peut donc pas déduire l'existence d'un être de son seul concept, fût-il celui de l'être le plus parfait<ref>Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, « Dialectique transcendantale », Livre II, chap. III, section IV, « De l'impossibilité d'une preuve ontologique de l'existence de Dieu », trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944, p. 429-434 (A592-602/B620-630).</ref>. La preuve cosmologique (ou preuve par la contingence) argumente ainsi : tout ce qui existe de manière contingente (qui aurait pu ne pas exister) requiert une cause ; or le monde existe de manière contingente ; il faut donc une cause première, nécessaire et existant par elle-même, que nous appelons Dieu. Kant montre que cette preuve repose en réalité sur la preuve ontologique. En effet, comment savons-nous que la cause première doit être Dieu (être parfait) plutôt qu'une simple nécessité aveugle ? Uniquement parce qu'on suppose qu'un être nécessaire doit posséder toutes les perfections, c'est-à-dire qu'on réintroduit subrepticement l'argument ontologique. De plus, la preuve cosmologique applique la catégorie de causalité au-delà de son domaine légitime d'application. La causalité est une catégorie de l'entendement qui ne s'applique légitimement qu'aux phénomènes, dans le cadre de l'expérience possible. L'étendre à la totalité du monde (qui n'est pas un objet d'expérience possible) ou à un être transcendant constitue un usage illégitime. La preuve physico-théologique part de l'ordre, de la beauté et de la finalité observables dans la nature pour conclure à l'existence d'un créateur intelligent. Kant reconnaît que cet argument est le plus ancien, le plus clair et le plus accordé à la raison humaine commune. Pourtant, il souffre de failles rédhibitoires. D'abord, il prouve au mieux l'existence d'un architecte du monde, travaillant sur une matière préexistante, mais non d'un créateur omnipotent créant la matière elle-même ''ex nihilo''. Ensuite, cet architecte serait limité par les imperfections observables dans son œuvre. Enfin, pour passer de cet architecte limité au Dieu parfait de la théologie, on doit à nouveau recourir à la preuve ontologique. Ainsi, les trois preuves s'effondrent. Kant conclut que l'existence de Dieu ne saurait être établie par aucune voie spéculative de la raison. ==== Les antinomies de la raison pure ==== Kant ne se contente pas de réfuter les preuves de l'existence de Dieu. Il montre que lorsque la raison s'aventure au-delà des limites de l'expérience possible, elle tombe inévitablement dans des conflits avec elle-même, qu'il nomme les antinomies de la raison pure ; insolubles tant que le monde est traité comme une chose en soi, ces conflits se dissipent, prétend Kant, dès que l'illusion transcendantale est dévoilée. Une antinomie oppose une thèse et une antithèse également démontrables, créant un conflit de la raison avec elle-même. Kant présente quatre antinomies, dont voici les deux premières : Première antinomie (sur la finitude du monde) : * Thèse : Le monde a un commencement dans le temps et est limité dans l'espace. * Antithèse : Le monde n'a ni commencement temporel ni limite spatiale ; il est infini. Deuxième antinomie (sur la simplicité) : * Thèse : Toute substance composée est constituée de parties simples (atomes indivisibles). * Antithèse : Rien de composé n'est constitué de parties simples ; il n'existe nulle part rien de simple. Les troisième et quatrième antinomies opposent de même la causalité libre au déterminisme intégral, puis l'existence à l'inexistence d'un être nécessaire. Pour chacune de ces antinomies, Kant démontre que la thèse et l'antithèse sont également soutenables si l'on admet que le monde est une chose en soi connaissable. Mais précisément parce qu'elles conduisent à des contradictions, ces antinomies prouvent ''par l'absurde'' que le monde n'est pas une chose en soi, mais seulement un phénomène, c'est-à-dire une représentation structurée par nos formes ''a priori''. La solution kantienne n'est pas uniforme. Dans les deux premières antinomies, dites mathématiques, thèse et antithèse sont toutes deux fausses : l'une et l'autre traitent le monde comme un tout donné en soi, ce qu'il n'est pas. Dans les deux dernières, dites dynamiques, thèse et antithèse peuvent au contraire être vraies l'une et l'autre, mais sous des rapports différents : la nécessité naturelle règne sans exception dans l'ordre des phénomènes, tandis que la liberté, ou un être nécessaire, demeurent pensables sans contradiction dans l'ordre intelligible, sans pouvoir y être connus. Ces antinomies illustrent le destin tragique de la raison lorsqu'elle prétend dépasser l'expérience : elle s'égare dans des contradictions qui révèlent son impuissance à connaître l'absolu.<ref>Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, « Dialectique transcendantale », Livre II, chap. II, « L'antinomie de la raison pure », sections I-IX, trad. A. Renaut, Paris, Aubier, 1997, p. 555-625.</ref> ==== Les idées transcendantales : Dieu, l'âme, le monde ==== La raison humaine produit spontanément trois idées transcendantales qui prétendent unifier l'ensemble de nos connaissances : l'idée de l'âme (unité absolue du sujet pensant), l'idée du monde (unité absolue de la série des conditions des phénomènes) et l'idée de Dieu (unité absolue de la condition de tous les objets de la pensée en général). Ces idées ont une fonction régulatrice légitime : elles orientent la recherche scientifique vers une unification toujours plus grande des connaissances. Mais elles deviennent illusoires lorsqu'on leur attribue une valeur constitutive, c'est-à-dire lorsqu'on prétend qu'elles correspondent à des objets réels connaissables. L'idée de Dieu, en particulier, ne nous donne aucune connaissance d'un être divin existant réellement ; elle représente seulement un idéal de la raison, un principe d'unification systématique de nos connaissances. Kant appelle « idéal transcendantal » cette idée de Dieu conçue comme ''ens realissimum'' (l'être le plus réel), principe de toute réalité. Mais cet idéal, bien qu'utile pour penser l'unité systématique de nos connaissances, ne prouve en rien l'existence objective de Dieu. Confondre une idée régulatrice avec un objet constitutif de connaissance, c'est tomber dans l'« illusion transcendantale », source de toutes les erreurs de la métaphysique dogmatique. ==== L'agnosticisme théorique et le primat de la raison pratique ==== La conclusion de la ''Critique de la raison pure'' est claire : Dieu, en tant qu'être transcendant, échappe définitivement au domaine de la connaissance théorique. Nous ne pouvons ni prouver ni réfuter son existence par la raison spéculative. Cette position est exactement celle que le XIX{{e}}&nbsp;siècle nommera « agnosticisme » : la suspension du jugement sur l'existence de Dieu fondée sur l'impossibilité de principe d'une connaissance métaphysique. Kant lui-même résume sa position dans une formule célèbre de la préface de 1787 : « J'ai dû abolir le savoir pour faire place à la foi. »<ref>Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, préface de la seconde édition (1787), B XXX, trad. Alain Renaut, Paris, Aubier, 1997.</ref> Cette formule ne signifie pas qu'il faut renoncer à toute rationalité en matière religieuse, mais qu'il faut distinguer rigoureusement deux domaines : celui de la connaissance théorique (où Dieu est inconnaissable) et celui de la raison pratique (où Dieu devient un postulat nécessaire). Dans la ''Critique de la raison pratique'' (1788)<ref>Emmanuel Kant, Kritik der praktischen Vernunft, Riga, Johann Friedrich Hartknoch, 1788 ; trad. Jean-Pierre Fussler, Critique de la raison pratique, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2003, 286 p.</ref>, Kant réintroduit Dieu, non plus comme objet de connaissance, mais comme postulat de la raison pratique. Un postulat n'est pas une vérité démontrable : c'est une proposition théorique indémontrable, mais inséparablement attachée à une exigence de la raison pratique. La loi morale reste autonome ; elle ne provient pas de la volonté divine. La loi morale commande inconditionnellement : « Tu dois. » Or, ce commandement implique que la vertu doit conduire au bonheur (ce que Kant nomme le « souverain bien »). Mais dans le monde sensible, vertu et bonheur ne coïncident pas toujours. Il faut donc postuler l'existence de Dieu comme garant de l'harmonie finale entre vertu et bonheur, et l'immortalité de l'âme pour permettre le progrès moral infini. Ces postulats ne constituent pas une connaissance. Ils relèvent de la foi rationnelle (''Vernunftglaube''), c'est-à-dire d'une croyance fondée en raison, mais non démontrable théoriquement. Kant distingue trois modalités de l'assentiment : le savoir (connaissance théorique justifiée), la croyance (''Glauben'') et l'opinion. Concernant Dieu, nous ne pouvons avoir ni savoir ni simple opinion ; nous avons une croyance pratique rationnellement fondée. ==== La religion dans les limites de la simple raison ==== Dans ''La Religion dans les limites de la simple raison'' (1793)<ref>Emmanuel Kant, Die Religion innerhalb der Grenzen der bloßen Vernunft, Königsberg, Friedrich Nicolovius, 1793 ; trad. Jean Gibelin, La Religion dans les limites de la simple raison, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1943, réimpr. 2018, 288 p.</ref>, Kant développe sa conception d'une religion morale épurée de tout élément dogmatique ou superstitieux. La religion authentique ne repose pas sur la connaissance théorique de Dieu, mais sur le fait de considérer nos devoirs, déjà reconnus par la raison autonome, comme des commandements divins. L'essence de la religion consiste à « considérer tous nos devoirs comme des commandements divins »<ref>Emmanuel Kant, La Religion dans les limites de la simple raison (1793), quatrième partie (AK VI, 153), trad. Jean Gibelin, Paris, Vrin, 1994.</ref>. Cette conception religieuse est compatible avec l'agnosticisme théorique. Nous ne connaissons pas Dieu, nous ne savons pas s'il existe ni quelle est sa nature, mais nous pouvons néanmoins considérer nos devoirs, une fois reconnus par la raison autonome, ''comme si'' une volonté divine les commandait. Le « comme si » (''als ob'') kantien permet de maintenir une attitude religieuse sans prétendre à une connaissance métaphysique impossible. Kant critique sévèrement les « religions statutaires » fondées sur des révélations particulières, des dogmes arbitraires et des pratiques rituelles. Ces religions historiques peuvent certes servir de « véhicule » à la religion morale rationnelle, mais elles ne constituent pas l'essence de la religiosité authentique. La religion digne de ce nom est universelle et rationnelle ; elle ne dépend d'aucune révélation historique particulière. ==== Les limites de la critique kantienne ==== Plusieurs objections ont été adressées à la philosophie religieuse de Kant. D'abord, la distinction entre phénomènes et noumènes pose problème : si la chose en soi est strictement inconnaissable, comment pouvons-nous même affirmer son existence ? Comment savons-nous qu'il y a quelque chose au-delà des phénomènes ? Les post-kantiens (Fichte, Hegel) reprochent à Kant d'avoir laissé subsister un résidu de « réalisme dogmatique » avec son noumène. Ensuite, la solution pratique que Kant propose (les postulats de la raison pratique) peut sembler insatisfaisante. N'est-ce pas une manière détournée de réintroduire ce que la critique théorique a exclu ? Si Dieu n'est qu'un postulat pratique, n'est-il pas réduit à une fiction utile, vidée de toute réalité objective ? La distinction entre « croyance pratique » et « connaissance théorique » paraît trop subtile pour être convaincante. Enfin, certains critiquent le rigorisme moral kantien qui semble faire de Dieu un simple auxiliaire de la morale. La religion ne se réduit-elle pas ainsi à la moralité ? N'y a-t-il pas dans l'expérience religieuse authentique (le sentiment du sacré, l'expérience mystique, la prière) des dimensions irréductibles à la raison pratique ? ==== L'héritage kantien pour l'agnosticisme ==== Malgré ces objections, l'apport de Kant à la pensée agnostique est immense, à condition de le tenir pour un antécédent majeur de l'agnosticisme théorique plutôt que pour un agnostique au sens huxleyen : Kant limite le savoir spéculatif pour ménager une foi rationnelle pratique, pouvoir que l'agnosticisme victorien n'accordera pas à la raison. Il a démontré de manière rigoureuse et systématique que : 1. La connaissance humaine est structurellement limitée : nous ne connaissons que les phénomènes, jamais les choses en soi. L'idée de Dieu vise un objet qui ne peut être donné dans aucune intuition sensible, et auquel les catégories de l'entendement ne sauraient donc être appliquées de manière constitutive. 2. Les preuves rationnelles classiques de l'existence de Dieu sont invalides aux yeux de Kant : sa critique a durablement structuré le débat, même si elle a suscité une abondante littérature de répliques et si des philosophes contemporains défendent encore, en lui répondant, des arguments ontologiques, cosmologiques ou téléologiques. 3. La métaphysique dogmatique est impossible : toute prétention à connaître l'absolu conduit à des antinomies insolubles. 4. L'agnosticisme théorique n'exclut pas une attitude pratique : on peut suspendre son jugement sur l'existence de Dieu tout en vivant ''comme si'' certaines vérités religieuses étaient fondées. L'idéalisme transcendantal kantien a parfois été qualifié d'« idéalisme agnosticiste », précisément parce qu'il affirme l'inconnaissabilité de la réalité en soi. Thomas Henry Huxley, lorsqu'il forgera le terme « agnosticisme » en 1869, se référera explicitement à la tradition kantienne. Le philosophe néo-kantien Friedrich Albert Lange (1828-1875) développera même un « matérialisme agnostique » qui combine l'empirisme scientifique avec l'agnosticisme kantien concernant les questions métaphysiques ultimes. En ce sens, Kant peut être considéré comme le philosophe qui a donné ses lettres de noblesse à l'agnosticisme, en montrant qu'il ne s'agit pas d'une simple position de facilité ou d'indifférence, mais de la conclusion rigoureuse d'une analyse critique des pouvoirs et des limites de la raison humaine. == Les arguments majeurs de l'agnosticisme == === L'argument épistémologique : les limites de la connaissance === L'argument central de l'agnosticisme repose sur une analyse rigoureuse des conditions de possibilité de la connaissance humaine. Cette analyse épistémologique constitue le fondement philosophique le plus solide de la position agnostique : elle ne se contente pas d'affirmer que nous ne savons pas si Dieu existe, mais démontre pourquoi, structurellement, nous ne pouvons pas le savoir. Cette argumentation a été développée sous différentes formes par les grandes traditions philosophiques, de l'empirisme à l'idéalisme transcendantal, en passant par le positivisme. ==== Les conditions de possibilité de la connaissance ==== Toute théorie de la connaissance doit répondre à une question première : à quelles conditions un énoncé peut-il être considéré comme une connaissance authentique plutôt qu'une simple opinion, une croyance arbitraire ou une illusion ? Une tradition influente, d'inspiration empiriste, issue de Locke et durcie par le positivisme, a proposé plusieurs critères de la connaissance authentique. Premièrement, une connaissance doit porter sur un objet déterminé, c'est-à-dire quelque chose qui peut être identifié, distingué d'autres objets, et possédant des propriétés définies. Deuxièmement, cet objet doit être accessible à l'expérience, directement (par les sens) ou indirectement (par ses effets observables). Troisièmement, les affirmations concernant cet objet doivent être justifiables, c'est-à-dire susceptibles d'être vérifiées, confirmées ou réfutées par des procédures publiques et reproductibles. Ces critères ne font pas l'unanimité : la connaissance peut aussi prendre sa source dans la mémoire, le témoignage, l'introspection, le raisonnement, voire, pour bien des épistémologues, dans l'a priori ; la théologie naturelle, l'épistémologie réformée et les théories de l'expérience religieuse contestent précisément la prémisse empiriste. L'argument doit donc s'entendre sous forme conditionnelle : si toute connaissance d'existence doit se fonder, directement ou indirectement, sur une expérience publiquement contrôlable, alors Dieu paraît inaccessible à la connaissance. Or, Dieu, tel que le conçoivent les religions monothéistes, ne satisfait en effet aucun de ces critères empiristes. Défini comme un être transcendant, c'est-à-dire situé au-delà du monde sensible, hors de l'espace et du temps, il échappe par essence à toute expérience possible. Nous ne pouvons le voir, le toucher, l'entendre. Nous ne pouvons mesurer ses effets de manière non ambiguë, car, selon le naturalisme méthodologique qui gouverne l'enquête empirique, tout événement dans le monde est présumé admettre une explication naturelle. L'hypothèse divine n'est ni vérifiable ni réfutable empiriquement : aucune observation concevable ne pourrait trancher définitivement la question de son existence. ==== La critique empiriste : l'origine des idées ==== L'empirisme, courant philosophique inauguré par John Locke (1632-1704) et durci par David Hume (1711-1776), soutient que toute connaissance dérive de l'expérience sensible. Locke rejette la théorie cartésienne des idées innées et affirme que l'esprit à la naissance est une « table rase » (''tabula rasa'') sur laquelle l'expérience inscrit progressivement ses contenus. Pour Locke, toutes nos idées proviennent soit de la sensation (expérience externe des qualités des objets), soit de la réflexion (expérience interne de nos propres opérations mentales). Hume pousse cette thèse empiriste à son terme en distinguant rigoureusement les impressions (perceptions vives et immédiates) et les idées (copies affaiblies des impressions dans la pensée). Son principe directeur énonce que toutes nos idées simples dérivent, à leur première apparition, d'impressions simples qui leur correspondent. Si une prétendue idée ne peut être ramenée à aucune impression antérieure, elle est vide, dénuée de contenu cognitif réel. Appliqué à l'idée de Dieu, ce principe a des conséquences directes. D'où provient notre idée de Dieu ? Nous n'avons jamais eu d'impression directe de la divinité. Personne n'a vu Dieu, n'a perçu sa présence par les sens. L'idée de Dieu apparaît donc comme une construction mentale complexe, formée par combinaison et amplification d'idées simples tirées de notre expérience humaine : nous prenons les notions d'intelligence, de puissance et de bonté, que nous connaissons à l'échelle humaine, et nous les portons à l'infini. Mais cette opération mentale ne garantit en rien que l'objet ainsi construit existe réellement dans la nature. Hume compare cette construction à celle d'une « montagne d'or » : nous pouvons former l'idée d'une montagne d'or en combinant deux idées simples (montagne et or), mais cela ne prouve nullement l'existence d'une telle montagne. De même, nous pouvons former l'idée d'un être infiniment intelligent, puissant et bon, sans que cette capacité conceptuelle n'implique l'existence réelle d'un tel être. L'empirisme conduit ainsi à un agnosticisme épistémologique : si toute connaissance légitime provient de l'expérience sensible, et si Dieu échappe par principe à toute expérience sensible, alors nous ne pouvons avoir aucune connaissance de Dieu. Nous pouvons penser le mot « Dieu », manipuler ce concept dans nos raisonnements, mais ce mot ne renvoie à aucun contenu cognitif authentique. ==== Le problème de la transcendance : au-delà de l'expérience possible ==== La notion de transcendance pose un problème épistémologique majeur pour toute prétention à connaître Dieu. La transcendance désigne ce qui excède entièrement les limites d'un certain être ou ordre d'être, ce qui lui est à la fois séparé et supérieur. En théologie, Dieu est dit transcendant parce qu'il n'appartient pas au monde créé, qu'il existe indépendamment de l'univers et le dépasse infiniment. Cette transcendance se distingue de l'immanence, qui désigne ce qui a son principe en soi-même, ce qui est intérieur à un être ou un ordre de réalité. Un principe immanent agit de l'intérieur, un principe transcendant agit de l'extérieur et d'en haut. Les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) affirment généralement la transcendance divine, tandis que certaines philosophies (spinozisme, panthéisme) privilégient l'immanence, identifiant Dieu à la Nature elle-même. Or, sous les prémisses qu'on vient de rappeler, la transcendance divine rend impossible toute connaissance de Dieu. En effet, notre connaissance est structurellement limitée au domaine de l'expérience possible. Nous ne connaissons que ce qui peut nous être donné dans l'intuition sensible (chez Kant) ou ce qui peut être vérifié empiriquement (chez les positivistes). Un être transcendant, situé au-delà du monde sensible, échappe définitivement à ce domaine. Il n'est pas simplement difficile à connaître ; il est, par essence, inconnaissable. Cette inconnaissabilité de principe ne résulte pas d'une limitation accidentelle de nos facultés cognitives (comme notre incapacité à voir les infrarouges ou à entendre les ultrasons). Elle découle de la nature même de ce que signifie « connaître » et de ce qu'est Dieu selon la théologie classique. Vouloir connaître un Dieu transcendant, c'est, dans ce cadre, prétendre connaître ce qui échappe par définition aux conditions ainsi posées. C'est une contradiction dans les termes, comparable à celle qui consisterait à vouloir voir un son ou entendre une couleur. ==== L'argument kantien : les limites de la raison théorique ==== Emmanuel Kant (1724-1804) a fourni l'analyse la plus systématique et la plus influente des limites structurelles de la connaissance humaine. Dans la ''Critique de la raison pure'', il montre que toute connaissance requiert deux éléments : des intuitions (données sensibles) et des concepts (catégories de l'entendement qui organisent ces données). Sa formule célèbre résume cette thèse : des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts, aveugles. Kant établit que nous ne connaissons jamais les choses telles qu'elles sont « en soi » (''Ding an sich''), mais seulement telles qu'elles nous apparaissent (phénomènes), structurées par les formes ''a priori'' de notre sensibilité (espace et temps) et de notre entendement (catégories comme substance, causalité, unité, pluralité). Cette distinction entre le phénoménal (accessible à la connaissance) et le nouménal (inaccessible) est déterminante pour la question de Dieu. Dieu, pensé comme transcendant, n'est pas un objet d'expérience possible, car il n'est ni dans l'espace ni dans le temps ; son idée excède tout ce que l'intuition peut donner. Or, selon Kant, les catégories de l'entendement (comme la causalité) ne s'appliquent légitimement qu'aux phénomènes, c'est-à-dire aux objets donnés dans l'expérience spatiotemporelle. Étendre ces catégories au-delà de ce domaine constitue un usage illégitime qui conduit inévitablement à des erreurs et des contradictions. Lorsque la métaphysique traditionnelle prétend prouver l'existence de Dieu par le principe de causalité (tout effet a une cause, donc le monde a une cause première), elle commet précisément cette erreur : elle applique une catégorie (la causalité) hors de son domaine légitime d'application (les phénomènes). Cette extension illégitime ne produit pas de connaissance, mais seulement l'illusion transcendantale : une apparence de connaissance qui se dissipe dès qu'on l'examine rigoureusement. Kant conclut que Dieu, l'âme immortelle et la liberté absolue sont des idées de la raison qui ont une fonction régulatrice légitime (elles orientent notre recherche vers l'unité systématique des connaissances), mais aucune valeur constitutive (elles ne nous donnent aucune connaissance d'objets réels). L'agnosticisme théorique s'impose donc : nous ne pouvons ni prouver ni réfuter l'existence de Dieu par la raison théorique. ==== Le positivisme : la science comme limite de la connaissance ==== Au XIX{{e}}&nbsp;siècle, Auguste Comte (1798-1857) développe une philosophie positiviste qui aiguise encore la critique des prétentions métaphysiques à connaître Dieu. Selon sa célèbre loi des trois états, l'humanité traverse successivement trois stades intellectuels : l'état théologique (où l'on explique les phénomènes par des agents surnaturels), l'état métaphysique (où l'on invoque des entités abstraites comme des essences ou des forces), et l'état positif ou scientifique (où l'on se limite à établir les lois empiriques régissant les phénomènes observables)<ref>Auguste Comte, Cours de philosophie positive, Paris, Rouen frères, 1830-1842, 6 vol. ; réimpr. Paris, Hermann, 1975 ; leçon 1, « Loi des trois états », vol. I, p. 20-25.</ref>. Pour Comte, les questions théologiques et métaphysiques ne sont pas simplement sans réponse ; elles sont mal posées. La science positive ne cherche pas à connaître les causes premières, les essences cachées ou les finalités ultimes. Elle se contente d'établir des relations constantes entre phénomènes observables, exprimées sous forme de lois mathématiques. Demander pourquoi l'univers existe, quelle est sa cause ultime, quel est son but, ce sont des pseudo-questions héritées d'un stade infantile de l'évolution intellectuelle. Cette position positiviste conduit à un agnosticisme méthodologique intransigeant : la science doit procéder ''comme si'' les questions métaphysiques n'avaient pas d'objet. Non pas parce que nous ne connaissons pas encore les réponses, mais parce que ces questions elles-mêmes reposent sur une confusion conceptuelle. Elles mélangent indûment le registre de la connaissance (qui porte sur les phénomènes observables et leurs relations) et le registre de la spéculation métaphysique (qui prétend atteindre des réalités transcendantes). ==== L'empirisme logique et le critère de vérifiabilité ==== Au XX{{e}}&nbsp;siècle, le Cercle de Vienne pousse cette exigence à l'extrême. Selon le critère vérificationniste de la signification, un énoncé n'a de sens cognitif que s'il est analytique ou empiriquement vérifiable ; « Dieu existe », qui n'est ni l'un ni l'autre, se voit alors rejeté non comme faux, mais comme dénué de sens, relégué dans la « métaphysique » entendue péjorativement. Cette position, on le verra, dépasse l'agnosticisme plus qu'elle ne le renforce, puisqu'elle conteste jusqu'à l'existence d'une proposition sur laquelle il y aurait lieu de suspendre le jugement ; son exposé détaillé, ainsi que les objections qui ont ruiné le vérificationnisme strict, trouveront place dans la partie consacrée aux débats contemporains. ==== L'impossibilité de l'expérience religieuse comme preuve ==== Certains théologiens et philosophes religieux ont objecté que l'expérience religieuse ou mystique fournit une voie d'accès privilégiée à Dieu, rendant caduque la critique épistémologique agnostique. Rudolf Otto (1869-1937), dans son ouvrage ''Le Sacré'' (1917)<ref>Rudolf Otto, Das Heilige, Breslau, Trewendt und Granier, 1917 ; trad. André Jundt, Le Sacré, Paris, Payot, 1929.</ref>, décrit l'expérience du numineux : ce sentiment de présence d'un « tout autre » transcendant, à la fois terrifiant (''mysterium tremendum'') et fascinant (''mysterium fascinans''). Pour Otto, cette expérience du sacré constitue une catégorie sui generis, irréductible à toute autre forme d'expérience (esthétique, morale, rationnelle). Elle révèle immédiatement la présence du divin, de manière non conceptuelle et non rationnelle. Les grandes figures mystiques (Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, al-Hallaj, Maître Eckhart) témoignent d'expériences de communion ou d'union avec Dieu qui semblent, pour eux, plus certaines et plus réelles que toute connaissance ordinaire. Cependant, l'agnostique peut répondre que l'expérience subjective, aussi intense et convaincante soit-elle pour celui qui l'éprouve, ne constitue pas une preuve objective de l'existence de son objet. De nombreux phénomènes psychologiques (hallucinations, états modifiés de conscience, pathologies mentales) produisent des expériences subjectives extrêmement vives sans correspondre à aucune réalité extérieure. L'intensité phénoménologique d'une expérience ne garantit pas à elle seule l'existence extérieure de l'objet auquel le sujet l'attribue : rêves, illusions perceptives et états modifiés de conscience montrent qu'une expérience peut être subjectivement irrécusable tout en recevant plusieurs interprétations concurrentes. De plus, les expériences religieuses varient grandement d'une tradition à l'autre. Encore faut-il distinguer la phénoménologie de l'expérience et la théorie religieuse à laquelle le sujet la rattache : ce sont souvent les interprétations doctrinales, plus que les expériences elles-mêmes, qui se contredisent. Les chrétiens rencontrent le Christ, les musulmans Allah, les hindous Krishna ou Shiva, les bouddhistes atteignent le nirvana. Ces expériences se contredisent mutuellement dans leurs contenus doctrinaux. Elles semblent donc davantage refléter les structures culturelles et psychologiques des croyants que révéler une réalité transcendante objective. ==== L'argument du désaccord : la diversité des conceptions de Dieu ==== Un argument épistémologique supplémentaire en faveur de l'agnosticisme réside dans la diversité extrême des conceptions de Dieu à travers les cultures et les époques. Si Dieu existait réellement et se révélait aux humains, on s'attendrait à un certain consensus sur sa nature et ses attributs. Or, c'est précisément le contraire qui se produit. Les religions monothéistes affirment l'existence d'un Dieu personnel, créateur, omniscient et omnipotent. Les religions polythéistes postulent une pluralité de dieux aux pouvoirs limités et aux caractères distincts. Certaines traditions (bouddhisme théravada, jaïnisme) sont athées ou agnostiques. Les conceptions philosophiques de Dieu varient du Dieu personnel et provident du théisme classique au Dieu immanent et impersonnel de Spinoza, en passant par le Dieu-horloger du déisme ou le Dieu-processus de Whitehead. Cette diversité suggère que les conceptions de Dieu reflètent davantage les cultures, les psychologies et les besoins humains qu'une réalité objective indépendante. Comme le note Hume dans son ''Histoire naturelle de la religion'', les dieux ressemblent étrangement aux peuples qui les adorent : guerriers pour les peuples guerriers, paisibles pour les peuples pacifiques, jaloux et exclusifs pour les monothéistes, tolérants et pluralistes pour les polythéistes. ==== Conclusion : l'humilité épistémique ==== L'argument épistémologique aboutit, pour qui en accepte les prémisses, à une conclusion d'humilité intellectuelle : les limites structurelles de notre connaissance nous interdiraient de nous prononcer sur l'existence ou l'inexistence de Dieu, non par faiblesse accidentelle de nos facultés, mais en vertu de ce que serait la connaissance et de ce qu'est Dieu selon la théologie classique. Les adversaires de l'agnosticisme contestent l'une ou l'autre de ces prémisses : soit la conception empiriste de la connaissance, soit la manière dont la transcendance divine y est définie. Reconnaître ces limites n'est pas un aveu de faiblesse, mais une marque de rigueur intellectuelle. L'agnosticisme épistémologique nous invite à distinguer soigneusement ce que nous savons de ce que nous croyons, ce qui peut être démontré de ce qui relève de la foi. Il nous met en garde contre la tentation de transformer nos espoirs, nos peurs ou nos intuitions subjectives en prétendues connaissances objectives. Cette humilité épistémique n'interdit pas la recherche, la réflexion ou l'engagement existentiel. Elle circonscrit simplement le domaine légitime de la connaissance et nous rappelle que certaines questions, peut-être les plus importantes, pourraient dépasser durablement nos capacités cognitives. === La charge de la preuve et l'analogie de la théière de Russell === L'un des arguments les plus célèbres et les plus influents en faveur de l'agnosticisme est l'analogie de la « théière céleste » formulée par le philosophe et mathématicien britannique Bertrand Russell (1872-1970). Cette analogie, simple en apparence mais lourde d'implications, illustre un principe épistémologique essentiel : celui de la charge de la preuve (''onus probandi''). Elle entend établir qu'il n'appartient pas aux sceptiques de réfuter l'existence de Dieu, mais aux croyants de la prouver. ==== L'origine de l'analogie : l'article de 1952 ==== Russell formule son analogie dans un article intitulé « Is There a God? » (Y a-t-il un Dieu ?), commandé en 1952 par le magazine londonien ''Illustrated''. L'article, bien que payé, ne fut jamais publié du vivant de Russell, probablement en raison de son contenu jugé trop provocateur pour l'époque. Il ne parut qu'en 1997, dans un recueil posthume de ses écrits. Voici le raisonnement que Russell y déploie. Bien des orthodoxes, observe-t-il, parlent comme si c'était l'affaire des sceptiques de réfuter les dogmes reçus, plutôt que celle des dogmatiques de les prouver ; c'est là, bien entendu, une erreur. Supposons qu'il suggère qu'entre la Terre et Mars gravite une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil : personne ne serait capable de réfuter son affirmation, pourvu qu'il ait pris soin d'ajouter que la théière est trop petite pour être révélée même par les télescopes les plus puissants. Mais s'il poursuivait en déclarant que, son affirmation ne pouvant être réfutée, il serait d'une intolérable présomption de la part de la raison humaine d'en douter, « on me prendrait à juste titre pour un fou ». Si toutefois l'existence d'une telle théière était affirmée dans des livres anciens, enseignée comme vérité sacrée tous les dimanches et inculquée dès l'école dans l'esprit des enfants, l'hésitation à y croire deviendrait une marque d'excentricité, qui vaudrait au sceptique les soins d'un psychiatre à une époque éclairée, ou ceux de l'inquisiteur à une époque antérieure.<ref>Bertrand Russell, "Is There a God?", article commandé en 1952 par Illustrated Magazine (non publié du vivant de l'auteur), in The Collected Papers of Bertrand Russell, vol. 11: Last Philosophical Testament, 1943-68, éd. John G. Slater et Peter Köllner, Londres, Routledge, 1997, p. 542-548 (le passage de la théière figure aux p. 547-548).</ref> En 1958, répondant à la lettre d'un particulier, Russell revient sur cette analogie et précise sa position personnelle<ref>Bertrand Russell, lettre à M. Major (1958), in Dear Bertrand Russell. A Selection of his Correspondence with the General Public, 1950-1968, éd. Barry Feinberg et Ronald Kasrils, Londres, George Allen and Unwin, 1969.</ref>. Il devrait, écrit-il, se dire agnostique ; mais, « à toutes fins pratiques, je suis athée ». L'existence du Dieu chrétien ne lui paraît pas plus probable que celle des dieux de l'Olympe ou du Valhalla ; et de même que personne ne peut prouver qu'aucune théière de porcelaine ne gravite entre la Terre et Mars, sans que quiconque juge pour autant l'hypothèse assez vraisemblable pour en tenir compte dans la pratique, de même le Dieu chrétien lui semble tout aussi improbable. ==== Le principe de la charge de la preuve ==== L'analogie de Russell illustre un principe logique et épistémologique de premier ordre : la charge de la preuve (''onus probandi'') incombe à celui qui affirme l'existence d'une entité, non à celui qui en doute ou suspend son jugement ; celui qui affirme au contraire qu'aucun dieu n'existe assume, lui aussi, une charge de preuve, car nier est encore affirmer. Ce principe, hérité du droit romain (« ''Onus probandi incumbit ei qui dicit, non ei qui negat'' » : la charge de la preuve incombe à celui qui affirme, non à celui qui nie), s'applique également à la démarche scientifique et philosophique. Pourquoi ce principe est-il rationnel ? Pour plusieurs raisons convergentes : Premièrement, l'argument de l'économie ontologique ou rasoir d'Occam : face à plusieurs hypothèses explicatives, il convient de privilégier la plus simple, celle qui fait le moins d'hypothèses non nécessaires. L'hypothèse « il n'y a pas de théière en orbite » est plus simple que l'hypothèse « il y a une théière en orbite », puisque la première ne postule rien de nouveau tandis que la seconde ajoute une entité supplémentaire à notre inventaire du monde. La parcimonie ne se réduit pourtant pas à un décompte d'entités : elle s'apprécie aussi au nombre de principes indépendants, à leur complexité interne et à leur portée explicative, et c'est précisément sur ce terrain que Swinburne soutient, à rebours, que le théisme est une hypothèse simple. La charge de la preuve, de même, ne dépend pas de la seule forme grammaticale d'un énoncé : elle varie selon le contexte dialectique, les connaissances d'arrière-plan et la spécificité de l'hypothèse, comme la discussion de Flew et de Le Poidevin le montrera plus loin. De même, l'hypothèse « Dieu n'existe pas » (ou plus précisément « l'univers existe sans qu'un créateur soit nécessaire ») est plus parcimonieuse que l'hypothèse « Dieu existe », qui ajoute un être aux propriétés extraordinaires. Deuxièmement, l'argument de la prolifération des hypothèses invérifiables : si nous acceptions le principe inverse (celui qui nie doit prouver), nous devrions admettre l'existence de toute entité arbitrairement imaginée tant que personne n'a prouvé son inexistence. Or, il est infiniment plus facile d'inventer des hypothèses invérifiables que de les réfuter toutes. On pourrait postuler l'existence de licornes invisibles, de fées au fond du jardin, et ainsi de suite à l'infini. Exiger que les sceptiques réfutent chacune de ces hypothèses serait un fardeau épistémologique insupportable et improductif. Troisièmement, l'asymétrie logique entre affirmation et négation : une affirmation d'existence (« X existe ») peut en principe être vérifiée par un seul cas positif (il suffit de trouver un exemplaire de X), tandis qu'une négation d'existence (« X n'existe pas ») exigerait une recherche exhaustive de tout l'univers pour être définitivement établie. Il est donc raisonnable d'exiger de celui qui affirme qu'il fournisse l'exemplaire positif, plutôt que d'exiger de celui qui nie qu'il prouve l'absence universelle. ==== La difficulté de prouver un négatif universel ==== Russell met en lumière un problème logique sérieux : dans les domaines empiriques ouverts, on ne peut généralement pas prouver une proposition négative universelle du type « X n'existe nulle part ». La restriction importe : on démontre sans peine qu'il n'existe pas de carré rond, ni d'entier entre deux entiers consécutifs, ni d'objet donné dans un domaine fini entièrement inspecté ; c'est l'ouverture du domaine, non la forme négative, qui fait la difficulté. Comment prouver qu'il n'y a pas de théière dans l'espace entre la Terre et Mars ? Il faudrait inspecter chaque centimètre cube de cet immense volume spatial, tenir compte de la possibilité que la théière soit en mouvement, ou qu'elle se cache derrière un astéroïde, ou qu'elle soit temporairement invisible pour une raison quelconque. Cette tâche est pratiquement impossible. De même, comment prouver que Dieu n'existe pas ? S'il est défini comme transcendant (hors de l'espace et du temps), omnipotent (capable de se dissimuler à volonté), et spirituel (immatériel), alors par définition aucune investigation empirique ne peut démontrer son inexistence. Tout effort pour le détecter peut être contré par l'affirmation qu'il choisit de ne pas se manifester, ou que nos instruments sont inadéquats, ou que sa nature échappe à toute détection physique. Cette impossibilité structurelle de prouver un négatif universel signifie que si la charge de la preuve pesait sur les athées ou les agnostiques, ceux-ci se trouveraient dans une position logiquement intenable. Ils devraient accomplir l'impossible : démontrer l'absence d'une entité qui, par définition théologique, échappe à toute vérification empirique. Le croyant, en revanche, pourrait toujours se retrancher derrière l'invérifiabilité de sa thèse pour la maintenir, quels que soient les contre-arguments. ==== Le renversement de la charge de la preuve : une erreur logique ==== Russell dénonce ce qu'il appelle une « erreur » commise par « bien des orthodoxes » : celle de renverser la charge de la preuve en exigeant des sceptiques qu'ils réfutent l'existence de Dieu. Cette erreur prend souvent la forme d'arguments d'un type bien connu : vous ne pouvez pas prouver que Dieu n'existe pas, donc il est raisonnable de croire qu'il existe. Ce renversement constitue une pétition de principe (ou ''petitio principii''), un type de raisonnement fallacieux où l'on présuppose ce qu'il faudrait démontrer. En plaçant la charge de la preuve sur les sceptiques, on présuppose implicitement que l'hypothèse théiste est la position par défaut, celle qu'il convient d'adopter tant qu'elle n'a pas été réfutée. Mais pourquoi le théisme serait-il la position par défaut plutôt que l'athéisme, l'agnosticisme ou toute autre position religieuse (polythéisme, panthéisme, déisme) ? Ce sophisme, que les logiciens nomment argument d'ignorance (''argumentum ad ignorantiam''), consiste à conclure qu'une proposition est vraie du seul fait qu'elle n'a pas été prouvée fausse, ou inversement qu'elle est fausse du seul fait qu'elle n'a pas été prouvée vraie. L'ignorance (l'absence de connaissance) ne peut servir de preuve pour aucune conclusion positive. Comme le formule le « rasoir de Hitchens » (du nom du journaliste Christopher Hitchens) : « Ce qui est affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve. »<ref>Christopher Hitchens, God Is Not Great: How Religion Poisons Everything, New York, Twelve, 2007, p. 150 ; trad. fr. Dieu n'est pas grand, Paris, Belfond, 2009.</ref> ==== Le rôle de la tradition et de l'éducation religieuse ==== Russell souligne un aspect sociologique crucial de l'analogie. Si la croyance en la théière céleste était consignée dans des livres anciens, enseignée comme vérité sacrée tous les dimanches et inculquée dès l'école dans l'esprit des enfants, alors le doute à son égard passerait pour de l'excentricité et exposerait le sceptique à la réprobation sociale, voire à la persécution. Ce passage révèle la dimension idéologique et culturelle de la croyance religieuse. L'hypothèse de Dieu bénéficie d'un privilège épistémologique immérité : elle est considérée comme respectable, digne de considération sérieuse, exemptée du même niveau de scepticisme que nous appliquons spontanément à d'autres affirmations extraordinaires. Pourquoi cette asymétrie ? Uniquement en raison de l'ancienneté de la croyance, de son enracinement dans la tradition, et de son enseignement systématique aux enfants. Russell suggère ainsi que la respectabilité sociale de la croyance en Dieu ne découle pas de sa plausibilité rationnelle, mais de facteurs historiques et sociologiques contingents. Si une théière céleste avait été vénérée pendant des millénaires, enseignée aux enfants comme une vérité sacrée, célébrée dans des rituels et des institutions, elle bénéficierait du même prestige culturel que Dieu. Mais cela ne la rendrait pas plus réelle pour autant. Cette observation anticipe la critique sociologique de la religion développée par des penseurs comme Émile Durkheim, selon laquelle les croyances religieuses reflètent avant tout des structures sociales et des besoins collectifs, plutôt que des vérités objectives sur la nature de la réalité. ==== Les variantes contemporaines : licornes invisibles et monstres en spaghettis ==== L'analogie de Russell a inspiré de nombreuses variations contemporaines qui poursuivent le même objectif satirique et pédagogique. Parmi les plus célèbres figurent : La Licorne Rose Invisible (''Invisible Pink Unicorn''), née en 1990 sur le forum Usenet alt.atheism, cumule à dessein deux attributs incompatibles, l'invisibilité et la couleur rose, pour parodier les attributs théologiques réputés mystérieux ; ses adeptes ironiques professent que « nous savons par la foi qu'elle est rose ». Le Monstre en spaghettis volant (''Flying Spaghetti Monster''), imaginé en 2005 par Bobby Henderson dans une lettre ouverte au conseil scolaire du Kansas qui voulait enseigner le dessein intelligent à parité avec l'évolution, poursuit le même but : toute doctrine invérifiable peut réclamer les mêmes égards qu'une autre, ce qui montre par l'absurde qu'aucune ne peut les exiger de l'école publique. Le Dragon invisible dans le garage de Carl Sagan, présenté dans son ouvrage ''The Demon-Haunted World'' (1995), illustre le même principe. Sagan imagine quelqu'un affirmant qu'un dragon vit dans son garage. À chaque tentative de vérification (regarder, utiliser une caméra infrarouge, répandre de la farine pour révéler ses empreintes), l'affirmant ajoute une clause ad hoc : le dragon est invisible, il ne dégage pas de chaleur, il flotte dans les airs sans toucher le sol. Sagan demande alors ce qui distingue, au juste, un pareil dragon, invisible, incorporel, flottant, crachant un feu sans chaleur, de l'absence pure et simple de dragon<ref>Carl Sagan, The Demon-Haunted World: Science as a Candle in the Dark (1995), chap. 10 (« The Dragon in My Garage »), Londres, Headline, 1997, p. 171.</ref>. Ces variations modernes de la théière de Russell remplissent la même fonction philosophique : elles exposent l'arbitraire des affirmations métaphysiques invérifiables et démontrent que l'incapacité à réfuter une hypothèse ne constitue pas une raison de la considérer comme vraie ou même probable. ==== Les objections philosophiques à l'analogie de Russell ==== Malgré sa popularité, l'analogie de la théière a suscité des objections de la part de philosophes religieux. Trois critiques principales méritent d'être examinées. L'objection de la dissymétrie : Le philosophe catholique Peter van Inwagen et le philosophe réformé Alvin Plantinga ont argué que l'analogie échoue parce qu'il existe une dissymétrie importante entre la théière et Dieu. L'existence d'une théière en orbite serait un fait entièrement arbitraire, sans justification théorique ni motivation rationnelle. En revanche, l'hypothèse de Dieu répond à des questions métaphysiques de grande ampleur : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Comment expliquer l'ordre et la régularité de l'univers ? D'où vient la conscience humaine ? Pour ces philosophes, l'hypothèse théiste possède une force explicative que la théière n'a pas. Toutefois, cette objection ne réfute pas le point central de Russell. Même si l'hypothèse théiste possède une force explicative (ce qui est contestable), cela ne dispense pas ses défenseurs de fournir des preuves positives de l'existence de Dieu. Une hypothèse peut être explicativement féconde tout en étant fausse. L'hypothèse du phlogistique expliquait jadis la combustion, mais le phlogistique n'existe pas. De plus, si l'on admet que toute hypothèse explicativement utile mérite d'être crue sans preuve, alors nous devrions également croire aux nombreuses autres hypothèses métaphysiques qui « expliquent » l'univers : le panthéisme spinoziste, le dualisme matière-esprit, l'idéalisme berkeleyien, le bouddhisme (qui nie un créateur), etc. L'objection du témoignage et de l'expérience : Certains théologiens objectent que l'existence de Dieu bénéficie du témoignage de milliards de croyants à travers l'histoire, ainsi que d'expériences religieuses mystiques relatées dans toutes les cultures. La théière, en revanche, ne bénéficie d'aucun témoignage. L'analogie serait donc trompeuse car elle ignorerait la dimension testimoniale et expérientielle de la croyance religieuse. Cette objection soulève la question complexe de la valeur probante du témoignage et de l'expérience subjective. Comme nous l'avons vu dans le chapitre sur Hume, le simple fait que de nombreuses personnes croient en X ou affirment avoir expérimenté X ne prouve pas que X existe objectivement. Des millions de personnes ont cru en Zeus, Odin, Vishnou, Quetzalcoatl ; ces témoignages convergents ne rendent pas ces dieux également réels. Les expériences mystiques, aussi sincères soient-elles, peuvent s'expliquer par la psychologie, la neurologie ou l'anthropologie culturelle sans requérir l'existence objective de leur objet prétendu. L'objection de Paul Chamberlain : Le philosophe Paul Chamberlain soutient que l'analogie de Russell repose sur une distinction erronée entre affirmations positives et négatives. Selon lui, toute affirmation, qu'elle soit positive (« Dieu existe ») ou négative (« Dieu n'existe pas »), porte une charge de preuve. Il serait donc aussi fallacieux pour l'athée d'affirmer l'inexistence de Dieu sans preuve que pour le théiste d'affirmer son existence. Cette objection méconnaît la position agnostique, qui se distingue précisément de l'athéisme dogmatique. L'agnostique ne prétend pas prouver que Dieu n'existe pas ; il se contente de suspendre son jugement faute de preuves suffisantes. La charge de la preuve pèse sur celui qui fait une affirmation d'existence, non sur celui qui suspend son jugement. L'agnosticisme ne constitue pas une affirmation négative (« je sais que Dieu n'existe pas »), mais une position épistémique neutre (« je ne sais pas si Dieu existe »). ==== L'usage de la théière par Richard Dawkins contre l'agnosticisme « conciliant » ==== Dans ''The God Delusion'' (2006)<ref>Richard Dawkins, The God Delusion, Londres, Bantam Press, 2006 ; trad. Marie-France Desjeux, Pour en finir avec Dieu, Paris, Robert Laffont, 2008, 432 p.</ref>, le biologiste Richard Dawkins utilise l'analogie de Russell dans un contexte légèrement différent : non plus pour critiquer le théisme, mais pour critiquer ce qu'il nomme l'« agnosticisme de conciliation ». Certains agnostiques affirment que, puisque nous ne pouvons ni prouver ni réfuter l'existence de Dieu, nous devrions adopter une position d'indifférence parfaite, accordant 50% de probabilité à l'existence de Dieu et 50% à son inexistence. Dawkins objecte que cette position est absurde. Si nous l'adoptions de manière cohérente, nous devrions aussi attribuer 50% de probabilité à l'existence de la théière de Russell, 50% aux licornes roses invisibles, 50% au Monstre en Spaghettis Volant, etc. Or, personne ne se dit « agnostique » au sujet de la théière : tout le monde reconnaît qu'elle est hautement improbable, même si son inexistence ne peut être rigoureusement prouvée. Dawkins propose alors un « spectre de probabilité théiste » en sept positions : 1. Théisme fort : je sais avec certitude que Dieu existe. 2. Théisme de fait : je ne peux le prouver, mais je crois fortement en Dieu et je vis ma vie sur cette supposition. 3. Théisme faible : la probabilité de Dieu est supérieure à 50 %, mais bien inférieure à la certitude. 4. Agnosticisme pur : la probabilité de Dieu est exactement de 50 %. 5. Agnosticisme incliné vers l'athéisme : je ne sais pas si Dieu existe, mais je penche vers le scepticisme. 6. Athéisme de fait : je ne peux pas le savoir avec certitude, mais je pense que Dieu est très improbable et je vis ma vie en supposant qu'il n'existe pas. 7. Athéisme fort : je sais avec certitude que Dieu n'existe pas. Dawkins lui-même se situe à la position 6, en soulignant que la position 4 (agnosticisme pur) est déraisonnable. De même que nous ne sommes pas « agnostiques » concernant les fées ou les lutins, nous ne devrions pas l'être concernant Dieu. L'absence de preuve définitive d'inexistence ne justifie pas une probabilité de 50%. Elle justifie au mieux une très faible probabilité, peut-être comparable à celle que nous attribuons à la théière céleste. Dawkins distingue à cet égard deux agnosticismes : l'agnosticisme temporaire en pratique (''Temporary Agnosticism in Practice'', TAP), suspension provisoire en attendant que les données arrivent, et l'agnosticisme permanent par principe (''Permanent Agnosticism in Principle'', PAP), réservé aux questions qu'aucune donnée ne pourra jamais trancher<ref>Richard Dawkins, The God Delusion, Londres, Black Swan, 2006, p. 69-73 ; trad. fr. Pour en finir avec Dieu, Paris, Robert Laffont, 2008.</ref>. Le premier est respectable mais provisoire ; le second, soutient-il, ne convient pas à la question de Dieu, qui relève selon lui d'une hypothèse quasi scientifique, probabilisable comme une autre. Robin Le Poidevin a contesté ce cadrage. Si la question de Dieu relevait de l'agnosticisme permanent par principe, remarque-t-il, elle n'occuperait aucune place sur l'échelle de Dawkins : les degrés de cette échelle expriment des probabilités, et il se pourrait précisément qu'aucune probabilité, ni forte ni faible, ne puisse être assignée à l'hypothèse théiste. L'agnostique n'est alors pas celui qui parie sur un partage égal des chances, mais celui qui doute que ce partage ait ici un sens déterminable<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, Oxford, Oxford University Press, 2010, chap. 1. L'édition électronique consultée ne comporte pas de pagination continue ; les renvois se font par chapitre.</ref>. Quant à la probabilité minuscule de la théière, elle tient à l'extrême spécificité de l'hypothèse : un objet manufacturé, de porcelaine, sur telle orbite, exclut énormément d'états possibles du monde. L'hypothèse théiste, d'une tout autre généralité, ne se laisse pas mesurer au même étalon<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, chap. 3.</ref>. ==== La théière de Russell et l'agnosticisme philosophique ==== Il convient de noter que l'analogie de Russell soutient parfaitement l'agnosticisme au sens strict, c'est-à-dire la suspension du jugement face à l'absence de preuves suffisantes. Russell lui-même se disait agnostique en théorie, mais athée en pratique, reconnaissant ainsi qu'une position théorique de suspension du jugement (je ne ''sais'' pas) est compatible avec une attitude pratique de rejet (je ne ''crois'' pas). L'agnosticisme ne prétend pas que l'existence et l'inexistence de Dieu sont également probables. Il affirme simplement que nous manquons de preuves suffisantes pour trancher la question de manière définitive. Cette position est parfaitement cohérente avec l'attribution d'une très faible probabilité à l'existence de Dieu (comme Russell le fait avec sa théière), tout en reconnaissant honnêtement que cette probabilité n'est pas rigoureusement nulle. ==== La présomption d'athéisme en question ==== L'usage russellien de la théière a reçu une forme canonique chez Antony Flew, sous le nom de « présomption d'athéisme » : de même que l'accusé est présumé innocent tant que sa culpabilité n'est pas établie, l'athéisme, entendu comme simple absence de croyance, serait la position par défaut, et la charge de la preuve pèserait entièrement sur le théiste<ref>Antony Flew, « The Presumption of Atheism », Canadian Journal of Philosophy, vol. 2, n° 1, 1972, p. 29-46 ; repris in The Presumption of Atheism and Other Philosophical Essays on God, Freedom and Immortality, Londres, Elek/Pemberton, 1976.</ref>. Si cette présomption est correcte, l'agnosticisme devient superflu : dès qu'il y a doute, et il y a toujours doute, on retombe sur l'athéisme, non sur la suspension du jugement. Robin Le Poidevin a soumis cette présomption à un examen serré. Quel principe général, demande-t-il, ferait de l'athéisme la position par défaut ? Il en passe quatre en revue. Le terrain d'entente, d'abord : la position par défaut serait ce que les deux parties admettent déjà, et le théiste seul irait au-delà ; mais l'athée aussi dépasse ce terrain commun, puisqu'il affirme qu'il n'existe rien de plus que ce dont tous conviennent. La négativité, ensuite : seules les affirmations positives exigeraient justification ; mais ce principe, appliqué sans réserve, nous obligerait à abandonner nos croyances les plus ordinaires, celle d'avoir un corps par exemple, dès lors que le sceptique imagine un cerveau entretenu dans une cuve par quelque savant dérangé, hypothèse que rien dans l'expérience ne permet d'exclure entièrement. La majorité, encore : l'opinion majoritaire serait dispensée de preuve ; principe suspect entre tous, qui déplace la charge selon les pays, fige les opinions reçues et pénalise les minorités. La probabilité initiale, enfin : l'hypothèse la moins probable a priori porterait la charge ; mais encore faudrait-il pouvoir mesurer cette probabilité initiale, et la théière doit la sienne, presque nulle, à sa spécificité extrême, que l'hypothèse théiste ne partage pas. Aucun de ces principes ne tient, conclut Le Poidevin : il n'y a pas plus de présomption d'athéisme que de présomption de théisme, la charge de la preuve est partagée, et la position de départ est agnostique<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, chap. 3 (sections consacrées à la théière céleste et à la présomption d'athéisme).</ref>. ==== Conclusion : la leçon épistémologique de la théière ==== Pour ses partisans, l'analogie de la théière demeure l'un des arguments les plus percutants en faveur de l'agnosticisme : en remplaçant Dieu par une théière, elle rendrait sensible le traitement de faveur dont bénéficierait la croyance religieuse. La leçon épistémologique, elle, est plus modeste et plus solide : l'incapacité à réfuter une hypothèse ne constitue pas une raison de la croire, faute de quoi nous serions submergés d'hypothèses invérifiables, et la rationalité ordinaire place la charge de la preuve sur qui affirme l'existence d'une entité extraordinaire, comme nous le faisons spontanément pour les licornes ou les fantômes. Reste la question, débattue plus haut, de savoir si l'hypothèse théiste est du même type que ces exemples : la réplique de la spécificité, chez Le Poidevin, soutient que non, et la présomption d'athéisme qui prolonge l'analogie a elle-même été contestée. La théière invite donc moins à un verdict qu'à une hygiène intellectuelle : ne pas confondre absence de réfutation et confirmation, et reconnaître dans la suspension du jugement une position philosophiquement respectable, que les uns tiennent pour la plus rationnelle et les autres pour excessivement exigeante. === L'éthique de la croyance selon Clifford === Le mathématicien et philosophe britannique William Kingdon Clifford (1845-1879) a développé l'une des défenses les plus influentes de l'agnosticisme, non pas sur le terrain épistémologique, mais sur le terrain éthique. Dans son célèbre essai « The Ethics of Belief » (L'éthique de la croyance), publié en 1877<ref>William Kingdon Clifford, "The Ethics of Belief", Contemporary Review, vol. 29, janvier 1877, p. 289-309 ; repris in Lectures and Essays, éd. Leslie Stephen et Frederick Pollock, Londres, Macmillan, 1879, vol. II, p. 177-211.</ref>, Clifford transforme la question de la [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyance]] religieuse d'un problème de connaissance en un problème de responsabilité morale. Son argumentation soutient que croire sans preuves suffisantes ne constitue pas seulement une erreur intellectuelle, mais une faute morale qui compromet le bien commun et l'intégrité personnelle. ==== La maxime de Clifford : l'impératif d'évidence ==== Clifford ouvre son essai par une maxime devenue célèbre, qui résume sa position de manière tranchante et sans compromis : Croire quoi que ce soit sur la base d'une évidence insuffisante est mal, « toujours, partout et pour quiconque » (''it is wrong always, everywhere, and for anyone, to believe anything upon insufficient evidence''). Cette maxime possède plusieurs caractéristiques notables. Premièrement, elle est universelle : elle s'applique « toujours, partout et pour quiconque », sans exception ni circonstance atténuante. Deuxièmement, elle est catégorique : elle n'admet aucun degré : croire sans évidence suffisante n'est pas simplement imprudent ou peu recommandable, c'est « mauvais » (''wrong''), terme qui possède une connotation morale forte. Troisièmement, elle ne se limite pas à certains domaines de la croyance : elle concerne « quoi que ce soit », incluant donc les croyances religieuses. Cette maxime établit ce que les philosophes contemporains nomment un évidentialisme strict : la justification épistémique d'une croyance dépend exclusivement de l'évidence disponible qui la soutient, et croire en l'absence d'une telle évidence viole un devoir moral primordial. Avant d'en dérouler les conséquences, notons les questions que cette maxime laisse ouvertes et que les objections examinées plus loin reprendront : qu'est-ce qu'une évidence « suffisante » ? le seuil varie-t-il selon la gravité des enjeux ? une croyance largement involontaire peut-elle constituer une faute morale ? la culpabilité de l'armateur tient-elle à sa croyance ou à sa négligence dans l'action ? et le principe s'applique-t-il équitablement aux croyances religieuses et profanes ? L'évidentialisme de Clifford contraste vivement avec le fidéisme religieux, qui valorise la foi acceptée sans preuves, voire malgré les preuves contraires. ==== L'argument de l'armateur : responsabilité et croyance ==== Pour illustrer sa thèse, Clifford propose une parabole devenue célèbre : celle de l'armateur négligent. Cette illustration révèle pourquoi la formation de nos croyances engage notre responsabilité morale. Un armateur possède un vieux navire en mauvais état. Des doutes surgissent concernant sa sécurité : il a subi de nombreuses réparations, il a mal résisté aux tempêtes précédentes, sa structure pourrait être compromise. L'armateur s'inquiète : devrait-il procéder à des inspections coûteuses ? Faire réparer le navire ? Renoncer au voyage prévu ? Cependant, poursuit Clifford, l'armateur parvient à surmonter ces doutes « par un effort sincère et sérieux ». Il se dit qu'après tout, le navire a survécu à tant de voyages auparavant. Il se persuade que la Providence veille sur ceux qui naviguent. Il écarte ses inquiétudes comme des scrupules excessifs et acquiert ainsi la conviction, sincère et confortable, que son navire est parfaitement sûr et bon pour le voyage. Le navire part en mer avec des émigrants à son bord. Il coule au milieu de l'océan, et tous périssent. Clifford pose alors la question centrale : que devons-nous dire de l'armateur ? Assurément, répond-il, qu'il fut bel et bien coupable de la mort de ces hommes. Pourquoi est-il coupable ? Sa croyance en la solidité du navire était pourtant sincère, authentique, nullement feinte. Mais cette sincérité ne saurait en rien l'excuser : sur la foi des indices qu'il avait devant lui, il n'avait aucun droit de croire ce qu'il croyait. L'armateur a acquis sa croyance de manière irresponsable. Au lieu d'examiner soigneusement les faits, de consulter des experts, d'inspecter le navire, il a supprimé ses doutes par un effort de volonté et d'auto-persuasion. Il a préféré une croyance confortable à une enquête rigoureuse. Cette négligence épistémique constitue une faute morale, car elle a conduit à des conséquences désastreuses pour autrui. ==== Le cas où le navire ne coule pas : l'importance du processus ==== Clifford anticipe une objection naturelle : et si le navire n'avait pas coulé ? L'armateur ne serait-il pas alors innocent ? Clifford répond de manière tranchante que non, pas même dans ce cas : bien que sa croyance se fût révélée vraie, l'armateur n'y avait aucun droit, puisqu'il l'avait acquise non par un processus patient et honnête d'enquête, mais en étouffant ses doutes. Cette réponse révèle un aspect crucial de l'éthique de la croyance : la valeur morale d'une croyance ne dépend pas de sa vérité fortuite, mais du processus par lequel elle a été acquise. Même si le navire avait survécu au voyage, l'armateur aurait été moralement coupable d'avoir cru de manière irresponsable. La chance qui fait que sa croyance s'est avérée vraie ne le disculpe pas de sa négligence initiale. Cette insistance sur le processus plutôt que sur le résultat distingue l'éthique de la croyance de l'éthique conséquentialiste ordinaire. Nous avons le devoir de former nos croyances de manière responsable, par un « processus patient et honnête d'enquête », indépendamment de la question de savoir si ces croyances se révéleront vraies ou fausses. Le devoir porte sur la méthode d'acquisition de la croyance, non sur son contenu final. ==== L'extension à la croyance religieuse ==== Bien que Clifford ne mentionne pas explicitement la religion dans sa parabole initiale, l'application à la croyance religieuse est évidente et intentionnelle. De nombreux croyants forment leur foi sans enquête sérieuse, par habitude culturelle, conformisme social, espoir émotionnel ou crainte du châtiment. Ils « étouffent leurs doutes » lorsque des questions surgissent, se contentant d'autorités traditionnelles plutôt que d'examiner les preuves de manière critique. Selon Clifford, une telle foi constitue une faute morale. Le croyant qui accepte les dogmes religieux sans les soumettre à un examen critique se rend coupable de la même négligence que l'armateur. Il n'a « aucun droit de croire » en Dieu, aux miracles, à l'immortalité de l'âme ou au salut éternel, s'il n'a pas fondé ces croyances sur une enquête rigoureuse et une évidence suffisante. Cette position implique directement l'agnosticisme concernant Dieu. Puisque, comme nous l'avons vu dans les sections précédentes, l'évidence en faveur de l'existence de Dieu est au mieux ambiguë et insuffisante, le devoir moral commande de suspendre notre jugement. L'agnosticisme ne représente pas simplement une position épistémique prudente ; c'est une obligation morale découlant de notre responsabilité envers la vérité. ==== Les conséquences sociales de la croyance irresponsable ==== Clifford ne se contente pas d'un argument individualiste. Il soutient que nos croyances ont des conséquences sociales qui dépassent largement notre sphère privée. Chaque croyance acceptée sans critique contribue à façonner le climat intellectuel et moral de la société : Aucune croyance, si forte et si sincère soit-elle, n'est une affaire purement privée, parfaitement sans conséquence pour nos semblables : nos mots, nos expressions, nos formes et nos procédures, nos actions même les mieux intentionnées, tout cela procède du fond de nos croyances. Nos croyances informent nos actions, mais aussi nos attitudes, nos jugements et nos décisions quotidiennes. Elles influencent la manière dont nous élevons nos enfants, dont nous traitons autrui, dont nous participons à la vie civique. Une société où les individus adoptent des croyances sans examen critique devient une société intellectuellement irresponsable, vulnérable au fanatisme, à la superstition et à la manipulation. Clifford va plus loin : les croyances héritées de nos ancêtres ne sont pas des possessions privées et isolées ; elles puisent à un patrimoine commun, à l'opinion générale, à la croyance collective de l'humanité, qu'elles augmentent en retour et par lesquelles elles infléchissent les croyances d'autrui. Nos croyances personnelles contribuent au stock commun de croyances de l'humanité. En acceptant une croyance sans justification, nous ne corrompons pas seulement notre propre intégrité intellectuelle ; nous empoisonnons le puits commun dont boivent tous les membres de la société. Cette dimension sociale transforme la croyance en question de responsabilité collective. Nous avons des obligations non seulement envers nous-mêmes, mais envers autrui et envers les générations futures. Accepter la croyance religieuse sans critique, même si elle nous apporte personnellement du réconfort, constitue une trahison de cette responsabilité collective. ==== La crédulité comme habitude vicieuse ==== Clifford analyse la crédulité non comme un défaut intellectuel isolé, mais comme une habitude vicieuse qui corrompt progressivement le caractère. Celui qui cède une fois à la tentation de croire sans preuve s'affaiblit pour les occasions futures : Celui qui laisse passer une croyance sans l'avoir soumise à l'enquête, parce qu'elle est confortable et agréable, ne pourra éviter de recommencer à la prochaine occasion ; et à force de recommencer, il finira par perdre la faculté de discriminer le vrai du faux. L'habitude de croire par désir plutôt que sur preuve s'installera si largement dans son esprit qu'il ne pourra plus se fier à aucun de ses jugements. Cette analyse psychologique révèle un danger méconnu de la foi religieuse non critique : elle ne corrompt pas seulement cette croyance particulière, mais érode notre capacité générale de jugement critique. Celui qui accepte les dogmes religieux parce qu'ils sont réconfortants ou traditionnels, sans exiger de preuves, développe un vice épistémique qui s'étendra à d'autres domaines. Ce vice épistémique se manifeste par une crédulité généralisée : la disposition à accepter les affirmations sur leur seule autorité, tradition ou convenance, plutôt que sur leur mérite rationnel. Une personne habituée à suspendre son esprit critique en matière religieuse le suspendra plus facilement en matière politique, sociale ou commerciale. Elle deviendra vulnérable aux propagandes, aux pseudo-sciences, aux théories du complot et aux charlataneries de toutes sortes. Clifford conclut de manière sévère : celui qui s'autorise à se dire une chose parce qu'elle le réconforte, sans se soucier de savoir si elle est vraie ou non, détruit dans sa propre personne le modèle sur lequel une société digne de ce nom devrait se construire. ==== La vertu de l'enquête rigoureuse ==== Face au vice de la crédulité, Clifford oppose la vertu de l'enquête rigoureuse (''honest inquiry''). Cette vertu se caractérise par plusieurs dispositions intellectuelles : 1. La patience : l'enquêteur vertueux ne se précipite pas vers une conclusion, mais examine patiemment les preuves disponibles. 2. L'honnêteté : il ne dissimule ni ne minimise les preuves contraires à ses préférences ou intérêts. 3. Le courage intellectuel : il accepte les conclusions de son enquête, même si elles contredisent ses espoirs ou ses croyances antérieures. 4. L'humilité épistémique : il reconnaît les limites de son savoir et suspend son jugement lorsque l'évidence est insuffisante. Cette vertu d'enquête ne garantit pas la vérité : nous pouvons enquêter honnêtement et néanmoins nous tromper. Mais elle garantit l'intégrité intellectuelle, la préservation de notre faculté de jugement, et la contribution responsable au patrimoine commun de connaissances de l'humanité. L'agnosticisme, de ce point de vue, représente l'expression paradigmatique de cette vertu intellectuelle appliquée aux questions métaphysiques. L'agnostique reconnaît honnêtement que l'évidence concernant Dieu est insuffisante pour justifier une croyance ferme dans un sens ou dans l'autre. Cette reconnaissance n'est pas un aveu de faiblesse, mais une manifestation de force morale et d'intégrité intellectuelle. ==== Les objections à l'éthique cliffordienne de la croyance ==== L'éthique rigoriste de Clifford a suscité de nombreuses critiques, dont la plus célèbre provient de William James dans son essai « La volonté de croire » (1896). L'objection de l'impossibilité pratique : Les critiques soutiennent que la maxime de Clifford est impossible à satisfaire dans la pratique. Nous formons constamment des croyances sur la base d'évidences insuffisantes, simplement parce que la vie quotidienne l'exige. Lorsque je décide de traverser un pont, de manger au restaurant, de faire confiance à un ami, je ne procède pas à une enquête exhaustive ; je crois sur la base d'indices limités et d'habitudes. Si nous appliquions rigoureusement la maxime de Clifford, nous serions paralysés par l'indécision. Clifford peut répondre qu'il existe une différence entre les croyances pratiques ordinaires (où un degré raisonnable de confiance suffit) et les croyances métaphysiques extraordinaires (comme l'existence de Dieu), qui requièrent des standards de preuve plus élevés. De plus, dans les cas pratiques, nous acceptons un certain risque d'erreur comme inévitable, tandis que dans les questions religieuses, nous prétendons souvent à une certitude absolue injustifiable. L'objection du volontarisme doxastique : Certains philosophes objectent que nous ne contrôlons pas volontairement nos croyances. Je ne peux pas décider de croire que 2+2=5 ou que je peux voler en battant des bras. Les croyances s'imposent à nous en fonction de notre constitution psychologique et de nos expériences. Si nous ne pouvons pas contrôler nos croyances, comment pourrions-nous être tenus moralement responsables de les avoir ? Cette objection soulève le problème complexe du volontarisme doxastique : pouvons-nous choisir nos croyances ? Clifford semble présupposer que oui, au moins indirectement. Même si nous ne pouvons pas croire par simple décision, nous pouvons contrôler le processus par lequel nous formons nos croyances : chercher activement l'information, examiner les preuves contraires, soumettre nos intuitions à l'examen critique, etc. La responsabilité porte sur ces actions indirectes qui influencent nos croyances. Graham Oppy a donné à cette objection une tournure psychologique. Relisons l'histoire de l'armateur : pour que la faute soit une faute de croyance, il faudrait que l'armateur ait pu, à volonté, se fabriquer une conviction sincère en étouffant ses soupçons. Or il est bien plus vraisemblable que sa décision d'envoyer le navire doive tout à son désir de gagner de l'argent, désir assez puissant pour l'emporter sur des doutes qui, eux, subsistaient : la faute morale réside alors dans le triomphe d'un désir indigne au moment d'agir, non dans une prétendue violation du principe évidentialiste<ref>Graham Oppy, Arguing About Gods, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, p. 418-419.</ref>. L'exemple fondateur de l'évidentialisme, ainsi redécrit, ne prouverait pas ce qu'il est censé prouver. L'objection des « options vivantes » de William James : William James argumente que certaines questions pratiques et existentielles, notamment religieuses, constituent des « options vivantes, forcées et capitales (''momentous'') » où nous devons choisir même en l'absence d'évidence suffisante. Attendre des preuves définitives pourrait nous faire perdre un bien important (le salut, la relation avec Dieu, la vie spirituelle enrichie). Dans ces cas, affirme James, nous avons le droit de « vouloir croire », c'est-à-dire de laisser nos passions et nos espoirs influencer nos croyances. Clifford peut répondre que James confond croyance et action. Nous pouvons agir ''comme si'' Dieu existait (vivre moralement, participer à une communauté religieuse, cultiver la spiritualité) sans nécessairement ''croire'' que Dieu existe. L'agnosticisme pratique permet cette attitude : suspension du jugement théorique combinée à un engagement pratique. <ref>William James, "The Will to Believe", in The Will to Believe and Other Essays in Popular Philosophy, New York, Longmans, Green & Co., 1897, p. 1-31 ; trad. Loÿs Moulin, La Volonté de croire, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2005.</ref> ==== L'influence de Clifford sur l'agnosticisme contemporain ==== L'éthique de la croyance de Clifford a durablement influencé la pensée agnostique contemporaine en déplaçant le débat du terrain purement épistémologique au terrain éthique. L'agnosticisme n'est plus seulement une conclusion raisonnable face à l'insuffisance des preuves ; c'est, à leurs yeux, une position moralement exigeante, qui manifeste l'intégrité intellectuelle, la lucidité dans le doute et la responsabilité sociale. Cette dimension éthique, aux yeux de ses partisans, renforce puissamment l'agnosticisme. Face aux croyants qui accusent les agnostiques de pusillanimité ou d'indifférence spirituelle, l'éthique cliffordienne retourne l'accusation : c'est le croyant sans preuves qui manque de courage intellectuel, qui préfère le confort de la certitude à la difficile honnêteté du doute. L'agnostique, loin d'être tiède ou lâche, manifeste une vertu épistémique exemplaire. De plus, la critique sociale de Clifford résonne fortement à notre époque de désinformation, d'infox et de crédulité généralisée. Son avertissement sur les dangers de la croyance sans critique apparaît prophétique : des sociétés où les individus acceptent les affirmations sans examen critique deviennent vulnérables au fanatisme, au populisme et à la manipulation. L'agnosticisme représente ainsi une forme de résistance intellectuelle contre la dégradation du discours public. ==== Clifford et l'agnosticisme comme position par défaut ==== L'éthique de Clifford suggère que l'agnosticisme devrait être la position par défaut concernant toute question pour laquelle l'évidence est insuffisante. Plutôt que de demander « Pourquoi es-tu agnostique concernant Dieu ? », nous devrions demander « Pourquoi crois-tu en Dieu malgré l'insuffisance des preuves ? ». Le fardeau de la justification ne pèse pas sur celui qui doute, mais sur celui qui affirme. Cette inversion correspond exactement au principe de la charge de la preuve que nous avons vu avec la théière de Russell. Mais Clifford ajoute une dimension éthique : non seulement l'affirmant doit fournir des preuves (argument logique), mais il ''devrait'' le faire (impératif moral). Croire sans preuves ne viole pas simplement les normes de rationalité ; cela viole un devoir moral envers soi-même et autrui. ==== Conclusion : l'agnosticisme comme vertu intellectuelle ==== L'éthique de la croyance de William Kingdon Clifford transforme l'agnosticisme d'une position épistémologique prudente en une vertu intellectuelle et morale. Selon Clifford, nous avons le devoir de former nos croyances de manière responsable, par un processus patient et honnête d'enquête. Croire en Dieu sans preuves suffisantes constitue non seulement une erreur intellectuelle, mais une faute morale qui corrompt notre intégrité, affaiblit notre jugement critique, et empoisonne le patrimoine commun de croyances de l'humanité. L'agnosticisme représente ainsi la réponse moralement appropriée à l'insuffisance des preuves concernant Dieu. Il manifeste le courage intellectuel de résister aux certitudes confortables, l'humilité épistémique de reconnaître les limites de notre savoir, et la responsabilité sociale de ne pas contribuer à la dégradation du discours rationnel. Cette dimension éthique de l'agnosticisme enrichit substantiellement la position : il ne s'agit plus simplement de dire « je ne sais pas », mais de dire « je ne peux pas en bonne conscience prétendre savoir ce que je ne sais pas ». L'agnosticisme devient ainsi l'expression d'une conscience épistémique exigeante, d'un engagement envers la vérité et d'un refus de la complaisance intellectuelle. Comme le conclut Clifford dans une image restée mémorable, le devoir envers l'humanité commande de ne pas laisser la croyance sans preuve se propager, telle une peste, par contagion, mais de s'efforcer de purifier l'air qui la répand. L'agnosticisme, de ce point de vue, constitue un acte de salubrité publique intellectuelle, une contribution essentielle à la santé morale et épistémique de la société. Il va de soi que cette conclusion vaut ce que vaut la prémisse évidentialiste : on verra plus loin que James lui oppose un droit de croire dans certaines conditions, et qu'Oppy conteste jusqu'à la lecture que Clifford fait de son propre exemple. La force du réquisitoire ne dispense pas d'examiner la règle. == Formes de l'agnosticisme et positions voisines == L'agnosticisme n'est pas une position monolithique, mais recouvre une famille de positions philosophiques distinctes qui partagent un air de famille : la reconnaissance des limites de notre connaissance concernant l'existence et la nature de Dieu. Ces différentes variétés se distinguent par leur évaluation de la permanence ou de la temporalité de notre ignorance, par leur attitude pratique face à cette ignorance, et par leur degré de confiance dans la possibilité future d'une connaissance. Examiner ces distinctions permet de saisir la richesse et la nuance de la pensée agnostique. === Les formes de l'agnosticisme === Les distinctions qui suivent portent sur l'agnosticisme proprement dit. Elles précisent tour à tour la force de la thèse (faible ou forte), l'attitude pratique qui l'accompagne (athée ou théiste), le statut du mot (état de fait ou thèse philosophique), sa grammaire doxastique, son objet et jusqu'à sa sémantique. ==== Agnosticisme faible et agnosticisme fort ==== La distinction la plus structurante oppose l'agnosticisme faible (ou temporaire, ou empirique) à l'agnosticisme fort (ou permanent, ou de principe). L'agnosticisme faible soutient que nous ne savons pas actuellement si Dieu existe, mais que cette ignorance est potentiellement provisoire. Il est concevable qu'à l'avenir, de nouvelles preuves, de nouvelles découvertes scientifiques ou de nouveaux arguments philosophiques nous permettent de trancher la question. L'agnostique faible adopte une attitude d'attentisme épistémique : il suspend son jugement en attendant que des éléments probants se présentent. Cette position peut, mais ne doit pas nécessairement, reposer sur l'idée que l'existence de Dieu est une question empirique en principe : l'agnostique faible peut aussi attendre de nouveaux arguments philosophiques, de nouveaux témoignages ou de nouvelles expériences, et non des seules découvertes scientifiques. Par analogie, avant l'invention du microscope, nous ne savions pas si des micro-organismes existaient ; mais cette ignorance était temporaire, liée à des limitations techniques. De même, selon l'agnostique faible, notre ignorance concernant Dieu pourrait être levée par des progrès futurs de l'investigation. L'agnostique faible peut arguer que certains développements conceptuels ou empiriques pourraient modifier la situation épistémique. Par exemple, si une théorie physique complète expliquait l'origine de l'univers sans recourir à un créateur transcendant, cela renforcerait la position athée aux yeux de beaucoup, encore qu'une théorie physique explique des états du monde sans répondre par elle-même à la question de savoir pourquoi ces lois et cette structure existent. Inversement, si un événement extraordinaire (une manifestation divine publique, répétée et incontestable) se produisait, cela pourrait constituer une preuve déterminante de l'existence de Dieu. L'agnosticisme fort (ou de principe), en revanche, affirme que la question de l'existence de Dieu est inconnaissable par principe, non pas accidentellement ou temporairement, mais structurellement. Les limites de notre connaissance ne sont pas des obstacles techniques provisoires, mais des frontières définitives inscrites dans la nature même de la question et dans nos facultés cognitives. Cette position s'appuie sur l'analyse kantienne des limites de la raison : Dieu, pensé comme transcendant, échappe par définition à toute intuition sensible, donc à toute connaissance théorique au sens kantien. Notre appareil cognitif ne peut connaître que les phénomènes, c'est-à-dire ce qui nous est donné dans l'expérience spatio-temporelle. Un être hors de l'espace et du temps échappe définitivement à toute investigation possible. L'agnosticisme fort affirme donc une inconnaissabilité de principe : quels que soient les progrès futurs de la science ou de la philosophie, la question de Dieu restera indécidable. Herbert Spencer (1820-1903), philosophe évolutionniste britannique, a défendu une version de l'agnosticisme fort en affirmant que derrière les phénomènes observables se trouve une réalité ultime (l'« Inconnaissable ») qui dépasse définitivement nos capacités cognitives. Cette réalité peut être désignée comme « Dieu », mais rien de positif ne peut être dit à son sujet. Spencer concluait à une sorte de réconciliation entre religion et science : chacune reconnaît ses limites et laisse place à un mystère commun qu'aucune ne peut pénétrer. Huxley et Stephen, pour leur part, se défiaient de cette rechute du non-savoir dans une entité positive : hypostasier l'Inconnaissable, c'était à leurs yeux réintroduire par la fenêtre le contenu même que l'agnosticisme venait de mettre à la porte<ref>Robin Le Poidevin, Agnosticism: A Very Short Introduction, chap. 2.</ref>. ==== Agnosticisme athée et agnosticisme théiste ==== Une autre distinction importante porte sur l'attitude pratique adoptée face à l'incertitude théorique. L'agnostique reconnaît qu'il ne ''sait'' pas si Dieu existe ; mais cette reconnaissance théorique laisse ouverte la question de savoir s'il ''croit'' en Dieu et comment il ''vit'' cette incertitude. L'expression même d'« agnosticisme athée » suppose la définition faible de l'athéisme comme simple absence de croyance ; dans une cartographie comme celle d'Oppy, où l'athée croit qu'il n'existe pas de dieux, les deux termes s'excluent. Sous cette convention, l'agnosticisme athée (ou agnosticisme incliné vers l'athéisme) combine la suspension du jugement théorique avec une absence de croyance pratique. L'agnostique athée ne prétend pas savoir que Dieu n'existe pas, mais il ne croit pas non plus en Dieu et vit sa vie comme si Dieu n'existait pas. Sa position peut se formuler ainsi : je ne peux prouver que Dieu n'existe pas, mais, en l'absence de preuves suffisantes de son existence, je n'ai aucune raison de croire en lui. Bertrand Russell incarnait cette position. Dans sa lettre de 1958, il se disait agnostique en toute rigueur, mais athée à toutes fins pratiques, jugeant l'existence du Dieu chrétien aussi peu probable que celle des dieux de l'Olympe ou du Valhalla. Pour Russell, l'agnosticisme théorique (« je ne peux prouver l'inexistence de Dieu ») se combine avec l'athéisme pratique (« je vis comme si Dieu n'existait pas »). Le philosophe Michael Martin a donné un cadre à cette combinaison en distinguant deux athéismes. L'athéisme négatif, fidèle à l'étymologie grecque, désigne la simple absence de croyance en Dieu ; l'athéisme positif y ajoute la croyance qu'il n'existe pas de dieu. Tout athée positif est par définition athée négatif, mais l'inverse ne vaut pas<ref>Michael Martin, Atheism: A Philosophical Justification, Philadelphie, Temple University Press, 1990, p. 463-464 (appendice « Atheism Defined and Contrasted »).</ref>. L'agnostique athée occupe exactement cette zone intermédiaire : dépourvu de croyance théiste, il s'abstient pourtant d'affirmer l'inexistence divine. La formule de Russell, agnostique en théorie, athée en pratique, trouve ici sa grammaire conceptuelle. Cette position repose sur le principe que l'absence de preuve constitue une raison suffisante pour l'absence de croyance. Face à l'infinité des propositions possibles (la théière de Russell, les licornes invisibles, Zeus, Brahma, etc.), nous ne pouvons adopter une attitude de croyance neutre envers toutes. Nous suspendons par défaut notre croyance jusqu'à ce que des preuves suffisantes se présentent. L'agnostique athée applique ce principe à Dieu. L'agnosticisme théiste (parfois appelé fidéisme agnostique) adopte la position inverse : suspension du jugement théorique combinée avec une croyance pratique en Dieu. L'agnostique théiste reconnaît honnêtement qu'il ne possède pas de preuves rationnelles suffisantes de l'existence de Dieu, mais il choisit néanmoins de ''croire'' en Dieu et d'orienter sa vie selon cette croyance. La possibilité même d'une telle « croyance agnostique » fait aujourd'hui l'objet d'un débat serré. Yuval Avnur distingue ainsi l'agnosticisme comme simple suspension du jugement de l'agnosticisme comme verdict philosophique sur l'insuffisance des preuves, et se demande si l'on peut, sans irrationalité, croire ce que l'on tient soi-même pour philosophiquement indémontré<ref>Yuval Avnur, « What is Wrong with Agnostic Belief? », in Francis Fallon et Gavin Hyman (dir.), Agnosticism: Explorations in Philosophy and Religious Thought, Oxford, Oxford University Press, 2020, p. 47-80.</ref>. On invoque souvent ici Søren Kierkegaard (1813-1855), quoique cette annexion demande des précautions sur lesquelles on reviendra. Pour Kierkegaard, la foi authentique ne repose jamais sur des preuves rationnelles ou des certitudes objectives. Au contraire, la foi requiert un saut par-delà la raison, une décision existentielle prise dans l'incertitude et le risque. Kierkegaard écrit dans ''Crainte et tremblement'' : « La foi commence précisément là où la pensée s'arrête. »<ref>Søren Kierkegaard, Crainte et tremblement (1843), « Épanchement préliminaire », trad. Charles Le Blanc, Paris, Payot et Rivages, 2000.</ref> Dans ses ''Miettes philosophiques'', Kierkegaard développe le concept de paradoxe absolu : l'incarnation de Dieu en Christ représente une contradiction logique pour la raison (l'éternel devenant temporel, l'infini se faisant fini). Face à ce paradoxe, deux attitudes sont possibles : le scandale (le rejet indigné de ce qui offense la raison) ou la foi (l'acceptation par un acte de volonté de ce qui dépasse la raison). La foi n'est pas un savoir, mais un choix existentiel engageant toute la personne. Le classement de Kierkegaard parmi les agnostiques théistes demande cependant de la prudence. Kierkegaard est un penseur chrétien : il ne suspend pas son jugement sur l'existence de Dieu, il affirme la nécessité d'un engagement fondé sur la révélation, le paradoxe et la subjectivité<ref>Søren Kierkegaard, Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846), trad. Paul Petit, Paris, Gallimard, 1949.</ref>, et il récuse moins la connaissance de Dieu qu'il ne méprise la prétention d'établir le christianisme par preuves. Son cas illustre en réalité une leçon de méthode : admettre la thèse agnostique sur les pouvoirs de la raison (nul ne peut démontrer Dieu) ne suffit pas à faire de quelqu'un un agnostique, puisqu'on peut joindre à cette thèse une foi entière. Le fidéisme et l'agnosticisme théiste se touchent donc sans se confondre : le premier est une doctrine de la foi, le second une manière de vivre la suspension du jugement. L'agnosticisme théiste affirme donc : je ne sais pas si Dieu existe, mais je crois sans prétendre savoir, et je m'engage religieusement malgré l'incertitude. Cette position peut sembler paradoxale (comment croire ce qu'on ne sait pas ?), mais elle repose sur une distinction entre connaissance objective et engagement subjectif. La connaissance objective demeure impossible, mais l'engagement subjectif reste légitime si la question revêt une importance existentielle suffisante. ==== Agnosticisme comme état et agnosticisme comme thèse ==== Une autre distinction, transversale aux précédentes, sépare deux emplois du mot. En un premier sens, purement descriptif, l'agnosticisme désigne un ''état'' doxastique : le fait, pour un esprit, de ne croire ni à l'existence ni à l'inexistence de Dieu. En un second sens, normatif, il désigne une ''thèse'' philosophique : la thèse que la suspension du jugement est ici l'attitude requise, soit parce que les preuves disponibles sont insuffisantes, soit, plus fortement, parce que la connaissance en cette matière est impossible. Yuval Avnur a souligné l'importance de cette distinction dans les débats contemporains : autre chose est de se trouver sans croyance, autre chose de prononcer un verdict réfléchi sur l'insuffisance des raisons<ref>Yuval Avnur, « What is Wrong with Agnostic Belief? », in Fallon et Hyman (dir.), Agnosticism, 2020, p. 47-80 (distinction liminaire entre les deux agnosticismes).</ref>. L'état d'absence de croyance se contente d'une position négative : l'absence de croyance tant en l'existence qu'en l'inexistence de Dieu. Cet état ne requiert par lui-même aucune justification positive ; il se constate, découlant simplement du manque de preuves ressenties comme suffisantes dans les deux directions, et il peut d'ailleurs, on l'a vu avec Oppy, se rencontrer aussi bien chez l'innocent qui n'a jamais croisé la question. La thèse agnostique, en revanche, affirme quelque chose, dans sa version forte l'impossibilité même de la connaissance, et cette affirmation requiert une justification : pourquoi serait-il impossible de connaître l'existence ou l'inexistence de Dieu ? L'agnostique qui soutient la thèse doit fournir des arguments (comme l'analyse kantienne des limites de la raison, ou le principe humien de l'empirisme) pour soutenir son diagnostic d'inconnaissabilité. ==== La cartographie contemporaine : croire, nier, suspendre ==== La philosophie analytique récente a entrepris de mettre de l'ordre dans ce vocabulaire. Graham Oppy propose des définitions strictement doxastiques, c'est-à-dire formulées en termes de croyance. Le théiste croit qu'il existe au moins un dieu ; l'athée croit qu'il n'existe pas de dieux ; l'agnostique, ayant considéré la question, suspend son jugement et ne croit ni l'un ni l'autre. À ces trois figures, Oppy en ajoute une quatrième, souvent oubliée : l'innocent, qui ne croit ni ne rejette, non parce qu'il a examiné la question, mais parce qu'il ne l'a jamais rencontrée, faute de posséder le concept même de dieu. Le nourrisson d'un mois, le chimpanzé, la personne atteinte de démence avancée sont des innocents, non des agnostiques<ref>Graham Oppy, Atheism and Agnosticism, Cambridge, Cambridge University Press, 2018, p. 3-4.</ref>. La distinction est instructive : elle rappelle que l'agnosticisme est une position, le résultat d'un examen, et non une simple vacance de l'esprit. Ce cadre permet aussi de situer l'agnostique sur l'échelle des degrés de conviction. Si l'on décrit les esprits en termes de crédences, ces probabilités subjectives que chacun assigne aux propositions, l'athée peut loger n'importe où au-dessus de la moitié de conviction que les dieux n'existent pas, du doute prépondérant jusqu'à la certitude ; l'agnostique, lui, se tient au point d'équilibre, quoique avec plus ou moins de fermeté dans cette position d'équilibre même<ref>Graham Oppy, Atheism and Agnosticism, 2018, p. 6-7.</ref>. Cette représentation par probabilités précises a d'ailleurs ses limites : suspendre son jugement n'oblige pas à assigner exactement une chance sur deux ; on peut refuser toute valeur précise, s'en tenir à un intervalle, ou raisonner par seuils au-dessous desquels on ne croit ni la proposition ni sa négation. Oppy note enfin que si l'on exigeait, pour croire, une preuve au sens des sciences formelles, une dérivation à partir de prémisses faisant l'objet d'un consensus universel des experts, alors quiconque n'est pas un innocent devrait être agnostique : c'est dire que la question se joue ailleurs, dans l'évaluation d'indices qui ne sont jamais des démonstrations<ref>Graham Oppy, Atheism and Agnosticism, 2018, p. 11-12.</ref>. ==== L'agnosticisme élargi : l'ultimisme de Schellenberg ==== John L. Schellenberg a proposé d'élargir l'objet même de la suspension. L'agnosticisme classique se définit par rapport au théisme occidental, c'est-à-dire à une conception locale et déterminée du divin. Schellenberg lui substitue ce qu'il nomme l'ultimisme (''ultimism'') : la proposition qu'il existe une réalité ultime sur les plans métaphysique, axiologique et sotériologique, autrement dit une réalité qui serait à la fois le fond de l'être, la source de la valeur et le lieu du salut. Sur cette proposition très générale, soutient-il, l'humanité en est encore aux premiers âges de son enquête : nous ne sommes pas en position de savoir si elle est vraie ou fausse, et la suspension du jugement s'impose<ref>John L. Schellenberg, The Hiddenness Argument: Philosophy's New Challenge to Belief in God, Oxford, Oxford University Press, 2015 ; voir la présentation de David Leech, « "New Agnosticism", Imaginative Challenge, and Religious Experience », in Fallon et Hyman (dir.), Agnosticism, 2020, p. 107-139.</ref>. Ce nouvel agnosticisme ne débouche pourtant pas sur la pure abstention : Schellenberg défend la possibilité d'une foi non doxastique, engagement imaginatif et pratique envers l'ultime qui ne requiert pas la croyance. Le même auteur est du reste à l'origine de l'argument de la dissimulation divine (''divine hiddenness'') : si un Dieu parfaitement aimant existait, il ne laisserait pas subsister d'incroyance non résistante, c'est-à-dire de personnes ouvertes à la relation divine et pourtant privées de toute évidence suffisante ; or cette incroyance existe<ref>John L. Schellenberg, Divine Hiddenness and Human Reason, Ithaca, Cornell University Press, 1993.</ref>. L'argument vise l'athéisme comme conclusion ; mais son matériau, le silence apparent de Dieu envers des chercheurs sincères, est aussi l'expérience dont se nourrit l'agnosticisme vécu. ==== Le « nouvel agnosticisme » sémantique de Le Poidevin ==== Robin Le Poidevin a proposé, dans un sens différent, d'étendre l'agnosticisme du plan de l'existence au plan du sens. L'agnosticisme classique est existentiel (nous ignorons si Dieu existe) et, par voie de conséquence, aléthique (nous ignorons si telle ou telle proposition religieuse est vraie) ; mais il présuppose une sémantique réaliste, selon laquelle les énoncés théologiques sont vrais ou faux en vertu d'une réalité transcendante indépendante de nous. Or la philosophie de la religion du XX{{e}}&nbsp;siècle a vu fleurir des lectures rivales du discours religieux : l'expressivisme, pour lequel ce discours exprime des sentiments et des engagements plutôt qu'il ne décrit ; le positivisme religieux, pour lequel son sens réel est d'ordre moral ; le fictionnalisme, pour lequel ses énoncés sont vrais dans la fiction religieuse comme il est vrai, dans la pièce de Shakespeare, que Lear partagea son royaume entre ses filles aînées<ref>Robin Le Poidevin, « The New Agnosticism », in Fallon et Hyman (dir.), Agnosticism, Oxford, Oxford University Press, 2020, p. 29-46 (la typologie des agnosticismes existentiel, aléthique et sémantique figure aux p. 33-35).</ref>. L'agnostique sémantique suspend son jugement sur la question de savoir laquelle de ces sémantiques est la bonne. La conséquence est inattendue : on peut alors adhérer aux propositions religieuses, les affirmer, les pratiquer, tout en demeurant agnostique sur le régime de vérité qui les gouverne. À la différence de l'ignosticisme, qui déclare le discours théologique dépourvu de sens, ce « nouvel agnosticisme » le tient pour sensé de plusieurs manières possibles, entre lesquelles il ne tranche pas ; il rend ainsi pensable une vie religieuse authentiquement agnostique<ref>Francis Fallon et Gavin Hyman, « Introduction », in Agnosticism, 2020, p. 14-15.</ref>. === Positions voisines de l'agnosticisme === Les positions suivantes sont souvent rangées parmi les agnosticismes ; il est plus exact d'y voir des positions voisines, qui croisent l'agnosticisme sans s'y réduire. La théologie apophatique affirme le plus souvent que Dieu existe, tout en tenant son essence pour au-delà de nos concepts : c'est une doctrine théiste de l'inconnaissabilité divine, non une suspension du jugement sur l'existence. L'ignosticisme conteste que la question soit déjà formulée avec assez de précision pour qu'on puisse suspendre son jugement entre deux propositions intelligibles. L'apatheïsme, enfin, ne porte pas sur la connaissance mais sur l'importance : on peut être apathéiste et théiste, athée ou agnostique. Les présenter ici, ce n'est donc pas les confondre avec l'agnosticisme, mais cartographier son voisinage. ==== La théologie apophatique ==== Ce qu'on appelle parfois agnosticisme apophatique s'enracine dans une longue tradition théologique et mystique : la théologie négative ou théologie apophatique (du grec ''apophasis'', « négation »). Cette tradition, présente dans le christianisme oriental, le judaïsme (notamment chez Maïmonide) et l'islam soufi, soutient que Dieu est rigoureusement transcendant et donc indicible. Toute affirmation positive concernant Dieu (« Dieu est bon », « Dieu est puissant ») déforme nécessairement sa nature, car elle applique des concepts humains finis à une réalité divine infinie. La théologie négative procède donc par négations : nous ne pouvons dire ce que Dieu ''est'', mais seulement ce qu'il ''n'est pas''. Dieu n'est pas un corps, n'est pas dans l'espace, n'est pas dans le temps, n'est pas limité, n'est pas multiple. Cette méthode s'inspire de la philosophie néoplatonicienne (Plotin, Proclus) qui affirmait que l'Un transcende toute détermination et toute conceptualisation. Le Pseudo-Denys l'Aréopagite (V{{e}} et VI{{e}}&nbsp;siècles), figure majeure de cette tradition, distingue trois voies théologiques : la voie affirmative ou cataphatique (affirmer des attributs de Dieu), la voie négative ou apophatique (nier les attributs inadéquats), et la voie d'éminence (attribuer à Dieu les qualités en un degré suprême). Mais selon Denys, la voie négative est supérieure aux deux autres, car elle seule respecte la transcendance absolue du divin. Thomas d'Aquin reprend cette idée dans la ''Somme théologique'' : « De Dieu, nous ne pouvons savoir ce qu'il est, mais seulement ce qu'il n'est pas. »<ref>Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, question 3, prologue, trad. A.-M. Roguet, Paris, Cerf, 1984.</ref> Cette position thomiste combine théologie négative et analogie : nous ne connaissons Dieu que par analogie avec les créatures, mais toute analogie demeure infiniment inadéquate. L'agnosticisme apophatique se distingue de l'agnosticisme ordinaire par son contexte religieux et mystique. L'agnostique ordinaire suspend son jugement faute de preuves suffisantes et peut vivre cette suspension avec indifférence. L'agnostique apophatique, lui, affirme l'inconnaissabilité de Dieu tout en maintenant une relation religieuse intense avec ce Dieu inconnaissable. Paradoxalement, les plus grands mystiques (Maître Eckhart, Jean de la Croix, Grégoire de Nysse) sont apophatiques au sens strict : ils tiennent que Dieu existe, mais qu'il dépasse infiniment tout ce que nous pouvons penser ou dire de lui ; c'est l'essence divine, non l'existence, qui échappe à la connaissance. Un hymne transmis sous le nom de Grégoire de Nazianze (IV{{e}}&nbsp;siècle), et dont l'authenticité est discutée, s'ouvre sur l'invocation « Ô Toi, l'au-delà de tout »<ref>Grégoire de Nazianze (attribué à), Poèmes dogmatiques, I, 1, 29, in Patrologie grecque, t. 37, col. 507-508. L'authenticité de cet hymne, longtemps attribué aussi à Grégoire de Nysse, est débattue par la critique.</ref> : quel nom pourrait le désigner, quelle hymne le célébrer, quelle intelligence le saisir, puisque tout ce qui se dit et tout ce qui se pense est sorti de lui ? Cette prière exprime la conscience mystique que Dieu échappe de part en part à toute conceptualisation humaine. ==== Ignosticisme et igthéisme ==== L'ignosticisme (également appelé igthéisme) représente une position encore plus tranchée. Plutôt que de suspendre le jugement sur l'existence de Dieu, l'ignostique soutient que la question même « Dieu existe-t-il ? » est dénuée de sens tant qu'aucune définition claire et cohérente de « Dieu » n'a été fournie. Cette position s'inspire du critère de signification de l'empirisme logique. Pour qu'une question ait un sens, il faut que les termes qu'elle emploie soient clairement définis. Or, le mot « Dieu » recouvre des significations extrêmement diverses : le Dieu personnel du théisme, le Dieu impersonnel de Spinoza, la Nature déifiée du panthéisme, le Premier Moteur aristotélicien, le Brahman de l'hindouisme, le Tao du taoïsme. Ces conceptions sont parfois mutuellement incompatibles. Tant que l'interlocuteur n'a pas précisé ce qu'il entend par « Dieu », la question de son existence reste indéterminée. L'ignostique demande donc : « Que veux-tu dire par "Dieu" ? » Selon la réponse, sa position changera. Si « Dieu » désigne simplement les lois de la nature, alors « Dieu » existe trivialement, mais ce n'est plus le Dieu des religions. Si « Dieu » désigne un être omnipotent, omniscient et omnibenevolent, alors l'ignostique demandera comment ces attributs peuvent être cohérents entre eux et avec l'expérience du monde (problème du mal). L'ignosticisme se rapproche du non-cognitivisme théologique, position selon laquelle les énoncés religieux n'ont pas de contenu cognitif, mais expriment seulement des attitudes émotives ou des engagements pratiques. Dire « Dieu existe » ne serait pas une affirmation factuelle susceptible d'être vraie ou fausse, mais une expression d'engagement religieux comparable à « Vive la République ! » ou « Hourra pour notre équipe ! ». ==== L'apatheïsme ==== L'agnosticisme apathique (ou apatheïsme, du grec ''apathos'', « sans passion ») désigne l'attitude de ceux qui considèrent que la question de l'existence de Dieu est non seulement indécidable, mais aussi pragmatiquement sans importance. Qu'importe que Dieu existe ou non, cela ne change rien à la manière dont nous devons vivre, aux valeurs morales que nous devons adopter, ou aux questions pratiques qui se posent à nous. Cette position s'énonce ainsi : « Je ne sais pas si Dieu existe, et cela m'est égal. » L'agnostique apathique ne souffre d'aucune angoisse métaphysique concernant les questions ultimes. Il considère que l'éthique, le sens de la vie, le bonheur peuvent être fondés sur des bases purement humaines, sans référence à une transcendance hypothétique. Denis Diderot (1713-1784), dans une [[s:Correspondance (Diderot)/1|lettre à Voltaire du 11 juin 1749]] écrite au moment de la polémique suscitée par sa ''Lettre sur les aveugles'', suggère une forme d'agnosticisme apathique : il importe fort, note-t-il à propos de la ciguë et du persil, de ne pas confondre le poison et le condiment, « mais nullement de croire ou de ne pas croire en Dieu »<ref>Denis Diderot, lettre à Voltaire du 11 juin 1749, in Œuvres complètes, éd. Jules Assézat et Maurice Tourneux, t. XIX (Correspondance générale), Paris, Garnier frères, 1876.</ref>. Pour Diderot, les questions théologiques sont des spéculations oiseuses qui détournent l'attention des urgences morales effectives et sociales. L'apatheïsme contemporain reflète souvent une sécularisation avancée où les questions religieuses ont perdu leur centralité culturelle. Dans les sociétés fortement sécularisées (Scandinavie, Japon, Europe occidentale), beaucoup de personnes vivent sans jamais se poser sérieusement la question de Dieu<ref>Phil Zuckerman, Society without God: What the Least Religious Nations Can Tell Us About Contentment, New York, New York University Press, 2008.</ref>. Ce n'est pas qu'ils ont examiné les arguments et conclu à l'impossibilité de savoir ; c'est que la question ne se pose tout simplement pas à eux comme pertinente. === Tableau récapitulatif des formes et des positions voisines === Pour clarifier ces distinctions, voici un tableau synoptique : {| class="wikitable" style="text-align:center; width: 90%; margin: auto; border: 1px solid #aaa; border-collapse: collapse;" |- ! style="background:#ccc; width: 35%;" | Position ! style="background:#ccc; width: 35%;" | Affirmation centrale ! style="background:#ccc; width: 30%;" | Attitude pratique |- | Agnosticisme faible | Nous ne savons pas actuellement | Attente de preuves futures |- | Agnosticisme fort | Nous ne pouvons pas savoir par principe | Reconnaissance définitive de l'ignorance |- | Agnosticisme athée | Je ne sais pas, donc je ne crois pas | Vie sans référence à Dieu |- | Agnosticisme théiste | Je ne sais pas, mais je crois | Engagement religieux malgré l'incertitude |- | Agnosticisme élargi (ultimisme) | Suspension sur toute réalité ultime, au-delà du seul théisme | Foi non doxastique possible |- | Agnosticisme sémantique (Le Poidevin) | On ignore quel régime de vérité gouverne le discours religieux | Pratique religieuse compatible avec la suspension |- ! colspan="3" style="background:#eee;" | Positions voisines |- | Théologie apophatique | Dieu existe, mais son essence est inconnaissable | Spiritualité négative, voie mystique |- | Ignosticisme | La question manque encore de sens déterminé | Demande de clarification conceptuelle |- | Apatheïsme | La question n'a pas d'importance (quelle que soit la réponse) | Indifférence pratique ; combinable avec le théisme, l'athéisme ou l'agnosticisme |} === La pertinence contemporaine de ces distinctions === Ces distinctions ne sont pas de simples subtilités académiques. Elles reflètent des attitudes existentielles nettement différentes face à l'incertitude métaphysique. Reconnaître la diversité des agnosticismes permet d'éviter les caricatures simplistes (« l'agnostique est quelqu'un qui ne veut pas se mouiller ») et de saisir la richesse philosophique et spirituelle de ces positions. De plus, ces distinctions ont des implications pratiques significatives pour le dialogue interreligieux et la vie en société pluraliste. Un agnostique apathique et un agnostique théiste kierkegaardien n'auront pas les mêmes attitudes envers les institutions religieuses, l'éducation religieuse des enfants, ou la place de la religion dans l'espace public. Enfin, ces variétés montrent que l'agnosticisme n'est pas une position de facilité, un refuge confortable pour éviter l'engagement. C'est une famille de positions réfléchies, nuancées, qui tentent de répondre honnêtement à la question : comment vivre et penser face à l'incertitude ultime concernant les fondements de la réalité ? Certaines de ces positions (l'agnosticisme fort, l'agnosticisme apophatique) exigent un courage intellectuel peu commun : accepter que certaines questions essentielles resteront à jamais sans réponse, et néanmoins continuer à vivre de manière sensée et engagée. D'autres (l'agnosticisme théiste) requièrent le courage existentiel de s'engager sans garanties rationnelles, de parier sur le sens malgré l'absence de certitude. D'autres encore (l'ignosticisme) demandent la rigueur analytique de déconstruire les présupposés conceptuels cachés dans nos questions les plus familières. Cette diversité témoigne de la vitalité philosophique de l'agnosticisme, qui n'est pas une doctrine figée, mais un questionnement vivant sur les limites de notre connaissance et les possibilités de notre existence face à l'inconnu. == Objections à l'agnosticisme == L'agnosticisme, malgré sa rigueur philosophique apparente, n'est pas à l'abri de critiques. Théologiens, philosophes religieux et même certains athées ont formulé des objections substantielles contre la position agnostique. Ces objections proviennent de perspectives diverses et touchent aux fondements épistémologiques, éthiques et existentiels de l'agnosticisme. Examiner ces critiques permet non seulement de tester la solidité de l'agnosticisme, mais aussi d'en affiner la compréhension. === L'objection pascalienne : l'impossibilité de la neutralité === La critique la plus célèbre et peut-être la plus puissante contre l'agnosticisme provient de Blaise Pascal (1623-1662) et de son fameux « pari », formulé dans les ''Pensées'' (1670). ==== La structure du pari ==== Pascal soutient qu'en matière de croyance religieuse, la neutralité est impossible. « Vous êtes embarqué », déclare-t-il<ref>Blaise Pascal, Pensées, fragment 680 de l'édition Sellier (418 Lafuma), éd. Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier, 2010.</ref> : que nous le voulions ou non, nous vivons d'une manière qui implique un choix pratique concernant Dieu. Même l'agnostique qui suspend théoriquement son jugement vit nécessairement soit ''comme si'' Dieu existait, soit ''comme si'' Dieu n'existait pas. L'abstention théorique ne dispense pas du choix pratique. Pascal formule alors le problème en termes de théorie de la décision, anticipant ainsi le calcul des probabilités qu'il contribua lui-même à fonder. Nous faisons face à une matrice de décision : {| class="wikitable" style="text-align:center; width: 70%; margin: auto;" |- ! ! Dieu existe ! Dieu n'existe pas |- | Parier pour Dieu | Gain infini (salut éternel) | Perte finie (plaisirs terrestres sacrifiés) |- | Parier contre Dieu | Perte infinie (damnation éternelle) | Gain fini (plaisirs terrestres conservés) |} L'analyse de cette matrice demande un peu de soin. Contrairement à une présentation répandue, parier pour Dieu ne ''domine'' pas strictement l'alternative au sens des théoriciens de la décision : une stratégie n'est strictement dominante que si elle fait mieux dans ''tous'' les états du monde possibles ; or, si Dieu n'existe pas, l'incroyant conserve un avantage fini, celui des plaisirs et des libertés que le croyant sacrifie. L'argument de Pascal repose en réalité sur l'espérance de gain : dès qu'on accorde à l'existence de Dieu une probabilité positive, si petite soit-elle, l'espérance du pari croyant, produit d'un gain infini par une probabilité non nulle, est infinie et excède toute espérance finie. La rationalité prudente commanderait donc de parier sur l'existence de Dieu, indépendamment de la probabilité précise qu'on lui attribue (pourvu qu'elle ne soit pas exactement nulle). ==== Les réponses agnostiques au pari ==== L'agnostique peut répondre à Pascal sur plusieurs plans. Premièrement, le pari confond croyance authentique et profession de foi stratégique. Pascal lui-même reconnaît ce problème : comment acquérir une croyance sincère par simple calcul d'intérêt ? Il répond en recommandant de « prendre de l'eau bénite, faire dire des messes », c'est-à-dire d'adopter les comportements des croyants jusqu'à ce que la croyance vienne. Mais cette solution soulève une question morale : Dieu ne serait-il pas capable de distinguer la foi authentique de la foi calculatrice ? Une croyance adoptée pour ses bénéfices escomptés plutôt que pour sa vérité n'est-elle pas une forme d'hypocrisie qui devrait déplaire à un Dieu omniscient ? Deuxièmement, l'objection des révélations incompatibles : Pascal présuppose le Dieu chrétien, mais le pari s'applique également à d'autres conceptions divines mutuellement exclusives. Le musulman pourrait formuler le même pari pour Allah, l'hindou pour Vishnou, le païen pour Zeus. Si nous prenons au sérieux le pari, nous devrions croire simultanément en toutes les divinités possibles, ce qui est logiquement impossible lorsque ces divinités se contredisent. Face à cette multiplicité, l'agnosticisme redevient rationnel : suspendre son jugement entre des options incompatibles dont aucune ne se distingue épistémiquement des autres. Troisièmement, Pascal suppose que Dieu, s'il existe, récompense la croyance et punit l'incroyance. Mais cette supposition n'est pas évidente. On peut concevoir un Dieu qui valorise l'honnêteté intellectuelle et l'humilité épistémique de l'agnostique plutôt que la foi sans preuves. Un « Dieu des philosophes » pourrait préférer celui qui dit honnêtement « je ne sais pas » à celui qui prétend savoir ce qu'il ne sait pas. Dans ce cas, l'agnosticisme serait la position à parier, non le théisme. Quatrièmement, même si nous acceptions la logique du pari, celui-ci justifierait au mieux un théisme minimal et prudentiel, non l'adhésion à une religion particulière avec ses dogmes spécifiques. Or, Pascal veut nous conduire au catholicisme. Le passage du théisme général aux doctrines spécifiques (Trinité, incarnation, transsubstantiation) requiert des arguments supplémentaires que le pari ne fournit pas. === L'objection thomiste : l'existence de Dieu est démontrable === La tradition scolastique, notamment Thomas d'Aquin (1225-1274), soutient que l'existence de Dieu n'est pas une question indécidable, mais peut être démontrée rationnellement par la philosophie naturelle. ==== Les cinq voies de Thomas d'Aquin ==== Dans la ''Somme théologique'' (I, q. 2, a. 3), Thomas propose cinq démonstrations de l'existence de Dieu, partant de faits d'expérience pour remonter à leur cause ultime : 1. L'argument du mouvement : tout ce qui est mû est mû par un autre ; or, dans une série de moteurs ordonnée par soi, où chaque intermédiaire ne meut que parce qu'il est actuellement mû par un autre, on ne peut remonter à l'infini, car sans premier terme rien ne serait mû ; il faut donc un Premier Moteur immobile, que tous reconnaissent comme Dieu. Thomas ne vise pas d'abord une série temporelle remontant dans le passé (il tient l'éternité du monde pour philosophiquement indémontrable), mais une dépendance actuelle et hiérarchique. 2. L'argument de la cause efficiente procède de même : dans une série de causes essentiellement ordonnées, supprimer la cause première serait supprimer l'effet ; il faut donc une Cause première incausée. 3. L'argument de la contingence : Les êtres du monde sont contingents (ils auraient pu ne pas exister). Or, si tout était contingent, rien n'existerait. Il faut donc un Être nécessaire, qui est Dieu. 4. L'argument des degrés de perfection : Nous constatons des degrés de bonté, de vérité, de beauté dans les choses. Ces degrés impliquent un maximum absolu qui est leur cause, à savoir Dieu. 5. L'argument téléologique : Les êtres naturels dépourvus de connaissance agissent en vue d'une fin, ce qui suppose une Intelligence ordonnatrice. Pour Thomas, ces arguments établissent rationnellement non seulement qu'un Dieu existe, mais qu'il possède certains attributs (nécessité, perfection, intelligence). L'agnosticisme serait donc une position déraisonnable, refusant d'accepter des conclusions pourtant démonstrées. ==== Les réponses agnostiques à Thomas ==== L'agnostique peut contester chacune de ces « voies ». Concernant les trois premières (mouvement, causalité, contingence), la critique kantienne objecte qu'elles appliquent les catégories de l'entendement (causalité, nécessité) au-delà du domaine de l'expérience possible. La réplique doit toutefois viser la bonne cible : puisque Thomas parle de séries ordonnées par soi, la question n'est pas de savoir pourquoi une succession temporelle devrait avoir commencé, mais si une chaîne où chaque maillon ne tient son pouvoir causal que d'un autre peut se passer de premier terme. Le débat porte alors sur la causalité instrumentale : pourquoi une infinité d'instruments sans agent premier serait-elle impossible ? et l'idée d'un être qui possède par soi son acte est-elle intelligible ? De plus, même si nous admettions un Premier Moteur, une Cause première ou un Être nécessaire, il resterait à établir qu'il s'agit du Dieu personnel des religions plutôt que d'un principe métaphysique impersonnel. L'argument des degrés de perfection repose sur une métaphysique platonicienne contestable : l'existence de degrés implique-t-elle nécessairement un maximum absolu ? Nous constatons des degrés de chaleur sans postuler une Chaleur maximale absolue. L'argument confond peut-être des échelles relatives avec des perfections absolues. L'argument téléologique (également critiqué par Hume et Darwin) suppose que l'ordre naturel requiert une explication intentionnelle. Mais les sciences modernes expliquent l'apparence de finalité par des mécanismes aveugles (sélection naturelle en biologie, lois physiques en cosmologie) sans recourir à une Intelligence ordonnatrice. Au fond, même si ces arguments établissaient l'existence d'un principe métaphysique ultime, ils ne prouveraient pas le Dieu des religions : un être personnel, provident, accessible à la prière, source de révélations. Le fossé entre le « Dieu des philosophes » et le « Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob » (pour reprendre la distinction pascalienne) reste, aux yeux de l'agnostique, bien difficile à franchir par la seule raison naturelle. Il serait pourtant inexact de dire que Thomas l'ignore : les questions suivantes de la Somme s'emploient précisément à dériver du premier principe les attributs divins (unité, perfection, intelligence, volonté). On peut juger la dérivation infructueuse ; elle n'est pas inexistante. === L'objection de l'épistémologie réformée : la croyance proprement basique === Au XX{{e}}&nbsp;siècle, le philosophe Alvin Plantinga a développé une critique sophistiquée de l'évidentialisme et de l'agnosticisme dans le cadre de ce qu'on appelle l'épistémologie réformée (''Reformed Epistemology'').<ref>Alvin Plantinga, "Reason and Belief in God", in Alvin Plantinga et Nicholas Wolterstorff (éd.), Faith and Rationality: Reason and Belief in God, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1983, p. 16-93 ; Warranted Christian Belief, Oxford, Oxford University Press, 2000, 528 p.</ref> ==== La thèse de Plantinga ==== Plantinga soutient que la croyance en Dieu peut être proprement basique (''properly basic''), c'est-à-dire rationnellement justifiée sans reposer sur d'autres croyances ou sur des preuves. De même que nous tenons pour justifiées certaines croyances perceptuelles (« je vois un arbre »), mémorielles (« j'ai mangé ce matin ») ou introspectives (« j'ai mal ») sans les dériver d'arguments, la croyance en Dieu pourrait être directement justifiée par une expérience immédiate du divin. Plantinga s'inspire de Jean Calvin, qui postulait un ''sensus divinitatis'', une capacité cognitive innée nous permettant de percevoir Dieu dans certaines circonstances (contemplation de la nature, sentiment de culpabilité, gratitude). Cette faculté, si elle fonctionne correctement, produit des croyances théistes justifiées sans médiation argumentative. Plantinga développe une théorie de la ''garantie'' (''warrant''), ce qui distingue une croyance simplement vraie d'une connaissance : une croyance est garantie si elle est produite par des facultés cognitives fonctionnant correctement, dans un environnement approprié, selon un plan de conception orienté vers la vérité. Une croyance n'est donc pas garantie du seul fait qu'elle serait vraie et basique ; tout tient à sa provenance. Si Dieu existe et a implanté en nous un ''sensus divinitatis'' en bon état de marche, alors les croyances théistes issues de cette faculté sont garanties, même sans preuves. Plantinga en tire une conséquence assumée : la question ''de jure'' (cette croyance est-elle rationnelle ?) ne peut être tranchée indépendamment de la question ''de facto'' (Dieu existe-t-il ?)<ref>Alvin Plantinga, Warranted Christian Belief, New York, Oxford University Press, 2000.</ref>. ==== Les réponses agnostiques à Plantinga ==== L'agnostique peut objecter à plusieurs niveaux. Premièrement, on lui a reproché sa circularité : le modèle suppose que Dieu existe pour établir que la croyance en Dieu est garantie. Le reproche doit toutefois viser juste : Plantinga ne présente pas son modèle comme une démonstration de l'existence de Dieu, mais comme une réfutation de l'objection selon laquelle une croyance théiste sans argument serait nécessairement irrationnelle. Plantinga répond que ce n'est pas problématique : il ne prétend pas ''prouver'' que la croyance en Dieu est justifiée, mais seulement montrer que ''si'' Dieu existe, ''alors'' la croyance en lui peut être justifiée. Mais cette conditionnelle ne résout pas le problème de l'agnostique, qui demande précisément : ''comment savons-nous que Dieu existe'' ? Deuxièmement, le critère de Plantinga (fonctionnement propre des facultés cognitives) est trop permissif. Un musulman pourrait affirmer que sa croyance en Allah est proprement basique, un hindou sa croyance en Brahman, un polythéiste sa croyance en Zeus. Si toutes ces croyances mutuellement incompatibles peuvent être « proprement basiques », le concept perd toute force normative. Plantinga répond qu'une seule de ces croyances peut être vraie, et que seule celle qui est vraie sera également justifiée (si produite par un ''sensus divinitatis'' authentique). Mais cela ramène au problème initial : comment distinguer l'authentique ''sensus divinitatis'' des illusions ou des facultés défaillantes ? Troisièmement, l'épistémologie réformée ne fournit aucun critère public et intersubjectif pour évaluer les croyances religieuses. La science et la philosophie progressent précisément parce qu'elles reposent sur des méthodes partageables, des preuves vérifiables, des arguments évaluables par tous. En faisant de la croyance religieuse une affaire de « fonctionnement propre » d'une faculté interne, Plantinga privatise la justification et rend impossible le dialogue rationnel entre croyants et non-croyants. === L'objection du réglage fin : un argument téléologique contemporain === Les avancées récentes en cosmologie et en physique ont donné naissance à une nouvelle version de l'argument téléologique : l'argument du réglage fin (''fine-tuning'') de l'univers. ==== La structure de l'argument ==== Les grandes constantes de la physique (constante gravitationnelle, charge de l'électron, constante cosmologique, etc.) semblent ajustées avec une précision extraordinaire pour permettre l'existence de la vie. Si ces constantes différaient même très légèrement de leurs valeurs actuelles, l'univers ne pourrait contenir ni atomes, ni étoiles, ni planètes, ni vie. Par exemple, une force gravitationnelle à peine plus intense aurait précipité l'effondrement de l'univers sur lui-même en quelques instants ; à peine plus faible, elle aurait interdit la formation des étoiles et des galaxies. Les estimations courantes chiffrent ces marges de tolérance en fractions infinitésimales des valeurs observées<ref>Pour une présentation accessible de ces estimations : Martin Rees, Just Six Numbers: The Deep Forces that Shape the Universe, Londres, Weidenfeld and Nicolson, 1999.</ref>. Les théistes argumentent que ce réglage fin extrême est hautement improbable sous l'hypothèse naturaliste (hasard aveugle), mais prévisible sous l'hypothèse théiste (dessein intelligent). Donc, par inférence à la meilleure explication, le réglage fin constitue une preuve de l'existence d'un Créateur intelligent<ref>Pour le débat philosophique : Neil A. Manson (dir.), God and Design: The Teleological Argument and Modern Science, Londres, Routledge, 2003.</ref>. ==== Les réponses agnostiques au réglage fin ==== L'agnostique dispose de plusieurs ripostes. Premièrement, l'argument du principe anthropique : nous ne pouvons observer que des univers compatibles avec notre existence. Si l'univers n'était pas « réglé » pour la vie, nous ne serions pas là pour nous en étonner. L'objection a toutefois ses limites, que l'exemple du peloton d'exécution fait voir : le condamné qui survit à la salve de douze tireurs d'élite sait que sa survie est la condition même de son étonnement, et il a pourtant d'excellentes raisons de s'étonner encore et de chercher une explication (les tireurs ont-ils reçu l'ordre de manquer ?). L'effet de sélection observationnelle explique pourquoi nous n'observons qu'un univers habitable ; il n'explique pas, à lui seul, pourquoi il en existe un. L'agnostique en conclut prudemment que le principe anthropique affaiblit l'inférence théiste sans la dissoudre. Deuxièmement, l'hypothèse du multivers : si un nombre immense (voire infini) d'univers existent avec des constantes physiques différentes, il n'est pas surprenant qu'au moins un soit compatible avec la vie ; et nous nous trouvons nécessairement dans celui-là. Cette hypothèse, bien que spéculative, trouve un appui dans certaines théories cosmologiques, au premier chef l'inflation éternelle ; l'interprétation d'Everett, dite des mondes multiples, relève en revanche d'un autre registre et n'implique pas par elle-même que les constantes varient d'une branche à l'autre. Troisièmement, l'objection de l'anthropocentrisme : pourquoi l'univers devrait-il être « réglé » pour produire spécifiquement la vie humaine ? Si un Créateur tout-puissant voulait créer des êtres conscients, pourquoi choisir une méthode aussi indirecte et gaspilleuse (milliards d'années, milliards de galaxies, pour produire une seule planète habitée) ? Le réglage fin pourrait tout aussi bien être une contrainte physique nécessaire dont nous ignorons la raison, plutôt qu'une preuve de dessein. Quatrièmement, même si nous acceptions que le réglage fin requiert une explication, l'hypothèse « Dieu » ne fait que déplacer le problème : qui a « réglé » Dieu pour qu'il ait les attributs précis (intelligence, créativité, volonté) permettant de créer un univers ? Si Dieu peut exister sans explication, pourquoi l'univers ne le pourrait-il pas ? Les défenseurs de l'argument répondent que celui-ci ne prétend pas que toute chose exige une explication, mais que le contingent en demande une, Dieu étant conçu comme un être nécessaire ; le débat se déplace alors sur la légitimité de ce concept d'être nécessaire, et l'agnostique peut y voir une raison supplémentaire de suspendre son jugement plutôt que de trancher. === L'objection probabiliste : le théisme inductif de Swinburne === Une objection d'une autre nature vient de Richard Swinburne, qui récuse le terrain même sur lequel l'agnostique aime à se placer : celui du tout ou rien démonstratif. Nul argument, concède-t-il, ne prouve Dieu à la manière d'un théorème. Mais la connaissance ordinaire et la science elles-mêmes ne procèdent pas autrement que par accumulation d'indices. Swinburne distingue ainsi deux familles d'arguments corrects : un argument P-inductif rend sa conclusion plus probable qu'improbable, un argument C-inductif se contente d'en accroître la probabilité<ref>Richard Swinburne, The Existence of God, 2e éd., Oxford, Clarendon Press, 2004, p. 5-6.</ref>. Sa stratégie consiste alors à cumuler les arguments classiques, cosmologique, téléologique, arguments de la conscience et de l'expérience religieuse, non comme autant de preuves isolées et faillibles, mais comme les pièces convergentes d'un même dossier, à la manière dont l'historien ou le détective établissent une hypothèse. La simplicité de l'hypothèse théiste, un unique être doté de propriétés sans bornes, lui vaudrait en outre une probabilité initiale appréciable ; et le principe de crédulité (''principle of credulity''), selon lequel les choses sont probablement telles qu'elles nous semblent être, sauf indication contraire, confère aux expériences religieuses une valeur probante par défaut<ref>Richard Swinburne, The Existence of God, 2004, p. 303.</ref>. Au terme du calcul, Swinburne conclut que, sur l'ensemble des données disponibles, le théisme est plus probable qu'improbable<ref>Richard Swinburne, The Existence of God, 2004, p. 342.</ref>. Si ce bilan est correct, la suspension du jugement cesse d'être la position rationnelle par défaut : l'agnostique ressemblerait à un juré qui refuse de conclure alors que le faisceau d'indices suffit. La réplique agnostique s'exerce sur chaque maillon de la chaîne. Les probabilités initiales, d'abord : pourquoi la simplicité, à supposer que le théisme soit simple, serait-elle un guide vers le vrai en métaphysique ? Les probabilités conditionnelles, ensuite : à chaque étape, l'évaluation des chances repose sur des jugements que des philosophes également compétents apprécient en sens contraires. Swinburne lui-même en convient : « il est impossible de donner des valeurs numériques exactes aux probabilités en jeu »<ref>Richard Swinburne, The Existence of God, 2004, p. 341.</ref>, et un calcul dont aucun facteur n'est mesurable ressemble moins à une pesée qu'à l'expression chiffrée d'intuitions préalables. Graham Oppy en tire la leçon la plus générale : l'examen systématique des arguments théistes et athées, y compris dans leurs versions cumulatives, ne livre aucun argument qui devrait faire changer d'avis un interlocuteur raisonnable, et le désaccord persistant des experts en est le symptôme<ref>Graham Oppy, Arguing About Gods, 2006, préface (p. xv) et « Concluding Remarks », p. 414-425.</ref>. Le dossier de Swinburne établit peut-être que le théisme est une hypothèse rationnellement tenable ; il n'établit pas que l'agnosticisme cesse de l'être. === L'objection existentialiste : l'agnosticisme comme fuite devant l'engagement === Certains philosophes existentialistes ont critiqué l'agnosticisme non pas pour des raisons épistémologiques, mais pour des raisons existentielles et éthiques. ==== Une critique d'inspiration kierkegaardienne ==== Kierkegaard n'a pas discuté l'agnosticisme moderne sous ce nom ; mais on reconstruit volontiers, à partir de ses textes, l'objection suivante : l'agnosticisme représenterait une forme de dérobade existentielle, un refus de s'engager authentiquement face à la question qui définit notre existence. La vie humaine ne tolère pas la neutralité : ne pas choisir, c'est déjà choisir (choisir de vivre sans Dieu). L'agnostique qui suspend son jugement se berce de l'illusion qu'il peut rester spectateur impartial, alors qu'il est nécessairement acteur embarqué dans le drame de l'existence. Pour Kierkegaard, la foi n'est pas une conclusion rationnelle à laquelle on parvient après examen des preuves, mais un saut dans l'incertitude, un engagement passionné malgré l'absence de garanties objectives. L'agnosticisme, en demandant des certitudes avant de s'engager, manifeste une incompréhension de la nature même de la foi et de l'existence humaine. C'est vouloir traverser la mer sans se mouiller. ==== Réponse agnostique ==== L'agnostique peut rétorquer que confondre prudence épistémique et dérobade existentielle est un sophisme rhétorique. Reconnaître honnêtement qu'on ne sait pas n'est pas fuir l'engagement, mais refuser l'engagement dogmatique injustifié. On peut vivre une existence pleinement engagée, moralement riche et existentiellement authentique sans prétendre connaître ce qu'on ne connaît pas. De plus, la critique kierkegaardienne suppose que la question de Dieu est ''la'' question existentielle par excellence. Mais pourquoi ? Pour un agnostique, les questions morales, les relations humaines, la création de sens dans un univers potentiellement indifférent peuvent être tout aussi existentiellement significatives sans référence à une transcendance hypothétique. L'héroïsme existentiel peut consister précisément à assumer l'incertitude sans se réfugier dans des certitudes illusoires. === L'objection pragmatiste : les conséquences de la croyance === William James, dans ''La volonté de croire'' (1896), critique l'agnosticisme cliffordien en soutenant que dans certaines situations, nous avons le droit de croire même sans preuves suffisantes. ==== L'argument de James ==== James distingue les « options » (choix) selon trois critères : 1. Vivante ou morte : une option est vivante si elle représente une possibilité réelle pour le sujet. 2. Forcée ou évitable : une option est forcée si ne pas choisir équivaut à choisir. 3. Momentanée ou triviale : une option est momentanée si la décision ne peut être remise à plus tard sans perte irréparable. La question religieuse, selon James, constitue une option vivante, forcée et momentanée pour beaucoup de personnes. Dans ces conditions, suspendre indéfiniment son jugement (position agnostique) revient pratiquement à choisir l'athéisme, avec tous les coûts potentiels associés (perte de la consolation religieuse, du sens, de la communauté, et peut-être du salut). James argumente que lorsqu'une question présente ces caractéristiques et que les preuves intellectuelles sont insuffisantes, nous avons le droit de laisser nos « passions » (désirs, espoirs, besoins) influencer notre croyance. ==== Réponse agnostique ==== L'agnostique peut objecter que James confond croyance et action. Nous pouvons ''agir comme si'' une hypothèse était vraie (par exemple, vivre moralement, participer à une communauté religieuse) sans ''croire'' fermement qu'elle est vraie. L'agnosticisme pratique permet cette attitude. De plus, James présuppose que la croyance en Dieu apporte nécessairement des bénéfices psychologiques et existentiels. Mais cela dépend de la personnalité et des circonstances. Pour certains, la croyance religieuse génère anxiété (peur de l'enfer), culpabilité (péché), ou conflit cognitif (dissonance entre foi et raison). Dans ces cas, l'agnosticisme peut être psychologiquement libérateur plutôt qu'appauvrissant. Enfin, on objecte que la méthode jamesienne ouvrirait la porte à la pensée magique. La réplique doit toutefois se faire sur le terrain même de James, dont l'argument ne donne aucun droit général de croire ce qui réconforte : il vaut seulement pour les options vivantes, forcées et capitales que l'intellect ne peut trancher. La critique sérieuse consiste alors à montrer que l'option religieuse ne remplit pas ces conditions (est-elle vraiment forcée, quand l'agnosticisme pratique semble une troisième voie viable ? vraiment intranchable, si des raisons pèsent d'un côté ?), ou que la volonté ne saurait légitimement influencer l'assentiment sans corrompre son rapport à la vérité. Faute de quoi, réduire la thèse de James à une porte ouverte aux superstitions manque sa cible, puisque ses restrictions visent justement à la fermer. === Conclusion : l'agnosticisme face à ses critiques === Ces objections révèlent les tensions inhérentes à l'agnosticisme. La position agnostique doit naviguer entre plusieurs écueils : l'intransigeance évidentialiste qui exigerait des preuves impossibles, et le laxisme épistémique qui justifierait n'importe quelle croyance ; la sécheresse intellectuelle de la pure suspension du jugement, et l'engagement existentiel dans un monde incertain ; la cohérence logique, et la pertinence existentielle. Aucune de ces objections n'est fatale prise isolément, mais ensemble elles obligent l'agnostique à affiner sa position. L'agnosticisme mature reconnaît ses limites : il ne prétend pas résoudre toutes les questions existentielles ni fournir une recette pour vivre. Il offre simplement une position épistémique honnête face à l'incertitude ultime, laissant chacun libre de déterminer comment vivre sous l'horizon de cette incertitude. == L'agnosticisme et la pensée contemporaine == L'agnosticisme n'appartient pas qu'à l'histoire de la philosophie ; il reste une position vivante et pertinente dans le paysage intellectuel contemporain. Les développements récents de la philosophie analytique, de l'épistémologie, des sciences cognitives et de la sociologie ont enrichi et complexifié le débat sur l'agnosticisme. Cette section examine comment la pensée des XX{{e}} et XXI{{e}}&nbsp;siècles a transformé, critiqué et parfois réhabilité la position agnostique. === Le falsificationnisme de Popper et l'agnosticisme méthodologique === Karl Popper (1902-1994) a fortement marqué la manière dont nous concevons les limites entre science et métaphysique, avec des implications directes pour l'agnosticisme. ==== Le critère de falsifiabilité ==== Dans ''La Logique de la découverte scientifique'' (1934)<ref>Karl Popper, Logik der Forschung, Vienne, Julius Springer, 1934 ; trad. Nicole Thyssen-Rutten et Philippe Devaux, La Logique de la découverte scientifique, Paris, Payot, 1973, 480 p.</ref>, Popper propose son célèbre critère de démarcation entre énoncés scientifiques et énoncés métaphysiques. Un énoncé est scientifique si, et seulement si, il est [[Dictionnaire de philosophie/Falsifiabilité|falsifiable]] (''falsifiable'', non ''falsifié''), c'est-à-dire s'il existe des observations empiriques possibles qui, si elles se produisaient, réfuteraient l'énoncé. Par exemple, l'énoncé « tous les cygnes sont blancs » est scientifique car falsifiable : l'observation d'un seul cygne noir le réfuterait. En revanche, l'énoncé « Dieu existe » n'est pas falsifiable : aucune observation concevable ne pourrait le réfuter définitivement, car on peut toujours réinterpréter les données pour les rendre compatibles avec l'existence divine. De même, « Dieu n'existe pas » n'est pas falsifiable. Par conséquent, selon Popper, la question de l'existence de Dieu n'appartient pas au domaine de la science, mais à celui de la métaphysique. ==== L'agnosticisme méthodologique de la science ==== Cette position implique ce qu'on peut appeler un agnosticisme méthodologique : la science, en tant que discipline, doit procéder ''comme si'' les questions métaphysiques (dont celle de Dieu) étaient hors de son ressort. Ce n'est pas que ces questions soient dénuées de sens ou d'importance, mais elles n'appartiennent pas au domaine du savoir scientifique proprement dit. Popper lui-même n'était pas agnostique au sens religieux. Il se considérait comme rationaliste et rejetait le dogmatisme sous toutes ses formes, qu'il soit religieux ou scientiste. Mais son critère de falsifiabilité établit une forme d'agnosticisme épistémologique concernant toute question qui échappe structurellement à la méthode scientifique. Deux précisions s'imposent toutefois, pour ne pas solliciter Popper au-delà de ce qu'il dit. La falsifiabilité est un critère de ''démarcation'' entre science et non-science, non un critère de ''sens'' : un énoncé métaphysique peut être parfaitement intelligible sans être scientifique. Et Popper soutient, contre le Cercle de Vienne, que des idées métaphysiques, l'atomisme antique par exemple, ont pu guider et féconder la recherche scientifique elle-même<ref>Karl Popper, Conjectures et réfutations. La croissance du savoir scientifique (1963), trad. Michelle-Irène et Marc B. de Launay, Paris, Payot, 1985.</ref>. Le falsificationnisme n'établit donc pas que la question de Dieu soit indécidable ; il établit seulement qu'elle n'est pas scientifique, ce qui laisse entier le débat philosophique. Cette perspective est parfois rapprochée de la doctrine des « magistères non recouvrants » de Stephen Jay Gould, qui assigne à la science le domaine des faits et à la religion celui des valeurs ; le rapprochement demande pourtant de la prudence, car la démarcation poppérienne n'établit pas que les deux domaines soient rigoureusement disjoints, et certaines religions avancent des affirmations historiques ou cosmologiques susceptibles d'entrer en conflit avec les connaissances scientifiques<ref>Stephen Jay Gould, Rocks of Ages: Science and Religion in the Fullness of Life, New York, Ballantine, 1999 ; trad. fr. Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! », Paris, Seuil, 2000.</ref>. La science peut dire que l'univers a 13,8 milliards d'années, que la vie a évolué par sélection naturelle, que l'activité cérébrale conditionne étroitement la conscience ; mais elle ne peut pas dire si un Créateur transcendant existe au-delà de la nature observable. Sur cette question ultime, la science se tait, méthodologiquement ; encore ce silence d'une méthode ne doit-il pas être confondu avec l'agnosticisme d'une personne, qui est une position doxastique que le scientifique, comme tout un chacun, reste libre d'adopter ou non. ==== Le faillibilisme poppérien ==== Popper développe également une philosophie générale du savoir qu'il nomme faillibilisme : toute notre connaissance est conjecturale et provisoire ; nous ne possédons jamais de certitudes absolues, seulement des théories qui ont jusqu'ici résisté aux tentatives de réfutation. Cette perspective peut être invoquée en faveur de l'agnosticisme : si même nos meilleures théories scientifiques restent conjecturales, à plus forte raison nos croyances métaphysiques doivent-elles demeurer hypothétiques. Le faillibilisme poppérien suggère une attitude épistémique générale d'humilité et d'ouverture à la révision. L'agnosticisme représente l'application de cette attitude à la question de Dieu : reconnaître que nous ne possédons pas de connaissance certaine, que nos arguments sont provisoires, que la vérité pourrait être différente de ce que nous croyons. === Le néo-positivisme et l'hypothèse théologique === Le Cercle de Vienne (années 1920-1930) et l'empirisme logique ont adopté une position encore plus abrupte que Popper concernant les énoncés métaphysiques. ==== Le principe de vérification et ses conséquences ==== Pour les néo-positivistes comme Rudolf Carnap, Moritz Schlick et A.J. Ayer, un énoncé n'a de signification cognitive que s'il est soit analytique (vrai par définition), soit vérifiable empiriquement. Un énoncé qui ne satisfait aucun de ces critères est littéralement dénué de sens (''sinnlos''), comparable aux sons d'un instrument de musique : grammaticalement correct mais sémantiquement vide. Appliqué à la théologie, ce critère frappe de plein fouet. L'énoncé « Dieu existe » n'est ni analytique (car l'existence n'est pas contenue dans le concept de Dieu, comme l'a montré Kant), ni vérifiable empiriquement (aucune observation ne peut confirmer ou infirmer définitivement l'existence d'un être transcendant). Donc, selon les néo-positivistes, cet énoncé est dénué de signification. Il n'est ni vrai ni faux ; il n'appartient pas au domaine des propositions ayant un contenu informatif sur la réalité. Cette position dépasse l'agnosticisme classique. Là où l'agnostique suspend son jugement sur une question qu'il considère comme significative mais indécidable, le néo-positiviste rejette la question elle-même comme mal formée. La question « Dieu existe-t-il ? » n'appelle pas de réponse ; elle appelle une dissolution par clarification conceptuelle. À strictement parler, le positivisme logique ne représente donc pas la version la plus ferme de l'agnosticisme ; il en conteste un présupposé, à savoir qu'il existe bien, entre théisme et athéisme, une proposition douée de sens sur laquelle il y aurait lieu de suspendre son jugement. ==== L'échec du vérificationnisme strict ==== Toutefois, le principe de vérification s'est heurté à des objections dirimantes. Premièrement, il est auto-réfutant : l'énoncé « seuls les énoncés vérifiables ont un sens » n'est lui-même ni analytique ni vérifiable empiriquement ; il devrait donc être dénué de sens selon ses propres critères. Les vérificationnistes ont répondu que leur principe se voulait une proposition méthodologique, une recommandation linguistique plutôt qu'un énoncé empirique ; mais la difficulté principale était ailleurs. Deuxièmement, en effet, nul n'est parvenu à calibrer un critère assez strict pour exclure la métaphysique sans exclure du même coup les lois universelles et les termes théoriques de la science : les énoncés portant sur des entités non observables (quarks, trous noirs, dimensions supplémentaires de la théorie des cordes) ne sont pas strictement vérifiables, sans être pour autant dénués de sens. Ces difficultés ont conduit la plupart des philosophes à abandonner le vérificationnisme strict. Mais l'intuition sous-jacente demeure : les énoncés théologiques posent des problèmes sémantiques et épistémologiques spécifiques qui justifient une attitude agnostique. ==== Le tournant linguistique et l'analyse du langage religieux ==== Le tournant linguistique de la philosophie au XX{{e}}&nbsp;siècle, inauguré par Wittgenstein, Carnap et les philosophes du langage ordinaire (Austin, Ryle), a transformé la manière d'aborder les questions théologiques. Le second Wittgenstein, dans les ''Recherches philosophiques'' (1953)<ref>Ludwig Wittgenstein, Philosophische Untersuchungen (1953), trad. Françoise Dastur, Maurice Élie, Jean-Luc Gautero, Dominique Janicaud et Élisabeth Rigal, Recherches philosophiques, Paris, Gallimard, 2004.</ref>, propose une approche toute différente du langage. Plutôt que de chercher ''la'' signification d'un terme, il faut examiner ses ''usages'' dans différents « jeux de langage ». Certains philosophes wittgensteiniens de la religion, D. Z. Phillips en tête, en ont tiré que le langage religieux ne fonctionne pas comme le langage scientifique : il n'aurait pas pour fonction principale de décrire des faits, mais d'exprimer des attitudes, de constituer une forme de vie, de créer du sens existentiel<ref>D. Z. Phillips, Religion Without Explanation, Oxford, Basil Blackwell, 1976.</ref>. Cette lecture non cognitiviste est discutée : les Recherches n'énoncent rien de tel expressément, et bien des croyants entendent leurs énoncés comme des descriptions. Cette analyse conduit à une forme sophistiquée d'ignosticisme ou de non-cognitivisme théologique : les énoncés religieux (« Dieu existe », « Dieu est amour ») ne sont peut-être pas des affirmations factuelles susceptibles d'être vraies ou fausses, mais des expressions d'engagement existentiel, comparables à « Vive la République ! » ou « J'accepte de t'épouser ». Si tel est le cas, la question « Dieu existe-t-il vraiment ? » repose sur une confusion de catégories, comme si l'on demandait « L'enthousiasme existe-t-il vraiment ? » en réponse à « Vive la République ! ». === L'agnosticisme et les sciences cognitives de la religion === Les dernières décennies ont vu l'émergence d'un champ interdisciplinaire : les sciences cognitives de la religion (SCR), qui étudient les bases psychologiques et évolutives des croyances religieuses. ==== Les explications naturalistes de la croyance religieuse ==== Des chercheurs comme Pascal Boyer, Scott Atran, Justin Barrett et Ara Norenzayan soutiennent que les croyances religieuses (agents surnaturels, vie après la mort, rituels, morale cosmique) sont des sous-produits (''by-products'') de mécanismes cognitifs qui ont évolué pour d'autres raisons<ref>Pascal Boyer, Et l'homme créa les dieux. Comment expliquer la religion, Paris, Robert Laffont, 2001 ; Scott Atran, In Gods We Trust: The Evolutionary Landscape of Religion, Oxford, Oxford University Press, 2002 ; Justin L. Barrett, Why Would Anyone Believe in God?, Walnut Creek, AltaMira Press, 2004 ; Ara Norenzayan, Big Gods: How Religion Transformed Cooperation and Conflict, Princeton, Princeton University Press, 2013.</ref>. Par exemple, nous possédons un détecteur d'agents hyperactif (''hyperactive agency detection device'', HADD) qui nous fait percevoir des intentions et des agents même là où il n'y en a peut-être pas. Ce mécanisme a une valeur de survie : mieux vaut percevoir un prédateur qui n'existe pas que manquer un prédateur qui existe. Mais ce même mécanisme nous dispose à percevoir des agents invisibles (esprits, dieux, ancêtres) derrière les événements naturels. De même, notre théorie de l'esprit (capacité à attribuer des états mentaux à autrui) s'applique spontanément aux phénomènes naturels (« le volcan est en colère ») et nous prédispose à concevoir des esprits désincarnés. Notre dualisme intuitif (distinction spontanée entre corps et esprit) rend naturelle l'idée d'âmes immortelles et de divinités immatérielles. ==== Implications pour l'agnosticisme ==== Ces découvertes renforcent l'agnosticisme de plusieurs manières. Premièrement, elles proposent des modèles naturalistes de plusieurs mécanismes qui contribuent à la formation et à la transmission des croyances religieuses (psychologie évolutive, structures cognitives, besoins sociaux), sans qu'il soit nécessaire, pour expliquer cette genèse, de postuler une réalité transcendante objective ; une explication « entière » du fait religieux, qui recouvre aussi des institutions, des récits et des histoires, reste hors de leur portée actuelle. La croyance en Dieu pourrait être une illusion adaptative, utile pour la survie et la cohésion sociale, mais néanmoins illusoire. Deuxièmement, elles suggèrent que nos intuitions religieuses ne sont pas des perceptions fiables d'une réalité divine, mais des artefacts de notre architecture cognitive façonnée par la sélection naturelle. De même que nos illusions d'optique ne révèlent pas la réalité physique mais les limites de notre système visuel, nos intuitions théistes pourraient ne révéler que les biais de notre cognition religieuse. Troisièmement, la grande diversité des croyances religieuses à travers les cultures s'explique par des variations culturelles dans l'expression de dispositions cognitives universelles. Cette diversité rend encore plus improbable l'idée qu'une de ces croyances soit une perception véridique du divin. ==== Les objections à l'argument des sciences cognitives de la religion ==== Les théistes objectent que ces explications naturalistes commettent le sophisme génétique : expliquer l'origine d'une croyance n'en détermine pas la valeur de vérité. De même qu'expliquer neurologiquement nos croyances mathématiques ne les invalide pas, expliquer évolutivement nos croyances religieuses ne prouve pas qu'elles sont fausses. Cette objection est sérieuse : les SCR établissent que la croyance religieuse est naturelle et explicable, non qu'elle est fausse. Pour en tirer une conclusion sceptique, il faut une prémisse supplémentaire : que les mécanismes décrits soient insensibles à la vérité de leur objet ou systématiquement peu fiables, à la manière des illusions d'optique. C'est cette prémisse que défendent certains naturalistes et que contestent les épistémologues religieux ; selon qu'on l'accepte ou non, les intuitions religieuses perdent beaucoup de leur force probante, ou n'en perdent guère. Si ces mécanismes sont indépendants de la vérité des croyances qu'ils produisent et suffisamment peu fiables, ils constituent une raison de diminuer la confiance accordée aux intuitions religieuses, et l'agnosticisme s'en trouve conforté ; cette interprétation est contestée par les épistémologues religieux. Sous cette réserve, nos intuitions religieuses ne constituant pas à elles seules une preuve fiable, nous devrions suspendre notre jugement. === Le Nouvel Athéisme et l'agnosticisme militant === Au début du XXI{{e}}&nbsp;siècle, un mouvement intellectuel appelé le Nouvel Athéisme a revitalisé le débat public sur la religion. Ses figures principales (Richard Dawkins, Daniel Dennett, Sam Harris, Christopher Hitchens) adoptent généralement une position intermédiaire entre athéisme et agnosticisme. ==== Dawkins et le spectre de probabilité théiste ==== Dans ''Pour en finir avec Dieu'' (''The God Delusion'', 2006), Richard Dawkins propose un « spectre de probabilité théiste » en sept niveaux, allant du théisme fort (certitude absolue de l'existence de Dieu) à l'athéisme fort (certitude absolue de l'inexistence de Dieu). Dawkins lui-même se situe au niveau 6 sur 7, l'« athéisme de facto » : Dieu est très improbable, mais son inexistence ne peut être prouvée avec certitude. Cette position est techniquement agnostique (Dawkins ne prétend pas ''savoir'' que Dieu n'existe pas), mais pratiquement athée (il vit comme si Dieu n'existait pas et estime la probabilité de son existence infime). Dawkins critique l'« agnosticisme de conciliation » (position 4 sur son spectre : 50% de probabilité) comme déraisonnable : de même que nous ne sommes pas « agnostiques » concernant les fées ou la théière de Russell, nous ne devrions pas l'être concernant Dieu. Cette distinction entre agnosticisme théorique et athéisme pratique caractérise de nombreux intellectuels contemporains. Ils reconnaissent l'impossibilité logique de prouver l'inexistence de Dieu, mais estiment cette existence suffisamment improbable pour justifier une attitude pratique d'athéisme. ==== Dennett et l'athéisme évolutionnaire ==== Daniel Dennett, dans ''Breaking the Spell'' (2006), adopte l'approche des sciences cognitives pour « briser le charme » de la religion. Il argumente que comprendre les origines naturelles de la religion permet de la démystifier et de réduire son emprise psychologique. Dennett se considère comme un athée lumineux (''bright''), quelqu'un dont la vision du monde est naturaliste et ne requiert aucune entité surnaturelle. Cependant, il reconnaît que l'athéisme dogmatique (affirmer avec certitude que Dieu n'existe pas) n'est pas justifié. La position rationnelle est un agnosticisme fortement incliné vers l'athéisme. ==== Les critiques de l'agnosticisme "mou" ==== Le Nouvel Athéisme critique souvent l'agnosticisme comme une position de complaisance intellectuelle, un refus de tirer les conclusions logiques des prémisses acceptées. Si nous n'avons aucune preuve de l'existence de Dieu, si les arguments théistes échouent tous, si les explications naturalistes suffisent pour tout ce que nous observons, pourquoi maintenir même une probabilité significative pour l'hypothèse théiste ? Cette critique vise particulièrement ce que Stephen Jay Gould appelait les « magistères non-overlappants » (''non-overlapping magisteria'', NOMA) : l'idée que science et religion s'occupent de domaines distincts et ne peuvent se contredire. Pour le Nouvel Athéisme, cette position est intellectuellement malhonnête : si la religion fait des affirmations sur la réalité (Dieu a créé l'univers, Jésus est ressuscité, les prières sont exaucées), ces affirmations entrent en conflit avec la science et peuvent être évaluées empiriquement. L'agnosticisme respectueux qui refuse d'examiner ces affirmations trahit les exigences de la rationalité. === L'agnosticisme dans la société sécularisée === Les sociologues de la religion observent depuis plusieurs décennies un processus de sécularisation dans les sociétés occidentales, particulièrement en Europe. Ce processus ne se traduit pas tant par une montée de l'athéisme militant que par une diffusion de l'agnosticisme pratique et de l'indifférence religieuse. ==== Les « nones » : l'agnosticisme sociologique ==== Les enquêtes sociologiques révèlent une croissance marquée, dans les sociétés occidentales, de la catégorie des « nones » (« aucune affiliation religieuse ») dans les sociétés occidentales. Selon la série harmonisée publiée par le Pew Research Center en 2025, les personnes sans affiliation religieuse formaient déjà en 2010 le troisième groupe mondial derrière les chrétiens et les musulmans, avec 23,3 % de la population du globe, part montée à 24,2 % en 2020 : la progression mondiale est modérée (moins d'un point), mais elle recouvre de fortes disparités régionales. Le rapport antérieur de 2012, construit sur d'autres méthodes, estimait cette part à environ 16 % pour 2010 ; les deux séries ne sont pas comparables entre elles. Une dizaine de pays ou territoires, dont les Pays-Bas, la République tchèque et le Japon, comptent désormais une majorité de personnes sans religion, et la progression est rapide aux États-Unis, où les enquêtes du même institut font passer leur part de 16 % en 2007 à environ 29 % en 2021.<ref>Pew Research Center, How the Global Religious Landscape Changed From 2010 to 2020, juin 2025 (série harmonisée) ; The Global Religious Landscape, décembre 2012 (méthodologie antérieure) ; sur les États-Unis, Pew Research Center, About Three-in-Ten U.S. Adults Are Now Religiously Unaffiliated, décembre 2021.</ref> Ces « nones » ne sont pas majoritairement des athées militants. Beaucoup se décrivent comme « spirituels mais non religieux », agnostiques, ou simplement indifférents aux questions religieuses. On parle parfois, par analogie, d'agnosticisme sociologique : un mode de vie où les questions métaphysiques ultimes ne jouent plus de rôle central dans l'identité, les valeurs ou les décisions. L'analogie ne doit pas masquer l'hétérogénéité de la catégorie, qui mêle athées, agnostiques, croyants sans appartenance, indifférents et pratiquants occasionnels. ==== Le post-sécularisme et le retour du religieux ==== Toutefois, certains penseurs, Jürgen Habermas en tête, parlent d'une société post-séculière : non pas un retour aux institutions religieuses, mais une société demeurée séculière qui prend acte de la persistance publique de la religion et doit repenser les conditions de la traduction et de la coopération entre citoyens religieux et non religieux ; s'y ajoutent de nouvelles formes de spiritualité et de quête de sens. Dans ce contexte, l'agnosticisme représente non pas une station finale vers l'athéisme, mais une position stable, une manière moderne d'habiter l'incertitude métaphysique sans abandonner la recherche de sens. L'agnosticisme contemporain s'accommode souvent d'une spiritualité séculière : méditation, expériences esthétiques intenses, sentiment de connexion avec la nature ou l'humanité, sans référence à un Dieu transcendant personnel. Cette spiritualité agnostique reconnaît la dimension de mystère et d'émerveillement de l'existence sans prétendre la résoudre par des doctrines théologiques. === L'agnosticisme et le pluralisme religieux === La conscience croissante de la diversité religieuse mondiale renforce l'agnosticisme d'une manière que les philosophes des siècles précédents ne pouvaient anticiper. ==== L'argument de l'exclusivisme religieux ==== Face à la multiplicité des religions mutuellement incompatibles (christianisme, islam, hindouisme, bouddhisme, judaïsme, etc.), trois grandes positions sont classiquement distinguées, auxquelles l'agnostique en ajoutera une quatrième : 1. Exclusivisme : ma religion est vraie, les autres sont fausses. 2. Inclusivisme : ma religion est vraie, les autres contiennent des vérités partielles ou sont des chemins détournés vers la même vérité. 3. Pluralisme : toutes les religions sont des réponses culturelles diverses à une réalité transcendante indicible. Chacune de ces positions pose des problèmes. L'exclusivisme semble arbitraire (pourquoi ma religion serait-elle la seule vraie, alors que les autres croyants sont tout aussi convaincus ?). L'inclusivisme est condescendant (il impose ses propres catégories aux autres traditions). Le pluralisme naïf paraît incohérent (comment des doctrines contradictoires seraient-elles toutes vraies ?) ; ses versions réfléchies, chez John Hick notamment, échappent à ce reproche en distinguant les constructions doctrinales de la réalité ultime qu'elles tentent d'interpréter, au prix toutefois d'un déplacement : les doctrines n'y sont plus vraies au sens où leurs fidèles l'entendent<ref>John Hick, An Interpretation of Religion: Human Responses to the Transcendent, Londres, Macmillan, 1989.</ref>. L'agnosticisme offre une quatrième voie : suspendre son jugement sur ces prétentions conflictuelles et reconnaître que la vérité, si elle existe, nous échappe. Cette position respecte la sincérité de tous les croyants sans accepter leurs affirmations mutuellement exclusives. ==== L'épistémologie des désaccords entre pairs ==== L'épistémologie contemporaine a développé une réflexion sur les désaccords entre pairs (''peer disagreement'') : que devons-nous penser lorsque des individus également intelligents, également informés et également rationnels arrivent à des conclusions opposées ? En matière religieuse, nous observons précisément cette situation : des théologiens brillants, des philosophes rigoureux, des mystiques sincères adhèrent à des religions mutuellement exclusives. Cette situation suggère que la vérité religieuse, si elle existe, n'est pas accessible de manière fiable par les facultés humaines. Sinon, comment expliquer ces désaccords persistants entre pairs ? Encore cette conclusion engage-t-elle une position déterminée en épistémologie du désaccord, dite conciliationniste : lorsque des pairs épistémiques divergent, chacun devrait réviser sa confiance. Les tenants des positions dites fermes soutiennent au contraire qu'un sujet peut rationnellement maintenir sa croyance malgré le désaccord d'un pair<ref>Pour une vue d'ensemble du débat : David Christensen, « Epistemology of Disagreement: The Good News », The Philosophical Review, vol. 116, n° 2, 2007, p. 187-217.</ref>. Le constat du désaccord ne livre donc pas mécaniquement l'agnosticisme ; il ouvre un débat, dans lequel l'agnostique fait valoir que, face à des désaccords aussi persistants entre pairs, la suspension du jugement est la réponse la plus plausible. Graham Oppy a tiré de ce constat une conclusion d'ensemble sur les débats théistes. Au terme d'un examen systématique des arguments pour et contre l'existence de dieux conçus selon le monothéisme orthodoxe, il soutient qu'aucun d'entre eux n'est « réussi » au sens fort : aucun ne devrait convaincre de changer d'avis un interlocuteur raisonnable et informé qui ne partage pas déjà sa conclusion. Le fait massif du désaccord persistant entre théistes, athées et agnostiques également sincères, réfléchis, intelligents et bien informés suffirait à le montrer : si de tels arguments existaient, ce désaccord aurait cédé depuis longtemps<ref>Graham Oppy, Arguing About Gods, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, préface (p. xv) et « Concluding Remarks », p. 414-415.</ref>. Cette conclusion ne tranche pas entre les trois positions ; elle établit seulement qu'un large éventail de positions demeure raisonnable, ce qui est précisément l'espace où l'agnosticisme respire. === Conclusion : l'agnosticisme à l'ère de l'incertitude === L'agnosticisme contemporain se distingue de ses formes classiques par plusieurs caractéristiques : 1. Intégration des sciences : il s'appuie sur les découvertes en cosmologie, biologie évolutive, neurosciences et sciences cognitives qui offrent des explications naturalistes de phénomènes jadis attribués au divin. 2. Conscience du pluralisme : il reconnaît la diversité irréductible des croyances religieuses comme un fait qui requiert explication. 3. Sophistication épistémologique : il bénéficie des développements de l'épistémologie contemporaine (faillibilisme, bayésianisme, épistémologie sociale). 4. Compatibilité avec la spiritualité : il se distingue de l'athéisme matérialiste en maintenant une ouverture au mystère, à l'émerveillement, à la quête de sens. 5. Pertinence sociale : dans des sociétés pluralistes et sécularisées, il offre une base commune pour le dialogue entre croyants et non-croyants. L'agnosticisme n'est pas une position de faiblesse ou d'indécision, mais une reconnaissance mature des limites de notre connaissance face aux questions ultimes. Dans un monde où les certitudes dogmatiques, religieuses ou scientistes, alimentent les conflits et les exclusions, l'humilité épistémique agnostique représente peut-être la sagesse dont nous avons le plus besoin. == Conclusion générale == L'agnosticisme, au terme de ce parcours, apparaît comme une position philosophique élaborée plutôt que comme une tiédeur : des origines antiques à la philosophie critique, des controverses victoriennes aux débats analytiques contemporains, il n'a cessé de préciser son objet, ses degrés et ses justifications. Il en existe plusieurs formes (faible ou fort, athée ou théiste, comme état ou comme thèse, élargi à l'ultime ou porté sur la sémantique) et, à leur voisinage, des positions apparentées qu'il faut en distinguer : théologie apophatique, ignosticisme, apatheïsme. Sur le plan épistémologique, ses défenseurs le présentent comme le constat des limites de la raison : des catégories kantiennes au critère de démarcation poppérien, la question de Dieu ne relèverait pas du même régime de connaissance que les hypothèses empiriques, et il serait rationnel de suspendre le jugement là où l'investigation s'arrête, par principe ou faute de preuves suffisantes. Leurs adversaires répondent que ces limites sont tracées par des théories de la connaissance elles-mêmes discutables, et que la rationalité n'exige pas partout la démonstration. Le versant éthique concentre le même désaccord : l'évidentialisme de Clifford fait de la croyance sans preuve une faute qui engage notre responsabilité envers la vérité et la société ; James, l'épistémologie réformée et bien des théologiens lui opposent d'autres normes de l'assentiment. Que la suspension du jugement soit une vertu épistémique ou une exigence excessive est précisément l'un des points en litige. Dans ses modalités contemporaines, l'agnosticisme dialogue avec les sciences cognitives de la religion, qui éclairent certains mécanismes de formation des croyances sans en trancher la validité, et avec le constat pluraliste né de la mondialisation, qui conduit les uns à la suspension du jugement, les autres à des théologies élargies. Les objections majeures, pari pascalien, théisme inductif, croyance proprement basique, réglage fin, défi existentiel, n'ont pas clos le débat ; elles ont contraint la position agnostique à se préciser, comme celle-ci a contraint ses adversaires à affiner leurs normes de preuve. Sur le plan pratique, beaucoup voient dans l'agnosticisme un cadre de coexistence pour les sociétés pluralistes, un socle de dialogue entre croyants, athées, spiritualistes et indifférents ; d'autres rappellent qu'un tel cadre n'exige pas la suspension du jugement, la tolérance étant compatible avec la conviction ferme. Le débat, on le voit, porte autant sur les normes de la croyance et la définition de la connaissance que sur l'existence de Dieu elle-même. En définitive, un dictionnaire n'a pas à conclure à la place du débat. Pour ses défenseurs, l'agnosticisme allie rigueur intellectuelle, ouverture d'esprit, conscience de nos limites et sens du dialogue ; son acceptation de l'incertitude n'est pas résignation, mais courage devant le mystère et fidélité à l'exigence de vérité qui fonde la philosophie. Ses adversaires lui opposent des reproches symétriques : les uns jugent qu'il exige des preuves plus fortes que celles dont dispose aucune de nos connaissances ordinaires, et qu'il confond rationalité et démonstration ; les athées affirmatifs estiment qu'il ne tire pas les conséquences de l'échec allégué des arguments théistes ; d'autres enfin rappellent qu'une croyance peut se tenir pour probable, raisonnable ou pratiquement justifiée sans se prétendre certaine, si bien que croire n'est pas nécessairement dogmatiser, ni suspendre son jugement toujours faire preuve de courage : la suspension peut aussi procéder d'une exigence excessive, d'une indécision ou d'un refus de peser des explications simplement probables. Dans un monde traversé par des certitudes opposées et des extrémismes, l'agnosticisme demeure du moins ce qu'il fut chez Huxley : moins une doctrine qu'une méthode, invitant à une posture d'humilité qui pourrait bien être, à long terme, une des bases d'une sagesse commune et d'un vivre-ensemble éclairé ; mais la valeur d'une méthode se mesure, comme toujours en philosophie, à l'examen. == Notes et références == {{Références|colonnes=2}} == Bibliographie == === Sources antiques === ==== Philosophie grecque ==== * Platon, ''Œuvres complètes'', trad. Léon Robin, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1950. ** ''Apologie de Socrate'' (pour le non-savoir socratique, que la tradition rapprochera de la « docta ignorantia » de Nicolas de Cues) ** ''République'', livres VI-VII (pour l'allégorie de la caverne et les limites de la connaissance) * Sextus Empiricus, ''Esquisses pyrrhoniennes'', trad. Pierre Pellegrin, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1997. ** Exposition systématique du scepticisme pyrrhonien et de la suspension du jugement (''épochè'') * Diogène Laërce, ''Vies et doctrines des philosophes illustres'', trad. sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé, Paris, Le Livre de Poche, coll. « La Pochothèque », 1999. ** Livre IX (sur Pyrrhon et les sceptiques) * Cicéron, ''De natura deorum'' (''La nature des dieux''), trad. Clara Auvray-Assayas, Paris, Les Belles Lettres, 2002. ** Discussion des arguments pour et contre l'existence des dieux ==== Fragments présocratiques ==== * Diels, Hermann & Kranz, Walther (éd.), ''Die Fragmente der Vorsokratiker'', 3 vol., Berlin, Weidmann, 1951-1952. ** Fragment de Protagoras sur l'incertitude concernant les dieux * Dumont, Jean-Paul (éd.), ''Les Présocratiques'', Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1988. ** Édition française avec fragments et témoignages === Philosophie moderne === ==== David Hume ==== * Hume, David, ''Enquête sur l'entendement humain'' [1748], trad. André Leroy, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1983. ** Section X : « Des miracles » ; Section XI : « D'une providence particulière et d'un état futur » * Hume, David, ''Dialogues sur la religion naturelle'' [1779], trad. Michel Malherbe, Paris, Vrin, 1997. ** Critique systématique des arguments théistes, notamment l'argument du dessein * Hume, David, ''Histoire naturelle de la religion'' [1757], trad. Michel Malherbe, Paris, Vrin, 1980. ** Explication naturaliste de l'origine des croyances religieuses ==== Emmanuel Kant ==== * Kant, Emmanuel, ''Critique de la raison pure'' [1781/1787], trad. Alain Renaut, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2006. ** « Dialectique transcendantale », livre II, chapitre III : « L'idéal de la raison pure » (critique des preuves de l'existence de Dieu) ** « Analytique transcendantale » : distinction phénomènes/noumènes * Kant, Emmanuel, ''Critique de la raison pratique'' [1788], trad. François Picavet, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2012. ** Les postulats de la raison pratique (immortalité de l'âme, existence de Dieu) * Kant, Emmanuel, ''Prolégomènes à toute métaphysique future qui pourra se présenter comme science'' [1783], trad. Louis Guillermit, Paris, Vrin, 1986. === Fondateurs de l'agnosticisme === ==== Henry Longueville Mansel ==== * Mansel, Henry Longueville, ''The Limits of Religious Thought'' (Bampton Lectures), Londres, John Murray, 1858. ** Les conférences d'Oxford qui enthousiasmèrent Huxley ==== Thomas Henry Huxley ==== * Huxley, Thomas Henry, ''Collected Essays'', 9 vol., Londres, Macmillan, 1893-1894. ** Vol. V : ''Science and Christian Tradition'' (contient « Agnosticism » et « Agnosticism and Christianity ») ** Vol. I : ''Method and Results'' (contient « On the Physical Basis of Life ») * Huxley, Thomas Henry, « Agnosticism » [1889], dans ''The Nineteenth Century'', vol. 25, 1889, p. 169-194. ** Récit rétrospectif de l'invention du mot (1869) et défense de la méthode agnostique * Huxley, Thomas Henry, « Agnosticism : A Rejoinder » [1889], dans ''The Nineteenth Century'', vol. 25, 1889, p. 481-503. ==== Herbert Spencer ==== * Spencer, Herbert, ''First Principles'' [1862], Londres, Williams & Norgate, 6e éd., 1900. ** Développement de la doctrine de l'« Inconnaissable » ==== Leslie Stephen ==== * Stephen, Leslie, ''An Agnostic's Apology and Other Essays'', Londres, Smith, Elder & Co., 1893. ** Recueil dont l'essai-titre parut dans la ''Fortnightly Review'' en juin 1876 === Philosophie analytique et épistémologie === ==== Bertrand Russell ==== * Russell, Bertrand, « Is There a God? » [1952], dans ''The Collected Papers of Bertrand Russell'', vol. 11, Londres, Routledge, 1997, p. 542-548. ** Article contenant l'analogie de la théière céleste * Russell, Bertrand, ''Dear Bertrand Russell. A Selection of his Correspondence with the General Public, 1950-1968'', éd. Barry Feinberg & Ronald Kasrils, Londres, George Allen & Unwin, 1969. ** Contient la lettre de 1958 sur la théière et l'athéisme pratique * Russell, Bertrand, ''Pourquoi je ne suis pas chrétien'' [''Why I Am Not a Christian'', 1927], trad. Guy Le Clec'h, Paris, 10/18, 2011. ** Recueil d'essais critiquant les arguments religieux * Russell, Bertrand, « Am I an Atheist or an Agnostic? A Plea for Tolerance in the Face of New Dogmas » [1947], dans ''Bertrand Russell on God and Religion'', éd. Al Seckel, New York, Prometheus Books, 1986. * Russell, Bertrand, ''Histoire de mes idées philosophiques'' [''My Philosophical Development'', 1959], trad. Georges Auclair, Paris, Gallimard, 1961. ==== William Kingdon Clifford ==== * Clifford, William Kingdon, « The Ethics of Belief » [1877], dans ''Lectures and Essays'', éd. Leslie Stephen & Frederick Pollock, Londres, Macmillan, 1879, vol. 2, p. 163-205. ** Texte fondateur de l'évidentialisme et de l'éthique de la croyance * Clifford, William Kingdon, « The Ethics of Religion » [1877], dans ''Lectures and Essays'', vol. 2, p. 206-231. ==== William James ==== * James, William, « La volonté de croire » [« The Will to Believe », 1896], dans ''La volonté de croire'', trad. Loÿs Moulin, Paris, Flammarion, 1916 ; rééd. Les Empêcheurs de penser en rond, 2005. ** Réponse à Clifford défendant le droit de croire sans preuves dans certaines circonstances * James, William, ''Les variétés de l'expérience religieuse'' [''The Varieties of Religious Experience'', 1902], trad. Frank Abauzit, Paris, Alcan, 1906 ; rééd. Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2007. === Théologie et mystique === ==== Théologie apophatique ==== * Pseudo-Denys l'Aréopagite, ''Œuvres complètes'', trad. Maurice de Gandillac, Paris, Aubier, 1943. ** ''La théologie mystique'' (théologie négative chrétienne) * Grégoire de Nysse, ''La vie de Moïse'', trad. Jean Daniélou, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 1, 1955. ** Théologie de l'obscurité divine et de l'inconnaissabilité de Dieu * Maître Eckhart, ''Sermons'', trad. Gwendoline Jarczyk & Pierre-Jean Labarrière, 3 vol., Paris, Albin Michel, 1998-2015. * Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', trad. A.-M. Roguet, Paris, Cerf, 1984-1986. ** Ia, q. 2-3 (sur la connaissance de Dieu et ses limites) ==== Philosophie religieuse ==== * Kierkegaard, Søren, ''Miettes philosophiques'' [''Philosophiske Smuler'', 1844], trad. Paul Petit, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1990. ** Le paradoxe absolu de la foi * Kierkegaard, Søren, ''Crainte et tremblement'' [''Frygt og Bæven'', 1843], trad. Charles Le Blanc, Paris, Payot & Rivages, 2000. ** La foi d'Abraham comme saut par-delà la raison * Schellenberg, John L., ''Divine Hiddenness and Human Reason'', Ithaca, Cornell University Press, 1993. ** Formulation de l'argument de la dissimulation divine * Schellenberg, John L., ''The Hiddenness Argument: Philosophy's New Challenge to Belief in God'', Oxford, Oxford University Press, 2015. ** Présentation accessible de l'argument et de l'« ultimisme » * Hick, John, ''An Interpretation of Religion: Human Responses to the Transcendent'', Londres, Macmillan, 1989. ** Le pluralisme religieux distinguant doctrines et réalité ultime * Gould, Stephen Jay, ''Rocks of Ages: Science and Religion in the Fullness of Life'', New York, Ballantine, 1999 ; trad. fr. ''Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! »'', Paris, Seuil, 2000. ** La doctrine des « magistères non recouvrants » (NOMA) * Pascal, Blaise, ''Pensées'' [1670], éd. Philippe Sellier, Paris, Classiques Garnier, 2010. ** Fragment 680 (édition Sellier) : le pari de Pascal === Philosophie contemporaine === ==== Karl Popper et falsificationnisme ==== * Popper, Karl, ''La logique de la découverte scientifique'' [''Logik der Forschung'', 1934], trad. Nicole Thyssen-Rutten & Philippe Devaux, Paris, Payot, 1973. ** Critère de falsifiabilité et démarcation science/métaphysique * Popper, Karl, ''Conjectures et réfutations'' [''Conjectures and Refutations'', 1963], trad. Michelle-Irène & Marc B. de Launay, Paris, Payot, 1985. ** Développement du faillibilisme ==== Empirisme logique ==== * Ayer, Alfred Jules, ''Langage, vérité et logique'' [''Language, Truth and Logic'', 1936], trad. J. Ohana, Paris, Flammarion, 1956. ** Exposé du principe de vérification et critique de la métaphysique * Carnap, Rudolf, « Le dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage » [« Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache », 1932], trad. dans ''Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits'', Paris, PUF, 1985. * Wittgenstein, Ludwig, ''Recherches philosophiques'' [''Philosophische Untersuchungen'', 1953], trad. Françoise Dastur et al., Paris, Gallimard, 2004. ** Théorie des jeux de langage ==== Nouvel athéisme ==== * Dawkins, Richard, ''Pour en finir avec Dieu'' [''The God Delusion'', 2006], trad. Marie-France Desjeux, Paris, Robert Laffont, 2008. ** Spectre de probabilité théiste ; critique de l'agnosticisme « conciliant » * Dennett, Daniel C., ''Breaking the Spell: Religion as a Natural Phenomenon'', New York, Viking, 2006. ** Approche naturaliste de la religion * Harris, Sam, ''The End of Faith: Religion, Terror, and the Future of Reason'', New York, W. W. Norton, 2004. * Hitchens, Christopher, ''Dieu n'est pas grand : Comment la religion empoisonne tout'' [''God Is Not Great'', 2007], trad. 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Christian Bouchindhomme & Frédéric Joly, Paris, Salvator, 2010. * Pew Research Center, « The Global Religious Landscape », décembre 2012 (rapport sur les « nones »). === Encyclopédies et dictionnaires spécialisés === * Bullivant, Stephen & Ruse, Michael (éd.), ''The Oxford Handbook of Atheism'', Oxford, Oxford University Press, 2013. * Meister, Chad & Copan, Paul (éd.), ''The Routledge Companion to Philosophy of Religion'', 2e éd., Londres, Routledge, 2012. * Craig, Edward (éd.), ''Routledge Encyclopedia of Philosophy'', 10 vol., Londres, Routledge, 1998. ** Article « Agnosticism » * Zalta, Edward N. 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''' Partial Pivoting ''' : * [[Mathc_complexes/a35| Variables libres]](PP) : : '''Application dans ℝ''' : * [[Mathc complexes/05h| Équation chimique]](PP) : : ''' Applications mathématiques ''' : * [[Mathc_complexes/a220| Trouver une base pour ...]](PP) : * [[Mathc_complexes/c233| Matrices de changement de base]] : * [[Mathc complexes/03p| Matrice d'une application linéaire]] : * [[Mathc complexes/a245| Projection sur un sous-espace vectoriel]] *. *. |- | ''' Produit scalaire ''' [https://youtube.com/playlist?list=PLi6peGpf8EPMnU50SHdNTVMVm0C32g5ZX '''Playlist'''] : * [[Mathc_complexes/a19| Produit scalaire]] : * [[Mathc_complexes/a258| Propriétés ]] : * [[Mathc complexes/08m| Calculer les vecteurs orthogonaux ]] : : ''' Orthogonalisation ''' : * [[Mathc complexes/a330|Matrices orthonormales]] : * [[Mathc_complexes/c244| Bases orthonormales]] : : ''' La QR Décompositions ''' : * [[Mathc complexes/a297| QR décomposition]](QR) ''' Application dans ℝ ''' : * [[Mathc complexes/a326| Analyse d'un '''réseau''']](QR) : * [[Mathc complexes/a64| Analyse d'un circuit '''électrique''']](QR) : : ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * [[Mathc complexes/a21| L'équation d'un '''polynôme''']](QR) : * [[Mathc complexes/a26| L'équation d'un '''conique''']](QR) : * [[Mathc complexes/a18| L'équation d'un '''cercle''']](QR) * . * . * . * . * . * . * . : : || ''' Vecteurs propres ''' * Matrices symétriques conjuguées : * [[Mathc_complexes/a20| Vecteurs propres ]](eigs) : * [[Mathc complexes/a296| Quelques propriétés]](eigs) : * [[Mathc complexes/02b| Valeurs propres multiples]] : * '''Non''' symétriques conjuguées * [[Mathc complexes/009| Vecteurs propres.]](eigs) : * [[Mathc complexes/a303| Quelques propriétés]](eigs) : : '''Étude du code ''' : * [[Mathc complexes/02c| eigs_mZ(A,EigsValue);]] : : ''' Applications en mathématique ''' : * Matrices symétriques conjuguées * [[Mathc_complexes/a115| Fonctions matricielles]](eigs) : * [[Mathc complexes/a9c| La décomposition 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''' : * [[Mathc complexes/02y| Pinv = '''A_T inv(AA_T)''']] : * [[Mathc complexes/02x| Pinv = U invX '''V_T''']](X) *. *. *. *. *. *. *. *. *. || ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * Avec : Pinv = '''inv(A_TA) A_T''' : * [[Mathc complexes/084| L'équation d'un '''polynôme''']](A) : * [[Mathc complexes/085| L'équation d'un '''conique''']](A) : * [[Mathc complexes/086| L'équation d'un '''cercle''']](A) : ''' Application dans ℝ ''' : * Avec : Pinv = V invX U_T : * [[Mathc complexes/07z| Analyse d'un '''réseau''']](X) : * [[Mathc complexes/080| Analyse d'un circuit '''électrique''']](X) : : ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * Avec : Pinv = V invX U_T : * [[Mathc complexes/081| L'équation d'un '''polynôme''']](X) : * [[Mathc complexes/082| L'équation d'un '''conique''']](X) : * [[Mathc complexes/083| L'équation d'un '''cercle''']](X) : : : |- | ''' Matrices réelles dans ℝ''' : * Symétriques dans ℝ * [[Mathc_complexes/a169| '''Fonctions matricielles''']](ℝ) : || * . * Non 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''' Partial Pivoting ''' : * [[Mathc_complexes/a35| Variables libres]](PP) : : '''Application dans ℝ''' : * [[Mathc complexes/05h| Équation chimique]](PP) : : ''' Applications mathématiques ''' : * [[Mathc_complexes/a220| Trouver une base pour ...]](PP) : * [[Mathc_complexes/c233| Matrices de changement de base]] : * [[Mathc complexes/03p| Matrice d'une application linéaire]] : * [[Mathc complexes/a245| Projection sur un sous-espace vectoriel]] *. *. |- | ''' Produit scalaire ''' [https://youtube.com/playlist?list=PLi6peGpf8EPMnU50SHdNTVMVm0C32g5ZX '''Playlist'''] : * [[Mathc_complexes/a19| Produit scalaire]] : * [[Mathc_complexes/a258| Propriétés ]] : * [[Mathc complexes/08m| Calculer les vecteurs orthogonaux ]] : : ''' Orthogonalisation ''' : * [[Mathc complexes/a330|Matrices orthonormales]] : * [[Mathc_complexes/c244| Bases orthonormales]] : : ''' La QR Décompositions ''' : * [[Mathc complexes/a297| QR décomposition]](QR) ''' Application dans ℝ ''' : * [[Mathc complexes/a326| Analyse d'un '''réseau''']](QR) : * [[Mathc complexes/a64| Analyse d'un circuit '''électrique''']](QR) : : ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * [[Mathc complexes/a21| L'équation d'un '''polynôme''']](QR) : * [[Mathc complexes/a26| L'équation d'un '''conique''']](QR) : * [[Mathc complexes/a18| L'équation d'un '''cercle''']](QR) * . * . * . * . * . * . * . : : || ''' Vecteurs propres ''' * Matrices symétriques conjuguées : * [[Mathc_complexes/a20| Vecteurs propres ]](eigs) : * [[Mathc complexes/a296| Quelques propriétés]](eigs) : * [[Mathc complexes/02b| Valeurs propres multiples]] : * '''Non''' symétriques conjuguées * [[Mathc complexes/009| Vecteurs propres.]](eigs) : * [[Mathc complexes/a303| Quelques propriétés]](eigs) : : '''Étude du code ''' : * [[Mathc complexes/02c| eigs_mZ(A,EigsValue);]] : : ''' Applications en mathématique ''' : * Matrices symétriques conjuguées * [[Mathc_complexes/a115| Fonctions matricielles]](eigs) : * [[Mathc complexes/a9c| La décomposition spectral]] : * '''Non''' symétriques conjuguées * [[Mathc complexes/00g| Fonctions matricielles]](eigs) : : ''' Applications graphique dans ℝ''' * [[Mathc complexes/09h| Projection du plan(1) ]](eigs) * [[Mathc complexes/09i| Projection du plan(2) ]](eigs) : * [[Mathc complexes/090| Projection de l'espace(1)]](eigs) * [[Mathc complexes/091| Projection de l'espace(2)]](eigs) : * [[Mathc complexes/08q| Projection de l'hyperespace(1)]](eigs) * [[Mathc complexes/08r| Projection de l'hyperespace(2)]](eigs) : : |- | ''' La décomposition X ''' : * [[Mathc complexes/a329|Plus de lignes que de colonnes]](X) : * [[Mathc complexes/a1163|Plus de colonnes que de lignes]](X) : || : ''' Applications en mathématiques''' : * [[Mathc complexes/028|Fonctions matricielles]](X) *. : |- | ''' Pseudo inverses gauche''' : * [[Mathc complexes/046| Pinv = invR Q_T]] (QR) : * [[Mathc complexes/047| Pinv = '''inv(A_TA) A_T''']] : * [[Mathc complexes/048| Pinv = V invX '''U_T''']](X) : : ''' Pseudo inverse droit ''' : * [[Mathc complexes/02y| Pinv = '''A_T inv(AA_T)''']] : * [[Mathc complexes/02x| Pinv = U invX '''V_T''']](X) *. *. *. *. *. *. *. *. *. || ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * Avec : Pinv = '''inv(A_TA) A_T''' : * [[Mathc complexes/084| L'équation d'un '''polynôme''']](A) : * [[Mathc complexes/085| L'équation d'un '''conique''']](A) : * [[Mathc complexes/086| L'équation d'un '''cercle''']](A) : ''' Application dans ℝ ''' : * Avec : Pinv = V invX U_T : * [[Mathc complexes/07z| Analyse d'un '''réseau''']](X) : * [[Mathc complexes/080| Analyse d'un circuit '''électrique''']](X) : : ''' Applications en Géometrie dans ℝ''' : * Avec : Pinv = V invX U_T : * [[Mathc complexes/081| L'équation d'un '''polynôme''']](X) : * [[Mathc complexes/082| L'équation d'un '''conique''']](X) : * [[Mathc complexes/083| L'équation d'un '''cercle''']](X) : : : |- | ''' Matrices réelles dans ℝ''' : * Symétriques dans ℝ * [[Mathc_complexes/a169| '''Fonctions matricielles''']](ℝ) : || * . * Non symétriques dans ℝ * [[Mathc complexes/04d| '''Vecteurs propres''']](ℝ) |} : : : == '''La bibliothèque''' == : {{Partie{{{type|}}}|[[Mathc complexes/a29| '''La bibliothèque.''']]}} ---- {{Lien modifier|Mathc complexes/Sommaire|modifier le sommaire}} {{AutoCat}} 0tbx46mlis6gcogxe9x7qzkpha297cl Mathc complexes/01n 0 81738 769507 728556 2026-07-14T11:26:06Z Xhungab 23827 769507 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/a05| '''Bibliothèque''']] : Installer ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|wrhm.h|largeur=70%|info=|icon=Crystal Clear mimetype source h.png}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : wrhm.h */ /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ double **r_Q_mZ( double **Q, int n ) { double **T = r_mZ( i_mZ(csize_Z(Q), rsize_Z(Q)),n); orth_mZ(T,Q); Normalize_mZ(Q); f_mZ(T); return(Q); } /* ------------------------------------ */ double **r_q_mZ( double **Q, int n ) { double **T = r_mZ( i_mZ(csize_Z(Q), rsize_Z(Q)),n); orth_mZ(T,Q); f_mZ(T); return(Q); } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ double **r_hermitian_mZ( double **A, int n ) { int r = rsize_Z(A); int c = csize_Z(A); double **B = r_mZ(i_mZ(r,c),n); double **B_T = ctranspose_mZ(B,i_mZ(c,r)); add_mZ(B,B_T, A); f_mZ(B); f_mZ(B_T); return(A); } /* ------------------------------------ */ double **r_skew_hermitian_mZ( double **A, int n) { int r = rsize_Z(A); double **B = r_mZ( i_mZ(r,r), 9); double **BT = ctranspose_mZ(B, i_mZ(r,r)); sub_mZ(B,BT,A); f_mZ(B); f_mZ(BT); return(A); } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ double **rdefinite_positive_mZ( double **A, int n ) { int r = rsize_Z(A); int c = csize_Z(A); double **B = r_mZ(i_mZ(r,c),n); double **B_ct = ctranspose_mZ(B,i_mZ(c,r)); mul_mZ(B,B_ct, A); f_mZ(B); f_mZ(B_ct); return(A); } /* ------------------------------------ */ double **rdefinite_negative_mZ( double **A, int n ) { int r = rsize_Z(A); double **Q = r_Q_mZ( i_mZ(r,r),n); double **QT = ctranspose_mZ(Q, i_mZ(r,r)); double **D = erase_i_mZ(rpdiag_mZ( i_mZ(r,r),n)); double **sD = smul_mZ(-1,D, i_mZ(r,r)); double **QsD = mul_mZ(Q,sD, i_mZ(r,r)); mul_mZ(QsD,QT,A); f_mZ(Q); f_mZ(QT); f_mZ(D); f_mZ(sD); f_mZ(QsD); return(A); } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ double **rdefpos_diag_mZ( double **D, double **A, int n ) { int r = rsize_Z(A); double **Q = r_Q_mZ( i_mZ(r,r),n); double **QT = ctranspose_mZ(Q, i_mZ(r,r)); double **QD = mul_mZ(Q,D, i_mZ(r,r)); mul_mZ(QD,QT,A); f_mZ(Q); f_mZ(QT); f_mZ(QD); return(A); } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> {{AutoCat}} 22v6p4mkixx0fikujvwic7h821pzgn8 Mathc complexes/01p 0 81741 769511 752129 2026-07-14T11:47:42Z Xhungab 23827 769511 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/01u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 #define RCA RC3 /* ------------------------------------ */ void fun(void) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(RCA,RCA),9); double **invA = invgj_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA)); double **V = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invV = invgj_mZ(V, i_mZ(RCA,RCA)); double **T = i_mZ(RCA,RCA); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" An hermitian-positive-definite matrix is ​​invertible.\n\n" " A: "); p_mZ(A, S5,P0, S4,P0, C3); printf(" invA :"); pE_mZ(invA, S10,P2, S10,P2, C3); stop(); clrscrn(); printf(" Copy/Paste into the octave windows \n\n\n"); p_Octave_mZ(A,"a",P0,P0); printf(" [V, E] = eigs (a,%d) \n\n\n",RCA); printf(" The eigenvalues ​​of an hermitian-positive-definite matrix" " are positive.\n\n" " EVal = invV * A * V"); mul_mZ(invV,A,T); mul_mZ(T,V,EVal); p_mZ(EVal, S12,P4, S8,P4, C3); f_mZ(A); f_mZ(invA); f_mZ(V); f_mZ(invV); f_mZ(T); f_mZ(EVal); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Elle est inversible. Ses valeurs propres sont positives.''' '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> An hermitian-positive-definite matrix is ​​invertible. A: +139 +0i +32 -33i +23 -26i +32 +33i +226 +0i -87 +41i +23 +26i -87 -41i +190 +0i invA : +9.04e-03 +0.00e+00i -2.46e-03 +2.04e-03i -1.78e-03 +2.70e-03i -2.46e-03 -2.04e-03i +6.77e-03 +0.00e+00i +3.67e-03 -1.55e-03i -1.78e-03 -2.70e-03i +3.67e-03 +1.55e-03i +7.86e-03 -7.99e-20i Press return to continue. Copy/Paste into the octave windows a=[ +139+0*i,+32-33*i,+23-26*i; +32+33*i,+226+0*i,-87+41*i; +23+26*i,-87-41*i,+190+0*i] [V, E] = eigs (a,3) The eigenvalues ​​of an hermitian-positive-definite matrix are positive. EVal = invV * A * V +307.7667 +0.0000i +0.0000 +0.0000i +0.0000 +0.0000i -0.0000 -0.0000i +179.9661 -0.0000i -0.0000 +0.0000i -0.0000 +0.0000i +0.0000 -0.0000i +67.2672 +0.0000i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} e4fiz585nxh9c1hicu4otq437tkgac4 Mathc complexes/01x 0 81748 769505 737834 2026-07-14T11:18:45Z Xhungab 23827 769505 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/01u| '''Application''']] : Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(r,r), 9); double **invA = inv_mZ(A, i_mZ(r,r)); double **EVal = eigs_mZ(invA, i_mZ(r,C1)); clrscrn(); printf(" A: "); p_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C4); printf(" invA "); pE_mZ(invA, S10,P2, S9,P2, C4); printf(" InvA : EVal are positives"); p_mZ(EVal, S10,P5, S9,P5, C4); f_mZ(A); f_mZ(invA); f_mZ(EVal); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(R3); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''La matrice inverse d'une matrice hermitienne définie positive est une matrice hermitienne définie positive. Ces valeurs propres sont positives.''' '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> A: +149 +0i +7 +2i +25 -57i +7 -2i +91 +0i -43 -47i +25 +57i -43 +47i +158 +0i invA +8.50e-03-1.67e-19i +4.10e-04+2.73e-03i -2.04e-03+3.93e-03i +4.10e-04-2.73e-03i +1.62e-02-8.75e-20i +5.33e-03+5.40e-03i -2.04e-03-3.93e-03i +5.33e-03-5.40e-03i +1.11e-02-2.19e-19i InvA : EVal are positives +0.02326 -0.00000i +0.00831 +0.00000i +0.00426 -0.00000i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} 70awjou2r1q2cqfhvei0msftn97kjpp Mathc complexes/01y 0 81749 769504 737835 2026-07-14T11:12:47Z Xhungab 23827 769504 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/01u| '''Application''']] : Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double s = rp_I(9); double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(r,r), 9); double **sA = smul_mZ(s,A, i_mZ(r,r)); double **EValue = eigs_mZ(sA, i_mZ(r,C1)); clrscrn(); printf(" A: "); p_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C4); printf(" %+.0f*A s > 0 ",s); p_mZ(sA, S6,P0, S4,P0, C4); printf(" %+.0f*A : EValue are positives",s); p_mZ(EValue, S11,P3, S8,P3, C4); f_mZ(A); f_mZ(sA); f_mZ(EValue); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(rp_I(R3)+R1); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Si A est une matrice hermitienne définie positive et si s est un réel strictement positif, alors s*A est est une matrice hermitienne définie positive. Les valeurs propres sont positives.''' '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> A: +44 +0i +27 -13i -34 +3i +27 +13i +41 +0i -35 -7i -34 -3i -35 +7i +199 +0i +3*A s > 0 +132 +0i +81 -39i -102 +9i +81 +39i +123 +0i -105 -21i -102 -9i -105 +21i +597 +0i +3*A : EValue are positives +647.873 +0.000i +167.084 +0.000i +37.044 -0.000i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} at2iuo6e51ogav9oiu9ve3p4g7p16i4 Mathc complexes/01z 0 81750 769508 737836 2026-07-14T11:39:12Z Xhungab 23827 769508 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/01u| '''Application''']] : Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(r,r), 9); double **SqrtA = i_mZ(r,r); double **invSqrtA = i_mZ(r,r); double **V = eigs_V_mZ(A, i_mZ(r,r),FACTOR_E); double **invV = invgj_mZ(V, i_mZ(r,r)); double **EVal = i_mZ(r,r); double **f_EVal = i_mZ(r,r); double **T1 = i_mZ(r,r); clrscrn(); printf(" A is an hermitian positive definie matrix\n" " only if its square root positive matrix is invertible.\n\n" " A :"); p_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C4); /* EVal : invV * A * V */ mul_mZ(invV,A,T1); mul_mZ(T1,V,EVal); printf(" sqrt(A) = V * sqrt(EVal) * invV"); f_eigs_mZ(sqrt,EVal,f_EVal); mul_mZ(V,f_EVal,T1); mul_mZ(T1,invV,SqrtA); pE_mZ(SqrtA, S10,P2, S10,P2, C4); printf(" inv(sqrt(A)):"); invgj_mZ(SqrtA,invSqrtA); pE_mZ(invSqrtA, S10,P2, S10,P2, C4); f_mZ(A); f_mZ(SqrtA); f_mZ(invSqrtA); f_mZ(V); f_mZ(invV); f_mZ(EVal); f_mZ(f_EVal); f_mZ(T1); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(R3); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Une matrice est une hermitienne définie positive matrice si et seulement si sa racine carrée positive est inversible.''' '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> A is an hermitian positive definie matrix only if its square root positive matrix is invertible. A : +116 +0i +43 -57i -47 -13i +43 +57i +127 +0i -42 +14i -47 +13i -42 -14i +108 +0i sqrt(A) = V * sqrt(EVal) * invV +9.79e+00 +1.14e-15i +1.95e+00 -3.07e+00i -2.38e+00 -1.10e+00i +1.95e+00 +3.07e+00i +1.04e+01 +0.00e+00i -2.02e+00 +1.16e+00i -2.38e+00 +1.10e+00i -2.02e+00 -1.16e+00i +9.78e+00 -4.78e-16i inv(sqrt(A)): +1.33e-01 -1.22e-17i -2.15e-02 +4.82e-02i +3.36e-02 +2.73e-02i -2.15e-02 -4.82e-02i +1.22e-01 +0.00e+00i +2.54e-02 -2.87e-02i +3.36e-02 -2.73e-02i +2.54e-02 +2.87e-02i +1.22e-01 +2.41e-17i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} mv5t6f1ogblpf440ocmgpew1mujc7cu 769509 769508 2026-07-14T11:39:46Z Xhungab 23827 769509 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/01u| '''Application''']] : Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as : c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(r,r), 9); double **SqrtA = i_mZ(r,r); double **invSqrtA = i_mZ(r,r); double **V = eigs_V_mZ(A, i_mZ(r,r),FACTOR_E); double **invV = invgj_mZ(V, i_mZ(r,r)); double **EVal = i_mZ(r,r); double **f_EVal = i_mZ(r,r); double **T1 = i_mZ(r,r); clrscrn(); printf(" A is an hermitian positive definie matrix\n" " only if its square root positive matrix is invertible.\n\n" " A :"); p_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C4); /* EVal : invV * A * V */ mul_mZ(invV,A,T1); mul_mZ(T1,V,EVal); printf(" sqrt(A) = V * sqrt(EVal) * invV"); f_eigs_mZ(sqrt,EVal,f_EVal); mul_mZ(V,f_EVal,T1); mul_mZ(T1,invV,SqrtA); pE_mZ(SqrtA, S10,P2, S10,P2, C4); printf(" inv(sqrt(A)):"); invgj_mZ(SqrtA,invSqrtA); pE_mZ(invSqrtA, S10,P2, S10,P2, C4); f_mZ(A); f_mZ(SqrtA); f_mZ(invSqrtA); f_mZ(V); f_mZ(invV); f_mZ(EVal); f_mZ(f_EVal); f_mZ(T1); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(R3); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Une matrice est une hermitienne définie positive matrice si et seulement si sa racine carrée positive est inversible.''' '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> A is an hermitian positive definie matrix only if its square root positive matrix is invertible. A : +116 +0i +43 -57i -47 -13i +43 +57i +127 +0i -42 +14i -47 +13i -42 -14i +108 +0i sqrt(A) = V * sqrt(EVal) * invV +9.79e+00 +1.14e-15i +1.95e+00 -3.07e+00i -2.38e+00 -1.10e+00i +1.95e+00 +3.07e+00i +1.04e+01 +0.00e+00i -2.02e+00 +1.16e+00i -2.38e+00 +1.10e+00i -2.02e+00 -1.16e+00i +9.78e+00 -4.78e-16i inv(sqrt(A)): +1.33e-01 -1.22e-17i -2.15e-02 +4.82e-02i +3.36e-02 +2.73e-02i -2.15e-02 -4.82e-02i +1.22e-01 +0.00e+00i +2.54e-02 -2.87e-02i +3.36e-02 -2.73e-02i +2.54e-02 +2.87e-02i +1.22e-01 +2.41e-17i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} 5n6bji64se30k3zzsl5qrxo5o2wklkb Mode d'emploi de la raison/Introduction 0 82079 769503 769476 2026-07-14T08:54:40Z Thierry Dugnolle 50384 /* Préliminaire : une théorie des essences */ 769503 wikitext text/x-wiki ''« - ... je veux bien mener cet examen avec toi, pour que nous recherchions ensemble ce que peut bien être la vertu.'' ''- Et de quelle façon chercheras-tu, Socrate, cette réalité dont tu ne sais absolument pas ce qu'elle est ? Laquelle des choses qu'en effet tu ignores, prendras-tu comme objet de ta recherche ? Et si même, au mieux, tu tombais dessus, comment saurais-tu qu'il s'agit de cette chose que tu ne connaissais pas ?'' ''- Je comprends de quoi tu parles, Ménon. Tu vois comme il est éristique, cet argument que tu débites, selon lequel il n'est possible à un homme de chercher ni ce qu'il connaît ni ce qu'il ne connaît pas ! En effet, ce qu'il connaît, il ne le chercherait pas, parce qu'il le connaît, et le connaissant, n'a aucun besoin d'une recherche ; et ce qu'il ne connaît pas, il ne le chercherait pas non plus, parce qu'il ne saurait même pas ce qu'il devrait chercher. »'' (Platon, Ménon, 80d-e, traduit par Monique Canto-Sperber) La raison est de bien penser et de bien agir, d'acquérir du savoir et d'en faire un bon usage. La raison prescrit que le savoir doit être réfléchi. Si on ne sait pas qu'on sait alors ce n'est pas un savoir rationnel. Pour être rationnel, il faut donc savoir observer le savoir. Pour chercher, il faut savoir ce qu'on cherche. Il faut savoir observer si on a trouvé ce qu'on cherche, sinon il est vain de le chercher. Pour chercher le savoir, il faut donc savoir observer le savoir. L'épistémologie est le savoir sur le savoir. Elle donne les lois de l'observation de tous les savoirs. On peut penser à des formes irrationnelles de savoir : le savoir animal, le savoir sans paroles et le savoir irréfléchi. L'épistémologie au sens large est le savoir rationnel sur tous les savoirs, qu'ils soient ou non rationnels. L'épistémologie au sens strict est le savoir rationnel sur le savoir rationnel. Ce livre est consacré à l'épistémologie au sens strict. Dans tout le texte, savoir veut toujours dire savoir rationnel. Un savoir est une vérité obtenue par un bon travail. Pour observer le savoir, il faut donc observer la vérité et le bien. On peut distinguer trois formes de vérité : la vérité logique, la vérité sur la Nature et la vérité éthique. Le premier chapitre de ce livre est consacré à la vérité logique, le suivant, à la vérité sur la Nature et la vérité éthique. Le troisième chapitre est consacré à l'épistémologie. Les vérités logiques, ou mathématiques, sont les vérités sur tout ce qui est logiquement possible. Être logiquement possible est être absolument possible. Rien ne peut être sans être logiquement possible. Les vérités logiques sont les plus générales. Les vérités sur la Nature sont les vérités sur la matière, la vie et l'esprit. Les vérités éthiques sont les vérités sur le bien et le mal. On connaît les biens et les maux avec des idéaux. Un idéal prescrit des biens et interdit des maux. Un idéal est comme un instrument d'observation du bien et du mal. L'épistémologie (au sens strict) est fondamentalement un savoir éthique, parce qu'elle définit un idéal du savoir rationnel. Cet idéal est comme un instrument d'observation de la raison. En donnant les lois de l'observation du savoir, l'épistémologie donne la capacité d'observer tous les savoirs. Or on acquiert un savoir en observant qu'il est un savoir. L'épistémologie donne donc la capacité d'acquérir tous les savoirs. Ce court traité est un mode d'emploi de la raison parce qu'il donne les principes les plus fondamentaux des sciences les plus fondamentales, à partir desquels on peut fonder tous les savoirs, et parce qu'il montre comment observer et acquérir tous les savoirs. == Préliminaire : une théorie des essences == Une essence est une propriété, une qualité, un concept, un attribut et un prédicat. Toutes ces expressions sont ici considérées comme synonymes. Une relation entre deux termes x et y est une propriété du couple (x,y). Par exemple, l'amour est une propriété de (x,y) si et seulement si x aime y. Il faut distinguer (x,y) de (y,x) parce que 'x aime y' est différent de 'y aime x'. x est essentiel pour y si et seulement si y ne peut pas être sans x. x est une propriété essentielle de y si et seulement si y ne peut pas être sans avoir la propriété x. L'essence d'un être est la conjonction de ses propriétés essentielles. L'essence d'un être est la conjonction des essences qui sont essentielles pour cet être. Une conjonction de propriétés est une propriété, donc l'essence d'un être est une essence. Il est essentiel pour une essence de pouvoir être attribuée. Même une essence qui n'est attribuée à rien, comme être un néant, parce que rien n'est un néant, peut être attribuée faussement à un être. Un prédicat est un énoncé qui contient des variables libres. Par exemple x et y sont les variables libres du prédicat 'x aime y'. Un prédicat est prédiqué, ou attribué, quand on remplace ses variables libres par des constantes. Un prédicat est une expression qui nomme un concept et peut être identifié au concept nommé. Quand on observe qu'un être a une propriété, on observe en même temps la présence de cet être et la présence de sa propriété. Les essences existent dans notre monde dès qu'elles sont vraies d'au moins un être de ce monde. Notre monde fait partie de leur monde. Leur monde est le monde de tout ce qui possible et notre monde en fait partie. x est une essence si et seulement si il existe un système de lois tel qu'une attribution de x est vraie si elle est une conséquence logique de ces lois. L'essence d'une essence, la propriété essentielle d'une essence, est de révéler la vérité quand elle est attribuée en respectant ses lois. S'il n'y avait pas de loi, il n'y aurait pas d'essence, parce que pour être une essence, il faut qu'il y ait des lois de son attribution. S'il n'y avait pas d'essence, il n'y aurait rien, parce que pour être, il faut avoir des propriétés. Donc s'il n'y avait pas de loi, il n'y aurait rien. Au commencement était la loi. Il faut distinguer la beauté et l'essence de la beauté. Elles sont toutes les deux des essences, mais elles sont différentes. La beauté est la propriété d'être beau. L'essence de la beauté est la propriété de révéler la vérité quand elle est attribuée en respectant les lois de la beauté. Ce sont deux propriétés différentes. Il est beau de révéler la vérité sur la beauté. C'est une loi de la beauté. Donc la beauté a la propriété d'être belle. La beauté elle-même est belle. Elle est une très belle essence. Elle est comme une déesse qui révèle la beauté de tout ce qui est beau. Un système le lois peut être insuffisant pour déterminer toutes les attributions vraies d'une essence. Dans ce cas l'essence dont on parle n'est pas complètement déterminée, parce que des essences peuvent différentes peuvent obéir aux mêmes lois. Une essence x est complètement déterminée par ses lois si et seulement si (une attribution de x est vraie si et seulement si elle est une conséquence logique de ces lois). Déterminer complètement une essence n'est pas nécessaire pour raisonner correctement sur elle. On n'a pas toujours besoin d'une telle précision. Être une propriété est une propriété. Être une essence est une essence, qu'on peut appeler l'essence, de même qu'on appelle la lâcheté la propriété d'être lâche. Quelle est l'essence de l'essence ? Quelle est la propriété essentielle de la propriété d'être une propriété ? L'essence de l'essence est la propriété de révéler la vérité quand elle est attribuée en respectant la loi fondamentale de l'essence. Plus précisément : x est la propriété d'être une essence si et seulement si pour tout y, (une attribution de x à y est vraie si et seulement si elle est une conséquence logique de la loi fondamentale de l'essence : y est une essence si et seulement si il existe un système de lois tel qu'une attribution de y est vraie si elle est une conséquence logique de ces lois.) La propriété d'être une essence est une essence complètement déterminée par la loi fondamentale de l'essence. Cela suffit pour déterminer complètement la propriété essentielle de la propriété d'être une essence, donc l'essence de l'essence. Pour faire un bon travail de recherche de la vérité, il faut connaître les lois de l'attribution des concepts, sinon nous parlons à tort et à travers, et nous ne savons jamais si ce que nous disons est vrai. La connaissance des lois de l'attribution des concepts est donc essentielle pour acquérir du savoir. Ce court traité énonce les lois les plus fondamentales de l'attribution des concepts les plus fondamentaux. Ces lois sont la source éternellement jaillissante de tous les savoirs, de toutes les vérités autant que nous pouvons les trouver par un bon travail. Si vous buvez à cette eau, vous saurez toujours comment étancher votre soif de savoir. {{AutoCat}} b5rrcxksllto2o3ynx8rd253lmhkd92 Dictionnaire de philosophie/Action 0 83017 769498 768145 2026-07-14T04:30:45Z PandaMystique 119061 769498 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Action|lecture=oui}} L{{'}}'''action''' constitue l'un des concepts les plus anciens et les plus disputés de la philosophie, au carrefour de l'éthique, de la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], de la philosophie de l'esprit et de la philosophie politique. Comprendre ce qu'est une action humaine, ce qui la distingue d'un simple mouvement ou d'un événement, comment elle se rapporte aux raisons, aux intentions et à la responsabilité [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]] : telles sont les interrogations qui ont animé la réflexion philosophique depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. == Définition et problématique générale == Au sens le plus élémentaire, une action est quelque chose qu'un agent fait, par opposition à ce qui lui arrive. Tous les mouvements d'un être humain ne constituent pas des actions au sens philosophique du terme : un spasme musculaire involontaire, un tremblement dû à la peur, ou les battements de notre cœur sont des événements qui se produisent en nous ou par nous, mais ne sont pas des actions que nous accomplissons<ref>G.E.M. Anscombe, ''Intention'', Oxford, Basil Blackwell, 1957</ref>. Toute la difficulté consiste à déterminer ce qui transforme un événement impliquant une personne en quelque chose qu'elle fait. Une définition souvent proposée caractérise l'action comme l'exercice de la capacité d'un agent à produire intentionnellement des changements dans le monde<ref>Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980</ref>. Elle éclaire les cas centraux, mais se révèle vite trop étroite : calculer de tête, essayer d'ouvrir une porte sans y parvenir, s'abstenir de parler ou attendre volontairement sont des choses que nous faisons, sans produire pour autant de changement extérieur réussi. Jennifer Hornsby distingue en ce sens le fait, pour un agent, de mouvoir son corps, qui relève de ce qu'il fait, du mouvement qui se produit dans son corps, qui relève de ce qui arrive<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée</ref>. La philosophie de l'action s'attache donc à distinguer les actions des simples mouvements corporels ou des événements psychophysiques. L'intentionnalité, le lien aux raisons de l'agent et la relation à la responsabilité morale fournissent les repères principaux de cette distinction, sans la fermer : il existe des actions non intentionnelles, accomplies par mégarde, par habitude ou par négligence (celui qui casse un verre sans le vouloir l'a pourtant bien cassé), et toute action intentionnelle n'engage pas une responsabilité morale particulière. Cette distinction soulève plusieurs questions essentielles : qu'est-ce qui fait qu'un mouvement corporel devient une action ? Comment les états mentaux de l'agent ([[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyances]], [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]], intentions) se rapportent-ils à ses actions ? Les actions sont-elles causées par des raisons, ou existe-t-il un type d'explication spécifiquement distinct de l'explication [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|causale]] ? Quelle est la relation entre l'agentivité (''agency''), c'est-à-dire la capacité d'agir qui fait de quelqu'un un agent, la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] et la responsabilité morale ? == La conception aristotélicienne : praxis et poièsis == Les tragiques grecs, les sophistes, Socrate et Platon avaient déjà interrogé la décision, la faute et la maîtrise de soi ; c'est toutefois [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] qui livre la première analyse systématique conservée de l'action volontaire, du choix et de la délibération. Il établit notamment une distinction structurante entre ''praxis'' (πρᾶξις) et ''poièsis'' (ποίησις)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 4-5, 1140a1-1140b30</ref>. Cette distinction n'est pas simplement terminologique : elle révèle deux modalités hétérogènes de l'activité humaine. La ''praxis'', ou action au sens propre, est une activité dont la fin est immanente, c'est-à-dire qu'elle est accomplie pour elle-même et trouve sa perfection dans son propre exercice. L'exercice des vertus éthiques ou encore l'action politique au sens noble constituent des formes de ''praxis''. Aristote distingue en réalité trois ordres d'activité : connaître (''théôria''), agir (''praxis''), produire (''poièsis'') ; la contemplation demeure à ses yeux la forme de vie la plus haute, sans se confondre avec l'action. Tout au plus, dans un passage de ''La Politique'', élargit-il le sens de l'agir jusqu'à soutenir que les pensées dont la fin réside en elles-mêmes sont éminemment actives, parce qu'elles ne visent rien d'extérieur à elles<ref>Aristote, ''La Politique'', VII, 3, 1325b16-21</ref>. Selon la formule de l{{'}}''Éthique à Nicomaque'', « la pratique du bien [...] est elle-même une fin »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5, 1140b6-7, traduction de Jean-François Thurot, 1823 ([[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot/Livre 6|texte sur Wikisource]])</ref> : ce que les Grecs nomment ''eupraxia'', le bien-agir, ne débouche sur rien d'autre que lui-même, et ne se confond pas avec le [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]] (''eudaimonia''), qui désigne l'accomplissement d'une vie entière. La ''praxis'' se caractérise donc par le fait qu'elle ne vise pas la production d'une œuvre extérieure à l'agent, mais l'excellence même de l'action et la perfection de celui qui agit. À l'inverse, la ''poièsis'', ou production, est une activité orientée vers la création d'une œuvre distincte de l'action elle-même. Le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]] de l'artisan, la composition d'un poème, la construction d'une maison sont des exemples de ''poièsis''. Ici, la fin de l'activité réside dans un produit distinct de l'acte de produire, même si le savoir-faire et la qualité de l'exécution peuvent eux aussi être appréciés. La ''poièsis'' relève de la ''technè'' ([[Dictionnaire de philosophie/Art|art]], [[Manuel de terminale de philosophie/Technique|technique]]), tandis que la ''praxis'' authentique relève de la ''phronèsis'' (sagesse pratique) et s'inscrit dans le domaine de l'éthique<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 1-13</ref>. Cette distinction aristotélicienne a exercé une influence durable sur toute la tradition philosophique occidentale. Elle permet notamment de comprendre que toute action humaine ne se réduit pas à l'instrumentalité : certaines actions ont leur valeur en elles-mêmes, indépendamment de ce qu'elles produisent. Rétrospectivement, elle contraste avec les théories utilitaristes et conséquentialistes, élaborées bien plus tard, qui font des conséquences le critère principal de l'évaluation morale ; et elle a ouvert la voie à une éthique centrée sur la vertu et l'excellence du caractère. Pour Aristote, l'action volontaire (''hekousion'') se distingue de l'action involontaire par deux critères principaux : l'origine interne du principe moteur et la connaissance des circonstances particulières de l'action<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', III, 1, 1109b30-1111b3</ref>. Une action est volontaire lorsque son principe se trouve dans l'agent lui-même et que celui-ci connaît les circonstances particulières dans lesquelles il agit. Cette analyse fonde la possibilité de l'imputation morale : nous sommes responsables de nos actions volontaires parce que nous en sommes la source (''archè''). == Jalons historiques : volonté, autonomie, praxis == La philosophie médiévale hérite de l'analyse aristotélicienne et la systématise dans un cadre théologique. Thomas d'Aquin distingue les actes de l'homme (''actus hominis''), comme se gratter machinalement, des actes humains (''actus humanus''), qui procèdent d'une volonté délibérée et peuvent seuls être imputés<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, question 1, article 1</ref>. Son traité des actes humains examine la volonté, l'intention, le choix, le consentement, ainsi que les circonstances qui aggravent ou excusent<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17</ref> : une part du vocabulaire moderne de l'action et de la responsabilité s'y forge. L'âge classique déplace l'examen vers les mécanismes du vouloir. Hobbes décrit la délibération comme une alternance d'appétits et d'aversions dont la volonté n'est que le dernier maillon : agir volontairement, c'est agir selon ce dernier appétit, ce qui rend le volontaire compatible avec la nécessité causale<ref>Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), première partie, chapitre 6</ref>. Kant renverse la perspective : la valeur morale d'une action tient à ce qu'elle est accomplie par [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoir]], et non par simple conformité extérieure au devoir, moins encore par inclination ou en vue d'un résultat ; sa maxime, c'est-à-dire le principe subjectif que l'agent adopte, doit pouvoir être voulue comme loi universelle. La liberté se comprend alors comme autonomie, capacité de se donner à soi-même sa loi<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), première et deuxième sections, traduction de Victor Delbos, 1907 ([[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|texte sur Wikisource]])</ref>. Hegel introduit une distinction promise à un long avenir juridique entre le fait (''Tat''), l'acte considéré dans son extériorité accomplie, et l'action (''Handlung''), le même acte en tant qu'expression d'une volonté subjective, avec son dessein et son intention : c'est le droit de l'intention, qui rapporte l'imputation à ce que l'agent savait et voulait, sans exclure les conséquences immédiates que son acte enveloppait<ref>G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), §§ 115-128</ref>. [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx]] déplace ensuite le centre de gravité : les ''Thèses sur Feuerbach'' définissent la ''praxis'' comme activité humaine sensible et transformation du monde, et reprochent aux philosophes d'avoir seulement interprété celui-ci<ref>Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), thèses I et XI</ref>. L'action individuelle s'y trouve replacée dans l'ensemble des pratiques matérielles et des rapports sociaux par lesquels les êtres humains produisent et transforment leurs conditions d'existence, thème que développe ensuite ''L'Idéologie allemande''<ref>Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), première partie</ref>. Le XX{{e}}&nbsp;siècle continental prolonge ces lignes. Hannah Arendt distingue le travail, qui entretient la vie, l'œuvre, qui édifie un monde durable d'objets, et l'action, qui n'existe qu'entre les hommes : agir, c'est commencer quelque chose de neuf dans un espace de pluralité, avec des conséquences que nul ne maîtrise entièrement<ref>Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961, notamment le chapitre V</ref> ; cette tripartition offre un contrepoint moderne au couple aristotélicien de la ''praxis'' et de la ''poièsis''. La phénoménologie décrit de son côté une action toujours située : liberté en situation chez Sartre<ref>Jean-Paul Sartre, ''L'Être et le Néant'', Paris, Gallimard, 1943, quatrième partie</ref>, corps agissant comme « je peux » antérieur au « je pense » chez [[Dictionnaire de philosophie/Maurice Merleau-Ponty|Merleau-Ponty]]<ref>Maurice Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945, première partie</ref>. Paul Ricœur relie l'action au récit qui l'attribue à un agent et la rend intelligible dans le temps<ref>Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Éditions du Seuil, 1990</ref>, tandis que Jürgen Habermas oppose à l'agir stratégique, orienté vers le succès, un agir communicationnel orienté vers l'entente<ref>Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), traduction de Jean-Marc Ferry et Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987</ref>. == Qu'est-ce qu'une action ? Individualisation et actions de base == Avant de demander ce qui rend une action bonne ou libre, la philosophie contemporaine pose une question plus élémentaire : qu'est-ce au juste qu'une action, et comment compte-t-on les actions ? Considérons un exemple d'Anscombe sur lequel nous reviendrons : une personne contracte ses muscles, meut son bras, actionne une pompe, alimente une maison en eau. A-t-elle accompli quatre actions, ou une seule action décrite de quatre manières ? Donald Davidson défend la seconde réponse : l'action est un événement unique, que l'on peut placer sous plusieurs descriptions<ref>Donald Davidson, « Agency » (1971), repris dans ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980</ref>. Alvin Goldman soutient au contraire une individualisation fine : alimenter la maison n'est pas identique à mouvoir le bras, car ces actions n'ont ni les mêmes propriétés ni les mêmes conséquences<ref>Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'', Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970</ref>. À cette question s'ajoute celle des actions de base. Nous allumons la lumière en appuyant sur l'interrupteur, nous appuyons sur l'interrupteur en mouvant le doigt ; mais nous ne mouvons pas le doigt en faisant autre chose encore. Arthur Danto nomme actions de base celles qu'un agent accomplit sans les accomplir au moyen d'une autre action<ref>Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148</ref> : la régression des moyens s'arrête là. Reste à savoir ce que sont ces actions élémentaires : de simples mouvements corporels ? des essais (''tryings'') dont le mouvement du corps serait déjà l'effet, comme le soutient Hornsby<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée</ref> ? Le débat engage la place exacte du corps dans l'action. La classe des actions déborde enfin celle des mouvements réussis. Les actions mentales d'abord : calculer de tête, se remémorer un nom, fixer son attention sont des choses que nous faisons sans mouvoir notre corps. Les tentatives ensuite : essayer d'ouvrir une porte verrouillée est encore agir, quoique rien ne change au dehors. Les omissions et abstentions surtout : se taire, s'abstenir de voter, ne pas porter secours peuvent compter comme des conduites imputables, alors même que l'agent, précisément, ne fait rien. Toute théorie de l'action doit statuer sur ces cas limites, que la définition par la production intentionnelle de changements laisse dans l'ombre. == L'intentionnalité de l'action == La notion d'intentionnalité occupe une place centrale dans la philosophie contemporaine de l'action. Depuis les travaux pionniers d'Elizabeth Anscombe dans son ouvrage ''Intention'' (1957), les philosophes ont cherché à comprendre ce qui fait qu'une action est intentionnelle et comment l'intentionnalité se rapporte à l'explication de l'action<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée</ref>. Pour Anscombe, une action est intentionnelle sous une certaine description lorsqu'elle répond de manière appropriée à la question « Pourquoi ? » (''Why?''). Si nous levons le bras pour saluer quelqu'un, notre action de lever le bras est intentionnelle sous la description « saluer », mais peut ne pas l'être sous d'autres descriptions (par exemple, « effrayer un oiseau »). Cette sensibilité aux descriptions sous lesquelles une action est intentionnelle révèle un trait constitutif de l'intentionnalité : elle est toujours aspectuelle, c'est-à-dire qu'elle dépend de la manière dont l'agent conçoit son action<ref>G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233</ref>. Anscombe illustre cette aspectualité par un exemple demeuré célèbre : un homme actionne le bras d'une pompe pour alimenter une maison en eau, et cette eau a été empoisonnée. Le même mouvement peut alors être décrit comme une contraction de muscles, un pompage d'eau, un approvisionnement de la maison ou un empoisonnement de ses occupants, et l'action de cet homme est intentionnelle sous certaines de ces descriptions seulement, selon ce qu'il sait et ce qu'il vise<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 23-26</ref>. L'analyse anscombienne de l'intentionnalité met également en lumière le rôle de la connaissance pratique (''practical knowledge'') dans l'action. L'agent qui agit intentionnellement possède une forme spécifique de [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] de ce qu'il fait : non pas une connaissance observationnelle obtenue par la perception externe, mais une connaissance non-observationnelle qui est constitutive de l'action elle-même. Lorsque nous tournons la poignée pour ouvrir la porte, nous savons ce que nous faisons sans avoir besoin de nous observer en train de le faire. Cette connaissance pratique n'est pas un simple épiphénomène accompagnant l'action ; elle en est partie intégrante et contribue à déterminer ce qui compte comme une action réussie ou échouée. La thèse est forte, et discutée : les maladresses, les erreurs et les conséquences imprévues montrent qu'un agent peut savoir ce qu'il essaie de faire tout en se trompant sur ce qu'il accomplit effectivement. La connaissance pratique porte sur l'action sous sa description intentionnelle ; elle ne garantit pas la réussite de son exécution. La question de savoir ce qui rend une action intentionnelle a donné lieu à différentes théories. Certains philosophes, dans la lignée d'Anscombe, soutiennent que l'intentionnalité de l'action ne requiert pas nécessairement une intention préalable distincte de l'action elle-même. John Searle distingue pour sa part les intentions préalables (''prior intentions''), formées avant d'agir, et les intentions en action (''intentions-in-action''), qui habitent l'action pendant son déroulement même<ref>John Searle, ''L'Intentionalité. Essai de philosophie des états mentaux'', traduction de Claude Pichevin, Paris, Éditions de Minuit, 1985, chapitre 3</ref>. D'autres encore, comme Michael Bratman, soulignent le rôle crucial de la planification et de la structure temporelle de l'action : les intentions y apparaissent comme des éléments de plans qui coordonnent notre conduite dans la durée<ref>Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987</ref>. == Raisons et causes : le débat causaliste == L'une des controverses les plus vives de la philosophie contemporaine de l'action concerne la relation entre les raisons pour lesquelles un agent agit et les causes de son action. Cette question a été portée au premier plan par l'article célèbre de Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes » (1963), qui défend une théorie causaliste de l'explication par les raisons<ref>Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700</ref>. Selon Davidson, lorsque nous expliquons une action intentionnelle en citant les raisons de l'agent, nous fournissons en réalité une explication causale. Une raison primaire (''primary reason'') d'agir consiste en la combinaison d'une attitude favorable, ce que Davidson nomme ''pro-attitude'' (un désir, une volonté, un principe), envers des actions d'un certain type et d'une croyance selon laquelle l'action accomplie est de ce type. Cette raison primaire rationalise l'action en la rendant intelligible, mais elle la cause également au sens où elle est l'événement mental qui produit causalement l'action en question. Par exemple, si nous ouvrons notre parapluie parce que nous désirons rester au sec et croyons que l'ouvrir nous permettra de rester au sec, alors ce désir et cette croyance constituent ensemble notre raison primaire d'agir. Cette raison primaire explique notre action en la rationalisant (elle montre pourquoi notre action avait du sens de notre point de vue), mais elle cause également notre action d'une manière appropriée<ref>Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', éd. citée</ref>. La théorie davidsonienne se heurte toutefois à plusieurs difficultés. La plus importante est le problème des chaînes causales déviantes (''deviant causal chains''), que Davidson expose lui-même dans une [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|expérience de pensée]] restée célèbre. Supposons qu'un grimpeur désire se libérer du poids et du danger de tenir un autre homme au bout d'une corde, et croie que lâcher la corde accomplira cela. Ce désir et cette croyance rendent le grimpeur si nerveux qu'il lâche involontairement la corde. Dans ce cas, le désir et la croyance du grimpeur causent bien le fait de lâcher la corde, mais pas de la manière appropriée : le geste n'est pas intentionnel. Le défi pour le causaliste est de spécifier quelle forme de causation est la forme appropriée pour l'action intentionnelle<ref>Donald Davidson, « Freedom to Act » (1973), repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 79</ref>. Face à la théorie causaliste, certains philosophes, souvent inspirés par Wittgenstein, défendent une conception anti-causaliste selon laquelle les raisons d'agir ne sont pas des causes au sens d'événements mentaux qui produisent causalement des mouvements corporels. Ces auteurs insistent sur l'usage des explications ordinaires de l'action et sur leur dépendance au contexte : justifier une action, indiquer son motif et décrire ses causes sont des opérations distinctes, et toute explication n'est pas causale ; la réponse adéquate dépend de ce que l'on cherche à comprendre. Citer les raisons d'un agent, c'est montrer comment son action lui paraissait sensée ou motivée de son point de vue, non la rattacher à un mécanisme causal ; cette intelligibilité ne vaut pas justification : la jalousie ou la vanité expliquent une conduite sans la rendre bonne<ref>Abraham I. Melden, ''Free Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1961</ref>. Ce débat croise, sans s'y réduire, la distinction méthodologique plus ancienne entre expliquer (''erklären'') les phénomènes naturels et comprendre (''verstehen'') les conduites humaines. Cette opposition entre causalistes et anti-causalistes a longtemps structuré le débat ; elle n'en épuise plus le champ. Se sont développées des théories causales amendées pour répondre aux chaînes déviantes, des conceptions téléologiques de l'explication, des théories de l'action comme processus en cours plutôt que comme événement ponctuel, des théories de la causalité par l'agent, et des approches qui décrivent l'action comme l'actualisation de capacités rationnelles. Ce paysage révèle des questions plus vastes concernant la nature de l'esprit, la relation entre raisons et causes, et la possibilité d'une science de l'action humaine qui respecterait la spécificité du domaine pratique sans renoncer à l'idée que les actions humaines s'inscrivent dans l'ordre causal naturel. == Action, liberté et responsabilité == La question de la relation entre l'action, la liberté et la responsabilité morale constitue l'un des problèmes les plus anciens et les plus persistants de la philosophie. Pour qu'un agent soit considéré comme moralement responsable de ses actions, il semble nécessaire qu'il ait agi librement. Mais qu'est-ce qu'agir librement ? Et cette liberté est-elle compatible avec l'idée que nos actions sont causalement déterminées par des facteurs antécédents (états cérébraux, désirs, croyances, histoire personnelle) ? Trois grandes positions se sont cristallisées dans ce débat. Le libertarisme (au sens métaphysique, à ne pas confondre avec le libertarisme politique) soutient que la liberté authentique requiert une forme d'indéterminisme : pour être libre, l'agent doit être la source ultime (''ultimate source'') de son action, ce qui implique que son choix ne soit pas entièrement déterminé par des facteurs antécédents. Cette conception s'appuie souvent sur l'idée d'une causalité par l'agent (''agent causation'') distincte de la causalité événementielle ordinaire<ref>Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976</ref>. Le [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|déterminisme]] dur (''hard determinism'') affirme au contraire que toutes nos actions sont causalement déterminées et que, par conséquent, la liberté au sens fort (la liberté de faire autrement dans des circonstances identiques) est une illusion. Dans cette perspective, la responsabilité morale telle que nous la concevons ordinairement serait elle aussi illusoire, ou du moins devrait être entièrement repensée. On invoque souvent Spinoza à l'appui de ce courant : « les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres », écrit-il, et cette opinion tient à cela seul qu'ils ont [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] de leurs actions tout en ignorant les causes qui les déterminent<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', II, proposition 35, scolie, traduction de Charles Appuhn, 1913 ([[s:Éthique (Appuhn, 1913)/Deuxième partie : De la nature et de l’origine de l’âme|texte sur Wikisource]]) ; voir aussi I, appendice</ref>. Sa position déborde pourtant ce classement. Spinoza nie le libre arbitre entendu comme pouvoir de commencer une série causale sans y être déterminé, mais il maintient la distinction entre agir et pâtir : nous agissons lorsque nous sommes cause adéquate de ce qui se produit, nous pâtissons lorsque nous n'en sommes que cause partielle<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', III, définitions 1 et 2</ref>. La liberté qu'il redéfinit comme le fait d'agir par la seule nécessité de sa nature<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', I, définition 7</ref> est une puissance d'agir que la connaissance des causes accroît ; elle ne coïncide exactement ni avec le déterminisme dur contemporain ni avec le compatibilisme courant. Le compatibilisme propose une voie médiane en soutenant que la liberté pertinente pour la responsabilité morale est compatible avec le déterminisme causal. Pour les compatibilistes, être libre ne signifie pas que nos actions soient indéterminées, mais plutôt qu'elles procèdent de nos propres désirs, valeurs et délibérations, sans contrainte externe. Un agent agit librement lorsqu'il fait ce qu'il veut faire, lorsque ses actions expriment son caractère et ses engagements, même si ces désirs et ce caractère sont eux-mêmes causalement déterminés<ref>Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20</ref>. David Hume développa une forme classique de compatibilisme : la liberté, soutient-il, s'oppose à la contrainte, non à la nécessité causale. Par liberté, explique-t-il, nous ne pouvons entendre qu'un pouvoir d'agir ou de ne pas agir conformément aux déterminations de la volonté<ref>David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'', section VIII, première partie, traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983</ref>. Tant qu'un agent agit selon sa propre volonté, il agit librement au sens pertinent pour la moralité, que cette volonté soit elle-même déterminée ou non. La formule appelle des précisions : une menace ne supprime pas nécessairement le caractère volontaire d'une action (céder à un chantage, c'est encore choisir), et l'absence de contrainte ne suffit peut-être pas à garantir le contrôle qu'exige la responsabilité. Cette question de la liberté se rattache directement à celle de la responsabilité morale. Pour qu'un agent soit tenu pour moralement responsable d'une action, plusieurs conditions sont classiquement avancées, que l'on regroupe sous deux chefs. La condition de contrôle exige que l'action soit intentionnelle ou du moins volontaire, que l'agent ait eu la capacité d'agir autrement ou de s'abstenir, que l'action procède de son caractère moral d'une manière appropriée, et qu'il dispose des capacités rationnelles, volitives et de maîtrise de soi nécessaires au contrôle de sa conduite (mener une délibération, résister à ses impulsions). La condition de connaissance exige qu'il comprenne ce qu'il fait et puisse en envisager les conséquences. Chacune de ces conditions est disputée. Harry Frankfurt a ainsi contesté, par des contre-exemples devenus classiques, que la possibilité de faire autrement soit nécessaire à la responsabilité<ref>Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839</ref> ; R. Jay Wallace fait quant à lui reposer la responsabilité non sur les possibilités alternatives, mais sur les compétences normatives de l'agent, c'est-à-dire sa capacité à saisir des raisons morales et à régler sa conduite sur elles<ref>R. Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994</ref>. La responsabilité ne se limite pas, du reste, aux actions accomplies : les omissions, la négligence et l'ignorance fautive engagent aussi l'agent. Une personne peut répondre d'un résultat qu'elle n'a ni voulu ni prévu, si elle avait l'obligation et la possibilité raisonnable de s'informer ou de prendre des précautions. Ces conditions de la responsabilité sont l'objet de débats intenses. Le problème du contrôle demeure particulièrement difficile : en quel sens devons-nous avoir le contrôle de nos actions pour en être responsables ? Et comment concilier l'exigence de contrôle avec le fait que nos actions semblent déterminées par des facteurs (biologiques, psychologiques, sociaux) qui échappent largement à notre contrôle ? == L'éthique de la vertu et l'action == L'éthique de la vertu, dont les racines remontent à Aristote et qui connaît un renouveau marqué depuis les travaux d'Anscombe, de Philippa Foot et d'Alasdair MacIntyre, propose une approche de l'action morale nettement distincte de celles qui dominent la philosophie morale moderne (utilitarisme et déontologie kantienne)<ref>G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19</ref>. Plutôt que de se concentrer sur les principes ou les règles que doivent suivre les actions moralement correctes, l'éthique de la vertu met l'accent sur le caractère de l'agent et sur les dispositions stables (vertus) qui le constituent. Selon Rosalind Hursthouse, une action est moralement correcte si, et seulement si, elle est « ce qu'un agent vertueux ferait de manière caractéristique dans les circonstances »<ref>Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 28 (nous traduisons)</ref> : le critère de la rectitude morale ne se formule plus d'abord comme une règle indépendante, mais par référence à un modèle de personne. L'opposition ne doit pourtant pas être durcie : de ce modèle dérivent des règles (agir honnêtement, ne pas agir cruellement), ancrées dans les vertus plutôt que dans un principe extérieur au caractère. Cette approche transforme notre compréhension de l'action morale de plusieurs manières. Premièrement, elle insiste sur le fait que les actions ne peuvent être correctement évaluées indépendamment du caractère dont elles procèdent. Une action peut extérieurement ressembler à un acte de [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]] ou de générosité sans réellement en être un si elle ne procède pas des dispositions vertueuses appropriées. Aristote distingue ainsi entre agir conformément à la vertu (faire ce que ferait une personne vertueuse) et agir à partir de la vertu (agir comme une personne vertueuse, avec les motivations et la sensibilité morale qui caractérisent la vertu)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 4, 1105a28-1105b18</ref>. Deuxièmement, l'éthique de la vertu accorde une place déterminante à la formation du caractère moral à travers l'habituation (''ethismos''). Les vertus ne sont pas des capacités innées, mais des dispositions stables (''hexeis''), des excellences acquises par la répétition d'actions conformes à la vertu<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 1, 1103a14-1103b25</ref>. Nous devenons [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justes]] en accomplissant des actes justes, courageux en accomplissant des actes courageux. Cette dimension éducative et développementale de l'éthique de la vertu contraste avec l'accent mis par d'autres théories éthiques sur l'application correcte de principes ou le calcul des conséquences dans des situations particulières. Troisièmement, l'éthique de la vertu souligne l'importance de la sagesse pratique (''phronèsis'') dans l'action morale. La ''phronèsis'' est la capacité à discerner, dans des situations concrètes et souvent complexes, ce qu'il convient de faire. Elle ne consiste pas simplement à appliquer mécaniquement des règles générales, mais à percevoir les traits moralement saillants d'une situation particulière et à répondre de manière appropriée. Cette capacité ne peut se réduire à une connaissance théorique ; elle requiert l'expérience, une sensibilité morale affinée, et une compréhension pratique que seule la vertu peut pleinement développer<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5-13</ref>. == L'action collective et l'agentivité partagée == Si la philosophie de l'action s'est longtemps concentrée sur l'action individuelle, les dernières décennies ont vu émerger un intérêt croissant pour l'action collective et l'agentivité partagée. Nous accomplissons quotidiennement des actions ensemble : jouer dans un orchestre symphonique, déplacer collectivement un meuble lourd, participer à une manifestation politique, ou simplement avoir une conversation. Se réduisent-elles à la somme des actions individuelles de leurs participants, ou requièrent-elles des notions collectives propres ? La question est précisément ce qui divise les conceptions individualistes, relationnelles et collectivistes de l'agentivité partagée<ref>Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989</ref>. Margaret Gilbert a développé le concept de « sujet pluriel » (''plural subject'') pour rendre compte de cette dimension collective de l'agentivité. Selon elle, lorsque plusieurs personnes accomplissent ensemble une action collective, elles forment un [[Dictionnaire de philosophie/Sujet|sujet]] pluriel caractérisé par un engagement conjoint (''joint commitment'') envers le but commun. Cet engagement conjoint crée des obligations particulières entre les participants : chacun doit non seulement faire sa part, mais est également en droit d'attendre des autres qu'ils fassent la leur<ref>Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006</ref>. Michael Bratman propose une analyse différente, fondée sur les intentions partagées (''shared intentions''). Pour lui, nous accomplissons ensemble une action lorsque nos intentions individuelles sont interconnectées d'une manière spécifique : chacun a l'intention que nous menions ensemble l'activité commune, les sous-plans par lesquels chacun compte y contribuer s'emboîtent sans conflit, chacun ajuste sa conduite à celle des autres et se tient prêt à les soutenir, et l'ensemble de ces conditions est de connaissance commune entre les participants<ref>Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014</ref>. Ces analyses de l'action collective soulèvent des questions que les théories de la responsabilité individuelle ne suffisent pas à régler. Qui est responsable des actions accomplies collectivement ? Les individus participants ? Le groupe en tant qu'entité distincte ? Comment attribuer la responsabilité lorsque chaque participant n'a accompli qu'une petite partie de l'action collective, mais que le résultat global est moralement significatif (pensons aux crimes collectifs, aux injustices structurelles, ou aux catastrophes écologiques) ? Ces questions sont d'une grande portée pratique dans notre monde contemporain, où tant d'actions moralement significatives, pour le meilleur et pour le pire, ont un caractère collectif prononcé<ref>Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984</ref>. == Action et structures sociales == La philosophie sociale et politique contemporaine a également exploré la relation complexe entre l'action individuelle et les structures sociales. Cette question se pose avec une acuité particulière dans les débats opposant l'individualisme méthodologique (qui cherche à expliquer les phénomènes sociaux en termes d'actions individuelles) et le holisme (qui accorde une réalité et un pouvoir causal aux structures sociales elles-mêmes). La tradition marxienne, qui pense l'action à partir du travail et des rapports de production, a donné à ce débat l'une de ses formes classiques. Les structures sociales (institutions, normes, pratiques, distributions de pouvoir et de ressources) façonnent puissamment les possibilités d'action des [[Dictionnaire de philosophie/Individu|individus]]. Elles déterminent quelles actions sont disponibles, lesquelles sont encouragées ou découragées, et comment les actions individuelles s'agrègent en résultats collectifs. En même temps, ces structures sont elles-mêmes le produit (souvent non intentionnel) d'actions humaines antérieures. Comprendre cette relation dialectique entre action et structure demeure un problème persistant de la théorie sociale<ref>Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984</ref>. Pierre Bourdieu a développé le concept d'habitus pour penser cette relation. L'habitus désigne un ensemble de dispositions durables, de schèmes de perception et d'action que les individus acquièrent à travers leur socialisation dans des conditions sociales particulières. Ces dispositions structurent les actions individuelles sans les déterminer entièrement, générant des pratiques raisonnables et conformes au sens commun sans requérir une délibération consciente constante. L'habitus rassemble, selon la formule de Bourdieu, des « structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes »<ref>Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980, p. 88</ref> : structuré par les conditions sociales passées, il structure les actions présentes. En sociologisant la vieille notion aristotélicienne d{{'}}''hexis'', Bourdieu retrouve, sur un autre terrain, les analyses de l'habituation présentées plus haut : l'agent n'entre jamais dans l'action en délibérant à partir de rien, mais avec un corps déjà formé. Le concept a suscité une objection récurrente : s'il rend fort bien compte de la reproduction régulière des pratiques, il paraît moins bien expliquer la rupture, la réflexivité et la transformation délibérée des manières d'agir. Cette approche fait apparaître les limites d'une conception purement individualiste de l'action. Nos actions ne sont jamais accomplies dans un vide social ; elles sont toujours situées dans des contextes structurés qui les rendent possibles, leur donnent sens, et orientent leur cours. Reconnaître cette dimension sociale de l'action n'implique pas nécessairement nier la réalité de l'agentivité individuelle, mais invite à une conception plus fine et socialement informée de ce qu'est l'action humaine. Elle rouvre aussi, sous une autre forme, la question de la responsabilité : jusqu'où sommes-nous comptables d'actions qui procèdent de dispositions que nous n'avons pas choisies ? == Conclusion == La notion d'action demeure au cœur de la réflexion philosophique contemporaine. Loin d'être un concept simple et transparent, elle se ramifie, à mesure qu'on l'examine, en une famille de problèmes distincts. De la distinction aristotélicienne entre ''praxis'' et ''poièsis'' aux débats contemporains sur la nature de l'intentionnalité, de la causalité par les raisons, de la liberté et de la responsabilité morale, en passant par l'autonomie kantienne et la ''praxis'' marxienne, la philosophie de l'action continue d'alimenter des débats non résolus. Ces questions ne sont pas de simples curiosités théoriques. Elles touchent à la compréhension que nous avons de nous-mêmes comme agents responsables, capables de façonner nos vies et notre monde commun. Elles informent nos pratiques morales et juridiques d'attribution de la responsabilité, nos efforts éducatifs visant à former le caractère moral, et nos institutions sociales et politiques. Comprendre comment l'action s'insère dans l'ordre causal du monde tout en demeurant attribuable à un agent libre et responsable, comment elle est à la fois individuelle et sociale, intentionnelle et prise dans des structures : tel demeure le problème central pour penser notre condition d'êtres agissants dans le monde. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Textes classiques === * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', traduction, introduction et notes par Jules Tricot, Paris, Vrin, 1990 ; traduction de Jean-François Thurot (1823) disponible sur [[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot|Wikisource]]. * Aristote, ''La Politique'', traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1874) disponible sur [[s:La Politique|Wikisource]]. * G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), traduction de Jean-François Kervégan, Paris, Presses universitaires de France, 2003. * Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), traduction de François Tricaud, Paris, Sirey, 1971. * David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'' (1748), traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983. * Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), traduction de Victor Delbos (1907) disponible sur [[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|Wikisource]]. * Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), dans ''Philosophie'', édition établie par Maximilien Rubel, Paris, Gallimard, 1994. * Baruch Spinoza, ''Éthique'' (1677), traduction de Bernard Pautrat, Paris, Éditions du Seuil, 1988 ; traduction de Charles Appuhn (1913) disponible sur [[s:Éthique (Appuhn, 1913)|Wikisource]]. * Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17 (traité des actes humains). === Études === * G.E.M. Anscombe, ''Intention'', Oxford, Basil Blackwell, 1957. * G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19. * G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233. * Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961. * Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980. * Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987. * Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014. * Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976. * Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148. * Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700. * Donald Davidson, « Freedom to Act », dans Ted Honderich (dir.), ''Essays on Freedom of Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1973. * Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980. * Vincent Descombes, ''Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d'agir de soi-même'', Paris, Gallimard, 2004. * Philippa Foot, ''Virtues and Vices and Other Essays in Moral Philosophy'', Oxford, Basil Blackwell, 1978. * Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839. * Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20. * Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984. * Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989. * Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006. * Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984. * Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'', Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970. * Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), traduction de Jean-Marc Ferry et Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987, 2 volumes. * Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980. * Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999. * Alasdair MacIntyre, ''Après la vertu'' (1981), traduction de Laurent Bury, Paris, Presses universitaires de France, 1997. * Abraham I. Melden, ''Free Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1961. * Timothy O'Connor et Constantine Sandis (dir.), ''A Companion to the Philosophy of Action'', Oxford, Wiley-Blackwell, 2010. * Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Éditions du Seuil, 1990. * John Searle, ''L'Intentionalité. Essai de philosophie des états mentaux'' (1983), traduction de Claude Pichevin, Paris, Éditions de Minuit, 1985. * R. Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994. {{AutoCat}} dugddqzgq11va58pa4fdghyxhlucq7a 769499 769498 2026-07-14T04:37:10Z PandaMystique 119061 769499 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Action|lecture=oui}} L{{'}}'''action''' constitue l'un des concepts les plus anciens et les plus disputés de la philosophie, au carrefour de l'éthique, de la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], de la philosophie de l'esprit et de la philosophie politique. Comprendre ce qu'est une action humaine, ce qui la distingue d'un simple mouvement ou d'un événement, comment elle se rapporte aux raisons, aux intentions et à la responsabilité [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]] : telles sont les interrogations qui ont animé la réflexion philosophique depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. == Définition et problématique générale == Au sens le plus élémentaire, une action est quelque chose qu'un agent fait, par opposition à ce qui lui arrive. Tous les mouvements d'un être humain ne constituent pas des actions au sens philosophique du terme : un spasme musculaire involontaire, un tremblement dû à la peur, ou les battements de notre cœur sont des événements qui se produisent en nous ou par nous, mais ne sont pas des actions que nous accomplissons<ref>G.E.M. Anscombe, ''Intention'', Oxford, Basil Blackwell, 1957</ref>. Toute la difficulté consiste à déterminer ce qui transforme un événement impliquant une personne en quelque chose qu'elle fait. Une définition souvent proposée caractérise l'action comme l'exercice de la capacité d'un agent à produire intentionnellement des changements dans le monde<ref>Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980</ref>. Elle éclaire les cas centraux, mais se révèle vite trop étroite : calculer de tête, essayer d'ouvrir une porte sans y parvenir, s'abstenir de parler ou attendre volontairement sont des choses que nous faisons, sans produire pour autant de changement extérieur réussi. Jennifer Hornsby distingue en ce sens le fait, pour un agent, de mouvoir son corps, qui relève de ce qu'il fait, du mouvement qui se produit dans son corps, qui relève de ce qui arrive<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée</ref>. La philosophie de l'action s'attache donc à distinguer les actions des simples mouvements corporels ou des événements psychophysiques. L'intentionnalité, le lien aux raisons de l'agent et la relation à la responsabilité morale fournissent les repères principaux de cette distinction, sans la fermer : selon la manière dont on individualise les actions, on reconnaîtra des actions non intentionnelles, accomplies par mégarde ou par négligence, ou l'on dira qu'une même action est intentionnelle sous certaines descriptions et non sous d'autres (celui qui casse un verre en déplaçant le bras l'a bien cassé, sans l'avoir voulu). Les actions habituelles montrent en outre qu'une conduite peut être intentionnelle sans procéder d'une délibération explicite, et toute action intentionnelle n'engage pas une responsabilité morale particulière. Cette distinction soulève plusieurs questions essentielles : qu'est-ce qui fait qu'un mouvement corporel devient une action ? Comment les états mentaux de l'agent ([[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyances]], [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]], intentions) se rapportent-ils à ses actions ? Les actions sont-elles causées par des raisons, ou existe-t-il un type d'explication spécifiquement distinct de l'explication [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|causale]] ? Quelle est la relation entre l'agentivité (''agency''), c'est-à-dire la capacité d'agir qui fait de quelqu'un un agent, la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] et la responsabilité morale ? == La conception aristotélicienne : praxis et poièsis == Les tragiques grecs, les sophistes, Socrate et Platon avaient déjà interrogé la décision, la faute et la maîtrise de soi ; c'est toutefois [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] qui livre la première analyse systématique conservée de l'action volontaire, du choix et de la délibération. Il établit notamment une distinction structurante entre ''praxis'' (πρᾶξις) et ''poièsis'' (ποίησις)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 4-5, 1140a1-1140b30</ref>. Cette distinction n'est pas simplement terminologique : elle révèle deux modalités hétérogènes de l'activité humaine. La ''praxis'', ou action au sens propre, est une activité dont la fin est immanente, c'est-à-dire qu'elle est accomplie pour elle-même et trouve sa perfection dans son propre exercice. L'exercice des vertus éthiques ou encore l'action politique au sens noble constituent des formes de ''praxis''. Aristote distingue en réalité trois ordres d'activité : connaître (''théôria''), agir (''praxis''), produire (''poièsis'') ; la contemplation demeure à ses yeux la forme de vie la plus haute, sans se confondre avec l'action. Tout au plus, dans un passage de ''La Politique'', élargit-il le sens de l'agir jusqu'à soutenir que les pensées dont la fin réside en elles-mêmes sont éminemment actives, parce qu'elles ne visent rien d'extérieur à elles<ref>Aristote, ''La Politique'', VII, 3, 1325b16-21</ref>. Selon la formule de l{{'}}''Éthique à Nicomaque'', « la pratique du bien [...] est elle-même une fin »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5, 1140b6-7, traduction de Jean-François Thurot, 1823 ([[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot/Livre 6|texte sur Wikisource]])</ref> : ce que les Grecs nomment ''eupraxia'', le bien-agir, ne débouche sur rien d'autre que lui-même, et ne se confond pas avec le [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]] (''eudaimonia''), qui désigne l'accomplissement d'une vie entière. La ''praxis'' se caractérise donc par le fait qu'elle ne vise pas la production d'une œuvre extérieure à l'agent, mais l'excellence même de l'action et la perfection de celui qui agit. À l'inverse, la ''poièsis'', ou production, est une activité orientée vers la création d'une œuvre distincte de l'action elle-même. Le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]] de l'artisan, la composition d'un poème, la construction d'une maison sont des exemples de ''poièsis''. Ici, la fin de l'activité réside dans un produit distinct de l'acte de produire, même si le savoir-faire et la qualité de l'exécution peuvent eux aussi être appréciés. La ''poièsis'' relève de la ''technè'' ([[Dictionnaire de philosophie/Art|art]], [[Manuel de terminale de philosophie/Technique|technique]]), tandis que la ''praxis'' authentique relève de la ''phronèsis'' (sagesse pratique) et s'inscrit dans le domaine de l'éthique<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 1-13</ref>. Cette distinction aristotélicienne a exercé une influence durable sur toute la tradition philosophique occidentale. Elle permet notamment de comprendre que toute action humaine ne se réduit pas à l'instrumentalité : certaines actions ont leur valeur en elles-mêmes, indépendamment de ce qu'elles produisent. Rétrospectivement, elle contraste avec les théories utilitaristes et conséquentialistes, élaborées bien plus tard, qui font des conséquences le critère principal de l'évaluation morale ; et elle a ouvert la voie à une éthique centrée sur la vertu et l'excellence du caractère. Pour Aristote, l'action volontaire (''hekousion'') se distingue de l'action involontaire par deux critères principaux : l'origine interne du principe moteur et la connaissance des circonstances particulières de l'action<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', III, 1, 1109b30-1111b3</ref>. Une action est volontaire lorsque son principe se trouve dans l'agent lui-même et que celui-ci connaît les circonstances particulières dans lesquelles il agit. Cette analyse fonde la possibilité de l'imputation morale : nous sommes responsables de nos actions volontaires parce que nous en sommes la source (''archè''). == Jalons historiques : volonté, autonomie, praxis == La philosophie médiévale hérite de l'analyse aristotélicienne et la systématise dans un cadre théologique. Thomas d'Aquin distingue les actes de l'homme (''actus hominis''), comme les opérations végétatives ou les mouvements réflexes, des actes humains (''actus humanus''), qui procèdent de la volonté guidée par la raison, dont l'agent a la maîtrise, et qui peuvent seuls lui être imputés<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, question 1, article 1</ref>. Son traité des actes humains examine la volonté, l'intention, le choix, le consentement, ainsi que les circonstances qui aggravent ou excusent<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17</ref> : une part du vocabulaire moderne de l'action et de la responsabilité s'y forge. L'âge classique déplace l'examen vers les mécanismes du vouloir. Hobbes décrit la délibération comme une alternance d'appétits et d'aversions dont la volonté n'est que le dernier maillon : agir volontairement, c'est agir selon ce dernier appétit, ce qui rend le volontaire compatible avec la nécessité causale<ref>Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), première partie, chapitre 6</ref>. Kant renverse la perspective : la valeur morale d'une action tient à ce qu'elle est accomplie par [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoir]], et non par simple conformité extérieure au devoir, moins encore par inclination ou en vue d'un résultat ; sa maxime, c'est-à-dire le principe subjectif que l'agent adopte, doit pouvoir être voulue comme loi universelle. La liberté se comprend alors comme autonomie, capacité de se donner à soi-même sa loi<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), première et deuxième sections, traduction de Victor Delbos, 1907 ([[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|texte sur Wikisource]])</ref>. Hegel introduit une distinction promise à un long avenir juridique entre le fait (''Tat''), l'acte considéré dans son extériorité accomplie, et l'action (''Handlung''), le même acte en tant qu'expression d'une volonté subjective, avec son dessein et son intention : c'est le droit de l'intention, qui rapporte l'imputation à ce que l'agent savait et voulait, sans exclure les conséquences immédiates que son acte enveloppait<ref>G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), §§ 115-128</ref>. [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx]] déplace ensuite le centre de gravité : les ''Thèses sur Feuerbach'' définissent la ''praxis'' comme activité humaine sensible et transformation du monde, et reprochent aux philosophes d'avoir seulement interprété celui-ci<ref>Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), thèses I et XI</ref>. L'action individuelle s'y trouve replacée dans l'ensemble des pratiques matérielles et des rapports sociaux par lesquels les êtres humains produisent et transforment leurs conditions d'existence, thème que développe ensuite ''L'Idéologie allemande''<ref>Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), première partie</ref>. À la fin du XIX{{e}}&nbsp;siècle, Maurice Blondel fait de l'action elle-même le point de départ de la philosophie : sa thèse ''L'Action'' (1893) analyse l'écart persistant entre ce que la volonté vise, ce que l'acte accomplit et ce que l'agir exige, écart qui relance sans cesse l'action et révèle une aspiration qu'aucun résultat particulier ne comble<ref>Maurice Blondel, ''L'Action. Essai d'une critique de la vie et d'une science de la pratique'', Paris, Félix Alcan, 1893</ref>. Le XX{{e}}&nbsp;siècle continental prolonge ces lignes. Hannah Arendt distingue le travail, qui entretient la vie, l'œuvre, qui édifie un monde durable d'objets, et l'action, qui n'existe qu'entre les hommes : agir, c'est commencer quelque chose de neuf dans un espace de pluralité, avec des conséquences que nul ne maîtrise entièrement<ref>Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961, notamment le chapitre V</ref> ; cette tripartition offre un contrepoint moderne au couple aristotélicien de la ''praxis'' et de la ''poièsis''. La phénoménologie décrit de son côté une action toujours située : liberté en situation chez Sartre<ref>Jean-Paul Sartre, ''L'Être et le Néant'', Paris, Gallimard, 1943, quatrième partie</ref>, corps agissant comme « je peux » antérieur au « je pense » chez [[Dictionnaire de philosophie/Maurice Merleau-Ponty|Merleau-Ponty]]<ref>Maurice Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945, première partie</ref>. Paul Ricœur relie l'action au récit qui l'attribue à un agent et la rend intelligible dans le temps<ref>Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Éditions du Seuil, 1990</ref>, tandis que Jürgen Habermas oppose à l'agir stratégique, orienté vers le succès, un agir communicationnel orienté vers l'entente<ref>Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), traduction de Jean-Marc Ferry et Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987</ref>. == Qu'est-ce qu'une action ? Individualisation et actions de base == Avant de demander ce qui rend une action bonne ou libre, la philosophie contemporaine pose une question plus élémentaire : qu'est-ce au juste qu'une action, et comment compte-t-on les actions ? Considérons un exemple d'Anscombe sur lequel nous reviendrons : une personne contracte ses muscles, meut son bras, actionne une pompe, alimente une maison en eau. A-t-elle accompli quatre actions, ou une seule action décrite de quatre manières ? Donald Davidson défend la seconde réponse : l'action est un événement unique, que l'on peut placer sous plusieurs descriptions<ref>Donald Davidson, « Agency » (1971), repris dans ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980</ref>. Alvin Goldman soutient au contraire une individualisation fine : alimenter la maison n'est pas identique à mouvoir le bras, car ces actions n'ont ni les mêmes propriétés ni les mêmes conséquences<ref>Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'', Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970</ref>. À cette question s'ajoute celle des actions de base. Nous allumons la lumière en appuyant sur l'interrupteur, nous appuyons sur l'interrupteur en mouvant le doigt ; mais nous ne mouvons pas le doigt en faisant autre chose encore. Arthur Danto nomme actions de base celles qu'un agent accomplit sans les accomplir au moyen d'une autre action<ref>Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148</ref> : la régression des moyens s'arrête là. Reste à savoir ce que sont ces actions élémentaires : de simples mouvements corporels ? des essais (''tryings'') dont le mouvement du corps serait déjà l'effet, comme le soutient Hornsby<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée</ref> ? Le débat engage la place exacte du corps dans l'action. La classe des actions déborde enfin celle des mouvements réussis. Les actions mentales d'abord : calculer de tête, se remémorer un nom, fixer son attention sont des choses que nous faisons sans mouvoir notre corps. Les tentatives ensuite : essayer d'ouvrir une porte verrouillée est encore agir, quoique rien ne change au dehors. Les omissions et abstentions surtout : se taire, s'abstenir de voter, ne pas porter secours peuvent compter comme des conduites imputables, alors même que l'agent, précisément, ne fait rien. Toute théorie de l'action doit statuer sur ces cas limites, que la définition par la production intentionnelle de changements laisse dans l'ombre. == L'intentionnalité de l'action == La notion d'intentionnalité occupe une place centrale dans la philosophie contemporaine de l'action. Depuis les travaux pionniers d'Elizabeth Anscombe dans son ouvrage ''Intention'' (1957), les philosophes ont cherché à comprendre ce qui fait qu'une action est intentionnelle et comment l'intentionnalité se rapporte à l'explication de l'action<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée</ref>. Pour Anscombe, une action est intentionnelle sous une certaine description lorsqu'elle répond de manière appropriée à la question « Pourquoi ? » (''Why?''). Si nous levons le bras pour saluer quelqu'un, notre action de lever le bras est intentionnelle sous la description « saluer », mais peut ne pas l'être sous d'autres descriptions (par exemple, « effrayer un oiseau »). Cette sensibilité aux descriptions sous lesquelles une action est intentionnelle révèle un trait constitutif de l'intentionnalité : elle est toujours aspectuelle, c'est-à-dire qu'elle dépend de la manière dont l'agent conçoit son action<ref>G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233</ref>. Anscombe illustre cette aspectualité par un exemple demeuré célèbre : un homme actionne le bras d'une pompe pour alimenter une maison en eau, et cette eau a été empoisonnée. Le même mouvement peut alors être décrit comme une contraction de muscles, un pompage d'eau, un approvisionnement de la maison ou un empoisonnement de ses occupants, et l'action de cet homme est intentionnelle sous certaines de ces descriptions seulement, selon ce qu'il sait et ce qu'il vise<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 23-26</ref>. L'analyse anscombienne de l'intentionnalité met également en lumière le rôle de la connaissance pratique (''practical knowledge'') dans l'action. L'agent qui agit intentionnellement possède une forme spécifique de [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] de ce qu'il fait : non pas une connaissance observationnelle obtenue par la perception externe, mais une connaissance non-observationnelle qui est constitutive de l'action elle-même. Lorsque nous tournons la poignée pour ouvrir la porte, nous savons ce que nous faisons sans avoir besoin de nous observer en train de le faire. Cette connaissance pratique n'est pas un simple épiphénomène accompagnant l'action ; elle en est partie intégrante et contribue à déterminer ce qui compte comme une action réussie ou échouée. La thèse est forte, et discutée : les maladresses, les erreurs et les conséquences imprévues montrent qu'un agent peut savoir ce qu'il essaie de faire tout en se trompant sur ce qu'il accomplit effectivement. La connaissance pratique porte sur l'action sous sa description intentionnelle ; elle ne garantit pas la réussite de son exécution. La question de savoir ce qui rend une action intentionnelle a donné lieu à différentes théories. Certains philosophes, dans la lignée d'Anscombe, soutiennent que l'intentionnalité de l'action ne requiert pas nécessairement une intention préalable distincte de l'action elle-même. John Searle distingue pour sa part les intentions préalables (''prior intentions''), formées avant d'agir, et les intentions en action (''intentions-in-action''), qui habitent l'action pendant son déroulement même<ref>John Searle, ''L'Intentionalité. Essai de philosophie des états mentaux'', traduction de Claude Pichevin, Paris, Éditions de Minuit, 1985, chapitre 3</ref>. D'autres encore, comme Michael Bratman, soulignent le rôle crucial de la planification et de la structure temporelle de l'action : les intentions y apparaissent comme des éléments de plans qui coordonnent notre conduite dans la durée<ref>Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987</ref>. == Raisons et causes : le débat causaliste == L'une des controverses les plus vives de la philosophie contemporaine de l'action concerne la relation entre les raisons pour lesquelles un agent agit et les causes de son action. Cette question a été portée au premier plan par l'article célèbre de Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes » (1963), qui défend une théorie causaliste de l'explication par les raisons<ref>Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700</ref>. Selon Davidson, lorsque nous expliquons une action intentionnelle en citant les raisons de l'agent, nous fournissons en réalité une explication causale. Une raison primaire (''primary reason'') d'agir consiste en la combinaison d'une attitude favorable, ce que Davidson nomme ''pro-attitude'' (un désir, une volonté, un principe), envers des actions d'un certain type et d'une croyance selon laquelle l'action accomplie est de ce type. Cette raison primaire rationalise l'action en la rendant intelligible, mais elle en constitue également, selon Davidson, la cause mentale. Par exemple, si nous ouvrons notre parapluie parce que nous désirons rester au sec et croyons que l'ouvrir nous permettra de rester au sec, alors ce désir et cette croyance constituent ensemble notre raison primaire d'agir. Cette raison primaire explique notre action en la rationalisant (elle montre pourquoi notre action avait du sens de notre point de vue), mais elle cause également notre action d'une manière appropriée<ref>Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', éd. citée</ref>. La théorie davidsonienne se heurte toutefois à plusieurs difficultés. La plus importante est le problème des chaînes causales déviantes (''deviant causal chains''), que Davidson expose lui-même dans une [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|expérience de pensée]] restée célèbre. Supposons qu'un grimpeur désire se libérer du poids et du danger de tenir un autre homme au bout d'une corde, et croie que lâcher la corde accomplira cela. Ce désir et cette croyance rendent le grimpeur si nerveux qu'il lâche involontairement la corde. Dans ce cas, le désir et la croyance du grimpeur causent bien le fait de lâcher la corde, mais pas de la manière appropriée : le geste n'est pas intentionnel. Le défi pour le causaliste est de spécifier quelle forme de causation est la forme appropriée pour l'action intentionnelle<ref>Donald Davidson, « Freedom to Act » (1973), repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 79</ref>. Face à la théorie causaliste, certains philosophes, souvent inspirés par Wittgenstein, défendent une conception anti-causaliste selon laquelle les raisons d'agir ne sont pas des causes au sens d'événements mentaux qui produisent causalement des mouvements corporels. Ces auteurs insistent sur l'usage des explications ordinaires de l'action et sur leur dépendance au contexte : justifier une action, indiquer son motif et décrire ses causes sont des opérations distinctes, et toute explication n'est pas causale ; la réponse adéquate dépend de ce que l'on cherche à comprendre. Citer les raisons d'un agent, c'est montrer comment son action lui paraissait sensée ou motivée de son point de vue, non la rattacher à un mécanisme causal ; cette intelligibilité ne vaut pas justification : la jalousie ou la vanité expliquent une conduite sans la rendre bonne<ref>Abraham I. Melden, ''Free Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1961</ref>. Ce débat croise, sans s'y réduire, la distinction méthodologique plus ancienne entre expliquer (''erklären'') les phénomènes naturels et comprendre (''verstehen'') les conduites humaines. Cette opposition entre causalistes et anti-causalistes a longtemps structuré le débat ; elle n'en épuise plus le champ. Se sont développées des théories causales amendées pour répondre aux chaînes déviantes, des conceptions téléologiques de l'explication, des théories de l'action comme processus en cours plutôt que comme événement ponctuel, des théories de la causalité par l'agent, et des approches qui décrivent l'action comme l'actualisation de capacités rationnelles. Ce paysage révèle des questions plus vastes concernant la nature de l'esprit, la relation entre raisons et causes, et la possibilité d'une science de l'action humaine qui respecterait la spécificité du domaine pratique sans renoncer à l'idée que les actions humaines s'inscrivent dans l'ordre causal naturel. == Action, liberté et responsabilité == La question de la relation entre l'action, la liberté et la responsabilité morale constitue l'un des problèmes les plus anciens et les plus persistants de la philosophie. Pour qu'un agent soit considéré comme moralement responsable de ses actions, il semble nécessaire qu'il ait agi librement. Mais qu'est-ce qu'agir librement ? Et cette liberté est-elle compatible avec l'idée que nos actions sont causalement déterminées par des facteurs antécédents (états cérébraux, désirs, croyances, histoire personnelle) ? Trois grandes positions se sont cristallisées dans ce débat. Le libertarisme (au sens métaphysique, à ne pas confondre avec le libertarisme politique) soutient que la liberté authentique requiert une forme d'indéterminisme : pour être libre, l'agent doit être la source ultime (''ultimate source'') de son action, ce qui implique que son choix ne soit pas entièrement déterminé par des facteurs antécédents. Cette conception s'appuie souvent sur l'idée d'une causalité par l'agent (''agent causation'') distincte de la causalité événementielle ordinaire<ref>Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976</ref>. Le [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|déterminisme]] dur (''hard determinism'') affirme au contraire que toutes nos actions sont causalement déterminées et que, par conséquent, la liberté au sens fort (la liberté de faire autrement dans des circonstances identiques) est une illusion. Dans cette perspective, la responsabilité morale telle que nous la concevons ordinairement serait elle aussi illusoire, ou du moins devrait être entièrement repensée. On invoque souvent Spinoza à l'appui de ce courant : « les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres », écrit-il, et cette opinion tient à cela seul qu'ils ont [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] de leurs actions tout en ignorant les causes qui les déterminent<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', II, proposition 35, scolie, traduction de Charles Appuhn, 1913 ([[s:Éthique (Appuhn, 1913)/Deuxième partie : De la nature et de l’origine de l’âme|texte sur Wikisource]]) ; voir aussi I, appendice</ref>. Sa position déborde pourtant ce classement. Spinoza nie le libre arbitre entendu comme pouvoir de commencer une série causale sans y être déterminé, mais il maintient la distinction entre agir et pâtir : nous agissons lorsque nous sommes cause adéquate de ce qui se produit, nous pâtissons lorsque nous n'en sommes que cause partielle<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', III, définitions 1 et 2</ref>. La liberté qu'il redéfinit comme le fait d'agir par la seule nécessité de sa nature<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', I, définition 7</ref> est une puissance d'agir que la connaissance des causes accroît ; elle ne coïncide exactement ni avec le déterminisme dur contemporain ni avec le compatibilisme courant. Le compatibilisme propose une voie médiane en soutenant que la liberté pertinente pour la responsabilité morale est compatible avec le déterminisme causal. Pour les compatibilistes, être libre ne signifie pas que nos actions soient indéterminées, mais plutôt qu'elles procèdent de nos propres désirs, valeurs et délibérations, sans contrainte externe. Un agent agit librement lorsqu'il fait ce qu'il veut faire, lorsque ses actions expriment son caractère et ses engagements, même si ces désirs et ce caractère sont eux-mêmes causalement déterminés<ref>Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20</ref>. David Hume développa une forme classique de compatibilisme : la liberté, soutient-il, s'oppose à la contrainte, non à la nécessité causale. Par liberté, explique-t-il, nous ne pouvons entendre qu'un pouvoir d'agir ou de ne pas agir conformément aux déterminations de la volonté<ref>David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'', section VIII, première partie, traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983</ref>. Tant qu'un agent agit selon sa propre volonté, il agit librement au sens pertinent pour la moralité, que cette volonté soit elle-même déterminée ou non. La formule appelle des précisions : une menace ne supprime pas nécessairement le caractère volontaire d'une action (céder à un chantage, c'est encore choisir), et l'absence de contrainte ne suffit peut-être pas à garantir le contrôle qu'exige la responsabilité. Cette question de la liberté se rattache directement à celle de la responsabilité morale. Pour qu'un agent soit tenu pour moralement responsable d'une action, plusieurs conditions sont classiquement avancées, que l'on regroupe sous deux chefs. La condition de contrôle exige que l'action soit intentionnelle ou du moins volontaire ; selon les théories, elle se précise ensuite par la capacité d'agir autrement ou de s'abstenir, par le fait que l'action procède du caractère de l'agent d'une manière appropriée, par l'identification de l'agent à ses motifs, ou par la possession des capacités rationnelles, volitives et de maîtrise de soi qui permettent de gouverner sa conduite (mener une délibération, résister à ses impulsions). La condition de connaissance exige que l'agent comprenne ce qu'il fait et que les conséquences de son acte lui aient été raisonnablement prévisibles. Chacune de ces conditions est disputée. Harry Frankfurt a ainsi contesté, par des contre-exemples devenus classiques, que la possibilité de faire autrement soit nécessaire à la responsabilité<ref>Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839</ref> ; R. Jay Wallace fait quant à lui reposer la responsabilité non sur les possibilités alternatives, mais sur les compétences normatives de l'agent, c'est-à-dire sa capacité à saisir des raisons morales et à régler sa conduite sur elles<ref>R. Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994</ref>. La responsabilité ne se limite pas, du reste, aux actions accomplies : les omissions, la négligence et l'ignorance fautive engagent aussi l'agent. Une personne peut répondre d'un résultat qu'elle n'a ni voulu ni prévu, si elle avait l'obligation et la possibilité raisonnable de s'informer ou de prendre des précautions. Ces conditions de la responsabilité sont l'objet de débats intenses. Le problème du contrôle demeure particulièrement difficile : en quel sens devons-nous avoir le contrôle de nos actions pour en être responsables ? Et comment concilier l'exigence de contrôle avec le fait que nos actions semblent déterminées par des facteurs (biologiques, psychologiques, sociaux) qui échappent largement à notre contrôle ? == L'éthique de la vertu et l'action == L'éthique de la vertu, dont les racines remontent à Aristote et qui connaît un renouveau marqué depuis les travaux d'Anscombe, de Philippa Foot et d'Alasdair MacIntyre, propose une approche de l'action morale nettement distincte de celles qui dominent la philosophie morale moderne (utilitarisme et déontologie kantienne)<ref>G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19</ref>. Plutôt que de se concentrer sur les principes ou les règles que doivent suivre les actions moralement correctes, l'éthique de la vertu met l'accent sur le caractère de l'agent et sur les dispositions stables (vertus) qui le constituent. Selon Rosalind Hursthouse, une action est moralement correcte si, et seulement si, elle est « ce qu'un agent vertueux ferait de manière caractéristique dans les circonstances »<ref>Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 28 (nous traduisons)</ref> : le critère de la rectitude morale ne se formule plus d'abord comme une règle indépendante, mais par référence à un modèle de personne. L'opposition ne doit pourtant pas être durcie : de ce modèle dérivent des règles (agir honnêtement, ne pas agir cruellement), ancrées dans les vertus plutôt que dans un principe extérieur au caractère. Cette approche transforme notre compréhension de l'action morale de plusieurs manières. Premièrement, elle insiste sur le fait que les actions ne peuvent être correctement évaluées indépendamment du caractère dont elles procèdent. Une action peut extérieurement ressembler à un acte de [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]] ou de générosité sans réellement en être un si elle ne procède pas des dispositions vertueuses appropriées. Aristote distingue ainsi entre agir conformément à la vertu (faire ce que ferait une personne vertueuse) et agir à partir de la vertu (agir comme une personne vertueuse, avec les motivations et la sensibilité morale qui caractérisent la vertu)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 4, 1105a28-1105b18</ref>. Deuxièmement, l'éthique de la vertu accorde une place déterminante à la formation du caractère moral à travers l'habituation (''ethismos''). Les vertus ne sont pas des capacités innées, mais des dispositions stables (''hexeis''), des excellences acquises par la répétition d'actions conformes à la vertu<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 1, 1103a14-1103b25</ref>. Nous devenons [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justes]] en accomplissant des actes justes, courageux en accomplissant des actes courageux. Cette dimension éducative et développementale de l'éthique de la vertu contraste avec l'accent mis par d'autres théories éthiques sur l'application correcte de principes ou le calcul des conséquences dans des situations particulières. Troisièmement, l'éthique de la vertu souligne l'importance de la sagesse pratique (''phronèsis'') dans l'action morale. La ''phronèsis'' est la capacité à discerner, dans des situations concrètes et souvent complexes, ce qu'il convient de faire. Elle ne consiste pas simplement à appliquer mécaniquement des règles générales, mais à percevoir les traits moralement saillants d'une situation particulière et à répondre de manière appropriée. Cette capacité ne peut se réduire à une connaissance théorique ; elle requiert l'expérience, une sensibilité morale affinée, et une compréhension pratique que seule la vertu peut pleinement développer<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5-13</ref>. == L'action collective et l'agentivité partagée == Si la philosophie de l'action s'est longtemps concentrée sur l'action individuelle, les dernières décennies ont vu émerger un intérêt croissant pour l'action collective et l'agentivité partagée. Nous accomplissons quotidiennement des actions ensemble : jouer dans un orchestre symphonique, déplacer collectivement un meuble lourd, participer à une manifestation politique, ou simplement avoir une conversation. Se réduisent-elles à la somme des actions individuelles de leurs participants, ou requièrent-elles des notions collectives propres ? La question est précisément ce qui divise les conceptions individualistes, relationnelles et collectivistes de l'agentivité partagée<ref>Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989</ref>. Margaret Gilbert a développé le concept de « sujet pluriel » (''plural subject'') pour rendre compte de cette dimension collective de l'agentivité. Selon elle, lorsque plusieurs personnes accomplissent ensemble une action collective, elles forment un [[Dictionnaire de philosophie/Sujet|sujet]] pluriel caractérisé par un engagement conjoint (''joint commitment'') envers le but commun. Cet engagement conjoint crée des obligations particulières entre les participants : chacun doit non seulement faire sa part, mais est également en droit d'attendre des autres qu'ils fassent la leur<ref>Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006</ref>. Michael Bratman propose une analyse différente, fondée sur les intentions partagées (''shared intentions''). Pour lui, nous accomplissons ensemble une action lorsque nos intentions individuelles sont interconnectées d'une manière spécifique : chacun a l'intention que nous menions ensemble l'activité commune, les sous-plans par lesquels chacun compte y contribuer s'emboîtent sans conflit, chacun ajuste sa conduite à celle des autres et se tient prêt à les soutenir, et l'ensemble de ces conditions est de connaissance commune entre les participants<ref>Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014</ref>. Ces analyses de l'action collective soulèvent des questions que les théories de la responsabilité individuelle ne suffisent pas à régler. Qui est responsable des actions accomplies collectivement ? Les individus participants ? Le groupe en tant qu'entité distincte ? Comment attribuer la responsabilité lorsque chaque participant n'a accompli qu'une petite partie de l'action collective, mais que le résultat global est moralement significatif (pensons aux crimes collectifs, aux injustices structurelles, ou aux catastrophes écologiques) ? Ces questions sont d'une grande portée pratique dans notre monde contemporain, où tant d'actions moralement significatives, pour le meilleur et pour le pire, ont un caractère collectif prononcé<ref>Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984</ref>. == Action et structures sociales == La philosophie sociale et politique contemporaine a également exploré la relation complexe entre l'action individuelle et les structures sociales. Cette question se pose avec une acuité particulière dans les débats opposant l'individualisme méthodologique (qui cherche à expliquer les phénomènes sociaux en termes d'actions individuelles) et le holisme (qui accorde une réalité et un pouvoir causal aux structures sociales elles-mêmes). La tradition marxienne, qui pense l'action à partir du travail et des rapports de production, a donné à ce débat l'une de ses formes classiques. Les structures sociales (institutions, normes, pratiques, distributions de pouvoir et de ressources) façonnent puissamment les possibilités d'action des [[Dictionnaire de philosophie/Individu|individus]]. Elles déterminent quelles actions sont disponibles, lesquelles sont encouragées ou découragées, et comment les actions individuelles s'agrègent en résultats collectifs. En même temps, ces structures sont elles-mêmes le produit (souvent non intentionnel) d'actions humaines antérieures. Comprendre cette relation dialectique entre action et structure demeure un problème persistant de la théorie sociale<ref>Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984</ref>. Pierre Bourdieu a développé le concept d'habitus pour penser cette relation. L'habitus désigne un ensemble de dispositions durables, de schèmes de perception et d'action que les individus acquièrent à travers leur socialisation dans des conditions sociales particulières. Ces dispositions structurent les actions individuelles sans les déterminer entièrement, générant des pratiques raisonnables et conformes au sens commun sans requérir une délibération consciente constante. L'habitus rassemble, selon la formule de Bourdieu, des « structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes »<ref>Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980, p. 88</ref> : structuré par les conditions sociales passées, il structure les actions présentes. En sociologisant la vieille notion aristotélicienne d{{'}}''hexis'', Bourdieu retrouve, sur un autre terrain, les analyses de l'habituation présentées plus haut : l'agent n'entre jamais dans l'action en délibérant à partir de rien, mais avec un corps déjà formé. Le concept a suscité une objection récurrente : s'il rend fort bien compte de la reproduction régulière des pratiques, il paraît moins bien expliquer la rupture, la réflexivité et la transformation délibérée des manières d'agir. Cette approche fait apparaître les limites d'une conception purement individualiste de l'action. Nos actions ne sont jamais accomplies dans un vide social ; elles sont toujours situées dans des contextes structurés qui les rendent possibles, leur donnent sens, et orientent leur cours. Reconnaître cette dimension sociale de l'action n'implique pas nécessairement nier la réalité de l'agentivité individuelle, mais invite à une conception plus fine et socialement informée de ce qu'est l'action humaine. Elle rouvre aussi, sous une autre forme, la question de la responsabilité : jusqu'où sommes-nous comptables d'actions qui procèdent de dispositions que nous n'avons pas choisies ? == Conclusion == La notion d'action demeure au cœur de la réflexion philosophique contemporaine. Loin d'être un concept simple et transparent, elle se ramifie, à mesure qu'on l'examine, en une famille de problèmes distincts. De la distinction aristotélicienne entre ''praxis'' et ''poièsis'' aux débats contemporains sur la nature de l'intentionnalité, de la causalité par les raisons, de la liberté et de la responsabilité morale, en passant par l'autonomie kantienne et la ''praxis'' marxienne, la philosophie de l'action continue d'alimenter des débats non résolus. Ces questions ne sont pas de simples curiosités théoriques. Elles touchent à la compréhension que nous avons de nous-mêmes comme agents responsables, capables de façonner nos vies et notre monde commun. Elles informent nos pratiques morales et juridiques d'attribution de la responsabilité, nos efforts éducatifs visant à former le caractère moral, et nos institutions sociales et politiques. Comprendre comment l'action s'insère dans l'ordre causal du monde tout en demeurant attribuable à un agent libre et responsable, comment elle est à la fois individuelle et sociale, intentionnelle et prise dans des structures : tel demeure le problème central pour penser notre condition d'êtres agissants dans le monde. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Textes classiques et historiques === * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', traduction, introduction et notes par Jules Tricot, Paris, Vrin, 1990 ; traduction de Jean-François Thurot (1823) disponible sur [[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot|Wikisource]]. * Aristote, ''La Politique'', traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1874) disponible sur [[s:La Politique|Wikisource]]. * Maurice Blondel, ''L'Action. Essai d'une critique de la vie et d'une science de la pratique'', Paris, Félix Alcan, 1893. * G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), traduction de Jean-François Kervégan, Paris, Presses universitaires de France, 2003. * Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), traduction de François Tricaud, Paris, Sirey, 1971. * David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'' (1748), traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983. * Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), traduction de Victor Delbos (1907) disponible sur [[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|Wikisource]]. * Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), dans ''Philosophie'', édition établie par Maximilien Rubel, Paris, Gallimard, 1994. * Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), Paris, Éditions sociales, 1976. * Baruch Spinoza, ''Éthique'' (1677), traduction de Bernard Pautrat, Paris, Éditions du Seuil, 1988 ; traduction de Charles Appuhn (1913) disponible sur [[s:Éthique (Appuhn, 1913)|Wikisource]]. * Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17 (traité des actes humains). === Philosophie contemporaine de l'action === * G.E.M. Anscombe, ''Intention'', Oxford, Basil Blackwell, 1957. * G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19. * G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233. * Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961. * Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980. * Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987. * Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014. * Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976. * Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148. * Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700. * Donald Davidson, « Freedom to Act », dans Ted Honderich (dir.), ''Essays on Freedom of Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1973. * Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980. * Vincent Descombes, ''Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d'agir de soi-même'', Paris, Gallimard, 2004. * Philippa Foot, ''Virtues and Vices and Other Essays in Moral Philosophy'', Oxford, Basil Blackwell, 1978. * Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839. * Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20. * Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984. * Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989. * Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006. * Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984. * Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'', Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970. * Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), traduction de Jean-Marc Ferry et Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987, 2 volumes. * Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980. * Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999. * Alasdair MacIntyre, ''Après la vertu'' (1981), traduction de Laurent Bury, Paris, Presses universitaires de France, 1997. * Abraham I. 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Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994. {{AutoCat}} pcb6ub5brd1zgigh92xn71bubt4vop1 769500 769499 2026-07-14T05:32:47Z PandaMystique 119061 769500 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Action|lecture=oui}} L{{'}}'''action''' constitue l'un des concepts les plus anciens et les plus disputés de la philosophie, au carrefour de l'éthique, de la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], de la philosophie de l'esprit et de la philosophie politique. Comprendre ce qu'est une action humaine, ce qui la distingue d'un simple mouvement ou d'un événement, comment elle se rapporte aux raisons, aux intentions et à la responsabilité [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]] : telles sont les interrogations qui ont animé la réflexion philosophique depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. == Définition et problématique générale == Au sens le plus élémentaire, une action est quelque chose qu'un agent fait, par opposition à ce qui lui arrive. Tous les mouvements d'un être humain ne constituent pas des actions au sens philosophique du terme : un spasme musculaire involontaire, un tremblement dû à la peur, ou les battements de notre cœur sont des événements qui se produisent en nous ou par nous, mais ne sont pas des actions que nous accomplissons<ref>G.E.M. Anscombe, ''Intention'' (Oxford, Basil Blackwell, 1957), seconde édition, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2000, § 5-8, p. 9-15</ref>. Toute la difficulté consiste à déterminer ce qui transforme un événement impliquant une personne en quelque chose qu'elle fait. Une définition souvent proposée caractérise l'action comme l'exercice de la capacité d'un agent à produire intentionnellement des changements dans le monde<ref>Pour un état des lieux des caractérisations concurrentes, voir E. J. Lowe, « Action Theory and Ontology », dans Timothy O'Connor et Constantine Sandis (dir.), ''A Companion to the Philosophy of Action'', Oxford, Wiley-Blackwell, 2010, p. 3-9</ref>. Elle éclaire les cas centraux, mais se révèle vite trop étroite : calculer de tête, essayer d'ouvrir une porte sans y parvenir, s'abstenir de parler ou attendre volontairement sont des choses que nous faisons, sans produire pour autant de changement extérieur réussi. Jennifer Hornsby distingue en ce sens le fait, pour un agent, de mouvoir son corps, qui relève de ce qu'il fait, du mouvement qui se produit dans son corps, qui relève de ce qui arrive : en anglais, le verbe ''move'' s'emploie aussi bien transitivement (l'agent meut sa main) qu'intransitivement (sa main se meut), et cette différence grammaticale, que le français rend par le couple du verbe actif et du verbe pronominal, sert de fil conducteur à son analyse<ref>Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980, chapitre 1, p. 2-3</ref>. La philosophie de l'action s'attache donc à distinguer les actions des simples mouvements corporels ou des événements psychophysiques. L'intentionnalité, le lien aux raisons de l'agent et la relation à la responsabilité morale fournissent les repères principaux de cette distinction, sans la fermer : selon la manière dont on individualise les actions, on reconnaîtra des actions non intentionnelles, accomplies par mégarde ou par négligence, ou l'on dira qu'une même action est intentionnelle sous certaines descriptions et non sous d'autres (celui qui casse un verre en déplaçant le bras l'a bien cassé, sans l'avoir voulu). Les actions habituelles montrent en outre qu'une conduite peut être intentionnelle sans procéder d'une délibération explicite<ref>Bill Pollard, « Habitual Actions », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 74-81</ref>, et toute action intentionnelle n'engage pas une responsabilité morale particulière. Cette distinction soulève plusieurs questions essentielles : qu'est-ce qui fait qu'un mouvement corporel devient une action ? Comment les états mentaux de l'agent ([[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyances]], [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]], intentions) se rapportent-ils à ses actions ? Les actions sont-elles causées par des raisons, ou existe-t-il un type d'explication spécifiquement distinct de l'explication [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|causale]] ? Quelle est la relation entre l'agentivité (''agency''), c'est-à-dire la capacité d'agir qui fait de quelqu'un un agent, la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] et la responsabilité morale ? == La conception aristotélicienne : praxis et poièsis == Les tragiques grecs, les sophistes, Socrate et Platon avaient déjà interrogé la décision, la faute et la maîtrise de soi ; c'est toutefois [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] qui livre la première analyse systématique conservée de l'action volontaire, du choix et de la délibération. Il établit notamment une distinction structurante entre ''praxis'' (πρᾶξις) et ''poièsis'' (ποίησις)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 4-5, 1140a1-1140b30</ref>. Cette distinction n'est pas simplement terminologique : elle révèle deux modalités hétérogènes de l'activité humaine. La ''praxis'', ou action au sens propre, est une activité dont la fin est immanente, c'est-à-dire qu'elle est accomplie pour elle-même et trouve sa perfection dans son propre exercice. L'exercice des vertus éthiques ou encore l'action politique au sens noble constituent des formes de ''praxis''. Aristote distingue en réalité trois ordres d'activité : connaître (''théôria''), agir (''praxis''), produire (''poièsis'') ; la contemplation demeure à ses yeux la forme de vie la plus haute, sans se confondre avec l'action. Tout au plus, dans un passage de ''La Politique'', élargit-il le sens de l'agir jusqu'à soutenir que les pensées dont la fin réside en elles-mêmes sont éminemment actives, parce qu'elles ne visent rien d'extérieur à elles<ref>Aristote, ''La Politique'', VII, 3, 1325b16-21</ref>. Selon la formule de l{{'}}''Éthique à Nicomaque'', « la pratique du bien [...] est elle-même une fin »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5, 1140b6-7, traduction de Jean-François Thurot, 1823 ([[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot/Livre 6|texte sur Wikisource]])</ref> : ce que les Grecs nomment ''eupraxia'', le bien-agir, ne débouche sur rien d'autre que lui-même, et ne se confond pas avec le [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]] (''eudaimonia''), qui désigne l'accomplissement d'une vie entière. La ''praxis'' se caractérise donc par le fait qu'elle ne vise pas la production d'une œuvre extérieure à l'agent, mais l'excellence même de l'action et la perfection de celui qui agit. À l'inverse, la ''poièsis'', ou production, est une activité orientée vers la création d'une œuvre distincte de l'action elle-même. Le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]] de l'artisan, la composition d'un poème, la construction d'une maison sont des exemples de ''poièsis''. Ici, la fin de l'activité réside dans un produit distinct de l'acte de produire, même si le savoir-faire et la qualité de l'exécution peuvent eux aussi être appréciés. La ''poièsis'' relève de la ''technè'' ([[Dictionnaire de philosophie/Art|art]], [[Manuel de terminale de philosophie/Technique|technique]]), tandis que la ''praxis'' authentique relève de la ''phronèsis'' (sagesse pratique) et s'inscrit dans le domaine de l'éthique<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 1-13</ref>. Cette distinction aristotélicienne a exercé une influence durable sur toute la tradition philosophique occidentale. Elle permet notamment de comprendre que toute action humaine ne se réduit pas à l'instrumentalité : certaines actions ont leur valeur en elles-mêmes, indépendamment de ce qu'elles produisent. Rétrospectivement, elle contraste avec les théories utilitaristes et conséquentialistes, élaborées bien plus tard, qui font des conséquences le critère principal de l'évaluation morale ; et elle a ouvert la voie à une éthique centrée sur la vertu et l'excellence du caractère. Pour Aristote, l'action volontaire (''hekousion'') se distingue de l'action involontaire par deux critères principaux : l'origine interne du principe moteur et la connaissance des circonstances particulières de l'action<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', III, 1, 1109b30-1111b3</ref>. Une action est volontaire lorsque son principe se trouve dans l'agent lui-même et que celui-ci connaît les circonstances particulières dans lesquelles il agit. Cette analyse fonde la possibilité de l'imputation morale : nous sommes responsables de nos actions volontaires parce que nous en sommes la source (''archè''). == Jalons historiques : volonté, autonomie, praxis == La philosophie médiévale hérite de l'analyse aristotélicienne et la systématise dans un cadre théologique. Thomas d'Aquin distingue les actes de l'homme (''actus hominis''), comme les opérations végétatives ou les mouvements réflexes, des actes humains (''actus humanus''), qui procèdent de la volonté guidée par la raison, dont l'agent a la maîtrise, et qui peuvent seuls lui être imputés<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, question 1, article 1</ref>. Son traité des actes humains examine la volonté, l'intention, le choix, le consentement, ainsi que les circonstances qui aggravent ou excusent<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17</ref> : une part du vocabulaire moderne de l'action et de la responsabilité s'y forge. L'âge classique déplace l'examen vers les mécanismes du vouloir. Hobbes décrit la délibération comme une alternance d'appétits et d'aversions dont la volonté n'est que le dernier maillon : agir volontairement, c'est agir selon ce dernier appétit, ce qui rend le volontaire compatible avec la nécessité causale<ref>Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), première partie, chapitre 6</ref>. Kant renverse la perspective : la valeur morale d'une action tient à ce qu'elle est accomplie par [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoir]], et non par simple conformité extérieure au devoir, moins encore par inclination ou en vue d'un résultat ; sa maxime, c'est-à-dire le principe subjectif que l'agent adopte, doit pouvoir être voulue comme loi universelle. La liberté se comprend alors comme autonomie, capacité de se donner à soi-même sa loi<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), première et deuxième sections, traduction de Victor Delbos, 1907 ([[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|texte sur Wikisource]])</ref>. Hegel introduit une distinction promise à un long avenir juridique entre le fait (''Tat''), l'acte considéré dans son extériorité accomplie, et l'action (''Handlung''), le même acte en tant qu'expression d'une volonté subjective, avec son dessein et son intention : c'est le droit de l'intention, qui rapporte l'imputation à ce que l'agent savait et voulait, sans exclure les conséquences immédiates que son acte enveloppait<ref>G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), §§ 115-128</ref>. [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx]] déplace ensuite le centre de gravité : les ''Thèses sur Feuerbach'' définissent la ''praxis'' comme activité humaine sensible et transformation du monde, et reprochent aux philosophes d'avoir seulement interprété celui-ci<ref>Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), thèses I et XI</ref>. L'action individuelle s'y trouve replacée dans l'ensemble des pratiques matérielles et des rapports sociaux par lesquels les êtres humains produisent et transforment leurs conditions d'existence, thème que développe ensuite ''L'Idéologie allemande''<ref>Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), première partie</ref>. À la fin du XIX{{e}}&nbsp;siècle, Maurice Blondel fait de l'action elle-même le point de départ de la philosophie. « Oui ou non, la vie humaine a-t-elle un sens ? » : la question qui ouvre sa thèse ''L'Action'' (1893) engage toute l'enquête, car nous agissons avant de savoir ce qu'est l'action, avant même d'avoir souhaité vivre<ref>Maurice Blondel, ''L'Action. Essai d'une critique de la vie et d'une science de la pratique'', Paris, Félix Alcan, 1893. L'introduction est reprise en tête de ''L'Action'', tome II : ''L'Action humaine et les conditions de son aboutissement'' (1937), Paris, Presses universitaires de France, nouvelle édition, 1963, p. 15</ref>. L'ouvrage analyse l'écart persistant entre ce que la volonté vise, ce que l'acte accomplit et ce que l'agir exige, écart qui relance sans cesse l'action et révèle une aspiration qu'aucun résultat particulier ne comble. Blondel nomme volonté voulante (''voluntas ut natura'') l'élan qui porte tout vouloir, et volonté voulue la volonté explicite et élicite qui se fixe sur des biens finis : parce que la seconde n'égale jamais la première, chaque action accomplie en appelle une autre<ref>Blondel, ''L'Action'', tome II, éd. citée, p. 32-33</ref>. Le XX{{e}}&nbsp;siècle continental prolonge ces lignes. Hannah Arendt distingue le travail, qui entretient la vie, l'œuvre, qui édifie un monde durable d'objets, et l'action, qui n'existe qu'entre les hommes : agir, c'est commencer quelque chose de neuf dans un espace de pluralité, avec des conséquences que nul ne maîtrise entièrement<ref>Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961, notamment le chapitre V</ref> ; cette tripartition offre un contrepoint moderne au couple aristotélicien de la ''praxis'' et de la ''poièsis''. La phénoménologie décrit de son côté une action toujours située : liberté en situation chez Sartre<ref>Jean-Paul Sartre, ''L'Être et le Néant'', Paris, Gallimard, 1943, quatrième partie</ref>, corps agissant comme « je peux » antérieur au « je pense » chez [[Dictionnaire de philosophie/Maurice Merleau-Ponty|Merleau-Ponty]]<ref>Maurice Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945, première partie</ref>. Paul Ricœur ordonne les analyses de ''Soi-même comme un autre'' autour d'une même famille de questions (qui parle ? qui agit ? qui se raconte ? qui est responsable ?) et relie ainsi l'action au récit qui l'attribue à un agent et la rend intelligible dans le temps : dire l'action, c'est toujours pouvoir la rapporter à quelqu'un qui puisse en répondre<ref>Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Éditions du Seuil, 1990</ref>. Jürgen Habermas oppose quant à lui à l'agir stratégique, orienté vers le succès, un agir communicationnel orienté vers l'entente, distinction sur laquelle une section reviendra plus bas<ref>Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), tome I : ''Rationalité de l'agir et rationalisation de la société'', traduction de Jean-Marc Ferry, Paris, Fayard, 1987, p. 294-296</ref>. == Qu'est-ce qu'une action ? Individualisation et actions de base == Avant de demander ce qui rend une action bonne ou libre, la philosophie contemporaine pose une question plus élémentaire : qu'est-ce au juste qu'une action, et comment compte-t-on les actions ? Considérons un exemple d'Anscombe sur lequel nous reviendrons : une personne contracte ses muscles, meut son bras, actionne une pompe, alimente une maison en eau. A-t-elle accompli quatre actions, ou une seule action décrite de quatre manières ? Donald Davidson défend la seconde réponse : l'action est un événement unique, que l'on peut placer sous plusieurs descriptions<ref>Donald Davidson, « Agency » (1971), repris dans ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980, p. 43-61</ref>. La sémantique vient à l'appui de cette ontologie : analysant la phrase « Jones a beurré la tartine lentement, dans la salle de bain, avec un couteau, à minuit », Davidson montre que chaque complément y qualifie un seul et même événement particulier, sur lequel la phrase quantifie implicitement, ce qui explique qu'elle implique logiquement ses versions appauvries (Jones a beurré la tartine)<ref>Donald Davidson, « The Logical Form of Action Sentences » (1967), repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 105-122</ref>. Alvin Goldman soutient au contraire une individualisation fine : alimenter la maison n'est pas identique à mouvoir le bras, car ces actions n'ont ni les mêmes propriétés ni les mêmes conséquences<ref>Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'' (Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970), Princeton, Princeton University Press, 1976, p. 1-10</ref>. Son argument mobilise le principe de l'indiscernabilité des identiques : si deux actions n'en font qu'une, elles doivent partager toutes leurs propriétés. Considérons un pianiste dont le jeu endort un auditeur et en réveille un autre. Son interprétation au piano cause l'endormissement du premier ; son action de réveiller le second, elle, ne le cause pas. Une propriété appartient ainsi à l'une des actions et manque à l'autre : elles ne sauraient donc être identiques<ref>Goldman, ''A Theory of Human Action'', éd. citée, p. 2-3</ref>. À la place de l'identité, Goldman décrit une relation de génération de niveaux (''level-generation''), que signale d'ordinaire la préposition « en » : en pressant l'interrupteur, l'agent allume la lumière ; en avançant sa dame, le joueur fait échec et mat. Les actes ainsi engendrés s'ordonnent en arbres d'actes (''act-trees'') dont les actions de base occupent la racine, et la génération se décline en quatre espèces : causale (allumer la lumière en pressant l'interrupteur), conventionnelle (signaler un virage en tendant le bras, selon une règle en vigueur), simple et par augmentation<ref>Goldman, ''A Theory of Human Action'', éd. citée, p. 20-33. Pour une vue d'ensemble de la controverse entre Davidson et Goldman, voir Constantine Sandis, « Basic Actions and Individuation », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 10-17</ref>. À cette question s'ajoute celle des actions de base. Nous allumons la lumière en appuyant sur l'interrupteur, nous appuyons sur l'interrupteur en mouvant le doigt ; mais nous ne mouvons pas le doigt en faisant autre chose encore. Arthur Danto nomme actions de base celles qu'un agent accomplit sans les accomplir au moyen d'une autre action<ref>Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148</ref> : la régression des moyens s'arrête là. Reste à savoir ce que sont ces actions élémentaires : de simples mouvements corporels ? des essais (''tryings'') dont le mouvement du corps serait déjà l'effet, comme le soutient Hornsby<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée, chapitre 3, p. 33-45 ; voir aussi Jennifer Hornsby, « Trying to Act », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 18-25</ref> ? Contre l'usage ordinaire, qui réserve le verbe essayer aux cas d'échec ou de difficulté, Hornsby soutient que nous essayons de faire tout ce que nous faisons intentionnellement : la réussite n'exclut pas l'essai, elle l'accomplit<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée, p. 34-35</ref>. Et puisque l'essai précède causalement le mouvement corporel qu'il produit, elle en tire une conséquence qui heurte le sens commun : « les actions se produisent à l'intérieur du corps »<ref>Hornsby, ''Actions'', éd. citée, p. 13-14 et 88 (nous traduisons)</ref>, en deçà de la surface visible des gestes. Davidson tire de la régression des moyens une leçon voisine, autrement orientée : tout ce que nous faisons, nous le faisons en mouvant notre corps, si bien que « nous ne faisons jamais que mouvoir nos corps : le reste appartient à la nature »<ref>Davidson, « Agency », repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 59 (nous traduisons)</ref>. Allumer la lumière n'ajoute aucun geste au mouvement du doigt : c'est ce même mouvement, que la marche du monde prolonge en effets. Le débat engage la place exacte du corps dans l'action. La classe des actions déborde enfin celle des mouvements réussis. Les actions mentales d'abord : calculer de tête, se remémorer un nom, fixer son attention sont des choses que nous faisons sans mouvoir notre corps<ref>Joëlle Proust, « Mental Acts », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 209-217</ref>. Les tentatives ensuite : essayer d'ouvrir une porte verrouillée est encore agir, quoique rien ne change au dehors. Les omissions et abstentions surtout : se taire, s'abstenir de voter, ne pas porter secours peuvent compter comme des conduites imputables, alors même que l'agent, précisément, ne fait rien<ref>Kent Bach, « Refraining, Omitting, and Negative Acts », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 50-57</ref>. Toute théorie de l'action doit statuer sur ces cas limites, que la définition par la production intentionnelle de changements laisse dans l'ombre. == L'intentionnalité de l'action == La notion d'intentionnalité occupe une place centrale dans la philosophie contemporaine de l'action. Depuis les travaux pionniers d'Elizabeth Anscombe dans son ouvrage ''Intention'' (1957), les philosophes ont cherché à comprendre ce qui fait qu'une action est intentionnelle et comment l'intentionnalité se rapporte à l'explication de l'action<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 5, p. 9</ref>. Pour Anscombe, une action est intentionnelle sous une certaine description lorsqu'elle répond de manière appropriée à la question « Pourquoi ? » (''Why?''). Si nous levons le bras pour saluer quelqu'un, notre action de lever le bras est intentionnelle sous la description « saluer », mais peut ne pas l'être sous d'autres descriptions (par exemple, « effrayer un oiseau »). Cette sensibilité aux descriptions sous lesquelles une action est intentionnelle révèle un trait constitutif de l'intentionnalité : elle est toujours aspectuelle, c'est-à-dire qu'elle dépend de la manière dont l'agent conçoit son action<ref>G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233</ref>. Anscombe illustre cette aspectualité par un exemple demeuré célèbre : un homme actionne le bras d'une pompe pour alimenter une maison en eau, et cette eau a été empoisonnée. Le même mouvement peut alors être décrit comme une contraction de muscles, un pompage d'eau, un approvisionnement de la maison ou un empoisonnement de ses occupants, et l'action de cet homme est intentionnelle sous certaines de ces descriptions seulement, selon ce qu'il sait et ce qu'il vise<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 23-26, p. 37-47</ref>. L'analyse anscombienne de l'intentionnalité met également en lumière le rôle de la connaissance pratique (''practical knowledge'') dans l'action. L'agent qui agit intentionnellement possède une forme spécifique de [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] de ce qu'il fait : non pas une connaissance observationnelle obtenue par la perception externe, mais une connaissance non-observationnelle qui est constitutive de l'action elle-même. Lorsque nous tournons la poignée pour ouvrir la porte, nous savons ce que nous faisons sans avoir besoin de nous observer en train de le faire. Anscombe éclaire ce statut singulier par une comparaison passée à la postérité : un homme parcourt la ville avec une liste de courses, tandis qu'un détective le suit et consigne ses achats. Si le contenu du panier ne correspond pas à la liste, la faute est dans l'exécution, non dans la liste ; si le relevé du détective ne correspond pas aux achats, la faute est cette fois dans le relevé<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 32, p. 56</ref>. Liste et relevé décrivent les mêmes emplettes, mais en sens inverse : l'intention règle ce qui doit arriver, quand la constatation enregistre ce qui arrive. La littérature ultérieure généralisera cette asymétrie sous le nom de direction d'ajustement (''direction of fit''). Cette connaissance pratique n'est pas un simple épiphénomène accompagnant l'action ; elle en est partie intégrante et contribue à déterminer ce qui compte comme une action réussie ou échouée. Reprenant une formule de Thomas d'Aquin, Anscombe la dit « la cause de ce qu'elle comprend »<ref>Anscombe, ''Intention'', éd. citée, § 48, p. 87 (nous traduisons). La formule vient de Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, question 3, article 5</ref> : à la différence de la connaissance spéculative, qui se règle sur les objets connus, la connaissance pratique contribue à produire ce qu'elle saisit. La thèse est forte, et discutée : les maladresses, les erreurs et les conséquences imprévues montrent qu'un agent peut savoir ce qu'il essaie de faire tout en se trompant sur ce qu'il accomplit effectivement. La connaissance pratique porte sur l'action sous sa description intentionnelle ; elle ne garantit pas la réussite de son exécution. La question de savoir ce qui rend une action intentionnelle a donné lieu à différentes théories. Certains philosophes, dans la lignée d'Anscombe, soutiennent que l'intentionnalité de l'action ne requiert pas nécessairement une intention préalable distincte de l'action elle-même. Davidson, qui analysait d'abord l'action intentionnelle sans invoquer d'état d'intention irréductible (une attitude favorable et une croyance suffisaient), a lui-même dû réviser cette économie : l'intention pure, celle que nous formons aujourd'hui pour demain et qui peut n'être suivie d'aucune action, résiste à la réduction, et il finit par l'analyser comme un jugement inconditionnel portant sur la désirabilité d'une conduite à venir<ref>Donald Davidson, « Intending » (1978), repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 83-102</ref>. John Searle distingue pour sa part les intentions préalables (''prior intentions''), formées avant d'agir, et les intentions en action (''intentions-in-action''), qui habitent l'action pendant son déroulement même<ref>John Searle, ''L'Intentionalité. Essai de philosophie des états mentaux'', traduction de Claude Pichevin, Paris, Éditions de Minuit, 1985, chapitre 3</ref>. D'autres encore, comme Michael Bratman, soulignent le rôle crucial de la planification et de la structure temporelle de l'action : les intentions y apparaissent comme des éléments de plans qui coordonnent notre conduite dans la durée<ref>Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987</ref>. Contre le modèle qui réduit l'intention à un couple de désir et de croyance, Bratman fait valoir que les intentions forment une catégorie d'états mentaux à part entière, dotée de fonctions propres : une intention clôt la délibération et résiste au réexamen, elle contrôle la conduite au lieu de simplement l'influencer, et elle sert de prémisse aux raisonnements pratiques ultérieurs. Ces intentions s'organisent en plans partiels et hiérarchisés, que nous complétons à mesure que l'échéance approche ; selon sa formule, les plans sont « des intentions en grand »<ref>Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', éd. citée, p. 29 (nous traduisons)</ref>. Deux exigences de rationalité les gouvernent : la cohérence interne, car qui projette à la fois de laisser sa voiture à un proche et de la conduire ailleurs le même jour voue ses plans à l'échec, et la cohérence des moyens et des fins, car un plan doit s'enrichir en temps utile des sous-plans qui le rendent exécutable<ref>Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', éd. citée, p. 31</ref>. Ce cadre conduit Bratman à disjoindre deux notions que l'on confond volontiers : faire quelque chose intentionnellement et avoir l'intention de le faire. Imaginons un joueur ambidextre devant deux jeux vidéo simultanés, une cible par machine, sachant que les appareils s'éteignent si les deux cibles sont sur le point d'être touchées en même temps : il peut raisonnablement essayer d'atteindre chacune, mais il ne saurait, sans incohérence, avoir l'intention d'atteindre l'une et l'intention d'atteindre l'autre, puisqu'il sait ne pas pouvoir toucher les deux. S'il touche la première cible, grâce à son adresse et comme il s'y employait, il l'aura touchée intentionnellement sans avoir eu, au sens strict, l'intention de la toucher<ref>Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', éd. citée, p. 113-115</ref>. L'adverbe et le substantif se dissocient : l'intentionnalité de l'action n'exige pas toujours l'intention correspondante, et la seconde obéit à des normes de cohérence que la première ignore. == Raisons et causes : le débat causaliste == L'une des controverses les plus vives de la philosophie contemporaine de l'action concerne la relation entre les raisons pour lesquelles un agent agit et les causes de son action. Cette question a été portée au premier plan par l'article célèbre de Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes » (1963), qui défend une théorie causaliste de l'explication par les raisons<ref>Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700</ref>. Selon Davidson, lorsque nous expliquons une action intentionnelle en citant les raisons de l'agent, nous fournissons en réalité une explication causale. Une raison primaire (''primary reason'') d'agir consiste en la combinaison d'une attitude favorable, ce que Davidson nomme ''pro-attitude'' (un désir, une volonté, un principe), envers des actions d'un certain type et d'une croyance selon laquelle l'action accomplie est de ce type. Cette raison primaire rationalise l'action en la rendant intelligible, mais elle en constitue également, selon Davidson, la cause mentale. Par exemple, si nous ouvrons notre parapluie parce que nous désirons rester au sec et croyons que l'ouvrir nous permettra de rester au sec, alors ce désir et cette croyance constituent ensemble notre raison primaire d'agir. Cette raison primaire explique notre action en la rationalisant (elle montre pourquoi notre action avait du sens de notre point de vue), mais elle cause également notre action d'une manière appropriée<ref>Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', éd. citée</ref>. La théorie davidsonienne se heurte toutefois à plusieurs difficultés. La plus importante est le problème des chaînes causales déviantes (''deviant causal chains''), que Davidson expose lui-même dans une [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|expérience de pensée]] restée célèbre. Supposons qu'un grimpeur désire se libérer du poids et du danger de tenir un autre homme au bout d'une corde, et croie que lâcher la corde accomplira cela. Ce désir et cette croyance rendent le grimpeur si nerveux qu'il lâche involontairement la corde. Dans ce cas, le désir et la croyance du grimpeur causent bien le fait de lâcher la corde, mais pas de la manière appropriée : le geste n'est pas intentionnel. Le défi pour le causaliste est de spécifier quelle forme de causation est la forme appropriée pour l'action intentionnelle<ref>Donald Davidson, « Freedom to Act » (1973), repris dans ''Essays on Actions and Events'', éd. citée, p. 79</ref>. Le cas n'était pas isolé : Roderick Chisholm avait imaginé dès 1966 un neveu qui, roulant vers la maison de son oncle avec le projet de le tuer, en est agité au point d'écraser en chemin un piéton, lequel se révèle être l'oncle en question ; ici encore, l'intention cause la mort visée sans que l'homicide soit intentionnel. Les parades causalistes (exiger que l'attitude guide continûment l'exécution du geste, ou que la causation soit sensible au contenu de la raison) restent discutées<ref>Rowland Stout, « Deviant Causal Chains », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 159-165</ref>. Face à la théorie causaliste, certains philosophes, souvent inspirés par Wittgenstein, défendent une conception anti-causaliste selon laquelle les raisons d'agir ne sont pas des causes au sens d'événements mentaux qui produisent causalement des mouvements corporels. Ces auteurs insistent sur l'usage des explications ordinaires de l'action et sur leur dépendance au contexte : justifier une action, indiquer son motif et décrire ses causes sont des opérations distinctes, et toute explication n'est pas causale ; la réponse adéquate dépend de ce que l'on cherche à comprendre. Citer les raisons d'un agent, c'est montrer comment son action lui paraissait sensée ou motivée de son point de vue, non la rattacher à un mécanisme causal ; cette intelligibilité ne vaut pas justification : la jalousie ou la vanité expliquent une conduite sans la rendre bonne<ref>Abraham I. Melden, ''Free Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1961</ref>. Ce débat croise, sans s'y réduire, la distinction méthodologique plus ancienne entre expliquer (''erklären'') les phénomènes naturels et comprendre (''verstehen'') les conduites humaines. Cette opposition entre causalistes et anti-causalistes a longtemps structuré le débat ; elle n'en épuise plus le champ. Se sont développées des théories causales amendées pour répondre aux chaînes déviantes, des conceptions téléologiques de l'explication, des théories de l'action comme processus en cours plutôt que comme événement ponctuel, des théories de la causalité par l'agent, et des approches qui décrivent l'action comme l'actualisation de capacités rationnelles. Ce paysage révèle des questions plus vastes concernant la nature de l'esprit, la relation entre raisons et causes, et la possibilité d'une science de l'action humaine qui respecterait la spécificité du domaine pratique sans renoncer à l'idée que les actions humaines s'inscrivent dans l'ordre causal naturel. == Qui agit ? Le détour par la grammaire == La philosophie française contemporaine a donné à ce débat un prolongement original. Dans ''Le Complément de sujet'' (2004), Vincent Descombes déplace la question : avant de décider si les raisons sont des causes, encore faut-il savoir qui agit, et ce que nous faisons lorsque nous attribuons une action à quelqu'un. Sa méthode se réclame d'un tournant grammatical hérité de Wittgenstein et d'Anscombe : plutôt que de chercher derrière l'action un sujet métaphysique (un moi, une conscience, un ego) qui en serait la source cachée, il examine la manière dont nos phrases narratives rapportent ce qui a été fait à celui qui l'a fait. Le sujet de l'action n'est pas une entité intérieure que révélerait l'introspection ; c'est l'agent que désigne la construction de nos verbes d'action, celui que la tournure passive nomme complément d'agent (la porte a été ouverte par Jeanne), et dont il s'agit de décrire les capacités<ref>Vincent Descombes, ''Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d'agir de soi-même'', Paris, Gallimard, 2004, « Programme : un tournant grammatical en philosophie de l'esprit subjectif »</ref>. L'analyse la plus neuve porte sur ce que Descombes appelle les degrés de l'agir. Nos langues disposent d'une diathèse causative : à côté de « Alfred est parti », nous pouvons dire « Bernard a fait partir Alfred ». Le même événement, le départ d'Alfred, se trouve alors redécrit comme l'action d'un autre agent, et le récit acquiert une dimension supplémentaire : il faut désormais apprécier jusqu'à quel point le départ était volontaire de la part d'Alfred. Est-il parti de lui-même ? A-t-il cédé à des menaces, ce qui est encore exercer un pouvoir, quoique de mauvais gré ? A-t-il été révoqué d'office, sans avoir seulement l'occasion de résister ? Le volontaire et l'involontaire s'ordonnent ainsi par degrés, et Descombes retrouve un exemple d'Aristote : le capitaine qui, dans la tempête, fait jeter la cargaison par-dessus bord agit volontairement en un sens, puisqu'il juge que c'est la chose à faire, et contraint en un autre, puisque rien ne l'y déciderait hors du péril<ref>Descombes, ''Le Complément de sujet'', éd. citée, chapitre X (« Les degrés de l'agir ») ; l'exemple du capitaine vient d'Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', III, 1, 1110a8-11</ref>. Au terme de l'enquête se dessine le portrait du sujet pratique : « l'agent doté de la capacité à faire des actions dont il puisse répondre »<ref>Descombes, ''Le Complément de sujet'', éd. citée, chapitre X</ref>. Être sujet, ce n'est pas se rapporter à soi comme à un objet intérieur ; c'est pouvoir être désigné comme l'auteur proprement dit de ce qui a été fait, donc comme celui à qui la question « pourquoi ? » peut être adressée. De là une conception renouvelée de l'autonomie, entendue comme le fait d'agir de soi-même : se porter à l'action pour une raison que l'on peut énoncer, plutôt qu'être mû par une cause opérant du dehors ou du dedans<ref>Descombes, ''Le Complément de sujet'', éd. citée, postface à la réédition, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2018</ref>. Le débat entre causalistes et anti-causalistes s'en trouve reformulé : demander si les raisons sont des causes, c'est moins sonder une mécanique mentale qu'élucider la logique de nos attributions d'action, celle qui nous fait distinguer, dans la vie courante comme au tribunal, partir et être chassé, faire et faire faire, agir de son propre chef et être mû. == Action, liberté et responsabilité == La question de la relation entre l'action, la liberté et la responsabilité morale constitue l'un des problèmes les plus anciens et les plus persistants de la philosophie. Pour qu'un agent soit considéré comme moralement responsable de ses actions, il semble nécessaire qu'il ait agi librement. Mais qu'est-ce qu'agir librement ? Et cette liberté est-elle compatible avec l'idée que nos actions sont causalement déterminées par des facteurs antécédents (états cérébraux, désirs, croyances, histoire personnelle) ? Trois grandes positions se sont cristallisées dans ce débat. Le libertarisme (au sens métaphysique, à ne pas confondre avec le libertarisme politique) soutient que la liberté authentique requiert une forme d'indéterminisme : pour être libre, l'agent doit être la source ultime (''ultimate source'') de son action, ce qui implique que son choix ne soit pas entièrement déterminé par des facteurs antécédents. Cette conception s'appuie souvent sur l'idée d'une causalité par l'agent (''agent causation'') distincte de la causalité événementielle ordinaire<ref>Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976. Pour un état des lieux contemporain, voir Randolph Clarke, « Agent Causation », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 218-226</ref>. Le [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|déterminisme]] dur (''hard determinism'') affirme au contraire que toutes nos actions sont causalement déterminées et que, par conséquent, la liberté au sens fort (la liberté de faire autrement dans des circonstances identiques) est une illusion. Dans cette perspective, la responsabilité morale telle que nous la concevons ordinairement serait elle aussi illusoire, ou du moins devrait être entièrement repensée. On invoque souvent Spinoza à l'appui de ce courant : « les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres », écrit-il, et cette opinion tient à cela seul qu'ils ont [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] de leurs actions tout en ignorant les causes qui les déterminent<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', II, proposition 35, scolie, traduction de Charles Appuhn, 1913 ([[s:Éthique (Appuhn, 1913)/Deuxième partie : De la nature et de l’origine de l’âme|texte sur Wikisource]]) ; voir aussi I, appendice</ref>. Sa position déborde pourtant ce classement. Spinoza nie le libre arbitre entendu comme pouvoir de commencer une série causale sans y être déterminé, mais il maintient la distinction entre agir et pâtir : nous agissons lorsque nous sommes cause adéquate de ce qui se produit, nous pâtissons lorsque nous n'en sommes que cause partielle<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', III, définitions 1 et 2</ref>. La liberté qu'il redéfinit comme le fait d'agir par la seule nécessité de sa nature<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', I, définition 7</ref> est une puissance d'agir que la connaissance des causes accroît ; elle ne coïncide exactement ni avec le déterminisme dur contemporain ni avec le compatibilisme courant. Le compatibilisme propose une voie médiane en soutenant que la liberté pertinente pour la responsabilité morale est compatible avec le déterminisme causal. Pour les compatibilistes, être libre ne signifie pas que nos actions soient indéterminées, mais plutôt qu'elles procèdent de nos propres désirs, valeurs et délibérations, sans contrainte externe. Un agent agit librement lorsqu'il fait ce qu'il veut faire, lorsque ses actions expriment son caractère et ses engagements, même si ces désirs et ce caractère sont eux-mêmes causalement déterminés<ref>Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20</ref>. David Hume développa une forme classique de compatibilisme : la liberté, soutient-il, s'oppose à la contrainte, non à la nécessité causale. Par liberté, explique-t-il, nous ne pouvons entendre qu'un pouvoir d'agir ou de ne pas agir conformément aux déterminations de la volonté<ref>David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'', section VIII, première partie, traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983</ref>. Tant qu'un agent agit selon sa propre volonté, il agit librement au sens pertinent pour la moralité, que cette volonté soit elle-même déterminée ou non. La formule appelle des précisions : une menace ne supprime pas nécessairement le caractère volontaire d'une action (céder à un chantage, c'est encore choisir), et l'absence de contrainte ne suffit peut-être pas à garantir le contrôle qu'exige la responsabilité. Cette question de la liberté se rattache directement à celle de la responsabilité morale. Pour qu'un agent soit tenu pour moralement responsable d'une action, plusieurs conditions sont classiquement avancées, que l'on regroupe sous deux chefs. La condition de contrôle exige que l'action soit intentionnelle ou du moins volontaire ; selon les théories, elle se précise ensuite par la capacité d'agir autrement ou de s'abstenir, par le fait que l'action procède du caractère de l'agent d'une manière appropriée, par l'identification de l'agent à ses motifs, ou par la possession des capacités rationnelles, volitives et de maîtrise de soi qui permettent de gouverner sa conduite (mener une délibération, résister à ses impulsions). La condition de connaissance exige que l'agent comprenne ce qu'il fait et que les conséquences de son acte lui aient été raisonnablement prévisibles. Chacune de ces conditions est disputée. Harry Frankfurt a ainsi contesté, par des contre-exemples devenus classiques, que la possibilité de faire autrement soit nécessaire à la responsabilité<ref>Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839</ref> ; R. Jay Wallace fait quant à lui reposer la responsabilité non sur les possibilités alternatives, mais sur les compétences normatives de l'agent, c'est-à-dire sa capacité à saisir des raisons morales et à régler sa conduite sur elles<ref>R. Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994</ref>. La responsabilité ne se limite pas, du reste, aux actions accomplies : les omissions, la négligence et l'ignorance fautive engagent aussi l'agent. Une personne peut répondre d'un résultat qu'elle n'a ni voulu ni prévu, si elle avait l'obligation et la possibilité raisonnable de s'informer ou de prendre des précautions. Ces conditions de la responsabilité sont l'objet de débats intenses. Le problème du contrôle demeure particulièrement difficile : en quel sens devons-nous avoir le contrôle de nos actions pour en être responsables ? Et comment concilier l'exigence de contrôle avec le fait que nos actions semblent déterminées par des facteurs (biologiques, psychologiques, sociaux) qui échappent largement à notre contrôle ? == L'éthique de la vertu et l'action == L'éthique de la vertu, dont les racines remontent à Aristote et qui connaît un renouveau marqué depuis les travaux d'Anscombe, de Philippa Foot et d'Alasdair MacIntyre, propose une approche de l'action morale nettement distincte de celles qui dominent la philosophie morale moderne (utilitarisme et déontologie kantienne)<ref>G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19</ref>. Plutôt que de se concentrer sur les principes ou les règles que doivent suivre les actions moralement correctes, l'éthique de la vertu met l'accent sur le caractère de l'agent et sur les dispositions stables (vertus) qui le constituent. Selon Rosalind Hursthouse, une action est moralement correcte si, et seulement si, elle est « ce qu'un agent vertueux ferait de manière caractéristique dans les circonstances »<ref>Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 28 (nous traduisons)</ref> : le critère de la rectitude morale ne se formule plus d'abord comme une règle indépendante, mais par référence à un modèle de personne. L'opposition ne doit pourtant pas être durcie : de ce modèle dérivent des règles (agir honnêtement, ne pas agir cruellement), ancrées dans les vertus plutôt que dans un principe extérieur au caractère. Cette approche transforme notre compréhension de l'action morale de plusieurs manières. Premièrement, elle insiste sur le fait que les actions ne peuvent être correctement évaluées indépendamment du caractère dont elles procèdent. Une action peut extérieurement ressembler à un acte de [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]] ou de générosité sans réellement en être un si elle ne procède pas des dispositions vertueuses appropriées. Aristote distingue ainsi entre agir conformément à la vertu (faire ce que ferait une personne vertueuse) et agir à partir de la vertu (agir comme une personne vertueuse, avec les motivations et la sensibilité morale qui caractérisent la vertu)<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 4, 1105a28-1105b18</ref>. Deuxièmement, l'éthique de la vertu accorde une place déterminante à la formation du caractère moral à travers l'habituation (''ethismos''). Les vertus ne sont pas des capacités innées, mais des dispositions stables (''hexeis''), des excellences acquises par la répétition d'actions conformes à la vertu<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 1, 1103a14-1103b25</ref>. Nous devenons [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justes]] en accomplissant des actes justes, courageux en accomplissant des actes courageux. Cette dimension éducative et développementale de l'éthique de la vertu contraste avec l'accent mis par d'autres théories éthiques sur l'application correcte de principes ou le calcul des conséquences dans des situations particulières. Troisièmement, l'éthique de la vertu souligne l'importance de la sagesse pratique (''phronèsis'') dans l'action morale. La ''phronèsis'' est la capacité à discerner, dans des situations concrètes et souvent complexes, ce qu'il convient de faire. Elle ne consiste pas simplement à appliquer mécaniquement des règles générales, mais à percevoir les traits moralement saillants d'une situation particulière et à répondre de manière appropriée. Cette capacité ne peut se réduire à une connaissance théorique ; elle requiert l'expérience, une sensibilité morale affinée, et une compréhension pratique que seule la vertu peut pleinement développer<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5-13</ref>. == Agir stratégique et agir communicationnel == L'opposition croisée plus haut entre agir stratégique et agir communicationnel mérite qu'on s'y arrête, car elle articule la philosophie de l'action à une théorie de la société. Dans la ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), Jürgen Habermas ramène les concepts d'action utilisés par les sciences sociales à quatre modèles. L'agir téléologique, au centre de la théorie philosophique de l'action depuis Aristote, consiste à réaliser une fin en choisissant les moyens appropriés ; il s'élargit en agir stratégique dès que le calcul de l'acteur intègre les décisions d'au moins un autre acteur, comme dans les théories économiques du choix et des jeux. L'agir régulé par des normes concerne les membres d'un groupe qui orientent leur conduite selon des valeurs communes, chacun pouvant attendre des autres qu'ils s'y conforment. L'agir dramaturgique, décrit à la suite des travaux d'Erving Goffman, vise les participants d'une interaction qui constituent les uns pour les autres un public devant lequel chacun se met en scène et stylise l'expression de sa subjectivité. L'agir communicationnel, enfin, concerne l'interaction d'au moins deux sujets capables de parler et d'agir qui engagent une relation interpersonnelle<ref>Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome I, éd. citée, p. 101-102. L'éditeur français précise en tête du volume que ''Handeln'' y est rendu par « agir » et ''Handlung'' par « action »</ref>. Dans ce dernier modèle, écrit Habermas, « les acteurs recherchent une entente sur une situation d'action » (''Verständigung'') afin de coordonner leurs plans par le consensus plutôt que par l'influence exercée sur autrui<ref>Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome I, éd. citée, p. 102</ref>. La ligne de partage passe entre deux orientations de l'activité. Une action orientée vers le succès est dite instrumentale lorsqu'on l'évalue selon des règles techniques d'intervention sur le monde, stratégique lorsqu'on l'évalue selon des règles de choix rationnel visant à peser sur les décisions d'un partenaire ; une action est communicationnelle lorsque les plans des participants sont coordonnés non par des calculs de succès égocentriques, mais par des actes d'intercompréhension<ref>Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome I, éd. citée, p. 294-296</ref>. Deux situations quotidiennes fixent le contraste. Marchander le prix d'une voiture d'occasion relève de l'agir stratégique : chacun anticipe les réactions de l'autre et dose ses arguments en vue de son propre avantage. Décider entre amis d'une destination de voyage relève, au moins idéalement, de l'agir communicationnel : nul ne cherche d'abord à l'emporter, chacun avance des raisons que les autres peuvent examiner, et la décision vaut parce que tous peuvent l'accepter. Le langage ne sert plus alors de simple canal pour transmettre des informations ou influencer autrui : il devient le médium même de la coordination, parce que toute parole sensée élève des prétentions à la validité (vérité de ce qui est dit, justesse normative de l'acte, véracité du locuteur) que l'interlocuteur peut accepter ou contester en demandant des raisons<ref>Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome I, éd. citée, p. 30-34 et 110-112</ref>. Cette typologie porte une théorie de la société. Le second tome oppose le monde vécu (''Lebenswelt''), arrière-plan de convictions partagées que l'agir communicationnel reproduit, aux systèmes que sont le marché et l'administration, coordonnés par les médiums impersonnels de l'argent et du pouvoir<ref>Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome II : ''Critique de la raison fonctionnaliste'', traduction de Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987, p. 336</ref>. La thèse de la colonisation intérieure soutient que ces sous-systèmes, à mesure que croît leur complexité, empiètent toujours davantage sur la reproduction symbolique du monde vécu : la famille, l'école, la culture ou les loisirs se trouvent saisis par des logiques marchandes et administratives qui leur sont étrangères<ref>Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'', tome II, éd. citée, p. 404</ref>. Sous un vocabulaire nouveau, nous retrouvons une inquiétude ancienne : que devient la ''praxis'' lorsque la rationalité instrumentale prétend régler l'ensemble de la vie commune ? La critique habermassienne prolonge ainsi, en la transformant, la distinction aristotélicienne par laquelle nous avons commencé. == L'action collective et l'agentivité partagée == Si la philosophie de l'action s'est longtemps concentrée sur l'action individuelle, les dernières décennies ont vu émerger un intérêt croissant pour l'action collective et l'agentivité partagée. Nous accomplissons quotidiennement des actions ensemble : jouer dans un orchestre symphonique, déplacer collectivement un meuble lourd, participer à une manifestation politique, ou simplement avoir une conversation. Se réduisent-elles à la somme des actions individuelles de leurs participants, ou requièrent-elles des notions collectives propres ? La question est précisément ce qui divise les conceptions individualistes, relationnelles et collectivistes de l'agentivité partagée<ref>Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989 ; pour une présentation synthétique, Margaret Gilbert, « Collective Action », dans ''A Companion to the Philosophy of Action'', éd. citée, p. 67-73</ref>. Margaret Gilbert a développé le concept de « sujet pluriel » (''plural subject'') pour rendre compte de cette dimension collective de l'agentivité. Selon elle, lorsque plusieurs personnes accomplissent ensemble une action collective, elles forment un [[Dictionnaire de philosophie/Sujet|sujet]] pluriel caractérisé par un engagement conjoint (''joint commitment'') envers le but commun. Cet engagement conjoint crée des obligations particulières entre les participants : chacun doit non seulement faire sa part, mais est également en droit d'attendre des autres qu'ils fassent la leur<ref>Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006</ref>. Michael Bratman propose une analyse différente, fondée sur les intentions partagées (''shared intentions''). Pour lui, nous accomplissons ensemble une action lorsque nos intentions individuelles sont interconnectées d'une manière spécifique : chacun a l'intention que nous menions ensemble l'activité commune, les sous-plans par lesquels chacun compte y contribuer s'emboîtent sans conflit, chacun ajuste sa conduite à celle des autres et se tient prêt à les soutenir, et l'ensemble de ces conditions est de connaissance commune entre les participants<ref>Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014</ref>. Ces analyses de l'action collective soulèvent des questions que les théories de la responsabilité individuelle ne suffisent pas à régler. Qui est responsable des actions accomplies collectivement ? Les individus participants ? Le groupe en tant qu'entité distincte ? Comment attribuer la responsabilité lorsque chaque participant n'a accompli qu'une petite partie de l'action collective, mais que le résultat global est moralement significatif (pensons aux crimes collectifs, aux injustices structurelles, ou aux catastrophes écologiques) ? Ces questions sont d'une grande portée pratique dans notre monde contemporain, où tant d'actions moralement significatives, pour le meilleur et pour le pire, ont un caractère collectif prononcé<ref>Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984</ref>. == Action et structures sociales == La philosophie sociale et politique contemporaine a également exploré la relation complexe entre l'action individuelle et les structures sociales. Cette question se pose avec une acuité particulière dans les débats opposant l'individualisme méthodologique (qui cherche à expliquer les phénomènes sociaux en termes d'actions individuelles) et le holisme (qui accorde une réalité et un pouvoir causal aux structures sociales elles-mêmes). La tradition marxienne, qui pense l'action à partir du travail et des rapports de production, a donné à ce débat l'une de ses formes classiques. Les structures sociales (institutions, normes, pratiques, distributions de pouvoir et de ressources) façonnent puissamment les possibilités d'action des [[Dictionnaire de philosophie/Individu|individus]]. Elles déterminent quelles actions sont disponibles, lesquelles sont encouragées ou découragées, et comment les actions individuelles s'agrègent en résultats collectifs. En même temps, ces structures sont elles-mêmes le produit (souvent non intentionnel) d'actions humaines antérieures. Comprendre cette relation dialectique entre action et structure demeure un problème persistant de la théorie sociale<ref>Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984</ref>. Pierre Bourdieu a développé le concept d'habitus pour penser cette relation. L'habitus désigne un ensemble de dispositions durables, de schèmes de perception et d'action que les individus acquièrent à travers leur socialisation dans des conditions sociales particulières. Ces dispositions structurent les actions individuelles sans les déterminer entièrement, générant des pratiques raisonnables et conformes au sens commun sans requérir une délibération consciente constante. L'habitus rassemble, selon la formule de Bourdieu, des « structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes »<ref>Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980, p. 88</ref> : structuré par les conditions sociales passées, il structure les actions présentes. En sociologisant la vieille notion aristotélicienne d{{'}}''hexis'', Bourdieu retrouve, sur un autre terrain, les analyses de l'habituation présentées plus haut : l'agent n'entre jamais dans l'action en délibérant à partir de rien, mais avec un corps déjà formé. Le concept a suscité une objection récurrente : s'il rend fort bien compte de la reproduction régulière des pratiques, il paraît moins bien expliquer la rupture, la réflexivité et la transformation délibérée des manières d'agir. Cette approche fait apparaître les limites d'une conception purement individualiste de l'action. Nos actions ne sont jamais accomplies dans un vide social ; elles sont toujours situées dans des contextes structurés qui les rendent possibles, leur donnent sens, et orientent leur cours. Reconnaître cette dimension sociale de l'action n'implique pas nécessairement nier la réalité de l'agentivité individuelle, mais invite à une conception plus fine et socialement informée de ce qu'est l'action humaine. Elle rouvre aussi, sous une autre forme, la question de la responsabilité : jusqu'où sommes-nous comptables d'actions qui procèdent de dispositions que nous n'avons pas choisies ? == Conclusion == La notion d'action demeure au cœur de la réflexion philosophique contemporaine. Loin d'être un concept simple et transparent, elle se ramifie, à mesure qu'on l'examine, en une famille de problèmes distincts. De la distinction aristotélicienne entre ''praxis'' et ''poièsis'' aux débats contemporains sur la nature de l'intentionnalité, de la causalité par les raisons, de la liberté et de la responsabilité morale, en passant par l'autonomie kantienne, la ''praxis'' marxienne, la grammaire de l'agir et l'agir communicationnel, la philosophie de l'action continue d'alimenter des débats non résolus. Ces questions ne sont pas de simples curiosités théoriques. Elles touchent à la compréhension que nous avons de nous-mêmes comme agents responsables, capables de façonner nos vies et notre monde commun. Elles informent nos pratiques morales et juridiques d'attribution de la responsabilité, nos efforts éducatifs visant à former le caractère moral, et nos institutions sociales et politiques. Comprendre comment l'action s'insère dans l'ordre causal du monde tout en demeurant attribuable à un agent libre et responsable, comment elle est à la fois individuelle et sociale, intentionnelle et prise dans des structures : tel demeure le problème central pour penser notre condition d'êtres agissants dans le monde. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Textes classiques et historiques === * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', traduction, introduction et notes par Jules Tricot, Paris, Vrin, 1990 ; traduction de Jean-François Thurot (1823) disponible sur [[s:La Morale d’Aristote/Traduction Thurot|Wikisource]]. * Aristote, ''La Politique'', traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1874) disponible sur [[s:La Politique|Wikisource]]. * Maurice Blondel, ''L'Action. Essai d'une critique de la vie et d'une science de la pratique'', Paris, Félix Alcan, 1893. * Maurice Blondel, ''L'Action'', tome II : ''L'Action humaine et les conditions de son aboutissement'' (1937), Paris, Presses universitaires de France, nouvelle édition, 1963. * G.W.F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1821), traduction de Jean-François Kervégan, Paris, Presses universitaires de France, 2003. * Thomas Hobbes, ''Léviathan'' (1651), traduction de François Tricaud, Paris, Sirey, 1971. * David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'' (1748), traduction d'André Leroy revue par Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1983. * Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), traduction de Victor Delbos (1907) disponible sur [[s:Fondements de la métaphysique des mœurs (trad. Delbos)|Wikisource]]. * Karl Marx, « Thèses sur Feuerbach » (1845), dans ''Philosophie'', édition établie par Maximilien Rubel, Paris, Gallimard, 1994. * Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), Paris, Éditions sociales, 1976. * Baruch Spinoza, ''Éthique'' (1677), traduction de Bernard Pautrat, Paris, Éditions du Seuil, 1988 ; traduction de Charles Appuhn (1913) disponible sur [[s:Éthique (Appuhn, 1913)|Wikisource]]. * Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia-IIae, questions 6 à 17 (traité des actes humains). === Philosophie contemporaine de l'action === * G.E.M. Anscombe, ''Intention'' (1957), seconde édition, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2000. * G.E.M. Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958, p. 1-19. * G.E.M. Anscombe, « Under a Description », ''Noûs'', vol. 13, n° 2, 1979, p. 219-233. * Hannah Arendt, ''Condition de l'homme moderne'' (1958), traduction de Georges Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1961. * Pierre Bourdieu, ''Le Sens pratique'', Paris, Éditions de Minuit, 1980. * Michael Bratman, ''Intention, Plans, and Practical Reason'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1987. * Michael Bratman, ''Shared Agency: A Planning Theory of Acting Together'', Oxford, Oxford University Press, 2014. * Roderick Chisholm, ''Person and Object'', La Salle, Open Court, 1976. * Arthur Danto, « Basic Actions », ''American Philosophical Quarterly'', vol. 2, n° 2, 1965, p. 141-148. * Donald Davidson, « Actions, Reasons, and Causes », ''The Journal of Philosophy'', vol. 60, n° 23, 1963, p. 685-700. * Donald Davidson, « The Logical Form of Action Sentences », dans Nicholas Rescher (dir.), ''The Logic of Decision and Action'', Pittsburgh, University of Pittsburgh Press, 1967 ; repris dans ''Essays on Actions and Events''. * Donald Davidson, « Freedom to Act », dans Ted Honderich (dir.), ''Essays on Freedom of Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1973. * Donald Davidson, « Intending », dans Yirmiahu Yovel (dir.), ''Philosophy of History and Action'', Dordrecht, D. Reidel, 1978 ; repris dans ''Essays on Actions and Events''. * Donald Davidson, ''Essays on Actions and Events'', Oxford, Clarendon Press, 1980 ; seconde édition augmentée, 2001. * Vincent Descombes, ''Le Complément de sujet. Enquête sur le fait d'agir de soi-même'', Paris, Gallimard, 2004 ; rééd. avec postface inédite, coll. « Tel », 2018. * Philippa Foot, ''Virtues and Vices and Other Essays in Moral Philosophy'', Oxford, Basil Blackwell, 1978. * Harry Frankfurt, « Alternate Possibilities and Moral Responsibility », ''The Journal of Philosophy'', vol. 66, n° 23, 1969, p. 829-839. * Harry Frankfurt, « Freedom of the Will and the Concept of a Person », ''The Journal of Philosophy'', vol. 68, n° 1, 1971, p. 5-20. * Peter French, ''Collective and Corporate Responsibility'', New York, Columbia University Press, 1984. * Margaret Gilbert, ''On Social Facts'', Londres, Routledge, 1989. * Margaret Gilbert, ''A Theory of Political Obligation'', Oxford, Clarendon Press, 2006. * Anthony Giddens, ''The Constitution of Society'', Cambridge, Polity Press, 1984. * Alvin Goldman, ''A Theory of Human Action'' (Englewood Cliffs, Prentice-Hall, 1970), Princeton, Princeton University Press, 1976. * Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), tome I : ''Rationalité de l'agir et rationalisation de la société'', traduction de Jean-Marc Ferry, Paris, Fayard, 1987. * Jürgen Habermas, ''Théorie de l'agir communicationnel'' (1981), tome II : ''Critique de la raison fonctionnaliste'', traduction de Jean-Louis Schlegel, Paris, Fayard, 1987. * Jennifer Hornsby, ''Actions'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1980. * Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999. * Alasdair MacIntyre, ''Après la vertu'' (1981), traduction de Laurent Bury, Paris, Presses universitaires de France, 1997. * Abraham I. Melden, ''Free Action'', Londres, Routledge & Kegan Paul, 1961. * Maurice Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945. * Timothy O'Connor et Constantine Sandis (dir.), ''A Companion to the Philosophy of Action'', Oxford, Wiley-Blackwell, 2010. * Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Éditions du Seuil, 1990. * Jean-Paul Sartre, ''L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique'', Paris, Gallimard, 1943. * John Searle, ''L'Intentionalité. Essai de philosophie des états mentaux'' (1983), traduction de Claude Pichevin, Paris, Éditions de Minuit, 1985. * R. Jay Wallace, ''Responsibility and the Moral Sentiments'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1994. {{AutoCat}} nlayc1spqf9zdry5y34i7rpli6s24i2 Discussion Wikilivres:Le Bistro/2026 5 83406 769489 769381 2026-07-13T16:11:40Z MediaWiki message delivery 36013 /* Actualités techniques n° 2026-29 */ nouvelle section 769489 wikitext text/x-wiki == Actualités techniques n° 2026-03 == <section begin="technews-2026-W03"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/03|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * La Fondation Wikimedia a publié des questions directrices pour son plan annuel de juillet 2026 à juin 2027 sur les plateformes [[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027/Product & Technology OKRs|Meta]] et ''[[diffblog:2025/12/10/shaping-wikimedia-foundations-2026-2027-annual-goals-key-questions-for-the-wikimedia-movement/|Diff]]''. Celles-ci portent sur les tendances mondiales, une expérimentation plus rapide et plus constructive, un meilleur accompagnement des nouveaux contributeurs, le renforcement du rôle des éditeurs et des utilisateurs avancés, l'amélioration de la collaboration entre les projets, ainsi que le développement et la fidélisation du lectorat. Des commentaires et suggestions sont les bienvenus sur la [[m:Talk:Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027|page de discussion]]. '''Actualités pour la contribution''' * Dans le cadre des travaux en cours de l'équipe technique communautaire sur le projet [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/W372|Listes de surveillance multiples]], l'affichage de [[Special:EditWatchlist|Modifier la liste de surveillance]] sera mis à jour entant que qu'une première étape vers la prise en charge de plusieurs listes de surveillance. De plus, la pagination de [[Special:Search|Recherche]] sera également mise à jour, dans le cadre du travail sur le souhait [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/W186|Refonte de la pagination / navigation des pages]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T411596] * [[m:Special:GlobalWatchlist|La Liste de Surveillance Globale]] est une [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] de MediaWiki qui vous permet de voir vos listes de surveillance provenant de différents wikis sur la même page. Il a récemment été mis à jour pour ressembler davantage à la [[Special:Watchlist|Liste de surveillance]] régulière, par exemple en le préparant pour les comptes temporaires dans le masquage IP (y compris le réacheminement des liens des utilisateurs vers les pages de contributions), en mettant les titres de page en gras et en ouvrant les liens dans les résumés d'édition et les balises dans de nouveaux onglets du navigateur. [https://phabricator.wikimedia.org/T398361][https://phabricator.wikimedia.org/T298919][https://phabricator.wikimedia.org/T273526][https://phabricator.wikimedia.org/T286309] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:28|la tâche soumise|les {{formatnum:28}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:28||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème selon lequel les blocs globaux ne disposaient pas de l'option permettant de désactiver l'envoi d'e-mails a maintenant été résolu et sera disponible à l'utilisation à partir de la semaine du 13 janvier. [https://phabricator.wikimedia.org/T401293] '''Actualités pour la contribution technique''' * L'[[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Citation tool|outil de citation VisualEditor]] et les [[mw:Special:MyLanguage/Help:Reference Previews|Aperçus de référence]] prennent désormais en charge "carte" comme type de référence. [https://phabricator.wikimedia.org/T411083] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.10|MediaWiki]]/[[mw:MediaWiki 1.46/wmf.11|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/03|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W03"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 12 janvier 2026 à 20:33 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29907192 --> == Thank You for Last Year – Join Wiki Loves Ramadan 2026 == Dear Wikimedia communities, We hope you are doing well, and we wish you a happy New Year. ''Last year, we captured light. This year, we’ll capture legacy.'' In 2025, communities around the world shared the glow of Ramadan nights and the warmth of collective iftars. In 2026, ''Wiki Loves Ramadan'' is expanding, bringing more stories, more cultures, and deeper global connections across Wikimedia projects. We invite you to explore the ''Wiki Loves Ramadan 2026'' [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan 2026|Meta page]] to learn how you can participate and [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan 2026/Participating communities|sign up]] your community. 📷 ''Photo campaign on '' [[c:Special:MyLanguage/Commons:Wiki Loves Ramadan 2026|Wikimedia Commons]] If you have questions about the project, please refer to the FAQs: * [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan/FAQ/|Meta-Wiki]] * [[c:Special:MyLanguage/Commons:Wiki Loves Ramadan/FAQ|Wikimedia Commons]] ''Early registration for updates is now open via the '''[[m:Special:RegisterForEvent/2710|Event page]]''''' ''Stay connected and receive updates:'' * [https://t.me/WikiLovesRamadan Telegram channel] * [https://lists.wikimedia.org/postorius/lists/wikilovesramadan.lists.wikimedia.org/ Mailing list] We look forward to collaborating with you and your community. '''The Wiki Loves Ramadan 2026 Organizing Team''' 16 janvier 2026 à 20:44 (CET) <!-- Message envoyé par User:ZI Jony@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Non-Technical_Village_Pumps_distribution_list&oldid=29879549 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-04</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W04"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/04|Translations]] are available. '''Updates for editors''' * The tray shown on [[Special:Diff|Special:Diff]] in mobile view has been redesigned. It is now collapsed by default, and incorporates a link to undo the edit being viewed, making it easier for mobile editors and reviewers to take action while keeping the interface uncluttered. [https://phabricator.wikimedia.org/T402297] * [[m:Special:GlobalWatchlist|The Global Watchlist]] lets you view your watchlists from multiple wikis on one page. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] continues to improve — it now automatically determines the text direction (ensuring correct display of sites with unusual domain names) and shows detailed descriptions for log actions. Later this week, a new permanent link for page creations and CSS classes for each entry element will be added. [https://phabricator.wikimedia.org/T412505][https://phabricator.wikimedia.org/T287929][https://phabricator.wikimedia.org/T262768][https://phabricator.wikimedia.org/T414135] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:32}} community-submitted {{PLURAL:32|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the previously observed issue in Vector 2022, where anchor link targets were obscured by the sticky header, has now been addressed. [https://phabricator.wikimedia.org/T406114] '''Updates for technical contributors''' * As mentioned in the [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2025/44|October 2025 deprecation announcement]], MediaWiki Interfaces team will begin sunsetting all transform endpoints containing a trailing slash from the MediaWiki REST API the week of January 26. Changes are expected to roll out to all wikis on or before January 30th. All API users currently calling them are encouraged to transition to the non-trailing slash versions. Both endpoint variations can be found, compared, and tested using the [https://test.wikipedia.org/wiki/Special:RestSandbox REST Sandbox]. If you have questions or encounter any problems, please file a ticket in Phabricator to the [https://phabricator.wikimedia.org/project/view/6931/ #MW-Interfaces-Team board]. * Interactive reference documentation for the [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia REST API|Wikimedia REST API]] has moved. Requests to API docs previously hosted through [[mw:Special:MyLanguage/RESTBase|RESTBase]] (e.g.: <code dir=ltr>https://en.wikipedia.org/api/rest_v1/</code>) are now redirected to the [[w:en:Special:RestSandbox|REST Sandbox]]. * The [[mw:Special:MyLanguage/Wikidata Platform|WMF Wikidata Platform team]] (WDP) has published its [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Wikidata Platform team/Newsletter|January 2026 newsletter]]. It includes updates on the legacy full-graph endpoint decommissioning, the User-Agent policy change, the monthly Blazegraph migration office hours, and efforts to reduce regressions caused by the legacy endpoint shutdown. As a reminder, you can [[m:Special:MyLanguage/Global message delivery/Targets/WDP team updates|subscribe to the WDP newsletter]]! * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.12|MediaWiki]] '''Meetings and events''' * The [[mw:Wikimedia Hackathon Northwestern Europe 2026|Wikimedia Hackathon Northwestern Europe 2026]] will take place on 13-14 March 2026 in Arnhem, the Netherlands. Applications opened mid-December and will close soon or when capacity is reached. It's a two-day, technically oriented hackathon bringing together Wikimedians from the region. Hope to see you there! '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/04|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W04"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 19 janvier 2026 à 21:29 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29943403 --> == Révision annuelle du code universel de conduite et des lignes directrices de l'application == <section begin="announcement-content" /> Nous vous informons que la période de relecture annuelle du Code de conduite universel et des règles d'applications est actuellement ouverte. Vous pouvez faire vos commentaires sur les modifications que vous souhaitez apporter jusqu'au 9 février 2026. C'est la première d'une série d'étapes nécessaires pour la révision annuelle. Vous trouverez [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Annual review/2026|d'autres informations et les discussions auxquelles participer sur la page UCoC de Meta]]. Le [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Coordinating Committee|Comité de coordination du code universel de conduite]] (U4C &mdash; Universal Code of Conduct Coordinating Committee) est un groupe global dont le rôle est de fournir une implémentation équitable et cohérente de l'UCoC. Cette relecture annuelle a été envisagée et mise en place par l'U4C. Pour plus d'informations et les responsabilités de l'U4C, veuillez lire la [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Coordinating Committee/Charter|Charte de l'U4C]]. Veuillez partager ces informations avec les autres membres concernés de votre communauté. -- En coopération avec l'U4C, [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User talk:Keegan (WMF)|discussion]])<section end="announcement-content" /> 19 janvier 2026 à 22:01 (CET) <!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=29905753 --> == Actualités techniques n° 2026-05 == <section begin="technews-2026-W05"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/05|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * La Fondation Wikimedia invite à donner des commentaires sur [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Year1 Reflections and Proposed Way Forward 2026 Update|l’avenir proposé]] du [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council|Conseil consultatif des produits et technologies]] jusqu’au 28 février. * Tous les utilisateurs disposant d'un compte enregistré peuvent désormais utiliser des clés d'accès pour la [[m:Special:MyLanguage/Help:Two-factor authentication|double authentification]] (2FA). Les clés d'accès sont un moyen simple de se connecter sans utiliser un second appareil. Elles vérifient l'identité de l'utilisateur à l'aide d'une empreinte digitale, d'une reconnaissance faciale ou d'un code PIN. Pour configurer une clé d'accès, configurez d'abord une méthode 2FA classique. Actuellement, pour se connecter avec une clé d'accès, les utilisateurs doivent également utiliser un mot de passe. Plus tard ce trimestre, la connexion sans mot de passe permettra aux utilisateurs de se connecter d'un simple clic avec une clé d'accès. Les utilisateurs disposant de droits avancés devront également avoir la 2FA activée. Cela fait partie du projet [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Account Security|Sécurité du compte]]. * Les contributeurs non enregistrés sur des IP bloquées ou des plages d'IP bloquées peuvent désormais interagir sur le wiki pour faire appel d'un blocage en créant un compte temporaire afin de contester un blocage sur la page de discussion de l'utilisateur, sauf si l'option « empêcher cet utilisateur de modifier sa propre page de discussion » est activée. Cela résout le problème des utilisateurs déconnectés incapables d'utiliser le processus de déblocage par défaut via la page de discussion de l'utilisateur. [https://phabricator.wikimedia.org/T398673] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:20|la tâche soumise|les {{formatnum:20}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:20||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, la description des méthodes d'authentification à deux facteurs (2FA) sur la page de gestion a été mise à jour. Il est désormais plus clair et plus facile pour les utilisateurs à comprendre et à utiliser. [https://phabricator.wikimedia.org/T332385] '''Actualités pour la contribution technique''' * Une nouvelle variable AbuseFilter, <code>account_type</code>, a été ajoutée pour fournir un moyen fiable de déterminer le type de compte créé dans les actions <code>createaccount</code> et <code>autocreateaccount</code>. Dans le cadre de ce changement, la variable <code>accountname</code> a été renommée en <code>account_name</code>, et <code>accountname</code> est désormais obsolète. Les gestionnaires de filtres doivent mettre à jour tous les filtres qui utilisent des vérifications de type de compte codées en dur ou la variable obsolète. [https://phabricator.wikimedia.org/T414049] * Les vignettes d'images demandées dans des tailles non standard, et en utilisant des méthodes non standard telles que les requêtes directes à <code dir=ltr><nowiki>upload.wikimedia.org/…</nowiki></code>, cesseront de fonctionner dans un proche avenir. Ce changement vise à prévenir les abus externes continus par des robots et des aspirateurs web. Certains utilisateurs ayant des CSS/JS personnalisés, les administrateurs d'interface qui peuvent corriger les gadgets et les thèmes locaux, ainsi que les auteurs d'outils, devront mettre à jour leur code pour utiliser des tailles de vignettes standard. [[phab:T414805|Des détails, des liens de recherche et des exemples de correction sont disponibles dans la tâche]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.13|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/05|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W05"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 26 janvier 2026 à 22:17 (CET) <!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29969530 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-06</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W06"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/06|Translations]] are available. '''Updates for editors''' * The "{{int:pageinfo-toolboxlink}}" feature, which gives validating information about a page ([{{fullurl:{{FULLPAGENAME}}|action=info}} example]), now automatically includes a table of contents. If there is a local [[{{ns:8}}:Pageinfo-header]] page created by individual users, it can now be removed. [https://phabricator.wikimedia.org/T363726] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:21}} community-submitted {{PLURAL:21|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, VisualEditor previously added bold or italic formatting inside link descriptions, making the wikicode complex. This has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T409669] '''Updates for technical contributors''' * There was no XML dump on 20 January. Additionally, from now on, dumps will be generated once per month only. [https://phabricator.wikimedia.org/T414389] * The MediaWiki Interfaces team removed support for all transform endpoints containing a trailing slash from the [https://www.mediawiki.org/wiki/Special:MyLanguage/API:REST%20API MediaWiki REST API]. All API users currently calling those endpoints are encouraged to transition to the non-trailing slash versions. If you have questions or encounter any problems, please file a ticket in phabricator to the [https://phabricator.wikimedia.org/project/view/6931/ #MW-Interfaces-Team board]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.14|MediaWiki]] '''Weekly highlight''' * Users are reminded that the Wikimedia Foundation has shared some guiding questions for the July 2026–June 2027 Annual Plan on [[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027/Product & Technology OKRs|Meta]] and ''[[diffblog:2025/12/10/shaping-wikimedia-foundations-2026-2027-annual-goals-key-questions-for-the-wikimedia-movement/|Diff]]''. These focus on global trends, faster and healthier experimentation, better support for newcomers, strengthening editors and advanced users, improving collaboration across projects, and growing and retaining readership. Feedback and ideas are welcome on the [[m:Talk:Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027|talk page]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/06|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W06"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 2 février 2026 à 18:43 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30000986 --> == Actualités techniques n° 2026-07 == <section begin="technews-2026-W07"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * [[File:Maki-gift-15.svg|12px|link=|class=skin-invert|Concerne un souhait]] Les contributeurs connectés qui gèrent de grandes ou complexes listes de suivi peuvent désormais organiser et filtrer les pages surveillées de manière à améliorer leurs flux de travail grâce à la nouvelle fonctionnalité [[mw:Special:MyLanguage/Help:Watchlist labels|Étiquettes de liste de suivi]]. En ajoutant des étiquettes personnalisées (par exemple : pages que vous avez créées, pages surveillées pour vandalisme, ou pages de discussion), les utilisateurs peuvent identifier plus rapidement ce qui nécessite une attention, réduire la charge cognitive et répondre plus efficacement. Cela améliore l'utilisabilité de la liste de suivi, en particulier pour les éditeurs très actifs. * Une nouvelle fonctionnalité disponible sur [[Special:Contributions|Special:Contributions]] montre [[mw:Special:MyLanguage/Trust and Safety Product/Temporary Accounts|des comptes temporaires]] qui sont probablement utilisés par la même personne, et rend ainsi le patrouillage moins chronophage. En vérifiant les contributions d'un compte temporaire, les utilisateurs ayant accès aux adresses IP des comptes temporaires peuvent désormais avoir une vue des contributions des comptes temporaires associés. La fonctionnalité recherche toutes les adresses IP associées à un compte temporaire donné pendant la période de conservation des données et affiche toutes les contributions de tous les comptes temporaires ayant utilisé ces adresses IP. [[mw:Special:MyLanguage/Trust and Safety Product/Temporary Accounts#February 2026: Improvements to the patroller tooling|Plus...]] [https://phabricator.wikimedia.org/T415674] * Lorsque les éditeurs prévisualisent une modification de wikitexte, la boîte de rappel indiquant qu'ils ne voient qu'une prévisualisation (qui est affichée en haut) a désormais un fond gris/neutre au lieu d'un fond jaune/d'avertissement. Cela facilite la distinction entre les notes de prévisualisation et les avertissements réels (par exemple, les conflits de modification ou les cibles de redirection problématiques), qui seront désormais affichés dans des boîtes d'avertissement ou d'erreur séparées. [https://phabricator.wikimedia.org/T414742] * La [[m:Special:GlobalWatchlist|Liste de suivi globale]] vous permet de consulter vos listes de suivi provenant de plusieurs wikis sur une seule page. L' [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] continue de s'améliorer — elle prend désormais en charge correctement plus d'un site Wikibase, par exemple à la fois [[d:|Wikidata]] et [[testwikidata:|testwikidata]]. De plus, des problèmes concernant la direction du texte ont été résolus pour les utilisateurs qui préfèrent Wikidata ou d'autres sites Wikibase dans des langues de droite à gauche (RTL). [https://phabricator.wikimedia.org/T415440][https://phabricator.wikimedia.org/T415458] * <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The automatic "magic links" for ISBN, RFC, and PMID numbers have been [[mw:Special:MyLanguage/Help:Magic links|deprecated in wikitext since 2021]] due to inflexibility and difficulties with localization. Several wikis have successfully replaced RFC and PMID magic links with equivalent external links, but a template was often required to replace the functionality of the ISBN magic link. There is now a new [[mw:Special:MyLanguage/Help:Magic words#isbn|built-in parser function]] <code dir=ltr><nowiki>{{#isbn}}</nowiki></code> available to replace the basic functionality of the ISBN magic link. This makes it easier for wikis who wish to migrate off of the deprecated magic link functionality to do so.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T145604] * Deux nouveaux wikis ont été créés : ** un {{int:project-localized-name-group-wikipedia}} dans [[d:Q35401|Jju]] ([[w:kaj:|<code>w:kaj:</code>]]) [https://phabricator.wikimedia.org/T413283] ** un {{int:project-localized-name-group-wikipedia}} dans [[d:Q1186896|Nawat]] ([[w:ppl:|<code>w:ppl:</code>]]) [https://phabricator.wikimedia.org/T413273] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:23|la tâche soumise|les {{formatnum:23}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:23||s}} la semaine dernière]]. '''Actualités pour la contribution technique''' * Un nouveau groupe d'utilisateurs global a été créé : [[{{int:grouppage-local-bot}}|{{int:group-local-bot}}]]. Il sera utilisé en interne par le logiciel pour permettre aux robots communautaires de contourner les limites de débit appliquées aux [[w:en:Web_scraping|web scrapers]] abusifs. Les comptes approuvés en tant que robots sur au moins un wiki Wikimedia seront automatiquement ajoutés à ce groupe. Cela ne changera pas les autorisations dont dispose le robot. [https://phabricator.wikimedia.org/T415588] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.15|MediaWiki]] '''Rencontres et évènements''' * La [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Users and Developers Conference Spring 2026|Conférence des utilisateurs et des développeurs de MediaWiki, Printemps 2026]] se tiendra du 25 au 27 mars à Salt Lake City, États-Unis. Cet événement est organisé par et pour la communauté MediaWiki de tiers. Vous pouvez proposer des sessions et vous inscrire pour y assister. [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/wikitech-l@lists.wikimedia.org/thread/AZBWVI46SDEB65PGR5J6E4TYOQQEZXM7/] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W07"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 10 février 2026 à 00:30 (CET) <!-- Message envoyé par User:Quiddity (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30026671 --> == Actualités techniques n° 2026-08 == <section begin="technews-2026-W08"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/08|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * <span class="mw-translate-fuzzy">L'[[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Site Reliability Engineering|équipe SRE]] va procéder au nettoyage d'[[m:Special:MyLanguage/Etherpad|Etherpad]], l'éditeur web open source de documents collaboratifs en temps réel. Tous les blocs-notes seront définitivement supprimés après le 30 avril 2026 – si des projets de migration sont encore en cours à cette date, l'équipe pourra réexaminer la date au cas par cas. Veuillez effectuer des sauvegardes locales de tout contenu que vous souhaitez conserver, car les données supprimées ne pourront pas être récupérées. Ce nettoyage permet de réduire la taille de la base de données et l'empreinte de l'infrastructure. Etherpad continuera de prendre en charge la collaboration en temps réel, mais le stockage à long terme n'est plus assuré. D'autres nettoyages pourront avoir lieu ultérieurement sans préavis.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T415237] '''Actualités pour la contribution''' * L'équipe de Recherche d'Informations lancera une [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Information Retrieval/Phase 1|expérimentation sur l'application mobile Android]], afin de tester des fonctionnalités de recherche hybrides capables de gérer à la fois les requêtes sémantiques et par mots-clés. L'amélioration de la recherche sur la plateforme permettra aux lecteurs de trouver plus facilement ce qu'ils cherchent, directement sur Wikipédia. L'expérimentation sera d'abord lancée sur Wikipédia en grec fin février, puis sur les versions anglaise, française et portugaise en mars. [https://diff.wikimedia.org/2026/01/08/semantic-search-making-it-easier-to-find-the-information-readers-want/ En savoir plus] sur le blog ''Diff''. [https://www.mediawiki.org/wiki/Readers/Information_Retrieval] * L'équipe « Croissance des lecteurs » mènera [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/WE3.10.2 Mobile Table of Contents|une expérience]] auprès des utilisateurs de la version mobile du site web qui ajoute une table des matières et développe automatiquement toutes les sections des articles, afin de mieux comprendre les problèmes de navigation qu'ils rencontrent. Le test sera disponible sur les versions arabe, chinoise, anglaise, française, indonésienne et vietnamienne de Wikipedia. * Auparavant, les notifications ([[{{ns:8}}:Sitenotice]] et [[{{ns:8}}:Anonnotice]]) du site ne s'affichaient que sur la version ordinateur. Maintenant, elles s'afficheront désormais sur toutes les plateformes. Les utilisateurs mobiles verront ces notifications. Les administrateurs du site doivent être prêts à tester et à corriger les notifications sur les appareils mobiles afin d'éviter toute interférence avec les articles. Pour désactiver ces notifications, les administrateurs d'interface peuvent ajouter <code dir="ltr">#siteNotice { display: none; }</code> à [[{{ns:8}}:Minerva.css]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T138572][https://phabricator.wikimedia.org/T416644] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:19|la tâche soumise|les {{formatnum:19}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:19||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème concernant la section ''[[Special:RecentChanges|Spécial:Modifications récentes]]'' a été résolu. Auparavant, cliquer sur « Masquer » dans les filtres actifs entraînait la disparition du bouton « Afficher les nouvelles modifications depuis… », alors qu'il aurait dû rester visible. Ce bouton fonctionne désormais correctement. [https://phabricator.wikimedia.org/T406339] '''Actualités pour la contribution technique''' * Une nouvelle documentation est désormais disponible pour aider les rédacteurs à déboguer les fonctionnalités de recherche interne. Elle facilite le dépannage lorsque des pages n'apparaissent pas dans les résultats, lorsque le classement semble inattendu et lorsqu'il est nécessaire d'inspecter le contenu indexé, ce qui permet de mieux comprendre et d'analyser le comportement de la recherche. [[mw:Help:CirrusSearch/Debug|En savoir plus]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T411169] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.16|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/08|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W08"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 16 février 2026 à 20:17 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30086330 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-09</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W09"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/09|Translations]] are available. '''Weekly highlight''' * [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Reference Check|Reference Check]] has been deployed to English Wikipedia, completing its rollout across all Wikipedias. The feature prompts newcomers to add a citation before publishing new content, helping reduce common citation-related reverts and improve verifiability. In A/B testing, the impact was substantial: newcomers shown Reference Check were approximately 2.2 times more likely to include a reference on desktop and about 17.5 times more likely on mobile web. [https://analytics.wikimedia.org/published/reports/editing/reference_check_ab_test_report_final_2025.html] '''Updates for editors''' * The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:InterwikiSorting|InterwikiSorting extension]], which allowed for the [[m:Special:MyLanguage/Interwiki sorting order|sorting of interwiki links]], has been undeployed from Wikipedia. As a result, editors who had enabled interwiki link sorting in non-compact mode (full list format) will now see links reordered. The links moving forward will be listed in the alphabetical order of language code. [https://phabricator.wikimedia.org/T253764] * Later this week, people who are editing a page-section using the mobile visual editor, will notice a new "Edit full page" button. When tapped, you will be able to edit the entire article. This helps when the change you want to make is outside the section you initially opened. [https://phabricator.wikimedia.org/T387175][https://phabricator.wikimedia.org/T409112] * [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|The Reader Experience team]] is inviting editors to assess whether dark mode should still be considered "beta" on their wiki, based on their experience of how well it functions on desktop and mobile. If the feature is deemed mature, editors can update the interface messages in <code dir=ltr>MediaWiki:skin-theme-description</code> and <code dir=ltr>MediaWiki:Vector-night-mode-beta-tag</code> to indicate that dark mode is ready and no longer considered beta. * The improved [[mw:Wikimedia_Apps/Team/iOS/Activity_Tab|Activity tab]] which displays user-insights is now available to all users of the Wikipedia iOS app (version 7.9.0 and later). Following earlier A/B testing that showed higher account creation among users with access to the feature, it has been rolled out to 100% of users along with some updates. The Activity tab now shows your edited articles in the timeline, offers editing impact insights like contribution counts and article view trends, and customization options to improve in-app experience for users. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:21}} community-submitted {{PLURAL:21|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, a bug that prevented [[mw:Special:MyLanguage/Extension:DiscussionTools|DiscussionTools]] from working on mobile has now been fixed, restoring full functionality. [https://phabricator.wikimedia.org/T415303] '''Updates for technical contributors''' * The [[m:Special:GlobalWatchlist|Global Watchlist]] lets you view your watchlists from multiple wikis on one page. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] that makes this possible continues to improve. The latest upgrade is the inclusion of a [[mw:Extension:GlobalWatchlist#hook|new hook]], <code dir=ltr>ext.globalwatchlist.rebuild</code>, which fires after each watchlist rebuild. This allows you to run gadgets and user scripts for the Special page. [https://phabricator.wikimedia.org/T275159] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.17|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/09|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W09"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 23 février 2026 à 20:03 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30119102 --> == Actualités techniques n° 2026-10 == <section begin="technews-2026-W10"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/10|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Le [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments|mode Anniversaire]] Wikipedia 25 est maintenant disponible sur Wikipédia en français, anglais, betawi, breton, chinois, espagnol, gorontalo, indonésien, italien, luxembourgeois, madurais, néerlandais, sicilien, tchèque, thaï et vietnamien ! Cette campagne à temps limitée célèbre 25 ans de Wikipédia avec une mascotte : « Baby Globe », disponible sous la forme d'un réglage. Lorsque ce réglage est activé, Baby Globe est montrée sur [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments/article configuration|environ 2 500 articles]], attendant d'être découverte par des lecteurs. Chaque communauté peut choisir d'activer le mode Anniversaire par consensus et en demandant à un administrateur de le rendre disponible et de le personaliser via une [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments#Community Configuration Demo|configuration]] sur le wiki local. '''Actualités pour la contribution''' * Le [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|sous-référencement]], une nouvelle fonctionalité pour réutiliser des références avec des détails différents est maintenant disponible sur Wikipédia en suédois, polonais et [[:phab:T418209|quelques autres]]. Vous pouvez [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing#test|essayer la fonctionalité]] sur ces projets ou sur testwiki et [https://en.wikipedia.beta.wmcloud.org/wiki/Sub-referencing betawiki]. Les retours des premiers essais sur Wikipédia en allemand ont été [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing/Learnings|publiés dans un rapport]]. Contactez l'équipe de Wikimédia Allemagne si vous êtes [[:m:Talk:WMDE Technical Wishes/Sub-referencing#Pilot wikis|intéressés pour devenir un wiki pilote]]. * La [[mw:Special:MyLanguage/Help:Edit check#Paste check|vérification du collage clavier]] sera disponible sur tous les Wikipédias cette semaine. Cette fonctionalité avertit les nouveaux contributeurs qui collent du texte qu'ils n'ont probablement pas écrit de vérifier si laisser celui-ci risque de causer une violation du droit d'auteur. La vérification du collage clavier [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Tags|marque]] toutes les modifications où l'avertissement a été montré pour permettre leur vérification. Les administrateurs locaux peuvent configurer les différents aspects de cette fonctionalité à travers [[{{#special:EditChecks}}]]. Des [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Paste Check#A/B Experiment|études]] sur 22 wikis ont montré que cette vérification permet une réduction de 18% des annulations comparé au groupe de contrôle. Les traducteurs peuvent [https://translatewiki.net/w/i.php?title=Special%3ATranslate&group=ext-visualeditor-ve-mw-editcheck&filter=&optional=1&action=translate aider à traduire] cette fonctionalité. * <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|Reader Experience team]] will be standardizing the user menu in the top right for all mobile users so that it is closer to the desktop experience. Currently this user menu is only visible to users with Advanced Mobile Controls (AMC) turned on. The only change is that a couple buttons previously in the left-side menu will move to the top right for users who do not have AMC turned on. This change is expected to go out March 9 and seeks to improve the user interface.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T413912] * À partir de la semaine du 2 mars, les emails envoyés lorsqu'une adresse email a été ajoutée, supprimée ou changée pour un compte changera pour adopter un formattage HTML beaucoup plus agréable et plus clair que le texte brut précédent. [https://phabricator.wikimedia.org/T410807] * Les notifications sont actuellement limitées à 2 000 entrées historiques par utilisateur et remontent à 2013 lorsque la fonctionnalité a été publiée. Le système va être modifié pour ne stocker que les notifications des 5 dernières années, mais jusqu'à 10 000 d'entre elles. Cela contribuera à la santé à long terme des infrastructures et à empêcher que les notifications plus récentes disparaissent trop tôt. [https://phabricator.wikimedia.org/T383948] * <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The [[m:Special:GlobalWatchlist|Global Watchlist]] which lets you view your watchlists from multiple wikis on a single page continues to see improvements. The latest update improves label usage experience. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] now allows activating the [[mw:Special:MyLanguage/Manual:Language#Fallback languages|language fallback system]] for Wikidata items without labels in the viewed language, and showing those labels in the user’s preferred Wikidata language if no <code dir=ltr>uselang=</code> URL parameter is provided.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T373686][https://phabricator.wikimedia.org/T416111] * L'équipe Wikipédia Android a commencé un test beta de la [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Information Retrieval/Phase 1|recherche hybride]] sur Wikipédia en grec. Cette recherche hybride supporte les requêtes sémantique et par mot clés, permettant aux utilisateurs de trouver ce qu'ils cherchent plus facilement. * Pour des raisons de sécurité, les membres de certains groupes sont [[m:Special:MyLanguage/Mandatory two-factor authentication for users with some extended rights|forcés d'avoir la double authentification]] (A2F) d'activée. Actuellement, l'A2F n'est nécessaire que pour utiliser les droits du groupe, et non pour en faire partie. Vu que ce système admet certaines failles, il sera [[phab:T418580|changé graduellement en mars]]. Les membres de ces groupes ne pourront plus désactiver la dernière méthose d'A2F sur leur compte, et il sera impossible d'ajouter des utilisateurs sans A2F à ces groupes. Il sera toujours possible de rajouter d'autres méthodes d'authentification et d'en enlever, tant qu'une est toujours activée. Dans la seconde moitié de mars, les utilisateurs sans A2F seront retirés de ces groupes. Cela s'applique aux administrateurs CentralNotice, aux vérificateurs d'utilisateurs, aux administrateurs d'interface, aux masqueurs, aux staff de Wikidata et Wikifonctions ainsi qu'aux bureaux IT et Confiance et sécurité de la WMF. Rien ne changera pour les autres utilisateurs. Voir la tâche liée pour le calendrier de déploiement. [https://phabricator.wikimedia.org/T418580] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:27|la tâche soumise|les {{formatnum:27}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:27||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème empêchant les utilisateurs de créer une instance dans [https://www.wikibase.cloud/ Wikibase.cloud] a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T416807] '''Actualités pour la contribution technique''' * <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">To help ensure [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|fair use of infrastructure]], over the next month the Wikimedia Foundation will implement global API rate limits across our APIs. In early March, stricter limits will be applied to unidentified requests from outside Toolforge/WMCS and API requests that are made from web browsers. In April, higher limits will be applied to identified traffic. These limits are intentionally set as high as possible to minimise impact on the community. Bots running in Toolforge/WMCS or with the bot user right on any wiki should not be affected for now. However, all developers are advised to follow updated best practices. For more information, see [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|Wikimedia APIs/Rate limits]].</span> * <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The Wikidata Query Service Linked Data Fragment (LDF) endpoint will be decommissioned in February. This endpoint served limited traffic, which was successfully migrated to other data access methods that were better suited to support existing use cases. The hardware used to support the LDF endpoint will be reallocated to support the ongoing backend migration efforts.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T415696] * Le nouvel analyseur syntaxique Parsoid [[mw:Special:MyLanguage/Parsoid/Parser Unification/Updates|continue d'être déployés sur plus de wikis]], améliorant la pérennité de la platforme et rendant plus facile l'ajout de nouvelles fonctionalités de lecture et de modification. Parsoid est maintenant l'analyseur par défaut sur 488 wikis de la WMF (268 Wikipédias), couvrant plus de 10% de toutes les lectures de pages Wikipédia. * Le processus et les critères pour [[Special:MyLanguage/Wikimedia Enterprise#Access|demander un accès exceptionnel]] au flux à fort volume de l'API ''Wikimédia Entreprise'' (sans coût pour des utilisations en rapport à notre mission) [[m:Talk:Wikimedia Enterprise#Exceptional access criteria|ont maintenant été publiés]]. Notre but est de donner une documentation plus claire et plus complète aux utilisateurs. * [https://techblog.wikimedia.org/ Le blog Tech], dédié à la communité technique de Wikimédia [https://techblog.wikimedia.org/2026/02/24/a-tech-blog-diff/ va migrer] vers [[diffblog:|Diff]], le blog pour les nouvelles et événements de la communauté. La migration devrait être terminée en Avril 2026, après quoi les nouveaux posts seront acceptés pour être publiés. Les lecteurs pourront lire les posts - anciens ou nouveaux - sur https://diff.wikimedia.org/. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.18|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/10|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W10"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 2 mars 2026 à 18:51 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30137798 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-11</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W11"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/11|Translations]] are available. '''Weekly highlight''' * [[m:Special:MyLanguage/Tech/Server switch|All wikis will be read-only]] for a few minutes on Wednesday, 25 March 2026 at [https://zonestamp.toolforge.org/1774450800 15:00 UTC]. This is for the datacenter server switchover backup tests, [[wikitech:Deployments/Yearly calendar|which happen twice a year]]. During the switchover, all Wikimedia website traffic is shifted from one primary data center to the backup data center to test availability and prevent service disruption even in emergencies. * Last week, all wikis had 2 hours of read-only time, and extended unavailability for user-scripts and gadgets. This was due to a security incident which has since been resolved. Work is ongoing to prevent re-occurrences. For current information please see the [[m:Steward's noticeboard#Statement on Meta about today's user script security incident|post on the Stewards' noticeboard]] ([[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation/Product and Technology/Product Safety and Integrity/March 2026 User Script Incident|translations]]). '''Updates for editors''' * Users facing multiple blocks on mobile will now see the reasons for each block separately, instead of a generic message. This helps them understand why they are blocked and what steps they can take to resolve the issue. For example, users affected for using common VPNs (such as [[Special:MyLanguage/Apple iCloud Private Relay|iCloud Private Relay]]) will receive clearer guidance on what they need to do to start editing again. [https://phabricator.wikimedia.org/T357118] * Later this week, [[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Suggestion Mode|Suggestion Mode]] will become available as a beta feature within the visual editor at all Wikipedias. This feature proactively suggests various types of actions that people can consider taking to improve Wikipedia articles, and learn about related guidelines. The feature is locally configurable, and can also be locally expanded with custom Suggestions. Current settings can be seen at [[Special:EditChecks]] and there are [[mw:Special:MyLanguage/Help:Suggestion mode#For administrators %E2%80%93 local customization|instructions for how administrators can customize]] the links to point to local guidelines. The feature is connected to [[mw:Special:MyLanguage/Help:Edit check|Edit check]] which suggests improvements while someone is writing new content. In the future, the Editing team plans to evaluate the feature's impact with newcomers through a controlled experiment. [https://phabricator.wikimedia.org/T404600] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:23}} community-submitted {{PLURAL:23|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the issue where the cursor became misaligned during the use of CodeMirror’s syntax highlighting, which makes wikitext and code easier to read, has now been fixed. This problem specifically affected users who defined a font rule in a custom stylesheet while creating a new topic with DiscussionTools. [https://phabricator.wikimedia.org/T418793] '''Updates for technical contributors''' * API rate limiting update: To help ensure [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|fair use of infrastructure]], global API rate limits will be applied this week to requests without a compliant User-Agent that originate from outside Toolforge/WMCS and to unauthenticated requests made from web browsers. Higher limits will be applied to identified traffic in April. Bots running in Toolforge/WMCS or with the bot user right on any wiki should not be affected for now. However, all developers are advised to follow updated best practices. For more information, see [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|Wikimedia APIs/Rate limits]]. * The new GraphQL API has been released. The API was developed as a flexible alternative to select features of the Wikidata Query Service (WDQS), to improve developer experience and foster adaptability, and efficient data access. Try it out and [[d:Wikidata:Wikibase GraphQL#Feedback and development|give feedback]]. You can also [https://greatquestion.co/wikimediadeutschland/GraphQLAPI/apply sign up for usability tests]. * The [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Unsupported Tools Working Group|PTAC Unsupported Tools Working Group]] continued improvements to [[commons:Special:MyLanguage/Commons:Video2commons#|Video2Commons]] in February, with fixes addressing authentication errors, large-file handling, task queue visibility, and clearer upload behavior. Work is still ongoing in some areas, including changes related to deprecated server-side uploads. Read [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Unsupported Tools Working Group#February 2026|this update]] to learn more. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.19|MediaWiki]] '''In depth''' * The Article Guidance team invites experienced Wikipedia editors from selected [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Pilot wikis and collaborators#Collaborators|pilot wikis]] and interested contributors from other Wikipedias to fill out this questionnaire which is available in [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfmLeVWnxmsCbPoI_UF2jyRcn73WRGWCVPHzerXb4Cz97X_Ag/viewform English], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd6rzr4XXQw8r4024fE3geTPFe13M_6w7Mitj-YJi0sOlWTAw/viewform?usp=header Arabic], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdok3-RfB18lcugYTUMGkpwmqG_8p760Wv4dCXitOXOszjUDw/viewform?usp=header Bengali], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjTfYp4jEo0akA4B1e-Nfg3QZPCudUjhJzHzzDi6AHyAaMGA/viewform?usp=header Japanese], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScteVoI29Aue4xc72dekk-6RYtvmMgQxzMI900UOawrFrSTWg/viewform?usp=header Portuguese], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSetdxnYwL3ub2vqA7awCg5hJZPMIYcDPaiTe12rY9h0GYnVlw/viewform?usp=header Persian], and [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScNvfJF-Ot-4pzA4qAN771_0QDJ4Li19YcUsaTgSKW8Nc7U_Q/viewform?usp=header Turkish]. Your answers will help the team customize guidance for less experienced editors and help them learn community policies and practices while creating an article. Learn more [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|on the project page]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/11|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W11"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 9 mars 2026 à 19:52 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30213008 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-12</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W12"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/12|Translations]] are available. '''Updates for editors''' * The [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature, also known as [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror 6]], has been used for wikitext syntax highlighting since November 2024. It will be promoted out of beta by May 2026 in order to bring improvements and new [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Features|features]] to all editors who use the standard syntax highlighter. If you have any questions or concerns about promoting the feature out of beta, [[mw:Special:MyLanguage/Help talk:Extension:CodeMirror|please share]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T259059] * Some changes to local user groups are performed by stewards on Meta-Wiki and logged there only. Now, interwiki rights changes will be logged both on Meta-Wiki and the wiki of the target user to make it easier to access a full record of user's rights changes on a local wiki. Past log entries for such changes will be backfilled in the coming weeks. [https://phabricator.wikimedia.org/T6055] * On wikis using [[m:Special:MyLanguage/Flagged Revisions|Flagged Revisions]], the number of pending changes shown on [[{{#Special:PendingChanges}}]] previously counted pages which were no longer pending review, because they have been removed from the system without being reviewed, e.g. due to being deleted, moved to a different namespace, or due to wiki configuration changes. The count will be correct now. On some wikis the number shown will be much smaller than before. There should be no change to the list of pages itself. [https://phabricator.wikimedia.org/T413016] * Wikifunctions composition language has been rewritten, resulting in a new version of the language. This change aims to increase service stability by reducing the orchestrator's memory consumption. This rewrite also enables substantial latency reduction, code simplification, and better abstractions, which will open the door to later feature additions. Read more about [[f:Special:MyLanguage/Wikifunctions:Status updates/2026-03-11|the changes]]. * Users can now sort search results alphabetically by page title. The update gives an additional option to finding pages more easily and quickly. Previously, results could be sorted by Edit date, Creation date, or Relevance. To use the new option, open 'Advanced Search' on the search results page and select 'Alphabetically' under 'Sorting Order'. [https://phabricator.wikimedia.org/T403775] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:28}} community-submitted {{PLURAL:28|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the bug that prevented UploadWizard on Wikimedia Commons from importing files from Flickr has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T419263] '''Updates for technical contributors''' * A new special page, [[{{#special:LintTemplateErrors}}]], has been created to list transcluded pages that are flagged as containing lint errors to help users discover them easily. The list is sorted by the number of transclusions with errors. For example: [[{{#special:LintTemplateErrors}}/night-mode-unaware-background-color]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T170874] * Users of the [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature have been using [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] instead of [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] for syntax highlighting when editing JavaScript, CSS, JSON, Vue and Lua content pages, for some time now. Along with promoting CodeMirror 6 out of beta, the plan is to replace CodeEditor as the standard editor for these content models by May 2026. [[mw:Special:MyLanguage/Help talk:Extension:CodeMirror|Feedback or concerns are welcome]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T419332] * The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] JavaScript modules will soon be upgraded to CodeMirror 6. Leading up to the upgrade, loading the <code dir=ltr>ext.CodeMirror</code> or <code dir=ltr>ext.CodeMirror.lib</code> modules from gadgets and user scripts was deprecated in July 2025. The use of the <code dir=ltr>ext.CodeMirror.switch</code> hook was also deprecated in March 2025. Contributors can now make their scripts or gadgets compatible with CodeMirror 6. See the [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror#Gadgets and user scripts|migration guide]] for more information. [https://phabricator.wikimedia.org/T373720] * The MediaWiki Interfaces team is expanding coverage of REST API module definitions to include [[mw:Special:MyLanguage/API:REST API/Extensions|extension APIs]]. REST API modules are groups of related endpoints that can be independently managed and versioned. Modules now exist for [https://phabricator.wikimedia.org/T414470 GrowthExperiments] and [https://phabricator.wikimedia.org/T419053 Wikifunctions] APIs. As we migrate extension APIs to this structure, documentation will move out of the main MediaWiki OpenAPI spec and REST Sandbox view, and will instead be accessible via module-specific options in the dropdown on the [https://test.wikipedia.org/wiki/Special:RestSandbox REST Sandbox] (i.e., [[{{#Special:RestSandbox}}]], available on all wiki projects). * The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto|Scribunto]] extension provides different pieces of information about the wiki where the module is being used via the [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto/Lua reference manual|mw.site]] library. Starting last week, the library also provides a [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto/Lua reference manual#mw.site.wikiId|way]] of accessing the [[mw:Special:MyLanguage/Manual:Wiki ID|wiki ID]] that can be used to facilitate cross-wiki module maintenance. [https://phabricator.wikimedia.org/T146616] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.20|MediaWiki]] '''In depth''' * The [[m:Special:MyLanguage/Coolest Tool Award|2026 Coolest Tool Award]] celebrating outstanding community tools, is now open for nominations! Nominate your favorite tool using the [https://wikimediafoundation.limesurvey.net/435684?lang=en nomination survey] form by 23 March 2026. For more information on privacy and data handling, please see the [[foundation:Special:MyLanguage/Legal:Coolest_Tool_Award_2026_Survey_Privacy_Statement|survey privacy statement]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/12|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W12"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 16 mars 2026 à 20:35 (CET) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30260505 --> == <span lang="en" dir="ltr">Upcoming deployment of CampaignEvents extension to Wikibooks</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="message"/> Hello everyone, We are writing to inform you that the [[mw:Help:Extension:CampaignEvents|CampaignEvents extension]] will be deployed to all Wikibooks projects during the week of '''23 March 2026'''. This follows last year’s broader rollout across Wikimedia projects. We realized that Wikibooks was not included at the time, and we’re now addressing that to ensure consistency across all communities. The CampaignEvents extension provides tools to support event and campaign organization on-wiki, including features like on-wiki event registration and collaboration lists(global event list). We welcome any questions, feedback, or concerns you may have. We are also happy to support anyone interested in trying out the tools. ''Apologies if this message is not in your preferred language. If you’re able to help translate it for your community, please feel free to do so.'' <section end="message"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:Udehb-WMF|Udehb-WMF]] ([[User talk:Udehb-WMF|discussion]]) 19 mars 2026 à 19:22 (CET)</bdi> <!-- Message envoyé par User:Udehb-WMF@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Udehb-WMF/sandbox/MM_target&oldid=30284073 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-13</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W13"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/13|Translations]] are available. '''Weekly highlight''' * Wikimedia site users can now log in without a password using passkeys. This is a secure method supported by fingerprint, facial recognition, or PIN. With this change, all users who opt for passwordless login will find it easier, faster, and more secure to log in to their accounts using any device. The new passkey login option currently appears as an autofill suggestion in the username field. An additional [[phab:T417120|"Log in with passkey" button]] will soon be available for users who have already registered a passkey. This update will improve security and user experience. The [[c:File:Passwordless_login_screencast.webm|screen recording]] demonstrates the passwordless login process step by step. * [[m:Special:MyLanguage/Tech/Server switch|All wikis will be read-only]] for a few minutes on Wednesday, 25 March 2026 at [https://zonestamp.toolforge.org/1774450800 15:00 UTC]. This is for the datacenter server switchover backup tests, [[wikitech:Deployments/Yearly calendar|which happen twice a year]]. During the switchover, all Wikimedia website traffic is shifted from one primary data center to the backup data center to test availability and prevent service disruption even in emergencies. '''Updates for editors''' * Wikimedia site users can now export their notifications older than 5 years using a [[toolforge:echo-chamber|new Toolforge tool]]. This will ensure that users retain their important notifications and avoid them being lost based on the planned change to delete notifications older than 5 years, as previously announced. [https://phabricator.wikimedia.org/T383948] * Wikipedia editors in Indonesian, Thai, Turkish, and Simple English now have access to Special:PersonalDashboard. This is an [[mw:Special:MyLanguage/Moderator Tools/Dashboard|early version of an experience]] that introduces newer editors to patrolling workflows, making it easier for them to move from making edits to participating in more advanced moderation work on their project. [https://phabricator.wikimedia.org/T402647] * The [[Special:Block]] now has two minor interface changes. Administrators can now easily perform indefinite blocks through a dedicated radio button in the expiry section. Also, choosing an indefinite expiry provides a different set of common reasons to select from, which can be changed at: [[MediaWiki:Ipbreason-indef-dropdown]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T401823] * Mobile editors [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#Logged-out|at several wikis]] can now see an improved logged-out edit warning, thanks to the recent updates from the Growth team. These changes released last week are part of ongoing efforts and tests to enhance [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments|account creation experience on mobile]] and then increase participation. [https://phabricator.wikimedia.org/T408484] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:36}} community-submitted {{PLURAL:36|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the bug that prevented mobile web users from seeing the block information when affected by multiple blocks has been fixed. They can now see messages of all the blocks currently affecting them when they access Wikipedia. '''Updates for technical contributors''' * Images built using Toolforge will soon get the upgraded buildpacks version, bringing support for newer language versions and other upstream improvements and fixes. If you use Toolforge Build Service, review the recent [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/cloud-announce@lists.wikimedia.org/thread/EMYTA32EV2V5SQ2JIEOD2CL66YFIZEKV/ cloud-announce email] and update your build configuration as necessary to ensure your tools are compatible. [https://wikitech.wikimedia.org/w/index.php?title=Help:Toolforge/Building_container_images&oldid=2392097#Buildpack_environment_upgrade_process][https://phabricator.wikimedia.org/T380127] * The [https://api.wikimedia.org/wiki/Main_Page API Portal] documentation wiki will shut down in June 2026. API keys created on the API Portal will continue to work normally. api.wikimedia.org endpoints will be deprecated gradually starting in July 2026. Documentation on the API Portal is moving to [[mw:Wikimedia APIs|mediawiki.org]]. Learn more on the [[wikitech:API Portal/Deprecation|project page]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.21|MediaWiki]] '''In depth''' * [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes|WMDE Technical Wishes]] is considering improvements to [[m:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names|automatically generated reference names in VisualEditor]]. Please check out the [[m:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names#Proposed solutions|proposed solutions]] and participate in the [[m:Talk:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names#Request for comment|request for comment]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/13|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W13"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 23 mars 2026 à 17:51 (CET) <!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30268305 --> == Actualités techniques n° 2026-14 == <section begin="technews-2026-W14"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/14|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Le version Beta de [[abstract:|Abstract Wikipedia]], un nouveau projet Wikimédia indépendant du langage, a été lancée la semaine dernière. Ce projet permet aux communautés de construire des articles Wikipédia dans leur langue natale, qui peuvent directement être lus par les autres utilisateurs et utilisatrices dans leur propre langage. Le wiki fonctionne grâce à des instructions de Wikifunctions et au contenu structuré issu de Wikidata. [[:f:Special:MyLanguage/Wikifunctions:Status updates/2026-03-26|En savoir plus]]. '''Actualités pour la contribution''' * L'équipe Croissance mène un test A/B afin d'évaluer l'effet d'un message plus clair et plus convivial encourageant à la création de comptes sur les wikis. Actuellement, lorsqu'un utilisateur mobile non connecté lance la modification, un message d'avertissement s'affiche, pouvant paraître abrupt et décourageant. Il présente également la modification par compte temporaire comme option par défaut, au lieu d'inciter à la création d'un compte. Le test est mené sur dix Wikipédia, dont les versions en arabe, français, espagnol et allemand. [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#2. Improve logged-out warning message (T415160)|En savoir plus]]. * L'équipe des applications Wikimédia sollicite vos commentaires sur [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Apps/Team/Future of Editing on the Mobile Apps|comment devrait fonctionner l'édition dans les applications mobiles Wikipédia]]. La discussion porte sur l'amélioration de l'accès aux outils d'édition lorsque les utilisateurs appuient sur « Modifier ». Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large visant à offrir aux lecteurs intéressés par la contribution une expérience utilisateur plus intuitive. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:45|la tâche soumise|les {{formatnum:45}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:45||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème avec la récupération de citations à partir du site d'archive de journaux [https://www.newspapers.com Newspapers.com], qui ne fonctionnait plus en raison d'un blocage des requêtes [[mw:Special:MyLanguage/Citoid|Citoid]], a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T419903] '''Actualités pour la contribution technique''' * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.22|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/14|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W14"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 30 mars 2026 à 21:25 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30329462 --> == Action Required: Update templates/modules for electoral maps (Migrating from P1846 to P14226) == Hello everyone, This is a notice regarding an ongoing data migration on Wikidata that may affect your election-related templates and Lua modules (such as <code>Module:Itemgroup/list</code>). '''The Change:'''<br /> Currently, many templates pull electoral maps from Wikidata using the property [[:d:Property:P1846|P1846]], combined with the qualifier [[:d:Property:P180|P180]]: [[:d:Q19571328|Q19571328]]. We are migrating this data (across roughly 4,000 items) to a newly created, dedicated property: '''[[:d:Property:P14226|P14226]]'''. '''What You Need To Do:'''<br /> To ensure your templates and infoboxes do not break or lose their maps, please update your local code to fetch data from [[:d:Property:P14226|P14226]] instead of the old [[:d:Property:P1846|P1846]] + [[:d:Property:P180|P180]] structure. A [[m:Wikidata/Property Migration: P1846 to P14226/List|list of pages]] was generated using Wikimedia Global Search. '''Deadline:'''<br /> We are temporarily retaining the old data on [[:d:Property:P1846|P1846]] to allow for a smooth transition. However, to complete the data cleanup on Wikidata, the old [[:d:Property:P1846|P1846]] statements will be removed after '''May 1, 2026'''. Please update your modules and templates before this date to prevent any disruption to your wiki's election articles. Let us know if you have any questions or need assistance with the query logic. Thank you for your help! [[User:ZI Jony|ZI Jony]] using [[Utilisateur:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]] ([[Discussion utilisateur:MediaWiki message delivery|discussion]]) 3 avril 2026 à 19:11 (CEST) <!-- Message envoyé par User:ZI Jony@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Non-Technical_Village_Pumps_distribution_list&oldid=29941252 --> == Actualités techniques n° 2026-15 == <section begin="technews-2026-W15"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/15|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * L’[[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CampaignEvents|extension CampaignEvents]] comprend désormais une nouvelle fonctionnalité de définition d’objectifs de groupe, permettant aux organisateurs de définir et de suivre les objectifs de l’événement, tels que le nombre d’articles créés et de contributeurs participants en temps réel. De même, les participants peuvent travailler vers des cibles communes et voir leur impact collectif au fur et à mesure que l’événement se déroule. Cette fonctionnalité est désormais disponible sur tous les wikis Wikimedia. Pour en savoir plus, consultez [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CampaignEvents/Registration/Collaborative contributions#Goal setting|la documentation]]. * [[File:Maki-gift-15.svg|12px|link=|class=skin-invert|Concerne un souhait]] La nouvelle fonctionnalité d'[[mw:Special:MyLanguage/Help:Watchlist labels|étiquettes de liste de suivi]] (annoncée dans les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|Actualités techniques 2026-07 ]]) est désormais disponible via l'ÉditeurVisuel, l'éditeur de code et l'«étoile de suivi»(ou le lien de suivi, pour les habillages qui n'ont pas d'icône d'étoile). Auparavant, il n'était possible d'attribuer des étiquettes que via [[Special:EditWatchlist|Modifier la liste de suivi]]. Dans ces trois emplacements, il s'agit d'un nouveau champ situé après le champ d'expiration. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:23|la tâche soumise|les {{formatnum:23}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:23||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème où les pages de discussion sur mobile avec Parsoid sont inutilisables après les en-têtes de section vides, a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T419171] '''Actualités pour la contribution technique''' * La [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|fonctionnalité de sous-référencement]], qui permet aux contributeurs d'ajouter des détails à une référence existante sans la dupliquer, sera progressivement déployée sur [[phab:T414094|davantage de wikis]] plus tard cette année. Les wikis utilisant le gadget [[mw:Special:MyLanguage/Reference Tooltips|Reference Tooltips]] sont encouragés à mettre à jour leur version (généralement sur [[m:MediaWiki:Gadget-ReferenceTooltips.js|MediaWiki:Gadget-ReferenceTooltips.js]] comme indiqué [https://en.wikipedia.org/w/index.php?diff=1344408362 ici]) pour assurer la compatibilité. D'autres gadgets liés aux références pourraient également être affectés. [https://phabricator.wikimedia.org/T416304] * Toutes les éditions de Wikinews seront fermées et passeront en mode lecture seule le 4 mai 2026. Le contenu restera accessible, mais aucune nouvelle modification ni aucun nouvel article ne pourra être ajouté. Cette fermeture a été approuvée par le Conseil d'administration de la Fondation Wikimedia à la suite de discussions prolongées. [[m:Wikimedia Foundation Board noticeboard#Board of Trustees Approves Closure of Wikinews|En savoir plus]]. * L'[[:mw:Special:MyLanguage/API:Action API|API d'action]] a proposé plusieurs formats pour les résultats demandés. L'un d'entre eux, <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>format=php</nowiki></code></bdi>, sera bientôt supprimé. Veuillez vous assurer que vos scripts ou robots utilisent le [[mw:Special:MyLanguage/API:Data formats#Output|format JSON]]. Cette suppression devrait affecter très peu de scripts et de robots. [https://phabricator.wikimedia.org/T118538] * La page [[Special:NamespaceInfo|Special:NamespaceInfo]] inclut désormais les alias d'espace de noms. Par exemple «WP» pour l'espace de noms ''Projet'' (''Wikipédia'') sur la Wikipédia en allemand. [https://phabricator.wikimedia.org/T381455] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.23|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/15|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W15"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 6 avril 2026 à 18:19 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30362761 --> == <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-16</span> == <div lang="en" dir="ltr"> <section begin="technews-2026-W16"/><div class="plainlinks"> Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/16|Translations]] are available. '''Weekly highlight''' * Experienced editors are invited to [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Main_Page test] the [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|Article guidance]] feature, designed to help less-experienced editors create well-structured, policy-compliant Wikipedia articles. Testing instructions are [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Test feature guide|available]]. Also, after reviewing [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Category:Pages_using_article_guidance the outlines], please provide feedback on the [[mw:Talk:Article guidance|project talk page]]. Based on your input, the feature will be refined and transferred to the pilot Wikipedias to translate and adapt. Check out [[c:File:Article Guidance workflow demo - April 2026.webm|the video]] explaining the feature. '''Updates for editors''' * On most wikis, all autoconfirmed users can now use [[Special:ChangeContentModel|Special:ChangeContentModel]] page to [[mw:Special:MyLanguage/Help:ChangeContentModel|create new pages with custom content models]], such as mass message lists, making custom page formats more accessible. Check [[Special:ListGroupRights|Special:ListGroupRights]] for the status of your wiki. [https://phabricator.wikimedia.org/T248294] * The Growth team has launched an [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account_Creation_Experiments|account creation experiment]] to evaluate whether adding an account creation button to the mobile web header increases new account registrations and encourages more mobile users to contribute to the wikis. The experiment is currently live on Hindi, Indonesian, Bengali, Thai, and Hebrew Wikipedia, and targets 10% of logged-out mobile web users. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:30}} community-submitted {{PLURAL:30|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, an issue where VisualEditor could get stuck loading on Windows devices with animations turned off, has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T382856] '''Updates for technical contributors''' * Starting later this week, {{int:group-abusefilter}} who have the [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature enabled will have [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] instead of [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] as the editor at [[Special:AbuseFilter|Special:AbuseFilter]]. This is part of the broader effort to make the user experience more consistent across all editors. [https://phabricator.wikimedia.org/T399673][https://phabricator.wikimedia.org/T419332] * Tools and bots that access the [[mw:Special:MyLanguage/Notifications/API|Notifications API]] (<bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>action=query&meta=notifications</nowiki></code></bdi>) will need to update their OAuth or BotPassword grants to also include access to private notifications. [https://phabricator.wikimedia.org/T421991] * Due to a library upgrade, listings on category pages may be displayed out of order starting on Monday, 20th April. A migration script will be run to correct this, and will take hours to days depending on the size of the wiki (up to a week for English Wikipedia). [https://phabricator.wikimedia.org/T422544] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.24|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/16|Translate]]&nbsp;• [[m:Tech|Get help]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].'' </div><section end="technews-2026-W16"/> </div> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 13 avril 2026 à 17:19 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30380527 --> == Actualités techniques n° 2026-17 == <section begin="technews-2026-W17"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/17|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Après deux ans de développement, la version [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]], également connue sous le nom de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror 6]], sortira de sa phase bêta le mardi 21 avril. Elle offrira une meilleure lisibilité du code et du wikitext, une réduction des fautes de frappe et d'autres [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|avantages]] à tous les utilisateurs du surligneur de syntaxe standard. Un grand merci au bénévole [https://phabricator.wikimedia.org/p/Bhsd/ Bhsd] qui a développé de nombreuses nouvelles fonctionnalités, notamment [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Code folding|le repliement de code]], [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Autocompletion|la saisie semi-automatique]] et [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Linting|l'analyse statique du code]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T259059] * Une mise à jour majeure de l'application Wikipédia pour iOS est en cours de déploiement, en restructurant l'interface pour s'harmoniser avec le tout nouveau design visuel "Liquid Glass" d'Apple. [https://apps.apple.com/us/app/wikipedia/id324715238 Télécharger la dernière version] et découvrez les nouveautés. '''Actualités pour la contribution''' * [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/WE3.3.4 Reading lists|Les listes de lecture]] est une fonctionnalité qui permet aux lecteurs d'enregistrer des articles dans une liste pour les lire ultérieurement. Cette fonctionnalité est actuellement en version bêta sur les Wikipédias en arabe, français, indonésien, vietnamien et chinois, et activée par défaut pour tous les nouveaux comptes sur toutes les Wikipédias. * Une expérimentation visant à étendre [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Mobile page previews|les aperçus de page au web mobile]] sera lancée la semaine du 20 avril sur les versions arabe, anglaise, française, italienne, polonaise et vietnamienne de Wikipédia. Les aperçus de page sont des fenêtres contextuelles affichant une miniature, un premier paragraphe et un lien bleu permettant d'ouvrir l'article complet, facilitant ainsi la découverte de contenu. Cette fonctionnalité est déjà disponible sur ordinateur et dans les applications. [[m:Special:MyLanguage/List of experiments in Product and Technology#Template|En savoir plus sur cette expérimentation et d'autres]]. * Sur plusieurs wikis, les contributeurs connectés qui n'ont pas [[mw:Special:MyLanguage/Help:Email confirmation|confirmé leur adresse électronique]] peuvent désormais voir une bannière les invitant à le faire. La confirmation de l'adresse électronique permet à un utilisateur de récupérer l'accès à son compte en cas de perte. [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Account Security#Encouraging users to confirm their email addresses|En savoir plus]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T421366] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:15|la tâche soumise|les {{formatnum:15}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:15||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème qui entraînait des ralentissements lors de la modification de très grandes pages wiki dans l'éditeur wikitext de 2017, des problèmes de chargement, de prévisualisation et de défilement, ainsi que des problèmes de performance lors de la sélection, de la découpe ou du collage de contenu, a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T184857] '''Actualités pour la contribution technique''' * Dans le cadre de la promotion de [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|CodeMirror]] à partir d'une fonctionnalité bêta, tous les utilisateurs se serviront de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] au lieu de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] pour la coloration syntaxique lors de l'édition de pages de contenu JavaScript, CSS, JSON, Vue et Lua. [https://phabricator.wikimedia.org/T419332] * <span class="mw-translate-fuzzy">Le service <code>mirrors.wikimedia.org</code> pour les utilisateurs de Debian et Ubuntu sera définitivement arrêté le 15 mai. Le matériel du serveur sera remplacé par des solutions plus performantes. Certains utilisateurs devront peut-être migrer vers un autre serveur qui ne devra prendre qu'une minute. [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/wikitech-l@lists.wikimedia.org/thread/LJYRIS4WB66HIRCAO4GIDTXCMDVZRBMA/ Vous pouvez en savoir plus].</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T416707] * Les tables <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>image</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>oldimage</nowiki></code></bdi> seront supprimées de [[wikitech:Help:Wiki Replicas|wikireplicas]]. Si vos outils ou requêtes accèdent directement à <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>image</nowiki></code></bdi> ou <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>oldimage</nowiki></code></bdi>, veuillez les mettre à jour pour utiliser les tables <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>file</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>filerevision</nowiki></code></bdi> avant le 28 mai. [https://phabricator.wikimedia.org/T28741] * Suite à la récente mise en place de limites de débit globales pour les API non identifiées, la Fondation Wikimedia poursuit ses efforts pour garantir [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|une utilisation équitable de l'infrastructure]] en appliquant des limites globales au trafic des API identifiées à partir de la dernière semaine d'avril. Ces limites sont volontairement fixées au niveau le plus élevé possible afin de minimiser l'impact sur la communauté. Les bots exécutés dans Toolforge/WMCS ou disposant des droits d'utilisateur de bot sur un wiki ne devraient pas être affectés pour le moment. Toutefois, il est conseillé à tous les développeurs de suivre les bonnes pratiques mises à jour. Pour plus d'informations, consultez la page [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|API Wikimedia/Limites de débit]] et la [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits/FAQ|Foire aux questions]]. * L'[[mw:Special:MyLanguage/Attribution API|API d'attribution]] est désormais disponible en [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Stability policy|version bêta]]. Elle récupère les informations nécessaires pour créditer les articles et les fichiers multimédias de Wikimedia, quel que soit leur lieu d'utilisation. La documentation de référence est disponible sur la page dédiée au Sandbox REST, accessible sur tous les wikis Wikimedia (comme [https://en.wikipedia.org/w/index.php?api=attribution.v0-beta&title=Special%3ARestSandbox le sandbox REST de Wikipédia en anglais]). N'hésitez pas à partager vos commentaires sur la [[mw:Talk:Attribution API|page de discussion du projet]]. * Il n'y aura pas de nouvelle version de MediaWiki cette semaine. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/17|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W17"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 20 avril 2026 à 17:00 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30432763 --> == Request for comment (global AI policy) == <bdi lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr"> Apologies for writing in English. {{int:Please-translate}} A [[:m:Requests for comment/Artificial intelligence policy|request for comment]] is currently being held to decide on a global AI policy. {{int:Feedback-thanks-title}} [[Utilisateur:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]] ([[Discussion utilisateur:MediaWiki message delivery|discussion]]) 26 avril 2026 à 02:57 (CEST) </bdi> <!-- Message envoyé par User:Codename Noreste@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=30424282 --> == Actualités techniques n° 2026-18 == <section begin="technews-2026-W18"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/18|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * Un changement dans la manière dont les utilisateurs et utilisatrices sont automatiquement confirmés est en cours pour améliorer la protection contre le vandalisme. Actuellement, il suffit d’avoir un compte depuis quelques jours avec quelques contributions pour être ajouté au groupe [[{{int:grouppage-autoconfirmed/{{CONTENTLANGUAGE}}}}|{{int:group-autoconfirmed}}]]. Cette configuration tend à être exploitée par certains vandales qui créent des comptes et commencent à les utiliser après un certain temps. Pour réduire ce problème, la configuration va changer la semaine prochaine afin que l’âge du compte minimum pour être confirmé automatiquement ne soit calculé qu’à partir de la première modification, au lieu de la date d’inscription. L’âge minimum du compte restera le même, c’est seulement le point de départ pour calculer cet âge qui change. Ce changement ne sera déployé que sur les wikis qui nécessitent au moins une contribution pour satisfaire les conditions de confirmation automatique. [https://phabricator.wikimedia.org/T418484] * Tous les utilisateurs et utilisatrices de Wikipédia avec un nouveau compte et ceux qui ont activé l’option « activer automatiquement la plupart des fonctionnalités bêta » peuvent désormais utiliser la fonctionnalité bêta de [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/WE3.3.4 Reading lists|listes de lecture]] pour enregistrer des articles à lire plus tard. Cela permet d’organiser les lectures qui nous intéressent à un endroit unique pour y accéder facilement. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:30|la tâche soumise|les {{formatnum:30}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:30||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème avec les images d’infoboite qui avaient une marge intérieure immense dans Firefox a été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T423676] '''Actualités pour la contribution technique''' * Pour rappel, la limite globale d’accès à l’API sera appliquée cette semaine pour identifier le trafic de l’API. Le but est d’aider à garantir un [[mw:MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|accès équitable à l’infrastructure]]. Les robots qui s’exécutent dans Toolforge ou WMCS, ou avec le droit utilisateur ''robot'' sur les wikis, ne devraient pas être affectés pour le moment. Cependant, il est conseillé à tous les développeurs et développeuses de se conformer aux nouvelles bonnes pratiques à suivre. Pour plus d’informations, notamment la limite globale d’accès effective, consultez [[mw:Wikimedia APIs/Rate limits|la page sur la limite d’accès des API de Wikimedia]] et les [[mw:Wikimedia APIs/Rate limits/FAQ|questions-réponses]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.26|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/18|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W18"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 27 avril 2026 à 20:06 (CEST) <!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30458046 --> == Actualités techniques n° 2026-19 == <section begin="technews-2026-W19"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/19|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * L’équipe chargée des fonctionnalités de [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|Guidage des articles]] invite les contributeurs et contributrices expérimentés des [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Pilot wikis and collaborators|Wikipédia pilotes]] (arabe, bangla, japonais, portugais, persan, turc, anglais simplifié, espagnol et français) à contribuer à la traduction et à l’adaptation des [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Category:Pages_using_article_guidance exemples de trames d’articles]. Ces trames guideront les contributeurs dans la création d’articles clairs, bien structurés et conformes aux règles lors de l’utilisation de [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Special:NewArticle la fonctionnalité] dès son lancement en mai 2026. Des [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance#Adapting a sample outline in a Wikipedia|instructions simples]] expliquant comment traduire et adapter ces trames sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * Le [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council|Conseil consultatif sur les produits et les technologies]] a publié [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/May 2026 draft PTAC recommendation for feedback|une proposition de recommandation]] d’une procédure type que les organisations affiliées à Wikimedia pourraient suivre pour contribuer au domaine technique. Les membres de la communauté sont invités à donner leur avis sur cette recommandation avant le 8 mai [[:m:Talk:Product and Technology Advisory Council/May 2026 draft PTAC recommendation for feedback|sur la page de discussion]]. * Le nombre de préférences de taille de la miniature disponibles dans MediaWiki va être réduit à trois options standardisées : ''petite'' (180 px), ''moyenne'' (250 px) et ''large'' (400 px), dans le cadre du travail en cours pour améliorer les performances et réduire la pression sur les services de miniatures. Par conséquent, les préférences existantes seront automatiquement adaptées à la nouvelle taille la plus proche (par exemple, les petites tailles comme 120 px ou 150 px s’afficheront à 180 px, tandis que les grandes tailles comme 300 px ou 360 px s’afficheront à 400 px). L’interface des préférences sera bientôt mise à jour pour refléter ces changements, et les utilisateurs qui souhaitent s’y opposer ou donner leur avis peuvent le faire. [https://phabricator.wikimedia.org/T424909] * Dorénavant, même lorsqu’une permission expire automatiquement, les utilisateurs recevront une notification Echo similaire à la notification normale pour les changements de permissions. Quant au [[m:Special:MyLanguage/Global reminder bot|robot global de rappel]], il continue de prévenir les utilisateurs une semaine ''avant'' que leurs droits ne soient sur le point d’expirer, afin qu’ils puissent les faire renouveler. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:32|la tâche soumise|les {{formatnum:32}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:32||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème du sélecteur de langue ULS dans [[m:Special:Translate|Special:Translate]] qui faisait défiler verticalement alors qu’il ne devait pas, a été résolu. Auparavant, lorsque les utilisateurs ouvraient le menu déroulant « Traduire en français » et commençaient à saisir le nom d’une langue, la boîte de dialogue défilait verticalement de quelques pixels même lorsqu'il y avait suffisamment d’espace pour afficher tous les résultats. Le menu déroulant ne se déplace plus inutilement lors du filtrage des langues. [https://phabricator.wikimedia.org/T358864] * La [[m:Special:GlobalWatchlist|liste de suivi globale]], qui vous permet de consulter vos listes de suivi provenant de plusieurs wikis sur une seule page, continue de s’améliorer. Par exemple, les listes de suivi pour les sites avec Wikibase tels que [[:d:|Wikidata]] prennent désormais en charge les éléments [[mw:Special:MyLanguage/Extension:EntitySchema|EntitySchema]] pour un meilleur suivi. Le mode Mises à jour en direct actualise désormais la page spéciale toutes les 60 secondes afin de se conformer aux [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|nouvelles limites globales d’accès à l’API]] pour une meilleure réactivité en temps réel. Par ailleurs, un bug de directionnalité du texte qui affichait les liens comme « changements 3 » au lieu de « 3 changements » dans les listes à directions mixtes a été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T415450][https://phabricator.wikimedia.org/T424422][https://phabricator.wikimedia.org/T418091] '''Actualités pour la contribution technique''' * La deuxième phase de [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|limitations globales d’accès à l’API]] a été déployée pour réduire l’[[diffblog:2026/03/26/quo-vadis-crawlers-progress-and-whats-next-on-safeguarding-our-infrastructure/|impact des robots IA]] et assurer un accès équitable et durable aux ressources de Wikimedia, en donnant la priorité au trafic humain et conforme à notre mission. Les [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits#Limits|limites]] ne s’appliquent plus par heure mais par minute, produisant une meilleure répartition dans les structures de trafic ainsi qu’une meilleure prévisibilité de la charge de l’API. Les utilisateurs de la communauté ne devraient pas être affectés, et aucune action n’est requise. Les premières indications montrent que certains requérants basés sur l'agent utilisateur ajustent leur comportement, et environ 64 % du trafic API automatisé a été identifié. La surveillance continue, et Wikimedia Enterprise reste disponible pour l’assistance commerciale. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.27|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/19|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W19"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 4 mai 2026 à 22:43 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30498077 --> == Actualités techniques n° 2026-20 == <section begin="technews-2026-W20"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/20|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * La Communauté Technique a publié [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/How to write a good wish|de nouvelles directives]] expliquant comment les souhaits sur la Liste de souhaits de la communauté sont triés et priorisés. La documentation vise à aider les contributeurs à rédiger des propositions plus solides en clarifiant les facteurs qui influencent les décisions de priorisation. Au-delà du nombre de votes, les directives mettent en avant des considérations telles que l'impact potentiel sur la communauté pour déterminer quels souhaits avanceront. '''Actualités pour la contribution''' * L'équipe de croissance des lecteurs lance une expérience pour tester une nouvelle [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader_Growth/Share_Card|fonctionnalité de Partage de Carte]] qui permet aux lecteurs de créer des cartes visuellement attrayantes à partir d'articles Wikipédia ou de sections d'articles sélectionnées et de les partager en ligne, chaque carte renvoyant à l'article original afin d'aider à augmenter le lectorat et la découverte des articles. Le test A/B réservé aux mobiles ne sera disponible qu'à une partie des lecteurs sur les Wikipédia en arabe, chinois, français, vietnamien et anglais afin de mieux comprendre les habitudes de lecture et de partage, et est prévu pour commencer la semaine du 18 mai pour une durée de quatre semaines. * Les applications Wikipedia pour Android et iOS ont récemment publié en version bêta le [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia_Apps/Team/25th_Birthday_Reading_Challenge|défi de lecture de 25 jours]], dans le cadre des efforts visant à stimuler l'engagement des lecteurs en encourageant les utilisateurs à atteindre des objectifs de lecture. Pour suivre leur série de lectures pendant le défi, les utilisateurs de l'application peuvent ajouter un widget avec Baby Globe à leur écran d'accueil. Le défi commence officiellement le 11 mai. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:17|la tâche soumise|les {{formatnum:17}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:17||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème où la préférence globale pour activer la coloration syntaxique dans le wikitexte pouvait s'éteindre de manière inattendue après avoir été activée a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T425286] '''Actualités pour la contribution technique''' * [[File:Octicons-tools.svg|12px|link=|alt=|Sujet technique]] Le module ResourceLoader <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>mediawiki.ui.input</nowiki></code></bdi>, obsolète depuis [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2023/39|septembre 2023]], sera supprimé cette semaine. Il existe un [[mw:Special:MyLanguage/Codex/Migrating_from_MediaWiki_UI|guide pour migrer de l’interface MediaWiki UI vers Codex]] pour tous les outils qui l’utilisent. [https://phabricator.wikimedia.org/T420125] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.2|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/20|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W20"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 11 mai 2026 à 21:20 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30524429 --> == Actualités techniques n° 2026-21 == <section begin="technews-2026-W21"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/21|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * L'équipe de Wikipédia abstraite a identifié cinq wikis pilotes potentiels pour évaluer leur intérêt à adopter des articles abstraits sur leurs wikis. Les pilotes sont Wikipédia en Malayalam, en Bengali, en Dagbani, en Arabe et en Indonésien. La période de retour d'information sera ouverte jusqu'au 22 mai. Si votre communauté est intéressée à devenir un pilote, [[m:Talk:Abstract Wikipedia|faites-nous savoir sur Meta]]. '''Actualités pour la contribution''' * Une expérience visant à afficher [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists|les listes de lecture]] aux lecteurs non connectés sur le web mobile sera lancée le 18 mai sur les Wikipédias Allemande, Espagnole, Italienne, Portugaise, Polonaise, Néerlandaise, Turque et Ourdou, et durera un mois. Cet effort soutient des objectifs plus larges consistant à aider les lecteurs à enregistrer et organiser des articles pour une lecture ultérieure, tout en encourageant des habitudes qui pourraient mener à de futures contributions sur Wikipédia. * Pour prendre en charge un bouton de marquage dans la fonctionnalité bêta Liste de lecture, le menu "Outils > Action" a été mis à jour pour afficher des icônes, y compris l'indicateur en forme d'étoile de suivi qui aide les éditeurs à identifier les articles suivis temporairement. Les icônes correspondent désormais également à celles utilisées sur mobile, améliorant la cohérence entre les plateformes. Le changement est actuellement limité au menu des actions et concerne principalement les éditeurs ayant des droits d'utilisateur privilégié. [https://phabricator.wikimedia.org/T426008] * [[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Suggestion Mode|Mode de Suggestion]] a été publié en tant qu'[[w:en:A/B test|test A/B]] pour les nouveaux éditeurs sur le site mobile à [[phab:T421189|~15 Wikipédias]]. L'expérience mesurera l'impact que le Mode de Suggestion a sur la proportion de sessions d'édition sur le web mobile par des nouveaux éditeurs qui aboutissent à des modifications constructives (non annulées) des articles. L'expérience évaluera également l'impact de la fonctionnalité sur la rétention des éditeurs et surveillera les changements dans les taux d'annulation et de blocage. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:27|la tâche soumise|les {{formatnum:27}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:27||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème dans l'application Android de Wikipédia où les images pourraient parfois ne pas se charger après avoir ouvert une notification de liste de lecture recommandée, a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T418231] '''Actualités pour la contribution technique''' * L'[[mw:Special:MyLanguage/Wikidata Platform|équipe de la Plateforme Wikidata]] a publié sa [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:SPARQL query service/WDQS backend update/Backend Replacement|recommandation de remplacement du backend]] et l'[[wikitech:Wikidata Query Service/WDQS Architecture re-design|architecture technique]] qui l'accompagne pour la migration du Wikidata Query Service (WDQS) hors de Blazegraph grap. Les retours sont attendus jusqu'au 25 mai 2026, en particulier sur les éventuelles lacunes et impacts sur les cas d'utilisation avancés. Les membres de la communauté Wikidata et les utilisateurs de WDQS sont également encouragés à aider à identifier les outils et flux de travail à fort impact qui pourraient nécessiter une attention sur [[d:Wikidata:SPARQL query service/WDQS backend update/High-Impact Use Cases|cette page]]. Les retours peuvent être partagés sur la [[d:Wikidata talk:SPARQL query service/WDQS backend update|page de discussion de la migration]] ou lors de la [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Blazegraph Migration Office Hours|prochaine heure de bureau]]. Voir le [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Wikidata Platform team/Newsletter|bulletin de l'équipe WDP]] pour plus de détails. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.3|MediaWiki]] '''En détails''' * Sur les Wikipédia en anglais, en français, en japonais et quelques autres, il y a eu un [[diffblog:2025/09/02/better-detecting-bots-and-replacing-our-captcha/|essai de hCaptcha]], un service tiers de détection de robots. L'essai a montré que hCaptcha détecte et dissuade efficacement certaines activités automatisées de mauvaise foi, à la fois par lui-même et en donnant des signaux aux [[w:en:Wikipedia:Village pump (technical)/Archive 225#Introducing SuggestedInvestigations|checkusers et stewards]] pour qu'ils enquêtent. Comme les résultats étaient positifs, hCaptcha sera déployé sur toutes les wikis au cours des prochaines semaines. [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Anti-abuse signals/hCaptcha|Voir la page du projet hCaptcha]] pour des informations techniques sur la mise en œuvre et les protections de la vie privée. [[diffblog:2026/05/04/better-detecting-bots-and-replacing-our-captcha-part-2/|En savoir plus]]. * La dernière mise à jour de la Technologie communautaire est désormais disponible, avec des progrès dans plusieurs initiatives de la Liste de souhaits communautaire, y compris l'extension des listes de lecture de l'application mobile au site web, la prise en charge de nouvelles langues pour "Who Wrote That" et le Tableau de bord personnel, des améliorations du rendu 3D et des graphiques, ainsi que des travaux à venir sur le tri des pages de discussion, la lecture audio et les flux de travail d'édition. La mise à jour partage également les priorités actuelles, les tendances de l'état de la Liste de souhaits et les opportunités de retour d'information de la communauté sur les domaines de concentration futurs et le Plan annuel 2026–2027 de la Wikimedia Foundation. [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/Updates#May 13, 2026: Latest updates from the Community Tech team|Lisez le bulletin d'information complet pour plus de détails]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/21|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W21"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 18 mai 2026 à 22:21 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30539262 --> == Actualités techniques n° 2026-22 == <section begin="technews-2026-W22"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/22|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Faisant suite à une [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#LOWM|expérience fructueuse sur la création de comptes]], un message d'avertissement pour les personnes déconnectées sera déployé sur les wikis Wikimédia durant la première semaine de juin. Ce changement n'affectera que les personnes déconnectées sur l'interface web mobile qui commencent à modifier. Cette nouvelle expérience est faite pour encourager la création de comptes, tout en autorisant aux utilisateurs de modifier à l'aide de comptes temporaires. Les résultats de l'expérience ont montré une augmentation de la création de compte d'environ 27 % pour ceux ayant vu le nouveau message. Comme prévu, puisque plus de personnes créent un compte, la création de comptes temporaires a diminué de 16 %. L'expérience n'a pas montré d'autres changements sur la qualité des modifications ou sur les autres indicateurs surveillés. [https://phabricator.wikimedia.org/T424595] '''Actualités pour la contribution''' * Pour des raisons de sécurité, les membres de certains groupes d’utilisateurs sont [[m:Special:MyLanguage/Mandatory two-factor authentication for users with some extended rights|forcés d'avoir l'authentification à 2 facteurs]] (A2F) d'activée. Les membres de ces groupes seront dans l'impossibilité de désactiver la dernière méthode d'A2F sur leur compte, et il sera impossible d'ajouter des utilisateurs sans A2F à ces groupes. Ces utilisateurs auront toujours la possibilité d'ajouter ou d'enlever des nouvelles méthodes d'authentification, tant qu'une de ces méthodes est toujours activée. Dans les prochaines semaines, les utilisateurs sans A2F seront retirés de ces groupes. Cela s'applique entre autres aux bureaucrates. Veuillez lire les tâches liées pour les dates de déploiement. [https://phabricator.wikimedia.org/T423119][https://phabricator.wikimedia.org/T423120] * L'[[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes|équipe des souhaits techniques de Wikimédia Allemagne (WMDE)]] va lancer un [[w:fr:Test A/B|test A/B]] sur [[:phab:T415904|10 wikis]], pour essayer des [[m:WMDE Technical Wishes/References/Reference Previews|améliorations potentielles pour les aperçus de références]]. Cette expérience durera environ 2 semaines à la fin mai ou début juin et affectera 10 % du lectorat sur ordinateur sur les wikis participants. * Après deux expériences fructueuses, l'équipe Croissance du lectorat déploiera une fonctionnalité de [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Image Browsing|visionnage d'images]] en bêta pour toutes les Wikipédia sur mobile le 25 mai. Cela veut dire que toutes les personnes ayant les fonctionnalités bêtas activées verront cette fonctionnalité. Les autres pourront l’activer dans leurs préférences. Cette fonctionnalité inclura un carrousel de toutes les images d'un article en haut de celui-ci, avec la possibilité pour les contributeurs d’[[mw:Readers/Reader_Growth/Image_Browsing#Phase_2.1_beta_feature|exclure des images du carrousel d'un article ou d'enlever la fonctionnalité pour l'entièreté de l'article]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:30|la tâche soumise|les {{formatnum:30}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:30||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, les fichiers STL tridimensionnels étaient affichés incorrectement par l'extension 3D du lecteur multimédia, ce qui est maintenant corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T416723] '''Actualités pour la contribution technique''' * Les classes CSS dépréciées <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>tleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>tright</nowiki></code></bdi> ont été remplacées par <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatright</nowiki></code></bdi> car les premières ne fonctionnent pas correctement sur toutes les plateformes, dont l'interface web mobile et l'application mobile. Les projets se servant de ces classes sont encouragés à vérifier leur usage et à planifier leur migration. Sachez que <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatright</nowiki></code></bdi> pourraient aussi être dépréciées dans le futur, même s’il n'y a pas de calendrier défini. [[phab:T426452|En savoir plus]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.4|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/22|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W22"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 25 mai 2026 à 23:52 (CEST) <!-- Message envoyé par User:Quiddity (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30584502 --> == Votez maintenant aux élections 2026 de l'U4C == <section begin="announcement-content" /> Les votants éligibles sont invités à participer à l'élection 2026 du [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee|Comité de coordination du Code de conduite universel]]. De plus amples informations – notamment sur la vérification de l'éligibilité, le processus de vote, les candidats et un lien vers le scrutin – sont disponibles sur Meta à la [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026|page d'informations sur les élections de 2026]]. Le scrutin se termine le 2 juin 2026 à [https://zonestamp.toolforge.org/1780358400 00 h 00 UTC]. Veuillez voter si votre compte est éligble. Les résultats seront disponibles avant le 14 juin 2026. -- en coopération avec l'U4C.<section end="announcement-content" /> [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User talk:Keegan (WMF)|talk]]) 27 mai 2026 à 19:14 (CEST) <!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=30513860 --> == Actualités techniques n° 2026-23 == <section begin="technews-2026-W23"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/23|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * L'équipe [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|Reader Experience]] mène une expérience pour montrer la fonctionnalité [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists|listes de lecture]], qui est encore en développement, aux lecteurs non connectés sur mobile afin de tester si elle encourage la création de compte à un rythme plus élevé que le bouton watchstar. L'[[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists#Experiment timeline|expérience]] a été lancée le 18 mai sur les wikis en allemand, espagnol, italien, portugais, polonais, néerlandais, turc et ourdou, et elle durera un mois. * L'équipe Wikimedia Apps a publié la [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Apps/Team/Explore Feed Refresh/Phase 1|Phase 1]] du flux d'accueil repensé pour l'application Android Beta. Le nouveau flux d'accueil comprend un onglet « Communauté » actualisé et un onglet « Pour vous » personnalisé contenant des recommandations de lecture mises à jour quotidiennement. La refonte fait partie d'un effort plus large visant à améliorer la découverte de contenu et à créer des expériences d'apprentissage plus engageantes dans les applications Wikipédia. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:18|la tâche soumise|les {{formatnum:18}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:18||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème où les images pouvaient ne pas se charger pour certaines modifications suggérées sur [[w:Special:Homepage|Special:Homepage]], laissant la vignette bloquée dans un état de chargement, a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T424048] '''Actualités pour la contribution technique''' * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.5|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/23|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W23"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 1 juin 2026 à 23:08 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30613639 --> == Actualités techniques n° 2026-24 == <section begin="technews-2026-W24"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/24|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Wikimedia Entreprise a relevé les limites d’utilisation gratuite de ses API. La limite mensuelle de requêtes pour l’API « à la demande » (<i lang="en">On-demand</i>) est passée de {{formatnum:5000}} à {{formatnum:50000}} requêtes, tandis que celle de l’API des instantanés (<i lang="en">Snapshot</i>) est passée de 15 à 30 requêtes par mois. De plus, les instantanés de contenus structurés sont désormais accessibles aux comptes gratuits. Ces changements élargissent l’accès aux données de Wikimedia Entreprise pour les développeurs et développeuses, les chercheurs et chercheuses et les organisations qui utilisent les contenus Wikimédia. [https://enterprise.wikimedia.com/blog/enhanced-free-api] '''Actualités pour la contribution''' * La [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia_Apps/Team/Explore Feed Refresh/Phase 1|nouvelle version du Fil d’exploration]], désormais appelé « Fil d’accueil », est en cours de déploiement auprès de 50 % des utilisateurs de l’application Wikipédia pour Android. Le fil d’accueil aide le lectorat à découvrir du contenu pertinent grâce à deux nouveaux onglets : « Communauté » et « Pour vous ». L’onglet « Communauté » propose un flux défilant de contenus sélectionnés et d’actualités provenant de l’ensemble de la communauté et du mouvement Wikimédia, tandis que l’onglet « Pour vous » offre une expérience en plein écran et par glissement qui présente des contenus adaptés aux centres d’intérêt de l’utilisateur ou utilisatrice. Cette refonte s’inscrit dans le cadre d’un travail en cours visant à améliorer la découverte et à enrichir l’expérience d’apprentissage au sein de l’application Wikipédia. * Le jeu-questionnaire quotidien [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Apps/Team/iOS/"Which came first?" Game|Qu’est-ce qui est arrivé en premier ?]] est désormais disponible dans la version bêta de l’application Wikipédia pour iOS en anglais, allemand, français, portugais, russe, espagnol, arabe, chinois et turc. Le jeu s’appuie sur des événements historiques tirés de la rubrique « Éphéméride » de Wikipédia et met les lecteurs au défi de deviner lequel des deux événements s’est produit en premier. Le jeu avait déjà été lancé sur Android. Les communautés souhaitant rendre le jeu disponible dans leur langue peuvent [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia_Apps/Team/Games#Game availability by language|consulter les instructions et les conditions requises]]. * [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|Les sous-références]], une nouvelle fonctionnalité de MediaWiki permettant aux contributeurs de réutiliser des références avec des détails différents, va commencer à être déployée sur les wikis Wikimédia après une phase pilote réussie. Le déploiement débutera le 8 juin pour la plupart des [[wikitech:Deployments/Train#Wednesday|wikis du groupe 1]] et Wikipédia en français, puis d'autres éditions linguistiques de Wikipédia bénéficieront de cette fonctionnalité au cours des prochains mois. Les communautés sont invitées à se préparer en vérifiant s’il existe des [https://translatewiki.net/w/i.php?title=Special%3ATranslate&group=ext-cite&language=en&action_source=search&filter=%21translated&optional=1&action=translate messages non traduits de l’extension Cite] dans leur langue et en passant en revue toute utilisation de l’outil [[mw:Special:MyLanguage/Reference Tooltips|Infobulles des références]], qui pourraient nécessiter des [[:phab:T416304#11668731|mises à jour]] pour prendre en charge la nouvelle fonctionnalité. Les wikis utilisant les [[mw:Special:MyLanguage/Help:Reference Previews|aperçus de référence]] n’ont aucune action à entreprendre. Les communautés peuvent également créer la [[Special:TrackingCategories|catégorie de suivi]] ''cite-tracking-category-ref-details'' en tant que catégorie cachée à l’aide de <code><nowiki>__HIDDENCAT__</nowiki></code> (ou d’un modèle dédié), et la relier à l’élément Wikidata correspondant [[d:Q129764848]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T425662] * L'[[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Mobile page previews#Experimentation|expérience d'Aperçus de page]] sur le Web mobile a pris fin. L'équipe a décidé de ne pas déployer cette fonctionnalité après que les résultats ont montré qu'elle n'avait pas d'impact statistiquement significatif sur la fidélisation des lecteurs, l'amélioration de la fidélisation étant le principal indicateur de réussite. Les « Aperçus de page », déjà disponibles sur ordinateur et dans les applications, affichent une vignette, le premier paragraphe et un lien vers l'article complet lorsque les lecteurs cliquent sur un lien bleu. L'expérience a testé cette fonctionnalité sur le Web mobile sur six versions de Wikipédia. * La [[mw:Special:MyLanguage/Codex/Design/Icons|bibliothèque d'icônes de l'interface utilisateur]] sera [[phab:T399175|mise à jour dans le courant de cette semaine ou la semaine prochaine]]. La plupart des quelque 300 icônes ont été légèrement peaufinées et une trentaine de nouvelles icônes ont été ajoutées. Ces modifications améliorent les icônes afin de les rendre plus cohérentes et plus compréhensibles, et d'offrir un meilleur équilibre visuel lorsqu'elles sont utilisées en groupe. * L'interface [[mw:Special:MyLanguage/Universal Language Selector|Sélecteur universel de langue]] (ULS) de MediaWiki, qui aide les utilisateurs à sélectionner du contenu dans d'autres langues, a été mise à jour. La nouvelle version améliore la rapidité et l'accessibilité, et les utilisateurs des projets Wikimédia peuvent désormais épingler des langues pour changer de langue plus rapidement. Le déploiement sur les sites Wikimédia se fera progressivement au cours des prochaines semaines. Vous pouvez la tester dès maintenant en tant que fonctionnalité bêta en sélectionnant [[Special:Preferences#mw-prefsection-betafeatures|les fonctionnalités bêta]] dans les préférences de votre profil et partager vos commentaires sur [[mw:Special:MyLanguage/Universal Language Selector/New ULS|la page du projet]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:21|la tâche soumise|les {{formatnum:21}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:21||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème du le tableau de bord d'analyse des pages vues sur pageviews.wmcloud.org qui a arrêté de mettre à jour les données graphiques en mai 2026, affectant tous les utilisateurs, a été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T427171] '''Actualités pour la contribution technique''' * La signature de la fonction <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>mw.util.addPortletLink()</nowiki></code></bdi> a été simplifiée. Les développeurs peuvent désormais passer un objet de configuration à la place d'une liste de paramètres positionnels lors de la création de liens vers des portlets. L'ancienne signature de la fonction reste prise en charge à des fins de compatibilité ascendante. Par exemple, au lieu de : <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>mw.util.addPortletLink('p-cactions', '#', 'Stub', 'ca-stubtag', 'Add a stub tag to this page');</nowiki></code></bdi>, utilisez <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>mw.util.addPortletLink('p-cactions', { href: '#', text: 'Stub', id: 'ca-stubtag', tooltip: 'Add a stub tag to this page' });</nowiki></code></bdi>. Les responsables de la maintenance des scripts sont invités à passer en revue les utilisations existantes de <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>addPortletLink()</nowiki></code></bdi> et à les mettre à jour si nécessaire. Cette modification sera disponible sur tous les wikis à partir du 11 juin. Merci à Gerges, bénévole de la communauté, d'avoir apporté cette amélioration. [https://phabricator.wikimedia.org/T427945] * '''Discussion sur la liste de souhaits de la communauté''': les [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/Updates#May 20, 2026: Community Tech becomes a program|changements introduits]] par les équipes Produit et Technologie visent à augmenter le nombre et la complexité des souhaits exaucés, notamment par la dissolution de l'équipe Community Tech. Ils [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/Updates|mènent actuellement des discussions]] sur une [[m:Talk:Community Wishlist#Proposed direction for Wishlist|orientation proposée pour la liste de souhaits]] émanant des membres de la communauté. Cela inclut des moyens de structurer le vote annuel, un meilleur suivi des souhaits, la suppression de certains domaines prioritaires et des [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/Updates|mises à jour concernant le personnel]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.6|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/24|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W24"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 8 juin 2026 à 23:29 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30650573 --> == Actualités techniques n° 2026-25 == <section begin="technews-2026-W25"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/25|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * L'[[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth|équipe chargée de la croissance du lectorat]] a lancé une fonctionnalité bêta d'[[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Image Browsing|exploration des images]] sur la version mobile de toutes les Wikipédias. Cette fonctionnalité affiche un carrousel d'images en haut des articles contenant au moins trois images. Les contributeurs peuvent configurer cette fonctionnalité à l'aide des commandes suivantes : pour masquer une image spécifique sur une page, utilisez soit <code>class=notpageimage</code> pour l'exclure des aperçus miniatures, soit <code>class=noviewer</code> pour l'exclure de MediaViewer. Le carrousel peut également être désactivé complètement sur une page à l'aide du mot magique <code><nowiki>__NOMEDIAVIEWERCAROUSEL__</nowiki></code>. Pour faire des retours ou signaler des bugs, rendez-vous sur la [[mw:Talk:Readers/Reader Growth/Image Browsing|page de discussion du projet]]. * Les [[mw:Special:MyLanguage/Help:Tables#class="wikitable"|Wikitables]] peuvent désormais être [[mw:Special:MyLanguage/Help:Sortable tables#Forcing the initial sort direction|triées par ordre décroissant]] dès le premier clic en ajoutant <code dir=ltr>data-sort-order="desc"</code> à la cellule d'en-tête. Auparavant, par défaut, cliquer une première fois sur l'en-tête d'une colonne entraînait un tri par ordre croissant. Cette nouveauté offre davantage de contrôle et de flexibilité pour les Wikitables, tandis que le comportement par défaut pour les clics suivants reste inchangé. [https://phabricator.wikimedia.org/T398416] '''Actualités pour la contribution''' * La fonctionnalité d'[[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|Aide à la rédaction d'articles]] est actuellement en phase de test auprès de certains contributeurs qui créent de nouveaux articles sur les Wikipédias en anglais simplifié, en français et en turc. L'expérience débutera bientôt sur les Wikipédias en arabe et en bengali également. [[w:simple:Special:NewArticle|Cette fonctionnalité]] fournit aux contributeurs des conseils élaborés par la communauté afin de les aider à créer des articles conformes aux normes communautaires. Les contributeurs expérimentés peuvent continuer à créer ou à adapter des modèles pour des types d'articles spécifiques qui sont couramment créés par des contributeurs moins expérimentés. Ces modèles guident les contributeurs moins expérimentés dans la création d'articles de haute qualité. Un guide rapide des balises utilisées dans les modèles est disponible sur [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Test feature guide#Markups in outlines|cette page]]. [[w:fr:Projet:Aide à la rédaction d'articles#Liste de plans d'aide à la rédaction|Des exemples de modèles]] pouvant être adaptés, ainsi que des instructions sur la manière de les adapter, se trouvent dans [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance#Adapting a sample outline in a Wikipedia|cette section]] de la page du projet. * Les wikis qui souhaitent remplacer le bouton « indéfiniment » dans la page Special:Block pour les comptes temporaires (par exemple, les wikis qui bloquent les utilisateurs temporaires uniquement jusqu'à l'expiration de leur compte) pourront le faire en créant [[MediaWiki:ipb-indefinite-expiry-temporary-account]] avec la durée de blocage souhaitée. [https://phabricator.wikimedia.org/T427125] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:41|la tâche soumise|les {{formatnum:41}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:41||s}} la semaine dernière]]. '''Actualités pour la contribution technique''' * D'ici la fin du mois de juin, une chaîne « user-agent » valide sera requise pour les téléchargements automatisés de sauvegardes depuis le site dumps.wikimedia.org. Les requêtes automatisées fournissant une chaîne « user-agent » générique ou vide seront bloquées. Cette mesure [[phab:T400119|renforce l'application]] de la [[foundation:Special:MyLanguage/Policy:Wikimedia Foundation User-Agent Policy|politique relative à l'agent utilisateur]] en vigueur depuis longtemps. L'accès aux sauvegardes via Wikimedia Cloud Services restera inchangé. * La mise en place des [[mw:Wikimedia APIs/Rate limits|limites de débit des API]] à l'échelle mondiale est désormais achevée ; ces limites s'appliquent à toutes les API et sont fixées aux niveaux indiqués dans la documentation pour tous les groupes. Les bots fonctionnant sur Toolforge/WMCS ou disposant du droit d'utilisateur « bot » sur n'importe quel wiki restent exemptés. Tous les bots doivent continuer à respecter les bonnes pratiques décrites dans la documentation afin d'éviter d'être soumis à des limites de débit. * Le [https://api.wikimedia.org/wiki/Main_Page wiki du portail API] sera en lecture seule à partir de cette semaine (du 15 au 18 juin). La semaine suivante (du 22 au 25 juin), toutes les URL du wiki du portail API redirigeront vers [[mw:Wikimedia APIs|les API Wikimedia sur mediawiki.org]]. Pour en savoir plus, consultez la [[wikitech:API Portal/Deprecation|page du projet]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.7|MediaWiki]] '''Rencontres et évènements''' * Le 17 juin à 18 h (UTC), la WMF organisera une réunion sur Discord consacrée à la revue de code. L'[[mw:Special:MyLanguage/Developer Satisfaction Survey/2026|enquête sur la satisfaction des développeurs]] nous a permis de constater que les bénévoles rencontrent des difficultés avec la revue de code, et nous souhaitons discuter de ces expériences afin de trouver des solutions concrètes. Vous pouvez rejoindre la réunion [https://discord.gg/wikipedia?event=1514727511102062664 via le serveur Discord de la communauté Wikimedia]. * La [[m:Special:MyLanguage/Conferencia Wikimedia de América Latina 2026|Conférence Wikimedia d'Amérique latine]] organisera un hackathon régional qui réunira la communauté technique du mouvement Wikimedia, notamment des développeurs, des administrateurs système, des data scientists et des utilisateurs disposant de droits étendus. Les contributeurs techniques intéressés peuvent [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSf4osJzTHBJjQbYJk7TMVEJjTEQv7IgtsUDfP-o-qTgeRQQxw/viewform postuler à une bourse] pour y participer jusqu'au 21 juin à minuit (heure de la Bolivie, UTC-4). * Inscrivez-vous aux Wikimania Team Challenges pour participer à cet événement exceptionnel. Les défis par équipe se dérouleront en ligne et en présentiel les 21 et 22 juillet, avant la conférence Wikimania. Tout le monde est le bienvenu, quelles que soient ses compétences ou son inscription à Wikimania. Les équipes travailleront sur 10 défis importants visant à soutenir la communauté Wikimedia. Pour plus de détails, rendez-vous sur [[wmania:Special:MyLanguage/2026:Team challenges|la page des défis par équipe]] et [https://wikimedia.eventyay.com/wm/teamchallenges/ inscrivez-vous ici]. Les inscriptions se terminent le 20 juin à 23 h UTC. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/25|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W25"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 15 juin 2026 à 18:48 (CEST) <!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30689604 --> == Actualités techniques n° 2026-26 == <section begin="technews-2026-W26"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/26|D’autres traductions]] sont disponibles. '''En lumière cette semaine''' * Les [[mw:Special:MyLanguage/Growth/Feature summary|fonctionnalités de croissance]] sont [[phab:T418115|désormais disponibles sur Wikidata]]. Cette mise à jour permet d'accéder au mentorat ([[mw:Special:MyLanguage/Help:Growth/Mentorship|s'il est configuré]]), au module Impact, au panneau d'aide et à une page d'accueil simplifiée pour les nouveaux arrivants (sans les suggestions de modifications). Les administrateurs de Wikidata continuent de paramétrer ces fonctionnalités via la configuration communautaire. '''Actualités pour la contribution''' * La page spéciale [[{{#special:RangeCalculator}}]] a été créée. Elle permet aux utilisateurs de trouver une plage d'adresses IP sans avoir à recourir à des outils externes. Jusqu'à présent, cet outil n'était accessible qu'aux CheckUsers. [https://phabricator.wikimedia.org/T268429] * Les [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|sous-références]] sont une nouvelle fonctionnalité de MediaWiki qui permet aux contributeurs de réutiliser des références en modifiant certains détails. Elle sera déployée le 23 juin, sur la plupart des versions de Wikipédia de petite et moyenne taille. La [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing#deployment|FAQ]] répertorie les mesures à prendre sur votre wiki pour faciliter ce déploiement. Consultez le [[:phab:T414094|plan de déploiement]] pour connaître les prochaines étapes. [https://phabricator.wikimedia.org/T428902] * À partir de la semaine prochaine, les utilisateurs recevront une notification lorsqu'ils seront bloqués ou débloqués pour l'édition, ou si ce blocage venait à changer. [https://phabricator.wikimedia.org/T100974] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:32|la tâche soumise|les {{formatnum:32}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:32||s}} la semaine dernière]]. '''Actualités pour la contribution technique''' * À partir de la semaine prochaine, les filtres anti-abus configurés pour « exiger une vérification par CAPTCHA » s'appliqueront également aux utilisateurs disposant du droit <code>skipcaptcha</code>, ce qui inclut la plupart des utilisateurs auto-confirmés. Les bots en sont exemptés. Ce changement ne concerne que les modifications qui déclenchent un filtre anti-abus. Le droit <code>skipcaptcha</code> continuera à exempter les utilisateurs de l'obligation de résoudre des CAPTCHA dans le cadre d'une utilisation normale des wikis. [https://phabricator.wikimedia.org/T402595] * La documentation de référence relative à l'[[wikitech:Machine_Learning/LiftWing/API|API Lift Wing]] a été déplacée du portail API vers le [https://wikitech.wikimedia.org/w/index.php?api=lift-wing&title=Special%3ARestSandbox bac à sable REST] interactif. * Le wiki du Portail API est désormais fermé. Pour consulter la documentation relative aux API, rendez-vous sur [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia_APIs|Wikimedia APIs sur mediawiki.org]]. À compter du 22 juin, toutes les URL du wiki du Portail API (https://api.wikimedia.org/wiki/) redirigeront vers la page de mediawiki.org. [https://phabricator.wikimedia.org/T427537] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.8|MediaWiki]] '''Rencontres et évènements''' * Participez à une visioconférence le 25 juin à 14 h 30 UTC pour rencontrer les stagiaires actuels de Wikimédia participant au [[mw:Google_Summer_of_Code/2026|Google Summer of Code]] et à [[mw:Outreachy/Round_32|Outreachy]]. Les stagiaires présenteront leurs projets et feront une brève démonstration du travail qu'ils ont réalisé jusqu'à présent. Les participants sont invités à [[mw:event:Google_Summer_of_Code/Summer_2026_June_Internship_open_session|partager leurs idées et leurs contacts au sein de leur communauté]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/26|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W26"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 23 juin 2026 à 15:05 (CEST) <!-- Message envoyé par User:Trizek (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30722494 --> == RFC about AI-generated content in Wikimedia Commons == <bdi lang="en" dir="ltr">Apologies for writing in English, please help translate this message to your language. You are invited to participate in a [[c:Commons:Requests for comment/Policy update for AI content|request for comment on Wikimedia Commons about a policy update for AI content]]. This may affect files that are uploaded to Wikimedia Commons for use on this project. Thank you. [[m:User:Codename Noreste|Codename Noreste]] ([[m:User talk:Codename Noreste|discussion]])</bdi> 23 juin 2026 à 19:11 (CEST) <!-- Message envoyé par User:Codename Noreste@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=30513860 --> == Intégration du lien vers les contacts juridiques et de sécurité dans le pied de page de votre wiki == <section begin="Message"/> '''Contacts juridiques et de sécurité''' Bonjour à toute la communauté, la Fondation Wikimedia a mis à disposition une [[wmf:Special:MyLanguage/Legal:Wikimedia Foundation Legal and Safety Contact Information|page unique dédiée aux mentions légales et à la sécurité]], à ajouter en pied de page de votre wiki, afin de garantir l'accès à des informations juridiques exactes. Il s'agit d'une exigence réglementaire. Nous avons déjà mis en place des liens vers les wikis en anglais, allemand, italien, espagnol et d'autres langues de Wikipedia, et nous les déploierons bientôt sur votre wiki. Pour en savoir plus, [[m:Special:MyLanguage/Wikimedia_Foundation_Legal_and_Safety_Contacts_FAQ|consultez la page du projet]] et n'hésitez pas à laisser vos commentaires dans ce fil de discussion ou sur la [[m:Special:MyLanguage/Talk:Wikimedia Foundation Legal and Safety Contacts FAQ|page de discussion]]. <section end="Message"/> -- [[User:Sannita (WMF)|User:Sannita (WMF)]] ([[User talk:Sannita (WMF)|talk]]) 25 juin 2026 à 15:30 (CEST) <!-- Message envoyé par User:Sannita (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Sannita_(WMF)/Mass_sending_test&oldid=30731267 --> == Actualités techniques n° 2026-27 == <section begin="technews-2026-W27"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/27|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * Dans le cadre des [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments|expériences sur la création de comptes]], l'équipe Growth a testé l'ajout d'une icône de compte utilisateur dans l'en-tête du site mobile pour les utilisateurs non connectés, offrant ainsi un accès direct aux actions « Créer un compte » et « Se connecter ». Cette expérience a permis d'augmenter le nombre de créations de comptes d'environ 20 % sans nuire à la qualité des modifications ni au taux de modifications constructives. Cette fonctionnalité sera désormais déployée sur tous les wikis de la Fondation Wikimédia sur le site mobile au cours de la première semaine de juillet. [https://phabricator.wikimedia.org/T428220] * À la suite d'une [[phab:T426248|expérience concluante]], les utilisateurs connectés qui n'ont pas [[mw:Special:MyLanguage/Help:Email_confirmation|confirmé leur adresse e-mail]] lors de la création de leur compte voient s'afficher une nouvelle bannière leur demandant de finaliser cette procédure. Cela permet de réduire le risque que les utilisateurs se retrouvent bloqués hors de leur compte et rend les adresses e-mail associées aux comptes globalement plus fiables. Cette mesure s'inscrit dans le cadre du projet [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Account Security|Sécurité des comptes]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T428292] * Une mise à jour de [[Special:Search|Recherche]] affine le comportement de <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>-prefix:</nowiki></code></bdi> lorsqu'il est utilisé pour exclure des résultats. Auparavant, l'utilisation de <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>-prefix:</nowiki></code></bdi> avec la négation pouvait élargir involontairement les résultats de recherche en ajoutant les espaces de noms inclus dans le champ de recherche, ce qui entraînait un comportement déroutant pour les utilisateurs s'attendant à un filtre d'exclusion simple. Avec cette mise à jour, <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>-prefix:</nowiki></code></bdi> exclura désormais strictement les titres de pages correspondants comme prévu et pourra afficher un avertissement si l'espace de noms concerné n'a pas été explicitement sélectionné. Le comportement de <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>prefix:</nowiki></code></bdi> sans négation reste toutefois inchangé. [https://phabricator.wikimedia.org/T427443] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:33|la tâche soumise|les {{formatnum:33}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:33||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème qui empêchait les réviseurs utilisant la barre d'outils « Page Curation » d'être automatiquement abonnés aux discussions qu'ils avaient lancées sur les pages de discussion a désormais été résolu. Les réviseurs recevront désormais des notifications lorsqu'une personne répondra à ces discussions. [https://phabricator.wikimedia.org/T329346] '''Actualités pour la contribution technique''' * À compter du 29 juin, les téléchargements automatisés depuis le site web « dumps.wikimedia.org » seront soumis à la [[Foundation:Special:MyLanguage/Policy:Wikimedia Foundation User-Agent Policy|politique relative aux user-agents]]. Les requêtes automatisées utilisant un user-agent générique ou vide seront bloquées. L'accès aux sauvegardes via Wikimedia Cloud Services n'est pas affecté. Cette mesure fait suite à l'annonce publiée dans le [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/25|numéro 2026/25 de Tech News]]. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.9|MediaWiki]] '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/27|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W27"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 29 juin 2026 à 13:48 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30744833 --> == Actualités techniques n° 2026-28 == <section begin="technews-2026-W28"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/28|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:34|la tâche soumise|les {{formatnum:34}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:34||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, les résultats de la barre de recherche sur Wikidata étaient en anglais au lieu d’utiliser la bonne langue de repli pour les utilisateurs de variantes de langues. Ce problème a maintenant été corrigé : les suggestions de recherche suivront désormais correctement la chaîne des langues de repli. [https://phabricator.wikimedia.org/T429769] '''Actualités pour la contribution technique''' * En préparation de la [[m:Special:MyLanguage/Event:Celebrate Women|campagne Célébrons les femmes]] prévues pour mars 2027, l’[[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation/Advancement/Community Growth/Content Enablement|équipe Activation du contenu]] de Wikimedia Foundation a lancé un sondage composé de 22 questions pour mieux comprendre les contributions techniques des personnes s’identifiant comme femmes sur les projets Wikimedia. Répondre au sondage prend environ 15 à 20 minutes ; il restera ouvert jusqu’au 20 juillet 2026. Les [[m:Special:MyLanguage/Celebrate Women/Technical contributions survey|questions]] sont aussi sur wiki pour les regarder auparavant. * L’[[mw:Special:MyLanguage/Extension:Score|extension Partitions]] prend désormais en charge le rendu de partition musicales comme images SVG, en plus du format PNG. Cela répond à [[:phab:T49578|une vieille demande]] et résout des problèmes anciens de qualité de l’image. Les deux formats sont désormais fournis aux clients web : PNG dans l’attribut <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>src</nowiki></code></bdi> et SVG dans l’attribut <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>srcset</nowiki></code></bdi>. * Le nouvel analyseur syntaxique [[wikitech:Parsoid|Parsoid]] continue [[mw:Special:MyLanguage/Parsoid/Parser_Unification/Updates|d’être déployé sur d’autres wikis]], ce qui rend plus facile l’introduction de nouvelles fonctionnalités de lecture et de modification. Il a été activé sur Wikipédia en français, amenant la couverture totale à 78,9 % des pages vues de Wikipédia. Le déploiement sur Wikipédia en anglais sur ordinateur va progresser cette semaine. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.10|MediaWiki]] '''En détails''' * La [[diffblog:2026/06/29/wikimedia-hackathon-2026-building-collaborating-and-shaping-the-future-together/|publication sur le blog récapitulant]] le Hackathon Wikimedia 2026 est désormais en ligne. Il met en avant les projets, séances et activités sociales de l’évènement de cette année et présente les premières grandes lignes du Hackathon Wikimedia 2027. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/28|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W28"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 6 juillet 2026 à 15:56 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30773578 --> == Actualités techniques n° 2026-29 == <section begin="technews-2026-W29"/><div class="plainlinks"> Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/29|D’autres traductions]] sont disponibles. '''Actualités pour la contribution''' * [[mw:Special:MyLanguage/Growth/Revise_Tone|Revise Tone]] aide les nouveaux contributeurs à identifier les passages des articles de Wikipédia susceptibles de contenir un langage non encyclopédique et les encourage à envisager d'en réviser le ton. Cette fonctionnalité a fait l'objet d'un [[w:en:A/B_testing|test A/B]] sur les Wikipédias en arabe, en anglais, en français et en portugais, où le taux d'achèvement des tâches par les nouveaux contributeurs [[mw:Special:MyLanguage/Growth/Revise_Tone#Experiment_Results|a augmenté de 38,7 %]] par rapport à la tâche de relecture par défaut, sans que la qualité des modifications n'en soit affectée. Le test s'est achevé le 9 juillet et la fonctionnalité est désormais accessible à tous sur ces wikis ; elle est configurable via la configuration communautaire. [[phab:T426364|Il est prévu]] de déployer « Revise Tone » sur d’autres wikis. * La configuration communautaire permettant la [[mw:Special:MyLanguage/Help:Growth/Mentorship#Automated mentor list cleanup|suppression automatique des mentors inactifs]] selon des critères configurables sera activée le jeudi 16, [[mw:Special:MyLanguage/Growth/Deployment|sur certains wikis]], afin de maintenir à jour les listes de mentors. Les mentors sont des contributeurs expérimentés qui choisissent d'aider les nouveaux utilisateurs sur le wiki grâce aux [[mw:Special:MyLanguage/Growth/Feature summary|fonctionnalités de croissance]]. Les administrateurs peuvent désormais préparer les paramètres via [[w:Special:CommunityConfiguration/Mentorship|Special:CommunityConfiguration/Mentorship]] ; ces fonctionnalités prendront effet à partir de jeudi. * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:38|la tâche soumise|les {{formatnum:38}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:38||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème où certains utilisateurs de l'application Android Wikipedia ont été déconnectés immédiatement après leur connexion, les empêchant de rester connectés et de modifier les pages, a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T316916] '''Actualités pour la contribution technique''' * La modification d'une page à l'aide de scripts utilisateur ou de gadgets entraînait la réinitialisation des étiquettes de liste de suivi que l'utilisateur avait attribuées à cette page. Ce problème a désormais été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T423778] * Pour contourner un bug de Safari (voir [[phab:T425211]]), sur les wikis utilisant Parsoid, wikilink hrefs utilise désormais des URL absolues au lieu d'URL relatives au protocole. La sortie de l'API REST reste inchangée et continue d'utiliser des URL relatives au protocole. Les gadgets, les scripts utilisateur, les bots et les feuilles de style CSS devront probablement être adaptés s'ils s'appuyaient sur la présence d'URL relatives au protocole dans wikilink hrefs. [https://phabricator.wikimedia.org/T431358] * [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.11|MediaWiki]] '''En détails''' * L'équipe chargée de la plateforme d'expérimentation de la Fondation Wikimedia a publié un article de blog faisant le bilan de sa première année d'expérimentation structurée. Cet article met en avant des expériences couronnées de succès, telles que « Paste Check », « Reference Check » et « Tone Check », qui ont permis d'améliorer les résultats des modifications et ont été étendues à un plus grand nombre d'utilisateurs, ainsi que des expériences qui n'ont pas abouti à des changements au niveau du produit. [[diffblog:2026/07/07/moving-the-needle-how-we-test-new-ideas-across-wikimedia-projects|En savoir plus]]. '''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]]&nbsp;• [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/29|Traduire]]&nbsp;• [[m:Tech|Obtenir de l’aide]]&nbsp;• [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]]&nbsp;• [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].'' </div><section end="technews-2026-W29"/> <bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 13 juillet 2026 à 18:11 (CEST) <!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30804401 --> ksle1xw5vczedkoboohdx40folw2zig Mathc complexes/09u 0 84054 769492 2026-07-13T20:47:49Z Xhungab 23827 news 769492 wikitext text/x-wiki __NOTOC__ [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] : [[Mathc complexes/Sommaire| Sommaire]] : : {{Partie{{{type|}}}| [https://en.wikipedia.org/wiki/Definite_matrix#Decomposition Matrice de Gram]}} On peut décomposer toutes matrices hermitiennes définies positives A en une matrice B symétrique conjuguée tel que: A = B_ct B A est hermitienne définie positive seulement si une telle décomposition existe et B est inversible. '''Matrice [2x2]:''' * [[Mathc complexes/09q| Valeurs aléatoires]] * [[Mathc complexes/09r| Entrez vos données]] '''Matrice [3x3]:''' * [[Mathc complexes/09s| Valeurs aléatoires]] * [[Mathc complexes/09t| Entrez vos données]] {{AutoCat}} ec1nf9chk2gdf6fzxhli4iof4rsj7ik Mathc complexes/09q 0 84055 769493 2026-07-13T21:01:43Z Xhungab 23827 news 769493 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E+1 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC2 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(RCA,RCA), 999); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(rp_I(RC2)+RC2); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +489 +0i +7 +7i +7 -7i +495 -0i B = EV sqrt(EVal) invEV: +22.109-0.000i +0.150+0.153i +0.150-0.153i +22.251-0.000i B_ct: +22.109+0.000i +0.150+0.153i +0.150-0.153i +22.251+0.000i A = B_ct B +489 +0i +7 +7i +7 -7i +495 +0i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} 0frmq6fw6bpdgm0fyw44ixhgzrjg9hp 769506 769493 2026-07-14T11:22:55Z Xhungab 23827 769506 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00a.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00a.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E+1 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC2 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(RCA,RCA), 9); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); p_mZ(A, S8,P0, S4,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); p_mZ(A, S8,P0, S4,P0, C5); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(rp_I(RC2)+RC2); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +139 +0i +16 -63i +16 +63i +82 +0i B = EV sqrt(EVal) invEV: +11.322-0.000i +0.810-3.189i +0.810+3.189i +8.437+0.000i B_ct: +11.322+0.000i +0.810-3.189i +0.810+3.189i +8.437-0.000i A = B_ct B +139 +0i +16 -63i +16 +63i +82 +0i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} 1w9471lafaza202f7m183rc3c1838iz Mathc complexes/09r 0 84056 769494 2026-07-13T21:04:20Z Xhungab 23827 news 769494 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00b.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00b.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC2 /* ------------------------------------ */ int main(void) { double a[RCA*(RCA*C2)] = { +584, +0, -31,+57, -31,-57, +580, -0 }; double **A = ca_A_mZ(a, i_mZ(RCA,RCA)); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); stop(); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +584 +0i -31 +57i -31 -57i +580 +0i B = EV sqrt(EVal) invEV: +24.129+0.000i -0.644+1.183i -0.644-1.183i +24.045+0.000i B_ct: +24.129-0.000i -0.644+1.183i -0.644-1.183i +24.045-0.000i A = B_ct B +584 +0i -31 +57i -31 -57i +580 +0i Press return to continue. </syntaxhighlight> {{AutoCat}} h49omlm72x3z5ei9kyu9awyk3u3tlg1 Mathc complexes/09s 0 84057 769495 2026-07-13T21:07:09Z Xhungab 23827 news 769495 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00c.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00c.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC3 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(RCA,RCA), 999); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); P_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); stop(); clrscrn(); printf(" A:"); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(rp_I(RC2)+RC2); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +313, +0, +161, -360, +60, -198, +161, +360, +557, +0, +273, -41, +60, +198, +273, +41, +172, +0 Press return to continue. A: +313 +0i +161 -360i +60 -198i +161 +360i +557 +0i +273 -41i +60 +198i +273 +41i +172 +0i B = EV sqrt(EVal) invEV: +12.710-0.000i +4.344-9.983i +1.843-5.455i +4.344+9.983i +19.565+0.000i +7.363-1.253i +1.843+5.455i +7.363+1.253i +9.094+0.000i B_ct: +12.710+0.000i +4.344-9.983i +1.843-5.455i +4.344+9.983i +19.565-0.000i +7.363-1.253i +1.843+5.455i +7.363+1.253i +9.094-0.000i A = B_ct B +313 +0i +161 -360i +60 -198i +161 +360i +557 +0i +273 -41i +60 +198i +273 +41i +172 +0i Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} mgs5cygk2ycyio2clzje7smwyfvyi5i 769510 769495 2026-07-14T11:42:49Z Xhungab 23827 769510 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00c.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00c.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC3 /* ------------------------------------ */ void fun(int r) { double **A = rdefinite_positive_mZ( i_mZ(RCA,RCA), 9); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); P_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C5); stop(); clrscrn(); printf(" A:"); P_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); P_mZ(A, S6,P0, S4,P0, C5); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); } /* ------------------------------------ */ int main(void) { time_t t; srand(time(&t)); do { fun(rp_I(RC2)+RC2); } while(stop_w()); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +312, +0, -50, +76, -101, +56, -50, -76, +76, +0, +27, +68, -101, -56, +27, -68, +108, +0 Press return to continue. A: +312, +0, -50, +76, -101, +56, -50, -76, +76, +0, +27, +68, -101, -56, +27, -68, +108, +0 B = EV sqrt(EVal) invEV: +16.740-0.000i -2.522+2.506i -3.514+2.606i -2.522-2.506i +6.568-0.000i +0.781+4.428i -3.514-2.606i +0.781-4.428i +8.285-0.000i B_ct: +16.740+0.000i -2.522+2.506i -3.514+2.606i -2.522-2.506i +6.568+0.000i +0.781+4.428i -3.514-2.606i +0.781-4.428i +8.285+0.000i A = B_ct B +312, +0, -50, +76, -101, +56, -50, -76, +76, +0, +27, +68, -101, -56, +27, -68, +108, +0 Press return to continue Press X return to stop </syntaxhighlight> {{AutoCat}} qy3rir2bebkevnser513wfcvew05iog Mathc complexes/09t 0 84058 769496 2026-07-13T21:10:35Z Xhungab 23827 news 769496 wikitext text/x-wiki [[Catégorie:Mathc complexes (livre)]] [[Mathc complexes/09u| '''Application''']] Installer et compiler ce fichier dans votre répertoire de travail. {{Fichier|c00d.c|largeur=70%|info=|icon=Crystal128-source-c.svg}} <syntaxhighlight lang="c"> /* ------------------------------------ */ /* Save as: c00d.c */ /* ------------------------------------ */ #include "w_a.h" /* ------------------------------------ */ #define FACTOR_E +1.E-2 /* ------------------------------------ */ #define RCA RC3 /* ------------------------------------ */ int main(void) { double a[RCA*(RCA*C2)] = { +498, -0, -129,+56, -125,-61, -129,-56, +499, +0, -56,-34, -125,+61, -56,+34, +510, +0 }; double **A = ca_A_mZ(a, i_mZ(RCA,RCA)); double **B = i_mZ(RCA,RCA); double **B_ct = i_mZ(RCA,RCA); double **EV = eigs_V_mZ(A, i_mZ(RCA,RCA),FACTOR_E); double **invEV = invgj_mZ(EV, i_mZ(RCA,RCA)); double **EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **sqrt_EVal = i_mZ(RCA,RCA); double **T = i_mZ(RCA,RCA); clrscrn(); printf(" Given any hermitian definite positive matrix A," " one can decompose it as:\n\n" " A = B_ct B\n\n" " A:"); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); stop(); clrscrn(); printf(" A:"); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); /* EVal: invEV A EV */ mul_mZ(invEV,A,T); mul_mZ(T,EV,EVal); /* sqrt_EVal: */ f_eigs_mZ(sqrt,EVal,sqrt_EVal); printf(" B = EV sqrt(EVal) invEV:"); mul_mZ(EV,sqrt_EVal,T); mul_mZ(T,invEV,B); p_mZ(B, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" B_ct:"); ctranspose_mZ(B,B_ct); p_mZ(B_ct, S8,P3, S6,P3, C5); printf(" A = B_ct B"); mul_mZ(B_ct,B,A); p_mZ(A, S8,P0, S6,P0, C5); stop(); f_mZ(A); f_mZ(B); f_mZ(EV); f_mZ(invEV); f_mZ(EVal); f_mZ(sqrt_EVal); f_mZ(T); return 0; } /* ------------------------------------ */ /* ------------------------------------ */ </syntaxhighlight> '''Exemple de sortie écran :''' <syntaxhighlight lang="c"> Given any hermitian definite positive matrix A, one can decompose it as: A = B_ct B A: +498 +0i -129 +56i -125 -61i -129 -56i +499 +0i -56 -34i -125 +61i -56 +34i +510 +0i Press return to continue. A: +498 +0i -129 +56i -125 -61i -129 -56i +499 +0i -56 -34i -125 +61i -56 +34i +510 +0i B = EV sqrt(EVal) invEV: +21.821+0.000i -3.069+1.296i -2.962-1.408i -3.069-1.296i +22.022+0.000i -1.428-0.952i -2.962+1.408i -1.428+0.952i +22.278+0.000i B_ct: +21.821-0.000i -3.069+1.296i -2.962-1.408i -3.069-1.296i +22.022-0.000i -1.428-0.952i -2.962+1.408i -1.428+0.952i +22.278-0.000i A = B_ct B +498 +0i -129 +56i -125 -61i -129 -56i +499 +0i -56 -34i -125 +61i -56 +34i +510 +0i Press return to continue. </syntaxhighlight> {{AutoCat}} e64v9l8chdufhbr355q1qbxjtqhmv3v