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Modèle:Nouveautés
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giraudoux
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* Ce modèle contient la liste des 20 derniers textes ajoutés à Wikisource. *
* Si vous ajoutez un titre (en début de liste), *
* pensez à déplacer le dernier au début de la seconde liste *
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{{début encart coloré|1=#FFFFFF00}}
:*<big>'''Insérez''' les nouveaux textes en tête de cette liste</big>
:{{m|Nouveauté|titre|auteur|complément}}
: <small>''Autres paramètres'' :
::*<code>|4=titre différent</code>, <code>|5=auteur différent</code>,
::*<code>|auteur1=premier</code>, <code>|auteur2=second auteur</code>
: ''Autres éléments'' :
::*{{m|Présentation|Titre/Présentation}} = {{Présentation|La Dette/Présentation}}
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::*{{m|pam}}={{pam}}</small>
:*<big>'''Déplacez''' les derniers textes dans la seconde liste</big>
{{fin encart}}
<!--LISTE DES 20 DERNIÈRES NOUVEAUTÉS -->
</noinclude><div style="font-size:90%; text-align:left; margin-left:-1.3em;">
# {{Nouveauté|L’Impromptu de Paris|Jean Giraudoux|1937}}
# {{Nouveauté|Bécassine chez les Turcs|auteur1=Caumery|auteur2=Joseph Pinchon||1919}}
# {{Nouveauté|Un corsaire sous la Terreur|Gabriel de La Landelle|1879 {{T|({{5e}} éd.)|84}}}}
# {{Nouveauté|L’Amazone rouge|Rachilde|1931}}
# {{Nouveauté|Le nouvel Icare (Imagerie d’Épinal — Histoire enfantine 1877)|Anonyme|1877}}
# {{Nouveauté|En tonneaux|Anonyme|1893}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Les recettes d’une Dame du Monde|Madame X***|1896}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Montauciel en goguette|Anonyme|1850}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Aviation de France|René de Narbonne|1944}}
# {{Nouveauté|Isaac, le tresseur de fil de fer|Panaït Istrati|1927}}
# {{Nouveauté|Un mariage en province|Léonie d’Aunet|1858}}
# {{Nouveauté|La petite Lotte|Simone Bodève|1907}}
# {{Nouveauté|L’Histoire de don Quichotte de la Manche|Miguel de Cervantes Saavedra|{{trad.}} [[Auteur:César Oudin|C. Oudin]] et [[Auteur:François de Rosset|F. de Rosset]], [1605-1615] 1884}}
# {{Nouveauté|Les livres chinois avant l’invention du papier|Édouard Chavannes|1905}}
# {{Nouveauté|Domnitza de Snagov|Panaït Istrati|1926}}
# {{Nouveauté|Le Crime de la Cinquième Avenue|Anna Katharine Green|1886}}
# {{Nouveauté|L’Empreinte du dieu|Maxence Van der Meersch|1936}} {{e|[[Portail:Prix Goncourt|Prix Goncourt]]}}
# {{Nouveauté|Bas les armes !|Bertha von Suttner|1899}}
# {{Présentation|Histoire d’un dictionnaire latin/Présentation}} {{export|Histoire d’un dictionnaire latin}} '''[[Auteur:Jeanne Malassez|Jeanne Malassez]]''', ''[[Histoire d’un dictionnaire latin]]'', 1905
# {{Présentation|Nymphes dansant avec des satyres/Présentation}} {{export|Nymphes dansant avec des satyres}} '''[[Auteur:René Boylesve|René Boylesve]]''', ''[[Nymphes dansant avec des satyres]]'', 1920
</div><br />
----
<noinclude>
<!--LISTE DES AUTRES NOUVEAUTÉS -->
'''Textes précédents (non affichés sur la page d’accueil)'''
: ''(déplacez les éléments en excès depuis la fin de la liste précédente vers la tête de la liste suivante ; quand la liste ci-dessous devient trop longue, transférez la fin de la liste vers la page d’archive, qu’on n’est plus obligé de modifier à chaque fois.)''
# {{Nouveauté|Fables et légendes du Japon|Claudius Ferrand|1903}}
# {{Nouveauté|Les Paris sont ouverts|Claude Cahun|1934}}
#{{Présentation|Satan et Ève/Présentation}} {{Nouveauté|Satan et Ève|Anonyme|1832}}
# {{Nouveauté|Héroïnes|Claude Cahun|1925}}
# {{Nouveauté|L’Amour libre|Madeleine Vernet|1925}}
# {{Présentation|Ma vie secrète (trad. Perceau)/Présentation}} {{export|Ma vie secrète (trad. Perceau)}}'''[[Auteur:Henry Spencer Ashbee|Henry Spencer Ashbee]]''', [[Ma vie secrète (trad. Perceau)|Ma vie secrète]], traduction [[Auteur:Louis Perceau|Louis Perceau]], 1923
# {{Nouveauté|Lettres sur l’Atlantide de Platon et sur l’ancienne histoire de l’Asie|Jean Sylvain Bailly|1779}}
# {{Nouveauté|Le Mariage des couleurs|Maurice Bedel|1951}}
# {{Nouveauté|L’Ami des lois|Jacques-Claude Martin de Mariveaux|1775|5=Martin de Mariveaux}}
# {{Nouveauté|Pensées (Pascal, éd. Brunschvicg)|Blaise Pascal|{{éd.}} [[Auteur:Léon Brunschvicg|Brunschvicg]], [1904] 1921-1925|4=Pensées}}
# {{Nouveauté|Les Cariatides (Théodore de Banville)|Théodore de Banville|[1842] 1889|4=Les Cariatides}}
# {{Nouveauté|Voyage de Jérôme aux États-Unis d’Amérique|Maurice Bedel|1953}}
# {{Nouveauté|Jeanne de Mauguet|Claude Vignon|1861}}
# {{Nouveauté|Le Pâtissier Royal Belge illustré|Émile Le Graive|1922}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Présentation des Haïdoucs|Panaït Istrati|1925}}
# {{Nouveauté|Dictionnaire de théologie catholique/JACQUES D’ÉDESSE|Eugène Tisserant|Dictionnaire de théologie catholique|Jacques d’Édesse}}
# {{Présentation|Amours perverses/Présentation}} {{Nouveauté|Amours perverses|Anonyme|1912|5=Philédonis}}
# {{Présentation|La Tourelle de Saint-Étienne/Présentation}} {{Nouveauté|La Tourelle de Saint-Étienne| Anonyme|vers 1830}}
# {{Présentation|Le Journal intime d’une soubrette/Présentation}} {{Nouveauté|Le Journal intime d’une soubrette|Anonyme|1930|5=Par ***}}
# {{Présentation|La Bourgeoise pervertie/Présentation}} {{Nouveauté|La Bourgeoise pervertie|André Ibels|1930}}
# {{Présentation|Mes amours avec Victoire (éd. augmentée)/Présentation}} {{Nouveauté|Mes amours avec Victoire (éd. augmentée)|Édouard Demarchin|1889|5=E. D}}
# {{Présentation|Les Carbonari de l’amour/Présentation}} {{Nouveauté|Les Carbonari de l’amour|Alphonse Momas|1902|5=V. d’Andorre}}
# {{Présentation|La Vertu de la sœur Agnès/Présentation}} {{Nouveauté|La Vertu de la sœur Agnès|Anonyme|1891}}
# {{Nouveauté|Variations guesdistes|Émile Pouget|La Sociale, 1897}}
# {{Nouveauté|Le Supplice de Phèdre|Henri Deberly|1926}} {{e|[[Portail:Prix Goncourt|Prix Goncourt]]}}
# {{Nouveauté|Nerrantsoula|Panaït Istrati|1927}}
# {{Nouveauté|Le phénomène humain (Teilhard de Chardin)|Pierre Teilhard de Chardin|1955|Le phénomène humain}}
# {{Présentation|Le Manuel du libertin/Présentation}} {{Nouveauté|Le Manuel du libertin| Anonyme|1914}}
# {{Présentation|Le Précurseur (Fréhel)/Présentation}} {{Nouveauté|Le Précurseur (Fréhel)|Jacques Fréhel|1905|Le Précurseur}}
# {{Présentation|Château-Gaillard/Présentation}} {{Nouveauté|Château-Gaillard|Claude Vignon|1874}}
# {{Nouveauté|Le Laurier d’Apollon|Maurice Bedel|1936}}
# {{Nouveauté|Le Fellah|Edmond About|1883}}
# {{Présentation|Le Nouveau chatouilleur pour dames/Présentation}} {{Nouveauté|Le Nouveau chatouilleur pour dames|Anonyme|1795 (1890 ?)}}
# {{Nouveauté|Mémoire sur les rapports naturels des Makis, Lemur, L. et description d'une nouvelle espèce de mammifère|Étienne Geoffroy Saint-Hilaire|1796}}
# {{Nouveauté|Jérôme 60° latitude nord|Maurice Bedel|1927}} {{e|[[Portail:Prix Goncourt|Prix Goncourt]]}}
# {{Nouveauté|Le Vérificateur des dates|Aimé Paris|1866}}
# {{Nouveauté|Mikhaïl|Panaït Istrati|1927}}
# {{Nouveauté|Et nunc manet in te|André Gide|1951}}
# {{Nouveauté|Éricie ou la Vestale|Jean-Gaspard Dubois-Fontanelle|1768|5=Joseph-Gaspard Dubois-Fontanelle}}
# {{Nouveauté|L’honorable paix japonaise|Jean Escarra|1938}}
# {{Nouveauté|L’Art de jetter les Bombes|François Blondel|1685}}
# {{Nouveauté|Codine|Panaït Istrati|1926}}
# {{Nouveauté|L’Oiseau bleu (Bayard et Varner)||1836|L’Oiseau bleu|auteur1=Jean-François Bayard|auteur2=Antoine-François Varner}}
# {{Nouveauté|La Montagne magique|Thomas Mann|{{trad.}} [[Auteur:Maurice Betz|Maurice Betz]], [1924] 1931}}
# {{Nouveauté|La Place de l’homme dans la nature|Pierre Teilhard de Chardin|1956}}
# {{Nouveauté|Le Droit à la vie et le minimum de salaire|Gabrielle Duchêne|1917}}
# {{Nouveauté|L’Éducation en vue de la paix|Gabrielle Duchêne|1925}}
# {{Nouveauté|La Femme en U.R.S.S.|Gabrielle Duchêne|1934}}
# {{Nouveauté|Le Supplice d’une queue|François-Paul Alibert|1931}}
# {{Nouveauté|Bécassine mobilisée|auteur1=Caumery|auteur2=Édouard Zier||1918}}
# {{Nouveauté|Mon noviciat, ou les joies de Lolotte (éd. Poulet-Malassis)|André-Robert Andréa de Nerciat|1864|4=Mon noviciat, ou les joies de Lolotte|5=Andréa de Nerciat}}
# {{pam}} {{Nouveauté|Le Tonnelier|Nicolas-Médard Audinot|1765}}
# {{Nouveauté|Le Carnet vert|Henriette d’Angeville|1900}}
# {{Nouveauté|Dictionnaire de théologie catholique/ZACHARIE LE RHÉTEUR| Gustave Bardy|1950|Zacharie le rhéteur, Dictionnaire de théologie catholique}}
# {{Nouveauté|Bécassine chez les Alliés|auteur1=Caumery|auteur2=Édouard Zier||1917}}
# {{Nouveauté|Bécassine pendant la guerre|auteur1=Caumery|auteur2=Joseph Pinchon||1916}}
# {{Présentation|La Dette/Présentation}} {{Nouveauté|La Dette|Jacques Morel|1905}}
# {{Nouveauté|Le Cœur de la Matière|Pierre Teilhard de Chardin|1976}}
# {{Nouveauté|La Rose de sang|Louise Hervieu|1953}}
# {{nouveauté|Description et Histoire naturelle du Groenland|Hans Egede|[1729] 1763}}
# {{export|Le Chevalier d’Éon (comédie)}} '''[[Auteur:Jean-François Bayard|Bayard]], [[Auteur:Dumanoir|Dumanoir]]''', ''[[Le Chevalier d’Éon (comédie)]]'', 1837
# {{Nouveauté|Amok (recueil)|Stefan Zweig|1930}}
# {{export|Révoltée !}} '''[[Auteur:Claude Vignon|Claude Vignon]]''', ''[[Révoltée !]]'', 1879
# {{Nouveauté|Les Incas, ou la Destruction de l’empire du Pérou|Jean-François Marmontel|1777}}
# {{Nouveauté|Madame Adonis|Rachilde|1929}}
# {{Nouveauté|Le Crime|Louise Hervieu|1937}}
# {{export|La Bretagne (Janin)}} '''[[Auteur:Jules Janin|Jules Janin]]''', ''[[La Bretagne (Janin)|La Bretagne]]'', 1844
# {{Nouveauté|Comment je crois|Pierre Teilhard de Chardin|1969}}
# {{export|3500 milles d’enfer}} '''[[Auteur:Alexandre Huot|Paul Verchères]]''', ''[[3500 milles d’enfer]]'' 1848
# {{Nouveauté|Science et Christ|Pierre Teilhard de Chardin|1965}}
# {{Nouveauté|Genèse d’une pensée (Lettres 1914-1919)|Pierre Teilhard de Chardin|1961}}
# {{export|Actualités. Insurrection de Paris : Incendie du palais des Tuileries (Imagerie d’Épinal — Estampe 1871)}} '''[[Auteur:Anonyme|Anonyme]]''', ''[[Actualités. Insurrection de Paris : Incendie du palais des Tuileries (Imagerie d’Épinal — Estampe 1871)]]'', 1871
# {{Nouveauté|La médecine dans l’art|Félix Desvernay|1911}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{export|Les Souhaits (Mlle ***)}} '''[[Auteur:Anonyme|{{Mlle|***}}]]''', ''[[Les Souhaits (Mlle ***)|Les Souhaits]]'', 1742
# {{Nouveauté|Les Poètes de la Ripaille|Collectif|1910}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Sangs|Louise Hervieu|1936}}
# {{Nouveauté|Récit de François Kaondinoketc, chef des Nipissingues (tribu de race algonquine)|François Kaondinoketc|1848}}
# {{Nouveauté|L’Art d’utiliser ses fautes, d’après Saint François de Sales|Joseph Tissot (prêtre)|1878}}
# {{Nouveauté|Les Papillons et les Enfants|Louise Crombach|1845}}
# {{Nouveauté|Écrits du temps de la guerre (1916-1919)|Pierre Teilhard de Chardin|1965}}
# {{export|Une nuit d’orgies à Saint-Pierre Martinique}} '''[[Auteur:Anonyme|Effe Géache]]''', ''[[Une nuit d’orgies à Saint-Pierre Martinique]]'', 1892
# {{Nouveauté|Histoire et Légendes des plantes utiles et curieuses|Jean Rambosson|1868}} {{e|[[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]]}}
# {{Nouveauté|Tels qu’ils furent|Édouard Estaunié|illus. [[Auteur:Pierre Lissac|Pierre Lissac]], 1929}}
# {{Nouveauté|Le Milieu divin|Pierre Teilhard de Chardin|1957}}
# {{Nouveauté|L’Oiseau mécanique|Horace Van Offel|1907}}
# {{Nouveauté|L’Amérique vivante|Henri Hauser|1924}}
# {{Nouveauté|La Maniere de enter et planter en iardins|Anonyme|1494}}
# {{Nouveauté|Les Mystères de Saint-Pétersbourg|Ivan Doff|1888}}
# {{Nouveauté|Un pauvre devant Dieu|Louise Crombach|1845}}
# {{Nouveauté|La Sorcière d’Ecbatane|Jane de la Vaudère|1906}}
# {{Nouveauté|Les Mammifères de l’éocène inférieur français et leurs gisements|Pierre Teilhard de Chardin|1921}}
# {{Présentation|Histoire d’une sous-maîtresse/presentation}} {{nouveauté|Histoire d’une sous-maîtresse|Adèle Battanchon|1861|5=Adèle Esquiros}}
# {{nouveauté|Réminiscences (Hervieu)|Louise Hervieu|1946|4=Réminiscences}}
# {{Nouveauté|L’Art d’être une bonne mère|Pauline Fréchette|1923}}
# {{Nouveauté|L’Apparition de l’Homme|Pierre Teilhard de Chardin|1956}}
# {{Nouveauté|Portraits jaunes|Lucien Vigneron|1896}}
# {{Nouveauté|À la Brebis sans tache (recueil)|Marie-Louise Pailleron|1936}}
# {{Nouveauté|Le Pain dur|Paul Claudel|1918}}
# {{export|Guerre de 1870-1871 — Défense héroïque de Belfort par le brave colonel Denfert, la garnison et les habitants de la ville (Imagerie d’Épinal — Estampe 1871)}} '''Charles Malbran''', graveur, ''[[Guerre de 1870-1871 — Défense héroïque de Belfort par le brave colonel Denfert, la garnison et les habitants de la ville (Imagerie d’Épinal — Estampe 1871)|Guerre de 1870-1871 — Défense héroïque de Belfort par le brave colonel Denfert, la garnison et les habitants de la ville]]'', 1871
# {{Nouveauté|La Vie tragique de Geneviève|Louise Compain|1912}}
# {{export|Œuvres mêlées}} '''[[Auteur:Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon|Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon]]''', ''[[Œuvres mêlées]]'', 1696
# {{export|L’Otage (Claudel)}} '''[[Auteur:Paul Claudel|Paul Claudel]]''', ''[[L’Otage (Claudel)|L’Otage]]'', [1911] 1923
# {{export|Souvenirs entomologiques/Série 10}} '''[[Auteur:Jean-Henri Fabre|Jean-Henri Fabre]]''', ''[[Souvenirs entomologiques/Série 10|Souvenirs entomologiques, Dixième série]]'', 1909
# {{Nouveauté|Le Pur et l’impur|Colette|[1932] 1985}}
# {{Nouveauté|Monseigneur Henry Verjus|Jean Vaudon|1899}}
# {{Nouveauté|Heures de prison|Marie Capelle|1855}}
# {{Nouveauté|Les Voix du silence/La Tour d’ivoire|Victor de Laprade|1865}}
# {{Nouveauté|L’Arbre qui saigne|François-Paul Alibert|1907}}
# {{Nouveauté|Aux Femmes Françaises (affiche 1914)|René Viviani|1914}}
# {{export|Le Diable dupé par les femmes}} '''[[Auteur:Anonyme|F.-N. Henry]]''', ''[[Le Diable dupé par les femmes]]'', frontispice de [[Auteur:Félicien Rops|Félicien Rops]] {{t|Enfer de la BNF|90}}, 1881
# {{nouveauté|Le bienheureux J.-Gabriel Perboyre|Jean Vaudon|1890}}
# {{Nouveauté|Déclaration européenne sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique|Commission européenne|2022}}
# {{export|La Liberté civile (Quatrième édition 1872)}} '''[[Auteur:Jules Simon|Jules Simon]]''', ''[[La Liberté civile (Quatrième édition 1872)|La Liberté civile]]'', 1872
# {{Nouveauté|Le Japon intime|Andrée Viollis|1934}}
# {{Nouveauté|Domenica|Marceline Desbordes-Valmore|1843}}
# {{Nouveauté|Les Singes et le Pélican poursuivis par le Serpent enragé (Imagerie d’Épinal — Estampe 1897)|Anonyme|1897}}
# {{export|Histoire amoureuse des Gaules (éd. Originale)}} '''[[Auteur:Roger de Bussy-Rabutin|Roger de Bussy-Rabutin]]''', ''[[Histoire amoureuse des Gaules (éd. Originale)|Histoire amoureuse des Gaules]]'', 1665
# {{Nouveauté|Album primo-avrilesque|Alphonse Allais|1897}}
# {{export|La Mort à Venise}} '''[[Auteur:Thomas Mann|Thomas Mann]]''', ''[[La Mort à Venise]]'', {{trad.}} [[Auteur:Félix Bertaux|F. Bertaux]] et [[Auteur:Charles Sigwalt|Ch. Sigwalt]], [1912] 1929
# {{Nouveauté|Le Père humilié|Paul Claudel|1920}}
<div style="font-size:90%;">
</div>
Voir pages d’archives :
* [[Wikisource:Liste des nouveautés/Global|Global]]
* [[Wikisource:Liste des nouveautés/1000|1000 premières]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2000|2000 premières]]
* Années : [[Wikisource:Liste des nouveautés/2014|2014]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2015|2015]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2016|2016]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2017|2017]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2018|2018]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2019|2019]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2020|2020]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2021|2021]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2022|2022]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2023|2023]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2024|2024]], [[Wikisource:Liste des nouveautés/2025|2025]]
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Notre avenir à tous - Rapport Brundtland/Chapitre 4
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* Allow limiting of which header levels are shown in a TOC;
* <div class="toclimit-3">, for instance, will limit to
* showing ==headings== and ===headings=== but no further.
* Used in [[Template:TOCright]]
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pour faciliter la navigation (de en.wikipedia). */
ol.references > li:target { background:#DDEEFF; }
/* T156351: Support for Parsoid's Cite implementation */
span[rel="mw:referencedBy"] {
counter-reset: mw-ref-linkback 0;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a::after {
content: ", ";
vertical-align: super;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a:nth-last-child(2)::after {
content: " et ";
vertical-align: super;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a::before {
content: counter( mw-ref-linkback, lower-alpha );
font-size: 100%;
}
/* suppression des numéros dans le sommaire */
span.tocnumber { display:none;}
/* suppression du lien créer un livre */
#coll-create_a_book { display:none; speak:none;}
#coll-download-as-rdf2latex { display:none; speak:none; }
/* suppression du sous-titre pour version imprimable */
h3#siteSub { display:none; }
.printfooter { display:none; }
/* utilisé par le modèle:1er par exemple */
.abbr {
border-bottom : none;
cursor : default;
}
/* classe verse : utiliser avec <poem> pour les textes en vers */
.verse {
text-align: left;
margin:0px auto;
padding-left: 2em;
}
.verse p { text-indent: 0em
}
.verse pre {
background-color: #ffffff;
font-family: sans-serif;
line-height: 150%;
border: 0px;
padding-left: 2em;
margin: 0;
white-space: pre;
}
/* --- NAMESPACE PAGE --- */
/* classe par défaut */
.pagetext {
position: relative;
max-width: 36em;
text-align: justify;
}
.pagetext p {
text-indent: 2em
}
.pagetext blockquote {
margin: 0.5em 0em;
}
/* la numérotation des pages doit avoir la même largeur que .pagetext */
#pageheader {
width: 36em !important;
margin: .2em 0 !important;
}
/* même largeur que .pagetext, pour voir plus facilement si une image est correctement centré */
.prp-page-qualityheader {
max-width: 36em;
}
/* largeur des pages */
body.ns-104 .largeur54 { width: 54em; }
body.ns-104 .largeur20 { width: 20em; }
body.ns-104 .sidenote-left { position:absolute; left:0; width:6em; padding-right:1em; text-indent:0em; text-align:left;}
body.ns-104 .sidenote-right { position:absolute; right:0; width:6em; padding-left:1em; text-indent:0em; text-align:left;}
body.ns-104 h2 .editsection, #text-wrap h2 .editsection{
display:none
}
/*
* twocolumn et deuxcolonnes
* - twocolumn ne fait rien, est sans-doute utilisé en conjonction avec un modèle (à documenter)
* - préférer deuxcolonnes : cette classe créé des vraies colonnes.
*/
.twocolumn {
width: 54em;
text-align: justify;
}
.twocolumn p {
text-indent: 2em
}
.twocolumn blockquote {
margin: 0.5em 0em;
}
body.ns-104 .deuxcolonnes {
-moz-column-count:2; -moz-column-gap:3em;
-webkit-column-count:2; -webkit-column-gap:3em;
-o-column-count:2; -o-column-gap:3em;
column-count:2; column-gap:3em;
}
/* --- MISE EN FORME --- */
/* Texte en petites majuscules */
.romain {
text-transform:lowercase;
font-variant:small-caps;
}
/* Texte avec une majuscule à la première lettre de chaque mot */
.personnage
{
font-weight:bold;
font-variant:small-caps;
}
.lignecapitale:first-line
{
font-variant:small-caps;
font-size:120%;
text-align: justify;
}
/* Classe vocabulaire : Modèle V (liens vers Wiktionnaire) */
.vocabulaire { color : #000000; } /* noir, comme le texte général, par défaut */
.vocabulaire a:link {color:black;} /* pour IE */
/* Classe encyclopedie : Modèle W (liens vers Wikipédia) */
.encyclopedie { color : #000000; } /* noir, comme le texte général, par défaut */
.encyclopedie a:link {color:black;} /* pour IE */
/* Classe lang : Texte en langue étrangère */
.lang {color:#800000}
/*
* ancienne classe utilisée pour les références ; périmée ?
*/
.references-small { font-size: 90%;}
/*
* classe prose : PERIMÉE, utiliser text
*/
.prose {
width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.prose p {
text-indent: 2em
}
/* --- CLASSES ACTIVES --- */
/* classe text : colonne centrée de texte avec indentation */
.text {
max-width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.text p {
text-indent: 2em;
}
.text pre {
background-color: #ffffff;
font-family: sans-serif;
line-height: 150%;
border: 0px;
padding-left: 2em;
margin: 0;
white-space: pre;
}
/* Titres dans la classe text */
h2.tmp {
text-align: center;
font-size: 150%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h3.tmp {
text-align: center;
font-size: 120%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h4.tmp {
text-align: center;
font-size: 100%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h5.tmp {
text-align: center;
font-size: 100%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h6.tmp {
text-align: center;
font-size: 90%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
/* classe centertext : PÉRIMÉE, UTILISER TEXT */
.centertext {
width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.centertext p {
text-indent: 0em;
}
/* classe lefttext : PÉRIMÉE, utiliser text */
.lefttext {
max-width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.lefttext p {
text-indent: 2em
}
/* affichage de div comme des tableaux avec rétrocompatibilité ie 6 et 7 */
html.client-msie-6 .table-cell-left{
float:left;
}
html.client-msie-6 .table-cell-right{
float:right;
}
html.client-msie-7 .table-cell-left{
float:left;
}
html.client-msie-7 .table-cell-right{
float:right;
}
.table-cell-left {
display:table-cell;
}
.table-cell-right {
display:table-cell;
}
/* indentation, voir le modèle:Alinéa */
.alinea p {
text-indent: inherit !important;
}
/* indentation négative, voir le modèle:AlinéaNégatif */
.alineanegatif {
text-indent: -2em;
padding-left:2em;
}
.alineanegatif p {
text-indent: -2em ! important;
}
/* classe indentation : création d'une indentation dans une div quelconque */
.indentation {
text-indent: 2em;
}
/* Quelques classes aidant à la création de table des matières pour deux types
* de tables, à deux ou trois colonnes.
*/
.tdm_2 tr > td:first-child {
vertical-align:top;
}
.tdm_2 tr > td:first-child + td,
.tdm_3 tr > td:first-child + td + td {
vertical-align:bottom;
text-align:right;
}
.tdm_3 tr > td:first-child {
vertical-align:top;
text-align:right;
}
.tdm_3 tr > td:first-child + td {
vertical-align:bottom;
}
.tan_1 tr > td:first-child,
.tan_2 tr > td:first-child + td {
text-indent:-1.5em;
padding-left:1.5em;
text-align:justify;
}
/* classe titre */
.titre {
padding: 2em;
background: light-dark(#F0F0E0, #22221F);
border: 1px solid light-dark(#808080, #505050);
}
/* Alignement de la barre de titre */
h1 {
text-align: left;
}
/* === Prettytable === */
table.prettytable {
margin: 1em 1em 1em 0;
background: #f9f9f9;
border: 1px #AAA solid;
border-collapse: collapse;
}
table.prettytable th, table.prettytable td {
border: 1px #AAA solid;
padding: 0.2em;
}
table.prettytable th {
background: #f2f2f2;
text-align: center;
}
table.prettytable caption {
margin-left: inherit;
margin-right: inherit;
}
/* Alignement du tableau : flottant à droite ou à gauche. On peut aligner à droite ou à gauche sans flottement en ajoutant le modèle:clr en bas du tableau, ou en précisant style="float: none" dans l'en-tête du tableau. */
table.gauche {
float:left;
margin: 0em 1em 1em 0em;
}
table.droite {
float:right;
margin: 0em 0em 1em 1em;
}
/* === Taille et famille des polices pour les écritures non-latines ; voir aussi le modèle:lang. === */
.lang-grc, .lang-el {
font-family: "DejaVu Sans", Athena, Gentium, "Palatino Linotype", "Arial Unicode MS", "Lucida Sans Unicode", "Lucida Grande", Code2000, sans-serif;
}
.lang-he {
font-family: "SBL Hebrew", "Ezra SIL SR", "Ezra SIL", Cardo, "Chrysanthi Unicode", "TITUS Cyberbit Basic", "Arial Unicode MS", Narkisim, "Times New Roman";
font-size: 120%;
}
/* #### modèle:Proofreadpage header template */
table.headertemplate {
width:100%;
margin-bottom:5px;
border:1px solid #ADA;
background:#E4F2E4;
text-align:center;
font-size:0.9em;
}
.headertemplate .header_backlink, .headertemplate .header_forelink {
width:20%; font-size:0.9em;
}
.header_notes {
width:100%;
border-bottom:1px solid #A88;
background:#FAFAFF;
font-size:0.9em;
}
.headertemplate .header_title { width: 60%; }
.headertemplate .header_backlink { text-align:left; }
.headertemplate .header_forelink { text-align:right; }
.alarm {
font-style:normal;
font-weight:bold;
color:#F00;
}
/*************************************************/
/* Infobox V2 */
/*************************************************/
.infobox_v2 {
background: #f9f9f9;
color: #000;
font-size:90%;
line-height:1.1em;
float:right;
clear:right;
margin:0 0 .5em 1em;
width:300px;
border: 1px solid #aaa;
padding: 0.1em;
}
.infobox_v2 th {
vertical-align:top;
text-align:left;
}
.infobox_v2 th a {
color:black; /* désactive la couleur des liens à gauche */
}
.infobox_v2 .entete {
height:45px;
vertical-align:middle;
text-align:center;
font-size:150%;
font-weight:bolder;
line-height:1.2em;
color:#000
}
/* graphiques transparents d'entêtes des infobox V2 */
.entete.defaut {}
.entete.auteur {background: url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1e/Picto_infobox_auteur.png") no-repeat top right;}
/*************** Fin de Infobox V2 ***************/
/*classe poem*/
.poem {
margin-bottom: 0em;
margin-top: 0em;
line-height: 1.6em;
margin-left: 2.5em;
text-indent: 0em;
}
.poem p {
margin-top: 0em ! important;
margin-bottom: 0em ! important;
text-indent: 0em !important;
}
/*double point : 1em, pas d'espace vertical*/
.poem dd{
margin-top:0px;
margin-bottom:0px;
padding-top:0px;
padding-bottom:0px;
margin-left:1em;
}
.poem dl{
margin-top:0px;
margin-bottom:0px;
padding-top:0px;
padding-bottom:0px;
}
.poem .center {
margin-left: -2.5em;
text-align: center;
}
/*réduction de la taille des titres dans l'espace page*/
body.ns-104 h1.firstHeading { font-size:150%; }
/*copyright warning*/
#copyrightwarning_default,
#copyrightwarning_page {
border: var(--border-color-base) solid 1px;
background-color: light-dark(#FFEEDD, #2F2B27);
color: var(--color-base);
padding: 0.5em;
display: flex;
gap: 1em;
align-items: center;
}
#copyrightwarning_default ul,
#copyrightwarning_page ul {
list-style-type: "→ ";
font-size: 1.1em;
font-weight: bold;
}
#copyrightwarning_default p,
#copyrightwarning_page p {
font-size: 0.95em;
text-align: center;
}
body:not(.ns-104) div#copyrightwarning_page {
display: none;
}
body.ns-104 div#copyrightwarning_default {
display: none;
}
/*espace auteur*/
body.ns-102.action-view h1.firstHeading, body.ns-102.action-submit h1.firstHeading { display:none; }
body.ns-102 h2 {
border-bottom: none;
font-size: 120%;
margin-top: 1.2em;
}
body.ns-102 h2 .mw-headline{
font-weight:bold
}
body.ns-102 h2 + h3 {
padding-top:0;
margin-top:0;
}
body.ns-102 h3{
font-size: 100%;
}
body.ns-102 h3 .mw-headline{
font-weight:bold
}
body.ns-102 h4{
font-size: 100%;
}
body.ns-102 h4 .mw-headline{
font-style:italic;
font-weight:normal
}
#pagelist {
background: #F0F0F0;
padding-left: 0.5em;
text-align: justify;
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night #pagelist {
background-color: #222;
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os #pagelist {
background-color: #222;
}
}
/* indicateurs de qualité de proofreadpage */
.quality4 {
background: #b3ffb3;
border-color: #b3ffb3;
}
.quality4 a:hover,
a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
.quality4 a:hover:visited,
.quality4 a:visited,
a:hover:visited.quality4,
a:visited.quality4 {
color: #302d5d;
}
.quality3 {
background: #ffdb7c;
border-color: #ffdb7c;
}
.quality3 a:hover,
a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
.quality3 a:hover:visited,
.quality3 a:visited,
a:hover:visited.quality3,
a:visited.quality3 {
color: #302d5d;
}
.quality2 {
background: #a6bbf5;
border-color: #a6bbf5;
}
.quality2 a:hover,
a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
.quality2 a:hover:visited,
.quality2 a:visited,
a:hover:visited.quality2,
a:visited.quality2 {
color: #302d5d;
}
.quality1 {
background: #fea898;
border-color: #fea898;
}
.quality1 a:hover,
a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
.quality1 a:hover:visited,
.quality1 a:visited,
a:hover:visited.quality1,
a:visited.quality1 {
color: #302d5d;
}
.quality0 {
background: #d3d0d0;
border-color: #d3d0d0;
}
.quality0 a:hover,
a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
.quality0 a:hover:visited,
.quality0 a:visited,
a:hover:visited.quality0,
a:visited.quality0 {
color: #302d5d;
}
#wpQuality-container .quality0 {
border-color: #b1b1b1;
}
/* Custom quality for missing pages in templates such as {{StatsPage}} */
.qualitym {
background: #e3e0e0;
border-color: #e3e0e0;
}
.qualitym a:hover,
a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 {
background: #235c2f;
border-color: #235c2f;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality4,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality4 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality4 {
border-color: #3aaa51;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 {
background: #7d520c;
border-color: #7d520c;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality3,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality3 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality3 {
border-color: #c27e10;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 {
background: #353262;
border-color: #353262;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality2,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality2 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality2 {
border-color: #6660cc;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 {
background: #a72a2a;
border-color: #a72a2a;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality1,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality1 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 {
background: #54595d;
border-color: #54595d;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality0,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality0 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality0 {
border-color: #7b8288;
}
html.skin-theme-clientpref-night .qualitym {
background: #34393d;
border-color: #34393d;
}
html.skin-theme-clientpref-night .qualitym a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 {
background: #235c2f;
border-color: #235c2f;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality4,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality4 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality4 {
border-color: #3aaa51;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 {
background: #7d520c;
border-color: #7d520c;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality3,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality3 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality3 {
border-color: #c27e10;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 {
background: #353262;
border-color: #353262;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality2,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality2 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality2 {
border-color: #6660cc;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 {
background: #a72a2a;
border-color: #a72a2a;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality1,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality1 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 {
background: #54595d;
border-color: #54595d;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality0,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality0 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality0 {
border-color: #7b8288;
}
html.skin-theme-clientpref-os .qualitym {
background: #34393d;
border-color: #34393d;
}
html.skin-theme-clientpref-os .qualitym a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
}
/* pas sur sommaire */
div#sommaire a.quality4 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality3 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality2 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality1 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality0 { background: var(--background-color-base); }
body.ns-104 .coquille { color:#1e761e; }
.ns-104 .editsection { visibility:hidden; }
.lettrine p:first-child:first-letter {
float:left; display:block;
/* background-color: #eeeeee; */
line-height:30px;
/* padding: 5px; */
/*color: #237ab2;*/
font-weight:bold;
font-size:40px;
}
p.lettrine {
background-color: #eeeeee;
}
/*
* classe pour textes avec ligatures
* voir : http://hacks.mozilla.org/2009/06/beautiful-fonts-with-font-face/
*/
.ligatures {
font-family: "Linux Libertine";
font-size:1.4em;
line-height:1.2;
}
/* Modèle:didascalie */
.didascalie {
font-style: italic;
}
/* BOÎTES DÉROULANTES */
/* Styles des boîtes déroulantes, voir [[Modèle:Boîte déroulante/documentation]]. */
div.NavFrame {
margin:0;
padding:2px;
border:1px #AAA;
text-align:center;
border-collapse:collapse;
font-size:95%;
}
/* monobookocentré début */
div.NavFrame + div.NavFrame {
border-top-style:hidden;
}
div.NavPic {
background:#FFF;
margin:0;
padding:2px;
float:left;
}
div.NavFrame div.NavHead {
height:1.6em;
font-weight:bold;
font-size:100%;
background:#EFEFEF;
}
div.NavFrame p,
div.NavFrame div.NavContent,
div.NavFrame div.NavContent p { font-size:100% }
div.NavEnd {
margin:0;
padding:0;
line-height:1px;
clear:both;
}
.NavToggle {
font-size:x-small;
float:right;
}
/* monobookocentré fin */
/* fin boîtes déroulantes */
/* Menu de navigation pour Modèle:Menu de navigation */
.navigation {
margin: 0;
padding: 0;
list-style: none;
width: 17em;
font: 1.1em;
}
.navigation a, .navigation span {
display: block;
padding-left: 10px;
}
.navigation .toggleSubMenu a, .navigation .toggleSubMenu span {
background-image: url(https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Arrow-down-navmenu.png);
background-position : right;
background-repeat: no-repeat;
}
.navigation .open a, .navigation .open span {
background-image: url(https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/01/Arrow-up-navmenu.png);
background-position : right;
background-repeat: no-repeat;
}
.navigation a:hover, .navigation a:focus, .navigation a:active {
text-decoration: underline;
}
.navigation .subMenu {
list-style: none;
font-size: 1em;
background-color: var(--background-color-neutral);
margin: 0;
padding-left: 1em;
}
.navigation .subMenuA {
border-top: 1px solid #C0C0C0;
padding-top: 3px;
padding-bottom: 3px;
}
.navigation ul.subMenu a {
background: none;
padding-left: 10px;
}
.navigation ul.subMenu li {
position:relative;
}
.navigation .selflink {
padding-left: 10px;
}
/* fin menu de navigation */
/* LOGO WIKISOURCE TRANSPARENT */
.logo_transparent {
background:url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ed/Wikisource-logo-200px-transparent.png/190px-Wikisource-logo-200px-transparent.png")
}
/* DEGRADÉ POUR BOUTONS ET AUTRES USAGES */
.degrade {
background-image:url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Gradient_43px.png"); background-position:top; background-repeat:repeat-x;}
/* BOÎTES D'AVANCEMENT */
/* Pour les boites d'avancement, voir [[Modèle:Avancement]]. */
.avance_boite {
position:relative;
margin:0;
padding:0;
width:100px;
height:16px;
background: var(--background-color-neutral);
border: solid 1px var(--border-color-base);
}
.avance_barre {
position:relative;
margin:0;
padding:0;
height:100%;
border:0;
vertical-align:middle;
}
.avance_texte {
color: var(--color-base);
position:absolute;
top:50%;
left:0;
width:100px;
height:100%;
padding:0;
border:0;
margin:0;
margin-top:-0.5em;
text-align:center;
font-size:14px;
line-height:1em;
}
/* BANDEAUX DE PORTAIL */
/* style par défaut des bandeaux de portail
*/
#bandeau-portail {
border: solid light-dark(#aaa, #555) 1px;
padding: 4px;
background-color: light-dark(#F9F9F9, #303030);
text-align: center;
margin-top: 0.5em;
margin-left: 0;
clear: both;
}
#liste-portail {
padding: 4px;
margin-left: 0;
clear: both;
}
#liste-portail li {display: inline}
#bandeau-portail li {display: inline}
.bandeau-portail-element {white-space: nowrap; margin: auto 1em}
.bandeau-portail-icone {margin-right: 0.5em}
.bandeau-portail-texte {font-weight: bold}
/* Table Sorting */
table.jquery-tablesorter th.headerSort {
background-position:left;
padding-left: 1em;
}
/* @source en.wikipedia.org/wiki/MediaWiki:Common.css
@maintainer: [[User:Edokter]]
@revision: 3.1
*/
.skin-monobook .hlist dl,
.skin-modern .hlist dl,
.skin-vector .hlist dl {
line-height: 1.5em;
}
.hlist dl,
.hlist ol,
.hlist ul {
margin: 0;
padding: 0;
}
/* Display list items inline and make them nowrap */
.hlist dd,
.hlist dt,
.hlist li {
margin: 0;
display: inline;
white-space: nowrap;
}
/* Allow wrapping for list items (in tight spaces) */
.hlist.hwrap dd,
.hlist.hwrap dt,
.hlist.hwrap li {
white-space: normal;
}
/* Display nested lists inline and allow them to wrap */
.hlist dl dl, .hlist dl ol, .hlist dl ul,
.hlist ol dl, .hlist ol ol, .hlist ol ul,
.hlist ul dl, .hlist ul ol, .hlist ul ul {
display: inline;
white-space: normal;
}
/* Generate interpuncts */
.hlist dt:after {
content: ":";
}
.hlist dd:after,
.hlist li:after {
content: " ·";
font-weight: bold;
}
.hlist dd:last-child:after,
.hlist dt:last-child:after,
.hlist li:last-child:after {
content: none;
}
/* For IE8 */
.hlist dd.hlist-last-child:after,
.hlist dt.hlist-last-child:after,
.hlist li.hlist-last-child:after {
content: none;
}
/* Add parentheses around nested lists */
.hlist dd dd:first-child:before, .hlist dd dt:first-child:before, .hlist dd li:first-child:before,
.hlist dt dd:first-child:before, .hlist dt dt:first-child:before, .hlist dt li:first-child:before,
.hlist li dd:first-child:before, .hlist li dt:first-child:before, .hlist li li:first-child:before {
content: "(";
font-weight: normal;
}
.hlist dd dd:last-child:after, .hlist dd dt:last-child:after, .hlist dd li:last-child:after,
.hlist dt dd:last-child:after, .hlist dt dt:last-child:after, .hlist dt li:last-child:after,
.hlist li dd:last-child:after, .hlist li dt:last-child:after, .hlist li li:last-child:after {
content: ")";
font-weight: normal;
}
/* For IE8 */
.hlist dd dd.hlist-last-child:after, .hlist dd dt.hlist-last-child:after, .hlist dd li.hlist-last-child:after,
.hlist dt dd.hlist-last-child:after, .hlist dt dt.hlist-last-child:after, .hlist dt li.hlist-last-child:after,
.hlist li dd.hlist-last-child:after, .hlist li dt.hlist-last-child:after, .hlist li li.hlist-last-child:after {
content: ")";
font-weight: normal;
}
/* Put numbers in front of ordered list items */
.hlist.hnum ol {
counter-reset: list-item;
}
.hlist.hnum ol > li {
counter-increment: list-item;
}
.hlist.hnum ol > li:before {
content: counter(list-item) " ";
}
.hlist.hnum dd ol > li:first-child:before,
.hlist.hnum dt ol > li:first-child:before,
.hlist.hnum li ol > li:first-child:before {
content: "(" counter(list-item) " ";
}
/******************************
* Style pour la page d'accueil
******************************/
/* Retire le nom de la page d'accueil */
.action-view.page-Wikisource_Accueil #firstHeading {
display: none;
}
.wikisource-accueil-logo {
position: relative;
}
.wikisource-accueil-titre {
position: absolute; left: 115px; top: 28px; padding: 0;
}
.wikisource-accueil-soustitre {
position: absolute; left: 180px; top: 95px; padding: 0;
}
.wikisource-accueil-colonne60 {
float: left;
width: 60%;
}
.wikisource-accueil-colonne40 {
float: left;
width: 40%;
}
.wikisource-accueil-colonne-gauche {
padding-right: 5px;
}
.wikisource-accueil-colonne-droite {
padding-left: 5px;
}
/**
* Adaptation pour mobile et petite résolution
*/
@media all and (max-width: 799px) {
.wikisource-accueil-logo {
position: static;
}
.wikisource-accueil-titre {
position: static; left: auto; top: auto; padding: 0;
}
.wikisource-accueil-soustitre {
position: static; left: auto; top: auto; padding: 0;
}
.wikisource-accueil-colonne60 {
float: inherit;
width: inherit;
}
.wikisource-accueil-colonne40 {
float: inherit;
width: inherit;
}
.wikisource-accueil-colonne-gauche {
padding-right: 0;
}
.wikisource-accueil-colonne-droite {
padding-left: 0;
}
.wikisource-accueil-m-superflu {
display: none;
}
}
#mf-extrait {
max-height: 80em;
overflow: auto;
}
/* Search box alignment */
.searchbox p {
text-indent: 0 !important;
}
/* Texte en petites capitales {{sc}} et {{sct}}
* pour alléger le code HTML des pages à avec de très nombreuses utilisations
*/
.sc, .sct{
font-variant: small-caps;
}
.sct{
letter-spacing: .1em;
word-spacing: .1em;
}
/* Petite image placée à gauche du modèle {{CorrDiscussion}}
* pour alléger le code HTML des longues listes de corrections.
* Exemple sur Discussion Livre:Dictionnaire_de_Trévoux,_1771,_I.djvu
*/
.label-correction{
background: url(//upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Book_important2.svg/15px-Book_important2.svg.png) no-repeat left center;
padding-left: 20px;
}
/* Test de correction de l'identation dans l'espace Page: par Utilisateur:ElioPrrl */
.pagetext > .mw-parser-output > p:first-of-type,
.pagetext > .mw-parser-output > .manchette > p:first-of-type {
text-indent: 0;
}
/* Mise en italique des images du modèle [[Modèle:X]] qui ont la classe .caractère */
i .caractère img {
transform: skew(-0.2rad);
}
/* Évite que les partitions dépassent du contenu des pages [[phab:T67252]] */
.mw-ext-score img {
max-width: 100%;
height: auto;
}
/* Utilisé dans le modèle {{Table/css}} */
.ws-titre::after {
text-indent:0;
position: absolute;
padding-left: .25em;
/* points de suite nécessaires pour couvrir la page */
content: " . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ";
text-align: right;
}
/* Pour le gadget NotMyYellowPages */
.my-yellow-pages {
color: light-dark(silver, #777) !important;
}
/* Utilisé dans les modèle pds, pdsm, plim */
.ws-pds-dots {
background-image:radial-gradient(var(--color-base) 1px, var(--background-color-base) 0px);
}
.ws-color-base {
color: var(--color-base);
}
.ws-background-color-base {
background: var(--background-color-base);
}
/* Utilisé dans le modèle «« */
.ws-guillemet_ouv {
background-image: url('https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/70/Ws-guillemet_ouvrant.svg');
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night .ws-guillemet_ouv {
background-image: url( 'https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Ws-guillemet_ouvrant_inverted.svg' );
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os .ws-guillemet_ouv {
background-image: url( 'https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Ws-guillemet_ouvrant_inverted.svg' );
}
}
/* CodeMirror editor */
#content .cm-editor .cm-content {
text-align: left;
}
0xkyotv1ip77pyxst2kpfacb3jv5wn4
15779603
15779598
2026-05-08T22:16:36Z
Danÿa
87281
ajustement couleurs de .qualitym
15779603
css
text/css
/* CSS placed here will be applied to all skins */
/* Éviter les soulignés et la modification de curseur pour <abbr title="...">...</abbr> */
abbr[title] {
border-style:none;
text-decoration:inherit;
cursor:inherit;
}
kbd {
background-color: light-dark(#eee, #484848);
border-radius: 3px;
border: 1px solid light-dark(#b4b4b4, gray);
display: inline-block;
font-size: .85em;
font-weight: 700;
line-height: 1;
padding: 2px 4px;
white-space: nowrap;
}
/* Interligne */
/* Éviter d'obtenir un interlignage de taille variable. */
.reference, .exposant {
vertical-align:text-top;
position:relative;
font-size:.8em;
top:-5px;
}
/* mediawiki définit sup.reference en inline-block, cela force une identation de 2em hérité de .pagetext > p */
sup.reference {
display:inline !important;
padding-left: 1.07pt;
}
/* --- GÉNÉRAL --- */
#content {
text-align: justify;
}
.catlinks {
text-align: left;
}
/* éléments du modèle DébutTexte */
#text-wrap {
margin-left:3em;
position:relative;
}
#text-container {
width:100%;
}
#text {
text-align:justify;
width:36em;
margin:0px auto;
}
#text p {
text-indent: 2em;
}
#text pre {
background-color: #ffffff;
font-family: sans-serif;
line-height: 150%;
border: 0px;
padding-left: 2em;
margin: 0;
white-space: pre;
}
/**
* Allow limiting of which header levels are shown in a TOC;
* <div class="toclimit-3">, for instance, will limit to
* showing ==headings== and ===headings=== but no further.
* Used in [[Template:TOCright]]
*/
.toclimit-2 .toclevel-1 ul,
.toclimit-3 .toclevel-2 ul,
.toclimit-4 .toclevel-3 ul,
.toclimit-5 .toclevel-4 ul,
.toclimit-6 .toclevel-5 ul,
.toclimit-7 .toclevel-6 ul {
display: none;
}
/* classe utilisée pour utiliser une image comme un lien, par exemple pour l'icône livre dans le modèle L2S */
span.imagelink > a > img:hover{ border-bottom: 1px solid #0645AD;}
.romanlist ol {
list-style-type:lower-roman;
}
/* Extension:Babel, personnalisation */
.mw-babel-wrapper {
}
.mw-babel-header {
text-align: center;
}
.mw-babel-footer {
text-align: center;
}
/*
* classes utilisées par MediaWiki:Proofreadpage_header_template
*/
#headertemplate {
text-align: center;
}
.headerlabel {
display:none;
}
.headertemplate {
width: 98%;
padding:0.5em;
border-top: 1px solid #A0A0A0;
background-color: #f4f0e5;
}
.headertemplate-journal {
border-bottom: 1px solid #CCCCCC;
background-color: #f4f4f4;
padding: 0.5em;
width: 98%;
}
.headertemplate-author { padding-top:0.5em; padding-bottom:0.4em; font-size:100%; font-weight:bold; }
.headertemplate-title { padding-top:0.4em; padding-bottom:0.4em; font-size:120%; font-weight:bold; }
.headertemplate-reference { padding-top:0.4em; padding-bottom:0.5em; font-size:90%; }
.footertemplate {
width: 98%;
padding-left: 0.5em;
padding-right: 0.5em;
padding-top: 0.2em;
padding-bottom: 0.2em;
border-top: 1px solid var(--border-color-base);
border-bottom: 1px solid var(--border-color-base);
background-color: #f8f8f0;
text-align: center;
font-size: 90%;
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night .footertemplate {
background-color: #222;
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os .footertemplate {
background-color: #222;
}
}
.references {
color: light-dark(darkslategray, #b4eaea);
font-size: 0.85em;
background-color: light-dark(#f4f4f4, #171717);
padding: 1em 0.5em 0.5em;
margin-top: 1.5rem;
border-top: solid 0.2em var(--border-color-base);
}
/* supprimer les marges autour de tous les paragraphes des références et l'indentation du premier (ne matche que le code ref follow= ?) */
.references p {
margin:0;
}
.references p:first-child {
text-indent:0em;
}
/* voir la cible d'une ancre */
span.HighlightedAnchor:target {
background-color: #DEF;
}
/* Mise en surbrillance de la note ou de l'ouvrage de référence cliqué
pour faciliter la navigation (de en.wikipedia). */
ol.references > li:target { background:#DDEEFF; }
/* T156351: Support for Parsoid's Cite implementation */
span[rel="mw:referencedBy"] {
counter-reset: mw-ref-linkback 0;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a::after {
content: ", ";
vertical-align: super;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a:nth-last-child(2)::after {
content: " et ";
vertical-align: super;
}
span[rel="mw:referencedBy"] > a::before {
content: counter( mw-ref-linkback, lower-alpha );
font-size: 100%;
}
/* suppression des numéros dans le sommaire */
span.tocnumber { display:none;}
/* suppression du lien créer un livre */
#coll-create_a_book { display:none; speak:none;}
#coll-download-as-rdf2latex { display:none; speak:none; }
/* suppression du sous-titre pour version imprimable */
h3#siteSub { display:none; }
.printfooter { display:none; }
/* utilisé par le modèle:1er par exemple */
.abbr {
border-bottom : none;
cursor : default;
}
/* classe verse : utiliser avec <poem> pour les textes en vers */
.verse {
text-align: left;
margin:0px auto;
padding-left: 2em;
}
.verse p { text-indent: 0em
}
.verse pre {
background-color: #ffffff;
font-family: sans-serif;
line-height: 150%;
border: 0px;
padding-left: 2em;
margin: 0;
white-space: pre;
}
/* --- NAMESPACE PAGE --- */
/* classe par défaut */
.pagetext {
position: relative;
max-width: 36em;
text-align: justify;
}
.pagetext p {
text-indent: 2em
}
.pagetext blockquote {
margin: 0.5em 0em;
}
/* la numérotation des pages doit avoir la même largeur que .pagetext */
#pageheader {
width: 36em !important;
margin: .2em 0 !important;
}
/* même largeur que .pagetext, pour voir plus facilement si une image est correctement centré */
.prp-page-qualityheader {
max-width: 36em;
}
/* largeur des pages */
body.ns-104 .largeur54 { width: 54em; }
body.ns-104 .largeur20 { width: 20em; }
body.ns-104 .sidenote-left { position:absolute; left:0; width:6em; padding-right:1em; text-indent:0em; text-align:left;}
body.ns-104 .sidenote-right { position:absolute; right:0; width:6em; padding-left:1em; text-indent:0em; text-align:left;}
body.ns-104 h2 .editsection, #text-wrap h2 .editsection{
display:none
}
/*
* twocolumn et deuxcolonnes
* - twocolumn ne fait rien, est sans-doute utilisé en conjonction avec un modèle (à documenter)
* - préférer deuxcolonnes : cette classe créé des vraies colonnes.
*/
.twocolumn {
width: 54em;
text-align: justify;
}
.twocolumn p {
text-indent: 2em
}
.twocolumn blockquote {
margin: 0.5em 0em;
}
body.ns-104 .deuxcolonnes {
-moz-column-count:2; -moz-column-gap:3em;
-webkit-column-count:2; -webkit-column-gap:3em;
-o-column-count:2; -o-column-gap:3em;
column-count:2; column-gap:3em;
}
/* --- MISE EN FORME --- */
/* Texte en petites majuscules */
.romain {
text-transform:lowercase;
font-variant:small-caps;
}
/* Texte avec une majuscule à la première lettre de chaque mot */
.personnage
{
font-weight:bold;
font-variant:small-caps;
}
.lignecapitale:first-line
{
font-variant:small-caps;
font-size:120%;
text-align: justify;
}
/* Classe vocabulaire : Modèle V (liens vers Wiktionnaire) */
.vocabulaire { color : #000000; } /* noir, comme le texte général, par défaut */
.vocabulaire a:link {color:black;} /* pour IE */
/* Classe encyclopedie : Modèle W (liens vers Wikipédia) */
.encyclopedie { color : #000000; } /* noir, comme le texte général, par défaut */
.encyclopedie a:link {color:black;} /* pour IE */
/* Classe lang : Texte en langue étrangère */
.lang {color:#800000}
/*
* ancienne classe utilisée pour les références ; périmée ?
*/
.references-small { font-size: 90%;}
/*
* classe prose : PERIMÉE, utiliser text
*/
.prose {
width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.prose p {
text-indent: 2em
}
/* --- CLASSES ACTIVES --- */
/* classe text : colonne centrée de texte avec indentation */
.text {
max-width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.text p {
text-indent: 2em;
}
.text pre {
background-color: #ffffff;
font-family: sans-serif;
line-height: 150%;
border: 0px;
padding-left: 2em;
margin: 0;
white-space: pre;
}
/* Titres dans la classe text */
h2.tmp {
text-align: center;
font-size: 150%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h3.tmp {
text-align: center;
font-size: 120%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h4.tmp {
text-align: center;
font-size: 100%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h5.tmp {
text-align: center;
font-size: 100%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
h6.tmp {
text-align: center;
font-size: 90%;
font-weight: normal;
line-height: inherit;
}
/* classe centertext : PÉRIMÉE, UTILISER TEXT */
.centertext {
width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.centertext p {
text-indent: 0em;
}
/* classe lefttext : PÉRIMÉE, utiliser text */
.lefttext {
max-width: 36em;
text-align: justify;
margin:0px auto;
}
.lefttext p {
text-indent: 2em
}
/* affichage de div comme des tableaux avec rétrocompatibilité ie 6 et 7 */
html.client-msie-6 .table-cell-left{
float:left;
}
html.client-msie-6 .table-cell-right{
float:right;
}
html.client-msie-7 .table-cell-left{
float:left;
}
html.client-msie-7 .table-cell-right{
float:right;
}
.table-cell-left {
display:table-cell;
}
.table-cell-right {
display:table-cell;
}
/* indentation, voir le modèle:Alinéa */
.alinea p {
text-indent: inherit !important;
}
/* indentation négative, voir le modèle:AlinéaNégatif */
.alineanegatif {
text-indent: -2em;
padding-left:2em;
}
.alineanegatif p {
text-indent: -2em ! important;
}
/* classe indentation : création d'une indentation dans une div quelconque */
.indentation {
text-indent: 2em;
}
/* Quelques classes aidant à la création de table des matières pour deux types
* de tables, à deux ou trois colonnes.
*/
.tdm_2 tr > td:first-child {
vertical-align:top;
}
.tdm_2 tr > td:first-child + td,
.tdm_3 tr > td:first-child + td + td {
vertical-align:bottom;
text-align:right;
}
.tdm_3 tr > td:first-child {
vertical-align:top;
text-align:right;
}
.tdm_3 tr > td:first-child + td {
vertical-align:bottom;
}
.tan_1 tr > td:first-child,
.tan_2 tr > td:first-child + td {
text-indent:-1.5em;
padding-left:1.5em;
text-align:justify;
}
/* classe titre */
.titre {
padding: 2em;
background: light-dark(#F0F0E0, #22221F);
border: 1px solid light-dark(#808080, #505050);
}
/* Alignement de la barre de titre */
h1 {
text-align: left;
}
/* === Prettytable === */
table.prettytable {
margin: 1em 1em 1em 0;
background: #f9f9f9;
border: 1px #AAA solid;
border-collapse: collapse;
}
table.prettytable th, table.prettytable td {
border: 1px #AAA solid;
padding: 0.2em;
}
table.prettytable th {
background: #f2f2f2;
text-align: center;
}
table.prettytable caption {
margin-left: inherit;
margin-right: inherit;
}
/* Alignement du tableau : flottant à droite ou à gauche. On peut aligner à droite ou à gauche sans flottement en ajoutant le modèle:clr en bas du tableau, ou en précisant style="float: none" dans l'en-tête du tableau. */
table.gauche {
float:left;
margin: 0em 1em 1em 0em;
}
table.droite {
float:right;
margin: 0em 0em 1em 1em;
}
/* === Taille et famille des polices pour les écritures non-latines ; voir aussi le modèle:lang. === */
.lang-grc, .lang-el {
font-family: "DejaVu Sans", Athena, Gentium, "Palatino Linotype", "Arial Unicode MS", "Lucida Sans Unicode", "Lucida Grande", Code2000, sans-serif;
}
.lang-he {
font-family: "SBL Hebrew", "Ezra SIL SR", "Ezra SIL", Cardo, "Chrysanthi Unicode", "TITUS Cyberbit Basic", "Arial Unicode MS", Narkisim, "Times New Roman";
font-size: 120%;
}
/* #### modèle:Proofreadpage header template */
table.headertemplate {
width:100%;
margin-bottom:5px;
border:1px solid #ADA;
background:#E4F2E4;
text-align:center;
font-size:0.9em;
}
.headertemplate .header_backlink, .headertemplate .header_forelink {
width:20%; font-size:0.9em;
}
.header_notes {
width:100%;
border-bottom:1px solid #A88;
background:#FAFAFF;
font-size:0.9em;
}
.headertemplate .header_title { width: 60%; }
.headertemplate .header_backlink { text-align:left; }
.headertemplate .header_forelink { text-align:right; }
.alarm {
font-style:normal;
font-weight:bold;
color:#F00;
}
/*************************************************/
/* Infobox V2 */
/*************************************************/
.infobox_v2 {
background: #f9f9f9;
color: #000;
font-size:90%;
line-height:1.1em;
float:right;
clear:right;
margin:0 0 .5em 1em;
width:300px;
border: 1px solid #aaa;
padding: 0.1em;
}
.infobox_v2 th {
vertical-align:top;
text-align:left;
}
.infobox_v2 th a {
color:black; /* désactive la couleur des liens à gauche */
}
.infobox_v2 .entete {
height:45px;
vertical-align:middle;
text-align:center;
font-size:150%;
font-weight:bolder;
line-height:1.2em;
color:#000
}
/* graphiques transparents d'entêtes des infobox V2 */
.entete.defaut {}
.entete.auteur {background: url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1e/Picto_infobox_auteur.png") no-repeat top right;}
/*************** Fin de Infobox V2 ***************/
/*classe poem*/
.poem {
margin-bottom: 0em;
margin-top: 0em;
line-height: 1.6em;
margin-left: 2.5em;
text-indent: 0em;
}
.poem p {
margin-top: 0em ! important;
margin-bottom: 0em ! important;
text-indent: 0em !important;
}
/*double point : 1em, pas d'espace vertical*/
.poem dd{
margin-top:0px;
margin-bottom:0px;
padding-top:0px;
padding-bottom:0px;
margin-left:1em;
}
.poem dl{
margin-top:0px;
margin-bottom:0px;
padding-top:0px;
padding-bottom:0px;
}
.poem .center {
margin-left: -2.5em;
text-align: center;
}
/*réduction de la taille des titres dans l'espace page*/
body.ns-104 h1.firstHeading { font-size:150%; }
/*copyright warning*/
#copyrightwarning_default,
#copyrightwarning_page {
border: var(--border-color-base) solid 1px;
background-color: light-dark(#FFEEDD, #2F2B27);
color: var(--color-base);
padding: 0.5em;
display: flex;
gap: 1em;
align-items: center;
}
#copyrightwarning_default ul,
#copyrightwarning_page ul {
list-style-type: "→ ";
font-size: 1.1em;
font-weight: bold;
}
#copyrightwarning_default p,
#copyrightwarning_page p {
font-size: 0.95em;
text-align: center;
}
body:not(.ns-104) div#copyrightwarning_page {
display: none;
}
body.ns-104 div#copyrightwarning_default {
display: none;
}
/*espace auteur*/
body.ns-102.action-view h1.firstHeading, body.ns-102.action-submit h1.firstHeading { display:none; }
body.ns-102 h2 {
border-bottom: none;
font-size: 120%;
margin-top: 1.2em;
}
body.ns-102 h2 .mw-headline{
font-weight:bold
}
body.ns-102 h2 + h3 {
padding-top:0;
margin-top:0;
}
body.ns-102 h3{
font-size: 100%;
}
body.ns-102 h3 .mw-headline{
font-weight:bold
}
body.ns-102 h4{
font-size: 100%;
}
body.ns-102 h4 .mw-headline{
font-style:italic;
font-weight:normal
}
#pagelist {
background: #F0F0F0;
padding-left: 0.5em;
text-align: justify;
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night #pagelist {
background-color: #222;
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os #pagelist {
background-color: #222;
}
}
/* indicateurs de qualité de proofreadpage */
.quality4 {
background: #b3ffb3;
border-color: #b3ffb3;
}
.quality4 a:hover,
a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
.quality4 a:hover:visited,
.quality4 a:visited,
a:hover:visited.quality4,
a:visited.quality4 {
color: #302d5d;
}
.quality3 {
background: #ffdb7c;
border-color: #ffdb7c;
}
.quality3 a:hover,
a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
.quality3 a:hover:visited,
.quality3 a:visited,
a:hover:visited.quality3,
a:visited.quality3 {
color: #302d5d;
}
.quality2 {
background: #a6bbf5;
border-color: #a6bbf5;
}
.quality2 a:hover,
a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
.quality2 a:hover:visited,
.quality2 a:visited,
a:hover:visited.quality2,
a:visited.quality2 {
color: #302d5d;
}
.quality1 {
background: #fea898;
border-color: #fea898;
}
.quality1 a:hover,
a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
.quality1 a:hover:visited,
.quality1 a:visited,
a:hover:visited.quality1,
a:visited.quality1 {
color: #302d5d;
}
.quality0 {
background: #d3d0d0;
border-color: #d3d0d0;
}
.quality0 a:hover,
a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
.quality0 a:hover:visited,
.quality0 a:visited,
a:hover:visited.quality0,
a:visited.quality0 {
color: #302d5d;
}
#wpQuality-container .quality0 {
border-color: #b1b1b1;
}
/* Custom quality for missing pages in templates such as {{StatsPage}} */
.qualitym {
background: white;
border-color: white;
}
.qualitym a:hover,
a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
@media screen {
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 {
background: #235c2f;
border-color: #235c2f;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality4 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality4,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality4 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality4 {
border-color: #3aaa51;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 {
background: #7d520c;
border-color: #7d520c;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality3 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality3,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality3 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality3 {
border-color: #c27e10;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 {
background: #353262;
border-color: #353262;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality2 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality2,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality2 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality2 {
border-color: #6660cc;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 {
background: #a72a2a;
border-color: #a72a2a;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality1 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality1,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality1 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 {
background: #54595d;
border-color: #54595d;
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-night .quality0 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover:visited.quality0,
html.skin-theme-clientpref-night a:visited.quality0 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-night #wpQuality-container .quality0 {
border-color: #7b8288;
}
html.skin-theme-clientpref-night .qualitym {
background: black;
border-color: black;
}
html.skin-theme-clientpref-night .qualitym a:hover,
html.skin-theme-clientpref-night a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
}
@media screen and (prefers-color-scheme: dark) {
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 {
background: #235c2f;
border-color: #235c2f;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality4 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality4 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality4,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality4 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality4 {
border-color: #3aaa51;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 {
background: #7d520c;
border-color: #7d520c;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality3 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality3 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality3,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality3 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality3 {
border-color: #c27e10;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 {
background: #353262;
border-color: #353262;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality2 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality2 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality2,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality2 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality2 {
border-color: #6660cc;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 {
background: #a72a2a;
border-color: #a72a2a;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality1 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality1 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality1,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality1 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 {
background: #54595d;
border-color: #54595d;
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.quality0 {
color: var(--color-base);
}
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:hover:visited,
html.skin-theme-clientpref-os .quality0 a:visited,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover:visited.quality0,
html.skin-theme-clientpref-os a:visited.quality0 {
color: #dad2e9;
}
html.skin-theme-clientpref-os #wpQuality-container .quality0 {
border-color: #7b8288;
}
html.skin-theme-clientpref-os .qualitym {
background: black;
border-color: black;
}
html.skin-theme-clientpref-os .qualitym a:hover,
html.skin-theme-clientpref-os a:hover.qualitym {
color: var(--color-destructive);
}
}
/* pas sur sommaire */
div#sommaire a.quality4 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality3 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality2 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality1 { background: var(--background-color-base); }
div#sommaire a.quality0 { background: var(--background-color-base); }
body.ns-104 .coquille { color:#1e761e; }
.ns-104 .editsection { visibility:hidden; }
.lettrine p:first-child:first-letter {
float:left; display:block;
/* background-color: #eeeeee; */
line-height:30px;
/* padding: 5px; */
/*color: #237ab2;*/
font-weight:bold;
font-size:40px;
}
p.lettrine {
background-color: #eeeeee;
}
/*
* classe pour textes avec ligatures
* voir : http://hacks.mozilla.org/2009/06/beautiful-fonts-with-font-face/
*/
.ligatures {
font-family: "Linux Libertine";
font-size:1.4em;
line-height:1.2;
}
/* Modèle:didascalie */
.didascalie {
font-style: italic;
}
/* BOÎTES DÉROULANTES */
/* Styles des boîtes déroulantes, voir [[Modèle:Boîte déroulante/documentation]]. */
div.NavFrame {
margin:0;
padding:2px;
border:1px #AAA;
text-align:center;
border-collapse:collapse;
font-size:95%;
}
/* monobookocentré début */
div.NavFrame + div.NavFrame {
border-top-style:hidden;
}
div.NavPic {
background:#FFF;
margin:0;
padding:2px;
float:left;
}
div.NavFrame div.NavHead {
height:1.6em;
font-weight:bold;
font-size:100%;
background:#EFEFEF;
}
div.NavFrame p,
div.NavFrame div.NavContent,
div.NavFrame div.NavContent p { font-size:100% }
div.NavEnd {
margin:0;
padding:0;
line-height:1px;
clear:both;
}
.NavToggle {
font-size:x-small;
float:right;
}
/* monobookocentré fin */
/* fin boîtes déroulantes */
/* Menu de navigation pour Modèle:Menu de navigation */
.navigation {
margin: 0;
padding: 0;
list-style: none;
width: 17em;
font: 1.1em;
}
.navigation a, .navigation span {
display: block;
padding-left: 10px;
}
.navigation .toggleSubMenu a, .navigation .toggleSubMenu span {
background-image: url(https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Arrow-down-navmenu.png);
background-position : right;
background-repeat: no-repeat;
}
.navigation .open a, .navigation .open span {
background-image: url(https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/01/Arrow-up-navmenu.png);
background-position : right;
background-repeat: no-repeat;
}
.navigation a:hover, .navigation a:focus, .navigation a:active {
text-decoration: underline;
}
.navigation .subMenu {
list-style: none;
font-size: 1em;
background-color: var(--background-color-neutral);
margin: 0;
padding-left: 1em;
}
.navigation .subMenuA {
border-top: 1px solid #C0C0C0;
padding-top: 3px;
padding-bottom: 3px;
}
.navigation ul.subMenu a {
background: none;
padding-left: 10px;
}
.navigation ul.subMenu li {
position:relative;
}
.navigation .selflink {
padding-left: 10px;
}
/* fin menu de navigation */
/* LOGO WIKISOURCE TRANSPARENT */
.logo_transparent {
background:url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/ed/Wikisource-logo-200px-transparent.png/190px-Wikisource-logo-200px-transparent.png")
}
/* DEGRADÉ POUR BOUTONS ET AUTRES USAGES */
.degrade {
background-image:url("https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Gradient_43px.png"); background-position:top; background-repeat:repeat-x;}
/* BOÎTES D'AVANCEMENT */
/* Pour les boites d'avancement, voir [[Modèle:Avancement]]. */
.avance_boite {
position:relative;
margin:0;
padding:0;
width:100px;
height:16px;
background: var(--background-color-neutral);
border: solid 1px var(--border-color-base);
}
.avance_barre {
position:relative;
margin:0;
padding:0;
height:100%;
border:0;
vertical-align:middle;
}
.avance_texte {
color: var(--color-base);
position:absolute;
top:50%;
left:0;
width:100px;
height:100%;
padding:0;
border:0;
margin:0;
margin-top:-0.5em;
text-align:center;
font-size:14px;
line-height:1em;
}
/* BANDEAUX DE PORTAIL */
/* style par défaut des bandeaux de portail
*/
#bandeau-portail {
border: solid light-dark(#aaa, #555) 1px;
padding: 4px;
background-color: light-dark(#F9F9F9, #303030);
text-align: center;
margin-top: 0.5em;
margin-left: 0;
clear: both;
}
#liste-portail {
padding: 4px;
margin-left: 0;
clear: both;
}
#liste-portail li {display: inline}
#bandeau-portail li {display: inline}
.bandeau-portail-element {white-space: nowrap; margin: auto 1em}
.bandeau-portail-icone {margin-right: 0.5em}
.bandeau-portail-texte {font-weight: bold}
/* Table Sorting */
table.jquery-tablesorter th.headerSort {
background-position:left;
padding-left: 1em;
}
/* @source en.wikipedia.org/wiki/MediaWiki:Common.css
@maintainer: [[User:Edokter]]
@revision: 3.1
*/
.skin-monobook .hlist dl,
.skin-modern .hlist dl,
.skin-vector .hlist dl {
line-height: 1.5em;
}
.hlist dl,
.hlist ol,
.hlist ul {
margin: 0;
padding: 0;
}
/* Display list items inline and make them nowrap */
.hlist dd,
.hlist dt,
.hlist li {
margin: 0;
display: inline;
white-space: nowrap;
}
/* Allow wrapping for list items (in tight spaces) */
.hlist.hwrap dd,
.hlist.hwrap dt,
.hlist.hwrap li {
white-space: normal;
}
/* Display nested lists inline and allow them to wrap */
.hlist dl dl, .hlist dl ol, .hlist dl ul,
.hlist ol dl, .hlist ol ol, .hlist ol ul,
.hlist ul dl, .hlist ul ol, .hlist ul ul {
display: inline;
white-space: normal;
}
/* Generate interpuncts */
.hlist dt:after {
content: ":";
}
.hlist dd:after,
.hlist li:after {
content: " ·";
font-weight: bold;
}
.hlist dd:last-child:after,
.hlist dt:last-child:after,
.hlist li:last-child:after {
content: none;
}
/* For IE8 */
.hlist dd.hlist-last-child:after,
.hlist dt.hlist-last-child:after,
.hlist li.hlist-last-child:after {
content: none;
}
/* Add parentheses around nested lists */
.hlist dd dd:first-child:before, .hlist dd dt:first-child:before, .hlist dd li:first-child:before,
.hlist dt dd:first-child:before, .hlist dt dt:first-child:before, .hlist dt li:first-child:before,
.hlist li dd:first-child:before, .hlist li dt:first-child:before, .hlist li li:first-child:before {
content: "(";
font-weight: normal;
}
.hlist dd dd:last-child:after, .hlist dd dt:last-child:after, .hlist dd li:last-child:after,
.hlist dt dd:last-child:after, .hlist dt dt:last-child:after, .hlist dt li:last-child:after,
.hlist li dd:last-child:after, .hlist li dt:last-child:after, .hlist li li:last-child:after {
content: ")";
font-weight: normal;
}
/* For IE8 */
.hlist dd dd.hlist-last-child:after, .hlist dd dt.hlist-last-child:after, .hlist dd li.hlist-last-child:after,
.hlist dt dd.hlist-last-child:after, .hlist dt dt.hlist-last-child:after, .hlist dt li.hlist-last-child:after,
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/* Put numbers in front of ordered list items */
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* Style pour la page d'accueil
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* Adaptation pour mobile et petite résolution
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/* Search box alignment */
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/* Texte en petites capitales {{sc}} et {{sct}}
* pour alléger le code HTML des pages à avec de très nombreuses utilisations
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/* Petite image placée à gauche du modèle {{CorrDiscussion}}
* pour alléger le code HTML des longues listes de corrections.
* Exemple sur Discussion Livre:Dictionnaire_de_Trévoux,_1771,_I.djvu
*/
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/* Test de correction de l'identation dans l'espace Page: par Utilisateur:ElioPrrl */
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.pagetext > .mw-parser-output > .manchette > p:first-of-type {
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/* Mise en italique des images du modèle [[Modèle:X]] qui ont la classe .caractère */
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/* Évite que les partitions dépassent du contenu des pages [[phab:T67252]] */
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/* Utilisé dans le modèle {{Table/css}} */
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/* points de suite nécessaires pour couvrir la page */
content: " . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . "
". . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ";
text-align: right;
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/* Pour le gadget NotMyYellowPages */
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Discussion utilisateur:Le ciel est par dessus le toit
3
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15778992
15762510
2026-05-08T13:46:26Z
Sicarov
121895
/* Dictionnaire des antiquités chrétiennes Export ? */ nouvelle section
15778992
wikitext
text/x-wiki
__NOINDEX__
{{Discussion_utilisateur:Le_ciel_est_par_dessus_le_toit/_entête_page_de_discussion}}
{{/Sommaire}}
==Pour Mémoire{{Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit/section}}==
===Priorité===
===à suivre===
*[[Discussion utilisateur:Johannex3D]]
*[[Discussion utilisateur:Michelle Bruschi]]
===[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit/Pères apostoliques, Pères de l'Église, Docteurs de l'Église et Mystiques|Pères apostoliques, Pères de l'Église, Docteurs de l'Église et Mystiques]]===
voir la page dédiée pour le travail à faire
===Insert Contrib===
* {{fait}} 2023 janvier — épisode 31 * {{fait}} 2023 février - épisode 32 * {{fait}} 2023 Mars - épisode 33 * {{fait}} 2023 Avril - épisode 34 * {{fait}} 2023 Mai - épisode 35
* 2023 Juin - épisode 36 → reprendre au Convent des Gaulles (inclus)
=== Discussions archivées mais sans doute à revoir un jour===
*[[Discussion_utilisateur:Le_ciel_est_par_dessus_le_toit/Archives2025#Nouvelles_en_trois_lignes|Nouvelles en trois lignes]] avec [https://fr.wikisource.org/wiki/Utilisateur:Cunegonde1 Cunegonde1]
*[[Discussion_utilisateur:Le_ciel_est_par_dessus_le_toit/Archives2025#Babeuf|Babeuf]] avec [https://fr.wikisource.org/wiki/Utilisatrice:Narilora Narilora]
===Notes à replacer===
*[[Livre:Aristote - Physique, traduction Barthélemy Saint-Hilaire, 1862.djvu]] à partir de la page bleue incluse
== Vulpis et Corvus ==
Pourquoi avoir supprimé la page ? [[Spécial:Contributions/~2025-43442-72|~2025-43442-72]] ([[Discussion utilisateur:~2025-43442-72|discussion]]) 30 décembre 2025 à 17:31 (UTC)
:{{ping|~2025-43442-72}} Parce que cette version n’a jamais été publiée, comme c’était bien expliqué en page de discussion, c’est une version d’un prof pour ces élèves et que ça ne rentre pas dans nos critères. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 30 décembre 2025 à 17:38 (UTC)
::J'aimais la traduction française apporté, serait-il possible d'en avoir une copie ? [[Spécial:Contributions/~2025-43442-72|~2025-43442-72]] ([[Discussion utilisateur:~2025-43442-72|discussion]]) 30 décembre 2025 à 17:41 (UTC)
:::{{ping|~2025-43442-72}} Voilà ci-dessous ce que vous demandez, mais ne vous avisez pas à recréer cette page, sinon cela vous vaudra un blocage. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 30 décembre 2025 à 18:09 (UTC)
===En français===
<poem>Ceux qui se réjouissent d'être flattés par des paroles trompeuses
subissent comme punition une honte tardive.
Alors qu'un corbeau voulait manger un fromage dérobé sur une fenêtre,
installé sur un arbre élevé,
un renard l'aperçut et commença à lui parler ainsi :
« O corbeau, quelle blancheur est celle de tes plumes !
Quelle élégance tu portes sur ton corps et sur ta tête !
Si tu avais de la voix, aucun oiseau ne l'emportait sur toi ».
Mais ce sot, alors qu'il voulait montrer sa voix,
laissa échapper, de son bec grand ouvert, le fromage que rapidement
le fourbe renard déroba de ses dents avides.
Alors la stupidité du corbeau trompé s'exprima par des gémissements.
Cette fable prouve combien l'intelligence est puissante ;
le sagesse toujours l'emporte sur la force.</poem>
===En latin===
<poem>Qui se laudari gaudet verbis subdolis
fere dat poenas turpi paenitentia.
Cum de fenestra corvus raptum caseum
comesse vellet celsa residens arbore,
vulpes ut vidit blande sic coepit loqui :
" o qui tuarum, corve, pennarum est nitor !
Quantum decorem corpore et vultu geris !
Si vocem haberes, nulla prior ales foret. "
At ille stultus dum vult vocem ostendere,
emisit ore caseum, quem celeriter
dolosa vulpes avidis rapuit dentibus.
Tum demum ingemuit corvi deceptus stupor.
Hac re probatur, quantum ingenium polleat ;
virtute semper praevalet sapientia.</poem>
::::{{ping|~2025-43442-72}} Je ne voudrais pas que vous gardiez en tête qu’il est impossible de proposer sur Wikisource des traductions non publiées, comme cela pourrait être compris à la suite du message ci-dessus. Le fait que la traduction vienne d’un prof et soit destinée à ses élèves n’est pas vraiment le problème ici, puisqu’il est bien possible de proposer sur Wikisource, comme montré [[Wikisource:Traductions|dans ce projet]] et confirmé dans [[Wikisource:Votes/Faut-il_refuser_les_nouveaux_textes_sans_fac-similé_%3F|ce vote]], les « traductions effectuées directement sur Wikisource » sous réserve qu’elles soient « rattachées à un fac-similé dans la langue d’origine du texte traduit » (par exemple [[Page:Phedre - Fables Hachette 1909.djvu/27|ici]], dans ce cas). Le problème serait donc plutôt d’intégrer sur Wikisource la traduction d’une autre personne, sans respecter ses droits de propriété intellectuelle, car [https://lettres.ac-creteil.fr/spip.php?article1556 deux] [https://pedagogie.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/lettres/lacourt_seq_resister_au_plus_fort_ruses__mensonges_et_masques_6e_1_.pdf sources] où cette traduction peut être trouvée ne donnent pas le nom de la personne qui a réalisé cette traduction (qu'il faudrait donc aussi supprimer ci-dessus). Par ailleurs, quand tu écris "voir pdd" en commentaire de suppression, @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]], comme [[Vulpis et corvus|ici]] ou [[Discussion:Vulpis et corvus|là]], j’ai l’impression que ça n’est pas très éclairant car sauf erreur de ma part, la page de suppression est supprimée en même temps que la page associée, ce qui pousse, je pense, à inclure des commentaires de suppression plus explicites, ou à renvoyer à des pages qui existent en utilisant le wikicode des liens internes. Merci !
::::--[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 31 décembre 2025 à 07:36 (UTC)
== Rétablissement de l'édition belge du Salon de Lady Betty et de pages projets ==
Bonjour,
Je ne comprends pas la suppression de [[Livre:Desbordes-Valmore - Le Salon de lady Betty.djvu|cette page]], pourrais-tu la restaurer et annuler par la même occasion tes autres actions qui en ont découlé ? Si la précédente structure de page d'édition n'était pas bien organisée, merci de me signaler les problèmes. Pour info, voici les pages Commons et Wikidata des deux éditions :
* Charpentier : [[commons:Desbordes-Valmore - Le Salon de Lady Betty, tome 1, 1836.pdf|tome 1]], [[commons:Desbordes-Valmore - Le Salon de Lady Betty, tome 2, 1836.pdf|tome 2]], [[d:Q122827594]]
* Ad Wahlen : [[commons:File:Desbordes-Valmore_-_Le_Salon_de_lady_Betty.djvu|deux tomes en un seul fichier]], [[d:Q122841430]]
Et puisque cette suppression de page m'étonne, j'aimerais aussi aborder d'autres suppressions que je n'ai pas comprises, celles de plusieurs pages projets : je ne comprends pas la raison de la suppression des pages des projets 5, 8, 10, 12, 18, 19, 22, 23, 24, 26, 31, 35, 37, 38, 39, 42, 46, 48, 57 : quel critère a été utilisé pour les supprimer ? pourquoi ne pas les signaler par une autre icône si pour une raison quelconque ils sont considérés comme désuets, tout en gardant la trace d'un intérêt qui leur a été porté, et permettre soit leur réactivation, soit la compréhension de l'éventuelle raison technique qui a conduit à les rendre inutiles ?
-- [[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 31 décembre 2025 à 07:11 (UTC)
:{{ping|FreeCorp}} : [[Livre:Desbordes-Valmore - Le Salon de lady Betty.djvu]] est un doublon défectueux de celui-ci [[Livre:Desbordes-Valmore - Le Salon de Lady Betty, tome 1, 1836.pdf]]
::Je ne sais pas ce que tu définis comme un ''doublon'', mais pour ce cas particulier, je te prie de rétablir [[Livre:Desbordes-Valmore - Le Salon de lady Betty.djvu]], et d’éviter de refaire à l’avenir des suppressions dans ce cas. Comme je l’ai expliqué ci-dessus, et comme tu t’en convaincras en allant regarder la [[w:fr:page de titre|page de titre]] sur Commons (page 7 du PDF du tome 1, page 11 du fichier DJVU), l’éditeur n’est pas le même. Si besoin, je suis partant pour organiser une formation en visio à propos des différences entre éditions, et des façons de les détecter, afin que tu fasses à l’avenir des suppressions, ou des rattachements de fac-similés, avec plus de discernement. Si tu préfères, je peux essayer de résumer ça par écrit sur une page d’aide : dans ce cas, indique-moi la page appropriée. Bonne journée ! --[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 31 décembre 2025 à 08:46 (UTC)
:*Pour les projets, les pages sont obsolètes et ne correspond plus à des projets puisque soit il sont fait, soit il ne le seront jamais car devenu inutiles et leur existence pose problème au nouveaux contributeurs qui tombe sur ces pages. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 31 décembre 2025 à 07:41 (UTC)
:{{ping|FreeCorp}} Le livre est restauré, certes pas la même éditions, mais toujours défectueux… --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 31 décembre 2025 à 08:55 (UTC)
:{{ping|FreeCorp}} S’il faut restaurer les pages du Salon de lady Betty se sera fait dans la semaine --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 31 décembre 2025 à 09:02 (UTC)
::Merci ! Je m’apprêtais en effet à te demander la restauration des pages, ainsi que la correction des conséquences qui en ont découlé sur Wikidata. Puis je pourrai m’occuper de clarifier la structure œuvre/éditions sur Wikisource.
::Par ailleurs, quand j’ai remarqué et signalé que deux pages étaient manquantes dans le fac-similé Internet Archive, je n’ai pas remarqué que les pages concernées [https://www.google.fr/books/edition/Le_salon_de_lady_Betty/GncGAAAAQAAJ?hl=fr&gbpv=1&pg=RA1-PA20&printsec=frontcover existaient bien sur le fac-similé Wikisource]. N’ayant pas les outils permettant de convertir efficacement un PDF en DJVU, je passerai peut-être par un appel sur le Scriptorium pour avoir de l’aide. J’attends le rétablissement des pages pour cela aussi, car je dois savoir s’il est plus pratique, pour minimiser le nombre de pages-sources à renommer, de supprimer les deux premières pages du PDF récupéré de Google Books (dont la première page d’"À propos" qu’on n’inclut généralement pas dans les fac-similés) pour compenser l’ajout des 2 pages manquantes, ou pas.
::--[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 31 décembre 2025 à 09:32 (UTC)
:::Et merci pour les restaurations de pages qui ont l’air désormais terminées ! Je vais me coller aux restaurations de liens Wikidata… --[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 4 janvier 2026 à 09:46 (UTC)
:::{{ping|FreeCorp}} je n’ai pas rétabli le lien principale [[Le Salon de lady Betty]], parce que sinon le lecteur ne trouvera rien à lire, il faudra le restaurer quand le texte sera corrigé. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 4 janvier 2026 à 09:52 (UTC)
::::Oui tu as bien fait, et de toute façon la page était mal nommée, je vais revoir les autres en suivant les conventions pour distinguer la page de l’œuvre de la page de l’édition. Je viens de faire des choses similaires pour d’autres nouvelles de Marceline Desbordes-Valmore dont les pages avaient été supprimées, aussi par erreur, [[Discussion_utilisateur:Acélan#Rétablissement_de_pages|par Acélan]] 😆 ! --[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 4 janvier 2026 à 10:02 (UTC)
== De l'utilité du rattachement des textes à des fac-similé ! ==
Bonjour @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]], lors du rattachement de [[Le Secret de miss Sticker]] à un fac-similé qui est l'édition originale de cet ouvrage, le match a fonctionné parfaitement pour les chapitres 1 à 5. Pour le chapitre 6, Match refusait de fonctionner, je me suis demandé s'il y avait un bug, mais non. Après vérification le chapitre 6 n'avait rien à voir avec le texte du fac-similé. Quant au chapitre 7 il matchait normalement. Ce petit message pour rendre hommage à ton travail de (romain-bénédictin ou autre à ton choix) sur ce projet. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 16 février 2026 à 07:55 (UTC)
C’est très gentil, Merci, C’est pas la première fois que ça arrive, il y avait une IP, il y a quelques années qui modifiait des chapitres entier de texte sans fs, par sa propre prose, (je ne sais pas si c’est le cas ici) et quand on trouvait le fac-similé, on osait pas le rattacher car rien ne correspondait, j’avais à l’époque virer tous ce que j’avais trouvé, mais il est possible qu’il reste des déchets. Merci aussi pour tes bons offices. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 16 février 2026 à 07:59 (UTC)
== Livres sans scan d'Alphonse Momas ==
Bonjour @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]] j’ai terminé l'import et la correction des livres sans scan d'[[Auteur:Alphonse Momas|Alphonse Momas]]. Je vais m'attaquer aux livres incomplets (Tome 1 ou tome 2 seulement). Je verrai ensuite ce que je peux faire pour les [[Auteur:Pierre Louÿs|Pierre Louÿs]], pour Pibrac, je t'en reparlerai, je n'ai rien trouvé dont le nombre de quatrains corresponde. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 26 février 2026 à 11:24 (UTC)
{{ping|Cunegonde1}} Encore du beau boulot fait et en perspective, Bravo et merci pour ton investissement. --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 26 février 2026 à 11:28 (UTC)
== [Suppresion] Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, Tome 1.1.djvu ==
Bonjour @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]],
Je voulais faire une redirection vers Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, '''Tome 1.1.djvu''' pour la page Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, '''Tome 1.djvu''' pour faire fonctionner {{m|DTC}}. En fait la série du DTC n'est pas uniforme pour les tomes 1 à 6 cf [[Modèle:DTC/documentation]]. Comment puis-je faire ? [[Utilisateur:Sicarov|Sicarov]] ([[Discussion utilisateur:Sicarov|d]]) 30 mars 2026 à 09:39 (UTC)
:{{ping|Sicarov}} je veux bien mais tu ne vas rien pouvoir faire avec ça : [[Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, Tome 1.1.djvu]] --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 30 mars 2026 à 21:28 (UTC)
== You may be an eligible candidate for the U4C election ==
<div lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">
Greetings,
The [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee|Universal Code of Conduct Coordinating Committee (U4C)]] seeks candidates for the 2026 election. The U4C is the global committee responsible for overseeing enforcement of the [[foundation:Special:MyLanguage/Policy:Universal Code of Conduct|Universal Code of Conduct]]. Elections are held annually, if elected a committee member serves for two years.
This year the U4C requires candidates to hold administrator rights on at least one wiki, which is why you are being contacted as you appear to hold this right. There are other requirements, such as candidates must be at least 18 years old and may not be employed by the Wikimedia Foundation or other related chapters and affiliates. You can find more information in the [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026#Call_for_Candidates|call for candidates on Meta-wiki]]. Additionally, the committee's working language is English; some ability to communicate in English is required.
The election opens on 18 May, if you are eligible and interested you have until 10 May to submit your candidacy. There will week between for candidates to answer questions from the community. Voting takes place privately in [[m:Special:MyLanguage/SecurePoll|SecurePoll]], successful candidates must receive at least 60% support. More information is available on [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026|the 2026 Elections page]], including timelines and other candidacy information. If you read over the material and consider yourself qualified, please consider submitting your name to run for the committee. If you think someone else in your community might be interested and qualified, please encourage them to run.
In partnership with the U4C -- [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User_talk:Keegan (WMF)|talk]]) 28 avril 2026 à 18:33 (UTC) </div>
<!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Keegan_(WMF)/test&oldid=30471754 -->
== [[Dictionnaire des antiquités chrétiennes]] Export ? ==
Bonjour @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]],
Pouvons nous importer ce document sur wikisource, en particulier l'édition la plus récente ?
Pourquoi n'as t il pas encore été importé ? Ce n'est que 830 pages ^^.
je serai intéressé pour travailler dessus.
Qu'en pensez vous ? [[Utilisateur:Sicarov|Sicarov]] ([[Discussion utilisateur:Sicarov|d]]) 8 mai 2026 à 13:46 (UTC)
pijml5t2ws1m96xqjs7slodm6g1ivw9
Aide:Demander l’importation d’un livre
12
87078
15779948
15773202
2026-05-09T10:08:09Z
Fabrice Dury
1855
/* Louis XIV et son siècle */ nouvelle section
15779948
wikitext
text/x-wiki
{{Fil d'Ariane aide}}
[[Catégorie:Numérisation|Demander]][[Catégorie:Aide]]
<!-- DÉBUT BOUTON DEMANDE IMPORT LIVRE -->
<div class="center"><span class="plainlinks" style="margin-left:5px; text-align:center;">[{{fullurl:Aide:Demander l’importation d’un livre|action=edit§ion=new&preload=Modèle:DemandeLivre}} {{Bouton cliquable|Demander l’import d’un livre|couleur=blue}}]</span></div>
<!-- FIN BOUTON -->
{{saut|10px}}
<!-- DÉBUT BOUTON DEMANDE OCR -->
<div class="center"><span class="plainlinks" style="margin-left:5px; text-align:center;">[{{fullurl:Aide:Demander une OCR}} {{Bouton cliquable|Demander une OCR|couleur=blue}}]</span></div>
<!-- FIN BOUTON -->
{{début encart coloré|bleu}}
{|
|+
|[[File:OOjs_UI_icon_alert-yellow.svg|40px]]
|Merci de porter attention à la rédaction des demandes d’imports de fac-similés en remplissant la '''totalité des items de la demande''', en particulier '''la source précise du fac-similé''' et la '''signature du demandeur'''. Merci également d’éviter de demander l’import de '''Fac-similés qui ne seront pas corrigés''' par vous-même ou un autre contributeur informé de cette demande. Merci enfin d’éviter de faire de '''trop nombreuses demandes simultanées'''. (Cela décourage les bonnes volontés).
|}
{{fin encart}}
{{Menu de navigation aide|état groupe2 = affiché}}
Afin de disposer d’images utilisables dans l’espace [[aide:Espace "Page"|pages]], vous pouvez soit importer vous-mêmes ces images (voir [[Aide:Créer un fichier DjVu|Créer un fichier DjVu]]), soit en faire la demande ici en cliquant sur le lien ci-dessus.
Cette liste permet également de savoir quels imports sont en cours. Consultez l’[[:Catégorie:Index|index]], pour savoir quels livres ont déjà été importés. Vous pouvez aussi voir leur état d'avancement parmi les [[Wikisource:Livres disponibles en mode page|livres disponibles en mode page]].
= Liste de livres demandés =
Lorsque des œuvres en plusieurs volumes sont en cours d’importation, vous pouvez y participer en demandant plus de précisions sur l’avancement.
Les demandes traitées peuvent être effacées sans archivage particulier autre que <span class="plainlinks">[//fr.wikisource.org/w/index.php?title=Aide:Demander_l%E2%80%99importation_d%E2%80%99un_livre&action=history l’historique de cette page]</span>.
== Demande d'importation d'un livre ==
*Merci de bien vouloir importer Voici la femme : préférences par [[Aurel]]. [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3348853s] je n'ai pas de logiciel pour créer des djvu sur mon mac… [[Utilisateur:Sapcal22|Sapcal22]] ([[Discussion utilisateur:Sapcal22|d]]) 21 mars 2026 à 18:04 (UTC)
*:@[[Utilisateur:Sapcal22|Sapcal22]] Je m'en occupe. Ce sera fait dans l'après-midi. Je te tiens au courant. [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 22 mars 2026 à 11:20 (UTC)
*::@[[Utilisateur:Sapcal22|Sapcal22]] : [[Livre:Aurel - Voici la Femme, 1909.djvu]] [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 22 mars 2026 à 14:12 (UTC)
*:::@[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] : merci bien, c'est parfait [[Utilisateur:Sapcal22|Sapcal22]] ([[Discussion utilisateur:Sapcal22|d]]) 23 mars 2026 à 17:06 (UTC)
== ''[[Le Mouvement socialiste]]'', exemplaires de la revue disponibles sur Internet Archive ==
* Titre : ''[[Le Mouvement socialiste]]''
** Le Mouvement socialiste, t004, 1900 => {{IA|lemouvementsocia4190unse}}
** Le Mouvement socialiste, t006, 1901 => {{IA|lemouvementsocia6190unse}}, {{IA|lemouvementsoci01unkngoog}}
** Le Mouvement socialiste, t007, 1902 => {{IA|lemouvementsocia7190unse}} => {{rouge|défectueux à partir de la page 17 (djvu 43)}}
** Le Mouvement socialiste, t008, 1902 => {{IA|lemouvementsoci06unkngoog}} => {{rouge|défectueux : pages manquantes à partir de la page 1264 (djvu 24)}}
** Le Mouvement socialiste, t009, 1903 => {{IA|lemouvementsocia9190unse}} => {{rouge|défectueux : pages manquantes 527 à 530 (djvu 536), au moins.}}
** Le Mouvement socialiste, t011, 1903 => {{IA|lemouvementsoci03unkngoog}} => {{rouge|défectueux : nombreuses pages rognées ou floues.}}
** Le Mouvement socialiste, t012, 1904 => {{IA|lemouvementsoci04unkngoog}} => {{rouge|défectueux : problèmes à partir de la page 288 doublons, puis incohérences je n'arrive pas à reconstituer la suite logique de la pagination.}}
* REMARQUE : NE PAS télécharger {{IA|lemouvementsoci00unkngoog}}, {{IA|lemouvementsoci02unkngoog}} et {{IA|lemouvementsoci05unkngoog}} qui contient trop d’erreur
* Auteur : multiples
* Source : internet archive
* Demandeur : [[Utilisateur:Newnewlaw|Newnewlaw]] ([[Discussion utilisateur:Newnewlaw|d]]) 23 mars 2026 à 19:13 (UTC)
* Pris en charge par : --[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 24 mars 2026 à 06:10 (UTC)
* État : {{ping|Newnewlaw}} fait partiellement.
**[[Livre:Le Mouvement socialiste, tome 4, 1900.djvu]]
**[[Livre:Le Mouvement socialiste, tome 6, 1901.djvu]]
--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 24 mars 2026 à 09:52 (UTC)
:Les scans sont disponibles sur [https://catalog.hathitrust.org/Record/011451619 HathiTrust]. Je vais les récupérer et les importer sur Commons. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 26 mars 2026 à 12:22 (UTC)
::Bonjour @[[Utilisateur:Yann|Yann]], votre proposition d'import est bienvenue. Juste une remarque : par expérience (après env. 1500 imports dans la cadre du rattachement de textes sans scans), s'agissant des revues, il est prudent de vérifier avant import l'absence de pages en double ou de manques qui sont fréquents quelque soit la plateforme d'hébergement. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 26 mars 2026 à 12:35 (UTC)
:::{{ping|Cunegonde1}} Oui, bien sûr. Avez-vous essayé les scans de [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34425483v/ Gallica] ? J'ai créé [[c:Category:Le Mouvement socialiste]]. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 26 mars 2026 à 12:56 (UTC)
:::En fait, il y a plusieurs numéros chaque année, et il voudrait mieux importer la série complète, sinon on ne sait plus où on en est. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 26 mars 2026 à 13:36 (UTC)
::::@[[Utilisateur:Yann|Yann]] J'ai vu les scans de Gallica, mais outre le fait qu'il faudrait les regrouper, celui que j'ai regardé était courbé à la pliure, d'autres ont un défaut de parallaxe lié au fait qu'ils n'ont pas suffisamment ouvert les livres. C'est compréhensible pour ne pas abîmer les documents mais c'est embêtant pour faire un OCR correct. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 26 mars 2026 à 13:53 (UTC)
:::::OK. Et est-ce que [https://catalog.hathitrust.org/Record/100110958 ceci] est la même revue ? [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 26 mars 2026 à 14:25 (UTC)
::::::@[[Utilisateur:Yann|Yann]] Oui, c'est la même revue, mais je n'y accède que via les USA, et je ne peux pas télécharger les fichiers (hathi download helper ne fonctionne plus). [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 26 mars 2026 à 14:42 (UTC)
:::::::Oui, il faut utiliser une extension avec Firefox. Si on demande à HathiTrust de permettre l'accès aux numéros qui sont dans le domaine public au moins aux Etats-Unis, et ils le font rapidement. Pour comparer la qualité, j'ai importé un numéro de Gallica ([[:File:Le Mouvement socialiste, numéro 8, 1899.pdf]]), un volume de Google Books ([[:File:Le Mouvement socialiste, Jan-Avr 1903.pdf]]) et un volume de HathiTrust ([[:File:Le Mouvement socialiste, Jan-Jun 1899.pdf]]). Ce dernier est sans aucun doute de meilleure qualité. Il y a des avantages et des inconvénients d'avoir les documents regroupés ou pas. Importer les scans de HathiTrust demande plus de temps, mais ça vaut le coup. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 26 mars 2026 à 14:54 (UTC)
:::J'ai pas mal avancé. J'ai importé tous les fichiers demandés ci-dessus, et créé les index correspondants. Il faut que je retrouve une autre version pour [[Livre:Le Mouvement socialiste, Jul-Dec 1902.pdf]] car le fichier est de très mauvaise qualité. Ensuite, je vais finir jusqu'en 1914. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 27 mars 2026 à 20:05 (UTC)
::::Je pense qu'il faudrait renommer [[Livre:Lagardelle - Le Mouvement socialiste Revue mensuelle internationale S1 1908.djvu]]. J'ai importé [[:File:Le Mouvement socialiste, Oct-Dec 1906, GB30112107014091.pdf]], mais ce volume est probablement défectueux. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 30 mars 2026 à 11:04 (UTC)
:::::J'ai fait tous les volumes jusqu'en 1914. Je voudrais réimporter certains volumes que j'ai récupérés sur Google Books, car ils sont en beaucoup plus faible résolution. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 1 avril 2026 à 10:57 (UTC)
:{{fait}} [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 14 avril 2026 à 13:50 (UTC)
== Importer des livres de HathiTrust ==
* Auteur : Collectif
* [https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nyp.33433062722685&seq=9 Annales de chimie et de physique Ser. 1, t. 63-64 (1807)] à importer sur [[:File:Annales de chimie, tome 63-64, 1807.pdf]]
* [https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nyp.33433062742477&seq=9 Annales de chimie et de physique Ser. 1, t. 65-66 (1808)] à importer sur [[:File:Annales de chimie, tome 65-66, 1808.pdf]]
* [https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=uiug.30112107013440&seq=9 Le Mouvement socialiste v.5 (1901)] à importer sur [[:File:Le Mouvement socialiste, Jan-Jun 1901.pdf]] (US only)
* [https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.hn2ugu&seq=9 Le Mouvement socialiste t.6 (1901)] à importer sur [[:File:Le Mouvement socialiste, Jul-Dec 1901.pdf]] (USA seulement)
* [https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.hn2uhf&seq=9 Le Mouvement socialiste t.7 (1902)] à importer sur [[:File:Le Mouvement socialiste, Jan-Jun 1902.pdf]] (USA seulement)
* Demandeur : Ce sont de très gros livres (> 700 pages), et je n'arrive pas à les télécharger depuis HathiTrust. J'utilise Internet Archive Downloader, mais cette extension disponible pour Firefox et Chrome n'est pas très fiable. HathiTrust Download Helper ne fonctionne plus, et c'est dommage, cela fonctionnait très bien. [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 13 avril 2026 à 09:57 (UTC)
* Pris en charge par :
* État : {{fait}} [[Utilisateur:Yann|Yann]] ([[Discussion utilisateur:Yann|d]]) 14 avril 2026 à 13:50 (UTC)
== ''Louis XIV et son siècle'' ==
* Titre : ''Louis XIV et son siècle'', 1844.
* Auteur : [[Auteur :Alexandre Dumas|Alexandre Dumas]] (1802-1870).
* Source : [[c:File : Dumas - Louis XIV et son siècle.djvu|commons]].
* Demandeur : [[Utilisateur:Fabrice Dury|Fabrice Dury]] ([[Discussion utilisateur:Fabrice Dury|d]]) 9 mai 2026 à 10:08 (UTC)
* Pris en charge par :
* État :
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Opinions sociales/L’Armée et l’Affaire
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Favete linguistis
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text/x-wiki
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[[Catégorie:Théorie militaire et stratégie]]
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Opinions sociales/La Presse
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[[Catégorie:Journalisme]]
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Opinions sociales/La Justice civile et militaire
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[[Catégorie:Droit]]
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Auteur:Paul Claudel
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text/x-wiki
{{Auteur
|contenu=
== Œuvres ==
=== Théâtre ===
{{liste documents début}}
{{document|date=1887 |titre=L’endormie | avancement=}} (première version)
{{document|date=1888 |titre=Fragment d’un drame | avancement=}}
{{document|date=1890 |titre=Tête d’or | avancement=}} (première version)
{{document|date=1892 |titre=La Jeune Fille Violaine| avancement=|scan={{IA|thtrepreme03clau}}}} (première version)
{{document|date=1893 |titre=[[La Ville (Claudel, première version)|La Ville]]| avancement=|scan={{IA|thtrepreme02clau}}}} (première version)
{{document|date=1894 |titre=Tête d’or | avancement=}} (deuxième version)
{{document|date=1894 |titre=[[L’Échange (Claudel)|L’Échange]] | avancement=|scan={{IA|thtrepreme03clau}}}} (première version)
{{document|date=1896 |titre=Le Repos du septième jour | avancement=|scan={{IA|thtrepreme04clau}}}}
{{document|date=1899 |titre=La Jeune Fille Violaine | avancement=}} (deuxième version)
{{document|date=1901 |titre=[[La Ville (Claudel, deuxième version)|La Ville]] | avancement=}} (deuxième version)
{{document|date=1901 |titre=[[L’Arbre (Claudel)|L’Arbre]] (contenant l’Échange, le Repos du septième jour, la Jeune Fille Violaine, …) | avancement=}}
{{document|date=1901 |titre=[[Le Repos du septième jour]] | avancement=}}
{{document|date=1906 |titre=[[Partage de midi (1906)|Partage de midi]]| avancement=}} (première version, voir aussi celle de 1949)
{{document|date=1911 |titre=[[L’Otage (Claudel)|L’Otage]], drame en trois actes|livre=Paul Claudel, L’Otage, 1923.djvu | avancement=4|export}}
{{document|date=1912 |titre=[[L’Annonce faite à Marie (éd. 1940)|L’Annonce faite à Marie]] | avancement=1 |livre=Paul Claudel, L’Annonce faite à Marie, 1940.djvu| divers=Première version, {{éd.}} de 1940 avec variante pour l’acte IV}}
{{document|date=1913 |titre=Protée | avancement=}} (première version)
{{document|date=1913 |titre=[[Le Pain dur]], drame en trois actes|livre=Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu | avancement=4|export}}
{{document|date=1915 |titre=La Nuit de Noël de 1914 | avancement=|scan={{IA|lanuitdenolde100clau}}}}
{{document|date=1917 |titre=L’Homme et son désir}}
{{document|date=1917 |titre=[[L’Ours et la Lune]] | avancement=|scan={{IA|leschophoresde00clau}}}}
{{document|date=1920 |titre=[[Le Père humilié]], drame en quatre actes |livre=Paul Claudel, le Père humilié, 1920.djvu | avancement=4|export}}
{{document|date=1920 |titre=Protée, drame satirique en deux actes | avancement=|scan={{IA|proteclau00clau}}}} (deuxième version)
{{document|date=1922 |titre=La Femme et son ombre | avancement=}}
{{document|date=1927 |titre=Sous le rempart d'Athènes | avancement=}}
{{document|date=1929 |titre=''Le Soulier de satin ou Le pire n’est pas toujours sûr'', action espagnole en quatre journées |livre=Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu | avancement=}}
{{document|date=1933 |titre=''Le Livre de Christophe Colomb'', drame lyrique en deux parties |livre=Paul Claudel, le Livre de Christophe Colomb, 1935.djvu | avancement=}}
{{document|date=1939 |titre=''Jeanne d’Arc au bûcher'' | avancement=}}
{{document|date=1939 |titre=''La Sagesse ou la Parabole du destin'' | avancement=}} (pseudonyme : Delachapelle)
{{document|date=1942 |titre=''L’Histoire de Tobie et de Sara'', moralité en trois actes | avancement=}}
{{document|date=1947 |titre=L’endormie | avancement=}} (deuxième version)
{{document|date=1948 |titre=L’Annonce faite à Marie | avancement=}} (deuxième version)
{{document|date=1949 |titre=[[Partage de midi (1949)|Partage de midi]] | avancement=1 |livre=Paul Claudel, Partage de midi, 1949.djvu|divers=Version de 1949}}
{{document|date=1949 |titre=''Protée'', drame satirique en deux actes (deuxième version) | avancement=}}
{{document|date=1951 |titre=[[L’Échange (Claudel)|L’Échange]] | avancement=}} (deuxième version)
{{liste documents fin}}
''Autres œuvres théâtrales'' :
* La Parabole du festin
* Le Peuple des hommes cassés
* Le Jet de pierre
* La Danse des morts
* Au quatrième toc il sera exactement…
* La Lune à la recherche d'elle-même
* Le Ravissement de Scapin
* Le Chemin de la Croix n° 2
=== Poésie ===
{{liste documents début}}
{{document|date=1896 |titre=[[Connaissance de l’Est]]|livre=Claudel - Connaissance de l’est larousse 1920.djvu | avancement=4|export=Connaissance de l’Est}}
{{document|date=1905 |titre=Poèmes de la Sexagésime | avancement=}}
{{document|date=1907 |titre=Processionnal pour saluer le siècle nouveau | avancement=|scan={{IA|cinqgrandesodess00clau}}}}
{{document|date=1910 |titre=Cinq Grandes Odes | avancement=|scan={{IA|cinqgrandesodess00clau}}}}
{{document|date=1910 |titre=Premiers vers (Claudel)|=}}
{{document|date=1911 |titre=Le Chemin de la croix|=}}
{{document|date=1912 |titre=Vers d’exil | avancement=|scan={{IA|thtrepreme04clau}}}}
{{document|date=1915 |titre=La Cantate à trois voix}}
{{document|date=1915 |titre=[[Trois poëmes de guerre]]|livre=Claudel - Trois poëmes de guerre.djvu | avancement=5}}
{{document|date=1915 |titre=Corona benignitatis anni dei | avancement=|scan={{IA|coronabenignitat00clau}}}}
{{document|date=1916 |titre=Autres poèmes durant la guerre | avancement=|scan={{IA|autrespomesdur00clau}}}}
{{document|date=1916 |titre=[[Sainte Thérèse (Claudel)|Sainte Thérèse]]}}
{{document|date=1918 |titre=[[Sainte Cécile (Claudel)|Sainte Cécile]]}}
{{document|date=1919 |titre=[[La Messe là-bas]]|livre = Claudel - La Messe là-bas, 1919.djvu | avancement=4}}
{{document|date=1922 |titre=Poèmes de guerre (1914-1916) | avancement=|scan={{IA|pomesdeguerre100clau}}}}
{{document|date=1925 |titre=Feuilles de saints | avancement=}}
{{document|date=1945 |titre=Introduction à la peinture hollandaise | avancement=}} (publiée en 1946 dans L'œil écoute)
{{document|date=1942 |titre=Cent phrases pour éventails | avancement=}}
{{document|date=1945 |titre=Visages radieux | avancement=}}
{{document|date=1949 |titre=Accompagnements | avancement=}}
{{liste documents fin}}
=== Essais ===
{{liste documents début}}
{{document|date=1903 |titre=Développement de l’Église|=}}
{{document|date=1907 |titre=[[Art poétique (Claudel)|Art poétique]]|livre=Claudel - Art Poétique, 1913.djvu | avancement=1}}
{{document|date=1912 |titre=[[Arthur Rimbaud (Claudel)|Arthur Rimbaud]]|livre=NRF 8.djvu}}
{{document|date=1913|titre=La Physique de l’Eucharistie|=}}
{{document|date=1920 |titre=Introduction à quelques œuvres : conférence faite le 30 mai 1919 au théâtre du Gymnase pour la maison des amis des livres | avancement=|scan={{IA|introductionquel00clau}}}}
{{document|date=1922 |titre=[[Verlaine (Claudel)|Verlaine]] | avancement=|scan={{IA|verlaine00clau}}}}
{{document|dates=1928/1934 |titre=Positions et propositions| avancement=|scan={{IA|positionsetpropo00clauuoft}}}}
{{document|date=1929 |titre=L’Oiseau noir dans le soleil levant | avancement=}}
{{document|date=1935 |titre=Conversations dans le Loir-et-Cher| avancement=}}
{{document|date=1936 |titre=Figures et paraboles | avancement=}}
{{document|date=1940 |titre=Contacts et circonstances | avancement=}}
{{document|date=1942 |titre=Seigneur, apprenez-nous à prier | avancement=}}
{{document|date=1946 |titre=L’Œil écoute | avancement=}}
{{document|date=1949 |titre=Emmaüs | avancement=}}
{{document|date=1950 |titre=Une voix sur Israël | avancement=}}
{{document|date=1951 |titre=L’Évangile d’Isaïe | avancement=}}
{{document|date=1952 |titre=Paul Claudel interroge l’Apocalypse | avancement=}}
{{document|date=1954 |titre=Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques | avancement=}}
{{document|date=1915 |titre=J'aime la Bible | avancement=}}
{{document|date=1956 |titre=Conversation sur Jean Racine | avancement=}}
{{document|date=1957 |titre=Sous le signe du dragon | avancement=}}
{{document|date=1958 |titre=Qui ne souffre pas… Réflexions sur le problème social | avancement=}}
{{document|date=1958 |titre=Présence et prophétie | avancement=}}
{{document|date=1959 |titre=La Rose et le rosaire | avancement=}}
{{document|date=1959 |titre=Trois figures saintes pour le temps actuel | avancement=}}
{{liste documents fin}}
=== Mémoires, journal ===
* 1935 : Salut à la Belgique
* 1954 : Mémoires improvisés. Quarante et un entretiens avec Jean Amrouche
* 1968 : Journal. Tome I : 1904-1932
* 1969 : Journal. Tome II : 1933-1955
{{NRF}}
{{liste documents début |auteur}}
{{document|date=1934 |titre=[[Richard Wagner, rêverie d’un poète français (Claudel)|Richard Wagner, rêverie d’un poète français]] |livre=Richard Wagner, 1934, La Revue de Paris.djvu| avancement=4}}
{{document|date=1910 |titre=[[« On m’attend. Rien ne sert de tarder. Adieu ! »]]|livre=NRF 3.djvu | avancement=}}
{{document|date=1910 |titre=[[Magnificat (Claudel)|Magnificat]]|livre=NRF 3.djvu | avancement=2}}
{{document|date= |titre=[[L’Annonce faite à Marie]] | avancement=}}
{{document|date=1911 |titre=[[Poèmes (Patmore)|Poèmes]]|livre=NRF 6.djvu|auteur=[[Auteur:Coventry Patmore|Coventry Patmore]], trad. [[Auteur:Paul Claudel|Paul Claudel]] et O. W. K. | avancement=2}}
{{liste documents fin}}
=== Correspondance ===
=== Traductions ===
{{liste documents début |auteur}}
{{document|date=1894 |titre=L’Agamemnon d’Eschyle | avancement=|auteur=-|scan={{IA|thtrepreme04clau}}}}
{{document|date=1894 |titre=[[Poèmes (Patmore)|Poèmes]]|livre=NRF 6.djvu |auteur=Coventry Patmore}}
{{document|date=1919 |titre=[[Les Choéphores d’Eschyle]] | avancement=|scan={{IA|leschophoresde00clau}}}}
{{document|date=1920 |titre=[[Les Euménides d’Eschyle]] | avancement=|scan={{IA|leschophoresde00clau}}}}
{{liste documents fin}}
=== Autres ===
* Ballade, 1939
== Textes sur Paul Claudel ==
* [[Paul Claudel (E. Sainte-Marie Perrin)|Paul Claudel]] {{4/4}}, par [[Auteur:Élisabeth Sainte-Marie Perrin|É. Sainte-Marie Perrin]], {{RDDM2|19|1914}}
* {{L2s|Réception de M. Paul Claudel, ambassadeur de France, au Palais impérial|Bulletin de la Société franco-japonaise de Paris, numéro 50, 1921.pdf}}, 1921
}}
[[Catégorie:Membres de l’Académie française]]
[[Catégorie:Auteurs-Symbolisme]]
[[Catégorie:Auteurs de la Nouvelle Revue Française]]
[[Catégorie:Paul Claudel| ]]
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="YannBot" />ŒUVRES POSTHUMES</noinclude>terre-là. C'est un autre. Les dieux ne sont pas les dieux
de ces hommes-là. C'en est d'autres. L'Olympe n'est
pas l'Olympe de ce monde-là. C'en est un autre. On
s'est trompé. Ils ne sont pas ajustés. Il y a eu un glissement. Quelque interférence. Il y a une faille. Ce n'est
pas le même terrain en dessus et en dessous. Le ciel
et la terre, les dieux et les hommes, les immortels et
les mortels, les bienheureux et les infortunés ne sont
pas les uns des autres. L'Olympe et le monde ne sont
pas l'un de l'autre. On s'est fourni ailleurs. L'Olympe
ne domine pas le monde en couronnement d'une hiérarchie ; sacrée ; il surplombe seulement le monde. Le
monde ne le connaît que dans la mesure où il le subit,
où il en est écrasé. Il ne le connaît que parce qu'il le
subit. Il ne le connaît, il ne le retrouve jamais que pour
le subir. Il n'en connaît, parce qu'il en subit, que
d'innombrables et d'incroyables sévices, les persécutions, les effets des persécutions les plus éhontées, des
ressentiments les plus opiniâtres, les jeux les plus cruels,
les plus sanglants caprices. Un manque d'honneur
qui n'a d'égal que le respect même et la grandeur de
l'homme chez les hommes. Une fourberie, une petitesse,
une aigreur, une méchanceté, une félonie, un parjure
constant, un manque à la parole donnée qui n'a d'égal
que l'honneur et la fraîcheur et la nouveauté et la pureté et sinon toujours la droiture, au moins en principe
le respect de la parole donnée chez les hommes.
L'Olympe n'est jamais là, on ne le trouve jamais que
pour être subi.<noinclude>
<references/></noinclude>
sxztgxdu102egaqltypjng9use6pcpk
Page:Œuvres de Vauvenargues (1857).djvu/301
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<noinclude><pagequality level="1" user="Phe-bot" />{{nr||{{taille|SUR QUELQUES POÈTES.|80}}|{{t|247|80}}}}</noinclude>
J’ai cru remarquer encore qu’on ne trouvait guère,
us personnages de Corneille, de ces traits simples, qui
went d’abord une grande étendue d’esprit. Ces traits
vontrent en foule dans Roxane, dans Agrippine, Joad,
t , Athalie. Je ne puis cacher ma pensée : il était
à Comeille de peindre des vertus austères, dures et
iles; mais il appartient à Racine de caractériser les
supérieurs, et de les caractériser sans raisonnements
s maximes , par la. seule 'nécessité où naissent les
hommes d’imprimer leur caractère dans leurs expres -
Joad ne se montre jamais avec plus davantage que
il parle avec une simplicité majestueuse et tendre au
sas, et qu’il semble cacher tout son esprit pour se pro·
uner à cetenfant; de mème Athalie. Corneille, au con-
seguinde souvent pour élever ses personnages, et l’on
une que le mème pinceau ait caractérisé quelquefois
ame avec des traits si naturels et si énergiques'.
dition : « Corneille, au contraire, se guinde souvent pour atteindre I '
dsur, et fait des efforts si nuisibles, qu'on dirait qn’elle ne lui est pas
Ie, n On voit que dans la 2• édition, Vauvenargues revient sur sa
et accorde du moins quelque chose L Corneille. Dans la t" édition,
rase était aulvis de ce passage que Voltaire qualifiait de dè-
critiquc d’tm morceau d’histoire consacré, et que Vauvenargues a
l: · Que dirai-je encore de la pesanteur qu'il donne quelquefois aux
anda hommes'! Auguste, en parlant a Clnna, fait d'abord un eaorde
eur. Remarques que je prends exemple de tous ses défauts dans les
les plus admirées :
{{Poem|
Prends un siege, Cinna; prends, et, sur toute chose,
Ohserve exactement la loi que je t`impose: ,
Prête, sans me troubler, l'oreille a mes discours; ·
D‘aucun mot. d’ancn.n cri n'en interrompu le cours;
Tiens ta langue captive; et, si ce grand silence
A ton émotion fait trop de violence,
Tu pourras me répondre, après tout, à loisir :
Sur ce point seulement contente mon désir.
Cinne, acte V, scène 2.
}}
Combien la simplicité d’Agrippine, dans Britannicus, est-elle plus noble
naturelle ! ¤
Approches-vous, Néron, et prenez votre place ,
On veut Ill! 705 SOIIPQUIB QIIB je VOIII Sliiâilàit. I
Etc ....
Britannicus, acte IV, scène 2.
e la citation d'Agri ppine faisait double emploi, cette critique était ,
malheureuse, et les éditeurs de Vauvenargues lui ont fait tort, en la
mt malgré lui. — G. `<noinclude>
<references/></noinclude>
qctcpjb05kedpnbz4n2otxeykou14bm
Page:Œuvres de Vauvenargues (1857).djvu/331
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<noinclude><pagequality level="1" user="Phe-bot" />{{nr||{{taille|FRAGMENTS.|80}}|{{t|277|80}}}}</noinclude>
9. - [Sur les mauvais écrivains'.]
[ll faut écrire parce que l'on pense, parce que l'on est
pénétré de quelque sentiment, ou frappé de quelque vérité
utile. Ce qui fait qu'on est inondé de tant de livres froids,
frivoles ou pesante, c’est que l'on ne suit pas cette maxime.
Souvent, un homme qui a résolu de faire un livre se met
devant sa table, sans savoir ce qu’il doit dire, ni meme ce
qu’il doit penser; ayant l’esprit vide, il essaie de remplir
du papier, il écrit et efface, et forge des pensées et des
phrases, comme le maçon bat du platre, ou comme Partisan le plus grossier travaille à un ouvrage mécanique. Ce
n`est pas le cœur qui l’inspire, ce n`est pas la réflexion qui
le conduit, et ce qu’il laisse partout apercevoir c'est l’envie
d’avoir de l’esprit,` et la fatigue que œ soin lui coûte. On
trouve dans tout ce qu’il écrit cette empreinte dure et cet
importun caractère, car il est naturel que les ouvrages de
la volonté portent la marque de leur origine. On voit un
auteur qui sue pour penser, qui sue pour se faire entendre; ·
qui, aprés avoir formé quelques idées toujours imparfaites,
et plus subtiles que vraies, s'efforce de persuader ce qu’il
ne croit pas, de faire sentir ce qu’il ne sent pas, d'enseigner
ce que lui-méme ignore ; qui, pour développer ses réflexions,
dit des choses aussi faibles et aussi obscures que ses pensées
memes : car ce que l'on conçoit nettement, ou n’a pas besoin de le commenter; mais ce qu'on ne fait qu'entrevoir,
on ce qu'on imagine faiblement, on l'allonge plus aisément
qu'on ne l’explique. L’esprit se peint dans la parole, qui
est son image, et les longueurs du discours sont le sceau
des esprits stériles et des imaginations ténébreuses; de la
vient qu’il y a tant de remplissage dans les écrits, et si peu
de choses utiles. Si l'on voulait ramener d'assez longs ouvrages a leurs principaux chefs, ou verrait que tout se réduit a un très-petit nombre de pensées, étendues avec pro-
• Nous donnons de ce morceau une version nouvelle et plus complète, d‘aprb les manuscrits. - G.<noinclude>
<references/></noinclude>
gcs9jm84cq2xwz1u0wpuzgwaue3mwq2
Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/456
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<noinclude><pagequality level="1" user="MarcBot" />MORALE A NICOMAQUE.</noinclude>personne ne peut appeler heureux l'homme qui a éprouvé
tant de fortunes et qui a fini si misérablement. § 12. Est-ce donc à dire qu'il ne faille jamais affirmer qu'un homme
est heureux tant qu'il vit encore ; et que suivant la
maxime de Solon , on doive toujours attendre et voir la
fin ? § 13. Mais s'il faut accepter cette théorie, l'homme
n'est-il donc heureux qu'après qu'il est mort? N'est-ce pas
là une absurdité frappante, surtout quand on soutient,
comme nous le faisons, que le bonheur est une certaine
application de l'activité? § là. Si nous ne pouvons pas
admettre que l'homme ne soit heureux qu'après sa mort,
et Solon ne prétend pas cela non plus ; et si nous voulons
dire seulement qu'on ne peut avec assurance appeler
un homme heureux, que quand il est hors des atteintes de
tous les maux et de toutes les infortunes, cette opinion
ainsi restreinte ne laisse pas que de présenter encore
matière à controverse. Il semble en effet dans ce
système, qu'il reste après la mort des biens et des maux,
qu'on éprouverait alors comme on en éprouve aussi
durant la vie, sans d'ailleurs les sentir personnellement ;
et par exemple, les honneurs et les affronts, ou d'une
manière plus générale, les succès et les revers de nos
§ 12. ''Suivant la maxime de Solon''. Elle est encore rappelée dans la Morale à Eudème, liv. II, ch. I, § 10. Hérodote rapporte tout au long la conversation de Solon et de Crésus, Clio, ch. 30 et suiv., page 9 et suiv., de l'édition de Didot. Aristote emprunte évidemment beaucoup de traits à l'historien.
§ 13. ''Après qu'il est mort''. Conséquence peu rigoureuse. Dans l'opinion de Solon, c'est seulement quand l'homme est mort qu'on peut dire
s'il a été heureux, ou non, durant sa vie. Aristote d'ailleurs va limiter lui-
même à ces termes la maxime du sage.
§ 14. ''Il semble en effet''. C'est la même conséquence présentée sous
une autre forme ; elle n'en est pas plus acceptable.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/462
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<noinclude><pagequality level="1" user="MarcBot" />50 MORALE A NICOMAQUE.</noinclude>
Mais du moins il n'a pas mille couleurs, et il ne change
pas d'un instant à l'autre. Il ne sera pas facilement
ébranlé dans son bonheur; et il ne suffira pas pour le
lui faire perdre d'infortunes ordinaires ; il y faudra les
plus grands et les plus nombreux désastres. Réciproque-
ment, quand il sortira de ces épreuves, il ne redeviendra
pas heureux en peu de temps, et tout-à-coup, après les
avoir souffertes; mais s'il le redevient jamais, ce ne sera
qu'après un long et juste intervalle, durant lequel il aura
pu retrouver successivement de grandes et brillantes
prospérités.
g 10. Qui peut donc nous empêcher de déclarer que l'homme heureux est celui qui agit toujours selon la vertu parfaite, étant de plus suffisamment pourvu des biens extérieurs, non pas durant un temps quelconque, mais pendant toute une vie ? Ou bien faut-il encore ajouter cette condition expresse, qu'il devra vivre constamment dans
cette prospérité, et qu'il mourra dans une situation non
moins favorable, attendu que l'avenir nous est inconnu,
et que le bonheur, tel que nous le comprenons, est une fin
et quelque chose de parfaitement définitif à tous égards ?
§ 11. Si toutes ces considérations sont vraies, nous appellerons heureux parmi les vivants ceux qui possèdent, ou
posséderont, tous les biens que nous venons d'indiquer.
pas mille couleurs, c'es{.\a mùme'n\(-'e
exprimée, pus haut ch. S, § ."î, par
la comparaison du caméléon.
§ 10. Etant de plus suffisamment pourvu des biens extérieurs. Contradiction avec ce que vient de dire Aristote, quand il affirmait que la
vertu seule décidait souverainement du bonheur. — Mais -pemiant toute
une vie. Autre contradiction non moins forte ; Aristote revient à peu
prés complètement à la pensée de Solon qu'il combattait tout à l'heure.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Aristote - La Morale d’Aristote, Ladrange, 1856.djvu/760
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<noinclude><pagequality level="1" user="MarcBot" />238 MORALE A NICOMAQUE.</noinclude>vertu propre d'une des parties de l'âme ; et qu'il n'y a pas
plus de choix raisonnable de notre volonté sans la prudence, qu'il n'y en a sans la vertu, celle-ci étant le but
même que nous devons poursuivre, et celle-là nous faisant
faire tout ce qu'il faut pour atteindre ce but. § 8. Mais tout
utile qu'est la prudence, on ne peut pas dire qu'elle domine
souverainement la sagesse , et cette partie de notre âme
qui vaut mieux qu'elle. Tout de même que la médecine non
plus, ne dispose pas souverainement de la santé, et que
sans en faire elle-même usage, elle se borne à découvrir les
moyens de nous l'assurer. Son rôle est de prescrire certain régime en vue de la santé ; mais elle ne prescrit rien à
la santé elle-même. Enfin, attribuer cette supériorité à la
prudence, c'est comme si l'on prétendait que la politique
commande même aux Dieux, parce que c'est elle qui commande sans exception tout ce qui se fait dans l'État.
Ceci semble contredire ce qui vient
d'ètre affirmé un peu plus haut, en
réponse aux théories de Socrate.
§ 7. D'une des parties de l'âme,
Non de la partie raisonnable, mais
de la partie qui peut obéir à la
raison.
§ 8. Domine souverainement la sagesse. Il est assez singulier qu'Aristote donne ici à la sagesse le rôle
supérieur, du moins au point de vue
moral où il s'est placé. Il recherche
surtout le côté pratique, et il a
déclaré que la sagesse ne sert en rien
à la pratique de la vie. Il semblerait
donc qu'il doit la placer à un rang
inférieur. Mais comme la sagesse
tient aux plus hautes facultés de l'entendement, il la met au-dessus de la
prudence, quoique dans la conduite
ordinaire des choses, elle n'ait, pour
ainsi dire, rien à faire. Anaxagore
lui semble supérieur à Périclès. —
Ne dispose pas souverainement de la
santé. Peut-être faudrait-il mieux
dire : « de l'emploi de la santé »
comme le prouve la suite. La médecine se contente de rétablir la santé,
C'est ensuite à l'individu lui-même
d'employer les forces que le médecin lui a rendues, comme bon lui
semble. — Rien à la santé elle-
même. Développement et confirmation de ce qui précède.
{{C|FIN DU LIVRE SIXIÈME.}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, IX.djvu/601
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<noinclude><pagequality level="1" user="MarcBot" />Principes. — Quatriesme Partie. 303</noinclude>l'vn foit tourné vers l'Aultral de l'autre, comme ils font en cet te figure',
la limure mife autour fera voir que les parties canelées prennent
leur cours autour de ces deux aymans en mefme façon que s'ils
n'eiloient qu'vn ; car les lignes fuiuant le/quelles s arrengeront Jes
petits grains, leront droites entre les deux pôles qui fe regardent,
comme font icy celles qu'on voit entre A & b ; Se les autres... feront
repliées des | deux coftez..., comme on voit celles que defignent les
lettres BRVXT a. On peut auffi voir, en tenant m armant auec la
main, l'vn des pôles duquel, par exemple l'Auflral, foit tourné vers
la Terre, £• qu'il y ait de la limure de fer pendue à ce pôle, que, s'il y
a vn autre aymant au delfous, dont le pôle de mefme vertu, à fçauoir
l'Auftral, foit tourné vers cette limure, les petits filets qu'elle com-
pofe, qui pendent tout droit de haut en bas, lors que ces deux aymans
font éloigne-^ l'un de l'autre, fe replient... de bas en haut lors qu'on
les approche, à caufe que les parties canelées de V aymant fuperieur,
qui coulent le long de ces filets, font repouffées vers en haut par
leurs femblables qui fortent de l'aymant inférieur. Et mefme, fi cet
aymant inférieur etl... plus fort que l'autre, il en deftachera cette
limure & la fera tomber fur foy, lors qu'ils feront proches, à cause
que ses parties canelées... faisant effort pour passer par les pores de
la limure, & ne pouuant y entrer que par les superficies de ses grains
qui font jointes à l'autre aymant, elles les separeront de luy. Mais
fi, au contraire, on tourne le pôle Boréal de l'aymant inférieur vers
l'Aufiral du fuperieur auquel pend cette limure, elle allongera fes
petits //efs en ligne droite..., à caufe que leurs pores feront dif-
pofcz à receuoir... toutes les parties canelées qui passeront de l'vn
I de fes pôles à l'autre ; mais la limure ne fe deftachera point pour 449
cela de l'aymant fuperieur, pendant qu'elle ne touchera point à
l'autre, à caufe de la liaifon qu'elle acquert par l'attouchement,
ainfi qu'il a tantoit efié à\-.\ Et à caufe de cette mefme liaifon, fi la
limure qui pend à vn aymant fort puiilant, efi touchée par vn autre
aymant beaucoup plus foible, ou feulement par quelque morceau
de fer, il y aura touf-joiirs plufieurs de fes grains qui quitteront le
plus fort aymant, & demeureront attachez au plus foible, ou bien
au morceau de fer, lors qu'on les retirera d'auprès deluj...; pource
que, les petites fuperficies de cette limure eltant fort diuerfes & iné-
gales, il fe rencontre touf-jours que plufieurs de ces grains touchent
en plus de points, ou par me plus grande fuperficie, le plus foible
aymant que \ç. plus fort.
a. Planche XIX, figure 2.
b. Art. 176 et 177, p. 3oi.
��
�<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Natireland" />{{Numérotation|AGA|152}}</noinclude><section begin="AGATHE"/>ou zônes, qui semblent y avoir été peints par artifice, & quelquefois mêlées d’un blanc éclatant. Pline, Strabon & Cicéron disent que la bague de Polycrate étoit de ''Sardonix'' : ce qui ne s’accorde pas avec ce qu’on dit de Mithridate, qui avoit quatre mille vases de cette même pierre. Car, ou cette bague n’auroit pas été de grand prix, ou ces vases auroient été d’un prix excessif.
Les ''Agates Onyx'' sont toutes opaques, de couleur blanchâtre & noire, tellement distinctes, qu’on croiroit qu’elles y ont été appliquées par art.
Les ''Agates Onyx Sardonix'', sont celles où il se rencontre trois couleurs différentes, & néanmoins unies ensemble. On en a ruiné les mines ; & celles qui se trouvent à présent grandes & parfaites, n’ont point de prix. La couche du milieu est propre pour exprimer la carnation du visage ; celle de dessus qui est ''Sardoine'', ou couleur de pourpre, donne la couleur aux vêtemens : & le dessous est d’une autre couleur propre pour faire le fond, qui détache les deux premières, & fait un ouvrage merveilleux suivant la science du Graveur. Pyrrhus avoit une ''Agate'' où étoient représentées les neuf Muses & Apollon tenant sa harpe.
L’''Agate Calcédoine'' est à demi opaque, & à demi transparente, & le plus souvent de couleur de rose, remplie de nuages. Il y en a d’entièrement blanches, qui sont les plus rares.
Les ''Agates'' d’Egypte sont dures, rouges, & entre-mêlées de bleu & de blanc. Quand elles sont dans leur perfection, elles ont des couleurs semblables à l’Iris, & sont les plus estimées d’entre les ''Agates''.
L’''Agate Romaine'' ne tient rien de celle d’Orient ; & il y en a de plusieurs couleurs différentes, qui les ont fait nommer différemment. On en faisoit autrefois ces vases mirrhains si fameux dans l’Antiquité, qui avoient diverses couleurs, & qui représentoient diverses figures.
Il se trouve aussi des ''Agates'' en Allemagne, en Pologne, en Dannemarck, dont quelques-unes ont disputé le prix aux orientales. L’''Agate'' d’Allemagne est tendre, blanche & bleuâtre ; c’est la moins estimée.
Les Anciens parlent aussi d’une ''Agate rouge'', comme du corail, mouchetée de points d’or, qu’on trouve en Candie, qu’on a nommée ''Sacrée'', parce qu’elle préserve du venin des scorpions, des vipères & des araignées. On a fait de tout temps des cachets d’''Agate'', parce que cette pierre ne retient point du tout la cire. Les ''Agates'' servent à enrichir les tabernacles, les cabinets de marbre, & de marqueterie. Pline dit que les premières ''Agates'' furent trouvées en Sicile, le long du fleuve ''Achates'', qu’on nomme aujourd’hui le ''Canthera'' ; ce qui lui a donné le nom d’''Agate''.
{{sc|Agathe}}, ou {{sc|Agate}}, en termes de Fleuriste, est le nom d’un grand nombre de tulipes, dont voici les noms & les couleurs.
L’''Agate d’Aste'' est rouge, pourpre, rose séche & blanc.
L’''Agate Amirale'', gris-de-lin, siamette, rouge vif & blanc.
L’''Agate Armand'', gris-de-lin sale, colombin & blanc.
L’''Agate d’Arquelaine'', colombin obscur, colombin clair & blanc.
L’''Agate Royale'' n’a que trois couleurs, mais parfaitement distinctes & séparées les unes des autres ; elle est pourpre-clair, avec du rouge, qui s’étend en panaches dans beaucoup de blanc. C’est une des belles tulipes du temps.
L’''Agate Brosset'', rouge foncé, colombin clair, blanc d’entrée.
L’''Agate Brillet'', colombin blanc, printanière.
L’''Agate Barbansonne'', rouge obscur, colombin clair, & blanc obscur.
L’''Agate Brune'', rouge sur brun, & colombin clair.
L’''Agate Chapelle'', rouge, colombin & blanc.
L’''Agate coste'', gris-de-lin chargé, rouge vin, & blanc de satin.
L’''Agate de Cointe'', colombin obscur, colombin clair, & blanc terni.
L’''Agate Castelain'', colombin, rouge pâle, & blanc.
L’''Agate Chon'', colombin, minime, & couleur de citron terni.
L’''Agate dentelée'' a du colombin, chargé de rouge avec du blanc.
L’''Agate de Dru'', couleur de rose mêlée d’incarnat colombin, couleur de citron, & blanc terni.
L’''Agate Datte'', gris lavandé, & pourpre cramoisi.
L’''Agate d’Epine'', blanc-de-lait, & tacheté de rouge cramoisi clair.
L’''Agate Ferrans'', pourpre foncé, couleur de Vice-roi & peu blanc.
L’''Agate Frioul'', gris-de-lin enfumé, tristamin, & couleur de citron brouillé.
L’''Agate Guérin'', feuille morte & blanc.
L’''Agate Gobelet'', rouge cramoisi, colombin, blanc & jaune.
L’''Agate Gobelin'' est ornée de cinq couleurs, d’incarnat, de rouge, de jaune, & de lacque, chargé de chamois.
L’''Agate Gorle'', rouge sang de bœuf & blanc.
L’''Agate Gorion'', rouge obscur, colombin & citron.
L’''Agate la Déserte'', colombin & peu de blanc, printanière.
L’''Agate Lanthe'', amarante & blanc, non d’entrée.
L’''Agate Lyonnoise'', couleur de brique, colombin, & blanc, le tout brouillé.
L’''Agate Lornay'', colombin & blanc, non d’entrée.
L’''Agate Minime'' a quatre couleurs assez distinctes, qui sont gris-de-lin, jaune, amarante, & rouge.
L’''Agate Monsieur de Chartres'', colombin obscur, gris lavandé, & de blanc.
L’''Agate Magnin'', colombin obscur, mêlé d’un colombin clair & blanc.
L’''Agate Morin'' a du pourpre, & du gris sale dans beaucoup de blanc.
L’''Agate Mole'', colombin obscur, colombin clair & blanc.
L’''Agate Molard'', colombin obscur, gris lavandé & blanc.
L’''Agate Ochée'', tristamin rouge & chamois.
L’''Agate la Piemande'', gris-de-lin, colombin, rouge & blanc.
L’''Agate Proserpine'', minime, brûlé jaune, & citron terni.
L’''Agate Patin'', couleur de rose, colombin & blanc, non d’entrée.
L’''Agate Picot'', colombin obscur, colombin clair, & blanc terni.
L’''Agate de Quibly'', gris-de-lin, colombin obscur, colombin, & blanc d’entrée.
L’''Agate Roussi'', rouge brun, colombin, & blanc d’entrée.
L’''Agate Rivière'', rouge brûlé, colombin obscur, & un peu de blanc terni.
L’''Agate Robain'' a du pourpre, du rouge & du blanc ; mais quoiqu’elle ait les couleurs de l’''Agate Royale'', néanmoins elle est fort différente : l’''Agate Royale'' a beaucoup plus de blanc, & les panaches ne sont pas semblables.
L’''Agate romaine'' est colombine, avec un peu de blanc.
L’''Agate S. Marc'' est gris-de-lin, incarnat & blanc.
L’''Agate sans pareille'', rouge cramoisi, colombin, blanc d’entrée.
L’''Agate Saunier'', gris-de-lin clair, colombin, & blanc d’entrée.
L’''Agate sauvage'', violet, pourpre enfoncé & blanc.
L’''Agate du Vasseur'' est d’un gris violet, avec du blanc & un peu d’incarnat.
L’''Agate Pernichot'', gris-de-lin & blanc par mêmes panaches.
On a fait une devise d’une ''Agate'' avec ce mot, ''{{lang|la|Copia vilescit}}''.<section end="AGATHE"/><noinclude>{{d|AGATHE,}}
<references/></noinclude>
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Page:Dictionnaire de Trévoux, 1771, I.djvu/179
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Mot latin, accents graves, italique, espaces.
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<noinclude><pagequality level="4" user="Acer11" />{{numérotation|AGE||155}}</noinclude><section begin="AGÉMOGLAN"/>Et comme les Hébreux divisoient le monde en Hébreux & Nations, les Arabes & les Turcs le divisent en Arabes, ou Turcs, & en ''Agémoglans''. 2{{o}} du nom Arabe {{lang|he|עלאם}} qui veut dire, ''Enfant''. Ainsi ''Agémonglan'' signifie, ''un enfant barbare'', qui n’est pas Turc ; ou comme l’on pourroit dire en notre langue, ''un enfant gentil'' ; parce que ces ''Agémoglans'' sont les enfans de tribut que le Grand-Seigneur leve de trois ans en trois ans sur les Chrétiens qu’il souffre dans ses états.
Quelques-uns disent ''Azamoglans''. Les Janissaires sont tirés des enfans de tribut appelés par les Turcs ''Azamoglans''. Des Commissaires les vont prendre de gré ou de force, jusques dans les maisons des Chrétiens, ou de trois qu’ils trouvent, ils en enlevent un, s’adressant toujours à ceux qui leur semblent les plus beaux & les plus adroits. On les amene incontinent à Constantinople, ou à Gallipoli. Là ils sont premièrement circoncis ; puis on les instruit dans la Religion Mahométane, & on leur donne des maîtres qui prennent soin de leur enseigner la langue turque, & de les dresser aux exercices de la guerre, jusqu’à ce qu’ils soient en âge de porter les armes. S’il arrive qu’ils n’y soient point jugés propres, on les emploie à servir dans le Sérail, aux actions les plus viles, comme par exemple, aux cuisines, aux écuries, aux jardins, ''&c''. Mais quelque petit que soit cet emploi, s’ils s’en acquittent comme il faut, souvent de ces emplois les plus vils, ils sont élevés aux plus hautes dignités de la Porte du Sérail. {{sc|Dan}}. M. d’Herbelot dit qu’''Azamolan'' est la prononciation vulgaire. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas la plus vraie & la plus conforme à l’origine de ce nom, {{corr|omme|comme}} il paroît par ce que nous avons dit. Nicolaï, qui en parle assez en détail dans ses ''Navigations & Pérégrinations orientales'', L. III, Ch. 1 & 2, écrit aussi ''Azamoglan'' ; il dit même quelque part ''Azamoglan'', ou ''Jamoglan''. Il dit qu’on ne les leve que de quatre ans en quatre ans ; qu’il y a deux cens Commissaires pour les lever ; que les ''Azamoglans rustiques'' n’ont de gages que de deux à trois aspres par jour ; qu’ils sont vêtus & chauffés deux fois l’an de gros drap bleu, portant en tête un haut bonnet jaune en forme de pain de sucre, & sont sous un Capitaine appelé ''Agiender-Agassi'', qui a de gages trente aspres par jour, & est habillé aux dépens du Grand-Seigneur.
<section end="AGÉMOGLAN"/>
<section begin="AGEN"/><nowiki/>
AGEN. ''{{lang|la|Agenno, Agenum Nitiobricum, Aginum, Aginnum, Ageducum}}'', à ce que l’on prétend dans Achilles Statius, & ''{{lang|la|Agredicum}}'', dans l’Itinéraire d’Antonin. Ville épiscopale de Guyenne sur la Garonne, ''Agen'' est une très-ancienne ville. Je ne voudrois pas cependant lui donner pour fondateur, comme ont fait quelques Auteurs, ni Agénor fils d’Anténor, qui selon Virgile bâtit Padoue ; ni Agénor petit-fils d’Ajax le Télamonien, ni même Agénides Ephore de Lacédémone, parce que cela n’est fondé que sur la seule ressemblance du nom. Les restes des Antiquités qui se trouvent autour d’''Agen'' montrent que c’étoit autrefois une ville considérable.
<section end="AGEN"/>
<section begin="AGENCE"/><nowiki/>
AGENCE. s. f. Emploi de celui qui fait les affaires d’autrui. ''{{lang|la|Rerum administratio}}''. Il ne se dit que des gens qui sont chargés des affaires des Princes, ou de quelque corps illustre, comme du Clergé, d’une province, ''&c''. Chez les Princes de l’Empire on brigue les ''Agences''. A la Cour de France, l’''Agence'' générale du Clergé est fort recherchée.
<section end="AGENCE"/>
<section begin="AGENCEMENT"/><nowiki/>
AGENCEMENT. s. m. Ajustement, arrangement ; l’ordre & la disposition où les choses se trouvent, & qui leur donne plus ou moins d’agrément. ''{{lang|la|Compositio, Dispositio, Ordinatio}}''. L’''agencement'' des os a {{corr|quelquelque|quelque}} chose de surprenant. Il se dit aussi au figuré, de l’ordre, & de la manière dont les choses & les mots sont disposés dans un discours, mais en ce sens il est vieux. Je me charge du soin de l’''agencement''. Rien ne releve tant l’éclat d’une histoire, que l’''agencement'' des choses & des paroles.
{{sc|Agencement}}. Terme de Peinture. {{StdT|l|☞}} C’est l’enchaînement des groupes dans une composition. C’est aussi la liaison des figures d’un même groupe. ''Agencement'' & arrangement sont des mots à peu près synonymes. ''Agencement'' des parties : ''agencement'' des plis : un bel ''agencement''. {{sc|Dict. de Peint. et d’Archit}}.
{{StdT|l|☞}} {{sc|Agencement}}, en Jurisprudence. Ce terme est usité à Bourdeaux, pour signifier un avantage, en cas de survie, que les futurs conjoints peuvent se faire par contrat de mariage, & qui a quelque rapport à ce que nous appelons ''préciput'' en pays coutumier.
<section end="AGENCEMENT"/>
<section begin="AGENCER"/><nowiki/>
AGENCER. v. a. Ranger, ajuster, mettre les choses dans l’ordre où elles doivent être, les disposer d’une certaine manière qui les rende agréables. ''{{lang|la|Componere, disponere, ordinare}}''. ''Agencer'' la mariée. Vous avez bien ''agencé'' votre cabinet. Il vieillit en ce sens. On dit aussi ''agencer'' les couleurs d’une harangue. {{sc|Ablanc}}. ''Agencer'' les choses à notre air. {{sc|Id}}. Je lui promets de fournir le soin d’''agencer'' ses lauriers. {{sc|Voit}}. Il vient du vieux mot ''Gent'', qui signifioit ''poli'', & qu’on nomme maintenant ''Gentil''.
{{sc|Agencer}}, se dit aussi avec le pronom personnel, & signifie, s’approprier, s’ajuster, ''{{lang|la|Ornare se, comere, pectere}}''.
<poem class="verse">
''On a beau s’''agencer'' & faire les doux yeux ;''
''Quand on est bien paré, on est toujours bien mieux.'' {{sc|Regn.}}</poem>
Le mot de s’''agencer'' a encore un autre sens, où il semble être un peu plus en usage ; & c’est lorsqu’il signifie, ''se mettre, se placer, se ranger, s’accommoder'' d’une certaine manière. Calanus paré de ses magnifiques habits, se coucha tout de son long sur le bucher, s’''agençant'' le plus honnêtement qu’il lui fut possible. {{sc|Vaug}}. Dans toutes ses acceptions il n’est que du style familier.
AGENCÉ, ÉE. part.
<section end="AGENCER"/>
<section begin="AGENDA"/><nowiki/>
AGENDA. s. m. Tablette, ou mémoire où les Marchands écrivent ce qu’ils ont à faire durant le jour, pour s’en souvenir. ''{{lang|la|Pugillaria}}''. Cet homme a tant d’affaires, qu’il auroit besoin d’un ''agenda'' in-folio. Ecrivez cela sur votre ''agenda''. ''Agenda'' garni d’or.
<poem class="verse">
''Attendez que je voie un peu notre'' Agenda,
''Pour savoir en tel cas ce qu’il faut que je fasse.''
{{droite|{{sc|La Fontaine}}, ''Recueil de vers''.}}</poem>
Ce mot, qui n’entre que dans le discours familier, est purement latin. ''{{lang|la|Agenda}}''. Les choses qu’il faut faire, du verbe ''{{lang|la|ago}}''. Il signifioit autrefois dans l’église, l’Office du jour, ou de la fête, & le nombre des messes & des mortuaires qu’on avoit à dire. On appelle aussi ''Agenda'', les livres de baptêmes, & ceux qui se lisoient dans le chapitre. On l’a dit ensuite des affaires du royaume, & enfin de celles des particuliers. {{sc|Du Cange}}.
<section end="AGENDA"/>
<section begin="AGENDE"/><nowiki/>
AGENDE. s. f. Nom en usage chez les Chartreux. ''{{lang|la|Agenda}}''. Les Chartreux donnent differens nom aux suffrages qu’ils disent pour les défunts ; comme Monachat, ''Agende'', & Tricénaire. L’''Agende'' est l’office des morts à neuf leçons. {{sc|P. Helyot}}, ''T. VII, p. 394.''
<section end="AGENDE"/>
<section begin="AGENOIS"/><nowiki/>
AGENOIS. s. m. ''{{lang|la|Agenensis Ager}}''. L’Agenois est un pays dans la Guyenne, avec titre de ''Comté'', dont Agen est la capitale. Il y a l’''Agenois'' deçà le Lot, & l’''Agenois'' de-là le Lot. On croit que c’est le pays des anciens Nitiobriges, peuples considérables parmi les Gaulois. ''{{lang|la|Nitiobriges.}}''
AGENOIS, OISE. s. m. & f. adj. Qui est d’Agen, ou qui appartient à Agen. ''{{lang|la|Agennensis}}''.
<section end="AGENOIS"/>
<section begin="AGÉNORIE"/><nowiki/>
AGÉNORIE. s. f. Terme de Mythologie. Nom d’une divinité payene. ''{{lang|la|Agenoria}}''. On la nommoit autrement ''Strenua''. C’étoit la Déesse de l’industrie & de la vaillance.
Ce mot vient d’{{lang|grc|ἀγήνωρ}} ''{{lang|la|Virilis, strenuus}}'', d’où vient que les Latins l’appeloient ''{{lang|la|Strenua}}''. {{lang|grc|Ἀγηνόρια}}. ''{{lang|la|Virilitas, strenuitas}}''. Les Romains l’invoquoient pour avoir du courage. On lui opposoit ''{{lang|la|Vacuna}}'', Déesse de la Paresse.
<section end="AGÉNORIE"/>
<section begin="AGENOUILLER, S’AGENOUILLER"/><nowiki/>
AGENOUILLER, S’AGENOUILLER. v. réciproque. Se mettre à genoux. ''{{lang|la|Genua submittere, Flectere}}'',<section end="AGENOUILLER, S’AGENOUILLER"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Natireland" />{{numérotation|AGE — AGG|156}}</noinclude><section begin="AGENOUILLER, S’AGENOUILLER"/>''{{lang|la|ponere genua}}''. Quelle impiété de s’''agenouiller'' devant des Dieux qu’on traîne captifs en triomphe ! {{sc|Ablanc}}. On fit ''Agenouiller'' tout le monde. Tout le monde s’''agenouilla''. S’''agenouiller'' se dit aussi des chameaux & des éléphans, qui s’''agenouillent'', quand ils voient qu’on les veut charger, afin qu’on le puisse faire plus facilement.
AGENOUILLÉ, ÉE. part. qui s’est mis à genoux. ''{{lang|la|Genibus nixus, Astans in genua}}''.
<section end="AGENOUILLER, S’AGENOUILLER"/>
<section begin="AGENOUILLOIR"/><nowiki/>
AGENOUILLOIR. s. m. La chose sur laquelle on s’agenouille, que l’on met sous ses genoux, pour ne les point salir, ou pour être plus commodément quand on s’agenouille. ''{{lang|la|Pulvinum, pulvillus, pulvinar}}''. Les Musulmans portent toujours avec eux un petit tapis ou natte de jonc, qu’ils appellent ''Ségédiah'', ou ''Ségédieh'', & qui leur sert d’''agenouilloir'' quand ils font les cinq prières auxquelles ils sont obligés chaque que jour. d’{{sc|Herbelot}}. Il est familier.
<section end="AGENOUILLOIR"/>
<section begin="AGENT"/><nowiki/>
AGENT. s. m. Terme de Physique, dont on se sert pour désigner tout ce qui agit, tout ce qui opère. ''{{lang|la|Agens}}''. Les ''agens'' naturels agissent toujours de la même manière. L’''agent'' & le ''patient'' sont des termes opposés. L’''agent'' est la cause qui opère : le ''patient'' est le sujet sur lequel elle opère.
<poem class="verse">
::''Il observe étonné que de la même argile,''
::''Dont notre feu mortel fait un vase fragile,''
::''Le feu de la nature, inimitable'' agent,
::''forme, comme il lui plaît, de l’or ou de l’argent.''
{{droite|{{sc|Perrault}}.}}</poem>
{{sc|Agent}}, signifie aussi celui qui est commis pour faire les affaires d’un Prince, de quelque corps, ou de quelqu’un en particulier. ''{{lang|la|Procurator}}''. Dans cette acception il est synonyme de député, ou Procureur fondé. Un tel est ''Agent'' de son chapitre, de sa communauté. Ménage le dérive du mot ''{{lang|la|Agens}}'', qu’on trouve en cette signification dans le Code Théodosien. L’''Agent'' du peuple Romain, Magistrat de Rome.
{{StdT|l|☞}} En matière de négociations, c’est celui qui fait les affaires d’un Prince à la Cour d’un autre Prince sans aucun caractère public. Il ne jouit pas des priviléges des Ambassadeurs & des Envoyés. ''Agent'' des Suisses.
{{sc|Agens}} ''de change & de banque'', sont des Officiers établis dans plusieurs villes de commerce, qui s’entremettent entre les marchands, négocians & banquiers, pour faciliter leur négoce de lettres & billets de change, & le débit de leurs marchandises en gros : auquel cas on les appelle aussi ''Courtiers''. A Paris il {{corr|y|y a}} 30 ''Agens'' de banque, & courtiers de marchandises de drap de soie, de laine, de toile, ''&c''. qui furent créés en titre d’office par {{roi|Charles|IX}}, en Juin 1572, dont le nombre fut fixé par {{roi|Henri|IV}} en 1595. Ce nombre a fort varié depuis. Ils sont un corps qui élit ses Syndics. Ils ne prennent plus la qualité de ''courtiers'', mais seulement celle d’''Agens'' de change. Leur droit est un quart pour cent, dont la moitié est payable par celui qui donne son argent ; & l’autre par celui qui le reçoit, ou qui en fournit la valeur en lettre de change. Dans les villes où ils ne sont pas établis en titre d’Office, ils sont choisis par les Consuls, Maires & Echevins, devant lesquels ils prêtent serment. Les ''Agens'' de change ne peuvent être banquiers, & ne peuvent porter bilan sur la place, où ils doivent avoir un livre paraphé d’un Consul, cotté & numéroté, par l’ordonnance de 1673.
On appelle ''Agens généraux du Clergé'', les deux ecclésiastiques du second ordre, choisis pour avoir soin des affaires du Clergé, par les deux provinces ecclésiastiques qui sont en droit de les nommer. Le Clergé ayant été averti par ses ''Agens''.
{{sc|Agent}}, & ''Patient'', se dit dans le droit coutumier d’Angleterre, de celui ou de celle qui se donne quelque chose soi même, de sorte qu’il est tout à la fois, & celui qui donne la chose, & celui à qui elle est donnée, ou qui la reçoit. Par exemple, quand une femme s’assigne à soi-même sa dot sur le plus bel héritage de son mari. {{sc|Harris}}.
{{StdT|l|☞}} Le P. le Moine qui a employé ce mot au féminin, en disant ''les agentes des Rois'' a fait de très-mauvais vers en très-mauvais françois.
<section end="AGENT"/>
<section begin="AGÉOMÉTRIE ou AGÉOMÉTRÉSIE"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGÉOMÉTRIE, ou AGÉOMÉTRÉSIE. Défaut ou ignorance de ''Géométrie'', qui fait qu’on s’écarte dans quelque chose des principes & des règles de cette science. {{sc|Encyc}}.
<section end="AGÉOMÉTRIE ou AGÉOMÉTRÉSIE"/>
<section begin="AGÉRATOÏDE"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGÉRATOÏDE, AGÉRATOÏDES. Espèce de plante qui porte ses fleurs sur une petite tête, faite en forme de demi-globe. Ces fleurs sont composées de fleurons d’une seule feuille ; les semences qu’elles produisent, sont couronnées par un anneau membraneux, & tiennent au fond d’un calice qui est à nu. {{sc|Encyc}}.
<section end="AGÉRATOÏDE"/>
<section begin="AGERATUM"/><nowiki/>
AGERATUM. C’est une plante qui pousse beaucoup de petites feuilles oblongues, dentelées, éparses sur la terre, d’un goût tirant sur l’amer ; ses fleurs sont purpurines, chacune est un tuyau évasé par le haut : cette plante vient dans les montagnes, & lieux pierreux. Ce nom vient de {{lang|grc|γῆρας}} vieillesse, & de l’{{lang|grc|α}} privatif ; parce que la fleur conserve sa couleur, & ne ressent point les effets de la vieillesse.
<section end="AGERATUM"/>
<section begin="AGÉRONIA"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGÉRONIA. ''Voyez'' {{Tr6L|ANGÉRONE}}.
<section end="AGÉRONIA"/>
<section begin="AGÉSILAÜS"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGÉSILAÜS. Premier nom de Pluton.
<section end="AGÉSILAÜS"/>
<section begin="AGETORIES"/><nowiki/>
AGETORIES. s. f. pl. Fête dont il est fait mention dans Hésychius, qui ne dit rien de la Divinité en l’honneur de laquelle on l’avoit instituée. Il est vraisemblable qu’elle étoit consacrée à Apollon, & que c’étoit la même que célébroient les Lacédémoniens sous le nom de {{lang|grc|Κάρνεια}}, puisque Hésychius assure que cette dernière portoit aussi le nom d’{{lang|grc|Ἀγητορία}}. Athénée, (''Deipnosoph. l. 4.'') & Eustathe, (''ad Ilad''. {{lang|grc|ω}}) nous apprennent que cette fête fut ainsi nommée, parce qu’on imitoit en ce jour la manière de vivre des soldats, {{lang|grc|στρατιωτικὴν ἀγωγὴν}}. On pourroit encore dire que c’étoit Vénus que l’on honoroit dans cette fête ; car les Grammairiens nous apprennent que son prêtre se nommoit {{lang|grc|ἀγήτωρ}} dans l’île de Chypre.
<section end="AGETORIES"/>
{{c3|{{sp|AGG.}}}}
<section begin="AGGÉE"/><nowiki/>
AGGÉE. s. m. C’est le nom du dixième des douze petits prophètes, qui vivoit sous Darius, fils de Hystaspe, Roi de Perse, ''&c''.
<section end="AGGÉE"/>
<section begin="AGGERHUS, AGGERHUSLOT"/><nowiki/>
AGGERHUS, AGGERHUSLOT. Forteresse de Norvège. ''{{lang|la|Aggerhusia}}''. Elle est sur le golfe d’Ansloye, vis-à-vis la ville de ce nom.
Le gouvernement d’''Aggerhus''. Province de Norvège, qui s’étend beaucoup du septentrion au midi, entre les gouvernemens de Bahus, de Bergen, & de Dronthen, la Suéde & le Catégat. Anslo en est la capitale. Hors ce qui est sur la mer, tout le reste est hérissé d’affreuses montagnes nommées ''Dofra-Biela''.
<section end="AGGERHUS, AGGERHUSLOT"/>
<section begin="AGGIUL FELLANOS"/><nowiki/>
AGGIUL FELLANOS. Petite ville autrefois épiscopale. ''{{lang|la|Philomelium}}''. Elle est dans l’Anatolie vers la source du Madre.
<section end="AGGIUL FELLANOS"/>
<section begin="AGGLOMÉRATION"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGGLOMÉRATION. s. f. Terme didactique qui désigne un assemblage par pelotons.
<section end="AGGLOMÉRATION"/>
<section begin="AGGLUTINANS"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGGLUTINANS. ''Voyez'' {{Tr6L|AGLUTINANT|{{sc|Aglutinans}}}}.
<section end="AGGLUTINANS"/>
<section begin="AGGLUTINATION"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGGLUTINATION. ''Voyez'' {{Tr6L|AGLUTINATION}}.
<section end="AGGLUTINATION"/>
<section begin="AGGOUED-BUND"/><nowiki/>
AGGOUED-BUND. s. m. C’est la meilleure des six sortes de soie qui se recueillent dans les états du Mogol.
<section end="AGGOUED-BUND"/>
<section begin="AGGRANDIR"/><nowiki/>
AGGRANDIR. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRANDIR}}.
<section end="AGGRANDIR"/>
<section begin="AGGRANDISSEMENT"/><nowiki/>
AGGRANDISSEMENT. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRANDISSEMENT}}.
<section end="AGGRANDISSEMENT"/>
<section begin="AGGRAVANT"/><nowiki/>
AGGRAVANT, ANTE. adj. Qui aggrave, qui rend plus odieux, plus coupable. Les crimes sont plus ou moins grands, selon qu’il y a plus ou moins de circonstances ''aggravantes''. Il n’est guère d’usage que dans cette phrase, ou phrases semblables.
<section end="AGGRAVANT"/>
<section begin="AGGRAVANTÉ"/><nowiki/>
AGGRAVANTÉ, ÉE. part. pass. ''Voyez'' {{Tr6L|ACCRAVANTER|{{sc|Accravanté}}}}.
<section end="AGGRAVANTÉ"/>
<section begin="AGGRAVANTER"/><nowiki/>
AGGRAVANTER. ''Voyez'' {{Tr6L|ACCRAVANTER}}.
<section end="AGGRAVANTER"/>
<section begin="AGGRAVE ou AGGRAVATION"/><nowiki/>
AGGRAVE, s. m. ou AGGRAVATION. s. f. Terme de Droit Canonique. Censure ecclésiastique, qui menace qu’on fulminera l’excommunication après trois monitions ou avertissemens de se soumettre à l’Eglise, & d’exécuter ce qu’elle a ordonné. ''{{lang|la|Comminatio gravioris pœnæ per censuram infligendæ}}''. Faire fulminer un ''aggrave''. Quand il est nécessaire de passer jusqu’à l’''aggravation'', & à la réaggravation, c’est-à-dire, à la dernière excommunication, ce qui ne se fait qu’après trois publications des monitoires, il faut une permission du Juge laïque, sans laquelle l’Official, ou le Juge ecclésiastique ne peut ordonner l’''aggravation'', & la<section end="AGGRAVE ou AGGRAVATION"/><noinclude>
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Rene1596
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Nicolas Lémery (1645-1715) est un botaniste et chimiste. Donc pas de lien dans ce dictionnaire.
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<noinclude><pagequality level="4" user="Natireland" />{{numérotation|AGH — AGI||157}}</noinclude><section begin="AGGRAVE ou AGGRAVATION"/>réaggravation. Le curé ne peut publier l’''aggravation'' sans un ordre de l’Official.
Les Auteurs qui ont traité de l’excommunication, ne sont pas d’accord sur la différence qu’il y a entre la sentence d’excommunication & l’''aggrave'' & le réaggrave. Il y en a qui prétendent que l’excommunication & les ''aggraves'' & réaggraves, ne sont au fond qu’une même censure, & que toute la différence qu’on y peut remarquer, c’est que les ''aggraves'' & réaggragraves se prononcent avec certaines cérémonies capables de jeter la terreur dans l’ame du pécheur. Les autres disent que, suivant l’ancienne discipline de l’église, l’excommunication ne privoit que de la communion intérieure de l’Eglise, c’est-à-dire, de la participation aux sacremens, au saint sacrifice, aux suffrages de l’église & aux mérites des justes ; & que l’''aggrave'' interdisoit à l’excommunié le commerce de la vie civile avec les fidèles ; & que le réaggrave défendoit aux fidèles de communiquer même dans les choses profanes avec celui qui étoit excommunié & ''aggravé'' ; ainsi l’''aggrave'' & le réaggrave étoient comme de nouveaux degrés d’excommunication qui augmentoient les peines extérieures à l’égard de l’excommumunié qui persistoit opiniâtrément dans la désobéissance, & qui faisoient qu’il paroissoit plus éloigné de l’Eglise, & qu’il devenoit plus qu’il n’étoit auparavant, un objet d’horreur & d’abomination pour les fidèles, & c’est ce qu’on nommoit ''anathême''.
Dans le dessein de donner plus de terreur aux pécheurs, et de leur faire connoître l’importance de cette nouvelle censure, on publioit l’''aggrave'' au son des cloches avec des chandelles allumées, qu’on éteignoit, qu’on jetoit par terre & qu’on fouloit aux pieds, avec des cercueils qu’on exposoit dans l’église, & avec d’autres cérémonies lugubres & terribles, qu’on observoit diversement selon les différentes coutumes des provinces. On publioit le réaggrave avec les mêmes cérémonies, & on y en ajoutoit d’autres encore plus effrayantes, ''Voyez'' les Conf. d’Angers.
Dans le diocèse de Paris & dans quelques autres, on joint à la Sentence d’excommunication portée en conséquence d’un monitoire, un ''aggrave'' & un réaggrave. Mais M. Eveillon, en son ''Traité des Excommunications & Monitoires'', remarque fort bien que cette pratique est inutile & contraire à l’ordre de l’Eglise. ''Voy.'' les Conférences d’Angers. Je suis convaincu que suivant l’usage d’aujourd’hui, l’''aggrave'' n’est qu’une fulmination de la Sentence d’excommunication.
<section end="AGGRAVE ou AGGRAVATION"/>
<section begin="AGGRAVER"/><nowiki/>
AGGRAVER. v. a. Augmenter, rendre plus grief. ''{{lang|la|Aggravare, prægravare}}''. Le mariage & les vœux ''aggravent'' le péché de luxure. La violence ''aggrave'' le péché du ravisseur. Pour ''aggraver'' la chose, on eut besoin d’y donner un tour criminel. Madame {{sc|Du Noyer}}.
{{sc|Aggraver}}. Porter, prononcer un aggrave. Nous excommunions, ''&c''. en laquelle excommunication, s’ils croupissent six jours, par ces présentes nous les ''aggravons''. Sentence de l’Officialité de Paris.
AGGRAVÉ, ÉE. part. Rendu plus grand, plus grief qu’il n’étoit. ''{{lang|la|Aggravatus}}''. Son crime est ''aggravé'' par toutes ces circonstances.
{{sc|Aggravé}}. Ce mot signifie aussi appesanti. ''Aggravé'' de vieillesse. Montaigne, p. 314.
<poem class="verse">
''Là dessus achevant son somme,''
''Et les yeux encore'' aggravés. {{sc|La Font.}}</poem>
{{sc|Aggravé}}. adj. Celui contre qui on a prononcé un aggrave. Nous vous mandons de notre part & autorité, de les traiter comme ''aggravés''. Sentence de l’{{corr|Officialiaté|Officialité}} de Paris.
<section end="AGGRAVER"/>
<section begin="AGGRÉGATION"/><nowiki/>
AGGRÉGATION. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRÉGATION}}.
<section end="AGGRÉGATION"/>
<section begin="AGGREGÉ"/><nowiki/>
AGGREGÉ. s. m. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRÉGER|{{sc|Agrégé}}}}.
<section end="AGGREGÉ"/>
<section begin="AGGRÉGER"/><nowiki/>
AGGRÉGER. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRÉGER}}.
<section end="AGGRÉGER"/>
<section begin="AGGRESSEUR"/><nowiki/>
AGGRESSEUR. ''Voyez'' {{Tr6L|AGRESSEUR}}.
<section end="AGGRESSEUR"/>
<section begin="AGGUERRIR"/><nowiki/>
AGGUERRIR. ''Voyez'' {{Tr6L|AGUERRIR}}.
<section end="AGGUERRIR"/>
{{c3|{{sp|AGH.}}}}
<section begin="AGHA"/><nowiki/>
AGHA. ''Voyez'' {{Tr6L|AGA}}.
<section end="AGHA"/>
<section begin="AGHAIS"/><nowiki/>
AGHAIS. Terme de Coutume. On dit, marché à ''aghais''. C’est un marché ou les termes du payement & de la livraison sont déterminés, desorte que celui qui souhaite en profiter, doit ''agheiter'', ou aguester, guester & observer le jour du terme, & ne le point laisser écouler sans avoir préalablement livré, ou payé, & au refus de sa partie, consigné en Justice & fait signifier. ''Voyez'' Galland, dans son ''Traité du Franc-aleu'', de la dernière édition.
<section end="AGHAIS"/>
<section begin="AGHIRLICK"/><nowiki/>
AGHIRLICK. s. m. Terme de Relation. Présent & compliment que fait à une parente du Grand-Seigneur celui qui l’épouse. ''{{lang|la|Munus verbis officiosis oblatum}}''. Lorsqu’un Bacha épouse une sœur, une fille, ou une des proches parentes du Grand-Seigneur, si avant les épousailles elle lui envoie demander de l’argent, des pierreries ou quelque autre chose de prix, il faut qu’il lui porte tous ces présens avec un visage riant, & un beau compliment au bout, c’est ce que les Turcs appellent ''Aghirlick''. A. D. S. M. Ces gens mariés aux parentes du Sultan ne peuvent avoir d’autres femmes. Ce sont les plus misérables esclaves du monde. Le Sultan se sert souvent de ce moyen pour abaisser les plus hautes têtes de la Porte. {{sc|Id}}.
<section end="AGHIRLICK"/>
{{c3|{{sp|AGI.}}}}
<section begin="AGIAHALID"/><nowiki/>
AGIAHALID. s. m. C’est le nom d’un arbre grand comme un Poirier sauvage, qui croît en Ethiopie & en Egypte, & dont parlent Prosper Alpin & Charles Bauhin. Il est peu rameux, épineux, & semblable au Lycium. Ses feuilles sont faites comme celles du buis ; mais plus larges & plus éloignées les unes des autres. Ses fleurs sont en petite quantité, blanches, semblables à celles de la jacinte, mais plus petites. Il leur succède de petits fruits noirs qui approchent de ceux de l’hyèble, d’un goût stiptique tirant sur l’anis. On prétend que ses feuilles aigrelettes & astringentes sont bonnes pour faire mourir les vers. ''Voyez'' encore {{sc|LÉMERI}}.
<section end="AGIAHALID"/>
<section begin="AGIAM-OGLAN"/><nowiki/>
AGIAM-OGLAN. s. m. Terme de Relation. On appelle ''Agiam-Oglans'' les jeunes esclaves que les Turcs prennent à la guerre, ou qu’ils achetent des Tartares, ou les enfans des Chrétiens qu’ils peuvent ravir à l’âge de dix ou douze ans. Le nombre de ceux qu’ils enlèvent ainsi de la Morée & de l’Albanie, se monte tous les ans à près de deux mille. Les mieux faits sont placés dans le grand Sérail du Sultan, & les autres dans des Sérails de moindre conséquence. Rigaut dit que les ''Agiam-Oglans'' different des ''Tchoglans'', en ce que ceux-ci sont employés à des fonctions plus élevées, & ceux-là à des emplois plus bas. ''Voyez'' {{Tr6L|AGÉMOGLAN}}.
<section end="AGIAM-OGLAN"/>
<section begin="AGIA PARASCÉVE"/><nowiki/>
AGIA PARASCÉVE. Nom d’un fauxbourg de Constantinople, dont il n’est séparé que par un petit golfe, qui sert de port à cette ville. ''{{lang|la|Cubus Canopi}}''.
<section end="AGIA PARASCÉVE"/>
<section begin="AGIASME"/><nowiki/>
AGIASME. s. m. Cérémonie que les Chrétiens Grecs observent le premier Dimanche de chaque mois pour la bénédiction de l’eau, dont ils font des aspersions sur le peuple. Ils ne bénissent pourtant pas l’eau dans le mois de Janvier, & remettent la bénédiction du premier Dimanche de Septembre au quatorzième jour du même mois.
<section end="AGIASME"/>
<section begin="AGIDIES"/><nowiki/>
AGIDIES. s. m. pl. Nom qu’on donnoit aux Prêtres de Cybéle, comme qui diroit Joueurs de gobelets, faiseurs de ces tours de passe-passe, pour avoir de l’argent.
<section end="AGIDIES"/>
<section begin="AGIGENSALON"/><nowiki/>
{{StdT|l|☞}} AGIGENSALON, ville de la Turquie, sur la route de Constantinople à Ispahan. On y voit un Caravenserai & une belle Mosquée.
<section end="AGIGENSALON"/>
<section begin="AGILE"/><nowiki/>
AGILE. adj. m. & f. Léger, dispos, & qui par la disposition de ses membres se remue, & agit avec facilité, avec souplesse. ''{{lang|la|Agilis}}''. Ce baladin est très-''agile''. Les cerfs sont des animaux fort ''agiles''.
{{sc|Agile}}. Nom propre. ''Voyez'' {{Tr6L|AYL ou AYLE|{{sc|Ayl}}}}.
<section end="AGILE"/>
<section begin="AGILEMENT"/><nowiki/>
AGILEMENT. adv. D’une manière agile, d’un air souple & dispos. Avec agilité. ''{{lang|la|Agiliter}}''.
<section end="AGILEMENT"/>
<section begin="AGILITÉ"/><nowiki/>
AGILITÉ. s. f. Légéreté, souplesse, disposition au mouvement dans les membres ou parties destinées à être mûes. ''{{lang|la|Agilitas}}''. Il danse, il saute avec grande ''agilité''. Les lièvres ne sauvent leur vie que par leur ''agilité''. Le faisan a bien moins d’''agilité'' dans son vol que le héron. Quelques Auteurs s’en servent aussi figurément : il avoit une grande ''agilité'' d’esprit. Cet exemple n’est pas à suivre.<section end="AGILITÉ"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Natireland" />{{Numérotation|AGI|158}}</noinclude><section begin="AGITÉ"/><nowiki/>
AGITÉ, ÉE. part. ''{{lang|la|Agitatus}}''.
<section end="AGITÉ"/>
<section begin="AGILOSINGUE"/><nowiki/>
AGILOSINGUE. s. m. & f. Anciens Guelphes. Nom de la famille regnante autrefois chez les Bavarois. ''{{lang|la|Agilosingus, a}}''. De même que les Lombards avoient parmi eux la famille appelée ''des Guningues'', d’où ils tiroient leurs Commandans, les Bavarois dans le même temps avoient les ''Agilosingues'' ou Guelphes. {{sc|M. de S. Aubin}}. Dans les Loix que Thierri, fils de Clovis donna aux Bavarois, il y a un éloge de la famille des ''Agilosingues'', ou anciens Guelphes. {{sc|Id}}. ''p. 207. not.''
<section end="AGILOSINGUE"/>
<section begin="AGIO"/><nowiki/>
AGIO. s. m. Terme de Banque. Dans les villes de commerce où il y a des banques établies, le mot d’''Agio'' exprime le change, ou la différence qui se rencontre entre l’argent ou monnoie de banque, & l’argent courant, en monnoie courante & de caisse. Ce terme a été tiré de l’Italien : il signifie ''Aider'', comme qui diroit, servant à faciliter le négoce de la banque & du change. L’''Agio'' de banque est variable dans presque toutes les places. A Amsterdam il est ordinairement d’environ trois ou quatre pour cent ; à Rome de près de vingt-cinq sur quinze cens ; à Venise de vingt pour cent fixe.
{{sc|Agio}}, se dit aussi pour exprimer le profit qui revient d’une avance que l’on a faite pour quelqu’un ; desorte qu’en ce sens les mots d’''Agio'' & d’''Avance'' sont synonymes ; & l’on s’en sert parmi les Marchands & Négocians, pour faire entendre que ce n’est point un intérêt, mais un profit pour avance dans le commerce. Ce profit se compte ordinairement sur le pied de demi pour cent par mois ; c’est à-dire, à raison de six pour cent par an. On lui donne quelquefois le nom de ''Change'', quoique ce terme n’y ait pas beaucoup de rapport.
{{sc|Agio}}, se dit encore, mais improprement, pour signifier le change d’une somme négociée, soit avec perte, soit avec profit. ''Dict. de Commerce.''
{{sc|Agio}}. Quelques-uns appellent ''Agio d’assurance'', ce que d’autres nomment ''Prime'' ou ''Coût d’assurance''. ''Voyez'' {{Tr6L|PRIME}} {{sc|d’Assurance}}.
<section end="AGIO"/>
<section begin="AGIOGRAPHE"/><nowiki/>
AGIOGRAPHE. s. m. Qui a écrit touchant les Saints. Auteur ''Agiographe'', Auteur qui a écrit sur les Saints, ou la vie des Saints. On doit écrire {{sc|Hagiographe}}, parce que ce mot vient de {{lang|grc|ἅγιος}}, ''Saint'', & de {{lang|grc|γράφειν}}, ''écrire''.
{{sc|Agiographes}}. adj. m. pl. Terme théologique. Nom que nous donnons à une partie des livres de l’Ecriture, que les Juifs appellent ''Chetuvim'', & par lequel nous exprimons ce mot Hébreu. ''{{lang|la|Agiographa}}''. Les Juifs divisent les livres sacrés en trois classes. La Loi, qui comprend les cinq livres de Moyse. Ceux des Prophètes, qu’ils nomment ''Neviim'' : & les ''Agiographes'', qu’ils nomment ''Chetuvim'', c’est-à-dire, ''écrits''. Ces livres ''Agiographes'' sont les Pseaumes, les Proverbes, Job, {{corr|niel|Daniel}}, Esdras, les Chroniques, que nous appelons ''Paralipoménes'', le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations de Jérémie, l’Ecclésiaste, & Esther. Les Juifs appellent ces livres ''écrits'' par excellence, parce qu’ils ont été écrits par l’inspiration du S. Esprit, dit Kimhhi dans sa Préface sur les Pseaumes, Maïemonides, ''More Neb. P. II. C. 45.'' & Elias Levita dans son Thisbi {{lang|he|ש}} à la diction {{lang|he|כתב}}. Ils les distinguent pourtant des Prophètes, parce que leurs Auteurs n’ont point appris du S. Esprit ce qu’ils contiennent par la voie qu’ils nomment ''Prophétie'', & qui consiste en songes, visions, paroles entendues, extases, ou ravissemens, mais par une simple inspiration & direction de cet Esprit Saint. ''Voyez'' le ''Thesaurus Philologic''. de Hottinger, ''L. II. C. 1. Sect. III.'' la Critique de Pfeiffer, C. I. n. 7. Simon, ''&c''.
Ce mot vient d’{{lang|grc|ἅγιος}}, ''saint'', & de {{lang|grc|γραφω}}, ''j’écris''. Les ''Agiographes'' sont des écrits saints, ou sacrés. Ce nom est fort ancien. S. Jérôme s’en est souvent servi. Avant lui S. Epiphane appeloit ces livres simplement {{lang|grc|Γραφεια}}, qui répond plus précisément à l’Hébreu {{lang|he|כתובים}}, & il n’y ajoute rien. Cependant l’{{lang|grc|ἅγιος}} n’a point été mal ajouté, & est renfermé dans l’idée du mot hébreu, comme il paroît par ce que nous avons dit.
<section end="AGIOGRAPHE"/>
<section begin="AGIOLOGIQUE"/><nowiki/>
AGIOLOGIQUE. adj. Ce terme est nouveau, mais il manquoit à la langue françoise ; & comme il est formé suivant l’analogie de cette Langue, il a été reçu aussi-tôt qu’il a paru. Il signifie, discours qui concerne les Saints, & les choses saintes. ''{{lang|la|Agiologicus}}''. M. l’Abbé Chastelain a intitulé : ''Vocabulaire agiologique'', son Recueil de noms de Saints, contenant principalement ceux que l’usage a éloignés de leur origine, & ceux qui s’expriment diversement selon la diversité des lieux. C’est un savant catalogue, imprimé au-devant du Dictionnaire étymologique de M. Ménage, à qui l’auteur l’avoit adressé.
Ce mot est formé de deux mots Grecs {{lang|grc|ἅγιος}}, ''saint'', & {{lang|grc|λόγος }}, ''discours''.
<section end="AGIOLOGIQUE"/>
<section begin="AGIOS"/><nowiki/>
AGIOS. s. m. Terme populaire, sous lequel on comprend tous les menus affiquets & parures affectées des femmes du commun. On dit à Paris en se moquant des colifichets d’une femme : ce sont ''agios'' de mariée de village. Ce nom est purement Grec, & signifie ''Saint''. On l’a pris des Orientaux, qui sont fort superstitieux pour les cérémonies & pour les ornemens, parce qu’ils ont toujours ce mot d’''agios'' en la bouche. Pour la même raison il signifie quelquefois ''admiration, exclamation'', parce que les Grecs le disent par admiration & en exclamation, dans l’étonnement & la surprise, comme nous disons, bon Dieu ! grand Dieu ! Quand je lui ai appris cette nouvelle, il a fait cent ''agios''. Mais il n’est que du style familier.
<section end="AGIOS"/>
<section begin="AGIOSIDÉRE"/><nowiki/>
AGIOSIDÉRE. s. m. Il y en a qui disent ''Agiosidire''. Chez les Grecs, qui sont sous la domination des Turcs, l’usage des cloches étant défendu, on se sert d’un fer avec lequel on fait du bruit pour assembler les fidèles à l’Eglise, & ce fer s’appelle ''Agiosidére'' ; quelques auteurs l’appellent ''Sementére''. Magius donne la description d’un ''agiosidére'' qu’il a vû : il dit que c’est une lame de fer large de quatre doigts, & longue de seize, attachée par le milieu à une corde qui la tient suspendue ; on frappe sur la lame avec un marteau de fer pour faire du bruit. Lorsqu’on porte le Saint Sacrement aux malades, celui qui marche devant le Prêtre porte un ''agiosidére'', sur lequel il frappe trois fois de temps en temps, comme on sonne ici une clochette en pareille occasion. On porte l’''agiosidére'' devant les Prêtres qui portent le S. Sacrement aux malades, pour avertir les passans de l’adorer.
Les ''Agiosidéres'' qui servent à assembler les fidèles, sont attachés à une chaîne à la porte de l’Eglise. En frappant dessus de certaine manière avec un marteau de fer, ils rendent un son qui a quelque harmonie.
Ce mot est Grec, il veut dire, fer saint, ou sacré, étant composé d’{{lang|grc|ἅγιος}}, ''saint'', & de {{lang|grc|{{corr|σίδερος|σίδηρος}}}}, ''fer''.
<section end="AGIOSIDÉRE"/>
<section begin="AGIOSIMANDRE"/><nowiki/>
AGIOSIMANDRE. s. m. Instrument de fer dont les Chrétiens Grecs se servent au lieu de cloche, pour indiquer les assemblées. Les Turcs leur défendent l’usage des cloches, de peur qu’elles ne servent de signal, en cas de révolte. ''{{lang|la|Agiosimandrum}}'' ; de {{lang|grc|ἅγιος}} ''saint'', & {{lang|grc|σημαίνω}}, ''j’indique''. ''Voyez'' {{Tr6L|AGIOSIDÉRE|{{sc|Agiosidere}}}}.
<section end="AGIOSIMANDRE"/>
<section begin="AGIOTAGE"/><nowiki/>
AGIOTAGE. s. m. Ce terme ne se prend guère qu’en mauvaise part, & signifie ordinairement un commerce illicite & usuraire, qu’on prend pour convertir en argent comptant un billet, une promesse, une obligation, ''&c''. ''{{lang|la|Pecuniarum aut schedularum pecuniariarum negotiatio, permutatio}}''. Faire l’''agiotage'', s’enrichir à l’''agiotage''.
<section end="AGIOTAGE"/>
<section begin="AGIOTER"/><nowiki/>
AGIOTER, v. a. C’est faire valoir son argent à gros intérêt, faire un trafic usuraire des billets, promesses, & autres papiers que les malheurs d’un Etat ont décrédités. {{StdT|l|☞}} ''Agioter'' des billets de banque, ou des actions de la Compagnie des Indes, c’est les acheter pour les vendre & les revendre, les trafiquer.
{{sc|Agioter}}, est aussi v. n. & signifie faire l’agiotage, faire trafic d’argent, de billets de banque. ''{{lang|la|Pecunias aut schedulas pecuniarias negotiari, mercari}}''. Ce Marchand a quitté son commerce pour ''agioter''. Il a ''agioté'' pendant plusieurs années. Comment cet homme de rien est-il devenu si riche en si peu de temps ? C’est qu’il a ''agioté''. J’''agioterois'' volontiers, si l’agiotage n’étoit pas une usure d’une espèce très-condamnable.
<section end="AGIOTER"/>
<section begin="AGIOTEUR"/><nowiki/>
AGIOTEUR, EUSE. s. m. & f. Celui, celle qui fait l’''agiotage''. Ce mot est très-nouveau ; & sans qu’on sache d’où il est venu, il a d’abord fait fortune, & s’est<section end="AGIOTEUR"/><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="WataYoupee" /></noinclude><nowiki/>
— Écoute, Maximilien, dit son père, suppose que je
sois soldat comme toi, que j’aie reçu l’ordre d’emporter
une redoute, et que tu saches que je doive être tué en
l’emportant, ne me dirais-tu pas ce que tu me disais
tout à l’heure : Allez, mon père, car vous vous déshonorez en restant, et mieux vaut la mort que la honte !
— Oui, oui, dit le jeune homme, oui. Et serrant convulsivement Morrel dans ses bras :
— Allez, mon père, dit-il.
Et il s’élança hors du cabinet.
Quand son fils fut sorti, Morrel resta un instant debout et les yeux fixés sur la porte ; puis il allongea la
main, trouva le cordon d’une sonnette et sonna.
Au bout d’un instant, Coclès parut.
Ce n’était plus le même homme ; ces trois jours de
conviction l’avaient brisé. Cette pensée : la maison Morrel
va cesser ses paiements, le courbait vers la terre plus
que ne l’{{corr|eusse|eussent}} fait vingt autres années sur sa tête.
— Mon bon Coclès, dit Morrel avec un accent dont il
serait impossible de rendre l’expression, tu vas rester
dans l’antichambre. Quand ce Monsieur, qui est déjà venu
il y a trois mois, tu le sais, le mandataire de la maison
Thomson et French, va venir, tu l’annonceras.
Coclès ne répondit point ; il fit un signe de tête, alla
s’asseoir dans l’antichambre et attendit.
Morrel retomba sur sa chaise ; ses yeux se portèrent
vers la pendule : il lui restait sept minutes, voilà tout ;
l’aiguille marchait avec une rapidité incroyable ; il lui
semblait qu’il la voyait aller.
Ce qui se passa alors, et dans ce moment suprême,
dans l’esprit de cet homme qui, jeune encore, à la suite
d’un raisonnement faux peut-être, mais spécieux du
moins, allait se séparer de tout ce qu’il aimait au monde<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>et beaucoup d’autres qu’y ajouta la flatterie, toujours pressée d’enchérir sur elle-même. Des images sans nombre décorèrent la pompe de ses funérailles. Énée, tige de la maison des Jules, tous les rois Albains, Romulus, fondateur de la ville, puis les nobles effigies de la branche sabine, Attus Clausus et tous les Claudius, ses descendants, formaient un long et majestueux cortège.
{{Ancre+|X}}. Dans ce récit de la mort de Drusus, j’ai rapporté les faits attestés par les auteurs les plus nombreux et les plus dignes de foi. Cependant je ne puis omettre un bruit tellement accrédité alors qu’il n’a pas encore perdu toute créance. Séjan, dit-on, après avoir engagé Livie dans le crime par le déshonneur, s’assura, par une liaison non moins infâme, de l’eunuque Lygdus, chéri de son maître pour sa jeunesse et sa beauté, et chargé dans la maison de Drusus d’un des premiers emplois. Ensuite, quand le jour et le lieu de l’empoisonnement furent arrêtés entre les complices, il eut l’audace de donner le change ; et, accusant Drusus en termes couverts de méditer un parricide, il avertit le prince d’éviter la première coupe qui lui serait présentée à la table de son fils. Dupe de cet artifice, le vieillard remit à Drusus la coupe qui lui fut offerte au commencement du repas, et le jeune homme sans défiance la vida d’un seul trait, ce qui fortifia les soupçons : on crut que, dans son effroi et sa honte, il s’était condamné lui-même à la mort qu’il destinait à son père.
{{Ancre+|XI}}. Tels étaient les bruits populaires ; mais aucune autorité ne les confirme, et le moindre examen les réfute. Quel homme en effet, je ne dirai pas instruit comme Tibère par ce que l’expérience a de plus hautes leçons, mais quel homme de bon sens, aurait pu, sans entendre son fils, lui présenter la mort, et cela de sa propre main, au risque de se préparer d’inutiles regrets ? N’eût-il pas plutôt mis à la torture l’esclave qui offrait le poison ? Ne serait-il pas remonté à la source du crime ? Aurait-il renoncé, pour un fils unique jusqu’alors irréprochable, à cette lenteur circonspecte dont il usait même envers des étrangers ? Mais l’opinion qu’il n’était pas un forfait dont Séjan ne fût capable, la faiblesse du prince pour ce favori, la haine dont l’un et l’autre étaient l’objet, accréditaient jusqu’aux fables les plus monstrueuses ; et la renommée se plaît à entourer la mort des princes de tragiques circonstances. D’ailleurs Apicata, femme de Séjan, révéla toute l’intrigue ; et les aveux d’Eudème et de Lygdus, à la torture, la<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>mirent dans le plus grand jour. Aussi de tous les écrivains qui, en haine de Tibère, ont recherché et grossi tous ses torts, pas un n’a chargé sa mémoire de ce trait odieux. J’ai voulu le rapporter et le combattre, afin de confondre, par un exemple éclatant, les traditions mensongères, et d’engager ceux dans les mains de qui tombera ce fruit de mon travail à ne point préférer des récits incroyables, avidement reçus par la multitude, à des faits réels, et que n’a point altérés l’amour du merveilleux.
{{Ancre+|XII}}. Tibère prononça du haut de la tribune un éloge de son fils, que le sénat et le peuple accueillirent avec les démonstrations de la douleur plutôt qu’avec une émotion véritable. On pensait à Germanicus, et l’on voyait avec une joie secrète se relever sa maison. Mais cette popularité naissante et les espérances trop peu déguisées de sa veuve Agrippine en hâtèrent la chute. Quand Séjan vit que la mort de Drusus n’était ni vengée sur ses assassins ni pleurée des Romains, emporté par l’audace du crime et l’ivresse d’un premier succès, il ne songea plus qu’aux moyens de détruire les enfants de Germanicus, qui devaient naturellement succéder à l’empire. On ne pouvait leur donner à tous trois du poison ; la fidélité de leurs gouverneurs et la vertu de leur mère formaient autour d’eux un impénétrable rempart. Il prend le parti d’accuser de révolte la fierté d’Agrippine ; il arme contre elle la haine invétérée d’Augusta et les nouveaux intérêts de sa complice Livie, afin que toutes deux la dénoncent au prince comme une femme orgueilleuse de sa fécondité, appuyée sur la faveur populaire, et insatiable de domination. Il employait en outre d’adroits calomniateurs, au nombre desquels il avait choisi, comme l’instrument le plus propre à ses desseins, Julius Postumus, amant de Mutilie, et devenu par ce commerce adultère un des familiers d’Augusta, auprès de laquelle Mutilie était toute-puissante. Alarmant ainsi la vieillesse d’une femme jalouse de son pouvoir, il rendait l’aïeule intraitable pour sa bru. L’intrigue trouvait même auprès d’Agrippine des complices, dont les perfides suggestions exaspéraient de son côté ce caractère altier.
{{Ancre+|XIII}}. Cependant Tibère, sans interrompre un instant ses travaux accoutumés, et cherchant sa consolation dans les soins de l’empire, réglait les droits des citoyens, écoutait les prières des alliés. Les villes de Cibyre<ref>Cibyre, ville considérable de Phrygie, qui paraît sous le nom de Buruz dans les annales turques.</ref> en Asie, d’Égium en<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>Achaïe<ref>D’Anville croit qu’''Ægium'' est remplacé par la ville moderne de Vostitza.</ref>, avaient été ruinées par des tremblements de terre. Des sénatus-consultes, rendus à la demande du prince, les déchargèrent pour trois ans de l’impôt. Vibius Sérénus, proconsul de l’Espagne ultérieure, condamné pour son excessive dureté d’après la loi sur la violence publique, fut déporté dans l’île d’Amorgos<ref>Île de l’Archipel grec, connue encore aujourd’hui sous le même nom.</ref>. Carsidius Sacerdos, accusé d’avoir fourni du blé à Tacfarinas, ennemi de l’empire, fut absous. Caïus Gracchus, poursuivi pour la même cause, le fut également. Gracchus avait partagé dès l’enfance l’exil de son père Sempronius qui l’avait emmené avec lui dans l’île de Cercine. Élevé parmi des bannis, dans toute l’ignorance de ce pays barbare, il n’avait pour subsister d’autre ressource que d’échanger en Sicile et en Afrique quelques viles marchandises : obscure condition qui ne put le dérober aux périls des grandes fortunes. Si Élius Lamia et L.{{lié}}Apronius, anciens gouverneurs d’Afrique, n’eussent protégé son innocence, l’éclat d’un nom malheureux et l’influence des destins paternels le perdaient à son tour.
{{Ancre+|XIV}}. Des villes grecques envoyèrent encore cette année des députations. Les habitants de Samos demandaient pour le temple de Junon, ceux de Cos pour le temple d’Esculape, la confirmation d’un ancien droit d’asile. Les Sauriens s’appuyaient sur un décret des Amphictyons, juges suprêmes de toutes les affaires au temps où les Grecs, par les villes qu’ils avaient fondées en Asie, régnaient sur toutes les côtes de cette mer. Ceux de Cos produisaient des titres d’une égale antiquité, et leur temple avait des droits à notre reconnaissance : ils l’avaient ouvert aux citoyens romains, pendant qu’on les égorgeait, par ordre de Mithridate, dans toutes les îles et toutes les cités de l’Asie. Ensuite les préteurs renouvelant, contre la licence des histrions, des plaintes longtemps inutiles, le prince soumit enfin cette affaire au sénat. Il représenta que ces bouffons troublaient la tranquillité publique et portaient le déshonneur dans les familles ; que les vieilles scènes des Osques<ref>C’étaient les mêmes scènes qu’on appelait ''atellanes'', d’Atella, ville des Osques où ces jeux avaient pris naissance.</ref>, sans procurer au peuple beaucoup d’amusement, étaient devenues l’occasion de tant d’audace et de scandales, qu’il fallait pour les réprimer toute l’autorité du sénat. Les histrions furent chassés d’Italie.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki/>
{{Ancre+|XV}}. La même année mit de nouveau le prince en deuil, en lui ravissant un des jumeaux de Drusus, et un ami dont la perte ne l’affligea pas moins. C’était Lucilius Longus, le compagnon de sa bonne et de sa mauvaise fortune, et le seul des sénateurs qui l’eût suivi dans sa retraite de Rhodes. Aussi, quoique Lucilius fût un homme nouveau, un sénatus-consulte lui décerna, aux frais du trésor, des funérailles solennelles et une statue dans le forum d’Auguste. Car toutes les affaires se traitaient encore dans le sénat. C’est même par ce corps que fut jugé Lucilius Capito, procurateur d’Asie, accusé par la province. Tibère protesta hautement qu’il ne lui avait donné de pouvoir que sur ses esclaves et sur ses domaines particuliers ; que, si son intendant s’était arrogé les droits d’un gouverneur et avait employé la force militaire, c’était au mépris de ses ordres ; qu’ainsi on écoutât les plaintes des alliés. Le procès fut instruit et Capito condamné. Reconnaissantes de cet acte de justice, et de la vengeance qu’elles avaient obtenue l’année précédente contre Silanus, les villes d’Asie décernèrent un temple à l’empereur, à sa mère et au sénat. On leur permit de l’élever, et Néron adressa pour elles au sénat et à son aïeul des actions de grâces qui excitèrent dans tous les cœurs de douces émotions. La mémoire de Germanicus était encore présente ; on croyait le voir, on croyait l’entendre. La modestie du jeune homme, son air noble et digne d’un si beau sang, ajoutaient à l’illusion et s’embellissaient de tout ce que la haine trop connue de Séjan lui préparait de dangers.
{{Ancre+|XVI}}. Vers le même temps mourut le flamine de Jupiter, Servius Maluginensis. Tibère, en consultant le sénat sur le choix de son successeur, proposa de changer la loi qui réglait cette élection. Il dit que l’ancien usage de nommer d’abord trois patriciens nés de parents unis par confarréation<ref>La confarréation était un acte religieux, que l’on accomplissait en présence de dix témoins et avec des paroles solennelles. On offrait un sacrifice où l’on employait un gâteau fait avec l’espèce de blé nommée ''far''. La confarréation rendait l’union de l’homme et de la femme indissoluble, et le divorce impossible.</ref>, et d’élire parmi eux le flamine, était devenu d’une pratique difficile. En effet, la confarréation était abolie, ou ne se conservait que dans un petit nombre de familles. Il en donnait plusieurs causes : d’abord l’insouciance des deux sexes ; ensuite les difficultés mêmes de la cérémonie, que l’on aimait à s’épargner ;<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>enfin l’intérêt de la puissance paternelle, dont le flamine de Jupiter et sa femme étaient affranchis. Il était d’avis qu’on adoucît par un sénatus-consulte la rigueur de l’usage, ainsi qu’Auguste avait accommodé aux nouvelles mœurs plusieurs institutions d’une sévérité trop antique. Ce point de religion soigneusement éclairci, on résolut de ne rien innover à l’égard du flamine lui-même ; mais une loi ordonna que l’épouse du flamine serait sous la puissance de son mari pour ce qui regarde le culte de Jupiter, et, que, pour le reste, elle demeurerait soumise au droit commun des femmes. Le fils de Maluginensis fut substitué à son père. Afin de relever la dignité des sacerdoces et d’exciter pour le service des autels plus de zèle et d’empressement, on assigna deux millions de sesterces à la vestale Cornélie, élue pour remplacer Scantia ; et il fut décidé que désormais Augusta s’assoirait parmi les vestales, toutes les fois qu’elle irait au théâtre.
{{Ancre+|XVII}}. Sous le consulat de Cornélius Céthégus et de Visellius Varro, les pontifes, et à leur exemple les autres prêtres, offrant des vœux pour le prince, recommandèrent aux mêmes dieux Néron et Drusus, moins par tendresse pour eux que par esprit de flatterie ; et, dans un État corrompu, l’absence et l’excès de la flatterie sont également dangereux. Tibère n’avait jamais aimé la famille de Germanicus ; mais voir honorer des enfants à l’égal de sa vieillesse lui causa un dépit dont il ne fut pas maître. Il fit venir les pontifes et leur demanda si c’était aux prières ou aux menaces d’Agrippine qu’ils avaient accordé ce triomphe. Ils s’en défendirent ; et cependant ils furent censurés, mais avec ménagement, car ils étaient tous les parents de l’empereur ou les premiers de Rome. Au reste, dans un discours au sénat, le prince recommanda pour l’avenir de ne point enorgueillir par des honneurs prématurés de jeunes et mobiles esprits. Séjan animait sa colère. Il lui montrait la république divisée comme par une guerre civile ; le nom de parti d’Agrippine prononcé par des hommes qui se vantaient d’en être. « Et ce parti grossira si on ne l’étouffe ; le seul moyen d’arrêter les progrès de la discorde est de frapper une ou deux des têtes les plus séditieuses. »
{{Ancre+|XVIII}}. Il dirigea ses attaques contre C.{{lié}}Silius et Titius Sabinus. L’amitié de Germanicus leur fut fatale à tous deux, et ce n’était pas le seul crime de Silius. Il avait commandé sept ans une puissante armée, mérité en Germanie les ornements du triomphe, vaincu le rebelle Sacrovir. C’était une grande<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>victime qui, tombant avec cette masse de gloire, répandrait par sa chute une profonde terreur. Plusieurs pensèrent que son indiscrétion aggravait ses dangers. Il répétait avec trop de jactance que ses légions étaient restées fidèles, quand toutes les autres se soulevaient, et que l’empire aurait changé de maître, si l’esprit de révolte avait gagné son armée. De tels souvenirs semblaient détrôner Tibère, et sa fortune se sentait accablée sous le poids d’un si grand service : car le bienfait conserve son mérite, tant que l’on croit pouvoir s’acquitter ; quand la reconnaissance n’a pas de prix assez haut, on le paye par la haine.
{{Ancre+|XIX}}. Silius avait pour femme Sosia Galla, aimée d’Agrippine, et à ce titre haïe de Tibère. On résolut de les frapper tous deux, et d’ajourner Sabinus ; et l’on mit en avant le consul Varron, qui, sous prétexte de venger son père, servait honteusement les passions de Séjan. L’accusé demandait un court délai, jusqu’à ce que l’accusateur fût sorti de charge. Le prince s’y opposa. « De tout temps, selon lui, les magistrats avaient cité en justice des hommes privés, et il ne fallait pas attenter aux droits du consul, sur la vigilance duquel reposait le salut de la république. » Ce fut le crime de Tibère d’emprunter au passé son langage, pour déguiser des forfaits tout nouveaux. Il assemble donc le sénat avec des protestations hypocrites, comme si les lois eussent été intéressées au jugement de Silius, comme si Varron eût été un consul, ou le gouvernement de Tibère une république. L’accusé se tut ; ou, s’il hasarda quelques mots pour sa défense, il ne laissa pas ignorer quelle haine l’accablait. On l’accusait d’avoir longtemps dissimulé, par une connivence coupable, la trahison de Sacrovir, déshonoré sa victoire par des rapines, et toléré les excès de sa femme. Et certes, l’un et l’autre se seraient difficilement justifiés du reproche de concussion ; mais tout le procès roula sur le crime de lèse-majesté, et Silius prévint par une mort volontaire une condamnation inévitable.
{{Ancre+|XX}}. On sévit cependant contre ses biens ; et ce ne fut pas pour rendre l’argent aux peuples tributaires : personne ne le redemandait. Mais on reprit les libéralités d’Auguste, et l’on supputa rigoureusement tout ce qui pouvait retourner au fisc. Ce fut la première fois que Tibère regarda le bien d’autrui d’un œil intéressé. Sosia fut, sur l’avis d’Asinius Gallus, condamnée à l’exil. Gallus voulait que la moitié de ses biens fût confisquée, l’autre moitié laissée à ses enfants. Mais M.{{lié}}Lépidus fit donner le quart aux accusateurs, pour obéir à la loi,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>et les enfants conservèrent le reste. Je trouve que Lépidus fut, pour ces temps malheureux, un homme sage et ferme. J’en juge par tant d’arrêts cruels, que l’adulation dictait aux autres et qu’il fit adoucir. Et cependant sa conduite ne manquait pas de ménagement, puisqu’il conserva jusqu’à la fin son influence et l’amitié de Tibère. C’est ce qui me fait douter si l’ascendant irrésistible qui règle notre sort destine aussi, dès la naissance, aux uns la faveur des princes, aux autres leur disgrâce ; ou si la sagesse humaine ne peut pas, entre la résistance qui se perd et la servilité qui se déshonore, trouver une route exempte à la fois de bassesse et de périls. Messalinus Cotta, d’une naissance non moins illustre, mais d’un caractère différent, proposa de décréter que tout magistrat dont la femme serait accusée par la province, fût-il innocent lui-même et eût-il ignoré le crime, serait puni cependant comme s’il en était l’auteur.
{{Ancre+|XXI}}. On s’occupa ensuite de Calpurnius Pison, ce noble renommé par la fierté de son esprit. C’est lui qui, s’élevant contre les manœuvres des délateurs, avait protesté en plein sénat qu’il sortirait de Rome, et qui, bravant le pouvoir d’Augusta, n’avait pas craint de traîner en justice Urgulanie et de l’arracher du palais de César. Tibère respecta pour le moment cette liberté républicaine. Mais, dans une âme qui se repliait sur les offenses passées, en vain la blessure avait été légère ; le souvenir l’aggravait. Q.{{lié}}Granius accusa Pison de discours tenus secrètement contre la majesté du prince. Il lui reprochait en outre d’avoir chez lui du poison, et de venir au sénat armé d’une épée : imputations qui tombèrent, décréditées par leur gravité même. Sur les autres griefs, qu’on accumulait en grand nombre, l’accusation fut reçue, mais non poursuivie : Pison mourut à propos. On entendit aussi un rapport sur Cassius Sévérus, déjà exilé. Cet homme, d’une basse origine, d’une vie malfaisante, mais puissant par la parole, avait soulevé contre lui tant de haines, qu’un arrêt du sénat, rendu sous la religion du serment, l’avait relégué en Crète. Là, continuant ses habitudes perverses, il s’attira de nouvelles inimitiés et réveilla les anciennes. Dépouillé de ses biens et privé du feu et de l’eau, il vieillit sur le rocher de Sériphe.
{{Ancre+|XXII}}. Vers le même temps, le préteur Silvanus avait, pour un motif qu’on ignore, précipité d’une fenêtre sa femme Apronia. Traîné devant César par son beau-père Apronius, il répondit avec trouble : il feignait un profond sommeil, pendant<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>lequel sa femme, sûre qu’il ne la voyait pas, s’était elle-même donné la mort. Tibère court à l’instant dans la maison, visite l’appartement, et y trouve des signes certains de violence et de résistance. Il fit son rapport au sénat, et des juges furent nommés. Mais Urgulanie, aïeule de Silvanus, envoya un poignard à son petit-fils. On crut que c’était le prince qui lui avait donné ce conseil, à cause de sa liaison avec Augusta. Silvanus, après avoir vainement essayé le fer, se fit ouvrir les veines. Bientôt Numantina, sa première femme, accusée d’avoir, par des philtres et des enchantements, aliéné sa raison, fut déclarée innocente.
{{Ancre+|XXIII}}. Cette année délivra enfin le peuple romain de la longue guerre du Numide Tacfarinas. Jusqu’alors nos généraux, contents d’obtenir les ornements du triomphe, laissaient reposer l’ennemi dès qu’ils croyaient les avoir mérités. Déjà trois statues couronnées de laurier s’élevaient dans Rome, et Tacfarinas mettait encore l’Afrique au pillage. Il s’était accru du secours des Maures, qui, abandonnés par la jeunesse insouciante de Ptolémée, fils de Juba, au gouvernement de ses affranchis, s’étaient soustraits par la guerre à la honte d’avoir des esclaves pour maîtres. Receleur de son butin et compagnon de ses ravages, le roi des Garamantes, sans marcher avec une armée, envoyait des troupes légères, que la renommée grossissait en proportion de l’éloignement. Du sein même de la province<ref>La partie de l’Afrique septentrionale dont les Romains avaient fait une province.</ref>, tous les indigents, tous les hommes d’une humeur turbulente, couraient sans obstacle sous les drapeaux du Numide. En effet, Tibère, croyant l’Afrique purgée d’ennemis par les victoires de Blésus, en avait rappelé la neuvième légion ; et le proconsul de cette année, P.{{lié}}Dolabella, n’avait osé la retenir : il redoutait les ordres de César encore plus que les périls de la guerre.
{{Ancre+|XXIV}}. Cependant Tacfarinas, ayant semé le bruit que la puissance romaine, entamée déjà par d’autres nations, se retirait peu à peu de l’Afrique, et qu’on envelopperait facilement le reste des nôtres, si tous ceux qui préféraient la liberté à l’esclavage voulaient fondre sur eux, augmente ses forces, campe devant Thubusque et investit cette place. Aussitôt Dolabella rassemble ce qu’il a de soldats ; et, grâce à la terreur du nom romain, jointe à la faiblesse des Numides en présence<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>de l’infanterie, il chasse les assiégeants par sa seule approche, fortifie les postes avantageux, et fait trancher la tête à quelques chefs musulans qui préparaient une défection. Puis, convaincu par l’expérience de plusieurs campagnes qu’une armée pesante et marchant en un seul corps n’atteindrait jamais des bandes vagabondes, il appelle le roi Ptolémée avec ses partisans, et forme quatre divisions qu’il donne à des lieutenants ou à des tribuns. Des officiers maures choisis conduisaient au butin des troupes légères ; lui-même dirigeait tous les mouvements.
{{Ancre+|XXV}}. Bientôt on apprit que les Numides, réunis près des ruines d’un fort nommé Auzéa, qu’ils avaient brûlé autrefois, venaient d’y dresser leurs huttes et de s’y établir, se fiant sur la bonté de cette position tout entourée de vastes forêts. À l’instant, des escadrons et des cohortes, libres de tout bagage et sans savoir où on les mène, courent à pas précipités. Au jour naissant, le son des trompettes et un cri effroyable les annonçaient aux barbares à moitié endormis. Les chevaux des Numides étaient attachés ou erraient dans les pâturages. Du côté des Romains, tout était prêt pour le combat, les rangs de l’infanterie serrés, la cavalerie à son poste. Chez les ennemis, rien de prévu : point d’armes, nul ordre, nul mouvement calculé ; ils se laissent traîner, égorger, prendre comme des troupeaux. Irrité par le souvenir de ses fatigues, et joyeux d’une rencontre désirée tant de fois et tant de fois éludée, le soldat s’enivrait de vengeance et de sang. On fit dire dans les rangs de s’attacher à Tacfarinas, connu de tous après tant de combats ; que, si le chef ne périssait, la guerre n’aurait jamais de fin. Mais le Numide, voyant ses gardes renversés, son fils prisonnier, les Romains débordant de toutes parts, se précipite au milieu des traits, et se dérobe à la captivité par une mort qu’il fit payer cher. La guerre finit avec lui.
{{Ancre+|XXVI}}. Le général demanda les ornements du triomphe et ne les obtint pas. Tibère eût craint de flétrir les lauriers de Blésus, oncle de son favori. Mais Blésus n’en fut pas plus illustre, et la gloire de Dolabella s’accrut de l’honneur qui lui était refusé. Avec une plus faible armée, il avait fait des prisonniers de marque, tué le chef ennemi, mérité le renom d’avoir terminé la guerre. À sa suite arrivèrent des ambassadeurs des Garamantes, spectacle rarement vu dans Rome. Effrayée de la chute de Tacfarinas, et n’ignorant pas ses propres torts, cette nation les avait envoyés pour donner satis-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>faction au peuple romain. Sur le compte qui fut rendu des services de Ptolémée pendant cette guerre, on renouvela un usage des premiers temps : un sénateur fut député pour lui offrir le sceptre d’ivoire, la toge brodée, antiques présents du sénat, et le saluer des noms de roi, d’allié et d’ami.
{{Ancre+|XXVII}}. Ce même été, le hasard étouffa en Italie les germes d’une guerre d’esclaves. Le chef de la révolte, T.{{lié}}Curtisius, autrefois soldat prétorien, avait d’abord tenu à Brindes et dans les villes voisines des assemblées secrètes, et maintenant, par des proclamations publiquement affichées, il appelait à la liberté les pâtres grossiers et féroces de ces forêts lointaines, lorsque arrivèrent, comme par une faveur des dieux, trois birèmes destinées à protéger la navigation de cette mer. Le questeur Curtius Lupus, auquel était échue la surveillance des pâturages, de tout temps réservée à la questure, se trouvait aussi dans ces contrées. Il se mit à la tête des soldats de marine, et dissipa cette conjuration au moment même où elle éclatait. Bientôt le tribun Staïus, envoyé à la hâte par Tibère avec un fort détachement, traîne à Rome le chef et ses plus audacieux complices. L’alarme y était déjà répandue, à cause de la multitude des esclaves qui croissait sans mesure, pendant que la population libre diminuait chaque jour.
{{Ancre+|XXVIII}}. Sous les mêmes consuls, on vit un exemple horrible des misères et de la cruauté de ces temps, un père accusé, un fils accusateur. Tous deux, nommés Vibius Sérénus, furent introduits dans le sénat. Arraché de l’exil, le père, dans un triste et hideux appareil, écoutait enchaîné le discours de son fils. Le jeune homme, élégamment paré, le visage rayonnant, tout à la fois dénonciateur et témoin, parlait de complots formés contre le prince, d’émissaires envoyés dans les Gaules pour y souffler la révolte. C’était, ajoutait-il, l’ancien préteur Cécilius Cornutus qui avait fourni l’argent. Cornutus, pour abréger ses inquiétudes, et persuadé que le péril était la mort, se hâta de mourir. Quant à l’accusé, rien n’abattit son courage. Tourné vers son fils, il secouait ses chaînes, invoquait les dieux vengeurs, afin qu’ils lui rendissent un exil où il ne verrait pas de telles mœurs, et que leur justice atteignît quelque jour un fils dénaturé. Il protestait que Cornutus était innocent et victime de fausses terreurs ; qu’on en aurait la preuve en exigeant le nom des autres complices : car sans doute deux hommes n’avaient pas conjuré seuls la mort du prince et le renversement de l’État.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki/>
{{Ancre+|XXIX}}. Alors l’accusateur nomma Cn.{{lié}}Lentulus et Séius Tubéro ; à la grande confusion de César, qui voyait les premiers de Rome, ses plus intimes amis, Lentulus, d’une extrême vieillesse, Tubéro, d’une santé languissante, accusés d’avoir appelé la guerre étrangère et conspiré contre la république. Tous deux furent aussitôt déchargés. On mit à la question les esclaves du père, et leurs dépositions confondirent le dénonciateur. Celui-ci, égaré par le délire du crime, effrayé des clameurs du peuple, qui le menaçait du cachot fatal<ref>Dans la prison publique bâtie sur le penchant du mont Capitolin, vis-à-vis du Forum, était un cachot souterrain où l’on exécutait les criminels condamnés à mort. C’est aujourd’hui la chapelle souterraine d’une petite église qu’on appelle ''{{lang|it|San Pietro in carcere}}'', parce que saint Pierre y fut mis en prison.</ref>, de la roche tarpéienne, ou du supplice des parricides, s’enfuit de la ville. Ramené par force de Ravenne, il fut contraint de continuer sa poursuite. Tibère ne cachait pas sa vieille haine contre l’exilé Sérénus. Après la condamnation de Libon, celui-ci s’était plaint, dans une lettre à l’empereur, d’être le seul dont le zèle fût resté sans récompense ; et il avait ajouté quelques paroles trop fières pour ne pas blesser des oreilles superbes et délicates. Tibère, après huit ans, rappela ses griefs, et chargea le temps intermédiaire d’imputations diverses, « toutes certaines, disait-il, quoique la torture n’eût arraché aucun aveu à l’opiniâtreté des esclaves. »
{{Ancre+|XXX}}. Plusieurs sénateurs furent d’avis que Sérénus fût puni à la manière de nos ancêtres<ref>Peut-être par l’expression « punie à la manière des ancêtres, » faut-il entendre en général punir de mort.</ref>. Tibère s’y opposa, pour diminuer l’odieux de cette affaire. Gallus Asinius voulait qu’on l’enfermât à Gyare ou à Donuse. Il s’y opposa encore, parce que ces deux îles manquaient d’eau, et qu’on devait laisser les moyens de vivre lorsque l’on accordait la vie. Sérénus fut reconduit à l’île d’Armogos. Comme Cornutus s’était donné la mort, on parla de supprimer les récompenses des accusateurs, lorsqu’un homme, poursuivi pour lèse-majesté, se serait lui-même privé de l’existence avant la fin du procès. On allait se ranger à cet avis, si Tibère, contre sa coutume, se déclarant ouvertement pour les accusateurs, ne se fût plaint avec dureté « que les lois perdaient leur sanction, que la république était au bord du précipice. Mieux valait renverser tous les droits que d’ôter les gardiens qui veillaient à leur maintien. » Ainsi<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>l’on faisait un appel aux délateurs, et cette race d’hommes, née pour la ruine publique, et que nul châtiment ne réprima jamais assez, était encouragée par des récompenses.
{{Ancre+|XXXI}}. Cette triste succession d’événements douloureux fut interrompue par un moment de joie. Un chevalier romain, C.{{lié}}Cominius, convaincu d’avoir fait contre l’empereur des vers satiriques, obtint sa grâce ; César l’accorda aux prières de son frère, qui était sénateur. Étrange contradiction ! Tibère voyait le bien, il connaissait la gloire attachée à la clémence, et il préférait la rigueur ! Car ce n’était pas faute de lumières qu’il s’égarait ; il en faut peu, d’ailleurs, pour discerner si l’enthousiasme qu’excitent les actions des princes est feint ou véritable. Lui-même n’étudiait pas toujours son langage ; et ses paroles, ordinairement pénibles et embarrassées, coulaient plus faciles et plus abondantes quand il prêtait sa voix au malheur. Du reste, il fut inflexible pour Suilius, ancien questeur de Germanicus, convaincu d’avoir pris de l’argent dans un procès où il était juge. On le bannissait d’Italie : le prince voulut qu’il fût relégué dans une île ; et telle fut la chaleur avec laquelle il soutint son avis, qu’il affirma par serment que le bien public l’exigeait. Cette sévérité, mal reçue d’abord, devint un sujet d’éloges après le retour de Suilius, que la génération suivante vit, également puissant et vénal, jouir longtemps de l’amitié de Claude et toujours en abuser. La même peine fut proposée contre le sénateur Catus Firmius, pour avoir intenté faussement à sa sœur une accusation de lèse-majesté. C’est Catus qui avait, comme je l’ai dit<ref>{{abr|Voy.|Voyez}} livre {{rom-maj|II}}, {{lia|Livre II|XXVII|{{chap.}}{{rom-maj|XXVII}}|92}} et suiv.</ref>, attiré Libon dans le piége, pour le dénoncer ensuite et le perdre. Tibère reconnut ce service en lui faisant remettre, sous d’autres prétextes, la peine de l’exil. Il le laissa cependant exclure du sénat.
{{Ancre+|XXXII}}. Peut-être la plupart des faits que j’ai rapportés et de ceux que je rapporterai encore sembleront petits et indignes de l’histoire, je le sais ; mais on ne doit pas comparer ces Annales aux monuments qu’ont élevés les historiens de l’ancienne république. De grandes guerres, des prises de villes, des rois vaincus et captifs, et, au dedans, les querelles des tribuns et des consuls, les lois agraires et frumentaires, les rivalités du peuple et des nobles, offraient à leurs récits une vaste et libre carrière. La mienne est étroite et mon travail sans gloire : une paix profonde ou faiblement inquiétée, Rome<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>pleine de scènes affligeantes, un prince peu jaloux de reculer les bornes de l’empire. Toutefois il ne sera pas inutile d’observer des faits indifférents au premier aspect, mais d’où l’on peut souvent tirer de grandes leçons.
{{Ancre+|XXXIII}}. En effet, chez toutes les nations, dans toutes les villes, c’est le peuple, ou les grands, ou un seul, qui gouverne. Une forme {{corr|du|de}} société, composée {{corr|de|du}} mélange heureusement assorti des trois autres, est plus facile à louer qu’à établir ; et, fût-elle établie, elle ne saurait être durable. Rome vit autrefois le peuple et le sénat faire la loi tour à tour ; et alors il fallait connaître le caractère de la multitude, et savoir par quels tempéraments on peut la diriger ; alors qui avait étudié à fond l’esprit du sénat et des grands, possédait le renom de sage et d’habile politique. Aujourd’hui que tout est changé, et que Rome ne diffère plus d’un État monarchique, la recherche et la connaissance des faits que je rapporte acquièrent de l’utilité. Peu d’hommes, en effet, distinguent par leurs seules lumières ce qui avilit de ce qui honore, ce qui sert de ce qui nuit : les exemples d’autrui sont l’école du plus grand nombre. Au reste, si ces détails sont utiles, j’avoue qu’ils offrent peu d’agrément. La description des pays, les scènes variées des combats, les morts fameuses des chefs, voilà ce qui attache, ce qui ranime l’attention. Mais moi, dans cet enchaînement d’ordres barbares, de continuelles accusations, d’amitiés trompeuses, d’innocents condamnés, et de procès qui tous ont une même issue, je ne rencontre qu’une monotone et fatigante uniformité. Ajoutez que les anciens écrivains trouvent peu de censeurs passionnés. Et qu’importe au lecteur qu’on relève plus ou moins la gloire des armées romaines ou carthaginoises ? Mais beaucoup de ceux qui, sous Tibère, subirent le supplice ou l’infamie, ont une postérité ; et, en supposant même leurs familles éteintes, il y aura toujours des hommes qui, se reconnaissant dans vos peintures, croiront que vous leur reprochez les bassesses d’autrui. La vertu même offense quelquefois, et les gloires trop récentes paraissent accuser ce qui ne leur ressemble pas. Mais je reviens à mon sujet.
{{Ancre+|XXXIV}}. Sous les consuls Cornélius Cossus et Asinius Agrippa, Crémutius Cordus fut l’objet d’une accusation nouvelle et jusqu’alors sans exemple : « Il avait publié des Annales, où il louait Brutus et appelait Cassius le dernier des Romains. » Les accusateurs étaient Satrius Sécundus et Pinarius Natta, clients de Séjan. Ce fut la perte de l’accusé, pro-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>noncée d’ailleurs par la colère qui se peignait sur le visage du prince en écoutant sa défense. Résolu de quitter la vie, Crémutius parla en ces termes : « Pères conscrits, on accuse mes paroles, tant mes actions sont innocentes : mais ces paroles mêmes n’attaquent ni César ni sa mère, les seuls qu’embrasse la loi de majesté. J’ai loué, dit-on, Brutus et Cassius ! beaucoup d’autres ont écrit leur histoire, et personne n’a parlé d’eux sans éloge. Tite-Live, signalé entre les auteurs par son éloquence et sa véracité, a donné tant de louanges à Pompée, qu’Auguste l’appelait le Pompéien ; et leur amitié n’en fut point affaiblie. Scipion, Afranius<ref>Scipion Métellus, qui, après la bataille de Pharsale, se rendit en Afrique, et y continua la guerre, de concert avec Caton, Varus, Afranius, Pétréius, Labiénus, et les autres chefs du parti pompéien, aidés des secours de Juba, roi de Mauritanie.</ref>, Cassius lui-même et Brutus, n’ont jamais reçu de {{corr|Tite Live|Tite-Live}} les noms de brigands et de parricides qu’on leur prodigue aujourd’hui. Souvent même il en parle comme de personnages illustres. Les écrits d’Asinius Pollion<ref>C’est celui auquel Virgile adresse sa fameuse églogue ''{{lang|la|Sicelides musæ}}'', etc., et Horace la première ode du second livre, ''{{lang|la|Motum ex Metello consule}}'', etc.</ref> ne retracent d’eux que de nobles souvenirs ; Messala Corvinus<ref>M. Valérius Messala Corvinus avait composé un ouvrage sur les familles romaines, cité par Pline, mais perdu.</ref> appelait hautement Cassius son général : et cependant Messala et Pollion vécurent au sein de l’opulence et des honneurs. Cicéron fit un livre où il élevait Caton jusqu’au ciel. Quelle vengeance en tira le dictateur César ? il répondit par un autre livre, comme s’il eût plaidé devant des juges. Les lettres d’Antoine, les harangues de Brutus, contiennent des invectives, fausses, il est vrai, mais sanglantes, contre Auguste. Dans Bibaculus<ref>M. Furius Bibaculus, poëte satirique, dont il ne reste que deux fragments très-courts, cités par Suétone.</ref>, dans Catulle, on lit une foule de vers où les Césars sont outragés. Et ces dieux de l’empire, les Jules, les Auguste, souffrirent ces offenses et les dédaignèrent. Gloire en soit rendue à leur sagesse, autant peut-être qu’à leur modération ! Car une satire méprisée tombe d’elle-même ; en témoigner de la colère, c’est accepter le reproche. »
{{Ancre+|XXXV}}. « Je ne parle pas des Grecs : chez eux la licence même n’eut pas plus de frein que la liberté ; ou, si jamais des paroles furent punies, ce fut par des paroles. Mais certes on<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>toujours, librement et sans crime, exprimer sa pensée sur ceux que la mort a soustraits à la haine et à la faveur. Brutus et Cassius couvrent-ils donc de leurs bataillons armés les plaines de Philippes, tandis qu’orateur séditieux j’excite le peuple à la guerre civile ? ou ne sont-ils pas morts depuis soixante-dix ans ? et, quand on peut contempler leurs traits sur des images respectées même du vainqueur, serait-il défendu à l’histoire de conserver aussi leur souvenir ? La postérité rend à chacun l’honneur qui lui est dû. Si je suis condamné, on n’oubliera pas Cassius et Brutus, et quelques-uns peut-être se souviendront de moi. » Après ce discours, il sortit de l’assemblée et mit fin à sa vie en se privant de nourriture. Le sénat enjoignit aux édiles de brûler son ouvrage ; mais l’ouvrage subsista, caché, puis reproduit : tant la tyrannie est insensée de croire que son pouvoir d’un moment étouffera jusque dans l’avenir le cri de la vérité ! Persécuter le génie, c’est en augmenter l’influence ; et ni les rois étrangers, ni ceux qui à leur exemple ont puni les talents, n’ont rien obtenu que honte pour eux-mêmes et gloire pour leurs victimes.
{{Ancre+|XXXVI}}. Au reste, de continuelles accusations remplirent tellement cette année, que, même pendant les féries latines<ref>Quarante-sept peuples latins étaient liés par une confédération religieuse, et célébraient chaque année, sur le mont Albain, une fête en l’honneur de Jupiter ''{{lang|la|latiaris}}'', à laquelle présidaient les Romains. Tous les magistrats romains y assistaient. Pour que la ville ne restât point livrée à l’anarchie pendant leur absence, on créait un magistrat temporaire, sous le nom de ''préfet de Rome à cause des féries latines''. C’est cette charge qui est ici confiée à Drusus, fils de Germanicus.</ref>, au moment où Drusus, préfet de Rome, était monté sur son tribunal pour prendre possession de sa charge, Calpurnius Salvianus vint lui dénoncer Sext.{{lié}}Marius : trait odieux qui, publiquement censuré par Tibère, valut l’exil à son auteur. La ville de Cyzique fut accusée d’avoir négligé le culte d’Auguste et usé de violence envers des citoyens romains{{corr|,|.}} Elle perdit la liberté, qu’elle avait méritée dans la guerre de Mithridate, lorsque, assiégée par ce prince, elle dut sa délivrance à son courage autant qu’aux armes de Lucullus. Fontéius Capito, ancien proconsul d’Asie, fut absous. On reconnut fausses les imputations alléguées contre lui par Vibius Sérénus. Toutefois Sérénus ne porta pas la peine de sa calomnie : la haine publique lui servait de sauvegarde ; car tout accusateur un peu redoutable devenait en quelque sorte une personne sacrée :<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>les délateurs sans nom et sans conséquence étaient seuls punis.
{{Ancre+|XXXVII}}. Vers le même temps, l’Espagne ultérieure envoya des députés au sénat pour demander la permission d’élever, à l’exemple de l’Asie, un temple à César et à sa mère. L’âme de Tibère avait cette force qui fait mépriser les honneurs. Il crut d’ailleurs que c’était l’occasion de réfuter les bruits qui l’accusaient de s’être plié aux faiblesses de la vanité, et il tint à peu près ce discours : « Je sais, pères conscrits, que mon caractère a paru se démentir lorsque, les villes d’Asie ayant fait dernièrement la même demande, je ne l’ai pas combattue. Je vais exposer à la fois les raisons de mon silence passé, et ce que j’ai résolu pour l’avenir. Quand Pergame<ref>C’est sans doute un lieu peu considérable de l’Anatolie, nommé Bergamo.</ref> voulut consacrer un temple à Auguste et à Rome, ce prince immortel ne s’y opposa pas ; et, comme toutes ses actions et toutes ses paroles sont pour moi des lois inviolables, j’ai suivi d’autant plus volontiers un exemple déjà donné, que le sénat devait partager avec moi la vénération des peuples. Mais si c’est une chose excusable d’avoir accepté une fois, laisser dans toutes les provinces adorer nos images parmi celles des dieux, serait vanité, orgueil. Le culte d’Auguste s’avilira d’ailleurs, si l’adulation le prodigue sans mesure.
{{Ancre+|XXXVIII}}. « Oui, pères conscrits, je suis mortel ; les devoirs que je remplis sont ceux d’un mortel, et c’est assez pour moi d’être placé au rang suprême ; vous m’en êtes témoins, et je veux que la postérité s’en souvienne : trop heureux si elle pense un jour que je fus digne de mes ancêtres, attentif à vos intérêts, ferme dans les périls, prêt à braver toutes les inimitiés pour servir l’État. Mes temples, mes statues, je veux les avoir dans vos cœurs ; voilà les plus beaux, les plus durables des monuments : ceux qu’on élève en marbre sont méprisés comme de vils sépulcres, si la haine de la postérité révoque l’apothéose. Puissent donc les alliés, les citoyens, les dieux mêmes, entendre ma prière ! Que ceux-ci m’accordent, jusqu’à la fin de ma vie, la paix de l’âme et l’intelligence des lois divines et humaines ; et quand j’aurai payé tribut à la nature, puissent les autres donner quelques éloges à ma mémoire et prononcer mon nom avec reconnaissance ! » Il continua depuis à repousser, jusque dans ses plus secrets entretiens, un culte dont il<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1031}}</noinclude>{{tiret2|néerlan|daise,}} nous paraît plus près du vrai en donnant à l’art trois origines uniques : le climat, la religion, le caractère national. {{M.|Michiels}} critique rudement cette théorie. Les trois ''mobiles'' de {{M.|Hotho}} renferment cependant les sept ''principes générateurs'' de {{M.|Michiels}}. Nous qui nous défions avant tout de ces systèmes absolus, nous nous bornerons à signaler, comme les origines probables de l’art dans les Flandres, la tradition ou l’imitation modifiée par le climat, la configuration du pays et par le caractère des habitans. Nous avons montré tout à l’heure quelle pouvait avoir été l’influence traditionnelle, faisons maintenant la part des influences locales.
L’atmosphère brumeuse et variable de la Hollande et de la Belgique, ces contrées humides et froides placées à la limite des pays tempérés et des régions septentrionales, a dû agir diversement sur l’art de la peinture. Elle l’a obligé d’abord à se rapprocher du foyer et à devenir un art domestique au lieu de se répandre au dehors comme ailleurs et d’orner de ses productions des portiques et des temples aérés. De là l’origine et le développement rapide de cette branche de l’art qu’on a nommée la peinture de genre et qui est particulière au génie flamand. Ces mêmes conditions atmosphériques ont donné au coloris de la plupart des peintres flamands et hollandais cette harmonie merveilleuse, mais parfois un peu éteinte, qui caractérise leurs compositions les plus vastes comme leurs moindres ouvrages. Leurs lumières sont ou vagues et indéterminées comme chez les peintres primitifs et des époques intermédiaires, ou puissamment concentrées comme chez Rembrandt, Huysmans de Malines, Peeter Neefs ou Decker. C’est fort rarement que chez quelques artistes la lumière se répand avec cette vigoureuse et ardente profusion des contrées méridionales. Rubens, chez les Flamands, nous apparaît comme une singulière et prodigieuse exception.
L’aspect et la configuration du sol des Pays-Bas ont donné naissance au paysage-portrait et aux peintures de marines. Ces plaines verdoyantes, ces plages immenses où une mer blafarde festonne de ses broderies d’argent des sables d’un gris pâle et doré ; ces villes qui semblent sortir des eaux comme autant de citadelles flottantes, et, dans le pays de Namur, les ondulations abruptes d’un sol accidenté, ont inspiré le génie d’imitation des peintres néerlandais. Ils se sont attachés à reproduire ces aspects variés de la nature, abstraction faite de l’homme, avec le même amour que les peintres de l’antiquité mettaient à représenter l’homme lui-même indépendamment de la nature. Le sol s’est animé sur leurs toiles et a pris l’intérêt d’un être réel et vivant.
L’influence du caractère de la race néerlandaise sur les productions de ses peintres n’est pas moins positive. L’imitation est devenue patiente et minutieuse. À l’origine de l’art et chez les écoles primitives de la Flandre, l’artiste qui peignait un crucifiement voulait reproduire<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1032|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude>l’éponge qui servait à approcher le vinaigre des lèvres du Christ, la couronne d’épines qui déchirait son front, la lance qui ouvrait son côté, avec cette même fidélité laborieuse et puérile qu’il avait mise à retracer les moindres incidens du drame et à accuser les muscles, l’ostéologie et jusqu’aux villosités et rugosités de la peau de ses acteurs humains ou divins. Le réel tuait l’idéal. Plus tard l’imitation gagna en naturel et en vérité par cela même qu’elle devint moins littérale ; mais elle caractérisa toujours les productions des peintres néerlandais. L’idéal, tel que les écoles italiennes l’ont compris, n’existe que chez quelques grands artistes, Rembrandt, Rubens, Van-Dyck, mais jamais à l’état simple, jamais pur de tout alliage naturaliste. Cette tendance à l’imitation littérale se manifesta, comme nous l’avons vu, chez les Flamands dès le {{s|XIII}}. Les miniaturistes eux-mêmes substituèrent alors l’imitation de la nature à la peinture traditionnelle et hiératique des artistes byzantins. Dans le siècle suivant, les maîtres de Cologne, Wilhelm et Stephan, tiennent encore à la tradition byzantine. Les Van Eyck, qui les continuent, inclinent vers l’imitation de la nature.
Le {{s|XIV}} fut l’époque de la plus grande prospérité des provinces flamandes. Leurs principales villes, Bruges, Gand, Malines et Louvain, pouvaient rivaliser avec les capitales des républiques italiennes, Gênes, Venise et Florence. Nulle condition n’est plus favorable au développement des arts que l’union de la richesse et de la liberté. Les arts, ce luxe de l’intelligence, veulent des appuis éclairés et des protecteurs fastueux : ils les rencontrèrent dans les Flandres ; mais tout porte à croire que, dans le principe, l’architecture fut celui des arts du dessin que cette orgueilleuse bourgeoisie encouragea de préférence. Les monumens de la peinture, si nombreux au {{s|XV}}, sont fort rares au {{s|XIV|e|-}}<ref>On les a cherchés et comptés. On ne connaît que trois tableaux qui aient été exécutés dans les Flandres à la fin du {{s|XIV}}.</ref>. Il n’existe rien qui laisse à penser que les Flamands et les Hollandais aient jamais eu un sculpteur.
Les Flamands n’avaient pas de peintres que Cologne avait une école. Un passage du vieux poème de ''Parceval'', de Wolfram d’Eschenbach, prouve que, dès le {{s|XIII}}, le mérite des peintres de Cologne et de Maëstricht était proverbial chez les Allemands. Maître Wilhelm et Stephan, son élève chéri, combinèrent le style des maîtres qui les avaient précédés avec celui des peintres primitifs de l’Italie, que certainement ils connurent. Leur manière est la dernière évolution de ce style byzantin-rhénan que des écoles allemandes contemporaines ont remis en honneur, et qu’elles proclament l’expression la plus haute et la plus vraie de l’art chrétien. La réputation des maîtres de Cologne était sans égale au commencement du {{s|XV}} ; elle s’étendit dans<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1033}}</noinclude>toute l’Allemagne et descendit le Rhin. Les artistes flamands durent imiter des modèles si voisins. Les premières compositions de Hubert, l’aîné des deux frères du nom de Van Eyck, sont exécutées dans le goût des peintres de Cologne. La manière des deux frères ne changea que lorsqu’ils se furent fixés dans la ville de Bruges et lorsque Jean eut découvert et appliqué le nouveau procédé qui l’a fait regarder comme l’inventeur de la peinture à l’huile. Il faut s’arrêter sur cette découverte de Van Eyck, qui produisit une véritable révolution dans l’art et qui donna une nouvelle direction à la peinture dans les Flandres et par suite dans toute l’Europe.
La plupart des peintres italiens des {{s|XII|e|-}} et {{s|XIII|e|s}} peignaient sur toile collée sur bois. Cette manière est bien ancienne. Une miniature d’un manuscrit de Dioscoride, de la bibliothèque impériale de Vienne, qui fut exécutée par Julienne, fille de l’empereur Olybrius, et qui par conséquent date du {{s|VI}}, nous montre un peintre assis à son chevalet. Une femme, représentant la Nature ou l’Invention, tient une mandragore que cet artiste peint sur un morceau de toile fixé sur un panneau de plus grande dimension. Ces toiles, comme on a pu s’en assurer facilement, étaient préparées avec une couche de blanc qu’on recouvrait d’une feuille d’or pour donner plus d’éclat aux couleurs. Les triptyques grecs, peints sur ivoire ou sur bois, sont préparés à l’or, sur lequel on peignait les clairs en empâtement, les ombres en glacis, et qui formait le champ de la peinture. C’est donc de Constantinople que cette mode doit venir.
À la fin du {{s|XIII}} et au commencement du {{s|XIV|e|-}}, les Italiens peignirent beaucoup en détrempe ({{lang|it|''tempra''}}), mais avec une solidité singulière ; l’eau ne peut pas altérer les couleurs de leurs tableaux. Un chimiste italien, {{M.|Bianchi}}, a fait à Pise l’analyse des couleurs de tableaux de ces premières époques qui avaient la transparence et l’éclat de tableaux à l’huile. Il y a trouvé de la cire et un peu d’huile qu’on suppose avoir servi à faire fondre la cire. Je croirais plutôt qu’on mêlait l’huile à la cire pour la tenir fluide. Il est probable qu’avec le temps la plus grande partie de cette huile se sera volatilisée. Si les peintres grecs de l’antiquité ne mêlaient pas l’huile à leurs couleurs, ils l’employaient dans la combinaison de leurs vernis, que chacun d’eux, à commencer par Apelles, composait à sa manière en s’en réservant le secret. Les peintres romains, sous les empereurs, firent usage de vernis semblables pour aviver les couleurs de leurs tableaux. Se contentèrent-ils d’appliquer ces vernis à la surface sans les mêler quelquefois à leurs couleurs ? Nous ne le croyons pas. Un vernis appliqué à la surface ne pourrait, en effet, donner à la pâte cette transparence, cette fluidité harmonieuse qui distingue quelques-unes des peintures antiques conservées au musée des Studi. La suavité corrégienne de certaines parties<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1034|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude>de ces tableaux ne peut résulter non plus de l’application d’un simple vernis et n’a jamais appartenu à la peinture en détrempe. Un agent, mêlé aux couleurs qu’il maintenait fluides pendant un temps suffisant pour permettre aux peintres les corrections et les reprises, et qui plus tard séchait en faisant corps avec la peinture sans rien lui enlever de son éclat et de son moelleux, a évidemment été employé par les artistes de l’antiquité. Ce procédé laissait au pinceau toute sa liberté, à la touche toute son audace. Il est telles de ces peintures, conservées au musée des Studi, dont les auteurs auraient pu lutter de fougue et d’adresse avec Rubens ou Bonington, surtout dans les détails d’ornemens et d’architecture. La peinture en détrempe, d’une exigence si impérieuse, se refuse à ces libertés et ne tolère ni ces hardiesses ni ces tours de force. L’encaustique n’a ni cet éclat, ni cette fluidité, ni surtout cette solidité. L’agent employé par les peintres romains, quel était-il ? L’analyse chimique n’a pu le faire découvrir. On a tout lieu de croire que l’huile y entrait en quantité considérable.
Pollux, dans son ''Onomasticon'', où l’on trouve de si précieux renseignemens sur tout ce qui concerne l’art chez les anciens, énumérant les objets que les peintres de son temps employaient pour leurs travaux, indique, entre autres choses<ref>Pollux, ''Onomasticon'', {{rom-maj|VII}}, 126-129.</ref>, les tables de bois, le trépied ou chevalet pour poser ces tables, les pinceaux, les couleurs d’espèces différentes, la cire et les substances résineuses qui se mélangeaient avec elle, non-seulement pour donner du corps aux couleurs, comme le suppose {{M.|Raoul-Rochette}}, mais aussi, comme Pline nous l’apprend, pour faire sécher la cire et la mettre en état de résister aux atteintes de l’air et du soleil. À quelle époque s’opéra la substitution plus ou moins complète de l’huile ou de toute autre substance de même nature à la cire, substitution précieuse en ce sens qu’elle remplaçait un agent que le feu devait liquéfier par un agent naturellement fluide, et qu’elle supprimait ce réchaud ou {{Lang|la|''cauterium''}} qui compliquait si singulièrement l’attirail de peinture des artistes de l’antiquité ? Cette question reste encore à résoudre.
Dans la peinture du manuscrit de Dioscoride, dont nous venons de parler, outre le panneau, la toile qui y est fixée et le chevalet, nous voyons à côté de l’artiste une tablette sur laquelle ses couleurs sont disposées à peu près comme sur la palette de nos peintres ; elles paraissent de même consistance et ont été évidemment apposées par petits tas avec le couteau après que le peintre les a eu broyées. Outre cette grande tablette, le peintre tient encore à la main une tablette plus petite, comme une espèce de palette où sont disposées de la même manière les couleurs qu’il emploie. Ces couleurs étaient donc à demi liquides<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1035}}</noinclude>comme nos couleurs à l’huile ; elles n’étaient pas fluides comme la détrempe ; elles n’avaient pas besoin d’être liquéfiées par le feu comme l’encaustique ; l’agent qui s’y trouve mêlé ne devait pas être prompt à sécher comme la gomme, le blanc d’œuf ou la colle : autrement le peintre n’eût pas fait les tas où il approvisionne sa palette si nombreux et si gros. Quelle était donc cette substance qu’au {{s|VI}} on mélangeait aux couleurs avant de les employer ? Selon toute apparence, elle avait, comme l’agent employé par les anciens peintres romains, une grande analogie avec l’huile.
Un moine allemand, Théophile, qui écrivait, à la fin du {{s|X}}, un livre intitulé : {{Lang|la|''De omni scientia artis pingendi''}}, indique un procédé au moyen duquel on délayait les couleurs avec de l’huile de lin. Avec les couleurs ainsi préparées, on peignait des tableaux qu’on faisait sécher au soleil<ref> {{Ch.|{{rom|XVIII}}|cap|expl=Chapitres}}, {{rom|XXII}}, {{rom|XXIII}}.</ref>. Ce procédé, peut-être le même que celui qu’on employait au {{s|VI}}, se rapproche beaucoup de la peinture à l’huile telle qu’on la pratique aujourd’hui<ref>Les Grecs, vers 1300, peignaient à l’huile. J’ai entre les mains un triptyque de cette époque, exécuté avec un procédé qui ne peut être que celui de la peinture à l’huile. Les têtes des personnages sont très finement modelées dans la pâte.</ref>. Vers 1410, Jean Van Eyck, le second des deux frères, ayant terminé un panneau d’après le procédé décrit par le moine Théophile, exposa au soleil sa peinture pour la faire sécher ; la chaleur fendit les planches, et le tableau fut perdu. Van Eyck chercha dès-lors un moyen plus expéditif et moins dangereux. Il le trouva, et il me semble hors de doute que cette découverte, qui fit tant de bruit au {{s|XV}}, ne consista pas tant dans la substitution de l’huile à la cire ou à la colle, cette substitution ayant été faite de longue date, que dans l’emploi d’un siccatif, qui, combiné aux huiles de lin et de noix et mêlé aux couleurs, leur permettait de sécher à l’ombre en conservant leur éclat.
La plupart des écrivains qui s’occupent de l’histoire de l’art n’ont jamais tenu un pinceau. Leur ignorance des procédés matériels de la peinture est fort excusable. Cette ignorance a seule causé tout le bruit que l’on a fait à propos de la découverte de Van Eyck, qu’on a présentée comme l’invention de la peinture à l’huile. À notre avis, cette invention se réduisit à un perfectionnement. Le peintre de Bruges tenta une de ces expériences que bien des artistes renouvellent aujourd’hui, dégoûtés qu’ils sont de l’insuffisance, des inconvéniens, nous dirons plus, des trahisons de la peinture à l’huile. L’expérience tentée par Van Eyck ayant réussi, les artistes allemands et italiens appliquèrent à l’envi un procédé plus commode, plus séduisant que ceux en usage jusqu’alors, mais certainement moins favorable à la durée de leurs ouvrages et dont nous doutons fort que l’art de la peinture ait tiré un<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1036|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude>avantage réel. Il est certain qu’à partir du {{s|XV}}, le coloris perdit en vivacité et surtout en durée ce qu’il gagnait en puissance et en harmonie. L’emploi des huiles siccatives, combiné avec celui des terres d’ombre et du bitume, soit dans le corps de la peinture, soit dans les glacis, cet emploi d’une commodité singulière et qui donne à un tableau récemment exécuté, et même à certains tableaux des peintres flamands et hollandais, tels que Rembrandt, Decker, Ruysdael et Hobbéma, un ton local si vigoureux, cet emploi, précieux dans quelques exceptions, a causé la prompte destruction, l’abolition presque complète de la plupart des grandes compositions peintes à l’huile depuis les Van Eyck, à commencer par ''la Transfiguration'' de Raphaël et ''le Cénacle'' de Léonard de Vinci. Quelle différence de conservation entre la fresque vulgaire de Montorfano placée, au couvent des Graces de Milan, en regard du tableau de Léonard de Vinci, et cette inimitable composition ! Léonard de Vinci, Raphaël, Titien et les Carrache sont ceux qui ont le plus perdu à l’emploi du nouveau procédé. Le Corrége lui doit ses tons soyeux et son éclat incomparable ; mais le Corrége a horreur de toute ombre un peu forte, et semble n’avoir employé l’huile que pour surglacer. Paul Véronèse, lumineux jusque dans ses ombres et qui ne fait abus ni des frottis colorés ni des tons vigoureux, s’est mieux soutenu. Les détails de ses tableaux ne sont ni effacés ni même affaiblis ; il est vrai que Paul Véronèse a dû peindre sur des toiles absorbantes. Ses grandes compositions ont la clarté et la fraîcheur des fresques. Comparées à certains tableaux contemporains, tels que l’''Endymion'' de Girodet, ou ''la Bataille d’Austerlitz'' de Gérard, on les croirait plus récemment exécutées. Dans la plupart de nos tableaux modernes, au bout de dix ans, les blancs deviennent jaunes, les jaunes roux, les bleus verts, les bruns noirs, puis tout s’efface, et la nuit vient.
On put promptement acquérir la certitude du peu de durée des peintures exécutées d’après le procédé de Van Eyck. Nous voyons, en effet, que sa composition la plus vaste, le retable de Saint-Bavon, où il a représenté l’adoration de l’agneau mystique, et qu’il avait achevée en 1432, dut être retouchée, et, il faut le dire, repeinte en grande partie, en 1550, par Lancelot Blondel de Bruges et Schoreel d’Utrecht. ''La Cène'' de Léonard de Vinci se détruisit plus promptement encore. Cette vaste composition avait été achevée en 1498, et, vers 1540, Armenini en parle comme d’une peinture à demi effacée ; vers 1560, les contours seuls restaient. Depuis, ce tableau fut, à diverses reprises, repeint en entier.
La découverte de Van Eyck rendit son nom populaire dans toute l’Europe. Il avait trouvé le grand secret à la recherche duquel plus d’un peintre avait consumé son existence. Les Italiens, qui se passionnent si aisément, et qui, depuis Cimabué et Giotto, cultivaient avec une sorte d’enthousiasme l’art de la peinture, furent ravis à la vue des<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1037}}</noinclude>premiers essais qui leur vinrent de par-delà les Alpes. Un peintre sicilien, qui s’appelait Antonello et qui avait étudié à Rome, se rendit en Flandre et obtint de l’inventeur lui-même communication de son procédé. De retour en Italie, il initia un de ses amis, le peintre Dominique, à la nouvelle manière. Dominique parcourut l’Italie, excitant partout l’admiration de la foule, la haine et l’envie des artistes. L’un d’eux, André del Castagno, dont le nom doit être voué à l’exécration des hommes, séduisit Dominique par ses caresses, obtint son secret, et le fit poignarder (1454). Dominique mourant se fit porter chez son ami Castagno, dont le crime serait resté inconnu, s’il ne l’eût avoué au lit de mort.
Castagno avait commis son crime en pure perte, car, au moment où Dominique succombait, Rogier de Bruges communiquait aux Vénitiens le secret de Van Eyck, que, d’un autre côté, Antonello avait fait connaître à Pino de Messine. Ce procédé se répandit si promptement dans toute l’Italie, que plus d’une ville en revendiqua plus tard la découverte. Les Napolitains veulent que ce soit un peintre de leur ville, Colantino del Fiore, qui l’ait trouvé. On voit dans la sacristie de l’église Saint-Laurent des pères mineurs, à Naples, un tableau de cet artiste représentant un saint Jérôme tirant une épine du pied d’un lion qui paraît peint à l’huile. Ce tableau porte la date de 1436. Il est donc postérieur d’une vingtaine d’années à la découverte du peintre de Bruges. Les Italiens doivent laisser aux Flamands la priorité de leur découverte. Ils leur ont emprunté leur manière de peindre à l’huile, et c’est à peu près là tout ce qu’ils leur ont pris ; les Flamands leur doivent beaucoup plus.
Au temps où vivaient les Van Eyck, les peintres de la Néerlande ne songeaient cependant pas encore à aller chercher leurs inspirations par-delà les Alpes. Dans les tableaux des deux frères, mais surtout dans leurs principales compositions, le goût du terroir est sensible, et les influences locales sont franchement substituées aux influences byzantines et rhénanes. Toutes les têtes sont bien flamandes et partant passablement vulgaires. Cependant le symbolisme et le sentiment religieux écartent encore le grotesque et le trivial, qui devaient dominer plus tard. Hemmeling continua les Van Eyck, et porta plus loin qu’eux l’imitation naïve et souvent puérile de la nature. Le manque de relief, la sécheresse, et une certaine indigence de forme qui, chez les continuateurs de l’école primitive flamande, dégénéra en véritable pauvreté, apparaissent déjà dans ses ouvrages, exaltés outre mesure depuis que ce goût pour la peinture archaïque, qu’on a qualifié de fièvre des vieux tableaux, {{Lang|de|''das germanische Kunst-Fieber''}}, s’est manifesté chez les Allemands.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1038|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude><nowiki/>
Les Van Eyck et Hemmeling firent dans la peinture flamande une révolution analogue à celle que Guido de Sienne, Cimabué et Giotto avaient opérée en Italie au {{s|XIII}} ; mais leurs successeurs ne furent ni des Girlandajo, ni des fra Angelico, ni des Masaccio, ni même des Taddeo Gaddi et des Orcagna. Du temps de ce dernier, on trouvait en Italie qu’il y avait encore de grands talens, mais que l’art de la peinture allait déclinant de jour en jour. Taddeo Gaddi, à qui Sacchetti prête cette opinion dans une de ses nouvelles, ne pouvait prévoir la venue si prochaine des Léonard de Vinci, des Michel-Ange et des Raphaël. Chez les Flamands, après les Van Eyck, on ne rencontre pas de ces grands talens ; l’art décline tout aussitôt, et l’on ne peut citer les noms de Gérard Van der Meire, de Liévin, de Witte, de Hugo Van der Goes, de Rogier de Bruges et même de Michel Vohlgemuth, que comme ceux d’imitateurs sans goût et de continuateurs souvent serviles. Nous savons bien qu’on a voulu, à diverses reprises, depuis le commencement du siècle, galvaniser ces cadavres. Depuis que {{M.|Frédéric}} Schlegel a tenté dans une feuille littéraire, l’''Europa'', une renaissance archaïque de l’art allemand, depuis que {{MM.|Boisserée}} et Solly ont formé leurs curieuses collections, bien des fanatiques se sont mis à leur suite, et on en est venu à trouver beau tout ce qui était vieux. Ce sont là de ces caprices de la mode dont on doit peu s’étonner et dont nous nous permettrons de sourire. On ne faisait pas grand cas des productions de tous ces peintres il y a cinquante ans, et on avait raison. On a beau se récrier, se passionner à froid, le mauvais restera toujours mauvais. Certes, nous ne nous établissons en aucune façon les défenseurs du goût qui régnait il y a un demi-siècle ; mais nous tenons pour fort bizarres ces prédilections contemporaines et les prétendues merveilles qu’elles ont enfantées. En fait de religions nouvelles, dans les arts, les œuvres nuisent souvent terriblement à la foi.
L’école exagère toujours les qualités du maître et en fait des défauts. Chez les continuateurs de Van Eyck, la fermeté et la précision de son dessin se changèrent en sécheresse ; la bonhomie quelquefois pleine de grandeur de ses personnages se transforma en gaucherie prétentieuse et grotesque ; le coloris seul de ces peintres se maintint dans la ligne du naturel et du vrai, mais il perdit toute souplesse, toute solidité, tout relief. Leurs tableaux présentaient encore l’aspect des tableaux du maître ; mais la science des grands effets, l’harmonie générale, avaient disparu ; ce n’étaient plus que des fantômes. Cette prompte décadence n’a rien qui doive nous surprendre. Quoi que prétendent, après {{M.|Frédéric}} Schlegel, {{M.|Michiels}}, {{M.|Arsène}} Houssaye, dont le goût est plus délicat et qui au fond ne nous paraît pas tout-à-fait convaincu, les peintres flamands des premières époques, à {{tiret|commen|cer}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1039}}</noinclude>{{tiret2|commen|cer}} par les maîtres eux-mêmes, ne possédèrent pas la réunion complète de toutes les conditions qui font les grands artistes. Leurs merveilleuses qualités sont obscurcies par de grands défauts qui tenaient sans doute à leur temps, à ce qu’ils arrivaient les premiers, mais qui n’en sont pas moins des défauts. Tels artistes qui vinrent après eux, qui possédèrent leurs qualités et qui purent éviter leurs défauts, leur sont supérieurs. Léonard de Vinci et Raphaël par l’exquise réunion du sentiment profond et délicat et de la précision du dessin, Corrége par l’harmonie et la grace, Titien et Paul Véronèse comme coloristes puissans, mais surtout vivans, se sont élevés à une bien autre hauteur que tous ces maîtres primitifs de la Flandre, et même de l’Allemagne, qu’on proclame sans rivaux.
L’archaïsme, quelque naïf et précis qu’il soit, quelque degré de patience, de savoir même qu’il affecte, quelques rares qualités qu’il laisse entrevoir, n’est jamais que l’art à son enfance. La pauvreté n’est pas la vérité, pas plus que la sécheresse n’est la précision, et le trivial le naturel. Nous ne croyons donc pas, comme l’avance {{M.|Arsène}} Houssaye, que les Italiens doivent plus aux Flamands qu’ils ne leur ont rendu. Pour tout homme qui a étudié sérieusement les procédés employés par chaque école et qui s’est rendu compte, par une expérience personnelle, de l’emploi matériel de la couleur, il n’est pas possible d’établir une comparaison sérieuse entre le coloris des Flamands et celui des Vénitiens. Ce sont des systèmes essentiellement différens. Jean Bellin, Titien, Tintoret, Giorgion et Paul Véronèse, excellens coloristes chacun dans son genre, le sont par l’application de procédés analogues, mais particulièrement par l’habile emploi des glacis, par la savante combinaison des tons secondaires plutôt que des tons primitifs. Les noirs, les blancs, les rouges, les bleus, sont rompus, et ont subi une modification radicale avant d’être placés sur la toile. Dans ces vastes compositions de Paul Véronèse, où le jour rayonne, où l’air circule avec une admirable transparence, on ne peut rencontrer un blanc vraiment blanc, un noir vraiment noir. Les chaudes et ardentes compositions de Titien ne nous présentent pas un rouge et un jaune qui ne se soient réciproquement modifiés. À quelques exceptions près, mais surtout à l’exception de Rembrandt, dont la manière comme coloriste est une combinaison de toutes les manières connues, les Flamands procèdent tout différemment et substituent l’empâtement aux glacis. Leurs tons se rapprochent plus des tons primitifs, et leurs gammes sont beaucoup moins variées ; souvent même la couleur passe de leur palette sur la toile sans subir de modifications sensibles. Rubens, le plus grand coloriste flamand, emploie, par exemple, le vermillon pur jusque dans ses reflets. Les tons les plus entiers se heurtent dans sa pâte splendide,<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1040|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude>et c’est bien rarement qu’il jette sur les témérités de sa palette, sur l’insolence de sa touche, le voile d’un glacis<ref>Nous regrettons de ne pas être, sur ce point, de l’avis de {{M.|Arsène}} Houssaie ; mais Rubens n’a pas si complètement ''caché sa palette'' qu’il le prétend. C’est un des peintres au contraire dont la touche est écrite le plus brutalement. Il est telles de ses compositions les plus emportées où chaque coup de brosse a placé sur la toile une couleur presque vierge.</ref>.
L’école des Van Eyck exerça une puissante influence dans toute l’Allemagne ; elle modifia les anciennes écoles et en créa de nouvelles. Les écoles de Harlem et de Leyde, où l’art hollandais prit naissance, en sont les deux dérivations les plus rapprochées. Albert Van Ouwater, élève de Van Eyck, apporta le premier à Harlem les procédés du maître. Il aimait, comme lui, à orner les fonds de ses tableaux de vues de villes ou de vastes campagnes qui remplaçaient les fonds d’or des Byzantins. Il n’est donc pas surprenant que les plus grands paysagistes hollandais soient sortis de l’école de Harlem.
Cornille Engelbrechtsz, l’un des plus faibles continuateurs des Van Eyck, fut le fondateur de l’école de Leyde. L’influence allemande domine dans ses ouvrages, d’une exécution sèche et rebutante ; elle se fait sentir encore dans les compositions de Lucas de Leyde, son élève et son plus beau titre de gloire. Il n’a manqué à Lucas de Leyde qu’un champ plus favorable et une carrière plus longue pour être un des plus grands artistes des temps modernes. Dessinateur habile à l’âge où les autres hommes sont encore enfans, Lucas de Leyde gravait à douze ans des planches qu’Albert Durer n’eût pas désavouées. À seize ans, il était le digne rival du maître de Nuremberg. C’est à cet âge qu’il exécuta cette singulière gravure de ''la Tentation de saint Antoine'', où il a représenté le diable sous la figure d’une belle femme, avec un chaperon à cornes, offrant au saint un vase précieux. Lucas de Leyde a pressenti la grace divine des grands maîtres de l’Italie, mais il n’a pas encore le sentiment de la beauté. Ses femmes sont de robustes Flamandes, à la haute stature, aux formes massives, à la face large et claire, au front haut et bombé, sous lequel de petits yeux bleuâtres, dépourvus de sourcils et de cils, brillent d’une lueur terne. L’expression est naïve et souriante ; c’est par là que Lucas de Leyde se rapproche des premiers maîtres florentins. Quant à la vérité locale, à cette pureté de formes, à cette sobriété d’ajustemens et d’accessoires que la connaissance de l’antiquité eût pu lui donner, il n’en a nul souci. Les personnages de ses tableaux bibliques ou religieux sont tous costumés comme les bourgeois de Leyde ou de Maëstricht, et toujours avec une richesse singulière ; son dessin a plus de sécheresse que de précision, de finesse que de vérité. Il entoure volontiers ses étoffes de petits lisérés clairs qui<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1041}}</noinclude>découpent plutôt les formes qu’elles ne les dessinent ; on sent que la main de l’artiste a commencé par tenir un burin.
Comme Albert Durer, Holbein et Lucas Kranach chez les Allemands, Lucas de Leyde marque en Hollande le passage du style des maîtres primitifs à ce style complexe où le caractère national et le caractère italien se sont parfois si heureusement combinés. Quintin Matsys, le peintre forgeron, qui dut à l’amour son talent et sa gloire, est déjà tout-à-fait flamand.
{{Centré|Connubialis amor de Mulcibre fecit Apellem,|fs=90%|m=1.5em}}
{{SA|dit son épitaphe. En étudiant les nombreux ouvrages de l’Apelles d’Anvers, on retrouve le forgeron dans quelques-unes de leurs parties dont l’aspect a quelque chose de métallique, et qui semblent repoussées avec le marteau et polies avec la lime.}}
Quintin Matsys a donné toutefois plus d’ampleur au style des peintres primitifs ; sa touche a plus de liberté, son coloris est plus franc ; il a poussé plus loin que ses devanciers l’étude intelligente de la nature, quoique souvent il sacrifie trop encore à l’exactitude de l’imitation. Ses ''Peseurs d’or'', qu’on rencontre dans toutes les galeries de l’Europe, et dont nous avons au musée du Louvre un assez bon exemplaire, sont la dernière expression de sa manière. La naïveté convenable des têtes, la finesse et le modelé des mains, l’exécution patiente et précise des accessoires, sacrifiés cependant à l’effet d’ensemble, tout cela fait pressentir la révolution que, dans le cours du {{s|XVI}}, Bernard Van Orley à Bruxelles, Michel Coxie à Malines, Lambert Lombard et Frans Floris à Anvers, Mabuse à Amsterdam, devaient accomplir dans la peinture néerlandaise.
Les peintres que nous venons de citer visitèrent tous l’Italie ; il ne faut donc pas s’étonner de les voir substituer un style tout nouveau aux anciennes pratiques qu’aucun d’eux pourtant, Lambert Lombard et Frans Floris exceptés, les plus italiens des peintres flamands, n’abandonna jamais complètement ; ils marquent la limite extrême du moyen-âge et des temps modernes ; par eux, la renaissance italienne s’est propagée dans les Flandres, s’attaquant plutôt au fond qu’à la forme, qui, même au moment du suprême triomphe de l’invasion ultramontaine, quand Rubens poussait jusqu’à ses dernières conséquences l’expression du goût italien, reste soumise à certaines influences locales encore visibles sous la magique enveloppe dont son pinceau a cherché à les couvrir. L’esprit, chez lui, n’est jamais complètement dégagé de la matière ; la beauté est robuste et toute terrestre, l’énergie triviale, l’expression grossièrement vraie. Quelques véhémens efforts que fasse le fougueux génie du grand peintre d’Anvers, l’idéal lui fait toujours défaut.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1042|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude><nowiki/>
Les prédécesseurs de Rubens, et particulièrement Otto Vénius, qui l’initia aux secrets de l’art, substituèrent l’effet calculé à la naïveté primitive des peintres néerlandais ; ils essayèrent timidement, mais avec l’intelligence d’une école coloriste, ces grandes combinaisons d’ombre et de lumière qu’on appelle clair-obscur. Leur touche prit une ampleur inusitée. Ce furent de vrais peintres, tandis que leurs devanciers, les Van Eyck exceptés, n’avaient souvent fait que continuer les miniaturistes du moyen-âge. Ils introduisirent dans leurs compositions cette unité de lieu, d’intérêt et d’effet que jusqu’alors on avait à peine pressentie. Les peintres brugeois, comme {{M.|Michiels}} le fait observer, découpaient un morceau de l’espace et disposaient un certain nombre de personnages au milieu d’un large horizon. Chez eux, l’homme n’était qu’un acteur perdu sur un vaste théâtre qu’il ne remplissait pas. Ses armes, ses vêtemens, l’or et les pierreries qui les recouvraient, éclairés par une lumière uniformément répandue, attiraient impérieusement l’attention. Les peintres de la transition restreignirent le lieu de la scène, concentrèrent l’effet, s’occupèrent à agencer savamment leurs personnages, qu’ils rapprochèrent des premiers plans du tableau. Ils restituèrent à l’homme cette importance que les peintres de l’antiquité lui avaient donnée, et que les écoles du moyen-âge lui avaient enlevée.
Rubens, à qui l’inspiration semble avoir livré tous les secrets de la palette et tous les artifices du dessin, posséda au plus haut degré la science de l’effet et de la composition. Rubens serait le peintre par excellence, si, dans l’art de la peinture, l’adresse de l’exécution, la puissance de l’imitation, l’inépuisable richesse du coloris, pouvaient suppléer l’idéal. Rubens, comme Otto Vénius son maître, abandonna les traditions des écoles primitives et se fit italien. Otto Vénius cependant ne lui avait enseigné que les procédés matériels et les pratiques vulgaires de l’art ; Rubens dut tout le reste à son génie. Italien par la pensée comme par l’expression, il conserva sa fougueuse individualité ; s’il inclina vers une école, ce fut vers l’école vénitienne. Il y a certainement dans sa manière quelque chose du Tintoret et de Paul Véronèse, mais du Tintoret plus ardent et plus lumineux, de Paul Véronèse plus puissant, mais moins vrai. Comme tous les génies extrêmes et mobiles, s’il imite, c’est par caprice, et, tout en imitant, il sait rester original. Emporté par sa fougue, il s’est trop souvent laissé aller à l’improvisation, et il a procédé par esquisses, surtout dans ses kermesses et ses paysages, où il s’est montré supérieur comme en tout ; mais ses improvisations sont des dithyrambes et ses esquisses sont magnifiques. Un génie si indépendant échappe à toutes les classifications ; il se fait sa place à part et ne peut s’appeler que par son nom. Cependant, en Allemagne et en France, l’esprit de système s’est exercé sur Rubens. Les uns l’ont représenté comme la dernière expression de l’école de Bruges,<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1043}}</noinclude>quant au coloris seulement, et c’est fort heureux. En France, un écrivain ingénieux, {{M.|Hippolyte}} Fortoul, est remonté plus haut encore. À l’en croire, ses œuvres si diverses et si profanes rappelleraient sous plus d’un rapport celles de ses devanciers les plus lointains et des Byzantins eux-mêmes. Quelques efforts que nous ayons faits, nous n’avons pu découvrir rien de semblable. Cette ''sorte d’imitation robuste de la nature'', qui donnerait aux ouvrages du grand peintre d’Anvers cette lointaine analogie avec les œuvres byzantines, est, à notre avis, ce qui au contraire creuse le plus profond abîme entre sa manière et celle des peintres hiératiques du Bas-Empire. Rubens n’est pas même Allemand, il est Flamand.
Rubens, en mourant dans toute sa gloire, légua la partie spirituelle de son art et de son génie à Van Dyck, et la partie grossière et matérielle à Jordaens. Jordaens serait peut-être un grand peintre, s’il n’eût pas connu Rubens. Il a dérobé la palette du maître ; il lui a emprunté sa fougue, son adresse. Pendant les soixante-dix ans qu’il a tenu le pinceau, il a peut-être couvert trois fois autant de toile que Rubens ; mais des milliers de tableaux qu’il a peints, en est-il un seul qui s’élève au-dessus du médiocre ? Jordaens nous montre où conduit l’abus de l’imitation, quelque féconde et brillante qu’elle soit. L’absence de toute originalité le classe parmi les peintres de troisième ordre. Élève de Rubens comme Jordaens, Van Dyck a su échapper aux décevantes facilités de l’imitation. Lui qui, dans la fameuse ''Descente de croix'', avait repeint la joue et le menton de la Vierge de manière à tromper Rubens lui-même, il a voulu et il a pu être autre chose qu’un copiste ; il a fait plus, il a su se créer une manière toute personnelle. Coloriste moins heurté et plus harmonieux que Rubens, il a donné à ses personnages cette dignité intelligente, cette grace chevaleresque que les natures sobres et contenues sont plus propres que d’autres à exprimer. Van Dyck est à la fois le plus naturel et le plus distingué des peintres flamands. Ce serait le dernier grand peintre que les Flandres auraient produit, si Rembrandt n’eût pas existé.
Les peintres flamands qui, après Rubens, ou du temps même de ce grand artiste, poussèrent le plus vivement à l’imitation de l’art italien, se sont attachés de préférence à reproduire la manière des maîtres florentins de l’époque qui précéda la décadence. Les peintres de la période antérieure, Otto Vénius et Heemskerck à leur tête, avaient au contraire étudié l’école romaine au moment de son éclat. On a appelé Heemskerck ''le Raphaël hollandais'', et cependant sa manière n’est qu’un calque grossier, souvent même grotesque, de celle de Michel-Ange, dont il avait fréquenté l’atelier. Les peintres du {{s|XVII}} et de la fin du {{s|XVI|e|-}} persistèrent dans cette même voie. Le Bronzino et Vasari eurent leurs copistes ; on imita des imitateurs.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1044|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude><nowiki/>
Dans le cours du {{s|XVI}}, une révolution moitié politique, moitié religieuse, bouleversa la Hollande. À une époque d’opulence et d’industrie succédèrent des jours d’épreuve et de lutte ; un culte austère remplaça les pompes traditionnelles et le majestueux symbolisme du catholicisme ; l’art dans la Hollande et même dans les Flandres subit l’influence des révolutions religieuses et politiques. Il quitta le sanctuaire du temple pour l’hôtel-de-ville ou pour la maison du citoyen. C’est alors que Rembrandt apparaît et renouvelle du même coup et l’école de Leyde et son art, Rembrandt, poète comme Rubens, et dans son genre aussi grand peintre, aussi grand coloriste que lui. Tous deux ont fait bon marché de l’idéal et même de la beauté. Dans les pages étincelantes du peintre d’Anvers, dans ses allégories les plus violentes et les plus compliquées comme dans les plus austères compositions du peintre hollandais, sa ''Leçon d’anatomie'', ses ''Cinq régens du Staal Hof'' ou sa ''Ronde de nuit'' par exemple, la matière a le dessus, l’imitation de la nature néerlandaise a prévalu, et cependant, nous le répétons, l’un et l’autre sont poètes. Rubens semble avoir dérobé jusqu’au dernier rayon de soleil et n’avoir laissé à Rembrandt que le crépuscule et la nuit ; mais cette vive lumière n’illumine trop souvent que des images vulgaires et ne s’épanouit que sur les formes charnelles de la Vénus flamande, tandis que ces ténèbres laissent entrevoir, à travers leur admirable transparence, des scènes d’une réalité merveilleuse. Rembrandt est peut-être le plus original et le plus calculateur des peintres. Il est souvent aussi étonnant coloriste que les Vénitiens. Comme eux, il a tiré le plus merveilleux parti des glacis, mais il les applique d’ordinaire sur des empâtemens bien autrement solides que les grisailles vénitiennes. Il a trop négligé la beauté.
Rembrandt a eu de nombreux imitateurs, qui sont presque des copistes. Sa manière est trop personnelle, trop originale pour qu’on puisse l’imiter sans danger. Ferdinand Bol, son ami, est le meilleur de ces ''pasticheurs''. On a souvent confondu ses intérieurs et ses portraits avec ceux du maître, et c’est un honneur insigne. Bartholomé Van der Helst, élève à la fois de Rubens et de Rembrandt, a conservé plus d’indépendance. Son grand tableau du ''Repas des officiers, présidé par le capitaine Wits, en mémoire de la paix de 1648'', qu’on a placé au musée national d’Amsterdam en face de ''la Ronde de nuit'' de Rembrandt, a pu perdre à ce voisinage ; c’est cependant encore un des tableaux les plus remarquables de la Hollande.
Aujourd’hui qu’une paix de trente années, l’aisance générale, les encouragemens publics et privés, et, par-dessus tout, les expositions annuelles du Louvre, ont donné à l’art en France un si étrange développement ; aujourd’hui que les ouvrages produits chaque année par nos peintres ne se comptent plus par centaines, mais par milliers, et<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1045}}</noinclude>que le nombre des artistes s’est accru dans une proportion vraiment merveilleuse, nous aurions mauvaise grace à nous étonner que, de la fin du {{s|XVI}} au commencement du {{s|XVIII|e|-}}, les Flandres aient produit quelques centaines de peintres. Ce qui doit surtout nous surprendre, par comparaison surtout avec le présent, c’est que presque tous ces peintres aient eu du talent, et que, parmi eux, on puisse distinguer de prime abord un grand nombre d’artistes éminens. La surprise cesse si l’on recherche avec quelque attention les causes de cette supériorité.
Avant de produire, les peintres flamands et hollandais se condamnaient à un long et laborieux apprentissage, et aucun d’eux n’eût quitté l’atelier du maître avant de savoir son métier, c’est-à-dire avant de posséder à fond certains procédés techniques quant au clair-obscur et au coloris, procédés que nous retrouvons toujours les mêmes, à fort peu d’exceptions près, dans tous les tableaux bons ou mauvais des artistes néerlandais. L’emploi de procédés uniformes, traditionnels, invariables, diminuait les difficultés matérielles. Le métier n’était plus pour l’artiste qu’une sorte d’instrument dont il jouait comme il l’entendait. Aujourd’hui cette première éducation de l’atelier est à peu près nulle ; au lieu de se servir de moyens connus et communs à tous, l’artiste tâtonne et cherche de nouvelles combinaisons. On perd ainsi à fabriquer l’instrument le temps que les artistes flamands et hollandais mettaient à s’en servir, et d’ordinaire, comme cet instrument est incomplet, on s’en sert mal et on joue faux. Le nombre des peintres sachant peindre est plus rare qu’on ne saurait croire.
La passion que les peintres flamands avaient pour leur art était une autre cause de leur excellence. Ils ne vivaient que par lui et pour lui. S’ils lui faisaient quelques infidélités, c’était pour le cabaret et la kermesse, et, comme ils finissaient quelquefois par établir leur atelier au milieu des cruches et des pots à bière, ou sur le champ de foire, leur talent ne perdait rien à ces distractions passagères. Toutefois la raison principale de la rare perfection que la plupart de ces artistes ont donnée à leurs ouvrages, c’était le soin que chacun d’eux mettait à borner son champ, à restreindre sa manière à certains sujets et certains effets toujours les mêmes, ou, comme on dit aujourd’hui, à se ''spécialiser''.
À partir d’Adrien Elzheimer, un des premiers peintres qui se soient attachés à reproduire les effets secondaires de la nature toute nue, la plupart des artistes, dits ''petits maîtres flamands et hollandais'', se bornèrent chacun à l’imitation de scènes et d’effets analogues, souvent même toujours semblables. Brauwer, Craesbeke, les trois Téniers, les Ostade, Jean Steen et beaucoup d’autres peignent à qui mieux mieux les cabarets, les kermesses et toutes les péripéties bouffonnes, souvent même dramatiques, de l’orgie flamande. Leurs grotesques bacchanales peuplent les musées de l’Europe. Terburg, Metzu, Jean Leduc, Nicolas,<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr|1046|REVUE DES DEUX MONDES.|}}</noinclude>de Hooch, Miéris, Netscher, Gonzalès Coques, Peeter de Hooge, Jean Verkolie, les deux Vanloo flamands, en un mot toute la pléiade des peintres élégans reproduit de préférence des conversations galantes où figurent de belles dames et des cavaliers qui les courtisent. À l’exception de quelques assemblées de famille, exécutées après la réforme, et dont tous les membres sont vêtus de noir, les personnages de ces scènes familières sont costumés avec beaucoup de recherche ; mais quelque chose d’épais dans la tournure, de gauche dans les manières, trahit souvent l’origine flamande de ces raffinés. Gérard Dow est plus varié, et se détache du groupe ; cependant son imitation si admirablement patiente ne s’écarte pas de certains thèmes. Nous le voyons toujours peindre de préférence les charlatans, les joueurs de flûte, les commères et des scènes d’intérieur plus ou moins compliquées, d’où un fini vraiment merveilleux n’exclut ni la chaleur du jet, ni la vigueur du ton, ni l’expression noble d’ordinaire, pathétique souvent jusqu’au sublime. Godefroy Schalken, le meilleur élève de Gérard Dow, restreint l’imitation et n’applique la manière du maître qu’à la reproduction des mêmes effets de lumière ; son idéal s’est renfermé sous l’abat-jour d’une lampe. Bien des peintres se confinent comme lui dans un même sujet, et font et refont toute leur vie le même tableau. Camille Troost peint les corps-de-garde, Brakemburg les mauvais lieux, Philippe Roos les basses-cours, Hondekoeter les combats de coqs. De l’imitation de l’homme, l’école naturaliste des Flandres était passée à l’imitation de la nature vivante et animée qui l’entourait. Puis, l’horizon de l’art se rétrécissant et la réalité gagnant de plus en plus, on vit des peintres d’un admirable talent se condamner à reproduire certains détails que, du temps des maîtres idéalistes, on n’eût considérés que comme accessoires : des animaux morts, des étoffes, des vases, des fleurs, un insecte, une goutte de rosée, une bulle de savon.
L’antiquité ne nous a pas laissé un seul bon tableau de paysage, et, dans les nombreux ouvrages de ce genre entassés assez confusément au musée des Studi, il est facile de voir que les artistes grecs et romains regardaient ce genre comme tout-à-fait secondaire. La plupart des ouvrages que nous connaissons ressemblent à des peintures chinoises ou aux décorations d’un théâtre de marionnettes. Cependant les auteurs de ces tableaux avaient un rare talent d’exécution, une grande sûreté de dessin et le sentiment de l’effet pittoresque<ref>Voyez le petit tableau du musée des Studi, représentant des édifices avec de fortes ombres : {{no}} 198.</ref>. L’infériorité de ce genre s’explique par la sorte de défaveur dans laquelle il était tombé auprès des écrivains et des beaux esprits du temps. Vitruve lui attribue la décadence de l’art. Il accuse ses contemporains de<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Berniepyt" />{{nr||LA PEINTURE FLAMANDE ET HOLLANDAISE.|1047}}</noinclude>décorer les murailles de leurs appartemens de représentations frivoles et qui ne disent rien à l’esprit, telles que des forêts, des étangs, des marines, tandis que les maîtres grecs ornaient leurs édifices de peintures dont le sujet était tiré de l’histoire des héros et des dieux. Lucien dit quelque part en raillant<ref>''{{abr|Contempl.|Contemplateurs}}'', {{pg}}346.</ref> : « Ce ne sont pas des villes et des montagnes que je cherche dans les tableaux, ce sort des hommes que je veux y voir, et je veux connaître par leurs attitudes et leurs actions ce qu’ils font et ce qu’ils disent. » Si les peintures de paysages qui décoraient les murs des palais des grandes capitales de l’Italie et de la Grèce ressemblaient aux ouvrages de même genre trouvés à Herculanum et à Pompeïa, ces petites villes de troisième ordre, une telle défaveur était motivée.
Dans les peintures des manuscrits, le paysage est tout-à-fait accessoire ; il est probable cependant que c’est là que les Van Eyck l’ont été prendre pour remplacer les fonds d’or des Byzantins et de l’école de Cologne. Ces paysages des Van Eyck sont sèchement exécutés ; ils représentent d’ordinaire une ville fortifiée, bâtie sur des rochers et se mirant dans un large fleuve qui traverse des plaines verdoyantes : c’est le portrait fidèle des rives du Rhin. La perspective linéaire est exacte, mais la perspective aérienne est rarement observée : les lointains sont traités avec la même précision que les premiers plans ; on les croirait peints avec une lunette d’approche. Ces fonds de tableaux des Van Eyck ne manquent cependant pas d’une certaine poésie.
Quel est l’artiste, flamand ou hollandais, qui, le premier, peignit le paysage pour le paysage, n’y faisant entrer la figure de l’homme que comme accessoire ? Les historiens de la peinture néerlandaise ne sont nullement d’accord sur ce point. Il paraît certain cependant que, vers le temps des Van Eyck, un peintre de Harlem qui s’appelait Albert Van Ouwater, et que Jean Van Eyck avait sans doute initié au secret de la peinture à l’huile, composa, pour l’autel de l’église principale de cette ville, un retable représentant un paysage dont les premiers plans étaient occupés par une troupe de pèlerins. Patenier, que {{M.|Michiels}} regarde comme le premier paysagiste proprement dit, n’a peint qu’un siècle après Albert Van Ouwater, de 1520 à 1540, et déjà, en 1511, Giorgion avait exécuté ces beaux paysages, si supérieurs à ceux de l’artiste flamand, dont nous avons au musée du Louvre un spécimen si vigoureux. Nous reconnaissons, d’ailleurs, qu’à partir de Joachim Patenier et de Henry de Bles, le maître à la Houpe<ref>Ainsi nommé parce que dans tous ses tableaux figure un hibou de l’espèce vulgairement nommée ''houpe''.</ref>, les paysagistes se multiplièrent singulièrement dans la Hollande et dans le pays de Namur.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Havang(nl)" /></noinclude>de joie, saisit la main de son frère adoptif, la porte avec ardeur à ses lèvres, cherche à entraîner d’Artaguette vers la fontaine, en répétant le nom d’Outougamiz et de René. La troupe se hâte sur les pas de Céluta.
Bientôt on découvre deux hommes, ou plutôt deux spectres, l’un couché, l’autre debout, mais près de tomber ; on les environne. « Chasseurs, dit Outougamiz, je puis mourir à présent, prenez soin de mon ami ! » et il s’affaissa sur le gazon.
On croyait dans la colonie, comme aux Natchez, que René avait été brûlé par les Illinois. Les secours sont prodigués aux deux mourants : ce fut Céluta qui offrit les premiers aliments à son frère et à l’ami de son frère. D’Artaguette essayait de soutenir l’un et l’autre d’un bras encore mal assuré. Jacques, le grenadier attaché au généreux capitaine, est envoyé aux Natchez pour annoncer le retour miraculeux. Les guerriers et les femmes accourent, les sachems les suivent. Déjà les Français avaient entrelacé des branches d’arbres sur lesquelles étaient déposés séparément les deux amis. Huit jeunes officiers portaient tour à tour les couches sacrées, comme ils auraient porté les trophées de l’honneur. Auprès de ces lits de feuillages marchaient Céluta, pleine d’un bonheur qu’elle n’osait croire, et d’Artaguette, dont le front pale annonçait qu’il manquait encore du sang à un noble cœur.
Ce fut dans cet ordre que la foule des Natchez rencontra la pompe triomphale de l’amitié, élevée par les mains de la vaillance. Les bois retentirent d’acclamations prolongées ; on se presse, on veut savoir jusqu’aux moindres circonstances d’une délivrance dont Outougamiz parle à peine, et que René ne peut encore raconter. Les jeunes gens serraient la main d’Outougamiz et se juraient les uns aux autres une amitié pareille dans l’adversité. Les sachems disaient à Adario et à Chactas qu’ils avaient d’illustres enfants : « C’est vrai, » répondaient les deux vieillards. Adario même était attendri.
Les femmes et les enfants caressaient Céluta ; Mila la voulait porter, bien qu’elle se sentît un peu triste au milieu de la joie. Dans l’effusion générale des cœurs, les militaires français avaient leur part des éloges. D’Artaguette disait à Céluta : « Ma sœur, votre frère soutient bien son rôle de libérateur. » René, qui entendit ces mots, murmura d’une voix mourante : « Vous ne savez rien ; Outougamiz ne vous apprendra pas ce qu’il a fait : c’est moi qui vous le dirai, si je vis. » Tous les yeux versaient aussi des larmes sur les jeunes Indiens qui s’étaient immolés au triomphe de l’amitié.
Ondouré et Akansie seuls n’étaient pas présents à cette scène : les méchants fuient comme un supplice le spectacle de la vertu récompensée. René fut déposé chez son père Chactas, mais Adario voulut qu’on portât son neveu Outougamiz et sa nièce Céluta à sa cabane, afin de prendre soin lui-même de ce couple qu’il reconnaissait digne de son sang.
Ondouré avait apaisé Akansie par ces mensonges, par ces serments et ces caresses que la passion trompée ne croit plus, mais auxquels elle se laisse aller comme à sa dernière ressource. Quand on a fait un pas dans le crime, on se persuade qu’il est impossible de reculer, et l’on s’abandonne à la fatalité du mal : la Femme Chef se voyait forcée de servir les projets d’un scélérat, d’élever Ondouré jusqu’à elle pour se justifier de s’être abaissée jusqu’à lui. Le retour de René avait rallumé dans le cœur d’Ondouré les flammes de la jalousie ; déçu dans sa vengeance, il lui devenait plus que jamais nécessaire d’atteindre au rang suprême pour exécuter, comme souverain, le crime qu’il avait manqué comme sujet. Il alarme la femme-chef : « Il est possible, lui dit-il, que René m’ait vu lancer la flèche ; le seul moyen de dominer tous les périls est de s’élever au-dessus de tous les pouvoirs. Que je sois tuteur de votre fils ; que l’ancienne garde des Allouez soit rétablie, et je vous réponds de tout. » Akansie ne pouvait plus rien refuser ; elle avait livré sa vertu.
L’Indien, afin de mieux réussir dans ses desseins, s’adressa d’abord aux Français.
Traité rudement par Chépar, Fébriano avait repris peu à peu, à force d’humiliations, son ascendant sur le vieux militaire : la bassesse se sert des affronts qu’elle reçoit comme d’un marchepied pour s’élever. Mais le renégat sentait que son crédit était affaibli s’il ne parvenait à détruire par quelque service éclatant la fâcheuse impression qu’avait laissée ses premiers conseils. Le gouverneur de la Louisiane avait témoigné son mécontentement au commandant du fort Rosalie, et dans la lettre où il lui annonçait l’envoi de troupes nouvelles, il l’invitait à réparer une imprudence dont souffrait la colonie.
Fébriano épiait donc l’occasion de regagner sa puissance, au moment où Ondouré cherchait le moyen de satisfaire son ambition. Ces deux traîtres, jadis compagnons de débauche, par une conformité de passions, avaient conçu l’un et l’autre une haine violente contre René. L’homme sauvage alla trouver l’homme policé ; il lui parla de la mort du Soleil : « Dans les changements prêts à s’opérer aux Natchez, lui dit-il, si le commandant des Français me veut seconder, je lui ferai obtenir les concessions, objets de tant de troubles et de malheurs. »
Ravi d’une proposition qui le rendait important en le rendant utile, Fébriano court avertir Chépar :<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Havang(nl)" /></noinclude>celui-ci consent à recevoir Ondouré au milieu de la nuit, sur un des ravelins du fort.
— Sachem des Français, dit Ondouré en l’abordant, je ne sais ce que vous méditez. De nouveaux guerriers vous sont arrivés : peut-être est-ce votre dessein de lever encore une fois la hache contre nous. Au lieu de vous engager dans cette route incertaine, je puis vous mener à votre but par une voie plus sûre. Depuis longtemps je suis l’ami des Français ; employez votre autorité à me faire élever à la place qui me rendra tuteur du jeune Soleil. Je m’engage alors à vous faire céder les terres que vous réclamez, et dont vos députés et les nôtres doivent régler les limites. Dans deux jours la nomination de l’édile aura lieu. Que l’on envoie par vos ordres des présents aux jeunes guerriers, aux matrones et aux prêtres, et je l’emporterai sur mes compétiteurs.
Flatté d’entendre parler de sa puissance, regardant comme un grand coup de politique de mettre Ondouré, qu’il croyait l’ami de la France, à la tête des Natchez, espérant surtout réparer sa faute par l’obtention des terres dont on lui fait la promesse, Chépar se précipite dans le projet d’Ondouré : il charge Fébriano de la distribution des présents.
Ondouré retourne auprès d’Akansie, qu’il s’étonne de trouver abattue : il en est du crime comme de ces boissons amères que l’habitude seule rend supportables. « Il ne s’agit plus d’hésiter, s’écrie Ondouré : voulez-vous commander avec moi, ou voulez-vous rester esclave sous un sachem de votre famille ? Songez qu’il y va de votre vie et de la mienne : si nous ne sommes pas assez forts pour proscrire nos ennemis, nous serons proscrits par eux. Tôt ou tard quelque voix accusatrice révélera le secret de la mort du Soleil, et au lieu de monter au pouvoir, nous serons traînés au supplice. Allez donc ; parlez aux matrones, obtenez leurs voix ; je cours m’assurer de celle des jeunes guerriers. Outougamiz, qui balance seul mon crédit auprès d’eux, Outougamiz, encore trop faible, ne peut sortir de sa cabane. Que le jongleur dévoué à nos intérêts fasse s’expliquer les génies, et nous triompherons de la résistance de Chactas et d’Adario. »
L’assemblée générale de la nation étant convoquée pour procéder au choix de l’édile, Chactas proposa d’élever René, son fils adoptif, à cette place importante ; mais le jongleur déclara que l’étranger, coupable à la fois de la disparition du serpent sacré, de la mort des femelles de castor et de la guerre dans laquelle le vieux Soleil avait péri, était réprouvé du Grand-Esprit.
Le frère d’Amélie rejeté, Adario présenta son neveu Outougamiz, qui venait de faire éclater tant de vertu et de vaillance : Outougamiz fut écarté à cause de la simplicité de sa vertu. Chactas et Adario ne voulaient pas pour eux-mêmes une charge dont leur âge ne leur permettait plus l’exercice.
Akansie désigna à son tour Ondouré : ce nom fit rougir les hommes qui conservaient encore quelque pudeur. Chactas repoussa de toute la dignité de son éloquence un guerrier dont il osa peindre les vices. Adario, qui sentait le tyran dans Ondouré, menaça de le poignarder s’il attentait jamais à la liberté de la patrie ; mais les présents de Fébriano avaient produit leur effet : les matrones enchantées par des parures, les jeunes guerriers séduits par des armes, un assez bon nombre de sachems, à qui l’ambition ôtait la prudence, soutinrent le candidat de la femme-chef. Les Manitous consultés approuvèrent l’élection d’Ondouré. Ainsi l’éducation d’un enfant qui devait un jour commander à des peuples fut remise à des mains oppressives et souillées : le champ empoisonné de Gomorrhe fait mourir la plante qu’on lui confie, ou ne porte que des arbres dont les fruits sont remplis de cendre.
Cependant les blessures de René se fermaient ; des simples, connus des sauvages, rétablissaient ses forces avec une étonnante rapidité. Il n’avait qu’un moyen de payer à Outougamiz la dette d’une amitié sublime, c’était d’épouser Céluta. Le sacrifice était grand : tout lien pesait au frère d’Amélie ; aucune passion ne pouvait entrer dans son cœur, mais il crut qu’il se devait immoler à la reconnaissance ; du moins ce n’était pas à ses yeux démentir sa destinée, que de trouver un malheur dans un devoir.
Il fit part de sa résolution à Chactas : Chactas demanda la main de Céluta à Adario ; Outougamiz fut rempli de joie en apprenant que son ami allait devenir son frère. Céluta, rougissant, accorda son consentement avec cette grâce modeste qui respirait en elle ; mais elle éprouvait quelque chose de plus que ce plaisir mêlé de frayeur qu’éprouve la jeune vierge prête à passer dans les bras d’un époux. Malgré l’amour qui entraînait vers René la fille de Tabamica, malgré la félicité dont elle se faisait l’image, elle était frappée d’une tristesse involontaire ; un secret pressentiment serrait son cœur : René lui inspirait une terreur dont elle ne se pouvait défendre ; elle sentait qu’elle allait tomber dans le sein de cet homme comme on tombe dans un abîme.
Les parents ayant approuvé le mariage, Chactas dit à René : « Bâtis ta cabane, portes-y le collier pour charger les fardeaux et le bois pour allumer le feu ; chasse pendant six nuits ; à la septième, Céluta te suivra à tes foyers. »
René établit sa demeure dans une petite vallée<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Havang(nl)" /></noinclude>loutés d’une mousse verdoyante. Des martins-pêcheurs se reposaient sur des branches pendantes au-dessus de l’onde, ou fuyaient devant les canots, en rasant le bord de la rivière.
On arrive au lieu désigné : c’était une baie où la folle-avoine croissait en abondance. Ce blé, que la Providence a semé en Amérique pour le besoin des sauvages, prend racine dans les eaux ; son grain est de la nature du riz ; il donne une nourriture douce et bienfaisante.
À la vue du champ merveilleux, les Natchez poussèrent des cris, et les rameurs, redoublant d’efforts, lancèrent leur pirogue au milieu des moissons flottantes. Des milliers d’oiseaux s’enlevèrent, et, après avoir joui des bienfaits de la nature, cédèrent leur place aux hommes.
En un instant les nacelles furent cachées dans la hauteur et l’épaisseur des épis. Les voix qui sortaient du labyrinthe mobile ajoutaient à la magie de la scène. Des cordes de bouleau furent distribuées aux moissonneurs ; avec ces cordes ils saisissaient les tiges de la folle-avoine, qu’ils liaient en gerbe ; puis, inclinant cette gerbe sur le bord de la pirogue, ils la frappaient avec un fléau léger ; le grain mûr tombait dans le fond du canot. Le bruit des fléaux qui battaient les gerbes, le murmure de l’eau, les rires et les joyeux propos des sauvages, animaient cette scène, moitié marine, moitié rustique.
Le champ était moissonné : la lune se leva pour éclairer le retour de la flotte ; sa lumière descendait sur la rivière, entre les saules à peine frémissants. De jeunes Indiens et de jeunes Indiennes suivaient les canots à la nage, comme des sirènes ou des tritons ; l’air s’embaumait de l’odeur de la moisson nouvelle mêlée aux émanations des arbres et des fleurs. La pirogue du Grand Chef était à la tête de la flotte, et un prêtre, debout à la poupe de cette pirogue, redisait le chant consacré à l’astre des voyageurs :
« Salut, épouse du Soleil ! tu n’as pas toujours été heureuse ! Lorsque, contrainte par Athaënsic de quitter le lit nuptial, tu sors des portes du matin, tes bras arrondis, étendus vers l’orient, appellent inutilement ton époux.
« Ce sont encore ces beaux bras que tu entr’ouvres lorsque tu te retournes vers l’occident, et que la cruelle Athaënsic force à son tour le Soleil à fuir devant toi.
« Depuis ton hymen infortuné, la mélancolie est devenue ta compagne ; elle ne te quitte jamais, soit que tu te plaises à errer à travers les nuages, soit qu’immobile dans le ciel, tu tiennes tes yeux fixés sur les bois ; soit que, penchée au bord des ondes du Meschacebé, tu t’abandonnes à la rêverie ; soit que tes pas s’égarent avec les fantômes le long des pâles bruyères.
« Mais, ô Lune ! que tu es belle dans ta tristesse ! L’Ourse étoilée s’éclipse devant tes charmes, tes regards veloutent l’azur du ciel ; ils rendent les nues diaphanes ; ils font briller les fleuves comme des serpents ; ils argentent la cime des arbres, ils couvrent de blancheur le sommet des montagnes ; ils changent en une mer de lait les vapeurs de la vallée.
« C’est ta lumière, ô Lune ! qui donne de grandes pensées aux sachems ; c’est ta lumière qui remplit le cœur d’un amant du souvenir de sa maîtresse ; à ta clarté, la mère veille au berceau de son fils ; à ta clarté, les guerriers marchent aux ennemis de la patrie ; à ta clarté, les chasseurs tendent des pièges aux hôtes des forêts ; et maintenant à ta clarté, chargés des dons du Grand-Esprit, nous allons revoir nos heureuses cabanes. »
Ainsi chantait le prêtre : à chaque strophe, la conque mêlait ses sons au chœur général des Natchez ; un recueillement religieux avait saisi Céluta, René, d’Artaguette, Outougamiz, Adario et le vieux Chactas : le pressentiment d’un avenir malheureux s’était emparé de leur cœur. La tristesse est au fond des joies de l’homme : la nature attache une douleur à tous ses plaisirs ; et quand elle ne nous peut refuser le bonheur, par un dernier artifice elle y mêle la crainte de le perdre. Une voix vint arracher les amis à leurs graves réflexions : cette voix semblait sortir de l’eau ; elle disait : « Mon libérateur, me voici. » René, d’Artaguette, Outougamiz, Chactas, Adario, Céluta, regardent dans le fleuve, et ils aperçoivent Mila qui nageait auprès du canot. Enveloppée d’un voile, elle ne montrait au-dessus de l’eau que ses épaules demi-nues et sa tête humide ; quelques épis de folle-avoine, capricieusement tressés, ornaient son front. Sa figure riante brillait à la clarté de la lune, au milieu de l’ébène de ses cheveux ; des filets d’argent coulaient le long de ses joues : on eût pris la petite Indienne pour une naïade qui avait dérobé la couronne de Cérès.
— Outougamiz, disait-elle, viens donc te baigner avec moi ; pour le guerrier blanc, ton frère, j’en aurais peur. »
Outougamiz saute par-dessus le bord de la pirogue. Mila se mit à nager de concert avec lui. Tantôt elle se balançait lentement le visage tourné vers le ciel ; vous eussiez cru qu’elle dormait sur les vagues ; tantôt, frappant de son pied l’onde élastique, elle glissait rapidement dans le fleuve. Quelquefois, s’élevant à demi, elle avait l’air de se tenir debout ; quelquefois ses bras écartaient l’onde avec grâce : dans cette position elle tournait un peu la<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Havang(nl)" /></noinclude>tête, et l’extrémité de ses pieds se montrait à la surface des flots. Son sein, légèrement enflé à l’œil, sous le voile liquide, paraissait enfermé dans un globe de cristal ; elle traçait, par ses mouvements, une multitude de cercles qui, se poussant les uns sur les autres, s’étendaient au loin : Mila s’ébattait au milieu de ces ondulations brillantes, comme un cygne qui baigne son cou et ses ailes.
La langueur des attitudes de Mila aurait pu faire croire qu’elle cherchait des voluptés cachées dans ces ondes mystérieuses ; mais le calme de sa voix et la simplicité de ses paroles ne décelaient que la plus tranquille innocence. Il en était ainsi des caprices de l’élégante Indienne avec Outougamiz : elle passait à son cou un bras humide ; elle approchait son visage si près du sien, qu’elle lui faisait sentir à la fois la fraîcheur de ses joues et la chaleur de ses lèvres. Liant ses pieds aux pieds de son compagnon de bain, elle n’était séparée de lui que par l’onde, dont la molle résistance rendait encore ses entrelacements plus doux : « N’était-ce pas ainsi, disait-elle, que tu étais couché avec René sur le lit de roseaux, au fond du marais ? » Il ne fallait chercher dans ces jeux que ceux d’un enfant plein de charme ; et si quelque chose d’inconnu se mêlait aux pensées de Mila, ce n’était point à Outougamiz que s’adressaient ces pensées.
Tant de grâces n’avaient point échappé à la fille de Tabamica : moins René y avait paru sensible, plus elle craignit une délicatesse affectée. Rentrée dans sa demeure, elle se trouva mal : bien que son sein maternel n’eût encore compté que sept fois le retour de l’astre témoin des plaisirs de Mila, Céluta sentit que l’enfant de René se hâterait d’arriver à la triste lumière des cieux, afin de partager les destinées de son père.
Le frère d’Amélie avait passé la nuit dans les bois : au lever du soleil il ne retrouva Céluta ni dans la cabane, ni à la fontaine, ni au champ des fleurs. Il apprit bientôt que, pressée pendant la nuit par les douleurs, son épouse s’était retirée à la hutte que lui avaient bâtie les matrones, selon l’usage, et qu’elle resterait dans cette hutte un nombre de jours plus ou moins long, selon le sexe de l’enfant.
Céluta pensa perdre la vie en la donnant à une fille que l’on porta à son père, et qu’en versant des pleurs il nomma Amélie. Cette seconde Amélie paraissait au moment d’expirer : René se vit obligé de verser l’eau du baptême sur la tête de l’enfant en péril ; l’enfant poussa un cri. Le baptême, parmi les sauvages, était regardé comme un maléfice : Ondouré accusa le guerrier blanc d’avoir voulu faire mourir sa fille, par dégoût pour Céluta et par amour pour une autre femme. Ainsi s’accomplissait le sort de René : tout lui devenait fatal, même le bonheur.
L’enfant vécut, et les jours de retraite expirèrent : Céluta revint à son toit, où l’attendaient ses parents. Les vêtements de la jeune mère étaient nouveaux : elle ne devait rien porter de ce qui lui avait servi autrefois : son enfant était suspendu à sa mamelle. Lorsqu’elle mit le pied sur le seuil de sa cabane, ses yeux, jusqu’alors baissés avec modestie, se levèrent sur René, qui lui tendait les bras pour recevoir son enfant : tout ce que la passion d’une amante, tout ce que la dignité d’une épouse, tout ce que la tendresse d’une mère, tout ce que la soumission d’une esclave, tout ce que la douleur d’une femme peuvent jamais réunir de plus touchant, fut exprimé par le regard de Céluta. « Je ne vous ai donné qu’une fille, dit-elle ; pardonnez à la stérilité de mon sein : je ne suis pas heureuse. »
René prit son enfant, l’éleva vers le ciel, et le remit dans les bras de sa mère. Tous les parents bénirent la fille de Céluta : Outougamiz lui suspendit un moment au cou le Manitou d’or, et sembla la consacrer au malheur.
Chez les sauvages, ce sont les parents maternels qui imposent les noms aux nouveau-nés. Selon la religion de ces peuples, le père donne l’âme à l’enfant, la mère ne lui donne que le corps : on suppose d’après cela que la famille de la femme connaît seule le nom que le corps doit porter. René, s’obstinant à appeler sa fille Amélie, blessa de plus en plus les mœurs des Indiens.
Depuis qu’il était père, sa tristesse était singulièrement augmentée. Il passait des jours entiers au fond des forêts. Quand il revenait chez lui, il prenait sa fille sur ses genoux, la regardait avec un mélange de tendresse et de désespoir, et tout à coup la remettait dans son berceau comme si elle lui faisait horreur. Céluta détournait la tête et cachait ses larmes, attribuant le mouvement de René à un sentiment de haine pour elle.
Si René, rentrant au milieu de la nuit, adressait des mots de bonté à Céluta, c’était avec peine qu’elle parvenait à dissimuler l’altération de sa voix ; si René s’approchait de son épouse pendant le jour, elle lui laissait adroitement sa fille dans les bras et s’éloignait de lui ; si René montrait quelque inquiétude de la santé chancelante de la sœur d’Outougamiz, celle-ci en attribuait le dérangement à la naissance d’Amélie. Elle disait alors des choses si touchantes en s’efforçant de prendre un air serein, que son trouble paraissait davantage à travers ce calme de la vertu résignée.
Mila se retrouvait partout sur les pas du frère d’Amélie ; elle venait souvent à la cabane, où Céluta l’accueillait toujours avec douceur.<noinclude>
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— Si tu étais ma mère, disait Mila à l’épouse affligée, je serais toujours avec toi ; j’entendrais le guerrier blanc te parler de l’amitié de ton frère et te raconter des histoires de son pays. Nous préparerions ensemble la couche du guerrier blanc ; et puis, quand il dormirait, je rafraîchirais son sommeil avec un éventail de plumes. »
Mila terminait ordinairement ses discours en se jetant dans les bras de Céluta ; c’était chercher la tranquillité au sein de l’orage, la fraîcheur au milieu des feux du midi. La jeune Indienne obtenait un regard de pitié des yeux dont elle faisait couler les larmes ; elle sollicitait l’amitié d’un cœur qu’elle venait de poignarder.
La mère de Mila, impatiente de ces courses, avait menacé sa fille de lui jeter de l’eau au visage, châtiment qu’infligent à leurs enfants les matrones indiennes. Mila avait répondu qu’elle mettrait le feu à la cabane de sa mère ; les parents avaient ri, et Mila avait continué de chercher René.
Un soir celui-ci était assis au bord d’un de ces lacs que l’on trouve partout dans les forêts du Nouveau-Monde. Quelques baumiers isolés bordaient le rivage ; le pélican, le cou reployé, le bec reposant comme une faux sur sa poitrine, se tenait immobile à la pointe d’un rocher ; les dindes sauvages élevaient leur voix rauque du haut des magnolias ; les flots du lac, unis comme un miroir, répétaient les feux du soleil couchant. Mila survint.
— Me voici ! dit-elle ; je suis tout étonnée, je t’assure : j’avais peur d’être grondée.
— Et pourquoi vous gronder ? dit René.
— Je ne sais, répondit Mila en s’asseyant et s’appuyant sur les genoux du guerrier blanc.
— N’auriez-vous point quelque secret ? répliqua René.
— Grand-Esprit ! s’écria Mila, est-ce que j’aurais un secret, J’ai beau penser, je ne me souviens de rien.
Mila posa ses deux petites mains sur les genoux de René, inclina la tête sur ses mains, et se mit à rêver en regardant le lac. René souffrait de cette attitude, mais il n’avait pas le courage de repousser cette enfant. Il s’aperçut, au bout de quelque temps, que Mila s’était endormie.
Âge de candeur, qui ne connais aucun péril ! âge de confiance, que tu passes vite ! « Quel bonheur pour toi, Mila ! murmura sourdement René, si tu dormais ici ton dernier sommeil ! »
— Que dis-tu ? s’écria Mila tirée de son assoupissement. Pourquoi m’as-tu réveillée ? Je faisais un si beau rêve !
— Vous feriez mieux, dit René, de me chanter une chanson, plutôt que de dormir ainsi comme un enfant. »
— C’est bien vrai, dit Mila ; attends, que je me réveille. Et elle frotta ses yeux humides de sommeil et de larmes.
— Je me souviens, reprit-elle, d’une chanson de Céluta. O Céluta ! comme elle est heureuse ! comme elle mérite de l’être ! C’est ta femme, n’est-ce pas ?
Mila se prit à chanter ; elle avait dans la voix une douceur mêlée d’innocence et de volupté. Elle ne put chanter longtemps ; elle brouilla tous ses souvenirs, et pleura de dépit de ne pouvoir redire la chanson de Céluta.
La mère de Mila, qui la suivait, la trouva assise aux genoux de René ; elle la frappa avec une touffe de lilas qu’elle tenait à la main, et Mila s’échappa en jetant des feuilles à sa mère. L’imprudente colère de la matrone révéla la course de sa fille ; le bruit s’en répandit de toutes parts. Mila elle-même s’empressa de dire à Céluta qu’elle avait dormi sur les genoux du guerrier blanc au bord du lac. Céluta n’avait pas besoin de ce qu’elle prenait pour une nouvelle preuve du malheur qui l’avait frappée.
Le frère d’Amélie connaissait trop les passions pour ne pas apercevoir ce qui naissait au fond du cœur de Mila ; il devint plus sévère avec elle : cette rigueur effraya la gentille sauvage. Ses sentiments repoussés se replièrent sur tout ce qui aimait René, sur Céluta, sur Outougamiz, qui avait délivré le guerrier blanc avec tant de courage et qui avait si bien nagé dans le fleuve. Mila rencontrait souvent Outougamiz dans les cabanes : la naïveté héroïque du jeune homme plaisait à la naïveté malicieuse de la jeune fille.
— Tu as sauvé ton ami du cadre de feu, disait un jour Mila à Outougamiz. C’est bien beau ! j’aurais voulu être là.
— Tu m’aurais beaucoup gêné, répondit le frère de Céluta, parce que tu aurais eu faim ; et que t’aurais-je donné à manger ?
— C’est vrai, répliqua l’Indienne ; mais si j’avais été avec toi, j’aurais pris la tête de ton ami dans mes deux mains, j’aurais réchauffé ses yeux avec mes lèvres ; et pour voir si son cœur battait encore, j’aurais mis ma main sur son cœur. — Et Mila portait la main au cœur d’Outougamiz.
— Ne fais pas cela, dit le sauvage. Est-ce que tu serais devenue amoureuse ? — Non, certainement, s’écria l’Indienne étonnée : mais je le demanderai à Céluta.
L’âme de la jeunesse en prenant son essor essaye de tous les sentiments, goûte, comme l’enfant, à toutes les coupes, douces ou amères, et n’apprend à s’y connaître que par l’expérience. Attirée d’abord par René, Mila trouva bientôt en lui quelque chose de trop loin d’elle. Le cœur d’Outougamiz était le cœur qui convenait à celui de Mila ; leur sympathie une<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Havang(nl)" /></noinclude>tenir éloigné des cabanes ; Chactas, avec le reste de la famille, se hâta de se rendre chez Adario.
Instruit du sort qu’on lui prépare, Adario refuse de fuir : il déploie une natte, s’assied à terre. Fatigué des cris qu’il entend : — Indigne famille ! dit-il d’une voix terrible, que me conseillez-vous ? Moi ! me cacher devant des brigands ! donner un tel exemple à la jeunesse ! Chactas, j’attendais d’autres sentiments d’un des pères de la patrie.
— De quelle utilité peut être à la patrie votre captivité ou votre mort ? répondit Chactas ; en vous retirant, au contraire, dès demain peut-être nous pourrons nous défendre contre les oppresseurs de notre liberté ; mais aujourd’hui le temps nous manque ; je ne sais quelle main perfide a écarté la plupart des jeunes guerriers…
— Non, dit Adario, je ne me retirerai point ; je vous laisse le soin de me venger.
Adario se lève et prend ses armes : sa famille n’ose s’opposer à son dessein. Le sachem se rassied : un profond silence règne autour de lui.
On entend au dehors le pas d’une troupe de concessionnaires conduits par Fébriano. À la gauche du sachem était son fils, derrière lui sa vieille épouse et sa jeune fille, mère d’un enfant qu’elle tenait dans ses bras ; devant lui Chactas, appuyé sur un bâton blanc.
Fèbriano entre, déploie un ordre, et commande à Adario de le suivre.
— Oui, je vais te suivre, répond le sachem ; je vois que tu m’as reconnu ; je t’ai fait assez peur le jour de la bataille pour que tu te souviennes de moi.
Adario s’élance de sa natte ; et appuie le bout d’un javelot sur la poitrine de Fébriano. Chactas, dont les regards ne dirigent plus les mains tremblantes, cherche en vain, dans la nuit qui l’environne, à détourner les coups et à faire entendre des paroles pacifiques. Le renégat recule, et sa troupe avance. Des cris s’échappent de la multitude remplissant les lieux d’alentour. Les femmes éplorées se suspendent aux fusils des concessionnaires. Une voix s’élève, la bande armée tire, le fils d’Adario tombe mort à ses côtés. Le sachem se défend quelque temps derrière le corps de son fils ; Chactas, renversé, est foulé aux pieds. Une épaisse fumée monte dans les airs ; la cabane est en flammes : tout fuit. Lié des mains de Fébriano, Adario est conduit avec sa femme, sa fille et son petit-fils au fort Rosalie. D’autres sicaires du complice d’Ondouré, envoyés à la demeure de René, n’avaient trouvé que le silence et la solitude.
Les habitants de la colonie accoururent en foule sur le passage des prisonniers. Ceux-ci auraient inspiré une pitié profonde s’il ne suffisait pas d’être malheureux parmi les hommes pour en être haï et persécuté. D’Artaguette, qui avait refusé de conduire des soldats aux Natchez, subissait lui-même une captivité militaire, et ne pouvait plus être d’aucun secours à la famille enchaînée.
Le conseil de Chépar s’étant assemblé, Fébriano déclara qu’Adario s’était armé, qu’il avait méprisé les ordres du roi, et qu’on avait été obligé de l’enlever de vive force. Deux avis furent ouverts : le premier, de transporter le rebelle aux îles ; le second, de le vendre, avec sa famille, au fort Rosalie. Ce dernier avis l’emporta. Le commandant choisit le parti le plus violent comme le plus capable de frapper les Natchez d’une épouvante salutaire : l’imprudence et la dureté paraissent souvent aux esprits étroits de l’habileté et du courage. Il fut donc résolu qu’Adario, sa femme et ses enfants, seraient à l’instant même publiquement vendus, et employés aux travaux de la colonie.
Ondouré passa secrètement quelques heures au fort Rosalie : Fébriano l’informa du jugement rendu par le conseil ; le sauvage s’en réjouit, ainsi que du meurtre du fils d’Adario et de l’incendie de la cabane. Il regrettait seulement de n’avoir pu abattre du premier coup sa principale victime, mais il s’en consolait dans la pensée que René n’avait échappé à son sort que pour peu de temps.
L’Indien espérait trouver la rage des Natchez à son comble, et les esprits disposés à tout entreprendre : il ne se trompait pas. Revenu du fort Rosalie, il se rendit au lieu où Chactas, après l’enlèvement d’Adario, avait rassemblé les tribus : c’était au bord du lac des bois, dans l’endroit où Mila s’était endormie sur les genoux de René.
Le chef parut avec un front triste au milieu de l’assemblée. Tous les yeux se tournèrent vers lui. Les jeunes guerriers, à peine de retour d’une longue chasse, s’écrièrent : — Tuteur du Soleil, que nous conseillez-vous ?
— Mon opinion, répondit modestement le rusé sauvage, est celle des sachems.
Les sachems louèrent cette modération, excepté Chactas, qui découvrit l’hypocrite.
— Que la Femme Chef s’explique, » dit-on de toutes parts.
— Ô malheureux Natchez ! dit Akansie, subjuguée et criminelle, on conspire ! » Et elle se tut.
« Il la faut forcer de parler ! » fut le cri de la foule. Alors Ondouré :
— Remarquez, ô guerriers ! que le fils adoptif de Chactas, que l’on représentait comme une des victimes désignées par Chépar, a pourtant été soustrait à la trahison de nos ennemis, tandis qu’Adario est dans les fers. Sachems et guerriers, avez-vous quelque confiance en moi ? »<noinclude>
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— Oui, oui ! » répétèrent mille voix. Celle de Chactas, dans ce moment de passion, ne fut point écoutée.
— Voulez-vous faire, reprit Ondouré, ce que j’ordonnerai pour votre salut ?
— Parlez, nous vous obéirons ! s’écria de nouveau l’assemblée.
— Eh bien ! dit Ondouré, rentrez dans vos cabanes ; ne montrez aucun ressentiment, ayez l’air soumis, supportez de nouvelles injustices, et je vous promets… Mais il n’est pas temps de parler. Je découvrirai au grand-prêtre ce qu’Athaënsic m’a inspiré. Oui, Natchez, Athaënsic m’est apparue dans la vallée ! ses yeux étaient deux flammes ; ses cheveux flottaient dans les airs comme les rayons du soleil à travers les nuages de la tempête ; tout son corps était quelque chose d’immense et d’indéfinissable ; on ne pouvait la voir sans ressentir les terreurs de la mort. « Délivre la patrie, m’a-t-elle dit ; concerte toute chose avec le serviteur de mes autels. {{points|20}} » Alors l’esprit m’a révélé ce que je devais d’abord apprendre au seul jongleur : ce sont des mystères redoutables.
L’assemblée frémit. Le grand-prêtre s’écria : « N’en doutons point, Athaënsic a remis sa puissance à Ondouré. Guerriers, le tuteur du Soleil vous commande par ma voix de vous séparer. Retirez-vous, et reposez-vous sur le ciel du soin de votre vengeance. »
À ces mots les sauvages se dispersèrent, pleins d’une horreur religieuse qu’augmentaient l’ombre et le calme des forêts.
Ondouré ne désirait point armer dans ce moment les Natchez contre les Français : ils n’étaient pas assez forts pour triompher, et tout se serait réduit à une action aussi peu décisive que la première. Ce n’était pas d’ailleurs un combat ouvert et loyal que voulait le sauvage ; il prétendait porter un coup plus sûr, mais plus ténébreux. Or, tout n’était pas préparé, et le jour où le complot pouvait éclater avec succès était encore loin.
L’amant dédaigné de Céluta avait fait de l’absence de son rival un nouveau moyen de calomnie : non content de perdre René dans l’opinion des Natchez, il le faisait chercher de toutes parts pour le livrer aux Français. Avec un dessein bien différent, Céluta s’était empressée de suivre les traces de son époux, mais elle avait en vain interrogé les rochers et les bruyères. Elle sortait de sa cabane, elle y revenait, dans la crainte que René n’y fût rentré par un autre chemin : quelquefois elle songeait à se rendre au fort Rosalie, se figurant que l’objet de sa tendresse y avait déjà été conduit ; quelquefois elle s’asseyait au carrefour d’un bois, et ses regards s’enfonçaient dans les divers sentiers qui se déroulaient sous l’ombrage ; elle n’osait appeler René, de peur de le trahir par les sons mêmes de sa voix. Amélie ne quittait point les bras maternels, et Céluta retrouvait des forces en pleurant sur ce cher témoin de sa douleur.
Outougamiz, toujours inspiré quand il s’agissait des périls de son ami, avait été plus heureux que sa sœur ; depuis longtemps il s’était aperçu que le frère d’Amélie aimait à diriger ses pas vers une colline qui bordait le Meschacebé, et dans le flanc de laquelle s’ouvrait une grotte funèbre : il commença ses recherches de ce côté. Un autre instinct conduisit Mila au même lieu : la colombe au loin transportée trouve, à travers les champs de l’air, le chemin qui la ramène à sa compagne.
Les deux fidèles messagers se rencontrèrent à l’entrée de la grotte. « Qui t’amène ici ? » dit Mila à Outougamiz.
« Mon génie, répondit le sauvage ; et il montrait la chaîne d’or. Et toi, Mila, qui t’a conduite de ce côté ?
— Je n’en sais rien, répliqua l’Indienne ; quelque chose qui est peut-être la femme de ton génie. Tu verras que nous avons deviné, et que le guerrier blanc est ici. »
En effet, ils aperçurent René assis en face du fleuve, sous la voûte de la caverne : on voyait auprès de lui un livre, des fruits, du maïs et des armes. Cette caverne était un lieu redouté des Natchez : ils y avaient déposé une partie des os de leurs pères. On racontait qu’un esprit de la tombe veillait jour et nuit à cette demeure.
« Oh ! s’écria Mila, j’aurais bien peur si le guerrier blanc n’était ici. »
Etonné de l’apparition de son frère et de la jeune Indienne, René crut qu’ils s’étaient donné rendez-vous dans ce sanctuaire propre à recevoir un serment ; et comme il appelait leur union de tous ses vœux, il fut charmé de cette rencontre.
Outougamiz et Mila ne dirent rien au frère d’Amélie du véritable objet de leur descente à la grotte : tant les cœurs naïfs deviennent intelligents quand il s’agit de ce qu’ils aiment ! Ils comprirent que s’ils révélaient à René les périls dont il était menacé, loin de pouvoir l’arrêter, il échapperait à leur tendresse. Le couple ingénu laissa donc l’homme blanc croire ce qu’il voudrait croire, et ne songea qu’à le retenir dans cette retraite par le charme d’un entretien amical.
Le frère de Céluta ignorait ce qui s’était passé aux Natchez : il supposait qu’Adario se serait éloigné avec Chactas, jusqu’au moment où les enfants du Soleil pourraient venger leur injure. Outougamiz eût désiré calmer les inquiétudes de sa sœur, mais<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="D Che7" /></noinclude>maintenant tu serais pur à mes yeux comme la rosée du ciel. Que le monde entier te déclare coupable, je te proclame innocent ; que l’univers te déteste, j’aurai le bonheur de t’aimer sans rivale. Moi, t’abandonner, lorsque tu es calomnié, persécuté ! »
Les grandes âmes s’entendent : Adario admira sa nièce. « Tu es de mon sang, dit-il, et c’est pour cela que l’amour de la patrie triomphera dans ton cœur de l’amour d’un homme. Que peux-tu opposer à ce que je t’ai raconté ? »
« Ce que j’y oppose ? répliqua vivement Céluta : le malheur de René. Mon mari coupable ! Il ne l’est point : tu en as trop dit, Adario, pour me convaincre. N’as-tu pas été jusqu’à me parler de Mila ? C’est à moi d’avoir affaire avec mon cœur, de dévorer mes peines, si j’en ai : mais chercher à me faire croire à des trahisons envers les Natchez, par le ressentiment d’une infidélité qui ne regarderait que moi ! Sachem, je rougis pour ta vertu ! j’ignorais que ton grand cœur fût si sensible à un chagrin de femme ! »
La fureur d’Adario s’allume ; il ne voit dans ce dévouement de l’amour conjugal que la faiblesse d’un esprit fasciné par la passion. Blessé des paroles de Céluta, il s’écrie : « Tremble, misérable servante d’un blanc ; tremble qu’un indigne amour te fasse hésiter sur tes devoirs ; apprends que si ton sang était demandé par la patrie, cette main qui a étouffé mon fils te saurait bien retrouver. » Adario, s’arrachant du chêne contre lequel il est appuyé, va chercher la caverne des ours pour y fuir la vue des hommes, aussi insensible au mal qu’il a fait que le poignard qui ne sent pas les palpitations du cœur qu’il a percé.
Le coup a pénétré jusqu’aux sources de la vie : la victime s’est débattue contre le trait au moment où ce trait l’a frappée, mais à la blessure refroidie s’attache une douleur cuisante. Céluta ne croit point au crime de René, mais il suffit qu’on accuse celui qu’elle aime pour qu’elle soit navrée de douleur ; elle ne croit pas à l’inconstance de son époux : elle ne supposera jamais René capable d’avoir donné pour femme sa maîtresse à son ami ; mais que font la raison, l’élévation des sentiments, la générosité du caractère, contre ces vagues soupçons qui traversent le cœur ? On s’en défend, on les repousse ; vaine tentative ! ils renaissent comme ces songes qui se reproduisent dans le cours d’un pénible sommeil.
Céluta regagne à pas tremblants sa cabane ; elle y trouve ses aimables hôtes. « Mon frère, dit-elle en entrant, je sais tout : on trame quelque complot. Sauvons ton ami ! »
« C’est parler, cela, dit Mila en avançant d’un air courageux son joli visage. Ce n’est pas comme toi, Outougamiz, qui es triste comme un chevreuil blessé. Sauvons René ! c’est ce que je disais tantôt. »
Les deux sœurs et le frère s’assirent ensemble sur la même natte, approchèrent leurs trois têtes, et se mirent à examiner comment ils pourraient sauver René. Les conspirations des bons ne sont pas comme celles des méchants : on nuit facilement, on répare avec peine. Le fond du secret était ignoré de la femme, de l’ami et de l’amie de René : ils ne pouvaient donc apporter de remède à un mal dont la nature leur était inconnue. Mila ne savait autre chose que de tuer Ondouré : elle soutenait par son caractère résolu le frère et la sœur, dont les âmes, disait-elle, étaient aussi pesantes que le vol d’un aigle blanc. « Les sachems, ajoutait Mila, ont plus de sagesse que nous, mais ils n’aiment point. Opposons nos cœurs à leurs têtes, et nous saurons bien comment agir quand le moment sera venu. »
Prêt à consommer ses forfaits, Ondouré sentait ses passions s’exalter. Céluta, de retour de son pèlerinage, parut toute divine aux yeux du scélérat. Une femme en pleurs, une femme qui vient de faire des choses extraordinaires, a des attraits irrésistibles : plus l’âme s’élève vers le ciel, plus le corps se couvre de grâce ; et le criminel, pour son supplice comme pour celui de sa victime, aime particulièrement la beauté qui tient à la vertu. « Quoi ! cette femme, disait Ondouré, si dévouée à mon rival, ne m’accorderait pas même un sourire ! Céluta, tu seras à moi ! j’assouvirai sur toi mes désirs, fusses-tu dans les bras de la mort. »
Au milieu de son triomphe, Ondouré éprouvait pourtant une vive inquiétude : la jalousie de la Femme-chef, endormie pendant les troubles aux Natchez et pendant l’absence de Céluta, jetait maintenant de nouvelles flammes ; elle menaçait le tuteur du soleil d’un éclat qui l’eût perdu. Une scène inattendue fut au moment de produire la catastrophe qu’il redoutait.
La fête de la pêche avait été proclamée fête sacrée, à laquelle personne ne se pouvait dispenser d’assister. Céluta s’y rendit avec Mila et son frère : le grand-prêtre ordonna la danse générale des femmes. La sœur d’Outougamiz fut obligée de figurer dans ce chœur religieux : émue par ses souvenirs, se laissant aller à une imagination attendrie, elle commence à faire parler ses pas, car la danse a aussi son langage ; tantôt elle lève les bras vers le ciel, comme le rameau d’un suppliant : tantôt elle incline sa tête comme une rose affaissée sur sa tige. L’air de langueur et de tristesse de Céluta ajoutait un charme à ses grâces.
Ondouré dévorait des yeux la touchante sauvage ; Akansie, qui ne le perdait pas de vue, se sentait prête à rugir comme une lionne. Dans l’illusion de<noinclude>
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Livre:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1.djvu
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Rene1596" />{{numérotation|BOU|20}}</noinclude><section begin="BOURRU"/>du goût des autres par grossiéreté de mœurs & par défaut d’éducation. Le ''bourru'', dit proprement quelque chose de maussade. Il a l’esprit ''bourru'', l’humeur ''bourrue''.
<poem>''On sçait que c’est un vieux'' bourru, (Juvénal.)
''Dont l’âpre & bouillante colère,''
''Quand une fois il est feru,''
''Ne feroit pas grace à son pere''. {{sc|P. Du Cerc}}.</poem>
☞ Voyez aux articles particuliers les nuances qui distinguent les autres mots.
☞ On appelle vin ''bourru'', du vin blanc nouveau, qu’on n’a point laissé bouillir, & qui se conserve doux dans le tonneau pendant quelque temps.
☞ Le mot de ''bourru'' s’applique aussi à tout fil inégal, ou chargé de différentes bourres de la même espèce, qu’on n’a pas eu soin d’ôter lors de sa fabrique. Fil ''bourru'', soie ''bourrue''.
{{sc|Bourru}}, en termes de botanique, se dit des plantes, ou de leurs parties, qui sont garnies de bourre. ''{{lang|la|Pilosus}}''. L’artichaut a une tige cannelée & ''bourrue''.
Les Naturalistes appellent plantes ''bourrues'', celles dont la graine étant trop mûre, devient en petites parties si menues, que le moindre vent ou soufle les dissipe, comme celles de plusieurs chardons qui croissent dans les blés.
{{sc|Le Moine Bourru}}, est un fantôme imaginaire, dont on fait peur aux petits enfans ; un lutin, qui dans la croyance du peuple court les rues aux Avents de Noël, & qui fait des cris effroyables. ''{{lang|la|Larva}}''.
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<section begin="BOURRY"/><nowiki/>
☞ BOURRY. Bœuf de l’Isle de Madagascar. ''Voyez'' {{Tr6L|BŒUF}}.
<section end="BOURRY"/>
<section begin="BOURSAULT"/><nowiki/>
BOURSAULT. s. f. Espèce de saule. ''{{lang|la|Salix fatua}}''.
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<section begin="BOURSAUT, ou BOURSEAU"/><nowiki/>
{{sc|Boursaut}}, ou {{sc|Bourseau}}. ''Voyez'' {{Tr6L|BOURSEAU, ou BOURSAUT|{{sc|Bourseau}}}}.
<section end="BOURSAUT, ou BOURSEAU"/>
<section begin="BOURSE"/><nowiki/>
BOURSE. s. f. Espèce de petit sac de cuir, ou de velours, ou de quelque étoffe d’or, d’argent, ou de soie, qui se ferme avec des cordons ou avec un ressort, & dans lequel on met l’argent qu’on veut porter sur soi. ''{{lang|la|Sacculus, marsupium, crumena, loculus}}''. Les voleurs demandent la ''bourse'' le pistolet à la main.
Ce mot vient de ''{{lang|la|bursa}}'', dont les Auteurs de la basse latinité se sont servis dans le même sens, & qui vient du grec {{lang|grc|Βύρσα}}, qui signifie ''cuir''. {{sc|Ménag}}. Henri Etienne, ''{{lang|la|De latinitate falso suspectâ}}, c.'' 8. le tire de {{lang|grc|Βύρσα}}, d’où les Italiens ont aussi fait ''{{lang|la|borsa}}'' ; mais il y a plus d’apparence que du grec {{lang|grc|Βύρσα}} on a formé en latin barbare ''{{lang|la|boursa}}'', & de ''{{lang|la|boursa}}'' les François ont fait ''bourse''. Le P. Pezron prétend qu’il est pris du celtique ''bours & purs''. On trouve souvent ''{{lang|la|byrsa}}'', & ''{{lang|la|byrsus}}'', dans la basse latinité, pour signifier un sac, ordinairement de cuir de cerf, de bœuf, ''&c''.
{{sc|Bourse de Jetons}}, est une ''bourse'' pleine de cent jetons d’or, ou d’argent, que certains corps d’Officiers font battre avec quelques devises pour en faire présent aux Princes, aux Ministres, aux Magistrats de la protection desquels ils ont besoin. ''{{lang|la|Calculorum sacculus}}''. Le garde du trésor royal porte tous les premiers jours de l’an une bourse de jetons d’or au Roi.
{{sc|Bourse}}. Dans les Eglises & les sacristies, est aussi une espèce de boîte platte & carrée, faite de deux cartons, joints par un bout, & ouverts par l’autre, entre lesquels on met le corporal. Ils sont revêtus en dedans de toile, & en dehors couverts d’étoffe, & souvent ornés de broderie. Les deux côtés sont garnis de toile, qui donne du jeu aux cartons, afin qu’on puisse les ouvrir & les fermer. ''{{lang|la|Corporalis theca}}''. La ''bourse'' se met sur le calice ; & quand le Prêtre est à l’autel, & qu’il a tiré le corporal de la ''bourse'', il dresse la ''bourse'' contre les gradins du côté de l’Evangile.
{{sc|Bourse}}, est aussi dans le Levant une manière de compter. Le Grand-Seigneur a tant de ''bourses'' de revenu. L’Egypte doit tant de ''bourses'' au Bacha qui la gouverne. Ces ''bourses'' sont de cinq cens écus, ou de vingt-cinq mille médins. Il est très-probable que cet usage de compter par ''bourse'' ne vient point des Turcs, mais qu’ils l’ont pris des Grecs, & ceux-ci des Romains, dont les Empereurs l’avoient porté de Rome à Constantinople. Une lettre de Constantin à Cécilien, Evêque de Carthage, rapportée par Eusèbe, ''Hist. Eccl. T. IX. chap. 6.'' & par Nicéphore, ''Liv. VII. ch. 42.'' le prouve. Ce Prince dit : Ayant résolu de donner quelque chose pour l’entretien des Ministres de la Religion Catholique par toutes les provinces d’Afrique, de Numidie & de Mauritanie, j’ai écrit à Vesus, Trésorier général d’Afrique, & lui ai donné ordre de vous faire compter trois mille ''bourses''. On peut appeller ''bourse'', dit sur cela M. l’Abbé Fleury, ce que les Romains nommoient alors ''{{lang|la|follis}}'' ; c’étoit une somme de deux cens cinquante deniers d’argent, qui revient à cent quatre livres trois sols quatre deniers de notre monnoie. Ainsi les trois mille ''bourses'' faisoient plus de 300000 livres.
Mais il faut remarquer que ''{{lang|la|follis}}'' se prenoit en plusieurs significations très-différentes. Car premièrement il signifie une ''bourse'', un petit sac dans lequel on met son argent. Plaute, ''Aulul. Act. II. fc.'' 4. ''v.'' 23. & Juvénal, ''Sat. XIII. v.'' 61. ''Sat. XIV. v.'' 281. Apul. ''Liv. IV. Métam.'' Vegetius ''II.'' 20. le prennent en ce sens.
Ensuite ''{{lang|la|follis}}'' se prit pour l’argent qui étoit dans la ''bourse'', de même qu’en françois & il se dit tant du cuivre, que de l’argent & de l’or, & eut différentes significations. Car, 1°. on appela ''{{lang|la|follis}}'' le ''dupondius'', ou la pièce de deux sols, qui étoit une monnoie de cuivre, & qui changea de poids & de prix selon les changemens du ''dupondius'', mais ceci n’est point de notre sujet. Dans l’or il ne se dit jamais d’une pièce de monnoie particulière ; mais dans l’argent, peut-être l’usage avoit-il introduit que les pièces d’argent qui faisoient la ''bourse'' s’appelassent aussi chacune, ''{{lang|la|follis}}, bourse''.
Quelquefois ''{{lang|la|follis}}'' se prenoit pour un poids, & c’est en ce sens que le ''{{lang|la|follis}}'' comprenoit 312 livres six onces, lesquelles font 250 deniers, si cependant ce sont des deniers ; car un vieux Glossaire des Basiliques qu’avoit le P. Sirmond, & dont le P. Petau rapporte le morceau qui regarde le ''{{lang|la|follis}}'', sembloit porter {{lang|grc|δονάρια}}, au lieu de {{lang|grc|δηνάρια}}, & Alciat traduit ''donos'' : on ne comprend pas trop ce que c’est. M. l’Abbé Fleury dit sans hésiter que ce sont des derniers, & les prend pour la somme signifiée par le mot ''{{lang|la|follis}}, bourse'', quoique ce ne soit encore que le ''{{lang|la|follis}}'', poids, & non point le ''{{lang|la|follis}}'', somme, comme il paroît par le texte de ce Lexicon Nomique rapporté par le P. Petau.
Enfin, il se prend pour une somme composée de 225 petites monnoies d’argent, dont chacune pesoit deux {{lang|grc|κεράτια}} moins un quart. Le {{lang|grc|κεράτιον}} étoit la douzième partie d’une once ; ainsi la ''bourse'' composée de 225 de ces monnoies étoit de 32 onces, neuf {{lang|grc|κεράτια}} ou 9 douzièmes d’once, plus les trois quarts d’un {{lang|grc|κεράτιον}} ; & 3000 ''bourses'' faisoient 98250 onces, ou 12281 marcs plus deux onces. Or en mettant le marc d’argent à 27 livres, les 3000 ''bourses'' font 331587 livres, & chaque ''bourse'' 100 livres 17 sous & un peu plus, mais ce plus ne va pas à un denier. Voilà ce que c’étoit que la ''bourse'' chez les anciens. ''Voyez'' le P. Petau sur S. Epiphane, ''Tom. II. pag.'' 431 ''& suiv''. Jean Frid. Gronovius, ''De Pecuniâ Vet. Lib. IV. cap.'' 16. Vossius, ''Lex Etymol.'' Stewech, ''in Veget. Thesaur. Antiq. Rom. Grævii, Tom. X. p.'' 1179.
S. Epiphane, dans son Traité des poids & des mesures, parlant du ''{{lang|la|follis}}'', dit qu’il est de deux sortes, l’un qui est composé de deux pièces d’argent, {{lang|grc|ἐκ δύο ἀγύρωο συγκέιμενον}}, lesquelles valent 208 deniers, {{lang|grc|οἱ γίνονταί σή δηνάρια}} ; l’autre est une pièce de monnoie, & ne fait rien ici. Scaliger, au lieu de lire comme le P. Petau {{lang|grc|σή δηνάρια}}, 208 deniers, corrige {{lang|grc|σπὴ}}, 288 deniers. Un manuscrit de la bibliothèque du Roi cité par le P. Petau, ''Epiph. T. II. p.'' 443, porte, {{lang|grc|οἳ γίνονταί σοι δηνάρια}}, lesquelles (deux pièces d’argent) vous font vingt deniers. Mais Gronovius, à l’endroit que j’ai cité, lit, {{lang|grc|σὶ δηνάρια}}, 250 deniers ; & l’on ne peut douter que ce ne soit<section end="BOURSE"/><noinclude>
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<center>Salutation ô bibliothécaires libres !<br />
Je ne suis qu'un modeste wiktionnariste bien content d'utiliser vos ressources pour ses définitions ! Et qui, lorsqu'il trouve le temps (malheureusement trop court), pose son petit caillou à votre édifice.
Mais si je peux vous être utile dans mon domaine, n'hésitez pas à me contacter !
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== œuvres utiles ==
* [[Lexique de l'ancien français]], autre version : [[Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle]]
* [[Abrégé du dictionnaire grec-français|Bailly grec-français]]
* [[Dictionnaire illustré Latin-Français|Gaffiot latin-français]]
== Projets ==
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* J’ai lancé la [[Wikisource:Dicothèque|Dicothèque]].
*J’ai organisé et participé à la numérisation des livres de la [[Wikisource:Projets communautaires/Mission Gourmande|Mission gourmande]].
== Travaux ==
=== En cours ===
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{{Progression index|livre=Dictionnaire de Trévoux, 1771, II.djvu|auteurs=Les moines de Trévoux|titre=Dictionnaire de Trevoux|note=comprendre peu à peu comment mettre un dico de manière augmentée sur Wikisource, pour pouvoir faire des versements massifs ensuite sur le Wiktionnaire}}
{{Progression index|livre=Robertson - Dictionnaire idéologique.djvu|auteurs=Robertson|titre=Dictionnaire idéologique|note=pour filer un coup de main aux copains et copines !}}
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{{Progression index|livre=Le Littré de la Grand'Côte, éd. 1903.pdf|auteurs=Clair Tisseur|titre=Le Littré de la Grand'Côte|note=parce qu’il était pas sur le projet, une honte pour nous gones.}}
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Contes choisis des frères Grimm
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[[Catégorie:Recueils de contes]]
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Courvey
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/* Corrigée */ {{t3|{{t|'''INTERRUPTION.'''|60}}|CHAPITRE V.}}
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{{t3|{{t|'''INTERRUPTION.'''|60}}|CHAPITRE V.}}
{{interligne|5em}}
« Hélas ! s’écria douloureusement Stello, d’où vous vient le langage que vous prenez, cher Docteur ? Vous partez quelquefois du dernier mot de chaque phrase pour grimper à un autre, comme un invalide monte un escalier avec deux jambes de bois.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Courvey
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tiret + minuscule
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{{t3|{{t|'''INTERRUPTION.'''|60}}|CHAPITRE V.}}
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— Hélas ! s’écria douloureusement Stello, d’où vous vient le langage que vous prenez, cher docteur ? Vous partez quelquefois du dernier mot de chaque phrase pour grimper à un autre, comme un invalide monte un escalier avec deux jambes de bois.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Courvey
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/* Corrigée */ {{roi|Louis|XV}} + allongeait + docteur
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text/x-wiki
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— D’abord, cela vient de la fadeur du siècle de {{roi|Louis|XV}}, qui allongeait mes paroles malgré moi ; ensuite, c’est que j’ai la manie de faire du style pour me mettre bien dans l’esprit de quelques-uns de vos amis.
— Ah ! ne vous y fiez pas, dit Stello en soupirant ; car il y en a un qui n’est pas précisément le plus sot de tous, qui a dit un soir : « Je ne suis pas toujours de mon opinion. » Parlez donc simplement, ô le plus triste des docteurs ! et il pourra se faire que je m’ennuie un peu moins. »
Et le docteur reprit en ces termes :<noinclude>
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Courvey
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point final
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text/x-wiki
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— D’abord, cela vient de la fadeur du siècle de {{roi|Louis|XV}}, qui allongeait mes paroles malgré moi ; ensuite, c’est que j’ai la manie de faire du style pour me mettre bien dans l’esprit de quelques-uns de vos amis.
— Ah ! ne vous y fiez pas, dit Stello en soupirant ; car il y en a un qui n’est pas précisément le plus sot de tous, qui a dit un soir : « Je ne suis pas toujours de mon opinion. » Parlez donc simplement, ô le plus triste des docteurs ! et il pourra se faire que je m’ennuie un peu moins. »
Et le docteur reprit en ces termes.<noinclude>
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Courvey
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/* Corrigée */ Titre + tirets + s’entr’ouvrit + {{roi|Louis|XV}} le bien-aimé. + Ô ma déité
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text/x-wiki
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{{t3|{{t|'''CONTINUATION DE L’HISTOIRE QUE FIT LE DOCTEUR NOIR.'''|60}}|CHAPITRE VI.}}
{{interligne|5em}}
— Tout à coup la bouche de mademoiselle de Coulanges s’entr’ouvrit, et il sortit, de sa poitrine adorable, un cri perçant et flûté qui réveilla {{roi|Louis|XV}} le bien-aimé.
— Ô ma déité ! qu’avez-vous ? s’écria-t-il en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Courvey
93945
/* Corrigée */ ponctuation
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Courvey" /></noinclude>étendant vers elle ses deux mains et ses deux manchettes de dentelle.
Les deux jolis pieds de la plus parfaite des maîtresses tombèrent du sofa, et coururent au bout de la chambre avec une vitesse bien surprenante, lorsqu’on considère par quels talons ils étaient empêchés.
Le monarque se leva avec dignité, et mit la main sur la garde damasquinée de son épée ; il la tira à demi, dans le premier mouvement, et chercha l’ennemi autour de lui. La jolie tête de mademoiselle de Coulanges se trouva renversée sur le jabot du prince, ses cheveux blonds s’y répandirent avec un nuage léger de poudre odoriférante.
— J’ai cru voir, dit sa douce voix…
— Ah ! je sais, je sais, ma belle… dit le Roi les larmes aux yeux, tout en souriant avec tendresse, et jouant avec les boucles de la tête languissante et parfumée ; je sais ce que vous voulez dire. Vous êtes une petite folle.
— Non, vraiment, dit-elle ; votre médecin sait bien qu’il y en a qui enragent.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Courvey
93945
corrections diverses
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Courvey" /></noinclude>étendant vers elle ses deux mains et ses deux manchettes de dentelles.
Les deux jolis pieds de la plus parfaite des maîtresses tombèrent du sofa, et coururent au bout de la chambre avec une vitesse bien surprenante, lorsqu’on considère par quels talons ils étaient empêchés.
Le monarque se leva avec dignité, et mit la main sur la garde damasquinée de son épée ; il la tira à demi, dans le premier mouvement, et chercha l’ennemi autour de lui. La jolie tête de mademoiselle de Coulanges se trouva renversée sur le jabot du prince, ses cheveux blonds s’y répandirent avec un nuage léger de poudre odoriférante.
— J’ai cru voir, dit sa douce voix…
— Ah ! je sais, je sais, ma belle… dit le roi les larmes aux yeux, tout en souriant avec tendresse, et jouant avec les boucles de la tête languissante et parfumée ; je sais ce que vous voulez dire. Vous êtes une petite folle.
— Non vraiment, dit-elle ; votre médecin sait bien qu’il y en a qui enragent.<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-09T11:37:01Z
Courvey
93945
/* Corrigée */ suppr. saut de ligne + rajout mot + ponctuation + roi +...
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Courvey" /></noinclude><nowiki />
— On le fera venir, dit le roi ; mais quand cela serait, voyons… l’enfant ! ajouta-t-il en lui tapant sur la joue, comme à une petite fille ; quand cela serait, leur croyez-vous la bouche assez grande pour vous mordre ?
— Oui, oui, je le crois et j’en souffre à la mort, dirent les lèvres roses de mademoiselle de Coulanges ; et ses deux beaux yeux se mirent en devoir de se lever au ciel et de laisser échapper deux larmes. Il en tomba une de chaque côté : celle de droite coula rapidement du coin de l’œil d’où elle avait jailli, comme Vénus sortant de la mer d’azur ; cette jolie larme descendit jusqu’au menton, et s’y arrêta d’elle-même, comme pour se faire voir au coin d’une petite fossette, où elle demeura comme une perle enchâssée dans un coquillage rose. La séduisante larme de gauche eut une marche tout opposée ; elle se montra fort timidement, toute petite et un peu allongée ; puis elle grossit à vue d’œil et resta prise dans les cils blonds les plus doux, les plus longs et les plus soyeux qui se soient jamais vus. Le roi bien-aimé les dévora toutes les deux.
Cependant le sein de mademoiselle de Coulan-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Courvey
93945
/* Corrigée */ ponctuation + Ô
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Courvey" /></noinclude>ges se gonflait de soupirs, et paraissait devoir se briser sous les efforts de sa voix, qui dit encore ceci :
— J’en ai pris une… j’en ai pris une avant-hier, et certainement elle était enragée : il fait si chaud cette année !
— Calmez-vous ! calmez-vous ! ma reine ; je chasserai tous mes gens et tous mes ministres, plutôt que de souffrir que vous trouviez encore un de ces monstres dans des appartements royaux.
Le joues bienheureuses de mademoiselle de Coulanges pâlirent tout à coup, son beau front se contracta horriblement, ses doigts potelés prirent quelque chose de brun, gros comme la tête d’une épingle, et sa bouche vermeille, qui était bleue en ce moment, s’écria :
— Voyez si ce n’est pas une puce !
— Ô félicité parfaite, s’écria le prince d’un ton tant soit peu moqueur, c’est un grain de tabac ! Fassent les dieux qu’il ne soit pas enragé !<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-09T11:47:49Z
Courvey
93945
/* Corrigée */ suppr. majuscules
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Courvey" /></noinclude><nowiki />
Et les bras blancs de mademoiselle de Coulanges se jetèrent au cou du roi. Le roi, fatigué de cette scène violente, se recoucha sur le sofa. Elle s’étendit sur le sien comme une chatte familière, et dit :
— Ah ! sire, je t’en prie, fais appeler le docteur, le premier médecin de votre majesté.
Et l’on me fit appeler.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Sicarov
121895
Si vous voyez ce message, c'est que le module n'est plus mis à jour par le bot Bookwormbot depuis le 2 mars 2026. -- La plus part des outils de stat ne dépendent plus de ce module. Sicarov.
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Scribunto
text/plain
-- Si vous voyez ce message, c'est que le module n'est plus mis à jour par le bot Bookwormbot depuis le 2 mars 2026.
-- La pluspart des outils de stat ne dépendent plus de ce module. Sicarov.
-- This module is edited by the bot to invalidate cache when new stats are compiled
-- or when the versionned source is updated; changes to code here will not last.
-- TIMESTAMP 1772446064
local stats = mw.loadData('Module:ProofreadStats/Data')
local export = {}
function export.value( frame )
if( stats[frame.args[1]] ) then
return stats[frame.args[1]][0+frame.args[2]]
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return nil
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function export.total( frame )
book = stats[frame.args[1]]
return book[0]+book[1]+book[2]+book[3]+book[4]+book['m']
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function export.updated()
return stats['date']
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return export
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Utilisateur:Nalou
2
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2026-05-08T20:37:24Z
Sicarov
121895
/* Correction et validation */ maintenance PSP Livre:Poincaré - Théorie des tourbillons, 1893.djvu (fonctionne)
15779532
wikitext
text/x-wiki
__NOTOC__
{{#babel:fr|en-4|es-1|de-1}}
'''Mars 2019 : wikislow (réduction drastique de mon activité)'''
Voir [https://fr.wikipedia.org/wiki/Utilisateur:Nalou page utilisateur] sur Wikipédia.
Intéressé de façon générale par la science (en elle-même, son histoire et sa philosophie) avec un petit faible pour la mécanique des fluides.
Projets [[Wikisource:Science|Science]], projet [[Wikisource:Science/Mécanique des fluides|Mécanique des fluides]], [[/HPS|HPS]]
== Correction et validation ==
* [[Auteur:Henri Poincaré|Henri Poincaré]]
** {{L2s|Théorie des tourbillons|Poincaré_-_Théorie_des_tourbillons,_1893.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Poincaré - Théorie des tourbillons, 1893.djvu}}%) {{Ruban par titre|Théorie des tourbillons}}
** {{L2s|Savants et écrivains|Henri_Poincaré_-_Savants_et_écrivains,_1910.djvu}} — à valider
** {{L2s|Leçons sur les hypothèses cosmogoniques (Poincaré, 1911)|Poincaré_-_Leçons_sur_les_hypothèses_cosmogoniques,_1911.djvu}} — Ajouter figure, formater formules
* [[Auteur:Joseph Fourier|Joseph Fourier]] : {{L2s|Théorie analytique de la chaleur|Fourier_-_Théorie_analytique_de_la_chaleur,_1822.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Fourier - Théorie analytique de la chaleur, 1822.djvu}}%)
* [[Mémoires_de_l’Académie_des_sciences|Mémoire de l'académie des sciences]], {{L2s|Mémoire sur les lois du mouvement des fluides|Mémoires_de_l’Académie_des_sciences,_Tome_6.djvu}} — à finaliser
* [[Auteur:Joseph Valentin Boussinesq|Joseph Valentin Boussinesq]]
** Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux : {{L2s|Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, Tome 1|Joseph Boussinesq - Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, 1897.djvu|Tome 1}} ({{PSP|Livre:Joseph Boussinesq - Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, 1897.djvu}}%) — {{L2s|Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, Tome 2|Boussinesq - Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, Tome 2, 1897.djvu|Tome 2}} ({{PSP|Livre:Boussinesq - Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, Tome 2, 1897.djvu}}%) — à corriger
** {{L2s|Essai sur la théorie des eaux courantes|Joseph Boussinesq - Essai sur la théorie des eaux courantes, 1877.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Joseph Boussinesq - Essai sur la théorie des eaux courantes, 1877.djvu}}%)
* [[Auteur:Blaise Pascal|Blaise Pascal]] : {{L2s|Œuvres de Blaise Pascal, III|Œuvres_de_Blaise_Pascal,_III.djvu|Traité de l'équilibre des liqueurs…}} — à valider
** Lien revues page [[Page:Œuvres de Blaise Pascal, III.djvu/166|166]]
* [[Auteur:Jean_le_Rond_d’Alembert|D'Alembert]] : {{L2s|D’Alembert - Œuvres complètes, éd. Belin, I|D’Alembert_-_Œuvres_complètes,_éd._Belin,_I.djvu}} (faire TdM, corriger parties sur fluides)
* [[Auteur:Jean-Léonard-Marie Poiseuille|Poiseuille]] :
** {{L2s|Recherches sur la force du coeur aortique|Poiseuille - Recherches sur la force du coeur aortique, 1828.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Poiseuille - Recherches sur la force du coeur aortique, 1828.djvu}}%)
** {{L2s|Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires|Poiseuille - Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires, 1835.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Poiseuille - Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires, 1835.djvu}}%)
**{{L2s|Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres|Poiseuille - Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres, 1844.djvu}} — à corriger ({{PSP|Livre:Poiseuille - Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres, 1844.djvu}}%)
* [[Auteur:Giovanni Battista Venturi|Venturi]] : {{L2s|Recherches expérimentales sur le principe de la communication latérale du mouvement dans les fluides|Venturi - Recherches expérimentales sur le principe de la communication latérale du mouvement dans les fluides, 1797.djvu}} — à mettre en forme
** Ajouter un lien [[Page:Venturi - Recherches expérimentales sur le principe de la communication latérale du mouvement dans les fluides, 1797.djvu/52|ici]] vers le t3 des Mémoires des savans étrangers, p. 378 (sur [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3480r/f416.image gallica])
* [[Comptes rendus de l’Académie des sciences]]
** Tome 112, p. 1099, Boussinesq [[Page:Comptes_rendus_hebdomadaires_des_s%C3%A9ances_de_l%E2%80%99Académie_des_sciences,_tome_112,_1891.djvu/1099|page]], à lier à la note de bas de page de la théorie des écoulements tumultueux, page 4.
** Lien vers ce [[Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 015, 1842.djvu/1177|CRAS]] dans le [[Page:Poiseuille - Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres, 1844.djvu/7|mémoire]] de Poiseuille.
** Lien vers ce [[Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 107, 1888.djvu/388|CRAS]] à la page [[Page:Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21, 1890.djvu/465|467]] de l’[[Livre:Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21, 1890.djvu|Études sur le frottement des liquides]]
** [[Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 075, 1872.djvu/52|CRAS]] en [[Page:Joseph Boussinesq - Essai sur la théorie des eaux courantes, 1877.djvu/28|page 3]] de l'Essai sur la théorie des eaux courantes de Boussinesq
** [[Page:Comptes_rendus_hebdomadaires_des_séances_de_l’Académie_des_sciences,_tome_074,_1872.djvu/570|CRAS]] de Saint-Venant en [[Page:Joseph Boussinesq - Essai sur la théorie des eaux courantes, 1877.djvu/31|page 6]] de l'Essai sur la théorie des eaux courantes de Boussinesq
** [[Page:Comptes_rendus_hebdomadaires_des_séances_de_l’Académie_des_sciences,_tome_067,_1868.djvu/287|CRAS]] Boussinesq, dans le CRAS de Saint Venant de 1872, tome 074 p570
** [[Page:Comptes_rendus_hebdomadaires_des_s%C3%A9ances_de_l%E2%80%99Acad%C3%A9mie_des_sciences,_tome_017,_1843.djvu/1112|CRAS]] de Saint Venant, dans Formules et tables, page 5.
* [[Auteur:Maurice Couette|Maurice Couette]] : {{L2s|Études sur le frottement des liquides|Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21, 1890.djvu}} ({{PSP|Livre:Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21, 1890.djvu}}%)
* [[Auteur:Adhémar Jean Claude Barré de Saint-Venant|Barré de Saint-Venant]] : {{L2s|Formules et tables nouvelles pour la solution des problèmes relatifs aux eaux courantes|Barré de Saint-Venant - Formules et tables nouvelles pour la solution des problèmes relatifs aux eaux courantes, 1851.djvu}} ({{PSP|Livre:Barré de Saint-Venant - Formules et tables nouvelles pour la solution des problèmes relatifs aux eaux courantes, 1851.djvu}}%)
* [[Auteur:Charles Bossut|Charles Bossut]] : Traité théorique et expérimental d'hydrodynamique {{L2s|Tome 1|Bossut - Traité théorique et expérimental d'hydrodynamique, Tome 1, Nouvelle Édition, 1795.djvu}} ({{PSP|Livre:Bossut - Traité théorique et expérimental d'hydrodynamique, Tome 1, Nouvelle Édition, 1795.djvu}}%) {{L2s|Tome 2|Bossut - Traité théorique et expérimental d'hydrodynamique, Tome 2, Nouvelle Édition, 1796.djvu}} ({{PSP|Livre:Bossut - Traité théorique et expérimental d'hydrodynamique, Tome 2, Nouvelle Édition, 1796.djvu}}%)
* [[Auteur:Marie Curie|Marie Curie]] : {{L2s|Traité de radioactivité|Curie - Traité de radioactivité, 1910, tome 1.djvu}} ({{PSP|Livre:Curie - Traité de radioactivité, 1910, tome 1.djvu}}%)
* [[Auteur:Henri Bénard|Henri Bénard]] : Les tourbillons cellulaires [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96040527/f70 lien]
* Article sur l'histoire du principe d’Archimède dans la revue d'archéologie [https://archive.org/details/revuearchologiq14clasgoog/page/n8 ici] (numéro de 1868b et 1869a)
* [[Auteur:Pierre-Joseph Proudhon|Pierre-Joseph Proudhon]]
:* {{L2s|La révolution sociale démontrée par le coup d'état du 2 décembre|Proudhon - La Révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre.djvu}} ({{PSP|Livre:Proudhon - La Révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre.djvu}}%)
* [[Auteur:Émile Meyerson|Émile Meyerson]] : Explication en science {{L2S|Tome 1|Meyerson - De l'explication dans les sciences, Tome 1, 1921.djvu}} et {{L2S|Tome 2|Meyerson - De l'explication dans les sciences, Tome 2, 1921.djvu}} ; {{L2S|Identité et réalité|Meyerson - Identité et réalité, 1908.djvu}}
* [[Auteur:Hélène Metzger]]
* Rennes et Bretagne
:* {{L2s|Histoire de la Faculté des Sciences de Rennes|Joubin - Histoire de la Faculté des Sciences de Rennes.djvu}} ({{PSP|Livre:Joubin - Histoire de la Faculté des Sciences de Rennes.djvu}}%)
== À importer ==
* Articles sur [[s:en:User:Nalou|en.ws]] : Stokes, Reynolds
* Ouvrages de [[Auteur:Léon Brunschvicg|Léon Brunschvicg]] sur Commons
* Lucien Lévy-Bruhl sur [https://archive.org/search.php?query=lucien%20l%C3%A9vy-bruhl IA]
* La revue internationale de l'enseignement [https://education.persee.fr/collection/revin lien] qui a un papier sur Boussiesq :') ([https://education.persee.fr/doc/revin_1775-6014_1934_num_88_1_8352 ici])
* [http://hydraulica.grenet.fr/items/browse BDD] Hydraulique
* [http://sites.mathdoc.fr/OEUVRES/ BDD] mathématique
* Journal de physique [http://jphystap.journaldephysique.org/ lien]
* Annales des ponts et chaussées [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34348188q/date.r=.langFR 1831-1896] et [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34406825m/date.r=.langFR 1897-1931]
* Mémoire de l'académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344401790/date&rk=21459;2 Gallica] ; Mémoire académie Lyon, section lettres et arts [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344386464/date&rk=64378;0 Gallica], section sciences [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34438651q/date&rk=107296;4 Gallica] ; Mémoire académie Caen [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32813146j/date&rk=85837;2 Gallica]
* Hugoniot : Mémoire sur la propagation du mouvement [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4337130/f5.image partie 2]. Traité de balistique [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65075647?rk=42918;4 T1] [http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6515963v?rk=21459;2 T2]
* Mathématiciens : [[Auteur:Gaspard Monge|Monge]], [[Auteur:Adrien-Marie Legendre|Legendre]]
* Bélidor : Architecture hydraulique, [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8624597c/f9.image Partie 1, tome 1], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8624598s/f7.image Partie 1, tome 2] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86245996/f11.image Partie 2, tome 1], [Partie 2, tome 2], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6553431n/f11.item La science des ingénieurs] (avec notes de Navier), [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1510871g?rk=193134;0 La bombardier françois], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96672743/f5.image Dictionnaire portatif de l'ingénieur] et [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k856981?rk=42918;4 seconde édition] ''totalement changée'', [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1042795s?rk=85837;2 cours de mathématique] pour l'artillerie
* Correspondance de Proudhon : [https://archive.org/details/correspondanced12prougoog tome 1], [https://archive.org/details/correspondanced08prougoog tome 2], [https://archive.org/details/correspondanced07prougoog tome 3], [https://archive.org/details/correspondanced00prougoog tome 4], [https://archive.org/details/correspondanced00langgoog tome 5], [https://archive.org/details/correspondanced06prougoog tome 6], [https://archive.org/details/correspondanced03prougoog tome 7], [https://archive.org/details/correspondanced10prougoog tome 8], [https://archive.org/details/correspondanced11prougoog tome 9], [https://archive.org/details/correspondanced02prougoog tome 10], [https://archive.org/details/correspondanced04prougoog tome 11], [https://archive.org/details/correspondanced09prougoog tome 12], [https://archive.org/details/correspondanced01prougoog tome 14]
== Contributions ==
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* {{validé}} [[Auteur:Henri Poincaré|Henri Poincaré]] - {{L2s|Les Sciences et les Humanités|Poincaré - Sciences et Humanités, 1911.djvu}} (1911) {{Export|Les Sciences et les Humanités}}
* {{validé}} [[Auteur:Henri Poincaré|Henri Poincaré]] - {{L2s|La Science et l'Hypothèse|Poincaré - La Science et l’Hypothèse.djvu}} (1917) {{Export|La Science et l'Hypothèse}}
* {{validé}} [[Auteur:Henri Navier|Henri Navier]] - {{L2s|Mémoire sur les lois du mouvement des fluides|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 6.djvu}} (1822) {{Export|Mémoire sur les lois du mouvement des fluides}}
* {{validé}} [[Auteur:Élie Reclus|Élie Reclus]] - {{L2s|La Commune de Paris au jour le jour|Reclus - La Commune de Paris au jour le jour.djvu}} (1908) {{Export|La Commune de Paris au jour le jour}}
* {{validé}} [[Auteur:Élisée Reclus|Élisée Reclus]] - {{L2s|Évolution et Révolution|Élisée Reclus - Évolution et révolution, 1891.djvu}} (1891) {{Export|Évolution et Révolution}}
* [[Auteur:Hélène Metzger|Hélène Metzger]] - {{L2S|La philosophie de la matière chez Lavoisier|Livre:Metzger - La philosophie de la matière chez Lavoisier, 1935.djvu}} (1935) {{Export|La philosophie de la matière chez Lavoisier}}
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*[[Auteur:Joseph Valentin Boussinesq|Joseph Valentin Boussinesq]] : {{L2s|Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section|Joseph Boussinesq - Théorie de l'écoulement tourbillonnant et tumultueux des liquides dans les lits rectilignes à grande section, 1897.djvu|Théorie de l'écoulement tourbillonnant […]}}, {{L2s|Essai sur la théorie des eaux courantes|Joseph_Boussinesq_-_Essai_sur_la_théorie_des_eaux_courantes,_1877.djvu}}
*[[Auteur:Élisée Reclus|Élisée Reclus]] : {{L2s|Évolution et révolution|Élisée Reclus - Évolution et révolution, 1891.djvu}}
*[[Auteur:Isaac Newton|Newton]] : {{L2s|Optique|Isaac Newton - Optique, 1787.djvu|Optique}}, {{L2s|Méthode des fluxions|Isaac Newton - La méthode des fluxions et des suites infinies, 1740.djvu|Méthode des fluxions}}
*[[Auteur:Henri Poincaré|Poincaré]] : {{L2s|Calcul des probabilités|Henri Poincaré - Calcul des probabilités, 1912.djvu|Calcul des probabilités}}, {{L2s|Dernières pensées|Henri Poincaré - Dernières pensées, 1920.djvu|Dernières pensées}}, Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste {{L2s|Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 3|Henri Poincaré - Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 3, 1899.djvu|Tome 3}}, {{L2s|Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 2|Henri Poincaré - Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 2, 1893.djvu|Tome 2}}, {{L2s|Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 1|Henri Poincaré - Les méthodes nouvelles de la mécanique céleste, Tome 1, 1892.djvu|Tome 1}}, {{L2s|Théorie analytique de la propagation de la chaleur|Henri Poincaré - Théorie analytique de la propagation de la chaleur, 1895.djvu|Théorie analytique de la propagation de la chaleur}}, Théorie mathématique de la lumière {{L2s|Théorie mathématique de la lumière, Tome 1|Henri Poincaré - Théorie mathématique de la lumière, Tome 1, 1889.djvu|Tome 1}} {{L2s|Théorie mathématique de la lumière, Tome 2|Henri Poincaré - Théorie mathématique de la lumière, Tome 2, 1892.djvu|Tome 2}}, {{L2s|Leçons sur la théorie de l'élasticité|Henri Poincaré - Leçons sur la théorie de l'élasticité, 1892.djvu|Leçons sur la théorie de l'élasticité}}, {{L2s|Électricité et optique|Henri Poincaré - Électricité et optique, 1901.djvu|Électricité et optique}}, {{L2s|Savants et écrivains|Henri Poincaré - Savants et écrivains, 1910.djvu|Savants et écrivains}}
*[[Auteur:Pierre-Joseph Proudhon|Proudhon]] : {{L2s|La révolution sociale démontrée par le coup d'état du 2 décembre|Pierre-Joseph_Proudhon_-_La_révolution_sociale_démontrée_par_le_coup_d'état_du_2_décembre.djvu|La révolution sociale démontrée par le coup d'état du 2 décembre}}
*[[Auteur:Joseph-Louis Lagrange|Lagrange]] : Œuvres complètes, Tomes {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 2|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_2.djvu|2}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 3|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_3.djvu|3}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, 4|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_4.djvu|4}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 5|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_5.djvu|5}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 6|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_6.djvu|6}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 7|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_7.djvu|7}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 8|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_8.djvu|8}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 9|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_9.djvu|9}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 10|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_10.djvu|10}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 11|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_11.djvu|11}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 12|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_12.djvu|12}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 13|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_13.djvu|13}}, {{L2s|Œuvres de Lagrange, Tome 14|Joseph_Louis_de_Lagrange_-_Œuvres,_Tome_14.djvu|14}}
*[[Auteur:Jean-Léonard-Marie Poiseuille|Poiseuille]] : {{L2s|Recherches sur la force du coeur aortique|Poiseuille - Recherches sur la force du coeur aortique, 1828.djvu}}, {{L2s|Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires|Poiseuille - Recherches sur les causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires, 1835.djvu}}, {{L2s|Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres|Poiseuille - Recherches expérimentales sur le mouvement des liquides dans les tubes de très-petits diamètres, 1844.djvu}}
*[[Auteur:Giovanni Battista Venturi|Venturi]] : {{L2s|Recherches expérimentales sur le principe de la communication latérale du mouvement dans les fluides|Venturi - Recherches expérimentales sur le principe de la communication latérale du mouvement dans les fluides, 1797.djvu}}
*[[Mémoires de l’Académie des sciences]], Tomes {{L2s|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 53|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 53.djvu|53}}, {{L2s|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 54|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 54.djvu|54}}, {{L2s|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 55|Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 55.djvu|55}}
* Annales de chimie et de physique : {{L2s|Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21|Annales de chimie et de physique, série 6, tome 21, 1890.djvu|S6T21}}
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== Pratique ==
* Liste de symboles LaTeX normalement pris en compte par MediaWiki [https://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:LaTeX_symbols]
* Recommandations pour l'affichage des formules en TeX [https://en.wikipedia.org/wiki/Help:Displaying_a_formula]
* Liste des livres à valider classée par nombre croissant de page [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3AIndexPages&limit=1000&key=incategory%3A%22Livres+%C3%A0+valider%22&order=size&sortascending=1]
* Dictionnaires : [http://www.cnrtl.fr/definition/ CNRTL], [http://dvlf.uchicago.edu/ DVLF]
* Modèle pour image <nowiki>
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</nowiki>
* Modèle pour table <nowiki>{{Table | indentation=-2 | largeurp=30 | titre= | page={{pli|48|8}} }}</nowiki>
* Pages [[/Brouillon|Brouillon]] et [[/Test|Test]]
* [[Wikisource:Partitions|Partitions]] de musique
* Accès rapide : [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Contributions&offset=&limit=500&contribs=user&target=Nalou&namespace=112&tagfilter=&newOnly=1 Livres importés] ; [https://fr.wikisource.org/w/index.php?limit=50&title=Sp%C3%A9cial%3AContributions&contribs=user&target=Nalou&namespace=102&tagfilter=&newOnly=1&start=&end= auteurs créés]
* Champs à ajouter sur Wikidata pour une œuvre : Nature de l'élément (édition, 2è item avec mention de P31), édition de, auteur, date de publication, éditeur, langue de l'œuvre, titre, fac-similé, identifiants IA ou gallica
* Base de script pour ajouter d'une couche texte à un fichier djvu [[Utilisateur:Kipmaster/djvu-ocr|ici]]
* Test SPARQL sur [https://w.wiki/Ekm wikidata] : humain mort avant 1949 ayant publié un document en français avec au moins un site de référence mais pas de page sur la Wikisource francophone.
* La même mais restreinte aux autrices [https://w.wiki/Evs]
* Requête via l'API pour récupérer le texte : [https://fr.wikisource.org/w/api.php?action=parse&format=json&pageid=2636056 exemple] avec une page de la table des auteurs du tome 1 des CRAS
== Citations diverses ==
* H. Poincaré, [[La Science et l’Hypothèse]], [[Page:Poincar%C3%A9_-_La_Science_et_l%E2%80%99Hypoth%C3%A8se.djvu/268|p. 268]] : ''L’homme ne se résigne pas si aisément à ignorer éternellement le fond des choses.''
* B. Spinoza, [[Éthique/Partie_III|Éthique, Tome {{rom-maj|iii|3}}]], [[Page:Œuvres_de_Spinoza,_trad._Saisset,_1861,_tome_III.djvu/120|p. 120]] : ''Le désir, c'est l'appétit, avec conscience de lui-même''.
* B. Spinoza, [[Éthique_(Appuhn,_1913)/Troisième_partie_:_De_l’origine_et_de_la_nature_des_affections|Éthique III, Proposition 2, Scolie.]], [[Page:Spinoza - Éthique, trad. Appuhn, 1913.djvu/263|p. 259]] : '''Personne, il est vrai, n’a jusqu’à présent déterminé ce que peut le Corps''', c’est-à-dire l’expérience n’a enseigné à personne jusqu’à présent ce que, par les seules lois de la Nature considérée en tant seulement que corporelle, le Corps peut faire et ce qu’il ne peut pas faire à moins d’être déterminé par l’Âme. (''Etenim, quid Corpus possit, nenio hucusque determinavit.'')
* B. Spinoza, [[Éthique_(Appuhn,_1913)/Troisième_partie_:_De_l’origine_et_de_la_nature_des_affections|Éthique III, Proposition 12]] : L’Âme, autant quelle peut, s’efforce d’imaginer ce qui accroît ou seconde la puissance d’agir du Corps.
* B. Spinoza, [[%C3%89thique_(Appuhn,_1913)/Quatri%C3%A8me_partie_:_De_la_servitude_de_l%E2%80%99homme|Éthique IV, Proposition 26]] : Tout effort dont la Raison est en nous le principe n’a d’autre objet que la connaissance ; et l’Âme, en tant qu’elle use de la Raison, ne juge pas qu’aucune chose lui soit utile, sinon ce qui conduit à la connaissance.
* T. S. Eliot, Four Quartets : ''La fin est l'endroit d'où nous partons… Nous n'aurons de cesse d'explorer. Et la fin de toutes nos explorations sera d'arriver à l'endroit d'où nous sommes partis et de connaître le lieu pour la première fois.''
* [[Auteur:Louis Poinsot|L. Poinsot]], [[Livre:Poinsot - Théorie nouvelle de la rotation des corps, 1852.djvu|Théorie nouvelle de la rotation des corps]], [[Page:Poinsot - Théorie nouvelle de la rotation des corps, 1852.djvu/70|ici]] : ''Gardons-nous de croire qu'une science soit faite quand on l'a réduite à des formules analytiques.''
* Remarque sur l'étude du mouvement d'une bulle d'air dans l'eau dans un [[Page:Histoire_de_l%27Acad%C3%A9mie_Royale_des_sciences,_Ann%C3%A9e_1733.djvu/112|Mémoire de l'académie royale des sciences]]
* Pascal et l'horreur du vide. Dans une lettre ([[Page:%C5%92uvres_de_Blaise_Pascal,_II.djvu/175|ici]]) et dans ses expériences nouvelles touchant le vide ([[Exp%C3%A9riences_nouvelles_touchant_le_vide|là]])
* Victor Hugo, Les travailleurs de la mer, Tome 2, [[Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome II (1892).djvu/176|page 170]] : « Il y a on ne sait quelle lâcheté dans cette prodigalité de l’inépuisable. On sent que c’est le poumon de l’infini qui souffle. »
* Victor Hugo, Les travailleurs de la mer, Tome 2, [[Page:Hugo - Les Travailleurs de la mer Tome II (1892).djvu/177|page 171]] : « À quoi bon perdre une minute à regarder s’approcher la face de la mort ? »
* Victor Hugo, Les Misérables, Tome 3, Livre 1, [[Les_Mis%C3%A9rables/Tome_3/Livre_1/11|page 37]] : « L’aurore ose quand elle se lève. »
* Pascal, Les provinciales, [[Page:Blaise Pascal - Les Provinciales.djvu/167|page 167]] : « Toutes les puissances du monde ne peuvent par autorité persuader un point de fait, non plus que le changer ; car il n’y a rien qui puisse faire que ce qui est ne soit pas. »
* Sénèque, [[De la brièveté de la vie/Traduction Baillard|De la brièveté de la vie, VII]] : « Mais l’art de vivre, il faut toute la vie pour l’apprendre ; et, ce qui t’étonnera peut-être davantage, toute la vie il faut apprendre à mourir. »
*[[Auteur:Friedrich Nietzsche|Nieztsche]], [[Humain, trop humain]], [[Humain, trop humain/V|partie V]], [[Page:Nietzsche - Humain, trop humain (1ère partie).djvu/252|paragraphe 225]] : « Esprit libre, conception relative. — On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu’on ne l’attend de lui à cause de son origine, de ses relations, de sa situation et de son emploi ou à cause des vues régnantes du temps. Il est l’exception, les esprits serfs sont la règle ; ceux-ci lui reprochent que ses libres principes doivent communiquer un mal à leur origine, ou bien aboutir à des actions libres, c’est-à-dire à des actions qui ne se concilient pas avec la morale dépendante. De temps à autre, l’on dit aussi que tels ou tels libres principes doivent être dérivés d’une subtilité ou d’une excitation mentale, mais qui parle ainsi n’est que là malice, qui elle-même ne croit pas à ce qu’elle dit, mais veut s’en servir pour nuire : car le libre esprit a d’ordinaire le témoignage de la bonté et de la pénétration supérieure de son intelligence écrit sur son visage si lisiblement que les esprits dépendants le comprennent assez bien. Mais les deux autres dérivations de la libre-pensée sont loyalement entendues ; le fait est qu’il se produit beaucoup d’esprits libres de l’une ou de l’autre sorte. Mais ce pourrait être une raison pour que les principes auxquels ils sont parvenus par ces voies fussent plus vrais et plus dignes de confiance que ceux des esprits dépendants. Dans la connaissance de la vérité, il s’agit de ce qu’on l’''a'', non pas de savoir par quel motif on l’a cherchée, par quelle voie on l’a trouvée. Si les esprits libres ont raison, les esprits dépendants ont tort, peu importe que les premiers soient arrivés au vrai par immoralité, que les autres, par moralité, se soient jusqu’ici tenus au faux. — Au reste, il n’est pas de l’essence de l’esprit libre d’avoir des vues plus justes, mais seulement de s’être affranchi du traditionnel, que ce soit avec bonheur ou avec insuccès. Pour l’ordinaire toutefois il aura la vérité ou du moins l’esprit de la recherche de la vérité de son côté : il cherche des raisons, les autres une croyance. »
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Utilisateur:Seudo/common.js
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2026-05-08T14:32:39Z
Seudo
2609
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text/javascript
/* Expérimental : s'assurer que le curseur reste au centre du champ de saisie quand on utilise les flèches Haut ou Bas. */
$(function () {
const textarea = document.getElementById('wpTextbox1');
if (!textarea) return;
textarea.addEventListener('keydown', function (e) {
move = function(up) {
const start = textarea.selectionStart;
const value = textarea.value;
// Ligne actuelle
const lineStart = value.lastIndexOf('\n', start - 1) + 1;
const lineEnd = value.indexOf('\n', start);
const currentColumn = start - lineStart;
let nextLineStart, nextLineEndPos;
if(up) {
// nextLine = ligne précédente
nextLineEndPos = lineStart - 1;
nextLineStart = value.lastIndexOf('\n', nextLineEndPos - 1) + 1;;
}
else {
// nextLine = ligne suivante
nextLineStart = lineEnd + 1;
nextLineEndPos = value.indexOf('\n', nextLineStart);
}
const nextLineEnd = nextLineEndPos === -1 ? value.length : nextLineEndPos;
// Longueur de la ligne suivante
const nextLineLength = nextLineEnd - nextLineStart;
// Nouvelle position
const newPos = nextLineStart + Math.min(currentColumn, nextLineLength);
textarea.selectionStart = newPos;
textarea.selectionEnd = newPos;
};
if (e.key === 'ArrowUp') {
//e.preventDefault();
if(e.altKey) {
e.preventDefault();
move(true);
}
else {
textarea.scrollTop -= 20; // nombre de pixels à ajuster
}
}
if (e.key === 'ArrowDown') {
//e.preventDefault();
if(e.altKey) {
e.preventDefault();
move(false);
}
else {
textarea.scrollTop += 20;
}
}
});
});
/* Expérimental : rajoute des boutons pour enregistrer une macro (suite de commandes du clavier qu'on
peut ensuite rejouer à volonté), peut être utile pour des actions répétitives sur une page. */
importScript('User:Seudo/MacroRecorder.js');
/* Ajoute, en mode Page, des liens utiles vers Commons et vers la page en haute résolution sur le site d'origine */
mw.loader.load('//en.wikisource.org/w/index.php?title=User:Inductiveload/jump to file/load.js&action=raw&ctype=text/javascript');
//Gadget-Transclusici permet de crée des liens vers les transclusions d'une page, et une information si une page corrigée/validée n'est pas transclue
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/* Scripts personnels */
importScript('User:Seudo/Gadget-QualityRibbon.js');
// Le gadget Typo n'est plus chargé depuis les préférences, ou de manière aléatoire
// importScript('MediaWiki:Gadget-Typo.js');
importScript('User:Seudo/Gadget-Typo.js'); // test
importScript('User:ElioPrrl/Raccourcis.js');
// Pour faire fonctionner Alt-Shift e sous Vector 2022
// (cf. https://phabricator.wikimedia.org/T336211)
// Non, semble supprimer les autres raccourcis
// mw.loader.load( 'https://nap.wikisource.org/w/index.php?title=Utente:Ruthven/De-duplicateAccessKeys.js&action=raw&ctype=text/javascript' );
importScript('Utilisateur:Seudo/doublons-accesskey.js')
// Test de correction du gadget de modernisation (qui avait plusieurs bugs)
//importScript('Utilisateur:Seudo/Gadget-modernisation.js')
// Tests personnels
importScript('Utilisateur:Seudo/facsimile.js')
// Permet de redimensionner à la souris les deux parties de l'écran dans l'espace Page.
importScript('Utilisateur:Seudo/resize.js')
// Pour des tests
// importScript('Utilisateur:Seudo/test.js')
// Pré-sélectionner le niveau de validation de la page suivante
// importScript('Utilisateur:Seudo/Edit-Seq.js');
// importScript('Utilisateur:Utilisateur:Denis_Gagne52/Edit-Seq.js');
// Repousser les boutons de suivi dans l'ordre des tab
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watch = $('#wpWatchthis');
if(watch)
watch.attr("tabindex", 10);
watch_expiry = $("#wpWatchlistExpiryWidget .oo-ui-dropdownWidget-handle");
if(watch_expiry)
watch_expiry.attr("tabindex", 11);
// Tentative pour éviter, sous Firefox, que le menu d'autocomplete du
// champ Résumé se déclenche lorsqu'on clique sur l'un des radio buttons
// situé en-dessous
wpSummary = $('#wpSummary')[0];
qualityContainer = $('#wpQuality-container')[0];
const radios = qualityContainer.querySelectorAll('input[type="radio"]');
for (const radio of radios) {
radio.addEventListener("mousedown", () => {
// Dès qu'on clique sur le radio button, on sort le focus
// du champ résumé pour éviter l'apparition du menu d'autocomplétion
if(document.activeElement === wpSummary)
wpSummary.blur();
});
}
});
// Bouton pour convertir une table des matières {{table|titre=TITRE|page=PAGE}} en
// table classique {|...|-|TITRE||PAGE|}, la mise en forme étant gérée dans une feuille de styles
//importScript('Utilisateur:Seudo/Table2Wiki.js');
// Bouton pour remplacer les s par des ſ longs
importScript('Utilisateur:Seudo/LongSRestore2.js');
// Aide à l'enrichissement des pages Auteur et de Wikidata
importScript('Utilisateur:Seudo/wikidatafy.js');
//importScript('Utilisateur:Seudo/wikidatafy.dev.js');
// importScript('Utilisateur:Seudo/auteur.js')
// Affiche une commande « Purge »
importScript('Utilisateur:Seudo/showPurge.js')
// Remplacement de caractères en cours de frappe
importScript('Utilisateur:Seudo/caracteres-speciaux.js')
// Ajoute des fonctions de manipulation d'image, pour accroître la lisibilité du fac-similé
importScript('Utilisateur:Seudo/image.js')
// Ajoute des commandes diverses, souvent spécifiques à un ouvrage
importScript('Utilisateur:Seudo/sd_commandes.js')
// Déplace le numéro de page sur un ensemble continu de pages (peut être utile
// si on a rajouté ou retiré des pages dans un fac-similé, mais à utiliser
// avec précaution)
importScript('Utilisateur:Seudo/sd_renommage.js')
importScript('Utilisateur:Seudo/sd_recopier.js')
// Test
// importScript('Utilisateur:Seudo/sd dumplivre.js')
/* Scripts externes */
// WEF editor for wd [https://ru.wikipedia.org/wiki/MediaWiki:Gadget-wefedition.js] - essai
mw.loader.load('https://ru.wikipedia.org/w/index.php?title=MediaWiki:WEF AllEditors.js&action=raw&ctype=text/javascript');
/* Cat-a-lot - changes category of multiple files */
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mw.loader.load('//commons.wikimedia.org/w/load.php?modules=ext.gadget.Cat-a-lot');
});
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/* Wikisource:Dicothèque */
// importScript('Utilisateur:Poslovitch/RechercheDico.js');
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Livre:Chateaubriand - Œuvres complètes, éd. Garnier, 1861, tome 6.djvu
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{{:MediaWiki:Proofreadpage_index_template
|Type=book
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|Auteur=[[Auteur:François-René de Chateaubriand|François-René de Chateaubriand]]
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" /></noinclude>par la peau de la nuque et tient ferme en dépit de ses contorsions. Campé sur le dos du monstre, l’Hyménoptère recourbe l’abdomen, et méthodiquement, sans se presser, comme un chirurgien connaissant à fond l’anatomie de son opéré, plonge son bistouri à la face ventrale, dans tous les segments de la victime, du premier au dernier. Aucun anneau n’est laissé sans coup de stylet ; avec pattes ou sans pattes, tous y passent, et par ordre, de l’avant à l’arrière.
Voilà ce que j’ai vu avec tout le loisir et toute la facilité que réclame une observation irréprochable. L’Hyménoptère agit avec une précision que jalouserait la science ; il sait ce que l’homme presque toujours ignore ; il connaît l’appareil nerveux complexe de sa victime, et pour les ganglions répétés de sa Chenille réserve ses coups de poignard répétés. Je dis : il sait et connaît ; je devrais dire : il se comporte comme s’il savait et connaissait. Son acte est tout d’inspiration. L’animal, sans se rendre nullement compte de ce qu’il fait, obéit à l’instinct qui le pousse. Mais cette inspiration sublime, d’où vient-elle ? Les théories de l’atavisme, de la sélection, du combat pour l’existence, sont-elles en mesure de l’interpréter raisonnablement ? Pour moi et mon ami, ce fut et c’est resté une des plus éloquentes révélations de l’ineffable logique qui régente le monde et guide l’inconscient par les lois de son inspiration. Remués à fond par cet éclair de vérité, nous sentions l’un et l’autre rouler sous la paupière une larme d’indéfinissable émotion.
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" /></noinclude>cellules. Finalement, le nid commun a l’aspect d’une large plaque de boue sèche, très irrégulièrement bombée, plus épaisse au centre, noyau primitif de l’établissement, plus mince aux bords, où ne sont encore que des cellules de fondation nouvelle et d’une étendue fort variable suivant le nombre des travailleurs et, par conséquent, suivant l’âge du nid premier fondé. Tel de ces nids n’est guère plus grand que la main ; tel autre occupe la majeure partie du rebord d’une toiture et se mesure par mètres carrés.
Travaillant seul, ce qui n’est pas rare, sur le contrevent d’une fenêtre abandonnée, sur une pierre, sur un rameau de haies, le Chalicodome de Sicile n’agit pas d’autre manière. S’il s’établit, par exemple, sur un rameau, l’Hyménoptère commence par mastiquer solidement sur l’étroit appui la base de sa cellule. Ensuite la construction s’élève et prend forme d’une tourelle verticale. À cette première cellule approvisionnée et scellée en succède une autre, ayant pour soutien, outre le rameau, le travail déjà fait. De six à dix cellules sont ainsi groupées l’une à côté de l’autre. Puis un couvert général de mortier enveloppe le tout et englobe dans son épaisseur le rameau, ce qui fournit solide point d’attache.
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" /></noinclude>descendre chez lui d’abord la tête la première. Tantôt la descente est complète, tantôt l’Abeille se borne à descendre à demi, tantôt encore il y a simple simulacre de descente, c’est-à-dire flexion de la tête dans l’embouchure ; mais complet ou non, cet acte qui n’a plus de raison d’être, le dégorgement du miel étant fini, précède invariablement l’entrée à reculons pour le dépôt du pollen. C’est ici presque mouvement de machine, dont un rouage ne marche que lorsque a commencé de tourner la roue qui le commande.<noinclude>
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De l’Allemagne
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[[De l’Allemagne/Observations|{{sc|Observations Générales.}}]]
[[De l’Allemagne/Première partie|Première partie — {{sc|De l’Allemagne et des mœurs des Allemands.}} ]]
[[De l’Allemagne/Seconde partie|Seconde partie — {{sc|La littérature et les arts.}}]]
[[De l’Allemagne/Troisième partie|Troisième partie — {{sc|La Philosophie et la Morale.}}]]
[[De l’Allemagne/Quatrième partie|Quatrième partie — {{sc|La Religion et l’Enthousiasme.}}]]
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Dictionnaire historique Juigné/1re éd., 1627
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VIGNERON
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<noinclude><pagequality level="1" user="VIGNERON" />{{nr|124|ARC}}</noinclude>dén-zé, cet homme-là est bien détestable, bien
abominable. En Vannes, argarc’huz.
Argil, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Recul. Le mouvement d’une
chose qui recule, Taoled ee béd d’ann douar
gañd argil ar c’har, il a été jeté à terre par
le recul de la cbarrette. Ce mot est composé
de ar, sur, et de kit, dos, revers.
Argila, V. n. Reculer. Se retirer on arrière.
De plus, différer. Hésiter. {{abréviation|Part.|Participe}} et. Argila a
ra, pa dléfé moñd araok, il recule, quand il
devrait avancer. Argiled en deûz bété vréma, il
a différé jusqu’à ce moment.
Argiluz, {{abréviation|adj.|adjectif}} Qui recule. Rétif. Rebelle.
Mutin. Mé a yréd eo argiluz hô marc’h, je
crois que votre cheval est rétif. Argiluz coltay
( ttzd, il est mutin, et le sera toujours.
Argoad ou Argoat (de 2 sill., ar-goad),
s. m. La pleine terre. L’intérieur des terres.
Le pays éloigné de la mer. Les forêts. Enn argoadc
choum, il demeure en pleine terre. Ce
mot est composé de ar pour war ou oar, sur,
au-dessus, et de koad, bois. Argoad doit
donc signifier, à la lettre, sin bois, par opposition
à arvùr, scr mer. En Vannes et anciennement,
argoed.
Argoadek (de 3 syll., ar-goa-dek), adj.
Qui tient aux pays éloignés de la mer, aux
forêts. Forestier. Eur géar argoadeg co, c’est
une ville de la pleine terre. Ce mot est composé
de la préposit. ar, pour uar ou ocr, sur,
au-dessus ; de koad, bois ; et de la terminaison
fA :, qui indique la possession, la situation,
etc. En Vannes, argoédek.
Argoader (de 3 svll., ar-goa-der], {{abréviation|s. m.|substantif masculin}}
Habitant de la pleine terre ou des forêts. Forestier.
Pl. kn. Ann argoadi’rien a zô biha-
7wc’h cyéd ann ariôriz, les habitants de la
pleine terre sont plus petits que ceux des bords
de la mer. Ce mot est composé de la préposition
ar, pour icar ou oar, sur, au-dessus ;
de/ ;oa(Z, bois, et de la terminaison r r, qui
indique l’individu passif ou actif. En Vannes,
argmklcr.
Argoaderez (de 4 syll., ar-goa-dé-rez), s. f. Celle qui habite la pleine terre ou les forêts.
Pl. ed. En Vannes, argoédérez.
Argoat. Voyez Argoad.
Argôbraoui. Voyez Argouraoui.
Argôbrou. Voyez Argourou.
Abgoed Voyez Argoad.
Argoêdek. Voyez Abgoadek.
Argoéder. Voyez Abgoader.
Argoédérez. Voyez Argoadérez-
Argouraoui (de 4 syll., ar-goura-oui), et,
par abus, Argoilaoui, v. a. Doter. Donner
une dot. Part. argouraouel. Gañd hé éoñlr eo
béd argouraouet, elle a été dotée par son oncle.
Dans les anciens écrits on Ht argôbraoui.
Voyez Argocroc.
Argocred, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Foret, instrument perçant
à l’usage du serrurier, du charpentier.
Vrille. Pl. eu. Ce mot est du dialecte de Vannes.
Voyez GWIMÉLED.
Argoirod, et, par abus, ARG»rior, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}}
Pl. Dût, le bieii qu’une femme apporte en ma-AKO
riagc. ran" ! les. anciens livres, on lit argifbrou,
qui duil être, je pense, le mot original,
quoique hors d’usage aujourd’hui. Il serait
composé de ar, pour u-ar ou oar, sur,
et de gitbrou, Pl. ie giibr, gage, récompense.
l’éyémrnt a rôeur d’ar plae’fi-honl évid hé argourou
’ ! combien donne-t-on en dot à cette
fille".’ En Vanne», aryouvreù.
Abgol’vbei). Voyez Abgouhou.
Abgid, s. m.. s50upi8sement. Sommeil léger.
Tenril héii eûz hé argud, tirei-le de son
assoupissement. Plusieurs prononcent dar^ud.
Voyez Mi^RED.
Ârgidi, V. n. S’assoupir. Sommeiller. Part
tl Argudi né m ken, il ne fait que sommeiller.
Plu sieurs prononcent daryudt. Voy. MôHÉui.
Argidiz, {{abréviation|adj.|adjectif}} Assoupissant. Qui assoupit
Narcotique. So[)orilique. Arguduz eo al louzaouen-zé,
cette plante est narcotique. Plusieurs
prononcent t/arjudu». Voyez Môbédci
Arglz, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Dispute. Pl. iou. (Lag.) H. V.
Argwad. Voyez Arwad.
ABGWf. z. Voyez. Rwftz.
Archep ’par eh français), {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Bière,
cercueil. Pl. ou. — En Galles, arc’h. H. V.
Voyez Laocbr.
Arc’h, {{abréviation|s. f.|substantif féminin}} Coffre. Huche. Arche. Pl.
arc’hiou nu irc''hier (de 2 syll. jar-c’hiou ou
ir c’hier). Enn arc’h eo lékéal gañt-hi, elle l’a
mis dans le coffre. Quelques-uns prononcent
arac’h. — ^rcTi-ar-i/afon, l’estomac (Lag H. V.
Arc’ha. nt, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Argent. De l’argent.
Arc’haûd dizùlô, de l’argent comptant ; à la
letli’i^’ ; de l’argent découvert. Eul loa archafu
cm cùz prénel, j’ai acheté une cuiller
d’argent. — Hors de Léon, argañt. En Galle»,
ariañt. En gacl-écos., argioñt. H. V.
Arc’ha. nt HÉD, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} C’est le nom que
l’on donne au quatrième essaim que jette une
ruche ; à la lettre, essaim d’AROEXT, apparemment
parce qu’il est rare. Voyez IIéd, i’
art. Ke>t-héd. Tarv-héd.
Arc’hanta, V. act. Argenler, garnir ou
couvrir d’argent. {{abréviation|Part.|Participe}} et. Né ddl kéd arboan
hé arc’hanla, il ne vaut pas la peine qu’on
l’argenté.
Aec’ha. nti, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Maison de banque H. V.
Arc’hantiek, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} lîanquier. Pl. Archañtiéien.
(Lag.) H. V.
Arc’he. nna, V. a. Chausser, faire ou mettre
des chaussures. {{abréviation|Part.|Participe}} et. Piou a arc’hennô ac’hanoc’h
.^ qui est-ce qui vous chaussera ?
Arc’hexnad, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Chaussure. Droit de
chaussure, somme d’argent que l’on ajoute
aux gages des domestiques, en Bretagne,
pour leur tenir lieu de chaussure. Eur skoéd
en deùz évid hé arc’hennad, il a un écu pour
sa chaussure, pour son droit de chaussure
Ce mot et le mot précédent sont des dérivés
du radical arc’hen, qui n’est plus en usage
que dans ses dérivés ou composés.
* Arc’heskop, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Archevêque. Pl. archeskep.
oci Eskop, prem. art.
* Abc’heskopded, {{abréviation|s. m.|substantif masculin}} Archiépiscopat,
dignité d’un archevêque. Voyez Eskopded.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Henry - Lexique étymologique du breton moderne.djvu/107
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<noinclude><pagequality level="3" user="Yun" />{{nr||KLÉZÉ-KLOSEN|71}}</noinclude>
'''Klézé''', s. m., épée, {{abréviation|mbr.|moyen-breton}} ''clezeff'', {{abréviation|corn.|cornique}} ''cledhe'', {{abréviation|cymr.|cymrique}} ''cleddyf'', vir. ''claideb'' (> ir. ''clóidheamh'' et gael. ''claidheamh'')<ref>D’où le composé ''claidheamh môr'' « grande épée » > ag. ''claymore''.</ref> id. : d’un {{abréviation|celt.|celtique}} ''*klad-ebo-'', cf. sk. ''khaḍga'' « épée » pour ''*kald-ga-'' (?), tous deux de rac. KLAD « frapper » ; {{abréviation|gr.|grec}} {{lang|grc|texte=ϰλαδαρός}} « fragile » et {{lang|grc|texte=ϰλαδεύειν}} « émonder », {{abréviation|lat.|latin}} ''clād-ēs'' « désastre » et ''gladius'' pour ''*clad-io-'' « glaive », russe ''klad-u'' « je mutile », etc. Cf. ''klaouein''.
'''Kliked''', s. m., loquet. Empr. fr. ancien ''cliquette''.
'''Klîn''' (V.), s. m., pli du genou ou du coude. V. sous ''glîn''.
'''Klipen''' (C, V.), s. f., crête, huppe, sommet : semble une contamination de
''kribel'' et ''kriben'', avec influence de ''penn''.
'''Klisia''', vb., effleurer, s’écorcher. Empr. fr. ''glisser''.
'''Kloarek''', s. m., clerc, {{abréviation|corn.|cornique}} ''cloirec'', vir. ''clérech'', ir. et gael. ''cléireach''. Empr. {{abréviation|lat.|latin}} ''clēricus'' (de ''clērus'' « clergé » > ir. et gael. ''cléir'').
'''Klôk''', adj., complet : comme qui dirait « [dur comme] pierre > inséparable », {{abréviation|corn.|cornique}} et {{abréviation|cymr.|cymrique}} ''clog'' « rocher », vir. ''cloch'' « pierre », dér. de la même rac. que ''kalet''. V. ce mot et cf. ''klôpenn''.
'''Klogé''', s. f., métathèse pour ''*koglé''. V. sous ''koklé''.
'''Klôgôren''', s. f., ampoule : dér. de ''*klog'' « cloche ». Empr. bas-lat. ''*cloca'',
pour ''clocca''. V. le mot suivant.
'''Klôc’h''', {{abréviation|s. m.|substantif masculin}}, cloche, {{abréviation|corn.|cornique}} et {{abréviation|cymr.|cymrique}} ''cloch'', {{abréviation|vir.|vieil-irlandais}} ''clocc'' id. : d’un {{abréviation|celt.|celtique}} ''*klokko-'', qui a donné par emprunt {{abréviation|bas-lat.|bas-latin}} ''clocca'' > {{abréviation|fr.|français}} ''cloche'', {{abréviation|ag.|anglais}}
''clock'' « horloge », {{abréviation|al.|allemand}} ''glocke'' « cloche ». — Étym. inc.
'''1 Kloc’ha''', vb., agacer [les dents] : dér. de ''klôc’h''. V. les précédents<ref>Comme qui dirait « y faire venir des ampoules », expression pittoresque et énergique.</ref>.
'''2 Kloc’ha''', vb., glousser ; cf. gael. ''cloch'' « petite toux » et ''cloch-ranaich'' « respirer bruyamment », {{abréviation|lat.|latin}} ''clōcīre'' « glousser », fr. ''kloké'' « glousser » (Bas-Maine Dn) et ag. ''to cluck''. Onomatopées, et cf. ''sklôka''.
'''Klôpenn''', s. m., crâne : pour ''klok-penn'' « rocher de la tête », cf. {{abréviation|cymr.|cymrique}} ''penglog'', ir. ''cloigionn'' et gael. ''claigionn'' (= ''*cloc-cenn''). V. sous ''klôk''.
'''Kloren''' (V.), s. f., boîte : jadis « cosse, pellicule », variante dialectale<ref>Sans doute influencée par le vb. fr. ''clore''.</ref> de
'''Klosen''', s. f., gousse, cosse, enveloppe, boîte. Empr. fr. ''cosse'', contaminé
de ''klôz'' « fermé ». V. ce mot et cf. ''kos''.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|222|{{sc|souvenirs}}|b=<hr />}}</noinclude>Or, quelques heures après, voylà Itier venant du
plus loing, qui arrive en l’église de Notre-Dame,
et, y ayant fait sa prière à Dieu, s’en va au palais
épiscopal et entre en la chapelle où l’evesque
célébrait la Messe. Achevé qu’il eut, Itier le salue
revèrement, et ayant humblement requis audience
luy dict : « Père sainct, il m’est apparu
une vision par deux fois d’une femme d’excellente
beauté qui se disoit la sacrée Vierge Marie, laquelle
m’a donné charge de vous venir exposer
ses commandements. Elle veut que samedy prochain
en la nuict, vous visitiez les malades
gisans dedans et hors vostre église, et que dès
lors elle vous délivrera un cierge allumé, duquel
ferez distiller de la cire, en faisant le signe de la
croix dedans quelque vaisseau plein d’eau, et en
donnerez à boire à tous ces malades. Quiconque
d’iceux y apportera une vraye foye, il s’en guérira,
et qui ne le voudra croire, il mourra soudain ».
« Itier ayant achevé ce discours l’evesque lui
demanda comment il se nommoit, et de quel
pays, estât et condition il estoit, il respondit
qu’il avait nom Itier, natif du pays de Brabant,
gaignant sa vie à chanter et jouer des instrumens.
Alors l’evesque lui dit qu’un autre de
mesme condition nommé Norman lui avait tenu
les mesmes propos, quelque peu auparavant, lui<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|souvenirs}}|229|b=<hr />}}</noinclude>au premier aspect, mais qui, examiné quelque
peu, nous frappe précisément par ta mesure
dans l’originalité profonde, et l’inédit de ses
lignes classique, et la toute pénétrante douceur
de sa sévérité, et la scrupuleuse perfection des
moindres détails, qui viennent se fondre au plus
grandiose ensemble.
Le même architecte a embelli sa ville natale
de trois autres édifices dont deux chapelles conventuelles.
Celle des Ursulines s’élève aux confins de la
ville dans le goût sobre de l’église Saint-Géry :
la flèche qui surmonte cette chapelle est une restitution
très agrandie de la fameuse flèche dite
de la Sainte Chandelle qui datait de saint Louis,
et naturellement démolie par la Révolution. Effrayant
tour de force de légèreté, de hauteur et
d’équilibre ; un ouragan l’a dernièrement étêtée
par suite de négligence dans la surveillance et
l’entretien des œuvres intérieures ; une souscription
qui va son train, et attend des temps meilleurs,
permettra de bientôt parfaire à nouveau ce bijou
justement célèbre dans la contrée. La chapelle
des Dames du Très Saint-Sacrement fut le coup
d’essai du maître, alors tout jeune. Conçue dans
le style flamboyant, elle a toutes les grâces excessives
du genre. Jamais plus gracieuses fantaisies
ne s’enroulèrent autour d’ogives plus hardies ; la<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|230|{{sc|souvenirs}}|b=<hr />}}</noinclude>flèche, elle aussi, bien que moins haute et moins
svelte que celle dont il vient d’être question, suffirait
à la gloire d’un artiste comme à l’honneur
architectonique d’une province.
Le petit séminaire, situé dans la partie élevée
et relativement nouvelle de la ville, présente
deux façades, brique et pierre, dont l’une du plus
grand air {{roi|Louis|XIII}}. L’aménagement intérieur,
deux cours superbes et une élégante chapelle,
contribuent à faire de ce monument, avec le délicat
hôtel gothique appartenant à M. D…, ancien
député, un digne complément à l’œuvre arrageoise
de {{M.|Grigny}}, qui compte encore, à
Valencicnnes et à Genève, des morceaux de premier
ordre.
Puisse cet insuffisant hommage à un artiste
mort trop jeune, et loin d’être apprécié à
son immense valeur, être considéré comme un
appel à l’attention des gens tant soit peu soucieux
encore du grand art ! Puisse cet appel
d’une voix si faible être entendu de qui de
droit !
Une charmante chapelle du dernier siècle,
dite des Chariottes, mérite encore d’être mentionnée
dans cette énumération des principaux
édifices religieux de notre belle et bonne ville.
Signalons encore, pour être scrupuleux, le très joli
clocher tout moderne de la plaisante chapelle des<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|souvenirs}}|231|b=<hr />}}</noinclude>Vieillards. Le reste, ne se composant guère, sauf
deux exceptions, l’on retrouvera l’une et l’autre
en son lieu, que de constructions plus ou moins
commodes et solides, n’a aucune prétention architecturale,
et il n’en sera pas plus parlé que
ne l’ont pu désirer les honnêtes entrepreneurs à
qui celles-ci sont dues.
L’hôtel de ville d’Arras est sans contredit le
plus considérable et le plus splendide de tous
ceux du Nord de la France, je pourrais ajouter
de la France entière, en tant que relique du
Moyen Age municipal ; car que sont les hôtels de
ville de Paris, Lyon, Reims, sinon des fantaisies
royales des temps de la royauté « hors de page »
et absolue ? appartenant ceux-ci à la « Renaissance », les autres aux siècles subséquents, sans
caractère primitif ni puissance quelconque d’impression
historique.
L’hôtel de ville d’Arras a été l’objet de récentes
restaurations et reconstructions plus ou
moins heureuses. C’est ainsi qu’on a fait disparaître,
pour la remplacer par une fenêtre centrale
à balcon, détail assez élégant d’ailleurs, une ravissante
« boy-window » ou ''bretèque'', ainsi
qu’un double escalier sis à droite de la façade
principale et surmonté d’une fine coupole. Ce
dernier vandalisme, commis en vue de l’éclairage
et du confortable administratif, est {{tiret|double|ment}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Etienne M
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<noinclude><pagequality level="4" user="Etienne M" />{{nr|232|{{sc|souvenirs}}|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|double|ment}} déplorable en ce sens qu’en outre de la
perte de l’édicule lui-même{{Corr||,}} il démasque brusquement
la différence de style, d’alignement et
de direction de la partie du pavillon de droite qui
fait suite à la façade principale, avec tous les caractères
de cette façade elle-même. Un excès de
bonne volonté, auquel ne correspondaient point
assez de scrupules quant à la confusion de genres,
a présidé aux additions considérables effectuées
sous le second Empire, à grands frais et dans une
intention des plus louables. Reconnaissons tout
de suite qu’il y a des choses ravissantes dans
cette partie neuve qui ne comprend pas moins
de trois grands corps de bâtiment dont l’intersection
forme une cour ouverte commandée par
une façade postérieure de style ogival flamboyant
des plus exaspérés ; la même outrance,
dirai-je, sévit sur les deux façades latérales, où
l’art de la Renaissance emprunte à tous les genres
des grâces tant soit peu hétéroclites. L’ensemble
toutefois est loin de me déplaire : cet amoncellement
même de dômes, de pignons, de cariatides,
de balcons, cette profusion de vermicelles,
d’achantes, de congélations, de figurines est d’un
joyeux et luxueux effet, qui s’affirme encore à
l’intérieur du monument où de vastes salles merveilleusement
meublées et décorées, cette fois,
avec le goût le plus exact et le plus sûr, {{tiret|don|nent}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|souvenirs}}|233|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|don|nent}} bien l’idée d’une ville vieillie dans l’opulence
et dans la sagesse !
Mais le triomphe, c’est l’antique façade principale
avec ses huit hautes fenêtres ogivales hardiment
campées sur sept arcades de même architecture,
et les vingt-trois croisillons rouge
pirouettes d’or éclatant sur son immense toiture.
Un prodigieux beffroi, paradoxalement mince,
dentelé de mille caprices, dresse jusqu’aux
nuages, un peu à droite du corps de la façade, en
vertu de cette irrégularité qu’observera tout architecte
visant au grand, sa masse énorme et
légère. Le prestige de l’''unique'' et la puissance
de l’''unité'' allongent encore, en même temps
qu’elles l’amplifient au second coup d’œil, cette
tour forte et charmante, emblème orgueilleux de
la cité.
Par un bonheur que connaissent peu de monuments
de cette importance, l’hôtel de ville
d’Arias se trouve occuper tout un côté d’une
énorme place rectangulaire dont les maisons
espagnoles du XVII{{e}} siècle alignent leurs pignons
et leurs arcades dans un ordre parfait formant
un cadre précieux à l’incomparable édifice. Cette
place s’appelle la « petite place ». On croirait, en
en envisageant ses proportions gigantesques, à
une ironie, à une de ces plaisanteries dont nos
ancêtres étaient coutumiers dans l’appellation<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|234|{{sc|souvenirs}}|b=<hr />}}</noinclude>des voies publiques de leurs villes, s’il n’existait,
tout à côté, une autre place beaucoup plus vaste
encore, exactement dans les mêmes proportions
et dans le même style. Une seule maison y fait
disparate, mais c’est une exquise relique du
Moyen Age et d’ailleurs elle ne jure que tout
juste avec ses voisines, étant également, dans
son genre, à arcatures et à pignon. Une récente
mesure administrative a jeté bas, pour d’idiotes
modifications de voirie, à l’angle gauche de cette
place, nommée la « grande place », bien justement
cette fois, deux maisons du style commun
aux deux places et à la courte rue qui les relie
entre elles.
En fait d’autres places, il faut signaler celle
« de la basse ville », ample cirque aux élégantes
constructions, qu’ « orne » un obélisque… du
siècle dernier ; celle « du théâtre », témoin des
affres de 93. Le théâtre, élégamment insignifiant
à l’extérieur, renferme une salle très coquette
(XVIII{{e}} siècle) et d’une acoustique parfaite.
De vieilles maisons, malheureusement déshonorées
par des toits récents et accommodées aux
« nécessités » du commerce moderne, méritent
toutefois que l’on s’arrête à leurs sculptures.
D’autres places sont banales et, si nous parlons
de la halle au poisson, c’est à cause de la ligne
demi-circulaire des maisons qui l’entourent en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|souvenirs}}|235|b=<hr />}}</noinclude>imprimant sa courbe aux constructions elles
mêmes du marché disposition assez remarquable
en France, où les « crescents » sont aussi
rares qu’ils sont pullulants en Angleterre.
De très belles, très belles casernes, datant du
XVIII{{e}} siècle, une citadelle hors ligne, chef-d’œuvre
de Vauban, une admirable promenade
ombragée d’ormes géants plus que centenaires et
flanquée d’un énorme « square », le spacieux
hôpital Saint-Jean, le palais de Justice, ancien
siège des États d’Artois, beau morceau néo-grec
malheureusement intercepté à deux places par
des constructions privées, la moderne et coquette
façade de la salle des Concerts, assimilable
à celle du susdit palais de Justice, la préfecture,
ancien évêché, sis en dite, palais d’il y
a deux siècles, magnifique et vaste, parc princier,
dépendances spacieuses, sont également dignes
de mention et nous forceraient en conscience à
la description si le plan de ce livre ne s’opposait
à plus de développements accessoires. Car nous
voici presque arrivés à l’objet de ce chapitre et
il nous tarde de clore une trop longue parenthèse.
Nous nous dirigerons assez lentement, si
vous voulez, pour bien faire, vers l’abbaye de
Saint-Vaast, à travers des rues qui ont ceci de
charmant qu’elles ne ressemblent en rien, pas
même à une maison près, à celle du Paris actuel.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|236|{{sc|souvenirs}}|b=<hr />}}</noinclude>Je ne veux pas médire de ce Paris-là qu’on a
positivement trop critiqué. Il est clair, assez gai
dans sa monotonie voulue, et a, bien que banal
et pauvre, sauf la seule rue de la Paix<ref>Je ne puis comprendre dans le Paris actuel les quelques avenues d’hôtels avoisinant l’Arc de Triomphe. C’est tous étrangers qui ont voulu reproduire les environs d’Hyde
Park, sans y réussir.</ref>, suffisamment
grand air pour la capitale d’une démocratie
mesquine. Mais il me semblerait injuste
de faire grâce aux imitations provinciales
de ces splendeurs à deux sous, déshonneur de
nos grandes villes où d’incompétentes édilités
ont ruiné toute poésie au profit de quelles finances
particulières ou commanditées ! Notre chère ville
a du moins jusqu’ici, malgré l’ineptie de ses municipaux
d’aujourd’hui, évité ces absurdes « embellissements », et ses rues se courbent ou s’allongent selon les besoins de la circulation et
de l’aération normales entre deux rangées de
constructions souvent anciennes, et combien jolies !
toujours harmonieuses et de bonne allure.
Mais nous voici arrivés en face de l’entrée de
l’abbaye. Hélas ! c’est l’ex-abbaye qu’il me faut
dire, un des premiers exploits {{corr|da|de}} la Révolution,
en Artois, ayant été de dépouiller les Bénédictins
de Saint-Vaast de leurs biens meubles et
immeubles.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|350|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|ma|lade}} me préféra pour le veiller toutes les deux nuits.
Le cas exigeait de nombreuses frictions pour lesquelles les révulsifs les plus violents étaient indispensables, et la table de nuit, non moins que les consoles, se trouvait encombrée tant de lotions que de potions, dans un grand désordre, il le faut bien reconnaître.
Négligence fatale, ou plutôt non ! car il appert que, toutes choses autrement ordonnées, le résultat eût été le même.
— Au résultat alors, sans plus de précautions oratoires !
— Monsieur Fritz est, pour la dernière fois, prié de se taire.
Ces paroles toujours comme en chœur, comme celles du même sens rapportées plus haut, se ressentaient maintenant d’une sorte d’intérêt impatient.
Hans continua :
— Je passe sur les pénultièmes jours du major, qui ne furent qu’une immense agonie. La force extraordinaire du moribond le fit passer par toutes les affres possibles ; fièvre, frissons, crampes, délire, délire surtout. Ah ! camarades, quel délire ! Tantôt des cris de commandement, d’enthousiasme militaire, tels des chants fougueux de furie guerrière, de mâle rage bien {{tiret|ger|manique}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|comme ça}}|351|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|ger|manique}}, à la Blücher ; tantôt les sourires et les
gestes non équivoques d’un coureur de femmes
habitué à les traiter sans façon, mais non sans
passion ! puis des annonces de cartes, des coups
de dés, de mises et de surmises à toutes les roulettes de la création. Bref, une manière folle
d’autobiographie parlée, comme qui eût dit le
microcosme d’une idiosyncrasie.
Ces prodromes hautement alarmants cessèrent
tout d’un coup, et l’on put croire que le malade
filtrait dans la phase comateuse, mais l’on se
trompait. Une réaction des plus rapides s’étant
opérée, un mieux étonnant s’ensuivit, et l’on
conclut presque à un commencement de convalescence.
{{Astérisme}}
Or, un soir que je venais de prendre la veillée,
notre Müller tomba dans un grand assoupissement
et finit par dormir d’un sain et profond
sommeil.
Moi, je lisais dans un fauteuil.
La chambre qu’on avait, pour ménager la vue
du malade, rendue obscure à l’aide de grands
rideaux de fenêtres d’un vert sombre, était haute
de plafond, tendue en partie de tapisseries {{tiret|re|présentant}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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104
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|352|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|re|présentant}} des Fêtes galantes et des Bergerades. Çà et là, des miniatures de femmes, des portraits en pied d’officiers supérieurs. Cette décoration composite, ce mélange de guerrier et de voluptueux, n’était pas sans impressionner surtout en ce faux jour des rideaux, le jour, et la clarté de la grande veilleuse d’albâtre, aux heures nocturnes.
Je me souviens distinctement que ce que je lisais était du Jomini, un reste du goût que l’excellent major m’avait communiqué au temps jadis pour les choses militaires, et une lecture aussi peu suggestive de fantastique qu’il est possible de l’être peu. Petit à petit, cependant, je me sentais aller à de la somnolence, et décidai de m’y abandonner pour quelque temps, puisque le malade n’avait, en ce moment, besoin de rien. Toutefois, je crus bon d’aller voir celui-ci de près et constatai que la respiration était bien égale et le sommeil aisé comme celui d’un enfant. Je retournai à ma place avec les yeux par hasard tournés vers le coin où était la table sur laquelle reposait la main.
La chambre, l’ai-je dit ? n’était éclairée que par une veilleuse suspendue. La main me sembla remuer : « Drôle d’effet de l’envie de dormir », me dis-je, et je m’approchai en souriant en moi-même…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|comme ça}}|353|b=<hr />}}</noinclude>{{Astérisme}}
— Et la main remuait toujours ? chantonna
curieusement cet animal de Fritz.
Cette fois, personne ne releva l’interruption,
et Hans, après avoir humé légèrement un peu de
la bière de sa chope à couvercle d’étain, reprit :
— Oui, messieurs, la main remuait toujours,
ou du moins me parut remuer, de même les
doigts s’élever et s’abaisser un par un ou tous
ensemble dans un sens différent et ''intelligent'',
se décrampir, en un mot, d’un long engourdissement.
Pour le coup, je restai surpris et, pour ainsi
dire, cloué au tapis, m’en voulant ou plutôt en
voulant à mon organisme d’une pareille aberration.
La main continuait, je ne puis que dire
''continuait'', et vous allez voir que je ne puis que
m’exprimer ''ainsi'', à remuer de plus en plus et
comme à reprendre force et direction. N’y tenant
plus et voulant en avoir le cœur net, je levai le
globe de cristal qui recouvrait l’étrange relique
et mis ainsi cette dernière en plein air. Ne vira-t-elle
pas aussitôt sur son moignon de poignet
recouvert d’une ample manchette de dentelles !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1.djvu/89
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Fabrice Dury
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude><nowiki />
{{-|30}}
{{c|'''NOTICE'''|fs=190%}}
{{c|SUR LA VIE ET LES OUVRAGES|fs=130%}}
{{c|DE M. LE COMTE DE FLEURIEU,|fs=170%}}
{{c|Par M. le Ch{{er}} DELAMBRE, Secrétaire Perpétuel.}}
{{c|''Lue dans la Séance publique de la Classe des Sciences, le'' 6 ''janvier'' 1812.}}
{{séparateur4}}
{{Initiale|}}{{sc|harles-Pierre Claret De Fleurieu}}, ancien capitaine de vaisseau, sénateur, grand officier de la légion-d’Honneur, membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, était né à Lyon le 2 juillet 1738, d’une famille considérée et d’un père qui avait occupé en cette ville des places distinguées dans l’administration et la magistrature.
Il était le dernier de neuf enfans qui vivaient tous alors, et par cette raison, ses parens le destinaient à l’état ecclésiastique. Le goût qu’il manifestait déja pour l’étude pouvait leur faire espérer qu’il céderait facilement à leurs désirs ; mais le genre de vie et de connaissances auxquelles il se sentait porté plus particulièrement lui donna, malgré la douceur de son caractère, le courage d’opposer une résistance invincible aux idées de sa famille. Ses parens étaient loin de vouloir abuser de leur autorité, puisqu’à l’âge de 13 ans ils lui ouvrirent la carrière où il se sentait l’envie et les moyens de se distinguer. Il entra dans le corps de la marine, et fit la guerre de sept ans.
La paix de 1763 lui permit de se livrer avec plus d’assiduité aux travaux qui ont pour objet le perfectionnement de la navigation.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|354|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>et ses autres doigts, moins le pouce, se refermant,
ne signifia-t-elle pas de l’index que
j’eusse à retourner à ma place ? Impérieux était
ce geste. C’était celui d’un chef militaire désignant
un poste à aller prendre sans retard et
sans explications. — Tu souris, Fritz ; je t’assure
qu’à ce moment je n’avais guère envie de
sourire et encore moins de penser à la révoltante
absurdité de cette vision. Sans y croire le moins
du monde, en dépit de mes yeux, j’en étais abasourdi
et, je puis l’avouer puisque la fin du récit
m’absoudra, terrifié. Si bien que je me reculai
jusqu’à mon fauteuil où je tombai, les yeux
tendus pour ''ainsi'' dire par force vers l’affreux
objet qui, maintenant, comble d’horreur ! étendait
ses doigts, les ramenait, les étendait, ainsi
que pour des passes magnétiques…
{{Astérisme}}
Vous le confesserai-je ? Oui, puisque, je le
redis, l’événement ne tardera pas à me disculper
du tort apparent de crédulité : je me sentis médusé,
rivé au fauteuil, incapable d’un mouvement.
En même temps, la lueur calme de la
veilleuse pâlissait encore et devenait d’une {{tiret|hor|rible}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxiv|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude><nowiki />
Le problème des longitudes occupait les savans et les artistes de la France et des pays étrangers. Lacaille, dans un voyage au cap de Bonne-Espérance, avait éprouvé la méthode des distances de la lune au soleil et aux étoiles, et à son retour, il avait proposé la forme d’almanach nautique, adoptée aujourd’hui par toutes les nations qui ont des astronomes et une marine. Lemonnier et Pingré cherchaient à accréditer la méthode des angles horaires ; Maskelyne appuyait de son expérience et de son crédit le plan proposé par Lacaille ; Mayer venait de publier ses premières tables lunaires, et travaillait à celles qui lui valurent un prix de {{unité|62000|fr.}}, c’est-à-dire la moitié de la somme promise par un acte du parlement d’Angleterre ; Euler, Clairault, d’Alembert, travaillaient à perfectionner la théorie des mouvemens de la lune ; Harrison, Berthoud et Le Roi s’appliquaient à trouver par l’horlogerie une solution du problème qui fût plus à la portée du commun des navigateurs, en les dispensant de la partie la plus longue et la plus difficile, c’est-à-dire des observations et sur-tout du calcul.
Dans cette fermentation générale des esprits, M. de Fleurieu ne pouvait rester indifférent sur un objet qui intéressait aussi essentiellement l’art auquel il s’était spécialement consacré. Son goût le portait vers la mécanique plus que vers l’analyse ou le calcul ; il dirigea ses pensées vers les secours que la navigation pouvait espérer de l’horlogerie, et il avait conçu l’idée d’une montre marine.
Ses projets étaient connus de M. le duc de Choiseuil, qui, appréciant son mérite et son zèle, le fit venir à Paris pour qu’il pût y suivre et mûrir ses idées, en acquérant les connaissances pratiques sans lesquelles ses efforts ne pouvaient être qu’infructueux. F. Berthoud l’admit dans son atelier, le forma dans l’exercice de son art, lui fit confidence de ses inventions, et n’eut pour lui aucun secret.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|comme ça}}|355|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|hor|rible}} blancheur, dont l’électricité seule pourrait
donner une imparfaite idée ; quelque chose
comme des moires lumineuses plus que hirdes,
plus que lunaires, s’élargissait, et des
espèces de bruits indéfinissables, musique lugubre, il
semblait, de tympanons voilés et de trompettes
assourdies et d’orgues très lointaines, pleuraient,
ronflaient, fluaient en ondes très vagues,
obsédantes à l’infini…
… Tout à coup, la main se dressa sur son
médium, se balança quelques instants d’avant en
arrière et d’arrière en avant comme pour
prendre l’élan et sauta par terre, tel un chat,
sans bruit aucun. Tel encore un chat sur le tapis,
elle bondit, preste, en mouvement de haut
en bas et de bas en haut et, arrivée près de la
table de nuit, fut d’un trait sur le marbre, y
tâtonna parmi les flacons, déboucha l’un d’entre
eux, le prit et en versa quelques gouttes dans le
verre de tisane : puis, rampant jusqu’au nez du
dormeur, le lui pinça de façon à ce qu’il se réveillât
dans un éternuement, plongea dans le
blanc et le noir des draps, puis se précipita par
terre où je ne la suivis plus du regard, toute
mon attention étant désormais concentrée sur le
malade. Celui-ci dit : « Que j’ai donc soif ! » Et,
sans que je pusse, à mon immense, à mon indicible
horreur, me lever du fauteuil où me {{tiret|rete|nait}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|356|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|rete|nait}} je ne sais quelle force diabolique, saisit le verre à tisane et but…
{{Astérisme}}
De cet instant précis, je me sentis délié en quelque sorte et courus au lit, où je ne pus que constater la mort immédiate du major. Sans me livrer à des efforts inutiles, je regardai le flacon dont la main s’était servi (il me faut bien parler de la sorte). Il contenait un poison foudroyant, destiné à une médication pour l’usage externe, et se trouvait laissé, par mégarde, parmi les pots de tisane et les fioles de sirop de julep.
J’étais anéanti, comme bien vous pensez, et il s’écoula quelques minutes avant que tous mes sens, en quelque sorte, me revinssent. Quand ce fut fait, je pensai tout de suite à prévenir les entours du major, mais, avant de franchir la porte, je jetai d’instinct un coup d’œil sur la table où la main avait coutume d’être exposée : La main s’y trouvait sous verre, telle que depuis des années et des années…
— La bonne farce ! Eh ! l’ami Hans, tu as eu une belle hallucination, voilà tout !<noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxv}}</noinclude><nowiki />
M. de Fleurieu, ne dédaignant aucune partie de l’art, mit tous ses soins à profiter des leçons d’un maître si habile ; il travailla de ses propres mains toutes les pièces d’une pendule à secondes qui pendant quarante ans n’a rien perdu de sa régularité, dont il a suivi la marche jusqu’à ses derniers momens, et qui est encore entre les mains de madame de Fleurieu.
Confident de toutes les pensées et de tous les essais de F. Berthoud, il paya sa confiance en se déclarant hautement le partisan de ses inventions, en leur donnant la préférence sur celle dont lui-même avait conçu l’idée, en proposant au gouvernement d’en ordonner l’épreuve, dans un voyage dont il avait tracé le plan, et dont l’exécution lui fut confiée.
Pour mettre dans tout son jour l’importance de la découverte qu’il était chargé de soumettre aux épreuves les plus rigoureuses, et pour forcer dans ses derniers retranchemens l’incrédulité que devait rencontrer une tentative aussi nouvelle, M. de Fleurieu sentit le besoin de s’associer un astronome dont le mérite et la candeur fussent universellement reconnus. Il obtint de M. Pingré qu’il voulût bien se charger de faire concurremment avec lui toutes les opérations astronomiques. Ces doubles observations se faisaient toujours en présence des officiers du vaisseau, qui en dressaient procès-verbal ; les deux horloges étaient enfermées sous trois clefs, pour qu’il fût bien constaté que jamais on n’y avait touché qu’une fois par jour, et seulement pour les remonter.
Tous les procès-verbaux ont été publiés sans aucune suppression, et si l’on y aperçoit entre les résultats des deux astronomes quelques différences un peu fortes dans des opérations usuelles et fondamentales, auxquelles l’opinion générale accorde un degré plus haut de précision, ces différences sont au moins trop légères pour avoir pu affecter les conclusions qu’on a dû en tirer, et elles n’ont eu d’autre effet que d’attester la véracité et la bonne foi qui ont présidé à cette publication, ainsi qu’à tout le reste de l’entreprise.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|xxvj|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude><nowiki />
Nous ne suivrons pas M. de Fleurieu dans tous les détails de cette longue navigation. Il nous suffira de dire que jamais épreuve n’avait été mieux entendue, plus diversifiée, plus prolongée, plus authentique, ni enfin plus satisfaisante.
Tant d’observations, suivies de tant de calculs, ne font pourtant qu’une partie du travail que s’était imposé M. de Fleurieu. Il ne lui suffisait pas de constater de la manière la plus certaine le mérite et l’utilité de l’invention, s’il n’en tirait par la même occasion toutes les sortes d’avantages qu’elle promet.
Ainsi, non content de démontrer, par les observations faites dans toutes les relâches dont la position géographique était bien connue d’avance, que les horloges avaient conservé dans les différentes traversées toute la régularité qu’on en attendait, et beaucoup plus encore, après avoir montré dans quelles limites et avec quelle précision il avait toujours connu la longitude de son vaisseau, il se sert de cette connaissance pour rectifier, chemin faisant, les longitudes de tous les points peu ou mal connus qu’il a pu voir et relever dans sa route.
Sans cesse il compare le résultat de ses observations aux résultats incertains de l’épreuve des pilotes, dont il fait sentir tous les dangers, quand on s’y livre uniquement et avec trop de confiance. Il recherche les causes qui ont pu occasionner les erreurs de ces pratiques trop simples et trop faciles en elles-mêmes pour donner lieu à des mécomptes si étranges, si quelque circonstance inconnue ou négligée n’y introduisait des altérations continuelles ; il détermine ainsi l’effet des courans ; il rectifie les cartes marines, signale tous les dangers, et n’omet rien de ce qui peut être utile aux navigateurs qui auront à suivre les mêmes routes. Le simple passager n’a pour but que de changer de lieu ; il ne voit que deux événemens dans une longue traversée quand elle est heureuse, l’embarquement et l’entrée au port. Tout l’intervalle est pour lui presque nul ; rien ne rompt l’uniformité des<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|comme ça}}|357|b=<hr />}}</noinclude><nowiki />
— Le fait est que, comme hallucination, c’est ''princeps'' et même ''régale''.
— Voire ''{{langue|la|divinum aut potius diabolicum}}''.
Hans termina :
— La mort fut attribuée à des causes normales ; l’enterrement eut lieu, les jours se passèrent. Je dus aller plus d’une fois à l’hôtel Müller pour différentes causes. Je ne manquai pas d’''observer'' la main qui était restée dans la chambre mortuaire, infréquentée depuis la catastrophe, et je constatai sans étonnement, oui, sans étonnement, et traitez-moi de fou si vous voulez… (j’avais lu et relu un tas de volumes dont les titres mêmes vous seraient inconnus, savants que vous êtes !) je constatai sans étonnement une déliquescence remarquable dans les tissus et la musculature. Seule l’ossature restait indemne, s’accusant, dominant de plus en plus. Survinrent des symptômes de décomposition, taches, flaccidités, etc… Un jour, excusez ! ce souvenir me lève le cœur d’horreur et de dégoût, un jour j’y vis… LES VERS !!!
— Pouah ! assez, assez !
— À bas ! à bas !
— N’importe ! c’est vrai comme c’est vrai que nous voilà vivants !
Ayant dit notre conteur s’éloigna, comme heureux et tout fier de l’effet produit, tandis<noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxvij}}</noinclude>jours ; il se trouverait souvent heureux de rencontrer le danger pour échapper à l’ennui, tandis que le marin, qui aime son métier et qui en connaît les ressources, n’a pas un moment dont il ne puisse faire un emploi utile et amusant.
C’est ainsi que M. de Fleurieu sut remplir les deux années que demanda cette expédition. Mais, quoiqu’il n’eût à se reprocher la perte d’aucun des instans qu’il avait passés en mer, on ne peut être étonné de ce que le travail de la rédaction, le soin de mettre en ordre tant de matériaux divers, ceux de la gravure et de l’impression, l’aient encore occupé à Paris pendant trois ans, et qu’il n’ait pu faire paraître qu’en 1773 son ouvrage accompagné de toutes les cartes qu’il avait ou dressées ou rectifiées d’après ses propres observations.
Si M. de Fleurieu, rentré dans ses foyers, n’en sortit presque plus, en accuserons-nous son inconstance ou l’incurie du gouvernement ? Croyons plutôt, et la suite va nous le prouver, que son zèle avait pris une nouvelle direction.
Il connaissait les marins français ; il savait qu’on trouverait toujours parmi eux nombre d’officiers assez instruits, assez amis de leur profession pour tenir dans leurs voyages des journaux instructifs de toutes les opérations qu’auraient commandées le soin de leur sûreté, le désir d’abréger une traversée, et sur-tout de remplir avec éclat et célérité leurs missions importantes ; mais il savait aussi qu’accoutumés à une vie active et entourée de périls, le repos du cabinet les effraie, qu’ils ont sur-tout pour les froids et longs calculs une répugnance presque invincible, et qu’ainsi leurs journaux à leur retour courent le risque d’être ensevelis dans la poussière des dépôts, où ils ne trouveront pas toujours des mains assez habiles et assez laborieuses pour en tirer tout le parti possible. Il voulut donc se consacrer à ce genre de travail que trop peu de marins sauraient ou voudraient {{tiret|s’im|poser}}<noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxviij|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>{{tiret2|s’im|poser}}. Au lieu d’entreprendre lui-même de nouveaux voyages, il se voua au soin de tirer des grands voyages exécutés toutes les conséquences qu’on avait négligé d’en déduire. Dans cette vue, et pour remplir sans distraction un plan si vaste que la vie la plus longue pouvait à peine y suffire, il demanda avec instance sa démission du grade d’officier de la marine. Mais le gouvernement, trop éclairé pour ne pas sentir de quelle utilité pouvait être un homme dans la force de l’âge, et à qui aucune des parties de la marine n’était étrangère, créa pour le retenir une place de directeur-général des ports et de leurs arsenaux. Ses nouvelles fonctions ne devaient pas exiger de longs déplacemens ; il pouvait dans les intervalles se livrer à son goût pour l’histoire raisonnée de la navigation, et à la discussion des problèmes nombreux et difficiles qu’elle offrait à résoudre. Dans cette vue, il cherchait à s’entourer de tous les moyens qui lui devenaient si nécessaires. Un de nos géographes les plus habiles lui forma une riche collection de toutes les cartes et de tous les ouvrages qui ont pour objet plus ou moins direct la géographie et la navigation.
Cette collection était unique en son genre : pour la composer, il n’avait rien épargné. Il eut dans la suite la douleur de se voir, par des circonstances impérieuses, contraint d’en faire le sacrifice ; mais avant même ces temps de malheur et de proscription, il avait pu bien rarement en faire l’usage auquel il l’avait destinée.
Honoré constamment de la confiance des ministres qui se succédèrent dans le département de la marine, sans cesse il se voyait détourné de ses occupations chéries. Continuellement occupé des détails d’une administration dont il était l’ame toujours invisible, malgré la modestie avec laquelle il se résignait à être obscurément utile, la voix publique lui faisait honneur des<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxvix}}</noinclude>efforts heureux par lesquels notre marine se relevait de la décadence où l’avait d’abord fait tomber une longue insouciance, et bientôt après replongée une guerre malheureuse.
Cette considération, que les hommes ne sont jamais assez injustes pour refuser à celui qui sans montrer aucune ambition se borne à être utile, était pour M. de Fleurieu la plus douce récompense, et le dédommageait du sacrifice continuel qu’il faisait de ses goûts et de son temps. S’il ne pouvait tenter de nouvelles découvertes, ou porter la lumière dans le cahos des découvertes anciennes, il pouvait diriger ceux que leur zèle et la confiance du souverain appelaient à d’honorables missions. Personne n’ignore aujourd’hui que M. de Fleurieu eut la plus grande part aux instructions données à l’infortuné La Peyrouse et au navigateur non moins malheureux qui fut chargé d’aller à sa recherche et de compléter les découvertes et les reconnaissances qu’il n’avait pu terminer.
La confiance publique, qu’il avait si bien méritée, l’appela au ministère dans ces temps de fermentation où l’inquiétude générale faisait souhaiter de voir en première ligne ceux que l’ancien ordre avait retenus dans des places secondaires. Mais ces mêmes troubles, qui les tiraient de leur paisible obscurité, rendaient bien dangereuse pour eux la justice tardive qui leur était rendue. Il fallait un dévouement bien généreux pour accepter des places où l’insubordination des agens réduisait à l’impuissance d’opérer aucun bien, en exposant au hasard de compromettre sa réputation ou de décréditer des plans et des mesures qui dans des temps plus calmes eussent été suivis des plus importans succès. Nommé au ministère de la marine, {{M.|de Fleurieu}} n’osa se refuser à cette marque d’estime ; mais animé d’une probité trop scrupuleuse pour consentir à se charger de fonctions qu’il n’aurait pas eu quelque espoir de remplir selon ses vœux, il insista pour que les colonies formassent un ministère à part.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|xxx|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>On n’écouta pas d’abord ses réclamations ; mais il les réitéra avec tant de constance, qu’on se vit forcé de confier à un autre un ministère qu’une loi toute récente défendait de diviser. Tous ceux qui travaillaient sous lui, et les officiers de la marine, M. d’Estaing à leur tête, vinrent en corps lui témoigner les regrets que leur causait sa retraite.
La fermeté avec laquelle il avait sollicité son remplacement n’empêcha pas que bientôt après il ne se vît honoré d’une nouvelle marque de confiance qui attestait bien l’estime qu’on faisait de son caractère et de ses principes.
Choisi pour gouverneur du prince royal, il eut à peine le temps de s’essayer à ces nouvelles fonctions, si différentes de celles auxquelles il avait jusque-là consacré tout son temps. Le renversement de la constitution à peine achevée lui ravit ce nouveau poste qui ne fit guère que lui donner un titre de plus pour grossir la liste de ces ''suspects'' si tranquilles qu’on entassait de toutes parts dans les prisons qui couvraient le sol de la France.
Là, pendant une détention de quatorze mois, il eut le loisir de méditer sur la fragilité des honneurs qu’il n’avait jamais recherchés, et de se fortifier dans l’opinion où il avait toujours été sur les dangers de tout grand mouvement politique. Madame de Fleurieu, dont il ne fut point séparé, lui prodiguait des consolations bien douces, si elles n’eussent été empoisonnées par les inquiétudes les plus vives sur le sort de ce qu’il avait de plus cher. Moins malheureux cependant que tant d’autres, les deux époux recouvrèrent la liberté, mais pour trouver, en rentrant dans leurs foyers, leur patrimoine dissipé, leur mobilier dispersé, et leurs ressources anéanties.
La première consolation de M. de Fleurieu fut d’être nommé à l’Institut ; mais c’était dans sa position une ressource bien faible. Il n’avait pu être compris dans la première formation du bureau des longitudes : un ami généreux (M. Buache) voulut<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxvj}}</noinclude>lui en ouvrir l’entrée, en se démettant en sa faveur de la place de géographe à laquelle la nouvelle loi venait de le nommer.
Cette compagnie, formée de savans qui tous estimaient et désiraient M. de Fleurieu pour eux et pour lui-même, hésitait pourtant à l’acquérir à ce prix. Un des membres, nommé par la loi, navigateur célèbre, que la Classe vient de perdre récemment, se trouvait alors dans l’impossibilité de satisfaire au règlement qui exige la résidence. Les membres du bureau des longitudes, obligés d’accepter la démission de M. Bougainville, eurent du moins la consolation de le voir remplacé par celui qu’ils avaient regretté de ne pouvoir se donner pour confrère.
M. de Fleurieu dès ce moment fut libre de reprendre ses travaux suspendus. Il n’en fut presque pas distrait par sa nomination au conseil des anciens, où il ne siégea que peu de temps. Il avait entrepris la rédaction du voyage de Marchand ; et déja il en avait lu des fragmens à la Classe des sciences morales et politiques de l’Institut.
Ce voyage, dont peu de personnes avaient connaissance, n’était point une de ces expéditions brillantes telles que celles des Anson et des Bougainville, dont le but était de tenter de nouvelles découvertes ; mais, comme ces navigateurs distingués, Marchand avait heureusement fait le tour du globe ; il avait découvert des îles inconnues ; il avait contribué aux progrès de la géographie. L’objet de ce voyage n’était d’abord que de tenter la traite des pelleteries ; mais ceux qui en avaient fait les frais (la maison Baux de Marseille), en donnant un exemple qui pouvait devenir utile au commerce français, étaient en même temps en état d’apprécier les connaissances que pouvait procurer une expédition si nouvelle. Ils avaient eu le bonheur de rencontrer deux capitaines d’un mérite réel, MM. Marchand et Chanal ; ils s’en étaient rapportés à eux pour la construction du navire et tous les détails de l’armement. Le vaisseau construit tout exprès avait<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxij|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>reçu le nom du ''Solide'', parce qu’on n’y avait rien épargné pour le mettre en état de résister aux fatigues de l’expédition mixte que Marchand projetait dès-lors de faire tourner à l’avantage de la géographie.
Les navigateurs n’avaient pas de montres marines qui auraient pu faciliter leurs opérations, mais qui malheureusement étaient encore trop rares dans nos ports ; mais ils étaient l’un et l’autre exercés à toutes les opérations de l’astronomie nautique ; ils étaient munis de sextans de réflexion bien rectifiés. Toutes les fois que le ciel était serein, ils mesuraient les distances de la lune au soleil et aux étoiles ; ils les calculaient séparément, et se communiquaient ensuite leurs résultats pour la longitude du vaisseau ; le capitaine Chanal les inscrivait sur son journal, sur lequel a travaillé M. de Fleurieu, car le capitaine Marchand était mort depuis en pays étranger, sans qu’on ait pu jusqu’ici découvrir ce que sont devenus ses papiers.
Dans le temps où il s’était consacré tout entier à l’épreuve des horloges de Berthoud, en se passionnant pour cette belle découverte mécanique, M. de Fleurieu n’avait pas manqué d’employer aussi les méthodes purement astronomiques, ne fût-ce que pour obtenir des vérifications plus nombreuses, et pour être en droit d’avoir son avis sur la bonté relative des diverses méthodes ; mais il n’en avait parlé que pour déclarer qu’il ne manifesterait pas son opinion, s’il en avait une. Il est aisé pourtant de voir dans ce silence même que cette opinion était toute en faveur des horloges. On le voit encore par la manière sévère dont il traite un astronome distingué qu’il accuse de partialité contre Harrison. Il s’était pour ainsi dire identifié avec Berthoud, dont, sans le savoir, il partageait un peu les préventions. L’astronome respectable qui lui avait été adjoint pouvait bien lui-même n’être pas tout-à-fait libre de préjugés contre la méthode des distances, qui commençait à triompher de la méthode des angles<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|358|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>que ses camarades, restés bouche bée, se regardaient,
les uns presque effrayés, les autres
presque rieurs, tous visiblement impressionnés,
et qu’une discussion semblait devoir sortir de
leur silence, quand Fritz, toujours sceptique :
— Si nous buvions un truculent verre de
schnaps ? Ça nous purifierait les idées.
— Accepté !
Et jusqu’au chant du coq, je puis vous affirmer,
sans qu’il m’en coûte, qu’on lampa beaucoup
de coups…
{{Astérisme}}
Ainsi finit l’histoire de la main du major
Müller.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxxiij}}</noinclude>horaires pour laquelle il avait tant travaillé. Il est si difficile, même aux meilleurs esprits, de garder une impartialité bien parfaite entre deux procédés entièrement opposés, sur-tout quand les deux méthodes, étant encore dans leur enfance, laissent voir trop à découvert les imperfections qu’on peut leur reprocher, et dont rien ne démontrait encore que l’on dût un jour les corriger.
On peut donc supposer, sans commettre une injustice, que M. de Fleurieu n’avait pas senti tout le parti qu’on pouvait tirer des observations astronomiques. Il eut tout le loisir d’en voir les bons effets, en rédigeant un voyage où elles avaient été si constamment utiles. Il dut se féliciter alors de n’avoir pas émis une opinion qu’il eût été obligé de rétracter, ou qu’il n’aurait pu soutenir sans une injustice dont il était incapable. Il put, cette fois, manifester son opinion toute entière ; il donne franchement à la méthode des distances tous les éloges qu’elle mérite, et distingue avec beaucoup de justesse les occasions où elle a incontestablement l’avantage de la sûreté et de la généralité, d’avec celles, au contraire, où les montres joignent au mérite de la facilité celui d’une plus grande exactitude ; ce qui est incontestable, quand les différences de longitudes qu’il s’agit de déterminer n’excèdent guère les erreurs dont on ne peut répondre dans la méthode lunaire.
Le travail de M. de Fleurieu ne se borne pas à mettre en ordre les observations des capitaines Marchand et Chanal, à placer sur des cartes les îles qu’ils avaient découvertes et les lieux dont ils avaient mieux déterminé les positions. L’introduction qu’il mit en tête de l’ouvrage est une histoire intéressante des voyages entrepris par tous les navigateurs qui ont successivement visité la côte nord-ouest de l’Amérique, depuis Cortez jusqu’à Marchand ; elle est encore une discussion profonde, un {{tiret|rappro|chement}}<noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxxiv|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>{{tiret2|rappro|chement}} de leurs diverses relations, qui les éclaircit, les confirme ou les corrige les unes par les autres.
L’histoire du voyage même est par-tout entremêlée de discussions pareilles où l’auteur éclaircit les points douteux et assure à chacun ce qui lui appartient. Mais l’article le plus utile et le plus curieux est celui où il met fin aux doutes des navigateurs sur la préférence à accorder à l’une des deux passes du détroit entre Banca et Billiton. Quoique plusieurs marins eussent déja pratiqué ces deux routes, connues sous les noms de Gaspard et de Clément, leurs cartes étaient peu répandues. Marchand n’avait avec lui que celle de Gaspard, contre laquelle ce qu’en avait dit d’Après devait même lui inspirer les plus fortes préventions. Marchand n’hésita pourtant point sur le choix ; il s’engagea dans le détroit de Gaspard, qui lui était peint comme si dangereux ; mais sa navigation est un modèle de prudence et des attentions que doit avoir tout marin qui est forcé de suivre une route inconnue et périlleuse. Tandis qu’il s’occupait de la conservation du vaisseau, Chanal faisait des observations continuelles pour déterminer d’après deux points principaux toutes les îles, les caps, les montagnes qu’il pouvait relever.
C’est d’après ces renseignemens dont il démontre l’exactitude, que M. de Fleurieu construit sa carte du détroit de Gaspard, et qu’il y trace la route du ''Solide'', comme celle dont les navigateurs ne doivent plus s’écarter. Mais Chanal n’avait pu voir l’autre détroit, dont il était séparé par l’île qu’on a nommée du ''Milieu'' ; le travail rédigé sur son journal ne pouvait être qu’incomplet. M. de Fleurieu y joint les routes de tous ceux qui ont passé l’un et l’autre détroit ; il examine scrupuleusement leurs relations, et les corrigeant les unes par les autres, il forme du tout une description du double détroit qu’il ne donne pas encore comme parfaite, mais qui a reçu depuis la sanction des navigateurs qui ont tenu l’une et l’autre route, et qui ont témoigné leur {{tiret|étonne|ment}}<noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxxv}}</noinclude>{{tiret2|étonne|ment}} de ce que, sans sortir de son cabinet, un savant avait pu tracer une description plus exacte et plus sûre qu’aucune de celles qu’on devait aux marins qui avaient vu par eux-mêmes.
Après ce chapitre, digne d’être proposé pour modèle dans les recherches du même genre, on lit avec un intérêt d’une autre espèce, et fait pour être senti par un plus grand nombre de lecteurs, le chapitre qui termine l’ouvrage. L’auteur y donne ses réflexions sur la durée des voyages autour du monde, sur les moyens de les abréger, sur les méthodes les plus utiles à la navigation.
Ici, il était permis à M. de Fleurieu de regarder sa tâche comme finie : le désir d’être plus utile à tous les marins lui fit ajouter un volume.
Le capitaine Chanal avait soigneusement consigné dans son journal les points de la navigation où il avait commencé à voir divers oiseaux ou poissons. Ces remarques indiquent au navigateur le voisinage d’une terre en général ; mais, pour tirer de ces observations un parti plus avantageux et plus précis, il faut des connaissances d’histoire naturelle, que M. de Fleurieu voulut rassembler pour l’usage du marin. Peut-être y cherchait-il pour lui-même un délassement ; peut-être a-t-il un peu trop cédé à l’attrait qu’il trouvait à des descriptions qui pouvaient donner à son style plus de mouvement, de couleur et de variété. Il ne nous appartient pas de juger le fonds du travail, mais n’est-il pas à craindre que des détails trop étendus deviennent par-là même inutiles au marin, à qui il n’est guère permis de s’entourer d’un grand nombre de volumes.
Mais si M. de Fleurieu est sorti de son sujet, il ne tarde pas à y rentrer d’une manière fort heureuse, par ses recherches sur les terres de Drake et l’examen critique du voyage de Roggeween autour du monde. C’est là qu’il annonce en termes positifs le projet de reprendre successivement tous les voyages des<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxxvj|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>temps antérieurs, afin d’y porter la lumière que nous pouvons emprunter des navigations modernes ; d’appliquer ensuite le résultat de chaque discussion particulière à la carte générale des découvertes modernes, pour connaître quelle place les anciennes y doivent occuper ; de manière qu’en distinguant les vraies découvertes de ce qui n’est qu’une ''reconnaissance nouvelle'' de lieux antérieurement visités, nous puissions avoir une description du grand Océan entre l’Amérique et l’Asie, aussi exacte que le comportent les progrès de la navigation et la réunion des matériaux épars qui doivent en présenter l’ensemble. Dans toutes les recherches auxquelles il se livre ensuite, on voit briller la même critique, la même impartialité, qu’on avait applaudies dans un écrit qu’il avait publié, sans nom d’auteur, pendant son ministère, et qui porte pour titre ''Découvertes des Français en'' 1768 ''et'' 1769. Son but était alors de réclamer contre une espèce d’usurpation trop fréquente qui porte les navigateurs à imposer leurs propres noms ou ceux de leur pays à des terres déja découvertes et nommées par d’autres voyageurs, ce qui ne peut que jeter le trouble et l’incertitude dans l’histoire et la pratique de la navigation. Mais dans ce même ouvrage, entrepris pour assurer les droits de MM. de Bougainville et de Surville contre les prétentions ou les méprises de plusieurs Anglais, on voit avec plaisir l’impartialité avec laquelle il parle de Dalrymple, qui n’avait pas partagé l’injustice ou l’erreur de ses compatriotes, et les hommages qu’il rend au célèbre Cook, à qui il eût pu reprendre beaucoup plus encore sans l’appauvrir.
Le succès de cet ouvrage ne pouvait pas être douteux en France ; il ne fut pas moindre en Angleterre, où M. de Fleurieu trouva un traducteur non moins impartial que lui-même, qui se chargea de répandre cet écrit parmi ses compatriotes, ''pour faire'', comme il le déclare, ''un sacrifice volontaire à la vérité'', et qui, dans ses notes comme dans sa préface, rend par-tout<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr||{{sc|de m. le comte de fleurieu.}}|lxxxvij}}</noinclude>justice aux ''recherches fines et profondes des géographes français, et notamment à celles du savant et ingénieux auteur qu’il traduit''.
Le voyage de Marchand valut à M. de Fleurieu un témoignage non moins flatteur, parce qu’il était aussi désintéressé, de la part d’un Espagnol qui se plaignait pourtant de voir sa nation traitée par M. de Fleurieu avec une sévérité qu’elle cessait alors de mériter. Le savant espagnol n’hésitait pas à adopter la nouvelle nomenclature des terres et des mers proposée dans l’appendice au voyage de Marchand.
Pour donner à une science une nomenclature exacte, il faudrait au moins que les limites de cette science fussent bien posées, et ses grandes divisions parfaitement établies ; et toutes les nomenclatures se sont introduites graduellement à mesure que les sciences se formaient, quand les idées étaient encore incomplètes, si même elles n’étaient entièrement inexactes. Peu de sciences ont à cet égard le droit de se faire l’une à l’autre un reproche qu’elles méritent presque toutes. L’astronomie, la plus ancienne et peut-être la plus avancée des connaissances humaines, offre des exemples continuels de dénominations qui ont plusieurs fois changé leurs acceptions, sans parvenir à en rencontrer de justes.
La chimie, presque seule jusqu’aujourd’hui, a cédé au besoin de se faire une nomenclature toute nouvelle.
M. de Fleurieu voulut rendre un service pareil à l’hydrographie. La réforme était plus facile. Le globe est aujourd’hui suffisamment connu, sinon dans tous ses détails, au moins dans son ensemble. On connaît à-peu-près les limites et les contours des pays ou des mers où l’on n’a pu pénétrer. Il était temps de faire disparaître ces dénominations imposées vaguement et au hasard à des mers dont on n’avait visité que la moindre partie. En démontrant l’inexactitude des dénominations qu’il veut bannir et<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" /></noinclude>{{t3|CONTE DE FÉES}}
Le plus grand bonheur de sa vie lui échut
l’année dernière, — et quand je dis bonheur, ce
n’est pas ce que l’on pourrait imaginer en entassant
les chances favorables les plus rares sur
les plus extraordinaires des hasards cléments.
Non. Ce n’est pas non plus, ainsi que la majorité
des bons esprits voudrait le supposer, qu’il
eût enfin revêtu de lui-même, ou sous le coup
d’une expérience plus ou moins cruelle, ce
calme absolu, cette pure impassibilité que préconisent
tant de philosophies. Non. Ce n’est pas
davantage qu’il fût devenu subitement égoïste,
à ce poussé par d’imméritées infortunes et qu’il
trouvât dans le culte exclusif de soi-même une
consolation peu noble, mais efficace. Non. Ce
n’est pas encore qu’il eut pris son parti de
l’existence « en brave » pas trop dégoûté, sans<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr|360|{{sc|histoires}}|b=<hr />}}</noinclude>trop de morale gênante et avec juste assez, de
bêtise assumées.
Non, il avait tout bonnement acquis une
certitude, mais celle-là était la seule certitude
au monde après la foi religieuse, et plus avare
encore qu’elle de se communiquer. Mais quelques
mots de son histoire sont nécessaires ici.
D’abord il s’appelait Jacques Trébois. Jacques
Trébois était dans la force de l’âge, dans les
quarante et quelques années. Il n’avait pas
mal surmené la vie qui ne le lui avait pas trop
rendu. Même sa santé était relativement insolente.
Par contre, tout ce qu’il y a de mieux
achevé comme ruine financière, il le présentait.
Prodigalités et duperies avaient mis quelque
temps à procurer ce résultat, mais y étaient parvenues
dans la perfection. Ce n’était plus même
au jour le jour qu’il végétait ; désormais, une
heure gagnée sur la fin de la journée lui paraissait
une de ces conquêtes ! Mais vaillant et gai
autant qu’il est vraisemblable dans de pareils
cas. Nulle bohème dans son fait : on ne lui
connaissait pas de dettes et il n’en avait pas, et
sans le moins du monde maudire le présent ou
craindre l’avenir, il ne regrettait rien du passé
où il n’avait, disait-il, aucun remords. Des torts
parbleu ! il en comptait dans son existence,
comme tout un chacun, beaucoup de torts {{tiret|en|vers}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 1.djvu/104
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Fabrice Dury
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" />{{nr|lxxxviij|{{sc|notice sur la vie et les ouvrages}}}}</noinclude>les motifs de celles qu’il veut y substituer, en se fondant par-tout sur la nature même ou sur la justice, il a proposé une nomenclature qui doit plaire également à toutes les nations dont elle assure les droits, puisqu’elle tend à rendre à toutes les îles et à toutes les terres les noms imposés par les navigateurs qui les premiers les ont découvertes.
Cette nomenclature a déjà été adoptée par plusieurs savans de différentes nations ; elle a été généralement approuvée : cependant l’espèce de révolution qu’elle commence ne peut s’accomplir que par le renouvellement entier des cartes nautiques ; mais le succès, pour être plus lent, n’en sera probablement pas moins sûr.
Cet ouvrage est le dernier qu’ait publié M. de Fleurieu. Si les changemens divers qui ont long-temps agité la France avaient été si funestes à sa fortune, à ses travaux et à sa tranquillité, un nouveau changement fut pour lui l’époque d’une considération nouvelle. Nommé successivement conseiller-d’état et président de la section de la marine, quand l’âge et les infirmités vinrent diminuer en lui l’activité si nécessaire à ces diverses fonctions, de nouveaux honneurs, une place au sénat, celle de gouverneur des Tuileries attestèrent hautement le prix qu’on attachait à ses services.
En retrouvant plus de loisir, M. de Fleurieu revint à ses occupations chéries, à celles qui fonderont principalement sa gloire et le nom qu’il laissera. Ce qu’il avait fait pour quelques voyages particuliers, la lucidité avec laquelle il avait traité les points obscurs dont il s’était occupé, faisaient attendre de lui une histoire générale de la navigation ; et l’on avait des preuves qu’il y songeait ; on pensait même que l’introduction était à-peu-près rédigée. Le premier livre devait traiter des voyages des anciens. Un bon juge à qui il en avait lu des fragmens avait été principalement frappé d’un morceau très-curieux sur l’espèce de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Olivier LPB
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<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" />{{nr||{{sc|comme ça}}|361|b=<hr />}}</noinclude>{{tiret2|en|vers}} beaucoup de gens et dans une foule de
circonstances, mais en somme des torts très
réparables ou tout au moine point irréparables. Ce
qui avait principalement gâté sa vie, c’étaient ses
torts envers lui-même, sa paresse d’esprit ou, si
l’on veut, sa hauteur d’esprit, ses négligences,
ses dédains si vous préférez, et les timidités de
son excessive délicatesse brusquement révoltée
par moment, et alors muée en un donquichottisme
agressif tout à fait désagréable et même nuisible.
Partant, beaucoup d’amis devenus froids ou
hostiles. Quelques-uns restés pourtant très fidèles
ceux-là tout dévoués, car ils connaissaient l’excellent,
le rare homme que c’était au fond avec
ses terribles défauts et moyennant quelques
vices. Ses principaux ennemis et anciens adversaires,
cohéritiers ou compétiteurs, constituaient
sa plus proche famille et sa belle-famille, car il
avait été marié, se trouvant, pour ainsi dire,
mais absolument, veuf par suite des légalités
bizarres de la minute sociale où nous nous trouvons.
Pour faire court, à ses embarras
d’argent s’ajoutaient d’inimaginables mauvaises
positions partout, toujours et dans tous les
sens. Guère possibilité de se retourner de quelque
côté que ce fût, moins encore moyen pour
ses susceptibilités et ses angles de caser nulle
part sa bien naturelle ensuivante espèce de<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<includeonly>{{tm|{{bleu|{{PSPc|{{{1}}}}}}} {{t|de|80}}|3.2}}{{tm|{{#ifeq:{{{2|}}}|t|{{#invoke:Stat|get|{{{1}}}|key=total}}|{{{2|}}}}}|2.1|80}}{{tm|({{PSP|{{{1}}}}}%)|80|3.6}}{{tm|{{#if:{{{5|}}}|[[File:Flag of {{{5}}}.svg|12px]]}}|1.2}} {{tm|{{#if:{{{4}}}|'''{{vert|{{{4}}}}}'''|}}|1.4}} — [[{{{1}}}]] {{t|{{vert|({{{3}}})}}|80}}</includeonly><noinclude>{{documentation}}[[Catégorie:Modèle de statistique]]</noinclude>
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Page:Leblanc - Arsène Lupin, nouvelles aventures d'après les romans, 1909.djvu/4
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{{c|''Arsène Lupin'' au théâtre de l’Athénée|fs=120%}}
{{-|6}}
{{PM|A|rsène Lupin}} a obtenu à l’Athénée un succès que la presse
avait prévu, proclamé, dès le premier soir et qui s’est longtemps renouvelé. Il n’en pouvait être autrement.
La collaboration du poète de ''Chérubin'' et du ''Paon'', de l’auteur de ''Le je ne sais quoi'' et de ''Le Bonheur Mesdames'', avec le nouvelliste et le romancier des ''Couples'', de ''l’Œuvre de mort'',
de ''Voici des ailes'' et de l’''Enthousiasme'',
devait produire, quelque fût le genre
choisi par eux, une œuvre adroite,
agréable, brillante, et solidement
construite.
De nombreux articles d’ « avant-premières » nous ont renseigné sur la
genèse de cette collaboration. {{M.|Francis de Croisset}}, séduit, charmé par la
verve, l’imagination, la variété de ressources du héros que {{M.|Maurice Leblanc}} avait rendu fameux par ses deux
derniers romans : ''Arsène Lupin gentleman-cambrioleur'' et ''Arsène Lupin contre Herlock Sholmès'', avait proposé à leur
auteur d’en tirer, avec lui, une pièce.
D’avance {{M.|Deval}}, directeur de l’Athénée, acceptait ces trois ou ces
quatre actes. {{MM.|de Croisset}} et Leblanc se mirent donc à l’ouvrage et
bâtirent vite un scénario, — qui ne leur plut pas absolument. Ils partirent
alors en voyage ; le premier, au Maroc, le second, à Venise, — et se retrouvèrent au mois d’août dans les Alpes, à Saint-Gervais, où ils se remirent au travail. Cette fois les scènes, les actes de ce nouvel ''Arsène Lupin'' se déroulèrent à merveille avec toute l’ingéniosité désirable de leurs péripéties, avec l’esprit perpétuellement renouvelé de leurs répliques ; les deux collaborateurs rentrèrent à Paris et donnèrent aussitôt lecture de leur œuvre à {{M.|Deval}} qui la reçut, en effet, d’emblée, et la mit bientôt en répétitions en lui assurant des interprètes de choix.
{{Astérisme|200%}}
Comme nous l’avons dit plus haut, la presse fut unanime, au lendemain
de la répétition générale, à proclamer le plaisir qu’elle avait pris à ce spectacle.
Ainsi {{M.|Gustave Guiches}} écrivait dans ''Comœdia'' :
« Il faut le constater tout de suite, c’est un très gros succès. Et pas un
succès gros comme il risquait d’être, mais un succès charmant, remporté
par ces délicieux Lupin à coups de fantaisie, de verve, d’inattendues trouvailles et, dans cette soirée de cambriolages si joliment réussis, le succès est la seule chose dont on peut dire qu’il ne l’a pas volé.
» Certes, {{M.|Maurice Leblanc}} avait facilité la tâche à {{M.|de Croisset}}. Il lui
apportait un personnage auquel son cerveau de romancier et son talent
d’écrivain avaient déjà donné une vie toute frémissante d’aventures et de
joyeux frissons. Or, les deux livres que {{M.|Maurice Leblanc}} consacre à Arsène
Lupin ne sont-ils pas du théâtre ? Ne trouve-t-on pas, à chaque chapitre,
une action condensée et cependant complète avec de l’émotion, du rire
et toujours de l’imprévu dans les péripéties ?
» Mais, évidemment, cela ne suffit pas. Aussi impressionnante que fût
cette série de récits, il lui eût manqué, pour la scène, le fil, le fameux
fil conducteur, car s’il existe une télégraphie sans fil,
il n’existe pas de théâtre sans fil. C’est {{M.|de Croisset}} qui apporta
ce fil. Il a enchaîné les événements comme pour une farandole,
et il les a lancés dans une folle galopade.
» Je sais tout ce que l’on peut dire : que c’est du cinéma, du Guignol exaspéré ou du Sherlock en délire ; qu’il est arbitraire de créer un type qui
se joue ainsi de tout le monde et qu’il est dangereux de présenter
le métier de voleur comme une carrière à la mode et celui de
policier comme un art ridicule. Qu’importe ! Cela n’empêche qu’''Arsène Lupin'' est une pièce supérieurement faite, qui contient des
scènes délicieusement comiques et poignantes et que le
gentleman cambrioleur a reçu hier, pour son agilité, sa grâce
et sa maîtrise, les bravos enthousiastes, récompense ordinaire des
victimes du devoir et des honnêtes gens !… »
{{M.|Adolphe Brisson}} reconnaissait aussi, dans
''le Temps'', qu’Arsène Lupin est un voleur charmant :
« L’imagination du romancier Maurice Leblanc avait paré de mille grâces cette figure ; la spirituelle ingéniosité du dramaturge Francis de Croisset lui a imprimé le relief scénique ; la distinction souple et fine, l’élégance sportive d’André Brulé ont achevé de la rendre vivante. Elle a plu. Le public s’est diverti à la voir évoluer. »
{{M.|Henri de Régnier}} expliquait même, ingénieusement, dans
le ''Journal des Débats'', pour quelles causes
d’ordre historique, philosophique, psychologique, ce gentleman cambrioleur pouvait et devait nous plaire :
« Aimable et sympathique, Arsène Lupin est un artiste
en sa partie, et c’est avec un intérêt que lui mérite
une remarquable ingéniosité que nous assistons
à ses « nouvelles créations ».
» Le mot d’ingéniosité vient de lui-même à l’esprit pour caractériser
la qualité d’intelligence dont font preuve un Arsène Lupin
et ses congénères, qu’ils sortent d’un roman de Conan Doyle
ou de Balzac, d’Eugène Sue, de Gaboriau, de Capendu ou de
Victor Hugo, ou qu’ils aient porté les noms authentiques
de Mandrin ou de Cartouche. Ce qui nous plaît le mieux,
dans leurs personnages réels ou imaginaires, c’est moins
la position qu’ils ont prise en face de la société et la
manière dont ils ont envisagé la vie que la façon dont, une fois adoptée
la carrière où ils se sont rendus fameux, ils ont résolu, pendant plus
ou moins longtemps, les difficultés qu’elle leur suscitait. Ce qui nous frappe en eux, c’est la merveilleuse ingéniosité qu’ils déploient pour arriver à leurs fins, qui ne sont autres que de s’approprier le bien d’autrui, mais sur lesquelles les moyens qu’ils inventent pour
y parvenir nous font passer jusqu’à un certain point. Cela est
si vrai que nous arrivons presque à ne plus nous apercevoir que
le vol est en lui-même un acte répréhensible et que nous en
venons presque à oublier que le voleur est un voleur pour
ne voir en lui qu’une sorte de prestidigitateur et d’acrobate
et un virtuose, dévoyé certes, mais bien séduisant de l’ingéniosité humaine.
» Ce sentiment d’indulgence et de curiosité que nous ressentons malgré
nous pour un Arsène Lupin (prenons cet exemple puisque la pièce
de {{MM.|de Croisset}} et Leblanc nous le fournit) n’est pas entièrement dû aux mérites particuliers et personnels de cet ingénieux praticien ; il a
une origine plus générale et plus ancienne. Il est même, si je puis dire,
de tradition. Il remonte au prestige qu’a toujours exercé sur
ses semblables — surtout quand ils ne lui ressemblent pas — l’homme industrieux. Aussi bien qu’il y a des hommes à bonnes fortunes, il y
a des hommes à stratagèmes et ils ont toujours joui d’une considération spéciale. Nous n’admirons pas seulement les héros nés sous le signe de Mars ou de Vénus, mais aussi ceux que domine celui de Mercure. Le courage
ou la grâce nous semblent des dons merveilleux, mais
la ruse, l’astuce et l’adresse ne nous en paraissent pas
de méprisables. À côté d’Achille, il y a Ulysse. Il est
le patron des héros subtils, ingénieux, détrousseurs et
débrouillards, dont l’odyssée fertile en stratagèmes,
en roueries, en bons tours et en mauvaises actions, n’a pas cessé
de nous divertir de siècle en siècle et aboutit, selon les époques,
à Ithaque ou à la maison centrale. »
{{M.|Catulle Mendès}} commentait lui aussi dans
le ''Journal'', mais à sa façon et avec sa verve
de vingt ans les triomphes heureux du jeune Lupin :
« À quoi rêvent les jeunes filles ? à Arsène Lupin ; plus d’une, éveillée, la nuit, par quelque grincement de « rossignol » dans la serrure (ah ! non, ce n’est pas l’alouette !) ne sait si elle redoute ou espère que son rêve s’achève<noinclude>{{d|''(Voir la suite à l’avant-dernière page de la couverture.)''|2}}
<references/></noinclude>
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Page:Leblanc - Arsène Lupin, nouvelles aventures d'après les romans, 1909.djvu/7
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{{Personnage|Jeanne.}} — Mais nous ne serons plus dignes d’être vos amies, quand vous serez la duchesse de Charmerace.
{{Personnage|Germaine.}} — Pourquoi ? {{di|(À Sonia.)}} Sonia ! Surtout
n’oubliez pas Veauléglise, 33, rue de l’Université. {{di|(Elle répète)}} 33, rue de l’Université.
{{Personnage|Sonia.}} — Veauléglise… a… u… ?
{{Personnage|Germaine.}} — Comment ?
{{Personnage|Sonia.}} — Duchesse de Veauléglise… v… a… u… ?
{{Personnage|Germaine.}} — Non, avec un e.
{{Personnage|Jeanne.}} — Comme veau.
{{Personnage|Germaine.}} — Ma chère, c’est une plaisanterie bien bourgeoise. {{di|(À Sonia.)}} Attendez, ne fermez pas l’enveloppe. {{di|(D’un ton réfléchi)}} Je me demande si Veauléglise mérite une croix, une double croix, ou une triple croix.
{{Personnage|Jeanne et Marie.}} — Comment ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oui, la croix simple signifie l’invitation à l’église, double croix invitation au mariage et au lunch, et triple croix, invitation au mariage, au lunch et à la soirée de contrat. Votre avis ?
{{Personnage|Jeanne.}} — Mon Dieu, je n’ai pas l’honneur de connaître cette grande dame.
{{Personnage|Marie.}} — Moi non plus.
{{Personnage|Germaine.}} — Moi non plus, mais j’ai là le carnet
de visite de feu la duchesse de Charmerace, la mère
de Jacques… Les deux duchesses étaient en relations ;
de plus, la duchesse de Veauléglise est une personne
un peu rosse, mais fort admirée pour sa piété : elle
communie trois fois par semaine.
{{Personnage|Jeanne.}} — Alors, mettez-lui trois croix.
{{Personnage|Marie.}} — À votre place, ma chérie, avant de faire des gaffes, je demanderais conseil à votre fiancé. Il connaît ce monde-là, lui.
{{Personnage|Germaine.}} — Ah ! là ! là ! mon fiancé ! ça lui est
bien égal. Ce qu’il a changé depuis sept ans ! {{di|(Feuillette son carnet.)}} Il ne prenait rien au sérieux, alors.
Tenez, il y a sept ans, s’il est parti pour faire une
expédition au pôle sud, c’était uniquement par snobisme… Enfin, quoi, un vrai duc !
{{Personnage|Jeanne.}} — Et aujourd’hui ?
{{Personnage|Germaine.}} — Ah ! aujourd’hui, il est pédant, le
monde l’agace, et il a un air grave.
{{Personnage|Sonia.}} — Il est gai comme un pinson.
{{Personnage|Germaine.}} — Il est gai quand il se moque des
gens, mais à part ça, il est grave.
{{Personnage|Jeanne.}} — Votre père doit être ravi de ce changement ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oh ! naturellement ! Papa s’appellera toujours {{M.|Gournay-Martin}}. Non, quand je pense que papa déjeune aujourd’hui à Rennes avec le ministre, dans le seul but de faire décorer Jacques !…
{{Personnage|Marie.}} — Eh bien, la Légion d’honneur, c’est beau, cela.
{{Personnage|Germaine.}} — Ma pauvre petite, c’est beau rue du Sentier, mais
ça ne va pas avec un duc ! {{di|(S’arrêtant au moment de partir.)}} Tiens, cette statuette, pourquoi est-elle ici ?
{{PersonnageD|Sonia||étonnée.}} — En effet, quand nous sommes entrées, elle était là, à sa place habituelle…
{{PersonnageD|Germaine.||au domestique qui entre avec le thé}} — Alfred, vous êtes venu dans le salon pendant que nous étions dehors ?
{{Personnage|Alfred.}} — Non, mademoiselle.
{{Personnage|Germaine.}} — Mais quelqu’un est entré ?
{{Personnage|Alfred.}} — Je n’ai entendu personne, j’étais dans l’office.
{{Personnage|Germaine.}} — C’est curieux. {{di|(À Alfred qui va pour sortir.)}} Alfred, on n’a pas encore téléphoné de Paris ?
{{Personnage|Alfred.}} — Pas encore, mademoiselle.
{{di|Il sort. Sonia sert le thé aux jeunes filles.}}
{{Personnage|Germaine.}} — On n’a pas encore téléphoné. C’est très embêtant. Ça prouve qu’on ne m’a pas envoyé de cadeaux aujourd’hui.
{{Personnage|Sonia.}} — C’est dimanche, les magasins ne font pas de livraisons ce jour-là.
{{Personnage|Jeanne.}} — Le beau duc ne vient pas goûter ?
{{Personnage|Germaine.}} — Mais si, je l’attends à quatre heures et demie. Il a dû sortir à cheval avec les deux frères Dubuit. Les Dubuit viennent goûter aussi.
{{Personnage|Marie.}} — Il est sorti à cheval avec les Dubuit ? Quand ça ?
{{Personnage|Germaine.}} — Mais cet après-midi.
{{Personnage|Marie.}} — Ah ! non… Mon frère est allé après déjeuner chez Dubuit pour voir André et Georges. Ils étaient sortis depuis ce matin en voiture, et ils ne devaient rentrer que tard dans la soirée.
{{Personnage|Germaine.}} — Tiens, mais… qu’est-ce qu’il m’a raconté ?
{{PersonnageD|Irma||entrant.}} — On est là de Paris, mademoiselle.
{{PersonnageD|Germaine||vivement.}} — Chic, c’est le concierge.
{{Personnage|Irma.}} — C’est Victoire, la femme de charge.
{{PersonnageD|Germaine||au téléphone.}} — Allô, c’est vous, Victoire ?… Ah ! on a envoyé quelque chose… Eh bien, qu’est-ce que c’est ? Un coupe-papier… encore ! Et l’autre ? Un encrier {{roi|Louis|XVI}}… encore ! Oh ! là ! là ! De qui ? {{di|(Fièrement, aux autres jeunes filles.)}} Comtesse de Rudolphe
et baron de Valéry… oui, et c’est tout ? Non, c’est vrai ? {{di|(À Sonia.) }} Sonia, un collier de perles ! {{di|(Au téléphone.)}} Il est gros ? Les perles sont grosses ? Oh ! mais c’est épatant ! Qui a envoyé ça ?… {{di|(Désappointée.)}} Oh ! oui, un ami de papa. Enfin, c’est un collier
de perles… Fermez bien les portes, n’est-ce pas ? et serrez-le dans l’armoire secrète… Oui, merci, ma bonne Victoire, à demain. {{di|(À Jeanne et Marie.)}} C’est inouï, les relations de papa me font des cadeaux merveilleux et tous les gens chics m’envoient des coupe-papier. Il est vrai que Jacques est au-dessous de tout. C’est à peine si, dans le faubourg, on sait que nous sommes fiancés.
{{Personnage|Jeanne.}} — Il ne fait aucune réclame ?
{{Personnage|Germaine.}} — Vous plaisantez, mais c’est que c’est vrai. Sa cousine, {{Mme|de Relzières}}, me le disait encore l’autre jour au thé qu’elle a donné en mon honneur, n’est-ce pas, Sonia ?
{{PersonnageD|Jeanne||bas, à Marie.}} — Elle en a plein la bouche de son thé.
{{Personnage|Marie.}} — À propos de {{Mme|de Relzières}}, vous
savez qu’elle est aux cent coups. Son fils se bat aujourd’hui.
{{Personnage|Sonia.}} — Avec qui ?
{{Personnage|Marie.}} — On ne sait pas, mais elle a surpris une lettre des témoins…
{{Personnage|Germaine.}} — Je suis tranquille pour Relzières. Il est de première force à l’épée, il est imbattable.
{{Personnage|Jeanne.}} — Il était intime avec votre fiancé, autrefois.
{{Personnage|Germaine.}} — Intime. C’est même par Relzières que nous avons connu Jacques.
{{Personnage|Marie.}} — Où ça ?
{{Personnage|Germaine.}} — Dans ce château.
{{Personnage|Marie.}} — Chez lui, alors ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oui. Est-ce drôle, la vie ! Si, quelques mois après la mort de son père, Jacques ne s’était pas trouvé dans la dèche
et obligé, pour les frais de son expédition au pôle sud, de bazarder
ce château ; si papa et moi, nous n’avions pas eu envie<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{Personnage|Jeanne.}} — Mais nous ne serons plus dignes d’être vos amies, quand vous serez la duchesse de Charmerace.
{{Personnage|Germaine.}} — Pourquoi ? {{di|(À Sonia.)}} Sonia ! Surtout
n’oubliez pas Veauléglise, 33, rue de l’Université. {{di|(Elle répète)}} 33, rue de l’Université.
{{Personnage|Sonia.}} — Veauléglise… a… u… ?
{{Personnage|Germaine.}} — Comment ?
{{Personnage|Sonia.}} — Duchesse de Veauléglise… v… a… u… ?
{{Personnage|Germaine.}} — Non, avec un e.
{{Personnage|Jeanne.}} — Comme veau.
{{Personnage|Germaine.}} — Ma chère, c’est une plaisanterie bien bourgeoise. {{di|(À Sonia.)}} Attendez, ne fermez pas l’enveloppe. {{di|(D’un ton réfléchi)}} Je me demande si Veauléglise mérite une croix, une double croix, ou une triple croix.
{{Personnage|Jeanne et Marie.}} — Comment ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oui, la croix simple signifie l’invitation à l’église, double croix invitation au mariage et au lunch, et triple croix, invitation au mariage, au lunch et à la soirée de contrat. Votre avis ?
{{Personnage|Jeanne.}} — Mon Dieu, je n’ai pas l’honneur de connaître cette grande dame.
{{Personnage|Marie.}} — Moi non plus.
{{Personnage|Germaine.}} — Moi non plus, mais j’ai là le carnet
de visite de feu la duchesse de Charmerace, la mère
de Jacques… Les deux duchesses étaient en relations ;
de plus, la duchesse de Veauléglise est une personne
un peu rosse, mais fort admirée pour sa piété : elle
communie trois fois par semaine.
{{Personnage|Jeanne.}} — Alors, mettez-lui trois croix.
{{Personnage|Marie.}} — À votre place, ma chérie, avant de faire des gaffes, je demanderais conseil à votre fiancé. Il connaît ce monde-là, lui.
{{Personnage|Germaine.}} — Ah ! là ! là ! mon fiancé ! ça lui est
bien égal. Ce qu’il a changé depuis sept ans ! {{di|(Feuillette son carnet.)}} Il ne prenait rien au sérieux, alors.
Tenez, il y a sept ans, s’il est parti pour faire une
expédition au pôle sud, c’était uniquement par snobisme… Enfin, quoi, un vrai duc !
{{Personnage|Jeanne.}} — Et aujourd’hui ?
{{Personnage|Germaine.}} — Ah ! aujourd’hui, il est pédant, le
monde l’agace, et il a un air grave.
{{Personnage|Sonia.}} — Il est gai comme un pinson.
{{Personnage|Germaine.}} — Il est gai quand il se moque des
gens, mais à part ça, il est grave.
{{Personnage|Jeanne.}} — Votre père doit être ravi de ce changement ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oh ! naturellement ! Papa s’appellera toujours {{M.|Gournay-Martin}}. Non, quand je pense que papa déjeune aujourd’hui à Rennes avec le ministre, dans le seul but de faire décorer Jacques !…
{{Personnage|Marie.}} — Eh bien, la Légion d’honneur, c’est beau, cela.
{{Personnage|Germaine.}} — Ma pauvre petite, c’est beau rue du Sentier, mais
ça ne va pas avec un duc ! {{di|(S’arrêtant au moment de partir.)}} Tiens, cette statuette, pourquoi est-elle ici ?
{{PersonnageD|Sonia||étonnée.}} — En effet, quand nous sommes entrées, elle était là, à sa place habituelle…
{{PersonnageD|Germaine||au domestique qui entre avec le thé.}} — Alfred, vous êtes venu dans le salon pendant que nous étions dehors ?
{{Personnage|Alfred.}} — Non, mademoiselle.
{{Personnage|Germaine.}} — Mais quelqu’un est entré ?
{{Personnage|Alfred.}} — Je n’ai entendu personne, j’étais dans l’office.
{{Personnage|Germaine.}} — C’est curieux. {{di|(À Alfred qui va pour sortir.)}} Alfred, on n’a pas encore téléphoné de Paris ?
{{Personnage|Alfred.}} — Pas encore, mademoiselle.
{{di|Il sort. Sonia sert le thé aux jeunes filles.}}
{{Personnage|Germaine.}} — On n’a pas encore téléphoné. C’est très embêtant. Ça prouve qu’on ne m’a pas envoyé de cadeaux aujourd’hui.
{{Personnage|Sonia.}} — C’est dimanche, les magasins ne font pas de livraisons ce jour-là.
{{Personnage|Jeanne.}} — Le beau duc ne vient pas goûter ?
{{Personnage|Germaine.}} — Mais si, je l’attends à quatre heures et demie. Il a dû sortir à cheval avec les deux frères Dubuit. Les Dubuit viennent goûter aussi.
{{Personnage|Marie.}} — Il est sorti à cheval avec les Dubuit ? Quand ça ?
{{Personnage|Germaine.}} — Mais cet après-midi.
{{Personnage|Marie.}} — Ah ! non… Mon frère est allé après déjeuner chez Dubuit pour voir André et Georges. Ils étaient sortis depuis ce matin en voiture, et ils ne devaient rentrer que tard dans la soirée.
{{Personnage|Germaine.}} — Tiens, mais… qu’est-ce qu’il m’a raconté ?
{{PersonnageD|Irma||entrant.}} — On est là de Paris, mademoiselle.
{{PersonnageD|Germaine||vivement.}} — Chic, c’est le concierge.
{{Personnage|Irma.}} — C’est Victoire, la femme de charge.
{{PersonnageD|Germaine||au téléphone.}} — Allô, c’est vous, Victoire ?… Ah ! on a envoyé quelque chose… Eh bien, qu’est-ce que c’est ? Un coupe-papier… encore ! Et l’autre ? Un encrier {{roi|Louis|XVI}}… encore ! Oh ! là ! là ! De qui ? {{di|(Fièrement, aux autres jeunes filles.)}} Comtesse de Rudolphe
et baron de Valéry… oui, et c’est tout ? Non, c’est vrai ? {{di|(À Sonia.) }} Sonia, un collier de perles ! {{di|(Au téléphone.)}} Il est gros ? Les perles sont grosses ? Oh ! mais c’est épatant ! Qui a envoyé ça ?… {{di|(Désappointée.)}} Oh ! oui, un ami de papa. Enfin, c’est un collier
de perles… Fermez bien les portes, n’est-ce pas ? et serrez-le dans l’armoire secrète… Oui, merci, ma bonne Victoire, à demain. {{di|(À Jeanne et Marie.)}} C’est inouï, les relations de papa me font des cadeaux merveilleux et tous les gens chics m’envoient des coupe-papier. Il est vrai que Jacques est au-dessous de tout. C’est à peine si, dans le faubourg, on sait que nous sommes fiancés.
{{Personnage|Jeanne.}} — Il ne fait aucune réclame ?
{{Personnage|Germaine.}} — Vous plaisantez, mais c’est que c’est vrai. Sa cousine, {{Mme|de Relzières}}, me le disait encore l’autre jour au thé qu’elle a donné en mon honneur, n’est-ce pas, Sonia ?
{{PersonnageD|Jeanne||bas, à Marie.}} — Elle en a plein la bouche de son thé.
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savez qu’elle est aux cent coups. Son fils se bat aujourd’hui.
{{Personnage|Sonia.}} — Avec qui ?
{{Personnage|Marie.}} — On ne sait pas, mais elle a surpris une lettre des témoins…
{{Personnage|Germaine.}} — Je suis tranquille pour Relzières. Il est de première force à l’épée, il est imbattable.
{{Personnage|Jeanne.}} — Il était intime avec votre fiancé, autrefois.
{{Personnage|Germaine.}} — Intime. C’est même par Relzières que nous avons connu Jacques.
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{{Personnage|Marie.}} — Chez lui, alors ?
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ce château ; si papa et moi, nous n’avions pas eu envie<noinclude>
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Page:Leblanc - Arsène Lupin, nouvelles aventures d'après les romans, 1909.djvu/11
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr||ARSÈNE LUPIN|7|b=<hr/>}}</noinclude>simples mots : « Ce n’est pas un vol, c’est une restitution. Vous nous avez bien pris la collection Wallace. »
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est une blague, n’est-ce pas ?
{{Personnage|Sonia.}} — Non, monsieur le duc ! Et il a fait
mieux. Vous vous souvenez de l’affaire de la banque
Daroy, l’épargne des petits.
{{Personnage|Le Duc.}} — Le financier qui avait triplé sa fortune au détriment d’un tas de pauvres diables, deux mille personnes ruinées ?
{{Personnage|Sonia.}} — Parfaitement. Eh bien, Lupin a dévalisé l’hôtel de Daroy et lui a pris tout ce qu’il avait en caisse. Et il n’a pas gardé un sou de l’argent.
{{Personnage|Le Duc.}} — Qu’est-ce qu’il en a fait ?
{{Personnage|Sonia.}} — Il l’a distribué à tous les pauvres diables que Daroy avait ruinés.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais c’est un grand philanthrope que votre Lupin.
{{Personnage|Germaine.}} — Oh ! pas toujours. Exemple : l’histoire arrivée à papa.
{{Personnage|Le Duc.}} — Ce vol-là n’est pas digne de votre héros. Mon portrait n’avait aucune valeur.
{{Personnage|Germaine.}} — Aussi, si vous croyez qu’il s’en est contenté. Toutes les collections de papa ont été pillées.
{{Personnage|Le Duc.}} — Les collections de votre père, mais elles sont mieux gardées qu’au Louvre. Votre père y tient comme à la prunelle de ses yeux.
{{Personnage|Germaine.}} — Justement, il y tenait trop. C’est pourquoi Lupin a réussi.
{{Personnage|Le Duc.}} — Il avait donc des complices dans la place ?
{{Personnage|Germaine.}} — Oui… un complice.
{{Personnage|Le Duc.}} — Qui ça ?
{{Personnage|Germaine.}} — Papa.
{{Personnage|Le Duc.}} — Hein ? Je ne comprends plus du tout.
{{Personnage|Germaine.}} — Vous allez voir. Un matin, papa reçoit une lettre… attendez… {{di|(À Sonia.)}} Sonia, dans le secrétaire, le dossier Lupin.
{{Personnage|Sonia.}} — Je vous l’apporte.
{{di|Elle va au secrétaire.}}
{{PersonnageD|Le Duc||en riant.}} — Vous avez un dossier Lupin ?
{{Personnage|Germaine.}} — Naturellement, une affaire pareille, nous avons tout gardé.
{{PersonnageD|Sonia||qui a tiré du secrétaire un carton-chemise et qui en a sorti une enveloppe.}} — Voici l’enveloppe : « Monsieur Gournay-Martin, collectionneur, en son château de Charmerace. Ille-et-Vilaine. », Germaine remet l’enveloppe au duc.
{{Personnage|Le Duc.}} — L’écriture est curieuse.
{{Personnage|Germaine.}} — Lisez la lettre, lisez à haute voix.
{{PersonnageD|Le Duc||lisant.}} — « Monsieur, excusez-moi de vous écrire sans que nous ayons été présentés, mais je me flatte que vous me connaissiez au moins de nom… Il y a dans la galerie qui réunit vos deux salons, un Murillo, d’excellente facture, et qui me plaît infiniment. Vos Rubens sont aussi de mon goût, ainsi que votre Van Dick. Dans le salon de droite, je note
la crédence {{roi|Louis|XIII}}, la tapisserie de Beauvais, le guéridon Empire, la pendule signée Boulle et divers objets sans grande importance. Je tiens surtout à ce diadème que vous avez acheté à la vente de la marquise de La Ferronaye et qui fut porté naguère par la malheureuse marquise de Lamballe.
Ce diadème a pour moi un grand intérêt… d’abord, les souvenirs charmants
et tragiques qu’il évoque pour un poète épris d’histoire, ensuite, mais est-ce la peine de parler de ces choses-là, sa valeur intrinsèque ? J’estime
en effet que les pierres de votre diadème valent, au bas mot, cinq cent mille francs.
{{Personnage|Germaine.}} — Au moins.
{{PersonnageD|Le Duc||continuant.}} — « Je vous prie, monsieur, de faire emballer convenablement ces divers objets, et de les expédier en mon nom, port payé, en gare des Batignolles, avant huit jours. Faute de quoi je ferai
procéder moi-même à leur déménagement dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 septembre. Veuillez excuser le petit dérangement que je vous cause, et agréez, je vous prie, monsieur, l’expression de mon entier dévouement. Signé : Arsène Lupin. » C’est drôle ! j’avoue que c’est drôle ! Et votre père n’a pas ri ?
{{Personnage|Germaine.}} — Ri ! Ah ! si vous aviez vu sa tête… Il a pris cela au tragique.
{{Personnage|Le Duc.}} — Pas au point d’expédier les objets en gare des Batignolles, j’espère.
{{Personnage|Germaine.}} — Non, mais au point de s’affoler, et comme nous avions lu dans un journal de Rennes que Guerchard, le célèbre policier, le seul adversaire vraiment digne d’Arsène Lupin se trouvait dans cette ville, papa nous y entraîne ; en dix minutes on tombe d’accord, la nuit du 27 arrive, Guerchard avec deux inspecteurs de confiance s’installe dans ce hall où se trouvaient alors les collections. La nuit se passe très tranquille… rien d’insolite… pas un seul bruit… Dès l’aurore nous nous précipitons.
{{Personnage|Le Duc.}} — Eh bien ?
{{Personnage|Germaine.}} — Eh bien, c’était fait.
{{Personnage|Le Duc.}} — Quoi ?
{{Personnage|Sonia.}} — Tout !
{{Personnage|Le Duc.}} — Comment tout ? Les tableaux ?
{{Personnage|Germaine.}} — Enlevés !
{{Personnage|Le Duc.}} — Les tapisseries ?
{{Personnage|Sonia.}} — Plus de tapisseries.
{{Personnage|Le Duc.}} — Et le diadème ?
{{Personnage|Germaine.}} — Ah ! non ! Il était au Crédit lyonnais, celui-là. C’est sans doute pour se dédommager, qu’il a pris votre portrait, car Lupin n’avait pas annoncé ce vol-là dans sa lettre.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais voyons, c’est invraisemblable. Il avait donc hypnotisé Guerchard, ou il lui avait fait respirer du chloroforme.
{{Personnage|Germaine.}} — Guerchard ? Mais ça n’avait jamais été Guerchard.
{{Personnage|Le Duc.}} — Comment ?
{{Personnage|Sonia.}} — C’était un faux Guerchard. C’était Lupin.
{{Personnage|Le Duc.}} — Alors, ça, vraiment, ce n’est pas mal. Quand il a
appris cette histoire, qu’a fait le vrai Guerchard ?
{{Personnage|Sonia.}} — Il en a fait une maladie.
{{Personnage|Germaine.}} — Et c’est depuis ce temps-là qu’il a voué à Lupin une haine mortelle.
{{Personnage|Le Duc.}} — Et l’on n’a jamais pu remettre la main sur le faux Guerchard ?
{{Personnage|Germaine.}} — Jamais. Pas l’ombre d’une trace. Nous n’avons de lui qu’une lettre et cet autographe… Elle désigne la signature de Lupin derrière la tapisserie écartée.
{{Personnage|Le Duc.}} — Fichtre ! C’est un habile homme.
{{PersonnageD|Germaine||riant.}} — Très habile ! et quand il serait dans le voisinage, cela ne me surprendrait qu’à moitié.
{{Personnage|Le Duc.}} — Oh !
{{Personnage|Germaine.}} — Je plaisante, mais on a changé des objets de place ici. Tenez, cette statuette… Et on ne<noinclude>
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Page:Leblanc - Arsène Lupin, nouvelles aventures d'après les romans, 1909.djvu/14
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quel que -> quelque
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr|10|L’ILLUSTRATION THÉÂTRALE||b=<hr/>}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|Le Duc.}} — Pour rien, je vous écoute. Vous êtes plein de surprises.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Je vous déroute, hein ? Avouez que je vous déroute. Et c’est vrai, je comprends tout, je comprends les affaires et j’aime l’art, les tableaux, les belles occasions, les bibelots, les belles tapisseries, c’est le meilleur des placements. Enfin, quoi, j’aime ce qui est beau… et, sans me vanter, je m’y connais… j’ai du goût, et j’ai quelque chose de supérieur encore au goût : j’ai du flair.
{{Personnage|Le Duc.}} — Vos collections de Paris le prouvent.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Et encore vous n’avez pas vu ma plus belle pièce, ma meilleure affaire, le diadème de la princesse de Lamballe, il vaut cinq cent mille francs.
{{Personnage|Le Duc.}} — Fichtre ! Je comprends que le sieur Lupin vous l’ait envié.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||sursautant.}} — Ah ! ne me parlez pas de cet animal-là, le gredin !
{{Personnage|Le Duc.}} — Germaine m’a montré sa lettre. Elle est drôle.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Sa lettre ! Ah ! le misérable ! J’ai failli en avoir une apoplexie. J’étais dans ce salon où nous sommes, à bavarder tranquillement, quand tout à coup Firmin entre et m’apporte une lettre…
{{PersonnageD|Firmin||entrant.}} — Une lettre pour monsieur.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Merci… et m’apporte une lettre {{di|(Il met son lorgnon.)}} dont l’écriture… {{di|(Il regarde l’enveloppe.)}} Ah ! nom de Dieu !
{{di|Il tombe assis.}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Hein ?
{{PersonnageD|Gournay-Martin||la voix étranglée.}} — Cette écriture… c’est la même écriture.
{{Personnage|Le Duc.}} — Vous êtes fou, voyons !
{{PersonnageD|Gournay-Martin||décachette l’enveloppe et lit, haletant, effaré.}} — « Monsieur. Ma collection de tableaux que j’ai eu le plaisir, il y a trois ans, de commencer avec la vôtre, ne compte en fait d’œuvres anciennes qu’un Vélasquez, un Rembrandt et trois petits Rubens. Vous en avez bien davantage. Comme il est pitoyable que de pareils chefs-d’œuvre soient {{di|(Il tourne la page.)}} entre vos mains, j’ai l’intention de me les approprier et me livrerai demain dans votre hôtel de Paris à une respectueuse perquisition. »
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est une blague, voyons.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||continuant.}} — « Post-Scriptum. {{di|(Il s’éponge.)}} Bien entendu, comme depuis trois ans vous détenez le diadème de la princesse de Lamballe, je me restituerai ce joyau par la même occasion. » Le misérable ! le bandit ! J’étouffe ! Ah !
{{di|Il arrache son col. À partir de cet instant, toute la fin de l’acte doit être jouée dans un mouvement très rapide, une sorte d’affolement.}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Firmin ! Firmin ! {{di|(À Sonia qui entre à droite.)}} Vite un verre d’eau, des sels. M. Gournay-Martin se trouve mal.
{{Personnage|Sonia.}} — Ah ! mon Dieu !
{{di|Elle sort précipitamment.}}
{{PersonnageD|Gournay-Martin||étouffant.}} — Lupin !… Préfecture de police… téléphonez !
{{PersonnageD|Germaine||entrant à droite.}} — Papa, si vous voulez arriver à l’heure pour dîner chez nos voisins… {{di|(Voyant son père.)}} Eh bien, qu’est-ce qu’il
y a ?
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est cette lettre, une lettre de Lupin.
{{PersonnageD|Sonia||entre par le fond avec un verre d’eau et un flacon de sels.}} — Voilà un verre d’eau.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Firmin d’abord, où est Firmin ?
{{PersonnageD|Firmin||entrant.}} — Est-ce qu’il faut encore un verre d’eau ?
{{PersonnageD|Gournay-Martin||se précipitant sur lui.}} — Cette lettre, d’où vient-elle ? Qui l’a apportée ?
{{Personnage|Firmin.}} — Elle était dans la boîte de la grille du parc. C’est ma femme qui l’a trouvée.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||affolé.}} — Comme il y a trois ans. C’est le même coup qu’il y a trois ans ! Ah ! mes enfants, quelle catastrophe !
{{Personnage|Le Duc.}} — Voyons, ne vous affolez pas. Si cette lettre n’est pas une fumisterie…
{{PersonnageD|Gournay-Martin||indigné.}} — Une fumisterie ! Est-ce que c’était une fumisterie, il y a trois ans ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Soit ! Mais alors, si ce vol dont on vous menace est réel, il est enfantin et nous pouvons le prévenir.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Comment ça ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Voyons : dimanche 3 septembre… Cette lettre est donc écrite d’aujourd’hui ?
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Oui. Eh bien ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Eh bien ! Lisez ceci : « Je me livrerai demain matin dans votre hôtel de Paris à une respectueuse perquisition »… Demain matin !…
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — C’est vrai ? Demain matin.
{{Personnage|Le Duc.}} — De deux choses l’une, ou bien c’est une fumisterie,
et il n’y a pas à s’en occuper, ou bien la menace est réelle et nous avons
le temps.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||tout joyeux.}} — Oui, mais oui, c’est évident.
{{Personnage|Le Duc.}} — Pour cette fois, le bluff du sieur Lupin et sa manie
de prévenir les gens auront joué au bonhomme un tour pendable.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||vivement.}} — Alors ?
{{PersonnageD|Le Duc||de même.}} — Alors, téléphonons.
{{PersonnageD|Tous|de même.}} — Bravo !
{{PersonnageD|Germaine||de même.}} — Ah ! mais non, c’est impossible…
{{PersonnageD|Tous|de même.}} — Comment ?
{{PersonnageD|Germaine||de même.}} — Il est six heures. Le téléphone avec Paris ne fonctionne plus. C’est dimanche.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||s’effondrant.}} — C’est vrai. C’est épouvantable !
{{Personnage|Germaine.}} — Mais pas du tout, il n’y a qu’à télégraphier.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||tout joyeux.}} — Nous sommes sauvés !
{{PersonnageD|Sonia|vivement.}} — Ah ! mais non, impossible.
{{PersonnageD|Tous|de même.}} — Pourquoi ?
{{PersonnageD|Sonia|de même.}} — La dépêche ne partira pas. C’est dimanche. À partir de midi, le télégraphe est fermé.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||effondré.}} — Ah ! quel gouvernement !
{{Personnage|Le Duc.}} — Voyons, il faut en sortir… Eh bien, voilà, il y a une solution.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||vivement.}} — Laquelle ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Quelle heure est-il ?
{{Personnage|Germaine.}} — Sept heures.
{{Personnage|Sonia.}} — Sept heures moins dix.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Sept heures douze.
{{Personnage|Le Duc.}} — Oui. enfin, dans les sept heures… Eh bien, je vais partir. Je prendrai l’auto. S’il n’y a pas d’accroc, je peux être à Paris vers deux ou trois heures du matin.
{{di|Il sort.}}
{{PersonnageD|Gournay-Martin||même jeu.}} — Mais, nous aussi, nous allons partir. Pourquoi attendre à demain ? Nos bagages sont expédiés, partons ce soir. J’ai vendu la cent-chevaux, mais il reste le landaulet et la<noinclude>
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{{c|{{sc|Scène}} V — Sonia : « ''Oui, j’ai là mon argent, mon mouchoir…'' » |fs=80%}}
{{brn|2}}
{{Acte|II}}
{{di|Un grand salon dévasté dans un hôtel ancien. À gauche, premier plan, une porte par laquelle entreront les gens qui viennent du dehors ; au fond, à gauche, en pan coupé, grande baie vitrée donnant sur un autre salon
{{Corr|dévasté|dévasté.}} Au milieu de la pièce, une échelle double qui a servi aux cambrioleurs. Au fond, face au public, une fenêtre grande ouverte dont
les volets sont brisés. L’un des volets est à moitié arraché et pend. Sur
le rebord de la fenêtre, les montants supérieurs d’une échelle apparaissent. Un guéridon enjambe la fenêtre. La fenêtre donne sur les jardins de l’hôtel
et sur une maison en construction. Au fond, à droite, en pan coupé, une grande cheminée en bois sculpté que masque un écran de tapisserie et des chaises renversées. À droite, deux portes : l’une au deuxième plan, condamnée, et devant laquelle est posé le coffre-fort : l’autre porte praticable, au premier plan. Aux murs, à gauche et à droite, galerie
de tableaux, mais avec des vides. Dans chaque vide le nom d’Arsène Lupin
est inscrit à la craie bleue.}}
{{Scène|I}}
{{Acteurs|LE COMMISSAIRE, LE DUC, LE JUGE, LE SERRURIER}}
{{di|La scène est vide.}}
{{PersonnageD|Le Commissaire||entrant vivement.}} — Oui, vous avez raison, monsieur le duc, c’est dans cette pièce que les cambrioleurs ont le mieux travaillé.
{{Personnage|Le Duc.}} — Ce n’est pas étonnant, monsieur le commissaire, c’est ici que M. Gournay-Martin avait réuni ses plus précieuses collections. Puis il y avait aux portes des tapisseries flamandes du quinzième
siècle, des merveilles, une composition charmante, de vieilles teintes fondues et colorées à la fois.
{{PersonnageD|Le Commissaire||respectueux et empressé.}} — On voit que vous les aimez, monsieur le duc.
{{Personnage|Le Duc.}} — Fichtre… d’autant plus que je les considérais déjà comme à moi. C’était le cadeau de noces personnel que m’offrait mon beau-père.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Nous les retrouverons : soyez persuadé qu’un jour
ou l’autre… Oh ! je vous en prie, monsieur le duc, ne touchez à rien. Il est nécessaire que le juge d’instruction se rende compte par lui-même… Le moindre objet dérangé peut le dérouter.
{{PersonnageD|Le Duc||remonte au fond.}} — Vous avez raison. Ce qui m’inquiète, c’est la disparition de Victoire, la femme de charge.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Moi aussi.
{{PersonnageD|Le Duc||tirant sa montre.}} — Neuf heures et demie. Le juge d’instruction ne peut plus tarder.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Non, il sera ici dans quelques minutes. Dès votre arrivée
au commissariat, j’ai envoyé un exprès au parquet, avec un rapport sommaire,
la lettre d’Arsène Lupin ou du soi-disant tel, l’escroquerie des automobiles, bref le résumé de vos déclarations et de vos premières découvertes. À l’heure
qu’il est, le juge d’instruction en sait presque autant que nous. Évidemment, j’ai téléphoné aussi à la préfecture de police.<noinclude>
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{{c|{{sc|Scène}} V — Sonia : « ''Oui, j’ai là mon argent, mon mouchoir…'' » |fs=80%}}
{{brn|2}}
{{Acte|II}}
{{di|Un grand salon dévasté dans un hôtel ancien. À gauche, premier plan, une porte par laquelle entreront les gens qui viennent du dehors ; au fond, à gauche, en pan coupé, grande baie vitrée donnant sur un autre salon
{{Corr|dévasté|dévasté.}} Au milieu de la pièce, une échelle double qui a servi aux cambrioleurs. Au fond, face au public, une fenêtre grande ouverte dont
les volets sont brisés. L’un des volets est à moitié arraché et pend. Sur
le rebord de la fenêtre, les montants supérieurs d’une échelle apparaissent. Un guéridon enjambe la fenêtre. La fenêtre donne sur les jardins de l’hôtel
et sur une maison en construction. Au fond, à droite, en pan coupé, une grande cheminée en bois sculpté que masque un écran de tapisserie et des chaises renversées. À droite, deux portes : l’une au deuxième plan, condamnée, et devant laquelle est posé le coffre-fort : l’autre porte praticable, au premier plan. Aux murs, à gauche et à droite, galerie
de tableaux, mais avec des vides. Dans chaque vide le nom d’Arsène Lupin
est inscrit à la craie bleue.}}
{{Scène|I}}
{{Acteurs|LE COMMISSAIRE, LE DUC, LE JUGE, LE SERRURIER}}
{{di|La scène est vide.}}
{{PersonnageD|Le Commissaire||entrant vivement.}} — Oui, vous avez raison, monsieur le duc, c’est dans cette pièce que les cambrioleurs ont le mieux travaillé.
{{Personnage|Le Duc.}} — Ce n’est pas étonnant, monsieur le commissaire, c’est ici que M. Gournay-Martin avait réuni ses plus précieuses collections. Puis il y avait aux portes des tapisseries flamandes du quinzième
siècle, des merveilles, une composition charmante, de vieilles teintes fondues et colorées à la fois.
{{PersonnageD|Le Commissaire||respectueux et {{Corr|empressé|empressé.}}}} — On voit que vous les aimez, monsieur le duc.
{{Personnage|Le Duc.}} — Fichtre… d’autant plus que je les considérais déjà comme à moi. C’était le cadeau de noces personnel que m’offrait mon beau-père.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Nous les retrouverons : soyez persuadé qu’un jour
ou l’autre… Oh ! je vous en prie, monsieur le duc, ne touchez à rien. Il est nécessaire que le juge d’instruction se rende compte par lui-même… Le moindre objet dérangé peut le dérouter.
{{PersonnageD|Le Duc||remonte au fond.}} — Vous avez raison. Ce qui m’inquiète, c’est la disparition de Victoire, la femme de charge.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Moi aussi.
{{PersonnageD|Le Duc||tirant sa montre.}} — Neuf heures et demie. Le juge d’instruction ne peut plus tarder.
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Non, il sera ici dans quelques minutes. Dès votre arrivée
au commissariat, j’ai envoyé un exprès au parquet, avec un rapport sommaire,
la lettre d’Arsène Lupin ou du soi-disant tel, l’escroquerie des automobiles, bref le résumé de vos déclarations et de vos premières découvertes. À l’heure
qu’il est, le juge d’instruction en sait presque autant que nous. Évidemment, j’ai téléphoné aussi à la préfecture de police.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr||ARSÈNE LUPIN|11|b=<hr/>}}</noinclude>limousine, nous prendrons la limousine. Où est Firmin ?
{{PersonnageD|Firmin||apparaissant.}} — Monsieur ?
{{PersonnageD|Gournay-Martin||vivement.}} — Jean, le mécanicien, appelez-moi Jean.
{{PersonnageD|Germaine||même jeu.}} — Nous arriverons avant les domestiques. Arriver dans une maison pas installée…
{{PersonnageD|Gournay-Martin||même jeu.}} — J’aime mieux ça que d’arriver dans une maison cambriolée. Ah ! Et les clefs de la maison ? Il faut pouvoir rentrer chez nous.
{{PersonnageD|Jean||qui est entré.}} — Monsieur m’a demandé ?
{{Personnage|Germaine.}} — Tu les as enfermées dans le secrétaire.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Oui, c’est vrai. Allez vous apprêter, maintenant. Allez vite. {{di|(Elles sortent.)}} Jean, nous partons, nous partons tout de suite pour Paris.
{{Personnage|Jean.}} — Bien, monsieur. Dans la limousine ou le landaulet ?
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Dans la limousine. Dépêchez-vous. Ah ! ma valise !
{{di|Il sort à droite. Jean resté seul siffle. Apparait Charolais père suivi du troisième fils. Scène très rapide jouée sourdement.}}
{{Scène|VII}}
{{PersonnageD|Charolais père||à voix basse.}} — Eh bien ?
{{PersonnageD|Jean||même jeu.}} — Eh bien, quoi, ils partent, ils partent pour Paris. Naturellement !… chaque fois qu’on fait un coup, on a la manie d’avertir. C’était si simple de cambrioler l’hôtel à Paris sans envoyer de lettre. Ça les a tous affolés.
{{PersonnageD|Charolais père||même jeu, il fouille les meubles.}} — Imbécile ! Qu’est-ce u’on risque ? C’est dimanche. Et les affoler, c’est ce qu’on a voulu. On a besoin de leur affolement pour demain, pour la suite et pour le diadème. Oh ! ce diadème ! mettre la main dessus.
{{Personnage|Jean.}} — Le diadème est à Paris.
{{Personnage|Charolais père.}} — Je commence à le croire. Voilà trois heures que nous fouillons le château. En tout cas, je ne m’en vais pas sans les clefs.
{{Personnage|Jean.}} — Elles sont là, dans le secrétaire.
{{PersonnageD|Charolais père||courant au secrétaire.}} — Animal ! Et tu ne le disais pas !
{{Personnage|Jean.}} — Mais le secrétaire est fermé.
{{Personnage|Charolais père.}} — Poussière !
{{PersonnageD|Bernard Charolais||entre.}} — C’est fait, papa.
{{Personnage|Charolais père.}} — Ton frère ?
{{Personnage|Bernard Charolais.}} — Il est aux communs. Il attend Jean.
{{PersonnageD|Charolais père||à Jean.}} — Vas-y. Ah ! comment est la route pour Paris ?
{{Personnage|Jean.}} — Bonne. Mais avec le temps qu’il fait, il faudra prendre garde aux dérapages.
{{di|Il sort.}}
{{PersonnageD|Charolais||troisième fils, prenant le pendentif sur le chiffonnier.}} — Oh ! papa, ce bijou ?
{{PersonnageD|Charolais père||vivement.}} — Ne touche pas à ça. Ne touche pas à ça.
{{PersonnageD|Charolais||troisième fils.}} — Pourtant… papa…
{{PersonnageD|Charolais père|furieux.}} — Ne touche pas à ça ! {{di|(Le fils repose le bijou.)}} Qu’est-ce que fait le pante ?
{{PersonnageD|Charolais||troisième fils, se dressant sur la pointe des pieds et regardant au-dessus des rideaux de la porte vitrée de droite.}} — Il fait sa valise.
{{Personnage|Bernard Charolais.}} — Les autres doivent en faire autant.
{{Personnage|Charolais père.}} — On a quelques minutes… {{di|(Essayant de forcer le secrétaire.)}} Pourtant, il nous faut ces clefs.
{{Personnage|Bernard Charolais.}} — On pourrait peut-être s’en passer.
{{Personnage|Charolais père.}} — Nous verrons ça quand nous les aurons. Ah ! ça y est ! T’as les clefs de rechange ?
{{Personnage|Bernard Charolais.}} — Voilà. Il lui jette un trousseau de clefs.
{{Personnage|Charolais père.}} — Oui, ça ressemble. {{di|(Il met les clefs dans le tiroir qu’il referme.)}} Filons, maintenant.
{{PersonnageD|Charolais||troisième fils.}} — Attention ! Le pante.
{{di|Précipitamment, il se colle contre le mur à côté de la porte de droite. Charolais père et Bernard se collent contre le mur du côté du battant de gauche de la baie et derrière le piano. Gournay-Martin entre avec sa valise. Dès qu’il est entré, Charolais troisième fils sort de derrière la porte, entre dans la chambre et ferme la porte. Gournay-Martin, ahuri, se retourne.
Au même instant, Charolais père se glisse en dehors, suivi de son troisième fils qui ramène violemment sur lui le battant de la baie. Un temps. Effarement de Gournay-Martin. }}
{{Scène|VIII}}
{{PersonnageD|Le Duc||entrant de gauche avec sa valise, puis Germaine.}} — Eh bien, nous partons. Germaine n’est pas encore descendue ? Allons, bon, qu’est-ce que vous avez encore ?
{{PersonnageD|Gournay-Martin||ahuri.}} — Je ne sais pas… je ne sais pas…
Il m’a semblé entendre… {{di|(Il ouvre avec précaution la porte de droite.)}} non, il n’y a personne. {{di|(Il ferme la porte.)}} Je vis dans
un cauchemar, dans un cauchemar ! Ah ! mes clefs !
{{di|Il va au secrétaire, prend ses clefs et les met dans sa poche.}}
{{PersonnageD|Firmin||accourant, bouleversé.}} — Monsieur ! Monsieur !
{{Personnage|Tous.}} — Qu’est-ce qu’il y a ?
{{Personnage|Firmin.}} — Jean, le mécanicien, il avait un bâillon sur la bouche… il était ligoté.
{{Personnage|Tous.}} — Qu’est-ce que vous dites ?
{{PersonnageD|Jean||arrivant, il est dans un état effrayant, col arraché, cheveux en désordre.}} — Enlevées… volées… les autos.
{{Personnage|Tous.}} — Quoi ?
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Parle… mais parle
{{Personnage|Le Duc.}} — Qui les a volées ?
{{Personnage|Jean.}} — Les quatre messieurs.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||s’effondrant.}} — Les Charolais !
{{Personnage|Jean.}} — Il n’y a que la cent-chevaux qu’ils n’ont pas prise.
{{Personnage|Le Duc.}} — Heureusement !
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Ah ! c’est trop, cette fois c’est trop !
{{Personnage|Germaine.}} — Mais comment n’avez-vous pas crié, appelé quelqu’un ?
{{Personnage|Jean.}} — Appeler ! Est-ce que j’ai eu le temps ? Et puis quand même… tous les domestiques sont partis.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Épouvantable !
{{PersonnageD|Le Duc||à Gournay-Martin, vivement.}} — Allons, allons, ce n’est pas le moment de manquer d’énergie. Puisqu’il reste la cent-chevaux, je vais la prendre.
{{PersonnageD|Germaine||vivement.}} — Nous allons tous la prendre.
{{PersonnageD|Gournay-Martin||vivement.}} — Voyons, tu es folle, il n’y a que deux baquets. {{di|(On entend l’orage qui gronde. La pluie commence à tomber.)}} Et puis regarde ça, regarde ce qu’il va tomber.
{{Personnage|Germaine.}} — Oui, tu as raison.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Leblanc - Arsène Lupin, nouvelles aventures d'après les romans, 1909.djvu/24
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr|20|L’ILLUSTRATION THÉÂTRALE||b=<hr/>}}</noinclude><nowiki />
{{PersonnageD|Le Duc||la regardant fixement.}} — Vous n’avez aucune inquiétude à avoir.
{{di|Sonia regarde le duc et cesse de résister. Guerchard fouille dans la poche désignée. Il y trouve le papier et le déplie.}}
{{PersonnageD|Guerchard||entre ses dents.}} — Plus rien. {{di|(Tout haut.)}} Je vous adresse toutes mes excuses, mademoiselle.
{{di|Sonia va pour sortir et chancelle.}}
{{PersonnageD|Le Duc||se précipitant.}} — Vous vous trouvez mal ?
{{PersonnageD|Sonia||bas.}} — Merci, merci, vous m’avez sauvée.
{{Personnage|Guerchard.}} — Je suis sincèrement désolé !
{{Personnage|Sonia.}} — Non, ça ne fait rien.
{{di|Elle sort.}}
{{PersonnageD|Germaine||à son père.}} — Cette pauvre Sonia !… Je vais lui parler !
{{di|Ils sortent tous trois.}}
{{PersonnageD|Le Juge||à part.}} — Vous vous êtes lourdement trompé, Guerchard.
{{PersonnageD|Guerchard||qui n’a cessé de tenir le papier entre ses mains et de l’examiner.}} — Je voudrais que personne ne sorte sans un mot de moi.
{{PersonnageD|Le Juge||souriant.}} — Personne, excepté {{Mlle|Sonia}} ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Elle moins que tout autre.
{{Personnage|Le Juge.}} — Comprends pas.
{{PersonnageD|L’Agent||entrant vivement.}} — Monsieur le juge ?
{{PersonnageD|Le Juge||se retournant.}} — Quoi ?
{{Personnage|L’Agent.}} — Dans le jardin… on a trouvé ce lambeau d’étoffe au bord du puits. Les concierges ont reconnu que c’était un morceau d’une robe à Victoire.
{{Personnage|Le Juge.}} — Sacrebleu !
{{di|Il prend le morceau d’étoffe.}}
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Voilà l’explication !… Un assassinat…
{{PersonnageD|Le Juge||vivement.}} — Il faut y aller… c’est possible après tout. D’autant plus qu’à propos du jardin il y a des traces de plâtre là sous ce livre. Je les ai découvertes. Oui, il faut y aller.
{{PersonnageD|Guerchard||calmement, sans bouger.}} — Non, tout au moins il ne faut pas y aller pour chercher Victoire.
{{Personnage|Le Juge.}} — Pardon, mon cher ! mais ce lambeau d’étoffe…
{{PersonnageD|Guerchard||à Gournay-Martin.}} — Ce lambeau d’étoffe ?… Avez-vous un chien ou, plutôt, un chat dans la maison ?
{{PersonnageD|Le Juge||indigné.}} — Guerchard.
{{Personnage|Guerchard.}} — Pardon, c’est très important.
{{Personnage|Gournay-Martin.}} — Oui, je crois, il y a une chatte, celle du concierge.
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien, voilà, ce lambeau d’étoffe a été apporté ici par la chatte… tenez, regardez les griffes.
{{Personnage|Le Juge.}} — Voyons ! c’est fou ! Ça ne tient pas debout. Il s’agit d’un assassinat, peut-être de l’assassinat de Victoire.
{{Personnage|Guerchard.}} — Victoire n’a jamais été assassinée.
{{Personnage|Le Juge.}} — Mon cher, personne n’en sait rien.
{{PersonnageD|Guerchard||dialogue très rapide.}} — Si… moi…
{{Personnage|Le Juge.}} — Vous ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{Personnage|Le Juge.}} — Alors, comment expliquez-vous qu’elle ait disparu ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Si elle avait disparu, je ne l’expliquerais pas.
{{PersonnageD|Le Juge||furieux.}} — Mais puisqu’elle a disparu.
{{Personnage|Guerchard.}} — Non.
{{Personnage|Le Juge.}} — Vous n’en savez rien.
{{Personnage|Guerchard.}} — Si.
{{Personnage|Le Juge.}} — Hein ? Vous savez où elle est ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{Personnage|Le Juge.}} — Mais dites-nous tout de suite que vous l’avez vue ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui, je l’ai vue !
{{Personnage|Le Juge.}} — Vous l’avez vue ! Quand ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Il y a deux minutes.
{{Personnage|Le Juge.}} — Mais, sacrebleu, vous n’êtes pas sorti de cette pièce !
{{Personnage|Guerchard.}} — Non.
{{Personnage|Le Juge.}} — Et vous l’avez vue ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{Personnage|Le Juge.}} — Mais, sacré nom d’un chien, dites nous alors où elle est, dites-nous-le.
{{Personnage|Guerchard.}} — Mais vous ne me laissez pas parler.
{{PersonnageD|Le Juge||hors de lui.}} — Alors, parlez.
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien, voilà, elle est ici.
{{Personnage|Le Juge.}} — Comment ici. Comment serait-elle arrivée ici ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Sur un matelas.
{{Personnage|Le Juge.}} — Ah çà ! Guerchard, vous vous foutez du monde !
{{Personnage|Guerchard.}} — Tenez. {{di|(Il va vers la cheminée, écarte les chaises et le paravent. On aperçoit Victoire, bâillonnée, ligotée sur un matelas. Stupéfaction.)}} Hé là ! elle dort bien… Il y a encore par terre le masque de chloroforme. {{di|(À l’agent.)}} Emportez-la.
{{PersonnageD|Le Juge||sévèrement, au commissaire.}} — Vous n’aviez donc pas fouillé la cheminée, monsieur le commissaire ?
{{Personnage|Le Commissaire.}} — Mais non !
{{Personnage|Le Juge.}} — C’est une faute, monsieur le commissaire, une faute impardonnable… Allons, vite, qu’on l’emporte… Mais, sapristi, vous avouerez qu’il était matériellement impossible…
{{di|L’agent et le commissaire emportent Victoire.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — À quatre pattes, c’est possible. Quand on est à quatre pattes on voit deux talons qui dépassent. Alors, n’est-ce pas ?…
{{PersonnageD|Le Juge||à Guerchard.}} — Ça bouleverse tout. Dans ces conditions, je n’y comprends plus rien. Je suis complètement dérouté. Et vous ?
{{PersonnageD|Guerchard||bonhomme.}} — Heu, heu !…
{{Personnage|Le Juge.}} — Vous n’êtes pas dérouté, vous ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Non. Est-ce que vous avez commencé votre enquête du côté du jardin ?
{{PersonnageD|Le Juge||sursautant.}} — J’allais la faire, naturellement ! D’autant que j’ai vu des choses intéressantes, une maison en construction.
{{di|Ils sortent.}}
{{Scène|VI}}
{{Acteurs|LE DUC, puis SONIA, puis GUERCHARD}}
{{di|Le duc jette un coup d’œil sur la pièce à côté pour regarder si on ne
le voit pas, puis il tire le pendentif de sa poche et le regarde.}}
{{PersonnageD|Le Duc||seul.}} — Une voleuse !
{{PersonnageD|Sonia||entrant, affolée.}} — Pardon ! Pardon !
{{Personnage|Le Duc.}} — Une voleuse, vous !
{{Personnage|Sonia.}} — Oh !
{{Personnage|Le Duc.}} — Prenez garde, ne restez pas là.
{{PersonnageD|Sonia||même jeu.}} — Vous ne voulez plus me parler ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Guerchard se doute de tout !… Il est dangereux que nous causions là.
{{Personnage|Sonia.}} — Quelle opinion avez-vous de moi, maintenant ? Ah ! mon Dieu ! Mon Dieu !<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr|24|L’ILLUSTRATION THÉÂTRALE||b=<hr/>}}</noinclude>obtenir cette nuance. C’est le jardinier de M. Gournay-Martin.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais alors… les voleurs de cette nuit… mais oui… ça ne peut être…
{{Personnage|Guerchard.}} — Allez… dites votre idée.
{{Personnage|Le Duc.}} — Les Charolais.
{{Personnage|Guerchard.}} — Parbleu !
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est vrai… C’est passionnant. Ah ! si l’on pouvait avoir une preuve !
{{Personnage|Guerchard.}} — Nous l’aurons tout à l’heure.
{{Personnage|Le Duc.}} — Comment ça ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui, j’ai téléphoné à Charmerace. Le jardinier était absent, mais dès son retour, il m’appellera au téléphone. Nous saurons alors qui a pénétré dans les serres.
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est passionnant ! Ces indices… ces pistes qui se croisent… Chaque fait qui peu à peu reprend sa place normale… Passionnant !… Une cigarette ?
{{Personnage|Guerchard.}} — C’est du caporal ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Non, du tabac jaune, du Mercédès.
{{Personnage|Guerchard.}} — Merci.
{{PersonnageD|Le Duc||allumant une cigarette.}} — Oui, passionnant. Alors, les voleurs venaient de Charmerace… Ce sont les Charolais… Ils sont partis de l’hôtel voisin et c’est par là qu’ils sont entrés.
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! non…
{{Personnage|Le Duc.}} — Non ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Non, ils sont entrés par la porte de l’hôtel où nous sommes.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais qui leur aurait ouvert ? Un complice, alors ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{Personnage|Le Duc.}} — Qui ?
{{PersonnageD|Guerchard||il sonne. À Boursin qui entre.}} — Fais venir Victoire, la femme de charge.
{{di||Boursin sort.}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Comment ! Victoire ! Le juge d’instruction l’a interrogée cet après-midi ; il semblait croire à son innocence.
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui… comme il semblait aussi n’ajouter qu’une importance secondaire à la piste de la cheminée, celle que nous venons de vérifier ensemble. L’innocence de Victoire ! Monsieur le duc, il y a certainement un innocent dans tout ceci. Savez vous qui c’est ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Non.
{{Personnage|Guerchard.}} — Le juge d’instruction.
{{Scène|II}}
{{Acteurs|Les mêmes, VICTOIRE}}
{{di|Boursin fait entrer Victoire.}}
{{PersonnageD|Victoire||entrant, à Boursin.}} — On va encore me cuisiner ? {{di|(Elle entre, à Guerchard.)}} C’est-y qu’on va encore me cuisiner ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Asseyez-vous. Vous couchez dans une mansarde dont la lucarne donne sur le toit.
{{Personnage|Victoire.}} — À quoi ça sert tout ça, à quoi ça sert ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Voulez-vous me répondre ?
{{Personnage|Victoire.}} — J’ai déjà répondu, oui, à un autre juge. Même que celui-là est bien conciliant : mais vous, je sais point ce que vous avez après moi !…
{{Personnage|Guerchard.}} — Vous avez donc passé la nuit dans votre mansarde, et vous n’avez entendu aucun bruit sur le toit…
{{Personnage|Victoire.}} — Sur le toit, maintenant… V’là un malheur…
{{Personnage|Guerchard.}} — Vous n’avez rien entendu ?
{{Personnage|Victoire.}} — J’ai dit ce que j’ai dit : j’ai entendu des bruits qu’étaient pas catholiques et qui sortaient des escaliers… Je suis entrée dans ce salon et j’ai vu… ce que j’ai vu.
{{Personnage|Guerchard.}} — Mais qu’avez-vous vu ?
{{Personnage|Victoire.}} — Des maraudeurs… Ils s’enfuyaient par la fenêtre avec des sacs d’objets.
{{Personnage|Guerchard.}} — Par la fenêtre ?…
{{Personnage|Victoire.}} — Oui.
{{Personnage|Guerchard.}} — Pas par la cheminée ?…
{{Personnage|Victoire.}} — La cheminée… V’là encore un malheur !
{{PersonnageD|Le Duc||à Guerchard.}} — Elle a l’air d’une brave femme, pourtant.
{{PersonnageD|Guerchard||à Victoire.}} — Tout à l’heure, où étiez-vous placée ?
{{Personnage|Victoire.}} — Dans la cheminée, derrière l’écran…
{{Personnage|Guerchard.}} — Mais quand vous êtes entrée…
{{Personnage|Victoire.}} — Oh ! l’écran n’était point là.
{{Personnage|Guerchard.}} — Montrez-moi où il était… Déplacez-le… Attendez ! Ah ! il ne faut pas perdre l’emplacement exact des quatre pieds. Voyons… de la craie… Ah ! vous êtes un peu couturière ici, n’est ce pas, ma brave femme ?
{{Personnage|Victoire.}} — Oui. C’est moi qui raccommode pour les domestiques et qui m’occupe de la couturière.
{{Personnage|Guerchard.}} — Parfait. Alors, vous devez bien avoir sur vous un bout de craie de savon !
{{Personnage|Victoire.}} — Oh ! ça, toujours… {{di|(Elle relève sa jupe, va pour fouiller dans la poche de son jupon, se ravise, effarée, et dit :)}} J’sais point pourquoi j’ai dit ça… Ah ! non, j’en ai point.
{{Personnage|Guerchard.}} — Vous êtes sûre ? Voyons donc ça. Il fouille dans la poche de son tablier.
{{Personnage|Victoire.}} — Ben quoi ! v’là des manières, voulez-vous me laisser ; mais voulez-vous… vous me chatouillez…
{{PersonnageD|Guerchard||trouvant un morceau de craie bleue.}} — Enfin, ça y est !… Boursin, embarque-la.
{{Personnage|Victoire.}} — Quoi !… mais Jésus-Marie ! Je suis innocente. C’est pas parce qu’on a du savon, de la craie de savon, qu’on est une voleuse.
{{Personnage|Guerchard.}} — C’est entendu ! Boursin, dès que la voiture cellulaire sera là, embarque-moi ça au dépôt.
{{Personnage|Victoire.}} — Jésus-Marie ! Jésus-Marie !
{{di|Elle sort.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Et d’une !
{{Scène|III}}
{{Acteurs|LE DUC, GUERCHARD, BOURSIN, BONAVENT}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Victoire !… Je n’en reviens pas. Alors, cette craie… C’était la même que sur ces murs ?…
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui, de la craie bleue. Voyez-vous, monsieur le duc, ça et la fleur de salvia. {{di|(Boursin qui revient.)}} Qu’est-ce que c’est ?
{{Personnage|Boursin.}} — C’est Bonavent qui a du nouveau.
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah !… {{di|(Entre Bonavent.)}} qu’est-ce qu’il y a ?
{{PersonnageD|Bonavent||entrant.}} — Voilà, patron… trois auto-camions ont stationné cette nuit devant l’hôtel voisin…
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! comment le sais-tu ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr||ARSÈNE LUPIN|25|b=<hr/>}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|Bonavent.}} — Par un chiffonnier. Il a vu les camions s’éloigner vers cinq heures du matin…
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! ah ! C’est tout ?
{{Personnage|Bonavent.}} — Un homme est sorti de l’hôtel en tenue de chauffeur…
{{Personnage|Guerchard}} et {{Personnage|Le Duc.}} — Ah !
{{Personnage|Bonavent.}} — À vingt pas de l’hôtel, il a jeté sa cigarette. Le chiffonnier
l’a ramassée.
{{Personnage|Le Duc.}} — Et il l’a fumée ?
{{Personnage|Bonavent.}} — Non, la voici.
{{di|Il sort.}}
{{PersonnageD|Guerchard||vivement.}} — Une cigarette à bout d’or… et comme marque « Mercédès… » Tiens, monsieur le duc, ce sont vos cigarettes…
{{Personnage|Le Duc.}} — Allons donc ! Ça c’est inouï !…
{{Personnage|Guerchard.}} — Mais c’est très clair, et mon argumentation se resserre. Vous aviez de ces cigarettes-là à Charmerace ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Des boîtes sur toutes les tables !
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien !
{{Personnage|Le Duc.}} — C’est vrai, l’un des Charolais aura pris une de ces boîtes.
{{Personnage|Guerchard.}} — Dame… nous savons que ça n’est pas le scrupule qui les étouffait.
{{Personnage|Le Duc.}} — Seulement… Mais j’y pense…
{{Personnage|Guerchard.}} — Quoi ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Lupin… Lupin, alors…
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Puisque c’est Lupin qui a fait le coup, cette nuit ; puisque l’on a trouvé ces salvias dans l’hôtel voisin… Lupin arrivait donc
de Charmerace ?…
{{Personnage|Guerchard.}} — Évidemment.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais alors, Lupin… Lupin est un des Charolais ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oh ! ça c’est autre chose.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais c’est certain ! C’est certain, nous tenons la
piste.
{{Personnage|Guerchard.}} — À la bonne heure ! vous voilà emballé comme moi. Quel policier vous auriez fait ! Seulement… rien n’est certain.
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais si, qui voulez-vous que ce soit ? Était-il hier à Charmerace ? oui ou non ? A-t-il oui ou non organisé le vol des automobiles ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Sans aucun doute, mais il a pu rester dans la coulisse.
{{Personnage|Le Duc.}} — Sous quelle forme ?… sous quel masque ?… Ah ! je
brûle de voir cet homme-là.
{{Personnage|Guerchard.}} — Nous le verrons ce soir.
{{Personnage|Le Duc.}} — Ce soir ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui, puisqu’il viendra prendre le diadème entre minuit moins un quart et minuit.
{{Personnage|Le Duc.}} — Non ?… Vous croyez vraiment qu’il aura le culot ?…
{{Personnage|Guerchard.}} — Vous ne connaissez pas cet homme-là, monsieur le duc, ce mélange extraordinaire d’audace et de sang-froid. C’est le danger qui l’attire. Il se jette au feu et il ne se brûle pas. Depuis dix ans, je me dis : « Ça y est ! cette fois… je le tiens !… Enfin, je vais le pincer… » Je me dis ça tous les jours…
{{Personnage|Le Duc.}} — Eh bien ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien, les jours se passent et je ne le pince jamais. Ah ! il est de taille, vous savez… C’est un gaillard. C’est un bel artiste ! {{di|(Un temps, puis entre ses dents.)}} Voyou !
{{Personnage|Le Duc.}} — Alors, vous pensez que, ce soir, Lupin…
{{Personnage|Guerchard.}} — Monsieur le duc, vous avez suivi la piste avec moi, nous avons ensemble relevé chaque trace. Vous avez presque vu cet homme à l’œuvre… Vous l’avez compris… Ne pensez-vous pas qu’un individu pareil est capable de tout ?
{{Personnage|Le Duc.}} — Si !
{{Personnage|Guerchard.}} — Alors…
{{Personnage|Le Duc.}} — Ah ! peut-être… vous avez raison.
{{di|On frappe.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Entrez.
{{PersonnageD|Boursin||bas, lui remettant un pli.}} — C’est de la part du juge d’instruction.
{{Personnage|Guerchard.}} — Donne… {{di|(Il lit.)}} Ah !…
{{di|Boursin sort à gauche.}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Qu’est-ce que c’est ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Rien… Je vous dirai ça.
{{PersonnageD|Irma||entrant à droite.}} — {{Mlle|Kritchnoff}} demande à monsieur le duc un instant d’entretien.
{{Personnage|Le Duc.}} — Ah !… Où est-elle ?
{{Personnage|Irma.}} — Dans la chambre de {{Mlle|Germaine}}.
{{PersonnageD|Le Duc||allant vers la droite.}} — Bien, j’y vais.
{{PersonnageD|Guerchard||au duc.}} — Non.
{{Personnage|Le Duc.}} — Comment…
{{Personnage|Guerchard.}} — Je vous assure…
{{Personnage|Le Duc.}} — Mais…
{{Personnage|Guerchard.}} — Attendez que je vous aie parlé !
{{PersonnageD|Le Duc||il regarde le papier que Guerchard tient à la main, réfléchit, puis, lentement, d’une voix posée.}} — Eh bien, dites à {{Mlle|Kritchnoff}}… dites que je suis dans le salon.
{{Personnage|Irma.}} — C’est tout, monsieur le duc ?
{{PersonnageD|Le Duc||même jeu.}} — Oui !… « Que je suis dans le salon… que j’en ai pour dix minutes. » Dites-lui exactement ça. {{di|(Sort Irma.)}} Elle comprendra que je suis avec vous… et alors… Mais pourquoi ?… je ne
comprends pas.
{{Personnage|Guerchard.}} — Je viens de recevoir ceci du juge d’instruction.
{{Personnage|Le Duc.}} — Eh bien ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Eh bien ! C’est un mandat d’arrêt, monsieur le duc.
{{Personnage|Le Duc.}} — Quoi !… un mandat… pas contre elle ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Si !
{{Personnage|Le Duc.}} — Voyons,… mais ce n’est pas possible… l’arrêter !
{{Personnage|Guerchard.}} — Il faut bien. L’interrogatoire a été terrible pour elle ; des réponses louches, embarrassées, contradictoires…
{{Personnage|Le Duc.}} — Alors, vous allez l’arrêter ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Certes…
{{di|Il va pour sonner.}}
{{Personnage|Le Duc.}} — Monsieur Guerchard, elle est maintenant avec ma fiancée… Attendez au moins qu’elle soit rentrée dans sa chambre… Épargnez
à l’une une émotion affreuse et à l’autre cette humiliation.
{{Personnage|Guerchard.}} — Il le faut ! {{di|(Il sonne. À Boursin qui entre.)}} J’ai le mandat d’arrêt contre {{Mlle|Kritchnoff}}… Le planton est toujours en bas, devant la porte ?
{{Personnage|Boursin.}} — Oui.
{{PersonnageD|Guerchard||appuyant sur les mots.}} — Dis-lui bien qu’on ne peut sortir que sur un visa de moi et sur ma carte.
{{di|Sort Boursin.}}
{{PersonnageD|Le Duc||qui pendant ce temps est resté visiblement pensif.}} — Enfin, il faut l’arrêter… il faut l’arrêter…
{{Personnage|Guerchard.}} — Dame ! vous comprenez, n’est-ce pas ? Croyez que, personnellement, je n’ai contre {{Mlle|Kritchnoff}} aucune animosité. Elle me serait presque sympathique, cette petite.
{{Personnage|Le Duc.}} — N’est-ce pas ? Elle a l’air si perdue,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr||ARSÈNE LUPIN|33|b=<hr/>}}</noinclude>{{di|(À Victoire.)}} Cache-toi donc, toi, tu veux donc nous perdre !…
{{di|Il sort précipitamment à gauche, premier plan. Victoire et les deux Charolais sortent, premier plan à droite. Charolais fils a pressé un bouton.
La bibliothèque glisse et vient masquer l’emplacement de l’ascenseur.}}
{{Scène|II}}
{{Acteurs|CHAROLAIS, DIEUSY, BONAVENT, puis LUPIN}}
{{di|Charolais père, qui a passé son gilet de livrée, vient par la droite et
se dirige vers le vestibule.}}
{{Personnage|Charolais père.}} — Mais… M. le duc…
{{di|Bruit à la cantonade.}}
{{Personnage|Dieusy.}} — Allons… en voilà assez.
{{di|Il entre en courant avec Bonavent.}}
{{Personnage|Bonavent.}} — Par où est-il parti ? Il n’y a pas deux minutes, on était sur sa trace.
{{Personnage|Dieusy.}} — Nous l’empêcherons toujours de rentrer chez lui.
{{Personnage|Bonavent.}} — Mais tu es bien sûr que c’était lui ?
{{Personnage|Dieusy.}} — Ah ! là là !… Je t’en réponds !…
{{Personnage|Charolais père.}} — Mais, messieurs, je ne peux pas vous laisser ici, M. le duc n’est pas réveillé.
{{Personnage|Dieusy.}} — Réveillé ! Il galope depuis minuit, votre duc. Et même qu’il court rudement bien.
{{PersonnageD|Lupin||entrant. Il est en pantoufles de maroquin, chemise de nuit, pyjama foncé.}} — Vous dites ?
{{Personnage|Dieusy}} et {{Personnage|Bonavent.}} — Hein ?
{{Personnage|Lupin.}} — C’est vous qui faites tout ce tapage ? {{di|(Dieusy et Bonavent se regardent interdits.)}} Ah çà ! mais, je vous connais. Vous êtes au service de Guerchard ?
{{Personnage|Dieusy}} et {{Personnage|Bonavent.}} — Oui.
{{Personnage|Lupin.}} — Eh bien, vous désirez ?
{{Personnage|Dieusy.}} — Plus… plus rien… On a dû se tromper.
{{Personnage|Lupin.}} — Dans ce cas…
{{di|Il fait un signe à Charolais père. Celui-ci ouvre la porte.}}
{{PersonnageD|Dieusy||sortant, à Bonavent.}} — Quelle bourde ! Guerchard est capable d’en être révoqué !
{{Personnage|Bonavent.}} — Je te l’avais dit : un duc ! c’est un duc !
{{Scène|III}}
{{Acteurs|LUPIN, seul, puis VICTOIRE, puis CHAROLAIS PÈRE}}
{{di|Resté seul, Lupin qui déjà pendant la scène des agents chancelait de
fatigue s’affaisse sur le canapé.}}
{{PersonnageD|Victoire||rentrant de droite.}} — Mon petit ! Mon petit !… {{di|(Lupin ne répond pas. Lui prenant la main.)}} Mon petit, remets-toi… Voyons… {{di|(À Charolais père qui rentre de gauche.)}} Le déjeuner !… Il n’a rien pris ce matin !… {{di|(À Lupin.)}} Tu veux déjeuner ?
{{Personnage|Lupin.}} — Oui.
{{PersonnageD|Victoire||irritée.}} — Ah ! si c’est Dieu possible, cette vie que tu mènes… Tu ne changeras donc pas… {{di|(Alarmée.)}} T’es tout pâle… pourquoi ne parles-tu pas ?
{{PersonnageD|Lupin||d’une voix brisée.}} — Ah ! Victoire ! Que j’ai eu peur !
{{Personnage|Victoire.}} — Toi ! Tu as eu peur ?
{{Personnage|Lupin.}} — Tais-toi, ne le dis pas aux autres… mais cette nuit… Ah ! j’ai fait une folie… vois-tu… j’étais fou !… Une fois
le diadème changé par moi sous le nez même de Gournay-Martin, une fois
Sonia et toi hors de leurs griffes, je n’avais qu’à me défiler, n’est-ce pas ? Non, je suis resté par bravade, pour me payer la tête de Guerchard. Et
après moi… moi qui suis toujours de sang-froid… eh bien, j’ai fait
la seule chose qu’il ne fallait pas faire : au lieu de m’en aller tranquillement, en duc de Charmerace… eh bien… j’ai fichu le camp… Oui,
je me suis mis à courir… comme un voleur… Ah ! au bout d’une seconde j’ai compris la gaffe… ça n’a pas été long… Tous les hommes de Guerchard
étaient à mes trousses… et le diadème pigé sur moi… j’étais cuit !…
{{Personnage|Victoire.}} — Guerchard… alors ?
{{Personnage|Lupin.}} — Le premier affolement passé, Guerchard avait osé voir clair et regarder la vérité… l’esprit de l’escalier… de l’escalier que
je descendais… que je dégringolais !… Alors quoi !… ça été la chasse.
Il y en avait dix, quinze après moi. Je les sentais sur mes talons, essouflés, rauques, violents, une meute, quoi… une meute… Moi, la nuit d’avant je l’avais passée en auto… J’étais claqué… Enfin, j’étais battu d’avance… puis ils gagnaient du terrain, tu sais…
{{Personnage|Victoire.}} — Il fallait te cacher.
{{Personnage|Lupin.}} — Ils étaient trop près, je te dis, à trois mètres, puis ça été deux mètres, puis un mètre… Ah ! je n’en pouvais plus… Tiens,
à ce moment, je me rappelle, c’était la Seine… je passais sur le pont… j’ai voulu… Ah ! oui… plutôt que d’être pris, j’ai voulu en finir, me jeter…
{{Personnage|Victoire.}} — Ma Doué ! Et alors ?
{{Personnage|Lupin.}} — Alors, j’ai eu une révolte, j’ai pensé…
{{Personnage|Victoire.}} — À moi ?…
{{Personnage|Lupin.}} — Oui, à toi aussi… Je suis reparti, je m’étais donné une minute, la dernière… J’avais mon revolver sur moi… Ah ! pendant cette minute, tout ce que j’avais d’énergie, je l’ai employé… J’ai regardé derrière moi… c’est moi maintenant qui gagnais du terrain… Ils s’échelonnaient… ils étaient crevés eux aussi… tiens !… ça m’a redonné
du courage… J’ai regardé autour de moi, où j’étais… Machinalement, à travers tant de rues, par instinct, je crois, je m’étais dirigé vers chez moi… Un dernier effort, j’ai pu arriver jusqu’ici au coin de la rue, ils m’ont perdu de vue… l’issue secrète était là… personne ne la connaît… J’étais sauvé !… {{di|(Un temps, puis avec un sourire défait.)}} Ah ! ma pauvre Victoire, quel métier !
{{PersonnageD|Charolais père||entrant avec un plateau.}} — V’là votre petit déjeuner, patron !
{{PersonnageD|Lupin||se levant.}} — Ah ! ne m’appelle pas patron… C’est comme cela que les flics appellent Guerchard… ça me dégoûte !…
{{Personnage|Charolais père.}} — Vous vous êtes rudement bien tiré d’affaire. Vous l’avez échappé belle.
{{Personnage|Lupin.}} — Oui, jusqu’à présent, ça va bien, mais tout à l’heure, ça va barder… {{di|(Sort Charolais père. Pendant que Victoire le sert, il examine le diadème.)}} Il n’y a pas à dire, c’est une jolie pièce…
{{Personnage|Victoire.}} — Je t’ai mis deux sucres. Veux-tu que je t’habille ?
{{Personnage|Lupin.}} — Oui… {{di|(Il s’installe pour déjeuner. Sort Victoire.)}} Ces œufs sont délicieux, le jambon aussi… ça m’avait creusé… C’est très sain, au fond, cette vie-là…
{{PersonnageD|Victoire||entrant et apportant les bottines.}} — Je vas te les mettre.
{{di|Elle s’agenouille pour les lui mettre.}}
{{PersonnageD|Lupin||s’étirant.}} — Victoire, ça va beaucoup mieux !<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{nr|38|L’ILLUSTRATION THÉÂTRALE||b=<hr/>}}</noinclude><nowiki />
{{PersonnageD|Lupin||violemment.}} — Eh bien, non !
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah !
{{Personnage|Lupin.}} — Non. Tu veux m’avoir… tu me la fais… tu te fiches de Sonia, au fond… Tu ne l’arrêteras pas… Et puis même… tu l’arrêtes… soit ! j’admets… C’est pas tout d’arrêter, il faut prouver. As-tu des preuves ? Oui, je sais, le pendentif, eh bien, prouve-le. Non, Guerchard, après dix ans que j’échappe à tes griffes, me faire piger pour sauver cette petite qui n’est même pas en danger. Je refuse.
{{Personnage|Guerchard.}} — Soit. {{di|(On sonne.)}} Encore… On sonne beaucoup chez toi ce matin. {{di|(À Boursin qui entre.)}} Qu’est-ce que c’est ?
{{Personnage|Boursin.}} — {{Mlle|Kritchnoff}}.
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! Empoigne-la… Voilà le mandat… Empoigne-la…
{{PersonnageD|Lupin||sautant à la gorge de Boursin.}} — Non, jamais, pas ça ! Ne la touche pas, nom de Dieu !…
{{Personnage|Guerchard.}} — Alors, tu acceptes ? {{di|(Un grand silence. Lupin pâle, défait, s’appuie contre la table sans répondre, Enfin il fait un signe de tête. À Boursin.)}} Fais attendre {{Mlle|Kritchnoff}}… {{di|(Boursin sort. Revenant vers Lupin.)}} L’acte de décès de Charmerace.
{{PersonnageD|Lupin||tirant un papier du portefeuille.}} — Voilà !
{{di|Guerchard déplie vivement le papier.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Enfin ! mais les tableaux ?… les tapisseries ?
{{PersonnageD|Lupin||tirant un bout de papier plié.}} — Voilà le reçu.
{{Personnage|Guerchard.}} — Hein ?
{{Personnage|Lupin.}} — J’ai tout mis au garde-meuble.
{{PersonnageD|Guerchard||jetant un coup d’œil sur le papier que lui a remis Lupin.}} — Le diadème n’y est pas ?
{{Personnage|Lupin.}} — T’as un pied dessus.
{{Personnage|Guerchard.}} — Quoi ?
{{di|Il se baisse, ouvre le petit banc et en retire le diadème.}}
{{Personnage|Lupin.}} — Veux-tu l’écrin ? {{di|(Guerchard examine le diadème avec méfiance.)}} T’as le souvenir !
{{PersonnageD|Guerchard||après avoir soupesé le diadème, et rassuré.}} — Oui… celui-là est vrai.
{{Personnage|Lupin.}} — Si tu le dis !… Et maintenant, as-tu fini de me saigner ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Tes armes ?
{{PersonnageD|Lupin||jetant son revolver sur la table.}} — Voilà.
{{Personnage|Guerchard.}} — C’est tout. Qu’est-ce que tu as là ?
{{Personnage|Lupin.}} — Un canif.
{{Personnage|Guerchard.}} — Il est gros ?
{{Personnage|Lupin.}} — Moyen.
{{Personnage|Guerchard.}} — Fais voir !… {{di|(Lupin sort un énorme coutelas.)}} Fichtre ! Et c’est tout ?
{{PersonnageD|Lupin||fouillant ses poches.}} — Un cure-dents… Alors, ça y est ! j’ai ta parole !
{{PersonnageD|Guerchard||sortant les menottes.}} — Tes mains d’abord.
{{Personnage|Lupin.}} — Ta parole !
{{Personnage|Guerchard.}} — Tes mains. Ah ! veux-tu la liberté de la petite, oui ou non ?
{{Personnage|Lupin.}} — As-tu de la veine que je sois aussi poire, aussi peu Charmerace, aussi peuple ! Hein ! pour être aussi amoureux, faut-il que
je sois peu homme du monde !
{{Personnage|Guerchard.}} — Allons, tes mains.
{{Personnage|Lupin.}} — Je verrai la petite une dernière fois ?
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{Personnage|Lupin.}} — Arsène Lupin, pigé, et par toi ! Es-tu assez veinard ! Tiens ! {{di|(Il tend les mains. Guerchard lui met les menottes.)}} Veinard ! C’est pas possible, t’es marié !
{{PersonnageD|Guerchard||goguenard.}} — Oui… oui… Boursin !… {{di|(Entre Boursin.)}} {{Mlle|Kritchnoff}} est libre, dis-le-lui, et laisse-la entrer !
{{PersonnageD|Lupin||sursautant.}} — Avec ça aux mains… jamais !… et pourtant… {{di|(Boursin s’arrête.)}} pourtant… j’aurais bien voulu… car si elle part comme ça… je ne sais pas quand, moi… Eh bien, oui, oui, je veux la voir… {{di|(Boursin et Guerchard passent dans l’antichambre.)}} Non, non…
{{PersonnageD|Guerchard||qui n’a pas entendu, revient avec Sonia.}} — Vous êtes libre, mademoiselle. Vous pouvez remercier le duc. C’est à lui que vous devez cela.
{{Personnage|Sonia.}} — Libre ! et c’est à vous ! c’est à lui !
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui.
{{PersonnageD|Sonia||à Lupin.}} — C’est à vous ? Je vous devrai donc tout ! Ah ! merci, merci ! {{di|(Pour qu’elle ne voie pas ses menottes, Lupin se détourne. Sonia désespérée.)}} Ah ! j’ai eu tort, j’ai eu tort de venir ici, j’avais cru hier… je me suis trompée… pardon, je m’en vais…
{{PersonnageD|Lupin||douloureux.}} — Sonia…
{{Personnage|Sonia.}} — Non, non, je comprends, c’était impossible. Et si vous saviez pourtant, si vous saviez avec quelle âme transformée j’étais venue ici !…
Ah ! je vous le jure maintenant, je vous le jure, tout mon passé, je le renie, et la seule présence d’un voleur me soulèverait de dégoût.
{{Personnage|Lupin.}} — Sonia, taisez-vous !
{{Personnage|Sonia.}} — Oui, vous avez raison. Peut-on effacer ce qui a été ! Je restituerais tout ce que j’ai pris, je passerais des années de remords,
de repentir… à vos yeux, j’aurais beau faire, Sonia Kritchnoff, monsieur le
duc, qu’est-ce que c’est ? C’est une voleuse.
{{Personnage|Lupin.}} — Sonia !
{{Personnage|Sonia.}} — Et pourtant, si j’avais été une voleuse comme tant d’autres… mais vous savez pourquoi j’ai volé. Je ne cherche pas à m’excuser, mais enfin, tout de même, c’était pour me garder intacte, et quand je vous aimais, ce
n’était plus le cœur d’une voleuse qui battait, c’était le cœur d’une pauvre fille qui aimait… voilà tout… qui aimait…
{{PersonnageD|Lupin||bouleversé.}} — Vous ne pouvez pas savoir, comme vous me torturez, taisez-vous !
{{Personnage|Sonia.}} — Enfin, je pars : nous ne nous reverrons jamais. Alors, voulez-vous au moins me donner la main ?
{{PersonnageD|Lupin||torturé.}} — Non.
{{Personnage|Sonia.}} — Vous ne voulez pas ?
{{PersonnageD|Lupin||très bas.}} — Non.
{{Personnage|Sonia.}} — Ah !
{{Personnage|Lupin.}} — Je ne peux pas.
{{Personnage|Sonia.}} — Ah ! vous n’auriez pas dû… vous ne devriez pas me quitter ainsi, vous avez eu tort hier.
{{di|Elle va pour sortir.}}
{{PersonnageD|Lupin||à voix basse, balbutiant.}} — Sonia ! {{di|(Sonia s’arrête.)}} Sonia !… vous avez dit quelque chose… vous avez dit que la
présence d’un voleur vous soulèverait de dégoût… est-ce vrai ?
{{Personnage|Sonia.}} — Oui, je vous le jure.
{{Personnage|Lupin.}} — Et si je n’étais pas celui que vous croyez ?
{{Personnage|Sonia.}} — Quoi ?
{{Personnage|Lupin.}} — Si je n’étais pas le duc de Charmerace.
{{Personnage|Sonia.}} — Quoi ?
{{Personnage|Lupin.}} — Si je n’étais pas un honnête homme.
{{Personnage|Sonia.}} — Vous ?
{{Personnage|Lupin.}} — Si j’étais un voleur… Si j’étais…
{{PersonnageD|Guerchard||goguenard.}} — Arsène Lupin.
{{PersonnageD|Sonia||balbutiant.}} — Arsène Lupin… {{di|(Elle aperçoit ses menottes et pousse un cri.)}} C’est vrai ?… mais alors, vous vous êtes livré à cause de moi ?… et c’est à cause de<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Thrasibule" />{{nr||ARSÈNE LUPIN|39|b=<hr/>}}</noinclude>moi que vous allez être mis en prison ? Ah ! mon
Dieu, que je suis heureuse !
{{di|Elle se jette sur lui et l’embrasse.}}
{{PersonnageD|Guerchard||avec un grand geste.}} — Et voilà ce que les femmes appellent le repentir.
{{di|Tout en surveillant Lupin, il passe dans l’antichambre donner des ordres.}}
{{PersonnageD|Lupin||à Sonia, transporté de joie comme un enfant.}} — Ah ! vois-tu, laisse-le dire, c’est inoubliable, ça… malgré tout, et sachant que tu m’aimes assez pour m’aimer encore… je ne sais pas si je suis touché de la grâce, je ne sais pas si j’ai des remords, je ne sais pas si c’est ça qu’on peut appeler du repentir, mais je dois être changé, je dois être meilleur, je dois être devenu honnête… Ah ! je suis trop heureux !
{{PersonnageD|Guerchard||revenant.}} — En voilà assez.
{{Personnage|Lupin.}} — Ah ! Guerchard, je te dois, après tant d’autres,
la meilleure minute de ma vie.
{{PersonnageD|Boursin||entrant, essoufflé.}} — Patron !
{{PersonnageD|Guerchard||à part.}} — Quoi ?
{{Personnage|Boursin.}} — L’issue secrète… on l’a trouvée… c’est par les caves…
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! cette fois, ça y est, nous le tenons.
{{di|Boursin sort.}}
{{PersonnageD|Sonia||à part.}} — Mais alors il va t’emmener, nous allons être séparés.
{{Personnage|Lupin.}} — Ah ! maintenant, moi, ça m’est égal.
{{Personnage|Sonia.}} — Oui, mais moi pas.
{{PersonnageD|Lupin||nettement.}} — Va-t’en, sois tranquille, je n’irai pas en prison.
{{Personnage|Guerchard.}} — Allons, la petite, il faut filer.
{{Personnage|Lupin.}} — Va-t’en, Sonia ! va-t’en. {{di|(Elle s’éloigne. Lupin bondit. Guerchard se précipite, mais Lupin se baisse.)}} Elle avait laissé tomber son mouchoir.
{{di|Il le lui rend. Elle sort. Alors, tranquillement, Lupin va s’étendre sur
le canapé.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Allons, lève-toi. Voilà qui va te faire retomber de ton rêve, la voiture cellulaire est en bas.
{{Personnage|Lupin.}} — Tu as des mots vraiment malheureux.
{{Personnage|Guerchard.}} — Tu ne veux pas sortir avec moi ! tu ne veux pas sortir !
{{Personnage|Lupin.}} — Si.
{{Personnage|Guerchard.}} — Alors, viens.
{{Personnage|Lupin.}} — Ah ! non, c’est trop tôt. {{di|(Il se recouche.)}} Je déjeune à l’ambassade d’Angleterre.
{{Personnage|Guerchard.}} — Ah ! Prends garde… les rôles sont changés, c’est moi qui me fous de toi, maintenant. Tu te raccroches à une dernière branche, c’est pas la peine. Tous tes trucs, je les connais, tu entends, voyou, je les connais.
{{Personnage|Lupin.}} — Tu les connais ? {{di|(Il se lève.)}} Fatalité ! {{di|(Il fait deux ou trois gestes, dépasse les menottes et les jette à terre.)}} Et celui-là, est-ce que tu le connais. Je te l’apprendrai un jour que tu m’inviteras à déjeuner.
{{PersonnageD|Guerchard||furieux.}} — Allons, en voilà assez… Boursin ! Dieusy !
{{PersonnageD|Lupin||l’arrête, et d’un ton saccadé.}} — Guerchard, écoute, et je ne blague plus. Si Sonia, tout à l’heure, avait eu un geste, une parole de mépris pour moi, eh bien, j’aurais cédé… à moitié seulement, car, plutôt que de tomber entre tes pattes triomphantes, je me faisais sauter le caisson ! J’ai maintenant à choisir entre le bonheur, la vie avec Sonia ou la prison. Eh bien, j’ai choisi : je vivrai heureux avec elle, ou bien, mon petit Guerchard, je mourrai avec toi. Maintenant, fais entrer tes hommes, je les attends !
{{Personnage|Guerchard.}} — Allons-y !
{{di|Il court vers l’antichambre.}}
{{Personnage|Lupin.}} — Je crois que ça va barder !
{{Personnage|Guerchard.}} — Tu parles !
{{Personnage|Lupin.}} — Charles…
{{di|Tandis que Guerchard est dans l’antichambre, il saute vers la boite et
en sort une bombe. En même temps, il a pressé le bouton. La bibliothèque glisse, les volets se lèvent et l’ascenseur apparait.}}
{{PersonnageD|Guerchard||rentrant avec ses hommes.}} — Ligotez-le !
{{PersonnageD|Lupin||terrible.}} — Arrière vous autres ! {{di|(Tous reculent. Tumulte.)}} Les mains en l’air !… Vous connaissez ça, les enfants ?… Une bombe ! C’est mon passage à tabac, moi. Eh bien, venez donc me ligoter, maintenant !… {{di|(À Guerchard.)}} Toi aussi les mains en l’air !
{{Personnage|Guerchard.}} — Poules mouillées ! Vous croyez donc qu’il oserait…
{{Personnage|Lupin.}} — Viens-y voir !
{{Personnage|Guerchard.}} — Oui donc !
{{di|Il s’avance.}}
{{PersonnageD|Tous||se jetant sur lui, terrifiés.}} — Patron ! vous êtes fou ! Regardez ses yeux… il est enragé !
{{PersonnageD|Lupin||tout en gardant la bombe à la main.}} — Nom de nom que vous êtes laids ! Vous avez des gueules de forçats ! {{di|(Mouvement de Guerchard.)}} Hep ! {{di|(Il lève le bras. Tous reculent.)}} Dommage qu’il y ait pas un photographe. Et maintenant, voleur, rends-moi mes papiers.
{{Personnage|Guerchard.}} — Jamais !
{{Personnage|Boursin.}} — Patron, prenez garde.
{{Personnage|Lupin.}} — Tu veux donc les faire crever tous ?… Regardez, les enfants, si j’ai l’air de blaguer.
{{Personnage|Dieusy.}} — Faut céder, patron.
{{Personnage|Boursin.}} — Faut céder.
{{di|Ils entourent tous Guerchard.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Jamais !
{{Personnage|Boursin.}} — Allons ! patron, allons, donnez-les moi.
{{di|Il lui arrache le portefeuille.}}
{{Personnage|Lupin.}} — Sur la table… Bien. Et maintenant, gare la bombe !…
{{di|Mouvement de panique. Il saute dans l’ascenseur.}}
{{PersonnageD|Boursin||à Guerchard.}} — Il va filer !
{{Personnage|Guerchard.}} — L’issue est gardée !
{{di|Les volets descendent. Tous se précipitent. Trop tard. Ils se heurtent aux volets. Affolement. Ils courent de tous côtés.}}
{{PersonnageD|Guerchard||essayant d’enfoncer les volets.}} — La porte ! il faut l’ouvrir ! {{di|(À Dieusy et aux autres hommes.)}} Vous autres, dans la rue… à l’issue secrète ! {{di|(Les hommes sortent précipitamment par la porte de droite.)}} La porte, c’est une question de minutes. Il doit lutter avec nos hommes dans la rue !
{{di|À ce moment, les volets remontent d’eux-mêmes. Guerchard et Boursin se
précipitent dans l’ascenseur. Guerchard pousse un bouton, l’ascenseur s’élève. Affolement de Guerchard.}}
{{Personnage|Guerchard.}} — Mais nous montons, nom de nom ! nous montons ! Nom de nom ! Le bouton d’arrêt ! Le bouton d’arrêt, nom de nom !
{{di|L’ascenseur monte lentement. On entend les cris de Guerchard. Lupin apparait dans un second compartiment inférieur, identique à l’autre. Il est assis devant une table de toilette. Au moment où la plate-forme est de plain-pied, il pousse un déclic : « Bloqués ! » et il continue à s’arranger devant
la glace, met un pardessus et un chapeau pareils à ceux de Guerchard, un large foulard blanc. Il apparait : c’est Guerchard à s’y tromper.}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{sc|Arsène Lupin}} à ''l’Athénée'' — ''Suite de la deuxième page de la couverture.''</noinclude>en la réalité d’un jeune voleur, duc à ses moments perdus, qui, tout en rompant et en vidant les tiroirs, ne néglige pas de cambrioler la pudeur des alcôves. Les vieilles dames aussi, et les hommes affairés, et les belles des thés de cinq heures, tous, toutes, songent à Arsène Lupin avec une sorte d’affection rieuse, d’admiration tendrement effrayée. Mais ce sentiment-là n’est pas le moins du monde nouveau. Que Scaramouche escroque Pantalon, que Scapin berne Géronte, que Guignol bafoue les gendarmes, pende le commissaire, que Robert Macaire ruine Gogo et s’évade au balcon, que l’illustre Dupin triomphe du préfet de police, ce sont plaisirs de tous les temps, à cause de la satisfaction qu’on a de la ruse, l’adresse, la petite finesse, vaincre l’imbécillité énorme et robuste ; Arsène Lupin est une manière de David-gavroche, gamin révolutionnaire, qui vise au front et ne manque pas, non sans un pied de nez, la société-Goliath. De là sa popularité universelle. »
M. Robert de Flers soulignait, dans ''le Figaro'', une des particularités curieuses de cette brillante réussite succédant à celles de ''Raffles'' et de ''Sherlock Holmes'' :
« Nous assistons, depuis quelques années, à un fait très curieux : la réhabilitation du voleur. La morale en souffre peut-être, mais n’est-t-elle pas habitué à souffrir ? Cherchons un peu la raison de cet état d’esprit du spectateur.
« Nous avons cessé de considérer le vol comme un crime, ou même comme un délit. Nous préférons le tenir pour un tour d’adresse auquel, lorsqu’il est prestement exécuté, il est de bon goût d’applaudir. De cette façon, la carrière de voleur devient une carrière d’artiste, une carrière presque honorable, puisqu’elle est libérale et indépendante, que la protection ne vous y aide point, et qu’on ne vous y demande pas de manifester vos opinions politiques. Thomas de Quincey traita « de l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ». Pourquoi donc le cambriolage n’en serait-il pas un autre ? Il y faut de l’invention, de l’exécution, de la maîtrise, une absence de préjugés à laquelle ne saurait parvenir un esprit ordinaire, toutes qualités fort difficiles à conquérir e très flatteuses à posséder. À une époque où les énergies ne trouvent plus à s’employer, où les guerres héroïques sont impossibles et où le scepticisme a vite fait e décourager les moindres tentatives de croisades de toutes sortes, les chevaliers d’aventure deviennent un peu forcément des chevaliers d’industrie, mais, dans l’esprit du public, ce sont quand même des chevaliers. Et, ceci n’est nullement exagéré. Nous le constatons non seulement au théâtre, mais dans la réalité : il y a peu de mois encore, le « capitaine » de Koepenfk en Allemagne et Lemoine à Paris étaient accompagnés de notre sympathie amusée. Arsène Lupin bénéficiera pendant de longs soirs de ces bienveillantes dispositions. »
M. Camille Le Senne, dans ''le Siècle'', écrivait aussi :
« ''Arsène Lupin'' comptera parmi les grands succès de l’Athénée. C’est une pièce amusante à l’extrême, débordante de fantaisie, plus fertile en péripéties que dix volumes de Gaboriau et, en même temps plus farcie de trucs qu’un manuel de Robert Houdin, — bref une délicieuse féérie policière. Or, il faut aimer la féerie, car elle est bonne, elle est reposante, elle arrache le spectateur au voisinage des bassesses et des tristesses humaines, et elle mérite toute notre reconnaissance quand elle vient rajeunir un genre théâtral usagé par les mélodramaturges du boulevard en l’enveloppant d’élégance et en le pailletant de fantaisie… Il est évident que toute cette histoire serait affreusement immorale et tomberait sous le coup des lois qui défendent l’excitation aux « faits qualifiés crimes ou délits » s’il y avait dans ces quatre tableaux autre chose qu’une fantaisie débridée. Mais, c’est du Guignol féérique, un ''Raffles'' plus dégagé de complication dramatiques, un ''Sherlock Holmes'' moins encombré d’accessoires de l’ancien romantisme boulevardier. On a donc pu goûter sans honte la platée de péripéties extraordinaires tirées par M. Francis de Croisset du roman de M. Maurice Leblanc, et le public l’applaudira sans remords au cours de nombreuses soirées. »
Tandis que M. Paul Sonday semblait au contraire s’alarmer, dans ''l’Éclair'', de cet agréable divertissement !
« Dans mon enfance, nous rêvions d’être explorateurs et coureurs des bois, comme les personnages de Jules Verne et de Fenimore Cooper. Il n’y avait pas de mal. Mais que deviendrait une jeunesse qui, séduite par ces histoires enchanteresses de gentlemen cambrioleurs, aspirerait à imiter les exploits d’un Arsène Lupin ? »
À quoi M. J. Ernest-Charles semblait directement — et à peine paradoxalement — répliquer, dans ''l’Opinion'' :
« Pour moi, je crois bien que Francis de Croisset et Maurice Leblanc ont fait une œuvre morale. Systématiquement, ils ont transformé leur Arsène Lupin en un être imaginaire. Personne, en effet, n’admettra qu’il serait un homme comme les autres hommes, cet Arsène Lupin qui vole, pour le plaisir, des richesses immenses dont son mariage le rendrait propriétaire le lendemain. C’est un être d’exception, avouez-le. Et tous les moyens dont il use sont des moyens exceptionnels aussi. Le moindre de ses actes est mystérieux. Et il accomplit chacun d’eux par des procédés également mystérieux… Si quelqu’un se sent la moindre envie de devenir voleur, afin de s’enrichir, il n’a qu’à aller à l’Athénée, il observera les faits et gestes d’Arsène Lupin. Il se rendra compte tout de suite que la profession de voleur, pour être rémunératrice, exige des facultés auxquelles les commun des mortels ne peut prétendre. Le sentiment de son infériorité le condamnera à l’honnêteté, et, plutôt que de se faire voleur, il se fera notaire ou banquier. »
Les titres de ''Raffles'' et de ''Sherlock Holmes'' ont été déjà prononcés deux ou trois fois au cours de cette revue de la presse. M. Nozère estime pourtant, dans ''Gil Blas'', que cette œuvre « adroite, attachante, spirituelle », se distingue des deux pièces anglo-américaines plus haut citées parce qu’elle est précisément « très française » :
« Sans doute MM. Francis de Croisset et Maurice Leblanc ont un peu sacrifié au goût du gros public en imaginant l’amour qui unit Lupin à Sonia. Mais ils ont souvent souri eux-mêmes de cette histoire sentimentale. Ils ont soigneusement écarté de leur œuvre tout ce qui pourrait blesser de chastes oreilles. Ils ont songé aux jeunes filles qui viendront les applaudir. MM. de Croisset et Maurice Leblanc ont fait preuve d’ingéniosité et de délicatesse. Ils ont été acclamés. »
Enfin, M. François de Nion se félicite également, dans ''l’Écho de Paris'', de ce que ces quatre actes aient entre autres agréments celui d’être « parfaitement convenables et de pouvoir être entendus par de chastes oreilles ».
{{Astérisme|200%}}
M. André Brulé, dans le rôle d’Arsène Lupin, duc de Charmerace, s’est montré égal à lui-même, et c’est dire qu’il a été supérieur, — au point même qu’on ne saurait choisir entre l’élégance impertinente, la désinvolture adroite dont il a d’abord fait preuve en duc de Charmerace, et le souple cynisme, la violence habile, qu’il a soudainement déployés en Arsène Lupin. Son partenaire M. Escoffier, venu de l’Odéon, lui a opposé, en Guerchard policier, un digne adversaire, énergique sous son air bonhomme et laissant éclater sous sa douceur voulue, sous sa politesse presque exagérée, de brusques rudesses. MM. André Lefaur et Bullier, le premier en juge d’instruction important, solennel, convaincu, le second en propriétaire affolé, furieux, ahuri, ont été deux parfaits grotesques.
{{Mlle|Laurence Duluc}} a bien exprimé tout ce qu’a de charmant, de souriant, de résigné et d’ému, la petite personne de Sonia Kritchnoff ; tandis que {{Mlle|Jeanne Rosny}} étalait, en Germaine, une distinction bruyante de parvenue et que {{Mlle|Germaine Ety}} nous montrait, en Victoire, une bonne nourrice affectueuse, un peu grondeuse, jeune encore, sous ses cheveux blancs. Enfin, n’oublions pas le couple typique de concierges qu’ont réalisé {{Mme|Ael}} et M. Cousin.
{{d|Gaston Sorbets.|3|sc}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" />{{sc|Arsène Lupin}} à ''l’Athénée'' — ''Suite de la deuxième page de la couverture.''</noinclude>en la réalité d’un jeune voleur, duc à ses moments perdus, qui, tout en rompant et en vidant les tiroirs, ne néglige pas de cambrioler la pudeur des alcôves. Les vieilles dames aussi, et les hommes affairés, et les belles des thés de cinq heures, tous, toutes, songent à Arsène Lupin avec une sorte d’affection rieuse, d’admiration tendrement effrayée. Mais ce sentiment-là n’est pas le moins du monde nouveau. Que Scaramouche escroque Pantalon, que Scapin berne Géronte, que Guignol bafoue les gendarmes, pende le commissaire, que Robert Macaire ruine Gogo et s’évade au balcon, que l’illustre Dupin triomphe du préfet de police, ce sont plaisirs de tous les temps, à cause de la satisfaction qu’on a de la ruse, l’adresse, la petite finesse, vaincre l’imbécillité énorme et robuste ; Arsène Lupin est une manière de David-gavroche, gamin révolutionnaire, qui vise au front et ne manque pas, non sans un pied de nez, la société-Goliath. De là sa popularité universelle. »
M. Robert de Flers soulignait, dans ''le Figaro'', une des particularités curieuses de cette brillante réussite succédant à celles de ''Raffles'' et de ''Sherlock Holmes'' :
« Nous assistons, depuis quelques années, à un fait très curieux : la réhabilitation du voleur. La morale en souffre peut-être, mais n’est-t-elle pas habitué à souffrir ? Cherchons un peu la raison de cet état d’esprit du spectateur.
« Nous avons cessé de considérer le vol comme un crime, ou même comme un délit. Nous préférons le tenir pour un tour d’adresse auquel, lorsqu’il est prestement exécuté, il est de bon goût d’applaudir. De cette façon, la carrière de voleur devient une carrière d’artiste, une carrière presque honorable, puisqu’elle est libérale et indépendante, que la protection ne vous y aide point, et qu’on ne vous y demande pas de manifester vos opinions politiques. Thomas de Quincey traita « de l’assassinat considéré comme un des beaux-arts ». Pourquoi donc le cambriolage n’en serait-il pas un autre ? Il y faut de l’invention, de l’exécution, de la maîtrise, une absence de préjugés à laquelle ne saurait parvenir un esprit ordinaire, toutes qualités fort difficiles à conquérir et très flatteuses à posséder. À une époque où les énergies ne trouvent plus à s’employer, où les guerres héroïques sont impossibles et où le scepticisme a vite fait de décourager les moindres tentatives de croisades de toutes sortes, les chevaliers d’aventure deviennent un peu forcément des chevaliers d’industrie, mais, dans l’esprit du public, ce sont quand même des chevaliers. Et, ceci n’est nullement exagéré. Nous le constatons non seulement au théâtre, mais dans la réalité : il y a peu de mois encore, le « capitaine » de Kœpenik en Allemagne et Lemoine à Paris étaient accompagnés de notre sympathie amusée. Arsène Lupin bénéficiera pendant de longs soirs de ces bienveillantes dispositions. »
M. Camille Le Senne, dans ''le Siècle'', écrivait aussi :
« ''Arsène Lupin'' comptera parmi les grands succès de l’Athénée. C’est une pièce amusante à l’extrême, débordante de fantaisie, plus fertile en péripéties que dix volumes de Gaboriau et, en même temps plus farcie de trucs qu’un manuel de Robert Houdin, — bref une délicieuse féérie policière. Or, il faut aimer la féerie, car elle est bonne, elle est reposante, elle arrache le spectateur au voisinage des bassesses et des tristesses humaines, et elle mérite toute notre reconnaissance quand elle vient rajeunir un genre théâtral usagé par les mélodramaturges du boulevard en l’enveloppant d’élégance et en le pailletant de fantaisie… Il est évident que toute cette histoire serait affreusement immorale et tomberait sous le coup des lois qui défendent l’excitation aux « faits qualifiés crimes ou délits » s’il y avait dans ces quatre tableaux autre chose qu’une fantaisie débridée. Mais, c’est du Guignol féérique, un ''Raffles'' plus dégagé de complication dramatiques, un ''Sherlock Holmes'' moins encombré d’accessoires de l’ancien romantisme boulevardier. On a donc pu goûter sans honte la platée de péripéties extraordinaires tirées par M. Francis de Croisset du roman de M. Maurice Leblanc, et le public l’applaudira sans remords au cours de nombreuses soirées. »
Tandis que M. Paul Sonday semblait au contraire s’alarmer, dans ''l’Éclair'', de cet agréable divertissement :
« Dans mon enfance, nous rêvions d’être explorateurs et coureurs des bois, comme les personnages de Jules Verne et de Fenimore Cooper. Il n’y avait pas de mal. Mais que deviendrait une jeunesse qui, séduite par ces histoires enchanteresses de gentlemen cambrioleurs, aspirerait à imiter les exploits d’un Arsène Lupin ? »
À quoi M. J. Ernest-Charles semblait directement — et à peine paradoxalement — répliquer, dans ''l’Opinion'' :
« Pour moi, je crois bien que Francis de Croisset et Maurice Leblanc ont fait une œuvre morale. Systématiquement, ils ont transformé leur Arsène Lupin en un être imaginaire. Personne, en effet, n’admettra qu’il serait un homme comme les autres hommes, cet Arsène Lupin qui vole, pour le plaisir, des richesses immenses dont son mariage le rendrait propriétaire le lendemain. C’est un être d’exception, avouez-le. Et tous les moyens dont il use sont des moyens exceptionnels aussi. Le moindre de ses actes est mystérieux. Et il accomplit chacun d’eux par des procédés également mystérieux… Si quelqu’un se sent la moindre envie de devenir voleur, afin de s’enrichir, il n’a qu’à aller à l’Athénée, il observera les faits et gestes d’Arsène Lupin. Il se rendra compte tout de suite que la profession de voleur, pour être rémunératrice, exige des facultés auxquelles le commun des mortels ne peut prétendre. Le sentiment de son infériorité le condamnera à l’honnêteté, et, plutôt que de se faire voleur, il se fera notaire ou banquier. »
Les titres de ''Raffles'' et de ''Sherlock Holmes'' ont été déjà prononcés deux ou trois fois au cours de cette revue de la presse. M. Nozère estime pourtant, dans ''Gil Blas'', que cette œuvre « adroite, attachante, spirituelle », se distingue des deux pièces anglo-américaines plus haut citées parce qu’elle est précisément « très française » :
« Sans doute MM. Francis de Croisset et Maurice Leblanc ont un peu sacrifié au goût du gros public en imaginant l’amour qui unit Lupin à Sonia. Mais ils ont souvent souri eux-mêmes de cette histoire sentimentale. Ils ont soigneusement écarté de leur œuvre tout ce qui pourrait blesser de chastes oreilles. Ils ont songé aux jeunes filles qui viendront les applaudir. MM. de Croisset et Maurice Leblanc ont fait preuve d’ingéniosité et de délicatesse. Ils ont été acclamés. »
Enfin, M. François de Nion se félicite également, dans ''l’Écho de Paris'', de ce que ces quatre actes aient entre autres agréments celui d’être « parfaitement convenables et de pouvoir être entendus par de chastes oreilles ».
{{Astérisme|200%}}
M. André Brulé, dans le rôle d’Arsène Lupin, duc de Charmerace, s’est montré égal à lui-même, et c’est dire qu’il a été supérieur, — au point même qu’on ne saurait choisir entre l’élégance impertinente, la désinvolture adroite dont il a d’abord fait preuve en duc de Charmerace, et le souple cynisme, la violence habile, qu’il a soudainement déployés en Arsène Lupin. Son partenaire M. Escoffier, venu de l’Odéon, lui a opposé, en Guerchard policier, un digne adversaire, énergique sous son air bonhomme et laissant éclater sous sa douceur voulue, sous sa politesse presque exagérée, de brusques rudesses. MM. André Lefaur et Bullier, le premier en juge d’instruction important, solennel, convaincu, le second en propriétaire affolé, furieux, ahuri, ont été deux parfaits grotesques.
{{Mlle|Laurence Duluc}} a bien exprimé tout ce qu’a de charmant, de souriant, de résigné et d’ému, la petite personne de Sonia Kritchnoff ; tandis que {{Mlle|Jeanne Rosny}} étalait, en Germaine, une distinction bruyante de parvenue et que {{Mlle|Germaine Ety}} nous montrait, en Victoire, une bonne nourrice affectueuse, un peu grondeuse, jeune encore, sous ses cheveux blancs. Enfin, n’oublions pas le couple typique de concierges qu’ont réalisé {{Mme|Ael}} et M. Cousin.
{{d|Gaston Sorbets.|3|sc}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Œuvres posthumes (Verlaine)/Histoires comme ça/La main du major Muller
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Olivier LPB
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[[Catégorie:Œuvres de Paul Verlaine]]
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Manseng
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|108|SARA.}}</noinclude><section begin="Sara"/>{{tiret2|maria|ges}} entre le frère et la sœur fussent
connus aux Chananéens devraient
lire le chapitre du Lévitique, où les
mariages entre certains parens sont
interdits au peuple de Dieu. N’oublions
pas qu’Isaac se servit de la dissimulation
de son père par un semblable
principe ; il dit, lui aussi, de
peur qu’on ne le tuât, que Rébecca
était sa sœur<ref>Genèse, XXVI, 9.</ref>.
'''{{refa|Sara-(E)|(E)}}''' ''La beauté de Sara... dura...''
''jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans.'' ]
On le prouve par le chapitre XX de
la Genèse, où il est dit qu’Abraham
étant allé au pays de Guérar n’y voulut
passer que pour le frère de Sara,
ce qui fut cause que le roi Abimélec
la manda pour l’épouser. La naissance
d’Isaac avait été déjà annoncée à ce
patriarche ; or sa femme avait quatre-vingt-dix
ans lors de cette annonciation :
donc, etc. Je sais bien que
l’Écriture ne dit pas en cet endroit
que Sara fût belle ; mais il n’est pas
difficile de le recueillir des circonstances
de ce voyage. On sait, par le
chapitre XII, que la raison qui obligea
Abraham à dire en Égypte que
Sara était sa sœur était qu’il la voyait
belle, et qu’il craignait qu’on ne le
tuât afin de mieux posséder cette
beauté. Sara ne fut pas plus tôt montrée,
qu’on la prit pour l’amener au
roi Pharaon. Qui doute qu’Abraham
n’ait dissimulé son mariage dans le
pays de Guérar par un semblable
motif ? Il déclare lui-même<ref>Genèse, XX, 11.</ref> qu’il
avait eu peur qu’on ne le tuât à cause
de sa femme ; il savait donc qu’elle
était encore assez belle pour inspirer
de l’amour. L’événement parle avec
encore plus de clarté là-dessus ; car
tout aussitôt que Sara eut été vue par
le roi de Guérar, il la fit venir chez lui
à dessein d’en faire sa femme. C’était
sans doute pour sa beauté ; car de
dire, avec le père Salian, qu’il la prit
comme une vénérable veuve qui entendait
le ménage, et comme la sœur
d’un homme avec lequel il lui serait
très-avantageux de s’allier, c’est se
faire des illusions. Apparemment
Abraham n’allait au pays des Philistins
que pour y chercher un remède
à la famine qui le talonnait ; il était
donc fort facile au roi du pays de
s’acquérir Abraham sans sacrifier à
cela un mariage avec une veuve de
quatre-vingt-dix ans. Il aurait acheté
bien cher l’amitié du patriarche, si
Sara eût été délabrée comme on l’est
à cet âge-là. Posons donc en fait
qu’elle était encore une belle femme.
Un bon père capucin de Paris<ref>{{lang|la|Boulducus, de Eccles. ante Legem ; ''lib.''
''III'', ''cap. IV'', ''apud'' Heidegger., ''pag.'' 157.}}</ref>
s’est imaginé plaisamment qu’Abimélec
n’enleva Sara qu’afin de s’entretenir
avec elle sur la dévotion : c’était,
dit-il, un homme et un prophète
qui compta pour un bonheur signalé
la conversation familière de Sara sur
les matières de l’autre vie. Il crut
que cette révérende mère lui apprendrait
bien des choses concernant le
règne de Dieu. Mais aurait-il été châtié
pour des intentions aussi spirituelles
que celles-là ? Quelles visions !
La chair et le sang auraient été sans
doute plus mêlés dans leurs entretiens
que la dévotion, si on l’avait
laissé faire.
N’écoutons point la pensée de Hugues
de Saint-Victor ? les conséquences
en sont dangereuses ; n’ouvrons
point de brèches dans l’Histoire sainte ;
les profanes y entreraient par-là
comme des loups dans la bergerie
afin d’y faire mille ravages. Hugues
de Saint-Victor prétend<ref>{{lang|la|''Apud'' Pererium, I Disput. in Genes.,
''cap. XX''.}}</ref> que
Moïse n’a point mis à sa place l’enlèvement
de Sara par Abimélec, mais
sous un temps éloigné du véritable
de plus de trente ans. Encore un
coup, soutenons que Sara avait l’âge
que je lui donne lorsque Abimélec
voulut l’épouser. Ne recourons pas à
l’expédient de ceux qui disent<ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>
qu’il n’est pas plus admirable que Sara
ait été belle à quatre-vingt-dix
ans, que de voir aujourd’hui une
belle femme âgée de quarante ; car,
disent-ils, la vie des femmes en ce
temps-là allait jusqu’à cent trente
ans, comme aujourd’hui elle va à
quatre-vingt. Ne leur en déplaise,
ils ne calculent pas bien : où trouveraient-ils,
selon leur supputation,
cet amortissement de la matrice de
Sara dont parle l’apôtre<ref>Rom. IV, 19.</ref> ? Pourquoi
''n’aurait-elle plus eu ce qu’ont''
''accoutumé d’avoir les femmes''<ref>Genèse, XVIII, 11.</ref> ?<section end="Sara"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SARA.|109}}</noinclude><section begin="Sara"/>Où serait cette foi tant célébrée par
rapport à l’annonciation de la naissance
d’Isaac ? Est-il si étrange aujourd’hui
qu’une femme conçoive à
quarante ans ? Rajustons leur calcul :
quatre-vingt-dix ans sont à cent trente
à peu près comme cinquante-six à
quatre-vingts. C’est donc avec nos
beautés de cinquante-six ans qu’il
faut comparer Sara. Or j’avoue qu’encore
qu’il soit très-rare qu’une femme
de cinquante-six ans soit jugée
digne d’être enlevée pour sa beauté,
et encore moins d’être destinée au lit
d’un souverain, comme un morceau
friand et royal, il s’en trouve quelques-unes
qui ont encore de beaux
restes à cet âge. Voyez ce que j’ai rapporté
ailleurs de Brantôme, concernant
Jeanne d’Aragon et la duchesse
de Valentinois. Ainsi, sans recourir
aux miracles, qu’il faut ménager le
plus qu’on peut pour les grands besoins,
nous pouvons dire que la bonne
constitution de Sara, et l’exemption
des couches et des fonctions
nourrice, ont pu la conserver belle
femme jusqu’à quatre-vingt-dix ans.
Procope pense que quand elle fut rendue
habile à concevoir elle recouvra
la beauté qu’elle avait perdue<ref>{{lang|la|''Addit Procopius divinitùs cum fœcunditate''
''Sara restauratam fuisse pristinam pulchritudinem.''}}
Cornel. à Lapide, in Genes., ''pag.'' 149.</ref>
et que Dieu, par une faveur spéciale,
lui fit tout à la fois ces deux présens.
À lui Procope permis.
'''{{refa|Sara-(F)|(F)}}''' ''On dit.... qu’elle avait renoncé''
''à tout commerce de mariage depuis''
''qu’elle s’était vue stérile.'' ] Citons Pérérius :
{{lang|la|''Deindè id accidit Saræ ob''
''summam ejus castitatem et continentiam,''
''quippè quæ statim ut sensit se''
''sterilem et invalidam ad generandum''
''abstinuit à copulâ carnali ; ut suprà''
''ostendimus super illis verbis quæ sunt''
''in capite XVIII.'' Postquàm consenui
et dominus meus vetulus est, voluptati
operam dabo}}<ref>{{lang|la|Pererius, in Genes., ''cap. XX'', ''vs.'' 2.}} Torniellus,
''et'' Cornélius à Lapidé, ''sont de ce sentiment''.</ref> ? Il est bon de
voir sur quoi il fonde le fait. Il se
sert de ces paroles de Sara : {{lang|la|''Postquàm''
''consenui et dominus meus vetulus''
''est, voluptati operam dabo''}}<ref>Genèse, XVIII, 12.</ref> ?
c’est-à-dire, selon la version de Genève,
''Estant vieille aurai-je plaisir ?''
''davantage monseigneur est vieil''. Ce
sont deux difficultés que Sara se fit
après avoir ouï la promesse qu’on
faisait à Abraham, que sa femme accoucherait
l’année suivante. ''Il faudrait''
''donc'', dit-elle, ''que, nonobstant''
''mon grand âge, je requisse les caresses''
''de mon mari'', c’est la première difficulté ;
''mais mon mari n’est-il pas''
''trop vieux pour cela'' ? c’est la seconde.
De sorte que, selon Pérérius,
elle eût employé à peu près la même
objection que la Sainte Vierge : ''Comment''
''se fera ceci, vu que je ne connais''
''point d’homme''<ref>Saint Luc, ''chap. I'', ''vs.'' 34. Zacharie, ''au''
''verset'' 18 ''du même chapitre, allègue une difficulté''
''semblable à celle de Sara.''</ref> ? Je ne crois
pas qu’on puisse raisonnablement
nier à cet auteur que les paroles de
Sara ne signifient qu’alors elle et son
mari gardaient une parfaite continence ;
mais tout le reste n’est que
conjecture : savoir, qu’il y avait déjà
quatorze ans qu’ils étaient convenus
de cette abstinence mutuelle ; c’est-à-dire
depuis qu’Agar était devenue la
concubine d’Abraham. Mais supposons
que cela soit : il en faudra inférer
que Sara mit une fin aux joies du
mariage quand elle fut parvenue à
l’âge soixante-quinze ans. Or à
quoi songeait Pérérius de tirer de là
une des raisons pourquoi la beauté
de cette dame s’était conservée jusqu’à
l’âge de quatre-vingt-dix ans ?
{{lang|la|''Intemperantia Veneris citò mulierem''
''inveterat et vehementer deformat ac''
''turpat''}}<ref>{{lang|la|Perer., in Genes., ''cap. XX'', ''disput. I''.}}</ref> ; c’est-à-dire : ''L’usage immodéré''
''du plaisir vénérien fait bientôt''
''vieillir les femmes, et les enlaidit''
''étrangement.'' Soit. J’en laisse la discussion
aux médecins. Mais s’ensuit-il de
là qu’une abstinence totale de
cet exercice ait un effet tout contraire
à l’égard du sexe ? je veux dire qu’elle
recule la vieillesse, et qu’elle conserve
la beauté. Il n’y a point de logique
qui reconnaisse aucune force
dans cette espèce de conséquences,
généralement parlant, vu le grand
nombre de choses dont les deux extrémités
sont mauvaises et pernicieuses,
tant pour le corps que pour l’âme.
En particulier, la conséquence
dont il est ici question est fortement
combattue par la médecine<ref name="Sara-(53)">''Voyez'' Gaspar à Reïes, {{lang|la|Elysio jucund.,}}</ref>. Mais<section end="Sara"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|110|SARA.}}</noinclude><section begin="Sara"/>quand même on aurait la complaisance
de accorder à Pérérius,<ref follow="Sara-(53)">{{lang|la|Quæst. Campo, ''quæst. XLVI,''}} où il soutient
{{lang|la|quòd omnimoda coitûs dimissio magna damna parit
præsertim in assuetis, in fœminis frequentissimè,
in viris rarissimè et cum minori noxâ.}}</ref> de
quoi lui servirait-elle par rapport à
Sara, qui, selon lui, ne commença
à se sevrer des droits matrimoniaux
qu’à l’âge de soixante-quinze ans ?
'''{{refa|Sara-(G)|(G)}}''' ''Afin d’éprouver la foi d’Abraham.'' ]
Cela paraît d’abord étrange ;
car on ne conçoit guère de plus grand
bonheur temporel que la beauté perpétuelle
de ce qu’on aime. Quels
vœux y a-t-il aussi favorables à de
nouveaux mariés, que de leur dire
qu’on souhaite qu’ils ne paraissent
jamais vieux l’un à l’autre ?
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Diligat ipse senem quondam, sed et illa marito''
''Tunc quoque cùm fuerit non videatur anus''<ref>{{lang|la|Martial., ''lib. IV'', epigr. XIII.}}</ref>.
</poem>}}
{{br0}}
Mais prenez-y garde de près, vous
trouverez que pour un homme qui
doit voyager en famille une belle
femme n’est pas un petit fardeau ; et
en tout cas Abraham en a été un
exemple. Quelle peur n’a-t-il pas eue
d’être tué, et à quels expédiens fâcheux
cette crainte ne l’a-t-elle pas
obligé de recourir ! Quoi qu’il en soit,
un célèbre théologien de Zurich a
parlé de cette manière : {{lang|la|''Puto pulchritudinis''
''Saræ causam non fuisse''
''aliam quàm supernaturale Dei donum''
''et specialem ejusdem providentiam,''
''qui eam in extremâ senectute''
''voluit fieri matrem Isaci, atque simul''
''cotem fidei et patientiæ Abrahami,''
''quæ in hâc ob formam uxoris immissâ''
''tentatione non parùm explorata''
''fuit''}}<ref>{{lang|la|Heidegg., Hist. Patr., ''tom. II'', ''pag.'' 148.}}
''Avant lui'', Rivet ''avait dit la même chose'', Oper.
tom. I, ''pag.'' 277 : ''et'' {{lang|la|Pererius, in Genes.}}, ''l’avait''
''dit avant'' Rivet.</ref>.
'''{{refa|Sara-(H)|(H)}}''' ''Ceux qui..... exagéraient avec''
''tant de force sa caducité.'' ] Saint Chrysostome
prétend que la verge de
Moïse, qui fit sortir d’une pierre une
source d’eau, fit un miracle moins
difficile que ne le fut de faire venir
du lait à Sara. {{lang|la|''Non sic admirabile''
''fuit quòd ex petrâ in deserto scaturierint''
''fontes aquarum quando illam''
''virgâ Moyses percussit, sicut de vulvâ''
''jam emortuâ puerum nasci, et''
''lactis fontes scaturire''}}<ref>{{lang|la|Chrysost. Homil. XLVI.}}</ref>. Voici les
paroles d’un autre père : {{lang|la|''Portabat''
''uterum gravem talis mater quæ inanis''
''ambulare vix poterat.…. Marcidæ''
''mammæ quæ in vacuos folles subducti''
''succi detrimenta laxaverant, lactei''
''fontis ubertate tenduntur''}}<ref>{{lang|la|August., serm. LXVIII, de Temp.}}</ref>.
'''{{refa|Sara-(I)|(I)}}''' ''On accuse à tort Calvin d’avoir''
''vomi les injures les plus grossières''
''contre Sara.'' ] Commençons par les
paroles de l’accusateur. {{lang|la|''Non est prætereundum''
''impiè loqui Calvinum, qui''
''Saram quasi lenam, et Abraham quasi''
''adulterum ancillæ suæ carpit''}}<ref>{{lang|la|Mersennus, Observat, in Problemata Veneti,
''num.'' 119, ''pag.'' 165.}}</ref>.
Ces paroles, et plusieurs autres qui
les suivent, sont si semblables à celles
de Cornélius à Lapidé, qu’il y a
lieu de penser que Marin Mersenne
n’a été ici qu’un copiste. Son ouvrage
fut imprimé l’an 1623. Celui de l’autre
le fut l’an 1616. {{lang|la|''Carpit hic Calvinus''
''Saram quasi lenam, et Abram''
''quasi adulterum ancillæ suæ Agar''}}
<ref>{{lang|la|Cornel. à Lapide, in Genes., ''cap. XVI'',
''vs.'' 2, ''pag.'' 170, ''edit.'' 1623.}}</ref>. Cette calomnie contre Calvin
vient de plus haut ; j’en ai cherché
le premier auteur autant que j’ai pu,
mais je n’oserais me vanter de l’avoir
trouvé en la personne de Feuardent.
Ce qu’il y a de bien sûr est que ce
moine a précédé le minime<ref>''Le père'' Mersenne.</ref> et le
jésuite<ref>Cornélius à Lapidé.</ref> que j’ai cités. Son accusation
n’a pas été bien connue à Léonard
le Cocq<ref group=*><sup>*</sup> C’est ''Cocqueau'', et non ''Le Cocq''. Voyez tome
VI, page 252.</ref>, qui aurait infailliblement
nommé Calvin, et indiqué
la ''Théomachie Calvinistique'', s’il
avait su ce que l’on y trouve. Il n’a
fait ni l’un ni l’autre : ses reproches
sont vagues ; ils tombent en général
sur des hérétiques modernes, et il
cite un autre ouvrage de Feuardent.
Il dit d’abord que Faustus le manichéen
blâma la conduite du patriarche
Abraham comme une chose où
l’on voyait l’incrédulité et une envie
brûlante d’avoir des enfans<ref>{{lang|la|''Crimen inurebat et quòd habendæ prolis''
''insanâ flagrans cupiditate ; et Deo, qui id jam''
''sibi de Sarâ conjuge promiserat minimè credens''
''cùm pellice volutatus sit.'' Leonh. Coqueus, ''in''
August., de Civit. Dei, ''lib. XVI'', ''cap. XXV''.}} Il
cite {{lang|la|''D. August.'', ''lib.'' 22, ''contra Faustum'',
''cap.'' 30.}}</ref>, et<section end="Sara"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SARA.|111}}</noinclude><section begin="Sara"/>puis il ajoute : {{lang|la|''Refert etiam Feuardentius''
''in appendice ad libros Alphonsi''
''à Castro contra hæreses, lib. I, verbo''
''Abraham, quosdam hæreticos modernos.....''
''non minùs impios fuisse in''
''sanctissimum patriarcham Abraham,''
''ut cui crimen adulteri impingant''}}
<ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. Voici les accusations précisément
intentées par Calvin : {{lang|la|''« Piissimam''
''aviam Christi Saram multis''
''vexat contumeliis, multis jactat injuriis''}}<ref group=*>(*) {{lang|la|''In cap.'' 16, ''Gen.'', ''vs.'' 1.}}</ref> :
{{lang|la|Sarai rationem alienam
à verbo Dei apud se quærit. In
ipso progressu non leviter peccavit,
quòd orbitatis impatiens, à
verbo Dei discessit. Obrepit desperatio.
Connubii legem pervertit,
lectum conjugalem polluendo. Nec
culpâ etiam vacat Abram, quòd
stulto ac præpostero uxoris consilio
obsequutus est. Reprehensione
digna est Abrahæ facilitas. Utriusque
autem claudicat fides. Dei virtutem
non debuit alligare ordini
naturæ, vel restringere ad suum
sensum. ''Et in sequentibus''}}<ref group=*>(*) {{lang|la|''Vers.'' 2.}}</ref>{{lang|la| : Admittit
concubinam quæ instar pellicis
futura erat. Ad eandem quâ
ipsa fervebat impatientiam {{corr|mariritum|maritum}}
sollicitat. Vacillat quidem
Abrahæ fides, cùm à verbo Dei
declinans, uxoris impulsu ad remedium
prohibitum transferre se
patitur. Momento uno tentationi
succumbit. ''Deindè, dolosissimo''
''schemate utens, idipsum quod negare''
''se de illâ fingit, palàm adfirmat''}}<ref group=*>(*) {{lang|la|''Vers.'' 3.}}</ref> :
{{lang|la|Neque enim domui suæ
voluit erigere lupanar, nec ancillæ
suæ productrix, vel mariti lena
esse... ''O hominem in disputando''
''vafrum, veteratorem et malitiosum !''
''Ecquid enim aliud est Abræ'',
uxorem prostituere ; pudicitiam
ejus nudare præsidio, pudicitiam
prodere (''quod Calvinus palàm tribuit''
''Abrahæ'') ''quàm ei lenocinari'' ?
''Aut quid'', conjugii legem pervertere,
lectum conjugalem polluere,
pellicem viro quærere et subministrare,
alienam in thorum mariti
inducere (''quorum à Calvino''
''insimulatur Sara''), ''quàm domi suæ''
''lupanar erigere ; et mariti lenam''
''esse, quod hic simulatè Calvinus''
''negat et damnat''}}<ref>{{lang|la|Feuardentius, Theom, calvinisticæ, ''lib.''
''IX'', ''cap. I'', ''pag. m.''}} 436,</ref>{{lang|la| ! »}} On peut
remarquer deux fraudes dans la procédure
de ce cordelier : il supprime
les expressions où Calvin tâche d’exténuer
la faute de Sara et la faute
d’Abraham, c’est la première supercherie.
Il assure impudemment que
Calvin emploie un vilain tour de sophiste
pour accuser en effet, sous un
faux semblant de négation, cette
sainte femme d’avoir servi de..... à
son mari. C’est la seconde fraude,
et elle est d’une telle atrocité, qu’on
la peut nommer une affreuse calomnie.
La manière ronde et franche
dont Calvin juge de cette conduite
de mari et de la femme fait voir clairement
qu’il ne cherchait point de
détours. Il en dit son sentiment avec
la dernière liberté, et il se sert de
tout le droit que la raison et l’Écriture
nous donnent de prononcer sur
la qualité d’une action. Il est donc
visible qu’il parle sincèrement lorsqu’il
nie que Sara ait servi...... etc.
Cela paraît encore par les paroles
qui suivent, et que Feuardent a supprimées.
{{lang|la|''Impropriè tamen vocatur''
''uxor, quæ præter Dei legem in alienum''
''thorum inducitur. Quare sciamus''
''hunc concubitum hic illicitum''
''fuisse ut inter scortationem et conjugium''
''quasi medius fuerit. Idem omnibus''
''commentis accidit quæ Dei verbo''
''assuuntur. Quamlibet enim honesto''
''tegantur prætextu, corruptela''
''subest, quæ à verbi puritate degenerat,''
''eamque vitiat''}}<ref>{{lang|la|Calvin., in Genes., ''cap. XVI'', ''vs.'' 3,
''pag. m.'' 83, 84.}}</ref>. C’est là le
langage d’un casuiste qui ne biaise
point ; on doit donc être très-assuré
que l’on y trouve tout le mal que
Calvin a dessein de dire. Or il dit
nettement que le commerce d’Abraham
et d’Agar tenait le milieu entre
la fornication et le mariage. Feuardent
a supprimé cet endroit notable
du commentaire de Calvin : {{lang|la|''Benedictionis''
(''quam sciebat divinitùs promissam''
''esse'') ''potiundæ voto, conjugalem''
''thorum spontè alteri cedit......''
''sic laudabile fuit votum Sarai quoad''
''finem vel scopum in quem tendebat,''
''ut tamen in ipso progressu non leviter''
''peccârit....... Utriusque autem''
''claudicavit fides, non in {{tiret|substan|tiâ}}''}}<section end="Sara"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|112|SARA.}}</noinclude><section begin="Sara"/>{{lang|la|''{{tiret2|substan|tiâ}} quidem, sed in medio ipso (ut''
''loquuntur'' ) ''vel agendi ratione''}}<ref>{{lang|la|Calvin., in Genes. ''c. XVI'', ''vs.'' 1, ''p.'' 83.}}</ref>.
Notez que les copistes sont fort sujets
à grossir les choses. Cornélius à
Lapidé et Marin Mersenne disent simplement
et absolument que Calvin
accuse Sara de..... et Abraham d’adultère.
Feuardent s’était contenté
de dire que l’accusation avait été proposée
obliquement, et sous l’apparence
trompeuse d’une justification.
'''{{refa|Sara-(K)|(K)}}''' ''Saint Augustin n’a pas fait''
''une bonne apologie de ce procédé''
''d’Abraham.'' ] Il s’est servi de quatre
raisons. La 1{{e|re}}. est qu’Abraham ne se
porta point à cet acte par un mouvement
d’amour sensuel, mais afin d’avoir
des enfans : {{lang|la|''Usus est eâ'' (concubinâ)
''quippe ad generandam prolem,''
''non ad explendam libidinem''}}<ref>{{lang|la|August, de Civitat. Dei, ''lib. XVI'', ''cap.''
''XXV''.}}</ref>
La {{2e}}. est qu’il s’y porta, non pas
pour faire injure à sa femme, mais
plutôt pour lui complaire, et pour
lui donner la consolation que son
état de stérilité l’obligeait à souhaiter.
La {{3e}}. est que cette conduite fut
fondée sur le droit dont parle saint
Paul dans le chapitre VII de la I{{e|re}}. épître
aux Corinthiens : ''Pareillement''
''l’homme n’a point la puissance de son''
''corps, mais la femme.'' Il n’y a ici aucune
faute, ni du côté de la femme,
ni du côté du mari ; celle-là donne
sa servante à son époux dans la vue
de la génération, celui-ci prend cette
servante dans la même vue. {{lang|la|''Nulla est''
''hìc cupido lasciviæ, nulla nequitiæ''
''turpitudo. Ab uxore causâ prolis ancilla''
''marito traditur, à marito causâ''
''prolis accipitur, ab utroque non culpa''
''luxûs, sed naturæ fructus exquiritur''}}
<ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. La {{4e}}. raison est qu’Abraham
renvoya Agar dès que sa femme
le voulut. J’ai cité ailleurs<ref>''Dans le remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Agar#ancrage_Agar-(C)|(C)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Agar|{{sc|Agar}}]],
''tom. I'', ''pag.'' 244.</ref> les
paroles de saint Augustin sur ce sujet.
Léonard le Cocq, commentateur
de ce père, ne fait point difficulté de
le réfuter. Il oppose à la première
raison cet axiome de saint Paul : ''Il''
''ne faut point faire le mal afin qu’il''
''en arrive du bien''<ref>Épître aux Romains, ''chap. III'', ''vs.'' 8.</ref>, et la doctrine
ordinaire des moralistes, qu’une bonne
action demande non-seulement
une bonne fin et un bon motif, mais
aussi une matière qui soit légitime.
{{lang|la|''Ad hoc quod sit actio honesta, requiritur''
''non modò bonus finis et reliquæ''
''circumstantiæ, verùm etiam''
''quod sit circa debitam materiam''}}<ref>{{lang|la|Leonh, Coqueus, in August., de Civitate
Dei, ''lib. XVI'', ''cap. XXV'', ''pag. m.'' 351.}}</ref>.
Cela lui fournit la réfutation de la
seconde raison ; car si le commerce
du patriarche avec sa servante est
mauvais en soi, il ne devient pas légitime
par l’acquiescement d’Abraham
aux désirs de Sara ; les conseils
ni les suggestions d’une femme ne disculpent
point le mari à égard des
choses illégitimes : cela paraît manifestement
dans la chute du premier
homme, qui allégua vainement que
la femme que Dieu lui avait donnée
avait porté à manger du fruit défendu.
La troisième raison ne vaut
pas mieux que les autres ; car une
femme ne peut point transporter à
une autre femme le droit dont parle
saint Paul, non plus qu’un mari ne
peut point céder à un autre homme
le droit dont parle le même apôtre.
{{lang|la|''Non potest uxor jus illud quod habet''
''in corpus viri transferre in alteram''
''mulierem ; ut congressum viri sui''
''cum aliâ muliere assensu suo possit''
''facere licitum, ut nec vir potest''
''transferre in alterum virum illud jus''
''quod habet in uxorem''}}<ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. Léonard
le Cocq ne dit rien sur la quatrième
raison ; c’est qu’il ne l’a point considérée
comme un des moyens de l’apologie ;
mais les plus stupides peuvent
aisément connaître qu’elle ne
sert qu’à montrer que le patriarche
ne tenait point à cela par des liens
d’impureté. C’est une très-bonne chose
que de renoncer aisément et promptement
à un commerce illégitime ;
mais cela ne prouve point qu’on en
ait joui légitimement. Ce commentateur
suppose que saint Augustin n’allégua
pas ces raisons comme des
preuves qui établissaient la pureté
du commerce d’Abraham et d’Agar,
mais seulement comme des preuves
qui réfutaient la prétention des manichéens,
que ce patriarche, éperdument
amoureux d’Agar, avait couché
avec elle pour assouvir sa passion.
Il suppose aussi que le même<section end="Sara"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/122
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|114|SARISBÉRI.}}</noinclude><section begin="Sara"/>{{lang|la|''invaluerat, legem tamen illam quâ''
''duo inter se mutuò obligantur convellere''
''nunquàm ne fuit in hominum arbitrio''}}
<ref>{{lang|la|Calvin., in Genes. ''cap. XIII'', ''vs.'' 1.}}</ref>. Il observe même que cette
chute d’Abraham nous doit avertir
combien nous devons être sur nos
gardes contre les embûches de Satan,
qui nous attaque non-seulement par
personnes manifestement criminelles,
mais aussi par de bonnes gens.
{{lang|la|''Porrò cùm Sarai tam sancta mulier''
''instar flabelli, ad eandem quâ ipsa''
''fervebat impatientiam maritum sollicitet ;''
''hinc discamus quàm sedulò''
''nobis agendæ sint excubiæ ne quâ''
''occultâ fraude nos circumveniat Satan.''
''Neque enim improbos tantùm et''
''sceleratos subornat qui ex professo''
''fidem nostram oppugnent ; sed ut''
''incautos opprimat, clàm interdùm ac''
''furtim per bonos et simplices nos adoritur''}}
<ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''vs.'' 2.}} ''Voyez aussi ce qu’il''
''dit un peu après''.</ref>. En troisième lieu, j’observe
que la liberté que Calvin a prise de
censurer fortement cette action de
Sara et de son époux est incomparablement
plus utile à la morale
chrétienne que le soin qu’ont pris
les pères de justifier Abraham et son
épouse. Ils ont sacrifié les intérêts
généraux de la morale à la réputation
au particulier ; peu s’en faut que je
n’applique à tous ceux qui sont animés
de cet esprit ce bon mot de
Cicéron : {{lang|la|''Urbem philosophiæ proditis''
''dùm castella defenditis''}}<ref>''Voyez l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/François 2|{{sc|François}} I{{e|er}}.]], ''tom. VI'',
''pag.'' 576, ''remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/François 2#ancrage_François2-(P)|(P)]].</ref>. Enfin je
remarque que Josèphe s’est avisé de
supposer une chose dont l’Écriture
ne dit pas un mot ; c’est que Dieu
commanda à Sara de mettre Agar
au lit d’Abraham<ref>{{lang|grc|Σάῤῥα τοὺ θεοῦ κελεύσαντος ἐπικλκίνει
μίαν τῶν θεραπενίδων.}} {{lang|la|''Sara Deo jubente''
''in thalamum ejus adducit unam famularum.''
Joseph., ''lib. I'' Antiq., ''cap. XI'', ''p.'' 17, ''C''.}}</ref>. Voilà juste
le ''{{lang|la|Deus ex machinâ}}'' des poëtes tragiques,
et l’''{{lang|la|ancora sacra}}'' du proverbe.
Plusieurs commentateurs de la Genèse
allèguent là-dessus l’autorité de
cet historien, et remarquent que saint
Augustin a insinué la même chose.
{{lang|la|''Idem insinuat sanctus Augustinus''
''lib. X. contra Faust. c. XXXII.''}}<ref>{{lang|la|Cornel à Lapide, in Genes., ''cap. XVI'',
vs. 2.}} ''Voyez aussi'' {{lang|la|Mersennus, Observat. in Problem.
Veneti, ''num.'' 119, ''pag.'' 165.}}</ref>.
Il n’y a point de nœud gordien
qu’on ne puisse rompre par-là.
{{References-Bayle}}
<section end="Sara"/>
<section begin="Sarisbéri"/>'''SARISBÉRI'''<ref group=lower-alpha>''On dit aussi'' Salisbéri, ''ou'' Salesbéri,
''ou'' Salisburi, ''etc.''</ref>''' ({{sc|Jean de}})''', en
latin ''{{lang|la|Sarisberiensis}}''<ref group=lower-alpha>''Ou'' {{lang|la|Saresberiensis}}, ''ou'' {{lang|la|Sarisburiensis}},
''etc.''</ref>, évêque
de Chartres<ref group=*><sup>*</sup> Ménage, cité par Joly, dit qu’il s’appelait
''{{lang|la|Johanes Petitus}}'', ou {{lang|la|''Parvus''.}} Le Petit
était le véritable surnom de Jean, connu
plus ordinairement sous celui de Sarisbury,
dit Sainte-Croix dans une notice sur
ce personnage, insérée dans les ''Archives''
''littéraires'', n°. XII, décembre 1804, tom.
IV, pag. 293-313.</ref>, Anglais de nation,
naquit environ l’an 1110. Il
alla en France à l’âge de seize ou
dix-sept ans. ''Il eut ensuite commission''
''du roi son maître de se''
''tenir auprès du pape Eugène''
''pour les affaires de l’Angleterre.''
On voulut lui faire un mauvais
parti auprès de ce pape ; on le
chargea de fausses accusations ;
mais enfin la vérité fut reconnue,
et il fut retenu auprès d’Eugène
''avec toutes les faveurs'' qu’il
méritait. Il fut encore plus considéré
par le successeur de ce
pape ; et ayant été rappelé en
Angleterre, il reçut de grandes
marques d’estime de Thomas Béquet
<ref group=*><sup>*</sup> Le prélat que Bayle nomme plusieurs
fois Thomas Béquet est, dit saint
Thomas de Cantorbéry.</ref> grand chancelier du royaume.
Le chancelier gouvernait
alors l’esprit de son maître,
{{lié|Henri II}}, ''et comme il avait besoin''
''de secours dans une charge''
''si pesante....., il se voulut servir''
''du conseil de'' Jean de Sarisbéri,
''principalement pour la''
''nourriture du fils aîné du roi,''
''et de plusieurs autres jeunes seigneurs''
''d’Angleterre, qu’il avait''
''entrepris d’élever dans les bonnes''
''mœurs et dans les belles''
''Sciences. Il le pria encore d’avoir''<section end="Sarisbéri"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" /></noinclude><includeonly>
{{refancre|Sommaire}}
''Chapitres''
[[#CH01|1.]]
[[#CH02|2.]]
[[#CH03|3.]]
[[#CH04|4.]]
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[[Bible Crampon 1923/Livres|''Livres'']]
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{{t2|LE LÉVITIQUE|fs=300%}}
{{Centré|________}}
{{ancre|CH01}}{{g|[[#Sommaire|1]]|fs=120%}}
{{t3|1=<span style="font-family : serif; font-size : 180%;">PREMIÈRE PARTIE</span>{{brn|1}}<span style="font-family : serif; font-size : 130%;">[I, 1 — X, 20.]</span>{{brn|1}}<span style="font-family : serif; font-size : 150%;">LOI DES SACRIFICES.</span>}}
{{t4|1=<span style="font-family : serif; font-size : 130%;">I. — RITES DES SACRIFICES.</span>{{br|1}}<span style="font-family : serif; font-size : 110%;">[I, 1 — VII, 38.]</span>{{br|1}}}}
<noinclude>
{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude>
{{AN|1. Chap, I, 1-17 : {{sc|Les holocaustes.}} — ''Introduction générale'' ({{sc|i}}, 1, 2). ''Gros bétail'' ({{sc|i}} 3-9), ''petit bétail'' ({{sc|i}}, 10-13), ''oiseaux'' ({{sc|i}}, 14-17).}}
{{interligne}}
{{verset|1|1}}{{PM|Y|ahweh}} appela Moïse, et lui parla de la tente de réunion, en disant :
{{verset|1|2}}« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur :
Lorsque quelqu’un d’entre vous fera à Yahweh une offrande<ref>I, 2. ''Une offrande'' : c’est le terme général pour désigner les dons que l’on offre à Dieu en se présentant devant lui (en hébr. ''{{lang|he|qorban}}'', du verbe ''{{lang|he|qarab}}'', s’approcher) ; il comprend tous les sacrifices proprement dits, sanglants et non sanglants, volontaires ou obligatoires, ainsi que les prémices (({{sc|ii}}, 12) et les dons en argent ([[Bible_Crampon_1923/Nombres#Bible_Crampon_1923/NombresCH07|Nombr. {{sc|vii}}, 13]]).</ref>, ce sera du bétail que vous offrirez, du gros ou du menu bétail.
{{verset|1|3}}Si son offrande est un holocauste de gros bétail, il offrira un mâle sans défaut ; il l’offrira à l’entrée de la tente de réunion, pour être agréé devant Yahweh.{{verset|1|4}}Il posera sa main sur la tête de l’holocauste, et il sera accepté en sa faveur pour faire expiation pour lui.
{{verset|1|5}}Il égorgera le jeune taureau devant Yahweh, et les prêtres, fils d’Aaron, offriront le sang et le répandront tout autour sur l’autel qui est à l’entrée de la tente de réunion.
{{verset|1|6}}On dépouillera l’holocauste et on le découpera en ses morceaux.
{{verset|1|7}}Les fils du prêtre Aaron mettront du feu sur l’autel et disposeront du bois sur le feu ;
{{verset|1|8}}puis les prêtres, fils d’Aaron, arrangeront les morceaux, avec la tête et la fressure, sur le bois placé sur le feu de l’autel.
{{verset|1|9}}On lavera avec de l’eau les entrailles et les jambes, et le prêtre fera fumer le tout sur l’autel. C’est un holocauste, un sacrifice par le feu, d’une agréable odeur à Yahweh.
{{verset|1|10}}Si son offrande est de menu bétail, un holocauste d’agneaux ou de chèvres, il offrira un mâle sans défaut.
{{verset|1|11}}Il l’égorgera au côté septentrional de l’autel, devant Yahweh ; et les prêtres, fils d’Aaron, en répandront le sang tout autour sur l’autel.
{{verset|1|12}}On le découpera en ses morceaux, avec sa tête et sa fressure ; puis le prêtre les arrangera sur le bois placé sur le feu de l’autel.
{{verset|1|13}}Il lavera dans l’eau les entrailles et les jambes, et le prêtre offrira le tout et le fera fumer sur l’autel. C’est un holocauste, un sacrifice par le feu, d’une agréable odeur à Yahweh.
{{verset|1|14}}Si son offrande à Yahweh est un holocauste d’oiseaux, il offrira des tourterelles ou de jeunes pigeons.
{{verset|1|15}}Le prêtre apportera l’oiseau à l’autel ; il lui brisera la tête avec l’ongle et la fera fumer sur l’autel, et son sang sera exprimé contre la paroi de l’autel.
{{verset|1|16}}Il ôtera le jabot avec ses impuretés<ref>16. ''Avec ses impuretés.'' Un plus grand nombre : ''avec ses plumes.''</ref> et le jettera près de l’autel, vers l’Orient, au lieu où l’on met les cendres.
{{verset|1|17}}Puis il fendra l’oiseau<ref>17. ''Il fendra'' (ou ''déchirera'') ''l’oiseau aux ailes sans les séparer.'' D’autres : ''Il fendra l’oiseau entre les ailes'' (pour enlever les entrailles) ''et ne le divisera pas'' (en entier, comme on faisait pour les grandes victimes).</ref> aux ailes, sans les séparer, et le prêtre le fera fumer sur l’autel, sur le bois placé sur le feu. C’est un holocauste, un sacrifice par le feu, d’une agréable odeur à Yahweh.
{{interligne}}
{{ancre|CH02}}{{g|[[#Sommaire|2]]|fs=120%}}
{{AN|2. {{sc|Chap.}} ({{sc|ii}}, 1-16 : {{sc|Les oblations.}} — ''Offrande de fleur de farine'' (({{sc|ii}}, 1-3). ''Gâteaux cuits au four, à la poêle, dans la casserole'' (({{sc|ii}}, 4-10). ''Ni levain, ni miel'' ({{sc|ii}}, 11, 12). ''Assaisonnement de sel'' ({{sc|ii}}, 13). ''Offrande de prémices'' (({{sc|ii}}, 14-16).}}
{{interligne}}
{{verset|2|1}}Lorsque quelqu’un présentera comme offrande à Yahweh une oblation<ref>II, {{sc|i}}. Une oblation, hébr. ''{{lang|he|minchah}}'', propr. un présent offert ou un tribut payé en signe d’hommage à un personnage élevé ([[Bible_Crampon_1923/Genèse#Bible_Crampon_1923/GenèseCH32|Gen. {{sc|xxxii}}, 18]] ; [[Bible_Crampon_1923/Genèse#Bible_Crampon_1923/GenèseCH43|{{sc|xliii}}, 11]]) ; dans la loi mosaïque, l’offrande faite à Dieu, non d’une victime sanglante, mais de produits de la terre cultivée, servant à la nourriture de l’homme.</ref>, son<noinclude>{{Fin de colonnes}}
<references/></div></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. III, 17.|LÉVITIQUE.|Chap. IV, 26.}}
{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude>d’un sacrifice fait par le feu d’une agréable odeur. Toute graisse appartient à Yahweh.
{{verset|3|17}}C’est ici une loi perpétuelle pour vos descendants, en quelque lieu que vous habitiez : vous ne mangerez ni graisse, ni sang. »
{{ancre|CH04}}{{g|[[#Sommaire|4]]|fs=120%}}
{{AN|4. {{sc|Chap, iv}}, 1 ‑ v, 13 : {{sc|Sacrifices pour le péché.}} — ''Introduction'' ({{sc|iv}}, 1, 2). ''Pour le péché du grand prêtre'' ({{sc|iv}}, 3-12), ''du peuple'' ({{sc|iv}}, 13-21), ''d’un chef'' ({{sc|iv}}, 22-26). ''Pour le péché de quelqu’un du peuple : sacrifice d’une chèvre'' ({{sc|iv}}, 27-31), ''d’un agneau'' ({{sc|iv}}, 32-35). ''Cas où il doit offrir le sacrifice'' ({{sc|v}}, 1-6). ''Offrande du pauvre : tourterelles ou pigeons'' ({{sc|v}}, 7-10), ''fleur de farine'' ({{sc|v}}, 11-13).}}
{{interligne}}
{{verset|4|1}}Yahweh parla à Moïse, en disant :
{{verset|4|2}}« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : Lorsqu’un homme aura péché par erreur contre l’un des commandements de Yahweh relatifs aux choses qui ne doivent point se faire, et qu’il aura fait l’une de ces choses ;
{{verset|4|3}}Si c’est le prêtre ayant reçu l’onction qui a péché, rendant par là le peuple coupable, il offrira à Yahweh pour le péché qu’il a commis un jeune taureau sans défaut, en sacrifice d’expiation.<ref>IV,3. ''En sacrifice d’expiation''. Le sacrifice d’expiation, ou sacrifice pour le péché, avait pour but d’effacer le péché, en tant qu’il est une souillure détruisant le caractère de sainteté essentiel à tout Israélite.</ref>
{{verset|4|4}}Il amènera le taureau à l’entrée de la tente de réunion, devant Yahweh, et il posera sa main sur la tête du taureau, et il l’égorgera devant Yahweh.
{{verset|4|5}}Le prêtre ayant reçu l’onction prendra du sang du taureau et l’apportera dans la tente de réunion ;
{{verset|4|6}}il trempera son doigt dans le sang, il en fera sept fois l’aspersion devant Yahweh, en face du voile du sanctuaire.
{{verset|4|7}}Le prêtre mettra du sang sur les cornes de l’autel des parfums odoriférants, qui est devant Yahweh dans la tente de réunion, et il répandra tout le ''reste du'' sang du taureau au pied de l’autel des holocaustes, qui est à l’entrée de la tente de réunion.
{{verset|4|8}}Il enlèvera ''ensuite'' toute la graisse du taureau immolé pour le péché, la graisse qui enveloppe les entrailles et toute la graisse qui est attachée aux entrailles ;
{{verset|4|9}}les deux rognons, avec la graisse qui les recouvre et qui tient à la région lombaire ; la taie du foie qu’il détachera près des rognons.
{{verset|4|10}}''Il enlèvera ces parties'' comme on les enlève du taureau dans le sacrifice pacifique, et il les fera fumer sur l’autel des holocaustes.
{{verset|4|11}}Mais la peau du taureau, toute sa chair, avec sa tête, ses jambes, ses entrailles et ses excréments,
{{verset|4|12}}le taureau entier, il l’emportera hors du camp, dans un lieu pur, où l’on jette les cendres, et il le brûlera au feu sur du bois ; c’est sur le tas de cendres qu’il sera brûlé.
{{verset|4|13}}Si toute l’assemblée d’Israël a péché par erreur, sans que la chose ait apparu à ses yeux, et qu’ils aient fait quelqu’une de toutes les choses que Yahweh a défendu de faire, se rendant ''ainsi'' coupables,<ref>13. ''Se rendant ainsi coupables'' d’une faute matérielle, non d’un péché formel : ces mots manquent dans la Vulg. L’expiation exigée pour une transgression de la loi divine, même inconsciente, est comme une protestation contre ce qui est opposé à la sainteté de Dieu et à la volonté du souverain Législateur.</ref>
{{verset|4|14}}quand le péché commis par eux sera reconnu, l’assemblée offrira un jeune taureau en sacrifice d’expiation, et on l’amènera devant la tente de réunion.
{{verset|4|15}}Les anciens de l’assemblée ''d’Israël'' poseront leurs mains sur la tête du taureau devant Yahweh, et on égorgera le taureau devant Yahweh.
{{verset|4|16}}Le prêtre ayant reçu l’onction apportera du sang du taureau dans la tente de réunion ;
{{verset|4|17}}il trempera son doigt dans le sang, il en fera sept fois l’aspersion devant Yahweh, en face du voile.
{{verset|4|18}}Il mettra du sang sur les cornes de l’autel qui est devant Yahweh dans la tente de réunion, et il répandra tout le ''reste du'' sang au pied de l’autel des holocaustes, qui est à l’entrée de la tente de réunion.
{{verset|4|19}}Il enlèvera ensuite toute la graisse du taureau, et il la fera fumer sur l’autel.
{{verset|4|20}}Il fera de ce taureau comme du taureau immolé pour le péché ''du prêtre ayant reçu l’onction'' ; il fera de même. C’est ainsi que le prêtre fera pour eux l’expiation, et il leur sera pardonné.
{{verset|4|21}}Il emportera le taureau hors du camp et le brûlera comme le premier taureau. Tel est le sacrifice pour le péché de l’assemblée ''d’Israël''.
{{verset|4|22}}Si c’est un chef qui a péché, en faisant par erreur une de toutes les choses que Yahweh, son Dieu, a défendu de faire, se rendant ''ainsi'' coupable,
{{verset|4|23}}quand le péché commis par lui sera venu à sa connaissance, il amènera pour son offrande un bouc mâle sans défaut.
{{verset|4|24}}Il posera sa main sur la tête du bouc, et il l’égorgera dans le lieu où l’on égorge les holocaustes devant Yahweh ; c’est un sacrifice pour le péché.
{{verset|4|25}}Le prêtre prendra avec son doigt du sang de la victime pour le péché, il en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes, et il répandra le ''reste du'' sang au pied de cet autel.
{{verset|4|26}}Puis il en brûlera toute la graisse sur l’autel, comme on brûle la graisse des sacrifices pacifiques. C’est ainsi que le prêtre fera pour lui l’expiation<noinclude>{{Fin de colonnes}}
{{c|‑ 102 ‑}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. IV, 27.|LÉVITIQUE.|Chap. V, 15.}}
{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude><nowiki />
de son péché, et il lui sera pardonné.
{{verset|4|27}}Si quelqu’un du peuple du pays a péché par erreur, en faisant une des choses que Yahweh a défendu de faire, se rendant ''ainsi'' coupable,
{{verset|4|28}}quand le péché commis par lui sera venu à sa connaissance, il amènera pour son offrande une chèvre velue, une femelle sans défaut, pour le péché qu’il a commis.
{{verset|4|29}}Il posera sa main sur la tête de la victime pour le péché et il l’égorgera dans le lieu où l’on offre les holocaustes.
{{verset|4|30}}Le prêtre prendra avec son doigt du sang de la victime, il en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes, et il répandra tout le ''reste du'' sang au pied de l’autel.
{{verset|4|31}}Il enlèvera toute la graisse, comme on enlève la graisse de dessus le sacrifice pacifique, et le prêtre la fera fumer sur l’autel en agréable odeur à Yahweh. C’est ainsi que le prêtre fera l’expiation pour cet homme, et il lui sera pardonné.
{{verset|4|32}}Si c’est un agneau qu’il amène en sacrifice pour le péché, il amènera une femelle sans défaut.
{{verset|4|33}}Il posera sa main sur la tête de la victime pour le péché et l’égorgera en sacrifice d’expiation dans le lieu où l’on immole l’holocauste.
{{verset|4|34}}Le prêtre prendra avec son doigt du sang de la victime, il en mettra sur les cornes de l’autel des holocaustes, et il répandra tout le ''reste du'' sang au pied de l’autel.
{{verset|4|35}}Il enlèvera toute la graisse, comme on enlève la graisse de l’agneau dans le sacrifice pacifique, et le prêtre la fera fumer sur l’autel, sur les sacrifices faits par le feu à Yahweh. C’est ainsi que le prêtre fera l’expiation pour cet homme, pour le péché qu’il a commis, et il lui sera pardonné.
{{ancre|CH05}}{{g|[[#Sommaire|5]]|fs=120%}}
{{verset|5|1}}Si quelqu’un pèche en ce que, après avoir entendu l’adjuration ''du juge'', en sa qualité de témoin, il ne déclare pas ce qu’il a vu, ou ce qu’il sait, il portera son iniquité<ref>V, 1. L’''adjuration'' adressée par le juge à toutes les personnes présentes de déclarer ce qu’elles savent sur tel crime commis. De bons manuscrits de la Vulg. lisent ''{{lang|la|adiurantis}}'' au lieu de ''{{lang|la|jurantis}}''.</ref>.
{{verset|5|2}}Si quelqu’un, sans s’en apercevoir, touche une chose impure, soit le cadavre d’une bête sauvage impure, soit le cadavre d’un animal domestique impur, soit le cadavre d’un reptile impur, et qu’il se trouve ''ainsi'' lui-même impur, il aura contracté une faute ;
{{verset|5|3}}de même si, sans y prendre garde, il touche une impureté humaine quelconque par laquelle on ''puisse'' être souillé, et qu’il s’en aperçoive ''plus tard'', il aura contracté une faute.
{{verset|5|4}}Si quelqu’un, parlant à la légère, jure de faire du mal ou du bien, quoi que ce soit qu’il affirme ainsi par un serment inconsidéré, et que, ne l’ayant pas remarqué ''d’abord'', il s’en aperçoive ''plus tard'', il aura en l’une de ces choses contracté une faute.
{{verset|5|5}}Celui donc qui se sera rendu coupable dans l’une de ces ''trois'' choses, confessera ce en quoi il a péché.
{{verset|5|6}}Il amènera à Yahweh, comme expiation, pour le péché qu’il a commis, une femelle de menu bétail, brebis ou chèvre, en sacrifice pour le péché, et le prêtre fera pour lui l’expiation de son péché.
{{verset|5|7}}S’il n’a pas le moyen de se procurer une brebis ou une chèvre, il offrira à Yahweh, comme expiation pour son péché, deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l’un comme sacrifice pour le péché, l’autre comme holocauste.
{{verset|5|8}}Il les apportera au prêtre, qui sacrifiera en premier lieu la victime pour le péché. Le prêtre lui brisera la tête près de la nuque, sans la détacher ;
{{verset|5|9}}il fera l’aspersion du sang de la victime pour le péché contre la paroi de l’autel et le reste du sang sera exprimé au pied de l’autel ; c’est un sacrifice pour le péché.
{{verset|5|10}}Il fera de l’autre oiseau un holocauste, d’après les rites ''de ce sacrifice''. C’est ainsi que le prêtre fera pour cet homme l’expiation du péché qu’il a commis, et il lui sera pardonné.
{{verset|5|11}}S’il n’a pas de quoi se procurer deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, il apportera en offrande pour son péché un dixième d’épha de fleur de farine comme sacrifice pour le péché ; il ne mettra point d’huile dessus, et il n’y ajoutera point d’encens, car c’est un sacrifice pour le péché.
{{verset|5|12}}Il l’apportera au prêtre, et le prêtre en prendra une poignée en souvenir et la fera fumer sur l’autel, sur les sacrifices faits par le feu à Yahweh ; c’est un sacrifice pour le péché.
{{verset|5|13}}C’est ainsi que le prêtre fera l’expiation pour cet homme, pour le péché qu’il a commis à l’égard de l’une de ces ''trois'' choses, et il lui sera pardonné. ''Ce qui restera'' appartiendra au prêtre, comme dans l’oblation. »
{{interligne}}
{{AN|5. {{sc|Chap. v, 14-26 : Sacrifices de réparation.}} — ''Quand on a frustré le sanctuaire des redevances'' ({{sc|v}}, 14-16), ''commis quelque faute liturgique'' ({{sc|v}}, 17-19), ''ou fait un faux serment au préjudice du prochain'' (20-26).}}
{{interligne}}
{{verset|5|14}}Yahweh parla à Moïse, en disant :
{{verset|5|15}}« Si quelqu’un commet une infidélité et pèche par erreur ''en retenant quelque chose''<ref name=p103>''En sacrifice de réparation''. Le sacrifice</ref> des saintes offrandes de Yahweh<noinclude>{{Fin de colonnes}}
{{c|‑ 103 ‑}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. XXIII, 1.|II{{exp|me}} LIVRE DES ROIS|Chap. XXIII, 15.}}
{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude><nowiki/>
{{ancre|CH23}}{{g|[[#Sommaire|23]]|fs=120%}}
{{interligne}}
{{AN|3. {{sc|Chap. {{sc|xxiii}}, 1-27 : Réforme de Josias.}} — ''Alliance solennelle sur les bases de la loi de Yahweh'' ({{sc|xxiii}}, 1-3). ''Josias fait purifier le Temple'' ({{sc|xxiii}}, 4, 6, 7, 11, 12), ''chasse les prêtres des idoles'' ({{sc|xxiii}}, 5), ''fait venir à Jérusalem les prêtres des hauts lieux consacrés à Yahweh'' ({{sc|xxiii}}, 8, 9), ''détruit les hauts lieux'' ({{sc|xxiii}}, 10, 13, 14), ''étend sa réforme jusqu’à Béthel et dans les villes de Samarie'' ({{sc|xxiii}}, 15-20). ''Il fait célébrer une Pâque solennelle'' ({{sc|xxiii}}, 21-23). ''Lutte contre la superstition'' ({{sc|xxiii}}, 24). ''La piété du roi ne peut faire oublier les crimes de Manassé'' ({{sc|xxiii}}, 25-27).}}
{{interligne}}
{{verset|23|1}}Le roi envoya rassembler auprès de lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem.<ref>XXIII, 1-20. Comp. [[Bible_Crampon_1923/2 Chroniques#34-29|II Par. {{sc|xxxiv}}, 29-33]].</ref>
{{verset|23|2}}Et le roi monta à la maison de Yahweh, avec tous les hommes de Juda et tous les habitants de Jérusalem, les prêtres, les prophètes et tout le peuple, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, et il lut devant eux toutes les paroles du livre de l’alliance, qu’on avait trouvé dans la maison de Yahweh.
{{verset|23|3}}Le roi se tenant sur l’estrade<ref>3. ''Sur l’estrade'', ou ''près de La colonne''. — ''Conclut'' dans le sens de ''renouvela''.</ref>, conclut l’alliance devant Yahweh, ''s’engageant'' à suivre Yahweh et à observer ses préceptes, ses ordonnances et ses lois, de tout ''son'' cœur et de toute ''son'' âme, en accomplissant les paroles de cette alliance, qui sont écrites dans ce livre. Et tout le peuple acquiesça à cette alliance.
{{verset|23|4}}Le roi ordonna à Helcias, le grand prêtre, aux prêtres du second ordre et à ceux qui gardaient la porte, de rejeter du temple de Yahweh tous les ustensiles qui avaient été faits pour Baal, pour Astarté et pour toute l’armée du ciel ; et il les brûla hors de Jérusalem dans les champs du Cédron, et en fit porter la poussière à Béthel.
{{verset|23|5}}Il chassa les prêtres des idoles<ref>5. ''Les prêtres des idoles'' (hébr. ''{{lang|he|kemarim}}'', mot qui ne se trouve qu’ici et [[Bible_Crampon_1923/Osée#10-5|Osée, {{sc|x}}, 5]] ; [[Bible_Crampon_1923/Sophonie#1-4|Soph. {{sc|i}}, 4]]). probablement des prêtres qui ne descendaient pas de Lévi, à la différence de ''kôhânim'' du vers. 8, qui appartenaient à l’ordre lévitique. — ''Pour brûler'' en lisant le pluriel ''ils brûlaient'' (LXX), au lieu du singulier ''il brûlait'' (hébr.).</ref>, établis par les rois de Juda, pour brûler des parfums sur les hauts lieux, dans les villes de Juda et aux environs de Jérusalem, et ceux qui offraient des parfums à Baal, au soleil, à la lune, aux ''douze'' signes et à toute l’armée du ciel.
{{verset|23|6}}Il rejeta de la maison de Yahweh l’aschérah ''qu’il transporta'' hors de Jérusalem, vers la vallée du Cédron ; il la brûla dans la vallée du Cédron et, l’ayant réduite en poussière, il jeta cette poussière sur les sépulcres des enfants du peuple.
{{verset|23|7}}Il abattit les maisons des prostitués qui étaient dans la maison de Yahweh, et où les femmes tissaient des tentes pour Astarté.
{{verset|23|8}}Il fit venir tous les prêtres des villes de Juda : il souilla les hauts lieux où les prêtres avaient brûlé des parfums, depuis Gabaa jusqu’à Bersabée, et il renversa les hauts lieux des portes, celui qui était à l’entrée de la porte de Josué, chef de la ville, ''et'' celui qui était<ref>8. ''Celui qui était''… et ''celui qui était''… Il n’est pas sûr qu’il s’agisse de deux hauts lieux. La phrase pourrait se lire : ''les hauts lieux des portes qui'' étaient ''à l’entrée de la porte de Josué, chef de la ville, qui'' étaient ''à gauche de celui'' qui entrait'' dans la porte de la ville''.</ref> à gauche de la porte de la ville.
{{verset|23|9}}Toutefois les prêtres des hauts lieux ne montaient pas à l’autel de Yahweh à Jérusalem, mais ils mangeaient des pains sans levain au milieu de leurs frères.
{{verset|23|10}}''Le roi'' souilla Topheth, dans la vallée des fils d’Ennom, afin que personne ne fit passer par le feu son fils ou sa fille en l’honneur de Moloch.
{{verset|23|11}}Il fit disparaître les chevaux que les rois de Juda avaient dédiés au soleil à l’entrée de la maison de Yahweh, près de la chambre de l’eunuque Nathan-Mélech, laquelle était dans les dépendances<ref>11. ''Les dépendances'' (hébr. ''{{lang|he|parvarim}}'', probablement le même mot que ''{{lang|he|parbar}}'', [[Bible_Crampon_1923/1 Chroniques#26-18|I Par. {{sc|xxvi}}, 18]]), constructions adossées à la muraille du parvis extérieur du côté de l’occident ([[Bible_Crampon_1923/1 Chroniques#26-16|I Par. {{sc|xxvi}}, 16, 18]]).</ref>, et il brûla au feu les chars du soleil.
{{verset|23|12}}Le roi détruisit les autels qui étaient sur le toit de la chambre haute d’Achaz et que les rois de Juda avaient faits, et les autels qu’avait faits Manassé dans les deux parvis de la maison de Yahweh, et de là il courut en jeter la poussière dans la vallée du Cédron.<ref>12. ''Et de là il courut'', ou encore ''et il les brisa de là''.</ref>
{{verset|23|13}}Le roi souilla les hauts lieux qui étaient en face de Jérusalem, sur la droite de la Montagne de Perdition, et que Salomon, roi d’Israël, avait bâtis à Astarté, l’abomination des Sidoniens, à Chamos, l’abomination des fils d’Ammon ;
{{verset|23|14}}il brisa les stèles et coupa les aschérahs, et il remplit d’ossements humains la place qu’elles occupaient.
{{verset|23|15}}De même l’autel qui était à Béthel, ''et'' le haut lieu qu’avait fait Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël, il détruisit cet autel et le haut lieu ; il brûla le haut lieu<ref>15. ''Il brûla le haut lieu''. LXX : ''et il brisa ses pierres'' (de l’autel et du haut lieu dont il vient d’être parlé).</ref> et le réduisit en poussière, et il brûla l’aschérah.<noinclude>{{Fin de colonnes}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{manchette|g}}</noinclude><poem>
{{verset|33|18}}L’œil de Yahweh est sur ceux qui le craignent,
sur ceux qui espèrent en sa bonté,
{{verset|33|19}}pour délivrer leur âme de la mort,
et les faire vivre ''au temps'' de la famine.
{{verset|33|20}}Notre âme attend avec confiance Yahweh ;
il est notre secours et notre bouclier ;
{{verset|33|21}}car en lui notre cœur met sa joie,
car en son saint nom nous mettons notre confiance.
{{verset|33|22}}Yahweh, que ta grâce soit sur nous,
comme nous espérons en toi !
</poem>
{{ancre|CH034}}{{g|[[#Sommaire|34]]|fs=120%}}]])<ref> XXXIV, 1. Psaume alphabétique ; chaque lettre commence un verset. ''Il contredit l’insensé'' ; LXX et Vulg., ''il changea son visage'' (cf. [[Bible_Crampon_1923/1 Samuel#21-1|I Sam., {{sc|xxi}}]]). — ''Abimélech'', Vulg. actuelle, ''Achimélech''. Autres manuscrits latin et LXX, ''Abimélech''.</ref>}}
{{Alinéa|{{sc|Ps. xxxiv (Vulg. xxxiii) : Dieu, refuge des justes.}} — ''Le psalmiste veut entraîner les fidèles dans l’action de grâces pour le secours dont il a été favorisé'' (2-5). ''Rien à craindre pour qui se confie en Yahweh et le craint'' (6-11). ''Règles de la crainte de Yahweh'' (12-15), ''gage assuré de la faveur divine'' (10-19), ''même au temps de l’épreuve'' (20-28).}}
{{interligne}}
<poem>{{verset|34|1}}De David : lorsqu’il contrefit l’insensé en présence d’Abimélech, et que, chassé par lui, il s’en alla.
{{verset|34|2}}ALEPH. Je veux bénir Yahweh en tout temps ;
sa louange sera toujours dans ma bouche.
{{verset|34|3}}BETH. En Yahweh mon âme se glorifiera :
que les humbles entendent et se réjouissent !
{{verset|34|4}}GHIMEL. Exaltez avec moi Yahweh,
ensemble célébrons son nom !
{{verset|34|5}}DALETH. J’ai cherché Yahweh, et il m’a exaucé,
et il m’a délivré de toutes mes frayeurs.
{{verset|34|6}}HÉ. Quand on regarde vers lui, on est rayonnant ''de joie'',
VAV. et le visage ne se couvre pas de honte.
{{verset|34|7}}ZAÏN. Ce pauvre a crié, et Yahweh ''l’''a entendu,
et il l’a sauvé de toutes ses angoisses.
{{verset|34|8}}HETH. L’ange de Yahweh campe
autour de ceux qui le craignent, et il les sauve.
{{verset|34|9}}TETH. Goûtez et voyez combien Yahweh est bon !
Heureux l’homme qui met en lui son refuge !
{{verset|34|10}}YOD. Craignez Yahweh, vous ses saints,
car il n’y a point d’indigence pour ceux qui le craignent.
{{verset|34|11}}CAPH. Les lionceaux<ref>11. ''Les lionceaux''. LXX et Vulg., ''les riches''.</ref> peuvent connaître la disette et la faim,
mais ceux qui cherchent Yahweh ne manquent d’aucun bien.
{{verset|34|12}}LAMED. Venez, ''mes fils'', écoutez-moi,
je vous enseignerai la crainte de Yahweh.
{{verset|34|13}}MEM. Quel est l’homme qui aime la vie,
qui désire de ''longs'' jours pour jouir du bonheur ?<ref>13. ''Qui désire des jours pour jouir du bonheur''. LXX et Vulg., ''qui désire voir de bons jours''.</ref> —
{{verset|34|14}}NUN. Préserve ta langue du mal,
et tes lèvres des paroles trompeuses ;
{{verset|34|15}}SAMECH. éloigne-toi du mal et fais le bien,
recherche la paix, et poursuis-la.
{{verset|34|16}}AÏN. Les yeux de Yahweh sont sur les justes ;
et ses oreilles sont ''attentives'' à leurs cris.
{{verset|34|17}}PHÉ. La face de Yahweh est contre ceux qui font le mal,
pour retrancher de la terre leur souvenir.
</poem><noinclude></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{manchette|g}}</noinclude><poem>
{{verset|33|18}}L’œil de Yahweh est sur ceux qui le craignent,
sur ceux qui espèrent en sa bonté,
{{verset|33|19}}pour délivrer leur âme de la mort,
et les faire vivre ''au temps'' de la famine.
{{verset|33|20}}Notre âme attend avec confiance Yahweh ;
il est notre secours et notre bouclier ;
{{verset|33|21}}car en lui notre cœur met sa joie,
car en son saint nom nous mettons notre confiance.
{{verset|33|22}}Yahweh, que ta grâce soit sur nous,
comme nous espérons en toi !
</poem>
{{ancre|CH034}}{{g|[[#Sommaire|34]]|fs=120%}}<ref> XXXIV, 1. Psaume alphabétique ; chaque lettre commence un verset. ''Il contredit l’insensé'' ; LXX et Vulg., ''il changea son visage'' (cf. [[Bible_Crampon_1923/1 Samuel#21-1|I Sam., {{sc|xxi}}]]). — ''Abimélech'', Vulg. actuelle, ''Achimélech''. Autres manuscrits latin et LXX, ''Abimélech''.</ref>
{{Alinéa|{{sc|Ps. xxxiv (Vulg. xxxiii) : Dieu, refuge des justes.}} — ''Le psalmiste veut entraîner les fidèles dans l’action de grâces pour le secours dont il a été favorisé'' (2-5). ''Rien à craindre pour qui se confie en Yahweh et le craint'' (6-11). ''Règles de la crainte de Yahweh'' (12-15), ''gage assuré de la faveur divine'' (10-19), ''même au temps de l’épreuve'' (20-28).}}
{{interligne}}
<poem>{{verset|34|1}}De David : lorsqu’il contrefit l’insensé en présence d’Abimélech, et que, chassé par lui, il s’en alla.
{{verset|34|2}}ALEPH. Je veux bénir Yahweh en tout temps ;
sa louange sera toujours dans ma bouche.
{{verset|34|3}}BETH. En Yahweh mon âme se glorifiera :
que les humbles entendent et se réjouissent !
{{verset|34|4}}GHIMEL. Exaltez avec moi Yahweh,
ensemble célébrons son nom !
{{verset|34|5}}DALETH. J’ai cherché Yahweh, et il m’a exaucé,
et il m’a délivré de toutes mes frayeurs.
{{verset|34|6}}HÉ. Quand on regarde vers lui, on est rayonnant ''de joie'',
VAV. et le visage ne se couvre pas de honte.
{{verset|34|7}}ZAÏN. Ce pauvre a crié, et Yahweh ''l’''a entendu,
et il l’a sauvé de toutes ses angoisses.
{{verset|34|8}}HETH. L’ange de Yahweh campe
autour de ceux qui le craignent, et il les sauve.
{{verset|34|9}}TETH. Goûtez et voyez combien Yahweh est bon !
Heureux l’homme qui met en lui son refuge !
{{verset|34|10}}YOD. Craignez Yahweh, vous ses saints,
car il n’y a point d’indigence pour ceux qui le craignent.
{{verset|34|11}}CAPH. Les lionceaux<ref>11. ''Les lionceaux''. LXX et Vulg., ''les riches''.</ref> peuvent connaître la disette et la faim,
mais ceux qui cherchent Yahweh ne manquent d’aucun bien.
{{verset|34|12}}LAMED. Venez, ''mes fils'', écoutez-moi,
je vous enseignerai la crainte de Yahweh.
{{verset|34|13}}MEM. Quel est l’homme qui aime la vie,
qui désire de ''longs'' jours pour jouir du bonheur ?<ref>13. ''Qui désire des jours pour jouir du bonheur''. LXX et Vulg., ''qui désire voir de bons jours''.</ref> —
{{verset|34|14}}NUN. Préserve ta langue du mal,
et tes lèvres des paroles trompeuses ;
{{verset|34|15}}SAMECH. éloigne-toi du mal et fais le bien,
recherche la paix, et poursuis-la.
{{verset|34|16}}AÏN. Les yeux de Yahweh sont sur les justes ;
et ses oreilles sont ''attentives'' à leurs cris.
{{verset|34|17}}PHÉ. La face de Yahweh est contre ceux qui font le mal,
pour retrancher de la terre leur souvenir.
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. L, 23.|L’ECCLÉSIASTIQUE.|Chap. LI, 2.}}</noinclude><poem>
{{verset|50|23}}Qu’il nous donne la joie du cœur,<ref>23. ''La joie du cœur'' ; Hébr., ''la sagesse du cœur. — Comme aux jours du passé'' ; Vulg. (25), ''pour des jours éternels.''</ref>
et que la paix soit de nos jours
en Israël comme aux jours du passé !
{{verset|50|24}}Que sa miséricorde demeure perpétuellement avec nous,
et qu’il nous délivre quand son jour sera venu !<ref>24. Vulg. (26), {{1er}} membre : ''afin qu’Israël croie que la miséricorde de Dieu est avec nous.'' Hébr., ''que sa faveur soit ferme avec Simon, qu’il rende stable pour lui l’alliance conclue avec Phinéés, afin qu’elle ne soit pas détruite pour lui et pour sa race tant que dureront les jours du ciel.'' D’un côté, on a un vœu pour le peuple ; de l’autre, un vœu pour le grand prêtre et sa famille.</ref>
</poem>
{{t4|DEUX PETITS ÉPILOGUES.}}
{{AN|{{sc|1. Chap. l, 25, 26 : Races détestables.}}}}
{{interligne}}<poem>
{{verset|50|25}}Il y a deux nations que déteste mon âme,
et la troisième n’est pas ''même'' une nation :
{{verset|50|26}}ceux qui demeurent dans la montagne de Séir,<ref>26. ''Dans la montagne de Séir,'' en adoptant la leçon de la Vulg. (28) et de l’hébreu. Le grec porte ''de Samarie'', alors que les Samaritains sont le troisième des peuple détestés. — ''Sichem,'' où était le temple des Samaritains. Sur ces derniers, voir [[Bible_Crampon_1923/2_Rois#17-41|II Rois, {{sc|xvii}}, 41]], ''note.''</ref> les Philistins,
et le peuple insensé qui habite Sichem.
</poem>
{{interligne}}
{{AN|{{sc|2. Chap. l, 27-29 : But de l’auteur du livre.}}}}
<poem>
{{verset|50|27}}J’ai consigné dans ce livre
un enseignement d’intelligence et de science,
moi, Jésus, fils de Sirach,<ref>27. Après ''fils de Sirach,'' des manuscrits grecs ajoutent : ''Éléazar.'' La Vulg. (29) met ce vers, à la {{3e}} pers. : ''Doctrine…'' qu’''écrivit'' etc. De même l’hébreu : ''Doctrine d’intelligence et sentences'' (?)… ''de Siméon, fils de Jésus, fils d’Éléazar, fils de Sira, que son cœur a…'' (texte altéré), ''et a répandues avec intelligence.''</ref> de Jérusalem,
qui ai fait couler à flots la sagesse de mon cœur.
{{verset|50|28}}Heureux celui qui s’adonnera à ces enseignements !
Celui qui les recueille dans son cœur deviendra sage ;
{{verset|50|29}}car s’il les met en pratique, il triomphera de tout,
parce que la lumière du Seigneur est son sentier.
</poem>
{{ancre|CH51}}{{g|[[#Sommaire|51]]|fs=120%}}
{{t3|DEUX APPENDICES.}}
{{AN|{{sc|1. Chap. li, 1-12 : Prière de Jésus, fils de Sirach.}} — ''Louange au Seigneur qui l’a tiré d’un grand péril'' ({{sc|li}}, 1-5) ! ''Détresse, abandon des hommes, recours à Dieu'' ({{sc|li}}, 6-8). ''Prière exaucée, action de grâces'' ({{sc|li}}, 9-12).}}
{{interligne}}
<poem>
{{verset|51|1}}Je veux vous célébrer, Seigneur, Roi ;
je veux vous louer, ô Dieu Sauveur,
je célèbre votre nom.<ref>LI. 1-12. Dans tout ce morceau, abondent les expressions et les images familières aux Psaumes.</ref>
{{verset|51|2}}Car vous avez été pour moi un protecteur et un secours ;
vous avez sauvé mon corps de la ruine,
du filet de la langue calomnieuse,
des lèvres de ceux qui pratiquent le mensonge ;
et, en face de mes adversaires,
</poem><noinclude></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. LI, 3.|L’ECCLÉSIASTIQUE.|Chap. L, 14.}}</noinclude><poem>
{{verset|51|3}}vous avez été ''mon'' soutien et vous m’avez délivré,
selon la grandeur de votre miséricorde et de votre nom,
de ceux qui grinçaient des dents,<ref>3. ''De ceux qui grinçaient des dents prêts'' à me dévorer (litt. ''prêts à manger''). Hébr., ''du piège de ceux qui guettent sur le rocher. — De toutes les tribulations.'' Vulg. (5), ''des portes'' (de la puissance) ''des tribulations.'' Hébr., ''de nombreux dangers vous m’avez sauvé.''</ref> prêts à ''me'' dévorer ;
de la main de ceux qui en voulaient à ma vie,
de toutes les tribulations dont j’étais assiégé ;
{{verset|51|4}}de la suffocation du feu qui m’entourait,
du milieu d’un feu<ref>4. ''Du milieu d’un feu'' etc. Vulg. (6), ''et au milieu du feu je n’ai pas été brûlé.''</ref> que je n’avais pas allumé ;
{{verset|51|5}}de l’abîme profond du schéol,<ref>5. ''De l’abîme profond du schéol,'' litt. ''de la profondeur du ventre du schéol. — De la parole mensongère'' etc. ; Vulg. (7), ''de la parole de mensonge, du roi inique et de la langue injuste.'' Hébr., ''des lèvres de méchanceté, et de ceux qui fabriquent le mensonge, et des flèches de la langue trompeuse.''</ref>
de la langue impure et de la parole mensongère ''adressée'' au roi,
de la calomnie d’une langue injuste.
{{verset|51|6}}Mon âme<ref>6. ''Mon âme'' etc. ; Vulg. (8), ''mon âme jusqu’à la mort louera le Seigneur.''</ref> s’approchait de la mort,
et ma vie touchait au schéol en bas.
{{verset|51|7}}Ils m’entouraient de toutes parts,<ref>7. ''Ils m’entouraient de toutes parts'' ; Hébr., ''je regardais de toutes parts.''</ref>
et il n’y avait personne pour me secourir ;
je regardais après le secours des hommes, et il n’y en avait aucun.
{{verset|51|8}}Alors je me suis souvenu de votre miséricorde, Seigneur,
et de vos œuvres<ref>8. ''De vos œuvres'' ; Hébr., ''de ses bontés. — Et que vous les délivriez'' etc. ; Hébr., ''et qui les délivre de tout mal.''</ref> dans les temps antiques ;
''je me suis souvenu'' que vous sauviez ceux qui espéraient en vous,
et que vous les délivriez des mains des nations ''idolâtres''.
{{verset|51|9}}Et, ''prosterné'' contre terre<ref>9. ''Et prosterné contre terre'' etc. Vulg. (13), ''vous avez exalté ma maison sur la terre'' ; au lieu de {{lang|grc|ἰκετείαν}}, prière, le traducteur a lu {{lang|grc|οἰκετείαν}}, et a donné à ce mot le sens de {{lang|grc|οἰκίαν}}. Hébr, ''de terre j’élevai ma voix, et des portes du schéol j’ai crié.''</ref>, j’ai fait monter ma prière,
et je ''vous'' ai conjuré de ''me'' sauver de la mort.
{{verset|51|10}}J’invoquai le Seigneur, père de mon Seigneur,<ref>10. ''Père de mon Seigneur'' ; Hébr., ''je proclamai : « Seigneur, tu es mon père ; ne m’abandonne pas aux jours de la détresse, au jour de la ruine et de la destruction. »''</ref>
pour qu’il ne m’abandonnât point aux jours de ''ma'' détresse,
au temps des orgueilleux, où il n’y avait pas de secours :
{{verset|51|11}}« Je louerai sans cesse votre nom,
et je ''le'' chanterai dans ma reconnaissance. »
Et ma prière a été exaucée,
{{verset|51|12}}car vous m’avez sauvé de la ruine,
et vous m’avez délivré au temps du malheur.
C’est pourquoi je vous célébrerai et je vous louerai,
et je bénirai le nom du Seigneur.<ref>12. Dans les deux premiers membres, l’hébreu emploie la {{3e}} pers.<br>
Après le vers. 12, l’hébreu renferme un psaume à refrain, analogue au [[Bible_Crampon_1923/Psaumes 5#136-1|Ps. {{sc|cxxxvi}}]], quant à la composition. Il compte quinze versets.</ref>
</poem>
{{interligne}}
{{AN|{{sc|2. Chap. li, 13-30 : Zèle pour l’acquisition de la sagesse.}} — ''L’auteur allègue son expérience, le zèle de ses recherches'' ({{sc|li}}, 13-16), ''le profit qu’il en a retiré'' ({{sc|li}}, 17-22). ''Ses conseils : ne rien négliger pour une si précieuse acquisition'' ({{sc|li}}, 23-30).}}
{{interligne}}
<poem>
{{verset|51|13}}Quand j’étais encore jeune, avant d’avoir erré,<ref>13. ''Avant d’avoir erré'', dans la voie de l’erreur. D’autres : ''avant d’avoir erré sur la terre étrangère'', ou bien encore ''voyagé à l’étranger'' pour son instruction (comp. [[Bible_Crampon_1923/Ecclésiastique#34-12|{{sc|xxxiv}}, 12]]).</ref>
j’ai recherché ouvertement la sagesse dans ma prière.<ref>13-30. L’hébreu laisse tant à désirer en cette section qu’on l’a regardé comme une retraduction du syriaque ; aussi ne lui emprunterons-nous que peu de variantes.</ref>
{{verset|51|14}}Je l’ai demandé devant le temple,
et je la rechercherai jusqu’à la fin.
</poem><noinclude></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{Nr|Chap. VII, 8.|LIVRE DE ZACHARIE.|Chap. VIII, 19.}}{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude>{{verset|7|8}}La parole de Yahweh fut ''adressée'' à Zacharie en ces termes : {{verset|7|9}}Ainsi parlait Yahweh des armées en disant : « Rendez la justice selon la vérité ; pratiquez la miséricorde et la compassion chacun envers son frère ; {{verset|7|10}}n’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre, et ne méditez pas l’un contre l’autre le mal dans vos cœurs. » {{verset|7|11}}Mais ils ont refusé d’écouter, ils ont prêté une épaule rebelle et endurci leurs oreilles pour ne pas entendre. {{verset|7|12}}Ils ont rendu leur cœur tel que le diamant, pour ne pas entendre la loi et les paroles que Yahweh des armées leur adressait par son Esprit, par l’intermédiaire des anciens prophètes. Aussi y eut-il une violente indignation de la part de Yahweh des armées. {{verset|7|13}}Et il arriva : De même qu’il avait appelé sans qu’ils écoutassent, « de même ils appelleront sans que je les écoute, dit Yahweh des armées. {{verset|7|14}}Je les disperserai parmi toutes les nations qu’ils ne connaissent pas, et derrière eux le pays restera désolé, sans personne qui passe ou revienne. « D’un pays de délices ils ont fait un désert.
{{ancre|CH08}}{{g|[[#Sommaire|8]]|fs=120%}}
{{verset|8|1}}La parole de Yahweh des armées se fit ''entendre'' en ces termes :
{{verset|8|2}}Ainsi parle Yahweh des armées : Je suis animé pour Sion d’un grand zèle ; je suis animé pour elle d’une grande fureur.
{{verset|8|3}}Ainsi parle Yahweh : Je suis revenu à Sion<ref>VIII, 3. ''Je suis revenu à Sion'', après l’avoir quittée : comp. [[Bible_Crampon_1923/Ézéchiel#10-18|Ezéch. {{sc|x}}, 18]] ; [[Bible_Crampon_1923/Ézéchiel#11-23|{{sc|xi}}, 23]] ; [[Bible_Crampon_1923/Ézéchiel#43-4|{{sc|xliii}}, 4]]. Ou bien : ''Je me suis retourné vers Sion''. — Ville de ''vérité'' ou de ''fidélité''.</ref> et je veux habiter au milieu de Jérusalem ; Jérusalem sera appelée la ville de vérité, et la montagne de Yahweh des armées, montagne de sainteté.
{{verset|8|4}}Ainsi parle Yahweh des armées : Il y aura de nouveau des vieillards et des femmes âgées assis sur les places de Jérusalem, chacun son bâton à la main, à cause du grand nombre de ''leurs'' jours. {{verset|8|5}}Les places de la ville seront remplies de jeunes garçons et de jeunes filles jouant sur ses places.
{{verset|8|6}}Ainsi parle Yahweh des armées : Si cela paraît merveilleux aux yeux du reste de ce peuple, en ces jours-là, cela sera-t-il merveilleux aussi à mes yeux, — oracle de Yahweh des armées ?
{{verset|8|7}}Ainsi parle Yahweh des armées : Voici que je vais délivrer mon peuple du pays de l’orient et du pays du soleil couchant. {{verset|8|8}}Je les amènerai et ils habiteront au milieu de Jérusalem ; ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu, avec vérité et justice.
{{verset|8|9}}Ainsi parle Yahweh des armées : Que vos mains se fortifient, vous qui entendez en ces jours ces paroles<ref>9. ''Ces paroles'', les paroles des prophètes Aggée et Zacharie.</ref> de la bouche des prophètes qui ''ont parlé'' au jour où fut fondée la maison de Yahweh des armées, pour que le temple soit rebâti. {{verset|8|10}}Car, avant ces jours-là<ref>10. ''Avant ces jours-là'' ; voy. [[Bible_Crampon_1923/Aggée#1-6|Agg. i, 6, 9-11]] ; [[Bible_Crampon_1923/Aggée#2-16|{{sc|ii}}, 16-19]].</ref>, il n’y avait point de salaire pour les hommes, point de salaire pour le bétail, point de sûreté contre l’ennemi pour ceux qui sortaient et entraient, et j’avais lâché tous les hommes les uns contre les autres. {{verset|8|11}}Mais maintenant, je ne suis plus, moi, à l’égard du reste de ce peuple comme aux jours d’autrefois, — oracle de Yahweh des armées. {{verset|8|12}}Car la semence prospérera<ref>12. ''Car la semence prospérera''. Ou bien : car ce sont les semailles de la paix.</ref>, la vigne donnera son fruit, la terre donnera ses produits, les cieux donneront leur rosée, et je mettrai le reste de ce peuple en possession de toutes ces choses. {{verset|8|13}}Et il arrivera : comme vous avez été malédiction parmi les nations, maison de Juda et maison d’Israël, ainsi je vous délivrerai, et vous serez bénédiction ! Ne craignez point, que vos mains se fortifient !
{{verset|8|14}}Car ainsi parle Yahweh des armées : Comme J’ai eu le dessein de vous faire du mal lorsque vos pères provoquaient ma colère, dit Yahweh des armées, et que je ne m’en suis pas repenti, {{verset|8|15}}ainsi j’ai en ces jours-ci, au contraire, le dessein de faire du bien à Jérusalem et à la maison de Juda ; ne craignez point ! {{verset|8|16}}Voici les paroles que vous observerez : Dites la vérité, chacun à votre prochain ; rendez la justice dans vos portes selon la vérité et pour la paix ; {{verset|8|17}}ne méditez pas dans vos cœurs le mal les uns des autres ; et n’aimez pas le faux serment ; car ce sont là toutes choses que je hais, — oracle de Yahweh.
{{verset|8|18}}La parole de Yahweh des armées me fut ''adressée'' en ces termes :
{{verset|8|19}}Ainsi parle Yahweh des armées : Le jeûne du quatrième ''mois'', le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième ''mois'' seront ''changés'' pour la maison de Juda en réjouissance et en allégresse, et en solennités joyeuses<ref>19. Nous avons ici l’énumération complète des jeûnes commémoratifs de l’exil. Celui du quatrième mois rappelait la prise de Jérusalem par les Chaldéens (quatrième mois de l’an XI de Sédécias). Celui du cinquième mois rappelait la destruction de la Ville Sainte et du Temple par l’armée chaldéenne. Celui du septième mois commémorait le meurtre de Godolias. Celui du dixième mois enfin rappelait le début du siège (dixième mois de l’an IX de Sédécias).</ref>.<noinclude>{{Fin de colonnes}}
<references/></div>
{{Nr||— 1420 —|}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. VII, 30.|ÉVANGILE SELON S. LUC.|Chap. VIII, 5.}}{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude>Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean,
{{verset|7|30}}tandis que les Pharisiens et les Docteurs de la Loi ont annulé le dessein de Dieu à leur égard, en ne se faisant pas baptiser par lui. »
{{verset|7|31}}« À qui donc, dit encore le Seigneur, comparerai-je les hommes de cette génération ? À qui sont-ils semblables ?<ref>31. Les mots : ''dit encore le Seigneur'' manquent dans la plupart des manuscrits.</ref>
{{verset|7|32}}Ils sont semblables à des enfants assis dans la place publique, qui s’interpellent entre eux et se disent les uns aux autres : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes, et vous n’avez point pleuré.
{{verset|7|33}}Car Jean-Baptiste est venu, ne mangeant point de pain et ne buvant point de vin, et vous dites : Il est possédé du démon.
{{verset|7|34}}Le Fils de l’homme est venu mangeant et buvant, et vous dites : C’est un homme de bonne chère et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie.
{{verset|7|35}}Mais la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. »
{{verset|7|36}}Un Pharisien ayant prié Jésus de manger avec lui, il entra dans sa maison et se mit à table.<ref>36. Ce repas de Jésus chez ''Simon le Pharisien'' est rapporté par S. Luc sans aucune indication de temps ni de lieu. Il semble, d’après la place du récit, que ce doit être dans quelque ville de Galilée, peut-être Naïm. Ce festin ne doit pas être confondu avec celui qui eut lieu à Béthanie quelques jours avant la Passion. ([[Bible_Crampon_1923/Matthieu#26-6|Matth. {{sc|xxvi}}, 6]] ; [[Bible_Crampon_1923/Jean#12-1|Jean, {{sc|xii}}, 1]]).</ref>
{{verset|7|37}}Et voici qu’une femme qui menait dans la ville une vie déréglée, ayant su qu’il était à table dans la maison du Pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum ;
{{verset|7|38}}et se tenant derrière lui, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à les arroser de ses larmes et à les essuyer avec les cheveux de sa tête, et elle les baisait et les oignait de parfum.
{{verset|7|39}}À cette vue, le Pharisien qui l’avait invité, dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, et que c’est une pécheresse. »
{{verset|7|40}}Alors prenant la parole, Jésus lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. » — « Maître, parlez », dit-il. —
{{verset|7|41}}« Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers et l’autre cinquante.
{{verset|7|42}}Comme ils n’avaient pas de quoi payer leur dette, il en fit grâce à tous deux. Lequel donc l’aimera davantage ? »
{{verset|7|43}}Simon répondit : « Celui, je pense, auquel il a fait grâce de la plus forte somme. » Jésus lui dit : « Tu as bien jugé. »
{{verset|7|44}}Et, se tournant vers la femme, il dit à Simon : « Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu n’as pas versé d’eau sur mes pieds ; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux.
{{verset|7|45}}Tu ne m’as point donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a cessé de me baiser les pieds.<ref>45. Vulgate : ''Depuis qu’elle est entrée'' ; la leçon du grec et de quelques manuscrits de la Vulgate porte : ''depuis que je suis entré''. La pécheresse était donc entrée presque en même temps que le Sauveur, dont elle avait sans doute suivi, depuis quelque temps, les divins enseignements.</ref>
{{verset|7|46}}Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds de parfum.
{{verset|7|47}}C’est pourquoi, je te le déclare, ses nombreux péchés lui sont pardonnés, parce qu’elle a beaucoup aimé<ref>47. ''Parce qu’elle a beaucoup aimé'' : d’après le principe posé au vers. 43 et rappelé ici même, à la fin du verset, l’amour reconnaissant suit le bienfait et peut, par conséquent, servir à reconnaître l’existence et la grandeur de ce bienfait.
<br>
Toutefois ce point de vue particulier n’en exclut point un autre, d’après lequel l’amour repentant est considéré comme une cause méritoire du pardon, [[Bible_Crampon_1923/Jean#16-21|Jean, {{sc|xiv}}, 21]]. Dans le cœur même de la pécheresse, l’amour repentant et l’amour de gratitude se sont suivis de près et confondus en un seul sentiment très vif et très doux, dont les manifestations touchantes ont fait, de cette femme convertie un vivant symbole de la vraie pénitence.</ref> ; mais celui à qui l’on pardonne peu, aime peu. »
{{verset|7|48}}Puis il dit à la femme : « Tes péchés te sont pardonnés. »<ref>48. ''Tes péchés te sont pardonnés'' : le parfait {{lang|grc|ἀφέωνται}} : indique un état actuel résultant d’un acte accompli depuis un temps indéterminé. Jésus lui assure en face des pharisiens le pardon dont elle est si reconnaissante.</ref>
{{verset|7|49}}Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est celui-ci qui remet même les péchés ? »
{{verset|7|50}}Mais Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée, va en paix. »
{{ancre|CH08}}{{g|[[#Sommaire|8]]|fs=120%}}
{{verset|8|1}}Ensuite Jésus cheminait par les villes et par les villages, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,
{{verset|8|2}}ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons ;<ref>VIII. 2. ''Marie dite de Magdala'', ou ''Madeleine'' : Le bourg de Magdala, auj. ''Mejdel'', est situé sur le bord occidental du lac de Génésareth, à une lieue et demie au nord de Tibériade.</ref>
{{verset|8|3}}Jeanne, femme de Chusa, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens.
{{verset|8|4}}Une grande foule s’étant amassée, et des gens étant venus à lui de diverses villes, Jésus dit en parabole :<ref>4. [[Bible_Crampon_1923/Matthieu#12-1|Matth. {{sc|xii}}, 1]] ; [[Bible_Crampon_1923/Marc#4-1|Marc, {{sc|iv}}, 1]].</ref>
{{verset|8|5}}« Le semeur sortit pour répandre sa semence ; et pendant qu’il semait, une partie tomba le<noinclude>{{Fin de colonnes}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|Chap. V, 1.|ÉPÎTRE AUX HÉBREUX.|Chap. VI, 10.}}{{Début de colonnes|nombre=2|filet=1.5px solid}}</noinclude><nowiki/>
trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus en temps opportun.
{{ancre|CH05}}{{g|[[#Sommaire|5]]|fs=120%}}
{{verset|5|1}}En effet, tout grand prêtre, pris d’entre les hommes, est établi pour les hommes en ce qui regarde le culte de Dieu, afin d’offrir des oblations et des sacrifices pour les péchés.
{{verset|5|2}}Il est capable d’user d’indulgence envers ceux qui pèchent par ignorance et par erreur, puisqu’il est lui-même entouré de faiblesse.
{{verset|5|3}}Et c’est à cause de cette faiblesse qu’il doit offrir pour lui-même, comme pour le peuple, des sacrifices pour les péchés.
{{verset|5|4}}Et nul ne s’arroge cette dignité ; il faut y être appelé de Dieu, comme Aaron.<ref>V, 4. ''Aaron'' : voy. [[Bible_Crampon_1923/Nombres#03-10|Nom. {{sc|iii}}, 10]].</ref>
{{verset|5|5}}Ainsi le Christ ne s’est pas élevé de lui-même à la gloire<ref>5. ''Gloire'' : Ce mot se trouve souvent dans S. Jean (comp. {{sc|viii}}, 54), pour signifier la glorification de J.-C. auprès de son Père après sa résurrection et son ascension, glorification qui inaugura tout à la fois son règne et son pontificat. — [[Bible_Crampon_1923/Psaumes 1#2-7|Ps. {{sc|ii}}, 7]] S. Paul entend cet aujourd’hui du jour de la résurrection du Fils de Dieu ([[Bible_Crampon_1923/Actes#13-33|Act. {{sc|xiii}}, 33]]), quand le Père proclama de fait le Christ, l’Homme-Dieu, son Fils et le Roi de l’univers.</ref> du souverain pontificat, mais il ''l’a reçue'' de celui qui lui a dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui » ;
{{verset|5|6}}comme il dit encore dans un autre endroit : « Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédech. »<ref>6. [[Bible_Crampon_1923/Psaumes 5#110-4|Ps. {{sc|cx}} (109) 4]].</ref>
{{verset|5|7}}C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant avec de grands cris et avec larmes offert des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé pour sa piété,<ref>7. ''Pour sa piété'' ({{lang|grc|ἀπὸ τῆς εὐλαβείας}}), sa soumission respectueuse à la volonté du Père céleste ([[Bible_Crampon_1923/Matthieu#26-42|Matth. {{sc|xxvi}}, 42]]). La préposition {{lang|grc|ἀπὸ}} peut fort bien recevoir le sens de ''pour, a cause de''. Comp. [[Bible_Crampon_1923/Matthieu#26-42|Matth. {{sc|xiii}}, 44]] ; [[Bible_Crampon_1923/Matthieu#26-42|{{sc|xviii}}, 7]] ; [[Bible_Crampon_1923/Jean#21-6|Jean. {{sc|xxi}}, 6]] ; [[Bible_Crampon_1923/Actes#22-11|Act. {{sc|xxii}}, 11]].</ref>
{{verset|5|8}}a appris, tout Fils qu’il est, par ses propres souffrances, ce que c’est qu’obéir ;<ref>8. ''Fils'' ; la Vulg. ajoute ''de Dieu''.</ref>
{{verset|5|9}}et maintenant que le voilà au terme, il sauve à jamais tous ceux qui lui obéissent,
{{verset|5|10}}Dieu l’ayant déclaré « grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech. »<ref>10. Ce verset introduit le développement qui commence au chapitre [[Bible_Crampon_1923/Hébreux#6-20|{{sc|vi}}, 20]] ; [[Bible_Crampon_1923/Hébreux#7-1|{{sc|vii}}, 1 sv]]. Les versets {{sc|v}}, 11 ; {{sc|vi}}, 19 forment une digression, mais qui se rattache étroitement au but poursuivi par l’Apôtre.</ref>
{{AN|{{sc|2. Chap. v, 11-vi, 20}} : ''Avertissement pour préparer les auditeurs à comprendre ces grandes vérités. — Leur lenteur à comprendre et leur imperfection'' (11-14). ''Danger de perte irrémédiable auquel ils seraient exposés s’ils se négligent'' ({{sc|vi}}, 1-8). ''Encouragement par le souvenir de leurs œuvres passées'' (9-12), ''et surtout par le motif de la fidélité de Dieu démontrée dans l’histoire d’Abraham'' (13-20).}}
{{interligne}}
{{verset|5|11}}Sur ce sujet, nous aurions beaucoup de choses à dire, et des choses difficiles à vous expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre.
{{verset|5|12}}Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers éléments des oracles de Dieu, et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, plutôt que d’une nourriture solide.
{{verset|5|13}}Quiconque en est encore au lait, n’est pas capable de la parole de perfection ; car c’est un enfant.
{{verset|5|14}}Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le sens est exercé par habitude à discerner le bien et le mal.
{{ancre|CH06}}{{g|[[#Sommaire|6]]|fs=120%}}
{{verset|6|1}}C’est pourquoi, laissant de côté l’enseignement élémentaire sur le Christ, élevons-nous à l’enseignement parfait, sans poser de nouveau les principes fondamentaux du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu,
{{verset|6|2}}de la doctrine des ablutions, de l’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel.
{{verset|6|3}}C’est ce que nous allons faire, si Dieu le permet.
{{verset|6|4}}Car il est impossible, pour ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit,
{{verset|6|5}}qui ont goûté la douceur de la parole de Dieu et les merveilles du monde à venir,
{{verset|6|6}}et qui pourtant sont tombés, de les renouveler une seconde fois en les amenant à la pénitence, eux qui pour leur part crucifient de nouveau le Fils de Dieu et le livrent à l’ignominie.<ref>VI, 6. D’après la Vulgate : ''Il est impossible'' que ces chrétiens ''tombés'' par l’apostasie volontaire ''soient renouvelés''. Le grec {{lang|grc|ἀνακαινίζειν}} à l’actif. C’est pour les ministres de l’Évangile, et avec les moyens ordinaires de conversion, qu’il affirme l’impossibilité ''de renouveler'', en les ramenant à de meilleurs sentiments ({{lang|grc|εἰς μετανοίαν}}), les chrétiens dont il parle.</ref>
{{verset|6|7}}Lorsqu’une terre, abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, produit une herbe utile à ceux pour qui on la cultive,<ref>7. ''À ceux pour qui'' (Vulg. ''par qui'') ''elle est cultivée''.</ref> elle a part à la bénédiction de Dieu ;
{{verset|6|8}}mais si elle ne produit que des épines et des chardons, elle est jugée de mauvaise qualité, près d’être maudite, et l’on finit par y mettre le feu.
{{verset|6|9}}Cependant, bien-aimés, quoique nous parlions ainsi, nous avons de vous une opinion meilleure et plus favorable à votre salut.
{{verset|6|10}}Car Dieu n’est pas injuste<noinclude>{{Fin de colonnes}}</noinclude>
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# {{export|Abrégé de l’histoire générale des voyages/Tome X}} '''[[Auteur:Jean-François de La Harpe|Jean-François de La Harpe]]''', ''[[Abrégé de l’histoire générale des voyages/Tome X|Abrégé de l’histoire générale des voyages, Tome X]]'', ed. Ménard et Desenne fils, 1825
# {{export|L’Île du docteur Moreau}} '''[[Auteur:Herbert George Wells|H. G. Wells]]''', ''[[L’Île du docteur Moreau]]'', ed. 1946 {{e|{{vert|Défi 5000}}}}
# {{export|Moll Flanders}} '''[[Auteur:Daniel Defoe|Daniel Defoe]]''', ''[[Moll Flanders]]'', publié en 1722, traduction de [[Auteur:Marcel Schwob|Marcel Schwob]] en 1918
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Etienne M
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<noinclude><pagequality level="4" user="CyrMatt" />{{nr||{{sc|chapitre premier.}}|3}}{{Début de colonnes|nombre=2}}</noinclude>diminue point la faute, mais elle révèle les sentiments du cœur. L’auteur des ''Confessions'' ne s’est pas épargné dans le récit de son séjour à Carthage ; pourtant Vincent-le-Rogatiste nous apprend que le fils de Monique passait pour un jeune homme ''ennemi du trouble et aimant l’honnêteté''. Saint Augustin nous a dit lui-même qu’il ne se mêlait point aux excès des écoliers de Carthage, tout fiers de leur surnom de ''ravageurs''<ref>''{{lang|la|texte=Eversores}}''.</ref>. Il partageait la demeure d’un ami, Romanien de Thagaste, qui, après la mort de Patrice, devint son principal appui, et l’affranchit de tous les soucis temporels. Les libéralités du riche Romanien envers le jeune Augustin ont jeté sur son nom une sorte d’éclat : les grands hommes donnent à leurs amis une douce et durable renommée en échange du bien qu’ils en reçoivent.
À dix-neuf ans, Augustin fut profondément remué par la lecture de l’''Hortensius'' de Cicéron, ouvrage que nous avons perdu dans le naufrage des temps ; il se sentit saisi d’un violent mépris pour les espérances du siècle, et d’un ardent amour pour l’immortelle beauté de la sagesse. Nous regardons comme une gloire de Cicéron d’avoir le premier éveillé dans l’âme d’Augustin le goût des biens invisibles et de la beauté impérissable. Quelque chose venait refroidir son enthousiasme pour l’ouvrage de l’orateur romain ; c’était l’absence du nom de Jésus-Christ. Le fils de Monique avait appris à aimer ce nom dès ses plus tendres années ; il l’avait sucé avec le lait ; à travers les tempêtes de son jeune cœur, le nom de Jésus-Christ y était resté au fond comme un parfum divin ; les plus magnifiques traités de philosophie lui semblaient incomplets et perdaient à ses yeux de leur puissance et de leur charme, du moment que le nom de Jésus-Christ ne s’y trouvait point. Augustin commença à lire les saintes Écritures, auxquelles il ne comprit rien d’abord ; la seule impression qu’il en garda, ce fut que rien dans les livres sacrés ne pouvait se comparer à l’éloquence majestueuse de l’orateur romain<ref>[[Les_Confessions_(Augustin)/Livre_troisième|''Confessions'', livre {{sc|iii}}, chap. 5.]]</ref> ; la simplicité biblique n’allait pas à l’orgueil de son esprit.
À cette époque Augustin rencontra pour la première fois des manichéens, grands parleurs, qui répétaient toujours ''vérité, vérité'', et dont le cœur était vide de toute vérité<ref>[[Les_Confessions_(Augustin)/Livre_troisième|''Confessions'', livre {{sc|iii}}, chap. 6.]]</ref>. Il se laissa enchaîner dans les ténèbres d’une opinion insensée. Ce génie, pris aux pièges des sectaires, aiglon garrotté dans les liens de l’erreur, en était venu au point de croire qu’une figue détachée de l’arbre pleurait, que le figuier pleurait aussi, et que les gouttes de lait de la figue détachée étaient des larmes<ref>Dans cette partie de ses ''Confessions'', saint Augustin fait une admirable peinture de Dieu, du mal, de la variété des lois humaines et religieuses selon les temps et les lieux, de <noinclude>{{Début de colonnes|nombre=2}}</noinclude>
l’harmonie universelle qui naît de la diversité. [[Les_Confessions_(Augustin)/Livre_troisième|Livre {{sc|iii}}, chap. 7.]]</ref> ! Mais l’élu de la Providence pour la défense du monde catholique n’était pas destiné à se coucher dans ses erreurs comme dans un lit de repos ; les larmes d’une pieuse mère ne tombaient point en vain aux pieds de Jésus-Christ ; Monique pleurait son fils plus amèrement qu’une autre mère ne pleure son enfant qu’on va porter en terre. Toutefois, Augustin ne fut que simple auditeur parmi les manichéens ; il ne figura jamais parmi leurs prêtres et leurs élus. Son esprit, qui avait faim et soif de vérité, ne trouvait point dans le manichéisme une complète réponse aux doutes dont il était travaillé ; mais rien de mieux ne s’offrait alors à sa sincérité. Il se pratiquait chez les manichéens des choses infâmes connues seulement des initiés et qui étaient ignorées d’Augustin ; le jeune auditeur n’avait aucune idée de leur eucharistie ; tout ce qu’il savait de leurs cérémonies, c’était la prière à laquelle il assistait quelquefois ; dans cette prière, qui n’avait rien de mauvais, les assistants se tournaient toujours vers le soleil.
En 375, Augustin avait achevé ses études à Carthage ; revenu à Thagaste, il y enseignait la grammaire ; la demeure de Romanien, son appui et son ami, était encore devenue la sienne. Ce fut alors que Monique eut le songe prophétique d’après lequel elle permit à son fils de demeurer dans sa maison et de s’asseoir à sa table, ce qu’elle lui avait interdit depuis quelque temps, à cause de ses détestables erreurs. On connaît ce songe ; Monique, debout sur une pièce de bois dans l’attitude d’une profonde tristesse, vit s’avancer vers elle un jeune homme brillant de lumière qui, instruit de la cause de son chagrin, lui ordonna de ne plus s’inquiéter, de regarder attentivement, et lui dit que là où elle était, elle verrait aussi son fils. En effet, la pieuse mère, ayant jeté les yeux autour d’elle, reconnut le jeune Augustin sur cette même pièce de bois. Saint Augustin nous raconte qu’il chercha à interpréter le rêve en faveur de ses propres doctrines, comme si
<noinclude>{{Fin de colonnes}}</noinclude><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>{{tiret2|L’Éter|nel}} a ordonné par Moïse qu’on nous donnât des villes pour habitation, et leurs banlieues pour notre bétail.
{{verset|21|3}} Les enfants d’Israël donnèrent alors aux Lévites, sur leur héritage, les villes suivantes et leurs banlieues, d’après l’ordre de l’Éternel.
{{verset|21|4}} On tira le sort pour les familles des Kehathites ; et les Lévites, fils du prêtre Aaron, eurent par le sort treize villes de la tribu de Juda, de la tribu de Siméon et de la tribu de Benjamin ;
{{verset|21|5}} les autres fils de Kehath eurent par le sort dix villes des familles de la tribu d’Éphraïm, de la tribu de Dan et de la demi-tribu de Manassé.
{{verset|21|6}} Les fils de Guerschon eurent par le sort treize villes des familles de la tribu d’Issacar, de la tribu d’Aser, de la tribu de Nephthali et de la demi-tribu de Manassé en Basan.
{{verset|21|7}} Les fils de Merari, selon leurs familles, eurent douze villes de la tribu de Ruben, de la tribu de Gad et de la tribu de Zabulon.
{{verset|21|8}} Les enfants d’Israël donnèrent aux Lévites, par le sort, ces villes et leurs banlieues, comme l’Éternel l’avait ordonné par Moïse.
{{verset|21|9}} Ils donnèrent de la tribu des fils de Juda et de la tribu des fils de Siméon les villes qui vont être nominativement désignées,
{{verset|21|10}} et qui furent pour les fils d’Aaron d’entre les familles des Kehathites et des fils de Lévi, car le sort les avait indiqués les premiers.
{{verset|21|11}} Ils leur donnèrent Kirjath-Arba, qui est Hébron, dans la montagne de Juda, et la banlieue qui l’entoure : Arba était le père d’Anak.
{{verset|21|12}} Le territoire de la ville et ses villages furent accordés à Caleb, fils de Jephunné, pour sa possession.
{{verset|21|13}} Ils donnèrent donc aux fils du prêtre Aaron la ville de refuge pour les meurtriers, Hébron et sa banlieue, Libna et sa banlieue,
{{verset|21|14}} Jatthir et sa banlieue, Eschthemoa et sa banlieue,
{{verset|21|15}} Holon et sa banlieue, Debir et sa banlieue,
{{verset|21|16}} Aïn et sa banlieue, Jutta et sa banlieue, et Beth-Schémesch et sa banlieue, neuf villes de ces deux tribus ;
{{verset|21|17}} et de la tribu de Benjamin, Gabaon et sa banlieue, Guéba et sa banlieue,
{{verset|21|18}} Anathoth et sa banlieue, et Almon et sa banlieue, quatre villes.
{{verset|21|19}} Total des villes des prêtres, fils d’Aaron : treize villes, et leurs banlieues.
{{verset|21|20}} Les Lévites appartenant aux familles des autres fils de Kehath eurent par le sort des villes de la tribu d’Éphraïm.
{{verset|21|21}} On leur donna la ville de refuge pour les meurtriers, Sichem et sa banlieue, dans la montagne d’Éphraïm, Guézer et sa banlieue,
{{verset|21|22}} Kibtsaïm et sa banlieue, et Beth-Horon et sa banlieue, quatre villes ;
{{verset|21|23}} de la tribu de Dan, Eltheké et sa banlieue, Guibbethon et sa banlieue,
{{verset|21|24}} Ajalon et sa banlieue, et Gath-Rimmon et sa banlieue, quatre villes ;
{{verset|21|25}} et de la demi-tribu de Manassé, Thaanac et sa banlieue, et Gath-Rimmon et sa banlieue, deux villes.
{{verset|21|26}} Total des villes : dix, et leurs banlieues, pour les familles des autres fils de Kehath.
{{verset|21|27}} On donna aux fils de Guerschon, d’entre les familles des Lévites : de la demi-tribu de Manassé, la ville de refuge pour les meurtriers, Golan en Basan et sa banlieue, et Beeschthra et sa banlieue, deux villes ;
{{verset|21|28}} de la tribu d’Issacar, Kischjon et sa banlieue, Dabrath et sa banlieue,
{{verset|21|29}} Jarmuth et sa banlieue, et En-Gannim et sa banlieue, quatre villes ;
{{verset|21|30}} de la tribu d’Aser, Mischeal et sa banlieue, Abdon et sa banlieue,
{{verset|21|31}} Helkath et sa banlieue, et Rehob et sa banlieue, quatre villes ;
{{verset|21|32}} et de la tribu de Nephthali, la ville de refuge pour les meurtriers, Kédesch en Galilée et sa banlieue, Hammoth-Dor et sa banlieue, et Karthan et sa banlieue, trois villes.
{{verset|21|33}} Total des villes des Guerschonites, selon leurs familles : treize villes et leurs banlieues.
{{verset|21|34}} On donna au reste des Lévites, qui appartenaient aux familles des fils de<noinclude>
<references/></div></noinclude>
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Livre:Mirbeau - Vers la Guyane, paru dans L’Aurore, 13 juillet 1899.djvu
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Livre:Mirbeau - Apologie pour Arthur Meyer, paru dans L’Aurore, 16 février 1899.djvu
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Livre:Mirbeau - Lettre à Adrien Hébrard, paru dans Le Temps, 14 décembre 1898.djvu
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<noinclude><pagequality level="3" user="Zoé" /></noinclude>entre l’écrivain et le public auquel il s’était longtemps adressé.
La littérature grecque, depuis ses origines jusqu’à la fin de la
période attique, est par essence une littérature populaire. Elle s’adresse
à la nation tout entière. Née de ses rêves, de ses aspirations, des
besoins de son âme collective, elle se transforme avec elle et lui renvoie à mesure sa propre image. Croyances religieuses, créations mythiques, légendes répandues à travers le monde grec, telle est la matière
des chants que l’aède primitif répète sur la place publique, devant les
mêmes flots, sous le même ciel où elles ont pris naissance. Le lyrisme
célèbre dans la cité en fête, au milieu de l’allégresse commune, l’athlète
vainqueur aux grands jeux, et fait remonter l’honneur de la victoire
jusqu’aux héros qui ont fondé la cité, jusqu’aux dieux qui la protègent.
Le drame puise aux mêmes légendes, faisant agir et parler devant la
Grèce assemblée des héros qui sont pour elle des ancêtres. A Athènes,
l’éloquence politique vit des passions de la foule, l’éloquence d’apparat
sert au panégyrique de la cité, l’histoire enregistre ses succès et ses
revers. Socrate, dialoguant avec ses disciples, suit le cours de l’Ilissus ;
ou bien se promenant par la ville où sa figure est familière et sa laideur proverbiale, tantôt il entre dans l’échoppe de l’artisan, et tantôt, de
son bâton mis en travers, il barre la route au passant qu’il va presser de
ses questions. Poète, historien, philosophe, l’écrivain n’a pas une vie
différente de celle des autres citoyens ; il a mêmes devoirs et prend
sa part de toutes les charges publiques ; juge, soldat, homme d’État, il
ne conçoit pas que son intérêt individuel puisse se séparer de l’intérêt
général. L’habitude de l’action, le commerce de la vie pratique, les exigences de la réalité à laquelle il est sans cesse ramené, font contre-poids aux tendances trop spéculatives de sa pensée et l’empêchent de
s’échapper vers les rêveries sans objet et les purs jeux d’esprit.
S’adressant à tout le monde, il parle, pour être compris de tout le
monde, une langue simple, concrète, constamment renouvelée et
rajeunie par le travail de création instinctive. Les idées et les mots
lui viennent du peuple et pour ainsi dire montent du sol jusqu’à lui.
En communion étroite avec son public, il y puise ses inspirations, lui
emprunte les pensées et les sentimens qui s’y sont peu à peu élaborés et qu’il se contente de lui rendre en les marquant de son empreinte personnelle. Associée à la vie nationale dans ses manifestations multiples, vie religieuse, politique, militaire, commerciale, venue du peuple et retournant à lui, la littérature exprime l’âme de la cité.
Rien de semblable à partir du IIIe siècle. Depuis la victoire<noinclude>
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{{T2|UN AMOUR VRAI.}}
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{{T3|DEUX AMIS.|CHAPITRE PREMIER.}}
Il est, à Paris surtout, d’étranges existences qui sont
une énigme et pour la foule, et pour ceux qui entourent
ces êtres mystérieux, et même pour les rares amis
qu’ils peuvent avoir. Quoique à première vue ils semblent
vivre de la vie de tous, ils sont toujours enveloppés
d’une espèce de brume qui noie leurs contours, et
où viennent s’émousser les regards les plus curieux,
les plus investigateurs. La mort, le plus souvent, est
l’Œdipe de ces existences sphinxales, et quelques lignes
insérées dans les journaux, aux nouvelles diverses,<noinclude>
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Il est, à Paris surtout, d’étranges existences qui sont
une énigme et pour la foule, et pour ceux qui entourent
ces êtres mystérieux, et même pour les rares amis
qu’ils peuvent avoir. Quoique à première vue ils semblent
vivre de la vie de tous, ils sont toujours enveloppés
d’une espèce de brume qui noie leurs contours, et
où viennent s’émousser les regards les plus curieux,
les plus investigateurs. La mort, le plus souvent, est
l’Œdipe de ces existences sphinxales, et quelques lignes
insérées dans les journaux, aux nouvelles diverses,<noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Grrrrrrrrrrr" /></noinclude>en avoir les inquiétudes, l’ivresse sans l’étourdissement ;
et ce bouton de vie baigné de soleil, de rosée,
contient en germe, il est vrai, les courtes joies et les
longues douleurs, l’œuf du ver qui doit le mordre et
le flétrir ; mais alors ses couleurs sont vives, son enveloppe
satinée, et le parfum s’exhale du calice demi-clos…
Qu’elle avait froid, la pauvre âme replongée dans
le vide ! quels sifflements étranges se faisaient entendre
autour d’elle ! Quels tourbillonnements confus d’âmes
qui allaient, venaient, s’agitaient, altérées de la vie,
de cette vie hérissée de soucis, de douleurs, mais où
luit aussi un splendide rayon d’amour ! et c’est dans ce
rayon qu’elles veulent se perdre, s’abîmer.
L’heure fuyait ; le mignon corps de l’enfant se défigurait ;
ses bras souples se raidissaient bleuis ; ses
lèvres pures, qui n’avaient encore été effleurées que par
des lèvres de mère, s’étiraient sous l’effrayant rictus de
la mort… et le linceul couvrait ces tristes vestiges, et
la main fébrile d’une femme écartait brusquement ce
voile funèbre, pour recueillir dans son cœur, pour
emporter dans son regard une dernière empreinte
de son enfant. Hélas ! ce n’était plus elle, la chère
petite vie, s’alimentant de sa vie et lui renvoyant la
flamme qu’elle en recevait ; ce n’était plus qu’une misérable
esquisse de son enfant, qu’elle seule reconnaissait
encore. Et tout le sang de son cœur s’échappait<noinclude>
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{{t3|QUATRE-VINGT-HUITIÈME TRAITÉ.{{brn|1}}}}
{{Alinéa|'''DEPUIS CES MOTS DE JÉSUS-CHRIST : « SOUVENEZ-VOUS DE MA PAROLE, ETC. », JUSQU’A CES AUTRES : « MAIS ILS VOUS FERONT TOUTES CES CHOSES, PARCE QU’ILS NE CONNAISSENT PAS CELUI QUI M’A ENVOYÉ ». (Chap. 15, 20-21.)'''|1.3|-1.3|lh=2|fs=80%}}
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{{Alinéa|Quiconque aime Dieu et le sert avec une crainte pure, est en butte à la haine du monde, car le monde déteste Jésus-Christ et ses serviteurs, et il les persécute à cause de leur justice, que ses vices ne sauraient souffrir.|fs=80%}}
<noinclude>{{Début de colonnes|nombre=2}}</noinclude>
'''1.''' Le Seigneur, pour exhorter ses serviteurs à supporter avec patience les haines du monde, n’a rien ni de plus grand ni de meilleur à leur proposer que son exemple ; car, comme dit l’apôtre Pierre, « Jésus-Christ a souffert, nous laissant un exemple, afin que nous suivions ses traces<ref>[[Bible_Crampon_1923/1_Pierre#Bible_Crampon_1923/1_PierreCH02|1Pi. 2, 21]]</ref> ». Et si nous le faisons, c’est avec le secours de Celui qui a dit : « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Enfin, après avoir dit : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous », il ajoute ce que vous venez d’entendre dans ce qui vous a été lu de l’Évangile : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre ». En disant : le serviteur n’est pas plus grand que son Maître, ne nous montre-t-il pas avec évidence comment nous devons entendre ce qu’il avait dit peu auparavant : « Je ne vous appelle plus serviteurs<ref>[[Bible_Crampon_1923/Jean#15-5|Jn. 15, 5]] ; [[Bible_Crampon_1923/Jean#18-15|18, 15]]</ref> ? » Maintenant il les appelle serviteurs, puisqu’il leur dit : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître : s’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ». Il est donc manifeste qu’il s’agit du serviteur qui ne reste pas dans la demeure pour toujours<ref>[[Bible_Crampon_1923/Jean#8-35|Id. 8, 35]]</ref> et qui est animé de la crainte que la charité met dehors<ref>[[Bible_Crampon_1923/1_Jean#4-18|1Jn. 4, 18]]</ref>, lorsque Jésus-Christ dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs ». Mais quand il dit, comme ici : « Le serviteur n’est pas plus que son maître ; s’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront », il veut parler du serviteur à crainte chaste, qui demeure dans les siècles des siècles <ref>[[Bible_Crampon_1923/Psaumes 1#19-10|Psa. 18, 10]]</ref> ; car ce serviteur doit s’entendre dire « Courage, bon serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur<ref>[[Bible_Crampon_1923/Matthieu#25-21|Mat. 25, 21]]</ref> ».
'''2.''' « Mais », continue le Sauveur, « ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé ». Quelles sont toutes ces choses, sinon ce qu’il vient de dire : « Ils vous haïront et vous persécuteront et mépriseront votre parole ? » Car s’ils se contentaient de ne pas garder leur parole sans les haïr et sans les persécuter, ou bien si, tout en les haïssant, ils ne les persécutaient pas, alors il ne serait pas vrai de dire : ils vous feront toutes ces choses. « Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom » ; n’est-ce pas dire : c’est moi qu’ils haïront en vous, moi qu’ils persécuteront en vous, et parce que votre parole et ma parole ils ne la garderont pas ? « Car ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom », non à cause du vôtre, mais « à cause du mien ». Ceux qui font ces aloses à cause de mon nom, sont d’autant plus malheureux que sont plus heureux ceux qui les souffrent à cause de ce même nom ; comme dit Notre-Seigneur lui-même dans un autre endroit : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution à cause de la justice<ref>[[Bible_Crampon_1923/Matthieu#Bible_Crampon_1923/MatthieuCH05|Id. 5, 10]]</ref> », c’est-à-dire à cause de moi, ou bien « à cause de mon nom » ; car, suivant l’enseignement de l’Apôtre : « Jésus-Christ nous a été donné de Dieu comme notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption, afin que, selon qu’il est écrit, celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur<ref>[[Bible_Crampon_1923/1_Corinthiens#1-30|1Co. 1, 30, 31]]</ref> ». Il
<noinclude>{{Fin de colonnes}}</noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="CyrMatt" />{{nr|46|TRAITÉS SUR SAINT JEAN.|}}{{Début de colonnes|nombre=2}}</noinclude>est vrai que les méchants font aussi ces choses aux méchants, mais ce n’est pas à cause de la justice ; c’est pourquoi ils sont tous malheureux, et ceux qui les font, et ceux qui les souffrent. Les bons les font aussi aux méchants : mais quoique les bons les fassent pour la justice, cependant les méchants ne les souffrent point pour ce motif.
'''3.''' Mais, dira quelqu’un, si, quand les méchants persécutent les bons à cause du nom de Jésus-Christ, les bons souffrent pour elle ; assurément, c’est aussi à cause de la justice que les méchants leur font ces choses : et s’il en est ainsi, quand les bons persécutent les méchants à cause de la justice, il s’ensuit que les méchants souffrent aussi pour la justice. Car si les méchants peuvent persécuter les bons à cause du nom de Jésus-Christ, pourquoi ne pourraient-ils pas souffrir de la part des bons une persécution à cause du nom de Jésus-Christ, c’est-à-dire à cause de la justice ? Le motif pour lequel les bons font ces choses n’est pas celui pour lequel les méchants les souffrent, puisque les bons les font à cause de la justice, et que les méchants les souffrent à cause de l’injustice ; le motif pour lequel les méchants font ces choses ne peut donc être celui pour lequel les bons les souffrent, puisque les méchants agissent à cause de l’injustice, et que les bons souffrent à cause de la justice. Comment donc pourra être vraie cette parole : « Ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom », puisqu’ils les font non pas à cause de son nom, c’est-à-dire à cause de la justice, mais à cause de leur iniquité ? Cette question se trouvera résolue, si nous entendons ces paroles : « Ils vous feront toutes ces choses à « cause de mon nom », en ce sens que tout se rapporte aux justes, comme s’il était dit : Vous souffrirez de leur part toutes ces choses à cause de mon nom, et alors : « ils vous feront ces choses », signifie : vous souffrirez ces choses. Mais si ces paroles : « à cause de mon nom », doivent s’entendre comme s’il disait, à cause de mon nom qu’ils haïssent en vous (et on peut dire aussi à cause de la justice qu’ils haïssent en vous), alors quand les bons font souffrir persécution aux méchants, on peut dire avec raison qu’ils le font à cause de la justice, pour l’amour de laquelle ils persécutent les méchants, et à cause de l’iniquité qu’ils haïssent dans les méchants ; de la sorte on peut dire aussi que les méchants souffrent et à cause de l’iniquité qui se trouve punie en eux, et à cause de la justice qui s’exerce à les châtier.
'''4.''' Autre question : les méchants persécutent aussi leurs pareils ; par exemple, les rois et les juges impies, tout en persécutant les fidèles, punissaient aussi les homicides, les adultères et tous les scélérats qui, à leur connaissance, agissaient contre les lois publiques. Alors, comment expliquer ce que dit le Seigneur : « Si vous étiez du monde, le monde assurément aimerait ce qui serait à lui<ref>[[Bible_Crampon_1923/Jean#15-19|Jn. 15, 19]]</ref> ». Or, le monde n’aime pas ceux qu’il punit ; et cependant nous voyons qu’il punit le plus souvent tous ces crimes, à moins que le monde soit et dans ceux qui punissent ces crimes et aussi dans ceux qui les aiment. Donc ce monde, qui se compose des méchants et des impies, nuit à ce qui lui appartient par l’intermédiaire des hommes qui punissent les scélérats, et il aime ce qui lui appartient par le ministère des hommes qui favorisent ceux dont ils partagent les crimes. Donc, quand le Sauveur dit : « Ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom », ces paroles signifient : ou bien vous souffrirez à cause de mon nom, ou bien ils feront ces choses à cause de mon nom, parce que en vous persécutant, ils persécutent ce qu’ils haïssent en vous, et il ajoute : « parce qu’ils ne connaissent point Celui qui m’a envoyé » ; ce qui doit s’entendre de cette science dont il est écrit : « Vous connaître, c’est la sagesse parfaite<ref>[[Bible_Crampon_1923/Sagesse#6-16|Sag. 6, 16]]</ref> ». Ceux qui connaissent de la sorte le Père qui a envoyé le Christ, ne persécutent en aucune façon ceux que Jésus-Christ est venu recueillir ; car ils sont eux-mêmes recueillis par lui.<noinclude>
<references/>
{{Fin de colonnes}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Phe-bot" /></noinclude><nowiki />
{{t3|QUATRE-VINGT-NEUVIÈME TRAITÉ.{{brn|1}}}}
{{Alinéa|'''DEPUIS CES PAROLES DE NOTRE-SEIGNEUR : « SI JE N’ÉTAIS PAS VENU, ET SI JE NE LEUR AVAIS PAS PARLÉ », JUSQU’À CES AUTRES : « QUI ME HAIT, HAIT AUSSI MON PÈRE ». (Chap. 15, 22-23.)'''|1.3|-1.3|lh=2|fs=80%}}
{{t3|L’INFIDÉLITÉ, CAUSE DE PERDITION.|fs=100%}}
{{brn|1}}
{{Alinéa|Sous le nom de monde persécuteur, Jésus-Christ entendait les Juifs opiniâtrement aveugles, qui l’avaient vu sans vouloir le reconnaître, et qui ne pouvaient pas plus s’excuser de leur incrédulité, que ceux qui périssent pour ne l’avoir pas du tout connu ou pour n’avoir pas eu le courage de se soumettre à lui.|fs=80%}}
<noinclude>{{Début de colonnes|nombre=2}}</noinclude>
'''1.''' Le Seigneur avait dit plus haut à ses disciples : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi : s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre, mais ils vous feront toutes ces choses à cause de a mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas : « Celui qui m’a envoyé ». Si nous voulons savoir de qui il parlait de la sorte, nous trouvons qu’il prononça ces paroles aussitôt après avoir dit : « Si le monde vous hait, sachez a qu’il m’a haï avant vous ». Ce qu’il ajoute ici : « Si je n’étais pas venu, et si je ne leur avais parlé, ils n’auraient point de péché », montre plus clairement qu’il parle des Juifs. C’est donc des Juifs qu’il, disait les paroles que nous avons rapportées ; cela ressort de la liaison du discours. En effet, ceux dont il dit : « Si je n’étais pas venu et si je ne leur avais a parlé, ils n’auraient point de péché », sont les mêmes que ceux dont il a dit :« S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre ; mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé ». En effet, immédiatement après ces paroles Notre-Seigneur ajoute : « Si je n’étais pas venu et si je ne leur avais parlé, ils n’auraient point de péché ». Or, les Juifs ont persécuté Jésus-Christ, l’Évangile le dit formellement : c’est donc des Juifs, et non pas des gentils, que parle le Sauveur : ce sont les Juifs qu’il a voulu désigner sous le nom de ce monde qui hait le Christ et ses disciples ; mais ils ne sont pas seuls à former ce monde, car le Christ nous a montré que ses disciples eux-mêmes en font partie. Or, que signifient ces paroles : « Si je n’étais pas venu, et si je ne leur avais parlé, ils n’auraient a point de péché ? » Est-ce que les Juifs étaient sans péché, avant que Jésus-Christ vint à eux dans sa chair ? Qui serait assez insensé pour le dire ? Par le nom général de péché dont se sert Notre-Seigneur, il faut entendre, non pas toute espèce de péché, mais un certain péché énorme. C’est ce péché qui retient tous les autres péchés ; et quiconque ne l’a pas, tous les autres péchés lui seront remis : voici en quoi consiste le péché, c’est qu’ils n’ont pas cru en Jésus-Christ ; car il était venu pour qu’on crût en lui : par conséquent, si Jésus-Christ n’était pas venu, ils n’auraient point commis ce péché. Autant sa venue en ce monde a été salutaire pour ceux qui ont cru en lui, autant elle a été funeste pour ceux qui n’ont point cru ; et comme il était le chef et le prince des Apôtres, on peut dire de lui ce qu’ils ont dit d’eux-mêmes : « Pour les uns, il a été une odeur de vie pour la vie, et pour d’autres une odeur de mort pour la mort <ref>[[Bible_Crampon_1923/2_Corinthiens#2-16|2 Cor. 2, 16]]</ref> ».
'''2.''' Il ajoute : « Maintenant ils n’ont point d’excuse de leur péché » ; ces paroles pourraient nous embarrasser et nous faire demander si ceux vers lesquels Jésus-Christ n’est pas venu, et auxquels il n’a pas parlé, peuvent tirer de là une excuse de leur péché. S’ils n’en ont point, pourquoi Jésus-Christ dit il, en cet endroit, que les Juifs n’ont point d’excuse, précisément parce qu’il est venu et qu’il leur a parlé ? Mais s’ils en ont une, cette excuse les exemptera-t-elle de tout châtiment, ou bien adoucira-t-elle seulement leur peine ? Avec l’assistance de Dieu, je répondrai de mon mieux à ces questions. Ceux vers lesquels Jésus-Christ n’est pas venu, et auxquels<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
== En cours ==
{{Progression index|livre=Dictionnaire_du_patois_des_environs_de_Grenoble_-_Albert_Ravanat_-_1911.pdf|auteurs=Albert Ravanat|titre=Dictionnaire du patois des environs de Grenoble}}
{{Progression index|livre=Le Littré de la Grand'Côte, éd. 1903.pdf|auteurs=Clair Tisseur|titre=Le Littré de la Grand’Côte}}
== Terminé ==
{{Progression index|livre=André Lacroix - Saint-Marcellin.djvu|auteurs=André Lacroix|titre=Saint-Marcellin}}
== Mémento ==
Liste utile de modèles :
* Correction de coquilles : https://fr.wikisource.org/wiki/Modèle:Corr
* Tirets : https://fr.wikisource.org/wiki/Modèle:Tiret
* Langues étrangères : https://fr.wikisource.org/wiki/Modèle:Lang
* Exposant : https://fr.wikisource.org/wiki/Modèle:E
* Siècles : https://fr.wikisource.org/wiki/Modèle:S
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Page:Leblanc — Contes du soleil et de la pluie, parus dans L’Auto, 1902-1907.djvu/293
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<noinclude><pagequality level="3" user="Toto256" /></noinclude><nowiki />
{{brn|2}}
{{c|''CONTES DU SOLEIL ET DE LA PLUIE''}}
{{-|2}}
{{t3|{{Séparateur4}}|'''L’INEXPLICABLE'''|m=1em}}
Après cinq années d’amour sans espoir,
voici que j’épouse la baronne d’Anglois.
J’avoue que mon bonheur m’étonne
moi-même. Car enfin… Et puis,
tant d’obstacles me séparaient d’elle !
Mais tout cela est si mystérieux… Jamais
je ne comprendrai… jamais je ne saurai…
{{interligne}}
Il y a un an, le mari de Charlotte, le
baron d’Anglois, qui habitait le château
de la Varaine, situé à quatre lieues du
mien, fut trouvé dans son lit, mort,
frappé de deux coups de couteau.
Je n’oublierai pas l’émotion que me
causa cette nouvelle affreuse. Bien qu’il
fût marié à celle que j’aimais, et que je le
haïsse de toute la jalousie d’un amoureux
rebuté, je me défendais mal contre
sa bonne humeur, sa gaieté franche et
sympathique. L’avant-veille encore il
était venu me chercher en automobile et
m’avait reconduit le soir.
Je suivis l’enquête de très près. On établit
d’abord sans peine que le criminel
devait connaître les habitudes du baron,
heure de son coucher, la négligence
avec laquelle il fermait les volets de sa
chambre. Le mobile du crime restait
obscur. Ni le portefeuille n’avait été volé,
ni le secrétaire forcé. S’agissait-il de vengeance ?
Cette nuit-là il pleuvait. On chercha
sur la terre mouillée, au-dessous du balcon
que l’assassin avait dû franchir, des
traces de pas. Ce furent des traces de
roues que l’on découvrit, les traces absolument
distinctes de deux roues de bicyclette.
Oui, l’homme était venu à bicyclette,
s’était jeté résolument au travers<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/215
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCOT.|207}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>{{tiret2|capa|ble}} de réveiller la nature la plus endormie.
Il mettait dans cette classe
quelques commentaires de Scaliger ;
et leur texte. <ref>''Idem, ibidem, folio'' 2 ''verso.''</ref> {{lang|la|''Vos autem capulares''
''illi, vieti, edentuli, et jam diù''
''Acheronti debiti, si jam vos opus perdere''
''et tanquam caballos in clivo non''
''facere pudet, ut Satyrion compendi''
''faciatis, familiaris hujus mei auctores,''
''in eosdemque notas legite''}},
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
{{filet|10|0.3}}Accendi queis frigidus ævo
Laomedontiades aut Nestoris hernia possit <ref>Juven., sat. VI, ''vs.'' 323.</ref>.
</poem>}}
{{br0}}
Et comme il ne laissait échapper aucune
occasion d’insulter ce grand
personnage, il lui reproche d’avoir
méprisé le jugement de son père en
commentant certains auteurs. Je
rapporte ses paroles, afin qu’on voie
que, sur le chapitre des obscénités, il
y a partage de sentimens jusques
dans une même famille, entre les
grands hommes en savoir et en vertu.
<ref>Scioppius, Scalig. hypobol., ''folio'' 281
''verso''.</ref> {{lang|la|''Cùm pater tuus obscænos et''
''immemorabiles Ausonii, Martialis,''
''similiumque poëtarum versus negârit''
''à critico censendos, atque adeò ne''
''legendos quidem omninò, aut audiendos,''
''sed detestandos et flammis expiandos,''
''et pro signis Priapi, adeòque''
''pro libris honori ejus scriptis,''
''sanctorum imagines à nobis habendas''
''esse contenderit......'' }}<ref>''Idem, ibid.''</ref>{{lang|la| ''Tu exortus''
''es homo sanctissimus et castitatis''
''ac puditiæ exemplar atque specimen,''
''qui non modò illum ipsum censurâ''
''patris tui notatum Ausonium, sed''
''hoc etiam Burdigalensi Triphallo'' nihilo
deterius mutoniatos ''Catullum,''
''Tibullum, Propertium, et Priapeiorum''
''versuum scriptores, magnâ temporis''
''curæque impensâ à te recensitos,''
''castigatos, nec pœnitendis'' (''ut''
''gloriaris'') ''commentariis illustratos''
''emittere et adolescentibus commendare''
''auderes. Hoc, satis scio, nullo''
''modo patri tuo probare posses}}.''
{{References-Bayle}}
<section end="Scioppius"/>
<section begin="Scot"/>'''SCOT (Michel)''', savant personnage,
et fort attaché aux
mathématiques et à l’astrologie,
a vécu au {{XIIIe}}. siècle. Il fut
aimé de l’empereur {{lié|Fridéric II}},
et lui dédia tous ses livres. On l’a
mis dans le Catalogue des magiciens,
et l’on conte qu’il priait
souvent à dîner plusieurs personnes,
sans faire apprêter quoi
que ce fût, mais qu’ayant fait
asseoir à table les conviés, il
contraignait des esprits à lui apporter
des viandes de toutes parts,
et quand elles étaient arrivées,
il disait à la compagnie : ''Messieurs,''
''ceci vient de la cuisine''
''du roi de France, et ceci de''
''celle du roi d’Espagne ; cela''
''vient d’Angleterre, etc.'' <ref group=lower-alpha>Marcel, ''au chap. VIII de la'' Délectable
Folie, ''pag.'' 123, ''édition de Lyon'', 1650.</ref>.
Merlin Coccaie s’est diverti à
décrire ses enchantemens <ref group=lower-alpha>Naudé, Apologie des grands Hommes,
''chap. XVII'', ''pag. m.'' 496.</ref><ref group=*>(*) Dans sa {{XVIIIe}}. Macaronée. L’endroit
commence par : {{lang|la|''Ecce Michaëlis de Incantu''
''Regula Scoti''}}. {{sc|Rem. crit.}}</ref>.
Le poëte Dante adopta l’erreur
commune {{refl|Scot-(A)|num=(A)|nosup}}. Fions-nous plutôt
à Jean Bacon, religieux
carme, Anglais de nation, et
''le prince des averroïstes'' <ref group=lower-alpha>Naudé, ''là même''.</ref>,
qui cite <ref group=lower-alpha>''Part. III'' Sentent., ''distinct. XXXIII''.</ref> notre Michel Scot
comme un grand théologien.
Fions-nous plutôt aussi à Pitséus
qui lui a donné beaucoup de
louanges {{refl|Scot-(B)|num=(B)|nosup}}. Quoi qu’il en soit,
on raconte que ce prétendu magicien
prévit de quelle manière
il mourrait, et qu’il désigna le
lieu où l’empereur {{lié|Frideric II}}
perdrait la vie {{refl|Scot-(C)|num=(C)|nosup}}. Je dirai un
mot de ses livres {{refl|Scot-(D)|num=(D)|nosup}}.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Scot-(A)|(A)}}''' ''Le poëte Dante adopta l’erreur''
''commune.'' ] Voici ses paroles, à
la fin du chant XX de son enfer :
{{lang|it|<poem style="margin-left:10%;">
''Quell’ astro, che ne’ fianchì è così poco,''
''Michele Scotto fu, che veramente''
''Delle magiche frode seppe il gioco.''
</poem>}}
{{br0}}
C’est-à-dire selon la version de Grangier,
<poem style="margin-left:10%;">
''C’est autre qui aux flancs faict monstre si petite,''
</poem><section end="Scot"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<includeonly><div style="width: 12em; min-height: 26em; padding: 0.5ex; border: solid 2px black; border-radius: 1ex; display: inline-block; margin: 1ex .5ex; vertical-align: top;"><div style="max-width: 11em; height: 175px; padding: 1ex 0 1ex 0; border: solid thin black; border-radius: 0; background-color: #e3e0d3; text-align: center; margin: 0 auto 0 auto">[[File:{{{fichier|{{{djvu}}}}}}|page={{{page|{{{pg}}}}}}|x175px|link={{{titre}}}]]</div>
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|tsundoku=[[File:Projet Tsundoku pin - Wikisource.fr.png|20px|link=Wikisource:Projet Tsundoku]] '''[[Wikisource:Projet Tsundoku|Tsundoku]]'''
|L'école d'Ancien régime=[[File:Démia - Reglemens pour les ecoles De la Ville & Diocese de Lyon. - Suivi des Remonstrances à MM. du clergé - Avis important touchant l'établissement d'une espèce de séminaire (page 12 Monogramme Charles Démia).jpg|20px|link=Wikisource:L'école d'Ancien régime]] '''[[Wikisource:L'école d'Ancien régime|L'école d'Ancien régime]]'''
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/192
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Manseng
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|184|SCHUTZE.}}</noinclude><section begin="Schultingius"/>{{lang|la|''esse quasi encyclopædiam, eâque''
''solâ constare''}} <ref>{{lang|la|Vincent. Baronius, Parænet, ad Th. Raynaud.,
''in limine'' Apologet, Ord. Dominic., ''folio,''
''quod præcedit folium'' i.}}</ref>.
Les éditions de l’institution de
Calvin que j’ai vues sont les suivantes :
celle de Genève, 1550, ''in-''4{{o}}., {{lang|la|''ex''
''officinâ Johannis Gerardi''}} ; celle de
Robert Étienne, 1553, ''in-folio'' <ref>''Elle fut achevée d’imprimer le'' 4 ''de février''
1553.</ref> :
ces deux-là sont en latin, et ne contiennent
que XXI chapitres, divisés
chacun en plusieurs sections. L’édition
française de Genève, chez Jéhan
Gérard, 1553, ''in''-4{{o}}. ; l’édition latine
de Genève, chez {{corr|françois|François}} Perrin,
1568, ''in-folio''. Six autres éditions
françaises de la même ville : une chez
Conrad Badius, 1560, ''in-folio'' ; une
de l’imprimerie de Jacques Bourgeois,
1562, ''in-''4°. ; une de l’imprimerie de
Thomas Courteau, 1564, ''in''-8{{o}}. ; l’édition
française de Lyon, chez Jean
Martin, 1565, ''in''-8{{o}}. ; une chez François
Perrin, 1566, ''in-folio'' ; et une
de l’imprimerie de Jacob Stoer, 1609,
''in-folio''. J’ai vu aussi l’édition latine
faite à Genève par Jean le Preux, ''in-folio'',
l’an 1590. Elle est augmentée
d’analyses et de quelques autres pièces
composées par divers auteurs. Les
éditions de Genève, ''in''-8{{o}}., chez Jean
le Preux, 1592 et 1602, sont conformes
à celle-là. J’ajoute que l’édition
de Genève, 1617, {{lang|la|''in-folio, apud Joh.''
''Vignon, Petrum et Jacobum Chouet''}},
fait le sixième volume d’une édition
latine des Œuvres de Jean Calvin.
Avec ses lettres, elle fait de même
un volume de ses Œuvres de l’édition
d’Amsterdam, chez Jean-Jacques
Schipper, en 1667, ''in-folio''.
{{References-Bayle}}
<section end="Schultingius"/>
<section begin="Schutze"/>'''SCHUTZE (Jean)''', ministre
luthérien en Allemagne, au {{XVIe}}.
siècle, publia entre autres livres
un écrit qu’il intitula : ''Le Diable''
''Sacramentaire'', {{lang|la|''Sacramentarius''
''Diabolus''}}. On peut juger
par-là de l’emportement qui l’animait
contre les zuingliens {{refl|Schutze-(A)|num=(A)|nosup}}.
Il publia aussi, en 1579 ; un livre
contenant cinquante raisons pour
lesquelles il ne fallait point embrasser
la communion des calvinistes.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Schutze-(A)|(A)}}''' ''L’emportement qui l’animait''
''contre les zuingliens.'' ] Afin qu’on
puisse juger de la pièce par l’échantillon,
je citerai un passage que je
trouve dans George Braun. On y verra
que notre Schutze représentait les
calvinistes comme les personnes du
monde les plus turbulentes, les plus
séditieuses et les plus cruelles. {{lang|la|''Hic''
''seditionis genius non tantùm lutheranos,''
''sed galainistici furoris ministros,''
''magis exagitat quòd lutherani''
''in confratribus suis accuratè observârunt,''
''dùm inter varias causas,''
''quare sacramentariam calvinistarum''
''doctrinam acceptare nequeant præcipuam''
''et illam allegent, quòd seditiosi,''
''et tumultuosi sint, pacis publicæ''
''et tranquillitatis politicæ turbatores,''
''quorum hoc unicum institutum''
''est, ut seditionum factiones, tumultum,''
''dissidia, ac tandem cædem''
''ac sanguinis effusionem procurent.''
''Maximè cum duplici nomine latrones''
''existant, non satiati si hominum animas''
''doctrinæ falsitate interimant,''
''verùm etiam, omnem quam possunt''
''cunque diligentiam adhibeant ut per''
''seditiones, latrocinia, et cædes pro''
''nefario suo genio, in civitatibus instituant.''
''Hoc Johannes Schutzius in''
''Causarum Explicatione, et in Sacramentario''
''suo Diabolo, paginâ'' 354}} <ref>{{lang|la|Georg. Braunins, ''in'' Tremonensium Catholicorum
Defensione}}, ''pag.'' 165, 166.</ref>.
Il est à remarquer que George
Braun, ecclésiastique de Cologne,
fait là un reproche d’humeur séditieuse
et violente aux protestans, qui
leur est fait par une infinité d’autres
écrivains papistes, et qui est le même
que celui qu’ils font en toute rencontre
au parti romain. Juvénal, sans
doute, n’eût point pu lire ce passage
de George Braun sans s’écrier :
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Quis tulerit Gracchos de seditione querentes ?''
''Quis cœlum terris non misceat, et mare cœlo,''
''Si fur displiceat Verri ? homicida Miloni ?''
''Clodius accuset mœchos ? Catilina Cethegum ?''
''In tabulam Syllæ si dicant discipuli tres'' <ref>{{lang|la|Juven., sat. II, ''vs.'' 24.}}</ref> ?
</poem>}}
Quoi qu’il en soit, rapportons une
seconde preuve de l’emportement de
Schutze. {{lang|la|''Sacramentarismus camerina''
''ac sentina est quædam, in quam multæ''
''hæreses confluunt, ultima Satanæ''}}<section end="Schutze"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Ted Lowe" /></noinclude><nowiki />
<br><br>
{{T3|TABLE DES MATIÈRES}}
{{c|(''TOME {{rom|XXXV}}'')}}
{{-}}
{{c|N° 127. — JUILLET 1900}}
<br>
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Le Bovarysme des Déracinés|{{sc|Jules de Gaultier}} - ''Le Bovarysme des Déracinés'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/4|5]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/La Mauvaise Douleur|{{sc|Charles Guérin}} - ''La Mauvaise Douleur'', poème]] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/30|31]] }}
{{table | titre = [[Le Tueur de grenouilles|{{sc|Rachilde}} - ''Le Tueur de Grenouilles'', nouvelle]] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/36|37]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/La Finlande et le Tsar|{{sc|Julien Leclercq}} - ''La Finlande et le Tsar'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/55|56]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Trois contes de Fées|{{sc|Albert Mockel}} - ''Trois contes de Fées'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/95|96]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/L’Exposition Centennale de la Peinture française|{{sc|Albert Mockel}} - ''L’Exposition Centennale de la Peinture française'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/131|132]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Tourmente d’Or|{{sc|Albert Leune}} - ''Tourmente d’Or'', roman]] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/160|161]] }}
<br>
''REVUE DU MOIS''
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Épilogues|{{sc|Remy de Gourmont}} - ''Épilogues'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/196|197]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Chronique de l’Exposition|{{sc|Émile Verhaeren}} - ''Chronique de l’Exposition'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/202|203]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Les Romans|{{sc|Rachilde}} - ''Les Romans'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/207|208]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Littérature|{{sc|Robert de Souza}} - ''Littérature'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/217|218]] }}
{{table | titre = [[Mercure de France (127)/Philosophie|{{sc|Louis Weber}} - ''Philosophie'']] | page = [[Page:Mercure de France - Juillet-Septembre 1900, Tome 35.djvu/222|223]] }}
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<references/></noinclude>
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Page:La Villemarqué - Dictionnaire français-breton de Le Gonidec, volume 2.djvu/225
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Cantons-de-l'Est" />{{nr||KLE|199}}</noinclude>hé vreûr ivé, il est gaucher et son frère aussi.
Hors de Léon, kleiad. Pl. ed.
Kleiziadez ou Kleisiauez { de 3 syll., klcisia-dez
ou klci-sia-dez), s. f. Guutlière, colle
qui se sert ordinairement de l.i muin gauche.
l’I. cd. Hors de Léon, kleiadez.
Klemm, s. f. Plainte, ce qu’on dit, ce qu’on
écrit pour marquer qu’on a sujet de se plaindre
do quelqu’un. Keproche. Mauvais rapport.
PI. ou. l’ébcz klcmm hoc’h eüs-hu da über ac’hanoirn.
^ quelle plainte avez-vous à faire de moi ?
Klcum. Voyez Klemma.
Klemma, et, par abus, Ki.emm, v. a. et n.
Plaindre, avoir pitié, compassion des maux
d’autrui. Se plaindre. Se lamenter. Part. klanmet.
lié glemma am eûz gréad a béb amzcr, je
l’ai plaint de tout temps. Kalz é klemm gañd
hé zroùk, il se plaint beaucoup de son mal.
En em glemma, et, par abus, en em glemm,
se plaindre, faire des reproches. En em glemma
a réeur eûz hô pugalé, on se plaint de vos
enfants.
Klemmeb, s. m. Celui qui se plaint souvent.
PI. ien.
Kif.MMUz ou Klemvanuz, adj. Plaignant.
Plaintif. Gémissant. Dolent. Lamentable Gaiid
eur vouez glemmuz en deùz lavarel kémeñisé,
il a dit cela d’une voix plaintive.
Klémor ou Klémeur. Voyez Klézé. H. V.
Kxémcc’hat, V. n. Languir. Part. ''et.'' (Lag.)
Klémuc’had a ra pellik zo, il languit depuis
assez longtemps. H. V.
Kleuvan, s. m. Plainte. Lamentation. Gémissement.
— Elégie, genre de poésie dont le
sujet est triste. Chant funèbre. H. V. PI ou.
Na glcvil’hu kél klcmvanou’l n’eutendcz-vous
pas (les plaintes ? Voyez Klemm.
Klemvanuz. Elégiaque, qui regarde l’élève.
H. V. Voyez Klemmcz.
KiÉ-NvÉD, s. m. Maladie, altération, privalion
de la santé. Mal. Incommodité. Pl. kléfivédou,
et, par abus klcñvcjou. Dislaga a ra
dimic’h kléñvéd, il relève de maladie. En Vannes,
klénouéd ou kliouéd { de 2 syll., kléu-ouéd
ou kli-ouéd). Pl. eu. Voyez Klañv.
Kléñvéd-vôr, s. m. Scorbut de mer, maladie.
A la lettre, maladie de mer. Voyez
Droik-douar.
KiÉ.ÑVEt. Voyez Klañvaat.
Klesvédséac’h, s. ra. Elisie. Phthisie, consomption
du corps. H. V.
Kléô (d’une seule syll.), s. m. Tout l’attirail
d’une charrue.
Kleô. Voyez Kleved.
Klëba. Voyez Klërenna.
Kléren, s. i. Principale pièce de bois dan«
l’assemblage des perches dont on fait les claies.
PI. klérennuu.
Klëren, s. f. Glace légère qui couvre seulement
la superficie de l’eau. — Miroir. H. V.
Selon Le Pelletier, kléren doit s’entendre de
la glace qui se forme de l’eau qui tombe des
toit» ; mais j’ai toujours entendu nommer hiñ-A
<n,Frseau,cequel’on désigneen français sous
le nom de chandelle de ulacb. Voy. Skoubn.
KLE
’90
Klébenna ou Klëra, V. n. Glacer..Se glacer.
Se congeler. Il se dit seulement de la
glace légère qui se forme à la superficie de
leau et des autres liqueurs. Part. ''et.'' Ar gwin
màdnadcùkét buhan da gUrenna oudagléra,
le bon vin ne gèle pas vite. Voy. SBOt’H^A.
Klérenlec’h, s. m. Glacière, lieu où l’on
entreticntde la glace. Pl. i’iu. H. V.
Klét, adj. A l’abri du vent. de la grêle,
etc. A couvert. Ê téac’h klél é m’omb aman,
nous sommes ici dans un lieu à l’abri des injures
du temps.
Klei). Voyez Kleùz, deuxième article.
Kleùr (d’une seule syll.), s. m. Limon,
l’une des deux grosses pièces de devant d’une
charrette, entre lesquelles on attelle le cheval.
PI. ou. Unan eûz a glcùrounr r’harr a zô (orrct,
un des limons de la charrette est rompu.
Klei’sia. Voyez Kleiza.
Klelz (d’une seule syll.), adj. Creux,
qui a une cavité intérieure. Vide, qui n’est
pas rempli. Klcûz eo ar œézcn-man, cet arbreci
est creux. Voyez Torll.
Kleùz (d’une seule syll.), s. m. Clôture,
élévation de terre autour des champs, des
prairies. Fossé. Haie. Pl. kleûzou ou kleüsiou
(de 2 syll.,ftiVii-sioM). Eur c’hleùz ncrcz a rinn
wardrô d’am park, je ferai une nouvelle culture
autour de mon champ, h’ieitzou ou kltiisiou
est un nom de famille connu en Bretagne.
Entrég.,A ;/cii.ri. !0. En Vannes. /ii^. Pl. ieu.
Encornouaille, kleuñ.V. /(j. Voyez Kaé.
Klecza ou Kleùsiv (de 2 syll., kleù-za ou
kleû-sia), v. a. et n. Creuser. Fouir. Faire uur
chMure, une enceinte de terre autour d’un
champ. Fossoyer. Part. ''et.'' h’iciizid ann lamm
koad-mañ, creusez ce morceau de bois. Mmui
a rann da gleùsia, je vais fossoyer. — En
Galles, klozio. H. V.
Kleozadcr ou Kleïsixdi’R (de 3 syll., kleùza
durou kleü-iia-dur),s.m. Action (ïecreuser,
de fouir, de faire di’s cl(^turcs, de fossoyer.
Kleizen (de ’2 syll., klcà-zen), s. f. Arbre
creux. Pl. klcûzenned.
Kleozer ou Kleîsier (de 2syll.,fc/< ;û-rfr
ou kleû-sier), s. m. Celui qui creuse. Celui
dont le métier est île faire des cUMures autour
des champs. Fossoyeur. Pl. ien.
Klel^zei’r ou Kreizeul (de 2 syll., klcûzcur
ou kreù-seul), s. m. Petite lampe où l’on
brùlc de l’huile de poisson et que l’on su.speiul
dans la cheminée, — et lampe en général. H.
V. Pl. iou. Likid éùl er c’Meûzeur, mettez de
riiuilc dans la lampe.
Kléved, s. m. Ou’ie. celui des sens par lequel
on reçoit les sons. Kléved s’emploie aussi
pour signifier ouï-dire, ce qu’on ne sait que
jiarle rapport d’une autre personne, k’ollfdeo
gañl-hañ ar c’Mcccd a nérez -z6, il a perdu
louie il n’y a pas longtemps. Eur c’hléved n’eo
kén, ce n’est qu’un oui-dire. On dit aussi ftifii,
dans le même sens.
Klévout, et, par abus, Klévet, t. a. Entendre,
ouïr. Uacevoir les sons par l’oreille.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Alexis Jazz
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|{{table|titre={{sc|De Houdan}}|text_align=left}}||rowspan="3"|[[Fichier:Accolade fermante.png|5px]]||rowspan="3"| France.
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|}
Les espèces françaises dites
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|-
|De Caux, ||De Bresse,
|-
|De Caumont, ||De Rennes,
|-
|Du Mans, ||D’Angers,
|-
|De Barbezieux. ||D’Argentan, etc.,
|}
ne sont que des variétés ou des dérivations des espèces principales
françaises. Quelques-unes, comme la Barbezieux et la
Bresse, sont perdues.
{{il}}
{{c|''Races exotiques.''}}
{{il}}
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{{c|Variétés}}
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|-
|Fauves (citron, victoria, etc.), ||Blanche,
|-
|Rousse, ||Coucou,
|-
|Perdrix, ||De soie.
|-
|Noire, ||
|}
On sait que le plumage soie est ordinairement un {{Corr|résulta|résultat}}
provenant des mêmes causes que l’albinisme, et qu’il se rencontre
dans toutes les espèces, après un certain temps de {{tiret|pro|miscuité}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Adhémar d'Alès - Dictionnaire apologétique de la foi catholique, 1909, Tome 1.djvu/104
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<noinclude><pagequality level="1" user="Sicarov" />{{nr|191|APOLOGÉTIQUE. APOLOGIE|192}}</noinclude>puisque les attaques sont innombrables, extrêmement
variées et non moins changeantes ; rien n’apparaît
qui différencie essentiellement l’apologétique
d’une apologie générale du christianisme, et rien non
plus qui explique, dans l’ordre des principes, une
continuité, une stabilité quelconque.
Finalement, la nécessité s’imposera de déterminer
plus nettement deux acceptions de l’apologétique,
l’ancienne et la récente, pour montrer qu’à cette
double acception répond une notion plus large ou
plus restreinte du même terme, et que la fixation,
dans l’usage comnmn, de l’acception restreinte a été
comme une condition ou une conséquence de la constitution
de l’apologétique en doctrine relativement
autonome. Soit donc la distinction suivante qui,
dans ce qu’elle a de flottant, se précisera, et, dans ce
qu’elle a d’inachevé, se complétera au cours de cet
article. Dans un sens large, qui correspond à l’étymologie
du mot, l’apologétique comprend tout ce qui
se réfère à la justification et à la défense de la religion,
quelles qu’en soient d’ailleiu-s la matière et la
forme ; sous ce l’apport, toute distinction spécifique
entre apologétique et apologie devient impossible ;
impossible aussi toute réduction à l’unité formelle,
toute coordination scientifique des divers éléments
qui peuvent concourir à la défense de la religion.
Toute classification est nécessairement inadéquate
ou provisoire ; dans la pratique, nulle règle absolue
ne peut être fixée, sauf l’obligation manifeste
de tenir compte des devoirs généraux ou particuliers,
de science, d’impartialité, de charité et d’orthodoxie
qui sont de rigueur pom’un catholique dans
toute controverse religieuse. Dans un sens restreint,
l’apologétique s’entend de la justification de la religion
chrétienne considérée dans son propre fondement,
le fait de la révélation divine apportée au
monde par Jésus-Christ et confiée à l’autorité vivante
de l’Eglise ; et c’est sous cet aspect, où elle est susceptible
d’un objet propre et d’une autonomie relative,
que l’apologétique peut, de l’avis du plus grand nombre,
se présenter comme science distincte.
II. L’apologétique dans les cinq premiers siècles.
— Exposition et justification des titres fondamentaux
qui établissent l’origine et l’autorité divine
du christianisme et de l’Eglise ; apologies, nombreuses
et variées, pour les défendre contre leurs ennemis ;
telles sont les grandes lignes du mouvement. La synthèse
apologétique de l’avenir n’y est contenue qu’en
germe, dans ses éléments essentiels, et sans distinction
entre apologie et apologétique.
I. Jésus-Clu-ist et les apôtres. — Jésus-Christ se
donne pour l’envoyé du Père, pour le Messie, Fils de
Dieu. A ce titre il prêche, en maître autorisé, une
doctrine qu’il propose au nom de son Père : Mc, 1, 22 ;
''Jo''., {{rom|vii}}, 16. Doctrine qui ne porte pas seulement sur
des préceptes de vie morale, mais qui contient la
révélation de mystères inaccessibles à la raison
humaine : ''Mt''., {{rom|xi}}, aSsq ; {{rom|xxviii}}, ig ; ''Jo''., {{rom|i}}, 18. Doctrine
qui ne détruit pas la révélation mosaïque, mais qui
la perfectionne, et qu’il charge ses apôtres de prêcher
dans le monde entier, avec obligation poiu— tous
d’y adhérer sous peine de damnation éternelle ;
''Mt''., {{rom-maj|V}}, 17 ; {{rom-maj|X}}, 34 ; Mc, {{rom|xvi}}, 16. Il fallait justifier de
telles prétentions, et les Juifs ne se firent pas faute
de le dire. Jésus se réclame des prophéties qui l’ont
annoncé, et dont ses auditeurs peuvent constater
l’accomplissement en sa personne : Lc, {{rom|iv}}, 21 ;
XXIV, 27 ; ''Jo''., {{rom-maj|V}}, 39, 46— Il invoque les œuvres qu’il
acconqjlit, les miracles qu’il oiière au nom de celui
qui l’a envojé ; et, de fait, c’est surtout par l’exercice
de son pouvoir thaumatiu-gique qu’il conquiert
la foi de ses disciples et établit son autorité auprès
du peuple : Je, {{rom|ii}}, 11, 23 ; {{rom|iii}}, 2 ; {{rom|vii}}, 31, etc. Cet appel
de Jésus à ses œuvres, signes divins qui confirment
sa mission, est surtout mis en relief dans le quatrième
évangile, {{rom|v}}, 36 ; {{rom|xi}}, 42, etc. ; mais il n’est
absent des trois autres, ni en principe, puisque le
Christ y fait lui-même appel pour justifier son caractère
messianique et son pouvoir dans l’ordre de la
grâce et du salut, ''Mt''., {{rom|xi}}, 4 ; Me., 11, 10 ; ni surtout en
fait, puisque les miracles opérés par le Sauveur ont
précisément pour résultat de le faire reconnaître pour
un prophète, un envoyé de Dieu, un maître transcendant,
''Mt''., {{rom-maj|VIII}}, 27 ; {{rom-maj|XIV}}, 33 ; Lc, {{rom|vii}}, 16. Si Jésus affirme
qu’une àme de bonne volonté reconnaîtra le caractère
divin de sa doctrine, ''Jo''., {{rom|vii}}, 17, rien ne permet
d’affirmer qu’il ait prétendu faire abstraction des
signes qui confirmaient son témoignage ; c’est bien
plutôt le rôle capital des dispositions subjectives et
morales qu’il a en Aue. Les signes divins, miracles et
autres, n’ont pas une influence magique, indépendante
de la libre coopération de celui qui doit croire ;
mal disposé, il peut fermer les yeux à la lumière,
mais avec une entière responsabilité ; lui-même est
alors la cause de son propre aveuglement, ''Mt''., {{rom|xi}}, 20 ;
''Jo''., {{rom-maj|XV}}, 24.
L’apologétique des apôtres s’inspire des mêmes
principes. Dans ses deux premiers discours aux Juifs,
saint Pierre appuie la mission divine et le caractère
messianique de Jésus de Nazareth sur les prodiges
de toute sorte qu’il a opérés durant sa vie, sur le
grand fait de sa résurrection et sur l’accomplissement
des prophéties relatives à sa passion et à son triomphe :
''Act''., {{rom-maj|II}}, 22, 24 ; {{rom-maj|III}}, 17, 18. De même, dans
l’Eglise naissante, la preuve des prophéties nous apparaît
utilisée par le diacre Philippe, ''Act''., aiii, 35 ; par
saint Paul, ''Act''., {{rom|xxviii}}, 23 ; I ''Cor''., {{rom|xv}}, 3 ; par les
évangélistes, surtout saint Matthieu et saint Marc.
Dans saint Jean, manifeste est l’intention d’appuyer
sur les miracles de Jésus-Christ non pas seulement
la glorification du Verbe incarné, mais encore la
crédibilité de son caractère messianique et de sa
filiation divine, {{rom|xx}}, 30-31 ; aussi reproche-t-il vivement
aux Juifs leur incrédulité obstinée, malgré
tant et de tels signes, {{rom|xii}}, 3^. Leur propre autorité,
les apôtres la fondent directement sm* le mandat
qu’ils ont reçu du Christ : Petriis, apostolus Jesii
Christi ; Pauhis, vocatus apostolus Jesu Christi. Mais
Dieu, de son côté, corrobore leur témoignage en donnant
à Leur prédication la sanction des miracles,
comme le rappellent saint Marc et saint Paul en deux
textes qui couvrent tout le ministère apostolique :
Domino coopérante et sermonem confirmante sequentibus
signis, Mc, {{rom|xvi}}, 20 ; contestante Deo signis et
porientis, ''Heb''., 11, 4. Ainsi les premiers chrétiens
pouvaient-ils être prêts à rendre raison des espéranci s
que la foi allumait en leurs cœurs, suivant la recommandation
du prince des apôtres, I Petr., {{rom|iii}}, 15.
2. Les Pères apostoliques. — Les écrits de cette période
s’adressent, en général, aux fidèles et traitent de
la doctrine ou de la morale chrétienne ; telles, la Didaché,
les lettres de saint Clément, de saint Ignace, de
saint Poljcarpe. Dès lors, cependant, l’ère des apologies
du christianisme s’ouvre par le petit traité de
controA’crse antijudaïque qu’est l’épître de Barnabe.
L’élément apologétique est représenté par deux idées
dominantes : l’annonce prophétique de Jésus-Christ
et de la révélation chrétienne dans l’Ancien Testament,
Bid., y.iv, i ; Barn., {{rom|i}}, 7 ; {{rom|v}}, 2, 13 ; {{rom|vi}}, 7 ; I Clem.,
XVI, 2 ; ''Ignat''., ad Magn.. iJi, 2 ; ad Philad., {{rom|iv}}, 2, etc. ;
Polyc. {{rom|i}}, 2 ; {{rom-maj|V}}, 13 ; puis, idée déjà coiu-ante chez saint
Paul, Gal., {{rom|iii}}-{{rom|vi}} ; ''Heb''., m ss., etc., substitution à l’ancienne,
inmparfaite et temporaire alliance, de la nouvelle,
parfaite et définitive, ^ « r «., 11, 6 ; {{rom|ix}}, 4 ; ''Ignat''.,
ad Magn., viii ; {{rom|x}}, 3 ; ad PItilad., vi.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Sicarov
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Sicarov" />{{nr|191|APOLOGÉTIQUE. APOLOGIE|192}}</noinclude>puisque les attaques sont innombrables, extrêmement variées et non moins changeantes ; rien n’apparaît qui différencie essentiellement l’apologétique d’une apologie générale du christianisme, et rien non plus qui explique, dans l’ordre des principes, une continuité, une stabilité quelconque.
Finalement, la nécessité s’imposera de déterminer plus nettement deux acceptions de l’apologétique, l’ancienne et la récente, pour montrer qu’à cette double acception répond une notion plus large ou plus restreinte du même terme, et que la fixation, dans l’usage comnmn, de l’acception restreinte a été comme une condition ou une conséquence de la constitution de l’apologétique en doctrine relativement autonome. Soit donc la distinction suivante qui, dans ce qu’elle a de flottant, se précisera, et, dans ce qu’elle a d’inachevé, se complétera au cours de cet article. Dans un sens large, qui correspond à l’étymologie du mot, l’apologétique comprend tout ce qui se réfère à la justification et à la défense de la religion, quelles qu’en soient d’ailleiu-s la matière et la forme ; sous ce l’apport, toute distinction spécifique entre apologétique et apologie devient impossible ; impossible aussi toute réduction à l’unité formelle, toute coordination scientifique des divers éléments qui peuvent concourir à la défense de la religion.
Toute classification est nécessairement inadéquate ou provisoire ; dans la pratique, nulle règle absolue ne peut être fixée, sauf l’obligation manifeste de tenir compte des devoirs généraux ou particuliers, de science, d’impartialité, de charité et d’orthodoxie qui sont de rigueur pom’un catholique dans toute controverse religieuse. Dans un sens restreint, l’apologétique s’entend de la justification de la religion chrétienne considérée dans son propre fondement, le fait de la révélation divine apportée au monde par Jésus-Christ et confiée à l’autorité vivante de l’Eglise ; et c’est sous cet aspect, où elle est susceptible d’un objet propre et d’une autonomie relative, que l’apologétique peut, de l’avis du plus grand nombre, se présenter comme science distincte.
'''II. L’apologétique dans les cinq premiers siècles.'''
— Exposition et justification des titres fondamentaux qui établissent l’origine et l’autorité divine du christianisme et de l’Eglise ; apologies, nombreuses et variées, pour les défendre contre leurs ennemis ; telles sont les grandes lignes du mouvement. La synthèse apologétique de l’avenir n’y est contenue qu’en germe, dans ses éléments essentiels, et sans distinction entre apologie et apologétique.
I. ''Jésus-Clu-ist et les apôtres''. — Jésus-Christ se donne pour l’envoyé du Père, pour le Messie, Fils de Dieu. A ce titre il prêche, en maître autorisé, une doctrine qu’il propose au nom de son Père : Mc, {{rom|i}}, 22 ; Jo., {{rom|vii}}, 16. Doctrine qui ne porte pas seulement sur des préceptes de vie morale, mais qui contient la révélation de mystères inaccessibles à la raison humaine : Mt., {{rom|xi}}, 25 sq. ; {{rom|xxviii}}, 19 ; Jo., {{rom|i}}, 18. Doctrine qui ne détruit pas la révélation mosaïque, mais qui la perfectionne, et qu’il charge ses apôtres de prêcher dans le monde entier, avec obligation pour-tous d’y adhérer sous peine de damnation éternelle ;'Mt., {{rom|v}}, 17 ; {{rom|X}}, 34 ; Mc, {{rom|xvi}}, 16. Il fallait justifier de telles prétentions, et les Juifs ne se firent pas faute de le dire. Jésus se réclame des prophéties qui l’ont annoncé, et dont ses auditeurs peuvent constater l’accomplissement en sa personne : Lc, {{rom|iv}}, 21 ; {{rom|xxiv}}, 27 ; Jo., {{rom|V}}, 39, 46. Il invoque les œuvres qu’il accomplit, les miracles qu’il opère au nom de celui qui l’a envoyé ; et, de fait, c’est surtout par l’exercice de son pouvoir thaumaturgique qu’il conquiert la foi de ses disciples et établit son autorité auprès
du peuple : Jo, {{rom|ii}}, 11, 23 ; {{rom|iii}}, 2 ; {{rom|vii}}, 31, etc. Cet appel de Jésus à ses œuvres, signes divins qui confirment sa mission, est surtout mis en relief dans le quatrième évangile, {{rom|v}}, 36 ; {{rom|xi}}, 42, etc. ; mais il n’est absent des trois autres, ni en principe, puisque le Christ y fait lui-même appel pour justifier son caractère messianique et son pouvoir dans l’ordre de la grâce et du salut, Mt., {{rom|xi}}, 4 ; Mc., {{rom|ii}}, 10 ; ni surtout en fait, puisque les miracles opérés par le Sauveur ont précisément pour résultat de le faire reconnaître pour un prophète, un envoyé de Dieu, un maître transcendant, Mt., {{rom|VIII}}, 27 ; {{rom|XIV}}, 33 ; Lc, {{rom|vii}}, 16. Si Jésus affirme qu’une âme de bonne volonté reconnaîtra le caractère divin de sa doctrine, Jo., {{rom|vii}}, 17, rien ne permet d’affirmer qu’il ait prétendu faire abstraction des signes qui confirmaient son témoignage ; c’est bien plutôt le rôle capital des dispositions subjectives et morales qu’il a en vue. Les signes divins, miracles et autres, n’ont pas une influence magique, indépendante de la libre coopération de celui qui doit croire ; mal disposé, il peut fermer les yeux à la lumière, mais avec une entière responsabilité ; lui-même est alors la cause de son propre aveuglement, Mt., {{rom|xi}}, 20 ; Jo., {{rom|XV}}, 24.
L’apologétique des apôtres s’inspire des mêmes principes. Dans ses deux premiers discours aux Juifs, saint Pierre appuie la mission divine et le caractère messianique de Jésus de Nazareth sur les prodiges de toute sorte qu’il a opérés durant sa vie, sur le grand fait de sa résurrection et sur l’accomplissement des prophéties relatives à sa passion et à son triomphe : Act., {{rom|II}}, 22, 24 ; {{rom|III}}, 17, 18. De même, dans l’Eglise naissante, la preuve des prophéties nous apparaît utilisée par le diacre Philippe, Act., {{rom|viii}}, 35 ; par saint Paul, Act., {{rom|xxviii}}, 23 ; I Cor., {{rom|xv}}, 3 ; par les évangélistes, surtout saint Matthieu et saint Marc.
Dans saint Jean, manifeste est l’intention d’appuyer sur les miracles de Jésus-Christ non pas seulement la glorification du Verbe incarné, mais encore la crédibilité de son caractère messianique et de sa filiation divine, {{rom|xx}}, 30-31 ; aussi reproche-t-il vivement aux Juifs leur incrédulité obstinée, malgré tant et de tels signes, {{rom|xii}}, 37. Leur propre autorité, les apôtres la fondent directement sous le mandat qu’ils ont reçu du Christ : ''{{lang|la|Petrus, apostolus Jesu Christi ; Paulus, vocatus apostolus Jesu Christi}}''. Mais Dieu, de son côté, corrobore leur témoignage en donnant à Leur prédication la sanction des miracles, comme le rappellent saint Marc et saint Paul en deux textes qui couvrent tout le ministère apostolique : ''{{lang|la|Domino cooperante et sermonem confirmante sequentibus signis}}'', Mc, {{rom|xvi}}, 20 ; ''{{lang|la|contestante Deo signis et porientis}}'', Heb., {{rom|ii}}, 4. Ainsi les premiers chrétiens pouvaient-ils être prêts à rendre raison des espéranci s que la foi allumait en leurs cœurs, suivant la recommandation du prince des apôtres, I Petr., {{rom|iii}}, 15.
2. ''Les Pères apostoliques''. — Les écrits de cette période s’adressent, en général, aux fidèles et traitent de la doctrine ou de la morale chrétienne ; telles, la Didaché, les lettres de saint Clément, de saint Ignace, de saint Poljcarpe. Dès lors, cependant, l’ère des apologies du christianisme s’ouvre par le petit traité de controA’crse antijudaïque qu’est l’épître de Barnabe.
L’élément apologétique est représenté par deux idées dominantes : l’annonce prophétique de Jésus-Christ et de la révélation chrétienne dans l’Ancien Testament, ''Did.'', {{rom|xiv}}, 3 ; ''Barn.'', {{rom|i}}, 7 ; {{rom|v}}, 2, 13 ; {{rom|vi}}, 7 ; ''I Clem.'', {{rom|XVI}}, 2 ; ''Ignat.'', ''ad Magn.'', {{rom|ix}}, 2 ; ''ad Philad.'', {{rom|iv}}, 2, etc. ; ''Polyc.'', {{rom|i}}, 2 ; {{rom|V}}, 13 ; puis, idée déjà courante chez saint Paul, Gal., {{rom|iii}}-{{rom|vi}} ; Heb., {{rom|iii}} sq., etc., substitution à l’ancienne, imparfaite et temporaire alliance, de la nouvelle, parfaite et définitive, ''Barn.'', {{rom|ii}}, 6 ; {{rom|ix}}, 4 ; ''Ignat.'', ''ad Magn.'', {{rom|viii}} ; {{rom|x}}, 3 ; ''ad Philad.'', {{rom|vi}}.<noinclude>
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Page:Dictionnaire de la Bible - F. Vigouroux - Tome V.djvu/373
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|727|PROPHÈTE — PROPHÉTIE|728}}</noinclude><section begin="Prophète"/>sont avec les Apôtres les fondements de l’Église. Éph., {{rom|ii}}, 20. Ils sont nommés encore après les Apôtres. Éph., {{rom|iii}}, 5 ; Apoc., {{rom|xviii}}, 28. Ils n’ont pas disparu avec l’âge apostolique. La Didaché, {{rom|x}}, 7 ; {{rom|xi}}, 7-12, dans Funk, ''{{lang|la|Patres apostolici}}'', {{2e}} {{édit.}}, Tubingue, 1901, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg|expl=pages}}24, 28-30, et le ''Pasteur'' d’Hermas, Mand., {{rom|xi}}, ''ibid''., {{pg|expl=pages}}502-510, les signalent encore et les distinguent des faux prophètes. Ces prophètes, possédés, dirigés et conduits par le Saint-Esprit, étaient des prédicateurs inspirés, qui prêchaient et exhortaient les fidèles ; c’étaient parfois des missionnaires qui, poussés par l’Esprit, répandaient comme les Apôtres l’Évangile. Mais leur prophétie était un charisme, une grâce d’exception, qui se manifestait quand et comme voulait l’Esprit. Cf. Cornely, ''{{lang|la|Prior Epistola ad Corinthios}}'', Paris, 1890, {{pg|expl=pages}}414 {{sq.}} — {{3o}} Jésus avait mis ses disciples en garde contre les faux prophètes. Matth., {{rom|vii}}, 15. Deux faux prophètes sont mentionnés dans le Nouveau Testament : Barjésu, Act., {{rom|xiii}}, 6-12, voir {{t.}}{{rom|i}}, {{col.}}1461, et une femme de Thyatire, Jézabel, Apoc., {{rom|ii}}, 20. Voir {{t.}}{{rom|iii}}, {{col.}}1536.
{{rom-maj|IX}}. {{sc|Bibliographie}}. — Plusieurs anciens écrivains ecclésiastiques ont réuni les données bibliques à beaucoup de détails légendaires pour composer des notices sur tous les prophètes de l’Ancien Testament. On possède en grec les fragments d’Eusèbe de Césarée, ''{{lang|la|De vitis prophetarum}}'', {{t.}}{{rom|xxii}}, {{col.}}1261-1272 ; deux recensions du ''{{lang|la|Liber de vitis prophetarum}}'', attribué à saint Épiphane, {{t.}}{{rom|xliii}}, {{col.}}393-414, 415-428 ; un livre analogue, publié sous le nom de Dorothée de Tyr, dans le ''{{lang|la|Chronicon pascale}}'', {{t.}}{{rom|xcii}}, {{col.}}360-397. Sur ces textes, voir {{lang|de|Th. Schermann, ''Propheten und Apostellegenden''}}, dans ''Texte und Untersuchungen'', de Harnack et de Schmidt, Leipzig, 1907, {{t.}}{{rom|xxxi}}, {{abr|fasc.|fascilule}} 3, {{pg|expl=pages}}1-133, qui en donne une édition plus complète et plus critique. Dans le recueil de saint Isidore de Séville : ''{{lang|la|De vita et obitu patrum qui in Scriptura laudibus efferuntur}}'', édité par Fabricius, ''{{lang|la|De vita et morte Mosis libri tres}}'', Hambourg, 1714, {{pg|expl=pages}}512-551, et par Migne, ''{{abr|Patr. Lat.|Patrologie latine}}'', {{t.}}{{rom|lxxxiii}}, {{col.|expl=colonnes}}131-156, il y a des notices sur les prophètes. Les légendes syriaques sur les prophètes ont été rassemblées par le nestorien Théodore bar Kôni, au {{s|ix}}, dans son ''Livre des scholies'', et par Michel le Syrien, ''Chronique'', {{édit.}} Chabot, Paris, 1899, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg}}63-101.
Sur les prophètes, on pourra consulter toutes les introductions aux livres de l’Ancien Testament. Citons seulement F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} {{édit.}}, Paris, 1906, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg|expl=pages}}566-591 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883 ; R. Cornely, ''{{lang|la|Introductio specialis in didacticos et propheticos V. {{t.}}libros}}'', Paris, 1887, {{pg|expl=pages}}267-305 ; card. Meignan, ''Les prophètes d’Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie'', Paris, 1892, {{pg|expl=pages}}1-48 ; {{Id.}}, ''Les prophètes d’Israël et le Messie depuis Salomon jusqu’à Daniel'', Paris, 1893, {{pg}}17 ; J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} {{édit.}}, Paris, 1902, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg}}138 {{sq.}} ; E. Laur, ''Die Prophetennamen des alten Testamentes'', Fribourg, 1903 ; *L. Gautier, ''Die Berufung der Propheten'', 1903. {{d|E. {{sc|Mangenot}}.}}
<section end="Prophète"/>
<section begin="Prophétesse"/>'''PROPHÉTESSE''' (hébreu : ''{{lang|he-Latn|nebî’âh}} ;'' Septante : {{lang|grc|προφῆτις}} ; Vulgate : ''{{lang|la|prophetis, prophetissa}}''), nom donné dans l’Écriture {{1o}} à des femmes douées de l’esprit de Dieu ; {{2o}} à Marie, sœur de Moïse, considérée comme poète ou chantant au son des instruments le cantique de Moïse, après le passage de la mer Rouge, Exod., {{rom|xv}}, 20 (sans avoir aucun don de prophétie, cf. Num., {{rom|xii}}, 6) ; {{3o}} à la femme du prophète Isaïe, ainsi appelée parce que son mari était prophète. — Les femmes à qui les auteurs sacrés donnent le titre de prophétesses dans la première acception du mot sont : Débora, qui rendait la justice aux tribus d’Israël avec le secours divin, Jud., {{rom|iv}}, 4 ; Holda, contemporaine du roi Josias, {{rom-maj|IV}} Reg., {{rom|xxii}}, 1-4 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxiv}}, 22 ; Noadias, fausse prophétesse, d’après l’hébreu, {{t.}}{{rom|iv}}, {{col.}}1635 (faux prophète d’après les Septante et la Vulgate), {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; et, dans le Nouveau Testament, Anne, fille de Phanuel. Luc, {{rom-maj|II}}, 36. Voir ces noms. — La Vulgate, dans l’Ancien Testament, n’a employé le mot ''{{lang|la|prophetissa}}'' que pour Marie, sœur de Moïse, et pour la femme d’Isaïe ; elle a donné à Débora et à Holda le titre de ''{{lang|la|prophetis}}''. En saint Luc, {{rom|ii}}, 36, Anne est appelée ''{{lang|la|prophetissa}}''.
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<section begin="Prophétie"/>'''PROPHÉTIE.''' — {{rom-maj|I}}. {{sc|Notion}}. — La notion biblique de la prophétie correspond à la définition du prophète d’Israël, donnée précédemment, {{col.}}705. La prophétie dans la Bible n’est donc pas une simple prévision de l’avenir, quoique l’historien juif Josèphe, ''{{abr|Ant. jud.|Antiquités judaïques}}'', {{rom-maj|XIII}}, {{rom|x}}, 7, l’ait définie : {{lang|grc|ἡ τῶν μελλόντων πρόγνωσις}}, et que plusieurs Pères de l’Église aient adopté cette définition. Voir {{col.}}709. Elle a, en réalité, une signification plus large, et elle désigne toute manifestation de la volonté divine à un prophète et, par l’intermédiaire de celui-ci, aux autres hommes.
Les noms qu’elle porte dans la Bible correspondent aux différents noms des prophètes. Si le prophète est un {{lang|rtl|he|לאֶה}}, « voyant », la prophétie est une « vision », {{lang|rtl|he|הַמַּרְאָה}}, {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|ix}}, 15, et une vision de Dieu, communiquée par Dieu. Ezech., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|viii}}, 3 ; {{rom|xl}}, 2. Ce nom ne désigne pas seulement ce que Dieu fait voir aux yeux du corps ou de l’esprit, mais encore ce qu’il fait entendre aux oreilles. La vision est donc synonyme de la parole de Dieu. {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|iii}}, 1, 15 ; {{rom-maj|IX}}, 10-18. Elle désigne par suite toute révélation divine. Ezech., {{rom|i}}, 9 ; {{rom|ii}}, 2 ; {{rom|iii}}, 5 ; {{rom|v}}, 6 ; {{rom|vi}}, 4, etc. Le verbe {{lang|dir|he|רָאָה}} est souvent employé dans les phrases dans lesquelles les prophètes rapportent les révélations qu’ils ont reçues de Dieu. Is., {{rom|vl}}, 1 ; {{rom|xxi}}, 6 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13 ; Ezech., {{rom|i}}, 15 ; {{rom|iii}}, 23, etc. ; Joël, {{rom|iii}}, 1 ; Amos, {{rom|vii}}, 8 ; {{rom|viii}}, 2 ; Hab., {{rom|ii}}, 1 ; Zach., {{rom|i}}, 8 ; {{rom|ii}}, 4, etc. Partout, c’est Dieu qui fait voir (le verbe est à l’hiphil). Jer., {{rom|xxiv}}, 1 ; Ezech., {{rom|xl}}, 4 ; Amos, {{rom|vii}}, 1 {{sq.}} ; {{rom|viii}}, 1 ; Zach., {{rom|ii}}, 3 ; {{rom|iii}}, 1. Le voyant ne voit que ce que Dieu lui fait voir. La vision est donc une révélation divine. Cf. S. Isidore de Séville, ''Etym.'', 1. {{rom-maj|VII}}, c {{rom|viii}}, {{t.}}{{rom|lxxxii}}, {{col.}}283 ; S. Thomas, ''{{lang|de|Sum. theol.}}'', {{rom-maj|II}}{{e|a}} {{rom-maj|II}}{{e|æ}}, q. {{rom|clxxi}}, a. 1. — Si le voyant est dit {{lang|rtl|he|הֹזֶה}}, sa vision se nomme alors {{lang|rtl|he|הָזוֹן}}. Ce nom désigne la parole révélée par Dieu, {{rom-maj|II}} Sam., {{rom|vii}}, 17 ; {{rom-maj|I}} Par., {{rom|xvii}}, 5, ou la chose elle-même. Hab., Il, 2, 3. La révélation est dite « vision », Ezeeh., {{rom|vii}}, 13 ; {{rom|viii}}, 22 ; x, 1, 9 ; {{rom|xii}}, 13, 24, 27, ou « parole de vision ». Ezech., xii, 23. On parle une vision, Jer., {{rom|xxiii}}, 16 (faux prophète), comme on voit une parole. {{rom-maj|I}} (III) Reg., {{rom|xxii}}, 19 ; Is., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|xiii}}, 1 ; Amos, {{rom|i}}, 1, etc. ; Abdias, {{rom|i}}, 1 ; Mich., {{rom-maj|I}}, 1 ; Nahum, {{rom|i}}, 1 ; Hab., {{rom|i}}, 1 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13. Jérémie a eu une vision de la bouche de Dieu. Jer., {{rom|xxiii}}, 16. La vision ainsi nommée est donc encore une révélation divine, une manifestation de la parole de Dieu. — {{3o}} Le substantif {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}, nebû’âh, correspondant à {{lang|rtl|he|נָבִיא}}, désigne un oracle, {{rom-maj|I}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xv}}, 8, ou même un écrit prophétique. {{rom-maj|II}} Par., {{rom|ix}}, 29. — Dans les Septante, le mot grec {{lang|grc|προφητεία}} répond soit à {{lang|rtl|he|חָזוֹן}}, ḥâzôn, {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxii}}, 32, soit à {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}. {{rom-maj|I}}{{lié}}Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12. — La prophétie consiste donc en une action extraordinaire ou surnaturelle, par laquelle Dieu communique à son prophète certaines lumières ou connaissances avec mission de les transmettre aux autres hommes.
{{rom-maj|II}}. {{sc|Manières dont Dieu communiquait aux prophètes ses volontés.}} — Pour connaître les vérités qu’ils devaient manifester de la part de Dieu, les prophètes d’Israël n’employaient aucun des procédés
<section end="Prophétie"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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{{rom-maj|IX}}. {{sc|Bibliographie}}. — Plusieurs anciens écrivains ecclésiastiques ont réuni les données bibliques à beaucoup de détails légendaires pour composer des notices sur tous les prophètes de l’Ancien Testament. On possède en grec les fragments d’Eusèbe de Césarée, ''{{lang|la|De vitis prophetarum}}'', {{t.}}{{rom|xxii}}, {{col.}}1261-1272 ; deux recensions du ''{{lang|la|Liber de vitis prophetarum}}'', attribué à saint Épiphane, {{t.}}{{rom|xliii}}, {{col.}}393-414, 415-428 ; un livre analogue, publié sous le nom de Dorothée de Tyr, dans le ''{{lang|la|Chronicon pascale}}'', {{t.}}{{rom|xcii}}, {{col.}}360-397. Sur ces textes, voir {{lang|de|Th. Schermann, ''Propheten und Apostellegenden''}}, dans ''Texte und Untersuchungen'', de Harnack et de Schmidt, Leipzig, 1907, {{t.}}{{rom|xxxi}}, {{abr|fasc.|fascilule}} 3, {{pg|expl=pages}}1-133, qui en donne une édition plus complète et plus critique. Dans le recueil de saint Isidore de Séville : ''{{lang|la|De vita et obitu patrum qui in Scriptura laudibus efferuntur}}'', édité par Fabricius, ''{{lang|la|De vita et morte Mosis libri tres}}'', Hambourg, 1714, {{pg|expl=pages}}512-551, et par Migne, ''{{abr|Patr. Lat.|Patrologie latine}}'', {{t.}}{{rom|lxxxiii}}, {{col.|expl=colonnes}}131-156, il y a des notices sur les prophètes. Les légendes syriaques sur les prophètes ont été rassemblées par le nestorien Théodore bar Kôni, au {{s|ix}}, dans son ''Livre des scholies'', et par Michel le Syrien, ''Chronique'', {{édit.}} Chabot, Paris, 1899, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg}}63-101.
Sur les prophètes, on pourra consulter toutes les introductions aux livres de l’Ancien Testament. Citons seulement F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} {{édit.}}, Paris, 1906, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg|expl=pages}}566-591 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883 ; R. Cornely, ''{{lang|la|Introductio specialis in didacticos et propheticos V. {{t.}}libros}}'', Paris, 1887, {{pg|expl=pages}}267-305 ; card. Meignan, ''Les prophètes d’Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie'', Paris, 1892, {{pg|expl=pages}}1-48 ; {{Id.}}, ''Les prophètes d’Israël et le Messie depuis Salomon jusqu’à Daniel'', Paris, 1893, {{pg}}17 ; J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} {{édit.}}, Paris, 1902, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg}}138 {{sq.}} ; E. Laur, ''Die Prophetennamen des alten Testamentes'', Fribourg, 1903 ; *L. Gautier, ''Die Berufung der Propheten'', 1903. {{d|E. {{sc|Mangenot}}.}}
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<section begin="Prophétesse"/>'''PROPHÉTESSE''' (hébreu : ''{{lang|he-Latn|nebî’âh}} ;'' Septante : {{lang|grc|προφῆτις}} ; Vulgate : ''{{lang|la|prophetis, prophetissa}}''), nom donné dans l’Écriture {{1o}} à des femmes douées de l’esprit de Dieu ; {{2o}} à Marie, sœur de Moïse, considérée comme poète ou chantant au son des instruments le cantique de Moïse, après le passage de la mer Rouge, Exod., {{rom|xv}}, 20 (sans avoir aucun don de prophétie, cf. Num., {{rom|xii}}, 6) ; {{3o}} à la femme du prophète Isaïe, ainsi appelée parce que son mari était prophète. — Les femmes à qui les auteurs sacrés donnent le titre de prophétesses dans la première acception du mot sont : Débora, qui rendait la justice aux tribus d’Israël avec le secours divin, Jud., {{rom|iv}}, 4 ; Holda, contemporaine du roi Josias, {{rom-maj|IV}} Reg., {{rom|xxii}}, 1-4 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxiv}}, 22 ; Noadias, fausse prophétesse, d’après l’hébreu, {{t.}}{{rom|iv}}, {{col.}}1635 (faux prophète d’après les Septante et la Vulgate), {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; et, dans le Nouveau Testament, Anne, fille de Phanuel. Luc, {{rom-maj|II}}, 36. Voir ces noms. — La Vulgate, dans l’Ancien Testament, n’a employé le mot ''{{lang|la|prophetissa}}'' que pour Marie, sœur de Moïse, et pour la femme d’Isaïe ; elle a donné à Débora et à Holda le titre de ''{{lang|la|prophetis}}''. En saint Luc, {{rom|ii}}, 36, Anne est appelée ''{{lang|la|prophetissa}}''.
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<section begin="Prophétie"/>'''PROPHÉTIE.''' — {{rom-maj|I}}. {{sc|Notion}}. — La notion biblique de la prophétie correspond à la définition du prophète d’Israël, donnée précédemment, {{col.}}705. La prophétie dans la Bible n’est donc pas une simple prévision de l’avenir, quoique l’historien juif Josèphe, ''{{abr|Ant. jud.|Antiquités judaïques}}'', {{rom-maj|XIII}}, {{rom|x}}, 7, l’ait définie : {{lang|grc|ἡ τῶν μελλόντων πρόγνωσις}}, et que plusieurs Pères de l’Église aient adopté cette définition. Voir {{col.}}709. Elle a, en réalité, une signification plus large, et elle désigne toute manifestation de la volonté divine à un prophète et, par l’intermédiaire de celui-ci, aux autres hommes.
Les noms qu’elle porte dans la Bible correspondent aux différents noms des prophètes. Si le prophète est un {{lang|rtl|he|לאֶה}}, « voyant », la prophétie est une « vision », {{lang|rtl|he|הַמַּרְאָה}}, {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|ix}}, 15, et une vision de Dieu, communiquée par Dieu. Ezech., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|viii}}, 3 ; {{rom|xl}}, 2. Ce nom ne désigne pas seulement ce que Dieu fait voir aux yeux du corps ou de l’esprit, mais encore ce qu’il fait entendre aux oreilles. La vision est donc synonyme de la parole de Dieu. {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|iii}}, 1, 15 ; {{rom-maj|IX}}, 10-18. Elle désigne par suite toute révélation divine. Ezech., {{rom|i}}, 9 ; {{rom|ii}}, 2 ; {{rom|iii}}, 5 ; {{rom|v}}, 6 ; {{rom|vi}}, 4, etc. Le verbe {{lang|dir|he|רָאָה}} est souvent employé dans les phrases dans lesquelles les prophètes rapportent les révélations qu’ils ont reçues de Dieu. Is., {{rom|vl}}, 1 ; {{rom|xxi}}, 6 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13 ; Ezech., {{rom|i}}, 15 ; {{rom|iii}}, 23, etc. ; Joël, {{rom|iii}}, 1 ; Amos, {{rom|vii}}, 8 ; {{rom|viii}}, 2 ; Hab., {{rom|ii}}, 1 ; Zach., {{rom|i}}, 8 ; {{rom|ii}}, 4, etc. Partout, c’est Dieu qui fait voir (le verbe est à l’hiphil). Jer., {{rom|xxiv}}, 1 ; Ezech., {{rom|xl}}, 4 ; Amos, {{rom|vii}}, 1 {{sq.}} ; {{rom|viii}}, 1 ; Zach., {{rom|ii}}, 3 ; {{rom|iii}}, 1. Le voyant ne voit que ce que Dieu lui fait voir. La vision est donc une révélation divine. Cf. S. Isidore de Séville, ''Etym.'', 1. {{rom-maj|VII}}, c {{rom|viii}}, {{t.}}{{rom|lxxxii}}, {{col.}}283 ; S. Thomas, ''{{lang|de|Sum. theol.}}'', {{rom-maj|II}}{{e|a}} {{rom-maj|II}}{{e|æ}}, q. {{rom|clxxi}}, a. 1. — Si le voyant est dit {{lang|rtl|he|הֹזֶה}}, sa vision se nomme alors {{lang|rtl|he|הָזוֹן}}. Ce nom désigne la parole révélée par Dieu, {{rom-maj|II}} Sam., {{rom|vii}}, 17 ; {{rom-maj|I}} Par., {{rom|xvii}}, 5, ou la chose elle-même. Hab., Il, 2, 3. La révélation est dite « vision », Ezeeh., {{rom|vii}}, 13 ; {{rom|viii}}, 22 ; x, 1, 9 ; {{rom|xii}}, 13, 24, 27, ou « parole de vision ». Ezech., xii, 23. On parle une vision, Jer., {{rom|xxiii}}, 16 (faux prophète), comme on voit une parole. {{rom-maj|I}} (III) Reg., {{rom|xxii}}, 19 ; Is., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|xiii}}, 1 ; Amos, {{rom|i}}, 1, etc. ; Abdias, {{rom|i}}, 1 ; Mich., {{rom-maj|I}}, 1 ; Nahum, {{rom|i}}, 1 ; Hab., {{rom|i}}, 1 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13. Jérémie a eu une vision de la bouche de Dieu. Jer., {{rom|xxiii}}, 16. La vision ainsi nommée est donc encore une révélation divine, une manifestation de la parole de Dieu. — {{3o}} Le substantif {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}, nebû’âh, correspondant à {{lang|rtl|he|נָבִיא}}, désigne un oracle, {{rom-maj|I}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xv}}, 8, ou même un écrit prophétique. {{rom-maj|II}} Par., {{rom|ix}}, 29. — Dans les Septante, le mot grec {{lang|grc|προφητεία}} répond soit à {{lang|rtl|he|חָזוֹן}}, ḥâzôn, {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxii}}, 32, soit à {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}. {{rom-maj|I}}{{lié}}Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12. — La prophétie consiste donc en une action extraordinaire ou surnaturelle, par laquelle Dieu communique à son prophète certaines lumières ou connaissances avec mission de les transmettre aux autres hommes.
{{rom-maj|II}}. {{sc|Manières dont Dieu communiquait aux prophètes ses volontés.}} — Pour connaître les vérités qu’ils devaient manifester de la part de Dieu, les prophètes d’Israël n’employaient aucun des procédés
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|727|PROPHÈTE — PROPHÉTIE|728}}</noinclude><section begin="Prophète"/>sont avec les Apôtres les fondements de l’Église. Éph., {{rom|ii}}, 20. Ils sont nommés encore après les Apôtres. Éph., {{rom|iii}}, 5 ; Apoc., {{rom|xviii}}, 28. Ils n’ont pas disparu avec l’âge apostolique. La ''Didaché'', {{rom|x}}, 7 ; {{rom|xi}}, 7-12, dans Funk, ''{{lang|la|Patres apostolici}}'', {{2e}} {{édit.}}, Tubingue, 1901, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg|expl=pages}}24, 28-30, et le ''Pasteur'' d’Hermas, Mand., {{rom|xi}}, ''ibid''., {{pg|expl=pages}}502-510, les signalent encore et les distinguent des faux prophètes. Ces prophètes, possédés, dirigés et conduits par le Saint-Esprit, étaient des prédicateurs inspirés, qui prêchaient et exhortaient les fidèles ; c’étaient parfois des missionnaires qui, poussés par l’Esprit, répandaient comme les Apôtres l’Évangile. Mais leur prophétie était un charisme, une grâce d’exception, qui se manifestait quand et comme voulait l’Esprit. Cf. Cornely, ''{{lang|la|Prior Epistola ad Corinthios}}'', Paris, 1890, {{pg|expl=pages}}414 {{sq.}} — {{3o}} Jésus avait mis ses disciples en garde contre les faux prophètes. Matth., {{rom|vii}}, 15. Deux faux prophètes sont mentionnés dans le Nouveau Testament : Barjésu, Act., {{rom|xiii}}, 6-12, voir {{t.}}{{rom|i}}, {{col.}}1461, et une femme de Thyatire, Jézabel, Apoc., {{rom|ii}}, 20. Voir {{t.}}{{rom|iii}}, {{col.}}1536.
{{rom-maj|IX}}. {{sc|Bibliographie}}. — Plusieurs anciens écrivains ecclésiastiques ont réuni les données bibliques à beaucoup de détails légendaires pour composer des notices sur tous les prophètes de l’Ancien Testament. On possède en grec les fragments d’Eusèbe de Césarée, ''{{lang|la|De vitis prophetarum}}'', {{t.}}{{rom|xxii}}, {{col.}}1261-1272 ; deux recensions du ''{{lang|la|Liber de vitis prophetarum}}'', attribué à saint Épiphane, {{t.}}{{rom|xliii}}, {{col.}}393-414, 415-428 ; un livre analogue, publié sous le nom de Dorothée de Tyr, dans le ''{{lang|la|Chronicon pascale}}'', {{t.}}{{rom|xcii}}, {{col.}}360-397. Sur ces textes, voir {{lang|de|Th. Schermann, ''Propheten und Apostellegenden''}}, dans ''Texte und Untersuchungen'', de Harnack et de Schmidt, Leipzig, 1907, {{t.}}{{rom|xxxi}}, {{abr|fasc.|fascilule}} 3, {{pg|expl=pages}}1-133, qui en donne une édition plus complète et plus critique. Dans le recueil de saint Isidore de Séville : ''{{lang|la|De vita et obitu patrum qui in Scriptura laudibus efferuntur}}'', édité par Fabricius, ''{{lang|la|De vita et morte Mosis libri tres}}'', Hambourg, 1714, {{pg|expl=pages}}512-551, et par Migne, ''{{abr|Patr. Lat.|Patrologie latine}}'', {{t.}}{{rom|lxxxiii}}, {{col.|expl=colonnes}}131-156, il y a des notices sur les prophètes. Les légendes syriaques sur les prophètes ont été rassemblées par le nestorien Théodore bar Kôni, au {{s|ix}}, dans son ''Livre des scholies'', et par Michel le Syrien, ''Chronique'', {{édit.}} Chabot, Paris, 1899, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg}}63-101.
Sur les prophètes, on pourra consulter toutes les introductions aux livres de l’Ancien Testament. Citons seulement F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} {{édit.}}, Paris, 1906, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg|expl=pages}}566-591 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883 ; R. Cornely, ''{{lang|la|Introductio specialis in didacticos et propheticos V. {{t.}}libros}}'', Paris, 1887, {{pg|expl=pages}}267-305 ; card. Meignan, ''Les prophètes d’Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie'', Paris, 1892, {{pg|expl=pages}}1-48 ; {{Id.}}, ''Les prophètes d’Israël et le Messie depuis Salomon jusqu’à Daniel'', Paris, 1893, {{pg}}17 ; J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} {{édit.}}, Paris, 1902, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg}}138 {{sq.}} ; E. Laur, ''Die Prophetennamen des alten Testamentes'', Fribourg, 1903 ; *L. Gautier, ''Die Berufung der Propheten'', 1903. {{d|[Auteur:Eugène Mangenor|E. Mangenot]].|3|sc}}
<section end="Prophète"/>
<section begin="Prophétesse"/>'''PROPHÉTESSE''' (hébreu : ''{{lang|he-Latn|nebî’âh}} ;'' Septante : {{lang|grc|προφῆτις}} ; Vulgate : ''{{lang|la|prophetis, prophetissa}}''), nom donné dans l’Écriture {{1o}} à des femmes douées de l’esprit de Dieu ; {{2o}} à Marie, sœur de Moïse, considérée comme poète ou chantant au son des instruments le cantique de Moïse, après le passage de la mer Rouge, Exod., {{rom|xv}}, 20 (sans avoir aucun don de prophétie, cf. Num., {{rom|xii}}, 6) ; {{3o}} à la femme du prophète Isaïe, ainsi appelée parce que son mari était prophète. — Les femmes à qui les auteurs sacrés donnent le titre de prophétesses dans la première acception du mot sont : Débora, qui rendait la justice aux tribus d’Israël avec le secours divin, Jud., {{rom|iv}}, 4 ; Holda, contemporaine du roi Josias, {{rom-maj|IV}} Reg., {{rom|xxii}}, 1-4 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxiv}}, 22 ; Noadias, fausse prophétesse, d’après l’hébreu, {{t.}}{{rom|iv}}, {{col.}}1635 (faux prophète d’après les Septante et la Vulgate), {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; et, dans le Nouveau Testament, Anne, fille de Phanuel. Luc, {{rom-maj|II}}, 36. Voir ces noms. — La Vulgate, dans l’Ancien Testament, n’a employé le mot ''{{lang|la|prophetissa}}'' que pour Marie, sœur de Moïse, et pour la femme d’Isaïe ; elle a donné à Débora et à Holda le titre de ''{{lang|la|prophetis}}''. En saint Luc, {{rom|ii}}, 36, Anne est appelée ''{{lang|la|prophetissa}}''.
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<section begin="Prophétie"/>'''PROPHÉTIE.''' — {{rom-maj|I}}. {{sc|Notion}}. — La notion biblique de la prophétie correspond à la définition du prophète d’Israël, donnée précédemment, {{col.}}705. La prophétie dans la Bible n’est donc pas une simple prévision de l’avenir, quoique l’historien juif Josèphe, ''{{abr|Ant. jud.|Antiquités judaïques}}'', {{rom-maj|XIII}}, {{rom|x}}, 7, l’ait définie : {{lang|grc|ἡ τῶν μελλόντων πρόγνωσις}}, et que plusieurs Pères de l’Église aient adopté cette définition. Voir {{col.}}709. Elle a, en réalité, une signification plus large, et elle désigne toute manifestation de la volonté divine à un prophète et, par l’intermédiaire de celui-ci, aux autres hommes.
Les noms qu’elle porte dans la Bible correspondent aux différents noms des prophètes. Si le prophète est un {{lang|rtl|he|לאֶה}}, « voyant », la prophétie est une « vision », {{lang|rtl|he|הַמַּרְאָה}}, {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|ix}}, 15, et une vision de Dieu, communiquée par Dieu. Ezech., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|viii}}, 3 ; {{rom|xl}}, 2. Ce nom ne désigne pas seulement ce que Dieu fait voir aux yeux du corps ou de l’esprit, mais encore ce qu’il fait entendre aux oreilles. La vision est donc synonyme de la parole de Dieu. {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|iii}}, 1, 15 ; {{rom-maj|IX}}, 10-18. Elle désigne par suite toute révélation divine. Ezech., {{rom|i}}, 9 ; {{rom|ii}}, 2 ; {{rom|iii}}, 5 ; {{rom|v}}, 6 ; {{rom|vi}}, 4, etc. Le verbe {{lang|dir|he|רָאָה}} est souvent employé dans les phrases dans lesquelles les prophètes rapportent les révélations qu’ils ont reçues de Dieu. Is., {{rom|vl}}, 1 ; {{rom|xxi}}, 6 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13 ; Ezech., {{rom|i}}, 15 ; {{rom|iii}}, 23, etc. ; Joël, {{rom|iii}}, 1 ; Amos, {{rom|vii}}, 8 ; {{rom|viii}}, 2 ; Hab., {{rom|ii}}, 1 ; Zach., {{rom|i}}, 8 ; {{rom|ii}}, 4, etc. Partout, c’est Dieu qui fait voir (le verbe est à l’hiphil). Jer., {{rom|xxiv}}, 1 ; Ezech., {{rom|xl}}, 4 ; Amos, {{rom|vii}}, 1 {{sq.}} ; {{rom|viii}}, 1 ; Zach., {{rom|ii}}, 3 ; {{rom|iii}}, 1. Le voyant ne voit que ce que Dieu lui fait voir. La vision est donc une révélation divine. Cf. S. Isidore de Séville, ''Etym.'', 1. {{rom-maj|VII}}, c {{rom|viii}}, {{t.}}{{rom|lxxxii}}, {{col.}}283 ; S. Thomas, ''{{lang|de|Sum. theol.}}'', {{rom-maj|II}}{{e|a}} {{rom-maj|II}}{{e|æ}}, q. {{rom|clxxi}}, a. 1. — Si le voyant est dit {{lang|rtl|he|הֹזֶה}}, sa vision se nomme alors {{lang|rtl|he|הָזוֹן}}. Ce nom désigne la parole révélée par Dieu, {{rom-maj|II}} Sam., {{rom|vii}}, 17 ; {{rom-maj|I}} Par., {{rom|xvii}}, 5, ou la chose elle-même. Hab., Il, 2, 3. La révélation est dite « vision », Ezeeh., {{rom|vii}}, 13 ; {{rom|viii}}, 22 ; x, 1, 9 ; {{rom|xii}}, 13, 24, 27, ou « parole de vision ». Ezech., xii, 23. On parle une vision, Jer., {{rom|xxiii}}, 16 (faux prophète), comme on voit une parole. {{rom-maj|I}} (III) Reg., {{rom|xxii}}, 19 ; Is., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|xiii}}, 1 ; Amos, {{rom|i}}, 1, etc. ; Abdias, {{rom|i}}, 1 ; Mich., {{rom-maj|I}}, 1 ; Nahum, {{rom|i}}, 1 ; Hab., {{rom|i}}, 1 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13. Jérémie a eu une vision de la bouche de Dieu. Jer., {{rom|xxiii}}, 16. La vision ainsi nommée est donc encore une révélation divine, une manifestation de la parole de Dieu. — {{3o}} Le substantif {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}, nebû’âh, correspondant à {{lang|rtl|he|נָבִיא}}, désigne un oracle, {{rom-maj|I}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xv}}, 8, ou même un écrit prophétique. {{rom-maj|II}} Par., {{rom|ix}}, 29. — Dans les Septante, le mot grec {{lang|grc|προφητεία}} répond soit à {{lang|rtl|he|חָזוֹן}}, ḥâzôn, {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxii}}, 32, soit à {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}. {{rom-maj|I}}{{lié}}Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12. — La prophétie consiste donc en une action extraordinaire ou surnaturelle, par laquelle Dieu communique à son prophète certaines lumières ou connaissances avec mission de les transmettre aux autres hommes.
{{rom-maj|II}}. {{sc|Manières dont Dieu communiquait aux prophètes ses volontés.}} — Pour connaître les vérités qu’ils devaient manifester de la part de Dieu, les prophètes d’Israël n’employaient aucun des procédés
<section end="Prophétie"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|727|PROPHÈTE — PROPHÉTIE|728}}</noinclude><section begin="Prophète"/>sont avec les Apôtres les fondements de l’Église. Éph., {{rom|ii}}, 20. Ils sont nommés encore après les Apôtres. Éph., {{rom|iii}}, 5 ; Apoc., {{rom|xviii}}, 28. Ils n’ont pas disparu avec l’âge apostolique. La ''Didaché'', {{rom|x}}, 7 ; {{rom|xi}}, 7-12, dans Funk, ''{{lang|la|Patres apostolici}}'', {{2e}} {{édit.}}, Tubingue, 1901, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg|expl=pages}}24, 28-30, et le ''Pasteur'' d’Hermas, Mand., {{rom|xi}}, ''ibid''., {{pg|expl=pages}}502-510, les signalent encore et les distinguent des faux prophètes. Ces prophètes, possédés, dirigés et conduits par le Saint-Esprit, étaient des prédicateurs inspirés, qui prêchaient et exhortaient les fidèles ; c’étaient parfois des missionnaires qui, poussés par l’Esprit, répandaient comme les Apôtres l’Évangile. Mais leur prophétie était un charisme, une grâce d’exception, qui se manifestait quand et comme voulait l’Esprit. Cf. Cornely, ''{{lang|la|Prior Epistola ad Corinthios}}'', Paris, 1890, {{pg|expl=pages}}414 {{sq.}} — {{3o}} Jésus avait mis ses disciples en garde contre les faux prophètes. Matth., {{rom|vii}}, 15. Deux faux prophètes sont mentionnés dans le Nouveau Testament : Barjésu, Act., {{rom|xiii}}, 6-12, voir {{t.}}{{rom|i}}, {{col.}}1461, et une femme de Thyatire, Jézabel, Apoc., {{rom|ii}}, 20. Voir {{t.}}{{rom|iii}}, {{col.}}1536.
{{rom-maj|IX}}. {{sc|Bibliographie}}. — Plusieurs anciens écrivains ecclésiastiques ont réuni les données bibliques à beaucoup de détails légendaires pour composer des notices sur tous les prophètes de l’Ancien Testament. On possède en grec les fragments d’Eusèbe de Césarée, ''{{lang|la|De vitis prophetarum}}'', {{t.}}{{rom|xxii}}, {{col.}}1261-1272 ; deux recensions du ''{{lang|la|Liber de vitis prophetarum}}'', attribué à saint Épiphane, {{t.}}{{rom|xliii}}, {{col.}}393-414, 415-428 ; un livre analogue, publié sous le nom de Dorothée de Tyr, dans le ''{{lang|la|Chronicon pascale}}'', {{t.}}{{rom|xcii}}, {{col.}}360-397. Sur ces textes, voir {{lang|de|Th. Schermann, ''Propheten und Apostellegenden''}}, dans ''Texte und Untersuchungen'', de Harnack et de Schmidt, Leipzig, 1907, {{t.}}{{rom|xxxi}}, {{abr|fasc.|fascilule}} 3, {{pg|expl=pages}}1-133, qui en donne une édition plus complète et plus critique. Dans le recueil de saint Isidore de Séville : ''{{lang|la|De vita et obitu patrum qui in Scriptura laudibus efferuntur}}'', édité par Fabricius, ''{{lang|la|De vita et morte Mosis libri tres}}'', Hambourg, 1714, {{pg|expl=pages}}512-551, et par Migne, ''{{abr|Patr. Lat.|Patrologie latine}}'', {{t.}}{{rom|lxxxiii}}, {{col.|expl=colonnes}}131-156, il y a des notices sur les prophètes. Les légendes syriaques sur les prophètes ont été rassemblées par le nestorien Théodore bar Kôni, au {{s|ix}}, dans son ''Livre des scholies'', et par Michel le Syrien, ''Chronique'', {{édit.}} Chabot, Paris, 1899, {{t.}}{{rom|i}}, {{pg}}63-101.
Sur les prophètes, on pourra consulter toutes les introductions aux livres de l’Ancien Testament. Citons seulement F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} {{édit.}}, Paris, 1906, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg|expl=pages}}566-591 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883 ; R. Cornely, ''{{lang|la|Introductio specialis in didacticos et propheticos V. {{t.}}libros}}'', Paris, 1887, {{pg|expl=pages}}267-305 ; card. Meignan, ''Les prophètes d’Israël. Quatre siècles de lutte contre l’idolâtrie'', Paris, 1892, {{pg|expl=pages}}1-48 ; {{Id.}}, ''Les prophètes d’Israël et le Messie depuis Salomon jusqu’à Daniel'', Paris, 1893, {{pg}}17 ; J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} {{édit.}}, Paris, 1902, {{t.}}{{rom|ii}}, {{pg}}138 {{sq.}} ; E. Laur, ''Die Prophetennamen des alten Testamentes'', Fribourg, 1903 ; *L. Gautier, ''Die Berufung der Propheten'', 1903. {{d|[[Auteur:Eugène Mangenot|E. Mangenot]].|3|sc}}
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<section begin="Prophétesse"/>'''PROPHÉTESSE''' (hébreu : ''{{lang|he-Latn|nebî’âh}} ;'' Septante : {{lang|grc|προφῆτις}} ; Vulgate : ''{{lang|la|prophetis, prophetissa}}''), nom donné dans l’Écriture {{1o}} à des femmes douées de l’esprit de Dieu ; {{2o}} à Marie, sœur de Moïse, considérée comme poète ou chantant au son des instruments le cantique de Moïse, après le passage de la mer Rouge, Exod., {{rom|xv}}, 20 (sans avoir aucun don de prophétie, cf. Num., {{rom|xii}}, 6) ; {{3o}} à la femme du prophète Isaïe, ainsi appelée parce que son mari était prophète. — Les femmes à qui les auteurs sacrés donnent le titre de prophétesses dans la première acception du mot sont : Débora, qui rendait la justice aux tribus d’Israël avec le secours divin, Jud., {{rom|iv}}, 4 ; Holda, contemporaine du roi Josias, {{rom-maj|IV}} Reg., {{rom|xxii}}, 1-4 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxiv}}, 22 ; Noadias, fausse prophétesse, d’après l’hébreu, {{t.}}{{rom|iv}}, {{col.}}1635 (faux prophète d’après les Septante et la Vulgate), {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; et, dans le Nouveau Testament, Anne, fille de Phanuel. Luc, {{rom-maj|II}}, 36. Voir ces noms. — La Vulgate, dans l’Ancien Testament, n’a employé le mot ''{{lang|la|prophetissa}}'' que pour Marie, sœur de Moïse, et pour la femme d’Isaïe ; elle a donné à Débora et à Holda le titre de ''{{lang|la|prophetis}}''. En saint Luc, {{rom|ii}}, 36, Anne est appelée ''{{lang|la|prophetissa}}''.
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<section begin="Prophétie"/>'''PROPHÉTIE.''' — {{rom-maj|I}}. {{sc|Notion}}. — La notion biblique de la prophétie correspond à la définition du prophète d’Israël, donnée précédemment, {{col.}}705. La prophétie dans la Bible n’est donc pas une simple prévision de l’avenir, quoique l’historien juif Josèphe, ''{{abr|Ant. jud.|Antiquités judaïques}}'', {{rom-maj|XIII}}, {{rom|x}}, 7, l’ait définie : {{lang|grc|ἡ τῶν μελλόντων πρόγνωσις}}, et que plusieurs Pères de l’Église aient adopté cette définition. Voir {{col.}}709. Elle a, en réalité, une signification plus large, et elle désigne toute manifestation de la volonté divine à un prophète et, par l’intermédiaire de celui-ci, aux autres hommes.
Les noms qu’elle porte dans la Bible correspondent aux différents noms des prophètes. Si le prophète est un {{lang|rtl|he|לאֶה}}, « voyant », la prophétie est une « vision », {{lang|rtl|he|הַמַּרְאָה}}, {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|ix}}, 15, et une vision de Dieu, communiquée par Dieu. Ezech., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|viii}}, 3 ; {{rom|xl}}, 2. Ce nom ne désigne pas seulement ce que Dieu fait voir aux yeux du corps ou de l’esprit, mais encore ce qu’il fait entendre aux oreilles. La vision est donc synonyme de la parole de Dieu. {{rom-maj|I}} Sam., {{rom|iii}}, 1, 15 ; {{rom-maj|IX}}, 10-18. Elle désigne par suite toute révélation divine. Ezech., {{rom|i}}, 9 ; {{rom|ii}}, 2 ; {{rom|iii}}, 5 ; {{rom|v}}, 6 ; {{rom|vi}}, 4, etc. Le verbe {{lang|dir|he|רָאָה}} est souvent employé dans les phrases dans lesquelles les prophètes rapportent les révélations qu’ils ont reçues de Dieu. Is., {{rom|vl}}, 1 ; {{rom|xxi}}, 6 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13 ; Ezech., {{rom|i}}, 15 ; {{rom|iii}}, 23, etc. ; Joël, {{rom|iii}}, 1 ; Amos, {{rom|vii}}, 8 ; {{rom|viii}}, 2 ; Hab., {{rom|ii}}, 1 ; Zach., {{rom|i}}, 8 ; {{rom|ii}}, 4, etc. Partout, c’est Dieu qui fait voir (le verbe est à l’hiphil). Jer., {{rom|xxiv}}, 1 ; Ezech., {{rom|xl}}, 4 ; Amos, {{rom|vii}}, 1 {{sq.}} ; {{rom|viii}}, 1 ; Zach., {{rom|ii}}, 3 ; {{rom|iii}}, 1. Le voyant ne voit que ce que Dieu lui fait voir. La vision est donc une révélation divine. Cf. S. Isidore de Séville, ''Etym.'', 1. {{rom-maj|VII}}, c {{rom|viii}}, {{t.}}{{rom|lxxxii}}, {{col.}}283 ; S. Thomas, ''{{lang|de|Sum. theol.}}'', {{rom-maj|II}}{{e|a}} {{rom-maj|II}}{{e|æ}}, q. {{rom|clxxi}}, a. 1. — Si le voyant est dit {{lang|rtl|he|הֹזֶה}}, sa vision se nomme alors {{lang|rtl|he|הָזוֹן}}. Ce nom désigne la parole révélée par Dieu, {{rom-maj|II}} Sam., {{rom|vii}}, 17 ; {{rom-maj|I}} Par., {{rom|xvii}}, 5, ou la chose elle-même. Hab., Il, 2, 3. La révélation est dite « vision », Ezeeh., {{rom|vii}}, 13 ; {{rom|viii}}, 22 ; x, 1, 9 ; {{rom|xii}}, 13, 24, 27, ou « parole de vision ». Ezech., xii, 23. On parle une vision, Jer., {{rom|xxiii}}, 16 (faux prophète), comme on voit une parole. {{rom-maj|I}} (III) Reg., {{rom|xxii}}, 19 ; Is., {{rom|i}}, 1 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|xiii}}, 1 ; Amos, {{rom|i}}, 1, etc. ; Abdias, {{rom|i}}, 1 ; Mich., {{rom-maj|I}}, 1 ; Nahum, {{rom|i}}, 1 ; Hab., {{rom|i}}, 1 ; Jer., {{rom|i}}, 11-13. Jérémie a eu une vision de la bouche de Dieu. Jer., {{rom|xxiii}}, 16. La vision ainsi nommée est donc encore une révélation divine, une manifestation de la parole de Dieu. — {{3o}} Le substantif {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}, nebû’âh, correspondant à {{lang|rtl|he|נָבִיא}}, désigne un oracle, {{rom-maj|I}} Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12 ; {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xv}}, 8, ou même un écrit prophétique. {{rom-maj|II}} Par., {{rom|ix}}, 29. — Dans les Septante, le mot grec {{lang|grc|προφητεία}} répond soit à {{lang|rtl|he|חָזוֹן}}, ḥâzôn, {{rom-maj|II}} Par., {{rom|xxxii}}, 32, soit à {{lang|rtl|he|נְבוּאָה}}. {{rom-maj|I}}{{lié}}Esd., {{rom|vi}}, 14 ; {{rom-maj|II}} Esd., {{rom|vi}}, 12. — La prophétie consiste donc en une action extraordinaire ou surnaturelle, par laquelle Dieu communique à son prophète certaines lumières ou connaissances avec mission de les transmettre aux autres hommes.
{{rom-maj|II}}. {{sc|Manières dont Dieu communiquait aux prophètes ses volontés.}} — Pour connaître les vérités qu’ils devaient manifester de la part de Dieu, les prophètes d’Israël n’employaient aucun des procédés
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|729|PROPHÉTIE|730}}</noinclude>artificiels ou appris de la divination, voir t. {{rom|ii}}, col. 1443-1448, pas plus que des moyens naturels de se mettre en rapport avec Dieu. C’était Dieu lui-même qui leur révélait ou leur inspirait directement ce qu’ils devaient dire. Les moyens dont il se servait sont désignés dans l’Écriture par trois expressions différentes : la parole,
la vision et le songe. Ces deux derniers moyens de communication prophétique devaient être les plus ordinaires, puisqu’ils sont distingués de la parole articulée, employée régulièrement par Dieu pour révéler à Moïse ses volontés. Num., {{rom|xii}}, 6-8.
1° La parole. — Quand Dieu, pour exclure plus sûrement de son peuple les devins, Deut., {{rom|xviii}}, 9-14, promit de susciter en Israël une série de prophètes, semblables à Moïse, il déclara qu’il placerait ses
propres paroles dans leur bouche et qu’ils diraient tout ce qu’il leur ordonnerait de dire. Comme Moïse au Sinaï servit d’intermédiaire entre Jéhovah et son peuple, sur la demande de ce dernier qui craignait
d’entendre directement la voix de Dieu, Exod., {{rom|xx}}, 21,
ainsi les prophètes parleront au nom du Seigneur au peuple, qui devra écouter leurs paroles. Deut., {{rom|xviii}}, 15-19. Les prophètes entendirent donc parfois la parole articulée par Dieu lui-même, comme il arriva à Moïse au buisson ardent, Exod., {{rom|iii}}, 4-22, et au Sinaï. Samuel entendit à Silo la voix divine qui l’appelait, I Sam.,
m, 4-14, et Dieu parlait à son oreille. I Sam., {{rom|ix}}, 1517.. Cf. I(III)Reg., {{rom|xvii}}, 2, 8 ; {{rom|xviii}}, l ; {{rom|xxii}}, 17 ; Amos, {{rom|iii}}, 7 ; Ose., {{rom|i}}, 2, 4, 6 ; {{rom|iii}}, 1 ; Is., {{rom|xviii}}, 4 ; Jer., {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|xxiii}}, 28 ; Dan., {{rom|viii}}, 1-27 ; {{rom|x}}, 1, 5 ; Agg., {{rom|ii}}, 1, 21 ; Zach., {{rom|i}}, 1, 7. Il s’établissait parfois un véritable dialogue entre
Dieu et le voyant, ainsi avec Élie, I (III) Reg., {{rom|xix}}, 9-18,
et avec Jérémie. Jer., {{rom|xiv}}, 11-14. Mais le plus souvent,
semble-t-il, les prophètes n’entendaient qu’une voix intérieure. Job, {{rom|iv}}, 12, 16. C’est ainsi qu’on peut expliquer les révélations faites aux oreilles des prophètes. Is., {{rom|xxi}}, 10 ; {{rom|xxii}}, 14 ; {{rom|xxviii}}, 22 ; Abdias, {{rom|i}}, 1. Ils transmettaient
de vive voix ou par écrit les paroles qu’ils avaient entendues au fond de leurs cœurs. Aussi leurs oracles prenaient-ils le nom de paroles de Dieu, Amos, ni, 1, et plusieurs recueils ont pour titre : « Paroles
que Dieu a dites par le prophète. » Ose., {{rom|i}}, 1 ; Joël., {{rom|i}}, 1 ; Soph., {{rom|i}}, 1 ; Jer., {{rom|i}}, 1, 2.
2° ''La vision.'' — Les mentions de visions sont nombreuses dans les écrits des prophètes. Amos a eu cinq visions, groupées à la fin de son livre, {{rom|vii}}, l-ix, 15. Isaïe reçoit la mission prophétique dans une vision, vi. Il voit un oracle, xiir, 1. Jérémie, peu après sa
vocation, a deux visions, {{rom|i}}, 11-19. Zacharie a une série
de visions, {{rom|i}}, 8, 18 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|iii}}, 1 ; {{rom|iv}}, 1 ; {{rom|v}}, 1, 5 ; {{rom|vi}}, 1. Ézéchiel aussi en a fréquemment, {{rom|i}}, 4 ; {{rom|ii}}, 1 ; {{rom|viii}}, 2 ;
x, 1, 9, etc. Plusieurs livres prophétiques sont intitulés : « Vision ». Is., i ; Abdias, {{rom-maj|I}}, 1 ; Nahum, {{rom|i}}, 1. Quelques-unes de ces visions étaient extérieures, Dan., v, 25, et corporelles et formaient de véritables apparitions. Dan., {{rom|viii}}, 16-27. Mais le plus souvent, elles se produisaient dans l’imagination du voyant. Dieu
avait annoncé à Aaron et à Marie qu’elles auraient lieu ''per ænigmata et figuras''. Num., {{rom|xii}}, 8. On a remarqué qu’elles se présentaient sous des traits connus du prophète et empruntés au milieu où il vivait. Les images de ces visions sont ou palestiniennes ou assyriennes ou babyloniennes, selon que le voyant habitait la Palestine, i’Assyrie ou la Babylonie. Elles avaient lieu à l’état de veille (autrement, elles auraient été des songes) ou le jour ou la nuit. Dieu parle à Samuel de nuit. 1 Sam., {{rom|iii}}, 3, 10 ; {{rom|vii}}, 4 ; {{rom|xv}}, 11, 16 ; Zach., {{rom|i}}, 8 ; Job, {{rom|iv}}, 13. Si le voyant était endormi, Dieu le tirait de son sommeil, ou d’un état semblable au sommeil. Jer., xxxi, 26 ; Zach., {{rom|iv}}, 1.
3° ''Le songe.'' — Quand Dieu manifestait sa volonté aux prophètes endormis, c’était en songe. Ce mode de manifestation divine, annoncé par Dieu, Num., {{rom|xii}}, 6 ; Deut., {{rom|xiii}}, 1, 3, 5, est rarement attesté dans l’Écriture. Il est mentionné comme un moyen que Saül aurait
tenté inutilement pour consulter Dieu. I Sam., {{rom|xxviii}}, 6, 15. Joël, {{rom|ii}}, 28, annonce que, dans l’avenir messianique, les vieillards d’Israël auront des songes. Le seul exemple cité est celui de Daniel, vil, 1. Les faux prophètes aimaient les songes. Is., {{rom|lvi}}, 10 ; Jer., {{rom|xxiii}}, 25, 28, 32 ; {{rom|xxvii}}, 9 ; Zach., {{rom|ii}}, 2. — Sur l’état psychologique des prophètes pendant les visions, voir {{sc|Prophète}}, col. 712.
III. {{sc|Réalité des prophéties.}} — Qu’il y ait dans la Bible des prophéties véritables, c’est-à-dire des manifestations surnaturelles de ses volontés, faites par Dieu aux hommes par l’intermédiaire d’individus inspirés, c’est tout à la fois un fait constaté et un dogme de la
foi catholique, — 1° Preuves scripturaires. — 1. L’affirmation des prophètes eux-mêmes. — Tous les prophètes israélites déclarent qu’ils parlent au nom de Jéhovah, que Jéhovah parle par leur bouche et qu’ils annoncent en son nom ce qu’il faut faire et ne pas faire et ce qui arrivera. Voir {{sc|Prophète}}, col. 711. Ils croyaient donc être et ils se sont donnés comme les organes de la divinité, parce qu’ils avaient conscience de leur inspiration divine. Ils en fournissaient des preuves à leurs contemporains, qui ont cru à leur mission et à leur inspiration, en voyant plusieurs de leurs prédictions accomplies à brève échéance et les miracles qui les autorisaient. On peut chercher à expliquer naturellement ces faits ; on ne peut les nier, et le témoignage d’hommes probes, sincères, désintéressés, en faveur de leur propre inspiration est recevable. En racontant leurs visions, ils exprimaient des expériences réelles qu’ils avaient éprouvées, et on ne peut prétendre qu’ils employaient un procédé littéraire pour exprimer leurs propres pensées et les faire passer auprès d’une foule crédule pour celles de Dieu. Leur parole n’a pas toujours été crue, Amos, {{rom|ii}}, 12, Is., {{rom|xxxviii}}, 7 ; Jer., {{rom|vi}}, 17 ; {{rom|vii}}, 25-28 ; {{rom|xi}}, 8, 21, etc., et ils. ont été persécutés, parce que leurs oracles inspirés étaient la plupart du temps à l’encontre des idées de leurs contemporains, des chefs de la nation aussi bien que du peuple tout entier. Matth., {{rom|v}}, 12 ; {{rom|xxiii}}, 29-37 ; Luc, {{rom|vi}}, 23 ; {{rom-maj|XI}}, 47-50 ; {{rom|xiii}}, 34 ; Act., {{rom|vii}}, 52 ; Rom., {{rom|xi}}, 3 ; I Thés., {{rom|ii}}, 15 ; Heb., {{rom|xi}}, 32-40 ; Jac., v, 10. Seul, le sentiment intime de la réalité de leur inspiration divine a pu leur donner à tous l’énergie et le courage nécessaires pour supporter les persécutions dont ils étaient l’objet, et remplir, malgré tout, la mission que Dieu leur avait confiée. — 2. L’affirmation de Jésus et de ses Apôtres. — Ils en ont appelé aux écrits des prophètes comme au témoignage de Dieu même, et ils ont signalé la réalisation des prophéties messianiques. Voir t. {{rom|iii}}, col. 888-889. L’inspiration des prophètes a été explicitement affirmée par saint-Paul, Heb., {{rom|i}}, 1, et deux fois par saint Pierre. I Pet., i, 10-12 ; II Pet., {{rom|i}}, 16-21. Voir t. {{rom|iii}}, col. 889-890.
— 2° Preuves traditionnelles. — Les Pères, appuyés sur le double témoignage de l’Ancien et du Nouveau Testament, ont affirmé et enseigné l’inspiration divine des prophètes d’Israël. Voir t. {{rom|iii}}, col. 891-897. Cf. Leitner, ''Die prophetische Inspiration'', Fribourg-en-Brisgau, 1896, p. 98-190. — 3° Preuves dogmatiques. — Après avoir été cru, affirmé et prouvé, le dogme de l’inspiration des prophètes a été explicitement défini par l’Église. Voir t. {{rom|iii}}, col. 897-898 ; Leitner, ''op. cit''., . p. 191-195. Le fait de l’inspiration divine des prophètes est donc un dogme de la foi catholique. — 4° Réponse aux
objections des critiques. — La plupart des critiques rationalistes ont opposé à la réalité divine des prophéties une fin de non-recevoir, fondée sur des raisons philosophiques et sur l’impossibilité d’une intervention surnaturelle de Dieu et de la prédiction de l’avenir.
Kuenen a discuté à fond la doctrine {{tiret|tradi|tionnelle}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|731|PROPHÉTIE|732}}</noinclude>tionnelle sur les prophéties ; il a prétendu que cette conception était contraire à l’histoire et à la critique loyale des textes scripturaires. Il rejette d’abord le témoignage des prophètes sur leur, propre inspiration divine. Si ce témoignage était valable, celui des faux
prophètes serait recevable au même titre, puisqu’ils avaient, eux aussi, conscience de leur inspiration surnaturelle et qu’ils l’affirmaient expressément. Tous tirent leur inspiration d’eux-mêmes ; c’est leur conviction qui les inspire. La distinction entre les vrais et les faux prophètes a été inventée après coup. En fait, il y avait seulement des prophètes opposés les uns aux autres, et tous étaient considérés comme inspirés par Jéhovah. Ils étaient en conflit et dans le peuple chacun
prenait parti pour ceux dont les idées lui agréaient.
Cependant il finit par s’établir une ligne de démarcation plus nette entre les prophètes. Il y eut ceux dont la pensée religieuse avait fait plus_ de progrès et qui avaient sur Dieu des idées plus précises, et les autres plus retardataires et moins avancés au point de vue religieux. Les premiers ont écrit l’histoire sainte et traité de faux prophètes leurs adversaires. Toutefois l’élévation morale des uns, leur opposition avec les idées des grands et de la foule, la persistance de leur
croyance à leur inspiration malgré les persécutions qu’elle leur attirait, tout cela, que Kuenen reconnaît, prouve la sincérité de leur prédication. Les faux prophètes flattaient les passions des rois et de la nation ; ils avaient des idées moins élevées ; leur moralité est
discutée par leurs adversaires ; tout cela constitue un préjugé contre la sincérité de leurs affirmations et la vérité de leur inspiration. D’ailleurs, pour assurer la permanence de la mission des vrais prophètes, leur crédit auprès de la portion saine de la nation et leur
triomphe définitif, il a bien fallu qu’ils aient fourni des signes de leur mission divine. On les exigeait d’eux, et ils les donnaient. C’étaient ces prédictions claires et à court terme, relatées dans les livres historiques, l’annonce d’une défaite ou d’une victoire immédiate, du succès ou de l’échec d’une invasion. Voir col. 716. Supposer avec Kuenen que ces prédictions ne se soient jamais réalisées ou n’aient été que des prévisions purement naturelles, c’est se mettre dans l’impossibilité d’expliquer la permanence et le triomphe de prophètes,
haïs du peuple, qui auraient été traités d’imposteurs, s’ils s’étaient trompés, aussi bien que la non-réalisation des soi-disant oracles des faux prophètes, qui favorisaient les idées du peuple et étaient en opposition directe avec les prédictions précises des vrais prophètes. Il a bien fallu que ces prédictions fussent vérifiées pour que les prophètes pussent continuer leur mission avec quelque chance d’être écoutés. Le non-accomplissement des oracles des faux prophètes devait diminuer leur crédit auprès de la foule qu’ils trompaient. L’œuvre des prophètes eût-elle simplement consisté, comme on le prétend, dans la destruction de l’idolâtrie et l’établissement du monothéisme en Israël,
elle n’a pu aboutir que s’ils ont eu auprès d’un peuple grossier et idolâtre une réelle autorité et une autorité divine.
Kuenen a prétendu, en second lieu, que si les prophètes d’Israël étaient véritablement inspirés par Dieu, il est nécessaire que toutes leurs prédictions se soient accomplies. Si elles ne se sont pas accomplies, c’est que les prophètes ne parlaient qu’en leur nom et pas au nom du Dieu de vérité. Cet argument, qu’il avait indiqué dans son ''Histoire critique des livres de l’Ancien Testament'', trad. franc., Paris, 1879, p. 15, 1926, a été longuement développé. ''The Prophets and Prophecy in Israël'', trad. anglaise, Londres, 1877, c. {{rom|vvii}}, p. 98-275. Le critique hollandais parcourt la série des prédictions contenues dans les livres canoniques et relatives soit aux peuples voisins d’Israël soit aux destinées du peuple élu (les prophéties messianiques) et il prétend démontrer que le plus grand nombre de ces prophéties n’a jamais été accompli. Au c. {{rom|viii}}, p. 276, il examine un petit nombre de prophéties qui se sont réalisées ; mais il soutient ou bien qu’elles ont été vérifiées par l’événement d’une manière vague et inexacte, ou bien qu’elles ne sont pas authentiques et ont pu être écrites après l’événement, ou enfin qu’elles ne dépassent pas les limites de la prévision naturelle. Cet argument avait été énoncé par Munk, ''La Palestine'', Paris, 1881, p. 420-421 ; A. Réville, dans la ''Revue des
deux mondes'', juin 1867, p. 836-840. Il a été repris par Paul Schwartzkopff, ''Die prophetische Offenbarung nach Wesen, Inhalt und Grenzen'', Giessen, 1896, p. 100-166. Ce n’est pas le lieu de reprendre une à une les objections de Kuenen. Voir, pour la réfutation de quelques-unes, F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} édit., Paris, 1906, t. {{rom|ii}}, p. 570-572. L’abbé de Broglie a observé que la plupart avaient été présentées auparavant et discutées. La force de l’argumentation ne pourrait venir que de l’accumulation des objections. Mais cette argumentation part de principes faux, comme si le sens d’un
texte prophétique devait être exclusivement déterminé d’après les idées du prophète lui-même et de ses contemporains, comme si la réalisation avait dû s’accomplir d’une façon absolument conforme à la prévision du
prophète ainsi fixée, comme si enfin chaque fragment d’une prophétie devait être la prédiction d’un seul et même événement. En réalité, la prophétie a pu ne pas être parfaitement comprise des contemporains et du
prophète lui-même, si elle avait un sens énigmatique que l’événement seul pouvait faire découvrir pleinement.
N’étant pas claire et complète, elle ne cadre pas nécessairement avec l’événement d’une façon absolue, et l’accord ne peut pas être plus clair ni plus complet que la prévision elle-même. Enfin, toutes les parties d’un oracle prophétique ne s’appliquent pas à un même événement. La vue de l’avenir en perspective a souvent réuni sur le même plan des événements analogues, dont la réalisation devait avoir lieu à des époques différentes. Voir P. de Broglie, ''Les prophéties et les prophètes d’après les travaux du {{Dr}} Kuenen'', dans ''Compte rendu du III{{e}} Congrès scientifique international des catholiques'', Bruxelles, 1895, 11{{e}} section, ''Sciences religieuses'', p. 139-151 ; Id., ''Questions bibliques'', édit. Piat, Paris, p. 346-380 ; J. Brucker, ''Les prédictions des prophètes'', dans les ''Études'', août 1893, p. 586-615 ; F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', t. {{rom|ii}}, p. 578-580.
IV. {{sc|Cycle des prédictions prophétiques.}} — Rien de plus varié que l’objet des prophéties bibliques. Cependant, malgré leur grande variété, les oracles des prophètes écrivains ont des thèmes communs plus ou moins développés et diversement appliqués selon les temps et les milieux, et se déroulent dans le même cercle d’idées, qu’il est bon d’indiquer.
1° ''Les péchés d’Israël et de Juda''. — Pour ramener leurs contemporains dans la voie droite, dont la plupart étaient sortis, les prophètes leur reprochent leurs fautes et font des tableaux éloquents de la perversité morale, qui attire sur eux la colère divine et de terribles châtiments.
Amos décrit avec véhémence les iniquités d’Israël, {{rom|i}}, 6-8 ; {{rom|iii}}, 2, 9, 10 ; {{rom|iv}}, 1-5 ; {{rom|vi}}, 1-7. Les actions
symboliques d’Osée et ses mariages figurent l’infidélité et l’idolâtrie du royaume schismatique, {{rom|i}}, 2-ni, 5. Ses discours directs exposent en détail les crimes du peuple et de ses chefs, {{rom|iv}}, 1-v, 7 ; {{rom|vii}}, 1-7. Isaïe, dès le début de ses oracles, résume les fautes de Juda, dont il prédit les châtiments, 1, 2-31. Il y revient sans cesse, et signale celles que chacune des classes de la nation
a commises, {{rom|ii}}, 5-9 ; {{rom|iii}}, 12, 16 f 17 ; {{rom|v}}, 8-23 ; {{rom|x}}, 1, 2, etc. C’était sa mission et il devait la remplir avec force et constance, {{rom|lviii}}, 1. Michée décrit les crimes de Samarie et de Juda, {{rom|i}}, 5 ; {{rom|ii}}, 1, 2 ; {{rom|iii}}, 2 ; 3, 5, 9-11 ; {{rom|vii}}, 1-4. Juda<noinclude>
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prophètes serait recevable au même titre, puisqu’ils avaient, eux aussi, conscience de leur inspiration surnaturelle et qu’ils l’affirmaient expressément. Tous tirent leur inspiration d’eux-mêmes ; c’est leur conviction qui les inspire. La distinction entre les vrais et les faux prophètes a été inventée après coup. En fait, il y avait seulement des prophètes opposés les uns aux autres, et tous étaient considérés comme inspirés par Jéhovah. Ils étaient en conflit et dans le peuple chacun
prenait parti pour ceux dont les idées lui agréaient.
Cependant il finit par s’établir une ligne de démarcation plus nette entre les prophètes. Il y eut ceux dont la pensée religieuse avait fait plus_ de progrès et qui avaient sur Dieu des idées plus précises, et les autres plus retardataires et moins avancés au point de vue religieux. Les premiers ont écrit l’histoire sainte et traité de faux prophètes leurs adversaires. Toutefois l’élévation morale des uns, leur opposition avec les idées des grands et de la foule, la persistance de leur
croyance à leur inspiration malgré les persécutions qu’elle leur attirait, tout cela, que Kuenen reconnaît, prouve la sincérité de leur prédication. Les faux prophètes flattaient les passions des rois et de la nation ; ils avaient des idées moins élevées ; leur moralité est
discutée par leurs adversaires ; tout cela constitue un préjugé contre la sincérité de leurs affirmations et la vérité de leur inspiration. D’ailleurs, pour assurer la permanence de la mission des vrais prophètes, leur crédit auprès de la portion saine de la nation et leur
triomphe définitif, il a bien fallu qu’ils aient fourni des signes de leur mission divine. On les exigeait d’eux, et ils les donnaient. C’étaient ces prédictions claires et à court terme, relatées dans les livres historiques, l’annonce d’une défaite ou d’une victoire immédiate, du succès ou de l’échec d’une invasion. Voir col. 716. Supposer avec Kuenen que ces prédictions ne se soient jamais réalisées ou n’aient été que des prévisions purement naturelles, c’est se mettre dans l’impossibilité d’expliquer la permanence et le triomphe de prophètes,
haïs du peuple, qui auraient été traités d’imposteurs, s’ils s’étaient trompés, aussi bien que la non-réalisation des soi-disant oracles des faux prophètes, qui favorisaient les idées du peuple et étaient en opposition directe avec les prédictions précises des vrais prophètes. Il a bien fallu que ces prédictions fussent vérifiées pour que les prophètes pussent continuer leur mission avec quelque chance d’être écoutés. Le non-accomplissement des oracles des faux prophètes devait diminuer leur crédit auprès de la foule qu’ils trompaient. L’œuvre des prophètes eût-elle simplement consisté, comme on le prétend, dans la destruction de l’idolâtrie et l’établissement du monothéisme en Israël,
elle n’a pu aboutir que s’ils ont eu auprès d’un peuple grossier et idolâtre une réelle autorité et une autorité divine.
Kuenen a prétendu, en second lieu, que si les prophètes d’Israël étaient véritablement inspirés par Dieu, il est nécessaire que toutes leurs prédictions se soient accomplies. Si elles ne se sont pas accomplies, c’est que les prophètes ne parlaient qu’en leur nom et pas au nom du Dieu de vérité. Cet argument, qu’il avait indiqué dans son ''Histoire critique des livres de l’Ancien Testament'', trad. franc., Paris, 1879, p. 15, 1926, a été longuement développé. ''The Prophets and Prophecy in Israël'', trad. anglaise, Londres, 1877, c. {{rom|vvii}}, p. 98-275. Le critique hollandais parcourt la série des prédictions contenues dans les livres canoniques et relatives soit aux peuples voisins d’Israël soit aux destinées du peuple élu (les prophéties messianiques) et il prétend démontrer que le plus grand nombre de ces prophéties n’a jamais été accompli. Au c. {{rom|viii}}, p. 276, il examine un petit nombre de prophéties qui se sont réalisées ; mais il soutient ou bien qu’elles ont été vérifiées par l’événement d’une manière vague et inexacte, ou bien qu’elles ne sont pas authentiques et ont pu être écrites après l’événement, ou enfin qu’elles ne dépassent pas les limites de la prévision naturelle. Cet argument avait été énoncé par Munk, ''La Palestine'', Paris, 1881, p. 420-421 ; A. Réville, dans la ''Revue des deux mondes'', juin 1867, p. 836-840. Il a été repris par Paul Schwartzkopff, ''Die prophetische Offenbarung nach Wesen, Inhalt und Grenzen'', Giessen, 1896, p. 100-166. Ce n’est pas le lieu de reprendre une à une les objections de Kuenen. Voir, pour la réfutation de quelques-unes, F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} édit., Paris, 1906, t. {{rom|ii}}, p. 570-572. L’abbé de Broglie a observé que la plupart avaient été présentées auparavant et discutées. La force de l’argumentation ne pourrait venir que de l’accumulation des objections. Mais cette argumentation part de principes faux, comme si le sens d’un
texte prophétique devait être exclusivement déterminé d’après les idées du prophète lui-même et de ses contemporains, comme si la réalisation avait dû s’accomplir d’une façon absolument conforme à la prévision du
prophète ainsi fixée, comme si enfin chaque fragment d’une prophétie devait être la prédiction d’un seul et même événement. En réalité, la prophétie a pu ne pas être parfaitement comprise des contemporains et du
prophète lui-même, si elle avait un sens énigmatique que l’événement seul pouvait faire découvrir pleinement.
N’étant pas claire et complète, elle ne cadre pas nécessairement avec l’événement d’une façon absolue, et l’accord ne peut pas être plus clair ni plus complet que la prévision elle-même. Enfin, toutes les parties d’un oracle prophétique ne s’appliquent pas à un même événement. La vue de l’avenir en perspective a souvent réuni sur le même plan des événements analogues, dont la réalisation devait avoir lieu à des époques différentes. Voir P. de Broglie, ''Les prophéties et les prophètes d’après les travaux du {{Dr}} Kuenen'', dans ''Compte rendu du III{{e}} Congrès scientifique international des catholiques'', Bruxelles, 1895, 11{{e}} section, ''Sciences religieuses'', p. 139-151 ; Id., ''Questions bibliques'', édit. Piat, Paris, p. 346-380 ; J. Brucker, ''Les prédictions des prophètes'', dans les ''Études'', août 1893, p. 586-615 ; F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', t. {{rom|ii}}, p. 578-580.
IV. {{sc|Cycle des prédictions prophétiques.}} — Rien de plus varié que l’objet des prophéties bibliques. Cependant, malgré leur grande variété, les oracles des prophètes écrivains ont des thèmes communs plus ou moins développés et diversement appliqués selon les temps et les milieux, et se déroulent dans le même cercle d’idées, qu’il est bon d’indiquer.
1° ''Les péchés d’Israël et de Juda''. — Pour ramener leurs contemporains dans la voie droite, dont la plupart étaient sortis, les prophètes leur reprochent leurs fautes et font des tableaux éloquents de la perversité morale, qui attire sur eux la colère divine et de terribles châtiments.
Amos décrit avec véhémence les iniquités d’Israël, {{rom|i}}, 6-8 ; {{rom|iii}}, 2, 9, 10 ; {{rom|iv}}, 1-5 ; {{rom|vi}}, 1-7. Les actions
symboliques d’Osée et ses mariages figurent l’infidélité et l’idolâtrie du royaume schismatique, {{rom|i}}, 2-ni, 5. Ses discours directs exposent en détail les crimes du peuple et de ses chefs, {{rom|iv}}, 1-v, 7 ; {{rom|vii}}, 1-7. Isaïe, dès le début de ses oracles, résume les fautes de Juda, dont il prédit les châtiments, 1, 2-31. Il y revient sans cesse, et signale celles que chacune des classes de la nation
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Cependant il finit par s’établir une ligne de démarcation plus nette entre les prophètes. Il y eut ceux dont la pensée religieuse avait fait plus_ de progrès et qui avaient sur Dieu des idées plus précises, et les autres plus retardataires et moins avancés au point de vue religieux. Les premiers ont écrit l’histoire sainte et traité de faux prophètes leurs adversaires. Toutefois l’élévation morale des uns, leur opposition avec les idées des grands et de la foule, la persistance de leur
croyance à leur inspiration malgré les persécutions qu’elle leur attirait, tout cela, que Kuenen reconnaît, prouve la sincérité de leur prédication. Les faux prophètes flattaient les passions des rois et de la nation ; ils avaient des idées moins élevées ; leur moralité est
discutée par leurs adversaires ; tout cela constitue un préjugé contre la sincérité de leurs affirmations et la vérité de leur inspiration. D’ailleurs, pour assurer la permanence de la mission des vrais prophètes, leur crédit auprès de la portion saine de la nation et leur
triomphe définitif, il a bien fallu qu’ils aient fourni des signes de leur mission divine. On les exigeait d’eux, et ils les donnaient. C’étaient ces prédictions claires et à court terme, relatées dans les livres historiques, l’annonce d’une défaite ou d’une victoire immédiate, du succès ou de l’échec d’une invasion. Voir col. 716. Supposer avec Kuenen que ces prédictions ne se soient jamais réalisées ou n’aient été que des prévisions purement naturelles, c’est se mettre dans l’impossibilité d’expliquer la permanence et le triomphe de prophètes,
haïs du peuple, qui auraient été traités d’imposteurs, s’ils s’étaient trompés, aussi bien que la non-réalisation des soi-disant oracles des faux prophètes, qui favorisaient les idées du peuple et étaient en opposition directe avec les prédictions précises des vrais prophètes. Il a bien fallu que ces prédictions fussent vérifiées pour que les prophètes pussent continuer leur mission avec quelque chance d’être écoutés. Le non-accomplissement des oracles des faux prophètes devait diminuer leur crédit auprès de la foule qu’ils trompaient. L’œuvre des prophètes eût-elle simplement consisté, comme on le prétend, dans la destruction de l’idolâtrie et l’établissement du monothéisme en Israël,
elle n’a pu aboutir que s’ils ont eu auprès d’un peuple grossier et idolâtre une réelle autorité et une autorité divine.
Kuenen a prétendu, en second lieu, que si les prophètes d’Israël étaient véritablement inspirés par Dieu, il est nécessaire que toutes leurs prédictions se soient accomplies. Si elles ne se sont pas accomplies, c’est que les prophètes ne parlaient qu’en leur nom et pas au nom du Dieu de vérité. Cet argument, qu’il avait indiqué dans son ''Histoire critique des livres de l’Ancien Testament'', trad. franc., Paris, 1879, p. 15, 1926, a été longuement développé. ''The Prophets and Prophecy in Israël'', trad. anglaise, Londres, 1877, c. {{rom|vvii}}, p. 98-275. Le critique hollandais parcourt la série des prédictions contenues dans les livres canoniques et relatives soit aux peuples voisins d’Israël soit aux destinées du peuple élu (les prophéties messianiques) et il prétend démontrer que le plus grand nombre de ces prophéties n’a jamais été accompli. Au c. {{rom|viii}}, p. 276, il examine un petit nombre de prophéties qui se sont réalisées ; mais il soutient ou bien qu’elles ont été vérifiées par l’événement d’une manière vague et inexacte, ou bien qu’elles ne sont pas authentiques et ont pu être écrites après l’événement, ou enfin qu’elles ne dépassent pas les limites de la prévision naturelle. Cet argument avait été énoncé par Munk, ''La Palestine'', Paris, 1881, p. 420-421 ; A. Réville, dans la ''Revue des deux mondes'', juin 1867, p. 836-840. Il a été repris par Paul Schwartzkopff, ''Die prophetische Offenbarung nach Wesen, Inhalt und Grenzen'', Giessen, 1896, p. 100-166. Ce n’est pas le lieu de reprendre une à une les objections de Kuenen. Voir, pour la réfutation de quelques-unes, F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', 12{{e}} édit., Paris, 1906, t. {{rom|ii}}, p. 570-572. L’abbé de Broglie a observé que la plupart avaient été présentées auparavant et discutées. La force de l’argumentation ne pourrait venir que de l’accumulation des objections. Mais cette argumentation part de principes faux, comme si le sens d’un
texte prophétique devait être exclusivement déterminé d’après les idées du prophète lui-même et de ses contemporains, comme si la réalisation avait dû s’accomplir d’une façon absolument conforme à la prévision du
prophète ainsi fixée, comme si enfin chaque fragment d’une prophétie devait être la prédiction d’un seul et même événement. En réalité, la prophétie a pu ne pas être parfaitement comprise des contemporains et du
prophète lui-même, si elle avait un sens énigmatique que l’événement seul pouvait faire découvrir pleinement.
N’étant pas claire et complète, elle ne cadre pas nécessairement avec l’événement d’une façon absolue, et l’accord ne peut pas être plus clair ni plus complet que la prévision elle-même. Enfin, toutes les parties d’un oracle prophétique ne s’appliquent pas à un même événement. La vue de l’avenir en perspective a souvent réuni sur le même plan des événements analogues, dont la réalisation devait avoir lieu à des époques différentes. Voir P. de Broglie, ''Les prophéties et les prophètes d’après les travaux du {{Dr}} Kuenen'', dans ''Compte rendu du III{{e}} Congrès scientifique international des catholiques'', Bruxelles, 1895, 11{{e}} section, ''Sciences religieuses'', p. 139-151 ; Id., ''Questions bibliques'', édit. Piat, Paris, p. 346-380 ; J. Brucker, ''Les prédictions des prophètes'', dans les ''Études'', août 1893, p. 586-615 ; F. Vigouroux, ''Manuel biblique'', t. {{rom|ii}}, p. 578-580.
IV. {{sc|Cycle des prédictions prophétiques.}} — Rien de plus varié que l’objet des prophéties bibliques. Cependant, malgré leur grande variété, les oracles des prophètes écrivains ont des thèmes communs plus ou moins développés et diversement appliqués selon les temps et les milieux, et se déroulent dans le même cercle d’idées, qu’il est bon d’indiquer.
1° ''Les péchés d’Israël et de Juda''. — Pour ramener leurs contemporains dans la voie droite, dont la plupart étaient sortis, les prophètes leur reprochent leurs fautes et font des tableaux éloquents de la perversité morale, qui attire sur eux la colère divine et de terribles châtiments.
Amos décrit avec véhémence les iniquités d’Israël, {{rom|i}}, 6-8 ; {{rom|iii}}, 2, 9, 10 ; {{rom|iv}}, 1-5 ; {{rom|vi}}, 1-7. Les actions
symboliques d’Osée et ses mariages figurent l’infidélité et l’idolâtrie du royaume schismatique, {{rom|i}}, 2-ni, 5. Ses discours directs exposent en détail les crimes du peuple et de ses chefs, {{rom|iv}}, 1-v, 7 ; {{rom|vii}}, 1-7. Isaïe, dès le début de ses oracles, résume les fautes de Juda, dont il prédit les châtiments, 1, 2-31. Il y revient sans cesse, et signale celles que chacune des classes de la nation
a commises, {{rom|ii}}, 5-9 ; {{rom|iii}}, 12, 16 f 17 ; {{rom|v}}, 8-23 ; {{rom|x}}, 1, 2, etc. C’était sa mission et il devait la remplir avec force et constance, {{rom|lviii}}, 1. Michée décrit les crimes de Samarie et de Juda, {{rom|i}}, 5 ; {{rom|ii}}, 1, 2 ; {{rom|iii}}, 2 ; 3, 5, 9-11 ; {{rom|vii}}, 1-4. Juda<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|733|PROPHÉTIE — PROPHÉTIQUES (LIVRES)|734}}</noinclude>n’a pas tiré profit du sort d Israël : il imite son idolâtrie. Jer., {{rom|iii}}, 6-10 ; {{rom-maj|XI}}, 9-10 ; {{rom|xvi}}, 11, 12. La corruption est profonde et universelle à Jérusalem. Jer., {{rom|v}}, 1-9, etc. Ézéchiel voit les abominations commises dans le Temple de Jérusalem, 7111, 1-16. 1 dénonce es faux prophètes, qui trompent et séduisent les exilés, {{rom|xiii}}, 3-7, 18, 19. Il retrace les crimes des habitants de Jérusalem, {{rom|xxli}}, 116, 24-31. Après le retour en Palestine, Aggée reprend les rapatriés qui négligent de relever le Temple, {{rom-maj|I}}, 2-6, et plus tard Malachie adresse des reproches aux prêtres, I, 6-8, 12, 13, et aux Juifs qui épousent des femmes
étrangères, 11, 11. Les prophètes apparaissent donc tous comme des correcteurs de vices et des redresseurs de torts, et leurs prophéties sont remplies de plaintes contre les prévaricateurs.
2° ''Le châtiment des coupables.'' — Comme les coupables s’endurcissaient et refusaient de profiter des reproches et de changer dévie, Jer., {{rom|xxxii}}, 33 ; Ezech., 111, .7, si même ils ne se moquaient des menaces des prophètes, Amos, {{rom|v}}, 18 ; Is., {{rom|v}}, 19, la punition divine devait les frapper. Toutes les descriptions de crimes,
précédemment rappelées, sont immédiatement suivies de l’annonce de châtiments. Plus souvent encore, la menace est directe, qu’elle soit adressée sous forme de plainte ou d’élégie, Amos, {{rom|v}}, 1-14, ou d’exhortation ou de reproche. Ose., {{rom|viii}}, îx ; Is., {{rom|ix}}, 8-x, 34. Elle tourne parfois en malédiction. Is., {{rom|xxviii}}, 1-xxxiii, 12. Elle vise tous les coupables. Tous seront punis, et la punition répondra à la culpabilité. Chacune des classes de la société aura son châtiment propre et proportionné. Puisque la dépravation est générale et que tout espoir de conversion est perdu, la nation entière périra. Israël, qui est le plus coupable, disparaîtra le premier. Amos,
1, 9-16 ; Ose., {{rom|xiii}}, î-xiv, 1 ; Mich., 1, 2-7. Juda, qui n’a
pas compris la leçon, Jer., {{rom|iii}}, 6-10, aura le même sort.
Jer., {{rom|iv}}, 5-vi, 30 ; Ezech., xxm. Le châtiment sera gradué,
Jer., {{rom|iv}}, 27 ; {{rom|v}}, 18, et la ruine définitive ne viendra
pas frapper un peuple, capable encore d’amendement.
Des coups isolés avertiront les coupables et tenteront de les ramener à résipiscence. La patience divine se lassera enfin, et la perte des deux royaumes sera tour à tour décidée. L’instrument des vengeances divines
est ordinairement l’épée des nations voisines d’Israël et de Juda. La ruiue du royaume du nord sera l’œuvre de l’empire assyrien, Ose., {{rom|x}}, 6 ; {{rom|xi}}, 5 ; Is., {{rom|vii}}, 17-25 ; celle du royaume du sud sera accomplie par les Babyloniens. Is., {{rom|xxxix}}, 3-7 ; Mich., {{rom|iv}}, 10 ; Hab., 1, 6-11 ; Jer., {{rom|ix}}, 10-16 ; {{rom|xxi}}, 3-14 ; Ezech., {{rom|xxiv}}, etc.
3° ''Les oracles contre les nations''. — Bien que les nations païennes soient la verge dont Dieu frappe Israël et Juda, elles ne seront pas toutefois épargnées, parce qu’elles sont coupables, elles aussi, et plusieurs livres prophétiques contiennent des recueils spéciaux d’oracles contre elles. Amos, 1, 3-n, 3 ; Is., {{rom|xiv}}, 28-xxi, 17 ;
Soph., {{rom|ii}}, 4-15 ; Zach., {{rom|ix}}, l-7 ; Jer., xlvi, 1-xlix, 39 ; Ezech., xxv, 1-xxxii, 32. La prophétie d’Abdias est tout entière
contre l’Idumée. Mais les deux grandes puissances vengeresses ont leurs menaces particulières, souvent répétées. Elles sont idolâtres ; elles ont dépassé la mesure en exécutant les jugements de Dieu contre Israël et Juda ; elles ont tenté d’exterminer des peuples, que Dieu ne voulait que châtier ; elles ont commis des injustices dans la répression juste ; elles seront donc punies à leur tour, et elles seront détruites comme
nations. On lit des oracles contre l’Assyrie dans Isaïe x, 5-26 ; {{rom|xxx}}, 27-33 ; {{rom|xxxvil}}, 21-38 ; Nahum, 1, 2-m, 19 ;
Sophonie, 11, 13-15, et contre la Chaldée ou Babylone dans Isaïe, {{rom|xiii}}, 1-xiv, 23 ; {{rom|xxi}}, 1-10 ; {{rom|xxxix}}, 3-7 ; {{rom|xliii}}, 1421 ; {{rom-maj|XLVI}}, 1-XLvn, 15 ; Jérémie, {{rom|xxv}}, 12-14 ; {{rom-maj|L}}, 1-li, 64 ; Habacuc, {{rom|ii}}, 2-20. Cf. Rohart, ''De oneribus biblicis contra gentes'', Lille, 1893.
4° La conversion d’Israël et de Juda et leur restauration. — Quels qu’aient été les crimes dé son peuple choisi, quelque durs qu’aient été les châtiments infligés, Dieu faisait annoncer par ses prophètes la conversion finale d’Israël et de Juda sous le coup de l’adversité. Il
ne se bornait pas à promettre des bienfaits, si les coupables quittaient les voies de l’iniquité, Ose., 11, 1424, il déclarait que les Israélites, emmenés en captivité en Assyrie, reviendraient en Palestine, Ose., {{rom|xi}}, 8-11. Abdias prédit le salut, 17-21. Israël se repentira et obtiendra miséricorde. Mich., {{rom|vii}}, 1-20. Les Israélites dispersés seront réunis de nouveau. Is., {{rom|xi}}, 10-16 ; Jer., {{rom|xxxi}}, 1-14. Juda surtout trouvera grâce aux yeux du Seigneur. Is., 1, 26-31. Il sera restauré, is., {{rom|xxvi}}, 1-xxvii, 13 ; xxxii, 1-20 ; {{rom|xxxiii}}, 13-24 ; {{rom|xxxv}}, 1-10 ; {{rom|xl}}, 1-31 ; {{rom|xli}}, 8-20 ; {{rom|xliii}}, 1-13 ; {{rom|xlix}}, 14-26 ; {{rom|lii}}, 1-12. Jérémie prédit la libération des exilés après 70 ans de captivité, {{rom|xxix}}, 8-14. Il décrit la conversion, le retour et la restauration, xxx, 2-24 ; {{rom|xxxii}}, 37-xxxin, 26. Baruch répète aux exilés la même promesse, 11, 30-m, 8 ; {{rom|v}}, 1-9. Ézéchiel annonce aussi le salut, {{rom|xxxvi}}, 8-xxxvti, 28. Il trace même tout un plan de restauration, xl-xlviii. Voir 1. 11, col. 2156.
5° ''Le royaume messianique''. — Le rétablissement de Juda comme royaume temporel de Dieu en Palestine amène les prophètes à annoncer la rédemption spirituelle des Israélites et de tous les hommes et l’établissement d’un royaume nouveau, idéal, réunissant tous les peuples sous la loi du vrai Dieu, et gouverné par un rejeton de David, roi d’Israël et des nations. Michée a décrit ce nouveau royaume comme la glorification et l’exaltation de Sion, {{rom|iv}}, 1-13. Isaïe a repris le même, thème, 11, 2-4. Il décrit la gloire de cette nouvelle Jérusalem, liv, 1-lvi, 8 ; {{rom|lx}}, 1-22 ; {{rom|lxvi}}, 1-24. Jérémie en parle comme d’une alliance conclue entre Dieu et
Juda sous de nouvelles conditions, {{rom|xxxi}}, 31-40. Bref, les prophètes prédisent le royaume messianique et son roi, le Messie, et ils en décrivent les caractères. Leurs oracles messianiques sont exposés dans les articles de ce Dictionnaire, qui concernent chaque prophète en
particulier. Celles qui ont trait à la personne du Messie ont été résumées, t. {{rom|iii}}, col. 1431-1434, et leur signification en faveur de la divinité de Jésus indiquée un peu plus loin, col. 1497-1499. Pour la bibliographie, voir ''ibid''., col. 1436.
Sur les prédictions des prophètes en général, voir J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} édit., Paris, 1902, t. {{rom|ii}}, p. 153-179 ; * Davidson, ''Old Testament prophecy'', 1903. Sur la doctrine des prophètes, on pourra consulter *Zschokke, ''Theologie der Propheten des alten Testaments'', Fribourg-en-Brisgau, 1877 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883, p. xlix-lix ; Selbst, ''Die Kirche Jesu Christi nach den Weissagungen der Propheten'', Mayence, 1883 ; "Duhm, ''Die Theologie der Propheten'', Bonn, 1875 ; "Kirkpatrick, Doctrine of the Prophets, 1892. On peut consulter aussi les théologies de l’Ancien Testament : Scholz, ''Handbuch der Theologie des alten Bundes im Lichte des Neuen'', Ratisbonne, 1862 ; ’Franz Delitszch, ''Die biblisch-prophetische Theologie'', Leipzig, 1845 ; ’Schultz, ''Alttestamentliche Theologie'', 2 in-8°, Francfort, 1869 ; 5{{e}} édit., 1896 ; *Œhler, ''Theologie des alten Testaments'', Tubingue, 1873 ; 3 a édit., 1891 ; trad. anglaise, 2 in-8°, Édimbourg, 1874 ; trad. franc., 2 in-8° ; "Hitzig, ''Biblische Théologie des A. T.'', 1880 ; *Riehm, ''Alttestamentliche Theologie'', 1889 ; *Dillmann, ''Handbuch der alttestament. Theologie'', 1895.
{{d|[[Auteur:Eugène Mangenot|E. Mangenot]].|3|sc}}
<section begin="PROPHÉTIQUES"/><nowiki/>
'''PROPHÉTIQUES''' (LIVRES). Dans l’usage ecclésiastique on donne spécialement ce nom aux livres qui contiennent les oracles des quatre grands prophètes et des douze petits prophètes dans l’Ancien Testament,
et a l’Apocalypse dans le Nouveau. Dans la Bible hébraïque, outre les œuvres des prophètes proprement dits qui sont appelés prophètes postérieurs, on distingue<section end="PROPHÉTIQUES"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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étrangères, 11, 11. Les prophètes apparaissent donc tous comme des correcteurs de vices et des redresseurs de torts, et leurs prophéties sont remplies de plaintes contre les prévaricateurs.
2° ''Le châtiment des coupables.'' — Comme les coupables s’endurcissaient et refusaient de profiter des reproches et de changer dévie, Jer., {{rom|xxxii}}, 33 ; Ezech., 111, .7, si même ils ne se moquaient des menaces des prophètes, Amos, {{rom|v}}, 18 ; Is., {{rom|v}}, 19, la punition divine devait les frapper. Toutes les descriptions de crimes,
précédemment rappelées, sont immédiatement suivies de l’annonce de châtiments. Plus souvent encore, la menace est directe, qu’elle soit adressée sous forme de plainte ou d’élégie, Amos, {{rom|v}}, 1-14, ou d’exhortation ou de reproche. Ose., {{rom|viii}}, îx ; Is., {{rom|ix}}, 8-x, 34. Elle tourne parfois en malédiction. Is., {{rom|xxviii}}, 1-xxxiii, 12. Elle vise tous les coupables. Tous seront punis, et la punition répondra à la culpabilité. Chacune des classes de la société aura son châtiment propre et proportionné. Puisque la dépravation est générale et que tout espoir de conversion est perdu, la nation entière périra. Israël, qui est le plus coupable, disparaîtra le premier. Amos,
1, 9-16 ; Ose., {{rom|xiii}}, î-xiv, 1 ; Mich., 1, 2-7. Juda, qui n’a
pas compris la leçon, Jer., {{rom|iii}}, 6-10, aura le même sort.
Jer., {{rom|iv}}, 5-vi, 30 ; Ezech., xxm. Le châtiment sera gradué,
Jer., {{rom|iv}}, 27 ; {{rom|v}}, 18, et la ruine définitive ne viendra
pas frapper un peuple, capable encore d’amendement.
Des coups isolés avertiront les coupables et tenteront de les ramener à résipiscence. La patience divine se lassera enfin, et la perte des deux royaumes sera tour à tour décidée. L’instrument des vengeances divines
est ordinairement l’épée des nations voisines d’Israël et de Juda. La ruiue du royaume du nord sera l’œuvre de l’empire assyrien, Ose., {{rom|x}}, 6 ; {{rom|xi}}, 5 ; Is., {{rom|vii}}, 17-25 ; celle du royaume du sud sera accomplie par les Babyloniens. Is., {{rom|xxxix}}, 3-7 ; Mich., {{rom|iv}}, 10 ; Hab., 1, 6-11 ; Jer., {{rom|ix}}, 10-16 ; {{rom|xxi}}, 3-14 ; Ezech., {{rom|xxiv}}, etc.
3° ''Les oracles contre les nations''. — Bien que les nations païennes soient la verge dont Dieu frappe Israël et Juda, elles ne seront pas toutefois épargnées, parce qu’elles sont coupables, elles aussi, et plusieurs livres prophétiques contiennent des recueils spéciaux d’oracles contre elles. Amos, 1, 3-n, 3 ; Is., {{rom|xiv}}, 28-xxi, 17 ;
Soph., {{rom|ii}}, 4-15 ; Zach., {{rom|ix}}, l-7 ; Jer., xlvi, 1-xlix, 39 ; Ezech., xxv, 1-xxxii, 32. La prophétie d’Abdias est tout entière
contre l’Idumée. Mais les deux grandes puissances vengeresses ont leurs menaces particulières, souvent répétées. Elles sont idolâtres ; elles ont dépassé la mesure en exécutant les jugements de Dieu contre Israël et Juda ; elles ont tenté d’exterminer des peuples, que Dieu ne voulait que châtier ; elles ont commis des injustices dans la répression juste ; elles seront donc punies à leur tour, et elles seront détruites comme
nations. On lit des oracles contre l’Assyrie dans Isaïe x, 5-26 ; {{rom|xxx}}, 27-33 ; {{rom|xxxvil}}, 21-38 ; Nahum, 1, 2-m, 19 ;
Sophonie, 11, 13-15, et contre la Chaldée ou Babylone dans Isaïe, {{rom|xiii}}, 1-xiv, 23 ; {{rom|xxi}}, 1-10 ; {{rom|xxxix}}, 3-7 ; {{rom|xliii}}, 1421 ; {{rom-maj|XLVI}}, 1-XLvn, 15 ; Jérémie, {{rom|xxv}}, 12-14 ; {{rom-maj|L}}, 1-li, 64 ; Habacuc, {{rom|ii}}, 2-20. Cf. Rohart, ''De oneribus biblicis contra gentes'', Lille, 1893.
4° La conversion d’Israël et de Juda et leur restauration. — Quels qu’aient été les crimes dé son peuple choisi, quelque durs qu’aient été les châtiments infligés, Dieu faisait annoncer par ses prophètes la conversion finale d’Israël et de Juda sous le coup de l’adversité. Il
ne se bornait pas à promettre des bienfaits, si les coupables quittaient les voies de l’iniquité, Ose., 11, 1424, il déclarait que les Israélites, emmenés en captivité en Assyrie, reviendraient en Palestine, Ose., {{rom|xi}}, 8-11. Abdias prédit le salut, 17-21. Israël se repentira et obtiendra miséricorde. Mich., {{rom|vii}}, 1-20. Les Israélites dispersés seront réunis de nouveau. Is., {{rom|xi}}, 10-16 ; Jer., {{rom|xxxi}}, 1-14. Juda surtout trouvera grâce aux yeux du Seigneur. Is., 1, 26-31. Il sera restauré, is., {{rom|xxvi}}, 1-xxvii, 13 ; xxxii, 1-20 ; {{rom|xxxiii}}, 13-24 ; {{rom|xxxv}}, 1-10 ; {{rom|xl}}, 1-31 ; {{rom|xli}}, 8-20 ; {{rom|xliii}}, 1-13 ; {{rom|xlix}}, 14-26 ; {{rom|lii}}, 1-12. Jérémie prédit la libération des exilés après 70 ans de captivité, {{rom|xxix}}, 8-14. Il décrit la conversion, le retour et la restauration, xxx, 2-24 ; {{rom|xxxii}}, 37-xxxin, 26. Baruch répète aux exilés la même promesse, 11, 30-m, 8 ; {{rom|v}}, 1-9. Ézéchiel annonce aussi le salut, {{rom|xxxvi}}, 8-xxxvti, 28. Il trace même tout un plan de restauration, xl-xlviii. Voir 1. 11, col. 2156.
5° ''Le royaume messianique''. — Le rétablissement de Juda comme royaume temporel de Dieu en Palestine amène les prophètes à annoncer la rédemption spirituelle des Israélites et de tous les hommes et l’établissement d’un royaume nouveau, idéal, réunissant tous les peuples sous la loi du vrai Dieu, et gouverné par un rejeton de David, roi d’Israël et des nations. Michée a décrit ce nouveau royaume comme la glorification et l’exaltation de Sion, {{rom|iv}}, 1-13. Isaïe a repris le même, thème, 11, 2-4. Il décrit la gloire de cette nouvelle Jérusalem, liv, 1-lvi, 8 ; {{rom|lx}}, 1-22 ; {{rom|lxvi}}, 1-24. Jérémie en parle comme d’une alliance conclue entre Dieu et
Juda sous de nouvelles conditions, {{rom|xxxi}}, 31-40. Bref, les prophètes prédisent le royaume messianique et son roi, le Messie, et ils en décrivent les caractères. Leurs oracles messianiques sont exposés dans les articles de ce Dictionnaire, qui concernent chaque prophète en
particulier. Celles qui ont trait à la personne du Messie ont été résumées, t. {{rom|iii}}, col. 1431-1434, et leur signification en faveur de la divinité de Jésus indiquée un peu plus loin, col. 1497-1499. Pour la bibliographie, voir ''ibid''., col. 1436.
Sur les prédictions des prophètes en général, voir J.-B. Pelt, ''Histoire de l’Ancien Testament'', 3{{e}} édit., Paris, 1902, t. {{rom|ii}}, p. 153-179 ; * Davidson, ''Old Testament prophecy'', 1903. Sur la doctrine des prophètes, on pourra consulter *Zschokke, ''Theologie der Propheten des alten Testaments'', Fribourg-en-Brisgau, 1877 ; Trochon, ''Introduction générale aux prophètes'', Paris, 1883, p. xlix-lix ; Selbst, ''Die Kirche Jesu Christi nach den Weissagungen der Propheten'', Mayence, 1883 ; "Duhm, ''Die Theologie der Propheten'', Bonn, 1875 ; "Kirkpatrick, Doctrine of the Prophets, 1892. On peut consulter aussi les théologies de l’Ancien Testament : Scholz, ''Handbuch der Theologie des alten Bundes im Lichte des Neuen'', Ratisbonne, 1862 ; ’Franz Delitszch, ''Die biblisch-prophetische Theologie'', Leipzig, 1845 ; ’Schultz, ''Alttestamentliche Theologie'', 2 in-8°, Francfort, 1869 ; 5{{e}} édit., 1896 ; *Œhler, ''Theologie des alten Testaments'', Tubingue, 1873 ; 3 a édit., 1891 ; trad. anglaise, 2 in-8°, Édimbourg, 1874 ; trad. franc., 2 in-8° ; "Hitzig, ''Biblische Théologie des A. T.'', 1880 ; *Riehm, ''Alttestamentliche Theologie'', 1889 ; *Dillmann, ''Handbuch der alttestament. Theologie'', 1895.
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'''PROPHÉTIQUES (LIVRES)'''. Dans l’usage ecclésiastique on donne spécialement ce nom aux livres qui contiennent les oracles des quatre grands prophètes et des douze petits prophètes dans l’Ancien Testament,
et a l’Apocalypse dans le Nouveau. Dans la Bible hébraïque, outre les œuvres des prophètes proprement dits qui sont appelés prophètes postérieurs, on distingue<section end="PROPHÉTIQUES (LIVRES)"/><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|735|PROPHETIQUES (LIVRES) — PROPHETISME|736}}</noinclude>celles des prophètes antérieurs ou premiers, c’est-à-dire des auteurs du livre de Josué, des Juges, des deux livres de Samuel (nos deux premiers livres des Rois) et des deux livres des Rois (le troisième et le quatrième livre des Rois de la Vulgate).
'''PROPHETISME'''. On désigne sous ce nom, dans le langage des rationalistes, l’explication naturelle de l’intervention, dans l’histoire d’Israël, des prophètes, hommes extraordinaires, doués d’une très grande intelligence et d’une très rare perspicacité, qui ont enseigné une doctrine religieuse très élevée et exercé sur leur peuple une très forte influence au point de vue religieux, moral, social, politique et littéraire. Loin d'être un miracle vivant, une série presque ininterrompue d’interventions directes de Dieu en Israël, comme on l’a cru longtemps, le prophétisme hébreu est un phénomène purement naturel, unique en son genre, il est vrai, quoiqu’il ne soit pas absolument distinct d’autres actes religieux ni sans aucune analogie avec des faits de même nature dans les autres religions. À force d'études, la critique moderne l’a enfin compris et l’a ramené, sans le rabaisser, aux conditions et aux lois de l’histoire positive. Avant d’exposer la nouvelle idée qu’on s’est faite des prophètes d’Israël, il sera bon d’indiquer brièvement les principes qui ont servi de point de départ et la méthode suivie pour aboutir à de tels résultats.
I. {{sc|Principes et méthode.}} — Pour expliquer l’origine, la nature, le rôle historique du prophétisme hébraïque et son influence sur les destinées religieuses et politiques d’Israël, les critiques rationalistes ont écarté toute intervention surnaturelle de Dieu ; ils se sont placés uniquement sur le terrain rationnel et ils n’ont eu recours qu'à la loi historique du développement de l’humanité. Le prophétisme hébreu leur est apparu comme un phénomène religieux et se présentant avec les mêmes caractères et les mêmes traits que le prophétisme des autres religions. L’unique différence entre le prophète hébreu et les prophètes païens, c’est qu’il a atteint une hauteur à laquelle les autres ne sont pas parvenus. Les prophètes d’Israël excellent ; ils sont incontestablement et de beaucoup les premiers, les types du genre ; mais leur supériorité ne les élève pas à l’ordre surnaturel et divin ; ils restent dans l’ordre naturel de l’histoire des
anciennes religions, surtout des religions sémitiques.
En effet, le prophétisme n’est pas un phénomène particulier au peuple d’Israël. Il n’est pas de société humaine qui, à un moment donné de son existence, n’ait eu, sous un nom ou sous un autre, ses interprètes de la divinité, ses hommes de Dieu. Chez tous les peuples de l’antiquité et aujourd’hui encore parmi les nations qui n’ont pas dépassé un certain degré de culture et qui sont très rapprochées de la situation sociale des âges primitifs, il s’est rencontré et on rencontre des hommes qui se sont attribué ou s’attribuent, avec une entière bonne foi, le pouvoir surnaturel de lire dans l’avenir et de communiquer à ceux qui les entourent les décisions de la volonté divine, dont ils sont ou dont
ils croient être les organes. Tous les peuples sémitiques, notamment ceux qui touchent de plus près à Israël, ont eu leurs prophètes. Les Arabes n’ont pas cessé d’en avoir. Le prophétisme caractérise en quelque sorte la race sémitique. Toutefois, il s’est produit aussi dans
les races indo-européennes. La Grèce eut ses {{lang|grc|μαντεῖς}}, ses devins possédés de la {{lang|grc|μανία}} ou fureur prophétique, et cet ordre de faits donna lieu à une science spéciale, la mantique. La Gaule et la Germanie eurent leurs inspirées, leurs prophétesses. Dans la plupart des cas, le prophétisme ne s'éleva pas très haut et ne dépassa guère les modes ordinaires de la divination. Si chez les Hébreux il fut supérieur à ce qu’il apparaît ailleurs, il ne faut pas cependant changer sa supériorité relative en singularité absolue.
Il présente, en effet, dans ses manifestations extérieures, des ressemblances avec le prophétisme des autres peuples. Ce que la Bible rapporte des prophètes d’Israël, de leur genre de vie, de leur mode d’action, ressemble étonnamment à ce que nous savons des devins païens. On constate, chez les uns et chez les autres, la révélation par les songes, une violente exaltation de l’imagination dans l’exercice même de la prophétie, l’union de la vaticination avec l’art de la médecine et la poésie. Leur histoire a été embellie par la légende, et leur existence n’est signalée qu'à l'âge héroïque des peuples anciens. On est ainsi ramené à une loi historique générale. Le prophétisme est commun à tous les peuples, et il est une manifestation propre aux temps héroïques. Le peuple d’Israël n’est donc pas, sous ce rapport, une exception dans le monde, et son prophétisme rentre dans les analogies de l’histoire. D’ailleurs les récits bibliques, dépouillés de leur caractère légendaire et de leur interprétation surnaturelle des faits prophétiques, se ramènent très facilement aux conditions ordinaires du développement des
idées religieuses.
Que penser de ces principes et de cette méthode ? Il n’est pas exact, d’abord, que le prophétisme n’ait existé qu’aux âges héroïques de l’histoire, puisque les peuples païens ont eu leurs devins aux époques de la plus grande civilisation et en pleine histoire. Quant à la méthode employée pour ramener le prophétisme hébreu aux lois et aux conditions ordinaires, elle n’est qu’une application spéciale de l'étude comparée des religions, comme si les ressemblances constatées prouvaient l’identité de nature et de conditions. Mais ces ressemblances sont purement extérieures, partielles et isolées, et elles ne constituent souvent que de simples analogies. On ne peut donc sans paralogisme conclure à l’identité de cause, d’autant qu'à côté des ressemblances, si multiples qu’elles soient, il y a de très grandes différences, et la supériorité du prophétisme hébreu sur les autres n’est niée par aucun critique. Ces différences et cette transcendance exigent donc une autre origine, des causes différentes et supérieures aux causes naturelles, par suite une cause surnaturelle qui est précisément l’inspiration divine, attestée dans la Bible. Voir {{sc|Prophète}} et {{sc|Prophétie}}. Les ressemblances purement extérieures s’expliquent par l’identité de quelques moyens, employés par Dieu même pour produire parmi son peuple de choix, les mêmes effets que la divination produisait chez les peuples païens, pour s’adapter aux mêmes dispositions du cœur
humain et donner satisfaction aux mêmes aspirations.
Cf. P. de Broglie, ''Problèmes et conclusions de l’histoire des religions'', Paris, 1885, p. 244-260, 321-326, 412414. L’interprétation naturaliste des récits bibliques, faite en vue de leur enlever tout caractère surnaturel et divin, repose sur un principe a priori, étranger à la science véritable, et n’est pas capable de faire impression sur un esprit exempt du préjugé rationaliste.
II. {{sc|Développement prétendu du prophétisme hébreu.}} — Le prophétisme a passé en Israël par trois périodes distinctes et caractéristiques : {{1o}} celle des débuts sous Samuel ; {{2o}} une période de transition jusqu'à Élie et Élisée, sous Achab ; {{3o}} celle des prophètes écrivains, qui va du {{rom-maj|viii}}{{e}} siècle au {{rom-maj|iv}}{{e}} avant Jésus-Christ.
1. ''période des débuts sous Samuel.'' — Tous les critiques soi-disant indépendants sont actuellement d’accord pour placer l’apparition du prophétisme proprement dit en Israël vers la fin de la période des Juges, sous Samuel, qui est lui-même un des premiers prophètes, sinon même le premier des prophètes au moins d’une catégorie particulière-. En effet, si quelques-uns confondent encore tous les prophètes de cette époque dans une seule classe d’hommes divinement inspirés et<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|735|PROPHETIQUES (LIVRES) — PROPHETISME|736}}</noinclude>celles des prophètes antérieurs ou premiers, c’est-à-dire des auteurs du livre de Josué, des Juges, des deux livres de Samuel (nos deux premiers livres des Rois) et des deux livres des Rois (le troisième et le quatrième livre des Rois de la Vulgate).
'''PROPHÉTISME'''. On désigne sous ce nom, dans le langage des rationalistes, l’explication naturelle de l’intervention, dans l’histoire d’Israël, des prophètes, hommes extraordinaires, doués d’une très grande intelligence et d’une très rare perspicacité, qui ont enseigné une doctrine religieuse très élevée et exercé sur leur peuple une très forte influence au point de vue religieux, moral, social, politique et littéraire. Loin d'être un miracle vivant, une série presque ininterrompue d’interventions directes de Dieu en Israël, comme on l’a cru longtemps, le prophétisme hébreu est un phénomène purement naturel, unique en son genre, il est vrai, quoiqu’il ne soit pas absolument distinct d’autres actes religieux ni sans aucune analogie avec des faits de même nature dans les autres religions. À force d'études, la critique moderne l’a enfin compris et l’a ramené, sans le rabaisser, aux conditions et aux lois de l’histoire positive. Avant d’exposer la nouvelle idée qu’on s’est faite des prophètes d’Israël, il sera bon d’indiquer brièvement les principes qui ont servi de point de départ et la méthode suivie pour aboutir à de tels résultats.
I. {{sc|Principes et méthode.}} — Pour expliquer l’origine, la nature, le rôle historique du prophétisme hébraïque et son influence sur les destinées religieuses et politiques d’Israël, les critiques rationalistes ont écarté toute intervention surnaturelle de Dieu ; ils se sont placés uniquement sur le terrain rationnel et ils n’ont eu recours qu'à la loi historique du développement de l’humanité. Le prophétisme hébreu leur est apparu comme un phénomène religieux et se présentant avec les mêmes caractères et les mêmes traits que le prophétisme des autres religions. L’unique différence entre le prophète hébreu et les prophètes païens, c’est qu’il a atteint une hauteur à laquelle les autres ne sont pas parvenus. Les prophètes d’Israël excellent ; ils sont incontestablement et de beaucoup les premiers, les types du genre ; mais leur supériorité ne les élève pas à l’ordre surnaturel et divin ; ils restent dans l’ordre naturel de l’histoire des
anciennes religions, surtout des religions sémitiques.
En effet, le prophétisme n’est pas un phénomène particulier au peuple d’Israël. Il n’est pas de société humaine qui, à un moment donné de son existence, n’ait eu, sous un nom ou sous un autre, ses interprètes de la divinité, ses hommes de Dieu. Chez tous les peuples de l’antiquité et aujourd’hui encore parmi les nations qui n’ont pas dépassé un certain degré de culture et qui sont très rapprochées de la situation sociale des âges primitifs, il s’est rencontré et on rencontre des hommes qui se sont attribué ou s’attribuent, avec une entière bonne foi, le pouvoir surnaturel de lire dans l’avenir et de communiquer à ceux qui les entourent les décisions de la volonté divine, dont ils sont ou dont
ils croient être les organes. Tous les peuples sémitiques, notamment ceux qui touchent de plus près à Israël, ont eu leurs prophètes. Les Arabes n’ont pas cessé d’en avoir. Le prophétisme caractérise en quelque sorte la race sémitique. Toutefois, il s’est produit aussi dans
les races indo-européennes. La Grèce eut ses {{lang|grc|μαντεῖς}}, ses devins possédés de la {{lang|grc|μανία}} ou fureur prophétique, et cet ordre de faits donna lieu à une science spéciale, la mantique. La Gaule et la Germanie eurent leurs inspirées, leurs prophétesses. Dans la plupart des cas, le prophétisme ne s'éleva pas très haut et ne dépassa guère les modes ordinaires de la divination. Si chez les Hébreux il fut supérieur à ce qu’il apparaît ailleurs, il ne faut pas cependant changer sa supériorité relative en singularité absolue.
Il présente, en effet, dans ses manifestations extérieures, des ressemblances avec le prophétisme des autres peuples. Ce que la Bible rapporte des prophètes d’Israël, de leur genre de vie, de leur mode d’action, ressemble étonnamment à ce que nous savons des devins païens. On constate, chez les uns et chez les autres, la révélation par les songes, une violente exaltation de l’imagination dans l’exercice même de la prophétie, l’union de la vaticination avec l’art de la médecine et la poésie. Leur histoire a été embellie par la légende, et leur existence n’est signalée qu'à l'âge héroïque des peuples anciens. On est ainsi ramené à une loi historique générale. Le prophétisme est commun à tous les peuples, et il est une manifestation propre aux temps héroïques. Le peuple d’Israël n’est donc pas, sous ce rapport, une exception dans le monde, et son prophétisme rentre dans les analogies de l’histoire. D’ailleurs les récits bibliques, dépouillés de leur caractère légendaire et de leur interprétation surnaturelle des faits prophétiques, se ramènent très facilement aux conditions ordinaires du développement des
idées religieuses.
Que penser de ces principes et de cette méthode ? Il n’est pas exact, d’abord, que le prophétisme n’ait existé qu’aux âges héroïques de l’histoire, puisque les peuples païens ont eu leurs devins aux époques de la plus grande civilisation et en pleine histoire. Quant à la méthode employée pour ramener le prophétisme hébreu aux lois et aux conditions ordinaires, elle n’est qu’une application spéciale de l'étude comparée des religions, comme si les ressemblances constatées prouvaient l’identité de nature et de conditions. Mais ces ressemblances sont purement extérieures, partielles et isolées, et elles ne constituent souvent que de simples analogies. On ne peut donc sans paralogisme conclure à l’identité de cause, d’autant qu'à côté des ressemblances, si multiples qu’elles soient, il y a de très grandes différences, et la supériorité du prophétisme hébreu sur les autres n’est niée par aucun critique. Ces différences et cette transcendance exigent donc une autre origine, des causes différentes et supérieures aux causes naturelles, par suite une cause surnaturelle qui est précisément l’inspiration divine, attestée dans la Bible. Voir {{sc|Prophète}} et {{sc|Prophétie}}. Les ressemblances purement extérieures s’expliquent par l’identité de quelques moyens, employés par Dieu même pour produire parmi son peuple de choix, les mêmes effets que la divination produisait chez les peuples païens, pour s’adapter aux mêmes dispositions du cœur
humain et donner satisfaction aux mêmes aspirations.
Cf. P. de Broglie, ''Problèmes et conclusions de l’histoire des religions'', Paris, 1885, p. 244-260, 321-326, 412414. L’interprétation naturaliste des récits bibliques, faite en vue de leur enlever tout caractère surnaturel et divin, repose sur un principe a priori, étranger à la science véritable, et n’est pas capable de faire impression sur un esprit exempt du préjugé rationaliste.
II. {{sc|Développement prétendu du prophétisme hébreu.}} — Le prophétisme a passé en Israël par trois périodes distinctes et caractéristiques : {{1o}} celle des débuts sous Samuel ; {{2o}} une période de transition jusqu'à Élie et Élisée, sous Achab ; {{3o}} celle des prophètes écrivains, qui va du {{rom-maj|viii}}{{e}} siècle au {{rom-maj|iv}}{{e}} avant Jésus-Christ.
1. ''période des débuts sous Samuel.'' — Tous les critiques soi-disant indépendants sont actuellement d’accord pour placer l’apparition du prophétisme proprement dit en Israël vers la fin de la période des Juges, sous Samuel, qui est lui-même un des premiers prophètes, sinon même le premier des prophètes au moins d’une catégorie particulière-. En effet, si quelques-uns confondent encore tous les prophètes de cette époque dans une seule classe d’hommes divinement inspirés et<noinclude>
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'''PROPHÉTISME'''. On désigne sous ce nom, dans le langage des rationalistes, l’explication naturelle de l’intervention, dans l’histoire d’Israël, des prophètes, hommes extraordinaires, doués d’une très grande intelligence et d’une très rare perspicacité, qui ont enseigné une doctrine religieuse très élevée et exercé sur leur peuple une très forte influence au point de vue religieux, moral, social, politique et littéraire. Loin d'être un miracle vivant, une série presque ininterrompue d’interventions directes de Dieu en Israël, comme on l’a cru longtemps, le prophétisme hébreu est un phénomène purement naturel, unique en son genre, il est vrai, quoiqu’il ne soit pas absolument distinct d’autres actes religieux ni sans aucune analogie avec des faits de même nature dans les autres religions. À force d'études, la critique moderne l’a enfin compris et l’a ramené, sans le rabaisser, aux conditions et aux lois de l’histoire positive. Avant d’exposer la nouvelle idée qu’on s’est faite des prophètes d’Israël, il sera bon d’indiquer brièvement les principes qui ont servi de point de départ et la méthode suivie pour aboutir à de tels résultats.
I. {{sc|Principes et méthode.}} — Pour expliquer l’origine, la nature, le rôle historique du prophétisme hébraïque et son influence sur les destinées religieuses et politiques d’Israël, les critiques rationalistes ont écarté toute intervention surnaturelle de Dieu ; ils se sont placés uniquement sur le terrain rationnel et ils n’ont eu recours qu'à la loi historique du développement de l’humanité. Le prophétisme hébreu leur est apparu comme un phénomène religieux et se présentant avec les mêmes caractères et les mêmes traits que le prophétisme des autres religions. L’unique différence entre le prophète hébreu et les prophètes païens, c’est qu’il a atteint une hauteur à laquelle les autres ne sont pas parvenus. Les prophètes d’Israël excellent ; ils sont incontestablement et de beaucoup les premiers, les types du genre ; mais leur supériorité ne les élève pas à l’ordre surnaturel et divin ; ils restent dans l’ordre naturel de l’histoire des
anciennes religions, surtout des religions sémitiques.
En effet, le prophétisme n’est pas un phénomène particulier au peuple d’Israël. Il n’est pas de société humaine qui, à un moment donné de son existence, n’ait eu, sous un nom ou sous un autre, ses interprètes de la divinité, ses hommes de Dieu. Chez tous les peuples de l’antiquité et aujourd’hui encore parmi les nations qui n’ont pas dépassé un certain degré de culture et qui sont très rapprochées de la situation sociale des âges primitifs, il s’est rencontré et on rencontre des hommes qui se sont attribué ou s’attribuent, avec une entière bonne foi, le pouvoir surnaturel de lire dans l’avenir et de communiquer à ceux qui les entourent les décisions de la volonté divine, dont ils sont ou dont
ils croient être les organes. Tous les peuples sémitiques, notamment ceux qui touchent de plus près à Israël, ont eu leurs prophètes. Les Arabes n’ont pas cessé d’en avoir. Le prophétisme caractérise en quelque sorte la race sémitique. Toutefois, il s’est produit aussi dans
les races indo-européennes. La Grèce eut ses {{lang|grc|μαντεῖς}}, ses devins possédés de la {{lang|grc|μανία}} ou fureur prophétique, et cet ordre de faits donna lieu à une science spéciale, la mantique. La Gaule et la Germanie eurent leurs inspirées, leurs prophétesses. Dans la plupart des cas, le prophétisme ne s'éleva pas très haut et ne dépassa guère les modes ordinaires de la divination. Si chez les Hébreux il fut supérieur à ce qu’il apparaît ailleurs, il ne faut pas cependant changer sa supériorité relative en singularité absolue.
Il présente, en effet, dans ses manifestations extérieures, des ressemblances avec le prophétisme des autres peuples. Ce que la Bible rapporte des prophètes d’Israël, de leur genre de vie, de leur mode d’action, ressemble étonnamment à ce que nous savons des devins païens. On constate, chez les uns et chez les autres, la révélation par les songes, une violente exaltation de l’imagination dans l’exercice même de la prophétie, l’union de la vaticination avec l’art de la médecine et la poésie. Leur histoire a été embellie par la légende, et leur existence n’est signalée qu'à l'âge héroïque des peuples anciens. On est ainsi ramené à une loi historique générale. Le prophétisme est commun à tous les peuples, et il est une manifestation propre aux temps héroïques. Le peuple d’Israël n’est donc pas, sous ce rapport, une exception dans le monde, et son prophétisme rentre dans les analogies de l’histoire. D’ailleurs les récits bibliques, dépouillés de leur caractère légendaire et de leur interprétation surnaturelle des faits prophétiques, se ramènent très facilement aux conditions ordinaires du développement des
idées religieuses.
Que penser de ces principes et de cette méthode ? Il n’est pas exact, d’abord, que le prophétisme n’ait existé qu’aux âges héroïques de l’histoire, puisque les peuples païens ont eu leurs devins aux époques de la plus grande civilisation et en pleine histoire. Quant à la méthode employée pour ramener le prophétisme hébreu aux lois et aux conditions ordinaires, elle n’est qu’une application spéciale de l'étude comparée des religions, comme si les ressemblances constatées prouvaient l’identité de nature et de conditions. Mais ces ressemblances sont purement extérieures, partielles et isolées, et elles ne constituent souvent que de simples analogies. On ne peut donc sans paralogisme conclure à l’identité de cause, d’autant qu'à côté des ressemblances, si multiples qu’elles soient, il y a de très grandes différences, et la supériorité du prophétisme hébreu sur les autres n’est niée par aucun critique. Ces différences et cette transcendance exigent donc une autre origine, des causes différentes et supérieures aux causes naturelles, par suite une cause surnaturelle qui est précisément l’inspiration divine, attestée dans la Bible. Voir {{sc|Prophète}} et {{sc|Prophétie}}. Les ressemblances purement extérieures s’expliquent par l’identité de quelques moyens, employés par Dieu même pour produire parmi son peuple de choix, les mêmes effets que la divination produisait chez les peuples païens, pour s’adapter aux mêmes dispositions du cœur
humain et donner satisfaction aux mêmes aspirations.
Cf. P. de Broglie, ''Problèmes et conclusions de l’histoire des religions'', Paris, 1885, p. 244-260, 321-326, 412414. L’interprétation naturaliste des récits bibliques, faite en vue de leur enlever tout caractère surnaturel et divin, repose sur un principe a priori, étranger à la science véritable, et n’est pas capable de faire impression sur un esprit exempt du préjugé rationaliste.
II. {{sc|Développement prétendu du prophétisme hébreu.}} — Le prophétisme a passé en Israël par trois périodes distinctes et caractéristiques : {{1o}} celle des débuts sous Samuel ; {{2o}} une période de transition jusqu'à Élie et Élisée, sous Achab ; {{3o}} celle des prophètes écrivains, qui va du {{rom-maj|viii}}{{e}} siècle au {{rom-maj|iv}}{{e}} avant Jésus-Christ.
1. ''période des débuts sous Samuel.'' — Tous les critiques soi-disant indépendants sont actuellement d’accord pour placer l’apparition du prophétisme proprement dit en Israël vers la fin de la période des Juges, sous Samuel, qui est lui-même un des premiers prophètes, sinon même le premier des prophètes au moins d’une catégorie particulière-. En effet, si quelques-uns confondent encore tous les prophètes de cette époque dans une seule classe d’hommes divinement inspirés et<noinclude>
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Page:Dictionnaire de la Bible - F. Vigouroux - Tome V.djvu/379
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|739|PROPHÉTISME|740}}</noinclude>enfin dans la personne d’Élisée. L’enthousiasme des ''nebʾîîm'' s’atténue fortement ; les prophètes cessent d’être hors de raison ; ils deviennent voyants et reçoivent des communications de Jéhovah. D’autre part, les voyants prennent quelques allures extraordinaires des anciens prophètes exaltés et font des actes plus singuliers que ceux qui sont attribués à Samuel dans les anciens récits. Élie et Élisée inaugurent un ministère, qui est une sorte d’apostolat par protestation contre l’introduction de Baal et des dieux étrangers en Israël. Autour d’Élisée, qui était un voyant, se groupent des troupes d’inspirés ; ils devinrent ses disciples, et ils ont des révélations. Les voyants prenaient alors le nom de prophètes, et les inspirés sont appelés fils de prophètes.
Suivant la remarque de Krætzschmar, ''op. cit''., p. 23, il n’est pas toujours facile de discerner dans l’histoire de cette période de transition, à quelle catégorie des voyants ou des prophètes il faut ranger certains personnages, et il se peut que, dans les anciens récits, le nom d’un groupe ait été attribué à des individus de l’autre groupe. Par suite, les critiques ne sont pas d’accord sur le classement pas plus que sur certains détails, dont ils admettent ou contestent l’historicité.
Ils relèvent cependant, même chez les prophètes Élie et Élisée, qui paraissent être les successeurs des voyants, des traces du caractère extatique des anciens ''nebʾîîm''. Ainsi Élie courut au galop devant le char d’Achab durant tout le trajet du Carmel à Jesraël. I (III) Reg., {{rom|xviii}}, 44-46. Élisée irrité eut besoin d’appeler un harpiste pour calmer son courroux et se procurer à l’aide de la musique l’inspiration prophétique. II (IV) Reg., {{rom|iii}}, 15. Quand ce prophète envoya un de ses disciples pour oindre Jéhu, ce fils de prophète remplit sa mission, seul, sans témoin, dans la chambre de Jéhu, et dès qu’il eut fini, il ouvrit aussitôt la porte et s’enfuit. Les soldats demandèrent à leur chef : « Pourquoi ce fou est-il venu te trouver ? » II (IV) Reg., {{rom|ix}}, 1-11. Ce terme de {{lang|he|םשנע}}, « fou, insensé », servait à désigner les prophètes. Cf. Ose., îx, 7, 8 ; Jer., {{rom|xxix}}, 26. La conduite du fils de prophète, qui se fait frapper par un passant, et qui, couvert de son turban, se présente au roi Achab et lui propose un cas de conscience, paraît bien extravagante. Aussi, lorsqu’il eut enlevé le linge qui couvrait son visage, le roi le reconnut pour un prophète, pour un homme exalté et singulier. I (III) Reg., {{rom|xx}}, 35-41. Krætzschmar, ''op. cit''., p. 9, après Stade, a même cru reconnaître dans cet épisode une preuve que les fils de prophètes portaient sur le front entre les yeux des cicatrices sacrées, que ce critique a appelées des « marques de Jahvéh », tatouage qui distinguait ceux qui appartenaient à ce dieu et qui se plaçaient sous sa protection spéciale. Un nabi’ne voulait-il pas être reconnu, il couvrait son front d’un linge et cachait ses cicatrices caractéristiques. Achab reconnut à ce signe le fils de prophète, qui s’était présenté à lui ainsi voilé. Pour les mêmes signes aux mains, on renvoie à Zach., {{rom|xiii}}, 3-6. Cf. A. Van Hoonacker, ''Les douze petits prophètes'', Paris, 1908, p. 686-687. C’est parce que le ''nâbiʾ'' et le fils de nâbî’étaient encore mal considérés et passaient pour des insensés qu’Amos, le premier prophète écrivain, déclare qu’il n’est ni nâbi’, ni fils de ''nâbiʾ'', {{rom|vii}}, 14.
Élie, dans la légende et dans l’histoire, apparaît comme la personnification idéale du prophète puritain de Jéhovah. Il est isolé. Une vraie pensée religieuse l’anime, quoiqu’elle soit empoisonnée par un sombre fanatisme. C’est un jéhoviste intégral, c’est-à-dire un adorateur de Jéhovah, dieu bon, juste, quoique sévère, exigeant un culte moral, en esprit et en vérité, Sous le règne d’Achab, qui favorisait le culte de Baal, la religion nationale courait de grands risques. Le prophète se fit l’apôtre de son Dieu ; mais c’était un apôtre ardent, fougueux, exalté, qui ne recula pas devant l’emploi de moyens violents pour faire triompher ses idées religieuses et morales. Il est entré en lutte ouverte avec Achab et a fait égorger les prêtres de Baal. Mais la
légende l’a peut-être fait plus fanatique qu’il n’était en réalité. Son disciple, Élisée, continuateur de son esprit, est entouré de fils de prophètes, c’est-à-dire de ''nebʾîîm'' proprement dits, qui étaient de la même catégorie que les ''nebʾîîm'' exaltés du temps de Samuel. C’étaient des adorateurs fervents de Jahvéh qui s’élevèrent, à cette époque de crise nationale et religieuse, pour l’honneur d’Israël et de son Dieu. Ils protestaient contre l’intrusion du culte étranger et polythéiste de Baal. Budde, ''op. cit''., p. 94. Élisée les avait organisés en corporations, sur la nature et le but desquelles on est loin d’être d’accord.
Généralement, on admet qu’on s’y exerçait à l’art prophétique et qu’on y recourait à des moyens naturels, à des recettes, à des procédés pour exciter l’inspiration. « La plupart d’entre eux, dit M. Maspero, ''Histoire des peuples de l’Orient classique'', Paris, 1897, t. {{rom|ii}}, p. 749, étaient installés auprès des temples, et ils y vivaient en termes excellents avec les membres du sacerdoce régulier. Ils y répétaient au son des instruments les chants où les poètes d’autrefois avaient exalté les exploits de Jahvéh, et ils en extrayaient la matière des histoires semi-religieuses qu’ils racontaient sur l’origine du peuple, ou bien ils s’en allaient prêcher à l’aventure
dès que l’esprit les saisissait, isolés, ou le maître avec son disciple, ou par bandes inégales. Le peuple se pressait autour d’eux, écoutant leurs hymnes ou leurs histoires de l’âge héroïque ; les grands, les rois mêmes subissaient leurs visites et enduraient leurs reproches ou leurs exhortations avec un respect mêlé de terreur. » Et M. Loisy, ''op. cit''., p. 61, conclut : « L’institution semble décliner après la mort d’Élisée, et elle n’a pas dû, en tout cas, survivre au royaume d’Israël. Amos, Osée, Isaïe ne sortent pas de ce milieu. »
III. {{sc|Période des prophètes écrivains, du VIe au IVe siècle.}} — Ces prophètes sont en progrès notable sur les précédents. Ils tiennent encore du devin, mais ils n’ont plus rien du prêtre. Ils sont les héritiers de Samuel et des voyants et non des ''nebʾîîm'' exaltés, dont
pourtant ils portent le nom, mais avec une autre signification. On les consultait encore, comme on avait consulté Samuel, sur toutes sortes de sujets, et ils répondaient à toutes les questions. « Les rois d’Israël et de Juda, avant de partir en guerre, interrogent les prophètes sur le succès de leurs expéditions. Beaucoup d’individus faisaient métier d’annoncer l’avenir et de fournir des renseignements sur les choses cachées, le tout au nom de Jahvéh, mais comme ils l’auraient fait au nom de Camos en Moab : ce sont ceux que l’Écriture appelle faux prophètes, et qui pratiquaient, en quelque façon, la divination pour elle-même. Les vrais prophètes exercent aussi la divination, mais en vue d’une fin supérieure, et les réponses qu’ils donnent au nom de Jahvéh sont en rapport avec le caractère moral de leur Dieu. Dans le temps et le milieu où ils vivaient, un enseignement dogmatique n’aurait eu aucune prise sur le commun des hommes. On eût mieux aimé recourir aux sorciers que de se passer d’oracles. Les vrais prophètes en ont donc rendu, et beaucoup, selon que l’Esprit les leur suggérait ; mais nous les voyons de bonne heure subordonner leurs réponses à un principe général, à une condition religieuse et morale qui peut se résumer en ces termes : Jahvéh vous protégera si vous lui êtes fidèles ; il vous abandonnera si vous
l’abandonnez. Et comme ils en viennent de plus en plus à s’occuper des intérêts généraux de la nation, leurs prédictions se transforment progressivement en véritables prédications sur la^providence de Jahvéh, ses desseins, sa justice, les moyens de prévenir ses châtiments et d’avoir part à sa miséricorde. » A. Loisy, ''op. cit.'', p. 61-62.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Dictionnaire de la Bible - F. Vigouroux - Tome V.djvu/380
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|741|PROPHÉTISME|742}}</noinclude>Ces prophètes ne se bornaient donc pas à prédire l’avenir ; ils enseignaient une doctrine complète, qu’ils prêchèrent d’abord et qu’ils écrivirent ensuite, pour que leurs successeurs et la postérité en tirent profit. Sous ce rapport même, les critiques rationalistes exagèrent et faussent l’influence des prophètes du {{rom-maj|viii}}{{e}} siècle, quand ils en font les créateurs du monothéisme et les fondateurs de la théocratie. À l’époque d’Élie et d’Élisée, la religion d’Israël n’avait pas encore rompu complètement avec l’idolâtrie. Ces prophètes, qui combattent avec la dernière énergie le culte de Baal, ne disent rien contre l’adoration du veau d’or à Béthel. Leur jéhovisme cependant est déjà monolâtre, puisqu’il n’est jamais fait mention d’un autre dieu, pas même d’une déesse compagne et épouse. Les prophètes du {{rom-maj|viii}}{{e}} siècle sont monothéistes. Jéhovah, pour eux, est le vrai Dieu, Je Dieu universel, maître du monde entier, unique par nature, invisible et spirituel, saint, juste et miséricordieux. Une fois en possession de cette idée monothéiste, obtenue par la comparaison du dieu national
avec les dieux des peuples voisins, par la constatation de sa supériorité et finalement par la conclusion de son unicité et de sa supériorité universelle, ils s’en firent les apôtres et les prédicateurs. Ils travaillèrent à la faire accepter par les rois, les prêtres et le peuple lui-même. La lutte fut longue et le triomphe ne fut définitif qu’après le retour de la captivité de Babylone.
Ils furent aussi les créateurs du culte moral. Auparavant, Jéhovah n’était honoré que par des actes extérieurs et par des sacrifices. Les prophètes découvrent que le Dieu unique et véritable demande le culte du cœur, la justice, la vertu, l’obéissance à sa loi, supérieure aux victimes et aux sacrifices. Ainsi donc, « la critique historique ne s’est pas bornée à détruire les croyances traditionnelles, ainsi qu’on l’en accuse trop souvent. Elle a reconstruit après avoir démoli. En replaçant les prophètes d’Israël dans leur véritable milieu historique,
elle a fait ressortir leur incomparable originalité, la haute valeur de leurs prédications enflammées ; elle a reconnu en eux de véritables ancêtres de la conscience moderne, et s’ils ont perdu leur caractère miraculeux, ils y ont infiniment gagné en grandeur morale. » A. Réville, ''Le prophétisme hébreu'', Paris, 1906, p. 2.
Mais enfin, en quoi consistait donc, au sentiment de ces critiques, l’inspiration des prophètes, hommes d’action et écrivains ? L’ancien rationalisme, celui de Voltaire et des encyclopédistes, ne voyait dans les prophéties que de pures conjectures sur l’avenir religieux et politique, capables de séduire les simples et d’enflammer les fanatiques, ou bien des prédictions ''post eventum'', c’est-à-dire l’histoire du passé écrite sous forme de prophétie, donc un procédé littéraire employé pour attirer l’attention, frapper l’imagination et aider la mémoire. Les rationalistes plus récents ont rejeté cette fausse conception et réduit les oracles ''post eventum'' à un minimum de prédictions trop claires. Pour eux, l’inspiration des prophètes d’Israël, sans être surnaturelle et directement divine, est cependant
réelle et religieuse. Ils y sont allés par degrés. Les prophètes d’Israël ont d’abord été des prédicateurs d’une doctrine élevée, des hommes d’une foi profonde, des orateurs inspirés par de grandes pensées, qui attribuaient à Jahvéh leur propre inspiration. Mais cette inspiration provenait de leur exaltation religieuse ; ils la puisaient dans leur enthousiasme pour la vraie religion. Ils se mettaient constamment en rapport avec Dieu, et ils se regardaient comme ses serviteurs et ses messagers. Dieu, la religion, la morale étaient l’objet de leurs principaux discours. Ils rattachaient toutes leurs paroles à un ordre d’idées purement religieux ; mais ils s’inspiraient toutefois réellement de leurs propres convictions, qu’ils attribuaient à Dieu. Des critiques plus récents ont reconnu cependant dans ce sentiment religieux une action de Dieu, réellement exercée dans l’âme des prophètes. La prophétie ne vient pas de Dieu en ce sens seulement qu’elle est, comme toutes les œuvres humaines, produite par les facultés que Dieu a données à l’humanité. Il y a plus.
Le prophète a conscience que la pensée qui lui vient, que la conviction qui s’empare de son esprit, n’est pas de lui, qu’elle ne lui est pas arrivée par la voie ordinaire du raisonnement, et il l’attribue à Dieu. Pourquoi ? Parce qu’il n’en trouve pas la source en lui. Il se sent inspiré, il le déclare, et nous ne pouvons douter de sa parole. Bien que les idées prophétiques ne lui aient pas été communiquées par révélation surnaturelle, elles sont de Dieu, parce que la disposition qui les a produites dans l’esprit du prophète est l’œuvre de Dieu en lui. L’esprit de Jéhovah est entré et a agi dans l’esprit de l’homme. Les prophètes expliquaient ainsi l’obsession intérieure d’une grande pensée qui remplissait leur âme et dont l’origine psychologique échappait à leur conscience. Ils étaient sincères, et leur inspiration venait de Dieu en quelque manière.
Voir Knobel, ''Der Prophetismus der Hebräer'', 1837 ; *M. Nicolas, ''Du prophétisme hébreu'', dans ''Études critiques sur la Bible, Ancien Testament'', Paris, 1862, p. 301-442 ; *A. Réville, dans la ''Revue des deux mondes'', juin 1867, t. {{rom|lxix}}, p. 823 ; Dillmann, ''Ueber die Propheten des alten Bundes'', 1868 ; *Kuenen, ''Histoire critique des livres de l’Ancien Testament'', trad. franc., Paris, 1879, t. {{rom|ii}}, p. 1-52 ; Id., De profeten en de profetie onder Israël, 1875 ; trad. anglaise, Londres, 1877 ; Robertson Smith, ''The prophets of Israël and their place in history'', Édimbourg, 1882 ; * Darmesteter, Les prophètes d’Israël, Paris, 1895 ; Cornill, ''Der isrælitische Prophetismus'', 1894 ; 4{{e}} édit., Strasbourg, 1906 ; *Giesebrecht, ''Die Berufsbegabung der altlestamentlichen Propheten'', 1897 ; *S. Michelet, ''Isræls Propheten als Trager der Offenbarung'', trad. allemande, Fribourg-en-Brisgau, 1898 ; *Smend, ''Alttestamentliche Religionsgeschichte'', 2{{e}} édit., Fribourg-en-Brisgau, 1899, p. 78-93, 187-200, 253-264 ; Krætzschmar,
''Prophet und Seher im alten Israël'', Tubingue et Leipzig, 1901 ; *A. Sabatier, Esquisse d’une philosophie de la religion, 7{{e}} édit., Paris, 1903, p. 154-162 ; *B. Stade, ''Biblische Theologie des Alten Testaments'', Tubingue, 1905, t. {{rom|i}}, p. 124-126, 131-132, 204-212 ; M. Réville, ''Le prophétisme hébreu. Esquisse de son histoire et de ses destinées'', Paris, 1906.
III. {{sc|Critique.}} — Les preuves, précédemment données aux articles Prophète, col. 711, et Prophétie, col. 730, de l’inspiration divine des prophètes d’Israël rendent inadmissible{{e}} prophétisme, qui n’est qu’un essai d’explication naturelle d’un phénomène surnaturel et
divin. Par conséquent, nous pourrions nous borner à conclure que l’institution prophétique en Israël et que son développement séculaire ne se justifient pas par les seuls agents de l’histoire, et qu’ils dépendent d’une vertu surnaturelle, que les prophètes eux-mêmes ont
nommé l’Esprit de Dieu. Cependant, comme cet Esprit divin a pu se servir des causes secondes agir et se manifester diversement suivant les temps et les milieux, il se pourrait qu’il y ait quelque vérité dans ses manifestations extérieures, telles que les critiques les décrivent,
en ne tenant pas suffisamment compte de la puissance surnaturelle qui agit. Il y a donc lieu de se demander si les conclusions des critiques sur le développement de la prophétie en Israël ne sont pas certaines et conciliables avec l’action divine sur les prophètes.
1° La distinction entre les voyants et les prophètes au temps de Samuel, si elle était démontrée, pourrait se concilier avec l’enseignement catholique, et elle prouverait seulement la diversité des dons divins et
des manifestations prophétiques. Mais elle est loin<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|775|PROVENÇALES (VERSIONS) DE LA BIBLE|776}}</noinclude>p. 423-426, par une étude comparée de la langue de cette version, a déterminé la région à laquelle appartenaient l’auteur et le copiste du manuscrit. Toutes les particularités linguistiques se retrouvent à l’époque indiquée, dans les documents qui proviennent du pays
correspondant au département actuel de l’Aude et même, pour plus de précision, à la partie orientale de ce département. Des fac-similés du manuscrit ont été reproduits par W. S. Gilly, ''The romaunt Version of
the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, p. lvii ; par Reuss, loc. {{rom|cil}}. ; dans le ''Recueil des fac-similés à l’usage de l’École des chartes'', pl. 129. W.Foerster a édité l’Évangile selon saint Jean, dans la ''Revue des langues romanes'', 2{{e}} série, 1878, t. {{rom|v}}, p. 105 sq. M. Léon Çlédat a publié une reproduction photolithographique du manuscrit entier : Le Nouveau Testament traduit au {{rom-maj|xiii}}{{e}} siècle en langue provençale, dans la Bibliothèque de la faculté des lettres de Lyon, Paris, 1888, t. {{rom|iv}}. Cette version provençale a exercé, nous le verrons, une grande influence, directement ou par ses dérivés, sur les versions vaudoises, catalanes et italiennes du Nouveau Testament.
3° Un autre état de cette traduction provençale du Nouveau Testament a été conservé dans le manuscrit français 2425 qui provient de Peiresc. Il est malheureusement mutilé en plusieurs endroits, et l’Évangile de saint Matthieu est perdu tout entier. L’écriture est de la première moitié du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. D’autre part, le texte lui-même est abrégé. Il a été écourté soit pour éviter des répétitions, soit par recherche de la brièveté. Au lieu de donner la traduction complète du texte, l’auteur
n’en fait souvent qu’un résumé ; parfois Cependant, il a ajouté quelques mots de paraphrase. La version est donc plutôt libre que littérale, et en beaucoup d’endroits, elle est très négligée. D’ailleurs, la copie est
souvent défectueuse. Or, elle ressemble en bien des points à celle du manuscrit de Lyon. La division en chapitres est en grande partie identique à celle de ce manuscrit. Le texte lui-même est si ressemblant que vraisemblablement on ne se trouve pas en présence de deux traductions différentes ; les contresens sont les mêmes. Les divergences se ramènent à peu près à une traduction plus littérale de quelques mots ; la diversité de l’ordre des mots et de la disposition des phrases
provient de ce que la version interlinéaire du manuscrit de Lyon suit l’ordre du texte latin, tandis que celle du manuscrit de Paris à remis les phrases sur ses pieds. La communauté d’origine admise, le manuscrit de Lyon représenterait la première édition ; celui de Paris en serait le redressement, et le texte provençal primitif aurait simplement été transcrit dans un langage plus moderne et, au jugement du transcripteur, plus conforme au latin. Au sentiment de M. Paul Meyer, ''loc. cit.'', cette transcription a été faite dans le dialecte de la Provence, et plus probablement du sud ou du sud-est de cette province. Au point de vue doctrinal, cette version est neutre, comme la précédente. La copie semble avoir été faite pour l’usage d’un catholique, qui y lisait les évangiles et les épîtres des dimanches et des fêtes. Un grand nombre d’index, dus à plusieurs mains et qui paraissent remonter au {{rom-maj|xv}}{{e}} siècle, indiquent en quelles mains ce manuscrit a passé. Ils attirent l’attention sur des textes de morale et sur des passages qui ont un rapport direct avec l’enseignement spécial des Vaudois, et ils semblent être le résumé de la prédication d’un « barde » et le témoignage de sa carrière errante et persécutée. S. Berger, ïbid., p. 365-371.
Le texte de l’Évangile de saint Jean a été publié en entier par Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, et par J. Wollenberg, ''L’Évangile selon saint Jean en vieux provençal'' (Programme du Collège royal français de Berlin), 1868.
P. Meyer a reproduit Joa., {{rom|xiii}}, dans ''Recueil d’anciens textes bas-latins, provençaux et français'', Paris, 1874, t. {{rom|i}}, p. 32-39. 1. Wollenberg avait publié déjà l’Épître aux Èphésiens, dans l’''Archiv fur das Studium der neueren Sprachen'', 1862, t. {{rom|xxxviii}}, p. 75 sq., et Karl Bartsch en a extrait Éph., {{rom|i}}, 1-23, pour l’insérer dans sa ''Chreslomathie provençale'', 4{{e}} édit., Elberfeld, 1888,
col. 331-332.
Ces textes provençaux du Nouveau Testament ont exercé une influence notable sur les versions vaudoises, qui ont avec eux un grand nombre de points communs. Les divergences ne permettent pas d’admettre la communauté d’origine ; mais la dépendance de celles-ci relativement à ceux-là est certaine. S. Berger, loc. cit., p. 399-408. Ils ont influé aussi, comme les versions vaudoises elles-mêmes, sur la première traduction italienne des Épîtres de saint Paul, des Épîtres catholiques
et de l’Apocalypse. S. Berger, La Bible italienne au moyen âge, dans la ''Romania'', 1894, t. {{rom|xxiv}}, p. 45, 47, 50. Voir {{sc|Italiennes (Versions)}}, t. {{rom|iii}}, col. 1020-1021. Ils ont même influé sur une Bible allemande, représentée par les manuscrits de Tepl et de Freiberg ({{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle) et par dix-huit éditions imprimées. Son texte se rattache surtout au manuscrit de Lyon ; mais
certaines de ses leçons ne se retrouvent que dans le manuscrit de Paris ou dans les versions vaudoises. Il faut en conclure que le traducteur allemand a eu sous les yeux un original intermédiaire entre les différentes versions. Voir la bibliographie du sujet, citée t. {{rom|i}}, col. 376, et les articles de la Revue historique, janvier
1886, t. {{rom|xxx}}, p. 167 ; septembre 1886, t. {{rom|xxxii}}, p. 184,
et 1891, t. {{rom|xlv}}, p. 148 (les deux premiers ont été reproduits
avec additions dans le ''Bulletin de la Société d’histoire vaudoise'', n° 3, décembre 1887).
4° Une version toute nouvelle du Nouveau Testament a été découverte plus récemment encore dans deux manuscrits. Le premier, qui n’en contient qu’un fragment, a été trouvé par M. Mireur, archiviste du Var, dans les archives de Puget, où il servait de couverture à un registre de comptes. C’est un débris de deux feuillets, dont l’écriture est du milieu du
xiv « siècle environ. Le texte reproduit est Matth., xxviii, 8-Marc, {{rom|i}}, 32. Mais plusieurs lignes du feuillet précédent se sont imprimées à l’envers sur le suivant et ont fourni Matth., {{rom|xxvi}}, 1-4, 17-21. M. P. Meyer a édité ce texte et l’a étudié. Fragment d’une version provençale inconnue du Nouveau, Testament, dans la ''Romania'', t. {{rom|xviii}}, p. 430-438. Cette version est bien plus libre d’allures que la précédente ; elle ne suit pas littéralement le texte latin, et elle vise à être claire et intelligible pour tous, parfois même en forçant un peu le sens. Tous les mots et toutes les locutions sont de bonne langue populaire, et on ne trouve pas de termes latins passés en provençal. La traduction ne paraît pas notablement plus ancienne que le manuscrit ; elle serait donc de la première moitié du xrv{{e}} siècle. Les règles de l’ancienne déclinaison sont tombées en désuétude, et elles ne semblent pas être des corrections du copiste.
La langue appartient à la partie méridionale de la Provence, en sorte que la version est du même pays que le manuscrit qui la contient.
Samuel Berger a étudié plus tard un manuscrit nouveau, qui reproduit la plus grande partie des Évangiles, à la suite d’un « livre de Genèse », dont il sera parlé plus loin. C’est le manuscrit français 6261 de la Bibliothèque nationale de Paris. Écrit au xv{{e}} siècle, il a
appartenu à Jean de Chastel, évêque de Carcassonne († 1475), et au célèbre Tristan l’Ermite. Chaque Évangile est précédé de son argument, La division en paragraphes, à peu près semblable à celle des manuscrits
de la version précédente, semble indiquer que la traduction est antérieure, sinon au milieu, du moins à la fin du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. Le texte latin, sur lequel elle a été<noinclude>
<references/></noinclude>
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correspondant au département actuel de l’Aude et même, pour plus de précision, à la partie orientale de ce département. Des fac-similés du manuscrit ont été reproduits par W. S. Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, p. lvii ; par Reuss, loc. {{rom|cil}}. ; dans le ''Recueil des fac-similés à l’usage de l’École des chartes'', pl. 129. W.Foerster a édité l’Évangile selon saint Jean, dans la ''Revue des langues romanes'', 2{{e}} série, 1878, t. {{rom|v}}, p. 105 sq. M. Léon Çlédat a publié une reproduction photolithographique du manuscrit entier : Le Nouveau Testament traduit au {{rom-maj|xiii}}{{e}} siècle en langue provençale, dans la Bibliothèque de la faculté des lettres de Lyon, Paris, 1888, t. {{rom|iv}}. Cette version provençale a exercé, nous le verrons, une grande influence, directement ou par ses dérivés, sur les versions vaudoises, catalanes et italiennes du Nouveau Testament.
3° Un autre état de cette traduction provençale du Nouveau Testament a été conservé dans le manuscrit français 2425 qui provient de Peiresc. Il est malheureusement mutilé en plusieurs endroits, et l’Évangile de saint Matthieu est perdu tout entier. L’écriture est de la première moitié du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. D’autre part, le texte lui-même est abrégé. Il a été écourté soit pour éviter des répétitions, soit par recherche de la brièveté. Au lieu de donner la traduction complète du texte, l’auteur
n’en fait souvent qu’un résumé ; parfois Cependant, il a ajouté quelques mots de paraphrase. La version est donc plutôt libre que littérale, et en beaucoup d’endroits, elle est très négligée. D’ailleurs, la copie est
souvent défectueuse. Or, elle ressemble en bien des points à celle du manuscrit de Lyon. La division en chapitres est en grande partie identique à celle de ce manuscrit. Le texte lui-même est si ressemblant que vraisemblablement on ne se trouve pas en présence de deux traductions différentes ; les contresens sont les mêmes. Les divergences se ramènent à peu près à une traduction plus littérale de quelques mots ; la diversité de l’ordre des mots et de la disposition des phrases
provient de ce que la version interlinéaire du manuscrit de Lyon suit l’ordre du texte latin, tandis que celle du manuscrit de Paris à remis les phrases sur ses pieds. La communauté d’origine admise, le manuscrit de Lyon représenterait la première édition ; celui de Paris en serait le redressement, et le texte provençal primitif aurait simplement été transcrit dans un langage plus moderne et, au jugement du transcripteur, plus conforme au latin. Au sentiment de M. Paul Meyer, ''loc. cit.'', cette transcription a été faite dans le dialecte de la Provence, et plus probablement du sud ou du sud-est de cette province. Au point de vue doctrinal, cette version est neutre, comme la précédente. La copie semble avoir été faite pour l’usage d’un catholique, qui y lisait les évangiles et les épîtres des dimanches et des fêtes. Un grand nombre d’index, dus à plusieurs mains et qui paraissent remonter au {{rom-maj|xv}}{{e}} siècle, indiquent en quelles mains ce manuscrit a passé. Ils attirent l’attention sur des textes de morale et sur des passages qui ont un rapport direct avec l’enseignement spécial des Vaudois, et ils semblent être le résumé de la prédication d’un « barde » et le témoignage de sa carrière errante et persécutée. S. Berger, ïbid., p. 365-371.
Le texte de l’Évangile de saint Jean a été publié en entier par Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, et par J. Wollenberg, ''L’Évangile selon saint Jean en vieux provençal'' (Programme du Collège royal français de Berlin), 1868.
P. Meyer a reproduit Joa., {{rom|xiii}}, dans ''Recueil d’anciens textes bas-latins, provençaux et français'', Paris, 1874, t. {{rom|i}}, p. 32-39. 1. Wollenberg avait publié déjà l’Épître aux Èphésiens, dans l’''Archiv fur das Studium der neueren Sprachen'', 1862, t. {{rom|xxxviii}}, p. 75 sq., et Karl Bartsch en a extrait Éph., {{rom|i}}, 1-23, pour l’insérer dans sa ''Chreslomathie provençale'', 4{{e}} édit., Elberfeld, 1888,
col. 331-332.
Ces textes provençaux du Nouveau Testament ont exercé une influence notable sur les versions vaudoises, qui ont avec eux un grand nombre de points communs. Les divergences ne permettent pas d’admettre la communauté d’origine ; mais la dépendance de celles-ci relativement à ceux-là est certaine. S. Berger, loc. cit., p. 399-408. Ils ont influé aussi, comme les versions vaudoises elles-mêmes, sur la première traduction italienne des Épîtres de saint Paul, des Épîtres catholiques
et de l’Apocalypse. S. Berger, La Bible italienne au moyen âge, dans la ''Romania'', 1894, t. {{rom|xxiv}}, p. 45, 47, 50. Voir {{sc|Italiennes (Versions)}}, t. {{rom|iii}}, col. 1020-1021. Ils ont même influé sur une Bible allemande, représentée par les manuscrits de Tepl et de Freiberg ({{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle) et par dix-huit éditions imprimées. Son texte se rattache surtout au manuscrit de Lyon ; mais
certaines de ses leçons ne se retrouvent que dans le manuscrit de Paris ou dans les versions vaudoises. Il faut en conclure que le traducteur allemand a eu sous les yeux un original intermédiaire entre les différentes versions. Voir la bibliographie du sujet, citée t. {{rom|i}}, col. 376, et les articles de la Revue historique, janvier
1886, t. {{rom|xxx}}, p. 167 ; septembre 1886, t. {{rom|xxxii}}, p. 184,
et 1891, t. {{rom|xlv}}, p. 148 (les deux premiers ont été reproduits
avec additions dans le ''Bulletin de la Société d’histoire vaudoise'', n° 3, décembre 1887).
4° Une version toute nouvelle du Nouveau Testament a été découverte plus récemment encore dans deux manuscrits. Le premier, qui n’en contient qu’un fragment, a été trouvé par M. Mireur, archiviste du Var, dans les archives de Puget, où il servait de couverture à un registre de comptes. C’est un débris de deux feuillets, dont l’écriture est du milieu du
xiv « siècle environ. Le texte reproduit est Matth., xxviii, 8-Marc, {{rom|i}}, 32. Mais plusieurs lignes du feuillet précédent se sont imprimées à l’envers sur le suivant et ont fourni Matth., {{rom|xxvi}}, 1-4, 17-21. M. P. Meyer a édité ce texte et l’a étudié. Fragment d’une version provençale inconnue du Nouveau, Testament, dans la ''Romania'', t. {{rom|xviii}}, p. 430-438. Cette version est bien plus libre d’allures que la précédente ; elle ne suit pas littéralement le texte latin, et elle vise à être claire et intelligible pour tous, parfois même en forçant un peu le sens. Tous les mots et toutes les locutions sont de bonne langue populaire, et on ne trouve pas de termes latins passés en provençal. La traduction ne paraît pas notablement plus ancienne que le manuscrit ; elle serait donc de la première moitié du xrv{{e}} siècle. Les règles de l’ancienne déclinaison sont tombées en désuétude, et elles ne semblent pas être des corrections du copiste.
La langue appartient à la partie méridionale de la Provence, en sorte que la version est du même pays que le manuscrit qui la contient.
Samuel Berger a étudié plus tard un manuscrit nouveau, qui reproduit la plus grande partie des Évangiles, à la suite d’un « livre de Genèse », dont il sera parlé plus loin. C’est le manuscrit français 6261 de la Bibliothèque nationale de Paris. Écrit au xv{{e}} siècle, il a
appartenu à Jean de Chastel, évêque de Carcassonne († 1475), et au célèbre Tristan l’Ermite. Chaque Évangile est précédé de son argument, La division en paragraphes, à peu près semblable à celle des manuscrits
de la version précédente, semble indiquer que la traduction est antérieure, sinon au milieu, du moins à la fin du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. Le texte latin, sur lequel elle a été<noinclude>
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correspondant au département actuel de l’Aude et même, pour plus de précision, à la partie orientale de ce département. Des fac-similés du manuscrit ont été reproduits par W. S. Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, p. lvii ; par Reuss, loc. {{rom|cil}}. ; dans le ''Recueil des fac-similés à l’usage de l’École des chartes'', pl. 129. W.Foerster a édité l’Évangile selon saint Jean, dans la ''Revue des langues romanes'', 2{{e}} série, 1878, t. {{rom|v}}, p. 105 sq. M. Léon Çlédat a publié une reproduction photolithographique du manuscrit entier : Le Nouveau Testament traduit au {{rom-maj|xiii}}{{e}} siècle en langue provençale, dans la Bibliothèque de la faculté des lettres de Lyon, Paris, 1888, t. {{rom|iv}}. Cette version provençale a exercé, nous le verrons, une grande influence, directement ou par ses dérivés, sur les versions vaudoises, catalanes et italiennes du Nouveau Testament.
3° Un autre état de cette traduction provençale du Nouveau Testament a été conservé dans le manuscrit français 2425 qui provient de Peiresc. Il est malheureusement mutilé en plusieurs endroits, et l’Évangile de saint Matthieu est perdu tout entier. L’écriture est de la première moitié du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. D’autre part, le texte lui-même est abrégé. Il a été écourté soit pour éviter des répétitions, soit par recherche de la brièveté. Au lieu de donner la traduction complète du texte, l’auteur
n’en fait souvent qu’un résumé ; parfois Cependant, il a ajouté quelques mots de paraphrase. La version est donc plutôt libre que littérale, et en beaucoup d’endroits, elle est très négligée. D’ailleurs, la copie est
souvent défectueuse. Or, elle ressemble en bien des points à celle du manuscrit de Lyon. La division en chapitres est en grande partie identique à celle de ce manuscrit. Le texte lui-même est si ressemblant que vraisemblablement on ne se trouve pas en présence de deux traductions différentes ; les contresens sont les mêmes. Les divergences se ramènent à peu près à une traduction plus littérale de quelques mots ; la diversité de l’ordre des mots et de la disposition des phrases
provient de ce que la version interlinéaire du manuscrit de Lyon suit l’ordre du texte latin, tandis que celle du manuscrit de Paris à remis les phrases sur ses pieds. La communauté d’origine admise, le manuscrit de Lyon représenterait la première édition ; celui de Paris en serait le redressement, et le texte provençal primitif aurait simplement été transcrit dans un langage plus moderne et, au jugement du transcripteur, plus conforme au latin. Au sentiment de M. Paul Meyer, ''loc. cit.'', cette transcription a été faite dans le dialecte de la Provence, et plus probablement du sud ou du sud-est de cette province. Au point de vue doctrinal, cette version est neutre, comme la précédente. La copie semble avoir été faite pour l’usage d’un catholique, qui y lisait les évangiles et les épîtres des dimanches et des fêtes. Un grand nombre d’index, dus à plusieurs mains et qui paraissent remonter au {{rom-maj|xv}}{{e}} siècle, indiquent en quelles mains ce manuscrit a passé. Ils attirent l’attention sur des textes de morale et sur des passages qui ont un rapport direct avec l’enseignement spécial des Vaudois, et ils semblent être le résumé de la prédication d’un « barde » et le témoignage de sa carrière errante et persécutée. S. Berger, ïbid., p. 365-371.
Le texte de l’Évangile de saint Jean a été publié en entier par Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, et par J. Wollenberg, ''L’Évangile selon saint Jean en vieux provençal'' (Programme du Collège royal français de Berlin), 1868.
P. Meyer a reproduit Joa., {{rom|xiii}}, dans ''Recueil d’anciens textes bas-latins, provençaux et français'', Paris, 1874, t. {{rom|i}}, p. 32-39. 1. Wollenberg avait publié déjà l’Épître aux Èphésiens, dans l’''Archiv für das Studium der neueren Sprachen'', 1862, t. {{rom|xxxviii}}, p. 75 sq., et Karl Bartsch en a extrait Éph., {{rom|i}}, 1-23, pour l’insérer dans sa ''Chreslomathie provençale'', 4{{e}} édit., Elberfeld, 1888,
col. 331-332.
Ces textes provençaux du Nouveau Testament ont exercé une influence notable sur les versions vaudoises, qui ont avec eux un grand nombre de points communs. Les divergences ne permettent pas d’admettre la communauté d’origine ; mais la dépendance de celles-ci relativement à ceux-là est certaine. S. Berger, loc. cit., p. 399-408. Ils ont influé aussi, comme les versions vaudoises elles-mêmes, sur la première traduction italienne des Épîtres de saint Paul, des Épîtres catholiques
et de l’Apocalypse. S. Berger, La Bible italienne au moyen âge, dans la ''Romania'', 1894, t. {{rom|xxiv}}, p. 45, 47, 50. Voir {{sc|Italiennes (Versions)}}, t. {{rom|iii}}, col. 1020-1021. Ils ont même influé sur une Bible allemande, représentée par les manuscrits de Tepl et de Freiberg ({{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle) et par dix-huit éditions imprimées. Son texte se rattache surtout au manuscrit de Lyon ; mais
certaines de ses leçons ne se retrouvent que dans le manuscrit de Paris ou dans les versions vaudoises. Il faut en conclure que le traducteur allemand a eu sous les yeux un original intermédiaire entre les différentes versions. Voir la bibliographie du sujet, citée t. {{rom|i}}, col. 376, et les articles de la Revue historique, janvier
1886, t. {{rom|xxx}}, p. 167 ; septembre 1886, t. {{rom|xxxii}}, p. 184,
et 1891, t. {{rom|xlv}}, p. 148 (les deux premiers ont été reproduits
avec additions dans le ''Bulletin de la Société d’histoire vaudoise'', n° 3, décembre 1887).
4° Une version toute nouvelle du Nouveau Testament a été découverte plus récemment encore dans deux manuscrits. Le premier, qui n’en contient qu’un fragment, a été trouvé par M. Mireur, archiviste du Var, dans les archives de Puget, où il servait de couverture à un registre de comptes. C’est un débris de deux feuillets, dont l’écriture est du milieu du
xiv « siècle environ. Le texte reproduit est Matth., xxviii, 8-Marc, {{rom|i}}, 32. Mais plusieurs lignes du feuillet précédent se sont imprimées à l’envers sur le suivant et ont fourni Matth., {{rom|xxvi}}, 1-4, 17-21. M. P. Meyer a édité ce texte et l’a étudié. Fragment d’une version provençale inconnue du Nouveau, Testament, dans la ''Romania'', t. {{rom|xviii}}, p. 430-438. Cette version est bien plus libre d’allures que la précédente ; elle ne suit pas littéralement le texte latin, et elle vise à être claire et intelligible pour tous, parfois même en forçant un peu le sens. Tous les mots et toutes les locutions sont de bonne langue populaire, et on ne trouve pas de termes latins passés en provençal. La traduction ne paraît pas notablement plus ancienne que le manuscrit ; elle serait donc de la première moitié du xrv{{e}} siècle. Les règles de l’ancienne déclinaison sont tombées en désuétude, et elles ne semblent pas être des corrections du copiste.
La langue appartient à la partie méridionale de la Provence, en sorte que la version est du même pays que le manuscrit qui la contient.
Samuel Berger a étudié plus tard un manuscrit nouveau, qui reproduit la plus grande partie des Évangiles, à la suite d’un « livre de Genèse », dont il sera parlé plus loin. C’est le manuscrit français 6261 de la Bibliothèque nationale de Paris. Écrit au xv{{e}} siècle, il a
appartenu à Jean de Chastel, évêque de Carcassonne († 1475), et au célèbre Tristan l’Ermite. Chaque Évangile est précédé de son argument, La division en paragraphes, à peu près semblable à celle des manuscrits
de la version précédente, semble indiquer que la traduction est antérieure, sinon au milieu, du moins à la fin du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. Le texte latin, sur lequel elle a été<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|775|PROVENÇALES (VERSIONS) DE LA BIBLE|776}}</noinclude>p. 423-426, par une étude comparée de la langue de cette version, a déterminé la région à laquelle appartenaient l’auteur et le copiste du manuscrit. Toutes les particularités linguistiques se retrouvent à l’époque indiquée, dans les documents qui proviennent du pays
correspondant au département actuel de l’Aude et même, pour plus de précision, à la partie orientale de ce département. Des fac-similés du manuscrit ont été reproduits par W. S. Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, p. lvii ; par Reuss, loc. {{rom|cil}}. ; dans le ''Recueil des fac-similés à l’usage de l’École des chartes'', pl. 129. W.Foerster a édité l’Évangile selon saint Jean, dans la ''Revue des langues romanes'', 2{{e}} série, 1878, t. {{rom|v}}, p. 105 sq. M. Léon Çlédat a publié une reproduction photolithographique du manuscrit entier : Le Nouveau Testament traduit au {{rom-maj|xiii}}{{e}} siècle en langue provençale, dans la Bibliothèque de la faculté des lettres de Lyon, Paris, 1888, t. {{rom|iv}}. Cette version provençale a exercé, nous le verrons, une grande influence, directement ou par ses dérivés, sur les versions vaudoises, catalanes et italiennes du Nouveau Testament.
3° Un autre état de cette traduction provençale du Nouveau Testament a été conservé dans le manuscrit français 2425 qui provient de Peiresc. Il est malheureusement mutilé en plusieurs endroits, et l’Évangile de saint Matthieu est perdu tout entier. L’écriture est de la première moitié du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. D’autre part, le texte lui-même est abrégé. Il a été écourté soit pour éviter des répétitions, soit par recherche de la brièveté. Au lieu de donner la traduction complète du texte, l’auteur
n’en fait souvent qu’un résumé ; parfois Cependant, il a ajouté quelques mots de paraphrase. La version est donc plutôt libre que littérale, et en beaucoup d’endroits, elle est très négligée. D’ailleurs, la copie est
souvent défectueuse. Or, elle ressemble en bien des points à celle du manuscrit de Lyon. La division en chapitres est en grande partie identique à celle de ce manuscrit. Le texte lui-même est si ressemblant que vraisemblablement on ne se trouve pas en présence de deux traductions différentes ; les contresens sont les mêmes. Les divergences se ramènent à peu près à une traduction plus littérale de quelques mots ; la diversité de l’ordre des mots et de la disposition des phrases
provient de ce que la version interlinéaire du manuscrit de Lyon suit l’ordre du texte latin, tandis que celle du manuscrit de Paris à remis les phrases sur ses pieds. La communauté d’origine admise, le manuscrit de Lyon représenterait la première édition ; celui de Paris en serait le redressement, et le texte provençal primitif aurait simplement été transcrit dans un langage plus moderne et, au jugement du transcripteur, plus conforme au latin. Au sentiment de M. Paul Meyer, ''loc. cit.'', cette transcription a été faite dans le dialecte de la Provence, et plus probablement du sud ou du sud-est de cette province. Au point de vue doctrinal, cette version est neutre, comme la précédente. La copie semble avoir été faite pour l’usage d’un catholique, qui y lisait les évangiles et les épîtres des dimanches et des fêtes. Un grand nombre d’index, dus à plusieurs mains et qui paraissent remonter au {{rom-maj|xv}}{{e}} siècle, indiquent en quelles mains ce manuscrit a passé. Ils attirent l’attention sur des textes de morale et sur des passages qui ont un rapport direct avec l’enseignement spécial des Vaudois, et ils semblent être le résumé de la prédication d’un « barde » et le témoignage de sa carrière errante et persécutée. S. Berger, ïbid., p. 365-371.
Le texte de l’Évangile de saint Jean a été publié en entier par Gilly, ''The romaunt Version of the Gospel according to St. John'', Londres, 1848, et par J. Wollenberg, ''L’Évangile selon saint Jean en vieux provençal'' (Programme du Collège royal français de Berlin), 1868.
P. Meyer a reproduit Joa., {{rom|xiii}}, dans ''Recueil d’anciens textes bas-latins, provençaux et français'', Paris, 1874, t. {{rom|i}}, p. 32-39. 1. Wollenberg avait publié déjà l’Épître aux Èphésiens, dans l’''Archiv für das Studium der neueren Sprachen'', 1862, t. {{rom|xxxviii}}, p. 75 sq., et Karl Bartsch en a extrait Éph., {{rom|i}}, 1-23, pour l’insérer dans sa ''Chreslomathie provençale'', 4{{e}} édit., Elberfeld, 1888,
col. 331-332.
Ces textes provençaux du Nouveau Testament ont exercé une influence notable sur les versions vaudoises, qui ont avec eux un grand nombre de points communs. Les divergences ne permettent pas d’admettre la communauté d’origine ; mais la dépendance de celles-ci relativement à ceux-là est certaine. S. Berger, loc. cit., p. 399-408. Ils ont influé aussi, comme les versions vaudoises elles-mêmes, sur la première traduction italienne des Épîtres de saint Paul, des Épîtres catholiques
et de l’Apocalypse. S. Berger, ''La Bible italienne au moyen âge'', dans la ''Romania'', 1894, t. {{rom|xxiv}}, p. 45, 47, 50. Voir {{sc|Italiennes (Versions)}}, t. {{rom|iii}}, col. 1020-1021. Ils ont même influé sur une Bible allemande, représentée par les manuscrits de Tepl et de Freiberg ({{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle) et par dix-huit éditions imprimées. Son texte se rattache surtout au manuscrit de Lyon ; mais certaines de ses leçons ne se retrouvent que dans le manuscrit de Paris ou dans les versions vaudoises. Il faut en conclure que le traducteur allemand a eu sous les yeux un original intermédiaire entre les différentes versions. Voir la bibliographie du sujet, citée t. {{rom|i}}, col. 376, et les articles de la ''Revue historique'', janvier
1886, t. {{rom|xxx}}, p. 167 ; septembre 1886, t. {{rom|xxxii}}, p. 184,
et 1891, t. {{rom|xlv}}, p. 148 (les deux premiers ont été reproduits
avec additions dans le ''Bulletin de la Société d’histoire vaudoise'', n° 3, décembre 1887).
4° Une version toute nouvelle du Nouveau Testament a été découverte plus récemment encore dans deux manuscrits. Le premier, qui n’en contient qu’un fragment, a été trouvé par M. Mireur, archiviste du Var, dans les archives de Puget, où il servait de couverture à un registre de comptes. C’est un débris de deux feuillets, dont l’écriture est du milieu du
xiv « siècle environ. Le texte reproduit est Matth., xxviii, 8-Marc, {{rom|i}}, 32. Mais plusieurs lignes du feuillet précédent se sont imprimées à l’envers sur le suivant et ont fourni Matth., {{rom|xxvi}}, 1-4, 17-21. M. P. Meyer a édité ce texte et l’a étudié. Fragment d’une version provençale inconnue du Nouveau, Testament, dans la ''Romania'', t. {{rom|xviii}}, p. 430-438. Cette version est bien plus libre d’allures que la précédente ; elle ne suit pas littéralement le texte latin, et elle vise à être claire et intelligible pour tous, parfois même en forçant un peu le sens. Tous les mots et toutes les locutions sont de bonne langue populaire, et on ne trouve pas de termes latins passés en provençal. La traduction ne paraît pas notablement plus ancienne que le manuscrit ; elle serait donc de la première moitié du xrv{{e}} siècle. Les règles de l’ancienne déclinaison sont tombées en désuétude, et elles ne semblent pas être des corrections du copiste.
La langue appartient à la partie méridionale de la Provence, en sorte que la version est du même pays que le manuscrit qui la contient.
Samuel Berger a étudié plus tard un manuscrit nouveau, qui reproduit la plus grande partie des Évangiles, à la suite d’un « livre de Genèse », dont il sera parlé plus loin. C’est le manuscrit français 6261 de la Bibliothèque nationale de Paris. Écrit au xv{{e}} siècle, il a
appartenu à Jean de Chastel, évêque de Carcassonne († 1475), et au célèbre Tristan l’Ermite. Chaque Évangile est précédé de son argument, La division en paragraphes, à peu près semblable à celle des manuscrits
de la version précédente, semble indiquer que la traduction est antérieure, sinon au milieu, du moins à la fin du {{rom-maj|xiv}}{{e}} siècle. Le texte latin, sur lequel elle a été<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|777|PROVENÇALES (VERSIONS) — PROVERBES (LIVRE DES)|778}}</noinclude>faite, n’a presque rien du texte languedocien ; c’est, à peu de chose près, celui qui a été en usage dans toute la France depuis le IXe siècle jusqu’au milieu du {{XIIIe}}. La version est libre, souvent abrégée, parfois paraphrasée ou accompagnée de gloses. Elle est, à certains endroits, la même que celle du fragment du Puget. L’origine commune, au moins partielle, des deux textes est évidente. Le fragment est plus ancien et plus rapproché, à certains égards, de l’original. Cette traduction a certainement été en partie l’original de la plus ancienne des versions catalanes des Évangiles, qui se trouve dans le manuscrit de Peiresc, Bibliothèque nationale, fonds espagnol, 2-4, du XVe siècle. Voir t. {{rom|ii}}, col. 346. Il y a ressemblance en certains passages, et identité en beaucoup d’autres. Certains indices pourraient faire croire que cette version provençale est d’origine cathare. Elle parle des « bons hommes » et des « parfaits ». Moins littérale que la précédente, elle est bien supérieure au point de vue du goût, et elle est faite pour le peuple. Certains contresens, dont quelques-uns sont peut-être le fait des copistes, nous apprennent comment l’auteur entendait l’original. Le texte n’en a pas encore été publié. S. Berger, ''Nouvelles recherches sur les Bibles provençales et catalanes'', dans la ''Romania'', 1890, t. {{rom|xix}}, p. 535-548. La traduction toscane des Évangiles, du XIIIe siècle, a été faite, à certains endroits, sons l’influence d’un texte provençal, parent de celui qui avait été traduit en catalan, mais plus ancien et plus rapproché de la source commune de tous les textes provençaux. S. Berger, ''La Bible italienne au moyen âge'', dans la ''Romania'', 1894, t. {{rom|xxiii}}, p. 30-32.
5° Le « livre de Genèse », que contient le manuscrit 6261, est un extrait de la Bible et des apocryphes, qui complète l’histoire sainte par des légendes évangéliques. Il paraît être du {{XIVe}} siècle. Il est conservé aussi dans le manuscrit de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève à Paris, Af 4, fol. 79, du {{XIVe}} siècle. M. Bartsch. l’a reproduit, Chrestomathie provençale, 4e édit., Elberfeld, 1880, col. 393-398. Ce livre a été traduit en catalan. La version catalane, conservée dans les manuscrits : Bibliothèque nationale de Paris, esp. 46, du {{XVe}} siècle ; Barcelone, daté de 1451, a été publiée par M. V. Amer, ''Genesi de Scripturn'', Barcelone, 1873. Le même livre a été traduit en béarnais. V. Lespey et P.Raymond, ''Récits d’hist. sainte'', 2 vol., Pau, 1876, 1877.
6° Les livres historiques de l’Ancien Testament ont
enfin été traduits en provençal au {{XVe}} siècle. Le texte
en a été conservé dans un seul manuscrit du {{XVe}} siècle,
à la Bibliothèque nationale de Paris, fonds français 2426.
Aux feuillets 152 et 366, il y a une signature qui pourrait
bien être celle du copiste et qu’on peut lire « Johannes
Convel » ou « Conveli ». Quelques parties en ont été
éditées par M. J. Wollenberg, dans l’''Archiv für das
Studium der neueren Sprachen'', à savoir : l’histoire de
Susanne. 1860, t. {{rom|xxviii}}, p. 85-88 ; Esther, 1861, t. {{rom|xxx}}, p. 159-169 ; Tobie, 1862, t. {{rom|xxxii}}, p. 337-352. Elle a été pour une partie traduite littéralement sur une Bible historiale française, dont il existe trois manuscrits plus ou moins complets : Bibliothèque de l’Arsenal à Paris, manuscrit 5211, du milieu du {{XIIIe}} siècle ; Bibliothèque nationale, nouvelles acquisitions françaises, 1404, de la seconde moitié du {{XIIIe}} siècle ; fonds français 6447, copié entre le {{XIIIe}} et le {{XIVe}} siècle. Voir t. IV, col. 2353-2354. Cette version a les caractères de son original français, qui est une compilation et une œuvre
mêlée due à plusieurs traducteurs. S. Berger, ''Nouvelles recherches'', etc., p. 548-557. Elle a été faite peut-être pour servir de complément au Nouveau Testament provençal.
La littérature provençale n’a jamais produit une Bible complète.
{{d|[[Auteur:Eugène Mangenot|E. Mangenot]].|3|sc}}
'''PROVERBES (LIVRE DES)''', un des livres sapientiaux de l’Ancien Testament.
I. {{sc|Titres du livre.}} — Ce livre a pour titre dans la
Bible hébraïque les premiers mots du texte ''Mišlê Šelômôh''. Dans le Talmud et dans certains ouvrages juifs plus récents, il est assez souvent désigné par le seul mot Mišlê ; dans le Talmud également on le trouve aussi mentionné sous le titre de ''séfér ḥokmâh'', « livre de la sagesse », ''Tosephot in Baba bathra'', 14. — Dans les Septante il est intitulé {{lang|grc|Παροιμίαι}} ou {{lang|grc|Παροιμίαι Σαλωμῶντος}}. — La Vulgate, au titre, de ''Liber Proverbiorum'', ajoute : ''quem Hebræi Misle appellant.'' — L’antiquité chrétienne indique assez souvent les citations empruntées à ce livre par ces seuls mots : Salamon a dit ; cependant on le rencontre encore désigné, explicitement ou implicitement par le terme de {{lang|grc|Σοφία}} ou {{lang|grc|Σοφία Σαλωμῶντος}}, ''Sapientia Salomonis'', S. Justin, ''Adv. Tryph.'', 129, t. {{rom|vi}}, col. 771 ; Méliton de Sardes, cité dans Eusèbe, ''H. E.'', {{rom|iv}}, 26, t. {{rom|xx}}, col. 397 ; Clément d’Alexandrie, ''Pædag.'', {{rom|ii}}, 2, t. {{rom|viii}}, col. 421 ; Origène, ''In Gen.'', hom. {{rom|xiv}}, t. {{rom|xii}}, col. 237 ; S. Cyprien, ''Testim. adv. Jud.'', {{rom|iii}}, 56, t. {{rom|iv}}, col. 761 ; ἡ πανάρετος σοφία, S. Clément, 1 Cor., {{rom|lvii}}, 3, édit. Gebhart et Harnack, 1876, p. 94. Eusèbe nous apprend que cette épithète était en usage parmi les auteurs ecclésiastiques du {{IIe}} siècle, ''H. E.'', {{rom|iv}}, 36, t. {{rom|xx}}, col. 397. — Dans la liturgie, l'Église le désigne, ainsi que les autres livres sapientiaux, sous le titre général de « Livre de la Sagesse ».
II. {{sc|Place du livre dans la Bible.}} — Le livre des Proverbes, dans la Bible hébraïque, fait partie des Hagiographes, et, par suite, il se trouve placé après la Loi et les Prophètes, le plus ordinairement à la suite des Psaumes et de Job ; dans la Vulgate comme dans les Septante, il est placé à la suite de Job et des Psaumes.
III. {{sc|Canonicité du livre.}} — Le livre des Proverbes fait partie des protocanoniques ; il a toujours été considéré comme livre canonique par les Juifs et par l'Église chrétienne. Dans les écrits du Nouveau Testament, les passages de ce livre qui y sont cités sont rapportés avec les formules ordinairement employées pour les citations scripturaires. Dans l'Épître aux Romains, {{rom|xii}}, 19-20, une citation des Proverbes, xxv, 21-22, est jointe à une autre du Deutéronome, {{rom|xxxii}}, 25, et toutes les deux sont introduites avec la formule « car il est écrit ». Voir aussi II Cor., {{rom|viii}}, 21, et Prov., {{rom|iii}}, 4 ; Heb., {{rom|xii}}, 5-6, et Prov., {{rom|iii}}, 1112 ; Jac, {{rom|iv}}, 6 ; I Pet. {{rom|v}}, 5, et Prov., {{rom|iii}}, 34 ; I Pet., {{rom|iv}}, 18, et Prov., {{rom|xi}}, 21. Cf. II Cor., {{rom|ix}}, 7, et Prov., {{rom|xxii}}, 8 (Septante) ; Héb., {{rom|xii}}, 13, et Prov., {{rom|iv}}, 26 (Septante). Quelques anciens rabbins juifs soulevèrent des difficultés relativement à la canonicité des Proverbes, mais ils visaient l’usage public du livre et non pas son autorité religieuse. Elles consistèrent principalement dans les contradictions que l’on pensait trouver entre ces deux passages, {{rom|xxvi}}, 4, et {{rom|xxvi}}, 5, ainsi que dans les descriptions de {{rom|vii}}, 7-20, jugées inconvenantes comme trop réalistes et trop suggestives ; cette question fut encore soulevée au synode de Jamnia (vers 100 après J.-C). Une distinction mit fin à la première difficulté en rapportant {{rom|xxvi}}, 4, aux choses de la terre et {{rom|xxvi}}, 5, aux choses religieuses. Quant aux descriptions du chap. {{rom|vii}}, elles furent interprétées d’une manière allégorique. Après cette date, aucun doute n’est plus signalé sur ce livre dans le milieu juif. — Parmi les chrétiens, le second concile général de Constantinople (553), Labbe, Conc. t. {{rom|v}}, col. 451, condamna la doctrine de Théodore de Mopsueste qui reconnaissait, il est vrai, que Salomon était l’auteur de ce livre, fait en vue de l’utilité d’autrui, mais prétendait qu’il l’avait composé de lui-même, parce que pour ce travail il n’avait pas été favorisé, disait-il, des dons de prophétie. — Dans les temps modernes, cette attaque fut reprise par le juif B. Spinoza. Tractatus theologico-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|779|PROVERBES (LIVRE DES)|780}}</noinclude>polit., {{rom|ii}}, et par J. le Clerc, ''Sentiments de quelques théologiens de Hollande sur l’histoire critique du V. Testament. Lettre 12'', Amsterdam, 1685, qui ne pouvaient comprendre que « le Saint-Esprit eût inspiré des choses aussi simples que celles qu’on rencontre en plusieurs passages de ce livre et que des paysans sans instruction apprennent et connaissent sans le secours d’aucune révélation. » Raisonnement absolument faux, parce qu’il confond la révélation et l’inspiration et donne comme critère de l’inspiration d’un livre son contenu, et qui, s’il était poussé logiquement, aboutirait, comme le remarquait justement R. Simon, ''Réponse aux sentiments de quelques théologiens de Hollande'', c. {{rom|xiii}}, Rotterdam, 1686, p. 138,
à la négation de l’inspiration d’un bon nombre d’autres livres de la Bible.
IV. {{sc|Le sens du mot Proverbes.}} — Màsâl, dont Proverbe est la traduction, vient de la racine {{lang|he|םשל}} qui répond à l’idée de comparaison, de similitude, d’où parabole, sentence. Kautasch, dans ''The sacred Books of the Old Testam. : The Book of Proverbs'', I, 6, p. 152, préfère, pour fixer ce sens, recourir à un rapprochement avec l’assyrien ''mislu'', qui veut dire « moitié », confirmé par l’arabe {{arabe|jfJ— ao}}, dont la signification revient à ceci : « brisé en deux » ou « divisé par le milieu ». Pour lui, l’idée première de ''mâsâl'' ne serait donc point celle de similitude, au moins d’une façon directe, mais impliquerait immédiatement l’idée de stiques poétiques, c’est-à-dire de membres parallèles. Dans le Lexique de Brown-Driver-Briggs, le mot mâsâl est traduit ainsi : c< proverbe parabole, se dit
de sentences disposées en parallélisme. » On peut dire, en général, que mâiâl signifie tout d’abord similitude, comparaison, et ensuite, similitude exprimée sous forme de parallélisme, avec diverses nuances de sens. En dehors du livre des Proverbes où il est employé 6 fois I, 1, 6 ; {{rom|x}}, 1 ; {{rom|xxv}}, 1 : {{rom|xxvi}}, 7, 9, on le rencontre 33 fois dans l’Ancien Testament. Il signifie : dicton populaire, I Sam., {{rom|xxiv}}, 14 ; Ezech., {{rom-maj|XII}}, 22 ; oracles prophétiques
fde Balaam), Num., xxm etxxiv ; énigmes, Eiech., {{rom|xxi}},
5f {{rom|xxiv}}, 3 ; chant où domine l’ironie, Is., {{rom|xiv}}, 4 ;
Mich., {{rom|ii}}, 4 ; objet de risée, Deut., {{rom|xxviii}}, 37 ; II Par., {{rom|vii}}, 20, mais on peut retrouver dans ces diverses acceptions une signification commune : celle d’une composition littéraire plus ou moins longue, en langage figuré et suivant le rythme poétique, basée sur un rapprochement ou une comparaison. Mais il y a encore une autre acception du mot ''màsâl'' qui le rapproche du
mot {{lang|grc|γνώμη)}} des Grecs, celle de maximes, de sentences,
exprimées sous la forme poétique et ayant une portée morale, et c’est le sens qui convient à ce mot dans le livre des Proverbes.
V. Objet du livre des Proverbes. — Ce recueil est, avant tout, le livre de la Sagesse, et on a vu comment les Pères lui ont donné ce titre. Cette désignation convient excellemment au contenu de ce livre, car,
dans tout son ensemble, c’est la Sagesse qu’on y entend, soit que, personnifiée, elle instruise directement elle-même, soit qu’elle communique aux hommes ses enseignements par « les sages », ses représentants.
Mais ce livre n’est point une œuvre abstraite, un recueil de considérations théologiques sur la sagesse, c’est un livre pratique et l’enseignement qui y est donné, les préceptes et les leçons qu’on y trouve, présentés par la Sagesse ou en son nom, convergent tous vers un même but et donnent ainsi sa véritable unité à ce recueil de sentences : rendre meilleur l’homme qui suivra ces conseils en le rendant participant de la sagesse. L’objet du livre des Proverbes, c’est donc, ainsi que l’exprime le prologue du livre {{rom-maj|I}}, 1-6, l’enseignement donné par la sagesse pour rendre l’homme sage.
Qu’est-ce donc que la sagesse ? qu’est-ce qu’un sage ?
Dans la Bible, le nom de sage sert à désigner diverses catégories de personnages, mais si variées que puissent être les conditions sociales dans lesquelles ils sont placés, ou la nationalité à laquelle ils appartiennent, une idée commune se retrouve toujours dans cette appellation ; celle d’une science plus parfaite. C’est ainsi que dans l’Exode Dieu déclare avoir rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir Béséléel et Ooliab pour qu’ils puissent exécuter ses prescriptions relativement à la construction du Tabernacle. Exod., {{rom|xxxi}}, 3-6 ; {{rom|xxxv}}, 31, 34. Hiram, à l’habilité de qui Salomon fait appel lors de la construction du Temple, est mentionné lui aussi comme « rempli de sagesse, d' intelligence et de savoir pour faire toutes sortes d’ouvrages d’airain. » I Reg., {{rom|vii}}, 14. Au témoignage de Jérémie, {{rom|xliv}}, 7, et d’Abdias, 8, les Édomites étaient réputés pour leur sagesse, et, quand il s’agira de faire ressortir l’excellence de la sagesse de Salomon, l’historien sacré dira qu’il « était
plus sage… qu'Élhan l’Ezrahite, qu’Héman, Chalcol et Dorda, les fils de Mahol. » I Reg., {{rom|iv}}, 30-31. Et la sagesse de ce prince est tout aussi bien reconnue et proclamée dans le jugement qu’il rend entre les deux mères qui viennent le consulter, I Reg., {{rom|iii}}, 28, que lorsqu’il répond aux questions de la reine de Saba et résout ses
difficultés, I Reg., {{rom|x}}, 3 ; 6, ou qu’il prononce de nombreuses maximes. I Reg., {{rom|iv}}, 32, 34.
Si l’on examine maintenant les diverses acceptions du mot ''ḥokmâh'', ordinairement traduit par Sagesse, on verra qu’une large part y est faite au côté intellectuel et qu’il implique une science plus parfaite en celui qui possède cette sagesse. Et cette connaissance supérieure n’est point restreinte dans son objet, elle est toujours susceptible de perfection, elle comprend tout aussi bien les choses divines que les choses humaines et elle embrasse les vérités pratiques et morales tout autant que les vérités spéculatives. Si elle comprend la connaissance de la nature et des choses de la nature, elle comprend également la science de la pratique de la vie, et à ce titre elle est, a-t-on pu dire, le
principe du savoir vivre comme du savoir faire dans l’homme qui la possède. Autant qu’elle se trouve en l’homme, la sagesse, dans son acception la plus vraie, consiste donc dans la science de Dieu, de l’univers et dé la vie,
Mais cette sagesse ou cette science éminente que l’on peut rencontrer dans l’homme et qui le rend supérieur à celui qui ne la possède point, ne vient pas de lui, il la reçoit de l’extérieur, et, en dernière analyse de Dieu même en qui elle réside essentiellement, mais qui peut en communiquer quelque chose aux hommes, en sorte que ceux qui la posséderont seront des bénéficiaires d’un don divin.
Si l’on se sert de ces réflexions pour apprécier les maximes que renferme le recueil des Proverbes, on peut reconnaître que ce livre constitue un manuel théorique et pratique de conduite morale, il a pour but d’amener celui qui en suit les enseignements à une science plus parfaite et au perfectionnement de sa propre vie, ce qui constituera sa véritable sagesse.
Les Pères entendaient ainsi le but et l’objet de ce livre quand, avec saint Basile, ils définissaient la sagesse de ce recueil « une science des choses divines et humaines…, non pas tant spéculatives que pratiques, de nature à conduire l’homme à la pratique de toutes
les vertus et par là-même le mettre en mesure d’atteindre au bonheur parfait. » ''In princip. Proverb., hom. {{rom|xii}}'', 3, t. {{rom|xxxi}}, col. 389.
À plusieurs reprises, surtout dans les premiers chapitres, ceux à qui s’adresse la Sagesse sont désignés par le nom de « fils », mais on se tromperait sur la portée de ce terme si on ne voulait y voir que l’indication d’un âge peu avancé, il désigne, avant tout ; ceux qui désirent mener une vie meilleure et ne font que<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|779|PROVERBES (LIVRE DES)|780}}</noinclude>polit., {{rom|ii}}, et par J. le Clerc, ''Sentiments de quelques théologiens de Hollande sur l’histoire critique du V. Testament. Lettre 12'', Amsterdam, 1685, qui ne pouvaient comprendre que « le Saint-Esprit eût inspiré des choses aussi simples que celles qu’on rencontre en plusieurs passages de ce livre et que des paysans sans instruction apprennent et connaissent sans le secours d’aucune révélation. » Raisonnement absolument faux, parce qu’il confond la révélation et l’inspiration et donne comme critère de l’inspiration d’un livre son contenu, et qui, s’il était poussé logiquement, aboutirait, comme le remarquait justement R. Simon, ''Réponse aux sentiments de quelques théologiens de Hollande'', c. {{rom|xiii}}, Rotterdam, 1686, p. 138,
à la négation de l’inspiration d’un bon nombre d’autres livres de la Bible.
IV. {{sc|Le sens du mot Proverbes.}} — ''Mâṡâl'', dont Proverbe est la traduction, vient de la racine {{lang|he|םשל}} qui répond à l’idée de comparaison, de similitude, d’où parabole, sentence. Kautasch, dans ''The sacred Books of the Old Testam. : The Book of Proverbs'', I, 6, p. 152, préfère, pour fixer ce sens, recourir à un rapprochement avec l’assyrien ''mislu'', qui veut dire « moitié », confirmé par l’arabe {{arabe|jfJ— ao}}, dont la signification revient à ceci : « brisé en deux » ou « divisé par le milieu ». Pour lui, l’idée première de ''mâṡâl'' ne serait donc point celle de similitude, au moins d’une façon directe, mais impliquerait immédiatement l’idée de stiques poétiques, c’est-à-dire de membres parallèles. Dans le Lexique de Brown-Driver-Briggs, le mot ''mâṡâl'' est traduit ainsi : c< proverbe parabole, se dit de sentences disposées en parallélisme. » On peut dire, en général, que ''mâṡâl'' signifie tout d’abord similitude, comparaison, et ensuite, similitude exprimée sous forme de parallélisme, avec diverses nuances de sens. En dehors du livre des Proverbes où il est employé 6 fois I, 1, 6 ; {{rom|x}}, 1 ; {{rom|xxv}}, 1 : {{rom|xxvi}}, 7, 9, on le rencontre 33 fois dans l’Ancien Testament. Il signifie : dicton populaire, I Sam., {{rom|xxiv}}, 14 ; Ezech., {{rom-maj|XII}}, 22 ; oracles prophétiques
fde Balaam), Num., xxm etxxiv ; énigmes, Eiech., {{rom|xxi}},
5f {{rom|xxiv}}, 3 ; chant où domine l’ironie, Is., {{rom|xiv}}, 4 ;
Mich., {{rom|ii}}, 4 ; objet de risée, Deut., {{rom|xxviii}}, 37 ; II Par., {{rom|vii}}, 20, mais on peut retrouver dans ces diverses acceptions une signification commune : celle d’une composition littéraire plus ou moins longue, en langage figuré et suivant le rythme poétique, basée sur un rapprochement ou une comparaison. Mais il y a encore une autre acception du mot ''mâṡâl'' qui le rapproche du
mot {{lang|grc|γνώμη)}} des Grecs, celle de maximes, de sentences,
exprimées sous la forme poétique et ayant une portée morale, et c’est le sens qui convient à ce mot dans le livre des Proverbes.
V. {{sc|Objet du livre des Proverbes.}} — Ce recueil est, avant tout, le livre de la Sagesse, et on a vu comment les Pères lui ont donné ce titre. Cette désignation convient excellemment au contenu de ce livre, car,
dans tout son ensemble, c’est la Sagesse qu’on y entend, soit que, personnifiée, elle instruise directement elle-même, soit qu’elle communique aux hommes ses enseignements par « les sages », ses représentants.
Mais ce livre n’est point une œuvre abstraite, un recueil de considérations théologiques sur la sagesse, c’est un livre pratique et l’enseignement qui y est donné, les préceptes et les leçons qu’on y trouve, présentés par la Sagesse ou en son nom, convergent tous vers un même but et donnent ainsi sa véritable unité à ce recueil de sentences : rendre meilleur l’homme qui suivra ces conseils en le rendant participant de la sagesse. L’objet du livre des Proverbes, c’est donc, ainsi que l’exprime le prologue du livre {{rom-maj|I}}, 1-6, l’enseignement donné par la sagesse pour rendre l’homme sage.
Qu’est-ce donc que la sagesse ? qu’est-ce qu’un sage ?
Dans la Bible, le nom de sage sert à désigner diverses catégories de personnages, mais si variées que puissent être les conditions sociales dans lesquelles ils sont placés, ou la nationalité à laquelle ils appartiennent, une idée commune se retrouve toujours dans cette appellation ; celle d’une science plus parfaite. C’est ainsi que dans l’Exode Dieu déclare avoir rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir Béséléel et Ooliab pour qu’ils puissent exécuter ses prescriptions relativement à la construction du Tabernacle. Exod., {{rom|xxxi}}, 3-6 ; {{rom|xxxv}}, 31, 34. Hiram, à l’habilité de qui Salomon fait appel lors de la construction du Temple, est mentionné lui aussi comme « rempli de sagesse, d' intelligence et de savoir pour faire toutes sortes d’ouvrages d’airain. » I Reg., {{rom|vii}}, 14. Au témoignage de Jérémie, {{rom|xliv}}, 7, et d’Abdias, 8, les Édomites étaient réputés pour leur sagesse, et, quand il s’agira de faire ressortir l’excellence de la sagesse de Salomon, l’historien sacré dira qu’il « était
plus sage… qu'Élhan l’Ezrahite, qu’Héman, Chalcol et Dorda, les fils de Mahol. » I Reg., {{rom|iv}}, 30-31. Et la sagesse de ce prince est tout aussi bien reconnue et proclamée dans le jugement qu’il rend entre les deux mères qui viennent le consulter, I Reg., {{rom|iii}}, 28, que lorsqu’il répond aux questions de la reine de Saba et résout ses
difficultés, I Reg., {{rom|x}}, 3 ; 6, ou qu’il prononce de nombreuses maximes. I Reg., {{rom|iv}}, 32, 34.
Si l’on examine maintenant les diverses acceptions du mot ''ḥokmâh'', ordinairement traduit par Sagesse, on verra qu’une large part y est faite au côté intellectuel et qu’il implique une science plus parfaite en celui qui possède cette sagesse. Et cette connaissance supérieure n’est point restreinte dans son objet, elle est toujours susceptible de perfection, elle comprend tout aussi bien les choses divines que les choses humaines et elle embrasse les vérités pratiques et morales tout autant que les vérités spéculatives. Si elle comprend la connaissance de la nature et des choses de la nature, elle comprend également la science de la pratique de la vie, et à ce titre elle est, a-t-on pu dire, le
principe du savoir vivre comme du savoir faire dans l’homme qui la possède. Autant qu’elle se trouve en l’homme, la sagesse, dans son acception la plus vraie, consiste donc dans la science de Dieu, de l’univers et dé la vie,
Mais cette sagesse ou cette science éminente que l’on peut rencontrer dans l’homme et qui le rend supérieur à celui qui ne la possède point, ne vient pas de lui, il la reçoit de l’extérieur, et, en dernière analyse de Dieu même en qui elle réside essentiellement, mais qui peut en communiquer quelque chose aux hommes, en sorte que ceux qui la posséderont seront des bénéficiaires d’un don divin.
Si l’on se sert de ces réflexions pour apprécier les maximes que renferme le recueil des Proverbes, on peut reconnaître que ce livre constitue un manuel théorique et pratique de conduite morale, il a pour but d’amener celui qui en suit les enseignements à une science plus parfaite et au perfectionnement de sa propre vie, ce qui constituera sa véritable sagesse.
Les Pères entendaient ainsi le but et l’objet de ce livre quand, avec saint Basile, ils définissaient la sagesse de ce recueil « une science des choses divines et humaines…, non pas tant spéculatives que pratiques, de nature à conduire l’homme à la pratique de toutes
les vertus et par là-même le mettre en mesure d’atteindre au bonheur parfait. » ''In princip. Proverb., hom. {{rom|xii}}'', 3, t. {{rom|xxxi}}, col. 389.
À plusieurs reprises, surtout dans les premiers chapitres, ceux à qui s’adresse la Sagesse sont désignés par le nom de « fils », mais on se tromperait sur la portée de ce terme si on ne voulait y voir que l’indication d’un âge peu avancé, il désigne, avant tout ; ceux qui désirent mener une vie meilleure et ne font que<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|795|PROVERBES (LIVRE DES)|706}}</noinclude>XI. {{sc|Analyse du livre des Proverbes.}} — Il est impossible de donner une analyse bien serrée du contenu de ce livre ou d’indiquer la suite de toutes les pensées renfermées dans ce recueil, du moins dans toutes les parties qui le composent.
''I{{re}} section'', {{rom|i}}, 1-ix, 18. — {{rom|i}}, 1-6. Introduction générale indiquant le titre, le but et l’importance de l’ouvrage. — {{rom|i}}, 7-ix, 18. De petits discours moraux et quelques distiques isolés dans lesquels la Sagesse, directement ou par l’intermédiaire du Sage, parle à son disciple qu’elle appelle « mon fils ». Ils forment comme une grande introduction préliminaire au recueil de maximes proprement dites qui commencera avec le chap. x. Tout le contenu de cette section se ramène à un même objet : l’excellence de la Sagesse, de là, des exhortations sans cesse renouvelées d’étudier et de pratiquer la Sagesse.
''II{{e}} section'', {{rom|x}}, 1-xxir, 16. — C’est une longue série des pensées morales présentées dans de simples distiques. Dans cette section, on rencontre parfois des groupements de vers présentant une certaine affinité de pensées, ou simplement contenant chacun un même mot important, mais un classement logique n’a point présidé à la formation de ce recueil. On a pourtant essayé de trouver un classement méthodique pour grouper tous ces proverbes sans obtenir un résultat tout à fait satisfaisant. Zöckler a proposé un tableau de ce genre ; il a été utilisé par Lesêtre, ''Le livre des Proverbes'', p. 29-31. Toutes les sentences de cette section considèrent l’homme dans diverses situations de la vie humaine où il peut se rencontrer, avec des devoirs sociaux, moraux et religieux. — On pourrait peut-être reconnaître que dans x-xv, où le parallélisme est antithétique on insiste plus spécialement sur les contrastes qui existent entre les heureux effets de la justice pratiquée et les châtiments réservés au mal ; — que dans {{rom|xvi}}, 1-xxii, 16,
avec le parallélisme synonymique et antithétique on exhorte plus spécialement à la pratique du bien par la perspective du bonheur des justes et du malheureux sort de l’impie.
''III{{e}} section'', {{rom|xxii}}, 17-xxiv, 22 : Exhortations morales du même genre que celles de la I re section : c’est un corps de maximes proposées par le Sage à son disciple comme dans 1-x. — {{rom|xxii}}, 17-21 : Le disciple est invité à garder soigneusement l’enseignement du Sage. — {{rom|xxii}}, 22-xxiii, 18 : Divers conseils entremêlés de formules dans lesquelles les exhortations sont présentées avec une insistance particulière ; elles concernent tout spécialement la conduite à tenir à l’égard du prochain considéré sous divers aspects de la vie sociale : pauvres, riches, grands, enfants, orphelins, etc. — 19-35. Catégories d’individus à éviter plus spécialement : ceux qui s’adonnent au vin et les femmes de mauvaise vie. — xxiv, 1-14 : Avantages et bienfaits de la Sagesse pour qui la possède, les devoirs qu’elle crée à l’égard d’autrui. — 15-22 : Vivre dans la paix et ne causer de mal à personne ni au juste, ni même à ses ennemis.
''IV{{e}} section'', {{rom|xxiv}}, 23-34. — Divers conseils du Sage :
rapports avec le prochain, 24 1 29 : altitude de justice et
de charité qu’il faut prendre à son égard. — 30-34 : Éviter
la paresse en constatant ses tristes effets.
''V{{e}} section'', {{rom|xxv}}, 1-xxix, 27. — Ce sont des maximes
d’ordre général concernant des devoirs sociaux, mais
il y a aussi de nombreuses sentences de conduite pratique
dans l’ordre privé et domestique. On peut y distinguer
2 parties assez nettement distinctes au point de
vue du style et de la nature despensées : — xxv-xxvii, qui
se terminent par un petit poème sur l’agriculture : les
distiques n’y sont pas exclusivement usités et la valeur
psychologique des maximes qui s’y.trouvent est particulièrement
remarquable ; — xxviii-xxrx, exclusivement
des distiques : sentences morales avec moins de vie
dans l’expression que dans les cha’p. précédents.
''VI{{e}} section'', {{rom|xxx}}, forme un tout distinct du reste du
livre, en général les pensées y ont une certaine étendue.
— 1. Titre. 2-4. Paroles d’Agur ; faiblesse de l’intelligence humaine en face des œuvres de Dieu, qui est connu par la révélation de lui-même. — 5-6. Exhortations à la confiance en Dieu. — 7-9. Une prière pour demander à Dieu la loyauté de caractère et une situation qui ne l’expose pas à être tenté par les extrêmes de la fortune. — 10-33. Diverses maximes : descriptions de qualités ou de caractères, sous forme de proverbes numériques, avec prédominance du nombre 4.
''VII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 1-9. — Maximes de la mère du roi
Lamuel, genre homilétique ; contre la fréquentation des femmes et l’intempérance ; exhortation à la justice et au secours des faibles.
''VIII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 10-31. — Éloge de la femme forte
ou description de quelques-unes des qualités que doit posséder l’épouse parfaite, considérée plus spécialement dans la direction et le soin des affaires de la vie domestique.
XII. {{sc|Doctrine du livre des Proverbes.}} — I. généralités. — 1. Il ne faut point chercher dans le contenu de ce livre un exposé systématique ni un traité théorique où seraient classées et étudiées les différentes catégories de devoirs qui incombent à tous les hommes, même
aux Israélites en particulier, mais bien plutôt une invitation à la pratique de la morale en vue de rendre la vie morale meilleure. — 2. La vie humaine est considérée dans ces maximes sous son aspect extérieur,
comme une collection d’actes moraux, conformes ou non à la loi, et c’est en partant de cette conformité comme norme que les hommes sont divisés en deux catégories dont les caractères paraissent absolument fixés : les bons et les méchants, les sages et les insensés. — 3. La vie humaine y est envisagée tout particulièrement comme une discipline à réaliser, de là l’importance et la place prépondérante données à l’instruction,
à l’éducation et à la loi. Par loi, dans l’ensemble du livre, on indique tout aussi bien les préceptes de la loi naturelle que ceux de la loi positive. — 4. Bien qu’à plusieurs reprises on y parle des devoirs sociaux de l’homme et que toujours l’homme y soit considéré comme faisant partie d’une collectivité sociale, domestique ou nationale, néanmoins c’est avant tout à l’individu qu’on s’adresse dans cet enseignement. Le bien général résultera de la mise en pratique des conseils de la sagesse par ceux qui voudront bien être ses disciples,
mais il ne sera point l’objet immédiat de cette instruction.
De là le côté si fortement individualiste que présenteront un grand nombre de proverbes. — 5. L’existence du mal physique et moral y est parfaitement reconnue, mais on n’y rencontre point une préoccupation
quelconque d’indiquer ou de solutionner quelques-uns des problèmes que cette constatation peut présenter à l’esprit ; on indique seulement la possibilité et le devoir d’éviter la violation de la loi (mal moral)
en l’observant fidèlement et la possibilité d’écarter le mal physique en méritant les faveurs de Dieu.
''II. {{sc|dieu.}}'' — 1. La doctrine monothéiste est absolue dans toutes les parties du livre ; comme dans les autres livres de la Bible affirmée et toujours présupposée sans aucune préoccupation de démonstration : l’idolâtrie n’est pas mentionnée, Dieu y est souvent désigné sous son nom de Jéhovah. — 2. Dieu est éternel, rien
n’existait encore de tout l’univers et il était déjà {{rom|viii}},
22-26 ; indépendant du monde, c’est lui qui est le créateur de tout ce qui existe, {{rom|iii}}, 19-20 ; libre de créer, il est lui-même la cause finale de son œuvre, {{rom|xvi}}, 4 (Vulgate). — 3. Le livre ne renferme poin^ de données précises sur la nature divine, néanmoins les sections de {{rom|viii}}, 22 sq., sur la sagesse personnifiée, fournissent un apport tout nouveau et important sur cet objet. — 4. L’attention est surtout attirée sur les attributs de Dieu en<noinclude>
<references/></noinclude>
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''I{{re}} section'', {{rom|i}}, 1-ix, 18. — {{rom|i}}, 1-6. Introduction générale indiquant le titre, le but et l’importance de l’ouvrage. — {{rom|i}}, 7-ix, 18. De petits discours moraux et quelques distiques isolés dans lesquels la Sagesse, directement ou par l’intermédiaire du Sage, parle à son disciple qu’elle appelle « mon fils ». Ils forment comme une grande introduction préliminaire au recueil de maximes proprement dites qui commencera avec le chap. x. Tout le contenu de cette section se ramène à un même objet : l’excellence de la Sagesse, de là, des exhortations sans cesse renouvelées d’étudier et de pratiquer la Sagesse.
''II{{e}} section'', {{rom|x}}, 1-xxir, 16. — C’est une longue série des pensées morales présentées dans de simples distiques. Dans cette section, on rencontre parfois des groupements de vers présentant une certaine affinité de pensées, ou simplement contenant chacun un même mot important, mais un classement logique n’a point présidé à la formation de ce recueil. On a pourtant essayé de trouver un classement méthodique pour grouper tous ces proverbes sans obtenir un résultat tout à fait satisfaisant. Zöckler a proposé un tableau de ce genre ; il a été utilisé par Lesêtre, ''Le livre des Proverbes'', p. 29-31. Toutes les sentences de cette section considèrent l’homme dans diverses situations de la vie humaine où il peut se rencontrer, avec des devoirs sociaux, moraux et religieux. — On pourrait peut-être reconnaître que dans x-xv, où le parallélisme est antithétique on insiste plus spécialement sur les contrastes qui existent entre les heureux effets de la justice pratiquée et les châtiments réservés au mal ; — que dans {{rom|xvi}}, 1-xxii, 16,
avec le parallélisme synonymique et antithétique on exhorte plus spécialement à la pratique du bien par la perspective du bonheur des justes et du malheureux sort de l’impie.
''III{{e}} section'', {{rom|xxii}}, 17-xxiv, 22 : Exhortations morales du même genre que celles de la I re section : c’est un corps de maximes proposées par le Sage à son disciple comme dans 1-x. — {{rom|xxii}}, 17-21 : Le disciple est invité à garder soigneusement l’enseignement du Sage. — {{rom|xxii}}, 22-xxiii, 18 : Divers conseils entremêlés de formules dans lesquelles les exhortations sont présentées avec une insistance particulière ; elles concernent tout spécialement la conduite à tenir à l’égard du prochain considéré sous divers aspects de la vie sociale : pauvres, riches, grands, enfants, orphelins, etc. — 19-35. Catégories d’individus à éviter plus spécialement : ceux qui s’adonnent au vin et les femmes de mauvaise vie. — xxiv, 1-14 : Avantages et bienfaits de la Sagesse pour qui la possède, les devoirs qu’elle crée à l’égard d’autrui. — 15-22 : Vivre dans la paix et ne causer de mal à personne ni au juste, ni même à ses ennemis.
''IV{{e}} section'', {{rom|xxiv}}, 23-34. — Divers conseils du Sage :
rapports avec le prochain, 24 1 29 : altitude de justice et
de charité qu’il faut prendre à son égard. — 30-34 : Éviter
la paresse en constatant ses tristes effets.
''V{{e}} section'', {{rom|xxv}}, 1-xxix, 27. — Ce sont des maximes
d’ordre général concernant des devoirs sociaux, mais
il y a aussi de nombreuses sentences de conduite pratique
dans l’ordre privé et domestique. On peut y distinguer
2 parties assez nettement distinctes au point de
vue du style et de la nature despensées : — xxv-xxvii, qui
se terminent par un petit poème sur l’agriculture : les
distiques n’y sont pas exclusivement usités et la valeur
psychologique des maximes qui s’y.trouvent est particulièrement
remarquable ; — xxviii-xxrx, exclusivement
des distiques : sentences morales avec moins de vie
dans l’expression que dans les cha’p. précédents.
''VI{{e}} section'', {{rom|xxx}}, forme un tout distinct du reste du
livre, en général les pensées y ont une certaine étendue.
— 1. Titre. 2-4. Paroles d’Agur ; faiblesse de l’intelligence humaine en face des œuvres de Dieu, qui est connu par la révélation de lui-même. — 5-6. Exhortations à la confiance en Dieu. — 7-9. Une prière pour demander à Dieu la loyauté de caractère et une situation qui ne l’expose pas à être tenté par les extrêmes de la fortune. — 10-33. Diverses maximes : descriptions de qualités ou de caractères, sous forme de proverbes numériques, avec prédominance du nombre 4.
''VII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 1-9. — Maximes de la mère du roi
Lamuel, genre homilétique ; contre la fréquentation des femmes et l’intempérance ; exhortation à la justice et au secours des faibles.
''VIII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 10-31. — Éloge de la femme forte
ou description de quelques-unes des qualités que doit posséder l’épouse parfaite, considérée plus spécialement dans la direction et le soin des affaires de la vie domestique.
XII. {{sc|Doctrine du livre des Proverbes.}} — I. généralités. — 1. Il ne faut point chercher dans le contenu de ce livre un exposé systématique ni un traité théorique où seraient classées et étudiées les différentes catégories de devoirs qui incombent à tous les hommes, même
aux Israélites en particulier, mais bien plutôt une invitation à la pratique de la morale en vue de rendre la vie morale meilleure. — 2. La vie humaine est considérée dans ces maximes sous son aspect extérieur,
comme une collection d’actes moraux, conformes ou non à la loi, et c’est en partant de cette conformité comme norme que les hommes sont divisés en deux catégories dont les caractères paraissent absolument fixés : les bons et les méchants, les sages et les insensés. — 3. La vie humaine y est envisagée tout particulièrement comme une discipline à réaliser, de là l’importance et la place prépondérante données à l’instruction,
à l’éducation et à la loi. Par loi, dans l’ensemble du livre, on indique tout aussi bien les préceptes de la loi naturelle que ceux de la loi positive. — 4. Bien qu’à plusieurs reprises on y parle des devoirs sociaux de l’homme et que toujours l’homme y soit considéré comme faisant partie d’une collectivité sociale, domestique ou nationale, néanmoins c’est avant tout à l’individu qu’on s’adresse dans cet enseignement. Le bien général résultera de la mise en pratique des conseils de la sagesse par ceux qui voudront bien être ses disciples,
mais il ne sera point l’objet immédiat de cette instruction.
De là le côté si fortement individualiste que présenteront un grand nombre de proverbes. — 5. L’existence du mal physique et moral y est parfaitement reconnue, mais on n’y rencontre point une préoccupation
quelconque d’indiquer ou de solutionner quelques-uns des problèmes que cette constatation peut présenter à l’esprit ; on indique seulement la possibilité et le devoir d’éviter la violation de la loi (mal moral)
en l’observant fidèlement et la possibilité d’écarter le mal physique en méritant les faveurs de Dieu.
''II. {{sc|dieu.}}'' — 1. La doctrine monothéiste est absolue dans toutes les parties du livre ; comme dans les autres livres de la Bible affirmée et toujours présupposée sans aucune préoccupation de démonstration : l’idolâtrie n’est pas mentionnée, Dieu y est souvent désigné sous son nom de Jéhovah. — 2. Dieu est éternel, rien
n’existait encore de tout l’univers et il était déjà {{rom|viii}},
22-26 ; indépendant du monde, c’est lui qui est le créateur de tout ce qui existe, {{rom|iii}}, 19-20 ; libre de créer, il est lui-même la cause finale de son œuvre, {{rom|xvi}}, 4 (Vulgate). — 3. Le livre ne renferme poin^ de données précises sur la nature divine, néanmoins les sections de {{rom|viii}}, 22 sq., sur la sagesse personnifiée, fournissent un apport tout nouveau et important sur cet objet. — 4. L’attention est surtout attirée sur les attributs de Dieu en<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Verbex" />{{nr|795|PROVERBES (LIVRE DES)|796}}</noinclude>XI. {{sc|Analyse du livre des Proverbes.}} — Il est impossible de donner une analyse bien serrée du contenu de ce livre ou d’indiquer la suite de toutes les pensées renfermées dans ce recueil, du moins dans toutes les parties qui le composent.
''I{{re}} section'', {{rom|i}}, 1-ix, 18. — {{rom|i}}, 1-6. Introduction générale indiquant le titre, le but et l’importance de l’ouvrage. — {{rom|i}}, 7-ix, 18. De petits discours moraux et quelques distiques isolés dans lesquels la Sagesse, directement ou par l’intermédiaire du Sage, parle à son disciple qu’elle appelle « mon fils ». Ils forment comme une grande introduction préliminaire au recueil de maximes proprement dites qui commencera avec le chap. x. Tout le contenu de cette section se ramène à un même objet : l’excellence de la Sagesse, de là, des exhortations sans cesse renouvelées d’étudier et de pratiquer la Sagesse.
''II{{e}} section'', {{rom|x}}, 1-xxir, 16. — C’est une longue série des pensées morales présentées dans de simples distiques. Dans cette section, on rencontre parfois des groupements de vers présentant une certaine affinité de pensées, ou simplement contenant chacun un même mot important, mais un classement logique n’a point présidé à la formation de ce recueil. On a pourtant essayé de trouver un classement méthodique pour grouper tous ces proverbes sans obtenir un résultat tout à fait satisfaisant. Zöckler a proposé un tableau de ce genre ; il a été utilisé par Lesêtre, ''Le livre des Proverbes'', p. 29-31. Toutes les sentences de cette section considèrent l’homme dans diverses situations de la vie humaine où il peut se rencontrer, avec des devoirs sociaux, moraux et religieux. — On pourrait peut-être reconnaître que dans x-xv, où le parallélisme est antithétique on insiste plus spécialement sur les contrastes qui existent entre les heureux effets de la justice pratiquée et les châtiments réservés au mal ; — que dans {{rom|xvi}}, 1-xxii, 16,
avec le parallélisme synonymique et antithétique on exhorte plus spécialement à la pratique du bien par la perspective du bonheur des justes et du malheureux sort de l’impie.
''III{{e}} section'', {{rom|xxii}}, 17-xxiv, 22 : Exhortations morales du même genre que celles de la I re section : c’est un corps de maximes proposées par le Sage à son disciple comme dans 1-x. — {{rom|xxii}}, 17-21 : Le disciple est invité à garder soigneusement l’enseignement du Sage. — {{rom|xxii}}, 22-xxiii, 18 : Divers conseils entremêlés de formules dans lesquelles les exhortations sont présentées avec une insistance particulière ; elles concernent tout spécialement la conduite à tenir à l’égard du prochain considéré sous divers aspects de la vie sociale : pauvres, riches, grands, enfants, orphelins, etc. — 19-35. Catégories d’individus à éviter plus spécialement : ceux qui s’adonnent au vin et les femmes de mauvaise vie. — xxiv, 1-14 : Avantages et bienfaits de la Sagesse pour qui la possède, les devoirs qu’elle crée à l’égard d’autrui. — 15-22 : Vivre dans la paix et ne causer de mal à personne ni au juste, ni même à ses ennemis.
''IV{{e}} section'', {{rom|xxiv}}, 23-34. — Divers conseils du Sage :
rapports avec le prochain, 24 1 29 : altitude de justice et
de charité qu’il faut prendre à son égard. — 30-34 : Éviter
la paresse en constatant ses tristes effets.
''V{{e}} section'', {{rom|xxv}}, 1-xxix, 27. — Ce sont des maximes
d’ordre général concernant des devoirs sociaux, mais
il y a aussi de nombreuses sentences de conduite pratique
dans l’ordre privé et domestique. On peut y distinguer
2 parties assez nettement distinctes au point de
vue du style et de la nature despensées : — xxv-xxvii, qui
se terminent par un petit poème sur l’agriculture : les
distiques n’y sont pas exclusivement usités et la valeur
psychologique des maximes qui s’y.trouvent est particulièrement
remarquable ; — xxviii-xxrx, exclusivement
des distiques : sentences morales avec moins de vie
dans l’expression que dans les cha’p. précédents.
''VI{{e}} section'', {{rom|xxx}}, forme un tout distinct du reste du
livre, en général les pensées y ont une certaine étendue.
— 1. Titre. 2-4. Paroles d’Agur ; faiblesse de l’intelligence humaine en face des œuvres de Dieu, qui est connu par la révélation de lui-même. — 5-6. Exhortations à la confiance en Dieu. — 7-9. Une prière pour demander à Dieu la loyauté de caractère et une situation qui ne l’expose pas à être tenté par les extrêmes de la fortune. — 10-33. Diverses maximes : descriptions de qualités ou de caractères, sous forme de proverbes numériques, avec prédominance du nombre 4.
''VII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 1-9. — Maximes de la mère du roi
Lamuel, genre homilétique ; contre la fréquentation des femmes et l’intempérance ; exhortation à la justice et au secours des faibles.
''VIII{{e}} section'', {{rom|xxxi}}, 10-31. — Éloge de la femme forte
ou description de quelques-unes des qualités que doit posséder l’épouse parfaite, considérée plus spécialement dans la direction et le soin des affaires de la vie domestique.
XII. {{sc|Doctrine du livre des Proverbes.}} — ''I. {{sc|généralités.}}'' — 1. Il ne faut point chercher dans le contenu de ce livre un exposé systématique ni un traité théorique où seraient classées et étudiées les différentes catégories de devoirs qui incombent à tous les hommes, même
aux Israélites en particulier, mais bien plutôt une invitation à la pratique de la morale en vue de rendre la vie morale meilleure. — 2. La vie humaine est considérée dans ces maximes sous son aspect extérieur,
comme une collection d’actes moraux, conformes ou non à la loi, et c’est en partant de cette conformité comme norme que les hommes sont divisés en deux catégories dont les caractères paraissent absolument fixés : les bons et les méchants, les sages et les insensés. — 3. La vie humaine y est envisagée tout particulièrement comme une discipline à réaliser, de là l’importance et la place prépondérante données à l’instruction,
à l’éducation et à la loi. Par loi, dans l’ensemble du livre, on indique tout aussi bien les préceptes de la loi naturelle que ceux de la loi positive. — 4. Bien qu’à plusieurs reprises on y parle des devoirs sociaux de l’homme et que toujours l’homme y soit considéré comme faisant partie d’une collectivité sociale, domestique ou nationale, néanmoins c’est avant tout à l’individu qu’on s’adresse dans cet enseignement. Le bien général résultera de la mise en pratique des conseils de la sagesse par ceux qui voudront bien être ses disciples,
mais il ne sera point l’objet immédiat de cette instruction.
De là le côté si fortement individualiste que présenteront un grand nombre de proverbes. — 5. L’existence du mal physique et moral y est parfaitement reconnue, mais on n’y rencontre point une préoccupation
quelconque d’indiquer ou de solutionner quelques-uns des problèmes que cette constatation peut présenter à l’esprit ; on indique seulement la possibilité et le devoir d’éviter la violation de la loi (mal moral)
en l’observant fidèlement et la possibilité d’écarter le mal physique en méritant les faveurs de Dieu.
''II. {{sc|dieu.}}'' — 1. La doctrine monothéiste est absolue dans toutes les parties du livre ; comme dans les autres livres de la Bible affirmée et toujours présupposée sans aucune préoccupation de démonstration : l’idolâtrie n’est pas mentionnée, Dieu y est souvent désigné sous son nom de Jéhovah. — 2. Dieu est éternel, rien
n’existait encore de tout l’univers et il était déjà {{rom|viii}},
22-26 ; indépendant du monde, c’est lui qui est le créateur de tout ce qui existe, {{rom|iii}}, 19-20 ; libre de créer, il est lui-même la cause finale de son œuvre, {{rom|xvi}}, 4 (Vulgate). — 3. Le livre ne renferme poin^ de données précises sur la nature divine, néanmoins les sections de {{rom|viii}}, 22 sq., sur la sagesse personnifiée, fournissent un apport tout nouveau et important sur cet objet. — 4. L’attention est surtout attirée sur les attributs de Dieu en<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Sicarov" />1091 DIMANCHE 1092</noinclude>serviles a mis plus de temps à s’imposer et à se préciser ;
on peut même affirmer qu’en ce qui touche un
certain nombre d"œuvres, c’est une question encore
discutée, non pas quant au principe, mais quant à
l’application. — Un fait indubitable, c’est que l’abstention
du travail, très strictement imposée par la loi
mosaïque les jours de sabbat, Exod., {{rom|xvi}}, 30 ; {{rom|xx}}, lo ;
XXXV, 3 ; Niim., {{rom|xv}}, 82 et smv. ; Jerei)i., {{rom|xvii}}, ai, etc.,
et par le culte païen lui-même, Macrob., Saturnalia,
1. {{rom-maj|I}}, c. {{rom-maj|XVI}}, dut être observée, autant que le permettaient
les circonstances, par les premiers chrétiens
convertis soit du judaïsme soit de la gentilité : Ter-TULLiEN
dit. Ad Nation., {{rom|i}}, 13 ; Apologet., 16, que les
chrétiens consacrent le dimanche « à la joie du repos ».
Toutefois, ce n’était plus avec la rigueur du chômage
judaïque. Les plus anciennes lois des empereurs chrétiens
qui interdisent, le dimanche, tout travail mécanique
et tout acte de procédure, Rescrit de Constantin
à Elpidiiis (821), Coà. Jiistinian., 1. {{rom-maj|II}}, tit. {{rom|xii}}, de
feriis, 1. 3 ; Cf. Consiitut. de Yalentinien, Théodose
et Arcadius, ib., 1. 7 », laissent permise la culture des
Ciiamps, l’homme n’étant pas maître des variations de
la température et y étant au contraire assujetti. Des
conciles, — Laodicée (vers 380), c. 29 ; de Jésuyahbl"’(585), c. 19, Synodicon Orientale, édit. Chabot, p. ^^7 !
— montrent que l’interdiction du travail n’était pas
al>solue, mais imposée autant que possible, surtout
aux pauvres. Les Constitutions Apostoliques prescrivent
tout particulièrement aux maîtres de laisser
chômer, le dimanche, les esclaves, 1. YIII, c. xxxiii.
A partir du vi’siècle, l’obligation du chômage dominical
devient plus rigoureuse ; plusieurs s’efforcent
de la rendre équivalente à celle du sabbat juif, et c’est
en partie l’œuvre de saint Césaire d’Arles. Cf. Seim.
265, inter op. S. Augustini, P. /., t. {{rom-maj|XXXIX}}, 2238 ;
''Serm''. 280, ib. ii’jlt ; on tomba même dans des excès
de rigueur qui furent d’ailleurs promptement condamnés.
Conc. d’Orléans (538), c. 30. Mais en condamnant
ces excès on précisa dans le détail les œuvres interdites,
et on joignit à celles qui l’avaient été antérieurement
la culture de la terre ; ce furent même les
(vuvres les plus minutieusement énumérées : labourage,
soins de la vigne, fauchaison, moisson, taille,
abatage ; on donnait au prêtre mission de châtier les
A’iolations de la loi. Conc. d’Orléans, loc. cit. ; Conc.
deClialon (vers 650), c. 18, Maassen, p. 2 12. Le peuple
iit plus attention à la condamnation que le concile
avait portée contre les excès de rigueur qu’aux prescriptions
positives qui accompagnaient cette condamnation.
Désormais, ce sont, au contraii’e, chaque jour
de nouvelles plaintes contre la profanation du dimanche
par le travail. On se sent obligé de préciser les
sanctions spirituelles : excommunication contre les
clercs et les moines ; les châtiments temporels : perte
du procès pour les avocats et les plaideurs ; les peines
même corporelles : coups de bâton pour les paysans
et les serfs qui travaillent spontanément. Conc. de
Mùcon (585), c. {{rom|i}}, Maassen, p. 165. L’autorité séculière
intervient, Edit de Contran, Capitular., Boretius,
I, 10, et, pour sa part, interdit toute action judiciaire
et tout travail corporel, sauf la préparation des aliments.
Cette double action parallèle se continue dans
la législation soit ecclésiastique, soit séculière, imposant
ici l’amende, là le châtiment corporel. Conc.
de Narbonne (58y), c. /(, Bruns, ''op. cit''., t. {{rom-maj|II}}, p. 60 ;
décret de Childebert {{rom-maj|II}}, c. i^, Boretius, ! , 17 ; Lois
ecclésiast. de Ina, roi des Saxons Occident, en Angleterre,
c. 3, Mansi, t. {{rom-maj|XII}}, 57 ; Lois du clergé de Xorthumbrie,
c. 55. 56, Ht., t. {{rom-maj|XIX}}, 69 ; Lois du roi Canut,
c. 14. ib., 562 ; Constitua ecclés. deS. Etienne dellongrie
(1016), c. 6, ih., 870 ; Concile de Szabolch (1092),
c. 12, (fc., t, {{rom-maj|XX}}, 765 ; Loides Alamans, 1. 1, c. 28, Pertz,
Leg., t. IIL 57 ; Loi des Bavarois, ib., 335 ; Conc. de
Berkhampsteadt (697), c. 10, 11 ; aûn d’obtenir plus
sûrement l’obéissance, on donne même aux dénonciateurs
une part du produit de l’amende infligée, ib.,
c. 12. Au vni* siècle, on met au premier rang la prohil
)ition des plaids et marchés, Conc. de Mayence (81 3),
c. 87, Monument. Gerinaniae, ''Concil''., t. {{rom-maj|II}}, 270 ; de
Reims (81 3), c. 35, ib. 256 ; Lois ecclés. d’Edouard
l’Ancien (900-92^) roi d’Anglcteri’e, c. 7. Mansi,
t. {{rom-maj|XVIII}}, 288 ; décret du pape Nicolas {{rom-maj|II}}, c. 10, ib.,
t. {{rom-maj|XIX}}, 876 ; puis la chasse, les travaux des femmes,
tisser, tricoter, coudre, laver, carder, tondre les brebis,
Capitulait, de Rodalfe de Bourges, c. 26, Mansi,
t. {{rom-maj|XIV}}, 955 ; les charrois, hors certains cas déterminés,
Réginon, De ecclés. disciplin., 1. I. c. 872./’. L.,
t. CXXXIl, 264 ; Conc. de Bourges (io31), c. 15, Mansi,
t. {{rom-maj|XIX}}, 505, et encore à la condition, dans les cas
exceptés, de ne pas manquer la messe. Liber leguin
ecclesiasticar., c. 24, ib., 186 ; on interdit même les
voyages, Conc. Coyac.(io50), c.6, ib. 788. — Au xii « siècle,
l’esprit dans lequel on a compris la loi est à ce
point sévère, que des malheureux à qui les récoltes
ont manqué, en Norvège, demandent au Pape Alexandre
III (i 159-81) la permission de pécher le dimanche,
et le Pape, qui exauce leur supplique, y met certaines
conditions.
Toiites ces lois sont des lois diocésaines, régionales,
témoignent de la coutume du peuple chrétien ; elles
ne sont pas une loi universelle. Au xiii<^ siècle, saint
Thomas d’Aquin en fît l’exégèse. Il constata, en premier
lieu, que l’abstention des œuvres serviles était
d’origine coutumière confirmée par l’Eglise, que la
coutume n’interdisait pas tout travail, mais celui-là
seulement où le corps a plus de part que l’esprit, et
par lequel l’homme se fait le serviteur d’autres hommes
ou du démon. Sumnia Tlieolog., ll^ 11^^, q. 122, ,
art. 4- Depuis cette époque, rien n’a été modifié ni
objet de nouvelles décisions quant au principe, sinon
quant aux applications. Les moralistes ont longuement
discuté si tel ou tel travail est œuvre servile ou
non, et l’accord sur quelques points se fait malaisément.
Somme toute, les tendances rigoristes qui
s’étaient encore manifestées au xvi’et au xvn’siècles
ont perdu de plus en plus leur empire, et le cardinal
Gousset, avec son esprit si pondéré, en est revenu au
vrai principe de solution, à la coutume, acceptant ce
que la coutume — entendue au sens canonique —
admet, rejetant ce qu’elle interdit, laissant ainsi dans
son état coutumier l’application d’une loi d’origine
coutumière, ne la rendant ni plus stricte ni plus
large quelle n’est dans son principe. On comprend
aisément, par là, que, la loi étant d’origine humaine,
les Congrégations romaines, interrogées maintes fois
par les missionnaires, laissent, à l’occasion, une place
assez large au travail des mains, à l’œuvre servile, le
dimanche, pour les populations pauvres des missions.
Des essais nouveaux ont été ébauchés par certains
moralistes contemporains, comme Berardi, Praxis
Confessar.{2’édit.), t. {{rom-maj|II}}, n° 870 et suiv., touchant la
théorie de l’œuvre servile ; ils n’ont pas pour but de
modifier le principe de la loi, mais d’en mettre les
applications en rapport avec ce que réclame, pensent-ils,
l’esprit public d’aujourd’hui.
8° Nature de l’obligation. — De cet exposé historique,
nous pouvons tirer diverses conclusions touchant
la nature de l’obligation que le précepte impose.
1° L’obligation n’ayant pas été introduite, dans le
Nouveau Testament, par une loi dÎAine positive, on
en peut dispenser au moins dans le détail des applications.
2" Comme elle est, quant au principe général,
garantie par des lois positives, d’origine locale il
est vrai, mais précisées, reprises, étendues, au point
d’atteindre toutes les régions territoriales de l’Eglise,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Sicarov" />1307 EGYPTE 1308</noinclude>tai’d, sous Ménéphtah, quand les Israélites furent
partis, cette même région fut concédée à une tribu
asiatique pour y faire paître ses troupeaux (Papyrus
Anastasi {{rom-maj|VI}}, pi. iv. Cf. Lieblein, loc. cit., p. 67).
III. Moïse et les plaies d’Egypte. — Un nouveau
roi monta sur le trône, qui ne connaissait pas Joseph
et qui commença à persécuter les Hébreux. Pour
arrêter leur accroissement déjà inquiétant, il ordonna
de mettre à mort les enfants mâles, puis il les soumit
tous, hommes et femmes, à la corvée, fabrication
des briques, construction des magasins de Ramessés
et de Phithom, et, dit la Bible (Ex., {{rom|i}}, 14), toute sorte
de travaux agricoles. C’était l’oppression, la servitude,
la misère. Quand la mesure a atteint le comble,
Dieu, qui a ainsi détaché son peuple des charmes de
l’Egj’pte, lui envoie Moïse pour l’arracher à l’esclavage,
le ramener au pays de ses pères et lui donner
l’autonomie et l’indépendance. Mais Pharaon ne l’entend
pas ainsi, il a besoin d’ouvriers pour ses grandes
constructions, il refuse obstinément et, pour
obtenir son consentement, il faut toute une série de
merveilles et de fléaux.
Ce n"est pas le lieu ici de faire une étude complète
des plaies d’Egypte. Il sulTu-a à notre but d’en faire
ressortir le caractère intrinsèque de vraisemblance
et le côté merveilleux,
1. L’eau du Nil est changée en sang, fléau terrible
pour l’Egypte où tout vit du Nil, où toute eau potable
Aient du fleuve directement ou par infiltration, fléau
meurtrier pour les poissons, les plantes, les animaux,
les hommes, qu’on admette un changement en sang
véritable, à la suite d’Origène et de S. Cyrille d’Alexandrie,
ou qu’on se contente de surabondance de limon
rougeàtre qui rendit nauséabondes et délétères les
eaux non filtrées, et cela au moment de la crue, quand
le fleuve engraissé des éléments terreux qu’il charrie
est naturellement coloré en rouge, soit à une autre
époque, ce qui accentuerait encore le caractère surnaturel
du fléau.
2. Les grenouilles foisonnent pendant l’inondation ;
pour en faire une plaie, il suflit de les multiplier dans
une grande proportion.
3. Les moustiques ne sont que trop conDiis des
habitants de l’Egypte. De nos jours encore, à certaines
époques de l’année, ils sont un vrai tourment
dont on a de la peine à se garantir ; multipliés, ils
feraient de la vie un supplice.
tj. Les mouches sont également une cause de souffrance
pour tous, mais spécialement pour les enfants
qui ne peuvent en protéger leurs yeux, toujours
attaqués, fréquemment perdus.
5. 6. La peste des animaux et des hommes n’est
pas inconnue dans le pays.
7. La grêle est rare, elle tombe quelquefois pourtant
et alors elle est redoutable pour les plantes,
l’orge, le {{rom|liii}}, le blé.
8. Les sauterelles et leurs nuées épaisses, s’abattant
sur les moissons, les prés, les jardins, les arbres
et ravageant tout sur leur passage, c’est de l’histoire
de tous les temps, dans toute l’Afrique du Nord.
9. Les ténèbres furent sans doute produites par un
khamsin, vent brûlant qui passe sur les déserts, enlève
dans les airs des tourljillons de sal)lc et vient
éclater comme un orage dans toute la vallée.
10. La dixième plaie, la mort des premier-nés, n’a
aucun rappoi’t spécial avec l’Egypte, elle fut la plus
sensible au cœur du Pharaon endurci qui vit ainsi
périr son propre fils, 1 héritier de son trône, elle
amena le dénouement et arracha enfin l’autorisation
si longtemps refusée, si chèrement vendue.
Tous ces fléaux ont donc une couleur nettement
indigène, et cela même les prémunit contre toute
accusation de fiction. Ils sont naturels en eux-mêmes
et dans leurs effets ; ce qui dépasse les forces de la nature,
c’est le ?node instantané dont ils sont produits et
l’extraordinaire intensité qu’ils revêtent. Qu’ils soient,
dans l’ensemble, de vrais miracles, cela ressort du
récit lui-même, consternation du peuple et du Pharaon,
impuissance des magiciens à imiter le plus
grand nombre et surtout à endiguer le mal, cela ressort
du but que Dieu se proposait, frapper les Égyptiens
d’étonnement et leur inspirer une grande idée
du peuple qu’ils avaient méprisé, relever le courage
des Hébreux, les détourner du culte des idoles et implanter
en eux la foi en sa toute-puissance.
Les sages égyptiens imitèrent trois des actions de
Moïse, baguette transformée en serpent, eau changée
en sang, multiplication des grenouilles. Ce fait, quelle
que soit la manière dont on l’explique (voir Vigouroux,
La Bible et les découvertes modernes, t. {{rom-maj|II}},
p. 819-324), ne porte aucune atteinte au caractère miraculeux
de l’ensemble des fléaux ; au contraire, c’est
pour le mettre plus en relief, semble-t-il, que Dieu le
permit. L’ombre fait ressortir la lumière ; combien
pâlit la puissance pourtant si grande des magiciens
devant celle qui éclate entre les mains de Moïse !
IV. Le passage de la mer Rouge. — Avant de
partir, les Hébreux, sur l’ordre de Moïse, demandèrent
à leurs voisins égyptiens des objets d’or et d’argent
et en reçurent, d’après le texte sacré, une bonne quantité.
Dire qu’en les emportant avec eux ils commirent
un vol, c’est juger d’un fait sans en connaître les
circonstances, c’est surtout oublier les nombreuses
journées de travail forcé fournies par les Hébreux
pour la fabrication des briques et la construction des
magasins. N’avaient-ils pas droit à une compensation !
Les Israélites partirent donc ensemble de la terre
de Gessen, ils se dirigèrent d’abord vers l’Orient jusqu’à
Etham sur le bord du désert ; là, au lieu de
poursuivre en ligne droite, sur l’ordre de Dieu ils
infléchirent vers le sud et vinrent camper sur le bord
occidental de la mer Rouge.
Il est impossible d’expliquer cette marche par des
raisons d’ordre naturel. Une multitude si considérable,
voulant gagner la Syrie, devait suivre la route
ordinaire par le désert et ne pouvait sans périr s’engager
dans des voies inconnues, en tout cas elle ne
pouvait espérer sortir d’Egypte en mettant la mer
Rouge entre elle-même et le pays à atteindre. Au reste,
dans toutes les hypothèses, l’exode n’était possible
que par une intervention spéciale de Dieu. Pharaon,
averti que les Hébreux avaient d’avUres intentions
que celle de sacrifier dans le désert, lancerait son
armée à leur poursuite, et Dieu seul pourrait arrêter,
détourner ou anéantir les ennemis de son peuple.
C’était donc Dieu qui dirigeait les Hébreux, et malgré
eux, malgré leurs murmures, il allait marquer d’un
prodige éclatant et à jamais mémorable le terme de
leur exil et l’inauguration de leur nouvelle vie de
liberté et d’indépendance. Ils étaient campés sur le
bord de la mer, quand, au soir, levant les yeux du
côté de l’Occident, ils virent au loin l’armée égyptienne
s’apprêtant à fondre sur eux, et ils commencèrent
à récriminer contre Moïse. L’heure était trop
avancée pour engager le combat, les fugitifs d’ailleurs
ne pouvaient échapper, la nuit noire se lit entre les
deux camps. Le passage eut lieu par la pointe eirilce
de la mer, à un endroit qu’il est impossible aujourd’hui
d’identifier avec certitude, ce qui importe peu
d’ailleurs. Quel que soit le théâtre du miracle, le fait
reste le même. La nuit tombée, Moïse sur l’ordre de
Dieu, étend la main au-dessus de la mer, un vent violent
et chaud s’élève, qui divise les eaux et met la mer
à sec, les Fils d’Israël s’y engagent et marchent vers<noinclude>
<references/></noinclude>
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Etienne M
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<noinclude><pagequality level="1" user="Sicarov" />1307 EGYPTE 1308</noinclude>tard, sous Ménéphtah, quand les Israélites furent
partis, cette même région fut concédée à une tribu
asiatique pour y faire paître ses troupeaux (Papyrus
''Anastasi {{rom-maj|VI}}'', pl. {{rom|iv}}. Cf. Lieblein, loc. cit., p. 67).
'''III. Moïse et les plaies d’Égypte.''' — Un nouveau
roi monta sur le trône, qui ne connaissait pas Joseph
et qui commença à persécuter les Hébreux. Pour
arrêter leur accroissement déjà inquiétant, il ordonna
de mettre à mort les enfants mâles, puis il les soumit
tous, hommes et femmes, à la corvée, fabrication
des briques, construction des magasins de Ramessés
et de Phithom, et, dit la Bible (''Ex.'', {{rom|i}}, 14), toute sorte
de travaux agricoles. C’était l’oppression, la servitude,
la misère. Quand la mesure a atteint le comble,
Dieu, qui a ainsi détaché son peuple des charmes de
l’Égypte, lui envoie Moïse pour l’arracher à l’esclavage,
le ramener au pays de ses pères et lui donner
l’autonomie et l’indépendance. Mais Pharaon ne l’entend
pas ainsi, il a besoin d’ouvriers pour ses grandes
constructions, il refuse obstinément et, pour
obtenir son consentement, il faut toute une série de
merveilles et de fléaux.
Ce n’est pas le lieu ici de faire une étude complète
des plaies d’Egypte. Il suffira à notre but d’en faire
ressortir le caractère intrinsèque de vraisemblance
et le côté merveilleux,
1. L’eau du Nil est changée en sang, fléau terrible
pour l’Égypte où tout vit du Nil, où toute eau potable
vient du fleuve directement ou par infiltration, fléau
meurtrier pour les poissons, les plantes, les animaux,
les hommes, qu’on admette un changement en sang
véritable, à la suite d’Origène et de S. Cyrille d’Alexandrie,
ou qu’on se contente de surabondance de limon
rougeâtre qui rendit nauséabondes et délétères les
eaux non filtrées, et cela au moment de la crue, quand
le fleuve engraissé des éléments terreux qu’il charrie
est naturellement coloré en rouge, soit à une autre
époque, ce qui accentuerait encore le caractère surnaturel
du fléau.
2. Les grenouilles foisonnent pendant l’inondation ;
pour en faire une plaie, il suffit de les multiplier dans
une grande proportion.
3. Les moustiques ne sont que trop connus des
habitants de l’Égypte. De nos jours encore, à certaines
époques de l’année, ils sont un vrai tourment
dont on a de la peine à se garantir ; multipliés, ils
feraient de la vie un supplice.
4. Les mouches sont également une cause de souffrance
pour tous, mais spécialement pour les enfants
qui ne peuvent en protéger leurs yeux, toujours
attaqués, fréquemment perdus.
5. 6. La peste des animaux et des hommes n’est
pas inconnue dans le pays.
7. La grêle est rare, elle tombe quelquefois pourtant
et alors elle est redoutable pour les plantes,
l’orge, le lin, le blé.
8. Les sauterelles et leurs nuées épaisses, s’abattant
sur les moissons, les prés, les jardins, les arbres
et ravageant tout sur leur passage, c’est de l’histoire
de tous les temps, dans toute l’Afrique du Nord.
9. Les ténèbres furent sans doute produites par un
''khamsin'', vent brûlant qui passe sur les déserts, enlève
dans les airs des tourbillons de sable et vient
éclater comme un orage dans toute la vallée.
10. La dixième plaie, la mort des premier-nés, n’a
aucun rapport spécial avec l’Égypte, elle fut la plus
sensible au cœur du Pharaon endurci qui vit ainsi
périr son propre fils, l’héritier de son trône, elle
amena le dénouement et arracha enfin l’autorisation
si longtemps refusée, si chèrement vendue.
Tous ces fléaux ont donc une couleur nettement
indigène, et cela même les prémunit contre toute
accusation de fiction. Ils sont naturels en eux-mêmes
et dans leurs effets ; ce qui dépasse les forces de la nature,
c’est le ''mode'' instantané dont ils sont produits et
l’extraordinaire intensité qu’ils revêtent. Qu’ils soient,
dans l’ensemble, de vrais miracles, cela ressort du
récit lui-même, consternation du peuple et du Pharaon,
impuissance des magiciens à imiter le plus
grand nombre et surtout à endiguer le mal, cela ressort
du but que Dieu se proposait, frapper les Égyptiens
d’étonnement et leur inspirer une grande idée
du peuple qu’ils avaient méprisé, relever le courage
des Hébreux, les détourner du culte des idoles et implanter
en eux la foi en sa toute-puissance.
Les sages égyptiens imitèrent trois des actions de
Moïse, baguette transformée en serpent, eau changée
en sang, multiplication des grenouilles. Ce fait, quelle
que soit la manière dont on l’explique (voir Vigouroux,
La Bible et les découvertes modernes, t. {{rom-maj|II}},
p. 819-324), ne porte aucune atteinte au caractère miraculeux
de l’ensemble des fléaux ; au contraire, c’est
pour le mettre plus en relief, semble-t-il, que Dieu le
permit. L’ombre fait ressortir la lumière ; combien
pâlit la puissance pourtant si grande des magiciens
devant celle qui éclate entre les mains de Moïse !
'''IV. Le passage de la mer Rouge.''' — Avant de
partir, les Hébreux, sur l’ordre de Moïse, demandèrent
à leurs voisins égyptiens des objets d’or et d’argent
et en reçurent, d’après le texte sacré, une bonne quantité.
Dire qu’en les emportant avec eux ils commirent
un vol, c’est juger d’un fait sans en connaître les
circonstances, c’est surtout oublier les nombreuses
journées de travail forcé fournies par les Hébreux
pour la fabrication des briques et la construction des
magasins. N’avaient-ils pas droit à une compensation !
Les Israélites partirent donc ensemble de la terre
de Gessen, ils se dirigèrent d’abord vers l’Orient jusqu’à
Etham sur le bord du désert ; là, au lieu de
poursuivre en ligne droite, sur l’ordre de Dieu ils
infléchirent vers le sud et vinrent camper sur le bord
occidental de la mer Rouge.
Il est impossible d’expliquer cette marche par des
raisons d’ordre naturel. Une multitude si considérable,
voulant gagner la Syrie, devait suivre la route
ordinaire par le désert et ne pouvait sans périr s’engager
dans des voies inconnues, en tout cas elle ne
pouvait espérer sortir d’Egypte en mettant la mer
Rouge entre elle-même et le pays à atteindre. Au reste,
dans toutes les hypothèses, l’exode n’était possible
que par une intervention spéciale de Dieu. Pharaon,
averti que les Hébreux avaient d’avUres intentions
que celle de sacrifier dans le désert, lancerait son
armée à leur poursuite, et Dieu seul pourrait arrêter,
détourner ou anéantir les ennemis de son peuple.
C’était donc Dieu qui dirigeait les Hébreux, et malgré
eux, malgré leurs murmures, il allait marquer d’un
prodige éclatant et à jamais mémorable le terme de
leur exil et l’inauguration de leur nouvelle vie de
liberté et d’indépendance. Ils étaient campés sur le
bord de la mer, quand, au soir, levant les yeux du
côté de l’Occident, ils virent au loin l’armée égyptienne
s’apprêtant à fondre sur eux, et ils commencèrent
à récriminer contre Moïse. L’heure était trop
avancée pour engager le combat, les fugitifs d’ailleurs
ne pouvaient échapper, la nuit noire se fit entre les
deux camps. Le passage eut lieu par la pointe eirilce
de la mer, à un endroit qu’il est impossible aujourd’hui
d’identifier avec certitude, ce qui importe peu
d’ailleurs. Quel que soit le théâtre du miracle, le fait
reste le même. La nuit tombée, Moïse sur l’ordre de
Dieu, étend la main au-dessus de la mer, un vent violent
et chaud s’élève, qui divise les eaux et met la mer
à sec, les Fils d’Israël s’y engagent et marchent vers<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Adhémar d'Alès - Dictionnaire apologétique de la foi catholique, 1909, Tome 2.djvu/831
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Sicarov" />{{nr|1649|JUIF (PEUPLE)|1650}}</noinclude>sur l’histoire de la religion et du peuple juifs, on arrive
bien vite à se convaincre que cette hypothèse
correspond strictement à la réalité : — a) L’on pourrait
remonter jusqu’aux ancêtres d’Israël, aux patriarches,
pour trouver, dans ce qui nous reste de leur histoire,
des traces frappantes de ce plan divin. En faisant
commencer ces remarques avec les origines proprement
dites de la nation Israélite, on constate que,
par le ministère île Moïse, c’est le nom de Valnveh, le
nom du Dieu qui sera un jour honoré i)ar tout l’univers,
(]ui groupe, pour les séparer du reste <lu monde,
en queli|ue sorte abandonné au paganisme, les tribus
qui vont constituer le peuple d’Israël. C’est ce
même nom qui sert de mot d’ordre pour toute l’œuvre
de la conquête de la Terre Promise. — / ?) C’est ce
même nom qui, pendant la période si tourmentée
des Juges, maintient l’esprit national dans les àmcs
qui savent le garder ; c’est lui qui, aux heures particulièrement
critiques, a assez de force pour assembler
à nouveau les tribus et leur faire réaliser contre
de redoutables ennemis des efforts décisifs. L’on saisit
en toute vérité, à ces origines de l’histoire juive,
que c’est Yahweh lui-même qui se forme un peuple
pour en recevoir les honneurs auxquels il a droit
et qui prépare à ce peuple des destinées uniques. —
/) La période de la royauté est marquée par d’étranges
vicissitudes, au point de vue religieux plus encore
qu’au point de vue politique et social. A plusieurs
reprises, on a l’impression que la religion
mosaïque va sombrer au milieu des cultes idolâtriques.
Mais toujours se manifeste la Providence très
particulière de Dieu ; toujours il se réserve un groupe
de fidèles ; pour les soutenir et pour faire triompher
la juste idée de sa religion, il fait surgir une série
d’àmes inspirées qui deviennent ses représentants et
ses champions. C’est ainsi que le yahwisme survit aux
assauts qui semblaient devoir l’anéantir. Bien plus :
c’est au moment où ces assauts deviennent plus redoutables
que les représentants de Yahweh proclament
avec plus de force les destinées futures de sa religion ;
c’est à partir de ce moment que les événements se
précipitent, avec plus de rapidité et d’une manière
plus caractéristique, en vue de les réaliser. — c) Le
coup qui semblait devoir être fatal à Israël fut des
plus efficaces pour préparer l’avenir du monothéisme :
— xy)Ce fut, nous l’avons dit, la foi en Yahweh, complétée
par la perspective des plus glorieuses destinées,
qui empêcha le peuple Israélite de sombrer pour
jamais sous le coup de la tempête ; ce furent cette foi
et ees perspectives qui maintinrent et excitèrent dans
lés âmes fidèles le désir de la restauration. — 53) Mais,
en même temps, des transformations s’opéraient dans
la vie religieuse des Juifs, qui devaient être extrêmement
significatives en vue des propagandes futures.
En Palestine, la religion était étroitement liée aux
sanctuaires et aux institutions liturgiques dont ils
étaient les centres. Depuis la réforme de Josias, le
culte authentique des lidèles de Yahweh était le culte
du Temple, à telle enseigne qu’en dehors de ses
parvis aucun acte spécifiquement religieux ne pouvait
s’accomplir. Le séjour en Chaldée allait avoir
pour effet de faire comprendre, non seulement que la
religion de Yahweh n’était pas liée à un pays et à
une ville, mais qu’elle devait subsister en dehors du
système d’institutions qui, à un grand nombre, avait
paru essentiel ; c’était comme un premier pas vers
l’abrogation des observances légales que saint Paul
devait prononcer. — //) Sur la terre d’exil toutefois,
il était absolument nécessaire de se prémunir contre
des influences à ce point délétères qu’elles eurent
raison des attitudes religieuses d’un grand nombre
de déportés ; il fallait se défendre contre le prestige
éminemment séducteur des dieux étrangers. Loin du
Temple et de ses cérémonies, on ne pouvait le faire
qu’en développant ces éléments constitutifs du culte
intérieur — le seul qui dût par la suite subsister —
qui sont la foi, l’amour, le souci de la justice et de la
vie morale. — ôS) Cependant l’attention se concentrait
sur cette littérature du passé que les scribes
recueillaient, ordonnaient, étudiaient, enseignaient ;
on s’accoutumait à aller y chercher l’inspiration de
ses sentiments religieux et la règle de sa foi ; de la
sorte, se préparait la juxtaposition, puis la substitution
de la religion du Livre Saint à la religion du
Temple : nouvelle transformation des plus importantes
en vue de l’avenir. — £) A partir de l’édit de
Cyrus, on vit se dessiner un double courant dans la
religion juive. En Palestine, le terme du mouvement
fut l’organisation de plus en i)lus stricte du Judaïsme.
On peut n’avoir qu’une sjnipathie restreinte pour
ces tendances, surtout pour les excès qui devaient
aboutir aux étroitesses du pharisaïsnic. Mais on ne
saurait méconnaître le caractère hautement providentiel
de l’institution fondée par Esdras. A une époque
où Israël allait se trouver perpétuellement mêlé aux
nations, où un si grand nombre de ses fils allaient
subir l’ascendant des civilisations étrangères, il ne
fallait, pour préserver la religion authentique de
Yahweh, rien moins que les barrières étroites du
Judaïsme : l’on peut se demander ce que seraient
devenus, humainement parlant, ces trésors, futures
richesses des nations, s’ils n’avaient été gardés par
une austèreetvigilante orthodoxie. C’estau Judaïsme
aussi que nous devons la conservation de nos Ecritures ;
c’est son intransigeance qui a préservé le
saint recueil contre l’invasion detant de productions
apocryphes, indignes d’y figurer. — ;) Il n’en est pas
moins vrai que nous nous tournons plus volontiers
vers ces colonies de la dispersion, vers celles-là surtout
qui, après l’exil et sous l’influence des circonstances
politiques, se multiplièrent dans le monde
grec. Par elles, en effet, la foi religieuse, soigneusement
gardée dans le Judaïsme palestinien, commença
à se répandre parmi le monde païen ; par elles les
nations entendirent pour la première fois parler
de Yahweh et, après l’avoir d’abord considéré avec
toutes sortes de suspicions, s’accoutumèrent à le respecter.
Par elles furent posés, en toute vérité, les
premiers jalons sur la route que devaient suivre les
missionnaires du ro3aume messianique. — r, ) Un
dernier signe enfin permettait de s’apercevoir que
l’on allait à grands pas vers la plénitude des temps.
Les persécutions dont les Juifs avaient été les victimes
avaient exaspéré en leurs âmes le sentiment de
l’attente messianique. De là ces multiples productions
qui, en reprenant le thème de l’antique espérance, en
altéraient les données par de multiples corruptions :
si jamais l’œuvre de Dieu devait se réaliser, le
moment était venu où, en les accomplissant, ! e
Messie dégagerait les promesses authentiques de
tous les éléments étrangers qui risquaient de les
dénaturer. — S) Il est donc aisé de constater, l’histoire
en main, l’unité profonde de l’action divine mettant
tout en œuvre pour conserver ce monothéisme qui
doit être la religion de toute la terre, et pour en
[)réparer la diffusion. Il est aisé de saisir les liens
qui unissent les deux Testaments comme les deux
parts d’un seul et même tableau.
E. — S’il en est ainsi, on est amené naturellement à
admettre qu’un même Esprit agit d’un bout à l’aulre
de la grande œuvre judéo-chrétienne. — o) Sons
le nom d’esprit prophétirpie, il domine toute l’économie
ancienne ; la religion de Yahweh est surtout la
religion prophétique. Or l’Esprit qui l’inspire ne se
manifeste pas seulement en annonçant, de temps à
autre et par des déclarations expresses, ce qui doit<noinclude>
<references/></noinclude>
lajwg8p5csv48fqx9ckmgzfly4k9thr
Discussion utilisateur:Susuman77
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Susuman77
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/* Question sur IA Borrow sur le scriptorium */ Réponse
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text/x-wiki
{{bv}}--[[Utilisateur:Zyephyrus|Zyephyrus]] ([[Discussion utilisateur:Zyephyrus|d]]) 21 février 2023 à 20:30 (UTC)
== Modèle tiret ==
Bonjour,
Lorsque le modèle tiret est précédé d'une apostrophe, il se crée une espace surnuméraire à la transclusion : il faut donc inclure le mot élidé et l'apostrophe à l'intérieur du modèle : <nowiki>{{tiret|d’in|spirer}}</nowiki> et non <nowiki>d’{{tiret|in|spirer}}</nowiki>.
Cordialement, [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 18 décembre 2023 à 13:14 (UTC)
:Merci beaucoup, c'est bien utile à savoir, désolé si je vous ai ainsi forcé à repasser derrière moi... Bonne journée ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 18 décembre 2023 à 14:19 (UTC)
::::C'est une erreur très courante, même parmi des utilisateurs très expérimentés. Bonne journée (et au passage, bravo pour la correction de la nouvelle de Barbey d'Aurevilly, c'était presque impeccable !
::[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 18 décembre 2023 à 16:02 (UTC)
== "la coquille corrigée est signalée dans les errata de l'ouvrage" ==
Bonjour. Dans ce cas il faut utiliser le modèle {{m|erratum}} et non le modèle {{m|corr}}. [[Utilisateur:Мишоко|Мишоко]] ([[Discussion utilisateur:Мишоко|d]]) 13 février 2024 à 22:06 (UTC)
:Ah parfait, merci beaucoup, j'ignorais ce modèle, ça simplifie les choses. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 13 février 2024 à 23:02 (UTC)
== Relectures d'auteurs du {{s|XIX}} ==
Bonjour, ayant vu que tu avais contribué à la deuxième relecture des ''Sept Cordes de la lyre'' de George Sand et que tu indiques sur ta page plusieurs auteurs du {{s|XIX}} qui t'intéressent en vue d'avoir leurs œuvres complètes sur Wikisource, je me permets de te signaler que l'on a bien progressé sur Wikisource aussi sur la relecture des œuvres originales de [[Auteur:Marceline Desbordes-Valmore|Marceline Desbordes-Valmore]], pour qui il reste toutefois du travail en ce qui concerne ses œuvres en prose (romans ''L'Atelier d'un peintre'' dont on a chargé le scan d'un exemplaire annoté par l'autrice, ''Violette'', ''Le Salon de Lady Betty'' est bien avancé, il reste encore des recueils de contes). Si ça te dit, n'hésite pas à venir faire un tour aux [[Wikisource:Autrices/Agenda|ateliers Wikisource Autrices]] (le prochain samedi 30 mars de 11h à 13h), sur place ou en visio ! [[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ([[Discussion utilisateur:FreeCorp|d]]) 24 mars 2024 à 16:52 (UTC)
:Merci beaucoup pour l'invitation @[[Utilisateur:FreeCorp|FreeCorp]] ! Je ne serai sans doute pas à Paris ce jour-là, c'est bête, d'autant que ce n'est vraiment pas loin de chez moi, mais peut-être pourrai-je une prochaine fois... Et pour Marceline, j'irai volontiers fureter voir ce que je pourrais aider à transcrire ou relire, là je suis pas mal occupé par Proust et j'ai quelques poète(sse)s symbolistes sur le feu, mais quand j'aurai fini ou (plus probablement) envie de me changer un peu les idées, ce sera avec grand plaisir. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 24 mars 2024 à 18:02 (UTC)
::Bonjour @[[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ! Le prochain atelier [[Wikisource:Autrices|Wikisource Autrices]] portera sur Marceline Desbordes-Valmore, le [[Wikisource:Autrices/20240921|21 septembre prochain à Pantin]] et on a aussi annoncé une [[Wikisource:Autrices#Événements_à_venir|liste d'ateliers à venir à Paris pour 2024/2025]] si ça te dit de te joindre à nous.
::-- [[Utilisateur:LeDeuxiemeTexte|LeDeuxiemeTexte]] ([[Discussion utilisateur:LeDeuxiemeTexte|d]]) 19 août 2024 à 05:04 (UTC)
:::Bonjour et merci de l'invitation @[[Utilisateur:LeDeuxiemeTexte|LeDeuxiemeTexte]] ! Je ne suis pas sûr de pouvoir venir le 21, mais je devrais y arriver plus facilement à l'un des ateliers rue Jean-Pierre Timbaud, je vous tiendrai au courant ! Bonne journée [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 19 août 2024 à 09:39 (UTC)
== [[Jean-Joseph Rabearivelo]] ==
comme indiqué sur la page de l’auteur il y a "Traduit de nuit" sur Gallica --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 14 février 2025 à 11:36 (UTC)
:Oui, je l'avais vu vite fait hier soir sans suivre le lien, mais tu as raison de me le rappeler, ce sera un bon début avant de se lancer dans des projets de numérisation plus prenants... J'essaierai dans les semaines qui viennent de faire un premier catalogage d'écrivains francophones hors Europe et Canada qui sont dans le DP et de voir lesquels de leurs ouvrages sont déjà numérisés et accessibles sur gallica, google ou archive, et sinon quelles bibliothèques les ont en version imprimée. Merci encore, et pour ta réponse détaillée hier soir [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 14 février 2025 à 11:59 (UTC)
Désolé, je ne comprends pas : il s’agit bien d’un ''recueil'' de poème et ce n’est pas une '''collection''' --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 19 février 2025 à 08:47 (UTC)
:Tout à fait d'accord, c'était juste une erreur de manip avec mes gros doigts en regardant ma liste de suivi sur téléphone, j'ai tapé le bouton révoquer par erreur, mais j'ai tout de suite annulé après. Désolé du dérangement ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 19 février 2025 à 09:11 (UTC)
== Question sur IA Borrow sur le scriptorium ==
Deux solutions : 1/faire une copie d'écran page par page. 2/ copier l'identifiant IA et aller chercher dans les archives d'Anna. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 24 février 2025 à 09:42 (UTC)
:Bonjour @[[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] Il existe une troisième solution : une extension firefox "Internet Archive Downloader" qui fonctionne également sur Hathitrust. [[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 28 avril 2026 à 14:04 (UTC)
::Merci @[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]], je vais tester ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 9 mai 2026 à 08:33 (UTC)
== Renvoi de Michelet à Port-Royal ==
Alors que je suis en ligne, la machine me prévient que vous avez relié [[Histoire de France (Jules Michelet)/édition 1893/Louis XIV-1/Chapitre 19]] à [[Port-Royal/Livre 5/07]] que je suis en train de corriger. Est-ce une pratique courante ? (j'avais compris que relier une page de Wikipedia à une page de Wikisource est très bien, mais pas le contraire, ni relier un ouvrage à un autre dans Wikisource). Et puis ''Port-Royal'' est en chantier ; même si le découpage est stabilisé, il peut y avoir encore des changements, et le chapitre visé n'est pas dans son état définitif. [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 11 mars 2025 à 13:19 (UTC)
:Bonjour {{ping|Narilora}} la pratique n'est pas systématique, mais elle n'est pas prohibée pour autant, et je ne suis pas le seul à mettre de tels liens internes, qui me paraissent utiles au lecteur tant qu'ils ne sont pas trop nombreux et ne parasitent pas la lecture. Ainsi, je ne le fais d'ordinaire que dans les références biblio en notes de bas de page, mais cette édition de Michelet les met plutôt entre parenthèses, j'y ai donc mis quelques liens au fil de ma création et correction des pages de l'Histoire de France quand l'ouvrage évoqué figure sur WS dans une version corrigée. Les liens externes, même vers Wikipédia, me semblent plus controversés, je suis plus prudent en la matière, sans parler des liens vers des sites extérieurs à l'écosystème. Quant au chapitre visé, comme vous l'avez corrigé et mis en jaune, il m'a paru tout à fait lisible. Le seul problème serait en cas de renommage de la page, mais sa dénomination actuelle me semble correspondre aux conventions en usage, je ne pense donc pas que ce soit un risque, je pense en outre que je recevrais une notification si un renommage sans redirection venait rougir le lien. C'est un beau chantier en tout cas que le vôtre, et je vous souhaite de le mener à terme avec plaisir ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 11 mars 2025 à 16:14 (UTC)
::Bien reçu. Je n'avais pas encore rencontré de liens entre ouvrages, et personnellement je n'ai fait que des renvois d'une page auteur à ne page d'un ouvrage (''Voir aussi'') ce qui ne pose pas de problème. Dans mon idée, le but du jeu est d'arriver à un ouvrage téléchargeable, et une fois sur la liseuse le saut vers un autre ouvrage, qui est ailleurs, est périlleux ou impossible. Si j'en fais un jour, ce sera dans une note Wikisource, ainsi repérable par le lecteur, pas dans le flot du texte. [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 11 mars 2025 à 16:46 (UTC)
:::Chacun sa pratique, bien sûr, mais les notes WS sont au moins aussi controversées et interrompent davantage le flot de la lecture... (mais il m'arrive de les pratiquer aussi en cas de problème éditorial impossible à résoudre autrement) Pour le problème des liens sur liseuse, j'avoue ne pas pratiquer moi-même ces supports de lecture et me concentrer par conséquent sur l'expérience du lecteur du site, qui reste selon moi notre produit principal, surtout au vu des ratés persistants de WS-Export en ce moment. Je crois que les modèles {{m|lp}} et {{m|lia}} font sauter le lien à l'export, ce qui évite ce problème, mais je n'en suis pas tout à fait sûr, je testerai quand j'aurai fini ce volume et que j'essaierai un export, si ça marche je vous en informerai. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 11 mars 2025 à 17:45 (UTC)
== Espace avant Trouille ==
Bonsooir, je vous écris car je sais qu'il y a normalement un espace avant le ! mais il me semblait que c'était un choix délibéré (au regard de l'espace qu'il met ailleurs dans ce même texte/journal) de l'auteur. Enfin je n'en étais pas sûr mais j'ai considéré que c'était sans doute mieux, dans le doute. Qu'en pensez-vous ? [[Utilisateur:Aristoxène|Aristoxène]] ([[Discussion utilisateur:Aristoxène|d]]) 11 mai 2025 à 00:00 (UTC)
:Bonjour, et d'abord merci d'enrichir ainsi WS de tous ces textes anarchistes ! Pour ma part, je ne voyais pas le ! si collé que ça à Trouille dans le titre... Surtout, si je ne me trompe, la tradition est plutôt sur WS de suivre pour l'édition des textes les principales règles typographiques françaises, pour éviter de distraire le lecteur du texte, et étant donné que les écarts observés dans les textes sont la plupart du temps le fruit de limitations techniques que de choix de l'auteur, celui-ci étant généralement tenu à l'écart du processus technique par l'éditeur ou plus précisément ses ouvriers typographes. En l'occurrence, Pouget est l'un et l'autre, mais à regarder les articles publiés, je ne vois pas de grosses déviations par rapport à la norme, et celles que l'on repère sont toujours dues à la nécessité de faire tenir du texte dans les colonnes étroites d'un journal tiré dans des conditions sans doute assez difficiles, toutes servitudes qui heureusement nous sont épargnées. En somme, dans le doute et en l'absence de différence de sens, d'une part, et de consistance explicitement affirmée de l'auteur, d'autre part, tenons-nous en à la tradition des typographes (mieux vaut le dire ainsi que de parler de règles quand il est question d'anarchistes...) En espérant vous avoir convaincu et avoir encore l'occasion bientôt de lire grâce à vous des textes similaires, bon dimanche ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 11 mai 2025 à 08:55 (UTC)
::Aucun souci de mon côté, c'était surtout pour avoir un avis autre sur le sujet mais votre considération du fait que ce serait pour garder des colonnes est pertinente donc aucun souci ^^ Cordialement et à bientôt [[Utilisateur:Aristoxène|Aristoxène]] ([[Discussion utilisateur:Aristoxène|d]]) 11 mai 2025 à 09:42 (UTC)
:::PS : Désolé de la courte réponse mais merci bien pour vos remarques positives et encourageantes. Je vous remercie et elles me touchent. A bientôt ! [[Utilisateur:Aristoxène|Aristoxène]] ([[Discussion utilisateur:Aristoxène|d]]) 11 mai 2025 à 09:46 (UTC)
::::Ha, je vous en prie, c'est moi qui suis trop prolixe;))) Au plaisir ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 11 mai 2025 à 09:52 (UTC)
==Les Gais Lurons==
J’ai vu que tu avais commandé ce recueil, sois en remercié. J’espère que cela ne grève pas trop tes finances.
Sinon dans ce recueil, il y a d’autres textes qu’on a rattachés à d’autres sources. Quand tu auras le fac-similé dis-le moi, je ferai un match et split de ces textes et je supprimerai les fac-similés attaché à ceux-ci.
Merci pour ton investissement.
--[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 4 septembre 2025 à 18:46 (UTC)
:Je t'en prie @[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]] ! J'aime chiner les vieux livres, et celui-là ou le Gogol n'étaient pas cher du tout, je ne sais pas si j'arriverai à en trouver d'autres encore dans la liste, mais pour le moment l'investissement est tenable... Je te tiens au courant, et j'espère bien aussi trouver dans des bibliothèques d'autres livres à scanner dans les prochains mois parmi les fs manquants, c'est un projet motivant et qui sait, peut-être qu'en un an ou deux on arrivera tous ensemble à 100% ;-) [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 4 septembre 2025 à 20:54 (UTC)
== Remarque gratuite ==
La machine vient de me prévenir que vous venez de créer plusieurs liens vers "Port-Royal" de Sainte-Beuve, dont je m'étais occupé il y a quelques mois. Cette fois je suis allé voir d'où partaient les liens : des notes de l'appareil éditorial du volume 12 des oeuvres de Blaise Pascal. Et je me suis amusé à la pensée de ce raffinement (typographie et notes), alors que le corps du texte du volume n'est pas encore utilisable. Mais chacun prend son plaisir comme il l'aime. Je compte sur vous, plus tard, pour relier à la traduction de la Bible par [[Bible Sacy|Lemaistre de Saci]] les références bibliques de [[Les Règles de l’éducation des enfans]] de Pierre Coustel, de Port-Royal (mais pas tout de suite, j'ai à peine entamé la mise au net définitive). Il y aura aussi celles à [[Augustin d’Hippone|Saint Augustin]], et quelques autres dont Wikisource possède des textes. Bonne continuation. [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 8 septembre 2025 à 10:52 (UTC)
:Ha, je savais que je titillerais votre intérêt avec ces liens, Sainte-Beuve est clairement populaire auprès des auteurs ou annotateurs dont les textes m'occupent... Comme vous le relevez vous-même, l'amusement est encore au tout début, d'autant que je ne compte pas m'arrêter au volume XII, mais faire au moins les deux autres volumes de ''Pensées''. Et il me reste encore à construire un système raffiné de liens internes vers les différents fragments. Bref, quelques bons mois de Pascal et Brunschvicg m'attendent, et vous ne vous étonnerez pas de voir apparaître de temps à autres des liens vers Sainte-Beuve, voire d'autres de vos auteurs. Mais je n'oublie pas pour autant votre invitation, et les liens bibliques depuis des textes jansénistes ne peuvent évidemment pointer que vers Saci... Cela viendra, si Dieu me prête vie ! D'ici là, bonnes lectures et relectures ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 8 septembre 2025 à 13:53 (UTC)
== Atelier ''Un de la territoriale'' ==
Bonjour, je te signale que l'atelier pour lequel tu avais marqué ton intérêt sera organisé le 24 janvier, voir [[Wikisource:La Contemporaine/Un de la territoriale]]. Bonne journée [[Utilisateur:RenéLC|RenéLC]] ([[Discussion utilisateur:RenéLC|d]]) 16 octobre 2025 à 09:34 (UTC)
:Merci beaucoup, je l'ai noté, j'espère vraiment pouvoir venir ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 16 octobre 2025 à 09:36 (UTC)
== Sections ==
Bonjour,
Tu as peut-être vu passer certaines de mes modifications ([[Poèmes_français_(Rilke)/Poèmes_épars/Les_jouets|exemple]]) dans ta liste de suivi. J'explique, car elles peuvent sembler gratuites. Si on indique en page de transclusion une section qui n'existe pas, la page se range dans la catégorie [[:Catégorie:Pages incluant des sections inexistantes]], que j'essaie de dépeupler parce qu'elle signale, entre autres, des problèmes de sections vraiment problématiques. Même si l'affichage est correct, la syntaxe ne l'est pas, et on ne sait donc pas si cela ne risque pas de poser un jour ou l'autre des problèmes. En plus, ça encombre une catégorie de maintenance qui est déjà encombrée par les pages de discussion, et le cas des textes bilingues (onlysection sur une plage de page où seule une page sur 2 comporte la section). [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 3 novembre 2025 à 17:46 (UTC)
:Bonsoir @[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ! Oui, j'avais remarqué les modifs et je me disais bien qu'il y avait quelque chose comme ça derrière, merci beaucoup d'avoir pris le temps de l'expliciter ! Généralement je suis assez maniaque sur la syntaxe des headers, mais c'est vrai que surtout dans des recueils avec 350 poèmes on est parfois tenté d'aller au plus vite dans les copier-coller. Maintenant grâce à toi l'ange sur mon épaule droite aura de bons arguments à opposer au démon sur l'épaule gauche qui me dit qu'on n'y verra que du feu et que personne ne verra jamais rien... [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 3 novembre 2025 à 19:47 (UTC)
::{{sourire}} [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 3 novembre 2025 à 20:23 (UTC)
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[[Catégorie:Œuvres de François-René de Chateaubriand]]
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Susuman77
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Ajout de la catégorie [[Catégorie:Bon pour export]] avec HotCat
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wikitext
text/x-wiki
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[[Catégorie:Œuvres de François-René de Chateaubriand]]
[[Catégorie:Bon pour export]]
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<noinclude><pagequality level="3" user="Em-GdM" />{{Numérotation|LÉGENDES BRUXELLOISES|188}}</noinclude>{{tiret2|ven|daient}} secrètement des colporteurs parcourant le pays. Or, non seulement la vente ou l’achat de ces écrits étaient défendus, mais encore la lecture en était prohibée.
Donc, répondirent nos chaudronniers :
— Non pas. Nous sommes connus dans le pays pour construire et vendre des chaudrons. Rien de plus.
L’homme à l’habit noir continua :
— Ce ne serait que justice que vous vous en prissiez au gouverneur. Cet homme… mais ce n’est pas un homme !… ce monstre fait régner la terreur ici et il mériterait qu’on le brûlât en lieu et place de ces malheureux qu’il condamne à mort.
Ces propos et d’autres encore confirmèrent nos marchands de casseroles dans leur opinion que l’inconnu était un hérétique ; et, pour ne pas le contrarier puisqu’il les aidait à porter leur fardeau, ils abondèrent dans son sens. Mais à chaque mot qu’ils prononçaient en attaquant les mesures prises par le duc d’Albe, on eût pu voir une fugitive lueur de triomphe passer dans les yeux de l’inconnu…
Ils arrivèrent ensemble à Vilvorde.
Là, dirent nos chaudronniers :
— Ne nous quittez pas. Vous nous avez secourus. nous de vous en remercier, en offrant à boire.
Acceptez !<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}} du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{lang|phn|?}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
{|width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0" style="text-align:center"
|-
|width="20%"| {{lang|phn|𐤀}}
|width="20%"| devenu
|width="20%"| [[File:A-grec-archaïque-variante.svg|13px|A grec archaïque, variante]]
|width="20%"| rendit le son
|width="20%"| a
|-
| {{lang|phn|𐤄}}
| —
| [[File:E-grec-archaïque-variante.svg|12px|E grec archaïque, variante]]
| —
| e
|-
| {{lang|phn|𐤅}}
| —
| [[File:Y-grec-archaïque-variantes.svg|21px|Y grec archaïque, variantes]]
| —
| y et ou
|-
| <small>{{lang|phn|𐤏}}</small>
| —
| {{lang|grc|𐤏}}
| —
| o
|-
| {{lang|phn|𐤉}}
| —
| [[File:I-grec-archaïque-variante2.svg|7px|I grec archaïque, variante]]
| —
| i
|}
Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{lang|phn|?}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float | file=Alphabets phénicien et grec cadméen.png | width=180px | align=left | cap={{t|Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|85}} | style=margin:0.5em 1.5em 0.25em 0}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}},[[File:Himjar_ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|dir=rtl|א, ג, ה, ו, ז, ח, ט, ך, ל, ן, ע, ף, ק, ר, ת}} du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, Ͻ ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''Δ'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{?|phn}}.
{{3o}} '''Ζ'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplilication, en faisant {{?}} de {{lang|la|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, Ι.
{{4o}} {{?}}. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''Σ'''. — Sorti de {{?}} ; même observation. La forme {{?}} n’est pas abrégée.
{{6o}} {{?}}. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''Μ'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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Yland
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float | file=Alphabets phénicien et grec cadméen.png | width=180px | align=left | cap={{t|Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|85}} | style=margin:0.5em 1.5em 0.25em 0}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}},[[File:Himjar_ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|dir=rtl|א, ג, ה, ו, ז, ח, ט, ך, ל, ן, ע, ף, ק, ר, ת}} du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, Ͻ ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{?|phn}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplilication, en faisant {{?}} de {{lang|la|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, Ι.
{{4o}} {{?|grec archaïque}}. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grec archaïque}} ; même observation. La forme {{?|archaïque}} n’est pas abrégée.
{{6o}} {{?|grec archaïque}}. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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Verdy p
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c'est l'ordre correct des lettres telles que citées!
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L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float | file=Alphabets phénicien et grec cadméen.png | width=180px | align=left | cap={{t|Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|85}} | style=margin:0.5em 1.5em 0.25em 0}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar_ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|dir=rtl|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar_mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, Ͻ ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{?|phn}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplilication, en faisant {{?}} de {{lang|la|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, Ι.
{{4o}} {{?|grec archaïque}}. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grec archaïque}} ; même observation. La forme {{?|archaïque}} n’est pas abrégée.
{{6o}} {{?|grec archaïque}}. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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reprise des corrections du scan (qui n'avaient pas du tout à être annulées)
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{lang|grc|Ϻ}}<!--san--> ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
{|width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0" style="text-align:center"
|-
|width="20%"| {{lang|phn|𐤀}}
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| i
|}
Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}}<!--san--> ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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| [[File:I-grec-archaïque-variante2.svg|7px|I grec archaïque, variante]]
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| i
|}
Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" /><div style="width:60%;margin:auto">{{nr|ALP|— 196 —|ALP}}</div>{{En cours}}</noinclude><section begin="ALPHABETUM"/>gauche à droite, suivant la direction nouvelle que les Grecs finirent par adopter.
L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{lang|grc|Ϻ<!--san-->}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
{|width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0" style="text-align:center"
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|-
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| —
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| —
| [[File:I-grec-archaïque-variante2.svg|7px|I grec archaïque, variante]]
| —
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|}
Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''{{lang|grc|ϻ<!--san minuscule-->}}'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''[[File:Greek Mu 06.svg|13px|Lettre grecque Mu épigraphique]]'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
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{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
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Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''[[File:Greek Mu 06.svg|13px|Lettre grecque San épigraphique (en miroir)]]'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
{{6o}} '''{{?|grc}}'''. — C’est encore une abréviation de {{lang|phn|𐤑}} ; la moitié droite du caractère est tout à fait atrophiée.
{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐςήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χλέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
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Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
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L’alphabet grec primitif était composé de vingt-deux lettres, comme le phénicien. {{Img float |file = Alphabets phénicien et grec cadméen.png |width = 180px |align = left |cap = {{t |1 = Fig. 231. — Alphabets phénicien et grec cadméen.|2 = 75}} |style = margin:.25em .5em .25em 0;line-height:normal}} Les caractères en sont presque identiquement semblables à ceux dont usaient les fils de Chanaan. Mais la forme paléographique du phénicien dont ils dérivent est bien manifestement celle que, d’accord avec {{M.|Levy}} de Breslau et {{M.|le comte}} de Vogué, nous regardons comme la plus ancienne de toutes celles que fournissent les monuments épigraphiques de la Phénicie, celle que nous appelons par conséquent ''archaïque'' par opposition à la paléographie ''sidonienne''.
Les lettres {{lang|grc|α, γ, ε, υ, ς, η, κ, λ, ν, ο, π}}, [[File:Himjar ja.PNG|12px|Koppa archaïque minuscule]], {{lang|grc|ρ, τ}}, sont semblables aux {{lang|he|<bdi>א</bdi>, <bdi>ג</bdi>, <bdi>ה</bdi>, <bdi>ו</bdi>, <bdi>ז</bdi>, <bdi>ח</bdi>, <bdi>ט</bdi>, <bdi>ך</bdi>, <bdi>ל</bdi>, <bdi>ן</bdi>, <bdi>ע</bdi>, <bdi>ף</bdi>, <bdi>ק</bdi>, <bdi>ר</bdi>, <bdi>ת</bdi>}}, du phénicien, ou du moins tellement voisines que notre tableau suffit pour ce qui les concerne, sans que nous ayons besoin de donner d’autres explications.
En revanche nous devons dire quelques mots sur la manière dont se sont formées les figures des caractères {{lang|grc|β, δ, ι, μ, σ, ς}}, et {{lang|grc|σάν}}.
{{1o}} [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]]. — L’origine de cette figure est facile à reconnaître ; c’est le {{lang|phn|𐤁}}, dont la partie inférieure courbée s’est relevée de manière à former une seconde boucle. On a probablement imaginé cette déformation pour éviter toute confusion entre les lettres voisines comme figure [[File:3 lettres phéniciennes.jpg|45px|3 lettres phéniciennes qui se ressemblent]], qui devenaient facilement, dans les textes écrits avec rapidité et sans soin, [[File:3 lettres phéniciennes 2.jpg|50px|3 lettres phéniciennes déformées à l'écriture]], et dès lors pouvaient être prises l’une pour l’autre.
On eût pu enregistrer encore dans le tableau comparatif, à côté de [[File:Himjar mim.PNG|13px|Himjar mim]], un autre type du {{lang|grc|β}}, {{lang|grc|Ͻ}} ou {{lang|grc|Ϲ}}, qu’offrent quelques inscriptions archaïques des îles de l’Archipel et qui doit être un dérivé parallèle et aussi ancien du prototype chananéen, conçu dans un autre principe.
{{2o}} '''{{lang|grc|Δ}}'''. — C’est probablement pour éviter la même confusion que l’on a de très-bonne heure supprimé toute espèce de queue du [[File:Delta phénicien avec jambe coupée.jpg|10px|Delta phénicien avec jambe coupée]] lequel devenant {{lang|grc|Δ}} ne pouvait plus être pris pour le {{lang|grc|ρ}} resté {{lang|phn|𐤓}}.
{{3o}} '''{{lang|grc|Ζ}}'''. — Ici les Grecs ont procédé par voie de simplification, en faisant {{?|grc}} de {{lang|phn|𐤉}}. Le tracé de cette lettre s’abrégeant de plus en plus, nous verrons, dans les paragraphes suivants, que de {{?|grc}} elle a fini par devenir de bonne heure, dans certains pays, un simple trait vertical, {{lang|grc|Ι}}.
{{4o}} '''[[File:Greek Mu 06.svg|13px|Lettre grecque San épigraphique (en miroir)]]'''. — C’est encore par voie d’abréviation que ce caractère est sorti de {{lang|phn|𐤌}}, le dernier trait de gauche étant supprimé. Une inscription archaïque de Mélos contient la lettre complète, {{lang|phn|𐤌}}.
{{5o}} '''{{lang|grc|Σ}}'''. — Sorti de {{?|grc}} ; même observation. La forme {{?|phn}} n’est pas abrégée.
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{{7o}} '''{{Lang|grc|Μ}}'''. — C’est le {{lang|phn|𐤔}} phénicien retourné.
Ce qui distingue surtout du phénicien l’alphabet que nous appelons ''cadméen'', c’est premièrement le système adopté pour l’expression des sons vocaux, secondement le changement de direction de l’écriture.
Hérodote signale ces deux points comme les premières modifications introduites par les Ioniens ou Pélasges — les deux noms sont pour lui identiques — dans l’alphabet reçu des Phéniciens : « Les lettres furent d’abord communiquées aux Grecs telles que les Phéniciens en faisaient usage. Ensuite, au bout de quelque temps, on en modifia la valeur et la direction. » {{lang|grc|Οἱ Φοίνικες… ἐσήγαγον εἰς τοὺς Ἕλλνας… τὰ γράμματα… πρῶτον μὲν τοῖσι καὶ ἅπαντες χρέονται Φοίνικες· μετὰ δὲ, χρόνου προβαίνοντος, ἅμα τῇ φωνῇ μετέβαλον καὶ τὸν ῥυθμὸν τῶν γραμμάτων.}}<ref>{{lang|la|Herodot.}} {{rom-maj|V}}, 58.</ref>.
L’adoption de l’alphabet phénicien ou de ses dérivés primitifs par certains peuples, présenta un problème embarrassant pour l’expression des voyelles, revêtues dans les idiomes de ces peuples d’un caractère essentiel et radical, et, au contraire destituées de signes chez tous les Sémites. Les Grecs, les Ibères et les peuples germano-scandinaves, quand ils reçurent la communication de l’écriture phénicienne, les Tartares lorsque l’alphabet Syriaque leur fut apporté par les missionnaires nestoriens, se trouvèrent également en face de ce problème. Quatre fois renouvelé, il eut quatre fois la même solution, la seule, du reste, qui pût être adoptée. Les gutturales douces et les demi-voyelles sémitiques, auxquelles était assigné par occasion le rôle de quiescenles, furent détournées dans une certaine limite de leur valeur primitive et devinrent de véritables voyelles.
Chez les Grecs
{|width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0" style="text-align:center"
|-
|width="20%"| {{lang|phn|𐤀}}
|width="20%"| devenu
|width="20%"| [[File:A-grec-archaïque-variante.svg|13px|A grec archaïque, variante]]
|width="20%"| rendit le son
|width="20%"| a
|-
| {{lang|phn|𐤄}}
| —
| [[File:E-grec-archaïque-variante.svg|12px|E grec archaïque, variante]]
| —
| e
|-
| {{lang|phn|𐤅}}
| —
| [[File:Y-grec-archaïque-variantes.svg|21px|Y grec archaïque, variantes]]
| —
| y et ou
|-
| <small>{{lang|phn|𐤏}}</small>
| —
| {{lang|grc|𐤏}}
| —
| o
|-
| {{lang|phn|𐤉}}
| —
| [[File:I-grec-archaïque-variante2.svg|7px|I grec archaïque, variante]]
| —
| i
|}
Quant au {{lang|he|ח}} devenu {{lang|phn|𐤇}}, les inscriptions de Théra prouvent qu’il avait une double valeur, exactement comme le {{lang|he|ו}} dans les langues sémitiques, et qu’on l’employait alternativement suivant la position comme voyelle longue ou comme signe d’aspiration.
Dans les premiers monuments de l’alphabet cadméen, le sens de l’écriture devait être celui du phénicien, c’est-à-dire de droite à gauche. Cette disposition s’est conservée
<section end="ALPHABETUM"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>mêmes les miroirs parallèles, et à s’affranchir du tribut que presque tous les artistes de l’Europe payaient aux opticiens anglais, ils pourraient faire une diminution sensible sur le prix des instrumens à réflexion, et que par-là ils contribueraient à en répandre l’usage. Leurs efforts n’ont pas été infructueux.
Les miroirs remis aux commissaires étaient de <math>11</math> centimètres ou <math>4</math> pouces. Placés devant l’objectif de la lunette méridienne de l’Observatoire, ils n’altèrent pas le foyer d’une manière sensible. On les a soumis à une autre épreuve, en regardant avec une forte lunette l’image d’un objet éloigné réfléchie sur leur surface. Il restait à mesurer l’inclinaison mutuelle des faces opposées ; rarement on a pu trouver des déviations de <math>3''.</math> Un miroir anglais, acquis à Londres par {{M.|Cauchoix}}, placé dans les mêmes circonstances, a donné des écarts sensiblement plus grands.
Les miroirs de deux millimètres d’épaisseur paraissent avoir éprouvé, dans quelques points, des flexions qui altéraient la netteté des images ; il est à desirer que {{MM.|Richer}} choisissent dorénavant des verres plus épais. Il paraîtrait aussi très-convenable de travailler les verres dans des dimensions plus grandes que celles qu’ils doivent conserver. Avec. ces attentions, dont {{MM.|Richer}} ont reconnu l’utilité, leurs miroirs plans pourront soutenir la concurrence avec tout ce qui a été exécuté de plus parfait de ce genre tant en France que dans les pays étrangers.
« Les astronomes et les physiciens ont eu de fréquentes occasions d’apprécier le mérite de {{M.|Richer}} père. Ils connaissent l’ingénieux instrument que cet artiste a imaginé pour réduire en distances vraies les distances apparentes de la lune aux étoiles ; ses travaux pour perfectionner l’hygromètre à cheveu ; ses micromètres sur verre{{filet|3|0.2em}} dont la finesse et la pureté des divisions est telle que 500 ne remplissent pas un millimètre{{filet|4|0.2em}} Nous pensons que l’Académie n’apprendra pas sans intérêt que {{MM.|Richer}} fils ont profité des utiles leçons qu’ils ont dû<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>recevoir à une aussi bonne école, et qu’elle accordera son suffrage à leur zèle et aux succès qu’ils viennent d’obtenir. »
{{il}}
{{A|''Précis des travaux géographiques dont la Martinique a été l’objet, depuis l’organisation de la colonisation de cette île ; et Notice sur la Carte physique, minéralogique, statistique et militaire de la même île, par M.'' {{sc|Alexandre Moreau de Jonnès}}, ''correspondant de l’Académie.''}}
{{il}}
Dès l’an 1640, le missionnaire Dutertre visita l’île et dressa un croquis de ses côtes. L’exactitude en paraît étonnante quand on considère les obstacles qu’il a dû trouver dans les bois qui couvraient alors.la totalité de l’île et dans le voisinage des Caraïbes. En 1693, un autre missionnaire, le {{P.|Labat}}, envoyé à la Martinique, dressa, pour la joindre à son Voyage, qui ne parut qu’en 1722, une autre carte qui semblerait n’être qu’une copie de celle du {{P.|Dutertre}}, s’il n’avait rempli le périmètre de reliefs dessinés d’imagination. Le {{P.|Dutertre}} avait esquissé et nommé la montagne Pelée ; il avait figuré les deux pitons du Carbet, sans leur donner de nom ; le {{P.|Labat}} les nomma dans sa carte et les représenta comme deux hauts reliefs dentelés ; il indiqua le lac de la Montagne Pelée, et le premier il figura le morne de la Calebasse et le gros morne. Mais il exagéra beaucoup les dimensions de ce dernier.
Le {{P.|Laval}}, en 1720, fit une carte qui ne diffère pas essentiellement de la plus ancienne.
Le {{P.|Feuillée}}, en 1725, fit une carte plus inexacte qu’aucune des précédentes.
En 1741, La Condamine, en visitant le sommet du volcan éteint de la Montagne Pelée, gagna la fièvre jaune, à laquelle il n’échappa que par un rare bonheur. Le seul résultat de son<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>excursion fut une mesure approximative de la hauteur de la montagne.
En 1751, Chanvalon, qui avait été administrateur à la Martinique, donna à son tour une carte qui ne se distingue des précédentes, qu’en ce qu’elle est plus mal orientée. D’après l’opinion vulgaire, qui n’est peut-être elle-même qu’une tradition caraïbe, il désigna la montagne Pelée fomme un ancien volcan, et il a transformé en un peloton de monticules en pain de sucre le piton volcanique du Carbet, dont les pyramides de porphyre sont deux fois hautes comme le Vésuve et le mont Hécla.
La carte dressée, en 1758, par Bellin, ne diffère des précédentes que par la grandeur de l’échelle et par les profils de relief jetés au hasard, et par les groupes informes qu’il y a placés pour désigner la montagne Pelée, le piton Vauclin, et ceux du Carbet.
Celle de Th. Jefferys, géographe du roi d’Angleterre, a été dressée d’après de prétendues observations d’un M. Houel : on n’y remarque que l’esquisse de reliefs imaginaires. Cette carte eut deux autres éditions qui ne sont pas plus fidèles.
En 1772, MM. Verdun, Borda, et Pingré, déterminèrent la longitude et la latitude du Fort-Royal, et les positions des points extrêmes et des principaux saillans de l’île, dont la position et l’étendue ne furent plus douteuses ; il est à regretter que leurs observations aient été restreintes à l’hydrographie, et ne se soient pas étendues aux opérations géodésiques. Ils indiquèrent seulement la montagne Pelée, le Vauclin, et les pitons du Carbet, au nombre de trois. Dutertre et Labat n’en montrent que deux.
Enfin, en 1776, Moreau du Temple fut chargé de lever la carte physique et géodésique de la Martinique. Il mit dans ce travail immense autant de talent que de persévérance, et fit tout ce qu’il était possible de faire alors. Cette carte est le meilleur ouvrage de topographie qu’on ait sur l’archipel ; mais les<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>parties qu’il fut obligé de confier à ses collaborateurs sont très-loin du degré de perfection des parties qui sont entièrement de lui. Malheureusement aussi ce géographe, très-instruit d’ailleurs, n’avait aucune connaissance géologique. En 1794, à la prise de l’île, cette carte tomba entre les mains du général anglais, Charles Grey, qui l’envoya en Angleterre, pour qu’on en multipliât les copies ; elle périt dans l’incendie du vaisseau qui la transportait, et les soins qu’on avait pris pour sa conservation eurent un effet tout contraire. Le ministère anglais desirait une carte physique qui pût, dans tous les temps, servir à tracer les opérations militaires d’une invasion. Il en chargea un officier français nommé de Sanée, qui la commença en effet, mais il devint trop exigeant, et l’on eut recours à d’autres moyens.
Par suite du traité d’Amiens, la Martinique fut rendue à la France, des officiers de génie y furent envoyés, mais ils périrent presque tous de la fièvre jaune presque en arrivant. {{MM.|Allaire et Moreau de Jonnès}}, aides-de-camp du commandant en second de la colonie, furent chargés de lever une carte nouvelle. À peine les opérations étaient-elles commencées, que {{M.|Allaire}} fut atteint lui-même de la fièvre jaune, et périt au bout de cinq jours. {{M.|Moreau de Jonnès}} ne résista qu’avec peine aux effets de l’action du soleil des tropiques et aux exhalaisons délétères qui s’élèvent des marais fangeux et des forêts humides qu’il avait à traverser journellement. Le général qui vérifiait les opérations sur le terrain périt enfin lui-même, et {{M.|Moreau de Jonnès}} resta seul. Pendant huit annéeş il s’occupa de ce travail : ensuite ; devenu prisonnier de guerre, et retenu pendant six ans, il eut beaucoup de peine à sauver ses manuscrits.
Dès le commencement de ses opérations il put reconnaître que tout ce qu’on avait écrit sur cette île n’était fondé ni sur l’observation, ni sur la vérité. Il cite la description de Raynal pour la réfuter. Il affirme, contre le récit de cet auteur, que la<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>montagne Pelée est la plus accessible de tous les grands reliefs de l’île, qu’il n’y a aucune culture sur les pitons du Carbet, dont les versans ont de <math>70</math> et <math>80^\circ</math> de déclivité, et dont les pieds sont entourés de forêts de l’accès le plus difficile. Les sources dont parle Raynal sont des rivières qui ont plusieurs lieues de cours ; elles ne sortent pas de la montagne Pelée, mais descendent en bien plus grand nombre du Carbet. Nous passons sous silence d’autres erreurs réfutées par {{M.|de Jonnès}}, pour arriver aux résultats de ses propres observations.
« L’île a été formée de toutes pièces par les volcans, et, à l’exception de quelques substances de formation secondaire, toute la lithologie de la Martinique se compose de laves porphyritiques et cornéennes, de pierres-ponces et de basaltes homogènes. »
Par des nivellemens et des observations barométriques, l’auteur a déterminé les points culminans et les principaux centres d’éruptions volcaniques ; il a fait la reconnaissance détaillée de l’aire de chacun de ces anciens foyers ; il a trouvé les limites de leur circonscription et l’étendue de leur périmètre. Il a observé soigneusement le cours des eaux ; il cherche dans l’examen géologique des lieux, les circonstances de la formation des ports et du littoral, et les escarpemens des rivages ; et, remontant jusqu’aux pitons, il a escaladé les grandes pyramides de laves porphyritiques ; pour ses recherches, il fut obligé de dresser <math>225</math> levés, et plus de <math>80</math> profils, offrant la coupe orthographique de chaque système de volcans. Il a comparé des milliers de ''specimens'' lithologiques.
L’auteur a consigné dans un ouvrage ''inédit'' les détails de l’exploration géologique dont on vient de voir les principaux résultats. Un nouveau voyage, qu’il est sur le point d’entreprendre, lui permettra d’y faire plusieurs additions importantes. Il compte y réunir l’ensemble des hauteurs barométriques rec-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>tifiées, la géographie des plantes, la topographie médicale, et le tableau des phénomènes météorologiques, qui ont lieu dans les différentes couches de l’atmosphère correspondantes aux diverses régions des hautes montagnes de la Martinique.
{{il}}
{{A|''Précis d’un Traité analytique de Trigonométrie sphérique, par M.'' {{sc|Henri}}. Commissaires, ''MM''. Biot, Arago, et Delambre, ''rapporteur''.}}
{{il}}
« Cet ouvrage est la collection la plus complète que nous connaissions de formules applicables à tout triangle sphérique quelconque ; ces formules se déduisent les unes des autres par des procédés purement analytiques, en partant de quelques équations fondamentales, fournies par une construction géométrique{{filet|3|0.2em}} Ce Précis est un riche répertoire où l’on trouvera au besoin toutes les formules dont l’application et la combinaison doivent conduire à la solution de tous les problèmes qu’on peut se proposer dans la pratique de l’astronomie et de la géodésie. La marche de l’auteur est simple et uniforme{{filet|4|0.2em}} Son ouvrage prouve une grande connaissance et un long usage de l’analyse trigonométrique, et nous croyons qu’il est digne d’être approuvé par l’Académie. »
{{c|''Traduction de l’Almageste de Ptolémée, par M.'' {{sc|Halma}}.|m=2em}}
« Les deux traductions de l’Almageste, ce vaste dépôt de toutes les connaissances des anciens en astronomie, étaient presque illisibles ; on voit trop qu’elles n’ont pas été faites par des mathématiciens. Aujourd’hui, pour étudier Ptolémée, pour le consulter, pour y chercher tous les détails d’une observation ancienne qu’on aurait quelque intérêt de calculer de nouveau, on ne rencontrera plus que les difficultés inhérentes au sujet{{filet|3|0.2em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>On n’a rien négligé pour la facilité du lecteur ; le caractère est plus net, les lignes moins serrées ; on en a banni les abréviations et ces ligatures souvent plus longues, et toujours moins certaines que les syllabes qu’elles remplacent, et qui sont les inventions de copistes sans goût. Dans l’édition de Basle, le texte ainsi resserré, n’occupe que 320 pages ; dans l’édition nouvelle, il est étendu à près de 900 pages. De fréquens alinea reposent la vue, et facilitent les recherches. Pour sentir à cet égard tous les avantages de la nouvelle édition, il faut avoir fait un long usage de l’ancienne. Quand on considère tous les soins que le traducteur s’est donnés pour épurer le texte, par la comparaison de tant de manuscrits, d’une lecture extrêmement difficile, pour être toujours fidèle à son original, même quand il cherche à dissimuler l’embarras de ses longues explications ; quand on songe aux sacrifices de tout genre qu’il s’est imposés pour cette édition, on est forcé de convenir que {{M.|Halma}} a les droits les plus certains, non-seulement à l’estime des savans et aux récompenses dont ils pourraient disposer, mais à tous les encouragemens qui lui seraient nécessaires pour terminer son utile et laborieuse entreprise. »
On sait que {{M.|Halma}} a fait un travail semblable sur Théon, Géminus, et tous les astronomes anciens. ({{M.|Delambre}}, rapporteur.)
{{il}}
{{A|''Euclide grec, latin et français, de M.'' {{sc|Peyrard}}, ''tome II ; Commissaires,<br />MM.'' Laplace, Legendre, Prony, et Delambre, ''rapporteur''.}}
{{il}}
À l’occasion du premier volume, qui a paru il y a environ deux ans, nous avons suffisamment expliqué ce qui distingue cette édition des précédentes, et les ressources que l’éditeur a trouvées pour en épurer le texte. Rien n’est changé à cet égard,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>puisque le manuscrit, {{n°}}190, de la bibliothèque du Vatican, le plus correct et le plus important de tous, n’est pas encore sorti des mains de {{M.|Peyrard}}, et ne sera rendu qu’après la publication entière de l’ouvrage.
Le second volume contient les livres VIII et IX, qui traitent des nombres, et le dixième, où l’on trouve la doctrine des incommensurables démontrée à la manière des anciens., Ces livres sont généralement peu connus ; les éditeurs, pour la plupart, les ont supprimés. Le plus considérable de ces trois livres, c’est-à-dire le dixième, est sur-tout regardé comme superflu et comme très-difficile à entendre.
Il semble à {{M.|Peyrard}} que ces deux reproches sont mal fondés ; il trouve dans ce livre un grand nombre de propositions utiles aux géomètres, et une foule d’autres qui sont dignes de leur admiration. Cette assertion, quoique un peu exagérée, ne peut paraître surprenante de la part d’un éditeur, et, à quelques égards, elle peut se soutenir par des raisons plausibles. {{M.|Peyrard}} aurait pu l’étayer de plusieurs témoignages, et particulièrement de celui de Simon Stévin, mathématicien, célèbre en son temps, et qui avait fait une étude particulière de ce dixième livre. Mais, quoique ce savant professe à-peu-près la même opinion que le nouveau traducteur, sa manière de voir et de sentir est cependant beaucoup plus différente qu’elle ne paraît d’abord. Du temps de Stévin les avis étaient fort partagés, et voici ce que nous lisons dans son livre, dont nous rapporterons fidèlement les expressions.
« Après que nous avions veu et reveu le dixième livre d’Euclide, traitant des incommensurables grandeurs, aussi lu et relu plusieurs commentateurs sur le même, desquels aucuns le jugeaient pour la plus profonde et la plus incompréhensible de la mathématique ; les autres que ce sont propositions trop obscures et la ''croix des mathématiciens'' ; et qu’outre cela, je me per-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>suadais d’entendre cette matière par ses causes, et qu’elle n’a en soi telles difficultés comme l’on estime vulgairement, je me suis adonné d’en décrire ce traité{{filet|4|0.2em}} Mais veu que cette affaire est facile et sans difficulté aux experts en la nature des nombres radicaux{{filet|4|0.2em}} sans laquelle on se tourmente en vain en cette matière, il reste encore de dire quelle est la cause de l’obscurité dudit dixième livre. Il faut donc savoir que les inventeurs de ces propositions se proposaient nombres binomiaux, et par les qualités qu’ils y découvraient{{filet|4|0.2em}} ils ont décrit des lignes de semblables qualités{{filet|4|0.2em}} et en ont exposé diverses propositions{{filet|4|0.2em}} mais ils en ont détenu les nombres qui leur avaient la été guide assuré pour comprendre parfaitement la propriété d’icelles lignes, sans lesquels nombres ils ne pouvaient rien effectuer, et nous ont ainsi laissé ces lignes imparfaites{{filet|4|0.2em}} de sorte qu’il leur était beaucoup plus facile d’inventer et de descrire ces lignes, qu’à autres entendre leurs propositions{{filet|4|0.2em}} Par quoy les mathématiciens semblent aucunement avoir leurs raisons, confessant ne leur pouvoir animadvertir aucune utilité{{filet|4|0.2em}} veu que l’on n’y traite point absolument, mais le tout par manière d’obscurs énigmes, et cela à cause (comme nous avons dit) que les inséparables nombres ne leur sont pas adjoints. »
Stévin trouve donc facile et clair tout ce qu’on regarde communément comme obscur et inintelligible ; mais c’est en refondant toute la doctrine, en lui donnant d’autres bases, et en la ramenant à une douzaine de formules extrêmement simples, dont il cherche les racines quarrées, qui lui fournissent des solutions faciles de toutes les questions, en assez petit nombre, auxquelles cette théorie se trouve applicable.
Clavius, commentateur d’Euclide, un peu plus ancien que Stévin, se rapproche bien plus de l’opinion de {{M.|Peyrard}}. Il suit pas à pas la marche de son auteur, il n’ajoute que peu de<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>développemens, rejette expressément les expressions numériques, sans lesquelles Stévin prétend qu’on ne peut rien faire ; dans ses notes peu nombreuses, il témoigne plus d’une fois sa profonde admiration pour les démonstrations d’Euclide, et l’on ne peut pas dire qu’il ait tout-à-fait tort.
En effet supposez que le lecteur ait pu se loger dans la mémoire, et d’une manière imperturbable, une vingtaine de définitions longues et compliquées de termes nouveaux et presque tous fort étranges pour le moins, qu’il soit parvenu à ne se tromper jamais sur le sens exact et précis de toutes ces dénominations, alors toute difficulté disparaît, la marche des démonstrations paraîtra, simple et claire ; cette marche est en effet assez uniforme, presque toutes reposent sur la même construction, et cette construction est du genre le plus simple. Les premiers mots de chaque phrase en font le plus souvent deviner le reste, et l’on arrive à la conclusion définitive par une route qui ne paraît ni bien longue ni bien pénible ; mais on n’en verra guères mieux le but où l’on tend, ni les applications dont les 117 propositions du livre sont susceptibles. Euclide et Clavius n’en disent pas un seul mot ; et d’ailleurs l’effort de mémoire que cette lecture exige nous paraît au moins fort difficile, s’il n’est absolument impossible.
La marche de Stévin est incontestablement plus lumineuse ; il commence par réduire en formules douze des définitions d’Euclide ; ces douze formules sont binomiales, et renferment toutes un radical et quelquefois deux. On peut les réduire à six en donnant au plus petit terme le double signe <math>\pm.</math> On peut les réduire en une seule en mettant des lettres au lieu des nombres, soit entiers, soit fractionnaires, soit rationnels, soit radicaux, employés par Stévin. Ces nombres, au reste, sont les plus simples qu’on puisse désirer ; ces nombres sont <math>2,\,3,</math> et les racines quarrées de <math>2,\,3,\,5,\,7,</math> et <math>10.</math> Il reste pour la solution des pro-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>blêmes à prendre la racine quarrée des douze expressions ; et, dans tous les cas, la solution se réduit en dernière analyse à résoudre ou construire des équations du second degré.
Par ce moyen bien simple, les propositions les plus abstraites et les plus longues se réduisent à de simples énoncés évidens par eux-mêmes, les démonstrations s’abrégent ou deviennent inutiles ; on peut supprimer le plus grand nombre de ces propositions, qui ne servent qu’à démontrer le petit nombre de théorêmes vraiment utiles.
Avant Stévin, un autre commentateur d’Euclide, au témoignage de Clavius, avait démontré numériquement toutes les propositions d’Euclide. Ce commentateur se nommait Michel Stifelius ; il jouissait de quelque réputation, et la perdit pour avoir annoncé la fin du monde pour l’année 1559 ; il ne mourut que huit ans après l’époque qu’il prétendait devoir être si fatale. Au reste, Clavius paraît fort satisfait de ses démonstrations, puisqu’il les donne comme un des motifs qu’il allègue pour réprouver la substitution des signes algébriques aux signes des anciens. Son second motif, c’est que l’algèbre était encore une science peu répandue, qui, par son obscurité naturelle, ajouterait de nouvelles difficultés à celles du sujet. Aujourd’hui que l’algèbre est simplifiée et généralement connue, qu’elle a été appliquée à la géométrie avec le plus grand succès, les raisons de Clavius, qui pouvaient être fort bonnes pour son temps, ne lui paraîtraient plus aussi fortes, et sans doute il n’oserait les reproduire. Quoi qu’il en soit, ce serait une chose assez curieuse que le rapprochement des méthodes de Stifelius, de Stévin, et de l’algèbre moderne, et la comparaison qu’on en ferait avec les procédés d’Euclide ; si ce parallèle n’ajoutait rien aux connaissances actuelles, il serait du moins fort intéressant pour l’histoire de la science et celle des progrès de l’esprit humain.
Stévin a commencé ce travail, il en a tracé le plan ; il range<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>en trois classes les 118 propositions qui, suivant l’édition de Zamberti, composent le dixième livre.
Dans la première, sont rangées trente propositions qui servent uniquement de préparation aux douze formules par lesquelles il a représenté les définitions d’Euclide ; de cette manière, il nous dit ''qu’elles sont manifestes, et la plupart d’icelles consistent en communes sentences'', dont l’énoncé porte avec lui sa démonstration.
À côté de chacune de ses formules, il place les termes dont Euclide s’est servi pour l’exprimer, et ce rapprochement soulage au moins la mémoire.
Dans la seconde, il réunit les problêmes qui servent aux constructions des douze binomes et à celles de leurs racines.
La troisième, enfin, comprend 71 propositions qui expriment les propriétés des douze formules, suivant les combinaisons qu’elles offrent entre les nombres rationnels et les radicaux.
Il ne fait qu’indiquer cet ordre, et il s’excuse d’entrer dans de plus longs détails, par la raison que dans son arithmétique il a donné des solutions plus faciles encore et plus générales.
Ce travail, simplement indiqué par Stévin, a été exécuté d’une manière un peu différente par un anonyme, dont l’ouvrage a paru à Paris en 1640, sous ce titre :
{{il}}
{{A|''Traité des grandeurs incommensurables, où sont décidées plusieurs belles questions des nombres rationaux et irrationaux ; les erreurs de Stévin réfutées, et le dixième livre d’Euclide illustré de nouvelles démonstrations plus faciles et plus succinctes que les ordinaires, et réduit à'' 62 ''propositions.''}}
{{il}}
Cette annonce a piqué notre curiosité, car nous avouerons que, sans refaire les calculs de Stévin, et sans les étendre aux
118 propositions d’Euclide, nous avions pensé qu’il avait parfaitement raison. Nous avons donc scrupuleusement examiné<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>toutes les critiques de l’anonyme, et nous avons vu avec plaisir qu’elles ne portent que sur la partie métaphysique du traité de Stévin, métaphysique que nous n’avons aucune envie de défendre, et sur laquelle on pourrait sans inconvénient donner gain de cause à l’anonyme. Il pourrait bien s’être trompé pourtant quand il a soutenu, contre l’idée de Stévin, que les géomètres grecs n’avaient été nullement guidés dans leurs recherches par la considération des nombres et des radicaux, et qu’ainsi on ne peut leur reprocher d’avoir supprimé ces nombres, dont réellement ils n’auraient fait aucun usage ; mais quoique nous soyons bien tentés de donner la préférence à l’opinion de Stévin sur celle de l’anonyme, comme nous n’avons pas plus que lui de raisons positives à produire à l’appui de notre conjecture, nous ne nous arrêterons pas à discuter cette question<ref>Nous disons qu’il nous serait difficile de donner des raisons positives pour prouver que les Gre ont formé leurs lignes d’après les considération des nombres ; mais nous avons au moins de fortes probabilités. Les lignes se divisent en deux ordres ; elles sont, ou ne sont pas, entre elles ''comme nombre à nombre'', Euclide n’en considère pas d’autres. Quoi de plus naturel, en ce cas, que d’exprimer les unes par des nombres, et les autres par des radicaux. Mais le signe radical manquait à la géométrie des Grecs. Cette notation eût tout simplifié. Nous pourrions encore argumenter des expressions d’Euclide ; il appelle {{lang|grc|ῥητἠ}} ''dicible, exprimable'' la ligne que les traducteurs désignent moins exactement par le mot ''rationnelle'' ; il appelle {{lang|grc|ῥητόν}} un rectangle qui peut s’exprimer par des nombres ; n’est-il pas évident qu’en définissant ses lignes, par-tout il songeait aux nombres. Mais pour donner des théorêmes plus généraux il a exprimé ses nombres par des lignes. Que ne les exprimait-il par des lettres ? Cette idée aurait pu le conduire à la découverte de l’algèbre. Mais les lettres grecques servaient déjà à l’arithmétique, il aurait fallu inventer d’autres caractères pour l’algèbre et c’est peut-être ce qui a empêché les Grecs de faire cette importante découverte.</p>
<p>L’anonyme avoue lui-même que la vérité des théorêmes qui se rapportent aux congruentes se reconnaît bien plus facilement en nombres qu’en lignes, et il donne de ces congruentes une idée beaucoup plus nette que celle qu’on peut recueillir des expressions d’Euclide, qui emploie ce terme sans le définir.</ref>.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>Nous dirons seulement que le parti pris par l’anonyme, de refondre en entier le livre d’Euclide, d’intervertir l’ordre des propositions, d’en changer souvent l’énoncé qu’il trouve obscur, faux, ou du moins équivoque ; enfin de ne conserver aucune des démonstrations de l’auteur grec, que ce parti extrême nous paraît la critique la plus sévère qu’on ait jamais faite de l’ouvrage. Nous ajouterons encore que le soin mis par l’anonyme à éclaircir toutes ses démonstrations par des exemples numériques, après avoir soutenu contre Stévin l’inutilité des nombres, pourrait être regardé comme une espèce de contradiction, ou du moins comme une concession assez importante qu’il fait à son adversaire. Nous ne dirons rien de l’amertume ni du ton de supériorité et de mépris avec lequel il traite un mathématicien qui a laissé un nom, et dont Lagrange a parlé d’une manière fort honorable. Au reste, l’anonyme ne fait aucun usage de l’algèbre, mais son ouvrage fait sentir à chaque pas l’avantage qu’aurait la notation algébrique sur les constructions qu’il emploie, et même sur les nombres qu’il donne pour exemples ; car s’il a pu réduire à 62 les 118 propositions d’Euclide, l’algèbre pourrait bien réduire les siennes à une douzaine, ce qui serait encore beaucoup si l’on voulait ne conserver que ce qui serait indispensable.
Mais laissons cet examen tout-à-fait étranger à la nouvelle traduction, dont nous avons à rendre compte, revenons au travail de {{M.|Peyrard}}, qui n’a pris aucun parti dans cette dispute. Il n’a promis qu’un texte pur et une double traduction ; et pour rendre plus sensible l’ordre qui règne dans ce livre et l’enchaînement des parties qui le composent, il se borne, dans sa préface, à rassembler en un tableau l’énoncé des 117 propositions et les définitions qui sont de trois ordres, dont chacun suppose la connaissance de l’ordre précédent. Les premières sont fort simples et universellement connues. Les secondes arrivent après<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>la 48{{e}} proposition. On y voit des lignes de ''deux noms'' de six espèces différentes, ce sont les six premiers binomes de Stévin. Les deux termes y sent positifs. Dans le troisième ordre, qui vient après la 85{{e}} proposition, le second terme est négatif, la ligne alors s’appelle ''apotome'', nom que l’anonyme change en celui de ''résidu''. Il y en a de même de six espèces, qui sont les six derniers binomes de Stévin. On y voit des lignes ''congruentes'' et non ''congruentes'', et d’autres noms plus bizarres, sur quoi nous ferons une observation grammaticale.
La ''congruente'' se nomme en grec {{lang|grc|προσαρμόζουσα}}, {{lang|la|quæ convenit, quæ congruit}}, ligne ''qui convient à une autre ligne, et qui, en s’y ajoutant, remplit certaines conditions''. Quand le verbe est à la troisième personne, le traducteur met indifféremment en latin ''convenit'' ou ''congruit'', en français il met toujours ''convient'' et jamais ''congrue'', qui pourrait faire équivoque. Quand il est au participe il met toujours ''congruente'', en sorte que la même idée est exprimée successivement par deux mots différens, sans que rien avertisse qu’ils sont synonymes ; il en résulte une espèce d’obscurité qui n’existe pas dans le grec, et qui cesse dès qu’on a recours à l’original. Une note à ce sujet ne serait pas superflue pour nombre de lecteurs. L’anonyme, en ce cas, nomme toujours cette ligne ''convenante''.
C’est dans le dixième livre sur-tout qu’on rencontre les variantes en grand nombre. Une foule de superfluités s’y étaient introduites, l’éditeur les en a fait disparaître ; il aurait pu étendre plus loin la réforme, et nous sommes en ce point entièrement de son avis ; mais comme cette manière de voir ne serait peut-être pas celle de tout le monde, il a donné comme variante tout ce qu’il a éliminé du texte. Parmi les lemmes et les scholies rejetés à la fin du volume, il en est plusieurs qu’il est impossible d’attribuer à Euclide, qui s’y trouve nommé à la troisième personne. Nous avons fait nous-mêmes une remarque semblable<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>sur l’optique du même auteur, qui, dans l’état où elle se trouve aujourd’hui dans l’édition d’Oxford, ne peut passer tout au plus que pour un extrait de l’ouvrage d’Euclide, fait par quelque mathématicien malhabile, qui y a fait entrer des théorêmes faux et des démonstrations fausses de théorêmes vrais.
{{M.|Peyrard}} termine sa préface par des réflexions nouvelles sur quelques propositions du premier volume, qui étaient altérées dans les éditions précédentes, et qu’il a rétablies dans leur pureté primitive, à l’aide des manuscrits.
Une des principales richesses de la nouvelle édition est cette foule de variantes recueillies avec soin en douze manuscrits différens. Le second volume en offre à lui seul quatre-vingt-seize pages. Toutes ne peuvent être de la même valeur ; quelques-unes paraissent assez indifférentes. D’autres sont des fautes qu’ou a bannies du texte ; d’autres l’allongeraient inutilement et le rendraient plus obscur. Il en est dont l’adoption a été indispensable, sans quoi le lecteur se serait vu arrêté, et n’aurait pu suivre une démonstration qui par elle-même présente encore assez d’obscurité.
Une autre richesse est le texte en trois langues qui donne au lecteur une triple sûreté ; car il serait bien difficile qu’une même faute se trouvât dans toutes ; et si malgré les soins, soit de l’éditeur, soit des personnes qui ont bien voulu le seconder dans le travail fastidieux de la révision des épreuves, quelque erreur avait échappé à tant de regards attentifs, il suffirait de confronter les textes. Une connaissance parfaite du grec n’est pas même nécessaire. Ce qui importe sur-tout, c’est d’avoir correctement les lignes et les lettres qui entrent dans la démonstration ; et les caractères qui les désignent étant les mêmes dans le texte et dans les deux traductions, un coup-d’oeil suffirait pour reconnaître l’erreur.
Nous avons d’un bout à l’autre comparé le français à l’ori-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude>ginal grec, et par-fois à la traduction latine, sans rien remarquer qui puisse être l’objet d’une critique fondée. On peut donc se borner à la traduction française, qui, n’admettant aucune de ces inversions qui étaient dans le génie des langues grecque et latine, est par-là même plus favorable à la clarté des démonstrations qu’on y voit se développer dans l’ordre le plus naturel.
Quoique le style d’Euclide, qui écrivait dans le dialecte commun, soit plus simple et moins rempli de grands mots que celui d’Archimède qui suivait le dialecte dorique, nous ne balancerons pas à dire de la nouvelle traduction ce que nous avons dit de celle d’Archimède : la lecture en français en sera toujours plus facile que dans l’original, auquel on n’aura jamais besoin de recourir que dans le cas où une proposition n’étant pas facile à comprendre, on voudrait s’assurer qu’en effet elle a été fidèlement rendue. Or nous croyons que dans tous les cas on peut avoir toute confiance au traducteur.
On ne s’attend pas que nous entrions dans aucun détail sur les changemens que {{M.|Peyrard}} a faits aux textes d’Oxford et de Bâle. Une semblable discussion serait ici bien inutile. Nous pensons que le second volume mérite de paraître avec l’approbation de l’Académie, comme le premier ; qu’il doit faire desirer la publication du troisième qui aura lieu dans quelques mois ; {{corr|et et|et}} nous exprimerons le vœu que ce travail si long et si peu attrayant puisse valoir à son auteur les encouragemens qui le mettraient en état de livrer bientôt à l’impression son Apollonius dont nous avons eu entre les mains la traduction complète, suivie de variantes recueillies de même en divers manuscrits. Nous remarquerons enfin qu’on doit lui savoir d’autant plus de gré de son Euclide, que sans lui l’édition n’aurait jamais été entreprise, au moins en France, où il n’eût été possible de la donner ni plutôt ni plus tard.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude><nowiki />
{{c|{{sc|COMÈTE de}} 1815.|mt=2em|mb=1em|fs=120%}}
La comète découverte, le 5 mars 1815, par {{M.|Olbers}}, est devenue bien intéressante pour les astronomes, depuis qu’on est parvenu à déterminer, avec une grande probabilité, le temps de sa révolution périodique, et l’époque à laquelle il est permis de croire qu’elle pourra reparaître.
{{MM.|de Lindenau}}, Nicolaï et Bessel, sont les premiers qui en aient calculé l’orbite elliptique, et qui nous aient appris que la comète doit revenir dans soixante-treize ans.
{{M.|Bessel}}, dans l’intention d’ajouter à la probabilité de ce résultat singulier, a publié récemment un Mémoire auquel l’Académie des Sciences vient d’adjuger la médaille fondée par Lalande ; il y a rassemblé 187 observations faites en différentes parties de l’Allemagne et de l’Italie. De cette nombreuse série, qui commence au 6 mars et finit au 25 août, il a déduit de nouveaux élémens elliptiques, que l’on doit croire fort approchans de la vérité.
Les astronomes de Paris, instruits beaucoup plus tard de l’apparition du nouvel astre, contrariés d’ailleurs par les mauvais temps, et distraits par les événemens qui ont signalé cette époque, n’ont pu réunir que 29 observations, du 29 mars au 29 juin.
C’est avec ce nombre médiocre d’observations que {{M.|Nicollet}} a tenté de calculer à son tour les élémens elliptiques de la comète. Sans se prévaloir en rien de ce qu’avaient déja trouvé les astronomes distingués que nous avons nommés ci-dessus, et sur un intervalle de temps moindre de 80 jours, par des observations toutes différentes, il est parvenu aux élémens qui suivent, et qui diffèrent très-peu de ceux qu’a trouvés {{M.|Bessel}}.
Passage au périhélie, 1815, avril, <math>26.54857</math> temps moyen compté de minuit, à Paris.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Fabrice Dury" /></noinclude><nowiki />
{{g|
{{pds|Longitude du périhélie sur l’orbite| <math>149^\circ.2'.58''</math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Inclinaison de l’orbite| <math>44.30.45</math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Longitude du nœud ascendant| <math>83.26.50</math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Excentricité| <math>0.9305435</math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Distance périhélie| <math>1.213090\ \ </math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Demi-grand axe| <math>17.46550\quad</math>|l=80%|ld=25%}}
{{pds|Révolution sidérale, ans| <math>72.99110\quad</math>|l=80%|ld=25%}}
|2}}
{{espaces|4}}Mouvement direct.
Ainsi, la révolution est de trois ans environ moindre que celle de la célèbre comète qui est revenue en 1759, suivant la prédiction de Halley ; son demi-grand axe est un peu moindre ; il s’en faut à-peu-près d’un diamètre de l’orbite de la terre que ce demi-grand axe égale celui de la planète Uranus, qui ne fait sa révolution qu’en 84 ans. Mais la comète, dans sa plus grande distance au soleil, en est éloignée d’une quantité presque double, c’est-à-dire de <math>35</math> fois environ la distance moyenne de la terre au soleil. Halley mourut à 86 ans, 17 ans avant le retour de sa comète. Les astronomes qui ont calculé l’orbite nouvelle, n’ont guères plus de chances pour voir l’accomplissement de leur prédiction.
{{il|3}}
{{séparateur personnalisé|w|40|w|40}}
{{il|9}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Kilom691" />{{nr||117}}</noinclude>
{{C|II}}
{{Poem|
Qu’ont-ils fait de nos champs, qu’ont-ils fait de nos terres,
Ces enfants vagabonds des rives étrangères ?
Sur nos grèves jetés par le vent des malheurs,
Avec bonté notre île accueillit leurs douleurs,
Les adopta pour fils, et bonne et tendre mère,
De tendresse et d’amour allaita leur misère.
Abritant leurs fronts nus, de son ciel vaste et pur
Elle étendit sur eux la coupole d’azur ;
Sous leurs pieds, écartant les épines jalouses,
Elle ouvrit le velours de ses molles pelouses ;
Fit chanter, pour bannir leurs souvenirs amers,
Les oiseaux de ses bois et les flots de ses mers,
Et, pour charmer leurs cœurs par de tendres paroles,
Leur donna l’amour pur des naïves créoles.
Mais tes fils adoptifs ont trahi tes bontés !
Ils ont porté la mort dans tes champs dévastés.
Le vil amour de l’or étouffant dans leurs âmes
Des nobles sentiments les généreuses flammes,
|ss}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Kilom691" />{{nr||211}}</noinclude><nowiki />
{{Poem|
Nous verrons la cascade, à la bouche écumante,
Épancher dans les airs une eau blanche et fumante ;
Sous d’antiques palmiers nous irons nous asseoir :
Ils verseront sur nous l’ombre de leurs feuillages,
Où les sylphes des bois et les oiseaux sauvages
::Dorment bercés des vents du soir.
Sur les flancs du Salaze élevons nos chaumières
La nature pour nous de sublimes mystères
Peuplera les rochers, les torrents et les bois :
Et ce vaste piton que l’ouragan assiège,
Au ciel portant sa tête et ses siècles de neige,
::Abritera nos humbles toits.
L’illusion, l'espoir, l'amour, la poésie,
Feront de notre cour leur retraite choisie.
Dans les splendeurs du jour, dans le calme des nuits,
Avec le vent qui pleure, avec l'onde qui coule,
Avec l’oiseau plaintif qui gémit et roucoule,
::À Dieu nous dirons nos ennuis.
|ss}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Kilom691" />{{nr||261}}</noinclude>{{Poem|
Que toujours de ton cœur le désir s’accomplisse,
Et qu’il soit de tes vœux le paternel complice !
À ta couche rêveuse épargnant les ennuis,
Qu’un songe aux ailes d’ange embellisse tes nuits ;
Et marchant avec toi de la vie à la tombe,
Qu’une amante aux yeux bleus, sainte et chaste colombe,
Parfumant tes sentiers des plus molles senteurs,
Effeuille sur tes pas son amour et ses fleurs !
Mais si jamais ton ciel, se voilant d’un nuage,
Faisait gronder sur toi la tempête et l’orage ;
Si jamais l’aquilon, troublant la paix des airs,
À ton flot calme et pur mêlait des flots amers ;
Songe alors à l’ami qui te pleure et qui t’aime,
Et répète avec lui ces doux mots que toi-même
Tu murmuras jadis à mon cœur désolé,
Que j’ai redits souvent et qui m’ont consolé :
}}
{{C|XIV.}}
{{Poem|
« La douleur, par le ciel à la terre infligée,
» Jeune encore, il est vrai, t’a frappé sans pitié ;
» Mais pourquoi gémir seule, ô pauvre âme affligée ?
» Viens épancher la peine au sein de l’amitié !
|ss}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Lacaussade - Les Salaziennes, 1839.pdf/279
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Kilom691
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15779424
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="FreeCorp" />{{nr||277}}</noinclude>{{PetitTitre|NOTES.}}
{{-}}
{{C|SUR LA CINQUIÈME SALAZIENNE.}}
Le Piton d’Anchaine.
Le nègre Anchaine a laissé son nom à cette montagne, sur le sommet de laquelle il a passé, dit-on, une vingtaine d’années. A cette époque, l’intérieur de l’île était à peine connu. Les montagnes et les forêts de cette partie de Bourbon étaient pour les noirs fugitifs un abri sùr et presque inaccessible aux poursuites des plus intrépides chasseurs-aux-marrons.
{{-}}
{{Poem|
Je crois préter l’oreille, etc.
but thy soft murmuring
Sounds sweet as if a sister’s voice reproved
That I with stern delights should c’er have been so moved.
(BYRON).
}}
{{-}}
Le Jam-rosa (EUGENIA L.) porte un fruit sphérique dont la pulpe a la couleur, le goût et le parfum de la rose.
{{-}}
Au fond de ces ravins, etc.
M. G… à l’époque du défrichement des terres de Salazie<noinclude>
<references/></noinclude>
03tv7gr46kvctmq2fnwul0oc2cwzqks
Auteur:Joseph Story
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Favete linguistis
129184
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wikitext
text/x-wiki
{{Auteur
|contenu=
== Œuvres ==
* Commentaire sur la constitution fédérale des États-Unis, précédé d'un aperçu sur l'histoire des colonies et des états avant l'adoption de la constitution, 1843
* [[Chronique de la quinzaine - 14 octobre 1843]]
}}
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Livre:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu
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|Titre=[[Mémoires secrets de Bachaumont|Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la république des lettres en France.]]
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Wikisource:Forum des nouveaux
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text/x-wiki
{{Wikisource:Forum des nouveaux/En-tête}}
== erreurs de typographie ==
Bonjour,<br>
j'ai lu dans le guide lexicographique qu'il fallait respecter le texte d'origine mais qu'on pouvait faire des corrections pour des erreurs évidentes. Sur cette page par exemple https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Les_%C5%93uvres_diverses_de_Mr_de_Cyrano_Bergerac_-_1654.pdf/8, que j'ai corrigée en respectant scrupuleusement l'originale, elle est difficilement lisible car les u sont des v et inversement (DVC au lieu de DUC, Liure au lieu de Livre), les j sont des i (ARPAION au lieu de ARPAJON), les s sont des ſ.<br>
* Il est évident que le mot DVC n'a jamais existé (imprononçable d'ailleurs) en langue française quelle que soit l'époque, idem pour Liure ou pour le duc d'arpaion (quand il allait dans des soirées et qu'il était annoncé à son arrivée par un valet, j'imagine bien que ce dernier disait "le duc d'Arpajon"). J'ai donc très envie de corriger ces "coquilles".<br>
* Par contre le ſ à la place du s est je crois très répandu pour ne pas dire normal pour l'époque (1654) car eſ est l'ancienne écriture pour l'accent circonflexe ê (par exemple meſme au lieu de même aujourd'hui), donc je pensais les laisser (même pour le mot ieuneſſe, qui pourrait être réécrit en jeuneſſe en gardant les 2 ſſ car cela reste lisible). Ma seule question à propos de ce caractère est : est-ce que ce ſ est le bon caractère à utiliser (proposé par l'OCR de Tesseact quand l'OCR de Google propose la lettre f). Y a t-il un 3e caractère mieux adapté ?<br>
Votre avis sur ces 2 points ? [[Utilisateur:Yunan973|Yunan973]] ([[Discussion utilisateur:Yunan973|d]]) 2 avril 2025 à 15:16 (UTC)
:Salut, peut-être que c'est un début de réponse, mais j'ai trouvé cette astuce dans préférences > Gadgets > Convertir les caractères anciens (ex. ſ en s) [[Utilisateur:Krakena|Krakena]] ([[Discussion utilisateur:Krakena|d]]) 3 avril 2025 à 12:20 (UTC)
::Ah, oui, cool. J'ai trouvé d'autres gadgets intéressants, j'avoue n'y avoir jamais prêté attention. Merci à toi. [[Utilisateur:Yunan973|Yunan973]] ([[Discussion utilisateur:Yunan973|d]]) 4 avril 2025 à 12:36 (UTC)
:Bonjour,
:Attention, ce que vous signalez n'est pas une erreur de l'imprimeur ou de l'auteur, mais une graphie ancienne.
:Jusqu'au XVIe siècle, on avait l'habitude d'employer une seule lettre, ''u'' en minuscules et ''V'' en majuscules, pour la voyelle [y] ("u") et la consonne [v] ("v"). C'est au XVIe qu'on a commencé à spécialiser ''u'' pour la voyelle, en créant une forme ''U'', et ''V/v'' pour la consonne. Cette transformation a mis du temps à s'imposer, si bien qu'on trouve des livres du XVIIe et même du XVIIIe siècle avec l'ancienne graphie.
:De même une seule lettre ''I'' servait à noter [i] et [j], la lettre ''J'' est une invention du XVIe siècle.
:Si vous voulez en savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lettres_ramistes
:Si le fac-similé sur lequel vous travaillez date de 1654, je vous déconseille donc de corriger ces "erreurs", car ce n'en est pas : c'est une pratique de l'époque, comme les ſ longs. En général, si vous débutez sur Wikisource, peut-être faut-il commencer plutôt par des textes avec peu de différences orthographiques par rapport à l'usage actuel : par exemple des éditions du XIXe ou du XXe siècle.
:Bonne lecture ! [[Utilisateur:TlinaR|TlinaR]] ([[Discussion utilisateur:TlinaR|d]]) 6 avril 2025 à 16:17 (UTC)
::Ok, merci pour le lien.
::Question subsidiaire : le livre La mort d'Agrippine (édition 1654) a été validé par 2 contributeurs : si vous regardez cette page https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Savinien_Cyrano_de_Bergerac_-_La_mort_d%27Agrippine_-_1654.djvu/3 :
::* le j a été utilisé par l'éditeur ("j'ay cru vous devoir" à la 3ème ligne du texte original) : donc le j existait et les i qu'on trouve dans la page (que j’appellerai P) de ma question initiale (même éditeur, même année : la mort d'agrippine a été publié quelques semaines avant le livre de la page P) donc les i de la page P semblent être des erreurs typographiques
::* les V ont été modifiés et validés en U (sous-titre "AV LECTEVR" devenu "AU LECTEUR"), les u en v ("vous deuoir" devenu "vous devoir').
::Dans la version complète de la mort d'Agrippine https://fr.wikisource.org/wiki/La_mort_d%E2%80%99Agrippine, livre validé par 2 contributeurs, les ſ de cette page, qui avaient été laissés tels quel, ont tous été remplacés par des s ("impreſſion" dans le texte original ligne 2 et dans la version page validée, est devenu "impression" dans le livre validé).
::Il semble donc que la "modernisation" du texte soit possible (en particulier pour le ſ puisque wikisource propose un gadget pour automatiser leurs remplacements).
::Cordialement. [[Utilisateur:Yunan973|Yunan973]] ([[Discussion utilisateur:Yunan973|d]]) 7 avril 2025 à 12:24 (UTC)
:::En effet l'usage du J et du V s'est imposé de manière non uniforme, et en général, si vous fouillez les éditions anciennes, vous verrez que beaucoup d'entre elles varient allègrement les graphies pour un même mot (dans un même livre de 1798 j'ai rencontré ''écrire'', ''ecrire'' et ''êcrire''). L'orthographe et l'unification des orthographes au sein d'un même livre sont des principes inégalement appliqués au moins jusqu'au XIXe siècle... Suivre l'évolution des usages des imprimeurs est aussi intéressant, cela permet d'accéder à une autre histoire du livre, celle des typographes, de leurs règles, de leurs usages. C'est pourquoi je vous invite à garder la main légère lors de vos corrections.
:::S'agissant de Cyrano, je vous invite à laisser un message en page de discussion sur le livre pour demander au reste des contributeurs si la modernisation au sein des pages est souhaitable, et peut-être pour définir un parti pour l'ensemble du livre avec les autres contributeurs.
:::Par ailleurs il existe des manières (que je n'ai pas utilisées donc que je ne connais pas) de moderniser automatiquement le texte tout en gardant l'orthographe dans la saisie du fac-similé. Peut-être ne faut-il pas corriger les pages elles-mêmes mais générer une version modernisée, comme cela a dû être fait pour ''La Mort d'Agrippine''. [[Utilisateur:TlinaR|TlinaR]] ([[Discussion utilisateur:TlinaR|d]]) 7 avril 2025 à 13:34 (UTC)
::::Bonjour @[[Utilisateur:Yunan973|Yunan973]] ! Le « s long » (ſ) n’est pas l’ancienne façon d’écrire le circonflexe. Ce dernier ne remplace un « s » que dans 50% des cas. Et le « s » remplace même souvent le « ſ » avant soit de disparaître, soit d’être marqué par un circonflexe, soit d’être conservé car il y a bien une période où tous les « s » sont écrit « ſ » sauf en fin de mot. [[Utilisateur:Lyokoï|Lyokoï]] ([[Discussion utilisateur:Lyokoï|d]]) 12 juin 2025 à 08:44 (UTC)
== Questions de mise en page ==
Bonjour,
J'ai commencé à travailler sur les contes d'Andersen (en prenant exemple sur [[Le Sarrasin]]) et j'ai plusieurs questions :
# [[Page:Andersen - Les Souliers rouges, et autres contes, 1880.djvu/185| Sur la première page du conte]] j'ai utilisé {{modèle|T3}} et {{modèle|T2}} pour rendre le titre en deux tailles différentes. Est-ce la bonne technique ?
# Que faut-il faire de l'illustration et de sa légende ? Il y en une sur la première page et sur certaines des pages suivantes.
# Pour les pages suivantes, faut-il transférer le haut de la page du livre (titre et numéro de page) vers l'en-tête de la "Page:" créée ?
# Dans [[Page:Andersen_-_Les_Souliers_rouges,_et_autres_contes,_1880.djvu/196|une page]], il y a manifestement une erreur de typo dans l'impression originale (1er mot de la 2e ligne du 3e paragraphe : le '''a''' est imprimé tête en bas). Est-ce qu'il faut signaler cette erreur ? Comment ?
Merci. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 14 mai 2025 à 19:20 (UTC).
:Bonjour,
:1. Non, ce n'est pas la bonne technique. Les deux modèles renvoient à des niveaux de titre différents. Ici, il faut faire varier la taille en utilisant un modèle, mais rester à l'intérieur du même modèle (t2, puisque c'est le premier niveau de titre) ; j'ai rectifié.
:2. Les illustrations, si on choisit de les intégrer, doivent être déposées sur Commons. Les légendes sont à transcrire si on intègre les illustrations, et uniquement dans ce cas. Il est possible de se faire aider pour l'opération, qui peut être réalisée plus tard, de toute façon.
:3. Les en-têtes de page peuvent être transcrits dans la zone d'en-tête, c'est tout à fait facultatif. Ils ne doivent en tout cas pas figurer dans la zone principale.
:4. En cas d'erreur évidente, on utilise le modèle {{m|corr}} ; mais quand il s'agit de lettres qui ne sont pas dans le bon sens, on peut se contenter de les remettre à l'endroit sans signaler la correction.
:Par ailleurs, quelques conseils basiques :
:* Il y a plusieurs gadgets à activer qui facilitent le respect des conventions typographiques en usage : il faut aller dans "Préférences", puis "Gadgets", et dans la rubrique "Édition", cocher "Caractères spéciaux automatiques", "Scanilles", "Gadget généraliste..." et "Typo". Il y en d'autres qui sont utiles, mais ceux-là sont à peu près indispensables, et permettent de gagner du temps. Le gadget scanilles surligne en rose un certain nombre d'erreurs courantes d'OCR difficiles à voir à la relecture.
:* Quand une page commence par un nouveau paragraphe, il faut le faire débuter par <nowiki><nowiki /></nowiki> suivi d'une ligne vide, sinon, il sera collé au dernier paragraphe de la page précédente.
:[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 14 mai 2025 à 20:31 (UTC)
== Renommage ==
Bonjour !<br>Je voudrais renommer [https://en.wikisource.org/wiki/Constitution_of_the_Fifth_French_Republic_(amended,_2008) un texte] sur [https://en.wikisource.org/wiki/Main_Page en:Wikisource].
*Est-ce possible ?
*Comment faire, s'il vous plaît ?
Je vous remercie d'avance.<br/><br/>[[Utilisateur:Antilegomenon|Antilegomenon]] ([[Discussion utilisateur:Antilegomenon|d]]) 19 mai 2025 à 15:14 (UTC)
:Bonjour {{notif|Antilegomenon}} et bienvenue sur Wikisource.
:Comme je viens de l'indiquer sur votre page de discussion, il n'y a pas lieu de renommer ou modifier cette page, que ce soit sur le Wikisource anglophone ou ici. Une page une fois publiée n'a pas vocation à être mise à jour (différence fondamentale avec Wikipédia), sauf pour corriger des erreurs éventuelles de transcription. Wikisource n'est pas un site juridique (Légifrance fait cela bien mieux) et ne cherche pas à donner un état du droit en vigueur. En outre, l'intégration à Wikisource de textes légaux est en principe prohibée (voir [[WS:Loi]]), donc cette page disparaîtra peut-être purement et simplement un de ces jours. [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 19 mai 2025 à 16:19 (UTC)
== Est-il logique de publier un ouvrage allemand sur fr.wikisource? ==
Bonjour, est-il logique de publier un ouvrage allemand sur fr.wikisource?
C'est en tout cas ce que j'ai commencé d'entreprendre:
[[Livre:Karl Friedrich Heinrich Marx Konrad Victor Schneider und die Katarrhe 1873.pdf]]
Si non, qu'en est-il par exemple des ouvrages bilingue? [[Utilisateur:Oimabe|Oimabe]] ([[Discussion utilisateur:Oimabe|d]]) 24 mai 2025 à 06:47 (UTC)
:{{ping|Oimabe}}, Il me semble que c’est toi qui l’a importé.
:Sinon on peut importer un ouvrage dans une autre langue que le français si et seulement si on fait l'a traduction en regard du texte. Et depuis qu’on n’accepte plus les textes sans fac-similé, c’est même devenu obligatoire exemple :
:[[Livre:Weird Tales Volume 5 Number 5 (1925-05).djvu]] est un livre en anglais, le texte de la traduction se trouve ici [[La Musique d’Erich Zann]] et comme tu peux le voir ici [[Page:Weird Tales Volume 5 Number 5 (1925-05).djvu/28]] la traduction à remplacer le texte anglais.
:Maintenant pour les livres bilingues, on ne corrige que le français, en général il sont présentés une page sur deux, dans ce cas la page qui n’est pas en français est mise en "gris" et à la transclusion on rajoute dans la syntaxe <nowiki>"step=2"</nowiki> (où on efface le contenu de la page, ce qui revient au même mais qui est beaucoup plus long) , mais là je n’ai pas d’exemple qui me viennent. S’il y a une autre présentation, n’hésite pas à venir me voir en citant la page concernée.
:J’espère avoir répondu à tes interrogations, bonne journée
:--[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 24 mai 2025 à 08:02 (UTC)
::@[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|Le ciel est par dessus le toit]],
::Cela semble assez clair.
::Je vais donc m'affairer sur les deux Wikisource.
::* En allemand sur la wikisource allemande
::* En français sur la wikisource française, une traduction personnelle depuis l'allemand
::Cela me semble assez étrange que Wikisource accepte des traductions [[Utilisateur:Oimabe|Oimabe]] ([[Discussion utilisateur:Oimabe|d]]) 24 mai 2025 à 08:11 (UTC)
:::{{ping|Oimabe}} Depuis le début du projet les traductions des contributeur ont toujours été acceptées. Ça permet aussi d’avoir des inédits d’auteur DP qui n’ont jamais été publiés en français à la date de leur publication sur WS. Le lecteur est averti par la catégorie "Traduction Wikisource". --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 24 mai 2025 à 08:21 (UTC)
::::Merci [[Utilisateur:Oimabe|Oimabe]] ([[Discussion utilisateur:Oimabe|d]]) 24 mai 2025 à 08:24 (UTC)
== Journal publié sur Wikisource ? ==
Avec mon équipe, nous avons décidé de publier un journal de presse complet, couvrant la période de 1881 à 1951.
Je me pose plusieurs questions concernant la meilleure façon de procéder sur Wikisource. En effet, jusqu'à présent, je n’ai trouvé que des exemples d’extraits de journaux (articles, reportages, etc.), mais aucun exemple de journal publié dans son intégralité, numéro par numéro.
#Existe-t-il un exemple de journal entièrement publié sur Wikisource que je pourrais suivre comme modèle ?
#Comment faut-il structurer les pages pour chaque numéro ? Faut-il créer une page par date ?
#Quel titre donner à chaque numéro (par exemple : Nom du journal - 12 janvier 1881) ?
#Comment organiser une page principale permettant de visualiser tous les numéros, classés par année ?
Je serais très reconnaissant si quelqu’un pouvait me guider ou me montrer un exemple concret. [[Utilisateur:Reda Kerbouche|Reda Kerbouche]] ([[Discussion utilisateur:Reda Kerbouche|d]]) 11 juin 2025 à 19:19 (UTC)
:Bonjour @[[Utilisateur:Reda Kerbouche|Reda Kerbouche]] :)
:Bienvenue chez les amateurs de textes !
:Je vois que tu n'as encore jamais contribué ''sur Wikisource'' - nous avons certes des outils puissants pour nous aider dans le travail, mais c'est quand même un travail long, délicat, nécessitant attention et persévérance...
:Un journal entier sur 70 ans... oulahhhh ! c'est très très ambitieux ! vous êtes combien dans l'équipe ?!
:De quel journal/type de journal s'agit-il ? un quotidien ? un hebdo ? un journal d'actualité ? de chroniques ? sur combien de colonnes ?
:Les journaux sont particulièrement complexes à traiter sur Wikisource à cause du multicolonnage : ça rend les scans très difficiles à lire, et la création des articles (souvent non titrés) dans l'espace principal très complexe. C'est une des raisons pour lesquelles il n'y a actuellement pas de collection de ''journaux'' sur Wikisource. voir par exemple [[Page:18830317_Le_Figaro.pdf/1]]
:De plus, dans un journal, il y a plein d'informations qui ne sont pas particulièrement intéressantes... comme les publicités, par ex. voir [[Page:18830317 Le Figaro.pdf/4]]
:L'autre est le volume que ça représente ! une revue, comme la [[Revue des Deux Mondes]], qui paraît 2 fois par mois depuis presque un siècle, c'est plus de 500 de numéros..., plus de 15000 articles ou textes littéraires, et plus de 15 ans de travail de transcription par un grand nombre de contributeurs - et un énoorme travail d'organisation des textes pour s'y retrouver...
:Du coup, avant de se lancer, il faut vraiment :
:# réfléchir à ce qu'on veut faire - est-il vraiment utile de mettre en ligne un journal déjà numérisé et océrisé sur un site public, par exemple ?
:# évaluer la quantité de travail à fournir : une page de journal, c'est - selon les cas - plusieurs ''heures'' de transcription... : un quotidien de 4 pages sur un an, c'est 1200 pages... sur 80 ans, c'est 96000 pages !!
:# mesurer l'intérêt pour les lecteurs : est-ce que tous les articles, y compris les entrefilets, ont leur place dans wikisource ? -- Rappel, le but de wikisource est de "mettre en ligne des textes", pas de transcrire ''tout ce qu'il y a dans un journal''...
:# et ne surtout pas se lancer à mettre en ligne des centaines de scans qui ne seront jamais corrigés, car on va baisser les bras devant la masse... -> le cas échéant, tester avec ''1'' numéro... ''pour voir''...
:Bref, il ne s'agit pas de te décourager, mais de t'inciter à bien réfléchir à votre projet avant de vous lancer...
:Et avant de vous lancer dans ce travail très lourd, je vous incite (toi et toute ton équipe) à commencer par apprendre à contribuer - sur des documents déjà en ligne -, pour vous faire une idée de la réalité du travail de transcription... - ''on ne se lance pas à traverser la Manche à la nage sans avoir appris à nager d'abord'' {{clin}} [[Utilisateur:Hsarrazin|Hélène (la bot de service…) ]] ([[Discussion utilisateur:Hsarrazin|d]]) 12 juin 2025 à 08:08 (UTC)
:: Bonjour :)<br>Merci beaucoup pour ton accueil chaleureux et ton retour très détaillé — c’est exactement ce dont on avait besoin pour mieux comprendre les enjeux d’un tel projet sur Wikisource !
:: Effectivement, je n’ai encore jamais contribué directement sur Wikisource, mais je suis en train d’apprendre, et je vais bientôt commencer à m’y mettre sérieusement.
:: Concernant le journal : il paraît depuis 1881, tous les 5 jours. Nous avons accès à 2909 numéros, ce qui représente environ 11 400 pages, dont une page de publicité par numéro. L’équipe est composée de 3 à 4 personnes, et nous prévoyons de travailler dessus sur une période de 6 mois à un an. Bien sûr, on reste ouverts à ajuster le rythme ou le format si besoin.
:: Tout ce que tu as soulevé — la complexité, le volume, la lisibilité, l'intérêt réel pour les lecteurs — ce sont des points qu’on a effectivement déjà discutés en interne. C’est aussi pour ça que je suis venu chercher des retours d’expérience : pour éviter de partir tête baissée dans un projet irréaliste.
:: Si je comprends bien ton conseil, il serait plus pertinent de ne pas viser l'intégralité du journal dès le départ, mais plutôt de se concentrer sur des articles vraiment intéressants, éventuellement en les catégorisant par auteur ou par thème. Cela ferait sens, et permettrait de rester fidèle à l’objectif principal de Wikisource : mettre en valeur des textes significatifs.
:: Donc merci encore pour tes remarques franches, ça nous aide beaucoup à cadrer notre démarche. Si toi ou d’autres avez des exemples de bonnes pratiques, ou des retours sur ce qui a fonctionné ou non dans d’autres projets similaires, on est preneurs ! [[Utilisateur:Reda Kerbouche|Reda Kerbouche]] ([[Discussion utilisateur:Reda Kerbouche|d]]) 12 juin 2025 à 08:30 (UTC)
::{{ping|Reda Kerbouche}} 1881 ou 1981 ?, dans le premier cas, c’est possible, dans le second, ce n’est pas possible (violation des droits d’auteur). --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 12 juin 2025 à 10:33 (UTC)
::: Il s'agit de 1881, et non de 1981 — c'était une erreur de ma part. J'ai corrigé. [[Utilisateur:Reda Kerbouche|Reda Kerbouche]] ([[Discussion utilisateur:Reda Kerbouche|d]]) 12 juin 2025 à 10:37 (UTC)
== Téléchargement en doublon ==
Bonjour,
Apparemment, une même édition a été téléchargée deux fois :
* [[Livre:Andersen - Souliers rouges, et autres contes, trad. Grégoire et Moland, 1880.djvu]]
* [[Livre:Andersen - Les Souliers rouges, et autres contes, 1880.djvu]]
Que faut-il faire {{clin}} ? [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 24 juin 2025 à 11:28 (UTC)
{{ping|Habertix}} Je m’en occupe, on va conserver le deuxième dont un texte est déjà transcrit --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 24 juin 2025 à 11:34 (UTC)
{{ping|Habertix}} {{fait}} --[[Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<span style="letter-spacing:0.2em; font-variant: small-caps; color:gray">Le ciel est par dessus le toit</span>]] [[Discussion_Utilisateur:Le ciel est par dessus le toit|<sup>Parloir</sup>]] 24 juin 2025 à 11:42 (UTC)
== Importer un livre déjà en PDF sur Commons ? ==
Bonjour,
J'essaie de me (re)mettre à Wikisource, et j'ai tout oublié de ma première expérience il y a une dizaine d'années.
Je voudrais éditer ce livre bilingue : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Indicazione_antiquaria_del_Pontificio_Museo_Pio-Clementino_in_Vaticano_(IA_indicazioneantiq00mass).pdf
Il se trouve qu'il est déjà en PDF, mais pas en djvu... Comment puis-je le créer sur Wikisource ?
J'en ai profité pour lui créer une entité Wikidata mais je ne suis pas bien sûre de la façon de tout lier https://www.wikidata.org/wiki/Q135196431
Toute aide est la bienvenue !
Merci d'avance [[Utilisateur:Peccadille|Peccadille]] ([[Discussion utilisateur:Peccadille|d]]) 3 juillet 2025 à 09:43 (UTC)
:Bonjour,
:Si le format djvu est préféré pour certains usages, le pdf est loin d'être interdit sur Wikisource. On peut donc créer l'index du livre à partir du fichier existant, ce que je viens de faire, vous le [[Livre:Indicazione antiquaria del Pontificio Museo Pio-Clementino in Vaticano (IA indicazioneantiq00mass).pdf|trouverez ici]]. Je l'ai relié à l'entité WD que vous avez créée. Pour le texte, si vous ne comptez pas publier la version italienne sur it.ws, vous pouvez vous contenter de transcrire la colonne en français de chaque page ; pas la peine de conserver l'italique, qui n'a pas grand sens dans une version monolingue. Je constate en ouvrant une page au hasard que l'OCR existant est très mauvais ; vous pouvez vous aider du bouton de transcription en haut à droite, en choisissant l'OCR de Google, pour récupérer une meilleure version brute comme base de travail. Si vous avez d'autres questions à divers stades du travail, n'hésitez pas à me solliciter, je me ferai un plaisir de vous aider autant que je pourrai. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 3 juillet 2025 à 12:46 (UTC)
::Merci beaucoup pour votre aide ! Je vais m'y mettre sans tarder ! [[Utilisateur:Peccadille|Peccadille]] ([[Discussion utilisateur:Peccadille|d]]) 3 juillet 2025 à 12:49 (UTC)
:::Bonsoir {{Notif|Peccadille}}, Quand vous devrez mettre en colonne, voici un exemple d’un modèle bilingue d’un texte : [[Histoire naturelle (trad. Littré)/II/Bilingue/110]]. Bonnes contributions ! --[[Utilisateur:Etienne M|Éτienne ♄]] ([[Discussion utilisateur:Etienne M|d]]) 9 juillet 2025 à 22:00 (UTC)
== Lien dans une table des nouvelles ==
Bonjour,
Comment est construite la table des nouvelles de [[Livre:Andersen_-_Les_Souliers_rouges,_et_autres_contes,_1880.djvu]] (moitié droite de l'écran) ?
Pour L'ANGE, le numéro 215 est cliquable et emmène à la première page de la nouvelle ; pour LE VIEUX FERME-L’OEIL, le numéro 219 est le bon numéro de page, il est cliquable mais il mène à la page 217. De même "LE SANGLIER DE BRONZE . . . 239" mène à la page 237.
Merci. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 7 juillet 2025 à 17:27 (UTC)
:C'est peut-être lié à [[#Téléchargement en doublon]] plus haut sur ce forum. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 7 juillet 2025 à 17:31 (UTC)
::Il y avait une erreur dans les paramètres qui font le lien entre le numéro de page dans l'ouvrage et le numéro de page dans le fac-similé. Normalement j'ai corrigé. [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 7 juillet 2025 à 17:43 (UTC)
:::Merci et j’ai compris que cette table n’était pas magique mais qu’elle était présente dans l’original. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]])
== Cas des traductions multiples. ==
Bonjour,
Sur [[Auteur:Hans_Christian_Andersen]], comment peut-on faire apparaître que Wikisource propose plusieurs traductions d'un même conte ? Et parfois avec de titres français différents ?
Cas à traiter (qui montre qu'un elfe peut donc être petit et vieux {{rire}}) :
* [[Contes d’Andersen/Une semaine du petit elfe Ferme-l’Œil]]
* [https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Andersen_-_Les_Souliers_rouges,_et_autres_contes,_1880.djvu/239 LE VIEUX FERME L'OEIL]
Merci. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 7 juillet 2025 à 17:51 (UTC)
:Bonsoir {{Notif|Habertix}}
:Pour un texte d’une même langue, il faut créer une page similaire à ce que sont les pages d’homonymie de Wikipédia : exemple : [[L’Albatros]]. Wikisource repère que c’est une liste d’éditions. Quand on clique sur n’importe laquelle des éditions, une annonce se retrouve pour introduire l’édition : "Pour les autres éditions de ce texte, voir L'Albatros."
:Pour donner à cette page du contenu, il faut la lier à un élément Wikidata à créer ([[d:Q3201688]], pour notre exemple), et créer des éléments Wikidata pour chaque version, édition ou traduction, sur ce modèle : [[d:Q135233361]].
:Il y avait une autre méthode que je ne retrouve plus, mais celle-ci est la plus courante. Bonnes contributions à vous ! --[[Utilisateur:Etienne M|Éτienne ♄]] ([[Discussion utilisateur:Etienne M|d]]) 9 juillet 2025 à 22:00 (UTC)
::Bonsoir,
::Pour le cas spécifique des traductions, j'ajouterai à ces bons conseils l'exemple de [[Robinson Crusoé (Defoe)|Robinson Crusoé]], avec le modèle {{m|traductions}}, plus précis que {{m|éditions}}. Le choix du titre à retenir pour cette page d'homonymie quand les choix des traducteurs divergent est une question qui me tarabuste aussi depuis quelques jours, j'ai à la résoudre pour certaines nouvelles de Gogol et je ne me suis pas encore décidé. Il convient sans doute de privilégier le titre le plus courant (quand plusieurs traducteurs convergent), le plus populaire (une traduction est elle plus populaire que d'autres, donc le titre plus connu parmi les lecteurs ?) ou simplement celui de la première traduction publiée en français (mais qui est parfois loin d'être la meilleure...). Peut-être {{ping|Acélan}} qui publie sur WS pas mal de littérature traduite pourrait-il nous conseiller ? [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 9 juillet 2025 à 23:23 (UTC)
:::Bonjour @[[Utilisateur:Habertix|Habertix]],
:::Je ne me rappelle pas avoir eu à trancher des cas complexes, mais j'aurais tendance à adopter le [[w:Principe de moindre surprise|principe de moindre surprise]], c'est-à-dire à retenir, pour la page utilisant le modèle {{m|traductions}} que préconise justement @[[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]], le titre le plus familier au lecteur contemporain. Mais quand il s'agit de contes ou de nouvelles pas forcément connus, c'est assez difficile à trancher. Dans ce cas, je crois que je me référerais au titre original : ici, ''Ole Lukøje'' (non, je ne parle pas danois, j'ai mis un peu de temps à trouver), donc plutôt ''Le Vieux Ferme-l’Œil''. [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 10 juillet 2025 à 07:00 (UTC)
::::Bonjour {{Notif|Susuman77}}
::::Heureusement que tu es là, la réponse s’en trouve peaufinée. Ce que je ne retrouvais plus étais sans doute {{m|traductions}}. Et avec le regard d’Acélan sur le titre à retenir, Habertix va désormais y trouver son compte. --[[Utilisateur:Etienne M|Éτienne ♄]] ([[Discussion utilisateur:Etienne M|d]]) 10 juillet 2025 à 07:02 (UTC)
== Cas d'un conte absent de la Table du FS ==
Bonjour,
Que peut-on faire quand un conte est absent de la Table du FS ? Je l'ai ajouté en tant que coquille, voir [[Spécial:Diff/15228409]].
-- [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 18 juillet 2025 à 21:18 (UTC)
:Bonsoir ! J'aurais fait exactement la même chose, ne vous inquiétez pas, c'est assez fréquent, notamment pour des éditions assez anciennes, que les éditeurs négligent la table des matières et que celle-ci se retrouve avec des coquilles plus abondantes que le corps du texte, voire des divisions manquantes, comme c'est le cas ici. Encore plus fréquent est le cas où l'éditeur néglige de faire figurer dans la TDM une introduction ou un avant-propos bien distincts du corps du texte. Le mieux dans ce cas est de corriger la table, comme on se permet de la créer quand elle manque tout à fait, soit avec le modèle {{m|corr}}, comme vous l'avez fait, soit avec des balises includeonly. Aucun souci donc ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 18 juillet 2025 à 22:45 (UTC)
::Je fais pareil pour les numéros de page incorrects ?
::Comme pour le dernier conte de [[Page:Andersen_-_Nouveaux_Contes,_trad._Soldi.djvu/306]] qui est mentionné en page 292 (numéro de page pair) qui est une page vide et que le conte commence bien-sûr en page impaire. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 18 juillet 2025 à 23:04 (UTC).
:::Oui, j’avais oublié, c’est aussi une erreur très fréquente, {{m|corr}} est tout à fait adapté dans ce cas aussi, en mettant {{m|pli}} à l’intérieur pour la valeur correcte seulement. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 18 juillet 2025 à 23:19 (UTC)
J’ai corrigé les coquilles de numérotation.
J’ai des questions sur des détails, dont je ne sais si c’est l’orthographe de l’époque ou des coquilles.
* Que faire de "toute le monde" ([[Page:Andersen - Nouveaux Contes, trad. Soldi.djvu/58|sur cette page]]), de "geôlier" ([[Page:Andersen - Nouveaux Contes, trad. Soldi.djvu/59|ici]]), de "poëte" ([[Page:Andersen - Nouveaux Contes, trad. Soldi.djvu/52|ici]]) ? Correction silencieuse ou comme coquille ?
* [[Page:Andersen - Les Souliers rouges, et autres contes, 1880.djvu/544|Dans cette page]], il y a un animal fabuleux écrit "basilique". Faut-il corriger en "basilic" ? Silencieusement ou comme coquille ?
* [[Page:Andersen - Les Souliers rouges, et autres contes, 1880.djvu/539|Ici]], il y a un "sopha". Faut-il corriger en "sofa" ?
* Et enfin [[Page:Andersen_-_Les_Souliers_rouges,_et_autres_contes,_1880.djvu/256|ici]], est-ce qu’on ajoute un deuxième r à "charette" ?
[[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 19 juillet 2025 à 21:17 (UTC).
:Bonsoir ! Le mieux est de toujours rester prudent dans son approche des corrections. Ce n'est qu'avec l'expérience qu'on peut prendre la confiance et, parfois, se dispenser du modèle {{m|corr}} ; si vous apprenez encore, mieux vaut ne pas procéder à des corrections silencieuses qui pourraient s'avérer erronées et être plus difficile à débusquer à la relecture suivante.
:Le choix éditorial "par défaut" sur WS étant la correction des coquilles "au sens de l'époque de l'édition", il convient de rechercher quelle(s) graphie(s) étaient admises ou non à l'époque, en l'occurrence 1882. En préambule, allez voir [[w:Réforme de l'orthographe française de 1878]], vous y trouverez les principales différences orthographiques entre les éditions du {{s|xix}} et la pratique actuelle. ''Poëte'' est l'une des orthographes qui a changé alors. En 1882, peu de temps a passé, c'est normal de trouver des orthographes pré-réforme, ça peut aussi témoigner d'un certain archaïsme ou conservatisme de l'éditeur ; si vous décidez de le corriger, l'important est de le faire à chaque occurrence du mot, histoire d'être cohérent.
:Pour "toute le monde", coquille, donc {{m|corr}}.
:Pour les autres cas que vous citez, il faut aller chercher dans des dictionnaires, et aussi admettre que, surtout pour des mots rares ou fantastiques comme basilic, les auteurs (et traducteurs !) peuvent se permettre un peu de fantaisie qu'il serait dommage de censurer au profit de l'orthographe la plus courante aujourd'hui. Je ne corrigerais donc pas ''basilique'', d'autant que vu le contexte et l'emploi du masculin on ne peut pas à la lecture le confondre avec l'église.
:Les dictionnaires qui vous serviront le plus pour ces vérifications sont [https://www.littre.org le Littré], [https://www.dictionnaire-academie.fr/ les dictionnaires de l'Académie française] (surtout l'édition de 1878 pour ce qui vous concerne), mais le plus précieux est [https://www.cnrtl.fr/definition/ le TLF] (Trésor de la Langue française), qui recense énormément de variantes attestées au fil des siècles : cherchez le mot dans son orthographe courante, et ensuite la graphie douteuse dans la page obtenue : ainsi vous verrez que [https://www.cnrtl.fr/definition/sofa sopha] était une variante courante de ''sofa'', qu'il ne faut donc pas corriger ; [https://www.cnrtl.fr/definition/ge%C3%B4lier geôlier] semble par contre toujours écrit avec un accent, et [https://www.cnrtl.fr/definition/charrette charrette] avec deux ''r'', donc on corrige (avec {{m|corr}} toujours). [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 19 juillet 2025 à 21:52 (UTC)
::Merci. [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 20 juillet 2025 à 16:04 (UTC)
== Italiques et césure de fin de page ==
Bonjour,
Comment faut-il coder ''Fantaisies sur la vie domes- tique'' à la fin de [[Page:Andersen - Livre d images - Minssen.djvu/66|cette page]] pour respecter les italiques et la césure ?
Par ailleurs, {{m|tiret}} [[WS:Scriptorium/Septembre_2018#Words_hyphenated_across_pages_in_Wikisource_are_now_joined_(simplification_de_la_césure_de_fin_de_page)|ne semble plus indispensable depuis septembre 2018]]. Est-ce que vous l'utilisez encore ? Faut-il simplifier [[Aide:Éditer un texte dans l’espace « Page »#Césure]] ?
-- [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 16 août 2025 à 12:14 (UTC)
:Bonjour,
:En effet, {{m|tiret}} n'est plus requis dans la plupart des cas ; la présence d'italiques est l'une des exceptions à cette simplification. Dans ce cas, la méthode indiquée dans la page d'aide que vous citez est la bonne ; en l'occurrence, sur la première page, codez ainsi : <nowiki>''Fantaisies sur la vie'' {{tiret|''domes''|tique}}</nowiki>, sur la seconde <nowiki>''{{tiret2|domes|tique}}''</nowiki>. Dans tous les cas, ce qui est transclus dans l'espace principal est le contenu de {{m|tiret2}}, c'est donc à celui-là qu'il importe d'être le plus attentif (cela impose aussi d'inclure dans les modèles les articles ou pronoms élidés qui précèdent le mot coupé, faute de quoi une espace apparaît à la transclusion après l'apostrophe). Les trois autres exceptions (peut-être en oublie-je encore) imposant l'emploi des modèles sont {{1o}} un mot composé où le tiret doit être conservé, auquel cas on code <nowiki>{{tiret|peut|-être}}</nowiki> et <nowiki>{{tiret2|peut-|être}}</nowiki> ; {{2o}} la présence de notes se suivant sur plusieurs pages avec une balise <nowiki><ref follow></nowiki> en fin de page après le tiret ; {{3o}} un sectionnement de l'une et/ou l'autre des deux pages concernées. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 16 août 2025 à 17:02 (UTC)
::{{Notif|Susuman77}} J'ai bien vu [[Spécial:diff/15275133|votre annulation]] et vous avez raison, ma proposition {{m|tiret|peut- | être}} fait apparaître deux tirets en mode page. Mais l'aide de {{m|tiret}} explique "Les modèles tiret et tiret2 doivent comporter exactement les mêmes lettres, dans les mêmes paramètres". <u>C'est une erreur, non ?</u>
::D'autre part (c'est un avis personnel), je trouve ce double tiret plutôt utile car en relecture en mode page, il permet de savoir que le tiret va être conservé ([[Page:Blaud_-_Histoire_du_dacus_de_l'olivier.djvu/49|comme j'ai fait ici]]).
::-- [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 1 septembre 2025 à 19:37 (UTC)
:::Je ne saurais parler pour le créateur du modèle, mais cette phrase de la documentation me semble inexacte, ou en tout cas ne pas s'appliquer au cas particulier des mots composés, qui est détaillé dans la section "Exemples" plus bas. J'ai de toute façon l'impression que la transclusion se fait à partir du seul contenu de {{m|tiret2}}, le débat sur l'emplacement du tiret dans {{m|tiret}} est donc d'importance toute relative, et si procéder de la sorte vous aide dans la relecture, allez-y, puisque cela n'a aucune incidence dans l'espace principal. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 1 septembre 2025 à 21:13 (UTC)
== Partitions musicales sur Wikisource ==
Je viens de découvrir et admirer les partitions des chants du Barzaz Breiz, par exemple [[Page:Barzaz Breiz, huitième édition.djvu/642|DIOUGAN GWENC’HLAN]]; Avec quel outil cela est-il fabriqué ? Je vais avoir à importer des fragments de partition qui illustrent un texte de musicologie en projet. Suffit-il d'importer des images, ou y a-t-il mieux à faire ? [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 31 août 2025 à 12:40 (UTC)
:Comme vous le pouvez voir en regardant [https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Page:Barzaz_Breiz,_huiti%C3%A8me_%C3%A9dition.djvu/642&action=edit le code source] de cette page, on peut créer des partitions directement dans le wikicode. La syntaxe est expliquée sur [[w:Aide:Partitions|Aide:Partitions]]. Si cela vous paraît trop compliqué, vous pouvez aussi importer l'image elle-même, mais une vraie partition qu'on peut en plus écouter, c'est sympa... [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 1 septembre 2025 à 08:12 (UTC)
::Remerciements pour les explications et encouragement. Je vais essayer. [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 1 septembre 2025 à 09:40 (UTC)
Exemple :
<score sound="1">
\relative c' {
e16-.->a(b gis)a-.->c(d b)c-.->e(f dis)e-.->a(b a)
gis(b e)e,(gis b)b,(e gis)gis,(b e)e,(gis? b e)
}
</score>
== pourquoi je ne vois pas ma transcription correctement ==
bonjour, j'ai retranscrit le livre avec modification mais rien n'est pris en compte lorsque je regarde elle ne se voient pas. [[Utilisateur:Fabkervi|Fabkervi]] ([[Discussion utilisateur:Fabkervi|d]]) 2 septembre 2025 à 10:04 (UTC)
:Bonjour {{ping|Fabkervi}} et bienvenue sur Wikisource,
:Je ne sais pas répondre à votre question mais je crois que vous avez commencé un travail qui ne peut pas être conservé ici.
:Wikisource n'accepte que les textes sous licence libre, c'est-à-dire, grossièrement, les ouvrages publiés sous [[:wikipedia:Licence libre|licence libre]] et les ouvrages dont les auteurs sont morts depuis plus de 70 ans.
:Si j'ai bien compris vous travaillez sur {{gallica|bd6t510067273}}, un ouvrage publié il y a seulement une quarantaine d'années (1984) et qui n'est pas la reproduction d'un ouvrage plus ancien. Certes il est disponible sur Gallica et, selon sa fiche BnF {{BNF|365929764}}, il s'agit d'un auteur institutionnel (France. Ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Direction des archives) mais je crois que cela ne suffit par pour considérer que cet ouvrage est sous licence libre ; surtout qu'il mentionne nominativement les collaborateurs ([https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t510067273/f21.item page 5]).
:D'autres bénévoles vont voir votre message et ils ne confirmeront peut-être pas mes craintes.
:Cordialement. -- [[Utilisateur:Habertix|Habertix]] ([[Discussion utilisateur:Habertix|d]]) 3 septembre 2025 à 19:53 (UTC)
::Oui, je crains que l'analyse de @[[Utilisateur:Habertix|Habertix]] soit juste et que l'ouvrage soit impossible à conserver sur WS. Si je me souviens bien (et gardant à l'esprit que ceci n'est nullement un avis légal), le fait qu'un texte soit publié par un acteur institutionnel ne retire nullement à son auteur ses droits, contrairement à ce qui peut se passer aux États-Unis par exemple. En l'espèce, l'ouvrage présent sur Gallica (où il est simplement marqué ''consultable en ligne'' et non ''domaine public'') n'a certes pas de mention de copyright, mais les auteurs/contributeurs sont listés, comme l'a relevé Habertix, et certaines parties de l'ouvrage sont même attribuées clairement à l'une d'entre eux. Dès lors, l'ouvrage pouvant être analysé comme une œuvre collective, il est protégé en droit français pour 70 ans après sa publication, donc jusqu'en 2054 ; les parties nommément attribuées à Mme Paulette Enjalran (1915-2004) pourraient même l'être au-delà, jusque 70 ans après son décès, donc 2074. Je ne puis donc que vous dissuader de consacrer plus d'efforts à un projet qui ne saurait prospérer ici... Si les archives diplomatiques vous intéressent, il y en a de nombreuses, plus anciennes et donc libres de droits, qui attendent encore d'être transcrites ! [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 3 septembre 2025 à 20:51 (UTC)
:::Merci pour votre réponse. J'ai trouvé la solution :D, j'ai tout effacé et recommencé merci à copilote :D [[Utilisateur:Fabkervi|Fabkervi]] ([[Discussion utilisateur:Fabkervi|d]]) 4 septembre 2025 à 09:53 (UTC)
::::Il n'y a pas de solution qui tienne puisque l'ouvrage est sous droits d'auteur. Je continue sur votre page de discussion. [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 4 septembre 2025 à 10:06 (UTC)
== Modèle pour Mufi ==
Bonjour! À en.WS, il y a [https://en.wikisource.org/wiki/Template:Mufi Template:Mufi], qui me permet à incorporer des conventions orthographiques de manuscrits médièvals. Y a-t-il quelque chose d'équivalent içi à fr.WS? Si non, pourrait-on l'importer? Merci! [[Utilisateur:Kittycataclysm|Kittycataclysm]] ([[Discussion utilisateur:Kittycataclysm|d]]) 15 novembre 2025 à 17:32 (UTC)
:Voilà qui est intéressant. Ca permettrait de faire des <span style="font-style:Junicode">ↄƕŏẜes</span> bien curieuses, et même ceci<span style="font-style:Junicode">⁹</span> dont on parlait récemment sur le [[WS:S|Scriptorium]]. Il serait très facile d'intégrer ce modèle. [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 15 novembre 2025 à 21:22 (UTC)
::Super! Y a-t-il un endroit pour demander l'import? Ou, ça suffit de le créer moi-même? Je préfère le laisser aux experts car j'aurais peur de casser quelque chose. [[Utilisateur:Kittycataclysm|Kittycataclysm]] ([[Discussion utilisateur:Kittycataclysm|d]]) 16 novembre 2025 à 00:31 (UTC)
:::Voilà qui est fait : {{m|Mufi}}. [[Utilisateur:Seudo|Seudo]] ([[Discussion utilisateur:Seudo|d]]) 16 novembre 2025 à 03:15 (UTC)
::::Merci :) [[Utilisateur:Kittycataclysm|Kittycataclysm]] ([[Discussion utilisateur:Kittycataclysm|d]]) 16 novembre 2025 à 03:56 (UTC)
== Guillemets dans le paragraphe suivant d’une réplique poursuivie par le même personnage ==
Bonjour, est-ce que dans une page de livre comme [[Page:Zola - Madame Sourdis, 1929.djvu/60|celle-ci]] faudrait-il mettre des guillemets dans le paragraphe du second dialogue (edit : une réplique) qui suit le dialogue précédent du même personnage, ou les remplacer par un tiret cadratin au début du second ? Je n’ai pas clairement compris le [[Aide:Guide typographique|guide typographique]] dans les sections « Guillemets » et « Tirets et trait d’union ». Merci d’avance pour vos réponses. --[[Utilisateur:Anon38|Anon38]] ([[Discussion utilisateur:Anon38|d]]) 16 novembre 2025 à 18:58 (UTC)
:Bonjour, oui, quand les dialogues sont marqués par des tirets seuls, et qu'une même réplique se poursuit sur plusieurs paragraphes, on emploie généralement des guillemets ouvrants à chaque paragraphe d'une même réplique. (L'usage existe encore dans les ouvrages actuels.)
:Vous pouvez donc rétablir la ponctuation du fac-similé dans votre transcription.
:Bonne suite de lecture ! [[Utilisateur:TlinaR|TlinaR]] ([[Discussion utilisateur:TlinaR|d]]) 16 novembre 2025 à 20:00 (UTC)
:@[[Utilisateur:Anon38|Anon38]] Le tiret serait adapté si un nouveau personnage prenait la parole ; si c'est le même, les guillemets vont bien. [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 16 novembre 2025 à 20:03 (UTC)
::Merci ! --[[Utilisateur:Anon38|Anon38]] ([[Discussion utilisateur:Anon38|d]]) 16 novembre 2025 à 20:12 (UTC)
== Les documents qu'on peut mettre sur Wikisource ==
Bonjour à tous !
Je suis KONATEYaya, wikimédien burkinabè. Actuellement, nous sommes en train de mener la campagne Wiki For Human Rights et j'aimerais mettre certains documents sur Wikisource. Voici les documents :
1. Loi N°039-2017/AN du 25 juin 2017 portant protection des defenseurs des droits humais au Burikina Faso
Auteur : Assemblée nationale du Burkina Faso
2017
2. Stratégie nationale de l'état civil au Burkina Faso
Auteur : Ministère de l'administration territoriale, de la decentralisation et de la sécurite
2012
3. Rapport sur l'état des droits des personnes agées au Burkina Faso
Auteur : Ministère de la justice et de la promotion des droits humains
sept.-11
4. Les droits de l'enfant
Auteur : issa Touré
2009, ISBN 9782844873903
5. Rapport synthèse des études de cas recurrents de violations des droits humains dans les 12 régions du Burkina Faso
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
2016
6. Feuille de route de prévention, de retrait et de réinsertion des enfants issus des sites d'orpallaige et des carrières artisanales (2015-2019)
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
août-15
7. Droits humains au Burkina Faso, Rapport 2010
Auteur : Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP)
2010, ISBN : 978-2-914707-58-10
8. Unité pédagogique sur l'éducation aux droits humains pour la formation initiale des enseignants du primaire
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
nov.-15
9. Observatoire national de prévention et de gestion des conflits communautaires (ONAPREGECC)
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
2015
10. Manuel sur l'approche basée sur les droits humains
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
déc.-15
11. Guide pour le traitement et le suivi desd cas de violation et d'atteinte aux droits humains
Auteur : Ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique
juil.-15
12. Politique nationale genre
Auteur : Premier ministère
juil.-09
Pouvons-nous mettre ces documents sur Wikisource ? [[Utilisateur:KONATEYaya226|KONATEYaya226]] ([[Discussion utilisateur:KONATEYaya226|d]]) 23 décembre 2025 à 12:38 (UTC)
:Bonjour @[[Utilisateur:KONATEYaya226|KONATEYaya226]] !
:Malheureusement, cela paraît impossible pour des raisons légales. En effet, la [https://www.wipo.int/wipolex/fr/legislation/details/19510 loi du Burkina Faso] relative à la propriété littéraire et artistique ne prévoit pas d'exceptions au droit d'auteur pour les publications officielles et gouvernementales : l'Etat et l'auteur, s'il est identifié, conservent leurs droits patrimoniaux ; ces droits courent jusque 70 ans après le décès de l'auteur ou après la publication s'il s'agit d'une œuvre anonyme ou collective. Ces règles sont similaires à celles qui s'appliquent dans la plupart des pays. Comme Wikisource ne peut publier que des textes appartenant au domaine public dans leur pays d'origine ou placés par leurs auteurs sous une licence libre, nous ne pourrons pas publier ces documents. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 23 décembre 2025 à 15:04 (UTC)
== problème avec <page index/> ==
Pourquoi [[Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué|cette page]] n'affiche pas le contenu de la page de l'indexe quand [[Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué/Volume 1|celle-ci]] le fait bien, trop lourd ?. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 12:58 (UTC)
:@[[Utilisateur:Saumache|Saumache]] J'ai modifié la syntaxe de transclusion, ça passe bien. Pour information, quand la page d'index affiche le sommaire, il faut indiquer, dans la page de transclusion, index=Sommaire, sans indiquer de page. [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 6 janvier 2026 à 13:02 (UTC)
::@[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] Bien essayé mais c'était pas l'idée : une table des matières non incluse dans l'ouvrage initial pour chaque volume et une table des matières (pas plus présent dans l'ouvrage papier) général pour la collection, c'est ce que j'essayé de mettre en place (sûrement pas de la bonne manière) en liant la page 600 de l'index. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 13:29 (UTC)
:::@[[Utilisateur:Saumache|Saumache]] OK, je n'avais pas compris ça. La syntaxe n'est pas top mais le problème n'est pas là, en effet. La page est effectivement trop lourde pour s'afficher. Je n'ai pas de solution : soit faire simplement un lien vers chaque volume, soit essayer d'alléger la page. @[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]], qui vient de faire une proposition pour alléger les modèles de sommaire, aurait peut-être la solution ? [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 6 janvier 2026 à 13:48 (UTC)
::::@[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] j'avais une solution mais elle nécessite trop de modèles, la page ne pouvait pas tous les afficher, si tu as des conseils sur la synthaxe/apparence que devrait avoir la page, je suis prenant, je n'ai pas vraiment d'exemple, un cas similaire me suffirait, à copier j'entends. Si vous trouvez la solution concernant les sommaires, recontactez moi. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 14:43 (UTC)
::::::{{ping|Saumache|Acélan}} L’espace principal de Wikisource n’a pas été construit pour regrouper plusieurs sommaires mais plutôt pour reproduire un livre dans l’état où il se trouve afin de le rendre exportable en format ebook. Il suffit alors d’appuyer sur le bouton télécharger. Il faut savoir que tous les liens contenus dans le sommaire vont mener à la production d’un chapitre dont le contenu sera celui de la page cible. C’est la raison pour laquelle il est conseillé de limiter les liens à des pages de l’espace principal qui seront accessibles dans une liseuse. Quand on regroupe plusieurs œuvres d’un même auteur non seulement on finit par dépasser la taille qui nous est allouée mais on fragilise l’outil de téléchargement. Voilà le donc le contexte à considérer et les contraintes à respecter.
:::::: Maintenant comment procéder pour confectionner un sommaire général qui s’affichera au complet comme vous le souhaitiez au départ ?
::::::#D’abord s’assurer que la page ne sera pas exportable en englobant sont contenu dans un div avec class="ws-noexport" et aussi ajouter <nowiki>__DISAMBIG__</nowiki> en début de page pour éviter l’apparition du bouton Télécharger. Vous pourrez alors vous permettre quelques fantaisies sans compromettre la survie de ws-export.
::::::#Pour éviter de dépasser la limite de la taille d’inclusion des modèles vous pourriez aussi remplacer tous vos appels au modèle table par {{m|Table/css/prototype}}
::::::TOUTEFOIS : Je considère que ce que vous avez fait offrira un bien meilleur service car il permet plus rapidement d’accéder au contenu de chaque volume. Il vous suffirait de bloquer le téléchargement de la page [[Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué]] qui devra se faire un volume à la fois dans l’état actuel de l’outil d’exportation. --[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 6 janvier 2026 à 18:34 (UTC)
:::::::@[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]]
:::::::Merci pour cette réponse ! J'ai bien fait en sorte que le sommaire ne soit téléchargeable, et ai fait de même pour chaque volume. Reste que je trouve maintenant bien complexe au premier coup d'oeuil de tomber sur les différents textes entiers à télécharger (je viens de Wiktionary et n'avais pas la référentiel liseuse, ayant surtout en tête d'avoir des textes bien compartimentés et citables, mes excuses), il y a peut-être moyen de les rendre plus visibles, à vous de me dire (et si tout va en fait bien).
:::::::Questions à part:
:::::::* Comment peut-on relier différents volumes (sommaires) dans les headers? je n'ai réussi que pour les textes entiers.
:::::::* Les pages dans le texte entier s'enchaînent sans tenir compte des pages blanches, donnant lieu à un rendu parfois assez ridicule, à mon goût, voir le début [[Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué/Volume 1/Texte entier|ici]].
:::::::* De même parfois un espace se trouve entre deux pages que je voudrais jointes par le bas de l'une et le haut de l'autre, voir [[Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué/Volume 4/Table|ici]] entre page 2 et 3.
:::::::[[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 19:24 (UTC)
::::::::@[[Utilisateur:Saumache|Saumache]] Voici quelques précisions :
::::::::#Les seules pages qu’on doit rendre non exportables sont celles qui impliquent un travail trop lourd pour l’outil. On ne peut pas exporter les 14 volumes dans une seule opération et, comme ces volumes sont présents sur une page, on désactive le bouton sur cette page mais on doit pouvoir télécharger chacun des volumes séparément. C’est la mission première de l’espace principal. Merci de les réactiver sur la page de chaque volume.
::::::::#comment relier les volumes. Réponse : On ne peut pas le faire par le header quand header=sommaire. Vous pourriez ajouter au haut de la première page de chaque volume un lien vers tous les volumes. Comme ceci : <nowiki><includeonly><div class="ws-noexport">{{c|[[../Volume 1|Volume 1]] — [[../Volume 2|Volume 2]] — etc}} </div></includeonly></nowiki>. '''À placer dans la la section Épigraphe de la page index.'''
::::::::#Les pages dans le texte entier s'enchaînent sans tenir compte des pages blanches : à vous de prévoir un espacement minimal mais pas trop car il s’ajoutera à la page exportée et en pdf des marges sont déjà prévues. N-B Votre page de titre ne logera pas dans une page pdf A5. Mais quelqu’un pourra l’ajuster quand ws-export aura été ressuscité
::::::::#c’est corrigé margin:10% appliquait une marge en haut, à gauche, … Il fallait utiliser margin-left:
::::::::--[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 6 janvier 2026 à 20:39 (UTC)
:::::::::Les pages volumes ne faisant pas partie de l'ouvrage papier original et ne faisant office que de sommaires pour y tenir les liens vers sections et lettres, je pensais que ça n'aurait pas d'intêret pour un lecteur ailleurs que sur wikisource, je les ai d'ailleurs biens sûr exclus des textes entiers. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 20:49 (UTC)
::::::::::{{ping|Saumache}}Non ces pages sont essentielles pour pouvoir exporter chaque volume avec un découpage par chapitre ce que texte entier ne permet pas. Dans cette transcription j’ai noté aussi un problème de raccordement entre les pages disposées sur 2 colonnes. J’avais déjà proposé une [[Quelques considérations sur la cautérisation actuelle#17|solution]] sur ce [[Wikisource:Questions_techniques#Colonnes|forum]] si ça peut aider.--[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 6 janvier 2026 à 20:58 (UTC)
:::::::::::@[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] OK c'est fait. Je ne comptais pas aller plus loin avec ce projet, j'ai régularisé tout ce que je pouvais régulariser, je reviendrai refaire une ou deux pages quand je citerai depuis le Wiktionary et mettrai main à la pâte si quelqu'un décide d'y remettre l'anarchie, autrement je laisse tout ça à d'autres. Je met le lien du forum [[Discussion Livre:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu|ici]] au cas où quelqu'un tombe dessus. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 6 janvier 2026 à 21:08 (UTC)
== Remplacement d'un FS par un autre de meilleure qualité ==
J'ai entrepris l'édition de [[Lettres juives (éd. Paupie 1754)]], huit volumes. Les trois premiers volumes avaient été créés en 2007 et associés à un FS en 2017. J'ai entrepris le tome 4, mais le FS est de mauvaise qualité et l'OCR à la limite de l'inutilisable. J'ai trouvé un exemplaire d'excellente qualité sur Gallica, j'ai créé le .DJVU et je l'ai ajusté au découpage existant. Mais impossible de le mettre en ligne. Commons refuse le téléversement d'une nouvelle version parce que je n'ai pas créé le fichier. Je ne peux pas demander l'aide de celui qui l'a créé (Phe), il n'a plus contribué depuis 2016. Je n'ai pas pu le téléverser sur Wikisource parce qu'il existe déjà. L'idée de créer un autre fichier avec un nom un peu différent ne me parait pas satisfaisante. Je copie la couche texte du .DJVU page par page pour la coller à la place de l'OCR défectueux mais c'est désagréable et je suis privé des automatismes. Y a-t-il un moyen de téléverser le "bon" FS sur Commons ? Fichier : [[:File:Boyer d’Argens - Lettres juives, 1754, tome 4.djvu]]. Le fichier .DJVU a un volume de 43 Mo. Il peut être téléchargé à l'adresse https://www.swisstransfer.com/d/ad505c2b-98db-43a5-999f-669091f49d2d .
--[[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 10 janvier 2026 à 19:49 (UTC)
:{{bonjour|Narilora}}Il faut sans doute être membre du groupe utilisateurs-autoconfirmés sur Commons. Je pense que cela se fait automatiquement après un certain nombre de téléversement. Voir dans vos préférences. J’ai téléversé le fichier. --[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 11 janvier 2026 à 03:26 (UTC)
::Très efficace. Remerciements. Le wiki est donc une méritocratie. [[Utilisateur:Narilora|Narilora]] ([[Discussion utilisateur:Narilora|d]]) 11 janvier 2026 à 10:04 (UTC)
== cas particulier de <page index> ==
[[Lettre de Sévigné 687]] me pose un problème bien piquant, je dois sauter la section ## 688 ## de la page 435 (441) tout en affichant la fin de note de la lettre 687 qui apparaît en page 436 (442). Quelqu'un peut m'aiguiller ?
Le même soucis de devoir sauter la note de la lettre précédente pour [[Lettre de Sévigné 688]] s'impose donc. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 14 janvier 2026 à 21:17 (UTC)
:Ah ! Mais oui vous venez de découvrir une petite faille dans prp. On peut la signaler mais qui sait quand ce sera corrigé. Je vous ai suggéré une façon de la contourner. [[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 14 janvier 2026 à 22:07 (UTC)
::Aïe on a dû intervenir en même temps, j'espère dans le même sens ;-) [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 14 janvier 2026 à 22:11 (UTC)
:::Ingénieux ! Merci pour vôtre aide. [[Utilisateur:Saumache|Saumache]] ([[Discussion utilisateur:Saumache|d]]) 14 janvier 2026 à 23:28 (UTC)
== Cadre et texte à l'envers ==
Bonjour,
j'ai des soucis de mise en page pour ce texte de [[Claude Cahun]] et en particulier ces 2 pages :
https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Cahun_-_Les_Paris_sont_ouverts,_1934.pdf/5
https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Cahun_-_Les_Paris_sont_ouverts,_1934.pdf/38
- Est-il possible de modifier l'épaisseur du cadre du modèle "Encadré", est-il possible de modifier la largeur du cadre, en % de la page par exemple?
(j'imagine que c'est gérable en utilisant un tableau avec une seule cellule, mais j’espérais une solution plus directe.
- Comment afficher le texte tête en bas? [[Utilisateur:Benoitdd|Benoitdd]] ([[Discussion utilisateur:Benoitdd|d]]) 23 février 2026 à 11:56 (UTC)
:@[[Utilisateur:Benoitdd|Benoitdd]] Pour mettre le texte à l'envers, il y a le modèle {{m|rotation}}. Pour l'encadré, il faudrait modifier le modèle, mais ce n'est pas dans mes compétences. Peut-être {{ping|Denis Gagne52}} aurait-il une piste ? [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 23 février 2026 à 12:42 (UTC)
::@[[Utilisateur:Acélan|Acélan]] @[[Utilisateur:Benoitdd|Benoitdd]], Comme il fallait apporter plusieurs ajustements à l’encadré (largeur, épaisseur du cadre, centrage sur la page) en plus de la rotation du texte et de la diminution de l’interlignage, j’ai tout regroupé dans une seule commande. Je ne crois pas que ce résultat soit atteignable uniquement avec les modèles disponibles sur Wikisource. [[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 23 février 2026 à 15:45 (UTC)
:::@[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] Merci pour la solution. Si le modèle n'est pas vraiment améliorable, tant pis, je ferai à nouveau appel à tes services {{clin}} [[Utilisateur:Acélan|Acélan]] ([[Discussion utilisateur:Acélan|d]]) 23 février 2026 à 21:25 (UTC)
::::Mais tout est améliorable ! Bientôt tu n’auras plus d’occasion pour faire appel à mes services. {{sourire}}. N’hésitez pas à reprendre les deux pages avec {{m|Encadré/début}}. [[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 24 février 2026 à 00:46 (UTC)
:::::@[[Utilisateur:Acélan|Acélan]], @[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] : merci à tous les 2 pour votre aide [[Utilisateur:Benoitdd|Benoitdd]] ([[Discussion utilisateur:Benoitdd|d]]) 24 février 2026 à 17:02 (UTC)
== Où est le clavier du grec ancien? ==
Bonjour, J'ai besoin de taper un mot en grec ancien dans une page d'Aulu-Gelle. Vous pourriez m'indiquer où on trouve ce clavier? Merci d'avance!
[[Utilisateur:ManuD1881|ManuD1881]] ([[Discussion utilisateur:ManuD1881|d]]) 31 mars 2026 à 08:24 (UTC)
:Bonjour @[[Utilisateur:ManuD1881|ManuD1881]], Vous pouvez le trouver tout en bas de la fenêtre d'édition, là où il y a un menu déroulant "Wiki et Wikisource" vous pouvez trouver aussi le grec ; il y a aussi tout en haut dans l'onglet "Caractères spéciaux" deux rubriques "Grec" et "Grec étendu" (avec les caractères accentués spécifiques au grec ancien), mais la séparation en deux rend peu pratique son emploi. [[Utilisateur:Susuman77|Susuman77]] ([[Discussion utilisateur:Susuman77|d]]) 31 mars 2026 à 09:14 (UTC)
::Bonjour et merci.
::J'ai trouvé, mais le clavier fourni ne correspond pas à mon clavier Azerty, du coup je ne trouve pas l'accès à l'accent aigu, dont j'ai besoin sur un alpha... [[Utilisateur:ManuD1881|ManuD1881]] ([[Discussion utilisateur:ManuD1881|d]]) 1 avril 2026 à 16:14 (UTC)
:En fait, j'ai trouvé en testant tout le clavier. L'accent aigu était sous le ;
:Problème résolu pour cette page au moins... [[Utilisateur:ManuD1881|ManuD1881]] ([[Discussion utilisateur:ManuD1881|d]]) 1 avril 2026 à 16:21 (UTC)
== Traduction ==
Pour le poème Immortality de Clare Harner (en anglais: "Do not stand at my grave and weep..."), cité dans Wikisource et dans un article de la version anglaise de Wikipedia,je voudrais contribuer une traduction française que j'ai faite moi-même. Dites-moi comment faire. [[Utilisateur:Peterandreas 1972|Peterandreas 1972]] ([[Discussion utilisateur:Peterandreas 1972|d]]) 24 avril 2026 à 15:55 (UTC)
::Il faut que la traduction soit appuyée par un fac-similé. Voici un exemple : [[Livre:Teleny, or The Reverse of the Medal, t. I.djvu]]. Comme cette œuvre semble encore sous droit d’auteur, elle ne pourrait pas être déposée sur Commons ce qui explique pourquoi je ne l’ai pas trouvée non plus sur ws.en. --[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 7 mai 2026 à 00:42 (UTC)
== Template rule ==
Bonjour.
Je voudrais créer deux lignes sur toute la largeur de la page telles qu'elles apparaissent en dessous du titre du chapitre. – Cousturier_-_Des_inconnus_chez_moi,_1920.djvu/13 – J'ai trouvé le template rule : les deux lignes n'apparaissent pas !
Faut-il insérer ce style quelque part pour pouvoir l'utiliser ? Y-a-t-il un autre moyen pour créer ces deux lignes ?
Merci [[Utilisateur:Nobbfj|Nobbfj]] ([[Discussion utilisateur:Nobbfj|d]]) 6 mai 2026 à 23:01 (UTC)
::Les templates de ws.en ont habituellement des équivalents ici mais sous un nom différent. On a {{m|SéparateurDeTexte}} qui peut faire ce que vous recherchez. --[[Utilisateur:Denis Gagne52|Denis Gagne52]] ([[Discussion Utilisateur:Denis Gagne52|d]]) <sup style="font-size:70%">''{{Coloré|#008000|2=Le miraculé du 9<sup style="font-size:70%">e</sup>}}''</sup> 7 mai 2026 à 00:18 (UTC)
:::Merci. [[Utilisateur:Nobbfj|Nobbfj]] ([[Discussion utilisateur:Nobbfj|d]]) 8 mai 2026 à 21:06 (UTC)
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Le ciel est par dessus le toit" /></noinclude>Gil. Puis, afin que l’audacieux. qui.voulait enlever la
vie à autrui, la perdit lui-méme sous la sentence du
juge, et que le coupable ne püt point accuser le jugement,
une peine fut décrétée contre les crimes et les
actions mauvaises. Or, bien que la grâce du Christ ait
changé cela en mieux, elle qui enseigne la douceur
plutôt que la violence, : cependant c’est chose juste
ce qu’ordonne une loi ou l’autre, soit qu’elle enjoigne
de rendre aussitôt justice, soit qu’elle enjoigne
d’agir paiemment. Celui-là vaut mieux néanmoins qui
aime à confier sa vengeance au Christ ; il faut garder
au Seigneur ce qu’il s’est réservé.
Donc, par de saints désirs, par de saintes. actions,
efforce-toi de faire des choses qui soient approuvées
et dans cette vie et dans l’autre, afin que, ayant mené
une vie recommandable par la droiture, tu puisses,
après ta mort, être reçu dans l’éternelle gloire. Crois-en
nos sûrs conseils, et souviens-toi qu’elles dureront
à jamais toutes ces choses qui, maintenant, semblent
aux insensés devoir périr ; souviens-toi que les âmes
reprendront dans les corps animés de nouveau leur
même enveloppe corporelle. Oui, la figure, la couleur,
le sang, les veines, la peau, les os, les cheveux,
reviendront tels qu’ils sont tous aujourd’hui. Et non-seulement
ce que les pierres bien scellées renferment
dans les tombeaux, ce que les parfums de l’Arabe
conservent précieusement, ce que les exhalaisons con-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|197}}</noinclude>ardente chasseresse nocturne, qui bondit sur elle, l’appréhende
au flanc, lui ouvre et lui fouille le ventre.
Après l’orgie musicale, la tuerie.
Sans grand regret, je n’ai jamais vu et je ne verrai
jamais la suprême expression de nos réjouissances nationales,
la revue militaire de Longchamps. Les journaux
m’en apprennent assez. Ils me donnent un croquis
des lieux.
J’y vois, installée çà et là dans le bocage, la sinistre
croix rouge, avec la mention : « Ambulance militaire,
ambulance civile. » Il y aura donc des os cassés à raccommoder,
des insolations à calmer, des morts peut-être
à déplorer. C’est prévu, c’est dans le programme.
Ici même, dans mon village, habituellement si paisible,
la fête ne se terminera pas, j’en mettrais la main
sur le feu, sans l’échange de quelques horions, assaisonnement
obligé d’une journée de liesse. Au plaisir, pour
être bien goûté, il faut, paraît-il, le piment de la douleur.
Écoutons et méditons loin du tumulte. Tandis que
la Cigale éventrée proteste, la fête se poursuit là-haut
sur les platanes avec changement d’orchestre. C’est
maintenant le tour des artistes nocturnes. Aux alentours
du point de carnage, dans le fouillis de verdure,
une oreille fine perçoit le susurrement des Sauterelles.
C’est une sorte de bruit de rouet, très discret, vague
frôlement de pellicules arides froissées. Sur cette sourde
basse continue éclate, par intervalles, un cliquetis précipité,
très aigu, presque métallique. Voilà le chant et
la strophe entrecoupée de silences. Le reste est l’accompagnement.
Malgré ce renfort d’une basse, maigre, très maigre<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|198|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>concert après tout, bien qu’il y ait dans mon étroit voisinage
une dizaine environ d’exécutants. Le son manque
d’intensité. Mon vieux tympan n’est pas toujours
capable de saisir ces subtilités sonores. Le peu que
j’en recueille est d’extrême douceur, on ne peut mieux
approprié au calme des lueurs crépusculaires. Un peu
plus d’ampleur encore dans ton coup d’archet. Locuste
verte ma mie, et tu serais un virtuose préférable à la
rauque Cigale, dont on t’a fait usurper le nom et la
réputation dans les pays du Nord.
Tu n’égalerais cependant jamais ton voisin, le gentil
Crapaud sonneur de clochettes, qui tintinnabule à la
ronde, au pied des platanes, tandis que tu cliquettes
là-haut. C’est le plus petit de ma population batracienne,
le plus aventureux aussi en expéditions.
Que de fois, aux dernières lueurs du soir, ne m’arrive-t-il
pas de le rencontrer lorsque, faisant la chasse
aux idées, j’erre au hasard dans le jardin ! Quelque
chose fuit, roule en culbutes devant mes pas. Est-ce
une feuille morte déplacée par le vent ! Non, c’est le
mignon Crapaud que je viens de troubler dans son pèlerinage.
Il se gare à la hâte sous une pierre, une motte
de terre, une touffe de gazon, se remet de son émotion
et ne tarde pas à reprendre sa limpide note.
En cette soirée d’allégresse nationale, ils sont bien
près d’une douzaine sonnant à qui mieux mieux autour
de moi. La plupart sont blottis parmi les pots à fleurs
qui, disposés en rangs pressés, forment un vestibule
devant ma demeure. Chacun a sa note, toujours la
même, plus grave pour les uns, plus aiguë pour les
autres, note brève, nette, remplissant bien l’oreille et
d’une exquise pureté.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|199}}</noinclude><nowiki />
D’un rythme lent, cadencé, ils semblent psalmodier
des litanies. ''Cluck'', fait celui-ci ; ''click'', répond cet autre
à gosier plus fin ; dock, ajoute ce troisième, ténor de la
bande. Et cela se répète indéfiniment, comme le carillon
du village en un jour férié : ''cluck, click, clock ;'' —
''cluck, click, clock''.
L’orphéon batracien me remet en mémoire certain
harmonica, ma convoitise lorsque, pour mon oreille
de six ans, commençait à devenir sensible la magie des
sons. C’était une série de lames de verre d’inégale longueur,
fixées sur deux rubans tendus. Un bouchon de
liège au bout d’un fil de fer servait de percuteur. Imaginez
une main novice frappant au hasard sur ce clavier,
avec la brusquerie la plus désordonnée d’octaves,
de dissonances, d’accords renversés, et vous aurez une
image assez nette de la litanie des Crapauds.
Comme chant, cette litanie n’a ni queue ni tête ;
comme sons purs, c’est délicieux. Il en est ainsi de toute
musique dans les concerts de la nature. Notre oreille
y trouve de superbes sons, puis s’affine et acquiert, en
dehors des réalités sonores, le sentiment de l’ordre, première
condition du beau.
Or cette douce sonnerie d’une cachette à l’autre est
l’oratorio matrimonial, la convocation discrète de
chacun à sa chacune. Les suites du concert sans autre
informé se devinent ; mais ce qu’il serait impossible de
prévoir, c’est l’étrange finale des noces. Voici, en effet,
que le père, en ce cas le vrai ''pater-familias'' dans la
noble acception du mot, quitte un jour ou l’autre sa
retraite dans un état méconnaissable.
Il porte l’avenir empaqueté autour des pattes postérieures ;
il déménage avec le faix d’une grappe d’œufs<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|200|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>pareils de grosseur à des grains de poivre. La volumineuse
charge lui cerne les mollets, lui engaine les cuisses,
lui remonte en besace sur le dos. Il en est tout difforme.
Où va-t-il, se traînant, incapable de bondir, tant il est
accablé ? Il va, dans sa tendresse, où la mère se refuse
d’aller ; il se rend à la mare voisine, dont les eaux tièdes
sont indispensables à l’éclosion et à la vie des têtards.
La ponte mûrie à point autour de ses jambes sous le
moite couvert d’une pierre, il affronte l’humide et le
plein jour, lui passionné du sec ténébreux ; par petites
étapes il va de l’avant, les poumons congestionnés de
fatigue. La mare est loin peut-être ; n’importe : le tenace
pèlerin la trouvera.
Il y est. Sans retard il plonge, malgré sa profonde
aversion du bain, et à l’instant la grappe d’œufs est
détachée par la mutuelle friction des jambes. Voilà les
œufs dans leur élément. Le reste se fera tout seul. Son
devoir d’immersion accompli, le père se hâte de rentrer
chez lui, au sec. À peine a-t-il tourné le dos que
les petits têtards noirs sont éclos et frétillent. Pour
rompre leur coque, ils n’attendaient que le contact
de l’eau.
Parmi les chanteurs des crépuscules de juillet, un
seul, s’il avait note variée, pourrait rivaliser avec les
clochettes harmoniques du Crapaud. C’est le Scops ou
petit-duc, gracieux rapace nocturne, aux yeux ronds
dorés. Il dresse sur le front deux cornicules de plumes
qui lui ont valu dans le pays le nom de ''Machoto banarudo'',
chouette cornue. Son chant, assez nourri pour
remplir à lui seul le silence des nuits, est d’une monotonie
énervante. Avec une imperturbable régularité de<noinclude>
<references/></noinclude>
aoheoz17krqs3c25vc7ufkjtoytkngo
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|201}}</noinclude>mesure, ''tchô… tchô''… fait l’oiseau quand il expectore
les heures durant sa cantate à la lune.
En ce moment, chassé des platanes de la place par
le tapage des réjouissances, l’un est venu me demander
l’hospitalité. Je l’entends à la cime d’un cyprès voisin.
De là-haut, dominant l’assemblée lyrique, il découpe
par périodes égales l’orchestration confuse des Sauterelles
et des Crapauds.
À sa douce note fait contraste, par intervalles, une
sorte de miaulement de chat, issu d’un autre point. C’est
le cri d’appel de la vulgaire Chouette, l’oiseau méditatif
de Pallas Athéné. Tapie tout le jour dans la retraite d’un
olivier caverneux, elle s’est mise en pérégrination lorsque
sont tombées les ombres du soir. D’un vol sinueux,
à balancement d’escarpolette, elle est venue des environs
sur les vieux pins de l’enclos. De là elle mêle au
concert général la discordance de son miaulement, un
peu adouci par la distance.
Le cliquetis de la Locuste verte est trop subtil pour
être bien saisi au milieu de ces bruyants ; il ne m’en
arrive que de maigres ondées tout juste perceptibles
lorsqu’un peu de silence se fait. Elle ne possède comme
appareil sonore qu’un modeste tympanon à racloir ; eux,
les privilégiés, ont le soufflet, le poumon, qui lance la
colonne d’air vibrante. La comparaison n’est pas possible.
Revenons aux insectes.
L’un d’eux, quoique inférieur de taille et non moins
parcimonieusement outillé, dépasse, et de beaucoup,
la Sauterelle en lyrisme nocturne. C’est le pâle et fluet
Grillon d’Italie (''Œcanthus pellucens'', Scop.), si débile
qu’on n’ose le saisir crainte de l’écraser. Il concerte de
tous côtés sur les romarins, tandis que les vers luisants<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|202|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>allument, pour compléter la fête, les feux bleus de
leurs lampions.
Le délicat instrumentiste consiste avant tout en vastes
ailes, fines et miroitantes ainsi que des lamelles de
mica. À la faveur de cette aride voilure, il stridule avec
une intensité capable de dominer la cantilène des Crapauds.
On dirait, mais avec plus d’éclat, plus de trémolo
dans le coup d’archet, le chant du vulgaire Grillon noir.
La confusion est inévitable pour qui ne sait pas qu’à
cette époque des fortes chaleurs le vrai Grillon, orphéoniste
du printemps, a disparu. À son gracieux violon
en a succédé un autre plus gracieux encore et digne
d’une étude spéciale. Nous y reviendrons en temps opportun.
Tels seraient donc, en se bornant aux sujets d’élite,
les principaux choristes de cette soirée musicale : le
Scops, aux langoureux solos ; le Crapaud, carillonneur
de sonates ; le Grillon d’Italie, qui racle sur la chanterelle
d’un violon ; la Sauterelle verte, qui semble taper
sur un minuscule triangle d’acier.
Nous célébrons aujourd’hui, avec plus de tapage que
de conviction, l’ère nouvelle, politiquement datée de la
prise de la Bastille ; eux, d’une superbe indifférence aux
choses humaines, célèbrent la fête du soleil. Ils chantent
la félicité de vivre, ils disent l’hosanna de l’embrasement
caniculaire.
Que leur importent l’homme et ses réjouissances, si
mobiles ! Pour qui, pour quoi, pour quelle idée, tonneront
dans quelques années les pétarades de nos explosifs ?
Bien clairvoyant serait celui qui pourrait le dire.
La mode change et nous amène l’imprévu. La fusée
complaisante épanouit au ciel sa gerbe d’étincelles<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|203}}</noinclude>pour l’exécré d’hier devenu l’idole d’aujourd’hui. Demain
elle montera pour un autre.
Dans un siècle ou deux, en dehors des érudits, sera-t-il
encore question de la prise de la Bastille ? C’est très
douteux. Nous aurons d’autres joies, et aussi d’autres
ennuis.
Plongeons plus avant dans l’avenir. Un jour viendra,
tout semble le dire, où, de progrès en progrès, l’homme
succombera, tué par l’excès de ce qu’il appelle la civilisation.
Trop ardent à faire le dieu, il ne peut espérer
la placide longévité de la bête ; il aura disparu alors que
le petit Crapaud dira toujours sa litanie, en compagnie
de la Sauterelle, du Scops et des autres. Ils chantaient
avant nous sur la planète ; ils chanteront après nous,
célébrant l’immuable, la gloire torride du soleil.
Ne nous attardons pas davantage à ce festival, redevenons
le naturaliste désireux de s’instruire dans l’intimité
de la bête. La Sauterelle verte (''Locusta viridissima'',
Lin.) ne semble pas commune dans mon voisinage.
L’an passé, me proposant d’étudier ce locustien et mes
chasses restant sans résultat, je fus obligé de recourir
à l’obligeance d’un garde forestier, qui m’en fit parvenir
une paire de couples du plateau de Lagarde, région
froide où le hêtre commence l’escalade du Ventoux.
Par boutades, la fortune sourit aux persévérants.
L’introuvable de l’année dernière est devenu presque
le commun cet été. Sans sortir de mon étroit enclos,
j’obtiens des Sauterelles autant que je peux en désirer.
J’en entends bruire le soir dans tous les fourrés de verdure.
Profitons de l’aubaine, qui peut-être ne se présentera
plus.
Dès le mois de juin, ma trouvaille est installée, en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|204|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>nombre suffisant de couples, sous une cloche en toile
métallique que reçoit un lit de sable dans une terrine.
Superbe insecte, ma foi, en entier d’un vert tendre avec
deux galons blanchâtres qui lui longent les flancs. Par
sa taille avantageuse, ses proportions sveltes, ses grandes
ailes de gaze, c’est le plus élégant de nos locustiens.
Je suis enchanté de mes captifs. Que m’apprendront-ils ?
Nous verrons. Pour le moment, il faut les nourrir.
Ici se renouvelle l’embarras où m’avait mis le Dectique.
Conseillé par le régime général de l’Orthoptère,
ruminant des pelouses, j’offre aux incarcérés la feuille
de laitue. Ils y mordent en effet, mais très sobrement
et d’une dent dédaigneuse. C’est vite reconnu : j’ai affaire
avec des végétariens peu convaincus. Il leur faut
autre chose ; de la proie apparemment. Mais laquelle ?
Un heureux hasard me l’apprit,
À l’aube, je faisais les cent pas devant ma porte,
lorsque quelque chose tombe du platane voisin avec
d’aigres grincements. J’accours, C’est une Sauterelle
vidant le ventre d’une Cigale aux abois. En vain celle-ci
bruit et gesticule, l’autre ne lâche prise, plongeant
la tête au fond des entrailles et les extirpant par petites
bouchées.
J’étais renseigné : l’attaque avait eu lieu là-haut, de
grand matin, pendant le repos de la Cigale ; et les soubresauts
de la malheureuse, disséquée vivante, avaient
fait choir en un paquet l’assaillante et l’assaillie. Plus
tard, à bien des reprises, l’occasion ne m’a pas manqué
d’assister à pareil massacre.
J’ai vu même, comble de l’audace, la Sauterelle se
lancer à la poursuite de la Cigale, qui fuyait d’un vol
éperdu. Tel l’épervier poursuivant en plein ciel l’a-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|205}}</noinclude>louette. L’oiseau de rapine est ici inférieur à l’insecte,
Il s’en prend à plus faible que lui. La Locuste, au
contraire, assaille un colosse, beaucoup plus gros, plus
vigoureux que son ennemi ; et néanmoins le résultat
de ce corps-à-corps disproportionné n’est pas douteux.
Avec sa forte mâchoire, pince acérée, la Sauterelle manque
rarement d’éventrer sa capture, qui, dépourvue
d’armes, se borne à crier et à se trémousser.
L’essentiel est de la maintenir, chose assez facile
pendant la somnolence de la nuit. Toute Cigale rencontrée
par le féroce locustien en ronde nocturne doit périr
piteusement. Ainsi s’expliquent les soudains grincements
d’angoisse qui éclatent parfois dans la ramée à
des heures tardives, indues, alors que les cymbales
depuis longtemps se taisent. Le bandit, habillé de vert-céladon,
vient de happer quelque Cigale endormie.
Le menu de mes pensionnaires est trouvé : je les nourrirai
de Cigales. Ils prennent si bien goût à ce service
qu’en deux ou trois semaines le sol de la volière est un
charnier semé de têtes et de thorax vides, d’ailes arrachées,
de pattes désarticulées. Le ventre seul disparaît
presque en totalité. C’est le morceau de choix, peu substantiel,
mais de haut goût, paraît-il.
Là est amassé, en effet, dans le jabot de la bête, le
sirop, la sève sucrée que la percerette de la Cigale fait
sourdre des tendres écorces. Serait-ce à cause de cette
friandise que le ventre de la proie a la préférence sur
tout autre morceau ? Il se pourrait bien.
Dans le but de varier le régime, je m’avise, en effet,
de servir des fruits bien doux, des quartiers de poire,
des grains de raisin, des parcelles de melon. Le tout
est délicieusement apprécié. La Sauterelle verte est<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|206|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>comme l’Anglais : elle raffole de bifteck saignant assaisonné
de confitures. Voilà pourquoi peut-être, la Cigale
saisie, elle lui crève tout d’abord la panse, qui fournit
mélange de chair et de confiserie.
Consommer des Cigales au sucre n’est pas possible
en tout pays. Dans les régions du Nord, où elle abonde,
la Locuste verte ne trouverait pas le mets qui la passionne
ici. Elle doit avoir d’autres ressources.
Pour m’en convaincre, je lui sers des Anoxies (''Anoxia pilosa'',
Fab.), l’équivalent estival du Hanneton printanier.
Le coléoptère est accepté sans hésitation. Il n’en
reste que les élytres, la tête, les pattes. Même résultat
avec le superbe et dodu Hanneton du pin (''Melolontha''
''fullo'', Lin.), somptueuse pièce que je retrouve le lendemain
éventrée par mon escouade d’équarrisseurs.
Ces exemples nous en apprennent assez. Ils nous
disent que la Sauterelle est un fervent consommateur
d’insectes, surtout de ceux qui ne sont pas protégés par
une cuirasse trop dure ; ils nous affirment des goûts
hautement carnassiers, mais non exclusifs comme ceux
de la Mante religieuse, qui refuse tout hors du gibier.
Le bourreau des Cigales sait tempérer avec le végétal
un régime par trop échauffant. Après la chair et le
sang, la pulpe sucrée des fruits ; parfois même, faute
de mieux, un peu d’herbage.
Néanmoins le cannibalisme persiste. Je ne vois jamais,
il est vrai, dans ma volière à Locustes, les sauvageries
si fréquentes chez la Mante religieuse, qui
harponne ses rivales et dévore ses amants ; mais si
quelque faible succombe, les survivants ne manquent
guère d’exploiter son cadavre ainsi qu’ils le feraient
d’une ordinaire proie. Sans l’excuse de la pénurie des<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|207}}</noinclude>vivres, ils se repaissent du compagnon défunt. Du
reste, toute la gent porte-sabre montre, à des degrés
divers, la propension à faire ventre des camarades
éclopés.
Ce détail négligé, les Sauterelles très pacifiquement
cohabitent sous mes cloches. Jamais entre elles de noise
sérieuse. Tout au plus un peu de rivalité au sujet des
vivres. Je viens de servir un morceau de poire. Une
Locuste s’y campe aussitôt. Jalouse, elle écarte par des
ruades quiconque vient mordre au délicieux morceau.
L’égoïsme est partout. Repue, elle cède la place à une
autre, intolérante à son tour. Une par une, toute la
ménagerie vient se restaurer. Le jabot plein, on se
gratte un peu du bout des mandibules la plante des
pieds, on se lustre le front et les yeux avec la patte
mouillée de salive ; puis, agriffé au treillis ou couché
sur le sable en posture méditative, béatement on digère,
on fait la sieste la majeure partie du jour, au
fort de la chaleur surtout.
C’est le soir, après le coucher du soleil, que le troupeau
se met en émoi. Vers les neuf heures, l’animation
est dans son plein. Par élans brusques, on escalade le
haut du dôme, on descend avec la même hâte, pour
remonter encore. On va et revient tumultueux ; on court,
on bondit sur la piste circulaire, dégustant, sans s’y
arrêter, les bonnes choses rencontrées.
Les mâles, qui d’ici, qui de là, stridulent à l’écart,
agacent de leurs antennes les passantes. Les futures
mères gravement déambulent, le sabre à demi relevé.
Pour ces agités, ces enfiévrés, la grande affaire est
maintenant la pariade. Un regard exercé ne s’y méprend
pas.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|208|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
C’est aussi pour moi le principal sujet d’observation.
En peuplant les volières, j’avais surtout pour but de
reconnaître à quel point se généralisaient les étranges
mœurs nuptiales que nous a fait connaître le Dectique
à front blanc. Mon désir est satisfait, mais non
en plein, car l’heure tardive des événements ne m’a
pas permis d’assister à l’acte final des noces. C’est très
avant dans la nuit ou de grand matin que les choses se
passent.
Le peu que j’ai vu se borne à d’interminables préludes.
Face à face, presque front contre front, les énamourés
longuement se palpent, s’interrogent de leurs
molles antennes. On dirait deux adversaires croisant
et recroisant de pacifiques fleurets. De temps à autre,
le mâle stridule un peu, donne quelques brefs coups
d’archet, puis se tait, trop ému peut-être pour continuer.
Onze heures sonnent, et la déclaration n’est pas
encore terminée. Bien à regret, mais vaincu par le sommeil,
j’abandonne le couple.
Le lendemain, dans la matinée, la femelle porte appendue
sous la base de l’oviscapte l’étrange machine
qui nous a tant surpris chez le Dectique. C’est une
ampoule opaline, du volume d’un gros pois et vaguement
subdivisée en un petit nombre de vésicules ovoïdes.
Quand la Locuste marche, la chose effleure la terre
et se souille de grains de sable englués.
Le festin terminal de la mère Dectique se retrouve
ici dans toute son horreur. Lorsque, au bout d’une paire
d’heures, l’ampoule fécondante est tarie de son contenu,
la Sauterelle la happe par lopins ; longtemps elle
mâche et remâche le visqueux morceau et finit par déglutir
le tout. En moins d’une demi-journée, le faix<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|209}}</noinclude>l’opale a disparu, savouré, consommé jusqu’à la dernière
miette.
L’inimaginable, importé, dirait-on, d’une autre planète,
tant il s’écarte des usages terrestres, reparaît donc,
sans variation notable, chez la Sauterelle après le Dectique.
Quel singulier monde que celui des Locustiens,
l’un des plus vieux de l’animalité sur la terre ferme !
Il est à croire que ces étrangetés sont la règle dans la
série entière. Consultons un autre porteur de sabre.
Je choisis l’Ephippigère (''Ephippigera vitium'', Serv.),
si facile à élever avec des morceaux de poire et des
feuilles de salade. Les choses se passent en juillet et
août.
Le mâle stridule un peu à l’écart. Ses coups d’archet,
passionnément scandés, font vibrer tout le corps de la
bête. Puis il se tait. Petit à petit, par lentes enjambées,
en quelque sorte cérémonieuses, l’appelant et l’appelée
se rapprochent. Ils sont face à face, muets l’un et l’autre,
immobiles, les antennes mollement oscillantes, les
pattes antérieures gauchement levées et se donnant, par
intervalles, comme des poignées de main. Le paisible
tête-à-tête dure des heures. Que se disent-ils ? quels serments
se font-ils ? Que signifient leurs œillades ?
Mais le moment n’est pas venu. On se sépare, on se
brouille, et chacun va de son côté. La bouderie n’est
pas longue. Les voilà de nouveau réunis. Les tendres
déclarations recommencent sans plus de succès. Enfin,
le troisième jour, j’assiste à la fin des préliminaires. Le
mâle s’insinue discrètement sous sa compagne, à reculons,
suivant les us et coutumes des Grillons. Étendu
en arrière et couché sur le dos, il se cramponne à l’oviscapte,
sa perche d’appui. La pariade s’accomplit.<noinclude>
<references/>
{{d|14}}</noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|210|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Le résultat est un énorme spermatophore, une sorte
de framboise d’opale à grains volumineux. Sa couleur
et sa conformation rappellent un paquet d’œufs d’escargot,
aspect que le Dectique m’a montré une fois,
mais moins accentué, et que je retrouve dans la machine
de la Sauterelle verte. Un faible sillon médian
divise l’ensemble en deux grappes symétriques, comprenant
chacune sept ou huit sphérules. Les deux
nodosités situées à droite et à gauche de la base de l’oviscapte
sont plus translucides que les autres et contiennent
un noyau d’un rouge orangé vif. L’appareil
est fixé par un large pédicule, empâtement de matière
hyaline.
Aussitôt l’objet mis en place, le mâle fuit efflanqué
et va, sur un quartier de poire, se refaire de sa ruineuse
prouesse. L’autre, nonchalamment, assez embarrassée,
erre à petits pas sur le treillis de la cloche, en relevant
un peu sa framboise, son faix monstrueux qui équivaut,
en volume, à la moitié du ventre de la bête.
Deux, trois heures s’écoulent ainsi. Puis l’Ephippigère
se boucle en anneau et vient, du bout des mandibules,
cueillir des parcelles de la sacoche mamelonnée,
sans la crever, bien entendu, sans amener d’épanchement.
Elle la décortique de façon superficielle, elle en
prélève de menus lambeaux, que longuement elle mastique
et avale. Tout un après-midi se poursuit cette
méticuleuse consommation par atomes. Le lendemain
la framboise a disparu, intégralement ingurgitée pendant
la nuit.
D’autres fois la finale est moins prompte, et surtout
moins répugnante. J’ai gardé note d’une Ephippigère
qui traînait à terre sa sacoche, tout en la mordillant<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LA SAUTERELLE VERTE|211}}</noinclude>de temps à autre. Le sol est inégal, raboteux, récemment
labouré de la pointe du couteau. La framboise ampullaire
englue des grains de sable, des mottes terreuses,
qui augmentent notablement le poids de la charge sans
que l’insecte paraisse y donner attention.
Parfois le charroi est laborieux, la masse s’étant
collée à quelque lopin de terre inébranlable. Malgré
l’effort déployé pour dégager l’objet, celui-ci ne se détache
pas de son point de suspension sous l’oviscapte,
preuve d’une adhérence de quelque solidité.
Toute la soirée, tantôt sur le grillage et tantôt sur
le sol, l’Éphippigère vagabonde sans but, d’un air soucieux.
Plus souvent encore, elle stationne, immobile.
L’ampoule se fane un peu, mais sans diminuer notablement
de volume. Les bouchées happées au début ne se
répètent plus, et le peu qui a été enlevé n’intéresse que
la surface.
Le lendemain, les choses en sont au même point.
Rien de nouveau non plus le surlendemain, sauf que
l’ampoule se fane davantage tout en conservant ses deux
points rouges presque aussi vifs qu’au début. Enfin,
après quarante-huit heures d’adhérence, l’appareil se
détache sans l’intervention de l’insecte.
La burette a cédé son contenu. C’est une ruine aride,
ratatinée, méconnaissable, abandonnée à la voirie et
tôt ou tard butin des fourmis. Pourquoi cet abandon
lorsque, dans les autres cas, j’ai vu l’Ephippigère si
friande du morceau ? Peut-être parce que le mets nuptial
s’était par trop souillé de grains de sable, odieux
sous la dent.
Un autre locustien, la Phanéroptère qui porte court
yatagan recourbé en faucille (''Phaneroptera falcata'',<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|212|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>Scop.), m’a dédommagé en partie de mes tracas d’éducation.
À diverses reprises, mais toujours dans des
conditions insuffisantes pour une observation complète,
je l’ai surprise portant sous la base du sabre la
machine à fertiliser. C’est une fiole diaphane, ovalaire,
de trois à quatre millimètres, supportée par un
fil de cristal, un col presque aussi long que la partie
renflée. Sans y toucher, l’insecte laisse la fiole se tarir
et se dessécher sur place<ref>De plus amples détails sur ce curieux sujet seraient déplacés
dans un livre où l’anatomie et la physiologie n’ont pas toujours
leurs coudées franches. On les trouvera dans mon étude sur les
Locustiens, ''Annales des sciences naturelles'', 1896.</ref>.
Tenons-nous-en là. Ces cinq exemples, fournis par
des genres si différents, Dectique, Analote, Sauterelle,
Éphippigère, Phanéroptère, établissent que le Locustien
est, comme la Scolopendre et le Céphalopode, un
représentant attardé des mœurs antiques. Il nous garde
un précieux spécimen des étrangetés génésiques des
vieux temps.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Narilora" /></noinclude><nowiki />
{{Centré|XIII|fs=140%|m=2em}}
{{Centré|LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|fs=90%|mb=2em}}
Célèbre presque autant que la Cigale, le Grillon
champêtre, hôte des pelouses, figure au nombre des
insectes classiques, nombre très restreint, mais glorieux.
Il doit cet honneur à son chant et à sa demeure.
Un seul point manque à sa renommée. Par un oubli
regrettable, le maître dans l’art de faire parler les bêtes
lui accorde deux lignes à peine.
Dans l’une de ses fables, il nous montre le Lièvre
saisi de crainte à la vue de l’ombre de ses oreilles, que
les mauvaises langues ne manqueront pas de faire passer
pour cornes en un moment où il est périlleux d’être
cornu. Le prudent animal fait ses paquets, décampe.
<poem style="margin-left:5em; font-size:90%">
« Adieu, voisin Grillon, dit-il ; je pars d’ici ;
Mes oreilles enfui seraient cornes aussi. »</poem>
Le Grillon réplique :
<poem style="margin-left:5em; font-size:90%">
« Cornes cela ! Vous méprenez pour cruche !
{{Em|2}}Ce sont oreilles que Dieu fit. »</poem>
Le Lièvre insiste :
<poem style="margin-left:5em; font-size:90%">
{{Em|2}}« On les fera passer pour cornes. »</poem>
Et c’est tout. Quel dommage que La Fontaine n’ait
pas fait discourir l’insecte plus au long ! En deux vers.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/224
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|214|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>où se montre déjà le coup de pouce magistral, le débonnaire
Grillon se dessine. Non, certes, il n’est pas
cruche ; sa grosse tête eût trouvé d’excellentes choses
à dire. Après tout, le Lièvre n’eut peut-être pas tort
d’abréger les adieux. Lorsque la médisance est à vos
trousses, le meilleur est de fuir.
Florian donne quelque ampleur à son récit sur un
autre thème ; mais que nous sommes loin, avec lui, de
la verve du bonhomme ! Dans sa fable ''le Grillon'', il y a
de l’herbe fleurie et de l’azur, il y a le petit-maître et la
dame nature, enfin les fadaises d’une rhétorique sans
vie, qui oublie la chose pour le mot. Il y manque la
naïveté du vrai, et puis le grain de sel, condiment indispensable.
D’ailleurs, quelle idée saugrenue d’aller faire du Grillon
un mécontent, un désespéré qui se lamente sur sa
condition ? Qui le fréquente le sait au contraire très
heureux de son talent et de son trou. Après la déconfiture
du papillon, c’est du reste ce que lui fait avouer
le fabuliste :
{{poem|
« Combien je vais aimer ma retraite profonde !
{{Em|2}}Pour vivre heureux, vivons caché ! »
|mg=4em|fs=90%}}
Je trouve plus de nerf et plus de vérité dans l’apologue
de l’ami anonyme à qui je dois déjà la pièce provençale
''la Cigalo e la Fournigo''. Il voudra bien m’excuser
si, pour la seconde fois, je l’expose, malgré lui,
au périlleux honneur de la lettre moulée. Voici la
chose :
{{poem|
{{em|4}} {{sc|le grillon}}
L’histoire des bêtes rapporte
Qu’autrefois un pauvre grillon,
Prenant le soleil sur sa porte,
Vit passer un beau papillon.
|ds|fs=90%}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|214|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>où se montre déjà le coup de pouce magistral, le débonnaire
Grillon se dessine. Non, certes, il n’est pas
cruche ; sa grosse tête eût trouvé d’excellentes choses
à dire. Après tout, le Lièvre n’eut peut-être pas tort
d’abréger les adieux. Lorsque la médisance est à vos
trousses, le meilleur est de fuir.
Florian donne quelque ampleur à son récit sur un
autre thème ; mais que nous sommes loin, avec lui, de
la verve du bonhomme ! Dans sa fable ''le Grillon'', il y a
de l’herbe fleurie et de l’azur, il y a le petit-maître et la
dame nature, enfin les fadaises d’une rhétorique sans
vie, qui oublie la chose pour le mot. Il y manque la
naïveté du vrai, et puis le grain de sel, condiment indispensable.
D’ailleurs, quelle idée saugrenue d’aller faire du Grillon
un mécontent, un désespéré qui se lamente sur sa
condition ? Qui le fréquente le sait au contraire très
heureux de son talent et de son trou. Après la déconfiture
du papillon, c’est du reste ce que lui fait avouer
le fabuliste :
{{poem|
« Combien je vais aimer ma retraite profonde !
{{Em|2}}Pour vivre heureux, vivons caché ! »
|mg=4em|fs=90%}}
Je trouve plus de nerf et plus de vérité dans l’apologue
de l’ami anonyme à qui je dois déjà la pièce provençale
''la Cigalo e la Fournigo''. Il voudra bien m’excuser
si, pour la seconde fois, je l’expose, malgré lui,
au périlleux honneur de la lettre moulée. Voici la
chose :
{{poem|
{{em|4}} {{sc|le grillon}}
L’histoire des bêtes rapporte
Qu’autrefois un pauvre grillon,
Prenant le soleil sur sa porte,
Vit passer un beau papillon.
|ds|fs=90%|m=1.5em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|215}}</noinclude>{{poem|
Un papillon à longues queues,
Superbe, des mieux décorés,
Avec rang de lunules bleues,
Galons noirs et gros points dorés<ref>Toujours exact dans ses descriptions, mon ami, si je ne me trompe, parle ici du Machaon.</ref>
« Vole, vole, lui dit l’ermite,
Sur les fleurs, du matin au soir ;
Ta rose ni ta marguerite
Ne valent mon humble manoir. »
Il disait vrai. Vient un orage,
Et le papillon est noyé
Dans un bourbier ; la fange outrage
Le velours de son corps broyé.
Mais la tourmente en rien n’étonne
Le grillon, qui, dans son abri,
Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il tonne.
Vit tranquille et chante cri-cri.
Ah ! n’allons pas courir le monde
Parmi les plaisirs et les fleurs ;
L’humble foyer, sa paix profonde.
Nous épargneront bien des pleurs.
|sf|fs=90%|m=1.5em}}
Ici je reconnais ma bête. Je vois le Grillon qui se
frise les antennes sur le seuil de son terrier, le ventre
au frais et l’échine au soleil. Il ne jalouse pas le papillon ;
il s’apitoie au contraire sur son compte avec cet
air de narquoise commisération familière au bourgeois
qui possède pignon sur rue et voit passer devant sa
porte quelque tapageuse toilette sans gîte. Loin de se
plaindre, il est très satisfait et de sa demeure et de
son violon. En vrai philosophe, il sait la vanité des
choses ; il apprécie le charme d’une modeste retraite
hors du tumulte des jouisseurs.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|216|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Oui, c’est à peu près cela, mais très insuffisant, non
marqué au coin qui laisse empreinte durable. Le Grillon
attend encore et attendra longtemps, depuis l’oubli
de La Fontaine, les quelques lignes nécessaires à la
consécration de ses mérites.
Pour moi, naturaliste, le trait principal des deux apologues,
trait que je retrouverais ailleurs, à n’en pas douter,
si je n’étais réduit à quelques livres dépareillés
rangés sur une planche de sapin, c’est le terrier, base
de l’affabulation. Florian parle de la retraite profonde ;
le second vante l’humble manoir. Ce qui s’impose avant
tout à l’attention, même à celle du poète, peu soucieux
en général des réalités, est donc la demeure.
Sous ce rapport, en effet, le Grillon est bien extraordinaire.
Seul de nos insectes, il a, quand vient l’âge
mûr, domicile fixe, ouvrage de son industrie. En mauvaise
saison, la plupart des autres se terrent, se blottissent
au fond d’un refuge provisoire, obtenu sans
frais et abandonné sans regret. Divers, en vue de l’établissement
de la famille, créent des merveilles : outres
de cotonnade, corbeilles de feuillage, tourelles de ciment.
Quelques larves vivant de proie habitent des embuscades
permanentes, où s’attend le gibier. Celle de la
Cicindèle, entre autres, se creuse un puits vertical,
qu’elle clôt de sa tête plate et bronzée. Qui s’aventure
sur l’insidieuse passerelle disparaît dans le gouffre, dont
la trappe fait aussitôt bascule et se dérobe sous le passant.
Le Fourmi-Lion pratique dans le sable un entonnoir
à pente très mobile où glisse la fourmi, que lapident
des pelletées de projectiles lancés du fond du cratère
par la nuque du chasseur convertie en catapulte. Mais<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|217}}</noinclude>ce sont là toujours des refuges temporaires, des nids,
des traquenards.
Le domicile laborieusement édifié, où l’insecte s’établit
pour ne plus déménager, ni dans les félicités du
printemps, ni dans les misères de l’hiver ; le véritable
manoir, fondé en vue de sa propre tranquillité, sans
préoccupation de chasse ou de famille, le Grillon seul
le connaît. Sur quelque pente gazonnée, visitée du soleil,
il est propriétaire d’un ermitage. Tandis que tous
les autres vagabondent, couchent à la belle étoile ou
sous l’auvent fortuit d’une écorce crevassée, d’une
feuille morte, d’une pierre, lui, par un singulier privilège,
est domicilié.
Grave problème que celui de la demeure, résolu par
le Grillon, le Lapin et finalement l’homme. Dans mon
voisinage, le Renard et le Blaireau ont des tanières
dont les anfractuosités du roc fournissent la majeure
part. Quelques retouches complètent le réduit. Mieux
avisé, le Lapin fonde son domicile et creuse où bon lui
semble lorsque manque le couloir naturel qui lui permettrait
de s’établir sans frais.
Le Grillon les dépasse tous. Dédaigneux des abris
de rencontre, il choisit toujours l’emplacement de son
gîte, en terrain hygiénique, aux bonnes expositions. Il
ne profite pas des cavités fortuites, incommodes et
frustes ; il creuse en plein son chalet depuis l’entrée
jusqu’à l’appartement du fond.
Au-dessus de lui, dans l’art du domicile, je ne vois
que l’homme ; et encore celui-ci, avant de gâcher du
mortier pour relier des moellons, avant de pétrir la
glaise pour enduire la hutte de branchages, a-t-il disputé
aux fauves l’abri sous roche et la caverne.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|218|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Comment donc se répartissent les privilèges de l’instinct ?
Voici un des plus humbles qui sait à la perfection
se loger. Il a un chez soi, avantage inconnu de bien
des civilisés ; il a retraite paisible, première condition
du bien-être, et nul autour de lui n’est capable de se
domicilier. Il faut remonter jusqu’à nous pour lui trouver
des émules.
D’où lui provient ce don ? Serait-ce bénéfice d’un outillage
spécial ? Non : le Grillon n’est pas excavateur
hors ligne ; on est même quelque peu surpris du résultat
si l’on considère la faiblesse des moyens.
Serait-ce nécessité d’un épiderme exceptionnellement
délicat ? Non : parmi ses proches affiliés, d’autres épidermes
non moins impressionnables que le sien ne
redoutent en rien le plein air.
Serait-ce propension inhérente à la structure anatomique,
talent imposé par les intimes poussées de
l’organisme ? Non : mon voisinage possède trois autres
Grillons (''Gryllus bimaculatus'', de Géer., ''Gryllus desertus'',
Pallas., ''Gryllus Burdigalensis'', Latr.), si ressemblants
d’aspect, de coloration, de structure avec le Grillon
champêtre, qu’un premier coup d’œil les confond
avec lui. Le premier a sa taille ou même la dépasse.
Le second le représente réduit à peu près de moitié. Le
troisième est plus petit encore. Eh bien, ces fidèles
imitations, ces sosies du Grillon champêtre, ne savent
ni l’un ni l’autre se creuser un terrier. Le Grillon bimaculé
habite les tas d’herbages pourrissant en lieux
humides ; le Grillon solitaire vagabonde dans les fissures
des mottes arides soulevées par la bêche du
jardinier ; le Grillon bordelais ne craint pas de pénétrer
dans nos habitations, où il chante discrètement<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|219}}</noinclude>en août et septembre, dans quelque recoin obscur et
frais.
Inutile de poursuivre : le non reviendrait à chacune
de nos questions. Se révélant ici et disparaissant là
malgré des organisations en tout similaires, l’instinct
ne nous dira jamais ses causes. Il dépend si peu de
l’outillage qu’aucune donnée anatomique ne peut l’expliquer,
et encore moins le faire prévoir. Les quatre
Grillons presque identiques, et dont un seul connaît l’art
du terrier, ajoutent leur témoignage aux preuves multiples
déjà données ; ils affirment d’une façon frappante
notre profonde ignorance sur l’origine des instincts.
Qui ne connaît la demeure du Grillon ! Qui, à l’âge
des ébats sur la pelouse, ne s’est arrêté devant la cabane
du solitaire ! Si léger que soit votre pas, il a entendu
votre approche, et d’un brusque recul il est descendu
au fond de sa cachette. Lorsque vous arrivez, le seuil
du manoir est désert.
Le moyen de faire sortir le disparu est connu de tous.
Une paille est introduite et doucement agitée dans le
terrier. Surpris de ce qui se passe là-haut, chatouillé,
l’insecte remonte de son appartement secret ; il s’arrête
dans le vestibule, hésite, s’informe en remuant ses fines
antennes ; il vient à la lumière, il sort, désormais facile
capture, tant les événements ont troublé sa pauvre tête.
Si, manqué une première fois et devenu plus soupçonneux,
il résiste aux titillations de la paille, l’inondation
avec un verre d’eau déloge l’obstiné.
Adorables temps du Grillon mis en cage et nourri
d’une feuille de laitue, candides chasses enfantines sur
le bord des sentiers gazonnés, je vous revois en explorant
aujourd’hui les terriers à la recherche de sujets<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|220|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>pour mes volières d’étude ; je vous retrouve presque
dans votre fraîcheur première lorsque mon compagnon,
petit Paul, déjà maître dans la tactique de la
paille, brusquement se lève après une longue lutte de
patience et d’adresse contre le récalcitrant, brandit en
l’air sa main fermée et s’écrie, tout ému : « Je l’ai,
je l’ai ! » Vite dans un cornet de papier, petit Grillon.
Tu seras choyé, mais apprends-nous quelque chose et
montre-nous d’abord ta demeure.
C’est, parmi les gramens, sur quelque pente ensoleillée,
propice au prompt écoulement des pluies, une
galerie oblique, à peine du calibre du doigt, infléchie
ou droite, suivant les exigences du terrain. Un pan au
plus mesure sa longueur.
Il est de règle qu’une touffe de gazon, respectée de
l’insecte quand il sort pour brouter la verdure voisine,
dissimule à demi le logis, lui serve d’auvent et projette
sur l’entrée une ombre discrète. Le seuil, en pente
douce, scrupuleusement ratissé et balayé, se prolonge
à quelque distance. Lorsque tout est tranquille à la
ronde, c’est sur ce belvédère que le Grillon stationne et
racle de l’archet.
L’intérieur du domicile est sans luxe, à parois nues,
non grossières cependant. De longs loisirs permettent
d’en effacer les rugosités trop déplaisantes. Au fond du
couloir est la chambre de repos, l’alcôve en cul-de-sac,
un peu mieux lissée que le reste et de diamètre légèrement
amplifié. En somme, demeure très simple, fort
propre, exempte d’humide, conforme aux besoins d’une
hygiène bien entendue. Ouvrage énorme d’ailleurs,
vrai tunnel de cyclope eu égard aux modestes moyens
d’excavation. Essayons d’assister au travail. Informons--<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|221}}</noinclude>nous aussi de l’époque où commence l’entreprise, ce
qui nous oblige de remonter à l’œuf.
Qui désirerait assister à la ponte du Grillon n’a pas à
se mettre en frais de préparatifs : il lui suffit d’un peu
de patience, qui, d’après Buffon, est le génie, et que
j’appellerai plus modestement la vertu par excellence
de l’observateur. En avril, mai au plus tard, établissons
l’insecte par couples isolés dans des pots à fleurs
avec couche de terre tassée. Les vivres consistent en
une feuille de laitue renouvelée de temps à autre. Une
lame de verre couvre le réduit et prévient l’évasion.
Des données bien curieuses sont acquises avec cette
installation sommaire, que seconde, au besoin, la cloche
en toile métallique, meilleure volière. Nous y reviendrons.
Pour le moment, surveillons la ponte, et
que notre vigilance ne laisse pas échapper l’heure favorable.
C’est dans la première semaine de juin que mes visites
assidues ont un commencement de satisfaction. Je
surprends la mère immobile, avec l’oviscapte verticalement
implanté dans le sol. Insoucieuse de l’indiscret
visiteur, longtemps elle stationne au même point. Enfin
elle retire son plantoir, efface, sans y bien insister, les
traces du trou de sonde, se repose un instant, déambule
et recommence ailleurs, d’ici, de là, dans toute l’étendue
de l’aire à sa disposition. C’est, avec des manœuvres
plus lentes, la répétition de ce que nous a montré
le Dectique. Dans les vingt-quatre heures, la ponte me
paraît terminée. Pour plus de sûreté, j’attends encore
une paire de jours.
Je fouille alors la terre du pot. Les œufs, d’un jaunepaille,
sont des cylindres arrondis aux deux bouts et<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|222|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>mesurent à peu près trois millimètres de longueur. Ils
sont isolés dans le sol, disposés suivant la verticale et
rapprochés par semis plus ou moins nombreux, correspondant
aux pontes successives. J’en trouve dans toute
l’étendue du pot, à une paire de centimètres de profondeur.
Autant que le permettent les difficultés d’une
masse de terre explorée à la loupe, j’évalue à cinq ou
six centaines la ponte d’une seule mère. Telle famille
subira certainement à bref délai énergique émondage.
L’œuf du Grillon est une petite merveille de mécanique.
Après l’éclosion, il figure un étui d’un blanc opaque,
ouvert au sommet d’un pore rond, très régulier,
sur le bord duquel adhère une calotte qui faisait opercule.
Au lieu de se rompre au hasard sous la poussée
ou sous les cisailles du nouveau-né, il s’ouvre de lui-même
suivant une ligne de moindre résistance expressément
préparée. Il convenait de voir la curieuse éclosion.
Quinze jours environ après la ponte, deux gros points
oculaires, ronds et d’un noir roussâtre, obscurcissent
le pôle antérieur. Un peu au-dessus de ces deux points,
tout au bout du cylindre, se dessine alors un subtil
bourrelet circulaire. C’est la ligne de rupture qui se
prépare. Bientôt la translucidité de l’œuf permet de
reconnaître la fine segmentation de l’animalcule. Voici
le moment de redoubler de vigilance et de multiplier
les visites, dans la matinée surtout.
La fortune aime les patients et me dédommage de
mon assiduité. Suivant le bourrelet où, par un travail
d’infinie délicatesse, s’est préparée la ligne de moindre
résistance, le bout de l’œuf, refoulé par le front de
l’inclus, se détache, se soulève et retombe de côté, ainsi<noinclude>
<references/></noinclude>
ab0fyasx2utkxcw1zgfo7m319qybxjt
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|223}}</noinclude>que le couvercle d’une mignonne fiole. Le Grillon sort,
pareil au diablotin d’une boîte à surprise.
Lui parti, la coque reste gonflée, lisse, intacte, d’un
blanc pur, avec la calotte operculaire appendue à l’embouchure.
L’œuf de l’oiseau grossièrement se casse
sous les heurts d’une verrue, venue exprès au bout du
bec du nouveau-né ; celui du Grillon, d’un mécanisme
supérieur, s’ouvre ainsi qu’un étui d’ivoire. La poussée
du front suffit pour en faire jouer la charnière.
Rivalisant de promptitude avec celle des Bousiers,
l’éclosion, que stimulent les plus belles journées de
l’année, ne met guère à l’épreuve l’attente de l’observateur.
Le solstice n’est pas encore arrivé que déjà les
dix ménages internés sous verre pour mes études sont
entourés de leur populeuse famille. La durée de l’œuf
est donc à peu près d’une dizaine de jours.
Je viens de dire que de l’étui d’ivoire à couvercle
soulevé sort le jeune Grillon. Ce n’est pas tout à fait
exact. Ce qui se présente à l’embouchure est l’animalcule
au maillot, méconnaissable encore sous une fine
gaine qui l’enserre. Je m’attendais à cette enveloppe, à
cette layette des premières heures, pour les mêmes raisons
qui me l’avaient fait prévoir au sujet du Dectique.
Le Grillon, me disais-je, naît sous terre. Lui aussi
porte très longues antennes et gigues exagérées, appendices
gênants au moment de l’exode. Il doit alors posséder
tunique de sortie.
Ma prévision, très juste en principe, ne s’est vérifiée
qu’à demi. Le Grillon naissant possède en effet une configuration
temporaire ; mais, loin d’en faire usage pour
se hisser au dehors, il se dépouille de ses nippes sur
l’embouchure même de l’œuf.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|224|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
À quelles circonstances attribuer cette exception ?
Peut-être à celle-ci. Avant d’éclore, l’œuf du Grillon ne
séjourne en terre que peu de jours ; celui du Dectique
y séjourne huit mois. Le premier, sauf de rares exceptions
en une saison vouée à la sécheresse, gît sous une
mince couche de terre aride, poudreuse, sans résistance ;
le second repose, au contraire, dans un milieu qui,
tassé par les longues pluies de l’automne et de l’hiver,
doit présenter difficultés sérieuses.
En outre, le Grillon est plus courtaud que le Dectique,
moins guindé sur échasses. Tels seraient, semble-t-il,
las motifs de la différence entre les deux insectes sous
le rapport de la méthode d’émersion. Né plus profondément
sous une couche tassée, le Dectique a besoin
d’une casaque libératrice, dont peut se passer le Grillon,
moins encombré, plus voisin de la surface et n’ayant
à traverser qu’une couche poudreuse.
À quoi bon alors le maillot que ce dernier rejette
aussitôt l’embouchure de l’œuf franchie ? À cette question,
je répondrai par une autre : à quoi bon les deux
moignons blancs, les deux pâles ébauches d’ailes que
le Grillon possède sous les élytres, converties en vaste
appareil sonore ? C’est si mesquin, si débile, que l’insecte
n’en fait certainement aucun usage, pas plus que le
Chien ne tire utilité de son pouce, appendu inerte à
l’arrière de la patte.
Pour des raisons de symétrie, on peint parfois, sur les
murs d’une habitation, des simulacres de fenêtre qui
font pendant à des fenêtres réelles. Ainsi le veut l’ordre,
suprême condition du beau. De même la vie a ses symétries,
ses répétitions d’un prototype général. Quand elle
supprime un organe, devenu sans emploi, elle en laisse<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|225}}</noinclude>des vestiges qui maintiennent l’arrangement fondamental.
Le pouce rudimentaire du Chien affirme la patte à
cinq doigts, caractéristique des animaux supérieurs ; les
moignons alaires du Grillon témoignent de l’insecte
apte au vol réglementairement ; la mue subie sur le seuil
de l’œuf est réminiscence du maillot nécessaire à la
difficultueuse sortie des locustiens nés sous terre. Ce
sont des superfluités de symétrie, des restes d’une loi
tombée en désuétude, mais non abrogée.
Aussitôt dépouillé de sa fine tunique, le jeune Grillon,
tout pâle, presque blanc, s’escrime contre la terre
qui le surmonte. Il cogne de la mandibule ; il balaye, il
refoule en arrière par des ruades l’obstacle poudreux, de
résistance nulle. Le voici à la surface, dans les joies
du soleil et dans les périls de la mêlée des vivants, lui
si débile, guère plus gros qu’une puce. En vingt-quatre
heures, il se colore et devient superbe négrillon dont
i’ébène rivalise avec celle de l’adulte. De sa pâleur initiale
il lui reste un blanc ceinturon qui cerne la poitrine
et fait songer à la lisière de la prime enfance.
Très alerte, il sonde l’espace avec ses longues antennes
vibrantes ; il trottine, il bondit par élans que ne lui
permettra plus l’obésité future. C’est l’âge aussi des délicatesses
stomacales. Que lui faut-il pour nourriture ?
Je ne sais. Je lui offre le régal de l’adulte, la tendre
feuille de laitue. Il dédaigne d’y mordre, ou peut-être
ses bouchées m’échappent, tant elles sont petites.
En peu de jours, avec mes dix ménages, je me vois
accablé de charges de famille. Que faire de mes cinq à
six milliers de Grillons, gracieux troupeau certes, mais
d’éducation impraticable dans mon ignorance des soins<noinclude>
<references/>
{{d|13}}</noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|226|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>réclamés ? Je vous donnerai la liberté, ô mes gentilles
bestioles ; je vous confierai à la souveraine éducatrice,
la nature.
Ainsi est-il fait. De-çà, de-là, aux meilleurs endroits,
je lâche mes légions dans l’enclos. Quel concert devant
ma porte, l’an prochain, si tous viennent à bien ! Mais
non : la symphonie sera probablement silence, car va
venir le féroce émondage amené par la fécondité de la
mère. Quelques couples survivant à l’extermination,
c’est tout ce qu’il est permis d’attendre.
Comme au sujet des jeunes Mantes religieuses, les
premiers accourus à cette manne et les plus ardents au
brigandage sont le petit lézard gris et la fourmi. Cette
dernière, odieux flibustier, ne me laissera pas, je le
crains, un seul Grillon dans le jardin. Elle happe les
pauvrets, les éventre, frénétiquement les gruge.
Ah ! la satanée bête ! Et dire que nous la mettons au
premier rang ! Les livres la célèbrent, ne tarissent en
éloges sur son compte ; les naturalistes la tiennent en
haute estime et chaque jour ajoutent à sa réputation ;
tant il est vrai que, chez l’animal comme chez l’homme,
des divers moyens d’avoir une histoire le plus sûr est
de nuire.
Nul ne s’informe du Bousier et du Nécrophore, précieux
assainisseurs ; et chacun connaît le Cousin, buveur
de sang ; la Guêpe, irascible spadassin, à dague empoisonnée ;
la Fourmi, malfaisante insigne qui, dans les
villages du Midi, mine et met en péril les solives d’une
habitation avec la même fougue qu’elle vide une figue.
Sans que je m’en mêle autrement, chacun trouvera,
dans les archives humaines, des exemples similaires
de l’utile méconnu et du calamiteux glorifié.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|227}}</noinclude><nowiki />
De la part des Fourmis et autres exterminateurs, le
massacre est tel que mes colonies de l’enclos, si populeuses
au début, ne me permettent pas de continuer. Il
me faut recourir aux renseignements du dehors.
En août, parmi les détritus de feuilles, dans les
petites oasis où la canicule n’a pas en plein brûlé la
pelouse, je trouve le jeune Grillon déjà grandelet, tout
noir comme l’adulte, sans vestige aucun du ceinturon
blanc des premiers jours. Il n’a pas de domicile. L’abri
d’une feuille morte, le couvert d’une pierre plate, lui
suffisent, tentes de nomade insoucieux du point où il
prendra repos.
Jusque vers le milieu de l’automne, le vagabondage
persiste. C’est alors que le Sphex à ailes jaunes pourchasse
les errants, proie facile, et emmagasine sous
terré des bourriches de Grillons. Il décime les survivants
de l’extermination par les Fourmis. Une demeure
fixe, creusée quelques semaines avant l’époque usitée,
préserverait des ravisseurs. Les éprouvés n’y songent.
La dure expérience des siècles ne leur a rien appris.
Assez vigoureux déjà pour l’excavation d’un clapier
protecteur, ils restent invinciblement fidèles aux antiques
usages, ils pérégrinent, dût le Sphex poignarder le
dernier de leur race.
C’est sur la fin d’octobre, à l’approche des premiers
froids, que le terrier est entrepris. Le travail est très
simple, d’après le peu que m’apprend l’observation de
l’insecte sous cloche. Jamais la fouille ne se fait en un
point dénudé de l’enceinte ; c’est toujours sous l’auvent
d’une feuille fanée de laitue, reste des vivres servis.
Ainsi se remplace le rideau de gazon indispensable au
mystère de l’établissement.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|228|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Le mineur gratte avec les pattes antérieures ; il fait
emploi des pinces mandibulaires pour extraire les
graviers volumineux. Je le vois trépigner de ses fortes
pattes d’arrière, à double rangée d’épines ; je le vois
râteler, balayer à reculons les déblais et les étaler en
un plan incliné. Toute la méthode est là.
Le travail marche d’abord assez vite. Dans le sol facile
de mes volières, en une séance d’une paire d’heures,
l’excavateur disparaît sous terre. Par intervalles,
il revient à l’orifice, toujours à reculons et toujours
balayant. Si la fatigue le gagne, il stationne sur le seuil
du logis ébauché, la tête en dehors, les antennes mollement
vibrantes. Il rentre, il reprend la besogne des
pinces et des râteaux. Bientôt les repos se prolongent
et lassent ma surveillance.
Le plus pressé est fait. Avec une paire de pouces, le
gîte suffit aux besoins du moment. Le reste sera ouvrage
de longue haleine, repris à loisir, un peu chaque
jour, rendu plus profond et plus large à mesure que
l’exigent les rudesses de la saison et la croissance de
l’habitant. L’hiver même, si le temps est doux, si le
soleil rit à l’entrée de la demeure, il n’est pas rare de
surprendre le Grillon amenant au dehors des déblais,
signe de réparation et de nouvelles fouilles. Au milieu
des joies printanières se poursuit encore l’entretien
de l’immeuble, constamment restauré, perfectionné
jusqu’au décès du propriétaire.
Avril finit, et le chant commence, rare d’abord et par
solos discrets, bientôt symphonie générale où chaque
motte de gazon a son exécutant. Je mettrais volontiers
le Grillon en tête des choristes du renouveau. Dans
nos garrigues, lors des fêtes du thym et de la lavande en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE TERRIER. — L’ŒUF|229}}</noinclude>fleur, il a pour associée l’Alouette huppée, fusée lyrique
qui monte, le gosier gonflé de notes, et de là-haut,
invisible dans les nuées, verse sur les guérets sa douce
cantilène. D’en bas lui répond la mélopée des Grillons.
C’est monotone, dépourvu d’art, mais combien conforme,
par sa naïveté, à la rustique allégresse des choses
renouvelées ! C’est l’hosanna de l’éveil, le saint
alléluia compris du grain qui germe et de l’herbe qui
pousse. En ce duo, à qui la palme ? Je la donnerais au
Grillon. Il domine par son nombre et sa note continue.
L’Alouette se tairait, que les champs glauques des
lavandes, balançant au soleil leurs encensoirs camphrés,
recevraient de lui seul, le modeste, solennelle
célébration.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Narilora" /></noinclude><nowiki />
{{Centré|XIV|fs=140%|m=2em}}
{{Centré|LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|fs=90%|mb=2em}}
Voici que l’anatomie intervient et dit brutalement
au Grillon : « Montre-nous ton engin à musique. » — Il
est très simple, comme toute chose de réelle valeur ; il
est basé sur les mêmes principes que celui des locustiens :
archet à crémaillère et pellicule vibrante.
L’élytre droite chevauche sur l’élytre gauche et la recouvre
presque en entier, moins le brusque repli qui
emboîte le flanc. C’est l’inverse de ce que nous montrent
la Sauterelle verte, le Dectique, l’Éphippigère et leurs
apparentés. Le Grillon est droitier, les autres sont gauchers.
Les deux élytres ont également même structure.
Connaître l’une, c’est connaître l’autre. Décrivons celle
de droite. — Elle est presque plane sur le dos et brusquement
déclive sur le côté par un pli à angle droit, qui
cerne l’abdomen d’un aileron à fines nervures obliques
et parallèles. Sa lame dorsale a des nervures robustes,
d’un noir profond dont l’ensemble forme un dessin
compliqué, bizarre, ayant quelque ressemblance avec
un grimoire de calligraphie arabe.
Vue par transparence, elle est d’un roux très pâle,
sauf deux grands espaces contigus, l’un plus grand,
antérieur et triangulaire, l’autre moindre, postérieur<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|231}}</noinclude>et ovale. Chacun est encadré d’une forte nervure et
gaufré de légères rides. Le premier porte en outre
quatre ou cinq chevrons de consolidation ; le second, un
seul courbé en arc. Ces deux espaces représentent le
miroir des locustiens ; ils constituent l’étendue sonore.
Leur membrane est, en effet, plus fine qu’ailleurs et
hyaline, quoique un peu enfumée.
Le quart antérieur, lisse et légèrement lavé de roux,
est limité en arrière par deux nervures courbes, parallèles,
laissant entre elles une dépression où sont rangés
cinq ou six petits plis noirs semblables aux barreaux
d’une minuscule échelle. Sur l’élytre gauche, exacte répétition
de la droite. Ces plis constituent les nervures
de friction qui rendent l’ébranlement plus intense en
multipliant les points d’attaque de l’archet.
À la face inférieure, l’une des nervures, limitant la
dépression à échelons, devient une côte taillée en crémaillère.
Voilà l’archet. J’y compte environ 150 dents
ou prismes triangulaires d’une exquise perfection géométrique.
Bel instrument en vérité, bien supérieur à celui du
Dectique. Les cent cinquante prismes de l’archet mordant
sur les échelons de l’élytre opposée ébranlent à la
fois les quatre tympanons, ceux d’en bas par la friction
directe, ceux d’en haut par la trépidation de l’outil frictionneur.
Aussi quelle puissance de son ! Le Dectique,
doué d’un seul et mesquin miroir, s’entend tout juste
à quelques pas ; le Grillon, possesseur de quatre aires
vibrantes, lance à des cent mètres son couplet.
Il rivalise d’éclat avec la Cigale, sans en avoir la déplaisante
raucité. Mieux encore : le privilégié connaît
la sourdine d’expression. Les élytres, disons-nous, se<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|232|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>prolongent chacune sur le flanc en un large rebord.
Voilà les étouffoirs qui, plus ou moins rabattus, modifient
l’intensité sonore et permettent, suivant l’étendue
de leur contact avec les mollesses du ventre, tantôt
chant à mi-voix et tantôt chant dans sa plénitude.
L’exacte parité des deux élytres mérite attention. Je
vois très bien le rôle de l’archet supérieur et celui des
quatre aires sonores qu’il ébranle ; mais à quoi bon
l’archet inférieur, celui de l’aile gauche ? Ne reposant
sur rien, il manque de point d’attaque pour sa crémaillère,
dentelée avec le même soin que l’autre. Il est absolument
inutile, à moins que l’appareil n’intervertisse
l’ordre de ses deux pièces et ne mette dessus ce qui
était dessous.
Après cette inversion, la parfaite symétrie de l’instrument
reproduirait en tout le mécanisme nécessaire,
et l’insecte serait apte à striduler de sa crémaillère actuellement
sans emploi. De son archet inférieur devenu
supérieur, il raclerait comme d’habitude, et le chant
resterait le même.
Cette permutation est-elle dans ses moyens ? L’insecte
peut-il, tour à tour, se servir de l’une ou de l’autre
crémaillère et alterner la fatigue, condition propice
à la durée du chant ? Se trouve-t-il au moins des Grillons
gauchers de façon permanente ?
Je m’y attendais, autorisé par la rigoureuse symétrie
des élytres. L’observation m’a convaincu du contraire.
Je n’ai jamais surpris un Grillon qui ne se conformât
à la règle générale. Tous ceux que j’ai examinés, et ils
sont nombreux, portaient, sans une seule exception,
l’élytre droite sur la gauche.
Essayons d’intervenir et de réaliser par artifice ce que<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|233}}</noinclude>les conditions naturelles nous refusent. Du bout des
pinces, sans violence bien entendu, sans entorse, je fais
prendre aux élytres une superposition inverse, résultat
obtenu sans difficulté avec un peu d’adresse et de patience.
C’est fait. Tout est bien en ordre. Pas de luxation
aux épaules, pas de pli aux membranes. En l’état
normal, les choses ne sont pas mieux disposées.
Avec son instrument interverti, le Grillon va-t-il
chanter ? Je l’espérais presque, tant les apparences
étaient engageantes. Je fus bientôt tiré d’erreur. Après
quelques instants de calme, l’insecte, que cette inversion
incommode, fait effort et remet l’instrument dans
l’ordre réglementaire. Vainement je recommence ; son
obstination triomphe de la mienne. Les élytres déplacées
reviennent toujours à leur arrangement normal. Il
n’y a rien à faire dans cette voie.
Serai-je plus heureux en m’y prenant alors que les
élytres sont naissantes ? À l’heure actuelle, ce sont des
membranes rigides, rebelles aux modifications. Le pli
est pris, et c’est au début qu’il faut manipuler l’étoffe.
Que nous apprendront des organes tout neufs, plastiques
encore, intervertis dès leur apparition ? La chose
mérite d’être expérimentée.
À cet effet, je m’adresse à la larve et j’épie le moment
de sa métamorphose, sorte de seconde naissance. Les
ailes et les élytres futures lui forment quatre menues
basques qui, par leur forme, leur brièveté, leur divergence,
font songer au veston court des fromagers de
l’Auvergne. Prodigue d’assiduité si je ne veux manquer
l’instant propice, j’ai enfin la chance d’assister au
dépouillement. Dans les premiers jours de mai, vers
les onze heures du matin, une larve rejette, sous mes<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|234|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>yeux, sa rustique défroque. Le Grillon transformé est
alors d’un rouge marron, sauf les élytres et les ailes,
qui sont d’un beau blanc.
Récemment sorties de leurs étuis, ailes et élytres se
réduisent, les unes et les autres, à de brefs moignons
chiffonnés. Les premières restent, ou peu s’en faut, dans
cet état rudimentaire. Les secondes petit à petit s’amplifient,
se déploient, s’étalent ; leurs bords internes,
d’un mouvement trop lent pour être perçu, vont au-devant
l’un de l’autre, sur le même plan, au même niveau.
Aucun indice ne permet de dire laquelle des deux
élytres chevauchera sur l’autre. Voici que les deux
bords se touchent. Encore quelques instants, et le bord
droit passera sur le bord gauche. C’est le moment d’intervenir.
Avec un fétu de paille, je change doucement l’ordre
de superposition ; j’engage le bord gauche sur le bord
droit. L’insecte proteste un peu, dérange ma combinaison.
J’insiste avec tous les ménagements possibles,
crainte de compromettre des organes si tendres, qui
semblent taillés dans une feuille de papier très fin et
mouillé. Plein succès : l’élytre gauche s’avance sur la
droite, mais de bien peu encore, un millimètre à peine.
Laissons faire : les choses marcheront désormais toutes
seules.
Elles marchent effectivement à souhait. Toujours
s’étalant, l’élytre gauche finit par recouvrir en entier
l’autre. Vers les trois heures de l’après-midi, le Grillon
a passé du rougeâtre au noir, mais les élytres sont toujours
blanches. Encore une paire d’heures, et celles-ci
posséderont la coloration normale.
C’est fini. Les élytres ont mûri dans l’arrangement<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|235}}</noinclude>artificiel ; elles se sont étalées et moulées suivant mes
desseins ; elles ont pris ampleur et consistance, elles
sont nées, pour ainsi dire, dans un ordre de superposition
inverse. En l’état, le Grillon est gaucher. Le restera-t-il
définitivement ? Il me le semble, et mon espoir
s’accroît le lendemain et le surlendemain, car les élytres
persistent, sans trouble aucun, dans leur arrangement
insolite. Je m’attends à voir bientôt l’artiste jouer de
cet archet dont les membres de sa famille ne font jamais
emploi. Ma surveillance redouble pour assister à
l’essai du violon.
Le troisième jour, débuts du novice. Quelques brefs
grincements s’entendent, bruit de machine détraquée
qui remet ses rouages dans l’ordre requis. Puis le
chant commence avec son timbre et son rythme habituels.
Voile-toi la face, inepte expérimentateur, trop confiant
dans la malice de ton coup de paille ! Tu croyais
avoir créé un instrumentiste d’un nouveau genre : tu
n’as rien obtenu du tout. Le Grillon a déjoué tes combinaisons :
il racle de l’archet droit, il en raclera toujours.
D’un effort douloureux il s’est disloqué les épaules,
mûries, durcies à contresens ; malgré un moulage
qui semblait définitif, il a replacé dessous ce qui doit
être dessous, et dessus ce qui doit être dessus. Ta pauvre
science voulait en faire un gaucher. Il nargue tes
artifices et s’établit droitier.
Franklin a laissé un éloquent plaidoyer en faveur de
la main gauche, qui mériterait, autant que sa sœur la
main droite, apprentissage soigné. Quel immense avantage
d’avoir ainsi deux serviteurs d’égale habileté ! Certes
oui, mais, à part quelques rares exemples, est-elle<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|236|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>bien possible, cette parité des deux mains dans la force
et l’adresse ?
Non, nous répond le Grillon : il y a dans le côté gauche
une faiblesse originelle, un défaut de pondération
que l’habitude et l’éducation peuvent corriger dans une
certaine mesure sans parvenir à les jamais faire totalement
disparaître. Façonnée par une éducation qui la
prend à sa naissance et la moule, la solidifie au-dessus
de l’autre, l’élytre gauche ne revient pas moins au-dessous
lorsque l’insecte veut chanter. Quant à la cause
de cette originelle infériorité, c’est à l’embryogénie de
nous le dire.
Mon échec affirme que, même secondée par le secours
de l’art, l’élytre gauche est incapable de faire
usage de son archet. Dans quel but alors cette crémaillère
dont l’exquise précision ne le cède en rien à celle
de l’autre ? On pourrait invoquer des raisons de symétrie,
faire intervenir la répétition d’un plan prototype,
comme je le faisais tantôt, faute de mieux, au sujet de
la dépouille que le jeune Grillon laisse sur l’embouchure
de son étui ovulaire ; mais, je préfère l’avouer, ce
ne serait là qu’un semblant d’explication, un leurre par
de grands mots.
Viendraient, en effet, le Dectique, la Sauterelle et les
autres locustiens, qui nous montreraient leurs élytres,
l’une avec l’archet seulement, l’autre avec le miroir, et
nous diraient : « Pourquoi la symétrie au Grillon, notre
proche allié, et à nous tous locustiens, tant que nous
sommes, la non-symétrie ? » À leur objection, aucune
réponse valable. Confessons notre ignorance et disons
humblement : « Je ne sais. » Pour acculer au pied du mur
la superbe de nos théories, l’aile d’un moucheron suffit.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|237}}</noinclude><nowiki />
Assez sur l’instrument ; écoutons sa musique. C’est
au seuil du logis, dans les allégresses du soleil, jamais
à l’intérieur que chante le Grillon. Les élytres, relevées
en double plan incliné et ne se recouvrant alors qu’en
partie, stridulent leur ''cri-cri'' avec des douceurs de
trémolo. C’est plein, sonore, bien cadencé et de durée
indéfinie. Ainsi se charment, tout le printemps, les loisirs
de la solitude. L’anachorète chante d’abord pour
lui. Enthousiasmé de vivre, il célèbre le soleil qui le
visite, le gazon qui le nourrit, la paisible retraite qui
l’abrite. Dire les félicités de la vie est le premier mobile
de son archet.
Le solitaire chante aussi pour les voisines. Curieuse
scène, ma foi, que les noces du Grillon, s’il était possible
d’en suivre les détails hors des troubles de la captivité.
Chercher l’occasion serait ici peine perdue, tant
l’insecte est craintif. Il faut l’attendre. La trouverai-je
un jour ? L’extrême difficulté ne me fait pas désespérer.
Pour le moment contentons-nous de ce que nous apprennent
le probable et la volière.
Les deux sexes sont domiciliés à part et tous les
deux casaniers à l’extrême. À qui revient de se déplacer ?
L’appelant va-t-il trouver l’appelée ? est-ce l’appelée
qui vient chez l’appelant ? Si, dans la pariade, le son
est le seul guide entre demeures largement distantes,
il est de nécessité que la muette aille au rendez-vous
du bruyant. Mais pour sauver la bienséance et pour me
conformer d’ailleurs à ce que m’apprend l’insecte captif,
je me figure que le Grillon a des moyens spéciaux qui
le guident vers la Grillonne silencieuse.
Quand et comment se fait la rencontre ? Je soupçonne
que les choses se passent aux discrètes lueurs du cré-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|238|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>puscule du soir et sur le seuil du logis de la belle, en
cette esplanade sablée, en cette cour d’honneur qui précède
l’entrée.
Tel voyage, de nuit, à quelque vingt pas de distance,
est pour le Grillon grave entreprise. Son pèlerinage accompli,
comment retrouvera-t-il sa demeure, lui casanier,
inexpert en topographie ? Regagner ses pénates
doit lui être impossible. Il erre, je le crains, à l’aventure,
sans gite. Faute de temps et de courage pour se creuser
un nouveau terrier, sa sauvegarde, il périt misérablement,
savoureuse bouchée du Crapaud en ronde
nocturne. Sa visite à la Grillonne l’a exproprié, l’a tué.
Que lui importe ! il a accompli son devoir de Grillon.
Ainsi je vois les événements en combinant le probable
de la pleine campagne avec le réel de la volière.
J’ai sous la même cloche plusieurs couples. En général
mes captifs s’abstiennent de se creuser une demeure.
L’heure est passée des longs espoirs et des longues
entreprises. On vagabonde dans l’enceinte, insoucieux
d’un logis fixe ; on se blottit sous le couvert d’une feuille
de laitue.
La paix règne dans la chambrée tant que n’éclate pas
l’instinct batailleur de la pariade. Alors, entre prétendants,
les rixes sont fréquentes, vives, mais sans gravité.
Les deux rivaux se dressent l’un contre l’autre,
se mordent au crâne, solide casque à l’épreuve des
tenailles, se roulent, se relèvent, se quittent. Le vaincu
détale au plus vite ; le vainqueur l’insulte d’un couplet
de bravoure ; puis, modérant le ton, il vire, revire autour
de la convoitée.
Il fait le beau, le soumis. D’un coup de doigt, il ramène
une antenne sous les mandibules, pour la friser,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|239}}</noinclude>l’enduire de cosmétique salivaire. De ses longues pattes
d’arrière, éperonnées et galonnées de rouge, il trépigne
d’impatience, il lance des ruades dans le vide. L’émotion
le rend muet. Ses élytres, en rapide trépidation
néanmoins, ne sonnent plus ou ne rendent qu’un bruit
de frôlement désordonné.
Vaine déclaration. La Grillonne court se cacher dans
un repli de salade. Elle écarte un peu le rideau cependant,
et regarde, et désire être vue.
{{poem|
{{lang|la|Et fugit ad salices, et se cupit ante videri, }}
|fs=90%|m=1em}}
{{SA|disait délicieusement l’églogue, il y a deux mille ans.
Saintes agaceries des amours, comme vous êtes partout
les mêmes ! }}
Le chant reprend, entrecoupé de silences et de trémolos
à mi-voix. Fléchie par tant de passion, Galatée,
la Grillonne je veux dire, sort de sa cachette. L’autre
vient à sa rencontre, brusquement fait volte-face, lui
tourne le dos et s’aplatit le ventre contre terre. Rampant
à reculons, il essaye à diverses reprises de se glisser
dessous. La singulière manœuvre du recul aboutit
enfin. Doucement, petit, doucement ! Aplati et discret,
tu parviens à t’insinuer. Nous y sommes. Le couple
est formé. Un spermatophore, granule moindre qu’une
tête d’épingle, est appendu en lieu requis. Les pelouses
auront leurs grillons l’an prochain.
La ponte suit de près. Alors la cohabitation par
couples dans une enceinte amène fréquemment des
querelles de ménage. Le père est battu, estropié ; son
violon est mis en loques. Hors de mes loges, dans la
liberté des champs, le persécuté peut fuir ; et il le fait
apparemment, non sans raison.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|240|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Cela donne à réfléchir, que cette aversion féroce de la
mère contre le père, même chez les plus pacifiques. Le
chéri de tantôt, s’il tombe sous la dent de la belle, est
quelque peu mangé ; il ne se retire des dernières entrevues
qu’avec les pattes amputées, les élytres dépenaillées.
Locustes et Grillons, représentants attardés
d’un vieux monde, nous disent que le mâle, rouage secondaire
dans la mécanique primitive de la vie, doit à
bref délai disparaître et laisser la place libre à la vraie
génératrice, la vraie laborieuse, la mère.
Que plus tard, dans les séries plus élevées, parfois
même chez l’insecte, un rôle de collaborateur lui
revienne, rien de mieux : la famille ne pourra qu’y
gagner. Mais le Grillon n’en est pas encore là, fidèle
qu’il est aux antiques traditions. Donc le désiré de la
veille devient objet odieux, que l’on malmène, que l’on
éventre en le dégustant.
Même libre de fuir son acariâtre compagne, le Grillon
hors de service ne tarde pas à périr, tué par la vie.
En juin tous mes captifs succombent, les uns de mort
naturelle, les autres de mort violente. Quelque temps
les mères survivent au milieu de leur famille éclose.
Mais, le célibat aidant, les choses se passent d’autre façon :
les mâles jouissent alors d’une longévité remarquable.
Voici les faits.
On dit que les Grecs, passionnés de musique, élevaient
des Cigales en cage pour mieux jouir de leur
chant. Je me permets de ne pas en croire un mot. D’abord
l’aigre cliquetis des Cigales, longtemps prolongé
dans un étroit voisinage, est un supplice pour une
oreille quelque peu délicate. Les Grecs avaient l’ouïe
trop bien disciplinée pour se complaire à de telles rau-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|241}}</noinclude>cités en dehors du concert général des champs, entendu
à distance.
En second lieu, il est absolument impossible d’élever
en captivité des Cigales, à moins de mettre sous cloche
un olivier, un platane, ce qui fournirait une volière
d’installation peu commode sur le rebord d’une fenêtre.
Pour une journée de séjour dans une enceinte peu
spacieuse, l’insecte aux grands essors se laisse mourir
d’ennui.
N’aurait-on pas confondu le Grillon avec la Cigale,
comme on le fait aussi de la Sauterelle verte ? Le Grillon,
à la bonne heure. En voilà un qui gaiement supporte
la captivité : ses habitudes casanières l’y prédisposent.
Dans une cage pas plus grosse que le poing,
pourvu qu’on lui serve chaque jour sa feuille de salade,
il vit heureux et ne cesse de bruire. N’est-ce pas lui que
les gamins d’Athènes élevaient en de mignons treillis
appendus contre le cadre d’une fenêtre ?
Leurs successeurs de la Provence, et de tout le Midi
d’ailleurs, ont conservé ces goûts. Dans les villes, c’est
pour l’enfant un trésor que la possession d’un Grillon.
L’insecte, amoureusement choyé, lui parle dans sa
chansonnette des naïves joies de la campagne. Sa mort
est un petit deuil pour la maisonnée.
Eh bien, ces reclus, ces célibataires obligés, deviennent
des patriarches. Lorsque leurs compères des pelouses
depuis longtemps ont succombé, eux, toujours
dispos, chantent jusqu’en septembre. Avec trois mois
de plus, long espace de temps, ils doublent leur durée
sous la forme adulte.
La cause de cette longévité est évidente. Rien n’use
comme la vie. Les Grillons libres ont gaillardement<noinclude>
<references/>
{{d|16}}</noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|242|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>dépensé avec les voisines leurs réserves d’énergie ; ils
ont dépéri d’autant plus vite qu’ils se consumaient
d’une ardeur plus intense. Les autres, les incarcérés,
menant vie très calme, ont acquis surcroît de durée
par la privation forcée de joies trop dispendieuses.
N’ayant pas accompli leur devoir final de Grillon,
ils se sont obstinés à vivre jusqu’aux limites du possible.
Les trois autres Grillons de mon voisinage, sommairement
étudiés, ne m’ont rien appris de quelque intérêt.
Sans domicile fixe, sans terrier, ils vagabondent
d’un abri provisoire à l’autre, qui sous les herbages
desséchés, qui dans les fissures des mottes. Pour tous,
l’appareil sonore est celui du Grillon champêtre, avec
de légères variantes de détail. De part et d’autre, le
chant se ressemble beaucoup, abstraction faite du degré
d’ampleur. Le plus petit de la famille, le Grillon bordelais,
stridule devant ma porte, sous le couvert des
bordures de buis. Il s’aventure jusque dans les recoins
sombres de la cuisine, mais son chant est si faible qu’il
faut une oreille très attentive pour l’entendre et reconnaître
enfin le point où l’insecte s’est blotti.
Ici nous manque le Grillon domestique, hôte des
boulangeries et des foyers ruraux. Mais si, dans mon
village, les crevasses sous la plaque des cheminées sont
muettes, en compensation les nuits estivales emplissent
la campagne d’une charmante mélopée peu connue dans
le Nord. Le printemps, aux heures du plein soleil, a
pour symphoniste le Grillon champêtre ; l’été, dans le
calme des nuits, a l’Œcanthe pellucide ou Grillon d’Italie
(Œcanthus pellucens'', Scop.). L’un diurne et l’autre
nocturne, ils se partagent la belle saison. A l’époque<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|243}}</noinclude>où cesse le chant du premier, ne tarde pas à commencer
la sérénade de l’autre.
Le Grillon d’Italie n’a pas le costume noir et les formes
lourdes caractéristiques de la série. C’est, au contraire,
un insecte fluet, débile, tout pâle, presque blanc,
comme il convient à des habitudes nocturnes. On craint
de l’écraser rien qu’en le prenant entre les doigts. Sur
les arbustes de toute nature, sur les hautes herbes, il
mène vie aérienne, et rarement descend à terre. Son
chant, gracieux concert des soirées calmes et chaudes,
de juillet jusqu’en octobre, commence au coucher du
soleil et se continue la majeure partie de la nuit.
Ce chant est ici connu de tous, car le moindre fourré
de broussailles a son groupe de symphonistes. Il résonne
même dans les greniers où parfois l’insecte
s’égare, amené par les fourrages. Mais personne, tant
les mœurs du pâle Grillon sont mystérieuses, ne sait
exactement la provenance de la sérénade, que l’on
rapporte, bien à tort, au vulgaire Grillon, à cette époque
tout jeune et muet.
La chanson est un ''Gri-i-i, Gri-i-i'' lent et doux, rendu
plus expressif par un léger chevrotement. À l’entendre,
on devine l’extrême finesse et l’ampleur des membranes
vibrantes. Si rien ne trouble l’insecte, établi sur le
bas feuillage, le son ne varie ; mais au moindre bruit,
l’exécutant se fait ventriloque. Vous l’entendiez là, tout
près, devant vous, et voici que soudain vous l’entendez
là-bas, à vingt pas, continuant son couplet assourdi
par la distance.
Vous y allez. Rien. Le son arrive du point primitif.
Ce n’est pas encore cela. Le son vient cette fois de
gauche, à moins que ce ne soit de droite, si ce n’est<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|244|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>d’arrière. Indécision complète, impuissance de s’orienter
par l’ouïe vers le point où stridule l’insecte. Il faut
une belle dose de patience et de minutieuses précautions
pour capturer le chanteur à la clarté d’une lanterne.
Les quelques sujets pris dans ces conditions et
mis en volière m’ont fourni le peu que je sais sur le
virtuose qui déroute si bien notre oreille.
Les élytres sont l’une et l’autre formées d’une ample
membrane aride, diaphane, aussi fine qu’une blanche
pellicule d’oignon, et apte à vibrer dans toute son étendue.
Leur forme est celle d’un segment de cercle atténué
au bout supérieur. Ce segment se replie à angle
droit suivant une forte nervure longitudinale et descend
en un rebord qui cerne le flanc de l’insecte dans
l’attitude du repos.
L’élytre droite se superpose à celle de gauche. Son
bord interne porte en dessous, près de la base, une
callosité d’où partent cinq nervures rayonnantes, deux
dirigées vers le haut, deux vers le bas, et la cinquième
à peu près transversale ; cette dernière, légèrement
rousse, est la pièce fondamentale, enfin l’archet,
comme le démontrent les fines dentelures dont elle est
gravée en travers. Le reste de l’élytre présente quelques
autres nervures de moindre importance, qui tiennent
la membrane tendue sans faire partie de l’appareil
de friction.
L’élytre gauche, ou inférieure, a la même structure,
avec cette différence que l’archet, la callosité et les nervures
qui en rayonnent occupent maintenant la face
d’en haut. On constate en outre que les deux archets,
celui de droite et celui de gauche, se croisent obliquement.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|245}}</noinclude><nowiki />
Lorsque le chant a son plein éclat, les élytres, tenues
hautement relevées et pareilles à une ample voilure
de gaze, ne se touchent que par le bord interne.
Alors les deux archets engrènent obliquement l’un sur
l’autre, et leur mutuelle friction engendre l’ébranlement
sonore des deux membranes tendues.
Le son doit se modifier suivant que les coups de
râpe de chaque archet se portent sur la callosité, elle-même
rugueuse, de l’élytre opposée, ou bien sur l’une
des quatre nervures lisses et rayonnantes. Ainsi s’expliqueraient
en partie les illusions produites par un chant
qui semble venir d’ici, de là, d’ailleurs, lorsque l’insecte
craintif se méfie.
L’illusion des sons faibles ou forts, éclatants ou
étouffés, et par suite de la distance, ressource principale
de l’art du ventriloque, a une autre source, facile
à découvrir. Pour les sons éclatants, les élytres sont
en plein relevées ; pour les sons étouffés, elles sont
plus ou moins abaissées. Dans cette dernière pose, leur
rebord externe se rabat à des degrés divers sur les
flancs mous de l’insecte, ce qui diminue d’autant l’étendue
de la partie vibrante et en affaiblit le son.
L’approche ménagée du doigt étouffe l’éclat d’un
verre qui tinte, et le change en un son voilé, indécis,
qui sembe venir du lointain. Le blême grillon connaît
ce secret d’acoustique. Il égare qui le recherche en appliquant
sur les mollesses du ventre le rebord de ses
lames vibrantes. Nos instruments musicaux ont leurs
étouffoirs, leurs sourdines ; celui de l’Œcanthe pellucide
rivalise avec eux et les dépasse en simplicité de
moyens, en perfection de résultats.
Le Grillon champêtre et ses congénères font usage,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|246|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>eux aussi, de la sourdine au moyen du rebord des
élytres emboîtant le ventre plus haut ou plus bas ;
mais aucun ne retire de cette méthode des effets aussi
fallacieux que ceux du Grillon d’Italie.
À cette illusion des distances, source de petites surprises
renouvelées pour le moindre bruit de nos pas,
s’ajoute la pureté du son, en doux trémolo. Je ne connais
pas de chant d’insecte plus gracieux, plus limpide
dans le calme profond des soirées du mois d’août. Que
de fois, ''{{lang|la|per amica silentia lunæ}}'', me suis-je couché
à terre, contre un abri de romarins, pour écouter le
délicieux concert de l’Harmas !
Le Grillon nocturne pullule dans l’enclos. Chaque
touffe de ciste à fleurs rouges a son orphéoniste ; chaque
bouquet de lavande possède le sien. Les arbousiers
touffus, les térébinthes, deviennent des orchestres.
Et de sa gentille voix claire, tout ce petit monde s’interroge,
se répond d’un arbuste à l’autre ; ou plutôt,
indifférent aux cantilènes d’autrui, célèbre pour lui
seul ses allégresses.
Là-haut, juste au-dessus de ma tête, la constellation
du Cygne allonge sa grande croix dans la voie lactée ;
en bas, tout à mon entour, ondule la symphonie de
l’insecte. L’atome qui dit ses joies me fait oublier le
spectacle des étoiles. Nous ne savons rien de ces yeux
célestes qui nous regardent, placides et froids, avec
des scintillations semblables à des clignements de paupière.
La science nous parle de leurs distances, de leurs
vitesses, de leurs masses, de leurs volumes ; elle nous
accable de nombres énormes, elle nous stupéfie d’immensités,
mais elle ne parvient pas à émouvoir en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LE GRILLON. — LE CHANT. — LA PARIADE|247}}</noinclude>nous une fibre. Pourquoi ? Parce qu’il lui manque le
grand secret, celui de la vie. Qu’y a-t-il là-haut ? Que
réchauffent ces soleils ? Des mondes analogues aux nôtres,
nous affirme la raison ; des terres où la vie évolue
dans une variété sans fin. Superbe conception de l’univers,
mais en somme pure conception, non étayée sur
des faits patents, témoins suprêmes, à la portée de
tous. Le probable, le très probable, n’est pas l’évident,
qui s’impose irrésistible, ne laisse aucune prise au
doute.
En votre compagnie, ô mes Grillons, je sens au contraire
tressaillir la vie, âme de notre motte de boue ; et
voilà pourquoi, contre la haie de romarins, je n’accorde
qu’un regard distrait à la constellation du Cygne,
et je donne toute mon attention à votre sérénade. Un
peu de glaire animée, apte au plaisir et à la douleur,
dépasse en intérêt l’immense matière brute.<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{Centré|XV|fs=140%|m=2em}}
{{Centré|LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE. — L’APPAREIL SONORE|fs=90%|mb=2em}}
« Demain, avant que le soleil soit trop chaud, soyez
prêts, enfants ; nous allons aux Criquets. » Cet avis
met la maisonnée en émoi à l’heure du coucher. Que
voient-ils en rêve, mes petits collaborateurs ? Des ailes
bleues, des ailes rouges, déployées soudain en éventail ;
de longues pattes dentelées en scie, azurées ou roses,
qui ruent entre nos doigts ; de grosses gigues, ressort
qui fait bondir l’insecte ainsi qu’un projectile lancé
par quelque catapulte de nains embusqués dans les
gazons.
Ce qu’ils voient dans la douce lanterne magique du
sommeil, il m’arrive aussi de le voir. En ses étapes
extrêmes, la vie nous berce avec les mêmes naïvetés.
S’il est une chasse pacifique, peu compromettante,
à la portée du vieil âge et de la prime jeunesse, c’est
bien celle des Criquets. Ah ! les délicieuses matinées
que nous lui devons ! Quels bons moments lorsque les
mûres sont noires et permettent à mes aides de grappiller
un peu dans les buissons ! quelles mémorables
excursions sur les pentes à gazon rare, dur, roussi par
le soleil ! J’en garde, mes enfants en garderont tenace
souvenir.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE|249}}</noinclude><nowiki />
Petit Paul a les jarrets souples, la main leste, le
regard perçant. Il inspecte les toufles d’immortelles où
gravement médite la tête en pain de sucre du Truxale ;
il scrute les broussailles d’où tout à coup, avec un essor
d’oisillon surpris, s’envole le gros Criquet cendré.
Profonde déception du chasseur qui, d’abord lancé à
toutes jambes, s’arrête ébahi et regarde fuir au loin ce
semblant d’alouette. Une autre fois il sera plus heureux.
Nous ne rentrerons pas sans quelques-unes de
ces magnifiques captures.
Plus jeune que son frère, Marie-Pauline épie patiemment
le Criquet d’Italie, à ailes roses et pattes d’arrière
carminées ; mais ses préférences sont pour un autre
sauteur, le plus élégant en costume. À la naissance du
dos, ce préféré se décore d’une croix de Saint-André
que dessinent quatre traits blancs, obliques. Sa livrée
a des plaques vert-de-gris, imitant la patine des médailles
antiques. La main en l’air, prête à s’abattre,
tout doucement elle se rapproche, s’abaisse. Pan ! ça y
est. Vite un cornet pour recevoir la trouvaille, qui, présentée
tête première à l’embouchure, s’engouffre d’un
bond au fond de l’entonnoir.
Ainsi se gonflent, un à un, les cornets ; ainsi se peuplent
les boîtes. Avant que la chaleur soit intolérable,
nous voilà riches de sujets variés qui, élevés en volière,
nous apprendront peut-être quelque chose si nous
savons les interroger. On rentre. À peu de frais, le
Criquet vient de faire trois heureux.
La première question que j’adresse âmes pensionnaires
est celle-ci : « Quel est votre rôle dans les champs ? »
Vous êtes en général malfamés, je le sais ; les livres
vous traitent de nuisibles. Ce reproche, le méritez--<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|250|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>vous ? Je me permettrai d’en douter, exception faite,
bien entendu, des terribles dévastateurs, fléau de l’Orient
et de l’Afrique.
La mauvaise réputation de ces gros mangeurs a déteint
sur vous tous, que j’entrevois, au contraire, bien
plus utiles que malfaisants. Jamais, que je sache, le
paysan de ces contrées-ci ne s’est plaint de vous. De
quels dégâts pourrait-il vous accuser ?
Vous épointez les gramens coriaces, refusés du mouton ;
vous préférez les maigres pelouses aux gras herbages
des cultures ; vous pâturez le stérile où nul autre
que vous ne trouverait à se nourrir ; vous vivez de ce
qui serait inutilisable sans le concours de votre robuste
estomac.
D’ailleurs, lorsque vous fréquentez les champs, la
seule chose qui pourrait vous tenter, le blé en herbe,
a depuis longtemps fourni son grain et disparu. S’il
vous arrive de pénétrer dans les jardins et de les
exploiter un peu, le méfait n’est pas abominable. On
peut se consoler de quelques feuilles de salade ébréchées.
Mesurer l’importance des choses à la toise de son
carré de navets est odieuse méthode, qui oublie l’essentiel
en faveur d’un détail de rien. L’homme à courtes
vues troublerait l’ordre de l’univers pour la conservation
d’une douzaine de pruneaux. S’il s’occupe de
l’insecte, il ne parle que d’extermination.
Heureusement ce n’est pas, ce ne sera jamais en son
pouvoir. Voyez, en effet, à quelles conséquences nous
amènerait, par exemple, la disparition du Criquet, accusé
de dérober quelques miettes aux biens de la terre.
En septembre et octobre, sous la conduite d’un<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE|251}}</noinclude>enfant armé de deux longs roseaux, les troupeaux de
dindons viennent dans les chaumes. L’étendue où la
bande lentement divague en expectorant ses glou-glou
est aride, nue, calcinée par le soleil. Tout au plus quelques
chardons dépenaillés y dressent leurs derniers
pompons. Que font ces oiseaux en semblable désert,
suant la famine ?
Ils s’y engraissent pour glorifier la table patriarcale
de la Noël, ils y prennent chair ferme et savoureuse.
Avec quoi, s’il vous plaît ? Avec les Criquets, dont le
jabot délicieusement se gonfle, happés de-ci, de-là. De
cette manne automnale, ne coûtant rien et de haut
goût, s’élabore en partie, se perfectionne le succulent
rôti de la soirée où il se mange tant.
Quand elle vagabonde dans les alentours de la ferme,
avec des grincements de scie limée, que recherche si
assidûment la pintade, ce gibier domestiqué ? Du grain
sans doute, mais avant tout des Criquets, qui lui plastronnent
le dessous de l’aisselle d’un coussinet de
graisse et rendent sa chair plus sapide.
La poule, à notre grand profit, n’en est pas moins
friande. Elle connaît à merveille ce fin morceau qui
lui stimule le tempérament et la rend plus apte à la
ponte. Laissée en liberté, elle ne manque guère de
conduire sa famille dans les chaumes pour lui apprendre
de quelle manière prestement se gobe la délicieuse
bouchée. En somme, la basse-cour, si elle peut errer à
sa guise, doit à l’acridien un supplément de vivres de
haute valeur.
C’est bien une autre affaire en dehors de notre volaille.
Si vous êtes chasseur, si vous savez apprécier les
mérites de la perdrix rouge, gloire des coteaux du Midi,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|252|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>ouvrez le jabot de la pièce que vous venez d’abattre. Vous
y trouverez un magnifique certificat des services rendus
par l’insecte calomnié. Neuf fois sur dix, vous le verrez
plus ou moins bourré de Criquets. La perdrix en raffole,
les préfère à la semence tant qu’elle peut en saisir. Cette
nourriture épicée, substantielle, échauffante, lui ferait
presque oublier la graine s’il y en avait toute l’année.
Consultons maintenant l’illustre tribu des pieds-noirs,
tant célébrée par Toussenel. Le chef de file est le motteux,
le cul-blanc des Provençaux, qui devient en septembre
scandaleusement gras et fournit délicieuses
brochettes.
Au temps de mes chasses ornithologiques, je relevais
le contenu des jabots et des gésiers pour m’instruire
du régime. Voici le menu du motteux : des Criquets
d’abord ; puis des coléoptères très variés, comme charançons,
opatres, chrysomètes, cassides, harpales ; en
troisième lieu des araignées, des iules, des cloportes,
de petites hélices ; enfin et rarement des baies du cornouiller
sanguin et de la ronce.
Un peu de tout menu gibier, on le voit, au hasard des
trouvailles. L’insectivore ne s’adresse aux baies que
faute de mieux, en des moments de disette. Sur quarante-huit
cas mentionnés dans mes notes, le végétal
n’intervient que trois fois, avec un maigre appoint.
Ce qui domine en fréquence et en quantité, c’est le
Criquet, choisi parmi les moindres et n’excédant pas
les forces déglutives de l’oiseau.
Ainsi des autres petits migrateurs qui, l’automne
venu, font une halte en Provence et se préparent au
grand pèlerinage en s’amassant sur le croupion un
viatique de graisse. Tous font régal du Criquet, riche<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE|253}}</noinclude>provende ; tous, dans les friches et les guérets, cueillent
à qui mieux mieux la sautillante becquée, source de
vigueur pour l’essor. L’acridien est la manne des petits
oiseaux en voyage d’automne.
L’homme, de son côté, ne le dédaigne pas. Un auteur
arabe cité par le général Daumas, dans son livre
''le Grand Désert'', nous dit :
« La Sauterelle<ref>Plus exactement le Criquet, qu’il ne faut pas confondre avec
la vraie Sauterelle, porteuse de sabre.</ref> est une bonne nourriture pour les
hommes et pour les chameaux. Fraîches ou conservées,
on les mange, après leur avoir enlevé les pattes, les
ailes et la tête, grillées ou bouillies et préparées sur
le couscoussou.
« Séchées au soleil, on les réduit en poudre que l’on
mélange avec du lait ou que l’on pétrit avec de la farine
et que l’on fait cuire avec de la graisse ou du beurre
et du sel.
« Les chameaux en sont très friands. On leur en donne
desséchées ou cuites, empilées dans un grand trou entre
deux couches de charbon. C’est ainsi que les nègres les
mangent.
« Meriem<ref>La sainte Vierge Marie.</ref> ayant demandé à Dieu la faveur de manger
une chair dépourvue de sang, Dieu lui envoya des
Sauterelles.
« Les femmes du prophète, lorsqu’on leur envoyait
des Sauterelles en présent, en envoyaient aux autres
femmes dans des corbeilles.
« Le calife Omar, un jour qu’on lui demandait si
l’usage des Sauterelles était permis, répondit : « Je
voudrais en avoir un panier plein pour les manger. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|254|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
« De tous ces témoignages il résulte, à n’en pas douter,
que, par la grâce de Dieu, les Sauterelles ont été
données à l’homme pour qu’il en fît sa nourriture. »
Sans aller aussi loin que le naturaliste arabe, ce qui
supposerait une robusticité d’estomac non dévolue à
tous, je me crois autorisé à dire que le Criquet est un
don du Ciel pour une foule d’oiseaux. Ma longue série
de gésiers consultés en témoigne.
Bien d’autres le tiennent en estime, notamment le
reptile. La ''Rassado'', terreur des fillettes provençales,
c’est-à-dire le lézard ocellé, ami des abris rocailleux
convertis en étuve par un soleil torride, m’en a montré
dans sa panse. J’ai surpris bien des fois le petit lézard
gris des murailles emportant, au bout de son fin museau,
la dépouille opime d’un acridien longuement guetté.
Le poisson même s’en délecte lorsque la bonne fortune
le lui présente. Le bond du Criquet n’a pas de
but déterminé. Projectile lancé sans calcul, l’insecte
retombe où l’a poussé l’aveugle détente de ses ressorts.
Si le point de chute est l’eau, le poisson est aussitôt là
pour gober le noyé. Friandise parfois funeste, car pour
amorcer son hameçon d’une pièce alléchante, le pêcheur
à la ligne fait usage du Criquet.
Sans m’étendre davantage sur les consommateurs
de cette petite proie, je vois très nettement la haute
utilité de l’acridien qui, d’un ricochet à l’autre, transmet
à l’homme, le plus dépensier des mangeurs, le
maigre gramen converti en mets exquis. Volontiers je
dirais donc comme l’écrivain arabe : « Par la grâce de
Dieu, les Sauterelles ont été données à l’homme pour
qu’il en fit sa nourriture. »
Un seul point me fait hésiter : la consommation<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE|255}}</noinclude>directe. Quant à la consommation détournée, sous
forme de perdrix, de dindonneau et de tant d’autres,
nul ne s’avisera de lui refuser des éloges. Est-elle donc
si déplaisante, cette consommation directe ?
Tel n’était pas l’avis d’Omar, le puissant calife, le
farouche brûleur de la bibliothèque d’Alexandrie. Aussi
rustique d’estomac que d’intellect, il eût fait régal, disait-il,
d’un panier de Sauterelles.
Bien avant lui, mais alors par sage frugalité, d’autres
s’en trouvaient satisfaits. Saint Jean-Baptiste, vêtu de
bure en poil de chameau, Johannès le plongeur, précurseur
de bonne nouvelle et grand remueur du populaire
au temps d’Hérode, vivait, dans le désert, de Sauterelles
et de miel sauvage. {{lang|la|''Esca autem ejus erat locustæ''
''et mel sylvestre''}}, nous dit l’Évangile de saint Mathieu.
Le miel sauvage m’est connu, ne serait-ce que par
les pots du Chalicodome. C’est très acceptable. Reste
la locuste du désert, autrement dit le Criquet. En mon
jeune âge, comme tout gamin, j’ai apprécié, mâchonné
cru, le cuissot de la locuste. Cela ne manque pas de
saveur. Aujourd’hui, élevons-nous d’un cran ; essayons
le mets d’Omar et de saint Jean-Baptiste.
Je fais capture de gros Criquets, qui se cuisinent très
sommairement, frits au beurre et au sel, ainsi que l’enseigne
l’auteur arabe. Au dîner, l’étrange friture est
partagée entre nous tous, grands et petits. Le régal du
calife n’est pas jugé défavorablement. C’est bien supérieur
aux Cigales vantées par Aristote. Il s’y trouve
certaine saveur d’écrevisse, certain fumet de crabe
grillé ; et n’était un étui bien coriace pour si peu de
contenu mangeable, j’irais jusqu’à dire que c’est bon,
du reste sans désir aucun de recommencer.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|256|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Voilà deux fois que ma curiosité de naturaliste se
laisse tenter par des mets antiques, celui des Cigales
et celui des Criquets. Ni l’un ni l’autre ne m’a enthousiasmé.
Il faut laisser cela aux robustes mâchoires des
nègres, aux larges appétits dont faisait preuve le célèbre
calife.
Nos délicatesses stomacales ne diminuent en rien
d’ailleurs le mérite des Criquets. Ces petits ruminants
des pelouses ont un rôle considérable dans l’usine où
se prépare le manger. Ils pullulent par immenses légions
qui picorent la lande stérile, et font, de l’inutilisable,
substance alimentaire, transmise à une foule de
consommateurs, parmi lesquels, en première ligne,
l’oiseau, dont l’homme bien souvent hérite.
Implacablement aiguillonné par les besoins du ventre,
le monde des vivants n’a rien de plus impérieux
que l’acquisition du manger. Pour avoir place au réfectoire,
chaque animal dépense sa plus grande somme
d’activité, d’industrie, de fatigues, de ruses, de luttes ;
et le banquet général, qui devrait être une joie, est pour
beaucoup un tourment. L’homme est loin d’échapper
aux misères de la famélique mêlée. Au contraire, trop
souvent, hélas ! il les savoure dans toute leur horreur.
Ingénieux comme il est, parviendra-t-il à s’en affranchir ?
Oui, nous dit la science. La chimie nous promet,
dans un avenir peu éloigné, la solution du problème des
vivres. La physique, sa sœur, lui prépare les voies.
Déjà elle médite de faire travailler plus efficacement le
soleil, ce grand paresseux qui se croit quitte envers
nous en sucrant la grappe et dorant l’épi. Elle mettra sa
chaleur en futailles, elle encaquera ses rayons pour les
canaliser et les mettre en action où bon nous semblera.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LEUR RÔLE|257}}</noinclude><nowiki />
Avec ces provisions d’énergie chaufferont les foyers,
tourneront les rouages, malaxeront les pilons, émietteront
les râpes, porphyriseront les cylindres ; et le travail
de l’agriculture, si dispendieux, contrarié par l’inclémence
des saisons, deviendra travail d’usine, d’un
rendement peu coûteux et assuré.
Alors interviendra la chimie, riche de savantes réactions.
Elle nous fabriquera de toutes pièces la matière
alimentaire, concentrée en sa quintessence, en entier
assimilable, presque sans immondes résidus. Le pain
sera une pilule, le bifteck une goutte de gelée. Des travaux
des champs, géhenne des temps barbares, il ne
restera qu’un souvenir, dont parleront seuls les historiens.
Empaillés et relégués dans les musées, le dernier
mouton et le dernier bœuf figureront comme curiosités
aux mêmes titres que le mammouth exhumé des glaces
sibériennes.
Toutes ces vieilleries, troupeau, grains, fruits, légumes,
doivent un jour disparaître. Ainsi le veut, dit-on,
le progrès ; ainsi l’affirme la cornue, qui, dans sa présomption,
ne reconnaît rien d’impossible.
Cet âge d’or de la mangeaille me laisse profondément
incrédule. S’il s’agit d’obtenir quelque nouveau toxique,
la science est d’une effrayante ingéniosité. Nos
collections de laboratoire sont des arsenaux de poisons.
S’il faut inventer un alambic et faire couler, aux dépens
de la pomme de terre, des torrents d’alcool aptes à
nous convertir en peuple d’abrutis, l’industrie ne connaît
pas de bornes à ses moyens d’action.
Mais obtenir, par artifice, une simple bouchée de
matière vraiment nourrissante, c’est une tout autre
affaire. Au grand jamais tel produit n’a mijoté dans les<noinclude>
<references/>
{{d|17}}</noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|258|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>cornues. L’avenir, à n’en pas douter, n’obtiendra pas
mieux. La matière organisée, seul véritable aliment,
échappe aux combinaisons de laboratoire. La vie est
son chimiste.
Nous ferons donc sagement de conserver l’agriculture
et le troupeau. Laissons notre nourriture se préparer
par le patient travail de la plante et de l’animal ; méfions-nous
de la brutale usine ; gardons notre confiance
pour les délicats moyens, et en particulier pour la panse
du Criquet, qui collabore au dindonneau de la Noël.
Cette panse a des recettes culinaires que la cornue
jalousera toujours sans parvenir à les imiter.
Cet amasseur d’atomes nutritifs, destinés à sustenter
une foule d’indigents, possède une musique pour traduire
ses joies. Considérons un Criquet au repos, dans
la béatitude de la digestion et du plein soleil. À brusques
coups d’archet, trois et quatre fois répétés et espacés
de repos, il chante son couplet. De ses grosses
cuisses postérieures, tantôt l’une, tantôt l’autre, tantôt
les deux à la fois, il se racle les lianes.
Bien maigre résultat, si ténu que je suis obligé de
recourir à l’oreille de petit Paul pour m’assurer qu’en
effet il y a bruit. Cela ressemble au cri d’une pointe
d’aiguille promenée sur une feuille de papier. Voilà
toute la chanson, si voisine du silence.
On ne peut attendre mieux d’un instrument aussi
rudimentaire. Ici rien de pareil à ce que nous ont montré
les Locustiens : pas d’archet dentelé, pas de membrane
vibrante, tendue en tympanon.
Portons, par exemple, notre attention sur le Criquet
d’Italie (''Caloptenus Italicus'', Lin.), dont les autres stridulateurs
acridiens répètent l’appareil sonore. Les cuis-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — L’APPAREIL SONORE|259}}</noinclude>ses postérieures sont configurées en carène en dessus et
en dessous. Chaque face porte de plus deux fortes nervures
longitudinales. Entre ces maîtresses pièces s’échelonnent,
de part et d’autre, une série de petites nervures
en chevron, et le tout est aussi saillant, aussi nettetement
accentué de ce côté-ci, la face externe, que de
ce côté-là, la face interne. Et, chose qui m’étonne encore
plus que cette parité des deux faces, toutes ces nervures
sont lisses. Enfin le bord inférieur des élytres, bord
que frictionnent les cuisses faisant office d’archet, n’a
rien de spécial non plus. On y voit, comme d’ailleurs
sur le reste de la nappe élytrale, des nervures robustes,
mais sans aspérité de râpes, sans denticulation aucune.
Que peut produire ce naïf essai d’appareil sonore ?
Tout juste ce que donne une membrane aride frôlée.
Et pour ce rien, en vives saccades, l’insecte hausse et
baisse ses gigues, satisfait du résultat. Il se frotte les
flancs à peu près comme nous nous frictionnons les
mains l’une sur l’autre en un moment de satisfaction,
sans dessein d’obtenir un son. C’est sa manière à lui
d’exprimer sa joie de vivre.
Examinons-le lorsque le ciel est à demi nuageux et le
soleil intermittent. Une éclaircie se fait. Aussitôt les
cuisses raclent, plus activement à mesure que le soleil
est plus chaud. Les couplets sont très courts, mais ils
se renouvellent tant que l’insolation persiste. L’ombre
revient. À l’instant le chant cesse, pour reprendre à la
prochaine éclaircie, toujours par brèves saccades. Il
n’y a pas à s’y méprendre : c’est ici, chez ces passionnés
de lumière, simple expression de bien-être.
Quand le jabot est plein et le soleil caressant, le Criquet
a ses allégresses.<noinclude>
<references/></noinclude>
tevwpkahu9wgvrstyhac7qs92lq8w2x
Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/270
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Narilora
147413
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|260|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Tous les acridiens n’usent pas de la joyeuse friction.
Le Truxale (''Truxalis nasuta'', Lin.), doué de leviers
postérieurs démesurément allongés, se tient morne et
silencieux même sous les plus actifs chatouillements
du soleil. Je ne l’ai jamais vu mouvoir ses cuisses en
archet, incapable d’en user autrement que pour bondir,
tant elles sont longues.
Muet lui aussi, par suite apparemment de la trop
grande longueur des pattes d’arrière, le gros Criquet
cendré (''Pachytilus cinerascens'', Fab.) a une façon particulière
de se réjouir. Le géant me rend fréquentes
visites dans l’enclos, même au cœur de l’hiver. Si le
temps est calme et le soleil chaud, je le surprends sur
les romarins, les ailes déployées et rapidement agitées
des quarts d’heure durant, comme pour l’essor. Son
moulinet est si doux, malgré une extrême prestesse,
qu’il donne à peine bruissement perceptible.
D’autres encore sont bien moins avantagés. Tel est
le Criquet pédestre (''Pezotettix pedestris''. Lin.), compagnon
de l’Analote des Alpes sur les cimes du Ventoux.
Ce piéton déambulant parmi les paronyches<ref>''Paronychia serpyllifolia'', D. C.</ref> qui s’étalent
en nappes argentées dans la région alpine ; ce
sauteur à courte jaquette, hôte des androsaces<ref>''Androsace villosa'', Lin.</ref> dont
les fleurettes, aussi blanches que les neiges voisines,
sourient de leur œil rose, a le frais coloris des plantes
de son parterre.
La lumière, moins voilée de brumes dans les hautes
régions, lui a fait un costume aussi gracieux que simple.
Dos satiné, d’un brun clair ; ventre jaune ; grosses
cuisses d’un rouge corail en dessous ; jambes posté-<noinclude>
<references/></noinclude>
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15120792
2026-05-09T09:33:49Z
Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — L’APPAREIL SONORE|261}}</noinclude>rieures d’un superbe bleu azuré, avec bracelet d’ivoire
sur le devant. Mais, inhabile à dépasser la conformation
larvaire, cet élégant reste très court vêtu.
Il a pour élytres deux basques ruguleuses, distantes,
qui ne dépassent guère le premier anneau de l’abdomen ;
il a pour ailes deux moignons encore plus réduits.
Tout cela lui couvre à peine la nudité du haut des reins.
Qui le voit pour la première fois le prend pour une
larve. Il se trompe. C’est bien l’insecte adulte, mûr pour
la pariade. L’insecte restera jusqu’à la fin en ce déshabillé.
Est-il nécessaire de dire qu’avec ce veston si parcimonieusement
rogné, la stridulation est impossible ? Il y
a bien les archets, les grosses cuisses d’arrière ; mais
il manque, sous leur friction, la surface grinçante, le
rebord des élytres. Si les autres acridiens sont peu
bruyants, celui-ci est d’un mutisme complet. En vain
l’oreille la plus subtile de mon entourage s’est prodiguée,
attentive ; jamais le moindre bruissement en trois
mois d’éducation. Ce silencieux doit avoir d’autres
moyens pour traduire ses joies et se convoquer aux
épousailles. Lesquelles ? Je ne sais.
J’ignore aussi pour quel motif l’insecte se prive des
organes du vol et reste lourd piéton lorsque ses proches
associés, sur les mêmes pelouses alpines, sont excellemment
doués en essor. Il a les germes de l’élytre et de
l’aile, don que l’œuf fait à la larve ; et ces germes, il ne
s’avise pas de les utiliser en les développant. Il persiste
à sautiller sans plus d’ambition ; il est satisfait d’aller à
pied, de rester Criquet pédestre, comme le dit la nomenclature,
alors qu’il pourrait, semble-t-il, acquérir l’aile,
ce mécanisme supérieur de la locomotion.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
147413
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr|262|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude><nowiki />
Les rapides envolées d’une crête à l’autre, par-dessus
les combes engorgées de neige ; l’essor aisé d’un pâturage
tondu à un autre non encore exploité, seraient-ils
pour lui des avantages de valeur négligeable ? Évidemment
non. Les autres acridiens, en particulier ses compatriotes
des cimes, possèdent des ailes et s’en trouvent
très bien. Pour quelle raison ne les imite-t-il pas ? Il
y aurait grand profit à extraire de ses étuis la voilure
qu’il garde empaquetée dans des moignons sans usage,
et il n’en fait rien. Pourquoi ?
On me répond : « Il y a arrêt de développement. » Soit.
La vie s’arrête à mi-chemin de son ouvrage ; l’insecte
n’atteint pas l’ultime forme dont il porte en lui le devis.
Avec sa tournure savante, la réponse, au fond, n’en est
pas une. La question reparaît sous une autre forme.
D’où provient cet arrêt ?
La larve naît avec l’espoir de l’essor quand arrivera
l’âge adulte. Comme gage de ce bel avenir, elle porte sur
le dos quatre étuis où sommeillent les précieux germes.
Tout est disposé suivant les règles de l’évolution
normale. Puis, voici que l’organisme ne remplit pas ses
promesses ; il fait faillite à ses engagements ; il laisse
l’adulte sans voilure, réduit à d’inutiles nippes.
Faut-il mettre cette nudité sur le compte des âpres
conditions de la vie alpine ? Nullement, car les autres
sauteurs, habitants des mêmes pelouses, arrivent très
bien à l’appareil alaire, annoncé par les bourgeons de
la larve.
On nous affirme que d’essai en essai, d’un progrès à
l’autre, sous le stimulant de la nécessité, l’animal a fini
par acquérir tel et tel autre organe. On n’admet d’autre
intervention créatrice que celle du besoin. Ainsi au-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Narilora
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — L’APPAREIL SONORE|263}}</noinclude>raient, par exemple, procédé les Criquets, en particulier
ceux que je vois voleter sur les croupes du Ventoux. De
leurs parcimonieuses basques larvaires, ils auraient
extrait l’élytre et l’aile au moyen d’un sourd travail,
fécondé par les siècles.
Très bien, illustres maîtres. Dites-moi alors, je vous
prie, quels motifs ont décidé le Criquet pédestre à ne
pas dépasser l’ébauche fruste de son appareil volant.
Lui aussi, certes, a ressenti pendant des siècles et des
siècles l’aiguillon du besoin ; dans ses pénibles culbutes
parmi les rocailles, il a éprouvé de quel avantage serait
pour lui l’affranchissement de la pesanteur au moyen
de l’essor ; et toutes les tentatives de son organisme,
s’efforçant vers un lot meilleur, n’ont encore pu étaler
en lames le germe des ailes.
À écouter vos théories, dans les mêmes conditions
d’urgente nécessité, de régime, de climat, d’habitudes,
les uns réussissent et parviennent à voler, les autres
échouent et restent lourds piétons. À moins de me payer
de mots et de prendre des vessies pour des lanternes,
je renonce aux explications données. L’ignorance toute
simple est préférable, ne préjugeant rien.
Mais laissons cet arriéré qui, parmi ses congénères,
est en retard d’une étape, on ne sait pour quel motif. Il
y a dans l’organisme des reculs, des haltes, des élans
inaccessibles à notre curiosité. Devant l’insondable problème
des origines, le mieux est de s’incliner humblement
et de passer outre.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/274
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Narilora
147413
/* Validée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Narilora" /></noinclude><nowiki />
{{Centré|XVI|fs=140%|m=2em}}
{{Centré|LES ACRIDIENS. — LA PONTE|fs=90%|mb=2em}}
Que savent faire nos Criquets ? Comme industrie, peu
de chose. Ils sont au monde en qualité d’alchimistes qui,
dans la cucurbite de leur panse, élaborent, affinent la
matière destinée à des ouvrages supérieurs. En crayonnant
au coin du feu, aux heures méditatives de la veillée,
ces notes sur leur rôle, je n’affirmerais pas que, de
près ou de loin, ils n’aient contribué à l’éveil de l’idée,
magique miroir des choses. Ils sont au monde pour
prospérer de leur mieux et se multiplier, suprême loi
de la bête préposée à la fabrication des matières alimentaires.
Sous le premier aspect, sauf les races dévorantes qui
mettent parfois l’Afrique en péril, les Criquets n’attirent
guère l’attention. Ce sont des grignoteurs de rien,
que je comble de largesses avec une feuille de laitue
pour toute la chambrée de mes cloches. Quant à la
multiplication, c’est une autre affaire, digne de nous
arrêter un instant.
Ne nous attendons pas néanmoins aux excentricités
nuptiales des Locustiens. Malgré l’étroite similitude de
structure, nous sommes dans un monde tout, nouveau
de mœurs, de caractère. Chez l’acridien, gent pacifique,
tout ce qui concerne la pariade est correct, sans scan-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/275
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15779933
15120802
2026-05-09T09:41:33Z
Narilora
147413
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15779933
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Narilora" />{{nr||LES ACRIDIENS. — LA PONTE|265}}</noinclude>dale, et ne s’écarte pas des rites usités dans le monde
entomologique. Qui le fréquente au moment de l’ivresse
génésique reconnaît que le Criquet est venu après la
Locuste, lorsque l’orthoptère primitif eut jeté la gourme
de son rut effréné. Donc rien à dire de saillant sur ce
sujet, toujours scabreux. J’en suis bien aise. Passons
et arrivons à la ponte.
Vers la fin d’août, un peu avant midi, surveillons de
près le Criquet d’Italie (''Caloptenus Italicus'', Lin.), le
plus fougueux sauteur de mon voisinage. Il est râblot,
brutal en ruades, brièvement vêtu d’élytres qui atteignent
à peine le bout du ventre. Pour la plupart, le
costume est roussâtre avec des taches brunes. Quelques-uns,
plus élégants, bordent le corselet d’un liséré blanchâtre
qui se prolonge sur la tête et sur les élytres. Les
ailes sont roses à la base, incolores dans le reste ; les
tibias postérieurs sont d’un rouge vineux.
Sous les caresses du soleil et toujours sur les bords
de la cloche, dont le treillis lui fournit au besoin un
point d’appui, la mère se choisit lieu convenable à sa
ponte. D’un lent effort, elle plonge verticalement dans
le sable sa sonde obtuse, le ventre, qui disparaît en entier.
Faute d’outillage perforateur, la descente en terre
est pénible, hésitante, mais enfin, avec de la persévérance,
ce puissant levier des faibles, elle s’accomplit.
Voici la mère installée, à demi ensevelie. Elle a de
légers haut-le-corps, qui se succèdent par intervalles
réguliers et correspondent apparemment aux efforts de
l’oviducte expulsant les œufs. La nuque éprouve une
pulsation qui soulève, puis abaisse la tête par faibles
soubresauts. Ces oscillations céphaliques à part, le
corps, dans sa moitié antérieure seule visible, est d’une<noinclude>
<references/></noinclude>
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15779813
15121067
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Fabrice Dury
1855
d’opéra
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||LA PROCESSIONNAIRE DU PIN. — LA PONTE|305}}</noinclude>pées en caoutchouc des enfants ; nos toiles à paysages
seraient jugées plats d’épinards d’odeur déplaisante ; nos
partitions d’opéra seraient qualifiées de bruits très dispendieux.
Ces choses-là, domaine des sens, ont une valeur esthétique
relative, subordonnée à l’organisation de qui les
juge. Certes, la Vénus de Milo et l’Apollon du Belvédère
sont des morceaux superbes ; mais encore faut-il pour
les apprécier un œil spécial. Micromégas les voyant y
prendrait en pitié la gracilité des formes humaines. Le
beau, pour lui, exige autre chose que notre mesquine
musculature de grenouilles.
Montrons-lui, au contraire, cette espèce de moulin à
vent manqué au moyen duquel Pythagore, écho des sages
de l’Égypte, nous enseigne la propriété fondamentale
du triangle rectangle. Si de fortune, contre toute
apparence, le bon géant n’est pas au courant de la chose,
expliquons-lui la signification du moulin. La lumière
faite en son esprit, il trouvera, tout comme nous, qu’il
y a là du beau, du vraiment beau, non certes dans la
figure, odieux grimoire, mais dans la relation immuable
entre les trois longueurs ; il admirera, tout autant
que nous, l’éternelle géométrie qui pondère l’étendue.
Il y a donc un beau sévère, domaine de la raison, le
même en tous les mondes, le même sous tous les soleils,
qu’ils soient simples ou multiples, blancs ou rouges,
jaunes ou bleus. Ce beau universel, c’est l’ordre.
Tout est fait avec poids et mesure, grande parole dont
la vérité éclate davantage à mesure que se sonde plus
avant le mystère des choses. Cet ordre, base de l’équilibre
universel, est-il le résultat fatal d’un mécanisme
aveugle ? Entre-t-il dans les plans d’un Éternel géomè-<noinclude>
<references/>
{{d|20}}</noinclude>
favmoqe3p7vcwq2uro7l2oo7mzimrbr
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15779816
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2026-05-09T08:19:02Z
Fabrice Dury
1855
filtrer
15779816
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||LA PROCESSIONNAIRE DU PIN. — LE NID|315}}</noinclude><nowiki />
dans la belle saison, solide attache est inutile ; elle est
indispensable au couvert de longue durée, que chargeront
les neiges, que battront les vents glacés. Très au
courant de ces périls, la filandière du pin se fait donc
obligation, si pressante que soit la faim, de ne pas scier
les solives de sa maison.
À l’intérieur du nid ouvert par mes ciseaux, je vois
donc une dense colonnade de feuilles vertes, plus ou
moins enveloppées d’un fourreau soyeux où pendillent
les loques de peaux dépouillées et les chapelets de
crottins secs. À la fois dépotoir et friperie, cet intérieur
est fort déplaisant, en somme, et ne répond en rien à
la superbe enceinte. Tout autour, épaisse muraille de
molleton et de feuilles emmêlées. Pas de chambres, pas
de compartiments limités par des cloisons. La pièce est
unique, rendue labyrinthe par la colonnade de feuilles
vertes étagées à toutes les hauteurs de l’ovoïde. Là se
tiennent les chenilles au repos, assemblées sur les piliers,
groupées en amas confus.
L’inextricable fouillis du sommet enlevé, on voit filtrer
la lumière en certains points de la calotte. À ces
points lumineux correspondent les pertuis de communication
avec le dehors. Le réseau qui fait enveloppe
autour du nid n’a pas d’ouvertures spéciales. Pour le
traverser dans un sens comme dans l’autre, il suffit
aux chenilles d’en écarter un peu les fils clairsemés.
L’enceinte intérieure, rempart compact, a ses portes ;
le léger voile extérieur n’en a pas.
C’est dans la matinée, vers les dix heures, que les chenilles
quittent leur appartement de nuit et viennent au
beau soleil de leur terrasse, sous la véranda que les
pointes des feuilles soutiennent à distance. Tout le jour,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/330
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15779820
15121105
2026-05-09T08:20:32Z
Fabrice Dury
1855
signe, agir
15779820
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr|320|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>chenilles sommeillent en tas sur le dôme. La chambre
étant alors déserte, je peux hardiment tailler avec les
ciseaux sans risque de meurtrir une partie de la population.
Mes ravages ne réveillent pas les endormies : de
toute la journée, nulle n’apparaît sur la brèche. Cette
indifférence provient, semble-t-il, de ce que le péril
n’est pas encore connu. Ce sera autre chose ce soir, à
la reprise de l’animation. Si bornées qu’elles soient, les
chenilles s’apercevront certainement de cette énorme
fenêtre qui laisse libre entrée aux mortels vents coulis
de l’hiver ; possédant en abondance de quoi calfeutrer,
elles s’empresseront autour de la dangereuse fente et
la boucheront en une séance ou deux. Ainsi nous raisonnons,
oublieux de l’enténèbrement de la bête.
Voici qu’en effet, la nuit arrivée, l’indifférence reste
aussi profonde. La brèche de la tente ne provoque aucun
signe d’émoi. Les chenilles vont et viennent à la
surface du nid ; elles travaillent, elles filent comme
d’habitude. Rien, absolument rien n’est changé à leur
façon d’agir. Les hasards du parcours en amènent quelques-unes
sur les bords du gouffre. Là, nul empressement
de leur part, nul signe d’anxiété, nul essai de
rapprocher les deux lèvres de la déchirure. Elles cherchent
simplement à franchir le difficile passage et à
continuer leur promenade comme si elles marchaient
sur un tissu intact. Tant bien que mal, elles y parviennent
en fixant le fil aussi loin que le permet la longueur
du corps.
L’abîme franchi, elles poursuivent, imperturbables,
leur chemin, sans autre arrêt sur la brèche. D’autres
surviennent qui utilisent comme passerelles les fils déjà<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-09T08:21:40Z
Fabrice Dury
1855
alignées
15779823
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||LA PROCESSIONNAIRE DU PIN. — LA PROCESSION|337}}</noinclude>mettent. Avec ce guide, toute chenille, si éloignée
qu’elle soit, revient auprès de ses compag-nes sans jamais
faire fausse route. Il en accourt d’une foule de brindilles,
d’ici, de là, d’en bas, d’en haut ; et bientôt la lég-ion
disséminée se reconstitue en groupe. Le fil de soie est
mieux qu’un expédient de voirie : c’est le lien social, le
réseau qui maintient les membres de la communauté
indissolublement unis.
En tête de toute procession, longue ou courte, chemine
une première chenille que j’appellerai chef de
marche, chef de fde, bien que le terme de chef, employé
faute de meilleur, soit ici un peu déplacé. Rien
ne la distingue, en effet, des autres ; les hasards de
l’arrangement l’ont mise au premier rang, et c’est tout.
Chez les processionnaires, tout capitaine est officier de
fortune. Le chef actuel dirige ; tout à l’heure il sera
dirigé, si la file se disloque à la suite d’un accident
quelconque et se refait dans un ordre différent.
Ses fonctions temporaires lui donnent une attitude à
part. Tandis que les autres passivement suivent bien
alignées, lui, capitaine, s’agite, et d’un mouvement brusque
projette l’avant du corps tantôt d’ici et tantôt de
là. Tout en progressant, il semble s’informer. Explore-t-il
en effet le terrain ? choisit-il les points les mieux
praticables ? ou bien ses hésitations ne sont-elles que
le simple résultat de l’absence d’un fil conducteur en
des lieux non encore parcourus ? Les subordonnées suivent,
fort tranquilles, rassurées par le cordon qu’elles
tiennent entre les pattes ; lui s’inquiète, privé de cet
appui.
Que ne puis-je lire ce qui se passe sous son crâne
noir et luisant, pareil aune goutte de goudron ! D’après<noinclude>
<references/>
{{d|22}}</noinclude>
4tv140p7tl50df3esoz5301ywm4gcay
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15779823
2026-05-09T08:22:05Z
Fabrice Dury
1855
file
15779824
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||LA PROCESSIONNAIRE DU PIN. — LA PROCESSION|337}}</noinclude>mettent. Avec ce guide, toute chenille, si éloignée
qu’elle soit, revient auprès de ses compag-nes sans jamais
faire fausse route. Il en accourt d’une foule de brindilles,
d’ici, de là, d’en bas, d’en haut ; et bientôt la lég-ion
disséminée se reconstitue en groupe. Le fil de soie est
mieux qu’un expédient de voirie : c’est le lien social, le
réseau qui maintient les membres de la communauté
indissolublement unis.
En tête de toute procession, longue ou courte, chemine
une première chenille que j’appellerai chef de
marche, chef de file, bien que le terme de chef, employé
faute de meilleur, soit ici un peu déplacé. Rien
ne la distingue, en effet, des autres ; les hasards de
l’arrangement l’ont mise au premier rang, et c’est tout.
Chez les processionnaires, tout capitaine est officier de
fortune. Le chef actuel dirige ; tout à l’heure il sera
dirigé, si la file se disloque à la suite d’un accident
quelconque et se refait dans un ordre différent.
Ses fonctions temporaires lui donnent une attitude à
part. Tandis que les autres passivement suivent bien
alignées, lui, capitaine, s’agite, et d’un mouvement brusque
projette l’avant du corps tantôt d’ici et tantôt de
là. Tout en progressant, il semble s’informer. Explore-t-il
en effet le terrain ? choisit-il les points les mieux
praticables ? ou bien ses hésitations ne sont-elles que
le simple résultat de l’absence d’un fil conducteur en
des lieux non encore parcourus ? Les subordonnées suivent,
fort tranquilles, rassurées par le cordon qu’elles
tiennent entre les pattes ; lui s’inquiète, privé de cet
appui.
Que ne puis-je lire ce qui se passe sous son crâne
noir et luisant, pareil aune goutte de goudron ! D’après<noinclude>
<references/>
{{d|22}}</noinclude>
bf4v6wwsk05xk5gu9abgy9tc9sojo34
15779825
15779824
2026-05-09T08:22:24Z
Fabrice Dury
1855
légion
15779825
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||LA PROCESSIONNAIRE DU PIN. — LA PROCESSION|337}}</noinclude>mettent. Avec ce guide, toute chenille, si éloignée
qu’elle soit, revient auprès de ses compag-nes sans jamais
faire fausse route. Il en accourt d’une foule de brindilles,
d’ici, de là, d’en bas, d’en haut ; et bientôt la légion
disséminée se reconstitue en groupe. Le fil de soie est
mieux qu’un expédient de voirie : c’est le lien social, le
réseau qui maintient les membres de la communauté
indissolublement unis.
En tête de toute procession, longue ou courte, chemine
une première chenille que j’appellerai chef de
marche, chef de file, bien que le terme de chef, employé
faute de meilleur, soit ici un peu déplacé. Rien
ne la distingue, en effet, des autres ; les hasards de
l’arrangement l’ont mise au premier rang, et c’est tout.
Chez les processionnaires, tout capitaine est officier de
fortune. Le chef actuel dirige ; tout à l’heure il sera
dirigé, si la file se disloque à la suite d’un accident
quelconque et se refait dans un ordre différent.
Ses fonctions temporaires lui donnent une attitude à
part. Tandis que les autres passivement suivent bien
alignées, lui, capitaine, s’agite, et d’un mouvement brusque
projette l’avant du corps tantôt d’ici et tantôt de
là. Tout en progressant, il semble s’informer. Explore-t-il
en effet le terrain ? choisit-il les points les mieux
praticables ? ou bien ses hésitations ne sont-elles que
le simple résultat de l’absence d’un fil conducteur en
des lieux non encore parcourus ? Les subordonnées suivent,
fort tranquilles, rassurées par le cordon qu’elles
tiennent entre les pattes ; lui s’inquiète, privé de cet
appui.
Que ne puis-je lire ce qui se passe sous son crâne
noir et luisant, pareil aune goutte de goudron ! D’après<noinclude>
<references/>
{{d|22}}</noinclude>
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Fabrice Dury
1855
urtication, prérogative.
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<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr||UN VIRUS DES INSECTES|407}}</noinclude>en gobe les habitants sans nul souci de leur brûlante
toison ; je songe au Coucou, grand consommateur, lui
aussi, dit-on, des mêmes chenilles, et qui s’en gorge
au point de s’implanter dans le gésier un hérissement
de leurs poils.
J’ignore si la processionnaire du pin paye semblable
tribut. Je lui connais du moins un exploiteur. C’est un
Dermeste qui s’établit dans la cité de soie et s’y nourrit
des reliques des chenilles défuntes. Ce croque-mort
nous affirme d’autres dévorants, tous doués d’un estomac
fait exprès pour pareilles épices. À toute moisson
de vivants, jamais le moissonneur ne manque.
Non, un virus spécial, expressément élaboré pour
défendre la processionnaire et ses émules en urtication,
ne dit pas le dernier mot de l’affaire. Difficilement
j’accorderais créance à telle prérogative. En quoi ces
chenilles ont-elles, plus que les autres, besoin de protection ?
Quels motifs en feraient une caste à part, douée
d’exceptionnelles virosités défensives ? Leur rôle, dans
le monde entomologique, ne diffère pas de celui des
autres, hérissées ou nues. Ce sont les dénudées qui, à
défaut de crinière capable d’en imposer à l’assaillant,
devraient, ce semble, se prémunir contre le péril et
s’imprégner de corrosif, au lieu de rester proie facile
et bénigne. L’horripilée s’oindrait la toison d’un cosmétique
redoutable, et la lisse serait étrangère à la chimie
du virus sous sa peau de satin ! Ces contradictions
m’inspirent méfiance.
Ne serait-ce pas plutôt ici propriété commune à toutes
les chenilles, aux lisses comme aux vêtues de poils ?
Parmi ces dernières, quelques-unes, en petit nombre,
soumises à des conditions spéciales qu’il s’agira de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fabrice Dury
1855
jaune-citron.
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Fabrice Dury" />{{nr|414|SOUVENIRS ENTOMOLOGIQUES|}}</noinclude>de son vieux corps de chenille, corps refondu et renaissant
sous forme glorieuse. Tout le secret est là. »
Les naïfs visiteurs partis, je reprends l’étude de la
pluie de sang sous cloche. Encore accrochée à la dépouille
de sa chrysalide, chaque Vanesse expulse et laisse
choir sur le papier une grosse goutte rouge qui, par le
repos, dépose un sédiment poudreux teinté de rose et
composé d’urates. Le liquide surnageant est alors d’un
carmin intense.
Lorsque le tout est parfaitement sec, je découpe dans
le papier maculé quelques-unes des taches les plus riches,
et je metsmacérer dans l’éther ma pincée de petits
chiffons. Les taches persistent sur le papier aussi rouges
qu’au début, et le liquide prend une teinte jaune-citron
clair. Évaporé jusqu’à réduction à quelques gouttes,
ce liquide me fournit de quoi imbiber mon carré
de papier buvard.
Que dirai-je, si je ne veux me répéter ? Les effets du
nouveau cautère sont exactement ceux que j’avais reconnus
en faisant usage des crottins de la processionnaire.
Même démangeaison, même chaleur, même tuméfaction
des chairs tremblotantes et lluxionnées, même
suintement séreux, même excoriation épidermique,
même rougeur tenace, qui persiste des trois et quatre
mois, alors que depuis longtemps l’ulcère a disparu.
Sans être bien douloureuse, la plaie est si incommode
et surtout de si vilain aspect que je me jure bien de ne
plus m’y laisser prendre. Désormais, sans attendre la
corrosion, j’enlèverai l’appareil dès que je ressentirai
un prurit concluant.
Au cours de ces pénibles expériences, des amis me
reprochèrent de ne pas recourir à l’auxiliaire de l’ani-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Raymonde Lanthier
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 54 —|}}</noinclude><nowiki/>
{{il}}
{{encadré/début|padh=10px|padb=20px}}
Les réalisations remarquables de la fameuse révolution industrielle sont actuellement sérieusement remises en cause, notamment parce que, à l’époque, la dimension environnement n’existait simplement pas. On pensait alors que le ciel était si pur et vaste que rien ne pourrait jamais en altérer le bleu, que nos fleuves étaient si gorgés d’eau que rien ne viendrait jamais en modifier la limpidité ; que les arbres et forêts étaient si nombreux qu’ils en devenaient immortels. Après tout, un arbre repousse toujours, n’est-ce pas ?
Aujourd’hui nous devrions avoir le bon sens de comprendre qu’il n’en est rien. L’allure vertigineuse à laquelle la terre se dénude de sa protection végétale semble indiquer qu’à force de déboiser pour construire, la terre n’aura bientôt plus d’{{corr|abres|arbres}} du tout.
{{g|Hon. Victoria Chitepo|15}}
{{g|Ministre des ressources naturelles|15|mt=-0.3em}}
{{g|et du tourisme,|15|mt=-0.3em}}
{{g|Gouvernement du Zimbabwe|15|mt=-0.3em}}
{{g|Cérémonie d’ouverture de la CMED|15|mt=-0.3em}}
{{g|Harare,|15|mt=-0.3em}}
{{g|18{{lié}}septembre 1986|15|mt=-0.3em}}
{{encadré/fin}}
{{il}}
{{SA|27.{{em|2}}Les méthodes utilisées à l’heure actuelle pour se {{corr|débarasser|débarrasser}} de déchets toxiques — ceux provenant, par exemple, de l’industrie chimique — comportent souvent des risques inadmissibles. Quant aux déchets radioactifs provenant de l’industrie nucléaire, ils restent dangereux des siècles entiers. Nombre de ceux qui supportent ces risques ne bénéficient même pas des activités qui produisent ces déchets.}}
{{SA|28.{{em|2}}La désertification — processus par lequel des terres productives arides ou semi-arides deviennent improductives — et la déforestation à grande échelle sont encore deux exemples d’agression contre l’intégrité des écosystèmes régionaux. La désertification suppose des interactions complexes entre l’homme, la terre et le climat. Les pressions de la production agricole de subsistance, des cultures commerciales, de la production de viande dans les régions arides et semi-arides contribuent toutes à ce processus.}}<noinclude></noinclude>
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Raymonde Lanthier
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 86 —|}}
{{corrBandeau}}</noinclude><noinclude>{{encadré/début|padh=10px|padb=20px}}</noinclude>sommes les derniers à être interrogés sur l’avenir de nos forêts. Les premiers à déceler la pollution des eaux, comme pourront l’attester les Ojibway de ma terre natale au nord de l’Ontario. Et bien sûr, les derniers à être consultés sur comment, quand et où intervenir pour assurer un certain équilibre à cette septième génération.
Au mieux, ce à quoi nous pouvons prétendre, c’est une compensation à posteriori. Trop peu, trop tard. C’est si rarement que l’on nous demande nos conseils, notre consentement pour procéder à des actions de développement, ce qui éviterait pourtant d’avoir à nous dédommager.
{{g|Louis Bruyère|15}}
{{g|Président, Conseil indigène|15|mt=-0.3em}}
{{g|du Canada|15|mt=-0.3em}}
{{g|Audition publique de la {{corr|WCED|CMED}}|15|mt=-0.3em}}
{{g|Ottawa, 26-27{{lié}}mai 1986|15|mt=-0.3em}}
{{encadré/fin}}
{{il}}
{{t4|6.{{em}}Réorientation des techniques et maîtrise des risques|fw=bold}}
{{SA|65.{{em|2}}Pour atteindre tous ces objectifs, il va falloir réorienter nos techniques — ce lien entre l’homme et la nature. Il faut d’abord renforcer la capacité d’innovation technologique des pays en développement afin que ceux-ci soient mieux armés pour soulever le défi du développement durable. Ensuite, il faut faire une plus grande place aux facteurs d’environnement dans le développement technologique.}}
{{SA|66.{{em|2}}Les techniques des pays industriels ne sont pas toujours adaptées aux conditions socio-économiques et écologiques des pays en développement. Ce problème se complique par le fait que la recherche-développement effectuée dans le monde porte très peu sur les problèmes urgents auxquels sont confrontés les pays en développement. Comme, par exemple, l’agriculture en terre aride ou encore la lutte contre les maladies tropicales. On ne fait pas {{corr|grand chose|grand-chose}} pour adapter aux besoins des pays en développement les innovations récentes dans des domaines tels les techniques des matériaux, les économies d’énergie, les techniques d’information ou la biotechnologie. Il faut combler ces lacunes en multipliant les capacités de recherche, de conception, de développement et de vulgarisation dans le tiers monde.}}
{{SA/o|67.{{em|2}}Il faudrait, dans tous les pays, intégrer les facteurs écologiques dans la recherche de nouvelles techniques. La plus}}<noinclude></noinclude>
mlgx2555qhvd8vclz6tzirb1gvxvuls
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Raymonde Lanthier
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 96 —|}}
{{corrBandeau}}</noinclude>{{SA/f|réalité, un flux en sens inverse. L’accroissement des flux de capitaux internationaux vers les pays en développement escompté pour le restant des années{{lié}}80 ne représente que la moitié de celui jugé nécessaire pour rétablir la croissance à des niveaux susceptibles de faire reculer la pauvreté.<ref>Département des affaires économiques et sociales internationales ({{corr|DIESA|DAESI}}). « Doubler les ressources financières au service du développement : un défi que le monde se doit de relever ». {{souligner|Principales conclusions et {{corr|recommendations|recommandations}} du Comité de la planification du Développement}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1986)</ref>}}
{{il}}
{| width=100% {{ts|t090|al|ba1|bc|lh130}}
|-
| colspan=8 {{ts|t110|pt1.0}} | {{c|Tableau 3-1}}
|-
| colspan=8 {{ts|t110}} | {{c|Transfert net de ressources vers les pays en développement<br>importateurs de capitaux|m=1em}}
|-
| || {{ts|pb0.5}} | 1979 || 1980 || 1981 || 1982 || 1983 || 1984 || 1985
|-
| {{ts|bt1}} | || colspan=7 {{ts|ac|pb1.5|pt0.5|bt1}} | (en milliards de dollars)
|- {{ts|vab}}
| width=35% {{ts|pl1.0|pb1.0}} | Transfert net par le<br>biais de crédits<br>(tous les PDI)* || {{ts|pb1.0}} | 30,7 || {{ts|pb1.0}} | 30,6 || {{ts|pb1.0}} | 27,7 || {{ts|pb1.0}} | 0,8 || {{ts|pb1.0}} | −8,6 || {{ts|pb1.0}} | −22,0 || {{ts|pb1.0}} | −41.0
|- {{ts|vab}}
| {{ts|pl1.0|pb1.0}} | Transfert net total<br>de ressources<br>(tous les PDI)** || {{ts|pb1.0}} | 41,4 || {{ts|pb1.0}} | 39,3 || {{ts|pb1.0}} | 41,5 || {{ts|pb1.0}} | 10,4 || {{ts|pb1.0}} | −0.3 || {{ts|pb1.0}} | −12,5 || {{ts|pb1.0}} | −31,0
|- {{ts|vab}}
| {{ts|pl1.0|pb1.0}} | Transfert net total<br>de ressources<br>(vers l’Amérique latine) || {{ts|pb1.0}} | 15,6 || {{ts|pb1.0}} | 11,9 || {{ts|pb1.0}} | 11,4 || {{ts|pb1.0}} | −16,7 || {{ts|pb1.0}} | −25,9 || {{ts|pb1.0}} | −23,2 || {{ts|pb1.0}} | −30,0
|- {{ts|vat}}
| colspan=8 {{ts|bt1|pl1.0|pr1.0|pt1.0}} | {{a|{{cach|*}}*{{em|1.2}}Le transfert net par le biais de crédits est égal au courant net de capitaux moins les paiements nets d’intérêts. Tous les prêts, qu’ils soient publics ou privés, à court ou à long terme, sont groupés aves les crédits du{{lié}}FMI.|2|-2}}
|- {{ts|vat}}
| colspan=8 {{ts|pl1.0|pr1.0}} | {{a|**{{em|1.3}}Le transfert net total de ressources englobe le transfert net par le biais de crédits, les dons publics et les investissements directs nets (après paiement des revenus produits par les investissements).|2|-2}}
|-
| colspan=8 {{ts|pl1.0|pr1.0|pt1.0|pb1.0}} | {{souligner|Source}} : Nations Unies, Étude sur l’économie mondiale{{lié}}1986 (New York, 1986){{corr||.}}
|}
{{il}}
{{SA|7.{{em|2}}Un simple accroissement des flux de capitaux vers les pays en développement n’apportera pas nécessairement une contribution à celui-ci. Un rôle primordial revient aux efforts nationaux. Un financement extérieur plus important est également nécessaire, mais il doit intervenir selon des modalités tenant dûment compte des incidences sur l’environnement. Le fait est que la diminution de la pauvreté est, par elle-même, une condition préalable d’un développement respectueux de l’environnement. Et des flux de ressources allant des riches vers les pauvres — des flux améliorés tant sur le plan qualitatif que quantitatif — sont une condition préalable d’une élimination de la pauvreté.}}<noinclude></noinclude>
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Raymonde Lanthier
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 112 —|}}</noinclude>{{SA/f|{{corr|eme|même}} voie — se sont trouvés sévèrement handicapés par un renforcement des obstacles au commerce, en particulier dans les domaines des textiles et du vêtement. Si l’on veut que ces pays en développement concilient la nécessité d’une croissance rapide des exportations et celle de préserver le patrimoine des ressources, il est indispensable qu’ils bénéficient d’un accès aux marchés des pays industrialisés pour des exportations de types non traditionnels où ils jouissent d’un avantage comparatif. Dans de nombreux cas, les problèmes de protectionnisme se posent à propos d’articles manufacturés, mais il en existe également — le sucre en est un bon exemple — où des pays industrialisés recourent à des restrictions commerciales en matière agricole, qui sont dommageables tant au point de vue écologique qu’économique ({{corr|Voir|voir}} {{nobr|encadré 3-2}}).}}
{{t5|{{souligner|2.3{{em}}Produits à coefficient élevé de pollution}}|align=left}}
{{SA|52.{{em|2}}La transformation de certaines matières premières — fabrication de la pâte à papier et de papier, pétrole et alumine, par exemple — peut avoir d’importants effets secondaires pour l’environnement. Les pays industrialisés ont généralement mieux réussi que les pays en développement à faire en sorte que les prix à l’exportation des produits tiennent compte du coût des dommages causés à l’environnement et des mesures nécessaires pour maîtriser ces dommages. Par conséquent, s’agissant d’exportations en provenance de pays industrialisés, ce coût est payé par les consommateurs, y compris ceux du Tiers monde. Mais dans le cas d’exportations en provenance de pays en développement, ce coût continue d’être intégralement assumé dans le cadre national, en grande partie sous forme de dommages causés à la santé de la population, aux biens et aux écosystèmes.}}
{{SA|53.{{em|2}}En 1980, d’après une étude effectuée pour la présente commission, les industries des pays en développement qui exportent à destination des pays membres de l’OCDE auraient dû dépenser 5,5{{lié}}milliards de dollars en frais de lutte anti-pollution s’ils avaient été tenus de respecter les normes en matière d’environnement qui étaient en vigueur à l’époque aux États-Unis.<ref>{{corr|I|I.}} Walter et {{nec|J.H.}} Loudon, {{lang|en|“Environmental Costs and the Patterns of North-South Trade”}}, document établi pour la CMED,{{lié}}1986.</ref> Et si l’on avait également pris en considération le coût de la dépollution lié aux matériaux entrant dans les produits finaux, les dépenses se seraient élevées à 14,2{{lié}}milliards de dollars. Les éléments dont on dispose incitent à penser que les importations des pays de l’OCDE en provenance de pays en développement portent sur des produits qui impliquent, pour l’environnement et le patrimoine des ressources, des dommages qui sont en moyenne plus élevés que ceux correspondant à l’ensemble des produits importés dans les pays de l’OCDE.<ref>{{Ibid.|cap}}</ref> Ce coût hypothétique de la lutte anti-pollution se situe probablement en-dessous du coût réel des dommages causés à l’environnement et aux ressources dans les pays exportateurs. En outre, ces dépenses ne concernent que la pollution de l’environnement et ne tiennent pas compte du coût de préjudice économique imputable à l’épuisement des ressources.}}
<noinclude>{{SA|54.{{em|2}}Le fait que ce coût soit occulté signifie que les pays en développement sont en mesure d’attirer davantage}}</noinclude><noinclude></noinclude>
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Raymonde Lanthier
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 121 —|}}</noinclude><nowiki/>
<noinclude>{{c|<u>{{corr|Notes|Notes de bas de page</u>}}|mt=4em|mb=2em}}
{|
|- {{ts|vat}}
| width=10% | {{cach|1}}1/ || Département des affaires économiques et sociales internationales ({{corr|DIESA|DAESI}}). « Doubler les ressources financières au service du développement : un défi que le monde se doit de relever ». {{souligner|Principales conclusions et {{corr|recommendations|recommandations}} du Comité de la planification du Développement}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1986). {{lié|→ p. 96}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}2/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 97}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}3/ || Banque mondiale, {{souligner|Les besoins financiers de l’ajustement dans la croissance en Afrique subsaharienne}} (Washington, {{nec|D.C.}},{{lié}}1986). {{lié|→ p. 99}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}4/ || FMI, {{lang|en|{{souligner|World Economic Outlook 1986}}}} (Washington, {{nec|D.C.}},{{lié}}1986). {{lié|→ p. 99}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}5/ || Nations Unies, {{souligner|Étude sur l’économie mondiale — 1986}} (New York,{{lié}}1986). {{lié|→ p. 99}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}6/ || Banque mondiale, {{op. cit.}} {{lié|→ p. 99}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}7/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p.100}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}8/ || Nations Unies, Assemblée générale. « La situation économique critique en Afrique : rapport du Secrétaire général », A/S-13/2, New York. 20{{lié}}mai 1986. {{lié|→ p.100}}
|- {{ts|vat}}
| {{cach|1}}9/ || Conférence des chefs d’États et de gouvernements de l’Organisation de l’Unité Africaine, {{souligner|Programme prioritaire de redressement économique de l’Afrique {{lié|1986 — 1991}}}} (Addis Abeba,{{lié}}1985). {{lié|→ p.101}}
|- {{ts|vat}}
| 10/ || Nations Unies, Assemblée générale, {{souligner|Programme d’action des Nations Unies pour le redressement économique et le développement de l’Afrique}} (New York,{{lié}}1986). {{lié|→ p.101}}
|- {{ts|vat}}
| 11/ || Banque mondiale, {{op. cit.}} {{lié|→ p. 101}}
|- {{ts|vat}}
| 12/ || Banque des règlements internationaux, {{lang|en|{{souligner|International Banking and Financial Markets Development}}}} (Bâle,{{lié}}1986). {{lié|→ p. 101}}
|- {{ts|vat}}
| 13/ || Banque interaméricaine de développement, {{souligner|Progrès économique et social en Amérique latine}} (Washington, {{nec|D.C.}},{{lié}}1986). {{lié|→ p. 102}}
|- {{ts|vat}}
| 14/ || Données non publiées provenant de la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine. {{lié|→ p. 102}}
|- {{ts|vat}}
| 15/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 102}}
|- {{ts|vat}}
| 16/ || Voir, par exemple, Nations Unies, « Programme d’action concernant l’instauration d’un nouvel ordre économique international », résolution{{lié}}3202 {{nobr|(S-{{rom-maj|VI}})}} de l’Assemblée générale, {{1er|mai}}{{lié}}1974. {{lié|→ p. 103}}
|}<noinclude></noinclude>
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Raymonde Lanthier
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 122 —|}}</noinclude><nowiki />
17/ Voir GATT, {{souligner|Le commerce international {{nobr|en 1985-86}}}} (Genève, 1986). {{lié|→ p. 107}}
18/ CNUCED, {{souligner|Manuel de statistiques du commerce international et du développement, 1977 et {{corr|1985|1885,}} suppléments}} (Nations Unies, New York, {{lié|1977 et 1985}}). {{lié|→ p. 107}}
19/ {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 107}}
20/ CNUCED, {{souligner|{{lang|en|Statistical Pocketbook}}}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1984). {{lié|→ p. 108}}
21/ {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 108}}
22/ CNUCED, {{souligner|Rapport sur le commerce et le développement}} (New York,{{lié}}1986). {{lié|→ p. 108}}
23/ Alister {{nec|McIntyre}}, CNUCED, déclaration faite aux audiences publiques de la CMED (Oslo,{{lié}}1985). {{lié|→ p. 110}}
24/ Le Fonds commun est un arrangement international pour la stabilisation des prix d’un groupe de produits de base qui intéressent particulièrement les pays en développement. Le deuxième guichet du Fonds a pour mission de fournir des ressources pour des mesures de promotion et de recherche. {{lié|→ p. 110}}
25/ {{corr|I|I.}} Walter et {{nec|J.H.}} Loudon, {{lang|en|“Environmental Costs and the Patterns of North-South Trade”}}, document établi pour la CMED,{{lié}}1986.{{lié|→ p. 112}}
26/ {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 112}}
27/ Centre des Nations Unies sur les sociétés transnationales, {{souligner|Les sociétés transnationales dans le développement mondial. Troisième étude}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1983). {{lié|→ p. 114}}
28/ {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 117}}
29/ {{lang|en|Commonwealth Working Group}}, {{lang|en|{{souligner|Technological Change}}}} (Londres, {{lang|en|Commonwealth Secretariat}},{{lié}}1985). {{lié|→ p. 117}}
30/ Cette mention se réfère aux activités des instituts internationaux qui travaillent sous l’égide du {{lang|en|Coordinating Group on International Agricultural Research}} de la Banque mondiale. {{lié|→ p. 119}}<noinclude></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 122 —|}}</noinclude><nowiki />
{|
|- {{ts|vat}}
| width=10% | 17/ || Voir GATT, {{souligner|Le commerce international {{nobr|en 1985-86}}}} (Genève, 1986). {{lié|→ p. 107}}
|- {{ts|vat}}
| 18/ || CNUCED, {{souligner|Manuel de statistiques du commerce international et du développement, 1977 et {{corr|1985|1885,}} suppléments}} (Nations Unies, New York, {{lié|1977 et 1985}}). {{lié|→ p. 107}}
|- {{ts|vat}}
| 19/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 107}}
|- {{ts|vat}}
| 20/ || CNUCED, {{souligner|{{lang|en|Statistical Pocketbook}}}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1984). {{lié|→ p. 108}}
|- {{ts|vat}}
| 21/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 108}}
|- {{ts|vat}}
| 22/ || CNUCED, {{souligner|Rapport sur le commerce et le développement}} (New York,{{lié}}1986). {{lié|→ p. 108}}
|- {{ts|vat}}
| 23/ || Alister {{nec|McIntyre}}, CNUCED, déclaration faite aux audiences publiques de la CMED (Oslo,{{lié}}1985). {{lié|→ p. 110}}
|- {{ts|vat}}
| 24/ || Le Fonds commun est un arrangement international pour la stabilisation des prix d’un groupe de produits de base qui intéressent particulièrement les pays en développement. Le deuxième guichet du Fonds a pour mission de fournir des ressources pour des mesures de promotion et de recherche. {{lié|→ p. 110}}
|- {{ts|vat}}
| 25/ || {{corr|I|I.}} Walter et {{nec|J.H.}} Loudon, {{lang|en|“Environmental Costs and the Patterns of North-South Trade”}}, document établi pour la CMED,{{lié}}1986.{{lié|→ p. 112}}
|- {{ts|vat}}
| 26/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 112}}
|- {{ts|vat}}
| 27/ || Centre des Nations Unies sur les sociétés transnationales, {{souligner|Les sociétés transnationales dans le développement mondial. Troisième étude}} (Nations Unies, New York,{{lié}}1983). {{lié|→ p. 114}}
|- {{ts|vat}}
| 28/ || {{Ibid.|cap}} {{lié|→ p. 117}}
|- {{ts|vat}}
| 29/ || {{lang|en|Commonwealth Working Group}}, {{lang|en|{{souligner|Technological Change}}}} (Londres, {{lang|en|Commonwealth Secretariat}},{{lié}}1985). {{lié|→ p. 117}}
|- {{ts|vat}}
| 30/ || Cette mention se réfère aux activités des instituts internationaux qui travaillent sous l’égide du {{lang|en|Coordinating Group on International Agricultural Research}} de la Banque mondiale. {{lié|→ p. 119}}
|}<noinclude></noinclude>
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{{corrBandeau}}</noinclude><nowiki/>
{{t2|{{corr||Deuxième partie : Problèmes communs}}|m=2em}}
{{t3|POPULATION ET RESSOURCES HUMAINES|CHAPITRE 4|mb=1em}}
{{SA|1.{{em|2}}En 1985, ce sont quelque 80{{lié}}millions de personnes qui sont venues s’ajouter à une population mondiale de quelque 4,8{{lié}}milliards. Chaque année, cette population augmente, alors que la densité de ressources naturelles avec laquelle il faut les nourrir, améliorer la qualité de la vie et éliminer la misère des masses est limitée. En revanche, le développement des connaissances intensifie la productivité des ressources.}}
{{SA|2.{{em|2}}Cette progression démographique ne peut pas continuer au rythme actuel. Elle compromet déjà pour de nombreux gouvernements la possibilité d’assurer à la population une éducation, des soins de santé et la sécurité alimentaire et, en particulier l’élévation des niveaux de vie. Cet abîme entre le nombre de personnes et les ressources oblige d’autant plus à agir que l’accroissement démographique est le plus fort dans les pays à faible revenu, les régions écologiquement défavorisées et les ménages pauvres.}}
{{SA|3.{{em|2}}Cependant, le problème démographique n’est pas seulement quantitatif. La misère et la dégradation des ressources peuvent se rencontrer dans des zones peu peuplées, terres arides et forêts tropicales, par exemple. La population est la principale ressource. En améliorant son éducation, sa santé et sa nutrition, on lui permet de mieux utiliser les ressources dont elle dispose et de les développer. De surcroît les facteurs qui menaceraient l’emploi rationnel des ressources ont autant pour origine les inégalités d’accès des populations à ces ressources que leur seule importance numérique. C’est pourquoi, lorsque l’on se préoccupe du « problème démographique », il faut aussi se soucier du progrès et de l’égalité des hommes.}}
{{SA|4.{{em|2}}Or, la progression démographique n’interpelle pas seulement les nations dont les taux d’accroissement démographique sont élevés. Une personne dans un pays industriel consomme bien plus et exerce sur les ressources naturelles une pression bien plus forte qu’une personne supplémentaire dans le Tiers Monde. Les caractéristiques de la consommation et les préférences en la matière importent autant que le nombre de consommateurs pour la conservation des ressources.}}
{{SA/o|5.{{em|2}}Pour cette raison, nombre de gouvernements doivent agir sur plusieurs fronts : ils doivent limiter la croissance démographique ; contenir les incidences de cette croissance sur les ressources et, avec des connaissances accrues, élargir l’éventail de ces ressources et en améliorer la productivité ; mettre en valeur le potentiel humain pour que la population soit mieux à même de gérer et d’utiliser les ressources ; en outre, lui fournir des formes de sécurité sociale autres que de nombreux enfants. Les moyens employés pour atteindre ces objectifs varieront suivant les pays, mais tous devraient avoir}}<noinclude></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 124 —|}}</noinclude>{{SA/f|présent à l’esprit qu’une croissance économique rationnelle et un accès équitable aux ressources sont les deux moyens les plus sûrs d’abaisser les taux de fécondité.}}
{{SA|6.{{em|2}}Donner aux gens la possibilité de choisir la taille de leur famille n’est pas seulement une méthode pour assurer l’équilibre entre la population et les ressources : c’est aussi un moyen d’assurer, surtout aux femmes, l’exercice du droit fondamental de l’homme à l’autodétermination. L’importance des facilités mises à leur disposition pour exercer ces choix donne la mesure du développement d’une nation. De même, renforcer le potentiel humain, non seulement favorise le développement, mais contribue aussi à assurer l’exercice du droit de chacun à une vie bien remplie et digne.}}
{{t4|I.{{em}}LES LIENS ENTRE L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT|m=1em}}
{{SA|7.{{em|2}}La croissance de la population et sa mise en valeur sont liées de manières complexes. Le développement économique produit des ressources qui peuvent servir à améliorer l’éducation et la santé. Ces améliorations, ainsi que l’évolution sociale qu’elles déterminent, entraînent une réduction des taux de fécondité et de mortalité. En revanche, des taux élevés de croissance démographique qui amenuisent les excédents disponibles pour le développement économique et social peuvent aller à l’encontre d’améliorations dans le domaine de l’éducation et de la santé.}}
{{SA|8.{{em|2}}Dans le passé, l’intensification de l’agriculture et l’accroissement des rendements ont aidé les nations à faire face aux pressions de populations toujours plus nombreuses sur les terres disponibles. Les migrations et le commerce international des produits alimentaires et des combustibles ont atténué les pressions sur les ressources locales. Ils ont permis ou facilité la vie des populations très denses de certains pays industrialisés.}}
{{SA|9.{{em|2}}La situation est différente dans la plupart des pays en voie de développement. Les améliorations apportées dans le domaine de la médecine et de la santé publique y ont entraîné une diminution rapide des taux de mortalité et accéléré les taux de croissance de la population, qui ont atteint des niveaux sans précédent. Or, les taux de fécondité demeurent élevés ; une bonne partie du potentiel humain n’est pas mise en valeur et le développement économique est stoppé. L’intensification de l’agriculture peut permettre de s’acheminer jusqu’à un certain point vers le rétablissement d’un équilibre entre la production alimentaire et la population, mais l’on se heurte à des limites que cette intensification ne peut pas dépasser. (Voir {{nobr|encadré 4-1}}).}}<noinclude></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 126 —|}}</noinclude><noinclude>{{encadré/début|padh=20px|padb=10px}}</noinclude>
{{a|3.{{em|1.7}}Certains chercheurs ont évalué le potentiel « théorique » de la production alimentaire mondiale. D’après une étude, la superficie consacrée à la {{corr|product on|production}} alimentaire pourrait être de l’ordre de 1,5{{lié}}{{corr|mil.ard|milliard}} d’hectares (à peu près le niveau actuel) et les rendements moyens pourraient atteindre 5{{lié}}tonnes d’équivalent céréales à l’hectare (contre la moyenne actuelle de 2{{lié}}tonnes d’équivalent céréales). En tenant compte de la production des terrains de parcours et de ressources marines, le « potentiel » total est évalué à 8,000{{lié}}millions de tonnes d’équivalent céréales.|mb=0.5em|4|-2.5}}
{{a|4.{{em|1.7}}Combien de personnes peut-on ainsi nourrir ? Actuellement, la consommation mondiale moyenne d’énergie végétale pour la nourriture, les semences et l’alimentation animale s’élève à environ 6,000{{lié}}calories par jour, avec des extrêmes de{{lié}}3,000 à 15,000{{lié}}calories par jour, selon les pays et le niveau de consommation de viande. Sur cette base, la production potentielle pourrait nourrir un peu plus de 11{{lié}}milliards de personnes. Mais si la consommation moyenne augmente de manière sensible jusqu’à 9,000{{lié}}calories par exemple — la capacité de charge démographique de la Terre descend à 7,5{{lié}}milliards. Ces chiffres pourraient être sensiblement plus élevés si les superficies consacrées à la production alimentaire et si la productivité de 3{{lié}}milliards d’hectares de pâturages permanents pouvaient être augmentées de manière à faire vivre la population. Néanmoins, il ressort de ces données que, pour répondre aux besoins alimentaires d’une population mondiale qui, en fin de compte, serait de l’ordre de 10{{lié}}milliards, il faudrait modifier les habitudes alimentaires et, aussi, améliorer considérablement l’efficacité de l’agriculture traditionnelle.|4|-2.5}}
{{SA|{{souligner|Source}} : N.{{lié}}{{corr|Gill and|Gilland}} “{{lang|en|Considerations on World Population and Food Supply}}”. {{souligner|{{lang|en|Population and Development Review}}}}, Volume {{nec|No.}}{{lié}}2, {{nobr|{{pg|203-11}}}} ; {{nec|G.M.}}{{lié}}Higgins et{{lié}}al., {{souligner|Capacité potentielle de charge démographique des terres du monde en développement}} (Rome : FAO,{{lié}}1982) ; {{nec|D.J.|{{lié}}Mahar}} (ed.). {{souligner|{{lang|en|Rapid Population Growth and Human Carrying Capacity}}. Staff Working Papers {{nec|No.}}}}{{lié}}690 (Washington, {{nec|D.C.}} : Banque mondiale,{{lié}}1985).}}{{encadré/fin}}
{{il}}
{{SA/o|10.{{em|2}}La possibilité même du développement peut être compromise par les taux élevés de la croissance démographique. De plus, la plupart des pays en développement ne disposent pas des ressources nécessaires qui leur permettraient d’attendre pendant quelques générations que leur population se stabilise. L’option de la migration vers de nouvelles terres n’est pratiquement plus envisageable. En outre, les faibles niveaux de développement économique et social, associés à l’évolution}}<noinclude></noinclude>
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{{a|4.{{em|1.7}}Combien de personnes peut-on ainsi nourrir ? Actuellement, la consommation mondiale moyenne d’énergie végétale pour la nourriture, les semences et l’alimentation animale s’élève à environ 6,000{{lié}}calories par jour, avec des extrêmes de{{lié}}3,000 à 15,000{{lié}}calories par jour, selon les pays et le niveau de consommation de viande. Sur cette base, la production potentielle pourrait nourrir un peu plus de 11{{lié}}milliards de personnes. Mais si la consommation moyenne augmente de manière sensible jusqu’à 9,000{{lié}}calories par exemple — la capacité de charge démographique de la Terre descend à 7,5{{lié}}milliards. Ces chiffres pourraient être sensiblement plus élevés si les superficies consacrées à la production alimentaire et si la productivité de 3{{lié}}milliards d’hectares de pâturages permanents pouvaient être augmentées de manière à faire vivre la population. Néanmoins, il ressort de ces données que, pour répondre aux besoins alimentaires d’une population mondiale qui, en fin de compte, serait de l’ordre de 10{{lié}}milliards, il faudrait modifier les habitudes alimentaires et, aussi, améliorer considérablement l’efficacité de l’agriculture traditionnelle.|4|-2.5}}
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{{encadré/fin}}
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{{SA/o|10.{{em|2}}La possibilité même du développement peut être compromise par les taux élevés de la croissance démographique. De plus, la plupart des pays en développement ne disposent pas des ressources nécessaires qui leur permettraient d’attendre pendant quelques générations que leur population se stabilise. L’option de la migration vers de nouvelles terres n’est pratiquement plus envisageable. En outre, les faibles niveaux de développement économique et social, associés à l’évolution}}<noinclude></noinclude>
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{{Centré|LES DÉSIRS|fs=200%}}
{{Poem|Existes-tu, mon frère, mon pareil,
Ou dois-je seul, les paupières baissées,
Dans le désert de ma pure pensée,
Faire tourner mes cieux et mon soleil ?
{{d|R. H.|3}}
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{T3|MÊME QUAND JE LA FUIS, MA GRANDEUR ME TOURMENTE…}}
{{d|''À Madame Aurel''.|3}}
{{Poem|
Même quand je la fuis, ma grandeur me tourmente ;
De la colline en vain je veux poser mes yeux
Sur les ruisseaux, les bois, les avoines dormantes,
Je m’évade aussitôt de ces modestes lieux :
Je respire, je vis et j’aime sur la terre ;
Je m’y veux attacher, je fais tout de mon mieux ;
Mais ce n’est point par là que se vit mon mystère ;
Il n’admet pour abri que des lieux désolés,
Reconnus seulement par des héros ailés
Et même si je veux je n’en pourrai parler,
Car le sort de quiconque y désire voler
Est d’abord de brûler ici-bas solitaire.
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/58
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{{T3|À PEINE APPARUS…}}
{{d|''À {{M.|Paul}} Reynaud.''|3}}
{{Poem|
À peine apparus nous glissons
Entre les hommes de la terre ;
Nos formes scintillent, légères,
Un éclair entre deux buissons,
Et ce sont les plus passagères
Qui laissent le plus de chansons.
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/59
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{{T3|LES SIÈCLES QUI VIENDRONT…}}
{{d|''À Jacques Chabannes.''|3}}
{{Poem|
Je suis semblable au fleuve à travers la montagne
Qui ne peut dans les rocs épanouir son cours ;
Je m’élance, mais mal, mon tourment m’accompagne,
Et je ne vois au loin que le désert des jours.
Nul regard amoureux n’ira sur cette page
S’assurer doucement que j’ai fait des progrès ;
La foule même ignore et mon nom et mon âge,
Je marche sans appui, je travaille en secret.|ds}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/61
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{{T3|OUI, JE SAIS CE QUE JE PEUX…}}
{{Poem|Oui, je sais ce que je peux ;
Mais tout ce qu’il me faut dire
Ne se pourra bien traduire
Que si l’on me rend heureux.
De ma pure intelligence
Je n’attends pas de secours
Et ce n’est que dans l’amour
Que je trouve ma puissance.|ds}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/62
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude>{{Poem|
Aussi vois-je avec douleur
Se perdre tant de journées
Où ma vie abandonnée
Ne connaît qu’ombre ou pleurs.
Je ne vis que lorsque j’aime ;
J’interroge l’avenir ;
Qui, sachant me retenir,
Viendra me rendre à moi-même ?|sf}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/63
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<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude><nowiki />
{{T3|POÈME, Ô FILS DE LA PRIÈRE…}}
{{d|''À {{Mlle|J. Douillard}}''.}}
{{Poem|
Poème, ô fils de la prière,
Quand tu parais dans ta lumière
Comment pourrais-je être orgueilleux ?
Tu viens de Dieu, tu vas à Dieu.
Quand les derniers mots sont écrits,
Si le poète sait se taire,
La route est ouverte à l’esprit
Qui veut échapper à la terre.|ds}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/64
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<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude>{{Poem|
Et l’âme dans sa vérité
Déjà transperce la matière
Qui composait une frontière
Entre elle et son éternité.|sf}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/65
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude><nowiki />
{{T3|MES VERS NE CROYEZ PAS…}}
{{d|''À Frédéric Lefèvre''.|3}}
{{Poem|
Mes vers, ne croyez pas que je vous abandonne :
Je souffre du silence où je suis condamné ;
Tout arrête ma plume et pourtant je suis né
Pour vous ; le temps toujours m’est dérobé ; l’automne
Va commencer demain, qu’ai-je fait de l’été ?
Je vais de soir en soir, poursuivant le silence ;
De soir en soir, il fuit, par les bruits écarté.
Devrai-je donc toujours, sans gloire et sans défense,
Poursuivre obscurément d’inutiles efforts,
Me serais-je trompé dès le seuil de l’enfance
Et dois-je à mon destin mêler l’ombre de la mort ?
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
ccymqo1v6msbuoyihtbr5ns5q3054dq
Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/66
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<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude><nowiki />
{{T3|MUSE}}
{{Poem|
Toujours tu gardes ta douceur ;
Las de tout, tu me plais encore,
Et toi seule, ô paisible sœur,
Un instant calme la douleur
Aux plis de ton manteau sonore.
Tu ne viens plus me voir souvent ;
Je t’aime encor, tu m’abandonnes,
Selon l’usage des vivants ;
Et je résiste seul aux vents,
Au désespoir et à l’automne.
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
dqhsj0hwcts1nng4wxvgpsemqaoxqpz
Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/67
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude><nowiki />
{{T3|Ô POÈME, Ô REFUGE…}}
{{d|''À {{Mme|la}} Comtesse''|2}}
{{d|''A. de Chabannes La Palice''.}}
{{Poem|
Ô poème, ô refuge, ô bois silencieux
Dont j’entends aujourd’hui courir les mille sources,
Ta mouvante clarté seule est douce à mes yeux
Et ta mousse profonde offre seule à mes courses
Une ombre de douceur où tromper mon corps las ;
Et lorsque au vent du soir nous poursuivons nos pas,
Quand la vaine espérance est tremblante dans l’âme
Et que les yeux perdus nous regardons au loin,
Écho de notre appel, lueur de notre flamme,
Ô poème, c’est toi qui nous trompes le moins.
|df}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf/6
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/* Validée */
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<noinclude><pagequality level="4" user="Clhu" /></noinclude><nowiki />
{{SA|L’{{sc|édition originale}} ''de cet ouvrage a été tirée à'' {{sc|huit cent six}} ''exemplaires et comprend : cent neuf exemplaires réimposés dans le format in-quarto tellière, sur papier vergé Lafuma-Navarre au filigrane'' nrf, ''dont neuf hors commerce marqués de'' {{sc|a}} ''à'' {{sc|i}} ''et cent destinés aux'' Bibliophiles de la Nouvelle Revue Française, ''numérotés de'' {{rom-maj|i}} ''à'' {{rom-maj|c}}, ''six cent quatre-vingt-dix-sept exemplaires in-octavo couronne sur papier vélin pur fil Lafuma-Navarre dont dix-sept exemplaires hors commerce marqués de'' a ''à'' q, ''six cent cinquante destinés aux'' Amis de l’Edition originale, ''numérotés de'' 1 à 650 ''et trente exemplaires d’auteur, hors commerce, numérotés de'' 651 à 680.}}
{{Centré|Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation<br />
{{Interligne|0em}}
réservés pour tous les pays y compris la Russie.<br />
{{Interligne|0em}}
Copyright by librairie Gallimard, 1930.}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{SA|L’{{sc|édition originale}} ''de cet ouvrage a été tirée à'' {{sc|huit cent six}} ''exemplaires et comprend : cent neuf exemplaires réimposés dans le format in-quarto tellière, sur papier vergé Lafuma-Navarre au filigrane'' nrf, ''dont neuf hors commerce marqués de'' {{sc|a}} ''à'' {{sc|i}} ''et cent destinés aux'' Bibliophiles de la Nouvelle Revue Française, ''numérotés de'' {{rom-maj|i}} ''à'' {{rom-maj|c}}, ''six cent quatre-vingt-dix-sept exemplaires in-octavo couronne sur papier vélin pur fil Lafuma-Navarre dont dix-sept exemplaires hors commerce marqués de'' a ''à'' q, ''six cent cinquante destinés aux'' Amis de l’Edition originale, ''numérotés de'' 1 à 650 ''et trente exemplaires d’auteur, hors commerce, numérotés de'' 651 à 680.}}
{{Centré|Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays y compris la Russie.<br />
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Copyright by librairie Gallimard, 1930.}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|117}}</noinclude><section begin="Sarnanus"/>dans le Moréri, sous le mot ''Bucafoci''.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Sarnanus-(A)|(A)}}''' ''On a plusieurs livres de ce religieux.'' ]
L’Épitome de la Bibliothéque
de Gesner le nomme mal {{lang|la|''Constantinus''
''Sarmanus''}}, et ne fait mention
que de son ouvrage sur les universaux,
imprimé à Venise, ''in''-8{{o}}, l’an
1576 <ref>{{lang|la|Epit. gesn., ''pag.'' 174.}}</ref>. Il a composé outre cela un
livre {{lang|la|''de secundis Intentionibus juxta''
''Doctrinam Scoti ; Summa theologica ;''
''Directorium theologicum ; Conciliatio''
''Aureoli et Capreoli ; Conciliatio''
''Thomæ Aquinatis et Scoti''}}, etc.
Ce dernier ouvrage est l’un des plus
considérables qu’il ait composés. Il y
a ''fait un recueil de sept ou huit''
''cents opinions où'' Thomas d’Aquin et
Scot ''sont contraires''. C’est ce qu’on
remarque dans l’Apocalypse de Méliton
<ref>Apocalypse de Méliton, ''pag.'' 25. ''Ce livre''
''fut imprimé l’an'' 1663. ''L’auteur s’appelait''
''{{M.|''Pithois''}}. Il avait été minime, et s’étant fait''
''de la religion, il fut professeur en philosophie à''
''Sedan, où il mourut fort âgé, l’an'' 1676,</ref>, après avoir dit que le ministre,
pour répondre au cordelier
Feuardent, auteur d’un livre
intitulé, ''Entremangeries ministrales'',
avait publié les ''Entremangeries monacales'',
où il s’était fort prévalu ''des''
''disputes continuelles'' des jacobins et
des cordeliers.
{{References-Bayle}}
<section end="Sarnanus"/>
<section begin="Savonarola1"/>'''SAVONAROLA ('''{{sc|'''Michel, ou'''
'''Jean-Michel}})''', natif de Padoue,
pratiqua la médecine avec tant
de réputation, que Nicolas d’Est
le fit venir à Ferrare <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Joh. Franc. Picus, ''in'' Vitâ Hieron.
Savonarolæ, ''pag. m.'' 108.}}</ref>, et le
prit à son service sous une grosse
pension <ref group=lower-alpha>{{lang|it|Ghilini, Teatro, ''parte II'', ''pag.'' 197.}}</ref>. Léonel, fils de Nicolas,
et Borse <ref group=lower-alpha>''Celui-ci fut le premier qui porta le''
''titre de duc de Ferrare et de Modène.'' {{lang|la|Joh.
Fr. Picus, ''in'' Vitâ H. Savonarolæ, ''pag.'' 108.}}</ref>, frère de Léonel,
lui continuèrent son emploi
<ref group=lower-alpha>Ghilini, {{lang|it|Teatro, ''parte II'', ''pag.'' 197.}}</ref>. Il obtint le droit de bourgeoisie,
et s’acquit une extrême
considération avec beaucoup de
profit <ref group=lower-alpha>Ghilini, ''{{lang|la|ubi suprà}}.''</ref>. Il avait de la piété, et
ne prenait rien des pauvres <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Joh. Fr. Picus, ''in'' Vitâ Hier. Savonarolæ,
''pag.'' 108.}}</ref>.
Il mourut à Ferrare, chevalier
de Saint-Jean de Jérusalem, l’an
1431. Les ouvrages qu’il composa
furent bien reçus du public
<ref group=lower-alpha>Ghilini, Teatro, ''parte II'', ''pag.'' 197.</ref>, et ont été imprimés en divers
lieux <ref group=lower-alpha>''Voyez'' {{lang|la|Lindenius renovatus}}, ''pag.'' 643.</ref>. Ils concernent la
médecine. Il laissa deux fils dont
le puîné fut père du fameux
dominicain <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Joh. Fr. Picus, ''in'' Vitâ H. Savonarolæ,
''pag.'' 108.}}</ref> dont je vais parler.
{{References-Bayle}}
<section end="Savonarola1"/>
<section begin="Savonarola2"/>'''SAVONAROLA ({{sc|Jérôme}})''' petit-fils
du précédent, naquit à
Ferrare le 21 de septembre 1452,
et se fit moine dominicain à
Boulogne, à l’insu de ses parens,
l’an 1474. Ses supérieurs l’employèrent
à enseigner la physique
et la métaphysique ; mais
s’étant acquitté de cet emploi
plusieurs années, il se dégoûta
de ces vaines subtilités, et s’attacha
tout entier à la lecture des
livres pieux et de l’Écriture Sainte
principalement. On l’employa
à prêcher et à confesser, et il le
fit avec une grande assiduité,
jusques à ce que, pour mieux
vaquer à la première, il abandonna
la seconde <ref name="Savonarola2-(a)" group=lower-alpha>''Tiré de sa'' Vie, ''composée par'' Jean-François
Pic, comte de la Mirandole, {{lang|la|''in''
Collectione Batesianâ, ''pag.'' 108 ''et seq.''}}</ref>. Il fut mandé
en 1492, pour préparer à la
mort Laurent de Médicis <ref name="Savonarola2-(b)" group=lower-alpha>{{lang|la|Politianus, epist. IV, ''libri II, folio''
''m.'' 92, ''verso.}} Voyez aussi'' Jean-François
Pic. {{lang|la|''in'' Vitâ Savonar., ''pag.'' 115.}}</ref>.
C’est un fait constant, 1{{o}}. qu’il
se distingua d’une façon extraordinaire
par l’austérité de sa vie,
et par la ferveur éloquente avec<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/126
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|118|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>laquelle il prêchait contre les
mauvaises mœurs {{refl|Savonarola2-(A)|num=(A)|nosup}}, sans épargner
les désordres du clergé,
ni même la cour de Rome ;
2°. qu’il prétendit avoir part
aux révélations célestes ; 3°. que
par tous ces moyens-là il s’acquit
une grande autorité dans Florence,
avec la vénération de toute
la ville {{refl|Savonarola2-(B)|num=(B)|nosup}} ; 4°. qu’il déchut de
son crédit, qu’il fut excommunié,
dégradé des ordres ecclésiastiques,
pendu et brûlé, l’an
1498 {{refl|Savonarola2-(C)|num=(C)|nosup}}. Ce sont là des choses
qui ne sont point contestées ;
mais il y a partage des sentimens
sur la question si c’était un honnête
homme, ou un hypocrite.
Quelques auteurs soutiennent
qu’un grand zèle pour la vérité
et pour la réformation de l’église
le faisait agir : d’autres
prétendent que c’était un imposteur,
qui pour satisfaire la passion
de dominer, se servit du
masque de la vertu, et s’érigea
en prophète. Il est difficile de
bien démêler la vérité dans
ce conflit d’opinions ; car s’il est
sûr d’un côté que les tartufes
les plus scélérats trouvent des
apologistes, il est sûr de l’autre
que les zélateurs les plus sincères
trouvent des accusateurs ; et
il est certain que de part et d’autre,
soit pour défendre, soit
pour accuser, on lâche ordinairement
la bride à l’intérêt de
parti, à l’artifice et à la mauvaise
foi. Il me semble donc qu’il
me doit suffire de faire quelques
recueils sur ce qui a été dit pour
ou contre ce dominicain. On les
verra principalement dans les
remarques, Philippe de Comines
qui l’avait vu le loue beaucoup,
et lui attribue la gloire d’avoir
bien prophétisé certaines choses
{{refl|Savonarola2-(D)|num=(D)|nosup}}. C’est aussi sur son témoignage
que l’on appuie fortement
lorsqu’on veut légitimer les révélations
de Savonarola ; mais
comme il a fait mention d’une
prophétie qui se trouva fausse,
c’est celle qui assurait que {{Roi|Charles|VIII}}
reviendrait en Italie,
il sert de témoin aux censeurs
de ce prophète. C’est ce qu’on
verra dans un passage que je
rapporte de Gabriel Naudé {{refl|Savonarola2-(E)|num=(E)|nosup}},
l’un des auteurs qui critiquent
la conduite de notre moine. Il
ne le fait pas avec tant de dureté
que Volaterran, qui a tranché
net que Savonarola était un fourbe,
qui se révoltant contre l’église
travaillait à la fondation
une secte <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Volaterran., ''ubi, infrà.''}}</ref>. Ce qu’il ajoute,
que Savonarola allant à l’église
pour monter en chaire se faisait
accompagner par des gens armés
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|''Non religiosis, sed militum gladiis,''
''atque lictoribus stipatus ad templum divinumque''
''verbum prædicandum accedebat.''
Volaterran. ''lib. V'', ''pag. m.'' 181.}}</ref>, n’est pas une petite marque
d’un esprit factieux. On ne peut
nier qu’il ne se soit trop mêlé
des affaires politiques {{refl|Savonarola2-(F)|num=(F)|nosup}}. Cela
est toujours blâmable dans les
personnes qui se sont consacrées
au ministère de la parole de
Dieu ; mais on doit principalement
les condamner lorsqu’elles
se mêlent du gouvernement dans
un état qui est divisé en factions.
Voilà le cas où se trouve Savonarola.
Il y avait des factions
dans la république de Florence :
les uns voulaient maintenir la
maison de Médicis, ou tout au
moins l’aristocratie ; les autres
voulaient extirper cette maison,
et établir le gouvernement {{tiret|popu|laire}}<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|118|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>laquelle il prêchait contre les
mauvaises mœurs {{refl|Savonarola2-(A)|num=(A)|nosup}}, sans épargner
les désordres du clergé,
ni même la cour de Rome ;
2{{o}}. qu’il prétendit avoir part
aux révélations célestes ; 3{{o}}. que
par tous ces moyens-là il s’acquit
une grande autorité dans Florence,
avec la vénération de toute
la ville {{refl|Savonarola2-(B)|num=(B)|nosup}} ; 4{{o}}. qu’il déchut de
son crédit, qu’il fut excommunié,
dégradé des ordres ecclésiastiques,
pendu et brûlé, l’an
1498 {{refl|Savonarola2-(C)|num=(C)|nosup}}. Ce sont là des choses
qui ne sont point contestées ;
mais il y a partage des sentimens
sur la question si c’était un honnête
homme, ou un hypocrite.
Quelques auteurs soutiennent
qu’un grand zèle pour la vérité
et pour la réformation de l’église
le faisait agir : d’autres
prétendent que c’était un imposteur,
qui pour satisfaire la passion
de dominer, se servit du
masque de la vertu, et s’érigea
en prophète. Il est difficile de
bien démêler la vérité dans
ce conflit d’opinions ; car s’il est
sûr d’un côté que les tartufes
les plus scélérats trouvent des
apologistes, il est sûr de l’autre
que les zélateurs les plus sincères
trouvent des accusateurs ; et
il est certain que de part et d’autre,
soit pour défendre, soit
pour accuser, on lâche ordinairement
la bride à l’intérêt de
parti, à l’artifice et à la mauvaise
foi. Il me semble donc qu’il
me doit suffire de faire quelques
recueils sur ce qui a été dit pour
ou contre ce dominicain. On les
verra principalement dans les
remarques, Philippe de Comines
qui l’avait vu le loue beaucoup,
et lui attribue la gloire d’avoir
bien prophétisé certaines choses
{{refl|Savonarola2-(D)|num=(D)|nosup}}. C’est aussi sur son témoignage
que l’on appuie fortement
lorsqu’on veut légitimer les révélations
de Savonarola ; mais
comme il a fait mention d’une
prophétie qui se trouva fausse,
c’est celle qui assurait que {{Roi|Charles|VIII}}
reviendrait en Italie,
il sert de témoin aux censeurs
de ce prophète. C’est ce qu’on
verra dans un passage que je
rapporte de Gabriel Naudé {{refl|Savonarola2-(E)|num=(E)|nosup}},
l’un des auteurs qui critiquent
la conduite de notre moine. Il
ne le fait pas avec tant de dureté
que Volaterran, qui a tranché
net que Savonarola était un fourbe,
qui se révoltant contre l’église
travaillait à la fondation
une secte <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Volaterran., ''ubi, infrà.''}}</ref>. Ce qu’il ajoute,
que Savonarola allant à l’église
pour monter en chaire se faisait
accompagner par des gens armés
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|''Non religiosis, sed militum gladiis,''
''atque lictoribus stipatus ad templum divinumque''
''verbum prædicandum accedebat.''
Volaterran. ''lib. V'', ''pag. m.'' 181.}}</ref>, n’est pas une petite marque
d’un esprit factieux. On ne peut
nier qu’il ne se soit trop mêlé
des affaires politiques {{refl|Savonarola2-(F)|num=(F)|nosup}}. Cela
est toujours blâmable dans les
personnes qui se sont consacrées
au ministère de la parole de
Dieu ; mais on doit principalement
les condamner lorsqu’elles
se mêlent du gouvernement dans
un état qui est divisé en factions.
Voilà le cas où se trouve Savonarola.
Il y avait des factions
dans la république de Florence :
les uns voulaient maintenir la
maison de Médicis, ou tout au
moins l’aristocratie ; les autres
voulaient extirper cette maison,
et établir le gouvernement {{tiret|popu|laire}}<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/128
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|120|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>On peut mettre en doute avec
quelque fondement si la qualité
de martyr, qui lui a été donnée
par quelques auteurs, lui convient
à juste titre {{refl|Savonarola2-(M)|num=(M)|nosup}}. On dit
que le concile de Pise promettait
sa canonisation aux dominicains,
pourvu qu’ils voulussent prendre
parti contre le pape {{Roi|Jules|II}} ;
mais qu’ils refusèrent de l’acheter
à ce prix-là <ref group=lower-alpha>Baron, {{lang|la|Apologet. Ordinis Prædicat.}},
''tom. II'', ''pag.'' 91.</ref>. Il écrivit
quantité de livres où l’on trouve
beaucoup d’onction et de piété
{{refl|Savonarola2-(N)|num=(N)|nosup}}. Je dis quelque chose d’une
lettre qu’il écrivit au pape, où il
examine entre autres accusations
celle qu’on lui intentait de se
vanter de parler à Dieu {{refl|Savonarola2-(O)|num=(O)|nosup}}. Il
eut de grands combats à soutenir
contre les démons, et se rendit
formidable à ces princes des ténèbres
{{refl|Savonarola2-(P)|num=(P)|nosup}}. Je ne dois pas oublier
que l’une des choses qui le rendirent
odieux fut son affection
pour le roi de France <ref group=lower-alpha>''Voyez dans la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(K)|(K)]] ''les paroles''
''d’''Arnoul Ferron.</ref>. On a
lieu de croire qu’il s’attacha à
ce prince, parce que s’étant mêlé
de prophétiser qu’il arriverait
de grandes révolutions, il tourna
ses yeux de tous côtés pour chercher
le Cyrus que Dieu destinait
à ce grand ouvrage <ref group=lower-alpha>''Voyez'' Nauclérus, ''Gener. I, part.''
''II'', ''pag. m.'' 989.</ref>, et qu’il
n’en trouva aucun qui y fût si
propre que {{Roi|Charles|VIII}}. Des
lors il le déclara le Cyrus choisi
de Dieu, et lui dévoua tous ses
services. C’est l’ordinaire de ces
faux prophètes, et nous en avons
des exemples qui sont encore
plus frais que celui de Drabicius.
Je ne sais si Savonarola n’avait
pas fait attention à une maxime
que Machiavel a débitée depuis,
en le donnant pour exemple {{refl|Savonarola2-(Q)|num=(Q)|nosup}}.
Cette maxime est que les prophètes
qui n’ont point l’appui du
bras séculier, ni d’autres armes
que leur langue et la prévention
des peuples, {{lang|la|''solâ majestate''
''armati''}}, sont exposés à de grands
revers. Je ferai une remarque
sur les diverses manières dont
on a écrit son nom {{refl|Savonarola2-(R)|num=(R)|nosup}}.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Savonarola2-(A)|(A)}}''' ''Il se distingua par l’austérité''
''de sa vie, et par la ferveur éloquente''
''avec laquelle il prêchait contre les''
''mauvaises mœurs.'' ] Afin de ne point
citer des témoins partiaux, j’alléguerai
les paroles de Paul Jove, qui a
gardé assez bien la neutralité. {{lang|la|''Hieronymus''
''Savonarola''}}, dit-il <ref>{{lang|la|Jovius, ''in'' Elogiis, ''cap. XLII'', ''pag. m.'' 99.}}</ref>, .....
{{lang|la|''usque adeò austerâ vitæ disciplinâ,''
''ac erudito subtilique ingenio et in sacris''
''concionibus admirabili facundiâ''
''valuit, ut, etc''}}. Il s’exprime encore
plus fortement dans un autre livre.
{{lang|la|''Tanta rerum atque animorum commutatio,.......''
''Florentiæ consecuta''
''est, ut Hieronymus, qui modò''
''singulari sanctimoniâ, virtutisque''
''nomine animis civium imperitârat et''
''in numerum divorum ut vivens referretur,''
''publico consensu meruerat,''
''concursu populi senatûsque decreto''
''damnatus sit, et in areâ curiæ fœdissimo''
''supplicio concrematus......''
''Atque ita qui ab excellenti doctrinâ''
''ac vitæ continentiâ, et honestate,''
''facundiâque incredibili in admiratione''
''hominum aliquandiù fuerat, omnibus''
''contumeliis et cruciatibus affectus,''
''miserabile, et fortassè indignum''
''tantâ virtute, incerto levique populo''
''spectaculum præbuit''}} <ref>{{ancre|ancrage_Savonarola2-(2)}}{{lang|la|''Idem, in'' Vitâ {{Roi|Leonis|X}}, ''pag. m.'' 52.}}</ref>. Si vous voulez
voir ce que l’on a dit des grands
succès de ses sermons, vous n’aurez
qu’à consulter l’Appendix de {{M.|Cave}}
<ref>Wharton, {{lang|la|''in'' Appendice ad Historiam litterariam
Guil. Cave, ''pag.'' 162, 163.}} ''Il cite'' Jean-François
Pic, {{lang|la|''in'' Vitâ Savonarolæ.}} ''Voyez aussi''
Spizélius, {{lang|la|''in'' Infelice litterato}}, ''pag.'' 642.</ref>. On prétend que les Florentins se
convertirent par ses prédications
beaucoup mieux que les Ninivites
par celles de Jonas ; car la ville de
Florence se réforma, non pas pour<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
3d8g5w504asdtdy21dkr1gc0ej80dv4
Utilisateur:Psephos/Test2
2
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2026-05-08T18:21:22Z
Psephos
145984
Page blanchie
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wikitext
text/x-wiki
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/129
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|121}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>un jour, mais pour un long temps, et
jeta au feu tous les instrumens du
luxe. {{lang|la|''Quæ de Hieronymi Savonarolæ''
''eloquentiâ christianâ narrantur, mira''
''essent et incredibilia, nisi fidem facerent''
''ejus scripta, quæ incredibilem''
''spirant pietatem et ardorem, et facilè''
''persuadent quod ferunt, efficacia''
''verbi civitatem Florentinam, deliciis''
''abundantiâ opum diffluentem, ferè''
''totam non solum ad meliorem frugem''
''ac modestiam christianam revocâsse,''
''sed et ad planctus Ninive vitam civium''
''convertisse, undè illis nomen gementium''
''adhæsit, omniaque luxûs instrumenta,''
''appensa pyramidi flammis''
''absumpserunt. Neque ad tempus''
''et horam putes id genus vitæ arripuisse,''
''aut servâsse, superstite Savonarolâ ;''
''non minùs diuturna et perennis''
''fuit quàm mira : et repentina''
''conversio''}} <ref>{{lang|la|Vincentius Baronius, Apolog. Ordin., ''tom.''
''II'', ''pag.'' 220, 211.}}</ref>. Je vous avertis que
c’est d’un confrère de Savonarola, et
d’un apologiste des dominicains que
j’emprunte ces paroles.
'''{{refa|Savonarola2-(B)|(B)}}''' ''Il s’acquit une grande autorité''
''dans Florence, avec la vénération de''
''toute la ville.'' ] On le regardait comme
un prophète envoyée de Dieu pour la
correction des mœurs, et l’on ne
croyait pas qu’aucune affaire dût
être entreprise sans lui, ni dans le
sénat, ni dans les maisons des particuliers.
C’est ainsi qu’en parle Paul
Jove : {{lang|la|''Hieronymus Savonarola... litteris''
''et admirabili præsertim eloquentiâ''
''insignis, qui in sacris concionibus,''
''et in privatis colloquiis ita multitudinis''
''animos opinione virtutis ceperat, ut''
''illum rerum omnium, quæ imminebant,''
''verum vatem, divinumque''
''depravatis moribus censorem cœlo''
''missum crederent. Creveratque ei tanto''
''assensu authoritas, perpetuò omnis''
''generis hominum sexûsque et ætatis''
''studio collecta, ut nihil privatis in domibus,''
''nihil in senatu sine ejus viri''
''consilio rectè geri posse videretur''}} <ref>{{lang|la|Jovius ''in'' Vitâ {{Roi|Leonis|X}}, ''pag.'' 47.}} ''Ajoutez''
''ce qu’il dit dans les'' Éloges des Hommes savans,
''chap. XLII'', ''pag.'' 99 : {{lang|la|Hieronymus Savonarola...
usque adeò... valuit ; ut populum... quò
vellet facilè impelleret, privatisque familiarum,
ac ipsis quoque summi magistratûs consiliis misceretur.
Futura enim prædicere, veluti divino
adflatum numine credebant.}} ''Voyez aussi'' Volaterran,
{{lang|la|''lib. V'', ''pag. m.'' 181}}, ''et'' {{lang|la|Gratianus, de
Casib. Viror. illustr., ''pag.'' 131, 132.}}</ref>.
{{M.|Varillas}} a paraphrasé cela par des
détails que tout le monde ne voudrait
point approuver. Il venait de dire
<ref>Varillas, Anecdotes de Florence, ''pag.'' 212.</ref> que Savonarola était le plus savant
homme <ref>''C’est une hyperbole ; car'' Jean Pic, Hermolaüs
Barbarus, ''et quelques autres surpassaient en''
''science'' Savonarola.</ref> qu’il y eût eu dans l’Italie
depuis le siècle des premiers Césars ; .....
''qu’il avait prédit tant de choses''
''extraordinaires, arrivées dans''
''toutes les circonstances qu’il avait''
''marquées, qu’il passait pour un grand''
''prophète ; et'' que ''les Florentins étaient''
''si fortement persuadés de sa sainteté,''
''qu’ils l’avaient même canonisé'' <ref>''Cette expression est trop forte, eu égard au''
''latin de'' Paul. Jove. ''Voyez la remarque précédente,''
''citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(2)|(2)]].</ref>
''pendant sa vie''. Après cela il continue
de cette façon : « Ses talens
vrais et supposés le faisaient agir
dans Florence avec plus d’autorité
que s’il en eût été souverain, puisque
non-seulement on déférait à ses
avis dans les assemblées publiques,
mais de plus il était arbitre des
affaires domestiques, et vidait les
querelles qui survenaient entre les
maris et les femmes, sans qu’il
eût jamais d’inexécution ou de
plainte contre ce qu’il avait ordonné. »
Personne n’a mieux décrit
que Juste Lipse l’empire de ce religieux
<ref>{{lang|la|Lipsius, Monitor. et Exempl. Polit., ''lib.''
''I'', ''cap. III'', ''pag. m.'' 139.}}</ref>. Il ne faut pas oublier
qu’on compte parmi les marques de
son crédit l’honneur qu’il eut d’être
député par les Florentins au roi de
France <ref>{{lang|la|''U ad Carolum regem Pisas legatus mitteretur.''
Jovius, ''in'' Elogiis, ''pag.'' 99.}}</ref>. Voyons ce que {{M.|Bullart}}
a remarqué là-dessus : « Les plus
qualifiés ravalant leur autorité
pour rehausser la sienne, il fut
choisi pour aller en qualité d’ambassadeur
de la république vers
le roi de France {{Roi|Charles|VIII}}, à
Poggibone, lui demander la restitution
de Pise à l’état de Florence.
Il s’acquitta de cette commission
avec beaucoup de vigueur ; menaça
le roi, par un esprit de prophétie
de l’ire de Dieu, s’il ne faisait
cette restitution ensuite des traités
si {{corr|solennement|solennellement}} jurés. Quoique cela
ne réussît pas selon ses désirs et
l’espoir des Florentins, si est-ce
que voyant que tout pliait en Italie<section end="Savonarola2"/><noinclude>
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|Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf
|100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf}}
relectures en cours :
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|Robert Honnert - Les désirs, 1930.pdf}}
relectures terminées :
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|Lamontagne - Ma Gaspésie, 1928.djvu|
|Graffigny - Cénie, 1764.djvu|
|Graffigny - La Fille d'Aristide, 1766.djvu|}}
corrections terminées :
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|Paban - Année des dames - tome 1.pdf}}
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|125}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>bon de remarquer que si ce prophète
eût été bien sûr de son fait, il n’eût
point signifié à {{Roi|Charles|VIII}} ces terribles
jugemens de Dieu ; car en les
signifiant il croyait possible que ce
monarque ne fît point la seconde expédition.
Comment donc osait-il la
prophétiser, et dire que Dieu la lui
avait révélée ? Lorsque Dieu révèle
qu’une telle chose arrivera, les hommes
sont-ils capables d’empêcher
qu’elle n’arrive ? Peuvent-ils choisir
des mesures qui la détournent ? Est-il
nécessaire de les menacer de quelque
malheur au cas qu’ils la fassent avorter ?
Concluons que les menaces qu’on
faisait à {{Roi|Charles|VIII}}, et la certitude
de la révélation de son retour en Italie,
ne peuvent pas s’accorder ensemble
dans une tête qui n’est pas folle. Que
si vous me répondez que ces menaces
devaient servir de moyen à l’événement,
et qu’ainsi elles n’étaient point
un signe de l’incertitude de Savonarola,
je vous nierai le fait ; car {{Roi|Charles|VIII}}
ne retourna point en Italie,
et par conséquent les menaces de ce
moine n’étaient pas l’un des moyens
que Dieu avait prédestinés à cette
fin. Tournez-vous de quelque côté
que vous voudrez, vous n’éviterez
jamais qu’il n’ait été faux prophète
dans ce point-là. Il me fait souvenir
de nos Drabicius et de nos Kottérus,
gens qui commençaient par
souhaiter ardemment la ruine de
l’empereur, et qui continuaient par
la prédire, et puis par chercher de
tous côtés un prince capable de la
procurer, et enfin par dénoncer à ce
prince qu’il était prédestiné à ce
grand ouvrage, et que s’il n’y travaillait
Dieu le punirait sévèrement
<ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Drabicius#ancrage_Drabicius-(C)|(C)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Drabicius|{{sc|Drabicius}}]],
''tom. VI'', ''pag.'' 5.</ref>. Il y a quelquefois plus de malice
que de fanatisme dans ce procédé :
on ne cherche que la guerre ; car,
comme l’a dit un homme fort versé
dans ces artifices, ''il est certain que''
''souvent les prophéties supposées ou''
''véritables ont inspiré à ceux pour qui''
''elles avaient été faites les desseins''
''d’entreprendre les choses qui leur''
''étaient promises'' <ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Kottérus#ancrage_Kottérus-(H)|(H)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Kottérus|{{sc|Kottérus}}]],
''tom. VIII'', ''pag.'' 602. ''Voyez la remarque''
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Kottérus#ancrage_Kottérus-(C)|(C)]] ''du [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Kottérus|même article]], un peu avant la fin.''</ref>.
II. Je fais une autre réflexion sur
le narré de Philippe de Comines.
C’est un auteur qui aide trop à la
lettre pour faire trouver leur compte
aux prédictions de Savonarola. Il
vérifie sur la mort du dauphin, et
sur celle de {{Roi|Charles|VIII}}, les menaces
de ce moine. Elles étaient vagues,
et ne le commettaient pas beaucoup :
car ce prince pouvait recevoir des
déplaisirs par cent endroits et plus
aisément que les personnes d’une
condition privée : ainsi on ne risquait
rien en le menaçant de quelque
disgrâce. Un prophète n’a rien
à craindre quand il s’en tient à de
telles généralités. Il peut même se
sauver par une porte de derrière, en
cas que les princes qu’il menace ne
tombent dans nulle affliction ; il
peut dire que cette longue prospérité
est un fléau de Dieu, qu’elle les
empêche de travailler à leur salut,
comme ils y eussent travaillé sous les
revers de la fortune. Comines est
trop bon et trop charitable ; il aurait
bien pu se passer des applications qu’il
fait. Cette faute en a produit d’autres ;
il s’est trouvé des auteurs qui ont
assuré très-faussement qu’il dit que
Savonarola prophétisa que le roi de
France ne survivrait guère au dauphin.
{{lang|la|''Neque inficias tamen ire Cominæus''
''potuit, Savonarolam multa''
''verè prædixisse, de quibus nemo mortalium''
''potuisset admonere'', Nam et
regi, ''inquit'', fore prædixit, ut extincto
filio, ipse quoque non diù superesset}}
<ref>{{lang|la|Spizelius, ''in'' Infel. Litterat., ''pag.'' 666.}} ''Il''
''rapporte, pag.'' 636, ''un passage de'' Jean-François
Pic, {{lang|la|contra capitulum XI Samuelis Cassinensis}},
''où se trouve cette faute.''</ref>.
Sleidan est peut-être cause de l’erreur
qu’on vient de marquer ; car il
a traduit ainsi la fin du passage de
Philippe de Comines : {{lang|la|''Nam et regi''
''prædixit, fore, ut extincto filio, ipse''
''quoque non diù superesset, atque has''
''illius ad regem litteras, ipse legi''}}
<ref>Comines, ''ex versione latinâ'' Sleidani,
''edit. Amsterd.'', 1656, ''in''-12. ''N’ayant pas présentement''
''cette version sous la main, je la cite''
''sur la foi de {{M.|''Crénius''}}, ''{{lang|la|''præf. ad'' Christoph.
Helvici Elenchum judaïcum, etc., ''edit. Lugd.''
''Batav.'', 1702.}}</ref>. Rien de plus infidèle que cette
version ; elle ne répond point à ces
paroles de l’original : « Et touchant
le roy, et les maux qu’il dit luy
devoir advenir, luy est advenu ce<section end="Savonarola2"/><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="TLD35" /></noinclude>ferons, mais son droit nom est parfaictement noble.
Elle a nom pure, celestielle et espouse de paix. Car elle
se siet ou fons de la vallee dont elle voit le mont de la
montaigne, dont elle voit la montagne du mont.
Nul entredeux ne se peut la embatre, et la mect
le sage po(?)r seuret{{corr|e|é}}. Son tresor est le don de divine
amor d{{corr||’}}unit{{corr|e|é}}, et ceste unit{{corr|e|é}} luy donne la paix et la
pasture soubtive et merveilleuse du glorieux pays
ou son amy demoure. Ses dangiers ne peut mais
fors vie glorieuse. C{{corr||’}}est la pasture dit amour de mon
eslite espouse, c{{corr||’}}est marie de paix, et po(?)rce est marie
de pa{{corr||i}}x que fine amor la paist. Marthe ce sachez est
trop empesch{{corr|e|é}}e et ne le scet mie. Ses empeschemens
la troublent, parquoy elle est loing de telle vie :-
{{T2|{{rouge|Comment l{{corr||’}}ame enlumin{{corr|e|é}}e donne entendement des
choses dessusdictes par exemple de traffiguracion de Jhsucrist .lxxve. chappitre.}}|75|align=left}}
Hee par amor
dit entendement de divine lumiere, or me
dictes entre vous qui avez de quoy nous respondre
que vous entendez en ce.
{{rouge|L{{corr||’}}ame}} Je vous diray dit
l{{corr||’}}ame de lumiere que j{{corr||’}}entens de ce. Nous entendons
dient elles que Jhsucrist se transfigura en la montaigne
de thabor, ou il n{{corr||’}}y eut que trois de ses disciples,
il leur dist qu{{corr||’}}ilz n{{corr||’}}en parlassent et n{{corr||’}}en dissent
rien jusques ad ce qu{{corr||’}}il fust ressuscit{{corr|e|é}}.
{{rouge|L{{corr||’}}ame
franche.}} C{{corr||’}}est bien dit dit ceste ame franche aux<noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/140
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|132|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>Les dominicains déclarèrent que sous
peine de la vie ils garantiraient la vérité
de ses thèses devant un juge non
suspect, et ils choisirent le feu pour
un tel juge <ref>''Mon auteur, qui dit cela'', ''pag.'' 46, ''rapporte'',
''pag.'' 51, ''quelques extraits d’un discours''
''de'' Savonarola, ''qui portent que les franciscains''
''furent les premiers qui proposèrent l’épreuve du''
''feu. Voyez ci-dessous, citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(72)|(72)]].</ref>. Les franciscains
l’ayant accepté, Dominique de Pescia,
jacobin, signa un écrit par lequel il
s’engageait d’entrer dans le feu avec
le frère mineur qui avait prêché contre
les thèses. Il déclara qu’il espérait
de sortir du milieu des flammes sain
et sauf. Le frère mineur déclara qu’il
était prêt de disputer avec frère Savonarola,
et qu’un autre franciscain
entrerait au feu avec Dominique de
Pescia. Quelques autres franciscains
s’offrirent pour cette épreuve, avec
l’espérance d’en sortir sans nul dommage :
mais il y en eut un qui demanda
que Savonarola même entrât
avec lui dans le feu, et qui avoua
qu’il croyait qu’il y périrait <ref>{{lang|it|''Bench’ io creda ardere, ma per salute''
''dell’ anime son molto contento che io ardi.''}} {{lang|la|Excerpta
ex Diario Burchardi, ''pag.'' 48.}}</ref>. Un
très-grand nombre de dominicains
s’engagèrent par écrit à subir l’épreuve ;
une infinité d’autres gens s’y
offrirent ; et le 1{{e|er}}. jour d’avril 1498,
presque tous les auditeurs de Savonarola
s’écrièrent, Me voici, seigneur,
me voici ; j’entrerai au feu
pour votre gloire. {{lang|en|''Questa mattina''
''ultimamente che siamo a dì primo''
''d’aprile, parrecchie migliara di persone,''
''di quelle che si trovano in santo''
''Marco nostro alla predica con grandissimo''
''fervore, gridando ciascuno,''
''Ecco io, ecco io, andarò in questo''
''fuoco per gloria tua, signore''}} <ref>{{lang|la|Excerpta ex Diario Burchardi, ''pag.'' 50.}}</ref>. On
trouva étrange que Savonarola n’eût
point accepté le défi du franciscain
qui le demandait nommément pour
antagoniste. Il se justifia en disant
que ce n’était pas la peine qu’il entrât
au feu avec un seul franciscain ;
mais que si les adversaires et principalement
ceux qui résidaient à Rome,
et leurs adhérens, voulaient
s’exposer au feu, il les y accompagnerait,
bien assuré qu’il aurait le
sort des trois Hébreux qui furent jetés
dans la fournaise de Babylone. {{lang|it|''Si''
''massimamente perche il mio entrare''
''nel fuoco con un solo frate non farebbe''
''quella utilità nella chiesa che''
''richiede una tant’ opera, quanto e''
''questa ch’ Iddio ci hà posta nelle ma''
''ni. E però mi son offerto e mi offerisco''
''di nuovo, di far io proprio isperienza,''
''ogni volta che gl’ avversarii''
''di questa nostra dottrina e massime''
''que’ de Roma e lor adherenti voglia''
''no commettere la causa in questo''
''padre ò in altri, e mi confido nel''
''nostro salvatore Giesu Christo, e''
''non dubito punto ch’io andarò per il''
''fuoco come fece Sidrac, Mesach ed''
''Abdenago nella fornace ardente,''
''non per miei meriti ò virtù, ma per''
''virtù di Dio, in quale vorrà confirmare''
''la sua verità e manifestare la''
''sua gloria in questo mundo''}} <ref>{{ancre|ancrage_Savonarola2-(63)}}{{lang|la|Excerpta ex Diario Burchardi, ''pag.'' 50.}}</ref>. Je
laisse les autres réponses qu’il opposa
aux objections : on les pourra voir
dans le livre que je cite <ref>''{{lang|la|Ibid., et paginâ sequenti.}}''</ref>.
Les magistrats de Florence ayant
bien examiné tous ces cartels de défi,
et les mouvemens que cela causait
dans la ville, ordonnèrent qu’on procéderait
à l’exécution des offres, le
samedi 7 d’avril 1498. Le frère mineur,
accompagné seulement d’un de
ses confrères, se rendit au lieu de
l’exécution avant l’heure qui avait été
marquée ; mais Dominique de Pescia
la laissa passer, et vint peu après processionnellement
avec la croix et l’hostie,
et avec Savonarola et presque
tous ses confrères, et une grande
multitude de peuple. Le frère mineur
déclara aux magistrats qu’il ne
doutait point d’être brûlé, et les pria
de ne point juger l’affaire en faveur
de Savonarola, à moins que le dominicain
ne sortit du feu sans aucun
mal. On le lui promit : et parce qu’il
y avait des gens qui soupçonnaient,
que l’un ou l’autre de ces moines,
ou peut-être tous deux, avaient caché
quelque charme sous leur robe,
on ordonna qu’ils ôteraient leurs
habits, et en prendraient d’autres
qu’on venait de faire faire. Le frère
mineur s’y accorda, et offrit même
d’entrer tout nu dans les flammes.
Le dominicain au contraire se servit
de subterfuges pour garder sa robe ;
et cela lui fut accordé à la prière
même du frère mineur, qui {{tiret|repré|senta}}<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
is5wy3cxrhbonxkr6y0v2qbf7vgrmd6
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/141
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|133}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>{{tiret2|repré|senta}} que puisqu’elle était de drap,
elle serait infailliblement brûlée avec
celui qui la portait. Le dominicain
protesta ensuite qu’il n’entrerait point
dans le feu sans le crucifix. On y
donna les mains à l’instance encore
du frère mineur, qui représenta que
ce crucifix était de bois, et qu’ainsi
au lieu d’être un préservatif contre
le feu, il serait brûlé avec le dominicain.
Celui-ci demanda pour nouvelle
grâce qu’il lui fût permis d’entrer
dans le feu avec le Saint Sacrement,
et fit sa déclaration que
sans cela il ne s’exposerait point à
l’épreuve. Les magistrats lui refusèrent
cette demande : et là-dessus l’assemblée
se rompit, chacun s’en retourna
chez soi : et voilà quelle fut
l’issue d’une affaire qui avait été l’attention
de toute la ville <ref>On pouvait bien dire alors :
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Spectatum admissi risum teneatis amici.''
{{intervalle|5.0em}}Horat., de Arte poët., ''vs.'' 5.
</poem>}}
<p style="text-indent:0px;">Ou bien :</p>
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Parturient montes, nascetur ridiculus mus.''
{{intervalle|5.0em}}Idem, ibidem, ''vs.'' 129.
</poem>}}</ref>. On murmura,
on s’indigna, et l’on forma
des soupçons contre frère Savonarola ;
et dès le lundi suivant, 9 d’avril,
on attaqua le monastère des dominicains,
et l’on en tira par force ce religieux
<ref>''Tiré de l’''{{lang|la|Excerpta ex Diario Joh. Burchardi,
''pag.'' 46 ''et seq.''}}</ref>.
Je tire ceci du journal de Jean
Burchard, qui était clerc de la chapelle
du pape {{Roi|Alexandre|VI}}, et maître
des cérémonies. Il assure que ces
choses furent ainsi notifiées au pape
par l’ambassadeur des Florentins.
J’avoue que le récit d’un apologiste
de Savonarola <ref>{{lang|la|Johannes Franciscus Picus, ''in'' Vitâ Savonarolæ,
''pag.'' 128 ''et seq.''}}</ref> ne convient point
sur toutes les circonstances avec celui-là,
et qu’il contient une chose
singulière qui n’est point dans l’autre ;
c’est que Savonarola se voulut
soumettre à la mort, en cas que la
soie même qui couvrait le Saint Sacrement
reçût quelque atteinte du
feu. L’apologiste ajoute, 1{{o}}. que
Dominique de Pescia serait entré
dans les flammes sans l’hostie consacrée,
si l’un de ses compagnons <ref>''Il s’appelait'' Silvestre de Florence.</ref>
n’avait été averti par les anges qu’il
n’y fallait point entrer autrement ;
2{{o}}. que peut-être cet avertissement
des anges avait pour but d’empêcher
qu’on n’attribuât ce miracle à quelque
vertu magique dont les effets
sont réprimés par la présence du
Saint Sacrement. J’observe que Volaterran
n’a pas bien narré cette aventure ;
car il suppose <ref>{{lang|la|Volaterran., ''lib. V'', ''pag. m.'' 181.}}</ref> que Savonarola
s’étant vanté du don des miracles,
et de pouvoir passer impunément au
travers du feu, les magistrats lui ordonnèrent
d’en faire l’épreuve, et
connurent sa fourberie en le voyant
résolu de ne la subir que la sainte
hostie à la main. Cette faute de Volaterran,
sur une circonstance si essentielle
d’un fait qui s’était passé presque
sous ses yeux, n’est point pardonnable <ref group=*><sup>*</sup> La Monnoie (''Ménagiana'' de 1715, I, 58) dit
que P. Delfino, Vénitien, général des camaldules,
dans une lettre du 26 juillet 1498, rapporte
l’histoire du supplice de Jérôme Savonarola, un
peu différente de celle de J. F. Pic de la Mirandole.
Les {{lang|la|''Delphini Veneti epistolarum libri XII, in''
''lucem editi curâ et studio Jac. Brixiani''}}, Venise,
1524, in-folio, étant d’une grande rareté, il n’est
pas étonnant que Bayle n’en ait pas eu connaissance.</ref>.
Au reste, l’on ne saurait accuser
de témérité ceux qui formèrent des
soupçons au désavantage de Savonarola,
car toutes les apparences étaient
contre lui. C’était déjà un préjugé
peu favorable, qu’ayant été défié
nommément il n’acceptât point d’entrer
au feu en personne, mais par
procureur. C’était fort mal à propos
qu’il s’excusait sur ce que le grand
ouvrage à quoi Dieu l’avait destiné
ne comportait pas qu’il se commît
avec un seul franciscain ; car il ne
pouvait rien faire de plus utile pour
l’avancement de cet ouvrage que
l’aurait été l’heureux succès de l’épreuve.
Quel témoignage plus au
authentique pouvait-il donner de sa
mission extraordinaire que de convaincre
le public qu’il passait impunément
au travers des flammes qui
consumaient son accusateur ? Cela
n’eût-il pas été aussi capable de légitimer
sa mission que le supplice de
Coré le fut de confirmer celle de
Moïse ? Remarquez bien que ce moine
ne témoignait aucun doute sur
l’activité du feu. Il se disait pleinement
persuadé qu’il n’y recevrait aucun
dommage <ref>''Voyez ci-dessus, citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(63)|(63)]].</ref> : puis donc qu’il
devait survivre à cette épreuve, il<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Histoire d’une âme (édition de 1912).pdf/341
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/* Corrigée */
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<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude><nowiki />
{{astérisme|150%}}
« Vous avez tort de trouver à redire à ceci et à cela, de chercher à ce que tout le monde plie à votre manière de voir.
Puisque nous voulons être de ''petits enfants'', les petits enfants ne savent pas ce qui est le mieux, ils trouvent tout bien ; imitons-les.
D’ailleurs, il n’y a pas de mérite à faire ce qui est raisonnable. »
{{astérisme|150%}}
« Mes protecteurs au ciel et mes privilégiés sont ceux qui l’ont volé, comme les saints Innocents et le bon larron. Les grands saints l’ont gagné par leurs œuvres ; moi, je veux imiter les voleurs, je veux l’avoir par ruse, une ruse d’amour qui m’en ouvrira l’entrée, à moi et aux pauvres pécheurs.
L’Esprit-Saint m’encourage, puisqu’il dit dans les proverbes :
« ''Ô tout petit ! venez, apprenez de moi la finesse''<ref>Prov., {{rom|I}}, 4.</ref>. »
{{astérisme|150%}}
« Que feriez-vous si vous pouviez recommencer votre vie religieuse ?
— Il me semble que je ferais ce que j’ai fait.
— Vous n’éprouvez donc pas le sentiment de ce solitaire qui disait : « Quand même j’aurais vécu de longues années dans la pénitence, tant qu’il me restera un quart d’heure, un souffle de vie, je craindrai de me damner » ?
— Non, je ne puis partager cette crainte, je suis trop petite pour me damner, ''les petits enfants ne se damnent pas''.
— Vous cherchez toujours à ressembler aux petits enfants, mais dites-nous donc ce qu’il faut faire pour posséder l’esprit d’enfance ? Qu’est-ce donc que rester petit ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/145
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|137}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>{{lang|la|''{{tiret2|pro|phetæ}} filium dixisse. Sic'' Johannem
Baptistam ''dum de prophetiæ munere''
''rogaretur loquutum fuisse. Et in''
''hanc quoque sententiam prophetæ''
Ezechielis ''nonnulla, deque responso''
Elisei ''ad Hazaëlem depromi dicebant''}}
<ref>{{lang|la|Joh. Franciscus Picus, ''ibid.''}}</ref>. On allégua <ref>{{lang|la|''Ibidem, pag.'' 133.}}</ref>, que Thomas
d’Aquin assure qu’un accusé n’est
point tenu de dire la vérité devant
des juges iniques. On se souvint <ref>''{{lang|la|Ibidem.}}''</ref>
qu’il y a eu des martyrs que la force
des tourmens a obligés de parler
contre leur conscience, et l’on se
confirma ainsi dans la foi que l’on
avait eue pour ce nouveau prophète.
Voilà ce que c’est que de s’entêter
d’un homme qui s’acquiert la réputation
de saint inspiré. Cet entêtement
est d’ordinaire une maladie incurable.
Que les prédictions de cet homme
soient confondues par l’événement,
qu’il varie, qu’il se dédise,
qu’il se contredise, qu’il tombe dans
des faiblesses, et dans des fautes
atroces, on ne revient point de sa
préoccupation ; on cherche à le justifier
aux dépens des plus grands
saints de l’ancienne et de la nouvelle
loi ; on aime mieux qu’en sa faveur
les fautes quittent ce qu’elles ont de
mauvais, que de croire qu’il fasse des
fautes <ref>''Voyez la remarque... de l’article... ou ce''
''que Sénèque dit de l’ivrognerie de Caton''.</ref>.
La {{corr|préocupation|préoccupation}} des dévots de Savonarola
fut si outrée, qu’ils conservèrent
religieusement tout ce qu’ils
purent du bûcher où il fut brûlé.
On avait prévu leur superstition, et
à cause de cela on avait fait enlever
fort promptement toutes les cendres
pour les jeter dans la rivière : mais il
resta quelque chose ; et il y eut même
un os qui tomba du milieu des cendres,
et une partie de doigt qui fut
emportée pendant qu’on jetait des
pierres sur la potence où les trois
dominicains furent pendus. Tout cela
fut regardé comme des reliques qui
firent, dit-on, bien des miracles.
{{lang|la|''Corporum absumptorum cineres quoscumque''
''potuerunt in unum redactos,''
''plaustrisque delatos, in Arni fluvium''
''injecerunt. Ex incendio superfuêre''
''nonnulla, quæ cautè rapta,''
''religiosèque servata sint. Item os,''
''quod puer quidam dum veheretur in''
''Arnum, delapsum vehiculo pertulit''
''ad matrem : item et digiti cujusdam''
''pars dum penderent de cruce, saxorum''
''decussâ grandine. Ab ipsis reliquiis''
''quæ prodierunt signa divinitùs''
''suis referemus locis''}} <ref>{{lang|la|Joh. Franciscus Picus, ''in'' Vitâ Savonarolæ,
''pag.'' 166}} : ''il dit là même que le cœur de Savonarola''
''fut trouvé dans l’Arno deux jours après.''
''Il se glorifie d’en avoir une partie. Voyez la remarque''
''suivante, citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(97)|(97)]].</ref>.
III. Ce que je veux remarquer en
troisième lieu dans le narré de Guicciardin
est que l’exemple de saint
Pierre n’est guère propre à justifier
le prophète de Florence ; car la faute
de cet apôtre fut suivie d’un prompt
repentir, et réparée par une longue
fidélité ; mais on ne voit pas que Savonarola
se soit servi du seul moyen
qui lui restait de se relever de sa
chute. C’était de déclarer sur l’échafaud
qu’il priait Dieu de lui pardonner
la faiblesse qu’il avait eue de
nier dans la prison ce qu’il avait affirmé
en chaire. Guicciardin remarque
qu’il ne dit mot, soit pour s’accuser,
soit pour se justifier.
N’oublions pas d’observer qu’il est
difficile de mettre à bout les apologistes
de certaines gens ; car ils trouvent
presque toujours des exemples
qu’ils mettent au-devant d’eux comme
une barrière qu’on est obligé de
respecter. Vous voyez comme les
amis de Savonarola tâchaient de faire
bouclier des anciens prophètes et des
martyrs de la primitive église ; et
quand même on les forcerait d’avouer
qu’il aurait été séduit par
les illusions du diable, ils auraient
des saints modernes à faire servir à
sa justification. Cette remarque est
d’un théologien protestant. {{lang|la|''Et dato''
''intervenisse''}}, dit-il <ref>{{lang|la|Voëtius, Disput. theol., ''tom. II'', ''pag.''
1070.}}</ref>, {{lang|la|''illi imaginationi''
''illusionem aliquam et allocutionem''
''diabolicam sive internam sive''
''externam, hoc non magis ipsius orthodoxiæ,''
''pietati, et particulari causæ,''
''ob quam passus est, præjudicare.''
''potest, quam Jordani, aliorumque''
''sanctorum papalium monachorum :''
''de quorum illusionibus passim legendæ''
''vitæ, et'' Delrio l. IV c. I, q 3.}}
Théophile Raynaud assure que Baptiste
Fulgose a raconté que {{tiret|Savona|rola}}<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
hgbfdxk17jm6lf2l3gxkp793c4jsgvr
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/147
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|139}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>{{lang|la|''{{tiret2|Medi|ceorum}} odio factum, ut non consideranter''
''historici nonnulli''}} <ref group=*>(*) {{lang|la|''Sabellic. Ennead''. 10, ''lib.'' 9, ''Arn. Ferron.,''
''l.'' 2 ''Rerum Francicar., et alii.''}}</ref> {{lang|la|''defensionem''
''Savonarolæ susceperunt, vel''
''damnationis justitiam in dubium vocarent''}}
<ref>{{lang|la|Mart. Del Rio, {{abr|Disquis. magic.|Disquisitionum magicarum}}, ''lib. IV'',
''cap. I'', ''quest. III'', ''sect. VI'', ''pag. m.'' 197.}}</ref>.
Naudé a raison de dire que Jean-François
Pic se passionna pour la défense
de Savonarola. Il en fait un saint
à miracles, et il supplie ses lecteurs
de se souvenir de lui dans les prières
qu’ils feront à Dieu et à Jérôme Savonarola
<ref>{{lang|la|Joh. Franciscus Picus, ''in'' Vitâ Savonarolæ,
''pag.'' 108.}}</ref>. Il assure <ref>{{ancre|ancrage_Savonarola2-(97)}}{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 136, 137.}}</ref> que le cœur
de ce saint homme fut trouvé dans la
rivière, qu’il en a une partie, et
qu’elle lui est d’autant plus chère,
qu’il a éprouvé qu’elle guérit les malades
et qu’elle chasse les démons.
Il observe <ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 137 ''et seq.''}}</ref> qu’un grand nombre
de ceux qui persécutèrent ce dominicain
périrent misérablement <ref>''Le père'' Baron, {{lang|la|Apologet. Ord. Prædic.}},
''tom. II'', ''pag.'' 88, ''menace'' Théophile Raynaud
''de cette façon'' : {{lang|la|Non videt vindictam capiti suo
impendentem, qualem senserunt adversariorum
80, qui in illum conjuraverant, eosque omnes
mors immatura et infelicissima abstulit.}}</ref>, et
il met entre ceux-là le pape {{Roi|Alexandre|VI}}.
Il rapporte deux traditions
touchant la mort de ce pape, arrivée
peu après, dit-il <ref>{{lang|la|''Haud multo post tempore'', Joh. Fr. Pic.,
''in'' Vitâ Savonarolæ, ''pag.'' 139.}}</ref>. Cependant,
il se passa plus de quatre années entre
la mort de Savonarola et celle
de ce pontife. L’une de ces traditions
est que le diable l’étrangla ; l’autre
que le poison qu’il préparait à des
cardinaux lui fut donné par mégarde
<ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. Et notez que, selon la
première tradition, il s’était donné
au diable à condition qu’il parviendrait
au papat. L’apologiste fait mention
d’un autre ouvrage qu’il avait
fait pour soutenir les révélations de
Savonarola. {{lang|la|''Ad hæc visa quæ sibi divinitùs''
''offerebantur scriptis mandata,''
''uno complexus est libro, cui titulus''
''est'' Revelationum Compendium, ''in''
''quem insipienter invectus est quidam''
Samuel Cassiniensis ''ex ordine minorum,''
''qui vulgò zoccolanti dicuntur,''
''libello proprio et peculiari, quem vix''
''in publicum datum initâ defensione''
Hyeronymi ''confutandum suscepi, defensionemque''
''illius inscripsi'' Hieronymo
Tornelio ''præsidi ordinis minorum''}}
<ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 125.}}</ref>. Il avait fait aussi un ouvrage
pour montrer que Savonarola
avait été excommunié injustement.
{{lang|la|''Defensio Hyeronimi Savonarolæ, sive''
''de injustâ ejus excommunicatione,''
''ad Herculem Æstensem''}} <ref>Spizelius, {{lang|la|''in'' Infelice Litterato}}, ''pag.'' 633,
''en cite un passage. Je crois que c’est de ce livre''
''que {{M.|''du Plessis}}, Mystère d’Iniquité, ''p.'' 571,
''veut parler, quand il dit que Jean Pic de la Mirande''
(il fallait dire Jean-François), ''par un écrit''
''exprès, défend Savonarola contre le pape.''</ref>. Il différa
jusques à l’année 1530 l’édition
de la Vie de notre dominicain. {{M.|Bates}}
l’a insérée dans son {{lang|la|''Vitæ selectorum''
''aliquot virorum''}}, imprimé à Londres
l’an 1681. Le père Quétif, jacobin,
l’avait publiée à Paris l’an 1674 : il
fut le premier qui la fit paraître toute
entière. Il y joignit des notes et plusieurs
autres traités <ref>''Voyez le'' Journal des Savans, ''du'' 20 ''de''
''janvier'' 1676, ''pag.'' 23, ''édition de Hollande.''</ref> ; et c’est l’un
des plus considérables apologistes de
Savonarola. Plusieurs de ses confrères
se sont signalés à justifier ce prophète.
Voyez principalement Bzovius <ref>{{lang|la|''In tomo XVII'' Annalium.}}</ref>,
Vincent Baron <ref>{{lang|la|''In'' Apolog., Ord. Præd., ''tom. II'', ''pag.''
88 ''et seq.''}}</ref>, Noël Alexandre
<ref>{{lang|la|''In'' Select. Hist. eccles., capit. sæc. XV
et XVI.}}</ref>, etc.
Je m’étonne que Gabriel Naudé n’ait
fait aucune mention de l’apologie
composée par le jacobin Thomas Néri
<ref>''Voyez, dans la remarque suivante, le passage''
''de'' Coëffeteau.</ref>, ni de celle qui fut écrite par
Ambroise Catharin. Un certain Timothée
de Pérouse <ref>''Dans la'' Vie de Savonarola.</ref> a été aussi le
défenseur de Savonarola. Notez que
Catharin ne persista pas dans ses premiers
sentimens. Anno Domini 1494,
{{lang|la|''Hieronymum Savonarolam, ordinis''
''sui fratrem, propter fructum prædicationis''
''defendit, licet per errorem,''
''ut nunc senex in tertio de consideratione''
''libro suo fatetur''}} <ref>{{lang|la|Cochleus, Append., ''part. III'', ad Conradum
Brunum, de Seditionibus, ''pag.'' 350.}}</ref>. On le
compte même parmi ceux qui ont attaqué
Savonarola <ref>''Voyez'' {{lang|la|Voëtius, Disputat. theolog., ''part.''
''II'', ''pag.'' 1068}}, ''qui cite'' {{lang|la|Sandæus, lib. III theol.
var. comment. XXII, ''pag.'' 567.}}</ref>. Je n’aurais<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
jzqu6cmd5ilbcm6ww697c690oea1y02
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/148
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|140|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>jamais fait, si j’entreprenais de donner
la liste de tous ceux qui ont loué
ce dominicain : on y verrait nommément
Marsile Ficin, Matthieu Toscan
<ref>{{lang|la|''In'' Peplo illustr. Viror. Italiæ.}}</ref>, et Flaminius. Celui-ci a
fait quatre vers que Paul Jove a bien
voulu rapporter <ref>{{lang|la|Jovius, ''in'' Elog., ''pag.'' 100.}}</ref> dans le lieu
même où il avoue qu’il supprime
par ménagement l’épitaphe insultante
qu’un autre poëte avait composée.
Voici celle que Flaminius composa :
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Dum fera flamma tuos, Hieronyme, pascitur artus,''
{{intervalle|1.0em}}''Religio flevit dilaniata comas ;''
''Flevit, et ô dixit, crudeles parcite flammæ,''
{{intervalle|1.0em}}''Parcite, sunt isto viscera nostra rogo.''
</poem>}}
{{br0}}
On l’a ainsi traduite en français :
<poem style="margin-left:10%;">
''Pendant qu’un feu cruel ton corps, père, consume,''
{{intervalle|1.0em}}''Religion pleurait ses cheveux arrachant :''
''Pleurait, et'' (''las !'') ''disait, pardon, brasier ardent,''
{{intervalle|1.0em}}''Pardon, las ! c’est mon cœur en ce brasier qui fume'' <ref>''Cette traduction se trouve dans'' du Plessis, Mystère d’Iniquité, ''pag.'' 572. ''On en trouve une autre à la marge de la traduction française de'' Guicciardin, ''folio'' 128, ''édition de Genève'', 1593.</ref>.
</poem>
'''{{refa|Savonarola2-(L)|(L)}}''' ''Les protestans se sont déclarés''
''pour lui.'' ] Commençons par un passage
de Gabriel Naudé : il est à la
page 453. de l’Apologie des grands
Hommes accusés de magie. ''Bèze, Vigner,''
''Cappel, du Plessis Mornai'' <ref group=*>(*) ''{{lang|la|In Elogiis}}, en la'' 3{{e}}. ''partie de sa Bibliothéque''
''historique, à l’an de'' J.-C., 1498 ; ''en son''
''Apologie contre Lessius et Coton'', ''chap.'' 52 ; ''en''
''son Mystère d’Iniquité'' ; {{lang|la|''in Epistol. Philosoph.''
''Savonarolæ præfixa.''}}</ref>,
''et tous les luthériens d’Allemagne,''
''nomment ordinairement'' Savonarola,
''dans leurs livres, le témoin fidèle de''
''la vérité, le précurseur de la réformation''
''évangélique, le fléau de la''
''grande Babylone, l’ennemi juré de''
''l’Ante-Christ romain, et pour conclure''
''en un mot avec Jessénius à Jessen,''
''le Luther d’Italie : et je m’étonne''
''qu’ils ne l’appellent aussi le Jean Hus''
''du même pays, vu qu’ils moururent''
''tous deux d’un même supplice, qu’ils''
''étaient tous deux hérésiarques, et''
''qu’ils sont tous deux marqués en''
''grosses lettres dans le registre et papier-journal''
''de leurs martyrs ; témoins ces''
''vers qu’ils mettent au-dessous de son''
''effigie,''
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''En monachus solers : rerum scrutator acutus,''
''Martyrio ornatus, Savonarola pius.''
</poem>}}
{{br0}}
On ajoute que Théodore de Bèze ''dit''
''expressément, quand il parle d’icelui''
''en ses Éloges'', que c’était une
grande preuve de sa singulière piété
que d’avoir tellement déplu au pape
{{Roi|Alexandre|VI}}, que ce scélérat ne
put avoir de repos qu’après l’avoir
fait brûler très-indignement. {{lang|la|''Homini''
''tam perditè scelerato, quàm fuit''
''Alexander ille Borgia pontifex hujus''
''nominis sextus usque adeò displicuisse,''
''ut non nisi te indignissimè damnato''
''et cremato quiescere potuerit,''
''maximum esse videtur singularis tuæ''
''pietatis argumentum''}} <ref>Naudé, Apologie des grands Hommes,
''pag.'' 455.</ref>. C’est un
raisonnement assez bon pour un orateur,
mais non pas pour un écrivain
qui parlerait historiquement ou dogmatiquement ;
car les tyrans les plus
féroces font mourir des personnes
qui le méritent <ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Marillac 2#ancrage_Marillac2-(A)|(A)]] ''de l’article du''
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Marillac 2|''maréchal de'' {{sc|Marillac}}]], ''t. X'', ''p.'' 296, ''num. II''.</ref>.
Naudé aurait pu citer Balée, Flacius
Illyricus, Jean Wolfius, et Verheiden.
Ce dernier ne parle de Savonarola
qu’en style d’admiration <ref>Verheiden, {{lang|la|''in'' Iconibus}}, ''pag.'' 14 ''et'' 15.
''Notez qu’il se trompe en disant que Savonarola''
''fut brûlé à l’âge de cinquante ans.''</ref>.
Mais il faut reconnaître de bonne foi
qu’on ne tournait pas la médaille,
et qu’on ne considérait dans Savonarola
que l’endroit avantageux, grande
source de paralogismes. {{M.|du
Plessis Mornai}} donna dans le même
piége ; il ne montra ce personnage
que par le côté qui lui semblait beau
<ref>''Voyez le'' Mystère d’Iniquité, ''pag.'' 570
''et suiv.''</ref>. Cela fit qu’un de ses antagonistes
ayant présenté aux lecteurs
l’autre côté, la dispute fut plus intriguée,
et il fallut reculer. Voici les
paroles de Coëffeteau. ''Qui veut voir''
''la doctrine de Savonarola défendue''
''contre ceux qui l’accusaient d’hérésie,''
''qu’il lise la docte apologie que Thomas''
''Néri, Florentin, religieux de son''
''ordre, a faite pour lui, et particulièrement''
''pour ce qui regarde l’article de''
''la justification, sur lequel du Plessis''
''fait davantage d’instance ; qu’il lise''
''la réponse à la première objection, et''
''il connaîtra que jamais personne n’en''
''a parlé plus catholiquement que lui,''
''et plus conformément à la doctrine de''
''l’église romaine....... Tant y a qu’il''<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Em-GdM" />{{Numérotation|DE BRUXELLES.||27}}</noinclude>subsister, et cette dignité devint héréditaire dans la famille de Rotselaer. Elle ne tarda toutefois pas à se convertir en une charge purement honorifique{{lié}}; on voit en effet, dès le {{s|xiii}}, les ducs de Brabant avoir constamment un autre sénéchal ({{lang|dum|''dapifer''}}, {{lang|la|''senescallus''}}) appelé plus tard {{sic2|drossard|Bailli noble, officier de justice}} ({{lang|dum|''drossate''}}). Les {{sic2|ammans|wikt=amman}} ou maïeurs des principales villes héritèrent, à ce qu’il paraît, d’une partie des attributions des anciens sénéchaux, ils étaient, pour les différentes fractions du territoire, ce que le {{sic2|drossard|Bailli noble, officier de justice}}, officier suprême de justice, était pour le Brabant. Ainsi, l’{{sic2|amman|wikt=amman}} de Bruxelles avait juridiction sur tout ce qui formait autrefois le comté du même nom, et ce qu’on appela depuis {{sic2|ammanie|wikt=ammanie}} ou quartier de Bruxelles. Seulement son autorité ne s’étendait pas sur les domaines des seigneurs hauts-justiciers tels que l’étaient alors les sires de Grimberghe et que le furent, depuis le {{s|xiii}}, les barons de Gaesbeek.
La châtellenie de Bruxelles, héréditaire dès son origine, était une des plus importantes du pays. Au châtelain, vicomte ou {{lang|dum|burggraeve}}, appartenaient la défense du palais et de la ville, le commandement des habitants. C’était lui qui, en cas de guerre nationale, faisait sonner le tocsin
pendant quarante jours, et une heure par jour{{lié}}; les déchargeurs de charbon remplissaient l’office de sonneurs, et, à ce titre, ils étaient exempts de toute autre charge locale{{lié}}; le châtelain leur payait en outre des frais de
bouche<ref>Plus tard ce fut la ville qui fit sonner le tocsin, et, en reconnaissance des anciens droits du châtelain, elle lui payait, en cas de guerre, une redevance d’une livre vieux gros tournois, pendant chacun des quarante jours d’alarme. </ref>. Dans les marches et les batailles, il gardait la bannière de la ville et l’accompagnait avec ses vassaux{{lié}}; au {{s|xv}}, il devait avoir avec lui douze glaives<ref>Un glaive était une escouade composée ordinairement de cinq combattants, hommes d’armes, archers et {{sic2|coutilliers|soldat armé d’une coutille, sorte de couteau fixé dans une hampe}}.</ref> et, pour ses préparatifs, il recevait de la commune {{unité|200|couronnes}}. Enfin, depuis les temps les plus reculés, il percevait un pot sur chaque brassin de bière locale et sur chaque tonne de bière étrangère, un droit d’abatage s’élevant à une demi-livre de viande par bête à cornes, couple de porcs ou quatre brebis, et une taxe de deux livres dites ''payement'' sur chaque boulanger.
Les châtelains tiraient en outre un grand lustre de leurs propres richesses. Ils descendaient d’une famille qui portait le nom de la ville et dont les branches diverses possédaient, au {{s|xi|e}} et au {{s|xii}}, de vastes domaines sur les rives de la Senne, à Anderlecht, Leeuw-Saint-Pierre,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Em-GdM" />{{Numérotation|HISTOIRE|28}}</noinclude>Laeken, Ixelles,{{lié}}{{abr|etc.|et cetera.}} Ils avaient une cour féodale à laquelle ressortissaient un grand nombre de fiefs, une cour censale qui jugeait leurs sujets pour
tous cas, sauf ceux entraînant la peine de mort. Lorsqu’un de ceux-ci commettait un crime, il était livré au souverain et, s’il obtenait sa grâce par composition, la moitié de la somme revenait au châtelain. Les sujets de la châtellenie étaient en outre libres de {{sic2|tonlieux|wikt=tonlieu}} par tout le Brabant et exempts de l’obligation de faire moudre leurs grains aux moulins banaux du souverain. Dans ses domaines le châtelain levait les aides accordées au prince et les répartissait.
Une partie de la ville, quelques rues aux environs de la Chapelle, les rues d’Or, de l’Escalier, du Val-des-Roses, des Chapeliers, des Harengs, ont été construites sur des fonds {{corr|appartenants|appartenant}} au vicomte, et un grand nombre de maisons lui payaient un cens d’un ou de plusieurs deniers<ref>Les détails qui précèdent sont en grande partie tirés d’un ''livre censal de la châtellenie'', rédigé en l’an{{lié}}1484. {{abr|Mss.|Manuscrit}} de la {{abr|Bibl.|Bibliothèque}} de Bourgogne.</ref>. Près du château des comtes, s’élevait son manoir seigneurial<ref>
{{lang|la|Domum inter domicilium domini ducis et castrum castellani, in loco qui dicitur}} {{lang|dum|Borchdal}}, {{abr|L. E.|lettre échevinale}} de 1259. ''{{abr|Arch.|Archives}} de Sainte-Gudule.''</ref>, au milieu d’un terrain qu’il possédait en alleu, et où l’on pouvait exercer toute espèce de métier, sans être reçu dans les corporations de la commune. C’était un lieu d’asile où nul autre que l’officier du châtelain ne pouvait opérer d’arrestations{{lié}}; aussi les banqueroutiers et les gens perdus de dettes y cherchaient-ils leur refuge<ref>Avis de la chambre des comptes de Brabant, touchant l’immunité du {{lang|dum|Borghendael}}, et concluant à ce que ceux de Bruxelles n’y exercent point leur juridiction, 12{{lié}}avril{{lié}}1666. ''{{abr|Arch.|Archives}} du Royaume.''</ref>. Cet endroit, appelé {{lang|dum|''Borgendael''}} ou Vallée du château, fut considérablement restreint au {{s|xiii}} par suite des ventes de terrain faites aux ducs et aux religieux de Coudenberg.
Au {{s|xiv}}, le manoir même fut abandonné, et le 8{{lié}}juin {{lié}}1776 la franchise fut abolie.
Unis par les liens du sang aux principales familles du Brabant, les châtelains exercèrent une grande influence au {{s|xii}}, alors qu’ils s’intitulaient châtelains ''par la grâce de Dieu''<ref>{{lang|la|Godefridum Dei gratiâ Bruxellensem castellanum. ''Opera {{abr|Diplom.|Diplomatica}}}}, {{t.|I}}, {{pg|693}}.</ref>. Malheureusement le récit des événements qui ont agité le pays à cette époque n’est pas venu jusqu’à nous, et le souvenir des barons des premiers princes<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Em-GdM" />{{Numérotation|HISTOIRE|32}}</noinclude>ses successeurs, à combattre les prétentions des comtes de Limbourg, la jalousie des princes voisins et l’humeur turbulente de ses vassaux.
Il est à regretter qu’on ait conservé si peu de traces du gouvernement de {{roi|Godefroid|Ier}}, mort en 1139, après avoir régné 33 ans sur le duché et 44 ans sur ses comtés héréditaires. On n’a de lui qu’une charte datée de l’an{{lié}}1137 et fixant les droits perçus par le duc et les meuniers
sur les blés et la {{sic2|drèche|wikt=drêche}} qu’on apportait à moudre aux cinq moulins de Bruxelles{{lié}}; chacune de ces usines était tenue à donner annuellement au souverain un setier de vin, quatre chapons et quatre pains, exigibles à la Noël, {{unité|12|deniers}} payables à la même époque, et 12 autres à Pâques. Cette charte se termine par une clause remarquable, statuant, pour le cas où les meuniers viendraient à être vexés par le duc ou son officier, qu’ils ne pouvaient être astreints qu’à remplir leurs obligations<ref>{{lang|la|Præterea, omnes molendinorum si a duce vel a potente ministro ejus commoveantur, fidelitatem facturi sunt et super hoc nullatenus agravandi.}} {{sc|A. Thymo}}, partie{{lié}}{{rom-maj|IV}}, titre{{lié}}{{rom-maj|I}}, {{abr|c.|chapitre}}{{lié}}8. —{{lié}}''Brabantsche Yeesten'', {{t.|I}}, Codex {{abr|diplom.|diplomatique}}, {{pg|607}}.</ref>.
L’histoire ecclésiastique est plus riche en documents, et c’est à elle qu’il faut recourir pour montrer les progrès de la population, de l’agriculture, du commerce, de l’industrie. Au {{s|xi}} il n’y avait dans le comté de Bruxelles d’autres congrégations religieuses que les chapitres de clercs ou chanoines de Sainte-Gudule à Bruxelles, de Saint-Pierre à
Anderlecht, et de Meerbeek{{lié}}; les règnes de {{roi|Henri|III}} et de {{roi|Godefroid|Ier}} virent naître l’abbaye d’Afflighem, de l’ordre de Saint-Benoît (1083), et les congrégations de religieuses du même ordre, de Forêt (1096), de Cortenberg (1095 environ) et de Grand-Bigard (1126). Quelques communautés formées d’abord sous la règle des chanoines de Saint-Augustin, vers 1095 à Jette, et, vers 1110 à Grimberghe, adoptèrent peu de temps après les statuts de saint Norbert, fondateur de l’ordre des Prémontrés{{lié}}: Jette, en 1139, Grimberghe, en 1152. Tous ces établissements eurent de bienfaisants résultats pour les campagnes avoisinant Bruxelles{{lié}}: si plus tard la richesse et l’oisiveté introduisirent des abus dans les cloîtres, à cette époque de mœurs sauvages les monastères servirent de frein à la tyrannie féodale. La tranquillité de ces retraites permit aux moines de se livrer aux études{{lié}}; la somptuosité des bâtiments
claustraux donna aux arts et à l’industrie un nouvel élan{{lié}}; l’expérience des communautés amena de nombreuses améliorations dans le sort de leurs sujets et la culture des terres{{lié}}; partout on les vit bâtir de grandes<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|145}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>prince ; mais s’ils fondaient leur condamnation
uniquement sur ce qu’il
aurait été convaincu d’avoir fait le
métier d’espion, et d’avoir tramé des
révoltes en faveur des ennemis de
l’état, il ne faudrait plus prétendre
que ce serait un martyr. Je suppose
que les preuves seraient légitimes
conformément à la pratique criminelle
par rapport aux dépositions des
témoins, ou aux lettres interceptées,
ou à la confession propre de l’accusé,
eût-elle été extorquée par la question ;
car cette dernière preuve est dans
l’ordre du barreau en plusieurs pays,
et on ne l’infirme point juridiquement
sous prétexte que la douleur contraint
certaines personnes délicates
à s’accuser de ce qu’elles n’ont point
fait. Il ne suffirait pas de dire en l’air
que les juges ont suborné de faux
témoins, et supposé de fausses lettres ;
il faudrait apporter de bonnes preuves
de cela, sans s’arrêter à des vraisemblances.
Tout le monde sait que
l’on reproche aux jésuites d’avoir
converti en martyrs quelques-uns de
leurs confrères punis pour crime
d’état. Les compilateurs de martyrologes
devraient avoir la délicatesse
de Jules César, qui voulait non-seulement
que sa femme fût vertueuse,
mais aussi qu’elle ne fût pas soupçonnée
<ref>{{lang|grc|Τὴν Καίσαρος γυναῖκα καὶ διαϐολῆς
δεῖ καθαρὰν εἶναι.}} ''{{lang|la|Cæsaris uxorem etiam criminationis}}''
(''et non pas'' {{lang|la|criminis}}, ''comme'' Xylander
''a traduit'') {{lang|la|''puram esse oportet.'' Plutarch., Apoph.,
''pag''. 206, ''A.}} Voyez-le aussi ''{{lang|la|''in'' Vitâ Cæsaris}},
''pag.'' 712, ''et'' Suétone, {{lang|la|''in'' Cæs., ''cap. LXXIV.''}}</ref>. Si l’on intente un procès
aux juges en matière de martyre,
il faut pousser les choses jusqu’à la démonstration
morale ; car autrement
l’innocence du martyr sera un sujet
perpétuel de dispute, une vertu équivoque,
et soupçonnée pour le moins.
Je demande présentement à ceux
qui disent que Savonarola n’a été
brûlé que parce qu’il s’était rendu
odieux à la cour de Rome, ''Avez-vous''
''lu les actes de son procès ? Y''
''avez-vous trouvé qu’on ne le chargea''
''d’autre crime que d’avoir médit du''
''pape, et d’avoir méprisé les excommunications''
''de Rome, et d’avoir''
''prêché que l’église avait besoin de''
''réforme ? En ce cas-là, je vous donne''
''cause gagnée. Mais comme vous ne''
''pourriez les avoir lus sans y trouver''
''qu’entre plusieurs autres confessions''
''honteuse, qu’on tira de lui, il reconnut''
''que ses prédictions n’avaient''
''eu pour fondement que les conséquences''
''qu’il avait tirées de l’Écriture,''
''vous ne pouvez vous disculper ; votre''
''rapport est très-infidèle.''
En effet cet aveu de Savonarola le
convainquait d’une imposture pleine
de profanation et d’impiété, puisque
pendant quelques années il avait dit
que ses connaissances des choses futures
venaient d’une inspiration immédiate
et prophétique. Voilà sans
doute la principale raison que les
juges alléguèrent pour le condamner
au feu. La manière dont {{M.|du Plessis}}
Mornai tâche de concilier ces deux
choses ne vaut rien : j’en ai fait voir
la nullité <ref>''Dans la [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(L)|remarque précédente]].''</ref>. Ceux qui voudraient
excuser Savonarola sur ses bonnes
intentions ne seraient pas recevables ;
car il est certain que Numa
Pompilius et quelques autres législateurs
de l’antiquité se proposaient
une fin utile au public, quand ils
faisaient accroire qu’un dieu leur
dictait les ordonnances qu’ils établissaient.
Pourrait-on sous ce prétexte
les décharger de l’infamie d’avoir été
des imposteurs ? Mais quand même
on les pourrait excuser, on ne pourrait
point excuser Savonarola. Un
chrétien, un religieux, qui profane
le nom de Dieu jusques au point de
débiter ses opinions particulières
comme des révélations immédiates,
est infiniment plus criminel que les
gentils, qui n’avaient pas assez de respect
pour les faux dieux du paganisme.
Si vous me répondez que ce ne fut
pas la vraie raison du supplice de
Savonarola, que ce n’en fut que le
prétexte, je vous demande : Est-il
permis de donner pour des faits certains
ses conjectures et ses interprétations,
charitables par rapport à
l’accusé, malignes par rapport aux
juges ? Et après tout, ce n’est pas justifier
ceux dont il examine les relations ;
car ils ne disent quoi que ce
soit touchant les motifs que les juges
alléguèrent. Ils décident sans exposer
la teneur des actes. N’est-ce point
agir témérairement et par passion ?
Ceci ne regarde point ceux qui
avouent que les actes du procès chargent
de plusieurs grands crimes ce<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
io4kow0vg0q32rdy8mt1rwwrkjsb0w1
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|146|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>dominicain, mais qui prétendent
qu’on usa de fraude en dressant ces
actes, et qu’il en parut des copies
falsifiées. {{M.|Spizélius}} nous apprend
que le célèbre {{M.|Magliabechi}} lui a
communiqué plusieurs remarques
concernant cette falsification. {{lang|la|''Quid,''
''quòd inquisitionis etiam seu examinis''
''libellus et commentarius duplex fabricatus''
''sit ; sincerus unus, alter à''
''Ceccone quodam actuario falsatus et''
''legitimo suppositus referente Timotheo''
''Perusino, cap. XLIX. Vit. Hieron.''}}
<ref group=*>(*) {{lang|la|''Narrat. ibid. Perusinus, verum et sincerum''
''processum Hieronymi, ab eodem Ceccone nequam,''
''Lucretiæ de Medicis Leonis papæ X sorori,''
''Jacobi Salviati conjugi fuisse posteà concessum,''
''cujus et ipsâ lectione commota mitior''
''exindè et æquior in Hieronymum fuerit.''}}</ref>. {{lang|la|''Qui de iniquissimâ et sceleratissimâ''
''processus Savonaroliani adulteratione''
''haud ita pridem pluribus''
''etiam per litteras me edocuit et clarissima''
''fraudis imposturæque'' (''ab hostibus''
''Hieronymi commissæ'') ''indicia''
''fecit amplissimus et famigeratissimus''
''bibliothecarius Florentinus'', {{sc|D. Antonius
Magliabecius}}}} <ref>{{lang|la|Spizelius, ''in'' Infelice Litterato, ''pag.'' 662.}}</ref>. Je ne veux
douter ni de cela, ni en général de
la passion qui a pu se rencontrer
dans l’âme des juges ; je veux seulement
avertir ceux qui décident si
hautement que la seule cause de la
mort de Savonarola fut qu’il avait
mal parlé du pape, que Guicciardin,
qui est plutôt son apologiste que son
historien, reconnaît que l’accusé renonça
à la qualité de prophète. Il
fut donc convaincu d’imposture en
matière de prophétie par sa propre
confession : crime attroce et abominable
sur lequel les juges le condamnèrent
<ref>{{lang|la|''Gravissimum crimen visum, quòd se à''
''Deo futurorum moneri, cœlestique jussu ea populo''
''enunciare mentitus, plebis studia ac voluntates''
''falsâ specie religionis captâsset, aut divinum''
''se vatem ferens, impendio mendacio hominibus''
''imposuisset.'' Gratianus, de Casibus Viror.
illustr., ''pag.'' 140.}}</ref>. Peut-on se glorifier d’un
tel martyr ? Les différens biais que prirent
ses sectateurs pour le disculper
à cet égard <ref>''Voyez ci-dessus la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(K)|(K)]].</ref> ne montrent que
trop qu’ils ne doutaient pas que les
actes du procès ne fussent fidèles
quant à cette confession de Savonarola.
Et il faut bien prendre garde
que si les accusateurs sont suspects
de calomnie, ses apologistes sont
suspects ou d’entêtement ou d’intérêt
de communauté. Ce sont ou ses disciples,
ou des moines de son ordre,
qui ont pris à tâche de le justifier. Il
n’y a rien qu’on ne fasse plutôt que
de reconnaître que l’on a été la dupe
d’un hypocrite ; et, dès qu’on s’est
laissé prévenir qu’un certain dévot
est prophète, on n’en démord presque
jamais ; on aime mieux bien crier
contre les juges qui le condamnent,
que d’avouer sa propre faiblesse. Il
ne faut ici consulter ni les cordeliers,
partie adverse de Savonarola, ni les
jacobins ses confrères. Il faut rechercher
le témoignage de ceux qui n’ont
point de part aux querelles de ces
deux ordres. Piérius Valérianus et
Juste Lipse <ref>{{lang|la|Lipsius, Monit. et Exempl. Polit., ''lib.''
''II'', ''cap. III'', ''pag. m.'' 139, 140.}}</ref>, qui sont dans ce
cas, ne sont nullement favorables à
notre dominicain. L’un d’eux déclare
tout net qu’on le brûla à cause de
l’imposture et de l’impiété dont on
le convainquit. {{lang|la|''Savonarola divi dominici''
''sacris initiatus non modò litteratus,''
''sed magnæ apud litteratos''
''omnes auctoritatis, christianæ disciplinæ''
''concionator egregius, admirabilis''
''omninò doctrinæ nisi pravo''
''eam ingenio contaminâsset, postquàm''
''facundiâ fretus suâ Florentinum''
''populum eò compulerat, ut''
''ab Alexandro pontifice maximo,''
''atque adeò ab ecclesiæ romanæ institutis''
''dissentiret, majoremque sibi''
''adrogaret auctoritatem, quàm ab ipso''
''rerum opifice per manus traditam''
''adsecutus esset Petri successor romanus''
''pontifex ; de doctrinâ suâ, deque''
''Dei familiaritate, quæ se ad colloquium''
''usque dignatum palàm profitebatur,''
''fidem æquo pertinaciùs tueri''
''perseverat, mendacitatis et imposturæ''
''demùm convictus, impietatisque damnatus,''
''in urbis, quam deceperat,''
''medio cum asseclis aliquot concrematus''
''est''}} <ref>{{ancre|ancrage_Savonarola2-(146)}}{{lang|la|Pierius Valerian., de Litterat. Infelic., ''lib.''
''II'', ''pag. m.'' 78, 79.}}</ref>. Antoine-Marie Gratiani
a fait à peu près un semblable
jugement <ref>{{lang|la|Gratianus, de Casibus Viror. illustr., ''p.''141.}}</ref>.
Je ne sais si les juges eurent connaissance
des lettres que Savonarola
écrivit à {{Roi|Charles|VIII}} pour l’exhorter
à revenir en Italie et à réformer
l’église par l’épée <ref>''Voyez dans la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(D)|(D)]] ''les paroles''
''de'' Philippe de Comines.</ref>. Ils auraient<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
2wiko1o1xdqptsuxgjnnnt1ksz45ype
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/156
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|148|SAVONAROLA.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>la conversion prochaine des mahométans,
et il se montra si persuadé
de la certitude de cette prophétie,
qu’il déclara que quiconque entrerait
au feu pour la soutenir en sortirait
sans aucun dommage <ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(G)|(G)]].</ref>. S’il
parlait sincèrement, sa persuasion
était parvenue au plus haut degré de
force. Or comme la fausseté de la
prédiction fait voir clairement qu’il
n’était pas inspiré, nous devons conclure
que son fanatisme était parvenu
au plus haut point. Personne au reste
ne doit ignorer que la vertu d’un
fanatique, son zèle, ses macérations,
ne soient équivoques. C’est pour
l’ordinaire une vertu de vapeur, un
déréglement des organes, un dérangement
de quelques fibres du cerveau.
Je veux croire que ceux qui ont
tant prôné le martyre de Savonarola
n’avaient jamais su les faits dont j’ai
parlé dans cette remarque, ni formé
les réflexions qu’ils inspirent naturellement.
Je dois rendre cette justice à
Voétius, qu’encore qu’il ait disputé
le terrain en faveur de ce jacobin,
il ne laisse pas de lui donner un peu
de vertige. Il n’en fait pas un vrai
prophète de la nouvelle loi, comme
font d’autres <ref>''{{M.|''Gurtler''}}, ''(''par exemple'') ''professeur en''
''théologie à Deventer. Il se fonde sur le passage''
''de'' Comines, ''qu’il rapporte selon la mauvaise''
''traduction de Sleidan. Voyez son'' {{lang|la|Systema Theologiæ
propheticæ, ''cap. XXIV'', ''pag.'' 430, 431,
''edit. Amst.'', 1702.}}</ref>. {{lang|la|''Ego ut viri illius''
''sanctitas et zelus communiter describitur,''
''et in scriptis ejus, præsertim''
''practicis, elucet, partim politicis conjecturis''
''(ut erat perspicacissimus''
''politicus), partim ferventissimo studio''
''et forti imaginationi talium rerum,''
''quas prædicebat, et indè ortæ phantasticæ''
''infirmitati ac vertigini prædictiones''
''illas tribuerem''}} <ref>{{lang|la|Voëtius, Disput. theol., ''part. II'', ''pag.''
1070.}}</ref>. Quand
il dit que les protestans se sont contentés
d’alléguer cet homme à leurs
adversaires comme un témoin domestique,
et par l’argument ''{{lang|la|ad hominem}}'',
il marque ce qu’ils auraient
dû faire tous, mais non pas ce qu’ils
ont tous fait. {{lang|la|''Nec obcurè perstringit''
''nostros'' (Naudæus) ''qui propter communionem''
''scil. hæresios virum illum''
''laudaverint. Sed duo illi repono :''
''quorum primum est in illo quinque''
''admiranda prædicari, eruditionem,''
''eloquentiam, sanctitatem et zelum ;''
''studium orthodoxiæ et reformationis''
''ecclesiæ ; prophetias et hinc tantam''
''ejus æstimationem apud optimum''
''quemque in orbe papali : nil ergò mirum,''
''si nostri ad hominem'' (''uti aiunt'')
''hunc domesticum testem adversariis''
''suis opposuerint ; quidquid ipsi de eo''
''senserint. Alterum est, etc''}} <ref>{{lang|la|''Idem, ibid.'', ''pag.'' 1069.}}</ref>. Il
est certain que Savonarola a non-seulement
connu la corruption de l’église,
mais aussi qu’il a fait paraître
un grand désir de la corriger. S’il ne
l’avait que connue, il n’aurait eu rien
que de commun avec le reste des
gens ; car les prêtres mêmes les plus
plongés dans la débauche connaissaient
très-bien qu’un ecclésiastique
concubinaire et simoniaque, etc.
était dans le désordre ; mais ils ne
souhaitaient pas qu’on réformât les
abus. Il y a peu de gens aujourd’hui,
dans Rome même, qui ne jugent que
les intrigues dont on se sert pour les
élections des papes sont un mal ; et
combien y a-t-il de bons papistes qui
souhaitent la cessation de ce désordre
et de plusieurs autres ? Ce qu’il
y a eu de particulier dans Savonarola
est donc qu’il a osé dire qu’il fallait
ôter la corruption ; et sur ce pied-là
les protestans l’ont pu mettre en général
parmi les témoins de la vérité.
Je ne crois pas que l’on ait toujours
agi avec le discernement nécessaire
en compilant ces témoins. Ceci soit
dit par occasion. Si Ferrante Palavicino,
qui fut pendu à cause de ses
écrits contre le pape, si les auteurs
du Syndicat d’{{Roi|Alexandre|VII}}, et
l’historien de dona Olympia, avaient
vécu au XIII{{e}}, ou au XIV{{e}}. siècle,
Flacius Illyricus aurait bien pu les
placer dans son Catalogue : néanmoins
il n’y a guère de gens plus indignes
de cette place que de tels auteurs.
Notez qu’il y a des protestans qui
soutiennent que Savonarola fut un
imposteur. Lisez la thèse {{lang|la|''Artes tyrannicas''
''Hieronymi Savonarolæ repræsentans''}},
qui fut soutenue à Iène,
l’an 1690, sous la présidence de
{{M.|Buddéus}}.
'''{{refa|Savonarola2-(N)|(N)}}''' ''Il écrivit quantité de livres où''
''l’on trouve beaucoup d’onction et de''<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
mb1r1btgrm0ac8i9lg47qxmhzltowkt
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|190|SAVONAROLA|.}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>d’esprit. Après cela, il allègue l’exemple
de frère Jérôme. {{lang|it|''Al popolo di Firenze''
''non pare essere ne ignorante ne''
''rozzo, nondimeno da fratre Girolamo''
''Savonarola fu persuaso che parlava''
''con Dio. Io non voglio giudicare''
''s’egli era vero o no, perche d’un''
''tanto uomo se ne debbe parlare con''
''riverenza. Ma io dico bene che infiniti''
''lo credevano, senza avere visto''
''cosa nessuna straordinaria, da farlo''
''loro credere ; perche la vita sua, la''
''dottrina, il soggetto che prese, erano''
''sufficienti a fargli prestare fede''}} <ref>{{lang|it|Machiav., Discorsi sopra Tito Livio, ''lib.''
''I, cap. XI, pag. m.'' 32}}.</ref>.
Nous avons vu ci-dessus <ref>''Dans la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(M)|(M)]], ''citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Savonarola 2#ancrage_Savonarola2-(146)|(146)]].</ref> le témoignage
de Piérius Valérianus, et
nous en pourrions citer bien d’autres ;
mais qu’est-il besoin de compiler ?
Faut-il d’autres preuves que la
lettre que Savonarola écrivit au pape
{{Roi|Alexandre|VI}}, pour se justifier des
accusations contenues dans un bref
du même pape ? La quatrième de ces
accusations est qu’on disait qu’il parlait
à Dieu <ref>{{lang|la|''Quarto dicitur et cum Deo loqui.'' Savon.,
epist. ad {{Roi|Alexandrum|VI}}}} : ''elle est dans les''
Preuves sur les Mémoires de Philippe de Comines,
''pag. m.'' 337 ''et suiv.'' Burchard ''dans son''
{{lang|la|Diarium}}, ''pag. m.'' 46, ''dit'' : {{lang|la|In prædicationibus
suis publicè dicebat Salvatorem nostrum sæpè sibi
loqui.}}</ref>. Il répond qu’il n’a
jamais parlé de la sorte en termes exprès ;
mais que quand même il se
serait servi de cette expression il ne
mériterait point de châtiment, puisqu’aucune
loi ne soumet à la punition
ceux qui disent qu’ils parlent à
Dieu. Il ajoute qu’une telle loi serait
absurde et impie, vu que personne
ne peut imposer la loi à Dieu, qui
peut parler à qui bon lui semble.
{{lang|la|''Quarto dicitur et cum Deo loqui :''
''hoc etiam nunquàm expressè dixi,''
''nec unquàm utor tali modo loquendi''
''ut testis est universus populus florentinus :''
''quod etiam si dixissem, nullam''
''propter hoc incurrerem pœnam ;''
''non enim invenitur in aliquo loco''
''scriptum, nec in toto corpore juris''
''canonici nec civilis, nec in aliquo''
''authentico libro, quòd qui dixit se''
''cum Deo loqui puniatur : stultum''
''etiam esset et impium facere talem legem,''
''cùm nullus possit imponere legem''
''Deo ; potest enim ipse loqui cum''
''quibus vult, et eis præcipere ut dicant :''
''Hoc dixit Dominus meus, sicut''
''prophetæ faciebant''}} <ref>Savonar., ''là même.''</ref>.
Les réponses qu’il fait à la plupart
des autres accusations portent à peu
près sur le même fondement. Il nie
<ref>''Là même'', ''pag.'' 340.</ref> par exemple, qu’il se soit vanté
d’être prophète ; mais il soutient que
s’il s’en était vanté il ne serait point
punissable. Il n’avoue point <ref>''Là même'', ''pag.'' 339.</ref>
qu’il ait dit absolument, et pour s’égaler
à Dieu, ''Si je suis menteur, Jésus-Christ''
''l’est''. Il se retranche dans
des cas particuliers, où il prétend
qu’il a pu parler ainsi. Il emploie une
semblable distinction quand il veut
se justifier d’avoir dit <ref>''Là même.''</ref> que ceux
qui n’ajoutaient point de foi à ses
prédictions étaient hors du chemin
du salut. Je n’ai entendu cela, dit-il,
que de ceux qui, par un esprit opiniâtre,
se sont opposés à moi. Il n’entendait
pas mal l’art des sophistes,
cet art qui est si nécessaire à ceux qui
se mêlent de prédire <ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Déjotarus#ancrage_Déjotarus-(K)|(K)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Déjotarus|{{sc|Déjotarus}}]],
''tom. V'', ''pag.'' 445.</ref>.
'''{{refa|Savonarola2-(P)|(P)}}''' ''Il eut de grands combats à soutenir''
''contre les démons, et se rendit''
''formidable à ces princes des ténèbres.'' ]
Naudé le met « au rang....... de ces
moines dont parle saint Hiérôme,
{{lang|la|''qui dæmonum contra se pugnantium''
''portenta fingunt, ut apud''
''imperitos et vulgi homines miraculum''
''sui faciant''}}, puisque la moitié
du livre qu’il a fait sur ses prophéties
ne contient rien autre chose
que le pourparler qu’il eut avec le
diable, pensant que ce fût un ermite
<ref>Naudé, Apologie des grands Hommes,
''pag.'' 451.</ref>. » Jean-François Pic assure
que les démons qui vexaient les
corps des obsédés, ou qui infestaient
le couvent des dominicains, avaient
une extrême peur de la vue de Savonarola,
et que de dépit et de rage ils
prononçaient toujours son nom avec
quelque changement, ou avec quelque
retranchement de lettres. Ils le
menaçaient souvent, et se retiraient
au plus vite par la crainte des paroles
qu’il prononçait contre eux. Il les
chassait des cellules du monastère,
entre autres moyens, par l’aspersion
de l’eau bénite, accompagnée du chant<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
mlshj63kwa3qc73esaxuu5kex6c8krw
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SAVONAROLA.|151}}</noinclude><section begin="Savonarola2"/>des psaumes. Cela fit qu’ils désistèrent
de tourmenter les autres moines,
et qu’ils redoublèrent leurs efforts
contre lui seul. Il se trouva
quelquefois contraint de s’arrêter
lorsqu’il faisait la ronde dans le couvent
pour mettre à couvert de leurs
insultes les religieux ; car l’air qu’ils
avaient épaissi ne permettait point
qu’il passât outre. Je rapporte les paroles
de mon auteur ; elles sont plus
emphatiques que l’idée que j’en donne
en français. {{lang|la|''Dæmones qui vel obsessa''
''corpora vexabant, vel ad hominum''
''terriculamenta per ædes sancti Marci''
''strepebant, mirum in modum ab''
''aspectu'' Hieronymi ''formidabant, nec''
''unquàm ejus sincerè nomen præ rabie''
''exprimebant, sed aut litteras invertentes,''
''aut nomen decurtantes,''
''aut in aliud ludicrum transformabant''}}
<ref>{{lang|la|Joh. Franc. Picus, ''in'' Vitâ Savonarolæ,
''pag.'' 123.}}</ref>..... {{lang|la|''Minabantur illi persæpè,''
''sed illicò evanescebant, sanctissima''
''quæ in eos effunderet verba subveriti.''
''Eo tempore quo Ethruriæ sodales''
''fratres à Cisalpinis secreverat,''
''dæmonum numerosa cohors, bono''
''quod indè sequi conjectabatur infesta,''
''cœptum præpedire opus molita est :''
''proindè et cœnobii habitatores universos''
''molestiis impetere, et terroribus''
''quatere, quorum insultibus, tùm orationibus,''
''tùm adjurationibus continuis''
Hieronymus ''obsistebat, et noctu''
''etiam sanctæ aquæ aspersione per''
''monasterium psallens eos à cellis et''
''ædibus abigebat. Sed postquam juvari''
''discipulos'' Hieronymi ''precibus magis''
''quàm lædi suis infestationibus ac umbratilibus''
''bellis animadvertêre dæmones,''
''cessandum sibi duxerunt : plus''
''tamen in'' Hieronymum ''conaminum,''
''quo poterant impetu molientes, cui et''
''noctis intempestæ silentio consuetum''
''dum iter arriperet, et cellas omnes''
''psalmis et aquæ sacræ guttis ceu propugnaculis''
''armaret, sic densârunt''
''aërem'' (''mihi posteà sicut ipse retulit'')
''ulterius ut sibi facultas omninò per''
''cœnobium incedendi præclusa videretur ;''
''hisque sunt illi verbis interminati :''
''Quot tibi malorum acervas et''
''quæris ! Nos in te namque tot et tanta''
''concitabimus, ut sustinere non valeas.''
''Ad quæ lætus ille respondit, quæcumque''
''vellent pararent et exererent,''
''horum nihil se formidare, quia'' adjutorium
ejus in nomine Domini qui
fecit cœlum et terram}} <ref>{{lang|la|''Idem, ibid.'', ''pag.'' 124.}}</ref>. Ce passage
est dans le chapitre où l’auteur
raconte les extases de Savonarola, et
l’apparition du Saint-Esprit, qui, sous
la forme d’une colombe, lui mettait
son bec à l’oreille. {{lang|la|''Silvester ejus vitæ''
''comes et martyrii consors, roganti''
''mihi de'' Hieronymi ''sanctitate, atque''
''obsecranti ut occulti quippiam in rerum''
''ejus confirmationem'' (''sciebam''
''enim in eum multorum secretorum conscium'')
''affirmavit, columbæ speciem,''
''quæ Sancti Spiritûs præsentiam gratiamque''
''indicaret, semel atque iterùm''
''se vidisse'' Hieronymi ''humero insidentem,''
''argenteis aureisque coruscantem''
''pennis redimitam, et rostro''
''in aurem ipsius porrecto insusurrantem''}}
<ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 123.}}</ref>.
Il y aura peut-être des gens qui ne
liront point cette remarque sans se
souvenir d’un certain endroit des disputes
de {{M.|Claude}} avec {{MM.|de
Port-Royal}}, et ils s’imagineront peut-être
que ces messieurs le défièrent
témérairement de donner des preuves
qu’au temps de Luther les moines
fissent grand bruit de leurs exploits
contre les diables. C’est ce qui me
porte à dire que l’exemple de Savonarola
n’eût servi de rien à {{M.|Claude}}.
On sait que tous les controversistes
romains objectent, comme quelque
chose de bien fort, la dispute que Luther
rapporte qu’il eut avec le démon
touchant la messe. {{M.|Claude}}, ayant
à répondre à cette objection, dit entre
autre choses, que ''Luther, suivant''
''le style des moines de ce temps-là,''
''qui avaient accoutumé, par figure de''
''rhétorique, de remplir les livres de''
''leurs exploits contre le diable, rapporte''
''que s’étant une fois réveillé''
''pendant les ténèbres de la nuit, le''
''diable se prit à l’accuser d’avoir fait''
''idolâtrer le peuple de Dieu, et d’avoir''
''idolâtré lui-même durant quinze''
''ans qu’il avait dit des messes privées''
<ref>Claude, Défense de la Réformation, ''pag.''
136.</ref>.
La réplique qui fut faite à ce passage
se réduit à trois questions dont
je laisse la dernière ; car il suffit de
marquer ici la première et la {{tiret|secon|de}}<section end="Savonarola2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
5opd6qkbtiqsbtazryzfayim99te4tb
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|116|SARNANUS.}}</noinclude><section begin="Sarisbéri"/>morales, de sentences, de beaux
endroits des auteurs, d’exemples,
d’apologues, de traits d’histoire,
de lieux communs <ref>Du Pin, Biblioth. des Auteurs ecclés., ''tom.''
''IX'', ''pag.'' 167.</ref>. » Juste Lipse
a dit que c’est un centon où l’on
trouve plusieurs lambeaux de pourpre,
et des fragmens d’un meilleur
siècle. {{lang|la|''In quo centone multos pannos''
''purpuræ agnosco et fragmenta ævi''
''melioris''}} <ref>{{lang|la|Lipsius, in Tacit. Ann., ''lib. XII''.}}</ref>. Janus Douza a traité trop
durement cet écrivain ; car il l’a mis
dans la classe des compilateurs qui
en prennent à toutes mains, et qui
sont semblables à la corneille d’Horace.
''{{lang|la|Omnium disertissimè}}'', dit-il
<ref>{{lang|la|Janus Douza, Præcidan., in Petronium,
''lib. III'', ''cap. IX'', pag. m, 594, 595.}}</ref> en rapportant les témoignages des
auteurs qui ont dit qu’un certain
ouvrier avait trouvé le secret de
rendre le verre malléable ; {{lang|la|''Johannes''
''Salisberiensis, quamvis exemplis''
''supra dictis in partem nonnihil dissentiens,''
''libro'' de Nugis Curialium IV,
cap. V, ''qui'' Policraticus ''inscribitur,''
''non quidem de suo, ne quid erres,''
''sed verò de alieno'' (''id quod corniculæ''
''isti cum fartoribus illis semipriscis,''
''Solino putà, Macrobio, Isidoro ;''
''atque aliis ejusdem farinæ mangonibus''
''commune'') ''solens utique, præsertim''
''de saturâ arbitri nostri.''}} Voyez
ce que Jacques Thomasius a répondu
à cette censure de Janus Douza <ref>{{lang|la|Thomas., de Plagio litterar., pag. 240.}}</ref>.
Notez que cet ouvrage de Jean de Sarisbéri
a été traduit en français. Cette
traduction fut imprimée à Paris, ''in''-4{{o}}.
l’an 1640, sous ce titre : ''les Vanités''
''de la Cour''. L’auteur de la traduction
se désigne par ces deux lettres D. M,
au bas de son épître dédicatoire au
marquis d’Assérac.
Les autres livres de Jean de Sarisbéri
sont : {{lang|la|''Metalogicus, seu Tractatus''
''de Logicâ, Philosophiâ, etc.''}},
imprimé à Paris, l’an 1610, et à Leyde,
l’an 1639, ''in''-8{{o}}. : {{lang|la|''Vita atque Passio''
''Sancti Thomæ Cantuariensis archiepiscopi''
''et martyris''}} ; un livre de
lettres publiées à Paris, l’an 1611,
''in''-4{{o}}., ''{{lang|la|ex bibliothecâ Papyrii Massonis}}'' ;
sept autres lettres historiques
insérées par Duchesne au IV{{e}}. tome
de sa collection des historiens de
France. On trouve plusieurs autres
lettres de notre auteur parmi celles
de Thomas Béquet, recueillies par le
père Lupus, et imprimées à Bruxelles,
l’an 1682, en deux volumes ''in''-4{{o}}.
Baléus débite que Jean de Sarisbéri
composa un commentaire sur le
Brunellus <ref>''C’est le titre d’un poëme Latin qui s’appelle''
''aussi le Miroir des Fous'', {{lang|la|Speculum Stultorum.}}</ref> de Vigelli ; mais un
savant critique <ref>{{lang|la|Reinesius, epist. ad Daumium, ''pag.'' 197}} :
''il ne dit pas'' {{lang|la|Vigellus}}, ''mais'' {{lang|la|Nigellus}}.</ref> rejette cela par
la raison que ce Brunellus fut dédié
à Guillaume de Longchamp, que
Richard, roi d’Angleterre, fit évêque
d’Eli l’an 1189, et qui mourut en exil
l’an 1197, quinze ans après l’évêque
de Chartres qui est le sujet de cet
article <ref group=*><sup>*</sup> Fabricius, dans sa ''{{lang|la|Bibl. mediæ et infimæ latinitatis}}'',
donne la liste de quelques ouvrages de
J. de Sarisbéri, inconnus à Bayle ; et Leduchat
signale, entre autres, l’''{{lang|la|Objurgatorium Clericorum}}'',
« ouvrage où le clergé romain du XII{{e}}.
siècle est drappé d’importance. » Sainte-Croix
n’a point parlé de cet ouvrage.</ref>.
{{References-Bayle}}
<section end="Sarisbéri"/>
<section begin="Sarnanus"/>'''SARNANUS ou {{sc|de}} SARNANO'''
'''({{sc|Constance}})''', ainsi nominé parce
qu’il était natif de Sarno dans
le royaume de Naples <ref group=lower-alpha>''Et non dans l’Ombrie, comme l’assure''
Quenstedt, {{lang|la|de Patr. Viror. illustr. ''p.'' 346.}}</ref>, vivait
au XVI{{e}}. siècle. Il était moine
de l’ordre de Saint-François, et
passa pour un philosophe et pour
un théologien fort subtil. Il enseigna
la philosophie à Padoue,
et la théologie à Rome et à Pérouse
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|Nomenclat. Cardinal. ''pag.'' 170.}}</ref>. Le pape Sixte le tira
de cette dernière ville pour le
faire venir à Rome où il l’honora
du chapeau de cardinal, et le fit
évêque de Verceil <ref group=lower-alpha>Quenstedt, {{lang|la|de Patr. Viror. illustr.
''pag.'' 346.}}</ref>. On a plusieurs
livres de ce religieux {{refl|Sarnanus-(A)|num=(A)|nosup}}.
Il mourut à Rome, l’an 1595,
et fut enterré à Sarno, dans l’église
de Saint-François qu’il avait
fait bâtir magnifiquement <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Nomenclat. Cardinal., ''pag.'' 171.}}</ref>.
Son nom de famille était Buccafoco.
Vous trouverez son article<section end="Sarnanus"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
ever2x5k42zead447kzimnystma3l1s
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/163
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCALA.|155}}</noinclude><section begin="Scala1"/>1497. Il a composé aussi la Vie
de Vitalien Borromée, et une
Harangue à {{Roi|Innocent|VIII}}, etc.
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|Vossius de Histor. lat., ''pag.'' 616.}}</ref> {{refl|Scala1-(C)|num=(C)|nosup}}. Alexandra Scala, sa
fille, fut savante en grec et en latin,
comme je m’en vais le dire,
et devint par-là l’épouse d’un
savant grec. Politien la loua
beaucoup : il ne crut pas devoir
étendre sur sa fille les coups de
plume qu’il avait portés au père :
la fille de son côté n’eut point
d’égard à ce différent, et répondit
aux honnêtetés de Politien
par d’autres honnêtetés.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Scala1-(A)|(A)}}''' ''Il était fils d’un meunier.'' ]
C’est Léandre Alberti qui me l’apprend :
''{{lang|la|Bartholomæus Scala}}'', dit-il
<ref>{{lang|la|Descript. Ital., ''pag.'' 70.}}</ref>, {{lang|la|''vir doctus, ut potiùs Musarum''
''alumnus, quàm inter rotas molarum''
''natus videretur.''}} Scala écrit lui-même
qu’il était de basse extraction. {{lang|la|''Veni''
''nudus, omnium rerum bonarum egenus''
''ad remp. vilissimis ortus parentibus,''
''multâ cum fide, nullis omninò''
''divitiis aut titulis, nullis clientelis,''
''nullis cognationibus''}} <ref>{{lang|la|Scala, epist. ad Ang. Politian.}} ''C’est la''
''XVI''{{e}}. ''du livre XII des'' Lettres de Politien, ''édition''
''de Paris'', 1526, ''in''-4{{o}}.</ref>. Politien,
l’ayant appelé ''{{lang|la|monstrum furfuraceum}}'',
en donne cette raison : {{lang|la|''Monstrum''
''quidem, qui ex colluvione monstrorum''
''compositus est ; furfuraceum''
''verò in pistrini sordibus natus, et quidem''
''pistrino dignissimus''}} <ref>{{lang|la|Politian., epist. XVIII, ''lib. XII''.}}</ref>.
'''{{refa|Scala1-(B)|(B)}}''' ''Les Florentins l’élevèrent.... et''
''le mirent dans le sénat.'' ] Voici ce
qu’il en dit dans la lettre que je viens
de citer : {{lang|la|''Cosmus tamen pater patriæ''
''nostræ me complexus est, recepitque''
''in familiæ obsequia. Intereà Florentinus''
''populus ad prioratum me evexit,''
''deindè ad vexilliferatum ; tandemque''
''et in senatorium me ordinem equestremque''
''collocavit, tanto profectò''
''suffragiorum consensu, ut nihil esse''
''factum unquàm popularius multi putarent''}}
<ref>{{lang|la|Scala, ''ibidem''.}}</ref>. Politien aurait cru trop
faire le libéral, s’il lui avait dit, ''la''
''cabale l’a fait autant que le mérite'' ;
il prétend que c’était un jeu tout pur
de la Fortune : {{lang|la|''De honoribus quidem''
''nihil est quod tibi nimium placeas ;''
''vetus enim ludus hic, ut indigni tollantur''
''in altum, videlicet ut hoc quoque''
''se posse fortuna declaret, cujus''
''tu solius opus es''}} <ref>{{lang|la|Politian., epist. XVIII, ''lib. XII''.}}</ref>.
'''{{refa|Scala1-(C)|(C)}}''' ''Il a composé aussi... une Harangue''
''à {{Roi|Innocent|VIII}}, etc.'' ] La
liste de ses ouvrages, si je ne me
trompe, est assez complète dans le
Catalogue des Écrivains florentins,
composé par le Poccianti, et imprimé
à Florence l’an 1589. Il n’y avait
encore que très-peu de compositions
de Scala qui eussent été imprimées.
Deux savans danois ont eu le soin de
publier les principales ; savoir l’Histoire
Florentine <ref>Oliger Jacobæus ''l’a publiée in''-4{{o}}. : ''on en''
''parle dans le IV''{{e}}. Journal d’Italie, 1677.</ref>, et la vie de Vitalien
Borromée. <ref>Christophle Bartholin ''l’a publiée. On en''
''parle dans le même'' Journal d’Italie.</ref>. Je ne saurais.
dire si ses apologues, que Marsile Ficin
estimait beaucoup, et la lettre
qu’il écrivit sur la question, ''si l’homme''
''sage se doit marier'' <ref>''Cette question a été traitée par'' Heinsius.
''Voyez, dans'' {{lang|la|Baudii Amores}}, ''la lettre'' : {{lang|la|An et
qualis viro litterato sit ducenda uxor ?}} ''on y a joint''
''la dissertation d’un anonyme'' : {{lang|la|de Matrimonio
litterati, an cælibem esse, an nubere conveniat ?}}
''Elle est dans un Recueil de pièces imprimé l’an''
1506.</ref>, ont vu le
jour. {{lang|la|''Apologi centum ad Laurentium''
''Medicem, quos miris encomiis exornat''
''Ficinus in libro VIII epistolarum''}}
<ref>{{lang|la|Pocciantius, de Scriptor. florentinis, ''p.'' 24.}}</ref>.
{{References-Bayle}}
<section end="Scala1"/>
<section begin="Scala2"/>'''SCALA ({{sc|Alexandra}})''', fille et
femme de savans, était elle-même
savante et en grec et en latin
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|Vossius, de Histor. lat., ''pag.'' 616.}}</ref>. Son père, dont je viens
de parler, s’appelait Barthélemi
Scala. J’ai parlé en son lieu de
Michel Marulle son époux. Politien
vécut avec elle en meilleure
intelligence qu’avec lui. Il la
loua souvent en grec ; elle lui
répondit en la même langue <ref group=lower-alpha>''{{lang|la|Idem, ibid.}}''</ref>.
C’étaient des vers de part et<section end="Scala2"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
ap1gu2i2ckgfd4xdjmp4zyhs09o6y1p
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/165
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Manseng
19880
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCAMANDER.|157}}</noinclude><section begin="Scala2"/>{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Cùm dulci sale seriisque blandis''
''Ipsum jam superes puella patrem,''
''Quo nihil gravius facetiusque est.''
</poem>}}
{{br0}}
Dans cette même épigramme il la
traite de ''{{lang|la|mea Scala}}'', et néanmoins
on ne saurait croire qu’il fût déjà
son mari. Voyons ce qu’il dit au père.
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
''Plus multâ tamen, ô beate amice, est''
''Quod Scalam Latio pater dedisti,''
''Aucturam numerum novem sororum''
''Casto carmine, castiore vitâ'' <ref>{{lang|la|''Lib. III, pag.'' 54.}}</ref>.
</poem>}}
{{br0}}
Il n’était pas encore son gendre lorsqu’il
lui parlait de cette façon ; cela
est clair.
'''{{refa|Scala2-(C)|(C)}}''' ''Nous n’en voyons plus guère''
''de cette nature.'' <ref group=*><sup>*</sup> Leclerc ne trouve pas juste la remarque de
Bayle. En fait de poëtes qui ont chanté leurs femmes,
les modernes n’ont rien à envier aux anciens.
Aux trois de l’antiquité que Bayle nomme
à la fin de la remarque [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scala 2#ancrage_Scala2-(C)|(C)]], Leclerc oppose S.
Macrin, Ch. Fontaine, et P. Lalanne. Il met
dans le même rang ce Colletet, qui a tant chanté
sa Claudine, même depuis qu’elle fut sa femme,
et qui mourut en la caressant, s’il faut en croire
ce distique :
<poem style="margin-left:10%;">
La mort colleta Colletet
Qui sa servante colletait.
</poem>
<p style="text-indent:0px;">De nos jours {{M.|Auguste de Labouisse}} a chanté
son Éléonore,</p></ref>] Il y a bien des
poëtes modernes qui croiraient que
l’on ne pourrait pas plus fortement
leur reprocher d’avoir prodigué leur
encens à toute la terre, que si l’on
disait qu’ils avaient loué jusques à
leurs femmes. Ils s’imagineraient que
cette expression aurait plus de force,
que de dire qu’ils auraient loué depuis
le sceptre jusques à la houlette,
et depuis le cèdre du Liban jusques
à l’hyssope de la paroi. Ils croiraient
que cette idée donnerait à leurs flatteries
la même étendue que l’on a
prétendu donner à l’amour dans les
vers suivans <ref>Histoire amoureuse des Gaules.</ref> :
<poem style="margin-left:10%;">
''Je penserais n’être pas malheureux,''
''Si la beauté dont je suis amoureux''
''Pouvait enfin se tenir satisfaite''
''De mille amans avec un favori ;''
{{intervalle|1.0em}}''Mais j’enrage que la coquette''
{{intervalle|1.0em}}''Aime encor jusqu’à son mari.''
</poem>
{{br0}}
Les plus galans poëtes de l’antiquité
ne se piquaient point d’une si fausse
et d’une si absurde délicatesse. Ovide
a extrêmement loué sa femme <ref>{{lang|la|Ovidius, Trist., ''lib. IV'', eleg. IX.}}</ref> ;
Martial a bien voulu que la postérité
fût informée que sa femme parlait
bien, et qu’elle l’empêchait de regretter
le séjour de Rome <ref>{{lang|la|<poem style="margin-left:10%; margin-top:-1.5em;">
''Tu desiderium dominæ mihi mitius urbis''
''Esse jubes : Romam tu mihi sola facis.''
{{intervalle|4.0em}}Martial., epigr. XXI, ''lib. XII''.
</poem>}}</ref>. Je ne
parle point de Stace qui a tant loué
la sienne <ref>{{lang|la|Stat., Silvar. V, ''lib. III''.}}</ref>.
{{References-Bayle}}
<section end="Scala2"/>
<section begin="Scamander"/>'''SCAMANDER''', rivière de
Phrygie proche de Troie. Elle
s’appelait aussi Xanthus, mais
il y avait une grande différence
entre ces deux noms : Scamander
appartenait au langage humain,
et Xanthus à celui des dieux
<ref group=lower-alpha>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scamander#ancrage_Scamander-(A)|(A)]].</ref>. C’est le sentiment d’Homère.
Quelques écrivains prétendent
que ce poëte a voulu dire que Xanthus
était l’ancien nom de cette
rivière {{refl|Scamander-(A)|num=(A)|nosup}}, et que Scamander était
le moderne ; d’autres disent qu’elle
fut nommée Scamander avant
qu’on la nommât Xanthus {{refl|Scamander-(B)|num=(B)|nosup}},
et l’on rapporte plusieurs étymologies
de ces deux noms <ref group=lower-alpha>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scamander#ancrage_Scamander-(B)|(B)]].</ref>.
On prétend que les eaux de cette
rivière avaient la propriété de
rendre blonds les cheveux des
femmes qui s’y baignaient ; et
que les Troyennes se prévalurent
de cette prérogative {{refl|Scamander-(C)|num=(C)|nosup}}. On dit
aussi que les filles de ce pays-là,
dès qu’elles étaient fiancées, allaient
offrir leur virginité au
Scamander, ce qui donna lieu à
un jeune Athénien de jouir de
Callirrhoë {{refl|Scamander-(D)|num=(D)|nosup}}. Je crois que cette
rivière ne méritait pas la réputation
que les poëtes lui ont acquise ;
mais d’ailleurs elle était
plus considérable que quelques-uns
ne se figurent {{refl|Scamander-(E)|num=(E)|nosup}}. Julie,
fille d’Auguste, pensa y être
noyée : Agrippa, son mari, parut
fort sensible à ce péril {{refl|Scamander-(F)|num=(F)|nosup}},
et en témoigna son indignation
aux Troyens, quoiqu’ils n’en<section end="Scamander"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Cervantès, Oudin, Rosset - Don Quichotte (éd. 1884) t. 1.djvu/18
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" /></noinclude><i>gauloise passa largement à travers les romans d’aventures.
On finit par s’amuser fort à la cour du roi
Artus. Des vivacités dignes du Décaméron se multipliaient
dans les histoires chevaleresques. En vain
l’Église protestait et recommandait l’austère chanson
de gestes : les héros carolingiens eux-mêmes, Roland
par exemple, entraient gaiement dans le cycle de la
féerie et de la galanterie. Et la galanterie l’emportait
bientôt sur la pure chevalerie. Roland, peu soucieux
du péril de Charlemagne et de la détresse de
Paris qu’assiègent les païens, court le monde, cherchant
sa maîtresse ; mais Angélique s’était abandonnée
au beau Médor, le page sarrasin. La poésie
des vieux âges se fondait dans le songe voluptueux
qui berça la Renaissance.
Revenons à l’Espagne. Ce fut seulement à la fin
du {{XVe}}{{lié}}siècle et dans le cours du{{lié}}{{XVIe}} que s’épanouit
chez elle la plus riche floraison du roman chevaleresque.
Jusque-là, elle avait eu trop peu de loisir pour
goûter les plaisirs de l’imagination : elle avait imité
et traduit plutôt qu’inventé. Mais, les Arabes une fois
chassés, elle renouvela pour elle-même la fête poétique
dont les autres nations commençaient à se lasser et
qui allait finir en Italie par la grâce ironique de
l’Arioste et les bouffonneries de</i> ''l’''{{sc|{{lang|it|Orlandino}}}}.
<i>Un peu plus tard encore, la veine romanesque est si
complètement épuisée chez les Italiens que le Tasse
revient sans hésiter aux traditions historiques de la
croisade. Mais, en Espagne, entre Ferdinand le Catholique
et {{roi|Philippe|II}}, et jusqu’à la veille même du</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Cervantès, Oudin, Rosset - Don Quichotte (éd. 1884) t. 1.djvu/19
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Olivier LPB
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Olivier LPB" /></noinclude>{{sc|Don Quichotte}}, <i>l’invention chevaleresque est dans
son plein. Toute une littérature éclate au soleil, médiocrement
nationale, presque tous les personnages
venant du dehors et de loin, la fée Mélusine, le prophète
Merlin, la légende du saint graal ; puis,
Josué, David, Hector, Alexandre, Jules César,
confondus dans la même chronique pêle-mêle avec
Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon ; Vespasien,
Du{{lié}}Guesclin, Robert le Diable, Lancelot du
Lac, Flore et Blanchefleur ; enfin, se détachant de
cette foule, les deux lignées, prolongées jusqu’à la fin
du {{XVIe}}{{lié}}siècle, d’Amadis de Gaule et de son frère
Florestan, d’une part, de don Palmérin d’Oliva, de
l’autre. Mais Amadis était Français d’origine. Nous
avons</i> ''l’''{{sc|Amadas}} <i>français qui faisait partie, en{{lié}}1265,
des livres d’un chanoine de Langres et qui développait
peut-être un très vieux roman maintenant perdu :
le traducteur de</i> ''l’''{{sc|Amadis}} <i>espagnol, Herberay des
Essarts, prétend qu’il en avait trouvé « quelques restes
escrits à la main en langage picard ».
Malheureusement, plus d’un grain d’extravagance
se mêlait à cette littérature chevaleresque. Les antiquités
juive, grecque et romaine, l’Orient, l’Occident,
Jérusalem, Constantinople et Rome s’y rapprochaient
par trop naïvement ; l’histoire, la géographie, la
raison, y étaient trop violentées. Dans le roman du</i>
{{sc|Chevalier Marsindo}}, <i>on voyait le chevalier de
l’Épine défier, à la tête d’un pont, près de Constantinople,
en l’honneur de sa maîtresse, tous les paladins
de Grèce et de mille autres lieux, démonter et vaincre</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/12
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{c|PERSONNAGES DE LA PREMIÈRE JOURNÉE|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|m=3em}}
{{Poem|L’ANNONCIER.
LE PÈRE JÉSUITE.
DON PÉLAGE.
DON BALTHAZAR.
DONA PROUHÈZE (Dona Merveille).
DON CAMILLE.
DONA ISABEL.
DON LUIS.
LE ROI D’ESPAGNE.
LE CHANCELIER.
DON RODRIGUE.
LE CHINOIS.
LA NÉGRESSE JOBARBARA.
LE SERGENT NAPOLITAIN.
DON FERNAND.
DONA MUSIQUE (Dona Délices).
L’ANGE GARDIEN.
L’ALFÉRÉS.
SOLDATS.|lh=180}}
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/13
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki/>
{{T2|PREMIÈRE JOURNÉE|fs=140%|ff=Georgia, serif|sp=0.05em|ws=0.3em|mt=4em|mb=3em}}
{{a|''Coup bref de trompette.''|65%|-1||mb=1.5em}}
Le scène de ce drame est le monde et plus spécialement
l’Espagne à la fin du {{s|xvi|e|-}}, à moins que ce
ne soit le commencement du {{s|xvii}}. L’auteur
s’est permis de comprimer les pays et les époques,
de même qu’à la distance voulue plusieurs lignes
de montagnes séparées ne font qu’un seul horizon.
{{il|1.5}}
{{a|''Encore un petit coup de trompette.''|65%|-1}}
{{a|''Coup prolongé de sifflet comme pour la manœuvre d’un bateau.''|65%|-1}}
{{a|''Le rideau se lève.''|65%|-1}}
{{brn|4}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
os6awxqgx1lkmy642lspytz35vygarg
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/19
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||PREMIÈRE JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
Et s’il désire le mal, que ce soit un tel mal qu’il
ne soit compatible qu’avec le bien,
Et s’il désire le désordre, un tel désordre qu’il implique
l’ébranlement et la fissure de ces murailles
autour de lui qui lui barraient le salut,
Je dis à lui et à cette multitude avec lui qu’il
implique obscurément.
Car il est de ceux-là qui ne peuvent se sauver
qu’en sauvant toute cette masse qui prend leur
forme derrière eux.
Et déjà Vous lui avez appris le désir, mais il ne
se doute pas encore ce que c’est que d’être désiré.
Apprenez-lui que Vous n’êtes pas le seul à pouvoir
être absent ! Liez-le par le poids de cet autre
être sans lui si beau qui l’appelle à travers l’intervalle !
Faites de lui un homme blessé parce qu’une fois
en cette vie il a vu la figure d’un ange !
Remplissez ces amants d’un tel désir qu’il implique
à l’exclusion de leur présence dans le hasard
journalier
L’intégrité primitive et leur essence même telle
que Dieu les a conçus autrefois dans un rapport
inextinguible !
Et ce qu’il essayera de dire misérablement sur
la terre, je suis là pour le traduire dans le Ciel.
{{brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/24
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Un pêcher n’est pas mieux défendu qui pousse tout
au travers d’un figuier de Barbarie.
Puis votre attente ne sera pas longue en peu
de temps j’aurai mis ordre à tout.
{{Personnage|DON BALTHAZAR|||uc|sm}}. ― Et marié les six filles ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Déjà pour chacune d’elles j’ai
choisi deux maris, et le commandement est parti
qui convoque mes galants ; qui oserait résister à
Pélage, le Terrible Juge ?
Elles n’auront qu’à choisir, ou autrement j’ai
choisi pour elles, moi,
Le cloître qui les attend.
L’Aragonais n’est pas plus sûr de son affaire qui
arrive sur la place du marché avec six cavales
neuves. Elles sont là toutes ensemble tranquilles
à l’ombre d’un grand châtaignier
Et ne voient pas l’acheteur qui passe de l’une à
l’autre avec tendresse et connaissance, cachant le
mors derrière son dos.
{{Personnage|DON BALTHAZAR|||uc|sm}}, ''avec un gros soupir''. — Adieu,
Musique !
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Et pendant qu’il me reste un
peu de temps, je vais achever de vous expliquer la
situation sur la côte d’Afrique. Le sultan Mouley…
(''Ils s’éloignent.'')
{{brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
kdowcncj6uucsoqcyr35ndsk655nq3t
Page:Buisson - Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, 1911.djvu/2089
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<noinclude><pagequality level="1" user="Newnewlaw" /></noinclude><nowiki/>__NOTOC__
{{centré|LISTE DES COLLABORATEURS <br/>{{sc|du}} <br/>DICTIONNAIRE DE PÉDAGOGIE <br/>{{sc|(nouvelle édition)}} }}
{{séparateur}}
{{interligne}}
''Dans cette liste, nous avons donné à chaque collaborateur la qualité qu’il avait au moment de sa''
''collaboration soit à la première édition du Dictionnaire (s’il s’agit d’articles écrits pour cette édition-là),''
''soit à cette édition nouvelle.''
{{interligne}}
{{t3|A<ref>''Note de Wikisource :'' La mise en page a été légèrement modifiée pour rendre la lecture plus facile.</ref>}}
[[Auteur:Nicolas Adolphe Adam|{{sc|Adam}} (A.)]], censeur du petit lycée Louis-le-Grand.
[[Auteur:David Aïtoff|{{sc|Aïtoff}} (D.)]], géographe.
[[Auteur:Émile Alcindor|{{sc|Alcindor}} (Émile)]], inspecteur général adjoint des services administratifs.
[[Auteur:G. Wallace Alexander|{{sc|Alexander}} (G. W.)]], M. A., Clerk of the Edinburgh School Board, Edimbourg (Écosse).
[[Auteur:Alfred Angot|{{sc|Angot}} (Alfred)]], directeur du Bureau central météorologique.
{{sc|[[Auteur:Émile_Anthoine|Anthoine (É.)]]}}, inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Franck_Le_Savoureux|{{sc|Arvert}} (Franck d’)]], Voir ''Le Savoureux''.
[[Auteur:Sigmund_Auerbach|{{sc|Auerbach}} (Sigmund)]], professeur à Berlin.
[[Auteur:François-Alphonse_Aulard|{{sc|Aulard}} (F.-A.)]], professeur à la Sorbonne.
{{interligne}}
{{t3|B}}
[[Auteur:Gustave Baguer|{{sc|Baguer}} (G.)]], directeur de l’Institut départemental des sourds-muets, à Asnières (Seine).
{{sc|[[Auteur:Joseph Ballet-Baz|Ballet-Baz]]}}, rédacteur au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Léon Mention|{{sc|Balz}} (André)]], président de l’Association de la presse de l’enseignement.
[[Auteur:Jean-Magloire Baudouin|{{sc|Baudouin}} (J.-M.)]], inspecteur général de l’enseignement
primaire.
[[Auteur:Juste_Baudrillard|{{sc|Baudrillard}} (J.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Louis Bédorez|{{sc|Bédorez}} (L.)]], directeur de l’enseignement primaire de la Seine.
[[Auteur:Armand_Belot|{{sc|Belot}} (A.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Antoine_Benoist_(recteur)|{{sc|Benoist}} (Antoine)]], professeur à la Faculté des lettres de Toulouse.
[[Auteur:Bonaventure_Berger|{{sc|Berger}} (B.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Jeanne Bergevin|{{sc|Bergevin}} (Mlle J.)]], directrice d’école primaire, à Paris.
[[Auteur:Paul_Bert|{{sc|Bert}} (Paul)]], de l’Académie des sciences, député.
[[Auteur:Marcellin_Berthelot|{{sc|Berthelot}} (M.)]], de l’Académie des sciences, sénateur.
[[Auteur:Aimé Berthod|{{sc|Berthod}} (Aimé)]], publiciste, à Paris.
[[Auteur:Jacques_Bigart|{{sc|Bigart}} Jacques)]], secrétaire de l’Alliance israélite universelle, à Paris.
[[Auteur:Charles_Bigot|{{sc|Bigot}} (Ch.)]], publiciste, à Paris.
[[Auteur:Eugène Blanchet|{{sc|Blanchet}} (Eugène)]], rédacteur au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Charles Blondel|{{sc|Blondel}} (Ch.)]], architecte, à Paris.
[[Auteur:Johann Böhm|{{sc|Böhm}} (Johannes)]], professeur à Munich (Bavière).
[[Auteur:Gaston_Boissier|{{sc|Boissier}} (Gaston)]], de l’Académie française.
[[Auteur:Adolphe Bossert |{{sc|Bossert}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Louis-Auguste Bourguin|{{sc|Bourguin}} (A.-L.)]], directeur d’école primaire, à Paris.
[[Auteur:Carlo Bourlet|{{sc|Bourlet}} (Carlo)]], professeur au Conservatoire des arts et métiers.
[[Auteur:Augustin_Boutan|{{sc|Boutan}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Michel_Bréal|{{sc|Bréal}} (Michel)]], de l’Institut.
[[Auteur:Henriette-Suzanne_Brès|{{sc|Brés}} (Mlle H.-S.)]], inspectrice générale des écoles maternelles.
[[Auteur:Victor Brochard|{{sc|Brochard}} (Victor)]], professeur de philosophie à la Sorbonne.
[[Auteur:Eugène Brouard|{{sc|Brouard}} (E.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Victor_Brouet|{{sc|Brouet}} (V.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Léon Buée|{{sc|Buée}} (Léon)]], docteur en droit, à Paris.
[[Auteur:Benjamin Buisson|{{sc|Buisson}} (B.)]], directeur de l’enseignement primaire à Tunis.
{{interligne}}
{{t3|C}}
[[Auteur:Ernest Cadet|{{sc|Cadet}} (Ernest)]], chef de bureau au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Félix Cadet|{{sc|Cadet}} (Félix)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:G._Calame|{{sc|Calame}} (G.)]], professeur libre, à Paris.
[[Auteur:Ludovic_Carrau|{{sc|Carrau}} (Ludovic)]], professeur de philosophie à la Sorbonne.
[[Auteur:Félix Carré|{{sc|Carré}} (F.)]], professeur au lycée Janson de Sailly.
[[Auteur:Irénée_Carré|{{sc|Carré}} (I.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Alexis Chassang|{{sc|Chassang}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Marie_Chateauminois|{{sc|Chateauminois de la Forge}} (Mlle Marie)]], à Paris.
[[Auteur:Adolphe_Chéron|{{sc|Chéron}} (Adolphe)]], président de l’Union des Sociétés de préparation militaire de France, à Paris.
[[Auteur:Arthur_Chervin|{{sc|Chervin}} (A.)]], directeur de l’Institution des bègues, à Paris.
{{sc|Chevallier}} (P.), attaché à la librairie Hachette et {{Cie}}, à Paris.
{{sc|Chouquet}} (Gustave), bibliothécaire du Conservatoire national de musique.
{{sc|Chouteau}} (Eugène), ancien proviseur du lycée de Talca (Chili, Amérique du Sud).
{{sc|Coelho}} (F. Adolpho), professeur de pédagogie au Cours supérieur de lettres, à Lisbonne.
COHENDY (Em.), professeur à la Faculté de droit de
Lyon, membre du Conseil supérieur de l'enseignement technique.
COLANI (T.), bibliothécaire de la Sorbonne.
COLOMB (G.), directeur du laboratoire de botanique à
la Sorbonne.
COMPAYRÉ (G.), de l'Institut, professeur à la Faculté
des lettres de Toulouse, puis inspecteur général de
l'enseignement secondaire.
Cossío (Manuel B.), directeur du Musée pédagogique
national, à Madrid.
COURANT (Maurice), professeur de chinois près la
Chambre de commerce de Lyon.
COUSINET (Roger), agrégé de l'Université, à Paris.
CUISSART (E.), inspecteur de l'enseignement primaire.
CULVERWELL (E. P.), Professor of Education, Dublin
University, Dublin (Irlande).<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{centré|LISTE DES COLLABORATEURS <br/>{{sc|du}} <br/>DICTIONNAIRE DE PÉDAGOGIE <br/>{{sc|(nouvelle édition)}} }}
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''Dans cette liste, nous avons donné à chaque collaborateur la qualité qu’il avait au moment de sa''
''collaboration soit à la première édition du Dictionnaire (s’il s’agit d’articles écrits pour cette édition-là),''
''soit à cette édition nouvelle.''
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{{t3|A<ref>''Note de Wikisource :'' La mise en page a été légèrement modifiée pour rendre la lecture plus facile.</ref>}}
[[Auteur:Nicolas Adolphe Adam|{{sc|Adam}} (A.)]], censeur du petit lycée Louis-le-Grand.
[[Auteur:David Aïtoff|{{sc|Aïtoff}} (D.)]], géographe.
[[Auteur:Émile Alcindor|{{sc|Alcindor}} (Émile)]], inspecteur général adjoint des services administratifs.
[[Auteur:G. Wallace Alexander|{{sc|Alexander}} (G. W.)]], M. A., Clerk of the Edinburgh School Board, Edimbourg (Écosse).
[[Auteur:Alfred Angot|{{sc|Angot}} (Alfred)]], directeur du Bureau central météorologique.
{{sc|[[Auteur:Émile_Anthoine|Anthoine (É.)]]}}, inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Franck_Le_Savoureux|{{sc|Arvert}} (Franck d’)]], Voir ''Le Savoureux''.
[[Auteur:Sigmund_Auerbach|{{sc|Auerbach}} (Sigmund)]], professeur à Berlin.
[[Auteur:François-Alphonse_Aulard|{{sc|Aulard}} (F.-A.)]], professeur à la Sorbonne.
{{interligne}}
{{t3|B}}
[[Auteur:Gustave Baguer|{{sc|Baguer}} (G.)]], directeur de l’Institut départemental des sourds-muets, à Asnières (Seine).
{{sc|[[Auteur:Joseph Ballet-Baz|Ballet-Baz]]}}, rédacteur au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Léon Mention|{{sc|Balz}} (André)]], président de l’Association de la presse de l’enseignement.
[[Auteur:Jean-Magloire Baudouin|{{sc|Baudouin}} (J.-M.)]], inspecteur général de l’enseignement
primaire.
[[Auteur:Juste_Baudrillard|{{sc|Baudrillard}} (J.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Louis Bédorez|{{sc|Bédorez}} (L.)]], directeur de l’enseignement primaire de la Seine.
[[Auteur:Armand_Belot|{{sc|Belot}} (A.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Antoine_Benoist_(recteur)|{{sc|Benoist}} (Antoine)]], professeur à la Faculté des lettres de Toulouse.
[[Auteur:Bonaventure_Berger|{{sc|Berger}} (B.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Jeanne Bergevin|{{sc|Bergevin}} (Mlle J.)]], directrice d’école primaire, à Paris.
[[Auteur:Paul_Bert|{{sc|Bert}} (Paul)]], de l’Académie des sciences, député.
[[Auteur:Marcellin_Berthelot|{{sc|Berthelot}} (M.)]], de l’Académie des sciences, sénateur.
[[Auteur:Aimé Berthod|{{sc|Berthod}} (Aimé)]], publiciste, à Paris.
[[Auteur:Jacques_Bigart|{{sc|Bigart}} Jacques)]], secrétaire de l’Alliance israélite universelle, à Paris.
[[Auteur:Charles_Bigot|{{sc|Bigot}} (Ch.)]], publiciste, à Paris.
[[Auteur:Eugène Blanchet|{{sc|Blanchet}} (Eugène)]], rédacteur au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Charles Blondel|{{sc|Blondel}} (Ch.)]], architecte, à Paris.
[[Auteur:Johann Böhm|{{sc|Böhm}} (Johannes)]], professeur à Munich (Bavière).
[[Auteur:Gaston_Boissier|{{sc|Boissier}} (Gaston)]], de l’Académie française.
[[Auteur:Adolphe Bossert |{{sc|Bossert}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Louis-Auguste Bourguin|{{sc|Bourguin}} (A.-L.)]], directeur d’école primaire, à Paris.
[[Auteur:Carlo Bourlet|{{sc|Bourlet}} (Carlo)]], professeur au Conservatoire des arts et métiers.
[[Auteur:Augustin_Boutan|{{sc|Boutan}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Michel_Bréal|{{sc|Bréal}} (Michel)]], de l’Institut.
[[Auteur:Henriette-Suzanne_Brès|{{sc|Brés}} (Mlle H.-S.)]], inspectrice générale des écoles maternelles.
[[Auteur:Victor Brochard|{{sc|Brochard}} (Victor)]], professeur de philosophie à la Sorbonne.
[[Auteur:Eugène Brouard|{{sc|Brouard}} (E.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Victor_Brouet|{{sc|Brouet}} (V.)]], inspecteur de l’enseignement primaire, à Paris.
[[Auteur:Léon Buée|{{sc|Buée}} (Léon)]], docteur en droit, à Paris.
[[Auteur:Benjamin Buisson|{{sc|Buisson}} (B.)]], directeur de l’enseignement primaire à Tunis.
{{interligne}}
{{t3|C}}
[[Auteur:Ernest Cadet|{{sc|Cadet}} (Ernest)]], chef de bureau au ministère de l’instruction publique.
[[Auteur:Félix Cadet|{{sc|Cadet}} (Félix)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:G._Calame|{{sc|Calame}} (G.)]], professeur libre, à Paris.
[[Auteur:Ludovic_Carrau|{{sc|Carrau}} (Ludovic)]], professeur de philosophie à la Sorbonne.
[[Auteur:Félix Carré|{{sc|Carré}} (F.)]], professeur au lycée Janson de Sailly.
[[Auteur:Irénée_Carré|{{sc|Carré}} (I.)]], inspecteur général de l’enseignement primaire.
[[Auteur:Alexis Chassang|{{sc|Chassang}} (A.)]], inspecteur général de l’enseignement secondaire.
[[Auteur:Marie_Chateauminois|{{sc|Chateauminois de la Forge}} (Mlle Marie)]], à Paris.
[[Auteur:Adolphe_Chéron|{{sc|Chéron}} (Adolphe)]], président de l’Union des Sociétés de préparation militaire de France, à Paris.
[[Auteur:Arthur_Chervin|{{sc|Chervin}} (A.)]], directeur de l’Institution des bègues, à Paris.
{{sc|Chevallier}} (P.), attaché à la librairie Hachette et {{Cie}}, à Paris.
[[Auteur:Gustave_Chouquet|{{sc|Chouquet}} (Gustave)]], bibliothécaire du Conservatoire national de musique.
{{sc|Chouteau}} (Eugène), ancien proviseur du lycée de Talca (Chili, Amérique du Sud).
{{sc|Coelho}} (F. Adolpho), professeur de pédagogie au Cours supérieur de lettres, à Lisbonne.
COHENDY (Em.), professeur à la Faculté de droit de
Lyon, membre du Conseil supérieur de l'enseignement technique.
COLANI (T.), bibliothécaire de la Sorbonne.
COLOMB (G.), directeur du laboratoire de botanique à
la Sorbonne.
COMPAYRÉ (G.), de l'Institut, professeur à la Faculté
des lettres de Toulouse, puis inspecteur général de
l'enseignement secondaire.
Cossío (Manuel B.), directeur du Musée pédagogique
national, à Madrid.
COURANT (Maurice), professeur de chinois près la
Chambre de commerce de Lyon.
COUSINET (Roger), agrégé de l'Université, à Paris.
CUISSART (E.), inspecteur de l'enseignement primaire.
CULVERWELL (E. P.), Professor of Education, Dublin
University, Dublin (Irlande).<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/176
104
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Manseng
19880
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|168|SCHILLING. SCHOMBERG.}}</noinclude><section begin="Schiller"/>{{lang|la|concidere per eum, totum ministerium
evangelicorum, confessionem
Augustanam, formulam concordiæ,
catecheses, reformationem, prætensionem
{{sc|Sub utraque}} et omnia. Etiam
quemvis indoctum et imperitum
Scripturæ laïcum posse omnia nostra
beneficio sui tractatûs refutare,
''et è'' contrario totam catholicam, ''ut''
''loquitur'', religionem defendere. ''Hinc''
''capita singula ferè Thrasonicâ jactatione''
''concludit'' : quid quæso, ''ait'',
adversùm hæc dici potest ? ''Εt cap.''
''XIX, ex argumentis suis quibus probare''
''volebat ecclesiam romanensem,''
''habere assistentiam perpetuam Spiritûs''
''Sancti educit consequentias, quas''
irrefragabiliter indè sequi ''pronunciat.''
''Eodemque capite gloriatur'' se
posuisse fundamentum catholicæ veritatis,
quod nullo modo everti et
concuti possit, idque adeò declarâsse
et probâsse ut etiam idiota et Scripturæ
Sacræ ignarus quivis homo non
solùm tuto et infallibiliter superstruere
possit omnes et singulos articulos
suæ catholicæ religionis et fidei,
sed etiam omnibus hæreticis uno ictu
os obturare, et omnes ipsorum
fidei confessiones prosternere queat
etc. ''Sic ille ipse de suo opere judicat''
''oblitus cum reliquâ veritate etiam''
''moniti à Spiritu Sancto profecti'' :
Laudet te os alienum, etc.}}, <ref name="Schiller-(1)">{{lang|la|Nicol. Vedelius. ''præfation.'' Ecclesiast. catholici
''folio'' d 2.}}</ref>. Védélius
s’engagea à le réfuter, parce
qu’il apprit qu’un gentilhomme protestant,
ébranlé par la lecture de
cet ouvrage, était prêt à faire le
saut. Il n’employa pas onze jours à le
réfuter parmi ses autres occupations
publiques et particulières <ref name="Schiller-(2)">''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. Sa réponse
contient 125 pages ''in''-12.
{{References-Bayle}}
<section end="Schiller"/>
<section begin="Schilling"/>'''SCHILLING ({{sc|Christophle}})''', a
été un des savans du XVI{{e}}. siècle,
principalement en grec <ref group=lower-alpha>''Voyez la'' Vie de David Paréus, ''pag.''
''m.'' 8, 11, 12, 25.</ref>.
Il était natif de Francostein dans
la Silésie, et il régenta premièrement
à Hirschberg dans son
pays, et ensuite dans le Palatinat,
et enfin il fut reçu médecin dans
l’université de Padoue. La raison
qui le fit sortir d’Hirschberg
est qu’il se brouilla, au sujet
de l’eucharistie, avec Balthasar
Tilésius, ministre du lieu ;
car il insérait dans le catéchisme
qu’il dictait à ses disciples,
certaines choses qu’il tenait de
Mélanchthon <ref group=lower-alpha>''Il avait été disciple de Mélanchthon, à''
''Wittemberg, durant neuf ans.''</ref>, et qui ne plaisaient
pas à Tilésius. La conclusion
de cette querelle fut que
Schilling perdit sa charge, comme
nous l’avons déjà remarqué
dans l’article de David Paréus.
Il se retira au Palatinat, et fut
établi recteur du collége que l’électeur
{{Roi|Frideric|III}} fonda en ce
même temps à Amberg. Ce fut
l’an 1566. Il devint ensuite recteur
du collége d’Heidelberg,
d’où je pense qu’il sortit à cause
de quelque dispute sur la préséance.
Il est auteur {{refl|Schilling-(A)|num=(A)|nosup}}.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Schilling-(A)|(A)}}''' ''Il est auteur.'' ] On a un recueil
de ses poésies grecques et latines,
imprimé à Genève l’an 1580 <ref>Konig, Biblioth., ''pag.'' 734.</ref>,
et quelques lettres sur des questions
de médecine, dans un recueil de
pièces imprimé en 1598, à Francfort <ref>{{lang|la|Linden. renovat., ''pag.'' 180.}}</ref>.
{{References-Bayle}}
<section end="Schilling"/>
<section begin="Schomberg1"/>'''SCHOMBERG ({{sc|Nicolas de}})''',
cardinal et archevêque de Capoue,
dans le XVI{{e}}. siècle, était
Allemand, de la noble et ancienne
famille de Schomberg dans la
Misnie. Il avait été jacobin, et
ce fut Savonarola qui lui en donna
l’habit à Florence, l’an 1497
<ref name="Schomberg-(a)" group=lower-alpha>''Selon'' Seckend., {{lang|la|Histor. Lutheranis.}},
''liv. III'', ''pag.'' 93, ''ce fut l’an'' 1495.</ref>, et qui, par ses prédications,
lui avait fait naître l’envie d’entrer
dans cet ordre ; car Schomberg<section end="Schomberg1"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Chateaubriand - Œuvres complètes, éd. Garnier, 1861, tome 6.djvu/381
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{{T2|PRÉFACE.|sp=0.1em|ff=serif|fs=160%|m=3em}}
Lorsque je rentrai en France, en{{lié}}1800, après une émigration pénible, mon
ami {{M.|de}} Fontanes rédigeoit le ''Mercure de France'' ; il m’invita à écrire
avec lui dans ce journal, pour le rétablissement des saines doctrines religieuses
et monarchiques.
J’acceptai cette invitation : je donnai quelques articles au ''Mercure'', avant
même d’avoir publié ''Atala'', avant d’être connu, car mon ''Essai historique'' étoit
resté enseveli en Angleterre. Ces combats n’étoient pas sans quelques périls :
on ne pouvoit alors arriver à la politique que par la littérature ; la police de
Buonaparte entendoit à demi-mot ; le donjon de Vincennes, les déserts de
la Guiane et la plaine de Grenelle, attendoient encore, si besoin étoit, les
écrivains royalistes. Mon premier article sur le ''Voyage en Espagne'' de {{M.|de}}
Laborde faillit de me coûter cher : Buonaparte menaça de me ''faire sabrer sur les marches de son palais'' ; ce furent ses expressions. Il ordonna la suppression
du ''Mercure'' et sa réunion à la ''Décade''. Le ''Journal des Débats'', qui avoit osé
répéter l’article, fut bientôt après ravi à ses propriétaires.
Au retour du roi, je réclamai auprès du gouvernement la propriété du
''Mercure'', que j’avois acheté de {{M.|de}} Fontanes pour une somme de 20,000{{lié}}fr.
Je m’étois imaginé que la cause qui avoit fait supprimer cet ouvrage feroit
un peu valoir mon bon droit ; je me trompai. C’est ainsi qu’ayant eu à
répéter une part de mes appointements de ministre, je n’ai pu l’obtenir, par
la raison qu’ayant fait le voyage de Gand, je ne m’étois pas rendu à mon
poste à Stockholm ; c’est ainsi qu’en sortant du ministère, non-seulement on
ne m’a pas alloué le traitement de retraite accoutumé, mais encore on m’a<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Chateaubriand - Œuvres complètes, éd. Garnier, 1861, tome 6.djvu/382
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>supprimé ma pension de ministre d’État. Je rappelle ceci, non pour me
plaindre, mais afin qu’on ne fasse pas à l’avenir porter sur d’autres que
moi ces misérables vengeances et ces ignobles économies, si peu d’accord
avec la générosité naturelle de nos monarques et la dignité de la couronne.
Un choix des articles du ''Mercure'' a été fait par moi : ces articles, réunis à
quelques autres articles littéraires tirés du ''Conservateur'' et du ''Journal des Débats'', forment la collection renfermée dans ce volume. Les lettres n’ont
jamais été si honorables que lorsque, dans le silence du monde subjugué,
elles proclamoient des vérités courageuses et faisoient entendre les accents
de la liberté au milieu des cris de la victoire.
Puisque le nom de {{M.|de}} Fontanes est venu se placer naturellement sous
ma plume, qu’il me soit permis de payer ici un nouveau tribut de regret et
de douleur à la mémoire de l’excellent homme que la France littéraire pleurera
longtemps. Si la Providence me laisse encore quelques jours sur la
terre, j’écrirai la vie de mon illustre et généreux ami. Il annonça au monde
ce que, selon lui, je devois devenir ; moi, je dirai ce qu’il a été : ses droits
auprès de la postérité seront plus sûrs que les miens.
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Chateaubriand - Œuvres complètes, éd. Garnier, 1861, tome 6.djvu/383
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki/><noinclude>
{{il|2}}
{{c|{{sp|0.15em|MÉLANGES}}|fs=240%|ff=times, serif}}
{{il|1.5}}
{{c|{{sp|0.05em|LITTÉRAIRES}}|fs=130%|ff=times, serif}}
{{il|1.5}}
{{Séparateur|l|m=1em}}</noinclude>
{{T2|{{t|DE L’ANGLETERRE|130}}{{il|.5}}ET DES ANGLOIS.|ff=times, serif|fs=130%|sp=0.06em|ws=0.2em|m=3em}}
{{d|Juin 1800.|5|fs=90%|m=1.5em}}
Si un instinct sublime n’attachoit pas l’homme à sa patrie, la condition la plus naturelle sur la terre seroit celle de voyageur. Une
certaine inquiétude le pousse sans cesse hors de lui ; il veut tout
voir, et puis il se plaint quand il a tout vu. J’ai parcouru quelques
régions du globe ; mais j’avoue que j’ai mieux observé le désert que
les hommes, parmi lesquels, après tout, on trouve souvent la solitude.
J’ai peu séjourné chez les Allemands, les Portugais et les Espagnols,
mais j’ai vécu assez longtemps avec les Anglois. Comme c’est aujourd’hui
le seul peuple qui dispute l’empire aux François, les moindres
détails sur lui deviennent intéressants.
Érasme est le plus ancien des voyageurs que je connoisse qui nous
ait parlé des Anglois. Il n’a vu à Londres, sous {{corr|Henri III|{{roi|Henri|VIII}}}}, que des barbares et des huttes enfumées. Longtemps après, Voltaire, qui avoit
besoin d’un parfait philosophe, le plaça parmi les quakers, sur les
bords de la Tamise. Les tavernes de la Grande-Bretagne devinrent le
séjour des esprits forts, de la vraie liberté, etc., etc., quoiqu’il soit<noinclude>
<references/></noinclude>
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// met la sélection en petites capitales
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//entoure la sélection de {{ }}
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//insère {{Brn|1}}
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// entoure la sélection du modèle Corr, et la copie dans le zone pour le texte corrigé
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// italiques mais avec seulement la main gauche.
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//met un {{ au début, }} à la fin, et remplace les espaces dans la sélection avec |
//par exemple « M. Dupont » devient « {{M.|Dupont}} »
function raccMon() {
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//même chose raccMon mais ça met |nx,pt pour les modèles comme Mlle, St, Me, Dlle, Mrrs... où c'est utile pour certains ouvrages pré-19e.
function raccNxpt() {
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//entoure sélection de {{lié| }} ou insère {{lié}} si rien de sélectionné
//OU si sélection = une espace normale, remplace par {{lié}}
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// kill les coupures de ligne d'après Sicarov
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// Cas sélection
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//Supprimer les coupures de mots et sauts de ligne
content = content.replace(/-$\n/g, '');
// Supprimer espaces en début de ligne
content = content.replace(/^[ \t]+/gm, '');
// Protéger les doubles sauts de ligne en marqueur temporaire
content = content.replace(/\n\n+/g, '__PARA__');
// Supprimer les retours à la ligne simples sauf ceux après certains caractères (pour le tableau \n|- et \n|+, pour les section #, les points, les fin de balise } et >, les liens ])
content = content.replace(/(?<![#>\]'}\.|\n\|\-|\n\|\+])\n/g, ' ');
// Restaurer les doubles sauts de ligne
content = content.replace(/__PARA__/g, '\n\n');
//Point de citation mal placé ''op. cit''., ''P. L''.,
content = content.replace(/\. (\w+)\'\'\.,/g, '\. $1.\'\','); //pour le citation "x. y''.," italique suivi d'une virgule
//Chiffres romains
content = content.replace(/\{\{rom\|([ivxlcdm]+)\}\}\.\s([0-9])/gi, '{{rom|$1}}, $2'); //Rom, point après Rom suivi d'un chiffre g=tout, i=insensible casse
//content = content.replace(
// new RegExp("\\{\\{rom\\|" + romanStrict + "\\}\\}\\.\s([0-9])", "gi"),
// "{{rom|$1}}, $2" ); //Rom, point après Rom suivi d'un chiffre g=tout, i=insensible casse avec romanStrict /!\ dans new RegExp il faut deux contre slasch \\
content = content.replace(/([0-9])\s\:\s\{\{rom\|/g, '$1 ; \{\{rom\|'); //Rom remplace : par ; si entre chiffre et rom
textbox.val(content);
// ✅ Activer le gadget Typo
if ($.typo && typeof $.typo.exec === 'function') {
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}
// kill les s long (qui le méritent généralement)
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str = str.replace(/ſ/g, "s");
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// aucune idée comment ça marche merci Acélan pour le début...
// puis pour la continuation qui a fait fonctionner...
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if (event.key === "v" && event.altKey && event.ctrlKey ) {
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>bien connu que le pays du monde où l’on parle le moins de religion,
où on la respecte le plus, où l’on agite le moins de ces questions oiseuses
qui troublent les empires, soit l’Angleterre.
Il me semble qu’on doit chercher le secret des mœurs des Anglois
dans l’origine de ce peuple. Mélange du sang françois et du sang allemand,
il forme la nuance entre ces deux nations. Leur politique, leur
religion, leur militaire, leur littérature, leurs arts, leur caractère national,
me paroissent placés dans ce milieu ; ils semblent réunir
en partie à la simplicité, au calme, au bon sens, au mauvais goût
germanique, l’éclat, la grandeur, l’audace et la vivacité de l’esprit
françois.
Inférieurs à nous sous plusieurs rapports, ils nous sont supérieurs
en quelques autres, particulièrement en tout ce qui tient au commerce
et aux richesses. Ils nous surpassent encore en propreté ; et c’est une
chose remarquable que ce peuple qui paroît si pesant a dans ses
meubles, ses vêtements, ses manufactures une élégance qui nous
manque. On diroit que l’Anglois met dans le travail des mains la délicatesse
que nous mettons dans celui de l’esprit.
Le principal défaut de la nation angloise, c’est l’orgueil, et c’est le
défaut de tous les hommes. Il domine à Paris comme à Londres, mais
modifié par le caractère françois et transformé en amour-propre. L’orgueil
pur appartient à l’homme solitaire, qui ne déguise rien et qui
n’est obligé à aucun sacrifice ; mais l’homme qui vit beaucoup avec
ses semblables est forcé de dissimuler son orgueil et de le cacher sous
les formes plus douces et plus variées de l’amour-propre. En général,
les passions sont plus dures et plus soudaines chez l’Anglois, plus
actives et plus raffinées chez le François. L’orgueil du {{Corr|permier|premier}} veut
tout écraser de force en un instant ; l’amour-propre du second mine
tout avec lenteur. En Angleterre on hait un homme pour un vice, pour
une offense ; en France un pareil motif n’est pas nécessaire ; les avantages
de la figure ou de la fortune, un succès, un bon mot, suffisent.
Cette haine, qui se forme de mille détails honteux, n’est pas moins
implacable que la haine qui naît d’une plus noble cause. Il n’y a point
de si dangereuses passions que celles qui sont d’une basse origine, car
elles sentent cette bassesse, et cela les rend furieuses. Elles cherchent
à la couvrir sous des crimes, et à se donner par les effets une sorte
d’épouvantable grandeur qui leur manque par le principe : c’est ce
qu’a prouvé la révolution.
L’éducation commence de bonne heure en Angleterre : les filles
sont envoyées à l’école dès leur plus tendre jeunesse. Vous voyez quelquefois
des groupes de ces petites Angloises, toutes en grands mante-<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>lets blancs, un chapeau de paille noué sous le menton avec un ruban,
une corbeille passée au bras et dans laquelle sont des fruits et un
livre ; toutes tenant les yeux baissés, toutes rougissant lorsqu’on les
regarde. Quand j’ai revu nos petites Françoises, coiffées à ''l’huile antique'',
relevant la queue de leur robe, regardant avec effronterie, fredonnant
des airs d’amour et prenant des leçons de déclamation, j’ai
regretté la gaucherie et la pudeur des petites Angloises : un enfant sans
innocence est une fleur sans parfum.
Les garçons passent aussi leur première jeunesse à l’école, où ils
apprennent le grec et le latin. Ceux qui se destinent à l’Église ou à la
carrière politique vont de là aux universités de Cambridge ou d’Oxford.
La première est particulièrement consacrée aux mathématiques,
en mémoire de Newton ; mais, en général, les Anglois estiment peu
cette étude, qu’ils croient très-dangereuse aux bonnes mœurs, quand
elle est portée trop loin. Ils pensent que les sciences dessèchent le
cœur, désenchantent la vie, mènent les esprits foibles à l’athéisme, et
de l’athéisme à tous les crimes. Les belles-lettres, au contraire, disent-ils,
rendent nos jours merveilleux, attendrissent nos âmes, nous font
pleins de foi envers la Divinité, et conduisent ainsi, par la religion, à
la pratique de toutes les vertus<ref>''Vid.'' {{sc|Gibbon}}, ''Lit.'', etc.</ref>.
L’agriculture, le commerce, le militaire, la religion, la politique,
telles sont les carrières ouvertes à l’Anglois devenu homme. Est-on ce
qu’on appelle un ''{{lang|en|gentleman farmer}}'' (''un gentilhomme cultivateur''), on
vend son blé, on fait des expériences sur l’agriculture ; on chasse le
renard ou la perdrix en automne ; on mange l’oie grasse à Noël ; on
chante le ''{{lang|en|roast beef of old England}}'' ; on se plaint du présent, on vante le passé, qui ne valoit pas mieux, et le tout en maudissant Pitt et la
guerre, qui augmente le prix du vin de Porto ; on se couche ivre, pour
recommencer le lendemain la même vie.
L’état militaire, quoique si brillant sous la reine Anne, étoit tombé
dans un discrédit dont la guerre actuelle l’a relevé. Les Anglois ont
été longtemps sans songer à retourner leurs forces vers la marine. Ils
ne vouloient se distinguer que comme puissance continentale ; c’étoit
un reste de vieilles opinions qui tenoient le commerce à déshonneur.
Les Anglois ont toujours eu, comme nous, une physionomie historique
qui les distingue dans tous les siècles. Ainsi c’est la seule nation qui,
avec la françoise, mérite proprement ce nom en Europe. Quand nous
avions notre Charlemagne, ils avoient leur Alfred. Leurs archers balançoient
la renommée de notre infanterie gauloise ; leur prince Noir le<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>disputoit à notre Du{{lié}}Guesclin, et leur Marlborough à nos Turenne.
Leurs révolutions et les nôtres se suivent ; nous pouvons nous vanter
de la même gloire et déplorer les mêmes crimes et les mêmes
malheurs.
Depuis que l’Angleterre est devenue puissance maritime, elle a
déployé son génie particulier dans cette nouvelle carrière ; ses marins
sont distingués de tous les marins du monde. La discipline de ses vaisseaux
est singulière : le matelot anglois est absolument esclave. Mis à
bord de force, obligé de servir malgré lui, cet homme, si indépendant
tandis qu’il est laboureur, semble perdre tous ses droits à la liberté
aussitôt qu’il devient matelot. Ses supérieurs appesantissent sur lui
le joug le plus dur et le plus humiliant. Comment des hommes si
orgueilleux et si maltraités se soumettent-ils à une pareille tyrannie ?
C’est là le miracle d’un gouvernement libre ; c’est que le nom de
la loi est tout-puissant dans ce pays, et quand elle a parlé, nul ne
résiste.
Je ne crois pas que nous puissions, ni même que nous devions
jamais transporter la discipline angloise sur nos vaisseaux. Le François,
spirituel, franc, généreux, veut approcher de son chef ; il le
regarde comme son camarade encore plus que comme son capitaine.
D’ailleurs, une servitude aussi absolue que celle du matelot anglois
ne peut émaner que d’une autorité civile : or, il seroit à craindre
qu’elle ne fût méprisée de nos marins ; car malheureusement le François
obéit plutôt à l’homme qu’à la loi, et ses vertus sont plus des
vertus privées que des vertus publiques.
Nos officiers de mer étoient plus instruits que les officiers anglois.
Ceux-ci ne savent que leurs manœuvres ; ceux-là étoient des mathématiciens
et des hommes savants dans tous les genres. En général,
nous avons déployé dans notre marine notre véritable caractère : nous
y paroissons comme guerriers et comme artistes. Aussitôt que nous
aurons des vaisseaux, nous reprendrons notre droit d’aînesse dans
l’Océan comme sur la terre. Nous pourrons faire aussi des observations
astronomiques et des voyages autour du monde ; mais pour
devenir jamais un peuple de marchands, je crois que nous pouvons y
renoncer d’avance. Nous faisons tout par génie et par inspiration ;
mais nous mettons peu de suite à nos projets. Un grand homme en
finance, un homme hardi en entreprises commerciales, s’élèvera peut-être
parmi nous ; mais son fils poursuivra-t-il la même carrière, et ne
pensera-t-il pas à jouir de la fortune de son père, au lieu de songer
à l’augmenter ? Avec un tel esprit, une nation ne devient point mercantile ;
le commerce a toujours eu chez nous je ne sais quoi de poé-<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>tique et de fabuleux, comme le reste de nos mœurs. Nos manufactures
ont été créées par enchantement ; elles ont jeté un grand éclat, et puis
elles se sont éteintes. Tant que Rome fut prudente, elle se contenta
des Muses et de Jupiter, et laissa Neptune à Carthage. Ce Dieu n’avoit,
après tout, que le second empire ; et Jupiter lançoit aussi la foudre
sur l’Océan.
Le clergé anglican est instruit, hospitalier et généreux ; il aime sa
patrie et sert puissamment au maintien des lois. Malgré les différences
d’opinion, il a reçu le clergé françois avec une charité vraiment chrétienne.
L’université d’Oxford a fait imprimer à ses frais et distribuer
''gratis'' aux pauvres curés un Nouveau-Testament latin, selon la version
romaine, avec ces mots : ''À l’usage du clergé catholique, exilé pour la religion''. Rien n’est plus délicat et plus touchant. C’est sans doute un
beau spectacle pour la philosophie que de voir, à la fin du {{s|XVIII|e}},
un clergé ''anglican'' donner l’hospitalité à des prêtres ''papistes'', souffrir
l’exercice public de leur culte, et même l’établissement de quelques
communautés. Étranges vicissitudes des opinions et des affaires
humaines ! le cri ''un pape ! un pape !'' a fait la révolution sous {{roi|Charles|Ier}},
et {{roi|Jacques|II}} perdit sa couronne pour avoir protégé la religion catholique !
Ceux qui s’effrayent au seul mot de religion ne connoissent guère
l’esprit humain ; ils voient toujours cette religion telle qu’elle étoit
dans les âges de fanatisme et de barbarie, sans songer qu’elle prend,
comme toute autre institution, le caractère des siècles où elle passe.
Toutefois le clergé anglois n’est pas sans défaut. Il néglige trop ses
devoirs, il aime trop le plaisir, il donne trop de bals, il se mêle trop
aux fêtes du monde. Rien n’est plus choquant pour un étranger que
de voir un jeune ''ministre'' promener lourdement une jolie femme entre
les deux files d’une contredanse angloise. Il faut qu’un prêtre soit un
personnage tout divin ; il faut qu’autour de lui règnent la vertu et le
mystère, qu’il vive retiré dans les ténèbres du temple, et que ses
apparitions soient rares parmi les hommes ; qu’il ne se montre enfin
au milieu du siècle que pour faire du bien aux malheureux. C’est
à ce prix qu’on accorde aux prêtres le respect et la confiance : il
perdra bientôt l’un et l’autre s’il est assis au festin à nos côtés, si on
se familiarise avec lui, s’il a tous les vices du temps, et qu’on
puisse un moment le soupçonner foible et fragile comme les autres
hommes.
Les Anglois déploient une grande pompe dans leurs fêtes religieuses ;
ils commencent même à orner leurs temples de tableaux. Ils ont à la
fin senti qu’une religion sans culte n’est qu’un songe d’un froid<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>enthousiasme, et que l’imagination de l’homme est une faculté qu’il
faut nourrir comme la raison.
L’émigration du clergé françois a beaucoup servi à répandre ces
idées. On peut remarquer que, par un retour naturel vers les institutions
de leurs pères, les Anglois se plaisoient depuis longtemps
à mettre en scène, sur leur théâtre et dans leurs livres, la religion
romaine.
Dans ces derniers temps, le catholicisme, apporté à Londres par les
prêtres exilés de France, se montre aux Anglois précisément comme
dans leurs romans, à travers le charme des ruines et la puissance des
souvenirs. Tout le monde a voulu entendre l’oraison funèbre d’une
fille de France, prononcée à Londres par un évêque émigré, dans une
écurie.
L’Église anglicane a surtout conservé pour les morts la plus grande
partie des honneurs que leur rend l’Église romaine.
Dans toutes les grandes villes d’Angleterre, il y a des hommes, appelés
''{{lang|en|undertakers}}'' (entrepreneurs), qui se chargent des pompes funèbres.
On lit souvent sur leurs boutiques : ''{{lang|en|King’s coffinmaker}}'', Faiseur de cercueils du roi ; ou bien : ''{{lang|en|Funerals performed here}}'' ; mot à mot, ''Ici on représente des funérailles''. Il y a longtemps qu’on ne voit plus parmi
nous que des représentations de la douleur, et il faut bien acheter des
larmes quand personne n’en donne à nos cendres. Les derniers devoirs
qu’on rend aux hommes seroient bien tristes s’ils étoient dépouillés
des signes de la religion. La religion a pris naissance aux tombeaux,
et les tombeaux ne peuvent se passer d’elle. Il est beau que
le cri de l’espérance s’élève du fond d’un cercueil ; il est beau que
le prêtre du Dieu vivant escorte la cendre de l’homme à son dernier
asile ; c’est en quelque sorte l’immortalité qui marche à la tête de la
mort.
La vie politique d’un Anglois est bien connue en France ; mais ce
qu’on ignore assez généralement, ce sont les partis qui divisent le
parlement aujourd’hui.
Outre le parti de l’opposition et le parti du ministère, il y en a un
troisième, qu’on peut appeler des ''anglicans'', et à la tête duquel se trouve
{{M.|Wilberforce}}. C’est une centaine de membres qui tiennent fortement
aux mœurs antiques, et surtout à la religion. Leurs femmes sont
vêtues comme des quakeresses ; ils affectent eux-mêmes une rigoureuse
simplicité, et donnent une grande partie de leur revenu aux
pauvres : {{M.|Pitt}} est de leur secte. Ce sont eux qui l’avoient porté et
qui l’ont soutenu au ministère ; car en se jetant d’un côté ou de
l’autre ils sont à peu près sûrs de déterminer la majorité. Dans la<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>dernière affaire d’Irlande, ils ont été alarmés des promesses que
{{M.|Pitt}} avoit faites aux catholiques : ils l’ont menacé de passer à l’opposition.
Alors le ministre a donné habilement sa retraite, pour conserver
ses amis, dont l’opinion est intérieurement la sienne, et pour
se retirer du pas difficile où les circonstances l’avoient engagé. Si le
bill passe en faveur des catholiques, il n’en aura pas l’odieux vis-à-vis
des anglicans ; si, au contraire, il est rejeté, les catholiques irlandois
ne pourront l’accuser de manquer à sa parole… On a demandé
en France si {{M.|Pitt}} avoit perdu son crédit en perdant sa place ; un
seul fait auroit dû répondre à cette question : ''{{M.|Pitt}} est encore membre de la chambre des communes''. Quand on le verra devenir pair et
passer à la chambre haute, sa carrière sera finie.
C’est à tort que l’on croit ici quelque influence à la pure opposition :
elle est absolument tombée dans l’opinion publique ; elle n’a
ni grands talents ni véritable patriotisme. {{M.|Fox}} lui-même ne peut
plus rien pour elle ; il a perdu presque toute son éloquence : l’âge et
les excès de table la lui ont enlevée. On sait que c’est son amour-propre
blessé, plus encore qu’aucune autre raison, qui l’a tenu si
longtemps éloigné du parlement.
Le bill qui exclut de la chambre des communes tout membre engagé
dans les ordres sacrés a été aussi mal interprété à Paris. On ne savoit
pas que ce bill n’a d’autre but que d’éloigner {{M.|Horn Tooke}}, homme
d’esprit, violent ennemi du gouvernement, jadis dans les ordres,
ensuite réfractaire, autrefois ami de la puissance jusqu’au point
d’avoir été attaqué dans les lettres de Junius, ensuite devenu l’apôtre
de la liberté comme tant d’autres.
Le parlement a perdu dans {{M.|Burke}} un de ses membres les plus
distingués. Il détestoit la révolution ; mais il faut lui rendre cette justice,
qu’aucun Anglois n’a plus aimé les François en particulier et
plus applaudi à leur valeur et à leur génie. Quoiqu’il fût peu riche, il
avoit fondé une école pour les petits François expatriés, et il y passoit
des journées entières à admirer l’esprit et la vivacité de ces enfants.
Il racontoit souvent à ce sujet une anecdote : Ayant mené le fils d’un
lord à cette école, les pauvres orphelins lui proposèrent de jouer avec
eux. Le lord ne voulut pas : « ''Je n’aime pas les François, moi,'' » répétoit-il
avec humeur. Un petit garçon, n’en pouvant tirer que cette
réponse, lui dit : « Cela n’est pas possible ; vous avez un trop bon
cœur pour nous haïr. Votre seigneurie ne prendroit-elle point sa
crainte pour sa haine ? »
Il faudroit maintenant parler de la littérature et des gens de lettres ;
mais cela nous mèneroit trop loin, et demande un article à part. Je<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>me contenterai de rapporter quelques jugements littéraires qui m’ont
fort étonné, parce qu’ils sont en contradiction directe avec nos opinions
reçues.
Richardson est peu lu ; on lui reproche d’insupportables longueurs
et de la bassesse de style. Hume et Gibbon ont, dit-on, perdu le génie
de la langue angloise, en remplissant leurs écrits d’une foule de gallicismes ;
on accuse le premier d’être lourd et immoral. Pope ne passe
que pour un versificateur exact et élégant ; Johnson prétend que son
''Essai sur l’Homme'' n’est qu’un recueil de lieux communs mis en beaux
vers. C’est à Dryden et à Milton qu’on donne exclusivement le titre
de poëtes. ''Le Spectateur'' est presque oublié. On entend rarement
parler de Locke, qui est regardé comme un assez foible idéologue.
Il n’y a que les savants de profession qui lisent Bacon. Shakespeare
seul conserve son empire. On en sentira aisément la raison par le trait
suivant :
J’étois au théâtre de Covent-Garden, qui tire son nom, comme on
sait, du jardin d’un ancien couvent où il est bâti. Un homme fort bien
mis étoit assis auprès de moi ; il me demande « ''quelle est la salle'' où il
se trouve. » Je le regarde avec étonnement, et je lui réponds : « Mais
vous êtes à Covent-Garden. » — « ''{{lang|en|Pretty garden, indeed !}}'' Joli jardin,
en vérité ! » s’écria-t-il en éclatant de rire et me présentant une
bouteille de rhum. C’étoit un matelot de la Cité, qui, passant par
hasard dans la rue à l’heure du spectacle, et voyant la foule se presser
à une porte, étoit entré là pour son argent, sans savoir de quoi il
s’agissoit.
Comment les Anglois auroient-ils un théâtre supportable quand
leurs parterres sont composés de juges arrivant du Bengale ou de la
côte de Guinée, qui ne savent seulement pas où il sont ? Shakespeare
doit régner éternellement chez un pareil peuple. On croit tout justifier
en disant que les folies du tragique anglois sont dans la nature.
Quand cela seroit vrai, ce ne sont pas toujours les choses naturelles
qui touchent. Il est naturel de craindre la mort, et cependant une
victime qui se lamente sèche les pleurs qu’on versoit pour elle. Le
cœur humain veut plus qu’il ne peut ; il veut surtout admirer : il a en
soi un élan vers je ne sais quelle beauté inconnue, pour laquelle il
fut peut-être créé dans son origine.
Il y a même quelque chose de plus grave. Un peuple qui a toujours
été à peu près barbare dans les arts peut continuer à admirer des productions
barbares, sans que cela tire à conséquence ; mais je ne sais
jusqu’à quel point une nation qui a des chefs-d’œuvre en tous genres
peut revenir à l’amour des monstres sans exposer ses mœurs. C’est en<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>cela que le penchant pour Shakespeare est bien plus dangereux en
France qu’en Angleterre. Chez les Anglois il n’y a qu’ignorance ; chez
nous il y a dépravation. Dans un siècle de lumières, les bonnes mœurs
d’un peuple très-poli tiennent plus au bon goût qu’on ne pense. Le
mauvais goût alors, qui a tant de moyens de se redresser, ne peut
dépendre que d’une fausseté ou d’un biais naturel dans les idées : or,
comme l’esprit agit incessamment sur le cœur, il est difficile que
les voies du cœur soient droites quand celles de l’esprit sont tortueuses.
Celui qui aime la laideur n’est pas fort loin d’aimer le vice ;
quiconque est insensible à la beauté peut bien méconnoître la vertu.
Le mauvais goût et le vice marchent presque toujours ensemble : le
premier n’est que l’expression du second, comme la parole rend la pensée.
Je terminerai cette notice par quelques mots sur le sol, le ciel et
les monuments de l’Angleterre.
Les campagnes de cette île sont presque sans oiseaux, les rivières
petites ; cependant leurs bords ont quelque chose d’agréable par leur
solitude. La verdure est très-animée ; il y a peu ou point de bois,
mais chaque propriété étant fermée d’un fossé planté, quand vous
regardez du haut d’une éminence, vous croyez être au milieu d’une
forêt. L’Angleterre ressemble assez, au premier coup d’œil, à la Bretagne :
des bruyères et des champs entourés d’arbres.
Le ciel de ce pays est moins élevé que le nôtre, son azur est plus
vif, mais moins transparent. Les accidents de lumière y sont beaux, à
cause de la multitude des nuages. En été, quand le soleil se couche à
Londres, par delà les bois de Kensington, on jouit quelquefois d’un
spectacle très-pittoresque. L’immense colonne de fumée de charbon
qui flotte sur la Cité représente ces gros rochers, enluminés de
pourpre, qu’on voit dans nos décorations du Tartare, tandis que les
vieilles tours de Westminster, couronnées de nuages et rougies par les
derniers feux du soleil, s’élèvent au-dessus de la ville, du palais et du
parc de Saint-James, comme un grand monument de la mort, qui
semble dominer tous les monuments des hommes.
Saint-Paul est le plus bel édifice moderne, et Westminster le plus
bel édifice gothique de l’Angleterre. Je parlerai peut-être un jour de
ce dernier. Souvent, en revenant de mes courses autour de Londres,
j’ai passé derrière White-Hall, dans l’endroit où Charles fut décapité.
Ce n’est plus qu’une cour abandonnée, où l’herbe croît entre les
pierres. Je m’y suis quelquefois arrêté pour entendre le vent gémir
autour de la statue de {{roi|Charles|II}}, qui montre du doigt la place où périt
son père. Je n’ai jamais vu dans ces lieux que des ouvriers qui {{tiret|tail|loient}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Susuman77" /></noinclude>{{tiret2|tail|loient}} des pierres en sifflant. Leur ayant demandé un jour ce que
signifioit cette statue, les uns purent à peine me le dire, et les autres
n’en savoient pas un mot. Rien ne m’a plus donné la juste mesure des
événements de la vie humaine et du peu que nous sommes. Que sont
devenus ces personnages qui firent tant de bruit ? Le temps a fait un
pas, et la face de la terre a été renouvelée. À ces générations divisées
par des haines politiques ont succédé des générations indifférentes au
passé, mais qui remplissent le présent de nouvelles inimitiés, qu’oublieront
encore les générations qui doivent suivre.
{{Séparateur|8|m=4em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
8ft3q3cd3dq5m3plr57fr5ss5qfokce
Discussion:Mémoires secrets de Bachaumont
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Psephos
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wikitext
text/x-wiki
== « Série » ==
Je mets ça ici parce que je pensais que ça serait une meilleure façon d'afficher la liste de tomes pour l(es) édition(s) du 18e parce que la wikitable rend un peu impossible de rendre joli/utilisable les pages Livre:, mais cette liste est trop longue, et alourdit l'affichage dans l'autre sens ... Je pense que la meilleure chose serait de mettre cette liste sur une sous-page et pour «Série» sur toutes les pages Livre:
Mais je ne le fais pas là maintenant parce que je ne sais pas exactement où mettre cette sous-page.
Cette liste aussi plus complète (indication des additions) suite à une recherche que j'ai faite pour mon travail afin de comprendre quels tomes existent etc.
'''Tomes''' : [''Modifié 2026-05-08 pour remplacer liste avec ébauche de nouveau tableau''] [''qui ne marcherait toujours pas pour Série''] [''encore moins'']
{{{!}} class="wikitable alternance centre"
{{!}}+ Tomes des ''Mémoires secrets'' &c.
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[[Utilisateur:Psephos|Psephos]] ([[Discussion utilisateur:Psephos|d]]) 21 janvier 2026 à 19:31 (UTC)
:(J'ai copié la « série » actuelle dans {{m|TomesMS}} pour qu'on puisse facilement remplacer .. un jour) [[Utilisateur:Psephos|Psephos]] ([[Discussion utilisateur:Psephos|d]]) 5 avril 2026 à 17:01 (UTC)
== Présentation des différentes éditions ==
Je pense que « Mémoires secrets de Bachaumont » est un titre tout-à-fait acceptable pour l'édition de Ravenel 1830; c'est comme ça qu'il a intitulé son ouvrage; mais ce n'est pas la même chose que les éditions originales du 18e. (1777/1780-1789)
L'édition Ravenel se termine évidemment en 1774. Ça ne passe pas à mon avis de présenter un retour en arrière aux éditions du 18e comme si c'était la continuation du même ouvrage. Ce ne l'est pas. 1830 n'est pas une édition complète, c'est une édition critique. ''Certaines'' des additions parues au départ dans les t. 16+, il les remet en ordre chronologique. Mais pas toutes, et il supprime aussi des morceaux « indécents », ceux que lui il ne trouve pas intéressants, etc. Cf. [[Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T6, Adamsohn.djvu/269|ce passage t. 6]] et [[Mémoires_secrets_de_Bachaumont/1773/Janvier#cite_ref-13|la note de Ravenel au même endroit]]
Par exemple [[Mémoires secrets de Bachaumont/1776/Avertissement]]. Ce n'est pas un avertissement pour l'année 1776, c'est un avertissement en tête du Tome 9, paru en 1778 (l'édition sur WS est de 1780).
N. b. je me suis rendu compte de tout ça assez tardivement et seulement après avoir fait une recherche assez détaillée... 100 % compréhensible l'erreur dont j'accuse les contributeurs précédents lol
DONC... je pense que ce serait bien Éventuellement... de transcrire la totalité des originaux, et de transclure séparément. (À commencer évidemment par les t. 7-8-9 déjà commencés... très-éventuellement retourner faire les t. 1-6)
Laisser ici l'édition de 1830, travail monumental déjà fait, mais l'arrêter où elle s'arrête (déc. 1774) et pour le reste créer une nouvelle page, avec comme titre probablement ''Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres en France'' ou version (encore plus) abrégée, Puis mettre sur chacune des 2 pages un renvoi à l'autre, avec peut-être une '''{{sct|Note de Wikisource}}''' qui explique la différence.
Voilà ma proposition.
La question qui me reste est quoi faire avec les additions lorsqu’elles paroissent à partir du tome 16, mais on est loin de là. Essentiellement je pense qu'on devrait transclure les morceaux « primaires »(?) pour un mois donné et ses additions séparément, mais les mettre côte-à-côte dans une nouvelle TdM. Par exemple (je n'ai pas encore appris à faire des wikitable)
<poem>| Année | Mois | [ ? ] | Additions |
| 1766 | Juillet | t. III | t. XVI et XVII |
[...]
| 1774 | Octobre | t. VII | t. XXXII et XXXIII |
&c.</poem>
(Ce serait un tableau avec 312 rangées donc peut-être 1 tableau par année?? je ne sais pas)
L'autre question qui resterait je suppose est quoi faire avec toutes les « Lettres sur le sallon de X année » etc. mais ça m'intéresse beaucoup moins lol [[Utilisateur:Psephos|Psephos]] ([[Discussion utilisateur:Psephos|d]]) 5 avril 2026 à 17:39 (UTC)
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Yvankusevic
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{{em|2}}Une maîtresse
Qui me vouldra prier
{{em|2}}Que je te laisse.|sf}}
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{{t2|MELLIN de SAINT-GELAIS}}
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<section end="s2"/>
<section begin="s3"/><nowiki/>
{{t3|FOLIE AUX HÔTELIERS}}
{{poem|Hôteliers, vos hôtes passants
De ces droits-ci sont jouissants :
Ils peuvent en toute saison,
Besogner en votre maison.,
Par prix ou par douces prières.
Vos filles et vos chambrières.
Ils ont loi, sans vous offenser,
Ne trouvant le pot à pisser,
En sa place déterminée,
De pisser à la cheminée.
Un temps fut que sans grand respect,
On lâchait à table le pet,
Et le rot, et y fût le pape,
Et qu’on se mouchait à la nappe ;
Et soulaient les plus paresseux
Se torcher le cul aux linceuls <ref>Draps.</ref>.
Aujourd’hui on est plus honnête ;
Toutefois, je vous admoneste,
Afin que mieux vous y pensez,
Qu’aucuns s’en tiennent dispensés,
Tant de droit humain que divin,
Quand vous leurs donnez mauvais vin.|df}}
{{séparateur|8|m=2em}}<section end="s3"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Yvankusevic
162897
/* Validée */
15779325
proofread-page
text/x-wiki
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<nowiki />
{{T2|TABLE DES MATIÈRES}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Préface|Préface]]|page={{pli|1|14|i}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|CHOIX DE POÉSIES|fs=115%|m=1em}}
{{Centré|Villon|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Villon/Ballade et oraison|Ballade et oraison]]|page={{pli|1|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Centré|Olivier Basselin|m=.5em|sc}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Mellin de Saint-Gelais/Folie aux hôteliers|Folie aux hôteliers]]|page={{pli|9|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Clément Marot|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Clément Marot/Remède contre la peste|Remède contre la peste]]|page={{pli|10|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Clément Marot/Épigramme|Épigramme]]|page={{pli|10|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Clément Marot/La litanie des bons compagnons|La litanie des bons compagnons]]|page={{pli|11|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{corr||{{Centré|Anonyme (1575 ?)|m=.5em|sc}}}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Anonyme (1575)/Les Regrets et complaintes des gosiers altérés|''Les Regrets et complaintes des gosiers altérés'']]|page={{pli|12|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Anonyme ({{s|XVI}})|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Anonyme (16e s.)/Les contenances de table|Les contenances de table]]|page={{pli|13|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Ronsard|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Ronsard/Odelette_1|Odelette]]|page={{pli|16|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Ronsard/La fleur de vigne|La fleur de vigne]]|page={{pli|17|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Ronsard/Pour boire dessus l’herbe tendre|Pour boire dessus l’herbe tendre]]|page={{pli|20|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Joachim du Bellay/D’un vigneron à Bacchus|D’un vigneron à Bacchus]]|page={{pli|22|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Colin-Bucher/D’un ivrogne|D’un ivrogne]]|page={{pli|24|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Mathurin Régnier|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Mathurin Régnier/Un repas ridicule|Un repas ridicule]]|page={{pli|25|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Jean Auvray/La Chute|La Chute]]|page={{pli|27|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Saint-Amand/La Débauche|La Débauche]]|page={{pli|27|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Saint-Amand/La Naissance de Pantagruel|La Naissance de Pantagruel]]|page={{pli|29|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Saint-Amand/Les Goinfres|Les Goinfres]]|page={{pli|40|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Centré|Philipot dit le Savoyard|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Philipot dit le Savoyard/Air bachique|Air bachique]]|page={{pli|45|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Guillaume Colletet|m=.5em|sc}}
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{{Centré|Dassoucy|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Dassoucy/L’épaule de mouton et le gigot|L’épaule de mouton et le gigot]]|page={{pli|49|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Pierre Perrin|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Pierre Perrin/Chanson à boire|Chanson à boire]]|page={{pli|50|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Pierre Corneille|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Pierre Corneille/Mascarade des enfants gâtés|Mascarade des enfants gâtés]]|page={{pli|51|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Pierre Corneille/Les Cris de Paris|''Les Cris de Paris'']]|page={{pli|52|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Le sieur de Dalibray|m=.5em|sc}}
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{{Centré|Baron de Blot|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Baron de Blot/Contre Voiture|Contre Voiture]]|page={{pli|61|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Bussières|m=.5em|sc}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Scarron/Chanson à manger|Chanson à manger]]|page={{pli|62|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|La Fontaine|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/La Fontaine/Le glouton|Le glouton]]|page={{pli|63|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/La Fontaine/L’ivrogne et sa femme|L’ivrogne et sa femme]]|page={{pli|64|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré| « Mercure de France » |m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Mercure de France/Le gigot|Le gigot]]|page={{pli|65|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Du Vieuget|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Du Vieuget/Ode de la goinfrerie|Ode de la goinfrerie]]|page={{pli|65|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Du Vieuget/Le Nouveau entretien des bonnes compagnies|''Le Nouveau entretien des bonnes compagnies'']]|page={{pli|68|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Boileau|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Boileau/Sur un repas ridicule|Sur un repas ridicule]]|page={{pli|70|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Boileau/Chanson à boire|Chanson à boire]]|page={{pli|78|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}<noinclude>
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Yvankusevic
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text/x-wiki
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{{Centré|Antoine Gaigneu|m=.5em|sc}}
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{{Centré|{{pc|Anonyme}} ({{s|xvii}})|m=.5em}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Anonyme (17e s.)/Les merveilles du salmigondis de l’aloyau|Les merveilles du salmigondis de l’aloyau]]|page={{pli|81|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Anonyme (17e s.)/Les confitures renversées|Les confitures renversées]]|page={{pli|85|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|« Parnasse des Muses »|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Parnasse des Muses/Air à boire|Air à boire]]|page={{pli|88|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Marquis de Vauvert|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Marquis de Vauvert/L’huître|L’huître]]|page={{pli|90|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Marquis de Vauvert/L’orange|L’orange]]|page={{pli|90|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Sénécé|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Sénécé/Quand mon assiette|Quand mon assiette]]|page={{pli|90|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Sénécé/Bacchus et l’amour|Bacchus et l’amour]]|page={{pli|91|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Regnard|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Regnard/Pour passer doucement la vie|Pour passer doucement la vie]]|page={{pli|92|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|J.-B. Rousseau|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/J.-B. Rousseau/Épigramme sur un ivrogne|Épigramme sur un ivrogne]]|page={{pli|94|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Chaulieu|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Chaulieu/Vers faits à un souper|Vers faits à un souper]]|page={{pli|94|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|De La Fare|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/De La Fare/Ode|Ode]]|page={{pli|95|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Fuselier/Grégoire|Grégoire]]|page={{pli|96|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Panard/Vaudeville|Vaudeville]]|page={{pli|98|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Piron|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Piron/Sur Grégoire|Sur Grégoire]]|page={{pli|101|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Piron/Notre vénérable abbé|Notre vénérable abbé]]|page={{pli|101|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|La Condamine|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/La Condamine/L’ivrogne philosophe|L’ivrogne philosophe]]|page={{pli|102|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/La Condamine/Le souper du prédicateur|Le souper du prédicateur]]|page={{pli|104|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Collé|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Collé/Je vais croquer le tableau|Je vais croquer le tableau]]|page={{pli|104|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Laujon|m=.5em|sc}}
<!-- ⚠️ titre différent entre tdm et page -->
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Laujon/Duo de table|Duo de la table]]|page={{pli|106|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Laujon/Hymne bachique|Hymne bachique]]|page={{pli|107|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|A. de Piis|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/A. de Piis/Chanson de table|Chanson de table]]|page={{pli|109|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/A. de Piis/La pomme et la pomme de terre|La pomme et la pomme de terre]]|page={{pli|113|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/A. de Piis/La pêche|La pêche]]|page={{pli|115|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/A. Chénier/Les Bacchantes|Les Bacchantes]]|page={{pli|117|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Léger/Éloge du café|Éloge du café]]|page={{pli|118|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Berchoux|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Berchoux/Le Dessert|Le Dessert]]|page={{pli|120|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Berchoux/Ma profession de foi en cuisine|Ma profession de foi en cuisine]]|page={{pli|124|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Desaugiers|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Desaugiers/La treille de sincérité|La treille de sincérité]]|page={{pli|128|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Armand Gouffé|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Armand Gouffé/Bibi ou ma carrière bachique|Bibi ou ma carrière bachique]]|page={{pli|130|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Armand Gouffé/Le tête à tête|Le tête à tête]]|page={{pli|132|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Béranger|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Béranger/Voyage au pays de Cocagne|Voyage au pays de Cocagne]]|page={{pli|132|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/A. de Musset/À Ulric Guttinguer|À Ulric Guttinguer]]|page={{pli|141|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Centré|Gabriel Vicaire|m=.5em|sc}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Gabriel Vicaire/Victime du réveillon|Victime du réveillon]]|page={{pli|143|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
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{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Émile Verhaeren/Truandailles|Truandailles]]|page={{pli|145|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=[[Les Poètes de la Ripaille/Émile Verhaeren/Les vieux maîtres|Les vieux maîtres]]|page={{pli|146|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Séparateur|7|m=1em}}
{{T2|TABLE DES GRAVURES}}
{{Table|titre=Robert Vinot, « composeur des sauces »|page={{pli|7|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=Les Moines en train|page={{pli|23|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=À table au Moulin de Javelle|page={{pli|39|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=Fête flamande, par {{sc|Jan Steen}}|page={{pli|55|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=Le Bœuf écorché, par {{sc|Rembrandt}}|page={{pli|71|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=Kermesse flamande, par {{sc|Breughel}}|page={{pli|87|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=Le Roi boit, par {{sc|Jordaens}}|page={{pli|103|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}
{{Table|titre=L’Heure du Midi, par {{sc|Mondon}}|page={{pli|119|20}}|indentation=-1|largeurp=35}}<noinclude>{{Brn}}
{{Séparateur|10}}
{{Centré|Société Générale d’Impression, 21, rue Ganneron, Paris. (6217)|fs=80%}}</noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|228|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.}}</noinclude>l’impétuosité des vents et fixe les sables mobiles. Ses
feuilles sont longues de 12 à 15{{lié}}centimètres ; il est d’un
beau port et parvient à une grande hauteur.
On le cultive spécialement aux environs de Bordeaux et
dans les Landes ({{fig.|80}}) ; il croît sur les montagnes des
Pyrénées et du Dauphiné, etc.
Outre les propriétés communes qu’il partage avec les
autres espèces de pins, on a su en tirer un parti vraiment
merveilleux dans l’industrie et qui mérite une exposition
un peu étendue.
{{t3|{{rom-maj|II}}|m=2em}}
On est parvenu à extraire du pin maritime non-seulement
des liqueurs, des huiles, des résines, mais aussi
de la ouate, de la laine à tricoter, des fils qui se transforment
en tissus les plus variés, imprégnés d’essences
balsamiques, suaves et régénératrices.
La laine végétale, connue en Allemagne sous le nom
de ''{{lang|de|waldwolle}}'' (laine de forêt), est tirée des feuilles aciculaires
du pin maritime ; c’est le produit d’une industrie
nouvelle, parvenue dans ces dernières années à un très-haut
degré de prospérité.
La belle substance filamenteuse qu’on obtient des feuilles
du pin, au moyen d’un procédé chimique, a été nommée
laine de forêt parce qu’elle a beaucoup de ressemblance
avec la laine ordinaire, qu’elle est comme elle
crépue et feutrée, et qu’elle peut également être filée et
tissée.<noinclude>
<references/></noinclude>
tbedkhi8s9jvkzemchh6x2dv5ns8hhl
Page:Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868.pdf/267
104
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE PIN.|229}}</noinclude><nowiki />
La feuille droite et en forme d’aiguille du pin, du
sapin et des conifères en général se compose d’un réseau
extrêmement fin et tenace de fibres, entourées et maintenues
unies par une légère pellicule de substance résineuse.
En dissolvant cette substance par un procédé de cuisson,
avec addition de certains réactifs chimiques, on parvient à
mettre les fibres en liberté, et, suivant le mode particulier
du traitement dont on fait usage, la matière laineuse qu’on
en obtient est fine ou grosse, et s’emploie soit comme
coton, soit comme laine à matelas.
L’hôpital de Vienne est le premier établissement qui
ait essayé en grand l’usage de cette laine et des étoffes de
{{lang|de|waldwolle}}. On remarquait que la laine de pin écartait des
lits les insectes parasites, et que son odeur aromatique
était aussi salutaire qu’agréable. Il fut en même temps
démontré qu’après un usage de cinq années un matelas
de laine de pin coûtait moins qu’une paillasse, attendu
qu’il faut renouveler la paille chaque année et quelquefois
même tous les six mois. Aujourd’hui, la literie de
la plupart des établissements publics d’Allemagne est
confectionnée et préparée avec le {{lang|de|waldwolle}}.
La ouate végétale, extraite du même arbre, est toujours
sèche ; elle dégage un arome éminemment bienfaisant
et a une foule d’applications hygiéniques. La
flanelle Schmidt-Misseler, fabriquée avec la laine du
pin maritime, a le plus grand avenir ; les essences
qu’elle renferme aident merveilleusement à l’exercice
des grandes fonctions de la respiration, de l’absorption
et de la transpiration, à laquelle elle donne un caractère
balsamique remarquable, après avoir péné-<noinclude>
<references/></noinclude>
qq573qu2e211sjovvalgyttfpfwvkxi
Page:Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868.pdf/268
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|230|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.}}</noinclude>tré l’organisme tout entier d’un principe régénérateur.
Dans la préparation de la laine végétale, il se forme
une huile éthériforme, d’une odeur agréable et de couleur
verte, qui s’emploie dans les affections goutteuses
et rhumatismales, pour les blessures, et dans certains cas
de tumeurs cutanées.
L’essence extraite également des feuilles du pin maritime
est recommandée comme un fortifiant par excellence
pour les soins de la toilette. Quelques gouttes, versées sur
un fer chaud, s’évaporent et répandent dans un appartement
un parfum des plus suaves, éminemment salutaire
aux poitrines faibles. Le savon de pin tire directement
ses propriétés détersives et adoucissantes de l’huile
éthérée qui entre dans sa composition, et en fait un
précieux cosmétique.
Il a été également reconnu que le liquide ayant servi à
la cuisson des feuilles jouissait aussi de propriétés curatives.
On le fait épaissir par concentration, et on l’expédie
dans des vases bien clos aux personnes qui désirent
prendre des bains à domicile. L’extrait solide, dissous
dans de l’eau, forme de même un bain doué de toutes les
vertus médicinales des eaux célèbres de Franzensbad,
tant recommandées contre la goutte et certaines affections
de la peau.
Le créateur de cette nouvelle branche d’industrie fut
un fabricant de papier nommé Joseph Weiss, de Zuckmantel,
à l’est de la Silésie. Cet industriel voulait d’abord
employer les aiguilles du pin noir au lieu de la paille pour
la fabrication du papier de pliage. Mais bientôt ses recherches
le conduisirent à une découverte qu’il n’avait point<noinclude>
<references/></noinclude>
9psk7i7y8c5s7piknclh7twkycrki6e
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104
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE PIN.|231}}</noinclude>en vue : il reconnut que ces feuilles, dont on faisait peu de cas, renfermaient des richesses précieuses, des résines, de l’huile, du {{Img float
|file=Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868-p269.png
|align=right|width=250px
|cap=Fig. 79. — Pin laricio.
|capalign=center|style=font-size:10px;}}tannin, des filaments fins dont l’industrie devait tirer un parti avantageux. Encouragé, d’ailleurs, par la réussite de quelques essais tentés sur une petite échelle, Joseph Weiss transforma, en 1846, sa fabrique de papier en une fabrique de ''{{lang|de|waldwolle}}''. Malheureusement, il fut appelé, en 1848, à siéger à Vienne comme membre du Reichstadt, et son absence prolongée devint funeste à son entreprise, qui ne tarda pas à languir.
Cependant, ne voulant pas abandonner des expériences auxquelles un si bel avenir semblait promis, Joseph {{corr|Weis|Weiss}} transporta son industrie sur le sol prussien, et sous la direction d’une société par actions. La fabrique fut établie de nouveau sous le nom de Pré-Humboldt, et on y joignit un établissement de bains d’aiguilles de pin.
C’est à l’imitation et sur le modèle de cet établissement<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|232|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.}}</noinclude>qu’il s’en est formé tant d’autres répandus aujourd’hui dans les contrées forestières de l’Allemagne, et jouissant pour la plupart d’une réputation bien méritée.
Le Pré-Humboldt ne fut pas à l’abri des difficultés qu’avait rencontrées la première fabrique de Joseph Weiss, et bien des tracasseries furent suscitées à l’entrepreneur. Cet homme intelligent n’avait plus alors son énergie première ; devenu faible sous le poids des années, et plus encore sous le poids des rudes épreuves qu’il avait à subir, il dut passer dans la retraite les dernières années de sa vie. S’il ne réussit pas à conquérir la richesse dont l’espoir l’avait sans doute animé à son début, il est mort du moins avec la satisfaction d’avoir doté son pays d’une industrie nouvelle et l’humanité souffrante d’un véritable bienfait.
Les maladies, les infirmités de tous genres se multiplient dans notre génération d’une manière effrayante ; les jouissances nouvelles que le progrès amène, la vie à toute vapeur qu’il introduit dans la société énervent, épuisent, affaiblissent les constitutions et les disposent à mille douleurs ; que serait-ce si dans un pareil état de choses le progrès ne faisait trouver le remède à côté du mal ?
On peut donc dire avec vérité que les plantes en général, les forêts surtout, renferment pour nous de vraies panacées ; que ce sont des pharmacies naturelles que la Providence a établies sur le globe pour prévenir nos maux ou pour les guérir. Hélas ! quel dommage que nous sachions si peu en tirer parti ! Espérons cependant que les magnifiques résultats que l’on vient d’obte-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE PIN.|233}}</noinclude>nir en étudiant spécialement un seul arbre, le pin maritime, engageront les investigateurs{{Img float
|file=Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868-p271.png
|align=right|width=250px
|cap=Fig. 80. — Le pin des Landes.
|capalign=center|style=font-size:10px;}} à puiser dans ces trésors presque inconnus.
C’est une admirable allégorie naturelle que celle que nous présente le pin maritime, et tous les arbres de cette famille, qui bravent les rigueurs des hivers et conservent leurs feuilles resplendissantes sous la neige et les frimas, comme pour indiquer aux hommes qu’il y a moyen de braver tous les temps et de se procurer une belle vieillesse.
{{t3|{{rom-maj|III}}.|m=2em}}
L’ambre jaune est probablement le produit d’une espèce antédiluvienne d’arbres analogues au pin. Tout le<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|234|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.}}</noinclude>monde connaît cette substance onctueuse, ressemblant
à de l’or limpide et transparent.
L’ambre jaune, que l’on nomme également ''succin'' et
''carabé'', appartient au règne végétal ; c’est une résine fossile,
d’un jaune plus ou moins foncé, diaphane, d’une
odeur agréable, et qui est susceptible de recevoir un
beau poli.
Les poëtes anciens supposaient que les grains d’ambre
provenaient des larmes des sœurs de Phaéton ; mais la
science, qui n’est pas du tout sentimentale, nous apprend
qu’il est le produit d’une espèce antédiluvienne de conifères,
dont on ne rencontre plus que les graines et les
cônes ; il était primitivement fluide, comme le prouvent
les insectes et les brins de plantes, les feuilles, les pétioles,
etc., qu’il contient quelquefois.
L’Institut impérial de géologie de Vienne, en 1863, en
a fait connaître un morceau vraiment bien extraordinaire,
long de 79{{lié}}millimètres, large de 32, de forme ovale allongé,
d’un jaune de miel, foncé à l’extérieur et complétement
durci à sa surface, mais encore mou à l’intérieur.
Il a été trouvé à environ six mètres au-dessous du
sol, dans les sables tertiaires de la Silésie.
Les insectes que l’on trouve comme embaumés dans
cette matière résineuse sont ordinairement ceux qui se
tiennent sur les troncs des arbres ou dans les fissures
de leur écorce, et qui vivent dans les climats chauds.
Ils nous sont généralement inconnus, et paraissent appartenir
à des espèces qui n’existent plus.
Les Grecs appelèrent l’ambre jaune ''électron'', d’où l’on
a fait le mot ''électricité'', car c’est dans cette substance que<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE PIN.|235}}</noinclude>pour la première fois les phénomènes électriques ont
été observés.
On peut ramollir l’ambre, lui donner des teintes factices,
y incruster des corps étrangers, qui en rehaussent
le prix aux yeux des amateurs. On l’emploie dans la fabrication
de gracieux ornements : on en fait des boucles
d’oreilles, des colliers, des chapelets, des bracelets, des
peignes, des pommes de canne, en un mot mille objets
charmants recherchés par le bon goût. On peut le tourner
et le sculpter, en faire des instruments de physique, des
miroirs, des prismes, des verres ardents, etc. ; on a pu
voir de tout cela à l’Exposition universelle, mais il n’y a
que fort peu d’échantillons d’ambre brut, échantillons qui
intéresseraient cependant beaucoup les amateurs.
{{image|Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868-p273.png|center|300px}}
{{c|Fig. 81. — Orne commun ou frêne à fleurs.|fs=80%}}<noinclude>
<references/></noinclude>
ssad7brahvu6gdzhtfpak1vq9xfprsl
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" /></noinclude><nowiki />
{{t2|LE POIRIER.|mt=3em}}
{{c|Ses variétés ; diverses préparations ; origine des principales espèces ; propriétés {{lié|et usage du bois de poirier.}}|fs=80%|m=2em}}
Le ''poirier commun'' croît naturellement dans les régions tempérées de l’ancien continent. Sa hauteur atteint 10 à 12{{lié}}mètres, et se termine par une belle tête.{{Img float
|file=Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868-p275.png
|align=right|width=250px
|cap=Fig. 82. — Poirier.
|capalign=center|style=font-size:10px;}} Dans les jardins potagers on étale ses branches en espalier, ou bien on le fait pousser en quenouille et on lui donne une forme pyramidale.
Le tronc des vieux poiriers est recouvert d’une écorce rugueuse et gercée, et ses jeunes pousses d’une peau lisse d’un brun verdâtre ; souvent les jeunes rameaux se terminent par une épine.
Les feuilles du poirier sont ovales, un peu coriaces,
d’un vert luisant en dessus et un peu cotonneux en dessous ;
ses fleurs, blanches, réunies en bouquets le long des rameaux ;
ses fruits, très-petits et très-âpres à l’état sauvage,<noinclude>
<references/></noinclude>
lb2o2j367r111q10945nt7lorr6i8j2
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|288|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.}}</noinclude>ont été considérablement améliorés par la culture. C’est
par eux que l’on distingue les nombreuses variétés de ce
genre, qui s’élèvent aujourd’hui à près de six cents.
On compte autant d’espèces de poires que de poiriers ;
mais comme fruits comestibles, on les range vulgairement
en deux classes :
{{1o}} ''Les poires à couteau'', tendres, savoureuses, d’une
conservation difficile ;
{{2o}} Les ''poires à cuire'', dont la chair est plus ferme, un
peu acerbe, et qu’on ne mange guère que cuites. Elles
servent à faire des compotes ; en leur faisant subir une
certaine préparation au four, on obtient des poires séchées
ou tapées, qui se conservent longtemps, surtout si on les
tient dans un lieu sec.
On retire des poires une liqueur fermentée que l’on appelle
''poiré'', et que l’on mêle souvent au cidre ; elle est en
grand usage dans le nord-ouest de la France.
Le poiré est d’une saveur agréable, un peu capiteux,
très-apéritif ; il est excellent, dit-on, pour les personnes
qui ont beaucoup d’embonpoint. Quant il est clair, il ressemble
beaucoup au vin blanc, et petille comme le vin
de Champagne. On en retire du vinaigre et de l’eau-de-vie.
Le marc des poires qui reste dans les pressoirs peut,
après avoir été séché, servir à faire des mottes à brûler.
On fait encore avec ces fruits une espèce de confiture,
connue sous le nom de résiné, qui se compose de poires
et de vin doux.
Les poires les plus délicates furent tirées d’Alexandrie,
de la Numidie et de différentes parties de la Grèce.
On prétend que la poire de Saint-Germain a été trouvée<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868.pdf/277
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<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE POIRIER.|239}}</noinclude>dans la forêt de Saint-Germain. La ''virgoulée'' a été ainsi
nommée du village de Virgoulée, près de Limoges, d’où
elle nous est venue ; le ''martin-sec'' nous fut donné par un
nommé Martin ; la ''poire de Colmar'' est née apparemment
sur le territoire de la ville de ce nom ; le ''bon-chrétien'' nous
a été donné par saint François de Paule, que l’on surnommait
le bon chrétien :
{{pom|L’humble François de Paule était, par excellence,
{{em|2}}Chez nous nommé le bon chrétien ;
Et le fruit dont le saint fit part à notre France
{{em|2}}De ce nom emprunta le sien.|m=1.5em}}
Le bois du poirier est dur, pesant, d’un tissu très-uni,
très-serré, d’une couleur un peu rougeâtre ; les vers ne
l’attaquent pas. Il prend très-bien la couleur noire, et
alors il ressemble beaucoup à l’ébène ; c’est un des meilleurs
bois que l’on puisse employer pour la sculpture et
la gravure sur bois.
Il acquiert un beau poli ; on en fait des ouvrages de
tour et de menuiserie. Les ébénistes l’emploient pour la
marqueterie. Les luthiers en font des flûtes et autres instruments ;
enfin, c’est un excellent bois de chauffage.
{{image|Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses 1868-p277.png|center|300px}}
{{c|Fig. 83. — Éranthis d’hiver.|fs=80%}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" /></noinclude><nowiki />
{{t2|LE TABAC.|mt=3em}}
{{AN|Ses diverses espèces ; le chanvre brûlé des Gaulois et des Germains ; découverte du tabac ; usage de fumer dans des pipes ; introduction du tabac en Europe ; sa récolte ; sa préparation ; changement profond survenant dans la santé des ouvriers qui le travaillent ; croisade inutile contre ce narcotique ; expériences scientifiques de {{M.|Cl}}. Bernard ; influence de la nicotine sur les chiens, les poules et autres animaux ; son influence sur le sang, les nerfs, la moelle épinière, sur la constitution de l’homme en général ; le tabac cause de l’angine de poitrine, de la cécité, de l’affaiblissement des facultés de l’intelligence ; Véron, le comte d’Orsay, le docteur Bretonneau ; le tabac et le caractère français ; influence du tabac sur les habitudes de la société ; curieux dialogue rétrospectif d’Alphonse Karr ; le catéchisme des pères et mères et des enfants ; scène de voyage.|fs=80%|mt=2em}}
{{t3|{{rom-maj|I}}.|m=2em}}
On sait que le ''tabac'' est une plante de la famille des
solanées, famille remarquable par les poisons terribles
qu’elle fournit, et dont presque tous occasionnent la léthargie,
le délire, la folie, la paralysie et la mort. Il
suffit de nommer la ''jusquiame'', le ''datura stramonium''
(fig.{{lié}}93), la ''belladone'' (fig.{{lié}}94) et la ''mandragore''.
On connaît plusieurs espèces de tabac, presque toutes
originaires de l’Amérique du Sud ; mais deux seulement
sont cultivées en Europe : la ''nicotiane tabac'' (fig.{{lié}}95),
que l’on appelle aussi ''tabac mâle'' ou ''commun'', plante
très-glutineuse dans toutes ses parties, à tige haute de plus
d’un mètre, droite, pubescente et rameuse, garnie de
grandes feuilles ovales et lancéolées, dont les inférieures
sont munies à leur base de deux oreillettes arrondies, à
fleurs d’un rouge pourpre, disposées en panicules ; et la<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE TABAC.|257}}</noinclude>peur, ainsi que leurs druides ou prêtres, devant les idoles
de Teutatès et d’Irmensul.
La première connaissance que les Européens eurent
du tabac coïncide avec la découverte de l’Amérique, le
{{lié|12 octobre 1492}}. L’usage du tabac était général parmi
les indigènes de l’île Guanuharri, au moment où Christophe
Colomb y débarqua. Gonzalvo de Balden, qui
écrivait en 1513, donne de longs détails sur cet usage.
Rien n’égala la surprise des Espagnols de voir ces insulaires
humer, au moyen de longs tubes en bois qu’ils
appelaient ''tabaco'', la fumée d’une plante qu’ils brûlaient sur des charbons ardents, fumée qu’ils rejetaient ensuite
par la bouche et les narines. Ceux qui voulurent les imiter
éprouvèrent des nausées et tous les phénomènes dus
aux différentes modifications que les narcotiques exercent
sur les fonctions cérébrales. Leur première impression
fut que ces effets devaient être nuisibles. À mesure que
les Européens étendirent leurs conquêtes et leurs découvertes,
ils purent se convaincre que l’usage du tabac
était général dans le Nouveau-Monde. Les uns le fumaient,
les autres le prenaient en poudre ou le mâchaient. Ils
s’en servaient même comme substance pharmaceutique,
dans le traitement des maladies.
Dans l’Amérique du Nord, l’usage de fumer dans des
pipes se confond avec l’origine des peuples de cette
partie du monde, comme l’on peut s’en convaincre par les
instruments destinés à cet usage, et que l’on retrouve en
quantité dans les tombeaux les plus anciens.
L’étude des diverses collections de pipes peut former
une sorte de science archéologique, car on voit dans chaque<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|258|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.|}}</noinclude>genre non-seulement l’expression vague des différents
peuples, mais aussi leur décadence et leurs progrès artistiques.
Cette étude nouvelle ne manquerait pas d’intérêt.
Nous avons vu dans nos voyages de nombreuses collections
d’amateur, des fumoirs illustres, ceux entre autres
de plusieurs têtes couronnées ; nous avons admiré un luxe
de pipes vraiment merveilleux, mais en ce genre rien n’est
comparable à la collection de {{M.|le}} baron {{lié|de Watteville}} ;
il possède depuis la pierre brute sur laquelle le sauvage brûlait
le tabac pour en aspirer la fumée avec un léger chalumeau,
jusqu’à l’élégante pipe de luxe inaugurée à l’Exposition
de 1867 ; il a rassemblé des pipes de tous les pays et
de toutes les époques ; c’est une collection unique, qui
pourrait servir de base à une intéressante étude ethnographique.
Le tabac fut introduit en France, vers l’an 1560 ; il y
porta d’abord plusieurs noms ; on l’appella ''nicotiane'',
''herbe du grand prieur'', ''herbe à la reine'', parce que Nicot, ambassadeur
de France à la cour de Portugal, l’ayant reçue
d’un marchand flamand, la présenta, à son arrivée à Lisbonne,
au grand prieur, puis, à son retour en France, à
la reine Catherine de Médicis ; elle fut aussi appelée
''herbe de Sainte-Croix'', ''herbe de Torna-Buona'', du nom des cardinaux
de Sainte-Croix et Torna-Buona, qui les premiers
la mirent en réputation dans l’Italie.
Aux Indes occidentales, au Brésil et dans la Floride,
elle portait le nom de ''petun'', qu’elle y conserve encore ;
mais les Espagnols lui donnèrent celui de ''tabaco'', dont
nous avons fait ''tabac'', parce qu’ils la connurent premièrement
à Tabago, l’une des petites Antilles.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE TABAC. |259}}</noinclude><nowiki />
C’est aussi de Tabago que sir François Drake l’apporta en Angleterre, en 1585. Ayant commencé à faire usage du tabac, à l’imitation des Indiens, les Anglais le propagèrent bientôt partout où s’étendait leur commerce, et cette plante, qui n’était qu’une simple production sauvage d’une petite île de l’Amérique, se naturalisa en peu de temps dans un grand nombre de climats différents.
{{t3|{{rom-maj|III}}|m=2em}}
Les lieux les plus renommés où l’on cultive maintenant le tabac sont le Brésil, Bornéo, la Virginie, le Maryland, le Mexique, la Havane, l’Italie, l’Espagne, la Hollande, l’Angleterre et quelques départements de la France.
Dans le Levant, Salonique est le grand marché du tabac ; la Syrie, la Morée, l’Égypte y versent leur superflu. Les tabacs de Dalmatie et de Croatie sont de très-bonne qualité, mais si forts, que l’on ne peut en user sans les tempérer par des tabacs plus doux. Ceux de Hongrie seraient assez bons s’ils n’avaient généralement une odeur de fumée qui en dégoûte. L’Ukraine, la Livonie, la Prusse, la Poméranie en récoltent une grande quantité, mais il n’a ni saveur ni consistance. Celui du Palatinat est médiocre, cependant il a la propriété de s’amalgamer très-bien avec des tabacs de meilleure qualité et d’en prendre le goût. La province d’Utrecht, en Hollande, en produit d’excellents, qui ont le rare avantage de communiquer leur parfum aux tabacs inférieurs.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr|260|PLANTES UTILES ET CURIEUSES.|}}</noinclude><nowiki />
Dans l’origine, les îles du Nouveau-Monde s’occupèrent beaucoup de la culture du tabac ; mais le sucre, le café et l’indigo la firent bientôt abandonner, excepté à Cuba, qui fournit de tabac en poudre les possessions espagnoles des deux hémisphères ; son parfum est exquis, quoique très-fort. On ne pourrait user du tabac du Brésil à raison de son âcreté si on ne le tempérait par une décoction de tabac et de gomme copal. Les meilleurs tabacs du globe croissent dans l’Amérique septentrionale, particulièrement dans la Virginie et le Maryland.
Les Américains ont des règlements pour la préparation de leur tabac et des officiers publics pour en faire l’inspection. Ce sont ces officiers qui en déterminent la qualité ; tout tabac mal préparé, qui a été mouillé en chemin ou qui a fermenté dans les boucauts, est condamné au feu et perdu pour le propriétaire. C’est par la stricte observation de ces règlements que le tabac s’est perfectionné et que son commerce en Amérique a pris une immense étendue.
Quand le moment de la récolte est arrivé, on coupe la plante à ras terre, puis on la suspend à des bâtons flexibles, disposés à cet effet, pour qu’elle sèche, soit à l’air, soit à la chaleur du feu.
Lorsqu’elle est suffisamment sèche, on la rentre et on la dépouille. En Amérique et dans les colonies, ce sont les noirs qui s’occupent de ces détails ; hommes et femmes s’asseyent en rond, et arrachent de la tige les feuilles, dont ils forment trois ou quatre tas, suivant la qualité ou l’apparence.
Une partie des feuilles s’expédie intacte, et l’autre partie<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Bertille" />{{nr||LE TABAC. |261}}</noinclude>après que la grosse côte en a été enlevée. Dans l’un et dans l’autre cas, on les laisse quelque temps en monceau sur une terrasse, pour qu’elles s’adoucissent ou plutôt qu’elles fermentent un peu. On les entasse ensuite dans des barils de 10 à {{unité|12|quintaux}}, avec une telle force, qu’elles deviennent une masse compacte et aussi résistante que du bois.
Quelques tabacs se composent exclusivement de feuilles foncées, d’autres, de feuilles claires ; il y en a qu’on humecte davantage et que l’on brunit en les préparant. On en coupe en filaments plus fins les uns que les autres ; dans certaines qualités, on remarque encore des débris de tige.
{{t3|{{rom-maj|IV}}|m=2em}}
Pour la vente au détail, on prépare le tabac de la manière suivante : on arrache violemment les masses compactes de tabac du tonneau qui les contient, et on les mouille, afin de pouvoir les séparer ; on procède ensuite à l’enlèvement de la grosse côte, s’il n’a pas eu lieu à la plantation ; puis les feuilles sont réunies en une espèce de galette ferme, que l’on soumet à l’action du découpoir, d’où sortent les rubans que l’on met en vente.
À Manille, on n’emploie que des femmes à la fabrication des carottes de tabac. La grande fabrique de Manille en occupe ordinairement quatre mille, sans compter les hommes, qui préparent, dans des bâtiments séparés, les cigarettes et les petits cigares enveloppés de papier au lieu de feuilles de tabac, que fument les Indiens de l’île.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Histoire et Légendes des plantes utiles et curieuses/Poirier
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== Utilisation ==
{{rouge|Fonctionnait avec Bookwoormbot, utiliser {{m|Défi2-CorrVal}} de préférence}}
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Dorénavant, le modèle fonctionne grâce au [[Module:Stat]].
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=== Remarques ===
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== Syntaxe ==
<code><nowiki>{{Défi-CorrVal|1=Livre:Arago - Souvenirs d’un aveugle, nouv. éd.1840, t.2.djvu|2=nb de pages|3=Notes|4=Mois d'entrée|5=Pays}}</nowiki></code>
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{{Code rendu}}
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| <pre><nowiki>{{Défi-CorrVal|Livre:Arago - Souvenirs d’un aveugle, nouv. éd.1840, t.2.djvu|486|2è tome d’une série commencée dans la Mission|{{rouge|04}}|France}}{</nowiki></pre> || {{Défi-CorrVal|Livre:Arago - Souvenirs d’un aveugle, nouv. éd.1840, t.2.djvu|486|2è tome d’une série commencée dans la Mission|{{rouge|04}}|France}}
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|Avec le paramètre t pour "Total" <pre><nowiki>{{Défi-CorrVal|Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, Tome 4.2.djvu|t|Communauté|N|Switzerland}}</nowiki></pre> || {{Défi-CorrVal|Livre:Alfred Vacant - Dictionnaire de théologie catholique, 1908, Tome 4.2.djvu|t|Communauté|N|Switzerland}}
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[[Catégorie:Documentations de modèles]]
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/321
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SYNERGISTES.|313}}</noinclude><section begin="Synergistes"/>actif de la volonté, et même un concours
antérieur, et qu’il voudrait que
l’on ne fît point de livres pour soutenir
la nécessité des actions de
l’homme, marque assez précisément
qu’il n’est point de l’opinion de Calvin.
Or c’est ce que Mélanchthon
avait déclaré dans les paroles alléguées
par Baudouin : si donc dans la
suite il déclare qu’il n’avance point
ces choses comme une leçon dont
Calvin ait quelque besoin, et qu’il
croit qu’au fond elles s’accordent
avec la doctrine de Calvin, quoiqu’elles
soient proposées, non pas avec
la subtilité de ce docteur, mais d’une
manière simple, grossière, et plus
populaire ; si, dis-je, il en use de la
sorte, on voit bien que c’est par civilité
et par compliment, afin de se
dépouiller des apparences odieuses
d’un donneur d’avis et d’un censeur.
Tout le monde sait qu’il y a une manière
honnête d’avertir les gens de
leur devoir, laquelle consiste à leur
dire qu’on n’ignore point qu’ils connaissent
qu’il faut faire ceci ou cela,
et qu’ils n’ont aucun besoin d’en être
avertis. Je ne saurais assez m’étonner
que {{corr|Thédore|Théodore}} de Bèze se soit engagé à
soutenir à Baudouin que Mélanchthon
et les docteurs de Genève enseignaient
la même chose sur la question
du libre arbitre. Il soutenait cela
l’an 1563. Il savait ce qu’il écrivit
depuis dans la Vie de Calvin <ref>''Voyez ci-dessus, citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Synergistes#ancrage_Synergistes-(9)|(9)]].</ref> ; il
savait les disputes des synergistes,
dont Baudouin avait fait mention <ref>{{lang|la|''Audiveras paulò antequàm hæc scriberes''
''in Saxoniâ inter Illyricum et Victorinum magnam''
''fuisse quæstionem''}} {{lang|grc|περὶ αὐτεξουσίου ἢ
συνεργείας}}. {{lang|la|''Tu Illyricum qui tecum sentit,''
''ferre non potes : Victorinum qui Melanchthonem''
''sequitur non oppugnas.'' Balduinus, ''in'' Respons.
alterâ ad Calvin., ''pag.'' 141.}}</ref>.
Mais que ne fait-on pas dans la chaleur
de la dispute ?
<poem style="margin-left:10%;">
{{lang|la|En quô discordia cives}} <ref>{{lang|la|Virgil., eclog. I, ''vs.'' 72.}}</ref> !
</poem>
Je m’imagine que mes lecteurs seront
bien aises de savoir ce que
Baudouin répliqua ; disons donc qu’il
se tut à l’égard de la suppression de
la période : il ne trouva d’autre
moyen de cacher sa honte ; mais
quant au reste, il répondit fièrement,
et en peu de mots : {{lang|la|''Nihil quicquam''
''impudentius dici aut fingi potest''
''quàm quod jam contendis, hâc totâ''
''in re Philippum idem quod vos, et''
''vos idem quod Philippus sentire.''
''Nam etsi nonnisi postremis ejus libris''
''et sententiis standum esse dicas, tamen''
''quod postremo ad articulos Bavaricos''
''scripsit, an cum doctrinâ in''
''hoc genere vestrâ planè consentit''}} <ref>{{lang|la|Respons. ad Calvinum et Bezam pro Franc.
Balduino, ''folio'' 145 ''verso.''}}</ref> ?
'''{{refa|Synergistes-(B)|(B)}}''' ''Mélanchthon croyoit qu’on''
''pouvait errer par de bons motifs.'' ]
Un docteur fier et bilieux s’entête
de ses sentimens avec une préoccupation
si excessive, qu’il ne croit pas
qu’on puisse les attaquer sans combattre
les lumières du sens commun
ou celles de la conscience. Il s’endurcit,
et il s’enfonce dans ses préjugés
de plus en plus, à mesure que l’on
s’applique plus fortement à disputer
contre lui. Mais un docteur modéré,
modeste, humble, et d’un tempérament
phlegmatique comme Mélanchthon,
ne se conduit pas de cette manière.
S’il rejette une opinion comme
fausse et dangereuse, il ne laisse pas
d’être équitable envers ceux qui la
soutiennent : il convient non-seulement
de leurs autres excellentes
qualités, et il les en loue ; mais il
reconnaît aussi que des raisons fort
spécieuses les engagent à la soutenir.
Il n’a donc garde de rompre avec
eux, ni de relâcher même les liens
de fraternité pendant que la dissension
est renfermée dans certaines
bornes. On voit par-là que ni les lettres
que Mélanchthon a pu écrire à
Calvin, ni les louanges qu’il peut lui
avoir données dans des livres imprimés,
ne prouvent point qu’ils aient
été d’accord sur le dogme du franc
arbitre. On peut seulement en conclure
qu’il avait assez d’équité pour
distinguer l’une de l’autre ces deux
choses, la doctrine de Calvin telle
qu’il la considérait, et cette même
doctrine telle que Calvin la considérait.
Il lui semblait que selon cette
doctrine Dieu était l’auteur du péché,
mais il savait bien que Calvin
ne l’enseignait pas sous cette notion,
et qu’en tant que telle Calvin l’eût
jugée abominable. Il n’ignorait point
sous quelle forme elle se montrait à
Calvin, et que c’était sous l’apparence
d’un système appuyé sur divers passages
de l’Écriture, et tendant à soutenir
les droits de la Providence, et<section end="Synergistes"/><noinclude>
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[[Catégorie:Articles du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire]]
[[Catégorie:Éducation en Russie]]
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Auteur:Arthur Chervin
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Article [[Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire/Prononciation|Prononciation]] dans le {{l2s|Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire|Buisson - Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, 1911.djvu}} de [[Auteur:Ferdinand Buisson|Ferdinand Buisson]], 1911.
}}
[[Catégorie:Auteurs du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire]]
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{{interligne|4em}}
<i>Bien manger à bon marché : tel est le
problème qui hante la bonne ménagère,
soucieuse de gâter les siens, tout en ne
dépassant pas les ressources du ménage.
C’est pourquoi nous avons pensé être
utile en rassemblant, dans ce recueil,
cent plats excellents et bon marché qui
donneront satisfaction à la bourse et à
l’estomac.
L’économie bien comprise consiste à
acheter : bon, pas cher et ne rien perdre.
« Bon », car le moins cher n’est pas
toujours le meilleur marché. Si vous
achetez un légume et des fruits dont il
faut jeter la moitié, il est certain que la</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude><i>qualité plus élevée de quelques sous était
plus avantageuse.
De même, il est préférable de prendre
de premier choix, certaines denrées,
comme le riz, les pâtes, les légumes secs :
elles gonflent mieux en cuisant : il en
faut moins pour obtenir la même quantité.
La dépense est égale et le plat meilleur.
« Pas cher », car une ménagère attentive
doit regarder le marché avant de
faire ses emplettes, elle se rend compte
des aliments dont un arrivage abondant
a fait baisser le cours.
Le poisson, le gibier et la volaille sont
sujets à de grandes variations de prix
dont on doit profiter.
De plus, il faut manger chaque chose
en sa saison ; là encore l’économie et le
goût sont d’accord, puisque la maturité et
la profusion viennent au même moment.
« Ne rien perdre », car tout peut {{tiret|s’u|tiliser}}</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude><i>{{tiret2|s’u|tiliser}}, le moindre petit reste peut augmenter
un plat nouveau. Une sauce
blanche peut s’allier à une sauce rousse,
tomate. Un peu de viande hachée peut
fourrer une omelette. Un légume réduit
en purée s’ajoute à un potage. Du pain
trop dur se métamorphose en panade ou
en gâteau. À ce sujet nos lecteurs consulteront
avec profit les « 100 façons d’accommoder
les restes. »
Pour terminer quelques habitudes
économiques et pratiques : Faire le potage
pour deux jours et les plats à longue
cuisson abondants, de sorte qu’au second
repas, il n’y a qu’à réchauffer, ce qui
économise du combustible.
Lorsqu’on a fait cuire un morceau de
viande, faire bouillonner quelques cuillerées
d’eau dans la casserole de cuisson ;
on en détachera ainsi un excellent jus
qui remplacera le beurre ou le bouillon
dans un plat.</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/8
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude><i>Conservez de même la graisse des côtelettes,
pot-au-feu, etc. Faites cuire sur
le feu jusqu’à ce que toute l’humidité
soit évaporée. Sert à faire revenir des
viandes ou à augmenter les fritures.
Organiser les achats de façon à pouvoir
profiter du bénéfice qui existe sur le
kilo, sel, sucre, etc.
N’être jamais dépourvu d’oignons,
échalotes, thym, laurier, ail, condiments
très bon marché, qui donnent de la saveur
aux mets et contribueront à vous
procurer, à peu de frais, une excellente
cuisine.</i><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude>{{interligne|2em}}
{{T3|LISTE DES PLATS}}
{{centré|{{Taille|DONT LE PRIX DE REVIENT NE DÉPASSE PAS<br/>
50 CENTIMES POUR DEUX PERSONNES|80}}}}
{{interligne|2em}}
{{--}}
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Si vous avez accommodé un plat de
petits pois, conservez-en les cosses.
Cassez-en les bouts comme à des
haricots verts.
Laissez cuire trois heures à l’eau
salée.<noinclude>
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{{T3|Potage frugal.|2}}
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Mettez deux grands bols d’eau et
une cuillerée d’huile d’olive dans une
casserole.
À l’ébullition, ajoutez trois cuillerées
de riz et du sel.
Laissez cuire vingt-cinq minutes<noinclude>
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Écrasez les cosses au-dessus d’une
passoire.
Ajoutez à cette purée autant d’eau
de cuisson qu’il est nécessaire pour
le potage.
Faites réchauffer sur le feu.
Coupez une tranche de pain de
l’épaisseur d’un doigt en bandes peu
larges que vous divisez en morceaux.
Faites dorer de tous côtés dans du
beurre chaud.
Versez dans le potage que vous
assaisonnez de sel et poivre.
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Écrasez les cosses au-dessus d’une
passoire.
Ajoutez à cette purée autant d’eau
de cuisson qu’il est nécessaire pour
le potage.
Faites réchauffer sur le feu.
Coupez une tranche de pain de
l’épaisseur d’un doigt en bandes peu
larges que vous divisez en morceaux.
Faites dorer de tous côtés dans du
beurre chaud.
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assaisonnez de sel et poivre.
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Écrasez les cosses au-dessus d’une
passoire.
Ajoutez à cette purée autant d’eau
de cuisson qu’il est nécessaire pour
le potage.
Faites réchauffer sur le feu.
Coupez une tranche de pain de
l’épaisseur d’un doigt en bandes peu
larges que vous divisez en morceaux.
Faites dorer de tous côtés dans du
beurre chaud.
Versez dans le potage que vous
assaisonnez de sel et poivre.
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>{{brn|1}}
<nowiki/>
''1 Novembre 1773.'' Des Lettres particulieres de Venise portent que ''Moncenigo,'' un des Grands de cette République, ayant été atteint & convaincu du crime de Sodomie, a été condamné à être mis dans un sac & jetté à la mer, au moment où il se disposoit à remplir une place importante dans une cour étrangere, à laquelle il avoit été nommé. Cette nouvelle a d’autant plus surpris, que la pédérastie est fort à la mode en Italie, & s’y traite comme une gentillesse. Au surplus, on dit que ce supplice est celui adopté par l’ancienne Législation Romaine. Cet événement n’a pas laissé que d’effrayer nos pédérastes de France, où ce vice devient de plus en plus en vogue.
{{brn|1}}
''2 Novembre. Le Médecin par occasion'' est une comédie en cinq actes & en vers, de Boissi. Elle est fort jolie. Il y a dedans un rôle de ''Métromane,'' qui a la fureur de faire des vers sur tous les événemens du jour. Le ''Médecin par occasion,'' qui a intérêt de capter la bienveillance de ce fol, lui suggere un sujet. Il est d’usage de le varier à chaque représentation. Cette fois-ci, cette piece ayant été jouée à Fontainebleau devant le Roi, les comédiens ont imaginé de faire quelque chose de relatif aux jeunes Princesses. qu’on veut amuser, & le {{Sr.|Monvel}} a composé une fable allégorique, qui a été extrêmement applaudie.
{{brn|1}}
''3 Novembre.'' Les talens de la jeune Sainval se<noinclude>
<references/></noinclude>
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Auteur:Adolphe Chéron
102
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Newnewlaw
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Ajout de la catégorie [[Catégorie:Auteurs du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire]] avec HotCat
15778905
wikitext
text/x-wiki
{{Auteur
|contenu=
== Œuvres ==
* Article « [[Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire/Militaire (Préparation)|Militaire (Préparation)]] » in {{l2s|Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire|Buisson - Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, 1911.djvu}} de [[Auteur:Ferdinand Buisson|Ferdinand Buisson]], 1911.
}}
[[Catégorie:Auteurs du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire]]
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Livre:Istrati - Isaac, le tresseur de fil de fer, 1927.djvu
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Psephos
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🫡 (sauf si avancement "livres avec éléments à ajouter en 2036" ?)
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text/x-wiki
{{:MediaWiki:Proofreadpage_index_template
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|Titre=[[Isaac, le tresseur de fil de fer]]
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|Auteur=[[Auteur:Panaït Istrati|Panaït Istrati]]
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|Pages=Les illustrations de Dignimont, dans le domaine public en 2036, ont été caviardées. Elles pourront être récupérées en 2036 par restauration de la version adéquate du fichier sur Wikimédia Commons
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/168
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Manseng
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|160|SCAMANDER.}}</noinclude><section begin="Scamander"/>{{lang|grc|γεγαμημέναι· καὶ ἡμεῖς τὴν πομπὴν ἐθεώμεθα·
ἡ δὲ νύμϕη ἰδοῦσα τὸν Κίμωνα ὡς
μηδὲν αὑτῷ κακὸν συνειδότα ἅμα εμοὶ
θεώμενον προσεκύνησε· καὶ ἀποϐλέψασα
πρὸς τὴν τροϕὸν· ὁρᾷς, ἔϕη, τίτθη, τὸν
Σκάμανδρον, ᾧ τὴν παρθενίαν ἔδωκα·
καὶ ἡ τίτθη ἀκοῦσασα, ἀνέκραγε, καὶ
τὸ πρᾶγμα ἔκπυςον γίγνεται.}} {{lang|la|''Cùm quatriduo''
''post pompa esset Veneris, et''
''recens nuptæ ei pompæ interessent,''
''nos quoque illam spectabamus. Sponsâ''
''autem Cimonem conspicatâ, ut''
''nullius mali sibi conscium, unà mecum''
''spectantem, honorem ei præbuit :''
''et nutricem intuita : Vides'' (''inquit'')
''mea nutrix, Scamandrum, cui virginitatem''
''dedi ? quo illa audio, exclamat :''
''itaque facinus divulgatur''}} <ref>{{lang|la|Æschines, ''ubi suprà.''}}</ref>.
Quand on songe que jamais l’esprit
et la science n’avaient paru avec tant
d’éclat que dans le siècle où Eschines
a vécu, on comprend bien mieux le
pouvoir funeste d’une fausse religion.
Elle ruine le bon sens, elle éteint la
lumière naturelle, elle réduit l’homme
en quelque façon à l’état des bêtes
brutes. Voilà Callirrhoë : elle était
d’une famille bien illustre <ref>{{lang|grc|Πατρὸς δὲ τῶν ἐπεϕανῶν}}, {{lang|la|illustri patre
nata. ''Idem, ibidem'', ''pag.'' 125.}}</ref> ; elle
avait eu sans doute une bonne éducation :
cependant les impertinences
des poëtes canonisées par les prêtres
lui avaient gâté tellement l’esprit,
qu’elle croyait bonnement que les
rivières étaient des divinités qui se
couronnaient de roseaux, et qui pouvaient
jouir d’une femme. Sous l’empire
de Tibère, une illustre dame ne
fut pas moins simple <ref>''Voyez'' Joseph, {{lang|la|Antiquitat., ''lib. XVIII'',
''cap. IV''.}}</ref> : elle crut
avoir couché avec Anubis, et s’en
vanta comme d’une insigne faveur.
Les moines qui ont fait tant de mauvais
tours, principalement afin de faire
donner les femmes dans le panneau,
n’ont jamais osé, que je sache, leur
dire qu’un tel saint voulait coucher
avec elles : les idées de la pureté et
de l’immatérialité sont demeurées
toujours conjointes dans le christianisme
avec celle de la béatification ;
mais je ne doute point que, si on l’entreprenait,
on ne vînt à bout de persuader
à telles dévotes qu’il y a, ce
que la dame romaine dévote d’Anubis
se laissa persuader. La maxime, que
la corruption des plus excellentes
choses est la pire de toutes <ref>''{{lang|la|Corruptio optimi pessima.}}''</ref>, se
vérifie par l’exemple de la religion.
Rien n’est plus avantageux à l’homme,
tant pour l’esprit que pour le cœur,
que de bien connaître Dieu : rien
n’est plus funeste à toutes les facultés
de notre âme raisonnable que de
mal connaître Dieu, comme faisaient
les païens. Notez qu’Homère témoigne
que le prêtre de Scamander était
honoré dans Troie comme un Dieu,
{{lang|grc|<poem style="margin-left:10%;">
{{filet|13|0.5}} Ὑψήνορα δῖον
Υ̓ιὸν ὑπερθύμου Δολοπίονος, ὅς ῥα Σκαμάνδρου,
Ἀρητὴρ ἐτέτυκτο, θεὸς δʼ ὡς τίετο δὴμῳ.
</poem>}}
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
{{filet|11|0.5}} ''Hypsenora nobilem''
''Filium magnanimi Dolopionis qui Scamandri''
''Sacerdos factus fuerat, Dei vero instar honorabatur à populo'' <ref>{{lang|la|Homerus, Iliad., ''lib. V'', ''vs.'' 76.}}</ref>.
</poem>}}
Je ferai encore une observation sur
le peu d’effet de la lumière des sciences
contre les ténèbres de l’idolâtrie.
Cicéron trouvait admirable la divinité
de Romulus, parce qu’elle avait
été établie, non pas dans les siècles
d’ignorance, où il était d’autant plus
aisé de débiter des fictions que l’on
pouvait les persuader sans peine aux
esprits grossiers, mais dans un siècle
où les lettres étaient déjà d’un grand
âge, et avait entièrement aboli cette
ancienne barbarie sous laquelle l’esprit
inculte des premiers hommes
avait été détenu. Il semble que de ce
principe il ait voulu tirer cette conclusion,
que la fable ni l’imposture
n’eurent point de part à la foi romaine
touchant la divinité de Romulus.
{{lang|la|''Magis est in Romulo admirandum,''
''quòd cæteri, qui dii ex hominibus''
''facti esse dicuntur, minùs''
''eruditis hominum seculis fuerunt,''
''ut fingendi proclivior esset ratio,''
''quùm imperiti facilè ad credendum''
''impellerentur. Romuli autem ætatem''
''minùs his sexcentis annis jam inveteralis''
''litteris, atque doctrinis, omnique''
''illo antiquo ex incultâ hominum''
''vitâ errore sublato fuisse cernimus....''
''Ex quo intelligi potest, permultis annis''
''antè Homerum fuisse quàm Romulum,''
''ut jam doctis hominibus ac''
''temporibus ipsis eruditis ad fingendum''
''vix quicquam esse loci. Antiquitas''
''enim recepit fabulas fictas etiam {{tiret|non|nunquàm}}''}}<section end="Scamander"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/173
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCHEIBLÉRUS.|165}}</noinclude><section begin="Scheffer"/>un libraire qui sache vendre ; car entre
les mains d’un libraire, ou mal
habile, ou paresseux, les meilleurs
livres sont des garde-magasins. On
voit une liste plus exacte des ouvrages
de Schefférus dans sa ''{{lang|la|Suecia litterata}}'',
et nous en avons une nouvelle
au-devant d’un livre qui se vend à
Amsterdam, comme imprimé l’an
1698, sous le titre de {{lang|la|''Joh. Schefferi''
''Miscellanea''}}. Elle est divisée en quatre
classes. La I{{e|re}}. contient ce qu’il a
écrit touchant la Suède : je n’en indiquerai
que l’{{lang|la|''Upsalia Antiqua, cujus''
''occasione plurima in Antiquitatibus''
''Borealibus et gentium vicinarum''
''explicantur.''}} Cet ouvrage fut imprimé
à Upsal l’an 1666, ''in''-8{{o}}. L’auteur
l’a laissé à ses héritiers, corrigé et
augmenté. {{lang|la|''De situ et vocabulo Upsaliæ''
''Epistola defensoria''}}, à Stockholm,
1677, ''in''-8{{o}}. {{lang|la|''Memorabilium Suecicæ''
''Gentis Exemplorum Liber''}}, à Hambourg,
1671, ''in''-8{{o}}. {{lang|la|''De tribus orbibus''
''aureis nuper in Scaniâ erutis è terrâ''
''Disquisitio antiquaria''}}, à Stockholm,
1676, ''in''-8{{o}}. {{lang|la|''De antiquis verisque Regni''
''Sueciæ Insignibus''}}, là même,
1678, ''in''-4{{o}}. {{lang|la|''Lapponia, sive Gentis''
''Regionisque Lapponum Descriptio''
''accurata, cum figuris''}}, à Francfort,
1673, ''in''-4{{o}}. Cet ouvrage a été imprimé
en anglais à Oxford, l’an 1674,
en allemand à Nuremberg, la même
année, ''in''-4{{o}}., et en français <ref>''Le père'' Lubin ''est l’auteur de cette version.''</ref> à Paris,
l’an 1678, ''in''-4{{o}}. On l’a trouvé
fort augmenté dans le cabinet de l’auteur.
{{lang|la|''Suecia Litterata, seu de Scriptis''
''et Scriptoribus Gentis Sueciæ,''
''Opus posthumum''}}, à Stockholm, 1680,
''in''-8{{o}}. On voit là un Catalogue des
écrivains suédois et des étrangers
qui ont fait des livres dans la Suède.
Il est disposé, non pas selon l’ordre
alphabétique, mais selon l’ordre
chronologique. Il y a un grand défaut
dans l’index ; car les auteurs n’y
sont rangés que selon leur nom de
baptême. L’auteur eût peut-être remédié
à cela, s’il eût été en vie quand
cet ouvrage fut imprimé. {{M.|Mollérus}}
en a donné une seconde édition
<ref>''À Hambourg'', 1698, {{in-8°}}.</ref>, et y a joint plusieurs remarques
curieuses et instructives ''{{lang|la|Hypomnemata}}'',
les appelle-t-il, {{lang|la|''historico-critica''
''paucula è pluribus selecta''}}. Les
supplémens qu’il a donnés à l’article
de notre Jean Scheffer peuvent servir
de beaucoup à ceux qui veulent
savoir les circonstances ou les dépendances
des écrits de ce professeur.
La II{{e}}. classe de ses écrits contient
''{{lang|la|Autores græcos et latinos illustratos.}}''
Vous y voyez qu’il a publié, avec des
notes, le Panégyrique de Pacatus <ref>''À Stockholm, en'' 1651 ''et'' 1668, {{in-8°}}.</ref>,
les Histoires diverses d’Élien, les Fables
de Phèdre, le fragment de Pétrone,
Justin, Hygin, Obséquens, etc.
La III{{e}}. classe contient les Miscellanées,
c’est-à-dire l’ouvrage dont j’ai déjà
fait mention, ''{{lang|la|de Philosophiâ pythagoricâ}}'',
celui ''{{lang|la|de Militiâ navali Veterum}}'',
imprimé à Upsal, l’an 1653,
''in''-4{{o}}. ; que l’on a trouvé avec tant
de corrections et tant d’additions,
dans le cabinet de l’auteur, que c’est
un nouvel ouvrage <ref>{{lang|la|''Quos ita auctos, mutatos atque emendatos''
''reliquit Schefferus, ut haberi possent pro aliis''
''et novis.''}}</ref>. Celui {{lang|la|''de Antiquorum''
''Torquibus''}}, imprimé à Stockholm,
l’an 1656, ''in''-8{{o}}. Celui {{lang|la|''de Re''
''vehiculari Veterum, cum Pyrrhi Ligorii''
''libro ejusdem argumenti ex italicâ''
''linguâ in latinam verso et Animadversionibus''
''illustrato''}}, imprimé à
Francfort, l’an 1661, ''in''-4{{o}}. Celui {{lang|la|''de''
''Arte pingendi''}}, imprimé à Nuremberg,
en 1669, ''in''-8{{o}}. {{lang|la|''Index in Libros''
''Grotii de Jure Belli et Pacis. Consilium''
''de Institutione litteraria, etc.''}}
La IV{{e}}. classe contient les livres non
imprimés, ce sont des notes sur l’auteur
des Préadamites, ce sont des
lettres, des harangues, des programmes,
des ''{{lang|la|adversaria}}'', etc.
Les supplémens de {{M.|Mollérus}} à
la seconde édition du ''{{lang|la|Suecia Litterata}}''
marquent qu’on a publié depuis
la mort de l’auteur {{lang|la|''Breviarium''
''Politicorum Aristotelis''}}, à Stockholm,
1684, ''in''-8{{o}}., et {{lang|la|''Hugo Grotius de Jure''
''Belli et Pacis, in usum Gustavi''
''Adolphi comitis de la Gardie, enucleatus''}},
à Stettin, 1693, ''in''-12. Notez
que Scheffer, sous le faux nom de
Constantinus Opellus <ref>{{lang|la|Joh. Mollerus, Hypomn, ad Sueciam litteratam,
''pag.'' 460.}}</ref>, fit imprimer
une lettre où il attaque le livre
de Marc Méibomius {{lang|la|''de Triremium''
''Fabricâ''}}, publié à Amsterdam, l’an
1671, ''in''-4{{o}}.
{{References-Bayle}}
<section end="Scheffer"/>
<section begin="Scheiblérus"/>'''SCHEIBLÉRUS ({{sc|Christophle}})''',<section end="Scheiblérus"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/329
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Manseng" />{{nr||SIRIS.|321}}</noinclude><section begin="Siris"/>{{lang|grc|{{tiret2|Σειρί|τιδι}} Ἰλιὰς Ἀθηνᾶ καλεῖται ὡς ἐκεῖθεν
κομισθεῖσα. Καὶ τὸ τῶν Τρῳάδων δὲ τόλμημα
περιϕέρεται πολλαχοῦ, καὶ ἄπιςον
ϕαίνεται, καίπερ δυνατὸν ὄν.}} {{lang|la|''Enimverò''
''protervum est fingere, simulacrum''
''aliquod non modo visum fuisse''
''connivere, sicut imaginem Minervæ''
''Ilii ferunt oculos avertisse cùm violaretur''
''Cassandra, sed fabulæ adjicere,''
''simulacrum etiamnùm connivens''
''conspici. At multò etiam protervius''
''est ea ab Ilio allata fabulari,''
''quæ scriptores ponunt. Nam et Romæ,''
''et Lavinii, et Luceriæ, et Siritidi''
''Minerva habetur Iliaca, quasi''
''ab Ilio allata : et facinus mulierum''
''Trojanarum multis adscribitur locis,''
''eoque fides ei derogatur, cùm fieri''
''tamen potuerit''}} <ref>{{lang|la|Strabo, ''lib. VI'', ''pag''. 182.}}</ref>. Je cite le grec
pour ceux qui ne sont jamais contens
s’ils ne voient les expressions originales,
et afin de me dispenser d’une
rigoureuse traduction. Strabon pense
solidement car si ce n’est pas un caractère
certain de fausseté que de
voir les variations des historiens, c’est
un prétexte fort légitime de suspendre
sa créance : et dès qu’on voit que
plusieurs villes se glorifient de la
possession de la même image miraculeuse,
c’est une très-forte présomption
que toutes s’en vantent à faux,
et que le même artifice, le même
intérêt, les porte toutes à débiter
leurs traditions.
'''{{refa|null-(C)|(C)}}''' ''L’abbé de Villeloin a renouvelé''
''cette remarque.'' ] Il faut l’entendre
lui-même. « Comme on lui <ref>''Il parle de la princesse Marie de Gonzague,''
''qui était alors à Amiens.''</ref> montrait
la tête de saint Jean-Baptiste,
que le peuple y révère comme l’une
des plus considérables reliques du
monde, la tenant très-assurée,
après l’avoir baisée, elle me dit
que j’approchasse, et que j’en
fisse autant. Je considérai le reliquaire,
et ce qui était dedans : je
m’y comportai comme tous les autres,
et Je me contentai de dire,
avec toute la douceur qui me fut
possible, que c’était la cinq ou
sixième que j’avais eu l’honneur
de baiser : ce qui surprit un peu
son altesse, et mit quelque petit
sourire sur son visage ; mais il n’y
parut pas, et le sacristain ou trésorier,
ayant aussi bien remarqué
cette parole, répliqua qu’il ne pouvait
nier qu’on n’en fît mention de
beaucoup d’autres (car il avait
peut-être ouï dire qu’il y en avait
à Saint-Jean de Lyon, à Saint-Jean-de-Maurienne,
à Saint-Jean d’Angely,
en Saintonge, à Rome, en
Espagne, en Allemagne, et en plusieurs
autres lieux) ; mais que
celle-là était la bonne, et, pour
preuve de ce qu’il disait, qu’on prit
garde au trou qui paraissait au
crâne de la relique, au-dessus
de l’œil droit ; que c’était celui-là
même qu’y fit Hérodias avec son
couteau, quand la tête lui fut présentée
dans un plat. Il me semble,
lui dis-je, que l’Évangile n’a rien
observé d’une particularité si rare ;
mais comme je le vis ému pour
maintenir le contraire, je lui cédai
avec toute sorte de respect, et sans
examiner la chose plus avant, ni
lui rapporter une autorité de saint
Grégoire de Naziance, qui dit que
tous les ossemens de saint Jean-Baptiste
furent brûlés de son temps
par les donatistes, dans la ville de
Sébaste, et qu’il n’en resta qu’une
petite partie du chef, qui fut portée
en Alexandrie ; je me contentai
de lui dire que la tradition d’une
église aussi vénérable que celle
d’Amiens suffisait pour autoriser
une créance de cette qualité, bien
qu’elle ne fût que de quatre cents
ans, et que ce ne fût pas un article
de foi. Cependant on se munit de
force représentations de ce saint
reliquaire, et le bon ecclésiastique
demeura très-satisfait <ref>Marolles, Mémoires, ''pag.'' 132, ''à l’année''
1641.</ref>. L’auteur
des Nouvelles de la République
des Lettres <ref>''Mois de septembre'' 1685, ''art. V'', ''pag.'' 999.
''Il examine s’il y a de l’imprudence à multiplier''
''ces choses.''</ref>, parlant d’un livre
qui traitait du saint suaire, indiqua
cette pensée de l’abbé de Villeloin, et
rapporta ces paroles de {{M.|Patin}} le
fils <ref>Relations historiques, ''pag.'' 221, ''édition de''
''Lyon'', 1676.</ref> : ''Je ne suis fâché que de vor''
''trop souvent'' le portrait de la Vierge
peint par saint Luc ; ''car il est certain''
''qu’on se trompe dans la plus grande''
''partie, n’étant pas vraisemblable''
''que saint Luc ait tant de fois peint''
''la Vierge.''
{{References-Bayle}}<section end="Siris"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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κομισθεῖσα. Καὶ τὸ τῶν Τρῳάδων δὲ τόλμημα,
περιϕέρεται πολλαχοῦ, καὶ ἄπιςον
ϕαίνεται, καίπερ δυνατὸν ὄν.}} {{lang|la|''Enimverò''
''protervum est fingere, simulacrum''
''aliquod non modò visum fuisse''
''connivere, sicut imaginem Minervæ''
''Ilii ferunt oculos avertisse cùm violaretur''
''Cassandra, sed fabulæ adjicere,''
''simulacrum etiamnùm connivens''
''conspici. At multò etiam protervius''
''est ea ab Ilio allata fabulari,''
''quæ scriptores ponunt. Nam et Romæ,''
''et Lavinii, et Luceriæ, et Siritidi''
''Minerva habetur Iliaca, quasi''
''ab Ilio allata : et facinus mulierum''
''Trojanarum multis adscribitur locis,''
''eoque fides ei derogatur, cùm fieri''
''tamen potuerit''}} <ref>{{lang|la|Strabo, ''lib. VI'', ''pag''. 182.}}</ref>. Je cite le grec
pour ceux qui ne sont jamais contens
s’ils ne voient les expressions originales,
et afin de me dispenser d’une
rigoureuse traduction. Strabon pense
solidement car si ce n’est pas un caractère
certain de fausseté que de
voir les variations des historiens, c’est
un prétexte fort légitime de suspendre
sa créance : et dès qu’on voit que
plusieurs villes se glorifient de la
possession de la même image miraculeuse,
c’est une très-forte présomption
que toutes s’en vantent à faux,
et que le même artifice, le même
intérêt, les porte toutes à débiter
leurs traditions.
'''{{refa|null-(C)|(C)}}''' ''L’abbé de Villeloin a renouvelé''
''cette remarque.'' ] Il faut l’entendre
lui-même. « Comme on lui <ref>''Il parle de la princesse Marie de Gonzague,''
''qui était alors à Amiens.''</ref> montrait
la tête de saint Jean-Baptiste,
que le peuple y révère comme l’une
des plus considérables reliques du
monde, la tenant très-assurée,
après l’avoir baisée, elle me dit
que j’approchasse, et que j’en
fisse autant. Je considérai le reliquaire,
et ce qui était dedans : je
m’y comportai comme tous les autres,
et je me contentai de dire,
avec toute la douceur qui me fut
possible, que c’était la cinq ou
sixième que j’avais eu l’honneur
de baiser : ce qui surprit un peu
son altesse, et mit quelque petit
sourire sur son visage ; mais il n’y
parut pas, et le sacristain ou trésorier,
ayant aussi bien remarqué
cette parole, répliqua qu’il ne pouvait
nier qu’on n’en fît mention de
beaucoup d’autres (car il avait
peut-être ouï dire qu’il y en avait
à Saint-Jean de Lyon, à Saint-Jean-de-Maurienne,
à Saint-Jean d’Angely,
en Saintonge, à Rome, en
Espagne, en Allemagne, et en plusieurs
autres lieux) ; mais que
celle-là était la bonne, et, pour
preuve de ce qu’il disait, qu’on prît
garde au trou qui paraissait au
crâne de la relique, au-dessus
de l’œil droit ; que c’était celui-là
même qu’y fit Hérodias avec son
couteau, quand la tête lui fut présentée
dans un plat. Il me semble,
lui dis-je, que l’Évangile n’a rien
observé d’une particularité si rare ;
mais comme je le vis ému pour
maintenir le contraire, je lui cédai
avec toute sorte de respect, et sans
examiner la chose plus avant, ni
lui rapporter une autorité de saint
Grégoire de Naziance, qui dit que
tous les ossemens de saint Jean-Baptiste
furent brûlés de son temps
par les donatistes, dans la ville de
Sébaste, et qu’il n’en resta qu’une
petite partie du chef, qui fut portée
en Alexandrie ; je me contentai
de lui dire que la tradition d’une
église aussi vénérable que celle
d’Amiens suffisait pour autoriser
une créance de cette qualité, bien
qu’elle ne fût que de quatre cents
ans, et que ce ne fût pas un article
de foi. Cependant on se munit de
force représentations de ce saint
reliquaire, et le bon ecclésiastique
demeura très-satisfait <ref>Marolles, Mémoires, ''pag.'' 132, ''à l’année''
1641.</ref>. L’auteur
des Nouvelles de la République
des Lettres <ref>''Mois de septembre'' 1685, ''art. V'', ''pag.'' 999.
''Il examine s’il y a de l’imprudence à multiplier''
''ces choses.''</ref>, parlant d’un livre
qui traitait du saint suaire, indiqua
cette pensée de l’abbé de Villeloin, et
rapporta ces paroles de {{M.|Patin}} le
fils <ref>Relations historiques, ''pag.'' 221, ''édition de''
''Lyon'', 1676.</ref> : ''Je ne suis fâché que de voir''
''trop souvent'' le portrait de la Vierge
peint par saint Luc ; ''car il est certain''
''qu’on se trompe dans la plus grande''
''partie, n’étant pas vraisemblable''
''que saint Luc ait tant de fois peint''
''la Vierge.''
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Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Siris
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/330
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|322|SIXTE IV.}}</noinclude><section begin="Sixte"/><nowiki/>
'''SIXTE IV''', créé pape l’an
1471 avait été général des cordeliers,
et se nommait {{lang|it|''Francesco''
''della Rovéré''}}. Il naquit le 22
de juillet 1414, à Cella <ref group=lower-alpha>{{lang|it|Ghilini, Teatro, ''parte II, pag.'' 93.}}
Rivet ''se trompe, qui, dans ses remarques''
sur la réponse au Mystère d’Iniquité, ''II''{{e}}.
''part.'', ''pag.'' 622, ''le fait natif d’Albizzola.''</ref>,
bourg de la rivière de Gênes, à
cinq mille de Savone. L’un de
ses historiens <ref group=lower-alpha>''Voyez la'' Vie de {{Roi|Sixte|IV}}, ''à la fin de''
Platine, ''folio'' 363, ''et'' 364. ''Ed. Lugd.'' 1512.</ref> lui attribue
toutes sortes de bonnes qualités,
un grand savoir, une ardente
charité pour les pauvres, une
grande libéralité envers les princes
que les Turcs avaient opprimés,
une admirable exactitude
à faire rendre justice, et un
grand soin de réparer les ruines
de Rome, et de l’embellir. Il ne
dissimule point les défauts dont
on le blâmait : 1{{o}}. d’avoir commis
beaucoup d’injustices en faveur
de ses créatures {{refl|Sixte-(A)|num=(A)|nosup}} ; 2{{o}}. d’avoir
excité la guerre mal à propos
dans l’Italie ; 3{{o}}. d’avoir lancé
la foudre de l’excommunication
sur la tête de Laurent de Médicis ;
4{{o}}. d’avoir attaqué les Florentins
par toutes sortes d’hostilités.
Il ne l’accuse pas, comme
font d’autres <ref group=lower-alpha>''Voyez'' Varillas, Anecdotes de Florence,
''pag.'' 70 ; ''et la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Sixte#ancrage_Sixte-(A)|(A)]], ''citation''
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Sixte#ancrage_Sixte-(8)|(8)]] ''de cet article. Consultez aussi'' Machiavel,
''au livre VIII de'' l’Histoire de Florence,</ref>, d’avoir su |a
conjuration des Pazzi, et de l’avoir
concertée. Il ne parle point
de la débauche des cardinaux
favoris sous ce règne-là, l’un
desquels, selon l’opinion de bien
des personnes, est désigné par
quelques vers de Baptiste Mantuan
{{refl|Sixte-(B)|num=(B)|nosup}}. Il ne parle point non
plus des impuretés abominables
à quoi quelques-uns débitent
que ce pape prêta la main,
veulent qu’il ait répondu à une
requête par laquelle on lui
mandait la permission d’exercer
la sodomie pendant trois mois de
l’année. J’ai suivi ce fait à
trace {{refl|Sixte-(C)|num=(C)|nosup}}, et j’en dirai ma pensée
dans les remarques. Il choque
extrêmement la vraisemblance
{{refl|Sixte-(D)|num=(D)|nosup}}. Si l’on avait écouté favorablement
une pareille requête,
on serait fort éloigné de la prudence
et de la vertu que {{Roi|Clément|VII}}
fit éclater, lorsqu’il
crut que certaines dames souhaitaient
de lui une permission
injuste {{refl|Sixte-(E)|num=(E)|nosup}}. Sixte mourut, l’an
1484, du chagrin, dit-on, qu’il
conçut en apprenant que la paix
était conclue entre le duc de
Ferrare et les Vénitiens {{refl|Sixte-(F)|num=(F)|nosup}}. Il
se plaisait à la guerre, et on l’a
regardé comme le perturbateur
du repos de l’Italie. Agrippa dit
une chose de lui qui mérite d’être
rapportée {{refl|Sixte-(G)|num=(G)|nosup}}. Vous pourrez lire
dans Moréri <ref group=lower-alpha>''Sous le mot'' Ruvère.</ref> que l’on a dit
que ce pontife se fit agréger à la
maison de la Rovère, fort illustre
dans le Piémont. Elle y
possédait une étrange prérogative
{{refl|Sixte-(H)|num=(H)|nosup}}.
Tout le monde avoue que
{{Roi|Sixte|IV}} était savant. Il avait
reçu à Padoue le grade du doctorat,
et il avait fait des leçons
publiques dans l’université de
Bologne, à Pavie, à Sienne, à
Florence, et à Pérouse. De cet
emploi de lecteur dans les universités,
il passa aux charges. Il
fut fait premièrement provincial
de la province de Ligurie,
et puis procureur général de<section end="Sixte"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
gdt8w6lt3w991x2f6lje2ojh2how8qf
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SIXTE IV.|323}}</noinclude><section begin="Sixte"/>l’ordre à la cour de Rome, et ensuite
vicaire général de l’Italie,
et enfin général des cordeliers.
Après cela il reçut le chapeau de
cardinal. Il s’acquit beaucoup de
réputation par les ouvrages qu’il
publia {{refl|Sixte-(I)|num=(I)|nosup}}, et il fit voir sous la
dignité de pape qu’il n’avait pas
oublié l’amour des lettres ; car
il fit dresser la bibliothèque du
Vatican <ref group=lower-alpha>''Voyez tom. XII, l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Platine|{{sc|Platine}}]], ''au''
''texte, citat.'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Platine#ancrage_Platine-(g)|(g)]], ''et'' Bonanni, ''ubi infrà citat.''
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Sixte#ancrage_Sixte-(k)|(k)]], ''pag.'' 430.</ref>, et en donna l’intendance
au docte Platine, et
assigna des appointemens à plusieurs
autres personnes qui le
devaient seconder dans le soin
des livres, et copier les manuscrits
grecs, latins, et hébreux
<ref group=lower-alpha>''Tiré du'' Ghilini. {{lang|it|Teatro d’Uomini
letterati}}, ''tom. II'', ''pag.'' 93.</ref>. Il donna ordre au même
Platine de composer l’Histoire
des papes <ref group=lower-alpha>''{{lang|la|Platina, epist. dedicat. ad {{Roi|Sixtum|IV}}.}}''</ref>. On a remarqué
qu’il fut bien plus libéral envers
les fils de ses sœurs qu’envers les
fils de ses frères, et qu’entre les
fils de ses sœurs il favorisa
principalement Pierre et Jérôme
Riario. Ce ne serait pas une pure
bizarrerie, comme on le prétend,
ce serait une chose fort
naturelle s’il était vrai qu’il leur
eût donné la vie, comme le prétendent
quelques écrivains {{refl|Sixte-(K)|num=(K)|nosup}}.
Il fut le premier qui institua la
fête de la Conception et de la
présentation de la Sainte Vierge,
comme aussi celle de sainte Anne
et de saint Joseph, et celle de
François d’Assise <ref group=lower-alpha>{{lang|la|Vita {{Roi|Sixti|IV}}, ''ad calcem'' Platinæ,
''folio m.'' 364.}}</ref>. Il canonisa
Bonaventure <ref group=lower-alpha>''{{lang|la|Ibid.}}''</ref>, et lui donna
une fête parmi celles du palais
apostolique <ref group=lower-alpha>{{ancre|ancrage_Sixte-(k)}}{{lang|la|Bonanni, ''in'' Numism. Pontificum,
''tom. I'', ''pag.'' 91.}}</ref>. Il rétablit une
dévotion que saint Dominique
avait inventée, et qui était
interrompue ; ce fut celle du rosaire
et du psautier de la Sainte
Vierge <ref group=lower-alpha>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>. On se trompe quand
on dit qu’il fut le premier qui
ordonna que le jubilé se célébrerait
de vingt-cinq en vingt-cinq
ans. Cette ordonnance avait été
faite par {{Roi|Paul|II}}, son prédécesseur,
l’an 1470. Il ne fit que la
confirmer, et il en fut seulement
le premier exécuteur, l’an 1475
<ref group=lower-alpha>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 98.}}</ref>. La place que Polydore
Virgile lui a donnée parmi les
inventeurs des choses n’est guère
honorable ; car il lui attribue
la première création de plusieurs
charges qui s’achetaient {{refl|Sixte-(L)|num=(L)|nosup}}. Ce
fut la source d’un désordre qui
alla toujours en croissant. Tout
le monde n’avoue pas que ce
pontife fût d’une basse naissance
{{refl|Sixte-(M)|num=(M)|nosup}}. S’il l’a été, il est fort propre
à confirmer ce que j’ai dit ci-dessus
<ref group=lower-alpha>''Remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Grégoire 2#ancrage_Grégoire2-(L)|(L)]] ''de l’art.'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Grégoire 2|{{sc|{{Roi|Grégoire|VII}}}}]],
''tom. VII'', ''pag.'' 244.</ref>, que les courages les
plus superbes peuvent naître
parmi la lie du peuple ; car sa
fierté fut très-grande : les Florentins
en surent que dire. Ils
ne purent rentrer en grâce avec
lui qu’en se soumettant aux plus
honteuses humiliations <ref group=lower-alpha>''L’an'' 1480.</ref>. Jamais
amende honorable ne fut plus rude
que celle qu’il leur imposa. Le père
Bonanni a beau dire que Jean-Michel
Brutus se plaint à tort de la
dureté de la réponse qui fut faite
par ce pape à leurs députés ; ce
qu’il rapporte, et ce qu’il avoue,<section end="Sixte"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
silemvby9in9x4mhcnmn2fd9u03v9ju
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|324|SIXTE IV.}}</noinclude><section begin="Sixte"/>témoigne suffisamment la grandeur
de la mortification qu’ils
essuyèrent <ref group=lower-alpha>''Voyez'' Bonanni, {{lang|la|''in'' Numism. Pontificum,
''tom. I'', ''pag.'' 102 ''et seq.''}}</ref>.
En réfutant la faute de {{M.|Saldénus}} <ref group=lower-alpha>''À la fin de la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Sixte#ancrage_Sixte-(B)|(B)]].</ref>,
j’aurais pu censurer
encore avec plus de fondement
l’auteur du ''{{lang|la|Turco-Papismus}}'' ;
car il cite Agrippa comme
ayant narré que ce pape établit
des lieux de prostitution tant pour
l’impudicité sodomitique, que
pour l’impudicité ordinaire ; et
accorda la permission du péché
contre nature à un cardinal. Il
ajoute que Wessélus en parle
aussi {{refl|Sixte-(N)|num=(N)|nosup}}.
{{References-Bayle}}
'''{{refa|Sixte-(A)|(A)}}''' ''On le blâmait.…... d’avoir commis''
''beaucoup d’injustices en faveur''
''de ses créatures.'' ] « Il fut plus que
tout autre indulgent aux siens, et à
leur occasion est blasmé d’avoir
fait et accordé plusieurs choses
''{{lang|la|præter fas jusque}}'', contre tout droit
divin et humain <ref>Du Plessis Mornai, {{lang|la|ex Volaterrano et Onuphrio}},
''dans le'' Mystère d’Iniquité, ''pag.'' 535.</ref>. » Les trois
cardinaux de sa première promotion
furent ''Pierre Riere, de Savonne,''
''qu’il avoit nourri petit garçon, avec''
''Hierosme, son frere, enfans de la''
''ville'' (''non sans mystere''), ''et Julian,''
''fils de son frere, qui fut depuis {{Roi|Jules|II}}'' <ref>{{ancre|ancrage_Sixte-(2)}}Du Plessis Mornai, Mystère d’Iniquité,
''pag.'' 555.</ref>.
Il donna de grands bénéfices
à Pierre, homme ''si desbordé en''
''luxe, qu’il sembloit estre né pour''
''perdre l’argent, ayant despendu en''
''deux ans qu’il vescut cardinal deux''
''cens mille escus pour son ordinaire,''
''laissé soixante mil escus de debtes,''
''et force riches meubles'', et mourut
''tout pourri de voluptez'' à l’âge de
vingt-huit ans <ref>{{lang|la|Volaterran., ''lib. XXII'', ''pag. m.'' 818.}}</ref>. « Celui duquel
Baptiste Fulgose <ref group=*>(*) {{lang|la|''Baptist. Fulgos. Dictor. et Factor. memorrabil.'',
''l.'' 9.}}</ref> nous descrit la
prodigieuse prodigalité, jusques
à donner d’ordinaire à sa garse
Tiresia des patins tous couverts
de perles, duquel aussi Baptiste
Mantuan <ref group=*>(*) {{lang|la|''Baptist. Mantuan., in Alphon.'', ''l.'' 4.}}</ref> nous a laissé ces vers,
par lesquels il le fait saluer par
Jupiter en enfer :
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
» ''At tu, implume caput''<ref group=*><sup>*</sup> « Ces paroles, dit Leduchat, ne sauraient désigner Pierre Riario, qui n’avait que vingt-huit ans quand il mourut. Elles sont le portrait d’un ''vieux paillard'' dont le tempérament lascif a été celui de plusieurs papes que la tonsure cléricale rendait par elle-même enclins à la luxure. » Leduchat, sur cet effet de la tonsure, rapporte le passage de Jean de Névizan, ''{{lang|la|Silva Nuptialis}}'', livre 1{{e|er}}., section 130. Joly ne peut digérer qu’on aille chercher dans un ouvrage de plaisanterie ce qu’il appelle des calomnies aussi grossières.</ref>'', cui tanta licentiæ quondam''
» ''Femineos fuit in coïtus, tua furta putabas''
» ''Hìc quoque prætextu mitræ impunita relinqui ?''
» ''Sic meruit tua fœda Venus, etc.'' <ref>Du Plessis Mornai, Mystère d’Iniquité, ''pag.'' 555.</ref>. »
</poem>}}
{{br0}}
Nous verrons ci-dessous que {{M.|Jurieu}}
applique ces vers au pape Sixte
<ref>Simon Goulart, ''dans sa continuation du''
{{lang|la|Catalogus Testium Veritatis}}, ''les applique aussi à''
''Sixte, avec ce qui a été dit ci-dessus des dépenses''
''du cardinal Pierre Rière.'' Gretser, {{lang|la|''in'' Examin.
Mysterii Pless.}}, ''pag.'' 544, ''se prévaut de ces variations.''</ref>, quoiqu’il eût lu dans du Plessis
qu’ils furent faits sur le cardinal
dont nous parlons. Coëffeteau ne nie
point les déréglemens de ce cardinal,
et il ajoute que ''Sixte ne rencontra''
''guère mieux en Hiérôme, si nous voulons''
''ajouter foi aux historiens, excepté''
''toutefois qu’il n’était nullement''
''adonné aux voluptés, sinon seulement''
''au plaisir de la chasse. Ce Hiérôme''
''ayant été fait par le pape prince''
''d’Imola et Friuli'' <ref>''Il fallait dire Forli.''</ref> ''épousa la''
''bâtarde du duc de Milan ; et en faveur''
''de ce mariage Sixte donna un''
''chapeau de cardinal à Ascagne, fils''
''du duc. Sixte éleva encore Léonard'',
''fils de son frère, et lui fit épouser''
''une bâtarde du roi Ferdinand, le''
''créant gouverneur de Rome. Comme''
''celui-là fut mort, il avança en sa''
''place un autre sien neveu, frère.....''
''du cardinal Julien, et le fit prince''
''de Sorre et de Sénégaille, qui fut''
''marié à Jeanne, fille de Frédéric de''
''Montéfeltro, duc d’Urbin ; et de ce''
''mariage sortit François Marie, qui,''
''après la mort de son oncle Guy Ubaldin,''
''décédé sans hoirs mâles, succéda''
''par adoption au duché d’Urbin'' <ref>Coëffeteau, Réponse au Mystère d’Iniquité,
''pag.'' 1205.</ref>.<section end="Sixte"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>danger si pressant, qu’ils jugèrent n’avoir pas un moment à perdre. On prit promptement sur le buffet tout ce qui pouvait être nécessaire : on fit taire un moment le violon, on dit les paroles requises, et l’on me ramena à la maison.
Née à sept mois, je n’ai dû recevoir de la nature qu’une constitution faible, également fâcheuse et contraire aux développements de mon physique et de mon moral.
Nulles caresses, nulles douceurs, nuls soins n’ont soutenu mon enfance ; aucune idée d’art, de talent, de connaissance quelconque n’a favorisé mon éducation ; lire est la seule chose que je susse à l’âge de onze ans ; mon catéchisme et mon livre de prières étaient les seuls livres que je connusse ; des contes de revenants et de sorciers, qu’on me disait être des histoires véritables, étaient tout ce dont on m’entretenait.
Une femme violente, ignorante et superstitieuse ne savait que me tenir inactive dans un coin, ou m’appeler auprès d’elle pour me faire trembler sous ses menaces et ses coups. Mon horreur pour le travail des mains, où l’on voulait m’assujettir, était cause de ce traite-<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>présenter à tous ses camarades. On me donna
mon entrée à ce spectacle ; on me prescrivit ce
que je devais apprendre ; on m'obtint un ordre
de début, et je parus enfin sur le théâtre,
n'ayant pas encore douze ans accomplis.<ref>Elle se trompe ; c’est treize ans qu’elle devait dire,
puisque ce début eut lieu le 8 janvier 1736, et qu’elle
était née au carnaval de{{lié}}1723. ( V. notre ''Notice.'' )</ref>
Les applaudissements que je recevais consolèrent ma mère du parti que j'avais pris ; on
me donna des maîtres d'écriture, de danse,
de musique et de langue italienne ; mon application, mon ardeur, ma mémoire, confondaient mes instituteurs : je retenais tout, je dévorais tout ; mais ma trop grande jeunesse, ma petite stature, la crainte qu'eut le fameux
Thomassin<ref>{{erratum|Antonio Vicentini|Thomaso Visentini}}, connu sous le nom de Thomassin, célèbre dans le rôle d’Arlequin. Il mourut à Paris, le 19 août 1730.</ref>, que mon talent ne nuisît à ses
filles, dont le sort n'était pas fait, et le manque
de protection, me forcèrent, au bout d’un an,
à chercher fortune ailleurs. On m'engagea dans
la troupe de Rouen, pour jouer tous les rôles
de mon âge, chanter et danser. Je devais jouer
la comédie : tout le reste m'était égal.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>j’invite les comédiens à consulter au moins les
peintres et les sculpteurs fameux.
{{c|{{all-sc|Musique.}}|sp=1px|m=1.5em}}
Sans prétendre approfondir la musique, il
en faut apprendre les élémens, afin de connaître l’étendue de sa voix, de se rendre toutes
les intonations faciles, d’éviter les discordances,
de graduer ses sons, de les soutenir, de les
varier, et de donner aux accens aigus ou
plaintifs la modulation qui leur est nécessaire.
Sans cette étude, il est presque impossible
de bien jouer Corneille : il est ou si grand, ou
si familier, que sans l’extrême sûreté de ses
intonations, on court le risque de paraître ou
gigantesque ou trivial.
{{c|{{all-sc|Langue, Géographie, Belles-Lettres.}}|sp=1px|m=1.5em}}
L’étude de la langue est la plus importante
de toutes. Le théâtre doit être l’école des
étrangers, et de cette partie de la nation qui
n’a ni le temps ni le moyen d’avoir des maîtres.
Il est incroyable que des personnes choisies
pour représenter les chefs-d’œuvre de la nation, ne sachent pas souvent la valeur d’une
longue et d’une brève ; qu’elles ne mettent
aucune différence entre le singulier et le plu-<noinclude>
<references/></noinclude>
8y91odm983475ovlnjc395qnbafnwnv
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>riel ; qu’elles confondent les genres, qu’on
n’entende jamais leurs terminaisons féminines,
et que des accens provençaux, gascons, picards, anéantissent la mélodie, la noblesse et
la pureté de notre langue. Tel est cependant
le plus grand nombre des comédiens. Qui ne
sait pas la valeur des mots ne peut atteindre à
la valeur des choses ; s’il rencontre, ce n’est
que par hasard, et je ne puis concevoir comment {{MM.|les}} gentilshommes de la chambre
reçoivent, comment le public tolère les sujets
qui se présentent avec ces défauts ou cette
honteuse ignorance.
On ne peut lire fructueusement l’histoire
sans savoir la géographie ; et le droit de juger
les auteurs qui travaillent pour le théâtre, fait
un devoir au comédien de se donner toutes
les connaissances qui peuvent le mettre en état
de prononcer, pour juger, sur une seule lecture, du mérite d’un ouvrage qui coûte au
moins une année de travail. Une connaissance
approfondie des effets et des règles du théâtre,
une oreille exercée, un goût sûr, un esprit
sage, fin, attentif, ne sont point encore assez ;
il faut savoir la fable, l’histoire, la géographie, la langue ; il faut connaître tous les<noinclude>
<references/></noinclude>
ib9gqklly0pfhrkme1cn9f3ut42nxtx
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCHULTINGIUS.|179}}</noinclude><section begin="Schultingius"/>{{lang|la|''{{tiret2|su|gillare}}, arrodere calvinistæ non''
''prætermittunt, cùm Hieronymianam''
''Confessionem, de Disciplinâ ecclesiasticâ''
''libros, Thesaurum Antiq. ecclesiasticarum,''
''tùm omnium maximè''
''Bibliothecam ecclesiasticam, seu''
''Comment. sacros de Explicatione Missalis''
''et Breviari, propter eorum cœnas,''
''ritus, agendas, et formulas''
''reprehensas adeò in Angliâ in primis''
''exploserunt, ut publicè prohibuerint''
''in insulam importari''}} <ref>{{lang|la|Schulting., epist. dedicat., ''tom. I'' Biblioth.
catholicæ.}}</ref>.
'''{{refa|Schultingius-(B)|(B)}}''' ''Je parlerai de cette réfutation,''
''et je trouverai par-là un supplément''
''de ce que j’ai déja dit sur les éditions''
''de'' l’Institution ''de Calvin.'' ] Schultingius
intitula ainsi le premier tome de
son ouvrage : {{lang|la|''Bibliothecæ catholicæ''
''et orthodoxæ, contra summam totius''
''Theologiæ Calvinianæ in Institutionibus''
''Johannis Calvini et Locis {{corr|com munibus|communibus}}''
''Petri Martyris, breviter''
''comprehensæ : vel potiùs, Variarum''
''Lectionum et Animadversionum contra''
''primum librum Institutionum Johannis''
''Calvini tomus primus.''}} Le titre
des tomes suivans ne diffère de celui-là
qu’à l’égard du numéro tant du
tome que du livre de l’Institution
qui est réfuté. On peut assurer raisonnablement
que cet ouvrage de
Schultingius n’est qu’un tas informe
de recueils, et qu’une pénible rapsodie.
Ce n’est presque qu’un centon
de passages empruntés, et qu’un indice
des auteurs qui ont traité contre.
Calvin les matières controversées. Les
fautes de ponctuation et d’orthographe,
et de toutes les autres espèces
où peuvent tomber les imprimeurs,
y sont innombrables ; mais,
quoi qu’il en soit, il peut servir de
répertoire, et j’y ai trouvé des faits
concernant l’Institution de Calvin,
qui m’ont paru dignes de remarque
lors même qu’ils sont fabuleux.
Notre chanoine débute par une
comparaison entre l’institution de
Calvin et les Lieux communs de Martyr
<ref>{{lang|la|Schulting., ''tom. I'' Biblioth. cathol., ''p.'' 1.}}</ref>. Il trouve dans ces deux ouvrages
la même disposition des matières,
le même ordre de livres et de
chapitres, et les mêmes argumens
contre la catholicité. Il ne veut point
prendre parti sur la question, si Calvin
est plagiaire de Martyr, comme
de grands hommes le croient <ref>{{lang|la|''Quod magni viri sentiunt.'' Idem, ibidem.}}</ref>, ou
si Calvin a tout tiré de son propre
fonds, comme le croient quelques
autres ; mais en tout cas il décide
que Martyr était plus savant que Calvin.
S’il avait lu la préface des Lieux
Communs de Martyr, il aurait su
certainement à quoi se déterminer
sur la question du plagiarisme ; car
il paraît, par cette préface, que ces
Lieux communs furent dressés après
la mort de Martyr. {{M.|Burnet}} s’est
servi de cette remarque pour relever
une bévue de {{M.|Varillas}} <ref>''Voyez la seconde'' Critique de {{M.|Burnet}}
sur l’Histoire de l’Hérésie, ''pag.'' 12 ''et suiv.''</ref>. Souvenons-nous
que Martyr n’embrassa la
réformation qu’en 1542, et qu’il mourut
trois ans après la dernière révision
de l’Institution de Calvin ; d’où
il résulte que ses Lieux communs, ni
même ses autres ouvrages, n’ont pu
servir de modèles ni de source à l’Institution,
dont la troisième édition,
augmentée par l’auteur, est de l’an
1543.
Après cela le chanoine fait considérer
le grand crédit que cet ouvrage
de Calvin a obtenu chez les protestans.
Il cite <ref>{{lang|la|Schulting., Biblioth. cathol., ''tom. I'', ''p.'' 6.}}</ref> un ministre <ref>Caspar Olérianus, ''ministre de l’électeur''
''palatin.''</ref>, qui
en a donné un abrégé en langue allemande,
et qui assure que depuis la
naissance de Jésus-Christ il n’a point
paru d’ouvrage plus utile ni plus
saint que celui-là. Il dit que Piscator,
dans son épitome du même livre <ref>''Imprimé à Herborn, l’an'' 1586.</ref>,
et Bèze, dans la préface de sa confession
de foi, font le même jugement ;
et que peu s’en faut qu’en Angleterre
on ne donne à l’Institution de Calvin
la préférence sur la Bible ; que les
évêques ordonnent à tous les ministres
d’apprendre presque par cœur
ce livre-là ; qu’on le met sur la chaire
des églises ; qu’en Écosse on fait commencer
par la lecture de cette Institution
les études de théologie ; qu’à
Heidelberg, à Genève, à Herborn,
et dans les universités calvinistes, on
l’explique publiquement ; qu’en Hollande
les laïques aussi bien que les
ministres l’ont toujours entre les
mains, reliée magnifiquement. Voilà
le précis d’un discours plus ample<section end="Schultingius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
3ov56tsnr6w9uxj65v5x9yglxi9l5e5
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/188
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Manseng
19880
quelques rectifications
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|180|SCHULTINGIUS.}}</noinclude><section begin="Schultingius"/>que je rapporterai tout entier pour
la rareté du fait, selon le latin de l’auteur.
{{lang|la|''In Angliâ ejus'' (Calvini) ''Institutiones''
''ipsis penè biblicis scripturis''
''præferuntur, mandant pseudoepiscopi''
''omnibus ministris, ut penè ad''
''verbum has ediscant, nec unquàm de''
''manibus deponant, collocantur in''
''templis sublimi loco in pulpito, custodiuntur''
''tantâ diligentiâ ac si sibyllina''
''forent oracula, quæ summâ fidelitate''
''apud Romanos asservata''
''fuisse, veteres romani scriptores tradidêre''}}
<ref group=*>(*) {{lang|la|''Libri Institutionum in Angliâ in tanto pretio''
''sunt, ut tùm anglicè exactissimè versi in singulis''
''ecclesiis à parochis legendi appendantur,''
''tùm in utrâque illis academiâ, cursu philosophico''
''absoluto, futuris theologis hi primùm ante''
''omnia prælegantur D. Stapletonius in promptuario''
''quadragesimali in feriâ'' 4 ''hebdomadæ''
''sanctæ.''}}</ref>. {{lang|la|''In Scotiâ omnes studiosi''
''adolescentes post susceptum gradum''
''magisterii, studium theologiæ ab his''
''principiis nempè lectione Institutionum''
''inchoant. Omnes apostatæ monachi,''
''sacerdotes, canonici, quotquot''
''à nobis ad ipsos deficiunt, jubentur''
''initio suæ scilicet conversionis''
''fundamenta prima theologiæ ex hisce''
''Institutionibus addiscere, ut ex synodis''
''eorum Belgicis collegi. Heidelbergæ,''
''Genevæ, Herbornæ et in''
''universitatibus calvinistarum, vel ipsæ''
''Institutiones, vel earum compendia''
''publicè à doctoribus studiosis theologiæ''
''explicantur. Hæ Institutiones ab''
''ipsis in omnes linguas vertuntur, ut''
''omnium nationum homines hoc veneno''
''pestifero inficere, et corrumpere possint.''
''In Belgio nullus est verbi minister''
''et præco, nullus senatorii ordinis''
''vir paulò latior, nullus præses vel''
''præfectus, breviter, nullus sacrarum''
''litterarum cupidus'' (''omnes autem penè''
''sunt ejusmodi in theologiâ calvinianâ''
''versati à supremo consiliario''
''usque ad infimum aurigam et nautam'')
''qui non hasce aureas scilicet''
''eorum judicio Institutiones nocturnâ''
''verset manu versetque diurnâ, extrinsecùs''
''auro, purpurâ omnique preciosissimo''
''ornatu vestiunt et ornant''
''tanquam præstantissimam margaritam''
''evangelicam et quasi thesaurum''
''cœlitùs delapsum, ex his libris omnes''
''controversias decidunt et dijudicant''}}
<ref>{{lang|la|Schult., Biblioth. cathol., ''tom. I'', ''pag.'' 7}} :
''il répète la même chose à la page'' 487 ''du II''{{e}}.
''tome, et dans l’épître dédicatoire du III''{{e}}. ''tome.''</ref>. Chacun voit qu’il y a trop d’hyperboles
et de puériles exagérations
dans ce passage.
Voyons ce qu’il dit sur les éditions
de l’institution de Calvin.
Il trouve qu’elles devinrent plus
exactes à proportion que l’auteur les
multiplia, et qu’ainsi, comme la première
est la plus imparfaite, la dernière,
qui est celle de l’an 1559, est la
plus parfaite. Il lui semble que Calvin,
traitant cet ouvrage comme sa
production favorite, appliqua tout
son esprit et toutes ses forces à la
corriger, à l’embellir, et à l’augmenter,
afin d’y donner un système
bien complet, et une parfaite idée
de sa théologie. {{lang|la|''Videtur autem mihi''
''Johannes Calvinus, ab eo tempore''
''quo scribere cœpit, deinceps usque ad''
''finem vitæ suæ, omne studium suum''
''omnemque operam et vires ad has Institutiones''
''augendas, locupletandas''
''sic contulisse, ut suæ theologiæ perfectam''
''idæam et specimen exhiberet''}}
<ref>{{lang|la|''Idem, ubi suprà'', ''pag.'' 18.}}</ref>. Cette pensée s’accorde assez bien
avec la préface que Calvin a mise au
devant de l’édition de l’an 1559.
Schultingius observe <ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 19.}}</ref> que la première
édition est de Bâle, 1536, ''in''-8{{o}} ;
que la seconde est de Strasbourg,
1539, ''in-folio'' ; que la troisième est
de Genève, 1545, ''in-folio'' et ''in''-8{{o}}. ; et
que la quatrième est de Genève, 1559,
''in-folio'' et ''in''-8{{o}}. ; que celle que l’université
d’Heidelberg fit faire, l’an
1572, est différente des autres en plusieurs
choses, et la pire de toutes ;
qu’on en fit deux à Lausanne avec
des scolies, l’une en 1576, l’autre
en 1585 ; que la traduction allemande
d’Heidelberg s’éloigne prodigieusement
<ref>{{lang|la|''Toto cœlo aberrat.'' Idem, ibidem.}}</ref> du texte de Jean Calvin ;
que la première, savoir celle de Bâle,
1536, n’est divisée qu’en huit chapitres
<ref>''Cependant il dit, page'' 39, ''qu’elle contenait''
''seize chapitres.''</ref>, et ne contient aucun avertissement
au lecteur ; que le Catéchisme
de Genève a été joint à la
troisième édition ; que Bellarmin, au
chap. IV du I{{e|er}}. livre ''{{lang|la|de Pontifice}}'',
allègue une édition de l’an 1554, et
montre en quoi elle est contraire à
l’édition qui suivit ; que l’édition de
Strasbourg, 1539, porte ce titre : {{lang|la|''Institutio''
''christianæ Religionis nunc''}}<section end="Schultingius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/189
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCHULTINGIUS.|181}}</noinclude><section begin="Schultingius"/>{{lang|la|''verè demùm suo titulo respondens,''
''auctore Alcuino : Argentorati, apud''
''Wendelinum''}} <ref>''Il fallait ajouter ici'' {{lang|la|Rihelium}}.</ref> {{lang|la|''mense augusto anno''
''Domini'' {{lié|1. 5. 3. 9.}}}}, et qu’on lit au
haut de l’épître dédicatoire : {{lang|la|''Potentissimo''
''illustrissimoque monarchæ magno''
''Francorum regi principi ac domino''
''suo Alcuinus''}}, ce qui insinue que
c’est Alcuin qui adresse la parole à
Charlemagne ; le faux nom d’Alcuin
ayant paru dans la première édition,
c’est à tort que l’on a mis à la seconde
''{{lang|la|nunc demùm suo titulo respondens}}''
<ref>{{lang|la|Schult., Biblioth. cathol., ''pag.'' 20.}}</ref> ; que l’on trouve beaucoup de
variations dans la doctrine de Calvin,
lorsque l’on confère ensemble les
éditions qu’il a données de ce livre
<ref>{{lang|la|''Calvinus in tempore editionum diversarum''
''et in doctrinâ Institutionum non sibi constat, sed''
''modis variis mutavit.'' Idem, ibidem, ''pag.'' 19.}}
''Voyez aussi le commencement de l’épître dédic.''
''du IV''{{e}}. ''tome.''</ref> ; que les éditions données par
les libraires, sans sa participation, varient
encore plus ; on y a joint, on y
a changé, on y a ôté beaucoup de
choses, selon le goût particulier de
certaines gens : {{lang|la|''Si sæpiùs et plures''
''editiones inveniantur, sunt typographorum,''
''non Calvini ; ibi sunt multa''
''adjecta, mutata, ablata pro judicio''
''privatorum hominum''}} <ref>{{lang|la|Schult., Biblioth. cathol., ''tom. I'', ''p.'' 19.}}</ref> ; que la
méthode de cet ouvrage est merveilleuse,
et qu’elle peut être comparée
aux Institutes de Justinien, qui, comme
le reconnaissent justement les
jurisconsultes, ont été dressées avec
tant d’ordre et de symétrie, que rien
plus. {{lang|la|''Methodus profecto adeò insignis''
''est et artificiosa, ut cum Institutionibus''
''Justiniani conferri possit,''
''quo libro jureconsulti meritò sentiunt,''
''nihil scriptum esse magis methodicè,''
''nisi fortè hoc alicui meritò displicere''
''possit quod de principiis theologiæ''
(''à quibus omnis ordiri debet disputatio'')
''non in I statim libro, ut fieri''
''oportuisse multi sentient, sed in ultimo''
''libro {{rom-maj|IV|4}} tractârit, nempè de auctoritate''
''ecclesiæ, pontificis, conciliorum,''
''et Sacræ Scripturæ. Methodum''
''Albertus Pighius valdè laudat et''
''filum orationis ac stylum dicendi''}} <ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 7.}}</ref>.
Qu’aussitôt que cet ouvrage de Calvin
fut sorti de dessous la presse à Strasbourg,
environ l’an 1545, Bernard
Cincius, évêque d’Aquila, en apporta
un exemplaire au cardinal Marcel
Cervin, légat du pape à la cour de
l’empereur <ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 39.}}</ref> ; que ces deux habiles
hommes ayant jugé que c’était un
livre plus dangereux que ne l’étaient
les autres écrits des luthériens <ref>{{lang|la|''Reliqua lutheranorum scripta esse dilutiora,''
''hoc acriùs mordere et fortiùs stringere.''
Idem, ibidem, ''pag.'' 39 et 40.}}</ref>,
le donnèrent à examiner à Albert Pighius,
qui, ayant jugé que Calvin
était un antagoniste digne de lui,
entreprit de le réfuter ; et qu’il commença
par la matière de la grâce et
du franc-arbitre, sur quoi il publia
dix livres contre Calvin ; qu’il avait
dessein d’en publier d’autres sur la
justification, et sur le principe de la
foi, mais que la mort l’empêcha de
les achever. {{lang|la|''Hic'' (Albertus Pighius)
''Calvinum nequaquàm contemnendum,''
''sed dignum antagonisten, quocum''
''congrederetur, in quem calamum''
''stringeret, ac pro pietate et orthodoxâ''
''fide decertaret judicavit. Quo factum''
''est, ut decem libros de gratiâ et''
''libero arbitrio contra Johan. Calvinum''
''in lucem emiserit, cui si diuturnior''
''vita superstes fuisset, proposuerat''
''etiam de justificatione hominis, et''
''de principiis credendorum contra''
''eundem Calvinum scribere, et ad ista''
''tria primaria puncta eisdemque annexa,''
''nempè de gratiâ et libero arbitrio,''
''de justificatione, de principiis''
''credendorum inchoatos non absolvit,''
''nec in lucem edidit''}} <ref>''{{lang|la|Idem, ibidem.}}''</ref>.
Faisons quelques notes sur ces récits
du chanoine de Cologne.
I. Premièrement, il faut établir
comme un fait certain <ref>''Voyez la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Calvin#ancrage_Calvin-(F)|(F)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Calvin|{{sc|Calvin}}]],
''tom. IV'', ''pag.'' 333.</ref> que l’épître
dédicatoire de l’Institution fut datée
de Bâle, non pas le 1{{e|er}}. d’août 1536,
comme portent plusieurs éditions
mais le 1{{e|er}}. d’août 1535, comme on le
voit dans quelques autres. C’est un
grand préjugé que la première édition
est de l’an 1535, puisqu’il y a beaucoup
d’apparence que l’ouvrage était
achevé d’imprimer lorsque l’auteur
data l’épître dédicatoire. S’il l’était,
nous aurions lieu de conclure que
exemplaire que l’on garde dans la bibliothéque
de Genève <ref>''Voyez la [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Calvin#ancrage_Calvin-(F)|même remarque]] de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Calvin|{{sc|Calvin}}]],
''tom. IV'', ''pag.'' 333.</ref>, qui est<section end="Schultingius"/><noinclude>
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Vous m’avez souvent demandé, mon ami, de
vous raconter un des mille événements dont
j’ai été témoin dans ma longue vie. Je vous
l’avais promis ; je n’oubliais pas, à mon âge on
n’oublie plus, mais je mettais une sorte de
coquetterie à choisir un sujet qui vous fût
agréable. Voici une aventure arrivée sous mes
yeux, dont je garantis l’authenticité, dont je
pourrais fournir des preuves si on me les demandait.
J’ai connu les deux acteurs principaux
de ce récit. Bien des gens pourront peut-être
retrouver leurs véritables noms.
Ces existences, incompréhensibles dans le
siècle où nous sommes, ont exercé bien des<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>imaginations. Chacun a voulu percer ce mystère
impénétrable pour tous. Le hasard m’a
mise à même d’en apprendre les détails, et je
les ai retenus afin de vous les écrire. Il est
inouï que deux hommes aient vécu ainsi dans
la société la plus distinguée de Paris, dans l’intimité
entière de plusieurs familles très-honorables,
et qu’ils aient disparu comme des météores
sans qu’on puisse connaître ni leur
commencement ni leur fin.
Attendez-vous donc à des choses étranges, à
des labyrinthes sans issues apparentes. Je ne
sais pas si j’aurai réussi à vous intéresser, mais
je vous assure que beaucoup de femmes de ma
connaissance ont écouté cette histoire comme
on écoute un conte de revenant.<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{T3|LA CHAMBRE BLEUE.|I}}
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Par un soir du mois de janvier 1775, la pluie
tombait à torrents, et tous les éléments semblaient
déchaînés à la fois. Les rameaux desséchés s’entrechoquaient
avec bruit, la nuit était si sombre qu’on
ne distinguait point à deux pas devant soi. À la
fenêtre d’un château situé près de la grande route
de Paris à La Ferté-sous-Jouarre se tenait une
femme enveloppée de coiffes qu’elle ramenait sans
cesse sur son visage et qu’elle retenait à peine, tant
la bise était aiguë. De minute en minute elle se<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/196
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|188|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>{{lang|la|''gentis matronâ convictus est ; cujus''
''tamen minis nondùm absterreri potuit,''
''quin Italis, ad quos posteà projectus''
''est'', gentilem hominem ; ''ut''
''Longobardi vocant, se Germanum''
''esse persuaderet''}} <ref>{{lang|la|Vita et Parentes Gasparis Schoppii, ''p.'' 141.}}</ref>.
Il est certain que Scioppius s’est
qualifié gentilhomme toute sa vie, et
qu’ayant su les médisances que les
amis de Scaliger avaient publiées, il
comparut devant les juges civils de
la chambre apostolique à Rome, pour
être reçu à faire preuve de sa noblesse
et de sa bonne conduite <ref>''Voyez le livre intitulé :'' {{lang|la|Oporiffi Grubinii
Amphotides Scioppianæ, ''pag.'' 28.}}</ref> ; et que
les témoins qu’il amena ayant été interrogés
juridiquement, on lui délivra
un acte scellé du sceau de la
chambre apostolique, par où il paraît
que les témoins déposèrent qu’il était
né gentilhomme, et de légitime mariage.
{{lang|la|''Sibi ex publicâ famâ et multorum,''
''qui id scire potuerint, testimoniis''
''constare, Scioppium legitimè natum''
''et ex nobili familiâ oriundum''
''esse, tametsi, majorum nobilitatem''
''paupertatis injuriâ propè jam extinctam''
''ejus demùm pater virtute suâ''
''gestisque honoratissimis muneribus''
''et officiis rursùs excitârit''}} <ref>{{lang|la|''Idem, ibidem'', ''pag.'' 31.}}</ref>. Il dédia
à son père l’un de ses livres <ref>''Ses Thèses'' {{lang|la|de Injuriis.}}</ref>,
où il ne dit autre chose de ses ancêtres
si ce n’est que son bisaïeul vécut
cent dix ans, et sa bisaïeule cent
cinq <ref>{{lang|la|Vita et Parentes Gasp. Schoppii, ''init.''}}</ref>. Il fit un voyage au Palatinat,
l’an 1608, pour recueillir la
succession de son père, ou plutôt
pour en obtenir la main-levée ; car
on dit que les magistrats s’en étaient
saisis à cause des malversations du
défunt, par rapport aux droits du
prince sur la bière, et à tels autres
impôts. {{lang|la|''Patre mortuo ad matrem''
''adeundæ hæreditatis causâ venisse''
''dicitur, quæ à magistratu eam ob''
''causam sequestrata putatur, quòd''
''pater..... publicum vectigal quod de''
''bonis ac cerevisiâ inferri ærario solet,''
''fraudârit, cujusmodi ibi fures, aut saltem''
''Norimbergeæ, severissimè plectuntur''}}
<ref>{{lang|la|''Ibidem'', ''pag.'' 151, 152.}}</ref>. Il nia ce péculat, et allégua
d’autres raisons pourquoi il ne pouvait
pas jouir de son patrimoine <ref>''Voyez les'' {{lang|la|Amphotides Scioppianæ, ''pag.''
190 ''et seq.''}}</ref>.
'''{{refa|Scioppius-(B)|(B)}}''' ''Il ne put voir sans orgueil sa''
''grande jeunesse jointe à un mérite imprimé.'' ]
{{M.|Baillet}}, qui l’a mis avec
raison dans le Catalogue des Enfans
célèbres, en parle ainsi : « Nous pouvons
envisager l’amour qu’il a témoigné
pour l’étude des lettres,
et son travail infatigable, que Dieu
a presque toujours récompensé
d’un grand succès, comme un
exemple qui mérite d’être proposé
aux jeunes gens. <ref group=*>(*) {{lang|la|Prolusion., ''pag.'' 202.}}</ref> Ottavio
Ferrari, Milanais célèbre, professeur
de Padoue, semble nous assurer
qu’il était homme de lettres
dès son enfance ; et il ajoute que
dès l’âge de seize ans il publia des
livres qui ont mérité l’admiration
des vieillards <ref>Baillet, Enfans célèbres, ''num.'' 69.</ref>. » Les paroles
d’Octavio Ferrari sont celles-ci : {{lang|la|''Ab''
''ineunte ætate ita totus litteris affixus''
''fuit, ut sexto decimo anno libros''
''evulgaret quos senes admirarentur''}}
<ref>{{lang|la|Octavius Ferrarius, ''in'' Prolusione ''cui titulus :''
Quo pretio Viri principes litteratos habuerint.}}</ref>. Dans une autre harangue il lui
donne cet éloge : {{lang|la|''Adolescentem ac''
''pænè puerum id ingenii, atque eruditionis''
''specimen dedisse, ut vix tribus''
''lustris expletis non unum opus''
''publici juris faceret, quod exactæ''
''ætatis judicium, totiusque antiquitatis''
''solidam cognitionem præ se ferret''}}
<ref>{{lang|la|''Idem, in'' Prolusione ''cui titulus'' : Litteratorum
funus.}}</ref>. Mais pour mieux faire, jugeons
de Scioppius par l’instruction qu’il
nous va fournir. Nous verrons qu’il
avait dix-sept ans à peu près lorsqu’il
publia son premier livre : c’étaient
des vers latins. {{lang|la|''Extant typis Heidelbergensibus''
''impressa complura Scioppii''
''carmina, anno'' 1593, ''cùm haud''
''etiam septimum decimum ætatis annum''
''complesset, antiquaria illa plus''
''satis, sic tamen ut variam eruditionem''
''accuratâ probatissimorum auctorum''
''lectione comparatam passim præferant :''
''quo ipso tempore etiam dialectica''
''et rhetorica æquales et convictores''
''suos, illustres nobilesque''
''adolescentes, cùm eos à magistris''
''suis negligi doleret, docere, ausus''
''est''}} <ref>{{lang|la|Oporinus Grubinius Amphot. Scioppian.,
''pag.'' 39.}}</ref>. Pour savoir combien de livres
il publia avant l’âge de {{tiret|vingt|-quatre}}<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/197
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCIOPPIUS.|189}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>{{tiret2|vingt-|quatre}} ans, il ne faut que jeter la
vue sur cette liste. Souvenons-nous
qu’il courait sa dix-septième année
l’an 1593, comme il vient de nous
l’apprendre. {{lang|la|''Verisimilium libri quatuor :''
''editi Noribergæ'', {{in-8°}}., ''apud''
''Paulum Kaufmannum, anno'' 1595.
''Disputatio de Injuriis, apud eundem'',}}
{{lang|la|{{in-4°}}., 1597. ''Suspectarum Lectionum''
''libri quinque, apud eundem'', {{in-4°}}.,
anno 1597. ''Commentarius de Arte''
''criticâ, Noribergæ'', {{in-8°}}., ''apud''
''Valentinum Furmannum, anno''
1597. ''Notationes criticæ in Phædrum,''
''cum Ritthersusii in eundem''
''scriptorem Commentario, editæ Lugduni''
''Batavor.'', {{in-8°}}., ''apud F. Raphelengium,''
''anno'' 1597. ''Libellus de''
''suâ ad catholicos migratione'' }}<ref>Fréhérus ''se trompe donc à la page'' 775 ''de''
''son'' Théâtre, ''où il dit que'' Scioppius ''se fit papiste,''
''l’an'' 1601.</ref>{{lang|la|,
''deque auctoritate Ecclesiæ in Sacrâ''
''Scripturâ interpretandâ editus Romæ,''
''apud Zannetum'', {{in-8°}}., 1599.
''Epistola de variis Fidei Controversiis,''
''ad primarium quendam Germaniæ''
''jurisconsultum, Ingolstadii'',}}
{{lang|la|{{in-4°}}., ''apud Angermarium, anno''
1599}} <ref>''Ces titres sont pris de l’''{{lang|la|Indiculus}} ''des ouvrages''
''de Scioppius, qui est à la tête des'' {{lang|la|Amphotides
Scioppianæ.}}</ref>.
On dit qu’il faut ajouter à cette
liste le Commentaire sur les Priapées,
dont l’épître dédicatoire est datée
d’Ingolstad l’an 1595, et que l’auteur
affecta de ne point faire paraître
dans le Catalogue de ses ouvrages,
parce que ses ennemis lui faisaient
un crime d’avoir ainsi commenté un
recueil de vers aussi impur que les
Priapées. Il se défendit de ce reproche
en niant le fait ; et soutint que
ce Commentaire était un ouvrage de
Goldast, qui par une insigne supercherie
l’avait publié, disait-il, comme
un ouvrage de Scioppius <ref>''Voyez les'' {{lang|la|Amphotides Scioppianæ, ''pag.''
102 ''et seq.''}}, ''et sa lettre'' {{lang|la|ad Saülum Mercerum}}, ''à''
''la fin du'' {{lang|la|Scaliger hypobolimæus.}}</ref> : en
tous cas, il prétendit que Scaliger,
qui avait fait des commentaires sur
les Priapées et sur Catulle, et Douza,
qui en avait fait sur Pétrone, lui
devaient servir de bouclier. Mais c’était
donner le change ; car le véritable
sujet de l’accusation n’était pas
qu’il eût commenté des vers impudiques,
mais qu’il eût rempli d’un si
grand détail d’ordures son Commentaire
<ref>{{lang|la|''Lusus diversorum in Priapum poëtarum''
''libero commentario illustravit, quo post hominum''
''memoriam, nihil fœdius ab ullo cinædo aut''
''lubidini omnium postituto in lucem editum fuisse''
''omnes fatentur.'' Vita et Parentes Gaspar. Schoppii,
''pag.'' 142.}}</ref>. Outre qu’il y avait inséré
une complainte sur ce que les
hommes n’ont pas reçu de la nature
la même force que les moineaux. On
ne laissa pas tomber cet endroit, on
le berna là-dessus dans la satire,
''{{lang|la|Hercules tuam fidem}}'' <ref>''Pag.'' 59. ''Voyez aussi'' {{lang|la|Merici Casauboni
Pietas}}, ''pag.'' 21.</ref>. Il le méritait
assurément ; car voici sa réflexion.
{{lang|la|''Cùm Ingolstadii agerem,''
''vidi è regione musæi mei passerem''
''coitum vicies repetentem, et indè''
''adeò ad languorem datum, ut avolaturus''
''in terram decideret. En''
''sortem iniquam ! Hoc passeribus datum,''
''negatum hominibus ? Næ qui''
''facinus hujusmodi imitari ausit, faxim''
''ut Picos qui aureos montes colunt''
''divitiis ille solus superet. Præ milite''
''Plantino omnes eum sectaturas fœminas''
''scilicet''}} <ref>{{lang|la|Scioppius, Commentar, in Priapeiâ,
''carm.'' XXV, ''pag.'' 35, ''edit.'' 1664, {{in-8°}}.}}</ref>.
Prenez garde à ces deux choses.
1{{o}}. Ceux qui prirent son parti nièrent
qu’il eût composé ce Commentaire
sur les Priapées. 2{{o}}. L’on amplifia,
l’on empoisonna sa réflexion
sur la prétendue félicité des moineaux.
Sur le premier chef, j’allègue
pour preuve ces paroles de l’auteur
du petit livre ''{{lang|la|de tribus Capellis}}'' :
c’était un jésuite, comme on l’a vu
dans un autre endroit <ref>''Dans l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Matman|{{sc|Matman}}]], ''tom. X'', ''p.'' 352.</ref>. {{lang|la|De Commentario
si tibi, Josephe, Scioppius
hoc dicat : ''Scripsi, fateor, commentarium''
''in Priapeiâ ; sed septenum''
''denum annorum puer, sed in hæreticorum''
''scholis institutus, sed exemplo''
''tuo invitatus. Atque nollem id factum.''
''Et si fas dicere'' (''sed fas'') ''cùm''
''illa scribebam'', optarem nullas tunc
habuisse manus. ''Quid hoc autem,''
''Burdo, dic, tuâ fide, ad rem attinet ?''
''Num tu idcircò Scaligerum te esse''
''evinces, quia Scioppius nescio quid''
''ineptiarum per ludum atque jocum''
''puer verius, quàm adolescens olim''
''chartis illevit, quod nunc ævi consiliique''
''maturior, vero vultu'' damnat
et opus..... ''Hoc igitur tibi si dicat''
''ille, non te elinguem protinùs, et''}}<section end="Scioppius"/><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|190|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>{{lang|la|''Burdonem efficiat ? Quid si autem''
''dicat hoc Scioppius tibi quod dixit''
''jam aliis priùs, non scripsi. Scripsit''
''ea verò, inquit : certè vulgavit'' quidam
quem dicere nolo, ''quia tu illum''
''ignorare non potes''}} <ref>{{lang|la|Cornelius Denius Brugensis, ''in'' Capellis,
''pag. m.'' 320, 321.}}</ref>. Il semble
qu’il y ait là des obliquités qui
soient l’aveu de sa faute : mais dans
le fond on la nie nettement. Et notez
que Scioppius fit tant de cas du {{lang|la|''tres''
''Capellæ''}}, qu’il inséra cet écrit dans
l’un de ses livres <ref>''Dans les'' {{lang|la|Amphotides Scioppianæ}}, ''qu’il''
''publia en'' 1611 : ''je me sers de cette édition.''</ref>. Quant au second
chef, je n’ai qu’à citer l’auteur
de la Censure de la Doctrine curieuse
du père Garasse ; voici ses paroles :
''pag.'' 705. Garasse ''dit qu’il parut, ces''
''années, un livret anonyme d’un des''
''nouveaux dogmatisans, lequel, ayant''
''considéré la chaleur infatigable avec''
''laquelle les pigeons et passereaux se''
''font l’amour, fit vœu de renoncer au''
''Paradis, si Dieu le transformait en''
''pigeon ou passereau. Garasse ne se''
''doit point mettre en peine du nom de''
''ce nouveau dogmatisant : c’est son''
''bon ami Scioppius, ce grand homme''
''de bien, cet esprit très-excellent,''
''qui fait ce beau et religieux souhait''
''en ses Commentaires'' {{lang|la|in Priap.}}, pag. 63
<ref>Censure de la Doctrine curieuse, ''p.'' 190.</ref>. Il est sûr que {{M.|Ogier}} <ref>''C’est celui qui fit la'' Censure de la Doctrime
curieuse, de Garasse.</ref> calomnie
là Scioppius, ce vœu de renonciation
au Paradis ne se trouvant
point dans l’endroit qu’il cite.
Je crois pouvoir dire que si l’un
des ouvrages de Scioppius formait
quelque préjugé désavantageux contre
ses mœurs, tous ses livres en
général étaient une preuve qu’il n’était
point débauché ; car s’il eût
perdu du temps à faire l’amour et
à boire, il n’eût su produire les
écrits qu’il publiait. Ils ne pouvaient
être que le fruit d’une forte application,
et ils demandaient un attachement
continuel et opiniâtre à l’étude
et à la conversation des savans. Aussi
voyons-nous qu’il prend à témoin les
professeurs de l’académie d’Altdorf,
et ceux d’Ingolstad, que la vie qu’il
avait menée était toute différente de
celle de la jeunesse qu’ils instruisaient
<ref>''Voyez les'' {{lang|la|Amphotides}}, ''pag.'' 40 ''et seq.''</ref>. Il cite un poëme qu’il
publia pour exhorter le recteur Wésembécius
à faire cesser les débauches
des écoliers. {{lang|la|''Cùm'' Petrus Wesenbecius
jurisconsultus ''academiæ''
''rector creatus fuisset, longum Scioppius''
''carmen Noribergæ imprimendum''
''dedit, quo corruptos juventutis mores''
''acerbè describit, ipsumque rectorem''
''cohortatur, ut disciplinam restituere,''
''frena nimis laxata contrahere, nominatim''
''verò cristatorum pileorum usu''
''et nocturnis commessabundæ juventutis''
''concursationibus interdicere academicis''
''velit, in contumaces verò''
''et refractarios severè animadvertat''}}
<ref>{{lang|la|Amphotides Scioppianæ}}, ''pag.'' 40, 41.</ref>. Il allègue une Épître dédicatoire
où il déclara pourquoi il
avait si peu d’amis, et pourquoi les
écoliers le regardaient comme un misanthrope ;
c’est qu’il fuyait leurs collations,
leurs promenades, leurs
ivrogneries, et qu’il demeurait collé
à son cabinet depuis le matin jusques
au soir. {{lang|la|''Frequentes istas adolescentibus''
''compotationes ut fugiam suadere''
''mihi potest vel valetudinis ratio,''
''quam diligenter cordi habeo, vel consilium''
''quod à meis præceptoribus neglectus,''
''et ceteroquin ingenio non''
''nimis docili præditus jam olim cepi,''
''de studiis solidum diem ab usque mane''
''ad vesperam sine ullo potu et cibo''
''naviter persequendis, vel curâ denique''
''quam in majoribus meis imitandis''
''ponere decrevi, etc. Aliis itaque pro''
''divinitate et facilitate ingenii sui, ad''
''quæ ego impenso labore meo et indefesso''
''studio adspiro nihil agendo''
''vel commessando consequuntur, per''
''me quidem potare, plurimosque''
''sibi hâc comitate suâ amicos parare''
''licet : dùm mihi vicissim hoc non''
''ægrè largiantur, ut quam illi ex cauponis''
''ego ex laboribus voluptatem''
''capiam, et laudem continentiæ, ut''
''ego voco, ut illi, morositatis, à majoribus''
''meis acceptam et in me transmissam,''
''studiosè conservem, etc.''}} <ref>''Ibidem'', ''pag.'' 43, 44. ''Voyez ci-après la''
''remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scioppius#ancrage_Scioppius-(Y)|(Y)]].</ref>.
Il passa à bon droit pour avoir été un
malhonnête homme ; mais ses fautes,
comme celles de quelques autres savans
orgueilleux, satiriques et emportés,
étaient non pas des déréglemens
du corps, mais des vices de esprit.
'''{{refa|Scioppius-(C)|(C)}}''' ''Les titres pompeux qu’il se''
''donnait.'' ] Il fut fait patrice de Rome,<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|194|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>{{lang|la|''{{tiret2|multi|plicem}} jacturâ natis expiare culpam''
''cogat.''}}
'''{{refa|Scioppius-(G)|(G)}}''' ''Il attaqua.…. le roi d’Angleterre''
''sans aucun ménagement.'' ] Voyez
entre autres livres son {{lang|la|''Ecclesiasticus''
''auctoritati serenissimi D. Jacobi''
''Magnæ Britanniæ regis oppositus''}},
imprimé l’an 1611, et son {{lang|la|''Collyrium''
''regium Britanniæ regi graviter ex''
''oculis laboranti muneri missum''}}, imprimé
la même année. Mais surtout
voyez sa ''{{lang|la|Corona regia}}'' <ref>''Voyez l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Putéanus|{{sc|Putéanus}}]], ''tom. XII'',
''pag.'' 368, ''remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Putéanus#ancrage_Putéanus-(F)|(F)]].</ref> ; car je
persiste à soutenir que c’est son ouvrage
<ref>''Voyez'' {{lang|la|Forreus, ''in'' Mantissâ Ant-Anatom.
Jesuiticæ, ''pag.'' 63.}}</ref>. Ferrarius, qui l’a tant
loué, lui reproche comme un grand
défaut d’avoir critiqué et satirisé
toutes sortes de personnes, sans épargner
même les puissances souveraines,
et les têtes couronnées. {{lang|la|''Cùm''
''quæ de ejus ingenio, doctrinâ, immensisque''
''in re litterariâ laboribus''
''infitiari non posset, quæ essent totius''
''orbis testimonio comprobata,''
''vertit accusationem nimiamque ejus''
''ingenii asperitatem, judiciumque subausterum,''
''omnibusque infestum arguebat.''
''Nam ne ipsis quidem regibus''
''supremisque potestatibus unquàm pepercisse,''
''cùm nimiâ, ac penè cynicâ''
''detrahendi libidine omnes ordines non''
''solùm multo sale defricaret, sed in''
''omnem verborum etiam prætextatorum''
''amaritudinem effusus, ipsa litterarum''
''capita virosque superum''
''cultu reverendos totis voluminibus''
''concideret, asperisque facetiis jocum''
''ac ludibrium faceret''}} <ref>{{lang|la|Octavius Ferrari, ''in'' Litteratorum funere.}}</ref>. La principale
raison pourquoi son ''{{lang|la|Ecclesiasticus}}''
fut brûlé à Paris était l’insolence
qu’il avait eue d’y répandre de
sanglans outrages contre Henri-le-Grand.
Voyez le continuateur de
{{M.|de Thou}}, au livre V, page 314,
sous l’an 1612.
'''{{refa|Scioppius-(H)|(H)}}''' ''Il se glorifia des plaies.'' ] J’ai
déjà cité le livre où il rend compte
de l’emploi de ses talens : on y trouve
que les domestiques de l’ambassadeur
d’Angleterre attaquèrent Scioppius
dans Madrid, l’an 1614, et croyant
l’avoir tué s’écrièrent, Courage, courage !
nous avons enfin ôté du monde
ce grand papiste. {{lang|la|''Sicariorum undecim''
''de familiâ oratoris anglici, qui''
''cùm anno'' 1614, ''Madriti Scioppium''
''multis vulneribus, ut rebantur, confossum''
''pro mortuo relinquerent, ita''
''sibi per vias rem præclarè gestam''
''gratulantes audiebantur :'' Euge, jam
tandem magnum illum papistam jugulavimus.
''Quâ de re typis descripta''
''extat narratio, quæ'' Legatus Latro
''inscribitur''}} <ref>{{lang|la|Gasp. Scioppius, Pædia humanarum ac
divinarum Litterarum, ''pag.'' 26.}}</ref>. {{M.|Colomiés}} a publié
une lettre où Scioppius déclare
qu’il a été persécuté par les protestans,
et qu’ils lui ont tiré des arquebusades
et des estocades, jusques à
croire qu’ils l’avaient tué ; mais
qu’encore qu’il se fût rendu odieux
aux hérétiques, pour avoir écrit fortement
en faveur de l’autorité ecclésiastique
des papes, il se regarderait
comme un hérétique plus pernicieux
que Luther et que Calvin, s’il écrivait
selon les principes de Baronius
en faveur de la prétendue puissance
papale sur le temporel des rois. {{lang|it|''Io''
''per difender l’apostolato del papa ho''
''scritto tanti libri, quante forse nissun''
''altro, e fui perseguitato da protestanti,''
''che mi tirarono delle archibugiate, e''
''stocate, e ri lasciarono per morto. Ma''
''Dio mi guardi che non mi metta mai''
''a dir una parola sola in difesa del''
''dominato, con che mi farei maggior''
''heretico che Luthero e Calvino, si''
''come piu volite con vostra D. Reverendissima''
''mi sono dichiarato, e spero''
''di morir buon catolico romano a''
''dispetto della corte romana e di tutti''
''i suoi adulatori''}} <ref>Lettre de Scioppins au père Fulgence,
théologien de la république de Venise. ''Elle est''
''datée de Padoue, le'' 9 ''de juin'' 1636. ''{{M.|''Colomiés}}
''l’a insérée dans ses'' {{lang|la|Observationes sacræ, ''pag.'' 6
''et seq}}.''</ref>. Il paraît, par la
fin de ce passage, que l’auteur n’était
guère satisfait de la cour de Rome. Il
venait de dire <ref>{{lang|it|''So bene che egli per ignoranza ed inavvertenza''
''scrisse molte cose falsissime ; di tal maniera''
''che un padre di San-Benedetto, mio allievo,''
''dice di aver raccolto due mila errori di suoi''
''Annali, ed io giudico che importi non poco, che''
''quest’ uomo sia discreditato, come nemico della''
''giuridizzione di tutti à sovrani principi, li quali''
''volse ancora''}} {{lang|la|in temporalibus}} ''{{lang|it|soggettare al papa.}}''
{{lang|la|Ibidem, ''pag.'' 8.}}</ref> qu’il importe que
Baronius soit décrédité comme l’ennemi
des souverains, et de reconnaître
que les Annales de ce cardinal
contiennent plusieurs mensonges, et
qu’un bénédictin y en avait recueilli<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCIOPPIUS.|195}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>deux mille <ref>''Conférez ce que dit'' Patin, ''dans les'' Nouvelles
de la République des Lettres, ''avril'' 1684,
''pag.'' 117.</ref>. Scioppius ne parlait
pas de la sorte quand il écrivait
contre le roi Jacques son ''{{lang|la|Ecclesiasticus}}''
qui fut brûlé à Paris. Il se glorifie
de la flétrissure de ce livre, et
il raconte que son effigie fut pendue
en Angleterre dans une farce qu’on
joua devant le roi. Il dit même que
la ligue protestante décida qu’il était
du bien public que Scioppius fût mis
à mort ; ce qui obligea l’ambassadeur
de sa majesté catholique à l’envoyer
à Milan. Voici le sixième article des
comptes qu’il rend de son administration.
<ref>{{lang|la|Scioppius, Pædia, ''pag.'' 25.}}</ref> {{lang|la|''Contemptus mortis : cujus''
''specimen est ecclesiæ et sedis apostolicæ''
''defensio.'' 1{{o}}. ''Contra Gallos à''
''quibus ecclesiasticus ejus publicè crematus''
''fuit, quem tamen librum cardinalis''
''Bellarminus, aliique magni''
''theologi summis tulerunt laudibus.''
2{{o}}. ''Contra regem Angliæ, cujus,''
''librum quatuor diversis libris editis''
''profligavit : qui proptereà scripto publico''
''remedium ei violentum fuit comminatus,''
''ejusque libros in foro exurendos''
''curavit. In mimo tandem, seu''
''comœdiæ ludicro coram se acto personam''
''ejus induci fecit, hancque in''
''ipsum pœnam statui, ut faucibus''
''fune elisis animam per inferiorem''
''gutturem exploderet'' }}<ref>''Voyez'' {{lang|la|Merici Casauboni Pietas}}, ''pag.'' 23.</ref>{{lang|la| : ''velut in''
hæretici Elenchomeni ''præfatione videre''
''est.'' 3{{o}}. ''Contra principes protestantes''
''fœderis Hallensis socios,''
''qui Rotemburgi in concilio decreverunt,''
''ipsis Scioppio sublato omninò''
''opus esse : quæ oratori hispanico D.''
''Baltasari Zunicæ causa fuit, ut eum''
''Germaniâ relictâ Mediolanum concedere''
''juberet, Insubriæque præsidi''
''salutem ejus litteris accuratissimè''
''commendaret.''}}
'''{{refa|Scioppius-(I)|(I)}}''' ''Des reproches'' de sa prison de
Venise ''mal circonstanciés.'' ] Il s’en
faut tenir à la narration de frère
Fulgence. La voici <ref>Vie du père Paul, ''pag.'' 191, ''édition de''
''Leyde'', 1661.</ref> : « Dans-ce
temps que ces controverses étaient
déjà accommodées à Venise, y
arriva Gaspar Scioppius, homme
beaucoup connu au monde par
tant de livres qu’il a fait imprimer :
il venait de Rome pour passer,
comme il disait, en Allemagne, où
il allait pour y porter, comme on
apprit, un écrit injurieux à la république,
pour l’y faire imprimer ;
et autres écritures remplies d’impiétés,
comme celle d’un certain
religieux dominicain, nommé Thomas
Campanella.....… <ref>''Là même'', ''pag.'' 192.</ref> Que ce
fût pour cette raison ou pour quelque
autre cause secrète, il est
certain qu’il tomba dans la disgrâce,
et que par ordre public il
fut arrêté trois ou quatre jours,
après lesquels on lui ordonna de se
retirer promptement. Avant que
ce malheur lui arrivât il eut conférence
avec le père, dans laquelle
ils discoururent fort long-temps
des belles-lettres, et particulièrement
de la doctrine des anciens
stoïques, qu’il professait vouloir
retirer de l’obscurité, et mettre à
la plus grande lumière du monde,
aussi bien que beaucoup d’autres
de ses savantes pensées, y entremêlant
même beaucoup de matières
d’état, et plus particulièrement
de celles des protestans d’Allemagne.
Après quoi, prenant le même
père à part, il commença à lui remontrer
que le pape, en qualité
de grand prince, avait les mains
fort longues ; qu’ainsi il ne pouvait
qu’il ne lui mésarrivât, puisqu’il
tenait avoir été beaucoup offensé
par lui ; qu’aussi n’eût-il pas manqué
de l’avoir fait tuer, s’il eût
voulu s’en venger de cette sorte.
Mais que le pape n’avait autre dessein
que de le prendre vif, le faisant
enlever de Venise même, pour le
conduire à Rome ; nonobstant
quoi il s’offrit, lui, pourvu qu’il le
consentît, de traiter sa réconciliation
avec autant d’avantage et
d’honneur qu’il en pourrait souhaiter :
affirmant encore qu’il avait
commission de faire bien des traités
avec les princes allemands,
même touchant leur conversion.
Le père répondit qu’il ne savait
pas avoir fait aucune chose pour
laquelle sa sainteté dût se tenir
offensée <ref>''Dans ce que je supprime ici, est contenu''
''le passage de l’Homicide de soi-même, que je rapporte,''
''ci-dessus, article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Saint-Cyran|{{sc|Saint-Cyran}}]], ''pag.''
37, ''citation'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Saint-Cyran#ancrage_Saint-Cyran-(6)|(6)]].</ref>... <ref>Vie du père Paul, ''pag.'' 195.</ref> Qu’au reste il<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Discussion:La Tourelle de Saint-Étienne
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Cunegonde1
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wikitext
text/x-wiki
{{Infoédit
|1= La Tourelle de Saint-Étienne ; ou le séminaire de Vénus. Chronique historique traduite du latin par un clerc tonsuré ; [[Auteur: Anonyme| Anonyme]].
|2= [https://go.gale.com/ps/anonymous?id=GALE{{!}}NHCWIF936205856 Private case of the British library]
|3=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 29 avril 2026 à 05:28 (UTC)
|4= {{4/4}}
|5=
|6=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 29 avril 2026 à 05:28 (UTC)
}}
=informations sur cette édition=
# Voir la note dans la ’’Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour’’... par le C. d’I*** (J. Gay), Bécour, 1897, T. 3, col. 1222 : « Tourelle (la) de Saint-Étienne, ou le Séminaire de Vénus, chronique traduite du latin par un clerc tonsuré. A Cythère (Paris), in-18 de 95 pages, avec 6 lithographies licencieuses. — Réimpression moderne allemande : Cythère, chez le gardien du temple (Stuttgard, Scheible), s. d., in-32 de 133 pages, avec cette épitaphe :<br/>''C’est bien connu, les gens d’église<br/>Sont très fervens en paillardise.''<br/>Mauvaise composition moderne dirigée contre M. de Quélen, archevêque de Paris, contre les moines et les nonnes ; c’est sale et sans le moindre esprit. — L’action roule depuis le Consulat jusqu’aux premières années du règne de Louis-Philippe.<br/>Destruction ordonnée 1er par arrêt de la cour d’assises de la Seine du 21 août 1831 ; 2e par jugement du tribunal correctionnel de la Seine du 10 février 1852. »<br/><br/>
# Voir la note dans ’’les Livres de l’Enfer’’, par Pascal Pia, éd. 1998, Fayard, p. , col. : « La Tourelle / de Saint-Etienne / ou / le Séminaire de Vénus. / Chronique historique, traduite du latin par un clerc tonsuré. / C’est bien connu, les gens d’église / Sont très fervens en paillardise, / Ces messieurs fêtent sans façon / Tantôt le cu, tantôt le con. / - / À Cythère, / chez le gardien du temple.<br/>1 vol. in-12 couronne (9 x 15,3) de 2 ff.n.ch. (faux-titre et titre), VIII pages (Introduction), et 96 pages, plus six lithographies libres, dont une en frontispice. Couverture muette, papier bulle.<br/>Ouvrage obscène, publié à Paris vers 1830, et qui visait Mgr de Quélen, archevêque de Paris, les moines et les nonnes. L’auteur en a situé l’action depuis l’époque du Consulat jusqu’aux débuts de la monarchie de Juillet. Peut-être est-ce au même auteur qu’il faudrait attribuer Le Tartufe libertin (v. ce titre). Il semble en tout cas que ces deux ouvrages aient eu le même éditeur clandestin.<br/>Deux condamnations ont été prononcées au sujet de cet ouvrage: la première, le 21 août 1831, par la cour d’assises de Paris : la seconde le 10 février 1852, par le tribunal correctionnel de la Seine.<br/>B.N. Enfer, 787. Demi-rel. maroquin rouge, plats papier marbré brun, dos orné d’une étoile dans chaque caisson, tranches peigne.<br/>B.N. Enfer, 788. Autre exemplaire, non rogné, cart. papier marbré rouge.
=voir aussi=
On peut consulter également {{Présentation|Satan et Ève/Présentation}} [[Satan et Ève]], un autre texte dans le même esprit et du même éditeur (d’après la mise en page et les figures).
iucd86i9jrzyvgyhb3dcz864hhkvwtf
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|202|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>fut chargé, on continue de cette manière
<ref>{{lang|la|Octavius Ferrarius, ''in'' Prolusione ''cui titulus''
Funus Litteratorum.}}</ref> : {{lang|la|''Donec inanium pertæsus''
''in se ipsum recederet, et partim Mediolani,''
''partim in hâc urbe'' }}<ref>''C’est-à-dire à Padoue.''</ref>{{lang|la| ''victuris''
''æternum libris bonâ fide posteritatis''
''negotium transigeret. Eos libros''
''in ore famæ in commendatione''
''omnium versari. Quumque per omnes''
''ferè disciplinas capax ingenium circumtulerit,''
''duo tamen in ipso sine''
''exemplo satis exprimi, nedùm laudari''
''posse, judicii vim in aliorum''
''scriptis æstimandis, et ad latinæ''
''orationis censuram exigendis miram,''
''atque exactam, tantam verò sacrarum''
''litterarum peritiam, quantam''
''fortassè nullus ad hanc diem quantamque''
''nemo credat, qui illam auribus''
''non usurpârit. Ut, quod olim de''
''Esdrâ dictum est, deperditos linguæ''
''sanctæ codices, solus reparare potuerit.''
''Scilicet usque ad extremam senectam,''
''nuntio rebus humanis remisso,''
''noctù diùque in sacrarum litterarum''
''commentatione incredibili labore versatum,''
''ut ipsum adeuntibus per plures''
''horas uno veluti spiritu infinita''
''sacræ paginæ loca inusitatâ memoriæ''
''felicitate stupentibus, atque attonitis''
''repræsentaret, atque ex ipsis divinæ''
''sapientiæ penetralibus arcana etiam''
''doctissimis ignorata exprimeret. Nimirùm''
''cum rarò alias prodire in publicum''
''soleret, extremis temporibus''
''quatuordecim annos domo, ac fermè''
''angusto cubiculo clausum diebus''
''noctibus jungentem lucubrare perpetuò''
''solitum, cùmque à doctis inviseretur,''
''ne unquàm à litteris abscederet''
''variis, ac festivis de re litterariâ sermonibus''
''profundæ eruditionis fructus''
''uberrimos communicare consuevisse,''
''huncque ipsi ludum, hoc''
''otium, hoc laborum levamen semper''
''fuisse. Nec mirum si ætate exactâ''
''plures libros à se confectos, quàm''
''annos numeraret, ejusque opera vel''
''magnam, bibliothecam instruere possent,''
''ipse viva ac perambulans bibliotheca''
''meritò appellaretur''.}}
L’ascendant qu’il eut sur ses adversaires
est une espèce de prodige. Nous
avons cité ci-dessus un passage des
enfans célèbres, où l’on avoue <ref>Baillet, Enfans célèbres, ''article'' 69.</ref>
que ''Dieu a presque toujours récompensé''
''d’un grand succès'' son travail
infatigable. Rapportons la suite de ce
passage <ref>''Là même.''</ref> : ''Dieu ne permit pas''
''que le travail excessif de ses études''
''la {{corr|fit|fît}} mourir, ou qu’il fût nuisible à''
''sa santé ; mais il voulut le souffrir''
''dans le monde pendant une vingtaine''
''d’olympiades, et peut-être plus''
<ref>''{{M.|''Baillet''}}, dans les'' Jugemens des Savans
sur les Crit. gramm., ''num.'' 535, ''dit qu’il a''
''vécu plus de quatre-vingts ans : il est sûr qu’il''
''n’en a vécu que soixante-treize.''</ref>, ''pour l’exécution de ses desseins''
''et pour l’exercice de bien des gens.''
'''{{refa|Scioppius-(P)|(P)}}''' ''Il fallut qu’il essuyât mille injures,''
''et il se défia même..... de''
''sa plume.'' ] Peu après la publication
du ''{{lang|la|Scaliger hypobolimæus}}'', on vit
paraître quelques écrits fort outrageans
contre lui. Baudius, en vers,
Heinsius <ref>''C’est lui qui fit la satire intitulée :'' {{lang|la|Hercules
tuam fidem, sive Munsterus hypobolimæus}},
''et un autre écrit intitulé'' : {{lang|la|Virgula divine, sive
Apotheosis Lucretii Vespillonis.}}</ref>, en prose, prirent le
parti de Scaliger. Un autre fit une satire
sanglante intitulée : {{lang|la|''Vita et Parentes''
''Gasparis Scioppii.''}} Scaliger ne demeura
pas les bras croisés ; il publia
''{{lang|la|Confutatio Fabulæ Burdonum}}'' sous
le nom de Janus Rutgersius, qu’il
ne désigna que par des lettres initiales
J. R. <ref>''Voyez'' {{lang|la|Thomasius, ''præf. in'' Orationes
Mureti}}, ''pag.'' 24.</ref>. Barthius se mit de la
partie, et fit trois satires contre
notre Scioppius : j’en parle ailleurs
<ref>''Dans l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Barthius|{{sc|Barthius}}]], ''tom. III'', ''pag.''
151, remarque [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Barthius#ancrage_Barthius-(Q)|(Q)]].</ref>. Voici le titre de quelques autres
écrits contre le même homme :
{{lang|la|''Alberti de Albertis Lydius lapis''
''ingenii, spiritûs, ac morum Gasparis''
''Scioppii. Ejusdem Vindiciæ generales''
''adversùs famosos Scioppii libellos''
''in jesuitas''}}, à Munich, 1649, ''in''-12.
{{lang|la|''Henrici Wottoni Epistola de G.''
''Scioppio, cui propter argumenti similitudinem''
''etiam alia adjecta sunt''}}, à
Amberg, 1637. L’un des principaux tenans
des jésuites contre lui fut le père
Laurent Forérus, qui publia {{lang|la|''Grammaticus''
''Proteus, arcanorum societatis''
''Jesu Dædalus dedolatus, et genuino''
''suo vultu repræsentatus : accessit''
''Auctarium Animadversionum in Gasparis''
''Scioppii Ecclesiasticam Astrologiam''}},
à Ingolstad, 1636, ''in''-8{{o}}. {{lang|la|''Appendix''
''ad Grammaticum Proteum''
''quid de Relatione Alphonsi de {{tiret|Var|gas}}''}}<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCIOPPIUS.|203}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>''{{lang|la|{{tiret2|Var|gas}} sit sentiendum}}'', là même, en la
même année, ''in''-8{{o}}. ''Les jésuites'', ce
sont les paroles de {{M.|Baillet}} <ref>Baillet, Jugemens des Savans sur les
Crit. gramm., ''num.'' 535.</ref>
''nous le dépeignent comme le plus''
''grand fripon et le plus scélérat des''
''hommes, et comme la peste publique''
''des lettres et de la société humaine.''
''En effet les plus grands hommes du''
''siècle se plaignaient de lui presque''
''tous d’une voix, catholiques, hérétiques''
''et les déistes même ; et tous donnaient''
''leurs suffrages pour sa proscription,''
''parce qu’il attaquait indifféremment''
''tout le monde ; qu’il déchirait''
''la réputation des plus honnêtes''
''gens avec autant de plaisir que d’impudence,''
''et qu’il faisait gloire de''
''n’épargner ni la qualité ni le mérite.''
Ferrarius, qui l’a tant loué, reconnaît
qu’on le contraignit d’entendre des
histoires mal plaisantes <ref>{{lang|la|''Ita multorum in se odia concitâsse, ut''
''amaras ipse quoque historias audire cogeretur,''
''bellisque plusquàm civilibus Musarum pacem inquietaret.''
Ferrar., ''in'' Prolusione ''cui titulus'' : Funus
Litteratorum.}}</ref>.
J’ai dit qu’il ne se fia pas toujours
à sa plume, et voici le fait. Un grand
fanfaron dans la république des lettres
se plaisait à maltraiter Scioppius,
et à le ranger au plus bas étage
des gens d’étude. Il le menaça même
d’un livre qui le convaincrait aux
yeux de toute la terre de n’être qu’un
franc ignorant. Scioppius lui envoya
signifier qu’il eût à se taire, et que
s’il continuait à le chagriner il se
ferait des affaires, non pas au tribunal
du Parnasse, devant les Muses,
mais au tribunal des magistrats ; que
Scioppius, mettant bas les armes de
l’érudition, n’emploierait point d’autres
écritures que celles que les
greffes de Boulogne lui pourraient
fournir. Qu’il y ferait lever les
informations et la sentence par laquelle
ce personnage fut déclaré convaincu
de plusieurs crimes. Voilà,
dit-il, de quelles armes je me servirai,
s’il continue de m’importuner.
Quand cet homme eut ouï cette menace,
il abandonna le dessein d’écrire
contre Scioppius ; mais il continua
de parler. Nicius Érythréus raconte
cela fort galamment ; on sera bien
aise de voir son latin ; la chose manquerait
de ses principaux agrémens,
si je ne la donnais pas selon les termes
de mon auteur. {{lang|la|''Cùm de singulis,''
''detrahendi gratiâ, maledicè contumeliosèque''
''loqueretur, Gasparem''
''verò Scioppium, qui in litterariâ rep.''
''in primis ordinibus numeratur, imi''
''subsellii virum atque inter litteratos''
''proletarios, ut ita dicam, referendum''
''esse aiebat ; quem ille Scioppium,''
''quoniam in quodam libello sua tempora,''
''quasi litteratis viris non amica,''
''modestè reprehenderat, cœpit contumeliis''
''omnibus lacerare, atque palàm''
''eum infantem, rudem, et omninò''
''omnis eruditionis expertem atque''
''ignarum asserere, minitarique, se''
''libro edito ejus inscitiam palàm omnibus''
''facturum. At Scioppius misit''
''illi, qui diceret, si sibi ampliùs molestus''
''esset, non se pugnaturum cum''
''eo eloquentiæ doctrinæque armis,''
''sed dictis testium, ac sententiis judicum,''
''in publicas tabulas relatis,''
''quibus Bononiæ, malorum facinorum''
''argutus, evictus, ac condemnatus''
''fuisset ; his se armis curaturum''
''ut ejus projecta ad detrahendum bonis''
''viris audacia infringeretur, ac retunderetur.''
''His auditis, à scribendi''
''contra illum sententiâ destitit, seque''
''tantùm intra verba continuit''}} <ref>{{lang|la|Nicius Erythræus, pinacoth. I, ''p.'' 241.}}
''Il parle d’un certain'' Zoïlus Ardélo. ''C’est sans''
''doute un nom supposé.''</ref>.
On peut regarder cela comme une
disgrâce bien mortifiante pour Scioppius.
À proprement parler, Zoïlus
Ardélio triompha de lui ; car dès
qu’un homme de lettres, dans une
dispute d’érudition, a recours aux
magistrats, aux sergens et aux procureurs,
c’est une marque qu’il se
défie de sa plume et de sa science.
Il change l’état de la question, il
fuit le combat, il n’ose aller sur le
pré avec son antagoniste <ref>''Conférez avec ceci ce qui sera dit dans les''
''remarques'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Thomas#ancrage_Thomas-(D)|(D)]] ''et'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Thomas#ancrage_Thomas-(E)|(E)]] ''de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Thomas|{{sc|Thomas}}]], ''tom.''
''XIV.''</ref>.
'''{{refa|Scioppius-(Q)|(Q)}}''' ''Il n’est pas vrai qu’il n’ait point''
''voulu se laisser peindre.'' ] Thomas
Bartholin assure que Scioppius n’accorda
jamais aux prières de ses amis
de laisser faire son portrait ni aux
peintres ni aux graveurs ; et il
conjecture que cela venait de la
crainte des enchantemens. Mais
comme il se trompe dans le fait <ref>Scioppius ''fait mention de sa taille-douce''
''dans la page'' 51 ''et'' 150 ''des'' {{lang|la|Amphotides Scioppianæ.}}
''On la voit dans le'' Théâtre de Paul Fréhérus,
''à la page'' 766.</ref>,<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
gjb3k11kw2sspdz79vaar5uj42sekfx
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|204|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>il ne faut pas s’arrêter beaucoup
à sa conjecture : rapportons seulement
ses paroles ; on y verra d’autres
exemples un peu plus certains. <ref>{{lang|la|Thomas Bartholin., de legendis Libris,
''pag.'' 65, 66{{corr|. tom. pag.|.}}}}</ref>
{{lang|la|''Adduci nunquàm potuit'', Caspar
Scioppius, ''quanquam sæpè ab amicis''
''rogatus, ut effigiem suam vel coloribus''
''pictorum, vel æri cælatorum''
''committeret. Nescio an fascini metu''
''quod adversariorum, quos et magnos''
''et multos habuit, præstigias timeret.''
''Hinc maluit cum'' Accio ''poëtâ voluminum''
''non imaginum certamina exercere.''
''Certè nec'' Palæottus, ''nec'' Velserus}}
<ref>''J’en parle dans la remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Velsérus#ancrage_Velsérus-(G)|(G)]] ''de son''
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Velsérus|''article'']], ''tom. XIV''.</ref>{{lang|la|, ''nec'' Pinellus, ''viri magni''
''se vivos depingi voluerunt, sicut''
Calceolarius ''in Museo prodidit.''}} Bartholin
aurait pu joindre aux trois
exemples de Calcéolarius un roi de
Lacédémone <ref>[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Agésilaüs 2|{{sc|Agésilaüs}}]] ; ''voyez son article, à la fin'',
''tom. I'', ''pag.'' 254.</ref>, le philosophe
Plotin <ref>''Voyez son [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Plotin|article]], t. XII, remarque'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Plotin#ancrage_Plotin-(A)|(A)]].</ref>, et un célèbre théologien
d’Angleterre <ref>Gataker : ''voyez sa'' Vie, ''au commencement.''</ref>, etc. <ref group=*><sup>*</sup> Aux preuves données par Bayle, on peut ajouter
la souscription du portrait de Scioppius, dont
l’inscription a été rapportée dans une note ajoutée
sur la remarque [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scioppius#ancrage_Scioppius-(N)|(N)]], ''pag.'' 201.</ref>
'''{{refa|Scioppius-(R)|(R)}}''' ''Plusieurs manuscrits qu’on''
''loue beaucoup.'' ] Lisez ces paroles de
{{M.|Morhof}} : ''{{lang|la|Libri Scioppiani}}'' {{lang|grc|ἀνέκδοτοι}}
{{lang|la|''multi atque inter illos ejus'' Thesaurus,
sive absolutissimi de linguâ latinâ
Commentarii, ''apud Joh. Michaëlem''
''Pieruccium, professorem Patavinum,''
''latitant, neque hunc in diem lucem,''
''cum indignatione eruditorum vident ;''
''de quibus legendus est Gregor. Let.''
Ital. regnante part. III lib. III, pag.
325. ''Magna hujus libri expectatio''
''apud litteratos est, et qui viderunt,''
''ita commendant, ut in illo genere nil''
''simile à quoquam scriptum illis esse''
''videatur''}} <ref>{{lang|la|Morhof., Poly-hist., ''lib. I'', ''cap. VII'',
''pag.'' 62.}}</ref>. Ce Piéruccius est apparemment
celui que Scioppius a
orné de tant d’éloges dans sa lettre à
Vossius, et qui aurait souhaité en
Hollande une profession en philosophie.
Scioppius l’avait pris chez lui,
et l’avait institué son héritier universel
<ref>''Voyez les'' Lettres écrites à Vossius, ''pag.''
''m.'' 224.</ref>.
'''{{refa|Scioppius-(S)|(S)}}''' ''Andréas'' {{sc|Scioppius}}, ''frère de''
''Gaspar.... est un nom supposé.'' ]
On croit <ref>''Voyez {{M.|''Baillet}}, Auteurs déguisés,
''III''{{e}}. ''part.'', ''chap. III'', § 2, ''et au'' Catalogue.</ref> que le jésuite Garasse
est l’auteur des deux satires intitulées,
l’une : {{lang|la|''Andreæ Schioppii Gasparis''
''fratris horoscopus Anticotonis,''
''ejusque Germanorum Martillerii, et''
''Hardivillerii, Vita, Mors, Cenotaphium,''
''Apotheosis''}} <ref>''Imprimée à Anvers, chez Jérôme Verdussen,''
1614, {{in-4°}}.</ref> ; l’autre :
{{lang|la|''Andreæ Schioppii Gasparis fratris''
''Elixir calvinisticum, seu Lapis philosophiæ''
''reformatæ à Calvino Genevæ''
''primùm effossus, dein ab Isaaco Casaubono''
''Londini politus, cum testamentario''
''Anticotonis codice nuper''
''invento''}} <ref>''Imprimée à Anvers, chez les héritiers de''
''Martin Nutius'', 1615, {{in-4°}}.</ref>. {{M.|Baillet}} <ref>Baillet, ''au I''{{e|er}}. ''tome des'' Anti, ''art.'' 15,
§. 1.</ref> remarque
fort bien que Gaspar Scioppius
n’a point eu de frère qui ait écrit ;
mais qu’''en matière de satires'', le prétendu
André méritait d’être le frère
de Gaspar. Le fils d’Isaac Casaubon a
fait la même remarque. ''{{lang|la|Peream}}'', dit-il
<ref>{{lang|la|Mericus Casaubonus, ''in'' Pietate, ''p.'' 18.}}</ref>, {{lang|la|''nisi meruerit hic homo,''
''quisquis sit, ut Gasparis Scioppii''
''frater credatur esse.''}} Il venait de dire,
{{lang|la|''certum est tale illud esse scriptum ut''
''ipse Gaspar Scioppius illius author''
''esse potuerit : adeò mendaciis et calumniis''
''refertum est, adeò plenum''
''maledictis et conviciis, etc.''}} Un peu
après il parle d’une satire dont Gaspar
Scioppius était l’auteur, comme
Eudæmon Johannes le reconnaît <ref>{{lang|la|Castigationum, ''lib. II'', ''pag.'' 125.}}</ref>.
Cette satire est intitulée, {{lang|la|''Holofernis''
''Krissæderi Landsperga Bavari responsio''
''ad epistolam Isaaci Casauboni,''
''regii in Angliâ archipædagogi, pro viro''
''clarissimo Gaspare Scioppio''}} <ref>''Imprimée à Ingolstad'', 1615, {{in-8°}}.</ref>.
Casaubon y est accusé non-seulement
de ne savoir pas la langue latine, mais
aussi de maquerellage, de fornication,
d’adultère et de larcin, et de
quelque chose de pis encore. {{lang|la|''Ille''
''meo patri, quem scit ipse spectatissimæ''
''semper integritatis fuisse, stupra,''
''furta, lenocinia, adulteria'', (''hæc''
''ipsa enim crimina illi impingit, et''
''alia quoque vel dictu fœda'') ''audet''
''objicere ? mirum mihi videtur et {{tiret|incre|dibile}}''}}<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
gx786bcqs4uih51cp2i7ue583hp8mgv
Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/213
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<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr||SCIOPPIUS.|205}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>''{{lang|la|{{tiret2|incre|dibile}}, nisi quod Schoppium cogito}}''
<ref>{{lang|la|Mericus Casaubonus, ''in'' Pietate, ''p.'' 21.}}</ref>. La lecture de cet ouvrage » si
l’on en croit Scioppius, jeta Casaubon
dans une mélancolie qui le fit
mourir <ref>{{lang|la|''Scribit hic nebulo patrem meum postquàm''
''legerat hunc suum libellum, ex desperatione''
''vitæ renuntiâsse, atque indè vivere desiisse.''
Idem, ibidem, ''pag.'' 24.}}</ref>. Méric Casaubon <ref>{{lang|la|''Ibidem'', ''pag.'' 25.}}</ref>
réfute cela par le Journal de son père,
où l’on trouve, sous le premier des ides
de mars, le mépris qu’on fit de cette
satire. Casaubon, y ayant lu les infamies
que l’on divulguait contre lui,
et contre son père, et contre sa femme,
écrivit dans son Journal qu’il se
glorifiait de souffrir avec sa famille
tous ces opprobres pour le nom de
Jesus-Christ. Son fils met en marge
qu’il n’y a rien contre sa mère dans
ce libelle de Scioppius. Il accuse d’athéisme
ce satirique, et voici de quelle
manière il prouve cette accusation.
Scioppius a recueilli les plus beaux
endroits de l’Écriture qui nous défendent
d’injurier notre prochain, et
cependant le traité où il les étale est
une satire très-violente : il a donc
voulu faire connaître au public qu’il
se moque de l’Écriture. {{lang|la|''Quùm intenderet''
''alios inaudito exemplo calumniari,''
''et omni convitiorum genere''
''prosequi, congerit præcipuos à Sanctis''
''Scripturis locos quibus vetamur''
''aliis ullam omninò contumeliam facere,''
''aut convitium dicere : nonne ut''
''omnibus palàm faciat, quo loco Dei''
''mandata habeat, homo perditus, atque''
''Deo ipsi'' (''horresco referens'') ''illudat''}}
<ref>{{lang|la|''Ibidem'', ''pag.'' 20.}}</ref> ? Joignez cela avec ces paroles
de {{M.|Baillet}} : ''Casaubon'' <ref group=*>(*) ''{{lang|la|Isaac. Casaubon., in Epistol.}}''</ref>
''l’appelle la plus cruelle de toutes les''
''bêtes farouches, et il prétend dans''
''un autre de ses ouvrages'' <ref group=*>(*) {{lang|la|''Id. Casaub., Exercit.'' 1, ''in Baron.'', ''pag.''
109, ''M.''}}</ref> ''que''
''Scioppius était ennemi déclaré de''
''Dieu, et qu’il avait trouvé dans un de''
''ses livres des blasphèmes exécrables''
''contre l’autorité divine de l’Écriture''
''Sainte'' <ref>Baillet, Jugemens des Savans, sur les
Crit. gramm., ''num.'' 535.</ref>. Mais notez que ces blasphèmes
ne sont autre chose que des
expressions outrées sur l’autorité
que les catholiques romains prétendent
que Dieu a donnée à l’église pour
interpréter l’Écriture. {{lang|la|''Ducit hodiè''
''familiam''}}, ce sont les paroles de Casaubon
<ref>{{lang|la|''In'' Apparat. Baronii, ''sect. {{rom-maj|XXXIII|33}}'', ''p.''}}
<p style="text-indent:1.5em;">{{lang|la|133, ''edit. Genev.'', 1663.}}</p></ref>, {{lang|la|''inter hujus generis hæreticos''
''hostis Dei certissimus Scioppius ;''
''in cujus Ecclesiastico leviter''
''inspecto multas legi superioribus {{corr|diebus|diebus}}''
''adversùs''}} {{lang|grc|τὰς θεοπνεύςους}} {{lang|la|''Scripturas,''
''blasphemias longè dirissimas.''}}
Après cette digression, je reviens
au père Garasse, pour dire qu’il n’eût
su choisir de fraternité mieux assortie
que celle qu’il se donna. {{M.|Baillet}}
<ref>{{lang|la|''Au I''{{e|er}}. ''tome des'' Anti, ''art.'' 15, § 1.}}</ref> observe qu’''il y avait au''
''commencement de notre siècle un André''
{{sc|Scioppus}} ''dans la Saxe, qui était''
''luthérien ; mais on ne me persuadera''
''pas'', ajoute-t-il, ''qu’il fut proche parent''
''de Gaspar.'' Je ne saurais rien
dire sur ce sujet : je sais seulement
que notre Scioppius traite de cousin
Conrad Scioppius, savant personnage
qui était encore en vie l’an 1633 <ref>''Voyez la XX''{{e}}. ''lettre du V''{{e}}. ''livre'' {{lang|la|Suspectarum
Lectionum}}, ''de'' Gaspar Scioppius.</ref>.
Il enseignait la rhétorique à Berne
<ref>''Voyez l’épître dédicatoire des'' Commentaires
de Freinshémius sur Quinte-Curce.</ref>, et il avait été professeur en
éloquence et en poésie à Heidelberg
<ref>''Voyez les vers qu’il fit pour'' Philippe Paréus,
''à la tête du'' {{lang|la|Lexic. critic.}} ''de ce'' Paréus.</ref>. Je ne voudrais pas répondre
que {{sc|Conrad Scioppius}}, tailleur, de
Francfort <ref>''Voyez le'' Continuateur de {{M.|de Thou}},
{{lang|la|''lib. VII'', ''pag.'' 433.}}</ref>, l’un des chefs de la
sédition excitée dans cette ville, l’an
1614, et décapité deux ans après
<ref>{{lang|la|''Idem'', ''lib. IX'', ''pag.'' 658.}}</ref>, ne fut point parent de Gaspar.
Il y a eu un ministre nommé {{sc|Conrad
Scoppius}}, qui fit imprimer quelques
sermons en latin <ref>Draudius ''en fait mention dans sa'' {{lang|la|Bibliotheca
classica.}}</ref>.
'''{{refa|Scioppius-(T)|(T)}}''' ''Il se servit d’un remède qui mérite''
''d’être rapporté.'' ] Ce fut de matter
son corps par une diète rigoureuse.
Il jeûnait en Allemagne des
jours entiers, cloué sur ses livres, et
quand il fut à Rome il renonça tout-à-fait
au vin, à la viande, aux œufs,
aux poissons ; il ne faisait qu’un repas
par jour, et il ne mangeait dans
ce repas que des choses très-communes
et en petite quantité : la moitié<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Page:Bayle - Dictionnaire historique et critique, 1820, T13.djvu/214
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Manseng" />{{nr|206|SCIOPPIUS.}}</noinclude><section begin="Scioppius"/>d’un chou, un peu de riz, un petit
morceau de fromage, une poire ou
une pomme, et il n’avait pour tout
lit, l’hiver et l’été, que des planches,
deux couvertures, et un oreiller
<ref>{{lang|la|''Cubitus... asseres sine ullâ culcitâ cervicali''
''tantùm usque lodicibus instructi.''
Scioppius, ''ubi infrà, folio'' 251.}}</ref>. Il n’y a point de doute que ces
remèdes ne soient excellens contre la
fureur de l’incontinence, lorsqu’on
a une intention véritable de vivre
chastement. Ceux qui prétendent
qu’ils n’ont pas beaucoup d’efficace,
et qu’il n’y a point d’autre bon remède
que le mariage, sont des gens
qui ne les ont jamais essayés, et qui
n’ont pas trop d’envie de résister à la
luxure. Leur témoignage ne peut
donc pas être de grand poids : mais
il ne s’agit point ici de dispute, il ne
s’agit que de narration. Voici les paroles
de Scioppius <ref>{{lang|la|''Idem, in'' Scaliger. hypobolim., ''fol.'' 250.}}</ref> : {{lang|la|''Cùm primis''
''ineuntis adolescentiæ meæ annis veteres''
''scriptores, et in primis poëtas''
''legere cuperem, et viros autem doctos''
''audirem, qui'' arma pruriginis, ''hoc''
''est, obscæna illa poëtarum carmina''
''isti præsertim ætati propter periculum''
''etiam atque etiam cavenda dicerent :''
''excogitavi rationem, quâ cum minimo''
''meo damno aut periculo utilitates,''
''quæ ex lectione istâ peti possunt,''
''haurirem...... Ego qui lubricas illas''
''poëtarum cantilenas tutò, et, ut''
''ait Lucretius,''}}
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
{{filet|9|0.5}}Meâ sine parte pericli
</poem>}}
{{br0}}
{{lang|la|''percipere cuperem, temperantiæ et''
''abstinentiæ ultro me colligandum''
''præbui. Nam ut Terentius ait,''}}
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
{{filet|5|0.5}}Sine Cerere et Baccho friget Venus :
</poem>}}
{{br0}}
''{{lang|la|sive ut ante ipsum, Euripides :}}''
{{lang|grc|<poem style="margin-left:10%;">
Ἑν πλησμονῇ τοί Κύπρις, ἐν πινῶντι δ᾽ οῦ.
</poem>}}
{{lang|la|<poem style="margin-left:10%;">
Saturis adest Venus, non esurientibus.
</poem>}}
{{br0}}
{{lang|la|Monstrum scilicet haberetur libido
sine gulâ, ''ait Tertullianus''. }}<ref>''Vous trouverez'', ''tom. VI'', ''pag.'' 258, remarque
[[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Ermite#ancrage_Ermite-(I)|(I)]], ''num. IV de l’article'' [[Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Ermite|{{sc|Ermite}}]], ''la''
''suite des paroles de'' Tertullien, ''et plusieurs passages''
''de même nature.''</ref>{{lang|la|.....}}
<ref>{{lang|la|Scioppius, ''ibidem, verso.''}}</ref>{{lang|la| ''In libidinem ebullire, res laterum''
''est ac virium.'' Vires ''autem'', ne
infirmitas forsan perdat militiam, cibis
excitantur. Scitis, ''ait ille'', quid
tentare soleat humanam satietatem.
''Toto itaque biennio sic in Germaniâ''
''viri, ut integros dies aridus, siccus''
''ac jejunus in studendo consumerem,''
''omninòque prandia ignorarem. Veni''
''posteà in Italiam ; ubi cùm plerosque''
''omnes scriptores veteres tam græcos,''
''quâm latinos, diligenti lectione contrivissem,''
''excerpsissemque sedulò''
''omnia ; quæ ad corrigendos ordinandosque''
''mores et affectus et ad vitam''
''quàm tranquillissimè agendam usui''
''fore visa essent...... Non modò bis,''
''quod in siculis sibi non probari Plato''
''ostendit, sed etiam semel in die saturum''
''fieri, et vino carere nolle, non''
''satis eo dignum esse deprehendi, qui''
''sibi legendis sapientiæ magistris illis''
''operæ pretium fecisse videretur......''
''Quare ne in legendis istis oleum et''
''operam perdidissem, tanquam germanus''
stoïcus ''quique ad vitam potiùs,''
''quæ didicisset, quàm ad disputationes''
''referenda censeret, vinum aquâ''
''ex præfluente Tiberi haustâ mutavi,''
''quod'' ignem scilicet, ''ut Plato ait'',
igni addendum non putarem : ''tùm''
''carnes in perpetuum à mensâ meâ''
''proscripsi, non solùm''}} <ref group=*>(*) {{lang|la|Non solùm propter hebetudinem, quæ ex
carnium esu generatur, sed etiam exercitationis
gratiâ, et ne caro nimis perpruriscat ad Venerem.}}</ref> {{lang|grc|διὰ τὴν νωθρίαν
τὴν ἁπὸ τῆς κρεοϕἀγιας ἐγγινομένην}},
{{br0}}
''{{lang|la|sed etiam}}'' {{lang|grc|ἀσκήσεως χάριν καὶ τοῦ μὴ
σϕριγᾷν περὶ τὰ ἀϕροδίσια τὴν σάρκα}},
{{lang|la|''ut idem Clemens loquitur, cùm verissimè''
''à sancto Hieronymo dictum sit :''
Esum carnis esse seminarium libidinis,
''Sed etiam piscibus et ovis culinâ''
''ac mensâ meâ interdixi, quod hæc''
''quidem''}} <ref group=*>(*) {{lang|la|Pruriginem commoventis.}}</ref> {{lang|grc|ςυτικὰ}} {{lang|la|''plùs satis experimentis''
''didicissem, piscium verò esu''
''majorem etiam, quàm carnium, voluptatem''
''capere solerem : quare dimidiato''
''caule et aliquantulo oryzæ''
''cum piro aut pomo et casei frustillo''
''contentus, ipsas viginti quatuor horas''
''durare soleo, eadem opera jentans,''
''prandens, cænans, ac comissans.''}}
Notez qu’il observe <ref>{{lang|la|Scioppius, ''ibidem, folio'' 250 ''verso.''}}</ref> qu’avant
qu’il eût lu les écrits du père Costar,
il ne faisait la plupart de toutes ces
choses qu’afin de vivre conformément
à la raison ; mais que depuis
cette lecture il les dirigeait à Dieu.
Notez aussi qu’il croyait que la lecture
de certains ouvrages était {{tiret|capa|ble}}<section end="Scioppius"/><noinclude>
{{References-Bayle}}</noinclude>
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Dictionnaire historique et critique/11e éd., 1820/Scioppius
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<noinclude><pagequality level="1" user="Psephos" /></noinclude>contre une vergue, pour les fortifier. On les appelle autrement ''gémelles, jumelles'' ou ''clamps.''
<section end="GABURON"/>
<section begin="GABURONNER"/><nowiki/>
GABURONNER, v. a. Terme de Marine. Fortifier un mât de gaburons. Mât ''gaburonné.''
<section end="GABURONNER"/>
{{c3|{{sp|GA}}C.}}
<section begin="GÂCHE"/><nowiki/>
GÂCHE. s. f. Terme de Serrurier. C’est la pièce de fer carrée, ou ronde, percée, où entre le pène de la serrure, scellée, ou fichée dans le bois, ou dans le mur, & qui y sert à tenir la porte fermée. ''{{lang|la|Lamina pessuli receptrix, admissaria.}}'' Il y a des ''gâches'' de fer scellées en plâtre, d’autres qui ne consistent qu’en un crampon de fer, d’autres en un trou dans un poteau de bois.
{{sc|Gâche}}, se dit aussi des cercles de fer qu’on attache le long des murs pour soutenir & arrêter les tuyaux de plomb, & les descentes des gouttières. Il y a de ces sortes de ''gâches'' qui s’ouvrent à charnière, & se ferment à clavette, ensorte qu’on peut démonter & nettoyer le tuyau sans desceller les ''gâches.''
{{sc|Gâche}}, est aussi un terme de Pâtissier. C’est un petit instrument de bois, long d’un bon pied, large & mince par le bout d’en bas, dont les Pâtissiers se servent pour manier leurs farces. ''{{lang|la|Rutrum, rutrabulum.}}'' Quelquefois on entend par le mot de ''gâche'' une spatule. On le dit aussi de l’instrument dont les Maçons se servent pour remuer leur mortier, leur plâtre, qu’ils détrempent pour en faire du mortier. Le {{P.|Ménétrier}} a fait une savante Dissertation sur ces ''gâches,'' à l’occasion de l’ancienne formule, ''{{lang|la|sub ascia dedicare}},'' qui se trouve en plusieurs Epitaphes, & en son Histoire de la ville de Lyon.
La ''gâche'' est un instrument de bois composé de deux pièces, dont l’une est un bâton d’environ quatre pieds, au bout duquel s’enclave un autre morceau de bois, long d’un demi-pied, large de trois ou quatre pouces, épais de deux ou trois, & auquel le premier sert de manche. On s’en sert pour corroyer la chaux, & faire le mortier en remuant le sable, la chaux & l’eau, & les mêlant ensemble. Quelques-uns ont cru que l’''{{lang|la|ascia}}'' des Anciens étoit une ''gâche.'' On l’appelle aussi ''Rabot.''
{{sc|Gâche}}, est aussi un vieux mot qui signifioit ''aviron,'' qui est encore en usage dans son verbe dérivé, ''gâcher,'' dont les Bateliers se servent pour dire, tirer un bateau avec des avirons ou rames. ''{{lang|la|Remus.}}'' On a dit aussi dans la basse Latinité, ''{{lang|la|gachum}},'' pour signifier la même chose.
<section end="GÂCHE"/>
<section begin="GÂCHER"/><nowiki/>
GÂCHER. v. a. Jetter de l’eau sur quelque matière pulvérisée pour en faire un ciment, ou liaison des pierres d’un bâtiment. ''{{lang|la|Subigere, aquâ macerare, temperare.}}'' À Paris il se dit plus ordinairement du plâtre, à cause que c’est la matière dont les Maçons se servent le plus. {{StdT|l|☞}}{{lié}}On dit ''gâcher'' serré, mettre du plâtre dans l’eau jusqu’à ce qu’elle soit toute bue ; ce plâtre prend plus vîte : & ''gâcher'' lâche, noyer le plâtre d’eau, tel que celui qu’on coule entre les pierres, ou dont on se sert pour les enduits.
{{sc|Gâcher}}, signifie aussi, égayer, mettre en pleine eau. ''Gâcher'' du linge, c’est le laver en grande eau.
{{sc|Gâcher}}, signifie aussi, remuer la rame, se servir de l’aviron, ou gâche. ''{{lang|la|Naviculum remo, seu conto, regere, subigere.}}''
{{sc|Gâcher}}, en terme de négoce, signifie faire bon marché de sa marchandise, & la donner à vil prix. En ce sens on dit : Je ne fais pas comparaison avec mon voisin, je vends, & il ''gâche.'' Expression triviale.
Ce mot, selon Nicod, vient de l’Allemand ''{{lang|de|Wasser}},'' qui signifie ''eau,'' parce qu’on bat l’eau avec la gâche, ou l’aviron.
<section end="GÂCHER"/>
<section begin="GÂCHETTE"/><nowiki/>
GÂCHETTE. Petite pièce d’une serrure qui se met sous le pêne. ''{{lang|la|Laminula pessuli receptrix.}}'' {{StdT|l|☞}}{{lié}}Chez les Arquebusiers, c’est un morceau de fer coudé, duquel dépend tout le mouvement de la platine.
<section end="GÂCHETTE"/>
<section begin="GÂCHEUR"/><nowiki/>
GÂCHEUR. s. m. Marchand qui vend à vil prix. Je n’étrenne pas dans ma boutique, je fuis au milieu de deux ''gâcheurs'' qui me ruinent. Expression populaire & basse.
<section end="GÂCHEUR"/>
<section begin="GÂCHEUX"/><nowiki/>
GÂCHEUX, EUSE, adj. Il se dit d’un lieu boueux, ou rempli d’une bouc liquide. Limofus, lutofus. Chemin gâcheux. Terres gâcheuses.
GÂCHIERES. s. m. Novalia. Vieux mot, qui signifioit des terres nouvellement défrichées & labourées, & non semées, qu’on nomme maintenant novales, en Latin gascaria. {{sc|Du Cange}}.
GACHIS. s. m. Lieu où l’on a répandu de l’eau qui le rend. fale ou bourbeux. Aqua profusio inanis, fada, incommoda. Le dégel cause bien du gachis. Borel dérive pareillement ce mot de l’Allemand Waffer, qui signifie de l’eau.
GACIM. ''Voyez'' MANDOUA.
GACQUIÈRE. s. f. Vieux mot, qui signifie, sillon d’un champ qui n’est pas ensemencé. Suscus professfus non fatus. Les gacquières font donc les sillons que forment les premières façons qu’on donne à une terre devant que de l’ensemencer.
Bovilius conjecture que gacquières s’est dit pour gagrières, & que ce dernier mot a été formé du mot Latin agri, champs.
GA D.
GAD. s. m. Nom d’homme. Gad. Gad est le nom du septième des fils de Jacob, & l’un des douze Patriarches du peuple d’Israël. Gad étoit fils de Zelpha, servante de Lia, femme de Jacob, & il est attribué à Lia, & compté parmi ses enfans. Genèse, XXX, 9. Il fu nommé Gad,, qui signifie félicité, bonne fortune ; parce que quand il naquit, Lia dit, de joie, ou par manière de souhait, a, Bagad, c’est-à-dire, à la bonne heure, à la bonne fortune. Il donnafon nom à ses enfans & à une des douze Tribus. C’est aussi le nom d’un Prophète qui vivoit du temps de David, qui diffuada ce Prince de demeurer au pays des Moabites, L. des Rois, XXII, s,1, des Paral. XXI, 9, & lui annonça qu’il avoit encouru la colère de Dieu, en faisant le dénombrement du peuple, 2 L. des Rois, XXIV, 11, 18, 1, des Paral.
XXI, 11.
La Tribu de Gad. L’une des douze Tribus d’Israël, composée des descendans du Patriarche Gad. Tribus Gad,Gaditica Tribus. La Tribu de Gad étoit à l’orient du Jourdain, entre la demi-Tribu de Manaflè au nord, la Tribu de Ruben au midi, au couchant le Jourdain qui la séparoit des Tribus d’Iffachar, d’Éphraïm, & de la demi-Tribu de Manaflé d’en-deçà du Jourdain, & les montagnes de l’Arabie au levant. Elle occupoit une partie des Royaumes des Amorrhéens Orientaux, qui furent conquis par Moïfe. La Tribu de Gad devoit être forte & vaillante, Genèse, XLIX, 19. C’est pour cela qu’elle fut placée à l’orient du Jourdain, comme pour servir de rempart aux autres. Nombres, XXXII, 1, &c. Deut. III, 12, Josué, XII, 6, & XIII, 8, 24. C’est de cette Tribu que le pays qui est à l’orient du Jourdain est appelé Terre de Gad, 1, L. des Rois, XIII, 7, & I, des Paral. V, 11, 16. Après même la destruction du Royaume d’Israel, & le transport des Israélites fait par les Rois d’Affyrie, le nom de Gad se prend encore pour les villes qui avoient autrefois appartenu à cette Tribu, Jérém. XLIX, 1. Gad étoit, selon {{sc|Maty}}, la ville capitale de cette Tribu. Il est vrai que le 2, L. des Rois, XXIII, 36, fait mention de Bani, qu’il appelle Gaditer, 13 ; mais ce pouvoit être parce qu’il étoit de la Tribu de Gad, & non point qu’il fût d’une ville nommée Gad, dont il n’est parlé en aucun lieu de l’Ecriture. Le Rabbin Benjamin fait mention dans son Itinéraire, de deux villes de Gad, dont l’une s’appeloit de son temps Niphas, & l’autre Schizeria ; mais l’une & l’autre étoient dans la Palestine, & en deçà du Jourdain. Ainsi on ne peut dire qu’il y eût une ville de Gad dans la Tribu de ce nom. Andrichonnus & d’autres mettent un lieu nommé Gaddi dans la Tribu de Gad ; voyez GADDI. Les autres villes étoient Dibon, Arroer, Arnon, Rabba,<noinclude>
<references/></noinclude>
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GABURONNER, v. a. Terme de Marine. Fortifier un mât de gaburons. Mât ''gaburonné.''
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GÂCHE. s. f. Terme de Serrurier. C’est la pièce de fer carrée, ou ronde, percée, où entre le pène de la serrure, scellée, ou fichée dans le bois, ou dans le mur, & qui y sert à tenir la porte fermée. ''{{lang|la|Lamina pessuli receptrix, admissaria.}}'' Il y a des ''gâches'' de fer scellées en plâtre, d’autres qui ne consistent qu’en un crampon de fer, d’autres en un trou dans un poteau de bois.
{{sc|Gâche}}, se dit aussi des cercles de fer qu’on attache le long des murs pour soutenir & arrêter les tuyaux de plomb, & les descentes des gouttières. Il y a de ces sortes de ''gâches'' qui s’ouvrent à charnière, & se ferment à clavette, ensorte qu’on peut démonter & nettoyer le tuyau sans desceller les ''gâches.''
{{sc|Gâche}}, est aussi un terme de Pâtissier. C’est un petit instrument de bois, long d’un bon pied, large & mince par le bout d’en bas, dont les Pâtissiers se servent pour manier leurs farces. ''{{lang|la|Rutrum, rutrabulum.}}'' Quelquefois on entend par le mot de ''gâche'' une spatule. On le dit aussi de l’instrument dont les Maçons se servent pour remuer leur mortier, leur plâtre, qu’ils détrempent pour en faire du mortier. Le {{P.|Ménétrier}} a fait une savante Dissertation sur ces ''gâches,'' à l’occasion de l’ancienne formule, ''{{lang|la|sub ascia dedicare}},'' qui se trouve en plusieurs Epitaphes, & en son Histoire de la ville de Lyon.
La ''gâche'' est un instrument de bois composé de deux pièces, dont l’une est un bâton d’environ quatre pieds, au bout duquel s’enclave un autre morceau de bois, long d’un demi-pied, large de trois ou quatre pouces, épais de deux ou trois, & auquel le premier sert de manche. On s’en sert pour corroyer la chaux, & faire le mortier en remuant le sable, la chaux & l’eau, & les mêlant ensemble. Quelques-uns ont cru que l’''{{lang|la|ascia}}'' des Anciens étoit une ''gâche.'' On l’appelle aussi ''Rabot.''
{{sc|Gâche}}, est aussi un vieux mot qui signifioit ''aviron,'' qui est encore en usage dans son verbe dérivé, ''gâcher,'' dont les Bateliers se servent pour dire, tirer un bateau avec des avirons ou rames. ''{{lang|la|Remus.}}'' On a dit aussi dans la basse Latinité, ''{{lang|la|gachum}},'' pour signifier la même chose.
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GÂCHER. v. a. Jetter de l’eau sur quelque matière pulvérisée pour en faire un ciment, ou liaison des pierres d’un bâtiment. ''{{lang|la|Subigere, aquâ macerare, temperare.}}'' À Paris il se dit plus ordinairement du plâtre, à cause que c’est la matière dont les Maçons se servent le plus. {{StdT|l|☞}}{{lié}}On dit ''gâcher'' serré, mettre du plâtre dans l’eau jusqu’à ce qu’elle soit toute bue ; ce plâtre prend plus vîte : & ''gâcher'' lâche, noyer le plâtre d’eau, tel que celui qu’on coule entre les pierres, ou dont on se sert pour les enduits.
{{sc|Gâcher}}, signifie aussi, égayer, mettre en pleine eau. ''Gâcher'' du linge, c’est le laver en grande eau.
{{sc|Gâcher}}, signifie aussi, remuer la rame, se servir de l’aviron, ou gâche. ''{{lang|la|Naviculum remo, seu conto, regere, subigere.}}''
{{sc|Gâcher}}, en terme de négoce, signifie faire bon marché de sa marchandise, & la donner à vil prix. En ce sens on dit : Je ne fais pas comparaison avec mon voisin, je vends, & il ''gâche.'' Expression triviale.
Ce mot, selon Nicod, vient de l’Allemand ''{{lang|de|Wasser}},'' qui signifie ''eau,'' parce qu’on bat l’eau avec la gâche, ou l’aviron.
<section end="GÂCHER"/>
<section begin="GÂCHETTE"/><nowiki/>
GÂCHETTE. Petite pièce d’une serrure qui se met sous le pêne. ''{{lang|la|Laminula pessuli receptrix.}}'' {{StdT|l|☞}}{{lié}}Chez les Arquebusiers, c’est un morceau de fer coudé, duquel dépend tout le mouvement de la platine.
<section end="GÂCHETTE"/>
<section begin="GÂCHEUR"/><nowiki/>
GÂCHEUR. s. m. Marchand qui vend à vil prix. Je n’étrenne pas dans ma boutique, je fuis au milieu de deux ''gâcheurs'' qui me ruinent. Expression populaire & basse.
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GÂCHEUX, EUSE, adj. Il se dit d’un lieu boueux, ou rempli d’une boue liquide. ''{{lang|la|Limosus, lutosus.}}'' Chemin ''gâcheux.'' Terres ''gâcheuses.''
<section end="GÂCHEUX"/>
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GÂCHIÈRES. s. m. ''{{lang|la|Novalia.}}'' Vieux mot, qui signifioit des terres nouvellement défrichées & labourées, & non semées, qu’on nomme maintenant ''novales,'' en Latin ''{{lang|la|gascaria}}.'' {{sc|Du Cange}}.
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GÂCHIS. s. m. Lieu où l’on a répandu de l’eau qui le rend sale ou bourbeux. ''{{lang|la|Aquæ profusio inanis, fœda, incommoda.}}'' Le dégel cause bien du ''gâchis.''
Borel dérive pareillement ce mot de l’Allemand ''{{lang|de|Wasser}},'' qui signifie de l’eau.
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<section begin="GACIM"/><nowiki/>
GACIM. ''Voyez'' {{tr6L|MANDOUA}}.
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<section begin="GACQUIÈRE"/><nowiki/>
GACQUIÈRE. s. f. Vieux mot, qui signifie, sillon d’un champ qui n’est pas ensemencé. ''{{lang|la|Sulcus proscissus non satus.}}'' Les ''gacquières'' sont donc les sillons que forment les premières façons qu’on donne à une terre devant que de l’ensemencer.
Bovilius conjecture que ''gacquières'' s’est dit pour ''gagrières,'' & que ce dernier mot a été formé du mot Latin ''{{lang|la|agri}},'' champs.
<section end="GACQUIÈRE"/>
{{c3|{{sp|GA}}D.}}
<section begin="GAD"/><nowiki/>
GAD. s. m. Nom d’homme. ''{{lang|la|Gad}}. Gad'' est le nom du septième des fils de Jacob, & l’un des douze Patriarches du peuple d’Israël. ''Gad'' étoit fils de Zelpha, servante de Lia, femme de Jacob, & il est attribué à Lia, & compté parmi ses enfans. ''Genèse, {{romm|XXX}},{{lié}}9.'' Il fut nommé ''Gad,'' '''{{lang|he|גד}}''', qui signifie félicité, bonne fortune ; parce que quand il naquit, Lia dit, de joie, ou par manière de souhait, '''{{lang|he|בגד}}''', ''Bagad,'' c’est-à-dire, à la bonne heure, à la bonne fortune. Il donna son nom à ses enfans & à une des douze Tribus.
C’est aussi le nom d’un Prophète qui vivoit du temps de David, qui dissuada ce Prince de demeurer au pays des Moabites, ''1{{lié}}L. des Rois, {{romm|XXII}}, 5, 1, des Paral. {{Romm|XXI}}, 9,'' & lui annonça qu’il avoit encouru la colère de Dieu, en faisant le dénombrement du peuple, ''2{{lié}}L. des Rois, {{romm|XXIV}}, 11, 18, {{corr|1,|1}}{{lié}}des Paral. {{Romm|XXI}}, 11.''
La Tribu de ''Gad.'' L’une des douze Tribus d’Israël, composée des descendans du Patriarche ''Gad. {{lang|la|Tribus Gad, Gaditica Tribus.}}'' La Tribu de ''Gad'' étoit à l’orient du Jourdain, entre la demi-Tribu de Manassé au nord, la Tribu de Ruben au midi, au couchant le Jourdain qui la séparoit des Tribus d’Issachar, d’Éphraïm, & de la demi-Tribu de Manassé d’en-deçà du Jourdain, & les montagnes de l’Arabie au levant. Elle occupoit une partie des Royaumes des Amorrhéens Orientaux, qui furent conquis par Moïse. La Tribu de ''Gad'' devoit être forte & vaillante, ''Genèse, {{romm|XLIX}},{{lié}}19.'' C’est pour cela qu’elle fut placée à l’orient du Jourdain, comme pour servir de rempart aux autres. ''Nombres, {{romm|XXXII}}, 1, &c. Deut. {{Romm|III}}, 12, Josué, {{romm|XII}}, 6, & {{romm|XIII}}, 8, 24.''
C’est de cette Tribu que le pays qui est à l’orient du Jourdain est appelé Terre de ''Gad, 1,{{lié}}L. des Rois, {{romm|XIII}}, 7, & 1,{{lié}}des Paral. {{Romm|V}}, 11, 16.'' Après même la destruction du Royaume d’Israël, & le transport des Israélites fait par les Rois d’Assyrie, le nom de ''Gad'' se prend encore pour les villes qui avoient autrefois appartenu à cette Tribu, ''Jérém. {{Romm|XLIX}},{{lié}}1. Gad'' étoit, selon Maty, la ville capitale de cette Tribu. Il est vrai que le ''2,{{lié}}L. des Rois, {{romm|XXIII}},{{lié}}36,'' fait mention de Bani, qu’il appelle Gaditer, '''{{lang|he|גדי}}''' ; mais ce pouvoit être parcequ’il étoit de la Tribu de ''Gad,'' & non point qu’il fût d’une ville nommée ''Gad,'' dont il n’est parlé en aucun lieu de l’Ecriture. Le Rabbin Benjamin fait mention dans son Itinéraire, de deux villes de ''Gad,'' dont l’une s’appeloit de son temps ''Niphas,'' & l’autre ''Schizeria ;'' mais l’une & l’autre étoient dans la Palestine, & en-deçà du Jourdain. Ainsi on ne peut dire qu’il y eût une ville de ''Gad'' dans la Tribu de ce nom. Andrichomius & d’autres mettent un lieu nommé Gaddi dans la Tribu de ''Gad ;'' voyez {{tr6L|GADDI}}. Les autres villes étoient Dibon, Arroer, Arnon, Rabba,<noinclude>
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Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/12
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<noinclude><pagequality level="1" user="~2026-26669-65" /></noinclude>{{T3|LISTE DES PLATS}}
{{centré|{{Taille|DONT LE PRIX DE REVIENT NE DÉPASSE PAS<br />
90 CENTIMES POUR DEUX PERSONNES|80}}}}
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{{table|titre=Bouillon raffraichissant (potage, viande et légumes )|page=55}}
{{table|titre=Poissonau au court-bouillon|page=55}}
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{{table|titre=Gras-double au four|page=55}}
{{table|titre=Saucisses au marrons|page=55}}
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{{table|titre=Lapereau en blanquette|page=60}}
{{table|titre=Mouton à la Portugaise|page=60}}
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<noinclude><pagequality level="1" user="Psephos" /></noinclude>Jazer, Rogel, Maspha, Ramoth-Galaad, Casbon, Thesba, Dabir, Sucot, Phanuel, Mahanin. Ce pays fut ensuite une partie de l’Iturée, & il est maintenant de l’Arabie.
{{sc|Gad}}, est aussi, selon quelques-uns, dans le ''2{{lié}}L. des Rois, {{romm|XXIV}},{{lié}}5,'' le nom d’un torrent, qui traversoit la Tribu on le pays de ''Gad.'' On croit que c’est le torrent d’Arnon. Au lieu du torrent de ''Gad,'' la Vulgate traduit vallée de ''Gad.''
GAD. s. m. Terme de Mythologie. La ''Félicité,'' la fortune, si l’on en croit quelques Auteurs, étoit une Divinité des Syriens. Les Rabbins méme semblent attribuer à Lia, d’avoir, en quelque manière reconnu cette fausse Divinité ; car dans la Genèse, XXX, 11, lorsque sa servante Zelpha mit au monde le premier des enfans qu’elle eut de Jacob, Lia dit ", Bagad, mot que ces Rabbins, selon la remarque de la Maf fore, croient être composé de s, ba : il vient ; &, Gad, félicité, bonne fortune, comme si Lia cut voulu dire : Voilà une bonne fortune, un bonheur qui me vient. Et ces Rabbins interprètent 13, Gad, par, o un bon astre, une bonne étoile, proprement une bonne influence ; expressions qui ont le même sens dans leur langue que dans la nôtre, & qui signifient bonheur, félicité, bonne fortune. Plusieurs prétendent que cette bonne étoile 3D ID est la planète de Jupiter, que les Rabbins appellent 773 Etoile de justice. Ainsi la bonne fortune dans l’Orient ne différoit point de Jupiter, suivant cette opinion. Il est certain que Gad signifie félicité. La version des Septante & la Vulgate y reconnoissent ce sens à l’endroit de la Genèse que nous avons indiquée. Et Abenezra, sur ce même endroit, le prouve par la langue Arabe qu’il entendoit parfaitement, & dans laquelle a, gad, signifie bon & bienfaisant. Mais tout cela ne prouve pas que Lia ait reconnu cette fausse Divinité, ni qu’elle cút même déja été inventée de son temps. Ce qu’elle dit, est simplement une exclamation par laquelle elle se félicite de la naissance de ce fils, disant : Bon, ou heureusement, feliciter, comme traduit S. Jérôme ; à quoi revient leur des Septante, ou bien le bonheur me vient, comme l’ont entendu les Aureurs de l’ruxas, qui se trouvoit autrefois dans beaucoup d’exemplaires Grecs, comme il paroît par les Peres qui le citent : Je fuis heureuse. Théodoret & S. Augustin font pourtant de ce sentiment, accusant ici Lia de quelque impiété, qu’ils attribuent à son éducation, & à l’idolatrie de sa famille, & marquant que Jacob cut été bien éloigné de parler ainsi.
Mais quoi qu’il en soit de ces premiers temps, il semble qu’on ne peut douter qu’au moins dans la fuite, Gad n’ait passe pour une Divinité en Syrie. Ifaïe,
XLV, 10, crie contre ceux qui dressoient une table à Gad, & qui faisoient dessus des libations. On reconnoit là une Divinité nommée Gad. La Vulgate l’appelle la Fortune ; les Septante en général Aapinor, Demon, Génie. Une ancienne Version Arabe qui se conserve dans la Bibliothèque d’Arondel, traduit aussi en général les Idoles. S. Jérôme nous assure sur cet endroit d’ssaïe, que le culte dont parle ce Prophète, s’observoit en Egypte, & il insinue que c’étoit de-la que les Juifs l’avoient pris, & qu’il subsistoit encore sur tout à Alexandrie ; qu’on le pratiquoit le dernier jour de l’année, ou pour remercier ce Dieu de la fertilité de l’année qui finissoit, ou pour la lui demander pour celle qui alloit commencer. Mais il resteroit à savoir, si l’objet du culte des Egyptiens étoit aussi le Dieu Gad. Les Demarets disent que God étoit une Idole militaire ; que les unsl’entendent de Mars, les autres de Jupiter, & les autres de la Bonne fortune. Ceux qui n’attribuent point d’idolâtrie à Lia, l’accusent au moins de marquer par-là beaucoup de crédulité aux in fluences des Astres, & aux visions de l’Astrologie. Voyez sur cette Divinité entre les Auteurs cités, Seldenus, de Diis Syris, Synt. I, c.{{lié}}1, Bochart, Chan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}, c.{{lié}}33.
GADAIRE. s. m. Terme de Mythologie. Nom d’un faux Dieu, Gadarius. S. Nicétas, Evêque de Romaciane dans la Dace, qui mourut vers le commencement du cinquième siècle, remarquoit dans un petit Traité sur les erreurs du Paganisme, que depuis peu, & presque de son temps, on avoit mis au nombre des Dieux un Paysan nommé Gadaire, à cause de sa force extraordinaire.
GADARA ou GADARE. Nom de deux villes de la Terre-Sainte. Gadara, Gadaris. La première étoit sur la rivière dé Jarmoch, que Pline appelle Hiéromiace, selon l’édition du P. Hardoum, & la Hiéromace, selon M. Réland. Pline, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}18. Celle-ci étoit métropole de la Pérée. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c. s. Etienne de Byfance la met dans la Caléfyrie, & Ptolomée, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}15, dans la Décapolitaine. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|II}}, c.{{lié}}19, joint Gadara, Heppos, & la Gaulanitide, comme des lieux voisins. Elle étoit à l’orient de la mer de Tiberiade, à soixante stades de cette ville. Gadare avoit un des cinq Conseils ou Tribunaux de toute la Terre d’Israël. C’est ce qu’on nomme Synédrion. Joseph, Antiq. {{liv.|{{rom-maj|XIV}}|cap}}, 10. Voyez la Palestine de M. Réland. Il appelle celle-ci Gadare de Pérée, ou de la feconde Palestine, pour la distinguer de l’autre dont nous allons parler, & il croit que celle-ci est celle que Joseph & Etienne de Byfance mettent dans la Coléfyrie, & Varron dans la Syrie. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. De Re Ruction. Cette ville avoit des Thermes. Epiphan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. advers. Her. Elle étoit située sur une montagne, & quoique bien fortifiée, selon le temps, elle se rendit à Vespasien avant qu’il l’eût attaquée, & ses habitans en abattirent les murailles, pour lui marquer la sincérité de leurs soumissions. Elle est aujourd’hui ruinée, & ses ruines portent le nom de Gaddi.
L’autre Gadare, qu’Etienne de Bylance met dans la Palestine, étoit près d’Azore, du côté du Septentrion, selon Strabon, I. XVI. Elle se nommoit tantôt Gadara, & tantôt Gazara. Comparez 1. Machab. XV, 28, avec XV, 35. Le même Livre, VII, 45, l’appelle Gazera. sonathan la fortifia. 1, Machab. IX, 52, & Simon son frère la choisit pour y faire sa résidence. 1. Machab. XIII, 54. Elle étoit aux confins d’Azote, 1. Machab. XIV, 34. 2. Machab. X, 32- Elle bornoit la contrée d’Ephraïm du côté de l’ouest. Joseph, Antiq. V, 1. Voyez H. Relandi Palestina, {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|678}} & suiv.
GADÁRÉN EN ou GADARIEN, ENNE. s. m. & f. Qui est de la ville ou du territoire de Gadare. Gadarenus, Gadareus. Les Gadaréniens font dans le texte Grec du nouveau Testament, ceux que la Vulgate appelle Gerazeniens, & S. Matthieu, VIII, 28 Gergefeniens. Le pays des Gadaréniens, dont ces Evangéliftens parlent, avoit la Galilée au couchant, & il en étoit séparé par le lac de Généfareth & le Jourdain, la Coléfyrie au nord, & l’Arabie au midi & au levant. C’étoit le territoire de Gadara de Pérée, ou de la feconde Palestine. Il y a des médailles de cette ville гAДAPHON. Ménippe Oenomaüs, Philosophe Cynique, & Théodore, Précepteur de Tibère, étoient Gadareniens. Voyez Relandi Palest. {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|774}} & suiv.
GADDA. Ville de la Tribu de Juda, Joseph, XV, 26. Gadda, Eusèbe & S. Jérôme la nomment ainsi. La Vulgate y joint le nom ga, & l’appelle Afer-Gadda. La Notice de l’Empire la met dans le département du gouverneur de l’Arabie, & l’appelle simplement Gadda.
GADDI on GADI. Nom d’un lieu de la Terre-Sainte. Le 1 L. des Paral. XII, 8, l’appelle Gaddi, le 2 des Rois, XXIII, 36. Gadi. Adrichonnus dit que ce lieu étoit dans la Tribu de Gad.
GADELLE. s. f. Sorte de groseille, dont on fait des confitures liquides. Uva (pina acinus.
GADELLIER. s. m. Arbrisseau qui porte les gadelles. Uva spina, spina racemaria. C’est une espèce de groseiller.
GADEMÈS ou GADEMIS. Contrée du Bitecturgérid en Afrique. Gademeffa. Elle est une partie du désert de Métavalet, & située dans le Mont Atlas, entre le pays<noinclude>
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GAD. s. m. Terme de Mythologie. La ''Félicité,'' la fortune, si l’on en croit quelques Auteurs, étoit une Divinité des Syriens. Les Rabbins même semblent attribuer à Lia, d’avoir, en quelque manière reconnu cette fausse Divinité ; car dans la ''Genèse, {{romm|XXX}},{{lié}}11,'' lorsque sa servante Zelpha mit au monde le premier des enfans qu’elle eut de Jacob, Lia dit '''{{lang|he|בגד}}''', ''Bagad,'' mot que ces Rabbins, selon la remarque de la Maf fore, croient être composé de s, ba : il vient ; &, Gad, félicité, bonne fortune, comme si Lia cut voulu dire : Voilà une bonne fortune, un bonheur qui me vient. Et ces Rabbins interprètent 13, Gad, par, o un bon astre, une bonne étoile, proprement une bonne influence ; expressions qui ont le même sens dans leur langue que dans la nôtre, & qui signifient bonheur, félicité, bonne fortune. Plusieurs prétendent que cette bonne étoile 3D ID est la planète de Jupiter, que les Rabbins appellent 773 Etoile de justice. Ainsi la bonne fortune dans l’Orient ne différoit point de Jupiter, suivant cette opinion. Il est certain que Gad signifie félicité. La version des Septante & la Vulgate y reconnoissent ce sens à l’endroit de la Genèse que nous avons indiquée. Et Abenezra, sur ce même endroit, le prouve par la langue Arabe qu’il entendoit parfaitement, & dans laquelle a, gad, signifie bon & bienfaisant. Mais tout cela ne prouve pas que Lia ait reconnu cette fausse Divinité, ni qu’elle cút même déja été inventée de son temps. Ce qu’elle dit, est simplement une exclamation par laquelle elle se félicite de la naissance de ce fils, disant : Bon, ou heureusement, feliciter, comme traduit S. Jérôme ; à quoi revient leur des Septante, ou bien le bonheur me vient, comme l’ont entendu les Aureurs de l’ruxas, qui se trouvoit autrefois dans beaucoup d’exemplaires Grecs, comme il paroît par les Peres qui le citent : Je fuis heureuse. Théodoret & S. Augustin font pourtant de ce sentiment, accusant ici Lia de quelque impiété, qu’ils attribuent à son éducation, & à l’idolatrie de sa famille, & marquant que Jacob cut été bien éloigné de parler ainsi.
Mais quoi qu’il en soit de ces premiers temps, il semble qu’on ne peut douter qu’au moins dans la fuite, Gad n’ait passe pour une Divinité en Syrie. Ifaïe,
XLV, 10, crie contre ceux qui dressoient une table à Gad, & qui faisoient dessus des libations. On reconnoit là une Divinité nommée Gad. La Vulgate l’appelle la Fortune ; les Septante en général Aapinor, Demon, Génie. Une ancienne Version Arabe qui se conserve dans la Bibliothèque d’Arondel, traduit aussi en général les Idoles. S. Jérôme nous assure sur cet endroit d’ssaïe, que le culte dont parle ce Prophète, s’observoit en Egypte, & il insinue que c’étoit de-la que les Juifs l’avoient pris, & qu’il subsistoit encore sur tout à Alexandrie ; qu’on le pratiquoit le dernier jour de l’année, ou pour remercier ce Dieu de la fertilité de l’année qui finissoit, ou pour la lui demander pour celle qui alloit commencer. Mais il resteroit à savoir, si l’objet du culte des Egyptiens étoit aussi le Dieu Gad. Les Demarets disent que God étoit une Idole militaire ; que les unsl’entendent de Mars, les autres de Jupiter, & les autres de la Bonne fortune. Ceux qui n’attribuent point d’idolâtrie à Lia, l’accusent au moins de marquer par-là beaucoup de crédulité aux in fluences des Astres, & aux visions de l’Astrologie. Voyez sur cette Divinité entre les Auteurs cités, Seldenus, de Diis Syris, Synt. I, c.{{lié}}1, Bochart, Chan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}, c.{{lié}}33.
GADAIRE. s. m. Terme de Mythologie. Nom d’un faux Dieu, Gadarius. S. Nicétas, Evêque de Romaciane dans la Dace, qui mourut vers le commencement du cinquième siècle, remarquoit dans un petit Traité sur les erreurs du Paganisme, que depuis peu, & presque de son temps, on avoit mis au nombre des Dieux un Paysan nommé Gadaire, à cause de sa force extraordinaire.
GADARA ou GADARE. Nom de deux villes de la Terre-Sainte. Gadara, Gadaris. La première étoit sur la rivière dé Jarmoch, que Pline appelle Hiéromiace, selon l’édition du P. Hardoum, & la Hiéromace, selon M. Réland. Pline, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}18. Celle-ci étoit métropole de la Pérée. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c. s. Etienne de Byfance la met dans la Caléfyrie, & Ptolomée, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}15, dans la Décapolitaine. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|II}}, c.{{lié}}19, joint Gadara, Heppos, & la Gaulanitide, comme des lieux voisins. Elle étoit à l’orient de la mer de Tiberiade, à soixante stades de cette ville. Gadare avoit un des cinq Conseils ou Tribunaux de toute la Terre d’Israël. C’est ce qu’on nomme Synédrion. Joseph, Antiq. {{liv.|{{rom-maj|XIV}}|cap}}, 10. Voyez la Palestine de M. Réland. Il appelle celle-ci Gadare de Pérée, ou de la feconde Palestine, pour la distinguer de l’autre dont nous allons parler, & il croit que celle-ci est celle que Joseph & Etienne de Byfance mettent dans la Coléfyrie, & Varron dans la Syrie. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. De Re Ruction. Cette ville avoit des Thermes. Epiphan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. advers. Her. Elle étoit située sur une montagne, & quoique bien fortifiée, selon le temps, elle se rendit à Vespasien avant qu’il l’eût attaquée, & ses habitans en abattirent les murailles, pour lui marquer la sincérité de leurs soumissions. Elle est aujourd’hui ruinée, & ses ruines portent le nom de Gaddi.
L’autre Gadare, qu’Etienne de Bylance met dans la Palestine, étoit près d’Azore, du côté du Septentrion, selon Strabon, I. XVI. Elle se nommoit tantôt Gadara, & tantôt Gazara. Comparez 1. Machab. XV, 28, avec XV, 35. Le même Livre, VII, 45, l’appelle Gazera. sonathan la fortifia. 1, Machab. IX, 52, & Simon son frère la choisit pour y faire sa résidence. 1. Machab. XIII, 54. Elle étoit aux confins d’Azote, 1. Machab. XIV, 34. 2. Machab. X, 32- Elle bornoit la contrée d’Ephraïm du côté de l’ouest. Joseph, Antiq. V, 1. Voyez H. Relandi Palestina, {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|678}} & suiv.
GADÁRÉN EN ou GADARIEN, ENNE. s. m. & f. Qui est de la ville ou du territoire de Gadare. Gadarenus, Gadareus. Les Gadaréniens font dans le texte Grec du nouveau Testament, ceux que la Vulgate appelle Gerazeniens, & S. Matthieu, VIII, 28 Gergefeniens. Le pays des Gadaréniens, dont ces Evangéliftens parlent, avoit la Galilée au couchant, & il en étoit séparé par le lac de Généfareth & le Jourdain, la Coléfyrie au nord, & l’Arabie au midi & au levant. C’étoit le territoire de Gadara de Pérée, ou de la feconde Palestine. Il y a des médailles de cette ville гAДAPHON. Ménippe Oenomaüs, Philosophe Cynique, & Théodore, Précepteur de Tibère, étoient Gadareniens. Voyez Relandi Palest. {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|774}} & suiv.
GADDA. Ville de la Tribu de Juda, Joseph, XV, 26. Gadda, Eusèbe & S. Jérôme la nomment ainsi. La Vulgate y joint le nom ga, & l’appelle Afer-Gadda. La Notice de l’Empire la met dans le département du gouverneur de l’Arabie, & l’appelle simplement Gadda.
GADDI on GADI. Nom d’un lieu de la Terre-Sainte. Le 1 L. des Paral. XII, 8, l’appelle Gaddi, le 2 des Rois, XXIII, 36. Gadi. Adrichonnus dit que ce lieu étoit dans la Tribu de Gad.
GADELLE. s. f. Sorte de groseille, dont on fait des confitures liquides. Uva (pina acinus.
GADELLIER. s. m. Arbrisseau qui porte les gadelles. Uva spina, spina racemaria. C’est une espèce de groseiller.
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Psephos
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<noinclude><pagequality level="1" user="Psephos" /></noinclude>Jazer, Rogel, Maspha, Ramoth-Galaad, Casbon, Thesba, Dabir, Sucot, Phanuel, Mahanin. Ce pays fut ensuite une partie de l’Iturée, & il est maintenant de l’Arabie.
{{sc|Gad}}, est aussi, selon quelques-uns, dans le ''2{{lié}}L. des Rois, {{romm|XXIV}},{{lié}}5,'' le nom d’un torrent, qui traversoit la Tribu on le pays de ''Gad.'' On croit que c’est le torrent d’Arnon. Au lieu du torrent de ''Gad,'' la Vulgate traduit vallée de ''Gad.''
GAD. s. m. Terme de Mythologie. La ''Félicité,'' la fortune, si l’on en croit quelques Auteurs, étoit une Divinité des Syriens. Les Rabbins même semblent attribuer à Lia, d’avoir, en quelque manière reconnu cette fausse Divinité ; car dans la ''Genèse, {{romm|XXX}},{{lié}}11,'' lorsque sa servante Zelpha mit au monde le premier des enfans qu’elle eut de Jacob, Lia dit '''{{lang|he|בגד}}''', ''Bagad,'' mot que ces Rabbins, selon la remarque de la Massore, croient être composé de '''{{lang|he|בא}}''', ''ba :'' il vient ; & '''{{lang|he|גד}}''', ''Gad,'' félicité, bonne fortune, comme si Lia eût voulu dire : Voilà une bonne fortune, un bonheur qui me vient. Et ces Rabbins interprètent '''{{lang|he|גד}}''', ''Gad,'' par, '''{{lang|he|מול טוב}}''' un bon astre, une bonne étoile, proprement une bonne influence ; expressions qui ont le même sens dans leur langue que dans la nôtre, & qui signifient bonheur, félicité, bonne fortune. Plusieurs prétendent que cette bonne étoile '''{{lang|he|מול טוב}}''' est la planète de Jupiter, que les Rabbins appellent '''{{lang|he|צדך כוככ}}''' ''Etoile de justice.'' Ainsi la bonne fortune dans l’Orient ne différoit point de Jupiter, suivant cette opinion. Il est certain que ''Gad'' signifie félicité. La version des Septante & la Vulgate y reconnoissent ce sens à l’endroit de la Genèse que nous avons indiquée. Et Abenezra, sur ce même endroit, le prouve par la langue Arabe qu’il entendoit parfaitement, & dans laquelle '''{{lang|ar|גאד}}''', ''gad,'' signifie bon & bienfaisant. Mais tout cela ne prouve pas que Lia ait reconnu cette fausse Divinité, ni qu’elle eût même déja été inventée de son temps. Ce qu’elle dit, est simplement une exclamation par laquelle elle se félicite de la naissance de ce fils, disant : Bon, ou heureusement, ''{{lang|la|feliciter}},'' comme traduit {{St.|Jérôme}} ; à quoi revient l’{{lang|grc|εὐτυχῆ}} des Septante, ou bien le bonheur me vient, comme l’ont entendu les Aureurs de l’{{lang|grc|εὐτυχηκα}}, qui se trouvoit autrefois dans beaucoup d’exemplaires Grecs, comme il paroît par les Peres qui le citent : ''Je suis heureuse.'' Théodoret & {{St.|Augustin}} sont pourtant de ce sentiment, accusant ici Lia de quelque impiété, qu’ils attribuent à son éducation, & à l’idolâtrie de sa famille, & marquant que Jacob eût été bien éloigné de parler ainsi.
Mais quoi qu’il en soit de ces premiers temps, il semble qu’on ne peut douter qu’au moins dans la suite, ''Gad'' n’ait passe pour une Divinité en Syrie. Isaïe, ''{{romm|XLV}},{{lié}}10,'' crie contre ceux qui dressoient une table à ''Gad,'' & qui faisoient dessus des libations. On reconnoît là une Divinité nommée ''Gad.'' La Vulgate l’appelle la ''Fortune ;'' les Septante en général {{lang|grc|Δαιμόνιον}}, ''Démon, Génie.'' Une ancienne Version Arabe qui se conserve dans la Bibliothèque d’Arondel, traduit aussi en général ''les Idoles.'' {{St.|Jérôme}} nous assure sur cet endroit d’Isaïe, que le culte dont parle ce Prophète, s’observoit en Egypte, & il insinue que c’étoit de-là que les Juifs l’avoient pris, & qu’il subsistoit encore sur-tout à Alexandrie ; qu’on le pratiquoit le dernier jour de l’année, ou pour remercier ce Dieu de la fertilité de l’année qui finissoit, ou pour la lui demander pour celle qui alloit commencer. Mais il resteroit à savoir, si l’objet du culte des Egyptiens étoit aussi le Dieu ''Gad.'' Les Demarets disent que ''Gad'' étoit une Idole militaire ; que les uns l’entendent de Mars, les autres de Jupiter, & les autres de la Bonne fortune. Ceux qui n’attribuent point d’idolâtrie à Lia, l’accusent au moins de marquer par-là beaucoup de crédulité aux influences des Astres, & aux visions de l’Astrologie. Voyez sur cette Divinité entre les Auteurs cités, Seldenus, ''{{lang|la|de Diis Syris, Synt.{{lié}}{{romm|I}}, c.{{lié}}1,}}'' Bochart, ''Chan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}, c.{{lié}}33.''
<section end="GAD"/>
<section begin="GADAIRE"/><nowiki/>
GADAIRE. s. m. Terme de Mythologie. Nom d’un faux Dieu. ''{{lang|la|Gadarius.}}'' {{St.|Nicétas}}, Evêque de Romaciane dans la Dace, qui mourut vers le commencement du cinquième siècle, remarquoit dans un petit Traité sur les erreurs du Paganisme, que depuis peu, & presque de son temps, on avoit mis au nombre des Dieux un Paysan nommé ''Gadaire,'' à cause de sa force extraordinaire.
<section end="GADAIRE"/>
<section begin="GADARA ou GADARE"/><nowiki/>
GADARA ou GADARE. Nom de deux villes de la Terre-Sainte. Gadara, Gadaris. La première étoit sur la rivière dé Jarmoch, que Pline appelle Hiéromiace, selon l’édition du P. Hardoum, & la Hiéromace, selon M. Réland. Pline, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}18. Celle-ci étoit métropole de la Pérée. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c. s. Etienne de Byfance la met dans la Caléfyrie, & Ptolomée, L.{{lié}}{{rom-maj|V}}, c.{{lié}}15, dans la Décapolitaine. Joseph, De Bello, L.{{lié}}{{rom-maj|II}}, c.{{lié}}19, joint Gadara, Heppos, & la Gaulanitide, comme des lieux voisins. Elle étoit à l’orient de la mer de Tiberiade, à soixante stades de cette ville. Gadare avoit un des cinq Conseils ou Tribunaux de toute la Terre d’Israël. C’est ce qu’on nomme Synédrion. Joseph, Antiq. {{liv.|{{rom-maj|XIV}}|cap}}, 10. Voyez la Palestine de M. Réland. Il appelle celle-ci Gadare de Pérée, ou de la feconde Palestine, pour la distinguer de l’autre dont nous allons parler, & il croit que celle-ci est celle que Joseph & Etienne de Byfance mettent dans la Coléfyrie, & Varron dans la Syrie. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. De Re Ruction. Cette ville avoit des Thermes. Epiphan. L.{{lié}}{{rom-maj|I}}. advers. Her. Elle étoit située sur une montagne, & quoique bien fortifiée, selon le temps, elle se rendit à Vespasien avant qu’il l’eût attaquée, & ses habitans en abattirent les murailles, pour lui marquer la sincérité de leurs soumissions. Elle est aujourd’hui ruinée, & ses ruines portent le nom de Gaddi.
L’autre Gadare, qu’Etienne de Bylance met dans la Palestine, étoit près d’Azore, du côté du Septentrion, selon Strabon, I. XVI. Elle se nommoit tantôt Gadara, & tantôt Gazara. Comparez 1. Machab. XV, 28, avec XV, 35. Le même Livre, VII, 45, l’appelle Gazera. sonathan la fortifia. 1, Machab. IX, 52, & Simon son frère la choisit pour y faire sa résidence. 1. Machab. XIII, 54. Elle étoit aux confins d’Azote, 1. Machab. XIV, 34. 2. Machab. X, 32- Elle bornoit la contrée d’Ephraïm du côté de l’ouest. Joseph, Antiq. V, 1. Voyez H. Relandi Palestina, {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|678}} & suiv.
GADÁRÉN EN ou GADARIEN, ENNE. s. m. & f. Qui est de la ville ou du territoire de Gadare. Gadarenus, Gadareus. Les Gadaréniens font dans le texte Grec du nouveau Testament, ceux que la Vulgate appelle Gerazeniens, & S. Matthieu, VIII, 28 Gergefeniens. Le pays des Gadaréniens, dont ces Evangéliftens parlent, avoit la Galilée au couchant, & il en étoit séparé par le lac de Généfareth & le Jourdain, la Coléfyrie au nord, & l’Arabie au midi & au levant. C’étoit le territoire de Gadara de Pérée, ou de la feconde Palestine. Il y a des médailles de cette ville гAДAPHON. Ménippe Oenomaüs, Philosophe Cynique, & Théodore, Précepteur de Tibère, étoient Gadareniens. Voyez Relandi Palest. {{t.|{{rom-maj|II}}|cap}}, {{pg|774}} & suiv.
GADDA. Ville de la Tribu de Juda, Joseph, XV, 26. Gadda, Eusèbe & S. Jérôme la nomment ainsi. La Vulgate y joint le nom ga, & l’appelle Afer-Gadda. La Notice de l’Empire la met dans le département du gouverneur de l’Arabie, & l’appelle simplement Gadda.
GADDI on GADI. Nom d’un lieu de la Terre-Sainte. Le 1 L. des Paral. XII, 8, l’appelle Gaddi, le 2 des Rois, XXIII, 36. Gadi. Adrichonnus dit que ce lieu étoit dans la Tribu de Gad.
GADELLE. s. f. Sorte de groseille, dont on fait des confitures liquides. Uva (pina acinus.
GADELLIER. s. m. Arbrisseau qui porte les gadelles. Uva spina, spina racemaria. C’est une espèce de groseiller.
GADEMÈS ou GADEMIS. Contrée du Bitecturgérid en Afrique. Gademeffa. Elle est une partie du désert de Métavalet, & située dans le Mont Atlas, entre le pays<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude>peuples à la frontière même de l’humanité (non
parce que la terre cesse mais parce que le feu commence)
de l’exploitation de ces rives au delà du lac ardent.
C’est là que je me taillerai un domaine pour moi,
une insolente petite place pour moi seul entre les
deux mondes.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Pour vous seul ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Pour moi seul. Une petite
place que j’y sois plus perdu qu’une pièce d’or dans
une cassette oubliée. Telle que nulle autre que vous
jamais est capable de venir m’y rechercher.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je ne viendrai pas vous rechercher.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je vous donne rendez-vous.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{T3|DONA ISABEL, DON LUIS|SCÈNE {{rom-maj|IV}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Une rue dans une ville d’Espagne quelconque. Une haute fenêtre garnie de barreaux de fer. Derrière les barreaux'' DONA ISABEL, ''et dans la rue'' DON LUIS.}}
{{il}}
{{Personnage|DONA ISABEL|||uc|sm}}. ― Je jure de ne pas être la
femme d’un autre que Votre Seigneurie. Demain
mon frère, ce cruel tyran, m’arrache à Ségovie. Je
suis une des filles d’honneur qui accompagnent
Notre-Dame quand elle s’en va à la Porte de Castille
recevoir l’hommage de Santiago. Armez-vous, emmenez
quelques compagnons courageux. Il vous
sera facile dans quelque défilé de montagne de
m’enlever à la faveur de la nuit et de la forêt. Ma
main. (''Elle la lui donne.'')
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||PREMIÈRE JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Mais quand j’essayerai de m’élancer vers le mal,
que ce soit avec un pied boiteux ! la barrière que
vous avez mise,
Quand je voudrai la franchir, que ce soit avec
une aile rognée !
J’ai fini ce que je pouvais faire, et vous, gardez
mon pauvre petit soulier,
Gardez-le contre votre cœur, ô grande Maman
effrayante !
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||PREMIÈRE JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Son gouvernement de Grenade ravagée par la
sédition et la peste
Ont montré qui était Rodrigue, votre serviteur.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Je consens à Rodrigue. Qu’il vienne !
{{Personnage|LE CHANCELIER|||uc|sm}}. ― Sire, je ne sais où il est.
Déjà je lui avais fait comprendre que l’Amérique
de nouveau allait le requérir.
Il m’a écouté d’un œil sombre sans répliquer.
Et le lendemain il avait disparu.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Qu’on me l’amène de force !
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>s’avancer en bon ordre une quantité de petites
lumières.
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Et là-bas à l’Orient à la crête de
cette colline apparaît un autre cortège.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’est Jacques qui chaque
année au jour de sa fête s’en vient rendre visite à
la Mère de son Dieu.
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Et celle-ci maternellement fait le
tiers du chemin à sa rencontre,
Selon qu’il a été solennellement stipulé par-devant
notaire après de longues disputes.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Attention ! Je vois les petites
lumières à l’ouest qui se dispersent, tout s’éteint !
Mais c’est la flamme rouge des arquebuses ! Écoute !
On crie !
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Je crains que ce ne soient nos
pèlerins de tout à l’heure, ceux que nous avons vus
se tapir derrière la pinède.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Penses-tu qu’ils vont se
prendre à Saint Jacques ?
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Ce sont sans doute des hérétiques
ou des Mores et la statue est d’argent massif.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''se levant''. — Mon épée ! Volons
au secours de Monsieur Saint Jacques !
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}, ''se levant aussi''. Et quand nous
l’aurons arraché aux mécréants, nous ne le rendrons
pas sans une bonne rançon. (''Ils sortent.'')
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>jette un peu d’eau avec le bout des doigts ! Je
l’époussète chaque matin avec un petit plumeau
fait de duvet de colibri !
Garde l’œil, commère, sur ce chemin qui s’en
va tournillant là-bas,
Jusqu’à cette montagne qui a forme d’un lion
couché,
Jusqu’à ce qu’y apparaisse cette chose qui
d’avance me fait mal au ventre,
Certain nuage de poussière où brille l’éclat des
armes et des étriers !
— Ah ! quel beau métier que le mien ! il ne me
rapporterait nuls gages que je n’en voudrais point
d’autres !
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― C’est la corde qui sera ton salaire,
ô grand vilain méchant !
{{Personnage|LE SERGENT|||uc|sm}}. ― Jamais de corde pour moi ! Je
fais retraite dans le décor ! Je ferme les yeux et aussitôt
il n’y a plus moyen de me distinguer d’un
pied de grenadier.
Rassurez-vous, touchantes jeunes filles ! votre
ami, le Sergent doré, est encore là pour aller vous
chercher au fond des trous où vous moisissez avec
une canne à pêche !
Quand se gonfle votre petit cœur innocent,
quand votre âme délicatement frémit au son de
l’ami inconnu là-bas,
Quand vous sentez que vous êtes comme ces
graines que la nature a pourvues de plumes et de
duvets afin qu’elles s’envolent au gré d’avril,
Alors j’apparais sur le rebord de votre fenêtre,
battant des ailes et peint en jaune !
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Il s’est battu comme un
gentilhomme et j’ai cru que je n’en viendrais pas à bout.
{{Personnage|LE SERVITEUR CHINOIS||uc|sm}}. ― Oui, mais notre
pourpoint a souffert.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Vous sentez-vous sérieusement blessé ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Peu de chose. Donnez-moi
l’une de ces voitures. Mon serviteur prendra soin de moi.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}, ''à Dona Isabel''. — Et vous, ma
chère sœur, reprenez vos sens. Ne restez pas ainsi
toute blanche et interdite. Et remerciez ce cavalier
qui nous a sauvés tous.
{{Personnage|DONA ISABEL|||uc|sm}}. ― Je vous remercie.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||PREMIÈRE JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Ma souffrance ne l’est pas.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Ne voulez-vous pas son bonheur ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je veux qu’il souffre aussi.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Il souffre en effet.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Jamais assez.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Il appelle, ne lui répondrez-vous pas ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je ne suis pas une voix pour lui.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Qu’êtes-vous donc ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Une Épée au travers de son cœur.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Écoute, j’ai rencontré ce matin
une bande de cavaliers. Ils cherchent une demoiselle
appelée Musique qu’un certain sacripant de
Naples a enlevée.
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Musique ? Ciel !
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Tu la connais ?
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Poursuis.
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Aussitôt par force et par menace
ils m’ont arraché l’aveu que ladite Musique se
trouve dans cette auberge au bord de la mer
qu’occupent d’affreux pirates.
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Mais ce n’est pas vrai !
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Je le sais, qu’importe !
Demain soir on attaque Balthazar et ses troupes,
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Mais ils ne trouveront rien.
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Ils trouveront du moins une
certaine sorcière que j’ai dépeinte
Qui est la plus dangereuse complice du voleur
aux yeux de velours.
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Je ne rentre pas à l’auberge !
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Alors, je te tue sur la place.
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Dona Prouhèze est là qui saura
tout arranger.
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― Dis lui que, profitant du tumulte,
elle fuie, avec toi.
{{Personnage|LA NÉGRESSE|||uc|sm}}. ― Comment ?
{{Personnage|LE CHINOIS|||uc|sm}}. ― À cent pas de l’auberge là-bas
derrière les figuiers de Barbarie, je l’attends avec
mon valet et des chevaux pour elle et pour toi.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||PREMIÈRE JOURNÉE|}}</noinclude>''{{tiret2|chan|celant}}''. — Rodrigue, je suis à toi ! Tu vois que j’ai
rompu ce lien si dur !
Rodrigue, je suis à toi ! Rodrigue, je vais à toi !
{{Personnage|L’ANGE GARDIEN|||uc|sm}}. ― Et moi, je t’accompagne.
(''Ils sortent.'')
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>pierre. L’un d’eux s’est détaché et se dirige vers
nous, agitant un mouchoir.
{{Personnage|DON BALTHAZAR|||uc|sm}}. ― Très bien, faites rallier
tout le monde vers le pont.
{{Personnage|L’ALFÉRÈS|||uc|sm}}. ― Même la sentinelle qui garde le
ravin ?
{{Personnage|DON BALTHAZAR|||uc|sm}}. ― Aussi. Et qu’on aille me
chercher le Chinois.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{c|PERSONNAGES DE LA DEUXIÈME JOURNÉE|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|m=3em}}
{{Poem|DON GIL.
L’IRRÉPRESSIBLE.
DONA PROUHÈZE.
DONA HONORIA.
DON PÉLAGE.
LE VICE-ROI.
L’ARCHÉOLOGUE.
LE CHAPELAIN.
SAINT JACQUES.
LE ROI.
DON RODRIGUE.
LE CAPITAINE.
DON CAMILLE.
DONA MUSIQUE.
DON GUSMAN.
RUIS PERALDO.
OZORIO.
REMEDIOS.
L’OMBRE DOUBLE.
LA LUNE.
COMMIS.
CAVALIERS.
MAÎTRE DRAPIER.
SEIGNEURS.|lh=180}}
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{c|TOUS DROITS DE REPRODUCTION, TRADUCTION ET ADAPTATION<br>RÉSERVÉS POUR TOUS LES PAYS SANS EXCEPTION.<br>{{lang|en|COPYRIGHT 1927 BY PANAÏT ISTRATI.}}|fs=85%}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|70||ISAAC}}</noinclude>quoi il est si misérable ! s’écria Binder,
les yeux hagards sur la pièce d’or.
Il était midi. Le restaurant bondé. Yousouf
apparut :
— Lotria Hel…
— Écoute, Azoï, sacré imbécile ! apostropha
le cabaretier, en exhibant la
livre.
— Hé quoi ! tu ne peux pas parler
plus honnêtement ?
— Que le diable t’emporte ! ça ne vaut
pas la peine d’être poli avec un idiot
comme toi ! Regarde le résultat de ton
travail sur Isaac : le malheureux donne
son argent à des passants !
— Azoï ? — C’est bien !
— Comment « c’est bien », abruti !
Il ne mange plus, ne s’achète plus une
harde, et jette les livres dans la rue ! C’est
toi qui lui enseignes cela ?
— Moi, je n’enseigne rien aux gens.
Je ne suis pas ''haham !'' Mais si Isaac<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||71}}</noinclude>méprise l’argent, c’est très bien ! Cela
prouve qu’il est avec Dieu.
— En fais-tu autant, espèce d’Azoï ?
Donnes-tu ton argent ?
Yousouf tourna le dos, et, de la porte :
— Herman ! Ce que je ''fais'', et si je
''donne'' ou non, tu n’es pas digne de le
savoir. Sache seulement qu’un bon juif
n’est jamais un mauvais homme !
{{***|150%|m=1em}}
Dès le jour où l’on réussit à mettre la
main sur Isaac et à le confronter avec le
client auquel il avait donné la livre sterling,
le camelot rompit ses derniers liens
avec ce qui lui restait comme habitude
humaine : il cessa subitement de boire,
ne parla plus et eut l’air d’ignorer tous
ceux qui l’avaient aimé, Yousouf compris.
La confrontation fut brève et nette :<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|72||ISAAC}}</noinclude>Isaac traita le client de « fou », disant ne
l’avoir jamais vu, ni connu.
{{***|150%|m=1em}}
Mais, ce jour-là, un autre événement
s’était produit.
Motrogan, désœuvré les trois quarts
du temps, fut chargé par Binder de poursuivre
Isaac et, l’attrapant sur le fait, de
le confondre.
— Saisis-lui la main au moment où il
voudra offrir la pièce et demande-lui ce
que cela veut dire, ordonna Binder.
— Ne fais pas cela, Motrogan, s’opposa
Yousouf, qui était présent. Tu peux
le voir faire, mais ne le touche pas.
— Yousouf a raison, dit un médecin
qui soignait la femme de Binder et avait
assisté à la confrontation. Isaac vit dans
une espèce de somnambulisme : une
commotion violente pourrait le tuer, ou<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||73}}</noinclude>le rendre fou. Vous savez qu’il est cardiaque
au dernier degré.
Motrogan talonna Isaac pendant toute
l’après-midi et ne le vit faire que du
commerce, mais, vers la nuit, il fut le
témoin d’une scène insoupçonnée.
À l’instant où Isaac passait devant un
magasin de la rue des Sœurs, une jeune
et belle dame, accompagnée d’un monsieur
grassouillet, sortit du magasin et
faillit se heurter nez à nez avec le camelot.
L’une et l’autre reculèrent interdits,
perdant leur contenance, puis, vivement,
la belle et son compagnon
sautèrent dans une voiture qui les
attendait. Alors Motrogan entendait
Isaac crier timidement et très ému :
— Rosa ! Moi, je suis toujours « ''déserteur'' » !
La voiture décampa au galop, Isaac se
laissa choir sur la bordure du chemin,<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|74||ISAAC}}</noinclude>où la nuit le surprit, sa camelote sur le
dos, le front appuyé sur les genoux.
Motrogan eut le bon sens d’attendre,
et quand le malheureux reprit sa course,
il continua à le suivre ! Ce ne fut
pas en vain, car ce soir-là, il dénicha sa
demeure.
Isaac marchait en chancelant comme
un homme ivre. Par des rues tortueuses
et encombrées d’Arabes poussant leurs
voitures à bras chargées de cannes à
sucre, de dattes, de noix de coco
ou de pâtisseries crasseuses, Isaac se
frayait passage en encaissant les jurons
et les brutalités de tous les passants que
sa ferraille accrochait infailliblement. Il
ne ripostait point, indifférent à tout.
Enfin, dans la rue Attarine, quartier
arabe populeux, il disparut sous une
porte cochère.
D’un saut, Motrogan le rejoignit et le
talonna de près.
La maison, une masure délabrée,<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||75}}</noinclude>puante et plongée dans l’obscurité,
n’avait qu’un étage surmonté d’un grenier.
Là, sous le toit, c’était la chambre
de Yousouf, une grosse baraque en
planches disloquées, parmi lesquelles
celles qui formaient la porte laissaient
voir, par les entrebâillements, tout l’intérieur
des deux incompris par les hommes
et rebutés par leur propre destin.
C’était un vendredi soir. Le marchand
de loteries était déjà à sa prière, le nez
basculant au-dessus de deux bougies
dont les flammes fumantes éclairaient
quelque livre prometteur de vie éternelle.
Isaac y pénétra comme un automate,
sans bruit et sans bonsoir, jeta sa camelote,
alluma ses bougies, tira quelques
objets, qu’il tripota longuement dans
tous les sens, puis, laissant tomber ses
bras, piqua, la tête en avant, dans un
coin rempli de hardes, où il s’immobilisa.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|76||ISAAC}}</noinclude><nowiki />
Yousouf n’eut pour Isaac qu’un coup
d’œil distrait, et continua sa prière.
Le violoniste s’en alla sur la pointe
des pieds, en se disant, dans sa sincérité
de tzigane amoureux à soixante-dix ans :
— Et tout ça, parce qu’il n’a pas pu
aimer comme tout le monde !
{{***|150%|m=1em}}
À la rue Khandak, l’émoi était à son
comble. Binder s’attendait à ce qu’Isaac
fût frappé de folie d’un moment à l’autre.
Sa femme, gravement malade, pleurait
jour et nuit. Mais le plus misérable
était Sotir :
— Je ne sais plus que dire aux
parents ! se lamentait-il. —{{lié}}Depuis trois
mois ils ne reçoivent plus rien d’Isaac, et
me pressent de leur « avouer » que leur
fils est mort. Comment leur dire qu’il
est plus que mort ? —{{lié}}Aussi, je suis<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||77}}</noinclude>obligé de ne plus aller les voir qu’une
fois sur deux voyages, et alors ils m’assaillent
avec des supplications si déchirantes
que je deviens fou !
Le cambusier tenta à plusieurs reprises
de surprendre Isaac dans sa posture
de « généreux absurde », mais les poursuites
furent rendues impossibles par le
camelot, qui, les derniers temps, s’éclipsait
systématiquement pendant les trois
jours du mois où ''Dacia'' restait ancrée
dans le port d’Alexandrie.
On essaya de persuader Yousouf qu’il
devait ramener le vaincu à une meilleure
raison. Le bigot s’en défendit avec
sarcasmes :
— Ramener Isaac « à une ''meilleure''
raison » ?! À laquelle ? À la vôtre ?!
Mais, d’abord : en avez-vous une qui
tienne debout au moins le temps qu’il
vous faut pour digérer votre côtelette de
porc ?! —{{lié}}Vous ne savez être, dans ce
monde, ni assez malheureux pour qu’il<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|78||ISAAC}}</noinclude>vous soit permis d’aspirer à la vie éternelle,
ni assez heureux pour que vous
puissiez ne plus songer à elle, car, affamés
ou repus, le doute vous ronge également.
—{{lié}}Et c’est vous qui voudriez
ramener Isaac à une « ''meilleure'' » raison ?!
Ha ! Ha !
Lorsqu’on s’aperçut que Yousouf lui-même
devenait un inconnu pour Isaac
et qu’on lui demanda s’ils ne s’étaient
pas « disputés », le marchand répondit :
— Non ; mais il n’a plus besoin de
moi : il suit le chemin par ses propres
jambes.
Hélas ! ce « chemin » devait être bien
long, car les jambes commençaient à
trahir le pauvre assoiffé de vie éternelle.
Les apparitions d’Isaac à la taverne
du ''Fantassin Roumain'', n’avaient maintenant
qu’un seul but : dormir. Plus de
raki, plus de paroles, plus d’explications…
Il arrivait, défaillant, les lèvres<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||79}}</noinclude>brûlées, les yeux mi-clos, en choisissant
toujours les moments où la boutique
était vide ou presque vide, et, sans dire
un mot, allait tout droit se jeter dans
un coin masqué par le buffet. Là, sur
sa chaise, les bras croisés sur la table de
marbre, il laissait doucement le front
tomber sur ses bras et ne bougeait plus
pendant une heure, deux, parfois trois,
et même davantage.
Plus personne qui osât l’agacer ou lui
adresser la parole. Certains poussaient
le respect jusqu’à parler bas, pour ne
pas le réveiller.
Au réveil, la tête se levait aussi doucement
qu’elle le faisait en se posant.
Le buste se redressait et le corps se
remettait debout presque gracieusement.
Les jambes reprenaient leur course.
Isaac partait comme il était venu.
Où allait-il ? — Partout. Mêmes rues,
mêmes quartiers, même clientèle, mais
la camelote diminuait de jour en jour,<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||83}}</noinclude>moment confus, les yeux sur la pièce
que tenaient ses doigts crasseux, il balbutiait
quelques mots incompréhensibles
et repartait.
Vers la fin de cette dernière phase
de sa mélancolie destructive il ne portait
plus, pour toute marchandise, que
deux ou trois objets insignifiants : un
gril, une souricière, un goupillon à
bouteilles, que ses mains immobiles
offraient à des clients imaginaires.
{{***|150%|m=1em}}
Ainsi, trois ans de vie meurtrière
s’écoulèrent. Puis…
Un jour Isaac entra, comme d’habitude,
chez Binder et coucha sa tête sur
le marbre.
C’était un après-midi torride du mois
de juin. Dans la rue, vide, la poussière
brûlait les yeux et la gorge. Seul dans<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Validée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|84||ISAAC}}</noinclude>sa boutique, Binder lisait un journal,
trop accoutumé aux apparitions et aux
disparitions du malheureux Isaac, pour
y faire attention, lorsqu’il le vit passer
vers son coin de repos.
Le restaurateur attendait impatiemment
Sotir, sachant que ''Dacia'' venait
d’arriver le matin même. Le cambusier
apparut, la mine presque réjouie, et dit
tout de suite :
— J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer,
mon brave Herman : nous
allons rapatrier Isaac !
— Comment ça ?
— Très bien : j’ai fait des démarches
auprès de mon commandant en faveur
de notre malheureux. À son tour, le commandant
a demandé et obtenu la clémence
tacite du ministre de la guerre,
son ami, pour qu’un congé officieux
soit accordé au pauvre déserteur. — Et
voilà : je viens pour l’emmener !
Binder, fou de joie, sauta au cou de<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|ISAAC||85}}</noinclude>Sotir, le serra éperdûment dans ses bras
et lui baisa les deux joues.
En ce moment, Yousouf surgit sur le
seuil du magasin et voyant l’embrassade
des deux amis, les contempla avec placidité.
— Ça y est, Azoï ! Nous rapatrions
Isaac aujourd’hui ; lui cria Binder.
— Vous le rapatriez… Cela reste à
voir, car il faut aussi qu’il le veuille !
— Il le voudra, sois en certain ! dit
le cabaretier, versant à boire. —{{lié}}Nous
le lui ferons savoir dès qu’il se réveillera.
Binder trinqua avec Sotir.
Yousouf se glissa derrière le buffet,
où dormait Isaac, prit place à sa table et
le considéra longuement. Un large sourire
lui fendit la bouche d’une oreille
à l’autre. Il saisit la tête du dormeur et
la souleva. Une petite tache écarlate
apparut à l’endroit où la bouche d’Isaac
avait touché le marbre. Des paupières<noinclude>
<references/></noinclude>
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Psephos
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/* Validée */ : (
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" />{{nr|86||ISAAC}}</noinclude>closes, un visage livide, des lèvres ensanglantées…
Yousouf allongea le cou vers la tête
qu’il tenait entre ses mains et murmura
doucement :
— Ils veulent te rapatrier, Isaac, mais
tu t’y opposeras, car tu as voulu la vie
éternelle et tu l’as obtenue !
{{sepNotes}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Isaac, le tresseur de fil de fer, 1927.djvu/7
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2026-05-08T15:02:54Z
Psephos
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/* Validée */ connaissais pas ce modèle évidemment lol
15779184
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="4" user="Psephos" /></noinclude>{{pageTitre|
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Fabrice Dury
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/* Validée */ Sur deux colonnes
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{{Table|titre=[[Bécassine chez les Turcs/55|{{t|Au bazar de Constantinople|90}}]]|page={{pli|55|6}}}}
{{Table|titre=[[Bécassine chez les Turcs/56|{{t|Nouvelle arrestation|90}}]]|page={{pli|56|6}}}}
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{{Table|titre=[[Bécassine chez les Turcs/59|{{t|Soliman|90}}]]|page={{pli|59|6}}}}
{{Table|titre=[[Bécassine chez les Turcs/60|{{t|Un pays hanté|90}}]]|page={{pli|60|6}}}}
{{Table|titre=[[Bécassine chez les Turcs/61|{{t|Bécassine cherche une situation|90}}]]|page={{pli|61|6}}}}}}<noinclude>{{Séparateur|10|mt=5em|mb=0}}
{{Centré|6771-19. — {{sc|Corbeil}}. Imprimerie {{sc|Crété}}|fs=84%}}</noinclude>
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{{T2|I. — {{sc|Le Bois d’oliviers}}
}}
{{SDT|2}}
{{Lettrine|D}}{{sc|epuis}} la déclaration de guerre, les relations,
déjà peu actives, que nous entretenions avec
quelques-uns de nos voisins, fermiers ou propriétaires
de villas, se sont encore ralenties.
Les débats sur les opérations militaires, en
honneur chez eux, nous ayant paru vains, nous
ne leur adressons plus que des propos banals sur
la température ou sur les récoltes, en passant.
Au printemps de l’année 1916, il y a longtemps
que nous ne fréquentons plus que chez
les arbres et les arbustes de cette haute campagne
de Fréjus, coiffée de l’Estérel, que nous avons
choisie. C’est d’eux seuls que nous nous entretenons,
mon mari, mon père, mon fils et moi ; à
chaque instant nous rappelons leurs goûts, leur
physionomie mobile selon les saisons et les heures.
Nous en avons fait nos amis.
Ces circonstances expliquent l’émoi avec lequel
nous apprenons qu’à peu de centaines de mètres
en avant et en arrière de notre jardin, vont être
bientôt entrepris les déboisements et terrassements
nécessaires à la construction de camps
spacieux de tirailleurs sénégalais.
Nous ressentons contre ces envahisseurs du
Sud, nos défenseurs improvisés, une colère peu
patriotique.
Une journée l’exaspère particulièrement, celle
du 10 avril, où nous voulons aller constater les
progrès du sinistre déjà signalé. Nous nous rendons
en famille dans l’une des régions condamnées.<noinclude>
{{nr|||11}}
<references/></noinclude>
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<includeonly><span class="lettrine" style=" font-weight:{{{fw|normal}}}; font-size:{{{fs|300%}}}; line-height:{{{lh|initial}}}; font-family:{{{ff|serif}}}; {{#if:{{{couleur|}}}| color:{{{couleur}}};}}">{{{1}}}</span></includeonly><noinclude>{{documentation}}</noinclude>
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C'est une copie de {{m|Initiale}} qui imite à peu près le style de {{m|Lettrine4}}; c'est-à-dire, c'est un raccourci de :
<code><nowiki>{{i|[lettre]|fw=normal|ff=serif|taille=300%}}</nowiki></code>
(Ça remplace le paramètre <code>taille</code> par le <code>fs</code> plus répandu)
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{{Numérotation|FLÂNERIE DANS PARIS||7}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-a1.jpg|180px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Pendant les journées précédentes, les bombes et les obus avaient fait de grands ravages dans Paris. La foule s’attroupait devant les maisons atteintes. Bécassine se joignit quelques instants aux curieux.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-a2.jpg|373px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Puis elle se mit à errer au hasard, et bientôt elle remarqua que beaucoup de personnes collaient sur leurs vitres{{Corr|
…|,}} pour les empêcher de se briser, des bandes de papier plus ou moins ornementées. « Voilà, se déclara à elle-même Bécassine, qui est gentil, qui est drôle…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-a3.jpg|162px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… c’est comme un concours de fenêtres. Faut que je cherche la plus belle. » Elle se mit à errer, et soudain elle tomba en arrêt devant une vitrine de magasin, où s’accomplissait un travail qu’elle jugea réellement merveilleux.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-b1.jpg|233px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Les papiers découpés formaient un véritable tableau. Il y avait au milieu une montagne en pain de sucre, d’où s’échappait une fumée abondante, et au-dessus de laquelle on lisait ''le Vésuve''. À sa droite était un golfe avec d’innombrables bateaux.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-b2.jpg|298px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Successivement, l’auteur, dont à travers la glace on ne distinguait que les mains, ajouta à son chef-d’œuvre des moissonneurs au travail. « Ça, remarqua Bécassine, qui n’ignore pas que le Vésuve est un volcan italien, ça doit être…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-b3.jpg|289px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … la récolte du macaroni. » Puis, parurent des soldats faisant l’exercice. Bécassine, enthousiasmée, cria : « Vive l’Italie ! » ce qui souleva le même cri de la part des quelques badauds qui l’entouraient.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-c1.jpg|178px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Sans doute, l’artiste, qui travaillait de l’autre côté de la verrière, entendit, fut flatté : il se montra dans un espace de la glace laissé libre, et fit un geste de remerciement. Il sembla à Bécassine qu’elle le connaissait.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-c2.jpg|189px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Un instant elle chercha où elle avait déjà vu cette figure… Soudain, la mémoire lui revint. Se frappant le front, elle dit : « J’y suis, c’est {{M.|César}}, celui qui a fait l’année dernière de si belles peintures dans l’appartement de {{Mme|de}} Grand-Air. »
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-c3.jpg|216px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
À ce moment, la porte du magasin s’ouvrit, César vint droit à notre amie. Il demanda : « Zé né mé trompe pas ?… C’est bien la signorina Bécassine ? — Soi-même, monsieur César… »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p07-c4.jpg|200px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Alors la joie la plus pure se peignit sur la figure de César. Il reprit : « Signorina, z’ai oune combinazione à vous proposer, oune soze magnifique, qué ça fera votre fortoune. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{Numérotation|L’ATELIER DU GÉNIE||9}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-a1.jpg|247px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… suivirent une ruelle bordée de misérables cahutes. César parlait des millions qu’il allait gagner, des châteaux et des autos qu’il achèterait. Enfin il s’arrêta et dit : « Voilà mon atelier, l’asile du zénie ! » Bécassine écarquillait les yeux.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-a2.jpg|251px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Elle avait devant elle un vieux wagon privé de ses roues, dépeint, dégarni de ses banquettes et tentures. C’était là l’atelier et aussi le logis du Michel-Ange moderne. Devant l’entrée, une fillette lisait un fragment déchiré de la ''Semaine de Suzette''.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-a3.jpg|233px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Elle leva les yeux sur les arrivants ; sa figure maigre, souffreteuse et intelligente, s’éclaira. Elle dit : « C’est Bécassine… Bécassine pour de vrai !… Oh ! que je suis contente ! » César, enchanté de constater, une fois de plus, la popularité de son associée, présenta l’enfant.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-b1.jpg|187px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Elle s’appelait Marie et était la fille d’une pauvre chiffonnière des environs. Elle vint prendre la main de Bécassine dans un joli mouvement de confiance caressante.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-b2.jpg|331px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Cependant, César avait ouvert la porte du wagon-atelier. Un extraordinaire entassement de tréteaux, pinceaux, couleurs et autres accessoires artistiques apparut : « Zé sens l’inspiration ! » dit-il. Il prit un fusain et…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-b3.jpg|176px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… à traits rapides, esquissa quelques silhouettes de Bécassine, puis, aidé de son modèle, il commença à les découper. Mais le travail était minutieux, n’avançait pas. Alors, sans en être priée, Marie se mit à l’œuvre.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-c1.jpg|222px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Adroite et vive, elle fut d’un grand secours. César la félicita, lui promit de lui donner un de ses châteaux, dès qu’il serait millionnaire. « Ça serait plus pressé de lui donner quelque…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-c2.jpg|218px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … chose à manger », fit Bécassine, apitoyée par sa pâleur. Elle courut à une cantine qu’elle avait remarquée en venant, y acheta quelques victuailles. Un modeste repas, auquel tous trois firent honneur, fut le banquet d’inauguration de la Société « César, Bécassine et {{Cie}} ».
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p09-c3.jpg|233px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le peintre porta un toast éloquent à l’union du ''zénie'' et de la fantaisie. Mais il oublia de payer sa part du festin. César est surtout généreux en paroles.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
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{{Numérotation|OH ! L’VITRIER…|10|}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-a1.jpg|262px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Pendant trois jours, César dessina, et Bécassine découpa un stock important de ce que le peintre appelait pompeusement : « Le protège-vitre Bécassine, merveille de l’art et de la science. »
Il y avait plusieurs modèles.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-a2.jpg|171px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le plus réussi représentait notre héroïne, calme et souriante, tandis qu’obus et bombes éclataient autour d’elle, et qu’un gotha planait à quelques centimètres de sa tête.
Les premiers exemplaires furent vendus par elle…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-a3.jpg|264px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… à des petites filles qui sortaient du catéchisme. Toutes voulaient avoir, sur leurs fenêtres, l’image de leur grande amie. Elles firent au « protège vitre Bécassine » une réclame qui en assura le succès.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-b1.jpg|176px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Cécar encaissa de belles recettes. Il les notait soigneusement sur un petit carnet, et prédisait à son associée qu’ils n’attendraient plus longtemps la fortune.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-b2.jpg|113px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Malheureusement, Bertha, qui pendant un peu plus d’une semaine était restée silencieuse, se réveilla. Les gros obus recommencèrent à tomber ; les gothas revinrent ; il y eut une terrible hécatombe de vitres, et celles qu’on avait munies de bandes plus ou moins artistiques ne furent pas plus épargnées que les autres.
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-b3.jpg|187px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Cela porta un coup funeste à la « merveille de l’art et de la science ». Brusquement, les commandes cessèrent. « Addio la fortoune ! » dit César avec navrement.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-b4.jpg|204px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Mais après quelques instants, se redressant, il reprit : « Zé né mé laisserai pas abattre ; zé loutterai. Plous moyen de vendre les protèze vitres puisqu’il n’y a plous de vitres, mais on peut faire fortoune en remettant les vitres. — Remettons des vitres »…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-c1.jpg|191px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… consentit Bécassine. Avec le reste de ses gains précédents, César acheta un assortiment de verres de toutes dimensions. Bécassine voulut se charger du châssis sur lequel ils étaient disposés.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-c2.jpg|160px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Mais César ne le permit pas « Zé souis oune zentilhomme, dit-il ; oune zentilhomme, il {{Nec|né}} laisse pas oune femme faire le portefaix. » Il mit le châssis sur ses épaules et ils partirent. Bécassine marchait en avant, criant de temps à autre :
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-c3.jpg|193px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
« V’là l’vitrier qui passe… Oh ! l’vitrier. » César protesta : « C’est faux… Çantez comme moi : {{Nec|la}}, mi, mi, mi… » Et comme elle essayait sans succès, il déclara : « La signorina, elle n’est pas mousicale, c’est moi qué zé vais çanter{{Corr||. »}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p10-c4.jpg|224px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Lui, il l’était, ''musical'', comme beaucoup de ses compatriotes. Il enjoliva le très simple air traditionnel de variantes, de roulades et de vocalises. Il chantait la main sur le cœur avec des gestes et des mines d’acteur.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/117
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|PREMIER CAVALIER|||uc|sm}}. ― Ni pas des ombres de
corps qui travaillent à nos plantations !
{{Personnage|DEUXIÈME CAVALIER|||uc|sm}}. ― Ni pas une ombre de
rotin pour chauffer leur ombre de derrière s’ils ne
vont pas à la besogne fort !
{{Personnage|DON GIL|||uc|sm}}. ― Il faut bien réveiller tous ces dormants.
Tant pis si la peau leur cuit un peu ! est-ce
que nous avons ménagé la nôtre ?
La vie vaut tout de même mieux que les limbes !
Voici que nous avons passé la mer ; cette terre
qui n’avait pas le droit d’être privée de nous, nous
lui avons ouvert les portes du matin.
Il nous a fallu tous les siècles depuis la création
du monde pour parvenir jusqu’à eux par des
chemins garnis de braise ardente et de verre cassé.
C’est bien leur tour de souffrir un petit peu.
Attention, on arrive !
{{Personnage|PREMIER CAVALIER|||uc|sm}}. ― En rouge !
{{Personnage|DEUXIÈME CAVALIER|||uc|sm}}. ― C’est la couleur de
Notre-Seigneur sur la croix.
{{Personnage|PREMIER CAVALIER|||uc|sm}}. ― Il y a des gens à qui
nous allons porter la croix de toutes les façons.
{{Personnage|DEUXIÈME CAVALIER|||uc|sm}}. ― Ne l’avons-nous pas
sur notre dos nous-mêmes, pauvres aventuriers ?
Solidement fixée avec une sangle de cuir parmi
le reste du fourniment ?
{{Personnage|DON GIL|||uc|sm}}. ― En rouge ! en rouge ! nous ne partirons
qu’en rouge ! C’est un vœu que nous avons
fait entre les mains de Frère Lopez.
En rouge ! sous le commandement de Monsieur
Don Rodrigue ! Nous attendrons ce qu’il faut. Il
y a encore cinq mois avant celui du Précieux Sang.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Discussion:Satan et Ève
1
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Cunegonde1
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wikitext
text/x-wiki
{{Infoédit
|1= Satan et Ève ; ou l’Origine de la fouterie et du cocuage, [avec 6 figures libres] ; [[Auteur: Anonyme| Anonyme]].
|2= https://go.gale.com/ps/anonymous?id=GALE{{!}}SHDQED508604692
|3=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 7 mai 2026 à 16:06 (UTC)
|4= {{4/4}}
|5=Graphie du début du 19e siècle.
|6=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 7 mai 2026 à 16:06 (UTC)
}}
=informations sur cette édition=
# Voir la note dans la ''Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour''... par le C. d’I*** (J. Gay), Bécour, 1897, T. 3, col. 1068 : « Satan et Ève, ou l’Origine de la Fouterie et du cocuage. Damnopolis, chez Diabolino, libraire-éditeur, rue d’Enfer (vers 1832), in-18 de 108 pages, avec lithographies libres assez mauvaises. (Destruction ordonnée par la cour d’assises de la Seine, en juin 1845.) »
# Voir la note dans ''[[L’Enfer de la Bibliothèque nationale]]'' à la cote [[L’Enfer_de_la_Bibliothèque_nationale/8#c0763|Enfer-763]]
=voir aussi=
On peut consulter également [[La Tourelle de Saint-Étienne]], un autre texte dans le même esprit et du même éditeur (d’après la mise en page et les figures).
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Cunegonde1
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/* voir aussi */
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{{Infoédit
|1= Satan et Ève ; ou l’Origine de la fouterie et du cocuage, [avec 6 figures libres] ; [[Auteur: Anonyme| Anonyme]].
|2= https://go.gale.com/ps/anonymous?id=GALE{{!}}SHDQED508604692
|3=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 7 mai 2026 à 16:06 (UTC)
|4= {{4/4}}
|5=Graphie du début du 19e siècle.
|6=--[[Utilisateur:Cunegonde1|Cunegonde1]] ([[Discussion utilisateur:Cunegonde1|d]]) 7 mai 2026 à 16:06 (UTC)
}}
=informations sur cette édition=
# Voir la note dans la ''Bibliographie des ouvrages relatifs à l’amour''... par le C. d’I*** (J. Gay), Bécour, 1897, T. 3, col. 1068 : « Satan et Ève, ou l’Origine de la Fouterie et du cocuage. Damnopolis, chez Diabolino, libraire-éditeur, rue d’Enfer (vers 1832), in-18 de 108 pages, avec lithographies libres assez mauvaises. (Destruction ordonnée par la cour d’assises de la Seine, en juin 1845.) »
# Voir la note dans ''[[L’Enfer de la Bibliothèque nationale]]'' à la cote [[L’Enfer_de_la_Bibliothèque_nationale/8#c0763|Enfer-763]]
=voir aussi=
On peut consulter également {{Présentation|La Tourelle de Saint-Étienne/Présentation}} [[La Tourelle de Saint-Étienne]], un autre texte dans le même esprit et du même éditeur (d’après la mise en page et les figures).
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Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/219
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Seudo
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<noinclude><pagequality level="1" user="Seudo" /></noinclude>{|class="_tdm"
|-class=niveau2
|1. Recherche de… (du poison qu’on supposoit avoir été donné au duc de Bourgogue. )
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/189|189]]
|-class=niveau2
|2. Le Roi.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/190|190]]
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|3. Projet de conseil de Régence.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/192|192]]
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|4. Éducation du jeune Prince.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/193|193]]
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{{séparateur|m=1em}}
{{c|SIXIÈME CLASSE|fs=120%|m=1em}}
{{c|CORRESPONDANCE. (''PARIS'', 1827, 1828 et 1829.)|fs=90%|m=1em}}
{|class=_tdm
|-
|{{sc|Section Première}}. — Correspondance de Fénelon avec le duc de Bourgogne, les ducs de Beauvilliers et de Chevreuse, et leurs familles.
|T.{{lié}}VII, p.{{lié}}[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/195|195}}]] à [[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/195|391]]
|-class=desc
|Quoiqu’une partie de ces Lettres ait été publiée, soit dans les diverses éditions des ''Œuvres Spirituelles'', 1718, 1719 et 1738, soit dans le {{t.|{{sc|vi}}}} de l’édition de Didot, 1792, {{in-4o}} ; comme elles y sont souvent tronquées et défigurées, on peut dire qu’elles ont paru pour la première fois dans leur intégrité en 1827, dans l’Édition de Versailles.
|-
|{{sc|Section ii}}. — Correspondance de Fénelon avec sa famille.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/392|392]] à [[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/489|489]]
|-
|392 à 489
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/392|392]]
|-
|Les observations que nous venons de faire sur la première section s’appliquent également à celle-ci.
|-
|SECTION III. — Lettres diverses.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/490|490]]
|-
|490, etc. ;
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/490|490]]
|-
|et T. VIII, p. 5 à 292.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/5|5]]
|-
|La plupart des pièces qui composent cette troisième section et la suivante, ont paru pour la première fois en 1827.
|-
|Quelques-unes seulement ont paru en 1829 et 1850, dans les deux recueils suivantes :
|-
|Lettres de Fénelon au maréchal et à la maréchale de Noailles. Paris, 1829, in-8°.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/1829|1829]]
|-
|Lettres et Opuscules inédits de Fénelon. Paris, 1850, in-8°.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/1850|1850]]
|-
|SECTION IV. — Lettres et Mémoires concernant la juridiction épiscopale et métropolitaine de l’archevêque de Cambrai.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/293|293]]
|-
|T. VIII, p. 293
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/293|293]]
|-
|SECTION V. — Lettres Spirituelles.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/439|439]]
|-
|Ces Lettres se trouvent en partie dans les recueils de 1718, 1719 et 1738, mais tronquées : nous les avons rétablies sur les originaux, dans l’édition de 1827.
|-
|SECTION VI. — Correspondance sur l’affaire du Quiétisme.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/5|5]]
|-
|T. IX, p. 5
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/5|5]]
|-
|La très-grande partie des pièces de cette section ont paru pour la première fois en 1828 et 1829. On a joint à cette Correspondance comme un appendice nécessaire :
|-
|Lettres (3) de M. *** (l’abbé de La Bletterie) à un ami, au sujet de la Relation sur le Quiétisme. 1733, in-12.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/64|64]]
|-
|Lettres de Bossuet à madame de la Maisonfort. Paris, 1829, in-8°.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/82|82]]
|-
|PIÈCES CONCERNANT L’HISTOIRE ET LES OEUVRES DE FÉNELON.
|-
|Testament de Fénelon.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/135|135]]
|-
|Ce Testament n’avoit point été publié en entier, avant 1829.
|-
|Les pièces suivantes peuvent être regardées comme des compléniens nécessaires de l’Histoire et des Œuvres de Fénelon.
|-
|1. Recueil des principales vertus de feu messire François de Salignac de La Mothe-Fénelon, archevêque duc de Cambrai, prince du Saint-Empire ; par un ecclésiastique (l’abbé Galet). Nanci, Cusson, 1725. in-12.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/137|137]]
|-
|Pièce rare, inconnue au cardinal de Bausset.
|-
|2. Lettre d’un anonyme (l’abbé Galet) à feu {{M.|de Beau}}-sobre, sur {{M.|de Fénelon}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/155|155]]
|-
|Insérée dans le t. XLVI de la Bibliothèque Germanique. (1739. )
|-
|3. Divers Eloges de Fénelon, savoir :
|-
|Extrait d’un Discours sur l’éducation du duc de Bourgogne, qui a remporté le prix proposé par l’Académie royale d’Angers. (Inédit)
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/157|157]]
|-
|Extrait du Discours prononcé par {{M.|Gros}} de Boze, lorsqu’il fut reçu à l’Académie Française à la place de Fénelon, le 30 mars 1715.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/158|158]]
|-
|Extrait de la Réponse de {{M.|Dacier}}, secrétaire perpétuel de l’Académie, au Discours de {{M.|de Boze}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/159|159]]
|-
|In funere Francisci de Salignac de La Mothe-Fénelon, Cameracensium archiepiscopi, RELIGIONIS LUCTUS : Elegia, auctore Carolo Porée, Societatis Jesu
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/161|161]]
|-
|Publiée à la suite de la Vie de Fénelon par le P. Querbeuf ; Paris, Didot, 1787, in-4°.
|-
|4. Sur la Tolérance philosophique attribuée à Fénelon, par {{M.|l’abbé}} de Boulogne, mort évêque de Troyes.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/162|162]]
|-
|Ces réflexions furent insérées dans le Journal des Débats, 18, 19 et 20 octobre 1802.
|-
|5. Notice des principaux personnages contemporains de Fénelon, dont il est fait mention dans sa Correspondance.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/171|171]]
|-
|FIN DE LA TABLE DES ÉCRITS DE FÉNELON.
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Seudo
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|Quoiqu’une partie de ces Lettres ait été publiée, soit dans les diverses éditions des ''Œuvres Spirituelles'', 1718, 1719 et 1738, soit dans le {{t.|{{sc|vi}}}} de l’édition de Didot, 1792, {{in-4o}} ; comme elles y sont souvent tronquées et défigurées, on peut dire qu’elles ont paru pour la première fois dans leur intégrité en 1827, dans l’Édition de Versailles.
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|392 à 489
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/392|392]]
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|Les observations que nous venons de faire sur la première section s’appliquent également à celle-ci.
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|SECTION III. — Lettres diverses.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/490|490]]
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|490, etc. ;
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|La plupart des pièces qui composent cette troisième section et la suivante, ont paru pour la première fois en 1827.
|-
|Quelques-unes seulement ont paru en 1829 et 1850, dans les deux recueils suivantes :
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|T. VIII, p. 293
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|SECTION VI. — Correspondance sur l’affaire du Quiétisme.
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|T. IX, p. 5
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/5|5]]
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|La très-grande partie des pièces de cette section ont paru pour la première fois en 1828 et 1829. On a joint à cette Correspondance comme un appendice nécessaire :
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|Testament de Fénelon.
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|Ce Testament n’avoit point été publié en entier, avant 1829.
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|Les pièces suivantes peuvent être regardées comme des compléniens nécessaires de l’Histoire et des Œuvres de Fénelon.
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|1. Recueil des principales vertus de feu messire François de Salignac de La Mothe-Fénelon, archevêque duc de Cambrai, prince du Saint-Empire ; par un ecclésiastique (l’abbé Galet). Nanci, Cusson, 1725. in-12.
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|Pièce rare, inconnue au cardinal de Bausset.
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|2. Lettre d’un anonyme (l’abbé Galet) à feu {{M.|de Beau}}-sobre, sur {{M.|de Fénelon}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/155|155]]
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|Insérée dans le t. XLVI de la Bibliothèque Germanique. (1739. )
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|3. Divers Eloges de Fénelon, savoir :
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|Extrait d’un Discours sur l’éducation du duc de Bourgogne, qui a remporté le prix proposé par l’Académie royale d’Angers. (Inédit)
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/157|157]]
|-
|Extrait du Discours prononcé par {{M.|Gros}} de Boze, lorsqu’il fut reçu à l’Académie Française à la place de Fénelon, le 30 mars 1715.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/158|158]]
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|Extrait de la Réponse de {{M.|Dacier}}, secrétaire perpétuel de l’Académie, au Discours de {{M.|de Boze}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/159|159]]
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|In funere Francisci de Salignac de La Mothe-Fénelon, Cameracensium archiepiscopi, RELIGIONIS LUCTUS : Elegia, auctore Carolo Porée, Societatis Jesu
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/161|161]]
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|Publiée à la suite de la Vie de Fénelon par le P. Querbeuf ; Paris, Didot, 1787, in-4°.
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|4. Sur la Tolérance philosophique attribuée à Fénelon, par {{M.|l’abbé}} de Boulogne, mort évêque de Troyes.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/162|162]]
|-
|Ces réflexions furent insérées dans le Journal des Débats, 18, 19 et 20 octobre 1802.
|-
|5. Notice des principaux personnages contemporains de Fénelon, dont il est fait mention dans sa Correspondance.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/171|171]]
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|FIN DE LA TABLE DES ÉCRITS DE FÉNELON.
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|{{sc|Section ii}}. — Correspondance de Fénelon avec sa famille.
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|colspan=2|Les observations que nous venons de faire sur la première section s’appliquent également à celle-ci.
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|{{sc|Section iii}}. — Lettres diverses.
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|colspan=2|La plupart des pièces qui composent cette troisième section et la suivante, ont paru pour la première fois en 1827.
Quelques-unes seulement ont paru en 1829 et 1850, dans les deux recueils suivantes :
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|{{sc|Section vi}}. — Correspondance sur l’affaire du Quiétisme.
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|Lettres de Bossuet à madame de la Maisonfort. ''Paris'', 1829, {{in-8o}}.
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|-class=niveau2
|1. Recueil des principales vertus de feu messire François de Salignac de La Mothe-Fénelon, archevêque duc de Cambrai, prince du Saint-Empire ; par un ecclésiastique (l’abbé Galet). ''Nanci'', Cusson, 1725. {{in-12}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/137|137]]
|-class=desc
|colspan=2|Pièce rare, inconnue au cardinal de Bausset.
|-class=niveau2
|2. Lettre d’un anonyme (l’abbé Galet) à feu {{M.|de Beausobre}}, sur {{M.|de Fénelon}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/155|155]]
|-class=desc
|Insérée dans le {{t.|XLVI}} de la ''Bibliothèque Germanique''. (1739.)
|-class=niveau2
|3. Divers Éloges de Fénelon, savoir :
|-class=niveau3
|Extrait d’un Discours sur l’éducation du duc de Bourgogne, qui a remporté le prix proposé par l’Académie royale d’Angers. (Inédit)
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/157|157]]
|-class=niveau3
|Extrait du Discours prononcé par {{M.|Gros}} de Boze, lorsqu’il fut reçu à l’Académie Française à la place de Fénelon, le 30 mars 1715.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/158|158]]
|-class=niveau3
|Extrait de la Réponse de {{M.|Dacier}}, secrétaire perpétuel de l’Académie, au Discours de {{M.|de Boze}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/159|159]]
|-class=niveau3
|''{{lang|la|In funere Francisci de Salignac de La Mothe-Fénelon, Cameracensium archiepiscopi, {{c|Religionis luctus}} : Elegia, auctore Carolo Porée, Societatis Jesu}}''
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/161|161]]
|-class=desc
|colspan=2|Publiée à la suite de la Vie de Fénelon par le P.{{lié}}Querbeuf ; ''Paris'', Didot, 1787, {{in-4o}}.
|-
|4. Sur la Tolérance philosophique attribuée à Fénelon, par {{M.|l’abbé}} de Boulogne, mort évêque de Troyes.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/162|162]]
|-class=desc
|colspan=2|Ces réflexions furent insérées dans le ''Journal des Débats'', 18, 19 et 20 octobre 1802.
|-class=niveau3
|5. Notice des principaux personnages contemporains de Fénelon, dont il est fait mention dans sa ''Correspondance''.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/171|171]]
|}
{{c|FIN DE LA TABLE DES ÉCRITS DE FÉNELON.|fs=90|mt=3em}}<noinclude></noinclude>
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|1. Recherche de… (du poison qu’on supposoit avoir été donné au duc de Bourgogue. )
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/189|189]]
|-class=niveau2
|2. Le Roi.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/190|190]]
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|3. Projet de conseil de Régence.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/192|192]]
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|4. Éducation du jeune Prince.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/193|193]]
|}
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{{c|SIXIÈME CLASSE|fs=120%|m=1em}}
{{c|CORRESPONDANCE. (''PARIS'', 1827, 1828 et 1829.)|fs=90%|m=1em}}
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|-
|{{sc|Section Première}}. — Correspondance de Fénelon avec le duc de Bourgogne, les ducs de Beauvilliers et de Chevreuse, et leurs familles.
|T.{{lié}}VII, p.{{lié}}[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/195|195]] à [[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/195|391]]
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|colspan=2|Quoiqu’une partie de ces Lettres ait été publiée, soit dans les diverses éditions des ''Œuvres Spirituelles'', 1718, 1719 et 1738, soit dans le {{t.|{{sc|vi}}}} de l’édition de Didot, 1792, {{in-4o}} ; comme elles y sont souvent tronquées et défigurées, on peut dire qu’elles ont paru pour la première fois dans leur intégrité en 1827, dans l’''Édition'' de Versailles.
|-
|{{sc|Section ii}}. — Correspondance de Fénelon avec sa famille.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/392|392]] à [[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/489|489]]
|-class=desc
|colspan=2|Les observations que nous venons de faire sur la première section s’appliquent également à celle-ci.
|-
|{{sc|Section iii}}. — Lettres diverses.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 7.djvu/490|490]], etc. ; et T. VIII, p.{{lié}}[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/5|5]] à [[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/292|292]].
|-class=desc
|colspan=2|La plupart des pièces qui composent cette troisième section et la suivante, ont paru pour la première fois en 1827.
|-class=desc
|colspan=2|Quelques-unes seulement ont paru en 1829 et 1850, dans les deux recueils suivantes :
|-class=niveau2
|colspan=2|''Lettres de Fénelon au maréchal et à la maréchale de Noailles''. ''Paris'', 1829, {{in-8o}}.
|-class=niveau2
|colspan=2|''Lettres et Opuscules inédits de Fénelon''. ''Paris'', 1850, {{in-8o}}.
|-
|{{sc|Section iv}}. — Lettres et Mémoires concernant la juridiction épiscopale et métropolitaine de l’archevêque de Cambrai.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/293|T.{{lié}}VIII, {{pg|293}}]]
|-
|SECTION V. — Lettres Spirituelles.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 8.djvu/439|439]]
|-class=desc
|colspan=2|Ces Lettres se trouvent en partie dans les recueils de 1718, 1719 et 1738, mais tronquées : nous les avons rétablies sur les originaux, dans l’édition de 1827.
|-
|{{sc|Section vi}}. — Correspondance sur l’affaire du Quiétisme.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 9.djvu/5|T.{{lié}}IX, {{pg|5}}]]
|-class=desc
|colspan=2|La très-grande partie des pièces de cette section ont paru pour la première fois en 1828 et 1829. On a joint à cette Correspondance comme un appendice nécessaire :
|-class=niveau2
|Lettres (3) de {{M.|<sup>***</sup>}} (l’abbé de La Bletterie) à un ami, au sujet de la ''Relation sur le Quiétisme''. 1733, {{in-12}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/64|T.{{lié}}X, {{pg|64}}]]
|-
|Lettres de Bossuet à madame de la Maisonfort. ''Paris'', 1829, {{in-8o}}.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/82|82]]
|}
{{séparateur|m=1em}}
{{c|PIÈCES CONCERNANT L’HISTOIRE ET LES OEUVRES DE FÉNELON.|m=1em}}
{|class=_tdm
|-
|Testament de Fénelon.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/135|T.{{lié}}X, {{pg|135}}]]
|-class=desc
|colspan=2|Ce Testament n’avoit point été publié en entier, avant 1829.
|-class=desc
|colspan=2|Les pièces suivantes peuvent être regardées comme des complémens nécessaires de l’''Histoire'' et des ''Œuvres de Fénelon''.
|-class=niveau2
|1. Recueil des principales vertus de feu messire François de Salignac de La Mothe-Fénelon, archevêque duc de Cambrai, prince du Saint-Empire ; par un ecclésiastique (l’abbé Galet). ''Nanci'', Cusson, 1725. {{in-12}}.
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|colspan=2|Pièce rare, inconnue au cardinal de Bausset.
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|2. Lettre d’un anonyme (l’abbé Galet) à feu {{M.|de Beausobre}}, sur {{M.|de Fénelon}}.
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|Insérée dans le {{t.|XLVI}} de la ''Bibliothèque Germanique''. (1739.)
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|3. Divers Éloges de Fénelon, savoir :
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|Extrait d’un Discours sur l’éducation du duc de Bourgogne, qui a remporté le prix proposé par l’Académie royale d’Angers. (Inédit)
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/157|157]]
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|Extrait du Discours prononcé par {{M.|Gros}} de Boze, lorsqu’il fut reçu à l’Académie Française à la place de Fénelon, le 30 mars 1715.
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|5. Notice des principaux personnages contemporains de Fénelon, dont il est fait mention dans sa ''Correspondance''.
|[[Page:Œuvres complètes de Fénelon (1848-1852), tome 10.djvu/171|171]]
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|4. Éducation du jeune Prince.
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|{{sc|Section ii}}. — Correspondance de Fénelon avec sa famille.
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|colspan=2|Les observations que nous venons de faire sur la première section s’appliquent également à celle-ci.
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|{{sc|Section iii}}. — Lettres diverses.
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|colspan=2|Quelques-unes seulement ont paru en 1829 et 1850, dans les deux recueils suivantes :
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|colspan=2|''Lettres de Fénelon au maréchal et à la maréchale de Noailles''. ''Paris'', 1829, {{in-8o}}.
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|SECTION V. — Lettres Spirituelles.
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{{Numérotation|BÉCASSINE SANS SITUTATION||11}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-a1.jpg|160px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Des têtes se montrèrent aux fenêtres : « Par ici, le vitrier !! » appela une voix. Ils montèrent, César remit un carreau qui lui fut payé un bon prix. Il était content : « {{lang|it|Va bene}}, disait-{{Corr|il|il,}} zé revois la fourtoune. » Et ils repartirent.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-a2.jpg|209px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Mais le châssis pesait lourd à ses épaules. Il posa son fardeau à terre et dit : « Zé souis oune zentilhomme, oune zentilhomme, il doit faire gagner l’arzent à son associée. Si zé porte, zé peux…
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-a3.jpg|162px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
« … pas çanter. Si ze çante pa, ze fais pas gagner l’arzent. Étant oune zentilhomme, ze dis : Bécassine, faites le portefaix. — Si vous voulez, répliqua celle-ci. Mais c’était pas la peine de dire le contraire tout à l’heure. » Cette journée et les deux suivantes furent bonnes.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-a4.jpg|171px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Ils posèrent une vingtaine de carreaux. Il y eut quelques légers incidents. Bécassine, en aidant son associé, laissa tomber une poignée de mastic sur la robe de la dame chez qui ils travaillaient. La dame se fâcha…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-b1.jpg|267px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… réclama dix francs pour le dégraissage. « Zé discoute pas, fit César d’un air de {{Corr|gran|grand}} seigneur. Zé paye. Ze souis oune zentilhomme{{Corr||. »}} Il donna les dix francs et nota la somme sur le carnet qui ne le quittait jamais.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-b2.jpg|229px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Une autre fois, Bécassine s’engagea, de toute sa vitesse, dans un couloir trop étroit pour son châssis. Il y eut un grand fracas de verres brisés. « Ça en fait pour à peu près vingt-cinq francs, dit César. {{lang|it|Va bene}}, il y en a d’autres chez le marchand. — C’qu’il est gentilhomme ! »…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-b3.jpg|238px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… pensa Bécassine. Mais le prix des vitres augmentait tellement que les clients se firent rares. D’ailleurs, le bombardement et tes raids continuant, Paris se vidait. Un jour, après une longue tournée infructueuse, César dit « {{lang|it|E finite !}} La fortoune : elle nous éçappe. »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-c1.jpg|196px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … Nécessaire de liquider la société ; faisons les comptes. » Il tira son carnet, additionna les recettes, en dit le total et la part qui revenait à Bécassine.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-c2.jpg|151px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
« Tant que ça ! » s’exclama celle-ci enchantée. « — Minoute ! riposta le peintre, vous devez quelques petites çoses : dix francs pour le teintourier, vingt-cinq francs pour les verres cassés… et pouis… et pouis… » Il y avait tellement d’et puis, et si cher comptés, que, tout mis en balance, la brave fille se trouva débitrice de deux francs vingt-cinq.
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-c3.jpg|213px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
{{Corr|Zé|« Zé}} vous les donne, fit César ; zé souis oune zentilhomme. {{lang|it|Addio la Signorina}}. » Il s’éloigna.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p11-c4.jpg|156px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Une fois de plus, Bécassine se trouva sans situation sociale. Tirant son porte-monnaie, elle constata que l’association, qui devait faire sa fortune, avait ébréché ses économies de façon inquiétante.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Becassine chez les Turcs.djvu/22
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{{Numérotation|BÉCASSINE FÉTICHE|16|}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-a1.jpg|187px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Ben Kaddour était superstitieux. Pour se garantir de la terrible Bertha, il achetait tous les fétiches à la mode. Sa veste ressembla bientôt à un étalage de camelot.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-a2.jpg|284px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Mais il avait peu de confiance en ces gris-gris. Un jour, il vit apparaître sur un grand nombre de fenêtres la Bécassine protège-vitres. Il fut persuadé que c’était là l’image de quelque personnage miraculeux dont la protection était souveraine…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-a3.jpg|233px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… et quand le hasard lui eut fait découvrir la vraie Bécassine, il s’attacha à ses pas. À ce moment, le canon monstrueux s’acharnait ; Bécassine jugeait prudent de ne sortir que sous l’abri relatif de son parapluie.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-b1.jpg|247px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Un jour, un obus éclata non loin d’elle. Ben Kaddour, qui la suivait à quelques mètres, fut jeté contre la brave fille, se cramponna machinalement à elle. Ils ne furent pas touchés ; mais un bizarre phénomène se produisit.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-b2.jpg|207px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le vent de l’explosion s’engouffra sous le parapluie ; Bécassine et son compagnon furent enlevés de terre, et, l’espace de deux ou trois secondes, tourbillonnèrent à quelques centimètres du sol.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-b3.jpg|262px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Un autre jour, ils suivaient les quais. Une sourde détonation retentit ; du ciel ensoleillé, une pluie aussi diluvienne que courte tomba soudain, inondant les passants.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-c1.jpg|287px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
C’était une trombe d’eau soulevée par un obus éclaté dans la Seine. Le parapluie protégea nos deux personnages.
Émerveillé de ce qu’il prenait pour un prodige,…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-c2.jpg|256px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
… Ben Kaddour s’était jeté à genoux devant Bécassine. « Gros bêta ! » se contenta de dire celle-ci, mais au fond, elle était flattée de la vénération du musulman.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p16-c3.jpg|200px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
De ce jour, il la suivit avec une fidélité de caniche. Parfois, agacée, elle voulait le renvoyer ; mais il larmoyait : « Ça ''macache bono'', Médème Cassine ; toi vouloir moi ''crabouillé'' par Bertha. » Et il paraissait si malheureux, qu’apitoyée, elle n’insistait pas.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Becassine chez les Turcs.djvu/34
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Scanille.
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{{Numérotation|LE SONGE DE BÉCASSINE|28|}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-a1.jpg|304px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
J’ai ajusté sur ma tête le casque de la {{Nobr|T. S. F.}} et j’y ai éprouvé de la peine. Celui qui a inventé cette drôle de coiffure ne devait pas être Breton ; il n’a pas pensé que ça ne va guère avec une coiffe.
Le commandant, Zidore et Stentor riaient en me regardant. Je me rendais compte qu’ils parlaient. Mais à cause des récepteurs ; je ne les entendais pas. J’ai fait mine d’enlever le casque.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-a2.jpg|216px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le commandant m’en a empêchée : il a écrit sur une feuille de papier qu’il m’a mise sous les yeux : « Ne le quittez sous aucun prétexte ; ça pourrait vous faire manquer une communication intéressante. » Et puis il a parlé encore aux deux autres. J’ai compris qu’il leur disait de me laisser, de ne pas me troubler.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-a3.jpg|158px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Je l’ai compris à ses gestes. Ça m’a étonnée, vu que, d’ordinaire, je ne comprends pas facilement même les paroles et ça m’a fait penser que, peut-être,…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-b1.jpg|269px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… je serais plus futée si je devenais sourde. Malgré cela, je préfère ne pas faire l’essai. Ils sont sortis et je suis restée seule, n’ayant rien à faire, m’ennuyant à peu près autant qu’une tortue qu’on aurait mise sur le dos.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-b2.jpg|287px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Probablement, j’ai dû m’endormir et rêver, car j’ai commencé aussitôt de voir des choses comme il n’en apparaît qu’en songe. J’étais au milieu de la mer, assise bien tranquillement dans un baquet qui flottait et que tirait mon chien Hindenburg.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-b3.jpg|173px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Je n’avais pas besoin de le diriger : de lui-même, il piquait sur une ville que j’apercevais au loin. Au bout d’un moment, Ben Kaddour, sorti je ne sais pas d’où, est venu s’asseoir sur le bord de mon baquet, ce qui a failli me faire basculer.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-c1.jpg|229px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… et tendant les bras vers la ville, il a dit : « Je la reconnais, c’est là que je suis né. C’est Salonique. » À ce moment, la mer s’est mise à bouillonner,…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-c2.jpg|220px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
… et pas loin de moi, j’en ai vu sortir quelque chose d’extraordinaire. C’était un gros poisson qui me regardait avec des yeux méchants, et qui avait un petit canon sur son dos.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p28-c3.jpg|376px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
À côté de cette bête a paru un officier, que j’ai reconnu boche. Aussi facilement que je grimperais sur une bourrique, il a monté à califourchon sur le poisson. Lui aussi, il me regardait d’un air méchant, et il a braqué sur moi son canon.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/9
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>{{P début|85|m=1em}}
● Acheter l’huile comestible par bonbonne, au poids et non au volume. L’huile d’arachide est excellente et pas chère.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Se procurer le café grillé, en grains, par cinq kilos à la fois, et le garder dans une boîte métallique fermant bien. N’acheter que du café de bonne marque connue ; il y en a de très bons à 4 francs le kilo.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Pour les confitures et tous les entremets, n’employer que du sucre cristallisé. Il est tout aussi édulcorant que le sucre raffiné, malgré le préjugé contraire ; il coûte cinq à dix centimes de moins par kilo.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
• Le jambon rend des services appréciables pour la composition hâtive d’un menu. On en achètera un ou deux, tout préparés, chez un fermier, à la campagne, si on le peut ; les suspendre dans un endroit bien sec.<br />{{em|2}}Le lard, placé dans un pot de grès, et recouvert de sel, acheté dans les mêmes conditions, ne coûtera pas cher ; il sera précieux en maintes occasions.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● La graisse végétale, et en particulier celle connue sous le nom de « végétaline », est un produit qui ne fatigue pas l’estomac. Elle est moins coûteuse que la graisse de porc et peut la remplacer dans bien des cas. Elle ne s’altère pas.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● La margarine, méconnue trop longtemps, est aussi recommandable par son bas prix. Certaines maisons sont parvenues à obtenir un raffinage parfait. Elle peut suppléer le beurre chaque fois que celui-ci doit être ''cuit''.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Préparer de la bonne graisse à friture, économique, en faisant fondre de la graisse de rognon de bœuf, et en la mélangeant avec de la graisse végétale. On pourra la garder en boîtes ou en pots très longtemps.
{{P fin}}
{{séparateur|8|m=2em}}<noinclude>
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text/x-wiki
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● Acheter l’huile comestible par bonbonne, au poids et non au volume. L’huile d’arachide est excellente et pas chère.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Se procurer le café grillé, en grains, par cinq kilos à la fois, et le garder dans une boîte métallique fermant bien. N’acheter que du café de bonne marque connue ; il y en a de très bons à 4 francs le kilo.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Pour les confitures et tous les entremets, n’employer que du sucre cristallisé. Il est tout aussi édulcorant que le sucre raffiné, malgré le préjugé contraire ; il coûte cinq à dix centimes de moins par kilo.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
• Le jambon rend des services appréciables pour la composition hâtive d’un menu. On en achètera un ou deux, tout préparés, chez un fermier, à la campagne, si on le peut ; les suspendre dans un endroit bien sec.<br />{{em|2}}Le lard, placé dans un pot de grès, et recouvert de sel, acheté dans les mêmes conditions, ne coûtera pas cher ; il sera précieux en maintes occasions.
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● La graisse végétale, et en particulier {{nec|celle}} connue sous le nom de « végétaline », est un produit qui ne fatigue pas l’estomac. Elle est moins coûteuse que la graisse de porc et peut la remplacer dans bien des cas. Elle ne s’altère pas.
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{{P début|85|m=1em}}
● La margarine, méconnue trop longtemps, est aussi recommandable par son bas prix. Certaines maisons sont parvenues à obtenir un raffinage parfait. Elle peut suppléer le beurre chaque fois que celui-ci doit être ''cuit''.
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● Préparer de la bonne graisse à friture, économique, en faisant fondre de la graisse de rognon de bœuf, et en la mélangeant avec de la graisse végétale. On pourra la garder en boîtes ou en pots très longtemps.
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text/x-wiki
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● Acheter l’huile comestible par bonbonne, au poids et non au volume. L’huile d’arachide est excellente et pas chère.
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{{P début|85|m=1em}}
● Se procurer le café grillé, en grains, par cinq kilos à la fois, et le garder dans une boîte métallique fermant bien. N’acheter que du café de bonne marque connue ; il y en a de très bons à 4 francs le kilo.
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{{P début|85|m=1em}}
● Pour les confitures et tous les entremets, n’employer que du sucre cristallisé. Il est tout aussi édulcorant que le sucre raffiné, malgré le préjugé contraire ; il coûte cinq à dix centimes de moins par kilo.
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{{P début|85|m=1em}}
● Le jambon rend des services appréciables pour la composition hâtive d’un menu. On en achètera un ou deux, tout préparés, chez un fermier, à la campagne, si on le peut ; les suspendre dans un endroit bien sec.<br />{{em|2}}Le lard, placé dans un pot de grès, et recouvert de sel, acheté dans les mêmes conditions, ne coûtera pas cher ; il sera précieux en maintes occasions.
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{{P début|85|m=1em}}
● La graisse végétale, et en particulier {{nec|celle}} connue sous le nom de « végétaline », est un produit qui ne fatigue pas l’estomac. Elle est moins coûteuse que la graisse de porc et peut la remplacer dans bien des cas. Elle ne s’altère pas.
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{{P début|85|m=1em}}
● La margarine, méconnue trop longtemps, est aussi recommandable par son bas prix. Certaines maisons sont parvenues à obtenir un raffinage parfait. Elle peut suppléer le beurre chaque fois que celui-ci doit être ''cuit''.
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● Préparer de la bonne graisse à friture, économique, en faisant fondre de la graisse de rognon de bœuf, et en la mélangeant avec de la graisse végétale. On pourra la garder en boîtes ou en pots très longtemps.
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/708
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="ÉPIDÉMIQUE"/>la coqueluche, la gale, etc., sont des
maladies contagieuses.
<section end="ÉPIDÉMIQUE"/>
<section begin="ÉQUINOXE (nuit égale)"/>'''ÉQUINOXE''' (''nuit égale''). On appelle
ainsi l’époque à laquelle le jour
et la nuit ont une égale durée. Cette
circonstance se produit deux fois par
an, le 21 mars et le 21 septembre, parce
qu’alors les deux pôles de la terre se
trouvant à une égale distance du soleil,
sa lumière se répand de l’un à
l’autre, et éclaire une moitié de la
terre, tandis que l’autre reste dans
l’obscurité. On appelle l’équateur ''ligne
équinoxiale'', parce qu’il ya équinoxe
toutes les fois que le soleil et la terre
se trouvent sur cette ligne, c’est-à dire
vers le 21 mars et le 21 septembre.
<section end="ÉQUINOXE (nuit égale)"/>
<section begin="ÈRE"/>'''ÈRE.''' Les ères principales sont l’ère
des Juifs, qui commence 4,000 ans av.
J.-C., suivant la chronologie ancienne ;
l’ère chrétienne ou vulgaire, qui commence
à la naissance de J.-C., l’an du
monde 4963, suivant la chronologie
moderne ; l’ère des olympiades, chez
les Grecs, 776 av. J.-C. ; l’ère de la
fondation de Rome, 753 av. J.-C. ; l’ère
de Nabonassar, chez les Babyloniens,
747 av. J.-C. ; l’hégire, ère des Mahométans,
622 ; l’ère de la République
française, le 21 septembre 1792. On n’a
compté que 12 ans de cette ère ; après
avoir dit l’an I, l’an II, l’an III, etc.,
l’an XII de la République, on a dit
1804 ; époque de la création de l’empire.
<section end="ÈRE"/>
<section begin="ESCLAVAGE"/>'''ESCLAVAGE.''' Fruit de l'oppression
du faible par le fort, l’''esclavage'' remonte aux premiers temps du genre
humain ; on a pu dire qu’il était le
fondement de la société antique. Il y
avait des esclaves chez les Hébreux,
chez les Grecs et chez les Romains ;
ceux-ci les recrutaient parmi les prisonniers de
guerre et les peuples vaincus.
Le nombre des esclaves excédait
souvent le chiffre de la population libre ;
les esclaves des Lacédémoniens
sont connus sous le nom d’''ilotes''. D’après
la loi romaine, l’esclave était une
chose, non une personne ; le maître
avait droit de vie et de mort sur les
esclaves, aussi se révoltèrent-ils fréquemment,
et les Romains eurent à
soutenir contre eux, à plusieurs époque,
des guerres redoutables.
La guerre des esclaves, sous Spartacus,
qui put en réunir 70,000 sous ses ordres,
mit Rome à deux doigts de sa
perte. Le christianisme a fait peu à
peu disparaître l’esclavage.
Les noirs ont été les esclaves des
temps modernes ; mais cet infâme trafic
n’existe plus en Europe et tend à
disparaître du monde entier. (V. ''Traite des noirs''.)
<section end="ESCLAVAGE"/>
<section begin="ESCOBAR"/>'''ESCOBAR.''' Célèbre casuiste espagnol de l’ordre des jésuites, auquel on reproche d’avoir, dans ses
écrits, excusé certaines fautes, à l’aide de distinctions subtiles que réprouve la bonne foi. Dans ses immortelles ''Provinciales'', Pascal a tourné en ridicule
la morale et les principes d'Escobar,
et depuis, quoique injustement peut-être, ce mot est devenu synonyme d’hypocrite habile, qui sait résoudre par des réticences mentales les cas de conscience les plus subtils.
Du mot ''Escobar'' on a fait ''escobarder, tromper, et ''escobarderie'', tromperie.
<section end="ESCOBAR"/>
<section begin="ESCULAPE"/>'''ESCULAPE.''' Il était regardé, chez
les anciens, comme le dieu de la médecine. Non content de guérir les malades,
dit la Fable, il ressuscitait même
les morts. Jupiter irrité le foudroya
à la prière de Pluton, dieu des enfers,
dont l’empire courait risque devenir désert. Le coq, emblème de la vigilance,
et le serpent, emblème
de la prudence, étaient consacrés à Esculape.
Dans le langage ordinaire, ''un disciple d''’'''Esculape''' signifie un médecin ;
''un'' '''Esculape,''' un médecin habile ;
''ce n’est pas un'' '''Esculape,''' ce
n’est pas un bon médecin. En poésie,
en parlant des arrêts de la médecine,
on dit : ''oracle d’Epidaure'', parce que
Esculape avait un temple dans cette
ville :
<poem>
Fatal oracle d’Epidaure,
Tu m’as dit : Les feuilles des bois
A tes yeux jauniront encore,
Mais c’est pour la dernière fois.
{{em|8}}(''Millevoye''.)
</poem>
<section end="ESCULAPE"/>
<section begin="ÉTOILES"/>'''ÉTOILES.''' Corps fixes, lumineux
par eux-mêmes, et qui paraissent être
les centres, les soleils d’autant de systèmes
planétaires ; le nombre en est
indéfini.Lorsqu’elles sont très-rapprochées
les unes des autres, elles forment
des taches blanchâtres, connue
sous le nom de ''nébuleuses''. La ''voie
lactée'' est une immense nébuleuse.
Les étoiles sont séparées de nous
par des distances incalculables ; quoique
la lumière qu’elles nous envoient
parcoure plus de 300,000 kilom. par
seconde, cette lumière ne nous parvient
pas en moins 9 à 10 années, en
parlant de celles dont nous somme
le plus rapprochés, de Sirius, par
exemple. De temps en temps, les astronomes aperçoivent au ciel de nouvelles étoiles. La science prétend que<section end="ÉTOILES"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/58
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|49}}</noinclude>te qu’il y a de ſingulier dans ces beaux
lieux.
{{personnage|ZAMIE.|c}}
Vous voulez donc bien qu’Azor vienne avec moi.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Mon fils il n’eſt point ici.
{{personnage|ZAMIE.|c}}
Pardonnez-moi, ma bonne. Dans le
moment que votre char fondoit ſur la
terre, je l’ai vu traverſer cette allée.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Je vous aſſure, ma chere niece, que la
peur vous a troublé la vue.
{{personnage|ZAMIE.|c}}
Eh bien ! je vais vous l’amener.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/59
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|50|PHAZA.|}}</noinclude>SCENE II
{{acteurs|CLÉMENTINE, AZOR.}}
{{didascalie|(Il entre du côté opposé à celui par lequel Zamie eft fortieli)!}}
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
{initiale|Q}}U{{sc|oi}}! c'est vous, mon
fils ! quel pouvoir magique a pu vous faciliter l'entrée de ces lieux ?
{{personnage|AZOR.|c}}
Le hazard: hier au ſoir je chaſſois aux
environs de ce parc, j'en vis une porte
ouverte, j'entrai, je le parcourus ſans
rencontrer perſonne; mais quand j'en
voulus ſortir, je trouvai tout fermé, il a
bien fallu y paſſer la nuit. L'aurore paroiſſant, j'ai craint d'être apperçu, je
cherchois à m'échapper lorſque je vous
rencontre. Vous êtes bonne, vous m'ai-
mez ; vous ferez mon bonheur.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Votre bonheur ! eh! de quoi dépend-il ?
{{personnage|AZOR.|c}}
J'adore une jeune Amazone…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/60
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|51}}</noinclude><nowiki/>
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous ne m’aviez jamais parlé de cet
amour-là.
{{personnage|AZOR.|c}}
On ne dit pas tout à ſa mere. J’attendois le moment favorable, je crois l’avoir
trouvé. Vous voilà chez Singuliere, vous
êtes ſon amie, vous obtiendrez pour moi
la main de la belle Phaża. Je ſuis au comble de mes vœux, vous riez…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Oui, vous aimez Phaza, cela est très-
plaiſant.
{{personnage|AZOR.|c}}
Mais point du tout, Madame, car
enfin…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Oh ! très-plaifant, vous dis je, & vous
rirez vous-même quand vous ſaurez que
j’avois des vues ſur Phaza pour en faire
l’époux de Zamie.
{{personnage|AZOR.|c}}
L’époux de Zamie ! en effet la mépriſe
eſt plaiſante. Je vois ce qui vous a trompée. Phaza paſſionné pour la chaſſe ne
quitte jamais les habits dont les femmes
font uſage en pareil cas ; & qui ne diffe-<noinclude>
<references/></noinclude>
2juwzabtljr7h084roanjul9da2x4lk
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/63
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|54|PHAZA.|}}</noinclude><nowiki />
{{personnage|AZOR.|c}}
Ah, Madame, qu’oſez vous penſer.
Phaza n’a conſervé aucun des défauts
qu’on a voulu lui donner. L’heureux naturel l’emporte ; ſes ſentimens font ſi
nobles, ſi généreux, ſi ſinceres… Elle eſt
adorable vous dis-je.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous avez vu tout cela ſur ſa phiſionomie, car je ne crois pas que vous ayez
pû lui parler.
{{personnage|AZOR.|c}}
Pardonnez-moi, Madame ; Singuliere
ſe prête quelquefois au goût de Phaza
pour la chaſſe. Ce fut dans la forêt voiſine que je la rencontrai pour la premiere fois. Elle y revient ſouvent pour moi.
Je n’en ſors plus, trop heureux de l’attendre un ſiecle pour lui parler un inſtant.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous lui parlez ! elle fait donc ce
qu’elle eſt ? car un amoureux parle d’amour.
{{personnage|AZOR.|c}}
Non, Madame, il a fallu me réſoudre
à me taire. Dès notre premiere entrevue
elle me marqua une averſion ſi détermi-<noinclude>
<references/></noinclude>
gjaksnrgknu3wz6dykxj83jw1f13yq4
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/64
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|55}}</noinclude>née pour l’amour, que la crainte de l’offenſer m’impoſa ſilence ſur celui que je
reſſentois déja. Je m’apperçus bientôt de
ſon affectation à paſſer pour un homme ;
je crus que ce n’étoit qu’une précaution
contre les ſentimens qu’elle craignoit de
m’inſpirer. J’y trouvai de la bizarrerie,
mais je n’oſai rien oppoſer à un caprice
dont j’eſperois avec le tems de la faire
revenir.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Il faut que vous l’aimiez beaucoup
pour ſoutenir tant de contrainte.
{{personnage|AZOR.|c}}
Je l’adore, Madame, & dût-elle n’avoir jamais pour moi que l’amitié dont
elle m’aſſûre… Ah ! ſi vous ſaviez avec
quel ſentiment elle en parle, quelle franchiſe dans ſes expreſſions ! le titre d’ami
qu’elle me prodigue eſt un dédommagement ſi tendre de l’amour, que ſouvent
il me le fait oublier.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Tant mieux, s’il faut y renoncer, il
vous en coutera moins.
{{personnage|AZOR.|c}}
Ah, Madame ! pourquoi penſez-vous ?..<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Becassine chez les Turcs.djvu/37
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M-le-mot-dit
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Scanilles.
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{{Numérotation|UN ÉTRANGE MATELOT||31}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-a1.jpg|162px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… le goût des corsets montants, ça n’est pas agréable à porter. Moi, je restais plantée comme un piquet devant le commandant, ne sachant s’il fallait partir ou demeurer, quand il m’a dit : « Viens te promener avec moi, Bécassine-Hanoum. »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-a2.jpg|339px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Et il m’a prise par le bras. C’est tel que je vous le raconte : j’ai eu l’honneur de faire le tour du pont au bras d’un commandant de la marine française ! Qu’est-ce qu’ils auraient dit s’ils avaient vu ça, les gens de mon pays natal de Clocher-les-Bécasses…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-a3.jpg|209px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… qui, lorsque j’étais haute guère plus que trois pommes, se moquaient déjà de moi et prétendaient que, toute ma vie, je serais bonne bien juste à me promener avec des oies !
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-b1.jpg|171px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Tout en faisant notre tour, le commandant me parlait de la fin de notre traversée, qui n’allait plus être longue, des endroits qu’on verrait. Je répondais : « Oui, commandant. Parfaitement, commandant. » Mais je dois avouer que j’étais à autre chose.
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-b2.jpg|142px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Il s’en est aperçu. « Tu ne m’écoutes pas. Qu’est-ce que tu regardes ? » a-t-il demandé. Ce que je regardais, c’était un matelot qui marchait en avant de nous, portant une petite malle de bois, et qui avait vraiment une drôle de tournure, pas du tout la tournure d’un matelot.
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-b3.jpg|209px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Il marchait comme quelqu’un qui n’a pas sa raison, ou qui n’a pas ses yeux. Il se cognait dans d’autres matelots, ou dans les mâts, ou dans les cheminées. À un moment, il a tapé dans un paquet de cordages et il a failli s’étaler par terre.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-b4.jpg|144px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
À tout ce qu’il cognait, même aux objets, il disait : « Je suis désolé… Veuillez m’excuser… Vous ai-je fait mal ? »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-c1.jpg|220px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Puis, il s’est retourné, et c’est sur nous qu’il a cogné ; le commandant a failli recevoir la malle en pleine figure. Il a repiqué une colère, une vraie. Il a crié : Diable de maladroit !… Qu’c’est qu’un matelot comme ça ?… Flanquerai aux fers ! »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-c2.jpg|229px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Maintenant, je voyais le matelot de face, je l’ai reconnu et j’ai dit : « Tiens, c’est {{M.|Proey-Minans}} ! » Ça a calmé aussitôt le commandant. « Mais oui, a-t-il fait, c’est {{M.|Proey-Minans}}, sous un nouveau déguisement,…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p31-c3.jpg|244px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … et qui lui va, ma foi, fort bien. Toutes mes félicitations, cher monsieur. — Merci, commandant ; mais je vous poserai une question, si vous le permettez : je cherche mon groupe, j’ai perdu mon groupe, pourriez-vous me dire où est mon groupe ? »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/123
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>précédé de son valet monte pesamment vers nous.
(''Pendant ce temps on a complété l’aménagement de la Scène{{lié}}III.'')
Tout est en ordre, venez. (''Il sort emmenant''
DONA PROUHÈZE. DONA HONORIA ''reste en scène près de'' DON PÉLAGE
''qui est déjà entré.'')
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{Numérotation|PRISONNIERS !|40|}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-a1.jpg|191px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Bécassine s’était précipitée à l’avant. Elle faisait des signaux d’appel, et, à pleine voix, elle criait : « Par ici, les sauveteurs ! »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-a2.jpg|329px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
— « Minute ! fit Zidore : c’est peut-être des sauveteurs, c’est peut-être des ennemis. Si c’est des ennemis, faut pas qu’ils nous trouvent, Stentor et moi, en tenus militaire : ça serait d’un effet déplorable. » {{M.|Proey-Minans}}{{Corr|… …|}} déclara que Zidore égalait en sagesse l’artificieux Ulysse, héros d’Homère qui avait beaucoup navigué dans les pays où ils se trouvaient. Enthousiasmé, Stentor chanta : « Ce qu’il est {{Nec|malin}}, mon ami… mi… mi… sol… {{Nec|do}} ! »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-a3.jpg|171px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
En un clin d’œil, grâce à la malle aux déguisements, Zidore fut transformé en groom, tandis que Stentor revêtait le costume de domestique qu’avait déjà porté…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-b1.jpg|189px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… {{M.|Proey-Minans}}, et y ajoutait un fez. Les uniformes militaires disparurent dans la mer. Il était temps, l’embarcation suspecte n’était plus qu’à quelques encablures. Pontée, ayant, en plus de sa voile, une hélice qu’actionnait un moteur à pétrole, elle avait l’apparence d’un bateau pêcheur.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-b2.jpg|224px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Elle vint se ranger, bord à bord, contre la barque de nos amis. Un blanc et un nègre, à mine de forbans, parurent. Le blanc tenait un fort revolver, dont il visait les naufragés. Il cria : « Vous faire camarades. » Ils obéirent.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-b3.jpg|322px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Puis l’homme au revolver parla de nouveau, en une langue inconnue. Zidore murmura : « Qu’est-ce qu’il dit ? Qu’est-ce qu’il veut encore, cet ostrogoth-là ? Probablement il cause en turc. Ben Kaddour devrait traduire… Au fait, où donc est-il, notre Arbi ? »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-c1.jpg|191px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Il était dans sa chère boîte, et ne consentit pas sans peine à en sortir, tant il était épouvanté par la vue du revolver. Chaque fois que celui-ci se dirigeait vers lui, il faisait une {{Corr|affreuse :|affreuse}} grimace, un bond de côté. Enfin il balbutia :
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p40-c2.jpg|500px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« Lui dire nous venir sur son bateau ; lui tirer si nous pas faire camarades. » L’obligation de garder les mains hautes rendit assez pénible le transbordement : Il s’opéra cependant. Les prisonniers se rangèrent en ligne. De la voix, Bécassine calmait Hindenburg qui grondait et montrait ses dents en un rictus féroce.<noinclude>
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Livre:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu
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|Auteur=[[Auteur:Étienne-Michel Faillon|Étienne-Michel Faillon]]
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{{T3|DENRÉES MÉCONNUES|m=1em}}
Il existe, bien à tort, chez beaucoup de personnes, des préventions contre l’emploi, comme nourriture, de la viande du cheval, du mulet et de la chèvre.
La chair du cheval et du mulet se prête absolument aux préparations appliquées à celle du bœuf, et les préparations appliquées à la chair du mouton conviennent également à celle de la chèvre. La saveur ne s’en différencie pas sensiblement, surtout si on a le soin de choisir de la viande d’animaux gras. Enfin, et surtout, la richesse en éléments nutritifs, dans le cheval comme dans le mulet, est plus grande que dans le bœuf.
On peut donc consommer de ces viandes sans hésiter : elles sont saines et nourrissantes, elles sont bonnes, elles coûtent moitié moins que celles de bœuf et de mouton.
{{P début|85|m=1em}}
● La grande guerre a permis de connaître et d’apprécier à sa valeur la viande frigorifiée de mouton et de bœuf, importée de l’Argentine. Il est à souhaiter que les arrivages soient assez importants pour que la consommation s’en généralise, à cause de la notable différence de prix qu’elle offre avec la viande fraîche.<br />{{em|2}}Les personnes qui actuellement peuvent s’en procurer devront tenir compte que cette viande doit être dégelée lentement, à température douce, et non brusquement, avant son emploi, pour lui conserver toute sa saveur.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● La triperie fournira une variété de plats économiques. Tels : la fraise de veau, avec pieds, le gras-double, le foie et le cœur de bœuf, les pieds de mouton.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Avec de la panse de bœuf et un pied, on peut faire soi-même d’excellentes tripes à la mode de Caen, qui coûteront trois fois meilleur marché qu’en les achetant toutes prêtes.
{{P fin}}<noinclude>
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Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/11
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<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>{{P début|85|m=1em}}
● Le cobaye, encore peu en faveur pour l’alimentation vaut pourtant tout autant que le lapin domestique.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● La charcuterie procurera aussi quelques plats bon marché, tels les boudins et les saucisses.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Les sardines salées, en barils, coûtent cinq fois moins cher que les sardines fraîches.<br />{{em|2}}Il faut les faire tremper pendant douze heures à l’eau froide avant de les employer.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Les pâtes alimentaires : macaroni, nouilles, coquilles, lazagnes sont très nourrissantes, très digestives et coûtent peu. Leur préparation culinaire est prompte.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Les escargots « petits-gris » sont un peu indigestes ; ils ont l’avantage d’être d’un très bas prix.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Les cosses de pois, cuites, broyées et passées, font un excellent potage.<br />{{em|2}}Les fanes de carottes, traitées comme les épinards, ont un goût exquis. On peut préparer de la même façon les fanes de navets.
{{P fin}}
{{P début|85|m=1em}}
● Certaines plantes sauvages peuvent être employées comme les légumes cultivés : telles sont la chicorée sauvage, la lampsane commune, la moutarde des champs, la grande ortie, la patience, la bardane commune, le lamier blanc, la mauve, le houblon, etc. Elles procurent des mets excellents et qui ne coûtent que la peine de les cueillir.<br />{{em|2}}Ces « légumes sauvages » doivent être récoltés jeunes avant que la plante monte. Après lavage on les cuit en les jetant dans l’eau salée bouillante. On les accommode ensuite comme des légumes ordinaires.
{{P fin}}
{{séparateur|8|m=2em}}<noinclude>
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{{Numérotation|UNE VIEILLE DETTE||41}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-a1.jpg|147px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le nègre s’amusais de sa fureur, l’excitait en lui triant ''Kss'' ! ''Kss'' ! « Tiens, remarqua Zidore, ça se dit en turc comme en français. Je note ça. On s’instruit en voyage. »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-a2.jpg|216px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
À ce moment, sortant de la cabine, parut un troisième Turc. En le voyant, les deux autres firent un profond salut, suivant le rite oriental. Machinalement les prisonniers les imitèrent.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-a3.jpg|338px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Le nouveau venu était coiffé du fez, vêtu de la redingote turque ; il avait une large face placide, des yeux {{Nec|malins}} et fureteurs ; dans son maintien et sa façon de parler, il affectait beaucoup de calme et de douceur.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-b1.jpg|120px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Sur un ordre qu’il donna, le revolver s’abaissa ; puis l’homme doux, qui parlait notre langue presque sans accent, dit : « Vous êtes sans doute des naufragés du ''Yémen'', des Français… J’aime beaucoup la France. — Croyez que de notre côté… »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-b2.jpg|356px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
… fit {{M.|Proey-Minans}}, qui s’avança les mains tendues. Mais son discours fut coupé par Ben Kaddour. Tout à fait rassuré depuis la disparition du revolver, il s’agitait beaucoup, et soudain il cria : « Ti être Nénesse ! » L’homme parut surpris, contrarié. Se remettant, il dit : « C’est ainsi, en effet, qu’on me nomme à Paris…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-b3.jpg|251px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … mais mon vrai nom est Ernest, et, en Turquie, je suis Ernest-Pacha. » Les deux Turcs s’étaient inclinés avec les marques du plus profond respect, murmurant : « Pacha ! Pacha ! » Très peu impressionné par le titre de pacha, Ben Kaddour continuait :
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-c1.jpg|253px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
{{Corr||«}} Ti parti sans payer… Ti mi {{Lié|devoir 3,85}}. » {{M.|Proey-Minans}} tenta de s’interposer ; il observa qu’il était mesquin de faire tant de bruit pour {{Lié|3 fr. 85}}, quand, entre nations ennemies, on allait se réclamer des centaines de milliards.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-c2.jpg|238px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
« Sans compter, ajouta Zidore, qu’il y a le moratorium. » Mais Ben Kaddour s’acharnait. Furieux, il criait : « Ti grand canaille… Ti grand voleur… Moun argent, moun argent ! » Sans doute le débiteur n’aimait-il pas qu’on lui rappelât ses dettes. Il fit un geste.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p41-c3.jpg|193px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
En un clin d’œil, Ben Kaddour fut appréhendé, ficelé comme un saucisson, et disparut dans les profondeurs du bateau. Alors, Ernest-Pacha reprit son air placide et dit : « Je suis très doux ; j’aime les Français ; mais pour que je sois gentil, il faut être gentil avec moi. »<noinclude>
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Page:Becassine chez les Turcs.djvu/48
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Espace insécable.
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{{Numérotation|ERNEST-PACHA|42|}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-a1.jpg|300px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
Il y a peu d’années encore, les alentours de la Grande Roue étaient un des quartiers les plus misérables de Paris. Ben Kaddour s’y était logé en un taudis sordide, quand il avait quitté la baraque des derviches. Plusieurs de ses…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-a2.jpg|267px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
… anciens compagnons, comme lui fatigués de tourner, l’y avaient rejoint. Ils furent suivis, lors de la fermeture de l’exposition {{Lié|de 1900}}, par des âniers du Caire des danseurs, des acteurs ou musiciens des théâtres orientaux que la Grande Foire…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-a3.jpg|171px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… avait fait éclore. Peu à peu, ce coin de Grenelle prit l’aspect d’un faubourg de Constantinople. Ses habitants auraient couru grand risque de mourir de faim sans {{M.|Ernest}}. {{M.|Ernest}} connaissait ces pauvres gens parce qu’il avait organisé la plupart…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-b1.jpg|158px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… des spectacles où ils avaient figuré. Il avait beaucoup d’argent et il le distribuait généreusement. Il était aimable et aimé. Ses obligés l’appelaient {{M.|Nénesse}}, pour la facilité de la prononciation, et, tout l’hiver, aspiraient à sa venue.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-b2.jpg|313px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
{{M.|Ernest}} — ou Nénesse — arrivait chaque année, au début du printemps, avec de grandes caisses contenant de beaux tapis d’Orient. Il les offrait lui-même, à domicile, puis au bout de deux ou trois mois, sa marchandise vendue, il disparaissait jusqu’au printemps suivant.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-b3.jpg|229px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
Ben Kaddour lui servait généralement de porteur. Son patron s’appliquait à recruter sa clientèle parmi les officiers habitant le quartier tout proche de l’École Militaire. Ben Kaddour l’y accompagnait. Il eût pu s’étonner…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-c1.jpg|162px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
…des efforts de {{M.|Ernest}} pour gagner la sympathie de ses clients militaires, pour causer avec eux de questions d’armement. Ce n’est pas la coutume des…
{{Bloc|margin-right:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-c2.jpg|133px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
… marchands de tapis de tant s’intéresser au canon {{Lié|de 75}} ou à l’obusier {{Lié|de 120}}. Mais Ben Kaddour n’écoutait pas les conversations, occupé qu’il était à calculer les bénéfices qu’il tirerait de son intérêt sur les ventes.
{{Bloc|margin-left:25%|{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-c3.jpg|162px|centré|mt=1.5em}}}}{{Clear}}
Besogneux et plutôt avare, il avait été indigné parce qu’un matin de la semaine qui précéda la guerre, allant se faire payer un compte de {{Lié|3 fr. 85}}, il avait…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p42-c4.jpg|218px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
… trouvé close la chambre du marchand. Celui-ci était parti la veille au soir. Et cela avait mis l’Arbi en fureur. Oubliant les bienfaits reçus, il avait ameuté le quartier en vociférant : « Pas bon, Nénesse… Lui grand canaille… lui mi {{Nobr|voler 3,85}}. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Mots oubliés.
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<noinclude><pagequality level="3" user="M-le-mot-dit" /></noinclude><nowiki />
{{Numérotation|L’ÉMINENCE PRO||45}}
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-a1.jpg|164px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
… rentra, il dut lui avouer qu’il était tout à fait incapable de cuire un œuf à la coque. « Vous n’êtes pas cuisinier, dit Ernest, mon flair de policier me l’avait révélé, et je crois savoir {{Corr|qui qui|qui}} vous êtes. Cette cuisine n’est pas digne de vous, veuillez me suivre. »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-a2.jpg|262px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
Il l’introduisit dans la cabine, plus confortable que ne le laissait supposer l’aspect du bateau, le fit asseoir, et lui tendant une boîte de cigares : « Faites-moi l’honneur d’accepter un de ces Corona ; ils sont excellents. »
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-a3.jpg|227px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
{{M.|Proey-Minans}}, bien qu’ayant la fumée en horreur, n’osa refuser. Il alluma le cigare, tira quelques bouffées, qui déterminèrent une violente crise de toux. D’un geste amical, Ernest lui tapotait le dos. Il reprit, quand l’accès fut passé :
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-b1.jpg|213px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
« Votre nom est Éminence Pro. — Pardon, Proey-Minans. — Pro Éminence ou Éminence Pro, peu importe : vous êtes une Éminence, donc un grand personnage, un prince {{Corr|probableblement|probablement}}. » {{M.|Proey-Minans}} protesta ; avec une nuance de sévérité, le Pacha…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-b2.jpg|307px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
… déclara qu’il ne se laisserait pas tromper, puis tirant un dictionnaire de sa poche, il le feuilleta et il lut : « ''ÉMINENCE, colline de faible hauteur. — Titre qu’on donne aux rois, aux cardinaux, aux princes''… Éminence Pro, vous n’êtes ni une colline de faible hauteur{{Corr|…
« … | }}ni un roi, ni un cardinal, donc vous êtes un prince. Par contenance et politesse, {{M.|Proey-Minans}} n’osait laisser éteindre son cigare. Un peu de torpeur et un vague malaise l’envahissaient. Il murmura : « Je suis donc prince…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-b3.jpg|149px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … puisque vous y tenez. » À ce moment, le matelot blanc vint murmurer quelques mots à l’oreille de son chef. Après l’avoir écouté, celui-ci donna ordre d’amener dans la cabine les autres prisonniers, Ben Kaddour compris. « Éminence Pro, dit-il, nous vous traiterons de notre mieux…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-c1.jpg|222px|gauche|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … ne l’oubliez pas, je vous prie, si un jour vient où j’ai à solliciter votre protection. » Il monta sur le pont où un officier turc l’attendait. Pendant ce qui précède, le bateau avait marché. Il atteignait l’entrée des Dardanelles.
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-c2.jpg|218px|centré|mt=1.5em}}{{Clear}}
L’officier était venu en barque le reconnaître. Il s’inclina et donna le droit de passage dès qu’il vit en présence de quel haut personnage il se trouvait. « Me voilà un peu rassuré, se dit Ernest ; l’Éminence parlera en ma faveur…
{{Image4|Becassine_chez_les_Turcs_p45-c3.jpg|242px|droite|mt=1.5em}}{{Clear}}
« … auprès des alliés, si, comme il y paraît, les boches sont battus. » Au même moment, dans la cabine, les prisonniers calmaient leur faim avec une copieuse soupe. « Ça va bien, dit Bécassine, mais ça irait mieux si on pouvait s’échapper. — On va tâcher moyen, » fit Zidore.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/132
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Je sais ce qui convient à cette âme généreuse.
Tout ce que vous me disiez tout à l’heure je
voulais vous le faire dire et je l’ai bien compris.
Ce ne sont point des fleurs et des fruits qu’elle
attendait de moi, c’est un fardeau.
{{Personnage|DONA HONORIA|||uc|sm}}. ― Que lui apportez-vous ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― À la place d’une tentation une
tentation plus grande.
Menez-moi à sa chambre. (''Hésitation de'' DONA
HONORIA.) Menez-moi à sa chambre.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
nunc3o5ys5tt1y65t80w8spemn05anb
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/142
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Avez-vous une telle confiance
en moi ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Oui.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je suis une femme. C’est
moi qui devrai garder cette place perdue entre la
mer et le sable ?
Et cela aux côtés d’un traître qui n’a désir que
de vous outrager ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Je n’ai personne d’autre.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je ne puis accepter cette
tâche.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Je sais que vous l’avez déjà
acceptée.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Laissez-moi le temps de
réfléchir.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Les chevaux sont prêts. Debout !
Allez mettre un autre costume.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 28.djvu/204
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Fabrice Dury
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Hilarion~frwiki" /></noinclude><nowiki />
{{g|(126)<br />Suite.}}
{{g|<math>+m'\frac{a^2}{a'^3}\left\{\begin{align}
&\left.\begin{align}
-&\underset{[26\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.20]}{\left(\frac{45}{128}e^2e'-\frac{153}{64}\gamma^2e^2e'-\frac{69}{64}e^4e'\right)\frac{n'^2}{n^2}+\frac{45}{32}e^2e'\frac{n'^3}{n^3}-\frac{12465}{256}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
-\underset{[26\quad.\quad.100]}{\frac{2673}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
-&\underset{[26\quad.\quad.126]}{\frac{23625}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
+\underset{[26\quad.\quad.\quad.244]}{\frac{223587}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
-\underset{[27\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.16]}{\left(\frac{105}{128}e^2e'-\frac{357}{64}\gamma^2e^2e'-\frac{161}{64}e^4e'\right)\frac{n'^2}{n^2}-\frac{873}{256}e^2e'\frac{n'^3}{n^3}}\\
+&\underset{[27\quad.\quad.16]}{\frac{28017}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
+\underset{[28\quad.\quad.243]}{\frac{12663}{2048}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
-\underset{[29\quad.\quad.194]}{\frac{63}{64}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
-\underset{[31\quad.\quad.193]}{\frac{27}{64}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[32\quad.\quad.97]}{\frac{21}{512}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
-&\underset{[32\quad.\quad.126]}{\frac{105}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
+\underset{[32\quad.\quad.140]}{\frac{21}{256}e^4e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[33\quad.\quad.76]}{\frac{63}{512}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
+\underset{[34\quad.\quad.139]}{\frac{9}{256}e^4e'\frac{n'^2}{n^2}}
-\underset{[35\quad.\quad.31]}{\frac{3}{32}e^4e'\frac{n'^2}{n^2}}
-\underset{[35\quad.\quad.126]}{\frac{945}{1024}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
+&\underset{[35\quad.\quad.216]}{\frac{9387}{512}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
-\underset{[36\quad.\quad.28]}{\frac{7}{32}e^4e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[37\quad.\quad.215]}{\frac{495}{512}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
-\underset{[38\quad.\quad.38]}{\frac{45}{256}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}
+\underset{[39\quad.\quad.223]}{\frac{4725}{512}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
+&\underset{[41\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.2]}{\frac{39285}{256}e^2e'\frac{n'^3}{n^3}+\frac{2165355}{4096}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
-&\underset{[41\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.126]}{\left(\frac{23625}{1024}e^2e'-\frac{70875}{512}\gamma^2e^2e'-\frac{23625}{1024}e^4e'\right)\frac{n'^2}{n^2}-\frac{10125}{512}e^2e'\frac{n'^3}{n^3}-\frac{20794725}{65536}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
-&\underset{[41\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.130]}{\left(\frac{3375}{1024}e^2e'-\frac{10125}{512}\gamma^2e^2e'-\frac{10125}{2048}e^4e'\right)\frac{n'^2}{n^2}+\frac{10125}{1024}e^2e'\frac{n'^3}{n^3}+\frac{334125}{65536}e^2e'\frac{n'^4}{n^4}}\\
\end{align}\right]*\\\\
-&\underset{[48\quad.\quad.409]}{\frac{2625}{256}e^2e'\frac{a^2}{a'^2}}
+\underset{[49\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.167]}{\frac{105}{16}\gamma^2e^2e'+\frac{105}{32}\gamma^4e^2e'+\frac{525}{64}\gamma^2e^4e'-\frac{4905}{256}\gamma^2e^2e'\frac{n'}{n}}\\
-&\underset{[49\quad.\quad.167]}{\frac{211053}{4096}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[50\quad.\quad.2]}{\frac{10125}{256}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[51\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.167]}{\frac{315}{256}\gamma^2e^2e'\frac{n'}{n}-\frac{135}{16}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[52\quad.\quad.64]}{\frac{135}{32}\gamma^2e^2e'\frac{n'}{n}}\\
-&\underset{[52\quad.\quad.64]}{\frac{25515}{512}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
+\underset{[52\quad.\quad.274]}{\frac{14805}{512}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}
-\underset{[54\quad.\quad.273]}{\frac{1215}{256}\gamma^2e^2e'\frac{n'^2}{n^2}}\\
\end{align}\right\}</math>|fs=70%}}
{{c|<math>\times\cos(2h+2g-2h'-2g'-3l')</math>}}
{{g|* Cette portion du coefficient du terme (126) a disparu par suite de la 42{{e}} opération.|fs=70%|4}}
{{g|(127)}}
{{g|<math>+m'\frac{a^2}{a'^3}\left\{\begin{align}
&\left.\begin{align}
&\frac{255}{16}e^2e'^2 -\frac{255}{8} \gamma^2e^2e'^2 -\frac{575}{16}e^2e'^4\\
-&\underset{[1\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.125]}{\left(\frac{405}{128}e^2e'^2-\frac{2025}{64}\gamma^2e^2e'^2-\frac{405}{256}e^4e'^2\right)\frac{n'}{n}+\frac{1215}{256}e^2e'^2\frac{n'^2}{n^2}}\\
-&\underset{[1\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.\quad.126]}{\left(\frac{945}{64}e^2e'^2-\frac{4725}{32}\gamma^2e^2e'^2-\frac{945}{128}e^4e'^2\right)\frac{n'}{n}}
+\underset{[2\quad.\quad.118]}{\frac{2805}{64}e^2e'^2\frac{n'^2}{n^2}}\\
\end{align}\right\}*\\\\
&\qquad\qquad\qquad\qquad\scriptstyle\text{Ce coefficient du terme (127) se, continue à la page suivante.}
\end{align}\right\}</math>|fs=70%}}
{{g|* Cette portion du coefficient du terme (127) a disparu par suite de la 44{{e}} opération.|4|fs=70%}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/150
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DEUXIÈME SEIGNEUR|||uc|sm}}, ''le regardant avec tendresse''. — Tout ce que vous dites est vrai.
{{Personnage|TROISIÈME SEIGNEUR|||uc|sm}}. ― Nous sommes fiers de
notre Capitaine.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas parce que vous
m’aimez que j’ai raison.
{{Personnage|PREMIER SEIGNEUR|||uc|sm}}. ― C’est parce que vous
dites la vérité que nous vous aimons.
Et c’est en vous aimant que nous avons appris
à nous apercevoir les uns des autres.
{{Personnage|DEUXIÈME SEIGNEUR|||uc|sm}}. ― Et à former cette
bande de petits frères à vos côtés.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Comment voulez-vous que je
prenne femme, ayant autour de moi de tels amis ?
{{Personnage|L’ARCHÉOLOGUE|||uc|sm}}. ― Pour toutes choses vous
n’avez que des louanges, mais cela me fâche de
voir que vous n’usez d’aucune et vous passez de
tout si facilement.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Si j’en usais, je serais forcé
de la détruire et alors vous et moi serions bien avancés !
Je ne suis pas fait pour détruire ; tout ce que je
touche, je voudrais le rendre immortel ! un trésor
inépuisable !
Mais venez ! je n’ai besoin que de vous ! la joie
de ces yeux d’hommes qui me disent qu’ils sont
contents que j’existe !
À cheval ! Il nous faut faire l’étape avant la nuit.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/153
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
L’autre au rebours de courants inconnus et de
remous adverses ne réussit qu’avec peine à maintenir
sa direction.
Un homme, une femme, tous deux me regardent
et pleurent.
Je ne vous ferai point défaut.
Les heureux et les assouvis ne me regardent pas.
C’est la douleur qui fait dans le monde ce grand
trou au travers duquel est planté mon sémaphore.
Quand la terre ne sert qu’à vous séparer, c’est
au ciel que vous retrouverez vos racines.
Tous les murs qui séparent vos cœurs n’empêchent
pas que vous existiez en un même temps.
Vous me retrouvez comme un point de repère.
En moi vos deux mouvements s’unissent au mien
qui est éternel.
Quand je disparaîtrai à vos yeux, c’est pour aller
de l’autre côté du monde pour vous en rapporter
les nouvelles, et bientôt je suis de nouveau avec vous
pour tout l’hiver.
Car bien que j’aie l’air immobile, je n’échappe
pas un moment à cette extase circulaire en quoi je
suis abîmé.
Levez vers moi les yeux, mes enfants, vers moi,
le Grand Apôtre du Firmament, qui existe dans cet
état de transport.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
8lmwy8prmpa8mlfjohy1c2bilycvswn
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/157
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>france, quelle sera la récompense que Vous lui réservez ?
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Mon fils, ce sera la seule qu’il attende
et qui soit digne de lui : l’ingratitude.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Que Rodrigue parte donc et
comme Votre Majesté m’y invite j’oserai joindre
ma lettre à la sienne.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Pardonnez-moi cette épreuve à laquelle
je suis forcé de mettre Dona Prouhèze.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Sire, je ne crains rien pour
elle.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Du moins vous allez revoir votre épouse.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Je ne reverrai plus Dona
Prouhèze en cette vie.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Quoi ! pensez-vous qu’elle n’obéisse
pas à ce conseil que Nous-Même et vous avec moi.
lui donnons et que Rodrigue lui porte ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Oui, je le pense.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Cet exil a-t-il pour elle tant de charmes ?
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Un exil du moins qui l’éloigne de moi.
{{Personnage|LE ROI|||uc|sm}}. ― Mais Rodrigue s’en va de son côté.
{{Personnage|DON PÉLAGE|||uc|sm}}. ― Tant pis ! elle a trouvé son destin
et son destin l’a trouvée ;
Qui l’a une fois connue ne s’en sépare pas aisément,
Cette adjonction à notre vœu secret des ailes de la Destinée.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
m8960ifuz8wg4idvdmwkyxzxf3a71h1
Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 2, An-Ar.djvu/415
104
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2026-05-08T15:08:18Z
Miruts
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Miruts" /></noinclude><section begin="ARTÉSIEN, IENNE s. et adj."/>d’eau qui sommeillait paresseusement à dix-huit cents pieds sous terre, depuis les temps primitifs.
Maintenant, supposons une couche perméable, un lit de sable, située dans le sein de la terre et ne s’ouvrant pas à la surface. Cette couche, enserrée entre des couches imperméables, n’a jamais absorbé une goutte d’eau. On conçoit donc qu’un puits creusé dans ces circonstances doit nécessairement arriver à une nappe absorbante ; c’est en effet ce qui s’est produit dans différentes localités. Cette propriété absorbante est souvent utilisée pour se débarrasser d’eaux nuisibles, et pour opérer l’assèchement de vastes terrains auparavant marécageux, et impropres à la culture. C’est ainsi que le roi René eut autrefois l’idée de faire creuser dans la plaine des ''Paluns'', près de Marseille, formant un grand bassin marécageux qu’il paraissait impossible de dessécher, un grand nombre de trous ou puisards qui jetèrent et jettent encore aujourd’hui dans des couchés perméables, situées à une certaine profondeur, les eaux qui rendaient toute cette contrée improductive. De nos jours, {{M.|Mulot}} a tiré, de ces propriétés absorbantes de certaines couches, un parti ingénieux pour résoudre un problème qui importait beaucoup à la ville de Saint-Denis. L’eau d’une fontaine creusée sur la place de la Poste-aux-Chevaux fournissait en été des éléments surabondants et précieux de propreté ; mais, en hiver, l’accumulation des glaces sur la voie publique nuisait beaucoup à la circulation. Cet inconvénient allait peut-être faire renoncer à creuser une fontaine sur une autre place, lorsque {{M.|Mulot}} imagina le procédé suivant : de l’eau d’excellente qualité, provenant d’une couche située à 65 mètres de profondeur, monte dans un tube métallique d’un certain diamètre. Un second tube, notablement plus grand, enveloppe le premier et va se saisir, à 55 mètres de profondeur, d’une nappe d’eau encore très-potable, mais moins bonne cependant que la première. C’est exclusivement dans l’espace annulaire compris entre ces deux tubes que l’eau de la nappe située à 55 mètres peut remonter. Enfin un troisième tube, notablement plus grand encore que le second, descend en enveloppant jusqu’à la profondeur d’une couche absorbante. L’espace annulaire compris entre le tube moyen et le tube extérieur ne donne donc rien ; au contraire, il sert, en hiver, à ramener dans le sein de la terre, à une couche absorbante, la partie non employée des eaux des deux couches ascendantes, qui, en se répandant sur la place et dans les rues, auraient formé une épaisse couche de glace.
Nous citerons encore, comme exemple du parti que l’on peut tirer de cette propriété
absorbante, la plupart des carrières des environs de Paris, où l’on se débarrasse des eaux au moyen de trous de sonde forés jusqu’à la profondeur des couches fissurées supérieures de la craie, et la voirie de Bondy, qui se débarrasse, par le même procédé, de 100 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures.
Ne quittons pas cette matière sans parler des ''geysers'', sources thermales intermittentes, dont les jets s’élèvent parfois à une hauteur prodigieuse.
Nos plus belles eaux des parcs de Versailles et de Saint-Cloud n’ont rien qui puisse rivaliser, ni pour la hauteur, ni pour le nombre, avec ces jets naturels d’eau chaude qui dégagent une vapeur épaisse, bientôt condensée par le contact de l’air froid. Les geysers sont si nombreux en Islande, qu’on en voit plus de cent groupés dans un espace, d’environ une demi-lieue, à deux kilomètres de la ville épiscopale de Skalholt et à peu de distance de l’Hécla. Dans certaines circonstances, celles qui, par exemple, accompagnent les tremblements de terre ou les grandes éruptions de l’Hécla, on voit la colonne d’eau des geysers atteindre des hauteurs inusitées, comme quatre-vingt-dix à cent pieds. En 1804, le lieutenant danois Ohlsen aperçut deux de ces colonnes, dont l’une portait les eaux jusqu’à cent cinquante pieds environ et l’autre jusqu’à deux cent douze.
Un des plus curieux geysers est celui qu’on trouve près de Langervatu, lac d’eau douce d’une lieue de circonférence, situé à deux journées de l’Hécla. « Je dois avouer, écrit un voyageur suédois, que le coup d’œil en était superbe : le ciel était serein et le soleil commençait à dorer les montagnes voisines. Il n’y avait pas de vent, et le lac, où se promenaient des cygnes, se présentait à la vue comme un miroir. Tout alentour on voyait, en huit endroits, s’élever, de ces sources chaudes, des vapeurs qui se perdaient dans l’air. Toutes projetaient une pluie abondante ; une, entre autres, s’élevait en colonne de dix-huit à vingt-quatre pieds de haut, sur un diamètre de six à huit pieds. L’eau en était extrêmement chaude. Nous y fîmes cuire, pour notre déjeuner, un gros morceau de mouton, avec quelques truites saumonées et des bécassines : leur saveur n’en fut nullement altérée. Tel était le degré de chaleur, qu’au bout de dix minutes, ces viandes furent cuites presqu’à tomber en morceaux. »
L’eau des fontaines bouillantes n’offre pas toujours une teinte uniforme. Dans celles-ci, elle est claire ; dans celles-là, elle est trouble comme l’eau de chaux qui dépose ; dans quelques-unes enfin, l’eau passe à travers une veine d’ocre qui la rend rouge comme du sang, tandis que celle des autres fontaines, qui coule au travers d’une glaise plus transparente, est blanche comme du lait.
L’Islande n’est pas la seule contrée qui possède des geysers : on vient de découvrir, en Californie, des sources ayant avec eux la plus grande analogie.
L’huile de pétrole, dont il se fait aujourd’hui une consommation si considérable, n’est autre chose que le produit des ''puits artésiens.'' Il existe des nappes souterraines entièrement composées de ces huiles minérales, et un puits foré, en Amérique, donne souvent de l’huile de pétrole au lieu de donner de l’eau. En 1857, un puits foré à Tétosulle, près d’Oil-Creek, donna naissance à une source qui produisait 8,000 litres par jour ; de nouvelles recherches, poussées avec ardeur, amenèrent la découverte de plus de deux mille sources produisant pour plus de 50,000 fr. d’huile par jour. Des sondages exécutés à une plus grande profondeur amenèrent la découverte d’une nappe qui put fournir par jour 3,000 barriques de 190 litres chacune. En plusieurs endroits, le jet d’huile se montra si violent qu’il fallut employer des moyens puissants pour s’en rendre maître, et qu’un terrible incendie éclata dans ces régions par suite de l’inflammation de l’huile d’une source surabondante, inflammation qui se propagea à d’autres sources et sur une grande étendue. Aujourd’hui, les jets de ces puits sont maintenus et les tuyaux fermés
hermétiquement, de manière que l’huile ne jaillit qu’à volonté et proportionnellement aux demandes. Le rendement annuel des sources dans toute l’Amérique peut être évalué annuellement à 60 millions de litres par semaine.
À la vue de ces merveilles dont le {{s|xix}} devait avoir les prémices, il est vraiment à regretter que les cataclysmes géologiques ne se soient pas produits après la plantation de la vigne ; des clos entiers de raisins mûrs eussent été enfouis en même temps que les forêts ; le jus de la treille aurait sommeillé en compagnie de la houille, et aujourd’hui
on aurait la chance de rencontrer des jets de Médoc et de Clos-Vougeot auxquels ne ferait pas défaut cette qualité d’âge si appréciée des gourmets.
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<section begin="ARTESII"/><nowiki/>
'''ARTESII''', nom latin des Artésiens, habitants de l’Artois.
<section end="ARTESII"/>
<section begin="ARTEVELDE (Jack ou Jacob, ou Jacques Van)"/><nowiki/>
'''ARTEVELDE''' (Jack ou Jacob, ou Jacques Van), que Froissart appelle ''Jacquemart d’Artevelle'', célèbre chef populaire, le ''Grand Brasseur de Gand'', comme on le nommait de son temps. Suivant les uns, il était de famille noble ; suivant d’autres, il était issu de notables tisserands (drapiers), et, d’après Froissart, il joignait à l’industrie héréditaire dans sa famille une grande brasserie ''de miel'', c’est-à-dire d’hydromel. Quoi qu’il en soit, il était, vers 1336, grand doyen des métiers, capitaine des milices dans sa ville natale, et jouissait d’une grande popularité et d’une influence politique qui, loin de rester circonscrite dans les murs de Gand, s’étendit à un grand nombre des communes de Flandre. C’était un de ces hommes puissants par le caractère et par l’intelligence, et il paraît avoir eu pour but de former un peuple de ce qui n’était qu’un groupe d’associations isolées et rivales, d’ériger la Flandre en république commerçante,
sous le patronage de l’Angleterre. On sait que les belles laines anglaises alimentaient
l’industrie des draps de Flandre, et que le commerce entre les deux peuples leur était aussi indispensable à l’un qu’à l’autre. L’alliance anglaise était donc pour les Flamands
un objet d’intérêt public. Le comte de Flandre, {{roi|Louis|Ier}}, ayant, à l’instigation du roi de France, fait arrêter tous les marchands anglais qui se trouvaient dans ses États, {{roi|Édouard|III}}, roi d’Angleterre, usa de représailles, et prohiba en outre l’exportation des laines anglaises et l’importation des draps étrangers (1336). C’était tout à la fois la ruine de l’industrie et du commerce des Flamands. Le mécontentement éclata de toutes parts contre le comte Louis, odieux déjà par sa tyrannie, ses exactions,
sa vassalité à l’égard de la France et ses tentatives pour détruire les priviléges des villes. Artevelde détermina l’explosion en convoquant, comme doyen des métiers, tout le peuple de Gand sur la place pour délibérer sur les mesures à prendre afin d’empêcher la
ruine de l’industrie nationale. Les officiers du comte Louis ayant voulu assassiner le tribun gantois, le peuple se souleva ; la révolte gagna Bruges, Ypres et la plupart des villes ; et bientôt il ne resta plus au comte que quelques petites places et un petit nombre de châteaux.
Artevelde s’empara résolument du pouvoir, organisa le parti populaire, bannit les partisans du comte, séquestra les biens des ''avolés'' (ou émigrés), exerça enfin une véritable dictature, acceptée par tous, et qui s’étendit sur une grande partie du pays. « Il étoit, dit Froissart, entré en si grand’fortune et si grand’grâce à tous les Flamands, que c’étoit tout fait et bien fait quant il vouloit commander par toute Flandre, de l’un des côtés jusques à l’autre. Il n’y eut onc, en Flandre ni ailleurs, comte, duc, prince ni autre, qui pût avoir un pays si fort à sa volonté comme ''cil'' (celui-ci) longuement l’eut. »
Partisan décidé de l’alliance anglaise, il agit vigoureusement en ce sens auprès des communes et de leurs délégués, leur démontrant que sans l’Angleterre ils ne pouvaient vivre ; « car toute Flandre étoit fondée sur draperie, et sans laine on ne pouvoit draper ;
taient à rompre entièrement les liens si forts
de la vassalité. Mais le roi Philippe de Valois
et le comte Louis semblaient prendre à tâche
de les y pousser par leurs violences et leurs
perfidies. Ce dernier, ayant attiré à des conférences
le beau-père d’Artevelde, Zeyer le
Courtraisien, se saisit de lui par trahison et
lui fit trancher la tête. Puis il s’empara de
Bruges par surprise..Mais presque aussitôt
Artevelde y pénétra à son tour, à la tête des
métiers de Gand. Le comte et le grand brasseur
se rencontrèrent face à face sur la place
du marché. Les Brugeois se soulevèrent, et,
après un combat dans les rues de la ville, les
chevaliers s’enfuirent honteusement devant
ces tisserands et ces foulons si méprisés par
eux. Les communes traitèrent alors avec
Édouard, s’engagèrent à livrer passage à ses
troupes, mais refusèrent leur assistance armée
contre le roi de France, alléguant les obligations
féodales et les anciens traités. Toutefois,
Artevelde insinua aux ambassadeurs
anglais que, si les Flamands ne pouvaient
suivre le roi d’Angleterre contre le roi de
France, ils suivraient peut-être le ''roi de''
''France'' contre le ''roi trouvé.''
Cette ouverture contribua sans doute à déterminer
Édouard à faire valoir ses prétentions
contre Philippe de Valois, et à prendre
lui-même le titre et les armes de roi de France.
Au moment où éclatait la grande guerre qui
forme une période si considérable de nos annales,
le roi de France et le comte Louis,
reconnaissant leur faute, cherchèrent à regagner
les communes flamandes par des concessions
et des garanties. Artevelde ne s’opposa
point aux négociations, et le comte reprit pour
quelque temps possession de G and et de Bruges.
Mais cette paix dura peu ; de nouveaux troubles
chassèrent encore une fois Louis de ses
États (1338), et le pouvoir revint aux mains
du célèbre brasseur, qui exerçait de fait l’autorité
de ''rewaert'' ou régent de Flandre. Dès
lors les Flamands se jetèrent entièrement dans
l’alliance anglaise, et fournirent des secours
d’hommes et d’argent à Édouard et à son allié
le comte de Hainaut.
Cependant-, malgré son génie et sa persévérance,
Artevelde ne put constituer l’unité
de la Flandre. L’esprit d’isolement et de rivalité,
l’égoïsme des villes et des corporations,
multipliaient autour de lui des obstacles invincibles.
Les grandes communes, Gand, Ypres,
Bruges, opprimaient les campagnes et les
petites villes, et voulaient s’attribuer le monopole
de l’industrie des draps. Artevelde fut
obligé de soutenir les grandes villes, et de
comprimer ceux dont la cause était juste.
À Gand même, les tisserands ayant voulu
diminuer les salaires des foulons, il y eut
entre les deux corps de métiers un sanglant
combat. Les foulons furent vaincus. Artevelde
avait encore été amené, par sa position sans
doute, à prendre parti contre eux. Au milieu
de tous ces orages, il perdit l’espoir de maintenir
en Flandre la régence républicaine qu’il
avait fondée, et se résigna au rétablissement
de la suzeraineté féodale, non au profit du
comte, mais en faveur du jeune prince de
Galles, fils a !né d’Édouard III. Ce monarque
étant arrivé au port de l’Ecluse, accompagné
de son fils, Artevelde alla le trouver avec les
députés des villes, mais ne put les amener à
faire nommer le prince de Galles duc de,
Flandre. Sa popularité se brisa dans cette
tentative ; ses ennemis ameutèrent le peuple
contre lui, et répandirent le bruit qu’il avait
livré le grand trésor de Flandre au roi d’Antleterre.
À son retour à Gand, il fut assailli
ans son hôtel par des bandes furieuses que
conduisait le syndic des tisserands ; Gérard
Denys, son ennemi personnel ; il voulut en vain
leur rappeler ses services, et il périt massacré
sur le seuil même de sa porte (1345). « Ainsi
finit Artevelde I... Pauvres gens ''Xamontèrent''
et relevèrent premièrement, et méchantes
gens le tuèrent a la parfln. u (Froissart.)
La mort du grand brasseur, qu’Édouard
appelait son ''cher compère'', ne brisa pas complètement
l’alliance de la Flandre avec l’Angleterre ;
mais Édouard dut renoncer à l’acquisition
du comté pour son fils.
ARTEVELDE (Philippe Van), fils du précédent,
né à Gand vers 1340, vécut longtemps
dans la retraite, et fut choisi en 13S1 comme
capitaine par les Gantois, révoltés t*e nouveau
contre leur comte, Louis II. Cette charge lui
conférait une véritable dictature, qu’il exerça
d’ailleurs avec autant d’intelligence que de
vigueur. Gand était assiégé par les troupes
du comte, qui ravageaient le pays. Philippe
essaya d’obtenir une paix honorable et envoya
douze députés, qui furent soupçonnés de s’être
laissé corrompre, et qui signèrent.un traité
par lequel les meilleurs citoyens étaient sacrifiés
à la vengeance du comte. A leur retour,
ces députés furent pour la plupart décapités
comme traîtres. Plusieurs avaient été autrefois
complices du meurtre du grand Jacques
Artevelde. Philippe poussa dès lors vigoureusement
la guerre contre le comte, et promulgua
des lois d’organisation intérieure, parmi lesquelles
il en est de remarquables, comme celle
qui prescrivait que les pauvres auraient, aussi
bien que les riches, accès et voix délibérative
dans rassemblée du peuple. Cependant la ville
était étroitement bloquée dans un rayon de
ART
quelques lieues par les garnisons féodales.
Philippe essaya encore de traiter ; mais les
conditions furent telles, que ceux de Gand,
malgré le triste état où ils étaient réduits,
n’en voulurent pas accepter la honte. On
choisit dans la ville cinq mille hommes d’élite,
qui partirent sous le commandement d’Artevelde
et vinrent camper près de Bruges, à
la lisière du bois de Beverhout, en face de
l’armée du comte. Malgré l’énorme infériorité
de ses forces, Philippe écrasa la gendarmerie
féodale et ses auxiliaires les Brugeois, s’empara
de Bruges, où il rétablit le parti popufaire,
et entraîna dans le parti de Gand ou
soumit par la force Ypres, Cassel, Bergues",
Furnes, Courtrai et la plupart des communes
de la Flandre. Son autorité de ''rewaert'' ou
régent était partout reconnue, et les bourgeois
des bonnes villes étaient fiers de voir leur
chef tenir ''estât de prince'' et rivaliser de magnificence
avec les seigneurs féodaux. Cependant
le comte Louis implora le secours du roi
de France. Toute la noblesse de ce pays s’ébranla
pour aller châtier cette ''ribaudaille.''
Oudenarde tenait encore pour le comte. Artevelde,
es] érant conjurer l’orage, se tourna
du côté de l’Angleterre, mais n’en put rien
obtenir. Enfin, en novembre 1385, une nomlaquelle
on voyait le jeune roi Charles VI,
pénétra en Flandre, emporta Comines, Menin
et plusieurs autres villes, reçut la soumission
d’Ypres, et, après avoir dévasté tout sur son
passage, rencontra la grande armée flamande
a Roosebeke. Artevelde et ses vaillants compagnons
ne purent tenir contre la formidable
armée féodale, que commandait le meilleur
capitaine qui restât à la France depuis la
mort de Duguesclin. Après une bataille sanglante,
les communes furent écrasées et laissèrent
vingt-cinq mille cadavres sur le terrain.
Les Flamands avaientd’ailleurs combattu avec
un courage héroïque. Les Gantois notamment
s’étaient tous fait tuer sur place ; on en retrouva
neuf mille gisants en un monceau,
parmi lesquels Artevelde, percé de coups de,
lance. Charles VI foula, dit-on, ce cadavre
aux pieds et le fit pendre à un arbre. Le comte
de Flandre recouvra une partie de ses villes,
mais Gand ne se soumit pas immédiatement
après ce grand désastre, et la saison ne permit
pas d’en entreprendre le siège. La grande
armée de Charles VI s’éloigna, après avoir
mis Courtrai à feu et à sang.
ARTHANITE et ARTHANITINE. V. ARTA{{semite}}
et ARTANITINK.
ARTHÉNÉis s. m. (ar-té-né-iss). Entom.
Genre d’insectes hémiptères, famille des
zygéens, comprenant deux petites espèces
qui vivent en Italie.
ARTIIEZ, cK.-lieu de-cant. (Basses-Pyrên.),
arrond. d’Orthez ; pop. aggl. 529 hab. — pop.
tôt. 1,536 hab.
AHTIION, commune du dép. de la Loire-Inférieure,
arrond. de Paimbœuf ; pop. aggl.
488 hab. — pop. tôt. 2,242 hab. On y remarque
la maison dite de la ''Sicaudaix'', une des plus
anciennes et des plus curieuses de la Bretagne.
{{sc|arthonie}} s. f. (ar-to-nî). Bot. Genre de
lichens qui n’a pas été adopté.
« ARTHRALGIE s. f. (ar-tral-ji — du gr.
''arthron'', articulation ; ''alyos'', douleur). Patliol.
Douleur- des articulations, il On dit aussi
ARTHRONALGIG.
ARTHRALGIQDE adj. (ar-tral-ji-ke — rad.
''arthratgie).'' Pathol. Qui appartient à l’arthralgie.
ARTHRATHÈRE s. m. (ar-tra-tè-re — dugr.
''arthron'', articulation ; ''athér'', pointe). Bot.
Genre de plantes de la famille des graminées,
plus connu sous le nom ''A’aristide.''
ARTHRAXON s. m. (ar-tra-kson — du gr.
''arthron'', articulation ; ''axdu'', axe). Bot. Genre
de plantes de la famille des graminées, syn.
de ''isckème.''
ARTHREMBOLLE s. m. (ar-tran-bo-le-du
gr. ''arthron'', articulation ; ''emballa'', je repousse).
Ane, chir. Instrument qu’on employait
pour réduire les luxations.
ARTHRÉMIE s. ''t.'' (ar-tré-mî — du ''%r. orthon'', articulation ; ''aima'', sang). Pathol. Congestion
sanguine dans une articulation.
ARTHRIE s. m. (ar-tri — du gr. ''arthron'',
articulation). Entora. Genre d’insectes diptères
némocères, voisin des tipules, renfermant
une seule espèce.
— s. f. Méd. Maladie des articulations. Syn,
de ''arthropalhie.''
ARTBR1FUGE adj. et s. m. (ar-tri-fu-jedu
gr. ''arthron'', articulation, et du lat. ''fugare'',
mettre en fuite)-. Therap. Se dit des médicaments
employés contre la goutte.
ARTHRINE s. ''t.'' (ar-tri-ne — du gr. ''arthron'', articulation). Bot. Genre de champignons,
comprenant de très-petites espèces
noires, qui vivent sur les feuilles mortes des
carex.
ARTHRION s. m. (ar-tri-on — du gr. ''arthron'', article). Entom. Se dit d’un petit
article situé à la base de la dernière articulation
des pattes de beaucoup d’insectes
coléoptères.<section end="ARTEVELDE (Jack ou Jacob, ou Jacques Van)"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/11
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<noinclude><pagequality level="3" user="Yvankusevic" /></noinclude><poem>
Plus de mauvais ménage :
{{Em|1}}Un seul coup de vin ;
Du Rhône ou du Rhin,
Rend l’homme plus traitable.
{{Em|1}}Nargue des soucis !
{{Em|1}}Convenons amis,
Qu’on est heureux qu’à table.
{{-|19em}}
{{t3|LE DEJEUNER DE GARÇON}}
{{t4|RONDE}}
<center>Air : C’est la petite Thérèse.</center>
C’est pour chanter, c’est pour rire,
C’est pour sabler le vin vieux,
C’est même un peu pour médire
Que nous sommes dans ces lieux.
Depuis que le monde est monde
Gais propos, vin et chanson,
Doivent charmer à la ronde
Un déjeuner de garçon.
{{Interligne|1em}}
Dans mon réduit solitaire
J'ai toujours à désirer ;
Mais un nouveau jour l'éclaire,
</poem><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Vaulabelle - Histoire des deux restaurations jusqu’à l’avènement de Louis-Philippe, tome 4.djvu/217
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{{T2|CHAPITRE V}}
{{brn}}
{{a|{{T|''Événements de Grenoble''. Paul Didier ; ses antécédents politiques ; ses rapports avec le duc d’Orléans après les Cent-Jonrs. Exil de ce prince. — Association de l’''indépendance nationale''. Didier part pour Lyon ; son séjour dans cette ville ; arrestations ; Didier se rend dans le Dauphiné. — ''Tableau moral de la France dans les premiers mois de 1816''. Circulaire de M. Decazes ; arrestations ; exils ; adresses et amendes honorables à l’occasion de la mort de Louis XVI ; destruction des insignes du régime impérial, feu de joie, danses et chants à Orléans ; visites domiciliaires ; destitutions. — ''Suite des événements de Grenoble''. Efforts de Didier pour organiser un soulèvement en faveur du duc d’Orléans ; il est obligé d’invoquer le nom de Napoléon II ; sa proclamation ; organisation définitive du mouvement ; plan d’attaque contre Grenoble. Le général Donnadieu, le comte de Montlivault et M. Armand de Bastard ; avis qui leur sont transmis ; arrestation d’un lieutenant en demi-solde. Marche et approche des insurgés. Dispositions prises par le général Donnadieu. Les insurgés arrivent devant la porte de Bonne ; ils sont repoussés et poursuivis par le colonel Vautré. Premières dépêches du général Donnadieu ; lettre du colonel Vautré. Réunion de la cour prévôtale ; elle prononce trois sentences de mort ; exécution de deux des condamnés. Première dépêche télégraphique adressée de Paris aux autorités de Grenoble ; circulaire de M. Decazes à quinze préfets. Mise en état de siége du département de l’Isère ; arrêtés publiés par le général et par le préfet. Formation d’une commission militaire et d’un conseil de guerre ; réunion de ce conseil ; il prononce vingt et une condamnations à mort. Recours en grâce en faveur de huit condamnés ; quatorze sont passés par les armes. Délibération du conseil des ministres sur les demandes en grâce ; elles sont rejetées ; nouvelle dépêche télégraphique ; nouvelle exécution de huit condamnés. — Recherches à Paris à l’occasion de ces événements ; destitution du colonel Clouet, du préfet Séguier et du procureur général Morgan de Belloi ; arrestation du général Thiard. — Fuite de Didier en Savoie avec trois autres insurgés ; il est livré. Sa comparution devant la cour prévôtale et sa condamnation ; ses dernières paroles ; son exécution. — Le duc d’Orléans, les généraux Donnadieu et de Vautré ; M. Decazes. — Annonce de la découverte d’une nouvelle conspiration.|90}}|1|-1}}
{{brn}}
Le 22 juin 1815 — quatre jours après Waterloo et dix mois avant les événements dont nous avons à parler, — au moment où la Chambre des représentants donnait à Napoléon un délai d’une heure pour abdiquer sa couronne<ref>Voyez tome III, p. 75.</ref>, une dame de Gre-<noinclude>
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Correspondance de H. de Balzac, 1/1834/CXXVI
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J’y vois de quoi satisfaire, <br>
Et le cœur et la raison ; <br>
C’est plus que le nécessaire, <br>
D’un ménage de garçon.}}
{{SansAlinéa|Si mes gens perdent la tête, <br>
Ils méritent leur pardon ; <br>
Ce jour est un jour de fête<br>
Qui doit troubler la maison.<br>
Mais, commandez à votre aise, <br>
Moi, je trouverai tout bon ; <br>
Rien de vous qui me déplaise, <br>
Car je suis un bon garçon.}}
{{SansAlinéa|Aimable coquetterie<br>
Et gracieux abandon, <br>
Sans gêne, sans pruderie, <br>
Ne sont pas de mauvais ton.<br>
Mesdames, un air sévère, <br>
Ici n’est p’us [sic] de saison ; <br>
Et chez un célibataire<br>
On se fait un peu garçon.}}
{{SansAlinéa|Vous jouez la comédie<br>
Avec des succès flatteurs ; <br>
C’est parodier la vie : <br>
Soyez ici vrais acteurs.}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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J’y vois de quoi satisfaire,
Et le cœur et la raison ;
C’est plus que le nécessaire,
D’un ménage de garçon.
{{Interligne|1em}}
Si mes gens perdent la tête,
Ils méritent leur pardon ;
Ce jour est un jour de fête
Qui doit troubler la maison.
Mais, commandez à votre aise,
Moi, je trouverai tout bon ;
Rien de vous qui me déplaise,
Car je suis un bon garçon.
{{Interligne|1em}}
Aimable coquetterie
Et gracieux abandon,
Sans gêne, sans pruderie,
Ne sont pas de mauvais ton.
Mesdames, un air sévère,
Ici n’est p’us [sic] de saison ;
Et chez un célibataire
On se fait un peu garçon.
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Vous jouez la comédie
Avec des succès flatteurs ;
C’est parodier la vie :
Soyez ici vrais acteurs.
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Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/146
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Page:Vaulabelle - Histoire des deux restaurations jusqu’à l’avènement de Louis-Philippe, tome 4.djvu/218
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="CCH" />{{nr|214|— 1816 —|}}</noinclude>noble, femme d’un des membres de cette Chambre, remontait avec sa nièce une des contre-allées du boulevard Poissonnière. Arrivées à la hauteur de la rue du Sentier, elles aperçurent un individu de haute taille, blanchi par l’âge, mais encore vigoureux, qui affichait sur les murs des placards contenant quelques lignes tracées à la main. Le signataire de cet écrit, qui n’était autre que le vieillard lui-même, y provoquait hautement les Parisiens au renversement de Napoléon et leur annonçait l’avénement prochain d’un gouvernement ami de la liberté et de la paix. Les deux dames s’approchèrent ; la plus âgée reconnut dans l’auteur des placards un compatriote, son ami d’enfance : « Eh quoi ! lui dit-elle, c’est vous, Paul ? Vous demandez le renversement de l’Empereur ! Vous semblez bien joyeux : vos Bourbons vont donc revenir ? — Votre Bonaparte, du moins, va tomber, » lui répondit l’homme auquel elle s’adressait. Cet homme était ''Paul Didier''.
Né en 1758, à Upie, petite ville du département de la Drôme, et avocat au parlement de Grenoble lors de la Révolution, dont il adopta d’abord les principes avec enthousiasme, Paul Didier, après la journée du 10 août, se jeta dans les rangs des royalistes, sollicita la périlleuse mission de défendre Louis XVI, et, lors du soulèvement de Lyon contre la Convention nationale, alla se joindre aux insurgés. Les Lyonnais furent vaincus et la tête de Didier mise à prix ; il put fuir, se réfugia d’abord à Bordeaux, ensuite à Marseille, et prit bientôt une part active aux complots et aux luttes qui signalèrent, dans le Midi, la réaction thermidorienne. Forcé de se dérober une seconde fois à la poursuite des autorités républicaines, il émigra en Suisse, puis en Allemagne, où il rejoignit la petite cour errante de Louis XVIII. Son séjour auprès du frère de Louis XVI fut de courte durée. Didier rentra en France et vint à Paris, où il ouvrit un cabinet d’affaires pour la restitution des biens révolutionnairement séquestrés ou vendus, et pour la radiation des émigrés. Malgré cette industrie, que son activité et ses liaisons avec plusieurs députés influents rendaient fort<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/145
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2026-05-08T12:03:12Z
Yvankusevic
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/* Sans texte */
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Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/127
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2026-05-08T12:31:57Z
Yvankusevic
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<noinclude><pagequality level="3" user="Yvankusevic" /></noinclude><center>'''N.'''</center>
{{table
|titre=Nos bons ayeux aimaient à boire.
|page=83
}}
{{table
|titre=Nous n'avons qu'un temps à vivre.
|page=105
}}<br>
<center>'''O.'''</center>
{{table
|titre=On a chanté le vin, les belles.
|page=122
}}
{{table
|titre=On voit partout, rien n'est moins rare.
|page=23
}}
{{table
|titre=Oui, le vin de Bourgogne.
|page=25
}}<br>
<center>'''P.'''</center>
{{table
|titre=Par le désir de la gloire.
|page=73
}}
{{table
|titre=Par moi, je le sens d'avance.
|page=113
}}
{{table
|titre=Plein d'amour, de santé
|page=69
}}
{{table
|titre=Pour fêter les rois, on mange.
|page=117
}}
{{table
|titre=Pour goûter du vin d'un bon clos.
|page=64
}}
{{table
|titre=Pour le vulgaire ignorant.
|page=49
}}
{{table
|titre=Pour les affaires, c'est à table.
|page=100
}}
{{table
|titre=Pour Semêle ou Jupiter.
|page=60
}}
{{table
|titre=Puisque mon destin est le vôtre.
|page=118
}}
{{table
|titre=Puisque nous sommes réunis.
|page=9
}}
{{table
|titre=Puisqu'il faut chanter sa chanson.
|page=5
}}<br>
<center>'''Q.'''</center>
{{table
|titre=Quand Dieu mit l'homme sur terre.
|page=15
}}
{{table
|titre=Quand j'entends nos savans en us.
|page=81
}}
{{table
|titre=Que j'admire l'invention.
|page=33
}}
{{table
|titre=Que l'on goûte ici de plaisirs.
|page=101
}}
{{table
|titre=Quel bien pour notre république.
|page=37
}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/65
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2026-05-08T12:35:12Z
Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|56|PHAZA.|}}</noinclude><nowiki />
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Parce que je ſais des choſes que vous
ignorez.
{{personnage|AZOR.|c}}
Mais enfin ſur quoi jugez vous…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Sur un arrêt du deſtin. Vous ſavez s’ils
ſont irrévocables.
{{personnage|AZOR.|c}}
Sans doute, mais il y a toujours quelques circonſtances…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous en allez juger. Juſqu’ici j’ignorois le fort de Phaza. Cette nuit au milieu de mon ſommeil, je vois arriver Singuliere avec un air fort allarmé, elle
me prie inſtamment de venir aujourd’hui
tenir ſa place chez elle pendant une abſence indiſpenſable…
{{personnage|AZOR.|c}}
Quoi, Madame, vous commandez ici !
ah ! je cours…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Arrêtez. Encore un moment d’attention. Singuliere pour m’intéreſſer à ſon
inquiétude, ne met point de bornes à ſa<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/7
104
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2026-05-08T12:41:12Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>{{TCP|'''MAURICE ROBERT.'''|200}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/8
104
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2026-05-08T12:41:36Z
Jim Bey
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/* Sans texte */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="0" user="Jim Bey" /></noinclude><noinclude>
IMP. DR IIAUMAK ET
Ce.— DKLTOMBE
Rue du Nord,
8.
,
GERANT.
</noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
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15778887
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2026-05-08T12:43:08Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="0" user="Jim Bey" /></noinclude><noinclude>
{{c|IMP. DE HAUMAN ET {{Cie}}. — DELTOMBE, GÉRANT.}}
{{c|Rue du Nord, 8.}}
</noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/66
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2026-05-08T12:46:17Z
Clhu
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|57}}</noinclude>confiance, elle m’apprend ſon ridicule
projet, & m’avoue que Phaza eſt la plus
chérie de ſes éleves & la ſeule qui lui reſte ; que déſeſperée de l’abandonner pour
un jour ſeulement, elle a conſulté le deſtin dont la réponſe la met au désespoir
en lui apprenant que l’amour peut lui ravir l’objet de ſes ſoins.
{{personnage|AZOR.|c}}
Eh bien, Madame ! puiſque l’amour
peut arracher Phaza des mains de cette
inſenſée, c’eſt au mien qu’il eſt réſervé…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Écoutez à quelle condition ; voici les
propres termes du deſtin, ils font adreſſés à Singuliere.
{{citation bloc|Avant quinze ans accomplis la mort de Phaza peut ſuivre de près la connoiſſance de ſon fort, à moins que ſans connoître l’amour elle ne tombe aux pieds de ſon vainqueur. À l’inſtant tu perds ſur elle ton pouvoir tyranique, elle recouvre ſon Royaume & ſa liberté.}}
Penſez-vous à préſent…
{{personnage|AZOR.|c}}
Oui, Madame, s’il ne faut qu’un amour<noinclude>
<references/></noinclude>
11o5fw245frluudtwdq1engss2kpzv9
Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/710
104
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Fortelle65
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="FÉE"/>''Elle travaille comme une'' '''fée ;''' et de
certains ouvrages délicats, faits avec
beaucoup de perfection, une tapisserie,
par exemple : ''C’est sorti de la main
d’une fée''.
<section end="FÉE"/>
<section begin="FÉODALITÉ"/>FÉODALITÉ. Sous les rois de la
2{{e}} race, la France était partagée en
grandes propriétés territoriales, appartenant
à un petit nombre de familles
privilégiés, qui avaient seules
une importance politique. La royauté
était le centre autour duquel ces Etats
féodaux se groupaient ; chaque seigneur
jouissait d’un pouvoir à peu
près souverain dans ses propres domaines,
mais la puissance de ces seigneurs
était inégale, et ils relevaient
les uns des autres. Ainsi tel seigneur,
qui était suzerain de plusieurs fiefs,
était lui-même vassal et relevait d’un
autre seigneur plus puissant que lui.
Le roi lui-même n’était que le suzerain
principal, et sa souveraineté fut
souvent contestée. Tel était la constitution
du régime féodal en France.
Dès le XII{{e}} siècle commença la lutte
entre le pouvoir royal et la féodalité.
L’établissement des communes, en rapprochant
le peule de la couronne ;
les croisades, en forçant les
seigneurs à engager leurs domaines, firent les
premières brèches à la féodalité. Elle
expira sous les coups que lui portèrent
Louis XI et Richelieu, et la révolution
de 89 en fit disparaître les
dernières traces.
<section end="FÉODALITÉ"/>
<section begin="FEU"/>'''FEU.''' Prométhée, en apprenant aux
hommes à tirer le feu du caillou, ce
qui a fait dire qu’il avait dérobé le feu
du ciel, leur rendit un immense
service, dont ils se montrèrent reconnaissants ; ils le révéraient comme l’inventeur
de tous les arts. Le feu, par sa
pureté et son activité, était regardé
par les anciens comme le plus noble
des éléments, celui qui se rapprochait
le plus de la Divinité, et comme une
rive image de l’astre du jour. Aussi
son culte suivit de près celui du soleil.
Les Romains, à l’imitation des
Grecs, adoptèrent ce culte, et Numa
fonda un collège de vestales, chargées
d’entretenir le feu sacré. Cette religion
subsiste encore chez plusieurs peuples
de l’Amérique. Ils ne oomrneficent jamais
leurs repas qu’ils n’aient jeté
dans le feu, par forme d’offrande, le
premier morceau. Tous les soirs, ils
allument des feux et forment à l’entour
des danses accompagnées de chants.
Le feu sacré de Vesta (déesse qui
n’était autre que le feu même) se conservait
non-seulement dans les temples, mais encore à la porte de chaque
maison particulière, d’où vient le nom
de ''vestibule'' (''stabulum Vestæ'', demeure de Vesta).
Le feu a eu des autels, des prêtres,
des sacrifices chez presque tous les
peuples de la terre ; il est encore une
des principales divinités des Tartares,
qui ne manquent pas, avant de boire,
de se tourner du côté du midi, vers
lequel s’ouvre toujours la porte de
leurs cabanes.
<section end="FEU"/>
<section begin="FIEF"/>'''FIEF.''' Sous la féodalité, on désignait,
par ce mot, la terre donnée à
titre de récompense, lors de l’envahissement
des Gaules par les chefs francs,
aux guerriers qui les avaient suivis
dans les combats. Amovibles dans le
principe, les fiefs devinrent viagers et
enfin héréditaires.
<section end="FIEF"/>
<section begin="FLORAUX (jeux)"/>'''FLORAUX''' (''jeux''). Institut littéraire
établi à Toulouse en 1322, dans
le but d’encourager la poésie. On donnait
alors à cette assemblée le nom de
Collège de la gaie science. On y distribuait
aux meilleures pièces de vers
des prix consistant en différentes
fleurs d’or ou d’argent, telles que la
violette, l’églantine. l’amarante ; d’où
le nom de jeux floraux. Vers 1500, une
dame de Toulouse, Clémence Isaure,
célèbre par sa beauté et son esprit,
donna un nouvel éclat à cette académie,
à l’avenir de laquelle elle consacra
une partie de sa fortune. L’Académie
des jeux floraux subsiste encore
aujourd’hui.
<section end="FLORAUX (jeux)"/>
<section begin="FOLLET (feu)"/>'''FOLLET''' (''feu''). Les ''feux follets''
sont des flammes légères et fugitives,
produites par les émanations du gaz
hydrogène phosphoré, qui s’élèvent
des endroits marécageux et des, lieux,
tels que les cimetières, où des matières
animales se décomposent et s’enflamment
à une petite distance du
point où elles se dégagent. L’ignorance
des véritables causes qui produisent
ces flammes légères a donné lieu à
toutes sortes de frayeurs superstitieuses.
On croyait. dans les campagnes,
que les feux follets des cimetières
étaient des âmes de trépassés momentanément
sortis de leurs tombes. Maintenant
que la théorie des gaz est parfaitement
expliquée, que l’on connaît
les causes de leur formation et de leur
incandescence, l’erreur n’est plus permise,
et le préjugé doit s’évanouir
comme s’évaporent les feux follets eux-mêmes.<section end="FOLLET (feu)"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Fortelle65
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beaucoup de perfection, une tapisserie,
par exemple : ''C’est sorti de la main
d’une fée''.
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<section begin="FÉODALITÉ"/>'''FÉODALITÉ.''' Sous les rois de la
2{{e}} race, la France était partagée en
grandes propriétés territoriales, appartenant
à un petit nombre de familles
privilégiés, qui avaient seules
une importance politique. La royauté
était le centre autour duquel ces Etats
féodaux se groupaient ; chaque seigneur
jouissait d’un pouvoir à peu
près souverain dans ses propres domaines,
mais la puissance de ces seigneurs
était inégale, et ils relevaient
les uns des autres. Ainsi tel seigneur,
qui était suzerain de plusieurs fiefs,
était lui-même vassal et relevait d’un
autre seigneur plus puissant que lui.
Le roi lui-même n’était que le suzerain
principal, et sa souveraineté fut
souvent contestée. Tel était la constitution
du régime féodal en France.
Dès le XII{{e}} siècle commença la lutte
entre le pouvoir royal et la féodalité.
L’établissement des communes, en rapprochant
le peule de la couronne ;
les croisades, en forçant les
seigneurs à engager leurs domaines, firent les
premières brèches à la féodalité. Elle
expira sous les coups que lui portèrent
Louis XI et Richelieu, et la révolution
de 89 en fit disparaître les
dernières traces.
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<section begin="FEU"/>'''FEU.''' Prométhée, en apprenant aux
hommes à tirer le feu du caillou, ce
qui a fait dire qu’il avait dérobé le feu
du ciel, leur rendit un immense
service, dont ils se montrèrent reconnaissants ; ils le révéraient comme l’inventeur
de tous les arts. Le feu, par sa
pureté et son activité, était regardé
par les anciens comme le plus noble
des éléments, celui qui se rapprochait
le plus de la Divinité, et comme une
rive image de l’astre du jour. Aussi
son culte suivit de près celui du soleil.
Les Romains, à l’imitation des
Grecs, adoptèrent ce culte, et Numa
fonda un collège de vestales, chargées
d’entretenir le feu sacré. Cette religion
subsiste encore chez plusieurs peuples
de l’Amérique. Ils ne oomrneficent jamais
leurs repas qu’ils n’aient jeté
dans le feu, par forme d’offrande, le
premier morceau. Tous les soirs, ils
allument des feux et forment à l’entour
des danses accompagnées de chants.
Le feu sacré de Vesta (déesse qui
n’était autre que le feu même) se conservait
non-seulement dans les temples, mais encore à la porte de chaque
maison particulière, d’où vient le nom
de ''vestibule'' (''stabulum Vestæ'', demeure de Vesta).
Le feu a eu des autels, des prêtres,
des sacrifices chez presque tous les
peuples de la terre ; il est encore une
des principales divinités des Tartares,
qui ne manquent pas, avant de boire,
de se tourner du côté du midi, vers
lequel s’ouvre toujours la porte de
leurs cabanes.
<section end="FEU"/>
<section begin="FIEF"/>'''FIEF.''' Sous la féodalité, on désignait,
par ce mot, la terre donnée à
titre de récompense, lors de l’envahissement
des Gaules par les chefs francs,
aux guerriers qui les avaient suivis
dans les combats. Amovibles dans le
principe, les fiefs devinrent viagers et
enfin héréditaires.
<section end="FIEF"/>
<section begin="FLORAUX (jeux)"/>'''FLORAUX''' (''jeux''). Institut littéraire
établi à Toulouse en 1322, dans
le but d’encourager la poésie. On donnait
alors à cette assemblée le nom de
Collège de la gaie science. On y distribuait
aux meilleures pièces de vers
des prix consistant en différentes
fleurs d’or ou d’argent, telles que la
violette, l’églantine. l’amarante ; d’où
le nom de jeux floraux. Vers 1500, une
dame de Toulouse, Clémence Isaure,
célèbre par sa beauté et son esprit,
donna un nouvel éclat à cette académie,
à l’avenir de laquelle elle consacra
une partie de sa fortune. L’Académie
des jeux floraux subsiste encore
aujourd’hui.
<section end="FLORAUX (jeux)"/>
<section begin="FOLLET (feu)"/>'''FOLLET''' (''feu''). Les ''feux follets''
sont des flammes légères et fugitives,
produites par les émanations du gaz
hydrogène phosphoré, qui s’élèvent
des endroits marécageux et des lieux,
tels que les cimetières, où des matières
animales se décomposent et s’enflamment
à une petite distance du
point où elles se dégagent. L’ignorance
des véritables causes qui produisent
ces flammes légères a donné lieu à
toutes sortes de frayeurs superstitieuses.
On croyait. dans les campagnes,
que les feux follets des cimetières
étaient des âmes de trépassés momentanément
sortis de leurs tombes. Maintenant
que la théorie des gaz est parfaitement
expliquée, que l’on connaît
les causes de leur formation et de leur
incandescence, l’erreur n’est plus permise,
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comme s’évaporent les feux follets eux-mêmes.<section end="FOLLET (feu)"/><noinclude>
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certains ouvrages délicats, faits avec
beaucoup de perfection, une tapisserie,
par exemple : ''C’est sorti de la main
d’une fée''.
<section end="FÉE"/>
<section begin="FÉODALITÉ"/>'''FÉODALITÉ.''' Sous les rois de la
2{{e}} race, la France était partagée en
grandes propriétés territoriales, appartenant
à un petit nombre de familles
privilégiés, qui avaient seules
une importance politique. La royauté
était le centre autour duquel ces Etats
féodaux se groupaient ; chaque seigneur
jouissait d’un pouvoir à peu
près souverain dans ses propres domaines,
mais la puissance de ces seigneurs
était inégale, et ils relevaient
les uns des autres. Ainsi tel seigneur,
qui était suzerain de plusieurs fiefs,
était lui-même vassal et relevait d’un
autre seigneur plus puissant que lui.
Le roi lui-même n’était que le suzerain
principal, et sa souveraineté fut
souvent contestée. Tel était la constitution
du régime féodal en France.
Dès le XII{{e}} siècle commença la lutte
entre le pouvoir royal et la féodalité.
L’établissement des communes, en rapprochant
le peule de la couronne ;
les croisades, en forçant les
seigneurs à engager leurs domaines, firent les
premières brèches à la féodalité. Elle
expira sous les coups que lui portèrent
Louis XI et Richelieu, et la révolution
de 89 en fit disparaître les
dernières traces.
<section end="FÉODALITÉ"/>
<section begin="FEU"/>'''FEU.''' Prométhée, en apprenant aux
hommes à tirer le feu du caillou, ce
qui a fait dire qu’il avait dérobé le feu
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pureté et son activité, était regardé
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rive image de l’astre du jour. Aussi
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Les Romains, à l’imitation des
Grecs, adoptèrent ce culte, et Numa
fonda un collège de vestales, chargées
d’entretenir le feu sacré. Cette religion
subsiste encore chez plusieurs peuples
de l’Amérique. Ils ne oomrneficent jamais
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dans le feu, par forme d’offrande, le
premier morceau. Tous les soirs, ils
allument des feux et forment à l’entour
des danses accompagnées de chants.
Le feu sacré de Vesta (déesse qui
n’était autre que le feu même) se conservait
non-seulement dans les temples, mais encore à la porte de chaque
maison particulière, d’où vient le nom
de ''vestibule'' (''stabulum Vestæ'', demeure de Vesta).
Le feu a eu des autels, des prêtres,
des sacrifices chez presque tous les
peuples de la terre ; il est encore une
des principales divinités des Tartares,
qui ne manquent pas, avant de boire,
de se tourner du côté du midi, vers
lequel s’ouvre toujours la porte de
leurs cabanes.
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<section begin="FIEF"/>'''FIEF.''' Sous la féodalité, on désignait,
par ce mot, la terre donnée à
titre de récompense, lors de l’envahissement
des Gaules par les chefs francs,
aux guerriers qui les avaient suivis
dans les combats. Amovibles dans le
principe, les fiefs devinrent viagers et
enfin héréditaires.
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<section begin="FLORAUX (jeux)"/>'''FLORAUX''' (''jeux''). Institut littéraire
établi à Toulouse en 1322, dans
le but d’encourager la poésie. On donnait
alors à cette assemblée le nom de
Collège de la gaie science. On y distribuait
aux meilleures pièces de vers
des prix consistant en différentes
fleurs d’or ou d’argent, telles que la
violette, l’églantine. l’amarante ; d’où
le nom de jeux floraux. Vers 1500, une
dame de Toulouse, Clémence Isaure,
célèbre par sa beauté et son esprit,
donna un nouvel éclat à cette académie,
à l’avenir de laquelle elle consacra
une partie de sa fortune. L’Académie
des jeux floraux subsiste encore
aujourd’hui.
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<section begin="FOLLET (feu)"/>'''FOLLET''' (''feu''). Les ''feux follets''
sont des flammes légères et fugitives,
produites par les émanations du gaz
hydrogène phosphoré, qui s’élèvent
des endroits marécageux et des lieux,
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animales se décomposent et s’enflamment
à une petite distance du
point où elles se dégagent. L’ignorance
des véritables causes qui produisent
ces flammes légères a donné lieu à
toutes sortes de frayeurs superstitieuses.
On croyait, dans les campagnes,
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sortis de leurs tombes. Maintenant
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/160
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
C’est le nom de Don Camille tout à coup qui m’a
traversé comme une pointe. (''Déclamant.'') « Et m’a
rendu d’un coup la souffrance et la vie ».
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}, ''frappant dans ses mains.'' — Je
vous comprends ! Le nom de son rival, cela vaut
mieux qu’un moxa sur la plante des pieds.
La même chose quasi m’est arrivée il y a dix
ans à Valence avec une certaine Dolorès que me
disputait un marchand de viande salée.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’est cela, camarade, tu
m’as compris parfaitement ; raconte-moi encore ton
histoire avec le marchand de porc salé. Cela me
fait du bien de causer et de m’avilir avec toi.
Monsieur Camille pour ''rival'', comme tu dis, et
pour rival heureux, selon apparence.
Et pour confrères toutes les victimes mal salées
qu’a pu faire la scélératesse d’une tripière, me voilà
tout frétillant dans la saumure générale !
Comme ce qui m’arrive est simple ! tu me vois
rafraîchi, allégé et raisonnable.
Vraiment tu n’aurais pas agi autrement et je suis
sûr que tu me donnes raison. L’important est qu’ils
ne soient pas ensemble. Quand on n’a pas su se
faire aimer par ses propres qualités, il n’y a plus
qu’à appeler les gendarmes.
J’ai un ordre du Roi qui lui enjoint de revenir.
Oui, je la ramènerai avec moi sur ce bateau.
Et ensuite j’ai promis de partir pour toujours.
Mais je serai seul avec elle sur ce bateau.
Elle s’est donnée à ce Camille, pourquoi ne se
donnerait-elle pas à moi ?
Je me moque de son âme ! C’est son corps qu’il<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/9
104
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2026-05-08T12:51:00Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
{{c|MAURICE|fs=150%|m=2em}}
{{c|'''{{Espacé|.3em|ROBERT}}'''|fs=300%}}
{{c|PAR|fs=75%|m=2em}}
{{c|'''{{Mme}} la Comtesse Dash.'''|fs=125%}}
{{il|4}}
{{sep4}}
{{il|4}}
{{c|'''BRUXELLES.'''|fs=125%}}
{{c|SOCIÉTÉ {{corr|DELGE|BELGE}} DE LIBRAIRIE}}
{{c|Hauman et {{Cie}}|fs=90%}}
{{sep|l=1}}
{{c|1843}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/67
104
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|58|PHAZA.|}}</noinclude>exceſſif pour rompre ſes chaînes, je cours
lui déclarer…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous me faites frémir : Peſez donc ces
paroles.
{{citation bloc| Avant quinze ans accomplis la mort de Phaza peut ſuivre de près la connoiſſance de ſon fort.}} Elle touche au terme fatal, mais il n’eſt pas accompli ; pouvez-vous lui déclarer votre amour ſans l’éclairer ſur ſon ſort ?
{{personnage|AZOR.|c}}
Ah, Madame ! vous me déſeſperez.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
D’ailleurs, c’eſt en tombant aux pieds
d’un vainqueur qu’elle peut recouvrer ſa
liberté. A quel titre voulez-vous qu’elle
faſſe une action ſi peu en uſage ? ſavez-
vous ſeulement ſi elle a de l’amour pour
vous ? Le ſaurez-vous jamais puiſque
vous ne pouvez faire aucune démarche
pour vous en inſtruire ſans expoſer ſa vie.
{{personnage|AZOR.|c}}
Eh Madame ! N’exagerez pas mon malheur. Votre fils eſt mortel, vous le perdrez s’il doit renoncer à ſon amour.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/161
104
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2026-05-08T12:52:47Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>me faut, pas autre chose que son corps, la scélérate
complicité de son corps !
En jouir et m’en débarrasser ! Je n’en serai pas
débarrassé autrement.
Ensuite la rejeter. Elle se traînera à mes pieds et
moi je la foulerai sous mes bottes.
Que dis-tu de l’infâme mari qui l’a livrée ainsi
à ce Camille ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― On pense qu’il n’a pas
trouvé d’autre personne mieux qu’elle qui le gardât
contre ce demi-Maure.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Ah ! c’est un grand politique !
Sa femme l’assure contre Don Camille et
Don Camille l’assure contre moi. Lui-même est
parti pour les Présides.
J’ai déjoué ses calculs.
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Laissez donc là tout ce vieux
monde qui ne veut pas de vous, l’Europe, l’Afrique,
alors qu’un autre vous appelle.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Non, non, je ne la laisserai
point ainsi, tout s’expliquera. Il suffira que je la
voie une minute, je ne puis croire qu’elle aime ce
fils de chien ! Ah ! je sais que c’est moi qu’elle
aime et qu’elle fuit ! Que je puisse lui parler et je
sais que tout sera expliqué en une seconde et il
n’y aura pas besoin d’explication !
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Pourtant, si elle avait voulu,
il ne tenait qu’à elle l’autre jour de se laisser capturer.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. — Dis-tu que tu lui as vu lever
le bras ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Vous l’avez vue comme moi,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/162
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>nos bateaux gagnant contre le vent sur des courses
opposées n’étaient pas à plus d’une encablure.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’était elle ! Oui, je lui ai
vu lever le bras. Je la regardais et elle me regardait.
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Aussitôt une flamme rouge,
pan ! et ce boulet qui nous fauche notre grand mât.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Feu ! Feu ! Tirez ! tirez !
tirez ! Pourquoi ne m’avez-vous pas obéi ?
Il fallait l’envoyer par le fond ! Il fallait lui
lâcher toute votre bordée comme je vous le commandais.
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― J’avais assez à faire
d’empêcher notre propre bateau de couler. Ce n’est pas
une plaisanterie que de recevoir son grand mât par
le travers.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Et pendant que vous vous
dépêtriez, elle nous échappait. Le lendemain le vent
avait changé.
Et depuis trois jours nous nous promenons ainsi
sous le balcon de Don Camille. Tous deux sont là
qui nous regardent en riant !
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Bah ! les courants ont repris
et demain même peut-être avec un peu de chance
nous mouillerons sous Mogador.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Vous dites que les courants
ont repris ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Oui, et vous pouvez voir dans
le ciel que les étoiles ne clignent plus de la même
façon. N’avez-vous point remarqué au coucher du
soleil ces longs filaments pareils à une poignée de
verges ?<noinclude>
<references/></noinclude>
flcuwh2riwq87sxe7wz8nxw228ibnpl
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/68
104
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2026-05-08T12:55:33Z
Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|59}}</noinclude>
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Je fuis ſenſible à votre peine. Vous
êtes bien amoureux, j’ai paſſablement
d’ambition ; Phaza eſt héritiere d’un
grand Royaume, voyons, examinons
comment on pourroit faire…
{{personnage|AZOR.|c}}
N’avez-vous pas dans votre art des reſſources aſſurées ?
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Mon art ne peut rien ſur les cœurs, il
faut tâcher par adreſſe… Mais tomber
aux pieds d’un vainqueur ! Cela eſt déſeſperant. Si elle vous aimoit, une paſſion
bien contrariée produit des effets extraordinaires… Il me vient une idée…
Sait-elle qui vous êtes ?
{{personnage|AZOR.|c}}
Elle ſait ſeulement mon nom. Elle ne
m’en a pas demandé davantage, & je n’ai
pas même penſé à lui dire qui je ſuis. Nos
entretiens étoient ſi courts !
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Son ignorance peut nous ſervir. Je me<noinclude>
<references/></noinclude>
ddrg1wviydd2wsonebnk5fdv1a1wdal
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/163
104
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2026-05-08T12:57:22Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
C’est le vent du Sud peu à peu qui vient à bout
de l’exhalaison de l’Afrique.
Demain vous entendrez nos voiles tirer et travailler
parmi la grande émigration de la mer et la
volonté de Dieu soufflera sur nous.
De quoi sans doute est le signe avant-coureur
cette vieille épave que nous avons repêchée aujourd’hui
même.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Une épave ? où est-elle ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}, ''levant le falot.'' — Ici. C’est le
tableau d’arrière d’une barque qui a péri.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je ne puis pas lire.
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}, ''approchant et épelant.'' —
…{{lié}}T-I-A… Tiago.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Santiago ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Santiago. Vous paraissez étonné.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’est le nom d’un bateau qui
allait au Brésil et sur lequel mon frère, un père
jésuite, s’était embarqué. (''Il ôte son chapeau.'')
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-09T09:01:53Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
C’est le vent du Sud peu à peu qui vient à bout
de l’exhalaison de l’Afrique.
Demain vous entendrez nos voiles tirer et travailler
parmi la grande émigration de la mer et la
volonté de Dieu soufflera sur nous.
De quoi sans doute est le signe avant-coureur
cette vieille épave que nous avons repêchée aujourd’hui
même.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Une épave ? où est-elle ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}, ''levant le falot.'' — Ici. C’est le
tableau d’arrière d’une barque qui a péri.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je ne puis pas lire.
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}, ''approchant et épelant.'' —
…{{lié}}T-I-A… Tiago.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Santiago ?
{{Personnage|LE CAPITAINE|||uc|sm}}. ― Santiago. Vous paraissez étonné.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’est le nom d’un bateau qui
allait au Brésil et sur lequel mon frère, un père
jésuite, s’était embarqué. (''Il ôte son chapeau.'')
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/69
104
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|60|PHAZA.|}}</noinclude>ſais gré d’avoir amené Zamie… Je vais
par précaution faire avertir les ſujets de
Plaza de ſe préparer à la recevoir, &
ſi je vois que les choſes s’arrangent ſelon
mes deſirs, je tranſporterai ici les grands
de ſon Royaume, afin que ſi elle fait
l’action que le deſtin exige, nous la remettions tout de fuite entre leurs mains.
Laiſſez-moi rêver à tout cela. Allez, &
ſur-tout prenez garde qu’un mot imprudent… Rappellez-vous ſans ceſſe que la
vie de Phaza dépend de votre diſcrétion.
AZOR
Je m’abandonne à vos bontés, je
cours la chercher.
{{sep4}}
{{SCÈNE|III}}
CLÉMENTINE, ſeule.
{{initiale|O}}U{{sc|i}}, j’entrevois qu’il eſt poſſible….
Je leur cauſerai du chagrin, de l’humeur, mais ils m’en remercieront.<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T13:00:14Z
Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|60|PHAZA.|}}</noinclude>ſais gré d’avoir amené Zamie… Je vais
par précaution faire avertir les ſujets de
Plaza de ſe préparer à la recevoir, &
ſi je vois que les choſes s’arrangent ſelon
mes deſirs, je tranſporterai ici les grands
de ſon Royaume, afin que ſi elle fait
l’action que le deſtin exige, nous la remettions tout de fuite entre leurs mains.
Laiſſez-moi rêver à tout cela. Allez, &
ſur-tout prenez garde qu’un mot imprudent… Rappellez-vous ſans ceſſe que la
vie de Phaza dépend de votre diſcrétion.
{{personnage|AZOR|c}}
Je m’abandonne à vos bontés, je
cours la chercher.
{{sep4}}
{{SCÈNE|III}}
{{acteurs|CLÉMENTINE, ''ſeule''.}}
{{initiale|O}}U{{sc|i}}, j’entrevois qu’il eſt poſſible….
Je leur cauſerai du chagrin, de l’humeur, mais ils m’en remercieront.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/164
104
4870481
15778910
2026-05-08T13:00:26Z
Susuman77
51799
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15778910
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|DON CAMILLE, DONA PROUHÈZE|SCÈNE {{rom-maj|IX}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{d|''L’intérieur d’une batterie dans la forteresse de Mogador.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― J’ai achevé de vous montrer
ma petite installation. Ceci est une batterie que j’ai
construite et qui commande la barre. Armée de
quelques bons gros pères que je me suis permis
d’emprunter à un bâtiment de Monsieur le Roi,
Malheureusement perdu à la côte. Il s’était mépris
sur la signification de mes feux
Par un hasard funeste changés depuis deux jours
sans qu’il en fût averti.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je vous ai écouté avec intérêt.
J’aime mon nouveau ménage. Mais je dois
dire que j’ai déjà tout vu.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Et qui s’est permis de vous
montrer la maison avant moi ?<noinclude>
<references/></noinclude>
92r4lffl7ouw6okq0hd9o4hmuispqen
15778955
15778910
2026-05-08T13:25:42Z
Susuman77
51799
15778955
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
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{{d|''L’intérieur d’une batterie dans la forteresse de Mogador.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― J’ai achevé de vous montrer
ma petite installation. Ceci est une batterie que j’ai
construite et qui commande la barre. Armée de
quelques bons gros pères que je me suis permis
d’emprunter à un bâtiment de Monsieur le Roi,
Malheureusement perdu à la côte. Il s’était mépris
sur la signification de mes feux
Par un hasard funeste changés depuis deux jours
sans qu’il en fût averti.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je vous ai écouté avec intérêt.
J’aime mon nouveau ménage. Mais je dois
dire que j’ai déjà tout vu.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Et qui s’est permis de vous
montrer la maison avant moi ?<noinclude>
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syu3orn7610n0z5jdp6iykvhtzgoz6k
Discussion Page:Gro Harlem Brundtland - Notre avenir à tous, 1987.djvu/123
105
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2026-05-08T13:01:37Z
Raymonde Lanthier
75548
Pdd.
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wikitext
text/x-wiki
Ajout du titre « Deuxième partie : Problèmes communs », qui apparaît dans la table des matières provisoire ({{pg|5}}) --[[Utilisateur:Raymonde Lanthier|Raymonde Lanthier]] ([[Discussion utilisateur:Raymonde Lanthier|d]]) 8 mai 2026 à 13:01 (UTC)
qrhaiz4ma7lvfaed5krizefkncngdv9
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/14
104
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2026-05-08T13:02:13Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>retournait pour dire quelques mots de tendresse à
une jeune personne couchée sur un sofa et paraissant
souffrir d’horribles douleurs.
« Calmez-vous, madame la comtesse, n’ayez
aucune crainte, monseigneur va venir et il amènera
le médecin. Votre lettre lui est parvenue ce
matin, il doit être maintenant bien près d’ici.
— Non Babet, non. Je ne sais quel pressentiment
me dit que je suis perdue. Je sens un frisson
glacial comme à l’approche de la mort. Il y a quelque
malheur d’arrivé. Lequel ? je l’ignore, mais il y
en a un. Ferme cette fenêtre et viens près de moi,
je suis glacée. »
Babet obéit, ferma la croisée et rentra dans l’appartement.
C’était une pièce de vingt pieds carrés, avec des
embrasures si profondes qu’on y eût pu faire un
cabinet. Les murailles, tendues en lampas de la
Chine bleu de ciel et blanc, avaient quelque chose
de coquet, peu en harmonie avec le reste de l’édifice.
De longs glands de soie pendaient autour du plafond
et supportaient mille curiosités, telles que des œufs
d’autruche, des oiseaux empaillés, des objets d’art.
Une grande pendule dorée garnissait la cheminée,
et les figures bizarres qu’elle représentait formaient
un contraste frappant avec les Amours qui balançaient
des cassolettes de chaque côté de l’horloge. De superbes
candélabres à fleurs de lis, ornés de rocailles,<noinclude>
<references/></noinclude>
s7rr52ysho2r6r3l3qd9trevfinjgyb
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/70
104
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2026-05-08T13:03:15Z
Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|61}}</noinclude>
{{SCÈNE|IV}}
{{acteurs|CLÉMENTINE, ZAMIE}}
{{personnage|ZAMIE.|c}}
{{initiale|M}}A. bonne, il y a dans ce jardin un jeune homme qui vous cherche, je crois, car il court, il va & vient comme un étourdi.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous a-t-il parlé ?
{{personnage|ZAMIE.|c}}
Oh ! Non, il eſt trop impoli pour cela. Nous nous sommes rencontrés deux ou trois fois, il ne m’a pas seulement ſaluée.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Il est un peu farouche, mais quand vous aurez fait connoiſſance….
{{personnage|ZAMIE.|c}}
Ce n’est pas la peine, je ne m’en ſoucie pas.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Il faudra bien vous en ſoucier. Sa-<noinclude>
<references/></noinclude>
ld73znj4lkie66iyzl8nnhcc57gn8a3
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/71
104
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15778915
2026-05-08T13:05:15Z
Clhu
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/* Corrigée */
15778915
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|62|PHAZA.|}}</noinclude>vez-vous que c’eſt lui que depuis long-tems je vous deſtine pour époux.
{{personnage|ZAMIE.|c}}
En vérité, Madame, je vous ſuis bien
obligée ; mais…
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
. Ce Phaza doit poſſéder un grand empire & peut-être dès aujourd’hui. Sa main
n’eſt pas à dédaigner.
{{personnage|ZAMIE.|c}}
J'ai ſi peu d’ambition !
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Le voici ; quand vous l’examinerez
mieux, il vous déplaira moins.<noinclude>
<references/></noinclude>
6jju0blc9kfxanbc7y382rkixp9kplv
Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/164
104
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2026-05-08T13:05:31Z
Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude><section begin="s1"/>et le bonheur que j’ai vainement cherches
dans les plaisirs des sens.
<section end="s1"/>
<section begin="s0"/>{{séparateur personnalisé|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6}}
{{Interligne}}
{{Centré|FABLE {{rom-maj|XXXVI}}.|fs=140%}}
<section end="s0"/>
<section begin="s2"/>{{Centré|''Le berger Cléobule et la nymphe Phidile.''|m=2em}}
{{t|U|120}}{{sc|n}} berger rêveur menait son troupeau
sur les rives fleuries du fleuve Achélous. Les
faunes et les satyres, cachés dans les montagnes
voisines, dansaient sur l’herbe au
doux son de sa flûte. Les naïades, cachées
dans les ondes du fleuve, levèrent leurs têtes
au-dessus des roseaux pour écouter ses chansons.
Achélous lui-même, appuyé sur son
urne penchée, montra son front, où il ne
restait plus qu’une corne depuis son combat
avec le grand Hercule, et cette mélodie suspendit
pour un peu de temps les peines de
ce dieu vaincu. Le berger était peu touché
de voir ces naïades, qui l’admiraient : il<section end="s2"/><noinclude>
<references/></noinclude>
7knc08rne6844i3mi8l7i0qp9xxx5hd
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/15
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>terminaient cet ensemble. Chacun des quatre panneaux
était couvert par des portraits, excepté celui
où se trouvait le lit, dont le baldaquin à plumes remplissait
un côté de la chambre ; tout enfin dans ce lieu
isolé offrait un luxe bien rare à la campagne, même
chez les gens les plus riches. Il est reçu qu’à la campagne
on peut être mal à son aise sans avoir à s’en
plaindre.
L’objet le plus remarquable était un grand crucifix
d’ivoire posé sur du velours brun et placé dans le
fond de l’alcôve. La quantité de chapelets, de médailles
et de fleurs sèches qui l’entouraient indiquait
une dévotion confiante et attentive. De temps en
temps la malade levait les yeux vers le Christ en
s’écriant :
« Mon Dieu ! mon Dieu ! ayez pitié de moi ! »
La ferme de chambre venait de s’asseoir en face
de sa maîtresse. Évidemment, il existait entre ces
deux personnes une intimité qui n’excluait pas le
respect peut-être, mais qui avait considérablement
diminué la distance. La servante regardait la jeune
femme avec une affection intelligente et une pitié
pleine de tendresse.
« Vous souffrez bien ! lui dit-elle.
— Je me meurs, répondit la comtesse, et s’ils
ne se hâtent pas, ils arriveront trop tard.
— Ne parlez point ainsi. Votre état est une chose
naturelle. Il faut malheureusement acheter par de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Fables de Fénelon/Le berger Cléobule et la nymphe Phidile
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Lorlam
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/725
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Fortelle65
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude>air de l’un des siens : aussi l’abstention
des viandes a-t-elle été une des
prescriptions fondamentales de la religion des brames et de la philosophie pythagoricienne. La doctrine de la métempsycose était une ébauche imparfaite
et grossière du dogme de l’immortalité de l’âme.
<section begin="MÉTRIQUE (système)"/>'''MÉTRIQUE''' (''système''). Avant l’établissement
du système métrique, il
n'existait entre les différents poids et
mesures usités en France aucune uniformité.
Cet état de choses présentait
de graves inconvénients. Les provinces
les plus rapprochées étaient commercialement
isolées les unes des autres.
En 1790, un décret de l’Assemblée
constituante chargea l’Académie
des sciences d’organiser un meilleur
système. Il s’agissait de déterminer un
étalon, une unité de mesures, qui servît
de base à toutes les autres ; et pour
que cette unité fût désormais inaltérable,
on résolut de la prendre dans
la nature elle-même. Les académiciens
Méchain et Delambre furent donc
chargés de mesurer la longueur du
quart du méridien terrestre. La dix-millionième
partie de cette longueur
fut prise pour unité de mesure et reçut
le nom de ''mètre''. C’est le mètre
ni sert de base à toutes les autres
unités du nouveau système, qu’on a
appelé, pour cette raison, ''système métrique''.
L’établissement de ce système est
une des inventions les plus utiles à
l’humanité. La Suisse, le Piémont, la
Belgique, l’Espagne, etc., l’ont déjà
opté, et il est à désirer que toutes
les autres nations suivent cet exemple.
<section end="MÉTRIQUE (système)"/>
<section begin="MIGNARDISE"/>'''MIGNARDISE.''' Pierre Mignard,
célèbre peintre du temps de Louis XIV,
excellait dans le portrait et était le
meilleur coloriste de l’époque. Ses tableaux
étaient si soignés, que, depuis,
on a nommé ''mignardise'' le défaut des
ouvrages dans lesquels
le soin est porté à l’excès, et qui paraissent peu
naturels
<section end="MIGNARDISE"/>
<section begin="MIRAGE"/>'''MIRAGE.''' Ce phénomène d’optique
est dû à l’échauffement ou à la raréfaction
inégales des couches de l’air,
et, par suite, à la réfraction inégale
des rayons du soleil. Cette circonstance
se rencontre dans les grandes plaines
sablonneuses fortement échauffées par
les rayons solaires ; les couches
d'air immédiatement en contact avec le sol,
se trouvant à une température plus
élevée que la couche supérieure, et
étant, par conséquent, moins denses,
on y aperçoit distinctement les images
droites et renversées des objets placés
à l’horizon.
Le mirage a été souvent observé par
l’armée française pendant l’expédition
d’Egypte. Le sol de la basse Egypte
est une vaste plaine dont l’uniformité
n’est interrompue que par quelques
éminences où sont placés les villages.
Lorsque la surface du sol est échauffée
par la présence du soleil, le terrain
semble terminé par une inondation
générale, chaque monticule présente
au-dessous son image renversée,
comme s’il était entouré d’eau. A mesure qu’on avance, on découvre le sol
et la terre brûlante, au lieu même où
l’on croyait voir le ciel ou quelque autre
objet.
<section end="MIRAGE"/>
<section begin="MOMIES"/>'''MOMIES.''' Corps embaumés, conservés
presque intacts depuis un grand
nombre de siècles en Egypte, et dont
plusieurs figurent dans nos musées.
La couleur des momies est d’un brun
foncé, souvent noire et luisante ; le
corps, aussi dur et aussi sec que du
bois, répand une odeur aromatique
particulière, et a un goût amer. Il est,
à l’exception de la face, entièrement
enveloppé d’étroites bandelettes, si fortement
assujetties et tellement pénétrées
par les baumes, qu’elles semblent
ne faire qu’une masse avec lui. La
face en est si bien conservée que, quelquefois, les yeux ont encore leur forme.
Les momies égyptiennes sont les plus
anciens débris humains qui nous soient
parvenus. L’usage des embaumements
fut
tout à fait négligé au moyen âge.
M. Gannal l’a fait, pour ainsi dire,
revivre de nos jours. Sa méthode, ou,
si l’on veut, son secret, consiste à injecter,
par les artères du cou, un liquide
doué de propriétés antiputrides.
<section end="MOMIES"/>
<section begin="MOYEN AGE"/>'''MOYEN AGE.''' On comprend sous
ce nom le temps qui s’est écoulé depuis
la chute de l’empire romain (475)
jusqu’à la prise de Constantinople par
Mahomet II (1453). C’est la période de
temps qui sépare l’antiquité des temps
modernes.
Le moyen âge fut une époque
de barbarie et d’ignorance ; c’était
le règne de la force brutale ; tout se décidait
l’épée à la main ; alors un
gentilhomme aurait cru déroger s’il
avait étudié quelque science. On trouve
encore cette singulière phrase au bas
de quelques vieux parchemins : ''… a
déclaré ne pas savoir signer, vu sa
qualité de gentilhomme.''' Le peuple, attaché
à la glèbe, était réduit aux derniers
degrés de misère et d’abrutissement ;
les littératures grecque et la<section end="MOYEN AGE"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Fortelle65
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text/x-wiki
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des viandes a-t-elle été une des
prescriptions fondamentales de la religion des brames et de la philosophie pythagoricienne. La doctrine de la métempsycose était une ébauche imparfaite
et grossière du dogme de l’immortalité de l’âme.
<section end="MÉTEMPSYCOSE"/>
<section begin="MÉTRIQUE (système)"/>'''MÉTRIQUE''' (''système''). Avant l’établissement
du système métrique, il
n'existait entre les différents poids et
mesures usités en France aucune uniformité.
Cet état de choses présentait
de graves inconvénients. Les provinces
les plus rapprochées étaient commercialement
isolées les unes des autres.
En 1790, un décret de l’Assemblée
constituante chargea l’Académie
des sciences d’organiser un meilleur
système. Il s’agissait de déterminer un
étalon, une unité de mesures, qui servît
de base à toutes les autres ; et pour
que cette unité fût désormais inaltérable,
on résolut de la prendre dans
la nature elle-même. Les académiciens
Méchain et Delambre furent donc
chargés de mesurer la longueur du
quart du méridien terrestre. La dix-millionième
partie de cette longueur
fut prise pour unité de mesure et reçut
le nom de ''mètre''. C’est le mètre
ni sert de base à toutes les autres
unités du nouveau système, qu’on a
appelé, pour cette raison, ''système métrique''.
L’établissement de ce système est
une des inventions les plus utiles à
l’humanité. La Suisse, le Piémont, la
Belgique, l’Espagne, etc., l’ont déjà
opté, et il est à désirer que toutes
les autres nations suivent cet exemple.
<section end="MÉTRIQUE (système)"/>
<section begin="MIGNARDISE"/>'''MIGNARDISE.''' Pierre Mignard,
célèbre peintre du temps de Louis XIV,
excellait dans le portrait et était le
meilleur coloriste de l’époque. Ses tableaux
étaient si soignés, que, depuis,
on a nommé ''mignardise'' le défaut des
ouvrages dans lesquels
le soin est porté à l’excès, et qui paraissent peu
naturels
<section end="MIGNARDISE"/>
<section begin="MIRAGE"/>'''MIRAGE.''' Ce phénomène d’optique
est dû à l’échauffement ou à la raréfaction
inégales des couches de l’air,
et, par suite, à la réfraction inégale
des rayons du soleil. Cette circonstance
se rencontre dans les grandes plaines
sablonneuses fortement échauffées par
les rayons solaires ; les couches
d'air immédiatement en contact avec le sol,
se trouvant à une température plus
élevée que la couche supérieure, et
étant, par conséquent, moins denses,
on y aperçoit distinctement les images
droites et renversées des objets placés
à l’horizon.
Le mirage a été souvent observé par
l’armée française pendant l’expédition
d’Egypte. Le sol de la basse Egypte
est une vaste plaine dont l’uniformité
n’est interrompue que par quelques
éminences où sont placés les villages.
Lorsque la surface du sol est échauffée
par la présence du soleil, le terrain
semble terminé par une inondation
générale, chaque monticule présente
au-dessous son image renversée,
comme s’il était entouré d’eau. A mesure qu’on avance, on découvre le sol
et la terre brûlante, au lieu même où
l’on croyait voir le ciel ou quelque autre
objet.
<section end="MIRAGE"/>
<section begin="MOMIES"/>'''MOMIES.''' Corps embaumés, conservés
presque intacts depuis un grand
nombre de siècles en Egypte, et dont
plusieurs figurent dans nos musées.
La couleur des momies est d’un brun
foncé, souvent noire et luisante ; le
corps, aussi dur et aussi sec que du
bois, répand une odeur aromatique
particulière, et a un goût amer. Il est,
à l’exception de la face, entièrement
enveloppé d’étroites bandelettes, si fortement
assujetties et tellement pénétrées
par les baumes, qu’elles semblent
ne faire qu’une masse avec lui. La
face en est si bien conservée que, quelquefois, les yeux ont encore leur forme.
Les momies égyptiennes sont les plus
anciens débris humains qui nous soient
parvenus. L’usage des embaumements
fut
tout à fait négligé au moyen âge.
M. Gannal l’a fait, pour ainsi dire,
revivre de nos jours. Sa méthode, ou,
si l’on veut, son secret, consiste à injecter,
par les artères du cou, un liquide
doué de propriétés antiputrides.
<section end="MOMIES"/>
<section begin="MOYEN AGE"/>'''MOYEN AGE.''' On comprend sous
ce nom le temps qui s’est écoulé depuis
la chute de l’empire romain (475)
jusqu’à la prise de Constantinople par
Mahomet II (1453). C’est la période de
temps qui sépare l’antiquité des temps
modernes.
Le moyen âge fut une époque
de barbarie et d’ignorance ; c’était
le règne de la force brutale ; tout se décidait
l’épée à la main ; alors un
gentilhomme aurait cru déroger s’il
avait étudié quelque science. On trouve
encore cette singulière phrase au bas
de quelques vieux parchemins : ''… a
déclaré ne pas savoir signer, vu sa
qualité de gentilhomme.'' Le peuple, attaché
à la glèbe, était réduit aux derniers
degrés de misère et d’abrutissement ;
les littératures grecque et la<section end="MOYEN AGE"/><noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/16
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>grandes douleurs le bonheur d’être mère. Mais, que
de joies, que de dédommagements vous trouverez
dans ce nouveau devoir !
— Je serai mère, cela est vrai, Babet, et un si
beau titre devrait suffire à mes désirs. Pourtant, je
ne partage pas tes espérances. Sil m’était permis
d’élever mon enfant, si je pouvais, aux yeux de
tous, me parer de ses grâces et de ses progrès, oh !
je souffrirais sans me plaindre, Mais, hélas ! il me
faudra cacher sa naissance, cacher sa vie, car je
rougirais de l’avouer ; il me faudra dissimuler mes
sentiments et mes craintes, il me faudra trembler
devant les regards du monde, devant ceux de ma
famille, tromper, tromper toujours ! Et malheureusement,
je ne puis tromper ni Dieu ni ma conscience !
— Vous savez, madame la comtesse, ce que
monseigneur vous a promis ; vous savez que votre
enfant aura un nom digne de vous. La destinée la
plus brillante attend, il parviendra aux plus grands
honneurs et vous serez heureuse et fière alors de lui
avoir donné la vie.
— Gela est possible ; Babet, il sera riche, il sera
puissant, mais il n’aura pas de famille.
— Laissez faire au temps, madame, il viendra
une époque où bien des obstacles s’aplaniront, et
alors !…
— Sans doute, mais d’ici là que de larmes ! Songe<noinclude>
<references/></noinclude>
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>grandes douleurs le bonheur d’être mère. Mais, que
de joies, que de dédommagements vous trouverez
dans ce nouveau devoir !
— Je serai mère, cela est vrai, Babet, et un si
beau titre devrait suffire à mes désirs. Pourtant, je
ne partage pas tes espérances. Sil m’était permis
d’élever mon enfant, si je pouvais, aux yeux de
tous, me parer de ses grâces et de ses progrès, oh !
je souffrirais sans me plaindre, Mais, hélas ! il me
faudra cacher sa naissance, cacher sa vie, car je
rougirais de l’avouer ; il me faudra dissimuler mes
sentiments et mes craintes, il me faudra trembler
devant les regards du monde, devant ceux de ma
famille, tromper, tromper toujours ! Et malheureusement,
je ne puis tromper ni Dieu ni ma conscience !
— Vous savez, madame la comtesse, ce que
monseigneur vous a promis ; vous savez que votre
enfant aura un nom digne de vous. La destinée la
plus brillante attend, il parviendra aux plus grands
honneurs et vous serez heureuse et fière alors de lui
avoir donné la vie.
— Cela est possible ; Babet, il sera riche, il sera
puissant, mais il n’aura pas de famille.
— Laissez faire au temps, madame, il viendra
une époque où bien des obstacles s’aplaniront, et
alors !…
— Sans doute, mais d’ici là que de larmes ! Songe<noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/98
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude><nowiki />
„Portez le mort au tribunal du roi ! “, dit
Lohengrin aux seigneurs Brabançons qui, demeurés
jusque-là dans une attitude suppliante,
s’éloignent emportant le cadavre de leur compagnon.
Puis, se tournant vers les servantes appelées
par lui : „Vous, continue-t-il, pour la
conduire devant le roi, parez Elsa, ma douce
épouse ! “ Et il ajoute tristement „Là je veux
lui répondre, et lui faire connaître la nature de
son époux ! “
Ce grand duo d’amour, terminé d’une façon si
brusquement inattendue et si terrible, n’est pas
la partie la moins célèbre de tout l’opéra. On en
pourrait critiquer la longueur démesurée, le développement
un peu lâche. Onze motifs, en effet,
s’y succèdent, bien et dûment caractérisés, onze
mélodies avec leur cadence parfaite, onze
figures de notes dignes d’être qualifiées de ''Leitmotiven''.
On ne trouve donc pas là cette unité de
composition qui deviendra plus tard le ''desideratum''
de Wagner, la raison d’être, le vrai but
de ses essais de réforme, et l’on ne sait plus trop
de quel système relève cette grande scène. De
l’ancien ? non, car les voix y sont traitées dans
la manière dialoguée et ne concertent jamais,
sauf pendant sept mesures, presque au début. Du<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/72
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|63}}</noinclude><nowiki />
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{{SCÈNE|V}}
{{acteurs|CLEMENTINE, PHAZA, ZAMIE.}}
{{personnage|PHAZA.}}
{{initiale|S}}I{{sc|ngulière}} m’a dit en partant, Madame, qu’elle me laiſſoit ſous vos ordres, je viens les recevoir.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Il vous en coutera peu pour les éxécuter, aimable Phaza j’exige que vous faſſiez tout ce qui vous amuſera.
{{personnage|PHAZA.}}
Je n’abuſerai pas de votre bonté, je
n’ai qu’une ſeule grace à vous demander.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Elle eſt accordée que voulez-vous ?
{{personnage|PHAZA.}}
Le plus beau jour ſe prépare. Permettez que je faſſe une chaſſe de quelques
heures dans la forêt voiſine.<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T13:09:54Z
Clhu
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text/x-wiki
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Il vous en coutera peu pour les éxécuter, aimable Phaza j’exige que vous faſſiez tout ce qui vous amuſera.
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n’ai qu’une ſeule grace à vous demander.
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Elle eſt accordée que voulez-vous ?
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Le plus beau jour ſe prépare. Permettez que je faſſe une chaſſe de quelques
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Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/165
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Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude>ne pensait qu’à la bergère Phidile, simple,
naïve, sans aucune parure, à qui la fortune
ne donna jamais d’éclat emprunté, et que
les Grâces seules avaient ornée et embellie
de leurs propres mains. Elle sortait de son
village, ne songeant qu’à faire paître ses moutons.
Elle seule ignorait sa beauté. Toutes
les autres bergères en étaient jalouses. Le
berger l’aimait et n’osait le lui dire. Ce qu’il
aimait le plus en elle, c’était cette vertu
simple et sévère qui écartait les amans, et
qui fait le vrai charme de la beauté. Mais
la passion ingénieuse fait trouver l’art de représenter
ce qu’on n’oserait dire ouvertement :
il finit donc toutes ses chansons les
plus agréables pour en recommencer une qui
pût toucher le cœur de cette bergère. Il savait
qu’elle aimait la vertu des héros qui ont
acquis de la gloire dans les combats ; il
chanta, sous un nom supposé, ses propres
aventures : car, en ce temps, les héros
même étaient bergers, et ne méprisaient
point lahoulette. Il chanta donc ainsi :
Quand Polynice alla assiéger la ville de
Thèbes, pour renverser du trône son frère
Étéocle, tous les rois de la Grèce parurent
sous les armes, et poussaient leurs chariots<noinclude>
<references/></noinclude>
t4m9nykt43wwt359vkp4ioa3gk49qoo
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/17
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2026-05-08T13:11:47Z
Jim Bey
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>donc, Babet, qu’après le supplice que j’endure
aujourd’hui, il y a une récompense pour toutes les
mères, le sourire de leur enfant. Et moi on va
m’enlever le mien. Je le reverrai plus tard sans
doute ; mais à son aspect peut-être il faudra rester
froide et indifférente, afin de n’apprendre ni à lui ni
à d’autres le secret de sa naissance.
— Je crois, madame, que vous exagérez vos
craintes et…
— Non, Babet. Et le comte, ne le connais-tu
pas ?
— Oh ! madame, ne vous livrez point à ces tristes
pensées ; vous allez vous faire du mal.
— Dix heures ! ils ne viennent pas ! ils arriveront
trop tard, je serai morte ayant. Babet, Babet, au
nom du ciel, va au-devant d’eux. Ces tortures sont
au-dessus de mes forces.
— En allant au-devant d’eux les ferai-je venir,
madame ? De la patience, du courage ! Monseigneur
a promis, il ne manquera pas à sa promesse.
— Qu’il se hâte donc ! murmura la jeune femme
en se laissant retomber sur le sofa, car, je succombe
à tant d’alarmes !
— Écoutez, écoutez, madame la comtesse,
s’écria Babet, j’entends un carrosse ; les voilà ! ce
sont eux ! »
La malade ne répondit pas, elle avait perdu connaissance.
La femme de chambre, mortellement<noinclude>
<references/></noinclude>
md8rn96jh8ngp8vj3bbugxmxmjy6h3p
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/73
104
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2026-05-08T13:12:40Z
Clhu
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|64|PHAZA.|}}</noinclude><nowiki />
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
J’y conſens. Mais avouez que vous
n’aimez la chaſſe que par ennui, & que
ſi Singuliere vous avoit permis d’autres
amuſemens…
{{personnage|PHAZA.|c}}
Il eſt vrai que la lecture m’avoit
donné beaucoup de curioſité pour les
amuſemens du grand monde, je déſirois
de les partager. A préſent la chaſſe ou la
ſolitude me tiennent lieu de tout, & ſans
regret.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Pourquoi, puiſque je commande ici,
ne vous donnerois-je pas une idée d’autres plaiſirs ? Par exemple un bal ne vous
amuſeroit-il pas ?
{{personnage|PHAZA.|c}}
Je crois que non, Madame. Il n’y a
que nous dans ce palais. Un bal de trois
perſonnes ſeroit un triſte ſpectacle, on y,
perdroit contenance.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Auſſi je compte vous faire venir des
maſques de toutes les parties du monde.
{{personnage|PHAZA.|c}}
J’ignore quel plaiſir l’on peut avoir
avec des
gens que l’on ne connoît pas.<noinclude>
<references/></noinclude>
2ai85n495my0udlbo69u54gnz1y8voo
Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/141
104
4870496
15778935
2026-05-08T13:13:05Z
Yvankusevic
162897
/* Corrigée */
15778935
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Yvankusevic" /></noinclude><table border=1>
<tr>
<th colspan=4 align=center>
SEPTEMBRE. ''Signe'' la Balance.<br>
Les jours décr. de 51 min. le m. et de 51 le 1.
</th>
</tr>
<tr>
<td>
<div align=left>'''Jours'''</div>
</td>
<td>
<div align=left>'''j. m.'''</div>
</td>
<td>
<div align=left>'''Noms des Saints'''</div>
</td>
<td>
<div align=left>'''P. de la L'''</div>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<div align=left>vendredi</div>
</td>
<td>
<div align=left>1</div>
</td>
<td>
<div align=left>S. Gilles, abb.</div>
</td>
<td rowspan=30>
<div align=left>🌛 ; Prem. quart. le 7 à 11 h 21 min. du soir.<br><br>Le 3, Périgée. 🌕 ; Pleine Lune le 14 à 1 h 37 min. du s.
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<div align=left>samedi</div>
</td>
<td>
<div align=left>2</div>
</td>
<td>
<div align=left>S. Lazare, roi</div>
</td>
</tr>
</table><noinclude>
<references/></noinclude>
pfvvdqoh7olep2kvuxivb2blrg29k3y
Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/166
104
4870497
15778936
2026-05-08T13:14:40Z
Lorlam
85998
/* Corrigée */
15778936
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude>contre les assiégés. Adraste, beau-père de
Polynice, abattait les troupes de soldats et les
capitaines, comme un moissonneur, de sa
faulx tranchante, coupe les moissons. D’un
autre côté, le devin Amphiaraüs, qui avait
prédit son malheur, s’avançait dans la mêlée,
et fut tout à coup englouti par la terre,
qui ouvrit ses abîmes pour le précipiter sur
les sombres rives du Styx. En tombant, il
déplorait son infortune d’avoir eu une femme
infidèle. Assez près de là on voyait les deux
frères, fils d’Œdipe, qui s’attaquaient avec fureur
comme un léopard et un tigre qui s’entre-déchirent
sur les rochers du Caucase, ils
se roulaient tous deux dans le sable ; chacun
paraissait altéré du sang de son frère. Pendant
cet horrible spectacle, Cléobule, qui
avait suivi Polynice, combattit contre un vaillant
Thébain que le dieu Mars rendait presque
invincible. La flèche du Thébain, conduite
par le dieu, aurait percé le corps de
Cléobule qui se détourna promptement : aussitôt
Cléobule lui enfonça son dard jusqu’au
fond des entrailles. Le sang du Thébain ruisselle,
ses yeux s’éteignent, sa bonne mine et
sa fierté le quittent ; la mort efface ses beaux
traits. Sa jeune épouse, du haut d’une tour,<noinclude>
<references/></noinclude>
4z7heyfvbheu8uh0lutmg49pyfoasc8
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/99
104
4870498
15778937
2026-05-08T13:14:54Z
LeCharybde
142990
/* Corrigée */
15778937
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>nouveau ? non, car l’emploi des thèmes caractéristiques
est nul ; non surtout, car l’orchestre
garde son rôle d’accompagnateur, et, loin de
former l’élément prépondérant, loin d’imposer
sa direction générale, il se plie docilement aux
fantaisies du chant. Mais une fois le système hors
de cause, on ne peut qu’admirer sans réserve le
détail de l’exécution, la chaleur et l’originalité
de l’inspiration, l’éclat soutenu sans défaillance
dans les parties de force, le charme traduit sans
mièvrerie dans les parties de douceur ; qui sait
même si cet admirable duo d’amour n’emprunte
pas justement à ce caractère de transition, à cette
absence de parti pris musical que nous signalions
tout à l’heure, un attrait spécial, qui le fera toujours
préférer par la majorité des auditeurs aux
trois grandes scènes correspondantes de ''Tristan’,
de ''la Walkyrie'' et de ''Siegfried'' ?
Au deuxième tableau la scène représente,
comme au premier acte, une prairie sur les bords
de l’Escaut. De divers côtés arrivent peu à peu
les Brabançons qui forment le ban du roi, comtes,
porte-bannières, écuyers et valets. Sur un mouvement
obstiné de triolets à la basse, des fanfares
curieusement variées saluent à leur manière
chaque groupe de chevaliers et sonnent tour à
tour en ''mi'' {{musique|bémol}}, en ''ré'', en ''fa'', en ''mi'' naturel, tandis<noinclude>
<references/></noinclude>
2kapvvxzt5nuw83somlbzby8voxu3qi
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/18
104
4870499
15778938
2026-05-08T13:15:39Z
Jim Bey
28586
/* Corrigée */
15778938
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>inquiète, ne se dissimulait pas le danger de sa position ;
elle allait sans cesse de sa maîtresse à la
fenêtre, prêtant l’oreille au moindre bruit.
« Je m’étais trompée, pensa-t-elle, ce ne sont
point eux. Et qui se hasarderait à voyager par un
temps semblable ? Seigneur, venez à notre aide ! »
Enfin, après plus de trois heures d’angoisse, un
roulement lointain arriva jusqu’à elle, Babet se précipita
vers la croisée, l’oreille tendue et cherchant à
deviner au milieu des sifflements du vent et de la
pluie le mouvement si désiré. Il approchait avec
lenteur, mais elle en était sûre maintenant, le secours
arrivait. Elle remercia Dieu en elle-même et
elle baisa respectueusement la main de sa maîtresse.
« Madame, dit-elle, voici le médecin. N’oubliez
pas la recommandation de monseigneur ; permettez-moi
de mettre votre masque. »
La comtesse ne s’y opposa pas, elle était hors
d’état de comprendre. La suivante la quitta pour
descendre un escalier dérobé, conduisant du cabinet
de toilette dans le pare. Malgré sa lanterne, le
vent souffla sa lumière, et ce fut en tâtonnant qu’elle
arriva à une petite porte située dans le mur à peu
de distance.
On y frappa cinq coups avec des intervalles, elle
ouvrit.
« C’est monseigneur, dit-elle à voix basse. Au nom<noinclude>
<references/></noinclude>
s65pdp5j3jmjpc4jomhg7mqq1gfk2oe
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/74
104
4870500
15778939
2026-05-08T13:16:23Z
Clhu
102880
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|65}}</noinclude><nowiki />
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Celui de les connoître. Sous le maſque
on eſt ſincère par gaieté, & gai par enivrement. Les cœurs ſe développent, les
ſecrets ſe révelent. Tel croit ſurprendre
un aveu qui découvre ſa propre perfidie. Les amours naiſſants s’y croyent éternels, & viennent y mourir le lendemain
de décrépitude. C’eſt-là que la foule &
le tumulte confondent les états, rapprochent les conditions, & rétabliſſent l’égalité parmi les hommes. Les tracaſſeries bourgeoiſes, les intrigues de Cour,
tout s’y traite ſans forme, ſans prétentions, vivement, le tems preſſe ; une
nuit de bal eſt le tableau racourci d’un
ſiecle de la ſociété.
{{personnage|PHAZA.|c}}
Ah, Madame ! Si le bal eſt tel que
vous le peignez, il doit être charmant.
J’en conçois une idée qui m’enchante.
Vous pouvez y faire venir qui vous
voudrez ?
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Oui.
{{personnage|PHAZA.|c}}
Eh bien ! Madame, vous me comblerez
de joie ſi vous voulez ce ſoir… Mais<noinclude>
<references/></noinclude>
fdu7nm6790jvjp7mc74hnyebj2rjm1f
Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/167
104
4870501
15778940
2026-05-08T13:16:50Z
Lorlam
85998
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude>le vit mourant, fit eut le cœur percé d’une
douleur inconsolable. Dans son malheur, je le
trouve heureux d’avoir été aimé et plaint : je
mourrais comme lui avec plaisir, pourvu que
je puisse être aimé de même : à quoi servent
La valeur et la gloire des plus fameux combats ?
à quoi servent la jeunesse et la beauté,
quand on ne peut ni plaire ni toucher ce
qu’on aime ?
La bergère, qui avait prêté l’oreille à une
si tendre chanson, comprit que ce berger
était Cléobule, vainqueur du Thébain. Elle
devint sensible à la gloire qu’il avait acquise,
aux grâces qui brillaient en lui, et aux maux
qu’il souffrait pour elle. Elle lui donna sa
main et sa foi. Un heureux hymen les joignit :
bientôt leur bonheur fut envié des
bergers d’alentour et des divinités champêtres.
Ils égalèrent par leur union, par leur
vie innocente, par leurs plaisirs rustiques,
jusque dans une extrême vieillesse, la douce
destinée de Philémon et de Baucis.<noinclude>
<references/></noinclude>
3ggtx8b33j6komw9pbgjy66qt59guq0
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/19
104
4870502
15778942
2026-05-08T13:18:39Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>du ciel, pressons-nous, madame la comtesse est au
plus mal. »
Deux hommes entrèrent, suivis d’un laquais enveloppé
comme eux dans un manteau. Une femme
était avec eux. Le carrosse resta sur la route, caché
derrière les grands arbres. Ils marchaient en silence
et avec peine dans l’obscurité. De temps en temps,
Babet les avertissait des obstacles de la route et du
chemin qu’il fallait prendre. La pluie redoublait
de violence, et le froid était insupportable. Arrivée
au bas de l’escalier, la femme de chambre se retourna :
« Si monseigneur veut ordonner à son laquais
de m’attendre ici, je le conduirai ensuite à la cuisine
pour le faire sécher devant le feu. Nous allons
monter d’abord chez madame la comtesse. »
L’étranger dit quelques mots d’une voix si basse
qu’il était presque impossible de l’entendre ; le domestique
resta dans le vestibule, et le médecin
accompagna Babet avec la femme et l’autre personnage.
Dans le cabinet elle retrouva de la lumière et
resta stupéfaite en se voyant en face d’un homme
masqué, dont la taille n’offrait aucun rapport avec
celle du prince qu’elle attendait, et qui menait par
la main un autre homme, vêtu de noir, ayant un
bandeau sur les yeux.
« Mon Dieu ! s’écria-t-elle effrayée, ce n’est pas
monseigneur ! »<noinclude>
<references/></noinclude>
70nmyt1w051q73pxxvandn8i7ede3c4
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/75
104
4870503
15778943
2026-05-08T13:19:37Z
Clhu
102880
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr|66|PHAZA.|}}</noinclude>pourquoi remettre… Sans doute il vous
eſt égal que dès à préſent… Paſſer la
journée enſemble ſeroit un plaiſir déļicieux !
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Si j’entends bien votre empreſſement
& le déſordre de vos expreſſions, vous
déſirez que je faſſe venir quelqu’un qui
vous eſt cher, & je devine que l’amour…
{{personnage|PHAZA.|c}}
L’amour ! oh, non, Madame, on me
l’a trop bien fait connoître pour ne pas
éviter ſes piéges ; l’amour eſt un vice
je l’ai en horreur. L’amitié eſt une vertu,
je m’y livre de toute mon ame.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Vous avez donc des amis.
{{personnage|PHAZA.|c}}
Je n’en ai qu’un, mais il a tant de vertus, il eſt ſi parfait qu’il ne partagera
jamais avec perſonne les ſentimens que
j’ai pour lui. Nous nous ſommes jurés de
ne jamais laiſſer ſurprendre nos cœurs à
l’amour. Je tiendrai ma parole aſſurérément, & je compte ſur la ſienne.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Dans cette ſolitude il vous eſt aiſé de<noinclude>
<references/></noinclude>
abw932s79ptk1rala6puty1fw662ofa
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/165
104
4870504
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Susuman77
51799
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Votre lieutenant, Don
Sébastien, sur mon ordre.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Fort bien. Excellente discipline
que de s’adresser au lieutenant par-dessus la
tête du capitaine.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― De par le Roi il n’y a céans
d’autre capitaine et gouverneur que moi.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Cela me chatouille de vous
entendre parler ainsi, Monsieur le Gouverneur,
Quand je pense que vous êtes dans le creux de ma main.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― M’y suis-je pas mise moi-même ?
Ai-je montré que j’avais peur de vous ?
ai-je amené avec moi un seul mousquet, un seul
homme d’armes ? rien que ma camériste.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― C’est vrai, vous avez été fidèle
à notre rendez-vous.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Don Pélage et Sa Majesté
ont bien montré que pour venir à bout de Don
Camille il n’y avait besoin que d’une femme.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Toutefois je refermerai ma
main quand je voudrai.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Vous ne voudrez pas avant
que je ne veuille.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je puis vous rembarquer sur
votre petit bateau.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Et montrer que vous avez
peur de moi ?
Vous déclarer contre votre souverain ? Montrer
vos cartes et vous priver de tout atout dans les petits
trafics et négociations que je connais ?<noinclude>
<references/></noinclude>
dmo9402j0m3a1vsyfo9nbxa4eub75fc
15778945
15778944
2026-05-08T13:21:22Z
Susuman77
51799
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Votre lieutenant, Don
Sébastien, sur mon ordre.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Fort bien. Excellente discipline
que de s’adresser au lieutenant par-dessus la
tête du capitaine.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― De par le Roi il n’y a céans
d’autre capitaine et gouverneur que moi.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Cela me chatouille de vous
entendre parler ainsi, Monsieur le Gouverneur,
Quand je pense que vous êtes dans le creux de ma main.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― M’y suis-je pas mise moi-même ?
Ai-je montré que j’avais peur de vous ?
ai-je amené avec moi un seul mousquet, un seul
homme d’armes ? rien que ma camériste.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― C’est vrai, vous avez été fidèle
à notre rendez-vous.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Don Pélage et Sa Majesté
ont bien montré que pour venir à bout de Don
Camille il n’y avait besoin que d’une femme.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Toutefois je refermerai ma
main quand je voudrai.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Vous ne voudrez pas avant
que je ne veuille.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je puis vous rembarquer sur
votre petit bateau.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Et montrer que vous avez
peur de moi ?
Vous déclarer contre votre souverain ? Montrer
vos cartes et vous priver de tout {{Nec|atout}} dans les petits
trafics et négociations que je connais ?<noinclude>
<references/></noinclude>
rer63ca57203s902glniv4p9h7pmtbf
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/100
104
4870505
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2026-05-08T13:23:07Z
LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>qu’une sorte de cantabile se détache par trois
fois de l’ensemble et, grâce à son allure plus
grave et plus pompeuse, donne au morceau le
caractère assez précis d’une marche. Lorsque le
roi fait son entrée, les guerriers se rangent sous
leurs bannières, et, de toutes parts, sur la scène
et dans l’orchestre, les trompettes retentissent ;
par un ingénieux artifice harmonique, elles entremêlent
leurs tonalités diverses et, dans une apparente
confusion qui sied à cette scène animée,
finissent par donner ensemble ou successivement
toutes les notes de la gamme, ''ut'', ''la'', ''mi'',
''fa'', ''sol'', ''si'' et ''ré''.
Comme au premier acte encore, le roi remercie
ses vassaux de n’avoir pas manqué au rendez-vous,
mais il le fait cette fois en termes plus
concis et plus expressifs. La dernière partie de
son discours, reprise en chœur, éclate comme
un chant de guerre, comme un appel patriotique,
lorsque s’avancent presque simultanément les
quatre chevaliers portant le cadavre de Telramund,
Elsa accompagnée d’une suite nombreuse
de femmes, Lohengrin enfin, grave et triste.
Au roi qui, par une phrase, la plus mélodique
peut-être de tout son rôle, lui souhaite la bienvenue,
Lohengrin répond qu’il se présente non
plus en guerrier pour conduire des soldats au<noinclude>
<references/></noinclude>
j5dcrfaxnd1mo9n40ctp2xt9iu0mt19
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/20
104
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2026-05-08T13:23:57Z
Jim Bey
28586
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
L’inconnu ôta de son doigt une bague qu’il lui
présenta avec une lettre, sans prononcer une parole.
Elle reconnut l’anneau, elle regarda l’écriture de
la lettre, et ses inquiétudes se calmèrent.
« Que dois-je faire ? » demanda-t-elle.
L’homme mystérieux lui montra le billet en lui
faisant signe de le lire. Le billet en renfermait un
autre adressé à la comtesse. Quant à celui qui était
pour Babet, voici ce qu’il contenait :
{{il|.5}}
« Je ne puis aller moi-même, j’envoie un homme
de confiance. Évitez que le médecin voie le visage
de personne. Ne parlez de rien, pas même à mon
intendant ; il ne sait que juste ce qu’il doit savoir,
et il a ordre de ne faire aucune question.
Remettez-lui l’enfant aussitôt sa naissance ; il a
reçu des instructions à cet effet. Ayez bien soin
de la mère, je vous la recommande comme ma
vie.
{{d| « Louis. » |4|sc}}
{{il|1}}
« Je vais donc introduire le docteur, continua
Babet ; quant à vous, monsieur, restez ici. »
Elle établit l’intendant au coin de la cheminée et
voulut le débarrasser de son manteau. Il fit signe
qu’il désirait le garder, tout mouillé qu’il était, et
rabattant son chapeau sur ses yeux, il parut réfléchir
profondément, Un cri de la comtesse appela
Babet et le médecin dans sa chambre.<noinclude>
<references/></noinclude>
bb283criy0j9w0vilybt80ni2rzx69j
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/166
104
4870507
15778950
2026-05-08T13:24:06Z
Susuman77
51799
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Me livrer à Don Rodrigue là-bas en mer qui m’attend ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je puis vous mettre en prison.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Vous ne pouvez pas.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}, ''violemment''. — N’êtes-vous pas
en mon pouvoir ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― C’est vous qui êtes dans le mien.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Quelle est cette plaisanterie ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Je dis qu’il ne tient qu’à
moi de vous faire passer la nuit au fond de votre
plus profonde citerne.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Vous avez acquis ce pouvoir
en deux jours ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Deux jours sont beaucoup
pour une femme au milieu de tous ces hommes simples.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je vous livrerai à eux.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Chacun d’eux me défend
contre tous les autres.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― J’ai des amis hors de cette
forteresse.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― En me livrant c’est vous
que vous livreriez.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Où est ma citerne ?
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Patientez. J’ai besoin de
vous pour l’instant. Et cela m’amuse de faire de
vous ce que je veux.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}, ''regardant par une ouverture''. —
Cela m’amuse aussi. Et pour compléter mon bonheur,
je n’ai qu’à regarder le fidèle Rodrigue qui
monte sa faction au milieu de la mer.<noinclude>
<references/></noinclude>
popw6ij3przqk5cqbvaknjcojdrzq78
Page:Graffigny - Ziman et Zenise, suivi de Phaza, 1775.pdf/76
104
4870508
15778951
2026-05-08T13:24:08Z
Clhu
102880
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15778951
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" />{{nr||COMÉDIE.|67}}</noinclude>la tenir. Mais votre ami eſt-il auſſi priſonnier de quelque fée ? Habite-t-il un
monde dont les femmes ſoient exclues ?
{{personnage|PHAZA.|c}}
Je l’ignore, & comment ai-je pu l’ignorer ? Ah, Madame ! quel trouble vous
jettez dans mon ame ! faites qu’il paroiſſe, je brule de m’éclaircir.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
Les éclairciſſemens font toujours une
dupe. Mais ſans y penſer, je vous ai procuré la plus belle occaſion de vous aſſurer de la ſincerité de votre ami. Pendant
le bal, Zamie bien déguiſée peut lui
faire des agaceries qui vous feront connoître s’il eſt auſſi rébelle à l’amour que
vous le penſez.
{{personnage|PHAZA.|c}}
Eh ! non, Madame ; au contraire défendez à votre niece de lui parler. C’eſt
moi qui prenant des habits de femme,
ſaurai bien fous ce déguiſement tirer la
vérité de ſon cœur.
{{personnage|CLÉMENTINE.|c}}
J’approuve votre deſſein. J’avois tort
d’expoſer Zamie. Vous avez ſenti mieux
que
moi que ces plaiſanteries ſortent tou-<noinclude>
<references/></noinclude>
i6xc8av6ar5h1qs99s0dpqko7gpjqw4
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/167
104
4870509
15778953
2026-05-08T13:25:07Z
Susuman77
51799
/* Corrigée */
15778953
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}, ''regardant aussi''. — Comme
son bateau paraît petit ! Un tout petit point blanc.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}, ''la tirant en arrière.'' — Venez.
On ne peut regarder longtemps sans danger ce
gouffre de feu.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Un tout petit point blanc !
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}, ''regardant aussi''. — Comme
son bateau paraît petit ! Un tout petit point blanc.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}, ''la tirant en arrière.'' — Venez.
On ne peut regarder longtemps sans danger ce
gouffre de feu.
{{Personnage|DONA PROUHÈZE|||uc|sm}}. ― Un tout petit point blanc !
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/101
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LeCharybde
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>combat, mais en accusateur pour dénoncer au
tribunal Telramund d’abord, qui lâchement l’avait
attaqué la nuit et dont il a fait prompte justice,
Elsa ensuite, qui, prêtant l’oreille aux conseils de
la perfidie, a trahi ses serments. C’est comme un
retour vers le passé, et, justement rappelés, une
foule de motifs des actes précédents se pressent
ici, la phrase de „la foi jurée“, la phrase du prélude,
celle du „combat“, celle d’Ortrude, etc.
Alors, avec solennité, et devant tous, Lohengrin
dévoile ce terrible secret en vue duquel tout le
drame est échafaudé et qui, marquant le point
d’arrivée de cette œuvre, se trouve également le
point de départ d’une autre du même auteur, ''Parsifal''.
Il dit que dans une terre éloignée, au burg
de Montsalvat, un temple magnifique s’élève où
des chevaliers veillent sur un vase sacré, le Graal,
apporté jadis sur la terre par des anges. Pour
prix de leurs services, ces gardiens sont investis
d’une puissance surnaturelle, et, envoyés de par
le monde pour défendre l’innocence attaquée, ils
sont assurés de vaincre. Mais nul ne doit connaître
leur origine, ou le charme s’éteint. Il
proclame alors son nom, „Lohengrin“, et, forcé de
punis ceux qui l’ont pressé d’indiscrètes questions,
il s’éloigne, comme l’exige Parsifal, son père, pour
ne revenir jamais. La musique de ce long et admi-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/21
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
« Venez à moi, Louis ! s’écria-t-elle en apercevant
le docteur ; venez, que j’expire dans vos bras,
et prenez soin de notre enfant.
— Ôtez-moi mon bandeau, interrompit le médecin ;
cette dame a besoin de mes secours. »
Babet obéit.
« Où est monseigneur ? dit la comtesse d’une voix
éteinte.
— Dans la chambre à côté, et il désire ne pas
entrer, à moins que vous ne l’exigiez absolument,
répliqua le médecin en faisant un signe à Babet.
— Qu’il en soit selon son bon plaisir, je sais qu’il
est là, cela me suffit. »
Babet sortit un instant de la chambre et fut remplacée
par la femme étrangère.
« Madame, dit le médecin très-vite et très-bas,
répondez à une question : Puis-je vous être utile en
sortant d’ici ? Êtes-vous libre ? Ne subissez-vous
aucune contrainte ?
— Aucune, monsieur, je vous le jure, et je vous
remercie de votre sollicitude. Puisqu’il est là, je n’ai
rien à craindre. »
La nourrice s’approcha, car c’était elle, et la
conversation déjà brisée par les douleurs de la comtesse,
fut interrompue tout à fait. Quelques heures
après elle était mère. Elle ne vit pas emporter son
enfant, tant elle était faible ; elle le demanda aussitôt
qu’elle eut repris connaissance. Le médecin lui<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/168
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Susuman77
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|LE VICE-ROI DE NAPLES, DONA MUSIQUE|SCÈNE {{rom-maj|X}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Une forêt vierge en Sicile. Une grotte haute et profonde par-devant laquelle tombe une épaisse brassée de lianes vertes à fleurs roses. Un ruisseau s’en échappe à travers les pierres. Bruit innombrable d’eaux courantes. Un éclatant clair de lune. À travers les feuilles étincelantes, on devine au loin la mer. Comme ces indications sont impossibles à réaliser, elles seront avantageusement remplacées par'' DONA MUSIQUE ''qui en donnera connaissance au public.''}}
{{il}}
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}, ''qui est censée revenir du ruisseau avec un seau plein.'' — Voilà l’eau ! Vous avez mis toute une brassée de bois vert sur le feu, vous
allez complètement le tuer ! Sans parler de la fumée
noire que ça fait, on la verra à dix lieues par ce
clair de lune !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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{{AN|''Une forêt vierge en Sicile. Une grotte haute et profonde par-devant laquelle tombe une épaisse brassée de lianes vertes à fleurs roses. Un ruisseau s’en échappe à travers les pierres. Bruit innombrable d’eaux courantes. Un éclatant clair de lune. À travers les feuilles étincelantes, on devine au loin la mer. Comme ces indications sont impossibles à réaliser, elles seront avantageusement remplacées par'' DONA MUSIQUE ''qui en donnera connaissance au public.''}}
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allez complètement le tuer ! Sans parler de la fumée
noire que ça fait, on la verra à dix lieues par ce
clair de lune !<noinclude>
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Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/1
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Clhu
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/22
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>promit de le lui montrer plus tard, , si elle voulait
consentir à se calmer et à prendre la potion qu’il
venait de lui offrir.
« Il me le présentera lui-même, n’est-il pas vrai ?
Eh bien ! pour ce moment de bonheur je me soumettrai
à vos ordonnances, monsieur, mais ne me
faites pas trop attendre. »
Elle était d’une si grande faiblesse que le médecin
ne la croyait pas dans le cas de supporter la plus
petite émotion.
« Ai-je un fils, docteur ? demanda-t-elle.
— Monseigneur vous en instruira lui-même,
madame. Un peu de patience.
— C’est juste, il faut bien lui laisser ce plaisir. »
En ce moment, l’homme resté dans la pièce voisine
entr’ouvrit la porte et fit signe au docteur de
venir à lui.
« Monsieur, dit-il, cette femme peut-elle se passer
de vous ?
— Cela est difficile, monsieur : elle est bien
faible.
— Y a-t-il du danger à la quitter à présent ?
— Du danger ? Non, pas précisément, mais elle
demande de grands soins.
— N’importe ! en donnant vos instructions à sa
femme de chambre, il n’y a rien à craindre. Vous
allez me suivre avec l’enfant, nous le conduirons à<noinclude>
<references/></noinclude>
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Jim Bey
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<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>promit de le lui montrer plus tard, si elle voulait
consentir à se calmer et à prendre la potion qu’il
venait de lui offrir.
« Il me le présentera lui-même, n’est-il pas vrai ?
Eh bien ! pour ce moment de bonheur je me soumettrai
à vos ordonnances, monsieur, mais ne me
faites pas trop attendre. »
Elle était d’une si grande faiblesse que le médecin
ne la croyait pas dans le cas de supporter la plus
petite émotion.
« Ai-je un fils, docteur ? demanda-t-elle.
— Monseigneur vous en instruira lui-même,
madame. Un peu de patience.
— C’est juste, il faut bien lui laisser ce plaisir. »
En ce moment, l’homme resté dans la pièce voisine
entr’ouvrit la porte et fit signe au docteur de
venir à lui.
« Monsieur, dit-il, cette femme peut-elle se passer
de vous ?
— Cela est difficile, monsieur : elle est bien
faible.
— Y a-t-il du danger à la quitter à présent ?
— Du danger ? Non, pas précisément, mais elle
demande de grands soins.
— N’importe ! en donnant vos instructions à sa
femme de chambre, il n’y a rien à craindre. Vous
allez me suivre avec l’enfant, nous le conduirons à<noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/169
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2026-05-08T13:31:23Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Moi, je ne fais jamais qu’un tout petit feu. —
Vous n’avez pas envie qu’on vous retrouve, je suppose ?
(''Elle arrange le feu et met une marmite dessus.'')
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Il n’y a pas besoin de feu du tout.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Nous ne pouvons pas rester
ainsi tous les deux dans la nuit comme des bêtes.
Et vous verrez la tisane que je sais faire avec
certaines herbes que je connais et les fleurs de citronnier.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― C’est de tisane que vous vivez ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Moi ? je ne manque de rien.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Qui donc vous approvisionne ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Il y a là-bas sur cette espèce
de pointe dans la mer où cette espèce de forêt finit,
Une espèce de toit ou de chapelle à moitié fondue,
comme celles dont se servaient jadis les païens,
je suppose, avec des colonnes par-devant,
Et dedans, une vieille statue de pierre sans tête,
si indécente que j’ose à peine regarder.
C’est là que les gens du pays apportent toute espèce
de nourriture en manière d’offrande… vous
comprenez, mon petit Roi ?… il ne faut pas me
regarder de cette façon…
Des fruits, du pain, des gâteaux, du miel, des
œufs, et je ne sais quoi encore, jusqu’à des morceaux
de chèvre rôtie
Et tout cela, je le prends sans me gêner.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Personne ne vous empêche ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Ils ont bien trop peur ! Au-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/102
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>rable récit est celle du prélude que l’orchestre
reproduit à quelques variantes près, tandis que la
voix du ténor tantôt suit le chant principal, tantôt
greffe sur le dessin de l’orchestre un récitatif mesuré
en manière de contre-chant.
Cependant le cygne a reparu sur l’Escaut, traînant
sa nacelle. Lohengrin a compris qu’il devait
partir et se tourne vers lui. L’adieu au cygne du
premier acte devient ici le salut au cygne, car les
deux mélodies se font pendant et semblent en
partie calquées l’une sur l’autre. En vain Elsa
se suspend désespérément au cou de Lohengrin
s’arrachant à ses caresses, celui-ci adresse le
solennel adieu que traduit d’une façon si poignante
cette mélodie en ''sol'', avec son accompagnement
de triolets, syncopés de deux en deux notes,
simulant presque le hoquet des sanglots. Il met
le pied sur la nacelle et, croyant tenir sa vengeance,
Ortrude s’écrie triomphante : „J’ai bien
reconnu la chaîne au moyen de laquelle j’ai transformé
l’enfant en cygne : c’était l’héritier de Brabant.“
Puis, se plaçant devant Elsa, elle ajoute
avec ironie : „Merci pour avoir banni loin de toi le
chevalier ! s’il était resté plus longtemps, ce
héros aurait aussi délivré ton frère ! “ Elle a parlé
trop tôt. Lohengrin adresse au ciel une muette
et fervente prière. Aussitôt on voit une blanche<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/23
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>sa destination, et si plus tard la mère a besoin de
vous, on vous ramènera. »
Le médecin essaya quelques observations inutiles ;
l’inconnu les combattit toutes et y mit un terme
par un ordre positif d’appeler Babet, occupée en
bas, et qui n’avait pas vu le nouveau-né, le nourrice
l’habillait près de la cheminée. Lorsque la femme
de chambre remonta, l’enfant était déjà caché sous
le manteau de l’inconnu. Rien ne fut comparable à
l’étonnement de la jeune domestique lorsqu’elle
apprit les dispositions qu’on venait de prendre.
« Et ma pauvre maîtresse, dit-elle au docteur,
ne va-t-elle pas embrasser au moins une fois ce
cher ange avant de s’en séparer ?
— Tels sont les ordres de monseigneur, mademoiselle,
répondit le médecin, c’est du moins ce
que vient de m’assurer cet homme. Je ne saurais
m’y opposer, car je ne crois pas madame dans le
cas de supporter cette émotion ; il vaut mieux lui
donner le temps de se remettre un peu. C’est sans
doute là la raison de ce prompt départ.
— Sans doute ! répondit Babet en soupirant.
Et ln prudence ne permet pas de garder ici cet
enfant plus longtemps. Si les gens de la maison
entendaient ses cris, tout serait perdu. Mais ne
puis-je le voir au moins ? »
Pendant qu’elle parlait, la nourrice et le docteur
avaient déjà fait quelques pas pour sortir. Babet<noinclude>
<references/></noinclude>
35i7139pvmr05pf6cr25t19p6um9gxm
Page:Feval fils - Le fils de Lagardere (theatre), 1908.djvu/35
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2026-05-08T13:34:01Z
Lorlam
85998
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude><nowiki />
{{Personnage|LAGARDÈRE.|c}}
Oui, mon ami.
{{Personnage|KNAUSS.|c}}
Alors, c’est bien à vous. J’arrive de Lagny.
{{Personnage|LAGARDÈRE.|c}}
De Lagny ?
{{PersonnageD|KNAUSS|c|mystérieusement.}}
À franc étrier, sur la grise, qu’est à moitié fourbue,
pour vous remettre une lettre, en secret, de la
part de {{M.|{{lié|de Chaverny}}}}.
{{Personnage|LAGARDÈRE.|c}}
Du Marquis ?
{{Personnage|KNAUSS.|c}}
Y m’a ben recommandé de ne pas vous la remettre
devant vot’{{lié}}femme. Vot’{{lié}}femme n’est point là ?
Bon ! je vous la remets.
{{di|Il lui donne la lettre.|d|2}}
{{PersonnageD|LAGARDÈRE|c|examinant le cachet.}}
Ce sont bien ses armes. « Lion d’or lampassé et
couronné de lys », que peut-il me vouloir ?
{{Personnage|KNAUSS.|c}}
Y me l’a point dit.
{{PersonnageD|LAGARDÈRE|c|lisant.}}
« Mon cher Comte, je viens d’être gravement offensé.
J’ai sous un prétexte quelconque envoyé
ma femme à Paris, où je dois me rencontrer ce
soir, à huit heures, sur l’Esplanade des Invalides
avec mon adversaire le Chevalier de Pombignac.
Je compte absolument sur vous pour être mon second.
Donc, à huit heures, ce soir, mon cher Henri,
croyez en ma sincère amitié. — Marquis de Chaverny. »<noinclude>
<references/></noinclude>
kysie3q0p3is3wiag64zpz451khetjw
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/24
104
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2026-05-08T13:37:08Z
Jim Bey
28586
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>les suivait du regard, le cœur triste et les yeux en
pleurs.
« Hélas ! pauvre créature ! murmura-t-elle, verras-tu
jamais ta mère ? »
Elle rentra dans la chambre de la comtesse après
avoir composé son visage.
« Eh bien, Babet, dit-elle, vont-ils venir ?
— Bientôt, madame, encore un instant.
— Oh ! que je suis impatiente de leur vue ! Mon
enfant ! Louis. Crest trop de bonheur à la fois, j’y
succomberai.
— Voilà pourquoi on le retarde, madame la comtesse,
reposez-vous bien !
— Prie Dieu pour moi, Babet, il m’a pardonné
peut-être, puisqu’il m’a protégée !
— Oui, madame, et puisse-t-il vous protéger
encore ! »
Comme elle disait ces mots, un bruit de pas se
fit entendre dans la chambre à côté ; Babet y courut :
c’était l’inconnu.
« Ôtez-vous, dit-il brusquement, et laissez-moi
passer. »
EL, s’approchant de la comtesse, il jeta son
masque ; la comtesse le regarda et poussa un cri
d’horreur.
« Oui, c’est moi, continua-t-il en lui serrant fortement
la main ; je sais tout, et je n’ai qu’une punition
à vous infliger. Vous ne connaîtrez jamais votre<noinclude>
<references/></noinclude>
onhm1h0ncifgwvyybpoqtfvze8hdrmu
Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/3
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude>{{PageTitre|
1|MADEMOISELLE ROSE|100|
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2|DES PLATS BON MARCHÉ|150|
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1|ERNEST FLAMMARION, ÉDITEUR|100|
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1|Droits de traduction et do reproduction résorvés pour tous les pays, y compris la Suède et la Norvège.|30|
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<references/></noinclude>
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Clhu
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text/x-wiki
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/25
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Jim Bey
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/* Corrigée */
15778975
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>enfant ; vous ne saurez jamais si vous avez un fils
ou une fille ; quant à votre séducteur vous ne le
reverrez jamais. »
La comtesse s’évanouit.<noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/26
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Jim Bey
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text/x-wiki
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/103
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LeCharybde
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>colombe planer au-dessus de la nacelle. Le cygne,
détaché de sa chaîne, se transforme et prend la
figure d’un jeune adolescent, Godefroid, le frère
d’Elsa. Les maléfices d’une sorcière l’avaient
perdu ; la prière d’un innocent l’a sauvé. Les
nobles fléchissent le genou, tandis qu’Ortrude
pousse un cri de rage. Quant à Elsa, après avoir
pressé joyeusement l’enfant sur son cœur, elle
reporte ses regards vers le fleuve et tombe sans
connaissance. Lohengrin n’est plus là. Comme
une tache blanche et lumineuse sur les eaux
bleues de l’Escaut, on le distingue encore,
mais loin déjà, très loin : c’est la colombe
qui a pris la chaîne de la nacelle et qui l’emmène,
comme au premier acte le cygne l’avait
amenée.
Tel se dessine en ses lignes principales cet
opéra dont la valeur, après quarante années
bientôt d’existence et de triomphes, n’est plus à
découvrir, mais simplement à enregistrer. On a
critiqué le choix du sujet et même, le sujet une
fois admis, on s’est demandé si l’auteur en avait
tiré tout le parti possible, si les tableaux étaient
assez variés, les ressorts de l’action suffisants, si
quelques naïvetés de détail n’auraient pas pu et
dû être évitées. D’autre part, dans la partition,
on a relevé de nombreuses redites, des longueurs<noinclude>
<references/></noinclude>
2dv790gj0calge7rs61mdvs2hiesici
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/27
104
4870524
15778983
2026-05-08T13:40:02Z
Jim Bey
28586
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15778983
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
{{interligne|6em}}
{{T3|LES PRÉTENDUS.|II}}
{{interligne|4em}}
Vers la fin de 1800, deux jeunes gens parcouraient
la place Bellecour, à Lyon. Ils portaient le
costume des ''incroyables'' de l’époque ; l’un d’eux
surtout y avait mis toute l’exagération possible, et
rien n’était plus parfaitement ridicule. Ils semblaient
très-occupés de leur conversation et ils paraissaient
craindre d’être entendus, car ils se tenaient obstinément
au milieu de la place, éloignés des autres
promeneurs et regardant sans cesse s’ils n’étaient
pas suivis.<noinclude>
<references/></noinclude>
prvyz1pkx3dep6ihl9crwdr8ehea3pa
Page:Stiernet - Histoires hantées, 1906.djvu/149
104
4870525
15778993
2026-05-08T13:46:32Z
JLTB34
21327
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>de fer avaient attendu, paisibles, la fin du chômage dont les premiers jours, par ce réconfortant avril, leur étaient venus à propos pour ensemencer leur jardinet et tailler leur vigne.
Cependant, ils commençaient à souffrir de l’ennui, des sacrifices nécessités par l’oisiveté, de la nostalgie enfin du bon travail accoutumé, de l’usine pleine de vie, du grand hall enchanté sous la pluie d’or du convertisseur, doux berceur de la fonte aux lents remous.
Les inquiétudes gênantes lues dans les yeux des femmes les poussaient hors des maisons.
On les voyait en groupes immobilisés aux tournants des routes, appuyés aux clôtures des cours, conversant avec les ménagères.
{{astérisme|150%}}
Cette vesprée, ils étaient une douzaine, à l’estaminet tenu par la femme d’un compagnon.
La veille, l’un d’eux avait rapporté des bruits d’agitation, de bandes menaçantes, et voilà que ses paroles se
répétant, aggravées, commentées, avaient été levain de sédition parmi les ouvriers de fer.
L’espèce de honte intérieure suscitée par l’image des compagnons dont on avait partagé la tâche, sans partager maintenant les colères et les<noinclude>
<references/></noinclude>
4t517hiys4v6oeryi6sttsyv9d6o3e2
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/104
104
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2026-05-08T13:47:01Z
LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>fâcheuses ; on a signalé l’abus de certaines formules,
l’usage, comme toujours excessif, des mesures
à deux et à quatre temps ; sur les 5030
mesures dont se compose l’opéra, 97 seulement
sont à division ternaire : taches légères après
tout.
De véritables trouvailles mélodiques comme le
prélude, comme l’entr’acte du troisième acte,
comme le début du duo d’amour ; un emploi discret
encore, mais ingénieux toujours, de thèmes
caractéristiques, c’est-à-dire nettement reconnaissables ;
un souci constant de la noblesse et de la
justesse dans la déclamation ; une merveilleuse
entente de l’effet et de la puissance des ensembles,
comme au final du premier acte ; la richesse
d’une orchestration plus neuve, plus originale
que dans les ouvrages précédents, avec le secours
fréquent des trompettes et des trombones, avec
des tenues de cuivres accompagnant sans fracas
pour cela les récitatifs ; enfin l’intensité du coloris
et son heureuse appropriation au caractère légendaire
de l’opéra ; voilà plus qu’il n’en faut pour
justifier dans le présent et assurer dans l’avenir le
succès de ''Lohengrin''. Bon gré, mal gré, la France
elle-même fera sa soumission, et ''Lohengrin'' s’y implantera,
comme partout ailleurs, parce que c’est
l’œuvre de la maturité, conçue et exécutée par<noinclude>
<references/></noinclude>
q56vt2qlouopzltdhevtx7ijth7tj7k
Page:Gro Harlem Brundtland - Notre avenir à tous, 1987.djvu/125
104
4870527
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2026-05-08T13:47:11Z
Raymonde Lanthier
75548
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||— 125 —|}}</noinclude><nowiki/>
{{il}}
{{encadré/début|padh=20px|padb=10px}}
{{c|'''Encadré 4-1'''}}
{{c|'''L’équilibre alimentaire/démographique'''|m=1em}}
{{a|1.{{em|1.7}}La capacité potentielle de charge démographique des terres du monde en développement a été évaluée dans une étude conjointe de la FAO et de l’{{lang|en|International Institute for Applied Systems Analysis}}. Les données relatives au sol et aux caractéristiques des terres ont été associées aux données climatiques afin de calculer les rendements potentiels des principales cultures, de sélectionner les cultures les plus appropriées et de déduire le potentiel global de production de calories. Trois niveaux de production agricole ont été calculés : le premier, caractérisé par un faible niveau de technologie, aucun emploi d’engrais ou de produits chimiques, des variétés de culture traditionnelle et aucun procédé de conservation des sols. Deuxièmement, le niveau intermédiaire où la combinaison de cultures les plus productives n’est introduite que sur la moitié des superficies, avec l’emploi d’engrais, de variétés améliorées et de certains procédés de conservation des sols ; enfin, troisièmement, un niveau élevé de technologie et une combinaison idéale de cultures et de technologie sur tous les sols. La capacité de charge démographique a été déterminée en divisant la production totale de calories par un niveau minimum de production par habitant. Ce chiffre a été ensuite comparé avec la variante moyenne des projections démographiques des Nations Unies.|mb=0.5em|4|-2.5}}
{{a|2.{{em|1.7}}Les 117{{lié}}pays en développement étudiés, considérés ensemble, peuvent avoir une production alimentaire suffisante pour nourrir une fois et demie leur population de projection en l’an{{lié}}2000, même avec un faible niveau de technologie. Mais le tableau est moins optimiste pour certains pays pris individuellement. Avec un faible niveau de technologie, 64{{lié}}pays représentant une population d’environ 1,1{{lié}}milliard n’ont pas de quoi se nourrir. En employant les méthodes agricoles les plus perfectionnées, le nombre de pays où le potentiel de production alimentaire est inférieur aux besoins tombe à{{lié}}19, soit une population totale de 100{{lié}}millions. Dans la plupart des cas, il s’agit de pays à haut revenu situés à l’ouest de l’Asie et de quelques petits États insulaires. La plupart de ces pays peuvent gagner suffisamment de devises pour importer les produits alimentaires dont ils ont besoin. Pour les autres, le véritable problème est la modernisation de l’agriculture afin que celle-ci leur permette de vivre.|mb=0.5em|4|-2.5}}<noinclude>{{encadré/fin}}</noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
7el8q1vmjlzjodd0s9nwv43q8io14a8
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/105
104
4870528
15778998
2026-05-08T13:49:02Z
LeCharybde
142990
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>un maître en pleine possession de soi-même, et
que, placée, comme nous l’avons dit au début de
cette étude, presque à égale distance de ''Rienzi''
et de ''Parsifal'', elle doit ici bénéficier auprès du
public de cette situation intermédiaire.
{{-|5}}<noinclude>
<references/></noinclude>
491uk5slwvx61ttqe8wtly4ra4r6lfr
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/134
104
4870529
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2026-05-08T13:52:36Z
Guillaumelandry
58234
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude><nowiki />
{{interligne|2em}}
{{d|11 juillet.|3|fs=90%}}
Toujours la pluie. Afin d’occuper le temps, je
vais te conter une autre histoire, bien vieille,
celle-là. Un souvenir d’adolescence.
{{interligne|2em}}
{{c|LES NOCE DE NANETTE|fs=120%}}
{{interligne|1em}}
Au milieu de la prairie immense, aplanie,
fouillée, défoncée, retournée en tous sens par
l’activité âpre des paysans, s’élèvent, imposants
encore dans leur délabrement, les restes du château démantelé des sires de Blanc-Fossé.
Autrefois, la plaine irrégulière se fendait tout
autour en un large fossé circulaire, barrière opposée aux entreprises audacieuses des seigneurs voisins, de Lévy et de Champroux et de cet autre,
dont l’accoutrement farouche est encore fixé grossièrement dans une pierre tombale, sous les sombres arceaux de l’église paroissiale.
Là, se voyaient des {{Corr|ponts-levis|pont-levis}}, des herses et
des tours, mystérieusement menaçantes, trouées
seulement de barbacanes et de créneaux, derrière
lesquels circulaient des hommes armés…<noinclude>
<references/></noinclude>
qyw4n23zblrfuwm1531y6zfeceyglei
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/106
104
4870530
15779007
2026-05-08T13:52:42Z
LeCharybde
142990
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>{{T2|TRISTAN ET ISEULT}}
Dans ses intéressants ''Souvenirs d’Allemagne'',
{{M.|Ernest Reyer}} raconte que, pendant son séjour
à Weimar, le compositeur Édouard Lassen lui
proposa un soir de lui faire connaître la partition
de ''Tristan et Iseult''. „Lassen, dit-il, se mit au
piano, je devrais dire à l’orchestre, et il joua l’ouverture.
Je tournais les pages silencieusement.
Le docteur X…, assis dans un fauteuil, s’épanouissait.
L’ouverture finie, les récits succédèrent
aux récits, et d’autres récits leur succédèrent
encore. Je n’apercevais au loin, et de tous côtés,
que des horizons de sable ; la chaleur devenait
accablante, et pas une oasis pour nous reposer,
pas le plus petit filet d’eau pour étancher notre
soif !… Enfin la voix de Tristan s’unit à celle
d’Iseult. Ce que deux hautbois ou deux clarinettes
peuvent exécuter, sinon sans inconvénient
pour l’oreille, du moins sans difficulté, deux voix,
quelque exercées qu’on les suppose, sont inhabiles
à le faire, et finissent par produire la plus
horrible cacophonie…“<noinclude>
<references/></noinclude>
ru86zukc9t3upa38i86jjazby8wkhm2
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/135
104
4870531
15779009
2026-05-08T13:54:05Z
Guillaumelandry
58234
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15779009
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude><nowiki/>
Aujourd’hui, le temps a exercé son action destructive sur ces fiertés ; avec lui, les Révolutions implacables ont promené leurs fers et leurs torches, accomplissant l’œuvre de nivellement moral et de nivellement matériel. Ébranlée dans son altière solidité par les boulets de Richelieu, l’habitation seigneuriale, déjà dépourvue de son prestige guerrier, a subi encore les haineuses attaques des vilains de 89, acharnés contre les monuments de leur servitude.
Maintenant, tout est fini. Le fossé est à sec et
les cours du manoir sont recouvertes par une
épaisse patène où pousse dru le gazon envahisseur de la prairie. Deux tours seules demeurent, avec la ténacité particulière à ces solides ouvrages : encore sont-elles bien endommagées. L’une, percée en tous sens de trous qui servent
de refuge aux lapins, a été abattue à la suite d’un coup de vent ; l’autre, sapée à la base, tient pourtant par un miracle d’équilibre et dresse vers le ciel ses deux pointes déchiquetées, où serpentent des lierres inextricables, écartés seulement çà et là sous l’active poussée d’arbrisseaux rabougris. Sur la plateforme, refuge habituel des oiseaux nocturnes, les galopins grimpent
au péril de leur vie pour satisfaire une bizarre<noinclude>
<references/></noinclude>
cn9si7z3s17xq4vz8msth3blg7qxx4i
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/136
104
4870532
15779012
2026-05-08T13:55:21Z
Guillaumelandry
58234
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15779012
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>curiosité et s’enfuient au bruit retentissant d’une
pierre qui s’est subitement détachée, marquant
de sa chute sonore un pas de plus vers la date
fatale où la tour entière, lasse de sa résistance
séculaire, s’écroulera sur la terre qu’elle couvre
de son ombre étrangement découpée.
Entièrement respectée par les superstitions
royales et populaires, la chapelle a survécu, intacte. Les métayers du domaine l’ont utilisée pour remiser leurs récoltes et, aujourd’hui, des
tas de pommes de terre, de carottes et de betteraves couvrent à l’intérieur les dessins pâlis des peintures murales, tandis que s’élève encore au
dehors la croix de pierre, à la pointe du bâtiment dont l’échine semble brisée sous des affaissements successifs, — triste rapprochement entre
le culte et le symbole.
De l’autre côté du ravin, là où se trouvaient
autrefois les ouvrages avancés du château, s’étendent les bâtiments du domaine de Blanc-Fossé, puis, sur la gauche, les hangars rouges
de la tuilerie. Toute la journée, au lieu des cris
des sentinelles, l’air retentit sous les chocs répétés des Marchois manieurs d’argile qui viennent pour « faire une campagne », vivant de
pain bis et couchant sur la dure, puis retournent<noinclude>
<references/></noinclude>
patrvr5odoomhcncfyz0trcaa38dl21
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/137
104
4870533
15779014
2026-05-08T13:56:49Z
Guillaumelandry
58234
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>ensuite dans leur pays avec leurs maigres économies.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|100%}}
{{interligne|1em}}
La métairie est construite d’après les idées
nouvelles et couverte d’ardoise bleue. Il pénètre
plus de lumière dans les étables spacieuses et
bien aérées qu’il n’en entrait jadis dans la plus
belle salle du manoir.
Le métayer du domaine est Jacques Blanchet
et il tient son bail du propriétaire, M. Fulde, un
juif converti au protestantisme, qui a acquis
morceau par morceau les fiefs des anciens châtelains persécuteurs de sa race.
Bien souvent, depuis vingt ans qu’il a succédé
à son père dans la métairie, Jacques Blanchet a
mesuré d’un regard pensif les décombres et
supputé tristement l’emplacement qu’elles font
perdre à la prairie productrice de foin. Souvent,
dans des phrases prudentes, entortillées, il a
démontré au propriétaire que son intérêt le plus
clair était de démolir ces vieilles murailles. Mais
on ne l’a pas écouté. Alors Jacques Blanchet a
cherché à tirer parti des murs restés debout.
Outre la chapelle, transformée en cave, de vieilles
oubliettes, encombrées de ronces et de débris
ont été nettoyées et recouvertes de toits grossiers<noinclude>
<references/></noinclude>
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15779015
15779014
2026-05-08T13:56:59Z
Guillaumelandry
58234
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>ensuite dans leur pays avec leurs maigres économies.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
La métairie est construite d’après les idées
nouvelles et couverte d’ardoise bleue. Il pénètre
plus de lumière dans les étables spacieuses et
bien aérées qu’il n’en entrait jadis dans la plus
belle salle du manoir.
Le métayer du domaine est Jacques Blanchet
et il tient son bail du propriétaire, M. Fulde, un
juif converti au protestantisme, qui a acquis
morceau par morceau les fiefs des anciens châtelains persécuteurs de sa race.
Bien souvent, depuis vingt ans qu’il a succédé
à son père dans la métairie, Jacques Blanchet a
mesuré d’un regard pensif les décombres et
supputé tristement l’emplacement qu’elles font
perdre à la prairie productrice de foin. Souvent,
dans des phrases prudentes, entortillées, il a
démontré au propriétaire que son intérêt le plus
clair était de démolir ces vieilles murailles. Mais
on ne l’a pas écouté. Alors Jacques Blanchet a
cherché à tirer parti des murs restés debout.
Outre la chapelle, transformée en cave, de vieilles
oubliettes, encombrées de ronces et de débris
ont été nettoyées et recouvertes de toits grossiers<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/236
104
4870534
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2026-05-08T13:57:24Z
Cantons-de-l'Est
8473
Amorce.
15779017
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
ENCASTRER v. tr. Enchâsser,
joindre.
ENCAUSTIQUE n. f. Préparation
de cire et d’essence de térébenthine pour
faire briller les meubles, les parquets.
ENCAVEMENT n. m. Action d’en-
caver.
ENCAVER v. tr. Mettre du vin en
cave.
ENCAVEUR n. m. Qui encave.
ENCEINDRE v. tr. Entourer, enfer-
mer : enceindre une ville de murailles.
ENCEINTE n. f. Circuit, tour ; es-
pace circulaire : l’enceinte d’un tribunal.
ENCEINTE adj. f. Femme enceinte,
femme grosse.
ENCENS n. m. Espèce de résine aro-
matique. Fig. Louange, flatterie.
ENCENSEMENT n. m. Action d’en-
censer.
ENCENSER v. tr. Agiter l’encen-
soir devant l’autel, devant quelqu’un.
Fig. Flatter avec excès.
ENCENSEUR n. m. Louangeur, flat-
teur.
ENCENSOIR n. m. Cassolette dont
on se sert dans les églises pour brûler
l’encens. Donner de l’encensoir à quel-
qu’un, le flatter excessivement.
ENCÉPHALALGIE n. f. Douleur
dans le cerveau.
ENCÉPHALE n. m. Méd. Ensemble
du cerveau et du cervelet.
ENCÉPHALIQUE adj. Qui a rap-
pert à l’encéphale.
ENCÉPHALITE n. f. Inflammation
de l’encéphale.
ENCHAÎNEMENT n. m. Réunion
de choses qui ont entre elles certains rap-
ports : l’enchaînement des idées.
ENCHAÎNER v. tr. Lier avec une chaîne. Fig. Captiver : enchaîner les cœurs ; coordonner : bien enchaîner ses idées.
ENCHAÎNURE n. f. Enchaînement,
en parlant d’ouvrages d’arts mécaniques.
ENCHANTÉ, ÉE adj. Merveilleux :
séjour enchanté ; satisfait, charmé : en-
chanté de vous voir. Palais enchanté,
gouverné par une puissance magique.
ENCHANTELER v. tr. Mettre du
bois dans un chantier. Enchanteler du
vin, mettre un tonneau de vin sur deux
chantiers pour l’élever au-dessus de terre. — Prend deux ''l'' devant une syllabe muette.
ENCHANTEMENT n. m. Action de
charmer, d’ensorceler par des opérations
et des cérémonies prétendues magiques ;
chose merveilleuse et surprenante : cette
fête était un enchantement. Fig. Joie
très-vive : être dans l’enchantement.
ENCHANTER v. tr. Charmer par
des opérations prétendues magiques. Fig.
Charmer, séduire : sa grâce m’enchante,
ravir d’admiration : cette musique
m’enchante.
ENCHANTEUR, ERESSE adj. Qui charme, séduit ; regard enchanteur ;
doux : voir enchanteresse. N. Magicien.
ENCHAPERONNER v. tr. Couvrir
d’un chaperon la tête d’un oiseau de
proie.
ENCHAPPER v. tr. Enfermer un
baril ou un tonneau dans un autre.
ENCHÂSSER v. tr. Fixer quelque
chose dans un métal, dans du bois, de la
pierre, etc. : enchâsser un diamant.
ENCHÂSSURE n. f. Action d’enchâsser.
ENCHAUSSER v. tr. Couvrir les lé-
gumes de paille pour les faire blanchir,
les préserver de la gelée.
ENCHÈRE n. f. Offre d’un prix su-
périeur à celui offert par un autre pour l’achat d’une chose qui se vend au plus
offrant. Folle enchère, à laquelle l’enchérisseur ne peut satisfaire.
ENCHÉRIR v. tr. Mettre une en-
chère. V. int. Devenir plus cher : le vin
enchérit. Fig. Dire, faire plus qu’un
autre : Néron enchérit sur la cruauté
de Tibère.
ENCHÉRISSEMENT n. m. Hausse
de prix : l’enchérissement du pain.
ENCHÉRISSEUR n. m. Qui met
une enchère.
ENCHEVALEMENT n. m. Étais
d’une maison qu’on veut réparer.
ENCHEVAUCHURE n. f. Jonction par recouvrement, comme les tuiles d’un toit.
ENCHEVÊTREMENT n. m. Ac-
tion d’enchevêtrer. Fig. : l’enchevêtre-
ment des pensées, des périodes.
ENCHEVÊTRER v. tr. Mettre un chevêtre, un licou. Fig. Embarrasser, embrouiller. S’enchevêtrer v. pr. Se dit d’un cheval qui s’embarrasse dans la longe de son licou. Fig. S’embrouiller dans ses idées.
ENCHEVÊTRURE n. f. Assemblage de solives sur lesquelles repose le foyer d’une cheminée.
ENCHIFRÈNEMENT n. m. Embarras dans le nez.
ENCHIFRENER v. tr. Causer un enchifrènement. Prend un é ouvert devant une syllabe muette.
ENCHYMOSE (ki) n. f. Effusion soudaine de sang dans les vaisseaux cutanés, comme il arrive par suite d’une vive émotion.
ENCLAVE n. f. Terrain enfermé dans la propriété d’autrui.
ENCLAVEMENT n. m. Action, effet d’enclaver.<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T13:58:03Z
Cantons-de-l'Est
8473
Mise en page.
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
'''ENCASTRER''' v. tr. Enchâsser, joindre.
'''ENCAUSTIQUE''' n. f. Préparation de cire et d’essence de térébenthine pour faire briller les meubles, les parquets.
'''ENCAVEMENT''' n. m. Action d’encaver.
'''ENCAVER''' v. tr. Mettre du vin en cave.
'''ENCAVEUR''' n. m. Qui encave.
'''ENCEINDRE''' v. tr. Entourer, enfermer : ''enceindre une ville de murailles''.
'''ENCEINTE''' n. f. Circuit, tour ; espace circulaire : ''l’enceinte d’un tribunal''.
'''ENCEINTE''' adj. f. Femme enceinte, femme grosse.
'''ENCENS''' n. m. Espèce de résine aromatique. ''Fig.'' Louange, flatterie.
'''ENCENSEMENT''' n. m. Action d’encenser.
'''ENCENSER''' v. tr. Agiter l’encensoir devant l’autel, devant quelqu’un. ''Fig.'' Flatter avec excès.
'''ENCENSEUR''' n. m. Louangeur, flatteur.
'''ENCENSOIR''' n. m. Cassolette dont on se sert dans les églises pour brûler l’encens. Donner de l’encensoir à quelqu’un, le flatter excessivement.
'''ENCÉPHALALGIE''' n. f. Douleur dans le cerveau.
'''ENCÉPHALE''' n. m. ''Méd.'' Ensemble du cerveau et du cervelet.
'''ENCÉPHALIQUE''' adj. Qui a rappert à l’encéphale.
'''ENCÉPHALITE''' n. f. Inflammation de l’encéphale.
'''ENCHAÎNEMENT''' n. m. Réunion de choses qui ont entre elles certains rapports : ''l’enchaînement des idées''.
'''ENCHAÎNER''' v. tr. Lier avec une chaîne. ''Fig.'' Captiver : ''enchaîner les cœurs'' ; coordonner : ''bien enchaîner ses idées''.
'''ENCHAÎNURE''' n. f. Enchaînement, en parlant d’ouvrages d’arts mécaniques.
'''ENCHANTÉ, ÉE''' adj. Merveilleux : ''séjour enchanté'' ; satisfait, charmé : ''enchanté de vous voir''. Palais enchanté, gouverné par une puissance magique.
'''ENCHANTELER''' v. tr. Mettre du bois dans un chantier. Enchanteler du vin, mettre un tonneau de vin sur deux chantiers pour l’élever au-dessus de terre. — Prend deux ''l'' devant une syllabe muette.
'''ENCHANTEMENT''' n. m. Action de charmer, d’ensorceler par des opérations et des cérémonies prétendues magiques ; chose merveilleuse et surprenante : ''cette fête était un enchantement''. ''Fig.'' Joie très-vive : ''être dans l’enchantement''.
'''ENCHANTER''' v. tr. Charmer par des opérations prétendues magiques. ''Fig.'' Charmer, séduire : sa grâce m’enchante, ravir d’admiration : ''cette musique m’enchante''.
'''ENCHANTEUR, ERESSE''' adj. Qui charme, séduit ; regard enchanteur ; doux : ''voir enchanteresse''. N. Magicien.
'''ENCHAPERONNER''' v. tr. Couvrir d’un chaperon la tête d’un oiseau de proie.
'''ENCHAPPER''' v. tr. Enfermer un baril ou un tonneau dans un autre.
'''ENCHÂSSER''' v. tr. Fixer quelque chose dans un métal, dans du bois, de la pierre, etc. : ''enchâsser un diamant''.
'''ENCHÂSSURE''' n. f. Action d’enchâsser.
'''ENCHAUSSER''' v. tr. Couvrir les légumes de paille pour les faire blanchir, les préserver de la gelée.
'''ENCHÈRE''' n. f. Offre d’un prix supérieur à celui offert par un autre pour l’achat d’une chose qui se vend au plus offrant. Folle enchère, à laquelle l’enchérisseur ne peut satisfaire.
'''ENCHÉRIR''' v. tr. Mettre une enchère. V. int. Devenir plus cher : ''le vin enchérit''. ''Fig.'' Dire, faire plus qu’un autre : ''Néron enchérit sur la cruauté de Tibère''.
'''ENCHÉRISSEMENT''' n. m. Hausse de prix : ''l’enchérissement du pain''.
'''ENCHÉRISSEUR''' n. m. Qui met une enchère.
'''ENCHEVALEMENT''' n. m. Étais d’une maison qu’on veut réparer.
'''ENCHEVAUCHURE''' n. f. Jonction par recouvrement, comme les tuiles d’un toit.
'''ENCHEVÊTREMENT''' n. m. Action d’enchevêtrer. ''Fig.'' : ''l’enchevêtrement des pensées, des périodes''.
'''ENCHEVÊTRER''' v. tr. Mettre un chevêtre, un licou. ''Fig.'' Embarrasser, embrouiller. '''S’enchevêtrer''' v. pr. Se dit d’un cheval qui s’embarrasse dans la longe de son licou. ''Fig.'' S’embrouiller dans ses idées.
'''ENCHEVÊTRURE''' n. f. Assemblage de solives sur lesquelles repose le foyer d’une cheminée.
'''ENCHIFRÈNEMENT''' n. m. Embarras dans le nez.
'''ENCHIFRENER''' v. tr. Causer un enchifrènement. {{Dclf-}} Prend un ''é'' ouvert devant une syllabe muette.
'''ENCHYMOSE''' (ki) n. f. Effusion soudaine de sang dans les vaisseaux cutanés, comme il arrive par suite d’une vive émotion.
'''ENCLAVE''' n. f. Terrain enfermé dans la propriété d’autrui.
'''ENCLAVEMENT''' n. m. Action, effet d’enclaver.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Cantons-de-l'Est
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
'''ENCASTRER''' v. tr. Enchâsser, joindre.
'''ENCAUSTIQUE''' n. f. Préparation de cire et d’essence de térébenthine pour faire briller les meubles, les parquets.
'''ENCAVEMENT''' n. m. Action d’encaver.
'''ENCAVER''' v. tr. Mettre du vin en cave.
'''ENCAVEUR''' n. m. Qui encave.
'''ENCEINDRE''' v. tr. Entourer, enfermer : ''enceindre une ville de murailles''.
'''ENCEINTE''' n. f. Circuit, tour ; espace circulaire : ''l’enceinte d’un tribunal''.
'''ENCEINTE''' adj. f. ''Femme enceinte'', femme grosse.
'''ENCENS''' n. m. Espèce de résine aromatique. ''Fig.'' Louange, flatterie.
'''ENCENSEMENT''' n. m. Action d’encenser.
'''ENCENSER''' v. tr. Agiter l’encensoir devant l’autel, devant quelqu’un. ''Fig.'' Flatter avec excès.
'''ENCENSEUR''' n. m. Louangeur, flatteur.
'''ENCENSOIR''' n. m. Cassolette dont on se sert dans les églises pour brûler l’encens. ''Donner de l’encensoir à quelqu’un'', le flatter excessivement.
'''ENCÉPHALALGIE''' n. f. Douleur dans le cerveau.
'''ENCÉPHALE''' n. m. ''Méd.'' Ensemble du cerveau et du cervelet.
'''ENCÉPHALIQUE''' adj. Qui a rapport à l’encéphale.
'''ENCÉPHALITE''' n. f. Inflammation de l’encéphale.
'''ENCHAÎNEMENT''' n. m. Réunion de choses qui ont entre elles certains rapports : ''l’enchaînement des idées''.
'''ENCHAÎNER''' v. tr. Lier avec une chaîne. ''Fig.'' Captiver : ''enchaîner les cœurs'' ; coordonner : ''bien enchaîner ses idées''.
'''ENCHAÎNURE''' n. f. Enchaînement, en parlant d’ouvrages d’arts mécaniques.
'''ENCHANTÉ, ÉE''' adj. Merveilleux : ''séjour enchanté'' ; satisfait, charmé : ''enchanté de vous voir''. ''Palais enchanté'', gouverné par une puissance magique.
'''ENCHANTELER''' v. tr. Mettre du bois dans un chantier. ''Enchanteler du vin'', mettre un tonneau de vin sur deux chantiers pour l’élever au-dessus de terre. — Prend deux ''l'' devant une syllabe muette.
'''ENCHANTEMENT''' n. m. Action de charmer, d’ensorceler par des opérations et des cérémonies prétendues magiques ; chose merveilleuse et surprenante : ''cette fête était un enchantement''. ''Fig.'' Joie très-vive : ''être dans l’enchantement''.
'''ENCHANTER''' v. tr. Charmer par des opérations prétendues magiques. ''Fig.'' Charmer, séduire : ''sa grâce m’enchante'', ravir d’admiration : ''cette musique m’enchante''.
'''ENCHANTEUR, ERESSE''' adj. Qui charme, séduit : ''regard enchanteur'' ; doux : ''voix enchanteresse''. N. Magicien.
'''ENCHAPERONNER''' v. tr. Couvrir d’un chaperon la tête d’un oiseau de proie.
'''ENCHAPPER''' v. tr. Enfermer un baril ou un tonneau dans un autre.
'''ENCHÂSSER''' v. tr. Fixer quelque chose dans un métal, dans du bois, de la pierre, etc. : ''enchâsser un diamant''.
'''ENCHÂSSURE''' n. f. Action d’enchâsser.
'''ENCHAUSSER''' v. tr. Couvrir les légumes de paille pour les faire blanchir, les préserver de la gelée.
'''ENCHÈRE''' n. f. Offre d’un prix supérieur à celui offert par un autre pour l’achat d’une chose qui se vend au plus offrant. ''Folle enchère'', à laquelle l’enchérisseur ne peut satisfaire.
'''ENCHÉRIR''' v. tr. Mettre une enchère. V. int. Devenir plus cher : ''le vin enchérit''. ''Fig.'' Dire, faire plus qu’un autre : ''Néron enchérit sur la cruauté de Tibère''.
'''ENCHÉRISSEMENT''' n. m. Hausse de prix : ''l’enchérissement du pain''.
'''ENCHÉRISSEUR''' n. m. Qui met une enchère.
'''ENCHEVALEMENT''' n. m. Étais d’une maison qu’on veut réparer.
'''ENCHEVAUCHURE''' n. f. Jonction par recouvrement, comme les tuiles d’un toit.
'''ENCHEVÊTREMENT''' n. m. Action d’enchevêtrer. ''Fig.'' : ''l’enchevêtrement des pensées, des périodes''.
'''ENCHEVÊTRER''' v. tr. Mettre un chevêtre, un licou. ''Fig.'' Embarrasser, embrouiller. '''S’enchevêtrer''' v. pr. Se dit d’un cheval qui s’embarrasse dans la longe de son licou. ''Fig.'' S’embrouiller dans ses idées.
'''ENCHEVÊTRURE''' n. f. Assemblage de solives sur lesquelles repose le foyer d’une cheminée.
'''ENCHIFRÈNEMENT''' n. m. Embarras dans le nez.
'''ENCHIFRENER''' v. tr. Causer un enchifrènement. {{Dclf-}} Prend un ''é'' ouvert devant une syllabe muette.
'''ENCHYMOSE''' (''ki'') n. f. Effusion soudaine de sang dans les vaisseaux cutanés, comme il arrive par suite d’une vive émotion.
'''ENCLAVE''' n. f. Terrain enfermé dans la propriété d’autrui.
'''ENCLAVEMENT''' n. m. Action, effet d’enclaver.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/138
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>pour servir d’écurie aux porcs et d’habitation à
leur gardien.
Ce gardien des porcs, c’est le propre frère de
Jacques, Antoine Blanchet, que tout le monde
nomme ''Toinon le Vrat'' (verrat).
Toinon est un innocent, dans un état très voisin
de l’idiotie. À la mort du père, Jacques l’a recueilli et, suivant l’inflexible coutume paysanne qui n’admet pas les inutiles, lui a donné cet emploi de porcher, le seul qui ne dépasse pas les limites de sa faible intelligence.
Toinon, du reste, autant qu’on en peut juger
par les reflets qui animent sa face hébétée, est
content de son sort. Par dédain ou par souffrance, il a presque perdu l’habitude de parler. À quoi bon, du reste, pour ne voir les hommes
que le matin, lorsqu’il va prendre sa pitance
journalière et parfois aussi à la veillée, où la
connaissance qu’on a de sa parenté avec Jacques
fait respecter sa volontaire taciturnité.
Tout le jour, on voit le Vrat dans les champs
en jachère, auprès de sa bande de cochons, appuyé méditativement sur une longue gaule, le bissac pendant contre sa blouse rapiécée. De ses gros yeux ronds, il regarde manger ses bêtes, il admire comme elles relèvent les mottes de terre<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/107
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude><nowiki />
„Au milieu du duo (le célèbre duo d’amour du
second acte), j’éprouvai cette folle rage de l’enfant
qui, désespérant d’apprendre la leçon qu’on
lui a donnée à étudier, trépigne et pleure, ferme
son livre avec colère et le jette bien loin de lui.
De mes doigts crispés, je frappai tout à coup le
clavier comme l’eussent fait les griffes d’un chat
furieux, et, mêlant au hasard les mots allemands
et les phrases les plus bizarres, je poussai des
cris inintelligibles, des sons inarticulés, incohérents,
sauvages. Lassen, toujours calme et souriant
à demi, continuait à déchiffrer. Je me
retournai pour voir quelle mine faisait le docteur.
— Il avait disparu. — Alors Lassen s’arrêta, et
j’allais le prier de me dire franchement s’il trouvait
une grande différence entre la manière dont
le duo avait fini et celle dont il avait commencé,
lorsque le docteur reparut : „Continuez, nous
dit-il ; j’étais dans mon cabinet, mais je n’ai pas
perdu une seule note. N’est-ce pas que c’est
admirable ! “
Si nous citons cette page, écrite, il y a vingt
ans, par un musicien suspect cependant alors de
wagnérisme, et, déjà à cette époque, fervent
admirateur de ''Tannhäuser'' et de ''Lohengrin'', ce
n’est pas, on le pense bien, pour le vain plaisir
de prendre en défaut l’auteur de ''Sigurd'' et de ''la''<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/139
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>du bout de leur fort groin, afin de trouver les
racines savoureuses.
Instinctivement, pour se faire mieux comprendre, Toinon imite les grognements sourds des porcs, tout un langage qui lui est utile celui-là, et, avec des intonations de colère ou de contentement, il les gourmande ou les encourage. Autour d’eux, le compagnon intime de la vie de Toinon, Noiraud, un grand chien aux
longs poils gris sale, court, rasant le sol de sa langue pendante.
Pour Noiraud, le Vrat se souvient qu’il appartient à l’humanité. Il crie son nom de sa voix rauque, bizarre. Depuis quinze années, l’homme et le chien vivent côte à côte en philosophes, promenant des champs à leur bouge la même existence errante.
Le château écroulé qui lui sert d’asile trouble sans doute le Vrat. Maintes fois, il l’a exploré avec soin dans tous ses détails, d’un air attentif, s’arrêtent parfois et semblant songer à des choses, tandis qu’au pied de la tour, le croyant
perdu, Noiraud hurlait ''à la mort'', en se tenant éloigné hors de la portée des pierres roulantes, dont l’une avait failli le tuer, jadis.
Toinon n’est pas très âgé, mais la dure vie<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/140
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>qu’il mène et le peu de soins qu’il prend lui ont
parcheminé la peau. Aujourd’hui, il a l’air d’un
nain de légende, avec sa grosse tête ridée outrageusement, et son corps mièvre soutenu par deux courtes jambes auxquelles un balancement
involontaire de maniaque a donné un aspect déhanché.
Peu de gens savent au juste que Toinon le Vrat
est le frère de Jacques Blanchet. Mais bien des
paysans, même éloignés de plusieurs lieues, le
connaissent pour avoir ri aux foires voisines
de la grotesque ardeur avec laquelle il étreignait
ses gorets vendus et de la façon dont il se tenait
raide, effarouché, lui, l’homme de la solitude,
au milieu de la foule bruyante.
{{séparateur de points|20|100%}}
Or, sous cette enveloppe ridicule, dans cette
caricature d’homme écrasée sous l’envahissement d’une idiotie presque entière, un sentiment pur et délicat comme la corolle d’un volubilis
sauvage, s’était développé avec une intensité
extrême : Toinon le Vrat aimait sa nièce Nanette,
la fille de Jacques Blanchet. Étrange amour, dans
lequel le pauvre être avait apporté toute son
ignorance et la simplesse de son esprit.
Cela datait de loin. Lorsque Nanette, tout en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/11
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Denis Gagne52
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<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|X}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>et pour cela, d’y établir trois communautés,
vouées chacune à l’une de ces trois augustes personnes, qui se consacreraient toutes
de concert, quoique par des voies différentes, à la formation de cette nouvelle chrétienté. ''Au moyen de ces mesures'', disaient-ils, ''dans leur projet d’établissement, les associés espèrent de la bonté divine, de voir en peu de temps, une nouvelle chrétienté qui imitera la pureté et la charité de la primitive.''
Ce projet fut réalisé avec un succès trop
connu pour le rapporter ici. Nous ne dirons.
donc rien du zèle des premiers colons, qui
quittèrent si généreusement leurs parents
et leur patrie, en vue de procurer l’exécution d’un si religieux dessein. Nous
ne parlerons pas de la sainte allégresse
qu’ils firent éclater, en mettant le pied
sur cette terre de Marie ; ni des chants de
jubilation et de louanges dont ils firent
retentir ces lieux. Nous ne rappellerons
pas non plus, la piété avec laquelle ils assis-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/141
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>fant, commençait à marcher, sautillant sur ses
jambes mignonnes, souvent, pour se débarrasser
de ses tapageuses obsessions, la mère l’envoyait
aux champs jouer avec Toinon. D’abord, épouvanté de la délicate mission qui lui était confiée, l’innocent prit mille précautions avec la petite,
adoucissant ses grognements, évitant des chocs
qui lui semblaient devoir briser ce frêle organisme. Pour l’amuser, il taillait, dans les tendres aubiers, des morceaux de bois informes
qu’il lui donnait en les affublant de toutes sortes
de noms étranges. Il faisait des trous dans le sol,
échafaudait des cabanes en terre, cueillait des
bouquets de fleurs voyantes ou tordait son visage
en des grimaces extravagantes qui faisaient rire
Nanette aux larmes.
La petite aimait beaucoup Toinon. Plus intelligente déjà que le pauvre être, elle le faisait plier à tous ses caprices. On se réjouissait, alors, au domaine, de leurs conversations où, balbutiant également, l’un par jeunesse, et
l’autre par innocence, ils se comprenaient pour tant à merveille.
Afin de faire plaisir à l’enfant, Toinon, les
soirs, prit l’habitude de quitter son bouge plein
de foin, pour aller aux veillées de la métairie.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/52
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text/x-wiki
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/84
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Jim Bey
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text/x-wiki
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>Les laboureurs, qui s’amusaient de cette amitié,
taquinèrent Nanette en l’appelant « la femme à
Toinon » par manière de plaisanter.
D’une voix mutine, la mignonne dit qu’elle
voulait bien être la femme du Vrat et elle demanda à l’idiot s’il y consentait.
Gravement, sérieusement, Toinon accepta. Ce soir-là, surtout, prit naissance son grand amour. Se croyait-il déjà marié ou, dans son entendement obscur, considérait-il la parole de Nanette comme un engagement ? En tout cas, il pensait
que la fillette devait être sa femme et il l’aimait…
Ignorant de toutes choses, ne sachant pas au
juste que Nanette était sa nièce, ni ce que cela
signifiait, il attendait, heureux de voir parfois
son rose sourire de campagnarde gaie et bien
portante.
Nanette grandissait. Déjà son corps s’était
formé, arrondissant en courbes gracieuses les
lignes anguleuses de l’âge ingrat. La coquetterie
était venue, et l’admiration visible de Toinon ne
déplaisait point à la fillette qui l’aimait d’ailleurs
par ressouvenir, comme on s’attache aux choses
de l’enfance, comme elle aimait Noiraud, car,
entre les deux, elle ne faisait guère de différence.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/154
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Jim Bey
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text/x-wiki
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/108
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>''Statue'' ; c’est parce qu’il suffit de rapprocher cet
article de ceux qu’on récemment inspirés à la
majeure partie des critiques parisiens les brillantes
auditions, au concert Lamoureux, de deux
actes de ''Tristan et Iseult'', pour se rendre compte
de l’extraordinaire mouvement d’opinion qui s’est
produit en France en faveur de Wagner.
À l’exemple des rhéteurs et des philosophes, les
esthéticiens et les biographes ont, de temps immémorial,
aimé à faire trois parts de leur sujet et à
diviser, bon gré mal gré, en trois groupes correspondant
à autant d’étapes successives, les productions
des hommes de génie. C’est dans un dictionnaire
classique qu’il nous souvient d’avoir lu
cette phrase étonnante : „On distingue dans la
manière de Raphaël trois périodes : une première,
qui va jusqu’en 1504, où il ne fait guère qu’imiter
le Pérugin ; une seconde, jusqu’en 1514, où il
devient original ; une troisième, jusqu’à sa mort,
où il ''se surpasse lui-même ! ''“
De telles distinctions, pour n’être pas toujours
présentées sous une forme aussi naïve, n’en sont
pas moins, le plus souvent, un peu arbitraires.
Tout se tient dans l’œuvre d’un grand artiste ; la
conquête du lendemain est le résultat de l’effort
de la veille, et le même homme a pu se montrer
parfois vieux étant jeune et rester toujours jeune<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/12
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|INTRODUCTION.}}|{{rom|XI}}}}</noinclude>tèrent au sacrifice adorable de nos autels,
célébré dans cette Île, le lendemain même
de leur arrivée ; ni, enfin la religion profonde et touchante avec laquelle ils laissèrent exposé, et honorèrent le Très-Saint
Sacrement, pendant tout ce jour : afin de
faire connaître par cette auguste cérémonie,
que {{sc|Jésus-Christ}} en personne prenait possession de cette terre ; et d’apprendre à la
postérité, que ce nouvel établissement n’avait été entrepris que pour l’augmentation
de sa gloire, et l’extension de son royaume
sur la terre, qui est l’Église Catholique.
Mais nous dirons, et il est de notre objet
de faire remarquer ici, que cette même
Église, chargée de porter la connaissance
de {{sc|Dieu}} et celle de {{sc|Jésus-Christ}} son fils,
à tous les peuples du monde, doit encore,
comme étant l’arche du salut, hors de
laquelle on ne peut que périr, porter avec
soi, et montrer à tous les yeux, les preuves
de sa divine mission sur la terre ; et que<noinclude>
<references/></noinclude>
lkbajg0jigjpe5f3iiicsi6wbknbc8p
Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/13
104
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude>
{{table|titre= |page=Centimes.|nodots}}
{{table|titre=Hachis|page=65}}
{{table|titre=Mouton bouilli (potage, viande, légumes)|page=65}}
{{table|titre=Navarin|page=65}}
{{table|titre=Porc à la Champvallon|page=65}}
{{table|titre=Ragoût à l’antique|page=65}}
{{table|titre=Veau aux petits pois|page=65}}
{{table|titre=Grenouilles en beignets|page=70}}
{{table|titre=Agneau au riz|page=70}}
{{table|titre=Fricassée d’abatis|page=70}}
{{table|titre=Farci (polage, viande, légumes)|page=70}}
{{table|titre=Mouton à la cuiller|page=70}}
{{table|titre=
Oreille de porc|page=70}}
{{table|titre=Pieds de mouton|page=70}}
{{table|titre=Pot-au-feu campagnard (potage, viande, légumes)|page=70}}
{{table|titre=Tendrons à la poulette|page=70}}
{{table|titre=Veau à la casserole|page=70}}
{{table|titre=Thon à la chartreuse|page=75}}
{{table|titre=Bœuf à la dijonnaise|page=75}}
{{table|titre=Rôti à la crème|page=75}}
{{table|titre=Queue de veau aux choux|page=75}}
{{table|titre=Veau aux carottes|page=75}}
{{table|titre=Chevreau marengo|page=80}}
{{table|titre=Lapin bouilli (potage et viande)|page=80}}
{{table|titre=Porc en civet|page=80}}
{{table|titre=Tête de mouton|page=80}}
{{table|titre=Choucroute|page=85}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/143
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Guillaumelandry
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>Mais voilà qu’un soir un coup de foudre vint jeter le trouble dans la pauvre cervelle de Toinon le Vrat. Nanette se mariait et elle se mariait avec
un autre. C’est le berger, ce mauvais sujet de Biclœil qui lui avait dit cela en riant :
— Tu sais, le Vrat, ta femme a’s'marie demain.
C’était vrai. Même le mariage était décidé depuis longtemps, mais on ne s’était pas mis en peine de prévenir le porcher.
En apprenant l’horrible nouvelle, tout un noir
plan de machinations se révéla dans son esprit
débile, en même temps qu’un farouche désespoir le pénétrait.
Toinon songea d’abord à se sauver avec la
Nanette. Mais voudrait-elle ? Puis il pensa à se
jeter aux pieds du maître, M. Fulde, dont il entendait si souvent parler avec crainte que cela était devenu pour lui une sorte de Dieu tout-puissant.
Finalement, le Vrat alla trouver son frère et
bredouillant, très apeuré, il lui expliqua tant
bien que mal son chagrin. Jacques Blanchet crut
qu’un mauvais plaisant avait fourré ces idées
saugrenues dans la tête de l’idiot. Il partit d’un
éclat de rire et s’écria :<noinclude>
<references/></noinclude>
p1i3givkphlyhz13xhiexqy7p9yqr64
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/13
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XII}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>Ville-Marie était destinée à lui rendre ce
témoignage, dans les vastes contrées de
l’Amérique du Nord. Outre l’unité de sa
foi et de son gouvernement, ce qui est
propre à elle seule ; outre sa ''catholicité'', qui
la rend seule présente, dans toutes les parties
de la terre habitée ; outre son ''apostolicité'',
qui la fait remonter seule jusqu’aux Apôtres : l’Église a encore pour caractère distinctif, la ''sainteté'', non seulement de sa
morale, mais aussi de plusieurs de ses membres. Au rapport de {{sc|Jésus-Christ}}, si
l’Église est semblable à un champ, où
l’homme ennemi a semé de l’ivraie : dans
ce champ, il y aura toujours du bon grain,
c’est-à-dire, non seulement des âmes justes,
mais encore des personnages éminents en
sainteté, qui par leurs vertus héroïques, et
quelquefois par leurs miracles, mettront
sous les yeux des hommes les plus simples
et les plus grossiers, les preuves sensibles et
palpables de la vérité de l’Église Catholi-<noinclude>
<references/></noinclude>
mlnpaobw7b3g6e2jcfwoddjopj9cl1o
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/28
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
« Nous avons l’air de conspirateurs, dit le plus
jeune, et nous serons bien heureux si on ne nous
accuse pas de méditer la perte de la république une
et indivisible. Songe que nous sommes des émigrés
amnistiés par la clémence du peuple français, et
que nous avons juré soumission au gouvernement.
— Et nous tiendrons ce serment. Je suis si fatigué
de courir le monde, de vendre des images et surtout
de me battre contre des gens qui parlent notre langue,
que je me soumettrai à ce qu’on voudra.
— D’ailleurs, ce régime-ci n’est pas cruel, on ne
nous tourmente plus ; le premier consul ne souffre
plus de désordre ; il y a moyen de vivre en repos ;
c’est tout ce que nous pouvons demander. Je ne
serais pas fâché néanmoins qu’on me rendit quelque
portion de ma fortune, seulement ce qu’il en faut
pour ne pas mourir de faim.
— Mon cher, tu as une ambition sans bornes.
Depuis que nous avons remis le pied en France, tu
reprends tes airs de fierté, fort ridicules pour des
gens qui n’ont pas le sou. Tu es savant, c’est un
honneur que je t’envie, car tu peux te mettre gouverneur
dans quelque bonne maison du nouveau
régime. On y sera très-fier de commander au comte
Frédéric de Servoise, et l’on aura pour toi tous les
égards possibles ; au lieu de cela, moi, je me suis
mis dans le commerce, métier pour lequel un gentilhomme
n’a jamais de dispositions ; heureusement<noinclude>
<references/></noinclude>
c6673b8rad5b84lkwjy9q4xikrn6uic
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/144
104
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude><nowiki />
— Mais, nigaud, la Nanette peut pas êt’ta femme, pisqu’al est ta gnèce… C’est défendu, ça, d’se marier avec sa gnèce…
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
À l’entrée de la métairie, Jacques Blanchet, en
grande tenue, habillé d’un habit gros bleu orné
de boutons de cuivre, qui avait servi à plusieurs
générations de Blanchet, par rang de primogéniture, rasé de frais, les boucles d’oreilles en or luisantes, recevait avec des exclamations enthousiastes les invités de marque, et les autres avec de cordiales poignées de main
On se réunissait pour le départ.
Depuis longtemps, le grand Pierre de Bourgeonnière, le marié, était prêt. Mais ces femmes n’en finissent jamais d’épingler leurs affiquets. La mariée était encore entre les mains de quatre ou cinq filles rougeaudes qui piquaient des épingles sur ses jupes claires ou dans ses cheveux en lançant des fusées de rires sonores.
Le four chauffait sans relâche depuis huit jours, en vue du festin {{Corr|gargantuatesque|gargantuesque}} qui allait suivre. Dans les coins étaient empilés des gâ-<noinclude>
<references/></noinclude>
ri4j8h8bvbk3sw3up9io01bo0bpa9s2
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/109
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>étant vieux. Nous accepterons donc, sous toutes
réserves seulement, la classification en ''trois manières'',
généralement admise pour Wagner comme
elle l’est pour Beethoven, Rossini, Verdi, et nous
rangerons, avec la plupart des critiques, dans
une première catégorie les essais du début, quelques
opéras non représentés, diverses ouvertures
ou compositions symphoniques et ''Rienzi'' ; dans
une seconde, ''le Vaisseau fantôme'', ''Tannhäuser''
et ''Lohengrin'' ; dans une troisième enfin, ''Tristan''
''et Iseult'', ''les Maîtres chanteurs'', ''la Tétralogie'' et
''Parsifal''. À la fin de ce volume, une étude d’ensemble
caractérisera le plus complètement et le
plus exactement possible la réforme tentée par
Wagner. Mais il nous faut dès maintenant, pour
la clarté de notre travail, indiquer les traits essentiels
de cette réforme, et, avant de suivre l’artiste
dans la voie nouvelle où il nous entraîne avec
lui, jeter un coup d’œil en arrière, et mesurer le
chemin déjà parcouru.
''Rienzi'', nous l’avons dit, est le seul grand
ouvrage dramatique où Wagner se soit plié avec
docilité aux exigences de la mode. De bonne
heure il comprit qu’à vouloir marcher sur les
traces et comme dans les pas mêmes des grands
maîtres, il ne s’avancerait pas aussi loin, et
que le meilleur moyen pour les égaler était<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/14
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|INTRODUCTION.}}|{{rom|XIII}}}}</noinclude>que, la seule Église de {{sc|Jésus-Christ}} : en
montrant ainsi dans son sein, la présence et
l’action de l’esprit de {{sc|Dieu}}, qui toujours
l’anime et la dirige. C’est ce qui a paru
avec éclat dans plusieurs des premiers colons
de la Nouvelle France. Leur piété touchante, leur charité mutuelle et généreuse,
leur courage à toute épreuve, leur patience
et leur douceur dans les horribles tourments
qu’ils endurèrent pour la foi, les égalèrent
aux chrétiens de l’Église primitive ; et tous
ces traits admirables de vertu, fourniraient
la matière d’un ouvrage considérable.
Nous nous bornons, dans celui-ci, à raconter
la vie d’une Vierge Chrétienne, qui par
l’héroïsme de sa ferveur, a donné à l’Église
Catholique, une nouvelle preuve de sa misgion
divine dans ces contrées.
Mademoiselle Le Ber, c’est le nom de
cette héroïne, fille d’un des premiers colons
qui s’étaient dévoués par motif de religion
à l’établissement de Ville-Marie, renouvela<noinclude>
<references/></noinclude>
0ic80kircfhf90l3aid808vmdqy7tu2
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/29
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>mon nom roturier s’allie parfaitement avec ma nouvelle
profession, et personne ne demande pourquoi
M. Maurice Robert vend de la passementerie.
— Il n’en est pas moins vrai que tu as fort mauvaise
grâce dans ton nouveau métier, et {{Mlle}} de Carvel
n’y figurerait pas mieux que toi, je te le jure.
— Puisque tu me parles d’elle, Frédéric, veux-tu
que nous en causions ?
— Tant qu’il te plaira.
— Tu l’aimes, n’est-il pas vrai ?
— Certainement je l’aime ; pourquoi pas ? tu
l’aimes bien, toi.
— C’est justement à cela que je faisais allusion ;
nous sommes de singuliers rivaux !
— C’est que nous ne pouvons jamais cesser d’être
amis.
— Écoute-moi donc, et tu verras ensuite ce que
tu auras à faire. Si nous n’étions pas ce que nous
sommes l’un pour l’autre, je te dirais : Chacun pour
soi et Dieu pour tous ! Mais nous avons couru les
mêmes périls, habité la même tente, nous ne nous
sommes pas quittés depuis les bancs du collège, où
tu as appris ce que je ne sais pas. Ton cœur est
plein de tendresse et de dévouement, tu aimes {{Mlle}} de
Carvel, et cependant si tu la perdais, tu t’en consolerais
avec tes livres, tes vieilles médailles et tes
statues. Moi j’ai placé dans cette jeune fille tout ce
que j’ai d’amour dans l’âme, tout ce que j’ai d’espé-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>mon nom roturier s’allie parfaitement avec ma nouvelle
profession, et personne ne demande pourquoi
M. Maurice Robert vend de la passementerie.
— Il n’en est pas moins vrai que tu as fort mauvaise
grâce dans ton nouveau métier, et {{Mlle|de Carvel}}
n’y figurerait pas mieux que toi, je te le jure.
— Puisque tu me parles d’elle, Frédéric, veux-tu
que nous en causions ?
— Tant qu’il te plaira.
— Tu l’aimes, n’est-il pas vrai ?
— Certainement je l’aime ; pourquoi pas ? tu
l’aimes bien, toi.
— C’est justement à cela que je faisais allusion ;
nous sommes de singuliers rivaux !
— C’est que nous ne pouvons jamais cesser d’être
amis.
— Écoute-moi donc, et tu verras ensuite ce que
tu auras à faire. Si nous n’étions pas ce que nous
sommes l’un pour l’autre, je te dirais : Chacun pour
soi et Dieu pour tous ! Mais nous avons couru les
mêmes périls, habité la même tente, nous ne nous
sommes pas quittés depuis les bancs du collège, où
tu as appris ce que je ne sais pas. Ton cœur est
plein de tendresse et de dévouement, tu aimes {{Mlle|de Carvel}},
et cependant si tu la perdais, tu t’en consolerais
avec tes livres, tes vieilles médailles et tes
statues. Moi j’ai placé dans cette jeune fille tout ce
que j’ai d’amour dans l’âme, tout ce que j’ai d’espé-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/15
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{romii|XII}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>dans ce pays, où elle avait pris naissance,
la ferveur des solitaires de l’Église des
premiers temps. Pendant trente-cinq ans,
elle vécut séparée du monde, et pratiqua un
genre de vie, que les forces naturelles ne
pouvaient soutenir si longtemps, sans miracle.
Aussi, aucune des sectes qui se sont séparées
de l’Église Catholique, n’a jamais produit,
et ne produira jamais rien de pareil.
Le fait de la réclusion de {{Mlle|Le Ber}}, dont
le souvenir s’est perpétué jusqu’à ce jour,
avec la vénération pour sa personne, est
de notoriété publique dans tout le Canada.
Il est attesté encore aujourd’hui par un
certain nombre de monuments contemporains,
publics et autographes : nous parlons d’actes
de Donations, de Fondations et autres,
conservés au greffe de cette cité, passés par
les notaires publics, à l’entrée même de la
cellule de cette sainte recluse, et signés de
sa propre main.<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T14:12:30Z
Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XIV}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>dans ce pays, où elle avait pris naissance,
la ferveur des solitaires de l’Église des
premiers temps. Pendant trente-cinq ans,
elle vécut séparée du monde, et pratiqua un
genre de vie, que les forces naturelles ne
pouvaient soutenir si longtemps, sans miracle.
Aussi, aucune des sectes qui se sont séparées
de l’Église Catholique, n’a jamais produit,
et ne produira jamais rien de pareil.
Le fait de la réclusion de {{Mlle|Le Ber}}, dont
le souvenir s’est perpétué jusqu’à ce jour,
avec la vénération pour sa personne, est
de notoriété publique dans tout le Canada.
Il est attesté encore aujourd’hui par un
certain nombre de monuments contemporains,
publics et autographes : nous parlons d’actes
de Donations, de Fondations et autres,
conservés au greffe de cette cité, passés par
les notaires publics, à l’entrée même de la
cellule de cette sainte recluse, et signés de
sa propre main.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/110
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>de faire, non pas comme eux, mais autrement
qu’eux.
Avec ''le Vaisseau fantôme'' les velléités de
réforme se montrent, mais vaguement encore.
Ensembles et soli n’échappent pas à la coupe
traditionnelle, et la plupart des morceaux se
rattachent à des types connus. Pourtant la ballade
de Senta trahit déjà la personnalité du
compositeur, et la façon dont le thème caractéristique
du capitaine circule au travers de cet
ouvrage ne laisse pas que d’être digne d’attention.
''Tannhäuser'' marque un pas en avant. Sans
doute les diverses parties de l’œuvre gardent les
dénominations d’usage, mais ces titres peuvent
sembler trompeurs, car la belle relation du pèlerinage
à Rome, par exemple, qualifiée d’''air'',
demeure en fin de compte un récitatif, où une
déclamation très serrée s’allie, avec un rare
bonheur, aux combinaisons expressives de l’orchestre
qui le soutient. De même l’enchaînement
des divers numéros entre eux mérite une mention.
Les soudures sont moins grossières : qu’on
se rappelle en effet l’heureuse transition du
Vénusberg à la forêt de Wartburg, et, dans le
dernier acte, après le récit de Tannhäuser, l’apparition
de Vénus qui justifie le trio ; qu’on se<noinclude>
<references/></noinclude>
6k0435d90l3lvvmw9xo4c7ji0ffp9wd
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/145
104
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>teaux, des galettes, des brioches de toutes
formes, dont la vue amenait un gourmand sourire sur les lèvres des paysans nouveaux venus.
Ils humaient l’air, ces goinfres, en faisant claquer leur langue d’attendrissement. Et les ivrognes se sentaient émus en regardant au plafond
les files de saucisses, les chapelets de harengs et
d’oignons, tous les ingrédients connus pour augmenter la soif.
Au milieu de ces choses, la cuisinière en chef,
la mère Pavite, se démenait comme un général
dans une bataille, assistée de M. Pavit, qui prenait de forts acomptes sur les beuveries futures. C’était, en effet, une véritable bataille qu’il s’agissait de livrer aux sérieux appétits des convives.
La noce n’était pas des plus nombreuses : elle ne
comprenait guère qu’une centaine de personnes,
mais des mieux taillées pour le boire et le manger et d’ailleurs, Jacques Blanchet avait ordonné de ne rien épargner.
Dans la cour où pour la circonstance, on avait réuni par tas la ''patouille'', les musiciens, le pantalon retroussé, attendaient l’ordre du départ, en lançant quelques notes en sourdine.
Presque tout le monde était arrive. M. Fulde,
en se faisant excuser, avait annoncé qu’il vien-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/146
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>drait le soir pour dîner ; mais en revanche, on
avait le fils du régisseur, un ''monsieur'', qu’on
avait mis, afin de lui faire honneur avec madame
Perrotin, la femme de l’épicier de Couleuvre.
Nanette, toute rose de ses efforts pour serrer
les lacets, fière de son beau voile blanc qui faisait
tant d’envieuses, vint prendre le bras de son
père. Le marié s’efforçait d’avoir l’air à son aise,
dans sa veste noire qui le gênait aux entournures.
Rapidement, les demoiselles et les garçons
d’honneur distribuaient les gens par couples,
d’après un classement fait d’avance dans leur
mémoire et, quelque soin qu’on prit de contenter
tout le monde, à côté des sourires de gens
charmés d’avoir une jolie fille, d’autres, tombés
sur un laideron, dissimulaient mal une grimace
de désappointement.
Jacques Blanchet vit qu’il était grandement temps de partir si on voulait arriver à l’heure.
― Ohé ! les gas, cria-t-il aux garçons d’honneur. Rangez-vous et filons.
Les musiciens préparèrent leurs instruments. Par toutes les ouvertures de la métairie, des gens se précipitaient au galop pour prendre place à travers la cour boueuse, les hommes relevant<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/30
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>rance dans l’avenir, Je ne vivrais pas sans elle, ou
du moins je vivrais malheureux.
— Alors, mon cher Maurice, je vais partir et tu
seras libre de l’épouser.
— Non pas ; ce n’est point là ce que je veux.
{{Mlle|de Carvel}} a le droit de choisir son mari. Nous
nous présenterons ensemble et franchement. Nos
fortunes sont égales, nous n’avons rien. Nos positions
se ressemblent. Il s’agit donc de savoir lequel
de nous deux aura le bonheur de lui plaire, et nous
ne pourrons l’apprendre que d’elle seule. Dès aujourd’hui
parle à sa mère. Je te laisse l’avantage de
l’initiative. Si tu es accepté, ce sera moi qui quitterai
Lyon sur-le-champ ; si on te refuse, j’aurai peut-être
meilleure chance. Dans tous les cas, Frédéric,
il faut nous donner ici notre parole d’honneur de
nous soumettre sans murmurer à l’arrêt prononcé
par elle, et de ne pas oublier l’amitié que nous nous
sommes jurée depuis l’enfance, quand même l’un de
nous deux détruirait le bonheur de l’autre.
— Je te promets, mon cher Maurice, que rien
au monde n’y portera atteinte. Maintenant, veux-tu
savoir mon opinion sur tout ceci ?
— Sans doute.
— C’est qu’on nous refusera tous les deux. Tout
savant que je suis, j’y vois clair avec ma vue basse
et mes distractions. {{Mlle|de Carvel}} aime quelqu’un,
je ne sais qui ; mais il m’est démontré que l’état<noinclude>
<references/></noinclude>
5guxjpfdiez2zimm6lbw3ufephkf0j9
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/147
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2026-05-08T14:17:19Z
Guillaumelandry
58234
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>le bas de leurs pantalons et les femmes leurs
jupes. Des blouses bleues recouvraient les vêtements noirs de formes fantaisistes, où l’imagination de Roudot le tailleur s’était donnée carrière.
Les gamins, bizarrement fagotés de vêtements qui avaient servi à leurs parents, imitaient les sons criards de la vielle : ''Rin-gue-din-gnin, gue-din-gnin, gue-din-gnin''.
Enfin, l’on partit. La noce défila bruyamment.
Debout, près de la barrière, Toinon le Vrat se
tenait, effroyablement pâle sous ses guenilles. De
ses gros yeux ronds effarés, rougis par les
larmes, il regardait passer la Nanette et la foule
bigarrée des noceux et laissait échapper de douloureux grognements.
Il était hideux. La mariée le vit en passant :
― Vas-tu t’en aller ! cria-t-elle… Va à la maison, on te donnera à manger…
Mais le pauvre n’avait pas faim. Il la contemplait douloureusement, ne sachant où mettre les mains, honteux comme un chien grondé par son maître.
Les gens de la noce, ahuris, regardaient ce
monstre, que plusieurs ne connaissaient pas.
Quelques-uns riaient. Des femmes poussaient<noinclude>
<references/></noinclude>
3xbikh24teim2plfhn8j9pjeltonjgw
Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/111
104
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>rappelle enfin avec quelle ingéniosité se marient,
au deuxième tableau, la chanson du pâtre et le
chœur des pèlerins.
Avec ''Lohengrin'' les tendances nouvelles s’accusent
mieux encore. Plus de division par morceaux.
Le musicien semble avouer par là qu’il
ne veut déjà plus reconnaître où finit le récitatif
et où l’air commence. Il a recours à des appellations
moins précises. L’acte se décompose en un
certain nombre d’épisodes, par exemple l’accusation,
le rêve d’Elsa, le combat, etc., et chacun
d’eux prend le nom de ''scène''. Nous touchons à la
mélodie continue, sans la tenir encore pourtant,
car en maintes places, la distinction est évidemment
factice, et, pour satisfaire les habitudes
de leurs compatriotes, les éditeurs français
de ''Lohengrin'' n’ont pas eu trop de peine à reconstruire
une table analytique d’après les procédés
d’usage. Si l’on ne rencontre plus de romances
proprement dites, les soli de forme strictement
mélodique ne font pas défaut. Les duos, il est
vrai, ne sont pas tous également concertants ;
dans celui du dernier acte même, les voix ne
sonnent jamais ensemble. En revanche celui
d’Ortrude et d’Elsa reste conforme aux traditions
dramatiques et vocales. Toute trace de ballet a
disparu ; mais on salue encore au passage, comme<noinclude>
<references/></noinclude>
ioh2bprqs0zco5apncmtm1mv3v9aswc
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/16
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|INTRODUCTION.}}|{{rom|XV}}}}</noinclude><nowiki />
Il est aussi rapporté par plusieurs écrivains
du temps, comme un prodige admiré
de tout le monde ; entre autres par la Mère
Juchereau, dans son ''Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec'' ; par la Sœur Morin, dans ses
''Annales de l’Hôtel-Dieu de Ville-Marie'' ; par
la Sœur Bourgeoys, dans ses ''Mémoires'' ; par
{{M.|de}} Belmont, dans la ''Vie'' qu’il a composée
de cette sainte recluse ; par {{M.|{{lié|de Bacqueville}}}} de la Potherie, dans son ''Histoire de l’Amérique Septentrionale'' ; et nous citerons
ici les paroles de ce dernier, comme pour servir d’introduction à la vie de {{Mlle|Le Ber}} :
{{««|Je ne puis passer sous silence un trait
de vertu, tout-à-fait extraordinaire, d’une
Demoiselle, qui fait son séjour dans la
maison des filles de la Congrégation de
Notre-Dame.}}
{{««|Mademoiselle Le Ber, fille du plus riche
commerçant du Canada, ayant mené une
vie extrêmement retirée, dans la maison
de son père, crut que {{sc|Dieu}} demandait|d}}<noinclude>
<references/></noinclude>
30elfn9y1ez1hylmj8zve901m94fwr6
Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/12
104
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JLTB34
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude><nowiki/>
{{T3|CONSERVES|m=1em}}
La fabrication des conserves est encore trop peu pratiquée dans les ménages.
On ignore généralement qu’il est aisé de faire soi-même des conserves alimentaires, sans pour cela acheter un coûteux matériel.
On peut conserver, par le procédé Appert, toutes sortes d’aliments : poissons, viandes, légumes, fruits, de même que certains plats cuisinés à l’avance.
Ce procédé consiste à aseptiser, par l’ébullition, l’air qui se trouve dans les boîtes, bocaux ou flacons, dont on
se sert.
Pour cela, on devra se munir d’un bouilleur spécial ou, à défaut, d’un grand récipient à couvercle hermétique, allant sur le feu, avec un panier métallique s’adaptant parfaitement à l’intérieur de ce récipient.
Plusieurs maisons fabriquent ce petit matériel.
On n’indiquera ici que des méthodes de conservation usuelles, et seulement du procédé Appert, et de son application à des conserves très faciles à faire.
{{interligne|1em}}
{{T4|I. Œufs.|m=1em}}
{{sc|Premier procédé}}. — Choisissez-les bien frais, et pour vous en assurer, plongez-les dans l’eau froide, un par un, dans un récipient quelconque ; ne prenez que ceux qui restent au fond de l’eau, couchés. Vous les rangerez dans
des petits barils défoncés d’un bout, la pointe en bas, et en ayant soin de ne pas les choquer.
Recouvrez-les complétement avec de l’eau dans laquelle vous aurez fait dissoudre pendant trois jours de la chaux vive (1 {{abr|kil.|kilo}} pour 10 {{nec|litres}}), et que vous aurez ensuite décantée.
{{sc|Deuxième procédé}}. — Rangez les œufs comme il est dit ci-dessus, dans les barils, et recouvrez-les d’une saumure cuite et bien froide à 25 pour 100, c’est-à-dire dans la proportion de 250 grammes de sel pour un litre d’eau.
Sur le liquide, ajoutez ensuite une couche d’huile d’un centimètre d’épaisseur.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
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{{T3|CONSERVES|m=1em}}
La fabrication des conserves est encore trop peu pratiquée dans les ménages.
On ignore généralement qu’il est aisé de faire soi-même des conserves alimentaires, sans pour cela acheter un coûteux matériel.
On peut conserver, par le procédé Appert, toutes sortes d’aliments : poissons, viandes, légumes, fruits, de même que certains plats cuisinés à l’avance.
Ce procédé consiste à aseptiser, par l’ébullition, l’air qui se trouve dans les boîtes, bocaux ou flacons, dont on
se sert.
Pour cela, on devra se munir d’un bouilleur spécial ou, à défaut, d’un grand récipient à couvercle hermétique, allant sur le feu, avec un panier métallique s’adaptant parfaitement à l’intérieur de ce récipient.
Plusieurs maisons fabriquent ce petit matériel.
On n’indiquera ici que des méthodes de conservation usuelles, et seulement du procédé Appert, et de son application à des conserves très faciles à faire.
{{interligne|1em}}
{{T4|1. Œufs.|m=1em}}
{{sc|Premier procédé}}. — Choisissez-les bien frais, et pour vous en assurer, plongez-les dans l’eau froide, un par un, dans un récipient quelconque ; ne prenez que ceux qui restent au fond de l’eau, couchés. Vous les rangerez dans
des petits barils défoncés d’un bout, la pointe en bas, et en ayant soin de ne pas les choquer.
Recouvrez-les complétement avec de l’eau dans laquelle vous aurez fait dissoudre pendant trois jours de la chaux vive (1 {{abr|kil.|kilo}} pour 10 {{nec|litres}}), et que vous aurez ensuite décantée.
{{sc|Deuxième procédé}}. — Rangez les œufs comme il est dit ci-dessus, dans les barils, et recouvrez-les d’une saumure cuite et bien froide à 25 pour 100, c’est-à-dire dans la proportion de 250 grammes de sel pour un litre d’eau.
Sur le liquide, ajoutez ensuite une couche d’huile d’un centimètre d’épaisseur.<noinclude>
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text/x-wiki
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{{T3|CONSERVES|m=1em}}
La fabrication des conserves est encore trop peu pratiquée dans les ménages.
On ignore généralement qu’il est aisé de faire soi-même des conserves alimentaires, sans pour cela acheter un coûteux matériel.
On peut conserver, par le procédé Appert, toutes sortes d’aliments : poissons, viandes, légumes, fruits, de même que certains plats cuisinés à l’avance.
Ce procédé consiste à aseptiser, par l’ébullition, l’air qui se trouve dans les boîtes, bocaux ou flacons, dont on
se sert.
Pour cela, on devra se munir d’un bouilleur spécial ou, à défaut, d’un grand récipient à couvercle hermétique, allant sur le feu, avec un panier métallique s’adaptant parfaitement à l’intérieur de ce récipient.
Plusieurs maisons fabriquent ce petit matériel.
On n’indiquera ici que des méthodes de conservation usuelles, et seulement du procédé Appert, et de son application à des conserves très faciles à faire.
{{interligne|1em}}
1. '''''Œufs.'''''
{{sc|Premier procédé}}. — Choisissez-les bien frais, et pour vous en assurer, plongez-les dans l’eau froide, un par un, dans un récipient quelconque ; ne prenez que ceux qui restent au fond de l’eau, couchés. Vous les rangerez dans
des petits barils défoncés d’un bout, la pointe en bas, et en ayant soin de ne pas les choquer.
Recouvrez-les complétement avec de l’eau dans laquelle vous aurez fait dissoudre pendant trois jours de la chaux vive (1 {{abr|kil.|kilo}} pour 10 {{nec|litres}}), et que vous aurez ensuite décantée.
{{sc|Deuxième procédé}}. — Rangez les œufs comme il est dit ci-dessus, dans les barils, et recouvrez-les d’une saumure cuite et bien froide à 25 pour 100, c’est-à-dire dans la proportion de 250 grammes de sel pour un litre d’eau.
Sur le liquide, ajoutez ensuite une couche d’huile d’un centimètre d’épaisseur.<noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/148
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>des exclamations d’horreur. Un méchant crapaud prit même une pierre pour la lui jeter. Mais Noiraud, qui jusque-là s’était tenu immobile aux côtés du porcher, montra les dents en grondant sourdement.
L’animal, seul, défendait Toinon le Vrat.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
Étrangement pittoresque, la longue série se
déroulait sur le chemin de traverse cahoteux qui
mène au village, promenant sur les vertes perspectives des bois et des prés, les taches bleues des blouses et les couleurs crument voyantes des
robes et des jupons d’indienne.
À droite et à gauche dans les prés, des bœufs au pacage relevaient leurs têtes pensives, puis, après avoir un instant considéré ces choses inusitées, se remettaient à paître en poussant parfois un plaintif mugissement. Les oiselets effrayés s’enfuyaient à tire d’aile, taisant leurs sifflements devant la brutale concurrence des musiciens. En tête, conduisant la bande, tous les trois s’escrimaient avec énergie : Philippe Ringuedin tournait la manivelle de sa vielle d’un mouvement saccadé et tapait du pied pour se donner la me-<noinclude>
<references/></noinclude>
fo0m2b9hpcxrv4gl2gd5uw2wawph1gh
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/17
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XVI}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>{{««|d’elle un plus grand recueillement ; elle
se retira pour cet effet, il y a sept ou huit
ans, chez les filles de la Congrégation.
Elle a un petit appartement où elle est
enfermée de murailles, n’ayant communication
que par une fenêtre qui donne dans
la chapelle. On lui apporte à manger
par une ouverture, qui est à la porte de
sa chambre. Cette fille est gouvernée
par {{M.|Séguenot}}, ecclésiastique de St.
Sulpice. Le genre de vie qu’elle mène,
ne consiste point (exclusivement) dans
l’Oraison Mentale, elle y emploie cependant
plusieurs heures par jour : elle s’occupe,
tout le reste du temps, à des ouvrages,
dont elle fait présent aux communautés.
Elle couche sur la dure, elle ne
voit que son directeur, et son père une
ou deux fois l’année. Elle a cependant
l’esprit fort aisé, et fort docile ; elle s’est
fait dans cette solitude un nouveau tempérament.|f}}<noinclude>
<references/></noinclude>
3e4lscsbcp98vfw74smki2a5f0hz1ir
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/149
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Guillaumelandry
58234
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>sure ; Pitalier, un artiste amoureux de son art, pressait sur sa poitrine la vessie gonflée de sa musette en promenant les doigts sur les trous,
d’où l’air s’échappait avec de beaux chants
joyeux, et le petit Gondoux, un ancien vielleux
qui avait voulu se mettre au courant des usages
modernes, râclait son crin-crin avec énergie.
Cet ensemble n’était peut-être pas très harmonieux, mais cela marquait le pas, solidement, et Jacques était enchanté de ses musiciens.
Il venait immédiatement derrière, avec Nanette, précédant le grand Pierre, qui donnait le bras à madame Blanchet. Après, suivaient les garçons et demoiselles d’honneur avec les plus proches parents, puis les couples jeunes et,
enfin, un mélange d’enfants et de vieux, clopinclopant.
Du reste, cet ordre de marche ne fut pas
conservé longtemps. D’un bout à l’autre, les
couples joyeux s’interpellaient :
— Ohé ! Mélanie !
— Ohé ! Joseph !
Et l’on courait pour se rattraper. Deux ou trois
fois, on fut obligé d’attendre, pour ne pas perdre
les vieux. La pluie étant tombée les jours précédents, on se crottait ferme. Mais, malgré tout,<noinclude>
<references/></noinclude>
ieob2dkqcb7109encz28ykzyb3lueiv
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/31
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>chancelant de sa santé ne tient pas à autre chose.
Elle se meurt d’amour et de chagrin.
— Hélas ! je n’y ai que trop souvent pensé ! C’est
peut-être toi qu’elle préfère.
— C’est plutôt toi.
— Moi !
— Et pourquoi non ? Que te manque-t-il ?
— Je n’en sais rien ; mais il me manque tout, si
je ne suis pas aimé.
— Pauvre garçon ! Je ne connais guère cette
manière d’aimer. Je finirais par oublier ma flamme
avec Horace ou Tacite.
— Il est sept heures, mon ami, nous arriverons
à temps chez {{Mme|de Carvel}}. Partons. Dans la soirée,
tu trouveras l’occasion de parler à {{Mlle|Amaranthe}} ;
si elle t’autorise à demander sa main, nous ne nous
reverrons de longtemps, jamais sans doute, mais je
t’aimerai toute ma vie.
— Ce solennel adieu m’attendrirait si je n’étais
pas certain qu’il n’aura point de suite. »
En parlant de la sorte, les deux jeunes gens se
dirigeaient vers 1a maison occupée par la famille
de Carvel. À cette époque où la France commençait
à reprendre un peu de confiance dans son gouvernement,
la société se réformait aussi. Toutefois,
en province, les réunions se tenaient encore à
huis clos dans un certain monde. On n’osait pas
attirer l’attention et on se gardait de tout éclat, sur-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>chancelant de sa santé ne tient pas à autre chose.
Elle se meurt d’amour et de chagrin.
— Hélas ! je n’y ai que trop souvent pensé ! C’est
peut-être toi qu’elle préfère.
— C’est plutôt toi.
— Moi !
— Et pourquoi non ? Que te manque-t-il ?
— Je n’en sais rien ; mais il me manque tout, si
je ne suis pas aimé.
— Pauvre garçon ! Je ne connais guère cette
manière d’aimer. Je finirais par oublier ma flamme
avec Horace ou Tacite.
— Il est sept heures, mon ami, nous arriverons
à temps chez {{Mme|de Carvel}}. Partons. Dans la soirée,
tu trouveras l’occasion de parler à {{Mlle|Amaranthe}} ;
si elle t’autorise à demander sa main, nous ne nous
reverrons de longtemps, jamais sans doute, mais je
t’aimerai toute ma vie.
— Ce solennel adieu m’attendrirait si je n’étais
pas certain qu’il n’aura point de suite. »
En parlant de la sorte, les deux jeunes gens se
dirigeaient vers la maison occupée par la famille
de Carvel. À cette époque où la France commençait
à reprendre un peu de confiance dans son gouvernement,
la société se réformait aussi. Toutefois,
en province, les réunions se tenaient encore à
huis clos dans un certain monde. On n’osait pas
attirer l’attention et on se gardait de tout éclat, sur-<noinclude>
<references/></noinclude>
epdosu3emik3i2t6o2podmqdxs0j1eh
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/18
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|INTRODUCTION.}}|{{rom|XVII}}}}</noinclude><nowiki />
La vie de cette admirable solitaire, n’était
pas seulement un témoignage éclatant, que
{{sc|Dieu}} voulut donner à l’Église Catholique.
Dans les desseins de sa Providence, elle
devait être encore comme un flambeau, qui
par la douce clarté de sa lumière, éclairât et
réjouît tous les vrais enfants de cette même
Église. Car {{Mlle|Le Ber}} fut donnée à tous
les fidèles, comme un modèle touchant des
plus pures vertus du Christianisme ; et par
les exemples de ferveur qu’elle offrit, surtout
aux jeunes personnes, elle en détermina
plusieurs à se consacrer sans partage au
service de {{sc|Dieu}}, et un plus grand nombre,
à se vouer, dans le monde, à la pratique
de la vie parfaite.
Nous ajouterons, que l’histoire de sa vie,
offre à toutes les familles vraiment chrétiennes,
des exemples admirables de vertu, bien
dignes de leur imitation. Dans la famille
Le Ber, on trouvera une parfaite copie de
la Sainte Famille, Jésus, Marie, et Joseph,<noinclude>
<references/></noinclude>
cmagexphe44wbe7vqgd4npe6l7y9jj2
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/150
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2026-05-08T14:23:36Z
Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>c’était une belle journée. Dans les rangs, on liait
connaissance en causant des moissons passées,
des moissons futures et des foires, un sujet de conversation inépuisable.
Le Grand Pierre, un beau gas, fièrement découplé, marchait avec impatience. Ces formalités l’ennuyaient et il avait hâte d’être au soir. Nanette, au contraire, était dans la plénitude de son bonheur d’épousée. Déjà, elle avait surpris
quelques-uns des regards d’envie lancés sur elle par ses compagnes. D’autres succès l’attendaient sans doute à Couleuvre.
On arrivait. On apercevait sur la gauche la fabrique de porcelaine avec ses grands fours noirs. Blanchet fit arrêter pour remettre un peu d’ordre dans la tenue. Les blouses furent enlevées et pliées sous le bras, les pantalons rabattus. Il s’agissait de faire une entrée soignée dans le village : ils sont si mauvaises langues, ces gens de Couleuvre !
Tout le monde s’était précipité sur le pas de portes pour voir. On chuchotait en se montrant les gens, on échangeait des remarques et de sourires.
La noce passait, grave et digne. C’est à peine si,<noinclude>
<references/></noinclude>
858z6ctm88mwwwnfqpeabb1aix9xgu2
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/19
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2026-05-08T14:24:45Z
Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XVIII}} |{{all-sc|INTRODUCTION.}}}}</noinclude>que les premiers colons de la Nouvelle
France, avaient tant à cœur d’imiter. Non
seulement les enfants auront dans {{Mlle|Le
Ber}}, un modèle aussi aimable que touchant
d’une très sainte conduite ; mais les pères
et les mères y verront un modèle parfait de
la leur, dans l’heureuse alliance que Monsieur
et Madame Le Ber surent faire, de
l’affection la plus vive et la plus sincère
pour leurs enfants, avec la fidélité qu’ils
devaient à {{sc|Dieu}}, le premier de tous les
pères.
Cette vie sera divisée en quatre livres.
Dans le premier, on exposera la conduite
de {{Mlle|Le Ber}}, depuis son enfance jusqu’à
sa sortie du pensionnat ; et ici, on la proposera
pour modèle de perfection, à toutes
les jeunes pensionnaires. Le deuxième,
comprendra tout le temps qui s’écoula,
depuis la fin de son éducation jusqu’à son
entrée à la Congrégation, en qualité de
recluse ; ici, elle offrira à toutes les jeunes<noinclude>
<references/></noinclude>
qrom4c30lfi6q47rbktdh611wvbdopb
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/151
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>de temps à autre, un salut était échangé avec les gens du bourg.
Dans la salle du Conseil, monsieur le maire, une
écharpe tricolore ceignant son ventre énorme
attendait.
Ce fut vite fait.
À l’église, la cérémonie dura plus longtemps. Pourtant, peu d’hommes étaient entrés. C’est bon pour les femmes, ces singeries-là. En attendant, on allait prendre un verre au café !…
Là-bas, dans l’oubliette de la vieille tour, Toinon le Vrat rugissait de souffrance, en mordant le foin de sa litière misérable.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
Maintenant que les formalités étaient finies, la
seule, la vraie noce des invités allait commencer.
Dans la métairie, régnait une activité sans
pareille. La mère Pavite, rouge comme un coq,
se surpassait.
Des tables improvisées, formées de planches et recouvertes de draps grossiers aux places d’honneur, reposaient sur des pieds d’occasion et rem-<noinclude>
<references/></noinclude>
oy5ywozo2lul7n0if4vi0qa79hw79y5
Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/19
104
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Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude><nowiki/>
{{interligne|4em}}
{{T3|Potage stomachique.|3}}
{{interligne|2em}}
Pelez deux grosses pommes de
terre.
Mettez-les dans un litre d'eau salée.
Lorsque l'eau bout, ajoutez des
feuilles de radis hachées menu.
Versez le potage sur de minces
tranches de pain. Ajoutez gros comme
une noisette de beurre.<noinclude>
<references/></noinclude>
dubki87dtc14eopsw17bfi21o97ino4
15779120
15779119
2026-05-08T14:25:35Z
Clhu
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude><nowiki/>
{{interligne|4em}}
{{T3|Potage stomachique.|3}}
{{interligne|2em}}
Pelez deux grosses pommes de
terre.
Mettez-les dans un litre d’eau salée.
Lorsque l’eau bout, ajoutez des
feuilles de radis hachées menu.
Versez le potage sur de minces
tranches de pain. Ajoutez gros comme
une noisette de beurre.<noinclude>
<references/></noinclude>
36c0z8eg0566hyqhbbdvjnejml78ylx
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/32
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>tout dans les familles qui avaient souffert de la révolution.
Le salon de {{Mme|de Carvel}} rassemblait les
débris de la société lyonnaise, ce qui avait échappé
aux massacres du siège et à l’émigration. Les deux
jeunes gens trouvèrent une douzaine de personnes
autour d’une table de reversis. {{Mlle|de Carvel}}, assise
près de la fenêtre, travaillait à un ouvrage de femme
et semblait étrangère à ce qui l’entourait.
Après les premiers compliments, Maurice dit à
Frédéric :
« Le moment est favorable ; elle est seule. Va.
Un peu de courage.
— Allons ! tu le veux ? j’en aurai. »
Amaranthe était une charmante fille de vingt-quatre
ans. Son beau visage avait une expression
fière et douce tout à la fois. Sa taille haute et bien
prise, excessive délicatesse de ses extrémités, la
rendaient un type parfait de distinction et d’élégance.
Ses cheveux, relevés à la grecque, selon la
mode du temps, encadraient admirablement sa tête.
Elle portait un costume très-simple, et s’enveloppait
d’une espèce de mante noire qu’elle ne quittait
jamais, à cause de son état de souffrance. Pâle et frêle
comme une fleur d’hiver, elle inspirait une sorte
de pitié tendre et un respect involontaire. Son caractère
et son esprit se ressentaient de ses dispositions
physiques, et peut-être aussi d’un chagrin secret,
dont les racines étaient cachées dans son cœur.<noinclude>
<references/></noinclude>
b17tjkzt0v17sxwk6l7s4ef9qk87zga
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/152
104
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2026-05-08T14:26:28Z
Guillaumelandry
58234
/* Corrigée */
15779123
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>plissaient toutes les chambres. Les lits, accotés
dans les coins, servaient de porte-manteaux ou,
protégés par des plateaux, jouaient le rôle de
dressoirs. Trois pièces de vin, achetées pour la
circonstance, étaient en chantier.
La grande boustifaille commença.
Autour des tables, cent paysans bâfraient sans
relâche, engloutissant les litres de piquette et les
ragouts aux sauces bizarres, les poulets et les
oies, puis les galettes, après quoi recommençait
le défilé des ragouts et des légumes. Dans cette
bombance énorme, on ripaillait à ventre déboutonné pour se rattraper des longues semaines de déjeuners faits d’eau claire, de pain bis et lard. Les mariés et leurs parents donnaient l’exemple d’un appétit sérieux. Vers les bouts de
table réservés aux bouviers s’établissaient des paris stupéfiants : manger sans boire, un litre de haricots secs, avaler douze verres d’absinthe pendant que l’horloge sonnerait minuit, etc.
Après quatre heures de mastication continue,
pendant lesquelles on s’était empiffré sans trop de
bavardages, il fallut enfin s’arrêter. Alors les
convives, les coudes sur la table, se mirent à causer de leurs affaires, se gueulant dans les<noinclude>
<references/></noinclude>
b0gw1tnvs9qvv1c53f2rxqnlptfooy5
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/20
104
4870576
15779125
2026-05-08T14:26:44Z
Denis Gagne52
101614
/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|INTRODUCTION.}}|{{rom|XIX}}}}</noinclude>personnes qui veulent se sanctifier dans le
monde, le modèle d’une vie parfaite.
Le troisième fera connaître sa dévotion
envers {{sc|Jésus-Christ}} au Très-Saint
Sacrement, et les pratiques par lesquelles elle
lui témoignait son amour. Le quatrième,
enfin, sa dévotion envers la Très-Sainte
Vierge, et le récit de sa sainte mort. Dans
ces deux derniers livres, elle pourra servir
de modèle d’une vertu vraiment magnanime
à toutes les Religieuses et en général
à tous les états.
Nous prions la bonté divine, qui a donné
autrefois tant d’efficacité aux exemples de
vertu de cette admirable Vierge, de bénir
cet ouvrage, et de bénir aussi tous ceux
qui le liront. Puisse le récit d’une vie si
sainte, produire encore dans les cœurs des
effets signalés de grâce, les détacher de
plus en plus des créatures, et d’eux-mêmes,
et les unir parfaitement à {{sc|Dieu}} !<noinclude>
<references/></noinclude>
cjwc8zz8p7jp5i2n5qlj9jkplvf9x6w
Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/13
104
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2026-05-08T14:27:05Z
JLTB34
21327
/* Corrigée */
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude><nowiki/>
{{sc|Troisième procédé}}. — Faites fondre de la gomme arabique, dans la proportion de 300 grammes de gomme pour un litre d’eau. Trempez-y les œufs ; rangez-les ensuite dans des caisses, en les recouvrant entièrement avec du charbon de bois en poudre.
{{séparateur|5|m=1em}}
Pour employer les œufs conservés, faites-les tremper
quelques minutes dans l’eau froide, et lavez-les bien.
{{T4|2. Beurre.|m=1em}}
{{sc|Premier procédé}} (''mi-sel''). Lavez et malaxez bien le beurre, pour l’épurer complètement du petit-lait ou de
l’eau qu’il peut contenir. Pétrissez-le ensuite avec 350 grammes de sel raffiné par 10 kilogrammes.
Mettez alors le beurre dans des pots de grès, en le tassant pour qu’il ne reste aucun vide.
Recouvrez les pots avec une mousseline placée sur chacun, à plat sur le beurre, et un peu de saumure (eau bouillie, salée jusqu’à saturation, et décantée).
{{sc|Deuxième procédé}} (''salé''). Même préparation que ci-dessus, en mettant de 500 grammes à 1 kilogramme de
sel fin par 10 kilogrammes de beurre. Ou encore (méthode hollandaise), sel et salpêtre par parties égales ; soit 500 grammes de sel et 500 grammes de salpêtre pour 10 kilogrammes.
{{sc|Troisième procédé}} (''fondu''). Faites fondre le beurre au bain-marie ; laissez-le bouillir sans l’écumer, jusqu’à ce qu’il soit bien clair (il faut de deux à trois heures pour arriver à ce résultat).
Passez ensuite le beurre, au linge fin, dans des pots de grès. Lorsqu’il est froid, recouvrez-le d’une mince couche de sel fin ; fermez les vases avec du papier ; ficelez-les et mettez-les dans un lieu frais.
{{T4|3. Cornichons.|m=1em}}
Prenez-les de même grosseur et fraîchement cueillis.
Essuyez-les un par un, assez fortement. Saupoudrez-les de sel fin.
Ce sel fondra et fera sortir l’eau que les cornichons ont en excès.
Essuyez-les de nouveau et mettez-les en<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T14:46:13Z
JLTB34
21327
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude><nowiki/>
{{sc|Troisième procédé}}. — Faites fondre de la gomme arabique, dans la proportion de 300 grammes de gomme pour un litre d’eau. Trempez-y les œufs ; rangez-les ensuite dans des caisses, en les recouvrant entièrement avec du charbon de bois en poudre.
{{séparateur|4|m=0.5em}}
Pour employer les œufs conservés, faites-les tremper
quelques minutes dans l’eau froide, et lavez-les bien.
2. '''''Beurre.'''''
{{sc|Premier procédé}} (''mi-sel''). — Lavez et malaxez bien le beurre, pour l’épurer complètement du petit-lait ou de
l’eau qu’il peut contenir. Pétrissez-le ensuite avec 350 grammes de sel raffiné par 10 kilogrammes.
Mettez alors le beurre dans des pots de grès, en le tassant pour qu’il ne reste aucun vide.
Recouvrez les pots avec une mousseline placée sur chacun, à plat sur le beurre, et un peu de saumure (eau bouillie, salée jusqu’à saturation, et décantée).
{{sc|Deuxième procédé}} (''salé''). — Même préparation que ci-dessus, en mettant de 500 grammes à 1 kilogramme de
sel fin par 10 kilogrammes de beurre. Ou encore (méthode hollandaise), sel et salpêtre par parties égales ; soit 500 grammes de sel et 500 grammes de salpêtre pour 10 kilogrammes.
{{sc|Troisième procédé}} (''fondu''). — Faites fondre le beurre au bain-marie ; laissez-le bouillir sans l’écumer, jusqu’à ce qu’il soit bien clair (il faut de deux à trois heures pour arriver à ce résultat).
Passez ensuite le beurre, au linge fin, dans des pots de grès. Lorsqu’il est froid, recouvrez-le d’une mince couche de sel fin ; fermez les vases avec du papier ; ficelez-les et mettez-les dans un lieu frais.
3. '''''Cornichons.'''''
Prenez-les de même grosseur et fraîchement cueillis.
Essuyez-les un par un, assez fortement. Saupoudrez-les de sel fin.
Ce sel fondra et fera sortir l’eau que les cornichons ont en excès.
Essuyez-les de nouveau et mettez-les en<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/20
104
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2026-05-08T14:27:36Z
Clhu
102880
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Clhu" /></noinclude>Ce potage est bon au goût et favorable à l'estomac.
{{centré|Cuisson 1 heure.}}
{{table|titre=Pommes de terre|page=05 cent.}}
{{table|titre=Beurre|page=05 —}}
{{séparateur|3|align=right}}
{{table|titre= |page=10 cent.|nodots}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/153
104
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15779130
2026-05-08T14:27:55Z
Guillaumelandry
58234
/* Corrigée */
15779130
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>oreilles, par habitude du silence des champs,
puis, de temps à autre, scandant les phrases avec
un coup de vin qui complétait leur ivresse.
Les jeunes, eux, voulaient danser. Un bal fut
organisé dans la grange, à la lueur de deux lanternes fumeuses, soigneusement fermées à cause du foin inflammable. L’orchestre se tenait sur
des cuves couvertes d’un plancher. Nanette et le
Grand Pierre ouvrirent la danse par une bourrée
solennelle, ou l’on fit sauter des vieux à la mode
ancienne et des vieilles coiffées du chapeau bourbonnais.
De leurs gros souliers ferrés, les paysans battaient rudement l’aire en argile durcie. Les filles, mettant autour de leur taille un mouchoir, pour
empêcher la sueur des mains de tacher les robes, tournaient lourdement aux bras vigoureux des laboureurs, sautaient aux accords rythmés de l’orchestre. La boue apportée du dehors formait une épaisse couche où s’engluaient les chaussures. Dans leur enthousiasme, les uns dansaient la valse et les autres la ''sotiche''. Mais on était content tout de même. Le mouvement suffisait, et les roses figures des filles s’enluminaient, tandis que les garçons, tapant du pied, s’encourageaient
en poussant des cris sauvages.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/154
104
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2026-05-08T14:30:08Z
Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude><nowiki />
– Ohé ! les gas.
De temps à autre, ceux qui étaient trop fatigués, rentraient dans les salles à manger pour « se refaire un brin ».
M. Fulde vint trinquer, selon sa promesse, avec les mariés. La Nanette l’embrassa et aussi le Grand Pierre, très gauchement, puis les Blanchet. Au moment où allait venir le tour des proches parents, M. Fulde, trouvant ses métayers trop expansifs, prononça quelques paroles bien senties et se retira.
Ses cochers anglais étaient parmi les invités.
L’un d’eux, s’accompagnant d’une sorte d’accordéon, chantait dans sa langue des chansons mal-propres, entremêlées d’injures à l’adresse des auditeurs. Ils riaient à se tordre, se trouvant très facétieux, se gaussant de la bêtise des paysans
qui, sans rien comprendre, admiraient de bonne foi, pour leur faire plaisir.
On commençait à être passablement gris. Un gamin essaya de détacher la jarretière de la mariée, par dessous la table. On distribua aussitôt
aux invités des faveurs tricolores, ''les rubans'', que chaque femme épingla à la boutonnière de son cavalier.
Dans les coins, des vieux, très saouls, chanton-<noinclude>
<references/></noinclude>
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15779133
15779132
2026-05-08T14:30:19Z
Guillaumelandry
58234
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proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude><nowiki />
— Ohé ! les gas.
De temps à autre, ceux qui étaient trop fatigués, rentraient dans les salles à manger pour « se refaire un brin ».
M. Fulde vint trinquer, selon sa promesse, avec les mariés. La Nanette l’embrassa et aussi le Grand Pierre, très gauchement, puis les Blanchet. Au moment où allait venir le tour des proches parents, M. Fulde, trouvant ses métayers trop expansifs, prononça quelques paroles bien senties et se retira.
Ses cochers anglais étaient parmi les invités.
L’un d’eux, s’accompagnant d’une sorte d’accordéon, chantait dans sa langue des chansons mal-propres, entremêlées d’injures à l’adresse des auditeurs. Ils riaient à se tordre, se trouvant très facétieux, se gaussant de la bêtise des paysans
qui, sans rien comprendre, admiraient de bonne foi, pour leur faire plaisir.
On commençait à être passablement gris. Un gamin essaya de détacher la jarretière de la mariée, par dessous la table. On distribua aussitôt
aux invités des faveurs tricolores, ''les rubans'', que chaque femme épingla à la boutonnière de son cavalier.
Dans les coins, des vieux, très saouls, chanton-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:100 façons de préparer des plats bon marché - 1909.pdf/2
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2026-05-08T14:30:57Z
Clhu
102880
/* Sans texte */
15779134
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="0" user="Clhu" /></noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/14
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15779135
2026-05-08T14:31:22Z
JLTB34
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/* Corrigée */
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>bocal, avec petits oignons, échalotes, quelques piments et une branche d’estragon.
Recouvrez de vinaigre blanc. Fermez le bocal avec du papier.
{{T4|4. Confit d’oie.|m=1em}}
Découpez à cru les ailes, les cuisses et la poitrine d’une oie, soit cinq morceaux.
Retirez-en la majeure partie des os.
Mettez les morceaux dans de la saumure cuite à 20 pour 100 de sel, pendant huit heures ; lavez-les et laissez-les sécher. Faites-les cuire à la poêle, lentement, dans du saindoux en abondance.
Retirez-les ensuite, pour les mettre dans des pots, et recouvrez-les complètement avec le saindoux de la cuisson, tiède.
{{T4|5. Sauce de tomate.|m=1em}}
{{sc|Premier procédé.}} — Choisissez des tomates bien mures : débarrassez-les de leurs pédoncules, et mettez-les dans une bassine, sur le feu, avec 200 grammes de sel, 100 grammes d’oignons et une feuille de laurier, par 10 kilogrammes de tomates.
Faites cuire longuement et doucement : passez ensuite au tamis ou à la passoire fine, et remettez la pulpe à cuire, jusqu’à épaisseur voulue.
Remplissez-en alors des demi-bouteilles à champagne. Laissez refroidir ; bouchez ; ficelez les bouchons, solidement. Placez les bouteilles, enveloppées de paillons, dans un grand récipient à fermeture hermétique allant sur le feu ; recouvrez-les d’eau froide.
Faites bouillir pendant quarante minutes.
Retirez les bouteilles et laissez-les refroidir, debout.
Vous les placerez ensuite, couchées, au frais.
{{sc|Deuxième procédé}} (''à cru''). Passez les tomates bien mures, à cru, au tamis.
Faites égoutter la purée sur des linges, pour la débarrasser de toute l’eau de végétation.
Mélangez-y 2 grammes d’acide sulfureux par litre.
Embouteillez-la, sans sel, ni aucun autre condiment.
Bouchez les bouteilles et placez-les debout, au frais.
{{T4|6. Oseille en purée.|m=1em}}
L’oseille étant bien triée et lavée plusieurs fois à grande eau, faites-la fondre doucement dans une bassine, sur le<noinclude>
<references/></noinclude>
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2026-05-08T14:47:29Z
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>bocal, avec petits oignons, échalotes, quelques piments et une branche d’estragon.
Recouvrez de vinaigre blanc. Fermez le bocal avec du papier.
4. '''''Confit d’oie.'''''
Découpez à cru les ailes, les cuisses et la poitrine d’une oie, soit cinq morceaux.
Retirez-en la majeure partie des os.
Mettez les morceaux dans de la saumure cuite à 20 pour 100 de sel, pendant huit heures ; lavez-les et laissez-les sécher. Faites-les cuire à la poêle, lentement, dans du saindoux en abondance.
Retirez-les ensuite, pour les mettre dans des pots, et recouvrez-les complètement avec le saindoux de la cuisson, tiède.
5. '''''Sauce de tomate.'''''
{{sc|Premier procédé.}} — Choisissez des tomates bien mures : débarrassez-les de leurs pédoncules, et mettez-les dans une bassine, sur le feu, avec 200 grammes de sel, 100 grammes d’oignons et une feuille de laurier, par 10 kilogrammes de tomates.
Faites cuire longuement et doucement : passez ensuite au tamis ou à la passoire fine, et remettez la pulpe à cuire, jusqu’à épaisseur voulue.
Remplissez-en alors des demi-bouteilles à champagne. Laissez refroidir ; bouchez ; ficelez les bouchons, solidement. Placez les bouteilles, enveloppées de paillons, dans un grand récipient à fermeture hermétique allant sur le feu ; recouvrez-les d’eau froide.
Faites bouillir pendant quarante minutes.
Retirez les bouteilles et laissez-les refroidir, debout.
Vous les placerez ensuite, couchées, au frais.
{{sc|Deuxième procédé}} (''à cru''). — Passez les tomates bien mures, à cru, au tamis.
Faites égoutter la purée sur des linges, pour la débarrasser de toute l’eau de végétation.
Mélangez-y 2 grammes d’acide sulfureux par litre.
Embouteillez-la, sans sel, ni aucun autre condiment.
Bouchez les bouteilles et placez-les debout, au frais.
6. '''''Oseille en purée.'''''
L’oseille étant bien triée et lavée plusieurs fois à grande eau, faites-la fondre doucement dans une bassine, sur le<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/155
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2026-05-08T14:32:19Z
Guillaumelandry
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15779137
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>naient à mi-voix des refrains antiques : la note sentimentale :
:
{{c|<poem>Ma mie a’ m’a douné
Des rubins, des rubines…</poem>|fs=90%}}
Ou la ritournelle des corporations :
{{c|Si j’étais boulangé… é… é…|fs=90%}}
D’autres tenaient des raisonnements à n’en
plus finir, sans écouter leurs voisins. Un laboureur à cheveux blancs, tout ratatiné, s’était levé et, les yeux mélancoliquement fixés sur une botte
d’oignons suspendue au plafond, il chantait la complainte du ''Juif-Errant'', alignant d’interminables couplets. De temps à autre, son compère
disait :
— Très bien ! avec un sourire idiot.
Quand le premier eut enfin terminé et se
fut assis bour boire, le second entonna à
son tour la complainte de « M. de Marcellange, traîtreusement assassiné par l’infâme Jacques Besson, à l’instigation des dames de Chamblas… »
Un dégourdi, qui était allé à Paris, voulut
donner une note plus moderne. On fit silence. Il<noinclude>
<references/></noinclude>
9oow33gahdy6z1thtvhfi36dsfgehti
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/22
104
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2026-05-08T14:34:13Z
Denis Gagne52
101614
/* Corrigée */
15779141
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" /></noinclude><nowiki />
{{t2|{{t|APPROBATION|80}} <br><!--
-->{{t|DE|60}} <br><!--
-->{{sc|Mgr.}} L’ÉVÊQUE DE MONTRÉAL.|fs=130%|ws=4px}}
{{—|3|m=1em}}
Nous soussigné, Évêque de Montréal, avons vu
arriver, avec bonheur, le moment marqué par la
divine Providence, pour révéler, au monde étonné,
des vertus qui paraissaient devoir demeurer
cachées dans l’enceinte d’une pauvre cellule,
jusqu’au grand jour des manifestations. Car nous
sommes intimement convaincu que la ''Vie de l’Héroïne'', que vient de publier un Auteur bien connu
par ses autres excellents ouvrages, va réjouir tous
les cœurs religieux de notre catholique Canada.
Tous, en effet, y trouveront un grand sujet
d’admiration, en voyant tant d’héroiques vertus,
pratiquées dans un coin obscur de notre Cité ; et
ils seront par là puissamment encouragés à remplir
très-fidèlement, au moins tous les devoirs de la vie
commune, à la vue d’une fille de bonne famille,
qui a pu faire, pour se sanctifier davantage, tant
de pénibles sacrifices.
Mais il en est d’autres, pour qui cette ''Vie'' admirable sera d’un puissant secours, pour arriver à la
haute perfection de la vie contemplative, vie qui
n’est connue maintenant, dans notre jeune pays,
que par la lecture des livres qui en traitent, ou<noinclude>
<references/></noinclude>
64edi9o1q23pt4czn9xq6zz5346zy1y
Page:Hocquart - Petit dictionnaire de la langue française, 1831.pdf/239
104
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15779142
2026-05-08T14:34:25Z
Poslovitch
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/* Corrigée */
15779142
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Poslovitch" />{{nr||LÉ{{em|12}}LÉG|229}}</noinclude><section begin="Latte"/><nowiki/>
Latte, s. f. pièce de bois long, morceau
étroit et mince.
<section end="Latte"/>
<section begin="Latter"/>Latter, v. a. garnir de lattes.
<section end="Latter"/>
<section begin="Lattis"/>Lattis, s. m. arrangement de lattes.
<section end="Lattis"/>
<section begin="Laudanum"/>Laudanum, s. m. (''om'') préparation
narcotique.
<section end="Laudanum"/>
<section begin="Laudes"/>Laudes, s. f. pl. offices après matines.
<section end="Laudes"/>
<section begin="Lauréat"/>Lauréat, a. ''et'' s. m. (poëte) couronné.
<section end="Lauréat"/>
<section begin="Lauréole"/>Lauréole, s. f. plante.
<section end="Lauréole"/>
<section begin="Laurier"/>Laurier, s. m. arbre toujours vert ;
symbole du triomphe.
<section end="Laurier"/>
<section begin="Lavabo"/>Lavabo, s. m. petit linge d’autel ;
meuble de toilette.
<section end="Lavabo"/>
<section begin="Lavage"/>Lavage, s. m. act. de laver ; breuvage
aqueux ; opération métallurgique.
<section end="Lavage"/>
<section begin="Lavanche"/>Lavanche, s. f. ''V.'' avalanche.
<section end="Lavanche"/>
<section begin="Lavande, Lavatère"/>Lavande, Lavatère, s. f. plantes.
<section end="Lavande, Lavatère"/>
<section begin="Lavandier"/>Lavandier, s. m. off. blanchisseur du Roi.
<section end="Lavandier"/>
<section begin="Lavandière"/>Lavandière, s. f. blanchisseuse.
<section end="Lavandière"/>
<section begin="Lavasse"/>Lavasse, s. f. averse ; mauvaise boisson.
<section end="Lavasse"/>
<section begin="Lave"/>Lave, s. f. matière fondue des volcans.
<section end="Lave"/>
<section begin="Lavement"/>Lavement, s. m. action de laver. ''v.''
clystère.
<section end="Lavement"/>
<section begin="Laver"/>Laver, v. a. n. ''et'' pr. nettoyer avec un
liquide ; ''— un dessin'', l’ombrer à
l’encre de la Chine. ''fig.'' justifier.
<section end="Laver"/>
<section begin="Lavette"/>Lavette, s. f. chiffon pour laver.
<section end="Lavette"/>
<section begin="Laveur, Laveuse"/>Laveur, se, s. qui lave.
<section end="Laveur, Laveuse"/>
<section begin="Lavis"/>Lavis, s. m. man. de laver un dessin ;
sorte de gravure.
<section end="Lavis"/>
<section begin="Lavoir"/>Lavoir, s. m. lieu, machine pour laver.
<section end="Lavoir"/>
<section begin="Lavure"/>Lavure, s. f. eau qui a lavé.
<section end="Lavure"/>
<section begin="Laxatif, Laxative"/>Laxatif, ve, a. qui lâche le ventre.
<section end="Laxatif, Laxative"/>
<section begin="Layer"/>Layer, v. a. tracer une laie.
<section end="Layer"/>
<section begin="Layetier"/>Layetier, s. m. qui fait des caisses.
<section end="Layetier"/>
<section begin="Layette"/>Layette, s. f. coffret ; tiroir ; maillot.
<section end="Layette"/>
<section begin="Layeur"/>Layeur, s. m. qui laye.
<section end="Layeur"/>
<section begin="Lazarret"/>Lazarret, s. m. lieu pour faire quarantaine.
<section end="Lazarret"/>
<section begin="Lazzi"/>Lazzi, s. m. i. jeu muet et facétieux
de comédien.
<section end="Lazzi"/>
<section begin="Le, La, Les"/>Le, La, Les, art. et pron. relatifs.
<section end="Le, La, Les"/>
<section begin="Lé"/>Lé, s. m. largeur d’étoffe.
<section end="Lé"/>
<section begin="Léans"/>Léans, ad. là-dedans. ''v.''
<section end="Léans"/>
<section begin="Lèche"/>Lèche, s. f. tranche mince.
<section end="Lèche"/>
<section begin="Lèchefrite"/>Lèchefrite, s. f. ust. de cuisine.
<section end="Lèchefrite"/>
<section begin="Lécher"/>Lécher, v. a. passer la langue sur.
<section end="Lécher"/>
<section begin="Leçon"/>Leçon, s. f. instruction ; chose à apprendre ;
réprimande.
<section end="Leçon"/>
<section begin="Lecteur, Lectrice"/>Lecteur, ''—trice''. s. qui lit. m. professeur ;
un des 4 ordres mineurs.
<section end="Lecteur, Lectrice"/>
<section begin="Lectisternes"/>Lectisternes, s. m. pl. festins. ''ant.''
<section end="Lectisternes"/>
<section begin="Lecture"/>Lecture, s. f. action de lire ; étude.
<section end="Lecture"/>
<section begin="Lécythe"/>Lécythe, s. m. grosse bouteille. ''ant.''
<section end="Lécythe"/>
<section begin="Lède, Ledum"/>Lède ou Ledum, s. m. plante.
<section end="Lède, Ledum"/>
<section begin="Légal"/>Légal, a. selon la loi.
<section end="Légal"/>
<section begin="Légalement"/>Légalement, ad. d’une man. légale.
<section end="Légalement"/>
<section begin="Légalisation"/>Légalisation, s. f. certification d’acte.
<section end="Légalisation"/>
<section begin="Légaliser"/>Légaliser, v. a. rendre authentique.
<section end="Légaliser"/>
<section begin="Légat"/>Légat, s. m. envoyé du pape.
''Légat à latere'' (''éré''), légat extraordinaire.
<section end="Légat"/>
<section begin="Légataire"/>Légataire, s. à qui on fait un legs.
<section end="Légataire"/>
<section begin="Légation"/>Légation, s. f. charge de légat.
<section end="Légation"/>
<section begin="Légatoire"/>Légatoire, a. gouverné par lieutenance.
''ant.''
<section end="Légatoire"/>
<section begin="Lége"/>Lége, a. (navire) sans leste.
<section end="Lége"/>
<section begin="Légendaire"/>Légendaire, s. m. auteur de légende.
<section end="Légendaire"/>
<section begin="Légende"/>Légende, s. f. vie des saints ; liste ;
inscription autour d’une médaille.
<section end="Légende"/>
<section begin="Léger"/>Léger, a. qui pèse peu ; agile. ''fig.'' volage.
''À la légère'', ad. légèrement.
<section end="Léger"/>
<section begin="Légèrement"/>Légèrement, ad. avec légèreté.
<section end="Légèrement"/>
<section begin="Légèreté"/>Légèreté, s. f. qualité de ce qui est
léger.
<section end="Légèreté"/>
<section begin="Légion"/>Légion, s. f. corps militaire ; troupe.
''— d’honneur'', ordre civil et militaire.
Au ''fig.'' grand nombre.
<section end="Légion"/>
<section begin="Légionnaire"/>Légionnaire, s. m. (soldat) de légion.
<section end="Légionnaire"/>
<section begin="Législateur, Législatrice"/>Législateur, trice, s. qui fait des lois.
<section end="Législateur, Législatrice"/>
<section begin="Législatif, Législative"/>Législatif, ve, a. (pouvoir, faculté)
de faire les lois.
<section end="Législatif, Législative"/>
<section begin="Législation"/>Législation, s. f. droit de faire les lois.
<section end="Législation"/>
<section begin="Législature"/>Législature, s. f. corps législatif.
<section end="Législature"/>
<section begin="Légiste"/>Légiste, s. m. jurisconsulte.
<section end="Légiste"/>
<section begin="Légitimation"/>Légitimation, s. f. act. de légitimer.<section end="Légitimation"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/156
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Guillaumelandry
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<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>chanta la complainte de « Berezowski », le Polonais qui a tiré sur Sa Majesté l’Empereur de Russie. Le coupable raconte comment il a acheté le pistolet :
{{c|<poem>Même que m’dit l’arquebusier
Faut pas qu’vous en abusiez…</poem>|fs=90%}}
Berezowski se défend d’avoir des complices :
{{c|<poem>Je n’en ai pas, mossieu Rouher
Non, dussiez-vous me rouer…</poem>|fs=90%}}
Un second interrogatoire a moins de succès encore :
{{c|<poem>Possédez-vous des complices ?
Dit l’minist’ avec douceur
L’aut’ lui répond : Et ta sœur ?
''(Lugubrement.)''
Sans respect pour la justice…</poem>|fs=90%}}
On applaudit avec fureur.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
Vers minuit, Nanette fatiguée d’avoir dansé,
partit à pied avec le Grand Pierre pour aller,
selon la coutume, passer sa nuit de noces à Bour-<noinclude>
<references/></noinclude>
kkhwo5vsc2ibcwrm9cuf13yh6yr3bet
Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/15
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>feu, sans y mettre d’eau, en remuant constamment avec une cuiller de bois ou une spatule.
Retirez-la ; faites-la égoutter sur un tamis jusqu’à ce que toute l’eau soit disparue.
Passez-la, ensuite, au tamis, et remettez la purée à cuire, jusqu’à consistance épaisse.
Versez-la dans de petits pots en grès ; laissez refroidir ; couvrez chaque pot avec de la graisse fondue.
{{T4|7. Haricots verts.|m=1em}}
Prenez des haricots très frais et de même grosseur. Effilez-les. Blanchissez-les, c’est-à-dire placez-les dans le panier métallique, et immergez-les ainsi dans l’eau bouillante pendant cinq minutes.
Retirez le panier pour le plonger aussitôt dans l’eau froide, courante de préférence.
Égouttez les haricots ; rangez-les dans les flacons à conserves à fermeture hermétique.
Recouvrez-les avec une solution ainsi préparée à l’avance : 400 grammes de sel fondu dans un litre d’eau bouillante, puis mélangée avec vingt litres d’eau froide et filtrée.
Bouchez les flacons ; mettez-les debout, dans le panier métallique, et celui-ci dans le bouilleur rempli d’eau froide, sur le feu.
Faites bouillir pendant une heure et demie.
Retirez les flacons comme cela a été fait pour la sauce de tomate.
{{T4|8. Petits pois.|m=1em}}
{{sc|Premier procédé}}. — Choisissez les pois frais cueillis ; écossez-les et blanchissez-les aussitôt, pendant sept ou huit minutes. Rafraîchissez-les ; égouttez-les ; mettez-les en flacons et cuisez-les, comme il est dit pour les haricots verts.
{{sc|Deuxième procédé}}. — Vous pouvez préparer les petits pois, prêts à être servis sur la table, avec petits oignons, laitue, beurre, sel et sucre.
Enflaconnez à froid, et suivez la même méthode que précédemment, pour ébullitionner.
{{T4|9. Fonds d’artichauts.|m=1em}}
Vers le mois d’août, époque où les artichauts commencent à fleurir, vous achèterez ce légume à très bon {{tiret|mar|ché}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>feu, sans y mettre d’eau, en remuant constamment avec une cuiller de bois ou une spatule.
Retirez-la ; faites-la égoutter sur un tamis jusqu’à ce que toute l’eau soit disparue.
Passez-la, ensuite, au tamis, et remettez la purée à cuire, jusqu’à consistance épaisse.
Versez-la dans de petits pots en grès ; laissez refroidir ; couvrez chaque pot avec de la graisse fondue.
7. '''''Haricots verts.'''''
Prenez des haricots très frais et de même grosseur. Effilez-les. Blanchissez-les, c’est-à-dire placez-les dans le panier métallique, et immergez-les ainsi dans l’eau bouillante pendant cinq minutes.
Retirez le panier pour le plonger aussitôt dans l’eau froide, courante de préférence.
Égouttez les haricots ; rangez-les dans les flacons à conserves à fermeture hermétique.
Recouvrez-les avec une solution ainsi préparée à l’avance : 400 grammes de sel fondu dans un litre d’eau bouillante, puis mélangée avec vingt litres d’eau froide et filtrée.
Bouchez les flacons ; mettez-les debout, dans le panier métallique, et celui-ci dans le bouilleur rempli d’eau froide, sur le feu.
Faites bouillir pendant une heure et demie.
Retirez les flacons comme cela a été fait pour la sauce de tomate.
8. '''''Petits pois.'''''
{{sc|Premier procédé}}. — Choisissez les pois frais cueillis ; écossez-les et blanchissez-les aussitôt, pendant sept ou huit minutes. Rafraîchissez-les ; égouttez-les ; mettez-les en flacons et cuisez-les, comme il est dit pour les haricots verts.
{{sc|Deuxième procédé}}. — Vous pouvez préparer les petits pois, prêts à être servis sur la table, avec petits oignons, laitue, beurre, sel et sucre.
Enflaconnez à froid, et suivez la même méthode que précédemment, pour ébullitionner.
9. '''''Fonds d’artichauts.'''''
Vers le mois d’août, époque où les artichauts commencent à fleurir, vous achèterez ce légume à très bon {{tiret|mar|ché}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/157
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>geonnière. Le sentier le plus direct, à travers
champs, longeait les ruines du Château. Au moment où les mariés passaient devant la tour délabrée, au bruit d’un baiser, une masse noire dégringola le long des murailles et s’avança vers eux en grognant. Le Grand Pierre se mit sur la
défensive. Mais Nanette avait reconnu Toinon.
— C’est le Vrat, dit-elle.
Et, mécontente d’avoir été surprise, elle gourmanda l’idiot, aigrement :
— Va te coucher.
Auprès du pauvre être, Noiraud découvrant ses
crocs blancs, grondait contre le mari de Nanette,
sans écouter les paroles apaisantes de la jeune
femme.
Les mariés se remirent en marche.
Quand ils furent passés, Toinon regagna son
bouge, caressant machinalement la tête de Noiraud, qui lui léchait les mains.
Toinon ressentait un désespoir immense, affreux. Puisque la Nanette ne pouvait pas être sa femme, puisqu’il ne restait plus rien des paroles
d’autrefois, à quoi bon continuer de vivre ? Non
seulement elle ne l’aimait plus, mais elle partait
avec un autre et elle lui avait dit de dures choses.
Elle était méchante, maintenant, si méchante<noinclude>
<references/></noinclude>
mjqr5qq7i4ukz31hiej4puh3a7pcdhl
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/158
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>que le bon Noiraud grondait contre elle… Se coucher ?… Maintenant, il ne pouvait plus dormir. Tout son bonheur était perdu. Décidément, autant valait se tuer. La femme de Jacques disait souvent qu’après, on se retrouvait là-haut. La
Nanette serait peut-être son épousée, alors.
De grosses larmes roulaient sur le visage ridiculement contracté de Toinon.
Tout à coup, il se leva, enfermant Noiraud
après l’avoir embrassé sur son museau fidèle. Un
à un, il fit sortir les gorets des oubliettes voisines, les gros et les nourrins, les caressant doucement, répondant à leurs cris ahuris par de
petits grognements qui les rassuraient. Il les
mit tous en liberté, jusqu’à la vieille truie et ses
huit petits cochons roses qui se sauvèrent la
queue en trompette, ouvrant leurs yeux éveillés.
Toinon monta sur la grande tour et s’accroupit
silencieusement, regardant pendant quelques
minutes la métairie blanche noyée dans le clair
de lune, puis les porcs qui se dispersaient, tachant la prairie des masses noires de leurs corps. De là, le Vrat voyait tout ce qui avait fait sa vie
et peut-être avait-il ce moment de lucidité plus
grande qui précède la mort imminente ?
Bientôt, le pauvre Toinon le Vrat descendit,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/23
104
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XXII}} |{{all-sc|APPROBATION.}}|}}</noinclude>par les relations des personnes qui ont vu de leurs,
yeux, comment elle se pratique ailleurs.
Cet ineffable attrait pour la contemplation qui
va jusqu’à consumer et réduire en langueur certaines
âmes, se communiquera à d’autres, au moyen
de la vie contemplative de notre héroine, appelée
qu’elle est maintenant, attirer à la suite du céleste
Époux, des âmes très-parfaites, après avoir
fait l’admiration des Anges, dans son étroite
cellule, pendant tant d’années.
Oui, nous sommes vraiment convaincu, que la
''Vie de l’Héroïne Chrétienne du Canada'', dont
nous recommandons instamment la lecture, à
toutes les âmes pieuses de ce Diocèse, donnera lieu
de faire éclater l’amour pour la vie contemplative,
resté jusqu’ici comme comprimé dans plusieurs
cœurs, qui ne soupirent qu’après les plus pénibles
sacrifices. Si leurs généreux sentiments sont restés
cachés jusqu’à ce jour, c’est qu’il ne s’offrait point
encore de carrière religieuse pour ces sortes de
victimes d’expiation. Mais {{sc|Dieu}}, dans le secret
de ses communications intimes, a eu soin de les
préparer lui-même, à cet esprit d’immolation, pour
en faire des hosties vivantes, qui satisfassent aux
droits de sa justice, afin d’exercer par là sa miséricorde
sur les plus grands pécheurs.
Car, il n’en faut pas douter : les âmes contemplatives
sont nécessaires au monde ; il périrait dans<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/159
104
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>prit une pierre au bas de la tour et marcha d’un pas ferme vers le ruisseau qui murmure à cent pas de là. Il chercha un trou un peu profond et, debout sur le bord, il se laissa tomber en frappant fortement la pierre des deux mains, contre
sa tempe.
{{interligne|1em}}
{{astérisme|150%}}
{{interligne|1em}}
Depuis deux jours et deux nuits durait la noce
au domaine de Blanc-Fossé et l’interminable procession entre le bal et les salles à manger. Les musiciens, maintenant, se relayaient. Plusieurs
convives n’avaient pas quitté la table d’une semelle, dormant dessus lorsqu’ils étaient fatigués.
Les jeunes, quand ils voulaient se reposer un
instant, sur le matin, grimpaient aux échelles,
et garçons et filles se couchaient pêle-mêle sur
le foin aux senteurs capiteuses, au risque de
passer au travers des grosses branches servant
de poutres et de tomber sur la tête des vaches
qui broyaient au-dessous, monotonement, leur
nourriture. Parfois, les danseurs entendaient là-haut, de petits cris, suivis de rires bruyants.
La mère Pavite n’avait pas quitté ses fourneaux, envoyant toujours de nouveaux plats, de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/16
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>{{tiret2|mar|ché}}. Débarrassés de leurs feuilles, en les taillant correctement tout autour du fond, et de leur foin intérieur, en raclant avec le manche d’une cuiller en fer, ils vous feront un plat d’hiver avantageux et apprécié.
Mettez les fonds dans l’eau légèrement vinaigrée, au fur et à mesure que vous les préparez.
Faites-les cuire pendant dix minutes avec cinq litres d’eau, vingt centilitres d’huile, une poignée de sel, une cuillerée de vinaigre d’alcool, thym et laurier.
Laissez-les refroidir dans cette cuisson.
Enflaconnez ensuite ; recouvrez-les avec la cuisson ; mettez les flacons à l’ébullition pendant trente minutes.
{{T4|10. Cèpes. Champignons.|m=1em}}
Prenez des cèpes frais et bien fermes.
Coupez les pieds et les têtes des plus gros, en deux, sur l’épaisseur.
Enfilez-les par le milieu avec une aiguillée de fil solide, en chapelet.
Suspendez les chapelets dans un lieu sec, simplement.
Pour vous servir des cèpes, il conviendra de les faire tremper à l’eau tiède pendant six à huit heures, afin qu’ils reviennent presque à leur volume primitif.
{{T4|11. Prunes. Poires.|m=1em}}
Indépendamment des confitures que vous ferez avec ces fruits, à l’époque où ils sont abondants, conservez-en aussi par dessiccation.
Mettez-les sur des claies, espacés, et étuvez-les, c’est-à-dire passez-les au four à température peu élevée, pendant douze heures.
Pour être parfaite, l’opération doit être renouvelée une seconde fois, le lendemain, en changeant les fruits de place.
{{séparateur|8|m=2em}}
{{T3|ŒUFS|m=1em}}
Pendant une partie de l’année seulement, les œufs constituent une nourriture économique, leur prix atteignant parfois, l’hiver, jusqu’à trente centimes pièce.<noinclude>
<references/></noinclude>
ft5p0szqqufz5djim5504numgxexvim
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>{{tiret2|mar|ché}}. Débarrassés de leurs feuilles, en les taillant correctement tout autour du fond, et de leur foin intérieur, en raclant avec le manche d’une cuiller en fer, ils vous feront un plat d’hiver avantageux et apprécié.
Mettez les fonds dans l’eau légèrement vinaigrée, au fur et à mesure que vous les préparez.
Faites-les cuire pendant dix minutes avec cinq litres d’eau, vingt centilitres d’huile, une poignée de sel, une cuillerée de vinaigre d’alcool, thym et laurier.
Laissez-les refroidir dans cette cuisson.
Enflaconnez ensuite ; recouvrez-les avec la cuisson ; mettez les flacons à l’ébullition pendant trente minutes.
10. '''''Cèpes. Champignons.'''
Prenez des cèpes frais et bien fermes.
Coupez les pieds et les têtes des plus gros, en deux, sur l’épaisseur.
Enfilez-les par le milieu avec une aiguillée de fil solide, en chapelet.
Suspendez les chapelets dans un lieu sec, simplement.
Pour vous servir des cèpes, il conviendra de les faire tremper à l’eau tiède pendant six à huit heures, afin qu’ils reviennent presque à leur volume primitif.
11. '''''Prunes. Poires.'''''
Indépendamment des confitures que vous ferez avec ces fruits, à l’époque où ils sont abondants, conservez-en aussi par dessiccation.
Mettez-les sur des claies, espacés, et étuvez-les, c’est-à-dire passez-les au four à température peu élevée, pendant douze heures.
Pour être parfaite, l’opération doit être renouvelée une seconde fois, le lendemain, en changeant les fruits de place.
{{séparateur|8|m=2em}}
{{T3|ŒUFS|m=1em}}
Pendant une partie de l’année seulement, les œufs constituent une nourriture économique, leur prix atteignant parfois, l’hiver, jusqu’à trente centimes pièce.<noinclude>
<references/></noinclude>
g90t2u3z0wduusx0qydhb8uv7jgs6uk
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/160
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>temps à autre. Au commencement du troisième
jour, les gens ne pouvaient plus se tenir sur leurs
jambes et il ne restait plus de victuailles. Tout
était mangé. Tout était bu.
Ç’avait été une belle noce.
Le moment était venu d’organiser le ''branle de la cuisinière''. Tous les invités, hommes et femmes, vieux et jeunes, se réunirent dans la cour et
se prirent par la main, de manière à former une
chaîne. Dominique, le garçon d’honneur, un rude gas, partit en tête, tenant solidement par le poignet la mère Pavite, qui portait, pendu
derrière le dos, un grand torchon très sale.
On se mit en branle, les trois musiciens jouant
sur les côtés ; Dominique, suivant ses inspira
tions, courait à travers les champs et les prés,
sautant les haies et les fossés, franchissant des
trous d’eau où toute la noce était obligée de le
suivre.
Cette longue bande désordonnée avait l’air
d’une réjouissance de fous. Les femmes, entraînées, mouillées, déchirées, poussaient des cris et les gas, très contents, couraient aussi vite qu’ils
pouvaient. Pour le coup, les Anglais ne riaient plus, ne sachant pas où s’arrêterait cette course échevelée. On dévalait des côtes rapides, on mon-<noinclude>
<references/></noinclude>
jl8cbyzoweesbfb5j98567msciv0p8d
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/33
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
En s’approchant d’elle, Frédéric, embarrassé de
sa contenance, commença par louer sa broderie.
Elle le remercia froidement et sans lever les yeux.
Après ce début peu encourageant la conversation
fut interrompue. {{Mlle|de Carvel}} ne fit aucun effort
pour la continuer et retomba dans sa rêverie.
« Mademoiselle, reprit enfin {{M.|de Servoise}}, j’ai
une grâce à vous demander.
— À moi, monsieur ?
— Oui, mademoiselle, et plus cette grâce est
importante, plus je tremble de la voir refuser.
— Si je puis vous être utile, {{M.|de Servoise}},
j’en serai charmée. Vous êtes un ami de ma famille,
vous avez été malheureux. L’êtes-vous encore, et
m’est-il possible d’y remédier ? Parlez.
— Vous êtes belle, vous êtes bonne, vous avez
mille vertus, je me trouve très-indigne de vous,
mais je vous aime, voulez-vous me {{corr|permetre|permettre}} de vous
demander à vos parents ? »
En entendant ces mots {{Mlle|de Carvel}} pâlit, et
son aiguille trembla entre ses doigts. Elle ne releva
pas la tête d’abord ; ce ne fut que lorsque la première
émotion fut passée, qu’elle regarda Frédéric
pendant quelques instants sans rien dire ; puis elle
essuya une larme qui lui vint aux yeux.
« Vous me faites bien de l’honneur, monsieur,
murmura-t-elle enfin, et ce serait mal reconnaitre
votre franchise que d’en manquer avec vous. Je<noinclude>
<references/></noinclude>
4m8jun8os4vbtizlunyp573vx6zgsn2
Page:Alis - Petite ville, 1886.pdf/161
104
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>tait, on allait au triple galop. Par instants, des
gens tombaient. On les relevait et on continuait.
Un moment, la mère Pavite, lancée à toute vitesse sur un talus de fossé du château, fut lâchée par ses deux voisins et dégringola comme une
boule jusqu’au fond.
Le serpent humain se déroulait vers le ruisseau. C’était une malice du garçon d’honneur qui voulait faire patauger les femmes. Déjà on l’avait traversé deux fois. Tout à coup, Dominique, prêt à sauter, aperçut dans l’eau une masse noire. Il voulut s’arrêter. Mais il n’était plus temps. La
poussée le portait et, son élan n’étant pas pris, il
tomba à plat ventre, entrainant les suivants dans
sa chute.
Toute la noce riait.
Lorsque Dominique parvint enfin à se dégager,
il était blême et montrait du doigt un cadavre
à demi plongé sous l’eau. Un cercle épouvanté se
forma autour du trou. On retira le corps. C’était
Toinon le Vrat. Chacun fit ses observations.
— Ça ne m’étonne pas, dit la Nanette… J’l'avons rencontré hier au soir… Il était saoul…
— I’s sera neyé en voulant boire, ajouta Ringuedin, le vielleux, qui avait de l’expérience.
Tout le monde reconnut qu’il avait raison.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Guillaumelandry
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Guillaumelandry" /></noinclude>tait, on allait au triple galop. Par instants, des
gens tombaient. On les relevait et on continuait.
Un moment, la mère Pavite, lancée à toute vitesse sur un talus de fossé du château, fut lâchée par ses deux voisins et dégringola comme une
boule jusqu’au fond.
Le serpent humain se déroulait vers le ruisseau. C’était une malice du garçon d’honneur qui voulait faire patauger les femmes. Déjà on l’avait traversé deux fois. Tout à coup, Dominique, prêt à sauter, aperçut dans l’eau une masse noire. Il voulut s’arrêter. Mais il n’était plus temps. La
poussée le portait et, son élan n’étant pas pris, il
tomba à plat ventre, entraînant les suivants dans
sa chute.
Toute la noce riait.
Lorsque Dominique parvint enfin à se dégager,
il était blême et montrait du doigt un cadavre
à demi plongé sous l’eau. Un cercle épouvanté se
forma autour du trou. On retira le corps. C’était
Toinon le Vrat. Chacun fit ses observations.
— Ça ne m’étonne pas, dit la Nanette… J’l'avons rencontré hier au soir… Il était saoul…
— I’s sera neyé en voulant boire, ajouta Ringuedin, le vielleux, qui avait de l’expérience.
Tout le monde reconnut qu’il avait raison.<noinclude>
<references/></noinclude>
j9s2lf44is9vp4d1q6zootw9ms1e9b4
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/24
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr| |{{all-sc|APPROBATION.}}|{{rom|XXIII}}}}</noinclude>ses iniquités, s’il n’y avait aux centres des grandes
populations, où les scandales sont malheureusement
si nombreux, des victimes pures qui apaisent la
colère divine, en se sacrifiant pour le salut de
leurs frères.
Si donc nous recommandons si instamment, à
toutes les saintes âmes, la lecture de la ''Vie de {{Mlle|Le Ber}}'', c’est que nous sommes dans la persuasion
qu’elle fera éclore ces vocations sublimes, aujourd’hui
plus nécessaires que jamais, à notre patrie.
Nous voudrions voir ainsi notre cher Canada, à
l’abri des fléaux de la Justice Divine, et préservé
à jamais des malheurs, qui affligent tant d’autres
contrées, autrefois si heureuses, lorsque la religion
y était florissante, et aujourd’hui si désolées, parce
qu’elles sont horriblement travaillées par l’esprit
révolutionnaire qui enfante tant de maux.
Puisse donc cette belle ''Vie'' se répandre de toutes
parts, pour exciter les personnes du monde à bien
remplir les devoirs de leur état, et en même temps
pour faire surgir ces âmes d’élite, dont les ferventes
prières montent nuit et jour au ciel, comme un
encens dont l’agréable odeur réjouira le cœur de
{{sc|Dieu}} et nous le rendra propice et favorable !
{{d|† Ig. Év. de Montréal.|1|sc}}
{{d|Montréal, le jour de la fête de N.-D. de Pitié,}}
{{d|30 Mars 1860.|10}}<noinclude>
<references/></noinclude>
4wpj7i2ktzoqee43842ptk80c8ja9s4
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/34
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>vous remercie mille fois de votre proposition, mais
je ne saurais accepter, car j’ai déjà donné toutes
mes affections. »
{{M.|de Servoise}} s’attendait à cette réponse, cependant
elle lui causa une vive douleur.
« Puissiez-vous être heureuse, mademoiselle,
ajouta-t-il, et s’il m’est interdit d’y contribuer autrement
que par mes vœux, il vous suivront partout, je
vous le jure. »
Il la salua profondément et rejoignit le groupe
auprès de la table.
« Eh bien ? dit Maurice, qui ne le perdait pas
de vue.
— Eh bien ! mon cher, la moitié de ma prédiction
s’est accomplie, je te laisse le soin de la continuer.
— Elle t’a refusé ?
— Tout net !
— Et pour quelle raison ?
— Celle que j’avais devinée : son cœur n’est plus
libre.
— Elle ne t’a pas dit autre chose ?
— Tu comprends à merveille que j’ai eu assez
d’explications comme cela, et que je me suis retiré,
car pour être savant on n’en est pas moins homme.
— Tu es heureux, Frédéric, d’avoir tant d’empire
sur toi-même ! Je te connais assez pour ne pas
douter de tes regrets, et tu trouves encore la force
de plaisanter.<noinclude>
<references/></noinclude>
8ygkcp31ww2u10ndzjynapjj8atnap6
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/35
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
— Il faut de la philosophie en ce monde. J’ai
toujours été malheureux, je le serai toute ma vie.
Je vais me replonger dans mes vieux livre : je ne
les comprends pas toujours, mais cela console. »
Pendant que les deux jeunes gens causaient ainsi
à l’écart, une autre conversation s’était établie dans
un coin du salon, et, sans s’en douter, ils en fournissaient
le sujet.
Maurice Robert était un homme de vingt-cinq ans
environ. Il était de grande taille, d’élégante tournure
et très-beau de visage. Son air était surtout
éminemment distingué et sa physionomie imposante.
Il fallait le remarquer, n’importe où il se trouvât.
Ses manières n’avaient pas la vivacité de la jeunesse :
il était sérieux et réfléchi ; son courage ''tranquille'',
si je puis m’exprimer ainsi, était cité à l’armée, et
on le voyait calme au milieu des balles, comme s’il
eût fait une simple promenade, C’était enfin un de
ces caractères rares, qui tiennent plus qu’ils ne
promettent, sur lesquels on peut compter, parce
qu’ils ne s’engagent que suivant leur puissance. S’ils
ne plaisent pas au premier abord, ils attachent
lorsqu’ils sont appréciés ; ce sont des amis véritables
et dévoués, chose qui devient de plus en plus rare par
le temps qui court.
Frédéric, au contraire, était d’une nature ouverte
et toute en dehors. Franc jusqu’à la brusquerie,
spirituel comme un démon, étourdi comme un<noinclude>
<references/></noinclude>
labjvoc5eg4ty5jw7y17p2h0yi2izrn
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/36
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>écolier, il avait tous les défauts d’un jeune homme
sans expérience, réunis à la science, à l’érudition
d’un vieillard. Il était si facile de le tromper qu’on
n’osait pas en prendre la peine. Sa distraction proverbiale
lui donnait une originalité piquante. Il avait
une finesse charmante de reparties et d’observations
inattendues qui rendaient sa conversation charmante.
Son cœur bon et noble, sa générosité excessive,
le faisaient chérir de tout le monde. Il avait
plus d’amis que Maurice, mais peut-être ne lui
étaient-ils pas aussi dévoués. Des yeux brillants et
spirituels, une jolie taille, de la grâce et du charme
dans les manières en faisaient, sinon un très-bel
homme, du moins un homme fort agréable.
{{M.|de Servoise}} et Maurice n’habitaient Lyon que
depuis leur rentrée de l’émigration, mais ils s’étaient
liés à l’étranger avec le frère d’Amaranthe, qui les
présenta dans sa famille. Ce jour-là un oncle de la
jeune fille, de retour d’un long voyage, et qui ne les
avait pas encore rencontrés, interrogeait son neveu
sur leur compte, ainsi que nous l’avons montré plus
haut, au moment même où Frédéric venait de faire
sa tentative infructueuse auprès de {{Mlle|de Carvel}}.
« Vous avez donc été dans le même régiment que
ces messieurs ? disait l’oncle.
— Oui, très-longtemps.
— De quel pays sont-ils ?
— {{M.|de Servoise}} est d’une famille très-connue<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/37
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>en Languedoc. Son père était lieutenant général et
cordon rouge.
— Et {{M.|Robert}} ?
— Je n’en sais rien,
— Comment ! vous n’en savez rien.
— Non, mon oncle.
— Et vous êtes lié avec lui, et vous l’avez introduit
près de votre mère et de votre sœur ?
— Sans doute, parce que je connais ses nobles
qualités, mais c’est tout ce que je connais de
lui.
— Voila qui est étrange ! Apprenez-moi du moins
ce que vous en savez.
— Servoise a été au collège à Juilly avec Robert,
c’est de lui que je tiens ces détails. En 83, un abbé
parlant à peine français amena un enfant de huit ans
qui n’entendait que l’allemand ; cet enfant, c’était
Maurice. L’abbé paya sa pension pour six années et
plus. Quant au petit garçon, il avait infiniment
d’intelligence ; au bout de six mois il s’expliquait à
merveille en français, et ses camarades lui firent
mille questions. Il raconta qu’il avait habité jusqu’alors
une jolie maison près du Rhin, qu’il ignorait
le nom de ce pays, seulement la maison s’appelait
Wolotheim. L’abbé, la seule personne qui
demeurât près de lui, les domestiques exceptés,
était curé du village et se nommait {{M.|Falmer}}. On
lui avait appris a lire, à écrire, à servir la messe,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>en Languedoc. Son père était lieutenant général et
cordon rouge.
— Et {{M.|Robert}} ?
— Je n’en sais rien,
— Comment ! vous n’en savez rien.
— Non, mon oncle.
— Et vous êtes lié avec lui, et vous l’avez introduit
près de votre mère et de votre sœur ?
— Sans doute, parce que je connais ses nobles
qualités, mais c’est tout ce que je connais de
lui.
— Voilà qui est étrange ! Apprenez-moi du moins
ce que vous en savez.
— Servoise a été au collège à Juilly avec Robert,
c’est de lui que je tiens ces détails. En 83, un abbé
parlant à peine français amena un enfant de huit ans
qui n’entendait que l’allemand ; cet enfant, c’était
Maurice. L’abbé paya sa pension pour six années et
plus. Quant au petit garçon, il avait infiniment
d’intelligence ; au bout de six mois il s’expliquait à
merveille en français, et ses camarades lui firent
mille questions. Il raconta qu’il avait habité jusqu’alors
une jolie maison près du Rhin, qu’il ignorait
le nom de ce pays, seulement la maison s’appelait
Wolotheim. L’abbé, la seule personne qui
demeurât près de lui, les domestiques exceptés,
était curé du village et se nommait {{M.|Falmer}}. On
lui avait appris a lire, à écrire, à servir la messe,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/38
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>à chanter au lutrin, jusqu’au jour où il avait été
conduit à Juilly. Il ne se connaissait pas de parents,
et en effet, jusqu’en 91, qu’il sortit du collège, il
n’avait été visité par qui que ce fût. À cette époque,
un homme, une espèce d’intendant, était venu le
prendre, et Servoise le perdit ensuite de vue. Il le
retrouva à l’émigration en 94.
Ce n’était plus alors un enfant ignorant de son passé
et incertain de son avenir, c’était un ''gentilhomme''
ayant les poches pleines d’or, le cœur noble et fier,
se battant comme un brave et conservant sur ses
égaux une supériorité qu’il ne recherchait point et
qu’on lui accordait involontairement. Ne parlant
jamais do sa famille, mais ne laissant pas en doute
quelle ne fût illustre ; portant enfin son nom de
Maurice Robert comme un grand seigneur incognito
ou un roi déguisé ; il soutenait de ses deniers les
malheureux qui nous entouraient. Lorsqu’il ne lui
resta rien, il établit une boutique d’estampes et
courut les villages en colporteur, escorté de Servoise,
qu’il ''montrait'' par-dessus {{corr|la|le}} marché, disait-il,
dans ses moments d’abstraction scientifique. Ce mystère
piqua notre curiosité à tous ; nous l’interrogions
sans cesse, et il éludait adroitement toutes nos questions.
Un jour je trouvai sur sa table, dans sa petite
chambre, où j’étais entré pour l’attendre, un billet
tout ouvert. Malgré moi, j’y jetai les yeux. Voici ce
qu’il contenait :<noinclude>
<references/></noinclude>
3yvg251la242m7ii73dsyessxvd5mf2
Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/39
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
« Si vous pouvez vous rendre à l’endroit que je
vous ai désigné dans ma dernière lettre, que la
date de votre réponse soit un jour pair ; si cela
vous est impossible, que ce soit un jour impair. »
{{il|1}}
Je fis part de ma découverte à nos amis. Il y eut
une rumeur. Chacun s’écria que c’était un traître,
qu’il conspirait contre l’émigration et qu’il fallait le
dénoncer aux princes. Servoise, présent à cette
scène, le défendit chaudement, se fit fort de l’amener
à une justification et s’engagea personnellement
pour lui. Nous allâmes le trouver ensemble et nous
lui racontâmes ce qui venait de se passer.
« Je veux parler à ces messieurs, nous répondit-il
sans se troubler ; conduisez-moi vers eux. »
Nous n’hésitâmes pas, et nous attendions avec
impatience qu’il s’expliquât. Son sang-froid ne se
démentit pas un seul instant.
« On m’accuse d’une bassesse, dit-il, je n’ai
qu’une seule réponse à faire. Regardez ces blessures,
je les ai reçues à vos côtés pour la cause que
l’on me soupçonne de trahir. Est-ce ainsi que procèdent
les espions ? Quant à la lettre qui a causé
tout ce bruit, elle est de mon intendant, à qui j’ai
demandé de l’argent, qui doit m’en apporter à un
endroit convenu, et qui, pour ne pas se compromettre,
a adopté ces précautions qui vous inquiètent.
Voilà, messieurs, ce que je vous affirme sur mon<noinclude>
<references/></noinclude>
2gq5qr5js2mnq1y1vap7z38s32xji5k
Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/19
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Grrrrrrrrrrr
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 2 —}}</noinclude>donnent une heure de célébrité à ces êtres étranges,
qui ne demandaient qu’à rester inconnus, enveloppés
d’un mystérieux linceul trempé de larmes rarement
de sang, ensevelis presque toujours dans la tombe d’un
premier rêve, et comme murés dans l’isolement et dans
l’oubli par un enchaînement de circonstances fatales.
Ces gens-là parlent peu ; ils ont, pour ainsi dire, un
regard en dedans comme les somnambules ; leurs habitudes
sont régulières, paisibles même ; ils ne heurtent
jamais, ils passent sans faire de bruit ; ils font peu de
dépenses, encore moins de dettes ; ils traversent la vie
et le courant du monde sans s’y mêler ; on éprouve
pour eux un indéfinissable mélange d’attraction et de
répulsion. Les enfants, natures intuitives, et chez lesquels
l’instinct du merveilleux est si développé, s’approchent
timidement d’eux ; ils les regardent quelques
instants avec leurs grands yeux limpides, puis, en se
réfugiant dans les bras de leurs mères ou de leurs
bonnes, ils s’écrient : J’ai peur ! Pourquoi ? ils n’en
savent rien ; ils ont peur de l’inconnu, de ce je ne sais
quoi qu’ils sentent sans pouvoir l’analyser.
Un jeune homme, employé en 18.. au ministère
des finances, faisait éprouver les mêmes impressions
d’inquiétude et de curiosité, quoique en apparence sa
vie fût des plus placides : il se montrait fort assidu à
son bureau ; il remplissait ses fonctions avec intelligence
et exactitude. On ne lui connaissait point de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/40
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>honneur, et ce dont il vous est facile de vous convaincre
par vos yeux, si, comme je ne puis le craindre,
vous ne me croyez pas. »
Nous allâmes à lui en lui tendant la main, et il
nous prouva en effet qu’il avait de l’argent aussitôt
qu’il en eut reçu, car tous les malheureux eurent
part à ses bienfaits. Pas un officier ne lui a refusé
depuis son estime, et c’est le plus honorable caractère
que je connaisse. On prétend qu’il veut épouser
ma sœur ; si cela est, je la regarderai comme très-heureuse,
et j’en remercierai le ciel.
« À la bonne heure, mon neveu ; mais si nous en
venons là, il faudra bien qu’il dise qui il est. {{Mlle|de Carvel}}
ne peut pas appartenir à un aventurier.
— Mon Dieu ! il est tout simplement Maurice
Robert, à ce que je suppose, et il est très-riche, ou
du moins il a été très-riche autrefois.
— Nous verrons. »
On vint avertir que le souper était servi. Maurice
s’empressa d’offrir la main à Amaranthe.
« Mademoiselle, lui dit-il en la conduisant à table,
voudriez-vous me faire l’honneur de m’écouter un
instant après le souper. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/41
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude><nowiki/>
{{il|6}}
{{T3|LE DÉPART.|III}}
{{il|4}}
Le repas fut gai. Les soupers l’étaient toujours.
Maurice, placé à côté de {{Mlle|de Carvel}}, n’obtint d’elle
que de courts monosyllabes ; elle tremblait en levant
les yeux sur lui, toute sa contenance annonçait un
trouble extrême, et lorsqu’on se leva pour passer au
salon :
« Vous avez désiré me parler, M. Maurice, dit-elle,
demandez-en la permission à ma mère. »
Robert s’inclina en silence. Ils n’échangèrent plus
un seul mot de la soirée.<noinclude>
<references/></noinclude>
7cw5ulw9wc6asjj86x7awq0yix0nez7
Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/5
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>la Trappe ; aventure qui fait l’objet des conversations du jour.
{{brn|1}}
''3 Janvier.'' On écrit de Geneve que {{M.|de Voltaire}} travaille avec plus d’ardeur que jamais ; qu’il est dans un accouchement laborieux, sans qu’on dise ce que c’est. On présume que c’est la tragédie qu’on a annoncée.
{{brn|1}}
''4 Janvier.'' La nouvelle production du {{Sr.|de Beaumarchais}} a pour titre : ''Suite de la justification,'' &c. C’est une rapsodie, contenant diverses pieces judiciaires relatives à son procès.
Dans le courant de sa Requête, il a inséré un discours qu’il avoit préparé pour être prononcé devant les deux Chambres du Parlement ; morceau oratoire fort bien fait, mais purement de parade, destiné à flatter les Juges & à amener une oraison funebre du Prince de Conti, où l’amour-propre de l’auteur ne s’exalte pas mal, en exaltant le héros & s’identifiant en quelque sorte avec lui.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''4 Janvier 1777.'' On voit ici deux souscriptions offertes, fort singulieres. La premiere, datée de Genêve du 4{{lié}}Décembre, concerne le ''Courier de l’Europe'' ou ''Gazette Anglo-françoise :'' Les {{Srs.|Nouffer & Bassompierre}} proposent de la donner à 24{{lié}}livres d’abonnement, au lieu de 48, prix de l’original, & aussi réguliérement à vingt-quatre heures de retard près, seulement à chaque ordinaire. Mais ceci ne peut regarder que les habitans de Genêve & des environs.
La seconde est plus générale, il s’agit d’un<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/20
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Grrrrrrrrrrr
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 3 —}}</noinclude>parents il ne parlait jamais de sa famille ; on l’appelait
{{M.|Marcel}}. Quelques anciens employés prétendaient
que, cinq ou six ans auparavant, un monsieur
fort respectable venait de temps en temps le voir, semblait
s’intéresser particulièrement à lui, et l’avait recommandé
en haut lieu. Ce n’était, assurait-on, ni son
père ni même son parent. Du reste, ce jeune homme
fréquentait peu ses camarades de bureau ; il n’avait
avec eux que des rapports de politesse ; ils l’appelaient
le rêveur, le poëte, et ils avaient fini par ne plus faire
attention à ses excentricités plutôt pressenties qu’apparentes,
car rien dans son costume, dans ses manières,
dans ses habitudes, ne visait à la singularité.
Il y avait pourtant quelque chose d’étrange et d’attractif
tout ensemble dans les lignes de son front large et
droit, dans la mobilité mystérieuse, profonde, phosphorescente
de ses grands yeux gris à reflets tantôt
bleus, tantôt verdâtres, ombragés par des sourcils
noirs délicatement arqués ; sa bouche fine, et pourtant
dessinée avec fermeté, avait quelque chose d’arrêté, de
résolu, et semblait receler un secret qui tentait parfois
de s’échapper ; sa taille, un peu au-dessous de la
moyenne, était souple et cambrée ; sa main était petite
et douce : tout en lui révélait une nature féminine
quoique accusée. Il avait peu d’amis, mais il s’était
lié comme on se lie à Paris, sans savoir quand comment,
pourquoi les relations se forment, l’intimité<noinclude>
<references/></noinclude>
hvet2o8vfgh8z3qy3qef11hifxqbzfz
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/25
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" /></noinclude><nowiki />
{{SDT|2|l=25}}
{{t2|TABLE DES CHAPITRES.}}
{{sVague|5px|n=15}}
{{table|nodots|page={{all-sc|PAGE}}}}
{{corpsTdM|niveau=t2|largeurp=40||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00|Introduction]]|{{pli|6|0|v}}}}
{{—|2|m=1em}}
{{table|nodots|niveau=t2|largeurp=40|
titre={{c|[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01|{{style|dib;t:120;mb:.5em|LIVRE PREMIER.|120}} <br />Enfance de {{Mlle| Le Ber}}. Son séjour au Pensionnat <br />des Ursulines à Québec.]]}}}}
{{il|.5}}
{{CorpsTdM|largeurp=40|indentation=-2||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/01|
{{sc|Chapitre}} I. — Famille de {{Mlle| Le Ber}}. Sa Naissance. Son Baptême. Sa première éducation]]|{{pli|1|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/02|
{{sc|Chapitre}} II. — {{Mlle| Le Ber}} entre au Pensionnat des Ursulines de Québec. Sa Mortification. Sa Politesse. Sa Charité pour ses compagnes]]|{{pli|13|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/03|
{{sc|Chapitre}} III. — {{Mlle| Le Ber}} fait paraître par la simplicité de ses petits meubles, l'horreur qu'elle a déjà pour les vanités du monde, et donne à ses compagnes des exemples d'une admirable humilité]]|{{pli|21|29}}
}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Denis Gagne52
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/01|{{sc|Chapitre}} I. — Famille de {{Mlle| Le Ber}}. Sa Naissance. Son Baptême. Sa première éducation]]|{{pli|1|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/02|{{sc|Chapitre}} II. — {{Mlle| Le Ber}} entre au Pensionnat des Ursulines de Québec. Sa Mortification. Sa Politesse. Sa Charité pour ses compagnes]]|{{pli|13|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/03|{{sc|Chapitre}} III. — {{Mlle| Le Ber}} fait paraître par la simplicité de ses petits meubles, l'horreur qu'elle a déjà pour les vanités du monde, et donne à ses compagnes des exemples d'une admirable humilité]]|{{pli|21|29}}
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Denis Gagne52
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[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/02|{{sc|Chapitre}} II. — {{Mlle| Le Ber}} entre au Pensionnat des Ursulines de Québec. Sa Mortification. Sa Politesse. Sa Charité pour ses compagnes]]|{{pli|13|29}}||
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Jim Bey
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Au moment de se retirer, il s’approcha de
{{Mme|de Carvel}}.
« Voulez-vous me faire l’honneur de m’accorder
demain une heure, madame ? j’aurais à vous entretenir
d’une close importante. »
{{Mme|de Carvel}} y consentit. Le jeune homme sortit
le cœur bien serré de chez elle. Le lendemain sa
destinée devait se décider ; il allait apprendre de la
bouche même de celle qu’il aimait ce qu’il avait à
attendre. Il lui vint une faible espérance en songeant
qu’elle hésitait à l’entendre et que Frédéric, au
contraire, avait été écouté sur-le-champ.
« Mon Dieu ! si elle pouvait me craindre, pensait-il,
c’est qu’elle m’aimerait ! »
La nuit et la matinée lui parurent d’une longueur
interminable. Frédéric reçut vingt fois la confidence
de son espoir. Il s’était remis au {{corr|travrail|travail}} comme un
homme qui y cherche l’oubli, et dès le lever du
soleil il se plongea dans des recherches scientifiques
qui bientôt absorbèrent toutes ses facultés.
« Je te dérange, mon ami, dit Maurice, tu es
occupé ? »
Et il répétait de nouveau les dernières paroles
d’Amaranthe et les conjectures qu’elles lui inspiraient.
« Non pas, mon cher, répondit {{M.|de Servoise}},
tu peux parler comme cela tant que tu voudras, je
n’écoute pas. Le bruit de ta voix arrive à mon<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/43
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>oreille ; quant aux mots, il me serait impossible de
te les redire, je n’en ai pas compris un seul.
— Et tu oses prétendre que tu l’aimes.
— En vérité, mon cher Maurice, tu me ferais
perdre patience. Ne vois-tu pas que je fais tout
au monde pour ne pas me souvenir que j’ai aimé
{{Mlle|de Carvel}}, et tu t’obstines à me rappeler que
je l’aime encore.
— Crois-tu qu’elle me refusera ?
— Oui, je le crois. Mais laisse-moi donc dans
mes Égyptiens, je t’en conjure ; je suis très-occupé
d’une dissertation sur la déesse Isis, fort savamment
traitée dans ce vieux bouquin que m’a prêté
notre voisin le chanoine. »
L’heure indiquée par {{Mme|de Carvel}} arriva enfin.
Maurice se mit en route, le cœur palpitant, la démarche
tremblante, comme un homme qui attend
la décision de son sort. Elle était seule dans le salon
et le reçut de la manière la plus affable.
« Vous avez désiré me parler, {{M.|Maurice}}, dit-elle,
me voilà prête à vous écouter.
— Pardonnez-moi mon émotion, madame ; elle
vous semblera toute naturelle quand vous saurez ce
qui m’amène. J’aime mademoiselle votre fille, et je
viens vous demander la permission de le lui dire.
— Vous ne m’apprenez rien, répondit en souriant
la mère, il y a longtemps que je m’en doute. Je
n’ignore pas tout ce que vous valez, monsieur, et<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/44
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>si les renseignements que vous me donnerez sur
votre famille sont tels que je les suppose, si ma fille
surtout consent à vous épouser, je ne crois pas que
rien s’y oppose ; dans ce temps-ci, où toute la noblesse
de France est ruinée, nous ne pouvons être
exigeants sur la fortune, et nous ne demandons certainement
pas ce que nous ne possédons point nous-mêmes.
L’avenir sera peut-être meilleur.
— Ma famille est du Béarn, madame, c’est là
que sont les propriétés que j’ai perdues ; il en reste
peut-être encore quelques bribes ; j’irai moi-même
dans ce pays chercher le consentement du seul parent
que j’aie conservé.
— Je vais faire venir Amaranthe, je vous laisserai
ensemble, vous me rendrez compte ensuite de
votre conversation et nous agirons en conséquence. »
{{Mme|de Carvel}} le laissa seul quelques minutes qui
lui parurent un siècle. Enfin, la jeune fille ouvrit la
porte. Son visage plus pâle encore qu’à l’ordinaire,
ses pas chancelants indiquaient une souffrance très-vive.
Elle salua, et se dirigeant vers un fauteuil,
elle s’y plaça en silence, attendant sans doute que
Maurice parlât pour lui répondre.
« {{M.|de Servoise}} vous a adressé hier une demande
que vous avez rejetée, mademoiselle, murmura-t-il
enfin, et…
— Si vous venez de sa part, {{M.|Maurice}}, je n’en
entendrai pas davantage. J’ai infiniment d’estime<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/9
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>les Pensions & une foule d’Officiers réduits à la fainéantise. Il y a quelque sel, beaucoup de vérité & des épigrammes un peu dures dans cette facétie, qui pourroit cependant être infiniment mieux faite.
{{brn|1}}
''8 Janvier 1777.'' Le célebre ''Piccini'' est arrivé à Paris depuis peu. C’est un homme d’environ cinquante-cinq ans. Il est petit, maigre, pâle, comme presque tous les gens de génie. Il a beaucoup de feu dans les yeux ; il paroît consumé de travail, ayant déjà composé plus de 120{{lié}}Opéra, tant bouffons que sérieux. Il ne sait pas parler François. Il a été accueilli par son digne éleve, {{M.|Grétry}}. On compte qu’il va achever de consommer la révolution & anéantir absolument la Musique Françoise. Les Directeurs actuels de l’Opéra l’ont appellé pour instituer & commencer ici une nouvelle Ecole.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''9 Janvier 1777.'' {{Mlle|''Compain,''|nx,pt}} appellée ''Desperieres,'' depuis son début à la comédie françoise, ne s’est {{corr|par|pas}} dégoûtée de ses premieres disgraces ; encouragée pas le {{Sr.|Le}} Kain qui l’a formée, elle a joué dimanche dernier dans ''Andromaque'' & y a fait le rôle d’''Hermione,'' qu’elle a mal rempli dans les trois premiers actes, où elle a été souvent huée ; elle a mieux réussi dans les derniers. On ne peut prononcer définitivement sur ce sujet.
{{brn|1}}
''10 Janvier 1777.'' L’affaire du {{Sr.|Le}} Breton paroît assoupie, au moyen des cartons qu’il a mis aux nouveaux exemplaires de ''l’Almanach''<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/45
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>pour {{M.|de Servoise}}, mais je ne puis le regarder que
comme un ami.
— Ce n’est point en son nom que je vous parle,
mademoiselle, et plût à Dieu que je fusse plus heureux
que lui ! Vous l’avez repoussé, j’étais déjà bien
timide, je le suis mille fois davantage, car à quel
titre serais-je mieux accueilli ? N’importe ! j’ai voulu
entendre mon arrêt de votre bouche, j’ai voulu perdre
toute espérance pour que mon malheur fût sans
remède, et pour m’enlever ainsi ces alternatives qui
me torturent. Je vous aime, mademoiselle. Madame
votre mère m’a laissé tout espoir possible, votre
décision dépend de vous seule : prononcez, j’attends. »
Amaranthe resta un instant sans répondre. Elle
semblait désirer et craindre de s’expliquer. Enfin
elle reprit :
« Si je ne vous connaissais pas autant, monsieur,
si je n’avais pas en vous une confiance entière, je
n’oserais m’expliquer comme je vais le faire aujourd’hui.
J’ai perdu mon père depuis quelques années,
vous ne l’ignorez pas, mais ce que vous ne pouvez
comprendre, est la tendresse que je lui portais.
Ses moindres vœux étaient des ordres sacrés que je
ne me serais pas permis d’enfreindre. Maintenant
qu’il n’existe plus, je me crois tenue à la même
obéissance. Dans sa jeunesse, il se lia avec un des
plus riches marchands de cette ville. Il l’aima à<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/26
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{{sc|Chapitre}} IV. — Fidélité de {{Mlle|Le Ber}} à garder le silence prescrit aux pensionnaires, et à marcher en la sainte présence de Dieu. Son amour pour la méditation]]|{{pli|32|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01/05|
{{sc|Chapitre}} V. — Dévotion de {{Mlle|Le Ber}} envers les Saints Anges. Sa piété envers Marie. Sa religion envers le Très-Saint Sacrement]]|{{pli|41|29}}
}}
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/01|
{{sc|Chapitre}} I. — Rentrée dans le monde, {{Mlle|Le Ber}} demeure fidèle à tous les exercices de piété, qu’elle avait pratiqués au pensionnat. La modestie de ses vêtements]]|{{pli|47|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/02|
{{sc|Chapitre}} II. — Pour conserver le trésor de son innocence, {{Mlle|Le}} Ber ne se produit dans aucune assemblée du monde. Elle fréquente les Sœurs de la Congrégation]]|{{pli|60|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/03|
{{sc|Chapitre}} III. — La mort édifiante d’une des Sœurs de la Congrégation, détermine {{Mlle| Le Ber}} à vivre entièrement séparée du monde. Elle fait vœu de Chasteté pour cinq ans]]|{{pli|70|29}}
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Denis Gagne52
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Denis Gagne52
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Page:Comtesse Dash - Maurice Robert, 1843 (IA mauricerobert00sain).pdf/46
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Jim Bey
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Jim Bey" /></noinclude>l’égal d’un frère, jusqu’à engager pour lui une partie
de sa fortune que la mauvaise foi de cet ami lui
fit perdre. Mon père fut complétement sa dupe de
toutes les façons. Il eut sans doute grand tort de
faire rejaillir sur une des classes les plus honorables
de la société l’indignation que lui inspirait la conduite
d’un seul individu ; mais il ne m’appartient pas de
le juger. Quoi qu’il en soit, il me fit promettre que
je n’accepterais jamais le nom d’un homme de commerce,
et malgré tout ce que je vous reconnais de
qualités bien faites pour m’engager à oublier ma
promesse, je n’y manquerai pas.
— N’est-ce que cela ! s’écria Maurice : je quitte
le commerce dès aujourd’hui. Je ne mettrai point
en question le bonheur de ma vie pour quelque gain
que je ne puisse faire.
— Je refuse ce sacrifice, monsieur ; vous ne me
connaissez pas ; croyez-moi, je ne veux pas la perte
de votre avenir.
— Oh ! mademoiselle !
— Non, non, vous dis-je ; j’apprécie mieux que
vous notre position à tous les deux. Vous avez perdu
votre fortune, vous cherchez à la refaire, rien n’est
plus simple ; moi, je reste avec mes préjugés, mes
chagrins et ma situation précaire, rien n’est plus
simple, encore. Soyons bons amis, et qu’il n’en soit
plus question.
— Vous êtes trop cruelle, mademoiselle, ou vous<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/170
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>cun d’eux ne voudrait entrer maintenant dans cette
forêt pour un empire.
C’est la bonne femme sans tête qui boustife la
boustifaille, vous comprenez ? Quoi de plus naturel ?
Elle a un rude appétit !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― J’enverrai un missionnaire à
ces pauvres gens.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Et des gendarmes pour me
fourrer en prison ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Qu’est-ce que c’est que de
pénétrer ainsi sur mes terres sans papiers ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas ma faute ! C’est
le bateau qui n’a plus voulu avancer.
Je vous l’ai déjà raconté ! il n’y avait pas un
souffle d’air et le bateau est allé tout à coup par le
fond comme s’il était arrivé où il voulait.
Quelque chose sans doute s’est ouvert, je n’ai eu
que le temps de sauter à l’eau —
Il n’y avait que moi qui savais nager, — avec la
marmite et ces autres objets utiles.
Mon pauvre sergent a flotté un petit peu, pas
longtemps, de quoi me dire adieu avec la main.
Heureusement que la terre n’était pas loin et le
courant me poussait. (''Son d’une trompe au loin.'')
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Encore ces imbéciles qui me
cherchent ! C’est mon cheval sans doute qui leur
aura parlé de moi.
Quelle bonne idée j’ai eue tout à coup de les
quitter tous ! Je ne savais pas ce que je trouverais
au bout de ce petit chemin engageant. (''Encore la trompe.'')
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Silence, Monsieur le Roi !…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/171
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>C’est cela, prenez ma main et pensez si fort à moi
que personne ne saura plus vous retrouver.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Comment vous permettez-vous
de savoir que je suis le Roi, ou le Vice-Roi à sa place ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― N’aviez-vous pas envoyé vos
serviteurs pour me chercher ? ce sergent qui était
votre sergent ? Et moi, puisque j’étais arrivée, je
n’avais plus qu’à vous attendre
Ici. Pourquoi vous étonner que je vous aie reconnu
aussitôt ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tout cela est vrai. Je l’avais
oublié. À force de l’avoir oublié, je m’aperçois que
je n’ai jamais cessé de le savoir.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Avez-vous oublié aussi cette
tache sur mon épaule en forme de colombe, je
vous la montrerai une autre fois, à quoi vous
deviez me reconnaître ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je n’ai jamais pensé à autre chose.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― C’est un mensonge que vous
dites. Je sens tout ce qui se passe dans votre esprit,
oui, je remue avec lui,
Et je sais que mon visage ne fait qu’y paraître un
moment comme une vague petite lune au creux
d’une mer agitée.
Tenez, précisément, maintenant à quoi pensez-vous ?
Feu ! répondez-moi sans réfléchir.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je pense à ce feu qui brûle, à
ce ruisseau intarissable qui fuit,
Se répondant, plus loin et encore plus loin, avec
trois ou quatre voix, à lui-même.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>C’est cela, prenez ma main et pensez si fort à moi
que personne ne saura plus vous retrouver.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Comment vous permettez-vous
de savoir que je suis le Roi, ou le Vice-Roi à sa place ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― N’aviez-vous pas envoyé vos
serviteurs pour me chercher ? ce sergent qui était
votre sergent ? Et moi, puisque j’étais arrivée, je
n’avais plus qu’à vous attendre
Ici. Pourquoi vous étonner que je vous aie reconnu
aussitôt ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tout cela est vrai. Je l’avais
oublié. À force de l’avoir oublié, je m’aperçois que
je n’ai jamais cessé de le savoir.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Avez-vous oublié aussi cette
tache sur mon épaule en forme de colombe, je
vous la montrerai une autre fois, à quoi vous
deviez me reconnaître ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je n’ai jamais pensé à autre chose.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― C’est un mensonge que vous
dites. Je sens tout ce qui se passe dans votre esprit,
oui, je remue avec lui,
Et je sais que mon visage ne fait qu’y paraître un
moment comme une vague petite {{Nec|lune}} au creux
d’une mer agitée.
Tenez, précisément, maintenant à quoi pensez-vous ?
Feu ! répondez-moi sans réfléchir.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je pense à ce feu qui brûle, à
ce ruisseau intarissable qui fuit,
Se répondant, plus loin et encore plus loin, avec
trois ou quatre voix, à lui-même.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/172
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Ce ne serait pas difficile de savoir ce qu’il raconte,
de mettre des mots sur ce long récit. Ah ! que
d’amers souvenirs !
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}, ''lui serrant la main.'' — Où
sont-ils, ces amers souvenirs ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― J’essaye en vain de me les
rappeler, c’est comme le ruisseau, je ne sais plus s’ils
sont en avant ou en arrière.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Et qui donc vous empêche
de vous les rappeler, Monsieur le Roi ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Cette petite main dans la mienne.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas vrai, car à
l’instant je sens de nouveau quelqu’un qui plonge
et qui s’échappe. Où êtes-vous ? et à quoi pensez-vous ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― À ce vent qui souffle,
À tous ces solliciteurs qui m’assiègent, la justice
à rendre contre des femmes qui pleurent,
Tout le mal que j’ai fait sans le vouloir ou le
voulant à moitié.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― À quoi encore ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― À cette expédition qu’on m’a
dit de préparer contre les Turcs.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― À quoi encore ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Les Français, les pirates, le
Pape à Rome, ces galons qu’on n’a jamais pu me
trouver pour mon habit de cérémonie,
Ces mesures de bienfaisance pour la famine en
Calabre qui ont si mal tourné, les usuriers à qui
j’ai dû emprunter, mes ennemis à Madrid.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/173
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Et tout cela, est-ce que cela
vous fait de la peine à présent ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Aucune. Du bruit seulement.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Cela vous empêche-t-il de
faire attention à autre chose ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― En effet il y a autre chose…
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Quelle chose ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Autre chose au-dessous par moments
que je voudrais entendre.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Quand je vous ordonne de
faire silence, qu’est-ce qui arrive ? alors vous entendez.
Je ne parle pas du vent ni de la mer ni de ce
ruisseau qui fuit. Qu’est-ce que vous entendez ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Une faible musique.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Chante un peu cette musique,
mon cœur, pour voir si je la reconnaîtrai !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je ne puis quand je voudrais.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Et moi, veux-tu que je chante ?
J’ai pu sauver ma guitare, mais elle n’a plus de cordes.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Il n’y a pas besoin de cordes.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Alors regarde-moi un peu
pour que je sache à quel endroit je dois prendre.
(''Avec un faible cri.'') Ah !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Vous ai-je fait mal ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Mon cœur s’arrête !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. — C’est défendu de regarder où tu es ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Fais-moi le même mal encore !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/174
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Quel est ce visage effrayé que je
vois dans la lumière de la lune ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― C’est mon âme qui essaie
de se défendre et qui fuit en poussant des cris entrecoupés !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Est-ce là tout ce chant où tu
te disais prête ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Mon chant est celui que je
fais naître.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas un chant, c’est une
tempête qui prend avec elle et le ciel et les eaux
et les bois et toute la terre !
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― De tout cela est-ce que la
musique est absente ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Regarde-moi avant que je ne
réponde.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Je suis absente !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― La divine musique est en moi.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Promets qu’elle ne cessera plus !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Que puis-je promettre ? ce n’est
pas moi qui chante, ce sont mes oreilles tout à coup
qui se sont ouvertes !
Et qui sait si demain je ne serai pas redevenu sourd ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Il est vrai. Pauvre Musique !
Demain ce ne sera plus la forêt et le clair de
lune. Demain ce sera ce terrible procès à juger, ce
solliciteur à remplir, ces méchants à Madrid qui te
calomnient,
Ces troupes à réunir, cet argent à rendre, cet
habit qui ne va pas.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/175
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Écoute, Musique, je suis en
train de comprendre quelque chose.
Sais-tu ?
Oui, si je n’étais pas sourd, même ces choses que tu dis,
Cela serait capable de s’arranger avec cette poussée
divine de paroles composées que j’entends un
moment et puis un autre moment, par intervalles ;
Non point paroles, mais leur pulpe délicieuse !
C’est cet ordre ineffable qui est la vérité, c’est ce
flot tout-puissant contre quoi rien ne saurait prévaloir,
Et je sais que tous ces grincements affreux, tout
ce désordre discordant, c’est ma faute parce que je
n’ai point l’oreille docile.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Et si j’existe avec toi, quoi,
est-ce que tu seras jamais assez sourd pour ne point m’ouïr ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tu chantais sous une pierre en
Espagne et déjà je t’écoutais du fond de mon jardin de Palerme.
Oui, c’est toi que j’écoutais et non pas une autre,
Pas ce jeu d’eau, pas cet oiseau qu’on entend
quand il s’est tu !
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Dis-moi cela encore ! Ce
vaste concert qui te donne tant de joie, dis que
c’est tout de même moi qui le commence.
C’est moi au fond de ton cœur cette note unique,
si pure, si touchante.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Toi.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Dis que tu y seras toujours<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/176
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>attentif. Ne mets pas entre toi et moi quelque chose
N’empêche pas que j’existe.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Dis plutôt, comment faisais-tu
pour exister avant que je ne t’aie connue ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Peut-être que tu me
connaissais déjà sans le savoir.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Non, je sais que ce n’est pas
pour moi que tu existes, pas plus que cet oiseau
que je surprends, le cœur battant, dans la nuit,
Pour moi et non pas pour moi.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Sans toi, l’oiseau serait
mort, la tête sous l’aile, dans sa cage.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Penses-tu que c’est moi seul
qui étais capable de t’entendre et de t’absorber ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Sans toi je n’aurais pas
commencé à chanter.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Est-ce vrai que j’ai donné le
bonheur à quelqu’un ?
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Ce bonheur qui te fait tant aimer,
Ma voix quand elle te parle, cette joie, ô mon
ami, que je suis confuse de te donner.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Et crois-tu que la joie soit une
chose qu’on donne et qu’on retrouve telle quelle ?
Celle que tu me donnes c’est sur le visage des
autres que tu la verras.
À toi seule, Musique, mon exigence et ma sévérité.
Oui, je ne veux cesser de t’apprendre ta place qui
est toute petite.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Fais le fier comme si tu
savais tout ! cette place que j’ai trouvée pour moi
au-dessous de ton cœur, tu la connais ?<noinclude>
<references/></noinclude>
avdckogpbwvn11kh78o2d7frvpjwvbd
Page:Flammarion - Les Étoiles et les curiosités du ciel, 1882.djvu/203
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F0x1
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="F0x1" />{{nr||LA VOIE LACTÉE|183|b=<hr/>}}</noinclude>à la conclusion que son télescope ne lui montrait pas moins de
''dix-huit millions'' de soleils dans la Voie lactée tout entière !<ref>
Si vous voulez jouir d’un beau spectacle, dirigez une lunette munie de son plus
faible oculaire vers une région blanche de la Voie lactée : mettez bien la lunette au
point afin de distinguer chaque étoile comme une piqûre d’aiguille et laissez-la en
repos. Quand votre œil sera fait à l’obscurité, vous verrez le champ de la lunette rempli
d’une poussière de diamants scintillant de mille feux.</ref>
Observons-la pendant ces heures favorables où elle s’élève très
haut dans le ciel, emportée, comme tout le firmament, par le mouvement
diurne qui élève les astres des vapeurs de l’horizon oriental
vers les sereines hauteurs zénithales pour les abaisser ensuite vers
l’horizon occidental : les belles nuits d’été sont les plus agréables
pour cette contemplation, lorsque Cassiopée, le Cygne, l’Aigle, le
Serpentaire, le Scorpion, lancent dans l’espace cette courbe immense
et vaporeuse. Si la nuit est profonde, la lune absente, l’atmosphère
limpide et transparente, on suit facilement cette traînée lumineuse
qui s’étend le long du ciel entier comme un arc de grand cercle. Elle
continue son cours sous la Terre et revient par nos antipodes rejoindre
la partie visible sur notre horizon ; si la Terre était supprimée ou
rendue transparente, cette ceinture céleste apparaîtrait sans solution
de continuité. Puisque la Voie lactée nous entoure de toutes
parts, nous sommes dedans, et le premier point démontré par ce fait
est que notre soleil est l’une des étoiles de la Voie lactée.
Si maintenant nous l’examinons plus minutieusement, nous ne tardons
pas à reconnaître que ce n’est pas là une couche d’étoiles homogène
et régulière, mais qu’il y a là des régions particulièrement
blanches où les étoiles sont très nombreuses et très condensées, tandis
qu’en certains points l’espace en paraît beaucoup moins chargé et
presque dépourvu. Ainsi, on remarque une tache très brillante au
nord et à l’ouest des trois étoiles de l’Aigle, une autre dans l’Écu de
Sobieski et sous la Flèche du Sagittaire, trois autres près des étoiles
α, β et γ du Cygne, une autre dans Persée, tandis que l’œil s’arrête
avec étonnement sur une place très obscure entre α et γ Cassiopée, et
sur une autre non moins curieuse dans le Cygne, donnant l’idée de
vides dévastés à travers cette opulente région. Sa largeur ne varie pas
moins que son intensité. Du Cygne, où elle présente sa plus grande
étendue, elle se partage en deux branches sur la constellation de l’Aigle ;
le rameau principal court à travers Antinoüs, l’Écu de Sobieski et le
Sagittaire, tandis que l’autre se dirige vers le Scorpion, où il semble
s’affaiblir et disparaître. Ces rameaux se courbent pour se réunir dans<noinclude>
<references/></noinclude>
6l23qeqez5b2nfhxlayt4xelx1hext6
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/27
104
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XXVI}} |{{all-sc|TABLE}}|}}
{{il|1}}{{table|nodots|page={{all-sc|PAGE}}}}</noinclude>{{CorpsTdM|largeurp=40|indentation=-2||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/04|
{{sc|Chapitre}} IV. — {{Mlle|Le}} Ber se sent appelée à vivre en réclusion dans la maison paternelle. Ses pieux parents consentent à ce dessein]]|{{pli|81|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/05|
{{sc|Chapitre}} V. — {{Mlle| Le Ber}} se consacre, d’abord, pour l’espace de cinq ans à la vie solitaire. Sa manière de vivre. Sa conduite héroïque à l’occasion de la mort de sa mère]]|{{pli|96|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/06|
{{sc|Chapitre}} VI. — {{Mlle| Le Ber}} s’engage par vœu à garder perpétuellement la solitude, la chasteté parfaite, et la pauvreté de cœur. Sa conduite à l’occasion de la mort de {{M.|Du Chesne}} son frère]]|{{pli|112|31}}
}}
{{—|2|m=1em}}
{{table|nodots|niveau=t2|largeurp=40|
titre={{c|[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03|{{style|dib;t:120;mb:.5em|LIVRE TROISIÈME.|120}} <br />Entrée de la Sœur Le Ber à la Congrégation. Sa dévotion envers Jésus-Christ au Très-Saint Sacrement. Ses pratiques pour lui témoigner son amour.]]}}}}
{{il|.5}}
{{CorpsTdM|largeurp=40|indentation=-2||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/01|
{{sc|Chapitre}} I. — {{Mlle| Le Ber}} forme le projet de se retirer à la Congrégation, pour y vivre dans une réclusion entière et parfaite]]|{{pli|129|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/02|
{{sc|Chapitre}} II. — Examen de la vocation de {{Mlle| Le Ber}}. Cérémonie de sa réclusion solennelle]]|{{pli|137|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/03|
{{sc|Chapitre}} III. — Vertu magnanime de {{M.|{{lié|Le Ber}}}} en offrant à Dieu sa fille unique]]|{{pli|147|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/04|
{{sc|Chapitre}} IV. — M. Pierre Le Ber, touché des saints exemples de sa sœur, embrasse la vie parfaite]]|{{pli|160|31}}
}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|{{rom|XXVI}} |{{all-sc|TABLE}}|}}
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/04|{{sc|Chapitre}} IV. — {{Mlle|Le}} Ber se sent appelée à vivre en réclusion dans la maison paternelle. Ses pieux parents consentent à ce dessein]]|{{pli|81|29}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/05|{{sc|Chapitre}} V. — {{Mlle| Le Ber}} se consacre, d’abord, pour l’espace de cinq ans à la vie solitaire. Sa manière de vivre. Sa conduite héroïque à l’occasion de la mort de sa mère]]|{{pli|96|29}}||
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/01|{{sc|Chapitre}} I. — {{Mlle| Le Ber}} forme le projet de se retirer à la Congrégation, pour y vivre dans une réclusion entière et parfaite]]|{{pli|129|31}}||
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
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[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/04|{{sc|Chapitre}} IV. — {{Mlle|Le}} Ber se sent appelée à vivre en réclusion dans la maison paternelle. Ses pieux parents consentent à ce dessein]]|{{pli|81|29}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/05|{{sc|Chapitre}} V. — {{Mlle| Le Ber}} se consacre, d’abord, pour l’espace de cinq ans à la vie solitaire. Sa manière de vivre. Sa conduite héroïque à l’occasion de la mort de sa mère]]|{{pli|96|29}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/02/06|{{sc|Chapitre}} VI. — {{Mlle| Le Ber}} s’engage par vœu à garder perpétuellement la solitude, la chasteté parfaite, et la pauvreté de cœur. Sa conduite à l’occasion de la mort de {{M.|Du Chesne}} son frère]]|{{pli|112|31}}
}}
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titre={{c|[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03|{{style|dib;t:120;mb:.5em|LIVRE TROISIÈME.|120}} <br />Entrée de la Sœur Le Ber à la Congrégation. Sa dévotion envers Jésus-Christ au Très-Saint Sacrement. Ses pratiques pour lui témoigner son amour.]]}}}}
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[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/01|{{sc|Chapitre}} I. — {{Mlle| Le Ber}} forme le projet de se retirer à la Congrégation, pour y vivre dans une réclusion entière et parfaite]]|{{pli|129|31}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/02|{{sc|Chapitre}} II. — Examen de la vocation de {{Mlle| Le Ber}}. Cérémonie de sa réclusion solennelle]]|{{pli|137|31}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/03|{{sc|Chapitre}} III. — Vertu magnanime de {{M.|{{lié|Le Ber}}}} en offrant à Dieu sa fille unique]]|{{pli|147|31}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/04|{{sc|Chapitre}} IV. — M. Pierre Le Ber, touché des saints exemples de sa sœur, embrasse la vie parfaite]]|{{pli|160|31}}
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>héroïsmes ; les mots retenus des meetings et qui dorment comme de petites bombes dans tous les coins de la mémoire, prêts, au moindre choc, à faire éclater les plus solides cervelles ; l’éternelle poussée, enfin, qu’ont voulue d’impénétrables volontés, avaient changé du coup les laborieux.
— T’es donc mort, Pierre ? dit l’un.
À ces mots, celui à qui ils s’adressaient et qui était assis près du comptoir, les yeux à terre, releva la tête :
— Tais-toi, répondit-il, refoulant un propos de bravade, ne me fâche point ; je me marie demain et je veux oublier mes haines pour un jour. On veillera à regagner le temps perdu.
— C’est vrai, la petite Mène t’a changé.
— Pas tant, répliqua-t-il laconiquement.
L’arrivée du courrier du soir détourna l’attention.
Pierre ne bougea pas, pendant que les autres se groupaient curieusement autour de celui qui tenait les nouvelles et qui lut.
Quoi… ? Allait-il donc chauffer ? Des vitres de l’usine brisées, des fils télégraphiques coupés, des trains arrivant, aux fenêtres trouées de shakos et de canons de fusils, des bandes s’efforçant d’user en bruyants pèlerinages la passion qui électrisait<noinclude>
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Page:Stiernet - Histoires hantées, 1906.djvu/151
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>les corps, et ces va-et-vient d’impatience magnétisant le sol et l’air, entraînant les timorés… Cela devenait grave. Les chefs d’industrie refusaient d’entrer en négociations…
Peu à peu, l’ombre des mauvaises pensées noircissait les faces, les pipes délaissées s’éteignaient ; au milieu d’un silence absolu, les phrases hésitantes du lecteur malhabile était l’haleine haletante du soufflet sur le feu qui couvait. La flamme soudain jaillit :
— Ah ! les canailles ! Faut les écraser !
C’était Pierre qui avait surgi et qui ébranla la table d’un coup de poing dur comme un coup de marteau.
Les propos des amis, tantôt, l’avaient ramené à cette extraordinaire et faible créature qui lui avait voué son être dans une espèce de religion, et qu’il aimait, lui, d’un amour encore attendri par cette compassion qui attirait sur la tête de l’enfant pâlot la caresse de sa main puissante.
Quand il lui parlait, sa voix s’adoucissait et son grand corps aurait voulu se faire tout petit, son cœur se fondait.
On la lui avait longtemps refusée, à cause de ses violences, de son caractère prompt à s’exalter, de ses imprudences chèrement payées d’autrefois ;<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Stiernet - Histoires hantées, 1906.djvu/152
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>et, si les parents avaient enfin consenti, émus d’ailleurs par la volonté fiévreuse de la chétive jeune fille, c’est qu’il avait paru s’amender, c’est qu’il avait promis de renoncer à son rôle dangereux.
Et, sincèrement, il la voulait heureuse.
Pendant qu’il pensait à toutes ces bonnes et lénifiantes choses, le journal décochait, contre sa rêverie, des mots pareils à des flèches successives et perfides ; les premières ne touchèrent point, d’autres glissèrent, entamant à peine, d’autres finalement trouèrent, restèrent implantées.
Les paroles du lecteur peu à peu bourdonnèrent dans l’oreille de Pierre, prirent tyranniquement possession de sa tête, l’échauffèrent et, soudain, son poing menaçant se leva…
Il était transfiguré.
Mais, cela ne dura qu’un instant.
Les beaux yeux noirs qui venaient de lancer deux sombres éclairs avaient déjà repris leur lueur résignée.
Il se rassit pour quelques minutes, puis quitta la salle où s’exhalaient maintenant, en propos d’une cruauté sauvage, l’étroite solidarité des ouvriers de fer et leur commun désir de rouges agressions.
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Au-dehors, une enjôleuse clarté blonde dormait<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/28
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/05|
{{sc|Chapitre}} V. — Dévotion de la Sœur Le Ber envers le Très-Saint Sacrement. Elle reçoit la visite de deux Anglais]]|{{pli|165|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/06|
{{sc|Chapitre}} VI. — Austérités de la Sœur Le Ber dans sa cellule. Règlement de vie qu'elle suit]]|{{pli|179|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/03/07|
{{sc|Chapitre}} VII. — Malgré les épreuves intérieures qu'elle souffre pendant plus de vingt ans, la Sœur Le Ber demeure fidèle à tous ses exercices, obéissante à son directeur, et ne cherche qu'en {{sc|Dieu}} seul sa consolation]]|{{pli|190|31}}
}}
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titre={{c|[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04|{{style|dib;t:120;mb:.5em|LIVRE QUATRIEME.|120}} <br />Dévotion et confiance de la Sœur Le Ber envers la Très-Sainte Vierge. Son affection pour la Congrégation. Sa sainte mort.]]}}}}
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/01|
{{sc|Chapitre}} I. — Dévotion filiale de la Sœur Le Ber envers la Très-Sainte Vierge]]|{{pli|209|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/02|
{{sc|Chapitre}} II. — La dévotion de la Sœur Le Ber à Marie, lui inspire une religieuse vénération pour la Sœur Bourgeoys, et une affection spéciale pour la Congrégation]]|{{pli|224|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/03|
{{sc|Chapitre}} III. — Par respect pour la Sœur Bourgeoys, la Sœur Le Ber procure la reconstruction du Pensionnat, et fonde des places gratuites pour les pensionnaires]]|{{pli|238|31}}
}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="MAUSOLÉE"/>hauteur, et qui passait pour une des
sept merveilles au monde. Depuis, le
nom de ''mausolée'' a été donné à tout
monument sépulcral somptueux.
<section end="MAUSOLÉE"/>
<section begin="MÉCÈNE"/>'''MÉCÈNE.''' Favori et ministre d’Auguste ;
il se servit de son crédit pour
encourager les lettres et les arts. Virgile,
Horace, Properce, furent comblés
de ses bienfaits. Depuis, le mot
Mécène est devenu le synonyme de
protecteur des lettres, des sciences et
des arts : ''Fouquet fut le'' '''Mécène''' ''de
La Fontaine ; Colbert se montra le''
'''Mécène''' ''de tous les hommes illustres
du siècle de Louis XIV.''
<section end="MÉCÈNE"/>
<section begin="MÉGÈRE"/>'''MÉGÈRE.''' V. ''Furies''.
<section end="MÉGÈRE"/>
<section begin="MÉNECHME"/>'''MÉNECHME''' Cette expression,qui
désigne un type de ressemblance, vient
du titre d’une comédie de Plaute, dont
toute l’intrigue roule sur les équivoques
auxquelles donne lieu la ressemblance
parfaite des frères ''Ménechmes''.
Cette comédie a été heureusement imitée
par notre second poëte comique, Regnard.
''L'homme le plus extraordinaire a
eu son'' '''ménechme ;''' ''si l’on rencontrait
son véritable '''ménechme,''' ''ce ne
serait pas la personne que l’on aimerait
le mieux.''
<section end="MÉNECHME"/>
<section begin="MENTOR"/>'''MENTOR.''' Ce nom désigne un ami
fidèle, un conseiller prudent, un guide
sûr et éclairé, parce qu’ainsi s’appelait
l’ami auquel Ulysse, avant de
s’embarquer pour la guerre de Troie,
avait confié le soin de sa maison. Minerve,
dit la Fable, prenait souvent sa
figure et sa voix pour engager le fils
d’Ulysse à ne point dégénérer de la
valeur et de la prudence de son père.
Cette tradition a été adoptée par Fénelon.
dans son ''Télémaque''.
On dit, en employant ce mot comme
nom commun : ''Ce jeune étourdi aurait
bien besoin d’un'' '''mentor.'''
<section end="MENTOR"/>
<section begin="MER"/>'''MER.''' La mer couvre près des trois
quarts de la surface de la terre, et
elle occupe beaucoup plus de place
dans l’hémisphère austral que dans
l’hémisphère boréal. Parmi toutes les
raisons que l’on a données de la salure
des eaux de la mer, la plus plausible
est celle qui l’attribue à des
bancs inépuisables de sel, qui se trouveraient
au fond de l’Océan. La profondeur
des mers est très-variable ; il
existe des points où les sondes n’ont
pu toucher le fond, ce qui fait supposer
une profondeur de huit à dix mille
mètres. Le fond du la mer offre donc
des inégalités comme la surface de la
terre, il y existe des vallées analogues
à celles qui coupent les Pyrénées, les
Alpes, et, en général, toutes les chaînes
de montagnes ; les îles de peu d’étendue
ne sont que les sommets de
quelques hautes montagnes sous-marines.
<section end="MER"/>
<section begin="MÉRIDIEN"/>'''MÉRIDIEN.''' Ce grand cercle, qui
passe par les pôles de la terre, et qui
partage la sphère en hémisphère oriental
et hémisphère occidental, s’appelle
ainsi parce qu’il est midi pour tous
les lieux par lesquels il passe lorsque
le soleil est parvenu à ce cercle.
Un homme qui irait d’un pôle à l’autre
par une ligne droite ne changerait pas
de méridien, au lieu qu’il en changerait
à chaque pas, s’il allait sur une
ligne droite d’orient en occident, ou
d’occident en orient. Il y a donc autant
de méridiens qu’on peut prendre
de points sur l’équateur.
<section end="MÉRIDIEN"/>
<section begin="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>'''MERVEILLES DU MONDE''' (''Les sept''). Nom donné par les anciens à
sept ouvrages admirables d’architecture
et de sculpture, et sur la choix
desquels les auteurs ne sont pas tous
d’accord, Ceux qu’on désigne le plus
ordinairement sous ce nom sont : 1° les
''pyramides d’Egypte ;'' 2° les ''jardins
suspendus'' et les ''murs de Babylone ;'' 3° le ''phare d’Alexandrie ;'' 4° le ''colosse
de Rhodes ;'' 5° le ''Jupiter Olympien de
Phidias ;'' 6° le ''temple de Diane à
Ephèse ;'' 7° le ''tombeau de Mausole''.
<section end="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>
<section begin="MÉTAPHYSIQUE"/>'''MÉTAPHYSIQUE''' Savoir comment
les idées nous viennent ; raisonner
sur l’infini (temps et espace) ; discuter sur les causes de
nos sensations ; établir une comparaison entre l’instinct
des animaux et la raison de
l’homme : toutes ces questions relèvent
de la métaphysique.
Ce mot se prend quelquefois en mauvaise
part, pour désigner l’abus des
abstractions.
On pourrait définir la métaphysique
''la science qui a pour objet l’étude des
idées abstraites.''
<section end="MÉTAPHYSIQUE"/>
<section begin="MÉTEMPSYCOSE"/>'''MÉTEMPSYCOSE.''' Le dogme de
la transmigration des âmes d’un corps
à un autre est d’origine indienne. Cette
croyance passa de l’Inde en Egypte,
d’où,plus tard, Pythagore l’importa
en Grèce. On trouve le dogme de la
métempsycose mêlé à la religion de
presque tous les peuples anciens. Il
devait conduire ceux qui l’admettaient
à défendre l’usage des viandes, comme
exposant l’homme à se nourrir de la
<section end="MÉTEMPSYCOSE"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Mécène est devenu le synonyme de
protecteur des lettres, des sciences et
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La Fontaine ; Colbert se montra le''
'''Mécène''' ''de tous les hommes illustres
du siècle de Louis XIV.''
<section end="MÉCÈNE"/>
<section begin="MÉGÈRE"/>'''MÉGÈRE.''' V. ''Furies''.
<section end="MÉGÈRE"/>
<section begin="MÉNECHME"/>'''MÉNECHME''' Cette expression,qui
désigne un type de ressemblance, vient
du titre d’une comédie de Plaute, dont
toute l’intrigue roule sur les équivoques
auxquelles donne lieu la ressemblance
parfaite des frères ''Ménechmes''.
Cette comédie a été heureusement imitée
par notre second poëte comique, Regnard.
''L'homme le plus extraordinaire a
eu son'' '''ménechme ;''' ''si l’on rencontrait
son véritable'' '''ménechme,''' ''ce ne
serait pas la personne que l’on aimerait
le mieux.''
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<section begin="MENTOR"/>'''MENTOR.''' Ce nom désigne un ami
fidèle, un conseiller prudent, un guide
sûr et éclairé, parce qu’ainsi s’appelait
l’ami auquel Ulysse, avant de
s’embarquer pour la guerre de Troie,
avait confié le soin de sa maison. Minerve,
dit la Fable, prenait souvent sa
figure et sa voix pour engager le fils
d’Ulysse à ne point dégénérer de la
valeur et de la prudence de son père.
Cette tradition a été adoptée par Fénelon.
dans son ''Télémaque''.
On dit, en employant ce mot comme
nom commun : ''Ce jeune étourdi aurait bien besoin d’un'' '''mentor.'''
<section end="MENTOR"/>
<section begin="MER"/>'''MER.''' La mer couvre près des trois
quarts de la surface de la terre, et
elle occupe beaucoup plus de place
dans l’hémisphère austral que dans
l’hémisphère boréal. Parmi toutes les
raisons que l’on a données de la salure
des eaux de la mer, la plus plausible
est celle qui l’attribue à des
bancs inépuisables de sel, qui se trouveraient
au fond de l’Océan. La profondeur
des mers est très-variable ; il
existe des points où les sondes n’ont
pu toucher le fond, ce qui fait supposer
une profondeur de huit à dix mille
mètres. Le fond du la mer offre donc
des inégalités comme la surface de la
terre, il y existe des vallées analogues
à celles qui coupent les Pyrénées, les
Alpes, et, en général, toutes les chaînes
de montagnes ; les îles de peu d’étendue
ne sont que les sommets de
quelques hautes montagnes sous-marines.
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<section begin="MÉRIDIEN"/>'''MÉRIDIEN.''' Ce grand cercle, qui
passe par les pôles de la terre, et qui
partage la sphère en hémisphère oriental
et hémisphère occidental, s’appelle
ainsi parce qu’il est midi pour tous
les lieux par lesquels il passe lorsque
le soleil est parvenu à ce cercle.
Un homme qui irait d’un pôle à l’autre
par une ligne droite ne changerait pas
de méridien, au lieu qu’il en changerait
à chaque pas, s’il allait sur une
ligne droite d’orient en occident, ou
d’occident en orient. Il y a donc autant
de méridiens qu’on peut prendre
de points sur l’équateur.
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<section begin="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>'''MERVEILLES DU MONDE''' (''Les sept''). Nom donné par les anciens à
sept ouvrages admirables d’architecture
et de sculpture, et sur la choix
desquels les auteurs ne sont pas tous
d’accord, Ceux qu’on désigne le plus
ordinairement sous ce nom sont : 1° les
''pyramides d’Egypte ;'' 2° les ''jardins
suspendus'' et les ''murs de Babylone ;'' 3° le ''phare d’Alexandrie ;'' 4° le ''colosse
de Rhodes ;'' 5° le ''Jupiter Olympien de
Phidias ;'' 6° le ''temple de Diane à
Ephèse ;'' 7° le ''tombeau de Mausole''.
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les idées nous viennent ; raisonner
sur l’infini (temps et espace) ; discuter sur les causes de
nos sensations ; établir une comparaison entre l’instinct
des animaux et la raison de
l’homme : toutes ces questions relèvent
de la métaphysique.
Ce mot se prend quelquefois en mauvaise
part, pour désigner l’abus des
abstractions.
On pourrait définir la métaphysique
''la science qui a pour objet l’étude des
idées abstraites.''
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<section begin="MÉTEMPSYCOSE"/>'''MÉTEMPSYCOSE.''' Le dogme de
la transmigration des âmes d’un corps
à un autre est d’origine indienne. Cette
croyance passa de l’Inde en Egypte,
d’où, plus tard, Pythagore l’importa
en Grèce. On trouve le dogme de la
métempsycose mêlé à la religion de
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<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="MAUSOLÉE"/>hauteur, et qui passait pour une des
sept merveilles au monde. Depuis, le
nom de ''mausolée'' a été donné à tout
monument sépulcral somptueux.
<section end="MAUSOLÉE"/>
<section begin="MÉCÈNE"/>'''MÉCÈNE.''' Favori et ministre d’Auguste ;
il se servit de son crédit pour
encourager les lettres et les arts. Virgile,
Horace, Properce, furent comblés
de ses bienfaits. Depuis, le mot
Mécène est devenu le synonyme de
protecteur des lettres, des sciences et
des arts : ''Fouquet fut le'' '''Mécène''' ''de
La Fontaine ; Colbert se montra le''
'''Mécène''' ''de tous les hommes illustres
du siècle de Louis XIV.''
<section end="MÉCÈNE"/>
<section begin="MÉGÈRE"/>'''MÉGÈRE.''' V. ''Furies''.
<section end="MÉGÈRE"/>
<section begin="MÉNECHME"/>'''MÉNECHME''' Cette expression,qui
désigne un type de ressemblance, vient
du titre d’une comédie de Plaute, dont
toute l’intrigue roule sur les équivoques
auxquelles donne lieu la ressemblance
parfaite des frères ''Ménechmes''.
Cette comédie a été heureusement imitée
par notre second poëte comique, Regnard.
''L'homme le plus extraordinaire a eu son'' '''ménechme ;''' ''si l’on rencontrait son véritable'' '''ménechme,''' ''ce ne serait pas la personne que l’on aimerait le mieux.''
<section end="MÉNECHME"/>
<section begin="MENTOR"/>'''MENTOR.''' Ce nom désigne un ami
fidèle, un conseiller prudent, un guide
sûr et éclairé, parce qu’ainsi s’appelait
l’ami auquel Ulysse, avant de
s’embarquer pour la guerre de Troie,
avait confié le soin de sa maison. Minerve,
dit la Fable, prenait souvent sa
figure et sa voix pour engager le fils
d’Ulysse à ne point dégénérer de la
valeur et de la prudence de son père.
Cette tradition a été adoptée par Fénelon.
dans son ''Télémaque''.
On dit, en employant ce mot comme
nom commun : ''Ce jeune étourdi aurait bien besoin d’un'' '''mentor.'''
<section end="MENTOR"/>
<section begin="MER"/>'''MER.''' La mer couvre près des trois
quarts de la surface de la terre, et
elle occupe beaucoup plus de place
dans l’hémisphère austral que dans
l’hémisphère boréal. Parmi toutes les
raisons que l’on a données de la salure
des eaux de la mer, la plus plausible
est celle qui l’attribue à des
bancs inépuisables de sel, qui se trouveraient
au fond de l’Océan. La profondeur
des mers est très-variable ; il
existe des points où les sondes n’ont
pu toucher le fond, ce qui fait supposer
une profondeur de huit à dix mille
mètres. Le fond du la mer offre donc
des inégalités comme la surface de la
terre, il y existe des vallées analogues
à celles qui coupent les Pyrénées, les
Alpes, et, en général, toutes les chaînes
de montagnes ; les îles de peu d’étendue
ne sont que les sommets de
quelques hautes montagnes sous-marines.
<section end="MER"/>
<section begin="MÉRIDIEN"/>'''MÉRIDIEN.''' Ce grand cercle, qui
passe par les pôles de la terre, et qui
partage la sphère en hémisphère oriental
et hémisphère occidental, s’appelle
ainsi parce qu’il est midi pour tous
les lieux par lesquels il passe lorsque
le soleil est parvenu à ce cercle.
Un homme qui irait d’un pôle à l’autre
par une ligne droite ne changerait pas
de méridien, au lieu qu’il en changerait
à chaque pas, s’il allait sur une
ligne droite d’orient en occident, ou
d’occident en orient. Il y a donc autant
de méridiens qu’on peut prendre
de points sur l’équateur.
<section end="MÉRIDIEN"/>
<section begin="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>'''MERVEILLES DU MONDE''' (''Les sept''). Nom donné par les anciens à
sept ouvrages admirables d’architecture
et de sculpture, et sur la choix
desquels les auteurs ne sont pas tous
d’accord, Ceux qu’on désigne le plus
ordinairement sous ce nom sont : 1° les
''pyramides d’Egypte ;'' 2° les ''jardins
suspendus'' et les ''murs de Babylone ;'' 3° le ''phare d’Alexandrie ;'' 4° le ''colosse
de Rhodes ;'' 5° le ''Jupiter Olympien de
Phidias ;'' 6° le ''temple de Diane à
Ephèse ;'' 7° le ''tombeau de Mausole''.
<section end="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>
<section begin="MÉTAPHYSIQUE"/>'''MÉTAPHYSIQUE''' Savoir comment
les idées nous viennent ; raisonner
sur l’infini (temps et espace) ; discuter sur les causes de
nos sensations ; établir une comparaison entre l’instinct
des animaux et la raison de
l’homme : toutes ces questions relèvent
de la métaphysique.
Ce mot se prend quelquefois en mauvaise
part, pour désigner l’abus des
abstractions.
On pourrait définir la métaphysique
''la science qui a pour objet l’étude des
idées abstraites.''
<section end="MÉTAPHYSIQUE"/>
<section begin="MÉTEMPSYCOSE"/>'''MÉTEMPSYCOSE.''' Le dogme de
la transmigration des âmes d’un corps
à un autre est d’origine indienne. Cette
croyance passa de l’Inde en Egypte,
d’où, plus tard, Pythagore l’importa
en Grèce. On trouve le dogme de la
métempsycose mêlé à la religion de
presque tous les peuples anciens. Il
devait conduire ceux qui l’admettaient
à défendre l’usage des viandes, comme
exposant l’homme à se nourrir de la
<section end="MÉTEMPSYCOSE"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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sept merveilles au monde. Depuis, le
nom de ''mausolée'' a été donné à tout
monument sépulcral somptueux.
<section end="MAUSOLÉE"/>
<section begin="MÉCÈNE"/>'''MÉCÈNE.''' Favori et ministre d’Auguste ;
il se servit de son crédit pour
encourager les lettres et les arts. Virgile,
Horace, Properce, furent comblés
de ses bienfaits. Depuis, le mot
Mécène est devenu le synonyme de
protecteur des lettres, des sciences et
des arts : ''Fouquet fut le'' '''Mécène''' ''de
La Fontaine ; Colbert se montra le''
'''Mécène''' ''de tous les hommes illustres
du siècle de Louis XIV.''
<section end="MÉCÈNE"/>
<section begin="MÉGÈRE"/>'''MÉGÈRE.''' V. ''Furies''.
<section end="MÉGÈRE"/>
<section begin="MÉNECHME"/>'''MÉNECHME''' Cette expression, qui
désigne un type de ressemblance, vient
du titre d’une comédie de Plaute, dont
toute l’intrigue roule sur les équivoques
auxquelles donne lieu la ressemblance
parfaite des frères ''Ménechmes''.
Cette comédie a été heureusement imitée
par notre second poëte comique, Regnard.
''L'homme le plus extraordinaire a eu son'' '''ménechme ;''' ''si l’on rencontrait son véritable'' '''ménechme,''' ''ce ne serait pas la personne que l’on aimerait le mieux.''
<section end="MÉNECHME"/>
<section begin="MENTOR"/>'''MENTOR.''' Ce nom désigne un ami
fidèle, un conseiller prudent, un guide
sûr et éclairé, parce qu’ainsi s’appelait
l’ami auquel Ulysse, avant de
s’embarquer pour la guerre de Troie,
avait confié le soin de sa maison. Minerve,
dit la Fable, prenait souvent sa
figure et sa voix pour engager le fils
d’Ulysse à ne point dégénérer de la
valeur et de la prudence de son père.
Cette tradition a été adoptée par Fénelon.
dans son ''Télémaque''.
On dit, en employant ce mot comme
nom commun : ''Ce jeune étourdi aurait bien besoin d’un'' '''mentor.'''
<section end="MENTOR"/>
<section begin="MER"/>'''MER.''' La mer couvre près des trois
quarts de la surface de la terre, et
elle occupe beaucoup plus de place
dans l’hémisphère austral que dans
l’hémisphère boréal. Parmi toutes les
raisons que l’on a données de la salure
des eaux de la mer, la plus plausible
est celle qui l’attribue à des
bancs inépuisables de sel, qui se trouveraient
au fond de l’Océan. La profondeur
des mers est très-variable ; il
existe des points où les sondes n’ont
pu toucher le fond, ce qui fait supposer
une profondeur de huit à dix mille
mètres. Le fond du la mer offre donc
des inégalités comme la surface de la
terre, il y existe des vallées analogues
à celles qui coupent les Pyrénées, les
Alpes, et, en général, toutes les chaînes
de montagnes ; les îles de peu d’étendue
ne sont que les sommets de
quelques hautes montagnes sous-marines.
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<section begin="MÉRIDIEN"/>'''MÉRIDIEN.''' Ce grand cercle, qui
passe par les pôles de la terre, et qui
partage la sphère en hémisphère oriental
et hémisphère occidental, s’appelle
ainsi parce qu’il est midi pour tous
les lieux par lesquels il passe lorsque
le soleil est parvenu à ce cercle.
Un homme qui irait d’un pôle à l’autre
par une ligne droite ne changerait pas
de méridien, au lieu qu’il en changerait
à chaque pas, s’il allait sur une
ligne droite d’orient en occident, ou
d’occident en orient. Il y a donc autant
de méridiens qu’on peut prendre
de points sur l’équateur.
<section end="MÉRIDIEN"/>
<section begin="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>'''MERVEILLES DU MONDE''' (''Les sept''). Nom donné par les anciens à
sept ouvrages admirables d’architecture
et de sculpture, et sur la choix
desquels les auteurs ne sont pas tous
d’accord, Ceux qu’on désigne le plus
ordinairement sous ce nom sont : 1° les
''pyramides d’Egypte ;'' 2° les ''jardins
suspendus'' et les ''murs de Babylone ;'' 3° le ''phare d’Alexandrie ;'' 4° le ''colosse
de Rhodes ;'' 5° le ''Jupiter Olympien de
Phidias ;'' 6° le ''temple de Diane à
Ephèse ;'' 7° le ''tombeau de Mausole''.
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<section begin="MÉTAPHYSIQUE"/>'''MÉTAPHYSIQUE''' Savoir comment
les idées nous viennent ; raisonner
sur l’infini (temps et espace) ; discuter sur les causes de
nos sensations ; établir une comparaison entre l’instinct
des animaux et la raison de
l’homme : toutes ces questions relèvent
de la métaphysique.
Ce mot se prend quelquefois en mauvaise
part, pour désigner l’abus des
abstractions.
On pourrait définir la métaphysique
''la science qui a pour objet l’étude des
idées abstraites.''
<section end="MÉTAPHYSIQUE"/>
<section begin="MÉTEMPSYCOSE"/>'''MÉTEMPSYCOSE.''' Le dogme de
la transmigration des âmes d’un corps
à un autre est d’origine indienne. Cette
croyance passa de l’Inde en Egypte,
d’où, plus tard, Pythagore l’importa
en Grèce. On trouve le dogme de la
métempsycose mêlé à la religion de
presque tous les peuples anciens. Il
devait conduire ceux qui l’admettaient
à défendre l’usage des viandes, comme
exposant l’homme à se nourrir de la
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sept merveilles au monde. Depuis, le
nom de ''mausolée'' a été donné à tout
monument sépulcral somptueux.
<section end="MAUSOLÉE"/>
<section begin="MÉCÈNE"/>'''MÉCÈNE.''' Favori et ministre d’Auguste ;
il se servit de son crédit pour
encourager les lettres et les arts. Virgile,
Horace, Properce, furent comblés
de ses bienfaits. Depuis, le mot
Mécène est devenu le synonyme de
protecteur des lettres, des sciences et
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La Fontaine ; Colbert se montra le''
'''Mécène''' ''de tous les hommes illustres
du siècle de Louis XIV.''
<section end="MÉCÈNE"/>
<section begin="MÉGÈRE"/>'''MÉGÈRE.''' V. ''Furies''.
<section end="MÉGÈRE"/>
<section begin="MÉNECHME"/>'''MÉNECHME''' Cette expression, qui
désigne un type de ressemblance, vient
du titre d’une comédie de Plaute, dont
toute l’intrigue roule sur les équivoques
auxquelles donne lieu la ressemblance
parfaite des frères ''Ménechmes''.
Cette comédie a été heureusement imitée
par notre second poëte comique, Regnard.
''L'homme le plus extraordinaire a eu son'' '''ménechme ;''' ''si l’on rencontrait son véritable'' '''ménechme,''' ''ce ne serait pas la personne que l’on aimerait le mieux.''
<section end="MÉNECHME"/>
<section begin="MENTOR"/>'''MENTOR.''' Ce nom désigne un ami
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sûr et éclairé, parce qu’ainsi s’appelait
l’ami auquel Ulysse, avant de
s’embarquer pour la guerre de Troie,
avait confié le soin de sa maison. Minerve,
dit la Fable, prenait souvent sa
figure et sa voix pour engager le fils
d’Ulysse à ne point dégénérer de la
valeur et de la prudence de son père.
Cette tradition a été adoptée par Fénelon.
dans son ''Télémaque''.
On dit, en employant ce mot comme
nom commun : ''Ce jeune étourdi aurait bien besoin d’un'' '''mentor.'''
<section end="MENTOR"/>
<section begin="MER"/>'''MER.''' La mer couvre près des trois
quarts de la surface de la terre, et
elle occupe beaucoup plus de place
dans l’hémisphère austral que dans
l’hémisphère boréal. Parmi toutes les
raisons que l’on a données de la salure
des eaux de la mer, la plus plausible
est celle qui l’attribue à des
bancs inépuisables de sel, qui se trouveraient
au fond de l’Océan. La profondeur
des mers est très-variable ; il
existe des points où les sondes n’ont
pu toucher le fond, ce qui fait supposer
une profondeur de huit à dix mille
mètres. Le fond du la mer offre donc
des inégalités comme la surface de la
terre, il y existe des vallées analogues
à celles qui coupent les Pyrénées, les
Alpes, et, en général, toutes les chaînes
de montagnes ; les îles de peu d’étendue
ne sont que les sommets de
quelques hautes montagnes sous-marines.
<section end="MER"/>
<section begin="MÉRIDIEN"/>'''MÉRIDIEN.''' Ce grand cercle, qui
passe par les pôles de la terre, et qui
partage la sphère en hémisphère oriental
et hémisphère occidental, s’appelle
ainsi parce qu’il est midi pour tous
les lieux par lesquels il passe lorsque
le soleil est parvenu à ce cercle.
Un homme qui irait d’un pôle à l’autre
par une ligne droite ne changerait pas
de méridien, au lieu qu’il en changerait
à chaque pas, s’il allait sur une
ligne droite d’orient en occident, ou
d’occident en orient. Il y a donc autant
de méridiens qu’on peut prendre
de points sur l’équateur.
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<section begin="MERVEILLES DU MONDE (Les sept)"/>'''MERVEILLES DU MONDE''' (''Les sept''). Nom donné par les anciens à
sept ouvrages admirables d’architecture
et de sculpture, et sur la choix
desquels les auteurs ne sont pas tous
d’accord, Ceux qu’on désigne le plus
ordinairement sous ce nom sont : 1° les ''pyramides d’Egypte ;'' 2° les ''jardins suspendus'' et les ''murs de Babylone ;'' 3° le ''phare d’Alexandrie ;'' 4° le ''colosse de Rhodes ;'' 5° le ''Jupiter Olympien de Phidias ;'' 6° le ''temple de Diane à Ephèse ;'' 7° le ''tombeau de Mausole''.
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<section begin="MÉTAPHYSIQUE"/>'''MÉTAPHYSIQUE''' Savoir comment
les idées nous viennent ; raisonner
sur l’infini (temps et espace) ; discuter sur les causes de
nos sensations ; établir une comparaison entre l’instinct
des animaux et la raison de
l’homme : toutes ces questions relèvent
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la transmigration des âmes d’un corps
à un autre est d’origine indienne. Cette
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/29
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/04|
{{sc|Chapitre}} IV. — Dernière maladie de la Sœur Le Ber. Sa sainte mort. Concours à ses funérailles]]|{{pli|255|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/05|
{{sc|Chapitre}} V. — Éloge funèbre de la Sœur Le Ber, prononcé le jour de ses funérailles, 5 Octobre 1714]]|{{pli|272|31}}
}}
{{—|2|m=1em}}
{{CorpsTdM|largeurp=40|indentation=-2|niveau=t2||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/05|
Pélerinage à l’Église de la Congrégation où la
Sœur Le Ber vécut recluse et fut inhumée ]]|{{pli|293|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/06|
Notice sur la Famille Le Ber]]|{{pli|301|31}}}}
{{SDT|2|l=25}}
{{c|DÉCLARATION DE L’AUTEUR.}}
Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres
personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le
titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement
pour nous conformer à l’usage reçu parmi les
fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification
aux personnes d’une piété universellement reconnue ;
et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de
prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui
nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons
de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos
écrits et notre personne.<noinclude>
<references/></noinclude>
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[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/04|
{{sc|Chapitre}} IV. — Dernière maladie de la Sœur Le Ber. Sa sainte mort. Concours à ses funérailles]]|{{pli|255|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/05|
{{sc|Chapitre}} V. — Éloge funèbre de la Sœur Le Ber, prononcé le jour de ses funérailles, 5 Octobre 1714]]|{{pli|272|31}}
}}
{{—|2|m=1em}}
{{CorpsTdM|largeurp=40|indentation=-2|niveau=t2||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/05|
Pélerinage à l’Église de la Congrégation où la
Sœur Le Ber vécut recluse et fut inhumée ]]|{{pli|293|31}}||
[[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/06|
Notice sur la Famille Le Ber]]|{{pli|301|31}}}}
{{SDT|2|l=25}}
{{c|DÉCLARATION DE L’AUTEUR.}}
Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement pour nous conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification aux personnes d’une piété universellement reconnue ; et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos écrits et notre personne.<noinclude>
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Sœur Le Ber vécut recluse et fut inhumée ]]|{{pli|293|31}}||
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Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement pour nous conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification aux personnes d’une piété universellement reconnue ; et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos écrits et notre personne.<noinclude>
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Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement pour nous conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification aux personnes d’une piété universellement reconnue ; et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos écrits et notre personne.<noinclude>
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{{c|DÉCLARATION DE L’AUTEUR.}}<nowiki/>
Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement pour nous conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification aux personnes d’une piété universellement reconnue ; et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos écrits et notre personne.<noinclude>
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Denis Gagne52
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[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/04|{{sc|Chapitre}} IV. — Dernière maladie de la Sœur Le Ber. Sa sainte mort. Concours à ses funérailles]]|{{pli|255|31}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/04/05|{{sc|Chapitre}} V. — Éloge funèbre de la Sœur Le Ber, prononcé le jour de ses funérailles, 5 Octobre 1714]]|{{pli|272|31}}
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[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/05|Pélerinage à l’Église de la Congrégation où la
Sœur Le Ber vécut recluse et fut inhumée ]]|{{pli|293|31}}||
[[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/06|Notice sur la Famille Le Ber]]|{{pli|301|31}}}}
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{{c|DÉCLARATION DE L’AUTEUR.}}
<nowiki/>
Si nous donnons à {{Mlle|Le Ber}} et à d’autres personnages dont il est parlé dans cette ''Vie'' le titre de Saint, nous déclarons que c’est uniquement pour nous conformer à l’usage reçu parmi les fidèles, qui donnent quelquefois cette qualification aux personnes d’une piété universellement reconnue ; et qu’en cela nous n’avons pas eu dessein de prévenir le jugement du Souverain Pontife, à qui nous soumettrons toujours (comme nous l’espérons de la miséricorde de {{sc|Dieu}}) nos sentiments, nos écrits et notre personne.<noinclude>
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DE L’HISTOIRE DE FRANCE. 335
Ce château de Blois était joint à îa ville par un chemin pratiqué dans le roc, vaste édifice où était empreinte la main de
divers siècles, depuis les bâtisses féodales des Châtilîon et la tour du Château Renaud, jusqu’aux ouvrages demi-grecs et demi-gothiques de Louis XII, de François I<sup>er</sup> et de ses successeurs : c’est là qu’eut lieu une des catastrophes les plus tragiques de l’histoire.
Trois jours avant, le Balafré avait invité à souper le cardinal son frère, l’archevêque de Lyon, le président de Neuilly, la Chapelle-Marteau, prévôt des marchands de Paris, et Mendreville, tous de sa faction. Le duc, par un de ces pressentiments vagues qui avertissent du péril, avait quelque intention de faire
un voyage à Orléans ; il dit à ses convives qu’on l’avertissait d’une entreprise du roi sur sa personne, et il leur demanda conseil.
L’archevêque de Lyon s’éleva avec force contre tout projet de retraite ; c’était, selon lui, manquer une occasion qui ne se
retrouverait jamais, après avoir eu le bonheur d’avoir fait convoquer les états, et d’y avoir réuni tant de membres de la sainte Union ; il soutint que le duc de Guise disposait du tiers état, du clergé, et de plus du tiers des membres de la noblesse. Le président de Neuilly était tout alarmé, la Chapelle-Marteau prétendait qu’il n’y avait rien à craindre ; mais Mendreville déclara en jurant que l’archevêque de Lyon parlait du roi comme
d’un prince sensé et bien conseillé, mais que le roi était un fou, qu’il agirait en fou ; qu’il n’aurait ni appréhension ni prévoyance ; que s’il avait conçu un dessein, il l’exécuterait, mal ou bien. Qu’ainsi il se fallait lever en force devant lui, ou qu’autrement il n’y avait nulle sûreté.
Le duc de Guise trouva que Mendreville avait plus raison qu’eux tous ; mais il ajouta : « Mes affaires sont réduites en tels termes que, quand je verrois entrer la mort par la fenestre, je ne voudrois pas sortir par la porte pour la fuir. »
Le roi, de son côté , avait assemblé son conseil, composé des seigneurs de Rieux, d’Alphonse Ornano et des secrétaires
d’État. « Il y a longtemps, leur dit-il, que je suis sous la tutelle de messieurs de Guise. J’ai eu dix mille arguments<noinclude>
<references/></noinclude>
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DE L’HISTOIRE DE FRANCE. 335
Ce château de Blois était joint à îa ville par un chemin pratiqué dans le roc, vaste édifice où était empreinte la main de
divers siècles, depuis les bâtisses féodales des Châtilîon et la tour du Château Renaud, jusqu’aux ouvrages demi-grecs et demi-gothiques de Louis XII, de François I<sup>er</sup> et de ses successeurs : c’est là qu’eut lieu une des catastrophes les plus tragiques de l’histoire.
Trois jours avant, le Balafré avait invité à souper le cardinal son frère, l’archevêque de Lyon, le président de Neuilly, la Chapelle-Marteau, prévôt des marchands de Paris, et Mendreville, tous de sa faction. Le duc, par un de ces pressentiments vagues qui avertissent du péril, avait quelque intention de faire
un voyage à Orléans ; il dit à ses convives qu’on l’avertissait d’une entreprise du roi sur sa personne, et il leur demanda conseil.
L’archevêque de Lyon s’éleva avec force contre tout projet de retraite ; c’était, selon lui, manquer une occasion qui ne se
retrouverait jamais, après avoir eu le bonheur d’avoir fait convoquer les états, et d’y avoir réuni tant de membres de la sainte Union ; il soutint que le duc de Guise disposait du tiers état, du clergé, et de plus du tiers des membres de la noblesse. Le président de Neuilly était tout alarmé, la Chapelle-Marteau prétendait qu’il n’y avait rien à craindre ; mais Mendreville déclara en jurant que l’archevêque de Lyon parlait du roi comme
d’un prince sensé et bien conseillé, mais que le roi était un fou, qu’il agirait en fou ; qu’il n’aurait ni appréhension ni prévoyance ; que s’il avait conçu un dessein, il l’exécuterait, mal ou bien. Qu’ainsi il se fallait lever en force devant lui, ou qu’autrement il n’y avait nulle sûreté.
Le duc de Guise trouva que Mendreville avait plus raison qu’eux tous ; mais il ajouta : « Mes affaires sont réduites en tels termes que, quand je verrois entrer la mort par la fenestre, je ne voudrois pas sortir par la porte pour la fuir. »
Le roi, de son côté, avait assemblé son conseil, composé des seigneurs de Rieux, d’Alphonse Ornano et des secrétaires
d’État. « Il y a longtemps, leur dit-il, que je suis sous la tutelle de messieurs de Guise. J’ai eu dix mille arguments<noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « de me mesfier d’eux, mais je n’en ai jamais eu tant que depuis l’ouverture des estats. Je suis résolu d’en tirer raison, mais non par la voie ordinaire de justice ; car M. de Guise a tant de pouvoir dans ce lieu, que si je lui faisois faire son proces, lui-mesme le feroit à ses juges. Je suis résolu de le faire tuer présentement dans ma chambre ; il est temps que je sois seul roi : qui a compagnon a maistre. » (Pasquier.) Le roi ayant cessé de par... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|336|Analyse raisonnée|}}</noinclude>de me mesfier d’eux, mais je n’en ai jamais eu tant que depuis l’ouverture des estats. Je suis résolu d’en tirer raison, mais non par la voie ordinaire de justice ; car M. de Guise a tant de pouvoir dans ce lieu, que si je lui faisois faire son proces, lui-mesme le feroit à ses juges. Je suis résolu de le faire tuer présentement dans ma chambre ; il est temps que je sois seul roi : qui a compagnon a maistre. » (Pasquier.)
Le roi ayant cessé de parler, un ou deux membres du conseil proposèrent l’emprisonnement légal et le procès en forme ; tous les autres furent d’une opinion contraire, soutenant qu’en
matière de crime de lèse-majesté la punition devait précéder le jugement.
Le roi confirma cette opinion : « Mettre le Guisard en prison, dit-il, ce seroit mettre dans les filets le sanglier, qui seroit plus puissant que nos cordes. » (L’Estoile.)
On délibéra sur le jour où le coup serait frappé : le roi déclara qu’il ferait tuer le duc de Guise au souper que l’archevêque
de Lyon lui devait donner, le dimanche avant la Saint-Thomas. Ensuite l’exécution fut retardée jusqu’au mercredi suivant, jour même de la Saint-Thomas, et enfin renvoyée au 23, avant-veille de Noël.
Le 22, le duc de Guise, se mettant à table pour dîner, trouva sous sa serviette un billet ainsi conçu : « Donnez-vous de garde, on est sur le point de vous jouer un mauvais tour. » ïl écrivit au bas, au crayon : On n’oseroit ; et il jeta le billet sous la table. Le même jour, le duc d’Elbeuf lui dit qu’on attenterait le lendemain à sa vie. « Je vois bien, mon cousin, réponse dit le Balafré, que vous avez regardé vostre almanach, car tous les almanachs de ceste année sont farcis de telles menaces. » (L’Estoile.)
Le roi avait annoncé qu’il irait le lendemain 23 à la Noue, maison de campagne au bout d’une longue allée sur le bord de
la forêt de Blois, afin de passer l’a veille de Noël en prières. Rassuré par le projet de ce prétendu voyage, le cardinal de Guise pressa son frère de partir pour Orléans, disant qu’il était assez fort, lui cardinal, pour enlever Henri et le conduire à Paris. Une fois remis aux mains des Parisiens, les états<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|336|Analyse raisonnée|}}</noinclude>de me mesfier d’eux, mais je n’en ai jamais eu tant que depuis l’ouverture des estats. Je suis résolu d’en tirer raison, mais non par la voie ordinaire de justice ; car M. de Guise a tant de pouvoir dans ce lieu, que si je lui faisois faire son proces, lui-mesme le feroit à ses juges. Je suis resolu de le faire tuer presentement dans ma chambre ; il est temps que je sois seul roi : qui a compagnon a maistre. » (Pasquier.)
Le roi ayant cessé de parler, un ou deux membres du conseil proposèrent l’emprisonnement légal et le procès en forme ; tous les autres furent d’une opinion contraire, soutenant qu’en
matière de crime de lèse-majesté la punition devait précéder le jugement.
Le roi confirma cette opinion : « Mettre le Guisard en prison, dit-il, ce seroit mettre dans les filets le sanglier, qui seroit plus puissant que nos cordes. » (L’Estoile.)
On délibéra sur le jour où le coup serait frappé : le roi déclara qu’il ferait tuer le duc de Guise au souper que l’archevêque
de Lyon lui devait donner, le dimanche avant la Saint-Thomas. Ensuite l’exécution fut retardée jusqu’au mercredi suivant, jour même de la Saint-Thomas, et enfin renvoyée au 23, avant-veille de Noël.
Le 22, le duc de Guise, se mettant à table pour dîner, trouva sous sa serviette un billet ainsi conçu : « ''Donnez-vous de garde, on est sur le point de vous jouer un mauvais tour.'' » Il écrivit au bas, au crayon : ''On n’oseroit'' ; et il jeta le billet sous la table. Le même jour, le duc d’Elbeuf lui dit qu’on attenterait le lendemain à sa vie. « ''Je vois bien, mon cousin'', répondit le Balafré, ''que vous avez regardé vostre almanach, car tous les almanachs de ceste année sont farcis de telles menaces.'' » (L’Estoile.)
Le roi avait annoncé qu’il irait le lendemain 23 à la Noue, maison de campagne au bout d’une longue allée sur le bord de
la forêt de Blois, afin de passer l’a veille de Noël en prières. Rassuré par le projet de ce prétendu voyage, le cardinal de Guise pressa son frère de partir pour Orléans, disant qu’il était assez fort, lui cardinal, pour enlever Henri et le conduire à Paris. Une fois remis aux mains des Parisiens, les états<noinclude>
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Le roi ayant cessé de parler, un ou deux membres du conseil proposèrent l’emprisonnement légal et le procès en forme ; tous les autres furent d’une opinion contraire, soutenant qu’en
matière de crime de lèse-majesté la punition devait précéder le jugement.
Le roi confirma cette opinion : « Mettre le ''Guisard'' en prison, dit-il, ce seroit mettre dans les filets le sanglier, qui seroit plus puissant que nos cordes. » (L’Estoile.)
On délibéra sur le jour où le coup serait frappé : le roi déclara qu’il ferait tuer le duc de Guise au souper que l’archevêque
de Lyon lui devait donner, le dimanche avant la Saint-Thomas. Ensuite l’exécution fut retardée jusqu’au mercredi suivant, jour même de la Saint-Thomas, et enfin renvoyée au 23, avant-veille de Noël.
Le 22, le duc de Guise, se mettant à table pour dîner, trouva sous sa serviette un billet ainsi conçu : « ''Donnez-vous de garde, on est sur le point de vous jouer un mauvais tour.'' » Il écrivit au bas, au crayon : ''On n’oseroit'' ; et il jeta le billet sous la table. Le même jour, le duc d’Elbeuf lui dit qu’on attenterait le lendemain à sa vie. « ''Je vois bien, mon cousin'', répondit le Balafré, ''que vous avez regardé vostre almanach, car tous les almanachs de ceste année sont farcis de telles menaces.'' » (L’Estoile.)
Le roi avait annoncé qu’il irait le lendemain 23 à la Noue, maison de campagne au bout d’une longue allée sur le bord de
la forêt de Blois, afin de passer l’a veille de Noël en prières. Rassuré par le projet de ce prétendu voyage, le cardinal de Guise pressa son frère de partir pour Orléans, disant qu’il était assez fort, lui cardinal, pour enlever Henri et le conduire à Paris. Une fois remis aux mains des Parisiens, les états<noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/10
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>''Royal'' qu’il distribue.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''10 Janvier 1777.'' {{M.|le}} Garde des Sceaux ne voulant pas non plus s’attirer d’affaires avec le Clergé, a fait défendre à tous les Libraires de France de recevoir aucune Souscription pour la petite Encyclopédie in-{{4o}}. dont on a parlé.
{{brn|1}}
''11 Janvier 1777.'' On voit depuis peu ici deux volumes imprimés en pays étranger, qui ne sont que les premiers d’un ouvrage très-étendu. On en va juger par le titre fort détaillé : ''Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres en France, depuis 1762 jusqu’à nos jours ; ou Journal d’un Observateur, contenant les Analyses des piecs de Théâtre qui ont paru durant cet intervalle ; les Relations des Assemblées littéraires ; les Notices des Livres nouveaux, clandestins, prohibés ; les Pieces fugitives, rares ou manuscrites, en prose ou en vers ; les Vaudevilles sur la Cour ; les Eloges des Savans, des Artistes, des hommes de Lettres morts, &c.'' Par feu {{M.|de}} ''Bachaumont ;'' avec cette Epigraphe : ''{{lang|la|……{{lié}}Huc propius me ……{{lié}}vos ordine adite.}}'' (Cette Notice est tirée de Nouvelles à la main très accréditées dans Paris.)
{{brn|1}}
''11 Janvier 1777.'' Les Administrateurs actuels de l’Opéra ont fait exécuter une nouveauté. C’est un petit acte intitulé : ''Alain & Rosette,'' ou ''la Bergere ingénue,'' Ballet. Les paroles sont d’un nommé Bouteiller & la Musique du Sieur Pointeau, Organiste. Comme on se plaint de la briéveté d’''Orphée,'' ils l’ont donné à la suite de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/237
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Cantons-de-l'Est
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Amorce.
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text/x-wiki
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ENCLAVER v. tr. Enfermer, enclore
une chose dans une autre. Ne se dit
guère que d’un morceau de terre, d’un
héritage.
ENCLIN, INE adj. Porté naturelle-
ment à : enclin au mal.
ENCLIQUETAGE n. m. Horl. Mé-
canisme qui fait tourner une roue dans
un sens et l’empêche de tourner dans un
autre.
ENCLIQUETER v. tr. Faire un encliquetage. — Prend deux t devant une syllabe muette.
ENCLORE (se conj. comme clore) v. tr. Enfermer de murs, de haies, etc. :
enclore un jardin.
ENCLOS n. m. Espace contenu dans
une clôture.
ENCLOUAGE n. m. Action d’en-
clouer.
ENCLOUER v. tr. Piquer un cheval
jusqu’au vif avec un clou quand on le
ferre. Enclouer un canon, faire entrer
de force, dans la lumière, un gros clou
pour l’empêcher de servir.
ENCLOUURE n. f. Blessure faite au
pied d’un cheval en le ferrant.
ENCLUME n. f. Masse de fer sur la-
quelle on forge les métaux.
ENCLUMEAU n. m. Petite enclume.
ENCOCHE n. f. Etabli de sabotier
pour fixer le sabot ; entaille faite sur le
pêne d’une serrure et sur la taille des
boulangers.
ENCOCHER v. tr. Mettre la corde de
l’arc dans la coche de la flèche.
ENCOFFRER v. tr. Enfermer dans
un coffre.
ENCOIGNURE (''cognu'') ou '''Encognure''' n. f. Angle formé par deux murailles {{corr|:|;}} petit meuble qu’on y place.
ENCOLLAGE n. m. Action d’encoller ; son résultat.
ENCOLLER v. tr. Appliquer un ap-
prêt de colle, de gomme, etc. : encoller
une étoffe, un meuble.
ENCOLURE n. f. Partie du corps du
cheval qui s’étend depuis la tête jus-
qu’aux épaules et au poitrail.
ENCOMBRANT, ANTE adj. Qui encombre.
ENCOMBRE n. m. Obstacle, acci-
dent : arriver sans encombre.
ENCOMBREMENT n. m. Action
d’encombrer ; amas de matériaux, d’ob-
jets qui encombrent,
ENCOMBRER v. tr. Obstruer, em-
barrasser un passage.
ENCONTRE (A l’) loc. prép. Aller
à l’encontre de… être contraire à.
ENCORE adv. De nouveau : je veux
encore essayer ; du moins : encore s’il
voulait ; jusqu’à présent : il n’a pas en-
core été malade. Encore que loc. conj.
Bien que, quoique : encore qu’il soit
jeune. En poésie, on peut écrire encor.
ENCORNÉ, .E adj. Qui a des cornes : bouc haut encorné.
ENCOURAGEANT, E adj. Qui encourage.
ENCOURAGER v. tr. Donner du
courage ; favoriser : encourager l’in-
dustrie, les arts, etc.
ENCOURIR v. tr. Attirer sur soi, en
parlant de châtiments, de peines.
ENCRAGE n. m. Action d’impré-
gner d’encre les rouleaux d’une presse
d’imprimerie.
ENCRASSER v. tr. S’encrasser
v. pr. Rendre, devenir crasseux.
ENCRE n. f. Liqueur, le plus ordi-
nairement noire, dont on se sert pour
écrire ; composition noire et épaisse pour
imprimer. Encre de Chine, composition
sèche et noire dont on se sert pour le
lavis.
ENCRER v. tr. Impr. Charger d’en-
cre le rouleau.
ENCRIER n. m. Petit vase où l’on
met l’encre. Impr. Table carrée sur la-
quelle les imprimeurs encrent le rouleau.
ENCROÛTÉ, ÉE adj. Couvert de
croûtes, de mortier. Fig. Rempli : en-
croûté de préjugés.
ENCROUER v. tr. Arch. Enduire un mur de mortier.
ENCUIRASSER (S’) v. pr. Se cou-
vrir de sa cuirasse.
ENCULASSER v. tr. Mettre la culasse au canon d’une arme à feu.
ENCUVER v. tr. Mettre en cuve.
ENCYCLIQUE adj. et n. f. Lettre circulaire adressée par le pape aux évêques.
ENCYCLOPÉDIE n. f. Ouvrage où l’on traite de toutes les sciences et de tous les arts.
ENCYCLOPÉDIQUE adj. Qui appartient à l’encyclopédie : dictionnaire encyclopédique.
ENCYCLOPÉDISTE n. m. Nom donné aux auteurs de la grande Encyclopédie du {{s|xviii}}.
ENDÉCAGONE n. m. V. Hendécagone.
ENDÉCASYLLABE adj. et n. V. Hendecasyllabe.
ENDÉMIE n. f. Maladie particulière
à certains pays.
ENDÉMIQUE adj. Particulier à un
peuple, à une nation. Se dit surtout des
maladies, telles que le tarentisme dans
le royaume de Naples, la plique en Po-
logne, le goître dans le Valais, etc.
ENDENTE, ÉE adj. Qui a des dents : gens bien endentés, de bon appétit.
ENDENTER v. tr. Méc. Mettre des dents à une roue.<noinclude>
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Cantons-de-l'Est
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'''ENCLAVER''' v. tr. Enfermer, enclore une chose dans une autre. Ne se dit guère que d’un morceau de terre, d’un héritage.
'''ENCLIN, INE''' adj. Porté naturellement à : ''enclin au mal''.
'''ENCLIQUETAGE''' n. m. ''Horl.'' Mécanisme qui fait tourner une roue dans un sens et l’empêche de tourner dans un autre.
'''ENCLIQUETER''' v. tr. Faire un encliquetage. — Prend deux ''t'' devant une syllabe muette.
'''ENCLORE''' (se conj. comme ''clore'') v. tr. Enfermer de murs, de haies, etc. : ''enclore un jardin''.
'''ENCLOS''' n. m. Espace contenu dans une clôture.
'''ENCLOUAGE''' n. m. Action d’enclouer.
'''ENCLOUER''' v. tr. Piquer un cheval jusqu’au vif avec un clou quand on le ferre. Enclouer un canon, faire entrer de force, dans la lumière, un gros clou pour l’empêcher de servir.
'''ENCLOUURE''' n. f. Blessure faite au pied d’un cheval en le ferrant.
'''ENCLUME''' n. f. Masse de fer sur laquelle on forge les métaux.
'''ENCLUMEAU''' n. m. Petite enclume.
'''ENCOCHE''' n. f. Établi de sabotier pour fixer le sabot ; entaille faite sur le pêne d’une serrure et sur la taille des boulangers.
'''ENCOCHER''' v. tr. Mettre la corde de l’arc dans la coche de la flèche.
'''ENCOFFRER''' v. tr. Enfermer dans un coffre.
'''ENCOIGNURE''' (''cognu'') ou '''Encognure''' n. f. Angle formé par deux murailles {{corr|:|;}} petit meuble qu’on y place.
'''ENCOLLAGE''' n. m. Action d’encoller ; son résultat.
'''ENCOLLER''' v. tr. Appliquer un apprêt de colle, de gomme, etc. : ''encoller une étoffe, un meuble''.
'''ENCOLURE''' n. f. Partie du corps du cheval qui s’étend depuis la tête jusqu’aux épaules et au poitrail.
'''ENCOMBRANT, ANTE''' adj. Qui encombre.
'''ENCOMBRE''' n. m. Obstacle, accident : ''arriver sans encombre''.
'''ENCOMBREMENT''' n. m. Action d’encombrer ; amas de matériaux, d’objets qui encombrent.
'''ENCOMBRER''' v. tr. Obstruer, embarrasser un passage.
'''ENCONTRE''' (A l’) loc. prép. Aller à l’encontre de… être contraire à.
'''ENCORE''' adv. De nouveau : ''je veux encore essayer'' ; du moins : ''encore s’il voulait'' ; jusqu’à présent : ''il n’a pas encore été malade''. Encore que loc. conj. Bien que, quoique : ''encore qu’il soit jeune''. {{Dclf-}} En poésie, on peut écrire ''encor''.
'''ENCORNÉ''', .E adj. Qui a des cornes : ''bouc haut encorné''.
'''ENCOURAGEANT, E''' adj. Qui encourage.
'''ENCOURAGER''' v. tr. Donner du courage ; favoriser : ''encourager l’industrie, les arts'', etc.
'''ENCOURIR''' v. tr. Attirer sur soi, en parlant de châtiments, de peines.
'''ENCRAGE''' n. m. Action d’imprégner d’encre les rouleaux d’une presse d’imprimerie.
'''ENCRASSER''' v. tr. '''S’encrasser''' v. pr. Rendre, devenir crasseux.
'''ENCRE''' n. f. Liqueur, le plus ordinairement noire, dont on se sert pour écrire ; composition noire et épaisse pour imprimer. Encre de Chine, composition sèche et noire dont on se sert pour le lavis.
'''ENCRER''' v. tr. ''Impr.'' Charger d’encre le rouleau.
'''ENCRIER''' n. m. Petit vase où l’on met l’encre. ''Impr.'' Table carrée sur laquelle les imprimeurs encrent le rouleau.
'''ENCROÛTÉ, ÉE''' adj. Couvert de croûtes, de mortier. ''Fig.'' Rempli : ''encroûté de préjugés''.
'''ENCROUER''' v. tr. ''Arch.'' Enduire un mur de mortier.
'''ENCUIRASSER''' ('''S’''') v. pr. Se couvrir de sa cuirasse.
'''ENCULASSER''' v. tr. Mettre la culasse au canon d’une arme à feu.
'''ENCUVER''' v. tr. Mettre en cuve.
'''ENCYCLIQUE''' adj. et n. f. Lettre circulaire adressée par le pape aux évêques.
'''ENCYCLOPÉDIE''' n. f. Ouvrage où l’on traite de toutes les sciences et de tous les arts.
'''ENCYCLOPÉDIQUE''' adj. Qui appartient à l’encyclopédie : ''dictionnaire encyclopédique''.
'''ENCYCLOPÉDISTE''' n. m. Nom donné aux auteurs de la grande Encyclopédie du {{s|xviii}}.
'''ENDÉCAGONE''' n. m. V. ''''Hendécagone''''.
'''ENDÉCASYLLABE''' adj. et n. V. ''''Hendecasyllabe''''.
'''ENDÉMIE''' n. f. Maladie particulière à certains pays.
'''ENDÉMIQUE''' adj. Particulier à un peuple, à une nation. Se dit surtout des maladies, telles que le tarentisme dans le royaume de Naples, la plique en Pologne, le goître dans le Valais, etc.
'''ENDENTE, ÉE''' adj. Qui a des dents : ''gens bien endentés, de bon appétit''.
'''ENDENTER''' v. tr. ''Méc.'' Mettre des dents à une roue.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Cantons-de-l'Est
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'''ENCLAVER''' v. tr. Enfermer, enclore une chose dans une autre. Ne se dit guère que d’un morceau de terre, d’un héritage.
'''ENCLIN, INE''' adj. Porté naturellement à : ''enclin au mal''.
'''ENCLIQUETAGE''' n. m. ''Horl.'' Mécanisme qui fait tourner une roue dans un sens et l’empêche de tourner dans un autre.
'''ENCLIQUETER''' v. tr. Faire un encliquetage. — Prend deux ''t'' devant une syllabe muette.
'''ENCLORE''' (se conj. comme ''clore'') v. tr. Enfermer de murs, de haies, etc. : ''enclore un jardin''.
'''ENCLOS''' n. m. Espace contenu dans une clôture.
'''ENCLOUAGE''' n. m. Action d’enclouer.
'''ENCLOUER''' v. tr. Piquer un cheval jusqu’au vif avec un clou quand on le ferre. ''Enclouer un canon'', faire entrer de force, dans la lumière, un gros clou pour l’empêcher de servir.
'''ENCLOUURE''' n. f. Blessure faite au pied d’un cheval en le ferrant.
'''ENCLUME''' n. f. Masse de fer sur laquelle on forge les métaux.
'''ENCLUMEAU''' n. m. Petite enclume.
'''ENCOCHE''' n. f. Établi de sabotier pour fixer le sabot ; entaille faite sur le pêne d’une serrure et sur la taille des boulangers.
'''ENCOCHER''' v. tr. Mettre la corde de l’arc dans la coche de la flèche.
'''ENCOFFRER''' v. tr. Enfermer dans un coffre.
'''ENCOIGNURE''' (''cognu'') ou '''Encognure''' n. f. Angle formé par deux murailles {{corr|:|;}} petit meuble qu’on y place.
'''ENCOLLAGE''' n. m. Action d’encoller ; son résultat.
'''ENCOLLER''' v. tr. Appliquer un apprêt de colle, de gomme, etc. : ''encoller une étoffe, un meuble''.
'''ENCOLURE''' n. f. Partie du corps du cheval qui s’étend depuis la tête jusqu’aux épaules et au poitrail.
'''ENCOMBRANT, ANTE''' adj. Qui encombre.
'''ENCOMBRE''' n. m. Obstacle, accident : ''arriver sans encombre''.
'''ENCOMBREMENT''' n. m. Action d’encombrer ; amas de matériaux, d’objets qui encombrent.
'''ENCOMBRER''' v. tr. Obstruer, embarrasser un passage.
'''ENCONTRE''' ('''À l’''') loc. prép. Aller à l’encontre de… être contraire à.
'''ENCORE''' adv. De nouveau : ''je veux encore essayer'' ; du moins : ''encore s’il voulait'' ; jusqu’à présent : ''il n’a pas encore été malade''. Encore que loc. conj. Bien que, quoique : ''encore qu’il soit jeune''. {{Dclf-}} En poésie, on peut écrire ''encor''.
'''ENCORNÉ, ÉE''' adj. Qui a des cornes : ''bouc haut encorné''.
'''ENCOURAGEANT, E''' adj. Qui encourage.
'''ENCOURAGER''' v. tr. Donner du courage ; favoriser : ''encourager l’industrie, les arts'', etc.
'''ENCOURIR''' v. tr. Attirer sur soi, en parlant de châtiments, de peines.
'''ENCRAGE''' n. m. Action d’imprégner d’encre les rouleaux d’une presse d’imprimerie.
'''ENCRASSER''' v. tr. '''S’encrasser''' v. pr. Rendre, devenir crasseux.
'''ENCRE''' n. f. Liqueur, le plus ordinairement noire, dont on se sert pour écrire ; composition noire et épaisse pour imprimer. ''Encre de Chine'', composition sèche et noire dont on se sert pour le lavis.
'''ENCRER''' v. tr. ''Impr.'' Charger d’encre le rouleau.
'''ENCRIER''' n. m. Petit vase où l’on met l’encre. ''Impr.'' Table carrée sur laquelle les imprimeurs encrent le rouleau.
'''ENCROÛTÉ, ÉE''' adj. Couvert de croûtes, de mortier. ''Fig.'' Rempli : ''encroûté de préjugés''.
'''ENCROUER''' v. tr. ''Arch.'' Enduire un mur de mortier.
'''ENCUIRASSER''' ('''S’''') v. pr. Se couvrir de sa cuirasse.
'''ENCULASSER''' v. tr. Mettre la culasse au canon d’une arme à feu.
'''ENCUVER''' v. tr. Mettre en cuve.
'''ENCYCLIQUE''' adj. et n. f. Lettre circulaire adressée par le pape aux évêques.
'''ENCYCLOPÉDIE''' n. f. Ouvrage où l’on traite de toutes les sciences et de tous les arts.
'''ENCYCLOPÉDIQUE''' adj. Qui appartient à l’encyclopédie : ''dictionnaire encyclopédique''.
'''ENCYCLOPÉDISTE''' n. m. Nom donné aux auteurs de la grande Encyclopédie du {{s|xviii}}.
'''ENDÉCAGONE''' n. m. V. ''Hendécagone''.
'''ENDÉCASYLLABE''' adj. et n. V. ''Hendecasyllabe''.
'''ENDÉMIE''' n. f. Maladie particulière à certains pays.
'''ENDÉMIQUE''' adj. Particulier à un peuple, à une nation. Se dit surtout des maladies, telles que le ''tarentisme'' dans le royaume de Naples, la ''plique'' en Pologne, le ''goître'' dans le Valais, etc.
'''ENDENTE, ÉE''' adj. Qui a des dents : ''gens bien endentés, de bon appétit''.
'''ENDENTER''' v. tr. ''Méc.'' Mettre des dents à une roue.<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « DE L’HISTOIRE DE FRANCE. 337 l'auraient déposé, comme incapable de régner, puis confiné dans un château avec une pension de 200,000 écus ; le duc de Guise eût été proclamé roi à sa place : c’était le dernier plan, car les plans variaient. Catherine avait elle-même songé à priver son fils de la couronne, mais en lui donnant dans sa retraite des femmes au lieu d’or, comme chaînes plus sûres ; elle eût alors demandé le trône pour le duc... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L’HISTOIRE DE FRANCE. 337
l'auraient déposé, comme incapable de régner, puis confiné dans un château avec une pension de 200,000 écus ; le duc de Guise eût été proclamé roi à sa place : c’était le dernier plan, car les
plans variaient. Catherine avait elle-même songé à priver son fils de la couronne, mais en lui donnant dans sa retraite des
femmes au lieu d’or, comme chaînes plus sûres ; elle eût alors demandé le trône pour le duc de Lorraine, son petit-fils par sa fille. Deux grands conspirateurs cherchaient donc à se devancer pour s’arracher mutuellement le pouvoir et la vie ; leurs eomplots respectifs étaient connus de l’un et de l’autre : le
plus dissimulé l’emporta sur le plus vain.
Le 22, le roi, après avoir soupé, se retira dans sa chambre vers les sept heures : il donna l’ordre à Liancourt, premier écuyer, de faire avancer un carrosse à la porte de la galerie des Cerfs, le lendemain matin 23 décembre, à quatre heures, toujours sous prétexte d’aller à la Noue. En même temps il envoya le sieur de Marle inviter le cardinal de Guise à se rendre au château à six heures, parce qu’il désirait lui parler avant de partir. Le maréchal d’Aumont, les sieurs de Rambouillet, de Maintenon, d’O, le colonel Alphonse Ornano, quelques autres seigneurs et gens du conseil, les quarante-cinq gentilshommes ordinaires,
furent requis de se trouver à la même heure dans la chambre du roi.
A neuf heures du soir le roi mande Larchant, capitaine des gardes du corps ; il lui enjoint de se tenir le lendemain, à
sept heures du matin, avec quelques-uns des gardes, sur le passage du duc de Guise, quand celui-ci viendrait au conseil : Larchant et les siens présenteraient à ce prince une supplique tendante à les faire payer de leurs appointements. Aussitôt que le duc serait entré dans la chambre du conseil qui formait l’antichambre de la chambre du roi, Larchant se saisirait de l’escalier et de la porte, ne laisserait ni entrer, ni sortir, ni passer personne. Vingt autres gardes seraient placés par lui, Larchant,
à l’escalier du vieux cabinet, d’où l’on descendait la galerie des Cerfs.
Tout étant disposé de la sorte, Henri rentra dans son cabinet avec de Termes ; c’était Roger de Saint-Lary de Bellegarde,<noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « si connu depuis. A minuit Valois lai dit : « Mon fils, allez vous coucher, et dites à Duhalde qu’il ne faille de m’esveiller à quatre heures ; et vous trouverez ici à pareille heure. Le roi prend son bougeoir, et s’en va dormir avec la reine. » (Miron.) Le duc de Guise veillait alors auprès de Charlotte de Beaune, petite-fille de Semblançai, mariée d’abord au seigneur de Sauve, et en secondes noces à François de la Trémoille, marquis de Noirm... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|338|Analyse raisonnée|}}</noinclude>si connu depuis. A minuit Valois lai dit : « Mon fils, allez vous coucher, et dites à Duhalde qu’il ne faille de m’esveiller à quatre heures ; et vous trouverez ici à pareille heure. Le roi prend son bougeoir, et s’en va dormir avec la reine. » (Miron.)
Le duc de Guise veillait alors auprès de Charlotte de Beaune, petite-fille de Semblançai, mariée d’abord au seigneur de Sauve, et en secondes noces à François de la Trémoille, marquis de Noirmoutiers. Aussi belle que volage, elle allait, selon l’expression libre du Laboureur, coucher d’un parti chez l’autre. Liée jadis avec le duc d’ Alençon et le roi de Navarre, les secrets qu’elle dérobait au plaisir, elle les redisait à Catherine de Médicis et au duc de Guise. Cette fois elle essaya de l’éclairer sur les dangers qu’il courait, elle le conjura de fuir ; mais il crut moins à ses conseils qu’à ses caresses, et il resta : il ne rentra chez lui qu’à quatre heures du matin : on lui remit cinq billets, qui tous l’admonestaient de se précautionner contre le roi. Le duc mit ces billets sous son chevet. Le Jeune, son chirurgien, et
beaucoup d’autres clients qui l’environnaient, le suppliaient de tenir compte de cet avis : « Ce ne seroit jamais fini, répondît-il ; dormons, et vous allez coucher. » (Miron.)
Le 23, à quatre heures du matin, Duhalde vint heurter à la porte de la chambre de la reine ; la dame de Piolant, première
femme de chambre, accourt au bruit : « Qui est là ? » dit-elle, « C’est Duhalde, répond celui-ci ; dites au roi qu’il est quatre heures. — 11 dort, et la reine aussi, » répliqua la dame de Piolant. « Éveillez-le, dit Duhalde ; ou je heurterai si fort que je les réveillerai tous deux. »
Le roi ne dormait point, ses inquiétudes étaient trop vives. Ayant appris la venue de Duhalde, il demande ses bottines et sa robe de chambre et son bougeoir ; il se lève, et, laissant la reine tout émue, se rend dans son cabinet, où l’attendaient déjà de Termes et Duhalde. 11 prend les clefs des cellules destinées aux capucins ; il monte, éclairé par de Termes, qui portait le bougeoir devant lui ; il ouvre une cellule, et y enferme Duhalde
effrayé ; il redescend, et à mesure que les quarante-cinq gentilshommes de sa garde se présentent, il les conduit<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|338|Analyse raisonnée|}}</noinclude>si connu depuis. A minuit Valois lai dit : « Mon fils, allez vous coucher, et dites à Duhalde qu’il ne faille de m’esveiller à quatre heures ; et vous trouverez ici à pareille heure. Le roi prend son bougeoir, et s’en va dormir avec la reine. » (Miron.)
Le duc de Guise veillait alors auprès de Charlotte de Beaune, petite-fille de Semblançai, mariée d’abord au seigneur de Sauve, et en secondes noces à François de la Trémoille, marquis de Noirmoutiers. Aussi belle que volage, elle allait, selon l’expression libre du Laboureur, coucher d’un parti chez l’autre. Liée jadis avec le duc d’ Alençon et le roi de Navarre, les secrets qu’elle dérobait au plaisir, elle les redisait à Catherine de Médicis et au duc de Guise. Cette fois elle essaya de l’éclairer sur les dangers qu’il courait, elle le conjura de fuir ; mais il crut moins à ses conseils qu’à ses caresses, et il resta : il ne rentra chez lui qu’à quatre heures du matin : on lui remit cinq billets, qui tous l’admonestaient de se précautionner contre le roi. Le duc mit ces billets sous son chevet. Le Jeune, son chirurgien, et
beaucoup d’autres clients qui l’environnaient, le suppliaient de tenir compte de cet avis : « Ce ne seroit jamais fini, répondît-il ; dormons, et vous allez coucher. » (Miron.)
Le 23, à quatre heures du matin, Duhalde vint heurter à la porte de la chambre de la reine ; la dame de Piolant, première
femme de chambre, accourt au bruit : « Qui est là ? » dit-elle, « C’est Duhalde, répond celui-ci ; dites au roi qu’il est quatre heures. — 11 dort, et la reine aussi, » répliqua la dame de Piolant. « Éveillez-le, dit Duhalde ; ou je heurterai si fort que je les réveillerai tous deux. »
Le roi ne dormait point, ses inquiétudes étaient trop vives. Ayant appris la venue de Duhalde, il demande ses bottines et sa robe de chambre et son bougeoir ; il se lève, et, laissant la reine tout émue, se rend dans son cabinet, où l’attendaient déjà de Termes et Duhalde. Il prend les clefs des cellules destinées aux capucins ; il monte, éclairé par de Termes, qui portait le bougeoir devant lui ; il ouvre une cellule, et y enferme Duhalde
effrayé ; il redescend, et à mesure que les quarante-cinq gentilshommes de sa garde se présentent, il les conduit<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>celui-ci. La Reine honoroit heureusement le Spectacle de sa présence : sans cette sauve-garde la piece n’auroit pas eu lieu jusqu’à la fin, tant le mécontentement du public s’est manifesté avec humeur. Rien de plus plat sous les deux aspects. On dit que cette drogue avoit été applaudie dans des sociétés particulieres ; cela confirme la nécessité de se défier de tous ces ouvrages prônés par les cotteries. Le {{Sr.|Dauberval}} a reparu pour la premiere fois ce jour-là depuis sa longue & cruelle maladie, mais on l’a trouvé bien dégénéré. La chambrée étoit des plus complettes. On a fait 5,500{{lié}}Livres.
{{brn|1}}
''12 Janvier 1777.'' Depuis longtems le bas-Clergé se plaint de la mauvaise assiette des impositions qui le concernent. Il prétend que Nosseigneurs les Evêques étant presque tous maîtres, chacun dans leur district, de la Chambre Diocésaine chargée de la répartition, ils la font faire à leur gré, & se ménagent en écrasant leurs inférieurs. Enfin, les abus inouïs introduits à Rhodès dans cette jurisdiction ecclésiastique, ont donné lieu à des réclamations qui en exciteront beaucoup d’autres, si elles ont quelques succès. Aussi l’Ordre Episcopal est-il intervenu dans cette contestation particuliere, & ce n’est plus contre le {{Sr.|de}} Cicé, Evêque du Diocese seulement, que les plaignans ont affaire, mais contre les Agens généraux du Clergé de France. Le procès est pendant au Conseil, & il paroît un Mémoire instructif & curieux<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 339 aux cellules, dans lesquelles il les incarcère un à un, comme Duhalde. Les personnages convoqués au conseil commençaient d’arriver au cabinet du roi ; on y pénétrait à travers un passage étroit et oblique que Henri avait fait pratiquer exprès dans un coin de sa chambre à coucher, laquelle précédait ce cabinet. La porte ordinaire de la chambre avait été bouchée. Lorsque les ministres et les seigneurs sont entrés, l... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 339
aux cellules, dans lesquelles il les incarcère un à un, comme Duhalde. Les personnages convoqués au conseil commençaient d’arriver au cabinet du roi ; on y pénétrait à travers un passage
étroit et oblique que Henri avait fait pratiquer exprès dans un coin de sa chambre à coucher, laquelle précédait ce cabinet. La porte ordinaire de la chambre avait été bouchée. Lorsque les ministres et les seigneurs sont entrés, le roi va mettre en liberté ses prisonniers, les ramène en silence dans sa chambre, leur recommandant de ne faire aucun bruit, à cause de la reine mère qui était malade, et logée au-dessous.
Ces précautions prises, le roi revient au conseil, et redit aux assistants ce qu’il leur avait déjà dit sur la nécessité où il se trouvait réduit de prévenir les complots du duc de Guise. Le maréchal d’Aumont hésitait, parce que le roi avait promis et juré le 4 décembre, sur le saint sacrement de l’autel, parfaite réconciliation et amitié avec le duc de Guise : « Mon cousin, lui avoit-il dit, croyez-vous que j’aye l’ame si meschante que de vous vouloir mal ? Au contraire, je déclare qu’il n’y a personne en mon royaume que j’ayme mieux que vous, et à qui je sois plus tenu, comme je le feray paroistre par bons effects d’icy à peu de temps. (.....) « Cet atheiste Henry de Valois cacheta sa trahison avec une cire du corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (''Vie et mort de Henry de Valois''.)
On calma les scrupules du maréchal d’Aumont en s’efforçant de lui prouver que le duc de Guise avait manqué le premier à
sa parole.
Le roi passa du cabinet du conseil dans la chambre où étaient assemblés les gentilshommes, et il leur parla de la
sorte :
« 11 n’y a aucun de vous qui ne soit obligé de reconnoistre combien est grand l’honneur qu’il a reçu de moi, ayant fait
choix de vos personnes sur toute la noblesse de mon royaume, pour confier la mienne à leur valeur, vigilance et fidélité. Vous avez esté mes obligés ; maintenant je veux estre le vostre en une urgente occasion, où il y va de mon honneur, de mon Estat et de ma vie. Vous savez tous les insultes<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « que j’ai reçues du duc de Guise, lesquelles j’ai souffertes jusqu’à faire a douter de ma puissance et de mon courage, pensant par ma douceur allentir ou arrester le cours de cette violente et furieuse ambition. Il est résolu de faire son dernier effort sur ma personne, pour disposer après de ma couronne et de ma vie. J’en suis réduit à telle extrémité, qu’il faut que je meure ou qu’il meure, et que ce soit ce matin. Ne voulez-vous pas me serv... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|340|Analyse raisonnée|}}</noinclude>que j’ai reçues du duc de Guise, lesquelles j’ai souffertes jusqu’à faire
a douter de ma puissance et de mon courage, pensant par ma douceur allentir ou arrester le cours de cette violente et furieuse ambition. Il est résolu de faire son dernier effort sur ma personne, pour disposer après de ma couronne et de ma vie. J’en suis réduit à telle extrémité, qu’il faut que je meure ou qu’il meure, et que ce soit ce matin. Ne voulez-vous pas me servir et me venger ? »
Tous ensemble s’écrièrent qu’ils étaient prêts à tuer le rebelle ; et Sariac, gentilhomme gascon, frappant de sa main la
poitrine du roi, lui dit : Cap de Diou, sire, iou lou bous rendis mort !
Henri les pria de modérer les témoignages de leur zèle, de peur d’éveiller la reine mère. « Voyons, dit-il ensuite, qui de vous a des poignards ? » Huit d’entre eux en avaient : le poignard de Sariac était d’Ecosse. Ces huit gentilshommes, pourvus
de l’arme des assassins, furent particulièrement choisis pour demeurer dans la chambre et porter les premiers coups ; le roi leur adjoignit un autre garde, nommé Loignac, qui n’avait qu’une épée. Douze autres des quarante-cinq furent placés dans le vieux cabinet, où le roi devait demander le duc ; ils reçurent
l’ordre de le tuer ou de l’achever de tuer à coups d’épée, lorsqu’il lèverait la portière de velours pour entrer dans le
cabinet. Le reste des gardes prit poste à la montée qui communiquait du cabinet à la galerie des Cerfs. Nambu, huissier de la chambre, ne devait laisser entrer ni sortir personne que par le commandement exprès du roi. Le maréchal d’Au mont
s’assit au conseil pour s’assurer du cardinal de Guise et de l’archevêque de Lyon, après la mort du duc.
Le roi se retira dans un appartement qui avait vue sur les jardins, ayant tout ordonné avec le sang-froid d’un général qui va donner une bataille décisive : il ne s’agissait que d’un assassinat et de la mort d’un homme, mais cet homme était le duc de Guise. Henri, demeuré seul, ne garda pas cette tranquillité ; il allait,
venait, ne pouvait demeurer en place, se présentait à la porte de son cabinet. Plein d’intérêt et de pitié pour les meurtriers, il les invitait à bien se prémunir contre le courage et<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|340|Analyse raisonnée|}}</noinclude>que j’ai reçues du duc de Guise, lesquelles j’ai souffertes jusqu’à faire
a douter de ma puissance et de mon courage, pensant par ma douceur allentir ou arrester le cours de cette violente et furieuse ambition. Il est résolu de faire son dernier effort sur ma personne, pour disposer après de ma couronne et de ma vie. J’en suis réduit à telle extrémité, qu’il faut que je meure ou qu’il meure, et que ce soit ce matin. Ne voulez-vous pas me servir et me venger ? »
Tous ensemble s’écrièrent qu’ils étaient prêts à tuer le rebelle ; et Sariac, gentilhomme gascon, frappant de sa main la
poitrine du roi, lui dit : ''Cap de Diou, sire, iou lou bous rendis mort'' !
Henri les pria de modérer les témoignages de leur zèle, de peur d’éveiller la reine mère. « Voyons, dit-il ensuite, qui de vous a des poignards ? » Huit d’entre eux en avaient : le poignard de Sariac était d’Ecosse. Ces huit gentilshommes, pourvus
de l’arme des assassins, furent particulièrement choisis pour demeurer dans la chambre et porter les premiers coups ; le roi leur adjoignit un autre garde, nommé Loignac, qui n’avait qu’une épée. Douze autres des quarante-cinq furent placés dans le vieux cabinet, où le roi devait demander le duc ; ils reçurent
l’ordre de le tuer ou de l’achever de tuer à coups d’épée, lorsqu’il lèverait la portière de velours pour entrer dans le
cabinet. Le reste des gardes prit poste à la montée qui communiquait du cabinet à la galerie des Cerfs. Nambu, huissier de la chambre, ne devait laisser entrer ni sortir personne que par le commandement exprès du roi. Le maréchal d’Au mont
s’assit au conseil pour s’assurer du cardinal de Guise et de l’archevêque de Lyon, après la mort du duc.
Le roi se retira dans un appartement qui avait vue sur les jardins, ayant tout ordonné avec le sang-froid d’un général qui va donner une bataille décisive : il ne s’agissait que d’un assassinat et de la mort d’un homme, mais cet homme était le duc de Guise. Henri, demeuré seul, ne garda pas cette tranquillité ; il allait,
venait, ne pouvait demeurer en place, se présentait à la porte de son cabinet. Plein d’intérêt et de pitié pour les meurtriers, il les invitait à bien se prémunir contre le courage et<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/15
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>n’ont pu s’empêcher de reconnoître qu’il n’étoit pas si bête.
{{brn|1}}
''14 Janvier 1777.'' {{M.|de}} Lisle étoit trop gravement inculpé par le Mémoire de {{M.|l’Abbé}} Chrétien, dont on a rendu compte, pour n’être pas dans le cas d’une réponse ; ce qu’il vient de faire par un premier Mémoire très-intéressant pour les gens de lettres.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''14 Janvier 1777.'' On savoit depuis longtems que le Sieur ''Billard,'' depuis son jugement infâme qui le bannit, s’étoit retiré à Bruxelles & y avoit acquis une sorte de considération chez le Banquier de la Reine d’Hongrie, auquel il s’étoit rendu très utile par son intelligence & son travail. On apprend qu’il a tellement prospéré depuis, qu’un Avocat de ce pays-là fort estimé & très à son aise, a voulu lui donner sa fille en mariage du consentement de celle-ci : en vain le refugié s’en est défendu, en convenant qu’il étoit indigne d’une telle alliance, & en racontant lui-même toute son histoire ; on lui a répondu qu’on la savoit tout aussi bien que lui, & qu’on passoit par dessus le préjugé. Enfin on l’a forcé en quelque sorte à se rendre aux instance de la famille & à épouser la Demoiselle.
{{brn|1}}
''15 Janvier 1777.'' Les Directeurs du Concert Spirituel, pour reconnoître, sans doute, les complaisances de la Signora Giorgy, récompenser son talent, l’encourager & s’attacher de plus en plus cette Cantatrice, donnent aujourd’hui mercredi un Concert extraordinaire en sa<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Balzac - Correspondance de H. de Balzac, 1876, tome 2.djvu/119
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Hepsema
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{{t3|{{sc|à madame zulma carraud, à frapesle}}.|'''{{rom-maj|cclxxviii|278}}'''.}}
{{droite|Janvier{{lié}}1845.|fs=95%|3}}
{{em|5}}Chère,
Et vous ne m’écrivez plus, ne fût-ce que tous les trois mois ! Vous me laissez me cuisant dans les ardeurs d’un travail gigantesque et qui s’accroît d’efforts en efforts ! Oh ! c’est très-mal. J’ai causé beaucoup de vous hier avec un jeune professeur qui n’était pas la rose, mais qui avait vécu près d’elle à Frapesle, et nous avons fait un hymne d’éloges en votre honneur.
Vous ne vous figurez pas ce que c’est que {{sc|la Comédie humaine}} ; c’est plus vaste, littérairement parlant, que la cathédrale de Bourges architecturalement. Voilà seize ans, ma chère et ingrate amie, que j’y suis, et il faut huit autres années encore pour terminer ! J’attends que j’aie fini mon édition actuelle pour vous l’envoyer, toujours à condition que vous brûlerez tout ce que je vous ai donné, qui vraiment est indigne, à cause des fautes, de figurer près d’une perfection céleste comme la vôtre.
Borget ne vient pas me voir une fois par an ! J’ai vu Périollas au Havre ; il a sa niche dans {{sc|la Comédie humaine}}, comme tous ceux qui seront bons amis, serviables ou obligeants pour moi. Dans deux mois, l’édition en seize volumes sera finie, et, dans un mois, je vais en Allemagne pour six ou sept mois ; ainsi, c’est presque un adieu que je vous fais ici.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Chateaubriand - Analyse raisonnée de l'histoire de France, et fragments depuis Philippe VI jusqu'à la bataille de Poitiers, 1861.djvu/335
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Hortius
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 341 la force de cet autre Henri qu’ils étaient chargés d’immoler. « Il est grand et puissant, leur disait-il ; s’il vous endommageoit j’en serois marry. » On lui vint apprendre que le cardinal de Guise était entré au conseil ; mais son frère n’arrivait pas, et le roi était cruellement travaillé de ce retard. Le duc dormait ; il cherchait dans le sommeille renouvellement de ses forces, épuisées aux voluptés de ce... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 341
la force de cet autre Henri qu’ils étaient chargés d’immoler. « Il est grand et puissant, leur disait-il ; s’il vous endommageoit j’en serois marry. » On lui vint apprendre que le cardinal de Guise était entré au conseil ; mais son frère n’arrivait pas, et le roi était
cruellement travaillé de ce retard.
Le duc dormait ; il cherchait dans le sommeille renouvellement de ses forces, épuisées aux voluptés de cette même nuit qui vit préparer sa mort : il allait entrer dans une nuit plus longue, où il aurait le temps de se reposer, prêt à tomber qu’il était des bras d’une femme entre les mains de Dieu. Ses valets de chambre ne l’éveillèrent qu’à huit heures, en lui disant que le roi était près de partir. 11 se lève à la hâte, revêt un pourpoint de satin gris, et sort pour se rendre au conseil.
Arrivé sur la terrasse du château, il est accosté par un gentilhomme d’Auvergne, nommé la Salle, qui le supplie de ne passer outre : « Mon bon ami, lui-répond-il, il y a longtemps que je suis guéri d’appréhensions. » Quatre ou cinq pas plus
loin, il rencontre un Picard appelé d’Aubencourt, qui cherche à le retenir ; il le traite de sot. Ce matin même il avait reçu neuf billets qui lui annonçaient son sort, et il avait dit, en mettant le dernier dans sa poche : « Voilà le neuvième. » Au pied de l’escalier du château, le capitaine Larchant lui présenta, comme il en était convenu avec le roi, une requête, afin d’obtenir le payement des gardes ; et c’étaient ces mêmes gardes qui allaient assassiner celui dont ils imploraient la bonté : on profitait du généreux caractère du duc pour lui ôter les soupçons qu’il eût pu concevoir à la vue des soldats.
Arrivé dans la chambre du conseil, il parut cependant étonné de la présence du maréchal d’Aumont ; car on ne devait traiter que de matières de finances. 11 s’assit, et dit un moment après : « J’ai froid, le cœur me fait mal ; qu’on fasse du feu. » Quelques gouttes de sang lui churent du nez, et quelques larmes des yeux, affaiblissement qu’on attribua plutôt à une débauche qu’à un pressentiment. S’étant établi devant le feu, il laissa tomber son mouchoir, et mit le pied dessus, comme par mégarde.
Fontenay ou Mortefontaine, trésorier de l’épargne, le releva ; sur quoi le duc de Guise pria Fontenay de le porter
29.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hortius
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 341
la force de cet autre Henri qu’ils étaient chargés d’immoler. « Il est grand et puissant, leur disait-il ; s’il vous endommageoit j’en serois marry. » On lui vint apprendre que le cardinal de Guise était entré au conseil ; mais son frère n’arrivait pas, et le roi était
cruellement travaillé de ce retard.
Le duc dormait ; il cherchait dans le sommeille renouvellement de ses forces, épuisées aux voluptés de cette même nuit qui vit préparer sa mort : il allait entrer dans une nuit plus longue, où il aurait le temps de se reposer, prêt à tomber qu’il était des bras d’une femme entre les mains de Dieu. Ses valets de chambre ne l’éveillèrent qu’à huit heures, en lui disant que le roi était près de partir. Il se lève à la hâte, revêt un pourpoint de satin gris, et sort pour se rendre au conseil.
Arrivé sur la terrasse du château, il est accosté par un gentilhomme d’Auvergne, nommé la Salle, qui le supplie de ne passer outre : « Mon bon ami, lui-répond-il, il y a longtemps que je suis guéri d’appréhensions. » Quatre ou cinq pas plus
loin, il rencontre un Picard appelé d’Aubencourt, qui cherche à le retenir ; il le traite de sot. Ce matin même il avait reçu neuf billets qui lui annonçaient son sort, et il avait dit, en mettant le dernier dans sa poche : « Voilà le neuvième. » Au pied de l’escalier du château, le capitaine Larchant lui présenta, comme il en était convenu avec le roi, une requête, afin d’obtenir le payement des gardes ; et c’étaient ces mêmes gardes qui allaient assassiner celui dont ils imploraient la bonté : on profitait du généreux caractère du duc pour lui ôter les soupçons qu’il eût pu concevoir à la vue des soldats.
Arrivé dans la chambre du conseil, il parut cependant étonné de la présence du maréchal d’Aumont ; car on ne devait traiter que de matières de finances. Il s’assit, et dit un moment après : « J’ai froid, le cœur me fait mal ; qu’on fasse du feu. » Quelques gouttes de sang lui churent du nez, et quelques larmes des yeux, affaiblissement qu’on attribua plutôt à une débauche qu’à un pressentiment. S’étant établi devant le feu, il laissa tomber son mouchoir, et mit le pied dessus, comme par mégarde.
Fontenay ou Mortefontaine, trésorier de l’épargne, le releva ; sur quoi le duc de Guise pria Fontenay de le porter
29.<noinclude>
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Hortius
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 341
la force de cet autre Henri qu’ils étaient chargés d’immoler. « Il est grand et puissant, leur disait-il ; s’il vous endommageoit j’en serois marry. » On lui vint apprendre que le cardinal de Guise était entré au conseil ; mais son frère n’arrivait pas, et le roi était
cruellement travaillé de ce retard.
Le duc dormait ; il cherchait dans le sommeille renouvellement de ses forces, épuisées aux voluptés de cette même nuit qui vit préparer sa mort : il allait entrer dans une nuit plus longue, où il aurait le temps de se reposer, prêt à tomber qu’il était des bras d’une femme entre les mains de Dieu. Ses valets de chambre ne l’éveillèrent qu’à huit heures, en lui disant que le roi était près de partir. Il se lève à la hâte, revêt un pourpoint de satin gris, et sort pour se rendre au conseil.
Arrivé sur la terrasse du château, il est accosté par un gentilhomme d’Auvergne, nommé la Salle, qui le supplie de ne passer outre : « Mon bon ami, lui-répond-il, il y a longtemps que je suis guéri d’appréhensions. » Quatre ou cinq pas plus
loin, il rencontre un Picard appelé d’Aubencourt, qui cherche à le retenir ; il le traite de sot. Ce matin même il avait reçu neuf billets qui lui annonçaient son sort, et il avait dit, en mettant le dernier dans sa poche : « Voilà le neuvième. » Au pied de l’escalier du château, le capitaine Larchant lui présenta, comme il en était convenu avec le roi, une requête, afin d’obtenir le payement des gardes ; et c’étaient ces mêmes gardes qui allaient assassiner celui dont ils imploraient la bonté : on profitait du généreux caractère du duc pour lui ôter les soupçons qu’il eût pu concevoir à la vue des soldats.
Arrivé dans la chambre du conseil, il parut cependant étonné de la présence du maréchal d’Aumont ; car on ne devait traiter que de matières de finances. Il s’assit, et dit un moment après : « J’ai froid, le cœur me fait mal ; qu’on fasse du feu. » Quelques gouttes de sang lui churent du nez, et quelques larmes des yeux, affaiblissement qu’on attribua plutôt à une débauche qu’à un pressentiment. S’étant établi devant le feu, il laissa tomber son mouchoir, et mit le pied dessus, comme par mégarde.
Fontenay ou Mortefontaine, trésorier de l’épargne, le releva ; sur quoi le duc de Guise pria Fontenay de le porter<noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/12
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Psephos
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>''pour les Dignités, Personnes & Chanoines de l’Eglise de Rhodès.'' Il est de {{Me|Drou|nx,pt}}, & l’on sait combien cet Orateur véhément jette d’intérêt dans ce qu’il compose, surtout lorsque la matiere en est aussi susceptible.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''12 Janvier 1777.'' Le ''Journal de Paris'' mis en activité a excité l’émulation du propriétaire des ''Petites affiches,'' qui embrassant le même objet à beaucoup d’égards, ont le désavantage de ne paroître que deux fois par semaine : pour les réparer autant qu’il est possible, ses rédacteurs ont imaginé de rappeller diverses branches de leur entreprise qu’ils avoient négligées & de suppléer par le volume à la rapidité. En conséquence, outre le cahier ordinaire, ils le font accompagner d’un autre contenant aussi huit pages d’impression, qui paroîtra avec la même régularité, mais qui augmente la souscription déjà d’un Louis, du double : au reste, ils laissent à leurs pratiques la liberté de se pourvoir ensemble, ou séparément, des deux feuilles.
{{brn|1}}
''13 Janvier 1777.'' Les Bals de la Reine continuent, mais assez tristement, par le défaut d’Acteurs, {{S. M.}} étant très-difficile à cet égard. On raconte que le Roi lui ayant fait reproche qu’elle n’invitât point un Seigneur qu’il aime, elle lui avoit répondu qu’il dansoit trop mal : ''Mais personne ne danse plus mal que moi,'' a repliqué le Monarque, ''il faut donc que je m’abstienne aussi d’y aller.''
{{brn|1}}
''13 Janvier 1777.'' Extrait d’une Lettre de {{tiret|''Ro''|me,}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hortius
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « à Péricart, son secrétaire, pour en avoir un autre, et de dire en même temps à ce secrétaire de le venir promptement trouver. « C’estoit, comme plusieurs ont cru, dit Pasquier, afin d’avertir ses amis du danger où il pensoit estre. » Saint-Prix, premier valet de chambre du roi, présenta au duc quelques fruits secs qu’il avait demandés au moment de sa défaillance. Henri, ayant appris l’arrivée du duc de Guise, envoya Révol l’inviter à lu... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|342|Analyse raisonnée|}}</noinclude>à Péricart, son secrétaire, pour en avoir un autre, et de dire en même temps à ce secrétaire de le venir promptement trouver. « C’estoit, comme plusieurs ont cru, dit Pasquier, afin d’avertir ses amis du danger où il pensoit estre. » Saint-Prix, premier valet de chambre du roi, présenta au duc quelques fruits secs qu’il avait demandés au moment de sa défaillance.
Henri, ayant appris l’arrivée du duc de Guise, envoya Révol l’inviter à lui venir parler dans le vieux cabinet. L’huissier
de la chambre, Nambu, refusa, d’après sa consigne, le passage à Révol ; celui-ci revint vers son maître avec un visage
effaré : « Mon Dieu ! qu’avez- vous, dit le roi ; qu’y a-t-il ? Que vous estes pasle ! Vous me gasterez tout. Frottez vos
joues, frottez vos joues, Révol. « La cause du retour de Révol expliquée, Henri ouvre la porte du cabinet, et ordonne à Nambu de laisser passer Révol.
Marillac, maître des requêtes, rapportait une affaire des gabelles, quand Révol parut dans la salle du conseil. « Monsieur, dit-il au duc de Guise, le roy vous demande ; il est en son vieux cabinet ; » et Révol se retire. Le duc de Guise se lève, enferme quelques fruits secs dans son drageoir, répand le reste sur le tapis, en disant : « Qui en veut ? » Il jette sur ses épaules son manteau, qu’il tourne, comme en belle humeur, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; il le retrousse sous son bras gauche, met ses gants, tenant son drageoir de la main du bras qui
relevait son manteau. « Adieu , messieurs, » dit-il aux membres du conseil ; et il heurte aux huis de la chambre du roi.
Nambu les lui ouvre, sort incontinent, tire et ferme la porte après lui.
Guise salue les gardes qui étaient dans la chambre ; les gardes se lèvent, s’inclinent, et accompagnent le duc comme
par respect. Un d’eux lui marcha sur le pied : était-ce le dernier avertissement d’un ami ?
Guise traverse la chambre : comme il entrait dans le corridor étroit et oblique qui menait à la porte du vieux cabinet, il prend sa barbe de la main droite, se retourne à demi pour regarder les gentilshommes qui le suivaient. Montlhéry l’aîné, qui était près de la cheminée, crut que le duc voulait reculer<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hortius
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" />{{nr|342|Analyse raisonnée|}}</noinclude>à Péricart, son secrétaire, pour en avoir un autre, et de dire en même temps à ce secrétaire de le venir promptement trouver. « C’estoit, comme plusieurs ont cru, dit Pasquier, afin d’avertir ses amis du danger où il pensoit estre. » Saint-Prix, premier valet de chambre du roi, présenta au duc quelques fruits secs qu’il avait demandés au moment de sa défaillance.
Henri, ayant appris l’arrivée du duc de Guise, envoya Révol l’inviter à lui venir parler dans le vieux cabinet. L’huissier
de la chambre, Nambu, refusa, d’après sa consigne, le passage à Révol ; celui-ci revint vers son maître avec un visage
effaré : « Mon Dieu ! qu’avez-vous, dit le roi ; qu’y a-t-il ? Que vous estes pasle ! Vous me gasterez tout. Frottez vos
joues, frottez vos joues, Révol. « La cause du retour de Révol expliquée, Henri ouvre la porte du cabinet, et ordonne à Nambu de laisser passer Révol.
Marillac, maître des requêtes, rapportait une affaire des gabelles, quand Révol parut dans la salle du conseil. « Monsieur, dit-il au duc de Guise, le roy vous demande ; il est en son vieux cabinet ; » et Révol se retire. Le duc de Guise se lève, enferme quelques fruits secs dans son drageoir, répand le reste sur le tapis, en disant : « Qui en veut ? » Il jette sur ses épaules son manteau, qu’il tourne, comme en belle humeur, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; il le retrousse sous son bras gauche, met ses gants, tenant son drageoir de la main du bras qui
relevait son manteau. « Adieu, messieurs, » dit-il aux membres du conseil ; et il heurte aux huis de la chambre du roi.
Nambu les lui ouvre, sort incontinent, tire et ferme la porte après lui.
Guise salue les gardes qui étaient dans la chambre ; les gardes se lèvent, s’inclinent, et accompagnent le duc comme
par respect. Un d’eux lui marcha sur le pied : était-ce le dernier avertissement d’un ami ?
Guise traverse la chambre : comme il entrait dans le corridor étroit et oblique qui menait à la porte du vieux cabinet, il prend sa barbe de la main droite, se retourne à demi pour regarder les gentilshommes qui le suivaient. Montlhéry l’aîné, qui était près de la cheminée, crut que le duc voulait reculer<noinclude>
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Hepsema
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<noinclude><pagequality level="3" user="Hepsema" /></noinclude><section begin="s1"/><nowiki/>
On dit Yvan un beau garçon ; et Borget ne me l’a pas amené !…
Mille tendresses à vous, et mes amitiés au commandant.
Plaignez-moi ; je travaille seize heures par jour, et je dois encore plus de cent mille francs ! et j’ai quarante-cinq ans ! Voilà une triste chose.
Quand vous reverrai-je dans mon atelier, où vous avez laissé votre parfum pour vous faire regretter de temps en temps ?
Allons, adieu !
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Pouvais-je donc vous écrire sans imprudence avant d’avoir reçu contr’ordre, votre dernière lettre me prescrivant de ne plus vous écrire à Dresde ? Depuis cette lettre, j’ai reçu un petit mot de quelques lignes écrit à la hâte, qui ne pouvait pas m’engager à répondre et où le ''statu quo'' était maintenu.
J’éprouve même une certaine inquiétude en voyant que vous ne me parlez pas de mes dernières lettres ; une d’elles contenait un article intitulé ''les Boulevards ;'' je vous en demandais votre avis. Je ne sais même pas si vous avez reçu tout ce qui a paru des ''Paysans'', et qui vous a été envoyé en deux fois. Enfin, ''je mets la main à la plume'' sur l’invitation contenue dans votre lettre écrite le 8, et qui m’est arrivée hier, où vous me dites que vous ne partirez<section end="s2"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Chateaubriand - Analyse raisonnée de l'histoire de France, et fragments depuis Philippe VI jusqu'à la bataille de Poitiers, 1861.djvu/337
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Hortius
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 343 pour se mettre sur la défensive : il s’élance, le saisit par le bras, et, lui enfonçant le poignard dans le sein, s’écrie : « Traistre, tu en mourras ! » Effranats se jette à ses jambes, Sainte-Malines lui porte un autre grand coup de poignard de la gorge dans la poitrine ; Loignac lui enfonce l’épée dans les reins. Le duc, à tous ces coups, disait : « ''Eh ! mes amis !'' eh ! mes amis ! » Frappé du stylet de S... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hortius" /></noinclude>DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 343
pour se mettre sur la défensive : il s’élance, le saisit par le bras, et,
lui enfonçant le poignard dans le sein, s’écrie : « Traistre, tu en mourras ! » Effranats se jette à ses jambes, Sainte-Malines lui porte un autre grand coup de poignard de la gorge dans la poitrine ; Loignac lui enfonce l’épée dans les reins.
Le duc, à tous ces coups, disait : « ''Eh ! mes amis !'' eh ! mes amis ! » Frappé du stylet de Sariac par derrière, il s’écrie
à haute voix : « ''Miséricorde !'' » « Et, bien qu’il eust son espée engagée dans son manteau et les jambes saisies, il ne laisse pourtant de les entraisner, tant il estoit puissant, d’un bout de la chambre à l’autre. » 11 marchait les bras tendus,
les yeux éteints, la bouche ouverte, comme déjà mort. Un des assassins ne fit que le toucher, et il tomba sur le lit du roi : jamais lit plus honteux ne vit mourir tant de gloire. Le cardinal de Guise, assis au conseil avec l’archevêque de Lyon,
entendit la voix de son frère, qui criait merci à Dieu : « Ah ! Il recule sa chaise pour se lever ; mais le maréchal d’Aumont, la main sur son épée : « ''Ne bougez pas, morbleu, monsieur ! le roi a affaire de vous''. » L’archevêque de Lyon, joignant les mains, s’écria : « Nostre vie est entre les mains de Dieu et du roy. » Le cardinal
et l’archevêque furent d’abord enfermés dans les cellules des capucins, et de là transférés à la tour de Moulins.
Henri, informé que la chose était faite, sortit de son cabinet pour voir la victime : il lui donna un coup de pied au visage,
comme le duc de Guise en avait donné un à l’amiral de Coligny, lors du massacre de la Saint-Barthélémy. Il contempla un moment le Lorrain, et dit : ce Mon Dieu, qu’il est grand ! il paroist encore plus grand mort que vivant. » (L’Estoile.) « Derechef il le poussa du pied, et parlant à Loignac : « Te semble-t-il qu’il soit mort, Loignac ? » Alors Loignac, le prenant par la teste, repondit à Henri de Valois : « Je croy qu’ouy : car il a la couleur de mort, sire. » Ainsi, Henri de Valois, traistre, couard et poltron, feit mourir ce magnaisnime prince. (.....) Et croy que si M. de Guise eust seulement respiré lorsqu’il le poussa du pied, il fust tombé de frayeur auprès de luy. » (''Vie et mort de Henry III.'')<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hortius
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pour se mettre sur la défensive : il s’élance, le saisit par le bras, et,
lui enfonçant le poignard dans le sein, s’écrie : « Traistre, tu en mourras ! » Effranats se jette à ses jambes, Sainte-Malines lui porte un autre grand coup de poignard de la gorge dans la poitrine ; Loignac lui enfonce l’épée dans les reins.
Le duc, à tous ces coups, disait : « ''Eh ! mes amis !'' eh ! mes amis ! » Frappé du stylet de Sariac par derrière, il s’écrie
à haute voix : « ''Miséricorde !'' » « Et, bien qu’il eust son espée engagée dans son manteau et les jambes saisies, il ne laisse pourtant de les entraisner, tant il estoit puissant, d’un bout de la chambre à l’autre. » Il marchait les bras tendus,
les yeux éteints, la bouche ouverte, comme déjà mort. Un des assassins ne fit que le toucher, et il tomba sur le lit du roi : jamais lit plus honteux ne vit mourir tant de gloire. Le cardinal de Guise, assis au conseil avec l’archevêque de Lyon,
entendit la voix de son frère, qui criait merci à Dieu : « Ah ! Il recule sa chaise pour se lever ; mais le maréchal d’Aumont, la main sur son épée : « ''Ne bougez pas, morbleu, monsieur ! le roi a affaire de vous''. » L’archevêque de Lyon, joignant les mains, s’écria : « Nostre vie est entre les mains de Dieu et du roy. » Le cardinal
et l’archevêque furent d’abord enfermés dans les cellules des capucins, et de là transférés à la tour de Moulins.
Henri, informé que la chose était faite, sortit de son cabinet pour voir la victime : il lui donna un coup de pied au visage,
comme le duc de Guise en avait donné un à l’amiral de Coligny, lors du massacre de la Saint-Barthélémy. Il contempla un moment le Lorrain, et dit : ce Mon Dieu, qu’il est grand ! il paroist encore plus grand mort que vivant. » (L’Estoile.) « Derechef il le poussa du pied, et parlant à Loignac : « Te semble-t-il qu’il soit mort, Loignac ? » Alors Loignac, le prenant par la teste, repondit à Henri de Valois : « Je croy qu’ouy : car il a la couleur de mort, sire. » Ainsi, Henri de Valois, traistre, couard et poltron, feit mourir ce magnaisnime prince. (.....) Et croy que si M. de Guise eust seulement respiré lorsqu’il le poussa du pied, il fust tombé de frayeur auprès de luy. » (''Vie et mort de Henry III.'')<noinclude>
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Page:Journal de psychologie normale et pathologique, tome 1, 1904.djvu/34
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Raymonde Lanthier
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr|22|''JOURNAL DE PSYCHOLOGIE''|}}</noinclude>production). À ce caractère commun s’en ajoute un autre, qui, lui, est variable suivant les cas.
L’impression ainsi acquise peut rester exclusivement polygonale ; on ne la retrouve alors que dans un autre état de désagrégation suspolygonale (sommeil, hypnose) : dans ce cas, quand{{lié}}O la découvre ou l’applique, ''il ne la reconnait pas''. Mais elle peut aussi, tout en étant inconsciente dans son origine, pénétrer dans la mémoire générale du psychisme, entrer et y rester latente (mémoire de conservation), au même titre que les souvenirs d’origine consciente. Dans ces cas, quand une circonstance (spectacle, sensation…) éveille ce souvenir (recollection, évocation) O{{lié}}''reconnaît'' l’impression, tout en continuant à en ignorer l’origine. D’où la contradiction, l’irrationnel : ''le sujet reconnaît''<ref>Ceci différencie le « déjà vu » de la ''réminiscence'' dans laquelle l’impression première est plutôt d’origine ''oubliée'', c’est-à-dire ''n’est pas reconnue''.</ref>'', comme déjà existante en lui, une impression qu’il ne se rappelle pas avoir acquise''. D’où l’étonnement, l’angoisse… tout le « déjà vu ».
En somme, ''le'' « ''déjà vu'' » ''est la réviviscence d’un souvenir de la mémoire générale, mais d’origine polygonale''.
C’est ce dernier caractère qui constitue la différence entre ce phénomène et l’évocation banale d’un souvenir ordinaire. Quand un souvenir émerge vivement dans l’esprit devant un spectacle, on peut être un peu étonné, mais on n’est pas angoissé, parce qu’en même temps on reconnaît l’impression et on se rappelle l’avoir acquise (sans savoir toujours où et comment). Dans le « déjà vu » au contraire on reconnait aussi l’impression, mais on ne se rappelle pas l’avoir acquise, parce qu’elle est d’origine polygonale, c’est-à-dire inconsciente : origine polygonale exogène (mémoire) ou origine polygonale endogène (imagination).
On voit l’importance que prend l’analyse du « déjà vu » pour l’étude des deux psychismes et des phénomènes polygonaux et aussi pour l’étude psychologique de la mémoire qu’elle complète. Elle montre en effet que, dans la mémoire de conservation, il faut distinguer et étudier séparément les impressions d’origine consciente et les impressions d’origine inconsciente : à l’évocation, les unes et les autres donnent la sensation de reconnaissance, les premières sans provoquer d’étonnement chez le sujet, les secondes en provoquant un étonnement qui va jusqu’à l’angoisse.
D’après tout cela on voit que l’impression initiale et génératrice<noinclude>
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{{c|'''FAUTES À CORRIGER.'''|fs=125%|sp=1px}}
{{SDT2|lh=2px|l=4em|lb=0|esp=0|mt=1.25|mb=1.5}}
Page 17 ; dans la seconde note au bas de cette page, première ligne de cette note, au lieu de ''Antonio Vicentini,'' lisez ''Thomaso Visentini.''
Page 19 ; dans la note au bas de la page, quatrième ligne de cette note, au lieu de ''lire,'' lisez ''dire.''
Page 50 ; dans le titre au haut de la page, au lieu de ''jusqu’à l’époque où elle a écrit ces Mémoires'' (1788 ''ou'' 1789.) lisez ''jusqu’à l’époque où elle a écrit ses Mémoires'' (1789 ''ou'' 1791).
Page 58 ; dans la note au bas de la page, lignes deux et trois de cette note, au lieu de ''il paraît qu’il suivit d’assez près l’événement de la banqueroute de l’abbé,'' lisez ''il paraît qu’il eut lieu dans le commencement de l’année'' 1773.
Page 72 ; dans la note au bas de la page, au lieu de ''en 1752,'' lisez ''en 1749.''
Page 253 ; en titre au haut de la page, au lieu de ''Premier rôle d’homme,'' lisez ''Premiers rôles d’hommes.''
Page 316 ; dans la note au bas de la page, ligne troisième de cette note, au lieu de ''chaste et tendre,'' lisez ''chaste et fidèle.''
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hepsema" /></noinclude>pas avant le {{1er}}{{lié}}mars environ. Ces préambules sont nécessaires pour expliquer la position. Si vous m’aviez écrit, deux fois la semaine, ainsi que je vous l’avais demandé, il n’y aurait pas eu de ces lacunes ; mais je vous vois si triste et si tourmentée, que je n’ose ni gronder, ni récriminer, ni rien dire.
Il y a seulement une observation que je veux faire, rien que pour éclaircissement. Je suis sûr que vous envoyez vos lettres à la poste par quelqu’un d’infidèle, car les deux dernières n’étaient pas franches de port, et vous avez donné sans doute l’ordre d’affranchir ; donc, ou affranchissez vous-même, ou n’affranchissez pas du tout. Nous recommençons, comme à Pétersbourg, à payer chacun de notre côté. Prenez, de grâce, des habitudes d’ordre et d’économie. En voyage, on a sans cesse besoin de son argent ; c’est bien assez d’être volé par les aubergistes, sans s’y prêter encore d’autre part comme vous faites. Depuis douze ans que j’ai le bonheur de vous connaître, c’est moi-même qui mets à la poste les lettres que je vous écris.
Pauvre chère comtesse ! combien de choses à vous dire ! Mais, avant tout, parlons raison. Sans votre inexorable défense, il y a un mois que je serais à Dresde (''{{lang|de|Stadt-Rom}}''), en face de l’hôtel de ''Saxe ;'' et, si vous levez la défense, répondez courrier par courrier et j’arrive. Puisque vous voulez, ainsi que votre enfant, revoir absolument votre Lirette, il n’y a pour cela qu’un moyen : c’est de venir la trouver à Paris. Ce voyage ne peut avoir lieu que de la manière suivante : Vous venez à Francfort, vous vous y établissez ; vous vous proposez un voyage sur les bords<noinclude>
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Il y a seulement une observation que je veux faire, rien que pour éclaircissement. Je suis sûr que vous envoyez vos lettres à la poste par quelqu’un d’infidèle, car les deux dernières n’étaient pas franches de port, et vous avez donné sans doute l’ordre d’affranchir ; donc, ou affranchissez vous-même, ou n’affranchissez pas du tout. Nous recommençons, comme à Pétersbourg, à payer chacun de notre côté. Prenez, de grâce, des habitudes d’ordre et d’économie. En voyage, on a sans cesse besoin de son argent ; c’est bien assez d’être volé par les aubergistes, sans s’y prêter encore d’autre part comme vous faites. Depuis douze ans que j’ai le bonheur de vous connaître, c’est moi-même qui mets à la poste les lettres que je vous écris.
Pauvre chère comtesse ! combien de choses à vous dire ! Mais, avant tout, parlons raison. Sans votre inexorable défense, il y a un mois que je serais à Dresde (''{{lang|de|Stadt-Rom}}''), en face de l’hôtel de ''Saxe ;'' et, si vous levez la défense, répondez courrier par courrier et j’arrive. Puisque vous voulez, ainsi que votre enfant, revoir absolument votre Lirette, il n’y a pour cela qu’un moyen : c’est de venir la trouver à Paris. Ce voyage ne peut avoir lieu que de la manière suivante : Vous venez à Francfort, vous vous y établissez ; vous vous proposez un voyage sur les bords<noinclude>
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{{t3|SECONDE ÉPOQUE.}}
{{a|{{all-sc|Depuis l’adolescence de Mademoiselle Clairon jusqu’à sa retraite du théâtre, en 1765, à l’âge de quarante-deux ans.}}|2|-2}}
{{sc|{{i4|A|fs=150%}}rrivée}} à Rouen, j’eus le bonheur de plaire au public, de me faire des protecteurs. Des femmes respectables à tous égards m’accordèrent l’entrée de leur maison et me comblèrent de présens et de bontés ; rien de tout cela n’a changé tant que j’ai resté dans cette ville ; et l’une de ces dames<ref>Madame la présidente de Bimorel.</ref> m’a conserbé, pendant quarante ans, l’amitié, l’estime, et la confiance la plus entière.
Mes appointemens, et ceux de ma mère qui remplissait un poste, suffisaient à notre ménage : je travaillais alors volontiers à tout ce dont nous avions besoin l’une et l’autre, et
<ref follow="p18">près ! Elle nous paraît se perdre ici dans un raisonnement un peu trop profond pour elle. Ce n’est pas que de grands philosophes n’aient soutenu ce système de la fatalité ; mais malgré tout ce qu’on peut {{erratum|lire|dire}} de spécieux, notre sens intime répond toujours que nous sommes libres.</ref><noinclude>
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Mes appointemens, et ceux de ma mère qui remplissait un poste, suffisaient à notre ménage : je travaillais alors volontiers à tout ce dont nous avions besoin l’une et l’autre, et
<ref follow="p18">près ! Elle nous paraît se perdre ici dans un raisonnement un peu trop profond pour elle. Ce n’est pas que de grands philosophes n’aient soutenu ce système de la fatalité ; mais malgré tout ce qu’on peut {{erratum|lire|dire}} de spécieux, notre sens intime répond toujours que nous sommes libres.</ref><noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Raymonde Lanthier" />{{nr||''J. GRASSET. — LA SENSATION DU'' « ''DÉJÀ VU'' »''|23}}</noinclude>du « déjà vu » est toujours née dans le polygone, à ce moment ''désagrégé de{{lié}}O'', car, sans cela, l’origine de l’impression ne serait pas inconsciente. De plus, il faut que ce degré de désagrégation suspolygonale soit tel que, tout en pénétrant inconsciemment, l’impression se loge dans la mémoire générale. Enfin il faut aussi que la fonction polygonale, et spécialement l’imagination de ces centres psychiques, soit très développée. On comprend donc que le phénomène du « déjà vu » ne soit pas banal. Ne l’éprouve pas qui veut. Il faut, pour réaliser le phénomène, que les centres psychiques du sujet aient une disposition particulière, ''je ne dis pas morbide, mais spéciale''.
{{il}}
Voici maintenant l’auto-observation que {{M.|Paul}} Bourget a bien voulu me communiquer quand je lui ai dit que j’étudiais cette question. Rien ne peut mieux illustrer et achever de démontrer cette manière de voir que cette précieuse analyse du grand psychologue.
{{p début|90|m=1em}}
{{FAD|Wildbad, 10{{lié}}juillet 1903.|marge=2em|mt=1em}}
{{g|Cher Monsieur et Ami,|4}}
Le renseignement qui vous a été donné est exact. À une enquête sur le point qui vous intéresse, j’ai en effet répondu<ref>On trouvera cette réponse à la page{{lié}}168 de l’ouvrage cité de Leroy ({{abri|obs. {{rom-maj|XLIII}})}}.</ref> que la sensation de ''fausse reconnaissance'' m’est très habituelle. J’ai même commencé à l’avoir si jeune que je ne me rappelle pas une période de ma vie où je ne l’aie éprouvée. Peut-être est-ce dans mon enfance que j’en ai été le plus fortement la victime. Car, à cette époque, incapable d’exercer la moindre critique sur mon propre esprit, elle me jetait dans une espèce de désarroi intérieur extrêmement pénible. J’ajoute que l’expression que vous employez ''le déjà vu'' n’est pas la juste pour mon cas. Il faudrait dire le ''déjà entendu'' et le ''déjà senti''. Je suppose que la nature de mon imagination est la cause de cette particularité. Ma mémoire visuelle, qui est bonne, est très ordinaire, au lieu que ma mémoire émotionnelle<ref>Comparer à cette observation{{lié}}{{rom-maj|XXXIX}} de Leroy ({{pg|152}}) : « … Je crois ma mémoire plus apte que beaucoup d’autres à retrouver dans leur totalité et avec leur saveur, les impressions, ou même les états d’âme d’autrefois… » Fernand Gregh ({{ibid.}} {{pg|183}}) sent aussi {{corr|qu il|qu’il}} a éprouvé tout ce qu’il éprouve…</ref> est probablement supérieure à la moyenne. Si, à l’heure présente, je me mets à me représenter un chagrin que j’ai eu à six ans par exemple, j’arrive à le ressentir avec une intensité assez grande pour qu’il me redevienne pénible d’y penser. Il est donc naturel que les phénomènes émotifs prédominent quand je suis dans l’état morbide que suppose sans doute la fausse reconnaissance.
{{p fin de page}}<noinclude>
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{{c|{{all-sc|''Récapitulation.''}}|sp=1px|m=1.5em}}
Jusque-là je n’ai sûrement rien à me reprocher ; je ne connaissais rien, je ne pouvais rien, j’obéissais en aveugle au sort dont je me suis vue toute ma vie, et la victime et l’enfant gâté.
Chaque être a sa destinée prescrite ; tout me permet au moins de le croire : mon expérience, mes réflexions, tout ce que j’ai vu dans le monde, tout ce que j’ai lu dans ses annales, me démontrent l’insuffisance de nos combinaisons. Nous pouvons, lorsque nous sommes en état de comparer, distinguer les routes qui mènent à la vertu, celles qui nous entraînent au crime ; nous apercevons nos égaremens, nos travers, nos torts ; nous sentons tout l’avantage d’une conduite pure, d’une action généreuse ; il semble enfin que nous pouvons tout pour nous-mêmes. Mais dans l’impossibilité de tout prévoir, de tout connaître, de dénaturer le sang qui circule dans nos veines, de maîtriser la volonté de ce qui nous environne, je ne puis que reconnaître notre impuissance, et baisser mes regards tremblans devant le sort qui nous conduit. <ref name="p18">Voilà mademoiselle Clairon fataliste, ou à peu</ref><noinclude>
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{{c|'''LETTRE'''|m=0.75em|sp=1px|fs=200%}}
{{c|À {{M.|MEIS……}}<ref>Il est très-probable que cette lettre fut adressée à {{M.|Henri}} Meister, cet ami de mademoiselle Clairon, auquel elle avait confié le manuscrit de ses Mémoires, et que Meis… est une abréviation de son nom.</ref>|fs=125%}}
{{c|{{all-sc|Qui désirait avoir l’anecdote suivante par écrit.}} <ref name="p78">Voici une anecdote bien singulière, dont on a porté et dont on portera sans doute bien des jugemens différens. On aime le merveilleux, même sans y croire : mademoiselle Clairon paraît convaincue de la vérité des faits qu’elle raconte. Nous nous contenterons de remarque que dans le temps où elle fut ou se crut tour-</ref>|sp=1px|m=1.5em}}
{{sc|{{i4|E|fs=150%}}n}} 1743, ma jeunesse et mes sucès sur les théâtres de l’Opéra et de la Comédie Française me procurèrent une suite considérable de jeunes fats, de vieux voluptueux, parmi lesquels se trouvèrent quelques êtres honnêtes et sensibles. {{M.|de}} S…, fils d’un négociant de Bretagne, âgé d’environ trente ans, d’une belle<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>figure, très-bien fait, faisant des vers avec esprit et facilité, fut un de ceux que je touchai le plus profondément. Ses propos et son maintien annonçaient l’éducation la plus soignée, l’habitude de la bonne compagnie ; et sa réserve, sa timidité, qui ne permettaient qu’à ses soins et à ses yeux de s’expliquer, me le firent distinguer de tous les autres. Après l’avoir assez long-temps examiné dans nos foyers, je lui permis de venir chez moi, et ne lui laissai point de doute sur l’amitié qu’il m’inspirait. Me voyant libre et sensible, il prit patience, espérant que le temps amènerait un sentiment plus tendre… Eh ! qui sait ?… qui peut répondre ?… Mais, en répondant avec candeur à toutes les questions que me dictaient ma raison et ma curiosité,
<ref follow="p78">mentée par son revenant, elle avait de vingt-deux ans et demi à vingt-cinq ans ; que c’est l’âge de l’imagination, et que cette faculté était continuellement exercée et exaltée en elle, par le genre de vie qu’elle menait au théâtre et hors du théâtre.
<p>On peut se rappeler encore qu’elle a dit au commencement de ses Mémoires, que dans son enfance on ne l’entretenait que ''d’aventures de revenans et de sorciers, qu’on lui disait être des histoires véritables.''</p></ref><noinclude>
<references/></noinclude>
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{{c|{{all-sc|{{erratum|Premier rôle|Premiers rôles}} d’homme.}}|sp=1px|m=1.5em}}
Le premier rôle en homme doit avoir une taille au-dessus de la moyenne ; n’être ni gras, ni maigre : la graisse est ignoble au théâtre, et la maigreur a l’air mesquin. Il faut qu’il soit bien pris dans sa taille, et qu’elle n’ait aucune défectuosité sensible ; qu’elle annonce la force, et qu’elle soit élégante.
S’il est beau, tant mieux, pourvu que ce soit une beauté mâle : des traits délicats seraient un défaut.
Cet emploi demande la plus grande expression, la plus grande mobilité dans la physionomie : il faut qu’elle soit en état de tout peindre. Le visage qui reste immobile, prouve l’ignorance. Mais quels que soient le savoir et l’intelligence, il faut que la nature les seconde. La physionomie n’est expressive qu’avec de grands traits, l’œil bien ouvert, le sourcil marqué, la bouche un peu saillante et des cheveux bruns. Les petits traits se confondent à très-peu de distance ; un petit œil peut être fin, spirituel, mais jamais imposant ; la bouche renfoncée ne peut jamais exprimer la douleur ; et la couleur blonde est fade au théâtre.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/16
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>faveur & à son profit. Toutes les places seront de six Livres. L’Héroïne doit chanter quatre fois, & l’on a choisi tout l’accessoire qui pourroit rendre le spectacle intéressant.
{{brn|1}}
''16 Janvier 1777.'' Malgré la proscription qu’a fait le Parlement de la brochure intitulée, ''les inconvéniens des droits féodaux,'' on en a multiplié les éditions, & il en paroît une nouvelle, augmentée de ''Fragmens sur l’origine des Droits féodaux & de l’examen de la regle'' Nulle terre sans Seigneur, ''par {{M.|Francaleu}},'' qui y a joint aussi des Notes. Ces additions la rendent encore plus curieuse. On y prouve qu’il est aisé de concevoir, que les Droits féodaux ne sont qu’une servitude travestie, & ne doivent leur origine & leur existence qu’à la force, à la tyrannie, au despotisme. Quant à la regle ''Nulle terre sans Seigneur,'' l’Ecrivain la qualifie ''d’un simple brocard de Droit,'' sans aucune espece d’authenticité, également contraire & à la loi naturelle, & aux monumens de notre histoire, & à l’ancien état des choses, reçue par tradition, adopté sur parole, & dans tous les tems combattu par les hommes les plus éclairés. Enfin, dans les Notes on conteste le principe de l’inaliénabilité des Domaines de la Couronne, & l’on en fait voir l’absurdité sous certains rapports.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''16 Janvier 1777.'' On a déjà observé que plusieurs de nos auteurs les plus illustres, après avoir beaucoup déclamé contre le métier de Gazetier & de Journaliste, avoient saisi l’occasion<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/17
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>de l’exercer à leur tour & de manifester ainsi la jalousie qui les avoit fait parler. Aujourd’hui encore voilà {{M.|Dorat}} qui se met à la tête du ''Journal des Dames'' & succede à {{M.|Mercier}}. Ce dernier, dégoûté des tracasseries des comédiens & des libraires, des turlupinades & des injures de ses confreres & tout recemment du tour sanglant qu’on lui a joué de mettre dans plusieurs Journaux une annonce de ses ouvrages au rabais, est allé à Rheims se faire Avocat, & va désormais hurler au Barreau. {{M.|le}} Chevalier de Cubieres, qui a donné en spectacle à la cour ce ''Dramaturge'' dans la comédie dont on a parlé, a porté le dernier coup à sa sensibilité.
{{brn|1}}
''17 Janvier 1777.'' La mode est aujourd’hui d’avoir une gravure de {{M.|''Franklin''}} sur sa cheminée, comme l’on avoit autrefois un ''Pantin'' ; & le portrait de ce grave personnage est tourné en dérision, à peu près comme celui du futile colifichet qui servoit de joujou, il y a trente ans.
{{brn|1}}
<nowiki>*</nowiki> ''17 Janvier 1777.'' On a imprimé les Remontrances du Parlement de Grenoble & toutes les pieces relatives aux efforts que fait cette Cour pour se débarrasser du Procureur-Général Moydieu, qui lui déplaît : comme on y découvre une prévention, une opiniâtreté & une inconséquence de {{M.|le}} Garde des sceaux, peu propres à lui faire honneur ; il est désespéré de la publicité de ce recueil, dont il intercepte autant qu’il peut la communication.
{{brn|1}}
''18 Janvier 1777.'' Une scene tumultueuse<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 4 —}}</noinclude>s’établit, avec un peintre de talent, jeune encore, et qui
commençait à avoir un nom dans le monde artistique,
Lucien Hadger. Ils se voyaient souvent ; mais Lucien
questionnait peu Marcel sur sa famille et sur les incidents
de sa vie, absorbé qu’il était par un travail
opiniâtre, une pensée fixe, ascendante et que les artistes
appellent l’amour de l’art ; espèce de polype qui
s’implante dans leur cœur, l’emplit tout entier, et ne
laisse quasi plus de place pour l’amour d’autrui. Cet
amour de l’art ne serait-il point tout simplement
l’égoïsme qui revêt habilement la robe d’azur et la
ceinture d’étoiles de l’idéal pour se faire accepter et
même… admirer de la foule ébahie ?… Presque tous
les jours, en sortant du ministère, Marcel se rendait à
l’atelier de Lucien ; parfois il faisait des critiques de
ses tableaux et lui donnait des conseils que le peintre
n’écoutait pas toujours, ne venant pas, disait-il, d’un
homme du métier. L’un jugeait avec son sentiment,
l’autre avec son sens pratique. Marcel prétendait que
l’art est un flambeau qu’on ne doit allumer qu’au
foyer du cœur. Lucien professait la maxime de beaucoup
d’artistes : l’art pour l’art, et il mettait l’habileté,
l’adresse, le savoir faire au niveau du sentiment.
Enfin, élargissant leur point de vue, ils agitaient les
grandes questions d’affranchissement ou plutôt de
réhabilitation de la femme. Marcel prétendait que si
Dieu avait jugé nécessaire la participation de la femme<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 5 —}}</noinclude>pour créer un être non-seulement matière, mais encore
intelligence, et dans lequel prédomine souvent l’élément
maternel, il voulait aussi la participation de la
femme pour créer l’idée. Et Lucien se prenait à rire ;
il affirmait, lui, que-la femme devait rester ce qu’elle
est, c’est-à-dire quelque chose de gracieux, d’amusant,
qui divertit quelquefois, qui fait damner plus souvent
encore ; un roman vif, alerte, écrit au courant de
la plume, touchant à tout, n’approfondissant rien, et
qu’on lit entre deux stations de chemin de fer ;
l’amour à grandes proportions étant toujours une
stupide chose, déraillant la vie de l’homme le mieux
organisé et l’empêchant d’atteindre aucun but sérieux.
Et Marcel se récriait, en ajoutant que si la femme restait
souvent un être futile, c’est que l’homme ne daignait
jamais la prendre au sérieux, et que dans la
pensée éternelle elle devait compléter l’homme au
moral comme au physique.
Lequel des deux avait raison ? Peut-être bien tous
deux ensemble ; seulement ils n’avaient pas le même
point de vue, l’un jugeant la question avec les idées du
passé, l’autre avec les idées de l’avenir.
Quoiqu’ils fussent rarement du même avis, il fallait
pourtant qu’ils se comprissent par quelque côté
du cœur, car leurs discussions ne dégénéraient jamais
en disputes. Lucien parlait souvent à Marcel de ses fantaisies
pour quelque modèle, de son amour pour une<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/23
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 6 —}}</noinclude>femme du monde dont il était l’amant. Marcel, lui, ne
l’entretenait jamais de ses maîtresses, quelque question
que Lucien lui adressât à ce sujet. Est-ce que dans
l’agenda de son cœur où plutôt de sa fantaisie, où les
hommes inscrivent tant de noms de femmes, toutes les
pages étaient encore blanches ?
Souvent les yeux de Marcel s’arrêtaient sur Lucien
avec une expression étrange, indéfinissable ; alors
leur nuance fauve semblait comme assombrie ; parfois
même une larme frangeait ses cils.
Les deux jeunes gens différaient de visage aussi bien
que de caractère : Lucien était grand, blond, ses mouvements
étaient brusqués, son regard était chercheur,
inquiet, et quoique ses traits fussent plus accusés que
ceux de Marcel, les lignes de son front avaient quelque
chose de moins fermement dessiné. Tout en lui révélait
l’artiste : l’artiste aux impressions plutôt vives que
profondes, l’artiste en contradiction perpétuelle avec
sa pensée, et toujours de bonne foi dans ses contradictions.
Chez lui, la sensation était rapide, la pensée
vagabonde et la réflexion paresseuse. Il subissait l’influence
du moment ; il s’assimilait sans s’en douter les
idées de la foule ; et souvent ces idées, se trouvant en
désaccord avec l’idéal qui était en lui, imprimaient à
son esprit une oscillation dont il s’irritait sans en
deviner la cause ; il souffrait sans savoir ce qui le
faisait souffrir.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>arrivée lundi à la Comédie Françoise a fait mettre au Fort-l’Evêque le {{Sr.|Monvel}}, qui, sans vouloir manquer au Public, mais par une étourderie incroyable, ne s’est pas trouvé pour remplir ce jour-là son rôle dans les ''Horaces.'' Il avoit écrit au Semainier pour l’avertir qu’il ne pourroit jouer de la semaine : or la semaine, suivant l’arrangement du Calendrier Comique, ne commence que le mardi, ce qu’avoit oublié l’Acteur ; ensorte qu’à l’heure indiquée ne paroissant pas, le Service a été suspendu, malgré la présence de Madame la Duchesse de Bourbon. Il a fallu s’arranger pour donner une autre piece que les ''Horaces,'' celle indiquée. Cependant le Parterre témoignoit son humeur ; en vain a-t-on voulu la calmer par un discours préparatoire, cela ne s’est terminé qu’en offrant de rendre l’argent aux mécontens. Un d’eux a poussé l’indécence jusqu’à faire ses ordures au milieu de l’assemblée, escorté & soutenu par quelques polissons, comme lui. La Duchesse de Bourbon est restée, mais n’a point voulu être juge entre le Public & les Comédiens, comme ceux-ci le desiroient, ou plutôt elle leur a déclaré qu’il falloit se rendre au desir du premier.
{{brn|1}}
''19 Janvier 1777.'' Le Grand-Conseil, fort mal-traité du {{Sr.|de}} Beaumarchais dans son nouveau Factum, s’est assemblé pour aviser aux moyens de punir l’insolence de cet audacieux. Il avoit un moyen prompt dans la puissance qu’a toute Cour de venger la majesté de son tribu-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/24
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 7 —}}</noinclude><nowiki/>
Et voilà pourquoi peut-être, Marcel l’enveloppait
d’un indéfinissable regard tout mêlé de tristesse et de mansuétude.
{{interligne|5em}}
{{---}}
{{interligne|5em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 8 —}}</noinclude><nowiki/>
{{interligne|5em}}
{{T3|UNE JEUNE FEMME COMME IL Y EN A TANT.|CHAPITRE II.}}
Un soir, Marcel et Lucien étaient sortis ensemble et
se dirigeaient vers une maison de coquette apparence,
située dans l’un de ces quartiers neufs, élevés, où l’on
a encore de l’air, du soleil, de petits jardins, même de
grands arbres qui illusionnent le regard et font rêver
de la verdure des champs.
— Comme je ne pourrai rester qu’un instant avec
Jeanne, dit Lucien à Marcel, tu voudras bien, n’est-ce
pas ? l’aider à finir la soirée.
— N’aimerait-elle pas mieux l’achever seule, sans ma compagnie ?
— Allons donc ! la solitude, c’est l’épouvantail des<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T10, Adamsohn.djvu/19
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>nal insulté, par la lacération, la brûlure de l’écrit injurieux, & par les décrets qu’elle peut prononcer contre le coupable. Mais celle-ci, fort circonspecte, ou plutôt fort poltronne & fort basse, n’a osé se compromettre avec ce dangereux adversaire, & surtout engager une querelle avec le Parlement. Par une timidité peut-être sans exemple dans une affaire particuliere, elle a arrêté des représentations au Roi, qui ont dû être portées aujourd’hui à {{S. M.}} De son côté, le Parlement, pour éviter toute réclamation de ce Tribunal, s’est hâté de rendre Arrêt qui supprime ledit Mémoire, comme contenant un discours non prononcé ; mais sans aucune qualification.
{{brn|1}}
''19 Janvier 1777.'' Le {{Sr.|Dauberval}}, comme Semainier, a été aussi mis au Fort-l’Evêque, & quant au {{Sr.|Monvel}}, comme il a joué à Versailles dès le mardi, lendemain du tumulte arrivé à son occasion, on croit qu’il restera en prison plus longtems que le premier, à moins que la faveur du public ne fasse abréger sa captivité ; car en étant sorti aujourd’hui pour jouer dans les ''Horaces,'' le Parterre bonasse, loin de lui témoigner son indignation, l’a applaudi à tout rompre.
{{brn|1}}
''19 Janvier 1777.'' Les Directeurs de l’Opéra, pour satisfaire aux plaintes du public à l’occasion de la briéveté du spectacle d’''Orphée,'' qui finissoit à sept heures & demie au plus tard, y avoient joint l’Acte de ''la Bergere ingénue.'' Com-<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « me ils ne l’ont osé faire jouer qu’une fois, ils y vont substituer le ''Ballet des Horaces'' du {{Sr.|Noverre.}} La premiere représentation doit avoir lieu mardi{{lié}}21. 19 Janvier 1777. Le livre de M. Gudin, intitulé : Aux Mánes de {{roi|Louis|XV}}, &c. est une chronique seche, plutôt que rapide, des événemens du regne de ce Monarque. La plupart des faits n’y font qu’indiqués, & le tout est traité sur un ton d’adulation, qui auroit bien d... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Psephos" /></noinclude>me ils ne l’ont osé faire jouer qu’une fois, ils y vont substituer le ''Ballet des Horaces'' du {{Sr.|Noverre.}} La premiere représentation doit avoir lieu mardi{{lié}}21.
19 Janvier 1777. Le livre de M. Gudin, intitulé : Aux Mánes de {{roi|Louis|XV}}, &c. est une chronique seche, plutôt que rapide, des événemens du regne de ce Monarque. La plupart des faits n’y font qu’indiqués, & le tout est traité sur un ton d’adulation, qui auroit bien dů faire trouver grace à l’auteur. On ne sait pourquoi il se plaint si amérement, dans sa préface, des Censeurs & de leur incertitude à son égard. La partie des Arts est ce qu’il y a de plus approfondi. Le procès du Sr. de Beaumarchais & ses tracasseries avec le Parlement Maupeou, font le seul morceau historique sur lequel l’Ecrivain se soit étendu avec une vraie complaisance. On peut définir cette production une table des matieres très exacte & fort utile à ceux qui voudront écrire l’Histoire de {{roi|Louis|XV}}.
20 Janvier 1777. Le Journal de Paris a peine à se soutenir, dès son début, à raison de son insipidité. D’ailleurs, la jalousie de ses confreres lui suscite toutes fortes de tracasseries pour le faire échouer. Ils lui enlevent différentes parties, sous prétexte qu’il va sur leurs brisées & offense leurs privileges. Tout recemment, la petite Poste, chargée de le répandre tous les matins, refusa de le faire, sous prétexte d’un abonnement plus considérable qu’elle exige. Le<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>me ils ne l’ont osé faire jouer qu’une fois, ils y vont substituer le ''Ballet des Horaces'' du {{Sr.|Noverre.}} La premiere représentation doit avoir lieu mardi{{lié}}21.
{{brn|1}}
''19 Janvier 1777.'' Le livre de {{M.|Gudin}}, intitulé : ''Aux Mânes de {{roi|Louis|XV}}, &c.'' est une chronique seche, plutôt que rapide, des événemens du regne de ce Monarque. La plupart des faits n’y sont qu’indiqués, & le tout est traité sur un ton d’adulation, qui auroit bien dû faire trouver grace à l’auteur. On ne sait pourquoi il se plaint si amérement, dans sa préface, des Censeurs & de leur incertitude à son égard. La partie des Arts est ce qu’il y a de plus approfondi. Le procès du {{Sr.|de}} Beaumarchais & ses tracasseries avec le Parlement ''Maupeou,'' sont le seul morceau historique sur lequel l’Ecrivain se soit étendu avec une vraie complaisance. On peut définir cette production une table des matieres très exacte & fort utile à ceux qui voudront écrire ''l’Histoire de {{roi|Louis|XV}}''.
{{brn|1}}
''20 Janvier 1777. Le Journal de Paris'' a peine à se soutenir, dès son début, à raison de son insipidité. D’ailleurs, la jalousie de ses confreres lui suscite toutes sortes de tracasseries pour le faire échouer. Ils lui enlevent différentes parties, sous prétexte qu’il va sur leurs brisées & offense leurs privileges. Tout recemment, la ''petite Poste,'' chargée de le répandre tous les matins, refusa de le faire, sous prétexte d’un abonnement plus considérable qu’elle exige. Le<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 9 —}}</noinclude>femmes, et le tête-à-tête avec un charmant garçon
comme toi n’a rien que d’attrayant. Jeanne est
toujours fort gracieuse quand tu m’accompagnes
chez elle, même, à diverses reprises, elle m’a dit :
« Amenez-moi donc votre ami. » Diable ! cela pourrait donner à penser.
— Serais-tu jaloux, par hasard ?
— Dieu me garde de cette infirmité de l’amour.
Impossible de travailler avec l’inquiétude qu’elle jette dans l’esprit.
— On est jaloux comme on est malade, sans le vouloir.
— La jalousie n’est jamais le gui parasite de la fantaisie.
Et l’amour entre Jeanne et moi, c’est tout simplement
l’entente cordiale de deux fantaisies.
— Rien que cela ?
— Mais oui. Est-ce elle, est-ce moi qui rompra le
premier, le traité écrit sur la feuille volante d’un
baiser ? Je n’en sais rien, et, ma foi, je ne m’en préoccupe
guère. De part et d’autre nous ne nous sommes
rien promis à perpétuité, et alors…, liberté complète.
— Très-bien.
— Voilà comment un homme qui a un peu la science
de la vie et qui songe à l’avenir gouverne les choses
de sentiment.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/27
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 10 —}}</noinclude><nowiki/>
— Tu as des idées administratives très-développées, dit Marcel en souriant.
— Je suis sûr qu’en amour, toi, on te refait toujours.
— C’est possible. Mais cette organisation sentimento-sociale
arrange-t-elle madame Berthel aussi bien que toi ?
— Parbleu ! Jeanne est une femme très-spirituelle
et qui mène la vie fort spirituellement ; elle a déjà eu
plusieurs amants — c’est connu cela — et je n’ai
point la fatuité de me croire le dernier numéro de ses
amours. En somme, c’est une délicieuse femme, toute
de premier mouvement, et avec laquelle on ne perd
point son temps à soupirer en regardant les étoiles : le
temps est une chose si précieuse pour nous autres artisles !
— Il me semble que tu ne la flattes pas.
— Mais je la trouve charmante.
— Avec beaucoup de restrictions cependant.
— Je l’aime mille fois mieux avec ses fantaisies ;
ses caprices, ses toquades, que si je la voyais se planter
en saule pleureur dans ma vie. Dieu me garde de ces
femmes à grand sentiment qui placent leur cœur à
fonds perdus, et vous font payer à perpétuité les intérêts
d’une heure de plaisir !
— Il me semble à moi qu’une femme peut avoir du
cœur sans être ennuyeuse.<noinclude>
<references/></noinclude>
j3ss25scw0pgeb88ce8c6iw36rr4wqu
Page:Le chansonnier des amis de la table et du vin, recueil de chansons amusantes - 1837.pdf/13
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Yvankusevic
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Yvankusevic" /></noinclude><poem>
Si les mets savent vous plaire,
De votre hôte sans façon
Qu'un baiser soit le salaire ;
C'est le profit du garçon.
</poem>
{{-|19}}
{{t3|APPEL AU BON VIEUX TEMPS.}}
<center>Air : On dit que dans le mariage.</center>
{{Interligne|1em}}
<poem>
Vous qu'ici le plaisir rassemble,
Mes bons, mes fidèles amis,
Au bonheur d'être tous ensemble
Donnons encore un nouveau prix.
{{Em|1}}Préférons la gaîté,
{{Em|1}}La douce liberté,
Et chantons, en vidant nos verres,
Comme faisaient nos pères.
{{Interligne|1em}}
Dévouons à l'indifférence
Ces courtisans ambitieux
Que les dignités, l'opulence,
Ne peuvent jamais rendre heureux.
{{Em|1}}Préférons la gaîté, etc.
{{Interligne|1em}}
Sur les épines de la vie,
Afin de répandre des fleurs,
</poem><noinclude>
<references/></noinclude>
fi4ul2shg349od959ngf2d1ceqqkd09
Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/28
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 11 —}}</noinclude>— La vertu, mon cher, c’est la ligne droite, c’est
la grande allée bordée de buis du jardin à la française ;
et rien n’est fastidieux comme cela : c’est régulier, ça
a de l’air, j’en conviens, c’est même grandiose, mais à
distance et tout noyé dans les lointains.
— Tais-toi, reprit Marcel avec impatience, tu vaux
mille fois mieux que les paradoxes…
— Tiens, quelle petite colère !
— Mais oui, tu m’exaspères parfois. Ne criez donc
plus avec cors et trompettes, comme vous faites depuis
quatre mille ans, que la femme est légère, que bien fol
est qui s’y fie. Nous la calomnions pour justifier notre
inconstance. Elle a, au contraire, un instinctif besoin.
de se donner, de se perdre dans le cœur de l’homme.
— Bast ! bast ! reprit Lucien, théories que tout cela.
Ils sonnaient chez madame Berthel.
Un domestique les introduisit dans un petit salon,
élégant, intime, surchargé de ces mille superfluités
qu’on aurait de la peine, en province, à caser dans une
maison entière ; un salon qui vivait, qui pensait, qui
avait de l’esprit et de la désinvolture : et pourtant un
intime malaise courait impalpable sur toute chose, on
sentait là une espèce de désaccord entre la vie matévielle
et la vie morale, désaccord qu’on rencontre
presque partout. Nous sommes tous plus ou moins de
pauvres saltimbanques dont le cœur grelotte sous de
brillants costumes. Les uns battent la grosse caisse et<noinclude>
<references/></noinclude>
fz3sh89oyyk96jf1tk517irvui7vyfz
Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/30
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" /></noinclude><section begin="s1"/><nowiki />
{{SDT|2|l=25}}
{{t2|{{all-sc|ENFANCE DE {{Mlle|LE}} BER. SON SÉJOUR AU {{lié|PENSIONNAT DES URSULINES}} À QUÉBEC.}}|LIVRE PREMIER.}}
{{—|4|m=1.5em}}
<section end="s1"/>
<section begin="s1"/><nowiki />
<includeonly>
{{SDT|2|l=25}}
</includeonly>
{{t3|{{all-sc|FAMILLE DE {{Mlle|LE BER}}. SA NAISSANCE. SON BAPTÊME. {{lié|SA PREMIÈRE ÉDUCATION.}}}}|CHAPITRE I.}}
Jeanne Le Ber, dont nous écrivons la vie,
eut le bonheur de naître d’une des familles
les plus vertueuses, que {{sc|Dieu}} ait données
au Canada. Son père, Jacques Le Ber,
natif de Pistre au diocèse de Rouen, touché
du désir de consacrer ses services et sa personne,
à l’œuvre sainte de Ville-Marie, ne
dégénéra pas du noble et généreux dévoue-<section end="s1"/><noinclude>
<references/></noinclude>
dwxbwd0dv7aq7yp4qpakwxvl7tfymqq
15779410
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2026-05-08T19:07:30Z
Denis Gagne52
101614
15779410
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" /></noinclude><section begin="s1"/><nowiki />
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<section begin="s2"/><nowiki />
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{{SDT|2|l=25}}
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{{t3|{{all-sc|FAMILLE DE {{Mlle|LE BER}}. SA NAISSANCE. SON BAPTÊME. {{lié|SA PREMIÈRE ÉDUCATION.}}}}|CHAPITRE I.}}
Jeanne Le Ber, dont nous écrivons la vie,
eut le bonheur de naître d’une des familles
les plus vertueuses, que {{sc|Dieu}} ait données
au Canada. Son père, Jacques Le Ber,
natif de Pistre au diocèse de Rouen, touché
du désir de consacrer ses services et sa personne,
à l’œuvre sainte de Ville-Marie, ne
dégénéra pas du noble et généreux dévoue-<section end="s2"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Etienne M
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{{t3|{{all-sc|FAMILLE DE {{Mlle|LE BER}}. SA NAISSANCE. SON BAPTÊME. {{lié|SA PREMIÈRE ÉDUCATION.}}}}|CHAPITRE I.}}
Jeanne Le Ber, dont nous écrivons la vie,
eut le bonheur de naître d’une des familles
les plus vertueuses, que {{sc|Dieu}} ait données
au Canada. Son père, Jacques Le Ber,
natif de Pistre au diocèse de Rouen, touché
du désir de consacrer ses services et sa personne,
à l’œuvre sainte de Ville-Marie, ne
dégénéra pas du noble et généreux dévoue-<section end="s2"/><noinclude>
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Grrrrrrrrrrr
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 12 —}}</noinclude>jettent leurs lazzis à la foule pour étourdir le public et
s’étourdir eux-mêmes. Maintes femmes, comme la
Mignon, chantent et pleurent en songeant au pays des orangers.
Madame Berthel était seule dans son salon, assise ou
plutôt couchée à demi sur un canapé, dans cette pose
délicieuse que les peintres, quoi qu’ils fassent, ne peuvent
donner à leurs modèles, parce que son charme
est l’inapprêté, l’inattendu. Elle tendit aux deux jeunes
gens sa main fine, souple, caressante, main de femme
qui dit tant de choses, non pas seulement dans la configuration
de ses lignes, mais dans la façon dont elle
se contracte ou se détend. Il y a dans un serrement de
main un poème qui finit, un poëme qui commence ;
il y a les horizons perdus du rêve, les que sais-je du
cœur… et les souvenirs rétrospectifs d’un {{corr|lontain|lointain}} bonheur.
Et ils causèrent comme on cause dans le monde, où
souvent on dit tant de choses pour ne rien dire, où
parfois tout un drame se révèle dans un seul mol, insignifiant d’apparence.
Lucien avait raison, madame Berthel était une délicieuse
maîtresse : blonde et charmante encore, quoiqu’elle
côtoyât la trentaine ; son œil bleu était plein
de caresses ; sa bouche, plus voluptueuse que sensuelle,
avait souvent dû dire : je t’aime ; elle ressemblait
aux déesses de Boucher, mais ses formes étaient<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/31
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Denis Gagne52
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr|2|{{all-sc|VIE DE MADEMOISELLE LE BER.}}|}}</noinclude>ment, qui lui avait fait quitter son pays et
sa famille ; et Dieu, pour l’en récompenser,
même dès cette vie, lui donna le centuple
promis dans l’Écriture, à ceux qui laissent
tout pour son amour.
Outre la paix et la joie du cœur, le seul
vrai bonheur que l’homme puisse goûter
ici bas, {{M.|{{lié|Le Ber}}}} trouva, dans son
sacrifice même, tous les biens de la terre, à
l’acquisition desquels il semblait avoir
renoncé, en voulant prendre part aux périls
et aux privations inévitables de ces premiers
temps de la colonie. Par la bénédiction
que {{sc|Dieu}} donna à ses entreprises commerciales,
il devint bientôt le plus riche négociant
du Canada, et l’un des hommes les
plus considérés de la Nouvelle-France. Sa
charité généreuse envers les pauvres, sa
probité parfaite dans les affaires, la haute
profession qu’il fit toujours des vrais principes
de la foi et de la morale chrétienne,
enfin, son zèle désintéressé pour le bien
public, lui méritèrent à juste titre, l’affection
et même la vénération de ses concitoyens,
la considération et la confiance des gouver-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Etienne M
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sa famille ; et {{sc|Dieu}}, pour l’en récompenser,
même dès cette vie, lui donna le ''centuple''
promis dans l’Écriture, à ceux qui laissent
tout pour son amour.
Outre la paix et la joie du cœur, le seul
vrai bonheur que l’homme puisse goûter
ici bas, {{M.|{{lié|Le Ber}}}} trouva, dans son
sacrifice même, tous les biens de la terre, à
l’acquisition desquels il semblait avoir
renoncé, en voulant prendre part aux périls
et aux privations inévitables de ces premiers
temps de la colonie. Par la bénédiction
que {{sc|Dieu}} donna à ses entreprises commerciales,
il devint bientôt le plus riche négociant
du Canada, et l’un des hommes les
plus considérés de la Nouvelle-France. Sa
charité généreuse envers les pauvres, sa
probité parfaite dans les affaires, la haute
profession qu’il fit toujours des vrais principes
de la foi et de la morale chrétienne,
enfin, son zèle désintéressé pour le bien
public, lui méritèrent à juste titre, l’affection
et même la vénération de ses concitoyens,
la considération et la confiance des gouver-<noinclude>
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Page:Faillon - L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber, 1860.djvu/32
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Denis Gagne52
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<noinclude><pagequality level="3" user="Denis Gagne52" />{{nr||{{all-sc|LIVRE I. — CHAPITRE I.}}|3}}</noinclude>neurs, et l’estime particulière du souverain,
qui daigna l’honorer ainsi que tous ses
descendants, des prérogatives attachées alors à
la noblesse.<ref>{{roi|Louis |XIV}} anoblit la famille Le Ber, par ses lettres patentes du mois de novembre{{lié}}1696 ; et {{roi|Louis |XV}}
la maintint dans sa noblesse, par arrêt du 9{{lié}}mars{{lié}}1717.
{{M.|Le Ber}} prit le titre de Le Ber de ''Saint Paul'', du nom
de l’Île dont il possédait les deux tiers. Ces deux tiers
formaient alors un seul fief, avec toute justice, quoiqu’ils
fussent aux deux extrémités de l’Île ; et Claude de
Robutel de St. André, possédait le troisième. Zacharie
de Robutel, Sieur de Lanoue, fils du précédent, céda
par échange les deux tiers de ce troisième tiers, aux
Sœurs de la Congrégation ; et Anne de Robutel sa sœur,
leur vendit le restant de ce tiers, l’année suivante. De
sorte qu’elles acquirent alors un tiers de l’Île St. Paul,
qu’elles possédèrent enfin dans son entier, l’année{{lié}}1769.</ref>
Mais un avantage plus précieux encore,
ce fut de trouver à Ville-Marie, dans la
personne de Jeanne Lemoyne, sœur de
Charles Lemoyne, depuis baron de Longueuil,
une épouse digne de lui, pour ses
vertus, et pour l’élévation de ses sentiments ;
et qui, de concert avec lui, sut inspirer
aux enfants que {{sc|Dieu}} leur donna,<noinclude>
<references/></noinclude>
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L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber
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[[Catégorie:Ordre religieux]]
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L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00
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L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 13 —}}</noinclude>plus fines, son front plus songeur, son regard plus
chercheur. C’était une âme oubliée au temps joyeux
des petits soupers, et que le souffle inquiet {{Siècle époque|19}}
achevait d’épanouir.
Quoique fêtée dans le monde pour sa fortune et la
position de son mari, plusieurs histoires galantes, dont
elle était l’héroïne, se chuchotaient quand elle entrait
dans un salon ou quand elle en sortait. Depuis six mois,
rien que six mois, Lucien était son amant, et pourtant…
le regard de Jeanne, lorsqu’il s’arrêtait sur
Lucien, n’était plus celui de la femme éprise qui se
livre tout entière dans un mystérieux rayonnement.
Lucien, lui aussi, était distrait, préoccupé de
maintes autres choses que de sa maîtresse, son regard
ne s’arrêtait sur elle que par occasion ; on devinait qu’il
la savait par cœur, physiquement du moins, et qu’il
n’avait plus rien à apprendre en elle.
Après une demi-heure de causerie, Lucien se leva.
— Quoi ! vous partez ? dit Jeanne.
— Ne m’en veuillez pas ; il faut que j’aille finir cette
soirée d’une façon beaucoup moins charmante chez
{{M.|de Tardean}}, qui doit, m’a-t-on dit, me faire décorer
son hôtel. Mais je vous laisse Marcel.
— Quand vous reverra-t-on ?
— Mardi soir, si vous le voulez bien.
— Comme cela tombe mal ! j’ai précisément pour
mardi un bal auquel il m’est impossible de manquer.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/740
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude>sa tête fut promenée dans les rues au
bout d’une pique. Les massacres de
septembre, dont on n’a jamais bien
connu le premier instigateur, eurent
lieu à la nouvelle de l’entrée des Prussiens
en Champagne, sous le prétexte
atroce de ne laisser aucun ennemi à
l’intérieur, en marchant aux frontières.
On nomma ''septembriseurs'' ceux
qui accomplirent ces horribles massacres.
<section begin="SERFS"/>'''SERFS.''' Au moyen âge, on donna
le nom de ''serfs'' aux hommes qui, sans
être complètement en état d’esclavage,
étaient obligés de cultiver une terre
déterminée sans pouvoir la quitter, et
sous la condition d’une redevance. Attachés
à cette terre qu’ils arrosaient de
leurs sueurs, on les vendait avec la
terre elle-même. De là leur nom de
''serfs attachés à la glèbe''.
A une certaine époque, les serfs purent
racheter leur liberté. Cette émancipation
fut puissamment favorisée par
l’affranchissement des communes et
par les croisades ; mais elle ne devint
complète qu’à la révolution de 1789.
Le servage existe encore en Russie et
en Pologne sur une grande partie des
terres.
<section end="SERFS"/>
<section begin="SIBYLLE"/>'''SIBYLLE.''' V. ''Oracles''.
<section end="SIBYLLE"/>
<section begin="SILHOUETTE"/>'''SILHOUETTE.''' Contrôleur des finances
en 1754, Etienne de Silhouette
commença quelques réformes, et fit
rentrer 72 millions dans le trésor. Mais
ayant voulu diminuer les dépenses
personnelles du roi, et établir de nouveaux
impôts, il perdit tout crédit et
fut forcé de quitter le ministère au
bout de huit mois. Silhouette occupa
beaucoup le public, et tout ce que la
mode ordonnait, même après sa chute,
était ''à la Silhouette''. On appelle encore
de son nom une manière de faire les
portraits au moyen de l’ombre que
projette la figure, par cette seule raison
qu’elle fut en vogue à cette époque.
<section end="SILHOUETTE"/>
<section begin="SIRÈNES"/>'''SIRÈNES.''' Monstres fabuleux, moitié
femmes et moitié poissons, qui, au
nombre de trois, habitaient des rochers
escarpés entre l’île de Caprée et
la côte d’Italie. Par la douceur de leur
chant, elles attiraient les voyageurs
sur les écueils de la mer de Sicile.
Ulysse ayant été insensible à leurs accents,
elles se jetèrent de dépit dans la
mer.
Ce mot se dit d’une femme qui chante
très-bien, qui séduit par ses attraits.
par ses manières insinuantes : ''Elle a une voix de'' '''sirène ;''' ''c’est une '''sirène.'''
Mais il se prend le plus souvent en
mauvaise part, pour désigner une personne qui, par une
douceur feinte,
voudrait attirer dans un piége : ''Défiez-vous de cette femme, c’est une'' '''sirène.'''
<section end="SIRÈNES"/>
<section begin="SOLÉCISME"/>'''SOLÉCISME.''' On parlait fort mal
le grec à Soles, ville de Cilicie, fondée
par les Athéniens. Du nom de ses habitants
est venu notre mot ''solécisme''.
Ainsi ce mot, qui signifiait primitivement
''parler le grec comme un habitant de Soles'', c’est-à-dire le parler
mal, signifie, dans notre langue, manquer
aux règles de la grammaire.
<section end="SOLÉCISME"/>
<section begin="SOLEIL"/>'''SOLEIL.''' Le soleil est le centre de
notre système planétaire, et le régulateur
du mouvement de la terre et des
autres planètes. Source de chaleur et
de lumière, il est le principe vivifiant
de tous les êtres organisés. Les plus
savants astronomes lui attribuent un
noyau solide, obscur et peut-être habité,
entouré d’une atmosphère lumineuse.
La distance du soleil à la terre
est d’environ 38 millions de lieues ; sa
lumière nous arrive en 8 minutes
13 secondes. Il est 1,400 mille fois plus
gros que la terre. Avant Copernic
on faisait tourner le soleil avec tout
le ciel autour de la terre ; on sait aujourd’hui que c’est la terre qui tourne,
et que le soleil est une étoile fixe.
Le soleil a été l’objet de l’adoration
de la plupart des peuples primitifs
C’était le ''Baal'' des Chaldéens, l’''Osiris''
des Egyptiens, le ''Mithra'' des Perses,
l’''Apollon'' des Grecs et des Romains, etc.
Les Européens ont trouvé le culte du
soleil établi au Pérou. En effet, la
beauté de cet astre, et, plus encore,
son immense et bienfaisante influence,
a dû frapper de bonne heure l’imagination
des peuples.
<section end="SOLEIL"/>
<section begin="SON"/>'''SON.''' Quand un corps sonore a été
frappé, ses molécules éprouvent aussitôt
un mouvement de vibration ou
d’''ondulation''. L’air qui environne ce
corps participe à ce mouvement, et
forme autour de lui des ondes qui ne
tardent pas à parvenir à l’oreille. L’air
est donc le principal véhicule du son,
mais les liquides et les solides le transmettent
avec plus de rapidité ; aussi
a-t-on l’habitude de se coucher à terre
quand on veut reconnaître un bruit
que l’oreille ne perçoit pas encore
étant debout. Le son ne se transmet
pas dans le vide, et son intensité augmente ou diminue en même temps que
la densité du milieu qui le transmet.
De Saussure raconte qu’au sommet du<section end="SON"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="SEPTEMBRISADE"/>sa tête fut promenée dans les rues au
bout d’une pique. Les massacres de
septembre, dont on n’a jamais bien
connu le premier instigateur, eurent
lieu à la nouvelle de l’entrée des Prussiens
en Champagne, sous le prétexte
atroce de ne laisser aucun ennemi à
l’intérieur, en marchant aux frontières.
On nomma ''septembriseurs'' ceux
qui accomplirent ces horribles massacres.
<section end="SEPTEMBRISADE"/>
<section begin="SERFS"/>'''SERFS.''' Au moyen âge, on donna
le nom de ''serfs'' aux hommes qui, sans
être complètement en état d’esclavage,
étaient obligés de cultiver une terre
déterminée sans pouvoir la quitter, et
sous la condition d’une redevance. Attachés
à cette terre qu’ils arrosaient de
leurs sueurs, on les vendait avec la
terre elle-même. De là leur nom de
''serfs attachés à la glèbe''.
A une certaine époque, les serfs purent
racheter leur liberté. Cette émancipation
fut puissamment favorisée par
l’affranchissement des communes et
par les croisades ; mais elle ne devint
complète qu’à la révolution de 1789.
Le servage existe encore en Russie et
en Pologne sur une grande partie des
terres.
<section end="SERFS"/>
<section begin="SIBYLLE"/>'''SIBYLLE.''' V. ''Oracles''.
<section end="SIBYLLE"/>
<section begin="SILHOUETTE"/>'''SILHOUETTE.''' Contrôleur des finances
en 1754, Etienne de Silhouette
commença quelques réformes, et fit
rentrer 72 millions dans le trésor. Mais
ayant voulu diminuer les dépenses
personnelles du roi, et établir de nouveaux
impôts, il perdit tout crédit et
fut forcé de quitter le ministère au
bout de huit mois. Silhouette occupa
beaucoup le public, et tout ce que la
mode ordonnait, même après sa chute,
était ''à la Silhouette''. On appelle encore
de son nom une manière de faire les
portraits au moyen de l’ombre que
projette la figure, par cette seule raison
qu’elle fut en vogue à cette époque.
<section end="SILHOUETTE"/>
<section begin="SIRÈNES"/>'''SIRÈNES.''' Monstres fabuleux, moitié
femmes et moitié poissons, qui, au
nombre de trois, habitaient des rochers
escarpés entre l’île de Caprée et
la côte d’Italie. Par la douceur de leur
chant, elles attiraient les voyageurs
sur les écueils de la mer de Sicile.
Ulysse ayant été insensible à leurs accents,
elles se jetèrent de dépit dans la
mer.
Ce mot se dit d’une femme qui chante
très-bien, qui séduit par ses attraits.
par ses manières insinuantes : ''Elle a une voix de'' '''sirène ;''' ''c’est une '''sirène.'''
Mais il se prend le plus souvent en
mauvaise part, pour désigner une personne qui, par une
douceur feinte,
voudrait attirer dans un piége : ''Défiez-vous de cette femme, c’est une'' '''sirène.'''
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<section begin="SOLÉCISME"/>'''SOLÉCISME.''' On parlait fort mal
le grec à Soles, ville de Cilicie, fondée
par les Athéniens. Du nom de ses habitants
est venu notre mot ''solécisme''.
Ainsi ce mot, qui signifiait primitivement
''parler le grec comme un habitant de Soles'', c’est-à-dire le parler
mal, signifie, dans notre langue, manquer
aux règles de la grammaire.
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notre système planétaire, et le régulateur
du mouvement de la terre et des
autres planètes. Source de chaleur et
de lumière, il est le principe vivifiant
de tous les êtres organisés. Les plus
savants astronomes lui attribuent un
noyau solide, obscur et peut-être habité,
entouré d’une atmosphère lumineuse.
La distance du soleil à la terre
est d’environ 38 millions de lieues ; sa
lumière nous arrive en 8 minutes
13 secondes. Il est 1,400 mille fois plus
gros que la terre. Avant Copernic
on faisait tourner le soleil avec tout
le ciel autour de la terre ; on sait aujourd’hui que c’est la terre qui tourne,
et que le soleil est une étoile fixe.
Le soleil a été l’objet de l’adoration
de la plupart des peuples primitifs
C’était le ''Baal'' des Chaldéens, l’''Osiris''
des Egyptiens, le ''Mithra'' des Perses,
l’''Apollon'' des Grecs et des Romains, etc.
Les Européens ont trouvé le culte du
soleil établi au Pérou. En effet, la
beauté de cet astre, et, plus encore,
son immense et bienfaisante influence,
a dû frapper de bonne heure l’imagination
des peuples.
<section end="SOLEIL"/>
<section begin="SON"/>'''SON.''' Quand un corps sonore a été
frappé, ses molécules éprouvent aussitôt
un mouvement de vibration ou
d’''ondulation''. L’air qui environne ce
corps participe à ce mouvement, et
forme autour de lui des ondes qui ne
tardent pas à parvenir à l’oreille. L’air
est donc le principal véhicule du son,
mais les liquides et les solides le transmettent
avec plus de rapidité ; aussi
a-t-on l’habitude de se coucher à terre
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étant debout. Le son ne se transmet
pas dans le vide, et son intensité augmente ou diminue en même temps que
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<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 14 —}}</noinclude><nowiki/>
— Oh bien, alors…
— Vous sous-entendez une méchanceté qui n’est
nullement dans ma pensée ; qu’aurais-je à dire, moi ?
— Si nous commençons le chapitre des récriminations,
reprit Lucien en souriant, ce sera long ; j’aime
mieux le réprendre mercredi, si toutefois vous n’avez
aucun empêchement pour ce jour-là ?
— Mercredi, soit ; allons, au revoir.
— Et Jeanne et Marcel étaient restés ensemble, et ils
se taisaient l’un et l’autre, et leur visage était assombri.
Les poëtes donnent toujours à la rêverie des couleurs
multicolores ; ils lui font déployer ''ses ailes d’or'',
ils déroulent ''son voile d’azur'', ils l’enveloppent d’une
lumineuse atmosphère ; c’est à peine si un peu de gris
apparaît çà et là dans le fond du tableau. Cependant la
rêverie ne se plaît que dans les teintes dégradées du
crépuscule, elle s’éclaire du rayon brisé d’un amour
qui finit, plus souvent que des premières lueurs d’un
amour qui commence ; elle a des frôlements d’aile de
chauve-souris plus souvent que des gazouillements
d’alouette, et quand elle s’incline sur le cœur, elle y
laisse tomber une larme ; rarement elle l’illumine
d’un sourire.
Le vent souffle, le ciel est bas ; la vague déferle
sur la grève, la mouette rase cette mer houleuse ;
vous, immobile sur la falaise, vous embrassez d’un<noinclude>
<references/></noinclude>
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L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00
0
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2026-05-08T19:19:08Z
Denis Gagne52
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Denis Gagne52 a déplacé la page [[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00]] vers [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00]] : Titre mal orthographié
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text/x-wiki
#REDIRECTION [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/00]]
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L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber
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2026-05-08T19:19:53Z
Denis Gagne52
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Denis Gagne52 a déplacé la page [[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber]] vers [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber]] : Titre mal orthographié
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text/x-wiki
#REDIRECTION [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber]]
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L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01
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2026-05-08T19:20:38Z
Denis Gagne52
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Denis Gagne52 a déplacé la page [[L’héroine chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01]] vers [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01]] : Titre mal orthographié
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text/x-wiki
#REDIRECTION [[L’héroïne chrétienne du Canada, ou Vie de Mlle Le Ber/01]]
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/177
104
4870683
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2026-05-08T19:24:50Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
C’est la mienne et si tu m’y pouvais découvrir,
je ne m’y sentirais pas aussi bien.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tu m’expliqueras cela tout à
l’heure. Viens, nous ne sommes pas bien ainsi.
Cédons à ce conseil de la nuit et de toute la terre.
Viens avec moi sur ce lit profond de roseaux et
de fougères que tu as préparé.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Si vous essayez de
m’embrasser, alors vous n’entendrez plus la musique !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je ne veux que dormir près
de toi en te donnant la main,
Écoutant la forêt, la mer, l’eau qui fuit, et l’autre
qui revient toujours,
Cette joie sacrée, cette tristesse immense, mélangée
à ce bonheur ineffable.
Plus tard quand Dieu nous aura unis, d’autres
mystères nous sont réservés.
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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15779881
15779436
2026-05-09T09:02:35Z
Susuman77
51799
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C’est la mienne et si tu m’y pouvais découvrir,
je ne m’y sentirais pas aussi bien.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tu m’expliqueras cela tout à
l’heure. Viens, nous ne sommes pas bien ainsi.
Cédons à ce conseil de la nuit et de toute la terre.
Viens avec moi sur ce lit profond de roseaux et
de fougères que tu as préparé.
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Si vous essayez de
m’embrasser, alors vous n’entendrez plus la musique !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je ne veux que dormir près
de toi en te donnant la main,
Écoutant la forêt, la mer, l’eau qui fuit, et l’autre
qui revient toujours,
Cette joie sacrée, cette tristesse immense, mélangée
à ce bonheur ineffable.
Plus tard quand Dieu nous aura unis, d’autres
mystères nous sont réservés.
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<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 183, 1926.djvu/1358
104
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15779437
2026-05-08T19:25:05Z
Favete linguistis
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Favete linguistis" />{{nr|1358|{{sc|académie des sciences}}.}}</noinclude>expériences Roux et Nocard écrivaient en 1892 : « Il est probable que c’est
en se propageant le long des nerfs que le virus rabique va dans la salive ».
Nous pouvons affirmer 35{{lié}}ans après qu’il est ''certain'' que c’est en se propageant le long des nerfs que le virus rabique va dans la salive. La présence
d’innombrables cellules nerveuses parasitées des muqueuses de la bouche
et de la langue, cellules nerveuses situées parfois juste au-dessous d’un
épithélium extrêmement mince, justifie pleinement cette affirmation.
Dans un Mémoire paru en 1924, nous avons décrit le parasite de la rage
dans le système nerveux et dans les glandes salivaires des animaux rabiques.
Dans celles-ci le microbe existait non seulement dans les cellules nerveuses
des ganglions nerveux intra-glandulaires, mais encore dans les cellules sécrétantes, cellules des acini, et dans les canaux excréteurs ; il était donc prouvé que les parasites passaient dans la bave.
Or de nombreuses recherches entreprises depuis trois ans nous montrent
que si la présence des parasites dans les neurones intra-glandulaires est un
fait constant, par contre les acini et les canaux excréteurs n’en sont pas
souvent infectés ; nos examens, soit chez les chiens devenus enragés, soit
rendus rabiques expérimentalement, nous ont conduit à ce résultat.
La pullulation des parasites dans le tissu propre des glandes salivaires est
un fait rare. Aussi, dans la grande majorité des cas, notre explication de la
virulence de la salive par la culture du microbe de la rage dans le tissu
propre des glandes salivaires ne peut plus être soutenue.
Cependant l’étude histologique de la langue et des parois de la bouche nous a permis de résoudre le problème.
D’après nos recherches la muqueuse des parois de la bouche, surtout la
muqueuse de la langue, contiennent des cellules nerveuses étalées sous l’épithélium : cellules nerveuses réunies en amas, autant de petits ganglions, de
vrais centres nerveux périphériques. Fait très intéressant aussi, et c’est en
cela que la phrase de Roux et de Nocard est exacte, dans les muqueuses de
la bouche et de la langue il existe de petits troncs, rameaux, ramuscules
nerveux, qui contiennent des cellules nerveuses disposées en groupes ou aberrantes. Ces cellules nerveuses se trouvent parfois très près de la superficie
de la muqueuse, juste au-dessous de l’épithélium qui est souvent d’une minceur extrême. Une fissure, une éraillure à ce niveau, et les cellules nerveuses sont mises à nu.
Or chez tous les chiens enragés, le cytoplasme de ces neurones contient
le parasite de la rage. Voilà l’explication de la virulence de la bave.
Car quel est le sujet ne présentant pas une fissure ou une éraillure au<noinclude>
<references/></noinclude>
2udq0mspcidxpfaee66pvwyo950ktf6
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/178
104
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2026-05-08T19:26:55Z
Susuman77
51799
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|DON CAMILLE, DON RODRIGUE|SCÈNE {{rom-maj|XI}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Dans la forteresse de Mogador. Une salle étroite et voûtée éclairée par une fenêtre qu’on ne voit pas. Dans le fond un grand rideau d’étoffe noire, comme ceux qui voilent la grille au palais des couvents de recluses. Au plafond est suspendue une poulie avec un bout de corde. Tas de ferrailles rouillées dans un coin.'' DON RODRIGUE ''se tient debout immobile au milieu de la pièce, regardant le carré d’étoffe noire. L’ombre de'' DON CAMILLE ''derrière lui vient se dessiner sur le mur à côté de la sienne.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je dis, qui vous empêche de
tirer ce rideau et d’en avoir le cœur net ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Don Camille, je suis heureux
enfin de vous avoir trouvé. Je vous croyais caché au fond de quelque trou.<noinclude>
<references/></noinclude>
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15779445
15779439
2026-05-08T19:28:33Z
Susuman77
51799
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proofread-page
text/x-wiki
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{{T3|DON CAMILLE, DON RODRIGUE|SCÈNE {{rom-maj|XI}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Dans la forteresse de Mogador. Une salle étroite et voûtée éclairée par une fenêtre qu’on ne voit pas. Dans le fond un grand rideau d’étoffe noire, comme ceux qui voilent la grille au palais des couvents de recluses. Au plafond est suspendue une poulie avec un bout de corde. Tas de ferrailles rouillées dans un coin.'' DON RODRIGUE ''se tient debout immobile au milieu de la pièce, regardant le carré d’étoffe noire. L’ombre de'' DON CAMILLE ''derrière lui vient se dessiner sur le mur à côté de la sienne.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je dis, qui vous empêche de
tirer ce rideau et d’en avoir le cœur net ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Don Camille, je suis heureux
enfin de vous avoir trouvé. Je vous croyais caché au fond de quelque trou.<noinclude>
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Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/737
104
4870686
15779440
2026-05-08T19:27:37Z
Fortelle65
16957
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude>destination des pyramides est encore
inconnue.
La plus célèbre est celle de Chéops ;
elle a 150 mètres de hauteur. C’est le
monument le plus élevé du globe.
<section begin="PYRRHONIEN"/>'''PYRRHONIEN.''' On nomme ainsi
tout partisan de la doctrine de ''Pyrrhon'',
philosophe grec, qui niait que
l’homme pût atteindre à la vérité.
Suivant les pyrrhoniens ou sceptiques,
tous les êtres organisés, dans la nature,
sont soumis à un renouvellement
continuel, on ne peut donc pas les
connaître ; parmi les hommes, on rencontre
à chaque pas erreurs, contradictions
de l’esprit, illusions des sens, etc.,
la recherche de la vérité ne s’appuie
donc sur rien de solide ; à chaque proposition
on peut opposer une proposition
contraire également probable ;
par conséquent. le sage ne doit pas
porter de jugements. Ainsi considéré,
le scepticisme est la plus dangereuse
des doctrines, puisqu’il aboutit à une
inaction absolue et à une ignorance
complète. Le scepticisme n’est admissible,
comme le recommandait Descartes,
que sous forme de doute provisoire,
en ce qu’il fait de l’examen la
pierre de touche de nos impressions
et de nos connaissances.
Les sceptiques les plus célèbres, chez
les modernes, sont Montaigne, Bayle,
Hume et Kant, mais leur scepticisme
diffère beaucoup du doute systématique
de Pyrrhon.
<section end="PYRRHONIEN"/>
<section begin="PYTHAGORICIEN"/>'''PYTHAGORICIEN.''' V. ''Métempsycose''.
<section end="PYTHAGORICIEN"/>
<section begin="PYTHIE"/>'''PYTHIE.''' V. ''Oracles''.
<section end="PYTHIE"/>
<section begin="PYTHONISSE"/>'''PYTHONISSE.''' V. ''Oracles''.
<section end="PYTHONISSE"/>
<section begin="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>'''QUAKERS''' ou '''TREMBLEURS.''' Secte religieuse établie principalement
en Angleterre et aux Etats-Unis. Réunis
dans des salles dépourvues de tout
ornement, les quakers attendent avec,
recueillement l’arrivée de l’Esprit
saint. Si l’un deux sent l’inspiration,
qui s’annonce par le ''tremblement'' de
l’inspiré, il se lève, prend la parole,
et tous l’écoutent en silence.
Les quakers n’admettent aucun sacrement,
ne prêtent pas serment, et
sont crus sur leur simple affirmation ;
ils refusent de porter les armes, regardant
là guerre comme une lutte
fratricide, tutoient tout le monde, n’admettent
aucune hiérarchie ecclésiastique,
et ne se découvrent jamais, même
devant le roi. Ils se distinguent, en
général, par la pureté de leurs mœurs,
leur probité et leur philanthropie.
<section end="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>
<section begin="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>'''QUART D’HEURE DE RABELAIS.'''
Moment où il faut payer son
écot, par allusion à l’embarras où se
trouva le spirituel auteur de Pantagruel,
faute d’argent, dans une auberge
de Lyon. On raconte qu’il disposa,
dans un endroit apparent de sa
chambre, plusieurs petits paquets sur
lesquels il avait mis pour étiquettes :
''poison pour le roi'', ''poison pour la reine'', ''poison pour le dauphin''. L’hôte, épouvanté de cette découverte, courut
en prévenir les autorités de Lyon, qui
firent conduire Rabelais à Paris par
la maréchaussée. Dès qu’il fut arrivé,
il écrivit son aventure à François I{{er}},
qui en rit beaucoup, et le fit mettre
sur-le-champ en liberté.
<section end="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>
<section begin="QUESTION"/>'''QUESTION.''' V. ''Torture''.
<section end="QUESTION"/>
<section begin="QUIÉTISME"/>'''QUIÉTISME.''' Cette doctrine, qui
consiste à placer la perfection chrétienne
dans le repos ou l’inaction complète
de l’âme, en négligeant entièrement
les œuvres extérieures, a eu des
partisans à toutes les époques. Son
chef le plus connu est le prêtre espagnol
Molinos, qui, vers le milieu {{corr|due|du}}
XVIII{{e}} siècle, publia un livre ascétique
qui idéalisait à tel point la religion,
qu’elle devenait incompréhensible au
vulgaire. La célèbre M<sup>me</sup> Guyon,
femme d’une dévotion extatique, adopta
les idées de Molinos, et écrivit sur le
quiétisme. Fénelon, dans son ''Explication des Maximes des saints'', ayant
paru approuver cette doctrine, vit son
livre attaqué violemment par Bossuet
et censuré par le pape. L’illustre archevêque
de Cambrai se soumit avec
humilité, rétracta ses erreurs, et le
quiétisme disparut alors presque entièrement.
<section end="QUIÉTISME"/>
<section begin="RACES"/>'''RACES.''' Les différents peuples qui
ont habité et qui habitent les cinq divisions
de notre globe peuvent se ramener aux trois grandes variétés suivantes : ''blanche'' ou ''caucasique ;'' ''jaune''
ou ''mongolique ;'' ''nègre'' ou ''éthiopique''.
La première comprend tous les peuples
civilisés de la terre, qui habitent
l’Europe, l’Asie occidentale, et la partie
la plus septentrionale de l’Afrique
La second est répandue a l’orient des
régions occupées par les races caucasiques ;
elle renferme les Kalmouks,
les Lapons, les Esquimaux, les peuplades
de la Sibérie orientale, les habitants
des îles Philippines, Mariannes,
Carolines, etc. La troisième race
existe au midi de l’Atlas, et se divise
en Ethiopiens, Cafres et Hottentots.
Buffon, voulant prouver que toute<section end="RACES"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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15779442
15779440
2026-05-08T19:28:05Z
Fortelle65
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<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="PYRAMIDES"/>destination des pyramides est encore
inconnue.
La plus célèbre est celle de Chéops ;
elle a 150 mètres de hauteur. C’est le
monument le plus élevé du globe.
<section end="PYRAMIDES"/>
<section begin="PYRRHONIEN"/>'''PYRRHONIEN.''' On nomme ainsi
tout partisan de la doctrine de ''Pyrrhon'',
philosophe grec, qui niait que
l’homme pût atteindre à la vérité.
Suivant les pyrrhoniens ou sceptiques,
tous les êtres organisés, dans la nature,
sont soumis à un renouvellement
continuel, on ne peut donc pas les
connaître ; parmi les hommes, on rencontre
à chaque pas erreurs, contradictions
de l’esprit, illusions des sens, etc.,
la recherche de la vérité ne s’appuie
donc sur rien de solide ; à chaque proposition
on peut opposer une proposition
contraire également probable ;
par conséquent. le sage ne doit pas
porter de jugements. Ainsi considéré,
le scepticisme est la plus dangereuse
des doctrines, puisqu’il aboutit à une
inaction absolue et à une ignorance
complète. Le scepticisme n’est admissible,
comme le recommandait Descartes,
que sous forme de doute provisoire,
en ce qu’il fait de l’examen la
pierre de touche de nos impressions
et de nos connaissances.
Les sceptiques les plus célèbres, chez
les modernes, sont Montaigne, Bayle,
Hume et Kant, mais leur scepticisme
diffère beaucoup du doute systématique
de Pyrrhon.
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<section begin="PYTHAGORICIEN"/>'''PYTHAGORICIEN.''' V. ''Métempsycose''.
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<section begin="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>'''QUAKERS''' ou '''TREMBLEURS.''' Secte religieuse établie principalement
en Angleterre et aux Etats-Unis. Réunis
dans des salles dépourvues de tout
ornement, les quakers attendent avec,
recueillement l’arrivée de l’Esprit
saint. Si l’un deux sent l’inspiration,
qui s’annonce par le ''tremblement'' de
l’inspiré, il se lève, prend la parole,
et tous l’écoutent en silence.
Les quakers n’admettent aucun sacrement,
ne prêtent pas serment, et
sont crus sur leur simple affirmation ;
ils refusent de porter les armes, regardant
là guerre comme une lutte
fratricide, tutoient tout le monde, n’admettent
aucune hiérarchie ecclésiastique,
et ne se découvrent jamais, même
devant le roi. Ils se distinguent, en
général, par la pureté de leurs mœurs,
leur probité et leur philanthropie.
<section end="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>
<section begin="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>'''QUART D’HEURE DE RABELAIS.'''
Moment où il faut payer son
écot, par allusion à l’embarras où se
trouva le spirituel auteur de Pantagruel,
faute d’argent, dans une auberge
de Lyon. On raconte qu’il disposa,
dans un endroit apparent de sa
chambre, plusieurs petits paquets sur
lesquels il avait mis pour étiquettes :
''poison pour le roi'', ''poison pour la reine'', ''poison pour le dauphin''. L’hôte, épouvanté de cette découverte, courut
en prévenir les autorités de Lyon, qui
firent conduire Rabelais à Paris par
la maréchaussée. Dès qu’il fut arrivé,
il écrivit son aventure à François I{{er}},
qui en rit beaucoup, et le fit mettre
sur-le-champ en liberté.
<section end="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>
<section begin="QUESTION"/>'''QUESTION.''' V. ''Torture''.
<section end="QUESTION"/>
<section begin="QUIÉTISME"/>'''QUIÉTISME.''' Cette doctrine, qui
consiste à placer la perfection chrétienne
dans le repos ou l’inaction complète
de l’âme, en négligeant entièrement
les œuvres extérieures, a eu des
partisans à toutes les époques. Son
chef le plus connu est le prêtre espagnol
Molinos, qui, vers le milieu {{corr|due|du}}
XVIII{{e}} siècle, publia un livre ascétique
qui idéalisait à tel point la religion,
qu’elle devenait incompréhensible au
vulgaire. La célèbre M<sup>me</sup> Guyon,
femme d’une dévotion extatique, adopta
les idées de Molinos, et écrivit sur le
quiétisme. Fénelon, dans son ''Explication des Maximes des saints'', ayant
paru approuver cette doctrine, vit son
livre attaqué violemment par Bossuet
et censuré par le pape. L’illustre archevêque
de Cambrai se soumit avec
humilité, rétracta ses erreurs, et le
quiétisme disparut alors presque entièrement.
<section end="QUIÉTISME"/>
<section begin="RACES"/>'''RACES.''' Les différents peuples qui
ont habité et qui habitent les cinq divisions
de notre globe peuvent se ramener aux trois grandes variétés suivantes : ''blanche'' ou ''caucasique ;'' ''jaune''
ou ''mongolique ;'' ''nègre'' ou ''éthiopique''.
La première comprend tous les peuples
civilisés de la terre, qui habitent
l’Europe, l’Asie occidentale, et la partie
la plus septentrionale de l’Afrique
La second est répandue a l’orient des
régions occupées par les races caucasiques ;
elle renferme les Kalmouks,
les Lapons, les Esquimaux, les peuplades
de la Sibérie orientale, les habitants
des îles Philippines, Mariannes,
Carolines, etc. La troisième race
existe au midi de l’Atlas, et se divise
en Ethiopiens, Cafres et Hottentots.
Buffon, voulant prouver que toute<section end="RACES"/><noinclude>
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Fortelle65
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inconnue.
La plus célèbre est celle de Chéops ;
elle a 150 mètres de hauteur. C’est le
monument le plus élevé du globe.
<section end="PYRAMIDES"/>
<section begin="PYRRHONIEN"/>'''PYRRHONIEN.''' On nomme ainsi
tout partisan de la doctrine de ''Pyrrhon'',
philosophe grec, qui niait que
l’homme pût atteindre à la vérité.
Suivant les pyrrhoniens ou sceptiques,
tous les êtres organisés, dans la nature,
sont soumis à un renouvellement
continuel, on ne peut donc pas les
connaître ; parmi les hommes, on rencontre
à chaque pas erreurs, contradictions
de l’esprit, illusions des sens, etc.,
la recherche de la vérité ne s’appuie
donc sur rien de solide ; à chaque proposition
on peut opposer une proposition
contraire également probable ;
par conséquent. le sage ne doit pas
porter de jugements. Ainsi considéré,
le scepticisme est la plus dangereuse
des doctrines, puisqu’il aboutit à une
inaction absolue et à une ignorance
complète. Le scepticisme n’est admissible,
comme le recommandait Descartes,
que sous forme de doute provisoire,
en ce qu’il fait de l’examen la
pierre de touche de nos impressions
et de nos connaissances.
Les sceptiques les plus célèbres, chez
les modernes, sont Montaigne, Bayle,
Hume et Kant, mais leur scepticisme
diffère beaucoup du doute systématique
de Pyrrhon.
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<section begin="PYTHAGORICIEN"/>'''PYTHAGORICIEN.''' V. ''Métempsycose''.
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<section begin="PYTHIE"/>'''PYTHIE.''' V. ''Oracles''.
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<section begin="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>'''QUAKERS''' ou '''TREMBLEURS.''' Secte religieuse établie principalement
en Angleterre et aux Etats-Unis. Réunis
dans des salles dépourvues de tout
ornement, les quakers attendent avec,
recueillement l’arrivée de l’Esprit
saint. Si l’un d'eux sent l’inspiration,
qui s’annonce par le ''tremblement'' de
l’inspiré, il se lève, prend la parole,
et tous l’écoutent en silence.
Les quakers n’admettent aucun sacrement,
ne prêtent pas serment, et
sont crus sur leur simple affirmation ;
ils refusent de porter les armes, regardant
là guerre comme une lutte
fratricide, tutoient tout le monde, n’admettent
aucune hiérarchie ecclésiastique,
et ne se découvrent jamais, même
devant le roi. Ils se distinguent, en
général, par la pureté de leurs mœurs,
leur probité et leur philanthropie.
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<section begin="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>'''QUART D’HEURE DE RABELAIS.'''
Moment où il faut payer son
écot, par allusion à l’embarras où se
trouva le spirituel auteur de Pantagruel,
faute d’argent, dans une auberge
de Lyon. On raconte qu’il disposa,
dans un endroit apparent de sa
chambre, plusieurs petits paquets sur
lesquels il avait mis pour étiquettes :
''poison pour le roi'', ''poison pour la reine'', ''poison pour le dauphin''. L’hôte, épouvanté de cette découverte, courut
en prévenir les autorités de Lyon, qui
firent conduire Rabelais à Paris par
la maréchaussée. Dès qu’il fut arrivé,
il écrivit son aventure à François I{{er}},
qui en rit beaucoup, et le fit mettre
sur-le-champ en liberté.
<section end="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>
<section begin="QUESTION"/>'''QUESTION.''' V. ''Torture''.
<section end="QUESTION"/>
<section begin="QUIÉTISME"/>'''QUIÉTISME.''' Cette doctrine, qui
consiste à placer la perfection chrétienne
dans le repos ou l’inaction complète
de l’âme, en négligeant entièrement
les œuvres extérieures, a eu des
partisans à toutes les époques. Son
chef le plus connu est le prêtre espagnol
Molinos, qui, vers le milieu {{corr|due|du}}
XVIII{{e}} siècle, publia un livre ascétique
qui idéalisait à tel point la religion,
qu’elle devenait incompréhensible au
vulgaire. La célèbre M<sup>me</sup> Guyon,
femme d’une dévotion extatique, adopta
les idées de Molinos, et écrivit sur le
quiétisme. Fénelon, dans son ''Explication des Maximes des saints'', ayant
paru approuver cette doctrine, vit son
livre attaqué violemment par Bossuet
et censuré par le pape. L’illustre archevêque
de Cambrai se soumit avec
humilité, rétracta ses erreurs, et le
quiétisme disparut alors presque entièrement.
<section end="QUIÉTISME"/>
<section begin="RACES"/>'''RACES.''' Les différents peuples qui
ont habité et qui habitent les cinq divisions
de notre globe peuvent se ramener aux trois grandes variétés suivantes : ''blanche'' ou ''caucasique ;'' ''jaune''
ou ''mongolique ;'' ''nègre'' ou ''éthiopique''.
La première comprend tous les peuples
civilisés de la terre, qui habitent
l’Europe, l’Asie occidentale, et la partie
la plus septentrionale de l’Afrique
La second est répandue a l’orient des
régions occupées par les races caucasiques ;
elle renferme les Kalmouks,
les Lapons, les Esquimaux, les peuplades
de la Sibérie orientale, les habitants
des îles Philippines, Mariannes,
Carolines, etc. La troisième race
existe au midi de l’Atlas, et se divise
en Ethiopiens, Cafres et Hottentots.
Buffon, voulant prouver que toute<section end="RACES"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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15779448
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2026-05-08T19:29:12Z
Fortelle65
16957
15779448
proofread-page
text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Fortelle65" /></noinclude><section begin="PYRAMIDES"/>destination des pyramides est encore
inconnue.
La plus célèbre est celle de Chéops ;
elle a 150 mètres de hauteur. C’est le
monument le plus élevé du globe.
<section end="PYRAMIDES"/>
<section begin="PYRRHONIEN"/>'''PYRRHONIEN.''' On nomme ainsi
tout partisan de la doctrine de ''Pyrrhon'',
philosophe grec, qui niait que
l’homme pût atteindre à la vérité.
Suivant les pyrrhoniens ou sceptiques,
tous les êtres organisés, dans la nature,
sont soumis à un renouvellement
continuel, on ne peut donc pas les
connaître ; parmi les hommes, on rencontre
à chaque pas erreurs, contradictions
de l’esprit, illusions des sens, etc.,
la recherche de la vérité ne s’appuie
donc sur rien de solide ; à chaque proposition
on peut opposer une proposition
contraire également probable ;
par conséquent, le sage ne doit pas
porter de jugements. Ainsi considéré,
le scepticisme est la plus dangereuse
des doctrines, puisqu’il aboutit à une
inaction absolue et à une ignorance
complète. Le scepticisme n’est admissible,
comme le recommandait Descartes,
que sous forme de doute provisoire,
en ce qu’il fait de l’examen la
pierre de touche de nos impressions
et de nos connaissances.
Les sceptiques les plus célèbres, chez
les modernes, sont Montaigne, Bayle,
Hume et Kant, mais leur scepticisme
diffère beaucoup du doute systématique
de Pyrrhon.
<section end="PYRRHONIEN"/>
<section begin="PYTHAGORICIEN"/>'''PYTHAGORICIEN.''' V. ''Métempsycose''.
<section end="PYTHAGORICIEN"/>
<section begin="PYTHIE"/>'''PYTHIE.''' V. ''Oracles''.
<section end="PYTHIE"/>
<section begin="PYTHONISSE"/>'''PYTHONISSE.''' V. ''Oracles''.
<section end="PYTHONISSE"/>
<section begin="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>'''QUAKERS''' ou '''TREMBLEURS.''' Secte religieuse établie principalement
en Angleterre et aux Etats-Unis. Réunis
dans des salles dépourvues de tout
ornement, les quakers attendent avec,
recueillement l’arrivée de l’Esprit
saint. Si l’un d'eux sent l’inspiration,
qui s’annonce par le ''tremblement'' de
l’inspiré, il se lève, prend la parole,
et tous l’écoutent en silence.
Les quakers n’admettent aucun sacrement,
ne prêtent pas serment, et
sont crus sur leur simple affirmation ;
ils refusent de porter les armes, regardant
là guerre comme une lutte
fratricide, tutoient tout le monde, n’admettent
aucune hiérarchie ecclésiastique,
et ne se découvrent jamais, même
devant le roi. Ils se distinguent, en
général, par la pureté de leurs mœurs,
leur probité et leur philanthropie.
<section end="QUAKERS ou TREMBLEURS"/>
<section begin="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>'''QUART D’HEURE DE RABELAIS.'''
Moment où il faut payer son
écot, par allusion à l’embarras où se
trouva le spirituel auteur de Pantagruel,
faute d’argent, dans une auberge
de Lyon. On raconte qu’il disposa,
dans un endroit apparent de sa
chambre, plusieurs petits paquets sur
lesquels il avait mis pour étiquettes :
''poison pour le roi'', ''poison pour la reine'', ''poison pour le dauphin''. L’hôte, épouvanté de cette découverte, courut
en prévenir les autorités de Lyon, qui
firent conduire Rabelais à Paris par
la maréchaussée. Dès qu’il fut arrivé,
il écrivit son aventure à François I{{er}},
qui en rit beaucoup, et le fit mettre
sur-le-champ en liberté.
<section end="QUART D’HEURE DE RABELAIS"/>
<section begin="QUESTION"/>'''QUESTION.''' V. ''Torture''.
<section end="QUESTION"/>
<section begin="QUIÉTISME"/>'''QUIÉTISME.''' Cette doctrine, qui
consiste à placer la perfection chrétienne
dans le repos ou l’inaction complète
de l’âme, en négligeant entièrement
les œuvres extérieures, a eu des
partisans à toutes les époques. Son
chef le plus connu est le prêtre espagnol
Molinos, qui, vers le milieu {{corr|due|du}}
XVIII{{e}} siècle, publia un livre ascétique
qui idéalisait à tel point la religion,
qu’elle devenait incompréhensible au
vulgaire. La célèbre M<sup>me</sup> Guyon,
femme d’une dévotion extatique, adopta
les idées de Molinos, et écrivit sur le
quiétisme. Fénelon, dans son ''Explication des Maximes des saints'', ayant
paru approuver cette doctrine, vit son
livre attaqué violemment par Bossuet
et censuré par le pape. L’illustre archevêque
de Cambrai se soumit avec
humilité, rétracta ses erreurs, et le
quiétisme disparut alors presque entièrement.
<section end="QUIÉTISME"/>
<section begin="RACES"/>'''RACES.''' Les différents peuples qui
ont habité et qui habitent les cinq divisions
de notre globe peuvent se ramener aux trois grandes variétés suivantes : ''blanche'' ou ''caucasique ;'' ''jaune''
ou ''mongolique ;'' ''nègre'' ou ''éthiopique''.
La première comprend tous les peuples
civilisés de la terre, qui habitent
l’Europe, l’Asie occidentale, et la partie
la plus septentrionale de l’Afrique
La second est répandue a l’orient des
régions occupées par les races caucasiques ;
elle renferme les Kalmouks,
les Lapons, les Esquimaux, les peuplades
de la Sibérie orientale, les habitants
des îles Philippines, Mariannes,
Carolines, etc. La troisième race
existe au midi de l’Atlas, et se divise
en Ethiopiens, Cafres et Hottentots.
Buffon, voulant prouver que toute<section end="RACES"/><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/179
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― J’ai cru discret de ne pas me
montrer tout d’abord et de vous laisser librement
usage de ces lieux.
Ordre que toutes les portes s’ouvrent et que nulle
présence inutile vous importune.
Rien ne s’est montré que cet officier noir à qui
vous avez remis votre lettre. Je suppose que vous
attendez la réponse avec quelque impatience.
Vos pas n’ont rencontré partout que le silence
et le vide.
C’est comme dans cette belle histoire persane que
vous connaissez : « Le Château-du-Roi-de-pierre ».
Rien que parfois cette imperceptible odeur féminine
peut-être, le souffle léger d’une robe.
Et il a fallu que ce soit ici où vous aboutissiez,
précisément où je voulais vous conduire, ce petit
cabinet de torture, ce boudoir réservé à de pressants
tête-à-tête, ce qu’on appelle une conversation
serrée.
Derrière ce rideau que vous regardez, se tenait
le Juge, le spectateur inconnu curieux de surveiller
à la fois la victime et le bon fonctionnaire chargé
de travailler icelle…
Qu’y a-t-il ? vous n’êtes pas pressé de me voir.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je regarde mon ombre sur
le mur.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}, ''mêlant son ombre à celle de''
DON RODRIGUE. — Permettez-moi de m’y associer.
Voyez, nous ne formons plus à nous deux qu’un
seul personnage avec plusieurs têtes et trois bras
Où que vous alliez désormais, vous ne pourrez<noinclude>
<references/></noinclude>
qi6q94jswutkoswrejjtmofmo0g9qw6
Page:Vallory - Un amour vrai.pdf/32
104
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Grrrrrrrrrrr
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Grrrrrrrrrrr" />{{nr||— 15 —}}</noinclude>regard cette mobilité vertigineuse et ces lointains
troublés ; vous écoutez les cris douloureux qui montent
du gouffre tournoyant ; votre cœur se gonfle de maintes
tristesses, et vous rêvez…
Nous sommes à l’automne ; les fils de la Vierge,
comme des espérances brisées, flottent à l’aventure ;
les roses pâlies s’effeuillent, tout humides d’une rosée
que le soleil ne vient plus sécher ; et pourtant, dans le
feuillage jauni, un bouton souffreteux cherche encore
à s’épanouir ; vous vous arrêtez, vous le contemplez,
vous dites : N’est-il point trop tard pour qu’il fleurisse,
pour qu’il parfume ?… et vous rêvez…
On touche aux derniers jours de novembre ; ni fleurs
dans les parterres, ni feuilles aux arbres, des branches
toutes nues que secoue la rafale ; le ciel est gris, noyé,
sans teintes ; la pluie chasse contre les vitres où votre
front s’appuie… Plus rien ! murmurez-vous… et vous rêvez.
Les rêves de bonheur sont toujours unicolores ;
ils se résument dans un baiser. Le rêve n’étant que le
mirage d’une sensation plus ou moins lointaine, il est
tout simple qu’il reflète les mélancolies de la vie.
Marcel et Jeanne rêvaient donc, eux aussi. Enfin,
sortant de sa songerie, Jeanne s’écria :
— Eh bien ! que faisons-nous donc ? Moi, je suis stupide
comme un vieux journal de modes.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/12
104
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2026-05-08T19:28:50Z
Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « la même fréquence propre que le résonateur, la conductibilité passe par un maximum ; donc, la courbe de résonance sera très amortie. {{??|image}} Les courbes, en bas de la figure, représentent, dans les conditions spécifiées ci-dessus, la variation de l’amortissement en fonction de la longueur d’onde. On observe qu’il y a plusieurs valeurs de la longueur d’onde pour »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" />{{nr|12|{{sc|académie des sciences}}.}}</noinclude>la même fréquence propre que le résonateur, la conductibilité passe par un
maximum ; donc, la courbe de résonance sera très amortie.
{{??|image}}
Les courbes, en bas de la figure, représentent, dans les conditions spécifiées ci-dessus, la variation de l’amortissement en fonction de la longueur
d’onde. On observe qu’il y a plusieurs valeurs de la longueur d’onde pour<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/180
104
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>plus empêcher que mon souvenir ne soit allié à
votre réflexion.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Vous êtes habitué aux mélanges.
Mon ombre ajoutée à celle d’un chien Maure
ne fait que d’en accroître la noirceur.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Quand votre ombre gentille
aura passé, fantôme désormais d’une autre rive,
Celle du Maure habitera encore ce château,
Familière d’une autre, couvrant, protégeant de
sa noirceur une autre ;
Oui, elle n’aura qu’à s’écarter quelque peu pour
en découvrir une autre.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je me demande pourquoi
je ne ferais point de vous une ombre tout à fait.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Soit, je n’ai point d’armes,
Vous n’avez qu’à me tuer si vous jugez qu’il n’y a
pas d’autre moyen de venir à bout de moi.
Toutefois je vous demanderai au préalable de
prendre connaissance de ce pli que Madame a bien
voulu me charger de vous remettre.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― C’est elle qui vous l’a remis
pour moi ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Elle-même à moi-même pour
vous-même. Son Excellence était à sa table de toilette
(vous savez que mes hautes fonctions auprès de
Son Excellence me donnent accès à tout moment
chez Son Excellence).
Mon collègue (je veux dire la femme de chambre)
s’empressait dans un coin à la guimpe de Son
Excellence.<noinclude>
<references/></noinclude>
oqo7ea8ftmhu9wlv7lh0llynu438gdj
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/181
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
J’ai lu vos lettres et c’est à moi qu’on a confié la
réponse,
Requis de vous la remettre sans retard en mains
propres. (''Il lui remet une lettre.'')
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Mais ce pli n’est autre que
celui-là même que j’avais mission de lui faire tenir.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Il me semble qu’au dos il y
a quelque chose d’écrit.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''lisant''. — « Je reste. Partez. »
(''Il répète à mi-voix.'') « Je reste. Partez. »
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― C’est clair. Elle reste et vous
n’avez qu’à partir.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Veuillez dire à Dona
Prouhèze que je désire l’entretenir sur-le-champ.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Pour me donner ainsi des ordres
il faut que vous me croyiez plus noir de peau
que je ne suis. Et ce camarade tout à l’heure, à la
demande d’audience que vous aviez formulée ne
vous a-t-il pas apporté un refus qui est fait pour
vous suffire ?
Qui sait d’ailleurs ? cette pièce n’est pas si écartée
que votre voix peut-être n’aille directement aux
oreilles de Son Excellence.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Désobéira-t-elle à ces ordres
que le Roi même m’a chargé de lui porter ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Non pas ordre, si j’ai bien lu,
conseil.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― À celui-là même qu’avec le
Roi, son époux de par Dieu lui donne ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Elle choisit de rester ici.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''criant''. — Prouhèze, m’entendez-vous ?
(''Silence.'')<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/182
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''criant de nouveau''. — Prouhèze,
Prouhèze, m’entendez-vous ? (''Silence.'')
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Peut-être n’est-elle pas là
après tout. Impossible de le savoir. (''Pause.'')
Singulière mission que celle dont vous vous êtes
fait charger. (''Pause.'')
Vous ne répondez rien, mais votre ombre sur le
mur est là qui me dit qu’elle est de mon avis.
Vous l’aimez et tout ce que vous avez à offrir,
c’est cette lettre du barbon, lui offrant de revenir.
Comme c’est tentant !
Quant à vous (oui, j’ai lu votre lettre aussi, on
me l’a donnée avec le reste du paquet),
Vous proposez de disparaître pour toujours ; eh
bien ! vous n’avez qu’à commencer sur-le-champ.
(''Pause.'')
Ce qu’on attendait, c’est toute une flotte empanachée
foudroyant notre petit Mogador, et nous,
répondant de notre mieux.
C’est vous-même, une plume rouge à votre chapeau,
à la tête de cinquante bonhommes pique au
poing, donnant l’assaut.
Don Camille navré et occis, et Madame qu’on
emporte palpitante. Que faire contre la violence ?
Au lieu de cela vous voulez faire travailler sa
petite tête. Il n’y a rien qu’une femme déteste
comme de décider seule quelque chose.
« Allons, Madame, dites-moi s’il est bien vrai que
vous m’aimez, et puis revenez à Monsieur votre
mari pour l’amour de moi ! N’admirez-vous pas la
magnifique immolation que je suis prêt à faire
De vous ? » (''Pause.'')<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/183
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Votre ombre ne bouge pas. Elle est là, affichée sur
ce triste mur,
Où, plus d’une fois, une autre ombre plus solitaire
encore
S’est balancée doucement, — au bout d’une
corde, — à la lueur d’un petit feu de braise qui
s’éteint. (''Pause.'')
Moi, même avec ce bateau éclopé, j’aurais essayé
de faire quelque chose. Même estropié comme vous
l’êtes, je dis votre bateau,
Par la main d’une femme.
Je m’empresse de vous dire que j’ai pris mes
précautions. (''Pause. Marchant sur Don Rodrigue et élevant la voix.'')
Vous n’en avez pas assez ? vous voulez en entendre
encore plus ?
Je pense que du moins ceci vous prouvera que
vous vous êtes leurrés tous les deux.
Elle ne vous aime pas, dites-vous,
Elle ne vous aime pas, et je vous en vois tout
étonné, mais est-ce que vous l’aimiez ? il ne tenait
qu’à vous de la prendre.
Vous vouliez satisfaire à la fois votre âme et votre
chair, votre conscience et votre penchant, votre
amour, comme vous dites, et votre ambition.
Car il y a tout de même cette Amérique au fond
de vous, plus ancienne que ce visage de femme qui
vous travaille et à quoi ce serait tellement dommage
de renoncer. Comme je vous comprends !
Vous vouliez sournoisement vous placer dans un
tel état de tentation qu’il n’y aurait presque plus<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/26
104
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2026-05-08T19:39:26Z
Favete linguistis
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Favete linguistis" />{{nr|26|{{sc|académie des sciences}}.}}</noinclude>seulement pour la fabrication de la boisson, mais aussi pouvant être
consommés sur la table et pouvant servir pour la fabrication de sirops
concentrés et de gelées, confitures et marmelades, c’est-à-dire des variétés à plusieurs fins.
J’ai montré que la plantation de Pommiers à plusieurs fins, dans les
vergers normands et bretons dont les fruits s’écouleraient facilement dans
les villes, serait pour le cultivateur une importante source de revenus et
l’amènerait à fabriquer moins d’eau-de-vie de cidre, fabrication qui est
une plaie pour nos paysans de l’Ouest où le fameux privilège des bouilleurs
de crû, très enraciné, contribue à entretenir l’alcoolisme.
Mais la création de nouvelles variétés ou leur découverte, leur sélection,
les soins à leur donner, leur greffage, la lutte contre les maladies et les
insectes nuisibles demandent des recherches nombreuses de longue haleine.
La France est peut-être le seul grand pays qui ne possède pas une grande
station centrale pomologique, une sorte d’Institut permanent, doté d’un
personnel suffisant, attaché à des recherches scientifiques, pour améliorer
les arbres fruitiers. Alors que des établissements d’État puissamment dotés
existent au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du
Sud et en Argentine, en France la science de la pomiculture est entre les
mains de particuliers et de petits cultivateurs non encouragés qui poursuivent des recherches sur une faible échelle et sans but d’intérêt général.
Les stations pomologiques de Caen, Rouen, Rennes, les vergers de Sées,
Alençon{{lié}}etc. pour le Pommier à cidre, ne disposent que de moyens
infimes. Outre un Institut central, il faudrait, à travers toute la France,
des pépinières et des vergers d’études allant jusqu’à distribuer des greffes
et des plants greffés aux cultivateurs, leur donnant des indications précises
basées sur les recherches scientifiques et les obligeant au besoin à modifier
leurs techniques désuètes en pomiculture. De grands espoirs naquirent
en 1923, à la suite de la ''Semaine nationale du cidre'', tenue à Paris et à
laquelle prirent part de nombreux spécialistes, agriculteurs et cidriers.
Des vœux furent votés, préconisant non seulement la création de vergers
d’études et de vergers modèles, confiés aux Offices régionaux et départementaux d’agriculture, mais recommandant aussi de développer au
maximum les industries dérivées de la pomme et d’étudier les applications
du froid et du vide à la préparation des moûts concentrés, des fruits séchés,
ou à la conservation des fruits frais. Des ministres et des parlementaires
promirent des réalisations, mais tout cela est resté jusqu’à ce jour lettre morte.<noinclude>
<references/></noinclude>
d831ed2f06s94ovol8taxlgf1so4271
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/184
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>eu de faute à y céder ! Rien qu’une petite faute
rafraîchissante !
Et d’ailleurs si grande magnanimité mérite bien
quelque compensation.
Quoi de plus vertueux que d’obéir au Roi ? de
rendre une dame à son époux et de la dérober à
un ruffian ? et tout cela en se sacrifiant soi-même !
L’amour, l’honneur, la vanité, l’intérêt, l’ambition,
la jalousie, la paillardise, le Roi, le mari,
Pierre, Paul, Jacques, et le diable,
Tout le monde aurait eu sa part, tout cela était
satisfait d’un seul coup.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''à mi-voix''. — Toutes ces
choses il était bon et salutaire que je les entende.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Ai-je dit la vérité ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Il n’y manque que l’essentiel.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Répondez-moi donc. On vous
écoute. Par ma foi, il me semble avoir vu remuer
ce rideau !
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Où qu’elle soit je sais qu’elle
ne peut pas s’empêcher d’entendre les mots que je lui dis,
Et moi, je sais qu’elle est là au son que fait mon
âme en lui parlant,
Comme un aveugle en chantant sait qu’il est
devant un mur ou des buissons ou le vide.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je suis sûr que la vertu à la
voix de Votre Seigneurie empruntera des accents irrésistibles.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Pour un saint ou pour un
homme de l’espèce que vous décriviez,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>{{Nec|eu}} de faute à y céder ! Rien qu’une petite faute
rafraîchissante !
Et d’ailleurs si grande magnanimité mérite bien
quelque compensation.
Quoi de plus vertueux que d’obéir au Roi ? de
rendre une dame à son époux et de la dérober à
un ruffian ? et tout cela en se sacrifiant soi-même !
L’amour, l’honneur, la vanité, l’intérêt, l’ambition,
la jalousie, la paillardise, le Roi, le mari,
Pierre, Paul, Jacques, et le diable,
Tout le monde aurait eu sa part, tout cela était
satisfait d’un seul coup.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''à mi-voix''. — Toutes ces
choses il était bon et salutaire que je les entende.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Ai-je dit la vérité ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Il n’y manque que l’essentiel.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Répondez-moi donc. On vous
écoute. Par ma foi, il me semble avoir vu remuer
ce rideau !
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Où qu’elle soit je sais qu’elle
ne peut pas s’empêcher d’entendre les mots que je lui dis,
Et moi, je sais qu’elle est là au son que fait mon
âme en lui parlant,
Comme un aveugle en chantant sait qu’il est
devant un mur ou des buissons ou le vide.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je suis sûr que la vertu à la
voix de Votre Seigneurie empruntera des accents irrésistibles.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Pour un saint ou pour un
homme de l’espèce que vous décriviez,<noinclude>
<references/></noinclude>
er59vp1494erijey8jfjdf6363pxknv
Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/31
104
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Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « Mélanges Chaleur Densité Indice de réfraction en volume de mélange ■■ ■, ,.. " ■*•*— ^— — ^— (temp. : trouvée calculée. écart. trouvé calculé. écart. (N0 3)*Th. N0 3 Na.. 6’à 9°). À 10°. À i(K Système (N0 3) 4 ïh— N0 3 Na. cm’cm 8 cal, 3o IO 69, 9 1, 620 1, 609 —4-0, 011 i, 4i8 i, 4i3 +o, oo5 25 15 86, 9 1, 537 —i, 5a6 +0, 011 1, 1073 i ; 4036 +0, 0037 23, 5 16.5 92, 5 1, 607 1^98 +0, 009 ii4o3 i, 4053 — 0, 0... »
15779460
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" />SÉANCE DU 29 JUILLET 1940, 3l
{{??|Tableau}}</noinclude>Mélanges Chaleur Densité Indice de réfraction
en volume de mélange ■■ ■, ,..
" ■*•*— ^— — ^— (temp. : trouvée calculée. écart. trouvé calculé. écart.
(N0 3)*Th. N0 3 Na.. 6’à 9°). À 10°. À i(K
Système (N0 3) 4 ïh— N0 3 Na.
cm’cm 8 cal,
3o IO 69, 9 1, 620 1, 609 —4-0, 011 i, 4i8 i, 4i3 +o, oo5
25 15 86, 9 1, 537 —i, 5a6 +0, 011 1, 1073 i ; 4036 +0, 0037
23, 5 16.5 92, 5 1, 607 1^98 +0, 009 ii4o3 i, 4053 — 0, 0023
22, 5 17, 5 89, 6 1, 491 1^484 +0, 007 I ? 4oi 1, 1027 —0, 0017
20 20 83, 9 i, 453 1, 442 +0, 011 1, 3966 i, 3 9 42 +0, 0023
i8, 5 21, 5 87, 9 1, 424 t, 417 +0, 007 J ? 3 9 3 1^948 —0, 0018
17, 5 22, 5 85 i, 4o6 1, 401 +o, oo5 1, 3887 h^ — o, oo36
15 25 7 8 ; 1 1^69 i, 35 9 +0, 010 i ; 385’i, 3835 +-o, ooi5
10 3o 55, 6 1, 284 1, 276 +0, 008 1, 3748 1, 3727 +0, 0021
Système (NO’3)*Th— NO’K.
<NO «)*Th. NO » K. 13 à 16°. À 15*. 15’. ^
3 ° 10 ïl3 >i i, 6o4 1, 6’ii —0, 007 i, 4i8 1, 428 —0, 010
25 15 142^6 1, 532 1, 529 H-o, —oo3 1, 407 i, 4io — o, oo3
22, 5 17, 5 148 1, 492 1, 488 +0, 004 j, 4oi 1, 402 — 0, 001
20 20 148, 8 i, 454 1, 447 +0, 007 1, 397 1^96 +0, 001
17, 5 22, 5 14i, 2’i, 4i’o’1, 406 +0, 004 1, 391 1, 392—0, 001
i5 2 5 134, 3 1, 370, 1, 365 +o, oo5 "1, 382 1, 387 —o, oo5
10 3o 100, 9. 1, 288 1, 282+0, 006 1, 373 1, 374 —0, 00^1
Système (N0 3) 4 Th-N0 3 Li.
(NO*)*Th.’NO^Li.-. 8 à 10°. À 10". À 10 ».
3o 10. 22, 4 1, 569 i, 56 9 o i, 4ii5 i, 4165 — o, oo5
28, 5 n, 5 ; 26, 2 i, 550 i, 5445+o, oo5 1, 409 i, 4i’45 — o, oo55
26, 5 13, 5 28, 5 1, 619 i, 5u +0, 008 i, 4o6, i 7 4.ii — o, oo5
25 15 27, 2. 1, 487 —1, 1865 +o, ooo5 1, 402’1, 408 —0, 006
22, 5 17, 5.26, 8 1, 442 i, 1455 —o, oo35 1, 395 i, 4o4 —0, 009
20 2 ° 25, 96 1, 1075 i, 4o4 +o, oo35 1, 391 1, 399 —0, 008
17, 5 22, 5 24, 6 i, 380 i, 363 +0, 017 1, 387 1, 394 —0, 007
15 25 22 i, 3315 1, 322 +0, 0095. i, 3815 i, 3885’-0, 007
10, 3 °, *7 ; 8 i, 2455 i, 23 9 +o, oo65 i, 3 7 o5 1, 377 — o, oo65
J’ai mesuré la chaleur de dissolution des hydrates précédents. Voici les
résultats obtenus :
a(NO’)*T.h, NONa, 2oH*0 —^’-ao
2(N0 3)^Th, NO"Na, 8H s O +10, 38
(N0 3)*Th, NO’Na, 7 H 2’. —7, 69
(N0 5)*Th, NONa, aH*0 + 2, 9 5
(NO)*Th, NOK, 7 H*0.. —9, 69. •
. (NO »)*Th, NO ? K, i, 5H*0 —0, 79
X<noinclude>
<references/></noinclude>
87sm3kqqzhl9jxskivnsqwus414s1qj
Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/40
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Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « 4o ACADÉMIE DES SCIENCES. {{??|Tableau}} / Andésites (a). Iles. (II. (4)5. a/4 [a. i-a.’4], n Tanna (Yasowa) II.5.3 4|>’- 1 - 2 * 3 1 (obsidienne)... II. 5. 3 4 [2. i. 2. 3’] Épi II. (4)5. (2)3. 4[». 1-3.3’] Mallicolo II. (4)5. 3(4). 4L2- 1.2. 3] Anatom II.(4)5-44[2. i.(i)2.3] Yanua Lava IP.544[2. i -2.3] Nguna II(III).5.4.4iV.i.2’.3] Mau II.5.4(5).4[2.i/2.3] SiO 2 Iibre. An%. Sb : 8,70 6, 3o 18 25 20,2 24,1 i,5o 45 23,8 2,82 4... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" /></noinclude>4o ACADÉMIE DES SCIENCES.
{{??|Tableau}}
/ Andésites (a).
Iles.
(II. (4)5. a/4 [a. i-a.’4], n
Tanna (Yasowa) II.5.3 4|>’- 1 - 2 * 3 1
(obsidienne)... II. 5. 3 4 [2. i. 2. 3’]
Épi II. (4)5. (2)3. 4[». 1-3.3’]
Mallicolo II. (4)5. 3(4). 4L2- 1.2. 3]
Anatom II.(4)5-44[2. i.(i)2.3]
Yanua Lava IP.544[2. i -2.3]
Nguna II(III).5.4.4iV.i.2’.3]
Mau II.5.4(5).4[2.i/2.3]
SiO 2
Iibre.
An%.
Sb :
8,70
6, 3o
18
25
20,2
24,1
i,5o
45
23,8
2,82
45
20,0
7,48
32
24,7
8 >7 6
5o
26,7
9,06
66
21,7
2,76
65
33,5
3,3o
63
36,9
4, o8
80
29,5
16.74
16
7,8
19^4
24
8,9
Rhyolitoïdes.
I. Vaté (ponce) I’^Va- 3 ’
(perlite) F4-2.3
Trackyte.
I. Tanna I’.5/2.(3)4 °^ ^ 6 ’ 4
Sakalavites et basaltes (a).
I.Niouafou m.5.3.(4)5.[(i)2.i.2’, (2)3] 1,08 46 53 j7
Fuluna (passage de dacitoïdeàsakalavite).
II(III)4’44(5)[(i)2.i.2.3] io, i4 60 34,9
Futuna (sakalavite
■passant à basalte).. (11)111. 4(5). 44(5)[(i)2.i.2.2(3)]
Futuna III.5-4.(4)5[ / 2. 1.2.2] ■
Erromango (II)III. (4)5. 44[2. 1.2.(2)3]
/ III.(4)5-4-4[2.i.2.(2)3]
III.5.4.4’[(i)2.i-2.2]
Ambrym (Benbow).. (II)III/5.3’.(3H4)|>. 1.2.3]
Aoba ’III. 5. 3(4). 4[a. i.a.3(3)]
Pentecôte (dolérite).. lU.3.(3)4-4[’a. 1,2. 2(3)]
Basaltes ((3).
I. Tanna (doléritiquë).. (II)IH.5.3.4[(i)2. 1 -2/3]
Mare (Rawa)........ III.5.3.4[a’- l ( ; 2).2(3).3’] :.
(Rawa) (11)111.5. 3(4). 4|>. 2’. a/3]
(Péorawa)-.... Iir.5.3(4).4'[>-2(3).2.2’]
Vaté âll :5 :4’-4[a.i’. / à.2 / l, ;
Anatom... 111.5.4(3)4- [(1)2/2.2. 2]
Vanikoro ’ III. 5. 44’ [2/2.2.2(3)]
Uvea..... III.5.(3)4.4L’2.3.2.2]
Aoba (pass. À ankaramite)
III(IV)..5.3(4).4[i(2).(2)3.2.2]
Tanna (luscladite)... III(IV).5(6).3/4[a, ’3.a.2-]
7.8
70
39,4
2,52
59
43,8
6,66
64
4o 7 i
5,58
62
40,9
0,78
73
50,3
4..o8
60
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0,78
5o
42,8
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65
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56
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4,7^
5i
59,2<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/185
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
Tout est simple. L’esprit parle, le désir parle,
c’est bien. En avant ! il n’y a plus qu’à lui obéir
aussitôt.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Il n’y a pas d’autre moyen de
conquérir le salut dans l’autre monde et les femmes
dans celui-ci.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Le choix est fait et je ne
demande pas mieux que de vous laisser les femmes.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Que faites-vous donc ici ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Il ne dépend pas d’un
homme sain que la peste s’attaque à lui, ou la
colique, ou la lèpre, ou toute autre maladie dévorante.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― C’est à ces aimables accidents
que vous comparez notre Prouhèze ? (''Pause.'')
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je n’aime pas à vous
entendre dire ce nom.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Pardonnez-moi, je vous prie !
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Mon âme est atteinte.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― On essaye céans de la guérir.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Elle est comme ce grain de
blé que l’épi seul guérit.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― L’épi, il vous attend dans cet
autre monde là-bas que le Roi vous livre.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Mais d’abord j’attendais
d’elle cette chose qu’elle seule peut me donner.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Quelle chose ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Comment la connaîtrai-je
autrement qu’en la recevant ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Cette chose mystérieuse,
pourquoi ne pas dire qu’elle ne fait qu’un avec son corps ?<noinclude>
<references/></noinclude>
bt12yncwovfppq8stm81o80nq3oyoq6
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/186
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Il est vrai. Comment comprendre ?
Le bien que désire mon âme est mêlé à ce corps interdit.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Parlez ! vous n’avez qu’un
mot à dire.
Deux fois déjà vous l’avez appelée. Je sens qu’elle
n’attend que votre troisième appel : « Prouhèze,
viens ! » ; elle est là, vous n’avez que son nom à
prononcer.
Et elle sera devant vous aussitôt.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Bientôt quand j’aurai pris
la mer, c’est alors que je l’appellerai.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Ne dites pas que c’est elle
qui vous chasse.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Est-ce moi qui ai écrit sur la
pierre cette grande Loi qui nous sépare ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― L’amour se rit des lois.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Cela ne les empêche pas
d’exister. Quand je fermerais les yeux cela ne détruit pas le soleil.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― L’amour se suffit à lui-même !
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Et moi, je pense que rien
ne suffit à l’amour ! Ah ! j’ai trouvé une chose si
grande ! C’est l’amour qui doit me donner les clefs
du monde et non pas me les retirer !
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― N’est-ce pas une chose risible
de vous voir demander à la fois et d’un seul coup
L’assouvissement du corps et celui de l’âme :
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Est-ce ma faute si en moi
les deux natures sont rejointes si fortement qu’elles
ne font qu’un ?<noinclude>
<references/></noinclude>
9szj7ot9hhodhlldrbhnssklmjad438
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/187
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Que peut cette pauvre femme ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Tout ce que j’avais, ah ! —
et le poids est tellement lourd qu’il me semble
que c’est le monde entier —
Je le lui ai apporté ici avec moi. N’a-t-elle rien à
me donner en échange ?
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Que peut-elle vous donner en
échange ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Si je le savais, je ne le lui
demanderais pas.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Eh bien, il n’y a pas d’autre
réponse pour vous que ce refus et cet ordre de partir.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je l’accepte.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Moi, je reste.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}, ''à demi-voix.'' — « Je reste ».
(''Il regarde le papier.'')
Oui, ce sont bien les deux mots qu’elle m’a
donné à lire sur ce papier.
C’est écrit. Il n’y a pas à douter. Oui, c’est exactement
vous qu’elle a choisi.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je la comprends mieux que
vous, il y a de la femme en moi, je saurai mieux
que vous m’arranger avec elle quoi que vous en
pensiez.
Elle peut me faire du bien et à vous elle ne peut
que faire du mal.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Déjà elle vous a dépossédé
de votre commandement.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je lui ai cédé ma place. Oui,
c’est déjà une chose de moi que je lui ai donnée et
qu’elle a prise.<noinclude>
<references/></noinclude>
bd45gmoamitedefo15sxrvohhuersk1
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/188
104
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Le reste viendra peu à peu.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je l’ai appelée, elle est venue.
Mais je ne vous le cacherai pas, le bien qu’elle peut
me faire me paraît plus redoutable que le mal.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Renvoyez-la donc.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Votre Seigneurie veut se
moquer, mais que vous me croyiez ou non, oui, je
l’aurais déjà renvoyée si j’avais pu.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je puis vous prêter main-forte.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― La raison et le hasard, l’ambition
et l’aventure, je ne voulais point d’autres maîtres.
La voici qui intervient contre moi comme la destinée,
sur laquelle je n’ai aucune prise.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Telle jadis Hélène.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― À peine vous parti, à peine
votre voile disparue,
Vous pensez sans doute qu’elle tombera dans mes bras ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je ne dis pas aussitôt. Mais
comptez sur le temps et sur cet enfer qui vous entoure,
Elle ne vivra pas longtemps impunément toute
seule sur le bord de votre désir….
Je vous demanderai, Monsieur, de me conduire
à cette chambre que vous m’avez réservée.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Mes services déjà s’occupent
à réparer votre bateau.
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
6m8kfg4nxdr5ewek0rc46gr9brllqbf
15779467
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2026-05-08T19:50:45Z
Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Le reste viendra peu à peu.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je l’ai appelée, elle est venue.
Mais je ne vous le cacherai pas, le bien qu’elle peut
me faire me paraît plus redoutable que le mal.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Renvoyez-la donc.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Votre Seigneurie veut se
moquer, mais que vous me croyiez ou non, oui, je
l’aurais déjà renvoyée si j’avais pu.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je puis vous prêter main-forte.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― La raison et le hasard, l’ambition
et l’aventure, je ne voulais point d’autres maîtres.
La voici qui intervient contre moi comme la destinée,
sur laquelle je n’ai aucune prise.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Telle jadis Hélène.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― À peine vous parti, à peine
votre voile disparue,
Vous pensez sans doute qu’elle tombera dans mes bras ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je ne dis pas aussitôt. Mais
comptez sur le temps et sur cet enfer qui vous entoure,
Elle ne vivra pas longtemps impunément toute
seule sur le bord de votre désir…
Je vous demanderai, Monsieur, de me conduire
à cette chambre que vous m’avez réservée.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Mes services déjà s’occupent
à réparer votre bateau.
{{Brn|2}}<noinclude>
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Susuman77
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{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Le reste viendra peu à peu.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Je l’ai appelée, elle est venue.
Mais je ne vous le cacherai pas, le bien qu’elle peut
me faire me paraît plus redoutable que le mal.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Renvoyez-la donc.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Votre Seigneurie veut se
moquer, mais que vous me croyiez ou non, oui, je
l’aurais déjà renvoyée si j’avais pu.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je puis vous prêter main-forte.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― La raison et le hasard, l’ambition
et l’aventure, je ne voulais point d’autres maîtres.
La voici qui intervient contre moi comme la destinée,
sur laquelle je n’ai aucune prise.
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Telle jadis Hélène.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― À peine vous parti, à peine
votre voile disparue,
Vous pensez sans doute qu’elle tombera dans mes bras ?
{{Personnage|DON RODRIGUE|||uc|sm}}. ― Je ne dis pas aussitôt. Mais
comptez sur le temps et sur cet enfer qui vous entoure,
Elle ne vivra pas longtemps impunément toute
seule sur le bord de votre désir…
Je vous demanderai, Monsieur, de me conduire
à cette chambre que vous m’avez réservée.
{{Personnage|DON CAMILLE|||uc|sm}}. ― Mes services déjà s’occupent
à réparer votre bateau.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/299
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Nobbfj
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki/> {{T2|TABLE DES MATIÈRES}} {{Table|{{sc|Préface}}|7}} {{sc|Chapitre}} I<sup>er</sup> : Le Bois d’oliviers 11 {{sc|Chapitre}} II : Les Sosies 28 {{sc|Chapitre}} III : La Colombe noire 30 {{sc|Chapitre}} IV : La Statue égyptienne 52 {{sc|Chapitre}} V : Le Peuplier 66 {{sc|Chapitre}} VI : La Guêpe blessée 76 {{sc|Chapitre}} VII : Les Mauvais sujets 85 {{sc|Chapitre}} VIII : Le Portrait de la lune 99 {{sc|Chapitre}} IX : Le Couteau de...
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude><nowiki/>
{{T2|TABLE DES MATIÈRES}}
{{Table|{{sc|Préface}}|7}}
{{sc|Chapitre}} I<sup>er</sup> : Le Bois d’oliviers
11
{{sc|Chapitre}} II : Les Sosies
28
{{sc|Chapitre}} III : La Colombe noire
30
{{sc|Chapitre}} IV : La Statue égyptienne
52
{{sc|Chapitre}} V : Le Peuplier
66
{{sc|Chapitre}} VI : La Guêpe blessée
76
{{sc|Chapitre}} VII : Les Mauvais sujets
85
{{sc|Chapitre}} VIII : Le Portrait de la lune
99
{{sc|Chapitre}} IX : Le Couteau de bois
117
{{sc|Chapitre}} X : L’Ecolier invisible
125
{{sc|Chapitre}} XI : Le Verbe aimer
129
{{sc|Chapitre}} XII : Les Cannibales
135
{{sc|Chapitre}} XIII : Le Bourreau
147
{{sc|Chapitre}} XIV : Le Geai
152
{{sc|Chapitre}} XV : Le Soufflé au fromage
159
{{sc|Chapitre}} XVI ; Les Guirlandes
167
{{sc|Chapitre}} XVII : La Partie d’auto
176
{{sc|Chapitre}} XVIII : La Lettre d’injures
204
{{sc|Chapitre}} XIX : Le Petit cochon
211
{{sc|Chapitre}} XX : Le Courrier héroïque
216
{{sc|Chapitre}} XXI : La Visite du roi
228
{{sc|Chapitre}} XXII : La Création de l’homme
238
{{sc|Chapitre}} XXIII : La Moire de la rivière
257
{{sc|Chapitre}} XXIV : Le Général sauvage
271
{{sc|Chapitre}} XXV : L’Epagneul dans les magasins
275
{{sc|Chapitre}} XXVI : Le Fruit cueilli sur l’arbre
283<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{Table|{{sc|Préface}}|7}}
{{sc|Chapitre}} I<sup>er</sup> : Le Bois d’oliviers
11
{{sc|Chapitre}} II : Les Sosies
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{{sc|Chapitre}} III : La Colombe noire
30
{{sc|Chapitre}} IV : La Statue égyptienne
52
{{sc|Chapitre}} V : Le Peuplier
66
{{sc|Chapitre}} VI : La Guêpe blessée
76
{{sc|Chapitre}} VII : Les Mauvais sujets
85
{{sc|Chapitre}} VIII : Le Portrait de la lune
99
{{sc|Chapitre}} IX : Le Couteau de bois
117
{{sc|Chapitre}} X : L’Ecolier invisible
125
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129
{{sc|Chapitre}} XII : Les Cannibales
135
{{sc|Chapitre}} XIII : Le Bourreau
147
{{sc|Chapitre}} XIV : Le Geai
152
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159
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167
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176
{{sc|Chapitre}} XVIII : La Lettre d’injures
204
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211
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216
{{sc|Chapitre}} XXI : La Visite du roi
228
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238
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257
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271
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275
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/189
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Susuman77
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{{T3|DON GUSMAN, RUIS PERALDO,<br>OZORIO, REMEDIOS,<br>''Porteurs indiens.''|SCÈNE {{rom-maj|XII}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Une clairière dans une forêt vierge en Amérique, au bord d’une rivière encombrée d’îles et de troncs d’arbres. Un campement de'' bandeirantes ''parmi des taillis de cannes jaunes à raies vertes.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Et vous dites que sur un de ces
blocs vous avez reconnu le dessin de la Sainte Croix ?
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Non pas sur l’un seulement,
mais sur bien d’autres encore, une croix aux branches
égales toute entourée de volutes qui ressemblent
à des serpents.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Ainsi sur le tombeau de ce
peuple mort et dont le nom. même a péri il y a la<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Et vous dites que sur un de ces
blocs vous avez reconnu le dessin de la Sainte Croix ?
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Non pas sur l’un seulement,
mais sur bien d’autres encore, une croix aux branches
égales toute entourée de volutes qui ressemblent
à des serpents.
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peuple mort et dont le nom. même a péri il y a la<noinclude>
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Susuman77
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{{AN|''Une clairière dans une forêt vierge en Amérique, au bord d’une rivière encombrée d’îles et de troncs d’arbres. Un campement de'' bandeirantes ''parmi des taillis de cannes jaunes à raies vertes.''}}
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{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Et vous dites que sur un de ces
blocs vous avez reconnu le dessin de la Sainte Croix ?
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Non pas sur l’un seulement,
mais sur bien d’autres encore, une croix aux branches
égales toute entourée de volutes qui ressemblent
à des serpents.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Ainsi sur le tombeau de ce
peuple mort et dont le nom même a péri il y a la<noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/190
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>croix ! ils tendent du fond de leur tombeau la croix
à ces vivants qui du bout du monde se sont mis en
marche pour les retrouver.
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Il n’y a pas seulement la
croix, il y a ces monstres ou bouteilles que je vous
ai décrits,
Ces géants pareils aux Chérubins précipités de
l’Écriture qui à travers les lianes, tout mangés par
les arbres maudits, tournent vers les quatre points
de l’horizon leurs faces éthiopiennes.
L’un d’eux plus haut que les autres et tout blanchi
par la fiente des perroquets était tout enveloppé,
quand je l’ai vu, des replis d’un énorme serpent.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Ces paroles redoublent mon
désir ! je veux, l’épée au poing, me mesurer avec
ces portiers de l’Enfer !
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Quant à moi, je fuis, j’ai
mon compte, j’ai senti la corruption de ce lieu empesté
qui me saisissait aux entrailles.
Que Dieu me pardonne pour avoir pénétré en
ce lieu qui à tous les yeux humains était fait pour
rester caché, cimetière exécrable !
Je n’ai plus qu’une pensée qui est de retrouver
la mer avant de mourir, que j’entende le bruit du
ressac sur le sable blanc !
Tous mes compagnons sont morts, il ne me reste
plus que ces Indiens affamés.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Ozorio, donne-leur quelques
poignées de maïs.
{{Personnage|OZORIO|||uc|sm}}. ― Et nous-mêmes, Seigneur Capitaine,
avec quoi achèverons-nous le voyage ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/70
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Favete linguistis
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Favete linguistis" />{{nr|70|{{sc|académie des sciences}}.}}</noinclude>nuité absolue, tectoniquement, depuis le grès triasique jusqu’au Kimméridgien. Une coupe classique du Trias moyen peut être levée de Kirchaou
vers Tatahouine, à travers le Djebel Renach où, en superposition sur le
grès rouge, on rencontre le calcaire saumon de Muschelkalk à ''Myophoria Goldfussi'', surmonté lui-même par une masse extrêmement puissante de
gypse. Les gypses massifs forment une chaîne de collines blanches que
traverse la piste de Foum-Tatahouine à Ksar Morra. Au milieu de la
formation continentale des gypses, nous avons découvert un niveau marin
de calcaire blanc produit par l’accumulation de lamellibranches. On peut
identifier une espèce appartenant au genre ''Pseudomonotis'', extrêmement
voisine des formes d’âge bajocien connues en Europe. Les gypses constituent
donc une ''série compréhensive'' s’élevant du Trias moyen au Bajocien alors
qu’ils étaient attribués jusqu’à présent au Keuper. En superposition vient
se placer, d’après le pendage, la faune à ''Trigonia pullus'' (d’âge bathonien
par conséquent) du poste optique du Djebel Tlallet. Les tables horizontales qui couronnent les plateaux entre Foum-Tatahouine et Beni-Kreddache sont formées par la dolomie rouge massive à grains fins renfermant de gros moulages de ''Pteroceras'' et réputée Kimméridgienne. Sous
cette corniche une faune riche en ''Cidaris'', ''Hemicidaris'', ''Acrosalenia'', à
affinité rauracienne est visible le long de la piste de Ksar Krérarchefa.
Toutes ces observations sont absolument concordantes et démontrent
une sédimentation continue du Trias au Portlandien avec remplacement
progressif des lagunes à gypse par des bassins marins. Les gypses apparaissent graduellement en lentilles à partir du marabout de Sidi Mosbah et
du Ksar Kérikéria et deviennent massifs vers le Sud. Un amincissement
graduel du Jurassique vers le Nord amène sa disparition à Kef en Nsoura,
où le Cénomanien repose directement et en discordance sur le Permien.
Les faciès de marno-calcaire de l’Oxfordien-Callovien de Foum-Tatahouine
et de Ghoumerassen passent vers le Nord aux grès avec ''{{lang|en|ripplemarks}}'' dans le
Djebel Mogor. De même, en approchant de la ride permienne les cargneules
du Bathonien admettent vers le Nord un conglomérat avec galets du grès rouge triasique sous-jacent.
Ces constatations nous conduisent aux conclusions suivantes :
{{1o|Le}} ridement du Permo-Trias du Djebel Tébaga des Matmatas, entre
Médénine et Toujane, n’affecte pas la région de Foum-Tatahouine restée sub-horizontale depuis le Trias.
Au point de vue paléogéographique, on peut préciser qu’une falaise de
dolomie permienne (Djebel Tébaga, Djebel er Remtsia) n’a été franchie<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/73
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Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « SÉANCE DU 5 AOÛT 1940. ^3 m {{??|Tableau}} 100 germinations de 16 jours, à l’obscurité. Sur gly’cocolle. N absorbé : 0. Sur histidine. N absorbé :92 m s. Plantes Plantes c - R. ■ entières. G.. R. entières. Substance sèche (mg)..... 7 350 4.700 1205o 7 o48 5405 12453 ■ Nprotéique.............. 292 io5 3 97 2 85 j9 204 48 9. 9 —soluble....., 229,8 2 9 5,8 525,6 223,6 4oi,3 62^9 »toial. v...., 521/8 400,8 9 22,6 5o 9,5. 6o.5,3 ii’i4,8... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" /></noinclude>SÉANCE DU 5 AOÛT 1940. ^3
m
{{??|Tableau}}
100 germinations de 16 jours, à l’obscurité.
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»toial. v...., 521/8 400,8 9 22,6 5o 9,5. 6o.5,3 ii’i4,8
—aminé, amidé., ........ 128,9 i 9 3,3 322,2 n3 ;9 224,6 338,5
—de Tallantoïne......... i 7 ?9 3 i.,5. 3 9,4 i 9,6 21,6 4i,2
—de l’acide allantoïque... 16,6 3i.6 48,2 15,3 3o, 7 46
— des uréides glyoxyliques..34,5 ;53, i -87,6 34, 9 52,3 87,2
100 germinations de 16 jours, à la lumière.
Sur glycocolle. N absorbé : 67 m *. Sur histidine. N absorbé : 113 m s.
Plantes Plantes
G. R. entières., C. R. entières.
Substance sèche (mg), .... 6 7 8i 6656’ 1343 7 5 7 85 7 464 1324 9
—Nprotéique ’ 310 135,5 345,5 236,8 222,8 45 9,6
—soluble..- 271,7 384 655, 7 - 277,2 456,8 7 34
~ tota1 *-’........481,7 519,5 1001,2 5i4 679,6 ’1193,6
— aminé, amidé... j4 9, 9 267, 5.417, ^ ■ 162,9 3o 9 4 7 x, 9
— de Tallantoïne......... 16, 5 28,3 44,8 18,6." 24,6 43,2
—de l’acide allantoïque.’.. ’ 18,9 28,8 47,7 15 26,1 4o, i
— des urêides glyoxyliques. 35,4. 5 7, 1 92,5 33,6 4 9, 7 8^3
La culture à l’obscurité, sur glycocolle, peut être considérée comme un
témoin qui a végété sur eau distillée, l’absorption du glycocolle ayant été
nulle. Il n’existe aucune différence entre les deux cultures développées à
l’obscurité quant à la teneur des plantes en uréides ; dans les cultures
exposées à la lumière, cette différence, bien que plus importante, est de
Tordre des variations individuelles. Dans les trois cas où il y a eu absorption
d’acide aminé le gain d’azote ainsi réalisé se retrouve entièrement
dans les plantules sous forme d’azote protéique et d’azote soluble, aminé
ou amidé. L’absorption d’histidine ne modifie donc en rien la teneur
normale des tissus en allantoïne. Dans les conditions expérimentales où les
plantes ont été placées, l’histidine ne paraît jouer aucun rôle dans la
synthèse de l’allantoïne. Avant de se prononcer il faudrait voir, et c’est là
l’objet de recherches en cours, si l’apport d’un milieu de culture plus
complexe ne modifie pas le chimisme cellulaire à l’égard de l’histidine.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:De Bachaumont - Mémoires secrets, T7, Adamsohn.djvu/86
104
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>{{pom|Ce bouton-ci, ce bouton-là ;
Cette taille fine & légere,
Et plus bas, plus bas… Alte-là !
On n’voit pas çà, on n’touch’pas là :
C’est la cachette du mystere.
L’Amour jaloux défend ce lieu ;
Un mortel y seroit un Dieu !|sf}}
{{brn|1}}
<nowiki/>
''27 Octobre 1773.'' On a fait sur le mariage annoncé de {{M.|de}} Giac avec Madame la Duchesse de Chaulnes, l’Epigramme suivante, qu’on prétend pourtant très-ancienne, & insérée dans un vieux Recueil à l’occasion d’un mariage aussi disproportionné d’une autre de Chaulnes. La voici, & elle n’en est pas moins bonne, quoique très-grossiere :
{{pom|Si je quitte le rang de Duchesse de Chaulnes
Et le siege pompeux qu’on accorde à ce nom,
{{em|2}}C’est que Giac a le v… long d’une aune
{{em|2}}Et qu’à mon c… je préfere mon c…|m=1.5em}}
{{brn|1}}
''28 Octobre.'' {{M.|l’Abbé}} Terrai s’est fait bâtir un nouvel hôtel, rue Notre Dame des champs. Il est vaste, magnifique, élégant, comme le peut être un bâtiment fait pour un Contrôleur général. Les meubles répondent à la richesse du maître. Tout y est d’un luxe très-recherché. On y va voir, entre autres choses, un lit qu’on disoit coûter 400,000 Livres, mais qui n’en coûte que 80,000, prix encore énorme pour un pareil meuble.
{{brn|1}}
''30 Octobre.'' Voici comme le {{Sr.|Caron}} de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Matricule des zouaves pontificaux, tome 1 (1910).djvu/204
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Ayack
2029
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Ayack" /></noinclude><noinclude>{{LFZP/Ligne||matricule 10363, 23 juin 1870. — Campagne de 1867 ; siège de Rome, 1870. — Méd. Ment.}}</noinclude>
{{LFZP/Ligne|2613|{{sc|VAN RIJSWIJK, François}}, né à Baardwijk (Hollande), 22 février 1839. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2614|{{sc|VAN STIPPEN, Martin}}, né à Bergharen (Hollande), 7 septembre 1840. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. Réengagé, matricule 9081, 8 septembre 1869. — Campagne de 1867 ; siège de Rome, 1870. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2615|{{sc|van den HEUVEL, Adrien}}, né à Rumpt (Hollande), 18 octobre 1845. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, 10 septembre 1868. Réengagé, matricule 8164, 13 novembre 1868. — Campagne de 1867 ; siège de Rome, 1870. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2616|{{sc|COX, Henri}}, né à Oost (Hollande), 25 juin 1840. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. — {{LFZP/Décédé}} à l’hôpital de Velletri, 31 août 1866.}}
{{LFZP/Ligne|2617|{{sc|DE KOCK, Adrien}}, né à Tilburg (Hollande), 28 octobre 1823, — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2618|{{sc|VERBEEK, Christian}}, né à Megen (Hollande), 7 décembre 1843. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867 — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2619|{{sc|REYNERS, Victor}}, né à Nieuwerkerk (Belgique), 4 février 1848. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866 ; caporal, {{1er}} décembre 1867 ; sergent, 16 mai 1868. — Campagne de 1867 ; siège de Rome, 1870. — Méd. d’or et Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2620|{{sc|SAELMAN, Jean}}, né à Utrecht (Hollande), 20 novembre 1846. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2621|{{sc|VAN LANGENHOVE, Charles}}, né à Wier (Hollande), 12 août 1837. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, 12 février 1868, ordre ministériel. — Campagne de 1867.}}
{{LFZP/Ligne|2622|{{sc|TIELEMANS, Théodore}}, né à Oost (Hollande), 12 novembre 1837. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, 30 août 1868. Réengagé, matricule 8160, 13 novembre 1868. — Campagne de 1867 ; siège de Rome, 1870. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2623|{{sc|VAN HEUMEN, Jean}}, né à Dennenburg (Hollande), 11 juillet 1838. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2624|{{sc|PULLENS, Lambert}}, né à Drunen (Hollande), 22 février 1842. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2625|{{sc|DE VOS, Jean}}, né à Rotterdam (Hollande), 2 janvier 1843. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment.}}
{{LFZP/Ligne|2626|{{sc|HAZELZET, Antoine}}, né à Rotterdam (Hollande), 11 mai 1844. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. Libéré, {{1er}} mars 1868. — Campagne de 1867. — Méd. Ment. et ''B. M.'' — {{LFZP/Décédé}} à Rotterdam, 8 août 1900.}}
{{LFZP/Ligne|2627|{{sc|BUTTNER, Henri}}, né à Kruiningen (Hollande), 11 septembre 1842. — {{LFZP/ZP}}, 24 février 1866. — {{LFZP/Décédé}} à hôpital militaire de Rome, 29 août 1867.}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/191
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{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Tu peux revenir, si tu le veux,
avec le Seigneur Peraldo.
{{Personnage|OZORIO|||uc|sm}}. ― Et retrouver à Santarem les créanciers
qui m’attendent et se préparent à me jeter
dans la fosse-aux-poux !
Non, j’irai jusqu’au bout qui est à l’extrémité !
je mettrai la main sur ces sacrées émeraudes !
Ces croix dont parlait le Senhor à l’instant, je les
ai reconnues, ce sont bien celles dont le sergent
Castro m’a parlé, je sais ce qu’elles veulent dire,
tout cela est marqué sur mon papier.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Et toi, Remedios ?
{{Personnage|REMEDIOS|||uc|sm}}. ― Si je reviens à Santarem ma
femme numéro un m’y guette. Votre Excellence
sait fort bien que mon cas est d’être pendu et peut-être
brûlé.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― En avant par la grâce de
Dieu !
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Vous-même, Senhor Gusman,
ce ne sont pas les émeraudes qui vous attirent
en lieu détestable, ni le bourreau en arrière qui vous
barre la route.
{{Personnage|DON GUSMAN|||uc|sm}}. ― Je veux rendre à l’humanité
ce peuple deux fois mort, je veux élever la Croix
sur leur tombe, je veux chasser le Diable de son
repaire empesté, qu’il n’y ait pas un endroit au
monde où il soit sûr !
Colomb a découvert les vivants, et moi je veux
posséder tous ces peuples que la mort a soustraits au
Roi d’Espagne.
Je veux apaiser avec la Vraie Croix les anciens<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/192
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>maîtres. Qui était notre conquête, je veux que cet
ancien monde devienne notre héritage !
{{Personnage|OZORIO|||uc|sm}}. ― En avant !
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Adieu ! Ni pour vous, ni
pour moi, il n’y a aucune chance de retour.
{{Brn|2}}<noinclude>
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ancien monde devienne notre héritage !
{{Personnage|OZORIO|||uc|sm}}. ― En avant !
{{Personnage|RUIS PERALDO|||uc|sm}}. ― Adieu ! Ni pour vous, ni
pour moi, il n’y a aucune chance de retour.
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{{Sdp}}<noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/126
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/193
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{{T3|L’OMBRE DOUBLE|SCÈNE {{rom-maj|XIII}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|{{Personnage|L’OMBRE DOUBLE|||uc|sm}} ''d’un homme avec une femme, debout, que l’on voit projetée sur un écran au fond de la scène.''}}
{{il}}
Je porte accusation contre cet homme et cette
femme qui dans le pays des Ombres ont fait de moi
une ombre sans maître.
Car de toutes ces effigies qui défilent sur la paroi
qu’illumine le soleil du jour ou celui de la nuit,
Il n’en est pas une qui ne connaisse son auteur et
ne retrace fidèlement son contour.
Mais moi, de qui dira-t-on que je suis l’ombre ?
non pas de cet homme ou de cette femme séparés,
Mais de tous les deux à la fois qui l’un dans
l’autre en moi se sont submergés
En cet être nouveau fait de noirceur informe.<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{il}}
Je porte accusation contre cet homme et cette
femme qui dans le pays des Ombres ont fait de moi
une ombre sans maître.
Car de toutes ces effigies qui défilent sur la paroi
qu’illumine le soleil du jour ou celui de la nuit,
Il n’en est pas une qui ne connaisse son auteur et
ne retrace fidèlement son contour.
Mais moi, de qui dira-t-on que je suis l’ombre ?
non pas de cet homme ou de cette femme séparés,
Mais de tous les deux à la fois qui l’un dans
l’autre en moi se sont submergés
En cet être nouveau fait de noirceur informe.<noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>Beaumarchais est peint dans le préambule du Mémoire du {{Sr.|d’Arnaud}}, Conseiller d’Ambassade de la Cour de Saxe, de l’Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Prusse.
……« Abandonnant la bassesse & le tourment de l’intrigue à ces hommes du jour, espece d’''Enfans perdus,'' qui se jettent sur toutes les routes, marchent à la fortune avec un front d’airain, ''{{lang|la|per famam & populum}},'' qui, endurcis à la diffamation & au scandale, s’agitent dans tous les sens pour exciter le bruit, bien différent de la réputation ; dont l’impudence effrénée ose & brave tout ; qu’on ne {{corr|scauroit|sçauorit}} confondre, parce que leur audace est au dessus du ridicule & de l’insulte ; qui, en un mot, sont au comble de leurs vœux, lorsqu’à quelque prix que ce soit, ils sont parvenus à représenter sur la scene du monde : plaignant ces sortes de gens d’être connus, &c.…… »
{{brn|1}}
''31 Octobre 1773.'' Le {{Sr.|Torré}}, le plus habile artificier que nous ayons, est chargé du feu qui doit s’exécuter à Versailles pour le mariage du Comte d’Artois. Il doit ne pas moins se distinguer dans sa partie que les autres Directeurs. Il s’occupe à seconder de son mieux les intentions de {{m.|le}} Maréchal Duc de Richelieu, pour que cette fête soit citée & fasse époque, comme sans exemple, & ne pouvant être surpassée en goût, en magnificence & en dépense.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/194
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Car comme ce support et racine de moi-même,
le long de ce mur violemment frappé par la lune,
Comme cet homme passait sur le chemin de
garde, se rendant à la demeure qu’on lui avait assignée,
L’autre partie de moi-même et son étroit vêtement,
Cette femme, tout à coup commença à le précéder
sans qu’il s’en aperçût.
Et la reconnaissance de lui avec elle ne fut pas
plus prompte que le choc et la soudure aussitôt de
leurs âmes et de leurs corps sans une parole et que
mon existence sur le mur.
Maintenant je porte accusation contre cet homme
et cette femme par qui j’ai existé une seconde seule
pour ne plus finir et par qui j’ai été imprimé sur
la page de l’éternité !
Car ce qui a existé une fois fait partie pour toujours
des archives indestructibles.
Et maintenant pourquoi ont-ils inscrit sur le mur,
à leurs risques et périls, ce signe que Dieu leur
avait défendu ?
Et pourquoi m’ayant créée, m’ont-ils ainsi cruellement
séparée, moi qui ne suis qu’un ? pourquoi
ont-ils porté aux extrémités de ce monde mes deux
moitiés palpitantes,
Comme si en moi par un côté d’eux-mêmes ils
n’avaient pas cessé de connaître leurs limites ?
Comme si ce n’était pas moi seule qui existe et
ce mot un instant hors de la terre lisible parmi ce
battement d’ailes éperdues.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Car comme ce support et racine de moi-même,
le long de ce mur violemment frappé par la lune,
Comme cet homme passait sur le chemin de
garde, se rendant à la demeure qu’on lui avait assignée,
L’autre partie de moi-même et son étroit vêtement,
Cette femme, tout à coup commença à le précéder
sans qu’il s’en aperçût.
Et la reconnaissance de lui avec elle ne fut pas
plus prompte que le choc et la soudure aussitôt de
leurs âmes et de leurs corps sans une parole et que
mon existence sur le mur.
Maintenant je porte accusation contre cet homme
et cette femme par qui j’ai existé une seconde seule
pour ne plus finir et par qui j’ai été imprimé sur
la page de l’éternité !
Car ce qui a existé une fois fait partie pour toujours
des archives indestructibles.
Et maintenant pourquoi ont-ils inscrit sur le mur,
à leurs risques et périls, ce signe que Dieu leur
avait défendu ?
Et pourquoi m’ayant créée, m’ont-ils ainsi cruellement
séparée, moi qui ne suis qu’un ? pourquoi
ont-ils porté aux extrémités de ce monde mes deux
moitiés palpitantes,
Comme si en moi par un côté d’eux-mêmes ils
n’avaient pas cessé de connaître leurs limites ?
Comme si ce n’était pas moi seule qui existe et
ce mot un instant hors de la terre lisible parmi ce
battement d’ailes éperdues.
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Car comme ce support et racine de moi-même,
le long de ce mur violemment frappé par la lune,
Comme cet homme passait sur le chemin de
garde, se rendant à la demeure qu’on lui avait assignée,
L’autre partie de moi-même et son étroit vêtement,
Cette femme, tout à coup commença à le précéder
sans qu’il s’en aperçût.
Et la reconnaissance de lui avec elle ne fut pas
plus prompte que le choc et la soudure aussitôt de
leurs âmes et de leurs corps sans une parole et que
mon existence sur le mur.
Maintenant je porte accusation contre cet homme
et cette femme par qui j’ai existé une seconde seule
pour ne plus finir et par qui j’ai été imprimé sur
la page de l’éternité !
Car ce qui a existé une fois fait partie pour toujours
des archives indestructibles.
Et maintenant pourquoi ont-ils inscrit sur le mur,
à leurs risques et périls, ce signe que Dieu leur
avait défendu ?
Et pourquoi m’ayant créée, m’ont-ils ainsi cruellement
séparée, moi qui ne suis qu’un ? pourquoi
ont-ils porté aux extrémités de ce monde mes deux
moitiés palpitantes,
Comme si en moi par un côté d’eux-mêmes ils
n’avaient pas cessé de connaître leurs limites ?
Comme si ce n’était pas moi seule qui existe et
ce mot un instant hors de la terre lisible parmi ce
battement d’ailes éperdues.
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{{Sdp}}<noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/195
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|LA LUNE|SCÈNE {{rom-maj|XIV}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|L’OMBRE ''disparaît et l’écran n’est plus occupé pendant toute la durée de cette scène que par une palme de plus en plus indistincte et qui remue faiblement.''}}
{{il}}
{{Personnage|LA LUNE|||uc|sm}}. ― L’Ombre Double s’est disjointe sur
le mur qui au fond de cette prison correspond à ma
présence en haut du ciel,
Et à la place de ce rameau unique qui s’en détachait,
de ce bras nu d’une femme avec la main
au bout qui remuait lentement et faiblement,
Il n’y a plus que cette palme que le vent de la
mer par reprises après de longs suspens fait remuer
et qui tremble,
Libre et cependant captive, réelle sans poids.
Pauvre plante ! N’en a-t-elle pas eu assez tout la
jour à se défendre contre le soleil ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{T3|LA LUNE|SCÈNE {{rom-maj|XIV}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|L’OMBRE ''disparaît et l’écran n’est plus occupé pendant toute la durée de cette scène que par une palme de plus en plus indistincte et qui remue faiblement.''}}
{{il}}
{{Personnage|LA LUNE|||uc|sm}}. ― L’Ombre Double s’est disjointe sur
le mur qui au fond de cette prison correspond à ma
présence en haut du ciel,
Et à la place de ce rameau unique qui s’en détachait,
de ce bras nu d’une femme avec la main
au bout qui remuait lentement et faiblement,
Il n’y a plus que cette palme que le vent de la
mer par reprises après de longs suspens fait remuer
et qui tremble,
Libre et cependant captive, réelle sans poids.
Pauvre plante ! N’en a-t-elle pas eu assez tout la
jour à se défendre contre le soleil ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/29
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki /> {{T2|II. — {{sc|Les Sosies}}}} D{{sc|ans}} les bois de Valescure, un jour que je compose à destination de nos lapins un fagot de ces genêts épineux dont ils sont si friands, un lieutenant de l’armée coloniale m’aborde pour me demander un renseignement. Il désire savoir si le pavillon qu’il voit isolé dans les pins est à louer. J’émets des doutes et il tient à m’apprendre pourquoi ces doutes le navrent. Sa situation m’est ainsi... »
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{{T2|II. — {{sc|Les Sosies}}}}
D{{sc|ans}} les bois de Valescure, un jour que je
compose à destination de nos lapins un
fagot de ces genêts épineux dont ils sont si
friands, un lieutenant de l’armée coloniale m’aborde
pour me demander un renseignement.
Il désire savoir si le pavillon qu’il voit isolé
dans les pins est à louer. J’émets des doutes
et il tient à m’apprendre pourquoi ces doutes
le navrent. Sa situation m’est ainsi exposée : Il
commande une compagnie de tirailleurs sénégalais
au camp Galliéni. Il a fait avec elle les Dardanelles,
la Somme. Il a été blessé deux fois. Il
m’explique que, marié la veille de la déclaration
de guerre, ses campagnes ne lui ont pas permis,
pour ainsi dire, de revoir sa jeune femme :
— Voici qu’une occasion merveilleuse de passer
quelques mois avec elle se présente, ajoute-t-il,
puisque les Sénégalais, frileux, sont forcés
d’hiverner ici, mais cette occasion va m’échapper,
faute de pouvoir trouver un logement, quel
qu’il soit, dans la région.
Je lui donne l’adresse du propriétaire du pavillon.
Il m’interroge sur ma résidence, pour m’y
venir saluer avec sa femme, en cas de succès. Je
lui montre un toit rose pointant au-dessus des
arbres voisins et lui dis un nom : « les Cistes ».
— Avez-vous eu sujet de vous plaindre des
Sénégalais, depuis qu’ils vous entourent ? s’informe-t-il
avant de prendre congé.
Ma réponse résume le chapitre précédent. Il
paraît satisfait et rit de la hardiesse du pseudo-fou :<noinclude>
{{nr|||23}}
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compose à destination de nos lapins un
fagot de ces genêts épineux dont ils sont si
friands, un lieutenant de l’armée coloniale m’aborde
pour me demander un renseignement.
Il désire savoir si le pavillon qu’il voit isolé
dans les pins est à louer. J’émets des doutes
et il tient à m’apprendre pourquoi ces doutes
le navrent. Sa situation m’est ainsi exposée : Il
commande une compagnie de tirailleurs sénégalais
au camp Galliéni. Il a fait avec elle les Dardanelles,
la Somme. Il a été blessé deux fois. Il
m’explique que, marié la veille de la déclaration
de guerre, ses campagnes ne lui ont pas permis,
pour ainsi dire, de revoir sa jeune femme :
— Voici qu’une occasion merveilleuse de passer
quelques mois avec elle se présente, ajoute-t-il,
puisque les Sénégalais, frileux, sont forcés
d’hiverner ici, mais cette occasion va m’échapper,
faute de pouvoir trouver un logement, quel
qu’il soit, dans la région.
Je lui donne l’adresse du propriétaire du pavillon.
Il m’interroge sur ma résidence, pour m’y
venir saluer avec sa femme, en cas de succès. Je
lui montre un toit rose pointant au-dessus des
arbres voisins et lui dis un nom : « les Cistes ».
— Avez-vous eu sujet de vous plaindre des
Sénégalais, depuis qu’ils vous entourent ? s’informe-t-il
avant de prendre congé.
Ma réponse résume le chapitre précédent. Il
paraît satisfait et rit de la hardiesse du pseudo-fou :<noinclude>
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{{Lettrine|D}}{{sc|ans}} les bois de Valescure, un jour que je
compose à destination de nos lapins un
fagot de ces genêts épineux dont ils sont si
friands, un lieutenant de l’armée coloniale m’aborde
pour me demander un renseignement.
Il désire savoir si le pavillon qu’il voit isolé
dans les pins est à louer. J’émets des doutes
et il tient à m’apprendre pourquoi ces doutes
le navrent. Sa situation m’est ainsi exposée : Il
commande une compagnie de tirailleurs sénégalais
au camp Galliéni. Il a fait avec elle les Dardanelles,
la Somme. Il a été blessé deux fois. Il
m’explique que, marié la veille de la déclaration
de guerre, ses campagnes ne lui ont pas permis,
pour ainsi dire, de revoir sa jeune femme :
— Voici qu’une occasion merveilleuse de passer
quelques mois avec elle se présente, ajoute-t-il,
puisque les Sénégalais, frileux, sont forcés
d’hiverner ici, mais cette occasion va m’échapper,
faute de pouvoir trouver un logement, quel
qu’il soit, dans la région.
Je lui donne l’adresse du propriétaire du pavillon.
Il m’interroge sur ma résidence, pour m’y
venir saluer avec sa femme, en cas de succès. Je
lui montre un toit rose pointant au-dessus des
arbres voisins et lui dis un nom : « les Cistes ».
— Avez-vous eu sujet de vous plaindre des
Sénégalais, depuis qu’ils vous entourent ? s’informe-t-il
avant de prendre congé.
Ma réponse résume le chapitre précédent. Il
paraît satisfait et rit de la hardiesse du pseudo-fou :<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Il était temps que j’arrive. C’est bon ! Ah ! qu’il
est doux de dormir avec moi !
Je suis là de toutes parts en elle, hors d’elle, mais
la créature que j’aime, comme elle sait que ma lumière
n’est propre qu’à son obscurité !
Elle n’a plus rien à faire, elle n’est pas sans cesse
occupée à remplacer ce que la vie lui ôte,
Elle cède, elle veut bien, c’est moi qui suis là
pour la soutenir, elle sait, elle croit, elle est close,
Elle est pleine, elle flotte, elle dort.
Toutes les créatures à la fois, tous les êtres bons
et mauvais sont engloutis dans la miséricorde
d’Adonaï !
Ignoreraient-elles cette lumière qui n’est pas faite
pour les yeux du corps ?
Une lumière non pas pour être vue mais pour
être bue, pour que l’âme vivante y boive, toute âme
à l’heure de son repos pour qu’elle y baigne et
boive.
Quel silence ! à peine un faible cri par instants,
cet oiseau impuissant à se réveiller.
L’heure de la Mer de lait est à nous ; si l’on me
voit si blanche, c’est parce que c’est moi Minuit, le
Lac de Lait, les Eaux.
Je touche ceux qui pleurent avec des mains ineffables.
Sœur, pourquoi pleures-tu ? n’est-ce point ta nuit
nuptiale aujourd’hui ? regarde le ciel et la terre illuminés !
et où donc pensais-tu la passer avec Rodrigue
autre part que sur la croix ?
Voyez-la, vous qui m’écoutez, non pas telle que<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/197
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>sur cet écran elle interromprait ma lumière avec
son corps,
Ni selon l’épreuve morte que par moment je
pourrais tirer de son âme sur cette surface magique,
Il ne s’agit pas de son corps ! mais ce battement
sacré par lequel les âmes l’une dans l’autre se connaissent
sans intermédiaire, comme le père avec la
mère dans la seconde de la conception : c’est ce que
je sers à manifester.
Je la dessine avec mes eaux où elle se baigne.
Cette crise, cette sortie désespérée tout à coup,
Et tout à coup ce relâchement affreux, cet abîme,
ce vide où elle était qu’elle me laisse !
Regardez-la à genoux, cette douleur de femme
ensevelie dans la lumière ! Cela n’aurait pas commencé
si je ne l’avais baisée dans le milieu du
cœur.
Cela a commencé par ces grandes larmes, pareilles
aux nausées de l’agonie, qui naissent au-dessous
de la pensée, au fond de l’être profondément
entaillé,
L’âme qui veut vomir et que le fer pénètre !
Et peut-être qu’elle aurait expiré à ce premier
amant entre mes bras, si pendant l’arrêt de son
cœur
(Cependant qu’un grand morceau de mer brille
là-bas et qu’une petite voile blanche cingle vers cet
Étang de la Mort),
Je ne lui avais présenté ce mot : « Jamais !
« Jamais, Prouhèze ! »
« Jamais ! » crie-t-elle, « c’est là du moins lui<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/198
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>et moi une chose que nous pouvons partager, c’est
« jamais » qu’il a appris de ma bouche dans ce
baiser tout à l’heure en qui nous avons été faits un
seul !
« Jamais ! c’est là du moins une espèce d’éternité
avec nous qui peut tout de suite commencer.
« Jamais je ne pourrai plus cesser d’être sans
lui et jamais il ne pourra plus cesser d’être sans
moi.
« Il y a quelqu’un pour toujours de la part de
Dieu qui lui interdit la présence de mon corps
« Parce qu’il l’aurait trop aimé. Ah ! je veux lui
donner beaucoup plus !
« Que tiendrait-il si je le lui donnais ? comme si
ce que je lis dans ses yeux qu’il me demande
pouvait avoir une fin !
« Ah ! j’ai de quoi lui fournir ce qu’il me demande !
« Oui, ce n’est pas assez de lui manquer, je veux
le trahir,
« C’est cela qu’il a appris de moi dans ce baiser
où nos âmes se sont jointes.
« Pourquoi lui refuserais-je ce que son cœur
désire ? pourquoi manquerait-il quelque chose à cette
mort du moins que je puis lui donner, puisqu’il
n’attend point de moi la joie ? Est-ce qu’il m’a
épargnée ? pourquoi épargnerais-je ce qu’il y a en
lui de plus profond ? pourquoi lui refuserais-je ce
coup que je vois dans ses yeux qu’il attend et que
je lis déjà au fond de ses yeux sans espoir ?
« Oui, je sais qu’il ne m’épousera que sur la<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/199
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>croix et nos âmes l’une à l’autre dans la mort et
dans la nuit hors de tout motif humain !
« Si je ne puis être son paradis, du moins je puis
être sa croix ! Pour que son âme avec son corps y
soit écartelée je vaux bien ces deux morceaux de
bois qui se traversent !
« Puisque je ne puis lui donner le ciel, du moins
je puis l’arracher à la terre. Moi seule puis lui fournir
une insuffisance à la mesure de son désir !
« Moi seule étais capable de le priver de lui-même.
« Il n’y a pas une région de son âme et pas une
fibre de son corps dont je ne sente qu’elle est faite
pour être fixée à moi, il n’y a rien dans son corps
et dans cette âme qui a fait son corps que je ne sois
capable de tenir avec moi pour toujours dans le
sommeil de la douleur,
« Comme Adam, quand il dormit, la première
femme.
« Quand je le tiendrai ainsi par tous les bouts de
son corps et par toute la texture de sa chair et de
sa personne par le moyen de ces clous en moi profondément
enfoncés,
« Quand il n’y aura plus aucun moyen de
s’échapper, quand il sera fixé à moi pour toujours
dans cet impossible hymen, quand il n’y aura
plus moyen de s’arracher à ce cric de ma chair puissante
et à ce vide impitoyable, quand je lui aurai
prouvé son néant avec le mien, quand il n’y aura
plus dans son néant de secret que le mien ne soit
capable de vérifier,
« C’est alors que je le donnerai à Dieu découvert<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/200
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>et déchiré pour qu’il le remplisse dans un coup de
tonnerre, c’est alors que j’aurai un époux et que
je tiendrai un dieu entre mes bras !
« Mon Dieu, je verrai sa joie ! je le verrai avec
vous et c’est moi qui en serai la cause !
« Il a demandé Dieu à une femme et elle était
capable de le lui donner, car il n’y a rien au ciel
et sur la terre que l’amour ne soit capable de
donner ! »
Telles sont les choses dans son délire qu’elle dit
et elle ne s’aperçoit qu’elles sont déjà passées et
qu’elle-même pour toujours en un moment
Passe en ce lieu où elles sont passées, —
Il n’y a plus que la paix,
L’heure est minuit, — et que cette coupe de
délices est pleine jusqu’aux bords que Dieu présente
à toutes ses créatures.
Elle parle et je lui baise le cœur !
Et quant à ce navigateur dont tant de fois l’ouvrage
confus de l’ouragan n’a pu retenir l’ardente
navette empressée à mettre un fil entre les deux
mondes,
Il dort les voiles repliées, il roule au fond de mon
gisement le plus perdu,
Le sommeil sans bords d’Adam et de Noé.
Car comme Adam dormait quand la femme lui fut
enlevée du cœur, n’est-il pas juste que de
nouveau il
Dorme en ce jour de ses noces où elle lui est
rendue et succombe à la plénitude ?
Pourquoi être ailleurs désormais ?<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/30
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki/> — Il faut faire un peu de crédit à ces orphelins ; il faut leur laisser le temps d’apprendre nos coutumes et, dès à présent, il faut avouer qu’ils sont remarquablement discrets dans leur occupation de cette région au nombre de trente mille. Comme nous avions toujours entendu dire, ma famille et moi, que les officiers coloniaux de carrière ne cessent de morigéner leurs subordonnés de couleur, nous accueillons comme originaux le... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude><nowiki/>
— Il faut faire un peu de crédit à ces orphelins ;
il faut leur laisser le temps d’apprendre
nos coutumes et, dès à présent, il faut avouer
qu’ils sont remarquablement discrets dans leur
occupation de cette région au nombre de trente
mille.
Comme nous avions toujours entendu dire,
ma famille et moi, que les officiers coloniaux de
carrière ne cessent de morigéner leurs subordonnés
de couleur, nous accueillons comme originaux
les propos du lieutenant Duret et ne refusons
pas de l’hospitaliser provisoirement, lui
et sa femme, institutrice, personne charmante.
Métey Saar, son ordonnance, est le premier
spécimen de race noire installé dans notre maison,
donc soumis à notre examen prolongé.
Son langage nous confirme cette observation,
déjà faite, que les tirailleurs disent : y a bon,
pour dire : j’aime ; y a content, y a moyen, pour
dire : je veux, je peux. Je donnerai plus tard
l’explication de ce phénomène, mais en octobre
1916 les Sénégalais nous l’offrent parmi tant
d’autres aussi étranges, que nous sommes assez
occupés à les enregistrer, sans chercher encore
à les comprendre tous.
L’un de ces phénomènes est notre inaptitude
à distinguer sur les épaules d’un nègre autre
chose qu’une boule noire agrémentée d’un peu
d’émail blanc — les dents, les yeux — destiné,
semble-t-il, à suggérer : par ici, la face ! Quand
j’affirme à tels de mes amis qui tombent de Paris
à Fréjus, en plein pays noir, que je perçois
maintenant autant de dissemblance entre des
Guinéens, par exemple, qu’entre des Français,
ils trouvent ma prétention insupportable. Ils<noinclude>
{{nr|24||}}
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/201
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Non point sommeil, ce qu’il dort est la prélibation
d’un autre système.
Lorsque sa coupe est pleine, — et ne l’ai-je point
remplie, — ne serait-il pas ivre ? Il n’en faut pas
une seconde, elle a suffi !
On ne peut mourir sans toucher au delà de la vie.
Et lorsque son âme s’est séparée de lui dans ce
baiser, lorsque sans corps elle en rejoignait une
autre, qui pouvait dire qu’il restait vivant ?
À quelle époque et comment la chose s’est-elle
passée, il ne sait plus ; en avant et derrière, le passé
et l’avenir ont été également détruits. Tout ce qui
pouvait être donné, c’est fait. Un des côtés par où
l’être est limité a disparu. En un lieu où il n’y avait
plus de retour.
Rodrigue, et cependant entends-tu, cette voix qui
te dit : ''Rodrigue ?''
Le connais-tu à présent que l’homme et la femme
ne pouvaient s’aimer ailleurs que dans le paradis ?
« Ce paradis que Dieu ne m’a pas ouvert et que
tes bras pour moi ont refait un court moment, ah !
femme, tu ne me le donnes que pour me communiquer
que j’en suis exclu.
« Chacun de tes baisers me donne un paradis
dont je sais qu’il m’est interdit.
« Où tu es il y a l’impuissance désormais pour
moi d’échapper à ce paradis de torture, à cette
patrie de toutes parts, à chaque coup, qui me pénètre
et dont je suis forclos.
{{corr|O|« Ô}} femme, tu l’as découverte, cette place que tu
ne pouvais en moi atteindre que les yeux fermés ! la<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/202
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>voilà donc au fond de moi, cette blessure que tu
ne pouvais me faire que les yeux fermés !
« C’est toi qui m’ouvres le paradis et c’est toi
qui m’empêches d’y rester. Comment serais-je avec
tout quand tu me refuses d’être autre part qu’avec
toi ?
« Chaque pulsation de ton cœur avec moi me
rend le supplice, cette impuissance à échapper au
paradis dont tu fais que je suis exclu.
« Ah ! c’est en cette blessure que je te retrouve !
C’est par elle que je me nourris de toi comme la
lampe fait de l’huile,
« De cette huile dont brûlera éternellement cette
lampe qui ne réussit pas à en faire de la lumière. »
Il parle et je lui baise le cœur.
{{c|fin de la deuxième journée|sc|m=3em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Le Soulier de satin/Deuxième journée
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||DEUXIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
{{c|TROISIÈME JOURNÉE|fs=140%|ff=serif|sp=0.05em|ws=0.2em|m=4em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki/>
{{c|TROISIÈME JOURNÉE|fs=140%|ff=serif|sp=0.05em|ws=0.2em|m=4em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/204
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{c|PERSONNAGES DE LA TROISIÈME JOURNÉE|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|m=3em}}
{{Poem|SAINT NICOLAS.
DONA MUSIQUE.
SAINT BONIFACE.
SAINT DENYS D’ATHÈNES.
SAINT ADLIBITUM.
ACOLYTES.
DON LÉOPOLD AUGUSTE.
DON FERNAND.
LE VICE-ROI.
ALMAGRO.
SOLDATS.
LA LOGEUSE.
DON RAMIRE.
DONA ISABEL.
DON CAMILLE.
LA SERVANTE.
DONA PROUHÈZE.
L’ANGE GARDIEN.
LE CAPITAINE.
OFFICIERS.|lh=180}}
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/205
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{{T3|SCÈNE PREMIÈRE|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''L’église de Saint-Nicolas de la Mala Strana à Prague en Bohême quelque temps après la bataille de la Montagne-Blanche. Le soleil d’un soir d’hiver entre par la verrière au-dessus de la porte qu’encadrent les faisceaux mêlés d’anges et de guirlandes de tuyaux d’orgues, pareils aux fuseaux prismatiques de la Grotte de Fingal.'' DONA MUSIQUE ''dans un grand manteau de fourrure prie au milieu de l’église. Le chœur très sombre où brûle une lampe et sur lequel s’ouvrent des loges vides est orné de quatre piédestaux encore inhabités mais destinés à recevoir les Évêques illustres qui vont se présenter à l’instant<ref>Rien n’empêche qu’il y ait un peu de musique indistincte pendant cette scène. Supposons l’organiste qui arrange son instrument, d’une manière pas trop désagréable.</ref>.''}}
{{AN|''Entre d’abord'' SAINT NICOLAS ''précédé par les trois petits enfants.''}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki/>
{{il}}
{{Personnage|SAINT NICOLAS|||uc|sm}}. ― C’est demain le jour de
ma fête.
Et déjà par le commandement de Dieu, sur la
campagne piétinée par la guerre, sur les châteaux,
sur les églises et monastères en ruine, sur les
villages effondrés,
Les Anges pour le passage de l’Évêque violet ont
déroulé une grande nappe de neige.
Tout ne fait plus qu’un là-dessous, les catholiques
et les tristes protestants, tout est réuni, tout est
resserré, les fleuves mêmes se sont arrêtés de
séparer et d’emporter, on ne bouge plus.
Il fait trop froid dehors pour les gens de
guerre, les seigneurs se chauffent à leur cheminée
que remplissent les meubles en bottes des sacristies
et les saints sciés ; les théologiens discutent dans les
auberges,
Et les pauvres gens, comme un oiseau transi
entre trois feuilles de houx,
Recommencent tout doucement à espérer et à
vivre « Ce n’est mie pour toujours » peut-être.
Réveillez-vous, bonnes gens ! ce n’est pas moi sur
qui il faut compter pour pleurer dans votre soupe !
Regardez ce petit soleil piquant !
Je ne m’entends qu’avec les petits garçons et
ma journée n’est pas perdue quand j’ai mis dans
leur cœur un peu de joie rude, un bon coup de
rire grossier !
Je ressuscite les morfondus en leur frottant le
museau avec de la neige.
Et comme le soleil d’hiver d’un seul coup
remplit cent mille chaumières,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/207
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
Si du bout de mon gant je gratte le givre de vos
carreaux, en une seconde ce sera Saint Nicolas
partout en Allemagne ! (''Il prend place sur son piédestal.'')
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}, ''avec un grand soupir''. ― Ô
mon Dieu, qu’il fait bon ici et que je suis contente
avec vous ! on ne peut plus être ailleurs.
Il n’y a pas besoin de rien dire, il n’y a qu’à
vous apporter ma lourde personne et à rester en
silence à vos pieds.
Ce secret qu’il y a dans mon cœur, il n’y a que
vous qui le connaissiez. Il n’y a que vous avec moi
qui compreniez ce que c’est que donner la vie. Il
n’y a que vous avec moi qui partagiez ce secret de
ma maternité :
Une âme qui en fait une autre, un corps qui
nourrit un autre corps en lui de sa substance.
Mon enfant est en moi et nous sommes ensemble
avec vous.
Et nous prions tous à la fois pour ce pauvre
peuple effaré et blessé et effacé qui m’entoure, afin
qu’il se laisse panser et comprenne les conseils de
l’hiver et de la neige et de la nuit,
Choses que je n’aurais pas entendues autrefois,
avant qu’il y eût cet enfant en moi, alors que ma
joie était au dehors.
Que la colère et la peur, la douleur, et la vengeance,
Cèdent aux mains enveloppantes de la neige et
de la nuit.
— Ah je revois ces têtes sanglantes entre les-<noinclude>
<references/></noinclude>
rf5x89l4xhak33mqbtxyeju982qfulw
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/208
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>quelles j’ai dû passer et qui furent plantées de
chaque côté du Pont Charles par l’ordre de mon
mari !
(''Entre'' SAINT BONIFACE, ''précédé par un Frison trapu à la tête énorme comme d’un bœuf, il y a deux petites cornes qui poussent parmi ses cheveux roux tout bouclés.'')
{{Personnage|SAINT BONIFACE|||uc|sm}}. ― Et quel autre moyen y
avait-il d’empêcher ce sot peuple de se donner à
mes Saxons ? Fallait-il laisser le Moine-Noir
s’installer au cœur de l’Europe pour y empoisonner
les sources ? Qu’il demeure avec les feux follets au
milieu de ses marécages et de ses tourbières !
Gloire à Dieu ! ce que Poitiers fut contre Mahomet,
la Montagne-Blanche le fut contre les hérétiques !
Honneur à tous ces bons capitaines recrutés de
tous les coins de la chrétienté qui ont maintenu
à Prague l’image de la Vierge Immaculée !
Leur tâche est faite, et moi, Saint Boniface, je
reste avec la mienne qui est lourde. Ah ! ce n’est
pas peu de choses d’être apôtre des Saxons et
l’évêque de ce troupeau intérieur et enfermé, de
ce peuple bouché et qui fermente !
Dieu ne les a pas faits pour être ses bras, ou sa
rame sur la mer, ou cette aile à ses épaules,
Mais pour être foulés et comprimés sous ses
pieds, pour être de toutes parts pressés et gênés
et empêchés, mélangés à des peuples disparates et
à des croyances irréductibles, pour être éternellement
en travail, la matière éternellement à la recherche
de sa forme, la poussée éternellement mé-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/31
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « doivent cependant se rappeler cette expérience : lorsque les yeux passent brusquement d’un lieu ensoleillé à une chambre peu éclairée, les premiers instants ne permettent aucune perception de formes ; de même, après une longue pratique des visages blancs, celle des visages noirs ne procure d’abord qu’une sensation d’intense obscurité. Nous étions nous-mêmes, en octobre 1916, comme les amis dont je parle, puisque nous professions, comme... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude>doivent cependant se rappeler cette expérience :
lorsque les yeux passent brusquement d’un lieu
ensoleillé à une chambre peu éclairée, les premiers
instants ne permettent aucune perception
de formes ; de même, après une longue pratique
des visages blancs, celle des visages noirs ne
procure d’abord qu’une sensation d’intense
obscurité.
Nous étions nous-mêmes, en octobre 1916,
comme les amis dont je parle, puisque nous professions,
comme eux, que les tirailleurs se ressemblent
tous.
Mon mari, notamment, faute de discerner ses
traits, a employé Métey deux jours de suite pendant
plusieurs heures, sans s’apercevoir qu’il
avait affaire au même individu. Voici les faits :
Le lieutenant Duret lui a prêté, l’après-midi,
son ordonnance, pour l’aider à faire une exceptionnelle
récolte de pommes de pin aux lieux
d’une récente coupe. Métey prend la brouette et
trois grands sacs et accompagne Jean pendant
deux kilomètres, à travers bois. Pour encourager
son compagnon, Jean lui dit à l’aller :
— C’est très loin, l’endroit où nous allons,
mais il y a bon, beaucoup pommes de pin, bien
jolies.
Arrivé à destination, Métey exhibe ses dents
blanches devant l’abondance du butin.
Au retour, le passage de la brouette chargée
se trouvant empêché par un fossé plein d’eau et
de boue, Jean demande à Métey :
— Qu’est-ce que tu vas faire ?
— Passer sacs sur le dos, premier ; après,
passer brouette.
Les pommes de pin, vertes encore, sont lourdes
comme des pierres et le grand corps de Métey<noinclude>
{{nr|||25}}
{{nr|<small>''Des Inconnus.'' — 2</small>||}}
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>contente de l’équilibre, et comme ils aiment ce
qu’on peut mettre dans son ventre !
Entre ces deux grands fleuves, l’un qui va
comme sans le voir vers la mer et l’autre qui s’en
retourne vers l’origine et l’Asie,
Il y avait une masse hésitante et spongieuse, sans
forme, sans appel du dehors, sans vocation, sans
destin que ce brassage et que cette lente et sourde
dilatation,
Un peuple habitué à ne pas voir autour de lui
à ses désirs opposés ces frontières que nature a
faites mais seulement la différence d’autres hommes
et ces langues qui ne se mêlent pas à la sienne.
Il faudra pour le connaître regarder son cœur
car il n’a point reçu de visage.
C’est moi qui ai apporté le Christ aux Saxons,
et ce que j’ai fait, c’est Luther qui l’a achevé en
le défaisant.
Car d’aucun Saint il n’est écrit qu’il était nécessaire,
mais de Luther il fallait qu’il fût.
Et d’ailleurs comment auraient-ils vu longtemps
tout le Christ dans le brouillard ? et comment la
chair touchée n’importe où guiderait-elle comme
font les yeux ?
Aux uns la vérité et pour les autres le remords
et l’inquiétude, et le mécontentement et le désir.
Je veux qu’il y ait un peuple plus rapproché de
la matière, et plus rabattu sur elle, et plus mélangé
à elle, et plus fait qu’aucun autre pour la pénétrer
et pour en être pénétré,
Un peuple hors de tous les cadres secs et de toutes
les nations rigides, qui soit à l’égard de toute chose<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/210
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>à l’état de désir, une grande réserve au centre de
l’Europe, semi-fluide, une négation confirmatrice,
une poussée qui bourre et remplisse tout et qui
maintienne tout ensemble, un homme intérieur et
enveloppé en qui la parole de Dieu ne devienne pas
aussitôt action, mais cuisson, fermentation profonde.
C’est pourquoi à ce moment où l’Europe conquiert
la terre, et pour que son cœur suffise à tout
ce corps nouveau, Dieu a mis cette contradiction
au milieu d’elle. (''Il prend place sur son piédestal.'')
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― L’ombre s’accroît, la lampe
brûle, et j’entends autour de moi le gémissement
de tous ces peuples qui cherchent arrangement
entre eux dans la nuit.
Il fallait la nuit pour que cette lampe apparaisse,
il fallait tout ce bouleversement autour de
moi, ce monde autour de Prague où il n’y a plus
rien à regarder,
Pour que, fermant les yeux, je trouve en moi
mon enfant, cette simple petite vie qui commence !
Par la volonté de mon époux et par sa puissante
épée l’avalanche de l’Europe qui s’effondre
{{Nec|A}} été arrêtée à moitié route, elle s’est divisée
autour de cette mince colonne où se dresse l’image
de Marie, et l’hiver étend son manteau sur les
morceaux enchevêtrés de cette chrétienté en débâcle !
Mon Roi est venu, il est là qui a obligé tout
ce chaos à s’arrêter.
Il faudra bon gré mal gré que ces gens
acceptent la tyrannie, comme ils disent, mais moi
qui l’ai connue avant eux, je sais qu’elle est bonne,<noinclude>
<references/></noinclude>
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « est en transpiration tandis qu’il les hisse au haut de la côte. Aux « Cistes », Jean lui propose : — Veux-tu un verre de vin ?… d’eau rougie ? — Non, merci. — Tu es donc musulman ? — Oui. Et Métey va se verser un verre d’eau, dehors, à la fontaine. Le lendemain, le temps demeuré propice à une nouvelle récolte, Jean parle au lieutenant de son désir de reprendre Métey : — Je l’ai envoyé au camp, répond Duret, et pe... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude>est en transpiration tandis qu’il les hisse au
haut de la côte. Aux « Cistes », Jean lui propose :
— Veux-tu un verre de vin ?… d’eau rougie ?
— Non, merci.
— Tu es donc musulman ?
— Oui.
Et Métey va se verser un verre d’eau, dehors,
à la fontaine.
Le lendemain, le temps demeuré propice à une
nouvelle récolte, Jean parle au lieutenant de son
désir de reprendre Métey :
— Je l’ai envoyé au camp, répond Duret, et
peut-être tardera-t-il à rentrer, mais le palefrenier
le remplacera auprès de vous, il est aussi
intelligent, et aussi fort, quoique plus petit.
Pendant que Jean va revêtir un costume de
circonstance, Métey rentre et reçoit l’ordre d’accompagner
à nouveau le « Moussié » au bois.
Le lieutenant parti, Jean, équipé, trouve Métey
à la porte et l’emmène, avec la conviction
qu’il a affaire à un nouvel échantillon de la race
noire, le palefrenier annoncé. En cours de route,
il se persuade que son porteur est, en effet, plus
petit que Métey. Pour pouvoir le mesurer au
moral, comme au physique, il lui fait exactement
les mêmes remarques et les mêmes questions
déjà adressées à son compagnon de la
veille et il admire l’homogénéité mentale des
hommes de cette couleur :
— C’est très loin, renouvelle Jean, l’endroit où
nous allons, mais il y a bon, beaucoup pommes
de pin, bien jolies.
Et, au retour, devant le fossé plein d’eau :
— Qu’est-ce que tu vas faire ?<noinclude>
{{nr|26||}}
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/211
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>et c’est entre ses bras que cette vie nouvelle en moi
prend origine.
Maintenant que le pouvoir en eux de faire le mal
est restreint, c’est alors que le bien captif est délivré.
Au lieu de tout ce mal qu’ils essayaient de se
faire à grand labeur, mon Dieu, quelle surprise ce
sera pour eux, toute cette joie qu’on n’avait qu’à
leur demander pour qu’ils la donnent !
Voyez ce que les yeux d’une femme obtiennent
ou rien que cette voix qui chante !
Mon Dieu, vous m’avez donné ce pouvoir que
tous ceux qui me regardent aient envie de chanter ;
c’est comme si je leur communiquais la mesure
tout bas.
Je leur donne rendez-vous sur un lac d’or !
Quand on ne peut faire un pas sans trouver de
toutes parts des barrières et des coupures, quand on
ne peut plus se servir de la parole que pour se disputer,
alors pourquoi ne pas s’apercevoir qu’à travers
le chaos il y a une mer invisible à notre disposition ?
Celui qui ne sait plus parler, qu’il chante !
Il suffit qu’une petite âme ait la simplicité de
commencer et voici que toutes sans qu’elles le veuillent
se mettent à l’écouter et répondent, elles sont
d’accord.
Par-dessus les frontières nous établirons cette république
enchantée où les âmes se rendent visite sur
ces nacelles qu’une seule larme suffit à lester.
Ce n’est pas nous qui faisons la musique, elle est
là, rien n’y échappe, il n’y a qu’à s’adapter, il n’y
a qu’à nous y enfoncer jusque par-dessus les oreilles.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/212
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Plutôt que de nous opposer aux choses il n’y a
qu’à nous embarquer adroitement sur leur
mouvement bienheureux !
Le Roi, mon maître, a apporté à ce pays l’immobilité
et la paix, mais il a apporté aussi avec lui
son épouse bien-aimée, et c’est ici sans visage que
je veux m’arrêter toujours, moi, la Musique, lourde
du fruit que je porte.
(''Entre'' SAINT DENYS D’ATHÈNES ''précédé d’un Ange pareil à ceux du Bernin qui porte une grande palme verte sur l’épaule.'')
{{Personnage|SAINT DENYS D’ATHÈNES|||uc|sm}}. ― Oui, qu’il fait bon
dans cette église solitaire
— Vide de toute assistance autre que l’invisible
officiellement suggérée par ces loges à droite et à
gauche au-dessus de nous,
— Écouter ce petit être qui prie de tout son
cœur, les mains jointes et les pieds de son esprit
déchaussés.
On ne voit que la lampe, un point de feu sur une
goutte d’huile, mais pour elle la cavité de ce lieu
est aussi redoutable
Que si, l’obscure fumée de ce monde entr’ouverte, elle
Envisageait le buisson ardent, ou le propitiatoire
dans le tonnerre, ou l’Agneau sur son livre scellé.
Il fait bon l’entendre qui dit merci à Dieu, au
milieu de ce monde à moitié chemin de la
dissolution qui, pour un moment, de mauvaise
humeur se résigne à la paix ; il lui semble qu’il n’y a
qu’à laisser parler son cœur pour convier tous les
êtres à ce cercle bienheureux !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/213
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Mais l’homme sait bien qu’il n’a pas été fait pour
être heureux.
Il n’y a pas d’ordre au monde qui soit capable
de l’emprisonner, il n’y a pas de roi que toutes
ses puissances acceptent, il n’y a pas de mécanique
adaptée à sa manière de bouger.
Cependant que l’Occident concerte quelqu’une de
ses belles géométries, quelque loi, quelque système,
quelque parlement, un roi si lourd qu’aucune pierre
de l’édifice ne puisse lui échapper,
Tout à coup l’humanité est devenue distraite, à
travers les saisons recommençantes elle a perçu la
flûte neuve,
Elle ressent que la mélodie de ce monde qui jamais
ne revient en arrière a changé, que la mesure
n’est plus ça, un mot d’ordre différent lui est communiqué
chez ces Anges les uns par-dessus les
autres que j’ai décrits,
Car il n’y a d’ordre qu’au ciel, il n’y a de musique
sinon là que celle de ce monde empêche d’entendre,
Il n’y a rien sur la terre qui soit fait pour le
bonheur de l’homme, et tout l’acharnement de tes
Saxons, Boniface, ne suffira pas à le trouver,
cette tenace exploitation de la matière qui pour
mieux la pénétrer se fait informe comme elle.
Et c’est pourquoi existe pour tout savoir la mer
des Slaves, cet abîme sans aucun plan où l’Europe
a ses racines et qui toujours lui fournira son approvisionnement
de douleurs si elle en venait à manquer.
C’est là, loin de l’Océan qui ne parvient jus-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/214
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>qu’à elle que par de minces sondes, que par d’étroits
guichets fermés de serrures et de cadenas compliqués
Entrechoque ses flots une humanité qui n’a pas
plus de rivages que le purgatoire,
Dans le froid, dans la nuit, dans le vent, dans la
neige et la boue qui empêtrent les âmes et les pieds,
dans l’absence de toute direction autre que ce fleuve
rétrograde vers une Caspienne morte et de tout autre
but au-dessus de soi visible.
Ainsi à quoi est consacrée la plus grande partie
de l’humanité, sinon à constater autour d’elle son
incompatibilité avec tout ? et c’est là ce qui fait son
tourment et sa gloire.
Il n’y a rien à voir. Elle n’échappe à la
torture que pour subir l’ennui. Elle n’a qu’à regarder
autour d’elle pour avérer que rien de ce qui
est présent ne lui suffit.
À l’orient de tout voilà le véritable niveau humain !
navigateur des cieux, voilà l’horizon de lourd
mercure qu’il me fallait trouver pour y construire
par-dessus mes observations.
Voilà pourquoi à la voix de Saint Paul j’ai quitté
Athènes, oh ! quel dégoût j’avais de toutes ces académies
et de Madame Sainte Minerve, déesse des
professeurs !
Je ne suis pas allé vers l’Est. J’ai compris que
pour sauver l’Europe, pour fondre en un seul corps
ce grand vaisseau qui battant les flots de ses ailes
informes essaye de s’arracher à la terre, pour
échapper à cette masse de boue, pour trouver la
direction,<noinclude>
<references/></noinclude>
68eom62xc2qsxrxgjeqvjm8kpb80k37
Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/33
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki /> Et l’autre d’expliquer tranquillement : — Passer sacs sur le dos, premier ; après, passer brouette. De l’identité remarquable des réponses, Jean conclut que sans doute tous les membres de ces tribus africaines sont aptes à réussir aussi brillamment dans ce genre d’examen. Comment se serait-il douté qu’à une même question, déjà posée la veille, le même individu n’ait pas répondu, impatienté : — Je vais faire c... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude><nowiki />
Et l’autre d’expliquer tranquillement :
— Passer sacs sur le dos, premier ; après,
passer brouette.
De l’identité remarquable des réponses, Jean
conclut que sans doute tous les membres de ces
tribus africaines sont aptes à réussir aussi brillamment
dans ce genre d’examen. Comment se
serait-il douté qu’à une même question, déjà posée
la veille, le même individu n’ait pas répondu,
impatienté :
— Je vais faire comme j’ai fait hier !
Cependant, Jean est étonné, lorsque, à l’arrivée,
le même verre de vin est refusé de la même
façon.
— Tu ne bois donc pas d’alcool, toi non plus ?
— Non.
— Musulman, alors ?
— Oui.
— Tiens, pense Jean, tous musulmans, tous
pratiquants dans cette compagnie-là… Et comment
t’appelles-tu, toi ?
— Métey.
— Métey ?… ils s’appellent donc tous Métey ?…
qu’est-ce que cela signifie ? Ce n’est pourtant pas
toi qui es venu hier avec moi ?
— Si, y a moi ! fait le noir en épanouissant encore
le grand sourire blanc qui accompagnait
toutes ses réponses.
Jean a raconté son aventure, à table, à la
grande hilarité de tous.
— Comment expliquez-vous, lieutenant, a-t-il
conclu, que ce nègre n’ait pas trouvé moyen de
me faire savoir, au cours d’une promenade de
deux heures, qu’il l’avait déjà faite la veille ?
Et qu’il n’ait pas éprouvé le besoin de me faire
sentir que je lui répétais inutilement les mêmes<noinclude>
{{nr|||27}}
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/215
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
C’est la proue qu’il fallait, c’est à la pointe
qu’il fallait me placer là où il n’y avait plus devant
moi que les étoiles, c’est le monde entier qu’il
fallait mettre derrière mon dos.
Et pour guider les hommes à travers les flots et
la nuit quelle meilleure lanterne y avait-il que celle
que fait à mon poing ma tête coupée ? (''Il prend place sur le piédestal.'')
{{Personnage|DONA MUSIQUE|||uc|sm}}. ― Mon Dieu, qui êtes aujourd’hui !
Mon Dieu, qui serez demain, je vous donne mon
enfant, mon Dieu, il frappe en moi et je sais
qu’il existe.
Qu’importe le présent quand déjà mon enfant
en moi est tout formé ?
C’est en lui que je me multiplie comme un grain
de froment qui nourrira des peuples entiers, c’est
en lui que je me réunis et que je tends les mains
de toutes parts à ces peuples qui ne sont pas encore.
Qu’ils sentent ma chair avec leur chair et dans
leur âme mon âme qui ne fait aucun reproche
à Dieu mais qui dit violemment Alleluia et merci !
Qu’importe le désordre, et la douleur d’aujourd’hui
puisqu’elle est le commencement d’autre chose, puisque
Demain existe, puisque la vie continue, cette démolition
avec nous des immenses réserves de la création,
Puisque la main de Dieu n’a pas cessé son mouvement
qui écrit avec nous sur l’éternité en lignes
courtes ou longues,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/216
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Jusqu’aux virgules, jusqu’au point le plus imperceptible,
Ce livre qui n’aura son sens que quand il sera fini.
C’est ainsi que par l’art du poète une image aux
dernières lignes vient réveiller l’idée qui sommeillait
aux premières, revivifier maintes figures à moitié
faites qui attendaient l’appel.
De tous ces mouvements épars je sais bien qu’il
se prépare un accord, puisque déjà ils sont assez
unis pour discorder.
Mon Dieu, faites que cet enfant en moi que je
vais planter en ce centre de l’Europe soit un créateur
de musique et que sa joie à toutes les âmes
qui l’écoutent serve de rendez-vous.
(''Entre'' SAINT ADLIBITUM ''précédé d’une sorte de Nymphe aux cheveux verts entremêlés de roseaux et tenant une rame dorée.'')
{{Personnage|SAINT ADLIBITUM|||uc|sm}}. ― L’Europe dort sous la
neige, ah ! elle a bien gagné ce petit moment de
repos.
Mais bientôt voici que de nouveau ses forces
redeviennent disponibles et que dans un recommencement
inépuisable elle ressent de toutes parts
l’intérêt inépuisable de la mer.
J’aime cette région des sources où chaque goutte
d’eau qui tombe hésite entre les pentes qui lui
sont offertes, mais il en est une que je préfère.
Tous les fleuves vont vers la mer qui est semblable
au chaos, mais le Danube coule vers le
Paradis.
C’est en vain qu’on nous dit qu’il n’y a plus<noinclude>
<references/></noinclude>
fm1dulq8z3walmlogfss7iq0p7xic2e
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/217
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>de ce côté que le désert, des empilements de montagnes
si hauts qu’on voit bien que ce n’est plus
la mesure humaine.
Sans doute il fallait que le Jardin primitif soit
effacé, comme une ville condamnée dont on retourne
le sol et dont on encombre les abords avec
des pierres, comme un cœur ravagé par la pénitence.
L’Espace du moins est resté libre et vacant, le
Vent de Dieu y souffle et jamais rien d’humain n’a
pu s’y établir.
C’est là qu’est la Patrie, ah ! de t’avoir quittée
quelle est notre infortune ! c’est de là chaque année
que revient le soleil et le printemps !
C’est là que fleurit la rose ! c’est là que tend mon
cœur avec des délices inexprimables, c’est de ce
côté qu’il écoute avec d’immenses désirs quand
chantent le rossignol et le coucou !
Ah ! c’est là que je voudrais vivre ! c’est là que
va mon cœur !
{{d|(''Il se dirige vers le piédestal.'')|2}}
{{Brn|2}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>de ce côté que le désert, des empilements de montagnes
si hauts qu’on voit bien que ce n’est plus
la mesure humaine.
Sans doute il fallait que le Jardin primitif soit
effacé, comme une ville condamnée dont on retourne
le sol et dont on encombre les abords avec
des pierres, comme un cœur ravagé par la pénitence.
L’Espace du moins est resté libre et vacant, le
Vent de Dieu y souffle et jamais rien d’humain n’a
pu s’y établir.
C’est là qu’est la Patrie, ah ! de t’avoir quittée
quelle est notre infortune ! c’est de là chaque année
que revient le soleil et le printemps !
C’est là que fleurit la rose ! c’est là que tend mon
cœur avec des délices inexprimables, c’est de ce
côté qu’il écoute avec d’immenses désirs quand
chantent le rossignol et le coucou !
Ah ! c’est là que je voudrais vivre ! c’est là que
va mon cœur !
{{d|(''Il se dirige vers le piédestal.'')|2}}
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
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Nobbfj
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « propos ? Il a dû se dire : « Le Moussié n’a pas une conversation très variée. » — Il ne s’est sans doute rien dit, assure Duret, tant le ressassement paraît naturel à un noir de la part d’un blanc. Songez qu’à l’exercice nous recommençons tous les jours les mêmes leçons. S’il a fait une réflexion quelconque, ce ne peut être que celle-ci : « En Europe, pour apprendre à récolter du bois, on répète tous les jours la théori... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude>propos ? Il a dû se dire : « Le Moussié n’a pas
une conversation très variée. »
— Il ne s’est sans doute rien dit, assure Duret,
tant le ressassement paraît naturel à un noir de
la part d’un blanc. Songez qu’à l’exercice nous
recommençons tous les jours les mêmes leçons.
S’il a fait une réflexion quelconque, ce ne peut
être que celle-ci : « En Europe, pour apprendre
à récolter du bois, on répète tous les jours la
théorie, chez les civils, tout à fait comme au
camp pour apprendre à lancer les grenades.
Nous ne savons pas ce que Métey a pensé de
nous ; avons-nous même occupé sa pensée ?
Longtemps, nous lui avons reproché l’excessive
discrétion de ses paroles et de ses manières. Ce
n’est que plus tard, quand nous parlerons de la
froideur de Métey à l’un de ses camarades devenu
notre ami, que celui-ci repoussera notre jugement :
— Lui, Métey, il avait honte, seulement. (Il
était intimidé.)
Nous n’avons jamais revu Métey, tué, peu
après, à la guerre ; mais son camarade devait
avoir raison. Maintenant que nous connaissons
les noirs, nous les évaluons d’après leurs sourires.
Nous ne nous rappelons pas les traits de
Métey Saar, mais nous nous rappellerons toujours
ses sourires ; ils étaient purs comme la
fenêtre ouverte.
Aussi lointain que Métey, nous semble d’abord
Seydou N’Diaye, qui le remplace dans ses fonctions.
Quand il cire les bottes de son officier,
près de notre seuil, indéfiniment, il est si profondément
absorbé que nous avons envie de
marcher sur la pointe des pieds en passant près<noinclude>
{{nr|28||}}
<references/></noinclude>
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Page:Cousturier - Des inconnus chez moi, 1920.djvu/35
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Nobbfj
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « de lui, comme si nous le surprenions en prière. Il ne semble pas qu’il nous aperçoive, car il ne nous salue même pas. Deux mois plus tard, après que Duret nous a quittés, nous sommes étonnés, en ville, de nous entendre souhaiter le bonjour par un nègre. Quel nègre ? — C’est Seydou N’Diaye, maman, assure mon fils ; je le reconnais à son nez, ou plutôt à ce qu’il n’a pas de nez. François, à Paris, collectionnait les nez franç... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Nobbfj" /></noinclude>de lui, comme si nous le surprenions en prière. Il
ne semble pas qu’il nous aperçoive, car il ne
nous salue même pas.
Deux mois plus tard, après que Duret nous a
quittés, nous sommes étonnés, en ville, de nous
entendre souhaiter le bonjour par un nègre. Quel
nègre ?
— C’est Seydou N’Diaye, maman, assure mon
fils ; je le reconnais à son nez, ou plutôt à ce
qu’il n’a pas de nez.
François, à Paris, collectionnait les nez français ;
voilà qu’il commence à collectionner les
nez africains. Cependant, une autre fois, l’obscurité
trahit le jeune physionomiste. Comme il rentre
à la nuit, en hâte, un sac d’herbages sur le
dos, il entend derrière lui un pas précipité. Emulation
ou inquiétude, il se hâte encore plus. En
vain. Un tirailleur, essoufflé, le rejoint : c’est
Seydou qui a voulu l’atteindre de son salut et
qui s’en retourne.
D’où lui vient cet empressement ? c’est un
mystère. Seydou est jeune : dix-huit ans. Il est
depuis peu en France. Peut-être sa transplantation
avait-elle suspendu les manifestations extérieures
de sa vie, ainsi qu’il arrive chez les plantes,
et ces ardents bonjours sont-ils un premier
bourgeon ? C’est assez vraisemblable, car l’automne
suivant, la verve de Seydou sera luxuriante.<noinclude>
{{nr|||29}}
<references/></noinclude>
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Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/20
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Lorlam
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<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" />{{nr|24|{{sc|fables}}}}</noinclude>lombier blanchi et plein de petits trous ; ils
passaient le temps dans une douce société avec
leur fidèles compagnes. Leurs cœurs étaient
tendres, le plumage de leurs cous était changeant,
et peint d’un plus grand nombre de
couleurs que l’inconstante Iris. On entendait le
doux murmure de ces heureux pigeons, et leur
vie était délicieuse. L’un {{corr|deux|d’eux}}, se dégoûtant
des plaisirs d’une vie paisible, se laissa séduire
par une folle ambition, et livra son esprit aux
projets de la politique. Le voilà qui abandonne
son ancien ami : il part, il va du côté du Levant.
Il passe au-dessus de la Méditerranée,
et vogue avec ses ailes dans les airs comme un
navire avec ses voiles dans les ondes de Téthys.
Il arrive à Alexandrie ; de là il continue
son chemin, traversant les terres jusques à
Alep. En y arrivant, il salue les autres pigeons
de la contrée, qui servent de courriers réglés,
et il envie leur bonheur. Aussitôt il se répand
parmi eux un bruit qu’il est venu un étranger
de leur nation, qui a traversé des pays
immenses. Il est mis au rang des courriers ;
il porte toutes les semaines les lettres d’un
bacha, attachées à son pied, et il fait vingt-huit
lieues en moins d’une journée. Il est orgueilleux
de porter les secrets de l’état, et il<noinclude>
<references/></noinclude>
cesghcrfy2e78gty6qe1sje31kb8his
Page:Ibn Khaldoun - Histoire des Berbères, trad. Slane, tome 2.djvu/87
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Aziouez
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<noinclude><pagequality level="3" user="Aziouez" />{{nr|78|HISTOIRE DES BERBÈRES.|}}</noinclude>des Almoravides. Il trouva ce prince à Fez où il s’occupait à lever des troupes pour la guerre sainte, et, voulant lui fournir un point d’appui pour les opérations militaires qui devaient avoir lieu en Espagne, il ôta à son propre fils, Er-Radi, le commandement d’{{Corr|Algeciras|Algésiras}} et remit cette forteresse au chef africain. En l’an 479 (1086){{Corr||,}} Youçof y débarqua avec ses troupes almoravides et les contingents fournis par les tribus du Maghreb. El-Motamed-Ibn-Abbad, accompagné d’Ibn-el-Aftas, souverain de Badajos, allèrent le recevoir, pendant que le fils d’Alphonse, roi des Galiciens<ref>Ibn-Khaldoun avait assez de renseignements sur l’Espagne chrétienne pour savoir que ce prince s’appelait ''Alphonse'' ; qu’il était fils{{Corr|.|,}} non pas d’Alphonse mais de Ferdinand et roi, non-seuelement de Galice, mais de Léon et de Castille. Ici il a suivi l’usage des historiens arabes qui désignent presque toujours les rois de Castille par le titre de ''fils d’Alphonse''. — Nous prendrons cette occasion pour faire observer qu’en arabe le nom d’Alphonse s’écrit ''Adefouns'' ou ''Adfounch'', avec un ''d'' ponctué, lettre qui représente le ''th'' doux des Anglais. Cette orthographe peut se justifier : dans le trésor de l’église de Saint-Jacques, à Compostelle, se voit encore un crucifix portant l’inscription suivante : ''Hoc opus perfectum est in era'' {{sc|ixoo}} ''et duodecima. Hoc signo vincitur inimicus, hoc signo tuetur pius, hoc offerunt famuli Dei'' Adefonzus, ''princeps et coniux''. L’an 912 de l’ère d’Espagne répond à l’an 874 de {{J.-C.}} et à l’an 261-2 de l’hégire. Alphonse III, le grand, était alors roi des Asturies et de Léon.</ref>, rassemblait en Castille les populations de la chrétienté.
En l’an 479 (1086)<ref>Le texte imprimé et les manuscrits portent la date de 481. Plus loin, ils offrent 486 à la place de 481.</ref>, les musulmans rencontrèrent l’armée d’Alphonse à Ez-Zellaca, près de Badajos, et remportèrent sur elle une victoire à jamais célèbre. Youçof s’en retourna à Maroc après avoir laissé une garnison dans Séville sous les ordres de Mohammed-Ou-Meddjoun, fils de Semouïn-Ibn-Mohammed-Ibn-Oureggout. Cet officier, appelé aussi Ibn-el-Haddj, parce que son père avait porté le titre d’El-Haddj (''le pèlerin''), était parent de Youçof-Ibn-Tachefîn et un de ses généraux les plus distingués.
Le roi chrétien se jeta alors sur l’Espagne orientale sans {{tiret|éprou|ver}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/21
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Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" />{{nr||{{sc|{{lc|DE FÉNELON}}}}.|25}}</noinclude><section begin="s1"/>a pitié de son ancien compagnon, qui vit sans
gloire dans le trou de son colombier. Mais un
jour, comme il portait des lettres du bacha,
soupçonné d’infidélité par le grand-seigneur,
on voulut découvrir, par les lettres de ce bacha,
s’il n’avait point quelque intelligence secrète
avec les officiers du roi de Perse : une
flèche tirée perce le pauvre pigeon, qui, d’une
aile traînante, se soutient encore un peu,
pendant que son sang coule. Enfin il tombe,
et les ténèbres de la mort couvrent déjà ses
yeux : pendant qu’on lui ôte ses lettres pour
les lire, il expire, plein de douleur, condamnant
sa vaine ambition, et regrettant le doux
repos de son colombier, où il pouvait vivre en
sûreté avec son ami.
<section end="s1"/>
<section begin="s0"/>{{séparateur personnalisé|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6|elo|15|co|6}}
{{Interligne}}
{{Centré|FABLE {{rom-maj|XII}}.|fs=140%}}
<section end="s0"/>
<section begin="s2"/>{{Centré|''Le Rossignol et la Fauvette.''|m=2em}}
{{t|S|120}}{{sc|ur}} les bords toujours verts du fleuve Alphée,
il y a un bocage sacré, où trois Naïades
répandent à grand bruit leurs eaux claires,<section end="s2"/><noinclude>
<references/></noinclude>
s9j0d17qvsi37ouu4xagc1a098ue1fn
Fables de Fénelon/Le Pigeon puni de son inquiétude
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2026-05-08T21:48:45Z
Lorlam
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Page créée avec « {{TextQuality|100%}} <pages index="Fénelon - Fables, édition 1800.djvu" from=19 fromsection=s2 to=21 tosection=s1 header=1 /> »
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<pages index="Fénelon - Fables, édition 1800.djvu" from=19 fromsection=s2 to=21 tosection=s1 header=1 />
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Page:Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines - Daremberg - I 1.djvu/220
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Yland
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « nous n’avons pas indiqué l’origine, au moins probable. Ici nous ne saurions reconnaître aucune source, ni cadméenne, ni directement phénicienne. On ne peut absolument, croyons-nous, considérer ces caractères que comme des signes purement conventionnels inventés pour compléter l’alphabet. Parmi les lettres additionnelles que nous venons de passer en revue, il importe d’en distinguer de deux sortes, qui constituent deux phases différentes dans les... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Yland" />{{nr|ALP|— 204 —|ALP}}</noinclude>nous n’avons pas indiqué l’origine, au moins probable. Ici nous ne saurions reconnaître aucune source, ni cadméenne, ni directement phénicienne. On ne peut absolument, croyons-nous, considérer ces caractères que comme des signes purement conventionnels inventés pour compléter l’alphabet.
Parmi les lettres additionnelles que nous venons de passer en revue, il importe d’en distinguer de deux sortes, qui constituent deux phases différentes dans les modifications apportées ; l’alphabet cadméen.
{{1o}} Les lettres qui sont communes aux quatre écritures grecques secondaires. Ce sont X et peut-être î S’. Ces deux derniers signes ne se rencontrent, il est vrai, que dans les alphabets éolo-dorien, ionien et insulaire ; mais il est probable qu’ils avaient été supprimés dans l’alphabet attique, comme un certain nombre de lettres cadméennes, parce qu’au lieu de {{lang|grc|σσ}} et {{lang|grc|πσ}} on prononçait en attique {{lang|grc|χσ}} et {{lang|grc|φσ}}, exprimés par {{lang|grc|ΧϞ}} et {{lang|grc|ΦϞ}}.
Les caractères que nous venons d’indiquer, étant communs à tous les alphabets secondaires, doivent avoir été ajoutés à l’écriture avant la séparation de ces alphabets. Ce fait aura pour nous une très-grande importance, lorsque nous étudierons tout à l’heure les passages des grammairiens anciens sur la formation de l’alphabet hellénique.
{{2°}} Les lettres qui sont particulières à une des quatre écritures, et qui ont été, par conséquent, ajoutées après leur séparation. Ce sont : F, + = ?, •if =X pour l’alphabet éolo-dorien ; F pour le premier groupe de l’alphabet des îles ; i2 = o, C o u © = w pour le second ; enfin n = w, pour l’alphabet ionien.
L’invention du l en forme de X ou + a été la cause de celle du / en forme de ^^. On peut conjecturer d’après les inscriptions d’Ibsamboul que cette dernière figure était le tracé primitif du -i^. Mais lorsqu’une partie des peuples éolo-doriens eut tiré du K, pour rendre la prononciation x(7, la figure + ou X, ces mêmes peuples ne purent plus, à moins de tomber dans une confusion inextricable, employer pour le X le tracé primitif X ou +. Ils s’arrêtèrent pour rendre cette articulation aspirée, à la figure conventionnelle >i>, à laquelle ne se rattachait aucune valeur essentielle et de tradition. Mais comme ce nouveau ^ eût pu facilement se confondre avec le J/, on allongea le trait central du -^ ou on doubla la lettre dans deux sens opposés, et on obtint ainsi les deux figures S’ et)iC, dont la première finit par être adoptée partout.
''Ordonnance nouvelle de l’alphabet grec''. — L’alphabet cadméen ou premier alphabet grec, comprenant jus te les vingt-deux lettres de l’alphabet phénicien, devait suivre encore la même ordonnance. C’est ainsi que nous l’avons disposé dans notre tableau ({{fig.}}231). Nous avons encore fait de même dans le suivant ({{fig.}}232,) destiné principalement à montrer comment les alphabets grecs secondaires étaient issus de ce type primitif, et pour y faire mieux comprendre l’origine des lettres nouvelles ajoutées au fond premier, nous les avons placées en face des caractères cadméens d’où elles ont été tirées. Mais un fait important coïncida avec l’invention des lettres qui caractérisent les alphabets de l’époque secondaire et qui manquaient au type cadméen, comme au phénicien ; ce fut l’adoption d’une ordonnance nouvelle de l’alphabet, qui depuis s’est toujours conservée chez les Grecs.
Cette ordonnance diffère sur quelques points assez notablement de celle des alphabets sémitiques et n’est complète qu’en y comprenant les trois lettres inusitées dans les habitudes ordinaires de l’écriture et maintenues seulement comme signes numéraux, Baîi, xoTtira et ca’fxTrt. En la mettant en regard de l’ordonnance de l’alphabet phénicien, que les Hébreux ont exactement conservée, on y observe les différences suivantes :
1° Le nom et la place du ^ ont été donnés à son dérivé postérieur et secondaire, F, au lieu d’appartenir comme de droit à son dérivé le plus ancien et le plus voisin, Y qui prend le nom de b’|iXôv et est rejeté à la suite du T.
2° La place du i est donnée à son dérivé secondaire, ï, tandis que son premier dérivé, {{lang|grc|Σ}}, conservant le nom de {{lang|grc|σῖγμα}}, est rejeté immédiatement avant le {{lang|grc|Τ}}, au lieu où devrait être le caractère correspondant au {{lang|grc|W}}.
3° Le nom de xÔTma, c’est-à-dire de rj’ip, passe au dérivé du 2, Ij sorti de ''l, tandis que le p n’a plus de correspondant ;
4° Le nàv, sorti de W et portant encore le même nom, — altéré en lâfATic, parce que dans le tracé qui lui fut donné plus tard, 71)., on croyait voir un cr lunaire et un t : combinés — expulsé de sa place par le aîyfjia, est rejeté à l,i queue de l’alphabet, après l’wixÉya.
On ne saurait malheureusement déterminer d’une manière précise à quelle époque ont été introduits ces bouleversements dans l’ordonnance primitive empruntée aux Phéniciens. Ce qui est certain, c’est que l’ordonnance nouvelle remonte à une haute antiquité (car l’alphabet archaïque du vase découvert à Cœré en Étrurie et connu sous le nom de vase Galassi**43, est exactement disposé dans l’ordre qui sert encore) et en contient toutes les lettres, sauf le {{lang|grc|σὰν}}, le {{lang|grc|ψῖ}} et l’{{lang|grc|ὦμέγα}}, cette dernière lettre inconnue aux Doriens :
{{lang|grc|ΑΒΓΔΕϜΖΗΘΙΚΛΜΝΞΟΠϞΡΣΤΥ}}{{?|grec archaïque}}{{lang|grc|Φ}}{{?|grec archaïque}},
On peut ajouter que, sauf l’addition de l’i », laquelle doit être postérieure et avoir remplacé le + = x(r tombé en désuétude, cette ordonnance a été inventée dans un pays dorien où on ne faisait usage ni du ? ni du <jâv. L’origine dorienne ou dans les domaines de la première variété de l’alphabet des îles est attestée par la présence du F, lettre exclusivement propre ; ces deux systèmes d’écriture.
Il est une loi que l’on constate d’abord dans ces modifications de l’ordonnance de l’alphabet, mais dont la cau^^e demeure inconnue, c’est que lorsqu’un caractère phénicien a fourni deux lettres grecques, le dérivé secondaire a été mis au lieu et place de ce caractère, tandis que son premier dérivé a été rejeté ailleurs. C’est ce que nous avons remarqué pour le i et le c Les doux lettres qui dans le phénicien et dans l’alphabet cadméen se trouvaient placées entre t] et i ou FI et P, M et î correspondant à 2 et p, ont été réduites à une seule. Probablement pendant un certain temps on employa pour exprimer le chiffre 90, tantôt V et tantôt f^ suivant les pays ; ; la fin le V ^ devenu L, l’emporta, comme il l’a emporté déjà dans
43 Lepsius, ''Ann. de l’Inst. Arch.'' {{t.}}VIII, {{pl.}}B, {{n.}}1 ; Franz, ''Elem. epigr. graec. {{pg}}22 ; ''Mus. Gregorian.'' {{t.}}{{rom-maj|II}}, {{pl.}}ciii ; Corp. insc. graec. {{n.}}8342.<noinclude>
<references/></noinclude>
7vxkciv09c4gy96k93qq06ttcuai72x
La Prairie parfumée
0
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Hsarrazin
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{{Œuvre}}
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Hsarrazin
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Ajout de la catégorie [[Catégorie:Oeuvre de Cheikh Nefzaoui]] avec HotCat
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{{Œuvre}}
[[Catégorie:Oeuvre de Cheikh Nefzaoui]]
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Page:Feval fils - Le fils de Lagardere (theatre), 1908.djvu/36
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Lorlam
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<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude><nowiki />
{{Personnage|KNAUSS.|c}}
Je dois aller attendre {{M.|le Marquis}} à la barrière
et lui donner la réponse de monsieur le Comte.
{{Personnage|LAGARDÈRE.|c}}
Je n’ai pas le droit de lui refuser aide et au besoin
protection. Va au-devant de ton maître, mon garçon,
et dis-lui que la chose est entendue, qu’il peut
compter sur moi !…
{{PersonnageD|KNAUSS|c|s’inclinant.}}
Oh ! {{M.|le Marquis}} va être bien content.
{{di|Il sort.|d|3}}
{{scène|X}}
{{acteurs|LAGARDÈRE, seul, puis BATHILDE.|n}}
{{Personnage|LAGARDÈRE.|c}}
Singulier rendez-vous !… et singulière heure pour
une rencontre. Mon devoir est de n’y pas manquer.
{{di|(À ce moment on voit entrer Bathilde dans le compartiment
de gauche. Elle s’assied près de la table et écrit. Lagardère
regardant la lettre :)}} C’est bien son écriture et ses armes.
Il n’y a pas à douter.
{{di|Il sort par la droite.|d|2}}
{{scène|XI}}
{{acteurs|BATHILDE, à gauche, puis GERMAIN.|n}}
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
Ce Peyrolles a tout empire sur moi… mais il ne<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Feval fils - Le fils de Lagardere (theatre), 1908.djvu/37
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Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude>me fera pas commettre un crime !… L’enfant ne
mourra pas. Je l’ai résolu.
{{di|On frappe à la porte de gauche.|d|2}}
{{PersonnageD|BATHILDE|c|se levant.}}
C’est lui !…
{{PersonnageD|GERMAIN|c|paraissant à gauche.}}
L’homme est là, mademoiselle !
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
Personne ne l’a vu pénétrer dans l’hôtel ?
{{Personnage|GERMAIN.|c}}
Personne.
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
C’est bien ! Introduisez-le !
{{A|{{di|Germain sort à gauche. Bathilde prend un masque de velours qu’elle se met sur la figure, puis va à la porte de gauche prendre la main de {{M.|Hélouin}} que l’on voit paraître les yeux bandés conduit par Germain qui se retire aussitôt.}}}}
{{scène|XII}}
{{acteurs|BATHILDE, MONSIEUR HÉLOUIN.|n}}
{{PersonnageD|BATHILDE|c|l’attirant par la main.}}
Ne craignez rien, monsieur.
{{Personnage|HÉLOUIN.|c}}
En acceptant les étranges conditions de ce rendez-vous,
j’ai prouvé que je ne craignais rien.
{{PersonnageD|BATHILDE|c|qui est allée fermer au verrou la porte de communication.}}
Vous pouvez enlever votre bandeau.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Feval fils - Le fils de Lagardere (theatre), 1908.djvu/38
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Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" /></noinclude><nowiki />
{{PersonnageD|HÉLOUIN|c|découvrant ses yeux.}}
Merci ! {{di|(L’apercevant masquée.)}} Oh ! oh ! non seulement
j’ignore où je suis, mais je
ne saurai même pas
à qui je m’adresse.
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
Monsieur, le mystère dont je m’entoure vous semblera
moins étrange quand je vous aurai dit qu’un
crime est sur le point d’être commis, qu’à tout prix
je veux empêcher ce crime et que vous seul pouvez
m’aider en cette circonstance.
{{Personnage|HÉLOUIN.|c}}
Moi !
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
J’ai entendu parler de vous, monsieur Hélouin.
Je sais que vous êtes un homme savant, honnête et
discret. C’est pour cela que je me suis adressée à
vous.
{{Personnage|HÉLOUIN.|c}}
Vous connaissez les gens qui doivent accomplir
le crime dont vous me parlez ?
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
Oui, monsieur.
{{Personnage|HÉLOUIN.|c}}
Eh ! bien, madame, il me semble que le meilleur
moyen serait de les dénoncer à la justice.
{{Personnage|BATHILDE.|c}}
Non ! Ils sont puissants et le crime se commettrait
quand même !
{{Personnage|HÉLOUIN.|c}}
Alors, je vous écoute.<noinclude>
<references/></noinclude>
l4a544prz7thnqx1az2rf27oawiy9li
Page:Ibn Khaldoun - Histoire des Berbères, trad. Slane, tome 2.djvu/88
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Aziouez
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Aziouez" />{{nr||LES SANHADJA. — DYNASTIE ALMORAVIDE.|79}}</noinclude>{{tiret2|éprou|ver}} aucune résistance de la part des émirs indépendants qui s’étaient partagé ce pays. Ibn-el-Haddj marcha contre lui, la même année, à la tête des troupes almoravides, et mit les chrétiens dans une déroute vraiment honteuse. Ayant alors déposé Ibn-Rechîc, seigneur de Murcie, il se dirigea sur Denia, et en força le seigneur, Ali-Ibn-Modjahed, à partir pour Bougie. En-Nacer-Ibn-Alennas, souverain de cette ville, accueillit le fugitif avec une haute distinction.
Le même général almoravide plaça alors un corps de troupes à la disposition d’Ibn-Hadjaf, cadi de Valence, qui était venu le pousser à faire une expédition contre El-Cader-Ibn-di-’n-Noun. Ce détachement occupa Valence, en l’an 485 (1092), et Ibn-di-’n-Noun y perdit la vie. {{Corr|A|À}} la réception de cette nouvelle, le roi chrétien alla camper sous les murs de la ville conquise et s’en empara, l’an 487. Plus tard, les Almoravides s’en rendirent maîtres, et Youçof-Ibn-Tachefîn en donna le commandement à l’émir Mezdeli.
En 481 (1088){{Corr||,}} Youçof passa en Espagne pour la seconde fois et remarqua que les émirs indépendants mirent très-peu d’empressement à venir le recevoir. Ces chefs s’étaient souvenus du mécontentement qu’il avait déjà éprouvé en les voyant accabler leurs sujets d’impôts, de corvées et de vexations de toute espèce. Sommés par lui, à cette époque, de faire cesser ces abus et de rentrer dans la légalité, ils évitèrent de se rencontrer avec lui. Ibn-Abbad fut le seul qui alla le rejoindre, et il profita même du peu d’empressement que montraient ses voisins pour tourner contre eux la colère du monarque africain. Il se fit même livrer Ibn-Rechîc contre lequel il nourrissait une haine violente. Youçof envoya alors un corps d’armée contre Almeria, et il en mit le seigneur, Ibn-Somadeh, dans la nécessité de se réfugier auprès d’El-Mansour-Ibn-en-Nacer, souverain de Bougie.
Comme les chefs indépendants qui régnaient en Espagne s’étaient engagés, d’un accord unanime, à ne fournir ni troupes ni approvisionnements aux Almoravides, Youçof conçut d’eux une opinion très-défavorable, et soumit leur conduite au jugement des légistes et des hommes d’Espagne et de Maghreb les plus {{tiret|ca|pables}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Arbeau - Orchesographie, 1589.djvu/23
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>marchoient ensemble, & chacun d’eulx vouloit aller à part selon l’une des trois diversités ils ne s’accorderoient pas : car il fauldroit que tous trois marchassent, ou vittement, ou bellement, ou mediocrement.
{{C|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Il n’y a point de doubte.
{{C|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
C’est pourquoy, en la marche de la guerre, le françois a faict servir le tambour pour tenir la mesure, suyvant laquelle les soldats doibvent marcher. combien que la plus grande part des soldats n’y sont guieres bien exercés, non plus qu’en tout le reste de l’art militaire, mais pour cela je ne laisseray d’en escripre les modes.
La mesure & battement du tambour, contient huict minimes blanches, desquelles les cinq premieres sont battues & frappées scauoir les quatre premieres chacune d’un coup de baston, seul & la cinquieme des deux battons tout ensemble, & les trois aultres sont {{corr|teues|tenues}} & retenues, sans estre frappées.
{{c|<score sound>
\new DrumStaff <<
\override Staff.NoteHead #'style = #'petrucci
\override Staff.Rest #'style = #'neomensural
\clef "petrucci-f3"
\time 2/2
\drummode
{ \cadenzaOn \scaleDurations 1/2 {
tomml2 tomml tomml tomml tomml r2 r2 r2
} }
\new Lyrics \lyricmode {
Tan4 tan tan tan tan.
}>>
</score>}}
Pendant le son & battement de ces cinq blanches & trois souspirs le soldat faict une passée, c’est à dire, il passe & extend ses deux jambes tellement que sur la premiere notte, il pose & assiet son pied gaulche, & durant les trois aultres nottes, il leve le pied droict, pour le poser & asseoir sur la cinquieme notte, & durant les trois souspirs qui equipolent à trois nottes, il releve son pied gaulche pour recommancer une aultre passée comme auparavant : Et ainsi consequemment tant que le chemin dure en sorte qu’en deux mil cinq cents battements de tambour le<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Arbeau - Orchesographie, 1589.djvu/24
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Psephos
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>soldat marche la longueur d’une lieue.
{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Pourquoy faictes vous marcher le pied gauche le premier ?
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Parce que la plus grande part des hommes sont droictiers, & que le pied gaulche est le plus foible, & s’il advenoit que le pied gaulche vacilast par quelque inconvenient, le pied droict seroit incontinent prest pour le soulager.
{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Il me semble qu’une passée, en latin ''passus'' est dicte de l’expansion des deux bras, & non des deux {{corr|pieds,|pieds.}}
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Regardés bien & treuverés en le mesurant que la passée des deux pieds est de mesme longueur, que l’expansion ou extension des deux bras, que les geometriens estiment estre de cinq pieds.
{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Vous forcomptés vous point, de dire qu’il fault pour une lieue marcher deux mil cinq cents battements de tambour car la lieue ne tient que deux mil passées qui font deux mil battements de tambour à prendre comme vous dictes, à chacun battement de tambour une passée.
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Une seulle passée, tient veritablement cinq pieds, & en fault deux mil pour la lieue, mais quant on faict soubs le tambour plusieurs passées l’une aprés l’aultre, chacune passée n’a que quatre pieds, d’aultant que le pied de la cadance de la premiere passée sert de position à la deuxieme : & ainsi de passée en passée tellement que lesdictes passées ne contiennent chacune que quatre pieds, & par ainsi fault pour une lieue deux mil cinq cents passées, qui font deux mil longueurs de cinq pieds geometriques.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Arbeau - Orchesographie, 1589.djvu/25
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Psephos
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text/x-wiki
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{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Je le comprends fort bien maintenant.
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Oultre ce vous debués penser que quant les battements du tambour sont diversiffiés, ils en sont plus aggreables, & pour ceste cause ceulx qui le battent mectent que quelqueffois les cinq minimes blanches & les trois souspirs comme dessus a esté notté, quelqueffois en lieu des blanches, ils mectent deux minimes noires ou quatre crochues, comm il leur vient en phantasie, mais ce pendant il fault que la cinquieme notte soit entiere blanche, si ce n’est qu’ils veuillent continuer deux ou trois ou plusieurs battements, car lors ils ne font point les trois souspirs fors au dernier.
{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
J’entends quasi cecy, mais je vouldrois bien avoir exemple de ces diversités.
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Les diversités se font par les entremeslements des blanches, noires, & crochues.
{{c|''Capriol.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Donnés m’en veoir une liste, ou tabulature.
{{c|''Arbeau.''|mt=1em|mb=-0.5em}}
Vous scavés bien qu’une minime blanche emporte deux noires : & qu’une minime noire emporte deux crochues : ainsi pendant le temps d’une blanche, on en peult battre deux noires ou quatre crochues : & pour le mieulx remarquer appellons le son d’une minime blanche qui se faict par un coup de baston appelons le dis-je, Tan. ou Plan. Et le son de deux minimes noires, qui se faict par deux coups de bastons appellons le Tere, & le son de 4 crochues qui se faict par 4 coups de bastons Fre. Entremeslons puis aprés ces diversités les unes avec les aultres, & nous en treuverons de maintes sortes desquelles voicy une tabulature, en laquelle vous choisirés les sortes qui vous plairon le mieulx.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Mercure de France - 1758-08.djvu/194
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Psephos
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « sdt2 sdt2 artvi ne {{SDT2|lh=2px|esp=0|lb=0}} {{c|{{sp|0.5em|DU NOR}}D.|fs=125%}} {{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Varsovi}}e,}} ''le 25 Juin.''|fs=110%|ws=0.2em}} {{SA|{{i4|{{M.}}}} le Marquis de Monteil, ci-devant Ministre Plénipotentiaire de {{abr|{{lié|S. M. T. C.}}|Sa Majesté Très-Chrétienne}} auprès de l’Electeur de Cologne, a été nommé pour venir remplacer ici, en qualité d’Envoyé Extraordinaire & de Ministre Plénipotentiaire, {{M.|le Comte de... »
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On a eu avis que le Major Général Russien Demicku, ayant été détaché le 19{{lié}}Juin, de Konitz par le Comte de Romanzoff avec un corps de Troupes, étoit arrivé le 20 au soir près de Ratzembourg, & qu’y ayant trouvé un Parti de Hussards Prussiens, il l’avoit fait attaquer par cinq cens Cosaques soutenus par quelques Escadrons de Hussards ; que les Cosaques avoient d’abord dispersé l’ennemi qui avoit laissé vingt morts sur la place ; qu’on avoit fait sur lui trente deux prisonniers ; qu’enfin le reste avoit pris la fuite, & qu’il avoit été poursuivi jusqu’au nouveau Stettin.
{{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Stockol}}m,}} ''le 24 Juin.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1em}}
On équipe actuellement en ce Port plusieurs Galeres destinées à transporter en Poméranie les<noinclude>
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Psephos
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On a eu avis que le Major Général Russien Demicku, ayant été détaché le 19{{lié}}Juin, de Konitz par le Comte de Romanzoff avec un corps de Troupes, étoit arrivé le 20 au soir près de Ratzembourg, & qu’y ayant trouvé un Parti de Hussards Prussiens, il l’avoit fait attaquer par cinq cens Cosaques soutenus par quelques Escadrons de Hussards ; que les Cosaques avoient d’abord dispersé l’ennemi qui avoit laissé vingt morts sur la place ; qu’on avoit fait sur lui trente deux prisonniers ; qu’enfin le reste avoit pris la fuite, & qu’il avoit été poursuivi jusqu’au nouveau Stettin.
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On équipe actuellement en ce Port plusieurs Galeres destinées à transporter en Poméranie les<noinclude>
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Psephos
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text/x-wiki
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{{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Vienn}}e,}} ''le 22 Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1em}}
On apprend de Moravie que le Comte de Daun poursuit vivement les Prussiens avec toute son armée. Leur retraite a été si précipitée qu’ils ont abandonné leurs malades & leurs blessés, qui sont en très-grand nombre.
Tous les avis que nous recevons ne font que confirmer la perte que l’ennemi ne pouvoit jamais éviter en se retirant, à la vue d’une armée nombreuse & fort supérieure, par des montagnes & des défilés. On prétend que la nuit du 2{{lié}}Juillet, on a fait sur les Prussiens près de six mille prisonniers ; que le Général Putkammer a été pris avec sept cens Fusillers & trois cens Grenadiers ; qu’un Corps de dix mille hommes est entiérement coupé, que les ennemis ont encloué 60{{lié}}pieces de leur canon ; que la désertion occasionnée par cette retraite, n’est pas concevable ; qu’enfin ils font les plus grands efforts, pour gagner promptement le Comté de Glatz, mais que les Croates & les Pandoures font des marches forcées, pour tomber sur eux partout où ils peuvent les joindre, & qu’un Corps de trois mille Croates, qui a fait en dix heures neuf milles d’Allemagne, est allé se poster à Reinertz, pour leur couper les passages.
{{c|{{sc|D{{sp|0.1em|’Olmut}}z,}} '' en Moravie, le 12 Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1em}}
Il vint de tous côtés le 6 de ce mois des avis concernant la marche des Prussiens, & l’on apprit qu’une de leurs colonnes se portoit sur Konitz & Kornitz ; que leur Quartier Général é : où ce jour-là à Marisch-Tribau ; qu’une autre colonne de treize à quatorze mille hommes, aux ordres du<noinclude>
<references/></noinclude>
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Psephos
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text/x-wiki
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{{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Vienn}}e,}} ''le 22 Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1.25em}}
On apprend de Moravie que le Comte de Daun poursuit vivement les Prussiens avec toute son armée. Leur retraite a été si précipitée qu’ils ont abandonné leurs malades & leurs blessés, qui sont en très-grand nombre.
Tous les avis que nous recevons ne font que confirmer la perte que l’ennemi ne pouvoit jamais éviter en se retirant, à la vue d’une armée nombreuse & fort supérieure, par des montagnes & des défilés. On prétend que la nuit du 2{{lié}}Juillet, on a fait sur les Prussiens près de six mille prisonniers ; que le Général Putkammer a été pris avec sept cens Fusillers & trois cens Grenadiers ; qu’un Corps de dix mille hommes est entiérement coupé, que les ennemis ont encloué 60{{lié}}pieces de leur canon ; que la désertion occasionnée par cette retraite, n’est pas concevable ; qu’enfin ils font les plus grands efforts, pour gagner promptement le Comté de Glatz, mais que les Croates & les Pandoures font des marches forcées, pour tomber sur eux partout où ils peuvent les joindre, & qu’un Corps de trois mille Croates, qui a fait en dix heures neuf milles d’Allemagne, est allé se poster à Reinertz, pour leur couper les passages.
{{c|{{sc|D{{sp|0.1em|’Olmut}}z,}} '' en Moravie, le 12 Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1.25em}}
Il vint de tous côtés le 6 de ce mois des avis concernant la marche des Prussiens, & l’on apprit qu’une de leurs colonnes se portoit sur Konitz & Kornitz ; que leur Quartier Général é : où ce jour-là à Marisch-Tribau ; qu’une autre colonne de treize à quatorze mille hommes, aux ordres du<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Vers l’autre flamme, 1929, volume 3.djvu/159
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Acélan
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||''LA RUSSIE NUE''|157}}</noinclude>que la confiance ne peut se gagner que par la
persuasion, par le principe de la souscription
volontaire ? » (''Isvestia'', {{lié|25 avril}} 1928). Les ''Isvestia''
assument la tâche difficile d’en dire assez sans en
révéler trop, d’où ces expressions euphémiques,
dont on sait à quoi s’en tenir. Le même numéro du
journal publiait des lettres significatives sur les
procédés de souscription en vigueur : dans l’Oural,
un comité exécutif local ''convoque'' les habitants
de {{lié|40 kilomètres}} à la ronde pour leur « proposer »
des obligations ; peut-on décliner les « propositions »
de ceux qui ont le pouvoir de convoquer ? Du
côté de Kherson, des paysans essaient de s’en
tirer en demandant des titres de 5 ou {{lié|10 roubles}},
mais le fonctionnaire leur en « offre » de 50, 80 et
{{lié|100 roubles}} ; si les paysans se déclarent incapables
d’en acheter, le représentant de la « dictature du
prolétariat » dresse procès-verbal et en réfère au
tribunal pour « confiscation des biens ». Dans la
région de Stavropol, le délégué soviétique a reçu
pour {{lié|800 roubles}} d’obligations et il les répartit
lui-même entre les fermes et les divers groupes
de paysans ; même les ''batraks'' sont taxés, sans
être consultés le moins du monde ; lors de la distribution
de farine aux pauvres, les ''batraks'' furent
convoqués et sommés de faire leur versement dans
les trois jours, sous peine de privation de farine ;
pratiquement, c’est une menace de mort. Dans<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Vers l’autre flamme, 1929, volume 3.djvu/160
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|158|''LA RUSSIE NUE''}}</noinclude>l’Oural, un délégué déclare qu’il lui faut choisir
entre des poursuites pour échec dans le placement
de ses titres et des poursuites pour placement par
contrainte, et il préfère celles-ci comme moins
graves. La variété des abus de cette sorte est
infinie : si les ''Isvestia'' voulaient, elles pourraient
en emplir chaque jour dix colonnes de leur numéro.
Affligés de leurs obligations dont ils n’ont que
faire et pressés par le besoin, les obligataires
malgré eux se sont efforcés de s’en débarrasser,
à la campagne comme à la ville, soit en les revendant
avec de fortes pertes, soit en payant leurs
dettes avec ou en s’en servant pour s’acquitter
de leurs impôts. L’État se vit menacé de « ravaler »
ses titres, comme on dit à Paris en Bourse des
sociétés qui rachètent leur papier pour éviter un
effondrement des cours. Il fallut exercer une nouvelle
pression sur les détenteurs et déchaîner la
presse, afin de faire passer pour tentative de
contre-révolution toute velléité de vendre ses
obligations. Dans les villes et les usines, on alla
même plus loin, grâce à la structure de l’organisation
du travail qui s’y prête : des résolutions
d’assemblées générales d’entreprises et d’institutions
soviétiques, c’est-à-dire des décisions dictées
par les fonctionnaires communistes des cellules
et des rayons, enjoignirent à tous les obligataires
de déposer leurs titres en banque, pour éviter<noinclude>
<references/></noinclude>
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Auteur:Alphonse Gallais
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====Cycle Le Roman-Nouvelles, série d’études passionnelles et documentaires, sous le pseudonyme Grimaudin d’Echara====
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>Général Fouquet, marchoit sur Muglitz par Littau & Aussée, & que cette colonne emmenoit l’artillerie qui avoit servi au siege.
La poursuite des ennemis se fait en cet ordre. Le Baron de Bucow, Général de Cavalerie, cotoye toujours le Roi de Prusse par son flanc gauche, & il a pris pour cet effet poste à Oppatowitz. Il a envoyé à Zwittau & à Schonliengit quelques Détachemens de Croates, pour faire des abbatis, & rendre les chemins de ce côté-là le plus impraticables qu’il seroit possible. La seconde colonne est observée par le Général de Laudon, qui s’est porté jusqu’à Hohenstadt. Le Général Comte de Saint-Ignon est attaché à cette même colonne, & il s’est avancé jusqu’à Bladendorff, où marche aussi le Général de Ziskowitz.
De son côté, le Comte de Daun s’est disposé sur le champ à suivre l’ennemi avec toute l’armée. Dès le même jour{{lié}}3, il fit jetter quatre ponts sur la Morave, où passerent le Corps des Grenadiers & celui des Carabiniers Impériaux, qui vinrent ensuite camper sur les hauteurs de Khrenau. Le{{lié}}4. toute l’armée repassa la Morave en plusieurs colonnes, & elle entra vers le midi dans le camp de Drahonitz.
Les Prussiens forcent tellement leurs marches, que nos Détachemens ont beaucoup de peine à les joindre. Cependant le Général de Laudon a atteint leur arriere-garde avec ses Troupes légeres ; il leur a déja tué & blessé beaucoup de monde, il leur a même enlevé plusieurs charriots, & il les poursuit avec une activité extraordinaire.
Le 9 de Juillet, le quartier général du Maréchal de Daun étoit à Hara, près de Politschan, & son avant-garde à Prosetch. Il continue avec attention de suivre la marche des Prussiens.<noinclude>
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L’entrée du Roi de Prusse en Moravie lui coûte environ quinze mille hommes, dont il a perdu six mille au siége de cette Place, quatre mille hommes de ses meilleures Troupes à la défaite du convoi, & cinq mille déserteurs, sans compter tout ce qu’il perd dans sa retraite.
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L’approche des Russiens nous est confirmée par tous les avis qui nous viennent des frontieres de cette Province. Le Corps de Troupes commandé par le Général Browne étoit le 28 du mois de Juin à Lissa & à Fraustadt, & il s’avance à grandes journées vers l’Oder.
{{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Hambour}}g,}} ''le 3 Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1em}}
L’Armée du Général Fermer a dirigé sa marche sur Konitz, Tauchel & Friedland, ce qui le conduit directement dans la nouvelle Marche. Les Troupes légeres de cette armée ont pénétrée dans la Poméranie Prussienne par Tempelbourg & Beerwalde.
Quelques lettres de Lithuanie marquent, qu’un troisieme Corps de Troupes Russiennes, composé de trente mille hommes, est encore en marche pour se joindre à l’une des deux armées, qui s’avancent dans les Etats de Prusse.
On vient d’apprendre que la Reine & la Famille Royale de Prusse sont parties de Berlin pour se rendre à Magdebourg : ainsi les Russiens sont peut-être à présent maîtres de Berlin.<noinclude>
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L’entrée du Roi de Prusse en Moravie lui coûte environ quinze mille hommes, dont il a perdu six mille au siége de cette Place, quatre mille hommes de ses meilleures Troupes à la défaite du convoi, & cinq mille déserteurs, sans compter tout ce qu’il perd dans sa retraite.
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L’approche des Russiens nous est confirmée par tous les avis qui nous viennent des frontieres de cette Province. Le Corps de Troupes commandé par le Général Browne étoit le 28 du mois de Juin à Lissa & à Fraustadt, & il s’avance à grandes journées vers l’Oder.
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L’Armée du Général Fermer a dirigé sa marche sur Konitz, Tauchel & Friedland, ce qui le conduit directement dans la nouvelle Marche. Les Troupes légeres de cette armée ont pénétrée dans la Poméranie Prussienne par Tempelbourg & Beerwalde.
Quelques lettres de Lithuanie marquent, qu’un troisieme Corps de Troupes Russiennes, composé de trente mille hommes, est encore en marche pour se joindre à l’une des deux armées, qui s’avancent dans les Etats de Prusse.
On vient d’apprendre que la Reine & la Famille Royale de Prusse sont parties de Berlin pour se rendre à Magdebourg : ainsi les Russiens sont peut-être à présent maîtres de Berlin.<noinclude>
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{{t2|ONCLE ANGHEL|{{rom-maj|I}}|m=3em}}
{{PM|P|ar}} cette nuit tombante de début
d’avril, le hameau de Baldovinesti,
situé à environ cinq kilomètres de
Braïla, fêtait le premier jour de la résurrection
du Christ. Dans toutes leurs cours,
les paysans allumaient des moyettes de
roseau sec ; partout de joyeux coups de
fusil retentissaient, hommages rustiques
orthodoxes rendus à la mémoire de celui
qui fut le meilleur des hommes.
Dans la chaumière de l’oncle Dimi, — le
cadet de la famille, — la mère Zoïtza, —
l’aînée des quatre frères, — et son fils
unique Adrien, — un garçon de dix-huit
ans, — venus tous deux de la ville, s’étaient
réunis pour passer les trois jours de Pâques.
Elle était restée veuve quelques mois après
avoir mis son enfant au monde, et ne s’était<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude>plus remariée, vivant du labeur de ses
mains.
Il n’y avait pas beaucoup de place chez
Dimi. Le pauvre paysan, quoique jeune,
était déjà entouré d’une famille nombreuse,
mais la bonne sœur se contentait d’un coin
de la chambre, pendant qu’Adrien, toujours
heureux des changements, allait sans
façon coucher avec l’oncle dans le foin du
grenier, écouter joyeusement ses histoires
et lui raconter celles de la ville.
Parfois, Adrien s’étonnait de cette manière
de vivre :
« Tu couches dans le grenier, et ta femme
avec les enfants : c’est pas une vie !…
— Faut bien, mon brave ; autrement,
deh, comment te le dire ? Les enfants ''viennent''
trop vite…
— En voilà une explication ! Et quand
tu descends du grenier ?
— Alors je vais au marais, couper du
roseau…
— Et quand tu viens du marais ?
— Alors je monte au grenier…
— Et tes enfants, d’où ''viennent''-ils ?
— C’est Dieu qui les envoie… »
{{il}}
Dès que fut fini le dîner traditionnel,
composé de ''borche'', d’agneau frit, de ''cozonac''
et d’{{lié}}« œufs rouges », Dimi sortit dans<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{c|''Du Camp de l’Armée combinée à Saatz en Boheme, le 6{{lié}}Juillet.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1em}}
On apprit hier ici que le Baron de Dombale, Lieutenant-Général, s’étoit mis le 26{{lié}}Juin en marche de Bamberg, pour entrer dans le Voigtland & de là en Saxe. Le général Comte Esterhazy a poussé il y a quelques jours un fort détachement aux ordres du Général Luzinsky, jusqu’à Oelsnitz, d’où nos patrouilles vont fort près de Zwickau. Sulvant leur rapport, le Général Isemplatz commande en cette Ville, qui est occupée par un Corps d’Infanterie, tandis qu’un Corps de Cavalerie est posté sur les dernieres, qui aboutissent au grand chemin de Chemnitz.
Le Corps commandé par le Baron de Dombale, est entré le premier de Juillet dans le camp de Monichberg, en fort bon état, & bien pourvu d’artillerie. Il a poussé son avant-garde à Hoff, & des postes à Lobenstein : il a aussi porté sur Konigshoff un gros détachement de Hussards, pour éclairer de tous côtés les mouvemens des ennemis, & s’opposer à leurs courses.
Par les derniers avis de la Saxe on est informé que le Prince Henry occupe encore avec son armée le camp de Tschoppau, & que son quartier général est dans le village de Gorna ; qu’il s’assemble un gros corps de ses troupes à Annaberg, d’où les Prussiens font courir le bruit qu’ils vont pénétrer en force en Boheme ; que cependant le camp de Tschoppau est extrêmement fortifié ; qu’il y partout entre deux régimens une batterie de huit canons, & quarante-deux grosses pieces d’artillerie à la réserve ; que derriere ce camp les Prussiens ont jetté deux ponts sur la rivière de Tschoppau,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Psephos
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{{c|''Du Camp de l’Armée combinée à Saatz en Boheme, le 6{{lié}}Juillet.''|fs=115%|ws=0.2em|m=1.25em}}
On apprit hier ici que le Baron de Dombale, Lieutenant-Général, s’étoit mis le 26{{lié}}Juin en marche de Bamberg, pour entrer dans le Voigtland & de là en Saxe. Le général Comte Esterhazy a poussé il y a quelques jours un fort détachement aux ordres du Général Luzinsky, jusqu’à Oelsnitz, d’où nos patrouilles vont fort près de Zwickau. Sulvant leur rapport, le Général Isemplatz commande en cette Ville, qui est occupée par un Corps d’Infanterie, tandis qu’un Corps de Cavalerie est posté sur les dernieres, qui aboutissent au grand chemin de Chemnitz.
Le Corps commandé par le Baron de Dombale, est entré le premier de Juillet dans le camp de Monichberg, en fort bon état, & bien pourvu d’artillerie. Il a poussé son avant-garde à Hoff, & des postes à Lobenstein : il a aussi porté sur Konigshoff un gros détachement de Hussards, pour éclairer de tous côtés les mouvemens des ennemis, & s’opposer à leurs courses.
Par les derniers avis de la Saxe on est informé que le Prince Henry occupe encore avec son armée le camp de Tschoppau, & que son quartier général est dans le village de Gorna ; qu’il s’assemble un gros corps de ses troupes à Annaberg, d’où les Prussiens font courir le bruit qu’ils vont pénétrer en force en Boheme ; que cependant le camp de Tschoppau est extrêmement fortifié ; qu’il y partout entre deux régimens une batterie de huit canons, & quarante-deux grosses pieces d’artillerie à la réserve ; que derriere ce camp les Prussiens ont jetté deux ponts sur la rivière de Tschoppau,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|9}}</noinclude>la cour, mettre feu à la moyette et tirer des
coups de fusil à blanc. Toute la marmaille
le suivit, et même les grands.
La nuit était étoilée. Dimi écouta le
bruit du train allant vers Galatz et dit :
« L’express de neuf heures »
Et il alluma le roseau. Tout de suite les
flammes fumantes montèrent droit vers le
ciel, au milieu des cris étourdissants des
bambins, dansant autour comme des petits
diables rouges. Puis, il déchargea en l’air
les deux canons de son fusil de chasse, en
disant, après chaque coup, avec une conviction
de bon chrétien orthodoxe :
« Christ a ressuscité ! »
À ce moment, la mère d’Adrien prit
son enfant par le bras, le tira à part et lui
ordonna, sur un ton impérieux et angoissé :
« Va, en courant, chez notre cousin
Stéphane, le prêtre, et prie-le de ma part
de venir tout de suite chez nous. Après,
pousse jusque chez ton oncle Anghel, et
amène-le, ici. »
Adrien tressaillit, comme si sa mère lui
avait dit de prendre un serpent avec la
main :
« Mais, maman, tu sais bien que l’oncle
Anghel est fâché et ne veut plus voir personne !
— Précisément c’est pour cela qu’il<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|10|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>doit venir ; dis-lui que c’est moi, sa sœur
aînée, qui l’appelle. Cours vite ! »
Adrien héla le chien ''Sultan'', prit un
bâton, et disparut dans la nuit, sans que
personne s’aperçût de son départ.
{{***|150%|m=1em}}
Dans cette famille de déshérités, oncle
Anghel était le puîné.
Une tragique destinée s’était abattue
sur lui ; d’un homme enthousiaste et
croyant, elle avait fait un morose et un
impie. Enfants de paysans asservis à la
terre du boyard, les quatre frères et sœurs
n’avaient pour toute propriété que les
poutres de la chaumière paternelle, les
arbres fruitiers et la vigne. La terre ne leur
appartenait pas. Ils s’éparpillèrent, sauf
le cadet qui resta près de la mère veuve.
Les deux sœurs partirent, les premières,
vivre en concubinage avec deux Grecs
aisés qui se moquaient du mariage légal.
Le garçon Anghel alla à la ville voisine,
Braila, s’embaucher, à neuf ans, chez un
marchand de vin. Il avait, dès l’enfance,
une profonde aversion pour le travail de
la terre d’autrui.
Il resta dix ans chez le même patron,
homme probe, qui le gratifia largement<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|11}}</noinclude>pour ses services. Rentré dans son village,
il tomba éperdument amoureux de la plus
belle et plus pauvre fille de la contrée, et
l’épousa aussitôt. Il fut exempté du service
à cause de sa myopie, acheta un peu de
terre et s’établit cabaretier sur le grand
chemin de Galatz, à la sortie du village.
Il fut heureux dans son commerce. Les
suites favorables de la guerre de 1877 avec
les Turcs l’aidèrent beaucoup. En dix ans
il réussit à amasser une fortune qui lui
permit d’acheter un autre terrain, à cinq
cents mètres de sa boutique ; il y planta les
meilleurs arbres fruitiers, une vigne bientôt
fameuse, et y construisit la plus belle maison
du village, avec écurie, vaches de race,
poulailler, bergerie, porcherie, etc.
Mais il fut beaucoup moins heureux dans
sa vie domestique ; il fut même misérable.
Au bout de dix autres années, le sort lui
réserva un désastre. Sa femme était sotte,
sournoise, incapable de tenir un pareil
ménage, et sale à répugner. Elle dormait
des heures entières à l’ombre, la bouche
ouverte pleine de mouches, l’enfant pataugeant
à ses côtés dans les excréments. Le
bétail devenait enragé de soif. Dans la cour,
dans la maison, n’entrait que celui qui ne
voulait pas voler. Adrien se rappelait
avoir vu son oncle briser, un jour d’été,<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|12|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>toutes les vitres de la maison, encrassées de
chiures de mouches, qui ne laissaient plus
passer le jour. La femme ne se réveilla point
pendant toute la durée de la casse. Son
mari, passant près d’elle, la regarda qui
dormait en ronflant, lui lança au visage un
gros crachat, et partit. Elle continua son
sommeil. Croyant y remédier par la sévérité,
il la battit souvent. Il ne fit que l’abrutir
davantage. Alors il vendit tout le bétail
et abandonna la maison ; il n’y allait plus
qu’une fois par mois.
{{il}}
Pour épargner aux enfants qu’elle mettait
au monde le spectacle d’une telle mère,
il les lui enlevait à mesure qu’ils atteignaient
leurs cinq ans et les mettait en
pension chez un parent, à Galatz, où il allait
les voir cinq ou six fois par an, suivant leur
éducation de près. Après quoi, il rompit
le dernier lien qui l’attachait encore à elle,
le lien corporel. La maison qui devait être
la plus florissante de la région, n’en fut que
la plus vaste écurie humaine.
Anéanti dans son amour, il prit d’abord
des maîtresses, mais sans inclination, simplement
pour se venger, pour stimuler sa
femme, la « réveiller ». Elle écouta les dires,
vit de ses yeux, n’en fit aucun cas. Le sommeil
lui était plus cher. Elle ne prit même<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|13}}</noinclude>plus la peine de se débarbouiller, et s’endormait
en mangeant.
Mais les gens, qui voyaient avec une haineuse
jalousie la prospérité du travailleur
infatigable, ne furent pas satisfaits de sa
douleur domestique ; les malheurs du mari
ne leur suffirent pas. Une nuit, sans crainte
d’être surpris, des mains inhumaines mirent
le feu à la belle maison. Des fenêtre de
son arrière-boutique, l’oncle Anghel vit les
flammes envelopper sa demeure aux toits
couverts de tôles galvanisées. Il resta sourd
aux cris des gens qui l’appelaient au secours
de son bien ; il se disait :
« Pourvu qu’''elle'' brûle avec ! »
''Elle'' ne brûla pas, elle continua de dormir
à l’ombre de ce qui fut sauvé du sinistre par
les voisins, jusqu’au jour où, l’ayant poignardée
par une violente pneumonie, le
Créateur, qui l’avait mise sur la terre pour
montrer aux hommes le revers de bien des
beautés féminines, l’appela à lui pour
effrayer les pénitents de son Purgatoire.
{{il}}
L’oncle Anghel, malgré ce qu’on aurait
pu croire, ne fut pas insensible à sa mort
inattendue.
Son neveu Adrien, qui venait souvent,
vers sa quinzième année, lui faire de passionnantes
lectures, lui raconter « l’origine<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|14|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>des mondes » ou « la formation de la Terre »,
et pour qui le brave homme avait un amour
sans bornes, fut fréquemment témoin de
ses attendrissements.
Que de fois, rôdant ensemble sur le lieu
du sinistre, par d’admirables clairs de lune,
il le vit tirer son mouchoir et essuyer ses
larmes ! Les charpentes, effondrées, pourrissaient
dans les eaux des pluies qui formaient
des mares dans les chambres. Des
restes de meubles gisaient dans l’enchevêtrement
des poutres brûlées. Ailleurs, il
n’y avait plus que des pans de murs. La
grande écurie, restée intacte, évoquait avec
nostalgie un bétail envié par trop de monde
pour continuer à vivre. Le souchet sauvage,
le genêt, la ciguë, croissant libres dans la
belle cour d’autrefois, montaient à hauteur
d’homme.
« Vois-tu, Adrien, » disait le malheureux,
la voix étranglée de douleur, « vois-tu ce
cimetière ? Il est, pour moitié, l’œuvre des
hommes, et pour moitié, l’œuvre du destin.
Si j’avais hérité ce bien de mon père, j’aurais
trouvé une raison aux hommes de
m’envier, et de me le détruire, quoiqu’ils
n’aillent pas mettre le feu aux palais des
seigneurs. Mais cette maison était née de
la sueur de mon front, après vingt ans de
fatigue. Elle n’était pas un luxe, mais le<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|15}}</noinclude>nécessaire, ce qu’il faut à tout homme
pour vivre en homme, lui et sa femme, et
non pas en bête stupide. Et l’on ne pourra
me reprocher d’avoir jamais été avare :
l’affamé trouvait toujours chez moi de
quoi calmer sa faim, et lorsqu’arrivaient
les grandes fêtes, je pensais à la veuve sans
appui et entourée d’enfants ; j’allais lui
porter les œufs de Pâques, la brioche, et un
quart d’agneau, ainsi que le lard et la cuisse
de porc à Noël. Je ne faisais pas l’aumône,
mais mon devoir. Dieu m’avait donné. À
mon tour, je donnais de mon surplus, et je
ne m’en enorgueillissais pas. Je n’en avais
pas le droit, car j’ai vu d’autres qui me
dépassaient dans le bien : c’étaient ceux qui
partageaient leur pain avec le premier
affamé rencontré sur la route…
« On ne pourra non plus m’accuser
d’avoir dépouillé mes clients, pour m’enrichir.
Je suivais l’exemple de droiture que
j’avais vu chez mon patron. Si mes bénéfices
furent grands, ce fut parce que j’allais
chercher mon vin et mon eau-de-vie à leur
origine, en des temps où ils coulaient comme
de véritables rivières. Mais, dans le charretier
qui ouvrait ma porte en hiver, les glaçons
pendus à sa moustache, je n’ai jamais
vu qu’un frère. Je lui serrais les mains gelées
et je lui faisais place près de mon four-<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|16|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>neau. Pour ses bêtes, j’avais construit un
abri comme il n’y en avait pas deux, à
vingt lieues à la ronde ; et pour la poignée
de foin que je leur jetais, je ne voulus
jamais accepter de l’argent. Le vin et l’eau-de-vie
que je servais étaient des meilleurs,
et je peux jurer sur la lumière de mes yeux
que je n’ai jamais mis une goutte d’eau
pour les allonger, ainsi que l’on fait partout.
Et lorsque je voyais que l’homme
avait bu sa mesure et qu’emporté par la
passion il voulait la dépasser, boire sa raison
et manquer son affaire, je lui versais
un verre à mon compte et je lui conseillais
de suivre sa route. Bien souvent, je fus
obligé de la lui montrer. Ainsi, j’étais en
quelque sorte son serviteur, car je restais
debout à l’attendre depuis l’aube jusqu’au
milieu de la nuit. Et si quelqu’un frappait
à ma porte après la fermeture, j’oubliais
que je pouvais me trouver devant un malfaiteur,
je me levais du lit et j’ouvrais.
« Mais l’exemple du bien ne sert pas à
grand’chose, et s’il n’y a pas que des ingrats
sur la terre, le mal n’a besoin que de la
main d’un méchant, contre cent vertueux,
pour la ravager. Cette main me guettait
dans l’ombre, prête à me frapper. Elle ne
pouvait me pardonner ma prospérité. Elle
ne supporta pas que je fusse autre qu’une<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|17}}</noinclude>main galeuse, pareille à elle, bonne à mendier
ou prête à frapper. Et elle me frappa.
Ce fut facile : ma femme dormait.
« Ô Adrien ! Ici la main de l’homme méchant
rencontra, pour détruire, la main
bien autrement méchante du Destin, et
elles s’unirent pour l’accomplissement de
l’œuvre de destruction !… Fut-ce une faute
d’avoir aimé la plus belle fille du village ?
Aime-t-on jamais la plus laide ? Je n’en
sais rien. Ce que je sais aujourd’hui, c’est
que je fus aveugle dans mon amour, et que
je n’ai pas su regarder si le dessous de son
lit était balayé, si le derrière de ses oreilles
était propre, et si ses pieds étaient lavés.
Adrien, lorsqu’un jour ta poitrine brûlera
du divin feu qui brûla la mienne, rappelle-toi
mes paroles, et avant de te livrer corps
et âme à la pourriture humaine, fais ce que
je n’ai pas fait, moi : regarde le dessous du
lit de ta belle, regarde le derrière de ses
oreilles et ses pieds cachés dans des souliers
vernis. Et si tu oublies mes paroles, rappelle-toi
le cimetière que tu vois ici, plonge
tes yeux dans ces ruines, regarde ces plantes
sauvages qui poussent comme une malédiction
jetée à l’abandon humain, cette
écurie qui pleure son bétail, ces pans de
murs qui crient au ciel leur désespoir, ces
énormes tas de tôle rouillée et tordue, au-<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|18|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>trefois brillante comme un miroir dans le
soleil, sur un toit qui se dressait fier au-dessus
d’une agglomération de chaumières,
proclamant le droit de l’homme à vivre
dans l’aisance et dans la propreté, et non
pas comme la taupe qui craint la lumière.
Rappelle-toi le tableau que tu vois ici. Et si
ton sang veut te traîner aux genoux de la
plus belle fille du pays, résiste, appelle à
ton secours ces ruines, et dis-toi :
« L’oncle Anghel a brisé sa vie parce qu’il
a aimé aveuglément la plus belle fille du
village, et qu’il n’a pas regardé le dessous
de son lit, ni le derrière de ses oreilles, ni
les doigts de ses pieds !
« Et écarte de toi l’impitoyable destin !… »
{{il}}
Après la mort de sa femme, l’oncle
Anghel continua, pendant quelques années,
à laisser dans l’abandon une demeure sans
gardien. Il se réservait de lui rendre son
éclat le jour où les enfants seraient en
mesure de la gouverner. En ayant enlevé
tout ce qu’il avait de précieux et l’entassant
autour de sa boutique, il commença
une vie d’ermite, mais d’un ermite qui
prenait l’habitude de se tremper la langue
dans l’alcool qu’il vendait.
Bel homme, grand, solide et musclé, la
démarche fière, belle barbe, beaux cheveux<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/17
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|19}}</noinclude>frisés et grisonnants, il en imposait à tous.
Sa myopie, qui l’obligeait à avancer sa poitrine
contre la poitrine de celui qui entrait,
pour le reconnaître, n’en impressionnait que
davantage. Il était foncièrement bon, mais
ne supportait pas d’être trop contrarié,
comme tous ceux qui sont « arrivés » par
leurs propres forces. Et ses forces, il les
décupla pour atteindre à son but qui était,
disait-il, de « transformer les ruines en
palais », le jour où ses enfants seraient
dignes de lui faire honneur. Ainsi, malgré
son désastre, il passait pour un homme
riche.
Mais sa véritable richesse, son bonheur,
son espoir, étaient dans ses trois enfants,
un garçon de dix-sept ans et deux fillettes
de huit et dix ans. Le garçon devait être
bachelier l’année suivante, puis :
« Je verrai », disait-il à la mère d’Adrien ;
sitôt sorti de l’école, il fera son stage d’un
an dans l’armée. S’il a de la vocation pour
les armes, j’aimerais faire de lui un officier,
un bras fort et intelligent pour la défense de
la patrie ; sinon, il choisira la carrière qui
lui plaira. »
De ses filles il ne voulait faire que de
« bonnes ménagères », les doter et les marier
en ville.
L’homme propose…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Revue pour les français, T2, 1907.djvu/577
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki /> L’ENSEIGNEMENT MÉDICAL DANS LES L1CÉES 909 II liais, me direz- vous, à part ces conférences médicales de la fin, enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend 1a tomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène. ■-t exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement : 1s les programmes actuels. Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure atre ans, va de la sixième à la troisi... »
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L’ENSEIGNEMENT MÉDICAL DANS LES L1CÉES 909
II
liais, me direz- vous, à part ces conférences médicales de la fin,
enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend
1a tomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène.
■-t exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement
: 1s les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure
atre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le
uxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la
emière, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons de
Le heure « à la description très sommaire de l’homme ». En
îquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il
a une exception pour les élèves de troisième qui font des
iences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des
verses fractions de l’homme et aux données indispensables pour
surer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre
1 seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathéa
tiques, au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire
iturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin
tous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième)
ne l’on apprend un peu (et de quelle façon 1) quelques rudiments
anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que
:s notions purement anatomiques et histologiques seront réduites
u minimum.
III
L’enseignement médical, et ceci est le premier point important,
evra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il
ébutera à partir de la classe de sixième et se continuera jusqu’à
a philosophie en restant toujours la partie importante des sciences
laturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est
[u’un accessoire.
Le second point importent a trait au professeur. Il est indispen<noinclude>
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L’ENSEIGNEMENT MÉDICAL DANS LES L1CÉES 909
II
liais, me direz- vous, à part ces conférences médicales de la fin,
enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend
1a tomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène.
■-t exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement
: 1s les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure
atre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le
uxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la
emière, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons de
Le heure « à la description très sommaire de l’homme ». En
îquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il
a une exception pour les élèves de troisième qui font des
iences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des
verses fractions de l’homme et aux données indispensables pour
surer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre
1 seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathéa
tiques, au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire
iturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin
tous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième)
ne l’on apprend un peu (et de quelle façon 1) quelques rudiments
anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que
:s notions purement anatomiques et histologiques seront réduites
u minimum.
III
L’enseignement médical, et ceci est le premier point important,
evra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il
ébutera à partir de la classe de sixième et se continuera jusqu’à
a philosophie en restant toujours la partie importante des sciences
laturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est
[u’un accessoire.
Le second point importent a trait au professeur. Il est indispen<noinclude>
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L’ENSEIGNEMENT MÉDICAL DANS LES L1CÉES 909
II
Mais, me direz-vous, à part ces conférences médicales de la fin, l’enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend l’anatomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène. C’est exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement dans les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure quatre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le deuxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la première, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons d’une heure « à la description très sommaire de l’homme ». En cinquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il y a une exception pour les élèves de troisième qui font des sciences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des diverses fonctions de l’homme et aux données indispensables pour assurer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre en seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathématiques, au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire naturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin (et nous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième) que l’on apprend un peu (et de quelle façon !) quelques rudiments d’anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que les notions purement anatomiques et histologiques seront réduites au minimum.
III
L’enseignement médical, et ceci est le premier point important, devra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il débutera à partir de la classe de sixième et se continuera jusqu’à la philosophie en restant toujours la partie importante des sciences naturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est qu’un accessoire.
Le second point important a trait au professeur. Il est indispensable…<noinclude>
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Mais, me direz-vous, à part ces conférences médicales de la fin, l’enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend l’anatomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène. C’est exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement dans les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure quatre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le deuxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la première, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons d’une heure « à la description très sommaire de l’homme ». En cinquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il y a une exception pour les élèves de troisième qui font des sciences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des diverses fonctions de l’homme et aux données indispensables pour assurer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre en seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathématiques, au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire naturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin (et nous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième) que l’on apprend un peu (et de quelle façon !) quelques rudiments d’anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que les notions purement anatomiques et histologiques seront réduites au minimum.
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L’enseignement médical, et ceci est le premier point important, devra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il débutera à partir de la classe de sixième et se continuera jusqu’à la philosophie en restant toujours la partie importante des sciences naturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est qu’un accessoire.
Le second point important a trait au professeur. Il est indispensable…<noinclude>
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Mais, me direz-vous, à part ces conférences médicales de la fin,
l’enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend
l’anatomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène.
C’est exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement
dans les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure
quatre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le
deuxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la
première, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons de
une heure « à la description très sommaire de l’homme ». En
cinquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il
y a une exception pour les élèves de troisième qui font des
sciences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des
diverses fonctions de l’homme et aux données indispensables pour
assurer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre en seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathématiques, au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire naturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin (et nous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième) que l’on apprend un peu (et de quelle façon !) quelques rudiments d’anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que les notions purement anatomiques et histologiques seront réduites au minimum.
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L’enseignement médical, et ceci est le premier point important, devra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il débutera à partir de la classe de sixième et se continuera jusqu’à la philosophie en restant toujours la partie importante des sciences naturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est qu’un accessoire.
Le second point important a trait au professeur. Il est indispensable…<noinclude>
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Mais, me direz-vous, à part ces conférences médicales de la fin,
l’enseignement est déjà fait en partie. L’élève actuel apprend
l’anatomie et la physiologie humaines ; il a des cours d’hygiène.
C’est exact. Voyez cependant comment est fait cet enseignement
dans les programmes actuels.
Les études comprennent deux cycles. Le premier, qui dure
quatre ans, va de la sixième à la troisième inclusivement. Le
deuxième, d’une durée de trois ans, comprend la seconde, la
première, la philosophie ou les mathématiques.
Dans le premier cycle, en sixième, on accorde trois leçons de
une heure « à la description très sommaire de l’homme ». En
cinquième, en quatrième et en troisième, on n’en reparle plus. (Il
y a une exception pour les élèves de troisième qui font des
sciences : ils ont une heure par semaine consacrée à l’étude des
diverses fonctions de l’homme et aux données indispensables pour
assurer l’alimentation et l’hygiène.)
Dans le deuxième cycle, il n’y a aucun enseignement de ce genre
en seconde et en première. Les élèves de philosophie ou de mathématiques,
au contraire, étudient deux heures par semaine l’histoire
naturelle de l’homme et l’hygiène.
Donc, pendant toute la durée des études, ce n’est qu’à la fin
(nous ne comptons pas les trois heures de la classe de sixième)
que l’on apprend un peu (et de quelle façon !) quelques rudiments
d’anatomie et de physiologie humaines. Il est même indiqué que
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au minimum.
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L’enseignement médical, et ceci est le premier point important,
devra faire un tout continu à travers toutes les années d’études. Il
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la philosophie en restant toujours la partie importante des sciences
naturelles, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui où il n’est
qu’un accessoire.
Le second point important a trait au professeur. Il est {{tiret|indispen|sable}}<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|20|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
{{il}}
Un jour d’hiver terrible, pendant qu’il
médite seul à ses projets et que la bise
balaye la vaste plaine solitaire, quatre
hommes entrent dans la boutique, quatre
inconnus. Selon son habitude, il avance sa
poitrine pour les reconnaître ; mais son
cœur se pince, comme les cornes de l’escargot
qui touchent au danger : les figures
ne lui plaisent pas :
« Si ces hommes sont de braves gens, je
ne crois plus à mon cœur », se dit-il en serrant
dans sa poche le revolver qui ne lui
manquait jamais.
« Bonjour, Anghel ! » disent-ils, « il fait
bon chez toi !
— Soyez les bienvenus, voyageurs ! Mauvais
temps, hé ? »
Mais il ajoute en soi : « Je suis foutu. Ce
sont des voix d’étrangleurs. »
« Nous avons faim, Anghel, et nous voulons
boire. On dit que ton vin fait fondre la
glace.
— Peut-être bien, mes amis. Mais je
sais qu’il y une glace qu’il n’arrive pas à
fondre.
— Ha, ha ! tu as de l’esprit, Anghel. Et
quelle est cette glace ?
— Eh bien, vous devez la connaître : on
l’appelle « cœur de chien », mais c’est mal
dit, car on insulte ces pauvres bêtes qui<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/19
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|21}}</noinclude>sont de vrais amis », dit-il en montrant à
côté de lui deux gros chiens de berger, qui
ne le quittaient d’un pas.
« Bah, tu as des idées noires. Le monde
n’est pas si méchant.
— Peut-être ; mais quand on est tenancier
sur la grand’route, comme moi, on en
voit de toutes les couleurs, et on dort la
nuit avec un œil ouvert. »
Cette mise en garde fit sentir aux clients
à qui ils avaient affaire. Ils furent servis :
du lard, du pain et du vin.
« Tu ne veux pas, Anghel, nous tirer du
vin frais de la cave ? » dit l’un d’eux qui se
donnait un air doux.
L’oncle rit jaune et pensa : « Ah, vous
voulez me faire entrer dans la souricière ! »
Il répondit :
« Je viens de tirer, il y a une minute, un
pot de cinq litres. Si votre langue s’y connaît,
vous le sentirez au goût. »
Cela dérouta un peu leur plan, mais ils
étaient des bandits décidés. Un moment
après, un d’eux sortit, « pour pisser », et
l’oncle comprit que c’était le signal de
l’attaque : l’homme allait faire le guet. Il
blêmit et se prépara. Un instant, il eut
l’idée de tirer son arme et de crier : « Haut
les mains ! » Mais il se dit que peut-être les
apparences étaient trompeuses.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Fénelon - Fables, édition 1800.djvu/22
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Lorlam
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Lorlam" />{{nr|26|{{sc|fables}}}}</noinclude>et arrosent les fleurs naissantes : les Grâces
y vont souvent se baigner ! Les arbres de ce
bocage ne sont jamais agités par les vents
qui les respectent ; ils sont seulement caressés
par le souffle des doux zéphirs. Les Nymphes
et les Faunes y font la nuit des danses
au son de la flûte de {{Nec|Pan}}. Le soleil ne saurait
percer de ses rayons l’ombre épaisse
que forment les rameaux entrelacés de ce
bocage. Le silence, l’obscurité et la délicieuse
fraîcheur y règnent le jour comme la nuit.
Sous ce feuillage on entend Philomèle qui
chante d’une voix plaintive et mélodieuse ses
anciens malheurs, dont elle n’est pas encore
consolée. Une jeune fauvette au contraire y
chante ses plaisirs, et elle annonce le printemps
à tous les bergers d’alentour, Philomèle
même est jalouse des chansons tendres
de sa compagne. Un jour elles aperçurent un
jeune berger qu’elles n’avaient point encore
vu dans ce bois ; il leur parut gracieux, noble,
aimant les Muses et l’harmonie : elles crurent
que c’était Appollon, tel qu’il fut autrefois
chez le roi Admète, ou du moins quelque
jeune héros du sang de ce dieu. Les deux oiseaux,
inspirés par les Muses, commencèrent
aussitôt à chanter ainsi :<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/20
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|22|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
Quelques minutes après, il regretta de
ne pas l’avoir fait. Les hommes parlaient
à haute voix d’une affaire imaginaire. Ils
demandèrent des allumettes. L’oncle se dit :
« Ça y est ! »
Le cœur et le pas fermes, une main
tenant l’arme au fond de la poche de son
manteau, il avança vers eux, et de sa main
gauche il offrit la boîte. Le plus solide des
trois tendit sa main avec lenteur pour la
prendre, en parlant distraitement ; mais
lorsqu’il fut près de la toucher, d’un bond il
attrapa le poignet, comme dans un étau ; et
si, dans la même seconde, il tomba foudroyé
par le coup de feu parti de la poche de sa
victime, les autres ne laissèrent plus à
l’oncle le temps de tirer son arme. À coups
de matraques ils lui brisèrent le crâne ; et
le pauvre homme s’affaissa sur le sol, pendant
que les chiens arrachaient horriblement,
mais en vain, les mollets des agresseurs.
Ils furent abattus. L’argent qui se
trouvait dans le comptoir fut enlevé à la
hâte, et les brigands disparurent, abandonnant
leur compagnon inanimé.
{{il}}
L’oncle Anghel conserva la vie, grâce au
coup qui avait blessé un des criminels, ainsi
qu’aux deux chiens sacrifiés. Ils avaient
malmené si durement les jambes à deux<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/21
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|23}}</noinclude>des autres bandits que ceux-ci craignirent
de ne plus pouvoir prendre la fuite.
Des charretiers qui passèrent, une heure
plus tard, relevèrent dans leur sang la victime
et le bandit, le premier le crâne fracassé,
le second, une balle dans le ventre,
tous deux vivant encore ; ils les transportèrent
à Braïla, où ils furent sauvés l’un et
l’autre.
Au bout de cinquante jours d’hôpital,
l’oncle sortit affaibli, mais n’ayant perdu
que son sang. Il devait perdre, six mois plus
tard, quelque chose de plus précieux que sa
vie : il perdit ses deux fillettes, dans une
catastrophe sur le Danube, où bien d’autres
se noyèrent, au cours d’une promenade
dans des barques qui chavirèrent.
Ici, il vit de près ''la main noire d’un Destin''
''impitoyable''. Mais cet homme était élu
par son Destin pour connaître toute l’horreur
que renferme la parole roumaine qui
dit : ''Le bon Dieu ne jette pas sur les épaules''
''d’un homme autant qu’il peut porter !'' Et
que de malheurs un homme fort ne peut-il
pas porter sur ses épaules !
De retour à l’église où il avait fait célébrer
une messe pour le repos des âmes des
deux filles restées sans tombe, il s’enferma
dans sa boutique, et pendant plusieurs heures
se promena, les mains dans les poches.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|24|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>Puis, il ouvrit la porte toute large, sortit
sur le seuil, cracha fortement, droit devant
lui, comme dans le visage d’une personne, et
dit :
« Tiens, Sort misérable ! Tu me courbes,
mais moi je me dresse et te crache à la face.
Tiens ! »
Et il cracha encore une fois.
Il lui restait son fils, la dernière flamme
qui éclairât la nuit de son cerveau saisi
par la douleur et l’alcool. Le Sort souffla
sur la flamme et l’éteignit…
Onze mois après que son fils s’était
engagé dans un régiment de cavalerie, et
vingt-quatre heures après qu’Anghel avait
reçu la lettre où il exprimait son désir d’y
rester, le plus malheureux d’entre les hommes
fermait son magasin, heureux encore,
et montait sur son cheval pour aller en ville
engager des artisans, afin de relever la propriété
en ruines. Il n’avait pas fait deux
cents mètres, qu’un facteur à cheval
l’aborda sur la route et lui remit un télégramme.
Son cœur ne lui dit rien. Tranquillement,
il ouvrit le papier et lut :
« Votre fils Alexandre Anghel a fait une
chute dans une charge de cavalerie, et est
mort pendant la… »
Le papier lui échappa des mains ; il
lança un rugissement, — debout sur ses<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|25}}</noinclude>étriers, — et tomba de son cheval, comme
une colonne qui s’abat.
Ainsi, l’oncle Anghel but son verre jusqu’à
la lie.
{{il}}
On {{corr|eut|eût}} cru que ce comble de malheur en
serait la fin. Il n’en fut rien. Ce qu’on aurait
pu considérer comme la délivrance pour
lui, la mort, ne vint point, et personne n’a
su pourquoi cet homme ne s’était pas tué.
Il ne se tua point. Mais il mourait tous
les jours, en absorbant sans cesse de petits
verres de son eau-de-vie la plus forte. Il
devint son meilleur client.
Le processus de la décomposition de cet
homme, père affectueux, bon citoyen,
homme de foi, est la plus lugubre des tragédies
que l’auteur de ces lignes ait connues.
On n’en lira ici que le commencement.
La fin, — tristesse qui meurtrit le
cœur, — trouvera place ailleurs.
Le garçon mort, il demanda que les
funérailles et l’enterrement se fissent dans
son village. Ils furent suivis par tous les
habitants, et quand les fusils tirèrent leur
salve, au moment de la descente du cercueil,
tous en larmes se jetèrent à genoux.
Les soldats et l’officier qui rendaient les
honneurs pleuraient. Un seul homme ne
pleurait pas le père. Debout, tête nue, le<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|26|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>chapeau à la main, il restait sur le bord de
la fosse et regardait le cercueil au fond. À
ce moment, un homme surgit de la foule,
se jeta à ses pieds, lui enlaça les jambes et
cria :
« Anghel ! Anghel ! j’implore ton pardon :
c’est moi qui ai mis le feu à ta maison !…
Fais-toi justice ! Mais, pardonne-moi
avant ! »
Il tourna la tête et regarda longuement
l’homme qui se roulait à ses pieds, se tordant
comme sur des charbons ardents,
criant :
« Pardonne-moi, et tue-moi, jette-moi
en prison ! »
Il dit : « Je te pardonne », et partit. Personne
n’osa le suivre.
Arrivé chez lui, il décrocha des murs
l’icône entourée de basilic, qui représentait
la Vierge avec Jésus dans ses bras,
ainsi que les portraits du roi, de la reine
et du prince héritier. Il prit une pioche, fit
un trou dans le jardin, les mit au fond, et
les recouvrit de terre.
Puis, il se mura dans sa boutique, et corps
et âme se livra à l’alcool. Pendant un an à
dater du jour de l’enterrement, personne
ne sut s’il y avait quelqu’un dedans, ou si
la maison était déserte. Des habitants passaient,
pliaient le genou devant les fenêtres<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|27}}</noinclude>aux rideaux baissés, et allaient leur chemin.
Il sortait la nuit, accompagné d’un chien,
se promenait dans les ruines de sa maison,
et rentrait. Le jour, il buvait ses petits
verres, sans se soûler, et, par une fente des
rideaux, il regardait les pans de murs de la
demeure brûlée, le menton appuyé dans
ses paumes.
L’année de ce deuil sinistre finie, il ouvrit
la boutique. C’est-à-dire, il servait l’un,
et ne servait pas l’autre, sans que jamais on
sût sur quoi se basaient son refus et ses
préférences. Les passants respectaient sa
volonté, ses malheurs étaient connus à
cinq lieues à la ronde. D’ailleurs, il ne faisait
plus venir aucune marchandise nouvelle,
la cave étant bourrée de fûts de vin et
d’alcool.
Adrien était le seul être humain, avec sa
mère, à qui Anghel consentît à parler. Il
vint deux fois le voir, la terreur dans l’âme,
au cours de l’année qui suivit la réouverture.
Toujours assis à sa fenêtre, la bouteille
et le petit verre devant lui, la porte fermée
à clef, le chien à ses côtés, l’oncle regardait
dehors. Un premier char passa, les deux
hommes qui conduisaient descendirent et
frappèrent à la porte. Il ne bougea pas, et ils
partirent. Un second char s’arrêta. Un
homme, sans descendre, cria :<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|28|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
« Anghel ! peut-on boire un verre ? »
Il fut servi.
{{***|150%|m=1em}}
Allant chercher l’oncle Anghel, sur l’ordre
de sa mère, Adrien pensait à ces malheurs
et il se disait :
« Maman se trompe, si elle croit que je pourrai
décider l’oncle à sortir de son terrier. »
La chose n’était pas facile. Il ne s’agissait
pas seulement d’une visite, mais d’une
réconciliation. Les deux oncles, lors de la
mort de leur mère, survenue huit ans auparavant,
s’étaient brouillés sur une misérable
question d’héritage. Dans le feu de la
discussion, l’oncle Anghel, contrairement
à la volonté de sa sœur aînée, opposée au
partage, avait eu le tort de dire : « Je veux
avoir un franc héritage de ma mère pour
acheter un rosaire et l’accrocher à l’icône,
sachant qu’il est de ma mère. » L’oncle
Dimi, violent, lui répondit par une insulte ;
son frère le gifla, et le cadet commit la
faute de frapper son aîné d’un coup de
canne au front. Il sortit de la maison paternelle,
en disant :
« Je ne rentrerai plus ici, ni toi chez moi,
que le jour où tu embrasseras devant le
monde la semelle de ma botte ! »
Depuis, ils étaient restés brouillés. Avant<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|29}}</noinclude>la mort qui porta le coup de grâce à l’oncle
Anghel, le cadet avait résisté, têtu, à toutes
les supplications de sa sœur qui le priait
d’aller demander pardon à son frère. Après
cette mort atroce, personne n’osa plus troubler
le silence d’Anghel avec une bagatelle.
Maintenant, la mère d’Adrien voulait
absolument réconcilier les deux frères. En
appelant celui qui avait été frappé, au lieu
d’aller chez lui, elle tablait sur sa douleur
qui avait amolli sa fierté, ainsi que sur l’ascendant
qu’elle avait toujours eu sur ses
frères, particulièrement sur celui qui était
le plus riche de la famille, en opposant à sa
demande de partage un refus désintéressé.
Il était huit heures du soir lorsque Adrien
arriva devant la maison de son oncle. À la
fenêtre du midi, qui ouvre sur le hameau, il
y avait de la lumière. Adrien eut un frisson,
en pensant à l’homme derrière ces rideaux
baissés. Il s’approcha de la fenêtre,
et y colla son oreille. Aucun signe de vie,
sauf la lampe à pétrole qui brûlait. Le chien
Sultan, impatient, aboya. Le chien de
l’oncle riposta, mais le rideau ne bougea
pas. Adrien savait qu’il était inutile de
frapper. Il appuya son nez contre le carreau
et dit, timidement :
« Oncle ! C’est moi, Adrien, je veux te
parler. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|30|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
Une minute d’attente, et le rideau
s’écarta, la main de l’oncle fit signe de passer
à la porte, qu’il ouvrit, la lampe à la
main. Adrien entra avec Sultan.
Au premier coup d’œil qu’il jeta à l’intérieur
mal éclairé, son cœur se serra davantage.
Tristesse des choses abandonnées
par la main merveilleuse de l’homme,
que ton langage est puissant ! Plus de verres
sur le comptoir, plus de pain sur la
grosse table, plus de lard fumé, suspendu
au plafond comme des bouts de planche
épaisse, plus de craquelins ronds enfilés sur
la perche horizontale. Poussière, oubli,
abandon, paix mortelle…
Au milieu de ce nouveau cimetière, le
manteau sur les épaules, toujours grand,
mais voûté, hélas, voûté, l’homme qui
avançait naguère sa tête superbe et sa
poitrine comme un lion, l’oncle Anghel regardait
son neveu d’un air calme. Celui-ci
lui prit des deux mains sa main libre et,
selon la coutume, la baisa. Il était prêt à
pleurer. Sans un mot, l’oncle le mena dans
sa chambre. Ici, même abandon. Les murs,
nus et jaunis, n’exhalaient plus la bonne
odeur de chaux fraîche. Un lit, un vrai
grabat, défait et malpropre, semblait protester
lui-même contre le corps pesant de
malheurs qui l’écrasait chaque nuit. Le<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|31}}</noinclude>poêle en brique montrait ses crevasses
noires de fumée. Les poutres transversales
du plafond étaient aussi noircies. Deux
chaises en bois et la table, ainsi qu’un fusil
à deux coups, pendu à un clou par sa courroie,
complétaient le mobilier. Sur la table,
la bouteille d’eau-de-vie et un verre, la
Bible, un petit registre avec le crayon attaché
à une ficelle, un couteau et un pain
entamé{{corr||.}} Adrien fondit en larmes.
L’oncle, assis sur une chaise, l’attira à
lui et, pour la première fois depuis le désastre,
l’embrassa. D’une voix mâle, mais
cassée, dépourvue de la sonorité de jadis, il
lui dit, doucement :
« Ça me fait plaisir de te voir, Adrien…
mais pourquoi pleures-tu ?
— Oncle… c’est pas possible !… tu manges
du pain sec… le jour de Pâques… ça…
non !… même les chiens goûtent à la brioche,
aujourd’hui… »
Adrien essuya ses larmes, et regardant
son oncle de face, le vit sourire avec bonté,
la bonté insupportable de l’être tué par la
douleur. La tête était presque chauve, la
barbe et les cheveux entièrement blancs.
Sa chemise et ses habits étaient sales, sans
boutons. Il répondit à son neveu, d’un glas
encore plus éteint :
« Si ce n’est que ça qui te fait pleurer,<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|32|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>calme-toi, et dis-moi le but de ta visite.
— Je viens pour te demander si tu hais
encore l’oncle Dimi.
— Je ne hais plus personne.
— Pourras-tu lui pardonner sa faute ?
— Je n’ai plus rien à pardonner à personne. »
L’oncle répondait, avec l’absence d’importance
qu’il aurait mise à dire : « Le pain
est sur la table », ou : « Dehors, il fait nuit. »
« Eh bien ! » dit Adrien en hésitant,
maman m’envoie pour te prier de venir
ce soir chez l’oncle.
— Ta mère t’envoie… » répéta le pauvre
homme, en hochant la tête ; « ta mère est
une sainte, Adrien. »
Puis, paraissant réfléchir un instant, il
ajouta :
« Et toi, qu’en penses-tu ?
— Mais, oncle, tu peux le deviner : je le
veux, de tout mon cœur.
— Et les autres ? Ils le veulent aussi ?
— Sûrement tout le monde le veut,
oncle.
Eh bien, alors, je veux comme vous. »
Quel horrible « Je veux comme vous »,
sorti de ces lèvres au sourire mortel ! Quel
anéantissement de toute volonté ! Adrien
eut peur.
Ils sortirent accompagnés de leurs chiens.<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|33}}</noinclude><nowiki />
{{***|150%|m=1em}}
Le prêtre Stéphane, qu’Adrien avait
averti en passant, était un octogénaire qui
n’officiait plus à l’église ; mais il rendait
encore de grands services, comme arbitre
ou conseiller dans son village. Sa vue était
un peu affaiblie, mais ses jambes ne le
cédaient pas à celles d’un jeune homme.
Il habitait dans le voisinage immédiat
de la maison de l’oncle Dimi. Prenant sa
canne, il alla sur-le-champ frapper à la
porte de ce dernier.
À l’apparition de sa figure apostolique
encadrée d’une barbe jaune-ivoire, tous se
levèrent et lui baisèrent la main, qu’il offrait
depuis cinquante ans aux lèvres des pécheurs :
« Le Christ est ressuscité, mes enfants »,
dit-il, de sa voix exercée à l’église.
« En vérité. Il est ressuscité », lui répondit-on
en chœur.
La mère d’Adrien offrit sa place au prêtre,
qui l’occupa sans façons, comme son
droit. Elle resta debout, s’appuya le dos
contre le mur blanc, et croisa ses mains.
Les personnes présentes, un peu décontenancées
par cette visite imprévue, tournèrent
les yeux vers la sœur aînée, pour
demander une explication. Elle, — maigre,<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|34|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>droite, les traits allongés, — promena sur
l’assemblée un regard plein de bonté, et
parla :
« Je vous ai fait appeler, père Stéphane,
pour vous demander votre appui, afin de
réconcilier ce soir mes deux frères Dimi et
Anghel, qui va venir, j’espère, tout à l’heure.
Comme vous le savez, voici huit ans qu’ils
ne se donnent plus la main, qu’ils {{corr|évitent|s’évitent}}
et qu’ils laissent passer les fêtes les plus
sacrées sans goûter le pain et le vin en commun.
Cela ne peut pas se supporter. Je ne
veux pas passer à vos yeux pour une femme
sans tache. J’ai mes péchés, et, le plus grave,
celui d’avoir mis au monde un enfant qui
n’a pas de père, après avoir vécu dix ans
avec un homme sans la bénédiction de
l’église. Mais le plus triste des péchés, je
crois que c’est la haine, toute haine entre
les hommes et à plus forte raison entre
deux frères…
— Je ne hais plus mon frère Anghel »,
dit l’oncle Dimi assombri.
« Je suis content de l’entendre », dit le
prêtre, « mais tu y as mis le temps, Dimi.
— Oui, il a été injuste envers moi…
— Oui, il a été injuste envers toi », approuva
le serviteur de la justice, « mais tu
as été sacrilège envers lui, tu l’as frappé et
tu as répandu le sang de ton aîné. Tu as<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|35}}</noinclude>oublié la sainte croyance de nos pères, qui
disaient que « le cadet qui frappera son
aîné, le portera sur son dos dans l’autre
vie » ; et ils croyaient voir son image dans
la pleine lune. »
Dimi se tut. Sa sœur continua :
« Anghel a été injuste, c’est vrai. Il a
oublié que notre frère Dimi est resté à la
maison et a eu le souci de notre vieille mère
pendant des années, tandis que nous autres,
les trois frères et sœurs, nous l’avons
abandonnée, allant chacun à son destin.
C’est pourquoi, bien que la plus pauvre des
quatre, je me suis opposée au partage. Ce
partage aurait mis à la rue le frère cadet
avec sa femme et ses deux enfants. Mais
Anghel, qui était aisé, voulait l’aider à se
refaire un foyer ; et c’est ici que commencent
les torts de Dimi. Il était fier et ne
voulait rien devoir à son frère. Je crois
même qu’il le haïssait déjà. Ainsi, la dispute
et les coups dormaient dans son cœur
comme le feu sous les cendres, et ils se sont
battus. Maintenant le pauvre Anghel a
racheté tous ses péchés, les malheurs lui
ont enlevé tout ce que nous avons d’humain
en nous, et aujourd’hui il ne compte
plus parmi les vivants que par les liens de
son corps qui se traîne encore sur la terre.
Pour ma part, j’aurais mieux aimé qu’il fût<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|36|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>mort, car ce qu’il fait en ce moment est pire
que la mort. Il boit, mais c’est lui qui est bu
par l’eau-de-vie ; il lui livre son âme. Je ne
suis plus allée chez lui depuis Noël, et il ne
va plus chez personne. Une fois, je lui avais
dit que s’il n’arrivait pas à sortir de là, ce
serait mieux pour lui qu’il fût mort. Il
a répondu : « Je le suis. » Mais j’espère encore
l’arracher, avec votre aide, à la boisson.
Peut-être que le père Stéphane pourrait
exercer sur lui une influence salutaire. S’il
vient ce soir, nous irons le visiter un peu
plus souvent. Pour cela, je prie Dimi de
lui demander le pardon le plus humble… »
{{il}}
À ce moment, la porte s’ouvrit toute
grande, sans qu’on eût frappé ; et dans son
cadre, l’oncle Anghel apparut avec Adrien,
par derrière. Il voulait se tenir droit, et il
croyait sourire. Les habits délabrés, le
manteau chiffonné jeté sur les épaules, les
bottes crottées des boues passées, le bonnet
de peau de mouton à la main, il semblait
un vieux mendiant. Il salua à la mode ancienne :
« Bonsoir, honnête assemblée ! »
Son apparition soudaine, dans ce triste
état, émut tout le monde. L’oncle Dimi et
sa sœur fondirent en larmes. Le premier se
jeta aux pieds de son malheureux frère et<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|37}}</noinclude>lui embrassa les bottes. L’autre pleura sur
les mains qui sentaient l’alcool.
« Pauvre frère !… pauvre frère ! Ce que
tu es devenu ! »
L’oncle Anghel, dénué d’émotion, releva
son frère et l’embrassa, ainsi que sa sœur.
Puis, il alla baiser la main du prélat, serra
la main de ceux de son âge, et fit embrasser
la sienne par les jeunes.
Ensuite il s’assit, à la place qu’on lui
indiqua, à l’autre bout de la table, face au
prêtre. Dans le silence qui suivit, on n’entendait
que les sanglots du frère et de la
sœur, qui continuaient à pleurer.
Aussitôt assis, il effaça son sourire, son
regard se glaça. Il dit :
« Pourquoi pleurez-vous ? Ça ne sert à
rien. »
Le calme revint, mais personne n’osa
parler. Le vieux prêtre fixait d’un regard
intelligent son malheureux cousin, presque
aussi vieilli que lui ; et il dit, d’une voix
ferme, empreinte de bonté :
« Anghel, je me permets de te rappeler
que tu es entré ici, le saint jour de Pâques,
sans prononcer le salut de tout bon chrétien
orthodoxe. »
L’autre, comme s’il venait de terre lointaine,
demanda, visiblement inconscient
du reproche :<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|38|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
« Quel salut, père ? »
Le prêtre saisit cet état d’inconscience,
et dit calmement :
« Eh bien, notre parole sacrée : Le Christ
est ressuscité. »
Anghel baissa la tête, toucha du doigt
un débris de pain qui se trouvait devant
lui sur la table, puis leva le front et répondit :
« Je ne crois pas que Christ est ressuscité !
Les morts ne ressuscitent point.
— Anghel !… tu es un impie ! Christ
n’est pas un « mort », mais le fils de Dieu,
et Dieu lui-même !… » s’écria l’homme
d’église, toujours calme, mais la voix un
peu tremblante.
« Je n’en sais rien », répondit Anghel,
sans aucun trouble.
Et, disant cela, il tira de la poche de son
manteau une bouteille d’un demi-litre, de
l’autre poche un petit verre, le remplit
tranquillement à la vue de tous, et remit la
bouteille à sa place. Du verre il dégusta une
petite gorgée qu’il promena dans sa bouche,
avant de l’avaler, puis, il le mit devant lui
sur la table, avec des précautions, comme
s’il craignait de le voir renversé.
L’assistance fut stupéfaite. La mère
d’Adrien se couvrit les yeux avec une main
et pleura en silence. Anghel, imperturba-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hektor
294
/* Page non corrigée */ Page créée avec « - - 34- Ce n'était pas des horreurs, mademoiselle. J'avais grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous faisons toujours équipe ensemble... Alors, n'est-ce pas ?... Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage? Oh! oui !... - Mlle Pauline regarda M. Anatole et elle dit : Vous réussirez mieux à cela qu'à faire le jardinier... Appelez-moi donc encore comme tantôt votre... votre... Ma jolie cocotte en sucre. - - cela! Oh! mon chéri !...
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr||— 34 —|}}</noinclude>-
-
34-
Ce n'était pas des horreurs, mademoiselle. J'avais
grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous
faisons toujours équipe ensemble... Alors, n'est-ce pas ?...
Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage?
Oh! oui !...
-
Mlle Pauline regarda M. Anatole et elle dit :
Vous réussirez mieux à cela qu'à faire le jardinier...
Appelez-moi donc encore comme tantôt votre... votre...
Ma jolie cocotte en sucre.
-
-
cela!
Oh! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d'entendre
M. Anatole et Mlle Pauline co-équipiers de l'agence
« Amour and Co » se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce
soir-là leur premier baiser.
VII
LA REVANCHE DU SOUS-DIRECTEUR
M. Arsène méditait, ce matin-là, comme toujours sur la
fatalité qui s'acharnait après lui, et l'empêchait de goûter
aux joies de l'amour et aux plaisirs des sens avec la brune
Mme Rouma, sa patronne...
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron.
en défaut... Le hasard, qui le desservait malicieusement,
avait même fait que le fameux rapport sur l'affaire Front
ne lui était pas passé par les mains sans quoi il eût certai-
nement reconnu dans la photographie prise par M. Anatole,
du couple coupable, les traits d'Edgard Rouma, ce que
n'avait pas fait le chef de service qui n'avait jeté qu'un coup
d'œil distrait sur ce premier document...
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l'honnê-
teté.
apparente, mais qu'il croyait réelle de Mme Ernes-
tine Rouma, M. Arsène était furieux contre tous les maris
et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices, qu'il voyait réussir une enquête
de ses agents et apprenait qu'un adultère avait été cons-
taté... joyeux de voir pris les amants dont il enviait
l'heureux sort.
Un garçon lui annonça par téléphone :
CO
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— Ce n’était pas des horreurs, mademoiselle. J’avais grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous faisons toujours équipe ensemble… Alors, n’est-ce pas ?… Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage ?
— Oh ! oui !…
Mlle Pauline regarda M. Anatole et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier… Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre cela !
M. Anatole et Mlle Pauline, coéquipiers de l’agence « Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce soir-là leur premier baiser.
VII
LA REVANCHE DU SOUS-DIRECTEUR
M. Arsène méditait, ce matin-là, comme toujours, sur la fatalité qui s’acharnait après lui et l’empêchait de goûter aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune Mme Rouma, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement, avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front ne lui était pas passé par les mains, sans quoi il eût certainement reconnu, dans la photographie prise par M. Anatole du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté apparente, mais qu’il croyait réelle, de Mme Ernestine Rouma, M. Arsène était furieux contre tous les maris et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête de ses agents et apprenait qu’un adultère avait été constaté… joyeux de voir pris les amants dont il enviait l’heureux sort.
Un garçon lui annonça par téléphone :
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— Ce n’était pas des horreurs, mademoiselle. J’avais grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous faisons toujours équipe ensemble… Alors, n’est-ce pas ?… Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage ?
— Oh ! oui !…
Mlle Pauline regarda M. Anatole et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier… Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre cela !
M. Anatole et Mlle Pauline, coéquipiers de l’agence « Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce soir-là leur premier baiser.
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{{M.|Arsène}} méditait, ce matin-là, comme toujours sur la
fatalité qui s’acharnait après lui et l’empêchait de goûter
aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune
{{Mme|Rouma|nx}}, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement, avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front ne lui était pas passé par les mains, sans quoi il eût certainement reconnu, dans la photographie prise par M. Anatole du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté apparente, mais qu’il croyait réelle, de Mme Ernestine Rouma, M. Arsène était furieux contre tous les maris et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête de ses agents et apprenait qu’un adultère avait été constaté… joyeux de voir pris les amants dont il enviait l’heureux sort.
Un garçon lui annonça par téléphone :
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— Ce n’était pas des horreurs, mademoiselle. J’avais
grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous
faisons toujours équipe ensemble… Alors, n’est-ce pas ?…
— Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage ?
— Oh ! oui !…
Mlle Pauline regarda {{M.|Anatole}} et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier…
Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre
cela !
{{M.|Anatole}} et {{Mlle|Pauline|nx}}, coéquipiers de l’agence
« Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce
soir-là leur premier baiser.
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{{M.|Arsène}} méditait, ce matin-là, comme toujours sur la
fatalité qui s’acharnait après lui et l’empêchait de goûter
aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune
{{Mme|Rouma|nx}}, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement, avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front ne lui était pas passé par les mains, sans quoi il eût certainement reconnu, dans la photographie prise par M. Anatole du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté apparente, mais qu’il croyait réelle, de Mme Ernestine Rouma, M. Arsène était furieux contre tous les maris et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête de ses agents et apprenait qu’un adultère avait été constaté… joyeux de voir pris les amants dont il enviait l’heureux sort.
Un garçon lui annonça par téléphone :
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— Ce n’était pas des horreurs, mademoiselle. J’avais
grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous
faisons toujours équipe ensemble… Alors, n’est-ce pas ?…
— Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage ?
— Oh ! oui !…
{{Mlle|Pauline|nx}} regarda {{M.|Anatole}} et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier…
Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre
cela !
{{M.|Anatole}} et {{Mlle|Pauline|nx}}, coéquipiers de l’agence
« Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce
soir-là leur premier baiser.
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{{M.|Arsène}} méditait, ce matin-là, comme toujours sur la
fatalité qui s’acharnait après lui et l’empêchait de goûter
aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune
{{Mme|Rouma|nx}}, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement, avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front ne lui était pas passé par les mains, sans quoi il eût certainement reconnu, dans la photographie prise par M. Anatole du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté apparente, mais qu’il croyait réelle, de Mme Ernestine Rouma, M. Arsène était furieux contre tous les maris et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête de ses agents et apprenait qu’un adultère avait été constaté… joyeux de voir pris les amants dont il enviait l’heureux sort.
Un garçon lui annonça par téléphone :
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— Ce n’était pas des horreurs, mademoiselle. J’avais
grand plaisir à vous appeler ainsi. Que voulez-vous ? Nous
faisons toujours équipe ensemble… Alors, n’est-ce pas ?…
— Vous voudriez faire équipe avec moi dans le mariage ?
— Oh ! oui !…
{{Mlle|Pauline|nx}} regarda {{M.|Anatole}} et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier…
Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre
cela !
{{M.|Anatole}} et {{Mlle|Pauline|nx}}, coéquipiers de l’agence
« Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce
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fatalité qui s’acharnait après lui et l’empêchait de goûter
aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune
{{Mme|Rouma|nx}}, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron
en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement,
avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front
ne lui était pas passé par les mains, sans quoi il eût certainement
reconnu, dans la photographie prise par {{M.|Anatole}}
du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que
n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup
d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté
— apparente, mais qu’il croyait réelle — de {{Mme|Ernestine Rouma|nx}},
{{M.|Arsène}} était furieux contre tous les maris
et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête
de ses agents et apprenait qu’un adultère avait été constaté…
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l’heureux sort.
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— Oh ! oui !…
{{Mlle|Pauline|nx}} regarda {{M.|Anatole}} et elle dit :
— Vous réussirez mieux à cela qu’à faire le jardinier…
Appelez-moi donc encore comme tantôt votre… votre…
— Ma jolie cocotte en sucre.
— Oh ! mon chéri ! Comme ça me fait plaisir d’entendre
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{{M.|Anatole}} et {{Mlle|Pauline|nx}}, coéquipiers de l’agence
« Amour and Co », se fiancèrent ainsi et ils échangèrent ce
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{{M.|Arsène}} méditait, ce matin-là, comme toujours sur la
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aux joies de l’amour et aux plaisirs des sens avec la brune
{{Mme|Rouma|nx}}, sa patronne…
Il lui avait été, en effet, impossible de prendre son patron
en défaut… Le hasard, qui le desservait malicieusement,
avait même fait que le fameux rapport sur l’affaire Front
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du couple coupable, les traits d’Edgard Rouma, ce que
n’avait pas fait le chef de service, qui n’avait jeté qu’un coup
d’œil distrait sur ce premier document…
Ne pouvant tromper son patron et se heurtant à l’honnêteté
— apparente, mais qu’il croyait réelle — de {{Mme|Ernestine Rouma|nx}},
{{M.|Arsène}} était furieux contre tous les maris
et toutes les femmes coupables.
Aussi était-ce avec délices qu’il voyait réussir une enquête
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>du côté de Waldkirckin & d’Henersdorff ; qu’ils forment à Chemnitz un gros magasin, & qu’enfin le Prince Henry a fait marquer deux camps, l’un à Cheinzenback, l’autre à Wolchenstein.
L’armée combinée doit dans deux jours se mettre en marche pour entrer en Saxe.
Si l’on en croit les déserteurs qui nous viennent de Silésie, les Russiens sont fort près du grand Glogau. Il y a déja eu une action entre l’avantgarde de leur armée & les troupes de la garnison de Landshut, qui étoient sorties de cette ville pour escorter un convoi : on prétend que les Russiens en ont détruit une partie, & enlevé l’autre.
{{c|{{sc|{{sp|0.1em|De Dresd}}e,}} ''le 30 Juin.''|fs=110%|ws=0.2em|m=1.25em}}
Nous apprenons que le Prince Henry a rappellé la Garnison de Léipsick, & qu’il n’a laissé dans cette Ville que le Régiment de Saldern, avec quelques centaines de malades.
Il part d’ici tous les jours une grande quantité d’avoine pour le camp du Prince à Chemnitz ; les Etats du Cercle de Misnie ont fourni pour la transporter cinq cens chariots, tous attelés de quatre chevaux, qu’on a exigés d’eux par les voies dont usent ordinairement les Prussiens. Dans tous les endroits de ce Cercle, qui n’ont pas fourni leurs recrues, on enleve les jeunes gens de tout âge, & l’on arrête les parens de ceux qui ont déserté du service Prussien. Le Cercle des montagnes est aussi tenu d’entretenir cinq cens charriots à quatre chevaux pour le service journalier du camp.
Le Quartier Général du Prince Henry est maintenant à Gornau, entre Tschoppau & le pont de Farbenbrukke. Ce Prince vient de détacher quatre Bataillons pour garder le poste de Freyberg ;<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|39}}</noinclude>ble, ne comprit rien de l’horreur produite.
Il promena sur les assistants un regard
calme, comme s’il avait fait l’action la plus
naturelle. Et pour lui, en effet, elle l’était
devenue, depuis près de trois ans qu’il la
faisait cent fois par jour, seul, hors de la
portée de tout reproche.
« Pauvre Anghel ! » s’exclama le prêtre.
« Je te plains. Tu as cessé non seulement
d’être chrétien, mais d’être homme ! »
Pour toute réponse, Anghel reprit le
verre, le porta à ses lèvres et en absorba
de nouveau une petite quantité. Puis, l’air
ennuyé, il dit, comme pour lui-même, avec
une nuance d’imperceptible gémissement :
« Je ne sais pas pourquoi vous m’avez
fait venir ici… »
Alors sa sœur, qui était assise à sa droite
essuya ses larmes, lui prit la main, et lui dit
comme à un enfant :
« Cher frère, je t’ai appelé, parce que nous
voulons te ramener à nous, t’aimer, et te
faire aimer… N’aimes-tu plus la vie ?
N’aimes-tu plus rien ?…
— Si j’aime, ou si je n’aime pas, c’est la
même chose… et ce n’est rien… Mais pourquoi
t’occupes-tu de moi, sœur ?
— Comment, Anghel ? Je suis ta sœur
aînée, et tes malheurs sont mes malheurs…
— Ça n’est pas vrai. Tu as souffert, et tu<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/38
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|40|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>souffres tes malheurs, mais pas les miens.
— Non, Anghel, nous souffrons par les
liens de notre sang.
— Il n’y a pas de liens du sang : si je me
tranche une jambe, c’est mon sang qui
coule, pas le tien.
— Il y a pourtant des souffrances morales,
qui nous sont communes.
— Il n’y a rien de tout cela. Que ce soit
une parole en l’air ce que je vais dire en ce
moment : mais si tu perds demain ton fils,
moi, je souffrirai, mais toi, tu mourras. »
Sa sœur se tut, douloureusement convaincue
de sa logique ; et lui, il but encore
un peu d’eau-de-vie.
{{il}}
Le prêtre reprit le fameux exemple biblique :
« Anghel, souviens-toi de Job ! Son désastre
a été au moins égal au tien, mais il fut
inébranlable dans sa foi. Songe que nous
autres, mortels, nous ignorons la pensée
divine. Qui sait si tes malheurs ne sont autant
d’épreuves que notre Seigneur t’envoie,
pour faire ensuite de toi un de ses
Élus ? »
Anghel se redressa sur son siège, et ses
yeux {{corr|luirent|luisirent}}. Il parut vouloir répondre au
prêtre, mais sa parole fut arrêtée. Il appela
Adrien, qui restait dans un coin de la cham-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Agence d’amour/07
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|41}}</noinclude>bre, et le fit asseoir à sa gauche, entre ses
deux oncles ; puis il dit, avec un peu plus
de force :
« Cousin Stéphane, il doit y avoir de
tristes mensonges dans vos histoires religieuses.
Ma tête n’est pas en état de te répondre
(il tutoya le prêtre) ; mais voici ce
garçon, notre neveu, il sait plus que nous…
— Oncle, » interrompit Adrien, « je ne
voudrais pas être mêlé ce soir à vos disputes ;
je n’ai pas l’âge, et mes convictions
peuvent blesser le père Stéphane. »
L’oncle Anghel lui mit une main sur
l’épaule et le rassura :
« Mon enfant, tu ne blesseras personne.
Nous sommes ici en famille, ou presque. Et
c’est pour mon bien que tu dois parler de
ce que tu as appris dans les livres. Je ne vis
plus maintenant que pour la vérité. Mais
depuis deux ans que je lis, tant bien que
mal, dans la Bible, je ne fais que m’embrouiller.
Comment expliques-tu, Adrien,
que tant de sagesse s’étale dans ce livre à
côté de tant de fables, par exemple cette
histoire invraisemblable de Job ? »
Adrien, intimidé par le regard pénétrant
du prêtre, répondit :
« C’est parce que les personnages bibliques
échappent au contrôle de l’histoire.
La Bible est un livre de foi, à l’usage des<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|42|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>croyants : elle te demande de ''croire'', non pas
de ''chercher''.
— Mais dis-moi si tu peux croire à un
Dieu qui enlève à un père tous ses enfants,
pour le plaisir de l’éprouver ? Il doit avoir
un cœur de vrai bandit ! »
À cette parole le prélat se leva, comme
sous le coup d’une brûlure :
« Je vous quitte, » dit-il, « ma place n’est
plus dans une maison où Dieu est insulté !
— C’est là tout l’appui que tu prêtes à
un Job comme moi ? » demanda Anghel.
« Trois enfants j’ai eus, et tous trois je les ai
perdus. Quel crime ai-je commis, pour que
ton Dieu me punisse de la sorte ?
— Malheureux ! la Grâce Divine t’avait
choisi pour te compter dans le nombre de
ses martyrs, qui jouissent de la vie éternelle !
— Ta Grâce Divine aurait mieux fait
de me laisser jouir de la vie terrestre qui me
plaisait, et ne pas faire de moi un ivrogne
sans famille et sans Dieu.
— Personne n’est digne de juger les
actions de Dieu ! »
Et disant cela, le prêtre donna sa bénédiction
et sortit.
{{il}}
« Anghel, » lui dit sa sœur, aussitôt leur
cousin parti, « tu n’as pas été respectueux<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/41
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|43}}</noinclude>avec le père Stéphane, tu as oublié qu’il
est prêtre.
— Au contraire, sœur, j’ai dû me rappeler
qu’il est prêtre, pour lui dire que je ne
crois pas aux dires des prêtres. C’est leur
faute si je n’ai plus de foi dans leur Dieu.
Pourquoi nous donnent-ils un architecte
tout-puissant et qui se mêle, à chaque instant,
à notre vie ? Il n’y a rien de vrai dans
cette histoire. Mais la vérité doit être ailleurs{{corr||.}}
Où ? Je n’en sais rien. Ce que je sais,
c’est que nous vivons, nous souffrons et
nous mourons bêtement, sans savoir ni
pourquoi, ni comment. Je sais encore que
notre plus grande erreur est de trop désirer
le bonheur, tandis que la vie reste indifférente
à nos désirs : si nous sommes heureux,
c’est par hasard ; et si nous sommes
malheureux, c’est encore par hasard. Dans
cette mer pleine d’écueils qu’est la vie,
notre barque est à la merci des vents, et
notre adresse ne peut éviter que peu de
chose. Et c’est inutile d’accuser quelqu’un,
ou d’accrocher son espoir à quelque chose :
on est destiné au bonheur ou au malheur
avant de sortir du ventre de sa mère. Heureux
est celui qui sent le moins, ou qui ne
sent rien. Le peu qu’il demande, l’existence
le lui donne. Et malheureux est celui qui
sent et qui veut : il n’a jamais assez. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/42
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<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|44|ONCLE ANGHEL}}</noinclude><nowiki />
{{il}}
Adrien reconduisait son oncle à son terrier.
Anghel s’arrêta devant sa porte, et dit
à Adrien, au moment de se séparer :
« Adrien ! Je mourrai bientôt, mes boyaux
sont brûlés par l’alcool. Regarde-moi bien,
et rappelle-toi, chaque fois que tu voudras
cracher sur un ivrogne, que moi, ton oncle
Anghel, homme propre et aimant la vie
propre, je suis devenu ivrogne et que je
meurs ivrogne, ''par la faute de personne''. »<noinclude>
<references/></noinclude>
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Oncle Anghel (recueil)/Oncle Anghel
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Page:Raymond Clauzel L'Ile des hommes 1924.djvu/153
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Hektor
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « L'ILE DES HOMMES 149 sans réponse exaspérait sa souffrance d'orgueil. Tamarix ? Non! Claudia savait le beau soldat chevaleresque, incapable d'intrigue, encore moins de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau l'ondée chaude de l'amour, repoussait d'ailleurs de lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques secondes, la magie de l'homme aimé fascina dou- loureusement la femme, mal préservée par l'ama- zone de ses passionnantes faiblesses. Tro...
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" /></noinclude>L'ILE DES HOMMES
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sans réponse exaspérait sa souffrance d'orgueil.
Tamarix ? Non! Claudia savait le beau soldat
chevaleresque, incapable d'intrigue, encore moins
de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau
l'ondée chaude de l'amour, repoussait d'ailleurs de
lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques
secondes, la magie de l'homme aimé fascina dou-
loureusement la femme, mal préservée par l'ama-
zone de ses passionnantes faiblesses. Trop traquée
par
les circonstances, Claudia continua néanmoins
ses supputations. Non, encore non, le P. Loumaigne
n'avait pas conspiré contre elle. La loyauté sereine,
la grandeur morale de l'homme de Dieu, éprou-
vées par elle en tant de circonstances, ne permet-
taient pas de lui attribuer double face. Ni lui, ni
aucun autre des hommes des pays lointains n'avaient
certainement tramé contre elle. S'ils devenaient
maintenant ses ennemis, l'injustice dont elle s'était
rendue coupable à leur égard en était seule respon-
sable.
Mais, alors, où fallait-il chercher la trahison?
Dans quels cercles dorés, en quels bas-fonds ?... Ce
matin même, n'avait-elle point failli être assassi-
née ? Son salut, elle ne le devait qu'à la vigilance
des Marseillais. Le soir de ce même jour, des par-
tisans inconnus venaient de sauver ces étrangers
que la femme de volupté aux abois, dans un accès
d'irascibilité, voulait perdre, entachant ainsi la sou-
veraine de la plus criminelle ingratitude. Il y avait
donc plusieurs trames autour d'elle, et conduites<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" /></noinclude>sans réponse exaspérait sa souffrance d’orgueil.
Tamarix ? Non ! Claudia savait le beau soldat
chevaleresque, incapable d’intrigue, encore moins
de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau
l’ondée chaude de l’amour, repoussait d’ailleurs de
lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques
secondes, la magie de l’homme aimé fascina douloureusement
la femme, mal préservée par l’amazone
de ses passionnantes faiblesses. Trop traquée
par les circonstances, Claudia continua néanmoins
ses supputations. Non, encore non, le {{P.|Loumaigne}}
n’avait pas conspiré contre elle. La loyauté sereine,
la grandeur morale de l’homme de Dieu, éprouvées
par elle en tant de circonstances, ne permettaient
pas de lui attribuer double face. Ni lui, ni
aucun autre des hommes des pays lointains n’avaient
certainement tramé contre elle. S’ils devenaient
maintenant ses ennemis, l’injustice dont elle s’était
rendue coupable à leur égard en était seule responsable.
Mais, alors, où fallait-il chercher la trahison ? Dans quels cercles dorés, en quels bas-fonds ?… Ce matin même, n’avait-elle point failli être assassinée ? Son salut, elle ne le devait qu’à la vigilance des Marseillais. Le soir de ce même jour, des partisans inconnus venaient de sauver ces étrangers que la femme de volupté aux abois, dans un accès d’irascibilité, voulait perdre, entachant ainsi la souveraine de la plus criminelle ingratitude. Il y avait donc plusieurs trames autour d’elle, et conduites…<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr||{{sc|l’île des hommes}}|149|b=<hr />}}</noinclude>sans réponse exaspérait sa souffrance d’orgueil.
Tamarix ? Non ! Claudia savait le beau soldat
chevaleresque, incapable d’intrigue, encore moins
de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau
l’ondée chaude de l’amour, repoussait d’ailleurs de
lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques
secondes, la magie de l’homme aimé fascina douloureusement
la femme, mal préservée par l’amazone
de ses passionnantes faiblesses. Trop traquée
par les circonstances, Claudia continua néanmoins
ses supputations. Non, encore non, le {{P.|Loumaigne}}
n’avait pas conspiré contre elle. La loyauté sereine,
la grandeur morale de l’homme de Dieu, éprouvées
par elle en tant de circonstances, ne permettaient
pas de lui attribuer double face. Ni lui, ni
aucun autre des hommes des pays lointains n’avaient
certainement tramé contre elle. S’ils devenaient
maintenant ses ennemis, l’injustice dont elle s’était
rendue coupable à leur égard en était seule responsable.
Mais, alors, où fallait-il chercher la trahison ? Dans quels cercles dorés, en quels bas-fonds ?… Ce matin même, n’avait-elle point failli être assassinée ? Son salut, elle ne le devait qu’à la vigilance des Marseillais. Le soir de ce même jour, des partisans inconnus venaient de sauver ces étrangers que la femme de volupté aux abois, dans un accès d’irascibilité, voulait perdre, entachant ainsi la souveraine de la plus criminelle ingratitude. Il y avait donc plusieurs trames autour d’elle, et conduites…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Tamarix ? Non ! Claudia savait le beau soldat
chevaleresque, incapable d’intrigue, encore moins
de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau
l’ondée chaude de l’amour, repoussait d’ailleurs de
lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques
secondes, la magie de l’homme aimé fascina douloureusement
la femme, mal préservée par l’amazone
de ses passionnantes faiblesses. Trop traquée
par les circonstances, Claudia continua néanmoins
ses supputations. Non, encore non, le {{P.|Loumaigne}}
n’avait pas conspiré contre elle. La loyauté sereine,
la grandeur morale de l’homme de Dieu, éprouvées
par elle en tant de circonstances, ne permettaient
pas de lui attribuer double face. Ni lui, ni
aucun autre des hommes des pays lointains n’avaient
certainement tramé contre elle. S’ils devenaient
maintenant ses ennemis, l’injustice dont elle s’était
rendue coupable à leur égard en était seule responsable.
Mais, alors, où fallait-il chercher la trahison ?
Dans quels cercles dorés, en quels bas-fonds ?… Ce
matin même, n’avait-elle point failli être assassinée ?
Son salut, elle ne le devait qu’à la vigilance
des Marseillais. Le soir de ce même jour, des partisans
inconnus venaient de sauver ces étrangers
que la femme de volupté aux abois, dans un accès
d’irascibilité, voulait perdre, entachant ainsi la souveraine
de la plus criminelle ingratitude. Il y avait
donc plusieurs trames autour d’elle, et conduites<noinclude>
<references/></noinclude>
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Hektor
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr||{{sc|l’île des hommes}}|149|b=<hr />}}</noinclude>sans réponse exaspérait sa souffrance d’orgueil.
Tamarix ? Non ! Claudia savait le beau soldat
chevaleresque, incapable d’intrigue, encore moins
de félonie. Son propre cœur, où affluait de nouveau
l’ondée chaude de l’amour, repoussait d’ailleurs de
lui-même le soupçon ignominieux. Durant quelques
secondes, la magie de l’homme aimé fascina douloureusement
la femme, mal préservée par l’amazone
de ses passionnantes faiblesses. Trop traquée
par les circonstances, Claudia continua néanmoins
ses supputations. Non, encore non, le {{P.|Loumaigne}}
n’avait pas conspiré contre elle. La loyauté sereine,
la grandeur morale de l’homme de Dieu, éprouvées
par elle en tant de circonstances, ne permettaient
pas de lui attribuer double face. Ni lui, ni
aucun autre des hommes des pays lointains n’avaient
certainement tramé contre elle. S’ils devenaient
maintenant ses ennemis, l’injustice dont elle s’était
rendue coupable à leur égard en était seule responsable.
Mais, alors, où fallait-il chercher la trahison ?
Dans quels cercles dorés, en quels bas-fonds ?… Ce
matin même, n’avait-elle point failli être assassinée ?
Son salut, elle ne le devait qu’à la vigilance
des Marseillais. Le soir de ce même jour, des partisans
inconnus venaient de sauver ces étrangers
que la femme de volupté aux abois, dans un accès
d’irascibilité, voulait perdre, entachant ainsi la souveraine
de la plus criminelle ingratitude. Il y avait
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<references/></noinclude>
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Page:Mercure de France - 1758-08.djvu/203
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Psephos
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<noinclude><pagequality level="3" user="Psephos" /></noinclude>Saint Siége : le Pape élu, tout rentre dans l’ordre.
On avoit redoublé les prieres dans toutes les Eglises de cette Capitale, pour la prompte élection d’un Pontife, lorsque le Jeudi 6{{lié}}Juillet, vers les huit heures du soir, les Cardinaux ayant procé dé au scrutin dans la Chapelle Sixtine, Charles Rezzonico, Vénitien, Cardinal du Titre de {{St.|Marc}}, Evêque de Padoue, Créature du Pape {{roi|Clement|XII}}. fut élu par le concours d’autant de voix qu’il y avoit de Cardinaux au Conclave. Le nouveaut Pontife prit aussi-tôt le nom de {{roi|Clement|XIII}}. Sa Sainteté ayant ensuite été revêtue des habits Pontificaux, fut portée dans un fauteuil sur les marches de l’Autel, ou Elle reçut les adorations & les hommages des Cardinaux. L’Anneau du Pécheur lui fut presenté par le Cardinal Camerlingue, & le {{St.|Pere}} le remit au Premier Maître des Cérémonies, pour y faire graver le nom de {{roi|Clement|XIII}}. À huit heures & demie, le Cardinal Albani, premier Diacre, étant précédé de la Croix, se rendit à la grande loge sous le Portique de Saint Pierre, où il publia à haute voix l’exaltation du Pontife. À cette nouvelle toute la Ville fut remplie de joie, & le son des cloches l’eut bientôt répandue de tous les côtés. Vers les neuf heures, le Saint Pere revint à la Chapelle Sixtine & les Cardinaux revêtus de la pourpre sacrée, firent la deuxieme adoration. De-là, le Pape porté dans un fauteuil & entouré de la Garde Suisse, fut conduit en procession à Saint Pierre par les Cardinaux, le Gouverneur de Rome, le Connétable Colonne, Prince du Trône, le Duc de Guadagnuolo, {{corr|Maî-|Maître}} de l’Hospice Sacré, l’Ambassadeur de Bologne, les Conservateurs & le Prieur du Peuple Romain, toute la Prélature, & une grande partie de la Noblesse, au milieu des acclamations d’une foule pro-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/43
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Acélan
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr||ONCLE ANGHEL|45}}</noinclude><nowiki />
{{t2|MORT DE L’ONCLE ANGHEL|{{rom-maj|II}}|m=3em}}
{{PM|S|ur}} la route raboteuse qui va de Braïla
au hameau de Baldovinesti, toute défoncée
par les pluies printanières récemment
tombées, la charrette à deux chevaux
de l’oncle Dimi cahotait affreusement.
Adrien, assis sur la planche à côté de son
oncle, se plaignit de maux dans le ventre
et pria de cesser le trot. Les chevaux, contents
de ne plus courir, éternuèrent vigoureusement
dans l’air frais du matin et reprirent
au pas. Alors, dans le calme qui
suivit le bruit de ferrailles dévissées, Adrien
se redressa sur son siège et embrassa, voluptueusement,
du regard la campagne noire
et silencieuse de ce mi-mars, encore engourdie
par le long sommeil hivernal.
L’oncle Dimi, quoique brave paysan,
franc et honnête, était taciturne, et avait<noinclude>
<references/></noinclude>
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Acélan
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude><nowiki />
{{t2|MORT DE L’ONCLE ANGHEL|{{rom-maj|II}}|m=3em}}
{{PM|S|ur}} la route raboteuse qui va de Braïla
au hameau de Baldovinesti, toute défoncée
par les pluies printanières récemment
tombées, la charrette à deux chevaux
de l’oncle Dimi cahotait affreusement.
Adrien, assis sur la planche à côté de son
oncle, se plaignit de maux dans le ventre
et pria de cesser le trot. Les chevaux, contents
de ne plus courir, éternuèrent vigoureusement
dans l’air frais du matin et reprirent
au pas. Alors, dans le calme qui
suivit le bruit de ferrailles dévissées, Adrien
se redressa sur son siège et embrassa, voluptueusement,
du regard la campagne noire
et silencieuse de ce mi-mars, encore engourdie
par le long sommeil hivernal.
L’oncle Dimi, quoique brave paysan,
franc et honnête, était taciturne, et avait<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Renard - Invitation a la peur, 1926.djvu/128
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « 120 L'INVITATION A LA PEUR rond de la pupille ? Dites, de quoi ? De substances réfringentes, n'est-ce pas ? De substances qui, pour jouer leur rôle optique, doivent réfracter les rayons lumineux. Alors, si vous leur enlevez cette propriété, comment voulez-vous qu'elles remplissent leur of- fice ?... Et ce n'est pas tout! Non contentes de fonctionner dans leur ensemble comme une seule lentille, certaines de ces substances fonctionnent individuellement...
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr|120|{{sc|l’invitation à la peur}}|}}</noinclude>120
L'INVITATION A LA PEUR
rond de la pupille ? Dites, de quoi ? De substances
réfringentes, n'est-ce pas ? De substances qui, pour
jouer leur rôle optique, doivent réfracter les rayons
lumineux. Alors, si vous leur enlevez cette propriété,
comment voulez-vous qu'elles remplissent leur of-
fice ?... Et ce n'est pas tout! Non contentes de
fonctionner dans leur ensemble comme une seule
lentille, certaines de ces substances fonctionnent
individuellement comme des miroirs. Or, un miroir
qui ne réfléchit plus rien est-il toujours un mi-
roir ?... Et enfin, sur quel écran viendraient se pro-
jeter les images, chez un homme invisible, puisque,
par hypothèse, sa rétine serait incapable d'arrêter
le moindre rayon ?...
-
Ooooh! gémit M. Patpington, exhalant sa
déconvenue.
-
· Dans l'ordre des faits lumineux, continuait
Hopkins quelque peu exalté, qui dit «invisible >>
dit << inexistant » ! Un ceil invisible est inopérant.
Un homme invisible est fatalement un aveugle.
Griffin est un mythe. Conclusion: l'oncle Patping-
ton renonce à l'imiter, n'est-il pas vrai ?
Le brave garçon comptait sans l'héroïsme qui
couve au cœur de tout savant. Il vit avec stupeur
M. Patpington, d'affaissé qu'il était, redevenir en
frémissant un droit petit homme rose et résolu. Il
avait l'air de se regonfler par l'effet d'une noble
insufflation, et l'intrépidité fournissait à ses pru-
nelles noires l'éclat du jais bien taillé.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr|120|{{sc|l’invitation à la peur}}|}}</noinclude>rond de la pupille ? Dites, de quoi ? De substances
<i>réfringentes</i>, n’est-ce pas ? De substances qui, pour
jouer leur rôle optique, doivent <i>réfracter</i> les rayons
lumineux. Alors, si vous leur enlevez cette propriété,
comment voulez-vous qu’elles remplissent leur office ?…
Et ce n’est pas tout ! Non contentes de
fonctionner dans leur ensemble comme une seule
lentille, certaines de ces substances fonctionnent
individuellement comme des miroirs. Or, un miroir
<i>qui ne réfléchit plus rien</i> est-il toujours un miroir ?…
Et enfin, sur quel écran viendraient se projeter
les images, chez un homme invisible, puisque,
par hypothèse, sa rétine serait incapable d’arrêter
le moindre rayon ?…
— Ooooh ! gémit {{M.|Patpington}}, exhalant sa
déconvenue.
— Dans l’ordre des faits lumineux, continuait
Hopkins, quelque peu exalté, qui dit « invisible »
dit « inexistant » ! Un œil invisible est inopérant.
Un homme invisible est fatalement un aveugle.
Griffin est un mythe. Conclusion : l’oncle Patpington
renonce à l’imiter, n’est-il pas vrai ?
Le brave garçon comptait sans l’héroïsme qui couve au cœur de tout savant. Il vit avec stupeur M. Patpington, d’affaissé qu’il était, redevenir en frémissant un droit petit homme rose et résolu. Il avait l’air de se regonfler par l’effet d’une noble insufflation, et l’intrépidité fournissait à ses prunelles noires l’éclat du jais bien taillé.
<nowiki /><noinclude>
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2026-05-09T08:16:45Z
Hektor
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{nr|120|{{sc|l’invitation à la peur}}|}}</noinclude>rond de la pupille ? Dites, de quoi ? De substances
<i>réfringentes</i>, n’est-ce pas ? De substances qui, pour
jouer leur rôle optique, doivent <i>réfracter</i> les rayons
lumineux. Alors, si vous leur enlevez cette propriété,
comment voulez-vous qu’elles remplissent leur office ?…
Et ce n’est pas tout ! Non contentes de
fonctionner dans leur ensemble comme une seule
lentille, certaines de ces substances fonctionnent
individuellement comme des miroirs. Or, un miroir
<i>qui ne réfléchit plus rien</i> est-il toujours un miroir ?…
Et enfin, sur quel écran viendraient se projeter
les images, chez un homme invisible, puisque,
par hypothèse, sa rétine serait incapable d’arrêter
le moindre rayon ?…
— Ooooh ! gémit {{M.|Patpington}}, exhalant sa
déconvenue.
— Dans l’ordre des faits lumineux, continuait
Hopkins, quelque peu exalté, qui dit « invisible »
dit « inexistant » ! Un œil invisible est inopérant.
Un homme invisible est fatalement un aveugle.
Griffin est un mythe. Conclusion : l’oncle Patpington
renonce à l’imiter, n’est-il pas vrai ?
Le brave garçon comptait sans l’héroïsme qui
couve au cœur de tout savant. Il vit avec stupeur
{{M.|Patpington}}, d’affaissé qu’il était, redevenir en
frémissant un droit petit homme rose et résolu. Il
avait l’air de se regonfler par l’effet d’une noble
insufflation, et l’intrépidité fournissait à ses prunelles
noires l’éclat du jais bien taillé.
<nowiki /><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Colette - Œuvres complètes (éd. Le Fleuron) tome I.djvu/129
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Hektor
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « CLAUDINE À L’ÉCOLE chèvre, et on 2 ripoliné le lit en blanc, Aimée à même voulu me faire croire qu’elle avait acheté ces belles choses sur ses économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si c’est vrai. » Alors elle m’a dit : «Si tu en parles à maman, jete ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire. — Houche ! Mademoiselle revient. Effectiv... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" /></noinclude>CLAUDINE À L’ÉCOLE
chèvre, et on 2 ripoliné le lit en blanc, Aimée à même voulu
me faire croire qu’elle avait acheté ces belles choses sur ses
économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si
c’est vrai. » Alors elle m’a dit : «Si tu en parles à maman, jete
ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles
pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire.
— Houche ! Mademoiselle revient.
Effectivement, Mile Sergent s’approche de nous, quittant
son air tendre et riant pour sa figure d’institutrice :
— Vous avez fini, Mesdemoiselles ? Je vais vous dicter
un problème de géométrie.
Des protestations douloureuses s’élèvent, demandant
encore cinq minutes de grâce. Mais Miie Sergent ne s’émeut
pas de cette supplication, qui se renouvelle trois fois par jour,
et commence tranquillement à dicter le problème. Le ciel
confonde les triangles semblables !
J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de
séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans
presque dire merci, en remplit ses petites mains et les cache
dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de
pastilles de menthe anglaise, trop poivrées, elle vendrait sa
grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché.
Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la
menthe et dit : « Ma langue gèle, ma langue gèle » avec des
yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles,
s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une
irrésistible grimace de prétendue répugnance :
— Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût,
celles-là étaient « flogres »’ |
Comme par hasard, tandis que nous jouons à la grue,
Rabastens entre dans la cour, porteur de je ne sais quels
1. Blettes, — ne se dit que des fruits pourris.
118<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{c|{{espacé|0.2em|CLAUDINE À L’ÉCOLE}}}}</noinclude>CLAUDINE À L’ÉCOLE
chèvre, et on 2 ripoliné le lit en blanc, Aimée à même voulu
me faire croire qu’elle avait acheté ces belles choses sur ses
économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si
c’est vrai. » Alors elle m’a dit : «Si tu en parles à maman, jete
ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles
pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire.
— Houche ! Mademoiselle revient.
Effectivement, Mile Sergent s’approche de nous, quittant
son air tendre et riant pour sa figure d’institutrice :
— Vous avez fini, Mesdemoiselles ? Je vais vous dicter
un problème de géométrie.
Des protestations douloureuses s’élèvent, demandant
encore cinq minutes de grâce. Mais Miie Sergent ne s’émeut
pas de cette supplication, qui se renouvelle trois fois par jour,
et commence tranquillement à dicter le problème. Le ciel
confonde les triangles semblables !
J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de
séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans
presque dire merci, en remplit ses petites mains et les cache
dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de
pastilles de menthe anglaise, trop poivrées, elle vendrait sa
grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché.
Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la
menthe et dit : « Ma langue gèle, ma langue gèle » avec des
yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles,
s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une
irrésistible grimace de prétendue répugnance :
— Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût,
celles-là étaient « flogres »’ |
Comme par hasard, tandis que nous jouons à la grue,
Rabastens entre dans la cour, porteur de je ne sais quels
1. Blettes, — ne se dit que des fruits pourris.
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{c|{{espacé|0.2em|CLAUDINE À L’ÉCOLE}}}}</noinclude>CLAUDINE À L’ÉCOLE
chèvre, et on 2 ripoliné le lit en blanc, Aimée à même voulu
me faire croire qu’elle avait acheté ces belles choses sur ses
économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si
c’est vrai. » Alors elle m’a dit : «Si tu en parles à maman, jete
ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles
pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire.
— Houche ! Mademoiselle revient.
Effectivement, Mile Sergent s’approche de nous, quittant
son air tendre et riant pour sa figure d’institutrice :
— Vous avez fini, Mesdemoiselles ? Je vais vous dicter
un problème de géométrie.
Des protestations douloureuses s’élèvent, demandant
encore cinq minutes de grâce. Mais Miie Sergent ne s’émeut
pas de cette supplication, qui se renouvelle trois fois par jour,
et commence tranquillement à dicter le problème. Le ciel
confonde les triangles semblables !
J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de
séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans
presque dire merci, en remplit ses petites mains et les cache
dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de
pastilles de menthe anglaise, trop poivrées, elle vendrait sa
grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché.
Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la
menthe et dit : « Ma langue gèle, ma langue gèle » avec des
yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles,
s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une
irrésistible grimace de prétendue répugnance :
— Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût,
celles-là étaient « flogres »’ |
Comme par hasard, tandis que nous jouons à la grue,
Rabastens entre dans la cour, porteur de je ne sais quels
1. Blettes, — ne se dit que des fruits pourris.
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<noinclude><pagequality level="1" user="Hektor" />{{c|{{espacé|0.2em|CLAUDINE À L’ÉCOLE}}}}</noinclude>chèvre, et on 2 ripoliné le lit en blanc, Aimée à même voulu
me faire croire qu’elle avait acheté ces belles choses sur ses
économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si
c’est vrai. » Alors elle m’a dit : «Si tu en parles à maman, jete
ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles
pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire.
— Houche ! Mademoiselle revient.
Effectivement, Mile Sergent s’approche de nous, quittant
son air tendre et riant pour sa figure d’institutrice :
— Vous avez fini, Mesdemoiselles ? Je vais vous dicter
un problème de géométrie.
Des protestations douloureuses s’élèvent, demandant
encore cinq minutes de grâce. Mais Miie Sergent ne s’émeut
pas de cette supplication, qui se renouvelle trois fois par jour,
et commence tranquillement à dicter le problème. Le ciel
confonde les triangles semblables !
J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de
séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans
presque dire merci, en remplit ses petites mains et les cache
dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de
pastilles de menthe anglaise, trop poivrées, elle vendrait sa
grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché.
Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la
menthe et dit : « Ma langue gèle, ma langue gèle » avec des
yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles,
s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une
irrésistible grimace de prétendue répugnance :
— Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût,
celles-là étaient « flogres »<ref>Blettes, — ne se dit que des fruits pourris.</ref> !
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Rabastens entre dans la cour, porteur de je ne sais quels<noinclude>
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économies. Je lui ai répondu : « Je demanderai à maman si
c’est vrai. » Alors elle m’a dit : « Si tu en parles à maman, je te
ferai renvoyer chez nous sous prétexte que tu ne travailles
pas. » Alors, tu penses, je n’ai plus eu qu’à me taire.
— Houche ! Mademoiselle revient.
Effectivement, {{Mlle|Sergent}} s’approche de nous, quittant
son air tendre et riant pour sa figure d’institutrice :
— Vous avez fini, Mesdemoiselles ? Je vais vous dicter
un problème de géométrie.
Des protestations douloureuses s’élèvent, demandant
encore cinq minutes de grâce. Mais {{Mlle|Sergent}} ne s’émeut
pas de cette supplication, qui se renouvelle trois fois par jour,
et commence tranquillement à dicter le problème. Le ciel
confonde les triangles semblables !
J’ai soin d’apporter souvent des bonbons à dessein de
séduire complètement la jeune Luce. Elle les prend sans
presque dire merci, en remplit ses petites mains et les cache
dans un ancien œuf à chapelet en nacre. Pour dix sous de
pastilles de menthe anglaise, trop poivrées, elle vendrait sa
grande sœur et encore un de ses frères par-dessus le marché.
Elle ouvre la bouche, aspire l’air pour sentir le froid de la
menthe et dit : « Ma langue gèle, ma langue gèle » avec des
yeux pâmés. Anaïs me mendie effrontément des pastilles,
s’en gonfle les joues, et redemande précipitamment avec une
irrésistible grimace de prétendue répugnance :
— Vite, vite donne-m’en d’autres, pour ôter le goût,
celles-là étaient « flogres »<ref>Blettes, — ne se dit que des fruits pourris.</ref> !
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Rabastens entre dans la cour, porteur de je ne sais quels<noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" />{{nr|46|ONCLE ANGHEL}}</noinclude>l’habitude de regarder furtivement autour
de lui. Curieux de revoir ce drôle de neveu
qu’il avait élevé jusqu’à l’âge de sept ans
et qui venait à peine de rentrer d’un voyage
de deux années en Égypte et en Asie Mineure,
il l’épiait à la dérobée. Adrien s’en
aperçut bientôt et se sentit gêné dans son
plaisir :
« Oncle », dit-il, un peu aigrement, « si tu
veux savoir ce que je fais en ce moment, tu
n’as qu’à te tourner vers moi et me regarder
à ton aise, mais pas à la manière des détectives.
C’est déplaisant. »
Pour toute réponse, l’apostrophé tira de
sa poche sa blague à tabac, faite d’une
petite vessie de porc, et se mit à rouler tranquillement
une cigarette. Puis, d’un air
ironique, il offrit la blague à son neveu,
qu’il savait incapable de fumer du tabac
fort. Adrien le remercia et alluma une bonne
cigarette égyptienne.
« Tu n’es plus maintenant des nôtres »,
murmura le paysan en frappant dans son
silex pour allumer la mèche.
« Pardonne-moi, oncle ! J’ai oublié de
t’offrir du feu. »
Un instant après, le regard plongé dans
l’infini, il ajouta :
« C’est parce que je suis troublé par bien
des choses. D’abord mon retour mouve-<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
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de lui. Curieux de revoir ce drôle de neveu
qu’il avait élevé jusqu’à l’âge de sept ans
et qui venait à peine de rentrer d’un voyage
de deux années en Égypte et en Asie Mineure,
il l’épiait à la dérobée. Adrien s’en
aperçut bientôt et se sentit gêné dans son
plaisir :
« Oncle », dit-il, un peu aigrement, « si tu
veux savoir ce que je fais en ce moment, tu
n’as qu’à te tourner vers moi et me regarder
à ton aise, mais pas à la manière des détectives.
C’est déplaisant. »
Pour toute réponse, l’apostrophé tira de
sa poche sa blague à tabac, faite d’une
petite vessie de porc, et se mit à rouler tranquillement
une cigarette. Puis, d’un air
ironique, il offrit la blague à son neveu,
qu’il savait incapable de fumer du tabac
fort. Adrien le remercia et alluma une bonne
cigarette égyptienne.
« Tu n’es plus maintenant ''des nôtres'' »,
murmura le paysan en frappant dans son
silex pour allumer la mèche.
« Pardonne-moi, oncle ! J’ai oublié de
t’offrir du feu. »
Un instant après, le regard plongé dans
l’infini, il ajouta :
« C’est parce que je suis troublé par bien
des choses. D’abord mon retour mouve-<noinclude>
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/430
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Fabrice Dury
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Page:Fabre - Souvenirs entomologiques, sixième série, 1897 (IA souvenirsentomol06fabr).djvu/431
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Fabrice Dury
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text/x-wiki
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/45
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude>menté, qui a fait tant de peine à maman…
Cette terre noire que j’avais oubliée, et
enfin, l’idée de revoir l’oncle Anghel dans
l’état que tu dis… À propos, tu sais pourquoi
il m’appelle ?
— Sais pas… Il m’a fait dire hier soir par
un charretier qu’il veut te voir sans faute
ce matin.
— Il tient donc cabaret ouvert ?
Dimi considéra, stupéfait, son neveu :
« Tu n’es pas fou ? » gronda-t-il sourdement.
« Quand je te dis qu’il est depuis trois
ans au lit, et qu’il est rongé vivant par les
vers, tu ne voudrais pas qu’il se lève pour
verser à boire aux charretiers ? D’abord, il
n’est plus qu’un squelette, et puis, il a tout
bu, tout bu seul. »
Adrien eut un frisson d’horreur et pâlit{{corr||.}}
Son oncle voulut l’encourager :
« Il faut être fort si tu ne veux pas tomber
malade en sortant de chez lui. Sûrement,
c’est pas gai de voir un homme en
cet état-là. Il est pire que Job. Celui-ci, s’il
faut croire les dires du prêtre Stéphane,
s’est relevé de sa maladie et a retrouvé, vivants,
ses enfants morts et ses vaches
volées, mais Anghel ne retrouvera plus rien
et ne se relèvera plus. Les temps ont changé
depuis Job, Dieu ne fait plus de miracles.
Probablement par notre faute, à nous…<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/1
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text/x-wiki
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/2
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude><nowiki />
{{c|''DU MÊME AUTEUR : ''|m=3em|fs=120%}}
{{c|''Les récits d’Adrien Zograffi''. — {{rom-maj|I}}. ''KYRA KYRALINA.''}}
{{c|''en préparation,''|mt=2em|mb=1em}}
{{c|''Les récits d’Adrien Zograffi''. {{rom-maj|III}}. ''LES HAÏDOUCS.''}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Alzog - Histoire universelle de l’Église, tome 2.djvu/102
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text/x-wiki
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{{T4|CHAPITRE V.<br />L’ÉGLISE GRECQUE.|fw=bold}}
{{interligne}}
{{T5|§ 175. — ''Aperçu général.''}}
{{interligne}}
{{c|''Fred. de Schlegel'', Philosophie de l’histoire, t. II, p. 69-91.|fs=85%}}
{{interligne}}
À peine l’Église eut-elle arrêté le torrent des invasions barbares, en créant et constituant le saint empire germano-romain, que l’islamisme, fanatique et conquérant, fondit sur elle.
La violence et les persécutions de Rome païenne semblèrent renaître, non plus maintenues par la raison froide et prudente du peuple-roi, mais excitées par les sombres ardeurs de l’imagination orientale.
La puissance de l’enfer, vaincue par le Christianisme, se déchaîna de nouveau contre l’Église et ses paisibles progrès.
L’islamisme, au lieu de séparer extérieurement et d’unir au dedans l’État et l’Église, les fondait violemment en une unité mécanique ; au lieu de conserver le lien historique du monde ancien avec le monde régénéré par le Christianisme, Mahomet le brisait, avec une rage égale à son ignorance : son commandement nouveau, ce fut la vengeance ; son but, les plaisirs charnels ; son principe, l’orgueil ; sa doctrine et sa pratique, le plus brutal despotisme.
Comment donc l’invasion d’un peuple aussi différent des populations germaniques, aussi rapidement contraire au Christianisme, comme l’était le peuple arabe, aurait-elle servi à rajeunir, à raviver, à restaurer le monde ancien ? L’islamisme, en vertu de quelques bons éléments qu’il renfermait, pouvait, tout au plus, dompter et ennoblir, jusqu’à un certain degré, des hordes sauvages et grossières ; mais l’énervante<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/3
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude>{{PageTitre|
0|'''{{sp|0.1em|PANAÏT ISTRATI}}'''|140|
1|''LES RÉCITS D’ADRIEN ZOGRAFII''|100|
0.5|★★|150|
0.5|ONCLE ANGHEL|300|
3|VINGT-HUITIÈME ÉDITION|70|
8|''PROSATEURS FRANÇAIS CONTEMPORAINS''|75|
1|F. RIEDER ET {{Cie}}, ÉDITEURS|110|
0|7, PLACE SAINT-SULPICE|80|
0|PARIS|90|
0|{{rom|MCMXXIV}}|90}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/4
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Acélan" /></noinclude><nowiki />
<i>{{c|IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE<br>UNE ÉDITION ORIGINALE QUI COMPREND :|m=2em}}
{{p début|100|class=AN}}
10 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE VAN GELDER ZONEN, NUMÉROTÉS DE A À J, NON MIS DANS LE COMMERCE.
30 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE VAN GELDER ZONEN, NUMÉROTÉS DE 1 À 30.
300 EXEMPLAIRES SUR HOLLANDE DES PAPETERIES MONTGOLFIER, D’ANNONAY, NUMÉROTÉS DE 31 À 330.
{{p fin}}</i>
{{c|Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays.<br>''Copyright by F. RIEDER et {{Cie}}, 1924''.|fs=70%|mt=5em}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Istrati - Oncle Anghel, 1924.djvu/230
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Acélan
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="0" user="Acélan" /></noinclude><noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Stiernet - Histoires hantées, 1906.djvu/153
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude>sur la route blanche et sur les toits rouges des maisons emmitouflées d’ombres douces.
La fraîcheur du soir calma complètement l’excitation de Pierre.
— Non, pensa-t-il, secouant les idées qui l’obsédaient, je ne veux point finir comme l’oncle Pirot !
Alors, il se remémora la vie de ce proche singulier.
Il portait le même nom et on lui avait dit souvent qu’il lui ressemblait trait pour trait.
Cela avait attaché, dans l’esprit de Pierre, une sympathie au souvenir du joyeux compagnon — très aimé quoique de trop beaux coups de tête lui eussent maintes fois ouvert les portes de la prison — que son humeur vagabonde avait poussé au nord, au sud, à l’est, à l’ouest.
À trente-cinq ans, revenu au village, il devait se marier le matin : pendant la nuit, dans une partie de braconnage, une balle de garde l’étendit raide.
L’histoire lui avait été contée dernièrement en détails, à propos du payement d’une redevance qui protégeait l’endroit où reposait le bohème d’antan ; les trois belles pièces blanches du neveu avaient valu même une dizaine d’années de repos aux ossements de l’oncle qui, sans cela, auraient été expulsés au premier décès de cette bonne et paisible<noinclude>
<references/></noinclude>
pa1xxy14goj0gojtam6n4wvvw7g0wql
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/218
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|DON FERNAND, DON LÉOPOLD AUGUSTE|SCÈNE {{rom-maj|II}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''En mer. 10° Lat.{{lié}}N. x 30° Long.{{lié}}O. Le fond de la scène est formé par une carte bleue et quadrillée de lignes indiquant les longitudes et les latitudes.''}}
{{AN|DON FERNAND, DON LÉOPOLD AUGUSTE. ''Tous les deux en vêtements noirs, petits mantelets, petites fraises et grands chapeaux pointus. Ils sont accoudés à la rambarde et regardent la mer.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― La mer est toute parsemée
de petites îles dont chacune est décorée d’un plumet blanc.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Nous sommes
tombés, paraît-il, au milieu d’une migration de baleines.
Baleines, m’a dit le commandant, est le
terme vulgaire dont on désigne ces animaux, —
''{{lang|la|cetus magna}}''.
Leur tête qui est comme une montagne creuse<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{T3|DON FERNAND, DON LÉOPOLD AUGUSTE|SCÈNE {{rom-maj|II}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''En mer. 10° Lat.{{lié}}N. x 30° Long.{{lié}}O. Le fond de la scène est formé par une carte bleue et quadrillée de lignes indiquant les longitudes et les latitudes.''}}
{{AN|DON FERNAND, DON LÉOPOLD AUGUSTE. ''Tous les deux en vêtements noirs, petits mantelets, petites fraises et grands chapeaux pointus. Ils sont accoudés à la rambarde et regardent la mer.''}}
{{il}}
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― La mer est toute parsemée
de petites îles dont chacune est décorée d’un plumet blanc.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Nous sommes
tombés, paraît-il, au milieu d’une migration de baleines.
Baleines, m’a dit le commandant, est le
terme vulgaire dont on désigne ces animaux, —
''{{lang|la|cetus magna}}''.
Leur tête qui est comme une montagne creuse<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/219
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>toute remplie de sperme liquide montre dans le coin
de la mâchoire un petit œil pas plus gros qu’un
bouton de gilet et le pertuis de l’oreille est si étroit
qu’on n’y fourrerait pas un crayon.
Vous trouvez ça convenable ? C’est simplement
révoltant j’appelle ça de la bouffonnerie ! Et penser
que la nature est toute remplie de ces choses
absurdes, révoltantes, exagérées !
Nul bon sens ! nul sentiment de la proportion,
de la mesure et de l’honnêteté ! On ne sait où
mettre les yeux.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Et tenez ! en voici une qui
s’est mise tout debout comme une tour et qui d’un
tour de queue pivote pour embrasser l’horizon. Ce
n’est pas plus difficile que ça !
Les jardins de Thétis sont tout remplis de
cloches, bouillons, fontaines jaillissantes et fantaisies
hydrauliques,
Comme ceux d’Aranjuez pendant les quinze jours
par an où la pluie permet à l’imagination de l’architecte
de fonctionner !
Dieu me pardonne ! je vois un de ces monstres
qui s’est mis sur le flanc et un baleineau qui s’est
accroché à son pis,
Comme une île qui se consacrerait à l’exploitation
d’une montagne !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Révoltant ! dégoûtant !
scandaleux ! Là, là, sous mes yeux un poisson
qui tette !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― C’est un grand mérite à
Votre Magnificence que de vous exposer à toutes
ces rencontres incongrues,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/220
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki/>
Quittant cette chaire sublime à Salamanque d’où
vous faisiez la loi à tout un peuple d’étudiants.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― C’est l’amour de
la grammaire, Monsieur, qui m’a comme ravi et
transporté !
Mais peut-on aimer trop la grammaire ? dit Quintilien.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Quintilien dit ça ?
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Chère grammaire,
belle grammaire, délicieuse grammaire, fille,
épouse, mère, maîtresse et gagne-pain des professeurs !
Tous les jours je te trouve des charmes nouveaux !
Il n’y a rien dont je ne sois capable pour toi !
La volonté de tous les écolâtres d’Espagne m’a
porté ! Le scandale était trop grand ! Je me suis
jeté aux pieds du Roi.
Qu’est-ce qui se passe là-bas ? qu’est-ce qui
arrive au castillan ? Tous ces soldats à la brigande
lâchés tout nus dans ce détestable Nouveau-Monde,
Est-ce qu’ils vont nous faire une langue à leur
usage et commodité sans l’aveu de ceux qui ont
reçu patente et privilège de fournir à tout jamais
les moyens d’expression ?
Une langue sans professeurs, c’est comme une
justice sans juges, comme un contrat sans notaire !
Une licence épouvantable !
On m’a donné à lire leurs copies, je veux dire
leurs mémoires, dépêches, relations comme ils
disent. Je n’arrêtais pas de marquer des fautes !
Les plus nobles mots de notre idiome employés à
des usages autant nouveaux que grossiers !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/221
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Ces vocables qu’on ne trouve dans aucun lexique,
est-ce du toupi ? de l’aztèque ? de l’argot de banquier
ou de militaire ?
Et qui s’exhibent partout sans pudeur comme
des Caraïbes emplumés au milieu de notre jury
d’agrégation !
Et cette manière de joindre les idées ! la syntaxe
pour les réunir a combiné maint noble détour qui
leur permet peu à peu de se rapprocher et de faire
connaissance,
Mais ces méchants poussent tout droit devant eux
et quand ils ne peuvent plus passer, ils sautent !
Vous trouvez que c’est permis ?
Le noble jardin de notre langage est en train
de devenir un parc à brebis, un champ de foire,
on le piétine dans tous les sens.
Ils disent que c’est plus commode. Commode !
Commode ils n’ont que ce mot-là à la bouche,
ils verront le zéro que je vais leur flanquer pour
leur commode !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Voilà ce que c’est pour un
pays que de sortir de ses traditions !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― La tradition, vous
avez dit le mot.
Comme on voit que vous avez fréquenté les
livres de notre solide Pedro, comme nous l’appelons,
le rempart de Salamanque, le professeur Pedro
de las Vegas, plus compact que le mortier !
La tradition, tout est là dit ce sage Galicien.
Nous vivons sur un héritage. Quelque chose dure
avec nous que nous devons continuer.
Or quelle est la tradition de l’Espagne, je vous<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/222
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>prie ? Elle se résume en deux noms, le Cid
Campeador et Saint Isidore le Laboureur, la guerre et
l’agriculture.
Dehors les Infidèles et dedans notre petit champ
de pois secs.
Qu’est-ce que nous allions faire sur la mer ?
qu’est-ce que nous sommes allés trafiquer sur ces
terres aux noms épouvantables que les anciens n’ont
pas connus et où nos hidalgos n’ont fait que gagner
les sobriquets de racleurs de cuirs et de mâcheurs
de cachous ?
Est-ce un bon et authentique Castillan qui nous
a ainsi pris par la main pour nous mener au delà
de la mer vers notre Couchant ?
C’est un Gênois, un métèque, un aventurier,
un fou, un romantique, un illuminé plein de prophètes,
un menteur, un intrigant, un spéculateur,
un ignorant qui ne savait pas regarder une carte,
bâtard d’un Turc et d’une Juive !
Et cet autre, qui non content de découvrir une
autre terre s’est mis en tête de nous apporter un
autre Océan, comme si un seul déjà ne suffisait
pas à nos pauvres mariniers,
Quel est son nom, je vous prie ? ''Magalianhiche !''
''{{lang|la|Magellanus quidam}}''.
Un Portugais renégat, sans nul doute pour nous
égarer soudoyé par le souverain de ce peuple perfide.
Tout cela pour ôter le respect de ses supérieurs
au vulgaire grossier en ne laissant ignorer à personne
que la terre est ronde et que moi,
Le Roi d’Espagne, les dames, les professeurs de<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/223
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>Salamanque, nous cheminons la tête en bas comme
mouches au plafond !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Encore si l’audace de ces
malfaiteurs s’arrêtait là ! Mais n’avez-vous pas ouï
parler récemment des idées de ce prestolet esclavon
ou tartare, un certain Bernique ou Bornique,
chanoine de Thorn…
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Arrêtez. Ne serait-ce
pas plutôt Tours en France ou Turonibus dont
Saint Martin fut évêque et où la maison Mame fabrique
des paroissiens ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Non, il s’agit de Thorn en
Suisse où les gens parlent polonais.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― C’est la même
chose pour moi. Ce sont toujours ces régions barbares
d’Outre-Pyrénées dont un bon Espagnol rougirait
de savoir même le nom.
La France, l’Allemagne, la Pologne, ce sont toujours
ces brumes d’outre-monts qui de temps en
temps viennent offusquer notre clair génie espagnol.
Que dit Borniche ? Parlez sans peur, gentilhomme,
je suis prêt à tout. Allez, je vous donne audience.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Il dit — j’ose à peine répéter
une idée si ridicule, —
La Terre, — il dit que ce n’est pas le soleil qui
tourne autour de la Terre, mais la Terre…
(''Il rit modestement derrière son gant.'')
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Achevez, la Terre
qui tourne autour du Soleil. Il n’y a qu’à prendre
le contrepied de ce que pensent tous les braves
gens, ce n’est pas plus difficile que ça !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/112
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>une dernière concession au public, un pur hors-d’œuvre
musical, le joli chœur des fiançailles.
D’autre part le rôle du thème caractéristique
commence à se dessiner nettement ; le grand duo
qui ouvre le second acte présente la première
application un peu soutenue du nouveau système
mélodique ; déjà ''l’Anneau du Nibelung'' brille à
l’horizon.
Treize années pourtant s’écoulent depuis
''Lohengrin'' avant que la révolution musicale
éclate, années d’exil et de souffrance où lentement
s’élabore cette œuvre gigantesque qui a
nom ''la Tétralogie'', et que son auteur doit laisser
de côté, plus qu’à moitié faite, pour se consacrer
à un ouvrage de moins amples proportions et
plus propre à la scène, ''Tristan et Iseult''. Wagner
a enfin trouvé un protecteur puissant, le roi de
Bavière, et, dégagé des entraves qui arrêtaient
sa marche, il aborde un continent nouveau et y
plante résolument le drapeau de la réforme.
Cette réforme, on peut la définir : la substitution
du drame musical à l’opéra. Wagner entend
que la poésie soit, non la servante, mais la
propre sœur de la musique, et il a soin de traiter
l’une et l’autre avec un égal respect ; il veut
seulement par le secours des ''sons'' étendre la
sphère d’action des ''mots'' ; il rêve l’union intime<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/224
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
C’est ainsi qu’on s’acquiert pas cher un triste
renom d’originalité.
Heureusement que de temps en temps on pousse
la farce trop loin. Pour voir que c’est bien le soleil
qui tourne autour de la terre, il suffit tout de même
d’ouvrir les yeux. Il n’y a pas besoin de calculs,
il suffit de notre gros bon sens espagnol !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Je hais ces fabricateurs de
théories. Ce sont des choses qu’on n’aurait pas
permises autrefois.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Vous l’avez dit,
cavalier ! Il devrait y avoir des lois pour protéger
les connaissances acquises.
Prenez un de nos bons élèves par exemple, modeste,
diligent, qui dès ses classes de grammaire a
commencé à tenir son petit cahier d’expressions,
Qui pendant vingt années suspendu aux lèvres
de ses professeurs a fini par se composer une espèce
de petit pécule intellectuel : est-ce qu’il ne
lui appartient pas comme si c’était une maison
ou de l’argent ?
Et au moment qu’il se prépare à jouir en paix
des fruits de son travail, où il va monter en chaire
à son tour,
Voilà un Borniche ou un Christoufle quelconque,
un amateur, un ignorant, un tisserand
qui fait le marin, un chanoine frotté de mathématiques,
qui vient foutre tout en l’air,
Et qui vous dit que la terre est ronde, que ce
qui ne bouge pas bouge et que ce qui bouge est
ce qui ne bouge pas, que votre science n’est que
paille et que vous n’avez qu’à retourner à l’école !<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/225
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
Et alors toutes les années que j’ai passées à apprendre
le système de Ptolémée, à quoi est-ce
qu’elles m’ont servi, s’il vous plaît ?
Je dis que ces gens sont des malfaiteurs, des brigands,
des ennemis de l’Etat, de véritables voleurs !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Peut-être des fous simplement.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― S’ils sont fous,
qu’on les enferme ! s’ils sont sincères, qu’on les
fusille ! Voilà mon opinion.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― J’ai toujours entendu mon
feu père me recommander de craindre les nouveautés.
« Et d’abord », ajoutait-il aussitôt, « il n’y a
rien de nouveau, qu’est-ce qu’il peut y avoir de
nouveau ? »
Je serais encore plus fort de cet avis si je n’y
sentais je ne sais quoi de malpropre et qui ne
s’ajuste pas.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― C’est que vous
allez trop loin et que vous n’avez pas bien lu le
solide Pedro.
Non, non, que diable, on ne peut pas rester éternellement
confit dans la même confiture !
« J’aime les choses nouvelles », dit le vertueux
Pedro. « Je ne suis pas un pédant. Je ne suis pas
un rétrograde.
Qu’on me donne du nouveau. Je l’aime. Je le
réclame. Il me faut du nouveau à tout prix. »
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Vous me faites peur !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Mais quel nou-<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/226
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>veau ? ajoute-t-il. « Du nouveau, mais qui soit
la suite légitime de notre passé. Du nouveau et
non pas de l’étranger. Du nouveau qui soit le
développement de notre site naturel.
Du nouveau encore un coup, mais qui soit exactement
semblable à l’ancien ! »
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Ô sublime Guipuzcoan ! ô
parole vraiment dorée ! je veux l’inscrire sur mes tablettes.
« Du nouveau encore un coup, mais qui soit
exactement semblable à l’ancien. »
Heureuse opposition de termes qui se contrepèsent !
Condiment de notre sagesse castillane !
Fruit d’un sol profondément pénétré de la culture
classique ! Grappe de nos petits coteaux modérés !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Voilà ce que c’est
qu’un esprit imprégné des moelleuses disciplines
de notre Université !
Je veux des hommes comme lui, résolument arrêtés
à ses frontières naturelles, aux frontières de
notre Espagne dieudonnée !
Vous dirai-je toute ma pensée ? l’Espagne se suffit
à elle-même, l’Espagne n’a rien à attendre du dehors.
Qu’ajouter à nos vertus espagnoles ? à notre pur
génie espagnol ? à la beauté de nos femmes, aux
productions de notre sol, au charme de notre commerce ?
Hélas ! si nos compatriotes seulement se connaissaient,
s’ils se faisaient justice, s’ils se rendaient
compte des bienfaits qu’ils ont reçus du ciel !
Mais ils ont un grand, un impardonnable défaut,<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/227
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
Ce damnable penchant à toujours se rabaisser et
à dire du mal d’eux-mêmes !
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Que de fois n’ai-je pas gémi
de ce funeste don de la critique ! Elle n’épargne
même pas mon illustre parent, le Vice-Roi des
Indes, que je vais présentement rejoindre.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Je ne savais pas
que Don Rodrigue fût votre parent.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Il n’est pas, si vous voulez,
mon parent, mais mon allié plutôt,
Un allié, si je peux dire, par le sang. (''Il rit modestement.'')
Nul n’ignore qu’en effet il fit jadis au fiancé de
ma sœur, un cavalier plein de promesses, Don
Luis, trou,
Je veux dire l’honneur d’un excellent coup de
pointe, au cours d’une bagarre obscure qui lui-même
au Styx faillit le faire boire beaucoup.
Plus tard Dona Isabel épousa Don Ramire que
la faveur du Vice-Roi promptement éleva aux premières
places,
À tel point que d’en faire son autre, si je peux
dire, Ego.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas un
moyen sûr de lui succéder.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Il ne pense pas à lui succéder.
Nous ne pensons pas encore à lui succéder.
Mais il peut lui faire entendre de sages conseils.
Il a le devoir de s’affirmer.
J’apporte l’air de Madrid. Le Vice-Roi n’est pas
aimé à Madrid. Il y a si longtemps qu’il est parti.
Il est devenu cet homme d’outre-monde dont<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/113
104
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>des deux arts, et ne craint pas d’affirmer que
„l’œuvre la plus complète du poète devrait être
celle qui, dans son dernier achèvement, serait
une parfaite musique“. Or, pour atteindre un tel
but, il devait logiquement prendre la route qu’il
a suivie.
S’il s’interdit désormais les duos, trios et
morceaux d’ensemble, ou du moins s’il en répudie
absolument la coupe traditionnelle, c’est pour se
conformer à cette règle de simple bon sens qui
veut que, sous peine de ne pas se faire entendre,
les personnages d’un drame parlent les uns après
les autres. L’exception introduite en faveur des
chœurs est conforme à la tradition de l’art grec
et devient d’ailleurs d’une application de plus en
plus rare. Si, le plus souvent, une sorte de
déclamation rythmée se substitue à ce qu’on est
convenu d’appeler ''airs'', c’est afin de permettre
au public de ne pas perdre une syllabe du dialogue
et de saisir sans effort les moindres inflexions
de voix des chanteurs. Enfin, si l’auteur
répète, développe, et combine de mille façons certains
contours typiques, des ''Leitmotiven'', comme
il les appelle, destinés à caractériser les personnages,
à rappeler les épisodes essentiels du
drame, c’est pour donner aux scènes capitales
plus de relief et d’éclat, à l’œuvre entière l’unité<noinclude>
<references/></noinclude>
1kemq3jipqdqmteeel58gqzuf3vmx63
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/228
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>personne n’a entendu la voix ni regardé la figure.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Cette idée de relier
les deux mers par un canal, je vous prie, qu’en
disent les ingénieurs et les financiers ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas tout à fait aussi
ridicule. Il s’agit seulement, si j’ai compris, d’une
espèce de chemin
Par lequel au moyen de câbles et de je ne sais
quelles manigances hydrauliques
On ferait passer les navires, assujettis sur des
espèces de chars, d’un hémisphère à l’autre.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Et voilà où va
l’argent de l’Espagne dont nous aurions tant besoin
pour l’Enseignement supérieur !
Des navires ou des chars cavalcadant par-dessus
les montagnes, fort bien !
C’est dans l’ordre ! c’est dans l’ordre ! Quand
un tisserand fait le marin, un Vice-Roi peut bien
faire l’ingénieur.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Comme vous dites, c’est autant
d’argent de moins pour Madrid. Les remises
des Indes ont faibli.
Et les plaintes de rapine et de violence que nous
recevons de tous les coins de l’Amérique ! Ces exactions
épouvantables ! Tous ces peuples qu’on ramasse
à la manière de Pharaon pour les jeter dans
la tranchée de la Culebra !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Cela fait frémir.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Tout cela au lieu de
marcher dans la voie sûre de ses prédécesseurs. Un
enfant comprendrait qu’on ne peut rien faire de
nouveau sans mettre contre soi ce qui existe.<noinclude>
<references/></noinclude>
8dl0ga9esj8s9knb03h24i8pzdorz8d
Page:Oscar Bonneau - Cuisine saine économique - 1920.pdf/17
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JLTB34
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="JLTB34" /></noinclude><nowiki/>
On devra donc s’abstenir de s’en servir à cette époque, si on n’a pas eu le soin d’en conserver.
{{séparateur|4|m=0.5em}}
Un moyen d’augmenter, à bon compte, le volume d’une omelette, sans trop nuire à sa qualité, consiste à mélanger de la farine aux œufs battus (une poignée par huit œufs au moins).
Mélangez aussi les blancs d’œufs que vous pourriez avoir en réserve, après confection de sauces ou de crèmes.
{{séparateur|8|m=2em}}
{{T3|SOUPES ET POTAGES|m=1em}}
{{séparateur|3|m=1em}}
Il n’y a pas beaucoup à dire aux ménagères, sur ce chapitre, le plus connu.
Voici, cependant, quelques indications utiles.
12. '''''Eau de cuisson des légumes.'''''
L’eau de cuisson de tous les légumes, sauf celle des artichauts, des épinards, des salsifis, des cardons et des salades, peut être employée à la confection de bonnes soupes.
Pour les corser, il suffira d’ajouter, soit un peu de fécule délayée à l’eau froide, et mélangée ensuite, soit encore une ou deux pommes de terre, coupées en {{nec|dés}}, qu’on fera cuire avec.
13. '''''Pot-au-feu.'''''
Le bœuf est préférable à toute autre viande pour cet usage.
Le plat de côte, le collet, la queue sont d’excellents morceaux, pas chers, qu’on devra choisir à cet effet.
Le jarret, souvent employé, est trop osseux, et ce ne sont pas les os qui font le bon bouillon : ils lui donnent seulement de la gélatine.<noinclude>
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Susuman77
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{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}, ''avec emphase''. —
''{{lang|la|Nemo impune contra orbem !}}''
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Toutefois il a pour lui le
Roi qui l’aime et qui ne le renverra jamais. Une
erreur trop longue ne peut plus s’avouer.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Je sens que vous
voulez ajouter quelque chose.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Que diriez-vous si notre
Vice-Roi se donnait à lui-même congé ?
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Lui-même à lui-même ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Lui-même de lui-même à lui-même.
(''Il sort un papier de sa poche.'')
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Qu’est-ce que c’est
que ce papier ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― N’avez-vous jamais ouï parler
de la fameuse ''lettre à Rodrigue'' ?
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Si fait. Mais j’ai
toujours cru que c’était une espèce de proverbe ou
paradigme pour les écoliers,
Comme l’épée de Damoclès et la Maison que
Pierra a bâtie.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― La voici. Vous pouvez lire
l’adresse.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Mais elle est cachetée.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Si on l’ouvrait, elle perdrait
toute sa puissance.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Qui vous l’a procurée ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Un moine qui la tenait d’un
client le matin pendu.
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Susuman77
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>qui manque à la plupart des morceaux pris isolément.
Tout cela est donc parfaitement logique,
et, dans une certaine mesure, conforme aux doctrines
professées jadis par Rameau et par Gluck.
Mais si la théorie est vieille, la mise en œuvre
est absolument originale et personnelle ; nous
l’affirmons hardiment, sans crainte d’être contredits
par aucun des trop rares Français qui ont
assisté à la représentation des ouvrages de la
dernière manière du maître. À dater du jour où
il écrit ''Tristan et Iseult'', Wagner ne relève plus
que de lui-même. Ses conceptions dramatiques,
comme ses moyens d’exécution, tout lui appartient
en propre, et l’outil musical qu’il s’est
fabriqué ne sera plus changé, car on peut dire
que, ''Tristan'', ''Les Maîtres chanteurs'', ''l’Anneau du''
''Nibelung'' et ''Parsifal'' ont été forgés sur la même
enclume. Chacun de ces drames garde au surplus
une couleur particulière très tranchée et tout à
fait en harmonie avec le milieu choisi. Poème et
musique se fondent dans une complète intimité,
et, selon la nature du sujet, la mélodie affecte un
caractère spécial, plus ondoyante et plus tourmentée
avec ''Tristan'', plus franche et plus familière
avec ''les Maîtres chanteurs'', plus héroïque
et plus fière avec la ''Tétralogie'', plus religieuse et
plus mystique enfin avec ''Parsifal''.<noinclude>
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Son histoire est singulière depuis le jour qu’à
Mogador la personne que vous savez
L’a remise à certain galérien fugitif qui un mois
plus tard à Palos
Ayant perdu jusqu’à sa chemise, eut l’idée de
la fournir comme enjeu,
Pour, l’argent de toute la compagnie raflé, périr
deux heures après d’un coup de couteau.
Et depuis dix ans la lettre passe ainsi de main
à l’autre,
De Barcelone à Macao, d’Anvers à Naples,
Apportant à celui qui comme ressource dernière
l’abat sur table,
Le succès, du trépas incontinent suivi.
Il n’est que temps de la faire enfin parvenir à
son destinataire.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Mais que savez-vous
de l’effet qu’elle fera ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Eh bien ! je risque ma chance.
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Cette lettre qui
peut décider de son départ,
Croyez-vous que le Vice-Roi la recevra de vos
mains sans soupçon ?
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Eh, c’est là ce qui me gratte
un peu !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Donnez-la moi. Si
le Vice-Roi part, tant mieux.
S’il reste, ce sera pour moi une bonne introduction
dans l’esprit de Son Altesse.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Il fera de vous son directeur
de l’Enseignement. L’ancien vient juste de crever.<noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/231
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Susuman77
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text/x-wiki
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{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Je sens en moi
l’étoffe d’un véritable Empereur de l’Instruction publique.
{{Personnage|DON FERNAND|||uc|sm}}. ― Vous pouvez compter sur
moi pour vous soutenir. En ce qui me concerne,
— Vous savez que j’ai composé quelques petits
ouvrages dont je me suis permis de porter dans
votre chambre la pile, —
Quand il y aura une place à l’Académie, puis-je
espérer d’y occuper un pupitre à l’ombre de
Votre Magnificence ?
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Parlons de Don Ramire.
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude><nowiki />
La légende de ''Tristan'', comme celle de ''Lohengrin''
et de ''Parsifal'', nous appartient par droit
d’origine ; ce point d’histoire littéraire est aujourd’hui
rigoureusement établi. Et pourtant l’aventure
amoureuse du chevalier et de la blonde
Iseult jouit d’une popularité plus grande en
Allemagne qu’en France, où, avant l’apparition
du drame de Wagner, on ignorait assez généralement
jusqu’aux noms du terrible géant Morold
et du débonnaire roi Marke. Cette fable, comme
presque tous les récits chevaleresques du temps,
est poétique et touchante, mais peu compliquée,
naïve parfois. Wagner, s’adressant à un public
qui la connaissait par cœur, n’a pas même essayé
d’en élargir le cadre, d’en atténuer les invraisemblances,
d’en multiplier les épisodes, d’en
augmenter l’intérêt dramatique, à la différence
de Scribe, par exemple, s’inspirant, pour écrire
un opéra, du vieux conte de Robert le Diable.
Il l’a plutôt simplifiée, condensée même, et son
rôle d’inventeur se borne à la création très heureuse
du fidèle écuyer de Tristan, Kurwenal.
Écrit sous l’influence des doctrines de Schopenhauer,
dans une période de découragement profond,
le poème de ''Tristan et Iseult'' est d’ailleurs
une œuvre bien personnelle, mais dont l’originalité
perce surtout dans l’analyse psychologique<noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/116
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LeCharybde
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>de la passion des deux héros, analyse à la fois
subtile et puissante, où, comme sur un immense
clavier, le poète a fait résonner toutes les cordes
de l’amour. De là jaillit l’intérêt si poignant du
drame. Des incidents romanesques de la légende,
nul au fond n’a cure. Aussi la résumerons-nous
rapidement, telle que nous la présente Wagner,
sans indiquer les modifications apportées à la version
primitive de Luc de Gast, de Thomas de
Bretagne et de leurs continuateurs.
Neveu du roi Marke, souverain de Cornouailles,
Tristan a délivré son oncle d’un ennemi
dangereux, Morold, qui venait chaque année
prélever un impôt au nom de l’Irlande. Mais
avant de mourir, celui-ci a fait à son adversaire
une blessure terrible que seule, paraît-il, a le
pouvoir de guérir sa propre fiancée et l’héritière
du royaume, la princesse Iseult, habile à composer
des baumes et des philtres. Tristan se rend
donc sous un déguisement en Irlande, est reconnu
à son insu, et payerait de sa vie sa témérité, si,
le voyant languissant et faible, Iseult ne dédaignait
de le frapper. Revenu sain et sauf, il vante
la beauté d’Iseult devant son oncle qui, pour
mettre fin à une guerre séculaire, se décide, sur
ses instances, à demander la main de la jeune
fille, et le charge de cette délicate mission.<noinclude>
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Fabrice Dury
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Discussion utilisateur:Kohrin5432
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*j*jac
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{{bv}}--[[Utilisateur:*j*jac|*j*jac]] ([[Discussion utilisateur:*j*jac|d]]) 9 mai 2026 à 11:20 (UTC)
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/232
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{{T3|LE VICE-ROI, ALMAGRO|SCÈNE {{rom-maj|III}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''En mer au large de l’Orénoque. Le pont du Vaisseau-amiral. Au loin une terre couverte de riches plantations d’où s’élèvent des colonnes de fumée, un fort avec la factorerie qu’il domine et toute une série de villages, qui brûlent. Un ciel bas et chargé de pluie. On voit sur la mer plusieurs bateaux à l’ancre ou déjà appareillant pour partir. Des chaloupes surchargées leur amènent toute la population des villages razziés.''}}
{{il}}
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Almagro, vous serez pendu.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je demande d’abord à être jugé,
et ensuite, si l’on me reconnaît coupable,
Décollé comme il convient à un homme noble.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Pendu, comme il convient à
un traître.<noinclude>
<references/></noinclude>
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{{T3|LE VICE-ROI, ALMAGRO|SCÈNE {{rom-maj|III}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''En mer au large de l’Orénoque. Le pont du Vaisseau-amiral. Au loin une terre couverte de riches plantations d’où s’élèvent des colonnes de fumée, un fort avec la factorerie qu’il domine et toute une série de villages, qui brûlent. Un ciel bas et chargé de pluie. On voit sur la mer plusieurs bateaux à l’ancre ou déjà appareillant pour partir. Des chaloupes surchargées leur amènent toute la population des villages razziés.''}}
{{il}}
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Almagro, vous serez pendu.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je demande d’abord à être jugé,
et ensuite, si l’on me reconnaît coupable,
Décollé comme il convient à un homme noble.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Pendu, comme il convient à
un traître.<noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je ne suis pas un traître. J’ai défendu
contre vous le bien du Roi, cette terre que
j’ai faite et qui lui appartient.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Le bien du Roi est l’obéissance
de ses fils.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Ce n’est pas avec l’obéissance que
j’ai fait cette nouvelle Carthage !
Ce n’est pas votre argent que j’avais dans la
poche pour commencer, mais le mien, celui de
mes amis !
Et celui que j’ai été chercher loyalement l’épée
au poing et qui m’appartenait dans la poche de
mes ennemis.
Quand j’ai débarqué le premier sur ces rivages
au milieu des moustiques et des caïmans, ce n’était
pas pour vous faire plaisir.
Ce besoin furieux à travers le chaud, la faim, la
maladie, le supplice des insectes, ce n’était pas un
autre qui me l’avait donné. C’était mon idée que
je poursuivais.
Quand je creusais les canaux, quand je tapais
sur les pilotis, quand je construisais des ponts, des
chantiers et des moulins, quand je remontais les
fleuves, quand je traversais les forêts, oui, ces
jours où j’allais tout seul en avant, comme un
maniaque, comme un idiot, sans pain, sans eau,
tout le monde mort derrière moi,
Quand je faisais des traités avec les sauvages,
quand je déchargeais sur mes plantations les cargaisons
de noirs que j’avais été écumer sur la mer,
quand je divisais la terre entre mes fils,
Ce n’était pas un autre qui m’avait donné des<noinclude>
<references/></noinclude>
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>ordres sur un papier, c’est le secret entre moi et
Dieu, c’était ce besoin sacré qu’il avait mis dans
mon cœur.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Alors explique-moi un peu,
Almagro. Qui te poussait ? Toutes ces choses que tu
as faites, quel avantage et quel bien espérais-tu en
retirer ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je ne sais. Je n’y ai jamais
réfléchi. C’est comme l’instinct qui vous jette sur
une femme.
Non pas poussé, plutôt c’était quelque chose en
avant qui me tirait.
Il me fallait posséder cette terre, entrer dedans.
C’était le commencement indispensable de quelque
chose.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}, ''montrant la terre''. — Regarde. Elle
est détruite.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}, ''la contemplant longuement''. — Elle
est détruite.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― La vase comblera tes canaux.
Les bêtes ravageront tes plantations. La brousse repoussera
vite. C’est fini.
En deux ans, de l’œuvre et du nom d’Almagro
il ne restera plus trace.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― C’est déjà triste de voir une chose
vieille qui s’écroule.
Mais quelle joie avez-vous de détruire cette créature
nouvelle et qui commençait ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― C’est vrai, j’ai de la joie de
voir ce feu qui dévore ton œuvre. Elle aurait été
plus mince encore que j’aurais été la rechercher.<noinclude>
<references/></noinclude>
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>Oui, j’ai de la joie de détruire cette œuvre qui s’était
permis d’exister sans moi.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Vous ne m’avez jamais compris.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Et qui donc aurait été mieux
capable de te comprendre ? Qui t’a plus regardé
depuis dix ans et avec de meilleurs yeux ? J’ai
essayé quelque chose de ce genre une fois en Floride.
Je me faisais instruire de toi. Oui, je t’ai même
aidé parfois sans que tu le saches.
Je connais ton courage, ton jugement, ton profond
sérieux, ta justice pour les Indiens et les
nègres,
— Ton damnable orgueil, ta haine pour moi, ton
injustice pour moi, oui, c’était peut-être cela en toi
que j’aimais le plus.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Vous aviez toute l’Amérique pour
vous, ne pouviez-vous me laisser ce coin de l’Orénoque ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― L’Orénoque aussi est à moi et
il s’est trouvé tout à coup que j’en ai eu besoin.
Il me fallait absolument des travailleurs, Almagro,
je n’avais pas le choix.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Pour le chemin chimérique entre
les deux Mers ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Ne juge pas ce que tu ne peux
comprendre.
Tu n’avais qu’un domaine à créer et j’ai à faire
un monde.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Et moi, je crois que vous étiez
jaloux du pauvre Almagro.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Il est vrai.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Livre:Joseph Story (trad. Paul Odent) - Commentaire sur la Constitution fédérale des États-Unis, tome 1, 1843.pdf
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|Titre=Commentaire sur la Constitution fédérale des États-Unis
|Sous_titre=
|Volume=Tome premier
|Auteur=[[Auteur:Joseph Story|Joseph Story]]
|Traducteur=Paul Odent
|Editeur_scientifique=
|Illustrateur=
|Editeur=Joubert
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|Lieu=Paris
|Annee=1843
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|Bibliotheque={{Google Books link|S9EBFOL9_mQC}}
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
Et tu me disais tout à l’heure que je ne t’avais
pas compris !
Si je n’avais pas compris ton œuvre, comment en
aurais-je été jaloux ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Comment comprendre ce qu’on
n’aime pas ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Et comment aurais-je aimé cette
œuvre stupide qui était là pour nous interdire la
seule chose que je désirais ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Quelle est cette chose ? (''Silence.'')
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Ton amitié, Almagro.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― L’amitié d’un homme que vous
allez pendre ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Mon fils, as-tu pu prendre au
sérieux cette plaisanterie ?
Eh quoi ! tuer mon Almagro ? Retrancher mon
bras droit ! détruire un tel rival quand je ne veux
cesser chaque jour de triompher de lui,
Lui faisant à mon côté une part presque
semblable à la mienne !
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je ne veux pas vous servir.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Le malheur est que je n’ai pas
d’autre choix sinon que tu me serves.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je n’ai jamais su ce que c’est que
de servir un autre.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Tu verras comme c’est intéressant
de l’apprendre.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― J’aime mieux être pendu.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Est-ce ainsi que tu apprécies
l’honneur que je t’ai fait de m’occuper de toi ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Je ne vous demandais que de
me laisser tranquille où j’étais.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/237
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Pourquoi parler ainsi quand
chacune de tes actions n’avait pour but que de me
défier et de me provoquer ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Certainement j’aurais fait plus
que vous si j’avais eu les mêmes chances.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Et tu veux que je laisse un
homme pareil sur les rives de cette Orénoque ?
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― S’il ne vous faut que ma haine, je
suis à vous.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― La haine peut te mener loin,
Almagro.
Combien de gens sont morts à mon service, regrettant
le jour où ils ont commencé à me détester !
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Vous êtes un homme injuste et
cruel.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Si je n’étais injuste et cruel, tu
ne m’aimerais pas autant.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― Ah ! que n’ai-je une arme à la
main pour vous faire payer cette dérision !
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Je ne demande qu’à te donner
cette arme.
Regardez ce mauvais enfant qui voudrait me
mordre parce que j’ai donné un coup de pied dans
ses soldats de plomb,
Quand il devrait me remercier que je sois allé
le rechercher au bord de sa sale Orénoque.
Almagro, tu t’es trompé de cent ans. Dans cent
ans il sera temps de prendre la charrue, maintenant
c’est avec le glaive que nous devons labourer.
Laisserai-je mon lion plus longtemps brouter
l’herbe comme une bête à cornes ?
Là où mon Amérique finit, là où, se dirigeant<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/238
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>vers le Pôle, elle s’effile comme une aiguille toute
parcourue de tremblements magnétiques,
Là est la part que je t’ai réservée. Ceins la cuirasse,
Almagro ! boucle l’épée sur ta cuisse ! Est-ce
qu’il s’agit de cultiver tandis qu’il y a devant toi
cet Empire tout en or qui t’attend et dans la nuit
antarctique ces défenses monstrueuses à escalader ?
Là où le monde s’arrête, c’est là que toi-même
tu t’arrêteras.
C’est à toi qu’il est réservé de fermer les portes
de l’Inconnu et dans la tempête et le tremblement
de terre de poser le mot FIN à l’aventure de Colomb.
Au-dessous de la ligne que je te montrerai sur la
carte, prends tout et tâche de le garder si tu peux.
À Panama il y a tout un parti de jeunes furieux
et de vieux désespérés qui t’attend. Je les ai choisis
pour toi.
Quand tu en auras fait tuer la moitié, avec l’autre
tu entreras dans le temple maudit du démon,
Tu fouleras sous tes pieds les os secs des peuples
perdus, tu arracheras ses plaques d’or à la statue
de Vitzliputzli.
Et ne crains pas que jamais les adversaires te
manquent. Dans le brouillard, dans la forêt, dans
le repli des montagnes affreuses, je t’en ai ménagé
de tels qu’ils suffiront.
Je ne veux pas que tu meures dans un lit, mais
navré de quelque bon coup, seul, au sommet du
monde, sur quelque cime inhumaine, sous le ciel
noir plein d’étoiles, sur le grand Plateau d’où tous
les fleuves descendent, au centre de l’épouvantable<noinclude>
<references/></noinclude>
bxog157tvmyggsvfw6tdnewhxugmhuk
Page:Larousse dictionnaire complet de la langue française, 1874.djvu/238
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Cantons-de-l'Est
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Amorce.
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
ENDETTER v. tr. Charger de dettes.
ENDÊVÉ, ÉE adj. Impatient, mutin.
ENDÊVER v int. Avoir grand dépit.
Faire endêver, tourmenter. Fam.
ENDIABLÉ, ÉE adj. et n. Très-méchant.
ENDIABLER v. tr. Faire endia-
bler, tourmenter. Fam.
ENDIGUEMENT n. m. Action d’en-
diguer.
ENDIGUER v. tr. Renfermer par des
digues.
ENDIMANCHER (S’) v. pr. Mettre
ses habits du dimanche.
ENDIVE n. f. Espèce de chicorée.
ENDOCARPE n. m. Bot. Mem-
brane qui enveloppe les graines.
ENDOCTRINER v. tr. S’emparer
de l’esprit de quelqu’un : il l’a endoc-
triné.
ENDOLORI, E adj. Qui ressent de
la douleur : membres endoloris.
ENDOMMAGEMENT n. m. Etat
de ce qui est endommagé.
ENDOMMAGER v. tr. Causer du dommage.
ENDORMEUR, EUSE n. Qui flatte, qui cajole.
ENDORMI, E adj. Lourd, mou, paresseux.
ENDORMIR v. tr. Faire dormir. Fig. Bercer de vaines espérances ; en-
nuyer : ses discours m’endorment ; amuser pour tromper : endormir la vigilance ; calmer endormir la douleur. S’endormir v. pr. Manquer de vigi-
lance.
ENDOS ou Endossement n. m. Signature au dos d’un billet à ordre ou
d’une lettre de change, pour en trans-
mettre la valeur à une autre personne.
ENDOSPERME n. m. Bot. Partie
qui entoure l’embryon à l’intérieur de la
graine.
ENDOSSE n. f. Responsabilité, em-
barras : avoir toute l’endosse d’une af-
faire.
ENDOSSER v. tr. Se couvrir le dos
de : endosser le harnais, la cuirasse.
Endosser un billet, mettre sa signature
au dos.
ENDOSSEUR n. m. Qui a endossé
une lettre de change, un billet.
ENDROIT n. m. Lien, place : passage d’un discours, d’un livre ; le beau côté d’une étoffe.
ENDUIRE v. tr. Couvrir d’un enduit.
ENDUIT n. m. Substance molle ou
liquide, propre à être étendue sur la sur-
face d’un corps.
ENDURANT, E adj. Qui souffre pa-
tiemment les injures.
ENDURCIR v. tr. Rendre dur. Fig. Rendre insensible, impitoyable : l’avarice endurcit le cœur. S’endurcir v. pr. Devenir insensible ; s’accoutumer : s’endurcir au froid, au travail.
ENDURCISSEMENT n. m. Etat
d’une âme endurcie.
ENDURER v. tr. Souffrir, supporter
avec fermeté.
ÉNERGIE n. f. Vertu, efficacité : énergie d’un remède. Fig. Force, fermeté : énergie de l’âme.
ÉNERGIQUE adj. Qui a de l’éner-
gie.
ÉNERGIQUEMENT adv. Avec
énergie.
ÉNERGUMÈNE n. Possédé du démon. Fig. Homme exalté qui exprime ses passions par des gestes et des discours violents : crier, se démener comme un énergumène.
ÉNERVANT, ANTE adj. Qui énerve.
ÉNERVATION s. f. Abattement des forces, relâchement des nerfs.
ÉNERVER v. tr. Affaiblir, amollir.
ENFAÎTEAU n. m. Tuile creuse pour couvrir le faîte d’un toit.
ENFAÎTEMENT n. m. Table de plomb sur le faîte d’un toit.
ENFAITER v. tr. Couvrir le faîte d’un toit avec de la tuile, du plomb, etc.
ENFANCE n. f. Période de la vie de l’homme depuis la naissance jusqu’à la {{12e|année}} ou environ ; les enfants. Fig. Imbécillité : tomber en enfance ; commencement : l’enfance du monde.
ENFANÇON n. m. Petit enfant. Vieux mot.
ENFANT n. Garçon, fille dans l’en-
fance ; fils ou fille, quel que soit l’âge :
cet homme a quatre enfants ; descen-
dant : enfants d’Adam. Se dit des cho-
ses : les arts, enfants de l’industrie.
Enfants d’Apollon, les poètes ; enfants
de Mars, les guerriers ; c’est un bon
enfant, un homme de bon caractère ; faire
l’enfant, s’amuser à des choses puériles ;
enfant de chœur, qui chante à l’église.
Ce mot est masculin lorsqu’il désigne un petit garçon ou qu’il est employé dans un sens général ; il est féminin
quand il désigne particulièrement une
petite fille.
ENFANTEMENT n. m. Action d’enfanter.
ENFANTER v. tr. Donner le jour à
un enfant. Fig. Produire : enfanter un projet.
ENFANTILLAGE n. m. Paroles, actions qui sont d’un enfant.
ENFANTIN, INE adj. Qui a le caractère de l’enfance.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Cantons-de-l'Est
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Mise en page.
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
'''ENDETTER''' v. tr. Charger de dettes.
'''ENDÊVÉ, ÉE''' adj. Impatient, mutin.
'''ENDÊVER''' v int. Avoir grand dépit. Faire endêver, tourmenter. ''Fam.''
'''ENDIABLÉ, ÉE''' adj. et n. Très-méchant.
'''ENDIABLER''' v. tr. Faire endiabler, tourmenter. ''Fam.''
'''ENDIGUEMENT''' n. m. Action d’endiguer.
'''ENDIGUER''' v. tr. Renfermer par des digues.
'''ENDIMANCHER''' ('''S’''') v. pr. Mettre ses habits du dimanche.
'''ENDIVE''' n. f. Espèce de chicorée.
'''ENDOCARPE''' n. m. ''Bot.'' Membrane qui enveloppe les graines.
'''ENDOCTRINER''' v. tr. S’emparer de l’esprit de quelqu’un : ''il l’a endoctriné''.
'''ENDOLORI, E''' adj. Qui ressent de la douleur : ''membres endoloris''.
'''ENDOMMAGEMENT''' n. m. État de ce qui est endommagé.
'''ENDOMMAGER''' v. tr. Causer du dommage.
'''ENDORMEUR, EUSE''' n. Qui flatte, qui cajole.
'''ENDORMI, E''' adj. Lourd, mou, paresseux.
'''ENDORMIR''' v. tr. Faire dormir. ''Fig.'' Bercer de vaines espérances ; ennuyer : ''ses discours m’endorment'' ; amuser pour tromper : ''endormir la vigilance'' ; calmer endormir la douleur. '''S’endormir''' v. pr. Manquer de vigilance.
'''ENDOS''' ou '''Endossement''' n. m. Signature au dos d’un billet à ordre ou d’une lettre de change, pour en transmettre la valeur à une autre personne.
'''ENDOSPERME''' n. m. ''Bot.'' Partie qui entoure l’embryon à l’intérieur de la graine.
'''ENDOSSE''' n. f. Responsabilité, embarras : ''avoir toute l’endosse d’une affaire''.
'''ENDOSSER''' v. tr. Se couvrir le dos de : ''endosser le harnais, la cuirasse''. Endosser un billet, mettre sa signature au dos.
'''ENDOSSEUR''' n. m. Qui a endossé une lettre de change, un billet.
'''ENDROIT''' n. m. Lien, place : ''passage d’un discours, d’un livre'' ; le beau côté d’une étoffe.
'''ENDUIRE''' v. tr. Couvrir d’un enduit.
'''ENDUIT''' n. m. Substance molle ou liquide, propre à être étendue sur la surface d’un corps.
'''ENDURANT, E''' adj. Qui souffre patiemment les injures.
'''ENDURCIR''' v. tr. Rendre dur. ''Fig.'' Rendre insensible, impitoyable : ''l’avarice endurcit le cœur''. '''S’endurcir''' v. pr. Devenir insensible ; s’accoutumer : ''s’endurcir au froid, au travail''.
'''ENDURCISSEMENT''' n. m. État d’une âme endurcie.
'''ENDURER''' v. tr. Souffrir, supporter avec fermeté.
'''ÉNERGIE''' n. f. Vertu, efficacité : ''énergie d’un remède''. ''Fig.'' Force, fermeté : ''énergie de l’âme''.
'''ÉNERGIQUE''' adj. Qui a de l’énergie.
'''ÉNERGIQUEMENT''' adv. Avec énergie.
'''ÉNERGUMÈNE''' n. Possédé du démon. ''Fig.'' Homme exalté qui exprime ses passions par des gestes et des discours violents : ''crier, se démener comme un énergumène''.
'''ÉNERVANT, ANTE''' adj. Qui énerve.
'''ÉNERVATION''' s. f. Abattement des forces, relâchement des nerfs.
'''ÉNERVER''' v. tr. Affaiblir, amollir.
'''ENFAÎTEAU''' n. m. Tuile creuse pour couvrir le faîte d’un toit.
'''ENFAÎTEMENT''' n. m. Table de plomb sur le faîte d’un toit.
'''ENFAITER''' v. tr. Couvrir le faîte d’un toit avec de la tuile, du plomb, etc.
'''ENFANCE''' n. f. Période de la vie de l’homme depuis la naissance jusqu’à la {{12e|année}} ou environ ; les enfants. ''Fig.'' Imbécillité : ''tomber en enfance'' ; commencement : ''l’enfance du monde''.
'''ENFANÇON''' n. m. Petit enfant. Vieux mot.
'''ENFANT''' n. Garçon, fille dans l’enfance ; fils ou fille, quel que soit l’âge : ''cet homme a quatre enfants'' ; descendant : ''enfants d’Adam''. Se dit des choses : ''les arts, enfants de l’industrie''. Enfants d’Apollon, les poètes ; enfants de Mars, les guerriers ; c’est un bon enfant, un homme de bon caractère ; faire l’enfant, s’amuser à des choses puériles ; enfant de chœur, qui chante à l’église. Ce mot est masculin lorsqu’il désigne un petit garçon ou qu’il est employé dans un sens général ; il est féminin quand il désigne particulièrement une petite fille.
'''ENFANTEMENT''' n. m. Action d’enfanter.
'''ENFANTER''' v. tr. Donner le jour à un enfant. ''Fig.'' Produire : ''enfanter un projet''.
'''ENFANTILLAGE''' n. m. Paroles, actions qui sont d’un enfant.
'''ENFANTIN, INE''' adj. Qui a le caractère de l’enfance.<noinclude>
<references/></noinclude>
p5d5t0oxs9yx26lpeaj46g5jztzj322
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Cantons-de-l'Est
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<noinclude><pagequality level="3" user="Cantons-de-l'Est" /></noinclude><nowiki/>
'''ENDETTER''' v. tr. Charger de dettes.
'''ENDÊVÉ, ÉE''' adj. Impatient, mutin.
'''ENDÊVER''' v int. Avoir grand dépit. ''Faire endêver'', tourmenter. ''Fam.''
'''ENDIABLÉ, ÉE''' adj. et n. Très-méchant.
'''ENDIABLER''' v. tr. ''Faire endiabler'', tourmenter. ''Fam.''
'''ENDIGUEMENT''' n. m. Action d’endiguer.
'''ENDIGUER''' v. tr. Renfermer par des digues.
'''ENDIMANCHER''' ('''S’''') v. pr. Mettre ses habits du dimanche.
'''ENDIVE''' n. f. Espèce de chicorée.
'''ENDOCARPE''' n. m. ''Bot.'' Membrane qui enveloppe les graines.
'''ENDOCTRINER''' v. tr. S’emparer de l’esprit de quelqu’un : ''il l’a endoctriné''.
'''ENDOLORI, E''' adj. Qui ressent de la douleur : ''membres endoloris''.
'''ENDOMMAGEMENT''' n. m. État de ce qui est endommagé.
'''ENDOMMAGER''' v. tr. Causer du dommage.
'''ENDORMEUR, EUSE''' n. Qui flatte, qui cajole.
'''ENDORMI, E''' adj. Lourd, mou, paresseux.
'''ENDORMIR''' v. tr. Faire dormir. ''Fig.'' Bercer de vaines espérances ; ennuyer : ''ses discours m’endorment'' ; amuser pour tromper : ''endormir la vigilance'' ; calmer : ''endormir la douleur''. '''S’endormir''' v. pr. Manquer de vigilance.
'''ENDOS''' ou '''Endossement''' n. m. Signature au dos d’un billet à ordre ou d’une lettre de change, pour en transmettre la valeur à une autre personne.
'''ENDOSPERME''' n. m. ''Bot.'' Partie qui entoure l’embryon à l’intérieur de la graine.
'''ENDOSSE''' n. f. Responsabilité, embarras : ''avoir toute l’endosse d’une affaire''.
'''ENDOSSER''' v. tr. Se couvrir le dos de : ''endosser le harnais, la cuirasse''. ''Endosser un billet'', mettre sa signature au dos.
'''ENDOSSEUR''' n. m. Qui a endossé une lettre de change, un billet.
'''ENDROIT''' n. m. Lien, place : ''passage d’un discours, d’un livre'' ; le beau côté d’une étoffe.
'''ENDUIRE''' v. tr. Couvrir d’un enduit.
'''ENDUIT''' n. m. Substance molle ou liquide, propre à être étendue sur la surface d’un corps.
'''ENDURANT, E''' adj. Qui souffre patiemment les injures.
'''ENDURCIR''' v. tr. Rendre dur. ''Fig.'' Rendre insensible, impitoyable : ''l’avarice endurcit le cœur''. '''S’endurcir''' v. pr. Devenir insensible ; s’accoutumer : ''s’endurcir au froid, au travail''.
'''ENDURCISSEMENT''' n. m. État d’une âme endurcie.
'''ENDURER''' v. tr. Souffrir, supporter avec fermeté.
'''ÉNERGIE''' n. f. Vertu, efficacité : ''énergie d’un remède''. ''Fig.'' Force, fermeté : ''énergie de l’âme''.
'''ÉNERGIQUE''' adj. Qui a de l’énergie.
'''ÉNERGIQUEMENT''' adv. Avec énergie.
'''ÉNERGUMÈNE''' n. Possédé du démon. ''Fig.'' Homme exalté qui exprime ses passions par des gestes et des discours violents : ''crier, se démener comme un énergumène''.
'''ÉNERVANT, ANTE''' adj. Qui énerve.
'''ÉNERVATION''' s. f. Abattement des forces, relâchement des nerfs.
'''ÉNERVER''' v. tr. Affaiblir, amollir.
'''ENFAÎTEAU''' n. m. Tuile creuse pour couvrir le faîte d’un toit.
'''ENFAÎTEMENT''' n. m. Table de plomb sur le faîte d’un toit.
'''ENFAITER''' v. tr. Couvrir le faîte d’un toit avec de la tuile, du plomb, etc.
'''ENFANCE''' n. f. Période de la vie de l’homme depuis la naissance jusqu’à la {{12e|année}} ou environ ; les enfants. ''Fig.'' Imbécillité : ''tomber en enfance'' ; commencement : ''l’enfance du monde''.
'''ENFANÇON''' n. m. Petit enfant. ''Vieux mot.''
'''ENFANT''' n. Garçon, fille dans l’enfance ; fils ou fille, quel que soit l’âge : ''cet homme a quatre enfants'' ; descendant : ''enfants d’Adam''. Se dit des choses : ''les arts, enfants de l’industrie''. ''Enfants d’Apollon'', les poètes ; ''enfants de Mars'', les guerriers ; ''c’est un bon enfant'', un homme de bon caractère ; ''faire l’enfant'', s’amuser à des choses puériles ; ''enfant de chœur'', qui chante à l’église. {{Dclf-}} Ce mot est ''masculin'' lorsqu’il désigne un petit garçon ou qu’il est employé dans un sens général ; il est ''féminin'' quand il désigne particulièrement une petite fille.
'''ENFANTEMENT''' n. m. Action d’enfanter.
'''ENFANTER''' v. tr. Donner le jour à un enfant. ''Fig.'' Produire : ''enfanter un projet''.
'''ENFANTILLAGE''' n. m. Paroles, actions qui sont d’un enfant.
'''ENFANTIN, INE''' adj. Qui a le caractère de l’enfance.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/239
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude>Plateau que jour et nuit ravage le Vent planétaire !
Et nul jamais ne saura où le corps d’Almagro est couché.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― C’est toute l’Inde au Sud de Lima
que vous m’offrez ?
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Elle est là qui ne fait que t’attendre.
{{Personnage|ALMAGRO|||uc|sm}}. ― J’accepte. Tant pis pour vous.
{{Personnage|LE VICE-ROI|||uc|sm}}. ― Prends ce bout de mon
Amérique. Attrape-la par la queue. Je fais attention
à toi.
Pour toi, si tu ne veux pas m’aimer, travaille à
me haïr davantage. Je ferai que tu n’en manques
pas de sujets.
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/138
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Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « i38 académie des sciences. {{??|Tableau}} nombre A’, de moï-g d’eau employées, comme l’indiquent les résultats suivants : h > 4 7 4 7 63. ~io3o 1350 15a5 1633 1850 <V(cal’i''....-16,28 -16,77 - 1 7> 13 -’7.AO -i7»5o "^^Ô -17,68 Ces résultats sont représentés par le graphique ci-dessous. 500 1.000 Affil M. J7J5 JS 4.5"0O i Z.000 — — i — . (T C,0-L Dans le tableau suivant, les valeurs de q et de L c correspondent à la concentr... »
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" /></noinclude>i38 académie des sciences.
{{??|Tableau}}
nombre A’, de moï-g d’eau employées, comme l’indiquent les résultats
suivants :
h > 4 7 4 7 63. ~io3o 1350 15a5 1633 1850
<V(cal’i''....-16,28 -16,77 - 1 7> 13 -’7.AO -i7»5o "^^Ô -17,68
Ces résultats sont représentés par le graphique ci-dessous.
500
1.000
Affil
M.
J7J5
JS
4.5"0O
i
Z.000
— — i —
. (T C,0-L
Dans le tableau suivant, les valeurs de q et de L c correspondent à la
concentration finale : jl= 1 % ; # = 1633,3 ; c / = 0,00061.
Concentration initiale.
J>-
a.
c.
y m <18«-20°).
cal
00
—i7> 56 ( ?o)
2
*
816,67
0,00122
0,97 3
—16,27
4
408,33
0,00245
0,952
—15,92
cal
6
272,22
0^ 00367
0,934
—14,98 -
—1,73
8
204, 17
0,00490
0,920
—i4,65 n
—i,84
10
i63,33
0,00612
0,906
—i4,48
—1,96
12
136,67
0,00734
0,895
—2,08
12,3
132,79
0 ; OO703 (C)
0,893
—i4,36( ?c>
—2,10
(sat.)
(extrap.)
La
formule
« v fiRo.,
. 8 7,83
îf k<> — il
4- h
Q c cale.
ac (sat.).
cal
— 15, "83
—15,72
—i5,6o
—i5,46
—i5,42
cal cal
—1,07 -I,08
(mesuré) (calculé
représente convenablement les mesures des chaleurs spécifiques.
Le calcul de la chaleur limite q c donne — ï^^9j au lieu de - l ^ 3& >
valeur trouvée par la méthode directe.
Les valeurs trouvées par extrapolation, pour la chaleur de saturation q Cl
des deux sels étudiés, sont en bon accord avec celles qui ont été calculées,
par voie indirecte.<noinclude>
<references/></noinclude>
00wfkdbneo7cmp9k5e1k76va1datpxg
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/240
104
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude><nowiki />
{{T3|TROIS SENTINELLES|SCÈNE {{rom-maj|IV}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Le chemin de ronde sur les remparts de Mogador. Entre les créneaux la mer illuminée par le clair de lune.''}}
{{il}}
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Écoute ! ça recommence !
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Je n’entends rien.
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Y a pas de danger que
nous entendions encore quelque chose. Bon Dieu !
j’en ai plein la malle. Oh là là ! mais quel cri qu’il
a poussé !
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Un cri comme ça, c’est
quand on touche la fibre.
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Quelle fibre ?
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Ct’affaire que cherchent
les bourreaux. Chez les uns, elle est ici, chez les
autres pas. La fibre, quoi.<noinclude>
<references/></noinclude>
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Susuman77
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{{T3|TROIS SENTINELLES|SCÈNE {{rom-maj|IV}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Le chemin de ronde sur les remparts de Mogador. Entre les créneaux la mer illuminée par le clair de lune.''}}
{{il}}
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Écoute ! ça recommence !
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Je n’entends rien.
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Y a pas de danger que
nous entendions encore quelque chose. Bon Dieu !
j’en ai plein la malle. {{Nec|Oh là là !}} mais quel cri qu’il
a poussé !
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Un cri comme ça, c’est
quand on touche la fibre.
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Quelle fibre ?
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Ct’affaire que cherchent
les bourreaux. Chez les uns, elle est ici, chez les
autres pas. La fibre, quoi.<noinclude>
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Page:Soubies-Malherbe - L'Œuvre dramatique de Richard Wagner, 1886.djvu/117
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LeCharybde
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<noinclude><pagequality level="3" user="LeCharybde" /></noinclude>Tristan réussit dans son ambassade et fait voile
vers la Cornouailles, ramenant à son bord la
fiancée conquise pour son maître.
Ces événements, qui pouvaient servir de prétexte
à un ou deux actes préparatoires, ou du
moins à un prologue, font l’objet d’une série de
récits très découpés, assez malaisés même à suivre
pour qui n’est pas familier avec la légende bretonne,
mais, nous le verrons plus tard, toujours
soulignés, commentés, complétés presque, par une
musique d’une prodigieuse intensité d’expression.
Ici seulement commence le drame.
Iseult a juré de punir le meurtrier de Morold,
et sa haine, qui n’est au fond qu’un amour inconscient,
est encore aiguisée par l’indifférence blessante
de Tristan. Elle lui propose donc de vider
avec elle la coupe de réconciliation. Tristan y
consent. Mais au lieu du poison préparé, c’est un
philtre d’amour que la suivante Brangœne leur
présente, et tous deux boivent, dit le chroniqueur,
„la longue misère dont la mort seule les délivrera“.
Cependant ils abordent en Cornouailles, où
chaque soir Iseult s’échappe du palais du roi pour
aller retrouver son amant. Averti par le traître
Melot, Marke les surprend une nuit, et Tristan,
blessé par Melot qu’il a provoqué, est transporté<noinclude>
<references/></noinclude>
k3w89djh8chw6kmt75xcmu0a3pntzaq
Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 211, 1940.djvu/139
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Favete linguistis
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/* Page non corrigée */ Page créée avec « <nowiki /> {{??|image}} SÉANCE DU 26 AOÛT lO,4o* i3 9 EMBRYOGÉNIE VÉGÉTALE. — Embryogénie des Loganiacées. Développement de l’embryon chez le Buddleia variabilis Hemsley. Note de M. René Souèges, transmise par M. Pierre-Augustin Dangeard. Les rapports phylétiques des Loganiacées sont toujours très discutés, jusqu’ici on n’a pu faire intervenir dans les discussions les données tirées des lois qui président au développement de l’embry... »
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<noinclude><pagequality level="1" user="Favete linguistis" /></noinclude><nowiki />
{{??|image}}
SÉANCE DU 26 AOÛT lO,4o*
i3 9
EMBRYOGÉNIE VÉGÉTALE. — Embryogénie des Loganiacées. Développement
de l’embryon chez le Buddleia variabilis Hemsley. Note de M. René
Souèges, transmise par M. Pierre-Augustin Dangeard.
Les rapports phylétiques des Loganiacées sont toujours très discutés,
jusqu’ici on n’a pu faire intervenir dans les discussions les données tirées
des lois qui président au développement de l’embryon, aucun représentant
de la famille n 1 ayant encore été sérieusement examiné à ce point de vue.
Gomme le montrent les figures 1 à 17, chez le Buddleia variabilis, ces lois
offrent la plus grande régularité. Elles sont semblables à celles qui ont été
déjà établies au sujet du Veronica arvensis ("■) et au sujet’ de beaucoup
d’autres espèces se rattachant au type embryonomique des Crucifères.
Il se constitue d’abord une tétrade en T régulière {fig. 3) par division longitudinale
de la cellule apicale ’(fig. 2), puis segmentation transversale de la cellule basale du
Fig. 1 à 17. — Buddleia variabilis Hemsley. — Les principaux termes du développement de
l’embryon, ca et cb, cellule apicale et cellule basale du proembryon bicellulaire ; m et ci, cellule
intermédiaire et cellule inférieure de la tétrade ; q, quadrants ; Z, octants supérieurs ou partie
cotylée ; l octants inférieurs ou partie hypocotylée ; c ?, cellule-fille de m ou hypophyse ; /„ cellule-fille
de -m] n et /*’, cellules-filles de ci ; de dermatogène ; pe, périblème ; pl t plérome ;
iec, initiales de l’écorce de la racine ; cot, cellule-mère du cotylédon. G. ~ 320.
proembryon bicellulaire. Les deux éléments supérieurs de la tétrade se divisent ver
. (*) R. Souèges, Comptes rendus, 172 3 1921, p. 703.<noinclude>
<references/></noinclude>
9s9vqwdxc5nb1qsb61ngh2b3kfpi1ho
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/241
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Susuman77
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<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki />
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Maintenant c’est fini
pour Don Sébastien. I s’en fout.
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― ''{{lang|la|De profundis.}}''
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Saint Jacques qu’il avait
toujours sur lui dans sa poche lui fera passer la douane.
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Pauvre Don Sébastien !
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Dis pas les noms.
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― C’est vrai qu’i nous
avait salement trahis.
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Quoi faire autre chose ?
Du moment où c’te foutue chienne de Prouhèze…
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Dis pas les noms.
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― … du moment où notre
vieille épousait notre vieux, i n’avait plus qu’à se
sauver. Et où c’est qu’i se serait sauvé autre part
que chez les Turcs ?
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― J’en ferais sacré bien
autant si je pouvais.
{{Personnage|PREMIER SOLDAT|||uc|sm}}. ― Parle pas si fort ! Tu sais
que notre vieux se promène souvent la nuit. Il a
beau se mettre en blanc avec un manteau noir, on
le voit tout de même. Il a ses deux yeux qui brillent
comme ceux d’un chat.
{{Personnage|TROISIÈME SOLDAT|||uc|sm}}. ― Espère un peu que je
l’attrape dans un bon coin ! Que je sois petit poisson
si je ne lui flanque pas un coup de fusil !
{{Personnage|DEUXIÈME SOLDAT|||uc|sm}}, ''sautant sur son fusil''. —
Qui va là ?
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/242
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" /></noinclude><nowiki />
{{T3|LA LOGEUSE, DON LÉOPOLD AUGUSTE|SCÈNE {{rom-maj|V}}|fs=120%|ff=Georgia, serif|sp=0.04em|ws=0.2em|lh=1.5|m=3em}}
{{AN|''Mais il est bien clair que nous ne pouvions refuser plus longtemps à l’imagination de nos spectateurs, là-haut, tout près des cintres, cette rangée de fenêtres dans un plâtras agréablement rose ou bleu d’une maison de Gênes transportée pour les besoins de la couleur locale à Panama. Chacune est décorée d’une ficelle où pendent des piments et des aulx. Au milieu un petit balcon.''}}
{{AN|''L’apparence corporelle de'' {{corr|DE DON|DON}} LÉOPOLD AUGUSTE ''est réduite à son pourpoint rattaché par des aiguillettes au haut-de-chausses. Cela ne l’empêche pas, tout gonflé d’air et suspendu au bout d’une canne à pêche, d’exécuter dans la bonne brise de l’après-midi une espèce de danse personnelle autant majestueuse que gaillarde.''}}
{{il}}<noinclude>
<references/></noinclude>
9nqfeosqmrlcarxiinv8kzplm0qsco6
Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/243
104
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
{{Personnage|LA LOGEUSE|||uc|sm}}, ''tapant sur Don Léopold Auguste avec une canne''. — Pan ! pan ! pan !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}, ''émettant un petit jet de poussière à chaque coup''. — Pouf ! pouf ! pouf !
{{Personnage|LA LOGEUSE|||uc|sm}}, ''tapant et retapant''. — Pan ! pan !
Je n’aurais jamais cru qu’il tienne autant de poussière
dans un savant. Pan ! Attrape ça, mon vieux
Philippe Auguste !
Ce n’est pas de chance tout de même ! À peine
arrivé depuis deux jours à Panama et couic ! le
temps d’enlever son chapeau pour se torcher la tête,
Un trait de l’archer Apollon, comme disait Monsieur
le Greffier de la Justice de paix,
Vous l’a couché tout noir sur le pavé. Encore un
à qui la lettre à Rodrigue n’a pas porté la chance !
Alors pourquoi tiens-tu tellement à la garder ?
Donne-la-moi, Léopold ! laisse-la tomber !
Tu ne veux pas ? Je t’en prie ! (''Elle tape.'') Je t’en
supplie ! (''Elle tape.'') Il me faut absolument cette
lettre pour que la pièce continue et qu’elle ne reste
pas bêtement suspendue entre ciel et terre.
Tu vois bien là-dessous ce monsieur et cette dame
tristement qui nous attendent.
Je soumets humblement ma requête à la bienveillante
attention de Votre Magnificence. (''Elle tape.'')
Vous direz que je n’aurais qu’à mettre la main
dans Philippe Auguste pour prendre la lettre.
Mais je n’ose pas, cela me porterait malheur.
J’aime mieux qu’il s’en défasse naturellement et<noinclude>
<references/></noinclude>
l6ty0wjyg16vekp1zddwvmke3652ir0
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2026-05-09T11:53:15Z
Susuman77
51799
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||TROISIÈME JOURNÉE|}}</noinclude><nowiki/>
{{Personnage|LA LOGEUSE|||uc|sm}}, ''tapant sur Don Léopold Auguste avec une canne''. — {{Nec|Pan ! pan ! pan !}}
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}, ''émettant un petit jet de poussière à chaque coup''. — Pouf ! pouf ! pouf !
{{Personnage|LA LOGEUSE|||uc|sm}}, ''tapant et retapant''. — {{Nec|Pan ! pan !}}
Je n’aurais jamais cru qu’il tienne autant de poussière
dans un savant. {{Nec|Pan !}} Attrape ça, mon vieux
Philippe Auguste !
Ce n’est pas de chance tout de même ! À peine
arrivé depuis deux jours à Panama et couic ! le
temps d’enlever son chapeau pour se torcher la tête,
Un trait de l’archer Apollon, comme disait Monsieur
le Greffier de la Justice de paix,
Vous l’a couché tout noir sur le pavé. Encore un
à qui la lettre à Rodrigue n’a pas porté la chance !
Alors pourquoi tiens-tu tellement à la garder ?
Donne-la-moi, Léopold ! laisse-la tomber !
Tu ne veux pas ? Je t’en prie ! (''Elle tape.'') Je t’en
supplie ! (''Elle tape.'') Il me faut absolument cette
lettre pour que la pièce continue et qu’elle ne reste
pas bêtement suspendue entre ciel et terre.
Tu vois bien là-dessous ce monsieur et cette dame
tristement qui nous attendent.
Je soumets humblement ma requête à la bienveillante
attention de Votre Magnificence. (''Elle tape.'')
Vous direz que je n’aurais qu’à mettre la main
dans Philippe Auguste pour prendre la lettre.
Mais je n’ose pas, cela me porterait malheur.
J’aime mieux qu’il s’en défasse naturellement et<noinclude>
<references/></noinclude>
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Page:Paul Claudel, le Soulier de satin, 1941.djvu/244
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Susuman77
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text/x-wiki
<noinclude><pagequality level="3" user="Susuman77" />{{nr||LE SOULIER DE SATIN|}}</noinclude>de lui-même, comme prunier de sa prune. (''Elle tape.'')
{{Nec|Pan}}, pan et pan ! {{Nec|Pan}}, pan et pan ! {{Nec|Pan}}, pan et
pan !
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}, ''agité, mais toujours important.'' — Pouf ! pouf ! pouf ! pouf ! pouf ! pouf ! (''La lettre tombe.'')
{{Personnage|LA LOGEUSE|||uc|sm}}. ― Ça y est ! Encore un petit coup
pour finir ! {{Nec|Pan ! pan !}}
{{Personnage|DON LÉOPOLD AUGUSTE|||uc|sm}}. ― Pouf !
{{il}}
{{AN|''La toile du fond avec'' LA LOGEUSE ''d’abord et'' DON LÉOPOLD AUGUSTE ''ensuite est entraînée vers les cintres. On voit apparaître les cimes d’une vague verdouillade tropicale. Puis montent en commençant par les chapeaux auxquels succèdent les figures et les corps, enfin les images peintes dans la toile de''}}
{{Brn|2}}
{{Sdp}}<noinclude>
<references/></noinclude>
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