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Discussion utilisateur:DavidL
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Xhungab
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/* Demande de conseil sur les pages en impasse */ nouvelle section
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wikitext
text/x-wiki
{{/Onglets}}
{| class="flexible" style="width:100%;"
| style="vertical-align: top;" | <div style="padding: 20px; font-size: 120%; border: thin solid #A7D7F9;">
[[Image:Chat bubbles.svg|123px|right]]
Bienvenue sur ma page de discussion.
<!-- le lien "ajouter un message" -->
<div class="noprint plainlinks" style="background-color: #9292924f; width: 300px; margin-top: 30px; margin-left: auto; margin-right: auto; padding: 5px 25px 5px 25px; text-align: center; border: 1px solid #9292924f; font-size:12pt; -moz-border-radius:5px; -webkit-border-radius:5px; -o-border-radius:5px; border-radius:5px; background: -webkit-gradient(linear, 0% 0%, 0% 100%, from(#00000000), to(#93939328)); background:-moz-linear-gradient(0% 90% 90deg, #93939328, #00000000);">
[{{fullurl:Discussion utilisateur:DavidL|action=edit§ion=new}} Ajouter un message]
</div>
{{clr}}
</div>
| style="vertical-align: top;" | __TOC__
|}
<!--{{OngFin}}-->
<!-- *************************************** -->
== Salut David ==
Ça fait un bail ! Merci pour ta correction dans le chapitre consacré à la création des projets de mon bouquin sur le Mouvement Wikimédia.
J'en profite pour te dire que le livre devrait, enfin et si tout se déroule comme prévu, être publié au format de poche en début de cette nouvelle année. Raison pour laquelle je suis en train de tout relire et remettre en forme tout en corrigeant pas mal d'informations parfois fausses ou en tout cas mal formulées.
Dans ce travail de relecture, j'ai découvert que l'outil de création automatique d'une référence au départ de l'URL d'une page ne fonctionne pas sur Wikilivre. Tu vois ce dont je parle ? C'est une option du menu qui apparait dans l'éditeur visuel. Quand tu cliques sur « sourcer » un encart te proposes d'introduite une référence automatiquement, manuellement, ou de dupliquer le renvoi vers une référence déjà existante.
Et bien sur Wikilivres, la fonction automatique ne fonctionne pas pour l'instant, alors qu'elle fonctionne sur Wikipédia et Wikiversité, là où je crée mes références avant de les copier-coller dans Wikilivres en attendant que le problème soit résolut.
As-tu du temps pour voir ce qui pose un problème ? Moi, je suis un peu à la bourre pour terminer ma relecture à temps... [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉</big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 3 janvier 2026 à 18:03 (CET)
:Salut Lionel
:J'ai testé : j'obtiens un message d'avertissement dans la console :
: « Mapping(s) missing from citoid-template-type-map.json: dataset, preprint, standard »
: « Empty template Lien web produced. Check this template has a correctly configured citoid map in the template data. »
:et également une erreur de requête HTTP dans la réponse en JSON : « error "Unable to retrieve data from ..." »
:Il doit y avoir une différence quelque part dans [[Module:Biblio|le module Biblio]] avec wikipédia.
:-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 4 janvier 2026 à 00:39 (CET)
::Je vois que tu as plus de compétence que moi en la matière. Je voudrais bien développé mes connaissances en informatique, mais dela demande du temps, de la motivation et un certaine organisation. Merci pour ton aide ! [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉</big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 4 janvier 2026 à 04:41 (CET)
== Texte indigeste ==
Salut David,
Je n'ai pas compris ta dernière modif sur [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC]], en quoi est-ce indigeste ? [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 17 mars 2026 à 08:51 (CET)
:Salut Alex,
:Il s'agit du code wiki de la page qui n'est pas du tout lisible, il y a plus de code HTML que de contenu. Alors qu'il faudrait utiliser le style commun, ne pas faire du formatage systématique, utiliser les modèles standards pour avoir un code wiki simple.
:-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 17 mars 2026 à 08:54 (CET)
::Salut David,
::A vrai dire, je n'ai utilisé que le strict nécessaire pour rendre la page la plus lisible possible, est-ce que tu as des exemples de structuration de code en tête pour le rendre plus clair ? [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 18 mars 2026 à 08:59 (CET)
:::La page [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC]] fait 1M d'octets.
:::Il faudrait la diviser en sous pages, supprimer le formatage pour utiliser une syntaxe wiki claire, éviter les boîtes déroulantes, les défilements dans des zones de hauteur limitée.
:::Les autres livres ont un texte source clair, et sont de taille raisonnable :
:::* [[Programmation Java/Commentaires]] 2383 octets,
:::* [[Étude scientifique de la technique du piano/L’étude scientifique de la technique]] 36907 octets,
:::* [[Photographie]] 7898 octets,
:::* [[Photographie/Conseils aux débutants/Acheter un appareil numérique]] 27852 octets.
:::-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 18 mars 2026 à 19:12 (CET)
:::: Bonjour David,
:::: Pour les pages [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Textes et traductions Ier millénaire AEC]] et [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_EC|Textes et traductions Ier millénaire EC]], je n'ai uniquement utilisé l'éditeur wikicode et jamais d'éditeur html. Par contre, pourquoi ne peut-on pas utiliser la mise en forme que l'on souhaite sur Wikibooks ? Sur les autres portails je comprends la nécessité de standardisation, mais les livres sur Wikibooks sont tous différents... [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 30 avril 2026 à 16:57 (CET)
:::::Bonjour Alex,
:::::Les livres sont tous différents en mises en forme, mais il y a des règles et recommandations à respecter, notamment [[Aide:Syntaxe#Les erreurs à éviter|ne pas abuser du HTML et privilégier la syntaxe wiki]]. Les pages doivent pouvoir être mises à jour par tous. Il faut notamment utiliser [[Wikilivres:Modèles|les modèles disponibles]] plutôt que d'inventer une mise en forme. Il faut surtout ne pas utiliser le copier-coller, mais soit utiliser un modèle existant, soit en créer de nouveaux pour les utiliser de nombreuses fois dans les pages ; par exemple, cela permet de modifier le style de tous les paragraphes en un seul endroit : dans le modèle.
:::::-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 30 avril 2026 à 19:14 (CEST)
== Merci David ==
j'ai observé que tu avais mis mon livre le "miroir brisé" ...... sur l'établi MERCI et bien cordialement :-) [[Utilisateur:Clopeau|Clopeau]] ([[Discussion utilisateur:Clopeau|discussion]]) 18 mars 2026 à 07:22 (CET)
== You may be an eligible candidate for the U4C election ==
<div lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">
Greetings,
The [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee|Universal Code of Conduct Coordinating Committee (U4C)]] seeks candidates for the 2026 election. The U4C is the global committee responsible for overseeing enforcement of the [[foundation:Special:MyLanguage/Policy:Universal Code of Conduct|Universal Code of Conduct]]. Elections are held annually, if elected a committee member serves for two years.
This year the U4C requires candidates to hold administrator rights on at least one wiki, which is why you are being contacted as you appear to hold this right. There are other requirements, such as candidates must be at least 18 years old and may not be employed by the Wikimedia Foundation or other related chapters and affiliates. You can find more information in the [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026#Call_for_Candidates|call for candidates on Meta-wiki]]. Additionally, the committee's working language is English; some ability to communicate in English is required.
The election opens on 18 May, if you are eligible and interested you have until 10 May to submit your candidacy. There will week between for candidates to answer questions from the community. Voting takes place privately in [[m:Special:MyLanguage/SecurePoll|SecurePoll]], successful candidates must receive at least 60% support. More information is available on [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026|the 2026 Elections page]], including timelines and other candidacy information. If you read over the material and consider yourself qualified, please consider submitting your name to run for the committee. If you think someone else in your community might be interested and qualified, please encourage them to run.
In partnership with the U4C -- [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User_talk:Keegan (WMF)|talk]]) 28 avril 2026 à 20:33 (CEST) </div>
<!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Keegan_(WMF)/test&oldid=30471754 -->
== Demande de conseil ==
Dans la page : [[Bonheur, morale, et philosophie épistolaire]]
L'auteur à utilisé [https://fr.wikibooks.org/w/index.php?title=Dossier_sur_l%27amiti%C3%A9_(cliquer)&redirect=no/ Dossier sur l'amitié (cliquer)]
<nowiki>https://fr.wikibooks.org/w/index.php?title=Dossier_sur_l%27amiti%C3%A9_(cliquer)&redirect=no/</nowiki> Dossier sur l'amitié (cliquer)
Au lieu d'utiliser simplement:
* Dossier sur l'amitié (cliquer)| Dossier sur l'amitié (cliquer)
Le résultat est que la page [[ Dossier sur l'amitié (cliquer)]] est dans les pages orphelines.
Est-ce que je peux modifier ce code, pour faire sortir cette page des pages orphelines ?
Merci. [[Utilisateur:Xhungab|Xhungab]] ([[Discussion utilisateur:Xhungab|discussion]]) 4 mai 2026 à 10:03 (CEST)
:Salut Xhungab,
:Oui, n'hésites pas à effectuer les modifications nécessaires.
:-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 4 mai 2026 à 19:34 (CEST)
Merci. Je vais faire le travail [[Utilisateur:Xhungab|Xhungab]] ([[Discussion utilisateur:Xhungab|discussion]]) 4 mai 2026 à 23:16 (CEST)
== Demande de conseil sur les pages en impasse ==
Bonjour,
J'avais de nombreuses pages dans cette catégorie. [[Spécial:Pages en impasse|Pages en impasse]] J'ai pu sortir ces pages en créant un lien sur une page principale. Dans cette catégorie, il y a plus de 2000 pages. Je pense qu'elles sont bien structurées, mais il manque un lien vers une page, pour qu'elles sortent de cette catégorie.
Ex : La page [[Mathc initiation/Fichiers h : c30a2|x_def.h]] est appelée par tous les exemples. Tous les exemples appellent la même page. Je ne pouvais donc pas faire un retour sur une page particulière. J'ai donc sélectionné une page "Mathc initiation/a406" que j'appelle ainsi ""[[Mathc initiation/a406|.]] "" (le point est un lien internet). Le résultat est un point en fin de fichier qui permet de sortir cette page des pages en impasse.
Mon idée est de sans modifier les pages en impasse, créer un lien pour les sortir de cette situation.
Ex: Pour le livre [[Accordéon chromatique]] copier le lien ""[[Accordéon chromatique|.]] "" (le point est un lien internet) à la fin du fichier pour sortir ce livre des pages à impasse.
Je voudrais savoir si je peux faire ce travail.
Merci [[Utilisateur:Xhungab|Xhungab]] ([[Discussion utilisateur:Xhungab|discussion]]) 2 juin 2026 à 12:22 (CEST)
cbiv1pegxs0szfcp3voi17t3miqpvyd
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2026-06-02T10:23:01Z
Xhungab
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{{/Onglets}}
{| class="flexible" style="width:100%;"
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[[Image:Chat bubbles.svg|123px|right]]
Bienvenue sur ma page de discussion.
<!-- le lien "ajouter un message" -->
<div class="noprint plainlinks" style="background-color: #9292924f; width: 300px; margin-top: 30px; margin-left: auto; margin-right: auto; padding: 5px 25px 5px 25px; text-align: center; border: 1px solid #9292924f; font-size:12pt; -moz-border-radius:5px; -webkit-border-radius:5px; -o-border-radius:5px; border-radius:5px; background: -webkit-gradient(linear, 0% 0%, 0% 100%, from(#00000000), to(#93939328)); background:-moz-linear-gradient(0% 90% 90deg, #93939328, #00000000);">
[{{fullurl:Discussion utilisateur:DavidL|action=edit§ion=new}} Ajouter un message]
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<!--{{OngFin}}-->
<!-- *************************************** -->
== Salut David ==
Ça fait un bail ! Merci pour ta correction dans le chapitre consacré à la création des projets de mon bouquin sur le Mouvement Wikimédia.
J'en profite pour te dire que le livre devrait, enfin et si tout se déroule comme prévu, être publié au format de poche en début de cette nouvelle année. Raison pour laquelle je suis en train de tout relire et remettre en forme tout en corrigeant pas mal d'informations parfois fausses ou en tout cas mal formulées.
Dans ce travail de relecture, j'ai découvert que l'outil de création automatique d'une référence au départ de l'URL d'une page ne fonctionne pas sur Wikilivre. Tu vois ce dont je parle ? C'est une option du menu qui apparait dans l'éditeur visuel. Quand tu cliques sur « sourcer » un encart te proposes d'introduite une référence automatiquement, manuellement, ou de dupliquer le renvoi vers une référence déjà existante.
Et bien sur Wikilivres, la fonction automatique ne fonctionne pas pour l'instant, alors qu'elle fonctionne sur Wikipédia et Wikiversité, là où je crée mes références avant de les copier-coller dans Wikilivres en attendant que le problème soit résolut.
As-tu du temps pour voir ce qui pose un problème ? Moi, je suis un peu à la bourre pour terminer ma relecture à temps... [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉</big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 3 janvier 2026 à 18:03 (CET)
:Salut Lionel
:J'ai testé : j'obtiens un message d'avertissement dans la console :
: « Mapping(s) missing from citoid-template-type-map.json: dataset, preprint, standard »
: « Empty template Lien web produced. Check this template has a correctly configured citoid map in the template data. »
:et également une erreur de requête HTTP dans la réponse en JSON : « error "Unable to retrieve data from ..." »
:Il doit y avoir une différence quelque part dans [[Module:Biblio|le module Biblio]] avec wikipédia.
:-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 4 janvier 2026 à 00:39 (CET)
::Je vois que tu as plus de compétence que moi en la matière. Je voudrais bien développé mes connaissances en informatique, mais dela demande du temps, de la motivation et un certaine organisation. Merci pour ton aide ! [[User:Lionel Scheepmans|Lionel Scheepmans]] <sup><big>✉</big> [[User talk:Lionel Scheepmans|Contact]]</sup> <sub>Désolé pour ma [[w:dysorthographie|dysorthographie]], [[w:dyslexie|dyslexie]] et [[wikt:distraction|"dys"traction]].</sub> 4 janvier 2026 à 04:41 (CET)
== Texte indigeste ==
Salut David,
Je n'ai pas compris ta dernière modif sur [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC]], en quoi est-ce indigeste ? [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 17 mars 2026 à 08:51 (CET)
:Salut Alex,
:Il s'agit du code wiki de la page qui n'est pas du tout lisible, il y a plus de code HTML que de contenu. Alors qu'il faudrait utiliser le style commun, ne pas faire du formatage systématique, utiliser les modèles standards pour avoir un code wiki simple.
:-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 17 mars 2026 à 08:54 (CET)
::Salut David,
::A vrai dire, je n'ai utilisé que le strict nécessaire pour rendre la page la plus lisible possible, est-ce que tu as des exemples de structuration de code en tête pour le rendre plus clair ? [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 18 mars 2026 à 08:59 (CET)
:::La page [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC]] fait 1M d'octets.
:::Il faudrait la diviser en sous pages, supprimer le formatage pour utiliser une syntaxe wiki claire, éviter les boîtes déroulantes, les défilements dans des zones de hauteur limitée.
:::Les autres livres ont un texte source clair, et sont de taille raisonnable :
:::* [[Programmation Java/Commentaires]] 2383 octets,
:::* [[Étude scientifique de la technique du piano/L’étude scientifique de la technique]] 36907 octets,
:::* [[Photographie]] 7898 octets,
:::* [[Photographie/Conseils aux débutants/Acheter un appareil numérique]] 27852 octets.
:::-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 18 mars 2026 à 19:12 (CET)
:::: Bonjour David,
:::: Pour les pages [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC|Textes et traductions Ier millénaire AEC]] et [[Philosophie/Thalès de Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_EC|Textes et traductions Ier millénaire EC]], je n'ai uniquement utilisé l'éditeur wikicode et jamais d'éditeur html. Par contre, pourquoi ne peut-on pas utiliser la mise en forme que l'on souhaite sur Wikibooks ? Sur les autres portails je comprends la nécessité de standardisation, mais les livres sur Wikibooks sont tous différents... [[Utilisateur:Alex Mtlr|Alex Mtlr]] ([[Discussion utilisateur:Alex Mtlr|discussion]]) 30 avril 2026 à 16:57 (CET)
:::::Bonjour Alex,
:::::Les livres sont tous différents en mises en forme, mais il y a des règles et recommandations à respecter, notamment [[Aide:Syntaxe#Les erreurs à éviter|ne pas abuser du HTML et privilégier la syntaxe wiki]]. Les pages doivent pouvoir être mises à jour par tous. Il faut notamment utiliser [[Wikilivres:Modèles|les modèles disponibles]] plutôt que d'inventer une mise en forme. Il faut surtout ne pas utiliser le copier-coller, mais soit utiliser un modèle existant, soit en créer de nouveaux pour les utiliser de nombreuses fois dans les pages ; par exemple, cela permet de modifier le style de tous les paragraphes en un seul endroit : dans le modèle.
:::::-- ◄ [[Utilisateur:DavidL|'''D'''avid '''L''']] • [[Discussion Utilisateur:DavidL|discuter]] ► 30 avril 2026 à 19:14 (CEST)
== Merci David ==
j'ai observé que tu avais mis mon livre le "miroir brisé" ...... sur l'établi MERCI et bien cordialement :-) [[Utilisateur:Clopeau|Clopeau]] ([[Discussion utilisateur:Clopeau|discussion]]) 18 mars 2026 à 07:22 (CET)
== You may be an eligible candidate for the U4C election ==
<div lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">
Greetings,
The [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee|Universal Code of Conduct Coordinating Committee (U4C)]] seeks candidates for the 2026 election. The U4C is the global committee responsible for overseeing enforcement of the [[foundation:Special:MyLanguage/Policy:Universal Code of Conduct|Universal Code of Conduct]]. Elections are held annually, if elected a committee member serves for two years.
This year the U4C requires candidates to hold administrator rights on at least one wiki, which is why you are being contacted as you appear to hold this right. There are other requirements, such as candidates must be at least 18 years old and may not be employed by the Wikimedia Foundation or other related chapters and affiliates. You can find more information in the [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026#Call_for_Candidates|call for candidates on Meta-wiki]]. Additionally, the committee's working language is English; some ability to communicate in English is required.
The election opens on 18 May, if you are eligible and interested you have until 10 May to submit your candidacy. There will week between for candidates to answer questions from the community. Voting takes place privately in [[m:Special:MyLanguage/SecurePoll|SecurePoll]], successful candidates must receive at least 60% support. More information is available on [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026|the 2026 Elections page]], including timelines and other candidacy information. If you read over the material and consider yourself qualified, please consider submitting your name to run for the committee. If you think someone else in your community might be interested and qualified, please encourage them to run.
In partnership with the U4C -- [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User_talk:Keegan (WMF)|talk]]) 28 avril 2026 à 20:33 (CEST) </div>
<!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Keegan_(WMF)/test&oldid=30471754 -->
== Demande de conseil sur les pages en impasse ==
Bonjour,
J'avais de nombreuses pages dans cette catégorie. [[Spécial:Pages en impasse|Pages en impasse]] J'ai pu sortir ces pages en créant un lien sur une page principale. Dans cette catégorie, il y a plus de 2000 pages. Je pense qu'elles sont bien structurées, mais il manque un lien vers une page, pour qu'elles sortent de cette catégorie.
Ex : La page [[Mathc initiation/Fichiers h : c30a2|x_def.h]] est appelée par tous les exemples. Tous les exemples appellent la même page. Je ne pouvais donc pas faire un retour sur une page particulière. J'ai donc sélectionné une page "Mathc initiation/a406" que j'appelle ainsi ""[[Mathc initiation/a406|.]] "" (le point est un lien internet). Le résultat est un point en fin de fichier qui permet de sortir cette page des pages en impasse.
Mon idée est de sans modifier les pages en impasse, créer un lien pour les sortir de cette situation.
Ex: Pour le livre [[Accordéon chromatique]] copier le lien ""[[Accordéon chromatique|.]] "" (le point est un lien internet) à la fin du fichier pour sortir ce livre des pages à impasse.
Je voudrais savoir si je peux faire ce travail.
Merci [[Utilisateur:Xhungab|Xhungab]] ([[Discussion utilisateur:Xhungab|discussion]]) 2 juin 2026 à 12:22 (CEST)
lcexs0j0nah44uthsals0mhrdi0vs0p
Modèle:DicoPhilo
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DavidL
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MODÈLE : DicoPhilo - Barre de navigation alphabétique
Usage : {{DicoPhilo|A}} où A est la lettre courante
═══════════════════════════════════════════════════════════════════ -->
<div style="background: linear-gradient(180deg, #f8f7f5, #eae8e4); border: 1px solid #c9c2b4; border-radius: 6px; padding: 10px 8px; margin-bottom: 1.2em; box-shadow: 0 2px 4px rgba(0,0,0,0.06);">
<table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 4px; margin: 0 auto;">
<tr>
<td style="text-align:center; width:3.84%;">{{DicoPhilo/Lettre|A|{{{1}}}}}</td>
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<td style="text-align:center; width:3.84%;">{{DicoPhilo/Lettre|V|{{{1}}}}}</td>
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</table>
</div>
<div style="text-align: center; font-size: 1.4em; font-weight: bold; margin-bottom: 1em; padding-bottom: 0.5em; border-bottom: 2px solid #8b7355; color: #777;">※ {{{1}}} ※</div>
<noinclude>[[Catégorie:Modèles non imprimables spécifiques à un livre]]</noinclude><includeonly>[[Catégorie:Dictionnaire de philosophie (livre)]]</includeonly>
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Mathc gnuplot/Introduction
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text/x-wiki
[[Catégorie:Mathc gnuplot (livre)]]
:
'''L'étude de ce chapitre peut ce faire à l'aide de cette [[https://youtube.com/playlist?list=PLi6peGpf8EPOxHRVJklGLU4oVAwv0syrO Playlist]]..'''
'''Les notions de mathématiques''' sont supposées connues.
== En pratique ==
Pour '''le langage C''' :
Sous linux il faut ajouter la commande '''-lm''' dans la ligne de commande pour lier la librairie mathématique à votre code.
Dans Geany il faut aller dans le menu '''construire/définir les commandes de construction''' ensuite ajouter la commande -lm
* compile : gcc -Wall -c "%f" '''-lm'''
* build ..... : gcc -Wall -o "%e" "%f" '''-lm'''
* Copier la '''bibliothèque''', les fichiers h, dans votre répertoire de travail.
* Chaque fichier "'''*.c'''" est un exemple à compiler et à exécuter.
Pour '''gnuplot''' :
* '''Linux''' :
** Exécuter un exemple C.
** Ajouter une nouvelle fenêtre dans votre terminal de travail.
** Vous serez automatiquement dans le bon répertoire pour lancer gnuplot.
** Tapez : gnuplot
* '''Windows''' :
** Pour sélectionner le bon répertoire sous Windows
** Choisissez l'icône ChDir (change directory)
** Puis l'icône Open pour sélectionner un fichier de commande de gnuplot.
* '''Animation''' :
** Tapotez sur l'icône '''replot''' de gnuplot.
[[Mathc gnuplot/Présentation de la librairie|.]]
{{AutoCat}}
oo2871pwl7ubuiz79ym3lm49bnbp3lc
Formation musicale/Harmonie
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765105
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Cdang
1202
/* Progressions selon le cercle des quintes */ Topsy
767301
wikitext
text/x-wiki
{{Bases de solfège}}
<span style="font-size:25px;">6. Harmonie</span>
L'harmonie désigne les notes jouées en même temps, soit plusieurs instruments jouant chacun une note, soit un instrument jouant un accord (instrument dit polyphonique).
== Première approche ==
L'exemple le plus simple d'harmonie est sans doute la chanson en canon : c'est un chant polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, chaque voix chantant la même chose en décalé. Prenons par exemple ''Vent frais, vent du matin'' (la version originale est ''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609) :
[[Fichier:Vent frais vent du matin.svg|class=transparent|center|Partition de ''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
[[Fichier:Vent frais vent du matin.midi|vignette|''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
nous voyons que les voix se superposent de manière « harmonieuse ». Les notes de chaque voix se correspondent point par point (avec un retard), c'est donc un type d'harmonie polyphonique appelé « contrepoint ».
Considérons la première note de la mesure 6 pour chaque voix. Nous avons la superposition des notes ''ré''-''fa''-''la'' (du grave vers l'aigu) ; la superposition de notes jouées ou chantées ensembles s'appelle un accord. Cet accord ''ré''-''fa''-''la'' porte le nom « d'accord parfait de ''ré'' mineur » :
* « ''ré'' » car la note fondamentale est un ''ré'' ;
* « parfait » car il est l'association d'une tierce, ''ré''-''fa'', et d'une quinte juste, ''ré''-''la'' ;
* « mineur » car le premier intervalle, ''ré''-''fa'', est une tierce mineure.
Considérons maintenant un chant accompagné au piano. La piano peut jouer plusieurs notes en même temps, il peut jouer des accords.
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.svg|class=transparent|center|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.midi|vignette|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
L'accord, les notes à jouer simultanément, sont écrites « en colonne ». Lorsqu'on les énonce, on les lit de bas en haut mais le pianiste les joue en pressant les touches du clavier en même temps, de manière « plaquée ».
Le premier accord est composé des notes ''do''-''mi''-''sol'' ; il est appelé « accord parfait de ''do'' majeur » car la note fondamentale est ''do'', qu'il est l'association d'une tierce et d'une quinte juste et que le premier intervalle, ''do''-''mi'', est une tierce majeure.
== Consonance et dissonance ==
Les notions de consonance et de dissonance sont culturelles et changent selon l'époque. Nous pouvons néanmoins noter que :
* l'accord de seconde, et son renversement la septième, créent des battements, les notes « frottent », c'est un intervalle harmonique dissonant ; mais dans le cas de la septième, comme les notes sont éloignées, le frottement est moins perceptible ;
* les accords de tierce, quarte et quinte sonnent agréablement à l'oreille, ils sont consonants.
Dans la musique savante européenne, au début du Moyen-Âge, seuls les accords de quarte et de quinte étaient considérés comme consonants, d'où leur qualification de « juste ». La tierce, et son renversement la sixte, étaient perçues comme dissonantes.
L'harmonie joue avec les consonances et les dissonances. Dans un premier temps, les harmonies dissonantes sont utilisées pour créer des tensions qui sont ensuite résolues, on utilise des successions « consonant-dissonant-consonant ». À force d'entendre des intervalles considérés comme dissonants, l'oreille s'habitue et certains finissent par être considérés comme consonants ; c'est ce qui est arrivé à la tierce et à la sixte à la fin du Moyen Âge avec le contrepoint.
Il faut ici aborder la notion d'harmonique des notes.
[[File:Harmoniques de do.svg|thumb|Les six premières harmoniques de ''do''.]]
Lorsque l'on joue une note, on entend d'autres notes plus aigües et plus faibles ; la note jouée est appelée la « fondamentale » et les notes plus aigües et plus faibles sont les « harmoniques ». C'est cette accumulation d'harmoniques qui donne la couleur au son, son timbre, qui fait qu'un piano ne sonne pas comme un violon. Par exemple, si l'on joue un ''do''<sup>1</sup><ref>Pour la notation des octaves, voir ''[[../Représentation_musicale#Désignation_des_octaves|Représentation musicale > Désignation des octaves]]''.</ref> (fondamentale), on entend le ''do''<sup>2</sup> (une octave plus aigu), puis un ''sol''<sup>2</sup>, puis encore un ''do''<sup>3</sup> plus aigu, puis un ''mi''<sup>3</sup>, puis encore un ''sol''<sup>3</sup>, puis un ''si''♭<sup>3</sup>…
Ainsi, puisque lorsque l'on joue un ''do'' on entend aussi un ''sol'' très léger, alors jouer un ''do'' et un ''sol'' simultanément n'est pas choquant. De même pour ''do'' et ''mi''. De là vient la notion de consonance.
Le statut du ''si''♭ est plus ambigu. Il fait partie des harmoniques qui sonnent naturellement, mais il forme une seconde descendante avec le ''do'', intervalle dissonant. Par ailleurs, on remarque que le ''si''♭ ne fait pas partie de la gamme de ''do'' majeur, contrairement au ''sol'' et au ''mi''.
Pour le jeu sur les dissonances, on peut écouter par exemple la ''Toccata'' en ''ré'' mineur, op. 11 de Sergueï Prokofiev (1912).
: {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=AVpnr8dI_50 |titre=Yuja Wang Prokofiev Toccata |site=YouTube |date=2019-02-26 |consulté le=2021-12-19}}
== Contrepoint ==
Dans le chant grégorien, la notion d'accord n'existe pas. L'harmonie provient de la superposition de plusieurs mélodies, notamment dans ce que l'on appelle le « contrepoint ».
Le terme provient du latin ''« punctum contra punctum »'', littéralement « point par point », et désigne le fait que les notes de chaque voix se correspondent.
L'exemple le plus connu de contrepoint est le canon, comme ''Frère Jacques'' ou bien ''Vent frais, vent du matin'' présenté ci-dessus : chaque note d'un couplet correspond à une note du couplet précédent.
Certains morceaux sont bâtis sur une écriture « en miroir » : l'ordre des notes est inversé entre les deux voix, ou bien les intervalles sont inversés (« mouvement contraire » : une tierce montante sur une voix correspond à une tierce descendante sur l'autre).
On peut également citer le « mouvement oblique » (une des voix, le bourdon, chante toujours la même note) et le mouvement parallèle (les deux voix chantent le même air mais transposé, l'une est plus aiguë que l'autre).
Nous reproduisons ci-dessous le début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut canon.svg | vignette | center | upright=2 | Début du second ''Allergo'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut.midi | vignette | Début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
Nous avons mis en évidence la construction en canon avec des encadrés de couleur : sur les quatre premières mesures, nous voyons trois thèmes repris alternativement par une voix et par l'autre. Ce type de procédé est très courant dans la musique baroque.
Les procédés du contrepoint s'appliquent également à la danse :
* unisson : les danseurs et danseuses font les mêmes gestes en même temps ;
* répétition : le fait de répéter une série de gestes, une « phrase dansante » ;
* canon : les gestes sont faits avec un décalage régulier d'un danseur ou d'une danseuse à l'autre ;
* cascade : forme de canon dans laquelle le décalage est très petit ;
* contraste : deux danseur·euses, ou deux groupes, ont des gestuelles très différentes ;
* accumulation : la gestuelle se complexifie par l'ajout d'éléments au fur et à mesure ; ou bien le nombre de danseur·euses augmente ;
* dialogue : les gestes de danseur·euses ou de groupes se répondent ;
* contre-point : la gestuelle d'un ou une danseuse se superpose à la gestuelle d'un groupe ;
* lâcher-rattraper : les danseurs et danseuses alternent danse à l'unisson et gestuelles indépendantes.
: {{lien web
| url=https://www.youtube.com/watch?v=wgblAOzedFc
| titre=Les procédés de composition en danse
| auteur= Doisneau Sport TV
| site=YouTube
| date=2020-03-16 | consulté le=2021-01-21
}}
{{...}}
== Ostinato ==
L'ostinato, mot italien signifiant « obstiné », c'est le fait de jouer en boucle un passage. L'ostinato peut ainsi former une structure autour de laquelle peut se développer le morceau. Lorsque l'ostinato est joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, viole de gambe basse, flûte à bec basse, main gauche du piano…), on parle de basse obstinée. Les grilles d'accord en jazz sont des ostinatos (ou ostinati) joués par la section rythmique.
Exemples :
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=QZpGe5rNJkI&t=41s |titre=Epic Patty Cake Song (I'll Think Of You) |auteur=
Kurt Hugo Schneider |site=YouTube |date=2014-08-12 |consulté le=2026-01-24}} : un ostinato de percussions corporelles ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=Kv-37-nXC48 |titre=Pow Wow ''Le lion est mort ce soir'' Les Victoires de la Musique 1993 |auteur=Solomon Linda |date=2015-02-02 |consulté le=2026-01-24}} : dans ce chant ''a capella'' (sans accompagnement d'instrument), les voix de basse forment une basse obstinée, sur les syllabes « oëap » durant le couplet et « awimbowé » sur le refrain ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=JvNQLJ1_HQ0 |titre=Pachelbel Canon in D Major - the original and best version. |auteur=Voices of Music |site=YouTube |date=2008-09-02 |consulté le=2026-01-24}} : le ''Canon de Pachelbel de ''ré'' mineur'' (''Canon per tre Violini e Basso'', Johann Pachelbel, vers 1680) est construit sur une basse obstinée de huit mesures.
== Les accords en général ==
Initialement, on a des chants polyphoniques, des voix qui chantent chacune une mélodie, les mélodies se mêlant. On remarque que certaines superpositions de notes sonnent de manière plus ou moins agréables, consonantes ou dissonantes. On en vient alors à associer ces notes, c'est-à-dire à considérer dès le départ la superposition de ces notes et non pas la rencontre de ces notes au gré des mélodies. Ces groupes de notes superposées forment les accords. En Europe, cette notion apparaît vers le {{pc|xiv}}<sup>e</sup> siècle avec notamment la ''[[wikipedia:fr:Messe de Notre Dame|Messe de Notre Dame]]'' de Guillaume de Machaut (vers 1360-1365). La notion « d'accord parfait » est consacrée par [[wikipedia:fr:Jean-Philippe Rameau|Jean-Philippe Rameau]] dans son ''Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels'', publié en 1722.
=== Qu'est-ce qu'un accord ? ===
Un accord est un ensemble d'au minimum trois notes jouées en même temps. « Jouées » signifie qu'il faut qu'à un moment donné, elles sonnent en même temps, mais le début ou la fin des notes peut être à des instants différents.
Considérons que l'on joue les notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' en même temps. Cet accord s'appelle « accord de ''do'' majeur ». En musique classique, on lui adjoint l'adjectif « parfait » : « accord parfait de ''do'' majeur ».
Nous représentons ci-dessous trois manière de faire l'accord : avec trois instruments jouant chacun une note :
[[Fichier:Do majeur trois portees.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur avec trois instruments différents.]]
Avec un seul instrument jouant simultanément les trois notes :
[[Fichier:Chord C.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur joué par un seul instrument.]]
L'accord tel qu'il est joué habituellement par une guitare d'accompagnement :
[[Fichier:Do majeur guitare.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur à la guitare.]]
Pour ce dernier, nous représentons le diagramme indiquant la position des doigts sur le manche au dessus de la portée et la tablature en dessous. Ici, c'est au total six notes qui sont jouées : ''mi'' grave, ''do'' médium, ''mi'' médium, ''sol'' médium, ''do'' aigu, ''mi'' aigu. Mais il s'agit bien des trois notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' jouées à des octaves différentes. Nous remarquons également que la note de basse (la note la plus grave), ''mi'', est différente de la note fondamentale (celle qui donne le nom à l'accord), ''do'' ; l'accord est dit « renversé » (voir plus loin).
=== Comment joue-t-on un accord ? ===
Les notes ne sont pas forcément jouées en même temps ; elles peuvent être « égrainées », jouée successivement, ce que l'on appelle un arpège. La partition ci-dessous montre six manières différentes de jouer un accord de ''la'' mineur à la guitare, plaqué puis arpégé.
[[Fichier:La mineur differentes executions.svg|class=transparent|center|Différentes exécution de l'accord de do majeur à la guitare.]]
[[Fichier:La mineur differentes executions midi.midi|vignette|Différentes exécution de l'accord de la mineur à la guitare.]]
Vous pouvez écouter l'exécution de cette partition avec le lecteur ci-contre.
Seuls les instruments polyphoniques peuvent jouer les accords plaqués : instruments à clavier (clavecin, orgue, piano, accordéon), les instruments à plusieurs cordes pincées (harpe, guitare ; violon, alto, violoncelle et contrebasse joués en pizzicati). Les instruments à corde frottés de la famille du violon peuvent jouer des notes par deux à l'archet mais pas plus du fait de la forme bombée du chevalet ; cependant, un mouvement rapide permet de jouer les quatre cordes de manière très rapprochée. Les instruments à percussion de type xylophone ou le tympanon permettent de jouer jusqu'à quatre notes simultanément en tenant deux baguettes (mailloches, maillets) par main.
Tous les instruments peuvent jouer des arpèges même si, dans le cas des instruments monodiques, les notes ne continuent pas à sonner lorsque l'on passe à la note suivante.
L'arpège peut être joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, contrebasse, guitare basse, pédalier de l'orgue…), notamment dans le cas d'une basse continue ou d'une ''{{lang|en|walking bass}}'' (« basse marchante » : la basse joue des noires, donnant ainsi l'impression qu'elle marche).
En jazz, et spécifiquement au piano, on a recours au ''{{lang|en|voicing}}'' : on choisit la manière dont on organise les notes pour donner une couleur spécifique, ou bien pour créer une mélodie en enchaînant les accords. Il est fréquent de ne pas jouer toutes les notes : si on n'en garde que deux, ce sont la tierce et la septième, car ce sont celles qui caractérisent l'accord (selon que la tierce est mineure ou majeure, que la septième est majeure ou mineure), et la fondamentale est en général jouée par la contrebasse ou guitare basse.
{{clear}}
=== Classes d'accord ===
[[Fichier:Intervalles harmoniques accords classes.svg|vignette|upright=1.5|Intervalles harmoniques dans les accords classés de trois, quatre et cinq notes.]]
Un accord composé d'empilement de tierces est appelé « accord classé ». En musique tonale, c'est-à-dire la musique fondée sur les gammes majeures ou mineures (cas majoritaire en musique classique), on distingue trois classes d'accords :
* les accords de trois notes, ou triades, ou accords de quinte ;
* les accords de quatre notes, ou accords de septième ;
* les accords de cinq notes, ou accords de neuvième.
En empilant des tierces, si l'on part de la note fondamentale, on a donc de intervalles de tierce, quinte, septième et neuvième.
En musique tonale, les accords avec d'autres intervalles (hors renversement, voir ci-après), typiquement seconde, quarte ou sixte, sont considérés comme des transitions entre deux accords classés. Ils sont appelés, selon leur utilisation, « accords à retard » (en anglais : ''{{lang|en|suspended chord}}'', accord suspendu) ou « appoggiature » (note « appuyée », étrangère à l'harmonie). Voir aussi plus loin la notion de note étrangère.
=== Renversements d'accords ===
[[File:Accord do majeur renversements.svg|thumb|Accord parfait de do majeur et ses renversements.]]
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur.svg|vignette|upright=0.6|Progression accord de dominante renversé → accord parfait en ''do'' majeur.]]
Un accord classé est donc un empilement de tierces. Si l'on change l'ordre des notes, on a toujours le même accord mais il est fait avec d'autres intervalles harmoniques. Par exemple, l'accord parfait de ''do'' majeur dans son état fondamental, c'est-à-dire non renversé, s'écrit ''do'' - ''mi'' - ''sol''. Sa note fondamentale, ''do'', est aussi se note de basse.
Si maintenant on prend le ''do'' de l'octave supérieure, l'accord devient ''mi - sol - do'' ; c'est l'empilement d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une quarte ''(sol - do)'', soit la superposition d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une sixième ''(mi - do)''. C'est le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur ; la fondamentale est toujours ''do'' mais la basse est ''mi''. Le second renversement est ''sol - do - mi''.
L'utilisation de renversement peut faciliter l'exécution de la progression d'accord. Par exemple, en tonalité ''do'' majeur, si l'on veut passer de l'accord de dominante ''sol - si - ré'' à l'accord parfait ''do - mi - sol'', alors on peut utiliser le second renversement de l'accord de dominante : ''ré - sol - si'' → ''do - mi - sol''. Ainsi, la basse descend juste d'un ton ''(ré → do)'' et sur un piano, la main reste globalement dans la même position.
Le renversement d'un accord permet également de respecter certaines règles de l'harmonie classique, notamment éviter que des voix se suivent strictement (« mouvement parallèle »), ce qui aurait un effet de platitude.
De manière générale, la notion de renversement permet deux choses :
* d'enrichir l'œuvre : pour créer une harmonie donnée (c'est-à-dire des sons sonnant bien ensemble), nous avons plus de souplesse, nous pouvons organiser ces notes comme nous le voulons selon les voix ;
* de simplifier l'analyse : quelle que soit la manière dont sont organisées les notes, cela nous ramène à un même accord.
{{citation bloc|Or il, y a plusieurs manières de jouer un accord, selon que l'on aborde par la première note qui le constitue, ''do mi sol'', la deuxième, ''mi sol do'', ou la troisième note, ''sol do mi''. Ce sont les renversements, [que Rameau] va classer en différentes combinaisons d'une seule matrice. Faisant cela, Rameau divise le nombre d'accords [de septième] par quatre. Il simplifie, il structure […].|{{ouvrage|prénom1=André |nom1=Manoukian |titre=Sur les routes de la musique |éditeur=Harper Collins |année=2021 |passage=54 |isbn=979-1-03391201-9}} }}
{{clear}}
[[File:Plusieurs realisation 1er renversement doM.svg|thumb|Plusieurs réalisation du premier renversement de l'accord de ''do'' majeur.]]
Notez que
# Les notes peuvent être répétées plusieurs fois, à différentes octaves.
# Dans la notion de renversement, seule importe en fait la note de basse. Ainsi, les accords ''mi-sol-do'', ''mi-do-sol'', ''mi-do-mi-sol'', ''mi-sol-mi-do''… sont tous une déclinaison du premier renversement de ''do-mi-sol'' et ils seront abrégés de la même manière (''mi''<sup>6</sup> en musique classique ou C/E en musique populaire et jazz, voir plus bas).
{{clear}}
== Notation des accords de trois notes ==
Les accords de trois notes sont appelés « accords de quinte » en classique, et « triades » en jazz.
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage.svg|vignette|upright=0.7|Chiffrage du second renversement d'un accord de ''sol'' majeur et d'un accord de ''do'' majeur : notation en musique populaire et jazz (haut) et notation de basse chiffrée (bas).]]
Les accords sont construits de manière systématique. Nous pouvons donc les représenter de manière simplifiée. Cette notation simplifiée des accords est appelée « chiffrage ».
Reprenons la progression d'accords ci-dessus : « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » dans la tonalité de ''do'' majeur. On utilise en général trois notations différentes :
* en musique populaire, jazz, rock… un accord est désigné par sa note fondamentale ; ici donc, les accords sont notés « ''sol'' - ''do'' » ou, en notation anglo-saxonne, « G - C » ;<br /> comme le premier accord est renversé, on indique la note de basse après une barre, la progression d'accords est donc chiffrée '''« ''sol''/''ré'' - ''do'' »''' ou '''« G/D - C »''' ;<br /> il s'agit ici d'accords composés d'une tierce majeure et d'une quinte juste ; si les accords sont constitués d'intervalles différents, nous ajoutons un symbole après la note : « m » ou « – » si la tierce est mineure, « dim » ou « ° » si la quinte est diminuée ;
* en musique classique, on utilise la notation de « basse chiffrée » (utilisée notamment pour noter la basse continue en musique baroque) : on indique la note de basse sur la portée et on lui adjoint l'intervalle de la fondamentale à la note la plus haute (donc ici respectivement 6 et 5, puisque ''sol''-''si'' est une sixte et ''do''-''sol'' est une quinte), étant sous-entendu que l'on a des empilements de tierce en dessous ; mais dans le cas du premier accord, le premier intervalle n'est pas une tierce, mais une quarte ''(ré''-''sol)'', on note donc '''« ''ré'' <sup>6</sup><sub>4</sub> - ''do'' <sup>5</sup> »'''<ref>quand on ne dispose pas de la notation en supérieur (exposant) et inférieur (indice), on utilise parfois une notation sous forme de fraction : ''sol'' 6/4 et ''do'' 5/.</ref> ;
* lorsque l'on fait l'analyse d'un morceau, on s'attache à identifier la note fondamentale de l'accord (qui est différente de la basse dans le cas d'un renversement) ; on indique alors le degré de la fondamentale : '''« {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub>4</sub> - I<sup>5</sup>}} »'''.
La notation de basse chiffrée permet de construire l'accord à la volée :
* on joue la note indiquée (basse) ;
* s'il n'y a pas de 2 ni de 4, on lui ajoute la tierce ;
* on ajoute les intervalles indiqués par le chiffrage.
La notation de musique jazz oblige à connaître la composition des différents accords, mais une fois que ceux-ci sont acquis, il n'y a pas besoin de reconstruire l'accord.
La notation de basse chiffrée avec les chiffres romains n'est pas utilisée pour jouer, mais uniquement pour analyser ; Sur les partitions avec basse chiffrée, il y a simplement les chiffrages indiqués au-dessus de la partie de basse. Le chiffrage avec le degré en chiffres romains présente l'avantage d'être indépendant de la tonalité et donc de se concentrer sur la fonction de l'accord au sein de la tonalité. Par exemple, ci-dessous, nous pouvons parler de la progression d'accords « {{Times New Roman|V - I}} » de manière générale, cette notation étant valable quelle que soit la tonalité.
[[File:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage basse continue.svg|thumb|Chiffrage en notation basse chiffrée de la progression d'accords « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » en do majeur.]]
{{note|En notation de base continue avec fondamentale en chiffres romains, la fondamentale est toujours indiquée ''sous'' la portée de la partie de basse. Les intervalles sont indiqués au-dessus de la portée de la partie de basse ; lorsque l'on fait une analyse, on peut ayssi les indiquer à côté du degré en chiffres romains, donc sous la portée de la basse.}}
{{note|En notation rock, le 5 en exposant indique un accord incomplet avec uniquement la fondamentale et la quinte, un accord sans tierce appelé « accord de puissance » ou ''{{lang|en|power chord}}''. Par exemple, C<sup>5</sup> est l'accord ''do-sol''.}}
{{clear}}
[[Fichier:Accords parfait do majeur basse chiffree fondamental et renverse.svg|vignette|upright=2.5|Chiffrage de l'accord parfait de ''do'' majeur en basse chiffrée, à l'état fondamental et ses renversements.]]
Concernant les accords parfaits en notation de basse chiffrée :
* un accord parfait à l'état fondamental est chiffré « <sup>5</sup> » ; on l'appelle « accord de quinte » ;
* le premier renversement est chiffré « <sup>6</sup> » (la tierce est implicite) ; on l'appelle « accord de sixte » ;
* le second renversement est noté « <sup>6</sup><sub>4</sub> » ; on l'appelle « accord de sixte et de quarte » (ou bien « de quarte et de sixte »).
Par exemple, pour l'accord parfait de ''do'' majeur :
* l'état fondamental ''do''-''mi''-''sol'' est noté ''do''<sup>5</sup> ;
* le premier renversement ''mi''-''sol''-''do'' est noté ''mi''<sup>6</sup> ;
* le second renversement ''sol''-''do''-''mi'' est noté ''sol''<sup>6</sup><sub>4</sub>.
Il y a une exception : l'accord construit sur la sensible (7{{e}} degré) contient une quinte diminuée et non une quinte juste. Le chiffrage est donc différent :
* l'état fondamental ''si''-''ré''-''fa'' est noté ''si''<sup><s>5</s></sup> (cinq barré), « accord de quinte diminuée » ;
* le premier renversement ''ré''-''fa''-''si'' est noté ''ré''<sup>+6</sup><sub>3</sub>, « accord de sixte sensible et tierce » ;
* le second renversement ''fa''-''si''-''ré'' est noté ''fa''<sup>6</sup><sub>+4</sub>, « accord de sixte et quarte sensible ».
Par ailleurs, on ne considère pas qu'il est fondé sur la sensible, mais sur la dominante. Si certains indiquent le degré {{Times New Roman|VII}}, d'autres indiquent le degré {{Times New Roman|V}} en mettant des guillemets, « {{Times New Roman|“V”}} ». Donc selon l'état, le chiffrage est {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}} ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}.
En notation jazz, on ajoute « dim », « <sup>o</sup> » ou bien « <sup>♭5</sup> » au chiffrage, ici : B dim, B<sup>o</sup> ou B<sup>♭5</sup> pour l'état fondamental. Pour les renversements : B dim/D et B dim/F ; ou bien B<sup>o</sup>/D et B<sup>o</sup>/F ; ou bien B<sup>♭5</sup>/D et B<sup>♭5</sup>/F.
{{clear}}
[[Fichier:Accords basse chiffree basse do fondamental et renverses.svg|vignette|upright=2|Basse chiffrée : accords de quinte, de sixte et de sixte et de quarte ayant pour basse ''do''.]]
Et concernant les accords ayant pour basse ''do'' en tonalité de ''do'' majeur :
* l'accord ''do''<sup>5</sup> est un accord à l'état fondamental, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''sol'' (sa fondamentale est ''do'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup> est le premier renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''la'' (sa fondamentale est ''la'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup><sub>4</sub> est le second renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''fa''-''la'' (sa fondamentale est ''fa'').
{{clear}}
== Notes étrangères ==
La musique européenne s'appuie essentiellement sur des accords parfaits, c'est-à-dire fondés sur une tierce majeure ou mineure, et une quinte juste. Il arrive fréquemment qu'un accord ne soit pas un accord parfait. Les notes qui font partie de l'accord parfait sont appelées « notes naturelles » et la note qui n'en fait pas partie est appelée « note étrangère ».
Il existe plusieurs types de notes étrangères :
* anticipation : la note étrangère est une note naturelle de l'accord suivant ;
* appogiature : note d'ornementation qui se résout par mouvement conjoint, c'est-à-dire qu'elle est suivie par une note située juste au-dessus ou en dessous (seconde ascendante ou descendante) qui est, elle, une note naturelle ;
* broderie : on part d'une note naturelle, on monte ou on descend d'une seconde, puis on revient sur la note naturelle ;
* double broderie : on part d'une note naturelle, on joue la note du dessus puis la note du dessous avant de revenir à la note naturelle ; ou bien on joue la note du dessous puis la note du dessus ;
* échappée : note étrangère n'appartenant à aucune des autres catégories ;
* note de passage : mouvement conjoint allant d'une note naturelle d'un accord à une note naturelle de l'accord suivant ;
* pédale : la note de basse reste la même pendant plusieurs accords successifs ;
* retard : la note étrangère est une note naturelle de l'accord précédent.
Les notes étrangères ne sont pas chiffrées.
[[File:Notes etrangeres accords.svg|center|Différents types de notes étrangères.]]
{{note|Les anglophones distinguent deux types de retard : la ''{{lang|en|suspension}}'' est résolue vers le haut (le mouvement est ascendant), le ''{{lang|en|retardation}}'' est résolu vers le bas (le mouvement est descendant).}}
== Principaux accords ==
Les trois principaux accords sont :
* l'accord parfait majeur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (médiante) et {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ; il est noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ;
* l'accord parfait mineur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique) et {{Times New Roman|IV}} (sous-tonique) d'une gamme mineure harmonique ; il est également noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, les anglo-saxons le notent {{Times New Roman|i}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|iv}}<sup>5</sup> (la minuscule indiquant le caractère mineur) ;
* l'accord de septième de dominante : il est construit sur le degré {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ou mineure harmonique ; il est noté {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>.
On peut trouver ces trois accords sur d'autres degrés, et il existe d'autre types d'accords. Nous verrons cela plus loin.
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Accord parfait majeur
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord parfait mineur
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième de dominante
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Triade majeure
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Triade mineure
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| border="0"
|-
| [[Fichier:Accord do majeur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' majeur (C).]] || [[Fichier:Accord do mineur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' mineur (Cm).]] || [[Fichier:Accord do septieme arpege puis plaque.midi | Accord de septième de dominante de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).]]
|-
| Accord parfait<br /> de ''do'' majeur (C). || Accord parfait<br /> de ''do'' mineur (Cm). || Accord de septième de dominante<br /> de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).
|}
'''Rappel :'''
* la tierce mineure est composée d'un ton et demi (1 t ½) ;
* la tierce majeur est composée de deux tons (2 t) ;
* la quinte juste a la même altération que la fondamentale, sauf lorsque la fondamentale est ''si'' (la quinte juste est alors ''fa''♯) ;
* la septième mineure est le renversement de la seconde majeure (1 t).
[[File:Renversements accords pft fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord parfait de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
[[File:Renversements accord sept de dom fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord de septième de dominante de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en musique classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | État<br /> fondamental
! scope="col" | Premier<br /> renversement
! scope="col" | Deuxième<br /> renversement
! scope="col" | Troisième<br /> renversement
|-
! scope="row" | Accord parfait
| {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}<br/> acc. de quinte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}}<br :> acc. de sixte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub>}}<br /> acc. de quarte et de sixte || —
|-
! scope="row" | Accord de septième<br /> de dominante
| {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}<br /> acc.de septième de dominante || {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}<br />acc. de sixte et quinte diminuée || {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}<br />acc. de sixte sensible || {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}<br />acc. de quarte sensible<br />acc. de triton
|}
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | Chiffrage
! scope="col" | Renversements
|-
! scope="row" | Triade majeure
| X
| rowspan="3" | Les renversements se notent en mettant la basse après une barre de fraction, par exemple pour la triade de ''do'' majeur :
* état fondamental : C ;
* premier renversement : C/E ;
* second renversement : C/G.
|-
! scope="row" | Triade mineure
| Xm, X–
|-
! scope="row" | Septième
| X<sup>7</sup>
|}
{{clear}}
Dans le cas d'un accord de septième de dominante, le nom de l'accord change selon que l'on est en musique classique ou en jazz : en musique classique, on donne le nom de la tonalité alors qu'en jazz, on donne le nom de la fondamentale. Ainsi, l'accord appelé « septième de dominante de ''do'' majeur » en musique classique, est appelé « ''sol'' sept » (G<sup>7</sup>) en jazz : la dominante (degré {{Times New Roman|V}}, dominante) de la tonalité de ''do'' majeur est la note ''sol''.
Comment appelle-t-on en musique classique l'accord appelé « ''do'' sept » (C<sup>7</sup>) en jazz ? Les tonalités dont le ''do'' est la dominante sont les tonalités de ''fa'' majeur (''si''♭ à la clef) et de ''fa'' mineur harmonique (''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ et ''ré''♭ à la clef et ''mi''♮ accidentel). Il s'agit donc de l'accord de septième de dominante des tonalités de ''fa'' majeur et ''fa'' mineur harmonique.
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités majeures
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''Do'' majeur || || C<br />''do-mi-sol'' || G7<br />''sol-si-ré-fa''
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G<br />''sol-si-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D<br />''ré-fa''♯''-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A<br />''la-do''♯''-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F<br />''fa-la-do'' || C7<br />''do-mi-sol-si''♭
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭<br />''si''♭''-ré-fa'' || F7<br />''fa-la-do-mi''♭
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭<br />''mi''♭''-sol-si''♭ || B♭7<br />''si''♭''-ré-fa-la''♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités mineures harmoniques
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''La'' mineur<br />harmonique || || Am, A–<br />''la-do-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
|''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || Em, E–<br />''mi-sol-si'' || B7<br />''si-ré''♯''-fa''♯''-la''
|-
|''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || Bm, B–<br />''si-ré-fa''♯ || F♯7<br />''fa''♯''la''♯''-do''♯''-mi''
|-
|''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || F♯m, F♯–<br />''fa''♯''-la-do''♯ || C♯7<br />''do''♯''-mi''♯''-sol''♯''-si''
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || Dm, D–<br />''ré-fa-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || Gm, G–<br />''sol-si''♭''-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || Cm, C–<br />''do-mi''♭''-sol'' || G7<br />''sol-si''♮''-ré-fa''
|}
{{clear}}
== Accords sur les degrés d'une gamme ==
=== Harmonisation d'une gamme ===
[[Fichier:Accord trois notes gamme do majeur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois note sur la gamme de ''do'' majeur, chiffrés.]]
On peut ainsi construire une triade par degré d'une gamme.
Pour une gamme majeure, les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|II<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|III<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|iii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|vi<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords ont tous une quinte juste à l'exception de l'accord {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} qui a une quinte diminuée, raison pour laquelle le « 5 » est barré. C'est un accord dit « de quinte diminuée ». En jazz, l'accord diminué est noté « dim », « ° », « m<sup>♭5</sup> » ou « <sup>–♭5</sup> ».
Nous avons donc trois types d'accords (dans la notation jazz) : X (triade majeure), Xm (triade mineure) et X° (triade diminuée), la lettre X remplaçant le nom de la note fondamentale.
{{clear}}
[[Fichier:Accord trois notes gamme la mineur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois notes sur une gamme de ''la'' mineur harmonique, chiffrés.]]
Pour une gamme mineure harmonique, les accords {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}}, {{Times New Roman|V<sup>♯</sup>}} et {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|II<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une quinte diminuée ; ce sont des accords dits « de quinte diminuée ». L'accord {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} a une quinte augmentée ; le signe « plus » indique que la note de cinquième, le ''sol'' dièse, est la sensible. En jazz, l'accord est noté « aug » ou « <sup>+</sup> ». Les autres accords ont une quinte juste.
Aux trois accords générés par une gamme majeure (X, Xm et X°), nous voyons ici apparaître un quatrième type d'accord : la triade augmentée X<sup>+</sup>.
Nous remarquons que des gammes ont des accords communs. Par exemple, l'accord {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}} de ''do'' majeur est identique à l'accord {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} de ''la'' mineur (il s'agit de l'accord Dm).
Quel que soit le mode, les accords construits sur la sensible (accord de quinte diminuée) sont rarement utilisés. S'ils le sont, c'est en tant qu'accord de septième de dominante sans fondamentale (voir ci-après). C'est la raison pour laquelle le chiffrage indique le degré {{Times New Roman|V}} entre guillemets, et non pas le degré {{Times New Roman|VII}} (mais pour des raisons de clarté, nous l'indiquons entre parenthèses au début).
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|iii<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé (voir plus loin ''[[#Progression_d'accords|Progression d'accords]]''). C'est un accord considéré comme dissonant.
On voit que :
* un accord parfait majeur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br /> par exemple l'accord parfait de ''do'' majeur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré de la gamme de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur ;
* un accord parfait mineur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br />par exemple l'accord parfait de ''la'' mineur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> de la gamme de ''la'' mineur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur ;
* un accord de quinte diminuée peut appartenir à trois gammes différentes ;<br />par exemple, l'accord de quinte diminuée de ''si'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur et sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' mineur ;
* un accord de quinte augmentée (à l'état fondamental) ne peut appartenir qu'à une seule gamme ;<br /> par exemple, l'accord de quinte augmentée de ''do'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur.
{| class="wikitable"
|+ Notation jazz des triades
|-
| rowspan="2" colspan="2" |
! scope="col" colspan="2" | Tierce
|-
! scope="col" | 3m
! scope="col" | 3M
|-
! rowspan="3" | Quinte
! scope="row" | 5d
| Xᵒ, X<sub>m</sub><sup>(♭5)</sup> ||
|-
! scope="row" | 5J
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | 5A
| || X+, X<sup>(♯5)</sup>
|}
=== Harmonisation par des accords de septième ===
[[Fichier:Harmonisation gamme do majeur par septiemes chiffre.svg|vignette|upright=2|Harmonisation de la gamme de do majeur par des accords de septième.]]
Les accords de septième contiennent une dissonance et créent ainsi une tension. Ils sont très utilisés en jazz. Nous avons représenté ci-contre l'harmonisation de la gamme de ''do'' majeur.
La constitution des accords est la suivantes :
* tierce majeure (3M)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure (7m) : sur le degré V, c'est l'accord de septième de dominante V<sup>7</sup><sub>+</sub>, noté X<sup>7</sup> (X pour G),
*** septième majeure (7M) : sur les degrés I et IV, appelés « accords de septième majeure » et notés aussi X<sup>maj7</sup> ou X<sup>Δ</sup> (X pour C ou F) ;
* tierce mineure (3m)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure : sur les degrés ii, iii et vi, appelés « accords mineur septième » et notés Xm<sup>7</sup> ou X–<sup>7</sup> (X pour D, E ou A),
** quinte diminuée (5d)
*** septième mineure (7m) : sur le degré vii, appelé « accord demi-diminué » (puisque seule la quinte est diminuée) et noté X<sup>∅</sup> ou Xm<sup>7(♭5)</sup> ou X–<sup>7(♭5)</sup> (X pour B) ;<br /> en musique classique, on considère que c'est un accord de neuvième de dominante sans fondamentale.
Nous avons donc quatre types d'accords : X<sup>7</sup>, X<sup>maj7</sup>, Xm<sup>7</sup> et X<sup>∅</sup>
En jazz, on ajoute souvent la quarte à l'accord de sous-dominante IV (sur le ''fa'' dans une gamme de ''do'' majeur) ; il s'agit ici d'une quarte augmentée (''fa''-''si'') et l'accord est surnommé « accord lydien » mais cette dénomination est erronée (il s'agit d'une mauvaise interprétation de textes antiques). C'est un accord de onzième sans neuvième (la onzième étant l'octave de la quarte), il est noté X<sup>maj7(♯11)</sup> ou X<sup>Δ(♯11)</sup> (ici, F<sup>maj7(♯11)</sup>, ''fa''-''la''-''do''-''mi''-''si'' ou ''fa''-''la''-''si''-''do''-''mi'').
{| class="wikitable"
|+ Chiffrage jazz des accords de septième
|-
! scope="col" rowspan="2" | Tierce
! scope="col" rowspan="2" | Quinte
! scope="col" colspan="2" | Septième
|-
! scope="col" | 7m
! scope="col" | 7M
|-
| rowspan="2" | 3m
| 5d || X<sup>∅</sup>, X<sub>m</sub><sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 5J
| X<sub>m</sub><sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 3M
| X<sup>7</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
| 5A || || X<sub>+</sub><sup>maj7</sup>, X<sub>+</sub><sup>Δ</sup>
|}
=== Modulation et emprunt ===
Un morceau peut comporter des changements de tonalité; appelés « modulation ». Il y a parfois un court passage dans une tonalité différente, typiquement sur une ou deux mesures, avant de retourner dans la tonalité d'origine : on parle d'emprunt. Lorsqu'il y a une modulation ou un emprunt, les degrés changent. Un même accord peut donc avoir une fonction dans une partie du morceau et une autre fonction ailleurs. L'utilisation d'accord différents, et en particulier d'accord utilisant des altérations accidentelles, indique clairement une modulation.
Nous avons vu précédemment que les modulations courantes sont :
* les modulations dans les tons voisins ;
* les modulations homonymes ;
* les marches harmoniques.
Une modulation entre une tonalité majeure et mineure change la couleur du passage,
* la modulation la plus « douce » est entre les tonalités relatives (par exemple''do'' majeur et ''la'' mineur) car ces tonalités utilisent quasiment les mêmes notes ;
* la modulation la plus « voyante » est la modulation homonyme (par exemple entre ''do'' majeur et ''do'' mineur).
Une modulation commence souvent sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité.
Pour analyser un œuvre, ou pour improviser sur une partie, il est important de reconnaître les modulations. La description de la successind es tonalités s'appelle le « parcours tonal ».
=== Exercices élémentaires ===
L'apprentissage des accords passe par quelques exercices élémentaires.
'''1. Lire un accord'''
Il s'agit de lecture de notes : des notes composant les accords sont écrites « empilées » sur une portée, il faut les lire en énonçant les notes de bas en haut.
'''2. Reconnaître la « couleur » d'un accord'''
On écoute une triade et il faut dire si c'est une triade majeure ou mineure. Puis, on complexifie l'exercice en ajoutant la septième.
'''3. Chiffrage un accord'''
Trouver le nom d'un accord à partir des notes qui le composent.
'''4. Réalisation d'un accord'''
Trouver les notes qui composent un accord à partir de son nom.
'''5. Dictée d'accords'''
On écoute une succession d'accords et il faut soit écrire les notes sur une portée, soit écrire les noms de accords.
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree.svg|thumb|Exercice : constitution d'accord à partir de la basse chiffrée.]]
'''Exercices de basse chiffrée'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant à la basse chiffrée. Déterminer le degré de la fondamentale pour chaque accord en considérant que nous sommes dans la tonalité de ''sol'' majeur.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# La note de basse est un ''do''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''mi'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>5</sup> » indique que c'est un accord dans son état fondamental (l'écart entre deux notes consécutives ne dépasse pas la tierce), la fondamentale est donc la basse, ''do'', qui est le degré IV de la tonalité.
# La note de basse est un ''si''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''ré'', puis nous appliquons le chiffrage 6 et ajoutons la sixte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>6</sup> » indique que c'est un accord dans son premier renversement. En le remettant dans son état fondamental, nous obtenons ''sol-si-ré'', la fondamentale est donc la tonique, le degré I.
# La note de basse est un ''la''. Nous ajoutons la tierce (chiffre 3), ''do'', et la sixte (6), ''fa''♯. Nous vérifions que le ''fa''♯ est la sensible (signe +)<br />Nous voyons un « blanc » entre les notes ''do'' et ''fa''♯. En descendant le ''fa''♯ à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''fa''♯, le degré VII. Nous pouvons le voir comme le deuxième renversement de l'accord de septième de dominante, sans fondamentale.
# La note de basse est un ''fa''♯. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''la'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''do'' ; nous vérifions qu'il s'agit bien d'une quinte diminuée (le 5 est barré). Nous appliquons le chiffre 6 et ajoutons la sixte, ''ré''.<br />Nous voyons que les notes ''do'' et ''ré'' sont conjointes (intervalle de seconde). En descendant le ''ré'' à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''ré-fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''ré'', le degré V. Nous constatons que l'accord chiffré est le premier renversement de l'accord de septième de dominante.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[Fichier:Exercice chiffrage accord basse chiffree.svg|vignette|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# On relève les intervalles en partant de la basse : tierce majeure (3M) et quinte juste (5J). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>5</sup><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''fa''<sup>5</sup>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est l'accord parfait sur la tonique de la tonalité de ''fa'' majeur dans son état fondamental, le chiffrage d'un accord parfait étant <sup>5</sup>.
# On relève les intervalles en partant de la basse : quarte juste (4J), sixte majeure (6M). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>6</sup><sub>4</sub>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est le second renversement de l'accord ''mi-sol-si'', sur la tonique de la tonalité de ''mi'' mineur, le chiffrage du second renversement d'un accord parfait étant <sup>6</sup><sub>4</sub>.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte diminuée (5d), sixte mineure (6m). Le chiffrage complet est donc ''mi''<sup>6</sup><small><s>5</s></small><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''mi''<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>.<br /> On reconnaît le premier renversement de l'accord ''do-mi-sol-si''♭, accord de septième de dominante de la tonalité de ''fa'' majeur.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte juste (5J), septième mineure (7m). Le chiffrage complet est donc ''ré''<sup>7</sup><small>5</small><sub>3</sub> ; c'est typique d'un accord de septième de dominante, son chiffrage est donc ''ré''<sup>7</sup><sub>+</sub>.<br /> On reconnaît l'accord de septième de dominante de la tonalité de ''sol'' mineur dans son état fondamental.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz.svg|thumb|Exercice : constitution d'un accord d'après son chiffrage en notation jazz.]]
'''Exercices de notation jazz'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant aux chiffrages.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Il s'agit de la triade majeure de ''do'' dans son état fondamental. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''do-mi-sol''.
# Il s'agit de la triade majeure de ''sol''. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''sol-si-ré''. On renverse l'accord afin que la basse soit le ''si'', l'accord est donc ''si-ré-sol''.
# Il s'agit de l'accord demi-diminué de ''fa''♯. Les intervalles sont la tierce mineure (3m), la quinte diminuée (5d) et la septième mineure (7m). Les notes sont donc ''fa''♯-''la-do-mi''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''la'', l'accord est donc ''a-do-mi-fa''♯.
# Il s'agit de l'accord de septième de ''ré''. Les intervalles sont donc la tierce majeure (3M), la quinte juste (5J) et la septième mineure (7m). Les notes sont ''ré-fa''♯''-la-do''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''fa''♯, l'accord est donc ''fa''♯''-la-do-ré''.
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{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz.svg|thumb|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, c'est donc un empilement de tierces ; l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont une tierce majeure (''fa-la'' : 3M) et une quinte juste (''fa-do'' : 5J), c'est donc la triade majeure de ''fa''. Le chiffrage est F.
# Il y a un blanc dans l'empilement des notes, c'est donc un accord renversé. En permutant les notes pour n'avoir que des tierces, on trouve l'accord ''mi-sol-si''. Les intervalles sont une tierce mineure (''mi-sol'' : 3m) et une quinte juste (''mi-si'' : 5J), c'est donc la triade mineure de ''mi'' avec un ''si'' à la basse. Le chiffrage est Em/B ou E–/B.
# Il y deux notes conjointes, c'est donc un renversement. L'état fondamental de cet accord est ''do-mi-sol-si''♭. Les intervalles sont une tierce majeure (''do-mi'' : 3M), une quinte juste (''do-sol'' : 5J) et une septième mineure (''do-si''♭ : 7m). C'est donc l'accord de ''do'' septième avec un ''mi'' à la basse, chiffré C<sup>7</sup>/E.
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont la tierce mineure (''ré-fa'' : 3m), une quinte juste (''ré-la'' : 5J) et une septième mineure (''ré-do'' : 7m). C'est donc l'accord de ''ré'' mineur septième, chiffré Dm<sup>7</sup> ou D–<sup>7</sup>.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
== Harmonie fonctionnelle ==
Le choix des accords et de leur succession — la progression des accords — est un élément important d'un morceau, de sa composition. Le compositeur ou la compositrice a bien sûr une liberté totale, mais pour faire des choix, il faut comprendre les conséquences de ces choix, et donc ici, les effets produits par les accords et leur progression.
Une des manières d'aborder le sujet est l'harmonie fonctionnelle.
=== Les trois fonctions des accords ===
En harmonie tonale, on considère que les accords ont une fonction. Il existe trois fonctions :
* la fonction de tonique, {{Times New Roman|I}} ;
* la fonction de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}} ;
* la fonction de dominante, {{Times New Roman|V}}.
L'accord de tonique, {{Times New Roman|I}}, est l'accord « stable » de la tonalité par excellence. Il conclut en général les morceaux, et ouvre souvent les morceaux ; il revient fréquemment au cours du morceau.
L'accord de dominante, {{Times New Roman|V}}, est un accord qui introduit une instabilité, une tension. En particulier, il contient la sensible (degré {{Times New Roman|VI}}), qui est une note « aspirée » vers la tonique. Cette tension, qui peut être renforcée par l'utilisation d'un accord de septième, est fréquemment résolue par un passage vers l'accord de tonique. Nous avons donc deux mouvements typiques : {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} (création d'une tension, d'une attente) et {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (résolution d'une tension). Les accords de tonique et de dominante ont le cinquième degré en commun, cette note sert donc de pivot entre les deux accords.
L'accord de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}}, est un accord qui introduit lui aussi une tension, mais moins grande : il ne contient pas la sensible. Notons que s'il est une quarte au-dessus de la tonique, il est aussi une quinte en dessous d'elle ; il est symétrique de l'accord de dominante. Il a donc un rôle similaire à l'accord de dominante, mais atténué. L'accord de sous-dominante aspire soit vers l'accord de dominante, très proche, et l'on a alors une augmentation de la tension ; soit vers l'accord de tonique, un retour vers la stabilité (il a alors un rôle semblable à la dominante). Du fait de ces deux bifurcations possibles — augmentation de la tension ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}) ou retour à la stabilité ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}}) —, l'utilisation de l'accord de sous-dominante introduit un certain flottement : si l'on peut facilement prédire l'accord qui suit un accord de dominante, on ne peut pas prédire ce qui suit un accord de sous-dominante.
Notons que la composition ne consiste pas à suivre ces règles de manière stricte, ce qui conduirait à des morceaux stéréotypés et plats. Le plaisir d'écoute joue sur une alternance entre satisfaction d'une attente (respect des règles) et surprise (rompre les règles).
=== Accords remplissant ces fonctions ===
Les accords sur les autres degrés peuvent se ramener à une de ces trois fonctions :
* {{Times New Roman|II}} : fonction de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} ;
* {{Times New Roman|III}} (très peu utilisé en mode mineur en raison de sa dissonance) et {{Times New Roman|VI}} : fonction de tonique {{Times New Roman|I}} ;
* {{Times New Roman|VII}} : fonction de dominante {{Times New Roman|V}}.
En effet, les accords étant des empilements de tierces, des accords situés à une tierce l'un de l'autre — {{Times New Roman|I}} ↔ {{Times New Roman|III}}, {{Times New Roman|II}} ↔ {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} ↔ {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|VI}} ↔ {{Times New Roman|VIII}} ( = {{Times New Roman|I}}) — ont deux notes en commun. On retrouve le fait que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est considéré comme un accord de dominante sans tonique. En mode mineur, l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} est évité, il n'a donc pas de fonction.
{|class="wikitable"
|+ Fonction des accords
|-
! scope="col" | Fondamentale
! scope="col" | Fonction
|-
| {{Times New Roman|I}} || tonique
|-
| {{Times New Roman|II}} || sous-dominante faible
|-
| {{Times New Roman|III}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|IV}} || sous-dominante
|-
| {{Times New Roman|V}} || dominante
|-
| {{Times New Roman|VI}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|VII}} || dominante faible
|}
Par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique : '''''do''<sup>5</sup> (C)''', ''mi''<sup>5</sup> (E–), ''la''<sup>5</sup> (A–) ;
* fonction de sous-dominante : '''''fa''<sup>5</sup> (F)''', ''ré''<sup>5</sup> (D–) ;
* fonction de dominante : '''''sol''<sup>5</sup> (G)''' ou ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub> (G<sup>7</sup>), ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>).
En ''la'' mineur harmonique :
* fonction de tonique : '''''la''<sup>5</sup> (A–)''', ''fa''<sup>5</sup> (F) [, rarement : ''do''<sup>+5</sup> (C<sup>+</sup>)] ;
* fonction de sous-dominante : '''''ré''<sup>5</sup> (D–)''', ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>) ;
* fonction de dominante : '''''mi''<sup>5</sup> (E)''' ou ''mi''<sup>7</sup><sub>+</sub> (E<sup>7</sup>), ''sol''♯<sup> <s>5</s></sup> (G♯<sup>o</sup>).
Le fait d'utiliser des accords différents pour remplir une fonction permet d'enrichir l'harmonie, et de jouer sur l'équilibre entre satisfaction d'une attente (on respecte les règles sur les fonctions) et surprise (mais on n'utilise pas l'accord attendu).
=== Les dominantes secondaires ===
On utilise aussi des accords de septième dominante se fondant sur un autre degré que la dominante de la gamme ; on parle de « dominante secondaire ». Typiquement, avant un accord de septième de dominante, on utilise parfois un accord de dominante de dominante, dont le degré est alors noté « {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} » ou « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|V}} » ; la fondamentale est de l'accord est alors situé cinq degrés au-dessus de la dominante ({{Times New Roman|V}}), c'est donc le degré {{Times New Roman|IX}}, c'est-à-dire le degré {{Times New Roman|II}} de la tonalité en cours). Ou encore, on utilise un accord de dominante du degré {{Times New Roman|IV}} (« {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} », la fondamentale est alors le degré {{Times New Roman|I}}) avant un accord sur le degré {{Times New Roman|IV}} lui-même.
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, on peut trouver un accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' (chiffré {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>), avant un accord ''sol - si - ré - fa'' ({{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>). L'accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' est l'accord de septième de dominante des tonalités de ''sol''. Dans la même tonalité, on pourra utiliser un accord ''do - mi - sol - si''♭ ({{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) avant un accord ''fa - la - do'' ({{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>). Le recours à une dominante secondaire peut atténuer une transition, par exemple avec un enchaînement ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> → ''fa''<sup>5</sup> (C → C<sup>7</sup> → F) qui correspond à un enchaînement {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}} : le passage ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> (C → C<sup>7</sup>) se fait en ajoutant une note (le ''si''♭) et rend naturel le passage ''do'' → ''fa''.
Sur les sept degré de la gamme, on ne considère en général que cinq dominantes secondaires : en effet, la dominante du degré {{Times New Roman|I}} est la dominante « naturelle, primaire » de la tonalité (et n'est donc pas secondaire) ; et utiliser la dominante de {{Times New Roman|VII}} consisterait à considérer l'accord de {{Times New Roman|VII}} comme un accord propre, on évite donc les « {{Times New Roman|V}} de “{{Times New Roman|V}}” » (mais les « “{{Times New Roman|V}}” de {{Times New Roman|V}} » sont tout à fait « acceptables »).
=== Enchaînements classiques ===
Nous avons donc vu que l'on trouve fréquemment les enchaînements suivants :
* pour créer une instabilité :
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}},
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} (instabilité moins forte mais incertitude sur le sens d'évolution) ;
* pour maintenir l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}} ;
* pour résoudre l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}},
** {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, cas particuliers (voir plus bas) :
*** {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> → {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup>,
*** {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> → {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub> → {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>.
Les degrés indiqués ci-dessus sont les fonctions ; on peut donc utiliser les substitutions suivantes :
* {{Times New Roman|I}} par {{Times New Roman|VI}} et, en tonalité majeure, {{Times New Roman|III}} ;
* {{Times New Roman|IV}} par {{Times New Roman|II}} ;
* {{Times New Roman|V}} par {{Times New Roman|VII}}.
Pour enrichir l'harmonie, on peut utiliser les dominantes secondaires, en particulier :
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} ({{Times New Roman|II}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|V}},
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} ({{Times New Roman|I}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|IV}}.
On peut enchaîner les enchaînements, par exemple {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}, ou encore {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}}… En jazz, on utilise très fréquemment l'enchaînement {{Times New Roman|II}} → {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (deux-cinq-un).
On peut bien sûr avoir d'autres enchaînements, mais ces règles permettent d'analyser un grand nombre de morceaux, et donnent des clefs utiles pour la composition. Nous voyons ci-après un certain nombre d'enchaînements courants dans différents styles
== Exercice ==
Un hautboïste travaille la sonate en ''do'' mineur S. 277 de Heinichen. Sur le deuxième mouvement ''Allegro'', il a du mal à travailler un passage en raison des altérations accidentelles. Sur la suggestion de sa professeure, il décide d'analyser la progression d'accords sous-jacente afin que les altérations deviennent logiques. Il s'agit d'un duo hautbois et basson pour lequel les accords ne sont pas chiffrés, le basson étant ici un instrument soliste et non pas un élément de la basse continue.
Sur l'extrait suivant, déterminez les basses et la qualité (chiffrage) des accords sous-jacents. Commentez.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen.]]
{{note|L'œuvre est en ''do'' mineur et devrait donc avoir trois bémols à la clef, or ici il n'y en a que deux. En effet, le ''la'' pouvant être bécarre en mode mineur mélodique ascendant, le compositeur a préféré le noter explicitement en altération accidentelle lorsque l'on est en mode mélodique naturel, harmonique ou mélodique descendant. C'est un procédé assez courant à l'époque baroque.}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
Une des difficultés ici est que les arpèges joués par les instruments sont agrémentés de notes de passage.
Les notes de la basse (du basson) sont différentes entre le premier et le deuxième temps de chaque mesure et ne peuvent pas appartenir au même accord. On a donc un accord par temps.
Sur le premier temps de chaque mesure, le basson joue une octave. La note concernée est donc la basse de chaque accord. Pour savoir s'il s'agit d'un accord à l'état fondamental ou d'un renversement, on regarde ce que joue le hautbois : dans un mouvement conjoint (succession d'intervalles de secondes), il est difficile de distinguer les notes de l'arpège des notes de passage, mais
: les notes des grands intervalles font partie de l'accord.
Ainsi, sur le premier temps de la première mesure (la basse est un ''mi''♭), on a une sixte descendante ''sol''-''si''♭ et, à la fin du temps, une tierce descendante ''sol''-''mi''♭. L'accord est donc ''mi''♭-''sol''-''si''♭, c'est un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). À la fin du premier temps, le basson joue un ''do'', c'est donc une note étrangère.
Sur le second temps de la première mesure, le basson joue une tierce ascendante ''fa''-''la''♭, la première note est la basse de l'accord et la seconde une des notes de l'accord. Le hautbois commence par une sixte descendante ''la''♭-''do'', l'accord est donc ''fa''-''la''♭-''do'', un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). Le ''do'' du basson la fin du premier temps est donc une anticipation.
Les autres notes étrangères de la première mesure sont des notes de passage.
Mais il faut faire attention : en suivant ce principe, sur les premiers temps des deuxième et troisième mesure, nous aurions des accords de septième d'espèce (puisque la septième est majeure). Or, on ne trouve pas, ou alors exceptionnellement, d'accord de septième d'espèce dans le baroque, mais quasi exclusivement des accords de septième de dominante. Donc au début de la deuxième mesure, le ''la''♮ est une appoggiature du ''si''♭, l'accord est donc ''si''♭-''ré''-''fa'', un asscord de quinte. De même, au début de la troisième mesure, le ''sol'' est une appoggiature du ''la''♭.
Il faut donc se méfier d'une analyse purement « mathématique ». Il faut s'attacher à ressentir la musique, et à connaître les styles, pour faire une analyse pertinente.
Ci-dessous, nous avons grisé les notes étrangères.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49 analyse.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen. Analyse de la progression harmonique.]]
Le chiffrage jazz équivalent est :
: | E♭ F– | B♭<sup>Δ</sup> E♭ | A♭<sup>Δ</sup> D– | G …
Nous remarquons une progression assez régulière :
: ''mi''♭ ↗[2<sup>de</sup>] ''fa'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''si''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''mi''♭ | ↘[5<sup>te</sup>] ''la''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''ré'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''sol''
Le ''mi''♭ est le degré {{Times New Roman|III}} de la tonalité principale (''do'' mineur), c'est donc une tonique faible ; il « joue le même rôle » qu'un ''do''. S'il y avait eu un accord de ''do'' au début de l'extrait, on aurait eu une progression parfaitement régulière ↗[4<sup>te</sup>] ↘[5<sup>te</sup>].
Nous avons les modulations suivantes :
* mesure 49 : ''do'' mineur naturel (le ''si''♭ n'est pas une sensible) avec un accord sur “{{Times New Roman|I}}” (tonique faible, {{Times New Roman|III}}, pour la première analyse, ou bien tonique forte, {{Times New Roman|I}}, pour la seconde) suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 50 : ''si''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}} suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 51 : ''la''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}}, et emprunt à ''do'' majeur avec un accord sur {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IV}} faible).
On a donc une marche harmonique {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} qui descend d'une seconde majeure (un ton) à chaque mesure (''do'' → ''si''♭ → ''la''♭), avec une exception sur la dernière mesure (modulation en cours de mesure et descente d'une seconde mineure au lieu de majeure).
Ce passage est donc construit sur une régularité, une règle qui crée un effet d'attente — enchaînement {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> → {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup> avec une marche harmonique d'une seconde majeure descendante —, et des « surprises », des exceptions au début — ce n'est pas un accord {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> mais un accord {{Times New Roman|III}}<sup>5</sup> — et à la fin — modulation en milieu de mesure et dernière descente d'une seconde mineure (½t ''la''♭ → ''sol'').
L'extrait ne permet pas de le deviner, mais la mesure 52 est un retour en ''do'' mineur, avec donc une modulation sur la dominante (accord de ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub>, G<sup>7</sup>).
{{boîte déroulante/fin}}
== Progression d'accords ==
Comme pour la mélodie, la succession des accords dans un morceau, la progression d'accords, suit des règles. Et comme pour la mélodie, les règles diffèrent d'un style musical à l'autre et la créativité consiste à parfois ne pas suivre ces règles. Et comme pour la mélodie, on part d'un ensemble de notes organisé, d'une gamme caractéristique d'une tonalité, d'un mode.
Les accords les plus utilisés pour une tonalité donnée sont les accords dont la fondamentale sont les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la tonalité, en particulier la triade {{Times New Roman|I}}, appelée « accord parfait » ou « accord de tonique », et l'accord de septième {{Times New Roman|V}}, appelé « septième de dominante ».
Le fait d'avoir une progression d'accords qui se répète permet de structurer un morceau. Pour les morceaux courts, il participe au plaisir de l'écoute et facilite la mémorisation (par exemple le découpage couplet-refrain d'une chanson). Sur les morceaux longs, une trop grande régularité peut introduire de la lassitude, les longs morceaux sont souvent découpés en parties présentant chacune une progression régulière. Le fait d'avoir une progression régulière permet la pratique de l'improvisation : cadence en musique classique, solo en jazz et blues.
; Note
: Le terme « cadence » désigne plusieurs choses différentes, et notamment en harmonie :
:* une partie improvisée dans un opéra ou un concerto, sens utilisé ci-dessus ;
:* une progression d'accords pour ponctuer un morceau et en particulier pour le conclure, sens utilisé dans la section suivante.
=== Accords peu utilisés ===
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé. C'est un accord dissonant ; il intervient en général comme appogiature de l'accord de tonique (par exemple en ''la'' mineur : {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ → {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''la''), ou de l'accord de dominante ({{Times New Roman|III<sup>6</sup><sub>+3</sub>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''do'' → {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''). Il peut être aussi utilisé comme préparation à l'accord de sous-dominante (enchaînement {{Times New Roman|III}} → {{Times New Roman|IV}}). Par ailleurs, il a une constitution symétrique — c'est l'empilement de deux tierces majeures — et ses renversements ont les mêmes intervalles à l'enharmonie près (quinte augmentée/sixte mineure, tierce majeure/quarte diminuée). De ce fait, un même accord est commun, par renversement et à l'enharmonie près, à trois tonalités : le premier renversement de l'accord ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur) est enharmonique à ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''do''♯ mineur) ; le second renversement est enharmonique à ''la''♭ - ''do'' - ''mi'' ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur).
=== Accords très utilisés ===
Les trois accords les plus utilisés sont les accords de tonique (degré {{Times New Roman|I}}), de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) et de dominante ({{Times New Roman|V}}). Ils interviennent en particulier en fin de phrase, dans les cadences. L'accord de dominante sert souvent à introduire une modulation : la modulation commence sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité. On note que l'accord de sous-dominante est situé une quinte juste en dessous de la tonique, les accords de dominante et de sous-dominante sont donc symétriques.
En jazz, on utilise également très fréquemment l'accord de la sus-tonique (degré {{Times New Roman|II}}), souvent dans des progressions {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|V}} (- {{Times New Roman|I}}). Rappelons que l'accord de sus-tonique a la fonction de sous-dominante.
=== Cadences et ''turnaround'' ===
Le terme « cadence » provient de l'italien ''cadenza'' et désigne la « chute », la fin d'un morceau ou d'une phrase musicale.
On distingue deux types de cadences :
* les cadences conclusive, qui créent une sensation de complétude ;
* les cadences suspensives, qui crèent une sensation d'attente.
==== Cadence parfaite ====
[[Fichier:Au clair de le lune cadence parfaite.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une cadence parfaite (italienne).]]
[[Fichier:Au clair de le lune mineur cadence parfaite.midi|thumb|''Idem'' mais en mode mineur harmonique.]]
La cadence parfaite est l'enchaînement de l'accord de dominante suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}, les deux accord étant à l'état fondamental. Elle donne une impression de stabilité et est donc très souvent utilisée pour conclure un morceau. C'est une cadence conclusive.
On peut aussi utiliser l'accord de septième de dominante, la dissonance introduisant une tension résolue par l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub> - I<sup>5</sup>}}.
Elle est souvent précédée de l'accord construit sur le IV<sup>e</sup> degré, appelé « accord de préparation », pour former la cadence italienne : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}}.
Elle est également souvent précédée du second renversement de l'accord de tonique, qui est alors appelé « appoggiature de la cadence » : {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}} (on remarque que les accords {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> et {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ont la basse en commun, et que l'on peut passer de l'un à l'autre par un mouvement conjoint sur les autres notes).
{{clear}}
==== Demi-cadence ====
[[Fichier:Au clair de le lune demi cadence.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une demi-cadence.]]
Une demi-cadence est une phrase ou un morceau se concluant sur l'accord construit sur le cinquième degré. Il provoque une sensation d'attente, de suspens. Il s'agit en général d'une succession {{Times New Roman|II - V}} ou {{Times New Roman|IV - V}}. C'est une cadence suspensive. On utilise rarement un accord de septième de dominante.
{{clear}}
==== Cadence rompue ou évitée ====
La cadence rompue, ou cadence évitée, est succession d'un accord de dominante et d'un accord de sus-dominante, {{Times New Roman|V}} - {{Times New Roman|VI}}. C'est une cadence suspensive.
==== Cadence imparfaite ====
Une cadence imparfaite est une cadence {{Times New Roman|V - I}}, comme la cadence parfaite, mais dont au moins un des deux accords est dans un état renversé.
==== Cadence plagale ====
La cadence plagale — du grec ''plagios'', oblique, en biais — est la succession de l'accord construit sur le quatrième degré, suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}. Elle peut être utilisée après une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}} - {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}). Elle donne un caractère solennel, voire religieux — elle est parfois appelée « cadence amen » —, elle a un côté antique qui rappelle la musique modale et médiévale<ref>{{lien web |url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-cadence-amen-ou-comment-se-dire-adieu-7191921 |titre=La cadence « Amen » ou comment se dire adieu |auteur=Max Dozolme (MAXXI Classique) |site=France Musique |date=2025-04-25 |consulté le=2025-04-25}}.</ref>.
C'est une cadence conclusive.
==== {{lang|en|Turnaround}} ====
[[Fichier:Au clair de le lune turnaround.midi|thumb|Au clair de la lune, harmonisé en style jazz : accords de 7{{e}}, anatole suivie d'un ''{{lang|en|turnaround}}'' ii-V-I.]]
Le terme ''{{lang|en|turnaround}}'' signifie revirement, retournement. C'est une succession d'accords que fait la transition entre deux parties, en créant une tension-résolution. Le ''{{lang|en|turnaround}}'' le plus courant est la succession {{Times New Roman|II - V - I}}.
On utilise également fréquemment l'anatole : {{Times New Roman|I - VI - II - V}}.
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité majeure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br /> {{Times New Roman|V - I}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|IV - V - I}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou IV - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|IV - I}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|I - vi - ii - V}}
|-
|''Do'' majeur || || G - C || F - G - C || Dm - G ou F - G || F - C || Dm - G - C || C - Am - Dm - G
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || D - G || C - D - G || Am - D ou C - D || C - G || Am - D - G || G - Em - Am - D
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || A - D || G - A - D || Em - A ou G - A || G - D || Em - A - D || D - Bm - Em - A
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || E - A || D - E - A || Bm - E ou D - E || D - A || Bm - E - A || A - F♯m - B - E
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || C - F || B♭ - C - F || Gm - C ou B♭ - C || B♭ - F || Gm - C - F || F - Dm - Gm - C
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || F - B♭ || E♭ - F - B♭ || Cm - F ou E♭ - F || E♭ - B♭ || Cm - F - B♭ || B♭ - Gm - Cm - F
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || B♭ - E♭ || A♭ - B♭ - E♭ || Fm - B♭ ou A♭ - B♭ || A♭ - E♭ || Fm - B♭ - E♭ || Gm - Cm - Fm - B♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité mineure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br />{{Times New Roman|V - i}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|iv - V - i}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou iv - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|iv - i}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|i - VI - ii - V}}
|-
| ''La'' mineur<br />harmonique || || E - Am || Dm - E - Am || B° - E ou Dm - E || Dm - Am || B° - E - Am || Am - F - B° - E
|-
| ''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || B - Em || Am - B - Em || F♯° - B ou Am - B || Am - Em || F♯° - B - Em || Em - C - F♯° - B
|-
| ''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || F♯ - Bm || Em - F♯ - Bm || C♯° - F♯ ou Em - F♯ || Em - Bm || C♯° - F♯ - Bm || Bm - G - C♯° - F♯
|-
| ''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || C♯ - F♯m || Bm - C♯ - F♯m || G♯° - C♯ ou Bm - C♯ || Bm - F♯m || G♯° - C♯ - F♯m || A+ - D - G♯° - C♯
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || A - Dm || Gm - A - Dm || E° - A ou Gm - A || Gm - Dm || E° - A - Dm || Dm - B♭ - E° - A
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || D - Gm || Cm - D - Gm || A° - D ou Cm - D || Cm - Gm|| A° - D - Gm || Gm - E♭ - A° - D
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || G - Cm || Fm - G - Cm || D° - G ou Fm - G || Fm - Dm || D° - G - Cm || Cm - A♭ - D° - G
|}
==== Exemple : ''La Mer'' ====
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=PXQh9jTwwoA
| titre = Charles Trenet - La mer (Officiel) [Live Version]
| site = YouTube
| auteur = Charles Trenet
| consulté le = 2020-12-24
}}
Le début de ''La Mer'' (Charles Trenet, 1946) est en ''do'' majeur et est harmonisé par l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (C - Am - Dm - G<sup>7</sup>) sur deux mesures, jouée deux fois ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} × 2). Viennent des variations avec les progressions {{Times New Roman|I-III-vi-V<sup>7</sup>}} (C - E - Am - G<sup>7</sup>) puis la « progression ’50s » (voir plus bas) {{Times New Roman|I-vi-IV-VI<sup>7</sup>}} (C - Am - F - A<sup>7</sup>, on remarque que {{Times New Roman|IV}}/F est le relatif majeur du {{Times New Roman|ii}}/Dm de l'anatole), jouées chacune une fois sur deux mesure ; puis cette première partie se conclut par une demie cadence {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} sur une mesure puis une dernière anatole sur trois mesures ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}}). Cela constitue une première partie « A » sur douze mesures qui se termine par une demi-cadence ({{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}}) qui appelle une suite. Cette partie A est jouée une deuxième fois mais la fin est modifiée pour la transition : les deux dernières mesures {{Times New Roman|<nowiki>|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} deviennent {{Times New Roman|<nowiki>|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|I|</nowiki>}} (|Dm-G7|C|), cette partie « A’ » se conclut donc par une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Le morceau passe ensuite en tonalité de ''mi'' majeur, donc une tierce au dessus de ''do'' majeur, sur six mesures. Cette partie utilise une progression ’50s {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (E - C♯m - A - B<sup>7</sup>), qui est rappelons-le une variation de l'anatole, l'accord {{Times New Roman|ii}} (Fm) étant remplacé par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}} (A). Cette anatole modifiée est jouée deux fois puis la partie en ''mi'' majeur se conclut par l'accord parfait {{Times New Roman|I}} joué sur deux mesures (|E|E|), on a donc, avec la mesure précédente, avec une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Suivent ensuite six mesures en ''sol'' majeur, donc à nouveau une tierce au dessus de ''mi'' majeur. Elle comporte une progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (G - Em - C - D<sup>7</sup>), donc anatole avec substitution du {{Times New Roman|ii}}/Am par son relatif majeur {{Times New Roman|VI}}/C (progression ’50s), puis une anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (G - Em - Am - D<sup>7</sup>) et deux mesure sur la tonique {{Times New Roman|I-I<sup>7</sup>}} (G - G<sup>7</sup>), formant à nouveau une cadence parfaite. La fin sur un accord de septième, dissonant, appelle une suite.
Cette partie « B » de douze mesures comporte donc deux parties similaires « B1 » et « B2 » qui forment une marche harmonique (montée d'une tierce).
Le morceau se conclut par une reprise de la partie « A’ » et se termine donc par une cadence parfaite.
Nous avons une structure A-A’-B-A’ sur 48 mesures, proche la forme AABA étudiée plus loin.
Donc ''La Mer'' est un morceau structuré autour de l'anatole avec des variations (progression ’50s, substitution du {{Times New Roman|ii}} par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}}) et comportant une marche harmonique dans sa troisième partie. Les parties se concluent par des ''{{lang|en|turnarounds}}'' sous la forme d'une cadence parfaite ou, pour la partie A, par une demi-cadence.
{| border="1" rules="rows" frame="hsides"
|+ Structure de ''La Mer''
|- align="center"
|
| colspan="12" | ''do'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan=2 | A
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="3" | anatole
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | A’
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="2" | anatole
| c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
|
| colspan="6" | B1 : ''mi'' majeur
| colspan="6" background="lightgray" | B2 : ''sol'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | B
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|-
! scope="row" | A’
| colspan="12" |
|
|}
=== Progression blues ===
La musique blues est apparue dans les années 1860. Elle est en général bâtie sur une grille d'accords ''({{lang|en|changes}})'' immuable de douze mesures ''({{lang|en|twelve-bar blues}})''. C'est sur cet accompagnement qui se répète que s'ajoute la mélodie — chant et solo. Cette structure est typique du blues et se retrouve dans ses dérivés comme le rock 'n' roll.
Le rythme est toujours un rythme ternaire syncopé ''({{lang|en|shuffle, swing, groove}}, ''notes inégales'')'' : la mesure est à quatre temps, mais la noire est divisée en noire-croche en triolet, ou encore triolet de croche en appuyant la première et la troisième.
La mélodie se construit en général sur une gamme blues de six degrés (gamme pentatonique mineure avec une quarte augmentée), mais bien que la gamme soit mineure, l'harmonie est construite sur la gamme majeure homonyme : un blues en ''fa'' a une mélodie sur la gamme de ''fa'' mineur, mais une harmonie sur la gamme de ''fa'' majeur. La grille d'accord comporte les accords construits sur les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la gamme majeure homonyme. Les accords sont souvent des accords de septième (donc avec une tierce majeure et une septième mineure), il ne s'agit donc pas d'une harmonisation de gamme diatonique (puisque la septième est majeure sur l'accord de tonique).
Par exemple, pour un blues en ''do'' :
* accord parfait de do majeur, C ({{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré) ;
* accord parfait de fa majeur, F ({{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré) ;
* accord parfait de sol majeur, G ({{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré).
Il existe quelques morceaux harmonisés avec des accords mineurs, comme par exemple ''As the Years Go Passing By'' d'Albert King (Duje Records, 1959).
La progression blues est organisée en trois blocs de quatre mesures ayant les fonctions suivantes (voir ci-dessus ''[[#Harmonie fonctionnelle|Harmonie fonctionnelle]]'') :
* quatre mesures toniques ;
* quatre mesures sous-dominantes ;
* quatre mesures dominantes.
La forme la plus simple, que Jeff Gardner appelle « forme A », est la suivante :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme A
|-
! scope="row" | Tonique
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Sous-domminante
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Dominante
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
La progression {{Times New Roman|I-V}} des deux dernières mesures forment le ''{{lang|en|turnaround}}'', la demie cadence qui lance le cycle suivant. Nous présentons ci-dessous un exemple typique de ligne de basse ''({{lang|en|walking bass}})'' pour le ''{{lang|en|turnaround}}'' d'un blues en ''la'' :
[[Fichier:Turnaround classique blues en la.svg|Exemple typique de ligne de basse pour un ''turnaround'' de blues en ''la''.]]
[[Fichier:Blues mi harmonie elementaire.midi|thumb|Blues en ''mi'', harmonisé de manière élémentaire avec une ''{{lang|en|walking bass}}''.]]
Vous pouvez écouter ci-contre une harmonisation typique d'un blues en ''mi''. Les accords sont exécutés par une basse marchante ''({{lang|en|walking bass}})'', qui joue une arpège sur la triade avec l'ajout d'une sixte majeure et d'une septième mineure, et par une guitare qui joue un accord de puissance ''({{lang|en|power chord}})'', qui n'est composé que de la fondamentale et de la quinte juste, avec une sixte en appoggiature.
La forme B s'obtient en changeant la deuxième mesure : on joue un degré {{Times New Roman|IV}} au lieu d'un degré {{Times New Roman|I}}. La progression {{Times New Roman|I-IV}} sur les deux premières mesures est appelé ''{{lang|en|quick change}}''.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme B
|-
| width="50px" | I
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
Par exemple, ''Sweet Home Chicago'' (Robert Johnson, 1936) est un blues en ''fa'' ; sa grille d'accords, aux variations près, suit une forme B :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression de ''Sweet Home Chicago''
|-
| width="50px" | F
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | B♭
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | C7
| width="50px" | B♭7
| width="50px" | F7
| width="50px" | C7
|}
: Écouter {{lien web
| url =https://www.youtube.com/watch?v=dkftesK2dck
| titre = Robert Johnson "Sweet Home Chicago"
| auteur = Michal Angel
| site = YouTube
| date = 2007-12-09 | consulté le = 2020-12-17
}}
Les formes C et D s'obtiennent à partir des formes A et B en changeant le dernier accord par un accord sur le degré {{Times New Roman|I}}, ce qui forme une cadence plagale.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, formes C et D
|-
| colspan="4" | …
|-
| colspan="4" | …
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|}
L'harmonie peut être enrichie, notamment en jazz. Voici par exemple une grille du blues souvent utilisés en bebop.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Exemple de progression de blues bebop sur une base de forme B
|-
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | V–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> I<sup>7</sup>
|-
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | VI<sup>7 ♯9 ♭13</sup>
|-
| width="60px" | II–<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> IV<sup>7</sup>
| width="60px" | II–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> V<sup>7</sup>
|}
On peut aussi trouver des blues sur huit mesures, sur seize mesures comme ''Watermelon Man'' de Herbie Hancock (album ''Takin' Off'', Blue Note, 1962) ou ''Let's Dance'' de Jim Lee (interprété par Chris Montez, Monogram, 1962)
* {{lien web
|url= https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Herbie Hancock - Watermelon Man (1962)
|auteur=theUnforgettablesTv
|site=Dailymotion
|date=2003 |consulté le=2021-02-09
}}
* {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=6JXshurYONc
|titre=Let's Dance
|auteur=Chris Montez
|site=YouTube
|date=2016-08-06 |consulté le=2021-02-09
}}
À l'inverse, certains blues peuvent avoir une structure plus simple que les douze mesure ; par exemple ''Hoochie Coochie Man'' de Willie Dixon (interprété par Muddy Waters sous le titre ''Mannish Boy'', Chicago Blues, 1954) est construit sur un seul accord répété tout le long de la chanson.
* {{lien web
|url=https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Muddy Waters - Hoochie Coochie Man
|auteur=Muddy Waters
|site=Dailymotion
|date=2012 | consulté le=2021-02-09
}}
=== Cadence andalouse ===
La cadence andalouse est une progression de quatre accords, descendant par mouvement conjoint :
* en mode de ''mi'' (mode phrygien) : {{Times New Roman|IV}} - {{Times New Roman|III}} - {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|I}} ;<br />par exemple en ''mi'' phrygien : Am - G - F - E ; en ''do'' phrygien : Fm - E♭ - D♭ - C ;<br />on notera que le degré {{Times New Roman|III}} est diésé dans l'accord final (ou bécarre s'il est bémol dans la tonalité) ;
* en mode mineur : {{Times New Roman|I}} - {{Times New Roman|VII}} - {{Times New Roman|VI}} - {{Times New Roman|V}} ;<br />par exemple en ''la'' mineur : Am - G - F - E ; en ''do'' mineur : Cm - B♭ - A♭ - m ;<br />comme précédemment, on notera que le degré {{Times New Roman|VII}} est diésé dans l'accord final.
=== Progressions selon le cercle des quintes ===
[[Fichier:Cercle quintes degres tonalite majeure.svg|vignette|Cercle des quinte justes (parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre) des degrés d'une tonalité majeure.]]
La progression {{Times New Roman|V-I}} est la cadence parfaite, mais on peut aussi l'employer au milieu d'un morceau. Cette progression étant courte, sa répétition crée de la lassitude ; on peut la compléter par d'autres accords séparés d'une quinte juste, en suivant le « cercle des quintes » : {{Times New Roman|I-V-IX}}, la neuvième étant enharmonique de la seconde, on obtient {{Times New Roman|I-V-II}} ; en retournant la progression, on obtient le turnaround {{Times New Roman|II-V-I}}.
En jazz, dans le morceau ''Topsy'' (Edgar Battle et Eddir Durham), la partie C est composée d'une succession en quinte descendante d'accords de cinquième de dominante : D<sup>7</sup> - G<sup>7</sup> - C<sup>7</sup> - F<sup>7</sup> - B♭<sup>7</sup> ; les improvisatiosn sur cette partie peuvent donc se faire en modulant en ''sol'' (majeur ou mineur) - ''do'' (M/m) - ''fa'' (M/m) - ''si''♭ (M/m) - ''mi''♭ (M/m).
On peut continuer de décrire le cercle des quintes : {{Times New Roman|I-V-II-VI}}, on obtient l'anatole dans le désordre ; on peut à l'inverse étendre les quintes vers la gauche, {{Times New Roman|IV-I-V-II-VI}}.
En musique populaire, on trouve fréquemment une progression fondée sur les accord {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} et {{Times New Roman|VI}}, popularisée dans les années 1950. La « progression années 1950 », « progression ''{{lang|en|fifties ('50)}}'' » ''({{lang|en|'50s progression}})'' est dans l'ordre {{Times New Roman|I-VI-IV-V}}. On trouve aussi cette progression en musique classique. Si la tonalité est majeure, la triade sur la sus-dominante est mineure, les autres sont majeures, on notera donc souvent {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}. On peut avoir des permutations circulaires (le dernier accord venant au début, ou vice-versa) : {{Times New Roman|vi-IV-V-I}}, {{Times New Roman|IV-V-I-vi}} et {{Times New Roman|V-I-vi-IV}}.
{| class="wikitable"
|+ Accords selon la tonalité
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | I
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | IV
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | V
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | vi
|-
|''Do'' majeur || || C || F || G || Am
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G || C || D || Em
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D || G || A || Bm
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A || D || E || F♯m
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F || B♭ || C || Dm
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭ || E♭ || F || Gm
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭ || A♭ || B♭ || Cm
|}
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} sera C-Am-F-G.
Il existe d'autres progressions utilisant ces accords mais dans un autre ordre, typiquement {{Times New Roman|I–IV–vi–V}} ou une de ses permutations circulaires : {{Times New Roman|IV–vi–V-I}}, {{Times New Roman|vi–V-I-IV}} ou {{Times New Roman|V-I-IV-vi}}. Ou dans un autre ordre.
PV Nova l'illustre dans plusieurs de ses « expériences » dans la version {{Times New Roman|vi-V-IV-I}}, soit Am-G-F-C, ou encore {{Times New Roman|vi-IV-I-V}}, soit Am-F-C-G :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=w08LeZGbXq4
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 6 — La Happy Pop
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2011-08-20 | consulté le = 2020-12-13
}}
et cela devient un gag récurrent avec son « chapeau des accords magiques qu'on nous ressort à toutes les sauces »
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=VMY_vc4nZAU
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 14 — La Soupe dou Brasil
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2012-10-03 | consulté le = 2020-12-17
}}
Cette récurrence est également parodiée par le groupe The Axis of Awesome avec ses « chansons à quatre accords » ''({{lang|en|four-chords song}})'', dans une sketch où ils mêlent 47 chansons en utilisant l'ordre {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=oOlDewpCfZQ
| titre = 4 Chords | Music Videos | The Axis Of Awesome
| auteur = The Axis of Awesome
| site = YouTube
| date = 2011-07-20 | consulté le = 2020-12-17
}}
{{boîte déroulante/début|titre=Chansons mêlées dans le sketch}}
# Journey : ''Don't Stop Believing'' ;
# James Blunt : ''You're Beautiful'' ;
# Black Eyed Peas : ''Where Is the Love'' ;
# Alphaville : ''Forever Young'' ;
# Jason Mraz : ''I'm Yours'' ;
# Train : ''Hey Soul Sister'' ;
# The Calling : ''Wherever You Will Go'' ;
# Elton John : ''Can You Feel The Love Tonight'' (''Le Roi lion'') ;
# Akon : ''Don't Matter'' ;
# John Denver : ''Take Me Home, Country Roads'' ;
# Lady Gaga : ''Paparazzi'' ;
# U2 : ''With Or Without You'' ;
# The Last Goodnight : ''Pictures of You'' ;
# Maroon Five : ''She Will Be Loved'' ;
# The Beatles : ''Let It Be'' ;
# Bob Marley : ''No Woman No Cry'' ;
# Marcy Playground : ''Sex and Candy'' ;
# Men At Work : ''Land Down Under'' ;
# thème de ''America's Funniest Home Videos'' (équivalent des émissions ''Vidéo Gag'' et ''Drôle de vidéo'') ;
# Jack Johnson : ''Taylor'' ;
# Spice Girls : ''Two Become One'' ;
# A Ha : ''Take On Me'' ;
# Green Day : ''When I Come Around'' ;
# Eagle Eye Cherry : ''Save Tonight'' ;
# Toto : ''Africa'' ;
# Beyonce : ''If I Were A Boy'' ;
# Kelly Clarkson : ''Behind These Hazel Eyes'' ;
# Jason DeRulo : ''In My Head'' ;
# The Smashing Pumpkins : ''Bullet With Butterfly Wings'' ;
# Joan Osborne : ''One Of Us'' ;
# Avril Lavigne : ''Complicated'' ;
# The Offspring : ''Self Esteem'' ;
# The Offspring : ''You're Gonna Go Far Kid'' ;
# Akon : ''Beautiful'' ;
# Timberland featuring OneRepublic : ''Apologize'' ;
# Eminem featuring Rihanna : ''Love the Way You Lie'' ;
# Bon Jovi : ''It's My Life'' ;
# Lady Gaga : ''Pokerface'' ;
# Aqua : ''Barbie Girl'' ;
# Red Hot Chili Peppers : ''Otherside'' ;
# The Gregory Brothers : ''Double Rainbow'' ;
# MGMT : ''Kids'' ;
# Andrea Bocelli : ''Time To Say Goodbye'' ;
# Robert Burns : ''Auld Lang Syne'' ;
# Five for fighting : ''Superman'' ;
# The Axis of Awesome : ''Birdplane'' ;
# Missy Higgins : ''Scar''.
{{boîte déroulante/fin}}
Vous pouvez par exemple jouer les accords C-G-Am-F ({{Times New Roman|I-V-vi-IV}}) et chanter dessus ''{{lang|en|Let It Be}}'' (Paul McCartney, The Beattles, 1970) ou ''Libérée, délivrée'' (Robert Lopez, ''La Reine des neiges'', 2013).
La progression {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} est considérée comme « optimiste » tandis que sa variante {{Times New Roman|iv-IV-I-V}} est considérée comme « pessimiste ».
On peut voir la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} comme une variante de l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V}}, obtenue en remplaçant l'accord de sustonique {{Times New Roman|ii}} par l'accord de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} (son relatif majeur, et degré ayant la même fonction).
==== Exemples de progression selon le cercle des quintes en musique classique ====
[[Fichier:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.midi|vignette|Dietrich Buxtehude, Psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
Cette progression selon la cercle des quintes, sous la forme {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}, apparaît déjà au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> siècle dans le psaume 42 ''Quem ad modum desiderat cervis'' (BuxVW92) de Dietrich Buxtehude (1637-1707). Le morceau est en ''fa'' majeur, la progression d'accords est donc F-Dm-B♭-C.
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=8FmV9l1RqSg
| titre = D. Buxtehude - Quemadmodum desiderat cervus, BuxWV 92
| auteur = Longobardo
| site = YouTube
| date = 2013-04-06 | consulté la = 2021-01-01
}}
[[File:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.svg|vignette|450x450px|center|Dietrich Buxtehude, psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
{{clear}}
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.midi|vignette|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.]]
On la trouve également dans l'ouverture de la cantate ''{{lang|de|Wachet auf, ruft uns die Stimme}}'' de Jean-Sébastien Bach (BWV140, 1731). Le morceau est en ''mi''♭ majeur, la progression d'accords est donc E♭-Cm-A♭<sup>6</sup>-B♭.
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.svg|vignette|center|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.|alt=|517x517px]]
{{clear}}
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.midi|vignette|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
La même progression est utilisée par Mozart, par exemple dans le premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778), la progression d'accords est C-Am-F-G qui correspond à la progression {{Times New Roman|III-i-VI-VII}} de ''la'' mineur, mais à la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} de la gamme relative, ''do'' majeur .
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.svg|vignette|center|500px|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
=== Substitution tritonique ===
Un des accords les plus utilisés est donc l'accord de septième de dominante, {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} qui contient les degrés {{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IX}}) et {{Times New Roman|IV}}({{Times New Roman|XI}}) ; par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, l'accord de ''sol'' septième (G<sup>7</sup>) contient les notes ''sol''-''si''-''ré''-''fa''. Si l'on prend l'accord dont la fondamentale est trois tons (triton) au-dessus ou en dessous — l'octave contenant six tons, on arrive sur la même note —, {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}, ici ''ré''♭ septième (D♭<sup>7</sup>), celui-ci contient les notes ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''do''♭, cette dernière note étant l'enharmonique de ''si''. Les deux accords G<sup>7</sup> et D♭<sup>7</sup> ont donc deux notes en commun : le ''fa'' et le ''si''/''do''♭.
Il est donc fréquent en jazz de substituer l'accord {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} par l'accord {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}. Par exemple, la progression {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}} devient {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}}. C'est un procédé courant de réharmonisation (le fait de remplacer un accord par un autre dans un morceau existant).
Les six substitutions possibles sont donc : C<sup>7</sup>↔F♯<sup>7</sup> - D♭<sup>7</sup>↔G<sup>7</sup> - D<sup>7</sup>↔A♭<sup>7</sup> - E♭<sup>7</sup>↔A<sup>7</sup> - E<sup>7</sup>↔B♭<sup>7</sup> - F<sup>7</sup>↔B<sup>7</sup>.
[[Fichier:Übermäsiger Terzquartakkord.jpg|vignette|Exemple de cadence parfaite en ''do'' majeur avec substitution tritonique (sixte française).]]
Dans l'accord D♭<sup>7</sup>, si l'on remplace le ''do''♭ par son ''si'' enharmonique, on obtient un accord de sixte augmentée : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si''. Cet accord est utilisé en musique classique depuis la Renaissance ; on distingue en fait trois accords de sixte augmentée :
* sixte française ''ré''♭-''fa''-''sol''-''si'' ;
* sixte allemande : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si'' ;
* sixte italienne : ''ré''♭-''fa''-''si''.
Par exemple, le ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert (1828) se termine par une cadence parfaite dont l'accord de dominante est remplacé par une sixte française ''ré''♭-''fa''-''si''-''sol''-''si'' (''ré''♭ aux violoncelles, ''fa'' à l'alto, ''si''-''sol'' aux seconds violons et ''si'' au premier violon).
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.wav|vignette|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.png|vignette|center|upright=2.5|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
=== Autres accords de substitution ===
Substituer un accord consiste à utiliser un accord provenant d'une tonalité étrangère à la tonalité en cours. À la différence d'une modulation, la substitution est très courte et ne donne pas l'impression de changer de tonalité ; on a juste un sentiment « étrange » passager. Un court passage dans une autre tonalité est également appelée « emprunt ».
Nous avons déjà vu plusieurs méthodes de substitution :
* utilisation d'une note étrangère : une note étrangère — note de passage, appoggiature, anticipation, retard… — crée momentanément un accord hors tonalité ; en musique classique, ceci n'est pas considéré comme un accord en propre, mais en jazz, on parle « d'accord de passage » et « d'accord suspendu » ;
* utilisation d'une dominante secondaire : l'accord de dominante secondaire est hors tonalité ; le but ici est de faire une cadence parfaite, mais sur un autre degré que la tonique de la tonalité en cours ;
* la substitution tritonique, vue ci-dessus, pour remplacer un accord de septième de dominante.
Une dernière méthode consiste à remplacer un accord par un accord d'une gamme de même tonique, mais d'un autre mode ; on « emprunte » ''({{lang|en|borrow}})'' l'accord d'un autre mode. Par exemple, substituer un accord de la tonalité de ''do'' majeur par un accord de la tonalité de ''do'' mineur ou de ''do'' mode de ''mi'' (phrygien).
Donc en ''do'' majeur, on peut remplacer un accord de ''ré'' mineur septième (D<sub>m</sub><sup>7</sup>) par un accord de ''ré'' demi-diminué (D<sup>⌀</sup>, D<sub>m</sub><sup>7♭5</sup>) qui est un accord appartenant à la donalité de ''la'' mineur harmonique.
=== Forme AABA ===
La forme AABA est composée de deux progressions de huit mesures, notées A et B ; cela représente trente-deux mesures au total, on parle donc souvent en anglais de la ''{{lang|en|32-bars form}}''. C'est une forme que l'on retrouve dans de nombreuses chanson de comédies musicales de Broadway comme ''Have You Met Miss Jones'' (''{{lang|en|I'd Rather Be Right}}'', 1937), ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' (''Le Magicien d'Oz'', Harold Harlen, 1939), ''{{lang|en|All the Things You Are}}'' (''{{lang|en|Very Warm for may}}'', 1939).
Par exemple, la version de ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' chantée par Judy Garland est en ''la''♭ majeur et la progression d'accords est globalement :
* A (couplet) : A♭-Fm | Cm-A♭ | D♭ | Cm-A♭ | D♭ | D♭-F | B♭-E♭ | A♭
* B (pont) : A♭ | B♭m | Cm | D♭ | A♭ | B♭-G | Cm-G | B♭m-E♭
soit en degrés :
* A : {{Times New Roman|<nowiki>I-vi | iii-I | IV | iii-IV | IV | IV-vi | II-V | I</nowiki>}}
* B : {{Times New Roman|<nowiki>I | ii | iii | IV | I | II-VII | iii-VII | ii-V</nowiki>}}
Par rapport aux paroles de la chanson, on a
* A : couplet 1 ''« {{lang|en|Somewhere […] lullaby}} »'' ;
* A : couplet 2 ''« {{lang|en|Somewhere […] really do come true}} »'' ;
* B : pont ''« {{lang|en|Someday […] you'll find me}} »'' ;
* A : couplet 3 ''« {{lang|en|Somewhere […] oh why can't I?}} »'' ;
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=1HRa4X07jdE
| titre = Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitles)
| site = YouTube
| auteur = Overtherainbow
| consulté le = 2020-12-17
}}
Une mise en œuvre de la forme AABA couramment utilisée en jazz est la forme anatole (à le pas confondre avec la succession d'accords du même nom), en anglais ''{{lang|en|rythm changes}}'' car elle s'inspire du morceau ''{{lang|en|I Got the Rythm}}'' de George Gerschwin (''Girl Crazy'', 1930) :
* A : {{Times New Roman|I–vi–ii–V}} (succession d'accords « anatole ») ;
* B : {{Times New Roman|III<sup>7</sup>–VI<sup>7</sup>–II<sup>7</sup>–V<sup>7</sup>}} (les fondamentales forment une succession de quartes, donc parcourent le « cercle des quintes » à l'envers).
Par exemple, ''I Got the Rythm'' étant en ''ré''♭ majeur, la forme est :
* A : D♭ - B♭m - E♭m - A♭
* B : F7 - B♭7 - E♭7 - A♭7
=== Exemples ===
==== Début du Largo de la symphonie du Nouveau Monde ====
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.svg|vignette|Partition avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.midi|vignette|Fichier son avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
Nous avons reproduit ci-contre les cinq premières mesure du deuxième mouvement Largo de la symphonie « Du Nouveau Monde » (symphonie n<sup>o</sup> 9 d'Antonín Dvořák, 1893). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un orchestre symphonique :
* {{lien web
|url =https://www.youtube.com/watch?v=y2Nw9r-F_yQ?t=565
|titre = Dvorak Symphony No.9 "From the New World" Karajan 1966
|site=YouTube (Seokjin Yoon)
|consulté le=2020-12-11
}} (à 9 min 25), par le Berliner Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1966) ;
* {{lien web
|url = https://www.youtube.com/watch?v=ASlch7R1Zvo
|titre=Dvořák: Symphony №9, "From The New World" - II - Largo
|site=YouTube (diesillamusicae)
|consulté le=2020-12-11
}} : Wiener Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1985).
{{clear}}
Cette partie fait intervenir onze instruments monodiques (ne jouant qu'une note à la fois) : des vents (trois bois, sept cuivres) et une percussion. Certains de ces instruments sont transpositeurs (les notes sur la partition ne sont pas les notes entendues). Jouées ensemble, ces onze lignes mélodiques forment des accords.
Pour étudier cette partition, nous réécrivons les parties des instruments transpositeurs en ''do'' et les parties en clef d’''ut'' en clef de ''fa''. Nous regroupons les parties en clef de ''fa'' d'un côté et les parties en clef de ''sol'' d'un autre.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures transpositeurs en do.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde, en do.]]}}
Nous pouvons alors tout regrouper sous la forme d'un système de deux portées clef de ''fa'' et clef de ''sol'', comme une partition de piano.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords.]]
{{clear}}
Ensuite, nous ne gardons que la basse et les notes médium. Nous changeons éventuellement certaines notes d'octave afin de n'avoir que des superpositions de tierce ou de quinte (état fondamental des accords, en faisant ressortir les notes manquantes).
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords simplifiés.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords simplifiés.]]
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un quintuor de cuivres (trompette, bugle, cor, trombone, tuba), donc avec des accords de cinq notes :
: {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=pWfe60nbvjA
|titre = Largo from The New World Symphony by Dvorak
|site=YouTube (The Chamberlain Brass)
|consulté le=2020-12-11
}} : The American Academy of Arts & Letters in New York City (2017).
Nous allons maintenant chiffrer les accords.
Pour établir la basse chiffrée, il nous faut déterminer le parcours harmonique. Pour le premier accord, les tonalités les plus simples avec un ''sol'' dièse sont ''la'' majeur et ''fa'' dièse mineur ; comme le ''mi'' est bécarre, nous retenons ''la'' majeur, il s'agit donc d'un accord de quinte sur la dominante (les accords de dominante étant très utilisés, cela nous conforte dans notre choix). Puis nous avons un ''si'' bémol, nous pouvons être en ''fa'' majeur ou en ''ré'' mineur ; nous retenons ''fa'' majeur, c'est donc le renversement d'un accord sur le degré {{Times New Roman|II}}.
Dans la deuxième mesure, nous revenons en ''la'' majeur, puis, avec un ''la'' et un ''ré'' bémols, nous sommes en ''la'' bémol majeur ; nous avons donc un accord de neuvième incomplet sur la sensible, ou un accord de onzième incomplet sur la dominante.
Dans la troisième mesure, nous passons en ''ré'' majeur, avec un accord de dominante. Puis, nous arrivons dans la tonalité principale, avec le renversement d'un accord de dominante sans tierce suivi d'un accord de tonique. Nous avons donc une cadence parfaite, conclusion logique d'une phrase.
La progression des accords est donc :
{| class="wikitable"
! scope="row" | Tonalité
| ''la'' M - ''fa'' M || ''la'' M - ''la''♭ M || ''ré'' M - ''ré''♭ M || ''ré''♭ M
|-
! scope="row" | Accords
| {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|II}}<sup>6</sup><sub>4</sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|“V”}}<sup>9</sup><sub><s>5</s></sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> || {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>
|}
Dans le chiffrage jazz, nous avons donc :
* une triade de ''mi'' majeur, E ;
* une triade de ''sol'' majeur avec un ''ré'' en basse : G/D ;
* à nouveau un E ;
* un accord de ''sol'' neuvième diminué incomplet, avec un ''ré'' bémol en basse : G dim<sup>9</sup>/D♭ ;
* un accord de ''la'' majeur, A ;
* un accord de ''la'' bémol septième avec une ''sol'' bémol à la basse : A♭<sup>7</sup>/G♭ ;
* la partie se conclue par un accord parfait de ''ré''♭ majeur, D♭.
Soit une progression E - G/D | E - G dim<sup>9</sup>/D♭ | A - A♭<sup>7</sup>/G♭ | D♭.
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords chiffres.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde en accords simplifiés.]]
{{clear}}
==== Thème de Smoke on the Water ====
Le morceau ''Smoke on the Water'' du groupe Deep Purple (album ''Machine Head'', 1972) possède un célèbre thème, un riff ''({{lang|en|rythmic figure}})'', joué à la guitare sous forme d'accords de puissance ''({{lang|en|power chords}})'', c'est-à-dire des accords sans tierce. Le morceau est en tonalité de ''sol'' mineur naturel (donc avec un ''fa''♮) avec ajout de la note bleue (''{{lang|en|blue note}}'', quinte diminuée, ''ré''♭), et les accords composant le thème sont G<sup>5</sup>, B♭<sup>5</sup>, C<sup>5</sup> et D♭<sup>5</sup>, ce dernier accord étant l'accord sur la note bleue et pouvant être considéré comme une appoggiature (indiqué entre parenthèse ci-après). On a donc ''a priori'', sur les deux premières mesures, une progression {{Times New Roman|I-III-IV}} puis {{Times New Roman|I-III-(♭V)-IV}}. Durant la majeure partie du thème, la guitare basse tient la note ''sol'' en pédale.
{{note|En jazz, la qualité « <sup>5</sup> » indique que l'on n'a que la quinte (et donc pas la tierce), contrairement à la notation de basse chiffrée.}}
: {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ili04
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (Live at Montreux 2006)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
Cependant, cette progression forme une mélodie, on peut donc plus la voir comme un contrepoint, la superposition de deux voies ayant un mouvement conjoint, joué par un seul instrument, la guitare, la voie 2 étant jouée une quarte juste en dessous de la voie 1 (la quarte juste descendante étant le renversement de la quinte juste ascendante) :
* voie 1 (aigu) : | ''sol'' - ''si''♭ - ''do'' | ''sol'' - ''si''♭ - (''ré''♭) - ''do'' | ;
* voie 2 (grave) : | ''ré'' - ''fa'' - ''sol'' | ''ré'' - ''fa'' - (''la''♭) - ''sol'' |.
En se basant sur la basse (''sol'' en pédale), nous pouvons considérer que ces deux mesures sont accompagnées d'un accord de Gm<sup>7</sup> (''sol''-''si''♭-''ré''-''fa''), chaque accord de la mélodie comprenant à chaque fois au moins une note de cet accord à l'exception de l'appogiature.
{| class="wikitable"
|+ Mise en évidence des notes de l'accord Gm<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| '''''sol''''' || '''''si''♭''' || ''do''
|-
! scope="row" | Voie 2
| '''''ré''''' || '''''fa''''' || '''''sol'''''
|-
! scope="row" | Basse
| '''''sol''''' || '''''sol''''' || '''''sol'''''
|}
Sur les deux mesures suivantes, la basse varie et suit les accords de la guitare avec un retard sur le dernier accord :
{| class="wikitable"
|+ Voies sur les mesure 3-4 du thème
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || G<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| ''sol'' || ''si''♭ || ''do'' || ''si''♭ || ''sol''
|-
! scope="row" | Voie 2
| ''ré'' || ''fa'' || ''sol'' || ''fa'' || ''ré''
|-
! scope="row" | Basse
| ''sol'' || ''sol'' || ''do'' || ''si''♭ || ''si''♭-''sol''
|}
Le couplet de cette chanson est aussi organisé sur une progression de quatre mesures, la guitare faisant des arpèges sur les accords G<sup>5</sup> (''sol''-''ré''-''sol'') et F<sup>5</sup> (''fa''-''do''-''fa'') :
: | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-F<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> |
soit une progression {{Times New Roman|<nowiki>| I-I | I-I | I-VII | I-I |</nowiki>}}. Nous pouvons aussi harmoniser le riff du thème sur cette progression, avec un accord F (''fa''-''la''-''do'') ; nous pouvons aussi nous rappeler que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est plus volontiers considéré comme un accord de septième de dominante {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}, soit ici un accord Dm<sup>7</sup> (''ré''-''fa''-''la''-''do''). On peut donc considérer la progression harmonique sur le thème :
: | Gm-Gm | Gm-Gm | Gm-F ou Dm<sup>7</sup> | Gm-Gm |.
Cette analyse permet de proposer une harmonisation enrichie du morceau, tout en se rappelant qu'une des forces du morceau initial est justement la simplicité de sa structure, qui fait ressortir la virtuosité des musiciens. Nous pouvons ainsi comparer la version album à la version concert avec orchestre ou à la version latino de Pat Boone. À l'inverse, le groupe Psychostrip, dans une version grunge, a remplacé les accords par une ligne mélodique :
* le thème ne contient plus qu'une seule voie (la guitare ne joue pas des accords de puissance) ;
* dans les mesures 9 et 10, la deuxième guitare joue en contrepoint de type mouvement inverse, qui est en fait la voie 2 jouée en miroir ;
* l'arpège sur le couplet est remplacé par une ligne mélodique en ostinato sur une gamme blues.
{| class="wikitable"
|+ Contrepoint sur les mesures 9 et 10
|-
! scope="row" | Guitare 1
| ''sol'' ↗ ''si''♭ ↗ ''do''
|-
! scope="row" | Guitare 2
| ''sol'' ↘ ''fa'' ↘ ''ré''
|}
* {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ik234
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (In Concert with the London Symphony Orchestra, 1999)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=MtUuNzVROIg
| titre = Pat Boone — Smoke on the Water (In a Metal Mood, No More Mr. Nice Guy, 1997)
| auteur = Orrore a 33 Giri
| site = YouTube
| date = 2019-06-24 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=n7zLlZ8B0Bk
| titre = Smoke on the Water (Heroes, 1993)
| auteur = Psychostrip
| site = YouTube
| date = 2018-06-20 | consulté le = 2020-12-31
}}
== Accords et improvisation ==
Nous avons vu précédemment (chapitre ''[[../Gammes et intervalles#Modes et improvisation|Gammes et intervalles > Modes et improvisation]]'') que le choix d'un mode adapté permet d'improviser sur un accord. L'harmonisation des gammes permet, en inversant le processus, d'étendre notre palette : il suffit de repérer l'accord sur une harmonisaiton de gamme, et d'utiliser cette gamme-là, dans le mode correspondant du degré de l'accord (voir ci-dessus ''[[#Harmonisation par des accords de septième|Harmonisation par des accords de septième]]'').
Par exemple, nous avons vu que l'accord sur le septième degré d'une gamme majeure était un accord demi-diminué ; nous savons donc que sur un accord demi-diminué, nous pouvons improviser sur le mode correspondant au septième degré, soit le mode de ''si'' (locrien).
Un accord de septième de dominante étant commun aux deux tonalités homonymes (par exemple ''fa'' majeur et ''fa'' mineur pour un ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> / C<sup>7</sup>), nous pouvons utiliser le mode de ''sol'' de la gamme majeure (mixolydien) ou de la gamme mineure mineure (mode phrygien dominant, ou phrygien espagnol) pour improviser. Mais l'accord de septième de dominante est aussi l'accord au début d'une grille blues ; on peut donc improviser avec une gamme blues, même si la tierce est majeure dans l'accord et mineure dans la gamme.
[[Fichier:Mode improvisation accords do complet.svg]]
== Autres accords courants ==
[[fichier:Cluster cdefg.png|vignette|Agrégat ''do - ré - mi - fa - sol''.]]
Nous avons vu précédemment l'harmonisation des tonalités majeures et mineures harmoniques par des triades et des accords de septième ; certains accords étant rarement utilisés (l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} et, pour les tonalités mineures harmoniques, l'accord sur la tonique), certains accords étant utilisés comme des accords sur un autre degré (les accords sur la sensible étant considérés comme des accords de dominante sans fondamentale).
Dans l'absolu, on peut utiliser n'importe quelle combinaison de notes, jusqu'aux agrégats, ou ''{{lang|en|clusters}}'' (mot anglais signifiant « amas », « grappe ») : un ensemble de notes contigües, séparées par des intervalles de seconde. Dans la pratique, on reste souvent sur des accords composés de superpositions de tierces, sauf dans le cas de transitions (voir la section ''[[#Notes étrangères|Notes étrangère]]'').
=== En musique classique ===
On utilise parfois des accords dont les notes ne sont pas dans la tonalité (hors modulation). Il peut s'agir d'accords de passage, de notes étrangères, par exemple utilisant un chromatisme (mouvement conjoint par demi-tons).
Outre les accords de passage, les autres accords que l'on rencontre couramment en musique classique sont les accords de neuvième, et les accords de onzième et treizième sur tonique. Ces accords sont simplement obtenus en continuant à empiler les tierces. Il n'y a pas d'accord d'ordre supérieur car la quinzième est deux octaves au-dessus de la fondamentale.
Comme pour les accords de septième, on distingue les accords de neuvième de dominante et les accords de neuvième d'espèce. Dans le cas de la neuvième de dominante, il y a une différence entre les tonalités majeures et mineures : l'intervalle de neuvième est respectivement majeur et mineur. Les chiffrages des renversements peuvent donc différer. Comme pour les accords de septième de dominante, on considère que les accords de septième sur le degré {{Times New Roman|VI}} sont en fait des accords de neuvième de dominante sans fondamentale.
Les accords de neuvième d'espèce sont en général préparés et résolus. Préparés : la neuvième étant une note dissonante (c'est à une octave près la seconde de la fondamentale), l'accord qui précède doit contenir cette note, mais dans un accord consonant ; la neuvième est donc commune avec l'accord précédent. Résolus : la dissonance est résolue en abaissant la neuvième par un mouvement conjoint. Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, si l'on veut utiliser un accord de neuvième d'espèce sur la tonique ''(do - mi - sol - si - ré)'', on peut utiliser avant un accord de dominante ''(sol - si - ré)'' en préparation puis un accord parfait sur le degré {{Times New Roman|IV}} ''(fa - la - do)'' en résolution ; nous avons donc sur la voie la plus aigüe la succession ''ré'' (consonant) - ''ré'' (dissonant) - ''do'' (consonant).
On rencontre également parfois des accords de onzième et de treizième. On omet en général la tierce, car elle est dissonante avec la onzième. L'accord le plus fréquemment rencontré est l'accord sur la tonique : on considère alors que c'est un accord sur la dominante que l'on a enrichi « par le bas », en ajoutant une quinte inférieure. par exemple, dans la tonalité de ''do'' majeur, l'accord ''do - sol - si - ré - fa'' est considéré comme un accord de septième de dominante sur tonique, le degré étant noté « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|I}} ». De même pour l'accord ''do - sol - si - ré - fa - la'' qui est considéré comme un accord de neuvième de dominante sur tonique.
=== En jazz ===
En jazz, on utilise fréquemment l'accord de sixte à la place de l'accord de septième majeure sur la tonique. Par exemple, en ''do'' majeur, on utilise l'accord C<sup>6</sup> ''(do - mi - sol - la)'' à la place de C<sup>Δ</sup> ''(do - mi - sol - si)''. On peut noter que C<sup>6</sup> est un renversement de Am<sup>7</sup> et pourrait donc se noter Am<sup>7</sup>/C ; cependant, le fait de le noter C<sup>6</sup> indique que l'on a bien un accord sur la tonique qui s'inscrit dans la tonalité de ''do'' majeur (et non, par exemple, de ''la'' mineur naturelle) — par rapport à l'harmonie fonctionnelle, on remarquera que Am<sup>7</sup> a une fonction tonique, l'utilisation d'un renversement de Am<sup>7</sup> à la place d'un accord de C<sup>Δ</sup> est donc logique.
Les accords de neuvième, onzième et treizième sont utilisés comme accords de septième enrichis. Le chiffrage suit les règles habituelles : on ajoute un « 9 », un « 11 » ou un « 13 » au chiffrage de l'accord de septième.
On utilise également des accords dits « suspendus » : ce sont des accords de transition qui sont obtenus en prenant une triade majeure ou mineure et en remplaçant la tierce par la quarte juste (cas le plus fréquent) ou la seconde majeure. Plus particulièrement, lorsque l'on parle simplement « d'accord suspendu » sans plus de précision, cela désigne l'accord de neuvième avec une quarte suspendue, noté « 9sus4 » ou simplement « sus ».
== L'harmonie tonale ==
L'harmonie tonale est un ensemble de règle assez strictes qui s'appliquent dans la musique savante européenne, de la période baroque à la période classique classique ({{pc|xiv}}<sup>e</sup>-{{pc|xviii}}<sup>e</sup> siècle). Certaines règles sont encore largement appliquées dans divers styles musicaux actuels, y compris populaire (rock, rap…), d'autres sont au contraire ignorées (par exemple, un enchaînement de plusieurs accords de même qualité forme un mouvement parallèle, ce qui est proscrit en harmonie tonale). De nos jours, on peut voir ces règles comme des règles « de bon goût », et leur application stricte comme une manière de composer « à la manière de ».
Précédemment, nous avons vu la progression des accords. Ci-après, nous abordons aussi la manière dont les notes de l'accord sont réparties entre plusieurs voix, et comment on construit chaque voix.
=== Concepts fondamentaux ===
; Consonance
: Les intervalles sont considérés comme « plus ou moins consonants » :
:* consonance parfaite : unisson, quinte et octave ;
:* consonance mixte (parfaite dans certains contextes, imparfaite dans d'autres) : quarte ;
:* consonance imparfaite : tierce et sixte ;
:* dissonance : seconde et septième.
; Degrés
: Certains degrés sont considérés comme « forts », « meilleurs », ce sont les « notes tonales » : {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (sous-dominante) et {{Times New Roman|V}} (dominante).
[[Fichier:Mouvements harmoniques.svg|vignette|upright=0.75|Mouvements harmoniques.]]
; Mouvements
: Le mouvement décrit la manière dont les voix évoluent les unes par rapport aux autres :
:# Mouvement parallèle : les voix sont séparées par un intervalle constant.
:# Mouvement oblique : une voix reste constante, c'est le bourdon ; l'autre monte ou descend.
:# Mouvement contraire : une voix descend, l'autre monte.
:# Échange de voix : les voix échangent de note ; les mélodies se croisent mais on a toujours le même intervalle harmonique.
{{clear}}
=== Premières règles ===
; Règle du plus court chemin
: Quand on passe d'un accord à l'autre, la répartition des notes se fait de sorte que chaque voix fait le plus petit mouvement possible. Notamment : si les deux accords ont des notes en commun, alors les voix concernées gardent la même note.
: Les deux voix les plus importantes sont la voix aigüe — soprano — et la voix la plus grave — basse. Ces deux voix sont relativement libres : la voix de soprano a la mélodie, la voix de basse fonde l'harmonie. La règle du plus court chemin s'applique surtout aux voix intermédiaires ; si l'on a des mouvements conjoints, ou du moins de petits intervalles — c'est le sens de la règle du plus court chemin —, alors les voix sont plus faciles à interpréter. Cette règle évite également que les voix n'empiètent l'une sur l'autre (voir la règle « éviter le croisement des voix »).
; Éviter les consonances parfaites consécutives
:* Lorsque deux voix sont à l'unisson ou à l'octave, elles ne doivent pas garder le même intervalle, l'effet serait trop plat.
:* Lorsque deux voix sont à la quarte ou à la quinte, elles ne doivent pas garder le même intervalle, car l'effet est trop dur.
: Pour éviter cela, lorsque l'on part d'un intervalle juste, on a intérêt à pratiquer un mouvement contraire aux voix qui ne gardent pas la même note, ou au moins un mouvement direct : les voix vont dans le même sens, mais l'intervalle change.
: Notez que même avec le mouvement contraire, on peut avoir des consonances parfaites consécutives, par exemple si une voix fait ''do'' aigu ↗ ''sol'' aigu et l'autre ''sol'' médium ↘ ''do'' grave.
: L'interdiction des consonances parfaites consécutives n'a pas été toujours appliquée, le mouvement parallèle strict a d'ailleurs été le premier procédé utilisé dans la musique religieuse au {{pc|x}}<sup>e</sup> siècle. On peut par exemple utiliser des quintes parallèles pour donner un style médiéval au morceau. On peut également utiliser des octaves parallèles sur plusieurs notes afin de créer un effet de renforcement de la mélodie.
: Par ailleurs, les consonances parfaites consécutives sont acceptées lorsqu'il s'agit d'une cadence (transition entre deux parties ou bien conclusion du morceau).
; Éviter le croisement des voix
: Les voix sont organisées de la plus grave à la plus aigüe. Deux voix n'étant pas à l'unisson, celle qui est plus aigüe ne doit pas devenir la plus grave et ''vice versa''.
; Soigner la partie soprano
: Comme c'est celle qu'on entend le mieux, c'est en général celle qui porte la mélodie principale. On lui applique des règles spécifiques :
:# Si elle chante la sensible dans un accord de dominante ({{Times New Roman|V}}), alors elle doit monter à la tonique, c'est-à-dire que la note suivante sera la tonique située un demi-ton au dessus.
:# Si l'on arrive à une quinte ou une octave entre les parties basse et soprano par un mouvement direct, alors sur la partie soprano, le mouvement doit être conjoint. On doit donc arriver à cette situation par des notes voisines au soprano.
; Préférer certains accords
: Les deux degrés les plus importants sont la tonique ({{Times New Roman|I}}) et la dominante ({{Times New Roman|V}}), les accords correspondants ont donc une importance particulière.
: À l'inverse, l'accord de sensible ({{Times New Roman|VII}}) n'est pas considéré comme ayant une fonction harmonique forte. On le considère comme un accord de dominante affaibli. En tonalité mineure, on évite également l'accord de médiante ({{Times New Roman|III}}).
: Donc on utilise en priorité les accords de :
:# {{Times New Roman|I}} et {{Times New Roman|V}}.
:# Puis {{Times New Roman|II}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|VI}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode majeur.
:# On évite {{Times New Roman|VII}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode mineur.
; Préférer certains enchaînements
: Les enchaînements d'accord peuvent être classés par ordre de préférence. Par ordre de préférence décroissante (du « meilleur » au « moins bon ») :
:# Meilleurs enchaînements : quarte ascendante ou descendante. Notons que la quarte est le renversement de la quinte, on a donc des enchaînements stables et naturels, mais avec un intervalle plus court qu'un enchaînement de quintes.
:# Bons enchaînements : tierce ascendante ou descendante. Les accords consécutifs ont deux notes en commun.
:# Enchaînements médiocres : seconde ascendante ou descendante. Les accords sont voisins, mais ils n'ont aucune note en commun. On les utilise de préférence en mouvement ascendant, et on utilise surtout les enchaînements {{Times New Roman|IV}}-{{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|VI}} et éventuellement {{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|II}}.
:# Les autres enchaînements sont à éviter.
: On peut atténuer l'effet d'un enchaînement médiocre en plaçant le second accord sur un temps faible ou bien en passant par un accord intermédiaire.
[[Fichier:Progression Vplus4 I6.svg|thumb|Résolution d'un accord de triton (quarte sensible) vers l'accord de sixte de la tonique.]]
; La septième descend par mouvement conjoint
: Dans un accord de septième de dominante, la septième — qui est donc le degré {{Times New Roman|IV}} — descend par mouvement conjoint — elle est donc suivie du degré {{Times New Roman|III}}.
: Corolaire : un accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> se résout par un accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> : on a bien un enchaînement {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, et la 7{{e}} (degré {{Times New Roman|IV}}), qui est la basse de l'accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup>, descend d'un degré pour donner la basse de l'accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> (degré {{Times New Roman|III}}).
{{clear}}
[[Fichier:Progression I64 V7plus I5.svg|thumb|Accord de sixte et de quarte cadentiel.]]
; Un accord de sixte et quarte est un accord de passage
: Le second renversement d'un accord parfait est soit une appoggiature, soit un accord de passage, soit un accord de broderie.
: S'il s'agit de l'accord de tonique {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub>, c'est « accord de sixte et quarte de cadence », l'appoggiature de l'accord de dominante de la cadence parfaite.
{{clear}}
Mais il faut appliquer ces règles avec discernement. Par exemple, la voix la plus aigüe est celle qui s'entend le mieux, c'est donc elle qui porte la mélodie principale. Il est important qu'elle reste la plus aigüe. La voix la plus grave porte l'harmonie, elle pose les accords, il est donc également important qu'elle reste la plus grave. Ceci a deux conséquences :
# Ces deux voix extrêmes peuvent avoir des intervalles mélodiques importants et donc déroger à la règle du plus court chemin : la voix aigüe parce que la mélodie prime, la voix de basse parce que la progression d'accords prime.
# Les croisements des voix intermédiaires sont moins critiques.
Par ailleurs, si l'on applique strictement toutes les règles « meilleurs accords, meilleurs enchaînements », on produit un effet conventionnel, stéréotypé. Il est donc important d'utiliser les solutions « moins bonnes », « médiocres » pour apporter de la variété.
Ajoutons que les renversements d'accords permettent d'avoir plus de souplesse : on reste sur le même accord, mais on enrichit la mélodie sur chaque voix.
Le ''Bolero'' de Maurice Ravel (1928) brise un certain nombre de ces règles. Par exemple, de la mesure 39 à la mesure 59, la harpe joue des secondes. De la mesure 149 à la mesure 165, les piccolo jouent à la sixte, dans des mouvement strictement parallèle, ce qui donne d'ailleurs une sonorité étrange. À partir de la mesure 239, de nombreux instruments jouent en mouvement parallèles (piccolos, flûtes, hautbois, cor, clarinettes et violons).
=== Application ===
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques exercice.svg|vignette|Exercice : harmoniser ''Frère Jacques''.]]
Harmoniser ''Frère Jacques''.
Nous considérons un morceau à quatre voix : basse, ténor, alto et soprano. La soprano chante la mélodie de ''Frère Jacques''. L'exercice consiste à proposer l'écriture des trois autres voix en respectant les règles énoncées ci-dessus. Pour simplifier, nous ajoutons les contraintes suivantes :
* toutes les voix chantent des blanches ;
* nous nous limitons aux accords de quinte (accords de trois sons composés d'une tierce et d'une quinte) sans avoir recours à leurs renversements (accords de sixte, accords de sixte et de quarte).
Les notes à gauche de la portée indiquent la tessiture (ou ambitus), l'amplitude que peut chanter la voix.
{{clear}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution possible}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques solution.svg|vignette|Harmonisation possible de ''Frère Jacques'' (solution de l'exercice).]]
Il n'y a pas qu'une solution possible.
Le premier accord doit contenir un ''do''. Nous sommes manifestement en tonalité de ''do'' majeur, nous proposons de commencer par l'accord parfait de ''do'' majeur, I<sup>5</sup>.
Le deuxième accord doit comporter un ''ré''. Si nous utilisons l'accord de quinte de ''ré'', nous allons créer une quinte parallèle. Nous pourrions utiliser un renversement, mais nous nous imposons de chercher un autre accord. Il peut s'agir de l'accord ''si''<sup>5</sup> ''(si-ré-fa)'' ou de l'accord de ''sol''<sup>5</sup> ''(sol-si-ré)''. La dernière solution permet d'utiliser l'accord de dominante qui est un accord important de la tonalité. La règle du plus court chemin imposerait le ''sol'' grave pour la partie de basse, mais cela est proche de la limite du chanteur, nous préférons passer au ''sol'' aigu, plus facile à chanter. Nous vérifions qu'il n'y a pas de quinte parallèle : l'intervalle ascendant ''do-sol'' (basse-alto) devient ''sol-si'' (3<sup>ce</sup>), l'intervalle descendant ''do-sol'' (soprano-alto) devient ''ré-si'' (3<sup>ce</sup>).
De la même manière, pour le troisième accord, nous ne pouvons pas passer à un accord de ''la''<sup>5</sup> pour éviter une quinte parallèle. Nous avons le choix entre ''do''<sup>5</sup> ''(do-mi-sol)'' et ''mi''<sup>5</sup> ''(mi-sol-si)''. Nous préférons revenir à l'accord de fondamental, solution très stable (l'enchaînement {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|I}} formant une cadence parfaite).
Pour le quatrième accord, nous pourrions rester sur l'accord parfait de ''do'' mais cela planterait en quelque sorte la fin du morceau puisque l'on resterait sur la cadence parfaite ; or, nous connaissons le morceau et savons qu'il n'est pas fini. Nous choisissons l'accord de ''la''<sup>5</sup> qui est une sixte ascendante ({{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|VI}}).
Nos aurions pu répartir les voix différemment. Par exemple :
* alto : ''sol''-''si''-''sol''-''do'' ;
* ténor : ''mi''-''ré''-''mi''-''mi''.
{{boîte déroulante/fin}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques.midi|vignette|Fichier son correspondant.]]
{{clear}}
== Annexe ==
=== Accords en musique classique ===
Un accord est un ensemble de notes jouées simultanément. Il peut s'agir :
* de notes jouées par plusieurs instruments ;
* de notes jouées par un même instrument : piano, clavecin, orgue, guitare, harpe (la plupart des instruments à clavier et des instruments à corde).
Pour deux notes jouées simultanément, on parle d'intervalle « harmonique » (par opposition à l'intervalle « mélodique » qui concerne les notes jouées successivement).
Les notes répétées à différentes octaves ne changent pas la nature de l'accord.
La musique classique considère en général des empilements de tierces ; un accord de trois notes sera constitué de deux tierces successives, un accord de quatre notes de trois tierces…
Lorsque tous les intervalles sont des intervalles impairs — tierces, quintes, septièmes, neuvièmes, onzièmes, treizièmes… — alors l'accord est dit « à l'état fondamental » (ou encore « primitif » ou « direct »). La note de la plus grave est appelée « fondamentale » de l'accord. Lorsque l'accord comporte un ou des intervalles pairs, l'accord est dit « renversé » ; la note la plus grave est appelée « basse ».
De manière plus générale, l'accord est dit à l'état fondamental lorsque la basse est aussi la fondamentale. On a donc un état idéal de l'accord (état canonique) — un empilement strict de tierces — et l'état réel de l'accord — l'empilement des notes réellement jouées, avec d'éventuels redoublements, omissions et inversions ; et seule la basse indique si l'accord est à l'état fondamental ou renversé.
Le chiffrage dit de « basse continue » ''({{lang|it|basso continuo}})'' désigne la représentation d'un accord sous la forme d'un ou plusieurs chiffres arabes et éventuellement d'un chiffre romain.
==== Accords de trois notes ====
En musique classique, les seuls accords considérés comme parfaitement consonants, c'est-à-dire sonnant agréablement à l'oreille, sont appelés « accords parfaits ». Si l'on prend une tonalité et un mode donné, alors l'accord construit par superposition es degrés I, III et V de cette gamme porte le nom de la gamme qui l'a généré.
[[fichier:Accord do majeur chiffre.svg|vignette|upright=0.5|Accord parfait de ''do'' majeur chiffré.]]
Par exemple :
* « l'accord parfait de ''do'' majeur » est composé des notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' ;
* « l'accord parfait de ''la'' mineur » est composé des notes ''la'', ''do'' et ''mi''.
Un accord parfait majeur est donc composé, en partant de la fondamentale, d'une tierce majeure et d'une quinte juste. Un accord parfait mineur est composé d'une tierce mineure et d'une quinte juste.
L'accord parfait à l'état fondamental est appelé « accord de quinte » et est simplement chiffré « 5 » pour indiquer la quinte.
On peut également commencer un accord sur sa deuxième ou sa troisième note, en faisant monter celle(s) qui précède(nt) à l'octave suivante. On parle alors de « renversement d'accord » ou d'accord « renversé ».
[[Fichier:Accord do majeur renversements chiffre.svg|vignette|upright=0.75|Accord parfait de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
Par exemple,
* le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur est :<br /> ''mi'', ''sol'', ''do'' ;
* le second renversement de l'accord parfait de do majeur est :<br /> ''sol'', ''do'', ''mi''.
Les notes conservent leur nom de « fondamentale », « tierce » et « quinte » malgré le changement d'ordre. La note la plus grave est appelée « basse ».
Dans le cas du premier renversement, le deuxième note est la tierce de la basse (la note la plus grave) et la troisième note est la sixte ; le chiffrage en chiffres arabes est donc « 6 » (puisque l'on omet la tierce) et l'accord est appelé « accord de sixte ». Pour le deuxième renversement, les intervalles sont la quarte et la sixte, le chiffrage est donc « 6-4 » et l'accord est appelé « accord de sixte et de quarte ».
Dans tous les cas, on chiffre le degré on considérant la fondamentale, par exemple {{Times New Roman|I}} si l'accord est construit sur la tonique de la gamme.
Les autres accords de trois notes que l'on rencontre sont :
* l'accord de quinte diminuée, constitué d'une tierce mineure et d'une quinte diminuée ; lorsqu'il est construit sur le septième degré d'une gamme, on considère que c'est un accord de septième de dominante sans fondamentale (voir plus bas), le degré est donc indiqué « “{{Times New Roman|V}}” » (cinq entre guillemets) et non « {{Times New Roman|VII}} » ;
* l'accord de quinte augmenté : il est composé d'une tierce majeure et qu'une quinte augmentée.
Dans le tableau ci-dessous,
* « m » désigne un intervalle mineur ;
* « M » un intervalle majeur ou le mode majeur ;
* « J » un intervalle juste ;
* « d » un intervalle diminué ;
* « A » un intervalle augmenté ;
* « mh » le mode mineur harmonique ;
* « ma » le mode mineur ascendant ;
* « md » le mode mineur descendant.
{| class="wikitable"
|+ Accords de trois notes
! scope="col" rowspan="2" | Nom
! scope="col" rowspan="2" | 3<sup>ce</sup>
! scope="col" rowspan="2" | 5<sup>te</sup>
! scope="col" rowspan="2" | État fondamental
! scope="col" rowspan="2" | 1<sup>er</sup> renversement
! scope="col" rowspan="2" | 2<sup>nd</sup> renversement
! scope="col" colspan="4"| Construit sur les degrés
|-
! scope="col" | M
! scope="col" | mh
! scope="col" | ma
! scope="col" | md
|-
| Accord parfait<br /> majeur || M || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|I, IV, V}} || {{Times New Roman|V, VI}} || {{Times New Roman|IV, V}} || {{Times New Roman|III, VI, VII}}
|-
| Accord parfait<br /> mineur || m || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|II, III, VI}} || {{Times New Roman|I, IV}} || {{Times New Roman|I, II}} || {{Times New Roman|I, IV, V}}
|-
| Accord de<br />quinte diminuée || m || d
| accord de<br />quinte diminuée || accord de<br />sixte sensible<br />sans fondamentale || accord de triton<br />sans fondamentale
| {{Times New Roman|VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|VI, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II}}
|-
| Accord de<br />quinte augmentée || M || A
| accord de<br />quinte augmentée || accord de sixte<br />et de tierce sensible || accord de sixte et de quarte<br />sur sensible
| || {{Times New Roman|III}} || {{Times New Roman|III}} ||
|}
==== Accords de quatre notes ====
Les accords de quatre notes sont des accord composés de trois tierces superposées. La dernière note étant le septième degré de la gamme, on parle aussi d'accords de septième.
Ces accords sont dissonants : ils contiennent un intervalle de septième (soit une octave montante suivie d'une seconde descendante). Ils laissent donc une impression de « tension ».
Il existe sept différents types d'accords, ou « espèces ». Citons l'accord de septième de dominante, l'accord de septième mineure et l'accord de septième majeure.
===== L'accord de septième de dominante =====
[[Fichier:Accord 7e dominante do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
L'accord de septième de dominante est l'empilement de trois tierces à partir de la dominante de la gamme, c'est-à-dire du {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré. Par exemple, l'accord de septième de dominante de ''do'' majeur est l'accord ''sol''-''si''-''ré''-''fa'', et l'accord de septième de dominante de ''la'' mineur est ''mi''-''sol''♯-''si''-''ré''. L'accord de septième de dominante dont la fondamentale est ''do'' (''do''-''mi''-''sol''-''si''♭) appartient à la gamme de ''fa'' majeur.
Que le mode soit majeur ou mineur, il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième mineure). C'est de loin l'accord de septième le plus utilisé ; il apparaît au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> en musique classique.
Dans son état fondamental, son chiffrage est {{Times New Roman|V 7/+}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}). Le signe plus indique la sensible.
Son premier renversement est appelé « accord de quinte diminuée et sixte » et est noté {{Times New Roman|V 6/<s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}).
Son deuxième renversement est appelé « accord de sixte sensible », puisque la sixte de l'accord est la sensible de la gamme, et est noté {{Times New Roman|V +6}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}).
Son troisième renversement est appelé « accord de quarte sensible » et est noté {{Times New Roman|V +4}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}).
[[Fichier:Accord 7e dominante sans fondamentale do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante sans fondamentale de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
On utilise aussi l'accord de septième de dominante sans fondamentale ; c'est alors un accord de trois notes.
Dans son état fondamental, c'est un « accord de quinte diminuée » placé sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré (mais c'est bien un accord construit sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré), noté {{Times New Roman|“V” <s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}). Notez les guillemets qui indiquent que la fondamentale V est absente.
Dans son premier renversement, c'est un « accord de sixte sensible sans fondamentale » noté {{Times New Roman|“V” +6/3}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}}).
Dans son second renversement, c'est un « accord de triton sans fondamentale » (puisque le premier intervalle est une quarte augmentée qui comporte trois tons) noté {{Times New Roman|“V” 6/+4}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}).
Notons qu'un accord de septième de dominante n'a pas toujours la dominante pour fondamentale : tout accord composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure est un accord de septième de dominante et est chiffré {{Times New Roman|<sup>7</sup><sub>+</sub>}}, quel que soit le degré sur lequel il est bâti (certaines notes peuvent avoir une altération accidentelle).
===== Les accords de septième d'espèce =====
Les autres accords de septièmes sont dits « d'espèce ».
L'accord de septième mineure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme mineure ''naturelle''. Par exemple, l'accord de septième mineure de ''la'' est ''la''-''do''-''mi''-''sol''. Il est composé d'une tierce mineure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait mineur auquel on ajoute une septième mineure).
L'accord de septième majeure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme majeure. Par exemple, L'accord de septième majeure de ''do'' est ''do''-''mi''-''sol''-''si''. Il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième majeure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième majeure).
==== Utilisation du chiffrage ====
Le chiffrage est utilisé de deux manières.
La première manière, c'est la notation de la basse continue. La basse continue est une technique d'improvisation utilisée dans le baroque pour l'accompagnement d'instruments solistes. Sur la partition, on indique en général la note de basse de l'accord et le chiffrage en chiffres arabes.
La seconde manière, c'est pour l'analyse d'une partition. Le fait de chiffrer les accords permet de mieux en comprendre la structure.
De manière générale, on peut retenir que :
* le chiffrage « 5 » indique un accord parfait, superposition d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste ;
* le chiffrage « 6 » indique le premier renversement d'un accord parfait ;
* le chiffrage « 6/4 » indique le second renversement d'un accord parfait ;
* chiffrage « 7/+ » indique un accord de septième de dominante ;
* le signe « + » indique en général que la note de l'intervalle est la sensible ;
* un intervalle barré désigne un intervalle diminué.
[[fichier:Accords gamme do majeur la mineur.svg|class=transparent| center | Principaux accords construits sur les gammes de ''do'' majeur et de ''la'' mineur harmonique.]]
=== Notation « jazz » ===
En jazz et de manière générale en musique rock et populaire, la base d'un accord est la triade composée d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste. Pour désigner un accord, on utilise la note fondamentale, éventuellement désigné par une lettre dans le système anglo-saxon (A pour ''la'' etc.), suivi d'une qualité (comme « m », « + »…).
Les renversements ne sont pas notés de manière particulière, ils sont notés comme les formes fondamentales.
Dans les deux tableaux suivants, la fondamentale est notée X (remplace le C pour un accord de ''do'', le D pour un accord de ''ré''…). La construction des accords est décrite par la suite.
[[Fichier:Arbre accords triades 5d5J5A.svg|vignette|upright=1.5|Formation des triades présentée sous forme d'arbre.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principales triades
|-
|
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" | Quinte diminuée (5d)
| X<sup>o</sup>, Xm<sup>♭5</sup>, X–<sup>♭5</sup> ||
|-
! scope="row" | Quinte juste (5J)
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | Quinte augmentée (5A)
| || X+, X<sup>♯5</sup>
|}
[[Fichier:Triades do.svg|class=transparent|center|Triades de do.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords de septième
|-
| colspan="2" |
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />diminuée (5d)
! scope="row" | Septième diminuée (7d)
| X<sup>o7</sup> ||
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup>, X<sup>Ø</sup> ||
|-
! scope="row" rowspan="3" | Quinte<br />juste (5J)
! scope="row" | Sixte majeure (6M)
| Xm<sup>6</sup> || X<sup>6</sup>
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> || X<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| Xm<sup>maj7</sup>, X–<sup>maj7</sup>, Xm<sup>Δ</sup>, X–<sup>Δ</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />augmentée (5A)
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| || X+<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| || X+<sup>maj7</sup>
|}
[[Fichier:Arbre accords septieme.svg|class=transparent|center|Formation des accords de septième présentée sous forme d'arbre.]]
[[Fichier:Accords do septieme.svg|class=transparent|center|Accord de do septième.]]
On notera que l'intervalle de sixte majeure est l'enharmonique de celui de septième diminuée (6M = 7d).
[[File:Principaux accords do.svg|class=transparent|center|Principaux accords de do.]]
==== Triades ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord parfait majeur : pas de notation
*: p. ex. « ''do'' » ou « C » pour l'accord parfait de ''do'' majeur (''do'' - ''mi'' - ''sol'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord parfait mineur : « m », « min » ou « – »
*: « ''do'' m », « ''do'' – », « Cm », « C– »… pour l'accord parfait de ''do'' mineur (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'')
==== Triades modifiées ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord augmenté (la quinte est augmentée) : aug, +, ♯5
*: « ''do'' aug », « ''do'' + », « ''do''<sup>♯5</sup> » « Caug », « C+ » ou « C<sup>♯5</sup> » pour l'accord de ''do'' augmenté (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯)
: L'accord augmenté est un empilement de tierces majeures. Ainsi, un accord augmenté a deux notes communes avec deux autres accords augmentés : C+ (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯) a deux notes communes avec A♭+ (''la''♭ - ''do'' - ''mi'') et avec E+ (''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯) ; et on remarque que ces trois accords sont en fait enharmoniques (avec les enharmonies ''la''♭ = ''sol''♯ et ''si''♯ = ''do''). En effet, l'octave comporte six tons (sous la forme de cinq tons et deux demi-tons), et une tierce majeure comporte deux tons, on arrive donc à l'octave en ajoutant une tierce majeure à la dernière note de l'accord.
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord diminué (la quinte est diminuée) : dim, o, ♭5
*: « ''do'' dim », « ''do''<sup>o</sup> », « ''do''<sup>♭5</sup> », « Cdim », « C<sup>o</sup> » ou « C<sup>♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' diminuné (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭)
: On remarque que la quinte diminuée est l'enharmonique de la quarte augmentée et est l'intervalle appelé « triton » (car composé de trois tons).
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord suspendu de seconde : la tierce est remplacée par une seconde majeure : sus2
*: « ''do''<sup>sus2</sup> » ou « C<sup>sus2</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de seconde (''do''-''ré''-''sol'')
* accord suspendu de quarte : la tierce est remplacée par une quarte juste : sus4
*: « ''do''<sup>sus4</sup> » ou « C<sup>sus4</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de quarte (''do''-''fa''-''sol'')
==== Triades appauvries ====
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord de puissance : la tierce est omise, l'accord n'est constitué que de la fondamentale et de la quinte juste : 5
*: « ''do''<sup>5</sup> », « C<sup>5</sup> » pour l'accord de puissance de ''do'' (''do'' - ''la'')
{{note|Très utilisé dans les musiques rock, hard rock et heavy metal, il est souvent joué renversé (''la'' - ''do'') ou bien avec l'ajout de l'octave (''do'' - ''la'' - ''do'').}}
==== Triades enrichies ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord de septième (la 7<sup>e</sup> est mineure) : 7
*: « ''do''<sup>7</sup> », « C<sup>7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' majeur » en musique classique (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si''♭)
* accord de septième majeure : Δ, 7M ou maj7
*: « ''do'' <sup>Δ</sup> », « ''do'' <sup>maj7</sup> », « C<sup>Δ</sup> », « C<sup>7M</sup> »… pour l'accord de ''do'' septième majeure (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord de mineur septième (la tierce et la 7<sup>e</sup> sont mineures) : m7, min7 ou –7
*: « ''do'' m<sup>7</sup> », « ''do'' –<sup>7</sup> », « Cm<sup>7</sup> », « C–<sup>7</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' mineur » en musique classique (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si''♭)
* accord mineure septième majeure : m7M, m7maj, mΔ, –7M, –7maj, –Δ
*: « ''do'' m<sup>7M</sup> », « ''do'' m<sup>maj7</sup> », « ''do'' –<sup>Δ</sup> », « Cm<sup>7M</sup> », « Cm<sup>maj7</sup> », « C–<sup>Δ</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième majeure (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si'')
* accord de septième diminué (la quinte et la septième sont diminuée) : dim 7 ou o7
*: « ''do'' dim<sup>7</sup> », « ''do''<sup>o7</sup> », « Cdim<sup>7</sup> » ou « C<sup>o7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si''♭)
* accord demi-diminué (seule la quinte est diminuée, la septième est mineure) : Ø ou –7(♭5)
*: « ''do''<sup>Ø</sup> », « ''do''<sup>7(♭5)</sup> », « C<sup>Ø</sup> » ou « C<sup>7♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' demi-diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si'')
=== Construction pythagoricienne des accords ===
Nous avons vu au débuts que lorsque l'on joue deux notes en même temps, leurs vibrations se superposent. Certaines superpositions créent un phénomène de battement désagréable, c'est le cas des secondes.
Dans le cas d'une tierce majeure, les fréquences des notes quadruple et quintuple d'une même base : les fréquences s'écrivent 4׃<sub>0</sub> et 5׃<sub>0</sub>. Cette superposition de vibrations est agréable à l'oreille. Nous avons également vu que dans le cas d'une quinte juste, les fréquences sont le double et le triple d'une même base, ou encore le quadruple et sextuple si l'on considère la moitié de cette base.
Ainsi, dans un accord parfait majeur, les fréquences des fondamentales des notes sont dans un rapport 4, 5, 6. De même, dans le cas d'un accord parfait mineur, les proportions sont de 1/6, 1/5 et 1/4.
{{voir|[[../Caractéristiques_et_notation_des_sons_musicaux#Construction_pythagoricienne_et_gamme_de_sept_tons|Caractéristiques et notation des sons musicaux > Construction pythagoricienne et gamme de sept tons]]}}
=== Un peu de physique : interférences ===
Les sons sont des vibrations. Lorsque l'on émet deux sons ou plus simultanément, les vibrations se superposent, on parle en physique « d'interférences ».
Le modèle le plus simple pour décrire une vibration est la [[w:fr:Fonction sinus|fonction sinus]] : la pression de l'air P varie en fonction du temps ''t'' (en secondes, s), et l'on a pour un son « pur » :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ⋅''t'')
où ƒ est la fréquence (en hertz, Hz) du son.
Si l'on émet deux sons de fréquence respective ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub>, alors la pression vaut :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ<sub>1</sub>⋅''t'') + sin(2π⋅ƒ<sub>2</sub>⋅''t'').
Nous avons ici une [[w:fr:Identité trigonométrique#Transformation_de_sommes_en_produits,_ou_antilinéarisation|identité trigonométrique]] dite « antilinéarisation » :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 + f_2}{2}t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 - f_2}{2}t \right ).</math>
On peut étudier simplement deux situations simples.
[[Fichier:Battements interferentiels.png|vignette|Deux sons de fréquences proches créent des battements : la superposition d'une fréquence et d'une enveloppe.]]
La première, c'est quand les fréquences ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> sont très proches. Alors, la moyenne (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> ; et la demie différence (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de zéro. On a donc une enveloppe de fréquence très faible, (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2, dans laquelle s'inscrit un son de fréquence moyenne, (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2. C'est cette enveloppe de fréquence très faible qui crée les battements, désagréables à l'oreille.
Sur l'image ci-contre, le premier trait rouge montre un instant où les vibrations sont opposées ; elles s'annulent, le son s'éteint. Le second trait rouge montre un instant où les vibrations sont en phase : elle s'ajoutent, le son est au plus fort.
{{clear}}
La seconde, c'est lorsque les deux fréquences sont des multiples entiers d'une même fréquence fondamentale ƒ<sub>0</sub> : ƒ<sub>1</sub> = ''n''<sub>1</sub>⋅ƒ<sub>0</sub> et ƒ<sub>0</sub> = ''n''<sub>0</sub>⋅ƒ<sub>0</sub>. On a alors :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 + n_2}{2}f_0 \cdot t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 - n_2}{2}f_0 \cdot t \right ).</math>
On multiplie donc deux fonctions qui ont des fréquences multiples de ƒ<sub>0</sub>. La différence minimale entre ''n''<sub>1</sub> et ''n''<sub>2</sub> vaut 1 ; on a donc une enveloppe dont la fréquence est au minimum la moitié de ƒ<sub>0</sub>, c'est-à-dire un son une octave en dessous de ƒ<sub>0</sub>. Donc, cette enveloppe ne crée pas d'effet de battement, ou plutôt, le battement est trop rapide pour être perçu comme tel. Dans cette enveloppe, on a une fonction sinus dont la fréquence est également un multiple de ƒ<sub>0</sub> ; l'enveloppe et la fonction qui y est inscrite ont donc de nombreux « points communs », d'où l'effet harmonieux.
=== Le tonnetz ===
[[File:Speculum musicae.png|thumb|right|225px|Euler, ''De harmoniæ veris principiis'', 1774, p. 350.]]
En allemand, le terme ''Tonnetz'' (se prononce « tône-netz ») signifie « réseau tonal ». C'est une représentation graphique des notes qui a été imaginée par [[w:Leonhard Euler|Leonhard Euler]] en 1739.
Cette représentation graphique peut aider à la mémorisation de certains concepts de l'harmonie. Cependant, son application est très limitée : elle ne concerne que l'intonation juste d'une part, et que les accords parfait des tonalités majeures et mineures naturelles d'autre part. La représentation contenant les douze notes de la musique savante occidentale, on peut bien sûr représenter d'autres objets, comme les accords de septième ou les accords diminués, mais la représentation graphique est alors compliquée et perd son intérêt pédagogique.
On part d'une note, par exemple le ''do''. Si on progresse vers la droite, on monte d'une quinte juste, donc ''sol'' ; vers la gauche, on descend d'une quinte juste, donc ''fa''. Si on va vers le bas, on monte d'une tierce majeure, donc ''mi'' ; si on va vers le haut, on descend d'une tierce majeure, donc ''la''♭ ou ''sol''♯
fa — do — sol — ré
| | | |
la — mi — si — fa♯
| | | |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
La figure forme donc un filet, un réseau. On voit que ce réseau « boucle » : si on descend depuis le ''do''♯, on monte d'une tierce majeure, on obtient un ''mi''♯ qui est l'enharmonique du ''fa'' qui est en haut de la colonne. Si on va vers la droite à partir du ''ré'', on obtient le ''la'' qui est au début de la ligne suivante.
Si on ajoute des diagonales allant vers la droite et le haut « / », on met en évidence des tierces mineures : ''la'' - ''do'', ''mi'' - ''sol'', ''si'' - ''ré'', ''do''♯ - ''mi''…
fa — do — sol — ré
| / | / | / |
la — mi — si — fa♯
| / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
Donc les liens représentent :
* | : tierce majeure ;
* — : quinte juste ;
* / : tierce mineure.
[[Fichier:Tonnetz carre accords fr.svg|thumb|Tonnetz avec les accords parfaits. Les notes sont en notation italienne et les accords en notation jazz.]]
On met ainsi en évidence des triangles dont un côté est une quinte juste, un côté une tierce majeure et un côté une tierce mineure ; c'est-à-dire que les notes aux sommets du triangle forment un accord parfait majeur (par exemple ''do'' - ''mi'' - ''sol'') :
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do — sol''' — ré<br />
| / '''| /''' | / |<br />
la — '''mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
ou un accord parfait mineur (''la'' - ''do'' - ''mi'').
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do''' — sol — ré<br />
| '''/ |''' / | / |<br />
'''la — mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
Un triangle représente donc un accord, et un sommet représente une note. Si on passe d'un triangle à un triangle voisin, alors on passe d'un accord à un autre accord, les deux accords ayant deux notes en commun. Ceci illustre la notion de « plus court chemin » en harmonie : si on passe d'un accord à un autre en gardant un côté commun, alors on a un mouvement conjoint sur une seule des trois voix.
Par rapport à l'harmonie fonctionnelle : les accords sont contigus à leur fonction, par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique ({{Times New Roman|I}}) : C, A– et E– sont contigus ;
* fonction de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) : F et D– sont contigus ;
* fonction de dominante ({{Times New Roman|V}}) : G et B<sup>o</sup> sont contigus.
On notera que les triangles d'un schéma ''tonnetz'' ne représentent que des accords parfaits. Pour représenter un accord de quinte diminuée (''si'' - ''ré'' - ''fa'') ou les accords de septième, en particulier l'accord de septième de dominante, il faut étendre le ''tonnetz'' et l'on obtient des figures différentes. Par ailleurs, il est adapté à ce que l'on appelle « l'intonation juste », puisque tous les intervalles sont idéaux.
[[Fichier:Tonnetz carre accords etendu fr.svg|vignette|Tonnetz étendu.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do majeur accords fr.svg|vignette|Tonnetz de la tonalité de ''do'' majeur. La représentation de l'accord de quinte diminuée sur ''si'' (B<sup>o</sup>) est une ligne et non un triangle.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do mineur accords fr.svg|vignette|Tonnetz des tonalités de ''do'' mineur naturel (haut) et ''do'' mineur harmonique (bas).]]
Si l'on étend un peu le réseau :
ré♭ — la♭ — mi♭ — si♭ — fa
| / | / | / | / |
fa — do — sol — ré — la
| / | / | / | / |
la — mi — si — fa♯ — do♯
| / | / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — la♯ — mi♯
| / | / | / | / |
mi♯ — do — sol — ré — la
on peut donc trouver des chemins permettant de représenter les accords de septième de dominante (par exemple en ''do'' majeur, G<sup>7</sup>)
fa
/
sol — ré
| /
si
et des accords de quinte diminuée (en ''do'' majeur : B<sup>o</sup>)
fa
/
ré
/
si
Une gamme majeure ou mineure naturelle peut se représenter par un trapèze rectangle : ''do'' majeur
fa — do — sol — ré
| /
la — mi — si
et ''do'' mineur
la♭ — mi♭ — si♭
/ |
fa — do — sol — ré
En revanche, la représentation d'une tonalité nécessite d'étendre le réseau afin de pouvoir faire figurer tous les accords, deux notes sont représentées deux fois. La représentation des tonalités mineures harmoniques prend une forme biscornue, ce qui nuit à l'intérêt pédagogique de la représentation.
[[Fichier:Neo-Riemannian Tonnetz.svg|vignette|upright=2|Tonnetz avec des triangles équilatéraux.]]
On peut réorganiser le schéma en décalant les lignes, afin d'avoir des triangles équilatéraux. Sur la figure ci-contre (en notation anglo-saxonne) :
* si on monte en allant vers la droite « / », on a une tierce mineure ;
* si on descend en allant vers la droite « \ », on a une tierce majeure ;
* les liens horizontaux « — » représentent toujours des quintes justes
* les triangles pointe en haut sont des accords parfaits mineurs ;
* les triangles pointe en bas sont des accords parfaits majeurs.
On a alors les accords de septième de dominante
F
/
G — D
\ /
B
et de quinte diminuée
F
/
D
/
B
les tonalités majeures
F — C — G — D
\ /
A — E — B
et les tonalités mineures naturelles
A♭ — E♭ — B♭
/ \
F — C — G — D
== Notes et références ==
{{références}}
== Voir aussi ==
=== Liens externes ===
{{wikipédia|Consonance (harmonie tonale)}}
{{wikipédia|Disposition de l'accord}}
{{wikisource|Petit Manuel d’harmonie}}
* {{lien web
| url = https://www.apprendrelesolfege.com/chiffrage-d-accords
| titre = Chiffrage d'accords (classique)
| site = Apprendrelesolfege.com
| consulté le = 2020-12-03
}}
* {{lien web
| url = https://www.coursd-harmonie.fr/introduction/introduction2_le_chiffrage_d_accords.php
| titre = Introduction II : Le chiffrage d'accords
| site = Cours d'harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-14
}}
* {{lien web
| url=https://www.coursd-harmonie.fr/
| titre = Cours d'harmonie en ligne
| auteur = Jean-Baptiste Voinet
| site=coursd-harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-20
}}
* {{lien web
| url=http://e-harmonie.e-monsite.com/
| titre = Cours d'harmonie classique en ligne
| auteur = Olivier Miquel
| site=e-harmonie
| consulté le = 2021-12-24
}}
* {{lien web
| url=https://fr.audiofanzine.com/theorie-musicale/editorial/dossiers/les-gammes-et-les-modes.html
| titre = Les bases de l’harmonie
| site = AudioFanzine
| date = 2013-07-23
| consulté le = 2024-01-12
}}
* {{lien web
| url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/l-accord-de-tristan-dechiffre-et-desacralise-2481605
| titre = L’Accord de Tristan déchiffré et désacralisé !
| site = France Musique
| date = 2025-10-22
| consulté le = 2025-10-23
}}
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767302
767301
2026-06-01T20:52:55Z
Cdang
1202
/* Progressions selon le cercle des quintes */ mis en forme
767302
wikitext
text/x-wiki
{{Bases de solfège}}
<span style="font-size:25px;">6. Harmonie</span>
L'harmonie désigne les notes jouées en même temps, soit plusieurs instruments jouant chacun une note, soit un instrument jouant un accord (instrument dit polyphonique).
== Première approche ==
L'exemple le plus simple d'harmonie est sans doute la chanson en canon : c'est un chant polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, chaque voix chantant la même chose en décalé. Prenons par exemple ''Vent frais, vent du matin'' (la version originale est ''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609) :
[[Fichier:Vent frais vent du matin.svg|class=transparent|center|Partition de ''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
[[Fichier:Vent frais vent du matin.midi|vignette|''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
nous voyons que les voix se superposent de manière « harmonieuse ». Les notes de chaque voix se correspondent point par point (avec un retard), c'est donc un type d'harmonie polyphonique appelé « contrepoint ».
Considérons la première note de la mesure 6 pour chaque voix. Nous avons la superposition des notes ''ré''-''fa''-''la'' (du grave vers l'aigu) ; la superposition de notes jouées ou chantées ensembles s'appelle un accord. Cet accord ''ré''-''fa''-''la'' porte le nom « d'accord parfait de ''ré'' mineur » :
* « ''ré'' » car la note fondamentale est un ''ré'' ;
* « parfait » car il est l'association d'une tierce, ''ré''-''fa'', et d'une quinte juste, ''ré''-''la'' ;
* « mineur » car le premier intervalle, ''ré''-''fa'', est une tierce mineure.
Considérons maintenant un chant accompagné au piano. La piano peut jouer plusieurs notes en même temps, il peut jouer des accords.
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.svg|class=transparent|center|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.midi|vignette|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
L'accord, les notes à jouer simultanément, sont écrites « en colonne ». Lorsqu'on les énonce, on les lit de bas en haut mais le pianiste les joue en pressant les touches du clavier en même temps, de manière « plaquée ».
Le premier accord est composé des notes ''do''-''mi''-''sol'' ; il est appelé « accord parfait de ''do'' majeur » car la note fondamentale est ''do'', qu'il est l'association d'une tierce et d'une quinte juste et que le premier intervalle, ''do''-''mi'', est une tierce majeure.
== Consonance et dissonance ==
Les notions de consonance et de dissonance sont culturelles et changent selon l'époque. Nous pouvons néanmoins noter que :
* l'accord de seconde, et son renversement la septième, créent des battements, les notes « frottent », c'est un intervalle harmonique dissonant ; mais dans le cas de la septième, comme les notes sont éloignées, le frottement est moins perceptible ;
* les accords de tierce, quarte et quinte sonnent agréablement à l'oreille, ils sont consonants.
Dans la musique savante européenne, au début du Moyen-Âge, seuls les accords de quarte et de quinte étaient considérés comme consonants, d'où leur qualification de « juste ». La tierce, et son renversement la sixte, étaient perçues comme dissonantes.
L'harmonie joue avec les consonances et les dissonances. Dans un premier temps, les harmonies dissonantes sont utilisées pour créer des tensions qui sont ensuite résolues, on utilise des successions « consonant-dissonant-consonant ». À force d'entendre des intervalles considérés comme dissonants, l'oreille s'habitue et certains finissent par être considérés comme consonants ; c'est ce qui est arrivé à la tierce et à la sixte à la fin du Moyen Âge avec le contrepoint.
Il faut ici aborder la notion d'harmonique des notes.
[[File:Harmoniques de do.svg|thumb|Les six premières harmoniques de ''do''.]]
Lorsque l'on joue une note, on entend d'autres notes plus aigües et plus faibles ; la note jouée est appelée la « fondamentale » et les notes plus aigües et plus faibles sont les « harmoniques ». C'est cette accumulation d'harmoniques qui donne la couleur au son, son timbre, qui fait qu'un piano ne sonne pas comme un violon. Par exemple, si l'on joue un ''do''<sup>1</sup><ref>Pour la notation des octaves, voir ''[[../Représentation_musicale#Désignation_des_octaves|Représentation musicale > Désignation des octaves]]''.</ref> (fondamentale), on entend le ''do''<sup>2</sup> (une octave plus aigu), puis un ''sol''<sup>2</sup>, puis encore un ''do''<sup>3</sup> plus aigu, puis un ''mi''<sup>3</sup>, puis encore un ''sol''<sup>3</sup>, puis un ''si''♭<sup>3</sup>…
Ainsi, puisque lorsque l'on joue un ''do'' on entend aussi un ''sol'' très léger, alors jouer un ''do'' et un ''sol'' simultanément n'est pas choquant. De même pour ''do'' et ''mi''. De là vient la notion de consonance.
Le statut du ''si''♭ est plus ambigu. Il fait partie des harmoniques qui sonnent naturellement, mais il forme une seconde descendante avec le ''do'', intervalle dissonant. Par ailleurs, on remarque que le ''si''♭ ne fait pas partie de la gamme de ''do'' majeur, contrairement au ''sol'' et au ''mi''.
Pour le jeu sur les dissonances, on peut écouter par exemple la ''Toccata'' en ''ré'' mineur, op. 11 de Sergueï Prokofiev (1912).
: {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=AVpnr8dI_50 |titre=Yuja Wang Prokofiev Toccata |site=YouTube |date=2019-02-26 |consulté le=2021-12-19}}
== Contrepoint ==
Dans le chant grégorien, la notion d'accord n'existe pas. L'harmonie provient de la superposition de plusieurs mélodies, notamment dans ce que l'on appelle le « contrepoint ».
Le terme provient du latin ''« punctum contra punctum »'', littéralement « point par point », et désigne le fait que les notes de chaque voix se correspondent.
L'exemple le plus connu de contrepoint est le canon, comme ''Frère Jacques'' ou bien ''Vent frais, vent du matin'' présenté ci-dessus : chaque note d'un couplet correspond à une note du couplet précédent.
Certains morceaux sont bâtis sur une écriture « en miroir » : l'ordre des notes est inversé entre les deux voix, ou bien les intervalles sont inversés (« mouvement contraire » : une tierce montante sur une voix correspond à une tierce descendante sur l'autre).
On peut également citer le « mouvement oblique » (une des voix, le bourdon, chante toujours la même note) et le mouvement parallèle (les deux voix chantent le même air mais transposé, l'une est plus aiguë que l'autre).
Nous reproduisons ci-dessous le début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut canon.svg | vignette | center | upright=2 | Début du second ''Allergo'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut.midi | vignette | Début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
Nous avons mis en évidence la construction en canon avec des encadrés de couleur : sur les quatre premières mesures, nous voyons trois thèmes repris alternativement par une voix et par l'autre. Ce type de procédé est très courant dans la musique baroque.
Les procédés du contrepoint s'appliquent également à la danse :
* unisson : les danseurs et danseuses font les mêmes gestes en même temps ;
* répétition : le fait de répéter une série de gestes, une « phrase dansante » ;
* canon : les gestes sont faits avec un décalage régulier d'un danseur ou d'une danseuse à l'autre ;
* cascade : forme de canon dans laquelle le décalage est très petit ;
* contraste : deux danseur·euses, ou deux groupes, ont des gestuelles très différentes ;
* accumulation : la gestuelle se complexifie par l'ajout d'éléments au fur et à mesure ; ou bien le nombre de danseur·euses augmente ;
* dialogue : les gestes de danseur·euses ou de groupes se répondent ;
* contre-point : la gestuelle d'un ou une danseuse se superpose à la gestuelle d'un groupe ;
* lâcher-rattraper : les danseurs et danseuses alternent danse à l'unisson et gestuelles indépendantes.
: {{lien web
| url=https://www.youtube.com/watch?v=wgblAOzedFc
| titre=Les procédés de composition en danse
| auteur= Doisneau Sport TV
| site=YouTube
| date=2020-03-16 | consulté le=2021-01-21
}}
{{...}}
== Ostinato ==
L'ostinato, mot italien signifiant « obstiné », c'est le fait de jouer en boucle un passage. L'ostinato peut ainsi former une structure autour de laquelle peut se développer le morceau. Lorsque l'ostinato est joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, viole de gambe basse, flûte à bec basse, main gauche du piano…), on parle de basse obstinée. Les grilles d'accord en jazz sont des ostinatos (ou ostinati) joués par la section rythmique.
Exemples :
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=QZpGe5rNJkI&t=41s |titre=Epic Patty Cake Song (I'll Think Of You) |auteur=
Kurt Hugo Schneider |site=YouTube |date=2014-08-12 |consulté le=2026-01-24}} : un ostinato de percussions corporelles ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=Kv-37-nXC48 |titre=Pow Wow ''Le lion est mort ce soir'' Les Victoires de la Musique 1993 |auteur=Solomon Linda |date=2015-02-02 |consulté le=2026-01-24}} : dans ce chant ''a capella'' (sans accompagnement d'instrument), les voix de basse forment une basse obstinée, sur les syllabes « oëap » durant le couplet et « awimbowé » sur le refrain ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=JvNQLJ1_HQ0 |titre=Pachelbel Canon in D Major - the original and best version. |auteur=Voices of Music |site=YouTube |date=2008-09-02 |consulté le=2026-01-24}} : le ''Canon de Pachelbel de ''ré'' mineur'' (''Canon per tre Violini e Basso'', Johann Pachelbel, vers 1680) est construit sur une basse obstinée de huit mesures.
== Les accords en général ==
Initialement, on a des chants polyphoniques, des voix qui chantent chacune une mélodie, les mélodies se mêlant. On remarque que certaines superpositions de notes sonnent de manière plus ou moins agréables, consonantes ou dissonantes. On en vient alors à associer ces notes, c'est-à-dire à considérer dès le départ la superposition de ces notes et non pas la rencontre de ces notes au gré des mélodies. Ces groupes de notes superposées forment les accords. En Europe, cette notion apparaît vers le {{pc|xiv}}<sup>e</sup> siècle avec notamment la ''[[wikipedia:fr:Messe de Notre Dame|Messe de Notre Dame]]'' de Guillaume de Machaut (vers 1360-1365). La notion « d'accord parfait » est consacrée par [[wikipedia:fr:Jean-Philippe Rameau|Jean-Philippe Rameau]] dans son ''Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels'', publié en 1722.
=== Qu'est-ce qu'un accord ? ===
Un accord est un ensemble d'au minimum trois notes jouées en même temps. « Jouées » signifie qu'il faut qu'à un moment donné, elles sonnent en même temps, mais le début ou la fin des notes peut être à des instants différents.
Considérons que l'on joue les notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' en même temps. Cet accord s'appelle « accord de ''do'' majeur ». En musique classique, on lui adjoint l'adjectif « parfait » : « accord parfait de ''do'' majeur ».
Nous représentons ci-dessous trois manière de faire l'accord : avec trois instruments jouant chacun une note :
[[Fichier:Do majeur trois portees.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur avec trois instruments différents.]]
Avec un seul instrument jouant simultanément les trois notes :
[[Fichier:Chord C.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur joué par un seul instrument.]]
L'accord tel qu'il est joué habituellement par une guitare d'accompagnement :
[[Fichier:Do majeur guitare.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur à la guitare.]]
Pour ce dernier, nous représentons le diagramme indiquant la position des doigts sur le manche au dessus de la portée et la tablature en dessous. Ici, c'est au total six notes qui sont jouées : ''mi'' grave, ''do'' médium, ''mi'' médium, ''sol'' médium, ''do'' aigu, ''mi'' aigu. Mais il s'agit bien des trois notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' jouées à des octaves différentes. Nous remarquons également que la note de basse (la note la plus grave), ''mi'', est différente de la note fondamentale (celle qui donne le nom à l'accord), ''do'' ; l'accord est dit « renversé » (voir plus loin).
=== Comment joue-t-on un accord ? ===
Les notes ne sont pas forcément jouées en même temps ; elles peuvent être « égrainées », jouée successivement, ce que l'on appelle un arpège. La partition ci-dessous montre six manières différentes de jouer un accord de ''la'' mineur à la guitare, plaqué puis arpégé.
[[Fichier:La mineur differentes executions.svg|class=transparent|center|Différentes exécution de l'accord de do majeur à la guitare.]]
[[Fichier:La mineur differentes executions midi.midi|vignette|Différentes exécution de l'accord de la mineur à la guitare.]]
Vous pouvez écouter l'exécution de cette partition avec le lecteur ci-contre.
Seuls les instruments polyphoniques peuvent jouer les accords plaqués : instruments à clavier (clavecin, orgue, piano, accordéon), les instruments à plusieurs cordes pincées (harpe, guitare ; violon, alto, violoncelle et contrebasse joués en pizzicati). Les instruments à corde frottés de la famille du violon peuvent jouer des notes par deux à l'archet mais pas plus du fait de la forme bombée du chevalet ; cependant, un mouvement rapide permet de jouer les quatre cordes de manière très rapprochée. Les instruments à percussion de type xylophone ou le tympanon permettent de jouer jusqu'à quatre notes simultanément en tenant deux baguettes (mailloches, maillets) par main.
Tous les instruments peuvent jouer des arpèges même si, dans le cas des instruments monodiques, les notes ne continuent pas à sonner lorsque l'on passe à la note suivante.
L'arpège peut être joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, contrebasse, guitare basse, pédalier de l'orgue…), notamment dans le cas d'une basse continue ou d'une ''{{lang|en|walking bass}}'' (« basse marchante » : la basse joue des noires, donnant ainsi l'impression qu'elle marche).
En jazz, et spécifiquement au piano, on a recours au ''{{lang|en|voicing}}'' : on choisit la manière dont on organise les notes pour donner une couleur spécifique, ou bien pour créer une mélodie en enchaînant les accords. Il est fréquent de ne pas jouer toutes les notes : si on n'en garde que deux, ce sont la tierce et la septième, car ce sont celles qui caractérisent l'accord (selon que la tierce est mineure ou majeure, que la septième est majeure ou mineure), et la fondamentale est en général jouée par la contrebasse ou guitare basse.
{{clear}}
=== Classes d'accord ===
[[Fichier:Intervalles harmoniques accords classes.svg|vignette|upright=1.5|Intervalles harmoniques dans les accords classés de trois, quatre et cinq notes.]]
Un accord composé d'empilement de tierces est appelé « accord classé ». En musique tonale, c'est-à-dire la musique fondée sur les gammes majeures ou mineures (cas majoritaire en musique classique), on distingue trois classes d'accords :
* les accords de trois notes, ou triades, ou accords de quinte ;
* les accords de quatre notes, ou accords de septième ;
* les accords de cinq notes, ou accords de neuvième.
En empilant des tierces, si l'on part de la note fondamentale, on a donc de intervalles de tierce, quinte, septième et neuvième.
En musique tonale, les accords avec d'autres intervalles (hors renversement, voir ci-après), typiquement seconde, quarte ou sixte, sont considérés comme des transitions entre deux accords classés. Ils sont appelés, selon leur utilisation, « accords à retard » (en anglais : ''{{lang|en|suspended chord}}'', accord suspendu) ou « appoggiature » (note « appuyée », étrangère à l'harmonie). Voir aussi plus loin la notion de note étrangère.
=== Renversements d'accords ===
[[File:Accord do majeur renversements.svg|thumb|Accord parfait de do majeur et ses renversements.]]
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur.svg|vignette|upright=0.6|Progression accord de dominante renversé → accord parfait en ''do'' majeur.]]
Un accord classé est donc un empilement de tierces. Si l'on change l'ordre des notes, on a toujours le même accord mais il est fait avec d'autres intervalles harmoniques. Par exemple, l'accord parfait de ''do'' majeur dans son état fondamental, c'est-à-dire non renversé, s'écrit ''do'' - ''mi'' - ''sol''. Sa note fondamentale, ''do'', est aussi se note de basse.
Si maintenant on prend le ''do'' de l'octave supérieure, l'accord devient ''mi - sol - do'' ; c'est l'empilement d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une quarte ''(sol - do)'', soit la superposition d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une sixième ''(mi - do)''. C'est le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur ; la fondamentale est toujours ''do'' mais la basse est ''mi''. Le second renversement est ''sol - do - mi''.
L'utilisation de renversement peut faciliter l'exécution de la progression d'accord. Par exemple, en tonalité ''do'' majeur, si l'on veut passer de l'accord de dominante ''sol - si - ré'' à l'accord parfait ''do - mi - sol'', alors on peut utiliser le second renversement de l'accord de dominante : ''ré - sol - si'' → ''do - mi - sol''. Ainsi, la basse descend juste d'un ton ''(ré → do)'' et sur un piano, la main reste globalement dans la même position.
Le renversement d'un accord permet également de respecter certaines règles de l'harmonie classique, notamment éviter que des voix se suivent strictement (« mouvement parallèle »), ce qui aurait un effet de platitude.
De manière générale, la notion de renversement permet deux choses :
* d'enrichir l'œuvre : pour créer une harmonie donnée (c'est-à-dire des sons sonnant bien ensemble), nous avons plus de souplesse, nous pouvons organiser ces notes comme nous le voulons selon les voix ;
* de simplifier l'analyse : quelle que soit la manière dont sont organisées les notes, cela nous ramène à un même accord.
{{citation bloc|Or il, y a plusieurs manières de jouer un accord, selon que l'on aborde par la première note qui le constitue, ''do mi sol'', la deuxième, ''mi sol do'', ou la troisième note, ''sol do mi''. Ce sont les renversements, [que Rameau] va classer en différentes combinaisons d'une seule matrice. Faisant cela, Rameau divise le nombre d'accords [de septième] par quatre. Il simplifie, il structure […].|{{ouvrage|prénom1=André |nom1=Manoukian |titre=Sur les routes de la musique |éditeur=Harper Collins |année=2021 |passage=54 |isbn=979-1-03391201-9}} }}
{{clear}}
[[File:Plusieurs realisation 1er renversement doM.svg|thumb|Plusieurs réalisation du premier renversement de l'accord de ''do'' majeur.]]
Notez que
# Les notes peuvent être répétées plusieurs fois, à différentes octaves.
# Dans la notion de renversement, seule importe en fait la note de basse. Ainsi, les accords ''mi-sol-do'', ''mi-do-sol'', ''mi-do-mi-sol'', ''mi-sol-mi-do''… sont tous une déclinaison du premier renversement de ''do-mi-sol'' et ils seront abrégés de la même manière (''mi''<sup>6</sup> en musique classique ou C/E en musique populaire et jazz, voir plus bas).
{{clear}}
== Notation des accords de trois notes ==
Les accords de trois notes sont appelés « accords de quinte » en classique, et « triades » en jazz.
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage.svg|vignette|upright=0.7|Chiffrage du second renversement d'un accord de ''sol'' majeur et d'un accord de ''do'' majeur : notation en musique populaire et jazz (haut) et notation de basse chiffrée (bas).]]
Les accords sont construits de manière systématique. Nous pouvons donc les représenter de manière simplifiée. Cette notation simplifiée des accords est appelée « chiffrage ».
Reprenons la progression d'accords ci-dessus : « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » dans la tonalité de ''do'' majeur. On utilise en général trois notations différentes :
* en musique populaire, jazz, rock… un accord est désigné par sa note fondamentale ; ici donc, les accords sont notés « ''sol'' - ''do'' » ou, en notation anglo-saxonne, « G - C » ;<br /> comme le premier accord est renversé, on indique la note de basse après une barre, la progression d'accords est donc chiffrée '''« ''sol''/''ré'' - ''do'' »''' ou '''« G/D - C »''' ;<br /> il s'agit ici d'accords composés d'une tierce majeure et d'une quinte juste ; si les accords sont constitués d'intervalles différents, nous ajoutons un symbole après la note : « m » ou « – » si la tierce est mineure, « dim » ou « ° » si la quinte est diminuée ;
* en musique classique, on utilise la notation de « basse chiffrée » (utilisée notamment pour noter la basse continue en musique baroque) : on indique la note de basse sur la portée et on lui adjoint l'intervalle de la fondamentale à la note la plus haute (donc ici respectivement 6 et 5, puisque ''sol''-''si'' est une sixte et ''do''-''sol'' est une quinte), étant sous-entendu que l'on a des empilements de tierce en dessous ; mais dans le cas du premier accord, le premier intervalle n'est pas une tierce, mais une quarte ''(ré''-''sol)'', on note donc '''« ''ré'' <sup>6</sup><sub>4</sub> - ''do'' <sup>5</sup> »'''<ref>quand on ne dispose pas de la notation en supérieur (exposant) et inférieur (indice), on utilise parfois une notation sous forme de fraction : ''sol'' 6/4 et ''do'' 5/.</ref> ;
* lorsque l'on fait l'analyse d'un morceau, on s'attache à identifier la note fondamentale de l'accord (qui est différente de la basse dans le cas d'un renversement) ; on indique alors le degré de la fondamentale : '''« {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub>4</sub> - I<sup>5</sup>}} »'''.
La notation de basse chiffrée permet de construire l'accord à la volée :
* on joue la note indiquée (basse) ;
* s'il n'y a pas de 2 ni de 4, on lui ajoute la tierce ;
* on ajoute les intervalles indiqués par le chiffrage.
La notation de musique jazz oblige à connaître la composition des différents accords, mais une fois que ceux-ci sont acquis, il n'y a pas besoin de reconstruire l'accord.
La notation de basse chiffrée avec les chiffres romains n'est pas utilisée pour jouer, mais uniquement pour analyser ; Sur les partitions avec basse chiffrée, il y a simplement les chiffrages indiqués au-dessus de la partie de basse. Le chiffrage avec le degré en chiffres romains présente l'avantage d'être indépendant de la tonalité et donc de se concentrer sur la fonction de l'accord au sein de la tonalité. Par exemple, ci-dessous, nous pouvons parler de la progression d'accords « {{Times New Roman|V - I}} » de manière générale, cette notation étant valable quelle que soit la tonalité.
[[File:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage basse continue.svg|thumb|Chiffrage en notation basse chiffrée de la progression d'accords « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » en do majeur.]]
{{note|En notation de base continue avec fondamentale en chiffres romains, la fondamentale est toujours indiquée ''sous'' la portée de la partie de basse. Les intervalles sont indiqués au-dessus de la portée de la partie de basse ; lorsque l'on fait une analyse, on peut ayssi les indiquer à côté du degré en chiffres romains, donc sous la portée de la basse.}}
{{note|En notation rock, le 5 en exposant indique un accord incomplet avec uniquement la fondamentale et la quinte, un accord sans tierce appelé « accord de puissance » ou ''{{lang|en|power chord}}''. Par exemple, C<sup>5</sup> est l'accord ''do-sol''.}}
{{clear}}
[[Fichier:Accords parfait do majeur basse chiffree fondamental et renverse.svg|vignette|upright=2.5|Chiffrage de l'accord parfait de ''do'' majeur en basse chiffrée, à l'état fondamental et ses renversements.]]
Concernant les accords parfaits en notation de basse chiffrée :
* un accord parfait à l'état fondamental est chiffré « <sup>5</sup> » ; on l'appelle « accord de quinte » ;
* le premier renversement est chiffré « <sup>6</sup> » (la tierce est implicite) ; on l'appelle « accord de sixte » ;
* le second renversement est noté « <sup>6</sup><sub>4</sub> » ; on l'appelle « accord de sixte et de quarte » (ou bien « de quarte et de sixte »).
Par exemple, pour l'accord parfait de ''do'' majeur :
* l'état fondamental ''do''-''mi''-''sol'' est noté ''do''<sup>5</sup> ;
* le premier renversement ''mi''-''sol''-''do'' est noté ''mi''<sup>6</sup> ;
* le second renversement ''sol''-''do''-''mi'' est noté ''sol''<sup>6</sup><sub>4</sub>.
Il y a une exception : l'accord construit sur la sensible (7{{e}} degré) contient une quinte diminuée et non une quinte juste. Le chiffrage est donc différent :
* l'état fondamental ''si''-''ré''-''fa'' est noté ''si''<sup><s>5</s></sup> (cinq barré), « accord de quinte diminuée » ;
* le premier renversement ''ré''-''fa''-''si'' est noté ''ré''<sup>+6</sup><sub>3</sub>, « accord de sixte sensible et tierce » ;
* le second renversement ''fa''-''si''-''ré'' est noté ''fa''<sup>6</sup><sub>+4</sub>, « accord de sixte et quarte sensible ».
Par ailleurs, on ne considère pas qu'il est fondé sur la sensible, mais sur la dominante. Si certains indiquent le degré {{Times New Roman|VII}}, d'autres indiquent le degré {{Times New Roman|V}} en mettant des guillemets, « {{Times New Roman|“V”}} ». Donc selon l'état, le chiffrage est {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}} ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}.
En notation jazz, on ajoute « dim », « <sup>o</sup> » ou bien « <sup>♭5</sup> » au chiffrage, ici : B dim, B<sup>o</sup> ou B<sup>♭5</sup> pour l'état fondamental. Pour les renversements : B dim/D et B dim/F ; ou bien B<sup>o</sup>/D et B<sup>o</sup>/F ; ou bien B<sup>♭5</sup>/D et B<sup>♭5</sup>/F.
{{clear}}
[[Fichier:Accords basse chiffree basse do fondamental et renverses.svg|vignette|upright=2|Basse chiffrée : accords de quinte, de sixte et de sixte et de quarte ayant pour basse ''do''.]]
Et concernant les accords ayant pour basse ''do'' en tonalité de ''do'' majeur :
* l'accord ''do''<sup>5</sup> est un accord à l'état fondamental, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''sol'' (sa fondamentale est ''do'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup> est le premier renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''la'' (sa fondamentale est ''la'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup><sub>4</sub> est le second renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''fa''-''la'' (sa fondamentale est ''fa'').
{{clear}}
== Notes étrangères ==
La musique européenne s'appuie essentiellement sur des accords parfaits, c'est-à-dire fondés sur une tierce majeure ou mineure, et une quinte juste. Il arrive fréquemment qu'un accord ne soit pas un accord parfait. Les notes qui font partie de l'accord parfait sont appelées « notes naturelles » et la note qui n'en fait pas partie est appelée « note étrangère ».
Il existe plusieurs types de notes étrangères :
* anticipation : la note étrangère est une note naturelle de l'accord suivant ;
* appogiature : note d'ornementation qui se résout par mouvement conjoint, c'est-à-dire qu'elle est suivie par une note située juste au-dessus ou en dessous (seconde ascendante ou descendante) qui est, elle, une note naturelle ;
* broderie : on part d'une note naturelle, on monte ou on descend d'une seconde, puis on revient sur la note naturelle ;
* double broderie : on part d'une note naturelle, on joue la note du dessus puis la note du dessous avant de revenir à la note naturelle ; ou bien on joue la note du dessous puis la note du dessus ;
* échappée : note étrangère n'appartenant à aucune des autres catégories ;
* note de passage : mouvement conjoint allant d'une note naturelle d'un accord à une note naturelle de l'accord suivant ;
* pédale : la note de basse reste la même pendant plusieurs accords successifs ;
* retard : la note étrangère est une note naturelle de l'accord précédent.
Les notes étrangères ne sont pas chiffrées.
[[File:Notes etrangeres accords.svg|center|Différents types de notes étrangères.]]
{{note|Les anglophones distinguent deux types de retard : la ''{{lang|en|suspension}}'' est résolue vers le haut (le mouvement est ascendant), le ''{{lang|en|retardation}}'' est résolu vers le bas (le mouvement est descendant).}}
== Principaux accords ==
Les trois principaux accords sont :
* l'accord parfait majeur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (médiante) et {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ; il est noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ;
* l'accord parfait mineur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique) et {{Times New Roman|IV}} (sous-tonique) d'une gamme mineure harmonique ; il est également noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, les anglo-saxons le notent {{Times New Roman|i}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|iv}}<sup>5</sup> (la minuscule indiquant le caractère mineur) ;
* l'accord de septième de dominante : il est construit sur le degré {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ou mineure harmonique ; il est noté {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>.
On peut trouver ces trois accords sur d'autres degrés, et il existe d'autre types d'accords. Nous verrons cela plus loin.
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Accord parfait majeur
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord parfait mineur
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième de dominante
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Triade majeure
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Triade mineure
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| border="0"
|-
| [[Fichier:Accord do majeur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' majeur (C).]] || [[Fichier:Accord do mineur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' mineur (Cm).]] || [[Fichier:Accord do septieme arpege puis plaque.midi | Accord de septième de dominante de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).]]
|-
| Accord parfait<br /> de ''do'' majeur (C). || Accord parfait<br /> de ''do'' mineur (Cm). || Accord de septième de dominante<br /> de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).
|}
'''Rappel :'''
* la tierce mineure est composée d'un ton et demi (1 t ½) ;
* la tierce majeur est composée de deux tons (2 t) ;
* la quinte juste a la même altération que la fondamentale, sauf lorsque la fondamentale est ''si'' (la quinte juste est alors ''fa''♯) ;
* la septième mineure est le renversement de la seconde majeure (1 t).
[[File:Renversements accords pft fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord parfait de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
[[File:Renversements accord sept de dom fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord de septième de dominante de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en musique classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | État<br /> fondamental
! scope="col" | Premier<br /> renversement
! scope="col" | Deuxième<br /> renversement
! scope="col" | Troisième<br /> renversement
|-
! scope="row" | Accord parfait
| {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}<br/> acc. de quinte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}}<br :> acc. de sixte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub>}}<br /> acc. de quarte et de sixte || —
|-
! scope="row" | Accord de septième<br /> de dominante
| {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}<br /> acc.de septième de dominante || {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}<br />acc. de sixte et quinte diminuée || {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}<br />acc. de sixte sensible || {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}<br />acc. de quarte sensible<br />acc. de triton
|}
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | Chiffrage
! scope="col" | Renversements
|-
! scope="row" | Triade majeure
| X
| rowspan="3" | Les renversements se notent en mettant la basse après une barre de fraction, par exemple pour la triade de ''do'' majeur :
* état fondamental : C ;
* premier renversement : C/E ;
* second renversement : C/G.
|-
! scope="row" | Triade mineure
| Xm, X–
|-
! scope="row" | Septième
| X<sup>7</sup>
|}
{{clear}}
Dans le cas d'un accord de septième de dominante, le nom de l'accord change selon que l'on est en musique classique ou en jazz : en musique classique, on donne le nom de la tonalité alors qu'en jazz, on donne le nom de la fondamentale. Ainsi, l'accord appelé « septième de dominante de ''do'' majeur » en musique classique, est appelé « ''sol'' sept » (G<sup>7</sup>) en jazz : la dominante (degré {{Times New Roman|V}}, dominante) de la tonalité de ''do'' majeur est la note ''sol''.
Comment appelle-t-on en musique classique l'accord appelé « ''do'' sept » (C<sup>7</sup>) en jazz ? Les tonalités dont le ''do'' est la dominante sont les tonalités de ''fa'' majeur (''si''♭ à la clef) et de ''fa'' mineur harmonique (''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ et ''ré''♭ à la clef et ''mi''♮ accidentel). Il s'agit donc de l'accord de septième de dominante des tonalités de ''fa'' majeur et ''fa'' mineur harmonique.
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités majeures
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''Do'' majeur || || C<br />''do-mi-sol'' || G7<br />''sol-si-ré-fa''
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G<br />''sol-si-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D<br />''ré-fa''♯''-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A<br />''la-do''♯''-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F<br />''fa-la-do'' || C7<br />''do-mi-sol-si''♭
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭<br />''si''♭''-ré-fa'' || F7<br />''fa-la-do-mi''♭
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭<br />''mi''♭''-sol-si''♭ || B♭7<br />''si''♭''-ré-fa-la''♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités mineures harmoniques
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''La'' mineur<br />harmonique || || Am, A–<br />''la-do-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
|''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || Em, E–<br />''mi-sol-si'' || B7<br />''si-ré''♯''-fa''♯''-la''
|-
|''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || Bm, B–<br />''si-ré-fa''♯ || F♯7<br />''fa''♯''la''♯''-do''♯''-mi''
|-
|''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || F♯m, F♯–<br />''fa''♯''-la-do''♯ || C♯7<br />''do''♯''-mi''♯''-sol''♯''-si''
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || Dm, D–<br />''ré-fa-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || Gm, G–<br />''sol-si''♭''-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || Cm, C–<br />''do-mi''♭''-sol'' || G7<br />''sol-si''♮''-ré-fa''
|}
{{clear}}
== Accords sur les degrés d'une gamme ==
=== Harmonisation d'une gamme ===
[[Fichier:Accord trois notes gamme do majeur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois note sur la gamme de ''do'' majeur, chiffrés.]]
On peut ainsi construire une triade par degré d'une gamme.
Pour une gamme majeure, les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|II<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|III<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|iii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|vi<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords ont tous une quinte juste à l'exception de l'accord {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} qui a une quinte diminuée, raison pour laquelle le « 5 » est barré. C'est un accord dit « de quinte diminuée ». En jazz, l'accord diminué est noté « dim », « ° », « m<sup>♭5</sup> » ou « <sup>–♭5</sup> ».
Nous avons donc trois types d'accords (dans la notation jazz) : X (triade majeure), Xm (triade mineure) et X° (triade diminuée), la lettre X remplaçant le nom de la note fondamentale.
{{clear}}
[[Fichier:Accord trois notes gamme la mineur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois notes sur une gamme de ''la'' mineur harmonique, chiffrés.]]
Pour une gamme mineure harmonique, les accords {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}}, {{Times New Roman|V<sup>♯</sup>}} et {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|II<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une quinte diminuée ; ce sont des accords dits « de quinte diminuée ». L'accord {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} a une quinte augmentée ; le signe « plus » indique que la note de cinquième, le ''sol'' dièse, est la sensible. En jazz, l'accord est noté « aug » ou « <sup>+</sup> ». Les autres accords ont une quinte juste.
Aux trois accords générés par une gamme majeure (X, Xm et X°), nous voyons ici apparaître un quatrième type d'accord : la triade augmentée X<sup>+</sup>.
Nous remarquons que des gammes ont des accords communs. Par exemple, l'accord {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}} de ''do'' majeur est identique à l'accord {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} de ''la'' mineur (il s'agit de l'accord Dm).
Quel que soit le mode, les accords construits sur la sensible (accord de quinte diminuée) sont rarement utilisés. S'ils le sont, c'est en tant qu'accord de septième de dominante sans fondamentale (voir ci-après). C'est la raison pour laquelle le chiffrage indique le degré {{Times New Roman|V}} entre guillemets, et non pas le degré {{Times New Roman|VII}} (mais pour des raisons de clarté, nous l'indiquons entre parenthèses au début).
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|iii<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé (voir plus loin ''[[#Progression_d'accords|Progression d'accords]]''). C'est un accord considéré comme dissonant.
On voit que :
* un accord parfait majeur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br /> par exemple l'accord parfait de ''do'' majeur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré de la gamme de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur ;
* un accord parfait mineur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br />par exemple l'accord parfait de ''la'' mineur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> de la gamme de ''la'' mineur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur ;
* un accord de quinte diminuée peut appartenir à trois gammes différentes ;<br />par exemple, l'accord de quinte diminuée de ''si'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur et sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' mineur ;
* un accord de quinte augmentée (à l'état fondamental) ne peut appartenir qu'à une seule gamme ;<br /> par exemple, l'accord de quinte augmentée de ''do'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur.
{| class="wikitable"
|+ Notation jazz des triades
|-
| rowspan="2" colspan="2" |
! scope="col" colspan="2" | Tierce
|-
! scope="col" | 3m
! scope="col" | 3M
|-
! rowspan="3" | Quinte
! scope="row" | 5d
| Xᵒ, X<sub>m</sub><sup>(♭5)</sup> ||
|-
! scope="row" | 5J
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | 5A
| || X+, X<sup>(♯5)</sup>
|}
=== Harmonisation par des accords de septième ===
[[Fichier:Harmonisation gamme do majeur par septiemes chiffre.svg|vignette|upright=2|Harmonisation de la gamme de do majeur par des accords de septième.]]
Les accords de septième contiennent une dissonance et créent ainsi une tension. Ils sont très utilisés en jazz. Nous avons représenté ci-contre l'harmonisation de la gamme de ''do'' majeur.
La constitution des accords est la suivantes :
* tierce majeure (3M)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure (7m) : sur le degré V, c'est l'accord de septième de dominante V<sup>7</sup><sub>+</sub>, noté X<sup>7</sup> (X pour G),
*** septième majeure (7M) : sur les degrés I et IV, appelés « accords de septième majeure » et notés aussi X<sup>maj7</sup> ou X<sup>Δ</sup> (X pour C ou F) ;
* tierce mineure (3m)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure : sur les degrés ii, iii et vi, appelés « accords mineur septième » et notés Xm<sup>7</sup> ou X–<sup>7</sup> (X pour D, E ou A),
** quinte diminuée (5d)
*** septième mineure (7m) : sur le degré vii, appelé « accord demi-diminué » (puisque seule la quinte est diminuée) et noté X<sup>∅</sup> ou Xm<sup>7(♭5)</sup> ou X–<sup>7(♭5)</sup> (X pour B) ;<br /> en musique classique, on considère que c'est un accord de neuvième de dominante sans fondamentale.
Nous avons donc quatre types d'accords : X<sup>7</sup>, X<sup>maj7</sup>, Xm<sup>7</sup> et X<sup>∅</sup>
En jazz, on ajoute souvent la quarte à l'accord de sous-dominante IV (sur le ''fa'' dans une gamme de ''do'' majeur) ; il s'agit ici d'une quarte augmentée (''fa''-''si'') et l'accord est surnommé « accord lydien » mais cette dénomination est erronée (il s'agit d'une mauvaise interprétation de textes antiques). C'est un accord de onzième sans neuvième (la onzième étant l'octave de la quarte), il est noté X<sup>maj7(♯11)</sup> ou X<sup>Δ(♯11)</sup> (ici, F<sup>maj7(♯11)</sup>, ''fa''-''la''-''do''-''mi''-''si'' ou ''fa''-''la''-''si''-''do''-''mi'').
{| class="wikitable"
|+ Chiffrage jazz des accords de septième
|-
! scope="col" rowspan="2" | Tierce
! scope="col" rowspan="2" | Quinte
! scope="col" colspan="2" | Septième
|-
! scope="col" | 7m
! scope="col" | 7M
|-
| rowspan="2" | 3m
| 5d || X<sup>∅</sup>, X<sub>m</sub><sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 5J
| X<sub>m</sub><sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 3M
| X<sup>7</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
| 5A || || X<sub>+</sub><sup>maj7</sup>, X<sub>+</sub><sup>Δ</sup>
|}
=== Modulation et emprunt ===
Un morceau peut comporter des changements de tonalité; appelés « modulation ». Il y a parfois un court passage dans une tonalité différente, typiquement sur une ou deux mesures, avant de retourner dans la tonalité d'origine : on parle d'emprunt. Lorsqu'il y a une modulation ou un emprunt, les degrés changent. Un même accord peut donc avoir une fonction dans une partie du morceau et une autre fonction ailleurs. L'utilisation d'accord différents, et en particulier d'accord utilisant des altérations accidentelles, indique clairement une modulation.
Nous avons vu précédemment que les modulations courantes sont :
* les modulations dans les tons voisins ;
* les modulations homonymes ;
* les marches harmoniques.
Une modulation entre une tonalité majeure et mineure change la couleur du passage,
* la modulation la plus « douce » est entre les tonalités relatives (par exemple''do'' majeur et ''la'' mineur) car ces tonalités utilisent quasiment les mêmes notes ;
* la modulation la plus « voyante » est la modulation homonyme (par exemple entre ''do'' majeur et ''do'' mineur).
Une modulation commence souvent sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité.
Pour analyser un œuvre, ou pour improviser sur une partie, il est important de reconnaître les modulations. La description de la successind es tonalités s'appelle le « parcours tonal ».
=== Exercices élémentaires ===
L'apprentissage des accords passe par quelques exercices élémentaires.
'''1. Lire un accord'''
Il s'agit de lecture de notes : des notes composant les accords sont écrites « empilées » sur une portée, il faut les lire en énonçant les notes de bas en haut.
'''2. Reconnaître la « couleur » d'un accord'''
On écoute une triade et il faut dire si c'est une triade majeure ou mineure. Puis, on complexifie l'exercice en ajoutant la septième.
'''3. Chiffrage un accord'''
Trouver le nom d'un accord à partir des notes qui le composent.
'''4. Réalisation d'un accord'''
Trouver les notes qui composent un accord à partir de son nom.
'''5. Dictée d'accords'''
On écoute une succession d'accords et il faut soit écrire les notes sur une portée, soit écrire les noms de accords.
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree.svg|thumb|Exercice : constitution d'accord à partir de la basse chiffrée.]]
'''Exercices de basse chiffrée'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant à la basse chiffrée. Déterminer le degré de la fondamentale pour chaque accord en considérant que nous sommes dans la tonalité de ''sol'' majeur.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# La note de basse est un ''do''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''mi'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>5</sup> » indique que c'est un accord dans son état fondamental (l'écart entre deux notes consécutives ne dépasse pas la tierce), la fondamentale est donc la basse, ''do'', qui est le degré IV de la tonalité.
# La note de basse est un ''si''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''ré'', puis nous appliquons le chiffrage 6 et ajoutons la sixte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>6</sup> » indique que c'est un accord dans son premier renversement. En le remettant dans son état fondamental, nous obtenons ''sol-si-ré'', la fondamentale est donc la tonique, le degré I.
# La note de basse est un ''la''. Nous ajoutons la tierce (chiffre 3), ''do'', et la sixte (6), ''fa''♯. Nous vérifions que le ''fa''♯ est la sensible (signe +)<br />Nous voyons un « blanc » entre les notes ''do'' et ''fa''♯. En descendant le ''fa''♯ à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''fa''♯, le degré VII. Nous pouvons le voir comme le deuxième renversement de l'accord de septième de dominante, sans fondamentale.
# La note de basse est un ''fa''♯. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''la'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''do'' ; nous vérifions qu'il s'agit bien d'une quinte diminuée (le 5 est barré). Nous appliquons le chiffre 6 et ajoutons la sixte, ''ré''.<br />Nous voyons que les notes ''do'' et ''ré'' sont conjointes (intervalle de seconde). En descendant le ''ré'' à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''ré-fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''ré'', le degré V. Nous constatons que l'accord chiffré est le premier renversement de l'accord de septième de dominante.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[Fichier:Exercice chiffrage accord basse chiffree.svg|vignette|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# On relève les intervalles en partant de la basse : tierce majeure (3M) et quinte juste (5J). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>5</sup><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''fa''<sup>5</sup>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est l'accord parfait sur la tonique de la tonalité de ''fa'' majeur dans son état fondamental, le chiffrage d'un accord parfait étant <sup>5</sup>.
# On relève les intervalles en partant de la basse : quarte juste (4J), sixte majeure (6M). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>6</sup><sub>4</sub>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est le second renversement de l'accord ''mi-sol-si'', sur la tonique de la tonalité de ''mi'' mineur, le chiffrage du second renversement d'un accord parfait étant <sup>6</sup><sub>4</sub>.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte diminuée (5d), sixte mineure (6m). Le chiffrage complet est donc ''mi''<sup>6</sup><small><s>5</s></small><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''mi''<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>.<br /> On reconnaît le premier renversement de l'accord ''do-mi-sol-si''♭, accord de septième de dominante de la tonalité de ''fa'' majeur.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte juste (5J), septième mineure (7m). Le chiffrage complet est donc ''ré''<sup>7</sup><small>5</small><sub>3</sub> ; c'est typique d'un accord de septième de dominante, son chiffrage est donc ''ré''<sup>7</sup><sub>+</sub>.<br /> On reconnaît l'accord de septième de dominante de la tonalité de ''sol'' mineur dans son état fondamental.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz.svg|thumb|Exercice : constitution d'un accord d'après son chiffrage en notation jazz.]]
'''Exercices de notation jazz'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant aux chiffrages.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Il s'agit de la triade majeure de ''do'' dans son état fondamental. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''do-mi-sol''.
# Il s'agit de la triade majeure de ''sol''. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''sol-si-ré''. On renverse l'accord afin que la basse soit le ''si'', l'accord est donc ''si-ré-sol''.
# Il s'agit de l'accord demi-diminué de ''fa''♯. Les intervalles sont la tierce mineure (3m), la quinte diminuée (5d) et la septième mineure (7m). Les notes sont donc ''fa''♯-''la-do-mi''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''la'', l'accord est donc ''a-do-mi-fa''♯.
# Il s'agit de l'accord de septième de ''ré''. Les intervalles sont donc la tierce majeure (3M), la quinte juste (5J) et la septième mineure (7m). Les notes sont ''ré-fa''♯''-la-do''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''fa''♯, l'accord est donc ''fa''♯''-la-do-ré''.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz.svg|thumb|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, c'est donc un empilement de tierces ; l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont une tierce majeure (''fa-la'' : 3M) et une quinte juste (''fa-do'' : 5J), c'est donc la triade majeure de ''fa''. Le chiffrage est F.
# Il y a un blanc dans l'empilement des notes, c'est donc un accord renversé. En permutant les notes pour n'avoir que des tierces, on trouve l'accord ''mi-sol-si''. Les intervalles sont une tierce mineure (''mi-sol'' : 3m) et une quinte juste (''mi-si'' : 5J), c'est donc la triade mineure de ''mi'' avec un ''si'' à la basse. Le chiffrage est Em/B ou E–/B.
# Il y deux notes conjointes, c'est donc un renversement. L'état fondamental de cet accord est ''do-mi-sol-si''♭. Les intervalles sont une tierce majeure (''do-mi'' : 3M), une quinte juste (''do-sol'' : 5J) et une septième mineure (''do-si''♭ : 7m). C'est donc l'accord de ''do'' septième avec un ''mi'' à la basse, chiffré C<sup>7</sup>/E.
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont la tierce mineure (''ré-fa'' : 3m), une quinte juste (''ré-la'' : 5J) et une septième mineure (''ré-do'' : 7m). C'est donc l'accord de ''ré'' mineur septième, chiffré Dm<sup>7</sup> ou D–<sup>7</sup>.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
== Harmonie fonctionnelle ==
Le choix des accords et de leur succession — la progression des accords — est un élément important d'un morceau, de sa composition. Le compositeur ou la compositrice a bien sûr une liberté totale, mais pour faire des choix, il faut comprendre les conséquences de ces choix, et donc ici, les effets produits par les accords et leur progression.
Une des manières d'aborder le sujet est l'harmonie fonctionnelle.
=== Les trois fonctions des accords ===
En harmonie tonale, on considère que les accords ont une fonction. Il existe trois fonctions :
* la fonction de tonique, {{Times New Roman|I}} ;
* la fonction de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}} ;
* la fonction de dominante, {{Times New Roman|V}}.
L'accord de tonique, {{Times New Roman|I}}, est l'accord « stable » de la tonalité par excellence. Il conclut en général les morceaux, et ouvre souvent les morceaux ; il revient fréquemment au cours du morceau.
L'accord de dominante, {{Times New Roman|V}}, est un accord qui introduit une instabilité, une tension. En particulier, il contient la sensible (degré {{Times New Roman|VI}}), qui est une note « aspirée » vers la tonique. Cette tension, qui peut être renforcée par l'utilisation d'un accord de septième, est fréquemment résolue par un passage vers l'accord de tonique. Nous avons donc deux mouvements typiques : {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} (création d'une tension, d'une attente) et {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (résolution d'une tension). Les accords de tonique et de dominante ont le cinquième degré en commun, cette note sert donc de pivot entre les deux accords.
L'accord de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}}, est un accord qui introduit lui aussi une tension, mais moins grande : il ne contient pas la sensible. Notons que s'il est une quarte au-dessus de la tonique, il est aussi une quinte en dessous d'elle ; il est symétrique de l'accord de dominante. Il a donc un rôle similaire à l'accord de dominante, mais atténué. L'accord de sous-dominante aspire soit vers l'accord de dominante, très proche, et l'on a alors une augmentation de la tension ; soit vers l'accord de tonique, un retour vers la stabilité (il a alors un rôle semblable à la dominante). Du fait de ces deux bifurcations possibles — augmentation de la tension ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}) ou retour à la stabilité ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}}) —, l'utilisation de l'accord de sous-dominante introduit un certain flottement : si l'on peut facilement prédire l'accord qui suit un accord de dominante, on ne peut pas prédire ce qui suit un accord de sous-dominante.
Notons que la composition ne consiste pas à suivre ces règles de manière stricte, ce qui conduirait à des morceaux stéréotypés et plats. Le plaisir d'écoute joue sur une alternance entre satisfaction d'une attente (respect des règles) et surprise (rompre les règles).
=== Accords remplissant ces fonctions ===
Les accords sur les autres degrés peuvent se ramener à une de ces trois fonctions :
* {{Times New Roman|II}} : fonction de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} ;
* {{Times New Roman|III}} (très peu utilisé en mode mineur en raison de sa dissonance) et {{Times New Roman|VI}} : fonction de tonique {{Times New Roman|I}} ;
* {{Times New Roman|VII}} : fonction de dominante {{Times New Roman|V}}.
En effet, les accords étant des empilements de tierces, des accords situés à une tierce l'un de l'autre — {{Times New Roman|I}} ↔ {{Times New Roman|III}}, {{Times New Roman|II}} ↔ {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} ↔ {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|VI}} ↔ {{Times New Roman|VIII}} ( = {{Times New Roman|I}}) — ont deux notes en commun. On retrouve le fait que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est considéré comme un accord de dominante sans tonique. En mode mineur, l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} est évité, il n'a donc pas de fonction.
{|class="wikitable"
|+ Fonction des accords
|-
! scope="col" | Fondamentale
! scope="col" | Fonction
|-
| {{Times New Roman|I}} || tonique
|-
| {{Times New Roman|II}} || sous-dominante faible
|-
| {{Times New Roman|III}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|IV}} || sous-dominante
|-
| {{Times New Roman|V}} || dominante
|-
| {{Times New Roman|VI}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|VII}} || dominante faible
|}
Par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique : '''''do''<sup>5</sup> (C)''', ''mi''<sup>5</sup> (E–), ''la''<sup>5</sup> (A–) ;
* fonction de sous-dominante : '''''fa''<sup>5</sup> (F)''', ''ré''<sup>5</sup> (D–) ;
* fonction de dominante : '''''sol''<sup>5</sup> (G)''' ou ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub> (G<sup>7</sup>), ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>).
En ''la'' mineur harmonique :
* fonction de tonique : '''''la''<sup>5</sup> (A–)''', ''fa''<sup>5</sup> (F) [, rarement : ''do''<sup>+5</sup> (C<sup>+</sup>)] ;
* fonction de sous-dominante : '''''ré''<sup>5</sup> (D–)''', ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>) ;
* fonction de dominante : '''''mi''<sup>5</sup> (E)''' ou ''mi''<sup>7</sup><sub>+</sub> (E<sup>7</sup>), ''sol''♯<sup> <s>5</s></sup> (G♯<sup>o</sup>).
Le fait d'utiliser des accords différents pour remplir une fonction permet d'enrichir l'harmonie, et de jouer sur l'équilibre entre satisfaction d'une attente (on respecte les règles sur les fonctions) et surprise (mais on n'utilise pas l'accord attendu).
=== Les dominantes secondaires ===
On utilise aussi des accords de septième dominante se fondant sur un autre degré que la dominante de la gamme ; on parle de « dominante secondaire ». Typiquement, avant un accord de septième de dominante, on utilise parfois un accord de dominante de dominante, dont le degré est alors noté « {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} » ou « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|V}} » ; la fondamentale est de l'accord est alors situé cinq degrés au-dessus de la dominante ({{Times New Roman|V}}), c'est donc le degré {{Times New Roman|IX}}, c'est-à-dire le degré {{Times New Roman|II}} de la tonalité en cours). Ou encore, on utilise un accord de dominante du degré {{Times New Roman|IV}} (« {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} », la fondamentale est alors le degré {{Times New Roman|I}}) avant un accord sur le degré {{Times New Roman|IV}} lui-même.
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, on peut trouver un accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' (chiffré {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>), avant un accord ''sol - si - ré - fa'' ({{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>). L'accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' est l'accord de septième de dominante des tonalités de ''sol''. Dans la même tonalité, on pourra utiliser un accord ''do - mi - sol - si''♭ ({{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) avant un accord ''fa - la - do'' ({{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>). Le recours à une dominante secondaire peut atténuer une transition, par exemple avec un enchaînement ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> → ''fa''<sup>5</sup> (C → C<sup>7</sup> → F) qui correspond à un enchaînement {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}} : le passage ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> (C → C<sup>7</sup>) se fait en ajoutant une note (le ''si''♭) et rend naturel le passage ''do'' → ''fa''.
Sur les sept degré de la gamme, on ne considère en général que cinq dominantes secondaires : en effet, la dominante du degré {{Times New Roman|I}} est la dominante « naturelle, primaire » de la tonalité (et n'est donc pas secondaire) ; et utiliser la dominante de {{Times New Roman|VII}} consisterait à considérer l'accord de {{Times New Roman|VII}} comme un accord propre, on évite donc les « {{Times New Roman|V}} de “{{Times New Roman|V}}” » (mais les « “{{Times New Roman|V}}” de {{Times New Roman|V}} » sont tout à fait « acceptables »).
=== Enchaînements classiques ===
Nous avons donc vu que l'on trouve fréquemment les enchaînements suivants :
* pour créer une instabilité :
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}},
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} (instabilité moins forte mais incertitude sur le sens d'évolution) ;
* pour maintenir l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}} ;
* pour résoudre l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}},
** {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, cas particuliers (voir plus bas) :
*** {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> → {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup>,
*** {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> → {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub> → {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>.
Les degrés indiqués ci-dessus sont les fonctions ; on peut donc utiliser les substitutions suivantes :
* {{Times New Roman|I}} par {{Times New Roman|VI}} et, en tonalité majeure, {{Times New Roman|III}} ;
* {{Times New Roman|IV}} par {{Times New Roman|II}} ;
* {{Times New Roman|V}} par {{Times New Roman|VII}}.
Pour enrichir l'harmonie, on peut utiliser les dominantes secondaires, en particulier :
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} ({{Times New Roman|II}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|V}},
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} ({{Times New Roman|I}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|IV}}.
On peut enchaîner les enchaînements, par exemple {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}, ou encore {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}}… En jazz, on utilise très fréquemment l'enchaînement {{Times New Roman|II}} → {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (deux-cinq-un).
On peut bien sûr avoir d'autres enchaînements, mais ces règles permettent d'analyser un grand nombre de morceaux, et donnent des clefs utiles pour la composition. Nous voyons ci-après un certain nombre d'enchaînements courants dans différents styles
== Exercice ==
Un hautboïste travaille la sonate en ''do'' mineur S. 277 de Heinichen. Sur le deuxième mouvement ''Allegro'', il a du mal à travailler un passage en raison des altérations accidentelles. Sur la suggestion de sa professeure, il décide d'analyser la progression d'accords sous-jacente afin que les altérations deviennent logiques. Il s'agit d'un duo hautbois et basson pour lequel les accords ne sont pas chiffrés, le basson étant ici un instrument soliste et non pas un élément de la basse continue.
Sur l'extrait suivant, déterminez les basses et la qualité (chiffrage) des accords sous-jacents. Commentez.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen.]]
{{note|L'œuvre est en ''do'' mineur et devrait donc avoir trois bémols à la clef, or ici il n'y en a que deux. En effet, le ''la'' pouvant être bécarre en mode mineur mélodique ascendant, le compositeur a préféré le noter explicitement en altération accidentelle lorsque l'on est en mode mélodique naturel, harmonique ou mélodique descendant. C'est un procédé assez courant à l'époque baroque.}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
Une des difficultés ici est que les arpèges joués par les instruments sont agrémentés de notes de passage.
Les notes de la basse (du basson) sont différentes entre le premier et le deuxième temps de chaque mesure et ne peuvent pas appartenir au même accord. On a donc un accord par temps.
Sur le premier temps de chaque mesure, le basson joue une octave. La note concernée est donc la basse de chaque accord. Pour savoir s'il s'agit d'un accord à l'état fondamental ou d'un renversement, on regarde ce que joue le hautbois : dans un mouvement conjoint (succession d'intervalles de secondes), il est difficile de distinguer les notes de l'arpège des notes de passage, mais
: les notes des grands intervalles font partie de l'accord.
Ainsi, sur le premier temps de la première mesure (la basse est un ''mi''♭), on a une sixte descendante ''sol''-''si''♭ et, à la fin du temps, une tierce descendante ''sol''-''mi''♭. L'accord est donc ''mi''♭-''sol''-''si''♭, c'est un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). À la fin du premier temps, le basson joue un ''do'', c'est donc une note étrangère.
Sur le second temps de la première mesure, le basson joue une tierce ascendante ''fa''-''la''♭, la première note est la basse de l'accord et la seconde une des notes de l'accord. Le hautbois commence par une sixte descendante ''la''♭-''do'', l'accord est donc ''fa''-''la''♭-''do'', un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). Le ''do'' du basson la fin du premier temps est donc une anticipation.
Les autres notes étrangères de la première mesure sont des notes de passage.
Mais il faut faire attention : en suivant ce principe, sur les premiers temps des deuxième et troisième mesure, nous aurions des accords de septième d'espèce (puisque la septième est majeure). Or, on ne trouve pas, ou alors exceptionnellement, d'accord de septième d'espèce dans le baroque, mais quasi exclusivement des accords de septième de dominante. Donc au début de la deuxième mesure, le ''la''♮ est une appoggiature du ''si''♭, l'accord est donc ''si''♭-''ré''-''fa'', un asscord de quinte. De même, au début de la troisième mesure, le ''sol'' est une appoggiature du ''la''♭.
Il faut donc se méfier d'une analyse purement « mathématique ». Il faut s'attacher à ressentir la musique, et à connaître les styles, pour faire une analyse pertinente.
Ci-dessous, nous avons grisé les notes étrangères.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49 analyse.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen. Analyse de la progression harmonique.]]
Le chiffrage jazz équivalent est :
: | E♭ F– | B♭<sup>Δ</sup> E♭ | A♭<sup>Δ</sup> D– | G …
Nous remarquons une progression assez régulière :
: ''mi''♭ ↗[2<sup>de</sup>] ''fa'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''si''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''mi''♭ | ↘[5<sup>te</sup>] ''la''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''ré'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''sol''
Le ''mi''♭ est le degré {{Times New Roman|III}} de la tonalité principale (''do'' mineur), c'est donc une tonique faible ; il « joue le même rôle » qu'un ''do''. S'il y avait eu un accord de ''do'' au début de l'extrait, on aurait eu une progression parfaitement régulière ↗[4<sup>te</sup>] ↘[5<sup>te</sup>].
Nous avons les modulations suivantes :
* mesure 49 : ''do'' mineur naturel (le ''si''♭ n'est pas une sensible) avec un accord sur “{{Times New Roman|I}}” (tonique faible, {{Times New Roman|III}}, pour la première analyse, ou bien tonique forte, {{Times New Roman|I}}, pour la seconde) suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 50 : ''si''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}} suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 51 : ''la''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}}, et emprunt à ''do'' majeur avec un accord sur {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IV}} faible).
On a donc une marche harmonique {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} qui descend d'une seconde majeure (un ton) à chaque mesure (''do'' → ''si''♭ → ''la''♭), avec une exception sur la dernière mesure (modulation en cours de mesure et descente d'une seconde mineure au lieu de majeure).
Ce passage est donc construit sur une régularité, une règle qui crée un effet d'attente — enchaînement {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> → {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup> avec une marche harmonique d'une seconde majeure descendante —, et des « surprises », des exceptions au début — ce n'est pas un accord {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> mais un accord {{Times New Roman|III}}<sup>5</sup> — et à la fin — modulation en milieu de mesure et dernière descente d'une seconde mineure (½t ''la''♭ → ''sol'').
L'extrait ne permet pas de le deviner, mais la mesure 52 est un retour en ''do'' mineur, avec donc une modulation sur la dominante (accord de ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub>, G<sup>7</sup>).
{{boîte déroulante/fin}}
== Progression d'accords ==
Comme pour la mélodie, la succession des accords dans un morceau, la progression d'accords, suit des règles. Et comme pour la mélodie, les règles diffèrent d'un style musical à l'autre et la créativité consiste à parfois ne pas suivre ces règles. Et comme pour la mélodie, on part d'un ensemble de notes organisé, d'une gamme caractéristique d'une tonalité, d'un mode.
Les accords les plus utilisés pour une tonalité donnée sont les accords dont la fondamentale sont les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la tonalité, en particulier la triade {{Times New Roman|I}}, appelée « accord parfait » ou « accord de tonique », et l'accord de septième {{Times New Roman|V}}, appelé « septième de dominante ».
Le fait d'avoir une progression d'accords qui se répète permet de structurer un morceau. Pour les morceaux courts, il participe au plaisir de l'écoute et facilite la mémorisation (par exemple le découpage couplet-refrain d'une chanson). Sur les morceaux longs, une trop grande régularité peut introduire de la lassitude, les longs morceaux sont souvent découpés en parties présentant chacune une progression régulière. Le fait d'avoir une progression régulière permet la pratique de l'improvisation : cadence en musique classique, solo en jazz et blues.
; Note
: Le terme « cadence » désigne plusieurs choses différentes, et notamment en harmonie :
:* une partie improvisée dans un opéra ou un concerto, sens utilisé ci-dessus ;
:* une progression d'accords pour ponctuer un morceau et en particulier pour le conclure, sens utilisé dans la section suivante.
=== Accords peu utilisés ===
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé. C'est un accord dissonant ; il intervient en général comme appogiature de l'accord de tonique (par exemple en ''la'' mineur : {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ → {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''la''), ou de l'accord de dominante ({{Times New Roman|III<sup>6</sup><sub>+3</sub>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''do'' → {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''). Il peut être aussi utilisé comme préparation à l'accord de sous-dominante (enchaînement {{Times New Roman|III}} → {{Times New Roman|IV}}). Par ailleurs, il a une constitution symétrique — c'est l'empilement de deux tierces majeures — et ses renversements ont les mêmes intervalles à l'enharmonie près (quinte augmentée/sixte mineure, tierce majeure/quarte diminuée). De ce fait, un même accord est commun, par renversement et à l'enharmonie près, à trois tonalités : le premier renversement de l'accord ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur) est enharmonique à ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''do''♯ mineur) ; le second renversement est enharmonique à ''la''♭ - ''do'' - ''mi'' ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur).
=== Accords très utilisés ===
Les trois accords les plus utilisés sont les accords de tonique (degré {{Times New Roman|I}}), de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) et de dominante ({{Times New Roman|V}}). Ils interviennent en particulier en fin de phrase, dans les cadences. L'accord de dominante sert souvent à introduire une modulation : la modulation commence sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité. On note que l'accord de sous-dominante est situé une quinte juste en dessous de la tonique, les accords de dominante et de sous-dominante sont donc symétriques.
En jazz, on utilise également très fréquemment l'accord de la sus-tonique (degré {{Times New Roman|II}}), souvent dans des progressions {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|V}} (- {{Times New Roman|I}}). Rappelons que l'accord de sus-tonique a la fonction de sous-dominante.
=== Cadences et ''turnaround'' ===
Le terme « cadence » provient de l'italien ''cadenza'' et désigne la « chute », la fin d'un morceau ou d'une phrase musicale.
On distingue deux types de cadences :
* les cadences conclusive, qui créent une sensation de complétude ;
* les cadences suspensives, qui crèent une sensation d'attente.
==== Cadence parfaite ====
[[Fichier:Au clair de le lune cadence parfaite.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une cadence parfaite (italienne).]]
[[Fichier:Au clair de le lune mineur cadence parfaite.midi|thumb|''Idem'' mais en mode mineur harmonique.]]
La cadence parfaite est l'enchaînement de l'accord de dominante suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}, les deux accord étant à l'état fondamental. Elle donne une impression de stabilité et est donc très souvent utilisée pour conclure un morceau. C'est une cadence conclusive.
On peut aussi utiliser l'accord de septième de dominante, la dissonance introduisant une tension résolue par l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub> - I<sup>5</sup>}}.
Elle est souvent précédée de l'accord construit sur le IV<sup>e</sup> degré, appelé « accord de préparation », pour former la cadence italienne : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}}.
Elle est également souvent précédée du second renversement de l'accord de tonique, qui est alors appelé « appoggiature de la cadence » : {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}} (on remarque que les accords {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> et {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ont la basse en commun, et que l'on peut passer de l'un à l'autre par un mouvement conjoint sur les autres notes).
{{clear}}
==== Demi-cadence ====
[[Fichier:Au clair de le lune demi cadence.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une demi-cadence.]]
Une demi-cadence est une phrase ou un morceau se concluant sur l'accord construit sur le cinquième degré. Il provoque une sensation d'attente, de suspens. Il s'agit en général d'une succession {{Times New Roman|II - V}} ou {{Times New Roman|IV - V}}. C'est une cadence suspensive. On utilise rarement un accord de septième de dominante.
{{clear}}
==== Cadence rompue ou évitée ====
La cadence rompue, ou cadence évitée, est succession d'un accord de dominante et d'un accord de sus-dominante, {{Times New Roman|V}} - {{Times New Roman|VI}}. C'est une cadence suspensive.
==== Cadence imparfaite ====
Une cadence imparfaite est une cadence {{Times New Roman|V - I}}, comme la cadence parfaite, mais dont au moins un des deux accords est dans un état renversé.
==== Cadence plagale ====
La cadence plagale — du grec ''plagios'', oblique, en biais — est la succession de l'accord construit sur le quatrième degré, suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}. Elle peut être utilisée après une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}} - {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}). Elle donne un caractère solennel, voire religieux — elle est parfois appelée « cadence amen » —, elle a un côté antique qui rappelle la musique modale et médiévale<ref>{{lien web |url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-cadence-amen-ou-comment-se-dire-adieu-7191921 |titre=La cadence « Amen » ou comment se dire adieu |auteur=Max Dozolme (MAXXI Classique) |site=France Musique |date=2025-04-25 |consulté le=2025-04-25}}.</ref>.
C'est une cadence conclusive.
==== {{lang|en|Turnaround}} ====
[[Fichier:Au clair de le lune turnaround.midi|thumb|Au clair de la lune, harmonisé en style jazz : accords de 7{{e}}, anatole suivie d'un ''{{lang|en|turnaround}}'' ii-V-I.]]
Le terme ''{{lang|en|turnaround}}'' signifie revirement, retournement. C'est une succession d'accords que fait la transition entre deux parties, en créant une tension-résolution. Le ''{{lang|en|turnaround}}'' le plus courant est la succession {{Times New Roman|II - V - I}}.
On utilise également fréquemment l'anatole : {{Times New Roman|I - VI - II - V}}.
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité majeure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br /> {{Times New Roman|V - I}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|IV - V - I}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou IV - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|IV - I}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|I - vi - ii - V}}
|-
|''Do'' majeur || || G - C || F - G - C || Dm - G ou F - G || F - C || Dm - G - C || C - Am - Dm - G
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || D - G || C - D - G || Am - D ou C - D || C - G || Am - D - G || G - Em - Am - D
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || A - D || G - A - D || Em - A ou G - A || G - D || Em - A - D || D - Bm - Em - A
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || E - A || D - E - A || Bm - E ou D - E || D - A || Bm - E - A || A - F♯m - B - E
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || C - F || B♭ - C - F || Gm - C ou B♭ - C || B♭ - F || Gm - C - F || F - Dm - Gm - C
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || F - B♭ || E♭ - F - B♭ || Cm - F ou E♭ - F || E♭ - B♭ || Cm - F - B♭ || B♭ - Gm - Cm - F
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || B♭ - E♭ || A♭ - B♭ - E♭ || Fm - B♭ ou A♭ - B♭ || A♭ - E♭ || Fm - B♭ - E♭ || Gm - Cm - Fm - B♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité mineure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br />{{Times New Roman|V - i}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|iv - V - i}}
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! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|iv - i}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|i - VI - ii - V}}
|-
| ''La'' mineur<br />harmonique || || E - Am || Dm - E - Am || B° - E ou Dm - E || Dm - Am || B° - E - Am || Am - F - B° - E
|-
| ''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || B - Em || Am - B - Em || F♯° - B ou Am - B || Am - Em || F♯° - B - Em || Em - C - F♯° - B
|-
| ''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || F♯ - Bm || Em - F♯ - Bm || C♯° - F♯ ou Em - F♯ || Em - Bm || C♯° - F♯ - Bm || Bm - G - C♯° - F♯
|-
| ''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || C♯ - F♯m || Bm - C♯ - F♯m || G♯° - C♯ ou Bm - C♯ || Bm - F♯m || G♯° - C♯ - F♯m || A+ - D - G♯° - C♯
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || A - Dm || Gm - A - Dm || E° - A ou Gm - A || Gm - Dm || E° - A - Dm || Dm - B♭ - E° - A
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || D - Gm || Cm - D - Gm || A° - D ou Cm - D || Cm - Gm|| A° - D - Gm || Gm - E♭ - A° - D
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || G - Cm || Fm - G - Cm || D° - G ou Fm - G || Fm - Dm || D° - G - Cm || Cm - A♭ - D° - G
|}
==== Exemple : ''La Mer'' ====
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=PXQh9jTwwoA
| titre = Charles Trenet - La mer (Officiel) [Live Version]
| site = YouTube
| auteur = Charles Trenet
| consulté le = 2020-12-24
}}
Le début de ''La Mer'' (Charles Trenet, 1946) est en ''do'' majeur et est harmonisé par l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (C - Am - Dm - G<sup>7</sup>) sur deux mesures, jouée deux fois ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} × 2). Viennent des variations avec les progressions {{Times New Roman|I-III-vi-V<sup>7</sup>}} (C - E - Am - G<sup>7</sup>) puis la « progression ’50s » (voir plus bas) {{Times New Roman|I-vi-IV-VI<sup>7</sup>}} (C - Am - F - A<sup>7</sup>, on remarque que {{Times New Roman|IV}}/F est le relatif majeur du {{Times New Roman|ii}}/Dm de l'anatole), jouées chacune une fois sur deux mesure ; puis cette première partie se conclut par une demie cadence {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} sur une mesure puis une dernière anatole sur trois mesures ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}}). Cela constitue une première partie « A » sur douze mesures qui se termine par une demi-cadence ({{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}}) qui appelle une suite. Cette partie A est jouée une deuxième fois mais la fin est modifiée pour la transition : les deux dernières mesures {{Times New Roman|<nowiki>|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} deviennent {{Times New Roman|<nowiki>|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|I|</nowiki>}} (|Dm-G7|C|), cette partie « A’ » se conclut donc par une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Le morceau passe ensuite en tonalité de ''mi'' majeur, donc une tierce au dessus de ''do'' majeur, sur six mesures. Cette partie utilise une progression ’50s {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (E - C♯m - A - B<sup>7</sup>), qui est rappelons-le une variation de l'anatole, l'accord {{Times New Roman|ii}} (Fm) étant remplacé par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}} (A). Cette anatole modifiée est jouée deux fois puis la partie en ''mi'' majeur se conclut par l'accord parfait {{Times New Roman|I}} joué sur deux mesures (|E|E|), on a donc, avec la mesure précédente, avec une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Suivent ensuite six mesures en ''sol'' majeur, donc à nouveau une tierce au dessus de ''mi'' majeur. Elle comporte une progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (G - Em - C - D<sup>7</sup>), donc anatole avec substitution du {{Times New Roman|ii}}/Am par son relatif majeur {{Times New Roman|VI}}/C (progression ’50s), puis une anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (G - Em - Am - D<sup>7</sup>) et deux mesure sur la tonique {{Times New Roman|I-I<sup>7</sup>}} (G - G<sup>7</sup>), formant à nouveau une cadence parfaite. La fin sur un accord de septième, dissonant, appelle une suite.
Cette partie « B » de douze mesures comporte donc deux parties similaires « B1 » et « B2 » qui forment une marche harmonique (montée d'une tierce).
Le morceau se conclut par une reprise de la partie « A’ » et se termine donc par une cadence parfaite.
Nous avons une structure A-A’-B-A’ sur 48 mesures, proche la forme AABA étudiée plus loin.
Donc ''La Mer'' est un morceau structuré autour de l'anatole avec des variations (progression ’50s, substitution du {{Times New Roman|ii}} par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}}) et comportant une marche harmonique dans sa troisième partie. Les parties se concluent par des ''{{lang|en|turnarounds}}'' sous la forme d'une cadence parfaite ou, pour la partie A, par une demi-cadence.
{| border="1" rules="rows" frame="hsides"
|+ Structure de ''La Mer''
|- align="center"
|
| colspan="12" | ''do'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan=2 | A
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="3" | anatole
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | A’
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="2" | anatole
| c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
|
| colspan="6" | B1 : ''mi'' majeur
| colspan="6" background="lightgray" | B2 : ''sol'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | B
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|-
! scope="row" | A’
| colspan="12" |
|
|}
=== Progression blues ===
La musique blues est apparue dans les années 1860. Elle est en général bâtie sur une grille d'accords ''({{lang|en|changes}})'' immuable de douze mesures ''({{lang|en|twelve-bar blues}})''. C'est sur cet accompagnement qui se répète que s'ajoute la mélodie — chant et solo. Cette structure est typique du blues et se retrouve dans ses dérivés comme le rock 'n' roll.
Le rythme est toujours un rythme ternaire syncopé ''({{lang|en|shuffle, swing, groove}}, ''notes inégales'')'' : la mesure est à quatre temps, mais la noire est divisée en noire-croche en triolet, ou encore triolet de croche en appuyant la première et la troisième.
La mélodie se construit en général sur une gamme blues de six degrés (gamme pentatonique mineure avec une quarte augmentée), mais bien que la gamme soit mineure, l'harmonie est construite sur la gamme majeure homonyme : un blues en ''fa'' a une mélodie sur la gamme de ''fa'' mineur, mais une harmonie sur la gamme de ''fa'' majeur. La grille d'accord comporte les accords construits sur les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la gamme majeure homonyme. Les accords sont souvent des accords de septième (donc avec une tierce majeure et une septième mineure), il ne s'agit donc pas d'une harmonisation de gamme diatonique (puisque la septième est majeure sur l'accord de tonique).
Par exemple, pour un blues en ''do'' :
* accord parfait de do majeur, C ({{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré) ;
* accord parfait de fa majeur, F ({{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré) ;
* accord parfait de sol majeur, G ({{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré).
Il existe quelques morceaux harmonisés avec des accords mineurs, comme par exemple ''As the Years Go Passing By'' d'Albert King (Duje Records, 1959).
La progression blues est organisée en trois blocs de quatre mesures ayant les fonctions suivantes (voir ci-dessus ''[[#Harmonie fonctionnelle|Harmonie fonctionnelle]]'') :
* quatre mesures toniques ;
* quatre mesures sous-dominantes ;
* quatre mesures dominantes.
La forme la plus simple, que Jeff Gardner appelle « forme A », est la suivante :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme A
|-
! scope="row" | Tonique
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Sous-domminante
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Dominante
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
La progression {{Times New Roman|I-V}} des deux dernières mesures forment le ''{{lang|en|turnaround}}'', la demie cadence qui lance le cycle suivant. Nous présentons ci-dessous un exemple typique de ligne de basse ''({{lang|en|walking bass}})'' pour le ''{{lang|en|turnaround}}'' d'un blues en ''la'' :
[[Fichier:Turnaround classique blues en la.svg|Exemple typique de ligne de basse pour un ''turnaround'' de blues en ''la''.]]
[[Fichier:Blues mi harmonie elementaire.midi|thumb|Blues en ''mi'', harmonisé de manière élémentaire avec une ''{{lang|en|walking bass}}''.]]
Vous pouvez écouter ci-contre une harmonisation typique d'un blues en ''mi''. Les accords sont exécutés par une basse marchante ''({{lang|en|walking bass}})'', qui joue une arpège sur la triade avec l'ajout d'une sixte majeure et d'une septième mineure, et par une guitare qui joue un accord de puissance ''({{lang|en|power chord}})'', qui n'est composé que de la fondamentale et de la quinte juste, avec une sixte en appoggiature.
La forme B s'obtient en changeant la deuxième mesure : on joue un degré {{Times New Roman|IV}} au lieu d'un degré {{Times New Roman|I}}. La progression {{Times New Roman|I-IV}} sur les deux premières mesures est appelé ''{{lang|en|quick change}}''.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme B
|-
| width="50px" | I
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
Par exemple, ''Sweet Home Chicago'' (Robert Johnson, 1936) est un blues en ''fa'' ; sa grille d'accords, aux variations près, suit une forme B :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression de ''Sweet Home Chicago''
|-
| width="50px" | F
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | B♭
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | C7
| width="50px" | B♭7
| width="50px" | F7
| width="50px" | C7
|}
: Écouter {{lien web
| url =https://www.youtube.com/watch?v=dkftesK2dck
| titre = Robert Johnson "Sweet Home Chicago"
| auteur = Michal Angel
| site = YouTube
| date = 2007-12-09 | consulté le = 2020-12-17
}}
Les formes C et D s'obtiennent à partir des formes A et B en changeant le dernier accord par un accord sur le degré {{Times New Roman|I}}, ce qui forme une cadence plagale.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, formes C et D
|-
| colspan="4" | …
|-
| colspan="4" | …
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|}
L'harmonie peut être enrichie, notamment en jazz. Voici par exemple une grille du blues souvent utilisés en bebop.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Exemple de progression de blues bebop sur une base de forme B
|-
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | V–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> I<sup>7</sup>
|-
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | VI<sup>7 ♯9 ♭13</sup>
|-
| width="60px" | II–<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> IV<sup>7</sup>
| width="60px" | II–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> V<sup>7</sup>
|}
On peut aussi trouver des blues sur huit mesures, sur seize mesures comme ''Watermelon Man'' de Herbie Hancock (album ''Takin' Off'', Blue Note, 1962) ou ''Let's Dance'' de Jim Lee (interprété par Chris Montez, Monogram, 1962)
* {{lien web
|url= https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Herbie Hancock - Watermelon Man (1962)
|auteur=theUnforgettablesTv
|site=Dailymotion
|date=2003 |consulté le=2021-02-09
}}
* {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=6JXshurYONc
|titre=Let's Dance
|auteur=Chris Montez
|site=YouTube
|date=2016-08-06 |consulté le=2021-02-09
}}
À l'inverse, certains blues peuvent avoir une structure plus simple que les douze mesure ; par exemple ''Hoochie Coochie Man'' de Willie Dixon (interprété par Muddy Waters sous le titre ''Mannish Boy'', Chicago Blues, 1954) est construit sur un seul accord répété tout le long de la chanson.
* {{lien web
|url=https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Muddy Waters - Hoochie Coochie Man
|auteur=Muddy Waters
|site=Dailymotion
|date=2012 | consulté le=2021-02-09
}}
=== Cadence andalouse ===
La cadence andalouse est une progression de quatre accords, descendant par mouvement conjoint :
* en mode de ''mi'' (mode phrygien) : {{Times New Roman|IV}} - {{Times New Roman|III}} - {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|I}} ;<br />par exemple en ''mi'' phrygien : Am - G - F - E ; en ''do'' phrygien : Fm - E♭ - D♭ - C ;<br />on notera que le degré {{Times New Roman|III}} est diésé dans l'accord final (ou bécarre s'il est bémol dans la tonalité) ;
* en mode mineur : {{Times New Roman|I}} - {{Times New Roman|VII}} - {{Times New Roman|VI}} - {{Times New Roman|V}} ;<br />par exemple en ''la'' mineur : Am - G - F - E ; en ''do'' mineur : Cm - B♭ - A♭ - m ;<br />comme précédemment, on notera que le degré {{Times New Roman|VII}} est diésé dans l'accord final.
=== Progressions selon le cercle des quintes ===
[[Fichier:Cercle quintes degres tonalite majeure.svg|vignette|Cercle des quinte justes (parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre) des degrés d'une tonalité majeure.]]
La progression {{Times New Roman|V-I}} est la cadence parfaite, mais on peut aussi l'employer au milieu d'un morceau. Cette progression étant courte, sa répétition crée de la lassitude ; on peut la compléter par d'autres accords séparés d'une quinte juste, en suivant le « cercle des quintes » : {{Times New Roman|I-V-IX}}, la neuvième étant enharmonique de la seconde, on obtient {{Times New Roman|I-V-II}} ; en retournant la progression, on obtient le turnaround {{Times New Roman|II-V-I}}.
En jazz, dans le morceau ''Topsy'' (Edgar Battle et Eddir Durham), la partie <span style="border-color: black; border-style: solid; border-width: thin;">C</span> est composée d'une succession en quinte descendante d'accords de cinquième de dominante : D<sup>7</sup> - G<sup>7</sup> - C<sup>7</sup> - F<sup>7</sup> - B♭<sup>7</sup> ; les improvisatiosn sur cette partie peuvent donc se faire en modulant en ''sol'' (majeur ou mineur) - ''do'' (M/m) - ''fa'' (M/m) - ''si''♭ (M/m) - ''mi''♭ (M/m).
On peut continuer de décrire le cercle des quintes : {{Times New Roman|I-V-II-VI}}, on obtient l'anatole dans le désordre ; on peut à l'inverse étendre les quintes vers la gauche, {{Times New Roman|IV-I-V-II-VI}}.
En musique populaire, on trouve fréquemment une progression fondée sur les accord {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} et {{Times New Roman|VI}}, popularisée dans les années 1950. La « progression années 1950 », « progression ''{{lang|en|fifties ('50)}}'' » ''({{lang|en|'50s progression}})'' est dans l'ordre {{Times New Roman|I-VI-IV-V}}. On trouve aussi cette progression en musique classique. Si la tonalité est majeure, la triade sur la sus-dominante est mineure, les autres sont majeures, on notera donc souvent {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}. On peut avoir des permutations circulaires (le dernier accord venant au début, ou vice-versa) : {{Times New Roman|vi-IV-V-I}}, {{Times New Roman|IV-V-I-vi}} et {{Times New Roman|V-I-vi-IV}}.
{| class="wikitable"
|+ Accords selon la tonalité
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | I
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | IV
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | V
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | vi
|-
|''Do'' majeur || || C || F || G || Am
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G || C || D || Em
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D || G || A || Bm
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A || D || E || F♯m
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F || B♭ || C || Dm
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭ || E♭ || F || Gm
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭ || A♭ || B♭ || Cm
|}
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} sera C-Am-F-G.
Il existe d'autres progressions utilisant ces accords mais dans un autre ordre, typiquement {{Times New Roman|I–IV–vi–V}} ou une de ses permutations circulaires : {{Times New Roman|IV–vi–V-I}}, {{Times New Roman|vi–V-I-IV}} ou {{Times New Roman|V-I-IV-vi}}. Ou dans un autre ordre.
PV Nova l'illustre dans plusieurs de ses « expériences » dans la version {{Times New Roman|vi-V-IV-I}}, soit Am-G-F-C, ou encore {{Times New Roman|vi-IV-I-V}}, soit Am-F-C-G :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=w08LeZGbXq4
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 6 — La Happy Pop
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2011-08-20 | consulté le = 2020-12-13
}}
et cela devient un gag récurrent avec son « chapeau des accords magiques qu'on nous ressort à toutes les sauces »
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=VMY_vc4nZAU
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 14 — La Soupe dou Brasil
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2012-10-03 | consulté le = 2020-12-17
}}
Cette récurrence est également parodiée par le groupe The Axis of Awesome avec ses « chansons à quatre accords » ''({{lang|en|four-chords song}})'', dans une sketch où ils mêlent 47 chansons en utilisant l'ordre {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=oOlDewpCfZQ
| titre = 4 Chords | Music Videos | The Axis Of Awesome
| auteur = The Axis of Awesome
| site = YouTube
| date = 2011-07-20 | consulté le = 2020-12-17
}}
{{boîte déroulante/début|titre=Chansons mêlées dans le sketch}}
# Journey : ''Don't Stop Believing'' ;
# James Blunt : ''You're Beautiful'' ;
# Black Eyed Peas : ''Where Is the Love'' ;
# Alphaville : ''Forever Young'' ;
# Jason Mraz : ''I'm Yours'' ;
# Train : ''Hey Soul Sister'' ;
# The Calling : ''Wherever You Will Go'' ;
# Elton John : ''Can You Feel The Love Tonight'' (''Le Roi lion'') ;
# Akon : ''Don't Matter'' ;
# John Denver : ''Take Me Home, Country Roads'' ;
# Lady Gaga : ''Paparazzi'' ;
# U2 : ''With Or Without You'' ;
# The Last Goodnight : ''Pictures of You'' ;
# Maroon Five : ''She Will Be Loved'' ;
# The Beatles : ''Let It Be'' ;
# Bob Marley : ''No Woman No Cry'' ;
# Marcy Playground : ''Sex and Candy'' ;
# Men At Work : ''Land Down Under'' ;
# thème de ''America's Funniest Home Videos'' (équivalent des émissions ''Vidéo Gag'' et ''Drôle de vidéo'') ;
# Jack Johnson : ''Taylor'' ;
# Spice Girls : ''Two Become One'' ;
# A Ha : ''Take On Me'' ;
# Green Day : ''When I Come Around'' ;
# Eagle Eye Cherry : ''Save Tonight'' ;
# Toto : ''Africa'' ;
# Beyonce : ''If I Were A Boy'' ;
# Kelly Clarkson : ''Behind These Hazel Eyes'' ;
# Jason DeRulo : ''In My Head'' ;
# The Smashing Pumpkins : ''Bullet With Butterfly Wings'' ;
# Joan Osborne : ''One Of Us'' ;
# Avril Lavigne : ''Complicated'' ;
# The Offspring : ''Self Esteem'' ;
# The Offspring : ''You're Gonna Go Far Kid'' ;
# Akon : ''Beautiful'' ;
# Timberland featuring OneRepublic : ''Apologize'' ;
# Eminem featuring Rihanna : ''Love the Way You Lie'' ;
# Bon Jovi : ''It's My Life'' ;
# Lady Gaga : ''Pokerface'' ;
# Aqua : ''Barbie Girl'' ;
# Red Hot Chili Peppers : ''Otherside'' ;
# The Gregory Brothers : ''Double Rainbow'' ;
# MGMT : ''Kids'' ;
# Andrea Bocelli : ''Time To Say Goodbye'' ;
# Robert Burns : ''Auld Lang Syne'' ;
# Five for fighting : ''Superman'' ;
# The Axis of Awesome : ''Birdplane'' ;
# Missy Higgins : ''Scar''.
{{boîte déroulante/fin}}
Vous pouvez par exemple jouer les accords C-G-Am-F ({{Times New Roman|I-V-vi-IV}}) et chanter dessus ''{{lang|en|Let It Be}}'' (Paul McCartney, The Beattles, 1970) ou ''Libérée, délivrée'' (Robert Lopez, ''La Reine des neiges'', 2013).
La progression {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} est considérée comme « optimiste » tandis que sa variante {{Times New Roman|iv-IV-I-V}} est considérée comme « pessimiste ».
On peut voir la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} comme une variante de l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V}}, obtenue en remplaçant l'accord de sustonique {{Times New Roman|ii}} par l'accord de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} (son relatif majeur, et degré ayant la même fonction).
==== Exemples de progression selon le cercle des quintes en musique classique ====
[[Fichier:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.midi|vignette|Dietrich Buxtehude, Psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
Cette progression selon la cercle des quintes, sous la forme {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}, apparaît déjà au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> siècle dans le psaume 42 ''Quem ad modum desiderat cervis'' (BuxVW92) de Dietrich Buxtehude (1637-1707). Le morceau est en ''fa'' majeur, la progression d'accords est donc F-Dm-B♭-C.
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=8FmV9l1RqSg
| titre = D. Buxtehude - Quemadmodum desiderat cervus, BuxWV 92
| auteur = Longobardo
| site = YouTube
| date = 2013-04-06 | consulté la = 2021-01-01
}}
[[File:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.svg|vignette|450x450px|center|Dietrich Buxtehude, psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
{{clear}}
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.midi|vignette|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.]]
On la trouve également dans l'ouverture de la cantate ''{{lang|de|Wachet auf, ruft uns die Stimme}}'' de Jean-Sébastien Bach (BWV140, 1731). Le morceau est en ''mi''♭ majeur, la progression d'accords est donc E♭-Cm-A♭<sup>6</sup>-B♭.
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.svg|vignette|center|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.|alt=|517x517px]]
{{clear}}
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.midi|vignette|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
La même progression est utilisée par Mozart, par exemple dans le premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778), la progression d'accords est C-Am-F-G qui correspond à la progression {{Times New Roman|III-i-VI-VII}} de ''la'' mineur, mais à la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} de la gamme relative, ''do'' majeur .
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.svg|vignette|center|500px|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
=== Substitution tritonique ===
Un des accords les plus utilisés est donc l'accord de septième de dominante, {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} qui contient les degrés {{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IX}}) et {{Times New Roman|IV}}({{Times New Roman|XI}}) ; par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, l'accord de ''sol'' septième (G<sup>7</sup>) contient les notes ''sol''-''si''-''ré''-''fa''. Si l'on prend l'accord dont la fondamentale est trois tons (triton) au-dessus ou en dessous — l'octave contenant six tons, on arrive sur la même note —, {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}, ici ''ré''♭ septième (D♭<sup>7</sup>), celui-ci contient les notes ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''do''♭, cette dernière note étant l'enharmonique de ''si''. Les deux accords G<sup>7</sup> et D♭<sup>7</sup> ont donc deux notes en commun : le ''fa'' et le ''si''/''do''♭.
Il est donc fréquent en jazz de substituer l'accord {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} par l'accord {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}. Par exemple, la progression {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}} devient {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}}. C'est un procédé courant de réharmonisation (le fait de remplacer un accord par un autre dans un morceau existant).
Les six substitutions possibles sont donc : C<sup>7</sup>↔F♯<sup>7</sup> - D♭<sup>7</sup>↔G<sup>7</sup> - D<sup>7</sup>↔A♭<sup>7</sup> - E♭<sup>7</sup>↔A<sup>7</sup> - E<sup>7</sup>↔B♭<sup>7</sup> - F<sup>7</sup>↔B<sup>7</sup>.
[[Fichier:Übermäsiger Terzquartakkord.jpg|vignette|Exemple de cadence parfaite en ''do'' majeur avec substitution tritonique (sixte française).]]
Dans l'accord D♭<sup>7</sup>, si l'on remplace le ''do''♭ par son ''si'' enharmonique, on obtient un accord de sixte augmentée : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si''. Cet accord est utilisé en musique classique depuis la Renaissance ; on distingue en fait trois accords de sixte augmentée :
* sixte française ''ré''♭-''fa''-''sol''-''si'' ;
* sixte allemande : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si'' ;
* sixte italienne : ''ré''♭-''fa''-''si''.
Par exemple, le ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert (1828) se termine par une cadence parfaite dont l'accord de dominante est remplacé par une sixte française ''ré''♭-''fa''-''si''-''sol''-''si'' (''ré''♭ aux violoncelles, ''fa'' à l'alto, ''si''-''sol'' aux seconds violons et ''si'' au premier violon).
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.wav|vignette|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.png|vignette|center|upright=2.5|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
=== Autres accords de substitution ===
Substituer un accord consiste à utiliser un accord provenant d'une tonalité étrangère à la tonalité en cours. À la différence d'une modulation, la substitution est très courte et ne donne pas l'impression de changer de tonalité ; on a juste un sentiment « étrange » passager. Un court passage dans une autre tonalité est également appelée « emprunt ».
Nous avons déjà vu plusieurs méthodes de substitution :
* utilisation d'une note étrangère : une note étrangère — note de passage, appoggiature, anticipation, retard… — crée momentanément un accord hors tonalité ; en musique classique, ceci n'est pas considéré comme un accord en propre, mais en jazz, on parle « d'accord de passage » et « d'accord suspendu » ;
* utilisation d'une dominante secondaire : l'accord de dominante secondaire est hors tonalité ; le but ici est de faire une cadence parfaite, mais sur un autre degré que la tonique de la tonalité en cours ;
* la substitution tritonique, vue ci-dessus, pour remplacer un accord de septième de dominante.
Une dernière méthode consiste à remplacer un accord par un accord d'une gamme de même tonique, mais d'un autre mode ; on « emprunte » ''({{lang|en|borrow}})'' l'accord d'un autre mode. Par exemple, substituer un accord de la tonalité de ''do'' majeur par un accord de la tonalité de ''do'' mineur ou de ''do'' mode de ''mi'' (phrygien).
Donc en ''do'' majeur, on peut remplacer un accord de ''ré'' mineur septième (D<sub>m</sub><sup>7</sup>) par un accord de ''ré'' demi-diminué (D<sup>⌀</sup>, D<sub>m</sub><sup>7♭5</sup>) qui est un accord appartenant à la donalité de ''la'' mineur harmonique.
=== Forme AABA ===
La forme AABA est composée de deux progressions de huit mesures, notées A et B ; cela représente trente-deux mesures au total, on parle donc souvent en anglais de la ''{{lang|en|32-bars form}}''. C'est une forme que l'on retrouve dans de nombreuses chanson de comédies musicales de Broadway comme ''Have You Met Miss Jones'' (''{{lang|en|I'd Rather Be Right}}'', 1937), ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' (''Le Magicien d'Oz'', Harold Harlen, 1939), ''{{lang|en|All the Things You Are}}'' (''{{lang|en|Very Warm for may}}'', 1939).
Par exemple, la version de ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' chantée par Judy Garland est en ''la''♭ majeur et la progression d'accords est globalement :
* A (couplet) : A♭-Fm | Cm-A♭ | D♭ | Cm-A♭ | D♭ | D♭-F | B♭-E♭ | A♭
* B (pont) : A♭ | B♭m | Cm | D♭ | A♭ | B♭-G | Cm-G | B♭m-E♭
soit en degrés :
* A : {{Times New Roman|<nowiki>I-vi | iii-I | IV | iii-IV | IV | IV-vi | II-V | I</nowiki>}}
* B : {{Times New Roman|<nowiki>I | ii | iii | IV | I | II-VII | iii-VII | ii-V</nowiki>}}
Par rapport aux paroles de la chanson, on a
* A : couplet 1 ''« {{lang|en|Somewhere […] lullaby}} »'' ;
* A : couplet 2 ''« {{lang|en|Somewhere […] really do come true}} »'' ;
* B : pont ''« {{lang|en|Someday […] you'll find me}} »'' ;
* A : couplet 3 ''« {{lang|en|Somewhere […] oh why can't I?}} »'' ;
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=1HRa4X07jdE
| titre = Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitles)
| site = YouTube
| auteur = Overtherainbow
| consulté le = 2020-12-17
}}
Une mise en œuvre de la forme AABA couramment utilisée en jazz est la forme anatole (à le pas confondre avec la succession d'accords du même nom), en anglais ''{{lang|en|rythm changes}}'' car elle s'inspire du morceau ''{{lang|en|I Got the Rythm}}'' de George Gerschwin (''Girl Crazy'', 1930) :
* A : {{Times New Roman|I–vi–ii–V}} (succession d'accords « anatole ») ;
* B : {{Times New Roman|III<sup>7</sup>–VI<sup>7</sup>–II<sup>7</sup>–V<sup>7</sup>}} (les fondamentales forment une succession de quartes, donc parcourent le « cercle des quintes » à l'envers).
Par exemple, ''I Got the Rythm'' étant en ''ré''♭ majeur, la forme est :
* A : D♭ - B♭m - E♭m - A♭
* B : F7 - B♭7 - E♭7 - A♭7
=== Exemples ===
==== Début du Largo de la symphonie du Nouveau Monde ====
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.svg|vignette|Partition avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.midi|vignette|Fichier son avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
Nous avons reproduit ci-contre les cinq premières mesure du deuxième mouvement Largo de la symphonie « Du Nouveau Monde » (symphonie n<sup>o</sup> 9 d'Antonín Dvořák, 1893). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un orchestre symphonique :
* {{lien web
|url =https://www.youtube.com/watch?v=y2Nw9r-F_yQ?t=565
|titre = Dvorak Symphony No.9 "From the New World" Karajan 1966
|site=YouTube (Seokjin Yoon)
|consulté le=2020-12-11
}} (à 9 min 25), par le Berliner Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1966) ;
* {{lien web
|url = https://www.youtube.com/watch?v=ASlch7R1Zvo
|titre=Dvořák: Symphony №9, "From The New World" - II - Largo
|site=YouTube (diesillamusicae)
|consulté le=2020-12-11
}} : Wiener Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1985).
{{clear}}
Cette partie fait intervenir onze instruments monodiques (ne jouant qu'une note à la fois) : des vents (trois bois, sept cuivres) et une percussion. Certains de ces instruments sont transpositeurs (les notes sur la partition ne sont pas les notes entendues). Jouées ensemble, ces onze lignes mélodiques forment des accords.
Pour étudier cette partition, nous réécrivons les parties des instruments transpositeurs en ''do'' et les parties en clef d’''ut'' en clef de ''fa''. Nous regroupons les parties en clef de ''fa'' d'un côté et les parties en clef de ''sol'' d'un autre.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures transpositeurs en do.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde, en do.]]}}
Nous pouvons alors tout regrouper sous la forme d'un système de deux portées clef de ''fa'' et clef de ''sol'', comme une partition de piano.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords.]]
{{clear}}
Ensuite, nous ne gardons que la basse et les notes médium. Nous changeons éventuellement certaines notes d'octave afin de n'avoir que des superpositions de tierce ou de quinte (état fondamental des accords, en faisant ressortir les notes manquantes).
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords simplifiés.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords simplifiés.]]
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un quintuor de cuivres (trompette, bugle, cor, trombone, tuba), donc avec des accords de cinq notes :
: {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=pWfe60nbvjA
|titre = Largo from The New World Symphony by Dvorak
|site=YouTube (The Chamberlain Brass)
|consulté le=2020-12-11
}} : The American Academy of Arts & Letters in New York City (2017).
Nous allons maintenant chiffrer les accords.
Pour établir la basse chiffrée, il nous faut déterminer le parcours harmonique. Pour le premier accord, les tonalités les plus simples avec un ''sol'' dièse sont ''la'' majeur et ''fa'' dièse mineur ; comme le ''mi'' est bécarre, nous retenons ''la'' majeur, il s'agit donc d'un accord de quinte sur la dominante (les accords de dominante étant très utilisés, cela nous conforte dans notre choix). Puis nous avons un ''si'' bémol, nous pouvons être en ''fa'' majeur ou en ''ré'' mineur ; nous retenons ''fa'' majeur, c'est donc le renversement d'un accord sur le degré {{Times New Roman|II}}.
Dans la deuxième mesure, nous revenons en ''la'' majeur, puis, avec un ''la'' et un ''ré'' bémols, nous sommes en ''la'' bémol majeur ; nous avons donc un accord de neuvième incomplet sur la sensible, ou un accord de onzième incomplet sur la dominante.
Dans la troisième mesure, nous passons en ''ré'' majeur, avec un accord de dominante. Puis, nous arrivons dans la tonalité principale, avec le renversement d'un accord de dominante sans tierce suivi d'un accord de tonique. Nous avons donc une cadence parfaite, conclusion logique d'une phrase.
La progression des accords est donc :
{| class="wikitable"
! scope="row" | Tonalité
| ''la'' M - ''fa'' M || ''la'' M - ''la''♭ M || ''ré'' M - ''ré''♭ M || ''ré''♭ M
|-
! scope="row" | Accords
| {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|II}}<sup>6</sup><sub>4</sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|“V”}}<sup>9</sup><sub><s>5</s></sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> || {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>
|}
Dans le chiffrage jazz, nous avons donc :
* une triade de ''mi'' majeur, E ;
* une triade de ''sol'' majeur avec un ''ré'' en basse : G/D ;
* à nouveau un E ;
* un accord de ''sol'' neuvième diminué incomplet, avec un ''ré'' bémol en basse : G dim<sup>9</sup>/D♭ ;
* un accord de ''la'' majeur, A ;
* un accord de ''la'' bémol septième avec une ''sol'' bémol à la basse : A♭<sup>7</sup>/G♭ ;
* la partie se conclue par un accord parfait de ''ré''♭ majeur, D♭.
Soit une progression E - G/D | E - G dim<sup>9</sup>/D♭ | A - A♭<sup>7</sup>/G♭ | D♭.
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords chiffres.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde en accords simplifiés.]]
{{clear}}
==== Thème de Smoke on the Water ====
Le morceau ''Smoke on the Water'' du groupe Deep Purple (album ''Machine Head'', 1972) possède un célèbre thème, un riff ''({{lang|en|rythmic figure}})'', joué à la guitare sous forme d'accords de puissance ''({{lang|en|power chords}})'', c'est-à-dire des accords sans tierce. Le morceau est en tonalité de ''sol'' mineur naturel (donc avec un ''fa''♮) avec ajout de la note bleue (''{{lang|en|blue note}}'', quinte diminuée, ''ré''♭), et les accords composant le thème sont G<sup>5</sup>, B♭<sup>5</sup>, C<sup>5</sup> et D♭<sup>5</sup>, ce dernier accord étant l'accord sur la note bleue et pouvant être considéré comme une appoggiature (indiqué entre parenthèse ci-après). On a donc ''a priori'', sur les deux premières mesures, une progression {{Times New Roman|I-III-IV}} puis {{Times New Roman|I-III-(♭V)-IV}}. Durant la majeure partie du thème, la guitare basse tient la note ''sol'' en pédale.
{{note|En jazz, la qualité « <sup>5</sup> » indique que l'on n'a que la quinte (et donc pas la tierce), contrairement à la notation de basse chiffrée.}}
: {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ili04
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (Live at Montreux 2006)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
Cependant, cette progression forme une mélodie, on peut donc plus la voir comme un contrepoint, la superposition de deux voies ayant un mouvement conjoint, joué par un seul instrument, la guitare, la voie 2 étant jouée une quarte juste en dessous de la voie 1 (la quarte juste descendante étant le renversement de la quinte juste ascendante) :
* voie 1 (aigu) : | ''sol'' - ''si''♭ - ''do'' | ''sol'' - ''si''♭ - (''ré''♭) - ''do'' | ;
* voie 2 (grave) : | ''ré'' - ''fa'' - ''sol'' | ''ré'' - ''fa'' - (''la''♭) - ''sol'' |.
En se basant sur la basse (''sol'' en pédale), nous pouvons considérer que ces deux mesures sont accompagnées d'un accord de Gm<sup>7</sup> (''sol''-''si''♭-''ré''-''fa''), chaque accord de la mélodie comprenant à chaque fois au moins une note de cet accord à l'exception de l'appogiature.
{| class="wikitable"
|+ Mise en évidence des notes de l'accord Gm<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| '''''sol''''' || '''''si''♭''' || ''do''
|-
! scope="row" | Voie 2
| '''''ré''''' || '''''fa''''' || '''''sol'''''
|-
! scope="row" | Basse
| '''''sol''''' || '''''sol''''' || '''''sol'''''
|}
Sur les deux mesures suivantes, la basse varie et suit les accords de la guitare avec un retard sur le dernier accord :
{| class="wikitable"
|+ Voies sur les mesure 3-4 du thème
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || G<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| ''sol'' || ''si''♭ || ''do'' || ''si''♭ || ''sol''
|-
! scope="row" | Voie 2
| ''ré'' || ''fa'' || ''sol'' || ''fa'' || ''ré''
|-
! scope="row" | Basse
| ''sol'' || ''sol'' || ''do'' || ''si''♭ || ''si''♭-''sol''
|}
Le couplet de cette chanson est aussi organisé sur une progression de quatre mesures, la guitare faisant des arpèges sur les accords G<sup>5</sup> (''sol''-''ré''-''sol'') et F<sup>5</sup> (''fa''-''do''-''fa'') :
: | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-F<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> |
soit une progression {{Times New Roman|<nowiki>| I-I | I-I | I-VII | I-I |</nowiki>}}. Nous pouvons aussi harmoniser le riff du thème sur cette progression, avec un accord F (''fa''-''la''-''do'') ; nous pouvons aussi nous rappeler que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est plus volontiers considéré comme un accord de septième de dominante {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}, soit ici un accord Dm<sup>7</sup> (''ré''-''fa''-''la''-''do''). On peut donc considérer la progression harmonique sur le thème :
: | Gm-Gm | Gm-Gm | Gm-F ou Dm<sup>7</sup> | Gm-Gm |.
Cette analyse permet de proposer une harmonisation enrichie du morceau, tout en se rappelant qu'une des forces du morceau initial est justement la simplicité de sa structure, qui fait ressortir la virtuosité des musiciens. Nous pouvons ainsi comparer la version album à la version concert avec orchestre ou à la version latino de Pat Boone. À l'inverse, le groupe Psychostrip, dans une version grunge, a remplacé les accords par une ligne mélodique :
* le thème ne contient plus qu'une seule voie (la guitare ne joue pas des accords de puissance) ;
* dans les mesures 9 et 10, la deuxième guitare joue en contrepoint de type mouvement inverse, qui est en fait la voie 2 jouée en miroir ;
* l'arpège sur le couplet est remplacé par une ligne mélodique en ostinato sur une gamme blues.
{| class="wikitable"
|+ Contrepoint sur les mesures 9 et 10
|-
! scope="row" | Guitare 1
| ''sol'' ↗ ''si''♭ ↗ ''do''
|-
! scope="row" | Guitare 2
| ''sol'' ↘ ''fa'' ↘ ''ré''
|}
* {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ik234
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (In Concert with the London Symphony Orchestra, 1999)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=MtUuNzVROIg
| titre = Pat Boone — Smoke on the Water (In a Metal Mood, No More Mr. Nice Guy, 1997)
| auteur = Orrore a 33 Giri
| site = YouTube
| date = 2019-06-24 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=n7zLlZ8B0Bk
| titre = Smoke on the Water (Heroes, 1993)
| auteur = Psychostrip
| site = YouTube
| date = 2018-06-20 | consulté le = 2020-12-31
}}
== Accords et improvisation ==
Nous avons vu précédemment (chapitre ''[[../Gammes et intervalles#Modes et improvisation|Gammes et intervalles > Modes et improvisation]]'') que le choix d'un mode adapté permet d'improviser sur un accord. L'harmonisation des gammes permet, en inversant le processus, d'étendre notre palette : il suffit de repérer l'accord sur une harmonisaiton de gamme, et d'utiliser cette gamme-là, dans le mode correspondant du degré de l'accord (voir ci-dessus ''[[#Harmonisation par des accords de septième|Harmonisation par des accords de septième]]'').
Par exemple, nous avons vu que l'accord sur le septième degré d'une gamme majeure était un accord demi-diminué ; nous savons donc que sur un accord demi-diminué, nous pouvons improviser sur le mode correspondant au septième degré, soit le mode de ''si'' (locrien).
Un accord de septième de dominante étant commun aux deux tonalités homonymes (par exemple ''fa'' majeur et ''fa'' mineur pour un ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> / C<sup>7</sup>), nous pouvons utiliser le mode de ''sol'' de la gamme majeure (mixolydien) ou de la gamme mineure mineure (mode phrygien dominant, ou phrygien espagnol) pour improviser. Mais l'accord de septième de dominante est aussi l'accord au début d'une grille blues ; on peut donc improviser avec une gamme blues, même si la tierce est majeure dans l'accord et mineure dans la gamme.
[[Fichier:Mode improvisation accords do complet.svg]]
== Autres accords courants ==
[[fichier:Cluster cdefg.png|vignette|Agrégat ''do - ré - mi - fa - sol''.]]
Nous avons vu précédemment l'harmonisation des tonalités majeures et mineures harmoniques par des triades et des accords de septième ; certains accords étant rarement utilisés (l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} et, pour les tonalités mineures harmoniques, l'accord sur la tonique), certains accords étant utilisés comme des accords sur un autre degré (les accords sur la sensible étant considérés comme des accords de dominante sans fondamentale).
Dans l'absolu, on peut utiliser n'importe quelle combinaison de notes, jusqu'aux agrégats, ou ''{{lang|en|clusters}}'' (mot anglais signifiant « amas », « grappe ») : un ensemble de notes contigües, séparées par des intervalles de seconde. Dans la pratique, on reste souvent sur des accords composés de superpositions de tierces, sauf dans le cas de transitions (voir la section ''[[#Notes étrangères|Notes étrangère]]'').
=== En musique classique ===
On utilise parfois des accords dont les notes ne sont pas dans la tonalité (hors modulation). Il peut s'agir d'accords de passage, de notes étrangères, par exemple utilisant un chromatisme (mouvement conjoint par demi-tons).
Outre les accords de passage, les autres accords que l'on rencontre couramment en musique classique sont les accords de neuvième, et les accords de onzième et treizième sur tonique. Ces accords sont simplement obtenus en continuant à empiler les tierces. Il n'y a pas d'accord d'ordre supérieur car la quinzième est deux octaves au-dessus de la fondamentale.
Comme pour les accords de septième, on distingue les accords de neuvième de dominante et les accords de neuvième d'espèce. Dans le cas de la neuvième de dominante, il y a une différence entre les tonalités majeures et mineures : l'intervalle de neuvième est respectivement majeur et mineur. Les chiffrages des renversements peuvent donc différer. Comme pour les accords de septième de dominante, on considère que les accords de septième sur le degré {{Times New Roman|VI}} sont en fait des accords de neuvième de dominante sans fondamentale.
Les accords de neuvième d'espèce sont en général préparés et résolus. Préparés : la neuvième étant une note dissonante (c'est à une octave près la seconde de la fondamentale), l'accord qui précède doit contenir cette note, mais dans un accord consonant ; la neuvième est donc commune avec l'accord précédent. Résolus : la dissonance est résolue en abaissant la neuvième par un mouvement conjoint. Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, si l'on veut utiliser un accord de neuvième d'espèce sur la tonique ''(do - mi - sol - si - ré)'', on peut utiliser avant un accord de dominante ''(sol - si - ré)'' en préparation puis un accord parfait sur le degré {{Times New Roman|IV}} ''(fa - la - do)'' en résolution ; nous avons donc sur la voie la plus aigüe la succession ''ré'' (consonant) - ''ré'' (dissonant) - ''do'' (consonant).
On rencontre également parfois des accords de onzième et de treizième. On omet en général la tierce, car elle est dissonante avec la onzième. L'accord le plus fréquemment rencontré est l'accord sur la tonique : on considère alors que c'est un accord sur la dominante que l'on a enrichi « par le bas », en ajoutant une quinte inférieure. par exemple, dans la tonalité de ''do'' majeur, l'accord ''do - sol - si - ré - fa'' est considéré comme un accord de septième de dominante sur tonique, le degré étant noté « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|I}} ». De même pour l'accord ''do - sol - si - ré - fa - la'' qui est considéré comme un accord de neuvième de dominante sur tonique.
=== En jazz ===
En jazz, on utilise fréquemment l'accord de sixte à la place de l'accord de septième majeure sur la tonique. Par exemple, en ''do'' majeur, on utilise l'accord C<sup>6</sup> ''(do - mi - sol - la)'' à la place de C<sup>Δ</sup> ''(do - mi - sol - si)''. On peut noter que C<sup>6</sup> est un renversement de Am<sup>7</sup> et pourrait donc se noter Am<sup>7</sup>/C ; cependant, le fait de le noter C<sup>6</sup> indique que l'on a bien un accord sur la tonique qui s'inscrit dans la tonalité de ''do'' majeur (et non, par exemple, de ''la'' mineur naturelle) — par rapport à l'harmonie fonctionnelle, on remarquera que Am<sup>7</sup> a une fonction tonique, l'utilisation d'un renversement de Am<sup>7</sup> à la place d'un accord de C<sup>Δ</sup> est donc logique.
Les accords de neuvième, onzième et treizième sont utilisés comme accords de septième enrichis. Le chiffrage suit les règles habituelles : on ajoute un « 9 », un « 11 » ou un « 13 » au chiffrage de l'accord de septième.
On utilise également des accords dits « suspendus » : ce sont des accords de transition qui sont obtenus en prenant une triade majeure ou mineure et en remplaçant la tierce par la quarte juste (cas le plus fréquent) ou la seconde majeure. Plus particulièrement, lorsque l'on parle simplement « d'accord suspendu » sans plus de précision, cela désigne l'accord de neuvième avec une quarte suspendue, noté « 9sus4 » ou simplement « sus ».
== L'harmonie tonale ==
L'harmonie tonale est un ensemble de règle assez strictes qui s'appliquent dans la musique savante européenne, de la période baroque à la période classique classique ({{pc|xiv}}<sup>e</sup>-{{pc|xviii}}<sup>e</sup> siècle). Certaines règles sont encore largement appliquées dans divers styles musicaux actuels, y compris populaire (rock, rap…), d'autres sont au contraire ignorées (par exemple, un enchaînement de plusieurs accords de même qualité forme un mouvement parallèle, ce qui est proscrit en harmonie tonale). De nos jours, on peut voir ces règles comme des règles « de bon goût », et leur application stricte comme une manière de composer « à la manière de ».
Précédemment, nous avons vu la progression des accords. Ci-après, nous abordons aussi la manière dont les notes de l'accord sont réparties entre plusieurs voix, et comment on construit chaque voix.
=== Concepts fondamentaux ===
; Consonance
: Les intervalles sont considérés comme « plus ou moins consonants » :
:* consonance parfaite : unisson, quinte et octave ;
:* consonance mixte (parfaite dans certains contextes, imparfaite dans d'autres) : quarte ;
:* consonance imparfaite : tierce et sixte ;
:* dissonance : seconde et septième.
; Degrés
: Certains degrés sont considérés comme « forts », « meilleurs », ce sont les « notes tonales » : {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (sous-dominante) et {{Times New Roman|V}} (dominante).
[[Fichier:Mouvements harmoniques.svg|vignette|upright=0.75|Mouvements harmoniques.]]
; Mouvements
: Le mouvement décrit la manière dont les voix évoluent les unes par rapport aux autres :
:# Mouvement parallèle : les voix sont séparées par un intervalle constant.
:# Mouvement oblique : une voix reste constante, c'est le bourdon ; l'autre monte ou descend.
:# Mouvement contraire : une voix descend, l'autre monte.
:# Échange de voix : les voix échangent de note ; les mélodies se croisent mais on a toujours le même intervalle harmonique.
{{clear}}
=== Premières règles ===
; Règle du plus court chemin
: Quand on passe d'un accord à l'autre, la répartition des notes se fait de sorte que chaque voix fait le plus petit mouvement possible. Notamment : si les deux accords ont des notes en commun, alors les voix concernées gardent la même note.
: Les deux voix les plus importantes sont la voix aigüe — soprano — et la voix la plus grave — basse. Ces deux voix sont relativement libres : la voix de soprano a la mélodie, la voix de basse fonde l'harmonie. La règle du plus court chemin s'applique surtout aux voix intermédiaires ; si l'on a des mouvements conjoints, ou du moins de petits intervalles — c'est le sens de la règle du plus court chemin —, alors les voix sont plus faciles à interpréter. Cette règle évite également que les voix n'empiètent l'une sur l'autre (voir la règle « éviter le croisement des voix »).
; Éviter les consonances parfaites consécutives
:* Lorsque deux voix sont à l'unisson ou à l'octave, elles ne doivent pas garder le même intervalle, l'effet serait trop plat.
:* Lorsque deux voix sont à la quarte ou à la quinte, elles ne doivent pas garder le même intervalle, car l'effet est trop dur.
: Pour éviter cela, lorsque l'on part d'un intervalle juste, on a intérêt à pratiquer un mouvement contraire aux voix qui ne gardent pas la même note, ou au moins un mouvement direct : les voix vont dans le même sens, mais l'intervalle change.
: Notez que même avec le mouvement contraire, on peut avoir des consonances parfaites consécutives, par exemple si une voix fait ''do'' aigu ↗ ''sol'' aigu et l'autre ''sol'' médium ↘ ''do'' grave.
: L'interdiction des consonances parfaites consécutives n'a pas été toujours appliquée, le mouvement parallèle strict a d'ailleurs été le premier procédé utilisé dans la musique religieuse au {{pc|x}}<sup>e</sup> siècle. On peut par exemple utiliser des quintes parallèles pour donner un style médiéval au morceau. On peut également utiliser des octaves parallèles sur plusieurs notes afin de créer un effet de renforcement de la mélodie.
: Par ailleurs, les consonances parfaites consécutives sont acceptées lorsqu'il s'agit d'une cadence (transition entre deux parties ou bien conclusion du morceau).
; Éviter le croisement des voix
: Les voix sont organisées de la plus grave à la plus aigüe. Deux voix n'étant pas à l'unisson, celle qui est plus aigüe ne doit pas devenir la plus grave et ''vice versa''.
; Soigner la partie soprano
: Comme c'est celle qu'on entend le mieux, c'est en général celle qui porte la mélodie principale. On lui applique des règles spécifiques :
:# Si elle chante la sensible dans un accord de dominante ({{Times New Roman|V}}), alors elle doit monter à la tonique, c'est-à-dire que la note suivante sera la tonique située un demi-ton au dessus.
:# Si l'on arrive à une quinte ou une octave entre les parties basse et soprano par un mouvement direct, alors sur la partie soprano, le mouvement doit être conjoint. On doit donc arriver à cette situation par des notes voisines au soprano.
; Préférer certains accords
: Les deux degrés les plus importants sont la tonique ({{Times New Roman|I}}) et la dominante ({{Times New Roman|V}}), les accords correspondants ont donc une importance particulière.
: À l'inverse, l'accord de sensible ({{Times New Roman|VII}}) n'est pas considéré comme ayant une fonction harmonique forte. On le considère comme un accord de dominante affaibli. En tonalité mineure, on évite également l'accord de médiante ({{Times New Roman|III}}).
: Donc on utilise en priorité les accords de :
:# {{Times New Roman|I}} et {{Times New Roman|V}}.
:# Puis {{Times New Roman|II}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|VI}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode majeur.
:# On évite {{Times New Roman|VII}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode mineur.
; Préférer certains enchaînements
: Les enchaînements d'accord peuvent être classés par ordre de préférence. Par ordre de préférence décroissante (du « meilleur » au « moins bon ») :
:# Meilleurs enchaînements : quarte ascendante ou descendante. Notons que la quarte est le renversement de la quinte, on a donc des enchaînements stables et naturels, mais avec un intervalle plus court qu'un enchaînement de quintes.
:# Bons enchaînements : tierce ascendante ou descendante. Les accords consécutifs ont deux notes en commun.
:# Enchaînements médiocres : seconde ascendante ou descendante. Les accords sont voisins, mais ils n'ont aucune note en commun. On les utilise de préférence en mouvement ascendant, et on utilise surtout les enchaînements {{Times New Roman|IV}}-{{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|VI}} et éventuellement {{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|II}}.
:# Les autres enchaînements sont à éviter.
: On peut atténuer l'effet d'un enchaînement médiocre en plaçant le second accord sur un temps faible ou bien en passant par un accord intermédiaire.
[[Fichier:Progression Vplus4 I6.svg|thumb|Résolution d'un accord de triton (quarte sensible) vers l'accord de sixte de la tonique.]]
; La septième descend par mouvement conjoint
: Dans un accord de septième de dominante, la septième — qui est donc le degré {{Times New Roman|IV}} — descend par mouvement conjoint — elle est donc suivie du degré {{Times New Roman|III}}.
: Corolaire : un accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> se résout par un accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> : on a bien un enchaînement {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, et la 7{{e}} (degré {{Times New Roman|IV}}), qui est la basse de l'accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup>, descend d'un degré pour donner la basse de l'accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> (degré {{Times New Roman|III}}).
{{clear}}
[[Fichier:Progression I64 V7plus I5.svg|thumb|Accord de sixte et de quarte cadentiel.]]
; Un accord de sixte et quarte est un accord de passage
: Le second renversement d'un accord parfait est soit une appoggiature, soit un accord de passage, soit un accord de broderie.
: S'il s'agit de l'accord de tonique {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub>, c'est « accord de sixte et quarte de cadence », l'appoggiature de l'accord de dominante de la cadence parfaite.
{{clear}}
Mais il faut appliquer ces règles avec discernement. Par exemple, la voix la plus aigüe est celle qui s'entend le mieux, c'est donc elle qui porte la mélodie principale. Il est important qu'elle reste la plus aigüe. La voix la plus grave porte l'harmonie, elle pose les accords, il est donc également important qu'elle reste la plus grave. Ceci a deux conséquences :
# Ces deux voix extrêmes peuvent avoir des intervalles mélodiques importants et donc déroger à la règle du plus court chemin : la voix aigüe parce que la mélodie prime, la voix de basse parce que la progression d'accords prime.
# Les croisements des voix intermédiaires sont moins critiques.
Par ailleurs, si l'on applique strictement toutes les règles « meilleurs accords, meilleurs enchaînements », on produit un effet conventionnel, stéréotypé. Il est donc important d'utiliser les solutions « moins bonnes », « médiocres » pour apporter de la variété.
Ajoutons que les renversements d'accords permettent d'avoir plus de souplesse : on reste sur le même accord, mais on enrichit la mélodie sur chaque voix.
Le ''Bolero'' de Maurice Ravel (1928) brise un certain nombre de ces règles. Par exemple, de la mesure 39 à la mesure 59, la harpe joue des secondes. De la mesure 149 à la mesure 165, les piccolo jouent à la sixte, dans des mouvement strictement parallèle, ce qui donne d'ailleurs une sonorité étrange. À partir de la mesure 239, de nombreux instruments jouent en mouvement parallèles (piccolos, flûtes, hautbois, cor, clarinettes et violons).
=== Application ===
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques exercice.svg|vignette|Exercice : harmoniser ''Frère Jacques''.]]
Harmoniser ''Frère Jacques''.
Nous considérons un morceau à quatre voix : basse, ténor, alto et soprano. La soprano chante la mélodie de ''Frère Jacques''. L'exercice consiste à proposer l'écriture des trois autres voix en respectant les règles énoncées ci-dessus. Pour simplifier, nous ajoutons les contraintes suivantes :
* toutes les voix chantent des blanches ;
* nous nous limitons aux accords de quinte (accords de trois sons composés d'une tierce et d'une quinte) sans avoir recours à leurs renversements (accords de sixte, accords de sixte et de quarte).
Les notes à gauche de la portée indiquent la tessiture (ou ambitus), l'amplitude que peut chanter la voix.
{{clear}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution possible}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques solution.svg|vignette|Harmonisation possible de ''Frère Jacques'' (solution de l'exercice).]]
Il n'y a pas qu'une solution possible.
Le premier accord doit contenir un ''do''. Nous sommes manifestement en tonalité de ''do'' majeur, nous proposons de commencer par l'accord parfait de ''do'' majeur, I<sup>5</sup>.
Le deuxième accord doit comporter un ''ré''. Si nous utilisons l'accord de quinte de ''ré'', nous allons créer une quinte parallèle. Nous pourrions utiliser un renversement, mais nous nous imposons de chercher un autre accord. Il peut s'agir de l'accord ''si''<sup>5</sup> ''(si-ré-fa)'' ou de l'accord de ''sol''<sup>5</sup> ''(sol-si-ré)''. La dernière solution permet d'utiliser l'accord de dominante qui est un accord important de la tonalité. La règle du plus court chemin imposerait le ''sol'' grave pour la partie de basse, mais cela est proche de la limite du chanteur, nous préférons passer au ''sol'' aigu, plus facile à chanter. Nous vérifions qu'il n'y a pas de quinte parallèle : l'intervalle ascendant ''do-sol'' (basse-alto) devient ''sol-si'' (3<sup>ce</sup>), l'intervalle descendant ''do-sol'' (soprano-alto) devient ''ré-si'' (3<sup>ce</sup>).
De la même manière, pour le troisième accord, nous ne pouvons pas passer à un accord de ''la''<sup>5</sup> pour éviter une quinte parallèle. Nous avons le choix entre ''do''<sup>5</sup> ''(do-mi-sol)'' et ''mi''<sup>5</sup> ''(mi-sol-si)''. Nous préférons revenir à l'accord de fondamental, solution très stable (l'enchaînement {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|I}} formant une cadence parfaite).
Pour le quatrième accord, nous pourrions rester sur l'accord parfait de ''do'' mais cela planterait en quelque sorte la fin du morceau puisque l'on resterait sur la cadence parfaite ; or, nous connaissons le morceau et savons qu'il n'est pas fini. Nous choisissons l'accord de ''la''<sup>5</sup> qui est une sixte ascendante ({{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|VI}}).
Nos aurions pu répartir les voix différemment. Par exemple :
* alto : ''sol''-''si''-''sol''-''do'' ;
* ténor : ''mi''-''ré''-''mi''-''mi''.
{{boîte déroulante/fin}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques.midi|vignette|Fichier son correspondant.]]
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== Annexe ==
=== Accords en musique classique ===
Un accord est un ensemble de notes jouées simultanément. Il peut s'agir :
* de notes jouées par plusieurs instruments ;
* de notes jouées par un même instrument : piano, clavecin, orgue, guitare, harpe (la plupart des instruments à clavier et des instruments à corde).
Pour deux notes jouées simultanément, on parle d'intervalle « harmonique » (par opposition à l'intervalle « mélodique » qui concerne les notes jouées successivement).
Les notes répétées à différentes octaves ne changent pas la nature de l'accord.
La musique classique considère en général des empilements de tierces ; un accord de trois notes sera constitué de deux tierces successives, un accord de quatre notes de trois tierces…
Lorsque tous les intervalles sont des intervalles impairs — tierces, quintes, septièmes, neuvièmes, onzièmes, treizièmes… — alors l'accord est dit « à l'état fondamental » (ou encore « primitif » ou « direct »). La note de la plus grave est appelée « fondamentale » de l'accord. Lorsque l'accord comporte un ou des intervalles pairs, l'accord est dit « renversé » ; la note la plus grave est appelée « basse ».
De manière plus générale, l'accord est dit à l'état fondamental lorsque la basse est aussi la fondamentale. On a donc un état idéal de l'accord (état canonique) — un empilement strict de tierces — et l'état réel de l'accord — l'empilement des notes réellement jouées, avec d'éventuels redoublements, omissions et inversions ; et seule la basse indique si l'accord est à l'état fondamental ou renversé.
Le chiffrage dit de « basse continue » ''({{lang|it|basso continuo}})'' désigne la représentation d'un accord sous la forme d'un ou plusieurs chiffres arabes et éventuellement d'un chiffre romain.
==== Accords de trois notes ====
En musique classique, les seuls accords considérés comme parfaitement consonants, c'est-à-dire sonnant agréablement à l'oreille, sont appelés « accords parfaits ». Si l'on prend une tonalité et un mode donné, alors l'accord construit par superposition es degrés I, III et V de cette gamme porte le nom de la gamme qui l'a généré.
[[fichier:Accord do majeur chiffre.svg|vignette|upright=0.5|Accord parfait de ''do'' majeur chiffré.]]
Par exemple :
* « l'accord parfait de ''do'' majeur » est composé des notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' ;
* « l'accord parfait de ''la'' mineur » est composé des notes ''la'', ''do'' et ''mi''.
Un accord parfait majeur est donc composé, en partant de la fondamentale, d'une tierce majeure et d'une quinte juste. Un accord parfait mineur est composé d'une tierce mineure et d'une quinte juste.
L'accord parfait à l'état fondamental est appelé « accord de quinte » et est simplement chiffré « 5 » pour indiquer la quinte.
On peut également commencer un accord sur sa deuxième ou sa troisième note, en faisant monter celle(s) qui précède(nt) à l'octave suivante. On parle alors de « renversement d'accord » ou d'accord « renversé ».
[[Fichier:Accord do majeur renversements chiffre.svg|vignette|upright=0.75|Accord parfait de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
Par exemple,
* le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur est :<br /> ''mi'', ''sol'', ''do'' ;
* le second renversement de l'accord parfait de do majeur est :<br /> ''sol'', ''do'', ''mi''.
Les notes conservent leur nom de « fondamentale », « tierce » et « quinte » malgré le changement d'ordre. La note la plus grave est appelée « basse ».
Dans le cas du premier renversement, le deuxième note est la tierce de la basse (la note la plus grave) et la troisième note est la sixte ; le chiffrage en chiffres arabes est donc « 6 » (puisque l'on omet la tierce) et l'accord est appelé « accord de sixte ». Pour le deuxième renversement, les intervalles sont la quarte et la sixte, le chiffrage est donc « 6-4 » et l'accord est appelé « accord de sixte et de quarte ».
Dans tous les cas, on chiffre le degré on considérant la fondamentale, par exemple {{Times New Roman|I}} si l'accord est construit sur la tonique de la gamme.
Les autres accords de trois notes que l'on rencontre sont :
* l'accord de quinte diminuée, constitué d'une tierce mineure et d'une quinte diminuée ; lorsqu'il est construit sur le septième degré d'une gamme, on considère que c'est un accord de septième de dominante sans fondamentale (voir plus bas), le degré est donc indiqué « “{{Times New Roman|V}}” » (cinq entre guillemets) et non « {{Times New Roman|VII}} » ;
* l'accord de quinte augmenté : il est composé d'une tierce majeure et qu'une quinte augmentée.
Dans le tableau ci-dessous,
* « m » désigne un intervalle mineur ;
* « M » un intervalle majeur ou le mode majeur ;
* « J » un intervalle juste ;
* « d » un intervalle diminué ;
* « A » un intervalle augmenté ;
* « mh » le mode mineur harmonique ;
* « ma » le mode mineur ascendant ;
* « md » le mode mineur descendant.
{| class="wikitable"
|+ Accords de trois notes
! scope="col" rowspan="2" | Nom
! scope="col" rowspan="2" | 3<sup>ce</sup>
! scope="col" rowspan="2" | 5<sup>te</sup>
! scope="col" rowspan="2" | État fondamental
! scope="col" rowspan="2" | 1<sup>er</sup> renversement
! scope="col" rowspan="2" | 2<sup>nd</sup> renversement
! scope="col" colspan="4"| Construit sur les degrés
|-
! scope="col" | M
! scope="col" | mh
! scope="col" | ma
! scope="col" | md
|-
| Accord parfait<br /> majeur || M || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|I, IV, V}} || {{Times New Roman|V, VI}} || {{Times New Roman|IV, V}} || {{Times New Roman|III, VI, VII}}
|-
| Accord parfait<br /> mineur || m || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|II, III, VI}} || {{Times New Roman|I, IV}} || {{Times New Roman|I, II}} || {{Times New Roman|I, IV, V}}
|-
| Accord de<br />quinte diminuée || m || d
| accord de<br />quinte diminuée || accord de<br />sixte sensible<br />sans fondamentale || accord de triton<br />sans fondamentale
| {{Times New Roman|VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|VI, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II}}
|-
| Accord de<br />quinte augmentée || M || A
| accord de<br />quinte augmentée || accord de sixte<br />et de tierce sensible || accord de sixte et de quarte<br />sur sensible
| || {{Times New Roman|III}} || {{Times New Roman|III}} ||
|}
==== Accords de quatre notes ====
Les accords de quatre notes sont des accord composés de trois tierces superposées. La dernière note étant le septième degré de la gamme, on parle aussi d'accords de septième.
Ces accords sont dissonants : ils contiennent un intervalle de septième (soit une octave montante suivie d'une seconde descendante). Ils laissent donc une impression de « tension ».
Il existe sept différents types d'accords, ou « espèces ». Citons l'accord de septième de dominante, l'accord de septième mineure et l'accord de septième majeure.
===== L'accord de septième de dominante =====
[[Fichier:Accord 7e dominante do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
L'accord de septième de dominante est l'empilement de trois tierces à partir de la dominante de la gamme, c'est-à-dire du {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré. Par exemple, l'accord de septième de dominante de ''do'' majeur est l'accord ''sol''-''si''-''ré''-''fa'', et l'accord de septième de dominante de ''la'' mineur est ''mi''-''sol''♯-''si''-''ré''. L'accord de septième de dominante dont la fondamentale est ''do'' (''do''-''mi''-''sol''-''si''♭) appartient à la gamme de ''fa'' majeur.
Que le mode soit majeur ou mineur, il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième mineure). C'est de loin l'accord de septième le plus utilisé ; il apparaît au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> en musique classique.
Dans son état fondamental, son chiffrage est {{Times New Roman|V 7/+}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}). Le signe plus indique la sensible.
Son premier renversement est appelé « accord de quinte diminuée et sixte » et est noté {{Times New Roman|V 6/<s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}).
Son deuxième renversement est appelé « accord de sixte sensible », puisque la sixte de l'accord est la sensible de la gamme, et est noté {{Times New Roman|V +6}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}).
Son troisième renversement est appelé « accord de quarte sensible » et est noté {{Times New Roman|V +4}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}).
[[Fichier:Accord 7e dominante sans fondamentale do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante sans fondamentale de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
On utilise aussi l'accord de septième de dominante sans fondamentale ; c'est alors un accord de trois notes.
Dans son état fondamental, c'est un « accord de quinte diminuée » placé sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré (mais c'est bien un accord construit sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré), noté {{Times New Roman|“V” <s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}). Notez les guillemets qui indiquent que la fondamentale V est absente.
Dans son premier renversement, c'est un « accord de sixte sensible sans fondamentale » noté {{Times New Roman|“V” +6/3}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}}).
Dans son second renversement, c'est un « accord de triton sans fondamentale » (puisque le premier intervalle est une quarte augmentée qui comporte trois tons) noté {{Times New Roman|“V” 6/+4}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}).
Notons qu'un accord de septième de dominante n'a pas toujours la dominante pour fondamentale : tout accord composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure est un accord de septième de dominante et est chiffré {{Times New Roman|<sup>7</sup><sub>+</sub>}}, quel que soit le degré sur lequel il est bâti (certaines notes peuvent avoir une altération accidentelle).
===== Les accords de septième d'espèce =====
Les autres accords de septièmes sont dits « d'espèce ».
L'accord de septième mineure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme mineure ''naturelle''. Par exemple, l'accord de septième mineure de ''la'' est ''la''-''do''-''mi''-''sol''. Il est composé d'une tierce mineure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait mineur auquel on ajoute une septième mineure).
L'accord de septième majeure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme majeure. Par exemple, L'accord de septième majeure de ''do'' est ''do''-''mi''-''sol''-''si''. Il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième majeure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième majeure).
==== Utilisation du chiffrage ====
Le chiffrage est utilisé de deux manières.
La première manière, c'est la notation de la basse continue. La basse continue est une technique d'improvisation utilisée dans le baroque pour l'accompagnement d'instruments solistes. Sur la partition, on indique en général la note de basse de l'accord et le chiffrage en chiffres arabes.
La seconde manière, c'est pour l'analyse d'une partition. Le fait de chiffrer les accords permet de mieux en comprendre la structure.
De manière générale, on peut retenir que :
* le chiffrage « 5 » indique un accord parfait, superposition d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste ;
* le chiffrage « 6 » indique le premier renversement d'un accord parfait ;
* le chiffrage « 6/4 » indique le second renversement d'un accord parfait ;
* chiffrage « 7/+ » indique un accord de septième de dominante ;
* le signe « + » indique en général que la note de l'intervalle est la sensible ;
* un intervalle barré désigne un intervalle diminué.
[[fichier:Accords gamme do majeur la mineur.svg|class=transparent| center | Principaux accords construits sur les gammes de ''do'' majeur et de ''la'' mineur harmonique.]]
=== Notation « jazz » ===
En jazz et de manière générale en musique rock et populaire, la base d'un accord est la triade composée d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste. Pour désigner un accord, on utilise la note fondamentale, éventuellement désigné par une lettre dans le système anglo-saxon (A pour ''la'' etc.), suivi d'une qualité (comme « m », « + »…).
Les renversements ne sont pas notés de manière particulière, ils sont notés comme les formes fondamentales.
Dans les deux tableaux suivants, la fondamentale est notée X (remplace le C pour un accord de ''do'', le D pour un accord de ''ré''…). La construction des accords est décrite par la suite.
[[Fichier:Arbre accords triades 5d5J5A.svg|vignette|upright=1.5|Formation des triades présentée sous forme d'arbre.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principales triades
|-
|
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" | Quinte diminuée (5d)
| X<sup>o</sup>, Xm<sup>♭5</sup>, X–<sup>♭5</sup> ||
|-
! scope="row" | Quinte juste (5J)
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | Quinte augmentée (5A)
| || X+, X<sup>♯5</sup>
|}
[[Fichier:Triades do.svg|class=transparent|center|Triades de do.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords de septième
|-
| colspan="2" |
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />diminuée (5d)
! scope="row" | Septième diminuée (7d)
| X<sup>o7</sup> ||
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup>, X<sup>Ø</sup> ||
|-
! scope="row" rowspan="3" | Quinte<br />juste (5J)
! scope="row" | Sixte majeure (6M)
| Xm<sup>6</sup> || X<sup>6</sup>
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> || X<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| Xm<sup>maj7</sup>, X–<sup>maj7</sup>, Xm<sup>Δ</sup>, X–<sup>Δ</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />augmentée (5A)
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| || X+<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| || X+<sup>maj7</sup>
|}
[[Fichier:Arbre accords septieme.svg|class=transparent|center|Formation des accords de septième présentée sous forme d'arbre.]]
[[Fichier:Accords do septieme.svg|class=transparent|center|Accord de do septième.]]
On notera que l'intervalle de sixte majeure est l'enharmonique de celui de septième diminuée (6M = 7d).
[[File:Principaux accords do.svg|class=transparent|center|Principaux accords de do.]]
==== Triades ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord parfait majeur : pas de notation
*: p. ex. « ''do'' » ou « C » pour l'accord parfait de ''do'' majeur (''do'' - ''mi'' - ''sol'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord parfait mineur : « m », « min » ou « – »
*: « ''do'' m », « ''do'' – », « Cm », « C– »… pour l'accord parfait de ''do'' mineur (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'')
==== Triades modifiées ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord augmenté (la quinte est augmentée) : aug, +, ♯5
*: « ''do'' aug », « ''do'' + », « ''do''<sup>♯5</sup> » « Caug », « C+ » ou « C<sup>♯5</sup> » pour l'accord de ''do'' augmenté (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯)
: L'accord augmenté est un empilement de tierces majeures. Ainsi, un accord augmenté a deux notes communes avec deux autres accords augmentés : C+ (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯) a deux notes communes avec A♭+ (''la''♭ - ''do'' - ''mi'') et avec E+ (''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯) ; et on remarque que ces trois accords sont en fait enharmoniques (avec les enharmonies ''la''♭ = ''sol''♯ et ''si''♯ = ''do''). En effet, l'octave comporte six tons (sous la forme de cinq tons et deux demi-tons), et une tierce majeure comporte deux tons, on arrive donc à l'octave en ajoutant une tierce majeure à la dernière note de l'accord.
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord diminué (la quinte est diminuée) : dim, o, ♭5
*: « ''do'' dim », « ''do''<sup>o</sup> », « ''do''<sup>♭5</sup> », « Cdim », « C<sup>o</sup> » ou « C<sup>♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' diminuné (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭)
: On remarque que la quinte diminuée est l'enharmonique de la quarte augmentée et est l'intervalle appelé « triton » (car composé de trois tons).
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord suspendu de seconde : la tierce est remplacée par une seconde majeure : sus2
*: « ''do''<sup>sus2</sup> » ou « C<sup>sus2</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de seconde (''do''-''ré''-''sol'')
* accord suspendu de quarte : la tierce est remplacée par une quarte juste : sus4
*: « ''do''<sup>sus4</sup> » ou « C<sup>sus4</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de quarte (''do''-''fa''-''sol'')
==== Triades appauvries ====
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord de puissance : la tierce est omise, l'accord n'est constitué que de la fondamentale et de la quinte juste : 5
*: « ''do''<sup>5</sup> », « C<sup>5</sup> » pour l'accord de puissance de ''do'' (''do'' - ''la'')
{{note|Très utilisé dans les musiques rock, hard rock et heavy metal, il est souvent joué renversé (''la'' - ''do'') ou bien avec l'ajout de l'octave (''do'' - ''la'' - ''do'').}}
==== Triades enrichies ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord de septième (la 7<sup>e</sup> est mineure) : 7
*: « ''do''<sup>7</sup> », « C<sup>7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' majeur » en musique classique (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si''♭)
* accord de septième majeure : Δ, 7M ou maj7
*: « ''do'' <sup>Δ</sup> », « ''do'' <sup>maj7</sup> », « C<sup>Δ</sup> », « C<sup>7M</sup> »… pour l'accord de ''do'' septième majeure (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord de mineur septième (la tierce et la 7<sup>e</sup> sont mineures) : m7, min7 ou –7
*: « ''do'' m<sup>7</sup> », « ''do'' –<sup>7</sup> », « Cm<sup>7</sup> », « C–<sup>7</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' mineur » en musique classique (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si''♭)
* accord mineure septième majeure : m7M, m7maj, mΔ, –7M, –7maj, –Δ
*: « ''do'' m<sup>7M</sup> », « ''do'' m<sup>maj7</sup> », « ''do'' –<sup>Δ</sup> », « Cm<sup>7M</sup> », « Cm<sup>maj7</sup> », « C–<sup>Δ</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième majeure (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si'')
* accord de septième diminué (la quinte et la septième sont diminuée) : dim 7 ou o7
*: « ''do'' dim<sup>7</sup> », « ''do''<sup>o7</sup> », « Cdim<sup>7</sup> » ou « C<sup>o7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si''♭)
* accord demi-diminué (seule la quinte est diminuée, la septième est mineure) : Ø ou –7(♭5)
*: « ''do''<sup>Ø</sup> », « ''do''<sup>7(♭5)</sup> », « C<sup>Ø</sup> » ou « C<sup>7♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' demi-diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si'')
=== Construction pythagoricienne des accords ===
Nous avons vu au débuts que lorsque l'on joue deux notes en même temps, leurs vibrations se superposent. Certaines superpositions créent un phénomène de battement désagréable, c'est le cas des secondes.
Dans le cas d'une tierce majeure, les fréquences des notes quadruple et quintuple d'une même base : les fréquences s'écrivent 4׃<sub>0</sub> et 5׃<sub>0</sub>. Cette superposition de vibrations est agréable à l'oreille. Nous avons également vu que dans le cas d'une quinte juste, les fréquences sont le double et le triple d'une même base, ou encore le quadruple et sextuple si l'on considère la moitié de cette base.
Ainsi, dans un accord parfait majeur, les fréquences des fondamentales des notes sont dans un rapport 4, 5, 6. De même, dans le cas d'un accord parfait mineur, les proportions sont de 1/6, 1/5 et 1/4.
{{voir|[[../Caractéristiques_et_notation_des_sons_musicaux#Construction_pythagoricienne_et_gamme_de_sept_tons|Caractéristiques et notation des sons musicaux > Construction pythagoricienne et gamme de sept tons]]}}
=== Un peu de physique : interférences ===
Les sons sont des vibrations. Lorsque l'on émet deux sons ou plus simultanément, les vibrations se superposent, on parle en physique « d'interférences ».
Le modèle le plus simple pour décrire une vibration est la [[w:fr:Fonction sinus|fonction sinus]] : la pression de l'air P varie en fonction du temps ''t'' (en secondes, s), et l'on a pour un son « pur » :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ⋅''t'')
où ƒ est la fréquence (en hertz, Hz) du son.
Si l'on émet deux sons de fréquence respective ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub>, alors la pression vaut :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ<sub>1</sub>⋅''t'') + sin(2π⋅ƒ<sub>2</sub>⋅''t'').
Nous avons ici une [[w:fr:Identité trigonométrique#Transformation_de_sommes_en_produits,_ou_antilinéarisation|identité trigonométrique]] dite « antilinéarisation » :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 + f_2}{2}t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 - f_2}{2}t \right ).</math>
On peut étudier simplement deux situations simples.
[[Fichier:Battements interferentiels.png|vignette|Deux sons de fréquences proches créent des battements : la superposition d'une fréquence et d'une enveloppe.]]
La première, c'est quand les fréquences ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> sont très proches. Alors, la moyenne (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> ; et la demie différence (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de zéro. On a donc une enveloppe de fréquence très faible, (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2, dans laquelle s'inscrit un son de fréquence moyenne, (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2. C'est cette enveloppe de fréquence très faible qui crée les battements, désagréables à l'oreille.
Sur l'image ci-contre, le premier trait rouge montre un instant où les vibrations sont opposées ; elles s'annulent, le son s'éteint. Le second trait rouge montre un instant où les vibrations sont en phase : elle s'ajoutent, le son est au plus fort.
{{clear}}
La seconde, c'est lorsque les deux fréquences sont des multiples entiers d'une même fréquence fondamentale ƒ<sub>0</sub> : ƒ<sub>1</sub> = ''n''<sub>1</sub>⋅ƒ<sub>0</sub> et ƒ<sub>0</sub> = ''n''<sub>0</sub>⋅ƒ<sub>0</sub>. On a alors :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 + n_2}{2}f_0 \cdot t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 - n_2}{2}f_0 \cdot t \right ).</math>
On multiplie donc deux fonctions qui ont des fréquences multiples de ƒ<sub>0</sub>. La différence minimale entre ''n''<sub>1</sub> et ''n''<sub>2</sub> vaut 1 ; on a donc une enveloppe dont la fréquence est au minimum la moitié de ƒ<sub>0</sub>, c'est-à-dire un son une octave en dessous de ƒ<sub>0</sub>. Donc, cette enveloppe ne crée pas d'effet de battement, ou plutôt, le battement est trop rapide pour être perçu comme tel. Dans cette enveloppe, on a une fonction sinus dont la fréquence est également un multiple de ƒ<sub>0</sub> ; l'enveloppe et la fonction qui y est inscrite ont donc de nombreux « points communs », d'où l'effet harmonieux.
=== Le tonnetz ===
[[File:Speculum musicae.png|thumb|right|225px|Euler, ''De harmoniæ veris principiis'', 1774, p. 350.]]
En allemand, le terme ''Tonnetz'' (se prononce « tône-netz ») signifie « réseau tonal ». C'est une représentation graphique des notes qui a été imaginée par [[w:Leonhard Euler|Leonhard Euler]] en 1739.
Cette représentation graphique peut aider à la mémorisation de certains concepts de l'harmonie. Cependant, son application est très limitée : elle ne concerne que l'intonation juste d'une part, et que les accords parfait des tonalités majeures et mineures naturelles d'autre part. La représentation contenant les douze notes de la musique savante occidentale, on peut bien sûr représenter d'autres objets, comme les accords de septième ou les accords diminués, mais la représentation graphique est alors compliquée et perd son intérêt pédagogique.
On part d'une note, par exemple le ''do''. Si on progresse vers la droite, on monte d'une quinte juste, donc ''sol'' ; vers la gauche, on descend d'une quinte juste, donc ''fa''. Si on va vers le bas, on monte d'une tierce majeure, donc ''mi'' ; si on va vers le haut, on descend d'une tierce majeure, donc ''la''♭ ou ''sol''♯
fa — do — sol — ré
| | | |
la — mi — si — fa♯
| | | |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
La figure forme donc un filet, un réseau. On voit que ce réseau « boucle » : si on descend depuis le ''do''♯, on monte d'une tierce majeure, on obtient un ''mi''♯ qui est l'enharmonique du ''fa'' qui est en haut de la colonne. Si on va vers la droite à partir du ''ré'', on obtient le ''la'' qui est au début de la ligne suivante.
Si on ajoute des diagonales allant vers la droite et le haut « / », on met en évidence des tierces mineures : ''la'' - ''do'', ''mi'' - ''sol'', ''si'' - ''ré'', ''do''♯ - ''mi''…
fa — do — sol — ré
| / | / | / |
la — mi — si — fa♯
| / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
Donc les liens représentent :
* | : tierce majeure ;
* — : quinte juste ;
* / : tierce mineure.
[[Fichier:Tonnetz carre accords fr.svg|thumb|Tonnetz avec les accords parfaits. Les notes sont en notation italienne et les accords en notation jazz.]]
On met ainsi en évidence des triangles dont un côté est une quinte juste, un côté une tierce majeure et un côté une tierce mineure ; c'est-à-dire que les notes aux sommets du triangle forment un accord parfait majeur (par exemple ''do'' - ''mi'' - ''sol'') :
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do — sol''' — ré<br />
| / '''| /''' | / |<br />
la — '''mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
ou un accord parfait mineur (''la'' - ''do'' - ''mi'').
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do''' — sol — ré<br />
| '''/ |''' / | / |<br />
'''la — mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
Un triangle représente donc un accord, et un sommet représente une note. Si on passe d'un triangle à un triangle voisin, alors on passe d'un accord à un autre accord, les deux accords ayant deux notes en commun. Ceci illustre la notion de « plus court chemin » en harmonie : si on passe d'un accord à un autre en gardant un côté commun, alors on a un mouvement conjoint sur une seule des trois voix.
Par rapport à l'harmonie fonctionnelle : les accords sont contigus à leur fonction, par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique ({{Times New Roman|I}}) : C, A– et E– sont contigus ;
* fonction de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) : F et D– sont contigus ;
* fonction de dominante ({{Times New Roman|V}}) : G et B<sup>o</sup> sont contigus.
On notera que les triangles d'un schéma ''tonnetz'' ne représentent que des accords parfaits. Pour représenter un accord de quinte diminuée (''si'' - ''ré'' - ''fa'') ou les accords de septième, en particulier l'accord de septième de dominante, il faut étendre le ''tonnetz'' et l'on obtient des figures différentes. Par ailleurs, il est adapté à ce que l'on appelle « l'intonation juste », puisque tous les intervalles sont idéaux.
[[Fichier:Tonnetz carre accords etendu fr.svg|vignette|Tonnetz étendu.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do majeur accords fr.svg|vignette|Tonnetz de la tonalité de ''do'' majeur. La représentation de l'accord de quinte diminuée sur ''si'' (B<sup>o</sup>) est une ligne et non un triangle.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do mineur accords fr.svg|vignette|Tonnetz des tonalités de ''do'' mineur naturel (haut) et ''do'' mineur harmonique (bas).]]
Si l'on étend un peu le réseau :
ré♭ — la♭ — mi♭ — si♭ — fa
| / | / | / | / |
fa — do — sol — ré — la
| / | / | / | / |
la — mi — si — fa♯ — do♯
| / | / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — la♯ — mi♯
| / | / | / | / |
mi♯ — do — sol — ré — la
on peut donc trouver des chemins permettant de représenter les accords de septième de dominante (par exemple en ''do'' majeur, G<sup>7</sup>)
fa
/
sol — ré
| /
si
et des accords de quinte diminuée (en ''do'' majeur : B<sup>o</sup>)
fa
/
ré
/
si
Une gamme majeure ou mineure naturelle peut se représenter par un trapèze rectangle : ''do'' majeur
fa — do — sol — ré
| /
la — mi — si
et ''do'' mineur
la♭ — mi♭ — si♭
/ |
fa — do — sol — ré
En revanche, la représentation d'une tonalité nécessite d'étendre le réseau afin de pouvoir faire figurer tous les accords, deux notes sont représentées deux fois. La représentation des tonalités mineures harmoniques prend une forme biscornue, ce qui nuit à l'intérêt pédagogique de la représentation.
[[Fichier:Neo-Riemannian Tonnetz.svg|vignette|upright=2|Tonnetz avec des triangles équilatéraux.]]
On peut réorganiser le schéma en décalant les lignes, afin d'avoir des triangles équilatéraux. Sur la figure ci-contre (en notation anglo-saxonne) :
* si on monte en allant vers la droite « / », on a une tierce mineure ;
* si on descend en allant vers la droite « \ », on a une tierce majeure ;
* les liens horizontaux « — » représentent toujours des quintes justes
* les triangles pointe en haut sont des accords parfaits mineurs ;
* les triangles pointe en bas sont des accords parfaits majeurs.
On a alors les accords de septième de dominante
F
/
G — D
\ /
B
et de quinte diminuée
F
/
D
/
B
les tonalités majeures
F — C — G — D
\ /
A — E — B
et les tonalités mineures naturelles
A♭ — E♭ — B♭
/ \
F — C — G — D
== Notes et références ==
{{références}}
== Voir aussi ==
=== Liens externes ===
{{wikipédia|Consonance (harmonie tonale)}}
{{wikipédia|Disposition de l'accord}}
{{wikisource|Petit Manuel d’harmonie}}
* {{lien web
| url = https://www.apprendrelesolfege.com/chiffrage-d-accords
| titre = Chiffrage d'accords (classique)
| site = Apprendrelesolfege.com
| consulté le = 2020-12-03
}}
* {{lien web
| url = https://www.coursd-harmonie.fr/introduction/introduction2_le_chiffrage_d_accords.php
| titre = Introduction II : Le chiffrage d'accords
| site = Cours d'harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-14
}}
* {{lien web
| url=https://www.coursd-harmonie.fr/
| titre = Cours d'harmonie en ligne
| auteur = Jean-Baptiste Voinet
| site=coursd-harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-20
}}
* {{lien web
| url=http://e-harmonie.e-monsite.com/
| titre = Cours d'harmonie classique en ligne
| auteur = Olivier Miquel
| site=e-harmonie
| consulté le = 2021-12-24
}}
* {{lien web
| url=https://fr.audiofanzine.com/theorie-musicale/editorial/dossiers/les-gammes-et-les-modes.html
| titre = Les bases de l’harmonie
| site = AudioFanzine
| date = 2013-07-23
| consulté le = 2024-01-12
}}
* {{lien web
| url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/l-accord-de-tristan-dechiffre-et-desacralise-2481605
| titre = L’Accord de Tristan déchiffré et désacralisé !
| site = France Musique
| date = 2025-10-22
| consulté le = 2025-10-23
}}
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767303
767302
2026-06-01T20:53:45Z
Cdang
1202
/* Progressions selon le cercle des quintes */ formulation
767303
wikitext
text/x-wiki
{{Bases de solfège}}
<span style="font-size:25px;">6. Harmonie</span>
L'harmonie désigne les notes jouées en même temps, soit plusieurs instruments jouant chacun une note, soit un instrument jouant un accord (instrument dit polyphonique).
== Première approche ==
L'exemple le plus simple d'harmonie est sans doute la chanson en canon : c'est un chant polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, chaque voix chantant la même chose en décalé. Prenons par exemple ''Vent frais, vent du matin'' (la version originale est ''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609) :
[[Fichier:Vent frais vent du matin.svg|class=transparent|center|Partition de ''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
[[Fichier:Vent frais vent du matin.midi|vignette|''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
nous voyons que les voix se superposent de manière « harmonieuse ». Les notes de chaque voix se correspondent point par point (avec un retard), c'est donc un type d'harmonie polyphonique appelé « contrepoint ».
Considérons la première note de la mesure 6 pour chaque voix. Nous avons la superposition des notes ''ré''-''fa''-''la'' (du grave vers l'aigu) ; la superposition de notes jouées ou chantées ensembles s'appelle un accord. Cet accord ''ré''-''fa''-''la'' porte le nom « d'accord parfait de ''ré'' mineur » :
* « ''ré'' » car la note fondamentale est un ''ré'' ;
* « parfait » car il est l'association d'une tierce, ''ré''-''fa'', et d'une quinte juste, ''ré''-''la'' ;
* « mineur » car le premier intervalle, ''ré''-''fa'', est une tierce mineure.
Considérons maintenant un chant accompagné au piano. La piano peut jouer plusieurs notes en même temps, il peut jouer des accords.
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.svg|class=transparent|center|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.midi|vignette|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
L'accord, les notes à jouer simultanément, sont écrites « en colonne ». Lorsqu'on les énonce, on les lit de bas en haut mais le pianiste les joue en pressant les touches du clavier en même temps, de manière « plaquée ».
Le premier accord est composé des notes ''do''-''mi''-''sol'' ; il est appelé « accord parfait de ''do'' majeur » car la note fondamentale est ''do'', qu'il est l'association d'une tierce et d'une quinte juste et que le premier intervalle, ''do''-''mi'', est une tierce majeure.
== Consonance et dissonance ==
Les notions de consonance et de dissonance sont culturelles et changent selon l'époque. Nous pouvons néanmoins noter que :
* l'accord de seconde, et son renversement la septième, créent des battements, les notes « frottent », c'est un intervalle harmonique dissonant ; mais dans le cas de la septième, comme les notes sont éloignées, le frottement est moins perceptible ;
* les accords de tierce, quarte et quinte sonnent agréablement à l'oreille, ils sont consonants.
Dans la musique savante européenne, au début du Moyen-Âge, seuls les accords de quarte et de quinte étaient considérés comme consonants, d'où leur qualification de « juste ». La tierce, et son renversement la sixte, étaient perçues comme dissonantes.
L'harmonie joue avec les consonances et les dissonances. Dans un premier temps, les harmonies dissonantes sont utilisées pour créer des tensions qui sont ensuite résolues, on utilise des successions « consonant-dissonant-consonant ». À force d'entendre des intervalles considérés comme dissonants, l'oreille s'habitue et certains finissent par être considérés comme consonants ; c'est ce qui est arrivé à la tierce et à la sixte à la fin du Moyen Âge avec le contrepoint.
Il faut ici aborder la notion d'harmonique des notes.
[[File:Harmoniques de do.svg|thumb|Les six premières harmoniques de ''do''.]]
Lorsque l'on joue une note, on entend d'autres notes plus aigües et plus faibles ; la note jouée est appelée la « fondamentale » et les notes plus aigües et plus faibles sont les « harmoniques ». C'est cette accumulation d'harmoniques qui donne la couleur au son, son timbre, qui fait qu'un piano ne sonne pas comme un violon. Par exemple, si l'on joue un ''do''<sup>1</sup><ref>Pour la notation des octaves, voir ''[[../Représentation_musicale#Désignation_des_octaves|Représentation musicale > Désignation des octaves]]''.</ref> (fondamentale), on entend le ''do''<sup>2</sup> (une octave plus aigu), puis un ''sol''<sup>2</sup>, puis encore un ''do''<sup>3</sup> plus aigu, puis un ''mi''<sup>3</sup>, puis encore un ''sol''<sup>3</sup>, puis un ''si''♭<sup>3</sup>…
Ainsi, puisque lorsque l'on joue un ''do'' on entend aussi un ''sol'' très léger, alors jouer un ''do'' et un ''sol'' simultanément n'est pas choquant. De même pour ''do'' et ''mi''. De là vient la notion de consonance.
Le statut du ''si''♭ est plus ambigu. Il fait partie des harmoniques qui sonnent naturellement, mais il forme une seconde descendante avec le ''do'', intervalle dissonant. Par ailleurs, on remarque que le ''si''♭ ne fait pas partie de la gamme de ''do'' majeur, contrairement au ''sol'' et au ''mi''.
Pour le jeu sur les dissonances, on peut écouter par exemple la ''Toccata'' en ''ré'' mineur, op. 11 de Sergueï Prokofiev (1912).
: {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=AVpnr8dI_50 |titre=Yuja Wang Prokofiev Toccata |site=YouTube |date=2019-02-26 |consulté le=2021-12-19}}
== Contrepoint ==
Dans le chant grégorien, la notion d'accord n'existe pas. L'harmonie provient de la superposition de plusieurs mélodies, notamment dans ce que l'on appelle le « contrepoint ».
Le terme provient du latin ''« punctum contra punctum »'', littéralement « point par point », et désigne le fait que les notes de chaque voix se correspondent.
L'exemple le plus connu de contrepoint est le canon, comme ''Frère Jacques'' ou bien ''Vent frais, vent du matin'' présenté ci-dessus : chaque note d'un couplet correspond à une note du couplet précédent.
Certains morceaux sont bâtis sur une écriture « en miroir » : l'ordre des notes est inversé entre les deux voix, ou bien les intervalles sont inversés (« mouvement contraire » : une tierce montante sur une voix correspond à une tierce descendante sur l'autre).
On peut également citer le « mouvement oblique » (une des voix, le bourdon, chante toujours la même note) et le mouvement parallèle (les deux voix chantent le même air mais transposé, l'une est plus aiguë que l'autre).
Nous reproduisons ci-dessous le début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut canon.svg | vignette | center | upright=2 | Début du second ''Allergo'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut.midi | vignette | Début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
Nous avons mis en évidence la construction en canon avec des encadrés de couleur : sur les quatre premières mesures, nous voyons trois thèmes repris alternativement par une voix et par l'autre. Ce type de procédé est très courant dans la musique baroque.
Les procédés du contrepoint s'appliquent également à la danse :
* unisson : les danseurs et danseuses font les mêmes gestes en même temps ;
* répétition : le fait de répéter une série de gestes, une « phrase dansante » ;
* canon : les gestes sont faits avec un décalage régulier d'un danseur ou d'une danseuse à l'autre ;
* cascade : forme de canon dans laquelle le décalage est très petit ;
* contraste : deux danseur·euses, ou deux groupes, ont des gestuelles très différentes ;
* accumulation : la gestuelle se complexifie par l'ajout d'éléments au fur et à mesure ; ou bien le nombre de danseur·euses augmente ;
* dialogue : les gestes de danseur·euses ou de groupes se répondent ;
* contre-point : la gestuelle d'un ou une danseuse se superpose à la gestuelle d'un groupe ;
* lâcher-rattraper : les danseurs et danseuses alternent danse à l'unisson et gestuelles indépendantes.
: {{lien web
| url=https://www.youtube.com/watch?v=wgblAOzedFc
| titre=Les procédés de composition en danse
| auteur= Doisneau Sport TV
| site=YouTube
| date=2020-03-16 | consulté le=2021-01-21
}}
{{...}}
== Ostinato ==
L'ostinato, mot italien signifiant « obstiné », c'est le fait de jouer en boucle un passage. L'ostinato peut ainsi former une structure autour de laquelle peut se développer le morceau. Lorsque l'ostinato est joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, viole de gambe basse, flûte à bec basse, main gauche du piano…), on parle de basse obstinée. Les grilles d'accord en jazz sont des ostinatos (ou ostinati) joués par la section rythmique.
Exemples :
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=QZpGe5rNJkI&t=41s |titre=Epic Patty Cake Song (I'll Think Of You) |auteur=
Kurt Hugo Schneider |site=YouTube |date=2014-08-12 |consulté le=2026-01-24}} : un ostinato de percussions corporelles ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=Kv-37-nXC48 |titre=Pow Wow ''Le lion est mort ce soir'' Les Victoires de la Musique 1993 |auteur=Solomon Linda |date=2015-02-02 |consulté le=2026-01-24}} : dans ce chant ''a capella'' (sans accompagnement d'instrument), les voix de basse forment une basse obstinée, sur les syllabes « oëap » durant le couplet et « awimbowé » sur le refrain ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=JvNQLJ1_HQ0 |titre=Pachelbel Canon in D Major - the original and best version. |auteur=Voices of Music |site=YouTube |date=2008-09-02 |consulté le=2026-01-24}} : le ''Canon de Pachelbel de ''ré'' mineur'' (''Canon per tre Violini e Basso'', Johann Pachelbel, vers 1680) est construit sur une basse obstinée de huit mesures.
== Les accords en général ==
Initialement, on a des chants polyphoniques, des voix qui chantent chacune une mélodie, les mélodies se mêlant. On remarque que certaines superpositions de notes sonnent de manière plus ou moins agréables, consonantes ou dissonantes. On en vient alors à associer ces notes, c'est-à-dire à considérer dès le départ la superposition de ces notes et non pas la rencontre de ces notes au gré des mélodies. Ces groupes de notes superposées forment les accords. En Europe, cette notion apparaît vers le {{pc|xiv}}<sup>e</sup> siècle avec notamment la ''[[wikipedia:fr:Messe de Notre Dame|Messe de Notre Dame]]'' de Guillaume de Machaut (vers 1360-1365). La notion « d'accord parfait » est consacrée par [[wikipedia:fr:Jean-Philippe Rameau|Jean-Philippe Rameau]] dans son ''Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels'', publié en 1722.
=== Qu'est-ce qu'un accord ? ===
Un accord est un ensemble d'au minimum trois notes jouées en même temps. « Jouées » signifie qu'il faut qu'à un moment donné, elles sonnent en même temps, mais le début ou la fin des notes peut être à des instants différents.
Considérons que l'on joue les notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' en même temps. Cet accord s'appelle « accord de ''do'' majeur ». En musique classique, on lui adjoint l'adjectif « parfait » : « accord parfait de ''do'' majeur ».
Nous représentons ci-dessous trois manière de faire l'accord : avec trois instruments jouant chacun une note :
[[Fichier:Do majeur trois portees.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur avec trois instruments différents.]]
Avec un seul instrument jouant simultanément les trois notes :
[[Fichier:Chord C.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur joué par un seul instrument.]]
L'accord tel qu'il est joué habituellement par une guitare d'accompagnement :
[[Fichier:Do majeur guitare.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur à la guitare.]]
Pour ce dernier, nous représentons le diagramme indiquant la position des doigts sur le manche au dessus de la portée et la tablature en dessous. Ici, c'est au total six notes qui sont jouées : ''mi'' grave, ''do'' médium, ''mi'' médium, ''sol'' médium, ''do'' aigu, ''mi'' aigu. Mais il s'agit bien des trois notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' jouées à des octaves différentes. Nous remarquons également que la note de basse (la note la plus grave), ''mi'', est différente de la note fondamentale (celle qui donne le nom à l'accord), ''do'' ; l'accord est dit « renversé » (voir plus loin).
=== Comment joue-t-on un accord ? ===
Les notes ne sont pas forcément jouées en même temps ; elles peuvent être « égrainées », jouée successivement, ce que l'on appelle un arpège. La partition ci-dessous montre six manières différentes de jouer un accord de ''la'' mineur à la guitare, plaqué puis arpégé.
[[Fichier:La mineur differentes executions.svg|class=transparent|center|Différentes exécution de l'accord de do majeur à la guitare.]]
[[Fichier:La mineur differentes executions midi.midi|vignette|Différentes exécution de l'accord de la mineur à la guitare.]]
Vous pouvez écouter l'exécution de cette partition avec le lecteur ci-contre.
Seuls les instruments polyphoniques peuvent jouer les accords plaqués : instruments à clavier (clavecin, orgue, piano, accordéon), les instruments à plusieurs cordes pincées (harpe, guitare ; violon, alto, violoncelle et contrebasse joués en pizzicati). Les instruments à corde frottés de la famille du violon peuvent jouer des notes par deux à l'archet mais pas plus du fait de la forme bombée du chevalet ; cependant, un mouvement rapide permet de jouer les quatre cordes de manière très rapprochée. Les instruments à percussion de type xylophone ou le tympanon permettent de jouer jusqu'à quatre notes simultanément en tenant deux baguettes (mailloches, maillets) par main.
Tous les instruments peuvent jouer des arpèges même si, dans le cas des instruments monodiques, les notes ne continuent pas à sonner lorsque l'on passe à la note suivante.
L'arpège peut être joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, contrebasse, guitare basse, pédalier de l'orgue…), notamment dans le cas d'une basse continue ou d'une ''{{lang|en|walking bass}}'' (« basse marchante » : la basse joue des noires, donnant ainsi l'impression qu'elle marche).
En jazz, et spécifiquement au piano, on a recours au ''{{lang|en|voicing}}'' : on choisit la manière dont on organise les notes pour donner une couleur spécifique, ou bien pour créer une mélodie en enchaînant les accords. Il est fréquent de ne pas jouer toutes les notes : si on n'en garde que deux, ce sont la tierce et la septième, car ce sont celles qui caractérisent l'accord (selon que la tierce est mineure ou majeure, que la septième est majeure ou mineure), et la fondamentale est en général jouée par la contrebasse ou guitare basse.
{{clear}}
=== Classes d'accord ===
[[Fichier:Intervalles harmoniques accords classes.svg|vignette|upright=1.5|Intervalles harmoniques dans les accords classés de trois, quatre et cinq notes.]]
Un accord composé d'empilement de tierces est appelé « accord classé ». En musique tonale, c'est-à-dire la musique fondée sur les gammes majeures ou mineures (cas majoritaire en musique classique), on distingue trois classes d'accords :
* les accords de trois notes, ou triades, ou accords de quinte ;
* les accords de quatre notes, ou accords de septième ;
* les accords de cinq notes, ou accords de neuvième.
En empilant des tierces, si l'on part de la note fondamentale, on a donc de intervalles de tierce, quinte, septième et neuvième.
En musique tonale, les accords avec d'autres intervalles (hors renversement, voir ci-après), typiquement seconde, quarte ou sixte, sont considérés comme des transitions entre deux accords classés. Ils sont appelés, selon leur utilisation, « accords à retard » (en anglais : ''{{lang|en|suspended chord}}'', accord suspendu) ou « appoggiature » (note « appuyée », étrangère à l'harmonie). Voir aussi plus loin la notion de note étrangère.
=== Renversements d'accords ===
[[File:Accord do majeur renversements.svg|thumb|Accord parfait de do majeur et ses renversements.]]
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur.svg|vignette|upright=0.6|Progression accord de dominante renversé → accord parfait en ''do'' majeur.]]
Un accord classé est donc un empilement de tierces. Si l'on change l'ordre des notes, on a toujours le même accord mais il est fait avec d'autres intervalles harmoniques. Par exemple, l'accord parfait de ''do'' majeur dans son état fondamental, c'est-à-dire non renversé, s'écrit ''do'' - ''mi'' - ''sol''. Sa note fondamentale, ''do'', est aussi se note de basse.
Si maintenant on prend le ''do'' de l'octave supérieure, l'accord devient ''mi - sol - do'' ; c'est l'empilement d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une quarte ''(sol - do)'', soit la superposition d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une sixième ''(mi - do)''. C'est le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur ; la fondamentale est toujours ''do'' mais la basse est ''mi''. Le second renversement est ''sol - do - mi''.
L'utilisation de renversement peut faciliter l'exécution de la progression d'accord. Par exemple, en tonalité ''do'' majeur, si l'on veut passer de l'accord de dominante ''sol - si - ré'' à l'accord parfait ''do - mi - sol'', alors on peut utiliser le second renversement de l'accord de dominante : ''ré - sol - si'' → ''do - mi - sol''. Ainsi, la basse descend juste d'un ton ''(ré → do)'' et sur un piano, la main reste globalement dans la même position.
Le renversement d'un accord permet également de respecter certaines règles de l'harmonie classique, notamment éviter que des voix se suivent strictement (« mouvement parallèle »), ce qui aurait un effet de platitude.
De manière générale, la notion de renversement permet deux choses :
* d'enrichir l'œuvre : pour créer une harmonie donnée (c'est-à-dire des sons sonnant bien ensemble), nous avons plus de souplesse, nous pouvons organiser ces notes comme nous le voulons selon les voix ;
* de simplifier l'analyse : quelle que soit la manière dont sont organisées les notes, cela nous ramène à un même accord.
{{citation bloc|Or il, y a plusieurs manières de jouer un accord, selon que l'on aborde par la première note qui le constitue, ''do mi sol'', la deuxième, ''mi sol do'', ou la troisième note, ''sol do mi''. Ce sont les renversements, [que Rameau] va classer en différentes combinaisons d'une seule matrice. Faisant cela, Rameau divise le nombre d'accords [de septième] par quatre. Il simplifie, il structure […].|{{ouvrage|prénom1=André |nom1=Manoukian |titre=Sur les routes de la musique |éditeur=Harper Collins |année=2021 |passage=54 |isbn=979-1-03391201-9}} }}
{{clear}}
[[File:Plusieurs realisation 1er renversement doM.svg|thumb|Plusieurs réalisation du premier renversement de l'accord de ''do'' majeur.]]
Notez que
# Les notes peuvent être répétées plusieurs fois, à différentes octaves.
# Dans la notion de renversement, seule importe en fait la note de basse. Ainsi, les accords ''mi-sol-do'', ''mi-do-sol'', ''mi-do-mi-sol'', ''mi-sol-mi-do''… sont tous une déclinaison du premier renversement de ''do-mi-sol'' et ils seront abrégés de la même manière (''mi''<sup>6</sup> en musique classique ou C/E en musique populaire et jazz, voir plus bas).
{{clear}}
== Notation des accords de trois notes ==
Les accords de trois notes sont appelés « accords de quinte » en classique, et « triades » en jazz.
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage.svg|vignette|upright=0.7|Chiffrage du second renversement d'un accord de ''sol'' majeur et d'un accord de ''do'' majeur : notation en musique populaire et jazz (haut) et notation de basse chiffrée (bas).]]
Les accords sont construits de manière systématique. Nous pouvons donc les représenter de manière simplifiée. Cette notation simplifiée des accords est appelée « chiffrage ».
Reprenons la progression d'accords ci-dessus : « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » dans la tonalité de ''do'' majeur. On utilise en général trois notations différentes :
* en musique populaire, jazz, rock… un accord est désigné par sa note fondamentale ; ici donc, les accords sont notés « ''sol'' - ''do'' » ou, en notation anglo-saxonne, « G - C » ;<br /> comme le premier accord est renversé, on indique la note de basse après une barre, la progression d'accords est donc chiffrée '''« ''sol''/''ré'' - ''do'' »''' ou '''« G/D - C »''' ;<br /> il s'agit ici d'accords composés d'une tierce majeure et d'une quinte juste ; si les accords sont constitués d'intervalles différents, nous ajoutons un symbole après la note : « m » ou « – » si la tierce est mineure, « dim » ou « ° » si la quinte est diminuée ;
* en musique classique, on utilise la notation de « basse chiffrée » (utilisée notamment pour noter la basse continue en musique baroque) : on indique la note de basse sur la portée et on lui adjoint l'intervalle de la fondamentale à la note la plus haute (donc ici respectivement 6 et 5, puisque ''sol''-''si'' est une sixte et ''do''-''sol'' est une quinte), étant sous-entendu que l'on a des empilements de tierce en dessous ; mais dans le cas du premier accord, le premier intervalle n'est pas une tierce, mais une quarte ''(ré''-''sol)'', on note donc '''« ''ré'' <sup>6</sup><sub>4</sub> - ''do'' <sup>5</sup> »'''<ref>quand on ne dispose pas de la notation en supérieur (exposant) et inférieur (indice), on utilise parfois une notation sous forme de fraction : ''sol'' 6/4 et ''do'' 5/.</ref> ;
* lorsque l'on fait l'analyse d'un morceau, on s'attache à identifier la note fondamentale de l'accord (qui est différente de la basse dans le cas d'un renversement) ; on indique alors le degré de la fondamentale : '''« {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub>4</sub> - I<sup>5</sup>}} »'''.
La notation de basse chiffrée permet de construire l'accord à la volée :
* on joue la note indiquée (basse) ;
* s'il n'y a pas de 2 ni de 4, on lui ajoute la tierce ;
* on ajoute les intervalles indiqués par le chiffrage.
La notation de musique jazz oblige à connaître la composition des différents accords, mais une fois que ceux-ci sont acquis, il n'y a pas besoin de reconstruire l'accord.
La notation de basse chiffrée avec les chiffres romains n'est pas utilisée pour jouer, mais uniquement pour analyser ; Sur les partitions avec basse chiffrée, il y a simplement les chiffrages indiqués au-dessus de la partie de basse. Le chiffrage avec le degré en chiffres romains présente l'avantage d'être indépendant de la tonalité et donc de se concentrer sur la fonction de l'accord au sein de la tonalité. Par exemple, ci-dessous, nous pouvons parler de la progression d'accords « {{Times New Roman|V - I}} » de manière générale, cette notation étant valable quelle que soit la tonalité.
[[File:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage basse continue.svg|thumb|Chiffrage en notation basse chiffrée de la progression d'accords « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » en do majeur.]]
{{note|En notation de base continue avec fondamentale en chiffres romains, la fondamentale est toujours indiquée ''sous'' la portée de la partie de basse. Les intervalles sont indiqués au-dessus de la portée de la partie de basse ; lorsque l'on fait une analyse, on peut ayssi les indiquer à côté du degré en chiffres romains, donc sous la portée de la basse.}}
{{note|En notation rock, le 5 en exposant indique un accord incomplet avec uniquement la fondamentale et la quinte, un accord sans tierce appelé « accord de puissance » ou ''{{lang|en|power chord}}''. Par exemple, C<sup>5</sup> est l'accord ''do-sol''.}}
{{clear}}
[[Fichier:Accords parfait do majeur basse chiffree fondamental et renverse.svg|vignette|upright=2.5|Chiffrage de l'accord parfait de ''do'' majeur en basse chiffrée, à l'état fondamental et ses renversements.]]
Concernant les accords parfaits en notation de basse chiffrée :
* un accord parfait à l'état fondamental est chiffré « <sup>5</sup> » ; on l'appelle « accord de quinte » ;
* le premier renversement est chiffré « <sup>6</sup> » (la tierce est implicite) ; on l'appelle « accord de sixte » ;
* le second renversement est noté « <sup>6</sup><sub>4</sub> » ; on l'appelle « accord de sixte et de quarte » (ou bien « de quarte et de sixte »).
Par exemple, pour l'accord parfait de ''do'' majeur :
* l'état fondamental ''do''-''mi''-''sol'' est noté ''do''<sup>5</sup> ;
* le premier renversement ''mi''-''sol''-''do'' est noté ''mi''<sup>6</sup> ;
* le second renversement ''sol''-''do''-''mi'' est noté ''sol''<sup>6</sup><sub>4</sub>.
Il y a une exception : l'accord construit sur la sensible (7{{e}} degré) contient une quinte diminuée et non une quinte juste. Le chiffrage est donc différent :
* l'état fondamental ''si''-''ré''-''fa'' est noté ''si''<sup><s>5</s></sup> (cinq barré), « accord de quinte diminuée » ;
* le premier renversement ''ré''-''fa''-''si'' est noté ''ré''<sup>+6</sup><sub>3</sub>, « accord de sixte sensible et tierce » ;
* le second renversement ''fa''-''si''-''ré'' est noté ''fa''<sup>6</sup><sub>+4</sub>, « accord de sixte et quarte sensible ».
Par ailleurs, on ne considère pas qu'il est fondé sur la sensible, mais sur la dominante. Si certains indiquent le degré {{Times New Roman|VII}}, d'autres indiquent le degré {{Times New Roman|V}} en mettant des guillemets, « {{Times New Roman|“V”}} ». Donc selon l'état, le chiffrage est {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}} ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}.
En notation jazz, on ajoute « dim », « <sup>o</sup> » ou bien « <sup>♭5</sup> » au chiffrage, ici : B dim, B<sup>o</sup> ou B<sup>♭5</sup> pour l'état fondamental. Pour les renversements : B dim/D et B dim/F ; ou bien B<sup>o</sup>/D et B<sup>o</sup>/F ; ou bien B<sup>♭5</sup>/D et B<sup>♭5</sup>/F.
{{clear}}
[[Fichier:Accords basse chiffree basse do fondamental et renverses.svg|vignette|upright=2|Basse chiffrée : accords de quinte, de sixte et de sixte et de quarte ayant pour basse ''do''.]]
Et concernant les accords ayant pour basse ''do'' en tonalité de ''do'' majeur :
* l'accord ''do''<sup>5</sup> est un accord à l'état fondamental, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''sol'' (sa fondamentale est ''do'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup> est le premier renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''la'' (sa fondamentale est ''la'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup><sub>4</sub> est le second renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''fa''-''la'' (sa fondamentale est ''fa'').
{{clear}}
== Notes étrangères ==
La musique européenne s'appuie essentiellement sur des accords parfaits, c'est-à-dire fondés sur une tierce majeure ou mineure, et une quinte juste. Il arrive fréquemment qu'un accord ne soit pas un accord parfait. Les notes qui font partie de l'accord parfait sont appelées « notes naturelles » et la note qui n'en fait pas partie est appelée « note étrangère ».
Il existe plusieurs types de notes étrangères :
* anticipation : la note étrangère est une note naturelle de l'accord suivant ;
* appogiature : note d'ornementation qui se résout par mouvement conjoint, c'est-à-dire qu'elle est suivie par une note située juste au-dessus ou en dessous (seconde ascendante ou descendante) qui est, elle, une note naturelle ;
* broderie : on part d'une note naturelle, on monte ou on descend d'une seconde, puis on revient sur la note naturelle ;
* double broderie : on part d'une note naturelle, on joue la note du dessus puis la note du dessous avant de revenir à la note naturelle ; ou bien on joue la note du dessous puis la note du dessus ;
* échappée : note étrangère n'appartenant à aucune des autres catégories ;
* note de passage : mouvement conjoint allant d'une note naturelle d'un accord à une note naturelle de l'accord suivant ;
* pédale : la note de basse reste la même pendant plusieurs accords successifs ;
* retard : la note étrangère est une note naturelle de l'accord précédent.
Les notes étrangères ne sont pas chiffrées.
[[File:Notes etrangeres accords.svg|center|Différents types de notes étrangères.]]
{{note|Les anglophones distinguent deux types de retard : la ''{{lang|en|suspension}}'' est résolue vers le haut (le mouvement est ascendant), le ''{{lang|en|retardation}}'' est résolu vers le bas (le mouvement est descendant).}}
== Principaux accords ==
Les trois principaux accords sont :
* l'accord parfait majeur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (médiante) et {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ; il est noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ;
* l'accord parfait mineur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique) et {{Times New Roman|IV}} (sous-tonique) d'une gamme mineure harmonique ; il est également noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, les anglo-saxons le notent {{Times New Roman|i}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|iv}}<sup>5</sup> (la minuscule indiquant le caractère mineur) ;
* l'accord de septième de dominante : il est construit sur le degré {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ou mineure harmonique ; il est noté {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>.
On peut trouver ces trois accords sur d'autres degrés, et il existe d'autre types d'accords. Nous verrons cela plus loin.
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Accord parfait majeur
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord parfait mineur
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième de dominante
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Triade majeure
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Triade mineure
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| border="0"
|-
| [[Fichier:Accord do majeur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' majeur (C).]] || [[Fichier:Accord do mineur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' mineur (Cm).]] || [[Fichier:Accord do septieme arpege puis plaque.midi | Accord de septième de dominante de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).]]
|-
| Accord parfait<br /> de ''do'' majeur (C). || Accord parfait<br /> de ''do'' mineur (Cm). || Accord de septième de dominante<br /> de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).
|}
'''Rappel :'''
* la tierce mineure est composée d'un ton et demi (1 t ½) ;
* la tierce majeur est composée de deux tons (2 t) ;
* la quinte juste a la même altération que la fondamentale, sauf lorsque la fondamentale est ''si'' (la quinte juste est alors ''fa''♯) ;
* la septième mineure est le renversement de la seconde majeure (1 t).
[[File:Renversements accords pft fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord parfait de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
[[File:Renversements accord sept de dom fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord de septième de dominante de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en musique classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | État<br /> fondamental
! scope="col" | Premier<br /> renversement
! scope="col" | Deuxième<br /> renversement
! scope="col" | Troisième<br /> renversement
|-
! scope="row" | Accord parfait
| {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}<br/> acc. de quinte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}}<br :> acc. de sixte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub>}}<br /> acc. de quarte et de sixte || —
|-
! scope="row" | Accord de septième<br /> de dominante
| {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}<br /> acc.de septième de dominante || {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}<br />acc. de sixte et quinte diminuée || {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}<br />acc. de sixte sensible || {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}<br />acc. de quarte sensible<br />acc. de triton
|}
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | Chiffrage
! scope="col" | Renversements
|-
! scope="row" | Triade majeure
| X
| rowspan="3" | Les renversements se notent en mettant la basse après une barre de fraction, par exemple pour la triade de ''do'' majeur :
* état fondamental : C ;
* premier renversement : C/E ;
* second renversement : C/G.
|-
! scope="row" | Triade mineure
| Xm, X–
|-
! scope="row" | Septième
| X<sup>7</sup>
|}
{{clear}}
Dans le cas d'un accord de septième de dominante, le nom de l'accord change selon que l'on est en musique classique ou en jazz : en musique classique, on donne le nom de la tonalité alors qu'en jazz, on donne le nom de la fondamentale. Ainsi, l'accord appelé « septième de dominante de ''do'' majeur » en musique classique, est appelé « ''sol'' sept » (G<sup>7</sup>) en jazz : la dominante (degré {{Times New Roman|V}}, dominante) de la tonalité de ''do'' majeur est la note ''sol''.
Comment appelle-t-on en musique classique l'accord appelé « ''do'' sept » (C<sup>7</sup>) en jazz ? Les tonalités dont le ''do'' est la dominante sont les tonalités de ''fa'' majeur (''si''♭ à la clef) et de ''fa'' mineur harmonique (''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ et ''ré''♭ à la clef et ''mi''♮ accidentel). Il s'agit donc de l'accord de septième de dominante des tonalités de ''fa'' majeur et ''fa'' mineur harmonique.
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités majeures
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''Do'' majeur || || C<br />''do-mi-sol'' || G7<br />''sol-si-ré-fa''
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G<br />''sol-si-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D<br />''ré-fa''♯''-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A<br />''la-do''♯''-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F<br />''fa-la-do'' || C7<br />''do-mi-sol-si''♭
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭<br />''si''♭''-ré-fa'' || F7<br />''fa-la-do-mi''♭
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭<br />''mi''♭''-sol-si''♭ || B♭7<br />''si''♭''-ré-fa-la''♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités mineures harmoniques
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''La'' mineur<br />harmonique || || Am, A–<br />''la-do-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
|''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || Em, E–<br />''mi-sol-si'' || B7<br />''si-ré''♯''-fa''♯''-la''
|-
|''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || Bm, B–<br />''si-ré-fa''♯ || F♯7<br />''fa''♯''la''♯''-do''♯''-mi''
|-
|''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || F♯m, F♯–<br />''fa''♯''-la-do''♯ || C♯7<br />''do''♯''-mi''♯''-sol''♯''-si''
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || Dm, D–<br />''ré-fa-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || Gm, G–<br />''sol-si''♭''-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || Cm, C–<br />''do-mi''♭''-sol'' || G7<br />''sol-si''♮''-ré-fa''
|}
{{clear}}
== Accords sur les degrés d'une gamme ==
=== Harmonisation d'une gamme ===
[[Fichier:Accord trois notes gamme do majeur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois note sur la gamme de ''do'' majeur, chiffrés.]]
On peut ainsi construire une triade par degré d'une gamme.
Pour une gamme majeure, les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|II<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|III<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|iii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|vi<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords ont tous une quinte juste à l'exception de l'accord {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} qui a une quinte diminuée, raison pour laquelle le « 5 » est barré. C'est un accord dit « de quinte diminuée ». En jazz, l'accord diminué est noté « dim », « ° », « m<sup>♭5</sup> » ou « <sup>–♭5</sup> ».
Nous avons donc trois types d'accords (dans la notation jazz) : X (triade majeure), Xm (triade mineure) et X° (triade diminuée), la lettre X remplaçant le nom de la note fondamentale.
{{clear}}
[[Fichier:Accord trois notes gamme la mineur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois notes sur une gamme de ''la'' mineur harmonique, chiffrés.]]
Pour une gamme mineure harmonique, les accords {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}}, {{Times New Roman|V<sup>♯</sup>}} et {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|II<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une quinte diminuée ; ce sont des accords dits « de quinte diminuée ». L'accord {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} a une quinte augmentée ; le signe « plus » indique que la note de cinquième, le ''sol'' dièse, est la sensible. En jazz, l'accord est noté « aug » ou « <sup>+</sup> ». Les autres accords ont une quinte juste.
Aux trois accords générés par une gamme majeure (X, Xm et X°), nous voyons ici apparaître un quatrième type d'accord : la triade augmentée X<sup>+</sup>.
Nous remarquons que des gammes ont des accords communs. Par exemple, l'accord {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}} de ''do'' majeur est identique à l'accord {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} de ''la'' mineur (il s'agit de l'accord Dm).
Quel que soit le mode, les accords construits sur la sensible (accord de quinte diminuée) sont rarement utilisés. S'ils le sont, c'est en tant qu'accord de septième de dominante sans fondamentale (voir ci-après). C'est la raison pour laquelle le chiffrage indique le degré {{Times New Roman|V}} entre guillemets, et non pas le degré {{Times New Roman|VII}} (mais pour des raisons de clarté, nous l'indiquons entre parenthèses au début).
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|iii<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé (voir plus loin ''[[#Progression_d'accords|Progression d'accords]]''). C'est un accord considéré comme dissonant.
On voit que :
* un accord parfait majeur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br /> par exemple l'accord parfait de ''do'' majeur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré de la gamme de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur ;
* un accord parfait mineur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br />par exemple l'accord parfait de ''la'' mineur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> de la gamme de ''la'' mineur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur ;
* un accord de quinte diminuée peut appartenir à trois gammes différentes ;<br />par exemple, l'accord de quinte diminuée de ''si'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur et sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' mineur ;
* un accord de quinte augmentée (à l'état fondamental) ne peut appartenir qu'à une seule gamme ;<br /> par exemple, l'accord de quinte augmentée de ''do'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur.
{| class="wikitable"
|+ Notation jazz des triades
|-
| rowspan="2" colspan="2" |
! scope="col" colspan="2" | Tierce
|-
! scope="col" | 3m
! scope="col" | 3M
|-
! rowspan="3" | Quinte
! scope="row" | 5d
| Xᵒ, X<sub>m</sub><sup>(♭5)</sup> ||
|-
! scope="row" | 5J
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | 5A
| || X+, X<sup>(♯5)</sup>
|}
=== Harmonisation par des accords de septième ===
[[Fichier:Harmonisation gamme do majeur par septiemes chiffre.svg|vignette|upright=2|Harmonisation de la gamme de do majeur par des accords de septième.]]
Les accords de septième contiennent une dissonance et créent ainsi une tension. Ils sont très utilisés en jazz. Nous avons représenté ci-contre l'harmonisation de la gamme de ''do'' majeur.
La constitution des accords est la suivantes :
* tierce majeure (3M)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure (7m) : sur le degré V, c'est l'accord de septième de dominante V<sup>7</sup><sub>+</sub>, noté X<sup>7</sup> (X pour G),
*** septième majeure (7M) : sur les degrés I et IV, appelés « accords de septième majeure » et notés aussi X<sup>maj7</sup> ou X<sup>Δ</sup> (X pour C ou F) ;
* tierce mineure (3m)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure : sur les degrés ii, iii et vi, appelés « accords mineur septième » et notés Xm<sup>7</sup> ou X–<sup>7</sup> (X pour D, E ou A),
** quinte diminuée (5d)
*** septième mineure (7m) : sur le degré vii, appelé « accord demi-diminué » (puisque seule la quinte est diminuée) et noté X<sup>∅</sup> ou Xm<sup>7(♭5)</sup> ou X–<sup>7(♭5)</sup> (X pour B) ;<br /> en musique classique, on considère que c'est un accord de neuvième de dominante sans fondamentale.
Nous avons donc quatre types d'accords : X<sup>7</sup>, X<sup>maj7</sup>, Xm<sup>7</sup> et X<sup>∅</sup>
En jazz, on ajoute souvent la quarte à l'accord de sous-dominante IV (sur le ''fa'' dans une gamme de ''do'' majeur) ; il s'agit ici d'une quarte augmentée (''fa''-''si'') et l'accord est surnommé « accord lydien » mais cette dénomination est erronée (il s'agit d'une mauvaise interprétation de textes antiques). C'est un accord de onzième sans neuvième (la onzième étant l'octave de la quarte), il est noté X<sup>maj7(♯11)</sup> ou X<sup>Δ(♯11)</sup> (ici, F<sup>maj7(♯11)</sup>, ''fa''-''la''-''do''-''mi''-''si'' ou ''fa''-''la''-''si''-''do''-''mi'').
{| class="wikitable"
|+ Chiffrage jazz des accords de septième
|-
! scope="col" rowspan="2" | Tierce
! scope="col" rowspan="2" | Quinte
! scope="col" colspan="2" | Septième
|-
! scope="col" | 7m
! scope="col" | 7M
|-
| rowspan="2" | 3m
| 5d || X<sup>∅</sup>, X<sub>m</sub><sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 5J
| X<sub>m</sub><sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 3M
| X<sup>7</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
| 5A || || X<sub>+</sub><sup>maj7</sup>, X<sub>+</sub><sup>Δ</sup>
|}
=== Modulation et emprunt ===
Un morceau peut comporter des changements de tonalité; appelés « modulation ». Il y a parfois un court passage dans une tonalité différente, typiquement sur une ou deux mesures, avant de retourner dans la tonalité d'origine : on parle d'emprunt. Lorsqu'il y a une modulation ou un emprunt, les degrés changent. Un même accord peut donc avoir une fonction dans une partie du morceau et une autre fonction ailleurs. L'utilisation d'accord différents, et en particulier d'accord utilisant des altérations accidentelles, indique clairement une modulation.
Nous avons vu précédemment que les modulations courantes sont :
* les modulations dans les tons voisins ;
* les modulations homonymes ;
* les marches harmoniques.
Une modulation entre une tonalité majeure et mineure change la couleur du passage,
* la modulation la plus « douce » est entre les tonalités relatives (par exemple''do'' majeur et ''la'' mineur) car ces tonalités utilisent quasiment les mêmes notes ;
* la modulation la plus « voyante » est la modulation homonyme (par exemple entre ''do'' majeur et ''do'' mineur).
Une modulation commence souvent sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité.
Pour analyser un œuvre, ou pour improviser sur une partie, il est important de reconnaître les modulations. La description de la successind es tonalités s'appelle le « parcours tonal ».
=== Exercices élémentaires ===
L'apprentissage des accords passe par quelques exercices élémentaires.
'''1. Lire un accord'''
Il s'agit de lecture de notes : des notes composant les accords sont écrites « empilées » sur une portée, il faut les lire en énonçant les notes de bas en haut.
'''2. Reconnaître la « couleur » d'un accord'''
On écoute une triade et il faut dire si c'est une triade majeure ou mineure. Puis, on complexifie l'exercice en ajoutant la septième.
'''3. Chiffrage un accord'''
Trouver le nom d'un accord à partir des notes qui le composent.
'''4. Réalisation d'un accord'''
Trouver les notes qui composent un accord à partir de son nom.
'''5. Dictée d'accords'''
On écoute une succession d'accords et il faut soit écrire les notes sur une portée, soit écrire les noms de accords.
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree.svg|thumb|Exercice : constitution d'accord à partir de la basse chiffrée.]]
'''Exercices de basse chiffrée'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant à la basse chiffrée. Déterminer le degré de la fondamentale pour chaque accord en considérant que nous sommes dans la tonalité de ''sol'' majeur.
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[[File:Exercice constitution accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# La note de basse est un ''do''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''mi'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>5</sup> » indique que c'est un accord dans son état fondamental (l'écart entre deux notes consécutives ne dépasse pas la tierce), la fondamentale est donc la basse, ''do'', qui est le degré IV de la tonalité.
# La note de basse est un ''si''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''ré'', puis nous appliquons le chiffrage 6 et ajoutons la sixte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>6</sup> » indique que c'est un accord dans son premier renversement. En le remettant dans son état fondamental, nous obtenons ''sol-si-ré'', la fondamentale est donc la tonique, le degré I.
# La note de basse est un ''la''. Nous ajoutons la tierce (chiffre 3), ''do'', et la sixte (6), ''fa''♯. Nous vérifions que le ''fa''♯ est la sensible (signe +)<br />Nous voyons un « blanc » entre les notes ''do'' et ''fa''♯. En descendant le ''fa''♯ à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''fa''♯, le degré VII. Nous pouvons le voir comme le deuxième renversement de l'accord de septième de dominante, sans fondamentale.
# La note de basse est un ''fa''♯. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''la'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''do'' ; nous vérifions qu'il s'agit bien d'une quinte diminuée (le 5 est barré). Nous appliquons le chiffre 6 et ajoutons la sixte, ''ré''.<br />Nous voyons que les notes ''do'' et ''ré'' sont conjointes (intervalle de seconde). En descendant le ''ré'' à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''ré-fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''ré'', le degré V. Nous constatons que l'accord chiffré est le premier renversement de l'accord de septième de dominante.
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''Chiffrage d'accords''
[[Fichier:Exercice chiffrage accord basse chiffree.svg|vignette|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
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[[File:Exercice chiffrage accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# On relève les intervalles en partant de la basse : tierce majeure (3M) et quinte juste (5J). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>5</sup><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''fa''<sup>5</sup>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est l'accord parfait sur la tonique de la tonalité de ''fa'' majeur dans son état fondamental, le chiffrage d'un accord parfait étant <sup>5</sup>.
# On relève les intervalles en partant de la basse : quarte juste (4J), sixte majeure (6M). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>6</sup><sub>4</sub>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est le second renversement de l'accord ''mi-sol-si'', sur la tonique de la tonalité de ''mi'' mineur, le chiffrage du second renversement d'un accord parfait étant <sup>6</sup><sub>4</sub>.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte diminuée (5d), sixte mineure (6m). Le chiffrage complet est donc ''mi''<sup>6</sup><small><s>5</s></small><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''mi''<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>.<br /> On reconnaît le premier renversement de l'accord ''do-mi-sol-si''♭, accord de septième de dominante de la tonalité de ''fa'' majeur.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte juste (5J), septième mineure (7m). Le chiffrage complet est donc ''ré''<sup>7</sup><small>5</small><sub>3</sub> ; c'est typique d'un accord de septième de dominante, son chiffrage est donc ''ré''<sup>7</sup><sub>+</sub>.<br /> On reconnaît l'accord de septième de dominante de la tonalité de ''sol'' mineur dans son état fondamental.
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[[File:Exercice constitution accord notation jazz.svg|thumb|Exercice : constitution d'un accord d'après son chiffrage en notation jazz.]]
'''Exercices de notation jazz'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant aux chiffrages.
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[[File:Exercice constitution accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Il s'agit de la triade majeure de ''do'' dans son état fondamental. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''do-mi-sol''.
# Il s'agit de la triade majeure de ''sol''. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''sol-si-ré''. On renverse l'accord afin que la basse soit le ''si'', l'accord est donc ''si-ré-sol''.
# Il s'agit de l'accord demi-diminué de ''fa''♯. Les intervalles sont la tierce mineure (3m), la quinte diminuée (5d) et la septième mineure (7m). Les notes sont donc ''fa''♯-''la-do-mi''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''la'', l'accord est donc ''a-do-mi-fa''♯.
# Il s'agit de l'accord de septième de ''ré''. Les intervalles sont donc la tierce majeure (3M), la quinte juste (5J) et la septième mineure (7m). Les notes sont ''ré-fa''♯''-la-do''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''fa''♯, l'accord est donc ''fa''♯''-la-do-ré''.
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''Chiffrage d'accords''
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz.svg|thumb|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, c'est donc un empilement de tierces ; l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont une tierce majeure (''fa-la'' : 3M) et une quinte juste (''fa-do'' : 5J), c'est donc la triade majeure de ''fa''. Le chiffrage est F.
# Il y a un blanc dans l'empilement des notes, c'est donc un accord renversé. En permutant les notes pour n'avoir que des tierces, on trouve l'accord ''mi-sol-si''. Les intervalles sont une tierce mineure (''mi-sol'' : 3m) et une quinte juste (''mi-si'' : 5J), c'est donc la triade mineure de ''mi'' avec un ''si'' à la basse. Le chiffrage est Em/B ou E–/B.
# Il y deux notes conjointes, c'est donc un renversement. L'état fondamental de cet accord est ''do-mi-sol-si''♭. Les intervalles sont une tierce majeure (''do-mi'' : 3M), une quinte juste (''do-sol'' : 5J) et une septième mineure (''do-si''♭ : 7m). C'est donc l'accord de ''do'' septième avec un ''mi'' à la basse, chiffré C<sup>7</sup>/E.
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont la tierce mineure (''ré-fa'' : 3m), une quinte juste (''ré-la'' : 5J) et une septième mineure (''ré-do'' : 7m). C'est donc l'accord de ''ré'' mineur septième, chiffré Dm<sup>7</sup> ou D–<sup>7</sup>.
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== Harmonie fonctionnelle ==
Le choix des accords et de leur succession — la progression des accords — est un élément important d'un morceau, de sa composition. Le compositeur ou la compositrice a bien sûr une liberté totale, mais pour faire des choix, il faut comprendre les conséquences de ces choix, et donc ici, les effets produits par les accords et leur progression.
Une des manières d'aborder le sujet est l'harmonie fonctionnelle.
=== Les trois fonctions des accords ===
En harmonie tonale, on considère que les accords ont une fonction. Il existe trois fonctions :
* la fonction de tonique, {{Times New Roman|I}} ;
* la fonction de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}} ;
* la fonction de dominante, {{Times New Roman|V}}.
L'accord de tonique, {{Times New Roman|I}}, est l'accord « stable » de la tonalité par excellence. Il conclut en général les morceaux, et ouvre souvent les morceaux ; il revient fréquemment au cours du morceau.
L'accord de dominante, {{Times New Roman|V}}, est un accord qui introduit une instabilité, une tension. En particulier, il contient la sensible (degré {{Times New Roman|VI}}), qui est une note « aspirée » vers la tonique. Cette tension, qui peut être renforcée par l'utilisation d'un accord de septième, est fréquemment résolue par un passage vers l'accord de tonique. Nous avons donc deux mouvements typiques : {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} (création d'une tension, d'une attente) et {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (résolution d'une tension). Les accords de tonique et de dominante ont le cinquième degré en commun, cette note sert donc de pivot entre les deux accords.
L'accord de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}}, est un accord qui introduit lui aussi une tension, mais moins grande : il ne contient pas la sensible. Notons que s'il est une quarte au-dessus de la tonique, il est aussi une quinte en dessous d'elle ; il est symétrique de l'accord de dominante. Il a donc un rôle similaire à l'accord de dominante, mais atténué. L'accord de sous-dominante aspire soit vers l'accord de dominante, très proche, et l'on a alors une augmentation de la tension ; soit vers l'accord de tonique, un retour vers la stabilité (il a alors un rôle semblable à la dominante). Du fait de ces deux bifurcations possibles — augmentation de la tension ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}) ou retour à la stabilité ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}}) —, l'utilisation de l'accord de sous-dominante introduit un certain flottement : si l'on peut facilement prédire l'accord qui suit un accord de dominante, on ne peut pas prédire ce qui suit un accord de sous-dominante.
Notons que la composition ne consiste pas à suivre ces règles de manière stricte, ce qui conduirait à des morceaux stéréotypés et plats. Le plaisir d'écoute joue sur une alternance entre satisfaction d'une attente (respect des règles) et surprise (rompre les règles).
=== Accords remplissant ces fonctions ===
Les accords sur les autres degrés peuvent se ramener à une de ces trois fonctions :
* {{Times New Roman|II}} : fonction de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} ;
* {{Times New Roman|III}} (très peu utilisé en mode mineur en raison de sa dissonance) et {{Times New Roman|VI}} : fonction de tonique {{Times New Roman|I}} ;
* {{Times New Roman|VII}} : fonction de dominante {{Times New Roman|V}}.
En effet, les accords étant des empilements de tierces, des accords situés à une tierce l'un de l'autre — {{Times New Roman|I}} ↔ {{Times New Roman|III}}, {{Times New Roman|II}} ↔ {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} ↔ {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|VI}} ↔ {{Times New Roman|VIII}} ( = {{Times New Roman|I}}) — ont deux notes en commun. On retrouve le fait que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est considéré comme un accord de dominante sans tonique. En mode mineur, l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} est évité, il n'a donc pas de fonction.
{|class="wikitable"
|+ Fonction des accords
|-
! scope="col" | Fondamentale
! scope="col" | Fonction
|-
| {{Times New Roman|I}} || tonique
|-
| {{Times New Roman|II}} || sous-dominante faible
|-
| {{Times New Roman|III}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|IV}} || sous-dominante
|-
| {{Times New Roman|V}} || dominante
|-
| {{Times New Roman|VI}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|VII}} || dominante faible
|}
Par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique : '''''do''<sup>5</sup> (C)''', ''mi''<sup>5</sup> (E–), ''la''<sup>5</sup> (A–) ;
* fonction de sous-dominante : '''''fa''<sup>5</sup> (F)''', ''ré''<sup>5</sup> (D–) ;
* fonction de dominante : '''''sol''<sup>5</sup> (G)''' ou ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub> (G<sup>7</sup>), ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>).
En ''la'' mineur harmonique :
* fonction de tonique : '''''la''<sup>5</sup> (A–)''', ''fa''<sup>5</sup> (F) [, rarement : ''do''<sup>+5</sup> (C<sup>+</sup>)] ;
* fonction de sous-dominante : '''''ré''<sup>5</sup> (D–)''', ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>) ;
* fonction de dominante : '''''mi''<sup>5</sup> (E)''' ou ''mi''<sup>7</sup><sub>+</sub> (E<sup>7</sup>), ''sol''♯<sup> <s>5</s></sup> (G♯<sup>o</sup>).
Le fait d'utiliser des accords différents pour remplir une fonction permet d'enrichir l'harmonie, et de jouer sur l'équilibre entre satisfaction d'une attente (on respecte les règles sur les fonctions) et surprise (mais on n'utilise pas l'accord attendu).
=== Les dominantes secondaires ===
On utilise aussi des accords de septième dominante se fondant sur un autre degré que la dominante de la gamme ; on parle de « dominante secondaire ». Typiquement, avant un accord de septième de dominante, on utilise parfois un accord de dominante de dominante, dont le degré est alors noté « {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} » ou « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|V}} » ; la fondamentale est de l'accord est alors situé cinq degrés au-dessus de la dominante ({{Times New Roman|V}}), c'est donc le degré {{Times New Roman|IX}}, c'est-à-dire le degré {{Times New Roman|II}} de la tonalité en cours). Ou encore, on utilise un accord de dominante du degré {{Times New Roman|IV}} (« {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} », la fondamentale est alors le degré {{Times New Roman|I}}) avant un accord sur le degré {{Times New Roman|IV}} lui-même.
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, on peut trouver un accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' (chiffré {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>), avant un accord ''sol - si - ré - fa'' ({{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>). L'accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' est l'accord de septième de dominante des tonalités de ''sol''. Dans la même tonalité, on pourra utiliser un accord ''do - mi - sol - si''♭ ({{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) avant un accord ''fa - la - do'' ({{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>). Le recours à une dominante secondaire peut atténuer une transition, par exemple avec un enchaînement ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> → ''fa''<sup>5</sup> (C → C<sup>7</sup> → F) qui correspond à un enchaînement {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}} : le passage ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> (C → C<sup>7</sup>) se fait en ajoutant une note (le ''si''♭) et rend naturel le passage ''do'' → ''fa''.
Sur les sept degré de la gamme, on ne considère en général que cinq dominantes secondaires : en effet, la dominante du degré {{Times New Roman|I}} est la dominante « naturelle, primaire » de la tonalité (et n'est donc pas secondaire) ; et utiliser la dominante de {{Times New Roman|VII}} consisterait à considérer l'accord de {{Times New Roman|VII}} comme un accord propre, on évite donc les « {{Times New Roman|V}} de “{{Times New Roman|V}}” » (mais les « “{{Times New Roman|V}}” de {{Times New Roman|V}} » sont tout à fait « acceptables »).
=== Enchaînements classiques ===
Nous avons donc vu que l'on trouve fréquemment les enchaînements suivants :
* pour créer une instabilité :
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}},
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} (instabilité moins forte mais incertitude sur le sens d'évolution) ;
* pour maintenir l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}} ;
* pour résoudre l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}},
** {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, cas particuliers (voir plus bas) :
*** {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> → {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup>,
*** {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> → {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub> → {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>.
Les degrés indiqués ci-dessus sont les fonctions ; on peut donc utiliser les substitutions suivantes :
* {{Times New Roman|I}} par {{Times New Roman|VI}} et, en tonalité majeure, {{Times New Roman|III}} ;
* {{Times New Roman|IV}} par {{Times New Roman|II}} ;
* {{Times New Roman|V}} par {{Times New Roman|VII}}.
Pour enrichir l'harmonie, on peut utiliser les dominantes secondaires, en particulier :
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} ({{Times New Roman|II}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|V}},
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} ({{Times New Roman|I}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|IV}}.
On peut enchaîner les enchaînements, par exemple {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}, ou encore {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}}… En jazz, on utilise très fréquemment l'enchaînement {{Times New Roman|II}} → {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (deux-cinq-un).
On peut bien sûr avoir d'autres enchaînements, mais ces règles permettent d'analyser un grand nombre de morceaux, et donnent des clefs utiles pour la composition. Nous voyons ci-après un certain nombre d'enchaînements courants dans différents styles
== Exercice ==
Un hautboïste travaille la sonate en ''do'' mineur S. 277 de Heinichen. Sur le deuxième mouvement ''Allegro'', il a du mal à travailler un passage en raison des altérations accidentelles. Sur la suggestion de sa professeure, il décide d'analyser la progression d'accords sous-jacente afin que les altérations deviennent logiques. Il s'agit d'un duo hautbois et basson pour lequel les accords ne sont pas chiffrés, le basson étant ici un instrument soliste et non pas un élément de la basse continue.
Sur l'extrait suivant, déterminez les basses et la qualité (chiffrage) des accords sous-jacents. Commentez.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen.]]
{{note|L'œuvre est en ''do'' mineur et devrait donc avoir trois bémols à la clef, or ici il n'y en a que deux. En effet, le ''la'' pouvant être bécarre en mode mineur mélodique ascendant, le compositeur a préféré le noter explicitement en altération accidentelle lorsque l'on est en mode mélodique naturel, harmonique ou mélodique descendant. C'est un procédé assez courant à l'époque baroque.}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
Une des difficultés ici est que les arpèges joués par les instruments sont agrémentés de notes de passage.
Les notes de la basse (du basson) sont différentes entre le premier et le deuxième temps de chaque mesure et ne peuvent pas appartenir au même accord. On a donc un accord par temps.
Sur le premier temps de chaque mesure, le basson joue une octave. La note concernée est donc la basse de chaque accord. Pour savoir s'il s'agit d'un accord à l'état fondamental ou d'un renversement, on regarde ce que joue le hautbois : dans un mouvement conjoint (succession d'intervalles de secondes), il est difficile de distinguer les notes de l'arpège des notes de passage, mais
: les notes des grands intervalles font partie de l'accord.
Ainsi, sur le premier temps de la première mesure (la basse est un ''mi''♭), on a une sixte descendante ''sol''-''si''♭ et, à la fin du temps, une tierce descendante ''sol''-''mi''♭. L'accord est donc ''mi''♭-''sol''-''si''♭, c'est un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). À la fin du premier temps, le basson joue un ''do'', c'est donc une note étrangère.
Sur le second temps de la première mesure, le basson joue une tierce ascendante ''fa''-''la''♭, la première note est la basse de l'accord et la seconde une des notes de l'accord. Le hautbois commence par une sixte descendante ''la''♭-''do'', l'accord est donc ''fa''-''la''♭-''do'', un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). Le ''do'' du basson la fin du premier temps est donc une anticipation.
Les autres notes étrangères de la première mesure sont des notes de passage.
Mais il faut faire attention : en suivant ce principe, sur les premiers temps des deuxième et troisième mesure, nous aurions des accords de septième d'espèce (puisque la septième est majeure). Or, on ne trouve pas, ou alors exceptionnellement, d'accord de septième d'espèce dans le baroque, mais quasi exclusivement des accords de septième de dominante. Donc au début de la deuxième mesure, le ''la''♮ est une appoggiature du ''si''♭, l'accord est donc ''si''♭-''ré''-''fa'', un asscord de quinte. De même, au début de la troisième mesure, le ''sol'' est une appoggiature du ''la''♭.
Il faut donc se méfier d'une analyse purement « mathématique ». Il faut s'attacher à ressentir la musique, et à connaître les styles, pour faire une analyse pertinente.
Ci-dessous, nous avons grisé les notes étrangères.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49 analyse.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen. Analyse de la progression harmonique.]]
Le chiffrage jazz équivalent est :
: | E♭ F– | B♭<sup>Δ</sup> E♭ | A♭<sup>Δ</sup> D– | G …
Nous remarquons une progression assez régulière :
: ''mi''♭ ↗[2<sup>de</sup>] ''fa'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''si''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''mi''♭ | ↘[5<sup>te</sup>] ''la''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''ré'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''sol''
Le ''mi''♭ est le degré {{Times New Roman|III}} de la tonalité principale (''do'' mineur), c'est donc une tonique faible ; il « joue le même rôle » qu'un ''do''. S'il y avait eu un accord de ''do'' au début de l'extrait, on aurait eu une progression parfaitement régulière ↗[4<sup>te</sup>] ↘[5<sup>te</sup>].
Nous avons les modulations suivantes :
* mesure 49 : ''do'' mineur naturel (le ''si''♭ n'est pas une sensible) avec un accord sur “{{Times New Roman|I}}” (tonique faible, {{Times New Roman|III}}, pour la première analyse, ou bien tonique forte, {{Times New Roman|I}}, pour la seconde) suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 50 : ''si''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}} suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 51 : ''la''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}}, et emprunt à ''do'' majeur avec un accord sur {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IV}} faible).
On a donc une marche harmonique {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} qui descend d'une seconde majeure (un ton) à chaque mesure (''do'' → ''si''♭ → ''la''♭), avec une exception sur la dernière mesure (modulation en cours de mesure et descente d'une seconde mineure au lieu de majeure).
Ce passage est donc construit sur une régularité, une règle qui crée un effet d'attente — enchaînement {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> → {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup> avec une marche harmonique d'une seconde majeure descendante —, et des « surprises », des exceptions au début — ce n'est pas un accord {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> mais un accord {{Times New Roman|III}}<sup>5</sup> — et à la fin — modulation en milieu de mesure et dernière descente d'une seconde mineure (½t ''la''♭ → ''sol'').
L'extrait ne permet pas de le deviner, mais la mesure 52 est un retour en ''do'' mineur, avec donc une modulation sur la dominante (accord de ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub>, G<sup>7</sup>).
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== Progression d'accords ==
Comme pour la mélodie, la succession des accords dans un morceau, la progression d'accords, suit des règles. Et comme pour la mélodie, les règles diffèrent d'un style musical à l'autre et la créativité consiste à parfois ne pas suivre ces règles. Et comme pour la mélodie, on part d'un ensemble de notes organisé, d'une gamme caractéristique d'une tonalité, d'un mode.
Les accords les plus utilisés pour une tonalité donnée sont les accords dont la fondamentale sont les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la tonalité, en particulier la triade {{Times New Roman|I}}, appelée « accord parfait » ou « accord de tonique », et l'accord de septième {{Times New Roman|V}}, appelé « septième de dominante ».
Le fait d'avoir une progression d'accords qui se répète permet de structurer un morceau. Pour les morceaux courts, il participe au plaisir de l'écoute et facilite la mémorisation (par exemple le découpage couplet-refrain d'une chanson). Sur les morceaux longs, une trop grande régularité peut introduire de la lassitude, les longs morceaux sont souvent découpés en parties présentant chacune une progression régulière. Le fait d'avoir une progression régulière permet la pratique de l'improvisation : cadence en musique classique, solo en jazz et blues.
; Note
: Le terme « cadence » désigne plusieurs choses différentes, et notamment en harmonie :
:* une partie improvisée dans un opéra ou un concerto, sens utilisé ci-dessus ;
:* une progression d'accords pour ponctuer un morceau et en particulier pour le conclure, sens utilisé dans la section suivante.
=== Accords peu utilisés ===
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé. C'est un accord dissonant ; il intervient en général comme appogiature de l'accord de tonique (par exemple en ''la'' mineur : {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ → {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''la''), ou de l'accord de dominante ({{Times New Roman|III<sup>6</sup><sub>+3</sub>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''do'' → {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''). Il peut être aussi utilisé comme préparation à l'accord de sous-dominante (enchaînement {{Times New Roman|III}} → {{Times New Roman|IV}}). Par ailleurs, il a une constitution symétrique — c'est l'empilement de deux tierces majeures — et ses renversements ont les mêmes intervalles à l'enharmonie près (quinte augmentée/sixte mineure, tierce majeure/quarte diminuée). De ce fait, un même accord est commun, par renversement et à l'enharmonie près, à trois tonalités : le premier renversement de l'accord ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur) est enharmonique à ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''do''♯ mineur) ; le second renversement est enharmonique à ''la''♭ - ''do'' - ''mi'' ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur).
=== Accords très utilisés ===
Les trois accords les plus utilisés sont les accords de tonique (degré {{Times New Roman|I}}), de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) et de dominante ({{Times New Roman|V}}). Ils interviennent en particulier en fin de phrase, dans les cadences. L'accord de dominante sert souvent à introduire une modulation : la modulation commence sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité. On note que l'accord de sous-dominante est situé une quinte juste en dessous de la tonique, les accords de dominante et de sous-dominante sont donc symétriques.
En jazz, on utilise également très fréquemment l'accord de la sus-tonique (degré {{Times New Roman|II}}), souvent dans des progressions {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|V}} (- {{Times New Roman|I}}). Rappelons que l'accord de sus-tonique a la fonction de sous-dominante.
=== Cadences et ''turnaround'' ===
Le terme « cadence » provient de l'italien ''cadenza'' et désigne la « chute », la fin d'un morceau ou d'une phrase musicale.
On distingue deux types de cadences :
* les cadences conclusive, qui créent une sensation de complétude ;
* les cadences suspensives, qui crèent une sensation d'attente.
==== Cadence parfaite ====
[[Fichier:Au clair de le lune cadence parfaite.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une cadence parfaite (italienne).]]
[[Fichier:Au clair de le lune mineur cadence parfaite.midi|thumb|''Idem'' mais en mode mineur harmonique.]]
La cadence parfaite est l'enchaînement de l'accord de dominante suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}, les deux accord étant à l'état fondamental. Elle donne une impression de stabilité et est donc très souvent utilisée pour conclure un morceau. C'est une cadence conclusive.
On peut aussi utiliser l'accord de septième de dominante, la dissonance introduisant une tension résolue par l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub> - I<sup>5</sup>}}.
Elle est souvent précédée de l'accord construit sur le IV<sup>e</sup> degré, appelé « accord de préparation », pour former la cadence italienne : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}}.
Elle est également souvent précédée du second renversement de l'accord de tonique, qui est alors appelé « appoggiature de la cadence » : {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}} (on remarque que les accords {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> et {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ont la basse en commun, et que l'on peut passer de l'un à l'autre par un mouvement conjoint sur les autres notes).
{{clear}}
==== Demi-cadence ====
[[Fichier:Au clair de le lune demi cadence.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une demi-cadence.]]
Une demi-cadence est une phrase ou un morceau se concluant sur l'accord construit sur le cinquième degré. Il provoque une sensation d'attente, de suspens. Il s'agit en général d'une succession {{Times New Roman|II - V}} ou {{Times New Roman|IV - V}}. C'est une cadence suspensive. On utilise rarement un accord de septième de dominante.
{{clear}}
==== Cadence rompue ou évitée ====
La cadence rompue, ou cadence évitée, est succession d'un accord de dominante et d'un accord de sus-dominante, {{Times New Roman|V}} - {{Times New Roman|VI}}. C'est une cadence suspensive.
==== Cadence imparfaite ====
Une cadence imparfaite est une cadence {{Times New Roman|V - I}}, comme la cadence parfaite, mais dont au moins un des deux accords est dans un état renversé.
==== Cadence plagale ====
La cadence plagale — du grec ''plagios'', oblique, en biais — est la succession de l'accord construit sur le quatrième degré, suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}. Elle peut être utilisée après une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}} - {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}). Elle donne un caractère solennel, voire religieux — elle est parfois appelée « cadence amen » —, elle a un côté antique qui rappelle la musique modale et médiévale<ref>{{lien web |url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-cadence-amen-ou-comment-se-dire-adieu-7191921 |titre=La cadence « Amen » ou comment se dire adieu |auteur=Max Dozolme (MAXXI Classique) |site=France Musique |date=2025-04-25 |consulté le=2025-04-25}}.</ref>.
C'est une cadence conclusive.
==== {{lang|en|Turnaround}} ====
[[Fichier:Au clair de le lune turnaround.midi|thumb|Au clair de la lune, harmonisé en style jazz : accords de 7{{e}}, anatole suivie d'un ''{{lang|en|turnaround}}'' ii-V-I.]]
Le terme ''{{lang|en|turnaround}}'' signifie revirement, retournement. C'est une succession d'accords que fait la transition entre deux parties, en créant une tension-résolution. Le ''{{lang|en|turnaround}}'' le plus courant est la succession {{Times New Roman|II - V - I}}.
On utilise également fréquemment l'anatole : {{Times New Roman|I - VI - II - V}}.
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité majeure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br /> {{Times New Roman|V - I}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|IV - V - I}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou IV - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|IV - I}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|I - vi - ii - V}}
|-
|''Do'' majeur || || G - C || F - G - C || Dm - G ou F - G || F - C || Dm - G - C || C - Am - Dm - G
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || D - G || C - D - G || Am - D ou C - D || C - G || Am - D - G || G - Em - Am - D
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || A - D || G - A - D || Em - A ou G - A || G - D || Em - A - D || D - Bm - Em - A
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || E - A || D - E - A || Bm - E ou D - E || D - A || Bm - E - A || A - F♯m - B - E
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || C - F || B♭ - C - F || Gm - C ou B♭ - C || B♭ - F || Gm - C - F || F - Dm - Gm - C
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || F - B♭ || E♭ - F - B♭ || Cm - F ou E♭ - F || E♭ - B♭ || Cm - F - B♭ || B♭ - Gm - Cm - F
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || B♭ - E♭ || A♭ - B♭ - E♭ || Fm - B♭ ou A♭ - B♭ || A♭ - E♭ || Fm - B♭ - E♭ || Gm - Cm - Fm - B♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité mineure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br />{{Times New Roman|V - i}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|iv - V - i}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou iv - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|iv - i}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|i - VI - ii - V}}
|-
| ''La'' mineur<br />harmonique || || E - Am || Dm - E - Am || B° - E ou Dm - E || Dm - Am || B° - E - Am || Am - F - B° - E
|-
| ''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || B - Em || Am - B - Em || F♯° - B ou Am - B || Am - Em || F♯° - B - Em || Em - C - F♯° - B
|-
| ''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || F♯ - Bm || Em - F♯ - Bm || C♯° - F♯ ou Em - F♯ || Em - Bm || C♯° - F♯ - Bm || Bm - G - C♯° - F♯
|-
| ''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || C♯ - F♯m || Bm - C♯ - F♯m || G♯° - C♯ ou Bm - C♯ || Bm - F♯m || G♯° - C♯ - F♯m || A+ - D - G♯° - C♯
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || A - Dm || Gm - A - Dm || E° - A ou Gm - A || Gm - Dm || E° - A - Dm || Dm - B♭ - E° - A
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || D - Gm || Cm - D - Gm || A° - D ou Cm - D || Cm - Gm|| A° - D - Gm || Gm - E♭ - A° - D
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || G - Cm || Fm - G - Cm || D° - G ou Fm - G || Fm - Dm || D° - G - Cm || Cm - A♭ - D° - G
|}
==== Exemple : ''La Mer'' ====
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=PXQh9jTwwoA
| titre = Charles Trenet - La mer (Officiel) [Live Version]
| site = YouTube
| auteur = Charles Trenet
| consulté le = 2020-12-24
}}
Le début de ''La Mer'' (Charles Trenet, 1946) est en ''do'' majeur et est harmonisé par l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (C - Am - Dm - G<sup>7</sup>) sur deux mesures, jouée deux fois ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} × 2). Viennent des variations avec les progressions {{Times New Roman|I-III-vi-V<sup>7</sup>}} (C - E - Am - G<sup>7</sup>) puis la « progression ’50s » (voir plus bas) {{Times New Roman|I-vi-IV-VI<sup>7</sup>}} (C - Am - F - A<sup>7</sup>, on remarque que {{Times New Roman|IV}}/F est le relatif majeur du {{Times New Roman|ii}}/Dm de l'anatole), jouées chacune une fois sur deux mesure ; puis cette première partie se conclut par une demie cadence {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} sur une mesure puis une dernière anatole sur trois mesures ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}}). Cela constitue une première partie « A » sur douze mesures qui se termine par une demi-cadence ({{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}}) qui appelle une suite. Cette partie A est jouée une deuxième fois mais la fin est modifiée pour la transition : les deux dernières mesures {{Times New Roman|<nowiki>|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} deviennent {{Times New Roman|<nowiki>|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|I|</nowiki>}} (|Dm-G7|C|), cette partie « A’ » se conclut donc par une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Le morceau passe ensuite en tonalité de ''mi'' majeur, donc une tierce au dessus de ''do'' majeur, sur six mesures. Cette partie utilise une progression ’50s {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (E - C♯m - A - B<sup>7</sup>), qui est rappelons-le une variation de l'anatole, l'accord {{Times New Roman|ii}} (Fm) étant remplacé par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}} (A). Cette anatole modifiée est jouée deux fois puis la partie en ''mi'' majeur se conclut par l'accord parfait {{Times New Roman|I}} joué sur deux mesures (|E|E|), on a donc, avec la mesure précédente, avec une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Suivent ensuite six mesures en ''sol'' majeur, donc à nouveau une tierce au dessus de ''mi'' majeur. Elle comporte une progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (G - Em - C - D<sup>7</sup>), donc anatole avec substitution du {{Times New Roman|ii}}/Am par son relatif majeur {{Times New Roman|VI}}/C (progression ’50s), puis une anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (G - Em - Am - D<sup>7</sup>) et deux mesure sur la tonique {{Times New Roman|I-I<sup>7</sup>}} (G - G<sup>7</sup>), formant à nouveau une cadence parfaite. La fin sur un accord de septième, dissonant, appelle une suite.
Cette partie « B » de douze mesures comporte donc deux parties similaires « B1 » et « B2 » qui forment une marche harmonique (montée d'une tierce).
Le morceau se conclut par une reprise de la partie « A’ » et se termine donc par une cadence parfaite.
Nous avons une structure A-A’-B-A’ sur 48 mesures, proche la forme AABA étudiée plus loin.
Donc ''La Mer'' est un morceau structuré autour de l'anatole avec des variations (progression ’50s, substitution du {{Times New Roman|ii}} par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}}) et comportant une marche harmonique dans sa troisième partie. Les parties se concluent par des ''{{lang|en|turnarounds}}'' sous la forme d'une cadence parfaite ou, pour la partie A, par une demi-cadence.
{| border="1" rules="rows" frame="hsides"
|+ Structure de ''La Mer''
|- align="center"
|
| colspan="12" | ''do'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan=2 | A
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="3" | anatole
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | A’
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="2" | anatole
| c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
|
| colspan="6" | B1 : ''mi'' majeur
| colspan="6" background="lightgray" | B2 : ''sol'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | B
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|-
! scope="row" | A’
| colspan="12" |
|
|}
=== Progression blues ===
La musique blues est apparue dans les années 1860. Elle est en général bâtie sur une grille d'accords ''({{lang|en|changes}})'' immuable de douze mesures ''({{lang|en|twelve-bar blues}})''. C'est sur cet accompagnement qui se répète que s'ajoute la mélodie — chant et solo. Cette structure est typique du blues et se retrouve dans ses dérivés comme le rock 'n' roll.
Le rythme est toujours un rythme ternaire syncopé ''({{lang|en|shuffle, swing, groove}}, ''notes inégales'')'' : la mesure est à quatre temps, mais la noire est divisée en noire-croche en triolet, ou encore triolet de croche en appuyant la première et la troisième.
La mélodie se construit en général sur une gamme blues de six degrés (gamme pentatonique mineure avec une quarte augmentée), mais bien que la gamme soit mineure, l'harmonie est construite sur la gamme majeure homonyme : un blues en ''fa'' a une mélodie sur la gamme de ''fa'' mineur, mais une harmonie sur la gamme de ''fa'' majeur. La grille d'accord comporte les accords construits sur les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la gamme majeure homonyme. Les accords sont souvent des accords de septième (donc avec une tierce majeure et une septième mineure), il ne s'agit donc pas d'une harmonisation de gamme diatonique (puisque la septième est majeure sur l'accord de tonique).
Par exemple, pour un blues en ''do'' :
* accord parfait de do majeur, C ({{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré) ;
* accord parfait de fa majeur, F ({{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré) ;
* accord parfait de sol majeur, G ({{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré).
Il existe quelques morceaux harmonisés avec des accords mineurs, comme par exemple ''As the Years Go Passing By'' d'Albert King (Duje Records, 1959).
La progression blues est organisée en trois blocs de quatre mesures ayant les fonctions suivantes (voir ci-dessus ''[[#Harmonie fonctionnelle|Harmonie fonctionnelle]]'') :
* quatre mesures toniques ;
* quatre mesures sous-dominantes ;
* quatre mesures dominantes.
La forme la plus simple, que Jeff Gardner appelle « forme A », est la suivante :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme A
|-
! scope="row" | Tonique
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Sous-domminante
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Dominante
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
La progression {{Times New Roman|I-V}} des deux dernières mesures forment le ''{{lang|en|turnaround}}'', la demie cadence qui lance le cycle suivant. Nous présentons ci-dessous un exemple typique de ligne de basse ''({{lang|en|walking bass}})'' pour le ''{{lang|en|turnaround}}'' d'un blues en ''la'' :
[[Fichier:Turnaround classique blues en la.svg|Exemple typique de ligne de basse pour un ''turnaround'' de blues en ''la''.]]
[[Fichier:Blues mi harmonie elementaire.midi|thumb|Blues en ''mi'', harmonisé de manière élémentaire avec une ''{{lang|en|walking bass}}''.]]
Vous pouvez écouter ci-contre une harmonisation typique d'un blues en ''mi''. Les accords sont exécutés par une basse marchante ''({{lang|en|walking bass}})'', qui joue une arpège sur la triade avec l'ajout d'une sixte majeure et d'une septième mineure, et par une guitare qui joue un accord de puissance ''({{lang|en|power chord}})'', qui n'est composé que de la fondamentale et de la quinte juste, avec une sixte en appoggiature.
La forme B s'obtient en changeant la deuxième mesure : on joue un degré {{Times New Roman|IV}} au lieu d'un degré {{Times New Roman|I}}. La progression {{Times New Roman|I-IV}} sur les deux premières mesures est appelé ''{{lang|en|quick change}}''.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme B
|-
| width="50px" | I
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
Par exemple, ''Sweet Home Chicago'' (Robert Johnson, 1936) est un blues en ''fa'' ; sa grille d'accords, aux variations près, suit une forme B :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression de ''Sweet Home Chicago''
|-
| width="50px" | F
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | B♭
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | C7
| width="50px" | B♭7
| width="50px" | F7
| width="50px" | C7
|}
: Écouter {{lien web
| url =https://www.youtube.com/watch?v=dkftesK2dck
| titre = Robert Johnson "Sweet Home Chicago"
| auteur = Michal Angel
| site = YouTube
| date = 2007-12-09 | consulté le = 2020-12-17
}}
Les formes C et D s'obtiennent à partir des formes A et B en changeant le dernier accord par un accord sur le degré {{Times New Roman|I}}, ce qui forme une cadence plagale.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, formes C et D
|-
| colspan="4" | …
|-
| colspan="4" | …
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|}
L'harmonie peut être enrichie, notamment en jazz. Voici par exemple une grille du blues souvent utilisés en bebop.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Exemple de progression de blues bebop sur une base de forme B
|-
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | V–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> I<sup>7</sup>
|-
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | VI<sup>7 ♯9 ♭13</sup>
|-
| width="60px" | II–<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> IV<sup>7</sup>
| width="60px" | II–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> V<sup>7</sup>
|}
On peut aussi trouver des blues sur huit mesures, sur seize mesures comme ''Watermelon Man'' de Herbie Hancock (album ''Takin' Off'', Blue Note, 1962) ou ''Let's Dance'' de Jim Lee (interprété par Chris Montez, Monogram, 1962)
* {{lien web
|url= https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Herbie Hancock - Watermelon Man (1962)
|auteur=theUnforgettablesTv
|site=Dailymotion
|date=2003 |consulté le=2021-02-09
}}
* {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=6JXshurYONc
|titre=Let's Dance
|auteur=Chris Montez
|site=YouTube
|date=2016-08-06 |consulté le=2021-02-09
}}
À l'inverse, certains blues peuvent avoir une structure plus simple que les douze mesure ; par exemple ''Hoochie Coochie Man'' de Willie Dixon (interprété par Muddy Waters sous le titre ''Mannish Boy'', Chicago Blues, 1954) est construit sur un seul accord répété tout le long de la chanson.
* {{lien web
|url=https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Muddy Waters - Hoochie Coochie Man
|auteur=Muddy Waters
|site=Dailymotion
|date=2012 | consulté le=2021-02-09
}}
=== Cadence andalouse ===
La cadence andalouse est une progression de quatre accords, descendant par mouvement conjoint :
* en mode de ''mi'' (mode phrygien) : {{Times New Roman|IV}} - {{Times New Roman|III}} - {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|I}} ;<br />par exemple en ''mi'' phrygien : Am - G - F - E ; en ''do'' phrygien : Fm - E♭ - D♭ - C ;<br />on notera que le degré {{Times New Roman|III}} est diésé dans l'accord final (ou bécarre s'il est bémol dans la tonalité) ;
* en mode mineur : {{Times New Roman|I}} - {{Times New Roman|VII}} - {{Times New Roman|VI}} - {{Times New Roman|V}} ;<br />par exemple en ''la'' mineur : Am - G - F - E ; en ''do'' mineur : Cm - B♭ - A♭ - m ;<br />comme précédemment, on notera que le degré {{Times New Roman|VII}} est diésé dans l'accord final.
=== Progressions selon le cercle des quintes ===
[[Fichier:Cercle quintes degres tonalite majeure.svg|vignette|Cercle des quinte justes (parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre) des degrés d'une tonalité majeure.]]
La progression {{Times New Roman|V-I}} est la cadence parfaite, mais on peut aussi l'employer au milieu d'un morceau. Cette progression étant courte, sa répétition crée de la lassitude ; on peut la compléter par d'autres accords séparés d'une quinte juste, en suivant le « cercle des quintes » : {{Times New Roman|I-V-IX}}, la neuvième étant enharmonique de la seconde, on obtient {{Times New Roman|I-V-II}} ; en retournant la progression, on obtient le turnaround {{Times New Roman|II-V-I}}.
En jazz, dans le morceau ''Topsy'' (Edgar Battle et Eddir Durham), la partie <span style="border-color: black; border-style: solid; border-width: thin;">C</span> est composée d'une progression en quintes descendantes d'accords de cinquième de dominante : D<sup>7</sup> - G<sup>7</sup> - C<sup>7</sup> - F<sup>7</sup> - B♭<sup>7</sup> ; les improvisatiosn sur cette partie peuvent donc se faire en modulant en ''sol'' (majeur ou mineur) - ''do'' (M/m) - ''fa'' (M/m) - ''si''♭ (M/m) - ''mi''♭ (M/m).
On peut continuer de décrire le cercle des quintes : {{Times New Roman|I-V-II-VI}}, on obtient l'anatole dans le désordre ; on peut à l'inverse étendre les quintes vers la gauche, {{Times New Roman|IV-I-V-II-VI}}.
En musique populaire, on trouve fréquemment une progression fondée sur les accord {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} et {{Times New Roman|VI}}, popularisée dans les années 1950. La « progression années 1950 », « progression ''{{lang|en|fifties ('50)}}'' » ''({{lang|en|'50s progression}})'' est dans l'ordre {{Times New Roman|I-VI-IV-V}}. On trouve aussi cette progression en musique classique. Si la tonalité est majeure, la triade sur la sus-dominante est mineure, les autres sont majeures, on notera donc souvent {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}. On peut avoir des permutations circulaires (le dernier accord venant au début, ou vice-versa) : {{Times New Roman|vi-IV-V-I}}, {{Times New Roman|IV-V-I-vi}} et {{Times New Roman|V-I-vi-IV}}.
{| class="wikitable"
|+ Accords selon la tonalité
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | I
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | IV
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | V
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | vi
|-
|''Do'' majeur || || C || F || G || Am
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G || C || D || Em
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D || G || A || Bm
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A || D || E || F♯m
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F || B♭ || C || Dm
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭ || E♭ || F || Gm
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭ || A♭ || B♭ || Cm
|}
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} sera C-Am-F-G.
Il existe d'autres progressions utilisant ces accords mais dans un autre ordre, typiquement {{Times New Roman|I–IV–vi–V}} ou une de ses permutations circulaires : {{Times New Roman|IV–vi–V-I}}, {{Times New Roman|vi–V-I-IV}} ou {{Times New Roman|V-I-IV-vi}}. Ou dans un autre ordre.
PV Nova l'illustre dans plusieurs de ses « expériences » dans la version {{Times New Roman|vi-V-IV-I}}, soit Am-G-F-C, ou encore {{Times New Roman|vi-IV-I-V}}, soit Am-F-C-G :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=w08LeZGbXq4
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 6 — La Happy Pop
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2011-08-20 | consulté le = 2020-12-13
}}
et cela devient un gag récurrent avec son « chapeau des accords magiques qu'on nous ressort à toutes les sauces »
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=VMY_vc4nZAU
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 14 — La Soupe dou Brasil
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2012-10-03 | consulté le = 2020-12-17
}}
Cette récurrence est également parodiée par le groupe The Axis of Awesome avec ses « chansons à quatre accords » ''({{lang|en|four-chords song}})'', dans une sketch où ils mêlent 47 chansons en utilisant l'ordre {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=oOlDewpCfZQ
| titre = 4 Chords | Music Videos | The Axis Of Awesome
| auteur = The Axis of Awesome
| site = YouTube
| date = 2011-07-20 | consulté le = 2020-12-17
}}
{{boîte déroulante/début|titre=Chansons mêlées dans le sketch}}
# Journey : ''Don't Stop Believing'' ;
# James Blunt : ''You're Beautiful'' ;
# Black Eyed Peas : ''Where Is the Love'' ;
# Alphaville : ''Forever Young'' ;
# Jason Mraz : ''I'm Yours'' ;
# Train : ''Hey Soul Sister'' ;
# The Calling : ''Wherever You Will Go'' ;
# Elton John : ''Can You Feel The Love Tonight'' (''Le Roi lion'') ;
# Akon : ''Don't Matter'' ;
# John Denver : ''Take Me Home, Country Roads'' ;
# Lady Gaga : ''Paparazzi'' ;
# U2 : ''With Or Without You'' ;
# The Last Goodnight : ''Pictures of You'' ;
# Maroon Five : ''She Will Be Loved'' ;
# The Beatles : ''Let It Be'' ;
# Bob Marley : ''No Woman No Cry'' ;
# Marcy Playground : ''Sex and Candy'' ;
# Men At Work : ''Land Down Under'' ;
# thème de ''America's Funniest Home Videos'' (équivalent des émissions ''Vidéo Gag'' et ''Drôle de vidéo'') ;
# Jack Johnson : ''Taylor'' ;
# Spice Girls : ''Two Become One'' ;
# A Ha : ''Take On Me'' ;
# Green Day : ''When I Come Around'' ;
# Eagle Eye Cherry : ''Save Tonight'' ;
# Toto : ''Africa'' ;
# Beyonce : ''If I Were A Boy'' ;
# Kelly Clarkson : ''Behind These Hazel Eyes'' ;
# Jason DeRulo : ''In My Head'' ;
# The Smashing Pumpkins : ''Bullet With Butterfly Wings'' ;
# Joan Osborne : ''One Of Us'' ;
# Avril Lavigne : ''Complicated'' ;
# The Offspring : ''Self Esteem'' ;
# The Offspring : ''You're Gonna Go Far Kid'' ;
# Akon : ''Beautiful'' ;
# Timberland featuring OneRepublic : ''Apologize'' ;
# Eminem featuring Rihanna : ''Love the Way You Lie'' ;
# Bon Jovi : ''It's My Life'' ;
# Lady Gaga : ''Pokerface'' ;
# Aqua : ''Barbie Girl'' ;
# Red Hot Chili Peppers : ''Otherside'' ;
# The Gregory Brothers : ''Double Rainbow'' ;
# MGMT : ''Kids'' ;
# Andrea Bocelli : ''Time To Say Goodbye'' ;
# Robert Burns : ''Auld Lang Syne'' ;
# Five for fighting : ''Superman'' ;
# The Axis of Awesome : ''Birdplane'' ;
# Missy Higgins : ''Scar''.
{{boîte déroulante/fin}}
Vous pouvez par exemple jouer les accords C-G-Am-F ({{Times New Roman|I-V-vi-IV}}) et chanter dessus ''{{lang|en|Let It Be}}'' (Paul McCartney, The Beattles, 1970) ou ''Libérée, délivrée'' (Robert Lopez, ''La Reine des neiges'', 2013).
La progression {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} est considérée comme « optimiste » tandis que sa variante {{Times New Roman|iv-IV-I-V}} est considérée comme « pessimiste ».
On peut voir la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} comme une variante de l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V}}, obtenue en remplaçant l'accord de sustonique {{Times New Roman|ii}} par l'accord de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} (son relatif majeur, et degré ayant la même fonction).
==== Exemples de progression selon le cercle des quintes en musique classique ====
[[Fichier:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.midi|vignette|Dietrich Buxtehude, Psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
Cette progression selon la cercle des quintes, sous la forme {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}, apparaît déjà au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> siècle dans le psaume 42 ''Quem ad modum desiderat cervis'' (BuxVW92) de Dietrich Buxtehude (1637-1707). Le morceau est en ''fa'' majeur, la progression d'accords est donc F-Dm-B♭-C.
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=8FmV9l1RqSg
| titre = D. Buxtehude - Quemadmodum desiderat cervus, BuxWV 92
| auteur = Longobardo
| site = YouTube
| date = 2013-04-06 | consulté la = 2021-01-01
}}
[[File:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.svg|vignette|450x450px|center|Dietrich Buxtehude, psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
{{clear}}
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.midi|vignette|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.]]
On la trouve également dans l'ouverture de la cantate ''{{lang|de|Wachet auf, ruft uns die Stimme}}'' de Jean-Sébastien Bach (BWV140, 1731). Le morceau est en ''mi''♭ majeur, la progression d'accords est donc E♭-Cm-A♭<sup>6</sup>-B♭.
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.svg|vignette|center|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.|alt=|517x517px]]
{{clear}}
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.midi|vignette|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
La même progression est utilisée par Mozart, par exemple dans le premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778), la progression d'accords est C-Am-F-G qui correspond à la progression {{Times New Roman|III-i-VI-VII}} de ''la'' mineur, mais à la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} de la gamme relative, ''do'' majeur .
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.svg|vignette|center|500px|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
=== Substitution tritonique ===
Un des accords les plus utilisés est donc l'accord de septième de dominante, {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} qui contient les degrés {{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IX}}) et {{Times New Roman|IV}}({{Times New Roman|XI}}) ; par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, l'accord de ''sol'' septième (G<sup>7</sup>) contient les notes ''sol''-''si''-''ré''-''fa''. Si l'on prend l'accord dont la fondamentale est trois tons (triton) au-dessus ou en dessous — l'octave contenant six tons, on arrive sur la même note —, {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}, ici ''ré''♭ septième (D♭<sup>7</sup>), celui-ci contient les notes ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''do''♭, cette dernière note étant l'enharmonique de ''si''. Les deux accords G<sup>7</sup> et D♭<sup>7</sup> ont donc deux notes en commun : le ''fa'' et le ''si''/''do''♭.
Il est donc fréquent en jazz de substituer l'accord {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} par l'accord {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}. Par exemple, la progression {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}} devient {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}}. C'est un procédé courant de réharmonisation (le fait de remplacer un accord par un autre dans un morceau existant).
Les six substitutions possibles sont donc : C<sup>7</sup>↔F♯<sup>7</sup> - D♭<sup>7</sup>↔G<sup>7</sup> - D<sup>7</sup>↔A♭<sup>7</sup> - E♭<sup>7</sup>↔A<sup>7</sup> - E<sup>7</sup>↔B♭<sup>7</sup> - F<sup>7</sup>↔B<sup>7</sup>.
[[Fichier:Übermäsiger Terzquartakkord.jpg|vignette|Exemple de cadence parfaite en ''do'' majeur avec substitution tritonique (sixte française).]]
Dans l'accord D♭<sup>7</sup>, si l'on remplace le ''do''♭ par son ''si'' enharmonique, on obtient un accord de sixte augmentée : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si''. Cet accord est utilisé en musique classique depuis la Renaissance ; on distingue en fait trois accords de sixte augmentée :
* sixte française ''ré''♭-''fa''-''sol''-''si'' ;
* sixte allemande : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si'' ;
* sixte italienne : ''ré''♭-''fa''-''si''.
Par exemple, le ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert (1828) se termine par une cadence parfaite dont l'accord de dominante est remplacé par une sixte française ''ré''♭-''fa''-''si''-''sol''-''si'' (''ré''♭ aux violoncelles, ''fa'' à l'alto, ''si''-''sol'' aux seconds violons et ''si'' au premier violon).
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.wav|vignette|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.png|vignette|center|upright=2.5|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
=== Autres accords de substitution ===
Substituer un accord consiste à utiliser un accord provenant d'une tonalité étrangère à la tonalité en cours. À la différence d'une modulation, la substitution est très courte et ne donne pas l'impression de changer de tonalité ; on a juste un sentiment « étrange » passager. Un court passage dans une autre tonalité est également appelée « emprunt ».
Nous avons déjà vu plusieurs méthodes de substitution :
* utilisation d'une note étrangère : une note étrangère — note de passage, appoggiature, anticipation, retard… — crée momentanément un accord hors tonalité ; en musique classique, ceci n'est pas considéré comme un accord en propre, mais en jazz, on parle « d'accord de passage » et « d'accord suspendu » ;
* utilisation d'une dominante secondaire : l'accord de dominante secondaire est hors tonalité ; le but ici est de faire une cadence parfaite, mais sur un autre degré que la tonique de la tonalité en cours ;
* la substitution tritonique, vue ci-dessus, pour remplacer un accord de septième de dominante.
Une dernière méthode consiste à remplacer un accord par un accord d'une gamme de même tonique, mais d'un autre mode ; on « emprunte » ''({{lang|en|borrow}})'' l'accord d'un autre mode. Par exemple, substituer un accord de la tonalité de ''do'' majeur par un accord de la tonalité de ''do'' mineur ou de ''do'' mode de ''mi'' (phrygien).
Donc en ''do'' majeur, on peut remplacer un accord de ''ré'' mineur septième (D<sub>m</sub><sup>7</sup>) par un accord de ''ré'' demi-diminué (D<sup>⌀</sup>, D<sub>m</sub><sup>7♭5</sup>) qui est un accord appartenant à la donalité de ''la'' mineur harmonique.
=== Forme AABA ===
La forme AABA est composée de deux progressions de huit mesures, notées A et B ; cela représente trente-deux mesures au total, on parle donc souvent en anglais de la ''{{lang|en|32-bars form}}''. C'est une forme que l'on retrouve dans de nombreuses chanson de comédies musicales de Broadway comme ''Have You Met Miss Jones'' (''{{lang|en|I'd Rather Be Right}}'', 1937), ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' (''Le Magicien d'Oz'', Harold Harlen, 1939), ''{{lang|en|All the Things You Are}}'' (''{{lang|en|Very Warm for may}}'', 1939).
Par exemple, la version de ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' chantée par Judy Garland est en ''la''♭ majeur et la progression d'accords est globalement :
* A (couplet) : A♭-Fm | Cm-A♭ | D♭ | Cm-A♭ | D♭ | D♭-F | B♭-E♭ | A♭
* B (pont) : A♭ | B♭m | Cm | D♭ | A♭ | B♭-G | Cm-G | B♭m-E♭
soit en degrés :
* A : {{Times New Roman|<nowiki>I-vi | iii-I | IV | iii-IV | IV | IV-vi | II-V | I</nowiki>}}
* B : {{Times New Roman|<nowiki>I | ii | iii | IV | I | II-VII | iii-VII | ii-V</nowiki>}}
Par rapport aux paroles de la chanson, on a
* A : couplet 1 ''« {{lang|en|Somewhere […] lullaby}} »'' ;
* A : couplet 2 ''« {{lang|en|Somewhere […] really do come true}} »'' ;
* B : pont ''« {{lang|en|Someday […] you'll find me}} »'' ;
* A : couplet 3 ''« {{lang|en|Somewhere […] oh why can't I?}} »'' ;
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=1HRa4X07jdE
| titre = Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitles)
| site = YouTube
| auteur = Overtherainbow
| consulté le = 2020-12-17
}}
Une mise en œuvre de la forme AABA couramment utilisée en jazz est la forme anatole (à le pas confondre avec la succession d'accords du même nom), en anglais ''{{lang|en|rythm changes}}'' car elle s'inspire du morceau ''{{lang|en|I Got the Rythm}}'' de George Gerschwin (''Girl Crazy'', 1930) :
* A : {{Times New Roman|I–vi–ii–V}} (succession d'accords « anatole ») ;
* B : {{Times New Roman|III<sup>7</sup>–VI<sup>7</sup>–II<sup>7</sup>–V<sup>7</sup>}} (les fondamentales forment une succession de quartes, donc parcourent le « cercle des quintes » à l'envers).
Par exemple, ''I Got the Rythm'' étant en ''ré''♭ majeur, la forme est :
* A : D♭ - B♭m - E♭m - A♭
* B : F7 - B♭7 - E♭7 - A♭7
=== Exemples ===
==== Début du Largo de la symphonie du Nouveau Monde ====
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.svg|vignette|Partition avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.midi|vignette|Fichier son avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
Nous avons reproduit ci-contre les cinq premières mesure du deuxième mouvement Largo de la symphonie « Du Nouveau Monde » (symphonie n<sup>o</sup> 9 d'Antonín Dvořák, 1893). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un orchestre symphonique :
* {{lien web
|url =https://www.youtube.com/watch?v=y2Nw9r-F_yQ?t=565
|titre = Dvorak Symphony No.9 "From the New World" Karajan 1966
|site=YouTube (Seokjin Yoon)
|consulté le=2020-12-11
}} (à 9 min 25), par le Berliner Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1966) ;
* {{lien web
|url = https://www.youtube.com/watch?v=ASlch7R1Zvo
|titre=Dvořák: Symphony №9, "From The New World" - II - Largo
|site=YouTube (diesillamusicae)
|consulté le=2020-12-11
}} : Wiener Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1985).
{{clear}}
Cette partie fait intervenir onze instruments monodiques (ne jouant qu'une note à la fois) : des vents (trois bois, sept cuivres) et une percussion. Certains de ces instruments sont transpositeurs (les notes sur la partition ne sont pas les notes entendues). Jouées ensemble, ces onze lignes mélodiques forment des accords.
Pour étudier cette partition, nous réécrivons les parties des instruments transpositeurs en ''do'' et les parties en clef d’''ut'' en clef de ''fa''. Nous regroupons les parties en clef de ''fa'' d'un côté et les parties en clef de ''sol'' d'un autre.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures transpositeurs en do.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde, en do.]]}}
Nous pouvons alors tout regrouper sous la forme d'un système de deux portées clef de ''fa'' et clef de ''sol'', comme une partition de piano.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords.]]
{{clear}}
Ensuite, nous ne gardons que la basse et les notes médium. Nous changeons éventuellement certaines notes d'octave afin de n'avoir que des superpositions de tierce ou de quinte (état fondamental des accords, en faisant ressortir les notes manquantes).
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords simplifiés.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords simplifiés.]]
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un quintuor de cuivres (trompette, bugle, cor, trombone, tuba), donc avec des accords de cinq notes :
: {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=pWfe60nbvjA
|titre = Largo from The New World Symphony by Dvorak
|site=YouTube (The Chamberlain Brass)
|consulté le=2020-12-11
}} : The American Academy of Arts & Letters in New York City (2017).
Nous allons maintenant chiffrer les accords.
Pour établir la basse chiffrée, il nous faut déterminer le parcours harmonique. Pour le premier accord, les tonalités les plus simples avec un ''sol'' dièse sont ''la'' majeur et ''fa'' dièse mineur ; comme le ''mi'' est bécarre, nous retenons ''la'' majeur, il s'agit donc d'un accord de quinte sur la dominante (les accords de dominante étant très utilisés, cela nous conforte dans notre choix). Puis nous avons un ''si'' bémol, nous pouvons être en ''fa'' majeur ou en ''ré'' mineur ; nous retenons ''fa'' majeur, c'est donc le renversement d'un accord sur le degré {{Times New Roman|II}}.
Dans la deuxième mesure, nous revenons en ''la'' majeur, puis, avec un ''la'' et un ''ré'' bémols, nous sommes en ''la'' bémol majeur ; nous avons donc un accord de neuvième incomplet sur la sensible, ou un accord de onzième incomplet sur la dominante.
Dans la troisième mesure, nous passons en ''ré'' majeur, avec un accord de dominante. Puis, nous arrivons dans la tonalité principale, avec le renversement d'un accord de dominante sans tierce suivi d'un accord de tonique. Nous avons donc une cadence parfaite, conclusion logique d'une phrase.
La progression des accords est donc :
{| class="wikitable"
! scope="row" | Tonalité
| ''la'' M - ''fa'' M || ''la'' M - ''la''♭ M || ''ré'' M - ''ré''♭ M || ''ré''♭ M
|-
! scope="row" | Accords
| {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|II}}<sup>6</sup><sub>4</sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|“V”}}<sup>9</sup><sub><s>5</s></sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> || {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>
|}
Dans le chiffrage jazz, nous avons donc :
* une triade de ''mi'' majeur, E ;
* une triade de ''sol'' majeur avec un ''ré'' en basse : G/D ;
* à nouveau un E ;
* un accord de ''sol'' neuvième diminué incomplet, avec un ''ré'' bémol en basse : G dim<sup>9</sup>/D♭ ;
* un accord de ''la'' majeur, A ;
* un accord de ''la'' bémol septième avec une ''sol'' bémol à la basse : A♭<sup>7</sup>/G♭ ;
* la partie se conclue par un accord parfait de ''ré''♭ majeur, D♭.
Soit une progression E - G/D | E - G dim<sup>9</sup>/D♭ | A - A♭<sup>7</sup>/G♭ | D♭.
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords chiffres.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde en accords simplifiés.]]
{{clear}}
==== Thème de Smoke on the Water ====
Le morceau ''Smoke on the Water'' du groupe Deep Purple (album ''Machine Head'', 1972) possède un célèbre thème, un riff ''({{lang|en|rythmic figure}})'', joué à la guitare sous forme d'accords de puissance ''({{lang|en|power chords}})'', c'est-à-dire des accords sans tierce. Le morceau est en tonalité de ''sol'' mineur naturel (donc avec un ''fa''♮) avec ajout de la note bleue (''{{lang|en|blue note}}'', quinte diminuée, ''ré''♭), et les accords composant le thème sont G<sup>5</sup>, B♭<sup>5</sup>, C<sup>5</sup> et D♭<sup>5</sup>, ce dernier accord étant l'accord sur la note bleue et pouvant être considéré comme une appoggiature (indiqué entre parenthèse ci-après). On a donc ''a priori'', sur les deux premières mesures, une progression {{Times New Roman|I-III-IV}} puis {{Times New Roman|I-III-(♭V)-IV}}. Durant la majeure partie du thème, la guitare basse tient la note ''sol'' en pédale.
{{note|En jazz, la qualité « <sup>5</sup> » indique que l'on n'a que la quinte (et donc pas la tierce), contrairement à la notation de basse chiffrée.}}
: {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ili04
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (Live at Montreux 2006)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
Cependant, cette progression forme une mélodie, on peut donc plus la voir comme un contrepoint, la superposition de deux voies ayant un mouvement conjoint, joué par un seul instrument, la guitare, la voie 2 étant jouée une quarte juste en dessous de la voie 1 (la quarte juste descendante étant le renversement de la quinte juste ascendante) :
* voie 1 (aigu) : | ''sol'' - ''si''♭ - ''do'' | ''sol'' - ''si''♭ - (''ré''♭) - ''do'' | ;
* voie 2 (grave) : | ''ré'' - ''fa'' - ''sol'' | ''ré'' - ''fa'' - (''la''♭) - ''sol'' |.
En se basant sur la basse (''sol'' en pédale), nous pouvons considérer que ces deux mesures sont accompagnées d'un accord de Gm<sup>7</sup> (''sol''-''si''♭-''ré''-''fa''), chaque accord de la mélodie comprenant à chaque fois au moins une note de cet accord à l'exception de l'appogiature.
{| class="wikitable"
|+ Mise en évidence des notes de l'accord Gm<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| '''''sol''''' || '''''si''♭''' || ''do''
|-
! scope="row" | Voie 2
| '''''ré''''' || '''''fa''''' || '''''sol'''''
|-
! scope="row" | Basse
| '''''sol''''' || '''''sol''''' || '''''sol'''''
|}
Sur les deux mesures suivantes, la basse varie et suit les accords de la guitare avec un retard sur le dernier accord :
{| class="wikitable"
|+ Voies sur les mesure 3-4 du thème
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || G<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| ''sol'' || ''si''♭ || ''do'' || ''si''♭ || ''sol''
|-
! scope="row" | Voie 2
| ''ré'' || ''fa'' || ''sol'' || ''fa'' || ''ré''
|-
! scope="row" | Basse
| ''sol'' || ''sol'' || ''do'' || ''si''♭ || ''si''♭-''sol''
|}
Le couplet de cette chanson est aussi organisé sur une progression de quatre mesures, la guitare faisant des arpèges sur les accords G<sup>5</sup> (''sol''-''ré''-''sol'') et F<sup>5</sup> (''fa''-''do''-''fa'') :
: | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-F<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> |
soit une progression {{Times New Roman|<nowiki>| I-I | I-I | I-VII | I-I |</nowiki>}}. Nous pouvons aussi harmoniser le riff du thème sur cette progression, avec un accord F (''fa''-''la''-''do'') ; nous pouvons aussi nous rappeler que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est plus volontiers considéré comme un accord de septième de dominante {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}, soit ici un accord Dm<sup>7</sup> (''ré''-''fa''-''la''-''do''). On peut donc considérer la progression harmonique sur le thème :
: | Gm-Gm | Gm-Gm | Gm-F ou Dm<sup>7</sup> | Gm-Gm |.
Cette analyse permet de proposer une harmonisation enrichie du morceau, tout en se rappelant qu'une des forces du morceau initial est justement la simplicité de sa structure, qui fait ressortir la virtuosité des musiciens. Nous pouvons ainsi comparer la version album à la version concert avec orchestre ou à la version latino de Pat Boone. À l'inverse, le groupe Psychostrip, dans une version grunge, a remplacé les accords par une ligne mélodique :
* le thème ne contient plus qu'une seule voie (la guitare ne joue pas des accords de puissance) ;
* dans les mesures 9 et 10, la deuxième guitare joue en contrepoint de type mouvement inverse, qui est en fait la voie 2 jouée en miroir ;
* l'arpège sur le couplet est remplacé par une ligne mélodique en ostinato sur une gamme blues.
{| class="wikitable"
|+ Contrepoint sur les mesures 9 et 10
|-
! scope="row" | Guitare 1
| ''sol'' ↗ ''si''♭ ↗ ''do''
|-
! scope="row" | Guitare 2
| ''sol'' ↘ ''fa'' ↘ ''ré''
|}
* {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ik234
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (In Concert with the London Symphony Orchestra, 1999)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=MtUuNzVROIg
| titre = Pat Boone — Smoke on the Water (In a Metal Mood, No More Mr. Nice Guy, 1997)
| auteur = Orrore a 33 Giri
| site = YouTube
| date = 2019-06-24 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=n7zLlZ8B0Bk
| titre = Smoke on the Water (Heroes, 1993)
| auteur = Psychostrip
| site = YouTube
| date = 2018-06-20 | consulté le = 2020-12-31
}}
== Accords et improvisation ==
Nous avons vu précédemment (chapitre ''[[../Gammes et intervalles#Modes et improvisation|Gammes et intervalles > Modes et improvisation]]'') que le choix d'un mode adapté permet d'improviser sur un accord. L'harmonisation des gammes permet, en inversant le processus, d'étendre notre palette : il suffit de repérer l'accord sur une harmonisaiton de gamme, et d'utiliser cette gamme-là, dans le mode correspondant du degré de l'accord (voir ci-dessus ''[[#Harmonisation par des accords de septième|Harmonisation par des accords de septième]]'').
Par exemple, nous avons vu que l'accord sur le septième degré d'une gamme majeure était un accord demi-diminué ; nous savons donc que sur un accord demi-diminué, nous pouvons improviser sur le mode correspondant au septième degré, soit le mode de ''si'' (locrien).
Un accord de septième de dominante étant commun aux deux tonalités homonymes (par exemple ''fa'' majeur et ''fa'' mineur pour un ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> / C<sup>7</sup>), nous pouvons utiliser le mode de ''sol'' de la gamme majeure (mixolydien) ou de la gamme mineure mineure (mode phrygien dominant, ou phrygien espagnol) pour improviser. Mais l'accord de septième de dominante est aussi l'accord au début d'une grille blues ; on peut donc improviser avec une gamme blues, même si la tierce est majeure dans l'accord et mineure dans la gamme.
[[Fichier:Mode improvisation accords do complet.svg]]
== Autres accords courants ==
[[fichier:Cluster cdefg.png|vignette|Agrégat ''do - ré - mi - fa - sol''.]]
Nous avons vu précédemment l'harmonisation des tonalités majeures et mineures harmoniques par des triades et des accords de septième ; certains accords étant rarement utilisés (l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} et, pour les tonalités mineures harmoniques, l'accord sur la tonique), certains accords étant utilisés comme des accords sur un autre degré (les accords sur la sensible étant considérés comme des accords de dominante sans fondamentale).
Dans l'absolu, on peut utiliser n'importe quelle combinaison de notes, jusqu'aux agrégats, ou ''{{lang|en|clusters}}'' (mot anglais signifiant « amas », « grappe ») : un ensemble de notes contigües, séparées par des intervalles de seconde. Dans la pratique, on reste souvent sur des accords composés de superpositions de tierces, sauf dans le cas de transitions (voir la section ''[[#Notes étrangères|Notes étrangère]]'').
=== En musique classique ===
On utilise parfois des accords dont les notes ne sont pas dans la tonalité (hors modulation). Il peut s'agir d'accords de passage, de notes étrangères, par exemple utilisant un chromatisme (mouvement conjoint par demi-tons).
Outre les accords de passage, les autres accords que l'on rencontre couramment en musique classique sont les accords de neuvième, et les accords de onzième et treizième sur tonique. Ces accords sont simplement obtenus en continuant à empiler les tierces. Il n'y a pas d'accord d'ordre supérieur car la quinzième est deux octaves au-dessus de la fondamentale.
Comme pour les accords de septième, on distingue les accords de neuvième de dominante et les accords de neuvième d'espèce. Dans le cas de la neuvième de dominante, il y a une différence entre les tonalités majeures et mineures : l'intervalle de neuvième est respectivement majeur et mineur. Les chiffrages des renversements peuvent donc différer. Comme pour les accords de septième de dominante, on considère que les accords de septième sur le degré {{Times New Roman|VI}} sont en fait des accords de neuvième de dominante sans fondamentale.
Les accords de neuvième d'espèce sont en général préparés et résolus. Préparés : la neuvième étant une note dissonante (c'est à une octave près la seconde de la fondamentale), l'accord qui précède doit contenir cette note, mais dans un accord consonant ; la neuvième est donc commune avec l'accord précédent. Résolus : la dissonance est résolue en abaissant la neuvième par un mouvement conjoint. Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, si l'on veut utiliser un accord de neuvième d'espèce sur la tonique ''(do - mi - sol - si - ré)'', on peut utiliser avant un accord de dominante ''(sol - si - ré)'' en préparation puis un accord parfait sur le degré {{Times New Roman|IV}} ''(fa - la - do)'' en résolution ; nous avons donc sur la voie la plus aigüe la succession ''ré'' (consonant) - ''ré'' (dissonant) - ''do'' (consonant).
On rencontre également parfois des accords de onzième et de treizième. On omet en général la tierce, car elle est dissonante avec la onzième. L'accord le plus fréquemment rencontré est l'accord sur la tonique : on considère alors que c'est un accord sur la dominante que l'on a enrichi « par le bas », en ajoutant une quinte inférieure. par exemple, dans la tonalité de ''do'' majeur, l'accord ''do - sol - si - ré - fa'' est considéré comme un accord de septième de dominante sur tonique, le degré étant noté « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|I}} ». De même pour l'accord ''do - sol - si - ré - fa - la'' qui est considéré comme un accord de neuvième de dominante sur tonique.
=== En jazz ===
En jazz, on utilise fréquemment l'accord de sixte à la place de l'accord de septième majeure sur la tonique. Par exemple, en ''do'' majeur, on utilise l'accord C<sup>6</sup> ''(do - mi - sol - la)'' à la place de C<sup>Δ</sup> ''(do - mi - sol - si)''. On peut noter que C<sup>6</sup> est un renversement de Am<sup>7</sup> et pourrait donc se noter Am<sup>7</sup>/C ; cependant, le fait de le noter C<sup>6</sup> indique que l'on a bien un accord sur la tonique qui s'inscrit dans la tonalité de ''do'' majeur (et non, par exemple, de ''la'' mineur naturelle) — par rapport à l'harmonie fonctionnelle, on remarquera que Am<sup>7</sup> a une fonction tonique, l'utilisation d'un renversement de Am<sup>7</sup> à la place d'un accord de C<sup>Δ</sup> est donc logique.
Les accords de neuvième, onzième et treizième sont utilisés comme accords de septième enrichis. Le chiffrage suit les règles habituelles : on ajoute un « 9 », un « 11 » ou un « 13 » au chiffrage de l'accord de septième.
On utilise également des accords dits « suspendus » : ce sont des accords de transition qui sont obtenus en prenant une triade majeure ou mineure et en remplaçant la tierce par la quarte juste (cas le plus fréquent) ou la seconde majeure. Plus particulièrement, lorsque l'on parle simplement « d'accord suspendu » sans plus de précision, cela désigne l'accord de neuvième avec une quarte suspendue, noté « 9sus4 » ou simplement « sus ».
== L'harmonie tonale ==
L'harmonie tonale est un ensemble de règle assez strictes qui s'appliquent dans la musique savante européenne, de la période baroque à la période classique classique ({{pc|xiv}}<sup>e</sup>-{{pc|xviii}}<sup>e</sup> siècle). Certaines règles sont encore largement appliquées dans divers styles musicaux actuels, y compris populaire (rock, rap…), d'autres sont au contraire ignorées (par exemple, un enchaînement de plusieurs accords de même qualité forme un mouvement parallèle, ce qui est proscrit en harmonie tonale). De nos jours, on peut voir ces règles comme des règles « de bon goût », et leur application stricte comme une manière de composer « à la manière de ».
Précédemment, nous avons vu la progression des accords. Ci-après, nous abordons aussi la manière dont les notes de l'accord sont réparties entre plusieurs voix, et comment on construit chaque voix.
=== Concepts fondamentaux ===
; Consonance
: Les intervalles sont considérés comme « plus ou moins consonants » :
:* consonance parfaite : unisson, quinte et octave ;
:* consonance mixte (parfaite dans certains contextes, imparfaite dans d'autres) : quarte ;
:* consonance imparfaite : tierce et sixte ;
:* dissonance : seconde et septième.
; Degrés
: Certains degrés sont considérés comme « forts », « meilleurs », ce sont les « notes tonales » : {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (sous-dominante) et {{Times New Roman|V}} (dominante).
[[Fichier:Mouvements harmoniques.svg|vignette|upright=0.75|Mouvements harmoniques.]]
; Mouvements
: Le mouvement décrit la manière dont les voix évoluent les unes par rapport aux autres :
:# Mouvement parallèle : les voix sont séparées par un intervalle constant.
:# Mouvement oblique : une voix reste constante, c'est le bourdon ; l'autre monte ou descend.
:# Mouvement contraire : une voix descend, l'autre monte.
:# Échange de voix : les voix échangent de note ; les mélodies se croisent mais on a toujours le même intervalle harmonique.
{{clear}}
=== Premières règles ===
; Règle du plus court chemin
: Quand on passe d'un accord à l'autre, la répartition des notes se fait de sorte que chaque voix fait le plus petit mouvement possible. Notamment : si les deux accords ont des notes en commun, alors les voix concernées gardent la même note.
: Les deux voix les plus importantes sont la voix aigüe — soprano — et la voix la plus grave — basse. Ces deux voix sont relativement libres : la voix de soprano a la mélodie, la voix de basse fonde l'harmonie. La règle du plus court chemin s'applique surtout aux voix intermédiaires ; si l'on a des mouvements conjoints, ou du moins de petits intervalles — c'est le sens de la règle du plus court chemin —, alors les voix sont plus faciles à interpréter. Cette règle évite également que les voix n'empiètent l'une sur l'autre (voir la règle « éviter le croisement des voix »).
; Éviter les consonances parfaites consécutives
:* Lorsque deux voix sont à l'unisson ou à l'octave, elles ne doivent pas garder le même intervalle, l'effet serait trop plat.
:* Lorsque deux voix sont à la quarte ou à la quinte, elles ne doivent pas garder le même intervalle, car l'effet est trop dur.
: Pour éviter cela, lorsque l'on part d'un intervalle juste, on a intérêt à pratiquer un mouvement contraire aux voix qui ne gardent pas la même note, ou au moins un mouvement direct : les voix vont dans le même sens, mais l'intervalle change.
: Notez que même avec le mouvement contraire, on peut avoir des consonances parfaites consécutives, par exemple si une voix fait ''do'' aigu ↗ ''sol'' aigu et l'autre ''sol'' médium ↘ ''do'' grave.
: L'interdiction des consonances parfaites consécutives n'a pas été toujours appliquée, le mouvement parallèle strict a d'ailleurs été le premier procédé utilisé dans la musique religieuse au {{pc|x}}<sup>e</sup> siècle. On peut par exemple utiliser des quintes parallèles pour donner un style médiéval au morceau. On peut également utiliser des octaves parallèles sur plusieurs notes afin de créer un effet de renforcement de la mélodie.
: Par ailleurs, les consonances parfaites consécutives sont acceptées lorsqu'il s'agit d'une cadence (transition entre deux parties ou bien conclusion du morceau).
; Éviter le croisement des voix
: Les voix sont organisées de la plus grave à la plus aigüe. Deux voix n'étant pas à l'unisson, celle qui est plus aigüe ne doit pas devenir la plus grave et ''vice versa''.
; Soigner la partie soprano
: Comme c'est celle qu'on entend le mieux, c'est en général celle qui porte la mélodie principale. On lui applique des règles spécifiques :
:# Si elle chante la sensible dans un accord de dominante ({{Times New Roman|V}}), alors elle doit monter à la tonique, c'est-à-dire que la note suivante sera la tonique située un demi-ton au dessus.
:# Si l'on arrive à une quinte ou une octave entre les parties basse et soprano par un mouvement direct, alors sur la partie soprano, le mouvement doit être conjoint. On doit donc arriver à cette situation par des notes voisines au soprano.
; Préférer certains accords
: Les deux degrés les plus importants sont la tonique ({{Times New Roman|I}}) et la dominante ({{Times New Roman|V}}), les accords correspondants ont donc une importance particulière.
: À l'inverse, l'accord de sensible ({{Times New Roman|VII}}) n'est pas considéré comme ayant une fonction harmonique forte. On le considère comme un accord de dominante affaibli. En tonalité mineure, on évite également l'accord de médiante ({{Times New Roman|III}}).
: Donc on utilise en priorité les accords de :
:# {{Times New Roman|I}} et {{Times New Roman|V}}.
:# Puis {{Times New Roman|II}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|VI}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode majeur.
:# On évite {{Times New Roman|VII}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode mineur.
; Préférer certains enchaînements
: Les enchaînements d'accord peuvent être classés par ordre de préférence. Par ordre de préférence décroissante (du « meilleur » au « moins bon ») :
:# Meilleurs enchaînements : quarte ascendante ou descendante. Notons que la quarte est le renversement de la quinte, on a donc des enchaînements stables et naturels, mais avec un intervalle plus court qu'un enchaînement de quintes.
:# Bons enchaînements : tierce ascendante ou descendante. Les accords consécutifs ont deux notes en commun.
:# Enchaînements médiocres : seconde ascendante ou descendante. Les accords sont voisins, mais ils n'ont aucune note en commun. On les utilise de préférence en mouvement ascendant, et on utilise surtout les enchaînements {{Times New Roman|IV}}-{{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|VI}} et éventuellement {{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|II}}.
:# Les autres enchaînements sont à éviter.
: On peut atténuer l'effet d'un enchaînement médiocre en plaçant le second accord sur un temps faible ou bien en passant par un accord intermédiaire.
[[Fichier:Progression Vplus4 I6.svg|thumb|Résolution d'un accord de triton (quarte sensible) vers l'accord de sixte de la tonique.]]
; La septième descend par mouvement conjoint
: Dans un accord de septième de dominante, la septième — qui est donc le degré {{Times New Roman|IV}} — descend par mouvement conjoint — elle est donc suivie du degré {{Times New Roman|III}}.
: Corolaire : un accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> se résout par un accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> : on a bien un enchaînement {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, et la 7{{e}} (degré {{Times New Roman|IV}}), qui est la basse de l'accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup>, descend d'un degré pour donner la basse de l'accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> (degré {{Times New Roman|III}}).
{{clear}}
[[Fichier:Progression I64 V7plus I5.svg|thumb|Accord de sixte et de quarte cadentiel.]]
; Un accord de sixte et quarte est un accord de passage
: Le second renversement d'un accord parfait est soit une appoggiature, soit un accord de passage, soit un accord de broderie.
: S'il s'agit de l'accord de tonique {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub>, c'est « accord de sixte et quarte de cadence », l'appoggiature de l'accord de dominante de la cadence parfaite.
{{clear}}
Mais il faut appliquer ces règles avec discernement. Par exemple, la voix la plus aigüe est celle qui s'entend le mieux, c'est donc elle qui porte la mélodie principale. Il est important qu'elle reste la plus aigüe. La voix la plus grave porte l'harmonie, elle pose les accords, il est donc également important qu'elle reste la plus grave. Ceci a deux conséquences :
# Ces deux voix extrêmes peuvent avoir des intervalles mélodiques importants et donc déroger à la règle du plus court chemin : la voix aigüe parce que la mélodie prime, la voix de basse parce que la progression d'accords prime.
# Les croisements des voix intermédiaires sont moins critiques.
Par ailleurs, si l'on applique strictement toutes les règles « meilleurs accords, meilleurs enchaînements », on produit un effet conventionnel, stéréotypé. Il est donc important d'utiliser les solutions « moins bonnes », « médiocres » pour apporter de la variété.
Ajoutons que les renversements d'accords permettent d'avoir plus de souplesse : on reste sur le même accord, mais on enrichit la mélodie sur chaque voix.
Le ''Bolero'' de Maurice Ravel (1928) brise un certain nombre de ces règles. Par exemple, de la mesure 39 à la mesure 59, la harpe joue des secondes. De la mesure 149 à la mesure 165, les piccolo jouent à la sixte, dans des mouvement strictement parallèle, ce qui donne d'ailleurs une sonorité étrange. À partir de la mesure 239, de nombreux instruments jouent en mouvement parallèles (piccolos, flûtes, hautbois, cor, clarinettes et violons).
=== Application ===
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques exercice.svg|vignette|Exercice : harmoniser ''Frère Jacques''.]]
Harmoniser ''Frère Jacques''.
Nous considérons un morceau à quatre voix : basse, ténor, alto et soprano. La soprano chante la mélodie de ''Frère Jacques''. L'exercice consiste à proposer l'écriture des trois autres voix en respectant les règles énoncées ci-dessus. Pour simplifier, nous ajoutons les contraintes suivantes :
* toutes les voix chantent des blanches ;
* nous nous limitons aux accords de quinte (accords de trois sons composés d'une tierce et d'une quinte) sans avoir recours à leurs renversements (accords de sixte, accords de sixte et de quarte).
Les notes à gauche de la portée indiquent la tessiture (ou ambitus), l'amplitude que peut chanter la voix.
{{clear}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution possible}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques solution.svg|vignette|Harmonisation possible de ''Frère Jacques'' (solution de l'exercice).]]
Il n'y a pas qu'une solution possible.
Le premier accord doit contenir un ''do''. Nous sommes manifestement en tonalité de ''do'' majeur, nous proposons de commencer par l'accord parfait de ''do'' majeur, I<sup>5</sup>.
Le deuxième accord doit comporter un ''ré''. Si nous utilisons l'accord de quinte de ''ré'', nous allons créer une quinte parallèle. Nous pourrions utiliser un renversement, mais nous nous imposons de chercher un autre accord. Il peut s'agir de l'accord ''si''<sup>5</sup> ''(si-ré-fa)'' ou de l'accord de ''sol''<sup>5</sup> ''(sol-si-ré)''. La dernière solution permet d'utiliser l'accord de dominante qui est un accord important de la tonalité. La règle du plus court chemin imposerait le ''sol'' grave pour la partie de basse, mais cela est proche de la limite du chanteur, nous préférons passer au ''sol'' aigu, plus facile à chanter. Nous vérifions qu'il n'y a pas de quinte parallèle : l'intervalle ascendant ''do-sol'' (basse-alto) devient ''sol-si'' (3<sup>ce</sup>), l'intervalle descendant ''do-sol'' (soprano-alto) devient ''ré-si'' (3<sup>ce</sup>).
De la même manière, pour le troisième accord, nous ne pouvons pas passer à un accord de ''la''<sup>5</sup> pour éviter une quinte parallèle. Nous avons le choix entre ''do''<sup>5</sup> ''(do-mi-sol)'' et ''mi''<sup>5</sup> ''(mi-sol-si)''. Nous préférons revenir à l'accord de fondamental, solution très stable (l'enchaînement {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|I}} formant une cadence parfaite).
Pour le quatrième accord, nous pourrions rester sur l'accord parfait de ''do'' mais cela planterait en quelque sorte la fin du morceau puisque l'on resterait sur la cadence parfaite ; or, nous connaissons le morceau et savons qu'il n'est pas fini. Nous choisissons l'accord de ''la''<sup>5</sup> qui est une sixte ascendante ({{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|VI}}).
Nos aurions pu répartir les voix différemment. Par exemple :
* alto : ''sol''-''si''-''sol''-''do'' ;
* ténor : ''mi''-''ré''-''mi''-''mi''.
{{boîte déroulante/fin}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques.midi|vignette|Fichier son correspondant.]]
{{clear}}
== Annexe ==
=== Accords en musique classique ===
Un accord est un ensemble de notes jouées simultanément. Il peut s'agir :
* de notes jouées par plusieurs instruments ;
* de notes jouées par un même instrument : piano, clavecin, orgue, guitare, harpe (la plupart des instruments à clavier et des instruments à corde).
Pour deux notes jouées simultanément, on parle d'intervalle « harmonique » (par opposition à l'intervalle « mélodique » qui concerne les notes jouées successivement).
Les notes répétées à différentes octaves ne changent pas la nature de l'accord.
La musique classique considère en général des empilements de tierces ; un accord de trois notes sera constitué de deux tierces successives, un accord de quatre notes de trois tierces…
Lorsque tous les intervalles sont des intervalles impairs — tierces, quintes, septièmes, neuvièmes, onzièmes, treizièmes… — alors l'accord est dit « à l'état fondamental » (ou encore « primitif » ou « direct »). La note de la plus grave est appelée « fondamentale » de l'accord. Lorsque l'accord comporte un ou des intervalles pairs, l'accord est dit « renversé » ; la note la plus grave est appelée « basse ».
De manière plus générale, l'accord est dit à l'état fondamental lorsque la basse est aussi la fondamentale. On a donc un état idéal de l'accord (état canonique) — un empilement strict de tierces — et l'état réel de l'accord — l'empilement des notes réellement jouées, avec d'éventuels redoublements, omissions et inversions ; et seule la basse indique si l'accord est à l'état fondamental ou renversé.
Le chiffrage dit de « basse continue » ''({{lang|it|basso continuo}})'' désigne la représentation d'un accord sous la forme d'un ou plusieurs chiffres arabes et éventuellement d'un chiffre romain.
==== Accords de trois notes ====
En musique classique, les seuls accords considérés comme parfaitement consonants, c'est-à-dire sonnant agréablement à l'oreille, sont appelés « accords parfaits ». Si l'on prend une tonalité et un mode donné, alors l'accord construit par superposition es degrés I, III et V de cette gamme porte le nom de la gamme qui l'a généré.
[[fichier:Accord do majeur chiffre.svg|vignette|upright=0.5|Accord parfait de ''do'' majeur chiffré.]]
Par exemple :
* « l'accord parfait de ''do'' majeur » est composé des notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' ;
* « l'accord parfait de ''la'' mineur » est composé des notes ''la'', ''do'' et ''mi''.
Un accord parfait majeur est donc composé, en partant de la fondamentale, d'une tierce majeure et d'une quinte juste. Un accord parfait mineur est composé d'une tierce mineure et d'une quinte juste.
L'accord parfait à l'état fondamental est appelé « accord de quinte » et est simplement chiffré « 5 » pour indiquer la quinte.
On peut également commencer un accord sur sa deuxième ou sa troisième note, en faisant monter celle(s) qui précède(nt) à l'octave suivante. On parle alors de « renversement d'accord » ou d'accord « renversé ».
[[Fichier:Accord do majeur renversements chiffre.svg|vignette|upright=0.75|Accord parfait de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
Par exemple,
* le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur est :<br /> ''mi'', ''sol'', ''do'' ;
* le second renversement de l'accord parfait de do majeur est :<br /> ''sol'', ''do'', ''mi''.
Les notes conservent leur nom de « fondamentale », « tierce » et « quinte » malgré le changement d'ordre. La note la plus grave est appelée « basse ».
Dans le cas du premier renversement, le deuxième note est la tierce de la basse (la note la plus grave) et la troisième note est la sixte ; le chiffrage en chiffres arabes est donc « 6 » (puisque l'on omet la tierce) et l'accord est appelé « accord de sixte ». Pour le deuxième renversement, les intervalles sont la quarte et la sixte, le chiffrage est donc « 6-4 » et l'accord est appelé « accord de sixte et de quarte ».
Dans tous les cas, on chiffre le degré on considérant la fondamentale, par exemple {{Times New Roman|I}} si l'accord est construit sur la tonique de la gamme.
Les autres accords de trois notes que l'on rencontre sont :
* l'accord de quinte diminuée, constitué d'une tierce mineure et d'une quinte diminuée ; lorsqu'il est construit sur le septième degré d'une gamme, on considère que c'est un accord de septième de dominante sans fondamentale (voir plus bas), le degré est donc indiqué « “{{Times New Roman|V}}” » (cinq entre guillemets) et non « {{Times New Roman|VII}} » ;
* l'accord de quinte augmenté : il est composé d'une tierce majeure et qu'une quinte augmentée.
Dans le tableau ci-dessous,
* « m » désigne un intervalle mineur ;
* « M » un intervalle majeur ou le mode majeur ;
* « J » un intervalle juste ;
* « d » un intervalle diminué ;
* « A » un intervalle augmenté ;
* « mh » le mode mineur harmonique ;
* « ma » le mode mineur ascendant ;
* « md » le mode mineur descendant.
{| class="wikitable"
|+ Accords de trois notes
! scope="col" rowspan="2" | Nom
! scope="col" rowspan="2" | 3<sup>ce</sup>
! scope="col" rowspan="2" | 5<sup>te</sup>
! scope="col" rowspan="2" | État fondamental
! scope="col" rowspan="2" | 1<sup>er</sup> renversement
! scope="col" rowspan="2" | 2<sup>nd</sup> renversement
! scope="col" colspan="4"| Construit sur les degrés
|-
! scope="col" | M
! scope="col" | mh
! scope="col" | ma
! scope="col" | md
|-
| Accord parfait<br /> majeur || M || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|I, IV, V}} || {{Times New Roman|V, VI}} || {{Times New Roman|IV, V}} || {{Times New Roman|III, VI, VII}}
|-
| Accord parfait<br /> mineur || m || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|II, III, VI}} || {{Times New Roman|I, IV}} || {{Times New Roman|I, II}} || {{Times New Roman|I, IV, V}}
|-
| Accord de<br />quinte diminuée || m || d
| accord de<br />quinte diminuée || accord de<br />sixte sensible<br />sans fondamentale || accord de triton<br />sans fondamentale
| {{Times New Roman|VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|VI, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II}}
|-
| Accord de<br />quinte augmentée || M || A
| accord de<br />quinte augmentée || accord de sixte<br />et de tierce sensible || accord de sixte et de quarte<br />sur sensible
| || {{Times New Roman|III}} || {{Times New Roman|III}} ||
|}
==== Accords de quatre notes ====
Les accords de quatre notes sont des accord composés de trois tierces superposées. La dernière note étant le septième degré de la gamme, on parle aussi d'accords de septième.
Ces accords sont dissonants : ils contiennent un intervalle de septième (soit une octave montante suivie d'une seconde descendante). Ils laissent donc une impression de « tension ».
Il existe sept différents types d'accords, ou « espèces ». Citons l'accord de septième de dominante, l'accord de septième mineure et l'accord de septième majeure.
===== L'accord de septième de dominante =====
[[Fichier:Accord 7e dominante do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
L'accord de septième de dominante est l'empilement de trois tierces à partir de la dominante de la gamme, c'est-à-dire du {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré. Par exemple, l'accord de septième de dominante de ''do'' majeur est l'accord ''sol''-''si''-''ré''-''fa'', et l'accord de septième de dominante de ''la'' mineur est ''mi''-''sol''♯-''si''-''ré''. L'accord de septième de dominante dont la fondamentale est ''do'' (''do''-''mi''-''sol''-''si''♭) appartient à la gamme de ''fa'' majeur.
Que le mode soit majeur ou mineur, il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième mineure). C'est de loin l'accord de septième le plus utilisé ; il apparaît au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> en musique classique.
Dans son état fondamental, son chiffrage est {{Times New Roman|V 7/+}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}). Le signe plus indique la sensible.
Son premier renversement est appelé « accord de quinte diminuée et sixte » et est noté {{Times New Roman|V 6/<s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}).
Son deuxième renversement est appelé « accord de sixte sensible », puisque la sixte de l'accord est la sensible de la gamme, et est noté {{Times New Roman|V +6}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}).
Son troisième renversement est appelé « accord de quarte sensible » et est noté {{Times New Roman|V +4}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}).
[[Fichier:Accord 7e dominante sans fondamentale do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante sans fondamentale de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
On utilise aussi l'accord de septième de dominante sans fondamentale ; c'est alors un accord de trois notes.
Dans son état fondamental, c'est un « accord de quinte diminuée » placé sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré (mais c'est bien un accord construit sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré), noté {{Times New Roman|“V” <s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}). Notez les guillemets qui indiquent que la fondamentale V est absente.
Dans son premier renversement, c'est un « accord de sixte sensible sans fondamentale » noté {{Times New Roman|“V” +6/3}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}}).
Dans son second renversement, c'est un « accord de triton sans fondamentale » (puisque le premier intervalle est une quarte augmentée qui comporte trois tons) noté {{Times New Roman|“V” 6/+4}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}).
Notons qu'un accord de septième de dominante n'a pas toujours la dominante pour fondamentale : tout accord composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure est un accord de septième de dominante et est chiffré {{Times New Roman|<sup>7</sup><sub>+</sub>}}, quel que soit le degré sur lequel il est bâti (certaines notes peuvent avoir une altération accidentelle).
===== Les accords de septième d'espèce =====
Les autres accords de septièmes sont dits « d'espèce ».
L'accord de septième mineure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme mineure ''naturelle''. Par exemple, l'accord de septième mineure de ''la'' est ''la''-''do''-''mi''-''sol''. Il est composé d'une tierce mineure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait mineur auquel on ajoute une septième mineure).
L'accord de septième majeure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme majeure. Par exemple, L'accord de septième majeure de ''do'' est ''do''-''mi''-''sol''-''si''. Il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième majeure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième majeure).
==== Utilisation du chiffrage ====
Le chiffrage est utilisé de deux manières.
La première manière, c'est la notation de la basse continue. La basse continue est une technique d'improvisation utilisée dans le baroque pour l'accompagnement d'instruments solistes. Sur la partition, on indique en général la note de basse de l'accord et le chiffrage en chiffres arabes.
La seconde manière, c'est pour l'analyse d'une partition. Le fait de chiffrer les accords permet de mieux en comprendre la structure.
De manière générale, on peut retenir que :
* le chiffrage « 5 » indique un accord parfait, superposition d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste ;
* le chiffrage « 6 » indique le premier renversement d'un accord parfait ;
* le chiffrage « 6/4 » indique le second renversement d'un accord parfait ;
* chiffrage « 7/+ » indique un accord de septième de dominante ;
* le signe « + » indique en général que la note de l'intervalle est la sensible ;
* un intervalle barré désigne un intervalle diminué.
[[fichier:Accords gamme do majeur la mineur.svg|class=transparent| center | Principaux accords construits sur les gammes de ''do'' majeur et de ''la'' mineur harmonique.]]
=== Notation « jazz » ===
En jazz et de manière générale en musique rock et populaire, la base d'un accord est la triade composée d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste. Pour désigner un accord, on utilise la note fondamentale, éventuellement désigné par une lettre dans le système anglo-saxon (A pour ''la'' etc.), suivi d'une qualité (comme « m », « + »…).
Les renversements ne sont pas notés de manière particulière, ils sont notés comme les formes fondamentales.
Dans les deux tableaux suivants, la fondamentale est notée X (remplace le C pour un accord de ''do'', le D pour un accord de ''ré''…). La construction des accords est décrite par la suite.
[[Fichier:Arbre accords triades 5d5J5A.svg|vignette|upright=1.5|Formation des triades présentée sous forme d'arbre.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principales triades
|-
|
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" | Quinte diminuée (5d)
| X<sup>o</sup>, Xm<sup>♭5</sup>, X–<sup>♭5</sup> ||
|-
! scope="row" | Quinte juste (5J)
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | Quinte augmentée (5A)
| || X+, X<sup>♯5</sup>
|}
[[Fichier:Triades do.svg|class=transparent|center|Triades de do.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords de septième
|-
| colspan="2" |
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />diminuée (5d)
! scope="row" | Septième diminuée (7d)
| X<sup>o7</sup> ||
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup>, X<sup>Ø</sup> ||
|-
! scope="row" rowspan="3" | Quinte<br />juste (5J)
! scope="row" | Sixte majeure (6M)
| Xm<sup>6</sup> || X<sup>6</sup>
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> || X<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| Xm<sup>maj7</sup>, X–<sup>maj7</sup>, Xm<sup>Δ</sup>, X–<sup>Δ</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />augmentée (5A)
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| || X+<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| || X+<sup>maj7</sup>
|}
[[Fichier:Arbre accords septieme.svg|class=transparent|center|Formation des accords de septième présentée sous forme d'arbre.]]
[[Fichier:Accords do septieme.svg|class=transparent|center|Accord de do septième.]]
On notera que l'intervalle de sixte majeure est l'enharmonique de celui de septième diminuée (6M = 7d).
[[File:Principaux accords do.svg|class=transparent|center|Principaux accords de do.]]
==== Triades ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord parfait majeur : pas de notation
*: p. ex. « ''do'' » ou « C » pour l'accord parfait de ''do'' majeur (''do'' - ''mi'' - ''sol'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord parfait mineur : « m », « min » ou « – »
*: « ''do'' m », « ''do'' – », « Cm », « C– »… pour l'accord parfait de ''do'' mineur (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'')
==== Triades modifiées ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord augmenté (la quinte est augmentée) : aug, +, ♯5
*: « ''do'' aug », « ''do'' + », « ''do''<sup>♯5</sup> » « Caug », « C+ » ou « C<sup>♯5</sup> » pour l'accord de ''do'' augmenté (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯)
: L'accord augmenté est un empilement de tierces majeures. Ainsi, un accord augmenté a deux notes communes avec deux autres accords augmentés : C+ (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯) a deux notes communes avec A♭+ (''la''♭ - ''do'' - ''mi'') et avec E+ (''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯) ; et on remarque que ces trois accords sont en fait enharmoniques (avec les enharmonies ''la''♭ = ''sol''♯ et ''si''♯ = ''do''). En effet, l'octave comporte six tons (sous la forme de cinq tons et deux demi-tons), et une tierce majeure comporte deux tons, on arrive donc à l'octave en ajoutant une tierce majeure à la dernière note de l'accord.
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord diminué (la quinte est diminuée) : dim, o, ♭5
*: « ''do'' dim », « ''do''<sup>o</sup> », « ''do''<sup>♭5</sup> », « Cdim », « C<sup>o</sup> » ou « C<sup>♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' diminuné (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭)
: On remarque que la quinte diminuée est l'enharmonique de la quarte augmentée et est l'intervalle appelé « triton » (car composé de trois tons).
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord suspendu de seconde : la tierce est remplacée par une seconde majeure : sus2
*: « ''do''<sup>sus2</sup> » ou « C<sup>sus2</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de seconde (''do''-''ré''-''sol'')
* accord suspendu de quarte : la tierce est remplacée par une quarte juste : sus4
*: « ''do''<sup>sus4</sup> » ou « C<sup>sus4</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de quarte (''do''-''fa''-''sol'')
==== Triades appauvries ====
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord de puissance : la tierce est omise, l'accord n'est constitué que de la fondamentale et de la quinte juste : 5
*: « ''do''<sup>5</sup> », « C<sup>5</sup> » pour l'accord de puissance de ''do'' (''do'' - ''la'')
{{note|Très utilisé dans les musiques rock, hard rock et heavy metal, il est souvent joué renversé (''la'' - ''do'') ou bien avec l'ajout de l'octave (''do'' - ''la'' - ''do'').}}
==== Triades enrichies ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord de septième (la 7<sup>e</sup> est mineure) : 7
*: « ''do''<sup>7</sup> », « C<sup>7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' majeur » en musique classique (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si''♭)
* accord de septième majeure : Δ, 7M ou maj7
*: « ''do'' <sup>Δ</sup> », « ''do'' <sup>maj7</sup> », « C<sup>Δ</sup> », « C<sup>7M</sup> »… pour l'accord de ''do'' septième majeure (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord de mineur septième (la tierce et la 7<sup>e</sup> sont mineures) : m7, min7 ou –7
*: « ''do'' m<sup>7</sup> », « ''do'' –<sup>7</sup> », « Cm<sup>7</sup> », « C–<sup>7</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' mineur » en musique classique (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si''♭)
* accord mineure septième majeure : m7M, m7maj, mΔ, –7M, –7maj, –Δ
*: « ''do'' m<sup>7M</sup> », « ''do'' m<sup>maj7</sup> », « ''do'' –<sup>Δ</sup> », « Cm<sup>7M</sup> », « Cm<sup>maj7</sup> », « C–<sup>Δ</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième majeure (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si'')
* accord de septième diminué (la quinte et la septième sont diminuée) : dim 7 ou o7
*: « ''do'' dim<sup>7</sup> », « ''do''<sup>o7</sup> », « Cdim<sup>7</sup> » ou « C<sup>o7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si''♭)
* accord demi-diminué (seule la quinte est diminuée, la septième est mineure) : Ø ou –7(♭5)
*: « ''do''<sup>Ø</sup> », « ''do''<sup>7(♭5)</sup> », « C<sup>Ø</sup> » ou « C<sup>7♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' demi-diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si'')
=== Construction pythagoricienne des accords ===
Nous avons vu au débuts que lorsque l'on joue deux notes en même temps, leurs vibrations se superposent. Certaines superpositions créent un phénomène de battement désagréable, c'est le cas des secondes.
Dans le cas d'une tierce majeure, les fréquences des notes quadruple et quintuple d'une même base : les fréquences s'écrivent 4׃<sub>0</sub> et 5׃<sub>0</sub>. Cette superposition de vibrations est agréable à l'oreille. Nous avons également vu que dans le cas d'une quinte juste, les fréquences sont le double et le triple d'une même base, ou encore le quadruple et sextuple si l'on considère la moitié de cette base.
Ainsi, dans un accord parfait majeur, les fréquences des fondamentales des notes sont dans un rapport 4, 5, 6. De même, dans le cas d'un accord parfait mineur, les proportions sont de 1/6, 1/5 et 1/4.
{{voir|[[../Caractéristiques_et_notation_des_sons_musicaux#Construction_pythagoricienne_et_gamme_de_sept_tons|Caractéristiques et notation des sons musicaux > Construction pythagoricienne et gamme de sept tons]]}}
=== Un peu de physique : interférences ===
Les sons sont des vibrations. Lorsque l'on émet deux sons ou plus simultanément, les vibrations se superposent, on parle en physique « d'interférences ».
Le modèle le plus simple pour décrire une vibration est la [[w:fr:Fonction sinus|fonction sinus]] : la pression de l'air P varie en fonction du temps ''t'' (en secondes, s), et l'on a pour un son « pur » :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ⋅''t'')
où ƒ est la fréquence (en hertz, Hz) du son.
Si l'on émet deux sons de fréquence respective ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub>, alors la pression vaut :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ<sub>1</sub>⋅''t'') + sin(2π⋅ƒ<sub>2</sub>⋅''t'').
Nous avons ici une [[w:fr:Identité trigonométrique#Transformation_de_sommes_en_produits,_ou_antilinéarisation|identité trigonométrique]] dite « antilinéarisation » :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 + f_2}{2}t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 - f_2}{2}t \right ).</math>
On peut étudier simplement deux situations simples.
[[Fichier:Battements interferentiels.png|vignette|Deux sons de fréquences proches créent des battements : la superposition d'une fréquence et d'une enveloppe.]]
La première, c'est quand les fréquences ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> sont très proches. Alors, la moyenne (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> ; et la demie différence (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de zéro. On a donc une enveloppe de fréquence très faible, (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2, dans laquelle s'inscrit un son de fréquence moyenne, (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2. C'est cette enveloppe de fréquence très faible qui crée les battements, désagréables à l'oreille.
Sur l'image ci-contre, le premier trait rouge montre un instant où les vibrations sont opposées ; elles s'annulent, le son s'éteint. Le second trait rouge montre un instant où les vibrations sont en phase : elle s'ajoutent, le son est au plus fort.
{{clear}}
La seconde, c'est lorsque les deux fréquences sont des multiples entiers d'une même fréquence fondamentale ƒ<sub>0</sub> : ƒ<sub>1</sub> = ''n''<sub>1</sub>⋅ƒ<sub>0</sub> et ƒ<sub>0</sub> = ''n''<sub>0</sub>⋅ƒ<sub>0</sub>. On a alors :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 + n_2}{2}f_0 \cdot t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 - n_2}{2}f_0 \cdot t \right ).</math>
On multiplie donc deux fonctions qui ont des fréquences multiples de ƒ<sub>0</sub>. La différence minimale entre ''n''<sub>1</sub> et ''n''<sub>2</sub> vaut 1 ; on a donc une enveloppe dont la fréquence est au minimum la moitié de ƒ<sub>0</sub>, c'est-à-dire un son une octave en dessous de ƒ<sub>0</sub>. Donc, cette enveloppe ne crée pas d'effet de battement, ou plutôt, le battement est trop rapide pour être perçu comme tel. Dans cette enveloppe, on a une fonction sinus dont la fréquence est également un multiple de ƒ<sub>0</sub> ; l'enveloppe et la fonction qui y est inscrite ont donc de nombreux « points communs », d'où l'effet harmonieux.
=== Le tonnetz ===
[[File:Speculum musicae.png|thumb|right|225px|Euler, ''De harmoniæ veris principiis'', 1774, p. 350.]]
En allemand, le terme ''Tonnetz'' (se prononce « tône-netz ») signifie « réseau tonal ». C'est une représentation graphique des notes qui a été imaginée par [[w:Leonhard Euler|Leonhard Euler]] en 1739.
Cette représentation graphique peut aider à la mémorisation de certains concepts de l'harmonie. Cependant, son application est très limitée : elle ne concerne que l'intonation juste d'une part, et que les accords parfait des tonalités majeures et mineures naturelles d'autre part. La représentation contenant les douze notes de la musique savante occidentale, on peut bien sûr représenter d'autres objets, comme les accords de septième ou les accords diminués, mais la représentation graphique est alors compliquée et perd son intérêt pédagogique.
On part d'une note, par exemple le ''do''. Si on progresse vers la droite, on monte d'une quinte juste, donc ''sol'' ; vers la gauche, on descend d'une quinte juste, donc ''fa''. Si on va vers le bas, on monte d'une tierce majeure, donc ''mi'' ; si on va vers le haut, on descend d'une tierce majeure, donc ''la''♭ ou ''sol''♯
fa — do — sol — ré
| | | |
la — mi — si — fa♯
| | | |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
La figure forme donc un filet, un réseau. On voit que ce réseau « boucle » : si on descend depuis le ''do''♯, on monte d'une tierce majeure, on obtient un ''mi''♯ qui est l'enharmonique du ''fa'' qui est en haut de la colonne. Si on va vers la droite à partir du ''ré'', on obtient le ''la'' qui est au début de la ligne suivante.
Si on ajoute des diagonales allant vers la droite et le haut « / », on met en évidence des tierces mineures : ''la'' - ''do'', ''mi'' - ''sol'', ''si'' - ''ré'', ''do''♯ - ''mi''…
fa — do — sol — ré
| / | / | / |
la — mi — si — fa♯
| / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
Donc les liens représentent :
* | : tierce majeure ;
* — : quinte juste ;
* / : tierce mineure.
[[Fichier:Tonnetz carre accords fr.svg|thumb|Tonnetz avec les accords parfaits. Les notes sont en notation italienne et les accords en notation jazz.]]
On met ainsi en évidence des triangles dont un côté est une quinte juste, un côté une tierce majeure et un côté une tierce mineure ; c'est-à-dire que les notes aux sommets du triangle forment un accord parfait majeur (par exemple ''do'' - ''mi'' - ''sol'') :
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do — sol''' — ré<br />
| / '''| /''' | / |<br />
la — '''mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
ou un accord parfait mineur (''la'' - ''do'' - ''mi'').
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do''' — sol — ré<br />
| '''/ |''' / | / |<br />
'''la — mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
Un triangle représente donc un accord, et un sommet représente une note. Si on passe d'un triangle à un triangle voisin, alors on passe d'un accord à un autre accord, les deux accords ayant deux notes en commun. Ceci illustre la notion de « plus court chemin » en harmonie : si on passe d'un accord à un autre en gardant un côté commun, alors on a un mouvement conjoint sur une seule des trois voix.
Par rapport à l'harmonie fonctionnelle : les accords sont contigus à leur fonction, par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique ({{Times New Roman|I}}) : C, A– et E– sont contigus ;
* fonction de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) : F et D– sont contigus ;
* fonction de dominante ({{Times New Roman|V}}) : G et B<sup>o</sup> sont contigus.
On notera que les triangles d'un schéma ''tonnetz'' ne représentent que des accords parfaits. Pour représenter un accord de quinte diminuée (''si'' - ''ré'' - ''fa'') ou les accords de septième, en particulier l'accord de septième de dominante, il faut étendre le ''tonnetz'' et l'on obtient des figures différentes. Par ailleurs, il est adapté à ce que l'on appelle « l'intonation juste », puisque tous les intervalles sont idéaux.
[[Fichier:Tonnetz carre accords etendu fr.svg|vignette|Tonnetz étendu.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do majeur accords fr.svg|vignette|Tonnetz de la tonalité de ''do'' majeur. La représentation de l'accord de quinte diminuée sur ''si'' (B<sup>o</sup>) est une ligne et non un triangle.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do mineur accords fr.svg|vignette|Tonnetz des tonalités de ''do'' mineur naturel (haut) et ''do'' mineur harmonique (bas).]]
Si l'on étend un peu le réseau :
ré♭ — la♭ — mi♭ — si♭ — fa
| / | / | / | / |
fa — do — sol — ré — la
| / | / | / | / |
la — mi — si — fa♯ — do♯
| / | / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — la♯ — mi♯
| / | / | / | / |
mi♯ — do — sol — ré — la
on peut donc trouver des chemins permettant de représenter les accords de septième de dominante (par exemple en ''do'' majeur, G<sup>7</sup>)
fa
/
sol — ré
| /
si
et des accords de quinte diminuée (en ''do'' majeur : B<sup>o</sup>)
fa
/
ré
/
si
Une gamme majeure ou mineure naturelle peut se représenter par un trapèze rectangle : ''do'' majeur
fa — do — sol — ré
| /
la — mi — si
et ''do'' mineur
la♭ — mi♭ — si♭
/ |
fa — do — sol — ré
En revanche, la représentation d'une tonalité nécessite d'étendre le réseau afin de pouvoir faire figurer tous les accords, deux notes sont représentées deux fois. La représentation des tonalités mineures harmoniques prend une forme biscornue, ce qui nuit à l'intérêt pédagogique de la représentation.
[[Fichier:Neo-Riemannian Tonnetz.svg|vignette|upright=2|Tonnetz avec des triangles équilatéraux.]]
On peut réorganiser le schéma en décalant les lignes, afin d'avoir des triangles équilatéraux. Sur la figure ci-contre (en notation anglo-saxonne) :
* si on monte en allant vers la droite « / », on a une tierce mineure ;
* si on descend en allant vers la droite « \ », on a une tierce majeure ;
* les liens horizontaux « — » représentent toujours des quintes justes
* les triangles pointe en haut sont des accords parfaits mineurs ;
* les triangles pointe en bas sont des accords parfaits majeurs.
On a alors les accords de septième de dominante
F
/
G — D
\ /
B
et de quinte diminuée
F
/
D
/
B
les tonalités majeures
F — C — G — D
\ /
A — E — B
et les tonalités mineures naturelles
A♭ — E♭ — B♭
/ \
F — C — G — D
== Notes et références ==
{{références}}
== Voir aussi ==
=== Liens externes ===
{{wikipédia|Consonance (harmonie tonale)}}
{{wikipédia|Disposition de l'accord}}
{{wikisource|Petit Manuel d’harmonie}}
* {{lien web
| url = https://www.apprendrelesolfege.com/chiffrage-d-accords
| titre = Chiffrage d'accords (classique)
| site = Apprendrelesolfege.com
| consulté le = 2020-12-03
}}
* {{lien web
| url = https://www.coursd-harmonie.fr/introduction/introduction2_le_chiffrage_d_accords.php
| titre = Introduction II : Le chiffrage d'accords
| site = Cours d'harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-14
}}
* {{lien web
| url=https://www.coursd-harmonie.fr/
| titre = Cours d'harmonie en ligne
| auteur = Jean-Baptiste Voinet
| site=coursd-harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-20
}}
* {{lien web
| url=http://e-harmonie.e-monsite.com/
| titre = Cours d'harmonie classique en ligne
| auteur = Olivier Miquel
| site=e-harmonie
| consulté le = 2021-12-24
}}
* {{lien web
| url=https://fr.audiofanzine.com/theorie-musicale/editorial/dossiers/les-gammes-et-les-modes.html
| titre = Les bases de l’harmonie
| site = AudioFanzine
| date = 2013-07-23
| consulté le = 2024-01-12
}}
* {{lien web
| url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/l-accord-de-tristan-dechiffre-et-desacralise-2481605
| titre = L’Accord de Tristan déchiffré et désacralisé !
| site = France Musique
| date = 2025-10-22
| consulté le = 2025-10-23
}}
----
''[[../Mélodie|Mélodie]]'' < [[../|↑]] > ''[[../Représentation musicale|Représentation musicale]]''
[[Catégorie:Formation musicale (livre)|Harmonie]]
ne3z1wzdncj52r28zhco4ie5zxn6fk3
767304
767303
2026-06-01T20:55:59Z
Cdang
1202
/* Progressions selon le cercle des quintes */ corr.
767304
wikitext
text/x-wiki
{{Bases de solfège}}
<span style="font-size:25px;">6. Harmonie</span>
L'harmonie désigne les notes jouées en même temps, soit plusieurs instruments jouant chacun une note, soit un instrument jouant un accord (instrument dit polyphonique).
== Première approche ==
L'exemple le plus simple d'harmonie est sans doute la chanson en canon : c'est un chant polyphonique, c'est-à-dire à plusieurs voix, chaque voix chantant la même chose en décalé. Prenons par exemple ''Vent frais, vent du matin'' (la version originale est ''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609) :
[[Fichier:Vent frais vent du matin.svg|class=transparent|center|Partition de ''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
[[Fichier:Vent frais vent du matin.midi|vignette|''Vent frais, vent du matin'' (''{{lang|en|Hey, Ho Nobody at Home}}'' de Thomas Ravenscroft, 1609).]]
nous voyons que les voix se superposent de manière « harmonieuse ». Les notes de chaque voix se correspondent point par point (avec un retard), c'est donc un type d'harmonie polyphonique appelé « contrepoint ».
Considérons la première note de la mesure 6 pour chaque voix. Nous avons la superposition des notes ''ré''-''fa''-''la'' (du grave vers l'aigu) ; la superposition de notes jouées ou chantées ensembles s'appelle un accord. Cet accord ''ré''-''fa''-''la'' porte le nom « d'accord parfait de ''ré'' mineur » :
* « ''ré'' » car la note fondamentale est un ''ré'' ;
* « parfait » car il est l'association d'une tierce, ''ré''-''fa'', et d'une quinte juste, ''ré''-''la'' ;
* « mineur » car le premier intervalle, ''ré''-''fa'', est une tierce mineure.
Considérons maintenant un chant accompagné au piano. La piano peut jouer plusieurs notes en même temps, il peut jouer des accords.
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.svg|class=transparent|center|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
[[Fichier:Au clair de le lune chant et piano.midi|vignette|Deux premières mesure d’Au clair de la lune.]]
L'accord, les notes à jouer simultanément, sont écrites « en colonne ». Lorsqu'on les énonce, on les lit de bas en haut mais le pianiste les joue en pressant les touches du clavier en même temps, de manière « plaquée ».
Le premier accord est composé des notes ''do''-''mi''-''sol'' ; il est appelé « accord parfait de ''do'' majeur » car la note fondamentale est ''do'', qu'il est l'association d'une tierce et d'une quinte juste et que le premier intervalle, ''do''-''mi'', est une tierce majeure.
== Consonance et dissonance ==
Les notions de consonance et de dissonance sont culturelles et changent selon l'époque. Nous pouvons néanmoins noter que :
* l'accord de seconde, et son renversement la septième, créent des battements, les notes « frottent », c'est un intervalle harmonique dissonant ; mais dans le cas de la septième, comme les notes sont éloignées, le frottement est moins perceptible ;
* les accords de tierce, quarte et quinte sonnent agréablement à l'oreille, ils sont consonants.
Dans la musique savante européenne, au début du Moyen-Âge, seuls les accords de quarte et de quinte étaient considérés comme consonants, d'où leur qualification de « juste ». La tierce, et son renversement la sixte, étaient perçues comme dissonantes.
L'harmonie joue avec les consonances et les dissonances. Dans un premier temps, les harmonies dissonantes sont utilisées pour créer des tensions qui sont ensuite résolues, on utilise des successions « consonant-dissonant-consonant ». À force d'entendre des intervalles considérés comme dissonants, l'oreille s'habitue et certains finissent par être considérés comme consonants ; c'est ce qui est arrivé à la tierce et à la sixte à la fin du Moyen Âge avec le contrepoint.
Il faut ici aborder la notion d'harmonique des notes.
[[File:Harmoniques de do.svg|thumb|Les six premières harmoniques de ''do''.]]
Lorsque l'on joue une note, on entend d'autres notes plus aigües et plus faibles ; la note jouée est appelée la « fondamentale » et les notes plus aigües et plus faibles sont les « harmoniques ». C'est cette accumulation d'harmoniques qui donne la couleur au son, son timbre, qui fait qu'un piano ne sonne pas comme un violon. Par exemple, si l'on joue un ''do''<sup>1</sup><ref>Pour la notation des octaves, voir ''[[../Représentation_musicale#Désignation_des_octaves|Représentation musicale > Désignation des octaves]]''.</ref> (fondamentale), on entend le ''do''<sup>2</sup> (une octave plus aigu), puis un ''sol''<sup>2</sup>, puis encore un ''do''<sup>3</sup> plus aigu, puis un ''mi''<sup>3</sup>, puis encore un ''sol''<sup>3</sup>, puis un ''si''♭<sup>3</sup>…
Ainsi, puisque lorsque l'on joue un ''do'' on entend aussi un ''sol'' très léger, alors jouer un ''do'' et un ''sol'' simultanément n'est pas choquant. De même pour ''do'' et ''mi''. De là vient la notion de consonance.
Le statut du ''si''♭ est plus ambigu. Il fait partie des harmoniques qui sonnent naturellement, mais il forme une seconde descendante avec le ''do'', intervalle dissonant. Par ailleurs, on remarque que le ''si''♭ ne fait pas partie de la gamme de ''do'' majeur, contrairement au ''sol'' et au ''mi''.
Pour le jeu sur les dissonances, on peut écouter par exemple la ''Toccata'' en ''ré'' mineur, op. 11 de Sergueï Prokofiev (1912).
: {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=AVpnr8dI_50 |titre=Yuja Wang Prokofiev Toccata |site=YouTube |date=2019-02-26 |consulté le=2021-12-19}}
== Contrepoint ==
Dans le chant grégorien, la notion d'accord n'existe pas. L'harmonie provient de la superposition de plusieurs mélodies, notamment dans ce que l'on appelle le « contrepoint ».
Le terme provient du latin ''« punctum contra punctum »'', littéralement « point par point », et désigne le fait que les notes de chaque voix se correspondent.
L'exemple le plus connu de contrepoint est le canon, comme ''Frère Jacques'' ou bien ''Vent frais, vent du matin'' présenté ci-dessus : chaque note d'un couplet correspond à une note du couplet précédent.
Certains morceaux sont bâtis sur une écriture « en miroir » : l'ordre des notes est inversé entre les deux voix, ou bien les intervalles sont inversés (« mouvement contraire » : une tierce montante sur une voix correspond à une tierce descendante sur l'autre).
On peut également citer le « mouvement oblique » (une des voix, le bourdon, chante toujours la même note) et le mouvement parallèle (les deux voix chantent le même air mais transposé, l'une est plus aiguë que l'autre).
Nous reproduisons ci-dessous le début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut canon.svg | vignette | center | upright=2 | Début du second ''Allergo'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
[[Fichier:Haendel Sonate en trio re mineur debut.midi | vignette | Début du second ''Allegro'' de la sonate en trio en ''ré'' mineur de Haendel.]]
Nous avons mis en évidence la construction en canon avec des encadrés de couleur : sur les quatre premières mesures, nous voyons trois thèmes repris alternativement par une voix et par l'autre. Ce type de procédé est très courant dans la musique baroque.
Les procédés du contrepoint s'appliquent également à la danse :
* unisson : les danseurs et danseuses font les mêmes gestes en même temps ;
* répétition : le fait de répéter une série de gestes, une « phrase dansante » ;
* canon : les gestes sont faits avec un décalage régulier d'un danseur ou d'une danseuse à l'autre ;
* cascade : forme de canon dans laquelle le décalage est très petit ;
* contraste : deux danseur·euses, ou deux groupes, ont des gestuelles très différentes ;
* accumulation : la gestuelle se complexifie par l'ajout d'éléments au fur et à mesure ; ou bien le nombre de danseur·euses augmente ;
* dialogue : les gestes de danseur·euses ou de groupes se répondent ;
* contre-point : la gestuelle d'un ou une danseuse se superpose à la gestuelle d'un groupe ;
* lâcher-rattraper : les danseurs et danseuses alternent danse à l'unisson et gestuelles indépendantes.
: {{lien web
| url=https://www.youtube.com/watch?v=wgblAOzedFc
| titre=Les procédés de composition en danse
| auteur= Doisneau Sport TV
| site=YouTube
| date=2020-03-16 | consulté le=2021-01-21
}}
{{...}}
== Ostinato ==
L'ostinato, mot italien signifiant « obstiné », c'est le fait de jouer en boucle un passage. L'ostinato peut ainsi former une structure autour de laquelle peut se développer le morceau. Lorsque l'ostinato est joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, viole de gambe basse, flûte à bec basse, main gauche du piano…), on parle de basse obstinée. Les grilles d'accord en jazz sont des ostinatos (ou ostinati) joués par la section rythmique.
Exemples :
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=QZpGe5rNJkI&t=41s |titre=Epic Patty Cake Song (I'll Think Of You) |auteur=
Kurt Hugo Schneider |site=YouTube |date=2014-08-12 |consulté le=2026-01-24}} : un ostinato de percussions corporelles ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=Kv-37-nXC48 |titre=Pow Wow ''Le lion est mort ce soir'' Les Victoires de la Musique 1993 |auteur=Solomon Linda |date=2015-02-02 |consulté le=2026-01-24}} : dans ce chant ''a capella'' (sans accompagnement d'instrument), les voix de basse forment une basse obstinée, sur les syllabes « oëap » durant le couplet et « awimbowé » sur le refrain ;
* {{lien web |url=https://www.youtube.com/watch?v=JvNQLJ1_HQ0 |titre=Pachelbel Canon in D Major - the original and best version. |auteur=Voices of Music |site=YouTube |date=2008-09-02 |consulté le=2026-01-24}} : le ''Canon de Pachelbel de ''ré'' mineur'' (''Canon per tre Violini e Basso'', Johann Pachelbel, vers 1680) est construit sur une basse obstinée de huit mesures.
== Les accords en général ==
Initialement, on a des chants polyphoniques, des voix qui chantent chacune une mélodie, les mélodies se mêlant. On remarque que certaines superpositions de notes sonnent de manière plus ou moins agréables, consonantes ou dissonantes. On en vient alors à associer ces notes, c'est-à-dire à considérer dès le départ la superposition de ces notes et non pas la rencontre de ces notes au gré des mélodies. Ces groupes de notes superposées forment les accords. En Europe, cette notion apparaît vers le {{pc|xiv}}<sup>e</sup> siècle avec notamment la ''[[wikipedia:fr:Messe de Notre Dame|Messe de Notre Dame]]'' de Guillaume de Machaut (vers 1360-1365). La notion « d'accord parfait » est consacrée par [[wikipedia:fr:Jean-Philippe Rameau|Jean-Philippe Rameau]] dans son ''Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels'', publié en 1722.
=== Qu'est-ce qu'un accord ? ===
Un accord est un ensemble d'au minimum trois notes jouées en même temps. « Jouées » signifie qu'il faut qu'à un moment donné, elles sonnent en même temps, mais le début ou la fin des notes peut être à des instants différents.
Considérons que l'on joue les notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' en même temps. Cet accord s'appelle « accord de ''do'' majeur ». En musique classique, on lui adjoint l'adjectif « parfait » : « accord parfait de ''do'' majeur ».
Nous représentons ci-dessous trois manière de faire l'accord : avec trois instruments jouant chacun une note :
[[Fichier:Do majeur trois portees.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur avec trois instruments différents.]]
Avec un seul instrument jouant simultanément les trois notes :
[[Fichier:Chord C.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur joué par un seul instrument.]]
L'accord tel qu'il est joué habituellement par une guitare d'accompagnement :
[[Fichier:Do majeur guitare.svg|class=transparent|center|Accord de ''do'' majeur à la guitare.]]
Pour ce dernier, nous représentons le diagramme indiquant la position des doigts sur le manche au dessus de la portée et la tablature en dessous. Ici, c'est au total six notes qui sont jouées : ''mi'' grave, ''do'' médium, ''mi'' médium, ''sol'' médium, ''do'' aigu, ''mi'' aigu. Mais il s'agit bien des trois notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' jouées à des octaves différentes. Nous remarquons également que la note de basse (la note la plus grave), ''mi'', est différente de la note fondamentale (celle qui donne le nom à l'accord), ''do'' ; l'accord est dit « renversé » (voir plus loin).
=== Comment joue-t-on un accord ? ===
Les notes ne sont pas forcément jouées en même temps ; elles peuvent être « égrainées », jouée successivement, ce que l'on appelle un arpège. La partition ci-dessous montre six manières différentes de jouer un accord de ''la'' mineur à la guitare, plaqué puis arpégé.
[[Fichier:La mineur differentes executions.svg|class=transparent|center|Différentes exécution de l'accord de do majeur à la guitare.]]
[[Fichier:La mineur differentes executions midi.midi|vignette|Différentes exécution de l'accord de la mineur à la guitare.]]
Vous pouvez écouter l'exécution de cette partition avec le lecteur ci-contre.
Seuls les instruments polyphoniques peuvent jouer les accords plaqués : instruments à clavier (clavecin, orgue, piano, accordéon), les instruments à plusieurs cordes pincées (harpe, guitare ; violon, alto, violoncelle et contrebasse joués en pizzicati). Les instruments à corde frottés de la famille du violon peuvent jouer des notes par deux à l'archet mais pas plus du fait de la forme bombée du chevalet ; cependant, un mouvement rapide permet de jouer les quatre cordes de manière très rapprochée. Les instruments à percussion de type xylophone ou le tympanon permettent de jouer jusqu'à quatre notes simultanément en tenant deux baguettes (mailloches, maillets) par main.
Tous les instruments peuvent jouer des arpèges même si, dans le cas des instruments monodiques, les notes ne continuent pas à sonner lorsque l'on passe à la note suivante.
L'arpège peut être joué par l'instrument de basse (basson, violoncelle, contrebasse, guitare basse, pédalier de l'orgue…), notamment dans le cas d'une basse continue ou d'une ''{{lang|en|walking bass}}'' (« basse marchante » : la basse joue des noires, donnant ainsi l'impression qu'elle marche).
En jazz, et spécifiquement au piano, on a recours au ''{{lang|en|voicing}}'' : on choisit la manière dont on organise les notes pour donner une couleur spécifique, ou bien pour créer une mélodie en enchaînant les accords. Il est fréquent de ne pas jouer toutes les notes : si on n'en garde que deux, ce sont la tierce et la septième, car ce sont celles qui caractérisent l'accord (selon que la tierce est mineure ou majeure, que la septième est majeure ou mineure), et la fondamentale est en général jouée par la contrebasse ou guitare basse.
{{clear}}
=== Classes d'accord ===
[[Fichier:Intervalles harmoniques accords classes.svg|vignette|upright=1.5|Intervalles harmoniques dans les accords classés de trois, quatre et cinq notes.]]
Un accord composé d'empilement de tierces est appelé « accord classé ». En musique tonale, c'est-à-dire la musique fondée sur les gammes majeures ou mineures (cas majoritaire en musique classique), on distingue trois classes d'accords :
* les accords de trois notes, ou triades, ou accords de quinte ;
* les accords de quatre notes, ou accords de septième ;
* les accords de cinq notes, ou accords de neuvième.
En empilant des tierces, si l'on part de la note fondamentale, on a donc de intervalles de tierce, quinte, septième et neuvième.
En musique tonale, les accords avec d'autres intervalles (hors renversement, voir ci-après), typiquement seconde, quarte ou sixte, sont considérés comme des transitions entre deux accords classés. Ils sont appelés, selon leur utilisation, « accords à retard » (en anglais : ''{{lang|en|suspended chord}}'', accord suspendu) ou « appoggiature » (note « appuyée », étrangère à l'harmonie). Voir aussi plus loin la notion de note étrangère.
=== Renversements d'accords ===
[[File:Accord do majeur renversements.svg|thumb|Accord parfait de do majeur et ses renversements.]]
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur.svg|vignette|upright=0.6|Progression accord de dominante renversé → accord parfait en ''do'' majeur.]]
Un accord classé est donc un empilement de tierces. Si l'on change l'ordre des notes, on a toujours le même accord mais il est fait avec d'autres intervalles harmoniques. Par exemple, l'accord parfait de ''do'' majeur dans son état fondamental, c'est-à-dire non renversé, s'écrit ''do'' - ''mi'' - ''sol''. Sa note fondamentale, ''do'', est aussi se note de basse.
Si maintenant on prend le ''do'' de l'octave supérieure, l'accord devient ''mi - sol - do'' ; c'est l'empilement d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une quarte ''(sol - do)'', soit la superposition d'une tierce ''(mi - sol)'' et d'une sixième ''(mi - do)''. C'est le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur ; la fondamentale est toujours ''do'' mais la basse est ''mi''. Le second renversement est ''sol - do - mi''.
L'utilisation de renversement peut faciliter l'exécution de la progression d'accord. Par exemple, en tonalité ''do'' majeur, si l'on veut passer de l'accord de dominante ''sol - si - ré'' à l'accord parfait ''do - mi - sol'', alors on peut utiliser le second renversement de l'accord de dominante : ''ré - sol - si'' → ''do - mi - sol''. Ainsi, la basse descend juste d'un ton ''(ré → do)'' et sur un piano, la main reste globalement dans la même position.
Le renversement d'un accord permet également de respecter certaines règles de l'harmonie classique, notamment éviter que des voix se suivent strictement (« mouvement parallèle »), ce qui aurait un effet de platitude.
De manière générale, la notion de renversement permet deux choses :
* d'enrichir l'œuvre : pour créer une harmonie donnée (c'est-à-dire des sons sonnant bien ensemble), nous avons plus de souplesse, nous pouvons organiser ces notes comme nous le voulons selon les voix ;
* de simplifier l'analyse : quelle que soit la manière dont sont organisées les notes, cela nous ramène à un même accord.
{{citation bloc|Or il, y a plusieurs manières de jouer un accord, selon que l'on aborde par la première note qui le constitue, ''do mi sol'', la deuxième, ''mi sol do'', ou la troisième note, ''sol do mi''. Ce sont les renversements, [que Rameau] va classer en différentes combinaisons d'une seule matrice. Faisant cela, Rameau divise le nombre d'accords [de septième] par quatre. Il simplifie, il structure […].|{{ouvrage|prénom1=André |nom1=Manoukian |titre=Sur les routes de la musique |éditeur=Harper Collins |année=2021 |passage=54 |isbn=979-1-03391201-9}} }}
{{clear}}
[[File:Plusieurs realisation 1er renversement doM.svg|thumb|Plusieurs réalisation du premier renversement de l'accord de ''do'' majeur.]]
Notez que
# Les notes peuvent être répétées plusieurs fois, à différentes octaves.
# Dans la notion de renversement, seule importe en fait la note de basse. Ainsi, les accords ''mi-sol-do'', ''mi-do-sol'', ''mi-do-mi-sol'', ''mi-sol-mi-do''… sont tous une déclinaison du premier renversement de ''do-mi-sol'' et ils seront abrégés de la même manière (''mi''<sup>6</sup> en musique classique ou C/E en musique populaire et jazz, voir plus bas).
{{clear}}
== Notation des accords de trois notes ==
Les accords de trois notes sont appelés « accords de quinte » en classique, et « triades » en jazz.
[[Fichier:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage.svg|vignette|upright=0.7|Chiffrage du second renversement d'un accord de ''sol'' majeur et d'un accord de ''do'' majeur : notation en musique populaire et jazz (haut) et notation de basse chiffrée (bas).]]
Les accords sont construits de manière systématique. Nous pouvons donc les représenter de manière simplifiée. Cette notation simplifiée des accords est appelée « chiffrage ».
Reprenons la progression d'accords ci-dessus : « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » dans la tonalité de ''do'' majeur. On utilise en général trois notations différentes :
* en musique populaire, jazz, rock… un accord est désigné par sa note fondamentale ; ici donc, les accords sont notés « ''sol'' - ''do'' » ou, en notation anglo-saxonne, « G - C » ;<br /> comme le premier accord est renversé, on indique la note de basse après une barre, la progression d'accords est donc chiffrée '''« ''sol''/''ré'' - ''do'' »''' ou '''« G/D - C »''' ;<br /> il s'agit ici d'accords composés d'une tierce majeure et d'une quinte juste ; si les accords sont constitués d'intervalles différents, nous ajoutons un symbole après la note : « m » ou « – » si la tierce est mineure, « dim » ou « ° » si la quinte est diminuée ;
* en musique classique, on utilise la notation de « basse chiffrée » (utilisée notamment pour noter la basse continue en musique baroque) : on indique la note de basse sur la portée et on lui adjoint l'intervalle de la fondamentale à la note la plus haute (donc ici respectivement 6 et 5, puisque ''sol''-''si'' est une sixte et ''do''-''sol'' est une quinte), étant sous-entendu que l'on a des empilements de tierce en dessous ; mais dans le cas du premier accord, le premier intervalle n'est pas une tierce, mais une quarte ''(ré''-''sol)'', on note donc '''« ''ré'' <sup>6</sup><sub>4</sub> - ''do'' <sup>5</sup> »'''<ref>quand on ne dispose pas de la notation en supérieur (exposant) et inférieur (indice), on utilise parfois une notation sous forme de fraction : ''sol'' 6/4 et ''do'' 5/.</ref> ;
* lorsque l'on fait l'analyse d'un morceau, on s'attache à identifier la note fondamentale de l'accord (qui est différente de la basse dans le cas d'un renversement) ; on indique alors le degré de la fondamentale : '''« {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub>4</sub> - I<sup>5</sup>}} »'''.
La notation de basse chiffrée permet de construire l'accord à la volée :
* on joue la note indiquée (basse) ;
* s'il n'y a pas de 2 ni de 4, on lui ajoute la tierce ;
* on ajoute les intervalles indiqués par le chiffrage.
La notation de musique jazz oblige à connaître la composition des différents accords, mais une fois que ceux-ci sont acquis, il n'y a pas besoin de reconstruire l'accord.
La notation de basse chiffrée avec les chiffres romains n'est pas utilisée pour jouer, mais uniquement pour analyser ; Sur les partitions avec basse chiffrée, il y a simplement les chiffrages indiqués au-dessus de la partie de basse. Le chiffrage avec le degré en chiffres romains présente l'avantage d'être indépendant de la tonalité et donc de se concentrer sur la fonction de l'accord au sein de la tonalité. Par exemple, ci-dessous, nous pouvons parler de la progression d'accords « {{Times New Roman|V - I}} » de manière générale, cette notation étant valable quelle que soit la tonalité.
[[File:Progression dominante renverse parfait do majeur chiffrage basse continue.svg|thumb|Chiffrage en notation basse chiffrée de la progression d'accords « second renversement de l'accord de dominante - accord sur la tonique à l'état fondamental » en do majeur.]]
{{note|En notation de base continue avec fondamentale en chiffres romains, la fondamentale est toujours indiquée ''sous'' la portée de la partie de basse. Les intervalles sont indiqués au-dessus de la portée de la partie de basse ; lorsque l'on fait une analyse, on peut ayssi les indiquer à côté du degré en chiffres romains, donc sous la portée de la basse.}}
{{note|En notation rock, le 5 en exposant indique un accord incomplet avec uniquement la fondamentale et la quinte, un accord sans tierce appelé « accord de puissance » ou ''{{lang|en|power chord}}''. Par exemple, C<sup>5</sup> est l'accord ''do-sol''.}}
{{clear}}
[[Fichier:Accords parfait do majeur basse chiffree fondamental et renverse.svg|vignette|upright=2.5|Chiffrage de l'accord parfait de ''do'' majeur en basse chiffrée, à l'état fondamental et ses renversements.]]
Concernant les accords parfaits en notation de basse chiffrée :
* un accord parfait à l'état fondamental est chiffré « <sup>5</sup> » ; on l'appelle « accord de quinte » ;
* le premier renversement est chiffré « <sup>6</sup> » (la tierce est implicite) ; on l'appelle « accord de sixte » ;
* le second renversement est noté « <sup>6</sup><sub>4</sub> » ; on l'appelle « accord de sixte et de quarte » (ou bien « de quarte et de sixte »).
Par exemple, pour l'accord parfait de ''do'' majeur :
* l'état fondamental ''do''-''mi''-''sol'' est noté ''do''<sup>5</sup> ;
* le premier renversement ''mi''-''sol''-''do'' est noté ''mi''<sup>6</sup> ;
* le second renversement ''sol''-''do''-''mi'' est noté ''sol''<sup>6</sup><sub>4</sub>.
Il y a une exception : l'accord construit sur la sensible (7{{e}} degré) contient une quinte diminuée et non une quinte juste. Le chiffrage est donc différent :
* l'état fondamental ''si''-''ré''-''fa'' est noté ''si''<sup><s>5</s></sup> (cinq barré), « accord de quinte diminuée » ;
* le premier renversement ''ré''-''fa''-''si'' est noté ''ré''<sup>+6</sup><sub>3</sub>, « accord de sixte sensible et tierce » ;
* le second renversement ''fa''-''si''-''ré'' est noté ''fa''<sup>6</sup><sub>+4</sub>, « accord de sixte et quarte sensible ».
Par ailleurs, on ne considère pas qu'il est fondé sur la sensible, mais sur la dominante. Si certains indiquent le degré {{Times New Roman|VII}}, d'autres indiquent le degré {{Times New Roman|V}} en mettant des guillemets, « {{Times New Roman|“V”}} ». Donc selon l'état, le chiffrage est {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}} ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}.
En notation jazz, on ajoute « dim », « <sup>o</sup> » ou bien « <sup>♭5</sup> » au chiffrage, ici : B dim, B<sup>o</sup> ou B<sup>♭5</sup> pour l'état fondamental. Pour les renversements : B dim/D et B dim/F ; ou bien B<sup>o</sup>/D et B<sup>o</sup>/F ; ou bien B<sup>♭5</sup>/D et B<sup>♭5</sup>/F.
{{clear}}
[[Fichier:Accords basse chiffree basse do fondamental et renverses.svg|vignette|upright=2|Basse chiffrée : accords de quinte, de sixte et de sixte et de quarte ayant pour basse ''do''.]]
Et concernant les accords ayant pour basse ''do'' en tonalité de ''do'' majeur :
* l'accord ''do''<sup>5</sup> est un accord à l'état fondamental, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''sol'' (sa fondamentale est ''do'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup> est le premier renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''mi''-''la'' (sa fondamentale est ''la'') ;
* l'accord ''do''<sup>6</sup><sub>4</sub> est le second renversement d'un accord, c'est donc l'accord ''do''-''fa''-''la'' (sa fondamentale est ''fa'').
{{clear}}
== Notes étrangères ==
La musique européenne s'appuie essentiellement sur des accords parfaits, c'est-à-dire fondés sur une tierce majeure ou mineure, et une quinte juste. Il arrive fréquemment qu'un accord ne soit pas un accord parfait. Les notes qui font partie de l'accord parfait sont appelées « notes naturelles » et la note qui n'en fait pas partie est appelée « note étrangère ».
Il existe plusieurs types de notes étrangères :
* anticipation : la note étrangère est une note naturelle de l'accord suivant ;
* appogiature : note d'ornementation qui se résout par mouvement conjoint, c'est-à-dire qu'elle est suivie par une note située juste au-dessus ou en dessous (seconde ascendante ou descendante) qui est, elle, une note naturelle ;
* broderie : on part d'une note naturelle, on monte ou on descend d'une seconde, puis on revient sur la note naturelle ;
* double broderie : on part d'une note naturelle, on joue la note du dessus puis la note du dessous avant de revenir à la note naturelle ; ou bien on joue la note du dessous puis la note du dessus ;
* échappée : note étrangère n'appartenant à aucune des autres catégories ;
* note de passage : mouvement conjoint allant d'une note naturelle d'un accord à une note naturelle de l'accord suivant ;
* pédale : la note de basse reste la même pendant plusieurs accords successifs ;
* retard : la note étrangère est une note naturelle de l'accord précédent.
Les notes étrangères ne sont pas chiffrées.
[[File:Notes etrangeres accords.svg|center|Différents types de notes étrangères.]]
{{note|Les anglophones distinguent deux types de retard : la ''{{lang|en|suspension}}'' est résolue vers le haut (le mouvement est ascendant), le ''{{lang|en|retardation}}'' est résolu vers le bas (le mouvement est descendant).}}
== Principaux accords ==
Les trois principaux accords sont :
* l'accord parfait majeur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (médiante) et {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ; il est noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ;
* l'accord parfait mineur : il est construit sur les degrés {{Times New Roman|I}} (tonique) et {{Times New Roman|IV}} (sous-tonique) d'une gamme mineure harmonique ; il est également noté {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>, les anglo-saxons le notent {{Times New Roman|i}}<sup>5</sup> et {{Times New Roman|iv}}<sup>5</sup> (la minuscule indiquant le caractère mineur) ;
* l'accord de septième de dominante : il est construit sur le degré {{Times New Roman|V}} (dominante) d'une gamme majeure ou mineure harmonique ; il est noté {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>.
On peut trouver ces trois accords sur d'autres degrés, et il existe d'autre types d'accords. Nous verrons cela plus loin.
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Accord parfait majeur
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord parfait mineur
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième de dominante
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| class="wikitable"
|+ Constitution des principaux accords — Dénomination jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | 1<sup>er</sup> intervalle
! scope="col" | 2<sup>e</sup> intervalle
! scope="col" | 3<sup>e</sup> intervalle
|-
! scope="row" | Triade majeure
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Triade mineure
| tierce mineure (3m) || quinte juste (5J) || —
|-
! scope="row" | Accord de septième
| tierce majeure (3M) || quinte juste (5J) || septième mineure (7m)
|}
{| border="0"
|-
| [[Fichier:Accord do majeur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' majeur (C).]] || [[Fichier:Accord do mineur arpege puis plaque.midi | Accord parfait de ''do'' mineur (Cm).]] || [[Fichier:Accord do septieme arpege puis plaque.midi | Accord de septième de dominante de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).]]
|-
| Accord parfait<br /> de ''do'' majeur (C). || Accord parfait<br /> de ''do'' mineur (Cm). || Accord de septième de dominante<br /> de ''fa'' majeur (C<sup>7</sup>).
|}
'''Rappel :'''
* la tierce mineure est composée d'un ton et demi (1 t ½) ;
* la tierce majeur est composée de deux tons (2 t) ;
* la quinte juste a la même altération que la fondamentale, sauf lorsque la fondamentale est ''si'' (la quinte juste est alors ''fa''♯) ;
* la septième mineure est le renversement de la seconde majeure (1 t).
[[File:Renversements accords pft fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord parfait de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
[[File:Renversements accord sept de dom fa maj basse chiffree.svg|thumb|Renversements de l'accord de septième de dominante de ''fa'' majeur, et la notation de basse chiffrée.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en musique classique
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | État<br /> fondamental
! scope="col" | Premier<br /> renversement
! scope="col" | Deuxième<br /> renversement
! scope="col" | Troisième<br /> renversement
|-
! scope="row" | Accord parfait
| {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}<br/> acc. de quinte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}}<br :> acc. de sixte || {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub>}}<br /> acc. de quarte et de sixte || —
|-
! scope="row" | Accord de septième<br /> de dominante
| {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}<br /> acc.de septième de dominante || {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}<br />acc. de sixte et quinte diminuée || {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}<br />acc. de sixte sensible || {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}<br />acc. de quarte sensible<br />acc. de triton
|}
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords en jazz
|-
! scope="col" | Accord
! scope="col" | Chiffrage
! scope="col" | Renversements
|-
! scope="row" | Triade majeure
| X
| rowspan="3" | Les renversements se notent en mettant la basse après une barre de fraction, par exemple pour la triade de ''do'' majeur :
* état fondamental : C ;
* premier renversement : C/E ;
* second renversement : C/G.
|-
! scope="row" | Triade mineure
| Xm, X–
|-
! scope="row" | Septième
| X<sup>7</sup>
|}
{{clear}}
Dans le cas d'un accord de septième de dominante, le nom de l'accord change selon que l'on est en musique classique ou en jazz : en musique classique, on donne le nom de la tonalité alors qu'en jazz, on donne le nom de la fondamentale. Ainsi, l'accord appelé « septième de dominante de ''do'' majeur » en musique classique, est appelé « ''sol'' sept » (G<sup>7</sup>) en jazz : la dominante (degré {{Times New Roman|V}}, dominante) de la tonalité de ''do'' majeur est la note ''sol''.
Comment appelle-t-on en musique classique l'accord appelé « ''do'' sept » (C<sup>7</sup>) en jazz ? Les tonalités dont le ''do'' est la dominante sont les tonalités de ''fa'' majeur (''si''♭ à la clef) et de ''fa'' mineur harmonique (''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ et ''ré''♭ à la clef et ''mi''♮ accidentel). Il s'agit donc de l'accord de septième de dominante des tonalités de ''fa'' majeur et ''fa'' mineur harmonique.
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités majeures
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''Do'' majeur || || C<br />''do-mi-sol'' || G7<br />''sol-si-ré-fa''
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G<br />''sol-si-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D<br />''ré-fa''♯''-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A<br />''la-do''♯''-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F<br />''fa-la-do'' || C7<br />''do-mi-sol-si''♭
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭<br />''si''♭''-ré-fa'' || F7<br />''fa-la-do-mi''♭
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭<br />''mi''♭''-sol-si''♭ || B♭7<br />''si''♭''-ré-fa-la''♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Accords fréquents pour quelques la tonalités mineures harmoniques
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Accord parfait<br />{{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}
! scope="col" | Accord de septième<br />de dominante<br />{{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}
|-
|''La'' mineur<br />harmonique || || Am, A–<br />''la-do-mi'' || E7<br />''mi-sol''♯''-si-ré''
|-
|''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || Em, E–<br />''mi-sol-si'' || B7<br />''si-ré''♯''-fa''♯''-la''
|-
|''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || Bm, B–<br />''si-ré-fa''♯ || F♯7<br />''fa''♯''la''♯''-do''♯''-mi''
|-
|''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || F♯m, F♯–<br />''fa''♯''-la-do''♯ || C♯7<br />''do''♯''-mi''♯''-sol''♯''-si''
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || Dm, D–<br />''ré-fa-la'' || A7<br />''la-do''♯''-mi-sol''
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || Gm, G–<br />''sol-si''♭''-ré'' || D7<br />''ré-fa''♯''-la-do''
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || Cm, C–<br />''do-mi''♭''-sol'' || G7<br />''sol-si''♮''-ré-fa''
|}
{{clear}}
== Accords sur les degrés d'une gamme ==
=== Harmonisation d'une gamme ===
[[Fichier:Accord trois notes gamme do majeur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois note sur la gamme de ''do'' majeur, chiffrés.]]
On peut ainsi construire une triade par degré d'une gamme.
Pour une gamme majeure, les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|II<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|III<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|iii<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|vi<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords ont tous une quinte juste à l'exception de l'accord {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} qui a une quinte diminuée, raison pour laquelle le « 5 » est barré. C'est un accord dit « de quinte diminuée ». En jazz, l'accord diminué est noté « dim », « ° », « m<sup>♭5</sup> » ou « <sup>–♭5</sup> ».
Nous avons donc trois types d'accords (dans la notation jazz) : X (triade majeure), Xm (triade mineure) et X° (triade diminuée), la lettre X remplaçant le nom de la note fondamentale.
{{clear}}
[[Fichier:Accord trois notes gamme la mineur chiffre.svg|vignette|upright=1.2|Accords de trois notes sur une gamme de ''la'' mineur harmonique, chiffrés.]]
Pour une gamme mineure harmonique, les accords {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}}, {{Times New Roman|V<sup>♯</sup>}} et {{Times New Roman|VI<sup>5</sup>}} ont une tierce majeure. Les accords {{Times New Roman|I<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|II<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|IV<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(VII) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une tierce mineure ; ils sont parfois notés avec des chiffres romains minuscules par les anglo-saxons : {{Times New Roman|i<sup>5</sup>}}, {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}}, {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}}.
Les accords {{Times New Roman|ii<sup><s>5</s></sup>}} et {{Times New Roman|(vii) “V”<sup><s>5</s></sup>}} ont une quinte diminuée ; ce sont des accords dits « de quinte diminuée ». L'accord {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} a une quinte augmentée ; le signe « plus » indique que la note de cinquième, le ''sol'' dièse, est la sensible. En jazz, l'accord est noté « aug » ou « <sup>+</sup> ». Les autres accords ont une quinte juste.
Aux trois accords générés par une gamme majeure (X, Xm et X°), nous voyons ici apparaître un quatrième type d'accord : la triade augmentée X<sup>+</sup>.
Nous remarquons que des gammes ont des accords communs. Par exemple, l'accord {{Times New Roman|ii<sup>5</sup>}} de ''do'' majeur est identique à l'accord {{Times New Roman|iv<sup>5</sup>}} de ''la'' mineur (il s'agit de l'accord Dm).
Quel que soit le mode, les accords construits sur la sensible (accord de quinte diminuée) sont rarement utilisés. S'ils le sont, c'est en tant qu'accord de septième de dominante sans fondamentale (voir ci-après). C'est la raison pour laquelle le chiffrage indique le degré {{Times New Roman|V}} entre guillemets, et non pas le degré {{Times New Roman|VII}} (mais pour des raisons de clarté, nous l'indiquons entre parenthèses au début).
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|iii<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé (voir plus loin ''[[#Progression_d'accords|Progression d'accords]]''). C'est un accord considéré comme dissonant.
On voit que :
* un accord parfait majeur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br /> par exemple l'accord parfait de ''do'' majeur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré de la gamme de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur, sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur ;
* un accord parfait mineur peut appartenir à cinq gammes différentes ;<br />par exemple l'accord parfait de ''la'' mineur est l'accord construit sur le {{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> de la gamme de ''la'' mineur, sur le {{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré de ''mi'' mineur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''sol'' majeur, sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' majeur et sur le {{Times New Roman|VI}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur ;
* un accord de quinte diminuée peut appartenir à trois gammes différentes ;<br />par exemple, l'accord de quinte diminuée de ''si'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' majeur, sur le {{Times New Roman|II}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur et sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré de ''do'' mineur ;
* un accord de quinte augmentée (à l'état fondamental) ne peut appartenir qu'à une seule gamme ;<br /> par exemple, l'accord de quinte augmentée de ''do'' est l'accord construit sur le {{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur.
{| class="wikitable"
|+ Notation jazz des triades
|-
| rowspan="2" colspan="2" |
! scope="col" colspan="2" | Tierce
|-
! scope="col" | 3m
! scope="col" | 3M
|-
! rowspan="3" | Quinte
! scope="row" | 5d
| Xᵒ, X<sub>m</sub><sup>(♭5)</sup> ||
|-
! scope="row" | 5J
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | 5A
| || X+, X<sup>(♯5)</sup>
|}
=== Harmonisation par des accords de septième ===
[[Fichier:Harmonisation gamme do majeur par septiemes chiffre.svg|vignette|upright=2|Harmonisation de la gamme de do majeur par des accords de septième.]]
Les accords de septième contiennent une dissonance et créent ainsi une tension. Ils sont très utilisés en jazz. Nous avons représenté ci-contre l'harmonisation de la gamme de ''do'' majeur.
La constitution des accords est la suivantes :
* tierce majeure (3M)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure (7m) : sur le degré V, c'est l'accord de septième de dominante V<sup>7</sup><sub>+</sub>, noté X<sup>7</sup> (X pour G),
*** septième majeure (7M) : sur les degrés I et IV, appelés « accords de septième majeure » et notés aussi X<sup>maj7</sup> ou X<sup>Δ</sup> (X pour C ou F) ;
* tierce mineure (3m)
** quinte juste (5J)
*** septième mineure : sur les degrés ii, iii et vi, appelés « accords mineur septième » et notés Xm<sup>7</sup> ou X–<sup>7</sup> (X pour D, E ou A),
** quinte diminuée (5d)
*** septième mineure (7m) : sur le degré vii, appelé « accord demi-diminué » (puisque seule la quinte est diminuée) et noté X<sup>∅</sup> ou Xm<sup>7(♭5)</sup> ou X–<sup>7(♭5)</sup> (X pour B) ;<br /> en musique classique, on considère que c'est un accord de neuvième de dominante sans fondamentale.
Nous avons donc quatre types d'accords : X<sup>7</sup>, X<sup>maj7</sup>, Xm<sup>7</sup> et X<sup>∅</sup>
En jazz, on ajoute souvent la quarte à l'accord de sous-dominante IV (sur le ''fa'' dans une gamme de ''do'' majeur) ; il s'agit ici d'une quarte augmentée (''fa''-''si'') et l'accord est surnommé « accord lydien » mais cette dénomination est erronée (il s'agit d'une mauvaise interprétation de textes antiques). C'est un accord de onzième sans neuvième (la onzième étant l'octave de la quarte), il est noté X<sup>maj7(♯11)</sup> ou X<sup>Δ(♯11)</sup> (ici, F<sup>maj7(♯11)</sup>, ''fa''-''la''-''do''-''mi''-''si'' ou ''fa''-''la''-''si''-''do''-''mi'').
{| class="wikitable"
|+ Chiffrage jazz des accords de septième
|-
! scope="col" rowspan="2" | Tierce
! scope="col" rowspan="2" | Quinte
! scope="col" colspan="2" | Septième
|-
! scope="col" | 7m
! scope="col" | 7M
|-
| rowspan="2" | 3m
| 5d || X<sup>∅</sup>, X<sub>m</sub><sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 5J
| X<sub>m</sub><sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> ||
|-
| rowspan="2" | 3M
| X<sup>7</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
| 5A || || X<sub>+</sub><sup>maj7</sup>, X<sub>+</sub><sup>Δ</sup>
|}
=== Modulation et emprunt ===
Un morceau peut comporter des changements de tonalité; appelés « modulation ». Il y a parfois un court passage dans une tonalité différente, typiquement sur une ou deux mesures, avant de retourner dans la tonalité d'origine : on parle d'emprunt. Lorsqu'il y a une modulation ou un emprunt, les degrés changent. Un même accord peut donc avoir une fonction dans une partie du morceau et une autre fonction ailleurs. L'utilisation d'accord différents, et en particulier d'accord utilisant des altérations accidentelles, indique clairement une modulation.
Nous avons vu précédemment que les modulations courantes sont :
* les modulations dans les tons voisins ;
* les modulations homonymes ;
* les marches harmoniques.
Une modulation entre une tonalité majeure et mineure change la couleur du passage,
* la modulation la plus « douce » est entre les tonalités relatives (par exemple''do'' majeur et ''la'' mineur) car ces tonalités utilisent quasiment les mêmes notes ;
* la modulation la plus « voyante » est la modulation homonyme (par exemple entre ''do'' majeur et ''do'' mineur).
Une modulation commence souvent sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité.
Pour analyser un œuvre, ou pour improviser sur une partie, il est important de reconnaître les modulations. La description de la successind es tonalités s'appelle le « parcours tonal ».
=== Exercices élémentaires ===
L'apprentissage des accords passe par quelques exercices élémentaires.
'''1. Lire un accord'''
Il s'agit de lecture de notes : des notes composant les accords sont écrites « empilées » sur une portée, il faut les lire en énonçant les notes de bas en haut.
'''2. Reconnaître la « couleur » d'un accord'''
On écoute une triade et il faut dire si c'est une triade majeure ou mineure. Puis, on complexifie l'exercice en ajoutant la septième.
'''3. Chiffrage un accord'''
Trouver le nom d'un accord à partir des notes qui le composent.
'''4. Réalisation d'un accord'''
Trouver les notes qui composent un accord à partir de son nom.
'''5. Dictée d'accords'''
On écoute une succession d'accords et il faut soit écrire les notes sur une portée, soit écrire les noms de accords.
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree.svg|thumb|Exercice : constitution d'accord à partir de la basse chiffrée.]]
'''Exercices de basse chiffrée'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant à la basse chiffrée. Déterminer le degré de la fondamentale pour chaque accord en considérant que nous sommes dans la tonalité de ''sol'' majeur.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# La note de basse est un ''do''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''mi'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>5</sup> » indique que c'est un accord dans son état fondamental (l'écart entre deux notes consécutives ne dépasse pas la tierce), la fondamentale est donc la basse, ''do'', qui est le degré IV de la tonalité.
# La note de basse est un ''si''. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''ré'', puis nous appliquons le chiffrage 6 et ajoutons la sixte, ''sol''.<br />Le chiffrage « <sup>6</sup> » indique que c'est un accord dans son premier renversement. En le remettant dans son état fondamental, nous obtenons ''sol-si-ré'', la fondamentale est donc la tonique, le degré I.
# La note de basse est un ''la''. Nous ajoutons la tierce (chiffre 3), ''do'', et la sixte (6), ''fa''♯. Nous vérifions que le ''fa''♯ est la sensible (signe +)<br />Nous voyons un « blanc » entre les notes ''do'' et ''fa''♯. En descendant le ''fa''♯ à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''fa''♯, le degré VII. Nous pouvons le voir comme le deuxième renversement de l'accord de septième de dominante, sans fondamentale.
# La note de basse est un ''fa''♯. Le chiffrage ne contient pas de 2 ni de 4. Nous ajoutons donc la tierce, ''la'', puis nous appliquons le chiffrage 5 et ajoutons la quinte, ''do'' ; nous vérifions qu'il s'agit bien d'une quinte diminuée (le 5 est barré). Nous appliquons le chiffre 6 et ajoutons la sixte, ''ré''.<br />Nous voyons que les notes ''do'' et ''ré'' sont conjointes (intervalle de seconde). En descendant le ''ré'' à l'octave inférieure, nous obtenons un empilement de tierces ''ré-fa''♯-''la-do'', le fondamentale est donc ''ré'', le degré V. Nous constatons que l'accord chiffré est le premier renversement de l'accord de septième de dominante.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[Fichier:Exercice chiffrage accord basse chiffree.svg|vignette|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord basse chiffree solution.svg|vignette|Solution.]]
# On relève les intervalles en partant de la basse : tierce majeure (3M) et quinte juste (5J). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>5</sup><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''fa''<sup>5</sup>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est l'accord parfait sur la tonique de la tonalité de ''fa'' majeur dans son état fondamental, le chiffrage d'un accord parfait étant <sup>5</sup>.
# On relève les intervalles en partant de la basse : quarte juste (4J), sixte majeure (6M). Le chiffrage complet est donc ''fa''<sup>6</sup><sub>4</sub>.<br /> On peut aussi reconnaître que c'est le second renversement de l'accord ''mi-sol-si'', sur la tonique de la tonalité de ''mi'' mineur, le chiffrage du second renversement d'un accord parfait étant <sup>6</sup><sub>4</sub>.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte diminuée (5d), sixte mineure (6m). Le chiffrage complet est donc ''mi''<sup>6</sup><small><s>5</s></small><sub>3</sub>. On simplifie en enlevant le 3, le chiffrage est donc ''mi''<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>.<br /> On reconnaît le premier renversement de l'accord ''do-mi-sol-si''♭, accord de septième de dominante de la tonalité de ''fa'' majeur.
# Les intervalles en partant de la basse sont : tierce mineure (3m), quinte juste (5J), septième mineure (7m). Le chiffrage complet est donc ''ré''<sup>7</sup><small>5</small><sub>3</sub> ; c'est typique d'un accord de septième de dominante, son chiffrage est donc ''ré''<sup>7</sup><sub>+</sub>.<br /> On reconnaît l'accord de septième de dominante de la tonalité de ''sol'' mineur dans son état fondamental.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz.svg|thumb|Exercice : constitution d'un accord d'après son chiffrage en notation jazz.]]
'''Exercices de notation jazz'''
''Réalisation d'un accord''
Sur la figure suivante, écrire les notes des accords correspondant aux chiffrages.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice constitution accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Il s'agit de la triade majeure de ''do'' dans son état fondamental. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''do-mi-sol''.
# Il s'agit de la triade majeure de ''sol''. Les intervalles en partant de la fondamentale sont la tierce majeure (3M) et la quinte juste (5J). Les notes sont donc ''sol-si-ré''. On renverse l'accord afin que la basse soit le ''si'', l'accord est donc ''si-ré-sol''.
# Il s'agit de l'accord demi-diminué de ''fa''♯. Les intervalles sont la tierce mineure (3m), la quinte diminuée (5d) et la septième mineure (7m). Les notes sont donc ''fa''♯-''la-do-mi''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''la'', l'accord est donc ''a-do-mi-fa''♯.
# Il s'agit de l'accord de septième de ''ré''. Les intervalles sont donc la tierce majeure (3M), la quinte juste (5J) et la septième mineure (7m). Les notes sont ''ré-fa''♯''-la-do''. Nous renversons l'accord afin que la basse soit le ''fa''♯, l'accord est donc ''fa''♯''-la-do-ré''.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
''Chiffrage d'accords''
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz.svg|thumb|Accords à chiffrer.]]
Chiffrer les accords ci-contre.
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
[[File:Exercice chiffrage accord notation jazz solution.svg|thumb|Solution.]]
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, c'est donc un empilement de tierces ; l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont une tierce majeure (''fa-la'' : 3M) et une quinte juste (''fa-do'' : 5J), c'est donc la triade majeure de ''fa''. Le chiffrage est F.
# Il y a un blanc dans l'empilement des notes, c'est donc un accord renversé. En permutant les notes pour n'avoir que des tierces, on trouve l'accord ''mi-sol-si''. Les intervalles sont une tierce mineure (''mi-sol'' : 3m) et une quinte juste (''mi-si'' : 5J), c'est donc la triade mineure de ''mi'' avec un ''si'' à la basse. Le chiffrage est Em/B ou E–/B.
# Il y deux notes conjointes, c'est donc un renversement. L'état fondamental de cet accord est ''do-mi-sol-si''♭. Les intervalles sont une tierce majeure (''do-mi'' : 3M), une quinte juste (''do-sol'' : 5J) et une septième mineure (''do-si''♭ : 7m). C'est donc l'accord de ''do'' septième avec un ''mi'' à la basse, chiffré C<sup>7</sup>/E.
# Les notes sont toutes sur des interlignes consécutifs, l'accord est dans son état fondamental. Les intervalles sont la tierce mineure (''ré-fa'' : 3m), une quinte juste (''ré-la'' : 5J) et une septième mineure (''ré-do'' : 7m). C'est donc l'accord de ''ré'' mineur septième, chiffré Dm<sup>7</sup> ou D–<sup>7</sup>.
{{boîte déroulante/fin}}
{{clear}}
== Harmonie fonctionnelle ==
Le choix des accords et de leur succession — la progression des accords — est un élément important d'un morceau, de sa composition. Le compositeur ou la compositrice a bien sûr une liberté totale, mais pour faire des choix, il faut comprendre les conséquences de ces choix, et donc ici, les effets produits par les accords et leur progression.
Une des manières d'aborder le sujet est l'harmonie fonctionnelle.
=== Les trois fonctions des accords ===
En harmonie tonale, on considère que les accords ont une fonction. Il existe trois fonctions :
* la fonction de tonique, {{Times New Roman|I}} ;
* la fonction de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}} ;
* la fonction de dominante, {{Times New Roman|V}}.
L'accord de tonique, {{Times New Roman|I}}, est l'accord « stable » de la tonalité par excellence. Il conclut en général les morceaux, et ouvre souvent les morceaux ; il revient fréquemment au cours du morceau.
L'accord de dominante, {{Times New Roman|V}}, est un accord qui introduit une instabilité, une tension. En particulier, il contient la sensible (degré {{Times New Roman|VI}}), qui est une note « aspirée » vers la tonique. Cette tension, qui peut être renforcée par l'utilisation d'un accord de septième, est fréquemment résolue par un passage vers l'accord de tonique. Nous avons donc deux mouvements typiques : {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} (création d'une tension, d'une attente) et {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (résolution d'une tension). Les accords de tonique et de dominante ont le cinquième degré en commun, cette note sert donc de pivot entre les deux accords.
L'accord de sous-dominante, {{Times New Roman|IV}}, est un accord qui introduit lui aussi une tension, mais moins grande : il ne contient pas la sensible. Notons que s'il est une quarte au-dessus de la tonique, il est aussi une quinte en dessous d'elle ; il est symétrique de l'accord de dominante. Il a donc un rôle similaire à l'accord de dominante, mais atténué. L'accord de sous-dominante aspire soit vers l'accord de dominante, très proche, et l'on a alors une augmentation de la tension ; soit vers l'accord de tonique, un retour vers la stabilité (il a alors un rôle semblable à la dominante). Du fait de ces deux bifurcations possibles — augmentation de la tension ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}) ou retour à la stabilité ({{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}}) —, l'utilisation de l'accord de sous-dominante introduit un certain flottement : si l'on peut facilement prédire l'accord qui suit un accord de dominante, on ne peut pas prédire ce qui suit un accord de sous-dominante.
Notons que la composition ne consiste pas à suivre ces règles de manière stricte, ce qui conduirait à des morceaux stéréotypés et plats. Le plaisir d'écoute joue sur une alternance entre satisfaction d'une attente (respect des règles) et surprise (rompre les règles).
=== Accords remplissant ces fonctions ===
Les accords sur les autres degrés peuvent se ramener à une de ces trois fonctions :
* {{Times New Roman|II}} : fonction de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} ;
* {{Times New Roman|III}} (très peu utilisé en mode mineur en raison de sa dissonance) et {{Times New Roman|VI}} : fonction de tonique {{Times New Roman|I}} ;
* {{Times New Roman|VII}} : fonction de dominante {{Times New Roman|V}}.
En effet, les accords étant des empilements de tierces, des accords situés à une tierce l'un de l'autre — {{Times New Roman|I}} ↔ {{Times New Roman|III}}, {{Times New Roman|II}} ↔ {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} ↔ {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|VI}} ↔ {{Times New Roman|VIII}} ( = {{Times New Roman|I}}) — ont deux notes en commun. On retrouve le fait que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est considéré comme un accord de dominante sans tonique. En mode mineur, l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} est évité, il n'a donc pas de fonction.
{|class="wikitable"
|+ Fonction des accords
|-
! scope="col" | Fondamentale
! scope="col" | Fonction
|-
| {{Times New Roman|I}} || tonique
|-
| {{Times New Roman|II}} || sous-dominante faible
|-
| {{Times New Roman|III}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|IV}} || sous-dominante
|-
| {{Times New Roman|V}} || dominante
|-
| {{Times New Roman|VI}} || tonique faible
|-
| {{Times New Roman|VII}} || dominante faible
|}
Par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique : '''''do''<sup>5</sup> (C)''', ''mi''<sup>5</sup> (E–), ''la''<sup>5</sup> (A–) ;
* fonction de sous-dominante : '''''fa''<sup>5</sup> (F)''', ''ré''<sup>5</sup> (D–) ;
* fonction de dominante : '''''sol''<sup>5</sup> (G)''' ou ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub> (G<sup>7</sup>), ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>).
En ''la'' mineur harmonique :
* fonction de tonique : '''''la''<sup>5</sup> (A–)''', ''fa''<sup>5</sup> (F) [, rarement : ''do''<sup>+5</sup> (C<sup>+</sup>)] ;
* fonction de sous-dominante : '''''ré''<sup>5</sup> (D–)''', ''si''<sup> <s>5</s></sup> (B<sup>o</sup>) ;
* fonction de dominante : '''''mi''<sup>5</sup> (E)''' ou ''mi''<sup>7</sup><sub>+</sub> (E<sup>7</sup>), ''sol''♯<sup> <s>5</s></sup> (G♯<sup>o</sup>).
Le fait d'utiliser des accords différents pour remplir une fonction permet d'enrichir l'harmonie, et de jouer sur l'équilibre entre satisfaction d'une attente (on respecte les règles sur les fonctions) et surprise (mais on n'utilise pas l'accord attendu).
=== Les dominantes secondaires ===
On utilise aussi des accords de septième dominante se fondant sur un autre degré que la dominante de la gamme ; on parle de « dominante secondaire ». Typiquement, avant un accord de septième de dominante, on utilise parfois un accord de dominante de dominante, dont le degré est alors noté « {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} » ou « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|V}} » ; la fondamentale est de l'accord est alors situé cinq degrés au-dessus de la dominante ({{Times New Roman|V}}), c'est donc le degré {{Times New Roman|IX}}, c'est-à-dire le degré {{Times New Roman|II}} de la tonalité en cours). Ou encore, on utilise un accord de dominante du degré {{Times New Roman|IV}} (« {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} », la fondamentale est alors le degré {{Times New Roman|I}}) avant un accord sur le degré {{Times New Roman|IV}} lui-même.
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, on peut trouver un accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' (chiffré {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>), avant un accord ''sol - si - ré - fa'' ({{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub>). L'accord ''ré - fa''♯'' - la - do'' est l'accord de septième de dominante des tonalités de ''sol''. Dans la même tonalité, on pourra utiliser un accord ''do - mi - sol - si''♭ ({{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) avant un accord ''fa - la - do'' ({{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup>). Le recours à une dominante secondaire peut atténuer une transition, par exemple avec un enchaînement ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> → ''fa''<sup>5</sup> (C → C<sup>7</sup> → F) qui correspond à un enchaînement {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}} : le passage ''do''<sup>5</sup> → ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> (C → C<sup>7</sup>) se fait en ajoutant une note (le ''si''♭) et rend naturel le passage ''do'' → ''fa''.
Sur les sept degré de la gamme, on ne considère en général que cinq dominantes secondaires : en effet, la dominante du degré {{Times New Roman|I}} est la dominante « naturelle, primaire » de la tonalité (et n'est donc pas secondaire) ; et utiliser la dominante de {{Times New Roman|VII}} consisterait à considérer l'accord de {{Times New Roman|VII}} comme un accord propre, on évite donc les « {{Times New Roman|V}} de “{{Times New Roman|V}}” » (mais les « “{{Times New Roman|V}}” de {{Times New Roman|V}} » sont tout à fait « acceptables »).
=== Enchaînements classiques ===
Nous avons donc vu que l'on trouve fréquemment les enchaînements suivants :
* pour créer une instabilité :
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}},
** {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} (instabilité moins forte mais incertitude sur le sens d'évolution) ;
* pour maintenir l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}} ;
* pour résoudre l'instabilité :
** {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|I}},
** {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, cas particuliers (voir plus bas) :
*** {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> → {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup>,
*** {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> → {{Times New Roman|V}}<sup>7</sup><sub>+</sub> → {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>.
Les degrés indiqués ci-dessus sont les fonctions ; on peut donc utiliser les substitutions suivantes :
* {{Times New Roman|I}} par {{Times New Roman|VI}} et, en tonalité majeure, {{Times New Roman|III}} ;
* {{Times New Roman|IV}} par {{Times New Roman|II}} ;
* {{Times New Roman|V}} par {{Times New Roman|VII}}.
Pour enrichir l'harmonie, on peut utiliser les dominantes secondaires, en particulier :
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|V}} ({{Times New Roman|II}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|V}},
* {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} ({{Times New Roman|I}}<sup>7</sup><sub>+</sub>) → {{Times New Roman|IV}}.
On peut enchaîner les enchaînements, par exemple {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|V}}, ou encore {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|V}} de {{Times New Roman|IV}} → {{Times New Roman|IV}}… En jazz, on utilise très fréquemment l'enchaînement {{Times New Roman|II}} → {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}} (deux-cinq-un).
On peut bien sûr avoir d'autres enchaînements, mais ces règles permettent d'analyser un grand nombre de morceaux, et donnent des clefs utiles pour la composition. Nous voyons ci-après un certain nombre d'enchaînements courants dans différents styles
== Exercice ==
Un hautboïste travaille la sonate en ''do'' mineur S. 277 de Heinichen. Sur le deuxième mouvement ''Allegro'', il a du mal à travailler un passage en raison des altérations accidentelles. Sur la suggestion de sa professeure, il décide d'analyser la progression d'accords sous-jacente afin que les altérations deviennent logiques. Il s'agit d'un duo hautbois et basson pour lequel les accords ne sont pas chiffrés, le basson étant ici un instrument soliste et non pas un élément de la basse continue.
Sur l'extrait suivant, déterminez les basses et la qualité (chiffrage) des accords sous-jacents. Commentez.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen.]]
{{note|L'œuvre est en ''do'' mineur et devrait donc avoir trois bémols à la clef, or ici il n'y en a que deux. En effet, le ''la'' pouvant être bécarre en mode mineur mélodique ascendant, le compositeur a préféré le noter explicitement en altération accidentelle lorsque l'on est en mode mélodique naturel, harmonique ou mélodique descendant. C'est un procédé assez courant à l'époque baroque.}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution}}
Une des difficultés ici est que les arpèges joués par les instruments sont agrémentés de notes de passage.
Les notes de la basse (du basson) sont différentes entre le premier et le deuxième temps de chaque mesure et ne peuvent pas appartenir au même accord. On a donc un accord par temps.
Sur le premier temps de chaque mesure, le basson joue une octave. La note concernée est donc la basse de chaque accord. Pour savoir s'il s'agit d'un accord à l'état fondamental ou d'un renversement, on regarde ce que joue le hautbois : dans un mouvement conjoint (succession d'intervalles de secondes), il est difficile de distinguer les notes de l'arpège des notes de passage, mais
: les notes des grands intervalles font partie de l'accord.
Ainsi, sur le premier temps de la première mesure (la basse est un ''mi''♭), on a une sixte descendante ''sol''-''si''♭ et, à la fin du temps, une tierce descendante ''sol''-''mi''♭. L'accord est donc ''mi''♭-''sol''-''si''♭, c'est un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). À la fin du premier temps, le basson joue un ''do'', c'est donc une note étrangère.
Sur le second temps de la première mesure, le basson joue une tierce ascendante ''fa''-''la''♭, la première note est la basse de l'accord et la seconde une des notes de l'accord. Le hautbois commence par une sixte descendante ''la''♭-''do'', l'accord est donc ''fa''-''la''♭-''do'', un accord de quinte (accord parfait à l'état fondamental). Le ''do'' du basson la fin du premier temps est donc une anticipation.
Les autres notes étrangères de la première mesure sont des notes de passage.
Mais il faut faire attention : en suivant ce principe, sur les premiers temps des deuxième et troisième mesure, nous aurions des accords de septième d'espèce (puisque la septième est majeure). Or, on ne trouve pas, ou alors exceptionnellement, d'accord de septième d'espèce dans le baroque, mais quasi exclusivement des accords de septième de dominante. Donc au début de la deuxième mesure, le ''la''♮ est une appoggiature du ''si''♭, l'accord est donc ''si''♭-''ré''-''fa'', un asscord de quinte. De même, au début de la troisième mesure, le ''sol'' est une appoggiature du ''la''♭.
Il faut donc se méfier d'une analyse purement « mathématique ». Il faut s'attacher à ressentir la musique, et à connaître les styles, pour faire une analyse pertinente.
Ci-dessous, nous avons grisé les notes étrangères.
[[Fichier:Sonate hautbois basson heinichen 2e mvt mes49 analyse.svg|center|Extrait du deuxième mouvement Allegro de la sonate en trio en do mineur S. 277 de Johann David Heinichen. Analyse de la progression harmonique.]]
Le chiffrage jazz équivalent est :
: | E♭ F– | B♭<sup>Δ</sup> E♭ | A♭<sup>Δ</sup> D– | G …
Nous remarquons une progression assez régulière :
: ''mi''♭ ↗[2<sup>de</sup>] ''fa'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''si''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''mi''♭ | ↘[5<sup>te</sup>] ''la''♭ ↗[4<sup>te</sup>] ''ré'' | ↘[5<sup>te</sup>] ''sol''
Le ''mi''♭ est le degré {{Times New Roman|III}} de la tonalité principale (''do'' mineur), c'est donc une tonique faible ; il « joue le même rôle » qu'un ''do''. S'il y avait eu un accord de ''do'' au début de l'extrait, on aurait eu une progression parfaitement régulière ↗[4<sup>te</sup>] ↘[5<sup>te</sup>].
Nous avons les modulations suivantes :
* mesure 49 : ''do'' mineur naturel (le ''si''♭ n'est pas une sensible) avec un accord sur “{{Times New Roman|I}}” (tonique faible, {{Times New Roman|III}}, pour la première analyse, ou bien tonique forte, {{Times New Roman|I}}, pour la seconde) suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 50 : ''si''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}} suivi d'un accord sur {{Times New Roman|IV}} ;
* mesure 51 : ''la''♭ majeur avec un accord sur {{Times New Roman|I}}, et emprunt à ''do'' majeur avec un accord sur {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IV}} faible).
On a donc une marche harmonique {{Times New Roman|I}} → {{Times New Roman|IV}} qui descend d'une seconde majeure (un ton) à chaque mesure (''do'' → ''si''♭ → ''la''♭), avec une exception sur la dernière mesure (modulation en cours de mesure et descente d'une seconde mineure au lieu de majeure).
Ce passage est donc construit sur une régularité, une règle qui crée un effet d'attente — enchaînement {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> → {{Times New Roman|IV}}<sup>5</sup> avec une marche harmonique d'une seconde majeure descendante —, et des « surprises », des exceptions au début — ce n'est pas un accord {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup> mais un accord {{Times New Roman|III}}<sup>5</sup> — et à la fin — modulation en milieu de mesure et dernière descente d'une seconde mineure (½t ''la''♭ → ''sol'').
L'extrait ne permet pas de le deviner, mais la mesure 52 est un retour en ''do'' mineur, avec donc une modulation sur la dominante (accord de ''sol''<sup>7</sup><sub>+</sub>, G<sup>7</sup>).
{{boîte déroulante/fin}}
== Progression d'accords ==
Comme pour la mélodie, la succession des accords dans un morceau, la progression d'accords, suit des règles. Et comme pour la mélodie, les règles diffèrent d'un style musical à l'autre et la créativité consiste à parfois ne pas suivre ces règles. Et comme pour la mélodie, on part d'un ensemble de notes organisé, d'une gamme caractéristique d'une tonalité, d'un mode.
Les accords les plus utilisés pour une tonalité donnée sont les accords dont la fondamentale sont les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la tonalité, en particulier la triade {{Times New Roman|I}}, appelée « accord parfait » ou « accord de tonique », et l'accord de septième {{Times New Roman|V}}, appelé « septième de dominante ».
Le fait d'avoir une progression d'accords qui se répète permet de structurer un morceau. Pour les morceaux courts, il participe au plaisir de l'écoute et facilite la mémorisation (par exemple le découpage couplet-refrain d'une chanson). Sur les morceaux longs, une trop grande régularité peut introduire de la lassitude, les longs morceaux sont souvent découpés en parties présentant chacune une progression régulière. Le fait d'avoir une progression régulière permet la pratique de l'improvisation : cadence en musique classique, solo en jazz et blues.
; Note
: Le terme « cadence » désigne plusieurs choses différentes, et notamment en harmonie :
:* une partie improvisée dans un opéra ou un concerto, sens utilisé ci-dessus ;
:* une progression d'accords pour ponctuer un morceau et en particulier pour le conclure, sens utilisé dans la section suivante.
=== Accords peu utilisés ===
En mode mineur, l'accord de quinte augmentée {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} est très peu utilisé. C'est un accord dissonant ; il intervient en général comme appogiature de l'accord de tonique (par exemple en ''la'' mineur : {{Times New Roman|III<sup>+5</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ → {{Times New Roman|I<sup>6</sup>}} ''do'' - ''mi'' - ''la''), ou de l'accord de dominante ({{Times New Roman|III<sup>6</sup><sub>+3</sub>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''do'' → {{Times New Roman|V<sup>5</sup>}} ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''). Il peut être aussi utilisé comme préparation à l'accord de sous-dominante (enchaînement {{Times New Roman|III}} → {{Times New Roman|IV}}). Par ailleurs, il a une constitution symétrique — c'est l'empilement de deux tierces majeures — et ses renversements ont les mêmes intervalles à l'enharmonie près (quinte augmentée/sixte mineure, tierce majeure/quarte diminuée). De ce fait, un même accord est commun, par renversement et à l'enharmonie près, à trois tonalités : le premier renversement de l'accord ''do'' - ''mi'' - ''sol''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''la'' mineur) est enharmonique à ''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯ ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''do''♯ mineur) ; le second renversement est enharmonique à ''la''♭ - ''do'' - ''mi'' ({{Times New Roman|III}}<sup>e</sup> degré de ''fa'' mineur).
=== Accords très utilisés ===
Les trois accords les plus utilisés sont les accords de tonique (degré {{Times New Roman|I}}), de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) et de dominante ({{Times New Roman|V}}). Ils interviennent en particulier en fin de phrase, dans les cadences. L'accord de dominante sert souvent à introduire une modulation : la modulation commence sur l'accord de dominante de la nouvelle tonalité. On note que l'accord de sous-dominante est situé une quinte juste en dessous de la tonique, les accords de dominante et de sous-dominante sont donc symétriques.
En jazz, on utilise également très fréquemment l'accord de la sus-tonique (degré {{Times New Roman|II}}), souvent dans des progressions {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|V}} (- {{Times New Roman|I}}). Rappelons que l'accord de sus-tonique a la fonction de sous-dominante.
=== Cadences et ''turnaround'' ===
Le terme « cadence » provient de l'italien ''cadenza'' et désigne la « chute », la fin d'un morceau ou d'une phrase musicale.
On distingue deux types de cadences :
* les cadences conclusive, qui créent une sensation de complétude ;
* les cadences suspensives, qui crèent une sensation d'attente.
==== Cadence parfaite ====
[[Fichier:Au clair de le lune cadence parfaite.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une cadence parfaite (italienne).]]
[[Fichier:Au clair de le lune mineur cadence parfaite.midi|thumb|''Idem'' mais en mode mineur harmonique.]]
La cadence parfaite est l'enchaînement de l'accord de dominante suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}, les deux accord étant à l'état fondamental. Elle donne une impression de stabilité et est donc très souvent utilisée pour conclure un morceau. C'est une cadence conclusive.
On peut aussi utiliser l'accord de septième de dominante, la dissonance introduisant une tension résolue par l'accord parfait : {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub> - I<sup>5</sup>}}.
Elle est souvent précédée de l'accord construit sur le IV<sup>e</sup> degré, appelé « accord de préparation », pour former la cadence italienne : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}}.
Elle est également souvent précédée du second renversement de l'accord de tonique, qui est alors appelé « appoggiature de la cadence » : {{Times New Roman|I<sup>6</sup><sub>4</sub> - V<sup>5</sup>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}) {{Times New Roman|- I<sup>5</sup>}} (on remarque que les accords {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub> et {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> ont la basse en commun, et que l'on peut passer de l'un à l'autre par un mouvement conjoint sur les autres notes).
{{clear}}
==== Demi-cadence ====
[[Fichier:Au clair de le lune demi cadence.midi|thumb|''Au clair de la lune'', harmonisé avec une demi-cadence.]]
Une demi-cadence est une phrase ou un morceau se concluant sur l'accord construit sur le cinquième degré. Il provoque une sensation d'attente, de suspens. Il s'agit en général d'une succession {{Times New Roman|II - V}} ou {{Times New Roman|IV - V}}. C'est une cadence suspensive. On utilise rarement un accord de septième de dominante.
{{clear}}
==== Cadence rompue ou évitée ====
La cadence rompue, ou cadence évitée, est succession d'un accord de dominante et d'un accord de sus-dominante, {{Times New Roman|V}} - {{Times New Roman|VI}}. C'est une cadence suspensive.
==== Cadence imparfaite ====
Une cadence imparfaite est une cadence {{Times New Roman|V - I}}, comme la cadence parfaite, mais dont au moins un des deux accords est dans un état renversé.
==== Cadence plagale ====
La cadence plagale — du grec ''plagios'', oblique, en biais — est la succession de l'accord construit sur le quatrième degré, suivi de l'accord parfait : {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}. Elle peut être utilisée après une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}} - {{Times New Roman|IV<sup>5</sup> - I<sup>5</sup>}}). Elle donne un caractère solennel, voire religieux — elle est parfois appelée « cadence amen » —, elle a un côté antique qui rappelle la musique modale et médiévale<ref>{{lien web |url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/la-cadence-amen-ou-comment-se-dire-adieu-7191921 |titre=La cadence « Amen » ou comment se dire adieu |auteur=Max Dozolme (MAXXI Classique) |site=France Musique |date=2025-04-25 |consulté le=2025-04-25}}.</ref>.
C'est une cadence conclusive.
==== {{lang|en|Turnaround}} ====
[[Fichier:Au clair de le lune turnaround.midi|thumb|Au clair de la lune, harmonisé en style jazz : accords de 7{{e}}, anatole suivie d'un ''{{lang|en|turnaround}}'' ii-V-I.]]
Le terme ''{{lang|en|turnaround}}'' signifie revirement, retournement. C'est une succession d'accords que fait la transition entre deux parties, en créant une tension-résolution. Le ''{{lang|en|turnaround}}'' le plus courant est la succession {{Times New Roman|II - V - I}}.
On utilise également fréquemment l'anatole : {{Times New Roman|I - VI - II - V}}.
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité majeure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br /> {{Times New Roman|V - I}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|IV - V - I}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou IV - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|IV - I}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|I - vi - ii - V}}
|-
|''Do'' majeur || || G - C || F - G - C || Dm - G ou F - G || F - C || Dm - G - C || C - Am - Dm - G
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || D - G || C - D - G || Am - D ou C - D || C - G || Am - D - G || G - Em - Am - D
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || A - D || G - A - D || Em - A ou G - A || G - D || Em - A - D || D - Bm - Em - A
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || E - A || D - E - A || Bm - E ou D - E || D - A || Bm - E - A || A - F♯m - B - E
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || C - F || B♭ - C - F || Gm - C ou B♭ - C || B♭ - F || Gm - C - F || F - Dm - Gm - C
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || F - B♭ || E♭ - F - B♭ || Cm - F ou E♭ - F || E♭ - B♭ || Cm - F - B♭ || B♭ - Gm - Cm - F
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || B♭ - E♭ || A♭ - B♭ - E♭ || Fm - B♭ ou A♭ - B♭ || A♭ - E♭ || Fm - B♭ - E♭ || Gm - Cm - Fm - B♭
|}
{| class="wikitable"
|+ Progressions typiques d'accords dans une tonalité mineure
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" | Cadence<br />parfaite<br />{{Times New Roman|V - i}}
! scope="col" | Cadence<br />italienne<br />{{Times New Roman|iv - V - i}}
! scope="col" | Demi-<br />cadence<br />{{Times New Roman|ii - V ou iv - V}}
! scope="col" | Cadence<br />plagale<br />{{Times New Roman|iv - i}}
! scope="col" | ''Turnaround''<br />{{Times New Roman|ii - V - I}}
! scope="col" | Anatole<br />{{Times New Roman|i - VI - ii - V}}
|-
| ''La'' mineur<br />harmonique || || E - Am || Dm - E - Am || B° - E ou Dm - E || Dm - Am || B° - E - Am || Am - F - B° - E
|-
| ''Mi'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯ || B - Em || Am - B - Em || F♯° - B ou Am - B || Am - Em || F♯° - B - Em || Em - C - F♯° - B
|-
| ''Si'' mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯ || F♯ - Bm || Em - F♯ - Bm || C♯° - F♯ ou Em - F♯ || Em - Bm || C♯° - F♯ - Bm || Bm - G - C♯° - F♯
|-
| ''Fa''♯ mineur<br />harmonique || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || C♯ - F♯m || Bm - C♯ - F♯m || G♯° - C♯ ou Bm - C♯ || Bm - F♯m || G♯° - C♯ - F♯m || A+ - D - G♯° - C♯
|-
| ''Ré'' mineur<br />harmonique || ''si''♭ || A - Dm || Gm - A - Dm || E° - A ou Gm - A || Gm - Dm || E° - A - Dm || Dm - B♭ - E° - A
|-
| ''Sol'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭ || D - Gm || Cm - D - Gm || A° - D ou Cm - D || Cm - Gm|| A° - D - Gm || Gm - E♭ - A° - D
|-
| ''Do'' mineur<br />harmonique || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || G - Cm || Fm - G - Cm || D° - G ou Fm - G || Fm - Dm || D° - G - Cm || Cm - A♭ - D° - G
|}
==== Exemple : ''La Mer'' ====
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=PXQh9jTwwoA
| titre = Charles Trenet - La mer (Officiel) [Live Version]
| site = YouTube
| auteur = Charles Trenet
| consulté le = 2020-12-24
}}
Le début de ''La Mer'' (Charles Trenet, 1946) est en ''do'' majeur et est harmonisé par l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (C - Am - Dm - G<sup>7</sup>) sur deux mesures, jouée deux fois ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} × 2). Viennent des variations avec les progressions {{Times New Roman|I-III-vi-V<sup>7</sup>}} (C - E - Am - G<sup>7</sup>) puis la « progression ’50s » (voir plus bas) {{Times New Roman|I-vi-IV-VI<sup>7</sup>}} (C - Am - F - A<sup>7</sup>, on remarque que {{Times New Roman|IV}}/F est le relatif majeur du {{Times New Roman|ii}}/Dm de l'anatole), jouées chacune une fois sur deux mesure ; puis cette première partie se conclut par une demie cadence {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} sur une mesure puis une dernière anatole sur trois mesures ({{Times New Roman|1=<nowiki>|I-vi|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}}). Cela constitue une première partie « A » sur douze mesures qui se termine par une demi-cadence ({{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}}) qui appelle une suite. Cette partie A est jouée une deuxième fois mais la fin est modifiée pour la transition : les deux dernières mesures {{Times New Roman|<nowiki>|ii|V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|</nowiki>}} deviennent {{Times New Roman|<nowiki>|ii-V</nowiki><sup>7</sup><nowiki>|I|</nowiki>}} (|Dm-G7|C|), cette partie « A’ » se conclut donc par une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Le morceau passe ensuite en tonalité de ''mi'' majeur, donc une tierce au dessus de ''do'' majeur, sur six mesures. Cette partie utilise une progression ’50s {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (E - C♯m - A - B<sup>7</sup>), qui est rappelons-le une variation de l'anatole, l'accord {{Times New Roman|ii}} (Fm) étant remplacé par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}} (A). Cette anatole modifiée est jouée deux fois puis la partie en ''mi'' majeur se conclut par l'accord parfait {{Times New Roman|I}} joué sur deux mesures (|E|E|), on a donc, avec la mesure précédente, avec une cadence parfaite ({{Times New Roman|V<sup>7</sup>-I}}).
Suivent ensuite six mesures en ''sol'' majeur, donc à nouveau une tierce au dessus de ''mi'' majeur. Elle comporte une progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V<sup>7</sup>}} (G - Em - C - D<sup>7</sup>), donc anatole avec substitution du {{Times New Roman|ii}}/Am par son relatif majeur {{Times New Roman|VI}}/C (progression ’50s), puis une anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V<sup>7</sup>}} (G - Em - Am - D<sup>7</sup>) et deux mesure sur la tonique {{Times New Roman|I-I<sup>7</sup>}} (G - G<sup>7</sup>), formant à nouveau une cadence parfaite. La fin sur un accord de septième, dissonant, appelle une suite.
Cette partie « B » de douze mesures comporte donc deux parties similaires « B1 » et « B2 » qui forment une marche harmonique (montée d'une tierce).
Le morceau se conclut par une reprise de la partie « A’ » et se termine donc par une cadence parfaite.
Nous avons une structure A-A’-B-A’ sur 48 mesures, proche la forme AABA étudiée plus loin.
Donc ''La Mer'' est un morceau structuré autour de l'anatole avec des variations (progression ’50s, substitution du {{Times New Roman|ii}} par son relatif majeur {{Times New Roman|IV}}) et comportant une marche harmonique dans sa troisième partie. Les parties se concluent par des ''{{lang|en|turnarounds}}'' sous la forme d'une cadence parfaite ou, pour la partie A, par une demi-cadence.
{| border="1" rules="rows" frame="hsides"
|+ Structure de ''La Mer''
|- align="center"
|
| colspan="12" | ''do'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan=2 | A
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="3" | anatole
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | A’
| colspan="2" | anatole
| colspan="2" | //
| colspan="2" | variation
| colspan="2" | ’50s
| ½ c.
| colspan="2" | anatole
| c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-III}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|vi-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-VI<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|ii-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki>
|- align="center"
|
| colspan="6" | B1 : ''mi'' majeur
| colspan="6" background="lightgray" | B2 : ''sol'' majeur
|
|- align="center"
! scope="row" rowspan="2" | B
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
| colspan="2" | ’50s
| colspan="2" | //
|colspan="2" | c.p.
|
|-
| <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I-vi}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|IV-V<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I}} || <nowiki>|</nowiki> {{Times New Roman|I<sup>7</sup>}} || <nowiki>|</nowiki>
|-
! scope="row" | A’
| colspan="12" |
|
|}
=== Progression blues ===
La musique blues est apparue dans les années 1860. Elle est en général bâtie sur une grille d'accords ''({{lang|en|changes}})'' immuable de douze mesures ''({{lang|en|twelve-bar blues}})''. C'est sur cet accompagnement qui se répète que s'ajoute la mélodie — chant et solo. Cette structure est typique du blues et se retrouve dans ses dérivés comme le rock 'n' roll.
Le rythme est toujours un rythme ternaire syncopé ''({{lang|en|shuffle, swing, groove}}, ''notes inégales'')'' : la mesure est à quatre temps, mais la noire est divisée en noire-croche en triolet, ou encore triolet de croche en appuyant la première et la troisième.
La mélodie se construit en général sur une gamme blues de six degrés (gamme pentatonique mineure avec une quarte augmentée), mais bien que la gamme soit mineure, l'harmonie est construite sur la gamme majeure homonyme : un blues en ''fa'' a une mélodie sur la gamme de ''fa'' mineur, mais une harmonie sur la gamme de ''fa'' majeur. La grille d'accord comporte les accords construits sur les degrés {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}} et {{Times New Roman|V}} de la gamme majeure homonyme. Les accords sont souvent des accords de septième (donc avec une tierce majeure et une septième mineure), il ne s'agit donc pas d'une harmonisation de gamme diatonique (puisque la septième est majeure sur l'accord de tonique).
Par exemple, pour un blues en ''do'' :
* accord parfait de do majeur, C ({{Times New Roman|I}}<sup>er</sup> degré) ;
* accord parfait de fa majeur, F ({{Times New Roman|IV}}<sup>e</sup> degré) ;
* accord parfait de sol majeur, G ({{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré).
Il existe quelques morceaux harmonisés avec des accords mineurs, comme par exemple ''As the Years Go Passing By'' d'Albert King (Duje Records, 1959).
La progression blues est organisée en trois blocs de quatre mesures ayant les fonctions suivantes (voir ci-dessus ''[[#Harmonie fonctionnelle|Harmonie fonctionnelle]]'') :
* quatre mesures toniques ;
* quatre mesures sous-dominantes ;
* quatre mesures dominantes.
La forme la plus simple, que Jeff Gardner appelle « forme A », est la suivante :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme A
|-
! scope="row" | Tonique
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Sous-domminante
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
! scope="row" | Dominante
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
La progression {{Times New Roman|I-V}} des deux dernières mesures forment le ''{{lang|en|turnaround}}'', la demie cadence qui lance le cycle suivant. Nous présentons ci-dessous un exemple typique de ligne de basse ''({{lang|en|walking bass}})'' pour le ''{{lang|en|turnaround}}'' d'un blues en ''la'' :
[[Fichier:Turnaround classique blues en la.svg|Exemple typique de ligne de basse pour un ''turnaround'' de blues en ''la''.]]
[[Fichier:Blues mi harmonie elementaire.midi|thumb|Blues en ''mi'', harmonisé de manière élémentaire avec une ''{{lang|en|walking bass}}''.]]
Vous pouvez écouter ci-contre une harmonisation typique d'un blues en ''mi''. Les accords sont exécutés par une basse marchante ''({{lang|en|walking bass}})'', qui joue une arpège sur la triade avec l'ajout d'une sixte majeure et d'une septième mineure, et par une guitare qui joue un accord de puissance ''({{lang|en|power chord}})'', qui n'est composé que de la fondamentale et de la quinte juste, avec une sixte en appoggiature.
La forme B s'obtient en changeant la deuxième mesure : on joue un degré {{Times New Roman|IV}} au lieu d'un degré {{Times New Roman|I}}. La progression {{Times New Roman|I-IV}} sur les deux premières mesures est appelé ''{{lang|en|quick change}}''.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, forme B
|-
| width="50px" | I
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | IV
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | V
|}
Par exemple, ''Sweet Home Chicago'' (Robert Johnson, 1936) est un blues en ''fa'' ; sa grille d'accords, aux variations près, suit une forme B :
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression de ''Sweet Home Chicago''
|-
| width="50px" | F
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | B♭
| width="50px" | B♭
| width="50px" | F
| width="50px" | F
|-
| width="50px" | C7
| width="50px" | B♭7
| width="50px" | F7
| width="50px" | C7
|}
: Écouter {{lien web
| url =https://www.youtube.com/watch?v=dkftesK2dck
| titre = Robert Johnson "Sweet Home Chicago"
| auteur = Michal Angel
| site = YouTube
| date = 2007-12-09 | consulté le = 2020-12-17
}}
Les formes C et D s'obtiennent à partir des formes A et B en changeant le dernier accord par un accord sur le degré {{Times New Roman|I}}, ce qui forme une cadence plagale.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Progression blues, formes C et D
|-
| colspan="4" | …
|-
| colspan="4" | …
|-
| width="50px" | V
| width="50px" | IV
| width="50px" | I
| width="50px" | I
|}
L'harmonie peut être enrichie, notamment en jazz. Voici par exemple une grille du blues souvent utilisés en bebop.
{| class="wikitable" style="font-family:Times New Roman; text-align:center;"
|+ Exemple de progression de blues bebop sur une base de forme B
|-
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | V–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> I<sup>7</sup>
|-
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | IV<sup>7</sup>
| width="60px" | I<sup>7</sup>
| width="60px" | VI<sup>7 ♯9 ♭13</sup>
|-
| width="60px" | II–<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup>
| width="60px" | V<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> IV<sup>7</sup>
| width="60px" | II–<sup>7</sup> <nowiki>|</nowiki> V<sup>7</sup>
|}
On peut aussi trouver des blues sur huit mesures, sur seize mesures comme ''Watermelon Man'' de Herbie Hancock (album ''Takin' Off'', Blue Note, 1962) ou ''Let's Dance'' de Jim Lee (interprété par Chris Montez, Monogram, 1962)
* {{lien web
|url= https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Herbie Hancock - Watermelon Man (1962)
|auteur=theUnforgettablesTv
|site=Dailymotion
|date=2003 |consulté le=2021-02-09
}}
* {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=6JXshurYONc
|titre=Let's Dance
|auteur=Chris Montez
|site=YouTube
|date=2016-08-06 |consulté le=2021-02-09
}}
À l'inverse, certains blues peuvent avoir une structure plus simple que les douze mesure ; par exemple ''Hoochie Coochie Man'' de Willie Dixon (interprété par Muddy Waters sous le titre ''Mannish Boy'', Chicago Blues, 1954) est construit sur un seul accord répété tout le long de la chanson.
* {{lien web
|url=https://www.dailymotion.com/video/x5iduwo
|titre=Muddy Waters - Hoochie Coochie Man
|auteur=Muddy Waters
|site=Dailymotion
|date=2012 | consulté le=2021-02-09
}}
=== Cadence andalouse ===
La cadence andalouse est une progression de quatre accords, descendant par mouvement conjoint :
* en mode de ''mi'' (mode phrygien) : {{Times New Roman|IV}} - {{Times New Roman|III}} - {{Times New Roman|II}} - {{Times New Roman|I}} ;<br />par exemple en ''mi'' phrygien : Am - G - F - E ; en ''do'' phrygien : Fm - E♭ - D♭ - C ;<br />on notera que le degré {{Times New Roman|III}} est diésé dans l'accord final (ou bécarre s'il est bémol dans la tonalité) ;
* en mode mineur : {{Times New Roman|I}} - {{Times New Roman|VII}} - {{Times New Roman|VI}} - {{Times New Roman|V}} ;<br />par exemple en ''la'' mineur : Am - G - F - E ; en ''do'' mineur : Cm - B♭ - A♭ - m ;<br />comme précédemment, on notera que le degré {{Times New Roman|VII}} est diésé dans l'accord final.
=== Progressions selon le cercle des quintes ===
[[Fichier:Cercle quintes degres tonalite majeure.svg|vignette|Cercle des quinte justes (parcouru dans le sens des aiguilles d'une montre) des degrés d'une tonalité majeure.]]
La progression {{Times New Roman|V-I}} est la cadence parfaite, mais on peut aussi l'employer au milieu d'un morceau. Cette progression étant courte, sa répétition crée de la lassitude ; on peut la compléter par d'autres accords séparés d'une quinte juste, en suivant le « cercle des quintes » : {{Times New Roman|I-V-IX}}, la neuvième étant enharmonique de la seconde, on obtient {{Times New Roman|I-V-II}} ; en retournant la progression, on obtient le turnaround {{Times New Roman|II-V-I}}.
En jazz, dans le morceau ''Topsy'' (Edgar Battle et Eddir Durham), la partie <span style="border-color: black; border-style: solid; border-width: thin;">C</span> est composée d'une progression en quintes descendantes d'accords de septième de dominante : D<sup>7</sup> - G<sup>7</sup> - C<sup>7</sup> - F<sup>7</sup> - B♭<sup>7</sup> ; les improvisatiosn sur cette partie peuvent donc se faire en modulant en ''sol'' (majeur ou mineur) - ''do'' (M/m) - ''fa'' (M/m) - ''si''♭ (M/m) - ''mi''♭ (M/m).
On peut continuer de décrire le cercle des quintes : {{Times New Roman|I-V-II-VI}}, on obtient l'anatole dans le désordre ; on peut à l'inverse étendre les quintes vers la gauche, {{Times New Roman|IV-I-V-II-VI}}.
En musique populaire, on trouve fréquemment une progression fondée sur les accord {{Times New Roman|I}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|V}} et {{Times New Roman|VI}}, popularisée dans les années 1950. La « progression années 1950 », « progression ''{{lang|en|fifties ('50)}}'' » ''({{lang|en|'50s progression}})'' est dans l'ordre {{Times New Roman|I-VI-IV-V}}. On trouve aussi cette progression en musique classique. Si la tonalité est majeure, la triade sur la sus-dominante est mineure, les autres sont majeures, on notera donc souvent {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}. On peut avoir des permutations circulaires (le dernier accord venant au début, ou vice-versa) : {{Times New Roman|vi-IV-V-I}}, {{Times New Roman|IV-V-I-vi}} et {{Times New Roman|V-I-vi-IV}}.
{| class="wikitable"
|+ Accords selon la tonalité
! scope="col" | Tonalité
! scope="col" | Armure
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | I
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | IV
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | V
! scope="col" style="font-family:Times New Roman" | vi
|-
|''Do'' majeur || || C || F || G || Am
|-
|''Sol'' majeur || ''fa''♯ || G || C || D || Em
|-
|''Ré'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯ || D || G || A || Bm
|-
|''La'' majeur || ''fa''♯, ''do''♯, ''sol''♯ || A || D || E || F♯m
|-
| ''Fa'' majeur || ''si''♭ || F || B♭ || C || Dm
|-
| ''Si''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭ || B♭ || E♭ || F || Gm
|-
| ''Mi''♭ majeur || ''si''♭, ''mi''♭, ''la''♭ || E♭ || A♭ || B♭ || Cm
|}
Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} sera C-Am-F-G.
Il existe d'autres progressions utilisant ces accords mais dans un autre ordre, typiquement {{Times New Roman|I–IV–vi–V}} ou une de ses permutations circulaires : {{Times New Roman|IV–vi–V-I}}, {{Times New Roman|vi–V-I-IV}} ou {{Times New Roman|V-I-IV-vi}}. Ou dans un autre ordre.
PV Nova l'illustre dans plusieurs de ses « expériences » dans la version {{Times New Roman|vi-V-IV-I}}, soit Am-G-F-C, ou encore {{Times New Roman|vi-IV-I-V}}, soit Am-F-C-G :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=w08LeZGbXq4
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 6 — La Happy Pop
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2011-08-20 | consulté le = 2020-12-13
}}
et cela devient un gag récurrent avec son « chapeau des accords magiques qu'on nous ressort à toutes les sauces »
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=VMY_vc4nZAU
| titre = Expérience n<sup>o</sup> 14 — La Soupe dou Brasil
| auteur = PV Nova
| site = YouTube
| date = 2012-10-03 | consulté le = 2020-12-17
}}
Cette récurrence est également parodiée par le groupe The Axis of Awesome avec ses « chansons à quatre accords » ''({{lang|en|four-chords song}})'', dans une sketch où ils mêlent 47 chansons en utilisant l'ordre {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} :
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=oOlDewpCfZQ
| titre = 4 Chords | Music Videos | The Axis Of Awesome
| auteur = The Axis of Awesome
| site = YouTube
| date = 2011-07-20 | consulté le = 2020-12-17
}}
{{boîte déroulante/début|titre=Chansons mêlées dans le sketch}}
# Journey : ''Don't Stop Believing'' ;
# James Blunt : ''You're Beautiful'' ;
# Black Eyed Peas : ''Where Is the Love'' ;
# Alphaville : ''Forever Young'' ;
# Jason Mraz : ''I'm Yours'' ;
# Train : ''Hey Soul Sister'' ;
# The Calling : ''Wherever You Will Go'' ;
# Elton John : ''Can You Feel The Love Tonight'' (''Le Roi lion'') ;
# Akon : ''Don't Matter'' ;
# John Denver : ''Take Me Home, Country Roads'' ;
# Lady Gaga : ''Paparazzi'' ;
# U2 : ''With Or Without You'' ;
# The Last Goodnight : ''Pictures of You'' ;
# Maroon Five : ''She Will Be Loved'' ;
# The Beatles : ''Let It Be'' ;
# Bob Marley : ''No Woman No Cry'' ;
# Marcy Playground : ''Sex and Candy'' ;
# Men At Work : ''Land Down Under'' ;
# thème de ''America's Funniest Home Videos'' (équivalent des émissions ''Vidéo Gag'' et ''Drôle de vidéo'') ;
# Jack Johnson : ''Taylor'' ;
# Spice Girls : ''Two Become One'' ;
# A Ha : ''Take On Me'' ;
# Green Day : ''When I Come Around'' ;
# Eagle Eye Cherry : ''Save Tonight'' ;
# Toto : ''Africa'' ;
# Beyonce : ''If I Were A Boy'' ;
# Kelly Clarkson : ''Behind These Hazel Eyes'' ;
# Jason DeRulo : ''In My Head'' ;
# The Smashing Pumpkins : ''Bullet With Butterfly Wings'' ;
# Joan Osborne : ''One Of Us'' ;
# Avril Lavigne : ''Complicated'' ;
# The Offspring : ''Self Esteem'' ;
# The Offspring : ''You're Gonna Go Far Kid'' ;
# Akon : ''Beautiful'' ;
# Timberland featuring OneRepublic : ''Apologize'' ;
# Eminem featuring Rihanna : ''Love the Way You Lie'' ;
# Bon Jovi : ''It's My Life'' ;
# Lady Gaga : ''Pokerface'' ;
# Aqua : ''Barbie Girl'' ;
# Red Hot Chili Peppers : ''Otherside'' ;
# The Gregory Brothers : ''Double Rainbow'' ;
# MGMT : ''Kids'' ;
# Andrea Bocelli : ''Time To Say Goodbye'' ;
# Robert Burns : ''Auld Lang Syne'' ;
# Five for fighting : ''Superman'' ;
# The Axis of Awesome : ''Birdplane'' ;
# Missy Higgins : ''Scar''.
{{boîte déroulante/fin}}
Vous pouvez par exemple jouer les accords C-G-Am-F ({{Times New Roman|I-V-vi-IV}}) et chanter dessus ''{{lang|en|Let It Be}}'' (Paul McCartney, The Beattles, 1970) ou ''Libérée, délivrée'' (Robert Lopez, ''La Reine des neiges'', 2013).
La progression {{Times New Roman|I-V-vi-IV}} est considérée comme « optimiste » tandis que sa variante {{Times New Roman|iv-IV-I-V}} est considérée comme « pessimiste ».
On peut voir la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} comme une variante de l'anatole {{Times New Roman|I-vi-ii-V}}, obtenue en remplaçant l'accord de sustonique {{Times New Roman|ii}} par l'accord de sous-dominante {{Times New Roman|IV}} (son relatif majeur, et degré ayant la même fonction).
==== Exemples de progression selon le cercle des quintes en musique classique ====
[[Fichier:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.midi|vignette|Dietrich Buxtehude, Psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
Cette progression selon la cercle des quintes, sous la forme {{Times New Roman|I-vi-IV-V}}, apparaît déjà au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> siècle dans le psaume 42 ''Quem ad modum desiderat cervis'' (BuxVW92) de Dietrich Buxtehude (1637-1707). Le morceau est en ''fa'' majeur, la progression d'accords est donc F-Dm-B♭-C.
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=8FmV9l1RqSg
| titre = D. Buxtehude - Quemadmodum desiderat cervus, BuxWV 92
| auteur = Longobardo
| site = YouTube
| date = 2013-04-06 | consulté la = 2021-01-01
}}
[[File:BuxWV92 quemadmodum desiderat cervis Dietrich Buxtehude.svg|vignette|450x450px|center|Dietrich Buxtehude, psaume 42 ''Quemadmodum desiderat cervis'', quatre premières mesures.]]
{{clear}}
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.midi|vignette|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.]]
On la trouve également dans l'ouverture de la cantate ''{{lang|de|Wachet auf, ruft uns die Stimme}}'' de Jean-Sébastien Bach (BWV140, 1731). Le morceau est en ''mi''♭ majeur, la progression d'accords est donc E♭-Cm-A♭<sup>6</sup>-B♭.
[[Fichier:JSBach BWV140 cantate 4 mesures.svg|vignette|center|J.-S. Bach, cantate BWV140, quatre premières mesures.|alt=|517x517px]]
{{clear}}
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.midi|vignette|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
La même progression est utilisée par Mozart, par exemple dans le premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778), la progression d'accords est C-Am-F-G qui correspond à la progression {{Times New Roman|III-i-VI-VII}} de ''la'' mineur, mais à la progression {{Times New Roman|I-vi-IV-V}} de la gamme relative, ''do'' majeur .
[[Fichier:Mozart K310 Sonate8 mesures 45 a 49.svg|vignette|center|500px|Mozart, mesures 45 à 49 du premier mouvement de la sonate pour piano n<sup>o</sup> 8 en ''la'' mineur (K310, 1778).]]
=== Substitution tritonique ===
Un des accords les plus utilisés est donc l'accord de septième de dominante, {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} qui contient les degrés {{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|VII}}, {{Times New Roman|II}} ({{Times New Roman|IX}}) et {{Times New Roman|IV}}({{Times New Roman|XI}}) ; par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, l'accord de ''sol'' septième (G<sup>7</sup>) contient les notes ''sol''-''si''-''ré''-''fa''. Si l'on prend l'accord dont la fondamentale est trois tons (triton) au-dessus ou en dessous — l'octave contenant six tons, on arrive sur la même note —, {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}, ici ''ré''♭ septième (D♭<sup>7</sup>), celui-ci contient les notes ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''do''♭, cette dernière note étant l'enharmonique de ''si''. Les deux accords G<sup>7</sup> et D♭<sup>7</sup> ont donc deux notes en commun : le ''fa'' et le ''si''/''do''♭.
Il est donc fréquent en jazz de substituer l'accord {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}} par l'accord {{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}. Par exemple, la progression {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}} devient {{Times New Roman|ii<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|♭II<sup>7</sup>}}-{{Times New Roman|I<sup>Δ</sup>}}. C'est un procédé courant de réharmonisation (le fait de remplacer un accord par un autre dans un morceau existant).
Les six substitutions possibles sont donc : C<sup>7</sup>↔F♯<sup>7</sup> - D♭<sup>7</sup>↔G<sup>7</sup> - D<sup>7</sup>↔A♭<sup>7</sup> - E♭<sup>7</sup>↔A<sup>7</sup> - E<sup>7</sup>↔B♭<sup>7</sup> - F<sup>7</sup>↔B<sup>7</sup>.
[[Fichier:Übermäsiger Terzquartakkord.jpg|vignette|Exemple de cadence parfaite en ''do'' majeur avec substitution tritonique (sixte française).]]
Dans l'accord D♭<sup>7</sup>, si l'on remplace le ''do''♭ par son ''si'' enharmonique, on obtient un accord de sixte augmentée : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si''. Cet accord est utilisé en musique classique depuis la Renaissance ; on distingue en fait trois accords de sixte augmentée :
* sixte française ''ré''♭-''fa''-''sol''-''si'' ;
* sixte allemande : ''ré''♭-''fa''-''la''♭-''si'' ;
* sixte italienne : ''ré''♭-''fa''-''si''.
Par exemple, le ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert (1828) se termine par une cadence parfaite dont l'accord de dominante est remplacé par une sixte française ''ré''♭-''fa''-''si''-''sol''-''si'' (''ré''♭ aux violoncelles, ''fa'' à l'alto, ''si''-''sol'' aux seconds violons et ''si'' au premier violon).
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.wav|vignette|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
[[Fichier:Schubert C major Quintet ending.png|vignette|center|upright=2.5|Sept dernières mesures du ''Quintuor en ''ut'' majeur'' de Franz Schubert.]]
=== Autres accords de substitution ===
Substituer un accord consiste à utiliser un accord provenant d'une tonalité étrangère à la tonalité en cours. À la différence d'une modulation, la substitution est très courte et ne donne pas l'impression de changer de tonalité ; on a juste un sentiment « étrange » passager. Un court passage dans une autre tonalité est également appelée « emprunt ».
Nous avons déjà vu plusieurs méthodes de substitution :
* utilisation d'une note étrangère : une note étrangère — note de passage, appoggiature, anticipation, retard… — crée momentanément un accord hors tonalité ; en musique classique, ceci n'est pas considéré comme un accord en propre, mais en jazz, on parle « d'accord de passage » et « d'accord suspendu » ;
* utilisation d'une dominante secondaire : l'accord de dominante secondaire est hors tonalité ; le but ici est de faire une cadence parfaite, mais sur un autre degré que la tonique de la tonalité en cours ;
* la substitution tritonique, vue ci-dessus, pour remplacer un accord de septième de dominante.
Une dernière méthode consiste à remplacer un accord par un accord d'une gamme de même tonique, mais d'un autre mode ; on « emprunte » ''({{lang|en|borrow}})'' l'accord d'un autre mode. Par exemple, substituer un accord de la tonalité de ''do'' majeur par un accord de la tonalité de ''do'' mineur ou de ''do'' mode de ''mi'' (phrygien).
Donc en ''do'' majeur, on peut remplacer un accord de ''ré'' mineur septième (D<sub>m</sub><sup>7</sup>) par un accord de ''ré'' demi-diminué (D<sup>⌀</sup>, D<sub>m</sub><sup>7♭5</sup>) qui est un accord appartenant à la donalité de ''la'' mineur harmonique.
=== Forme AABA ===
La forme AABA est composée de deux progressions de huit mesures, notées A et B ; cela représente trente-deux mesures au total, on parle donc souvent en anglais de la ''{{lang|en|32-bars form}}''. C'est une forme que l'on retrouve dans de nombreuses chanson de comédies musicales de Broadway comme ''Have You Met Miss Jones'' (''{{lang|en|I'd Rather Be Right}}'', 1937), ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' (''Le Magicien d'Oz'', Harold Harlen, 1939), ''{{lang|en|All the Things You Are}}'' (''{{lang|en|Very Warm for may}}'', 1939).
Par exemple, la version de ''{{lang|en|Over the Rainbow}}'' chantée par Judy Garland est en ''la''♭ majeur et la progression d'accords est globalement :
* A (couplet) : A♭-Fm | Cm-A♭ | D♭ | Cm-A♭ | D♭ | D♭-F | B♭-E♭ | A♭
* B (pont) : A♭ | B♭m | Cm | D♭ | A♭ | B♭-G | Cm-G | B♭m-E♭
soit en degrés :
* A : {{Times New Roman|<nowiki>I-vi | iii-I | IV | iii-IV | IV | IV-vi | II-V | I</nowiki>}}
* B : {{Times New Roman|<nowiki>I | ii | iii | IV | I | II-VII | iii-VII | ii-V</nowiki>}}
Par rapport aux paroles de la chanson, on a
* A : couplet 1 ''« {{lang|en|Somewhere […] lullaby}} »'' ;
* A : couplet 2 ''« {{lang|en|Somewhere […] really do come true}} »'' ;
* B : pont ''« {{lang|en|Someday […] you'll find me}} »'' ;
* A : couplet 3 ''« {{lang|en|Somewhere […] oh why can't I?}} »'' ;
: {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=1HRa4X07jdE
| titre = Judy Garland - Over The Rainbow (Subtitles)
| site = YouTube
| auteur = Overtherainbow
| consulté le = 2020-12-17
}}
Une mise en œuvre de la forme AABA couramment utilisée en jazz est la forme anatole (à le pas confondre avec la succession d'accords du même nom), en anglais ''{{lang|en|rythm changes}}'' car elle s'inspire du morceau ''{{lang|en|I Got the Rythm}}'' de George Gerschwin (''Girl Crazy'', 1930) :
* A : {{Times New Roman|I–vi–ii–V}} (succession d'accords « anatole ») ;
* B : {{Times New Roman|III<sup>7</sup>–VI<sup>7</sup>–II<sup>7</sup>–V<sup>7</sup>}} (les fondamentales forment une succession de quartes, donc parcourent le « cercle des quintes » à l'envers).
Par exemple, ''I Got the Rythm'' étant en ''ré''♭ majeur, la forme est :
* A : D♭ - B♭m - E♭m - A♭
* B : F7 - B♭7 - E♭7 - A♭7
=== Exemples ===
==== Début du Largo de la symphonie du Nouveau Monde ====
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.svg|vignette|Partition avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures.midi|vignette|Fichier son avec les cinq premières mesures du Largo de la symphonie du Nouveau Monde.]]
Nous avons reproduit ci-contre les cinq premières mesure du deuxième mouvement Largo de la symphonie « Du Nouveau Monde » (symphonie n<sup>o</sup> 9 d'Antonín Dvořák, 1893). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un orchestre symphonique :
* {{lien web
|url =https://www.youtube.com/watch?v=y2Nw9r-F_yQ?t=565
|titre = Dvorak Symphony No.9 "From the New World" Karajan 1966
|site=YouTube (Seokjin Yoon)
|consulté le=2020-12-11
}} (à 9 min 25), par le Berliner Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1966) ;
* {{lien web
|url = https://www.youtube.com/watch?v=ASlch7R1Zvo
|titre=Dvořák: Symphony №9, "From The New World" - II - Largo
|site=YouTube (diesillamusicae)
|consulté le=2020-12-11
}} : Wiener Philharmoniker, dirigé par Herbert von Karajan (1985).
{{clear}}
Cette partie fait intervenir onze instruments monodiques (ne jouant qu'une note à la fois) : des vents (trois bois, sept cuivres) et une percussion. Certains de ces instruments sont transpositeurs (les notes sur la partition ne sont pas les notes entendues). Jouées ensemble, ces onze lignes mélodiques forment des accords.
Pour étudier cette partition, nous réécrivons les parties des instruments transpositeurs en ''do'' et les parties en clef d’''ut'' en clef de ''fa''. Nous regroupons les parties en clef de ''fa'' d'un côté et les parties en clef de ''sol'' d'un autre.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=[[File:Largo nouveau monde 5 1res mesures transpositeurs en do.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde, en do.]]}}
Nous pouvons alors tout regrouper sous la forme d'un système de deux portées clef de ''fa'' et clef de ''sol'', comme une partition de piano.
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords.]]
{{clear}}
Ensuite, nous ne gardons que la basse et les notes médium. Nous changeons éventuellement certaines notes d'octave afin de n'avoir que des superpositions de tierce ou de quinte (état fondamental des accords, en faisant ressortir les notes manquantes).
{{boîte déroulante|Résultat|contenu=
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.svg|class=transparent|center|Le début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde sous forme d'accords simplifiés.]]
}}
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords simplifies.midi|vignette|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde joué sous forme d'accords simplifiés.]]
Vous pouvez écouter cette partie jouée par un quintuor de cuivres (trompette, bugle, cor, trombone, tuba), donc avec des accords de cinq notes :
: {{lien web
|url=https://www.youtube.com/watch?v=pWfe60nbvjA
|titre = Largo from The New World Symphony by Dvorak
|site=YouTube (The Chamberlain Brass)
|consulté le=2020-12-11
}} : The American Academy of Arts & Letters in New York City (2017).
Nous allons maintenant chiffrer les accords.
Pour établir la basse chiffrée, il nous faut déterminer le parcours harmonique. Pour le premier accord, les tonalités les plus simples avec un ''sol'' dièse sont ''la'' majeur et ''fa'' dièse mineur ; comme le ''mi'' est bécarre, nous retenons ''la'' majeur, il s'agit donc d'un accord de quinte sur la dominante (les accords de dominante étant très utilisés, cela nous conforte dans notre choix). Puis nous avons un ''si'' bémol, nous pouvons être en ''fa'' majeur ou en ''ré'' mineur ; nous retenons ''fa'' majeur, c'est donc le renversement d'un accord sur le degré {{Times New Roman|II}}.
Dans la deuxième mesure, nous revenons en ''la'' majeur, puis, avec un ''la'' et un ''ré'' bémols, nous sommes en ''la'' bémol majeur ; nous avons donc un accord de neuvième incomplet sur la sensible, ou un accord de onzième incomplet sur la dominante.
Dans la troisième mesure, nous passons en ''ré'' majeur, avec un accord de dominante. Puis, nous arrivons dans la tonalité principale, avec le renversement d'un accord de dominante sans tierce suivi d'un accord de tonique. Nous avons donc une cadence parfaite, conclusion logique d'une phrase.
La progression des accords est donc :
{| class="wikitable"
! scope="row" | Tonalité
| ''la'' M - ''fa'' M || ''la'' M - ''la''♭ M || ''ré'' M - ''ré''♭ M || ''ré''♭ M
|-
! scope="row" | Accords
| {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|II}}<sup>6</sup><sub>4</sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|“V”}}<sup>9</sup><sub><s>5</s></sub> || {{Times New Roman|V}}<sup>5</sup> - {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> || {{Times New Roman|I}}<sup>5</sup>
|}
Dans le chiffrage jazz, nous avons donc :
* une triade de ''mi'' majeur, E ;
* une triade de ''sol'' majeur avec un ''ré'' en basse : G/D ;
* à nouveau un E ;
* un accord de ''sol'' neuvième diminué incomplet, avec un ''ré'' bémol en basse : G dim<sup>9</sup>/D♭ ;
* un accord de ''la'' majeur, A ;
* un accord de ''la'' bémol septième avec une ''sol'' bémol à la basse : A♭<sup>7</sup>/G♭ ;
* la partie se conclue par un accord parfait de ''ré''♭ majeur, D♭.
Soit une progression E - G/D | E - G dim<sup>9</sup>/D♭ | A - A♭<sup>7</sup>/G♭ | D♭.
[[Fichier:Largo nouveau monde 5 1res mesures accords chiffres.svg|class=transparent|center|Début du Largo de la symphonie Du Nouveau Monde en accords simplifiés.]]
{{clear}}
==== Thème de Smoke on the Water ====
Le morceau ''Smoke on the Water'' du groupe Deep Purple (album ''Machine Head'', 1972) possède un célèbre thème, un riff ''({{lang|en|rythmic figure}})'', joué à la guitare sous forme d'accords de puissance ''({{lang|en|power chords}})'', c'est-à-dire des accords sans tierce. Le morceau est en tonalité de ''sol'' mineur naturel (donc avec un ''fa''♮) avec ajout de la note bleue (''{{lang|en|blue note}}'', quinte diminuée, ''ré''♭), et les accords composant le thème sont G<sup>5</sup>, B♭<sup>5</sup>, C<sup>5</sup> et D♭<sup>5</sup>, ce dernier accord étant l'accord sur la note bleue et pouvant être considéré comme une appoggiature (indiqué entre parenthèse ci-après). On a donc ''a priori'', sur les deux premières mesures, une progression {{Times New Roman|I-III-IV}} puis {{Times New Roman|I-III-(♭V)-IV}}. Durant la majeure partie du thème, la guitare basse tient la note ''sol'' en pédale.
{{note|En jazz, la qualité « <sup>5</sup> » indique que l'on n'a que la quinte (et donc pas la tierce), contrairement à la notation de basse chiffrée.}}
: {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ili04
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (Live at Montreux 2006)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
Cependant, cette progression forme une mélodie, on peut donc plus la voir comme un contrepoint, la superposition de deux voies ayant un mouvement conjoint, joué par un seul instrument, la guitare, la voie 2 étant jouée une quarte juste en dessous de la voie 1 (la quarte juste descendante étant le renversement de la quinte juste ascendante) :
* voie 1 (aigu) : | ''sol'' - ''si''♭ - ''do'' | ''sol'' - ''si''♭ - (''ré''♭) - ''do'' | ;
* voie 2 (grave) : | ''ré'' - ''fa'' - ''sol'' | ''ré'' - ''fa'' - (''la''♭) - ''sol'' |.
En se basant sur la basse (''sol'' en pédale), nous pouvons considérer que ces deux mesures sont accompagnées d'un accord de Gm<sup>7</sup> (''sol''-''si''♭-''ré''-''fa''), chaque accord de la mélodie comprenant à chaque fois au moins une note de cet accord à l'exception de l'appogiature.
{| class="wikitable"
|+ Mise en évidence des notes de l'accord Gm<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| '''''sol''''' || '''''si''♭''' || ''do''
|-
! scope="row" | Voie 2
| '''''ré''''' || '''''fa''''' || '''''sol'''''
|-
! scope="row" | Basse
| '''''sol''''' || '''''sol''''' || '''''sol'''''
|}
Sur les deux mesures suivantes, la basse varie et suit les accords de la guitare avec un retard sur le dernier accord :
{| class="wikitable"
|+ Voies sur les mesure 3-4 du thème
|-
! scope="row" | Accords
| G<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || C<sup>5</sup> || B♭<sup>5</sup> || G<sup>5</sup>
|-
! scope="row" | Voie 1
| ''sol'' || ''si''♭ || ''do'' || ''si''♭ || ''sol''
|-
! scope="row" | Voie 2
| ''ré'' || ''fa'' || ''sol'' || ''fa'' || ''ré''
|-
! scope="row" | Basse
| ''sol'' || ''sol'' || ''do'' || ''si''♭ || ''si''♭-''sol''
|}
Le couplet de cette chanson est aussi organisé sur une progression de quatre mesures, la guitare faisant des arpèges sur les accords G<sup>5</sup> (''sol''-''ré''-''sol'') et F<sup>5</sup> (''fa''-''do''-''fa'') :
: | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-F<sup>5</sup> | G<sup>5</sup>-G<sup>5</sup> |
soit une progression {{Times New Roman|<nowiki>| I-I | I-I | I-VII | I-I |</nowiki>}}. Nous pouvons aussi harmoniser le riff du thème sur cette progression, avec un accord F (''fa''-''la''-''do'') ; nous pouvons aussi nous rappeler que l'accord sur le degré {{Times New Roman|VII}} est plus volontiers considéré comme un accord de septième de dominante {{Times New Roman|V<sup>7</sup>}}, soit ici un accord Dm<sup>7</sup> (''ré''-''fa''-''la''-''do''). On peut donc considérer la progression harmonique sur le thème :
: | Gm-Gm | Gm-Gm | Gm-F ou Dm<sup>7</sup> | Gm-Gm |.
Cette analyse permet de proposer une harmonisation enrichie du morceau, tout en se rappelant qu'une des forces du morceau initial est justement la simplicité de sa structure, qui fait ressortir la virtuosité des musiciens. Nous pouvons ainsi comparer la version album à la version concert avec orchestre ou à la version latino de Pat Boone. À l'inverse, le groupe Psychostrip, dans une version grunge, a remplacé les accords par une ligne mélodique :
* le thème ne contient plus qu'une seule voie (la guitare ne joue pas des accords de puissance) ;
* dans les mesures 9 et 10, la deuxième guitare joue en contrepoint de type mouvement inverse, qui est en fait la voie 2 jouée en miroir ;
* l'arpège sur le couplet est remplacé par une ligne mélodique en ostinato sur une gamme blues.
{| class="wikitable"
|+ Contrepoint sur les mesures 9 et 10
|-
! scope="row" | Guitare 1
| ''sol'' ↗ ''si''♭ ↗ ''do''
|-
! scope="row" | Guitare 2
| ''sol'' ↘ ''fa'' ↘ ''ré''
|}
* {{lien web
| url = https://www.dailymotion.com/video/x5ik234
| titre = Deep Purple — Smoke on the Water (In Concert with the London Symphony Orchestra, 1999)
| auteur = Deep Purple
| site = Dailymotion
| date = 2016 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=MtUuNzVROIg
| titre = Pat Boone — Smoke on the Water (In a Metal Mood, No More Mr. Nice Guy, 1997)
| auteur = Orrore a 33 Giri
| site = YouTube
| date = 2019-06-24 | consulté le = 2020-12-31
}}
* {{lien web
| url = https://www.youtube.com/watch?v=n7zLlZ8B0Bk
| titre = Smoke on the Water (Heroes, 1993)
| auteur = Psychostrip
| site = YouTube
| date = 2018-06-20 | consulté le = 2020-12-31
}}
== Accords et improvisation ==
Nous avons vu précédemment (chapitre ''[[../Gammes et intervalles#Modes et improvisation|Gammes et intervalles > Modes et improvisation]]'') que le choix d'un mode adapté permet d'improviser sur un accord. L'harmonisation des gammes permet, en inversant le processus, d'étendre notre palette : il suffit de repérer l'accord sur une harmonisaiton de gamme, et d'utiliser cette gamme-là, dans le mode correspondant du degré de l'accord (voir ci-dessus ''[[#Harmonisation par des accords de septième|Harmonisation par des accords de septième]]'').
Par exemple, nous avons vu que l'accord sur le septième degré d'une gamme majeure était un accord demi-diminué ; nous savons donc que sur un accord demi-diminué, nous pouvons improviser sur le mode correspondant au septième degré, soit le mode de ''si'' (locrien).
Un accord de septième de dominante étant commun aux deux tonalités homonymes (par exemple ''fa'' majeur et ''fa'' mineur pour un ''do''<sup>7</sup><sub>+</sub> / C<sup>7</sup>), nous pouvons utiliser le mode de ''sol'' de la gamme majeure (mixolydien) ou de la gamme mineure mineure (mode phrygien dominant, ou phrygien espagnol) pour improviser. Mais l'accord de septième de dominante est aussi l'accord au début d'une grille blues ; on peut donc improviser avec une gamme blues, même si la tierce est majeure dans l'accord et mineure dans la gamme.
[[Fichier:Mode improvisation accords do complet.svg]]
== Autres accords courants ==
[[fichier:Cluster cdefg.png|vignette|Agrégat ''do - ré - mi - fa - sol''.]]
Nous avons vu précédemment l'harmonisation des tonalités majeures et mineures harmoniques par des triades et des accords de septième ; certains accords étant rarement utilisés (l'accord sur le degré {{Times New Roman|III}} et, pour les tonalités mineures harmoniques, l'accord sur la tonique), certains accords étant utilisés comme des accords sur un autre degré (les accords sur la sensible étant considérés comme des accords de dominante sans fondamentale).
Dans l'absolu, on peut utiliser n'importe quelle combinaison de notes, jusqu'aux agrégats, ou ''{{lang|en|clusters}}'' (mot anglais signifiant « amas », « grappe ») : un ensemble de notes contigües, séparées par des intervalles de seconde. Dans la pratique, on reste souvent sur des accords composés de superpositions de tierces, sauf dans le cas de transitions (voir la section ''[[#Notes étrangères|Notes étrangère]]'').
=== En musique classique ===
On utilise parfois des accords dont les notes ne sont pas dans la tonalité (hors modulation). Il peut s'agir d'accords de passage, de notes étrangères, par exemple utilisant un chromatisme (mouvement conjoint par demi-tons).
Outre les accords de passage, les autres accords que l'on rencontre couramment en musique classique sont les accords de neuvième, et les accords de onzième et treizième sur tonique. Ces accords sont simplement obtenus en continuant à empiler les tierces. Il n'y a pas d'accord d'ordre supérieur car la quinzième est deux octaves au-dessus de la fondamentale.
Comme pour les accords de septième, on distingue les accords de neuvième de dominante et les accords de neuvième d'espèce. Dans le cas de la neuvième de dominante, il y a une différence entre les tonalités majeures et mineures : l'intervalle de neuvième est respectivement majeur et mineur. Les chiffrages des renversements peuvent donc différer. Comme pour les accords de septième de dominante, on considère que les accords de septième sur le degré {{Times New Roman|VI}} sont en fait des accords de neuvième de dominante sans fondamentale.
Les accords de neuvième d'espèce sont en général préparés et résolus. Préparés : la neuvième étant une note dissonante (c'est à une octave près la seconde de la fondamentale), l'accord qui précède doit contenir cette note, mais dans un accord consonant ; la neuvième est donc commune avec l'accord précédent. Résolus : la dissonance est résolue en abaissant la neuvième par un mouvement conjoint. Par exemple, en tonalité de ''do'' majeur, si l'on veut utiliser un accord de neuvième d'espèce sur la tonique ''(do - mi - sol - si - ré)'', on peut utiliser avant un accord de dominante ''(sol - si - ré)'' en préparation puis un accord parfait sur le degré {{Times New Roman|IV}} ''(fa - la - do)'' en résolution ; nous avons donc sur la voie la plus aigüe la succession ''ré'' (consonant) - ''ré'' (dissonant) - ''do'' (consonant).
On rencontre également parfois des accords de onzième et de treizième. On omet en général la tierce, car elle est dissonante avec la onzième. L'accord le plus fréquemment rencontré est l'accord sur la tonique : on considère alors que c'est un accord sur la dominante que l'on a enrichi « par le bas », en ajoutant une quinte inférieure. par exemple, dans la tonalité de ''do'' majeur, l'accord ''do - sol - si - ré - fa'' est considéré comme un accord de septième de dominante sur tonique, le degré étant noté « {{Times New Roman|V}}/{{Times New Roman|I}} ». De même pour l'accord ''do - sol - si - ré - fa - la'' qui est considéré comme un accord de neuvième de dominante sur tonique.
=== En jazz ===
En jazz, on utilise fréquemment l'accord de sixte à la place de l'accord de septième majeure sur la tonique. Par exemple, en ''do'' majeur, on utilise l'accord C<sup>6</sup> ''(do - mi - sol - la)'' à la place de C<sup>Δ</sup> ''(do - mi - sol - si)''. On peut noter que C<sup>6</sup> est un renversement de Am<sup>7</sup> et pourrait donc se noter Am<sup>7</sup>/C ; cependant, le fait de le noter C<sup>6</sup> indique que l'on a bien un accord sur la tonique qui s'inscrit dans la tonalité de ''do'' majeur (et non, par exemple, de ''la'' mineur naturelle) — par rapport à l'harmonie fonctionnelle, on remarquera que Am<sup>7</sup> a une fonction tonique, l'utilisation d'un renversement de Am<sup>7</sup> à la place d'un accord de C<sup>Δ</sup> est donc logique.
Les accords de neuvième, onzième et treizième sont utilisés comme accords de septième enrichis. Le chiffrage suit les règles habituelles : on ajoute un « 9 », un « 11 » ou un « 13 » au chiffrage de l'accord de septième.
On utilise également des accords dits « suspendus » : ce sont des accords de transition qui sont obtenus en prenant une triade majeure ou mineure et en remplaçant la tierce par la quarte juste (cas le plus fréquent) ou la seconde majeure. Plus particulièrement, lorsque l'on parle simplement « d'accord suspendu » sans plus de précision, cela désigne l'accord de neuvième avec une quarte suspendue, noté « 9sus4 » ou simplement « sus ».
== L'harmonie tonale ==
L'harmonie tonale est un ensemble de règle assez strictes qui s'appliquent dans la musique savante européenne, de la période baroque à la période classique classique ({{pc|xiv}}<sup>e</sup>-{{pc|xviii}}<sup>e</sup> siècle). Certaines règles sont encore largement appliquées dans divers styles musicaux actuels, y compris populaire (rock, rap…), d'autres sont au contraire ignorées (par exemple, un enchaînement de plusieurs accords de même qualité forme un mouvement parallèle, ce qui est proscrit en harmonie tonale). De nos jours, on peut voir ces règles comme des règles « de bon goût », et leur application stricte comme une manière de composer « à la manière de ».
Précédemment, nous avons vu la progression des accords. Ci-après, nous abordons aussi la manière dont les notes de l'accord sont réparties entre plusieurs voix, et comment on construit chaque voix.
=== Concepts fondamentaux ===
; Consonance
: Les intervalles sont considérés comme « plus ou moins consonants » :
:* consonance parfaite : unisson, quinte et octave ;
:* consonance mixte (parfaite dans certains contextes, imparfaite dans d'autres) : quarte ;
:* consonance imparfaite : tierce et sixte ;
:* dissonance : seconde et septième.
; Degrés
: Certains degrés sont considérés comme « forts », « meilleurs », ce sont les « notes tonales » : {{Times New Roman|I}} (tonique), {{Times New Roman|IV}} (sous-dominante) et {{Times New Roman|V}} (dominante).
[[Fichier:Mouvements harmoniques.svg|vignette|upright=0.75|Mouvements harmoniques.]]
; Mouvements
: Le mouvement décrit la manière dont les voix évoluent les unes par rapport aux autres :
:# Mouvement parallèle : les voix sont séparées par un intervalle constant.
:# Mouvement oblique : une voix reste constante, c'est le bourdon ; l'autre monte ou descend.
:# Mouvement contraire : une voix descend, l'autre monte.
:# Échange de voix : les voix échangent de note ; les mélodies se croisent mais on a toujours le même intervalle harmonique.
{{clear}}
=== Premières règles ===
; Règle du plus court chemin
: Quand on passe d'un accord à l'autre, la répartition des notes se fait de sorte que chaque voix fait le plus petit mouvement possible. Notamment : si les deux accords ont des notes en commun, alors les voix concernées gardent la même note.
: Les deux voix les plus importantes sont la voix aigüe — soprano — et la voix la plus grave — basse. Ces deux voix sont relativement libres : la voix de soprano a la mélodie, la voix de basse fonde l'harmonie. La règle du plus court chemin s'applique surtout aux voix intermédiaires ; si l'on a des mouvements conjoints, ou du moins de petits intervalles — c'est le sens de la règle du plus court chemin —, alors les voix sont plus faciles à interpréter. Cette règle évite également que les voix n'empiètent l'une sur l'autre (voir la règle « éviter le croisement des voix »).
; Éviter les consonances parfaites consécutives
:* Lorsque deux voix sont à l'unisson ou à l'octave, elles ne doivent pas garder le même intervalle, l'effet serait trop plat.
:* Lorsque deux voix sont à la quarte ou à la quinte, elles ne doivent pas garder le même intervalle, car l'effet est trop dur.
: Pour éviter cela, lorsque l'on part d'un intervalle juste, on a intérêt à pratiquer un mouvement contraire aux voix qui ne gardent pas la même note, ou au moins un mouvement direct : les voix vont dans le même sens, mais l'intervalle change.
: Notez que même avec le mouvement contraire, on peut avoir des consonances parfaites consécutives, par exemple si une voix fait ''do'' aigu ↗ ''sol'' aigu et l'autre ''sol'' médium ↘ ''do'' grave.
: L'interdiction des consonances parfaites consécutives n'a pas été toujours appliquée, le mouvement parallèle strict a d'ailleurs été le premier procédé utilisé dans la musique religieuse au {{pc|x}}<sup>e</sup> siècle. On peut par exemple utiliser des quintes parallèles pour donner un style médiéval au morceau. On peut également utiliser des octaves parallèles sur plusieurs notes afin de créer un effet de renforcement de la mélodie.
: Par ailleurs, les consonances parfaites consécutives sont acceptées lorsqu'il s'agit d'une cadence (transition entre deux parties ou bien conclusion du morceau).
; Éviter le croisement des voix
: Les voix sont organisées de la plus grave à la plus aigüe. Deux voix n'étant pas à l'unisson, celle qui est plus aigüe ne doit pas devenir la plus grave et ''vice versa''.
; Soigner la partie soprano
: Comme c'est celle qu'on entend le mieux, c'est en général celle qui porte la mélodie principale. On lui applique des règles spécifiques :
:# Si elle chante la sensible dans un accord de dominante ({{Times New Roman|V}}), alors elle doit monter à la tonique, c'est-à-dire que la note suivante sera la tonique située un demi-ton au dessus.
:# Si l'on arrive à une quinte ou une octave entre les parties basse et soprano par un mouvement direct, alors sur la partie soprano, le mouvement doit être conjoint. On doit donc arriver à cette situation par des notes voisines au soprano.
; Préférer certains accords
: Les deux degrés les plus importants sont la tonique ({{Times New Roman|I}}) et la dominante ({{Times New Roman|V}}), les accords correspondants ont donc une importance particulière.
: À l'inverse, l'accord de sensible ({{Times New Roman|VII}}) n'est pas considéré comme ayant une fonction harmonique forte. On le considère comme un accord de dominante affaibli. En tonalité mineure, on évite également l'accord de médiante ({{Times New Roman|III}}).
: Donc on utilise en priorité les accords de :
:# {{Times New Roman|I}} et {{Times New Roman|V}}.
:# Puis {{Times New Roman|II}}, {{Times New Roman|IV}}, {{Times New Roman|VI}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode majeur.
:# On évite {{Times New Roman|VII}} ; et {{Times New Roman|III}} en mode mineur.
; Préférer certains enchaînements
: Les enchaînements d'accord peuvent être classés par ordre de préférence. Par ordre de préférence décroissante (du « meilleur » au « moins bon ») :
:# Meilleurs enchaînements : quarte ascendante ou descendante. Notons que la quarte est le renversement de la quinte, on a donc des enchaînements stables et naturels, mais avec un intervalle plus court qu'un enchaînement de quintes.
:# Bons enchaînements : tierce ascendante ou descendante. Les accords consécutifs ont deux notes en commun.
:# Enchaînements médiocres : seconde ascendante ou descendante. Les accords sont voisins, mais ils n'ont aucune note en commun. On les utilise de préférence en mouvement ascendant, et on utilise surtout les enchaînements {{Times New Roman|IV}}-{{Times New Roman|V}}, {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|VI}} et éventuellement {{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|II}}.
:# Les autres enchaînements sont à éviter.
: On peut atténuer l'effet d'un enchaînement médiocre en plaçant le second accord sur un temps faible ou bien en passant par un accord intermédiaire.
[[Fichier:Progression Vplus4 I6.svg|thumb|Résolution d'un accord de triton (quarte sensible) vers l'accord de sixte de la tonique.]]
; La septième descend par mouvement conjoint
: Dans un accord de septième de dominante, la septième — qui est donc le degré {{Times New Roman|IV}} — descend par mouvement conjoint — elle est donc suivie du degré {{Times New Roman|III}}.
: Corolaire : un accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup> se résout par un accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> : on a bien un enchaînement {{Times New Roman|V}} → {{Times New Roman|I}}, et la 7{{e}} (degré {{Times New Roman|IV}}), qui est la basse de l'accord {{Times New Roman|V}}<sup>+4</sup>, descend d'un degré pour donner la basse de l'accord {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup> (degré {{Times New Roman|III}}).
{{clear}}
[[Fichier:Progression I64 V7plus I5.svg|thumb|Accord de sixte et de quarte cadentiel.]]
; Un accord de sixte et quarte est un accord de passage
: Le second renversement d'un accord parfait est soit une appoggiature, soit un accord de passage, soit un accord de broderie.
: S'il s'agit de l'accord de tonique {{Times New Roman|I}}<sup>6</sup><sub>4</sub>, c'est « accord de sixte et quarte de cadence », l'appoggiature de l'accord de dominante de la cadence parfaite.
{{clear}}
Mais il faut appliquer ces règles avec discernement. Par exemple, la voix la plus aigüe est celle qui s'entend le mieux, c'est donc elle qui porte la mélodie principale. Il est important qu'elle reste la plus aigüe. La voix la plus grave porte l'harmonie, elle pose les accords, il est donc également important qu'elle reste la plus grave. Ceci a deux conséquences :
# Ces deux voix extrêmes peuvent avoir des intervalles mélodiques importants et donc déroger à la règle du plus court chemin : la voix aigüe parce que la mélodie prime, la voix de basse parce que la progression d'accords prime.
# Les croisements des voix intermédiaires sont moins critiques.
Par ailleurs, si l'on applique strictement toutes les règles « meilleurs accords, meilleurs enchaînements », on produit un effet conventionnel, stéréotypé. Il est donc important d'utiliser les solutions « moins bonnes », « médiocres » pour apporter de la variété.
Ajoutons que les renversements d'accords permettent d'avoir plus de souplesse : on reste sur le même accord, mais on enrichit la mélodie sur chaque voix.
Le ''Bolero'' de Maurice Ravel (1928) brise un certain nombre de ces règles. Par exemple, de la mesure 39 à la mesure 59, la harpe joue des secondes. De la mesure 149 à la mesure 165, les piccolo jouent à la sixte, dans des mouvement strictement parallèle, ce qui donne d'ailleurs une sonorité étrange. À partir de la mesure 239, de nombreux instruments jouent en mouvement parallèles (piccolos, flûtes, hautbois, cor, clarinettes et violons).
=== Application ===
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques exercice.svg|vignette|Exercice : harmoniser ''Frère Jacques''.]]
Harmoniser ''Frère Jacques''.
Nous considérons un morceau à quatre voix : basse, ténor, alto et soprano. La soprano chante la mélodie de ''Frère Jacques''. L'exercice consiste à proposer l'écriture des trois autres voix en respectant les règles énoncées ci-dessus. Pour simplifier, nous ajoutons les contraintes suivantes :
* toutes les voix chantent des blanches ;
* nous nous limitons aux accords de quinte (accords de trois sons composés d'une tierce et d'une quinte) sans avoir recours à leurs renversements (accords de sixte, accords de sixte et de quarte).
Les notes à gauche de la portée indiquent la tessiture (ou ambitus), l'amplitude que peut chanter la voix.
{{clear}}
{{boîte déroulante/début|titre=Solution possible}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques solution.svg|vignette|Harmonisation possible de ''Frère Jacques'' (solution de l'exercice).]]
Il n'y a pas qu'une solution possible.
Le premier accord doit contenir un ''do''. Nous sommes manifestement en tonalité de ''do'' majeur, nous proposons de commencer par l'accord parfait de ''do'' majeur, I<sup>5</sup>.
Le deuxième accord doit comporter un ''ré''. Si nous utilisons l'accord de quinte de ''ré'', nous allons créer une quinte parallèle. Nous pourrions utiliser un renversement, mais nous nous imposons de chercher un autre accord. Il peut s'agir de l'accord ''si''<sup>5</sup> ''(si-ré-fa)'' ou de l'accord de ''sol''<sup>5</sup> ''(sol-si-ré)''. La dernière solution permet d'utiliser l'accord de dominante qui est un accord important de la tonalité. La règle du plus court chemin imposerait le ''sol'' grave pour la partie de basse, mais cela est proche de la limite du chanteur, nous préférons passer au ''sol'' aigu, plus facile à chanter. Nous vérifions qu'il n'y a pas de quinte parallèle : l'intervalle ascendant ''do-sol'' (basse-alto) devient ''sol-si'' (3<sup>ce</sup>), l'intervalle descendant ''do-sol'' (soprano-alto) devient ''ré-si'' (3<sup>ce</sup>).
De la même manière, pour le troisième accord, nous ne pouvons pas passer à un accord de ''la''<sup>5</sup> pour éviter une quinte parallèle. Nous avons le choix entre ''do''<sup>5</sup> ''(do-mi-sol)'' et ''mi''<sup>5</sup> ''(mi-sol-si)''. Nous préférons revenir à l'accord de fondamental, solution très stable (l'enchaînement {{Times New Roman|V}}-{{Times New Roman|I}} formant une cadence parfaite).
Pour le quatrième accord, nous pourrions rester sur l'accord parfait de ''do'' mais cela planterait en quelque sorte la fin du morceau puisque l'on resterait sur la cadence parfaite ; or, nous connaissons le morceau et savons qu'il n'est pas fini. Nous choisissons l'accord de ''la''<sup>5</sup> qui est une sixte ascendante ({{Times New Roman|I}}-{{Times New Roman|VI}}).
Nos aurions pu répartir les voix différemment. Par exemple :
* alto : ''sol''-''si''-''sol''-''do'' ;
* ténor : ''mi''-''ré''-''mi''-''mi''.
{{boîte déroulante/fin}}
[[Fichier:Harmonisation possible de frere jacques.midi|vignette|Fichier son correspondant.]]
{{clear}}
== Annexe ==
=== Accords en musique classique ===
Un accord est un ensemble de notes jouées simultanément. Il peut s'agir :
* de notes jouées par plusieurs instruments ;
* de notes jouées par un même instrument : piano, clavecin, orgue, guitare, harpe (la plupart des instruments à clavier et des instruments à corde).
Pour deux notes jouées simultanément, on parle d'intervalle « harmonique » (par opposition à l'intervalle « mélodique » qui concerne les notes jouées successivement).
Les notes répétées à différentes octaves ne changent pas la nature de l'accord.
La musique classique considère en général des empilements de tierces ; un accord de trois notes sera constitué de deux tierces successives, un accord de quatre notes de trois tierces…
Lorsque tous les intervalles sont des intervalles impairs — tierces, quintes, septièmes, neuvièmes, onzièmes, treizièmes… — alors l'accord est dit « à l'état fondamental » (ou encore « primitif » ou « direct »). La note de la plus grave est appelée « fondamentale » de l'accord. Lorsque l'accord comporte un ou des intervalles pairs, l'accord est dit « renversé » ; la note la plus grave est appelée « basse ».
De manière plus générale, l'accord est dit à l'état fondamental lorsque la basse est aussi la fondamentale. On a donc un état idéal de l'accord (état canonique) — un empilement strict de tierces — et l'état réel de l'accord — l'empilement des notes réellement jouées, avec d'éventuels redoublements, omissions et inversions ; et seule la basse indique si l'accord est à l'état fondamental ou renversé.
Le chiffrage dit de « basse continue » ''({{lang|it|basso continuo}})'' désigne la représentation d'un accord sous la forme d'un ou plusieurs chiffres arabes et éventuellement d'un chiffre romain.
==== Accords de trois notes ====
En musique classique, les seuls accords considérés comme parfaitement consonants, c'est-à-dire sonnant agréablement à l'oreille, sont appelés « accords parfaits ». Si l'on prend une tonalité et un mode donné, alors l'accord construit par superposition es degrés I, III et V de cette gamme porte le nom de la gamme qui l'a généré.
[[fichier:Accord do majeur chiffre.svg|vignette|upright=0.5|Accord parfait de ''do'' majeur chiffré.]]
Par exemple :
* « l'accord parfait de ''do'' majeur » est composé des notes ''do'', ''mi'' et ''sol'' ;
* « l'accord parfait de ''la'' mineur » est composé des notes ''la'', ''do'' et ''mi''.
Un accord parfait majeur est donc composé, en partant de la fondamentale, d'une tierce majeure et d'une quinte juste. Un accord parfait mineur est composé d'une tierce mineure et d'une quinte juste.
L'accord parfait à l'état fondamental est appelé « accord de quinte » et est simplement chiffré « 5 » pour indiquer la quinte.
On peut également commencer un accord sur sa deuxième ou sa troisième note, en faisant monter celle(s) qui précède(nt) à l'octave suivante. On parle alors de « renversement d'accord » ou d'accord « renversé ».
[[Fichier:Accord do majeur renversements chiffre.svg|vignette|upright=0.75|Accord parfait de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
Par exemple,
* le premier renversement de l'accord parfait de ''do'' majeur est :<br /> ''mi'', ''sol'', ''do'' ;
* le second renversement de l'accord parfait de do majeur est :<br /> ''sol'', ''do'', ''mi''.
Les notes conservent leur nom de « fondamentale », « tierce » et « quinte » malgré le changement d'ordre. La note la plus grave est appelée « basse ».
Dans le cas du premier renversement, le deuxième note est la tierce de la basse (la note la plus grave) et la troisième note est la sixte ; le chiffrage en chiffres arabes est donc « 6 » (puisque l'on omet la tierce) et l'accord est appelé « accord de sixte ». Pour le deuxième renversement, les intervalles sont la quarte et la sixte, le chiffrage est donc « 6-4 » et l'accord est appelé « accord de sixte et de quarte ».
Dans tous les cas, on chiffre le degré on considérant la fondamentale, par exemple {{Times New Roman|I}} si l'accord est construit sur la tonique de la gamme.
Les autres accords de trois notes que l'on rencontre sont :
* l'accord de quinte diminuée, constitué d'une tierce mineure et d'une quinte diminuée ; lorsqu'il est construit sur le septième degré d'une gamme, on considère que c'est un accord de septième de dominante sans fondamentale (voir plus bas), le degré est donc indiqué « “{{Times New Roman|V}}” » (cinq entre guillemets) et non « {{Times New Roman|VII}} » ;
* l'accord de quinte augmenté : il est composé d'une tierce majeure et qu'une quinte augmentée.
Dans le tableau ci-dessous,
* « m » désigne un intervalle mineur ;
* « M » un intervalle majeur ou le mode majeur ;
* « J » un intervalle juste ;
* « d » un intervalle diminué ;
* « A » un intervalle augmenté ;
* « mh » le mode mineur harmonique ;
* « ma » le mode mineur ascendant ;
* « md » le mode mineur descendant.
{| class="wikitable"
|+ Accords de trois notes
! scope="col" rowspan="2" | Nom
! scope="col" rowspan="2" | 3<sup>ce</sup>
! scope="col" rowspan="2" | 5<sup>te</sup>
! scope="col" rowspan="2" | État fondamental
! scope="col" rowspan="2" | 1<sup>er</sup> renversement
! scope="col" rowspan="2" | 2<sup>nd</sup> renversement
! scope="col" colspan="4"| Construit sur les degrés
|-
! scope="col" | M
! scope="col" | mh
! scope="col" | ma
! scope="col" | md
|-
| Accord parfait<br /> majeur || M || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|I, IV, V}} || {{Times New Roman|V, VI}} || {{Times New Roman|IV, V}} || {{Times New Roman|III, VI, VII}}
|-
| Accord parfait<br /> mineur || m || J
| accord de quinte || accord de sixte || accord de<br />sixte et de quarte
| {{Times New Roman|II, III, VI}} || {{Times New Roman|I, IV}} || {{Times New Roman|I, II}} || {{Times New Roman|I, IV, V}}
|-
| Accord de<br />quinte diminuée || m || d
| accord de<br />quinte diminuée || accord de<br />sixte sensible<br />sans fondamentale || accord de triton<br />sans fondamentale
| {{Times New Roman|VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|VI, VII (“V”)}} || {{Times New Roman|II}}
|-
| Accord de<br />quinte augmentée || M || A
| accord de<br />quinte augmentée || accord de sixte<br />et de tierce sensible || accord de sixte et de quarte<br />sur sensible
| || {{Times New Roman|III}} || {{Times New Roman|III}} ||
|}
==== Accords de quatre notes ====
Les accords de quatre notes sont des accord composés de trois tierces superposées. La dernière note étant le septième degré de la gamme, on parle aussi d'accords de septième.
Ces accords sont dissonants : ils contiennent un intervalle de septième (soit une octave montante suivie d'une seconde descendante). Ils laissent donc une impression de « tension ».
Il existe sept différents types d'accords, ou « espèces ». Citons l'accord de septième de dominante, l'accord de septième mineure et l'accord de septième majeure.
===== L'accord de septième de dominante =====
[[Fichier:Accord 7e dominante do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
L'accord de septième de dominante est l'empilement de trois tierces à partir de la dominante de la gamme, c'est-à-dire du {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré. Par exemple, l'accord de septième de dominante de ''do'' majeur est l'accord ''sol''-''si''-''ré''-''fa'', et l'accord de septième de dominante de ''la'' mineur est ''mi''-''sol''♯-''si''-''ré''. L'accord de septième de dominante dont la fondamentale est ''do'' (''do''-''mi''-''sol''-''si''♭) appartient à la gamme de ''fa'' majeur.
Que le mode soit majeur ou mineur, il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième mineure). C'est de loin l'accord de septième le plus utilisé ; il apparaît au {{pc|xvii}}<sup>e</sup> en musique classique.
Dans son état fondamental, son chiffrage est {{Times New Roman|V 7/+}} (ou {{Times New Roman|V<sup>7</sup><sub>+</sub>}}). Le signe plus indique la sensible.
Son premier renversement est appelé « accord de quinte diminuée et sixte » et est noté {{Times New Roman|V 6/<s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|V<sup>6</sup><sub><s>5</s></sub>}}).
Son deuxième renversement est appelé « accord de sixte sensible », puisque la sixte de l'accord est la sensible de la gamme, et est noté {{Times New Roman|V +6}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+6</sup>}}).
Son troisième renversement est appelé « accord de quarte sensible » et est noté {{Times New Roman|V +4}} (ou {{Times New Roman|V<sup>+4</sup>}}).
[[Fichier:Accord 7e dominante sans fondamentale do majeur renversements chiffre.svg|vignette|Accord de septième de dominante sans fondamentale de ''do'' majeur et ses renversements, chiffrés.]]
On utilise aussi l'accord de septième de dominante sans fondamentale ; c'est alors un accord de trois notes.
Dans son état fondamental, c'est un « accord de quinte diminuée » placé sur le {{Times New Roman|VII}}<sup>e</sup> degré (mais c'est bien un accord construit sur le {{Times New Roman|V}}<sup>e</sup> degré), noté {{Times New Roman|“V” <s>5</s>}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup><s>5</s></sup>}}). Notez les guillemets qui indiquent que la fondamentale V est absente.
Dans son premier renversement, c'est un « accord de sixte sensible sans fondamentale » noté {{Times New Roman|“V” +6/3}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>+6</sup><sub>3</sub>}}).
Dans son second renversement, c'est un « accord de triton sans fondamentale » (puisque le premier intervalle est une quarte augmentée qui comporte trois tons) noté {{Times New Roman|“V” 6/+4}} (ou {{Times New Roman|“V”<sup>6</sup><sub>+4</sub>}}).
Notons qu'un accord de septième de dominante n'a pas toujours la dominante pour fondamentale : tout accord composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième mineure est un accord de septième de dominante et est chiffré {{Times New Roman|<sup>7</sup><sub>+</sub>}}, quel que soit le degré sur lequel il est bâti (certaines notes peuvent avoir une altération accidentelle).
===== Les accords de septième d'espèce =====
Les autres accords de septièmes sont dits « d'espèce ».
L'accord de septième mineure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme mineure ''naturelle''. Par exemple, l'accord de septième mineure de ''la'' est ''la''-''do''-''mi''-''sol''. Il est composé d'une tierce mineure, d'une quinte juste et d'une septième mineure (c'est un accord parfait mineur auquel on ajoute une septième mineure).
L'accord de septième majeure est l'accord de septième formé sur la fondamentale d'une gamme majeure. Par exemple, L'accord de septième majeure de ''do'' est ''do''-''mi''-''sol''-''si''. Il est composé d'une tierce majeure, d'une quinte juste et d'une septième majeure (c'est un accord parfait majeur auquel on ajoute une septième majeure).
==== Utilisation du chiffrage ====
Le chiffrage est utilisé de deux manières.
La première manière, c'est la notation de la basse continue. La basse continue est une technique d'improvisation utilisée dans le baroque pour l'accompagnement d'instruments solistes. Sur la partition, on indique en général la note de basse de l'accord et le chiffrage en chiffres arabes.
La seconde manière, c'est pour l'analyse d'une partition. Le fait de chiffrer les accords permet de mieux en comprendre la structure.
De manière générale, on peut retenir que :
* le chiffrage « 5 » indique un accord parfait, superposition d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste ;
* le chiffrage « 6 » indique le premier renversement d'un accord parfait ;
* le chiffrage « 6/4 » indique le second renversement d'un accord parfait ;
* chiffrage « 7/+ » indique un accord de septième de dominante ;
* le signe « + » indique en général que la note de l'intervalle est la sensible ;
* un intervalle barré désigne un intervalle diminué.
[[fichier:Accords gamme do majeur la mineur.svg|class=transparent| center | Principaux accords construits sur les gammes de ''do'' majeur et de ''la'' mineur harmonique.]]
=== Notation « jazz » ===
En jazz et de manière générale en musique rock et populaire, la base d'un accord est la triade composée d'une tierce (majeure ou mineure) et d'une quinte juste. Pour désigner un accord, on utilise la note fondamentale, éventuellement désigné par une lettre dans le système anglo-saxon (A pour ''la'' etc.), suivi d'une qualité (comme « m », « + »…).
Les renversements ne sont pas notés de manière particulière, ils sont notés comme les formes fondamentales.
Dans les deux tableaux suivants, la fondamentale est notée X (remplace le C pour un accord de ''do'', le D pour un accord de ''ré''…). La construction des accords est décrite par la suite.
[[Fichier:Arbre accords triades 5d5J5A.svg|vignette|upright=1.5|Formation des triades présentée sous forme d'arbre.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principales triades
|-
|
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" | Quinte diminuée (5d)
| X<sup>o</sup>, Xm<sup>♭5</sup>, X–<sup>♭5</sup> ||
|-
! scope="row" | Quinte juste (5J)
| Xm, X– || X
|-
! scope="row" | Quinte augmentée (5A)
| || X+, X<sup>♯5</sup>
|}
[[Fichier:Triades do.svg|class=transparent|center|Triades de do.]]
{| class="wikitable"
|+ Notation des principaux accords de septième
|-
| colspan="2" |
! scope="col" | Tierce<br />mineure (3m)
! scope="col" | Tierce<br />majeure (3M)
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />diminuée (5d)
! scope="row" | Septième diminuée (7d)
| X<sup>o7</sup> ||
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7(♭5)</sup>, X–<sup>7(♭5)</sup>, X<sup>Ø</sup> ||
|-
! scope="row" rowspan="3" | Quinte<br />juste (5J)
! scope="row" | Sixte majeure (6M)
| Xm<sup>6</sup> || X<sup>6</sup>
|-
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| Xm<sup>7</sup>, X–<sup>7</sup> || X<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| Xm<sup>maj7</sup>, X–<sup>maj7</sup>, Xm<sup>Δ</sup>, X–<sup>Δ</sup> || X<sup>maj7</sup>, X<sup>Δ</sup>
|-
! scope="row" rowspan="2" | Quinte<br />augmentée (5A)
! scope="row" | Septième mineure (7m)
| || X+<sup>7</sup>
|-
! scope="row" | Septième majeure (7M)
| || X+<sup>maj7</sup>
|}
[[Fichier:Arbre accords septieme.svg|class=transparent|center|Formation des accords de septième présentée sous forme d'arbre.]]
[[Fichier:Accords do septieme.svg|class=transparent|center|Accord de do septième.]]
On notera que l'intervalle de sixte majeure est l'enharmonique de celui de septième diminuée (6M = 7d).
[[File:Principaux accords do.svg|class=transparent|center|Principaux accords de do.]]
==== Triades ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord parfait majeur : pas de notation
*: p. ex. « ''do'' » ou « C » pour l'accord parfait de ''do'' majeur (''do'' - ''mi'' - ''sol'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord parfait mineur : « m », « min » ou « – »
*: « ''do'' m », « ''do'' – », « Cm », « C– »… pour l'accord parfait de ''do'' mineur (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'')
==== Triades modifiées ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord augmenté (la quinte est augmentée) : aug, +, ♯5
*: « ''do'' aug », « ''do'' + », « ''do''<sup>♯5</sup> » « Caug », « C+ » ou « C<sup>♯5</sup> » pour l'accord de ''do'' augmenté (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯)
: L'accord augmenté est un empilement de tierces majeures. Ainsi, un accord augmenté a deux notes communes avec deux autres accords augmentés : C+ (''do'' - ''mi'' - ''sol''♯) a deux notes communes avec A♭+ (''la''♭ - ''do'' - ''mi'') et avec E+ (''mi'' - ''sol''♯ - ''si''♯) ; et on remarque que ces trois accords sont en fait enharmoniques (avec les enharmonies ''la''♭ = ''sol''♯ et ''si''♯ = ''do''). En effet, l'octave comporte six tons (sous la forme de cinq tons et deux demi-tons), et une tierce majeure comporte deux tons, on arrive donc à l'octave en ajoutant une tierce majeure à la dernière note de l'accord.
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord diminué (la quinte est diminuée) : dim, o, ♭5
*: « ''do'' dim », « ''do''<sup>o</sup> », « ''do''<sup>♭5</sup> », « Cdim », « C<sup>o</sup> » ou « C<sup>♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' diminuné (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭)
: On remarque que la quinte diminuée est l'enharmonique de la quarte augmentée et est l'intervalle appelé « triton » (car composé de trois tons).
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord suspendu de seconde : la tierce est remplacée par une seconde majeure : sus2
*: « ''do''<sup>sus2</sup> » ou « C<sup>sus2</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de seconde (''do''-''ré''-''sol'')
* accord suspendu de quarte : la tierce est remplacée par une quarte juste : sus4
*: « ''do''<sup>sus4</sup> » ou « C<sup>sus4</sup> » pour l'accord de ''do'' majeur suspendu de quarte (''do''-''fa''-''sol'')
==== Triades appauvries ====
; Accords fondés sur une tierce majeure ou mineure
* accord de puissance : la tierce est omise, l'accord n'est constitué que de la fondamentale et de la quinte juste : 5
*: « ''do''<sup>5</sup> », « C<sup>5</sup> » pour l'accord de puissance de ''do'' (''do'' - ''la'')
{{note|Très utilisé dans les musiques rock, hard rock et heavy metal, il est souvent joué renversé (''la'' - ''do'') ou bien avec l'ajout de l'octave (''do'' - ''la'' - ''do'').}}
==== Triades enrichies ====
; Accords fondés sur une tierce majeure
* accord de septième (la 7<sup>e</sup> est mineure) : 7
*: « ''do''<sup>7</sup> », « C<sup>7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' majeur » en musique classique (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si''♭)
* accord de septième majeure : Δ, 7M ou maj7
*: « ''do'' <sup>Δ</sup> », « ''do'' <sup>maj7</sup> », « C<sup>Δ</sup> », « C<sup>7M</sup> »… pour l'accord de ''do'' septième majeure (''do'' - ''mi'' - ''sol'' - ''si'')
; Accords fondés sur une tierce mineure
* accord de mineur septième (la tierce et la 7<sup>e</sup> sont mineures) : m7, min7 ou –7
*: « ''do'' m<sup>7</sup> », « ''do'' –<sup>7</sup> », « Cm<sup>7</sup> », « C–<sup>7</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième, appelé « accord de septième de dominante de ''fa'' mineur » en musique classique (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si''♭)
* accord mineure septième majeure : m7M, m7maj, mΔ, –7M, –7maj, –Δ
*: « ''do'' m<sup>7M</sup> », « ''do'' m<sup>maj7</sup> », « ''do'' –<sup>Δ</sup> », « Cm<sup>7M</sup> », « Cm<sup>maj7</sup> », « C–<sup>Δ</sup> »… pour l'accord de ''do'' mineur septième majeure (''do'' - ''mi''♭ - ''sol'' - ''si'')
* accord de septième diminué (la quinte et la septième sont diminuée) : dim 7 ou o7
*: « ''do'' dim<sup>7</sup> », « ''do''<sup>o7</sup> », « Cdim<sup>7</sup> » ou « C<sup>o7</sup> » pour l'accord de ''do'' septième diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si''♭)
* accord demi-diminué (seule la quinte est diminuée, la septième est mineure) : Ø ou –7(♭5)
*: « ''do''<sup>Ø</sup> », « ''do''<sup>7(♭5)</sup> », « C<sup>Ø</sup> » ou « C<sup>7♭5</sup> » pour l'accord de ''do'' demi-diminué (''do'' - ''mi''♭ - ''sol''♭ - ''si'')
=== Construction pythagoricienne des accords ===
Nous avons vu au débuts que lorsque l'on joue deux notes en même temps, leurs vibrations se superposent. Certaines superpositions créent un phénomène de battement désagréable, c'est le cas des secondes.
Dans le cas d'une tierce majeure, les fréquences des notes quadruple et quintuple d'une même base : les fréquences s'écrivent 4׃<sub>0</sub> et 5׃<sub>0</sub>. Cette superposition de vibrations est agréable à l'oreille. Nous avons également vu que dans le cas d'une quinte juste, les fréquences sont le double et le triple d'une même base, ou encore le quadruple et sextuple si l'on considère la moitié de cette base.
Ainsi, dans un accord parfait majeur, les fréquences des fondamentales des notes sont dans un rapport 4, 5, 6. De même, dans le cas d'un accord parfait mineur, les proportions sont de 1/6, 1/5 et 1/4.
{{voir|[[../Caractéristiques_et_notation_des_sons_musicaux#Construction_pythagoricienne_et_gamme_de_sept_tons|Caractéristiques et notation des sons musicaux > Construction pythagoricienne et gamme de sept tons]]}}
=== Un peu de physique : interférences ===
Les sons sont des vibrations. Lorsque l'on émet deux sons ou plus simultanément, les vibrations se superposent, on parle en physique « d'interférences ».
Le modèle le plus simple pour décrire une vibration est la [[w:fr:Fonction sinus|fonction sinus]] : la pression de l'air P varie en fonction du temps ''t'' (en secondes, s), et l'on a pour un son « pur » :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ⋅''t'')
où ƒ est la fréquence (en hertz, Hz) du son.
Si l'on émet deux sons de fréquence respective ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub>, alors la pression vaut :
: P(''t'') ≈ sin(2π⋅ƒ<sub>1</sub>⋅''t'') + sin(2π⋅ƒ<sub>2</sub>⋅''t'').
Nous avons ici une [[w:fr:Identité trigonométrique#Transformation_de_sommes_en_produits,_ou_antilinéarisation|identité trigonométrique]] dite « antilinéarisation » :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 + f_2}{2}t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{f_1 - f_2}{2}t \right ).</math>
On peut étudier simplement deux situations simples.
[[Fichier:Battements interferentiels.png|vignette|Deux sons de fréquences proches créent des battements : la superposition d'une fréquence et d'une enveloppe.]]
La première, c'est quand les fréquences ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> sont très proches. Alors, la moyenne (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de ƒ<sub>1</sub> et ƒ<sub>2</sub> ; et la demie différence (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2 est très proche de zéro. On a donc une enveloppe de fréquence très faible, (ƒ<sub>1</sub> – ƒ<sub>2</sub>)/2, dans laquelle s'inscrit un son de fréquence moyenne, (ƒ<sub>1</sub> + ƒ<sub>2</sub>)/2. C'est cette enveloppe de fréquence très faible qui crée les battements, désagréables à l'oreille.
Sur l'image ci-contre, le premier trait rouge montre un instant où les vibrations sont opposées ; elles s'annulent, le son s'éteint. Le second trait rouge montre un instant où les vibrations sont en phase : elle s'ajoutent, le son est au plus fort.
{{clear}}
La seconde, c'est lorsque les deux fréquences sont des multiples entiers d'une même fréquence fondamentale ƒ<sub>0</sub> : ƒ<sub>1</sub> = ''n''<sub>1</sub>⋅ƒ<sub>0</sub> et ƒ<sub>0</sub> = ''n''<sub>0</sub>⋅ƒ<sub>0</sub>. On a alors :
: <math>\mathrm{P}(t) = 2 \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 + n_2}{2}f_0 \cdot t \right ) \cdot \sin \left ( 2\pi \frac{n_1 - n_2}{2}f_0 \cdot t \right ).</math>
On multiplie donc deux fonctions qui ont des fréquences multiples de ƒ<sub>0</sub>. La différence minimale entre ''n''<sub>1</sub> et ''n''<sub>2</sub> vaut 1 ; on a donc une enveloppe dont la fréquence est au minimum la moitié de ƒ<sub>0</sub>, c'est-à-dire un son une octave en dessous de ƒ<sub>0</sub>. Donc, cette enveloppe ne crée pas d'effet de battement, ou plutôt, le battement est trop rapide pour être perçu comme tel. Dans cette enveloppe, on a une fonction sinus dont la fréquence est également un multiple de ƒ<sub>0</sub> ; l'enveloppe et la fonction qui y est inscrite ont donc de nombreux « points communs », d'où l'effet harmonieux.
=== Le tonnetz ===
[[File:Speculum musicae.png|thumb|right|225px|Euler, ''De harmoniæ veris principiis'', 1774, p. 350.]]
En allemand, le terme ''Tonnetz'' (se prononce « tône-netz ») signifie « réseau tonal ». C'est une représentation graphique des notes qui a été imaginée par [[w:Leonhard Euler|Leonhard Euler]] en 1739.
Cette représentation graphique peut aider à la mémorisation de certains concepts de l'harmonie. Cependant, son application est très limitée : elle ne concerne que l'intonation juste d'une part, et que les accords parfait des tonalités majeures et mineures naturelles d'autre part. La représentation contenant les douze notes de la musique savante occidentale, on peut bien sûr représenter d'autres objets, comme les accords de septième ou les accords diminués, mais la représentation graphique est alors compliquée et perd son intérêt pédagogique.
On part d'une note, par exemple le ''do''. Si on progresse vers la droite, on monte d'une quinte juste, donc ''sol'' ; vers la gauche, on descend d'une quinte juste, donc ''fa''. Si on va vers le bas, on monte d'une tierce majeure, donc ''mi'' ; si on va vers le haut, on descend d'une tierce majeure, donc ''la''♭ ou ''sol''♯
fa — do — sol — ré
| | | |
la — mi — si — fa♯
| | | |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
La figure forme donc un filet, un réseau. On voit que ce réseau « boucle » : si on descend depuis le ''do''♯, on monte d'une tierce majeure, on obtient un ''mi''♯ qui est l'enharmonique du ''fa'' qui est en haut de la colonne. Si on va vers la droite à partir du ''ré'', on obtient le ''la'' qui est au début de la ligne suivante.
Si on ajoute des diagonales allant vers la droite et le haut « / », on met en évidence des tierces mineures : ''la'' - ''do'', ''mi'' - ''sol'', ''si'' - ''ré'', ''do''♯ - ''mi''…
fa — do — sol — ré
| / | / | / |
la — mi — si — fa♯
| / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
Donc les liens représentent :
* | : tierce majeure ;
* — : quinte juste ;
* / : tierce mineure.
[[Fichier:Tonnetz carre accords fr.svg|thumb|Tonnetz avec les accords parfaits. Les notes sont en notation italienne et les accords en notation jazz.]]
On met ainsi en évidence des triangles dont un côté est une quinte juste, un côté une tierce majeure et un côté une tierce mineure ; c'est-à-dire que les notes aux sommets du triangle forment un accord parfait majeur (par exemple ''do'' - ''mi'' - ''sol'') :
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do — sol''' — ré<br />
| / '''| /''' | / |<br />
la — '''mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
ou un accord parfait mineur (''la'' - ''do'' - ''mi'').
<div style="font-family:courier; background-color:#fafafa">
fa — '''do''' — sol — ré<br />
| '''/ |''' / | / |<br />
'''la — mi''' — si — fa♯<br />
| / | / | / |<br />
do♯ — sol♯ — ré♯ — si♭
</div>
Un triangle représente donc un accord, et un sommet représente une note. Si on passe d'un triangle à un triangle voisin, alors on passe d'un accord à un autre accord, les deux accords ayant deux notes en commun. Ceci illustre la notion de « plus court chemin » en harmonie : si on passe d'un accord à un autre en gardant un côté commun, alors on a un mouvement conjoint sur une seule des trois voix.
Par rapport à l'harmonie fonctionnelle : les accords sont contigus à leur fonction, par exemple en ''do'' majeur :
* fonction de tonique ({{Times New Roman|I}}) : C, A– et E– sont contigus ;
* fonction de sous-dominante ({{Times New Roman|IV}}) : F et D– sont contigus ;
* fonction de dominante ({{Times New Roman|V}}) : G et B<sup>o</sup> sont contigus.
On notera que les triangles d'un schéma ''tonnetz'' ne représentent que des accords parfaits. Pour représenter un accord de quinte diminuée (''si'' - ''ré'' - ''fa'') ou les accords de septième, en particulier l'accord de septième de dominante, il faut étendre le ''tonnetz'' et l'on obtient des figures différentes. Par ailleurs, il est adapté à ce que l'on appelle « l'intonation juste », puisque tous les intervalles sont idéaux.
[[Fichier:Tonnetz carre accords etendu fr.svg|vignette|Tonnetz étendu.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do majeur accords fr.svg|vignette|Tonnetz de la tonalité de ''do'' majeur. La représentation de l'accord de quinte diminuée sur ''si'' (B<sup>o</sup>) est une ligne et non un triangle.]]
[[Fichier:Tonnetz carre do mineur accords fr.svg|vignette|Tonnetz des tonalités de ''do'' mineur naturel (haut) et ''do'' mineur harmonique (bas).]]
Si l'on étend un peu le réseau :
ré♭ — la♭ — mi♭ — si♭ — fa
| / | / | / | / |
fa — do — sol — ré — la
| / | / | / | / |
la — mi — si — fa♯ — do♯
| / | / | / | / |
do♯ — sol♯ — ré♯ — la♯ — mi♯
| / | / | / | / |
mi♯ — do — sol — ré — la
on peut donc trouver des chemins permettant de représenter les accords de septième de dominante (par exemple en ''do'' majeur, G<sup>7</sup>)
fa
/
sol — ré
| /
si
et des accords de quinte diminuée (en ''do'' majeur : B<sup>o</sup>)
fa
/
ré
/
si
Une gamme majeure ou mineure naturelle peut se représenter par un trapèze rectangle : ''do'' majeur
fa — do — sol — ré
| /
la — mi — si
et ''do'' mineur
la♭ — mi♭ — si♭
/ |
fa — do — sol — ré
En revanche, la représentation d'une tonalité nécessite d'étendre le réseau afin de pouvoir faire figurer tous les accords, deux notes sont représentées deux fois. La représentation des tonalités mineures harmoniques prend une forme biscornue, ce qui nuit à l'intérêt pédagogique de la représentation.
[[Fichier:Neo-Riemannian Tonnetz.svg|vignette|upright=2|Tonnetz avec des triangles équilatéraux.]]
On peut réorganiser le schéma en décalant les lignes, afin d'avoir des triangles équilatéraux. Sur la figure ci-contre (en notation anglo-saxonne) :
* si on monte en allant vers la droite « / », on a une tierce mineure ;
* si on descend en allant vers la droite « \ », on a une tierce majeure ;
* les liens horizontaux « — » représentent toujours des quintes justes
* les triangles pointe en haut sont des accords parfaits mineurs ;
* les triangles pointe en bas sont des accords parfaits majeurs.
On a alors les accords de septième de dominante
F
/
G — D
\ /
B
et de quinte diminuée
F
/
D
/
B
les tonalités majeures
F — C — G — D
\ /
A — E — B
et les tonalités mineures naturelles
A♭ — E♭ — B♭
/ \
F — C — G — D
== Notes et références ==
{{références}}
== Voir aussi ==
=== Liens externes ===
{{wikipédia|Consonance (harmonie tonale)}}
{{wikipédia|Disposition de l'accord}}
{{wikisource|Petit Manuel d’harmonie}}
* {{lien web
| url = https://www.apprendrelesolfege.com/chiffrage-d-accords
| titre = Chiffrage d'accords (classique)
| site = Apprendrelesolfege.com
| consulté le = 2020-12-03
}}
* {{lien web
| url = https://www.coursd-harmonie.fr/introduction/introduction2_le_chiffrage_d_accords.php
| titre = Introduction II : Le chiffrage d'accords
| site = Cours d'harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-14
}}
* {{lien web
| url=https://www.coursd-harmonie.fr/
| titre = Cours d'harmonie en ligne
| auteur = Jean-Baptiste Voinet
| site=coursd-harmonie.fr
| consulté le = 2021-12-20
}}
* {{lien web
| url=http://e-harmonie.e-monsite.com/
| titre = Cours d'harmonie classique en ligne
| auteur = Olivier Miquel
| site=e-harmonie
| consulté le = 2021-12-24
}}
* {{lien web
| url=https://fr.audiofanzine.com/theorie-musicale/editorial/dossiers/les-gammes-et-les-modes.html
| titre = Les bases de l’harmonie
| site = AudioFanzine
| date = 2013-07-23
| consulté le = 2024-01-12
}}
* {{lien web
| url=https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/l-accord-de-tristan-dechiffre-et-desacralise-2481605
| titre = L’Accord de Tristan déchiffré et désacralisé !
| site = France Musique
| date = 2025-10-22
| consulté le = 2025-10-23
}}
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Philosophie/Thalès de Milet/Textes et traductions période Principat Empire Romain
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<span style="font-size:18pt;">Période du Principat de l’[[w:Empire_romain|''Empire'']] [[#Empire|<span id="Empire_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] [[w:Rome_antique|''Romain'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Rome_back|<sup>🔄</sup>]]</span>
<p style="text-align: right;">(16 janvier [[w:27_av._J.-C.|-27]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, nomination de [[w:Auguste|'''Caius Iulius Caesar Octavianus''']] aux titres d’[[w:Auguste_(titre)|''Augustus'']] et de [[w:Princeps_senatus|''Princeps'']] par le [[w:Sénat_romain|''Sénat romain'']] — fin du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], création du système [[w:Tétrarchie|''tétrarchique'']] [[#tétrarchie|<span id="tétrarchie_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] par [[w:Dioclétien|'''Dioclétien''']] [[#Dioclétien|<span id="Dioclétien_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] pour faire face aux [[w:Invasions_barbares#Première_période_:_les_mouvements_migratoires_germaniques_du_IIIe_siècle|''incursions barbares'']])
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Empire|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Empire_back|<span id="Empire"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun latin imperium [[wikt:en:imperium#Latin|(en)]], « 1. L’empire, l’État, le gouvernement impérial, le royaume, la domination. 2. Le droit ou le pouvoir de commander ou d’avoir le contrôle ; domination. 3. Commandement ou autorité absolue sur l’empire (ou un autre régime politique) ; souveraineté ; domination. 4. (militaire) Autorité militaire, commandement (d’une armée). 5. L’exercice de l’autorité, de la règle, de la loi, du contrôle, de la souveraineté. 6. Un commandement, un ordre, une direction, une injonction.) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe imperō, « 1. (avec datif) Commander, donner des ordres à, imposer, exiger. 2. Gouverner. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du préfixe prépositionnal in-, « 1. Dans, à l’intérieur. 2. Contre; dans; sur; vers. 3. (utiliser comme un intensifieur). 4. Attaché à des [[w:Aspect_inchoatif|''verbes inchoatifs'']], il peut exprimer le sens d’un changement en cours ou d’un achèvement partiel. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du verbe parō [[wikt:en:paro#Latin|(en)]], « 1. Arranger, ordonner, concevoir. 2. Fournir, meubler, préparer. 3. Résoudre, viser, décider. 4. Obtenir, acquérir, se procurer, se faire. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal abstractif -ium [[wikt:en:-ium#Latin|(en)]], désignant parfois des offices et des groupes. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Selon l’historien, spécialiste de l’[[w:Grèce_antique|''antiquité grecque'']], [[w:Moses_Finley|Moses Finley]], définit un empire par tout {{Info|''« exercice durable par un État d’une autorité, d’un pouvoir, ou d’un contrôle sur un ou plusieurs États, communautés ou peuples »''|Moses Finley, Économie et société en Grèce antique, La Découverte, 2007.}}. L’historien [[w:Jean_Tulard|Jean Tulard]], précise cette définition par {{Info|''cinq traits suivants''|Jean Tulard, Les Empires occidentaux de Rome à Berlin, PUF, 1997.}} :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • Une volonté expansionniste ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Une organisation centralisée ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Des peuples encadrés par une armature politique et fiscale commune ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• La croyance en une supériorité d’essence ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Un début et une fin clairement identifiés.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#tétrarchie_back|<span id="tétrarchie"><sup>II</sup></span>]] Du nom commun grec ancien τετραρχία / tetrarkhía;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du préfixe τετρα- / tétra- [[wikt:en:τετρα-#Ancient_Greek|(en)]], « quatre »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe -αρχία / -arkhía [[wikt:en:-αρχία#Ancient_Greek|(en)]], « -archie (forme de gouvernement ou de règle) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Système de gouvernement de l’Empire ''romain'' mis en place par Dioclétien à la fin du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], pour faire face aux invasions barbares. Il consiste en la division de la direction de l’empire entre, d’une part deux [[w:Empereur_romain|''empereurs'']] — les [[w:Auguste_(titre)|''augustes'']] —, d’autre part deux ''lieutenants'' (successeurs désignés des ''augustes'') — les [[w:C%C3%A9sar_(titre)|''césars'']].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Dioclétien_back|<span id="Dioclétien"><sup>III</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Gaius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Aurelius|nomen, nom de famille}} {{Info|Valerius|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, surnommé Dioclētiānus [[wikt:en:Diocletian#English|(en)]] lorsqu’il a été proclamé empereur par ses troupes;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Militaire et empereur, connu pour avoir séparé et élargi les services civils et militaires de l’empire, et réorganisé les divisions provinciales de l’empire, établissant le gouvernement le plus vaste et le plus bureaucratique de l’histoire de l’empire. En [[w:286|286]], il nomme son ''césar'', ou adjoint et successeur, [[w:Maximien_Hercule|Maximien]] ''Auguste'', co-empereur, et partage l’Empire entre l’Orient et l’Occident, puis en 293, y nomme respectivement [[w:Galère_(empereur_romain)|Maximien Galère]] et [[w:Constance_Chlore|Constance Chlore]] comme ''césar''.<br/><br/></div>
'''
{{Boîte déroulante fin}}
== [[w:Sénèque|'''Sénèque''']] [[#Sénèque|<span id="Sénèque_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:5_av._J.-C.|-5]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> / [[w:1|1]] <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>, à [[w:Corduba|Corduba]] — 12 avril [[w:65|65]], à [[w:Rome_antique|''Rome'']], dans une maison de plaisance, la « quatrième pierre milliaire », contraint au [[w:Suicide_forcé|''suicide forcé'']] par l’empereur [[w:Néron|'''Néron''']] après avoir été dénoncé dans la [[w:Conjuration_de_Pison|''Conjuration de Pison'']], sans preuve selon [[w:Tacite|'''Tacite''']] [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/annales15.htm <sup>Annales, l.V, §§LX-LXVI.</sup>]) [[s:Auteur:Sénèque_le_Jeune|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA177#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –)}}]
[[Fichier:Duble_herma_of_Socrates_and_Seneca_Antikensammlung_Berlin_03_.jpg|vignette|<p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Double-hermès du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], unique portrait de '''Sénèque''' nommé et authentifié, et associé à celui de '''Socrate''', dont le point commun est celui d’avoir été contraint de se donner la mort. Copie ''romaine'' d’un modèle fait du vivant même du philosophe [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA180#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –), Iconographie}}] [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA201#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>➕➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –), Iconographie - contribution de J. Lang}}].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Matériau : Marbre blanc-brunâtre, légèrement veiné, finement cristallin.<br /><p style="text-indent: 15px;">Provenance : ''Rome'', 1813.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Exposition : Staatliche Museen zu Berlin, Antikensammlung, SK. 391 [https://recherche.smb.museum/detail/698814/doppelherme-des-sokrates-und-seneca-mit-namensbeischriften-der-dargestellten <sup>🔍</sup>].]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Homme politique romain, philosophe stoïcien et dramaturge, il devient tour à tour conseiller à la cour impériale sous '''Caligula''' puis '''Claude''', est exilé en 41 en ''Corse'', où il écrit ses premiers traités philosophiques avant d’être rappelé comme tuteur du jeune '''Néron''' en 49, et enfin, lorsque ce dernier accède au pouvoir, en devient le conseiller et l’un des personnages les plus influents de l’Empire.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Sénèque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Sénèque_back|<span id="Sénèque"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Lucius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Annaeus|nomen, nom de famille}} {{Info|Seneca|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Sénèque#Physique|Questions naturelles]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Questions_naturelles|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Ouvrage de philosophie naturelle écrit vers 65. Il ne s’agit pas d’une [[w:Encyclopédie|encyclopédie]] [[#encyclopédie|<span id="encyclopédie_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] systématique comme l’[[w:Histoire_naturelle_(Pline_l'Ancien)|''Histoire naturelle'']] [[#Histoire_naturelle|<sup>⤵️</sup>]] de [[w:Pline_l'Ancien|'''Pline l’Ancien''']] [[#Pline_l’Ancien_I|<sup>⤵️</sup>]], bien que ces 2 œuvres représentent les rares ouvrages romains consacrés à l’étude du monde naturel. L’investigation de '''Sénèque''' se déroule principalement à travers la prise en compte des points de vue d’autres penseurs, ''grecs'' et ''romains'', bien qu’elle ne soit pas dénuée de pensées originales, dont éthiques conforment à la pensée ''stoïcienne''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Questions naturelles|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#encyclopédie_back|<span id="encyclopédie"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun [[w:Latin#Latin_humaniste|latin Renaissance]] encyclopaedīa [[wikt:en:encyclopaedia#Latin|(en)]]; de l’expression grec ancien ἐγκύκλῐος παιδείᾱ / enkúklios paideíā [https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03927443/file/DONNADILLE-MR2-Pline-VERS-FINALE.pdf {{Info|<sup>🔍</sup>|Lisa Donnadille. Merveilles animalières dans les livres VIII à XI de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Littératures. 2020. ffdumas-03927443, p.21}}], « cercle de l’éducation ou des sciences, l’ensemble des sciences qui constituent une éducation complète »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif ἐγκύκλιος / enkúklios, littéralement « qui est rond ou tourne en rond, circulaire », ou au sens figuré « qui revient en cercle sur soi-même, périodique », « qui embrasse un cercle entier »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun παιδεία / paideía, « l’éducation »;'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''Si à première vue la signification de cette expression semble être sans ambiguïté, sa portée réelle et la compréhension qu’en avaient les auteurs grecs puis latins font l’objet de débats parmi les spécialistes. En effet, deux interprétations sont possibles lorsqu’un auteur de l’Antiquité a recours à cette expression dans l’un de ses textes. Dans le premier cas, cela équivaudrait à parler d’une éducation ordinaire, commune à tous ; et dans le second cas, cela ferait référence à la quantité de connaissances et de sciences qu’il faudrait maîtriser au préalable avant de commencer l’étude d’un sujet précis, qui serait dans ce cas placé en haut d’une hiérarchie dans les savoirs.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' Lisa Donnadille. [https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03927443/file/DONNADILLE-MR2-Pline-VERS-FINALE.pdf Merveilles animalières dans les livres VIII à XI de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Littératures. 2020. ffdumas-03927443], p.21'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre III — De l’eau ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, Sénèque explique pourquoi il est plus important de s’intéresser à l’observation du monde, à sa connaissance et à sa compréhension plutôt qu’à sa conquête. Puis, il développe diverses théories sur la formation des rivières, les eaux souterraines et les propriétés de l’eau. Dans une critique morale aux chapitres XVII à XIX, il fustige la mauvaise pratique consistant à amener à table des poissons, notamment des rougets, vivants et à se délecter de leurs couleurs changeantes à l’agonie avant de les préparer devant les convives. En épilogue, il énonce son [[w:Eschatologie|''eschatologie'']], sa vision de la fin du monde où les êtres vivants seront anéantis par des raz-de-marée, marquant la fin d’un cycle du vivant et le début d’un autre.</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XIII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la doctrine de '''Thalès''' faisant de l’eau l’élément à l’origine de la vie et critique d’une autre de la terre flottant dessus.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''13.''' Adiciam, ut '''Thales''' ait, «ualentissimum elementum est». Hoc fuisse primum putat, ex hoc surrexisse omnia. Sed nos quoque aut in eadem sententia, aut in uicinia eius sumus. Dicimus enim ignem esse qui occupet mundum et in se cuncta conuertat; hunc euanidum languentemque considere et nihil relinqui aliud in rerum natura igne restincto quam umoren; in hoc futuri mundi spem latere. Ita ignis exitus mundi est, umor primordium. Miraris ex hoc posse amnes semper exire qui pro omnibus fuit et ex quo sunt omnia? Hic umor in diductione rerum ad quartas redactus est, sic positus ut sufficere fluminibus edendis, ut riuis, ut fontibus posset.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''14.''' Quae sequitur '''Thaletis''' inepta sententia est. Ait enim terrarum orbem aqua sustineri et uehi more nauigii mobilitateque eius fluctuare tunc cum dicitur tremere; non est ergo mirum si abundat umor ad flumina profundenda, cum in umore sit totus. Hanc ueterem et rudem sententiam explode. Nec est quod credas in hunc orbem aquam subire per rimas et facere sentinam.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n261/mode/2up ''Liber Tertivs.''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n293/mode/2up ''chap. 13.-14.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' Aqua, ait '''Thales''', valentissimum elementum est : hoc fuisse primum putat, et hoc surrexisse omnia. Sed et nos quoque aut in eadem sententia, aut in ultima sumus. Dicimus enim ignem esse, qui occupet mundum, et in se cuncta convertat ; hunc evanidum considere, et nihil relinqui aliud in rerum natura, igne restincto, quam humorem : in hoc futuri mundi spem latere. Ita ignis exitus mundi est, humor primordium. Miraris amnes ex hoc posse exire semper, qui pro omnibus fuit, et ex quo sunt omnia? Hic humor in diductione rerum ad quartas redactus est, sic positus, ut fluminibus edendis sufficere, ut rivis, ut fontibus posset. Quæ sequitur, '''Thaletis''' inepta sententia est : ait enim , terrarum orbem aqua sustineri, et vehi more navigii, mobilitateque ejus fluctuare, tum quum dicitur tremere. Non est ergo mirum, si abundat humor ad flumina fundenda, quum mundus in humore sit totus. Hanc veterem et rudem sententiam explode : nec est quod credas, in hunc orbem aquam subire per rimas et facere sentiuam.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA327#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Troisième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA342#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' L’eau, dit '''Thalès''', est le plus puissant des éléments, le premier en date, celui par qui tout a pris vie. Nous pensons comme '''Thalès''', au moins sur le dernier point. En effet, nous prétendons que le feu doit s’emparer du monde entier et convertir tout en sa propre substance, puis s’évaporer, s’affaisser, s’éteindre et ne rien laisser autre chose dans la nature que l’eau ; qu’enfin l’eau recèle l’espoir du monde futur. Ainsi périra par le feu cette création dont l’eau fut le principe. Es-tu surpris que des fleuves sortent incessamment d’un élément qui a tenu lieu de tout, et duquel tout est sorti ? Quand les éléments furent séparés les uns des autres, l’eau fut réduite au quart de l’univers, et placée de manière à suffire à l’écoulement des fleuves, des ruisseaux, des fontaines. Mais voici une idée absurde de ce même '''Thalès'''. Il dit que la terre est soutenue par l’eau sur laquelle elle vogue comme un navire ; qu’à la mobilité d’un tel support sont dues les fluctuations qu’on appelle tremblements de terre. Ce ne sera donc pas merveille qu’il y ait assez d’eau pour entretenir les fleuves, si tout le globe est dans l’eau. Ce système grossier et suranné n’est que risible ; tu ne saurais admettre que l’eau pénètre notre globe par ses interstices, et que la cale est entr’ouverte.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_3|''Livre III. chap. 13.'']], traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles3.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' L’eau, dit '''Thalès''', est le plus puissant des éléments : elle existait avant tout, elle est le principe de tout. Nous pensons comme '''Thalès''', au moins sur le dernier point. En effet, nous croyons que le feu, s’emparant du monde entier, convertira tout en sa propre substance : mais il finira par cesser ses ravages, et quand il sera éteint, dans toute la nature il ne restera que l’eau, et cette eau renfermera le germe et l’espérance d’un monde futur. Ainsi par le feu s’accomplira la destruction de l’univers, et par l’eau sa réorganisation. Êtes-vous
surpris, maintenant, qu’après avoir tenu lieu de tous les éléments, et les avoir produits tous, l’eau suffise à l’entretien perpétuel des fleuves ? Quand les éléments furent séparés les uns des autres, l’eau fut réduite au quart de l’univers, et dans une proportion convenable pour suffire à l’alimentation des fontaines, des ruisseaux et des rivières. Mais voici une idée absurde du même '''Thalès''' : il dit que la terre est soutenue par l’eau, et qu’elle flotte sur elle comme un navire ; que les tremblements de terre sont causés par les oscillations et les mouvements du fluide qui la soutient. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait assez d’eau pour alimenter les fleuves, puisque tout le globe est dans l’eau. Mais rejetons cette vieille et informe hypothèse, qui assimile les sources aux flots que la cale entr’ouverte laisse pénétrer dans le vaisseau.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA327#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Troisième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA342#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. III.'''<br />''Opiniõ de Thales touchant l’eau.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">L’eau , comme dit '''Thales''' , e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>t</nowiki> le plus fort des Elemens. Il croit me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me qu’elle e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le premier , & que toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es en ont pris nai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance. Pour moy ie {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uis de cette opinion , ou du moins de la derniere partie de cette opinion. Car nous [[#nous_stoiciens_NdT_dR|<span id="nous_stoiciens_NdT_dR_back"><sup>1</sup></span>]] di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le feu qui enueloppera tout le monde , & qui conuertira en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oy toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es; qu’il deuiendra {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans force quand il n’aura plus de nourriture , qu’apres que le feu {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}era e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}teint il ne demeurera rien de re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te à la nature que l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement , & que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t en elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule que con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}perance d’vn monde futur. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le feu e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t la fin du monde , & l’eau en e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le commencement. Vous e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonnez-vous donc que les fleuues pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir d’vn Element , qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t fait pour toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es & dont toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e font ? Lors que la nature fit le departement des Elemens , l’eau fut placée de telle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte , qu’elle peut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uffire pour les fleuues , pour les rui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux , pour les fontaines. Mais ce que '''Thales''' dit en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uitte e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t ridicule , car il dit que le Globe de la terre e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenu par les eaux ; qu’elles le portent comme vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau , & qu’elles l’agitent de la me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte , lors que nous croyons qu’il tremble. Il ne faut donc pas s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonner , s’il ya tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ez d’eau pour former de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i grands fleuues , puis que tout le monde nage fur l’eau. Mais me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pri{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ez cette vieille , & cette gro{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iere opinion , & ne croyez pas que l’eau vienne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la terre , comme par des fentes & par des creua{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es , & qu’elle y {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement comme dans le fond d’vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#nous_stoiciens_NdT_dR_back|<span id="nous_stoiciens_NdT_dR"><sup>1.</sup></span>]] Les Stoïciens.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA202#v=onepage&q&f=true ''Livre Troisiesme. Des eaux.''], [https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA234#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
==== Livre IV — Du Nil ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, '''Sénèque''' fait l’éloge de [[w:Lucilius_le_Jeune|'''Lucilius''']] [[#Lucilius|<span id="Lucilius_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] avant de lui expliquer les dangers de la flatterie. Puis, il décrit la crue du [[w:Nil|''Nil'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Nil_back|<sup>🔄</sup>]], expose les théories tentant de l’expliquer et les réfute. En épilogue, il fait le procès du luxe, et plus particulièrement celui d’acheter de la neige, et donc de marchandiser l’eau, regrettant qu’on ne puisse faire de même avec l’air et le soleil.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Lucilius|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Lucilius_back|<span id="Lucilius"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Lucilius [[wikt:en:Lucilius#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Gouverneur ''romain'' de Sicile durant le règne de [[w:Néron|Néron]], ainsi qu’un ami et un correspondant de Sénèque.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], [[w:Campanie#Histoire|''Campanie'']], [[w:Quatorze_régions_de_la_Rome_augustéenne#Regio_I_:_Porte_Capène|''Regio I'']])'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réfutation par '''Sénèque''' d’une théorie explicite de '''Thalès''' sur la crue du ''Nil'' (théorie identique mais supposément implicite rapportée par [[w:Hérodote|'''Hérodote''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Chapitre_XX|<sup>🔄</sup>]]).</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''2.''' [...] Si '''Thaleti''' credis, etesiae descendenti ''Nilo'' resistunt et cursum eius acto contra ostia mari sustinent. Ita reuerberatus in se recurrit, nec crescit, sed exitu prohibitus resistit et quacumque mox potuit ui congestus erumpit. '''Euthymenes''' ''Massiliensis'' testimonium dicit: «Nauigaui, inquit, ''Atlanticum'' mare. Inde ''Nilus'' fluit, maior, quamdiu etesiae tempus obseruant; tunc enim eicitur mare instantibus uentis. Cum resederunt, et pelagus conquiescit minorque descendenti inde uis ''Nilo'' est. Ceterum dulcis mari sapor est et similes ''Niloticis'' beluae». Quare ergo, si ''Nilum'' etesiae prouocant, et ante illos incipit incrementum eius et post eos durat? Praeterea non fit maior quo illi flauere uehementius, nec remittitur incitaturque, prout illis impetus fuit; quod fieret, si illorum uiribus cresceret. Quid quod etesiae litus ''Aegyptium'' uerberant et contra illos ''Nilus'' descendit, inde uenturus unde illi, si origo ab illis esset? Praeterea ex mari purus et caeruleus efflueret, non, ut nunc, turbidus ueniret. Adde quod testimonium eius testium turba coarguitur. Tunc erat mendacio locus; cum ignota essent externa, licebat illis fabulas mittere. Nunc uero tota exteri maris ora mercatorum nauibus stringitur, quorum nemo narrat initium ''Nili'' aut mare saporis alterius: quae natura credi uetat, quia dulcissimum quodque et leuissimum sol trahit. Praeterea quare hieme non crescit? Et tunc potest uentis concitari mare, aliquanto quidem majoribus; nam etesiae temperati sunt. Quod si e mari ferretur ''Atlantico'', semel oppleret ''Aegyptum''. At nunc per gradus crescit.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n7/mode/2up ''Liber Qvartvs A.''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n41/mode/2up ''chap. 2.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] Si '''Thaleti''' credis, Etesiæ descendenti ''Nilo'' resistunt, et cursus ejus acto contra ostia mari sustinent : ita reverberatus in se recurrit : nec crescit, sed exitu prohibitus resistit, et quacumque mox potuit, inconcessus erumpit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Euthymenes''' ''Massiliensis'' testimonium dicit : « Navigavi, inquit, ''Atlanticum'' mare. Inde ''Nilus'' fluit major, quamdiu Etesiæ tempus observant : tunc enim ejicitur mare instantibus ventis. Quum resederint, et pelagus conquiescit, minorque descendenti inde vis ''Nilo'' est. Ceterum dulcis maris sapor est, et similes ''Niloticis'' belluæ. » Quare ergo, si ''Nilum'' Etesiæ provocant, et ante illos incipit incrementum ejus, et post eos durat ? Præterea non fit major, quo illi flavere vehementius. Nec remittitur, incitaturque, prout illis impetus fuit : quod fieret, si illorum viribus cresceret. Quid, quod Etesiæ littus ''ægyptium'' verberant, et contra illos ''Nilus'' descendit, inde venturus, unde illi, si origo ab illis esset ? Præterea ex mari purus et cæruleus efflueret, non ut nunc turbidus venit. Adde, quod testimonium ejus testium turba coarguitur. Tunc erat mendacio locus, quum ignota essent externa. Licebat illis fabulas mittere. Nunc vero tota exteri maris ora mercatorum navibus stringitur : quorum nemo narrat nunc cæruleum ''Nilum'', aut mare saporis alterius ; quod et natura credi vetat, quia dulcissimum quodque et levissimum sol trahit. Præterea quare hieme non crescit ? et tunc potest ventis concitari mare, aliquando quidem majoribus ; nam Etesiæ temperati sunt. Quod si e mari ferretur ''Atlantico'', semel oppleret ''Ægyptum''. At nunc per gradus crescit.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA371#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Quatrième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA385#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] À en croire '''Thalès''', les vents étésiens repoussent le ''Nil'' à sa descente dans la mer, et suspendent son cours en poussant la mer contre ses embouchures. Ainsi refoulé, il revient sur lui-même, sans pour cela grossir ; mais l’issue lui étant barrée, il s’arrête, et bientôt, partout où il le peut, force le passage qui lui est refusé. [[w:Euthymènes|'''Euthymène''']] [[#Euthymènes|<span id="Euthymènes_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], de ''Marseille'', en parle comme témoin : « J’ai navigué, dit-il, sur la mer ''Atlantique''. Elle cause le débordement du ''Nil'', tant que les vents étésiens se soutiennent ; car c’est leur souffle qui alors pousse cette mer hors de son lit. Dès qu’ils tombent, la mer aussi redevient calme, et le ''Nil'' à sa descente déploie moins de puissance. Du reste, l’eau de cette mer est douce, et nourrit des animaux semblables à ceux du ''Nil''. » Mais pourquoi, si les vents étésiens font gonfler le ''Nil'', la crue commence-t-elle avant la saison de ces vents, et dure-t-elle encore après ? D’ailleurs le fleuve ne grossit pas à mesure qu’ils soufflent plus violemment. Son plus ou moins de fougue n’est point réglé sur celle des vents étésiens, ce qui aurait lieu, si leur action le faisait hausser. Et puis ils battent la côte ''égyptienne'', le ''Nil'' descend à leur encontre : il faudrait qu’il vînt du même point qu’eux, si son accroissement était leur ouvrage. De plus, il sortirait pur et azuré de la mer, et non pas trouble comme il est. Ajoute que le témoignage d’'''Euthymène''' est réfuté par une foule d’autres. Le mensonge avait libre carrière, quand les plages étrangères étaient inconnues ; on pouvait de là nous envoyer des fables, À présent, la mer extérieure est côtoyée sur tous ses bords par des trafiquants dont pas un ne raconte qu’aujourd’hui le ''Nil'' soit azuré ou que l’eau de la mer soit douce. La nature elle-même repousse cette idée ; car les parties les plus douces et les plus légères sont pompées par le soleil. Et encore pourquoi le ''Nil'' ne croît-il pas en hiver ? Alors aussi la mer peut être agitée par des vents quelque peu plus forts que les étésiens, qui sont modérés. Si le mouvement venait de l’Atlantique, il couvrirait tout d’un coup l’Égypte : or l’inondation est graduelle.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_4|''Livre IV.'']] ''chap. 2.'', traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles4.htm ici])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Joseph Baillard de 1914|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Euthymènes_back|<span id="Euthymènes"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Εὐθυμένης / Euthuménēs [[wikt:en:Εὐθυμένης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ de l’adjectif εὐθύς / euthús, « 1. Droit, direct : (au sens moral) direct, ouvert, franc. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ + du nom commun μενος / ménos, « 1. Esprit. 2. Désir, ardeur, souhait, but. 3. Colère. 4. Courage, esprit, vigueur. 5. Pouvoir, force. 6. Violence. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ + du suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Suffix_2|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Navigateur et explorateur de la mer Extérieure le long des côtes africaines (actuelle Atlantique sud).<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIeme_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], [[w:Marseille_antique#Massalia,_une_cité_grecque|''Massalia'']], actuelle Marseille)'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] Selon '''Thalès''', le phénomène a pour cause les vents Étésiens, qui s’opposent au cours du ''Nil'' et font rebrousser ses eaux en sens inverse du mouvement qui le porte vers la mer. Refoulés sur eux-mêmes, les flots refluent sans pour cela grossir ; mais l’issue leur étant fermée, ils s’arrêtent, et bientôt ils s’ouvrent partout où ils peuvent le passage qui leur est refusé.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Euthymène''' de ''Marseille'' en parle comme témoin : « J’ai navigué, dit-il, sur la mer ''Atlantique''. Le ''Nil'' roule des eaux plus abondantes, tant que durent les vents Étésiens ; car alors ils refoulent la mer sur le fleuve. Dès qu’ils se sont abattus et que la mer est devenue calme, le ''Nil'', qui peut redescendre vers celle-ci, diminue. Au reste, les eaux de cette mer sont douces et contiennent des animaux semblables à ceux du ''Nil''. » Dans cette hypothèse, qui donne les vents Étésiens pour cause des crues du ''Nil'', qu’on me dise pourquoi ces crues précèdent les vents, persistent quand les vents ne sont plus, enfin n’augmentent plus d’intensité et de violence, et ne diminuent pas selon la violence et l’impétuosité du vent même ; c’est pourtant ce qui devrait arriver, si les vents déterminaient la hausse des eaux. De plus, les vents Étésiens battent directement la côte ''égyptienne'' : pourquoi donc le ''Nil'' descend-il contre le souffle de ces vents, tandis qu’il devrait couler dans la même direction, s’il leur devait ses débordements ? Enfin, pourquoi, au lieu d’être diaphanes et azurés, ces flots, qu’on fait venir de la mer, sont-ils chargés de limon ? Ajoutez qu’une foule de témoignages réfutent '''Euthymène'''. On pouvait mentir, quand les plages étrangères étaient inconnues : c’était alors le temps des fables ; mais aujourd’hui mille vaisseaux marchands côtoient la mer extérieure ; personne ne dit que le ''Nil'' ait des flots d’azur ; personne ne donne à la mer une saveur douce, que la nature refuse à ses eaux : car le soleil en pompe sans cesse la partie la plus douce et la plus légère ; ensuite pourquoi le ''Nil'' ne croîtrait-il point pendant l’hiver ? la mer alors peut être battue par les vents, par des vents plus violents que les Étésiens, qui sont modérés. Enfin, si le mouvement venait de l’Atlantique, l’Égypte entière serait inondée tout d’un coup : or, l’inondation est graduelle.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA371#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Quatrième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA385#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. II.'''<br />''En quelle fai[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>ó</nowiki> {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait l’accroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du Nil.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[...] Si vous en croyez '''Thales''' , les vents Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tent au ''Nil'' en de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cendant dans la mer; & arre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on cours, en pou{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant la mer contre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ept emboucheures. Si bien qu’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tant repou{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte il retourne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oy-me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me , & ne croi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas comme l’on pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e , mais par ce qu’il trouue vn ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tacle qui l’empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}che de pa{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er outre , il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t contraint de s’arre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ter , & ne pouuant plus pour{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uiure {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a cour{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e , il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pand par où il peut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e répandre. '''Euthimenes''' de ''Mar{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eille'' en rend ce te{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}moignage. I’ay nauigé, dit il, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la mer ''Atlantique'' , & c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t par elle que le ''Nil'' deuient plus grand, lors que les vents Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent ; car alors cette mer {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ort pour ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i dire d’elle-me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me par la force & par la violence de ces vents. Mais lors qu’ils ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent plus la mer demeure tranquille, & le Nil ne trouue plus rien qui l’empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}che de de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cendre , Au re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te l’eau de la mer e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t douce en ce temps-là , & l’on y void des be{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblables à celles du Nil. Mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont enfler le Nil, pourquoy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on débordement commence il auant qu’ils {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent & pourquoy dure - il encore lors qu’ils ont ce{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouffler. Dauantage ils ne s’enfle pas plus que de cou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tume , quand ces vents {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent auecque plus de violence qu’ils ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont ordinairement. Enfim il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e hau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e & ne s’abai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon que leur impetuo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ité e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t plus ou moins grande , ce qui arriveroit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans doute s’il s’enfloit par la force de ces véts. Mais comme les Ete{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens battent directement les bords de l’Egypte, & que le Nil de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cend contre eux ; il faudroit s’ils e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toient cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on accroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement , qu’il commença{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t par l’endroit d’où ils viennent. Outre cela il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortiroit tout pur de la mer, & de la couleur de la mer, & ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit pas trouble & limonneux , comme il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. Et apres tout le te{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}moignage d’'''Euthimene''' , e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t condamné par le plus grand nombre. Il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit permis de mentir quand on n’auoit point de connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance des pays e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trangers ; & alors on pouuoit facilement nous en enuoyer des fables. Mais aujourd’huy tous les riuages des mers les plus e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}loignées {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont remplis de vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux de marchands, & pas vn ne nous apporte que le ''Nil'' {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit de la couleur de la mer, ou que la mer ait vn autre gou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. Quand nous aurions des rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons pour nous la per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uader , la nature nous empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cheroit de le croire par ce que le Soleil en attire ce qu’il y a de plus leger & de plus doux. Dauantage pourquoy ne croi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-il pas en Hyuer , puis que la met en ce temps là peut e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre agitée par des vents plus violents, que les Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours moderez. Que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le ''Nil'' venoit de la mer ''Atlantique'' , il couuriroit l’Egypte tout d’vn coup, & neantmoins il ne la couure que peu à peu.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA3#v=onepage&q&f=true ''Livre Qvatriesme. De la Nege, de la Greſle, & de la Pluye.''], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA37#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
==== Livre VI — Des tremblements de terre ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, '''Sénèque''' énonce le plan du livre, des causes des tremblements de terre et des peurs qu’ils provoquent, en s’appuyant sur celui de ''Campanie'' qui a récemment causé d’importants dégâts à ''Pompéi'' et à ''Herculanum''. Des chapitres IV à XX, de nombreuses théories sismiques sont présentées, la plupart liées au nom d’un philosophe qui les prône. Le feu, l’eau et l’air sont cités comme causes, et plusieurs d’entre-elles les combinent. À partir du chapitre XXIV, '''Sénèque''' développe sa propre opinion : l’air pénétrant, qui remplit complètement les cavités souterraines sous une forte pression, en est la cause. En épilogue, il explique à '''Lucilius''' quel comportement adopté en de telles situations, à savoir être courageux en ne craignant pas la mort</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre VI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réfutation d’une théorie de '''Thalès''' de la Terre flottant sur l’eau, et témoignage d’une de ses preuves portant sur les tremblements de terre.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''6.''' In aqua causam esse nec ab uno dictum est nec uno modo. '''Thales''' ''Milesius'' totam terram subiecto iudicat umore portari et innare, siue illud oceanum uocas, siue magnum mare, siue alterius naturae simplicem adhuc aquam et umidum elementum. Hac, inquit, unda sustinetur orbis uelut aliquod grande nauigium et graue his aquis quas premit. Superuacuum est reddere causas propter quas existimat grauissimam partem mundi non posse spiritu tam tenui fugacique gestari; non enim nunc de situ terrarum sed de motu agitur. Illud argumenti loco ponit aquas esse in causa quibus hic orbis agitetur, quod in omni maiore motu erumpunt fere noui fontes, sicut in nauigiis quoque euenit ut, si inclinata sunt et abierunt in latus, aquam sorbeant, quae in omni eorum onere quae uehit, si immodice depressa sunt, aut superfunditur aut certe dextra sinistraque solito magis surgit. Hanc opinionem falsam esse non est diu colligendum. Nam, si terra aqua sustineretur et ea aliquando concuteretur, semper moueretur, nec agitari illam miraremur sed manere; deinde tota concuteretur, non ex parte; numquam enim nauis dimidia iactatur. Nunc uero terrarum non uniuersarum sed ex parte motus est. Quomodo ergo fieri potest ut, quod totum uehitur, totum non agitetur, si eo quo uehitur agitatum est? — At quare aquae erumpunt? — Primum omnium saepe tremuit terra et nihil umoris noui fluxit. Deinde, si ex hac causa unda prorumperet, a lateribus terrae circumfunderetur, sicut in fluminibus ac mari uidemus incidere ut incrementum aquarum, quotiens nauigia desidunt, in lateribus maxime appareat. Ad ultimum non tam exigua fieret quam tu dicis eruptio nec uelut per rimam sentina subreperet, sed fieret ingens inundatio ut ex infinito liquore et ferente uniuersa.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n135/mode/2up ''Liber Qvintvs - De terrae motv''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n155/mode/2up ''chap. 6.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' In aqua causam esse, nec ab uno dictum est, nec uno modo. '''Thales''' ''Milesius'' totam terram subjecto judicat humore portari et innatare : sive illud Oceanum vocas, sive magnum mare, sive alterius naturæ simplicem adhuc aquam et humidum elementum. Hac, inquit, unda sustinetur orbis, velut aliquod grande navigium et grave his aquis, quas premit. Supervacuum est reddere causas, propter quas existimat, gravissimam partem mundi non posse spiritu tam tenui fugacique gestari ; non enim nunc de situ terrarum, sed de motu agitur. Illud argumenti loco ponit, aquas esse in causa, quibus hic orbis agitatur, quod in omui majore motu erumpunt fere novi fontes : sicut in navigiis quoque evenit, ut, si inclinata sunt et abiere in latus, aquam sorbeant, quæ in omni onere eorum quæ vehit, si immodice depressa sunt, aut superfunditur, aut certe dextra sinistraque solito magis surgit. Hanc opinionem falsam esse, non est diu colligendum ; nam, si terram aqua sustineret, et ea aliquando concuteretur : semper moveretur, nec agitari illam miraremur, sed manere. Tum tota concuteretur, non ex parte : nunquam enim navis dimidia jactatur. Nunc vero non terrarum universarum, sed ex parte motus est. Quomodo ergo fieri potest, ut quod totum vehitur, totum non agitetur, si eo quo vehitur, agitatum est ? At quare aquæ erumpunt ? Primum omnium sæpe tremuit terra, et nihil humoris novi fluxit. Deinde si ex hac causa unda prorumperet, a lateribus terræ circumfunderetur : sicut in fluminibus ac mari videmus accidere, ut incrementum aquarum, quoties navigia desidunt, in lateribus maxime appareat. Ad ultimum non tam exigua fieret quam dicit eruptio, nec velut per rimam sentina subreperet, sed fieret ingens inundatio, ut ex infinito liquore, et ferente universa.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA420#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Sixième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA429#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' Que l’eau soit cause des tremblements de terre, c’est ce qu’affirment divers auteurs et avec divers arguments. '''Thalès''' de ''Milet'' estime que le globe entier a pour support une masse d’eaux sur laquelle il flotte, et qu’on peut appeler Océan ou grande mer, ou élément jusqu’ici de nature simple, l’élément humide. Cette eau, dit-il, soutient la terre ; et l’immense navire pèse sur le liquide qu’il comprime. Il est superflu d’exposer les motifs qui font croire à '''Thalès''' que la partie de l’univers la plus pesante ne saurait porter sur une substance aussi ténue, aussi fugace que l’air : il ne s’agit pas maintenant de l’assiette du globe, mais de ses secousses. '''Thalès''' apporte en preuve de son système, que presque toujours les grandes secousses font jaillir des sources nouvelles, comme il arrive dans les navires qui, lorsqu’ils penchent et s’inclinent sur le flanc, sont envahis par l’eau ; toujours, s’il y a surcharge, l’eau vient couvrir le bâtiment, ou du moins s’élève à droite et à gauche plus que de coutume. La fausseté de cette opinion se démontre sans longs raisonnements. Si la terre était soutenue par l’eau, elle tremblerait quelquefois dans toute sa masse et toujours serait en mouvement ; ce ne serait pas son agitation qui étonnerait, mais son repos. Elle s’ébranlerait tout entière, non partiellement ; car ce n’est jamais la moitié seulement d’un navire qui est battue des flots. Or, les tremblements de notre terre ne sont pas universels, mais partiels. Comment serait-il possible qu’un corps porté tout entier par l’eau ne fût pas agité tout entier, quand ce fluide est agité ? « Mais d’où viennent les eaux qu’on a vues jaillir ? » D’abord, souvent la terre tremble, sans qu’il en sorte de nouvelles eaux. Ensuite, si telle était la cause de ces éruptions, elles n’auraient lieu qu’autour des flancs du globe ; ce que nous voyons arriver sur les fleuves et en mer : l’exhaussement de l’onde, à mesure que s’enfonce le navire, se remarque surtout aux flancs du bâtiment. Enfin l’éruption dont on parle ne serait pas si minime, et comme une voie d’eau qui s’infiltre par une fente légère ; l’inondation serait immense en raison de l’abîme infini sur lequel flotterait le monde.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_6|''Livre VI.'']] ''chap. 6.'', traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles6.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' Plusieurs philosophes ont prétendu que l’eau est la cause de ces secousses : ce que chacun explique à sa manière. '''Thalès''' de ''Milet'' prétend que le globe entier a pour support une masse d’eau sur laquelle il flotte ; peu importe qu’on donne à cet amas le nom d’Océan, de grande mer ou d’eau élémentaire, eau simple. Cette eau, dit-il, soutient la terre comme un grand vaisseau pesant sur le liquide qu’il comprime. Il est inutile d’exposer les raisons qui font croire à '''Thalès''' que le corps le plus pesant de la nature ne peut être soutenu par un fluide aussi délié et aussi rare que l’air : car il s’agit ici des tremblements de terre et non de l’assiette du globe. La grande raison de '''Thales''' pour faire de l’eau la cause des secousses de la terre, c’est que, dans tout tremblement considérable, jaillissent des eaux nouvelles ainsi les vaisseaux se remplissent d’eau quand ils penchent d’un côté ; chargés à l’excès, ou ils sont submergés, ou ils s’enfoncent à droite et à gauche plus profondément dans la mer. Il ne faut pas longtemps discuter pour voir la fausseté de cette opinion. Si la terre était soutenue par les eaux, elle serait quelquefois fortement ébranlée, mais de plus elle serait toujours flottante, et il faudrait s’étonner non de son agitation , mais de son repos ; enfin, au lieu d’être ébranlée en partie, elle le serait tout entière : car jamais la moitié d’un vaisseau n’est battue des flots. Or, on sait que les secousses de la terre sont partielles et non universelles : comment se ferait-il donc que ce qui est entièrement porté par les eaux ne fût pas entièrement agité, tandis que les eaux mêmes le sont en totalité ? Mais, dit-on, qui fait jaillir les eaux ? D'abord, souvent la terre tremble sans qu’il se produise des eaux nouvelles ; ensuite, si telle était la cause de ces éruptions, les eaux se répandraient latéralement autour de la terre. Ainsi, par exemple, quand un vaisseau s’enfonce ou dans la mer ou dans les fleuves, c’est vers les bords surtout que l’accroissement devient sensible. Enfin les sources qui jaillissent ne seraient pas si peu considérables ; on ne pourrait pas les comparer à une voie d’eau qui pénètre par les fentes du fond de cale : ce serait une inondation immense comme l’abîme infini sur lequel flotterait le monde.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA420#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Sixième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA429#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. VI.'''<br />''Si l’eau e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>t</nowiki> la cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e des tréblemés de terre.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Ce n'e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas vn homme {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eul qui a dit , que l’eau e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e du tremblement de la terre ; & l’on ne l’a pas dit d’vne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule façó. '''Thales''' ''Mile{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ien'' a crû que toute la terre e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit portée {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’eau , & qu’elle y nageoit, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit que vous appelliez cette eau Ocean, ou que vous l’appelliez grade mer, ou vne eau d’vne autre nature , eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}imple , element humide. C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette eau, dit-il, que le monde e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenu, comme quelque vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau d’vne grandeur deme{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urée , qui charge les eaux qui le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiennent. Il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit inutile de rapporter les rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons qui luy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont croire que la plus pe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ante partie du móde ne peut e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenuë par l’air qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ubtil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i fluide & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i delié ; & d’ailleurs, il ne s’agit pas icy de l’a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iete de la terre , mais du tremblement de la terre. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i pour preuue que les eaux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e que la terre tremble , il dit qu’il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que point de grands tremblemens de terre, qu’on n’en voye {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uitte de nouuelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ources; que la terre re{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emble en cela aux vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux qui ne peuuent pancher d’vn co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té, qu’ils ne pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent de l’eau, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pand {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur toutes les cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es qu’ils portent , {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i elles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont trop enfoncées; ou qui s’éleue de part & d’autre à la gauche , & à la droite. Il n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas besoin d’vn long di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cours pour montrer la fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eté de cette opinion ; car {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenoit la terre, quelquesfois elle trembleroit toute entiere, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours en mouuement; & nous ne nous e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonnerions point de la voir remuer, mais de la voir ferme & inébranlable. Elle trembleroit toute entiere , & non pas en partie , car vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t iamais agité par vne moitié {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement ; & apres tout nous voyons que le tremblement ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pas de toute la terre , mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement d’vne partie. Comment donc {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e peut-il faire que ce qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t porté tout entier ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit pas entierement agité , {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me qui porte e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}meuë & agitée ? Mais pourquoy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ort-il de l’eau apres vn tremblement de terre ? Premierement la terre a {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouuent tremblé {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans qu’on en ayt veu {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir de nouuelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ources. D’ailleurs {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortoit par cette rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pandroit par les co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tez de la terre , comme nous voyons dans les fleuues & dans la mer , où lors que le vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau s’enfonce on remarque que l’eau s'éleue , principalement par les co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tez. Enfin ces eaux ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortiroient pas en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i petite quantité, ny par vne fi petite ouuerture , mais il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit vne grande inondation, comme procedant de cette abondance d’eaux qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiennent tout l’vniuers.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA141#v=onepage&q&f=true ''Livre Sixiesme. Des tremblemens de terre.''], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA164#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Pline_l%27Ancien|'''Pline l’Ancien''']] [[#Pline|<span id="Pline_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:23|23]]/[[w:24|24]], à [[w:Côme|''Novum Comum'']] ou [[w:Vérone|Vérone]] — [[w:79|79]], à [[w:Stabies|Stabies]], [[w:Mort_de_Pline_l%27Ancien|mort]] par asphyxie près de [[w:Pompéi|Pompéi]], lors de l’éruption du [[w:Vésuve|Vésuve]], en voulant observer le phénomène au plus près et en désirant porter secours aux victimes, alors en poste à [[w:Misène|''Misène'']] en tant que Préfet commandant la flotte militaire ''romaine'') <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Pline_l’Ancien|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=tRsuD3WJT-UC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA876#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Va, §204 - Plinius Secundus (Caius —)}}]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Haut fonctionnaire militaire et civique, issu de l’[[w:Chevalier_romain|''orde équestre'']], et écrivain prolifique dans de très nombreux domaines.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Pline l’Ancien|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Pline_back|<span id="Pline"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Caius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Plinius|nomen, nom de famille}} {{Info|Secundus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Histoire_naturelle_(Pline_l'Ancien)|Histoire naturelle]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Histoire_naturelle_(Pline)|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Ouvrage de 37 livres dédié à l’empereur [[w:Titus_(empereur_romain)|'''Titus''']] [[#Titus|<span id="Titus_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], dont il a été le ''{{Lang|la|contubernium}}'' pendant son service en tant que commandant des armées du ''Rhin'' en ''Germanie'' en [[w:47|47]]. '''Pline''' définit lui-même son enquête [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Histoire/Enquête_I|<sup>🔄</sup>]] sur la nature comme une reproduction de la vie — ''{{Lang|la|rerum natura, hoc est uita narratur}}'' (Livre I, Préface, 10), qu’il inscrit dans la tradition encyclopédique [[#encyclopédie_back|<sup>⤴️</sup>]] grecque mais s’en différencie par son exhaustivité : ''{{Lang|la|Jam omnia attingenda, quæ Græci}}'' ''{{Lang|grc|τάς έγχυχλοπαιδείας}}'' ''{{Lang|la|vocant : et tamen ignota aut incerta ingeniis facta; alia vero ita multis prodita, ut in fastidium sint adducta}}'' (Préface, 11). Il a, dans ce but, compilé « vingt mille faits dignes d’intérêt, tirés de la lecture d’environ deux mille volumes, [...] provenant de cent auteurs de choix » — ''{{Lang|la|Viginti millia rerum dignarum cura ex lectione voluminum circiter duum millium, [...] ex exquisitis auctoribus centum}}'' (Préface, 13).</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Titus|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Titus_back|<span id="Titus"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Titus [[wikt:en:Titus#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Commandant militaire, notamment pendant la [[w:Premi%C3%A8re_guerre_jud%C3%A9o-romaine|''première guerre judéo-romaine'']], au cours de laquelle il prend ''Jérusalem'' que ses troupes mettent à sac et fait détruire le [[w:Second_temple_de_Jérusalem#Destruction|''Second Temple'']], et empereur ''romain'', de la dynastie des [[w:Flaviens|''Flaviens'']], de [[w:79|79]] à [[w:81|81]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(30 décembre [[w:39|39]] , ''Rome'' — 13 septembre [[w:81|81]], mort par fièvre selon [[w:Suétone|Suétone]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/suetone/titus.htm <sup>VdDC, Titus</sup>] ou par empoisonnement avec du venin de [[w:Aplysia|''lièvre marin'']] par son propre frère [[w:Domitien|Domitien]] selon [[w:Philostrate_d%27Ath%C3%A8nes|Philostrate]] [https://remacle.org/bloodwolf/roman/philiostrate/apollonius6.htm <sup>AdT, l. VI, chap. 32</sup>])<sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre II ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Enquête sur l’astronomie et la physique du monde, basée sur les quatre éléments : air, terre, eau et feu.</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre IX.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la première prédiction grecque d’une éclipse solaire (ou lunaire selon les traductions) par '''Thalès'''.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IX.''' Et rationem quidem defectus utriusque primus ''Romani'' generis in vulgus extulit '''Sulpicius Gallus''', qui consul cum '''Marcello''' fuit, sed tum tribunus militum, sollicitudine exercitu liberato, pridie quam '''Perseus''' rex superatus a '''Paulo''' est, in concionem ab imperatore productus ad prædicendam eclipsim, mox et composito volumine. Apud Græcos autem investigavit primus omnium '''Thales''' ''Milesius'', Olympiadis XLVIII anno quarto, prædicto solis defectu, qui '''Alyatte''' rege factus est, Urbis conditæ; anno CLXX. Post eos utriusque sideris cursum in sexcentos annos præcinuit '''Hipparchus''', menses gentium, diesque et horas, ac situs locorum, et visus populorum complexus, ævo teste, haud alio modo, quam consiliorum naturæ particeps. Viri ingentes supraque mortalium naturam, tantorum numinum lege deprehensa, et misera hominum mente absoluta, in defectibus scelera aut mortem aliquam siderum pavente (quo in metu fuisse '''Stesichori''' et '''Pindari''' vatum sublimia ora palam est deliquio Solis), et in Luna veneficia arguente mortalitate, et ob id crepitu dissono auxiliante. Quo pavore, ignarus causæ, '''Nicias''' ''Atheniensium'' imperator, veritus classem portu educere, opes eorum afflixit. Macti ingenio este, cæli interpretes, rerumque naturæ capaces, argumenti repertores, quo deos hominesque vinxistis. Quis enim hæc cernens, et statos siderum (quoniam ita placuit appellare) labores, non suæ necessitati mortalis genitus ignoscat ? Nunc confessa de iisdem breviter atque capitulatim attingam, ratione admodum necessariis locis strictimque reddita : nam neque instituti operis talis argumentatio est : neque omnium rerum afferri posse causas, minus mirum est, quam consfare in aliquibus.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/98/mode/2up ''Livre II.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/106/mode/2up ''chap. IX.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/130|ici]] et 1829 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f45.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IX.''' Le premier ''Romain'' qui exposa publiquement la théorie des éclipses du soleil et de la lune est [[w:Caius_Sulpicius_Gallus|'''Sulpicius Gallus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Caius_Sulpicius_Gallus_back|<sup>🔄</sup>]], qui fut consul avec [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-166)|'''Marcellus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Marcellus-166_back|<sup>🔄</sup>]], mais qui alors était tribun militaire. La veille du jour où [[w:Persée_(roi)|'''Persée''']] [[#Persée_(roi)|<span id="Persée_(roi)_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] fut défait par [[w:Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus|'''Paul-Emile''']] [[#Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus|<span id="Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] il parut par ordre du général, afin de prévenir les alarmes de l’armée, devant les troupes assemblées pour annoncer l’éclipse qui allait survenir; peu de temps après, il composa un livre sur ce sujet. Le premier qui s’en occupa chez les ''Grecs'' fut '''Thalès''' de ''Milet'', dans la quatrième année de la quarante-huitième olympiade (an 585 av. J. C. [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#éclipse_back|<sup>🔄</sup>]]), l’an 170 de la fondation de ''Rome'', et prédit une éclipse de lune qui arriva sous le roi [[w:Alyatte_II|'''Alyatte''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Alyatte_back|<sup>🔄</sup>]]. Après eux, [[w:Hipparque_(astronome)|'''Hipparque''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hipparque_back|<sup>🔄</sup>]] dressa pour six cents ans la table du cours du soleil et de la lune, déterminant les mois des divers calendriers, les jours, les heures, les localités et les aspects, suivant les contrées. Le cours des ans ne lui a donné aucun démenti, et il semble avoir été admis aux conseils de la nature. Génies puissants et élevés au dessus de l’humanité, ils ont découvert la loi qui régit ces grandes divinités, et ils ont délivré de ses craintes l’esprit misérable des hommes, qui dans les éclipses, tantôt croyaient voir une influence malfaisante ou une espèce de mort des astres, crainte qui, comme on sait, a, pour l’éclipse du soleil, troublé [[w:Stésichore|'''Stésichore''']] [[#Stésichore|<span id="Stésichore_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] et [[w:Pindare|'''Pindare''']] [[#Pindare|<span id="Pindare_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], poètes sublimes, et tantôt attribuaient l’obscurcissement de la lune à des maléfices, et lui venaient en aide par un bruit dissonnant. Redoutant ce phénomène, dont il ignorait la cause, [[w:Nicias|'''Nicias''']] [[#Nicias|<span id="Nicias_back"><sup>'''V'''</sup></span>]], général des ''Athéniens'', n’osa pas faire sortir la flotte du port de [[w:Syracuse#Antiquité|''Syracuse'']], et ruina la puissance de sa patrie. Redoublez de génie, interprètes du ciel, vous dont l’intelligence, embrassant la nature, a inventé des théories qui ont créé un lien entre les dieux et les hommes [[#Vicistis_JH|<span id="Vicistis_JH_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] ! A la vue de ce spectacle, à la vue des labeurs (puisque c’est le nom qu’on a voulu donner aux éclipses), des labeurs réguliers auxquels les astres sont soumis, quel mortel ne pardonnerait à la nécessité sous laquelle il est né ? Maintenant je vais parler, d’une manière brève et sommaire, des points sur lesquels on est d’accord en cette matière. Je ne donnerai que de courtes explications, et là où il sera tout à fait nécessaire; car les explications n’entrent pas dans le plan de cet ouvrage, et il n’y a pas moins de mérite à énumérer les causes de toutes choses qu’à s’appesantir sur quelques-unes.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#Vicistis_JH_back|<span id="Vicistis_JH"><sup>1</sup></span>]] Vicistis Vulg. — Vinxistis cod. Dalech. — Vinxistis me parait meilleur. Comp. ce que dit Pline plus loin, ch. 24, sur l’affinité de l’esprit humain avec les astres.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/98/mode/2up ''Livre II.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/106/mode/2up ''chap. IX.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(édition 1848 également disponible [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/130|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Jean Hardouin 1883|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Persée_(roi)_back|<span id="Persée_(roi)"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Περσεύς / Perseús[[wikt:en:Περσεύς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Dernier roi de [[w:Royaume_de_Mac%C3%A9doine|''Macédoine'']] de la dynastie des [[w:Antigonides|''Antigonides'']], vaincu en [[w:-168|-168]] à la [[w:bataille de Pydna|bataille de ''Pydna'']] à l’issue de la [[w:troisième guerre macédonienne|''troisième guerre macédonienne'']], causant la disparition du ''Royaume de Macédoine''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Années_212_av._J.-C.|-212]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Pella_(cité_antique)|''Pella'']], au nord de l’actuelle ''Grèce'' — [[w:Années_166_av._J.-C.|-166]]<sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Alba_Fucens|''Alba Fucens'']], au centre de l’actuelle ''Italie'')
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus_back|<span id="Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus"><sup>II</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Lucius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Æmilius|nomen, nom de famille}} {{Info|Paullus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, surnommé [[wikt:Macedonicus#Latin|Macedonicus]] par le [[w:Sénat_romain|''Sénat'']] à la suite de sa victoire;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Homme politique ''romain'', consul à 2 reprises en [[w:Années_182_av._J.-C.|-182]] et [[w:Années_169_av._J.-C.|-169]]. Il remporta la victoire contre le ''royaume de Macédoine'' à ''Pydna'' en battant le roi Persée [[#Persée_(roi)|<sup>I</sup>]], ce qui mit fin à la dynastie des ''Antigonides''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_230_av._J.-C.|-230]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'' — ''ca.'' [[w:Années_160_av._J.-C.|-160]]<sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'')
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Stésichore_back|<span id="Stésichore"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Στησίχορος /Stēsíkhoros [[wikt:en:Στησίχορος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe ἵστημι /hístēmi, « 1. (voix transitive, active des temps présent, imparfait, futur et 1er aoriste) : • Faire se tenir debout, se tenir debout; • Arrêter, rester, vérifier; • Mettre en place : - Faire monter, élever, réveiller, remuer; - Nommer, désigner; - Établir, instituer; • Mettre dans la balance, peser. 2. (voix intransitive, moyenne et passive, voix active du 2e aoriste, parfait et plus-que-parfait) : • Se tenir debout; • Se tenir immobile : (au sens figuré) Rester ferme; • Être dressé ou debout, se lever, s’élever : - (en général) Se lever, commencer; - (en marquant le pas) Être; - Être désigné. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun χορός / khorós, « 1. Danse en rond. 2. Danse accompagnée de chant, danse chorale. 3. Chœur, chorale, groupe de chanteurs et de danseurs. 4. Groupe, troupe. 5. Rangée. 6. Lieu de danse. 7. (théâtre) Chœur »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète lyrique grec, considéré comme l’un des [[w:Neuf_lyriques_grecs|''neuf poètes lyriques'']] de la Grèce antique.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_630_av._J.-C.|-630]]<sup>[[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Metauria|''Metauria'']], colonie de la [[w:Grande-Grèce|''Grande-Grèce'']], au sud de la région de [[w:Calabre|''Calabre'']], au sud de l’Italie — ''ca.'' [[w:Années_555_av._J.-C.|-555]]<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Catane|''Catane'']], colonie de la ''Grande-Grèce'', à l’est de la [[w:Sicile|''Sicile'']])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Pindare_back|<span id="Pindare"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Πίνδᾰρος /Píndaros [[wikt:en:Πίνδαρος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète lyrique grec, considéré comme l’un des [[w:Neuf_lyriques_grecs|''neuf poètes lyriques'']] de la Grèce antique.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Années_518_av._J.-C.|-518]]<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Cynocéphales|''Cynocéphales'']], cité grecque située près de [[w:Thèbes_(Grèce)|''Thèbes'']], en [[w:Béotie|''Béotie'']] — [[w:Années_438_av._J.-C.|-438]]<sup>[[w:Ve_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Árgos|''Árgos'']], cité grecque de la région de l’[[w:Argolide|''Argolide'']], à l’est de la [[w:Péloponnèse|''péninsule du Péloponnèse'']])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_back|<span id="Nicias"><sup>V</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Νῑκίᾱς /Nīkíās [[wikt:en:Νικίας#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun νίκη / níkē [[wikt:en:νίκη#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Le fait de gagner : la victoire, le succès [avec le génitif "sur, dans quelque chose"] : • Les choses gagnées dans la victoire, les fruits de la victoire; • La supériorité, l’avantage. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal masculin -ίας / -ías [[wikt:en:-ίας#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Homme politique et général ''athénien'' durant la [[w:Guerre_du_Péloponnèse|''guerre du Péloponnèse'']], qui oppose la [[w:Ligue_de_Délos|''ligue de Délos'']], menée par ''Athènes'', et la [[w:Ligue_du_Péloponnèse|''ligue du Péloponnèse'']], sous l’[[w:Hégémonie|hégémonie]] de ''Sparte'' de [[w:Années_431_av._J.-C.|-431]] à [[w:Années_404_av._J.-C.|-404]]. Sa supersition liée à une éclipse lunaire, s’étant produite lors de l’[[w:Expédition_de_Sicile|''expédition de Sicile'']], est également relatée par [[w:Thucydide|Thucydide]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre7.htm#L <sup>{{Info|HdlgdP|Histoire de la guerre du Péloponnèse}} l.VII, §.L</sup>] et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/supestition.htm#23 <sup>{{Info|DlS|De la Superstition}} l.I</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_470_av._J.-C.|-470]], ''Athènes'' — ''ca.'' [[w:Années_413_av._J.-C.|-413]], ''Syracuse'')<sup>[[w:Ve_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">Des découvertes astronomiques : part de chaque observateur dans la science.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''IX.''' '''Sulpicius Gallus''' [[#Sulpicius_Gallus_AdG|<span id="Sulpicius_Gallus_AdG_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] fut le premier ''Romain'' qui expliqua au vulgaire la raison des éclipses de soleil et de lune. Il fut consul avec '''Marcus Marcellus''' ; mais il n’était que tribun militaire lorsque la veille de la victoire que '''Paul Emile''' remporta sur '''Persée''' [[#Pridie_quam_Perses_rex_AdG|<span id="Pridie_quam_Perses_rex_AdG_back"><sup>'''2'''</sup></span>]], son général le fit paraître devant l’armée assemblée, pour lui annoncer l’éclipse qui allait arriver, et la délivrer de l’alarme qu’elle aurait pu en concevoir. Il composa bientôt après un volume sur ce sujet. Parmi les ''Grecs'', '''Thalès''' de ''Milet'' [[#Primus_omnium_Thales_AdG|<span id="Primus_omnium_Thales_AdG_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] dirigea le premier ses recherches sur ce phénomène, et la quatrième année de la 48e olympiade, qui répond à l’an 170 [[#Anno_CLXX_AdG|<span id="Anno_CLXX_AdG_back"><sup>'''4'''</sup></span>]] de ''Rome'', il prédit l’éclipse de soleil qui eut lieu sous le règne d’'''Alyatte''' [[#Alyatte_rege_AdG|<span id="Alyatte_rege_AdG_back"><sup>'''5'''</sup></span>]]. Après eux, '''Hipparque''' dressa des tables du cours de ces deux astres pour six cents ans [[#In_sexcentos_annos_AdG|<span id="In_sexcentos_annos_AdG_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] : mois, heures, jours, situations respectives des lieux, aspects du ciel selon les diverses nations [[#Menses_gentium_etc_AdG|<span id="Menses_gentium_etc_AdG_back"><sup>'''7'''</sup></span>]], tout y est compris, tout a été vérifié par le temps [[#Aevo_teste_AdG|<span id="Aevo_teste_AdG_back"><sup>'''8'''</sup></span>]]; on croirait l’astronome admis au conseil de la nature. Génies vastes et plus qu’humains, d’avoir ainsi surpris la loi de ces deux grandes divinités [[#Numinum_AdG|<span id="Numinum_AdG_back"><sup>'''9'''</sup></span>]], et affranchi d’effroi la malheureuse espèce humaine, qui tremblait en voyant dans chaque éclipse l’annonce de quelque grand crime, ou craignait la mort des astres [[#In_defectibus_scelera_etc_AdG|<span id="In_defectibus_scelera_etc_AdG_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] (effroi dont '''Stésichore''' et '''Pindare''' [[#Pindari_AdG|<span id="Pindari_AdG_back"><sup>'''11'''</sup></span>]], ces poètes sublimes, ne furent point exempts dans les éclipses de soleil), ou qui attribuait à des enchantemens celles de la lune, et venait à son secours en faisant un bruit discordant [[#Crepitu_dissono_AdG|<span id="Crepitu_dissono_AdG_back"><sup>'''12'''</sup></span>]]. C’est pour en avoir ignoré la cause, que, frappé de cette même terreur, '''Nicias''' [[#Nicias_AdG|<span id="Nicias_AdG_back"><sup>'''13'''</sup></span>]], général des ''Athéniens'', n’osa pas faire sortir sa flotte du port, et causa la ruine de leur puissance. Gloire à vous, interprètes du ciel, génies aussi étendus que la nature, inventeurs d’une science qui enchaîne à une même destinée les dieux et les mortels ! Quel est donc l’homme qui, voyant les astres en travail (pour me servir du nom qu’il a plu de donner aux crises qu’ils, subissent périodiquement), ne se soumettra pas à sa destinée?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Je vais maintenant toucher brièvement et sommairement les points sur lesquels on est d’accord dans cette matière, et j’en rendrai raison en passant, lorsque cela sera tout-à-fait nécessaire; car un développement de preuves n’est pas le but de l’ouvrage que j’ai entrepris, et il n’y a pas, je pense, moins de mérite à pouvoir rendre raison de toutes choses, qu’à s’arrêter à en prouver quelques-unes.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#Sulpicius_Gallus_AdG_back|<span id="Sulpicius_Gallus_AdG"><sup>1</sup></span>]] [[w:Tite-Live|Tite-Live]], XLIV, 37, [[w:Quintilien|Quintilien]], I, 10, [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]], [[w:Vies_parallèles|''Vie de Paul Emile'']], [[w:Frontin|Frontin]], I, etc., prétendent, comme Pline, que Sulpicius Gallus prédit l’éclipse anx soldats romains. [[w:Cicéron|'''Cicéron''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cicéron_back|<sup>🔄</sup>]] ([[w:De_Republica|''Répub.'']], I, 15 , page 44, ''édit. Maj.'') dit au contraire que l’éclipse était déjà arrivée lorsque Sulpicius Gailus commençait à s’efforcer d’ôter aux soldats romains la terreur qu’ils avaient conçue de cet événement, en leur expliquant les causes des éclipses.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pridie_quam_Perses_rex_AdG_back|<span id="Pridie_quam_Perses_rex_AdG"><sup>2</sup></span>]] Selon Tite-Live (XLIV, 37), l’éclipse eut lieu dans la soirée du 3 septembre, cent huit ans avant J.-C., entre sept et dix heures (''ab hora secunda usque ad quartam noctis, quam pridie nonas sept, secula est dies''). M. [[w:Christian_Ludwig_Ideler|Ideler]] (''Chronologie'', II, 104) a calculé cette éclipse. Il a trouvé, comme M. de Nauze, que, selon le calendrier Julien, elle arriva dans la soirée du 21 juin de l’an 168 avant J.-C. à Rome, la lune commença à s’éclipser vers 5h.44’ du soir ; depuis 6h.51’ jusqu’à 8h.18’, la lune fut totalement éclipsée, ; à 9h.,24’, la lune ne fut plus obscurcie du tout. En Macédoine, tous ces phénomènes arrivèrent 39 minutes plus tard. Le 21 juin, le soleil se coucha à Rome et en Macédoine vers 7h.33’, et s’y montra alors à 44 1/2’ h. équatoriales. Ainsi, la première heure de la nuit finissait vers 8h.17’, la seconde vers 9h.2’, la troisième vers 9h.46’, la quatrième vers 10h.31’. La lune fut donc éclipsée totalement au moment où elle se leva dans la Macédoine, et cette éclipse totale y finit dans la seconde heure de la nuit ; au milieu de la quatrième, la lune ne fut plus obscurcie du tout. S’il est vrai, que cette éclipse lunaire, comme Pline, Tite-Live et d’autres le disent, fut prédite par Sulpicius Gallus, l’on devrait avouer que ce Romain s’entendait très-bien au calcul des éclipses lunaires. Mais les récits de Cicéron et de [[w:Valère_Maxime|Valère-Maxime]] ne seraient-ils pas plus vrais que ceux de Pline et de Tite-Live ?'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Primus_omnium_Thales_AdG_back|<span id="Primus_omnium_Thales_AdG"><sup>3</sup></span>]] Le même fait est rapporté par [[w:Hérodote|Hérodote]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hérodote_back|<sup>🔄</sup>]], I, 74, par [[w:Diogène_Laërce|Diogène Laërce]] [[#Diogène_Laërce_back|<sup>⤵️</sup>]], I, 6 , par [[w:Clément_d'Alexandrie|Clément d’Alexandrie]] [[#Clément_d'Alexandrie_back|<sup>⤵️</sup>]], ''Strom.'', I, page 302 , par Plutarque, ''Opinions des Philosophes'', II, 24, par [[w:Jean_Tzétzès|Tzetzès]], ''Chil.'' II, v. 869, et par Hardouin.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Oltmann a publié une dissertation dans laquelle, à l’aide des tables astronomiques les plus modernes, il est arrivé à ce résultat, que l’éclipse solaire dont il est question ici eut lieu le 3o septembre 610 ans avant J.-C. L’éclipse était totale pour les environs de la ville d’[[w:Erzurum|Érzerum]] sur le [[w:Kızılırmak_(fleuve)|Halys]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Halys_back|<sup>🔄</sup>]], où [[w:Volney|Volney]] place le champ de bataille des rois [[w:Alyatte_II|Halyattes]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Alyatte_back|<sup>🔄</sup>]] et [[w:Cyaxare|Cyaxare]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cyaxare_back|<sup>🔄</sup>]]. La quatre-vingtième partie du disque solaire seule ne fut pas éclipsée pour le lieu de la terre où Oltmann place le champ de bataille, qui est situé, selon lui, sous 36° long. à l’est de Terro et sous 40° lat. sept. Dans le pays des Ioniens où Thalès prédit l’éclipse, selon Hérodote, l’éclipse se monta à 11 1/2’. M. [[w:Alphonse_Des_Vignoles|Desvignolles]] (''Chronologie de l’histoire sainte'', t. II, pag. 245 et suiv.) fixe l’éclipsé prédite par Thales au 38 mai de l’an 585 avant J.-C. ; son opinion a été adoptée depuis par presque tous les chronologistes et historiens, et par [[w:Gabriel_Brotier|Brotier]] et M. Alexandre. Elle a été réfutée avec succès par Oltmann, qui s’est servi de tables astronomiques bien plus exactes que celles de M. Desvignolles ; en effet, celui-ci a démontré par ses calculs que l’éclipse totale du soleil du 28 mai de l’an 585 avant J.-C., ne fut pas totale dans les lieux où les troupes du roi lydien Halyatte combattirent contre celles du roi Cyaxare ; que, dans ces régions, elle ne se monta pas à plus de 7 1/2 pouces, et que, d’ailleurs, le soleil ne s’était pas encore levé lorsque Féclipse était le plus forte pour les habitans des pays nommés. Mais Hérodote dit positivement que l’éclipse prédite par Thalès fut totale dans ces contrées, et qu’elle eut lieu en plein jour. (Voyez IDELER, ''Chronologie'', t. I, pag. 209 et 210.) Nous remarquerons pourtant avant de finir cette note que la date de Desvignolles est plus conforme que celle d’Oltmann à l’année dans laquelle l’éclipse prédite par Thalès, arriva selon Pline. En effet, le naturaliste romain dit que cette année est la six cent quatre-vingt-cinquième avant J.—C., et c’est justement le 28 mai de cette année que l’éclipse prédite par Thalès arriva, selon M. Desvignolles.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Volney pense que l’éclipse en question arriva le 3 février de de l’an 626. Oltman a démontré, dans son Mémoire sur l’éclipse de Thalès, que celle de Volney était déjà passée lorsque le soleil se leva sur le champ de bataille des rois Halyattes et Cyaxare.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Anno_CLXX_AdG_back|<span id="Anno_CLXX_AdG"><sup>4</sup></span>]] L’an 170. C’est ainsi que l’on doit lire, et non CLX, comme l’ont fait Hardouin et Poinsinet; la quatrième année de la quarante-huitième olympiade, correspondant à l’an 170 de Rome, si l’on suppose avec [[w:Varron_(écrivain)|Varron]] que cette ville a été fondée dans la deuxième année de la 6e olympiade.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Alyatte_rege_AdG_back|<span id="Alyatte_rege_AdG"><sup>5</sup></span>]] Le nom de ce roi est écrit avec un esprit rude dans Hérodote, ce qui a donné lieu à [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Poinsinet]] et à d’autres traducteurs de Pline de substituer le mot Halyatte à celui d’Alyatte.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Alyatte ou Halyatte fut roi de la Lydie et père de Crésus. Il faisait la guerre à Cyaxare, roi des Mèdes, lorsque l’éclipse solaire en question interrompit le combat.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#In_sexcentos_annos_AdG_back|<span id="In_sexcentos_annos_AdG"><sup>6</sup></span>]] On lit dans [[w:Georges_le_Syncelle|le Syncelle]] (''Chronolog.'', pag. 17) que les Chaldéens ont connu une période de six cents années solaires. [[w:Flavius_Josèphe|Josèphe]] [[#Flavius_Josèphe_back|<sup>⤵️</sup>]] ([[w:Antiquités_judaïques|''Ant. jud.'']], I, page 17 et 18, édit. Havercamp) dit que Dieu donna une longue vie aux patriarches pour qu’ils pussent cultiver avec succès les sciences astronomiques et géométriques, ce qu’ils n’auraient pu faire s’ils n’avaient pas vécu au moins six cents ans ; car la grande année ne finit pas plus tôt. Ainsi, il est certain qu’avant Hipparque les Chaldéens et d’autres peuples asiatiques ont connu une période de six cents années solaires. Mais [[w:Jean-Dominique_Cassini|Cassini]] ([[w:Jean-Dominique_Cassini#Mémoires_de_l’Académie_royale_des_sciences|''Anciens mém. de l’Acad.'']], t. VIII, pag. 4 et 5) et [[w:Jean_Sylvain_Bailly|Bailly]] (''Hist. de l’astr. ancienne'', t. II, liv. 3, Eclairciss.) ont prouvé que tous les six cents ans les nouvelles et pleines lunes n’arrivent pas seulement au même jour et à la même heure qu’auparavant, mais encore à la même minute. Ne serait-il donc pas probable qu’Hipparque, comme le dit Ideler (''Historische untersuchungen uber die astronomischen beobachtungen der alten'', Berlin 1806, page 417) a connu cette période chaldéenne, et que delà résulte l’étendue de six cents ans donnée à son calendrier selon Pline.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[[w:Abel_Burja|Abel-Burja]] de Leipzig a tâché d’expliquer d’une autre manière la durée du calendrier d’Hipparque (''Astronomisches Jahrbuch'', 1797, pag. 233 et 234). [[w:Claude_Ptolémée|Ptolémée]] et [[w:Censorin_(grammairien)|Censorin]] racontent qu’Hipparque est auteur d’une période soli-lunaire de trois cent quatre années solaires. En la prenant deux fois, on obtient une période de six cent huit ans. Celle-ci fut abrégée par Hipparque de huit ans, afin d’obtenir un nombre entier de siècles pour son calendrier. Ideler a fait une objection très-juste contre cette opinion de Burja ; c’est que la période de six cent huit ans n’a aucun avantage sur celle de trois cent quatre ans. On ne voit donc pas ce qui a pu engager Hipparque à préférer le nombre de six cents ans à celui de trois cents, lorsqu’il composait son calendrier.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Menses_gentium_etc_AdG_back|<span id="Menses_gentium_etc_AdG"><sup>7</sup></span>]] C’est-à-dire il écrivit des éphémérides dans lesquelles il avait calculé d’avance les néomenies et les pleines lunes. Il fit aussi entrer dans son calendrier les longueurs des jours et des heures variables, [[w:ὧραι|ὧραι]] καιρικαι, ainsi que les aspects du ciel, ''visus populorum'', tels qu’ils eurent lieu chez les habitans de différentes contrées de la terre. Il ajouta une table des longitudes et des latitudes des principaux pays et villes du globe. Ptolémée (''Géogr.'', I, ch. 4) en dit autant d’Hipparque.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Aevo_teste_AdG_back|<span id="Aevo_teste_AdG"><sup>8</sup></span>]] Les tables d’Hipparque étaient dressées pour six cents ans. Cet astronome florissait vers cent cinquante ans avant J.-C. Ainsi, du temps de Pline, on avait encore à jouir de ces tables pour quatre cents ans environ. POINSINET.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Numinum_AdG_back|<span id="Numinum_AdG"><sup>9</sup></span>]] Pline donne souvent l’épithète de divinités aux planètes, à la lune, au soleil, à la terre et aux étoiles fixes.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#In_defectibus_scelera_etc_AdG_back|<span id="In_defectibus_scelera_etc_AdG"><sup>10</sup></span>]] Nous transcrivons ici ce beau passage de l’Uranographie de M. [[w:Louis-Benjamin_Francœur|Francoeur]], qui mérite d’être mis en parallèle avec celui de Pline pour l’élégance du style et les pensées, et qui renferme le meilleur commentaire que nous puissions donner de tout ce que Pline dit des terreurs que les éclipses causaient autrefois aux hommes ignorans. « L’histoire, dit M. Francoeur (page 93), est pleine des exemples de l’effroi causé par les éclipses, et des dangers que produisent l’ignorance et la superstition. Nicias avait résolu de quitter la Sicile avec son armée ; effrayé par une éclipse de lune, et voulant temporiser plusieurs jours pour s’assurer si l’astre n’avait rien perdu après cet évènenement, il manqua ainsi l’occasion de sa retraite; son armée fut détruite ; Nicias périt, et ce malheur commença la ruine d’Athènes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Souvent on a vu des hommes adroits tirer parti de la frayeur du peuple pour l’amener à remplir leurs desseins. Christophe Colomb, réduit à faire subsister ses soldats des dons volontaires d’une nation sauvage et indigente, était prêt à voir tarir cette ressource et à périr de faim ; il annonce qu’il va priver le monde de la lumière de la lune. L’éclipse commence et la terreur s’empare des Indiens, qui reviennent apporter aux pieds de Colomb les tributs accoutumés.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Drusus (TACITE , Annales, I, 28) apaisa une sédition dans son armée, en prédisant une éclipse de lune, et, selon Tite-Live, Sulpicius Gallus, dans la guerre de Paul-Emile contre Persée, usa du même stratagème. Periclès, [[w:Agathocle_de_Syracuse|Agathocles de Syracuse]], [[w:Dion_de_Syracuse|Dion]], roi de Sicile, ont failli être victimes de l’ignorance de leurs soldats. [[w:Alexandre_le_Grand|Alexandre]], près d’[[w:Bataille_de_Gaugamèles|Arbelles]], est réduit à user de toute son adresse pour calmer la terreur qu’une éclipse avait jetée parmi ses troupes. Les hommes supérieurs, plutôt que de plier sous les circonstances qui les maîtrisent, mettent leur art à les tourner à leur profit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Combien de fables établies d’après l’opinion que les éclipses sont l’effet du courroux céleste qui se venge des iniquités de l’homme en le privant de la lumière! Tantôt [[w:Diane_(mythologie)|Diane]] va trouver [[w:Endymion|Endymion]] dans les montagnes de Carie; tantôt les magiciennes de Thessalie font descendre la lune sur les herbes qu’elles destinent aux enchantemens. »<br /><br /><p style="text-align: center;">''Carmina vel cælo possunt deducere lunam.''<br /><p style="text-align: right; text-indent: 15px;">Virg., ''Eclog.'' VIII.<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Ici c’est un dragon qui dévore l’astre, et qu’on cherche à épouvanter par des cris ; le dieu tient le soleil enfermé dans un tuyau, et nous ôte ou nous rend la vue de cet astre à l’aide d’un volet, etc. Les progrès des sciences ont fait connaître le ridicule de ces opinions et de ces craintes, depuis qu’on a vu qu’il était possible de calculer par les tables astronomiques, et de prévoir long-temps d’avance l’instant où la colère du ciel devait éclater.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Cependant, naguère encore, l’épouvante a causé les revers des armées de Louis XIV, près de Barcelone, lors de l’éclipse totale de l’an 1706 [[w:en:Solar_eclipse_of_May_12,_1706|(en)]], et la devise, ''nec pluribus impar'', a prêté aux allusions injurieuses ! »'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pindari_AdG_back|<span id="Pindari_AdG"><sup>11</sup></span>]] Pindare était le plus fameux poète de la Grèce après Homère. Il vint au monde l’an 134 avant l’ère chrétienne. POINSINET.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Plutarque (''De la face de la lune'', pag. 931) dit aussi que Stésichore et Pindare craignaient beaucoup les éclipses. Le dernier poète a peint les terreurs que lui causaient ces phénomènes dans son poëme sur le soleil. HARDOUIN et DALECHAMP.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Crepitu_dissono_AdG_back|<span id="Crepitu_dissono_AdG"><sup>12</sup></span>]] Cet usage superstitieux dont Plutarque parle au long dans sa vie de Paul-Émile, a fourni un vers fort plaisant à Juvénal, lorsqu’après avoir épuisé toute sorte d’exagération pour représenter le bruit qu’une femme fait en criant, il finit par dire :<br /><br /><p style="text-align: center;">''Una laboranti poterit succurrere lunæ.''<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Elle seule, au besoin, décharmerait la lune. » POINSINET.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_AdG_back|<span id="Nicias_AdG"><sup>13</sup></span>]] Le même fait est raconté par Plutarque dans la vie de Nicias, par Quintilien, I, 10, et par d’autres écrivains anciens. HARDOUIN.'''
</td>
</tr>
</table><br/><br/></div>{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f10.item <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Second</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f14.item ''Livre II.''], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f46.item ''chap. IX.''], traduction nouvelle par M. [[w:Stéphane_Ajasson_de_Grandsagne|Ajasson de Grandsagne]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f311.item <sup>NOTES</sup>], C. L. F. Panckoucke, Paris, 1829</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">''Des inventions a[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tronomiques, & de leurs Auteurs.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''L'''E PREMIER d’entre les ''Romains'' qui rendit publique la théorie des éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil & de lune, fut '''Sulpicius Gallus''' [[#Sulpicius_Gallus_LPdS|<span id="Sulpicius_Gallus_LPdS_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], celui que '''Marcus Marcellus''' eut pour Collegue au Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulat : mais il n’étoit que Tribun Militaire [[#Tribun_Militaire_LPdS|<span id="Tribun_Militaire_LPdS_back"><sup>'''2'''</sup></span>]], lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il di{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ipa l’allarme qu’auroient pu prendre nos troupes la veille de la victoire remportée {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur '''Per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ée''' par '''Paul Emile''' ; car ce Général l’ayant produit devant les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oldats a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblés, il leur prédit une éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e qui devoit arriver [[#éclipse_LPdS|<span id="éclipse_LPdS_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] ; il compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a même en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite un Ouvrage {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur ce {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet. Parmi les ''Grecs'', '''Thalès''' de ''Milet'' prédit l’an quatrieme de la quarante-huitieme olympiade l’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil qui arriva {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le regne de '''Halyattes''' [[#Halyattes_LPdS|<span id="Halyattes_LPdS_back"><sup>'''4'''</sup></span>]], l’an cent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oixante de la fondation de [[#cent_soixante_LPdS|<span id="cent_soixante_LPdS_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] ''Rome''. Après eux, Hipparque [[#Hipparque_LPdS|<span id="Hipparque_LPdS_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] dre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a des Tables en vers [[#En_vers_LPdS|<span id="En_vers_LPdS_back"><sup>'''7'''</sup></span>]] du cours de ces deux aftres pour fix cents ans. Dans ces Tables , de l’exactitude deſquelles notre âge rend encore témoignage [[#témoignage_LPdS|<span id="témoignage_LPdS_back"><sup>'''8'''</sup></span>]], il embra{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e les éphémérides propres à chaque nation [[#chaque_nation_LPdS|<span id="chaque_nation_LPdS_back"><sup>'''9'''</sup></span>]], les jours, les heures, le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ite re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pectif de chaque lieu, & les divers a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pects du ciel relativement aux divers peuples, comme {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la Nature l’eût admis à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eil intime. Per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}onnages vraiment grands! génies plus qu’humains, d’avoir ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urpris les loix qui font mouvoir ces va{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances du ciel ; & d’avoir guéri de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es allarmes l’imagination malade des hommes, qui ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’alors, ou avoient toujours vu dans les éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es l’annonce effrayante de quelque grand crime & de quelque mort (terreur dont Sté{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ikhore [[#Stésikhore_LPdS|<span id="Stésikhore_LPdS_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] & Pindare [[#Pindare_LPdS|<span id="Pindare_LPdS_back"><sup>'''11'''</sup></span>]], ces Poètes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ublimes, ne furent point exempts à l’égard des éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olaires), ou attribuoient les ténebres dont {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couvre la lune à des maléfices opérés par le mêlange de certaines herbes magiques ; & croyoient devoir la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ecourir par un bruit di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cordant [[#bruit_discordant_LPdS|<span id="bruit_discordant_LPdS_back"><sup>'''12'''</sup></span>]]. Cette même terreur fut cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e que le Général Nicias [[#Nicias_LPdS|<span id="Nicias_LPdS_back"><sup>'''13'''</sup></span>]], peu au fait des cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es phy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iques, & n’o{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant pas, par {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uper{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tition, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a flotte du Port, mit Athenes à deux doigts de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a perte. Honneur [[#Honneur_LPdS|<span id="Honneur_LPdS_back"><sup>'''14'''</sup></span>]] à vous, Interpretes du Ciel ! E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}prits [[#Esprits_LPdS|<span id="Esprits_LPdS_back"><sup>'''15'''</sup></span>]] dont l’étendue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urpa{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e celle de la Nature ; Inventeurs d’une méthode qui a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujettit les dieux comme les hommes, à une même de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tinée ! Eh! qui pourroit, en voyant les a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres même ''en cri{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e'' (pour me {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir de l’expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion commune), ne pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oumettre à la néce{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ité où {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a condition mortelle l’enchaîne.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Pré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entement je vais toucher par articles fort courts & fort précis les points {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quels on s’accorde le plus. Je ré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oudrai, chemin fai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant, quelques que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tions, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que le cas l’exigera, mais toujours d’une maniere très {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ommaire ; car une analy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e en forme d’arguments {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivis excéderoit le but de cet Ouvrage : & puis, je pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e qu’il n’y a pas moins de mérite à rendre une rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on plau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, qu’à rendre une rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on bien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olide de deux ou trois cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#Sulpicius_Gallus_LPdS_back|<span id="Sulpicius_Gallus_LPdS"><sup>1</sup></span>]] Son premier prénom étoit Caïus. Voyez à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet Tite-Live, l. 44. Valere maxime, l. 8. Quintilien, l. I. ch. 10. Plutarque, vie de Paul-Emile, &c.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Tribun_Militaire_LPdS_back|<span id="Tribun_Militaire_LPdS"><sup>2</sup></span>]] Ce grade répond à celui de Major-général des Troupes.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#éclipse_LPdS_back|<span id="éclipse_LPdS"><sup>3</sup></span>]] Cette éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Tite-Live, fut annoncée aux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oldats pour la nuit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivante. Sulpicius Gallus leur prédit que la lune s’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit entre la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econde heure de la nuit & la quatrieme. Plutarque ajoute qu’on étoit alors à l’i{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ue de l’été (''{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub exitum a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatis''). [[w:Paulin_II_d'Aquilée|Paul d’Aquilée]] écrit que cette éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e arriva aux nones de Septembre (''nonas Septembris''), c’est-à-dire au 4 Septembre : c’étoit l’an 168 avant J.C. {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon le calcul d’[[w:James_Ussher|U{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erius]].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Halyattes_LPdS_back|<span id="Halyattes_LPdS"><sup>4</sup></span>]] Il paroît que Ciceron & Eu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ebe {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trompent lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’ils placent cet événement {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous ''A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages'' : [[w:Hermolaos_(Macédoine)|Hermolaüs]] s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t trompé d’après eux, en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tituant ''A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages'' à ''Halyattes'' dans le texte de Pline, contre la foi des manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits, & contre le témoignage d’Herodote qui place cet événement dans une guerre entre Halyattes, Roi de Sardes, & Cyaxare, Roi des Medes, pere d’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#cent_soixante_LPdS_back|<span id="cent_soixante_LPdS"><sup>5</sup></span>]] Les deux manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits royaux portent ''anno CLX'' : c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t la leçon qu’il faut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivre. En effet, Rome, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Varron, fut fondée l’an 2 de la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme olympiade, c’est-à-dire, dans l’année olympiadique 22. Mais comme chaque olympiade, depuis leur premiere in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titution, commençoit après le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ol{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tice d’été, & comme l’année Romaine avoit toujours commencé au plus tard en Mars {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous Romulus, & depuis en Janvier {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous Numa, il s’en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uit que la premiere année de Rome, qui répondoit à l’année olympiadique 22, répondoit en même-tems, de quatre mois au moins, à l’année olympíadique 23. Selon ce calcul, la quatrieme année de la quarante-huitieme olympiade, répond en partie à l’an 160, & en partie à l’an 161 de la fondation de Rome, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que 48 olympiades font cent quatre-vingt-douze années, de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i vous ôtez 22 ans écoulés, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Varron, entre la premiere olympiade & la fondation de Rome, il re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tera 160 ans, & 161 ans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’on a égard à l’enjambement réciproque des années olympiadiques {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les années Romaines, & des années Romaines {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les années olympiadiques. Il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t donc évident que le calcul de Pline (''anno CLX'') e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te, en admettant l’hypothe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e chronologique de Varron, à laquelle on voit bien que notre Auteur s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t conformé en cette occa{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion particuliere encore qu’en plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs autres rencontres il paroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e affecter de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivre le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}y{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tême de Caton : vici{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}itude pardonnable dans un ouvrage de compilation où Pline a dû, comme malgré lui, adopter tantôt le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tyle d’un Auteur, tantôt celui d’un autre, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ource où il pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit pour l’heure. Si Pline eût {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivi l’hypothe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de Caton qui place la fondation de Rome deux ans plus tard que Varron, il eût fait tomber le rapport {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’année 157 ou 158 de la fondation de Rome. C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le parti que prend le Pere Hardouin, & c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t de là qu’il part pour propo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er une correction dans le texte. Mais encore une fois, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t commettre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oi-même une faute que d’en trouver une chez Pline en cette occa{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion ; pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que cet Auteur a été en droit de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}y{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tème Varronien, ou ce qui revient au même, de con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erver la date Varronienne dont s’étoit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervi l’Auteur de qui il emprunte le fait hi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}torique en que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hipparque_LPdS_back|<span id="Hipparque_LPdS"><sup>6</sup></span>]] Voyez les notes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le premier livre au mot ''Hipparque'' : HIPPARCHUS (de Nicée, en Bithinie comme l’ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erve [[w:Souda|Suidas]]), flori{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit dans la quatre-vingt-quatorzieme olympiade. Nous avons {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es trois livres d’Enarrations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les Phénomenes d’[[w:Aratos_de_Soles|Aratus]] & d’[[w:Eudoxe_de_Cnide|Eudoxe]], traduits par le [[w:Paul_Petau|P. Petau]]. Il avoit compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é un autre livre ''De {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tellarum inerrantium Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titutione'', {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Suidas. Son livre du mois lunaire e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cité par [[w:Claude_Galien|Galien]].'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#En_vers_LPdS_back|<span id="En_vers_LPdS"><sup>7</sup></span>]] ''En Vers.'' Je préfume que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-là le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ens de ''præcinere'', qui ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ignifie pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement prédire, mais prédire en chant, c’est-à-dire en Vers. Sur ce pied-là, ce {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit d’un Poëme dans le genre de celui d’[[w:Aratos_de_Soles|Aratus]], dont il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit ici que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion. Si par hazard Pline n’a point prétendu parler d’un Poëme, au-moins s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervi d’une expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion propre à dé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igner ce genre d’écrire. Pour décider la que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion, il faudroit avoir tous les ouvrages d’Hipparque, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur-tout celui-ci.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#témoignage_LPdS_back|<span id="témoignage_LPdS"><sup>8</sup></span>]] Ces tables étoient dre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ées pour {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix cents ans. Or Hipparque flori{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit 150 ans avant J.C. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i du tems de Pline, on avoit encore à jouir de ces tables pour quatre cents ans ou environ.'''
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<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#chaque_nation_LPdS_back|<span id="chaque_nation_LPdS"><sup>9</sup></span>]] La lune ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e levant pas & ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couchant pas à la même heure pour toutes les nations, les diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es époques & pha{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es qu’elle forme n’appartiennent pas non plus au même point de tems pour tous les peuples, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que les uns ont la nuit quand les autres ont le jour; & que même lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que la lune s’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, la partie de l’heure où ce phénomene e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible, n’a pas la même évaluation pour tous les climats qui l’apperçoivent. Hipparque avoit donc eu égard à cette différence d’époques, relativement aux diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es longitudes, &par-con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}équent aux diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es nations, tellement que les tables de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es éphémérides étoient accommodées à l’u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}age de tous les peuples : ouvrage dont on ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}auroit trop regretter la perte, & qui jetteroit le plus grand jour {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’ancienne géographie.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Stésikhore_LPdS_back|<span id="Stésikhore_LPdS"><sup>10</sup></span>]] Ste{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ikhore, l’un des plus fameux Poètes de la Grece, dont, par malheur, nous avons perdu tous les ouvrages, à l’exception d’une vingtaine de lignes décou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ues. Il vivoit dans la quarante-deuxieme olympiade, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire, vers l’an {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix cents dix avant J.C.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pindare_LPdS_back|<span id="Pindare_LPdS"><sup>11</sup></span>]] Pindare, le plus fameux Poète de la Grece après Homere. Il vint au monde l’an 134 avant l’ere chrétienne.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#bruit_discordant_LPdS_back|<span id="bruit_discordant_LPdS"><sup>12</sup></span>]] Cet u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}age {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uper{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titieux a fourni un Vers fort plai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant à Juvenal, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’après avoir épui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é toute {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte d’exagération pour repré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}enter le bruit qu’une femme fait en criant, il finit par dire :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">''Una laboranti poterit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uccurrere luna.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule au be{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oin décharmeroit la lune.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_LPdS_back|<span id="Nicias_LPdS"><sup>13</sup></span>]] C’étoit un Général Athénien, qui fut malheureux dans pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que toutes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es expéditions. Les Athéniens finirent par le condamner à mort. Il étoit contemporain d’[[w:Alcibiade|Alcibiade]] & de [[w:Lamachos|Lamachus]], & leur collegue dans le commandement. Voyez {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le fait dont parle ici Pline, Quintilien, l. I. ch. 10, & Plutarque à l’article Nicias.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Honneur_LPdS_back|<span id="Honneur_LPdS"><sup>14</sup></span>]] Au lieu de ''macte ingenio'', le Pere Hardouin lit ''macti'' ; mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon les meilleurs Latini{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes ''macte'' e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t indéclinable, ou pour mieux dire, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t un adverbe qui répond au ''bravò'' des Italiens. Fe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tus prétend que ''macte'' e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t un compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de ''magis auctus''.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Esprits_LPdS_back|<span id="Esprits_LPdS"><sup>15</sup></span>]] Cette apo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trophe de Pline aux A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes rappelle ces beaux Vers d'Ovide {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le même {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet :<br />Felices animos quibus hæc cogno{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cere primise<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Inque Domos {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uperas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}candere cura fuit!<br />Credibile e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t illos pariter vitli{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que joci{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Altius humanis ex{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eruifle caput,<br />Non Venus aut Vinum {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ublimia pectora fregit<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Officiumve {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ori, militiæve labor :<br />Nec levis ambitio, perfu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aque gloria fuco,<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Magnarumve fames {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ollicitavit opum.<br />Admovere oculis di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tantia {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idera no{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tris,<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Ætheraque ingenio {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uppo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uere {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uo.<br />Sic petitur cœlum: non ut ferat O{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}lan Olympus<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Summaque Peliacus {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idera tangat apex, &c.<br /><p style="text-align: right; text-indent: 15px;">Ovid. {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. l. I.'''
</td>
</tr>
</table><br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Premier</u>], [https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=RA1-PA3#v=onepage&q&f=true ''Livre Second.''], [https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=RA1-PA59#v=onepage&q&f=true ''Des inventions astronomiques, & de leurs Auteurs.''], traduction en françois, avec le texte latin rétabli d’après les meilleures leçons manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crites ; accompagnée de Notes critiques pour l’éclairci{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du texte, & d’Ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances des Anciens comparées avec les découvertes des Modernes, par M. [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Louis Poinsinet de Sivry]], Chez la veuve Desaint, Paris, 1771</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
==== Livre XVIII ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Enquête sur l’agriculture</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre LVII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une théorie astronomique de '''Thalès''', du [[w:Lever_héliaque|''coucher matinal'']] des [[w:Pléiades_(astronomie)|''Pléiades'']] 25 jours après l’[[w:Équinoxe_de_septembre|''équinoxe d’automne'']].</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''LVII.''' Primum omnium dierum ipsorum anni solisque motus prope inexplicabilis ratio est. Ad CCCLXV adjiciunt etiamnum intercalarios diei noctisque quadrantes. Ita fit, ut tradi non possint certa siderum tempora. Accedit confessa rerum obscuritas, nunc præcurrenle, nec paucis diebus, tempestatum significatu, quod προϰειμασιν Græci vocant : nunc postveniente, quod ἐπιϰεἰμασιν : et plerumque alias citius, alias tardius cæli effectu ad terram deciduo : vulgo serenitate reddita, confectum sidus audimus. Præterea quum omnia hæc statis sideribus cæloque affixis constent, interveniunt motu stellarum grandines, imbres, et ipsi non levi effectu, ut docuimus, turbantque conceptæ spei ordinem. ldque ne nobis tantum putemus accidere, et reliqua fallit animalia sagaciora circa hoc, ut quo vita eorum constet : æstivasque alites præposteri aut præproperi rigores necant, hibernas æstus. Ideo '''Virgilius''' errantium quoque siderum rationem ediscendam præcipit, admonens observandum frigidæ Saturni stellæ transitum. Sunt qui certissimum veris indicium arbitrentur ob infirmitatem animalis, papilionis proventum. Id eo ipso anno, quum commentaremur hæc, notatum est, proventum eorum ter repetito frigore exstinctum, advenasque volucres a. d. VI kalendas februarii spem veris attulisse, mox sævissima hieme conflictatas. Res anceps : primum omnium a cælo peti legem : deinde eam argumentis esse quærendam. Super omnia est mundi convexitas, terrarumque globi differentia, eodem sidere alio tempore aliis aperiente se gentibus : quo fit ut causa ejus non lisdem diebus ubique valeat. Addidere difficultatem et auclores diversis in locis observando, mox etiam in iisdem diversa prodendo. Très autem fuere sectæ : ''Chaldæa'', ''Ægyptia'', ''Græca''. His addidit apud nos quartam Cæsar dictator, annos ad solis cursum redigens singulos, '''Sosigene''' perito scientiæ ejus adhibito. Et ea ipsa ratio postea comperto errore correcta est : ita ut XII annis continuis non intercalaretur, quia cœperat sidera annus morari, qui prius antecedebat. Et '''Sosigenes''' ipse trinis commentationibus, quanquam diligentior cæteris, non cessavit tamen addubitare, ipse semet corrigendo. Auctores prodidere ea, quos prætexuimus volumini huic, raro ullius sententia cum alio congruente. Minus hoc in reliquis mirum, quos diversi excusaverint tractus. Eorum qui in eadem regione dissedere, unam discordiam ponemus exempli gratia : occasum matutinum Vergiliarum '''Hesiodus''' (nam hujus quoque nomine exstat Astrologia) tradidit fieri, quum æquinoctium autumni conficeretur, '''Thales''' vigesimo quinto die ab æquinoctio, '''Anaximander''' vigesimo nono, '''Euctemon''' XLVIII. Nos sequemur observationem Cæsaris : maximeque hæc erit ''Italiæ'' ratio. Dicemus tamen et aliorum placita : quoniam non unius terræ, sed totius naturæ interpretes sumus, non auctoribus positis (id enim verbosum est), sed regionibus : legentes tantum meminerint, brevitatis gratia, quum ''Altica'' nominata fuerit, simul intelligere ''Cycladas'' insulas ; quum ''Macedonia'', ''Magnesiam'', ''Thraciam'' ; quum ''Ægyptus'', ''Phœnicen'', ''Cyprum'', ''Ciliciam'' ; quum ''Bœotia'', ''Locridem'', ''Phocidem'', et finitimos semper tractus ; quum ''Hellespontus'', ''Cherronesum'', et continentia usque ''Atho'' montem ; quum ''Ionia'', ''Asiam'', et insulas ''Asiæ'' ; quum ''Peloponnesus'', ''Achaiam'', et ad ''Hesperum'' jacentes terras. ''Chaldæi Assyriam'' et ''Babyloniam'' demonstrabunt. ''Africam'', ''Hispanias'', ''Gallias'' sileri non erit mirum. Nemo enim observavit in iis, qui siderum proderet exortus. Non tamen difficili ratione dignoscentur in illis quoque terris digestione circulorum, quam in sexto volumine fecimus : qua cognatio cæli, non gentium modo, verum urbium quoque singularum intelligitur, nota ex his terris, quas nominavimus, sumta convexitate circuli, pertinentis ad quas quisque quæret terras, et ad earum siderum exortus, per omnium circulorum pares umbras. Indicandum et illud, tempestates ipsas ardores suos habere quadrinis annis : et easdem non magna differentia reverti ratione solis : octonis vero augeri easdem, centesima revolvente se luna.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/652/mode/2up ''Livre XVIII.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/684/mode/2up ''Chap. LVII.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition de 1831 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f339.item ici] et de 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/708|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''LVII.''' Avant tout, le calcul des jours même de l’année et du mouvement solaire est d’une difficulté presque insurmontable. Aux trois cent soixante-cinq jours on ajoute des jours intercalaires, produits de quarts de jour et de nuit ; de là vient qu’on ne peut indiquer des époques fixes pour les astres. Ajoutez une obscurité des choses avouée de tous : tantôt en effet la mauvaise saison, s’annonçant, anticipe même de plusieurs jours, ce que les Grecs appellent προϰεἰμασις (avant-hiver), et la belle saison retarde, ce qui est nommé ἐπιϰεἰμασις (arriere-hiver) : l’effet du ciel tombe sur la terre tantôt plus vite, tantôt plus tardivement ; et d’ordinaire c’est quand la sérénité est rétablie que nous entendons dire que l’action de l’astre est accomplie. En outre, car tous ces phénomènes dépendent d’astres réglés et fixés au ciel, le mouvement des étoiles amène intercurremment des grêles, des pluies qui ne sont pas non plus d’une faible action, comme nous l’avons enseigné (XVII, 2), et qui troublent l’ordre espéré. Et ne pensons pas que ces méprises n’arrivent qu’à nous; les autres animaux s’y trompent, bien que plus sagaces que nous sur ce point, vu que leur vie en dépend : l’on voit les oiseaux d’été tués par des froids hâtifs ou tardifs, et les oiseaux d’hiver par des chaleurs hâtives ou tardives. Aussi [[w:Virgile|'''Virgile''']] [[#Virgile|<span id="Virgile_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ([[w:Géorgiques|''Georg.'']], I, 335) recommande-t-il d’étudier encore le cours des astres errants, avertissant d’observer le passage de Saturne, planète froide. Il en est qui regardent comme l’indice le plus sûr du printemps l’apparition des papillons, à cause de la délicatesse de cet insecte. Or, l’année même où nous écrivions ceci (an 830 de ''Rome''), il a été noté que les papillons, ayant éclos, furent détruits à trois reprises par le froid, et que les oiseaux étrangers, ayant apporté l’espérance du printemps avant le 6 des calendes de février (27 janvier), eurent bientôt après à essuyer un hiver très-rigoureux. La double difficulté est d’abord d’avoir à demander au ciel la règle de toute chose, puis d’être obligé de contrôler cette règle par des faits apparents. Avant tout signalons la convexité du monde et les différences du globe terrestre, qui font que le même astre se montre à des temps divers suivant les nations, de sorte que l’influence ne s’en fait pas sentir partout aux mêmes jours. La difficulté a été encore accrue par les auteurs qui ont observé en des lieux différents, ou même qui, ayant observé dans les mêmes lieux, ont publié des résultats divergents. Il y a eu trois écoles, la ''Chaldéenne'', l’Égyptienne, la ''Grecque''. Une quatrième a été formée chez nous par le dictateur [[w:Jules_César|'''César''']], qui ramena l’année à la révolution solaire avec l’aide de [[w:Sosigène_d'Alexandrie|'''Sosigène''']] [[#Sosigène|<span id="Sosigène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], astronome habile. Et ce calcul même, où l’on découvrit une erreur, a été corrigé : pendant douze années consécutives on ne fit pas d’intercalation, attendu que l’année, qui auparavant anticipait, maintenant retardait sur les astres. '''Sosigène''' lui-même, quoique plus exact que les autres, n’a pas cessé, dans trois mémoires, de témoigner de ses doutes en se corrigeant lui-même. Les auteurs que nous avons indiqués au commencement de ce livre [[#auteurs_JH|<span id="auteurs_JH_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] ont révélé ces discordances, l’avis de l’un s’accordant rarement avec l’avis de l’autre. Cela est moins étonnant dans ceux qui s’excuseront par la différence des lieux. Parmi ceux qui dans le même pays sont en désaccord, nous choisirons un exemple de dissidence : [[w:Hésiode|'''Hésiode''']] [[#Hésiode|<span id="Hésiode_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] (car nous avons aussi sous son nom un livre sur les astres) a rapporté que le [[w:Lever_héliaque|''coucher matinal'']] des [[w:Pléiades_(astronomie)|''Pléiades'']] se faisait au moment de l’[[w:Équinoxe_de_septembre|''équinoxe d’automne'']] ; '''Thalès''', qu’il se faisait vingt-cinq jours après cet équinoxe; [[w:Anaximandre|'''Anaximandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaximandre_back|<sup>🔄</sup>]], vingt-neuf; [[w:Euctémon|'''Euctémon''']] [[#Euctémon|<span id="Euctémon_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], quarante-huit. Quant à nous, nous suivrons les calculs de '''César''' : ils se rapportent spécialement à l’Italie. Toutefois, nous relaterons aussi les opinions des autres ; car nous sommes les interprètes, non d’un seul pays, mais de la nature entière. Nous nommerons, non pas les auteurs, ce qui serait trop long, mais les pays. Les lecteurs auront seulement à se souvenir que, pour abréger, sous le nom d’[[w:Attique|''Attique'']] nous entendons aussi les [[w:Cyclades|''Cyclades'']]; sous celui de [[w:Macédoine_(province_romaine)|''Macédoine'']], la [[w:Magnésie_antique|''Magnésie'']] et la [[w:Thrace_(province_romaine)|''Thrace'']]; sous celui d’[[w:Égypte_romaine_et_byzantine|''Égypte'']], la [[w:Syrie-Phénicie_(province_romaine)|''Phénicie'']], [[w:Chypre_(province_romaine)|''Chypre'']] et la [[w:Cilicie|''Cilicie'']]; sous celui de [[w:Béotie#Antiquité|''Béotie'']], la [[w:Locride_(Grèce)|''Locride'']], la [[w:Phocide#Antiquité_et_période_byzantine|''Phocide'']] et les contrées limitrophes ; sous celui d’[[w:Hellespontique|''Hellespont'']], la [[w:Chersonèse_(cité_grecque)|''Chersonèse'']] et le continent jusqu’au [[w:Mont_Athos|''mont Athos'']]; sous celui d’[[w:Ionie|''Ionie'']], l’Asie et les îles ''Asiatiques'' ; sous celui de [[w:Péloponnèse#Antiquité|''Péloponnèse'']], l’[[w:Achaïe|''Achaïe'']] et les terres situées à l’occident; la [[w:Chaldée|''Chaldée'']] indiquera la [[w:Histoire_de_la_Syrie#Antiquité|''Syrie'']] et la [[w:Babylone_(civilisation)|''Babylonie'']]. On ne s’étonnera pas que je passe sous silence l’[[w:Afrique_romaine|''Afrique'']], l’[[w:Hispanie_romaine|''Espagne'']] et les [[w:Gaule|''Gaules'']], car personne dans ces contrées n’a laissé d’observations sur le lever des astres. Toutefois, il ne sera pas difficile de le calculer, même dans ces contrées, en étudiant la disposition des cercles que nous avons présentés dans le sixième livre (VI, 39). Grâce à cette étude, on connaît les relations astronomiques nou-seulement des nations, mais encore des villes en particulier : étant donnés les cercles déterminés par l’égalité des ombres, on choisit, dans les terres que nous avons nommées, le cercle qui a rapport à la localité objet du problème, et qui détermine en même temps le lever des astres pour cette localité. Il faut encore remarquer (II, 48) que tous les quatre ans les saisons ont leurs excès, et qu’elles reviennent les mêmes sans grande différence, en raison du soleil ; mais que tous les huit ans elles ont un redoublement, à la révolution de la centième lune.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#auteurs_JH_back|<span id="auteurs_JH"><sup>1</sup></span>]] Ce passage porte à croire que les auteurs dont Pline s’était servi pour composer chacun des livres de son ouvrage avaient été placés en tête du livre auquel ils se rapportaient. Les éditions mettent cette liste d’auteurs à la suite de la table de chaque livre, dans la table générale dressée par Pline lui-même.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/652/mode/2up ''Livre XVIII.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/684/mode/2up ''Chap. LVII.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]] [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/708/mode/2up <sup>NOTES</sup>], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/708|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Jean Hardouin 1883|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Virgile_back|<span id="Virgile"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Publius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Vergilius|nomen, nom de famille}} {{Info|Maro|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}};<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète latin renommé dans les styles [[w:Épopée|''épique'']] (l’[[w:Énéide|''Énéide'']]), [[w:Poésie_pastorale|''pastorale'']] (les [[w:Bucoliques|''Bucoliques'']]) et [[w:Poésie_didactique|''didactique'']] (les [[w:Géorgiques|''Géorgiques'']]).<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(15 octobre [[w:Années_70_av._J.-C.|-70]], [[w:Virgilio_(Lombardie)#Histoire|''Andes'']], au sud-est de l’actuelle [[w:Lombardie#Histoire|''Lombardie'']], au nord de l’Italie — 21 septembre [[w:Années_19_av._J.-C.|-19]], [[w:Brindisi#Histoire|''Brundisium'']], au sud-est des actuelles [[w:Pouilles#Domination_romaine|''Pouilles'']], au sud-est de l’Italie)<sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Sosigène_back|<span id="Sosigène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Σωσῐγένης / Sōsigénēs [[wikt:en:Σωσιγένης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe σῴζω / sṓizō, « 1. Sauver : • Guérir ; • (rare chez Homère) Garder en sécurité, préserver ; • Garder, observer, maintenir ; • (généralement au milieu) Garder à l’esprit, se souvenir ; • Conduire en toute sécurité (à) ; • Secourir ; • Conserver pour. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun γένος / génos [[wikt:en:γένος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Race, souche, parenté : Descendance directe, par opposition à une relation collatérale. 2. Progéniture, descendant : (collectif) progéniture, postérité. 3. (en général) Race d’êtres : • Famille, clan, maison ; • Tribu, nation, race, en tant que subdivision de ἔθνος / éthnos [[wikt:en:ἔθνος#Ancient_Greek|(en)]] ; • Caste ; • Race d’animaux. 4. Âge, génération, période de la vie. 5. Sexe, genre : (grammaire) Genre grammatical. 6. Classe, sorte, genre : • (logique) L’opposé de εἶδος / eîdos [[wikt:en:εἶδος#Ancient_Greek|(en)]] ; • (taxonomie) Classe : • (taxonomie) Genre ; • Espèce de plante ; culture, produit ; matériau ; • Élément. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Astronome grec, connu pour avoir participer à la conception du [[w:Calendrier_julien|''calendrier julien'']] (instauré par Jules César en [[w:Années_46_av._J.-C.|-46]]/[[w:Années_45_av._J.-C.|-45]], lorsqu’il était [[w:Pontifex_maximus|''pontifex maximus'']]), avec une année commune de 365 jours divisée en 12 mois, et un jour intercalaire ajouté tous les 4 ans, lors des années bissextiles.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hésiode_back|<span id="Hésiode"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἡσῐ́οδος / Hēsíodos;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète ''grec'', renommé pour 2 ouvrages :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• [[w:Théogonie_(Hésiode)|''la Théogonie'']], une généalogie des dieux (dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d’Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant) et une cosmogonie (qui retrace la création du monde à partir du Chaos) ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• et [[w:Les_Travaux_et_les_Jours|''les Travaux et les Jours'']], un almanac sur l’agriculture à destination de son frère Perses.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup>]] — [[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|VII<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}})
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Euctémon_back|<span id="Euctémon"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ευκτήμων / Euktémōn;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Astronome ''athénien'', contemporain et collègue de l’astronome [[w:Méton|Méton]], avec qui, il a fait une série d’observations des [[w:Solstice|''solstices'']] afin de déterminer la durée de l’[[w:Année_tropique|''année tropique'']] [https://ecliptiqc.ca/Almageste_Livre3.php#III1 <sup>Ptolémée, Almageste, liv. III, chap. 1</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}})'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">Des découvertes astronomiques : part de chaque observateur dans la science.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''LVII.''' D’abord, il est presque impossible de déterminer d’une manière précise le nombre des jours de l’année et le cours du soleil [[#Primum_omnium_dierum_AdG|<span id="Primum_omnium_dierum_AdG_back"><sup>'''1'''</sup></span>]]. Aux trois cent soixante-cinq jours qui composent l’année, on ajoute le quart d’un jour et d’une nuit, pour en faire ensuite un jour intercalaire ; de là il suit qu’on ne saurait indiquer avec précision le moment du lever et du coucher des astres. On convient qu’il y a encore dans cette théorie beaucoup d’obscurité ; en effet, les saisons quelquefois commencent plusieurs jours avant le terme qui leur a été fixé, ce que les ''Grecs'' appellent ''procheimasis'' ; d’autres fois, plusieurs jours après, ce qu’ils appellent ''épicheimasis'' [[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG|<span id="Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]. Presque toujours l’action des astres se fait sentir sur la terre ou plus tôt ou plus tard qu’il ne devrait ; aussi dit-on communément, lorsque le beau temps est revenu, que tel astre a produit son effet. Ces phénomènes dépendent des astres fixés à la voûte des cieux, ainsi que des étoiles, dont les mouvemens particuliers excitent des grêles et des pluies qui sont d’une très-grande conséquence pour les biens de la terre, comme nous l’avons observé, et amènent dans la température des changemens sur lesquels le laboureur ne pouvait compter. Non-seulement les hommes y sont trompés, mais aussi les animaux, bien plus habiles que nous à prévoir ces vicissitudes, puisque d’ailleurs leur vie en dépend ; en effet, on a vu des oiseaux d’été périr par des froids arrivés trop tôt ou trop tard, et des oiseaux d’hiver par des chaleurs également imprévues. Aussi '''Virgile''' veut-il qu’on étudie aussi le cours des ''planètes'', et qu’on observe avec soin le passage du froid ''Saturne'' [[#Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG|<span id="Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG_back"><sup>'''3'''</sup></span>]].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quelques-uns fixent le commencement du printemps à l’apparition des papillons, parce que ces insectes sont fort délicats. Néanmoins on a observé, dans l’année même où j’écris cette partie de mon ouvrage, que le froid, ayant repris trois fois, a fait périr autant de fois les papillons, et que les hirondelles qui, s’étaient montrées dès le 6 des [[w:Calendes|''kalendes'']] de février, et semblaient annoncer le retour du printemps, ont eu à essuyer un rigoureux hiver.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">C’est donc une science très-problématique que celle de l’influence des astres, et les inductions qu’elle fournit sont fort douteuses [[#Res_anceps_AdG|<span id="Res_anceps_AdG_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]. Ce qui augmente la difficulté, c’est la convexité du ciel et la différence des climats de la terre : le même astre se montre ici dans un temps, et là dans un autre ; d’où il suit que son influence ne se fait pas sentir en même temps partout. Pour surcroît d’embarras, les observations recueillies par les auteurs ont été faites dans des lieux différens, et ceux du même pays ne s’accordent pas même entre eux. On compte trois écoles astronomiques, la ''chaldéenne'', l’égyptienne et la ''grecque''. Le dictateur '''César''' en a fondé, chez les ''Romains'', une quatrième, lorsqu’aidé de '''Sosigène''', habile astronome, il fixa la longueur de l’année à une révolution du soleil. On trouva dans la suite que son calendrier était défectueux, parce que l’année, auparavant plus courte, se trouvait alors plus longue que le cours du soleil. Pour y remédier, il fallut, pour douze années consécutives, supprimer les jours intercalaires. '''Sosigène''' lui-même, le mathématicien le plus exact de son temps, après avoir revu jusqu’à trois fois ses calculs, sembla toujours douter de leur justesse, et ne cessa jamais de se corriger lui-même. De tous les auteurs qui ont traité ce sujet, et que nous avons cités au commencement de ce livre, il en est rarement deux qui soient de même avis. Cette divergence d’opinions est moins surprenante et plus excusable chez ceux qui écrivaient en des pays différens. Mais que dire de ceux qui, habitant le même pays, sont néanmoins d’avis différens ? En voici un exemple : '''Hésiode''', qui nous a laissé aussi un ouvrage sur le cours des astres, fixe le coucher matutinal des ''Pléiades'' au moment de l’équinoxe d’automne ; '''Thales''' prétend qu’il n’arrive que vingt-cinq jours après ; '''Anaximandre''' en met vingt-neuf ; '''Euctémon''', quarante-huit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quant à nous, nous suivrons les calculs de '''César''', qui se rapportent spécialement à l’Italie ; mais nous rapporterons aussi les observations étrangères, car notre plan n’est pas de traiter d’un seul pays, mais de la nature entière. Pour être moins longs, nous citerons les pays, et non les auteurs ; et, pour abréger davantage encore, les lecteurs se souviendront que, sous le nom d’Attique, il faut aussi entendre les ''Cyclades'' ; sous le nom de ''Macédoine'', la ''Magnésie'' et la ''Thrace'' ; sous le nom d’Égypte , la ''Phénicie'', l’île de ''Cypre'' et la ''Cilicie'' ; sous celui de ''Béotie'', la ''Locride'', la ''Phocide'' et les contrées voisines ; sous le nom d’Hellespont, la ''Chersonèse'' et partie du continent jusqu’au mont ''Athos'' ; sous le nom de l’Ionie, l’Asie et les îles ''Asiatiques'' ; sous le nom du ''Péloponnèse'', l’Achaïe et les pays adjacens au couchant ; enfin sous le nom de ''Chaldée'', l’Assyrie et la ''Babylonie''. On ne sera pas étonné que nous ne parlions ni de l’Afrique, ni de l’Espagne, ni des ''Gaules''. Aucun auteur dans ces contrées n’a laissé d’observations sur le lever ou le coucher des astres. Il ne sera pas difficile néanmoins de déterminer l’époque de ces phénomènes dans ces contrées, en étudiant la disposition des cercles, telle que nous l’avons présentée dans le sixième livre. Par ce moyen, on déterminera la position astronomique, non-seulement de chaque pays, mais encore de chaque ville dont nous avons pu parler, en prenant par les ombres égales de tous les cercles, une portion du cercle de telle contrée qu’on voudra choisir, et en calculant son rapport avec le lever des astres. Il faut faire observer encore que tous les quatre ans les chaleurs reviennent à peu près les mêmes pour chaque saison, en raison du mouvement du soleil, et que toutes les huitièmes années elles sont plus fortes, à cause de la centième lunaison.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#Primum_omnium_dierum_AdG_back|<span id="Primum_omnium_dierum_AdG"><sup>1</sup></span>]] Cf. sur la plupart des difficultés que le texte de notre auteur révèle, les notes relatives à l’astronomie, au livre II. L’année romaine fut d’abord celle des [[w:Albe_la_Longue|''Albains'']], c’est-à-dire lunaire ; dix mois la composaient, mars en était le premier : elle avait cinquante jours de moins que l’année lunaire réelle, et soixante-un de moins que l’année solaire, c’est-à-dire trois cent quatre jours seulement ; c’était là l’[[w:Calendrier_romain|{{Info|''année de Romulus''|le calendrier dit romuléen}}]]. [[w:Calendrier_romain|{{Info|''Numa''|le calendrier dit pompilien}}]] ajouta deux mois à cette année, janvier et février, et elle se trouva être composée de trois cent cinquante-cinq jours. Elle demeura ainsi jusqu’à Jules César, où commence l’[[w:Calendrier_julien|''année julienne'']], qui se compose de trois cent soixante-cinq jours, huit heures, auxquels [[w:Calendrier_grégorien|''Grégoire le Grand'']] ajouta onze minutes, pour arriver à la plus grande exactitude possible.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back|<span id="Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG"><sup>2</sup></span>]] L’entrée du soleil dans tel ou tel signe du zodiaque, son passage à l’équateur, etc., ne sont pas toujours le signal d’un changement dans la température. [[w:Végèce|Végèce]] a parlé des jours prokéimasiques et épikéiniasiques :''' {{Info|''Aut enim circa diem statutum, aut ante, vel postea, tempestates fieri, compertum est : unde præcedentes, ωροϰεἰμασιν : nascentes die solenni, επιϰεἰμασιν : subsequentes, μεταϰεἰμασιν, græco vocabulo nuncuperaverunt''|Car on a constaté que les tempêtes se produisent soit vers le jour fixé, soit avant, soit après : d’où les précédents, ωροϰεἰμασιν : nés le jour solennel, επιϰεἰμασιν : les suivants, μεταϰεἰμασιν, étaient appelés par le mot grec. TdA.}} '''(IV, 40).'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG_back|<span id="Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG"><sup>3</sup></span>]] <p style="margin: 0 6em; text-indent: 0px">'''{{Info|Hoc metuens, cæli menses et sidera serva,<br />Frigida Saturni sese quo stella receptet.|Craignant cela, gardez les lunes et les étoiles du ciel, le froid de Saturne lui-même, où l’étoile les recevra. TdA.}}'''<p style="text-align: right; margin: 0 6em; text-indent: 0px">''Georg.'', I, 335.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Res_anceps_AdG_back|<span id="Res_anceps_AdG"><sup>4</sup></span>]] Voici enfin quelques idées philosophiques qui se trouvent sous la plume de Pline ; malheureusement la cause par laquelle notre auteur explique l’influence des astres est problématique, et montre que les sciences astronomiques des anciens laissaient beaucoup à désirer. Les Grecs croyaient qu’il y avait autant de cieux que de planètes ; le huitième ciel, ou le firmament, était celui dès étoiles fixés.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Occasum_matutinum_Vergiliarum_Hesiodus_AdG_back|<span id="Occasum_matutinum_Vergiliarum_Hesiodus_AdG"><sup>5</sup></span>]] L’ouvrage auquel Pline fait allusion a été mentionné par [[w:Théon_d'Alexandrie|Théon]] qui le nomme Αστριϰὴ βίϐλος [[w:en:Astronomia_(poem)|(en)]]. Cet ouvrage est perdu.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Onzième</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f196.item ''Livre XVIII.''], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f340.item ''chap. LVII.''], traduction nouvelle par M. [[w:Stéphane_Ajasson_de_Grandsagne|Ajasson de Grandsagne]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f453.item <sup>NOTES</sup>], C. L. F. Panckoucke, Paris, 1829</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">''Divi[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ion des jours & des nuits [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />uivant le cours du Soleil ; lever & coucher des étoiles ; ordre des [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ai[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ons ; tems où l’on [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />eme les bleds d’hiver.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''D'''’ABORD il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que impo{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible de déterminer au ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te le nombre des jours de l’année, & le cours du Soleil ; car comme aux trois cents {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oixante & cinq jours dont l’année e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ée, on ajoute le quart d’un jour & d’une nuit, autrement {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, qui, au bout de quatre ans, font un jour intercalaire [[#jour_intercalaire_LPdS|<span id="jour_intercalaire_LPdS_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], il arrive qu’on ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}auroit a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igner avec certitude le tems du lever & du coucher des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres. En {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd lieu, l’on convient qu’il y a dans cette théorie beaucoup d’ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}curité ; car quelquefois les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons [[#quelques_les_saisons_LPdS|<span id="quelques_les_saisons_LPdS_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] commencent plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours avant le terme qui leur a été fixé, ce que les Grecs appellent ''prokheïma{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}is'' ; & d’autres fois plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours après, ce que ces mêmes Grecs expriment par le mot ''epikheïma{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}is'' : & l’on éprouve très {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouvent que l’action des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ait {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la terre, tantôt plutôt, tantôt plus tard. Au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i dit-on communément, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que le beau tems e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t revenu, que tel a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre a produit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on effet. D’ailleurs comme tout cela dépend des globes céle{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes, leur mouvement relatif excite quelquefois des grêles & des pluies, qui, comme nous l’avons déja [[#déjà_fait_observer_LPdS|<span id="déjà_fait_observer_LPdS_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] fait ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erver, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont de la plus grande con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}équence pour les biens de la terre, & qui renver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pérance qu’on avoit du beau tems. Et non {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement les hommes y {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont trompés, mais au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les animaux, quoiqu’ils aient bien plus de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}agacité que nous pour pre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir ces vici{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}itudes du ciel, d’autant que leur vie en dépend. En effet, on voit quelquefois les oi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux d’été mourir par des froids qui viennent trop tard ou trop tôt, & les oi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux d’hiver par des chaleurs qui arrivent de même. C’est pourquoi '''Virgile''' veut qu’on étudie au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le cours des planetes, & qu’on ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erve à quelle partie du zodiaque répond la planete du froid Saturne [[#Saturne_LPdS|<span id="Saturne_LPdS_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]. Quelques-uns croient que le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igne le plus certain du printems commencé, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’on voit des papillons, & cela parceque ces in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ectes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont fort délicats. Néanmoins on a remarqué que dans l’année même [[#lAnnée_dÉcriture_LPdS|<span id="lAnnée_dÉcriture_LPdS_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] où j’écris ceci, le froid ayant recommencé ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois fois, a fait mourir autant de fois les papillons ; & que les hirondelles, qui, s’étant montrées dès le vingt-{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ept de Janvier, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}embloient annoncer le retour du printems, ont en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite e{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uyé un très cruel hiver.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t donc une {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cience très problématique que celle de l’influence des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, & les inductions que l’on en tire {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont fort douteuses. Mais ce qui cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e le plus d’incertitude, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cette convexité du ciel & la différence des climats de la terre, parceque le même a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e montre ici dans un tems, & là dans un autre, d’où il ré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulte que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on influence ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir en même tems par-tout. Un autre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urcroît de difficulté, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t que les ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations recueillies par les Auteurs ont été faites en différents lieux, & que ceux même qui ont écrit dans le même endroit ne s’accordent nullement entre eux dans ce qu’ils écrivent. On compte ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois différentes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortes de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ectes en A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomie ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}avoir, celle des Chaldéens [[#secte_des_Chaldéens_LPdS|<span id="secte_des_Chaldéens_LPdS_back"><sup>'''5*'''</sup></span>]], celle des Egyptiens & celle des Grecs. On peut même dire que le Dictateur Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar [[#Dictateur_César_LPdS|<span id="Dictateur_César_LPdS_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] en produi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}it, chez les Romains, une quatrieme, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il rédui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}it chaque année au cours du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervant à cet effet du travail de So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igene, très habile A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronome. Néanmoins on découvrit en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite que le calendrier de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar étoit défectueux [[#calendrier_César_défectueux_LPdS|<span id="calendrier_César_défectueux_LPdS_back"><sup>'''7'''</sup></span>]], parceque l’année qui auparavant étoit plus courte que le cours du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouvoit alors plus longue : & pour corriger cette erreur, on ordonna que pendant douze années de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite, il n’y auroit point de jour intercalaire [[#correction_erreur_LPdS|<span id="correction_erreur_LPdS_back"><sup>'''8'''</sup></span>]]. So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igene lui-même, quoique Mathématicien plus exact que les autres, ne lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a pas de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e conduire con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tamment en homme qui doutoit de la ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on propre calcul, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il en fit ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois différentes corrections. De tous les Auteurs [[#Auteurs_calendrier_LPdS|<span id="Auteurs_calendrier_LPdS_back"><sup>'''9'''</sup></span>]] qui ont écrit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette matiere, & que nous avons allégués au commencement de ce livre, il s’en trouve rarement deux qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oient de même {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entiment. Cette variété e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t moins {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urprenante, comme au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i plus excu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}able, chez ceux qui écrivoient en des pays différents. Mais que dire de ceux qui, écrivant dans le même pays, n’ont pas lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é d’être partagés d’opinion ? En voici un exemple. '''Hé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iode''', dont il y a au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i un ouvrage [[#ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS|<span id="ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le cours des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, dit que les Pléiades {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couchent le matin dans le tems même de l’équinoxe d’automne. '''Thalès''' [[#opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS|<span id="opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS_back"><sup>'''11'''</sup></span>]] dit que cela arrive vingt-cinq jours après. '''Anaximandre''' en met vingt-neuf ; '''Euctémon''' [[#Euctémon_LPdS|<span id="Euctémon_LPdS_back"><sup>'''12'''</sup></span>]] quarante-huit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quant à nous, nous {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivrons le calcul de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, ayant principalement égard à l’Italie. Nous ne lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erons néanmoins de rapporter les opinions étrangeres, parceque notre objet n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas de traiter d’un {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eul pays, mais de la Nature entiere. Seulement, pour éviter les longueurs, nous n’indiquerons que les pays où chaque opinion a lieu, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans faire mention des auteurs de ces a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ertions : & pour abréger encore davantage, les Lecteurs voudront bien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouvenir que quand il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t parlé de l’Attique, il faut, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous ce nom, entendre au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les Cyclades ; que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de Macédoine, il faut entendre au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la Magné{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ie & la Thrace ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Egypte, la Phénicie, l’i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}le de Chypre & la Cilicie; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous celui de la Béotie, la Locride, la Phocide & les contrées voi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ines ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Hel le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pont, la pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}le de Thrace & le pays de terre ferme, ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’au mont Athos ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Ionie, l’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ie & les i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}les A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iatiques ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom du Péloponne{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, l’Achaïe & les contrées [[#contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS|<span id="contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS_back"><sup>'''13'''</sup></span>]] adjacentes qu’elle a à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on couchant ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom des Chaldéens, l’Assyrie & la Babylonie. Il ne faudra pas s’étonner {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i je ne parle ici ni de l’Afrique, ni de l’Espagne, ni des Gaules, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que ces pays n’ont eu aucun Auteur qui ait écrit du cours des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, ni de leur lever. Toutefois il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}era pas difficile de connoître le tems où ils {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e levent dans ces pays-là même, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’on e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}truit de l’arrangement des cercles céle{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes, tel que nous l’avons expliqué au {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme livre de cet ouvrage ; car, par ce moyen, & par les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eules notions que nous avons expo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ées en donnant une nomenclature des lieux, on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aura la po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ition, non {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement de chaque pays, mais encore de chaque ville, en prenant par les ombres égales de tous les cercles, un {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}egment du cercle de tel pays qu’on voudra choi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ir, & en cherchant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on rapport avec le lever des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres. Il faut remarquer au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i que de quatre [[#Columelle_LPdS|<span id="Columelle_LPdS_back"><sup>'''14'''</sup></span>]] en quatre ans les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons & les chaleurs reviennent à peu près les mêmes, & cela à cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e du mouvement du Soleil ; & que de huit en huit ans ces mêmes chaleurs reviennent plus con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idérables, en vertu de la centieme lunai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#jour_intercalaire_LPdS_back|<span id="jour_intercalaire_LPdS"><sup>1</sup></span>]] Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur toute cette que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion, nos notes 13 & 14 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le huitieme chapitre du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd livre de Pline, tome 1, p. 41 & 42 :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 5em;">(13) [[w:Suétone|Suétone]] s’exprime mieux, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il écrit : chaque quatrieme année ''quarto quoque anno''. Il est vrai que, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon le [[w:Jean_Hardouin|Pere Hardouin]], il faut comprendre dans la période de cinq ans, dont parle Pline, la premiere & la cinquieme année comme Bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles ; ce qui revient aux quatre années de Suétone, dont la quatrieme avoit un ''bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ex'' ; mais en vérité cette explication est des plus forcées. Je {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erois donc d’avis qu’il faudroit lire dans Pline comme dans Suétone, ''quarto anno'', {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i nous n’apprenions d’ailleurs de cet Hi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}torien, que dès le regne d’Augu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te il s’étoit déja gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs abus & altérations dans l’année Julienne. On voit du moins qu’il y réforma plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, sous prétexte de la remettre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le pied où Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar l’avoit in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tituée. Cela me donneroit à pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er qu’on fit dès-lors attention à la fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eté & à l’excédence du calcul Julien ; mais qu’Augu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te, par respect pour la mémoire de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, affecta d’imputer la faute à la négligence des Prêtres chargés à Rome de l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pection du Calendrier ; qu’au demeurant, on découvrit l’abus, & qu’on e{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aya d’y remédier, en n’ajoûtant un jour entier à l’année ordinaire que chaque ''cinquieme année'' comme Pline paroît l’articuler ici expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement. Mais d’ailleurs il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t évident qu’à la longue le période bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile de quatre années en quatre années prévalut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur celui de chaque cinquieme année, dont parle Pline ; & même il paroît que ceux qui, par la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite, voulurent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}upputer les tems, récapitulerent, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans exception, toutes les bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles quartenaires écoulées depuis l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titution Julienne ; car en 1582, on trouva par ce moyen que l’année étoit reculée de dix jours & plus; d’autant que l’excédence du calcul Julien, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uppo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e à l’année révolue 365 jours & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, au lieu de 365 jours 5 heures 49 minutes, 8 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econdes 17 tierces & 13 quarts qu’elle a réellement, forme tous les ans environ 11 minutes de trop, & tous les cent trente-quatre ans un jour entier d’excès. Le Pape Grégoire XIII trouvant donc l’année reculée de plus de dix jours ; ce qui dérangeoit l’économie annuelle des {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olemnités, remédia à cet inconvénient en retranchant de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on autorité dix jours au mois d’Octobre de l’année 1582, où l’on étoit alors ; & en réglant qu’à l’avenir tous les quatre cents ans on omettroit trois années bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles. Ce réglement devint une loi pour pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que toute l’Europe chrétienne. L’autre maniere de compter fut appellée l’ancien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tyle. La Grande-Bretagne a long-tems per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té à s’en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir malgré {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on abus manife{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te. Enfin le Parlement d’Angleterre, par acte du mois de Septembre 1752, a adopté la réforme Grégorienne.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 4em;">(14) Le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, en fai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant le tour du cercle oblique, parcourt réellement 360 degrés ou {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ections ; pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que tout cercle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e divi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e en 360 parties appellées degrés : mais la me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ure de chaque degré du cercle parcouru annuellement par le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, excede tant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit peu, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire de quelques légeres fractions de tems, la durée de chacun de nos jours révolus ; durée qui n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t, comme on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ait, que de 24 heures préci{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es ; le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quelles, comparées à un degré, en produi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent, au bout de l’année, 365 & plus pour le cercle, au lieu de 360 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement que le cercle requerroit. D’après une connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de ces principes, Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e voyant Dictateur, Grand-Pontife, & maître du monde, entreprit, l’an 140 avant J. C. de réformer les abus qui s’étoient gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}és, tant dans l’année Pompilienne, ou de Numa, que dans celle des Pontifes, encore plus irréguliere que celle de Numa. A cet effet, il fit venir d’Alexandrie le Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophe So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igenes. Celui-ci décida fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement que le cercle des jours de l’année révolue excédoit du nombres 5 joint au quart de 1 les 360 degrés du cercle oblique parcouru par le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil : expo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é faux, auquel le Dictateur, occupé d’autres {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oins, déféra {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans autre examen. Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar régla donc, de l’avis de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronome, que l’année {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit divisée en 365 jours ; & quant au quart de jour re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tant, qui produit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, il ordonna qu’on n’y auroit aucun égard pour chaque année particuliere ; mais que chaque quatrieme année on réuniroit la totalité de quatre fois {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, qui en font vingt-quatre, pour en compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er un jour entier; & qu’ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i cette quatrieme année auroit 366 jours. Il régla de plus, que ce jour intercalaire, ou ajoûté à chaque quatrieme année, seroit le 24 Février. Les Romains nommoient ce jour-là ''bis {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}exto calendas Martii'', c’est-à-dire, le ''{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme avant les calendes de Mars'' ; d’où il arriva que l’année où tomboit ce jour intercalaire fut appellée bis-{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#quelques_les_saisons_LPdS_back|<span id="quelques_les_saisons_LPdS"><sup>2</sup></span>]] Végece dit pareillement, liv. 4, chap. 40 : ''Aut enim circa diem {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatutum, aut ante, vel po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tea, tempe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tates fieri compertum e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t : unde præcedentes, ωροϰεἰμασιν : na{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}centes die {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olenni, επιϰεἰμασιν : {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}equentes, μεταϰεἰμασιν, Græco vocabulo nuncuperaverunt'' [[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back|<sup>⤴️</sup>]]. On lit au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i chez [[w:Columelle|Columelle]], dans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a Préface :''' {{Info|''Neque enim ſemper eumdem, cælum & annus, velut ex præſcripto habitum gerunt : nec omnibus annis eodem vultu venit aſtas, aut hyems, &c.''|Car le ciel et l’année ne portent pas toujours le même habit, comme par un précepte : ni l’automne n’arrive chaque année avec la même apparence, ni l’hiver, etc. TdA}}
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#déjà_fait_observer_LPdS_back|<span id="déjà_fait_observer_LPdS"><sup>3</sup></span>]] Au liv. 17, chap. 2.'''
</td>
<tr>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Saturne_LPdS_back|<span id="Saturne_LPdS"><sup>4</sup></span>]] Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i qu’il l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}inue dans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es ''Géorg.'' liv. I, v. 335 :'''<br /><p style="margin: 0 6em; text-indent: 0px">{{Info|Hoc metuens, cæli menses et sidera serva,<br />Frigida Saturni sese quo stella receptet.|Craignant cela, gardez les lunes et les étoiles du ciel, le froid de Saturne lui-même, où l’étoile les recevra. TdA.}}
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#lAnnée_dÉcriture_LPdS_back|<span id="lAnnée_dÉcriture_LPdS"><sup>5</sup></span>]] Pline, au quatorzieme livre, chap. 4, comptoit deux cents trente ans depuis la mort de [[w:Cicéron|Cicéron]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cicéron_I|<sup>🔄</sup>]], arrivée l’an de Rome 600. L’année qu’il indique ici, & où il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouvoit avoir compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é quatre livres de plus, e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t probablement la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivante, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire l’année 831 de la fondation de Rome.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#secte_des_Chaldéens_LPdS_back|<span id="secte_des_Chaldéens_LPdS"><sup>5*</sup></span>]] Sur l’année Chaldéenne, qui étoit la même que la Judaïque, con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez [[w:Eusèbe_de_Césarée|Eu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ebe]], ''Præpar. Evang.'' liv. 9, chap. 17, où il fait Abraham inventeur de l’a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomie chez les Chaldéens. Les A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trologues Chaldéens étoient ordinairement des Prêtres des Dieux, tels que [[w:Bérose|Béro{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e]], auquel les Athéniens éleverent dans leur Gymna{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e une {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatue à langue dorée. Sur quoi voyez Pline, liv. 7, chap. 37. Ce Béro{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e étoit un Prêtre de [[w:Bēl|Belus]] ; il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cité par [[w:Clément_d'Alexandrie|Clément d’Alexandrie]], & par [[w:Flavius_Josèphe|Jo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eph]] [[#Flavius_Josèphe_I|<sup>⤵️</sup>]], contre Apion, liv. 1. Sur l’année Egyptienne, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’ancienne année Grecque, con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez [[w:Hérodote|Hérodote]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hérodote_I|<sup>🔄</sup>]] liv. 2, n°. 4. Cicéron rend ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tice à l’étude que firent des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres les Egyptiens & les Babyloniens, liv. 1, de ''Divinat.'' n°. 16 :''' {{Info|''Ægyptii, & Babylonii, in camporum patentium aquoribus habitantes, cùm ex terra nihil emineret, quod contemplationi cæli officere poſſet, omnem curam in ſiderum cognitione poſuerunt''|Les Égyptiens et les Babyloniens, vivant dans les eaux des plaines découvertes, alors que rien ne dépassait de la terre qui pût gêner la contemplation du ciel, mettaient tous leurs soins dans la connaissance des étoiles. TdA}}.
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Dictateur_César_LPdS_back|<span id="Dictateur_César_LPdS"><sup>6</sup></span>]] Voyez les notes 13 & 14 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le chap. 8 du liv. 2, tome 1, p. 41 & 42.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#calendrier_César_défectueux_LPdS_back|<span id="calendrier_César_défectueux_LPdS"><sup>7</sup></span>]] Voyez les notes indiquées dans la note précédente ; & joignez-y les ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivantes, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont de M. De{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}places, p. 339 : « Le calendrier chrétien, ayant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivi la réformation de Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouva qu’en l’année 1582, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le Pape Grégoire XIII, l’équinoxe étoit remontée ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’au 11 de Mars, au lieu du 21, où elle devoit être. Ce Pape, après avoir con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulté Clavius & Ciaconius, les plus habiles A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes du tems, ordonna qu’en cette même année 1582, on compteroit le 5 du mois d’Octobre, au lieu du 15, afin de retrancher les dix jours qui s’étoient gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}és de trop, en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivant la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}upputation Julienne, depuis le Concile de Nicée, tenu en 325 : on convint encore de continuer l’intercalation d’un jour tous les quatre ans ; & qu’en outre, pour éviter dans la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite pareille erreur, il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit fait un retranchement de trois jours intercalaires, dans l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pace de quatre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iecles, à cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e des onze minutes qui manquent aux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures des années, dont on compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e l’année intercalaire, ou bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile ; ces trois jours {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e retranchent en l’année qui finit les trois premiers {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iecles. De célebres A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes modernes ont fait voir que, malgré cette précaution, il y auroit encore, au bout de quatre cents ans, plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours de variation dans l’équinoxe ».'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#correction_erreur_LPdS_back|<span id="correction_erreur_LPdS"><sup>8</sup></span>]] Etabli par Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, & qui revenoit tous les quatre ans. Ecoutons Suétone, vie de ce Dictateur, chap. 40 : {{Info|''Faſtos correxit, jampridem vitio Pontiſicum, per intercalandi licentiam adeo turbatos, ut neque meſſium feria aſtati, neque vindemiarum autumno competerent, annumque ad curſum ſolis accommodevit, ut CCCLXV dierum eſſet, & intercalario menſe ſublato, unus dies quarto quoque anno intercalaretur, &c''|Il corrigea les jeûnes, qui avaient toujours été une faute pontique, si perturbés par la permission de l’intercalation, que ni les fêtes du mois ne tenaient, ni les récoltes ne correspondaient à l’automne, et il ajusta l’année à la course du soleil, de sorte que c’était 365 jours, et après le mois intercalaire, un jour était intercalé tous les quatre ans, etc. TdA}}. On s’apperçut que cette correction de Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar étoit elle-même fautive. On tenta de nouveau de remédier au vice du calendrier ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur quoi con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez Solin, chapitre 1, p. 5 ; le P. Petau, ''de Doctr. temp.'' chap. 3 ; mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur-tout [[w:Macrobe|Macrobe]], qui s’exprime ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i, liv. 1, ''Saturn.'' chap. 14, p. 255 :''' {{Info|''Sacerdotes ſibi errorem novum ex ipſa emendatione ſecerunt. Nam cùm oporteret diem, qui ex quadrantibus conſit, quarto quoque anno conſecto, antequam quintus inciperet, intercalare, illi quarto non peracto ſed incipiente, intercalabant. Hic error ſex & triginta annis permanſit : quibus annis intercalati ſunt dies duodecim, cùm deberent intercalari novem. Sed hunc quoque errorem ſerò deprehenſum correxit Auguſtus, qui annos duodecim ſine intercalari die tranſigi juſſit : ut illi tres dies, qui per annos triginta & ſex vitio ſacerdotalis ſeſtinationis excreverant, ſequentibus annis duodecim, nullo die intercalato, devorarentur. Poſt hoc unum diem, ſecundùm ordinationem Caſaris, quinto quoque incipiente anno intercalari juſſit : & omnem hunc ordinem area tabula ad aternam cuſtodiam inciſione mandavit.''|Les prêtres retranchèrent une nouvelle erreur de leur correction. Car lorsqu’il fallait intercaler le jour qui est composé de quadrants, la quatrième année consécutive, avant que la cinquième ne commence, on intercalait ceux lorsque la quatrième n’était pas terminée mais commençait. Cette erreur a duré trente-six ans : années au cours desquelles douze jours ont été intercalés, alors qu’il aurait fallu en intercaler neuf. Mais cette erreur fut également détectée par Auguste, qui ordonna que douze années s’écoulèrent sans jour intercalaire : afin que ces trois jours, qui avaient été excrétés pendant les trente-six années du vice sacerdotal de cessation, soient dévorés dans le douze années suivantes, sans jour intercalaire. Après ce jour, selon l’ordonnance de César, il décréta que la cinquième année serait également intercalée : et tout l’ordre fut ordonné d’être gravé par le conseil du domaine pour la garde éternelle. TdA}}.
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Auteurs_calendrier_LPdS_back|<span id="Auteurs_calendrier_LPdS"><sup>9</sup></span>]] Ces Auteurs {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont Hiéron, Philomêtor, Attale, Archelaüs, Xénophon, Magon, Caton, Silanus, Varron, &c. dont Pline a fait mention {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la fin du chapitre 3.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS_back|<span id="ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS"><sup>10</sup></span>]] Nous apprenons de Théon que cet ouvrage {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e nommoit l’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trique, Ἀςριϰὴ ϐίϐλος. Voyez au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur ce même ouvrage, une Epigramme de [[w:Callimaque_de_Cyr%C3%A8ne|Callimaque]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_I_de_Cyrène_II|<sup>🔄</sup>]], citée dans la vie d’Aratus, qui fait partie de l’Uranologie de [[w:Denis_Pétau|Petau]], liv. 2, ''Var. Di{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ert.'' chap. 9, p. 97.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS_back|<span id="opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS"><sup>11</sup></span>]] Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette opinion de Thalès, ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur celles d’Hé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iode & d’Anaximandre, l’Uranologie citée note précédente.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Euctémon_LPdS_back|<span id="Euctémon_LPdS"><sup>12</sup></span>]] ''Euctemon'' ; ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i portent les manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits, & non pas ''Eudemon''. J’ai traité d’Euctêmon (en Grec Εὐϰτημον) dans les notes alphabétiques du premier livre, & plus récemment dans la note 21 du chapitre précédent.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS_back|<span id="contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS"><sup>13</sup></span>]] Telles que l’Elide, l’Arcadie, la Me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}lénie.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Columelle_LPdS_back|<span id="Columelle_LPdS"><sup>14</sup></span>]] Columelle, liv. 3, chap. 6 :''' {{Info|''Quo tempore ſol in eamdem partem ſigniſeri per eoſdem numeros redit, per quos cursus ſui principium cæperat : quem circuitum meatus dierum integrorum mille quadringentorum ſexaginta unius [[w:Apocatastase|ὰ τοκατάςασιν]] vocant ſtudioſi rerum cæleſtium''|A ce moment-là, le soleil revient dans la même direction au moyen des mêmes nombres par lesquels il a commencé sa course : laquelle course de mille quatre cent soixante et un jours entiers est appelée ὰ τοκατάςασιν par ceux qui étudient les choses célestes. TdA}}.</td>
</tr>
</table><br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Sixieme</u>], [https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PA257#v=onepage&q&f=true ''Livre Dix-huitieme.''], [https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PA455#v=onepage&q&f=true ''Diviſion des jours & des nuits ſuivant le cours du Soleil ; lever & coucher des étoiles ; ordre des ſaiſons ; tems où l’on ſeme les bleds d’hiver.''], traduction en françois, avec le texte latin rétabli d’après les meilleures leçons manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crites ; accompagnée de Notes critiques pour l’éclairci{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du texte, & d’Ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances des Anciens comparées avec les découvertes des Modernes, par M. [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Louis Poinsinet de Sivry]], Chez la veuve Desaint, Paris, 1771</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Flavius_Josèphe|'''Flavius Josèphe''']] [[#Flavius_Josèphe|<span id="Flavius_Josèphe_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:37|37]]/[[w:38|38]], à [[w:Histoire_de_Jérusalem#Période_romaine_et_byzantine_(63_av._J.-C._-_638)|''Jérusalem'']] — vers [[w:100|100]], à [[w:Rome_antique|''Rome'']]) [[w:Ier_siècle|<sup>⏳</sup>]] [[s:Auteur:Flavius_Josèphe|<sup>📚</sup>]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">[[w:historiographe|Historiographe]] ''romain'' [[w:Juifs|''juif'']] d’origine [[w:Judée_(province romaine)|''judéenne'']], il participe activement au début de la ''première guerre judéo-romaine'' en tant que commandant militaire de ''Galilée'' contre les Romains, avant de se rendre à [[w:Vespasien|'''Vespasien''']] [[#Vespasien|<span id="Vespasien_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] lors de la prise de la garnison juive de la forteresse de [[w:Jotapata|''Jotapata'']] en juillet 67, et de devenir intermédiaire, interprète et négociateur entre les ''romains'' et les ''Juifs'' lors du siège de ''Jérusalem'' conduit par '''Titus''' [[#Titus_back|<sup>⤴️</sup>]] en 70. Après la fin de la grande révolte ''judéenne'', en 71, il s’établit auprès de son protecteur à ''Rome'' où il obtient la [[w:citoyenneté_romaine|''citoyenneté romaine'']].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Flavius Josèphe|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Flavius_Josèphe_back|<span id="Flavius_Josèphe"><sup>I</sup></span>]] De son nom de naissance Joseph ben (fils de) Matthatias, de l’hébreu יוסף בן מתתיהו / Yossef [[wikt:en:יוסף#Hebrew|(en)]] ben [[wikt:en:בן#Noun|(en)]] Matityahou [[wikt:en:מתתיהו#Hebrew|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• de la troisième personne du singulier [[w:Jussif|''jussive'']], signifiant ainsi « peut-il ajouter », du verbe הוֹסִיף / hosíf [[wikt:en:הוסיף#Hebrew|(en)]], « 1. Ajouter (quelque chose) à (quelque chose d'autre). 2. (littéraire) Continuer (à faire quelque chose). 3. (archaïque) Coordonné avec un autre verbe pour indiquer que l’action de ce verbe "ajoute" d’une manière ou d’une autre. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• du nom commun בֵּן / bén, « 1. Fils. 2. (ne produit plus de mot ou d’expression) Un descendant mâle direct. 3. Un mec, un garçon. 4. (n’est plus productif, état de construction) Possesseur de (connaissance, capacité, etc.). 5. (État construit) Utilisé pour exprimer l’âge d’un homme, d’un garçon ou le référent d’un nom masculin : âge, âgé. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• de la contraction du nom commun מַתָּנַת / mataná [[wikt:en:מתנה#Hebrew|(en)]], « cadeau, présent, don »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du verbe נתן / natán [[wikt:en:נתן#Verb|(en)]], « 1. Donner. 2. Autoriser, permettre, laisser. 3. (archaïque) Mettre, placer. 4. (archaïque, hébreu biblique) Se transformer en. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ et du nom propre יהוה / YHWH [[wikt:en:יהוה#Hebrew|(en)]], « (Judaïsme) Tétragramme : mot en quatre lettres hébraïques utilisé comme nom [[wikt:ineffable#Français|''ineffable'']] de Dieu dans la Bible hébraïque, diversement rendu par Yahweh ou Jéhovah. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Son tria nomina à l’obtention de sa ''citoyenneté romaine'' est {{Info|Titus|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Flavius|nomen, nom de famille}} {{Info|Josephus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, prenant ainsi le nom de son bienfaiteur :<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#Vespasien_back|<span id="Vespasien"><sup>II</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Titus|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Flavius|nomen, nom de famille}} {{Info|Vespasianus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}};<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[w:L%C3%A9gat_(Rome_antique)|''Légat'']] lors de la [[w:Conqu%C3%AAte_romaine_de_la_Grande-Bretagne|''conquête de la Bretagne en 43'']] et lors de la [[w:Premi%C3%A8re_guerre_jud%C3%A9o-romaine|''rébellion juive de 66'']] en [[w:Jud%C3%A9e_(province_romaine)|''Judée'']]. Fin décembre 69, il est couronné empereur par le [[w:S%C3%A9nat_romain|''Sénat'']] après la guerre civile de l’[[w:Ann%C3%A9e_des_quatre_empereurs|''année des quatre empereurs'']], et fonde la dynastie des [[w:Flaviens|''Flaviens'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(17 novembre [[w:9|9]], près de [[w:Reate|''Reate'']] dans la région centrale italienne du [[w:Latium|''Latium'']] — 23/24 juin [[w:79|79]], à la station thermale de [[w:Aquae_Cutiliae|''Aquae Cutiliae'']], à l’est de ''Reate'')<sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup><br/><br/></div>
'''
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Contre_Apion|Contre Apion]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Contre_Apion|📚]]
{| cellpadding="0" align="{{{align|right}}}" style="margin-left: 2em; width:40%; border-spacing:3px; text-align:center; background-color:#F8F9FA; border:2px solid #C8CCD1"
|-
| style="border:solid 1px #F8F9FA" | [https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n156/mode/1up {{Info|'''Éditions & Manuscrits'''|Flavius Josèphe Contre Apion, Théodore Reinach & Léon Blum, 1930}}]
|- style="font-size:8pt; line-height:10pt; vertical-align:middle"
| align="center" | <div style="margin-right: 1em; padding:0 0 4px 0; text-align:justify;">{{{légende|
* La traduction ''latine'' a été imprimée dès 1480 à [[w:Vérone#Époque_moderne|''Vérone'']] par '''Pierre Maufer''' [[w:en:Petrus_Maufer|(en)]]. L’édition de cette traduction, due à [[w:Sigismund_Gelenius|'''Sigismond Gelenius''']] (''Paris'', 1535), qui constitue la « [[w:Vulgate|Vulgate]] », présente un texte souvent « amélioré » de façon arbitraire. La seule édition critique est celle de '''Ch. Boysen''' (''Vienne'', 1898) qui fait partie du [[w:Corpus_scriptorum_ecclesiasticorum_latinorum|{{Info|''Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum''|Le corpus des écrits ecclésiastiques latins}}]]. Elle repose principalement sur les manuscrits L(aurentianus LXVI, 2), B(odleianus Canonicianus 148), R(egius Parisinus 5049) de la I<sup>re</sup> classe, C(heltenhamensis Phillipicus 12311), P(arisinus 1615), Pa(rsinus 5054) de la seconde.
* Le texte grec est édité pour la première fois dans l’édition complète de '''Josèphe''' à [[w:Bâle#XVIe_siècle|''Bâle'']], chez [[w:Johann_Froben|''Froben'']], en 1544 par [[w:Arnoldus_Arlenius|'''Arlenius''']] qui a peut-être fait usage du ''Schleusingensis'' (un des fils du Laurentianus), mais a introduit grand nombre de corrections tantôt heureuses, et tantôt arbitraires. Par la suite notre traité n’a guère été imprimé que comme partie intégrante d’éditions complètes des œuvres de '''Josèphe'''. Les plus importantes sont celles de '''E. Bernard''' (1700), de [[w:John_Hudson_(classiciste)|'''Hudson''']] (1720) — le premier qui ait utilisé L —, de [[w:Sigebert_Havercamp|'''Havercamp''']] (1726), simple compilateur, de [[w:Karl_Wilhelm_Dindorf|'''L. Dindorf''']] (1847), de [[w:Immanuel_Bekker|'''Imm. Bekker''']] (1856), tout à fait manquée. L’édition critique de '''Niese''' [[w:en:Benedikt_Niese|(en)]] (1889) est la base de tous les travaux ultérieurs, notamment des éditions de '''Naber''' (1896) et de [[w:Henry_St._John_Thackeray|'''H. St. J. Thackeray''']] (coll. Loeb, 1926 : il n’a encore paru que le ''C. Apion'', la ''Vita'' et le commencement de la ''Guerre'') qui ont pu profiter aussi des conjectures de '''Cobet''', de '''Holwerda''', et de '''Herwerden'''.}}}</div>
|}
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Dernière œuvre écrite par '''Flavius Josèphe''', vers [[w:93|93]], dont l’objectif est de répondre aux critiques qu’ont soulevées ses [[w:Antiquit%C3%A9s_juda%C3%AFques|''Antiquités judaïques'']], de défendre l’ancienneté du peuple ''juif'' et du [[w:Judaïsme#Judaïsme_antique|''judaïsme'']] (Livre I) et les accusations d’[[w:Apion_(grammairien)|'''Apion''']] [[#Apion|<span id="Apion_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] (Livre II).</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Apion|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Apion_back|<span id="Apion"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Apion#Latin|Ἀπίων / Apíôn]];
<br/><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[w:Grammaticus|''Grammairien'']] [[#grammairien|<span id="grammairien_back"><sup>II</sup></span>]] et [[w:Polygraphe_(auteur)|''polygraphe'']] [[#polygraphe|<span id="Grammairien_back"><sup>III</sup></span>]] ''grec'' d’Alexandrie.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] — première moitié du [[w:Ier_siècle|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#grammairien_back|<span id="grammairien"><sup>II</sup></span>]] Du nom commun latin grammaticus [[wikt:en:grammaticus#Latin|(en)]]; du nom commun grec ancien γραμματικός / grammatikós [[wikt:en:γραμματικός#Noun|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun γρᾰ́μμᾰ / grámma [[wikt:en:γράμμα#Noun|(en)]], « 1. Ce qui est écrit, ce qui est dessiné. 2. Lettre. 3. (au pluriel) Alphabet. 4. Écriture, livre. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ du verbe γράφω / gráphō [[wikt:en:γράφω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (Homérique) égratigner, couper en dedans. 2. Dessiner, esquisser, peindre. 3. Écrire. 4. Écrire, proposer une loi. 5. ([[w:Diathèse#Moyen|''voix moyenne'']]) : • (''[[w:Réflexivité_(grammaire)|réflexif]] indirect'') Écrire pour soi, noter ; • Accuser, poursuivre. 6. ([[w:Conjugaison_latine|''passif parfait'']]) Être écrit, être sous forme écrite. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ + du suffixe nominal de résultat -μα / -ma [[wikt:en:-μα#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival -ῐκός / -ikós, de ou se rapportant à, de la manière de ; « -ique »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Enseignant responsable de la deuxième étape du système éducatif traditionnel, après l’apprentissage de l’alphabet, la lecture et l’écriture, et l’initiation au calcul avec un abaque chez un ''magister ludi'' [[w:en:Ludi_magister|(en)]] et avant celle de l’art du discours chez un [[w:Rhétorique#Rhétorique_dans_l'Antiquité_grecque|''rhéteur'']]. Le travail du grammairien était d’enseigner la lecture, l’analyse de textes des poètes antiques tels qu’Homère, Tite-Live et Virgile, et la grammaire [https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.antiquite.ac-versailles.fr%2Feducatio%2Fedrom2.htm#federation=archive.wikiwix.com&tab=url {{Info|<sup>➕</sup>|« L’école du grammaticus », ac-Versailles}}] [https://philo-lettres.fr/latin/rome_vie-quotidienne/ecole-romaine/ {{Info|<sup>➕➕</sup>|« L’École dans l’antiquité romaine, philo-lettres}}].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#polygraphe_back|<span id="polygraphe"><sup>III</sup></span>]] Du nom commun grec ancien [[wikt:polygraphe|πολύγραφος / polýgraphos]], « qui écrit beaucoup de sujets »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de l’adjectif πολῠ́ς / polús [[wikt:en:πολύς#Ancient_Greek|(en)]], « (de nombre, au pluriel) Beaucoup de : • (avec des noms de multitude) Grand ; • (de quantité, avec des noms de masse) beaucoup de ; • (rare, d'une personne) Grand, puissant ; • (de son) Fort ; • (attributivement, adverbial) Fortement, pleinement ; • (d'espace) Large, grand ; • (de distance) Loin ; • (de temps) Long, en retard. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du verbe γράφω / gráphō [[wikt:en:γράφω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (Homérique) égratigner, couper en dedans. 2. Dessiner, esquisser, peindre. 3. Écrire. 4. Écrire, proposer une loi. 5. (''voix moyenne'') : • (''réflexif indirect'') Écrire pour soi, noter ; • Accuser, poursuivre. 6. (''passif parfait'') Être écrit, être sous forme écrite. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Le terme semble avoir été employé au cours de l’Antiquité dans un sens différent de celui que nous l’entendons aujourd’hui, pas dans le sens de diversité mais, de façon restreinte, le fait de composer un grand nombre de textes [https://eriac.univ-rouen.fr/la-polygraphie-comme-norme/ {{Info|<sup>➕</sup>|Isabelle Gassino, Université de Rouen et Dimitri Kasprzyk, université de Brest, « Colloque "La polygraphie comme norme" », 16 et 17 novembre 2017.}}].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre I ====
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em;">Témoignage de '''Thales''' comme :
* l’un des premiers ''philosophes grecs'' ayant traité des choses célestes et divines ;
* disciple des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' (premier témoignage) ;
* auteur de court(s)/rare(s) ouvrages (supposément unanimement admis), que les ''Grecs'' considéreraient comme les plus anciens, et douteraient, selon '''Flavius Josèphe''', de leur authenticité.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">qui autem historias apud eos conscribere temptauerunt, id est hi, qui circa '''Cadmum''' ''Milesium'', et '''Acusilaus''' ''Argiuus'' et post hunc quicumque alii fuisse referuntur, paululum tempus ''Persicam'' apud ''Helladium'' militiam praecesserunt. sed etiam eos, qui de caelestibus et diuinis primitus apud ''Graecos philosophati'' sund, id est '''Pherecydem''' ''Syrum'' et '''Pythagoram''' et '''Thaletem''' omnes concorditer confidentur ''Aegyptiorum'' et ''Chaldaeorum'' fuisse discipulos et breuiter conscripsisse quae a ''Graecis'' omnium antiquissima iudicantur ita ut uix ea credant ab illis fuisse conscripta.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[w:Corpus_scriptorum_ecclesiasticorum_latinorum|<u>Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum</u>]], [https://verlag.oeaw.ac.at/produkt/flavii-iosephi-opera-ex-versione-latina-antiqua-pars-vi-de-iudaeorum-vetustate-sive-contra-apionem-libri-ii/601067?name=flavii-iosephi-opera-ex-versione-latina-antiqua-pars-vi-de-iudaeorum-vetustate-sive-contra-apionem-libri-ii&product_form=5107 <u>Tome XXXVII, Flavius Iosephus, Contra Apionem</u>], ''Livre I'', ''chap. II.'', ''l.13, 14'', p.64, 1898</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Οἱ μέντοι τὰς ἱστορίας ἐπιχειρήσαντες συγγράφειν παρ' αὐτοῖς, λέγω δὲ τοὺς περὶ '''Κάδμον''' τε τὸν ''Μιλήσιον'' καὶ τὸν ''Ἀργεῖον'' '''Ἀκουσίλαον''' καὶ μετὰ τοῦτον εἴ τινες ἄλλοι λέγονται γενέσθαι, βραχὺ τῆς ''Περσῶν'' ἐπὶ τὴν ''Ἑλλάδα'' στρατείας τῷ χρόνῳ προύλαβον. Ἀλλὰ μὴν καὶ τοὺς περὶ τῶν οὐρανίων τε καὶ θείων πρώτους παρ' ''Ἕλλησι φιλοσοφήσαντας'', οἷον '''Φερεκύδην''' τε τὸν ''Σύριον'' καὶ '''Πυθαγόραν''' καὶ '''Θάλητα''', πάντες συμφώνως ὁμολογοῦσιν ''Αἰγυπτίων'' καὶ ''Χαλδαίων'' γενομένους μαθητὰς ὀλίγα συγγράψαι, καὶ ταῦτα τοῖς ''Ἕλλησιν'' εἶναι δοκεῖ πάντων ἀρχαιότατα καὶ μόλις αὐτὰ πιστεύουσιν ὑπ' ἐκείνων γεγράφθαι.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/Apion1gr.htm <u>Φλαίίου Ἰωσήπου, περὶ ἀρχαιότητος Ἰουδαίων</u>, ''λόγος α''], ''chap. II.'', ''l.13, 14'', 1898</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Quant aux Grecs qui ont entrepris d’écrire l’histoire, comme [[w:Cadmos_de_Milet|'''Cadmos''' de ''Milet'']], [[w:Acousilaos|'''Acousilaos''' d’Argos]] et ceux qu’on cite après lui, ils n’ont vécu que peu de temps [[#Cadmos_NdT_LB|<span id="Cadmos_NdT_LB_back"><sup>1</sup></span>]] avant [[w:Guerres_médiques|''l’expédition des Perses contre la Grèce'']]. Mais bien certainement les premiers ''philosophes grecs'' qui aient traité des choses célestes et divines, comme [[w:Phérécyde_de_Syros|'''Phérécyde''' de ''Syros'']] [[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back"><sup>2</sup></span>]], '''Pythagore''' et '''Thalès'''[[#Thales_NdT_LB|<span id="Thales_NdT_LB_back"><sup>3</sup></span>]] furent, tout le monde s’accorde là-dessus, les disciples des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' avant de composer leurs courts ouvrages, et ces écrits sont aux yeux des ''Grecs'' les plus anciens de tous ; à peine même les croient-ils authentiques.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cadmos_NdT_LB_back|<span id="Cadmos_NdT_LB"><sup>1.</sup></span>]] En réalité, Cadmos paraît avoir fleuri vers le milieu [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle]] [{{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}].'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB"><sup>2</sup></span>]] Seul texte qui attribue une origine égyptienne ou chaldéenne aux doctrines de Phérécyde de Syros. Cependant [[w:Theodor_Gomperz|Gompers]], [https://archive.org/details/bub_gb_QrfVAAAAMAAJ/page/n434/mode/1up Griechische Denker, I, 430], identifie ᾿Ογηνός avec l’Ouginna babylonien.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Thales_NdT_LB_back|<span id="Thales_NdT_LB"><sup>3</sup></span>]] On retrouve chez [[w:Apollonios_de_Tyane|Apollonios de Tyane]] ([[w:Jamblique|Jamblique]] [[#Jamblique_back|<sup>⤵️</sup>]], Vit. Pyth. [[#Vie_de_Pythagore_back|<sup>⤵️</sup>]], 12) et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] l’idée que Thalès de Milet fut disciple des Égyptiens ; l’adjonction des Chaldéens est propre Josèphe.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Flavius Josèphe, Contre Apion</u>], ''Livre I'', [https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n49/mode/1up?view=theater&q=Thales ''chap. 2''], traduction du grec ancien par Léon Blum, agrégé des Lettres, professeur au lycée Janson-de-Sailly, texte établi et annotée par [[w:Théodore_Reinach|Théodore Reinach]]
Membre de l’[[w:Institut_de_France|Institut]], professeur au Collège de France, 1930<br />(édition bilingue de 1911 également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/Apion1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Quant aux Grecs qui ont entrepris d’écrire l’histoire, comme '''Cadmos''' de ''Milet'', '''Acousilaos''' d’''Argos'' et ceux qu’on nomme après lui, ils n’ont vécu que peu de temps[2] avant l’expédition des ''Perses'' contre la ''Grèce''. [14]. De même, les premiers ''philosophes grecs'' qui aient traité des choses célestes et divines, comme '''Phérécyde''' de ''Syros''[3], '''Pythagore''' et '''Thalès'''[4] furent, tout le monde s’accorde là dessus, les disciples des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' avant de composer leurs rares ouvrages, et ces écrits sont aux yeux des ''Grecs'' les plus anciens de tous ; à peine même les croient-ils authentiques.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cadmos_NdT_LB_back|<span id="Cadmos_NdT_LB"><sup>1.</sup></span>]] En réalité, Cadmos paraît avoir fleuri vers le milieu [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle]] [{{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB"><sup>2</sup></span>]] Seul texte qui attribue une origine égyptienne ou chaldéenne aux doctrines de Phérécyde de Syros. Cependant [[w:Theodor_Gomperz|Gompers]], [https://archive.org/details/bub_gb_QrfVAAAAMAAJ/page/n434/mode/1up Griechische Denker, I, 430], identifie ᾿Ογηνός avec l’Ouginna babylonien.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Thales_NdT_LB_back|<span id="Thales_NdT_LB"><sup>3</sup></span>]] On retrouve chez [[w:Apollonios_de_Tyane|Apollonios de Tyane]] ([[w:Jamblique|Jamblique]] [[#Jamblique_back|<sup>⤵️</sup>]], Vit. Pyth. [[#Vie_de_Pythagore_back|<sup>⤵️</sup>]], 12) et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] l’idée que Thalès de Milet fut disciple des Égyptiens ; l’adjonction des Chaldéens est propre Josèphe.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Flavius Josèphe, De l’ancienneté du peuple juif (Contre Apion)</u>, ''Livre I'', [[s:Page:Flavius_Josephe_-_Leon_Blum_-_Contre_Apion,_Leroux,_Paris,_1902.djvu/17|''Chap. 2'']], traduction de Léon Blum, agrégé des lettres, professeur au lycée du Havre, sous la direction de [[w:Théodore_Reinach|Théodore Reinach]], 1902.</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Plutarque|'''Plutarque''']] [[#Plutarque|<span id="Plutarque_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:45|45]]'' <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Chéronée|Chéronée]] en [[w:Béotie|Béotie]] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:125|125]]'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>)[[s:Auteur:Plutarque|<sup>📚</sup>]]
[[Fichier:Plutarch at Delphi.jpg|vignette|<p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Buste probable de Plutarque du [[w:IIe_siècle|II<sup>ème</sup>]] ou [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|EC|de l’Ère Commune}}, en marbre de [[w:Marbre_de_Paros|''Paros'']].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Provenance : découvert lors de fouilles près de l’angle sud-est du [[w:Temple d'Apollon (Delphes)|''temple d’Apollon'']] de [[w:Delphes|''Delphes'']], au côté d'une [[w:Fichier:Plutarch_stele_inscription_100_AD,_AM_of_Delphi_4070060092.jpg|''stèle'']] portant une inscription gravée : ΔΕΛΦΟΙ ΧΑΙΡΩΝΕΥΣΙΝ ΟΜΟΥ ΠΛΟΥΤΑΡΧΟΝ ΕΘΗΚΑΝ ΤΟΙΣ ΑΜΦΙΚΤΥΟΝΩΝ ΔΟΓΜΑΣΙ ΠΕΙΘΟΜΕΝΟΙ — Les ''Delphiens'', avec les ''Chéronéens'', dédièrent ce(tte image de) Plutarque, suivant les préceptes de l’[[w:Amphictyonie|''Amphictyonie'']].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Exposition : Salle XIV, [[w:Mus%C3%A9e_arch%C3%A9ologique_de_Delphes|''Musée archéologique de Delphes'']].]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Biographe, philosophe et moraliste grec, auteur d’une œuvre importante, comportant un ensemble varié de traités et de dialogues consacrés à des questions de philosophie morale, mais abordant aussi des sujets littéraires, politiques, scientifiques, religieux.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Plutarque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Plutarque_back|<span id="Plutarque"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien πλούταρχος / ploútarkhos [[wikt:en:Πλούταρχος#Ancient_Greek|(en)]], « maître des richesses » ; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun πλοῦτος / ploûtos [[wikt:en:πλοῦτος#Ancient_Greek|(en)]], « richesses » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ἀρχός / arkhós, « souverain, chef, prince »)'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
{{Boîte déroulante début|titre=Remarque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>''' Dans la ''Vie de [[w:Lycurgue_(législateur)|Lycurgue]]'' et la ''Vie d’Agis et Cléomène'' (''Vies parallèles''), et le traité ''Un philosophe doit surtout converser avec les princes'' (''Œuvres morales''), il est fait mention d’un Thalès : il s’agit de [[w:Thalétas|Thalétas]], aussi appelé Thalès de [[w:Crète|''Crète'']], un musicien et poète, originaire de la cité de [[w:Gortyne|''Gortyne'']] en ''Crète'', et actif à la fin du [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] et au début du siècle suivant.'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Vies_parallèles|Vies parallèles]] [[#Vies_parallèles|<span id="Vies_parallèles_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Recueil de 50 biographies de grands hommes de l’histoire, dont 46 présentées par paires : un ''Grec'' mis en parallèle avec un ''Romain''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Vies parallèles|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Vies_parallèles_back|<span id="Vies_parallèles"><sup>I</sup></span>]] Du grec ancien Βίοι Παράλληλοι / Bíoi Parállêloi'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Vie de [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon|<sup>🔄</sup>]] ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Biographie de '''Solon''', qui précède celle de [[w:Publius_Valerius_Publicola_(consul_en_-509)|'''Publicola''']] [[#Publicola|<span id="Publicola_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], et avec laquelle '''Plutarque''' la compare.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Vie de Solon|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Publicola_back|<span id="Publicola"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Publius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Valerius|nomen, nom de famille}} {{Info|Publicola ou Poplicola|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, « celui qui prend soin de l’armée. »[https://academic.oup.com/bics/advance-article/doi/10.1093/bics/qbaf002/8117642?login=false {{Info|<sup>🔍</sup>|M. Gallo, « Misinterpreting a compound name. The origin of the agnomen Publicola in Dionysius of Halicarnassus and Plutarch », Bulletin of the Institute of Classical Studies, 22 avril 2025}}].<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Consul_(Rome_antique)|Consul]] de la [[w:république_romaine|''République Romaine'']], à quatre reprises : en [[w:-509|-509]], [[w:-508|-508]], [[w:-507|-507]] et [[w:-504|-504]], et l’un des instaurateurs légendaires de la ''République Romaine'' en -509, suite au viol et au suicide de [[w:Lucrèce_(dame_romaine)|Lucrèce]], une femme aristocratique ''romaine'', par [[w:Sextus_Tarquin|Sextus Tarquin]], le fils du dernier [[w:Roi_de_Rome|roi de ''Rome'']] [[w:Tarquin_le_Superbe|Tarquin le Superbe]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(date et lieu de naissance inconnu.e.s — [[w:-503|-503]], soit sur le champ de bataille pendant les [[w:Guerres_romano-sabelliennes|''guerres romano-sabelliennes'']], soit de maladie)<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> '''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe III.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de '''Thalès''' ''commerçant''</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''III.''' Κωλύει δὲ οὐδὲν τὸν ἀγαθὸν καὶ πολιτικὸν ἄνδρα μήτε τῶν περιττῶν τὴν κτῆσιν ἐν σπουδῇ τίθεσθαι μήτε τῆς χρείας τῶν ἀναγκαίων καὶ ἱκανῶν καταφρονεῖν. Ἐν δὲ τοῖς τότε χρόνοις, καθ' Ἡσίοδον, ἔργον οὐδὲν ἦν ὄνειδος, οὐδὲ τέχνη διαφορὰν ἔφερεν, ἐμπορία δὲ καὶ δόξαν εἶχεν οἰκειουμένη τὰ βαρβαρικὰ καὶ προξενοῦσα φιλίας βασιλέων καὶ πραγμάτων ἐμπείρους ποιοῦσα πολλῶν. Ἔνιοι δὲ καὶ πόλεων οἰκισταὶ γεγόνασι μεγάλων, ὡς καὶ Μασσαλίας Πρῶτις ὑπὸ Κελτῶν τῶν περὶ τὸν Ῥοδανὸν ἀγαπηθείς. Καὶ Θαλῆν δέ φασιν ἐμπορίᾳ χρήσασθαι καὶ Ἱπποκράτην τὸν μαθηματικόν, καὶ Πλάτωνι τῆς ἀποδημίας ἐφόδιον ἐλαίου τινὸς ἐν Αἰγύπτῳ διάθεσιν γενέσθαι.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§3'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''III.''' Mais rien n’empêche l’homme de bien, le citoyen dévoué à son pays, de garder un juste milieu : il peut ne point s’attacher à la poursuite du superflu, sans pour cela mépriser le nécessaire et ce qui suffit à ses besoins.<br />Dans ce temps-là, pour parler comme [[w:Hésiode|'''Hésiode''']] [[#Hésiode|<span id="Hésiode_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] [[#Hésiode_NdT_AP|<span id="Hésiode_NdT_AP_back"><sup>1</sup></span>]], il n’y avait pas de travail qui fût honteux; aucun art ne mettait de différence entre les hommes : le négoce surtout était honoré, qui met en possession des avantages dont jouissent les étrangers, gagne l’amitié des rois, et donne une grande expérience. On a même vu des trafiquants fonder de grandes villes : ainsi [[w:Mythe_fondateur_de_Marseille|'''Protis''']] bâtit [[w:Marseille_antique|''Marseille'']], après s'être concilié l’amitié des ''Gaulois'' qui habitent les bords du [[w:Rhône#Histoire|''Rhône'']]. '''Thales''' se livra, dit-on, au négoce, ainsi qu’[[w:Hippocrate_de_Chios|'''Hippocrate''']] [[#Hippocrate|<span id="Hippocrate_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] le mathématicien[[#Hippocrate_NdT_AP|<span id="Hippocrate_NdT_AP_back"><sup>2</sup></span>]] ; et [[w:Platon|'''Platon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon|<sup>🔄</sup>]] vendit de l’huile en [[w:Basse_Époque|''Égypte'']] , pour fournir aux frais de son voyage.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hésiode_NdT_AP_back|<span id="Hésiode_NdT_AP"><sup>1.</sup></span>]] Œuvres et Jours, vers 309.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hippocrate_NdT_AP_back|<span id="Hippocrate_NdT_AP"><sup>2</sup></span>]] Cet Hippocrate n’est point connu d’ailleurs.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§3'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/184/mode/1up?view=theater p.184], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Hésiode_back|<span id="Hésiode"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἡσῐ́οδος / Hēsĭ́odos [[wikt:en:Ἡσίοδος#Ancient_Greek|(en)]].<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Berger sur les pentes du Mont [[w:Mont_Hélicon|Hélicon]] et un des plus grands poètes grecs. Il s’agit plus précisément d’un ''aède'' (il « chante » ses vers avec sa lyre) et un ''rhapsode'' (il « coud » des chants entre eux)[https://odysseum.eduscol.education.fr/hesiode-un-des-premiers-poetes-grecs {{Info|<sup>🔍</sup>|Hésiode, un des premiers poètes grecs - Odysseum, la maison numérique des Humanités}}].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hippocrate_back|<span id="Hippocrate"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ῐ̔πποκρᾰ́της / Hĭppokrắtēs [[wikt:en:Ἱπποκράτης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun ῐ̔́ππος / hĭ́ppos [[wikt:en:ἵππος#Ancient_Greek|(en)]], « cheval »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun κρᾰ́τος / krắtos [[wikt:en:κράτος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Puissance, force. 2. Acte de force, acte de bravoure. 3. (au pluriel) Actes de violence. 4. Domination, pouvoir. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe nominal -ης / -ēs.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Mathématicien (géomètre) et astronome « para-pythagoricien », dont l’œuvre ne nous est pas parvenue.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] milieu du [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA764&vq=Hippocrate&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA764#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §151 - Hippocrate de Chios}}]'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: center; margin: 0 2em;">'''II. Dans sa jeunesse il se livre au commerce maritime; la modicité de sa fortune et son goût pour la sagesse l’y décident. Faveur du commerce à cette époque ; grands noms qui l’ont illustré.'''<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Mais rien n’empêche qu’un homme de bien, un sage politique tienne à cet égard un juste milieu, et que sans rechercher des richesses superflues, il ne méprise pas celles qui sont nécessaires et qui suffisent. Dans ce temps-là, comme dit [[w:Hésiode|'''Hésiode''']], aucun travail n’était regardé comme honteux; aucun art ne mettait de différence entre les hommes. Le commerce maritime surtout était honorable; il ouvrait des communications utiles avec les nations étrangères, procurait des alliances avec les rois, et donnait une grande expérience. On a même vu des commerçants fonder de grandes villes. Ainsi '''Protus''' gagna l’amitié des Gaulois qui habitaient les bords du ''Rhône'', et bâtit ''Marseille''. '''Thalès''' et '''Hippocrate''' le mathématicien firent aussi le commerce ; et '''Platon''' vendit de l’huile en ''Égypte'' pour fournir aux frais de son voyage.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Mais rien n’empêche l’homme de-bien et l’homme politique ni se mettre en souci (rechercher) l’acquisition des choses superflues, ni mépriser l’usage des choses nécessaires et suffisantes. Or dans les temps d’alors, selon '''Hésiode''', aucun travail n’était sujet-de-honte, ni aucun métier n’apportait de différence entre les citoyens mais même le commerce-maritime avait de la gloire, rendant-amies les nations-barbares, et procurant des amitiés de rois, et faisant les hommes expérimentés d’affaires nombreuses. Et quelques-uns aussi sont devenus fondateurs de grandes villes, comme aussi le '''Protus''' de ''Marseille'' ayant été aimé par les ''Celtes'' ceux autour du ''Rhône''. Et on dit aussi '''Thalès''', avoir fait-usage du commerce-maritime et '''Hippocrate''' le mathématicien, et la vente d'une certaine huile en ''Égypte'' avoir été pour '''Platon''' ressource du voyage.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe IV.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la sagesse de '''Thalès''' en ''philosophie naturelle''</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IV.''' Φιλοσοφίας δὲ τοῦ ἠθικοῦ μάλιστα τὸ πολιτικόν, ὥσπερ οἱ πλεῖστοι τῶν σοφῶν, ἠγάπησεν. Ἐν δὲ τοῖς φυσικοῖς ἁπλοῦς ἐστι λίαν καὶ ἀρχαῖος, ὡς δῆλον ἐκ τούτων· [...].<br /><p style="text-indent: 15px">Καὶ ὅλως ἔοικεν ἡ Θάλεω μόνου σοφία τότε περαιτέρω τῆς χρείας ἐξικέσθαι τῇ θεωρίᾳ· τοῖς δὲ ἄλλοις ἀπὸ τῆς πολιτικῆς ἀρετῆς τοὔνομα τῆς σοφίας ὑπῆρξε.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§4'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f20.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IV.''' Il s’attacha, comme presque tous les sages d’alors, à cette partie de la philosophie morale qui traite de la politique. Pour la philosophie naturelle, il en était aux rudiments, et aux notions du vieux temps sans plus; [...].<br /><p style="text-indent: 15px;">Aussi bien n’y eut-il, en somme, que '''Thalès''' dont la science dépassât alors les notions d’un usage vulgaire : tous les autres ne durent qu’à leurs connaissances politiques leur réputation de sagesse.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§4'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">A l’exemple des sages de son temps, il cultiva principalement cette partie de la morale qui traite de la politique. Il n’avait en physique que des connaissances très-superficielles, et en était aux premiers éléments de cette science, [...].<br/><p style="text-indent: 15px">En général '''Thalès''' fut, de tous les sages d’alors, le seul qui porta au delà des besoins de la vie la théorie des sciences ; tous les autres ne durent qu’à leurs connaissances politiques leur réputation de sagesse.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f20.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Mais de la partie morale de la philosophie il embrassa surtout la partie politique, comme la plupart des sages d’alors. Mais dans les sciences physiques il est extrêmement simple (ignorant) et primitif, [...]. Et en-un-mot la science de '''Thalès''' seul paraît s’être avancée alors par la théorie plus loin que le besoin ; et le nom de la science a appartenu aux autres par-suite des qualités politiques.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f21.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe V.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Version alternative du récit de la coupe de [[w:Bathyclès_de_Magnésie|'''Bathyclès''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bathyclès_back|<sup>🔄</sup>]] par [[w:Callimaque_de_Cyrène|'''Callimaque''']] de [[w:Cyrène|''Cyrène'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Γενέσθαι δὲ μετ' ἀλλήλων ἔν τε Δελφοῖς ὁμοῦ λέγονται καὶ πάλιν ἐν Κορίνθῳ, Περιάνδρου σύλλογόν τινα κοινὸν αὐτῶν καὶ συμπόσιον κατασκευάσαντος. Ἔτι δὲ μᾶλλον εἰς ἀξίωμα καὶ δόξαν αὐτοὺς κατέστησεν ἡ τοῦ [[w:τρίπους#Grec_ancien|'''τρίποδος''']] περίοδος καὶ διὰ πάντων ἀνακύκλησις καὶ ἀνθύπειξις μετ' εὐμενείας φιλοτίμου γενομένη. Κῴων γάρ, ὥς φασι, καταγόντων σαγήνην, καὶ ξένων ἐκ Μιλήτου πριαμένων τὸν βόλον οὔπω φανερὸν ὄντα, χρυσοῦς ἐφάνη τρίπους ἑλκόμενος, ὃν λέγουσιν Ἑλένην πλέουσαν ἐκ Τροίας αὐτόθι καθεῖναι χρησμοῦ τινος ἀναμνησθεῖσαν παλαιοῦ. Γενομένης δὲ τοῖς ξένοις πρῶτον ἀντιλογίας πρὸς τοὺς ἁλιέας περὶ τοῦ τρίποδος, εἶτα τῶν πόλεων ἀναδεξαμένων τὴν διαφορὰν ἄχρι πολέμου προελθοῦσαν, ἀνεῖλεν ἀμφοτέροις ἡ Πυθία τῷ σοφωτάτῳ τὸν τρίποδα ἀποδοῦναι. Καὶ πρῶτον μὲν ἀπεστάλη πρὸς Θαλῆν εἰς Μίλητον, ἑκουσίως τῶν Κῴων ἑνὶ δωρουμένων ἐκείνῳ περὶ οὗ πρὸς ἅπαντας ὁμοῦ Μιλησίους ἐπολέμησαν. Θάλεω δὲ Βίαντα σοφώτερον ἀποφαίνοντος αὑτοῦ πρὸς ἐκεῖνον ἧκεν· ἀπ' ἐκείνου δ' αὖθις ἀπεστάλη πρὸς ἄλλον ὡς σοφώτερον. Εἶτα περιϊὼν καὶ ἀναπεμπόμενος οὕτως ἐπὶ Θαλῆν τὸ δεύτερον ἀφίκετο, καὶ τέλος εἰς Θήβας ἐκ Μιλήτου κομισθεὶς τῷ Ἰσμηνίῳ Ἀπόλλωνι καθιερώθη. Θεόφραστος δέ φησι,πρῶτον μὲν εἰς Πριήνην Βίαντι τὸν τρίποδα πεμφθῆναι, δεύτερον δ' εἰς Μίλητον Θαλῇ Βίαντος ἀποπέμψαντος· οὕτω δὲ διὰ πάντων πάλιν εἰς Βίαντα περιελθεῖν, τέλος δὲ εἰς Δελφοὺς ἀποσταλῆναι. Ταῦτα μὲν οὖν ὑπὸ πλειόνων τεθρύληται, πλὴν ὅτι τὸ δῶρον ἀντὶ τοῦ τρίποδος οἱ μὲν φιάλην ὑπὸ Κροίσου πεμφθεῖσαν, οἱ δὲ ποτήριον Βαθυκλέους ἀπολιπόντος εἶναι λέγουσιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§5'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f22.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' On raconte que les sept sages se réunirent une fois à [[w:Delphes|''Delphes'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Delphes_back|<sup>🔄</sup>]], et une autre fois à [[w:Histoire_de_Corinthe_dans_l%27Antiquité|''Corinthe'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Corinthe_back|<sup>🔄</sup>]], où [[w:Périandre|'''Périandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Périandre_back|<sup>🔄</sup>]] les avait convoqués pour leur offrir un banquet. Rien ne contribua tant à leur réputation et à leur gloire, que le renvoi qu’ils se firent successivement l’un à l’autre du trépied d’or, et l’honorable humilité avec laquelle ils refusèrent le prix tour à tour. Des hommes de [[w:Kos_(Dodécanèse)#Kos_à_l'époque_hellénistique|''Cos'']] [[#Cos|<span id="Cos_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] venaient, dit-on, de jeter leur filet en mer : des étrangers de ''Milet'' achetèrent le coup, avant que les pêcheurs y eussent regardé. Il se trouva, dans le filet, un trépied d’or qu’[[w:Hélène_(mythologie)|'''Hélène''']] [[#Hélène|<span id="Hélène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], à ce qu’on prétend, pour obéir à un ancien oracle, avait jeté dans la mer à son retour de [[w:Troie|''Troie'']] [[#Troie|<span id="Troie_back"><sup>'''III'''</sup></span>]]. Ce fut un sujet de débat, d’abord entre les pêcheurs et les étrangers, ensuite entre les deux villes, qui prirent parti dans la querelle : la guerre allait s’allumer, lorsque la [[w:Pythie|''Pythie'']] [[#Pythie|<span id="Pythie_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], que les deux partis avaient consultée, commanda de donner le trépied au plus sage. On l’envoya d’abord à ''Milet'', pour '''Thalès''', et ceux de ''Cos'' cédèrent sans peine à un seul particulier ce qu’ils allaient disputer par les armes à tous les ''Milésiens'' ensemble. '''Thalès''' déclara que [[w:Bias_de_Priène|'''Bias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bias_back|<sup>🔄</sup>]] était plus sage que lui, et le lui fit passer. '''Bias''', avec la même modestie, le fit passer à un autre; et le trépied, après avoir été envoyé successivement à tous les sept, revint une seconde fois à '''Thalès'''. Enfin, il fut transporté de ''Milet'' à [[w:Thèbes_(Grèce)|''Thèbes'']] [[#Thèbes|<span id="Thèbes_back"><sup>'''V'''</sup></span>]], et consacré à Apollon [[w:en:Ismenus|''Isménien'']]. Cependant [[w:Théophaste|'''Théophaste''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Théophaste_back|<sup>🔄</sup>]] dit qu’on envoya le trépied d’abord à '''Bias''', dans ''Priène'' ; que '''Bias''' le fit porter à '''Thalès''' ; qu’après avoir passé alternativement chez tous les sages, il revint à '''Bias''', et qu’il finit par être envoyé à ''Delphes''. Telle est la tradition commune : seulement quelques-uns prétendent qu’il s’agissait de décerner non point un trépied, mais un vase que [[w:Crésus|'''Crésus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Crésus_back|<sup>🔄</sup>]] avait envoyé ; et, suivant d’autres, c’était une coupe, héritage de '''Bathyclès'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§5'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Cos_back|<span id="Cos"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Κῶς / Kôs [[wikt:en:Κῶς#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Île grecque l’archipel du [[w:Dodécanèse|''Dodécanèse'']], au Sud-Est de la [[w:Mer_Égée|''mer Égée'']], au large des côtes ''turques''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hélène_back|<span id="Hélène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἑλένη / Helénē [[wikt:en:Ἑλένη#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Fille de [[w:Zeus|Zeus]] et de [[w:Léda (mythologie)|Léda]], considérée comme la plus belle femme du monde, uniquement surpassée par la déesse [[w:Aphrodite|Aphrodite]]. Elle est mariée à [[w:Ménélas|Ménélas]], roi de [[w:Sparte|Sparte]], et est enlevée par [[w:Pâris|Pâris]], prince [[w:Troie|''troyen'']] [[#Troie|<sup>'''III'''</sup>]], ce qui déclencha la [[w:guerre de Troie|guerre de Troie]] qui opposa ''Grecs'' et ''Troyens''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Troie_back|<span id="Troie"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Τροίᾱ / Troíā [[wikt:en:Τροία#Ancient_Greek|(en)]] ; [[w:Troie#Toponymie|''toponymie incertaine'']] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Cité semi-légendaire, située sur la colline d’''[[w:site archéologique de Troie|{{lang|tr|Hisarlık}}]]'', à l’entrée de l’''[[w:Hellespont|Hellespont]]'', non loin de la ''[[w:mer Égée|mer Égée]]'', au nord-ouest de la ''péninsule anatolienne'', dans la région ''[[w:Troade|Troade]]'' en ''[[w:Asie Mineure|Asie Mineure]]''.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Le site a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles, à la suite de celles entreprises par [[w:Heinrich Schliemann|Heinrich Schliemann]] en 1870, ponctuées par des découvertes fortement médiatisées, qui ont popularisé son identification avec la Troie homérique (qui reste un sujet de débat en l’absence de preuve décisive), le lieu principal des événements du ''[[w:cycle troyen|cycle troyen]]'' rapportés dans les ''[[w:Épopée|poèmes épiques]]'' ''[[w:Homère|homériques]]'' l’''[[w:Iliade|Iliade]]'' et l’''[[w:Odyssée|Odyssée]]''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Pythie_back|<span id="Pythie"><sup>IV</sup></span>]] Du nom commun grec ancien Πῡθῐ́ᾱ / Pūthĭ́ā,<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Πῡθώ / Pūthṓ, « [[w:Delphes#Histoire_du_site|''Pythô'']], ancien nom de ''Delphes'' » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival féminin -ῐος / -ĭos [[wikt:en:-ιος#Ancient_Greek|(en)]], « relatif à, appartenant à (de) ».<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Divination_dans_la_Grèce_antique|''Oracle'']] du [[w:Temple_d%27Apollon_(Delphes)|''temple d’Apollon'']] à ''Delphes''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:XIVe_siècle_av._J.-C.|XIV<sup>ème</sup>]]/[[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}} — [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|IV<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Thèbes_back|<span id="Thèbes"><sup>V</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θῆβαι / Thêbai [[w:Θῆβαι#Ancient_Greek|(en)]], désigne indistinctement la cité ''grecque'' comme [[w:Thèbes_(Égypte)|celle ''égyptienne'']] ; mais leur étymologie diffère : pour celle de la cité grecque, de l’[[w:Ionien-attique|''ionien-attique'']] Θήβη / Thḗbē ; du grec mycénien 𐀳𐀣 / te-qa (/Tʰēgʷā/) ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Cité grecque de la région de [[w:Béotie#Antiquité|''Béotie'']], au centre de la ''Grèce''.'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">On raconte que les sept sages se trouvèrent un jour ensemble à ''Delphes'', et une autre fois à ''Corinthe'', chez '''Périandre''', qui les avait réunis pour un banquet. Rien ne contribua autant à leur réputation et à leur gloire, que la modestie empressée avec laquelle ils se renvoyèrent l’un à l’autre le trépied d’or. Des ''Milésiens'' qui se trouvaient à l’île de ''Cos'', avaient acheté d’avance de quelques pêcheurs ce que retirerait de l’eau le filet qu’ils allaient y jeter. Quand on l’eut tiré, il s’y trouva un trépied d’or qu’'''Hélène''', à ce qu’on prétend, pour obéir à un oracle, avait jeté dans la mer, à son retour de ''Troie''. Cet incident donna lieu à une vive dispute d’abord entre les pêcheurs et les étrangers, ensuite entre les deux villes, qui prirent parti dans la querelle et étaient près d’en venir aux mains, lorsque la ''Pythie'' consultée leur ordonna de porter ce trépied au plus sage. On l’envoya d’abord à '''Thalès''', et ceux de ''Cos'' cédèrent sans peine à un seul particulier ce qu’ils allaient disputer par les armes à tous les ''Milésiens'' ensemble. '''Thalès''' le renvoya à '''Bias''', qui, disait-il, était plus sage que lui ; '''Bias''', avec la même modestie, le fit passer à un autre ; et après avoir été envoyé successivement à tous les sept, il revint une seconde fois à '''Thalès''' : enfin il fut porté à ''Thèbes'', et consacré à ''Apollon Isménien''. '''Théophraste''' dit qu’on l’envoya d’abord à '''Bias''', qui demeurait à ''Priène'' ; que '''Bias''' le fit porter à '''Thalès''' ; qu’après avoir été envoyé alternativement à tous les sages, il revint à '''Bias''', et qu’enfin il fut porté à ''Delphes''. Telle est la tradition la plus commune sur ce fait ; seulement quelques auteurs disent que ce n’était pas un trépied, mais un vase que '''Crésus''' envoyait à ''Delphes''; suivant d’autres, c’était une coupe que '''Bathyclès''' avait laissée.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f22.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Or ils (les sept sages) sont dits s’être trouvés aussi ensemble les uns avec les autres et à ''Delphes'' et de nouveau à ''Corinthe'', '''Périandre''' ayant préparé une certaine réunion commune d’eux et un banquet. Or le tour du trépied, et sa circulation à travers tous et sa cession se faisant avec une bienveillance pleine-d’émulation mit eux encore davantage en considération et renommée. Car des ''habitants-de-Cos'', comme on dit, jetant le filet, et des hôtes venus de ''Milet'' ayant acheté le coup qui n’était pas encore apparent, un trépied d’-or apparut étant retiré, lequel on dit '''Hélène''' naviguant pour revenir de ''Troie'' avoir jeté là, s’étant souvenue d’un certain oracle ancien. Mais une contestation ayant eu lieu d’abord aux hôtes vis-à-vis des pécheurs au sujet du trépied, ensuite les villes ayant pris-sur-elles le différend qui alla jusqu'à une guerre, la ''Pythie'' répondit aux-uns-et-aux-autres de donner le trépied au plus sage des hommes. Et d’abord il fut envoyé à '''Thalès''' à ''Milet'', les ''habitants-de-Cos'' donnant volontairement à celui-là seul le trépied, au sujet duquel ils avaient fait-la-guerre contre tous les ''Milésiens'' à-la-fois. Mais '''Thalès''' déclarant '''Bias''' plus sage que lui-même, il renvoya vers celui-là. Et de nouveau il fut envoyé par celui-là vers un autre, comme plus sage. Ensuite faisant-le-tour et étant envoyé-successivement ainsi il arriva pour la seconde fois à '''Thalès''' ; et à la fin transporté de ''Milet'' à ''Thèbes'', il fut consacré à ''Apollon Isménien''. Mais '''Théophraste''' dit le trépied avoir été envoyé d’abord à la vérité à ''Priène'' à '''Bias''', mais en-second-lieu à ''Milet'' à '''Thalès''', '''Bias''' l’ayant renvoyé ; et ainsi à travers tous (de l’un à l’autre) être venu-en-faisant-le-tour de nouveau à '''Bias''', et à la fin avoir été envoyé à ''Delphes''. Ces choses donc ont été répandues par plusieurs, excepté qu’ils disent le présent au lieu du trépied les uns être un vase à boire envoyé par '''Crésus''', les autres une coupe. '''Bathyclès''' rayant laissée (laissée par '''Bathyclès''').
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f23.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre VI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Récit d’une entrevue de '''Thalès''' avec '''Solon''', de son stoïcisme, de son célibat et de l’adoption du fils de sa sœur, '''Cybistus'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;"> '''VI.''' Ἰδίᾳ δ' Ἀναχάρσεώς τε πρὸς Σόλωνα καὶ πάλιν Θάλεω συνουσίαν τινὰ καὶ λόγους ἀναγράφουσι τοιούτους. [...]<br /><p style="text-indent: 15px"> '''VII.''' Πρὸς Θαλῆν δ' εἰς Μίλητον ἐλθόντα τὸν Σόλωνα θαυμάζειν ὅτι γάμου καὶ παιδοποιΐας τὸ παράπαν ἠμέληκε. Καὶ τὸν Θαλῆν τότε μὲν σιωπῆσαι, διαλιπόντα δ' ὀλίγας ἡμέρας ἄνδρα παρασκευάσαι ξένον, ἀρτίως ἥκειν φάσκοντα δεκαταῖον ἐξ Ἀθηνῶν. Πυθομένου δὲ τοῦ Σόλωνος εἰ δή τι καινὸν ἐν ταῖς Ἀθήναις, δεδιδαγμένον ἃ χρὴ λέγειν τὸν ἄνθρωπον, « οὐδέν,» εἰπεῖν, « ἕτερον, εἰ μὴ νὴ Δία νεανίσκου τινὸς ἦν ἐκφορὰ καὶ προὔπεμπεν ἡ πόλις. Ἦν γὰρ υἱός, ὡς ἔφασαν, ἀνδρὸς ἐνδόξου καὶ πρωτεύοντος ἀρετῇ τῶν πολιτῶν· οὐ παρῆν δέ, ἀλλ' ἀποδημεῖν ἔφασαν αὐτὸν ἤδη πολὺν χρόνον.» « Ὡς δυστυχὴς ἐκεῖνος,» φάναι τὸν Σόλωνα. « Τίνα δὲ ὠνόμαζον αὐτόν;» « ἤκουσα,» φάναι, « τοὔνομα,» τὸν ἄνθρωπον, « ἀλλ' οὐ μνημονεύω· πλὴν ὅτι πολὺς λόγος ἦν αὐτοῦ σοφίας καὶ δικαιοσύνης.» Οὕτω δὴ καθ' ἑκάστην ἀπόκρισιν τῷ φόβῳ προσαγόμενον τὸν Σόλωνα καὶ τέλος ἤδη συντεταραγμένον αὐτὸν ὑποβάλλειν τοὔνομα τῷ ξένῳ, πυνθανόμενον μὴ Σόλωνος ὁ τεθνηκὼς υἱὸς ὠνομάζετο. Φήσαντος δὲ τοῦ ἀνθρώπου, τὸν μὲν ὁρμῆσαι παίειν τὴν κεφαλὴν καὶ τἆλλα ποιεῖν καὶ λέγειν ἃ συμβαίνει τοῖς περιπαθοῦσι, τὸν δὲ Θαλῆν ἐπιλαβόμενον αὐτοῦ καὶ γελάσαντα, « ταῦτά τοι,» φάναι, « ὦ Σόλων, ἐμὲ γάμου καὶ παιδοποιΐας ἀφίστησιν, ἃ καὶ σὲ κατερείπει τὸν ἐρρωμενέστατον. Ἀλλὰ θάρρει τῶν λόγων ἕνεκα τούτων· οὐ γάρ εἰσιν ἀληθεῖς.» ταῦτα μὲν οὖν Ἕρμιππος ἱστορεῖν φησι Πάταικον, ὃς ἔφασκε τὴν Αἰσώπου ψυχὴν ἔχειν.<br /><p style="text-indent: 15px">'''VIII.''' Ἄτοπος δὲ καὶ ἀγεννὴς ὁ τῷ φόβῳ τῆς ἀποβολῆς τὴν κτῆσιν ὧν χρὴ προϊέμενος· οὕτω γὰρ ἄν τις οὐ πλοῦτον, οὐ δόξαν, οὐ σοφίαν ἀγαπήσειε παραγενομένην, δεδιὼς στέρεσθαι. Καὶ γὰρ ἀρετήν, ἧς κτῆμα μεῖζον οὐδὲν οὐδ' ἥδιον, ἐξισταμένην ὑπὸ νόσων καὶ φαρμάκων ὁρῶμεν· αὐτῷ τε '''Θαλῇ''' μὴ γήμαντι πλέον οὐδὲν εἰς ἀφοβίαν, εἰ μὴ καὶ φίλων κτῆσιν ἔφυγε καὶ οἰκείων καὶ πατρίδος. Ἀλλὰ καὶ παῖδα θετὸν ἔσχε ποιησάμενος αὐτὸς τὸν τῆς ἀδελφῆς, ὥς φασι, '''Κύβισθον'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§§6-8'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="margin: 0 2em; text-align: justify; direction: ltr;">'''VI.''' '''Solon''' connut [[w:Anacharsis|'''Anacharsis''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anacharsis_back|<sup>🔄</sup>]] et '''Thalès''', et l’on cite des mots qui s’étaient dits dans leurs entrevues. <br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''Solon''' alla à ''Milet'', pour voir '''Thalès''' : là, il lui témoigna sa surprise dans ce qu’il n’avait jamais voulu se marier et avoir des enfants. '''Thalès''' ne répondit rien sur l’heure; mais, quelques jours après, il fit paraître un étranger, qui disait arriver d’''Athènes'', et qu’il n’en était parti que depuis dix jours. '''Solon''' demanda à cet homme s’il n’y avait rien de nouveau à ''Athènes''. Celui-ci, à qui '''Thalès''' avait fait la leçon, répondit qu’il n’y avait rien de nouveau , sinon la mort d’un jeune homme dont toute la ville menait les funérailles. C’était, en effet, à ce qu’on disait, le fils d’un personnage considérable, d’une vertu éprouvée : le père n’était pas alors à ''Athènes'', et il voyageait depuis longtemps. « L’infortuné père! s’écria '''Solon'''. Mais comment s’appelait-il? — Je l’ai entendu nommer, répondit l’étranger, mais j’ai oublié son nom ; je me souviens seulement qu’on ne parlait que de sa sagesse et de sa justice. » A chacune de ces réponses, '''Solon''' sentait augmenter ses craintes; enfin, ne se possédant plus , il suggéra le nom à l’étranger, et lui demanda si le mort n’était pas le fils de '''Solon'''. « Oui. » répondit l’étranger. A cette parole, '''Solon''' se frappa la tête, et il se mit à faire et à dire tout ce qu’inspire une douleur violente. Alors '''Thalès''' lui prit la main, et lui dit en riant : « Voilà, '''Solon''', ce qui m’éloigne de me marier et d’avoir des enfants. J’ai redouté le coup sous lequel tu fléchis, toi le plus ferme des hommes. Mais rassure-toi; car il n’y a rien de vrai dans tout ce qu’on vient de te dire. » [[w:Hermippe_de_Smyrne|'''Hermippus''']] [[#Hermippe|<span id="Hermippe_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] rapporte cette histoire d’après '''Patécus''', celui qui prétendait avoir hérité de l’âme d’[[w:Ésope|'''Ésope''']] [[#Ésope|<span id="Ésope_back"><sup>'''II'''</sup></span>]].<br /><p style="text-indent: 15px">Pourtant il y a faute de sens et de cœur à refuser d’acquérir les choses nécessaires, par la crainte de les perdre. A ce compte, on devra n’aimer ni la richesse, ni la gloire, ni la sagesse, quand on les possède, de peur d’en être privé. En effet, la vertu, le plus grand des biens et le plus doux, nous quitte quelquefois par l’action de certaines maladies ou de certains breuvages. '''Thalès''' lui-même, en ne se mariant point, n’était pas pour cela à l’abri de la crainte, à moins qu’il n'eût renoncé aussi à ses parents, à ses amis, à sa patrie. Mais il n’en était rien : il avait adopté, dit-on, '''Cybisthus''', le fils de sa sœur.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§6'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Hermippe_back|<span id="Hermippe"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre [[w:Nom_théophore|''théophore'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#théophore_back|<sup>🔄</sup>]] grec ancien Ἕρμιππος / Hérmippos [[wikt:en:Ἕρμιππος#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Ἑρμῆς / Hermês [[wikt:en:Ἑρμῆς#Ancient_Greek|(en)]], « Hermès » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ἵππος / híppos [[wikt:en:ἵππος#Ancient_Greek|(en)]], « cheval » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">« Péripatéticien » grec, disciple de [[w:Callimaque_de_Cyr%C3%A8ne|Callimaque de ''Cyrène'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_back|<sup>🔄</sup>]], auteur de nombreuses biographies toutes perdues, mais listées par plusieurs auteurs.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA497&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA655#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §86 - Hermippe de Smyrne}}]
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Ésope_back|<span id="Ésope"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Αἴσωπος / Aísōpos [[wikt:en:Αἴσωπος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun αἶσα / aîsa, « destin »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ὄψ / óps, « voix »;<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Auteur grec de fable.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA497&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA240#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §60 - Ésope(Αἴσωπος)}}]'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Voici les particularités qu’on raconte d’une entrevue de '''Solon''' avec '''Anacharsis''', et d’un entretien qu’il eut avec '''Thalès'''.<br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VI.''' '''Solon''', étant allé à ''Milet'' pour voir '''Thalès''', lui témoigna sa surprise de ce qu’il n’avait jamais voulu se marier et avoir des enfants. '''Thalès''' ne lui répondit rien dans le moment; mais ayant laissé passer quelques jours, il fit paraître un étranger qui disait arriver d’''Athènes'', d’où il était parti depuis dix jours. '''Solon''' lui demanda s’il n’y avait rien de nouveau, lorsqu’il en était parti. Cet homme, à qui '''Thalès''' avait fait la leçon, lui répondit qu’il n’y avait autre chose que la mort d’un jeune homme dont toute la ville accompagnait le convoi. C’était, disait-on, le fils d’un des premiers et des plus vertueux citoyens, qui n'’était pas alors à ''Athènes'' et qui voyageait depuis longtemps, « Le malheureux père! s’écria Solon. Comment s’appelle-t-il? ― Je l’ai entendu nommer, répondit l’étranger; mais j’ai oublié son nom; je me souviens seulement qu’on ne parlait que de sa sagesse et de sa justice. » A chacune de ces réponses, les craintes de '''Solon''' augmentaient; enfin, troublé, hors de lui-même, il suggéra le nom à l’étranger, et lui demanda si ce jeune homme n’était pas le fils de '''Solon'''. « C’est lui-même, » dit l’autre. A cette parole, '''Solon''', se frappant la tête, se mit à faire et à dire tout ce que la douleur la plus violente peut inspirer. Alors '''Thalès''' l’arrêta et lui dit en souriant : « Voilà, '''Solon''', ce qui m’a éloigné de me marier et d’avoir des enfants; j’ai redouté le coup qui vous accable aujourd’hui, et contre lequel toute votre fermeté est impuissante. Mais rassurez-vous ; il n’y a rien de vrai dans tout ce qu’on vient de vous dire. » '''Hermippus''' rapporte cette histoire d’après le récit qu’en fait '''Patécus''', qui prétendait avoir hérité de l’âme d’'''Ésope'''.<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VII.''' Cependant c’est manquer de sens et de courage que de renoncer à acquérir des choses nécessaires par la crainte de les perdre. A ce compte, il ne faudrait aimer ni la richesse, ni la gloire, ni la sagesse, quand on les possède, de peur d’en être privé. La vertu même, le plus grand et le plus agréable des biens, se perd souvent par l’effet. de quelques maladies ou de certains breuvages. '''Thalès''' lui-même, en ne se mariant point, n’était pas à l’abri de toute crainte, à moins qu’il ne renonçât aussi à ses parents, à ses amis et à sa patrie. Mais au contraire, il avait adopté '''Cybistus''', le fils de sa sœur.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Mais en particulier on rapporte une certaine entrevue et de tels discours et d’'''Anacharsis''' à '''Solon''' et une-autre-fois de '''Thalès'''.<br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VI.''' Et on raconte '''Solon''' étant venu vers '''Thalès''' à ''Milet'' s’étonner de ce qu’il avait négligé absolument le mariage et la création-d’enfants. Et '''Thalès''' alors à la vérité s’être tu, mais ayant laissé-d’intervalle peu-de jours, avoir aposté un homme étranger, disant être arrivé récemment parti-depuis-dix-jours d’''Athènes''. Et '''Solon''' s’étant informé si donc il y a quelque chose de nouveau à ''Athènes'', l’homme instruit des choses qu’il faut dire n’avoir dit aucune autre chose, si ce n’est :<br /><p style="text-indent: 15px"> « Par '''Jupiter''', il y avait le convoi d’un certain jeune-homme, et la ville l’accompagnait. Car il était fils, comme on disait, d’un homme illustre et étant-le-premier des citoyens par la vertu; mais il n’était-pas-présent, mais on disait lui être-en-voyage depuis un temps déjà long.<br /><p style="text-align: left; text-indent: 15px">― Combien cet homme-là est malheureux! avoir dit '''Solon'''. Mais quel (comment) appelaient-ils lui ?<br /><p style="text-align: left; text-indent: 15px">― J’ai entendu le nom, avoir dit l’homme (répondit l’étranger), mais je ne me le rappelle pas; excepté qu’un discours fréquent était de la sagesse et de la justice de lui. »<br /><p style="text-indent: 15px">'''Solon''' donc étant-approché ainsi de-la crainte à chaque réponse, et à la fin déjà étant tout-troublé, lui-même avoir suggéré le nom à l’étranger, demandant si le mort n’était pas nommé fils de '''Solon'''. Et l’homme ayant dit-oui, celui-ci ('''Solon''') avoir commencé à frapper sa tête, et à faire et à dire les autres choses, qu’il arrive de faire et de dire à ceux affligés-à-l’excès. Mais '''Thalès''' ayant arrêté lui, et ayant ri, avoir dit :<br /><p style="text-indent: 15px">« Ces choses donc, ô '''Solon''', écartent moi du mariage et de la création-d’enfants, lesquelles abattent même toi le très-fort. Mais aie-confiance quant-à ces discours: car ils ne sont pas vrais. »<br /><p style="text-indent: 15px">'''Hermippe''' donc dit '''Patécus''', qui disait-souvent avoir l’âme d’'''Ésope''', raconter ces choses. <br /><p style="text-indent: 15px">'''VII.''' Or il est absurde et dépourvu de courage celui rejetant par la crainte de la perte l’acquisition des choses qu’il faut; car ainsi quelqu’un n’aimerait pas la richesse, n’aimerait pas la gloire, n’aimerait pas la sagesse étant survenue à lui, craignant (par crainte) d’en être privé. Et en effet nous voyons la vertu, au prix de laquelle aucune possession n’est plus grande, ni plus agréable, déplacée (chassée) par des maladies et des breuvages; et rien de plus n’être pour l’exemption-de-crainte à '''Thalès''' lui-même ne s’étant pas marié, s’il n’avait pas évité la possession et d’amis et de parents et de patrie. Mais même il eut un fils adoptif se l’étant fait tel lui-même, celui de sa sœur, comme on dit '''Cybisthe'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f27.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe XV.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Testament d’inhumation de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XV.''' Καὶ φόβοι τινὲς ἐκ δεισιδαιμονίας ἅμα καὶ φάσματα κατεῖχε τὴν πόλιν, οἵ τε μάντεις ἄγη καὶ μιασμοὺς δεομένους καθαρμῶν προφαίνεσθαι διὰ τῶν ἱερῶν ἠγόρευον. Οὕτω δὴ μετάπεμπτος αὐτοῖς ἧκεν ἐκ Κρήτης Ἐπιμενίδης ὁ Φαίστιος, ὃν ἕβδομον ἐν τοῖς σοφοῖς καταριθμοῦσιν ἔνιοι τῶν οὐ προσιεμένων τὸν Περίανδρον. Ἐδόκει δέ τις εἶναι θεοφιλὴς καὶ σοφὸς περὶ τὰ θεῖα τὴν ἐνθουσιαστικὴν καὶ τελεστικὴν σοφίαν, διὸ καὶ παῖδα νύμφης ὄνομα Βάλτης καὶ Κούρητα νέον αὐτὸν οἱ τότε ἄνθρωποι προσηγόρευον. <br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Τὸ δὲ μέγιστον, ἱλασμοῖς τισι καὶ καθαρμοῖς καὶ ἱδρύσεσι κατοργιάσας καὶ καθοσιώσας τὴν πόλιν ὑπήκοον τοῦ δικαίου καὶ μᾶλλον εὐπειθῆ πρὸς ὁμόνοιαν κατέστησε. Λέγεται δὲ τὴν Μουνυχίαν ἰδὼν καὶ καταμαθὼν πολὺν χρόνον, εἰπεῖν πρὸς τοὺς παρόντας ὡς τυφλόν ἐστι τοῦ μέλλοντος ἄνθρωπος· ἐκφαγεῖν γὰρ ἂν Ἀθηναίους τοῖς αὑτῶν ὀδοῦσιν, εἰ προῄδεσαν ὅσα τὴν πόλιν ἀνιάσει τὸ χωρίον· ὅμοιον δέ τι καὶ Θαλῆν εἰκάσαι λέγουσι· κελεῦσαι γὰρ αὐτὸν ἔν τινι τόπῳ τῆς Μιλησίας φαύλῳ καὶ παρορωμένῳ τελευτήσαντα θεῖναι, προειπὼν ὡς ἀγορά ποτε τοῦτο Μιλησίων ἔσται τὸ χωρίον. Ἐπιμενίδης μὲν οὖν μάλιστα θαυμασθείς, καὶ χρήματα διδόντων πολλὰ καὶ τιμὰς μεγάλας τῶν Ἀθηναίων, οὐδὲν ἢ θαλλὸν ἀπὸ τῆς ἱερᾶς ἐλαίας αἰτησάμενος καὶ λαβὼν ἀπῆλθεν.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§15'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="margin: 0 2em; text-align: justify; direction: ltr;">'''XV.''' Au chagrin que ces pertes causèrent à ceux-ci [les ''Athéniens''], se joignirent des craintes superstitieuses dont la ville [''Athènes''] fut frappée, et qui venaient d’apparitions de spectres et de fantômes. Les devins déclarèrent aussi que l’état des victimes qu’ils avaient offertes annonçait des crimes et des profanations qu’il fallait expier. On fit donc venir de ''Crète'' [[w:Épiménide|'''Épiménide''']] [[#Épiménide|<span id="Épiménide_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] le [[w:Phaistos|''Phestien'']] [[#Phaistos|<span id="Phaistos_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], qui est mis au nombre des sept sages par ceux qui n’y comptent pas '''Périandre'''. Il passait pour un homme chéri des dieux, doué d’une grande sagesse, fort instruit des choses divines, surtout versé dans la science des inspirations et dans la connaissance des mystères; on l’appelait, même de son vivant, le nouveau [[w:Curètes|'''Curète''']], le fils de la nymphe '''Balté'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais ce qui était plus important, il fit un grand nombre d’expiations et de sacrifices, il fonda plusieurs temples; et par ces différentes cérémonies il purifia entièrement la ville, en bannit l’impiété et l’injustice, et la rendit plus soumise, plus disposée à l’union et à la paix. On rapporte aussi que lorsqu’il vit le fort de [[w:Munichie|''Munychium'']] [[#Munichie|<span id="Munichie_back"><sup>'''III'''</sup></span>]], il le considéra longtemps, et dit à ceux qui l’accompagnaient : Que les hommes sont aveugles sur l’avenir ! Si les ''Athéniens'' pouvaient prévoir tous les maux que ce lieu doit un jour causer à leur ville, ils l’emporteraient à belles dents ». '''Thalès''' eut aussi, dit-on, un pressentiment à peu près semblable. Il ordonna qu’on l’enterrât dans le lieu le plus sauvage et le plus désert du territoire de ''Milet''; et il prédit aux ''Milésiens'' qu’un jour leur marché public y serait transporté. Les ''Athéniens'', pleins de reconnaissance et d’admiration pour '''Épiménide''', voulurent le combler d’honneurs et de présents; mais il ne demanda qu’une branche de l’olivier sacré, qui lui fut accordée, et il s’en retourna en ''Crète''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§15'',[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Épiménide_back|<span id="Épiménide"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἐπιμενίδης / Epimenídēs [[wikt:en:Ἐπιμενίδης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète, philosophe et [[w:Iatromante|''iatromante'']] crétois.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] milieu du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Phaistos_back|<span id="Phaistos"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Φαιστός / Phaistós [[wikt:en:Φαιστός#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Ancienne ville du Sud de la [[w:Histoire_de_la_Crète#Antiquité|''Crète'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Munichie_back|<span id="Munichie"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Μουνιχία / Mounikhia [[wikt:en:Μουνυχία#Grec_ancien|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Nom d’une colline du [[w:Le_Pirée|''Pirée'']] et de l’[[w:Port_de_Munichie|un des ports du ''Pirée'']].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XII.''' Au chagrin que ces pertes causèrent à ceux-ci, se joignirent des craintes superstitieuses dont la ville fut frappée, et qui venaient d’apparitions de spectres et de fantômes. Les devins déclarèrent aussi que l’état des victimes annonçait des crimes et des profanations qu’il fallait expier. On fit donc venir de ''Crète'' '''Épiménide''' le ''Phestien'' qui est mis au nombre des sept sages par ceux qui n’y comptent pas '''Périandre'''. Il passait pour un homme chéri des dieux, doué d’une grande sagesse, fort instruit des choses divines, surtout versé dans la science des inspirations et dans la connaissance des mystères; on l’appelait, même de son vivant, le nouveau '''Curète''', le fils de la nymphe '''Balté'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais ce qui était plus important, il fit un grand nombre d’expiations et de sacrifices; il fonda plusieurs temples; et par ces différentes cérémonies, il purifia entièrement la ville, en bannit l’impiété et l’injustice, et la rendit plus soumise, plus disposée à l’union et à la paix. On rapporte aussi que lorsqu’il vit ''Munychie'', il la considéra longtemps, et dit à ceux qui l’accompagnaient :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> « Que les hommes sont aveugles sur l’avenir! Si les ''Athéniens'' pouvaient prévoir tous les maux que ce lieu doit un jour causer à leur ville, il l’emporteraient à belles dents. »<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> '''Thalès''' eut aussi, dit-on, un pressentiment à peu près semblable. Il ordonna qu’on l’enterrât dans le lieu le plus sauvage et le plus désert du territoire de ''Milet''; et il prédit aux ''Milésiens'' qu’un jour leur marché public y serait transporté. Les ''Athéniens'', pleins de reconnaissance et d’admiration pour '''Épiménide''', voulurent le combler d’honneurs et de présents; mais il ne demanda qu’une branche de l’olivier sacré, qui lui fut accordée, et il s’en retourna en ''Crète''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f58.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Et certaines craintes nées de la superstition en-même-temps aussi des apparitions occupaient la ville; et les devins disaient des impiétés et des souillures ayant-besoin de purifications être indiquées par les victimes. Et ainsi vint à eux mandé (ils firent venir) de ''Crète'' '''Épiménide''' le ''Phestien'', que quelques-uns de ceux n’admettant pas '''Périandre''' comptent le septième parmi les sages. Or il avait-la-réputation d’être un homme ami-des-dieux, et habile dans la science de-l’inspiration et des-mystères. C’est-pourquoi les hommes d’alors appelaient lui et fils de la nymphe de nom (nommée) '''Balté''', et nouveau '''Curète'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais le plus grand (le plus important), ayant initié-aux-mystères et ayant purifié la ville par certaines expiations et purifications et fondations, il la rendit prêtant-l’oreille à la justice et plus obéissante pour la concorde. Et il est dit, ayant vu ''Munychie'' et l’ayant examinée un temps long, avoir dit à ceux présents, que l’homme est un être aveugle sur l’avenir ; car les ''Athéniens'' avoir dû manger ''Munychie'' avec les dents d’eux-mêmes, s’ils avaient prévu en combien de choses cette place affligera la ville. Et on dit aussi '''Thalès''' avoir conjecturé quelque chose de semblable; lui avoir ordonné en effet de placer lui ayant cessé de vivre dans un certain lieu de la ''Milésie'' méprisé et dédaigné, ayant prédit que cet endroit sera (serait) un jour le marché des ''Milésiens''. '''Épiménide''' donc ayant été admiré très-grandement, et les ''Athéniens'' lui donnant des sommes nombreuses et des honneurs grands, n’ayant demandé rien qu’un rameau détaché de l’olivier sacré et l’ayant pris (reçu) s’en alla.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f59.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">═✳═</div>
=== [[w:Œuvres_morales|Œuvres morales]] ===
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Ensemble de 78 textes de traitant de sujets extrêmement variés (religieux, éthiques, politiques, philosophiques, littéraires, historiques), et s'inscrivant dans des genres littéraires également divers (traité, différentes sortes de dialogues, lettres, réponses à des Questions ([[wikt:ζήτημα#Grec_ancien|''zetemata'']]), « dits » ([[w:Apophtegme|''apophtegmes'']])).</div>
==== Le Banquet des Sept Sages ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Dialogue faisant intervenir 20 personnages, dont une liste des sept sages : '''Thalès''', [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Bias_de_Priène|'''Bias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bias_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Chilon|'''Chilon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Chilon_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Cléobule|'''Cléobule''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cléobule_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Pittacos_de_Mytil%C3%A8ne|'''Pittacos''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pittacos_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Périandre|'''Périandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Périandre_back|<sup>🔄</sup>]].<br />À ceux-ci se rajoutent : [[w:Anacharsis|'''Anacharsis''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anacharsis_back|<sup>🔄</sup>]], '''Ésope''', '''Dioclès''', '''Nicarque''', [[w:Cléobuline|'''Cléobuline''']] [[#Cléobuline|<span id="Cléobuline_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], '''Mélissa''', '''Niloxène''', '''Alexidème''', '''Ardalus''', '''Cléodème''', '''Mnésiphile''', '''Chersias''', [[w:Gorgias|'''Gorgias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Gorgias_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Le Banquet des Septs Sages|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Cléobuline_back|<span id="Cléobuline"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Κλεοβουλίνη / Kleoboulinè ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de Κλεόβουλος / Kleóboulos [[wikt:en:Κλεόβουλος#Ancient_Greek|(en)]], « Cléobule, le père de Cléobuline » <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du suffixe adjectival féminin -ῑ́νη / -ī́nē [[wikt:en:-ίνη#Ancient_Greek|(en)]], relatif à la matière, au temps, etc. : « fait de, pendant la durée de » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe et poétesse grecque, célèbre pour ses énigmes, fille du [[w:Tyran|''tyran'']] Cléobule, qui la surnommerait Εὔμητις / Eúmētis, « la Prudente » selon Plutarque.
'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe I.</div> =====
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§1. Ἦ που προϊὼν ὁ χρόνος, ὦ '''Νίκαρχε''', πολὺ σκότος ἐπάξει τοῖς πράγμασι καὶ πᾶσαν ἀσάφειαν, εἰ νῦν ἐπὶ προσφάτοις οὕτω καὶ νεαροῖς λόγοι ψευδεῖς συντεθέντες ἔχουσι πίστιν. οὔτε γὰρ μόνων, ὡς ὑμεῖς ἀκηκόατε, τῶν ἑπτὰ γέγονε τὸ συμπόσιον, ἀλλὰ πλειόνων ἢ δὶς τοσούτων (ἐν οἷς καὶ αὐτὸς ἤμην, συνήθης μὲν ὢν '''Περιάνδρῳ''' διὰ τὴν τέχνην, ξένος δὲ '''Θάλεω'''· παρ´ ἐμοὶ γὰρ κατέλυσεν ὁ ἀνὴρ '''Περιάνδρου''' κελεύσαντος), οὔτε τοὺς λόγους ὀρθῶς ἀπεμνημόνευσεν ὅστις ἦν ὑμῖν ὁ διηγούμενος· ἦν δ´ ὡς ἔοικεν οὐδεὶς τῶν παραγεγονότων. ἀλλ´ ἐπεὶ σχολή τε πάρεστι πολλὴ καὶ τὸ γῆρας οὐκ ἀξιόπιστον ἐγγυήσασθαι τὴν ἀναβολὴν τοῦ λόγου, προθυμουμένοις ὑμῖν ἀπ´ ἀρχῆς ἅπαντα διηγήσομαι.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §1'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§1. '''D<span style ="font-size:85%;">IOCLÈS</span>'''. Certainement le long cours des âges, mon cher '''Nicarque''', jettera sur les faits d’épaisses ténèbres et une complète incertitude, puisque dès aujourd’hui, à propos de choses si récentes et si nouvelles, des relations mensongères et controuvées obtiennent crédit. Car d’abord le banquet en question ne se composait pas seulement des sept sages, comme vous autres l’avez ouï dire. Les convives étaient plus du double de ce nombre. J’en faisais moi-même partie, comme familier de '''Périandre''' en raison de notre profession commune, et comme hôte de '''Thalès''' : ce dernier était en effet descendu chez moi sur la recommandation de '''Périandre'''. Ensuite, on ne vous en a pas rapporté fidèlement les entretiens lorsqu’on vous a fait ce récit. Il faut que celui de qui vous le tenez n’ait pas été un des convives. Mais puisque nous avons un ample loisir et que la vieillesse est un garant trop peu sûr pour nous autoriser à remettre cet entretien, je vais, suivant votre désir unanime, vous en raconter tous les détails à partir du commencement.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §1'', traduction par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_1,_1870.djvu/424|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''D<span style ="font-size:85%;">IOCLÈS</span>'''. Quelle incertitude et quelle obscurité la succession des temps ne doit-elle pas répandre sur l’histoire, mon cher '''Nicarque''', puisque, dans des faits récents, et qui se sont passés presque sous nos yeux, le faux prend la place du vrai ? Ce banquet n’était pas, comme on vous l’a dit, composé seulement des sept sages ; les convives étaient plus du double de ce nombre. J’y assistai moi-même, et comme ami de '''Périandre''', avec qui ma profession ma lié depuis longtemps [[#Dioclès_NdT_DR|<span id="Dioclès_NdT_DR_back"><sup>1</sup></span>]], et comme hôte de '''Thalès''', à qui '''Périandre''' avait fait marquer son logement chez moi. Celui qui vous a fait le récit de ce qui s’y est passé n’en était sûrement pas, et vous a trompé sur presque tous les points. Mais, puisque nous en avons le loisir, et que notre âge avancé ne nous permet guère de différer, je vais vous satisfaire et vous en raconter tous les détails.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Dioclès_NdT_DR_back|<span id="Dioclès_NdT_DR"><sup>1.</sup></span>]] Dioclès était devin.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe II.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la simplicité de '''Thalès''', de sa mesure de la pyramide d’''Égypte'', et de son aversion des [[w:Tyran|''tyrans'']] et des rois.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§2. Παρεσκευάκει μὲν γὰρ οὐκ ἐν τῇ πόλει τὴν ὑποδοχὴν ὁ Περίανδρος, ἀλλ´ ἐν τῷ περὶ τὸ Λέχαιον ἑστιατορίῳ παρὰ τὸ τῆς Ἀφροδίτης ἱερόν, ἧς ἦν καὶ ἡ θυσία. μετὰ γὰρ τὸν ἔρωτα τῆς μητρὸς αὐτοῦ προεμένης τὸν βίον ἑκουσίως οὐ τεθυκὼς τῇ Ἀφροδίτῃ, τότε πρῶτον ἔκ τινων ἐνυπνίων τῆς Μελίσσης ὥρμησε τιμᾶν καὶ θεραπεύειν τὴν θεόν. Τῶν δὲ κεκλημένων ἑκάστῳ συνωρὶς ἱκανῶς κεκοσμημένη προσήχθη· καὶ γὰρ ὥρα θέρους ἦν, καὶ τὴν ὁδὸν ἅπασαν ὑπὸ πλήθους ἁμαξῶν καὶ ἀνθρώπων ἄχρι θαλάττης κονιορτὸς καὶ θόρυβος κατεῖχεν. ὁ μέντοι Θαλῆς τὸ ζεῦγος ἐπὶ ταῖς θύραις ἰδὼν καὶ μειδιάσας ἀφῆκεν. ἐβαδίζομεν οὖν ἐκτραπόμενοι διὰ τῶν χωρίων, καθ´ ἡσυχίαν, καὶ μεθ´ ἡμῶν τρίτος ὁ Ναυκρατίτης Νειλόξενος, ἀνὴρ ἐπιεικὴς καὶ τοῖς περὶ Σόλωνα καὶ Θαλῆν γεγονὼς ἐν Αἰγύπτῳ συνήθης. ἐτύγχανε δὲ πρὸς Βίαντα πάλιν ἀπεσταλμένος· ὧν δὲ χάριν οὐδ´ αὐτὸς ᾔδει, πλὴν ὑπενόει πρόβλημα δεύτερον αὐτῷ κομίζειν ἐν βιβλίῳ κατασεσημασμένον· εἴρητο γάρ, εἰ Βίας ἀπαγορεύσειεν, ἐπιδεῖξαι τοῖς σοφωτάτοις Ἑλλήνων τὸ βιβλίον. « Ἕρμαιον » ὁ Νειλόξενος ἔφη « μοι γέγονεν ἐνταῦθα λαβεῖν ἅπαντας ὑμᾶς, καὶ κομίζω τὸ βιβλίον ὡς ὁρᾷς ἐπὶ τὸ δεῖπνον. » ἅμα δ´ ἡμῖν ἐπεδείκνυε. Καὶ ὁ Θαλῆς γελάσας « εἴ τι κακόν, » εἶπεν, « αὖθις εἰς Πριήνην· διαλύσει γὰρ ὁ Βίας, ὡς διέλυσεν αὐτὸς τὸ πρῶτον. » « Τί δ´ ἦν, » ἔφην ἐγώ, « τὸ πρῶτον; » « Ἱερεῖον, » εἶπεν, « ἔπεμψεν αὐτῷ, κελεύσας τὸ πονηρότατον ἐξελόντα καὶ χρηστότατον ἀποπέμψαι κρέας. ὁ δ´ ἡμέτερος εὖ καὶ καλῶς τὴν γλῶτταν ἐξελὼν ἔπεμψεν· ὅθεν εὐδοκιμῶν δῆλός ἐστι καὶ θαυμαζόμενος. » « Οὐ διὰ ταῦτ´ » ἔφη « μόνον » ὁ Νειλόξενος, « ἀλλ´ οὐ φεύγει τὸ φίλος εἶναι καὶ λέγεσθαι βασιλέων καθάπερ ὑμεῖς, ἐπεὶ σοῦ γε καὶ τἄλλα θαυμάζει, καὶ τῆς [[wikt:en:πυραμίδος#Ancient_Greek|πυραμίδος]] τὴν μέτρησιν ὑπερφυῶς ἠγάπησεν, ὅτι πάσης ἄνευ πραγματείας καὶ μηδενὸς ὀργάνου δεηθεὶς ἀλλὰ τὴν βακτηρίαν στήσας ἐπὶ τῷ πέρατι τῆς σκιᾶς ἣν ἡ πυραμὶς ἐποίει, γενομένων τῇ ἐπαφῇ τῆς ἀκτῖνος δυεῖν τριγώνων, ἔδειξας ὃν ἡ σκιὰ πρὸς τὴν σκιὰν λόγον εἶχε τὴν πυραμίδα πρὸς τὴν βακτηρίαν ἔχουσαν. ἀλλ´, ὅπερ ἔφην, διεβλήθης μισοβασιλεὺς εἶναι, καί τινες ὑβριστικαί σου περὶ τυράννων ἀποφάσεις ἀνεφέροντο πρὸς αὐτόν, ὡς ἐρωτηθεὶς ὑπὸ Μολπαγόρου τοῦ Ἴωνος τί παραδοξότατον εἴης ἑωρακώς, ἀποκρίναιο ‘τύραννον γέροντα,’ καὶ πάλιν ἔν τινι πότῳ, περὶ τῶν θηρίων λόγου γενομένου, φαίης κάκιστον εἶναι τῶν μὲν ἀγρίων θηρίων τὸν τύραννον, τῶν δ´ ἡμέρων τὸν κόλακα· ταῦτα γάρ, εἰ καὶ πάνυ προσποιοῦνται διαφέρειν οἱ βασιλεῖς τῶν τυράννων, οὐκ εὐμενῶς ἀκούουσιν. » « Ἀλλὰ τοῦτο μέν, » εἶπεν ὁ Θαλῆς, « Πιττακοῦ ἐστιν, εἰρημένον ἐν παιδιᾷ ποτε πρὸς Μυρσίλον· ἐγὼ δὲ θαυμάσαιμ´ ἄν, » ἔφη, « οὐ τύραννον ἀλλὰ [[wikt:κυβερνήτης#Grec_ancien|'''κυβερνήτην''']] γέροντα θεασάμενος. πρὸς δὲ τὴν μετάθεσιν τὸ τοῦ νεανίσκου πέπονθα τοῦ βαλόντος μὲν ἐπὶ τὴν κύνα πατάξαντος δὲ τὴν μητρυιὰν καὶ εἰπόντος ‘οὐδ´ οὕτω κακῶς.’ διὸ καὶ Σόλωνα σοφώτατον ἡγησάμην οὐ δεξάμενον τυραννεῖν. καὶ Πιττακὸς οὗτος εἰ μοναρχίᾳ μὴ προσῆλθεν, οὐκ ἂν εἶπεν ὡς ‘χαλεπὸν ἐσθλὸν ἔμμεναι.’ Περίανδρος δ´ ἔοικεν ὥσπερ ἐν νοσήματι πατρῴῳ τῇ τυραννίδι κατειλημμένος οὐ φαύλως ἐξαναφέρειν, χρώμενος ὁμιλίαις ὑγιειναῖς ἄχρι γε νῦν καὶ συνουσίας ἀνδρῶν νοῦν ἐχόντων ἐπαγόμενος, ἃς δὲ '''Θρασύβουλος''' αὐτῷ κολούσεις τῶν ἄκρων οὑμὸς πολίτης ὑφηγεῖται μὴ προσιέμενος. γεωργοῦ γὰρ [[wikt:en:αἶρα#Ancient_Greek|αἴρας]] καὶ [[wikt:ononis|ὀνώνιδας]] ἀντὶ [[wikt:πυρός#Grec_ancien|πυρῶν]] καὶ [[wikt:κριθή#Grec_ancien|κριθῶν]] συγκομίζειν ἐθέλοντος οὐδὲν διαφέρει τύραννος ἀνδραπόδων μᾶλλον ἄρχειν ἢ ἀνδρῶν βουλόμενος· ἓν γὰρ ἀντὶ πολλῶν κακῶν ἀγαθὸν αἱ δυναστεῖαι τὴν τιμὴν ἔχουσι καὶ τὴν δόξαν, ἄνπερ ἀγαθῶν ὡς κρείττονες ἄρχωσι καὶ μεγάλων μείζονες εἶναι δοκῶσι· τὴν δ´ ἀσφάλειαν ἀγαπῶντας ἄνευ τοῦ καλοῦ προβάτων ἔδει πολλῶν καὶ ἵππων καὶ βοῶν ἄρχειν, μὴ ἀνθρώπων. ἀλλὰ γὰρ εἰς οὐδὲν προσήκοντας ἐμβέβληκεν ἡμᾶς, » ἔφη, « ὁ ξένος οὑτοσὶ λόγους, ἀμελήσας λέγειν τε καὶ ζητεῖν ἃ ἁρμόττει ἐπὶ δεῖπνον βαδίζουσιν. ἦ γὰρ οὐκ οἴει, καθάπερ ἑστιάσοντος ἔστι τις παρασκευή, καὶ δειπνήσοντος εἶναι; Συβαρῖται μὲν γὰρ ὡς ἔοικε πρὸ ἐνιαυτοῦ τὰς κλήσεις ποιοῦνται τῶν γυναικῶν, ὅπως ἐκγένοιτο κατὰ σχολὴν παρασκευασαμέναις ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ φοιτᾶν ἐπὶ τὸ δεῖπνον· ἐγὼ δὲ πλείονος οἶμαι χρόνου δεῖσθαι τὴν ἀληθινὴν τοῦ δειπνήσοντος ὀρθῶς παρασκευήν, ὅσῳ χαλεπώτερόν ἐστιν ἤθει τὸν πρέποντα κόσμον ἢ σώματι τὸν περιττὸν ἐξευρεῖν καὶ ἄχρηστον. οὐ γὰρ ὡς ἀγγεῖον ἥκει κομίζων ἑαυτὸν ἐμπλῆσαι πρὸς τὸ δεῖπνον ὁ νοῦν ἔχων, ἀλλὰ καὶ σπουδάσαι τι καὶ παῖξαι καὶ ἀκοῦσαι καὶ εἰπεῖν ὡς ὁ καιρὸς παρακαλεῖ τοὺς συνόντας, εἰ μέλλουσι μετ´ ἀλλήλων ἡδέως ἔσεσθαι. καὶ γὰρ καὶ ὄψον πονηρὸν ἔστι παρώσασθαι, κἂν οἶνος ᾖ φαῦλος, ἐπὶ τὰς νύμφας καταφυγεῖν· σύνδειπνος δὲ κεφαλαλγὴς καὶ βαρὺς καὶ ἀνάγωγος παντὸς μὲν οἴνου καὶ ὄψου πάσης δὲ μουσουργοῦ χάριν ἀπόλλυσι καὶ λυμαίνεται, καὶ οὐδ´ ἀπεμέσαι τὴν τοιαύτην ἀηδίαν ἕτοιμόν ἐστιν, ἀλλ´ ἐνίοις εἰς ἅπαντα τὸν βίον ἐμμένει τὸ πρὸς ἀλλήλους δυσάρεστον, ὥσπερ ἑωλοκρασία τις ὕβρεως ἢ ὀργῆς ἐν οἴνῳ γενομένης. ὅθεν ἄριστα Χίλων, καλούμενος ἐχθές, οὐ πρότερον ὡμολόγησεν ἢ πυθέσθαι τῶν κεκλημένων ἕκαστον. ἔφη γὰρ ὅτι σύμπλουν ἀγνώμονα δεῖ φέρειν καὶ σύσκηνον οἷς πλεῖν ἀνάγκη καὶ στρατεύεσθαι· τὸ δὲ συμπόταις ἑαυτὸν ὡς ἔτυχε καταμιγνύειν οὐ νοῦν ἔχοντος ἀνδρός ἐστιν. ὁ δ´ Αἰγύπτιος σκελετός, ὃν ἐπιεικῶς εἰσφέροντες εἰς τὰ συμπόσια προτίθενται καὶ παρακαλοῦσι μεμνῆσθαι τάχα δὴ τοιούτους ἐσομένους, καίπερ ἄχαρις καὶ ἄωρος ἐπίκωμος ἥκων, ὅμως ἔχει τινὰ καιρόν, καὶ εἰ μὴ πρὸς τὸ πίνειν καὶ ἡδυπαθεῖν ἀλλὰ πρὸς φιλίαν καὶ ἀγάπησιν ἀλλήλων προτρέπεται, καὶ παρακαλεῖ τὸν βίον μὴ τῷ χρόνῳ βραχὺν ὄντα πράγμασι κακοῖς μακρὸν ποιεῖν. »
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §2'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§2. La réception avait été préparée par '''Périandre''', non pas dans la ville même, mais dans son [[w:Cénacle|''cénacle'']] du port de [[w:Léchaion|''Léchée'']], près du temple de '''Vénus''' en l’honneur de laquelle il y avait même un sacrifice. Car depuis l’incestueux amour à la suite duquel sa mère avait volontairement abandonné la vie, '''Périandre''' n’avait pas sacrifié à '''Vénus''' ; et c’était alors la première fois que, d’après certains songes de '''Mélissa''' il s’était décidé à honorer la déesse et à lui rendre des hommages. Pour chacun des invités on avait amené un attelage approprié convenablement. Nous étions en été, et tout le long de la route, en raison du grand nombre de chariots et de piétons, ce n’était jusqu’à la mer que poussière et que bruit. Pourtant '''Thalès''', ayant vu l’attelage à notre porte, se mit à sourire et le renvoya. Nous partîmes donc à pied en faisant un détour, et à travers champs nous cheminâmes à loisir. Un troisième compagnon s’était joint à nous, '''Niloxène''' de ''Naucratie'', homme plein de mérite, que '''Thalès''' et '''Solon''' avaient autrefois beaucoup connu en ''Égypte''. Il se trouvait envoyé de nouveau vers '''Bias''' ; mais pour quelle mission ? Il n’en savait rien lui-même, hormis qu’il se soupçonnait porteur d’une seconde question à résoudre, contenue dans un pli cacheté; et il lui avait été dit, au cas où '''Bias''' renoncerait, de la présenter aux plus sages d’entre les Grecs. « C’est », dit '''Niloxène''', « une chance heureuse que de vous trouver ici tous, et j’apporte, comme vous voyez, cette lettre pour le banquet. » En même temps, il nous la faisait voir. '''Thalès''' se mit à rire : « Si c’est une question épineuse », dit-il, « qu’on aille encore à ''Priène'' : '''Bias''' la résoudra comme il a résolu la première. » — « Quelle était donc cette première question ? » lui demandai-je. — « Le roi d’Égypte », dit '''Thalès''', « avait envoyé à '''Bias''' une victime, en lui faisant dire d’en couper ce qu’il y avait de plus mauvais et de meilleur, et de le lui renvoyer. Notre sage, avec un discernement merveilleux, en ôta la langue et la fit porter au Roi. Voilà ce qui lui a valu une estime et une admiration si déclarée ». — « Cette raison n’est pas la seule », ajouta '''Niloxène''' ; « c’est encore, que '''Bias''' ne fuit pas, comme vous autres, l’amitié des rois eux-mêmes. Ainsi, vous, '''Thalès''', le roi d’Égypte vous admire beaucoup, et, entre autres choses, il a été, au-delà de ce qu’on peut dire, ravi de la manière dont vous avez mesuré la pyramide sans le moindre embarras et sans avoir eu besoin d’aucun instrument. Après avoir dressé votre bâton à l’extrémité de l’ombre que projetait la pyramide, vous construisîtes deux triangles par la tangence d’un rayon, et vous démontrâtes qu’il y avait la même proportion entre la hauteur du bâton et la hauteur de la pyramide qu’entre la longueur des deux ombres. Mais, comme j’ai dit, on vous accuse de détester les rois ; quelques boutades injurieuses prononcées par vous contre des ''tyrans'' ont été rapportées à [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']]. Par exemple, l’Ionien '''Molpagore''' vous ayant demandé ce que vous aviez jamais vu de plus extraordinaire, vous lui auriez répondu : « C’est un tyran parvenu à la vieillesse. » Une autre fois, dans un festin, la conversation étant venue à tomber sur les bêtes féroces, vous auriez dit : « La plus méchante bête parmi les animaux sauvages, c’est le tyran, et parmi les animaux apprivoisés le flatteur. » De tels propos ne sont pas de ceux que les rois entendent avec plaisir, lors même qu’ils affectent de n’avoir rien de commun avec les tyrans. » Pour cette dernière réponse, dit '''Thalès''', elle est de '''Pittacus''' : il l’avait adressée un jour en plaisantant à '''Myrsile'''. Quant au premier propos, ce n’était pas « un tyran » que j’avais dit, mais « un [[wikt:κυβερνήτης#Grec_ancien|''pilote'']] », qui soit parvenu à la vieillesse. Toutefois, puisqu’on a changé la destination du mot, je fais comme le jeune homme qui, ayant jeté une pierre à un chien, atteignit sa belle-mère et s’écria : Même ainsi, ce n’est pas mal. » C’est pourquoi je regardai '''Solon''' comme éminemment sage lorsqu’il n’accepta pas la tyrannie ; et '''Pittacus''', s’il n’eût approché de la monarchie, n’aurait pas eu à dire : « Il est difficile d’être homme de bien. » Quant à '''Périandre''', il semble qu’ayant été saisi par le souverain pouvoir comme par une maladie de famille, il ne s’en tire pas trop mal. Il use, au moins jusqu’à présent, de sociétés salutaires. Il réunit, pour entretenir commerce avec eux, ses hommes remplis de sens ; et le conseil que lui a donné mon compatriote [[w:Thrasybule_de_Milet|'''Thrasybule''']] [[#Thrasybule|<span id="Thrasybule_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], de décapiter l’aristocratie, il ne l’a pas accepté. Entre un laboureur qui aimerait mieux voir dans son champ de l’[[w:Ivraie|''ivraie'']] ou de l’[[w:Orobanche|''orobanche'']] que de l’orge ou du blé, et un tyran qui veut régner sur des esclaves plutôt que sur des hommes de coeur, je ne vois aucune différence. Un seul bien compense les maux nombreux attachés au pouvoir des tyrans : c’est la gloire et l’honneur qui leur sont réservés lorsque, commandant à des hommes vertueux, ils sont plus vertueux eux-mêmes, et qu’au milieu de grands ils se montrent plus grands. Ceux qui préfèrent leur sûreté en renonçant à ce beau rôle, étaient faits pour réunir sous leur main beaucoup de moutons, de chevaux et de boeufs, mais non des hommes. » « Du reste », continua '''Thalès''', « ce sont propos sans portée aucune que ceux où nous a jetés cet étranger, et nous avons omis de dire et de chercher les choses qui conviennent bien à des gens partis pour un banquet. Ne croyez-vous pas, '''Nicarque''', qu’il y ait des préparatifs à faire quand on vient prendre place à un festin, comme il y en a pour celui qui doit le donner ? Les [[w:Sybaris|''Sybarites'']] [[#Sybaris|<span id="Sybaris_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], à ce qu’il paraît, s’y prennent un an d’avance pour adresser leurs invitations aux femmes, afin qu’elles puissent à loisir préparer leur toilette et leurs bijoux en or avant de se rendre au festin; et, selon moi, il faut plus de temps encore à un convive pour les préparatifs vraiment nécessaires, parce qu’il est plus difficile de trouver un ajustement convenable pour son moral que la vaine et inutile parure dont on s’inquiète pour son corps. Un homme sensé ne se transporte pas à un festin comme un bocal qu’il s’agit d’y remplir. Il songe à trouver là une occasion de passer tour à tour du sérieux au badinage, d’entendre et de tenir lui-même ces propos auxquels la circonstance invite les convives s’ils veulent se rendre la réunion agréable les uns aux autres. En effet on est libre de repousser un mauvais ragoût, et si le vin ne vaut rien on peut « recourir aux [[w:Naïades|''Naïades'']] »; mais un convive qui vous donne mal à la tête, qui est lourd, qui ne sait pas se conduire, vous fait perdre et vous gâte le plaisir de tout vin, de toute bonne chère, de toute musique. On n’est même pas le maître de se débarrasser aussi complétement qu’on le voudrait d’un tel désagrément. Quelques-uns en gardent tant qu’ils vivent du mécontentement les uns contre les autres : il leur semble qu’il leur reste comme un arrière-goût de viandes mal digérées, parce qu’ils conservent le souvenir d’injures ou de colères échangées dans le vin. C’est pour cela que '''Chilon''', invité hier, n’a pas voulu promettre avant d’avoir su le nom de chacun des convives : « Car on est bien obligé, a-t-il dit, de supporter un désagréable compagnon de traversée, de tente, quand il faut être sur terre ou à l’armée ; mais se mêler indifféremment à table avec les premiers venus, n’est pas le propre d’un homme sensé. » Le squelette des ''Égyptiens'', qu’ils ont la sage coutume de produire et de placer dans la salle du festin afin d’engager à se souvenir que l’on sera bientôt comme lui, survient là comme un convive assez désagréable et intempestif, mais enfin la présence s’en explique. Si cette vue n’excite pas à boire et à se réjouir, elle engage du moins à s’aimer, à se chérir les uns les autres, et elle exhorte à ne pas allonger par des tracas pénibles une existence dont la durée est si courte.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §2'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Thrasybule_back|<span id="Thrasybule"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θρᾰσῠ́βουλος / Thrăsŭ́boulos [[wikt:en:Θρασύβουλος#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de l’adjectif [[wikt:θρασύς#Grec_ancien|θρᾰσύς / thrăsús]], « confiant, audacieux » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun [[wikt:βουλή#Grec_ancien|βουλή / boulế]], « Volonté. Décision, conseil. Conseil, sénat athénien. »; du verbe [[wikt:βούλομαι#Grec_ancien|βούλομαι / boúlomai]], « Vouloir, désirer, souhaiter. Vouloir bien, consentir à. » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + -ος (-os).<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Sybaris_back|<span id="Sybaris"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Σῠ́βᾰρῐς / Sŭ́bărĭs [[wikt:en:Σύβαρις#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Colonisation grecque|Colonie grecque]] du sud de l’Italie (en [[w:Calabre|Calabre]] actuelle), fondée au [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] dans le cadre du mouvement d’établissement et d’[[w:Colonisation_grecque|''essaimage'']] des Grecs vers l’Occident, particulièrement en [[w:Grande-Grèce|''Grande-Grèce'']]. Réputée dès l’Antiquité pour sa richesse devenue proverbiale, ainsi que pour son emprise sur les peuples voisins et différentes cités grecques de son voisinage, elle est détruite à l’issue d’une [[w:Guerre entre Sybaris et Crotone|guerre]] qui l’oppose à [[w:Crotone|''Crotone'']] à la fin du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], et enfouie sous les eaux du fleuve ''Crathis'' (aujourd’hui [[Crati]]), avant de voir son site réoccupé, soixante ans plus tard, par la colonie [[w:Panhellénisme|''panhellénique'']] de [[w:Thourioï|''Thourioï'']].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Périandre''' avait fait préparer le banquet, non à la ville même, mais au ''port de Léchée'' [[#Léchée_NdT_DR|<span id="Léchée_NdT_DR_back"><sup>1</sup></span>]], dans une salle voisine du ''temple de Vénus'', à qui l'’on devait offrir un sacrifice. Depuis que sa mère, victime d'’un malheureux amour [[#Cratée_NdT_DR|<span id="Cratée_NdT_DR_back"><sup>2</sup></span>]], s'’était donné la mort, il n'’avait pas encore sacrifié à cette déesse, et c'’était la première fois qu'’il y pensait, d'’après un songe de '''Mélisse''' [[#Mélisse_NdT_DR|<span id="Mélisse_NdT_DR_back"><sup>3</sup></span>]]. Nous étions dans les plus grandes chaleurs de l'’été. Le grand nombre des voitures et des gens de pied qui fréquentaient le chemin qui conduit à la mer, l'’avaient couvert de poussière et le rendaient fort incommode pour les voyageurs. On avait amené, pour chaque convive, un char commode et proprement orné. '''Thalès''', en voyant le sien à ma porte, se mit à sourire et le refusa. Nous primes donc, à travers les champs, un sentier détourné, et nous allâmes, en nous promenant, suivis de '''Niloxène''' de ''Naucrate'' [[#Niloxène_NdT_DR|<span id="Niloxène_NdT_DR_back"><sup>4</sup></span>]], homme du plus grand mérite, que '''Thalès''' et '''Solon''' avaient autrefois beaucoup connu en ''Égypte''. Il était envoyé, pour la seconde fois, vers '''Bias''', sans savoir lui-même quel était l'’objet de sa mission. Il se doutait seulement que la lettre dont '''Amasis''' l'’avait chargé contenait une seconde question à résoudre. Il avait ordre, en cas que '''Bias''' refusât d'’y répondre, de la proposer aux plus sages d'’entre les ''Grecs''. Dès qu'il m'’eut aperçu, il me dit en me montrant sa lettre : « J'’ai du bonheur aujourd'’hui. Cette lettre vous trouve tous réunis. Je la porte au banquet, comme vous voyez.
- Si c'’est une question épineuse, dit '''Thalès''' en souriant, retournez à ''Priene'' [[#Priene_NdT_DR|<span id="Priene_NdT_DR_back"><sup>5</sup></span>]], '''Bias''' la résoudra, comme il a résolu la première.
- Quelle était cette première question, demandai-je à '''Thalès''' ?
- Le roi d'’Égypte, me répondit-il, avait envoyé une victime à '''Bias''', en lui faisant dire d'’en couper ce qu'’il y avait de meilleur et de plus mauvais, et de le lui renvoyer. Notre sage, fort habilement en ôta la langue, qu'’il lui fit porter. Voilà ce qui lui a mérité l'’estime et l'’admiration de ce prince.
- Ajoutez encore à cette première raison, dit '''Niloxène''', que '''Bias''' ne dédaigne pas, comme vous, l'’amitié des rois ; car '''Amasis''' n'’a pas moins d'’estime pour vous ; il admire surtout la manière dont vous mesurâtes, avec la plus grande facilité et sans aucun instrument mathématique, la hauteur de la pyramide. En dressant votre bâton à l'’extrémité de l'’ombre qu'’elle faisait sur la terre, le rayon solaire qui touchait le sommet de la pyramide et l'’extrémité du bâton forma deux triangles ; et vous démontrâtes qu'’il y avait la même proportion entre la hauteur du bâton et celle de la pyramide qu'’entre la longueur des ombres projetées par l'’une et par l'’autre. Mais, comme je viens de le dire, on vous accuse, auprès de lui, d'’être l'’ennemi des rois, et on lui a rapporté plusieurs propos injurieux que vous avez tenus contre les tyrans [[#tyrans_NdT_DR|<span id="tyrans_NdT_DR_back"><sup>6</sup></span>]] ; entre autres que l’''Ionien'' '''Molpagore''' [[#Molpagore_NdT_DR|<span id="Molpagore_NdT_DR_back"><sup>7</sup></span>]] vous ayant demandé ce qui vous paraîtrait plus extraordinaire dans la vie, vous lui répondîtes : de voir vieillir un tyran. Une autre fois, comme on vint à parler, dans un repas, du naturel des animaux, vous dîtes que le plus méchant des animaux sauvages était le tyran, et des animaux domestiques, le flatteur. Les rois, quoiqu'’ils affectent de ne rien avoir de commun avec les tyrans, n'’aiment pas cependant ces sortes de discours. Cette dernière réponse, dit '''Thalès''', est de '''Pittacus''' ; il la fit un jour, en plaisantant, à ''Myrsile'' [[#Myrsile_NdT_DR|<span id="Myrsile_NdT_DR_back"><sup>8</sup></span>]]. Dans la première, je parlais d'’un pilote, et non pas d'’un tyran. Mais puisqu'’on en a fait application au tyran, je dirai comme ce jeune homme qui, jetant une pierre à son chien, en avait atteint sa belle-mère : « Le coup n'’est pas perdu. » Aussi jamais '''Solon''' ne montra-t-il plus de sagesse, à mon gré, que lorsqu'’il refusa la tyrannie ; et si '''Pittacus''' n'’eût pas été contraint de l'’accepter, il n'’eût point dit qu'’il est à charge d'’être vertueux [[#Pittacus_NdT_DR|<span id="Pittacus_NdT_DR_back"><sup>9</sup></span>]]. Il est vrai que '''Périandre''', qui a succédé à l'’autorité des tyrans, paraît jusqu'’ici opposer à ce mal héréditaire un remède puissant, par le soin qu'’il a de rechercher les entretiens et les avis salutaires des hommes vertueux , et par l'’horreur qu'’il a témoignée pour le conseil barbare que notre compatriote '''Thrasybule''' lui donnait de faire mourir les grands. Un tyran qui veut commander à des esclaves, plutôt qu'’à des hommes, ressemble à un laboureur qui aimerait mieux voir son champ couvert de passereaux et de sauterelles que d'’orge et de froment. Le seul bien qui puisse compenser tant de maux attachés au pouvoir des tyrans, c'’est d'’avoir, même sur les plus grands et les plus vertueux de leurs sujets, la supériorité de l'’honneur et de la vertu. Ceux qui préfèrent la sûreté à la gloire sont faits pour commander à des troupeaux, et non pour gouverner des hommes. « Mais '''Niloxène''' nous a jetés dans une conversation absolument étrangère à notre objet, et nous a fait négliger ce qui devait nous occuper en allant au banquet. Ne pensez-vous pas que les conviés ont, aussi bien que leur hôte, des apprêts à faire. Les ''Sybarites'', dit-on, prient les femmes à souper un an d'’avance, afin qu'’elles puissent préparer à loisir leurs habits et leurs bijoux [[#Sybarites_NdT_DR|<span id="Sybarites_NdT_DR_back"><sup>10</sup></span>]]. Pour moi, je pense qu'’il faut encore plus de temps à un convive pour faire tous les préparatifs convenables, parcequ'’il est bien plus difficile d'’orner son esprit comme il faut, que de donner à son corps une parure vaine et superflue. Un homme sensé doit aller à un festin, non pour y remplir son estomac, comme un vase, mais pour écouter et tenir à son tour des propos utiles ou amusants, suivant les circonstances. C'’est le seul moyen de rendre le repas agréable aux convives. En effet, on peut laisser un mauvais ragoût, et recourir à l'’eau quand le vin n'’est pas bon ; mais un convive désagréable, importun et fatigant, fait perdre tout le plaisir de la bonne chère et de la musique. On ne peut se délivrer de l'’ennui qu'’il cause, et souvent même une parole vive ou offensante qu'’il se sera permise dans la liberté de la table, fait naître des aversions et des ressentiments qui ne finissent qu'’avec la vie. Aussi '''Chilon''', invité hier à ce banquet, ne voulut-il accepter qu'’après qu'’on lui eut nommé tous les convives . Il disait avec raison, que quand on est sur mer.ou dans un camp, il faut nécessairement supporter les compagnons qui nous sont associés, quelque fâcheux qu'ils soient ; mais dans un festin, il n'est pas d'un homme sensé de se mêler indifféremment avec toutes sortes de personnes. Le squelette que les Égyptiens placent ordinairement à côté d'eux dans
leurs repas, en s'exhortant à penser qu'ils seront bientôt dans le même état, est, à la vérité, un compagnon de table assez triste et assez déplacé. Il est néanmoins utile, sinon pour les exciter au plaisir, du moins pour les porter à la bienveillance et à l'amitié réciproque, et pour les avertir de ne pas remplir d'aigreur et de querelles le temps si court de la vie 1. »
</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Léchée_NdT_DR_back|<span id="Léchée_NdT_DR"><sup>1</sup></span>]] L’isthme de ''Corinthe'' avait deux ports, l’un sur la côte orientale, appelé ''Cenchrées'' ; et l’autre sur la côte occidentale, nommé ''Léchée''. Pausanias, qui a donné une description si détaillée de la ''Grèce'', parle d’un ''temple de Vénus'', bâti sur le port de ''Cenchrées'', et dont la statue était de marbre ; mais il ne fait pas mention de celui que cite Plutarque, et qu’il place près du port occidental.
'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cratée_NdT_DR_back|<span id="Cratée_NdT_DR"><sup>2</sup></span>]] La mère de Périandre se nommait Cratée. On peut voir dans Parthenius la manière dont elle conçut et nourrit une passion incestueuse pour son fils, les moyens qu'elle prit pour la satisfaire sans être connue, et comment elle fut découverte. Les remords qu’elle en eut l’obligèrent de se donner la mort.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Mélisse_NdT_DR_back|<span id="Mélisse_NdT_DR"><sup>3</sup></span>]] Mélisse était fille de Proclès, roi d’[[w:Épidaure_(cité_antique)|''Épidaure'']]. On prétend que Périandre en devint éperdument amoureux pour l’avoir vue dans l’habillement ordinaire aux femmes du ''Péloponnèse''. Cette passion toutefois ne l’empêcha pas de partager son cœur entre elle et plusieurs concubines. Elles parvinrent à l’irriter contre elle au point qu’un jour, par un mouvement de jalousie, il la frappa d’un coup de pied, sans songer qu’elle était enceinte, et la fit mourir.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Niloxène_NdT_DR_back|<span id="Niloxène_NdT_DR"><sup>4</sup></span>]] Niloxène signifie hôte du ''Nil'' : ce nom semble indiquer que c’est un personnage supposé.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Priene_NdT_DR_back|<span id="Priene_NdT_DR"><sup>5</sup></span>]] Ville d’''Ionie'', colonie des ''Thébains'' et patrie de Bias.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#tyrans_NdT_DR_back|<span id="tyrans_NdT_DR"><sup>6</sup></span>]] Par le mot [[wikt:τύραννος#Grec_ancien|τύραννος]], que nous ne pouvons rendre en français que par celui de tyran, les ''Grecs'' entendaient, non pas seulement, comme nous, un prince injuste et cruel ; mais, en général, tout homme qui s’était emparé de l’autorité monarchique dans un état libre, sans qu’elle lui fût légitimement acquise.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Molpagore_NdT_DR_back|<span id="Molpagore_NdT_DR"><sup>7</sup></span>]] Ce Molpagore est peut-être le père d’Aristagore, que Darius établit tyran à ''Milet''.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Myrsile_NdT_DR_back|<span id="Myrsile_NdT_DR"><sup>8</sup></span>]] Myrsile n’est guère mieux connu que Molpagore. Strabon le met au nombre de ces ''Lesbiens'' ambitieux, qui, du temps de Pittacus, s’étaient emparés de l’autorité souveraine à ''Lesbos'', et dont le poète [[w:Alcée_de_Mytilène|Alcée]] avait flétri la mémoire.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pittacus_NdT_DR_back|<span id="Pittacus_NdT_DR"><sup>9</sup></span>]] Pittacus en se voyant forcé, dans sa vieillesse, de reprendre le gouvernement des affaires, prononça cette maxime.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Sybarites_NdT_DR_back|<span id="Sybarites_NdT_DR"><sup>10</sup></span>]] Cet usage des ''Sybarites'' n’avait lieu que dans les festins publics.
'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe III.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la reconnaissance de la sagesse de '''Cléobuline''' ''« Eumétis »'' par '''Thalès''', de l’humilité de ce dernier et de son [[w:Cynisme|''cynisme'']].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ἐν τοιούτοις λόγοις γενόμενοι κατὰ τὴν ὁδὸν ἀφικόμεθα πρὸς τὴν οἰκίαν, καὶ λούσασθαι μὲν ὁ Θαλῆς οὐκ ἠθέλησεν, ἀληλιμμένοι γὰρ ἦμεν· ἐπιὼν δὲ τούς τε δρόμους ἐθεᾶτο καὶ τὰς παλαίστρας καὶ τὸ ἄλσος τὸ παρὰ τὴν θάλατταν ἱκανῶς διακεκοσμημένον, ὑπ´ οὐδενὸς ἐκπληττόμενος τῶν τοιούτων, ἀλλ´ ὅπως μὴ καταφρονεῖν δοκοίη μηδ´ ὑπερορᾶν τοῦ Περιάνδρου τῆς φιλοτιμίας. τῶν δ´ ἄλλων τὸν ἀλειψάμενον ἢ λουσάμενον οἱ θεράποντες εἰσῆγον εἰς τὸν ἀνδρῶνα διὰ τῆς στοᾶς. Ὁ δ´ Ἀνάχαρσις ἐν τῇ στοᾷ καθῆστο, καὶ παιδίσκη προειστήκει τὴν κόμην ταῖς χερσὶ διακρίνουσα. ταύτην ὁ Θαλῆς ἐλευθεριώτατά πως αὐτῷ προσδραμοῦσαν ἐφίλησε καὶ γελάσας « οὕτως, » ἔφη, « ποίει καλὸν τὸν ξένον, ὅπως ἡμερώτατος ὢν μὴ φοβερὸς ᾖ τὴν ὄψιν ἡμῖν μηδ´ ἄγριος. » Ἐμοῦ δ´ ἐρομένου περὶ τῆς παιδὸς ἥτις εἴη, « τὴν σοφήν, » ἔφη, « καὶ περιβόητον ἀγνοεῖς Εὔμητιν; οὕτω γὰρ ταύτην ὁ πατὴρ αὐτός, οἱ δὲ πολλοὶ πατρόθεν ὀνομάζουσι Κλεοβουλίνην. » Καὶ ὁ Νειλόξενος εἶπεν « ἦ που τὴν περὶ τὰ αἰνίγματα δεινότητα καὶ σοφίαν, » ἔφη, « τῆς κόρης ἐπαινεῖς· καὶ γὰρ εἰς Αἴγυπτον ἔνια τῶν προβαλλομένων ὑπ´ αὐτῆς διῖκται. » « Οὐκ ἔγωγ´, » εἶπεν ὁ Θαλῆς· « τούτοις γὰρ ὥσπερ ἀστραγάλοις, ὅταν τύχῃ, παίζουσα χρῆται καὶ διαβάλλεται πρὸς τοὺς ἐντυχόντας. ἀλλὰ καὶ φρόνημα θαυμαστὸν καὶ νοῦς ἔνεστι πολιτικὸς καὶ φιλάνθρωπον ἦθος, καὶ τὸν πατέρα τοῖς πολίταις πραότερον ἄρχοντα παρέχει καὶ δημοτικώτερον. » « Εἶεν, » ὁ Νειλόξενος ἔφη, « καὶ φαίνεται βλέποντι πρὸς τὴν λιτότητα καὶ ἀφέλειαν αὐτῆς· Ἀνάχαρσιν δὲ πόθεν οὕτω τημελεῖ φιλοστόργως; » « Ὅτι, » ἔφη, « σώφρων ἀνήρ ἐστι καὶ πολυμαθής, καὶ τὴν δίαιταν αὐτῇ καὶ τὸν καθαρμόν, ᾧ χρῶνται Σκύθαι περὶ τοὺς κάμνοντας, ἀφθόνως καὶ προθύμως παραδέδωκε. καὶ νῦν οἶμαι περιέπειν αὐτὴν τὸν ἄνδρα καὶ φιλοφρονεῖσθαι, μανθάνουσάν τι καὶ προσδιαλεγομένην. » Ἤδη δὲ πλησίον οὖσιν ἡμῖν τοῦ ἀνδρῶνος ἀπήντησεν Ἀλεξίδημος ὁ Μιλήσιος (ἦν δὲ Θρασυβούλου τοῦ τυράννου νόθος) καὶ ἐξῄει τεταραγμένος καὶ σὺν ὀργῇ τινι πρὸς αὑτὸν οὐδὲν ἡμῖν γε σαφὲς διαλεγόμενος. ὡς δὲ τὸν Θαλῆν εἶδε, μικρὸν ἀνενεγκὼν καὶ καταστάς « οἵαν ὕβριν, » εἶπεν, « εἰς ἡμᾶς Περίανδρος ὕβρικεν, ἐκπλεῦσαι μὲν οὐκ ἐάσας ὡρμημένον ἀλλὰ προσμεῖναι δεηθεὶς τὸ δεῖπνον, ἐλθόντι δὲ νέμων κλισίαν ἄτιμον, Αἰολεῖς δὲ καὶ νησιώτας (καὶ τίνας γὰρ οὐχί;) Θρασυβούλου προτιμῶν· Θρασύβουλον γὰρ ἐν ἐμοὶ τὸν πέμψαντα προπηλακίσαι βουλόμενος καὶ καταβαλεῖν ὡς δὴ περιορῶν δῆλός ἐστιν. » « Εἶτ´, » ἔφη, « σὺ δέδιας μὴ καθάπερ Αἰγύπτιοι τοὺς ἀστέρας ὑψώματα καὶ ταπεινώματα λαμβάνοντας ἐν τοῖς τόποις οὓς διεξίασι γίγνεσθαι βελτίονας ἢ χείρονας ἑαυτῶν λέγουσιν, οὕτως ἡ περὶ σὲ διὰ τὸν τόπον ἀμαύρωσις ἢ ταπείνωσις γένηται; καὶ τοῦ Λάκωνος ἔσῃ φαυλότερος, ὃς ἐν χορῷ τινι κατασταθεὶς εἰς τὴν ἐσχάτην χώραν ὑπὸ τοῦ ἄρχοντος ‘εὖ γ´,’ εἶπεν, ‘ἐξεῦρες, ὡς καὶ αὕτα ἔντιμος γένηται.’ οὐ καταλαβόντας, » ἔφη, « τόπον μετὰ τίνας κατακείμεθα δεῖ ζητεῖν, μᾶλλον δ´ ὅπως εὐάρμοστοι τοῖς συγκατακειμένοις ὦμεν, ἀρχὴν καὶ λαβὴν φιλίας εὐθὺς ἐν αὐτοῖς ζητοῦντες, μᾶλλον δ´ ἔχοντες τὸ μὴ δυσκολαίνειν ἀλλ´ ἐπαινεῖν ὅτι τοιούτοις συγκατεκλίθημεν· ὡς ὅ γε τόπῳ κλισίας δυσχεραίνων δυσχεραίνει τῷ συγκλίτῃ μᾶλλον ἢ τῷ κεκληκότι, καὶ πρὸς ἀμφοτέρους ἀπεχθάνεται. » « Λόγος, » ἔφη, « ταῦτ´ ἄλλως ἐστίν » ὁ Ἀλεξίδημος, « ἔργῳ δὲ καὶ τοὺς σοφοὺς ὑμᾶς ὁρῶ τὸ τιμᾶσθαι διώκοντας, » καὶ ἅμα παραμειψάμενος ἡμᾶς ἀπῆλθε. Καὶ ὁ Θαλῆς πρὸς ἡμᾶς τὴν ἀτοπίαν τοῦ ἀνθρώπου θαυμάζοντας, « ἔμπληκτος, » ἔφη, « καὶ ἀλλόκοτος φύσει, ἐπεὶ καὶ μειράκιον ὢν ἔτι, μύρου σπουδαίου Θρασυβούλῳ κομισθέντος, εἰς ψυκτῆρα κατεράσας μέγαν καὶ προσεγχέας ἄκρατον ἐξέπιεν, ἔχθραν ἀντὶ φιλίας Θρασυβούλῳ διαπεπραγμένος. » Ἐκ τούτου περιελθὼν ὑπηρέτης « κελεύει σε Περίανδρος, » ἔφη, « καὶ Θαλῆν παραλαβόντα τοῦτον ἐπισκέψασθαι τὸ κεκομισμένον ἀρτίως αὐτῷ πότερον ἄλλως γέγονεν ἤ τι σημεῖόν ἐστι καὶ τέρας· αὐτὸς μὲν γὰρ ἔοικε τεταράχθαι σφόδρα, μίασμα καὶ κηλῖδα τῆς θυσίας ἡγούμενος. » ἅμα δ´ ἀπῆγεν ἡμᾶς εἴς τι οἴκημα τῶν περὶ τὸν κῆπον. ἐνταῦθα νεανίσκος ὡς ἐφαίνετο νομευτικός, οὔπω γενειῶν ἄλλως τε τὸ εἶδος οὐκ ἀγεννής, ἀναπτύξας τινὰ διφθέραν ἔδειξεν ἡμῖν βρέφος ὡς ἔφη γεγονὸς ἐξ ἵππου, τὰ μὲν ἄνω μέχρι τοῦ τραχήλου καὶ τῶν χειρῶν ἀνθρωπόμορφον, τὰ λοιπὰ δ´ ἔχον ἵππου, τῇ δὲ φωνῇ καθάπερ τὰ νεογνὰ παιδάρια κλαυθμυριζόμενον. ὁ μὲν οὖν Νειλόξενος, « Ἀλεξίκακε » εἰπών, ἀπεστράφη τὴν ὄψιν, ὁ δὲ Θαλῆς προσέβλεπε τῷ νεανίσκῳ πολὺν χρόνον, εἶτα μειδιάσας (εἰώθει δ´ ἀεὶ παίζειν πρὸς ἐμὲ περὶ τῆς τέχνης) « ἦ που τὸν καθαρμόν, ὦ Διόκλεις, » ἔφη, « κινεῖν διανοῇ καὶ παρέχειν πράγματα τοῖς ἀποτροπαίοις, ὥς τινος δεινοῦ καὶ μεγάλου συμβάντος; » « Τί δ´, » εἶπον, « οὐ μέλλω; στάσεως γάρ, ὦ Θαλῆ, καὶ διαφορᾶς τὸ σημεῖόν ἐστι, καὶ δέδια μὴ μέχρι γάμου καὶ γενεᾶς ἐξίκηται, πρὶν ἢ τὸ πρῶτον ἐξιλάσασθαι μήνιμα, τῆς θεοῦ δεύτερον ὡς ὁρᾷς προφαινούσης. » Πρὸς τοῦτο μηδὲν ἀποκρινάμενος ὁ Θαλῆς ἀλλὰ γελῶν ἀπηλλάττετο. καὶ τοῦ Περιάνδρου πρὸς τὰς θύρας ἀπαντήσαντος ἡμῖν καὶ διαπυθομένου περὶ ὧν εἴδομεν, ἀφεὶς ὁ Θαλῆς με καὶ λαβόμενος τῆς ἐκείνου χειρὸς ἔφη, « ἃ μὲν Διοκλῆς κελεύει δράσεις καθ´ ἡσυχίαν· ἐγὼ δέ σοι παραινῶ νέοις οὕτω μὴ χρῆσθαι νομεῦσιν ἵππων, ἢ διδόναι γυναῖκας αὐτοῖς. » Ἔδοξε μὲν οὖν μοι τῶν λόγων ἀκούσας ὁ Περίανδρος ἡσθῆναι σφόδρα· καὶ γὰρ ἐξεγέλασε καὶ τὸν Θαλῆν περιβαλὼν κατησπάσατο. κἀκεῖνος « οἶμαι δ´, » εἶπεν, « ὦ Διόκλεις, καὶ πέρας ἔσχε τὸ σημεῖον· ὁρᾷς γὰρ ἡλίκον κακὸν γέγονεν ἡμῖν, Ἀλεξιδήμου συνδειπνεῖν μὴ θελήσαντος. » </div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §3'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ce fut en tenant de tels propos chemin faisant, que nous arrivâmes à la maison. '''Thalès''' ne voulut pas se baigner : « Je me suis frotté d’huile. » dit-il. Il se promena donc de côté et d’autre, regardant les champs de course, les palestres, et le bois sacré, voisin de la mer, que l’on avait bien convenablement disposé. Ce n’était pas qu’il fût frappé par aucun de ces préparatifs, mais il voulait ne pas avoir l’air de mépriser '''Périandre''' et de faire peu de cas de l’empressement avec lequel celui-ci honorait ses hôtes. Pour les autres convives, à mesure qu’ils s’étaient parfumés ou baignés, les serviteurs les introduisaient par la galerie dans la salle du banquet. Or '''Anacharsis''' s’était installé dans cette galerie, et devant lui une jeune fille se tenait, lui séparant les cheveux avec ses mains. Lorsqu’entra '''Thalès''', elle s’élança très librement à sa rencontre, et '''Thalès''', après l’avoir embrassée, lui dit en riant : « Continue à rendre bien beau notre étranger, afin qu’étant devenu la douceur même il ne conserve pas au milieu de nous une mine à faire peur et un aspect sauvage. » Je lui demandai quelle était cette jeune enfant : « Quoi ! » me dit-il, « vous ne connaissez pas la savante et célèbre '''Eumétis''' ! car c’est ainsi que son père la nomme : le plus communément on l’appelle '''Cléobuline''', du nom paternel. » Et '''Niloxène''' : « C’est sans doute à cause de son talent et de son habileté pour les énigmes, que vous faites l’éloge de cette jeune fille : car quelques-unes de celles qu’elle a proposées sont parvenues jusqu’en ''Égypte''. » — « Ce n’est pas à cause de cela », répondit '''Thalès''' : « les énigmes sont pour elle des joujoux dont elle s’amuse à l’occasion pour faire sa partie avec ceux qui se rencontrent. Mais ce qui est admirable en elle c’est sa profondeur d’esprit, son sens politique, l’aménité de son caractère, et le talent qu’elle a de rendre plus douce l’autorité de son père et d’inspirer à celui-ci des sentiments plus humains à l’égard du peuple. » — « Soit », dit '''Niloxène''' ; « et cela se reconnaît à voir sa modestie et sa simplicité. Mais d’où vient qu’elle prend un soin si amoureux de la toilette d’'''Anacharsis''' ? » — Parce que c’est, répondit '''Thalès''', « un sage, un homme des plus instruits, et parce qu’il lui a communiqué, avec de nombreux détails et de grand coeur, l’ensemble des pratiques sanitaires et des purifications que les ''Scythes'' appliquent au traitement des malades. Et dans ce moment je suppose qu’elle l’entoure de soins et d’amitiés parce qu’elle s’instruit de quelque chose en conversant avec lui. » Comme nous étions déjà près de la salle, '''Alexidème''' le ''Milésien'' vint à notre rencontre. C’était un bâtard du tyran '''Thrasybule'''. Il était sorti tout troublé, et avec une sorte de fureur il se parlait à lui-même, mais ses paroles n’avaient rien de clair pour nous. Quand il eut vu '''Thalès''', il se remit un peu ; puis, s’arrêtant tout court : « Quel affront '''Périandre''' vient de nous faire ! Je voulais mettre à la voile : il ne l’a pas permis ; il m’a supplié de rester à son festin, et quand j’arrive, il me donne une des dernières places, faisant passer des [[w:Éoliens|''Éoliens'']], des insulaires (je ne sais qui il ne me préfère pas), les faisant passer, dis je, avant '''Thrasybule''', car c’est '''Thrasybule''' en ma personne, c’est celui par lequel je suis envoyé qu’il a l’intention de traîner dans la boue et de ravaler comme le méprisant : la chose est bien claire. » — « Eh quoi ! » lui dit '''Thalès''', « êtes-vous comme les ''Égyptiens'', qui prétendent que les astres, suivant qu’ils prennent une position élevée ou basse en parcourant leur orbite, ont une condition meilleure ou pire qu’ils ne l’avaient ? Craignez-vous, pareillement, qu’autour de vous, en raison de la place où vous serez, il ne se produise obscurité ou dépression ? Serez-vous moins résigné que certain ''Spartiate'' ? À je ne sais quelle représentation il avait été placé au dernier rang par le maître des cérémonies : « Voilà qui va bien », lui dit-il : « tu as trouvé moyen de rendre honorable ce lieu même. Quand nous avons pris une place nous ne devons pas chercher au-dessous de qui nous sommes installés, mais plutôt comment nous nous mettrons en bon accord avec nos voisins. À leur occasion nous ferons voir tout d’abord, ou plutôt nous l’éprouverons réellement, un désir d’initiative et de prise de possession en matière d’amitié, et nous manifesterons ce désir en nous félicitant, loin d’en montrer du dépit, de ce que l’on nous a placés en une telle compagnie. Mais celui qui se plaint du rang qu’on lui donne à table montre plus de mécontentement contre son commensal que contre son hôte, et il se rend odieux à l’un et à l’autre. » — « Paroles que tout cela, » dit '''Alexidème''', « et paroles sans portée ! Mais je vois que de fait, vous autres sages, vous recherchez aussi les honneurs. » En même temps il s’éloigna de nous et disparut. Une conduite si étrange nous semblait étonnante. « C’est », nous dit '''Thalès''', « un homme écervelé et naturellement bizarre. Vous allez en juger. Il était encore tout jeune ; on avait apporté à '''Thrasybule''' un parfum d’un très haut prix. '''Alexidème''' le versa dans un grand vase à rafraîchir, y mêla du vin pur, et avala le tout, rendant son père odieux au lieu de le faire aimer. » Au même moment parut un serviteur : « Vous êtes invité par '''Périandre''' », me dit-il, « à venir, en vous faisant accompagner de '''Thalès''' que voici, examiner l’objet qu’on lui a récemment apporté, afin que vous disiez si c’est une création toute fortuite, ou bien un présage et une monstruosité; car, pour ce qui est de '''Périandre''', il a l’air grandement troublé, pensant que c’est une souillure et une profanation pour son sacrifice. » En même temps, il nous emmena vers une des salles qui donnaient sur le jardin. Là un jeune homme paraissant appartenir à la classe des bergers, qui n’avait pas encore de barbe et dont la physionomie ne manquait pas de noblesse, déploya une espèce de couverture en cuir, et nous montra un petit enfant né, disait-il, d’une cavale. Par le haut, jusqu’au cou et aux mains, cette créature était de forme humaine ; mais le reste était d’un cheval, et sa voix avait quelque chose des vagissements poussés par les petits enfants qui viennent de naître. « Dieu préservateur ! » s’écria '''Niloxène''', et il détourna les yeux. Mais '''Thalès''' fixa longtemps son regard sur le jeune pâtre; puis s’étant mis à sourire, (car il avait l’habitude de plaisanter toujours avec moi sur ma profession) : « Eh bien, '''Dioclès''', » dit-il, « songez-vous à préparer quelque expiation, et à donner de la besogne aux dieux préservateurs, comme vous trouvant en présence de quelque événement grave et considérable ? » — « Pourquoi non ? » répondis-je : « j’y vois le présage de troubles et de discordes qui s’étendront, j’en ai peur, jusqu’à un mariage et une génération avant que le courroux de la déesse ait été apaisé, puisqu’elle fait, vous le savez, une seconde manifestation ». À ces paroles '''Thalès''' ne répondit rien : il se contenta de rire et de s’en aller. Et comme '''Périandre''' était à la porte, s’avançant pour nous interroger sur ce que nous venions de voir, '''Thalès''' me quitta et le prit par la main : « Ce que '''Dioclès''' prescrira, vous l’exécuterez à loisir », lui dit-il ; « mais moi j’ai un conseil à vous donner : pour faire paître vos juments ne prenez pas de jeunes garçons, ou bien à ceux-ci donnez des femmes. » Ces paroles me semblèrent causer, des qu’il les eut entendues, une vive satisfaction à '''Périandre''', car il éclata de rire et serra très affectueusement '''Thalès''' dans ses bras. '''Thalès''' alors : « '''Dioclès''' », me dit-il, « si je conjecture bien, le prodige reçoit déjà son accomplissement. Car vous voyez quel grand malheur nous est arrivé, '''Alexidème''' n’ayant pas voulu souper avec nous. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §3'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage du caractère désinvolte de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§4. Ἐπεὶ δ´ εἰσήλθομεν, ἤδη μεῖζον ὁ Θαλῆς φθεγξάμενος « ποῦ δ´ » εἶπεν « ὁ ἀνὴρ κατακλινάμενος ἐδυσχέρανεν; » ἀποδειχθείσης δὲ τῆς χώρας περιελθὼν ἐκεῖ κατέκλινεν ἑαυτὸν καὶ ἡμᾶς « ἀλλὰ κἂν ἐπριάμην » εἰπών « Ἀρδάλῳ κοινωνεῖν μιᾶς τραπέζης. » ἦν δὲ Τροιζήνιος ὁ Ἄρδαλος, αὐλῳδὸς καὶ ἱερεὺς τῶν Ἀρδαλείων Μουσῶν, ἃς ὁ παλαιὸς Ἄρδαλος ἱδρύσατο ὁ Τροιζήνιος.<br /><p style="text-align: centre">[...]<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">καὶ ὁ Θαλῆς ἐμὲ προσαγορεύσας ἐπάνω τοῦ Βίαντος κατακείμενον « τί οὐκ ἔφρασας, » εἶπεν, « ὦ Διόκλεις, Βίαντι τὸν Ναυκρατίτην ξένον ἥκοντα μετὰ προβλημάτων βασιλικῶν αὖθις ἐπ´ αὐτόν, ὅπως νήφων καὶ προσέχων ἑαυτῷ τὸν λόγον δέχηται; » Καὶ ὁ Βίας « ἀλλ´ οὗτος μέν, » ἔφη, « πάλαι δεδίττεται ταῦτα παρακελευόμενος, ἐγὼ δὲ τὸν Διόνυσον οἶδα τά τ´ ἄλλα δεινὸν ὄντα καὶ Λύσιον ἀπὸ σοφίας προσαγορευόμενον, ὥστ´ οὐ δέδια τοῦ θεοῦ μεστὸς γενόμενος μὴ ἀθαρσέστερον ἀγωνίσωμαι. » Τοιαῦτα μὲν ἐκεῖνοι πρὸς ἀλλήλους ἅμα δειπνοῦντες ἔπαιζον·</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §4'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§4. Après que nous fûmes entrés, '''Thalès''' ayant déjà élevé plus haut la voix: « Où donc », dit-il, « l’avait-on placé, cet homme qui s’en est formalisé ? » Quand on lui eut montré l’endroit il fit le tour de la salle, et ce fut là-même qu’il se plaça et nous installa. « En vérité », ajouta-t-il, « j’aurais payé pour partager la même table qu’'''Ardalus'''. » Cet '''Ardalus''' était un joueur de flûte [[w:Trézène_(ville)|''Trézénien'']] [[#Trézène|<span id="Trézène_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], prêtre des ''muses Ardalides'' auxquelles l’antique [[w:Ardalos|'''Ardalus''']] de ''Trézène'' avait dressé des statues.<br /><p style="text-align: centre">[...]<br /><p style="text-indent: 15px">Moi, j’étais au-dessus de '''Bias''', et '''Thalès''' m’ayant interpellé : « '''Dioclès''' », me dit-il, « pourquoi n’avez-vous pas dit à '''Bias''' que l’étranger de ''Naucratie'' est venu une seconde fois le trouver avec des questions de la part de son prince, afin que ce soit à jeun qu’il reçoive ces communications et qu’il y applique son esprit ? » Et '''Bias''' : « Il y a longtemps », dit-il, « que '''Dioclès''' me menace de m’y contraindre ; mais je sais que '''Bacchus''', entre autres attributions merveilleuses, possède une sagacité qui l’a fait surnommer le dieu qui délie, de sorte que je ne crains pas, étant rempli de la divinité, que la confiance m’abandonne au moment de la lutte. » C’est ainsi que, pendant le repas, ils échangeaient entre eux des plaisanteries.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §4'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Trézène_back|<span id="Trézène"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Τροιζήν / Troizḗn [[wikt:en:Τροιζήν#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:polis|Cité grecque]] du [[w:Péloponnèse|''Péloponnèse'']], sur la côte nord de l’[[w:Argolide|Argolide]].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe VII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexions de '''Thalès''' sur le défi de sagacité posé par le roi des ''Éthiopiens'' au roi d’''Égypte'', [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']], consistant à boire la mer. Ce dernier fait appel à '''Bias''' pour la résoudre, et celui-ci souhaite l’examiner en commun avec les sages. '''Chilon''' explique qu’il ne s’agit pas de faire disparaître tant d’eau salée, mais de rendre la domination d’'''Amasis''' potable et douce à ses sujets (§6).</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§7. [...] Ἐπὶ τούτῳ δ´ ὁ '''Θαλῆς''' ἔφησεν, εὐδαιμονίαν ἄρχοντος νομίζειν, εἰ τελευτήσειε γηράσας κατὰ φύσιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §7'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§7. [...] Après lui '''Thalès''' prit la parole : « J’estime que le bonheur pour un souverain, c’est s’il meurt de vieillesse et naturellement. ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §7'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IX.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexions de '''Thalès''' sur le défi de sagacité posé par le roi d’''Égypte'', [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']], au roi des ''Éthiopiens'', consistant en une série de questions : « Qu’y a-t-il de plus ancien ? Le temps. — De plus grand ? Le monde. — De plus habile ? La vérité. — De plus beau ? La lumière. — De plus commun ? La mort. — De plus utile ? Dieu. — De plus nuisible ? Le mauvais Génie. — De plus puissant ? La Fortune. — De plus facile ? Le plaisir. ». '''Amasis''' fait encore appel à '''Bias''' pour analyser les réponses du roi des ''Éthiopiens'', qui les examinent également en commun avec les sages.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. Τούτων πάλιν ἀναγνωσθέντων, ὦ Νίκαρχε, γενομένης σιωπῆς Θαλῆς ἠρώτησε τὸν Νειλόξενον εἰ προσήκατο τὰς λύσεις ὁ Ἄμασις. ἐκείνου δ´ εἰπόντος ὅτι τὰς μὲν ἀπεδέξατο ταῖς δ´ ἐδυσκόλαινε, « καὶ μὴν οὐδέν, » εἶπεν ὁ Θαλῆς, « ἀνεπίληπτόν ἐστιν, ἀλλ´ ἔχει πάντα διαμαρτίας μεγάλας καὶ ἀγνοίας. οἷον εὐθὺς ὁ χρόνος πῶς ἂν εἴη πρεσβύτατον, εἰ τὸ μὲν αὐτοῦ γεγονὸς τὸ δ´ ἐνεστώς ἐστι τὸ δὲ μέλλον; ὁ γὰρ μεθ´ ἡμᾶς ἐσόμενος χρόνος καὶ πραγμάτων τῶν νῦν καὶ ἀνθρώπων νεώτερος ἂν φανείη. τὸ δὲ τὴν ἀλήθειαν ἡγεῖσθαι σοφίαν οὐδὲν ἐμοὶ δοκεῖ διαφέρειν τοῦ τὸ φῶς ὀφθαλμὸν ἀποφαίνειν. εἰ δὲ τὸ φῶς καλόν, ὥσπερ ἐστὶν, ἐνόμιζε, πῶς τὸν ἥλιον αὐτὸν παρεῖδε; τῶν δ´ ἄλλων ἡ μὲν περὶ θεῶν καὶ δαιμόνων ἀπόκρισις θράσος ἔχει καὶ κίνδυνον, ἀλογίαν δὲ καὶ πολλὴν ἡ περὶ τῆς τύχης· οὐ γὰρ ἂν μετέπιπτε ῥᾳδίως οὕτως, ἰσχυρότατον οὖσα τῶν ὄντων καὶ ῥωμαλεώτατον. οὐ μὴν οὐδ´ ὁ θάνατος κοινότατόν ἐστιν· οὐ γάρ ἐστι πρὸς τοὺς ζῶντας. ἀλλ´ ἵνα μὴ δοκῶμεν εὐθύνειν τὰς τῶν ἑτέρων ἀποφάσεις, ἰδίας ταῖς ἐκείνου παραβάλωμεν· ἐμαυτὸν δὲ παρέχω πρῶτον, εἰ βούλεται Νειλόξενος, ἐρωτᾶν καθ´ ἕκαστον. ὡς οὖν ἐγένοντο τότε, κἀγὼ νῦν διηγήσομαι τὰς ἐρωτήσεις καὶ τὰς ἀποκρίσεις· ‘Τί πρεσβύτατον;’ [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|‘θεός,’]] » ἔφη Θαλῆς· « ‘ἀγέν νητον γάρ ἐστι.’ ‘Τί μέγιστον;’ ‘τόπος· τἄλλα μὲν γὰρ ὁ κόσμος, τὸν δὲ κόσμον οὗτος περιέχει.’ ‘Τί κάλλιστον;’ ‘κόσμος· πᾶν γὰρ τὸ κατὰ τάξιν τούτου μέρος ἐστί.’ ‘Τί σοφώτατον;’ ‘χρόνος· τὰ μὲν γὰρ εὕρηκεν οὗτος ἤδη, τὰ δ´ εὑρήσει.’ ‘Τί κοινότατον;’ ‘ἐλπίς· καὶ γὰρ οἷς ἄλλο μηδέν, αὕτη πάρεστι.’ ‘Τί ὠφελιμώτατον;’ ‘ἀρετή· καὶ γὰρ τἄλλα τῷ χρῆσθαι καλῶς ὠφέλιμα ποιεῖ.’ ‘Τί βλαβερώτατον;’ ‘κακία· καὶ γὰρ τὰ πλεῖστα βλάπτει παραγενομένη.’ ‘Τί ἰσχυρότατον;’ ‘ἀνάγκη· μόνον γὰρ ἀνίκητον.’ ‘Τί ῥᾷστον;’ ‘τὸ κατὰ φύσιν, ἐπεὶ πρὸς ἡδονάς γε πολλάκις ἀπαγορεύουσιν.’ » </div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §9'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. Cette lecture ainsi reproduite, mon cher '''Nicarque''', il se fit un moment de silence. Après quoi '''Thalès''' demanda à '''Niloxène''' si '''Amasis''' avait accepté de telles solutions. Il répondit que ce monarque avait accepté les unes et qu’il avait été mécontent des autres. « C’est qu’en effet », dit '''Thalès''', « il n’en est aucune qui soit irréprochable, et toutes sont grandement entachées d’erreur et d’ignorance. Ainsi, d’abord, comment le temps pourrait-il être ce qu’il y a de plus ancien, puisque, une partie étant écoulée, je le veux bien, une autre est le présent, une autre est l’avenir ? Le temps qui doit venir après nous est évidemment plus jeune que les hommes d’aujourd’hui, que les événements actuels. Croire que ce qu’il y a de plus habile, ce soit la vérité, c’est, à mon avis, ne pas émettre une autre opinion que celle-ci : l’oeil et la lumière sont tout un. Si du reste l’''Éthiopien'' a cru, ce qui est réel, la lumière plus belle que tout, pourquoi a-t-il négligé de nommer le soleil lui-même ? Des autres réponses, celle qui concerne la Divinité et le Génie est aussi téméraire que dangereuse ; et ce qu’il dit de la Fortune est tout à fait déraisonnable : car elle ne changerait pas avec tant de facilité, si elle était ce qu’il y a de plus puissant et de plus fort au monde. De même, la mort n’est pas ce qu’il y a de plus commun, puisqu’elle n’est pas commune aux vivants. Mais pour que nous ne semblions pas nous borner à redresser les réponses des autres, il faut y opposer nos propres solutions. Je m’y offre le premier, si '''Niloxène''' veut reprendre chaque question ». Telles que furent faites alors et les demandes et les réponses, je vais vous les reproduire aujourd’hui : Qu’y a-t-il de plus ancien ? C’est dieu, répondit '''Thalès''', attendu qu’il est incréé. — De plus grand ? L’espace : car si le monde contient le reste, à son tour il est contenu dans l’espace. — De plus beau ? Le monde : car tout ce qui est bien ordonné en fait partie. ― De plus habile ? Le temps : car c’est lui qui a découvert et qui découvrira tout. — De plus commun ? L’espérance : car ceux même qui n’ont rien autre chose la possèdent. — De plus utile ? La vertu : car elle rend toutes les autres choses utiles par le bon usage qu’elle en fait. — De plus nuisible ? Le vice : car il corrompt tout par sa présence. — De plus puissant ? La nécessité : car elle est seule invincible. De plus facile ? Ce qui est selon la nature : car, pour ce qui est du plaisir, il amène souvent la lassitude.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §9'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexion de '''Thalès''' sur les gouvernements où la loi est égale pour tous.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§11. Ἐπὶ τούτῳ '''Θαλῆς''' τὴν μήτε πλουσίους ἄγαν μήτε πένητας ἔχουσαν πολίτας.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §11'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§11. Après lui '''Thalès''' : « que c’est celle qui n’a ni des citoyens trop riches, ni des citoyens trop pauvres. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §11'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexion de '''Thalès''' sur la manière dont une maison doit être réglée.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§12. Τοῦτον οὖν ἄριστον ὁ '''Σόλων''' εἶπεν αὑτῷ δοκεῖν οἶκον, ὅπου τὰ χρήματα μήτε κτωμένοις ἀδικία μήτε φυλάττουσιν ἀπιστία μήτε δαπανῶσι μετάνοια πρόσεστιν. Ὁ δὲ '''Βίας''' ἐν ᾧ τοιοῦτός ἐστιν ὁ δεσπότης δι´ αὑτὸν οἷος ἔξω διὰ τὸν νόμον. Ὁ δὲ '''Θαλῆς''' ἐν ᾧ πλείστην ἄγειν τῷ δεσπότῃ σχολὴν ἔξεστιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §12'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§12. '''Solon''' déclara que, selon lui, « la meilleure maison est celle où le bien qui s’y trouve est possédé sans injustice, conservé sans défiance, dépensé sans repentir. » '''Bias''' : « celle où, à l’intérieur, le maître est, par respect pour lui-même, ce qu’il est au dehors par respect pour la loi. » '''Thalès''' : « celle où le maître peut avoir un très grand loisir. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §12'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XIV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de l’''espièglerie'' de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§14. [...] '''Ἐπιστήσαντος''' δὲ τοῦ λόγου τὸ συμπόσιον ὁ μὲν '''Θαλῆς''' ἐπισκώπτων εὖ φρονεῖν ἔφη τὸν '''Ἐπιμενίδην''' ὅτι μὴ βούλεται πράγματα ἔχειν ἀλῶν τὰ σιτία καὶ πέττων ἑαυτῷ, καθάπερ '''Πιττακός'''. « ἐγὼ γάρ, » εἶπε, « τῆς ξένης ἤκουον ᾀδούσης πρὸς τὴν μύλην, ἐν [[w:Eresós|''Ἐρέσῳ'']] γενόμενος, ἄλει, μύλα, ἄλει· καὶ γὰρ '''Πιττακὸς''' ἄλει μεγάλας ''Μυτιλάνας'' βασιλεύων. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §14'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§14. [...] Ces paroles ayant mis en arrêt les convives, '''Thalès''' dit en raillant qu’'''Epiménide''' avait bien raison de ne pas vouloir se donner l’embarras de moudre et de cuire lui-même son manger, comme faisait '''Pittacus''' : « Car je me souviens », ajouta-t-il, « qu’étant à ''Lesbos'', j’entendis mon hôtesse chanter à sa meule : Va ton train, meule, va ton train, puisque '''Pittacus''', le roi de la grande ''Mitylène'', s’occupe bien à moudre. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §14'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une doctrine de '''Thalès''' sur l’importance vitale de l’agriculture.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§15. [...] « Οὐδαμῶς, » ὁ '''Κλεόδωρος''', « ἔμοιγ´, » εἶπεν, « εἰ δεῖ τὸ φαινόμενον εἰπεῖν, καὶ μάλιστα παρακειμένης τραπέζης, ἣν ἀναιροῦσιν αἰρομένης τροφῆς φιλίων θεῶν βωμὸν οὖσαν καὶ ξενίων. ὡς δὲ '''Θαλῆς''' λέγει τῆς γῆς ἀναιρεθείσης σύγχυσιν τὸν ὅλον ἕξειν κόσμον, οὕτως οἴκου διάλυσις ἐστι· συναναιρεῖται γὰρ αὐτῇ πῦρ ἑστιοῦχον ἑστία κρατῆρες ὑποδοχαὶ ξενισμοί, φιλανθρωπότατα καὶ πρῶτα κοινωνήματα πρὸς ἀλλήλους, μᾶλλον δὲ σύμπας ὁ βίος, εἴ γε διαγωγή τίς ἐστιν ἀνθρώπου πράξεων ἔχουσα διέξοδον, ὧν ἡ τῆς τροφῆς χρεία καὶ παρασκευὴ τὰς πλείστας παρακαλεῖ. [...] »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §15'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§15. [...] « S’il faut dire ce que je pense », reprit '''Cléodème''', « ce n’est nullement mon avis, et surtout quand est dressée la table, que l’on supprime si la nourriture est supprimée et qui est l’autel des dieux amis et hospitaliers. Et s’il est vrai, comme dit '''Thalès''', que la suppression de la terre dût entraîner le désordre et la ruine du monde entier, de même anéantir la table ce serait anéantir la maison. Avec la table disparaîtraient le feu qui consacre le foyer, le foyer lui-même, les coupes, les réceptions, les hospitalités, qui sont les plus affectueux et les premiers rapports de communauté entre les hommes; ou plutôt disparaîtrait la vie entière, s’il est vrai que la vie soit une sorte de courant formé par la série des actes de l’homme, actes dont le plus grand nombre est commandé par le besoin et la préparation de la nourriture.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §15'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XVII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une parole sage de '''Thalès''' : Ne croire ni ses ennemis sur les choses croyables, ni ses amis sur les choses incroyables.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§17. τέλος δὲ γελάσας πρὸς ἡμᾶς « βούλομαι μέν, » ἔφη, « πρὸς τὸ παρὸν φράσαι τὸ προσηγγελμένον· ὀκνῶ δ´ ἀκούσας '''Θαλέω''' ποτ´ εἰπόντος ὅτι δεῖ τὰ μὲν εἰκότα λέγειν, τὰ δ´ ἀμήχανα σιωπᾶν. » Ὑπολαβὼν οὖν ὁ '''Βίας''' « ἀλλὰ καὶ τοῦτ´, » ἔφη, « '''Θαλέω''' τὸ σοφόν ἐστιν, ὅτι δεῖ τοῖς μὲν ἐχθροῖς καὶ περὶ τῶν πιστῶν ἀπιστεῖν, τοῖς δὲ φίλοις καὶ τὰ ἄπιστα πιστεύειν, ἐχθροὺς μέν, ἔγωγ´ ἡγοῦμαι, τοὺς πονηροὺς καὶ ἀνοήτους, φίλους δὲ τοὺς χρηστοὺς καὶ φρονίμους αὐτοῦ καλοῦντος. οὐκοῦν, »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §17'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§17. [...] A la fin il s’adressa à nous en éclatant de rire : « Je voudrais vous faire connaître, sans plus attendre, ce que '''Gorgias''' vient de me conter; et pourtant j’hésite, parce que j’ai autrefois entendu dire à '''Thalès''' qu’il faut dire les choses vraisemblables et taire les impossibles. « Mais, reprit '''Bias''', « c’est à '''Thalès''' aussi qu’appartient cette sage parole : qu’il faut ne pas croire ses ennemis même sur les choses croyables, et croire ses amis même sur celles qui ne le sont pas : par ennemis il entendait, je suppose, les méchants et les sots, par amis, les gens vertueux et sensés. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §17'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XXI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une doctrine de '''Thalès''' sur la résidence de l'âme dans toutes les parties du monde les plus essentielles.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§21. Μετὰ δὲ τοῦτον ὁ '''Ἀνάχαρσις''' εἶπεν ὅτι τοῦ '''Θαλέω''' καλῶς ὑπολαμβάνοντος ἐν πᾶσιν εἶναι τοῖς κυριωτάτοις μέρεσι τοῦ κόσμου καὶ μεγίστοις ψυχήν, [...].</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §21'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§21. Après '''Pittacus''', '''Anacharsis''' prit la parole : « Puisque, comme '''Thalès''' l’a magnifiquement établi, une âme réside dans toutes les parties du monde les plus essentielles, [...].</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §21'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Du démon de '''Socrate''' ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe VI.</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage de l’aversion de '''Thalès''' pour les [[w:Tyran|''tyrans'']].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">§6. Ταῦτα τοῦ '''Θεοκρίτου''' λέγοντος ὁ '''Λεοντίδης''' ἐξῄει μετὰ τῶν φίλων, ἡμεῖς δ´ εἰσελθόντες ἠσπαζόμεθα τὸν '''Σιμμίαν''' ἐπὶ τῆς κλίνης καθεζόμενον οὐ κατατετευχότα τῆς δεήσεως, οἶμαι, μάλα σύννουν καὶ διαλελυπημένον· ἀποβλέψας δὲ πρὸς ἅπαντας ἡμᾶς ‘ὦ '''Ἡράκλεις''',’ εἶπεν ‘ἀγρίων καὶ βαρβάρων ἠθῶν· εἶτ´ οὐχ ὑπέρευ '''Θαλῆς''' ὁ παλαιὸς ἀπὸ ξένης ἐλθὼν διὰ χρόνου τῶν φίλων ἐρωτώντων ὅ τι καινότατον ἱστορήκοι ’τύραννον‘ ἔφη ’γέροντα.‘ καὶ γὰρ ᾧ μηδὲν ἰδίᾳ συμβέβηκεν ἀδικεῖσθαι, τὸ βάρος αὐτὸ καὶ τὴν σκληρότητα τῆς ὁμιλίας δυσχεραίνων ἐχθρός ἐστι τῶν ἀνόμων καὶ ἀνυπευθύνων δυναστειῶν.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome II, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/demonsocrategr.htm Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate], §6'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§6. Pendant que [[w:Théocrite|'''Théocritos''']] [[#Théocrite|<span id="Théocrite_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] parlait, '''Léontidas''' sortit avec ses amis, et nous entrâmes chez '''Simmias''', que nous saluâmes affectueusement. Il était assis sur son lit, et j’attribuai à l’insuccès de sa demande son air pensif et affligé. Après nous avoir regardés tous : « Par '''Hercule''' ! s’écria-t-il, quelles mœurs sauvages et barbares ! Eh bien ! n’avait-il pas cent fois raison le '''Thalès''' des anciens jours ? Comme il était revenu d’un long voyage à l’étranger, ses amis lui demandaient ce qu’il avait vu de plus curieux : « Un tyran parvenu à la vieillesse », répondit-il. Car ceux même qui n’ont pas éprouvé de la part d’un despote une injustice personnelle, supportent avec peine le poids et la dureté d’un semblable régime. On déteste tout pouvoir qui est en dehors de la loi et qui ne veut rendre de comptes à personne. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/74|Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate]], [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/83|§6]]'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Théocrite_back|<span id="Théocrite"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θεόκριτος / Theókritos [[wikt:en:Θεόκριτος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif et du nom commun θεός / theós [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|(en)]], « divin, dieu, divinité »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du verbe κρίνω / krínō, « 1. (transitif) Séparer, diviser, distinguer entre deux choses ou personnes ou parmi un groupe de choses ou de personnes. 2. (transitif) Commander, organiser. 3. S’enquérir, enquêter. 4. Sélectionner, choisir, préférer. 5. (transitif) Trancher un différend ou un concours ; (intransitif) Porter un jugement, prendre une décision : • (voix moyenne, voix passive) Décider d’un concours ; (voix moyenne et voix passive) Se disputer, se disputer, se quereller. 6. Décider ou juger [+accusatif et infinitif = que quelque chose fait quelque chose], [+accusatif et accusatif = que quelque chose est quelque chose]. 7. Discerner entre le bien et le mal. 8. Juger, prononcer. 9. Traduire en justice, accuser. 10. Condamner, critiquer. 11. Sécréter, cacher, dissimuler. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe adjectival récessif -τος / -tos [[wikt:en:-τος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">''Poète'', auteur de [[w:Mime|''mimes'']] (imitations comiques du langage ou des gestes), d’[[w:Poésie_pastorale|''idylles pastorales'']] et de [[w:Épopée|''contes épiques'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:310_av._J.-C.|-310]]<sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Théocrite#cite_ref-2|''Syracuse'']] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:250_av._J.-C.|-250]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>)'''<br /><br />
</div>{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§6. Pendant que '''Théocritos''' discourait ainsi, '''Léontidas''' sortit avec ses amis ; nous entrâmes et saluâmes '''Simmias''', qui était assis sur son lit, tout soucieux et triste, parce que sa demande avait été rejetée sans doute. En nous regardant tous, il s’écria : « '''Héraclès''' ! les moeurs sauvages et barbares ! Ah ! que '''Thalès''' l’ancien avait raison de répondre, lorsqu’après un long voyage à l’étranger ses amis lui demandaient ce qu’il avait remarqué de plus extraordinaire : « Un tyran âgé ». Même un homme qui a eu la chance de n’être pour son compte victime d’aucune injustice exècre déjà le poids et la dureté de ce commerce et est ennemi des dictatures, des dominations arbitraires.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome II, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/demonsocrate.htm Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate], §6'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les [[w:Alimentation_en_Grèce_antique#Banquets|''Symposiaques'']] [[#Symposiaques|<span id="Symposiaques_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], ou questions de table ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Symposiaques|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Symposiaques_back|<span id="Symposiaques"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun grec ancien συμπόσιον / sympósion [[wikt:en:συμπόσιον#Ancient_Greek|(en)]], « Seconde partie d’un repas pendant laquelle un groupe restreint de convives buvaient et discutaient sur un sujet. » ; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun σῠμπότης / sŭmpótēs [[wikt:en:συμπότης#Ancient_Greek|(en)]], « compagnon de boisson » ; <br /><p style="margin: 0 4em; text-indent: 15px;">➥ du préfixe σῠν- / sŭn- [[wikt:en:συν-#Ancient_Greek|(en)]], « avec, ensemble » ;<br /><p style="margin: 0 4em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun ποτής / potḗs [[wikt:en:ποτής#Ancient_Greek|(en)]], « boisson » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe -ῐον / -ĭon [[wikt:en:-ιον#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Entretiens dans un banquet, propos de table.
'''<br /><br />
</div>{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Livre III</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
====== <div style="text-align: center;">Question VI. Sur le temps où il est à propos de se rapprocher d’une femme.</div> ======
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage du statut marital de '''Thalès''' et de sa relation avec sa mère</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">Καθάπερ οὖν '''Θαλῆς''' ὁ σοφὸς ὑπὸ τῆς μητρὸς ἐνοχλούμενος γῆμαι κελευούσης πῶς ὑπεξέφυγε παρήγαγε λέγων πρὸς αὐτὴν ἐν ἀρχῇ μέν « οὔπω καιρὸς ὦ μῆτερ, » ὕστερον δ´ « οὐκέτι καιρὸς ὦ μῆτερ », οὕτως ἄρα καὶ πρὸς ἀφροδίσια κράτιστον {ἔσται} ἔχειν ἕκαστον, ὥστε κατακλινόμενον λέγειν «οὔπω καιρός», ἀνιστάμενον δ´ « οὐκέτι καιρός ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/sympos3.htm#VI Προβλημα Ϛ. Περὶ καιροῦ συνουσίας. - Question VI. Quel est le temps le plus propre à l'amour?]'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div></div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ainsi donc, comme le sage '''Thalès''', fatigué par sa mère qui l’engageait à se marier, trouva le moyen de lui échapper et de lui donner le change en lui disant une première fois : « Il n’est pas encore temps, ma mère », et, lorsqu’elle insistait encore après qu’il avait passé l’âge : « Il n’est plus temps » ; de même, pour ce qui regarde les plaisirs de l’amour, le mieux sera que chacun se détermine à dire, en se mettant au lit : « Il n’est pas temps encore », et, en sortant du lit : « il n’est plus temps ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/268|Question VI. Sur le temps où il est à propos de se rapprocher d’une femme]], [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/271|§3]]'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Le sage '''Thalès''', pressé par sa mère de se marier, lui répondit avec beaucoup d’adresse. Au commencement, il lui dit : Ma mère, il n’est pas encore temps. Quand il eut passé la fleur de son âge, et qu’elle lui fit de nouvelles instances, il lui répondit : Il n’est plus temps. De même, par rapport à la question proposée, le mieux serait que chacun pût se dire le soir en se couchant : Il n'm’est pas encore temps ; et le matin, quand il se lève : Il n’est plus temps. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/sympos3.htm#VI Προβλημα Ϛ. Περὶ καιροῦ συνουσίας. - Question VI. Quel est le temps le plus propre à l'amour?]'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== De la malignité d’'''Hérodote''' ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les opinions des Philosophes ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Livre I</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre II</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre III</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre IV</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer? ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== D’'''Isis''' et d’'''Osiris'''====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IX.</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage d’un voyage de '''Thalès''' en ''Égypte'', de rencontres avec des prêtres et de récit sur leur divinités.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">§9. [...] '''Ἑκαταῖος''' δ´ ὁ ''Ἀβδηρίτης'' φησὶ τούτῳ καὶ πρὸς ἀλλήλους τῷ ῥήματι χρῆσθαι τοὺς ''Αἰγυπτίους'', ὅταν τινὰ προσκαλῶνται· προσκλητικὴν γὰρ εἶναι τὴν φωνήν. Διὸ τὸν πρῶτον θεόν, ὃν τῷ παντὶ τὸν αὐτὸν νομίζουσιν, ὡς ἀφανῆ καὶ κεκρυμμένον ὄντα προσκαλούμενοι καὶ παρακαλοῦντες ἐμφανῆ γενέσθαι καὶ δῆλον αὐτοῖς ''Ἀμοῦν'' λέγουσιν.<br /><p style="text-indent: 15px">§10. Ἡ μὲν οὖν εὐλάβεια τῆς περὶ τὰ θεῖα σοφίας '''Αἰγυπτίων''' τοσαύτη {ἦν}, μαρτυροῦσι δὲ καὶ τῶν ''Ἑλλήνων'' οἱ σοφώτατοι, '''Σόλων''' '''Θαλῆς''' '''Πλάτων''' '''Εὔδοξος''' '''Πυθαγόρας''', ὡς δ´ ἔνιοί φασι, καὶ '''Λυκοῦργος''' εἰς ''Αἴγυπτον'' ἀφικόμενοι καὶ συγγενόμενοι τοῖς ἱερεῦσιν.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1870<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. [...] '''Hécatée''' d’''Abdère'' dit que les ''Égyptiens'' emploient ce mot pour s’appeler les uns les autres, attendu qu’il est essentiellement appellatif. C’est pourquoi, s’adressant au premier Dieu, le même, selon eux, que l’Univers, comme à un être invisible et caché, ils l’exhortent avec supplications, en l’appelant "Amoun", à se faire voir et à se découvrir à eux. Voilà jusqu’à quel point était grande la réserve qui caractérisait la philosophie religieuse des ''Égyptiens''.<br /><p style="text-indent: 15px">§10. C’est ce que témoignent les plus éclairés d’entre les ''Grecs'': '''Solon''', '''Thalès''', '''Platon''', '''Eudoxe''', '''Pythagore''', et aussi, d’après quelques-uns, '''Lycurgue'''. Ils étaient allés en ''Égypte'' et avaient eu des conférences avec les prêtres. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §§9, 10'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Sur_Isis_et_Osiris|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. [...] '''Hécatée''' d’''Abdère'' dit que les ''Egyptiens'' s’en servent pour s’appeler les uns les autres; que ce nom est de sa nature appellatif ; que ce peuple , qui croit que le premier des dieux, qu’il confond avec l’univers, est un dieu caché et inconnu, l’invoque et le prie de se découvrir à eux, en lui disant ''Amoun'' ;<br /><p style="text-indent: 15px">§10. tant ce peuple portait de retenue et de réserve dans sa philosophie religieuse ! C’est ce qu'attestent unanimement les plus sages d’entre les ''Grecs'', '''Solon''', '''Thalès''', '''Platon''', '''Eudoxe''', '''Pythagore''', et, suivant quelques uns, '''Lycurgue''' lui-même, qui tous voyagèrent en ''Egypte'', et y conférèrent avec les prêtres du pays.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §§9, 10'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XXXIV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la théorie de '''Thalès''' de l’eau principe de tous les êtres.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ἥλιον δὲ καὶ Σελήνην οὐχ ἅρμασιν ἀλλὰ πλοίοις ὀχήμασι χρωμένους περιπολεῖν φασιν αἰνιττόμενοι τὴν ἀφ´ ὑγροῦ τροφὴν αὐτῶν καὶ γένεσιν. Οἴονται δὲ καὶ '''Ὅμηρον''' ὥσπερ '''Θαλῆν''' μαθόντα παρ´ ''Αἰγυπτίων'' ὕδωρ ἀρχὴν ἁπάντων καὶ γένεσιν τίθεσθαι· τὸν γὰρ '''Ὠκεανὸν''' '''Ὄσιριν''' εἶναι, τὴν δὲ '''Τηθὺν''' '''Ἶσιν''' ὡς τιθηνουμένην πάντα καὶ συνεκτρέφουσαν. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1870<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ils disent que le soleil et la lune parcourent leur route perpétuelle non pas sur des chars, mais sur des bâtiments de navigation: signifiant par là, que c’est le principe humide qui les entretient et qui leur a donné naissance. Ils croient aussi que c’est des ''Egyptiens'' qu’'''Homère''', et après lui '''Thalès''', ont appris à établir l’eau comme principe générateur de tous les êtres. Ils veulent qu’'''Osiris''' soit l’'''Océan''', qu’'''Isis''' soit '''Téthys''', laquelle nourrit et entretient tout ce qui existe.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Sur_Isis_et_Osiris|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ils disent que le soleil et la lune parcourent les cieux, portés, non sur des chars, mais sur des vaisseaux, pour signifier que tout est nourri et mis en mouvement par l’eau. Ils pensent que c’est des ''Egyptiens'' qu’'''Homère''' et '''Thalès''' avaient pris cette opinion, que l’eau est le principe de tous les êtres, qu’'''Osiris''' est l’'''Océan''', et qu’'''Isis''' est '''Thétis''', qui nourrit et alimente toutes les substances.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Valère_Maxime|'''Valère Maxime''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Valère_Maxime|<sup>📚</sup>]] ==
=== Actions et paroles mémorables, VII, § 2 ===
:8. Il y a aussi un mot admirable de Thalès. On lui demandait si les actions des hommes échappaient à la connaissance des dieux. "Leurs pensées non plus", répondit-il. Aussi faut-il nous appliquer à avoir, je ne dis pas seulement les mains, mais encore le cœur pur, dans la persuasion que la divinité est témoin des mouvements les plus secrets de nos âmes.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Tatien_le_Syrien|'''Tatien''']] le [[w:Assyrie_(province_romaine)|''Syrien'']] ''(vers [[w:120|120]], en [[w:Halicarnasse|''Halicarnasse'']] en [[w:Assyrie_(province_romaine)|Assyrie]] — vers [[w:173|173]], en Assyrie)'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Tatien_le_Syrien|<sup>📚</sup>]] ==
=== Discours aux Grecs, 41 ===
= [[w:Lucien_de_Samosate|'''Lucien de Samosate''']] ''(vers [[w:120|120]], à [[w:Samosate|Samosate]] — vers [[w:180|180]], en [[w:Égypte_romaine_et_byzantine|Égypte]])'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Lucien_de_Samosate|<sup>📚</sup>]] =
=== Dialogues des morts ===
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6227866x/f7.item
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6227866x/f103.double
=== Hippias ou le bain ===
:(2) Mon but est de prouver que les constructeurs de machines qui méritent le plus notre admiration sont ceux qui, distingués par leur science théorique, ont laissé en outre à la postérité des monuments de leur art et des œuvres de leur génie, tandis que les hommes, qui se sont seulement exercés dans la parole méritent plutôt le nom de sophistes que celui de savants. C'est sur la liste traditionnelle de ces artistes que nous voyons figurer Archimède et Socrate de Cnide, qui inventèrent, l'un les moyens de soumettre à Ptolémée la ville de Memphis, sans recourir à un siège, mais en détournant et en divisant le cours du Nil ; l'autre, ceux d'incendier les galères des ennemis. Avant eux, Thalès de Milet, ayant promis à Crésus de faire passer à pied sec à son armée les eaux du fleuve Halys, imagina de les détourner en une seule nuit derrière le camp ; et pourtant ce n'était pas un mécanicien de profession, mais un sage d'un esprit inventif et à l'intelligence duquel on pouvait s'en rapporter.
=== Exemples de longévité ===
:(18) Solon, Thalès et Pittacus, que l'on compte au nombre des Sept sages, vécurent chacun cent années.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Clément_d%27Alexandrie|'''Clément''']] d'[[w:Histoire_d%27Alexandrie#Annexion|''Alexandrie'']] ''(vers [[w:150|150]]'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Athènes#Antiquité|Athènes]] — vers [[w:215|215]]'' <sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Kayseri|Kayseri]])'' [[s:Auteur:Clément_d’Alexandrie|<sup>📚</sup>]] ==
=== Stromates, I, 65 ===
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== [[w:Claude_Élien|'''Claude Élien''']] ''(vers [[w:175|175]]''<sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Préneste|Préneste]] — vers [[w:235|235]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', en [[w:Rome_antique|Rome]])'' [[s:Auteur:Élien_le_sophiste|<sup>📚</sup>]] ==
=== Histoires diverses ===
:On a vu des philosophes à la tête des affaires publiques : d'autres, se bornant à cultiver leur raison, ont passé leur vie dans le repos. Entre les premiers sont Zaleucus et Charondas qui réformèrent, l'un, le gouvernement des Locriens, l'autre, d'abord celui des Catanéens, puis, après qu'il eut été exilé de Catane, celui des Rhéginiens. Archytas servit utilement les Tarentins. Les Athéniens durent tout à Solon. Bias et Thalès rendirent les mêmes services à l'Ionie, Chilon à Lacédémone, Pittacus à Mitylène, Cléobule à Rhodes.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Sextus_Empiricus|'''Sextus Empiricus''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIe_siècle|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Sextus_Empiricus|<sup>📚</sup>]] ==
Hypot III, 30, et Liv I contre les phys., sect. 319
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796311p/f305.item.r=thales
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Lactance|'''Lactance''']] ''(vers [[w:250|250]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Henchir_Kssiba#Histoire|Civitas Popthensis]] — vers [[w:325|325]]''<sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'', en [[w:Gaule#La_Gaule_dans_l'Antiquité_tardive|Gaule]])'' ==
Épit. 4 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f300.image.r=thales)
Inst. 111, 16 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f621.item.r=thales)
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== [[w:Jamblique|'''Jamblique''']] ''(vers [[w:250|250]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Qinnasrīn|Chalcis ad Belum]] — vers [[w:333|333]]''<sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'')'' ==
=== Vie de Pythagore ===
==== chap. II ====
(https://web.archive.org/web/20110721184914/http://www.aurumsolis.info/index.php?option=com_phocadownload&view=category&download=1%3Aiamblichus-the-pythagorean-life&id=19%3Awritings-from-the-founders&Itemid=143&lang=en)
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== [[w:Eusèbe_de_Césarée|'''Eusèbe''']] de [[w:Césarée#Césarée_au_début_du_christianisme|''Césarée'']] ''(vers [[w:265|265]]'' <sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à Césarée — [[w:340|340]]'' <sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'', à Césarée)'' [[s:Auteur:Eusèbe_de_Césarée|<sup>📚</sup>]] ==
Preparation Évangélique, XI, 2
Prepar. évang. I, 8, page 22-25
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796311p/f310.image.r=thales
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== [[w:Diogène_Laërce|'''Diogène Laërce''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Diogène_Laërce|<sup>📚</sup>]] ==
''Ce texte est un extrait de la traduction de Robert Genaille (1933)''
Thalès[1], au dire d’Hérodote, de Douris et de Démocrite, était fils d’Examios et de Cléobuline, et membre de la famille des Thélides, Phéniciens descendant en droite ligne d’Agénor[2] et de Cadmus[3], s’il faut en croire Platon. Le premier, il porta le nom de sage, au temps où Damasias était archonte à Athènes[4]. C’est sous le même archontat que fut créée l’expression : « les sept sages » (cf. Démocrite de Phalère, Registre des Archontes). Thalès fut inscrit comme citoyen de Milet quand il vint dans cette ville avec Nélée chassé de Phénicie. Une autre tradition très courante veut qu’il soit natif de Milet et qu’il descende d’une bonne famille. Il s’occupa de politique avant d’étudier la nature. On croit qu’il ne laissa aucun écrit, car l’Astrologie nautique qu’on lui attribue est de Phocos de Samos.
Callimaque[5] croit qu’il découvrit la Petite Ourse et le raconte en vers iambiques :
Il mesura, dit-on, les étoiles du Chariot
Sur quoi les Phéniciens règlent leur navigation.
D’autres auteurs disent qu’il écrivit seulement deux ouvrages, un sur le solstice et un sur l’équinoxe, car il pensait le reste inaccessible. Il passe pour avoir le premier étudié l’astrologie et prédit les éclipses de soleil et les solstices (cf. Eudème, Histoire de l’astrologie)[6]. Xénophane et Hérodote le louent à ce propos, et leur témoignage est confirmé par celui d’Héraclite et de Démocrite. On dit encore (cf. le poète Choirilos) qu’il fut le premier à affirmer l’immortalité des âmes.
Le premier il dessina la course du soleil d’un solstice à l’autre, et démontra que comparée au soleil, la lune en est la cent vingtième partie. C’est encore lui qui fixa à trente jours la durée du mois, et qui écrivit le premier traité sur la Nature.
Aristote et Hippias disent aussi qu’il accordait une âme aux choses qu’on croit inanimées ; il en donnait pour preuve l’ambre et la pierre de Magnésie.
Selon Pamphile[7], il apprit des Égyptiens la géométrie, inscrivit dans un cercle le triangle rectangle, et pour cette découverte immola un bœuf. D’autres, comme Apollodore le calculateur, attribuent cette invention à Pythagore. Thalès a encore développé et précisé l’invention du Phrygien Euphorbe citée par Callimaque dans ses Iambes et concernant le triangle scalène, et tout ce qui touche aux considérations sur les lignes.
Il semble encore avoir été en politique un homme de bon conseil. Ainsi, quand Crésus[8] envoya une ambassade aux Milésiens pour demander leur alliance, il s’y opposa, et son intervention sauva la ville, puisque Cyrus l’emporta.
Héraclite cite une opinion de Clytos selon laquelle Thalès aurait eu une vie retirée et solitaire. Les uns disent qu’il se maria et eut un fils nommé Kibissos. D’autres prétendent qu’il resta célibataire et adopta le fils de sa sœur, qu’on lui demanda un jour pourquoi il ne cherchait pas à avoir des enfants, et qu’il répondit : « Par amour pour les enfants. » Sa mère l’exhortait à se marier, il lui répondit : « Non, par Zeus, il n’est pas encore temps. » Elle l’y invita une nouvelle fois quand il eut pris de l’âge, mais il lui dit : « Il n’est plus temps. »
D’après Hiéronyme de Rhodes (Notes, livre II), il voulut montrer combien il était facile de s’enrichir ayant prévu pour l’année une abondante récolte d’huile, il prit à loyer une oliveraie et gagna beaucoup d’argent[9].
Il soupçonna que l’eau était le principe des choses, que le monde était animé et rempli de démons. On dit qu’il découvrit les saisons de l’année, et qu’il la divisa en trois cent soixante-cinq jours. Il ne suivit les leçons d’aucun maître, sauf en Égypte, où il fréquenta les prêtres du pays. A ce propos, Hiéronyme dit qu’il mesura les Pyramides en calculant le rapport entre leur ombre et celle de notre corps. Si l’on en croit Minuès, il vivait au temps de Thrasybule, qui fut tyran de Milet[10].
L’histoire du trépied trouvé par des pêcheurs et dédié aux sages par le peuple de Milet est bien connue.
Des jeunes gens d’Ionie achetèrent à des pêcheurs milésiens leur coup de filet. Ils tirèrent de l’eau un trépied. On se querella et les Milésiens envoyèrent une ambassade à Delphes. Voici quel fut l’oracle de la divinité :
Race de Milet, tu interroges Phébus au sujet d’un trépied ?
Au plus sage de tous, je donne ce trépied[11].
Ils le donnent alors à Thalès, qui le donne à un autre, et cet autre à un autre, et ainsi de suite jusqu’à Solon, qui, déclarant que seul le dieu était le plus sage de tous, rendit le trépied à Delphes.
Callimaque, dans ses Iambes, rapporte cette histoire autrement ; il la tient de Léandre de Milet. Il dit qu’un certain Bathyclès d’Arcadie laissa en mourant une coupe pour qu’elle fût donnée à l’homme le plus sage. Elle fut donc donnée à Thalès, et après être passée de main en main et avoir fait le tour des sages, elle revint à Thalès. Celui-ci en fit don alors à Apollon de Didyme, en ces termes selon le poème de Callimaque :
Thalès me donne au protecteur du peuple du Nil,
Thalès qui a reçu deux fois ce présent,
ce qui, en prose, se dit ainsi : « Thalès de Milet, fils d’Examios, à Apollon delphien, ce présent qu’il a reçu deux fois des Grecs. » Celui qui portait la coupe de sage en sage, le fils de Bathyclès, s’appelait Thyrion (cf. Éleusis, Livre sur Achille, et Alexon de Mynde, Fables, livre IX).
Eudoxe de Cnide et Évanthès de Milet disent de leur côté qu’un ami de Crésus reçut du roi un vase d’or, pour le donner au plus sage des Grecs, qu’il le donna à Thalès et que ce vase parvint jusqu’à Chilon. Celui-ci consulta la Pythie, pour savoir qui était plus sage que lui. Elle répondit que c’était Myson (je parlerai de lui : Eudoxe le met parmi les sages à la place de Cléobule et Platon à la place de Périandre.) Voici la réponse que lui fit la Pythie :
Il y a un habitant de l’Oeta, Myson, né à Chénée,
Qui plus que toi est riche de sages pensées.
L’homme qui consulta l’oracle pour Chilon s’appelait Anacharsis. Dédale le Platonicien et Cléarque disent que la coupe fut envoyée par Crésus à Pittacos, et que c’est ainsi qu’elle passa de main en main. D’après Andron, d’autre part (Livre du trépied), les Argiens décidèrent que le trépied serait attribué comme prix de vertu au plus sage des Grecs. Aristodème de Sparte fut choisi et c’est lui qui donna le trépied à Chilon.
Alcée est aussi partisan d’Aristodème dont il parle dans les vers suivants :
:Comme jadis Aristodème, dit-on,
:Prononça à Sparte cette parole bien juste :
:C’est de l’argent, un homme, oui de l’argent,
:Car l’homme vertueux n’est jamais pauvre.
D’autres disent encore que Périandre envoya à Thrasybule, tyran de Milet, un navire chargé, que ce navire fit naufrage dans la mer de Cos, et que quelque temps après le trépied fut trouvé par des pêcheurs. Phanodicos dit que le trépied fut trouvé dans la mer Attique, porté à la ville, et que l’assemblée du peuple s’étant réunie le fit porter à Bias. Pourquoi cela, je le dirai quand je parlerai de Bias. Selon d’autres auteurs, le trépied avait été fabriqué par Héphaïstos et donné en présent de la part de ce dieu à Pélops lors de son mariage. Il vint ensuite à Ménélas, fut enlevé avec Hélène par Alexandre, jeté dans la mer de Cos à l’instigation de la Spartiate qui prévoyait qu’il serait un sujet de querelle. Plus tard, en ce lieu, des Lébédiens achetèrent le produit d’un coup de filet et c’est le trépied qui fut tiré de l’eau. Il y eut querelle avec les pêcheurs, on vint jusqu’à Cos, et comme on ne s’accordait pas, on s’adressa à Milet, qui était la capitale. Les Milésiens envoyèrent des députés qui ne furent pas écoutés, aussi firent-ils la guerre aux gens de Cos. Comme de chaque côté il mourait beaucoup de gens, l’oracle déclara qu’il fallait donner le trépied au plus sage. Les deux camps s’entendirent alors pour l’attribuer à Thalès, qui par la suite le consacra à Apollon de Didyme. Pour en revenir à la réponse de l’oracle aux gens de Cos, elle disait ceci :
La querelle entre Ioniens et Méropes ne cessera pas
Avant que le trépied d’or qu’Héphaïstos jeta dans la mer
N’ait quitté votre ville pour la maison de l’homme
Qui connaît le présent, l’avenir et le passé.
La réponse aux Milésiens fut la suivante :
Race de Milet, tu interroges Phoebus au sujet d’un trépied...
comme il a été dit plus haut.
En voilà assez sur ce sujet[12].
Hermippe, dans ses Vies, rapporte à Thalès ce qui est dit par d’autres de Socrate : il aimait à dire qu’il remerciait la fortune de trois choses : d’être un humain et non une bête, d’être un homme et non une femme, enfin d’être un Grec, et non un barbare. On raconte encore qu’étant sorti de chez lui pour contempler les astres, il tomba dans un puits[13]. Une vieille femme survenant se moqua de lui en ces mots : « Comment, Thalès, toi qui n’es pas capable de voir ce qui est à tes pieds, t’imagines-tu pouvoir connaître ce qui est dans le ciel ? »
Timon[14] a bien connu aussi la science de Thalès en astronomie, et dans ses Silles, il le loue en ces termes :
Comme Thalès, un des sept sages, qui fut savant astronome.
L’Argien Lobon dit que ses écrits font un total de quelque deux cents vers, et que sous sa statue on écrivit :
Thalès de Milet repose ici dans le sol qui l’a nourri,
Il fut un sage, et le premier des astrologues.
Voici un de ses poèmes :
Le trop parler n’est pas marque d’esprit.
Trouvez une seule chose sage,
Choisissez une seule chose belle,
Et vous clouerez le bec à bien des bavards.
On lui attribue encore les sentences suivantes : de tous les êtres, le plus ancien, c’est Dieu, car il n’a pas été engendré ; le plus beau, c’est le monde, car il est l’ouvrage du dieu ; le plus grand, c’est l’espace, car il contient tout ; le plus rapide, c’est l’esprit, car il court partout ; le plus fort, c’est la nécessité, car elle vient à bout de tout ; le plus sage, c’est le temps, parce qu’il découvre tout. La mort, dit-il, ne diffère en rien de la vie. On lui répond : « Pourquoi, alors, ne te donnes-tu pas la mort ? » ; « Parce que vie ou mort, c’est tout un », réplique-t-il. Quelqu’un lui demande ce qui du jour ou de la nuit fut créé d’abord ; il répond : « La nuit est en avance d’un jour. » On lui demande si les mauvaises actions d’un homme échappent au regard des dieux. Il répond : « Ils voient même les mauvaises pensées. » Un homme adultère lui demandait s’il pouvait jurer qu’il n’avait pas commis d’adultère. Il répondit : « Le parjure n’est pas pire que l’adultère. »
On lui demandait ce qui était difficile : « Se connaître » dit-il ; ce qui était facile : donner un conseil à autrui ; ce qui était le plus doux : jouir ; ce que c’était que la divinité : un être sans commencement ni fin ; encore une chose difficile : voir un tyran âgé ; comment supporter aisément l’infortune : en voyant ses ennemis plus malheureux encore ; comment vivre vertueusement : en ne faisant pas ce que nous reprochons à autrui ; qui est heureux : l’homme bien portant, riche, courageux et instruit.
Il disait encore que l’on doit penser à ses amis aussi bien en leur absence qu’en leur présence, que la beauté ne vient pas d’un beau visage, mais de belles actions. « Ne t’enrichis pas injustement, conseillait-il, et veille à ne pas être cité en justice pour de mauvaises paroles contre tes proches et tes amis. Comme tu traites tes parents, tes enfants te traiteront. »
Du Nil[15] il disait qu’il débordait quand ses eaux étaient repoussées par les vents étésiens qui soufflent contre son cours.
Apollodore dans ses Chroniques dit que Thalès naquit la première année de la trente-cinquième olympiade[16]. Il mourut dans sa soixante-dix-huitième année ou, comme le dit Sosicrate, dans sa quatre-vingt-dixième année, car ce fut dans la cinquante-huitième olympiade. Il vécut du temps de Crésus, auquel il promit de faire traverser l’Hallys[17] sans pont, en détournant le cours du fleuve.
Il y eut cinq autres personnages du nom de Thalès (cf. Démétrios de Magnésie, Homonymes) : un rhéteur de Callatie, au style prétentieux, un peintre de Sicyone, de noble origine, un troisième, très ancien, du temps d’Hésiode, d’Homère et de Lycurgue, un quatrième, mentionné par Douris dans son traité de la peinture, un cinquième, plus jeune et peu connu, cité par Denys dans ses Critiques.
Pour en revenir à notre sage, il mourut en regardant les jeux gymniques, pour avoir eu trop chaud et trop soif et par suite de sa fatigue et de son grand âge. Voici son épitaphe :
:Ce tombeau, certes, est bien petit,
:Mais la renommée de l’homme est allée au ciel.
:C’est celui de Thalès le très sage.
J’ai écrit sur lui les vers suivants dans le premier livre de mes épigrammes ou « vers de mètres divers[18] :
:Tandis qu’il regardait les jeux, ô Zeus Hélios,
:Tu as ravi du stade le sage Thalès.
:Je te loue de l’avoir rapproché du ciel. Il était si vieux
:Que de la terre il ne pouvait plus voir les astres.
Thalès est l’auteur du fameux « connais-toi toi-même » qu’Antisthène (Livre des Filiations) attribue à Phémonoé, en déclarant que Chilon se l’appropria mensongèrement.
Sur les sept sages, qu’il est juste de citer maintenant l’un après l’autre, voici la tradition. Damon de Cyrène, qui blâme tous les philosophes dans ses écrits, s’attaque surtout aux sept sages. Anaximène dit que tous étaient poètes. Dicéarque dit qu’ils n’étaient ni sages ni philosophes, mais hommes d’esprit et législateurs. Archétimos de Syracuse a décrit leurs assemblées chez Cypsélos[19] et dit qu’il y assista personnellement. Euphoros dit que tous, sauf Thalès, fréquentèrent Crésus.
D’autres disent qu’ils se réunirent à Panionium, à Corinthe et à Delphes. On rapporte même leurs paroles, et qui a prononcé telle ou telle. Exemple :
Le Spartiate Chilon fut sage,
Lui qui dit : Rien de trop,
Tout est bien qui vient en son temps !
On n’est pas d’accord sur leur nombre. Léandre, au lieu de Cléobule et de Myson, met Léophante, fils de Gorsias, ou Lébédios d’Éphèse et Épiménide de Crète. Platon, dans le Protagoras[20], met Myson à la place de Périandre. Éphoros met Anacharsis à la place de Myson et d’autres ajoutent Pythagore.
Selon Dicéarque, il y en a quatre sur qui tout le monde est d’accord : Thalès, Bias, Pittacos et Solon. Le même auteur en nomme six autres, parmi lesquels il en choisit trois : Aristodème, Pamphile, le Lacédémonien Chilon, Cléobule, Anacharsis et Périandre. D’autres ajoutent Acousilaos, Caba ou Scala, un Argien.
Hermippe, dans son livre sur les sages, dit qu’ils furent dix-sept et que chacun en choisit sept selon ses préférences. Ce sont Solon, Thalès, Pittacos, Bias, Chilon, Cléobule, Périandre, Anacharsis, Acousilaos, Épiménide, Léophante, Phérécyde, Aristodème, Pythagore, Lasos, fils de Charmantidas ou de Sisambrinos ou, selon Aristoxène, de Chabrinus, Hermonée, Anaxagore.
Hippobotos (Catalogue des Philosophes) les inscrit ainsi : Orphée, Linos, Solon, Périandre, Anacharsis, Cléobule, Myson, Thalès, Bias, Pittacos, Épicharme et Pythagore.
Voici des lettres attribuées à Thalès[21] :
==== Thalès à Phérécyde ====
« J’apprends que vous vous disposez à présenter aux Grecs le premier traité ionien des choses divines. Vous agiriez peut-être plus sagement en lisant votre ouvrage à vos amis, qu’en communiquant à n’importe quelles gens des écrits qui ne peuvent guère leur être utiles.
« Si cela vous plaît, j’aimerais profiter de vos recherches et, si vous m’y invitez, je viendrai vous trouver au plus tôt. Car Solon d’Athènes et moi, qui avons déjà traversé deux fois la mer pour aller visiter la Crète, et pour aller en Égypte nous entretenir avec les prêtres et les astronomes du lieu, nous sommes assez sages pour ne pas hésiter à la traverser de nouveau pour aller vous voir.
« Je parle de Solon, parce qu’il viendra avec moi si vous le permettez. Vous êtes un sédentaire, vous allez rarement en Ionie, vous n’aimez guère aller voir les étrangers, et vous ne songez, j’imagine, qu’à écrire.
« Mais nous qui n’écrivons pas, nous parcourons volontiers la Grèce et l’Italie. »
==== Thalès à Solon ====
« Si vous quittez Athènes, vous aurez, je crois, tout avantage à venir vous établir à Milet, parmi les colons athéniens. Il n’y a là pour vous aucun danger. Si vous hésitez, sous prétexte que nous, Milésiens, sommes gouvernés par un tyran (je sais que vous haïssez tout pouvoir absolu), songez du moins que vous aurez plaisir à vivre avec nous qui sommes vos amis. Je sais que Bias vous a écrit et vous invite à aller à Priène. Si vous trouvez préférable d’habiter la ville de Priène, j’irai vivre là-bas avec vous. »
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== [[w:Ausone|'''Ausone''']] ''([[w:309|309]]/[[w:310|310]], à [[w:Bazas|Bazas]] ou à [[w:Bordeaux#Burdigala,_cité_romaine_(Ier_siècle_-_Ve_siècle)|Bordeaux]] — [[w:394|394]]/[[w:395|395]], entre [[w:Langon_(Gironde)|Langon]] et [[w:La_Réole|La Réole]])'' <sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Ausone|<sup>📚</sup>]] ==
=== Le Jeu des Sept Sages ===
:Thalès a trouvé [texte grec] pour nous défendre de nous porter cautions, parce qu'il y a du danger à répondre ainsi pour d'autres[iv]. Nous donnons-là un avis qui ne plaira pas beaucoup aux emprunteurs.
:THALÈS : Je suis Thalès de Milet ; j'ai dit, comme le poète Pindare, que l'eau est, le principe de toute chose. C'est à moi que des pêcheurs donnèrent autrefois [un trépied d'or] qu'ils avaient tiré de la mer : ils m'avaient choisi pour obéir au dieu de Délos, qui envoyait ce présent à un sage. Je refusai de le recevoir, je le leur rendis pour le porter à d'autres que je croyais plus dignes. Envoyé à tous les sept Sages, et renvoyé par eux, il nie fut rapporté. Je le reçus alors pour le consacrer à Apollon : car si Phébus a voulu qu'on choisit un sage, ce n'était pas d'un homme, mais d'un dieu qu'il fallait l'entendre. Je suis donc ce Thalès : mais un motif m'amène sur la scène. Comme les deux sages qui m'ont précédé, je viens défendre la sentence dont je suis l'auteur. Elle déplaira, mais non certes aux esprits prudents que l'expérience a instruits et rendus plus avisés. Nous avons dit : [texte grec], ou, en latin : Cautionne, mais tu t'en trouveras mal. Je pourrais parcourir mille exemples pour vous montrer des cautions et des répondants bien et dûment convaincus de repentir. Mais je ne veux nommer personne. Que chacun de, vous ré-fléchisse, et compte en lui-même combien de gens ont perdu ou souffert de s'être ainsi portés cautions pour d'autres. Toutefois, si un pareil service a du charme pour vous, n'y renoncez ni les uns ni les autres.
:Alors que les uns applaudissent, et que les autres, si je les blesse, me sifflent.
:THALÈS DE MILET.
:AVANT d'oser une mauvaise action, à défaut de Témoin redoute ta conscience. La vie s'éteint, mais la gloire de la mort ne meurt point. Ce que tu veux faire, abstiens-toi de le dire. C'est un supplice de craindre ce qu'on ne peut empêcher. Si tu blâmes avec raison, ton hostilité même est profitable ; si tu loues mal à propos, ton amitié même est nuisible. Rien de trop. - Arrêtons-nous, et qu'ici même il n'y ait rien de trop.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Proclus|'''Proclus''']] ''(le 7 ou 8 février [[w:412|412]], à [[w:Constantinople|Constantinople]] — le 17 avril [[w:485|485]], à [[w:Histoire_d%27Athènes#Antiquité_tardive|Athènes]])''<sup>[[w:Ve_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Proclus|<sup>📚</sup>]] ==
=== Commentaire sur le premier livre d'Euclide, 65, 3 ===
ὥσπερ οὖν παρὰ τοῖς Φοίνιξιν διὰ τὰς ἐμπορείας καὶ τὰ συναλλάγματα τὴν ἀρχὴν ἔλαβεν ἡ τῶν ἀριθμῶν ἀκριβὴς γνῶσις, οὕτω δὴ καὶ παρ' Αἰγυπτίοις ἡ γεωμετρία διὰ τὴν εἰρημένην αἰτίαν εὕρηται. Θαλῆς δὲ πρῶτον εἰς Αἴγυπτον ἐλθὼν μετήγαγεν εἰς τὴν Ἑλλάδα τὴν θεωρίαν ταύτην καὶ πολλὰ μὲν αὐτὸς εὗρεν, πολλῶν δὲ τὰς ἀρχὰς τοῖς μετ' αὐτὸν ὑφηγήσατο τοῖς μὲν καθολικώτερον ἐπιβάλλων, τοῖς δὲ αἰσθητικώτερον.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== « [[w:Souda|'''Suidas''']] » ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] fin du [[w:IXe_siècle|IX<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Suidas|<sup>📚</sup>]] ==
=== La Souda ===
Θαλῆς, Ἐξαμύου καὶ Κλεοβουλίνης, Μιλήσιος, ὡς δὲ Ἡρόδοτος Φοῖνιξ: γεγονὼς πρὸ Κροίσου, ἐπὶ τῆς λε# ὀλυμπιάδος, κατὰ δὲ Φλέγοντα γνωριζόμενος ἤδη ἐπὶ τῆς ζ#. ἔγραψε περὶ μετεώρων ἐν ἔπεσι, Περὶ ἰσημερίας, καὶ ἄλλα πολλά. ἐτελεύτησε δὲ γηραιός, θεώμενος γυμνικὸν ἀγῶνα, πιληθεὶς δὲ ὑπὸ τοῦ ὄχλου καὶ ἐκλυθεὶς ὑπὸ τοῦ καύματος. πρῶτος δὲ Θαλῆς τὸ τοῦ σοφοῦ ἔσχεν ὄνομα καὶ πρῶτος τὴν ψυχὴν εἶπεν ἀθάνατον ἐκλείψεις τε καὶ ἰσημερίας κατείληφεν. ἀποφθέγματα δὲ αὐτοῦ πλεῖστα: καὶ τὸ θρυλλούμενον: γνῶθι σαυτόν. τὸ γάρ, ἐγγύα, πάρα δ' ἄτα, Χίλωνός ἐστι μᾶλλον, ἰδιοποιησαμένου αὐτό: καὶ τό, μηδὲν ἄγαν.
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{| border="0" cellpadding="0" width="100%" style="background: #f9f9f9"
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<span style="font-size:18pt;">Période du Principat de l’[[w:Empire_romain|''Empire'']] [[#Empire|<span id="Empire_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] [[w:Rome_antique|''Romain'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Rome_back|<sup>🔄</sup>]]</span>
<p style="text-align: right;">(16 janvier [[w:27_av._J.-C.|-27]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, nomination de [[w:Auguste|'''Caius Iulius Caesar Octavianus''']] aux titres d’[[w:Auguste_(titre)|''Augustus'']] et de [[w:Princeps_senatus|''Princeps'']] par le [[w:Sénat_romain|''Sénat romain'']] — fin du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], création du système [[w:Tétrarchie|''tétrarchique'']] [[#tétrarchie|<span id="tétrarchie_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] par [[w:Dioclétien|'''Dioclétien''']] [[#Dioclétien|<span id="Dioclétien_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] pour faire face aux [[w:Invasions_barbares#Première_période_:_les_mouvements_migratoires_germaniques_du_IIIe_siècle|''incursions barbares'']])
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Empire|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
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<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Empire_back|<span id="Empire"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun latin imperium [[wikt:en:imperium#Latin|(en)]], « 1. L’empire, l’État, le gouvernement impérial, le royaume, la domination. 2. Le droit ou le pouvoir de commander ou d’avoir le contrôle ; domination. 3. Commandement ou autorité absolue sur l’empire (ou un autre régime politique) ; souveraineté ; domination. 4. (militaire) Autorité militaire, commandement (d’une armée). 5. L’exercice de l’autorité, de la règle, de la loi, du contrôle, de la souveraineté. 6. Un commandement, un ordre, une direction, une injonction.) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe imperō, « 1. (avec datif) Commander, donner des ordres à, imposer, exiger. 2. Gouverner. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du préfixe prépositionnal in-, « 1. Dans, à l’intérieur. 2. Contre; dans; sur; vers. 3. (utiliser comme un intensifieur). 4. Attaché à des [[w:Aspect_inchoatif|''verbes inchoatifs'']], il peut exprimer le sens d’un changement en cours ou d’un achèvement partiel. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ + du verbe parō [[wikt:en:paro#Latin|(en)]], « 1. Arranger, ordonner, concevoir. 2. Fournir, meubler, préparer. 3. Résoudre, viser, décider. 4. Obtenir, acquérir, se procurer, se faire. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal abstractif -ium [[wikt:en:-ium#Latin|(en)]], désignant parfois des offices et des groupes. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Selon l’historien, spécialiste de l’[[w:Grèce_antique|''antiquité grecque'']], [[w:Moses_Finley|Moses Finley]], définit un empire par tout {{Info|''« exercice durable par un État d’une autorité, d’un pouvoir, ou d’un contrôle sur un ou plusieurs États, communautés ou peuples »''|Moses Finley, Économie et société en Grèce antique, La Découverte, 2007.}}. L’historien [[w:Jean_Tulard|Jean Tulard]], précise cette définition par {{Info|''cinq traits suivants''|Jean Tulard, Les Empires occidentaux de Rome à Berlin, PUF, 1997.}} :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> • Une volonté expansionniste ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Une organisation centralisée ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Des peuples encadrés par une armature politique et fiscale commune ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• La croyance en une supériorité d’essence ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• Un début et une fin clairement identifiés.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#tétrarchie_back|<span id="tétrarchie"><sup>II</sup></span>]] Du nom commun grec ancien τετραρχία / tetrarkhía;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du préfixe τετρα- / tétra- [[wikt:en:τετρα-#Ancient_Greek|(en)]], « quatre »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe -αρχία / -arkhía [[wikt:en:-αρχία#Ancient_Greek|(en)]], « -archie (forme de gouvernement ou de règle) »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Système de gouvernement de l’Empire ''romain'' mis en place par Dioclétien à la fin du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], pour faire face aux invasions barbares. Il consiste en la division de la direction de l’empire entre, d’une part deux [[w:Empereur_romain|''empereurs'']] — les [[w:Auguste_(titre)|''augustes'']] —, d’autre part deux ''lieutenants'' (successeurs désignés des ''augustes'') — les [[w:C%C3%A9sar_(titre)|''césars'']].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#Dioclétien_back|<span id="Dioclétien"><sup>III</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Gaius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Aurelius|nomen, nom de famille}} {{Info|Valerius|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, surnommé Dioclētiānus [[wikt:en:Diocletian#English|(en)]] lorsqu’il a été proclamé empereur par ses troupes;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Militaire et empereur, connu pour avoir séparé et élargi les services civils et militaires de l’empire, et réorganisé les divisions provinciales de l’empire, établissant le gouvernement le plus vaste et le plus bureaucratique de l’histoire de l’empire. En [[w:286|286]], il nomme son ''césar'', ou adjoint et successeur, [[w:Maximien_Hercule|Maximien]] ''Auguste'', co-empereur, et partage l’Empire entre l’Orient et l’Occident, puis en 293, y nomme respectivement [[w:Galère_(empereur_romain)|Maximien Galère]] et [[w:Constance_Chlore|Constance Chlore]] comme ''césar''.<br/><br/></div>
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== [[w:Sénèque|'''Sénèque''']] [[#Sénèque|<span id="Sénèque_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:5_av._J.-C.|-5]] <sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> / [[w:1|1]] <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>, à [[w:Corduba|Corduba]] — 12 avril [[w:65|65]], à [[w:Rome_antique|''Rome'']], dans une maison de plaisance, la « quatrième pierre milliaire », contraint au [[w:Suicide_forcé|''suicide forcé'']] par l’empereur [[w:Néron|'''Néron''']] après avoir été dénoncé dans la [[w:Conjuration_de_Pison|''Conjuration de Pison'']], sans preuve selon [[w:Tacite|'''Tacite''']] [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/annales15.htm <sup>Annales, l.V, §§LX-LXVI.</sup>]) [[s:Auteur:Sénèque_le_Jeune|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA177#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –)}}]
[[Fichier:Duble_herma_of_Socrates_and_Seneca_Antikensammlung_Berlin_03_.jpg|vignette|<p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Double-hermès du [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], unique portrait de '''Sénèque''' nommé et authentifié, et associé à celui de '''Socrate''', dont le point commun est celui d’avoir été contraint de se donner la mort. Copie ''romaine'' d’un modèle fait du vivant même du philosophe [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA180#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –), Iconographie}}] [https://books.google.fr/books?id=_HZTvAxN7CIC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA201#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>➕➕</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume VI, §43 - Seneca (Lucius Annaeus –), Iconographie - contribution de J. Lang}}].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Matériau : Marbre blanc-brunâtre, légèrement veiné, finement cristallin.<br /><p style="text-indent: 15px;">Provenance : ''Rome'', 1813.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Exposition : Staatliche Museen zu Berlin, Antikensammlung, SK. 391 [https://recherche.smb.museum/detail/698814/doppelherme-des-sokrates-und-seneca-mit-namensbeischriften-der-dargestellten <sup>🔍</sup>].]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Homme politique romain, philosophe stoïcien et dramaturge, il devient tour à tour conseiller à la cour impériale sous '''Caligula''' puis '''Claude''', est exilé en 41 en ''Corse'', où il écrit ses premiers traités philosophiques avant d’être rappelé comme tuteur du jeune '''Néron''' en 49, et enfin, lorsque ce dernier accède au pouvoir, en devient le conseiller et l’un des personnages les plus influents de l’Empire.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Sénèque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Sénèque_back|<span id="Sénèque"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Lucius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Annaeus|nomen, nom de famille}} {{Info|Seneca|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}'''<br/><br/></div>
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=== [[w:Sénèque#Physique|Questions naturelles]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Questions_naturelles|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Ouvrage de philosophie naturelle écrit vers 65. Il ne s’agit pas d’une [[w:Encyclopédie|encyclopédie]] [[#encyclopédie|<span id="encyclopédie_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] systématique comme l’[[w:Histoire_naturelle_(Pline_l'Ancien)|''Histoire naturelle'']] [[#Histoire_naturelle|<sup>⤵️</sup>]] de [[w:Pline_l'Ancien|'''Pline l’Ancien''']] [[#Pline_l’Ancien_I|<sup>⤵️</sup>]], bien que ces 2 œuvres représentent les rares ouvrages romains consacrés à l’étude du monde naturel. L’investigation de '''Sénèque''' se déroule principalement à travers la prise en compte des points de vue d’autres penseurs, ''grecs'' et ''romains'', bien qu’elle ne soit pas dénuée de pensées originales, dont éthiques conforment à la pensée ''stoïcienne''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Questions naturelles|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#encyclopédie_back|<span id="encyclopédie"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun [[w:Latin#Latin_humaniste|latin Renaissance]] encyclopaedīa [[wikt:en:encyclopaedia#Latin|(en)]]; de l’expression grec ancien ἐγκύκλῐος παιδείᾱ / enkúklios paideíā [https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03927443/file/DONNADILLE-MR2-Pline-VERS-FINALE.pdf {{Info|<sup>🔍</sup>|Lisa Donnadille. Merveilles animalières dans les livres VIII à XI de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Littératures. 2020. ffdumas-03927443, p.21}}], « cercle de l’éducation ou des sciences, l’ensemble des sciences qui constituent une éducation complète »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif ἐγκύκλιος / enkúklios, littéralement « qui est rond ou tourne en rond, circulaire », ou au sens figuré « qui revient en cercle sur soi-même, périodique », « qui embrasse un cercle entier »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun παιδεία / paideía, « l’éducation »;'''<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: center;">« ''Si à première vue la signification de cette expression semble être sans ambiguïté, sa portée réelle et la compréhension qu’en avaient les auteurs grecs puis latins font l’objet de débats parmi les spécialistes. En effet, deux interprétations sont possibles lorsqu’un auteur de l’Antiquité a recours à cette expression dans l’un de ses textes. Dans le premier cas, cela équivaudrait à parler d’une éducation ordinaire, commune à tous ; et dans le second cas, cela ferait référence à la quantité de connaissances et de sciences qu’il faudrait maîtriser au préalable avant de commencer l’étude d’un sujet précis, qui serait dans ce cas placé en haut d’une hiérarchie dans les savoirs.'' »<br /><p style="margin: 0 2em; text-align: right;">''' Lisa Donnadille. [https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03927443/file/DONNADILLE-MR2-Pline-VERS-FINALE.pdf Merveilles animalières dans les livres VIII à XI de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien. Littératures. 2020. ffdumas-03927443], p.21'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre III — De l’eau ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, Sénèque explique pourquoi il est plus important de s’intéresser à l’observation du monde, à sa connaissance et à sa compréhension plutôt qu’à sa conquête. Puis, il développe diverses théories sur la formation des rivières, les eaux souterraines et les propriétés de l’eau. Dans une critique morale aux chapitres XVII à XIX, il fustige la mauvaise pratique consistant à amener à table des poissons, notamment des rougets, vivants et à se délecter de leurs couleurs changeantes à l’agonie avant de les préparer devant les convives. En épilogue, il énonce son [[w:Eschatologie|''eschatologie'']], sa vision de la fin du monde où les êtres vivants seront anéantis par des raz-de-marée, marquant la fin d’un cycle du vivant et le début d’un autre.</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre XIII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la doctrine de '''Thalès''' faisant de l’eau l’élément à l’origine de la vie et critique d’une autre de la terre flottant dessus.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''13.''' Adiciam, ut '''Thales''' ait, «ualentissimum elementum est». Hoc fuisse primum putat, ex hoc surrexisse omnia. Sed nos quoque aut in eadem sententia, aut in uicinia eius sumus. Dicimus enim ignem esse qui occupet mundum et in se cuncta conuertat; hunc euanidum languentemque considere et nihil relinqui aliud in rerum natura igne restincto quam umoren; in hoc futuri mundi spem latere. Ita ignis exitus mundi est, umor primordium. Miraris ex hoc posse amnes semper exire qui pro omnibus fuit et ex quo sunt omnia? Hic umor in diductione rerum ad quartas redactus est, sic positus ut sufficere fluminibus edendis, ut riuis, ut fontibus posset.<br /><p style="text-indent: 15px;">'''14.''' Quae sequitur '''Thaletis''' inepta sententia est. Ait enim terrarum orbem aqua sustineri et uehi more nauigii mobilitateque eius fluctuare tunc cum dicitur tremere; non est ergo mirum si abundat umor ad flumina profundenda, cum in umore sit totus. Hanc ueterem et rudem sententiam explode. Nec est quod credas in hunc orbem aquam subire per rimas et facere sentinam.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n261/mode/2up ''Liber Tertivs.''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-i-1979/page/n293/mode/2up ''chap. 13.-14.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' Aqua, ait '''Thales''', valentissimum elementum est : hoc fuisse primum putat, et hoc surrexisse omnia. Sed et nos quoque aut in eadem sententia, aut in ultima sumus. Dicimus enim ignem esse, qui occupet mundum, et in se cuncta convertat ; hunc evanidum considere, et nihil relinqui aliud in rerum natura, igne restincto, quam humorem : in hoc futuri mundi spem latere. Ita ignis exitus mundi est, humor primordium. Miraris amnes ex hoc posse exire semper, qui pro omnibus fuit, et ex quo sunt omnia? Hic humor in diductione rerum ad quartas redactus est, sic positus, ut fluminibus edendis sufficere, ut rivis, ut fontibus posset. Quæ sequitur, '''Thaletis''' inepta sententia est : ait enim , terrarum orbem aqua sustineri, et vehi more navigii, mobilitateque ejus fluctuare, tum quum dicitur tremere. Non est ergo mirum, si abundat humor ad flumina fundenda, quum mundus in humore sit totus. Hanc veterem et rudem sententiam explode : nec est quod credas, in hunc orbem aquam subire per rimas et facere sentiuam.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA327#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Troisième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA342#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' L’eau, dit '''Thalès''', est le plus puissant des éléments, le premier en date, celui par qui tout a pris vie. Nous pensons comme '''Thalès''', au moins sur le dernier point. En effet, nous prétendons que le feu doit s’emparer du monde entier et convertir tout en sa propre substance, puis s’évaporer, s’affaisser, s’éteindre et ne rien laisser autre chose dans la nature que l’eau ; qu’enfin l’eau recèle l’espoir du monde futur. Ainsi périra par le feu cette création dont l’eau fut le principe. Es-tu surpris que des fleuves sortent incessamment d’un élément qui a tenu lieu de tout, et duquel tout est sorti ? Quand les éléments furent séparés les uns des autres, l’eau fut réduite au quart de l’univers, et placée de manière à suffire à l’écoulement des fleuves, des ruisseaux, des fontaines. Mais voici une idée absurde de ce même '''Thalès'''. Il dit que la terre est soutenue par l’eau sur laquelle elle vogue comme un navire ; qu’à la mobilité d’un tel support sont dues les fluctuations qu’on appelle tremblements de terre. Ce ne sera donc pas merveille qu’il y ait assez d’eau pour entretenir les fleuves, si tout le globe est dans l’eau. Ce système grossier et suranné n’est que risible ; tu ne saurais admettre que l’eau pénètre notre globe par ses interstices, et que la cale est entr’ouverte.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_3|''Livre III. chap. 13.'']], traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles3.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XIII.''' L’eau, dit '''Thalès''', est le plus puissant des éléments : elle existait avant tout, elle est le principe de tout. Nous pensons comme '''Thalès''', au moins sur le dernier point. En effet, nous croyons que le feu, s’emparant du monde entier, convertira tout en sa propre substance : mais il finira par cesser ses ravages, et quand il sera éteint, dans toute la nature il ne restera que l’eau, et cette eau renfermera le germe et l’espérance d’un monde futur. Ainsi par le feu s’accomplira la destruction de l’univers, et par l’eau sa réorganisation. Êtes-vous
surpris, maintenant, qu’après avoir tenu lieu de tous les éléments, et les avoir produits tous, l’eau suffise à l’entretien perpétuel des fleuves ? Quand les éléments furent séparés les uns des autres, l’eau fut réduite au quart de l’univers, et dans une proportion convenable pour suffire à l’alimentation des fontaines, des ruisseaux et des rivières. Mais voici une idée absurde du même '''Thalès''' : il dit que la terre est soutenue par l’eau, et qu’elle flotte sur elle comme un navire ; que les tremblements de terre sont causés par les oscillations et les mouvements du fluide qui la soutient. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait assez d’eau pour alimenter les fleuves, puisque tout le globe est dans l’eau. Mais rejetons cette vieille et informe hypothèse, qui assimile les sources aux flots que la cale entr’ouverte laisse pénétrer dans le vaisseau.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA327#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Troisième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA342#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. III.'''<br />''Opiniõ de Thales touchant l’eau.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">L’eau , comme dit '''Thales''' , e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>t</nowiki> le plus fort des Elemens. Il croit me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me qu’elle e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le premier , & que toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es en ont pris nai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance. Pour moy ie {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uis de cette opinion , ou du moins de la derniere partie de cette opinion. Car nous [[#nous_stoiciens_NdT_dR|<span id="nous_stoiciens_NdT_dR_back"><sup>1</sup></span>]] di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le feu qui enueloppera tout le monde , & qui conuertira en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oy toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es; qu’il deuiendra {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans force quand il n’aura plus de nourriture , qu’apres que le feu {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}era e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}teint il ne demeurera rien de re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te à la nature que l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement , & que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t en elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule que con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}perance d’vn monde futur. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le feu e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t la fin du monde , & l’eau en e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le commencement. Vous e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonnez-vous donc que les fleuues pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir d’vn Element , qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t fait pour toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es & dont toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e font ? Lors que la nature fit le departement des Elemens , l’eau fut placée de telle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte , qu’elle peut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uffire pour les fleuues , pour les rui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux , pour les fontaines. Mais ce que '''Thales''' dit en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uitte e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t ridicule , car il dit que le Globe de la terre e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenu par les eaux ; qu’elles le portent comme vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau , & qu’elles l’agitent de la me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte , lors que nous croyons qu’il tremble. Il ne faut donc pas s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonner , s’il ya tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ez d’eau pour former de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i grands fleuues , puis que tout le monde nage fur l’eau. Mais me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pri{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ez cette vieille , & cette gro{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iere opinion , & ne croyez pas que l’eau vienne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la terre , comme par des fentes & par des creua{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es , & qu’elle y {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement comme dans le fond d’vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#nous_stoiciens_NdT_dR_back|<span id="nous_stoiciens_NdT_dR"><sup>1.</sup></span>]] Les Stoïciens.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA202#v=onepage&q&f=true ''Livre Troisiesme. Des eaux.''], [https://books.google.fr/books?id=ktOcOg9lr54C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii&hl=fr&pg=PA234#v=onepage&q&f=true ''chap. XIII.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
==== Livre IV — Du Nil ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, '''Sénèque''' fait l’éloge de [[w:Lucilius_le_Jeune|'''Lucilius''']] [[#Lucilius|<span id="Lucilius_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] avant de lui expliquer les dangers de la flatterie. Puis, il décrit la crue du [[w:Nil|''Nil'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Nil_back|<sup>🔄</sup>]], expose les théories tentant de l’expliquer et les réfute. En épilogue, il fait le procès du luxe, et plus particulièrement celui d’acheter de la neige, et donc de marchandiser l’eau, regrettant qu’on ne puisse faire de même avec l’air et le soleil.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Lucilius|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Lucilius_back|<span id="Lucilius"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Lucilius [[wikt:en:Lucilius#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Gouverneur ''romain'' de Sicile durant le règne de [[w:Néron|Néron]], ainsi qu’un ami et un correspondant de Sénèque.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]], [[w:Campanie#Histoire|''Campanie'']], [[w:Quatorze_régions_de_la_Rome_augustéenne#Regio_I_:_Porte_Capène|''Regio I'']])'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réfutation par '''Sénèque''' d’une théorie explicite de '''Thalès''' sur la crue du ''Nil'' (théorie identique mais supposément implicite rapportée par [[w:Hérodote|'''Hérodote''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Chapitre_XX|<sup>🔄</sup>]]).</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''2.''' [...] Si '''Thaleti''' credis, etesiae descendenti ''Nilo'' resistunt et cursum eius acto contra ostia mari sustinent. Ita reuerberatus in se recurrit, nec crescit, sed exitu prohibitus resistit et quacumque mox potuit ui congestus erumpit. '''Euthymenes''' ''Massiliensis'' testimonium dicit: «Nauigaui, inquit, ''Atlanticum'' mare. Inde ''Nilus'' fluit, maior, quamdiu etesiae tempus obseruant; tunc enim eicitur mare instantibus uentis. Cum resederunt, et pelagus conquiescit minorque descendenti inde uis ''Nilo'' est. Ceterum dulcis mari sapor est et similes ''Niloticis'' beluae». Quare ergo, si ''Nilum'' etesiae prouocant, et ante illos incipit incrementum eius et post eos durat? Praeterea non fit maior quo illi flauere uehementius, nec remittitur incitaturque, prout illis impetus fuit; quod fieret, si illorum uiribus cresceret. Quid quod etesiae litus ''Aegyptium'' uerberant et contra illos ''Nilus'' descendit, inde uenturus unde illi, si origo ab illis esset? Praeterea ex mari purus et caeruleus efflueret, non, ut nunc, turbidus ueniret. Adde quod testimonium eius testium turba coarguitur. Tunc erat mendacio locus; cum ignota essent externa, licebat illis fabulas mittere. Nunc uero tota exteri maris ora mercatorum nauibus stringitur, quorum nemo narrat initium ''Nili'' aut mare saporis alterius: quae natura credi uetat, quia dulcissimum quodque et leuissimum sol trahit. Praeterea quare hieme non crescit? Et tunc potest uentis concitari mare, aliquanto quidem majoribus; nam etesiae temperati sunt. Quod si e mari ferretur ''Atlantico'', semel oppleret ''Aegyptum''. At nunc per gradus crescit.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n7/mode/2up ''Liber Qvartvs A.''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n41/mode/2up ''chap. 2.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] Si '''Thaleti''' credis, Etesiæ descendenti ''Nilo'' resistunt, et cursus ejus acto contra ostia mari sustinent : ita reverberatus in se recurrit : nec crescit, sed exitu prohibitus resistit, et quacumque mox potuit, inconcessus erumpit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Euthymenes''' ''Massiliensis'' testimonium dicit : « Navigavi, inquit, ''Atlanticum'' mare. Inde ''Nilus'' fluit major, quamdiu Etesiæ tempus observant : tunc enim ejicitur mare instantibus ventis. Quum resederint, et pelagus conquiescit, minorque descendenti inde vis ''Nilo'' est. Ceterum dulcis maris sapor est, et similes ''Niloticis'' belluæ. » Quare ergo, si ''Nilum'' Etesiæ provocant, et ante illos incipit incrementum ejus, et post eos durat ? Præterea non fit major, quo illi flavere vehementius. Nec remittitur, incitaturque, prout illis impetus fuit : quod fieret, si illorum viribus cresceret. Quid, quod Etesiæ littus ''ægyptium'' verberant, et contra illos ''Nilus'' descendit, inde venturus, unde illi, si origo ab illis esset ? Præterea ex mari purus et cæruleus efflueret, non ut nunc turbidus venit. Adde, quod testimonium ejus testium turba coarguitur. Tunc erat mendacio locus, quum ignota essent externa. Licebat illis fabulas mittere. Nunc vero tota exteri maris ora mercatorum navibus stringitur : quorum nemo narrat nunc cæruleum ''Nilum'', aut mare saporis alterius ; quod et natura credi vetat, quia dulcissimum quodque et levissimum sol trahit. Præterea quare hieme non crescit ? et tunc potest ventis concitari mare, aliquando quidem majoribus ; nam Etesiæ temperati sunt. Quod si e mari ferretur ''Atlantico'', semel oppleret ''Ægyptum''. At nunc per gradus crescit.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA371#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Quatrième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA385#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] À en croire '''Thalès''', les vents étésiens repoussent le ''Nil'' à sa descente dans la mer, et suspendent son cours en poussant la mer contre ses embouchures. Ainsi refoulé, il revient sur lui-même, sans pour cela grossir ; mais l’issue lui étant barrée, il s’arrête, et bientôt, partout où il le peut, force le passage qui lui est refusé. [[w:Euthymènes|'''Euthymène''']] [[#Euthymènes|<span id="Euthymènes_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], de ''Marseille'', en parle comme témoin : « J’ai navigué, dit-il, sur la mer ''Atlantique''. Elle cause le débordement du ''Nil'', tant que les vents étésiens se soutiennent ; car c’est leur souffle qui alors pousse cette mer hors de son lit. Dès qu’ils tombent, la mer aussi redevient calme, et le ''Nil'' à sa descente déploie moins de puissance. Du reste, l’eau de cette mer est douce, et nourrit des animaux semblables à ceux du ''Nil''. » Mais pourquoi, si les vents étésiens font gonfler le ''Nil'', la crue commence-t-elle avant la saison de ces vents, et dure-t-elle encore après ? D’ailleurs le fleuve ne grossit pas à mesure qu’ils soufflent plus violemment. Son plus ou moins de fougue n’est point réglé sur celle des vents étésiens, ce qui aurait lieu, si leur action le faisait hausser. Et puis ils battent la côte ''égyptienne'', le ''Nil'' descend à leur encontre : il faudrait qu’il vînt du même point qu’eux, si son accroissement était leur ouvrage. De plus, il sortirait pur et azuré de la mer, et non pas trouble comme il est. Ajoute que le témoignage d’'''Euthymène''' est réfuté par une foule d’autres. Le mensonge avait libre carrière, quand les plages étrangères étaient inconnues ; on pouvait de là nous envoyer des fables, À présent, la mer extérieure est côtoyée sur tous ses bords par des trafiquants dont pas un ne raconte qu’aujourd’hui le ''Nil'' soit azuré ou que l’eau de la mer soit douce. La nature elle-même repousse cette idée ; car les parties les plus douces et les plus légères sont pompées par le soleil. Et encore pourquoi le ''Nil'' ne croît-il pas en hiver ? Alors aussi la mer peut être agitée par des vents quelque peu plus forts que les étésiens, qui sont modérés. Si le mouvement venait de l’Atlantique, il couvrirait tout d’un coup l’Égypte : or l’inondation est graduelle.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_4|''Livre IV.'']] ''chap. 2.'', traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles4.htm ici])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Joseph Baillard de 1914|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Euthymènes_back|<span id="Euthymènes"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Εὐθυμένης / Euthuménēs [[wikt:en:Εὐθυμένης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ de l’adjectif εὐθύς / euthús, « 1. Droit, direct : (au sens moral) direct, ouvert, franc. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ + du nom commun μενος / ménos, « 1. Esprit. 2. Désir, ardeur, souhait, but. 3. Colère. 4. Courage, esprit, vigueur. 5. Pouvoir, force. 6. Violence. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> ➥ + du suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Suffix_2|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Navigateur et explorateur de la mer Extérieure le long des côtes africaines (actuelle Atlantique sud).<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIeme_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], [[w:Marseille_antique#Massalia,_une_cité_grecque|''Massalia'']], actuelle Marseille)'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''II.''' [...] Selon '''Thalès''', le phénomène a pour cause les vents Étésiens, qui s’opposent au cours du ''Nil'' et font rebrousser ses eaux en sens inverse du mouvement qui le porte vers la mer. Refoulés sur eux-mêmes, les flots refluent sans pour cela grossir ; mais l’issue leur étant fermée, ils s’arrêtent, et bientôt ils s’ouvrent partout où ils peuvent le passage qui leur est refusé.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''Euthymène''' de ''Marseille'' en parle comme témoin : « J’ai navigué, dit-il, sur la mer ''Atlantique''. Le ''Nil'' roule des eaux plus abondantes, tant que durent les vents Étésiens ; car alors ils refoulent la mer sur le fleuve. Dès qu’ils se sont abattus et que la mer est devenue calme, le ''Nil'', qui peut redescendre vers celle-ci, diminue. Au reste, les eaux de cette mer sont douces et contiennent des animaux semblables à ceux du ''Nil''. » Dans cette hypothèse, qui donne les vents Étésiens pour cause des crues du ''Nil'', qu’on me dise pourquoi ces crues précèdent les vents, persistent quand les vents ne sont plus, enfin n’augmentent plus d’intensité et de violence, et ne diminuent pas selon la violence et l’impétuosité du vent même ; c’est pourtant ce qui devrait arriver, si les vents déterminaient la hausse des eaux. De plus, les vents Étésiens battent directement la côte ''égyptienne'' : pourquoi donc le ''Nil'' descend-il contre le souffle de ces vents, tandis qu’il devrait couler dans la même direction, s’il leur devait ses débordements ? Enfin, pourquoi, au lieu d’être diaphanes et azurés, ces flots, qu’on fait venir de la mer, sont-ils chargés de limon ? Ajoutez qu’une foule de témoignages réfutent '''Euthymène'''. On pouvait mentir, quand les plages étrangères étaient inconnues : c’était alors le temps des fables ; mais aujourd’hui mille vaisseaux marchands côtoient la mer extérieure ; personne ne dit que le ''Nil'' ait des flots d’azur ; personne ne donne à la mer une saveur douce, que la nature refuse à ses eaux : car le soleil en pompe sans cesse la partie la plus douce et la plus légère ; ensuite pourquoi le ''Nil'' ne croîtrait-il point pendant l’hiver ? la mer alors peut être battue par les vents, par des vents plus violents que les Étésiens, qui sont modérés. Enfin, si le mouvement venait de l’Atlantique, l’Égypte entière serait inondée tout d’un coup : or, l’inondation est graduelle.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA371#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Quatrième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA385#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. II.'''<br />''En quelle fai[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>ó</nowiki> {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait l’accroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du Nil.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[...] Si vous en croyez '''Thales''' , les vents Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tent au ''Nil'' en de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cendant dans la mer; & arre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on cours, en pou{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant la mer contre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ept emboucheures. Si bien qu’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tant repou{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte il retourne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oy-me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me , & ne croi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas comme l’on pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e , mais par ce qu’il trouue vn ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tacle qui l’empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}che de pa{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er outre , il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t contraint de s’arre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ter , & ne pouuant plus pour{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uiure {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a cour{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e , il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pand par où il peut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e répandre. '''Euthimenes''' de ''Mar{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eille'' en rend ce te{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}moignage. I’ay nauigé, dit il, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la mer ''Atlantique'' , & c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t par elle que le ''Nil'' deuient plus grand, lors que les vents Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent ; car alors cette mer {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ort pour ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i dire d’elle-me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me par la force & par la violence de ces vents. Mais lors qu’ils ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent plus la mer demeure tranquille, & le Nil ne trouue plus rien qui l’empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}che de de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cendre , Au re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te l’eau de la mer e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t douce en ce temps-là , & l’on y void des be{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblables à celles du Nil. Mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont enfler le Nil, pourquoy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on débordement commence il auant qu’ils {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent & pourquoy dure - il encore lors qu’ils ont ce{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouffler. Dauantage ils ne s’enfle pas plus que de cou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tume , quand ces vents {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oufflent auecque plus de violence qu’ils ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont ordinairement. Enfim il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e hau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e & ne s’abai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon que leur impetuo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ité e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t plus ou moins grande , ce qui arriveroit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans doute s’il s’enfloit par la force de ces véts. Mais comme les Ete{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens battent directement les bords de l’Egypte, & que le Nil de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cend contre eux ; il faudroit s’ils e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toient cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on accroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement , qu’il commença{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t par l’endroit d’où ils viennent. Outre cela il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortiroit tout pur de la mer, & de la couleur de la mer, & ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit pas trouble & limonneux , comme il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. Et apres tout le te{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}moignage d’'''Euthimene''' , e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t condamné par le plus grand nombre. Il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit permis de mentir quand on n’auoit point de connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance des pays e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trangers ; & alors on pouuoit facilement nous en enuoyer des fables. Mais aujourd’huy tous les riuages des mers les plus e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}loignées {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont remplis de vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux de marchands, & pas vn ne nous apporte que le ''Nil'' {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit de la couleur de la mer, ou que la mer ait vn autre gou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. Quand nous aurions des rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons pour nous la per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uader , la nature nous empe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cheroit de le croire par ce que le Soleil en attire ce qu’il y a de plus leger & de plus doux. Dauantage pourquoy ne croi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-il pas en Hyuer , puis que la met en ce temps là peut e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre agitée par des vents plus violents, que les Ethe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iens qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours moderez. Que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le ''Nil'' venoit de la mer ''Atlantique'' , il couuriroit l’Egypte tout d’vn coup, & neantmoins il ne la couure que peu à peu.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA3#v=onepage&q&f=true ''Livre Qvatriesme. De la Nege, de la Greſle, & de la Pluye.''], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA37#v=onepage&q&f=true ''chap. II.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
==== Livre VI — Des tremblements de terre ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">En prologue, '''Sénèque''' énonce le plan du livre, des causes des tremblements de terre et des peurs qu’ils provoquent, en s’appuyant sur celui de ''Campanie'' qui a récemment causé d’importants dégâts à ''Pompéi'' et à ''Herculanum''. Des chapitres IV à XX, de nombreuses théories sismiques sont présentées, la plupart liées au nom d’un philosophe qui les prône. Le feu, l’eau et l’air sont cités comme causes, et plusieurs d’entre-elles les combinent. À partir du chapitre XXIV, '''Sénèque''' développe sa propre opinion : l’air pénétrant, qui remplit complètement les cavités souterraines sous une forte pression, en est la cause. En épilogue, il explique à '''Lucilius''' quel comportement adopté en de telles situations, à savoir être courageux en ne craignant pas la mort</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre VI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réfutation d’une théorie de '''Thalès''' de la Terre flottant sur l’eau, et témoignage d’une de ses preuves portant sur les tremblements de terre.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''6.''' In aqua causam esse nec ab uno dictum est nec uno modo. '''Thales''' ''Milesius'' totam terram subiecto iudicat umore portari et innare, siue illud oceanum uocas, siue magnum mare, siue alterius naturae simplicem adhuc aquam et umidum elementum. Hac, inquit, unda sustinetur orbis uelut aliquod grande nauigium et graue his aquis quas premit. Superuacuum est reddere causas propter quas existimat grauissimam partem mundi non posse spiritu tam tenui fugacique gestari; non enim nunc de situ terrarum sed de motu agitur. Illud argumenti loco ponit aquas esse in causa quibus hic orbis agitetur, quod in omni maiore motu erumpunt fere noui fontes, sicut in nauigiis quoque euenit ut, si inclinata sunt et abierunt in latus, aquam sorbeant, quae in omni eorum onere quae uehit, si immodice depressa sunt, aut superfunditur aut certe dextra sinistraque solito magis surgit. Hanc opinionem falsam esse non est diu colligendum. Nam, si terra aqua sustineretur et ea aliquando concuteretur, semper moueretur, nec agitari illam miraremur sed manere; deinde tota concuteretur, non ex parte; numquam enim nauis dimidia iactatur. Nunc uero terrarum non uniuersarum sed ex parte motus est. Quomodo ergo fieri potest ut, quod totum uehitur, totum non agitetur, si eo quo uehitur agitatum est? — At quare aquae erumpunt? — Primum omnium saepe tremuit terra et nihil umoris noui fluxit. Deinde, si ex hac causa unda prorumperet, a lateribus terrae circumfunderetur, sicut in fluminibus ac mari uidemus incidere ut incrementum aquarum, quotiens nauigia desidunt, in lateribus maxime appareat. Ad ultimum non tam exigua fieret quam tu dicis eruptio nec uelut per rimam sentina subreperet, sed fieret ingens inundatio ut ex infinito liquore et ferente uniuersa.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n1/mode/2up <u>L. Annaei Senecae, Natvrales Qvaestiones</u>], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n135/mode/2up ''Liber Qvintvs - De terrae motv''], [https://archive.org/details/seneca.-cuestiones-naturales.-naturales-quaestiones.-vol.-ii-1979/page/n155/mode/2up ''chap. 6.''], texte établi par Carmen Codoñer Merino [[w:es:Carmen_Codoñer_Merino|(es)]], Consejo Superior de Investigaciones Científicas, Madrid, 1979</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' In aqua causam esse, nec ab uno dictum est, nec uno modo. '''Thales''' ''Milesius'' totam terram subjecto judicat humore portari et innatare : sive illud Oceanum vocas, sive magnum mare, sive alterius naturæ simplicem adhuc aquam et humidum elementum. Hac, inquit, unda sustinetur orbis, velut aliquod grande navigium et grave his aquis, quas premit. Supervacuum est reddere causas, propter quas existimat, gravissimam partem mundi non posse spiritu tam tenui fugacique gestari ; non enim nunc de situ terrarum, sed de motu agitur. Illud argumenti loco ponit, aquas esse in causa, quibus hic orbis agitatur, quod in omui majore motu erumpunt fere novi fontes : sicut in navigiis quoque evenit, ut, si inclinata sunt et abiere in latus, aquam sorbeant, quæ in omni onere eorum quæ vehit, si immodice depressa sunt, aut superfunditur, aut certe dextra sinistraque solito magis surgit. Hanc opinionem falsam esse, non est diu colligendum ; nam, si terram aqua sustineret, et ea aliquando concuteretur : semper moveretur, nec agitari illam miraremur, sed manere. Tum tota concuteretur, non ex parte : nunquam enim navis dimidia jactatur. Nunc vero non terrarum universarum, sed ex parte motus est. Quomodo ergo fieri potest, ut quod totum vehitur, totum non agitetur, si eo quo vehitur, agitatum est ? At quare aquæ erumpunt ? Primum omnium sæpe tremuit terra, et nihil humoris novi fluxit. Deinde si ex hac causa unda prorumperet, a lateribus terræ circumfunderetur : sicut in fluminibus ac mari videmus accidere, ut incrementum aquarum, quoties navigia desidunt, in lateribus maxime appareat. Ad ultimum non tam exigua fieret quam dicit eruptio, nec velut per rimam sentina subreperet, sed fieret ingens inundatio, ut ex infinito liquore, et ferente universa.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA420#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Sixième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA429#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' Que l’eau soit cause des tremblements de terre, c’est ce qu’affirment divers auteurs et avec divers arguments. '''Thalès''' de ''Milet'' estime que le globe entier a pour support une masse d’eaux sur laquelle il flotte, et qu’on peut appeler Océan ou grande mer, ou élément jusqu’ici de nature simple, l’élément humide. Cette eau, dit-il, soutient la terre ; et l’immense navire pèse sur le liquide qu’il comprime. Il est superflu d’exposer les motifs qui font croire à '''Thalès''' que la partie de l’univers la plus pesante ne saurait porter sur une substance aussi ténue, aussi fugace que l’air : il ne s’agit pas maintenant de l’assiette du globe, mais de ses secousses. '''Thalès''' apporte en preuve de son système, que presque toujours les grandes secousses font jaillir des sources nouvelles, comme il arrive dans les navires qui, lorsqu’ils penchent et s’inclinent sur le flanc, sont envahis par l’eau ; toujours, s’il y a surcharge, l’eau vient couvrir le bâtiment, ou du moins s’élève à droite et à gauche plus que de coutume. La fausseté de cette opinion se démontre sans longs raisonnements. Si la terre était soutenue par l’eau, elle tremblerait quelquefois dans toute sa masse et toujours serait en mouvement ; ce ne serait pas son agitation qui étonnerait, mais son repos. Elle s’ébranlerait tout entière, non partiellement ; car ce n’est jamais la moitié seulement d’un navire qui est battue des flots. Or, les tremblements de notre terre ne sont pas universels, mais partiels. Comment serait-il possible qu’un corps porté tout entier par l’eau ne fût pas agité tout entier, quand ce fluide est agité ? « Mais d’où viennent les eaux qu’on a vues jaillir ? » D’abord, souvent la terre tremble, sans qu’il en sorte de nouvelles eaux. Ensuite, si telle était la cause de ces éruptions, elles n’auraient lieu qu’autour des flancs du globe ; ce que nous voyons arriver sur les fleuves et en mer : l’exhaussement de l’onde, à mesure que s’enfonce le navire, se remarque surtout aux flancs du bâtiment. Enfin l’éruption dont on parle ne serait pas si minime, et comme une voie d’eau qui s’infiltre par une fente légère ; l’inondation serait immense en raison de l’abîme infini sur lequel flotterait le monde.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)|<u>Sénèque le Jeune</u>]], [[s:Questions_naturelles_(trad._Baillard)/Livre_6|''Livre VI.'']] ''chap. 6.'', traduction par [[s:Auteur:Joseph_Baillard|Joseph Baillard]], Hachette, 1914<br />(également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/seneque/questionsnaturelles6.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''VI.''' Plusieurs philosophes ont prétendu que l’eau est la cause de ces secousses : ce que chacun explique à sa manière. '''Thalès''' de ''Milet'' prétend que le globe entier a pour support une masse d’eau sur laquelle il flotte ; peu importe qu’on donne à cet amas le nom d’Océan, de grande mer ou d’eau élémentaire, eau simple. Cette eau, dit-il, soutient la terre comme un grand vaisseau pesant sur le liquide qu’il comprime. Il est inutile d’exposer les raisons qui font croire à '''Thalès''' que le corps le plus pesant de la nature ne peut être soutenu par un fluide aussi délié et aussi rare que l’air : car il s’agit ici des tremblements de terre et non de l’assiette du globe. La grande raison de '''Thales''' pour faire de l’eau la cause des secousses de la terre, c’est que, dans tout tremblement considérable, jaillissent des eaux nouvelles ainsi les vaisseaux se remplissent d’eau quand ils penchent d’un côté ; chargés à l’excès, ou ils sont submergés, ou ils s’enfoncent à droite et à gauche plus profondément dans la mer. Il ne faut pas longtemps discuter pour voir la fausseté de cette opinion. Si la terre était soutenue par les eaux, elle serait quelquefois fortement ébranlée, mais de plus elle serait toujours flottante, et il faudrait s’étonner non de son agitation , mais de son repos ; enfin, au lieu d’être ébranlée en partie, elle le serait tout entière : car jamais la moitié d’un vaisseau n’est battue des flots. Or, on sait que les secousses de la terre sont partielles et non universelles : comment se ferait-il donc que ce qui est entièrement porté par les eaux ne fût pas entièrement agité, tandis que les eaux mêmes le sont en totalité ? Mais, dit-on, qui fait jaillir les eaux ? D'abord, souvent la terre tremble sans qu’il se produise des eaux nouvelles ; ensuite, si telle était la cause de ces éruptions, les eaux se répandraient latéralement autour de la terre. Ainsi, par exemple, quand un vaisseau s’enfonce ou dans la mer ou dans les fleuves, c’est vers les bords surtout que l’accroissement devient sensible. Enfin les sources qui jaillissent ne seraient pas si peu considérables ; on ne pourrait pas les comparer à une voie d’eau qui pénètre par les fentes du fond de cale : ce serait une inondation immense comme l’abîme infini sur lequel flotterait le monde.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Œuvres Complètes de Sénèque, Tome Quatrième</u>], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA420#v=onepage&q&f=true ''Questions Naturelles, De Sénèque à Lucilius - Livre Sixième.''], [https://books.google.fr/books?id=xZtfAAAAcAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles&hl=fr&pg=PA429#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction française de la collection Panckoucke, nouvelle édition très soigneusement revue par M. Charpentier et M. Félix Lemaistre, 1860</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Chap. VI.'''<br />''Si l’eau e[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki>t</nowiki> la cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e des tréblemés de terre.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Ce n'e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas vn homme {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eul qui a dit , que l’eau e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e du tremblement de la terre ; & l’on ne l’a pas dit d’vne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule façó. '''Thales''' ''Mile{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ien'' a crû que toute la terre e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}toit portée {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’eau , & qu’elle y nageoit, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit que vous appelliez cette eau Ocean, ou que vous l’appelliez grade mer, ou vne eau d’vne autre nature , eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}imple , element humide. C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette eau, dit-il, que le monde e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenu, comme quelque vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau d’vne grandeur deme{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urée , qui charge les eaux qui le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiennent. Il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit inutile de rapporter les rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons qui luy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont croire que la plus pe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ante partie du móde ne peut e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenuë par l’air qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ubtil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i fluide & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i delié ; & d’ailleurs, il ne s’agit pas icy de l’a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iete de la terre , mais du tremblement de la terre. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i pour preuue que les eaux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e que la terre tremble , il dit qu’il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que point de grands tremblemens de terre, qu’on n’en voye {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uitte de nouuelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ources; que la terre re{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emble en cela aux vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux qui ne peuuent pancher d’vn co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té, qu’ils ne pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent de l’eau, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pand {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur toutes les cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es qu’ils portent , {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i elles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont trop enfoncées; ou qui s’éleue de part & d’autre à la gauche , & à la droite. Il n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas besoin d’vn long di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cours pour montrer la fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eté de cette opinion ; car {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tenoit la terre, quelquesfois elle trembleroit toute entiere, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit tou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iours en mouuement; & nous ne nous e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tonnerions point de la voir remuer, mais de la voir ferme & inébranlable. Elle trembleroit toute entiere , & non pas en partie , car vn vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t iamais agité par vne moitié {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement ; & apres tout nous voyons que le tremblement ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pas de toute la terre , mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement d’vne partie. Comment donc {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e peut-il faire que ce qui e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t porté tout entier ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit pas entierement agité , {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}me qui porte e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}meuë & agitée ? Mais pourquoy {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ort-il de l’eau apres vn tremblement de terre ? Premierement la terre a {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouuent tremblé {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans qu’on en ayt veu {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir de nouuelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ources. D’ailleurs {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’eau {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortoit par cette rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pandroit par les co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tez de la terre , comme nous voyons dans les fleuues & dans la mer , où lors que le vai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eau s’enfonce on remarque que l’eau s'éleue , principalement par les co{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tez. Enfin ces eaux ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortiroient pas en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i petite quantité, ny par vne fi petite ouuerture , mais il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit vne grande inondation, comme procedant de cette abondance d’eaux qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiennent tout l’vniuers.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA1#v=onepage&q&f=true <u>Seneque Des Qvestions Natvrelles</u>], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA141#v=onepage&q&f=true ''Livre Sixiesme. Des tremblemens de terre.''], [https://books.google.fr/books?id=gEzVYlz3c3cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=seneque%20questions%20naturelles%20iii%20volume%202&hl=fr&pg=PA164#v=onepage&q&f=true ''chap. VI.''], traduction par [[w:Pierre_Du_Ryer|Pierre Du Ryer]], A Lyon, Chez Christofle Fovrmy, 1663</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Pline_l%27Ancien|'''Pline l’Ancien''']] [[#Pline|<span id="Pline_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:23|23]]/[[w:24|24]], à [[w:Côme|''Novum Comum'']] ou [[w:Vérone|Vérone]] — [[w:79|79]], à [[w:Stabies|Stabies]], [[w:Mort_de_Pline_l%27Ancien|mort]] par asphyxie près de [[w:Pompéi|Pompéi]], lors de l’éruption du [[w:Vésuve|Vésuve]], en voulant observer le phénomène au plus près et en désirant porter secours aux victimes, alors en poste à [[w:Misène|''Misène'']] en tant que Préfet commandant la flotte militaire ''romaine'') <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Pline_l’Ancien|<sup>📚</sup>]] [https://books.google.fr/books?id=tRsuD3WJT-UC&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA3&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA876#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume Va, §204 - Plinius Secundus (Caius —)}}]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Haut fonctionnaire militaire et civique, issu de l’[[w:Chevalier_romain|''orde équestre'']], et écrivain prolifique dans de très nombreux domaines.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Pline l’Ancien|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Pline_back|<span id="Pline"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Caius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Plinius|nomen, nom de famille}} {{Info|Secundus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Histoire_naturelle_(Pline_l'Ancien)|Histoire naturelle]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Histoire_naturelle_(Pline)|📚]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Ouvrage de 37 livres dédié à l’empereur [[w:Titus_(empereur_romain)|'''Titus''']] [[#Titus|<span id="Titus_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], dont il a été le ''{{Lang|la|contubernium}}'' pendant son service en tant que commandant des armées du ''Rhin'' en ''Germanie'' en [[w:47|47]]. '''Pline''' définit lui-même son enquête [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Histoire/Enquête_I|<sup>🔄</sup>]] sur la nature comme une reproduction de la vie — ''{{Lang|la|rerum natura, hoc est uita narratur}}'' (Livre I, Préface, 10), qu’il inscrit dans la tradition encyclopédique [[#encyclopédie_back|<sup>⤴️</sup>]] grecque mais s’en différencie par son exhaustivité : ''{{Lang|la|Jam omnia attingenda, quæ Græci}}'' ''{{Lang|grc|τάς έγχυχλοπαιδείας}}'' ''{{Lang|la|vocant : et tamen ignota aut incerta ingeniis facta; alia vero ita multis prodita, ut in fastidium sint adducta}}'' (Préface, 11). Il a, dans ce but, compilé « vingt mille faits dignes d’intérêt, tirés de la lecture d’environ deux mille volumes, [...] provenant de cent auteurs de choix » — ''{{Lang|la|Viginti millia rerum dignarum cura ex lectione voluminum circiter duum millium, [...] ex exquisitis auctoribus centum}}'' (Préface, 13).</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Titus|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Titus_back|<span id="Titus"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre latin Titus [[wikt:en:Titus#Latin|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Commandant militaire, notamment pendant la [[w:Premi%C3%A8re_guerre_jud%C3%A9o-romaine|''première guerre judéo-romaine'']], au cours de laquelle il prend ''Jérusalem'' que ses troupes mettent à sac et fait détruire le [[w:Second_temple_de_Jérusalem#Destruction|''Second Temple'']], et empereur ''romain'', de la dynastie des [[w:Flaviens|''Flaviens'']], de [[w:79|79]] à [[w:81|81]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(30 décembre [[w:39|39]] , ''Rome'' — 13 septembre [[w:81|81]], mort par fièvre selon [[w:Suétone|Suétone]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/suetone/titus.htm <sup>VdDC, Titus</sup>] ou par empoisonnement avec du venin de [[w:Aplysia|''lièvre marin'']] par son propre frère [[w:Domitien|Domitien]] selon [[w:Philostrate_d%27Ath%C3%A8nes|Philostrate]] [https://remacle.org/bloodwolf/roman/philiostrate/apollonius6.htm <sup>AdT, l. VI, chap. 32</sup>])<sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre II ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Enquête sur l’astronomie et la physique du monde, basée sur les quatre éléments : air, terre, eau et feu.</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre IX.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la première prédiction grecque d’une éclipse solaire (ou lunaire selon les traductions) par '''Thalès'''.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IX.''' Et rationem quidem defectus utriusque primus ''Romani'' generis in vulgus extulit '''Sulpicius Gallus''', qui consul cum '''Marcello''' fuit, sed tum tribunus militum, sollicitudine exercitu liberato, pridie quam '''Perseus''' rex superatus a '''Paulo''' est, in concionem ab imperatore productus ad prædicendam eclipsim, mox et composito volumine. Apud Græcos autem investigavit primus omnium '''Thales''' ''Milesius'', Olympiadis XLVIII anno quarto, prædicto solis defectu, qui '''Alyatte''' rege factus est, Urbis conditæ; anno CLXX. Post eos utriusque sideris cursum in sexcentos annos præcinuit '''Hipparchus''', menses gentium, diesque et horas, ac situs locorum, et visus populorum complexus, ævo teste, haud alio modo, quam consiliorum naturæ particeps. Viri ingentes supraque mortalium naturam, tantorum numinum lege deprehensa, et misera hominum mente absoluta, in defectibus scelera aut mortem aliquam siderum pavente (quo in metu fuisse '''Stesichori''' et '''Pindari''' vatum sublimia ora palam est deliquio Solis), et in Luna veneficia arguente mortalitate, et ob id crepitu dissono auxiliante. Quo pavore, ignarus causæ, '''Nicias''' ''Atheniensium'' imperator, veritus classem portu educere, opes eorum afflixit. Macti ingenio este, cæli interpretes, rerumque naturæ capaces, argumenti repertores, quo deos hominesque vinxistis. Quis enim hæc cernens, et statos siderum (quoniam ita placuit appellare) labores, non suæ necessitati mortalis genitus ignoscat ? Nunc confessa de iisdem breviter atque capitulatim attingam, ratione admodum necessariis locis strictimque reddita : nam neque instituti operis talis argumentatio est : neque omnium rerum afferri posse causas, minus mirum est, quam consfare in aliquibus.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/98/mode/2up ''Livre II.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/106/mode/2up ''chap. IX.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/130|ici]] et 1829 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f45.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IX.''' Le premier ''Romain'' qui exposa publiquement la théorie des éclipses du soleil et de la lune est [[w:Caius_Sulpicius_Gallus|'''Sulpicius Gallus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Caius_Sulpicius_Gallus_back|<sup>🔄</sup>]], qui fut consul avec [[w:Marcus_Claudius_Marcellus_(consul_en_-166)|'''Marcellus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Marcellus-166_back|<sup>🔄</sup>]], mais qui alors était tribun militaire. La veille du jour où [[w:Persée_(roi)|'''Persée''']] [[#Persée_(roi)|<span id="Persée_(roi)_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] fut défait par [[w:Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus|'''Paul-Emile''']] [[#Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus|<span id="Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] il parut par ordre du général, afin de prévenir les alarmes de l’armée, devant les troupes assemblées pour annoncer l’éclipse qui allait survenir; peu de temps après, il composa un livre sur ce sujet. Le premier qui s’en occupa chez les ''Grecs'' fut '''Thalès''' de ''Milet'', dans la quatrième année de la quarante-huitième olympiade (an 585 av. J. C. [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#éclipse_back|<sup>🔄</sup>]]), l’an 170 de la fondation de ''Rome'', et prédit une éclipse de lune qui arriva sous le roi [[w:Alyatte_II|'''Alyatte''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Alyatte_back|<sup>🔄</sup>]]. Après eux, [[w:Hipparque_(astronome)|'''Hipparque''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hipparque_back|<sup>🔄</sup>]] dressa pour six cents ans la table du cours du soleil et de la lune, déterminant les mois des divers calendriers, les jours, les heures, les localités et les aspects, suivant les contrées. Le cours des ans ne lui a donné aucun démenti, et il semble avoir été admis aux conseils de la nature. Génies puissants et élevés au dessus de l’humanité, ils ont découvert la loi qui régit ces grandes divinités, et ils ont délivré de ses craintes l’esprit misérable des hommes, qui dans les éclipses, tantôt croyaient voir une influence malfaisante ou une espèce de mort des astres, crainte qui, comme on sait, a, pour l’éclipse du soleil, troublé [[w:Stésichore|'''Stésichore''']] [[#Stésichore|<span id="Stésichore_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] et [[w:Pindare|'''Pindare''']] [[#Pindare|<span id="Pindare_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], poètes sublimes, et tantôt attribuaient l’obscurcissement de la lune à des maléfices, et lui venaient en aide par un bruit dissonnant. Redoutant ce phénomène, dont il ignorait la cause, [[w:Nicias|'''Nicias''']] [[#Nicias|<span id="Nicias_back"><sup>'''V'''</sup></span>]], général des ''Athéniens'', n’osa pas faire sortir la flotte du port de [[w:Syracuse#Antiquité|''Syracuse'']], et ruina la puissance de sa patrie. Redoublez de génie, interprètes du ciel, vous dont l’intelligence, embrassant la nature, a inventé des théories qui ont créé un lien entre les dieux et les hommes [[#Vicistis_JH|<span id="Vicistis_JH_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] ! A la vue de ce spectacle, à la vue des labeurs (puisque c’est le nom qu’on a voulu donner aux éclipses), des labeurs réguliers auxquels les astres sont soumis, quel mortel ne pardonnerait à la nécessité sous laquelle il est né ? Maintenant je vais parler, d’une manière brève et sommaire, des points sur lesquels on est d’accord en cette matière. Je ne donnerai que de courtes explications, et là où il sera tout à fait nécessaire; car les explications n’entrent pas dans le plan de cet ouvrage, et il n’y a pas moins de mérite à énumérer les causes de toutes choses qu’à s’appesantir sur quelques-unes.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#Vicistis_JH_back|<span id="Vicistis_JH"><sup>1</sup></span>]] Vicistis Vulg. — Vinxistis cod. Dalech. — Vinxistis me parait meilleur. Comp. ce que dit Pline plus loin, ch. 24, sur l’affinité de l’esprit humain avec les astres.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/98/mode/2up ''Livre II.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/106/mode/2up ''chap. IX.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(édition 1848 également disponible [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/130|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Jean Hardouin 1883|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Persée_(roi)_back|<span id="Persée_(roi)"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Περσεύς / Perseús[[wikt:en:Περσεύς#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Dernier roi de [[w:Royaume_de_Mac%C3%A9doine|''Macédoine'']] de la dynastie des [[w:Antigonides|''Antigonides'']], vaincu en [[w:-168|-168]] à la [[w:bataille de Pydna|bataille de ''Pydna'']] à l’issue de la [[w:troisième guerre macédonienne|''troisième guerre macédonienne'']], causant la disparition du ''Royaume de Macédoine''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Années_212_av._J.-C.|-212]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Pella_(cité_antique)|''Pella'']], au nord de l’actuelle ''Grèce'' — [[w:Années_166_av._J.-C.|-166]]<sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Alba_Fucens|''Alba Fucens'']], au centre de l’actuelle ''Italie'')
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus_back|<span id="Lucius_Æmilius_Paullus_Macedonicus"><sup>II</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Lucius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Æmilius|nomen, nom de famille}} {{Info|Paullus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, surnommé [[wikt:Macedonicus#Latin|Macedonicus]] par le [[w:Sénat_romain|''Sénat'']] à la suite de sa victoire;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Homme politique ''romain'', consul à 2 reprises en [[w:Années_182_av._J.-C.|-182]] et [[w:Années_169_av._J.-C.|-169]]. Il remporta la victoire contre le ''royaume de Macédoine'' à ''Pydna'' en battant le roi Persée [[#Persée_(roi)|<sup>I</sup>]], ce qui mit fin à la dynastie des ''Antigonides''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_230_av._J.-C.|-230]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'' — ''ca.'' [[w:Années_160_av._J.-C.|-160]]<sup>[[w:IIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, ''Rome'')
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Stésichore_back|<span id="Stésichore"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Στησίχορος /Stēsíkhoros [[wikt:en:Στησίχορος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe ἵστημι /hístēmi, « 1. (voix transitive, active des temps présent, imparfait, futur et 1er aoriste) : • Faire se tenir debout, se tenir debout; • Arrêter, rester, vérifier; • Mettre en place : - Faire monter, élever, réveiller, remuer; - Nommer, désigner; - Établir, instituer; • Mettre dans la balance, peser. 2. (voix intransitive, moyenne et passive, voix active du 2e aoriste, parfait et plus-que-parfait) : • Se tenir debout; • Se tenir immobile : (au sens figuré) Rester ferme; • Être dressé ou debout, se lever, s’élever : - (en général) Se lever, commencer; - (en marquant le pas) Être; - Être désigné. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun χορός / khorós, « 1. Danse en rond. 2. Danse accompagnée de chant, danse chorale. 3. Chœur, chorale, groupe de chanteurs et de danseurs. 4. Groupe, troupe. 5. Rangée. 6. Lieu de danse. 7. (théâtre) Chœur »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète lyrique grec, considéré comme l’un des [[w:Neuf_lyriques_grecs|''neuf poètes lyriques'']] de la Grèce antique.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_630_av._J.-C.|-630]]<sup>[[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Metauria|''Metauria'']], colonie de la [[w:Grande-Grèce|''Grande-Grèce'']], au sud de la région de [[w:Calabre|''Calabre'']], au sud de l’Italie — ''ca.'' [[w:Années_555_av._J.-C.|-555]]<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Catane|''Catane'']], colonie de la ''Grande-Grèce'', à l’est de la [[w:Sicile|''Sicile'']])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Pindare_back|<span id="Pindare"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Πίνδᾰρος /Píndaros [[wikt:en:Πίνδαρος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète lyrique grec, considéré comme l’un des [[w:Neuf_lyriques_grecs|''neuf poètes lyriques'']] de la Grèce antique.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Années_518_av._J.-C.|-518]]<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Cynocéphales|''Cynocéphales'']], cité grecque située près de [[w:Thèbes_(Grèce)|''Thèbes'']], en [[w:Béotie|''Béotie'']] — [[w:Années_438_av._J.-C.|-438]]<sup>[[w:Ve_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, [[w:Árgos|''Árgos'']], cité grecque de la région de l’[[w:Argolide|''Argolide'']], à l’est de la [[w:Péloponnèse|''péninsule du Péloponnèse'']])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_back|<span id="Nicias"><sup>V</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Νῑκίᾱς /Nīkíās [[wikt:en:Νικίας#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun νίκη / níkē [[wikt:en:νίκη#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Le fait de gagner : la victoire, le succès [avec le génitif "sur, dans quelque chose"] : • Les choses gagnées dans la victoire, les fruits de la victoire; • La supériorité, l’avantage. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal masculin -ίας / -ías [[wikt:en:-ίας#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Homme politique et général ''athénien'' durant la [[w:Guerre_du_Péloponnèse|''guerre du Péloponnèse'']], qui oppose la [[w:Ligue_de_Délos|''ligue de Délos'']], menée par ''Athènes'', et la [[w:Ligue_du_Péloponnèse|''ligue du Péloponnèse'']], sous l’[[w:Hégémonie|hégémonie]] de ''Sparte'' de [[w:Années_431_av._J.-C.|-431]] à [[w:Années_404_av._J.-C.|-404]]. Sa supersition liée à une éclipse lunaire, s’étant produite lors de l’[[w:Expédition_de_Sicile|''expédition de Sicile'']], est également relatée par [[w:Thucydide|Thucydide]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre7.htm#L <sup>{{Info|HdlgdP|Histoire de la guerre du Péloponnèse}} l.VII, §.L</sup>] et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] [http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/supestition.htm#23 <sup>{{Info|DlS|De la Superstition}} l.I</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:Années_470_av._J.-C.|-470]], ''Athènes'' — ''ca.'' [[w:Années_413_av._J.-C.|-413]], ''Syracuse'')<sup>[[w:Ve_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">Des découvertes astronomiques : part de chaque observateur dans la science.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''IX.''' '''Sulpicius Gallus''' [[#Sulpicius_Gallus_AdG|<span id="Sulpicius_Gallus_AdG_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] fut le premier ''Romain'' qui expliqua au vulgaire la raison des éclipses de soleil et de lune. Il fut consul avec '''Marcus Marcellus''' ; mais il n’était que tribun militaire lorsque la veille de la victoire que '''Paul Emile''' remporta sur '''Persée''' [[#Pridie_quam_Perses_rex_AdG|<span id="Pridie_quam_Perses_rex_AdG_back"><sup>'''2'''</sup></span>]], son général le fit paraître devant l’armée assemblée, pour lui annoncer l’éclipse qui allait arriver, et la délivrer de l’alarme qu’elle aurait pu en concevoir. Il composa bientôt après un volume sur ce sujet. Parmi les ''Grecs'', '''Thalès''' de ''Milet'' [[#Primus_omnium_Thales_AdG|<span id="Primus_omnium_Thales_AdG_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] dirigea le premier ses recherches sur ce phénomène, et la quatrième année de la 48e olympiade, qui répond à l’an 170 [[#Anno_CLXX_AdG|<span id="Anno_CLXX_AdG_back"><sup>'''4'''</sup></span>]] de ''Rome'', il prédit l’éclipse de soleil qui eut lieu sous le règne d’'''Alyatte''' [[#Alyatte_rege_AdG|<span id="Alyatte_rege_AdG_back"><sup>'''5'''</sup></span>]]. Après eux, '''Hipparque''' dressa des tables du cours de ces deux astres pour six cents ans [[#In_sexcentos_annos_AdG|<span id="In_sexcentos_annos_AdG_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] : mois, heures, jours, situations respectives des lieux, aspects du ciel selon les diverses nations [[#Menses_gentium_etc_AdG|<span id="Menses_gentium_etc_AdG_back"><sup>'''7'''</sup></span>]], tout y est compris, tout a été vérifié par le temps [[#Aevo_teste_AdG|<span id="Aevo_teste_AdG_back"><sup>'''8'''</sup></span>]]; on croirait l’astronome admis au conseil de la nature. Génies vastes et plus qu’humains, d’avoir ainsi surpris la loi de ces deux grandes divinités [[#Numinum_AdG|<span id="Numinum_AdG_back"><sup>'''9'''</sup></span>]], et affranchi d’effroi la malheureuse espèce humaine, qui tremblait en voyant dans chaque éclipse l’annonce de quelque grand crime, ou craignait la mort des astres [[#In_defectibus_scelera_etc_AdG|<span id="In_defectibus_scelera_etc_AdG_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] (effroi dont '''Stésichore''' et '''Pindare''' [[#Pindari_AdG|<span id="Pindari_AdG_back"><sup>'''11'''</sup></span>]], ces poètes sublimes, ne furent point exempts dans les éclipses de soleil), ou qui attribuait à des enchantemens celles de la lune, et venait à son secours en faisant un bruit discordant [[#Crepitu_dissono_AdG|<span id="Crepitu_dissono_AdG_back"><sup>'''12'''</sup></span>]]. C’est pour en avoir ignoré la cause, que, frappé de cette même terreur, '''Nicias''' [[#Nicias_AdG|<span id="Nicias_AdG_back"><sup>'''13'''</sup></span>]], général des ''Athéniens'', n’osa pas faire sortir sa flotte du port, et causa la ruine de leur puissance. Gloire à vous, interprètes du ciel, génies aussi étendus que la nature, inventeurs d’une science qui enchaîne à une même destinée les dieux et les mortels ! Quel est donc l’homme qui, voyant les astres en travail (pour me servir du nom qu’il a plu de donner aux crises qu’ils, subissent périodiquement), ne se soumettra pas à sa destinée?<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Je vais maintenant toucher brièvement et sommairement les points sur lesquels on est d’accord dans cette matière, et j’en rendrai raison en passant, lorsque cela sera tout-à-fait nécessaire; car un développement de preuves n’est pas le but de l’ouvrage que j’ai entrepris, et il n’y a pas, je pense, moins de mérite à pouvoir rendre raison de toutes choses, qu’à s’arrêter à en prouver quelques-unes.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#Sulpicius_Gallus_AdG_back|<span id="Sulpicius_Gallus_AdG"><sup>1</sup></span>]] [[w:Tite-Live|Tite-Live]], XLIV, 37, [[w:Quintilien|Quintilien]], I, 10, [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]], [[w:Vies_parallèles|''Vie de Paul Emile'']], [[w:Frontin|Frontin]], I, etc., prétendent, comme Pline, que Sulpicius Gallus prédit l’éclipse anx soldats romains. [[w:Cicéron|'''Cicéron''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cicéron_back|<sup>🔄</sup>]] ([[w:De_Republica|''Répub.'']], I, 15 , page 44, ''édit. Maj.'') dit au contraire que l’éclipse était déjà arrivée lorsque Sulpicius Gailus commençait à s’efforcer d’ôter aux soldats romains la terreur qu’ils avaient conçue de cet événement, en leur expliquant les causes des éclipses.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pridie_quam_Perses_rex_AdG_back|<span id="Pridie_quam_Perses_rex_AdG"><sup>2</sup></span>]] Selon Tite-Live (XLIV, 37), l’éclipse eut lieu dans la soirée du 3 septembre, cent huit ans avant J.-C., entre sept et dix heures (''ab hora secunda usque ad quartam noctis, quam pridie nonas sept, secula est dies''). M. [[w:Christian_Ludwig_Ideler|Ideler]] (''Chronologie'', II, 104) a calculé cette éclipse. Il a trouvé, comme M. de Nauze, que, selon le calendrier Julien, elle arriva dans la soirée du 21 juin de l’an 168 avant J.-C. à Rome, la lune commença à s’éclipser vers 5h.44’ du soir ; depuis 6h.51’ jusqu’à 8h.18’, la lune fut totalement éclipsée, ; à 9h.,24’, la lune ne fut plus obscurcie du tout. En Macédoine, tous ces phénomènes arrivèrent 39 minutes plus tard. Le 21 juin, le soleil se coucha à Rome et en Macédoine vers 7h.33’, et s’y montra alors à 44 1/2’ h. équatoriales. Ainsi, la première heure de la nuit finissait vers 8h.17’, la seconde vers 9h.2’, la troisième vers 9h.46’, la quatrième vers 10h.31’. La lune fut donc éclipsée totalement au moment où elle se leva dans la Macédoine, et cette éclipse totale y finit dans la seconde heure de la nuit ; au milieu de la quatrième, la lune ne fut plus obscurcie du tout. S’il est vrai, que cette éclipse lunaire, comme Pline, Tite-Live et d’autres le disent, fut prédite par Sulpicius Gallus, l’on devrait avouer que ce Romain s’entendait très-bien au calcul des éclipses lunaires. Mais les récits de Cicéron et de [[w:Valère_Maxime|Valère-Maxime]] ne seraient-ils pas plus vrais que ceux de Pline et de Tite-Live ?'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Primus_omnium_Thales_AdG_back|<span id="Primus_omnium_Thales_AdG"><sup>3</sup></span>]] Le même fait est rapporté par [[w:Hérodote|Hérodote]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hérodote_back|<sup>🔄</sup>]], I, 74, par [[w:Diogène_Laërce|Diogène Laërce]] [[#Diogène_Laërce_back|<sup>⤵️</sup>]], I, 6 , par [[w:Clément_d'Alexandrie|Clément d’Alexandrie]] [[#Clément_d'Alexandrie_back|<sup>⤵️</sup>]], ''Strom.'', I, page 302 , par Plutarque, ''Opinions des Philosophes'', II, 24, par [[w:Jean_Tzétzès|Tzetzès]], ''Chil.'' II, v. 869, et par Hardouin.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Oltmann a publié une dissertation dans laquelle, à l’aide des tables astronomiques les plus modernes, il est arrivé à ce résultat, que l’éclipse solaire dont il est question ici eut lieu le 3o septembre 610 ans avant J.-C. L’éclipse était totale pour les environs de la ville d’[[w:Erzurum|Érzerum]] sur le [[w:Kızılırmak_(fleuve)|Halys]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Halys_back|<sup>🔄</sup>]], où [[w:Volney|Volney]] place le champ de bataille des rois [[w:Alyatte_II|Halyattes]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Alyatte_back|<sup>🔄</sup>]] et [[w:Cyaxare|Cyaxare]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cyaxare_back|<sup>🔄</sup>]]. La quatre-vingtième partie du disque solaire seule ne fut pas éclipsée pour le lieu de la terre où Oltmann place le champ de bataille, qui est situé, selon lui, sous 36° long. à l’est de Terro et sous 40° lat. sept. Dans le pays des Ioniens où Thalès prédit l’éclipse, selon Hérodote, l’éclipse se monta à 11 1/2’. M. [[w:Alphonse_Des_Vignoles|Desvignolles]] (''Chronologie de l’histoire sainte'', t. II, pag. 245 et suiv.) fixe l’éclipsé prédite par Thales au 38 mai de l’an 585 avant J.-C. ; son opinion a été adoptée depuis par presque tous les chronologistes et historiens, et par [[w:Gabriel_Brotier|Brotier]] et M. Alexandre. Elle a été réfutée avec succès par Oltmann, qui s’est servi de tables astronomiques bien plus exactes que celles de M. Desvignolles ; en effet, celui-ci a démontré par ses calculs que l’éclipse totale du soleil du 28 mai de l’an 585 avant J.-C., ne fut pas totale dans les lieux où les troupes du roi lydien Halyatte combattirent contre celles du roi Cyaxare ; que, dans ces régions, elle ne se monta pas à plus de 7 1/2 pouces, et que, d’ailleurs, le soleil ne s’était pas encore levé lorsque Féclipse était le plus forte pour les habitans des pays nommés. Mais Hérodote dit positivement que l’éclipse prédite par Thalès fut totale dans ces contrées, et qu’elle eut lieu en plein jour. (Voyez IDELER, ''Chronologie'', t. I, pag. 209 et 210.) Nous remarquerons pourtant avant de finir cette note que la date de Desvignolles est plus conforme que celle d’Oltmann à l’année dans laquelle l’éclipse prédite par Thalès, arriva selon Pline. En effet, le naturaliste romain dit que cette année est la six cent quatre-vingt-cinquième avant J.—C., et c’est justement le 28 mai de cette année que l’éclipse prédite par Thalès arriva, selon M. Desvignolles.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Volney pense que l’éclipse en question arriva le 3 février de de l’an 626. Oltman a démontré, dans son Mémoire sur l’éclipse de Thalès, que celle de Volney était déjà passée lorsque le soleil se leva sur le champ de bataille des rois Halyattes et Cyaxare.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Anno_CLXX_AdG_back|<span id="Anno_CLXX_AdG"><sup>4</sup></span>]] L’an 170. C’est ainsi que l’on doit lire, et non CLX, comme l’ont fait Hardouin et Poinsinet; la quatrième année de la quarante-huitième olympiade, correspondant à l’an 170 de Rome, si l’on suppose avec [[w:Varron_(écrivain)|Varron]] que cette ville a été fondée dans la deuxième année de la 6e olympiade.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Alyatte_rege_AdG_back|<span id="Alyatte_rege_AdG"><sup>5</sup></span>]] Le nom de ce roi est écrit avec un esprit rude dans Hérodote, ce qui a donné lieu à [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Poinsinet]] et à d’autres traducteurs de Pline de substituer le mot Halyatte à celui d’Alyatte.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Alyatte ou Halyatte fut roi de la Lydie et père de Crésus. Il faisait la guerre à Cyaxare, roi des Mèdes, lorsque l’éclipse solaire en question interrompit le combat.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#In_sexcentos_annos_AdG_back|<span id="In_sexcentos_annos_AdG"><sup>6</sup></span>]] On lit dans [[w:Georges_le_Syncelle|le Syncelle]] (''Chronolog.'', pag. 17) que les Chaldéens ont connu une période de six cents années solaires. [[w:Flavius_Josèphe|Josèphe]] [[#Flavius_Josèphe_back|<sup>⤵️</sup>]] ([[w:Antiquités_judaïques|''Ant. jud.'']], I, page 17 et 18, édit. Havercamp) dit que Dieu donna une longue vie aux patriarches pour qu’ils pussent cultiver avec succès les sciences astronomiques et géométriques, ce qu’ils n’auraient pu faire s’ils n’avaient pas vécu au moins six cents ans ; car la grande année ne finit pas plus tôt. Ainsi, il est certain qu’avant Hipparque les Chaldéens et d’autres peuples asiatiques ont connu une période de six cents années solaires. Mais [[w:Jean-Dominique_Cassini|Cassini]] ([[w:Jean-Dominique_Cassini#Mémoires_de_l’Académie_royale_des_sciences|''Anciens mém. de l’Acad.'']], t. VIII, pag. 4 et 5) et [[w:Jean_Sylvain_Bailly|Bailly]] (''Hist. de l’astr. ancienne'', t. II, liv. 3, Eclairciss.) ont prouvé que tous les six cents ans les nouvelles et pleines lunes n’arrivent pas seulement au même jour et à la même heure qu’auparavant, mais encore à la même minute. Ne serait-il donc pas probable qu’Hipparque, comme le dit Ideler (''Historische untersuchungen uber die astronomischen beobachtungen der alten'', Berlin 1806, page 417) a connu cette période chaldéenne, et que delà résulte l’étendue de six cents ans donnée à son calendrier selon Pline.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">[[w:Abel_Burja|Abel-Burja]] de Leipzig a tâché d’expliquer d’une autre manière la durée du calendrier d’Hipparque (''Astronomisches Jahrbuch'', 1797, pag. 233 et 234). [[w:Claude_Ptolémée|Ptolémée]] et [[w:Censorin_(grammairien)|Censorin]] racontent qu’Hipparque est auteur d’une période soli-lunaire de trois cent quatre années solaires. En la prenant deux fois, on obtient une période de six cent huit ans. Celle-ci fut abrégée par Hipparque de huit ans, afin d’obtenir un nombre entier de siècles pour son calendrier. Ideler a fait une objection très-juste contre cette opinion de Burja ; c’est que la période de six cent huit ans n’a aucun avantage sur celle de trois cent quatre ans. On ne voit donc pas ce qui a pu engager Hipparque à préférer le nombre de six cents ans à celui de trois cents, lorsqu’il composait son calendrier.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Menses_gentium_etc_AdG_back|<span id="Menses_gentium_etc_AdG"><sup>7</sup></span>]] C’est-à-dire il écrivit des éphémérides dans lesquelles il avait calculé d’avance les néomenies et les pleines lunes. Il fit aussi entrer dans son calendrier les longueurs des jours et des heures variables, [[w:ὧραι|ὧραι]] καιρικαι, ainsi que les aspects du ciel, ''visus populorum'', tels qu’ils eurent lieu chez les habitans de différentes contrées de la terre. Il ajouta une table des longitudes et des latitudes des principaux pays et villes du globe. Ptolémée (''Géogr.'', I, ch. 4) en dit autant d’Hipparque.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Aevo_teste_AdG_back|<span id="Aevo_teste_AdG"><sup>8</sup></span>]] Les tables d’Hipparque étaient dressées pour six cents ans. Cet astronome florissait vers cent cinquante ans avant J.-C. Ainsi, du temps de Pline, on avait encore à jouir de ces tables pour quatre cents ans environ. POINSINET.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Numinum_AdG_back|<span id="Numinum_AdG"><sup>9</sup></span>]] Pline donne souvent l’épithète de divinités aux planètes, à la lune, au soleil, à la terre et aux étoiles fixes.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#In_defectibus_scelera_etc_AdG_back|<span id="In_defectibus_scelera_etc_AdG"><sup>10</sup></span>]] Nous transcrivons ici ce beau passage de l’Uranographie de M. [[w:Louis-Benjamin_Francœur|Francoeur]], qui mérite d’être mis en parallèle avec celui de Pline pour l’élégance du style et les pensées, et qui renferme le meilleur commentaire que nous puissions donner de tout ce que Pline dit des terreurs que les éclipses causaient autrefois aux hommes ignorans. « L’histoire, dit M. Francoeur (page 93), est pleine des exemples de l’effroi causé par les éclipses, et des dangers que produisent l’ignorance et la superstition. Nicias avait résolu de quitter la Sicile avec son armée ; effrayé par une éclipse de lune, et voulant temporiser plusieurs jours pour s’assurer si l’astre n’avait rien perdu après cet évènenement, il manqua ainsi l’occasion de sa retraite; son armée fut détruite ; Nicias périt, et ce malheur commença la ruine d’Athènes.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Souvent on a vu des hommes adroits tirer parti de la frayeur du peuple pour l’amener à remplir leurs desseins. Christophe Colomb, réduit à faire subsister ses soldats des dons volontaires d’une nation sauvage et indigente, était prêt à voir tarir cette ressource et à périr de faim ; il annonce qu’il va priver le monde de la lumière de la lune. L’éclipse commence et la terreur s’empare des Indiens, qui reviennent apporter aux pieds de Colomb les tributs accoutumés.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Drusus (TACITE , Annales, I, 28) apaisa une sédition dans son armée, en prédisant une éclipse de lune, et, selon Tite-Live, Sulpicius Gallus, dans la guerre de Paul-Emile contre Persée, usa du même stratagème. Periclès, [[w:Agathocle_de_Syracuse|Agathocles de Syracuse]], [[w:Dion_de_Syracuse|Dion]], roi de Sicile, ont failli être victimes de l’ignorance de leurs soldats. [[w:Alexandre_le_Grand|Alexandre]], près d’[[w:Bataille_de_Gaugamèles|Arbelles]], est réduit à user de toute son adresse pour calmer la terreur qu’une éclipse avait jetée parmi ses troupes. Les hommes supérieurs, plutôt que de plier sous les circonstances qui les maîtrisent, mettent leur art à les tourner à leur profit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Combien de fables établies d’après l’opinion que les éclipses sont l’effet du courroux céleste qui se venge des iniquités de l’homme en le privant de la lumière! Tantôt [[w:Diane_(mythologie)|Diane]] va trouver [[w:Endymion|Endymion]] dans les montagnes de Carie; tantôt les magiciennes de Thessalie font descendre la lune sur les herbes qu’elles destinent aux enchantemens. »<br /><br /><p style="text-align: center;">''Carmina vel cælo possunt deducere lunam.''<br /><p style="text-align: right; text-indent: 15px;">Virg., ''Eclog.'' VIII.<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Ici c’est un dragon qui dévore l’astre, et qu’on cherche à épouvanter par des cris ; le dieu tient le soleil enfermé dans un tuyau, et nous ôte ou nous rend la vue de cet astre à l’aide d’un volet, etc. Les progrès des sciences ont fait connaître le ridicule de ces opinions et de ces craintes, depuis qu’on a vu qu’il était possible de calculer par les tables astronomiques, et de prévoir long-temps d’avance l’instant où la colère du ciel devait éclater.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Cependant, naguère encore, l’épouvante a causé les revers des armées de Louis XIV, près de Barcelone, lors de l’éclipse totale de l’an 1706 [[w:en:Solar_eclipse_of_May_12,_1706|(en)]], et la devise, ''nec pluribus impar'', a prêté aux allusions injurieuses ! »'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pindari_AdG_back|<span id="Pindari_AdG"><sup>11</sup></span>]] Pindare était le plus fameux poète de la Grèce après Homère. Il vint au monde l’an 134 avant l’ère chrétienne. POINSINET.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Plutarque (''De la face de la lune'', pag. 931) dit aussi que Stésichore et Pindare craignaient beaucoup les éclipses. Le dernier poète a peint les terreurs que lui causaient ces phénomènes dans son poëme sur le soleil. HARDOUIN et DALECHAMP.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Crepitu_dissono_AdG_back|<span id="Crepitu_dissono_AdG"><sup>12</sup></span>]] Cet usage superstitieux dont Plutarque parle au long dans sa vie de Paul-Émile, a fourni un vers fort plaisant à Juvénal, lorsqu’après avoir épuisé toute sorte d’exagération pour représenter le bruit qu’une femme fait en criant, il finit par dire :<br /><br /><p style="text-align: center;">''Una laboranti poterit succurrere lunæ.''<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">« Elle seule, au besoin, décharmerait la lune. » POINSINET.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_AdG_back|<span id="Nicias_AdG"><sup>13</sup></span>]] Le même fait est raconté par Plutarque dans la vie de Nicias, par Quintilien, I, 10, et par d’autres écrivains anciens. HARDOUIN.'''
</td>
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</table><br/><br/></div>{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f10.item <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Second</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f14.item ''Livre II.''], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f46.item ''chap. IX.''], traduction nouvelle par M. [[w:Stéphane_Ajasson_de_Grandsagne|Ajasson de Grandsagne]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773334c/f311.item <sup>NOTES</sup>], C. L. F. Panckoucke, Paris, 1829</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">''Des inventions a[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />tronomiques, & de leurs Auteurs.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''L'''E PREMIER d’entre les ''Romains'' qui rendit publique la théorie des éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil & de lune, fut '''Sulpicius Gallus''' [[#Sulpicius_Gallus_LPdS|<span id="Sulpicius_Gallus_LPdS_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], celui que '''Marcus Marcellus''' eut pour Collegue au Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulat : mais il n’étoit que Tribun Militaire [[#Tribun_Militaire_LPdS|<span id="Tribun_Militaire_LPdS_back"><sup>'''2'''</sup></span>]], lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il di{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ipa l’allarme qu’auroient pu prendre nos troupes la veille de la victoire remportée {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur '''Per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ée''' par '''Paul Emile''' ; car ce Général l’ayant produit devant les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oldats a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}emblés, il leur prédit une éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e qui devoit arriver [[#éclipse_LPdS|<span id="éclipse_LPdS_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] ; il compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a même en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite un Ouvrage {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur ce {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet. Parmi les ''Grecs'', '''Thalès''' de ''Milet'' prédit l’an quatrieme de la quarante-huitieme olympiade l’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil qui arriva {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le regne de '''Halyattes''' [[#Halyattes_LPdS|<span id="Halyattes_LPdS_back"><sup>'''4'''</sup></span>]], l’an cent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oixante de la fondation de [[#cent_soixante_LPdS|<span id="cent_soixante_LPdS_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] ''Rome''. Après eux, Hipparque [[#Hipparque_LPdS|<span id="Hipparque_LPdS_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] dre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a des Tables en vers [[#En_vers_LPdS|<span id="En_vers_LPdS_back"><sup>'''7'''</sup></span>]] du cours de ces deux aftres pour fix cents ans. Dans ces Tables , de l’exactitude deſquelles notre âge rend encore témoignage [[#témoignage_LPdS|<span id="témoignage_LPdS_back"><sup>'''8'''</sup></span>]], il embra{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e les éphémérides propres à chaque nation [[#chaque_nation_LPdS|<span id="chaque_nation_LPdS_back"><sup>'''9'''</sup></span>]], les jours, les heures, le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ite re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pectif de chaque lieu, & les divers a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pects du ciel relativement aux divers peuples, comme {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la Nature l’eût admis à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eil intime. Per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}onnages vraiment grands! génies plus qu’humains, d’avoir ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urpris les loix qui font mouvoir ces va{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes pui{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances du ciel ; & d’avoir guéri de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es allarmes l’imagination malade des hommes, qui ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’alors, ou avoient toujours vu dans les éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es l’annonce effrayante de quelque grand crime & de quelque mort (terreur dont Sté{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ikhore [[#Stésikhore_LPdS|<span id="Stésikhore_LPdS_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] & Pindare [[#Pindare_LPdS|<span id="Pindare_LPdS_back"><sup>'''11'''</sup></span>]], ces Poètes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ublimes, ne furent point exempts à l’égard des éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olaires), ou attribuoient les ténebres dont {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couvre la lune à des maléfices opérés par le mêlange de certaines herbes magiques ; & croyoient devoir la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ecourir par un bruit di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cordant [[#bruit_discordant_LPdS|<span id="bruit_discordant_LPdS_back"><sup>'''12'''</sup></span>]]. Cette même terreur fut cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e que le Général Nicias [[#Nicias_LPdS|<span id="Nicias_LPdS_back"><sup>'''13'''</sup></span>]], peu au fait des cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es phy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iques, & n’o{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant pas, par {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uper{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tition, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortir {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a flotte du Port, mit Athenes à deux doigts de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a perte. Honneur [[#Honneur_LPdS|<span id="Honneur_LPdS_back"><sup>'''14'''</sup></span>]] à vous, Interpretes du Ciel ! E{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}prits [[#Esprits_LPdS|<span id="Esprits_LPdS_back"><sup>'''15'''</sup></span>]] dont l’étendue {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urpa{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e celle de la Nature ; Inventeurs d’une méthode qui a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujettit les dieux comme les hommes, à une même de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tinée ! Eh! qui pourroit, en voyant les a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres même ''en cri{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e'' (pour me {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir de l’expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion commune), ne pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oumettre à la néce{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ité où {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a condition mortelle l’enchaîne.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Pré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entement je vais toucher par articles fort courts & fort précis les points {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quels on s’accorde le plus. Je ré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oudrai, chemin fai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant, quelques que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tions, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que le cas l’exigera, mais toujours d’une maniere très {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ommaire ; car une analy{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e en forme d’arguments {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivis excéderoit le but de cet Ouvrage : & puis, je pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e qu’il n’y a pas moins de mérite à rendre une rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on plau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible de toutes cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, qu’à rendre une rai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on bien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olide de deux ou trois cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#Sulpicius_Gallus_LPdS_back|<span id="Sulpicius_Gallus_LPdS"><sup>1</sup></span>]] Son premier prénom étoit Caïus. Voyez à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet Tite-Live, l. 44. Valere maxime, l. 8. Quintilien, l. I. ch. 10. Plutarque, vie de Paul-Emile, &c.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Tribun_Militaire_LPdS_back|<span id="Tribun_Militaire_LPdS"><sup>2</sup></span>]] Ce grade répond à celui de Major-général des Troupes.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#éclipse_LPdS_back|<span id="éclipse_LPdS"><sup>3</sup></span>]] Cette éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Tite-Live, fut annoncée aux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oldats pour la nuit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivante. Sulpicius Gallus leur prédit que la lune s’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit entre la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econde heure de la nuit & la quatrieme. Plutarque ajoute qu’on étoit alors à l’i{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ue de l’été (''{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub exitum a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatis''). [[w:Paulin_II_d'Aquilée|Paul d’Aquilée]] écrit que cette éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e arriva aux nones de Septembre (''nonas Septembris''), c’est-à-dire au 4 Septembre : c’étoit l’an 168 avant J.C. {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon le calcul d’[[w:James_Ussher|U{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erius]].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Halyattes_LPdS_back|<span id="Halyattes_LPdS"><sup>4</sup></span>]] Il paroît que Ciceron & Eu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ebe {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trompent lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’ils placent cet événement {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous ''A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages'' : [[w:Hermolaos_(Macédoine)|Hermolaüs]] s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t trompé d’après eux, en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tituant ''A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages'' à ''Halyattes'' dans le texte de Pline, contre la foi des manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits, & contre le témoignage d’Herodote qui place cet événement dans une guerre entre Halyattes, Roi de Sardes, & Cyaxare, Roi des Medes, pere d’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tiages.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#cent_soixante_LPdS_back|<span id="cent_soixante_LPdS"><sup>5</sup></span>]] Les deux manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits royaux portent ''anno CLX'' : c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t la leçon qu’il faut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivre. En effet, Rome, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Varron, fut fondée l’an 2 de la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme olympiade, c’est-à-dire, dans l’année olympiadique 22. Mais comme chaque olympiade, depuis leur premiere in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titution, commençoit après le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ol{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tice d’été, & comme l’année Romaine avoit toujours commencé au plus tard en Mars {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous Romulus, & depuis en Janvier {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous Numa, il s’en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uit que la premiere année de Rome, qui répondoit à l’année olympiadique 22, répondoit en même-tems, de quatre mois au moins, à l’année olympíadique 23. Selon ce calcul, la quatrieme année de la quarante-huitieme olympiade, répond en partie à l’an 160, & en partie à l’an 161 de la fondation de Rome, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que 48 olympiades font cent quatre-vingt-douze années, de{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quelles {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i vous ôtez 22 ans écoulés, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Varron, entre la premiere olympiade & la fondation de Rome, il re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tera 160 ans, & 161 ans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’on a égard à l’enjambement réciproque des années olympiadiques {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les années Romaines, & des années Romaines {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les années olympiadiques. Il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t donc évident que le calcul de Pline (''anno CLX'') e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te, en admettant l’hypothe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e chronologique de Varron, à laquelle on voit bien que notre Auteur s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t conformé en cette occa{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion particuliere encore qu’en plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs autres rencontres il paroi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e affecter de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivre le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}y{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tême de Caton : vici{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}itude pardonnable dans un ouvrage de compilation où Pline a dû, comme malgré lui, adopter tantôt le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tyle d’un Auteur, tantôt celui d’un autre, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ource où il pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit pour l’heure. Si Pline eût {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivi l’hypothe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de Caton qui place la fondation de Rome deux ans plus tard que Varron, il eût fait tomber le rapport {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’année 157 ou 158 de la fondation de Rome. C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t le parti que prend le Pere Hardouin, & c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t de là qu’il part pour propo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er une correction dans le texte. Mais encore une fois, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t commettre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oi-même une faute que d’en trouver une chez Pline en cette occa{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion ; pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que cet Auteur a été en droit de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}y{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tème Varronien, ou ce qui revient au même, de con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erver la date Varronienne dont s’étoit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervi l’Auteur de qui il emprunte le fait hi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}torique en que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hipparque_LPdS_back|<span id="Hipparque_LPdS"><sup>6</sup></span>]] Voyez les notes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le premier livre au mot ''Hipparque'' : HIPPARCHUS (de Nicée, en Bithinie comme l’ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erve [[w:Souda|Suidas]]), flori{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit dans la quatre-vingt-quatorzieme olympiade. Nous avons {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es trois livres d’Enarrations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les Phénomenes d’[[w:Aratos_de_Soles|Aratus]] & d’[[w:Eudoxe_de_Cnide|Eudoxe]], traduits par le [[w:Paul_Petau|P. Petau]]. Il avoit compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é un autre livre ''De {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tellarum inerrantium Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titutione'', {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon Suidas. Son livre du mois lunaire e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cité par [[w:Claude_Galien|Galien]].'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#En_vers_LPdS_back|<span id="En_vers_LPdS"><sup>7</sup></span>]] ''En Vers.'' Je préfume que c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-là le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ens de ''præcinere'', qui ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ignifie pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement prédire, mais prédire en chant, c’est-à-dire en Vers. Sur ce pied-là, ce {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit d’un Poëme dans le genre de celui d’[[w:Aratos_de_Soles|Aratus]], dont il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit ici que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion. Si par hazard Pline n’a point prétendu parler d’un Poëme, au-moins s’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervi d’une expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ion propre à dé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igner ce genre d’écrire. Pour décider la que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion, il faudroit avoir tous les ouvrages d’Hipparque, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur-tout celui-ci.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#témoignage_LPdS_back|<span id="témoignage_LPdS"><sup>8</sup></span>]] Ces tables étoient dre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ées pour {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix cents ans. Or Hipparque flori{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit 150 ans avant J.C. Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i du tems de Pline, on avoit encore à jouir de ces tables pour quatre cents ans ou environ.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#chaque_nation_LPdS_back|<span id="chaque_nation_LPdS"><sup>9</sup></span>]] La lune ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e levant pas & ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couchant pas à la même heure pour toutes les nations, les diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es époques & pha{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es qu’elle forme n’appartiennent pas non plus au même point de tems pour tous les peuples, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que les uns ont la nuit quand les autres ont le jour; & que même lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que la lune s’éclip{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, la partie de l’heure où ce phénomene e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible, n’a pas la même évaluation pour tous les climats qui l’apperçoivent. Hipparque avoit donc eu égard à cette différence d’époques, relativement aux diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es longitudes, &par-con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}équent aux diver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es nations, tellement que les tables de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es éphémérides étoient accommodées à l’u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}age de tous les peuples : ouvrage dont on ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}auroit trop regretter la perte, & qui jetteroit le plus grand jour {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’ancienne géographie.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Stésikhore_LPdS_back|<span id="Stésikhore_LPdS"><sup>10</sup></span>]] Ste{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ikhore, l’un des plus fameux Poètes de la Grece, dont, par malheur, nous avons perdu tous les ouvrages, à l’exception d’une vingtaine de lignes décou{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ues. Il vivoit dans la quarante-deuxieme olympiade, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire, vers l’an {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix cents dix avant J.C.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pindare_LPdS_back|<span id="Pindare_LPdS"><sup>11</sup></span>]] Pindare, le plus fameux Poète de la Grece après Homere. Il vint au monde l’an 134 avant l’ere chrétienne.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#bruit_discordant_LPdS_back|<span id="bruit_discordant_LPdS"><sup>12</sup></span>]] Cet u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}age {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uper{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titieux a fourni un Vers fort plai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant à Juvenal, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’après avoir épui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é toute {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}orte d’exagération pour repré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}enter le bruit qu’une femme fait en criant, il finit par dire :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">''Una laboranti poterit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uccurrere luna.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Elle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eule au be{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oin décharmeroit la lune.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Nicias_LPdS_back|<span id="Nicias_LPdS"><sup>13</sup></span>]] C’étoit un Général Athénien, qui fut malheureux dans pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que toutes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es expéditions. Les Athéniens finirent par le condamner à mort. Il étoit contemporain d’[[w:Alcibiade|Alcibiade]] & de [[w:Lamachos|Lamachus]], & leur collegue dans le commandement. Voyez {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le fait dont parle ici Pline, Quintilien, l. I. ch. 10, & Plutarque à l’article Nicias.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Honneur_LPdS_back|<span id="Honneur_LPdS"><sup>14</sup></span>]] Au lieu de ''macte ingenio'', le Pere Hardouin lit ''macti'' ; mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon les meilleurs Latini{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes ''macte'' e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t indéclinable, ou pour mieux dire, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t un adverbe qui répond au ''bravò'' des Italiens. Fe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tus prétend que ''macte'' e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t un compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é de ''magis auctus''.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Esprits_LPdS_back|<span id="Esprits_LPdS"><sup>15</sup></span>]] Cette apo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trophe de Pline aux A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes rappelle ces beaux Vers d'Ovide {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le même {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ujet :<br />Felices animos quibus hæc cogno{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cere primise<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Inque Domos {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uperas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}candere cura fuit!<br />Credibile e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t illos pariter vitli{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que joci{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Altius humanis ex{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eruifle caput,<br />Non Venus aut Vinum {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ublimia pectora fregit<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Officiumve {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ori, militiæve labor :<br />Nec levis ambitio, perfu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aque gloria fuco,<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Magnarumve fames {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ollicitavit opum.<br />Admovere oculis di{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tantia {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idera no{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tris,<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Ætheraque ingenio {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uppo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uere {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uo.<br />Sic petitur cœlum: non ut ferat O{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}lan Olympus<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Summaque Peliacus {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idera tangat apex, &c.<br /><p style="text-align: right; text-indent: 15px;">Ovid. {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t. l. I.'''
</td>
</tr>
</table><br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=true <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Premier</u>], [https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=RA1-PA3#v=onepage&q&f=true ''Livre Second.''], [https://books.google.fr/books?id=UnhluychtF8C&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Histoire%20naturelle%20Pline&hl=fr&pg=RA1-PA59#v=onepage&q&f=true ''Des inventions astronomiques, & de leurs Auteurs.''], traduction en françois, avec le texte latin rétabli d’après les meilleures leçons manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crites ; accompagnée de Notes critiques pour l’éclairci{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du texte, & d’Ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances des Anciens comparées avec les découvertes des Modernes, par M. [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Louis Poinsinet de Sivry]], Chez la veuve Desaint, Paris, 1771</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
==== Livre XVIII ====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Enquête sur l’agriculture</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre LVII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une théorie astronomique de '''Thalès''', du [[w:Lever_héliaque|''coucher matinal'']] des [[w:Pléiades_(astronomie)|''Pléiades'']] 25 jours après l’[[w:Équinoxe_de_septembre|''équinoxe d’automne'']].</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''LVII.''' Primum omnium dierum ipsorum anni solisque motus prope inexplicabilis ratio est. Ad CCCLXV adjiciunt etiamnum intercalarios diei noctisque quadrantes. Ita fit, ut tradi non possint certa siderum tempora. Accedit confessa rerum obscuritas, nunc præcurrenle, nec paucis diebus, tempestatum significatu, quod προϰειμασιν Græci vocant : nunc postveniente, quod ἐπιϰεἰμασιν : et plerumque alias citius, alias tardius cæli effectu ad terram deciduo : vulgo serenitate reddita, confectum sidus audimus. Præterea quum omnia hæc statis sideribus cæloque affixis constent, interveniunt motu stellarum grandines, imbres, et ipsi non levi effectu, ut docuimus, turbantque conceptæ spei ordinem. ldque ne nobis tantum putemus accidere, et reliqua fallit animalia sagaciora circa hoc, ut quo vita eorum constet : æstivasque alites præposteri aut præproperi rigores necant, hibernas æstus. Ideo '''Virgilius''' errantium quoque siderum rationem ediscendam præcipit, admonens observandum frigidæ Saturni stellæ transitum. Sunt qui certissimum veris indicium arbitrentur ob infirmitatem animalis, papilionis proventum. Id eo ipso anno, quum commentaremur hæc, notatum est, proventum eorum ter repetito frigore exstinctum, advenasque volucres a. d. VI kalendas februarii spem veris attulisse, mox sævissima hieme conflictatas. Res anceps : primum omnium a cælo peti legem : deinde eam argumentis esse quærendam. Super omnia est mundi convexitas, terrarumque globi differentia, eodem sidere alio tempore aliis aperiente se gentibus : quo fit ut causa ejus non lisdem diebus ubique valeat. Addidere difficultatem et auclores diversis in locis observando, mox etiam in iisdem diversa prodendo. Très autem fuere sectæ : ''Chaldæa'', ''Ægyptia'', ''Græca''. His addidit apud nos quartam Cæsar dictator, annos ad solis cursum redigens singulos, '''Sosigene''' perito scientiæ ejus adhibito. Et ea ipsa ratio postea comperto errore correcta est : ita ut XII annis continuis non intercalaretur, quia cœperat sidera annus morari, qui prius antecedebat. Et '''Sosigenes''' ipse trinis commentationibus, quanquam diligentior cæteris, non cessavit tamen addubitare, ipse semet corrigendo. Auctores prodidere ea, quos prætexuimus volumini huic, raro ullius sententia cum alio congruente. Minus hoc in reliquis mirum, quos diversi excusaverint tractus. Eorum qui in eadem regione dissedere, unam discordiam ponemus exempli gratia : occasum matutinum Vergiliarum '''Hesiodus''' (nam hujus quoque nomine exstat Astrologia) tradidit fieri, quum æquinoctium autumni conficeretur, '''Thales''' vigesimo quinto die ab æquinoctio, '''Anaximander''' vigesimo nono, '''Euctemon''' XLVIII. Nos sequemur observationem Cæsaris : maximeque hæc erit ''Italiæ'' ratio. Dicemus tamen et aliorum placita : quoniam non unius terræ, sed totius naturæ interpretes sumus, non auctoribus positis (id enim verbosum est), sed regionibus : legentes tantum meminerint, brevitatis gratia, quum ''Altica'' nominata fuerit, simul intelligere ''Cycladas'' insulas ; quum ''Macedonia'', ''Magnesiam'', ''Thraciam'' ; quum ''Ægyptus'', ''Phœnicen'', ''Cyprum'', ''Ciliciam'' ; quum ''Bœotia'', ''Locridem'', ''Phocidem'', et finitimos semper tractus ; quum ''Hellespontus'', ''Cherronesum'', et continentia usque ''Atho'' montem ; quum ''Ionia'', ''Asiam'', et insulas ''Asiæ'' ; quum ''Peloponnesus'', ''Achaiam'', et ad ''Hesperum'' jacentes terras. ''Chaldæi Assyriam'' et ''Babyloniam'' demonstrabunt. ''Africam'', ''Hispanias'', ''Gallias'' sileri non erit mirum. Nemo enim observavit in iis, qui siderum proderet exortus. Non tamen difficili ratione dignoscentur in illis quoque terris digestione circulorum, quam in sexto volumine fecimus : qua cognatio cæli, non gentium modo, verum urbium quoque singularum intelligitur, nota ex his terris, quas nominavimus, sumta convexitate circuli, pertinentis ad quas quisque quæret terras, et ad earum siderum exortus, per omnium circulorum pares umbras. Indicandum et illud, tempestates ipsas ardores suos habere quadrinis annis : et easdem non magna differentia reverti ratione solis : octonis vero augeri easdem, centesima revolvente se luna.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/652/mode/2up ''Livre XVIII.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/684/mode/2up ''Chap. LVII.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition de 1831 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f339.item ici] et de 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/708|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''LVII.''' Avant tout, le calcul des jours même de l’année et du mouvement solaire est d’une difficulté presque insurmontable. Aux trois cent soixante-cinq jours on ajoute des jours intercalaires, produits de quarts de jour et de nuit ; de là vient qu’on ne peut indiquer des époques fixes pour les astres. Ajoutez une obscurité des choses avouée de tous : tantôt en effet la mauvaise saison, s’annonçant, anticipe même de plusieurs jours, ce que les Grecs appellent προϰεἰμασις (avant-hiver), et la belle saison retarde, ce qui est nommé ἐπιϰεἰμασις (arriere-hiver) : l’effet du ciel tombe sur la terre tantôt plus vite, tantôt plus tardivement ; et d’ordinaire c’est quand la sérénité est rétablie que nous entendons dire que l’action de l’astre est accomplie. En outre, car tous ces phénomènes dépendent d’astres réglés et fixés au ciel, le mouvement des étoiles amène intercurremment des grêles, des pluies qui ne sont pas non plus d’une faible action, comme nous l’avons enseigné (XVII, 2), et qui troublent l’ordre espéré. Et ne pensons pas que ces méprises n’arrivent qu’à nous; les autres animaux s’y trompent, bien que plus sagaces que nous sur ce point, vu que leur vie en dépend : l’on voit les oiseaux d’été tués par des froids hâtifs ou tardifs, et les oiseaux d’hiver par des chaleurs hâtives ou tardives. Aussi [[w:Virgile|'''Virgile''']] [[#Virgile|<span id="Virgile_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ([[w:Géorgiques|''Georg.'']], I, 335) recommande-t-il d’étudier encore le cours des astres errants, avertissant d’observer le passage de Saturne, planète froide. Il en est qui regardent comme l’indice le plus sûr du printemps l’apparition des papillons, à cause de la délicatesse de cet insecte. Or, l’année même où nous écrivions ceci (an 830 de ''Rome''), il a été noté que les papillons, ayant éclos, furent détruits à trois reprises par le froid, et que les oiseaux étrangers, ayant apporté l’espérance du printemps avant le 6 des calendes de février (27 janvier), eurent bientôt après à essuyer un hiver très-rigoureux. La double difficulté est d’abord d’avoir à demander au ciel la règle de toute chose, puis d’être obligé de contrôler cette règle par des faits apparents. Avant tout signalons la convexité du monde et les différences du globe terrestre, qui font que le même astre se montre à des temps divers suivant les nations, de sorte que l’influence ne s’en fait pas sentir partout aux mêmes jours. La difficulté a été encore accrue par les auteurs qui ont observé en des lieux différents, ou même qui, ayant observé dans les mêmes lieux, ont publié des résultats divergents. Il y a eu trois écoles, la ''Chaldéenne'', l’Égyptienne, la ''Grecque''. Une quatrième a été formée chez nous par le dictateur [[w:Jules_César|'''César''']], qui ramena l’année à la révolution solaire avec l’aide de [[w:Sosigène_d'Alexandrie|'''Sosigène''']] [[#Sosigène|<span id="Sosigène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], astronome habile. Et ce calcul même, où l’on découvrit une erreur, a été corrigé : pendant douze années consécutives on ne fit pas d’intercalation, attendu que l’année, qui auparavant anticipait, maintenant retardait sur les astres. '''Sosigène''' lui-même, quoique plus exact que les autres, n’a pas cessé, dans trois mémoires, de témoigner de ses doutes en se corrigeant lui-même. Les auteurs que nous avons indiqués au commencement de ce livre [[#auteurs_JH|<span id="auteurs_JH_back"><sup>'''1'''</sup></span>]] ont révélé ces discordances, l’avis de l’un s’accordant rarement avec l’avis de l’autre. Cela est moins étonnant dans ceux qui s’excuseront par la différence des lieux. Parmi ceux qui dans le même pays sont en désaccord, nous choisirons un exemple de dissidence : [[w:Hésiode|'''Hésiode''']] [[#Hésiode|<span id="Hésiode_back"><sup>'''III'''</sup></span>]] (car nous avons aussi sous son nom un livre sur les astres) a rapporté que le [[w:Lever_héliaque|''coucher matinal'']] des [[w:Pléiades_(astronomie)|''Pléiades'']] se faisait au moment de l’[[w:Équinoxe_de_septembre|''équinoxe d’automne'']] ; '''Thalès''', qu’il se faisait vingt-cinq jours après cet équinoxe; [[w:Anaximandre|'''Anaximandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anaximandre_back|<sup>🔄</sup>]], vingt-neuf; [[w:Euctémon|'''Euctémon''']] [[#Euctémon|<span id="Euctémon_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], quarante-huit. Quant à nous, nous suivrons les calculs de '''César''' : ils se rapportent spécialement à l’Italie. Toutefois, nous relaterons aussi les opinions des autres ; car nous sommes les interprètes, non d’un seul pays, mais de la nature entière. Nous nommerons, non pas les auteurs, ce qui serait trop long, mais les pays. Les lecteurs auront seulement à se souvenir que, pour abréger, sous le nom d’[[w:Attique|''Attique'']] nous entendons aussi les [[w:Cyclades|''Cyclades'']]; sous celui de [[w:Macédoine_(province_romaine)|''Macédoine'']], la [[w:Magnésie_antique|''Magnésie'']] et la [[w:Thrace_(province_romaine)|''Thrace'']]; sous celui d’[[w:Égypte_romaine_et_byzantine|''Égypte'']], la [[w:Syrie-Phénicie_(province_romaine)|''Phénicie'']], [[w:Chypre_(province_romaine)|''Chypre'']] et la [[w:Cilicie|''Cilicie'']]; sous celui de [[w:Béotie#Antiquité|''Béotie'']], la [[w:Locride_(Grèce)|''Locride'']], la [[w:Phocide#Antiquité_et_période_byzantine|''Phocide'']] et les contrées limitrophes ; sous celui d’[[w:Hellespontique|''Hellespont'']], la [[w:Chersonèse_(cité_grecque)|''Chersonèse'']] et le continent jusqu’au [[w:Mont_Athos|''mont Athos'']]; sous celui d’[[w:Ionie|''Ionie'']], l’Asie et les îles ''Asiatiques'' ; sous celui de [[w:Péloponnèse#Antiquité|''Péloponnèse'']], l’[[w:Achaïe|''Achaïe'']] et les terres situées à l’occident; la [[w:Chaldée|''Chaldée'']] indiquera la [[w:Histoire_de_la_Syrie#Antiquité|''Syrie'']] et la [[w:Babylone_(civilisation)|''Babylonie'']]. On ne s’étonnera pas que je passe sous silence l’[[w:Afrique_romaine|''Afrique'']], l’[[w:Hispanie_romaine|''Espagne'']] et les [[w:Gaule|''Gaules'']], car personne dans ces contrées n’a laissé d’observations sur le lever des astres. Toutefois, il ne sera pas difficile de le calculer, même dans ces contrées, en étudiant la disposition des cercles que nous avons présentés dans le sixième livre (VI, 39). Grâce à cette étude, on connaît les relations astronomiques nou-seulement des nations, mais encore des villes en particulier : étant donnés les cercles déterminés par l’égalité des ombres, on choisit, dans les terres que nous avons nommées, le cercle qui a rapport à la localité objet du problème, et qui détermine en même temps le lever des astres pour cette localité. Il faut encore remarquer (II, 48) que tous les quatre ans les saisons ont leurs excès, et qu’elles reviennent les mêmes sans grande différence, en raison du soleil ; mais que tous les huit ans elles ont un redoublement, à la révolution de la centième lune.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#auteurs_JH_back|<span id="auteurs_JH"><sup>1</sup></span>]] Ce passage porte à croire que les auteurs dont Pline s’était servi pour composer chacun des livres de son ouvrage avaient été placés en tête du livre auquel ils se rapportaient. Les éditions mettent cette liste d’auteurs à la suite de la table de chaque livre, dans la table générale dressée par Pline lui-même.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/b24875958_0001/page/n7/mode/2up <u>Histoire Naturelle de Pline.</u>], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/652/mode/2up ''Livre XVIII.''], [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/684/mode/2up ''Chap. LVII.''], texte corrigé par [[w:Émile_Littré|M. É. Littré]], à partir de celui de [[w:Jean_Hardouin|Hardouin]] [https://archive.org/details/b24875958_0001/page/708/mode/2up <sup>NOTES</sup>], Librairie de Firmin-Didot et C<sup>ie</sup>, Paris, 1883<br />(également disponible une édition 1848 [[s:Page:Pline_l'ancien_-_Histoire_naturelle,_Littré,_T1_-_1848.djvu/708|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Jean Hardouin 1883|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Virgile_back|<span id="Virgile"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Publius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Vergilius|nomen, nom de famille}} {{Info|Maro|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}};<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète latin renommé dans les styles [[w:Épopée|''épique'']] (l’[[w:Énéide|''Énéide'']]), [[w:Poésie_pastorale|''pastorale'']] (les [[w:Bucoliques|''Bucoliques'']]) et [[w:Poésie_didactique|''didactique'']] (les [[w:Géorgiques|''Géorgiques'']]).<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(15 octobre [[w:Années_70_av._J.-C.|-70]], [[w:Virgilio_(Lombardie)#Histoire|''Andes'']], au sud-est de l’actuelle [[w:Lombardie#Histoire|''Lombardie'']], au nord de l’Italie — 21 septembre [[w:Années_19_av._J.-C.|-19]], [[w:Brindisi#Histoire|''Brundisium'']], au sud-est des actuelles [[w:Pouilles#Domination_romaine|''Pouilles'']], au sud-est de l’Italie)<sup>[[w:Ier_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Sosigène_back|<span id="Sosigène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Σωσῐγένης / Sōsigénēs [[wikt:en:Σωσιγένης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du verbe σῴζω / sṓizō, « 1. Sauver : • Guérir ; • (rare chez Homère) Garder en sécurité, préserver ; • Garder, observer, maintenir ; • (généralement au milieu) Garder à l’esprit, se souvenir ; • Conduire en toute sécurité (à) ; • Secourir ; • Conserver pour. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun γένος / génos [[wikt:en:γένος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Race, souche, parenté : Descendance directe, par opposition à une relation collatérale. 2. Progéniture, descendant : (collectif) progéniture, postérité. 3. (en général) Race d’êtres : • Famille, clan, maison ; • Tribu, nation, race, en tant que subdivision de ἔθνος / éthnos [[wikt:en:ἔθνος#Ancient_Greek|(en)]] ; • Caste ; • Race d’animaux. 4. Âge, génération, période de la vie. 5. Sexe, genre : (grammaire) Genre grammatical. 6. Classe, sorte, genre : • (logique) L’opposé de εἶδος / eîdos [[wikt:en:εἶδος#Ancient_Greek|(en)]] ; • (taxonomie) Classe : • (taxonomie) Genre ; • Espèce de plante ; culture, produit ; matériau ; • Élément. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe nominal propre -ης / -ēs [[wikt:en:-ης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"> Astronome grec, connu pour avoir participer à la conception du [[w:Calendrier_julien|''calendrier julien'']] (instauré par Jules César en [[w:Années_46_av._J.-C.|-46]]/[[w:Années_45_av._J.-C.|-45]], lorsqu’il était [[w:Pontifex_maximus|''pontifex maximus'']]), avec une année commune de 365 jours divisée en 12 mois, et un jour intercalaire ajouté tous les 4 ans, lors des années bissextiles.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hésiode_back|<span id="Hésiode"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἡσῐ́οδος / Hēsíodos;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète ''grec'', renommé pour 2 ouvrages :<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• [[w:Théogonie_(Hésiode)|''la Théogonie'']], une généalogie des dieux (dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d’Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant) et une cosmogonie (qui retrace la création du monde à partir du Chaos) ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• et [[w:Les_Travaux_et_les_Jours|''les Travaux et les Jours'']], un almanac sur l’agriculture à destination de son frère Perses.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup>]] — [[w:VIIe_siècle_av._J.-C.|VII<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}})
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Euctémon_back|<span id="Euctémon"><sup>IV</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ευκτήμων / Euktémōn;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Astronome ''athénien'', contemporain et collègue de l’astronome [[w:Méton|Méton]], avec qui, il a fait une série d’observations des [[w:Solstice|''solstices'']] afin de déterminer la durée de l’[[w:Année_tropique|''année tropique'']] [https://ecliptiqc.ca/Almageste_Livre3.php#III1 <sup>Ptolémée, Almageste, liv. III, chap. 1</sup>].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup>]] siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}})'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">Des découvertes astronomiques : part de chaque observateur dans la science.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''LVII.''' D’abord, il est presque impossible de déterminer d’une manière précise le nombre des jours de l’année et le cours du soleil [[#Primum_omnium_dierum_AdG|<span id="Primum_omnium_dierum_AdG_back"><sup>'''1'''</sup></span>]]. Aux trois cent soixante-cinq jours qui composent l’année, on ajoute le quart d’un jour et d’une nuit, pour en faire ensuite un jour intercalaire ; de là il suit qu’on ne saurait indiquer avec précision le moment du lever et du coucher des astres. On convient qu’il y a encore dans cette théorie beaucoup d’obscurité ; en effet, les saisons quelquefois commencent plusieurs jours avant le terme qui leur a été fixé, ce que les ''Grecs'' appellent ''procheimasis'' ; d’autres fois, plusieurs jours après, ce qu’ils appellent ''épicheimasis'' [[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG|<span id="Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back"><sup>'''2'''</sup></span>]]. Presque toujours l’action des astres se fait sentir sur la terre ou plus tôt ou plus tard qu’il ne devrait ; aussi dit-on communément, lorsque le beau temps est revenu, que tel astre a produit son effet. Ces phénomènes dépendent des astres fixés à la voûte des cieux, ainsi que des étoiles, dont les mouvemens particuliers excitent des grêles et des pluies qui sont d’une très-grande conséquence pour les biens de la terre, comme nous l’avons observé, et amènent dans la température des changemens sur lesquels le laboureur ne pouvait compter. Non-seulement les hommes y sont trompés, mais aussi les animaux, bien plus habiles que nous à prévoir ces vicissitudes, puisque d’ailleurs leur vie en dépend ; en effet, on a vu des oiseaux d’été périr par des froids arrivés trop tôt ou trop tard, et des oiseaux d’hiver par des chaleurs également imprévues. Aussi '''Virgile''' veut-il qu’on étudie aussi le cours des ''planètes'', et qu’on observe avec soin le passage du froid ''Saturne'' [[#Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG|<span id="Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG_back"><sup>'''3'''</sup></span>]].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quelques-uns fixent le commencement du printemps à l’apparition des papillons, parce que ces insectes sont fort délicats. Néanmoins on a observé, dans l’année même où j’écris cette partie de mon ouvrage, que le froid, ayant repris trois fois, a fait périr autant de fois les papillons, et que les hirondelles qui, s’étaient montrées dès le 6 des [[w:Calendes|''kalendes'']] de février, et semblaient annoncer le retour du printemps, ont eu à essuyer un rigoureux hiver.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">C’est donc une science très-problématique que celle de l’influence des astres, et les inductions qu’elle fournit sont fort douteuses [[#Res_anceps_AdG|<span id="Res_anceps_AdG_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]. Ce qui augmente la difficulté, c’est la convexité du ciel et la différence des climats de la terre : le même astre se montre ici dans un temps, et là dans un autre ; d’où il suit que son influence ne se fait pas sentir en même temps partout. Pour surcroît d’embarras, les observations recueillies par les auteurs ont été faites dans des lieux différens, et ceux du même pays ne s’accordent pas même entre eux. On compte trois écoles astronomiques, la ''chaldéenne'', l’égyptienne et la ''grecque''. Le dictateur '''César''' en a fondé, chez les ''Romains'', une quatrième, lorsqu’aidé de '''Sosigène''', habile astronome, il fixa la longueur de l’année à une révolution du soleil. On trouva dans la suite que son calendrier était défectueux, parce que l’année, auparavant plus courte, se trouvait alors plus longue que le cours du soleil. Pour y remédier, il fallut, pour douze années consécutives, supprimer les jours intercalaires. '''Sosigène''' lui-même, le mathématicien le plus exact de son temps, après avoir revu jusqu’à trois fois ses calculs, sembla toujours douter de leur justesse, et ne cessa jamais de se corriger lui-même. De tous les auteurs qui ont traité ce sujet, et que nous avons cités au commencement de ce livre, il en est rarement deux qui soient de même avis. Cette divergence d’opinions est moins surprenante et plus excusable chez ceux qui écrivaient en des pays différens. Mais que dire de ceux qui, habitant le même pays, sont néanmoins d’avis différens ? En voici un exemple : '''Hésiode''', qui nous a laissé aussi un ouvrage sur le cours des astres, fixe le coucher matutinal des ''Pléiades'' au moment de l’équinoxe d’automne ; '''Thales''' prétend qu’il n’arrive que vingt-cinq jours après ; '''Anaximandre''' en met vingt-neuf ; '''Euctémon''', quarante-huit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quant à nous, nous suivrons les calculs de '''César''', qui se rapportent spécialement à l’Italie ; mais nous rapporterons aussi les observations étrangères, car notre plan n’est pas de traiter d’un seul pays, mais de la nature entière. Pour être moins longs, nous citerons les pays, et non les auteurs ; et, pour abréger davantage encore, les lecteurs se souviendront que, sous le nom d’Attique, il faut aussi entendre les ''Cyclades'' ; sous le nom de ''Macédoine'', la ''Magnésie'' et la ''Thrace'' ; sous le nom d’Égypte , la ''Phénicie'', l’île de ''Cypre'' et la ''Cilicie'' ; sous celui de ''Béotie'', la ''Locride'', la ''Phocide'' et les contrées voisines ; sous le nom d’Hellespont, la ''Chersonèse'' et partie du continent jusqu’au mont ''Athos'' ; sous le nom de l’Ionie, l’Asie et les îles ''Asiatiques'' ; sous le nom du ''Péloponnèse'', l’Achaïe et les pays adjacens au couchant ; enfin sous le nom de ''Chaldée'', l’Assyrie et la ''Babylonie''. On ne sera pas étonné que nous ne parlions ni de l’Afrique, ni de l’Espagne, ni des ''Gaules''. Aucun auteur dans ces contrées n’a laissé d’observations sur le lever ou le coucher des astres. Il ne sera pas difficile néanmoins de déterminer l’époque de ces phénomènes dans ces contrées, en étudiant la disposition des cercles, telle que nous l’avons présentée dans le sixième livre. Par ce moyen, on déterminera la position astronomique, non-seulement de chaque pays, mais encore de chaque ville dont nous avons pu parler, en prenant par les ombres égales de tous les cercles, une portion du cercle de telle contrée qu’on voudra choisir, et en calculant son rapport avec le lever des astres. Il faut faire observer encore que tous les quatre ans les chaleurs reviennent à peu près les mêmes pour chaque saison, en raison du mouvement du soleil, et que toutes les huitièmes années elles sont plus fortes, à cause de la centième lunaison.</div>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em;">'''[[#Primum_omnium_dierum_AdG_back|<span id="Primum_omnium_dierum_AdG"><sup>1</sup></span>]] Cf. sur la plupart des difficultés que le texte de notre auteur révèle, les notes relatives à l’astronomie, au livre II. L’année romaine fut d’abord celle des [[w:Albe_la_Longue|''Albains'']], c’est-à-dire lunaire ; dix mois la composaient, mars en était le premier : elle avait cinquante jours de moins que l’année lunaire réelle, et soixante-un de moins que l’année solaire, c’est-à-dire trois cent quatre jours seulement ; c’était là l’[[w:Calendrier_romain|{{Info|''année de Romulus''|le calendrier dit romuléen}}]]. [[w:Calendrier_romain|{{Info|''Numa''|le calendrier dit pompilien}}]] ajouta deux mois à cette année, janvier et février, et elle se trouva être composée de trois cent cinquante-cinq jours. Elle demeura ainsi jusqu’à Jules César, où commence l’[[w:Calendrier_julien|''année julienne'']], qui se compose de trois cent soixante-cinq jours, huit heures, auxquels [[w:Calendrier_grégorien|''Grégoire le Grand'']] ajouta onze minutes, pour arriver à la plus grande exactitude possible.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back|<span id="Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG"><sup>2</sup></span>]] L’entrée du soleil dans tel ou tel signe du zodiaque, son passage à l’équateur, etc., ne sont pas toujours le signal d’un changement dans la température. [[w:Végèce|Végèce]] a parlé des jours prokéimasiques et épikéiniasiques :''' {{Info|''Aut enim circa diem statutum, aut ante, vel postea, tempestates fieri, compertum est : unde præcedentes, ωροϰεἰμασιν : nascentes die solenni, επιϰεἰμασιν : subsequentes, μεταϰεἰμασιν, græco vocabulo nuncuperaverunt''|Car on a constaté que les tempêtes se produisent soit vers le jour fixé, soit avant, soit après : d’où les précédents, ωροϰεἰμασιν : nés le jour solennel, επιϰεἰμασιν : les suivants, μεταϰεἰμασιν, étaient appelés par le mot grec. TdA.}} '''(IV, 40).'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG_back|<span id="Ideo_Virgilius_errantium_quoque_siderum_rationem_ediscendam_prœcipit_AdG"><sup>3</sup></span>]] <p style="margin: 0 6em; text-indent: 0px">'''{{Info|Hoc metuens, cæli menses et sidera serva,<br />Frigida Saturni sese quo stella receptet.|Craignant cela, gardez les lunes et les étoiles du ciel, le froid de Saturne lui-même, où l’étoile les recevra. TdA.}}'''<p style="text-align: right; margin: 0 6em; text-indent: 0px">''Georg.'', I, 335.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Res_anceps_AdG_back|<span id="Res_anceps_AdG"><sup>4</sup></span>]] Voici enfin quelques idées philosophiques qui se trouvent sous la plume de Pline ; malheureusement la cause par laquelle notre auteur explique l’influence des astres est problématique, et montre que les sciences astronomiques des anciens laissaient beaucoup à désirer. Les Grecs croyaient qu’il y avait autant de cieux que de planètes ; le huitième ciel, ou le firmament, était celui dès étoiles fixés.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Occasum_matutinum_Vergiliarum_Hesiodus_AdG_back|<span id="Occasum_matutinum_Vergiliarum_Hesiodus_AdG"><sup>5</sup></span>]] L’ouvrage auquel Pline fait allusion a été mentionné par [[w:Théon_d'Alexandrie|Théon]] qui le nomme Αστριϰὴ βίϐλος [[w:en:Astronomia_(poem)|(en)]]. Cet ouvrage est perdu.'''</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Onzième</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f196.item ''Livre XVIII.''], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f340.item ''chap. LVII.''], traduction nouvelle par M. [[w:Stéphane_Ajasson_de_Grandsagne|Ajasson de Grandsagne]] [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5804072n/f453.item <sup>NOTES</sup>], C. L. F. Panckoucke, Paris, 1829</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 2em;">''Divi[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ion des jours & des nuits [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />uivant le cours du Soleil ; lever & coucher des étoiles ; ordre des [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ai[[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />ons ; tems où l’on [[w:S_long|{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}]]<nowiki />eme les bleds d’hiver.''<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">'''D'''’ABORD il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que impo{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ible de déterminer au ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te le nombre des jours de l’année, & le cours du Soleil ; car comme aux trois cents {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oixante & cinq jours dont l’année e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ée, on ajoute le quart d’un jour & d’une nuit, autrement {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, qui, au bout de quatre ans, font un jour intercalaire [[#jour_intercalaire_LPdS|<span id="jour_intercalaire_LPdS_back"><sup>'''1'''</sup></span>]], il arrive qu’on ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}auroit a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igner avec certitude le tems du lever & du coucher des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres. En {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd lieu, l’on convient qu’il y a dans cette théorie beaucoup d’ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}curité ; car quelquefois les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons [[#quelques_les_saisons_LPdS|<span id="quelques_les_saisons_LPdS_back"><sup>'''2'''</sup></span>]] commencent plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours avant le terme qui leur a été fixé, ce que les Grecs appellent ''prokheïma{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}is'' ; & d’autres fois plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours après, ce que ces mêmes Grecs expriment par le mot ''epikheïma{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}is'' : & l’on éprouve très {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouvent que l’action des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ait {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la terre, tantôt plutôt, tantôt plus tard. Au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i dit-on communément, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que le beau tems e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t revenu, que tel a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre a produit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on effet. D’ailleurs comme tout cela dépend des globes céle{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes, leur mouvement relatif excite quelquefois des grêles & des pluies, qui, comme nous l’avons déja [[#déjà_fait_observer_LPdS|<span id="déjà_fait_observer_LPdS_back"><sup>'''3'''</sup></span>]] fait ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erver, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont de la plus grande con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}équence pour les biens de la terre, & qui renver{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pérance qu’on avoit du beau tems. Et non {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement les hommes y {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont trompés, mais au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les animaux, quoiqu’ils aient bien plus de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}agacité que nous pour pre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir ces vici{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}itudes du ciel, d’autant que leur vie en dépend. En effet, on voit quelquefois les oi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux d’été mourir par des froids qui viennent trop tard ou trop tôt, & les oi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eaux d’hiver par des chaleurs qui arrivent de même. C’est pourquoi '''Virgile''' veut qu’on étudie au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i le cours des planetes, & qu’on ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erve à quelle partie du zodiaque répond la planete du froid Saturne [[#Saturne_LPdS|<span id="Saturne_LPdS_back"><sup>'''4'''</sup></span>]]. Quelques-uns croient que le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igne le plus certain du printems commencé, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’on voit des papillons, & cela parceque ces in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ectes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont fort délicats. Néanmoins on a remarqué que dans l’année même [[#lAnnée_dÉcriture_LPdS|<span id="lAnnée_dÉcriture_LPdS_back"><sup>'''5'''</sup></span>]] où j’écris ceci, le froid ayant recommencé ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois fois, a fait mourir autant de fois les papillons ; & que les hirondelles, qui, s’étant montrées dès le vingt-{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ept de Janvier, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}embloient annoncer le retour du printems, ont en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite e{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uyé un très cruel hiver.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">C’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t donc une {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}cience très problématique que celle de l’influence des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, & les inductions que l’on en tire {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont fort douteuses. Mais ce qui cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e le plus d’incertitude, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cette convexité du ciel & la différence des climats de la terre, parceque le même a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e montre ici dans un tems, & là dans un autre, d’où il ré{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulte que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on influence ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e fait pas {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entir en même tems par-tout. Un autre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urcroît de difficulté, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t que les ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations recueillies par les Auteurs ont été faites en différents lieux, & que ceux même qui ont écrit dans le même endroit ne s’accordent nullement entre eux dans ce qu’ils écrivent. On compte ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois différentes {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ortes de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ectes en A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomie ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}avoir, celle des Chaldéens [[#secte_des_Chaldéens_LPdS|<span id="secte_des_Chaldéens_LPdS_back"><sup>'''5*'''</sup></span>]], celle des Egyptiens & celle des Grecs. On peut même dire que le Dictateur Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar [[#Dictateur_César_LPdS|<span id="Dictateur_César_LPdS_back"><sup>'''6'''</sup></span>]] en produi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}it, chez les Romains, une quatrieme, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il rédui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}it chaque année au cours du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervant à cet effet du travail de So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igene, très habile A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronome. Néanmoins on découvrit en{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite que le calendrier de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar étoit défectueux [[#calendrier_César_défectueux_LPdS|<span id="calendrier_César_défectueux_LPdS_back"><sup>'''7'''</sup></span>]], parceque l’année qui auparavant étoit plus courte que le cours du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouvoit alors plus longue : & pour corriger cette erreur, on ordonna que pendant douze années de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite, il n’y auroit point de jour intercalaire [[#correction_erreur_LPdS|<span id="correction_erreur_LPdS_back"><sup>'''8'''</sup></span>]]. So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igene lui-même, quoique Mathématicien plus exact que les autres, ne lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a pas de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e conduire con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tamment en homme qui doutoit de la ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on propre calcul, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il en fit ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’à trois différentes corrections. De tous les Auteurs [[#Auteurs_calendrier_LPdS|<span id="Auteurs_calendrier_LPdS_back"><sup>'''9'''</sup></span>]] qui ont écrit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette matiere, & que nous avons allégués au commencement de ce livre, il s’en trouve rarement deux qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oient de même {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}entiment. Cette variété e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t moins {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}urprenante, comme au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i plus excu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}able, chez ceux qui écrivoient en des pays différents. Mais que dire de ceux qui, écrivant dans le même pays, n’ont pas lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é d’être partagés d’opinion ? En voici un exemple. '''Hé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iode''', dont il y a au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i un ouvrage [[#ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS|<span id="ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS_back"><sup>'''10'''</sup></span>]] {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le cours des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, dit que les Pléiades {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e couchent le matin dans le tems même de l’équinoxe d’automne. '''Thalès''' [[#opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS|<span id="opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS_back"><sup>'''11'''</sup></span>]] dit que cela arrive vingt-cinq jours après. '''Anaximandre''' en met vingt-neuf ; '''Euctémon''' [[#Euctémon_LPdS|<span id="Euctémon_LPdS_back"><sup>'''12'''</sup></span>]] quarante-huit.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Quant à nous, nous {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivrons le calcul de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, ayant principalement égard à l’Italie. Nous ne lai{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erons néanmoins de rapporter les opinions étrangeres, parceque notre objet n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t pas de traiter d’un {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eul pays, mais de la Nature entiere. Seulement, pour éviter les longueurs, nous n’indiquerons que les pays où chaque opinion a lieu, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans faire mention des auteurs de ces a{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ertions : & pour abréger encore davantage, les Lecteurs voudront bien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ouvenir que quand il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t parlé de l’Attique, il faut, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous ce nom, entendre au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i les Cyclades ; que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de Macédoine, il faut entendre au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i la Magné{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ie & la Thrace ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Egypte, la Phénicie, l’i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}le de Chypre & la Cilicie; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous celui de la Béotie, la Locride, la Phocide & les contrées voi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ines ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Hel le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pont, la pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}le de Thrace & le pays de terre ferme, ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’au mont Athos ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom de l’Ionie, l’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ie & les i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}les A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iatiques ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom du Péloponne{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e, l’Achaïe & les contrées [[#contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS|<span id="contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS_back"><sup>'''13'''</sup></span>]] adjacentes qu’elle a à {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on couchant ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le nom des Chaldéens, l’Assyrie & la Babylonie. Il ne faudra pas s’étonner {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i je ne parle ici ni de l’Afrique, ni de l’Espagne, ni des Gaules, pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que ces pays n’ont eu aucun Auteur qui ait écrit du cours des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres, ni de leur lever. Toutefois il ne {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}era pas difficile de connoître le tems où ils {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e levent dans ces pays-là même, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i l’on e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}truit de l’arrangement des cercles céle{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tes, tel que nous l’avons expliqué au {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme livre de cet ouvrage ; car, par ce moyen, & par les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eules notions que nous avons expo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ées en donnant une nomenclature des lieux, on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aura la po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ition, non {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement de chaque pays, mais encore de chaque ville, en prenant par les ombres égales de tous les cercles, un {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}egment du cercle de tel pays qu’on voudra choi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ir, & en cherchant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on rapport avec le lever des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres. Il faut remarquer au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i que de quatre [[#Columelle_LPdS|<span id="Columelle_LPdS_back"><sup>'''14'''</sup></span>]] en quatre ans les {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ons & les chaleurs reviennent à peu près les mêmes, & cela à cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e du mouvement du Soleil ; & que de huit en huit ans ces mêmes chaleurs reviennent plus con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}idérables, en vertu de la centieme lunai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=Notes du traducteur|alignT=center}}
<div style="text-align: justify; border: 2px; border-radius:15px; font-size:85%;"><br/>
<table cellspacing=15 align=center style="margin: 0 4em;">
<tr>
<td style="text-align: justify; margin: 0 4em; text-indent: 15px">'''[[#jour_intercalaire_LPdS_back|<span id="jour_intercalaire_LPdS"><sup>1</sup></span>]] Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur toute cette que{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tion, nos notes 13 & 14 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le huitieme chapitre du {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd livre de Pline, tome 1, p. 41 & 42 :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 5em;">(13) [[w:Suétone|Suétone]] s’exprime mieux, lor{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’il écrit : chaque quatrieme année ''quarto quoque anno''. Il est vrai que, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}elon le [[w:Jean_Hardouin|Pere Hardouin]], il faut comprendre dans la période de cinq ans, dont parle Pline, la premiere & la cinquieme année comme Bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles ; ce qui revient aux quatre années de Suétone, dont la quatrieme avoit un ''bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ex'' ; mais en vérité cette explication est des plus forcées. Je {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}erois donc d’avis qu’il faudroit lire dans Pline comme dans Suétone, ''quarto anno'', {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i nous n’apprenions d’ailleurs de cet Hi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}torien, que dès le regne d’Augu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te il s’étoit déja gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs abus & altérations dans l’année Julienne. On voit du moins qu’il y réforma plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs cho{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es, sous prétexte de la remettre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le pied où Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar l’avoit in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tituée. Cela me donneroit à pen{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er qu’on fit dès-lors attention à la fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eté & à l’excédence du calcul Julien ; mais qu’Augu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te, par respect pour la mémoire de Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, affecta d’imputer la faute à la négligence des Prêtres chargés à Rome de l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pection du Calendrier ; qu’au demeurant, on découvrit l’abus, & qu’on e{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}aya d’y remédier, en n’ajoûtant un jour entier à l’année ordinaire que chaque ''cinquieme année'' comme Pline paroît l’articuler ici expre{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement. Mais d’ailleurs il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t évident qu’à la longue le période bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile de quatre années en quatre années prévalut {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur celui de chaque cinquieme année, dont parle Pline ; & même il paroît que ceux qui, par la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite, voulurent {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}upputer les tems, récapitulerent, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans exception, toutes les bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles quartenaires écoulées depuis l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}titution Julienne ; car en 1582, on trouva par ce moyen que l’année étoit reculée de dix jours & plus; d’autant que l’excédence du calcul Julien, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uppo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e à l’année révolue 365 jours & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, au lieu de 365 jours 5 heures 49 minutes, 8 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econdes 17 tierces & 13 quarts qu’elle a réellement, forme tous les ans environ 11 minutes de trop, & tous les cent trente-quatre ans un jour entier d’excès. Le Pape Grégoire XIII trouvant donc l’année reculée de plus de dix jours ; ce qui dérangeoit l’économie annuelle des {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olemnités, remédia à cet inconvénient en retranchant de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on autorité dix jours au mois d’Octobre de l’année 1582, où l’on étoit alors ; & en réglant qu’à l’avenir tous les quatre cents ans on omettroit trois années bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extiles. Ce réglement devint une loi pour pre{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que toute l’Europe chrétienne. L’autre maniere de compter fut appellée l’ancien {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tyle. La Grande-Bretagne a long-tems per{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}té à s’en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervir malgré {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on abus manife{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}te. Enfin le Parlement d’Angleterre, par acte du mois de Septembre 1752, a adopté la réforme Grégorienne.<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 4em;">(14) Le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, en fai{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ant le tour du cercle oblique, parcourt réellement 360 degrés ou {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ections ; pui{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}que tout cercle {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e divi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e en 360 parties appellées degrés : mais la me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ure de chaque degré du cercle parcouru annuellement par le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil, excede tant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oit peu, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire de quelques légeres fractions de tems, la durée de chacun de nos jours révolus ; durée qui n’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t, comme on {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ait, que de 24 heures préci{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es ; le{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}quelles, comparées à un degré, en produi{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ent, au bout de l’année, 365 & plus pour le cercle, au lieu de 360 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eulement que le cercle requerroit. D’après une connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ance con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}u{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e de ces principes, Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e voyant Dictateur, Grand-Pontife, & maître du monde, entreprit, l’an 140 avant J. C. de réformer les abus qui s’étoient gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}és, tant dans l’année Pompilienne, ou de Numa, que dans celle des Pontifes, encore plus irréguliere que celle de Numa. A cet effet, il fit venir d’Alexandrie le Philo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ophe So{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}igenes. Celui-ci décida fau{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement que le cercle des jours de l’année révolue excédoit du nombres 5 joint au quart de 1 les 360 degrés du cercle oblique parcouru par le {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oleil : expo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é faux, auquel le Dictateur, occupé d’autres {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}oins, déféra {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ans autre examen. Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar régla donc, de l’avis de {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}on A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronome, que l’année {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit divisée en 365 jours ; & quant au quart de jour re{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tant, qui produit {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, il ordonna qu’on n’y auroit aucun égard pour chaque année particuliere ; mais que chaque quatrieme année on réuniroit la totalité de quatre fois {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures, qui en font vingt-quatre, pour en compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}er un jour entier; & qu’ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i cette quatrieme année auroit 366 jours. Il régla de plus, que ce jour intercalaire, ou ajoûté à chaque quatrieme année, seroit le 24 Février. Les Romains nommoient ce jour-là ''bis {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}exto calendas Martii'', c’est-à-dire, le ''{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}econd {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ixieme avant les calendes de Mars'' ; d’où il arriva que l’année où tomboit ce jour intercalaire fut appellée bis-{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#quelques_les_saisons_LPdS_back|<span id="quelques_les_saisons_LPdS"><sup>2</sup></span>]] Végece dit pareillement, liv. 4, chap. 40 : ''Aut enim circa diem {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatutum, aut ante, vel po{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tea, tempe{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tates fieri compertum e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t : unde præcedentes, ωροϰεἰμασιν : na{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}centes die {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}olenni, επιϰεἰμασιν : {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ub{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}equentes, μεταϰεἰμασιν, Græco vocabulo nuncuperaverunt'' [[#Accedit_confessa_rerum_obscuritas_AdG_back|<sup>⤴️</sup>]]. On lit au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i chez [[w:Columelle|Columelle]], dans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}a Préface :''' {{Info|''Neque enim ſemper eumdem, cælum & annus, velut ex præſcripto habitum gerunt : nec omnibus annis eodem vultu venit aſtas, aut hyems, &c.''|Car le ciel et l’année ne portent pas toujours le même habit, comme par un précepte : ni l’automne n’arrive chaque année avec la même apparence, ni l’hiver, etc. TdA}}
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#déjà_fait_observer_LPdS_back|<span id="déjà_fait_observer_LPdS"><sup>3</sup></span>]] Au liv. 17, chap. 2.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Saturne_LPdS_back|<span id="Saturne_LPdS"><sup>4</sup></span>]] Ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i qu’il l’in{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}inue dans {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}es ''Géorg.'' liv. I, v. 335 :'''<br /><p style="margin: 0 6em; text-indent: 0px">{{Info|Hoc metuens, cæli menses et sidera serva,<br />Frigida Saturni sese quo stella receptet.|Craignant cela, gardez les lunes et les étoiles du ciel, le froid de Saturne lui-même, où l’étoile les recevra. TdA.}}
</td>
<tr>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#lAnnée_dÉcriture_LPdS_back|<span id="lAnnée_dÉcriture_LPdS"><sup>5</sup></span>]] Pline, au quatorzieme livre, chap. 4, comptoit deux cents trente ans depuis la mort de [[w:Cicéron|Cicéron]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cicéron_I|<sup>🔄</sup>]], arrivée l’an de Rome 600. L’année qu’il indique ici, & où il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouvoit avoir compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}é quatre livres de plus, e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t probablement la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivante, c’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t-à-dire l’année 831 de la fondation de Rome.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#secte_des_Chaldéens_LPdS_back|<span id="secte_des_Chaldéens_LPdS"><sup>5*</sup></span>]] Sur l’année Chaldéenne, qui étoit la même que la Judaïque, con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez [[w:Eusèbe_de_Césarée|Eu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ebe]], ''Præpar. Evang.'' liv. 9, chap. 17, où il fait Abraham inventeur de l’a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomie chez les Chaldéens. Les A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trologues Chaldéens étoient ordinairement des Prêtres des Dieux, tels que [[w:Bérose|Béro{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e]], auquel les Athéniens éleverent dans leur Gymna{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e une {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tatue à langue dorée. Sur quoi voyez Pline, liv. 7, chap. 37. Ce Béro{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e étoit un Prêtre de [[w:Bēl|Belus]] ; il e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}t cité par [[w:Clément_d'Alexandrie|Clément d’Alexandrie]], & par [[w:Flavius_Josèphe|Jo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eph]] [[#Flavius_Josèphe_I|<sup>⤵️</sup>]], contre Apion, liv. 1. Sur l’année Egyptienne, & {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur l’ancienne année Grecque, con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez [[w:Hérodote|Hérodote]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Hérodote_I|<sup>🔄</sup>]] liv. 2, n°. 4. Cicéron rend ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tice à l’étude que firent des a{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tres les Egyptiens & les Babyloniens, liv. 1, de ''Divinat.'' n°. 16 :''' {{Info|''Ægyptii, & Babylonii, in camporum patentium aquoribus habitantes, cùm ex terra nihil emineret, quod contemplationi cæli officere poſſet, omnem curam in ſiderum cognitione poſuerunt''|Les Égyptiens et les Babyloniens, vivant dans les eaux des plaines découvertes, alors que rien ne dépassait de la terre qui pût gêner la contemplation du ciel, mettaient tous leurs soins dans la connaissance des étoiles. TdA}}.
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Dictateur_César_LPdS_back|<span id="Dictateur_César_LPdS"><sup>6</sup></span>]] Voyez les notes 13 & 14 {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur le chap. 8 du liv. 2, tome 1, p. 41 & 42.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#calendrier_César_défectueux_LPdS_back|<span id="calendrier_César_défectueux_LPdS"><sup>7</sup></span>]] Voyez les notes indiquées dans la note précédente ; & joignez-y les ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivantes, qui {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont de M. De{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}places, p. 339 : « Le calendrier chrétien, ayant {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivi la réformation de Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e trouva qu’en l’année 1582, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ous le Pape Grégoire XIII, l’équinoxe étoit remontée ju{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}qu’au 11 de Mars, au lieu du 21, où elle devoit être. Ce Pape, après avoir con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ulté Clavius & Ciaconius, les plus habiles A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes du tems, ordonna qu’en cette même année 1582, on compteroit le 5 du mois d’Octobre, au lieu du 15, afin de retrancher les dix jours qui s’étoient gli{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}és de trop, en {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uivant la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}upputation Julienne, depuis le Concile de Nicée, tenu en 325 : on convint encore de continuer l’intercalation d’un jour tous les quatre ans ; & qu’en outre, pour éviter dans la {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}uite pareille erreur, il {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}eroit fait un retranchement de trois jours intercalaires, dans l’e{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}pace de quatre {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iecles, à cau{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e des onze minutes qui manquent aux {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ix heures des années, dont on compo{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e l’année intercalaire, ou bi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}extile ; ces trois jours {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e retranchent en l’année qui finit les trois premiers {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iecles. De célebres A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}tronomes modernes ont fait voir que, malgré cette précaution, il y auroit encore, au bout de quatre cents ans, plu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ieurs jours de variation dans l’équinoxe ».'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#correction_erreur_LPdS_back|<span id="correction_erreur_LPdS"><sup>8</sup></span>]] Etabli par Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar, & qui revenoit tous les quatre ans. Ecoutons Suétone, vie de ce Dictateur, chap. 40 : {{Info|''Faſtos correxit, jampridem vitio Pontiſicum, per intercalandi licentiam adeo turbatos, ut neque meſſium feria aſtati, neque vindemiarum autumno competerent, annumque ad curſum ſolis accommodevit, ut CCCLXV dierum eſſet, & intercalario menſe ſublato, unus dies quarto quoque anno intercalaretur, &c''|Il corrigea les jeûnes, qui avaient toujours été une faute pontique, si perturbés par la permission de l’intercalation, que ni les fêtes du mois ne tenaient, ni les récoltes ne correspondaient à l’automne, et il ajusta l’année à la course du soleil, de sorte que c’était 365 jours, et après le mois intercalaire, un jour était intercalé tous les quatre ans, etc. TdA}}. On s’apperçut que cette correction de Jules Cé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ar étoit elle-même fautive. On tenta de nouveau de remédier au vice du calendrier ; {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur quoi con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez Solin, chapitre 1, p. 5 ; le P. Petau, ''de Doctr. temp.'' chap. 3 ; mais {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur-tout [[w:Macrobe|Macrobe]], qui s’exprime ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i, liv. 1, ''Saturn.'' chap. 14, p. 255 :''' {{Info|''Sacerdotes ſibi errorem novum ex ipſa emendatione ſecerunt. Nam cùm oporteret diem, qui ex quadrantibus conſit, quarto quoque anno conſecto, antequam quintus inciperet, intercalare, illi quarto non peracto ſed incipiente, intercalabant. Hic error ſex & triginta annis permanſit : quibus annis intercalati ſunt dies duodecim, cùm deberent intercalari novem. Sed hunc quoque errorem ſerò deprehenſum correxit Auguſtus, qui annos duodecim ſine intercalari die tranſigi juſſit : ut illi tres dies, qui per annos triginta & ſex vitio ſacerdotalis ſeſtinationis excreverant, ſequentibus annis duodecim, nullo die intercalato, devorarentur. Poſt hoc unum diem, ſecundùm ordinationem Caſaris, quinto quoque incipiente anno intercalari juſſit : & omnem hunc ordinem area tabula ad aternam cuſtodiam inciſione mandavit.''|Les prêtres retranchèrent une nouvelle erreur de leur correction. Car lorsqu’il fallait intercaler le jour qui est composé de quadrants, la quatrième année consécutive, avant que la cinquième ne commence, on intercalait ceux lorsque la quatrième n’était pas terminée mais commençait. Cette erreur a duré trente-six ans : années au cours desquelles douze jours ont été intercalés, alors qu’il aurait fallu en intercaler neuf. Mais cette erreur fut également détectée par Auguste, qui ordonna que douze années s’écoulèrent sans jour intercalaire : afin que ces trois jours, qui avaient été excrétés pendant les trente-six années du vice sacerdotal de cessation, soient dévorés dans le douze années suivantes, sans jour intercalaire. Après ce jour, selon l’ordonnance de César, il décréta que la cinquième année serait également intercalée : et tout l’ordre fut ordonné d’être gravé par le conseil du domaine pour la garde éternelle. TdA}}.
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Auteurs_calendrier_LPdS_back|<span id="Auteurs_calendrier_LPdS"><sup>9</sup></span>]] Ces Auteurs {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ont Hiéron, Philomêtor, Attale, Archelaüs, Xénophon, Magon, Caton, Silanus, Varron, &c. dont Pline a fait mention {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur la fin du chapitre 3.'''
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS_back|<span id="ouvrage_astronomique_Hésiode_LPdS"><sup>10</sup></span>]] Nous apprenons de Théon que cet ouvrage {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}e nommoit l’A{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}trique, Ἀςριϰὴ ϐίϐλος. Voyez au{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur ce même ouvrage, une Epigramme de [[w:Callimaque_de_Cyr%C3%A8ne|Callimaque]] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_I_de_Cyrène_II|<sup>🔄</sup>]], citée dans la vie d’Aratus, qui fait partie de l’Uranologie de [[w:Denis_Pétau|Petau]], liv. 2, ''Var. Di{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ert.'' chap. 9, p. 97.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS_back|<span id="opinion_Thalès_Hésiode_Anaximandre_LPdS"><sup>11</sup></span>]] Con{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ultez, {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur cette opinion de Thalès, ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i que {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur celles d’Hé{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}iode & d’Anaximandre, l’Uranologie citée note précédente.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Euctémon_LPdS_back|<span id="Euctémon_LPdS"><sup>12</sup></span>]] ''Euctemon'' ; ain{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}i portent les manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crits, & non pas ''Eudemon''. J’ai traité d’Euctêmon (en Grec Εὐϰτημον) dans les notes alphabétiques du premier livre, & plus récemment dans la note 21 du chapitre précédent.'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS_back|<span id="contrées_adjacentes_ouest_Péloponnese_LPdS"><sup>13</sup></span>]] Telles que l’Elide, l’Arcadie, la Me{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}lénie.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Columelle_LPdS_back|<span id="Columelle_LPdS"><sup>14</sup></span>]] Columelle, liv. 3, chap. 6 :''' {{Info|''Quo tempore ſol in eamdem partem ſigniſeri per eoſdem numeros redit, per quos cursus ſui principium cæperat : quem circuitum meatus dierum integrorum mille quadringentorum ſexaginta unius [[w:Apocatastase|ὰ τοκατάςασιν]] vocant ſtudioſi rerum cæleſtium''|A ce moment-là, le soleil revient dans la même direction au moyen des mêmes nombres par lesquels il a commencé sa course : laquelle course de mille quatre cent soixante et un jours entiers est appelée ὰ τοκατάςασιν par ceux qui étudient les choses célestes. TdA}}.</td>
</tr>
</table><br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true <u>Histoire Naturelle de Pline. Tome Sixieme</u>], [https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PA257#v=onepage&q&f=true ''Livre Dix-huitieme.''], [https://books.google.fr/books?id=JeyFTzG771cC&newbks=1&newbks_redir=0&dq=Louis%20Poinsinet%20de%20Sivry%20Pline%20l'ancien&hl=fr&pg=PA455#v=onepage&q&f=true ''Diviſion des jours & des nuits ſuivant le cours du Soleil ; lever & coucher des étoiles ; ordre des ſaiſons ; tems où l’on ſeme les bleds d’hiver.''], traduction en françois, avec le texte latin rétabli d’après les meilleures leçons manu{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}crites ; accompagnée de Notes critiques pour l’éclairci{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ement du texte, & d’Ob{{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ervations {{Info|ſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ur les connoi{{Info|ſſ|forme ancienne longue de la lettre s minuscule}}ances des Anciens comparées avec les découvertes des Modernes, par M. [[w:Louis_Poinsinet_de_Sivry|Louis Poinsinet de Sivry]], Chez la veuve Desaint, Paris, 1771</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Flavius_Josèphe|'''Flavius Josèphe''']] [[#Flavius_Josèphe|<span id="Flavius_Josèphe_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:37|37]]/[[w:38|38]], à [[w:Histoire_de_Jérusalem#Période_romaine_et_byzantine_(63_av._J.-C._-_638)|''Jérusalem'']] — vers [[w:100|100]], à [[w:Rome_antique|''Rome'']]) [[w:Ier_siècle|<sup>⏳</sup>]] [[s:Auteur:Flavius_Josèphe|<sup>📚</sup>]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">[[w:historiographe|Historiographe]] ''romain'' [[w:Juifs|''juif'']] d’origine [[w:Judée_(province romaine)|''judéenne'']], il participe activement au début de la ''première guerre judéo-romaine'' en tant que commandant militaire de ''Galilée'' contre les Romains, avant de se rendre à [[w:Vespasien|'''Vespasien''']] [[#Vespasien|<span id="Vespasien_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] lors de la prise de la garnison juive de la forteresse de [[w:Jotapata|''Jotapata'']] en juillet 67, et de devenir intermédiaire, interprète et négociateur entre les ''romains'' et les ''Juifs'' lors du siège de ''Jérusalem'' conduit par '''Titus''' [[#Titus_back|<sup>⤴️</sup>]] en 70. Après la fin de la grande révolte ''judéenne'', en 71, il s’établit auprès de son protecteur à ''Rome'' où il obtient la [[w:citoyenneté_romaine|''citoyenneté romaine'']].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Flavius Josèphe|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Flavius_Josèphe_back|<span id="Flavius_Josèphe"><sup>I</sup></span>]] De son nom de naissance Joseph ben (fils de) Matthatias, de l’hébreu יוסף בן מתתיהו / Yossef [[wikt:en:יוסף#Hebrew|(en)]] ben [[wikt:en:בן#Noun|(en)]] Matityahou [[wikt:en:מתתיהו#Hebrew|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• de la troisième personne du singulier [[w:Jussif|''jussive'']], signifiant ainsi « peut-il ajouter », du verbe הוֹסִיף / hosíf [[wikt:en:הוסיף#Hebrew|(en)]], « 1. Ajouter (quelque chose) à (quelque chose d'autre). 2. (littéraire) Continuer (à faire quelque chose). 3. (archaïque) Coordonné avec un autre verbe pour indiquer que l’action de ce verbe "ajoute" d’une manière ou d’une autre. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• du nom commun בֵּן / bén, « 1. Fils. 2. (ne produit plus de mot ou d’expression) Un descendant mâle direct. 3. Un mec, un garçon. 4. (n’est plus productif, état de construction) Possesseur de (connaissance, capacité, etc.). 5. (État construit) Utilisé pour exprimer l’âge d’un homme, d’un garçon ou le référent d’un nom masculin : âge, âgé. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">• de la contraction du nom commun מַתָּנַת / mataná [[wikt:en:מתנה#Hebrew|(en)]], « cadeau, présent, don »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px;">➥ du verbe נתן / natán [[wikt:en:נתן#Verb|(en)]], « 1. Donner. 2. Autoriser, permettre, laisser. 3. (archaïque) Mettre, placer. 4. (archaïque, hébreu biblique) Se transformer en. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ et du nom propre יהוה / YHWH [[wikt:en:יהוה#Hebrew|(en)]], « (Judaïsme) Tétragramme : mot en quatre lettres hébraïques utilisé comme nom [[wikt:ineffable#Français|''ineffable'']] de Dieu dans la Bible hébraïque, diversement rendu par Yahweh ou Jéhovah. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Son tria nomina à l’obtention de sa ''citoyenneté romaine'' est {{Info|Titus|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Flavius|nomen, nom de famille}} {{Info|Josephus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, prenant ainsi le nom de son bienfaiteur :<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[#Vespasien_back|<span id="Vespasien"><sup>II</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Titus|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Flavius|nomen, nom de famille}} {{Info|Vespasianus|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}};<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">[[w:L%C3%A9gat_(Rome_antique)|''Légat'']] lors de la [[w:Conqu%C3%AAte_romaine_de_la_Grande-Bretagne|''conquête de la Bretagne en 43'']] et lors de la [[w:Premi%C3%A8re_guerre_jud%C3%A9o-romaine|''rébellion juive de 66'']] en [[w:Jud%C3%A9e_(province_romaine)|''Judée'']]. Fin décembre 69, il est couronné empereur par le [[w:S%C3%A9nat_romain|''Sénat'']] après la guerre civile de l’[[w:Ann%C3%A9e_des_quatre_empereurs|''année des quatre empereurs'']], et fonde la dynastie des [[w:Flaviens|''Flaviens'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(17 novembre [[w:9|9]], près de [[w:Reate|''Reate'']] dans la région centrale italienne du [[w:Latium|''Latium'']] — 23/24 juin [[w:79|79]], à la station thermale de [[w:Aquae_Cutiliae|''Aquae Cutiliae'']], à l’est de ''Reate'')<sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup><br/><br/></div>
'''
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Contre_Apion|Contre Apion]] ===
<p style="text-align: right;">[[s:Contre_Apion|📚]]
{| cellpadding="0" align="{{{align|right}}}" style="margin-left: 2em; width:40%; border-spacing:3px; text-align:center; background-color:#F8F9FA; border:2px solid #C8CCD1"
|-
| style="border:solid 1px #F8F9FA" | [https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n156/mode/1up {{Info|'''Éditions & Manuscrits'''|Flavius Josèphe Contre Apion, Théodore Reinach & Léon Blum, 1930}}]
|- style="font-size:8pt; line-height:10pt; vertical-align:middle"
| align="center" | <div style="margin-right: 1em; padding:0 0 4px 0; text-align:justify;">{{{légende|
* La traduction ''latine'' a été imprimée dès 1480 à [[w:Vérone#Époque_moderne|''Vérone'']] par '''Pierre Maufer''' [[w:en:Petrus_Maufer|(en)]]. L’édition de cette traduction, due à [[w:Sigismund_Gelenius|'''Sigismond Gelenius''']] (''Paris'', 1535), qui constitue la « [[w:Vulgate|Vulgate]] », présente un texte souvent « amélioré » de façon arbitraire. La seule édition critique est celle de '''Ch. Boysen''' (''Vienne'', 1898) qui fait partie du [[w:Corpus_scriptorum_ecclesiasticorum_latinorum|{{Info|''Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum''|Le corpus des écrits ecclésiastiques latins}}]]. Elle repose principalement sur les manuscrits L(aurentianus LXVI, 2), B(odleianus Canonicianus 148), R(egius Parisinus 5049) de la I<sup>re</sup> classe, C(heltenhamensis Phillipicus 12311), P(arisinus 1615), Pa(rsinus 5054) de la seconde.
* Le texte grec est édité pour la première fois dans l’édition complète de '''Josèphe''' à [[w:Bâle#XVIe_siècle|''Bâle'']], chez [[w:Johann_Froben|''Froben'']], en 1544 par [[w:Arnoldus_Arlenius|'''Arlenius''']] qui a peut-être fait usage du ''Schleusingensis'' (un des fils du Laurentianus), mais a introduit grand nombre de corrections tantôt heureuses, et tantôt arbitraires. Par la suite notre traité n’a guère été imprimé que comme partie intégrante d’éditions complètes des œuvres de '''Josèphe'''. Les plus importantes sont celles de '''E. Bernard''' (1700), de [[w:John_Hudson_(classiciste)|'''Hudson''']] (1720) — le premier qui ait utilisé L —, de [[w:Sigebert_Havercamp|'''Havercamp''']] (1726), simple compilateur, de [[w:Karl_Wilhelm_Dindorf|'''L. Dindorf''']] (1847), de [[w:Immanuel_Bekker|'''Imm. Bekker''']] (1856), tout à fait manquée. L’édition critique de '''Niese''' [[w:en:Benedikt_Niese|(en)]] (1889) est la base de tous les travaux ultérieurs, notamment des éditions de '''Naber''' (1896) et de [[w:Henry_St._John_Thackeray|'''H. St. J. Thackeray''']] (coll. Loeb, 1926 : il n’a encore paru que le ''C. Apion'', la ''Vita'' et le commencement de la ''Guerre'') qui ont pu profiter aussi des conjectures de '''Cobet''', de '''Holwerda''', et de '''Herwerden'''.}}}</div>
|}
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Dernière œuvre écrite par '''Flavius Josèphe''', vers [[w:93|93]], dont l’objectif est de répondre aux critiques qu’ont soulevées ses [[w:Antiquit%C3%A9s_juda%C3%AFques|''Antiquités judaïques'']], de défendre l’ancienneté du peuple ''juif'' et du [[w:Judaïsme#Judaïsme_antique|''judaïsme'']] (Livre I) et les accusations d’[[w:Apion_(grammairien)|'''Apion''']] [[#Apion|<span id="Apion_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] (Livre II).</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Apion|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Apion_back|<span id="Apion"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien [[wikt:Apion#Latin|Ἀπίων / Apíôn]];
<br/><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[w:Grammaticus|''Grammairien'']] [[#grammairien|<span id="grammairien_back"><sup>II</sup></span>]] et [[w:Polygraphe_(auteur)|''polygraphe'']] [[#polygraphe|<span id="Grammairien_back"><sup>III</sup></span>]] ''grec'' d’Alexandrie.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:Ier_siècle_av._J.-C.|I<sup>er</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] — première moitié du [[w:Ier_siècle|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#grammairien_back|<span id="grammairien"><sup>II</sup></span>]] Du nom commun latin grammaticus [[wikt:en:grammaticus#Latin|(en)]]; du nom commun grec ancien γραμματικός / grammatikós [[wikt:en:γραμματικός#Noun|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun γρᾰ́μμᾰ / grámma [[wikt:en:γράμμα#Noun|(en)]], « 1. Ce qui est écrit, ce qui est dessiné. 2. Lettre. 3. (au pluriel) Alphabet. 4. Écriture, livre. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ du verbe γράφω / gráphō [[wikt:en:γράφω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (Homérique) égratigner, couper en dedans. 2. Dessiner, esquisser, peindre. 3. Écrire. 4. Écrire, proposer une loi. 5. ([[w:Diathèse#Moyen|''voix moyenne'']]) : • (''[[w:Réflexivité_(grammaire)|réflexif]] indirect'') Écrire pour soi, noter ; • Accuser, poursuivre. 6. ([[w:Conjugaison_latine|''passif parfait'']]) Être écrit, être sous forme écrite. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 30px">➥ + du suffixe nominal de résultat -μα / -ma [[wikt:en:-μα#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival -ῐκός / -ikós, de ou se rapportant à, de la manière de ; « -ique »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Enseignant responsable de la deuxième étape du système éducatif traditionnel, après l’apprentissage de l’alphabet, la lecture et l’écriture, et l’initiation au calcul avec un abaque chez un ''magister ludi'' [[w:en:Ludi_magister|(en)]] et avant celle de l’art du discours chez un [[w:Rhétorique#Rhétorique_dans_l'Antiquité_grecque|''rhéteur'']]. Le travail du grammairien était d’enseigner la lecture, l’analyse de textes des poètes antiques tels qu’Homère, Tite-Live et Virgile, et la grammaire [https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.antiquite.ac-versailles.fr%2Feducatio%2Fedrom2.htm#federation=archive.wikiwix.com&tab=url {{Info|<sup>➕</sup>|« L’école du grammaticus », ac-Versailles}}] [https://philo-lettres.fr/latin/rome_vie-quotidienne/ecole-romaine/ {{Info|<sup>➕➕</sup>|« L’École dans l’antiquité romaine, philo-lettres}}].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">'''[[#polygraphe_back|<span id="polygraphe"><sup>III</sup></span>]] Du nom commun grec ancien [[wikt:polygraphe|πολύγραφος / polýgraphos]], « qui écrit beaucoup de sujets »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de l’adjectif πολῠ́ς / polús [[wikt:en:πολύς#Ancient_Greek|(en)]], « (de nombre, au pluriel) Beaucoup de : • (avec des noms de multitude) Grand ; • (de quantité, avec des noms de masse) beaucoup de ; • (rare, d'une personne) Grand, puissant ; • (de son) Fort ; • (attributivement, adverbial) Fortement, pleinement ; • (d'espace) Large, grand ; • (de distance) Loin ; • (de temps) Long, en retard. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du verbe γράφω / gráphō [[wikt:en:γράφω#Ancient_Greek|(en)]], « 1. (Homérique) égratigner, couper en dedans. 2. Dessiner, esquisser, peindre. 3. Écrire. 4. Écrire, proposer une loi. 5. (''voix moyenne'') : • (''réflexif indirect'') Écrire pour soi, noter ; • Accuser, poursuivre. 6. (''passif parfait'') Être écrit, être sous forme écrite. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Le terme semble avoir été employé au cours de l’Antiquité dans un sens différent de celui que nous l’entendons aujourd’hui, pas dans le sens de diversité mais, de façon restreinte, le fait de composer un grand nombre de textes [https://eriac.univ-rouen.fr/la-polygraphie-comme-norme/ {{Info|<sup>➕</sup>|Isabelle Gassino, Université de Rouen et Dimitri Kasprzyk, université de Brest, « Colloque "La polygraphie comme norme" », 16 et 17 novembre 2017.}}].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Livre I ====
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em;">Témoignage de '''Thales''' comme :
* l’un des premiers ''philosophes grecs'' ayant traité des choses célestes et divines ;
* disciple des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' (premier témoignage) ;
* auteur de court(s)/rare(s) ouvrages (supposément unanimement admis), que les ''Grecs'' considéreraient comme les plus anciens, et douteraient, selon '''Flavius Josèphe''', de leur authenticité.</div>
:'''Texte latin'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">qui autem historias apud eos conscribere temptauerunt, id est hi, qui circa '''Cadmum''' ''Milesium'', et '''Acusilaus''' ''Argiuus'' et post hunc quicumque alii fuisse referuntur, paululum tempus ''Persicam'' apud ''Helladium'' militiam praecesserunt. sed etiam eos, qui de caelestibus et diuinis primitus apud ''Graecos philosophati'' sund, id est '''Pherecydem''' ''Syrum'' et '''Pythagoram''' et '''Thaletem''' omnes concorditer confidentur ''Aegyptiorum'' et ''Chaldaeorum'' fuisse discipulos et breuiter conscripsisse quae a ''Graecis'' omnium antiquissima iudicantur ita ut uix ea credant ab illis fuisse conscripta.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[[w:Corpus_scriptorum_ecclesiasticorum_latinorum|<u>Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum</u>]], [https://verlag.oeaw.ac.at/produkt/flavii-iosephi-opera-ex-versione-latina-antiqua-pars-vi-de-iudaeorum-vetustate-sive-contra-apionem-libri-ii/601067?name=flavii-iosephi-opera-ex-versione-latina-antiqua-pars-vi-de-iudaeorum-vetustate-sive-contra-apionem-libri-ii&product_form=5107 <u>Tome XXXVII, Flavius Iosephus, Contra Apionem</u>], ''Livre I'', ''chap. II.'', ''l.13, 14'', p.64, 1898</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Οἱ μέντοι τὰς ἱστορίας ἐπιχειρήσαντες συγγράφειν παρ' αὐτοῖς, λέγω δὲ τοὺς περὶ '''Κάδμον''' τε τὸν ''Μιλήσιον'' καὶ τὸν ''Ἀργεῖον'' '''Ἀκουσίλαον''' καὶ μετὰ τοῦτον εἴ τινες ἄλλοι λέγονται γενέσθαι, βραχὺ τῆς ''Περσῶν'' ἐπὶ τὴν ''Ἑλλάδα'' στρατείας τῷ χρόνῳ προύλαβον. Ἀλλὰ μὴν καὶ τοὺς περὶ τῶν οὐρανίων τε καὶ θείων πρώτους παρ' ''Ἕλλησι φιλοσοφήσαντας'', οἷον '''Φερεκύδην''' τε τὸν ''Σύριον'' καὶ '''Πυθαγόραν''' καὶ '''Θάλητα''', πάντες συμφώνως ὁμολογοῦσιν ''Αἰγυπτίων'' καὶ ''Χαλδαίων'' γενομένους μαθητὰς ὀλίγα συγγράψαι, καὶ ταῦτα τοῖς ''Ἕλλησιν'' εἶναι δοκεῖ πάντων ἀρχαιότατα καὶ μόλις αὐτὰ πιστεύουσιν ὑπ' ἐκείνων γεγράφθαι.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/Apion1gr.htm <u>Φλαίίου Ἰωσήπου, περὶ ἀρχαιότητος Ἰουδαίων</u>, ''λόγος α''], ''chap. II.'', ''l.13, 14'', 1898</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Quant aux Grecs qui ont entrepris d’écrire l’histoire, comme [[w:Cadmos_de_Milet|'''Cadmos''' de ''Milet'']], [[w:Acousilaos|'''Acousilaos''' d’Argos]] et ceux qu’on cite après lui, ils n’ont vécu que peu de temps [[#Cadmos_NdT_LB|<span id="Cadmos_NdT_LB_back"><sup>1</sup></span>]] avant [[w:Guerres_médiques|''l’expédition des Perses contre la Grèce'']]. Mais bien certainement les premiers ''philosophes grecs'' qui aient traité des choses célestes et divines, comme [[w:Phérécyde_de_Syros|'''Phérécyde''' de ''Syros'']] [[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back"><sup>2</sup></span>]], '''Pythagore''' et '''Thalès'''[[#Thales_NdT_LB|<span id="Thales_NdT_LB_back"><sup>3</sup></span>]] furent, tout le monde s’accorde là-dessus, les disciples des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' avant de composer leurs courts ouvrages, et ces écrits sont aux yeux des ''Grecs'' les plus anciens de tous ; à peine même les croient-ils authentiques.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cadmos_NdT_LB_back|<span id="Cadmos_NdT_LB"><sup>1.</sup></span>]] En réalité, Cadmos paraît avoir fleuri vers le milieu [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle]] [{{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}].'''
</td>
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</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB"><sup>2</sup></span>]] Seul texte qui attribue une origine égyptienne ou chaldéenne aux doctrines de Phérécyde de Syros. Cependant [[w:Theodor_Gomperz|Gompers]], [https://archive.org/details/bub_gb_QrfVAAAAMAAJ/page/n434/mode/1up Griechische Denker, I, 430], identifie ᾿Ογηνός avec l’Ouginna babylonien.'''
</td>
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<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Thales_NdT_LB_back|<span id="Thales_NdT_LB"><sup>3</sup></span>]] On retrouve chez [[w:Apollonios_de_Tyane|Apollonios de Tyane]] ([[w:Jamblique|Jamblique]] [[#Jamblique_back|<sup>⤵️</sup>]], Vit. Pyth. [[#Vie_de_Pythagore_back|<sup>⤵️</sup>]], 12) et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] l’idée que Thalès de Milet fut disciple des Égyptiens ; l’adjonction des Chaldéens est propre Josèphe.'''
</td>
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</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Flavius Josèphe, Contre Apion</u>], ''Livre I'', [https://archive.org/details/contreapiontexte0000jose/page/n49/mode/1up?view=theater&q=Thales ''chap. 2''], traduction du grec ancien par Léon Blum, agrégé des Lettres, professeur au lycée Janson-de-Sailly, texte établi et annotée par [[w:Théodore_Reinach|Théodore Reinach]]
Membre de l’[[w:Institut_de_France|Institut]], professeur au Collège de France, 1930<br />(édition bilingue de 1911 également disponible [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/Apion1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">Quant aux Grecs qui ont entrepris d’écrire l’histoire, comme '''Cadmos''' de ''Milet'', '''Acousilaos''' d’''Argos'' et ceux qu’on nomme après lui, ils n’ont vécu que peu de temps[2] avant l’expédition des ''Perses'' contre la ''Grèce''. [14]. De même, les premiers ''philosophes grecs'' qui aient traité des choses célestes et divines, comme '''Phérécyde''' de ''Syros''[3], '''Pythagore''' et '''Thalès'''[4] furent, tout le monde s’accorde là dessus, les disciples des ''Égyptiens'' et des ''Chaldéens'' avant de composer leurs rares ouvrages, et ces écrits sont aux yeux des ''Grecs'' les plus anciens de tous ; à peine même les croient-ils authentiques.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cadmos_NdT_LB_back|<span id="Cadmos_NdT_LB"><sup>1.</sup></span>]] En réalité, Cadmos paraît avoir fleuri vers le milieu [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle]] [{{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}].'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Phérécyde_de_Syros_NdT_LB_back|<span id="Phérécyde_de_Syros_NdT_LB"><sup>2</sup></span>]] Seul texte qui attribue une origine égyptienne ou chaldéenne aux doctrines de Phérécyde de Syros. Cependant [[w:Theodor_Gomperz|Gompers]], [https://archive.org/details/bub_gb_QrfVAAAAMAAJ/page/n434/mode/1up Griechische Denker, I, 430], identifie ᾿Ογηνός avec l’Ouginna babylonien.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Thales_NdT_LB_back|<span id="Thales_NdT_LB"><sup>3</sup></span>]] On retrouve chez [[w:Apollonios_de_Tyane|Apollonios de Tyane]] ([[w:Jamblique|Jamblique]] [[#Jamblique_back|<sup>⤵️</sup>]], Vit. Pyth. [[#Vie_de_Pythagore_back|<sup>⤵️</sup>]], 12) et [[w:Plutarque|Plutarque]] [[#Plutarque_back|<sup>⤵️</sup>]] l’idée que Thalès de Milet fut disciple des Égyptiens ; l’adjonction des Chaldéens est propre Josèphe.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Flavius Josèphe, De l’ancienneté du peuple juif (Contre Apion)</u>, ''Livre I'', [[s:Page:Flavius_Josephe_-_Leon_Blum_-_Contre_Apion,_Leroux,_Paris,_1902.djvu/17|''Chap. 2'']], traduction de Léon Blum, agrégé des lettres, professeur au lycée du Havre, sous la direction de [[w:Théodore_Reinach|Théodore Reinach]], 1902.</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
</div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Plutarque|'''Plutarque''']] [[#Plutarque|<span id="Plutarque_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ==
<p style="text-align: right;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:45|45]]'' <sup>[[w:Ier_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Chéronée|Chéronée]] en [[w:Béotie|Béotie]] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:125|125]]'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>)[[s:Auteur:Plutarque|<sup>📚</sup>]]
[[Fichier:Plutarch at Delphi.jpg|vignette|<p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Buste probable de Plutarque du [[w:IIe_siècle|II<sup>ème</sup>]] ou [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|EC|de l’Ère Commune}}, en marbre de [[w:Marbre_de_Paros|''Paros'']].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Provenance : découvert lors de fouilles près de l’angle sud-est du [[w:Temple d'Apollon (Delphes)|''temple d’Apollon'']] de [[w:Delphes|''Delphes'']], au côté d'une [[w:Fichier:Plutarch_stele_inscription_100_AD,_AM_of_Delphi_4070060092.jpg|''stèle'']] portant une inscription gravée : ΔΕΛΦΟΙ ΧΑΙΡΩΝΕΥΣΙΝ ΟΜΟΥ ΠΛΟΥΤΑΡΧΟΝ ΕΘΗΚΑΝ ΤΟΙΣ ΑΜΦΙΚΤΥΟΝΩΝ ΔΟΓΜΑΣΙ ΠΕΙΘΟΜΕΝΟΙ — Les ''Delphiens'', avec les ''Chéronéens'', dédièrent ce(tte image de) Plutarque, suivant les préceptes de l’[[w:Amphictyonie|''Amphictyonie'']].<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Exposition : Salle XIV, [[w:Mus%C3%A9e_arch%C3%A9ologique_de_Delphes|''Musée archéologique de Delphes'']].]]
<div style="text-align: justify; margin: 0 1em; text-indent: 15px">Biographe, philosophe et moraliste grec, auteur d’une œuvre importante, comportant un ensemble varié de traités et de dialogues consacrés à des questions de philosophie morale, mais abordant aussi des sujets littéraires, politiques, scientifiques, religieux.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Plutarque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Plutarque_back|<span id="Plutarque"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien πλούταρχος / ploútarkhos [[wikt:en:Πλούταρχος#Ancient_Greek|(en)]], « maître des richesses » ; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun πλοῦτος / ploûtos [[wikt:en:πλοῦτος#Ancient_Greek|(en)]], « richesses » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ἀρχός / arkhós, « souverain, chef, prince »)'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
{{Boîte déroulante début|titre=Remarque|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>''' Dans la ''Vie de [[w:Lycurgue_(législateur)|Lycurgue]]'' et la ''Vie d’Agis et Cléomène'' (''Vies parallèles''), et le traité ''Un philosophe doit surtout converser avec les princes'' (''Œuvres morales''), il est fait mention d’un Thalès : il s’agit de [[w:Thalétas|Thalétas]], aussi appelé Thalès de [[w:Crète|''Crète'']], un musicien et poète, originaire de la cité de [[w:Gortyne|''Gortyne'']] en ''Crète'', et actif à la fin du [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] et au début du siècle suivant.'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
=== [[w:Vies_parallèles|Vies parallèles]] [[#Vies_parallèles|<span id="Vies_parallèles_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] ===
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Recueil de 50 biographies de grands hommes de l’histoire, dont 46 présentées par paires : un ''Grec'' mis en parallèle avec un ''Romain''.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Vies parallèles|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Vies_parallèles_back|<span id="Vies_parallèles"><sup>I</sup></span>]] Du grec ancien Βίοι Παράλληλοι / Bíoi Parállêloi'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
==== Vie de [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon|<sup>🔄</sup>]] ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Biographie de '''Solon''', qui précède celle de [[w:Publius_Valerius_Publicola_(consul_en_-509)|'''Publicola''']] [[#Publicola|<span id="Publicola_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], et avec laquelle '''Plutarque''' la compare.</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Vie de Solon|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Publicola_back|<span id="Publicola"><sup>I</sup></span>]] [[w:Nom_romain|Tria Nomina]] en latin {{Info|Publius|praenomen, nom individuel du citoyen romain}} {{Info|Valerius|nomen, nom de famille}} {{Info|Publicola ou Poplicola|cognomen, surnom héréditaire, servant à distinguer les diverses branches d’une même gens}}, « celui qui prend soin de l’armée. »[https://academic.oup.com/bics/advance-article/doi/10.1093/bics/qbaf002/8117642?login=false {{Info|<sup>🔍</sup>|M. Gallo, « Misinterpreting a compound name. The origin of the agnomen Publicola in Dionysius of Halicarnassus and Plutarch », Bulletin of the Institute of Classical Studies, 22 avril 2025}}].<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Consul_(Rome_antique)|Consul]] de la [[w:république_romaine|''République Romaine'']], à quatre reprises : en [[w:-509|-509]], [[w:-508|-508]], [[w:-507|-507]] et [[w:-504|-504]], et l’un des instaurateurs légendaires de la ''République Romaine'' en -509, suite au viol et au suicide de [[w:Lucrèce_(dame_romaine)|Lucrèce]], une femme aristocratique ''romaine'', par [[w:Sextus_Tarquin|Sextus Tarquin]], le fils du dernier [[w:Roi_de_Rome|roi de ''Rome'']] [[w:Tarquin_le_Superbe|Tarquin le Superbe]].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">(date et lieu de naissance inconnu.e.s — [[w:-503|-503]], soit sur le champ de bataille pendant les [[w:Guerres_romano-sabelliennes|''guerres romano-sabelliennes'']], soit de maladie)<sup>[[w:VIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup> '''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Chapitre II.</div> =====
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe III.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de '''Thalès''' ''commerçant''</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''III.''' Κωλύει δὲ οὐδὲν τὸν ἀγαθὸν καὶ πολιτικὸν ἄνδρα μήτε τῶν περιττῶν τὴν κτῆσιν ἐν σπουδῇ τίθεσθαι μήτε τῆς χρείας τῶν ἀναγκαίων καὶ ἱκανῶν καταφρονεῖν. Ἐν δὲ τοῖς τότε χρόνοις, καθ' Ἡσίοδον, ἔργον οὐδὲν ἦν ὄνειδος, οὐδὲ τέχνη διαφορὰν ἔφερεν, ἐμπορία δὲ καὶ δόξαν εἶχεν οἰκειουμένη τὰ βαρβαρικὰ καὶ προξενοῦσα φιλίας βασιλέων καὶ πραγμάτων ἐμπείρους ποιοῦσα πολλῶν. Ἔνιοι δὲ καὶ πόλεων οἰκισταὶ γεγόνασι μεγάλων, ὡς καὶ Μασσαλίας Πρῶτις ὑπὸ Κελτῶν τῶν περὶ τὸν Ῥοδανὸν ἀγαπηθείς. Καὶ Θαλῆν δέ φασιν ἐμπορίᾳ χρήσασθαι καὶ Ἱπποκράτην τὸν μαθηματικόν, καὶ Πλάτωνι τῆς ἀποδημίας ἐφόδιον ἐλαίου τινὸς ἐν Αἰγύπτῳ διάθεσιν γενέσθαι.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§3'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''III.''' Mais rien n’empêche l’homme de bien, le citoyen dévoué à son pays, de garder un juste milieu : il peut ne point s’attacher à la poursuite du superflu, sans pour cela mépriser le nécessaire et ce qui suffit à ses besoins.<br />Dans ce temps-là, pour parler comme [[w:Hésiode|'''Hésiode''']] [[#Hésiode|<span id="Hésiode_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] [[#Hésiode_NdT_AP|<span id="Hésiode_NdT_AP_back"><sup>1</sup></span>]], il n’y avait pas de travail qui fût honteux; aucun art ne mettait de différence entre les hommes : le négoce surtout était honoré, qui met en possession des avantages dont jouissent les étrangers, gagne l’amitié des rois, et donne une grande expérience. On a même vu des trafiquants fonder de grandes villes : ainsi [[w:Mythe_fondateur_de_Marseille|'''Protis''']] bâtit [[w:Marseille_antique|''Marseille'']], après s'être concilié l’amitié des ''Gaulois'' qui habitent les bords du [[w:Rhône#Histoire|''Rhône'']]. '''Thales''' se livra, dit-on, au négoce, ainsi qu’[[w:Hippocrate_de_Chios|'''Hippocrate''']] [[#Hippocrate|<span id="Hippocrate_back"><sup>'''II'''</sup></span>]] le mathématicien[[#Hippocrate_NdT_AP|<span id="Hippocrate_NdT_AP_back"><sup>2</sup></span>]] ; et [[w:Platon|'''Platon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Platon|<sup>🔄</sup>]] vendit de l’huile en [[w:Basse_Époque|''Égypte'']] , pour fournir aux frais de son voyage.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hésiode_NdT_AP_back|<span id="Hésiode_NdT_AP"><sup>1.</sup></span>]] Œuvres et Jours, vers 309.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Hippocrate_NdT_AP_back|<span id="Hippocrate_NdT_AP"><sup>2</sup></span>]] Cet Hippocrate n’est point connu d’ailleurs.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§3'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/184/mode/1up?view=theater p.184], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Hésiode_back|<span id="Hésiode"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἡσῐ́οδος / Hēsĭ́odos [[wikt:en:Ἡσίοδος#Ancient_Greek|(en)]].<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Berger sur les pentes du Mont [[w:Mont_Hélicon|Hélicon]] et un des plus grands poètes grecs. Il s’agit plus précisément d’un ''aède'' (il « chante » ses vers avec sa lyre) et un ''rhapsode'' (il « coud » des chants entre eux)[https://odysseum.eduscol.education.fr/hesiode-un-des-premiers-poetes-grecs {{Info|<sup>🔍</sup>|Hésiode, un des premiers poètes grecs - Odysseum, la maison numérique des Humanités}}].
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hippocrate_back|<span id="Hippocrate"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ῐ̔πποκρᾰ́της / Hĭppokrắtēs [[wikt:en:Ἱπποκράτης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun ῐ̔́ππος / hĭ́ppos [[wikt:en:ἵππος#Ancient_Greek|(en)]], « cheval »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun κρᾰ́τος / krắtos [[wikt:en:κράτος#Ancient_Greek|(en)]], « 1. Puissance, force. 2. Acte de force, acte de bravoure. 3. (au pluriel) Actes de violence. 4. Domination, pouvoir. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe nominal -ης / -ēs.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Mathématicien (géomètre) et astronome « para-pythagoricien », dont l’œuvre ne nous est pas parvenue.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] milieu du [[w:Ve_siècle_av._J.-C.|V<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA764&vq=Hippocrate&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA764#v=onepage&q&f=true {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §151 - Hippocrate de Chios}}]'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: center; margin: 0 2em;">'''II. Dans sa jeunesse il se livre au commerce maritime; la modicité de sa fortune et son goût pour la sagesse l’y décident. Faveur du commerce à cette époque ; grands noms qui l’ont illustré.'''<br /><br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px;">Mais rien n’empêche qu’un homme de bien, un sage politique tienne à cet égard un juste milieu, et que sans rechercher des richesses superflues, il ne méprise pas celles qui sont nécessaires et qui suffisent. Dans ce temps-là, comme dit [[w:Hésiode|'''Hésiode''']], aucun travail n’était regardé comme honteux; aucun art ne mettait de différence entre les hommes. Le commerce maritime surtout était honorable; il ouvrait des communications utiles avec les nations étrangères, procurait des alliances avec les rois, et donnait une grande expérience. On a même vu des commerçants fonder de grandes villes. Ainsi '''Protus''' gagna l’amitié des Gaulois qui habitaient les bords du ''Rhône'', et bâtit ''Marseille''. '''Thalès''' et '''Hippocrate''' le mathématicien firent aussi le commerce ; et '''Platon''' vendit de l’huile en ''Égypte'' pour fournir aux frais de son voyage.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Mais rien n’empêche l’homme de-bien et l’homme politique ni se mettre en souci (rechercher) l’acquisition des choses superflues, ni mépriser l’usage des choses nécessaires et suffisantes. Or dans les temps d’alors, selon '''Hésiode''', aucun travail n’était sujet-de-honte, ni aucun métier n’apportait de différence entre les citoyens mais même le commerce-maritime avait de la gloire, rendant-amies les nations-barbares, et procurant des amitiés de rois, et faisant les hommes expérimentés d’affaires nombreuses. Et quelques-uns aussi sont devenus fondateurs de grandes villes, comme aussi le '''Protus''' de ''Marseille'' ayant été aimé par les ''Celtes'' ceux autour du ''Rhône''. Et on dit aussi '''Thalès''', avoir fait-usage du commerce-maritime et '''Hippocrate''' le mathématicien, et la vente d'une certaine huile en ''Égypte'' avoir été pour '''Platon''' ressource du voyage.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f16.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe IV.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la sagesse de '''Thalès''' en ''philosophie naturelle''</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IV.''' Φιλοσοφίας δὲ τοῦ ἠθικοῦ μάλιστα τὸ πολιτικόν, ὥσπερ οἱ πλεῖστοι τῶν σοφῶν, ἠγάπησεν. Ἐν δὲ τοῖς φυσικοῖς ἁπλοῦς ἐστι λίαν καὶ ἀρχαῖος, ὡς δῆλον ἐκ τούτων· [...].<br /><p style="text-indent: 15px">Καὶ ὅλως ἔοικεν ἡ Θάλεω μόνου σοφία τότε περαιτέρω τῆς χρείας ἐξικέσθαι τῇ θεωρίᾳ· τοῖς δὲ ἄλλοις ἀπὸ τῆς πολιτικῆς ἀρετῆς τοὔνομα τῆς σοφίας ὑπῆρξε.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§4'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f20.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''IV.''' Il s’attacha, comme presque tous les sages d’alors, à cette partie de la philosophie morale qui traite de la politique. Pour la philosophie naturelle, il en était aux rudiments, et aux notions du vieux temps sans plus; [...].<br /><p style="text-indent: 15px;">Aussi bien n’y eut-il, en somme, que '''Thalès''' dont la science dépassât alors les notions d’un usage vulgaire : tous les autres ne durent qu’à leurs connaissances politiques leur réputation de sagesse.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§4'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">A l’exemple des sages de son temps, il cultiva principalement cette partie de la morale qui traite de la politique. Il n’avait en physique que des connaissances très-superficielles, et en était aux premiers éléments de cette science, [...].<br/><p style="text-indent: 15px">En général '''Thalès''' fut, de tous les sages d’alors, le seul qui porta au delà des besoins de la vie la théorie des sciences ; tous les autres ne durent qu’à leurs connaissances politiques leur réputation de sagesse.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f20.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Mais de la partie morale de la philosophie il embrassa surtout la partie politique, comme la plupart des sages d’alors. Mais dans les sciences physiques il est extrêmement simple (ignorant) et primitif, [...]. Et en-un-mot la science de '''Thalès''' seul paraît s’être avancée alors par la théorie plus loin que le besoin ; et le nom de la science a appartenu aux autres par-suite des qualités politiques.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f21.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe V.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Version alternative du récit de la coupe de [[w:Bathyclès_de_Magnésie|'''Bathyclès''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bathyclès_back|<sup>🔄</sup>]] par [[w:Callimaque_de_Cyrène|'''Callimaque''']] de [[w:Cyrène|''Cyrène'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Γενέσθαι δὲ μετ' ἀλλήλων ἔν τε Δελφοῖς ὁμοῦ λέγονται καὶ πάλιν ἐν Κορίνθῳ, Περιάνδρου σύλλογόν τινα κοινὸν αὐτῶν καὶ συμπόσιον κατασκευάσαντος. Ἔτι δὲ μᾶλλον εἰς ἀξίωμα καὶ δόξαν αὐτοὺς κατέστησεν ἡ τοῦ [[w:τρίπους#Grec_ancien|'''τρίποδος''']] περίοδος καὶ διὰ πάντων ἀνακύκλησις καὶ ἀνθύπειξις μετ' εὐμενείας φιλοτίμου γενομένη. Κῴων γάρ, ὥς φασι, καταγόντων σαγήνην, καὶ ξένων ἐκ Μιλήτου πριαμένων τὸν βόλον οὔπω φανερὸν ὄντα, χρυσοῦς ἐφάνη τρίπους ἑλκόμενος, ὃν λέγουσιν Ἑλένην πλέουσαν ἐκ Τροίας αὐτόθι καθεῖναι χρησμοῦ τινος ἀναμνησθεῖσαν παλαιοῦ. Γενομένης δὲ τοῖς ξένοις πρῶτον ἀντιλογίας πρὸς τοὺς ἁλιέας περὶ τοῦ τρίποδος, εἶτα τῶν πόλεων ἀναδεξαμένων τὴν διαφορὰν ἄχρι πολέμου προελθοῦσαν, ἀνεῖλεν ἀμφοτέροις ἡ Πυθία τῷ σοφωτάτῳ τὸν τρίποδα ἀποδοῦναι. Καὶ πρῶτον μὲν ἀπεστάλη πρὸς Θαλῆν εἰς Μίλητον, ἑκουσίως τῶν Κῴων ἑνὶ δωρουμένων ἐκείνῳ περὶ οὗ πρὸς ἅπαντας ὁμοῦ Μιλησίους ἐπολέμησαν. Θάλεω δὲ Βίαντα σοφώτερον ἀποφαίνοντος αὑτοῦ πρὸς ἐκεῖνον ἧκεν· ἀπ' ἐκείνου δ' αὖθις ἀπεστάλη πρὸς ἄλλον ὡς σοφώτερον. Εἶτα περιϊὼν καὶ ἀναπεμπόμενος οὕτως ἐπὶ Θαλῆν τὸ δεύτερον ἀφίκετο, καὶ τέλος εἰς Θήβας ἐκ Μιλήτου κομισθεὶς τῷ Ἰσμηνίῳ Ἀπόλλωνι καθιερώθη. Θεόφραστος δέ φησι,πρῶτον μὲν εἰς Πριήνην Βίαντι τὸν τρίποδα πεμφθῆναι, δεύτερον δ' εἰς Μίλητον Θαλῇ Βίαντος ἀποπέμψαντος· οὕτω δὲ διὰ πάντων πάλιν εἰς Βίαντα περιελθεῖν, τέλος δὲ εἰς Δελφοὺς ἀποσταλῆναι. Ταῦτα μὲν οὖν ὑπὸ πλειόνων τεθρύληται, πλὴν ὅτι τὸ δῶρον ἀντὶ τοῦ τρίποδος οἱ μὲν φιάλην ὑπὸ Κροίσου πεμφθεῖσαν, οἱ δὲ ποτήριον Βαθυκλέους ἀπολιπόντος εἶναι λέγουσιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§5'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f22.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' On raconte que les sept sages se réunirent une fois à [[w:Delphes|''Delphes'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Delphes_back|<sup>🔄</sup>]], et une autre fois à [[w:Histoire_de_Corinthe_dans_l%27Antiquité|''Corinthe'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Corinthe_back|<sup>🔄</sup>]], où [[w:Périandre|'''Périandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Périandre_back|<sup>🔄</sup>]] les avait convoqués pour leur offrir un banquet. Rien ne contribua tant à leur réputation et à leur gloire, que le renvoi qu’ils se firent successivement l’un à l’autre du trépied d’or, et l’honorable humilité avec laquelle ils refusèrent le prix tour à tour. Des hommes de [[w:Kos_(Dodécanèse)#Kos_à_l'époque_hellénistique|''Cos'']] [[#Cos|<span id="Cos_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] venaient, dit-on, de jeter leur filet en mer : des étrangers de ''Milet'' achetèrent le coup, avant que les pêcheurs y eussent regardé. Il se trouva, dans le filet, un trépied d’or qu’[[w:Hélène_(mythologie)|'''Hélène''']] [[#Hélène|<span id="Hélène_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], à ce qu’on prétend, pour obéir à un ancien oracle, avait jeté dans la mer à son retour de [[w:Troie|''Troie'']] [[#Troie|<span id="Troie_back"><sup>'''III'''</sup></span>]]. Ce fut un sujet de débat, d’abord entre les pêcheurs et les étrangers, ensuite entre les deux villes, qui prirent parti dans la querelle : la guerre allait s’allumer, lorsque la [[w:Pythie|''Pythie'']] [[#Pythie|<span id="Pythie_back"><sup>'''IV'''</sup></span>]], que les deux partis avaient consultée, commanda de donner le trépied au plus sage. On l’envoya d’abord à ''Milet'', pour '''Thalès''', et ceux de ''Cos'' cédèrent sans peine à un seul particulier ce qu’ils allaient disputer par les armes à tous les ''Milésiens'' ensemble. '''Thalès''' déclara que [[w:Bias_de_Priène|'''Bias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bias_back|<sup>🔄</sup>]] était plus sage que lui, et le lui fit passer. '''Bias''', avec la même modestie, le fit passer à un autre; et le trépied, après avoir été envoyé successivement à tous les sept, revint une seconde fois à '''Thalès'''. Enfin, il fut transporté de ''Milet'' à [[w:Thèbes_(Grèce)|''Thèbes'']] [[#Thèbes|<span id="Thèbes_back"><sup>'''V'''</sup></span>]], et consacré à Apollon [[w:en:Ismenus|''Isménien'']]. Cependant [[w:Théophaste|'''Théophaste''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Théophaste_back|<sup>🔄</sup>]] dit qu’on envoya le trépied d’abord à '''Bias''', dans ''Priène'' ; que '''Bias''' le fit porter à '''Thalès''' ; qu’après avoir passé alternativement chez tous les sages, il revint à '''Bias''', et qu’il finit par être envoyé à ''Delphes''. Telle est la tradition commune : seulement quelques-uns prétendent qu’il s’agissait de décerner non point un trépied, mais un vase que [[w:Crésus|'''Crésus''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Crésus_back|<sup>🔄</sup>]] avait envoyé ; et, suivant d’autres, c’était une coupe, héritage de '''Bathyclès'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§5'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Cos_back|<span id="Cos"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Κῶς / Kôs [[wikt:en:Κῶς#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Île grecque l’archipel du [[w:Dodécanèse|''Dodécanèse'']], au Sud-Est de la [[w:Mer_Égée|''mer Égée'']], au large des côtes ''turques''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Hélène_back|<span id="Hélène"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἑλένη / Helénē [[wikt:en:Ἑλένη#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Fille de [[w:Zeus|Zeus]] et de [[w:Léda (mythologie)|Léda]], considérée comme la plus belle femme du monde, uniquement surpassée par la déesse [[w:Aphrodite|Aphrodite]]. Elle est mariée à [[w:Ménélas|Ménélas]], roi de [[w:Sparte|Sparte]], et est enlevée par [[w:Pâris|Pâris]], prince [[w:Troie|''troyen'']] [[#Troie|<sup>'''III'''</sup>]], ce qui déclencha la [[w:guerre de Troie|guerre de Troie]] qui opposa ''Grecs'' et ''Troyens''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Troie_back|<span id="Troie"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Τροίᾱ / Troíā [[wikt:en:Τροία#Ancient_Greek|(en)]] ; [[w:Troie#Toponymie|''toponymie incertaine'']] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Cité semi-légendaire, située sur la colline d’''[[w:site archéologique de Troie|{{lang|tr|Hisarlık}}]]'', à l’entrée de l’''[[w:Hellespont|Hellespont]]'', non loin de la ''[[w:mer Égée|mer Égée]]'', au nord-ouest de la ''péninsule anatolienne'', dans la région ''[[w:Troade|Troade]]'' en ''[[w:Asie Mineure|Asie Mineure]]''.<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px"> Le site a fait l’objet de nombreuses campagnes de fouilles, à la suite de celles entreprises par [[w:Heinrich Schliemann|Heinrich Schliemann]] en 1870, ponctuées par des découvertes fortement médiatisées, qui ont popularisé son identification avec la Troie homérique (qui reste un sujet de débat en l’absence de preuve décisive), le lieu principal des événements du ''[[w:cycle troyen|cycle troyen]]'' rapportés dans les ''[[w:Épopée|poèmes épiques]]'' ''[[w:Homère|homériques]]'' l’''[[w:Iliade|Iliade]]'' et l’''[[w:Odyssée|Odyssée]]''.
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Pythie_back|<span id="Pythie"><sup>IV</sup></span>]] Du nom commun grec ancien Πῡθῐ́ᾱ / Pūthĭ́ā,<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Πῡθώ / Pūthṓ, « [[w:Delphes#Histoire_du_site|''Pythô'']], ancien nom de ''Delphes'' » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du suffixe adjectival féminin -ῐος / -ĭos [[wikt:en:-ιος#Ancient_Greek|(en)]], « relatif à, appartenant à (de) ».<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Divination_dans_la_Grèce_antique|''Oracle'']] du [[w:Temple_d%27Apollon_(Delphes)|''temple d’Apollon'']] à ''Delphes''.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:XIVe_siècle_av._J.-C.|XIV<sup>ème</sup>]]/[[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup>]] siècles {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}} — [[w:IVe_siècle_av._J.-C.|IV<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Thèbes_back|<span id="Thèbes"><sup>V</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θῆβαι / Thêbai [[w:Θῆβαι#Ancient_Greek|(en)]], désigne indistinctement la cité ''grecque'' comme [[w:Thèbes_(Égypte)|celle ''égyptienne'']] ; mais leur étymologie diffère : pour celle de la cité grecque, de l’[[w:Ionien-attique|''ionien-attique'']] Θήβη / Thḗbē ; du grec mycénien 𐀳𐀣 / te-qa (/Tʰēgʷā/) ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Cité grecque de la région de [[w:Béotie#Antiquité|''Béotie'']], au centre de la ''Grèce''.'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">On raconte que les sept sages se trouvèrent un jour ensemble à ''Delphes'', et une autre fois à ''Corinthe'', chez '''Périandre''', qui les avait réunis pour un banquet. Rien ne contribua autant à leur réputation et à leur gloire, que la modestie empressée avec laquelle ils se renvoyèrent l’un à l’autre le trépied d’or. Des ''Milésiens'' qui se trouvaient à l’île de ''Cos'', avaient acheté d’avance de quelques pêcheurs ce que retirerait de l’eau le filet qu’ils allaient y jeter. Quand on l’eut tiré, il s’y trouva un trépied d’or qu’'''Hélène''', à ce qu’on prétend, pour obéir à un oracle, avait jeté dans la mer, à son retour de ''Troie''. Cet incident donna lieu à une vive dispute d’abord entre les pêcheurs et les étrangers, ensuite entre les deux villes, qui prirent parti dans la querelle et étaient près d’en venir aux mains, lorsque la ''Pythie'' consultée leur ordonna de porter ce trépied au plus sage. On l’envoya d’abord à '''Thalès''', et ceux de ''Cos'' cédèrent sans peine à un seul particulier ce qu’ils allaient disputer par les armes à tous les ''Milésiens'' ensemble. '''Thalès''' le renvoya à '''Bias''', qui, disait-il, était plus sage que lui ; '''Bias''', avec la même modestie, le fit passer à un autre ; et après avoir été envoyé successivement à tous les sept, il revint une seconde fois à '''Thalès''' : enfin il fut porté à ''Thèbes'', et consacré à ''Apollon Isménien''. '''Théophraste''' dit qu’on l’envoya d’abord à '''Bias''', qui demeurait à ''Priène'' ; que '''Bias''' le fit porter à '''Thalès''' ; qu’après avoir été envoyé alternativement à tous les sages, il revint à '''Bias''', et qu’enfin il fut porté à ''Delphes''. Telle est la tradition la plus commune sur ce fait ; seulement quelques auteurs disent que ce n’était pas un trépied, mais un vase que '''Crésus''' envoyait à ''Delphes''; suivant d’autres, c’était une coupe que '''Bathyclès''' avait laissée.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f22.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Or ils (les sept sages) sont dits s’être trouvés aussi ensemble les uns avec les autres et à ''Delphes'' et de nouveau à ''Corinthe'', '''Périandre''' ayant préparé une certaine réunion commune d’eux et un banquet. Or le tour du trépied, et sa circulation à travers tous et sa cession se faisant avec une bienveillance pleine-d’émulation mit eux encore davantage en considération et renommée. Car des ''habitants-de-Cos'', comme on dit, jetant le filet, et des hôtes venus de ''Milet'' ayant acheté le coup qui n’était pas encore apparent, un trépied d’-or apparut étant retiré, lequel on dit '''Hélène''' naviguant pour revenir de ''Troie'' avoir jeté là, s’étant souvenue d’un certain oracle ancien. Mais une contestation ayant eu lieu d’abord aux hôtes vis-à-vis des pécheurs au sujet du trépied, ensuite les villes ayant pris-sur-elles le différend qui alla jusqu'à une guerre, la ''Pythie'' répondit aux-uns-et-aux-autres de donner le trépied au plus sage des hommes. Et d’abord il fut envoyé à '''Thalès''' à ''Milet'', les ''habitants-de-Cos'' donnant volontairement à celui-là seul le trépied, au sujet duquel ils avaient fait-la-guerre contre tous les ''Milésiens'' à-la-fois. Mais '''Thalès''' déclarant '''Bias''' plus sage que lui-même, il renvoya vers celui-là. Et de nouveau il fut envoyé par celui-là vers un autre, comme plus sage. Ensuite faisant-le-tour et étant envoyé-successivement ainsi il arriva pour la seconde fois à '''Thalès''' ; et à la fin transporté de ''Milet'' à ''Thèbes'', il fut consacré à ''Apollon Isménien''. Mais '''Théophraste''' dit le trépied avoir été envoyé d’abord à la vérité à ''Priène'' à '''Bias''', mais en-second-lieu à ''Milet'' à '''Thalès''', '''Bias''' l’ayant renvoyé ; et ainsi à travers tous (de l’un à l’autre) être venu-en-faisant-le-tour de nouveau à '''Bias''', et à la fin avoir été envoyé à ''Delphes''. Ces choses donc ont été répandues par plusieurs, excepté qu’ils disent le présent au lieu du trépied les uns être un vase à boire envoyé par '''Crésus''', les autres une coupe. '''Bathyclès''' rayant laissée (laissée par '''Bathyclès''').
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f23.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Chapitre VI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Récit d’une entrevue de '''Thalès''' avec '''Solon''', de son stoïcisme, de son célibat et de l’adoption du fils de sa sœur, '''Cybistus'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;"> '''VI.''' Ἰδίᾳ δ' Ἀναχάρσεώς τε πρὸς Σόλωνα καὶ πάλιν Θάλεω συνουσίαν τινὰ καὶ λόγους ἀναγράφουσι τοιούτους. [...]<br /><p style="text-indent: 15px"> '''VII.''' Πρὸς Θαλῆν δ' εἰς Μίλητον ἐλθόντα τὸν Σόλωνα θαυμάζειν ὅτι γάμου καὶ παιδοποιΐας τὸ παράπαν ἠμέληκε. Καὶ τὸν Θαλῆν τότε μὲν σιωπῆσαι, διαλιπόντα δ' ὀλίγας ἡμέρας ἄνδρα παρασκευάσαι ξένον, ἀρτίως ἥκειν φάσκοντα δεκαταῖον ἐξ Ἀθηνῶν. Πυθομένου δὲ τοῦ Σόλωνος εἰ δή τι καινὸν ἐν ταῖς Ἀθήναις, δεδιδαγμένον ἃ χρὴ λέγειν τὸν ἄνθρωπον, « οὐδέν,» εἰπεῖν, « ἕτερον, εἰ μὴ νὴ Δία νεανίσκου τινὸς ἦν ἐκφορὰ καὶ προὔπεμπεν ἡ πόλις. Ἦν γὰρ υἱός, ὡς ἔφασαν, ἀνδρὸς ἐνδόξου καὶ πρωτεύοντος ἀρετῇ τῶν πολιτῶν· οὐ παρῆν δέ, ἀλλ' ἀποδημεῖν ἔφασαν αὐτὸν ἤδη πολὺν χρόνον.» « Ὡς δυστυχὴς ἐκεῖνος,» φάναι τὸν Σόλωνα. « Τίνα δὲ ὠνόμαζον αὐτόν;» « ἤκουσα,» φάναι, « τοὔνομα,» τὸν ἄνθρωπον, « ἀλλ' οὐ μνημονεύω· πλὴν ὅτι πολὺς λόγος ἦν αὐτοῦ σοφίας καὶ δικαιοσύνης.» Οὕτω δὴ καθ' ἑκάστην ἀπόκρισιν τῷ φόβῳ προσαγόμενον τὸν Σόλωνα καὶ τέλος ἤδη συντεταραγμένον αὐτὸν ὑποβάλλειν τοὔνομα τῷ ξένῳ, πυνθανόμενον μὴ Σόλωνος ὁ τεθνηκὼς υἱὸς ὠνομάζετο. Φήσαντος δὲ τοῦ ἀνθρώπου, τὸν μὲν ὁρμῆσαι παίειν τὴν κεφαλὴν καὶ τἆλλα ποιεῖν καὶ λέγειν ἃ συμβαίνει τοῖς περιπαθοῦσι, τὸν δὲ Θαλῆν ἐπιλαβόμενον αὐτοῦ καὶ γελάσαντα, « ταῦτά τοι,» φάναι, « ὦ Σόλων, ἐμὲ γάμου καὶ παιδοποιΐας ἀφίστησιν, ἃ καὶ σὲ κατερείπει τὸν ἐρρωμενέστατον. Ἀλλὰ θάρρει τῶν λόγων ἕνεκα τούτων· οὐ γάρ εἰσιν ἀληθεῖς.» ταῦτα μὲν οὖν Ἕρμιππος ἱστορεῖν φησι Πάταικον, ὃς ἔφασκε τὴν Αἰσώπου ψυχὴν ἔχειν.<br /><p style="text-indent: 15px">'''VIII.''' Ἄτοπος δὲ καὶ ἀγεννὴς ὁ τῷ φόβῳ τῆς ἀποβολῆς τὴν κτῆσιν ὧν χρὴ προϊέμενος· οὕτω γὰρ ἄν τις οὐ πλοῦτον, οὐ δόξαν, οὐ σοφίαν ἀγαπήσειε παραγενομένην, δεδιὼς στέρεσθαι. Καὶ γὰρ ἀρετήν, ἧς κτῆμα μεῖζον οὐδὲν οὐδ' ἥδιον, ἐξισταμένην ὑπὸ νόσων καὶ φαρμάκων ὁρῶμεν· αὐτῷ τε '''Θαλῇ''' μὴ γήμαντι πλέον οὐδὲν εἰς ἀφοβίαν, εἰ μὴ καὶ φίλων κτῆσιν ἔφυγε καὶ οἰκείων καὶ πατρίδος. Ἀλλὰ καὶ παῖδα θετὸν ἔσχε ποιησάμενος αὐτὸς τὸν τῆς ἀδελφῆς, ὥς φασι, '''Κύβισθον'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§§6-8'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="margin: 0 2em; text-align: justify; direction: ltr;">'''VI.''' '''Solon''' connut [[w:Anacharsis|'''Anacharsis''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anacharsis_back|<sup>🔄</sup>]] et '''Thalès''', et l’on cite des mots qui s’étaient dits dans leurs entrevues. <br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''Solon''' alla à ''Milet'', pour voir '''Thalès''' : là, il lui témoigna sa surprise dans ce qu’il n’avait jamais voulu se marier et avoir des enfants. '''Thalès''' ne répondit rien sur l’heure; mais, quelques jours après, il fit paraître un étranger, qui disait arriver d’''Athènes'', et qu’il n’en était parti que depuis dix jours. '''Solon''' demanda à cet homme s’il n’y avait rien de nouveau à ''Athènes''. Celui-ci, à qui '''Thalès''' avait fait la leçon, répondit qu’il n’y avait rien de nouveau , sinon la mort d’un jeune homme dont toute la ville menait les funérailles. C’était, en effet, à ce qu’on disait, le fils d’un personnage considérable, d’une vertu éprouvée : le père n’était pas alors à ''Athènes'', et il voyageait depuis longtemps. « L’infortuné père! s’écria '''Solon'''. Mais comment s’appelait-il? — Je l’ai entendu nommer, répondit l’étranger, mais j’ai oublié son nom ; je me souviens seulement qu’on ne parlait que de sa sagesse et de sa justice. » A chacune de ces réponses, '''Solon''' sentait augmenter ses craintes; enfin, ne se possédant plus , il suggéra le nom à l’étranger, et lui demanda si le mort n’était pas le fils de '''Solon'''. « Oui. » répondit l’étranger. A cette parole, '''Solon''' se frappa la tête, et il se mit à faire et à dire tout ce qu’inspire une douleur violente. Alors '''Thalès''' lui prit la main, et lui dit en riant : « Voilà, '''Solon''', ce qui m’éloigne de me marier et d’avoir des enfants. J’ai redouté le coup sous lequel tu fléchis, toi le plus ferme des hommes. Mais rassure-toi; car il n’y a rien de vrai dans tout ce qu’on vient de te dire. » [[w:Hermippe_de_Smyrne|'''Hermippus''']] [[#Hermippe|<span id="Hermippe_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] rapporte cette histoire d’après '''Patécus''', celui qui prétendait avoir hérité de l’âme d’[[w:Ésope|'''Ésope''']] [[#Ésope|<span id="Ésope_back"><sup>'''II'''</sup></span>]].<br /><p style="text-indent: 15px">Pourtant il y a faute de sens et de cœur à refuser d’acquérir les choses nécessaires, par la crainte de les perdre. A ce compte, on devra n’aimer ni la richesse, ni la gloire, ni la sagesse, quand on les possède, de peur d’en être privé. En effet, la vertu, le plus grand des biens et le plus doux, nous quitte quelquefois par l’action de certaines maladies ou de certains breuvages. '''Thalès''' lui-même, en ne se mariant point, n’était pas pour cela à l’abri de la crainte, à moins qu’il n'eût renoncé aussi à ses parents, à ses amis, à sa patrie. Mais il n’en était rien : il avait adopté, dit-on, '''Cybisthus''', le fils de sa sœur.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§6'', [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Hermippe_back|<span id="Hermippe"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre [[w:Nom_théophore|''théophore'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#théophore_back|<sup>🔄</sup>]] grec ancien Ἕρμιππος / Hérmippos [[wikt:en:Ἕρμιππος#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom propre Ἑρμῆς / Hermês [[wikt:en:Ἑρμῆς#Ancient_Greek|(en)]], « Hermès » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ἵππος / híppos [[wikt:en:ἵππος#Ancient_Greek|(en)]], « cheval » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">« Péripatéticien » grec, disciple de [[w:Callimaque_de_Cyr%C3%A8ne|Callimaque de ''Cyrène'']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Callimaque_back|<sup>🔄</sup>]], auteur de nombreuses biographies toutes perdues, mais listées par plusieurs auteurs.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA497&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA655#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §86 - Hermippe de Smyrne}}]
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Ésope_back|<span id="Ésope"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Αἴσωπος / Aísōpos [[wikt:en:Αἴσωπος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du nom commun αἶσα / aîsa, « destin »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun ὄψ / óps, « voix »;<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Auteur grec de fable.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] seconde moitié du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]]) [https://books.google.fr/books?id=DrvWAAAAMAAJ&newbks=1&newbks_redir=0&lpg=PA497&dq=bibliogroup%3A%22Dictionnaire%20des%20philosophes%20antiques%22&hl=fr&pg=PA240#v=onepage&q&f=false {{Info|<sup>🔍</sup>|Dictionnaire des Philosophes Antiques, publié sous la direction de Richard Goulet, Volume III, §60 - Ésope(Αἴσωπος)}}]'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Voici les particularités qu’on raconte d’une entrevue de '''Solon''' avec '''Anacharsis''', et d’un entretien qu’il eut avec '''Thalès'''.<br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VI.''' '''Solon''', étant allé à ''Milet'' pour voir '''Thalès''', lui témoigna sa surprise de ce qu’il n’avait jamais voulu se marier et avoir des enfants. '''Thalès''' ne lui répondit rien dans le moment; mais ayant laissé passer quelques jours, il fit paraître un étranger qui disait arriver d’''Athènes'', d’où il était parti depuis dix jours. '''Solon''' lui demanda s’il n’y avait rien de nouveau, lorsqu’il en était parti. Cet homme, à qui '''Thalès''' avait fait la leçon, lui répondit qu’il n’y avait autre chose que la mort d’un jeune homme dont toute la ville accompagnait le convoi. C’était, disait-on, le fils d’un des premiers et des plus vertueux citoyens, qui n'’était pas alors à ''Athènes'' et qui voyageait depuis longtemps, « Le malheureux père! s’écria Solon. Comment s’appelle-t-il? ― Je l’ai entendu nommer, répondit l’étranger; mais j’ai oublié son nom; je me souviens seulement qu’on ne parlait que de sa sagesse et de sa justice. » A chacune de ces réponses, les craintes de '''Solon''' augmentaient; enfin, troublé, hors de lui-même, il suggéra le nom à l’étranger, et lui demanda si ce jeune homme n’était pas le fils de '''Solon'''. « C’est lui-même, » dit l’autre. A cette parole, '''Solon''', se frappant la tête, se mit à faire et à dire tout ce que la douleur la plus violente peut inspirer. Alors '''Thalès''' l’arrêta et lui dit en souriant : « Voilà, '''Solon''', ce qui m’a éloigné de me marier et d’avoir des enfants; j’ai redouté le coup qui vous accable aujourd’hui, et contre lequel toute votre fermeté est impuissante. Mais rassurez-vous ; il n’y a rien de vrai dans tout ce qu’on vient de vous dire. » '''Hermippus''' rapporte cette histoire d’après le récit qu’en fait '''Patécus''', qui prétendait avoir hérité de l’âme d’'''Ésope'''.<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VII.''' Cependant c’est manquer de sens et de courage que de renoncer à acquérir des choses nécessaires par la crainte de les perdre. A ce compte, il ne faudrait aimer ni la richesse, ni la gloire, ni la sagesse, quand on les possède, de peur d’en être privé. La vertu même, le plus grand et le plus agréable des biens, se perd souvent par l’effet. de quelques maladies ou de certains breuvages. '''Thalès''' lui-même, en ne se mariant point, n’était pas à l’abri de toute crainte, à moins qu’il ne renonçât aussi à ses parents, à ses amis et à sa patrie. Mais au contraire, il avait adopté '''Cybistus''', le fils de sa sœur.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''V.''' Mais en particulier on rapporte une certaine entrevue et de tels discours et d’'''Anacharsis''' à '''Solon''' et une-autre-fois de '''Thalès'''.<br /><p style="text-align: center"> [...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">'''VI.''' Et on raconte '''Solon''' étant venu vers '''Thalès''' à ''Milet'' s’étonner de ce qu’il avait négligé absolument le mariage et la création-d’enfants. Et '''Thalès''' alors à la vérité s’être tu, mais ayant laissé-d’intervalle peu-de jours, avoir aposté un homme étranger, disant être arrivé récemment parti-depuis-dix-jours d’''Athènes''. Et '''Solon''' s’étant informé si donc il y a quelque chose de nouveau à ''Athènes'', l’homme instruit des choses qu’il faut dire n’avoir dit aucune autre chose, si ce n’est :<br /><p style="text-indent: 15px"> « Par '''Jupiter''', il y avait le convoi d’un certain jeune-homme, et la ville l’accompagnait. Car il était fils, comme on disait, d’un homme illustre et étant-le-premier des citoyens par la vertu; mais il n’était-pas-présent, mais on disait lui être-en-voyage depuis un temps déjà long.<br /><p style="text-align: left; text-indent: 15px">― Combien cet homme-là est malheureux! avoir dit '''Solon'''. Mais quel (comment) appelaient-ils lui ?<br /><p style="text-align: left; text-indent: 15px">― J’ai entendu le nom, avoir dit l’homme (répondit l’étranger), mais je ne me le rappelle pas; excepté qu’un discours fréquent était de la sagesse et de la justice de lui. »<br /><p style="text-indent: 15px">'''Solon''' donc étant-approché ainsi de-la crainte à chaque réponse, et à la fin déjà étant tout-troublé, lui-même avoir suggéré le nom à l’étranger, demandant si le mort n’était pas nommé fils de '''Solon'''. Et l’homme ayant dit-oui, celui-ci ('''Solon''') avoir commencé à frapper sa tête, et à faire et à dire les autres choses, qu’il arrive de faire et de dire à ceux affligés-à-l’excès. Mais '''Thalès''' ayant arrêté lui, et ayant ri, avoir dit :<br /><p style="text-indent: 15px">« Ces choses donc, ô '''Solon''', écartent moi du mariage et de la création-d’enfants, lesquelles abattent même toi le très-fort. Mais aie-confiance quant-à ces discours: car ils ne sont pas vrais. »<br /><p style="text-indent: 15px">'''Hermippe''' donc dit '''Patécus''', qui disait-souvent avoir l’âme d’'''Ésope''', raconter ces choses. <br /><p style="text-indent: 15px">'''VII.''' Or il est absurde et dépourvu de courage celui rejetant par la crainte de la perte l’acquisition des choses qu’il faut; car ainsi quelqu’un n’aimerait pas la richesse, n’aimerait pas la gloire, n’aimerait pas la sagesse étant survenue à lui, craignant (par crainte) d’en être privé. Et en effet nous voyons la vertu, au prix de laquelle aucune possession n’est plus grande, ni plus agréable, déplacée (chassée) par des maladies et des breuvages; et rien de plus n’être pour l’exemption-de-crainte à '''Thalès''' lui-même ne s’étant pas marié, s’il n’avait pas évité la possession et d’amis et de parents et de patrie. Mais même il eut un fils adoptif se l’étant fait tel lui-même, celui de sa sœur, comme on dit '''Cybisthe'''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f27.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
====== <div style="text-align: center;">Paragraphe XV.</div> ======
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;"> Testament d’inhumation de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XV.''' Καὶ φόβοι τινὲς ἐκ δεισιδαιμονίας ἅμα καὶ φάσματα κατεῖχε τὴν πόλιν, οἵ τε μάντεις ἄγη καὶ μιασμοὺς δεομένους καθαρμῶν προφαίνεσθαι διὰ τῶν ἱερῶν ἠγόρευον. Οὕτω δὴ μετάπεμπτος αὐτοῖς ἧκεν ἐκ Κρήτης Ἐπιμενίδης ὁ Φαίστιος, ὃν ἕβδομον ἐν τοῖς σοφοῖς καταριθμοῦσιν ἔνιοι τῶν οὐ προσιεμένων τὸν Περίανδρον. Ἐδόκει δέ τις εἶναι θεοφιλὴς καὶ σοφὸς περὶ τὰ θεῖα τὴν ἐνθουσιαστικὴν καὶ τελεστικὴν σοφίαν, διὸ καὶ παῖδα νύμφης ὄνομα Βάλτης καὶ Κούρητα νέον αὐτὸν οἱ τότε ἄνθρωποι προσηγόρευον. <br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Τὸ δὲ μέγιστον, ἱλασμοῖς τισι καὶ καθαρμοῖς καὶ ἱδρύσεσι κατοργιάσας καὶ καθοσιώσας τὴν πόλιν ὑπήκοον τοῦ δικαίου καὶ μᾶλλον εὐπειθῆ πρὸς ὁμόνοιαν κατέστησε. Λέγεται δὲ τὴν Μουνυχίαν ἰδὼν καὶ καταμαθὼν πολὺν χρόνον, εἰπεῖν πρὸς τοὺς παρόντας ὡς τυφλόν ἐστι τοῦ μέλλοντος ἄνθρωπος· ἐκφαγεῖν γὰρ ἂν Ἀθηναίους τοῖς αὑτῶν ὀδοῦσιν, εἰ προῄδεσαν ὅσα τὴν πόλιν ἀνιάσει τὸ χωρίον· ὅμοιον δέ τι καὶ Θαλῆν εἰκάσαι λέγουσι· κελεῦσαι γὰρ αὐτὸν ἔν τινι τόπῳ τῆς Μιλησίας φαύλῳ καὶ παρορωμένῳ τελευτήσαντα θεῖναι, προειπὼν ὡς ἀγορά ποτε τοῦτο Μιλησίων ἔσται τὸ χωρίον. Ἐπιμενίδης μὲν οὖν μάλιστα θαυμασθείς, καὶ χρήματα διδόντων πολλὰ καὶ τιμὰς μεγάλας τῶν Ἀθηναίων, οὐδὲν ἢ θαλλὸν ἀπὸ τῆς ἱερᾶς ἐλαίας αἰτησάμενος καὶ λαβὼν ἀπῆλθεν.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], ''chap. II'', ''§15'', traduction par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844<br />(également disponible une édition de 1853 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solonpierrron.htm ici] et de 1862 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f26.item là])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 390px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="margin: 0 2em; text-align: justify; direction: ltr;">'''XV.''' Au chagrin que ces pertes causèrent à ceux-ci [les ''Athéniens''], se joignirent des craintes superstitieuses dont la ville [''Athènes''] fut frappée, et qui venaient d’apparitions de spectres et de fantômes. Les devins déclarèrent aussi que l’état des victimes qu’ils avaient offertes annonçait des crimes et des profanations qu’il fallait expier. On fit donc venir de ''Crète'' [[w:Épiménide|'''Épiménide''']] [[#Épiménide|<span id="Épiménide_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] le [[w:Phaistos|''Phestien'']] [[#Phaistos|<span id="Phaistos_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], qui est mis au nombre des sept sages par ceux qui n’y comptent pas '''Périandre'''. Il passait pour un homme chéri des dieux, doué d’une grande sagesse, fort instruit des choses divines, surtout versé dans la science des inspirations et dans la connaissance des mystères; on l’appelait, même de son vivant, le nouveau [[w:Curètes|'''Curète''']], le fils de la nymphe '''Balté'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais ce qui était plus important, il fit un grand nombre d’expiations et de sacrifices, il fonda plusieurs temples; et par ces différentes cérémonies il purifia entièrement la ville, en bannit l’impiété et l’injustice, et la rendit plus soumise, plus disposée à l’union et à la paix. On rapporte aussi que lorsqu’il vit le fort de [[w:Munichie|''Munychium'']] [[#Munichie|<span id="Munichie_back"><sup>'''III'''</sup></span>]], il le considéra longtemps, et dit à ceux qui l’accompagnaient : Que les hommes sont aveugles sur l’avenir ! Si les ''Athéniens'' pouvaient prévoir tous les maux que ce lieu doit un jour causer à leur ville, ils l’emporteraient à belles dents ». '''Thalès''' eut aussi, dit-on, un pressentiment à peu près semblable. Il ordonna qu’on l’enterrât dans le lieu le plus sauvage et le plus désert du territoire de ''Milet''; et il prédit aux ''Milésiens'' qu’un jour leur marché public y serait transporté. Les ''Athéniens'', pleins de reconnaissance et d’admiration pour '''Épiménide''', voulurent le combler d’honneurs et de présents; mais il ne demanda qu’une branche de l’olivier sacré, qui lui fut accordée, et il s’en retourna en ''Crète''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/n6/mode/1up?view=theater <u>Vie des Hommes Illustres de Plutarque</u>], [https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/182/mode/1up?view=theater ''Solon''], ''Chap. II'', ''§15'',[https://archive.org/details/viesdeshommesill01plut/page/185/mode/1up?view=theater p.185], traduit par [[w:Alexis_Pierron|Alexis Pierron]], professeur au lycée Louis-le-Grand, 1877<br />(également disponible une édition de 1853 [[s:Vies_des_hommes_illustres/Solon|ici]])</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Alexis Pierron de 1877|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Épiménide_back|<span id="Épiménide"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Ἐπιμενίδης / Epimenídēs [[wikt:en:Ἐπιμενίδης#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Poète, philosophe et [[w:Iatromante|''iatromante'']] crétois.<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l’on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] milieu du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]])
<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">'''[[#Phaistos_back|<span id="Phaistos"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Φαιστός / Phaistós [[wikt:en:Φαιστός#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Ancienne ville du Sud de la [[w:Histoire_de_la_Crète#Antiquité|''Crète'']].<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Munichie_back|<span id="Munichie"><sup>III</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Μουνιχία / Mounikhia [[wikt:en:Μουνυχία#Grec_ancien|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Nom d’une colline du [[w:Le_Pirée|''Pirée'']] et de l’[[w:Port_de_Munichie|un des ports du ''Pirée'']].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''XII.''' Au chagrin que ces pertes causèrent à ceux-ci, se joignirent des craintes superstitieuses dont la ville fut frappée, et qui venaient d’apparitions de spectres et de fantômes. Les devins déclarèrent aussi que l’état des victimes annonçait des crimes et des profanations qu’il fallait expier. On fit donc venir de ''Crète'' '''Épiménide''' le ''Phestien'' qui est mis au nombre des sept sages par ceux qui n’y comptent pas '''Périandre'''. Il passait pour un homme chéri des dieux, doué d’une grande sagesse, fort instruit des choses divines, surtout versé dans la science des inspirations et dans la connaissance des mystères; on l’appelait, même de son vivant, le nouveau '''Curète''', le fils de la nymphe '''Balté'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais ce qui était plus important, il fit un grand nombre d’expiations et de sacrifices; il fonda plusieurs temples; et par ces différentes cérémonies, il purifia entièrement la ville, en bannit l’impiété et l’injustice, et la rendit plus soumise, plus disposée à l’union et à la paix. On rapporte aussi que lorsqu’il vit ''Munychie'', il la considéra longtemps, et dit à ceux qui l’accompagnaient :<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> « Que les hommes sont aveugles sur l’avenir! Si les ''Athéniens'' pouvaient prévoir tous les maux que ce lieu doit un jour causer à leur ville, il l’emporteraient à belles dents. »<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px"> '''Thalès''' eut aussi, dit-on, un pressentiment à peu près semblable. Il ordonna qu’on l’enterrât dans le lieu le plus sauvage et le plus désert du territoire de ''Milet''; et il prédit aux ''Milésiens'' qu’un jour leur marché public y serait transporté. Les ''Athéniens'', pleins de reconnaissance et d’admiration pour '''Épiménide''', voulurent le combler d’honneurs et de présents; mais il ne demanda qu’une branche de l’olivier sacré, qui lui fut accordée, et il s’en retourna en ''Crète''.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f58.item ''chap. II''], traduction correcte et précédée du texte grec, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/solon.htm#1a ici] et de 1829 [[s:Les_Vies_des_hommes_illustres/Vie_de_Solon|là]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Et certaines craintes nées de la superstition en-même-temps aussi des apparitions occupaient la ville; et les devins disaient des impiétés et des souillures ayant-besoin de purifications être indiquées par les victimes. Et ainsi vint à eux mandé (ils firent venir) de ''Crète'' '''Épiménide''' le ''Phestien'', que quelques-uns de ceux n’admettant pas '''Périandre''' comptent le septième parmi les sages. Or il avait-la-réputation d’être un homme ami-des-dieux, et habile dans la science de-l’inspiration et des-mystères. C’est-pourquoi les hommes d’alors appelaient lui et fils de la nymphe de nom (nommée) '''Balté''', et nouveau '''Curète'''.<br /><p style="text-align: center">[...]<br /><p style="text-indent: 15px; text-align: justify;">Mais le plus grand (le plus important), ayant initié-aux-mystères et ayant purifié la ville par certaines expiations et purifications et fondations, il la rendit prêtant-l’oreille à la justice et plus obéissante pour la concorde. Et il est dit, ayant vu ''Munychie'' et l’ayant examinée un temps long, avoir dit à ceux présents, que l’homme est un être aveugle sur l’avenir ; car les ''Athéniens'' avoir dû manger ''Munychie'' avec les dents d’eux-mêmes, s’ils avaient prévu en combien de choses cette place affligera la ville. Et on dit aussi '''Thalès''' avoir conjecturé quelque chose de semblable; lui avoir ordonné en effet de placer lui ayant cessé de vivre dans un certain lieu de la ''Milésie'' méprisé et dédaigné, ayant prédit que cet endroit sera (serait) un jour le marché des ''Milésiens''. '''Épiménide''' donc ayant été admiré très-grandement, et les ''Athéniens'' lui donnant des sommes nombreuses et des honneurs grands, n’ayant demandé rien qu’un rameau détaché de l’olivier sacré et l’ayant pris (reçu) s’en alla.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;">[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f7.item <u>Plutarque, Vie de Solon</u>], [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6226675w/f59.item ''chap. II''], traduction littérale et juxtalinéaire présentant le mot à mot français en regard des mots grecs correspondants, par une société de professeurs et d’helléniste, 1862</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">═✳═</div>
=== [[w:Œuvres_morales|Œuvres morales]] ===
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Ensemble de 78 textes de traitant de sujets extrêmement variés (religieux, éthiques, politiques, philosophiques, littéraires, historiques), et s'inscrivant dans des genres littéraires également divers (traité, différentes sortes de dialogues, lettres, réponses à des Questions ([[wikt:ζήτημα#Grec_ancien|''zetemata'']]), « dits » ([[w:Apophtegme|''apophtegmes'']])).</div>
==== Le Banquet des Sept Sages ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Dialogue faisant intervenir 20 personnages, dont une liste des sept sages : '''Thalès''', [[w:Solon|'''Solon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Solon_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Bias_de_Priène|'''Bias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Bias_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Chilon|'''Chilon''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Chilon_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Cléobule|'''Cléobule''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Cléobule_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Pittacos_de_Mytil%C3%A8ne|'''Pittacos''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Pittacos_back|<sup>🔄</sup>]], [[w:Périandre|'''Périandre''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Périandre_back|<sup>🔄</sup>]].<br />À ceux-ci se rajoutent : [[w:Anacharsis|'''Anacharsis''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Anacharsis_back|<sup>🔄</sup>]], '''Ésope''', '''Dioclès''', '''Nicarque''', [[w:Cléobuline|'''Cléobuline''']] [[#Cléobuline|<span id="Cléobuline_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], '''Mélissa''', '''Niloxène''', '''Alexidème''', '''Ardalus''', '''Cléodème''', '''Mnésiphile''', '''Chersias''', [[w:Gorgias|'''Gorgias''']] [[Philosophie/Thalès_de_Milet/Textes_et_traductions_Ier_millénaire_AEC#Gorgias_back|<sup>🔄</sup>]].</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Le Banquet des Septs Sages|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Cléobuline_back|<span id="Cléobuline"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Κλεοβουλίνη / Kleoboulinè ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de Κλεόβουλος / Kleóboulos [[wikt:en:Κλεόβουλος#Ancient_Greek|(en)]], « Cléobule, le père de Cléobuline » <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ du suffixe adjectival féminin -ῑ́νη / -ī́nē [[wikt:en:-ίνη#Ancient_Greek|(en)]], relatif à la matière, au temps, etc. : « fait de, pendant la durée de » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">Philosophe et poétesse grecque, célèbre pour ses énigmes, fille du [[w:Tyran|''tyran'']] Cléobule, qui la surnommerait Εὔμητις / Eúmētis, « la Prudente » selon Plutarque.
'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe I.</div> =====
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§1. Ἦ που προϊὼν ὁ χρόνος, ὦ '''Νίκαρχε''', πολὺ σκότος ἐπάξει τοῖς πράγμασι καὶ πᾶσαν ἀσάφειαν, εἰ νῦν ἐπὶ προσφάτοις οὕτω καὶ νεαροῖς λόγοι ψευδεῖς συντεθέντες ἔχουσι πίστιν. οὔτε γὰρ μόνων, ὡς ὑμεῖς ἀκηκόατε, τῶν ἑπτὰ γέγονε τὸ συμπόσιον, ἀλλὰ πλειόνων ἢ δὶς τοσούτων (ἐν οἷς καὶ αὐτὸς ἤμην, συνήθης μὲν ὢν '''Περιάνδρῳ''' διὰ τὴν τέχνην, ξένος δὲ '''Θάλεω'''· παρ´ ἐμοὶ γὰρ κατέλυσεν ὁ ἀνὴρ '''Περιάνδρου''' κελεύσαντος), οὔτε τοὺς λόγους ὀρθῶς ἀπεμνημόνευσεν ὅστις ἦν ὑμῖν ὁ διηγούμενος· ἦν δ´ ὡς ἔοικεν οὐδεὶς τῶν παραγεγονότων. ἀλλ´ ἐπεὶ σχολή τε πάρεστι πολλὴ καὶ τὸ γῆρας οὐκ ἀξιόπιστον ἐγγυήσασθαι τὴν ἀναβολὴν τοῦ λόγου, προθυμουμένοις ὑμῖν ἀπ´ ἀρχῆς ἅπαντα διηγήσομαι.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §1'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§1. '''D<span style ="font-size:85%;">IOCLÈS</span>'''. Certainement le long cours des âges, mon cher '''Nicarque''', jettera sur les faits d’épaisses ténèbres et une complète incertitude, puisque dès aujourd’hui, à propos de choses si récentes et si nouvelles, des relations mensongères et controuvées obtiennent crédit. Car d’abord le banquet en question ne se composait pas seulement des sept sages, comme vous autres l’avez ouï dire. Les convives étaient plus du double de ce nombre. J’en faisais moi-même partie, comme familier de '''Périandre''' en raison de notre profession commune, et comme hôte de '''Thalès''' : ce dernier était en effet descendu chez moi sur la recommandation de '''Périandre'''. Ensuite, on ne vous en a pas rapporté fidèlement les entretiens lorsqu’on vous a fait ce récit. Il faut que celui de qui vous le tenez n’ait pas été un des convives. Mais puisque nous avons un ample loisir et que la vieillesse est un garant trop peu sûr pour nous autoriser à remettre cet entretien, je vais, suivant votre désir unanime, vous en raconter tous les détails à partir du commencement.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §1'', traduction par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_1,_1870.djvu/424|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''D<span style ="font-size:85%;">IOCLÈS</span>'''. Quelle incertitude et quelle obscurité la succession des temps ne doit-elle pas répandre sur l’histoire, mon cher '''Nicarque''', puisque, dans des faits récents, et qui se sont passés presque sous nos yeux, le faux prend la place du vrai ? Ce banquet n’était pas, comme on vous l’a dit, composé seulement des sept sages ; les convives étaient plus du double de ce nombre. J’y assistai moi-même, et comme ami de '''Périandre''', avec qui ma profession ma lié depuis longtemps [[#Dioclès_NdT_DR|<span id="Dioclès_NdT_DR_back"><sup>1</sup></span>]], et comme hôte de '''Thalès''', à qui '''Périandre''' avait fait marquer son logement chez moi. Celui qui vous a fait le récit de ce qui s’y est passé n’en était sûrement pas, et vous a trompé sur presque tous les points. Mais, puisque nous en avons le loisir, et que notre âge avancé ne nous permet guère de différer, je vais vous satisfaire et vous en raconter tous les détails.</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Dioclès_NdT_DR_back|<span id="Dioclès_NdT_DR"><sup>1.</sup></span>]] Dioclès était devin.'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe II.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la simplicité de '''Thalès''', de sa mesure de la pyramide d’''Égypte'', et de son aversion des [[w:Tyran|''tyrans'']] et des rois.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§2. Παρεσκευάκει μὲν γὰρ οὐκ ἐν τῇ πόλει τὴν ὑποδοχὴν ὁ Περίανδρος, ἀλλ´ ἐν τῷ περὶ τὸ Λέχαιον ἑστιατορίῳ παρὰ τὸ τῆς Ἀφροδίτης ἱερόν, ἧς ἦν καὶ ἡ θυσία. μετὰ γὰρ τὸν ἔρωτα τῆς μητρὸς αὐτοῦ προεμένης τὸν βίον ἑκουσίως οὐ τεθυκὼς τῇ Ἀφροδίτῃ, τότε πρῶτον ἔκ τινων ἐνυπνίων τῆς Μελίσσης ὥρμησε τιμᾶν καὶ θεραπεύειν τὴν θεόν. Τῶν δὲ κεκλημένων ἑκάστῳ συνωρὶς ἱκανῶς κεκοσμημένη προσήχθη· καὶ γὰρ ὥρα θέρους ἦν, καὶ τὴν ὁδὸν ἅπασαν ὑπὸ πλήθους ἁμαξῶν καὶ ἀνθρώπων ἄχρι θαλάττης κονιορτὸς καὶ θόρυβος κατεῖχεν. ὁ μέντοι Θαλῆς τὸ ζεῦγος ἐπὶ ταῖς θύραις ἰδὼν καὶ μειδιάσας ἀφῆκεν. ἐβαδίζομεν οὖν ἐκτραπόμενοι διὰ τῶν χωρίων, καθ´ ἡσυχίαν, καὶ μεθ´ ἡμῶν τρίτος ὁ Ναυκρατίτης Νειλόξενος, ἀνὴρ ἐπιεικὴς καὶ τοῖς περὶ Σόλωνα καὶ Θαλῆν γεγονὼς ἐν Αἰγύπτῳ συνήθης. ἐτύγχανε δὲ πρὸς Βίαντα πάλιν ἀπεσταλμένος· ὧν δὲ χάριν οὐδ´ αὐτὸς ᾔδει, πλὴν ὑπενόει πρόβλημα δεύτερον αὐτῷ κομίζειν ἐν βιβλίῳ κατασεσημασμένον· εἴρητο γάρ, εἰ Βίας ἀπαγορεύσειεν, ἐπιδεῖξαι τοῖς σοφωτάτοις Ἑλλήνων τὸ βιβλίον. « Ἕρμαιον » ὁ Νειλόξενος ἔφη « μοι γέγονεν ἐνταῦθα λαβεῖν ἅπαντας ὑμᾶς, καὶ κομίζω τὸ βιβλίον ὡς ὁρᾷς ἐπὶ τὸ δεῖπνον. » ἅμα δ´ ἡμῖν ἐπεδείκνυε. Καὶ ὁ Θαλῆς γελάσας « εἴ τι κακόν, » εἶπεν, « αὖθις εἰς Πριήνην· διαλύσει γὰρ ὁ Βίας, ὡς διέλυσεν αὐτὸς τὸ πρῶτον. » « Τί δ´ ἦν, » ἔφην ἐγώ, « τὸ πρῶτον; » « Ἱερεῖον, » εἶπεν, « ἔπεμψεν αὐτῷ, κελεύσας τὸ πονηρότατον ἐξελόντα καὶ χρηστότατον ἀποπέμψαι κρέας. ὁ δ´ ἡμέτερος εὖ καὶ καλῶς τὴν γλῶτταν ἐξελὼν ἔπεμψεν· ὅθεν εὐδοκιμῶν δῆλός ἐστι καὶ θαυμαζόμενος. » « Οὐ διὰ ταῦτ´ » ἔφη « μόνον » ὁ Νειλόξενος, « ἀλλ´ οὐ φεύγει τὸ φίλος εἶναι καὶ λέγεσθαι βασιλέων καθάπερ ὑμεῖς, ἐπεὶ σοῦ γε καὶ τἄλλα θαυμάζει, καὶ τῆς [[wikt:en:πυραμίδος#Ancient_Greek|πυραμίδος]] τὴν μέτρησιν ὑπερφυῶς ἠγάπησεν, ὅτι πάσης ἄνευ πραγματείας καὶ μηδενὸς ὀργάνου δεηθεὶς ἀλλὰ τὴν βακτηρίαν στήσας ἐπὶ τῷ πέρατι τῆς σκιᾶς ἣν ἡ πυραμὶς ἐποίει, γενομένων τῇ ἐπαφῇ τῆς ἀκτῖνος δυεῖν τριγώνων, ἔδειξας ὃν ἡ σκιὰ πρὸς τὴν σκιὰν λόγον εἶχε τὴν πυραμίδα πρὸς τὴν βακτηρίαν ἔχουσαν. ἀλλ´, ὅπερ ἔφην, διεβλήθης μισοβασιλεὺς εἶναι, καί τινες ὑβριστικαί σου περὶ τυράννων ἀποφάσεις ἀνεφέροντο πρὸς αὐτόν, ὡς ἐρωτηθεὶς ὑπὸ Μολπαγόρου τοῦ Ἴωνος τί παραδοξότατον εἴης ἑωρακώς, ἀποκρίναιο ‘τύραννον γέροντα,’ καὶ πάλιν ἔν τινι πότῳ, περὶ τῶν θηρίων λόγου γενομένου, φαίης κάκιστον εἶναι τῶν μὲν ἀγρίων θηρίων τὸν τύραννον, τῶν δ´ ἡμέρων τὸν κόλακα· ταῦτα γάρ, εἰ καὶ πάνυ προσποιοῦνται διαφέρειν οἱ βασιλεῖς τῶν τυράννων, οὐκ εὐμενῶς ἀκούουσιν. » « Ἀλλὰ τοῦτο μέν, » εἶπεν ὁ Θαλῆς, « Πιττακοῦ ἐστιν, εἰρημένον ἐν παιδιᾷ ποτε πρὸς Μυρσίλον· ἐγὼ δὲ θαυμάσαιμ´ ἄν, » ἔφη, « οὐ τύραννον ἀλλὰ [[wikt:κυβερνήτης#Grec_ancien|'''κυβερνήτην''']] γέροντα θεασάμενος. πρὸς δὲ τὴν μετάθεσιν τὸ τοῦ νεανίσκου πέπονθα τοῦ βαλόντος μὲν ἐπὶ τὴν κύνα πατάξαντος δὲ τὴν μητρυιὰν καὶ εἰπόντος ‘οὐδ´ οὕτω κακῶς.’ διὸ καὶ Σόλωνα σοφώτατον ἡγησάμην οὐ δεξάμενον τυραννεῖν. καὶ Πιττακὸς οὗτος εἰ μοναρχίᾳ μὴ προσῆλθεν, οὐκ ἂν εἶπεν ὡς ‘χαλεπὸν ἐσθλὸν ἔμμεναι.’ Περίανδρος δ´ ἔοικεν ὥσπερ ἐν νοσήματι πατρῴῳ τῇ τυραννίδι κατειλημμένος οὐ φαύλως ἐξαναφέρειν, χρώμενος ὁμιλίαις ὑγιειναῖς ἄχρι γε νῦν καὶ συνουσίας ἀνδρῶν νοῦν ἐχόντων ἐπαγόμενος, ἃς δὲ '''Θρασύβουλος''' αὐτῷ κολούσεις τῶν ἄκρων οὑμὸς πολίτης ὑφηγεῖται μὴ προσιέμενος. γεωργοῦ γὰρ [[wikt:en:αἶρα#Ancient_Greek|αἴρας]] καὶ [[wikt:ononis|ὀνώνιδας]] ἀντὶ [[wikt:πυρός#Grec_ancien|πυρῶν]] καὶ [[wikt:κριθή#Grec_ancien|κριθῶν]] συγκομίζειν ἐθέλοντος οὐδὲν διαφέρει τύραννος ἀνδραπόδων μᾶλλον ἄρχειν ἢ ἀνδρῶν βουλόμενος· ἓν γὰρ ἀντὶ πολλῶν κακῶν ἀγαθὸν αἱ δυναστεῖαι τὴν τιμὴν ἔχουσι καὶ τὴν δόξαν, ἄνπερ ἀγαθῶν ὡς κρείττονες ἄρχωσι καὶ μεγάλων μείζονες εἶναι δοκῶσι· τὴν δ´ ἀσφάλειαν ἀγαπῶντας ἄνευ τοῦ καλοῦ προβάτων ἔδει πολλῶν καὶ ἵππων καὶ βοῶν ἄρχειν, μὴ ἀνθρώπων. ἀλλὰ γὰρ εἰς οὐδὲν προσήκοντας ἐμβέβληκεν ἡμᾶς, » ἔφη, « ὁ ξένος οὑτοσὶ λόγους, ἀμελήσας λέγειν τε καὶ ζητεῖν ἃ ἁρμόττει ἐπὶ δεῖπνον βαδίζουσιν. ἦ γὰρ οὐκ οἴει, καθάπερ ἑστιάσοντος ἔστι τις παρασκευή, καὶ δειπνήσοντος εἶναι; Συβαρῖται μὲν γὰρ ὡς ἔοικε πρὸ ἐνιαυτοῦ τὰς κλήσεις ποιοῦνται τῶν γυναικῶν, ὅπως ἐκγένοιτο κατὰ σχολὴν παρασκευασαμέναις ἐσθῆτι καὶ χρυσῷ φοιτᾶν ἐπὶ τὸ δεῖπνον· ἐγὼ δὲ πλείονος οἶμαι χρόνου δεῖσθαι τὴν ἀληθινὴν τοῦ δειπνήσοντος ὀρθῶς παρασκευήν, ὅσῳ χαλεπώτερόν ἐστιν ἤθει τὸν πρέποντα κόσμον ἢ σώματι τὸν περιττὸν ἐξευρεῖν καὶ ἄχρηστον. οὐ γὰρ ὡς ἀγγεῖον ἥκει κομίζων ἑαυτὸν ἐμπλῆσαι πρὸς τὸ δεῖπνον ὁ νοῦν ἔχων, ἀλλὰ καὶ σπουδάσαι τι καὶ παῖξαι καὶ ἀκοῦσαι καὶ εἰπεῖν ὡς ὁ καιρὸς παρακαλεῖ τοὺς συνόντας, εἰ μέλλουσι μετ´ ἀλλήλων ἡδέως ἔσεσθαι. καὶ γὰρ καὶ ὄψον πονηρὸν ἔστι παρώσασθαι, κἂν οἶνος ᾖ φαῦλος, ἐπὶ τὰς νύμφας καταφυγεῖν· σύνδειπνος δὲ κεφαλαλγὴς καὶ βαρὺς καὶ ἀνάγωγος παντὸς μὲν οἴνου καὶ ὄψου πάσης δὲ μουσουργοῦ χάριν ἀπόλλυσι καὶ λυμαίνεται, καὶ οὐδ´ ἀπεμέσαι τὴν τοιαύτην ἀηδίαν ἕτοιμόν ἐστιν, ἀλλ´ ἐνίοις εἰς ἅπαντα τὸν βίον ἐμμένει τὸ πρὸς ἀλλήλους δυσάρεστον, ὥσπερ ἑωλοκρασία τις ὕβρεως ἢ ὀργῆς ἐν οἴνῳ γενομένης. ὅθεν ἄριστα Χίλων, καλούμενος ἐχθές, οὐ πρότερον ὡμολόγησεν ἢ πυθέσθαι τῶν κεκλημένων ἕκαστον. ἔφη γὰρ ὅτι σύμπλουν ἀγνώμονα δεῖ φέρειν καὶ σύσκηνον οἷς πλεῖν ἀνάγκη καὶ στρατεύεσθαι· τὸ δὲ συμπόταις ἑαυτὸν ὡς ἔτυχε καταμιγνύειν οὐ νοῦν ἔχοντος ἀνδρός ἐστιν. ὁ δ´ Αἰγύπτιος σκελετός, ὃν ἐπιεικῶς εἰσφέροντες εἰς τὰ συμπόσια προτίθενται καὶ παρακαλοῦσι μεμνῆσθαι τάχα δὴ τοιούτους ἐσομένους, καίπερ ἄχαρις καὶ ἄωρος ἐπίκωμος ἥκων, ὅμως ἔχει τινὰ καιρόν, καὶ εἰ μὴ πρὸς τὸ πίνειν καὶ ἡδυπαθεῖν ἀλλὰ πρὸς φιλίαν καὶ ἀγάπησιν ἀλλήλων προτρέπεται, καὶ παρακαλεῖ τὸν βίον μὴ τῷ χρόνῳ βραχὺν ὄντα πράγμασι κακοῖς μακρὸν ποιεῖν. »
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §2'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§2. La réception avait été préparée par '''Périandre''', non pas dans la ville même, mais dans son [[w:Cénacle|''cénacle'']] du port de [[w:Léchaion|''Léchée'']], près du temple de '''Vénus''' en l’honneur de laquelle il y avait même un sacrifice. Car depuis l’incestueux amour à la suite duquel sa mère avait volontairement abandonné la vie, '''Périandre''' n’avait pas sacrifié à '''Vénus''' ; et c’était alors la première fois que, d’après certains songes de '''Mélissa''' il s’était décidé à honorer la déesse et à lui rendre des hommages. Pour chacun des invités on avait amené un attelage approprié convenablement. Nous étions en été, et tout le long de la route, en raison du grand nombre de chariots et de piétons, ce n’était jusqu’à la mer que poussière et que bruit. Pourtant '''Thalès''', ayant vu l’attelage à notre porte, se mit à sourire et le renvoya. Nous partîmes donc à pied en faisant un détour, et à travers champs nous cheminâmes à loisir. Un troisième compagnon s’était joint à nous, '''Niloxène''' de ''Naucratie'', homme plein de mérite, que '''Thalès''' et '''Solon''' avaient autrefois beaucoup connu en ''Égypte''. Il se trouvait envoyé de nouveau vers '''Bias''' ; mais pour quelle mission ? Il n’en savait rien lui-même, hormis qu’il se soupçonnait porteur d’une seconde question à résoudre, contenue dans un pli cacheté; et il lui avait été dit, au cas où '''Bias''' renoncerait, de la présenter aux plus sages d’entre les Grecs. « C’est », dit '''Niloxène''', « une chance heureuse que de vous trouver ici tous, et j’apporte, comme vous voyez, cette lettre pour le banquet. » En même temps, il nous la faisait voir. '''Thalès''' se mit à rire : « Si c’est une question épineuse », dit-il, « qu’on aille encore à ''Priène'' : '''Bias''' la résoudra comme il a résolu la première. » — « Quelle était donc cette première question ? » lui demandai-je. — « Le roi d’Égypte », dit '''Thalès''', « avait envoyé à '''Bias''' une victime, en lui faisant dire d’en couper ce qu’il y avait de plus mauvais et de meilleur, et de le lui renvoyer. Notre sage, avec un discernement merveilleux, en ôta la langue et la fit porter au Roi. Voilà ce qui lui a valu une estime et une admiration si déclarée ». — « Cette raison n’est pas la seule », ajouta '''Niloxène''' ; « c’est encore, que '''Bias''' ne fuit pas, comme vous autres, l’amitié des rois eux-mêmes. Ainsi, vous, '''Thalès''', le roi d’Égypte vous admire beaucoup, et, entre autres choses, il a été, au-delà de ce qu’on peut dire, ravi de la manière dont vous avez mesuré la pyramide sans le moindre embarras et sans avoir eu besoin d’aucun instrument. Après avoir dressé votre bâton à l’extrémité de l’ombre que projetait la pyramide, vous construisîtes deux triangles par la tangence d’un rayon, et vous démontrâtes qu’il y avait la même proportion entre la hauteur du bâton et la hauteur de la pyramide qu’entre la longueur des deux ombres. Mais, comme j’ai dit, on vous accuse de détester les rois ; quelques boutades injurieuses prononcées par vous contre des ''tyrans'' ont été rapportées à [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']]. Par exemple, l’Ionien '''Molpagore''' vous ayant demandé ce que vous aviez jamais vu de plus extraordinaire, vous lui auriez répondu : « C’est un tyran parvenu à la vieillesse. » Une autre fois, dans un festin, la conversation étant venue à tomber sur les bêtes féroces, vous auriez dit : « La plus méchante bête parmi les animaux sauvages, c’est le tyran, et parmi les animaux apprivoisés le flatteur. » De tels propos ne sont pas de ceux que les rois entendent avec plaisir, lors même qu’ils affectent de n’avoir rien de commun avec les tyrans. » Pour cette dernière réponse, dit '''Thalès''', elle est de '''Pittacus''' : il l’avait adressée un jour en plaisantant à '''Myrsile'''. Quant au premier propos, ce n’était pas « un tyran » que j’avais dit, mais « un [[wikt:κυβερνήτης#Grec_ancien|''pilote'']] », qui soit parvenu à la vieillesse. Toutefois, puisqu’on a changé la destination du mot, je fais comme le jeune homme qui, ayant jeté une pierre à un chien, atteignit sa belle-mère et s’écria : Même ainsi, ce n’est pas mal. » C’est pourquoi je regardai '''Solon''' comme éminemment sage lorsqu’il n’accepta pas la tyrannie ; et '''Pittacus''', s’il n’eût approché de la monarchie, n’aurait pas eu à dire : « Il est difficile d’être homme de bien. » Quant à '''Périandre''', il semble qu’ayant été saisi par le souverain pouvoir comme par une maladie de famille, il ne s’en tire pas trop mal. Il use, au moins jusqu’à présent, de sociétés salutaires. Il réunit, pour entretenir commerce avec eux, ses hommes remplis de sens ; et le conseil que lui a donné mon compatriote [[w:Thrasybule_de_Milet|'''Thrasybule''']] [[#Thrasybule|<span id="Thrasybule_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], de décapiter l’aristocratie, il ne l’a pas accepté. Entre un laboureur qui aimerait mieux voir dans son champ de l’[[w:Ivraie|''ivraie'']] ou de l’[[w:Orobanche|''orobanche'']] que de l’orge ou du blé, et un tyran qui veut régner sur des esclaves plutôt que sur des hommes de coeur, je ne vois aucune différence. Un seul bien compense les maux nombreux attachés au pouvoir des tyrans : c’est la gloire et l’honneur qui leur sont réservés lorsque, commandant à des hommes vertueux, ils sont plus vertueux eux-mêmes, et qu’au milieu de grands ils se montrent plus grands. Ceux qui préfèrent leur sûreté en renonçant à ce beau rôle, étaient faits pour réunir sous leur main beaucoup de moutons, de chevaux et de boeufs, mais non des hommes. » « Du reste », continua '''Thalès''', « ce sont propos sans portée aucune que ceux où nous a jetés cet étranger, et nous avons omis de dire et de chercher les choses qui conviennent bien à des gens partis pour un banquet. Ne croyez-vous pas, '''Nicarque''', qu’il y ait des préparatifs à faire quand on vient prendre place à un festin, comme il y en a pour celui qui doit le donner ? Les [[w:Sybaris|''Sybarites'']] [[#Sybaris|<span id="Sybaris_back"><sup>'''II'''</sup></span>]], à ce qu’il paraît, s’y prennent un an d’avance pour adresser leurs invitations aux femmes, afin qu’elles puissent à loisir préparer leur toilette et leurs bijoux en or avant de se rendre au festin; et, selon moi, il faut plus de temps encore à un convive pour les préparatifs vraiment nécessaires, parce qu’il est plus difficile de trouver un ajustement convenable pour son moral que la vaine et inutile parure dont on s’inquiète pour son corps. Un homme sensé ne se transporte pas à un festin comme un bocal qu’il s’agit d’y remplir. Il songe à trouver là une occasion de passer tour à tour du sérieux au badinage, d’entendre et de tenir lui-même ces propos auxquels la circonstance invite les convives s’ils veulent se rendre la réunion agréable les uns aux autres. En effet on est libre de repousser un mauvais ragoût, et si le vin ne vaut rien on peut « recourir aux [[w:Naïades|''Naïades'']] »; mais un convive qui vous donne mal à la tête, qui est lourd, qui ne sait pas se conduire, vous fait perdre et vous gâte le plaisir de tout vin, de toute bonne chère, de toute musique. On n’est même pas le maître de se débarrasser aussi complétement qu’on le voudrait d’un tel désagrément. Quelques-uns en gardent tant qu’ils vivent du mécontentement les uns contre les autres : il leur semble qu’il leur reste comme un arrière-goût de viandes mal digérées, parce qu’ils conservent le souvenir d’injures ou de colères échangées dans le vin. C’est pour cela que '''Chilon''', invité hier, n’a pas voulu promettre avant d’avoir su le nom de chacun des convives : « Car on est bien obligé, a-t-il dit, de supporter un désagréable compagnon de traversée, de tente, quand il faut être sur terre ou à l’armée ; mais se mêler indifféremment à table avec les premiers venus, n’est pas le propre d’un homme sensé. » Le squelette des ''Égyptiens'', qu’ils ont la sage coutume de produire et de placer dans la salle du festin afin d’engager à se souvenir que l’on sera bientôt comme lui, survient là comme un convive assez désagréable et intempestif, mais enfin la présence s’en explique. Si cette vue n’excite pas à boire et à se réjouir, elle engage du moins à s’aimer, à se chérir les uns les autres, et elle exhorte à ne pas allonger par des tracas pénibles une existence dont la durée est si courte.
</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §2'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Thrasybule_back|<span id="Thrasybule"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θρᾰσῠ́βουλος / Thrăsŭ́boulos [[wikt:en:Θρασύβουλος#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ de l’adjectif [[wikt:θρασύς#Grec_ancien|θρᾰσύς / thrăsús]], « confiant, audacieux » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + du nom commun [[wikt:βουλή#Grec_ancien|βουλή / boulế]], « Volonté. Décision, conseil. Conseil, sénat athénien. »; du verbe [[wikt:βούλομαι#Grec_ancien|βούλομαι / boúlomai]], « Vouloir, désirer, souhaiter. Vouloir bien, consentir à. » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">➥ + -ος (-os).<br /><br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[#Sybaris_back|<span id="Sybaris"><sup>II</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Σῠ́βᾰρῐς / Sŭ́bărĭs [[wikt:en:Σύβαρις#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:Colonisation grecque|Colonie grecque]] du sud de l’Italie (en [[w:Calabre|Calabre]] actuelle), fondée au [[w:VIIIe_siècle_av._J.-C.|VIII<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]] dans le cadre du mouvement d’établissement et d’[[w:Colonisation_grecque|''essaimage'']] des Grecs vers l’Occident, particulièrement en [[w:Grande-Grèce|''Grande-Grèce'']]. Réputée dès l’Antiquité pour sa richesse devenue proverbiale, ainsi que pour son emprise sur les peuples voisins et différentes cités grecques de son voisinage, elle est détruite à l’issue d’une [[w:Guerre entre Sybaris et Crotone|guerre]] qui l’oppose à [[w:Crotone|''Crotone'']] à la fin du [[w:VIe_siècle_av._J.-C.|VI<sup>ème</sup> siècle {{Info|AEC|Avant l’Ère Commune}}]], et enfouie sous les eaux du fleuve ''Crathis'' (aujourd’hui [[Crati]]), avant de voir son site réoccupé, soixante ans plus tard, par la colonie [[w:Panhellénisme|''panhellénique'']] de [[w:Thourioï|''Thourioï'']].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">'''Périandre''' avait fait préparer le banquet, non à la ville même, mais au ''port de Léchée'' [[#Léchée_NdT_DR|<span id="Léchée_NdT_DR_back"><sup>1</sup></span>]], dans une salle voisine du ''temple de Vénus'', à qui l’on devait offrir un sacrifice. Depuis que sa mère, victime d’un malheureux amour [[#Cratée_NdT_DR|<span id="Cratée_NdT_DR_back"><sup>2</sup></span>]], s’était donné la mort, il n’avait pas encore sacrifié à cette déesse, et c’était la première fois qu’il y pensait, d’après un songe de '''Mélisse''' [[#Mélisse_NdT_DR|<span id="Mélisse_NdT_DR_back"><sup>3</sup></span>]]. Nous étions dans les plus grandes chaleurs de l’été. Le grand nombre des voitures et des gens de pied qui fréquentaient le chemin qui conduit à la mer, l’avaient couvert de poussière et le rendaient fort incommode pour les voyageurs. On avait amené, pour chaque convive, un char commode et proprement orné. '''Thalès''', en voyant le sien à ma porte, se mit à sourire et le refusa. Nous primes donc, à travers les champs, un sentier détourné, et nous allâmes, en nous promenant, suivis de '''Niloxène''' de ''Naucrate'' [[#Niloxène_NdT_DR|<span id="Niloxène_NdT_DR_back"><sup>4</sup></span>]], homme du plus grand mérite, que '''Thalès''' et '''Solon''' avaient autrefois beaucoup connu en ''Égypte''. Il était envoyé, pour la seconde fois, vers '''Bias''', sans savoir lui-même quel était l’objet de sa mission. Il se doutait seulement que la lettre dont '''Amasis''' l’avait chargé contenait une seconde question à résoudre. Il avait ordre, en cas que '''Bias''' refusât d’y répondre, de la proposer aux plus sages d’entre les ''Grecs''. Dès qu’il m’eut aperçu, il me dit en me montrant sa lettre : « J’ai du bonheur aujourd’hui. Cette lettre vous trouve tous réunis. Je la porte au banquet, comme vous voyez.
- Si c’est une question épineuse, dit '''Thalès''' en souriant, retournez à ''Priene'' [[#Priene_NdT_DR|<span id="Priene_NdT_DR_back"><sup>5</sup></span>]], '''Bias''' la résoudra, comme il a résolu la première.
- Quelle était cette première question, demandai-je à '''Thalès''' ?
- Le roi d’Égypte, me répondit-il, avait envoyé une victime à '''Bias''', en lui faisant dire d’en couper ce qu’il y avait de meilleur et de plus mauvais, et de le lui renvoyer. Notre sage, fort habilement en ôta la langue, qu’il lui fit porter. Voilà ce qui lui a mérité l’estime et l’admiration de ce prince.
- Ajoutez encore à cette première raison, dit '''Niloxène''', que '''Bias''' ne dédaigne pas, comme vous, l’amitié des rois ; car '''Amasis''' n’a pas moins d’estime pour vous ; il admire surtout la manière dont vous mesurâtes, avec la plus grande facilité et sans aucun instrument mathématique, la hauteur de la pyramide. En dressant votre bâton à l’extrémité de l’ombre qu’elle faisait sur la terre, le rayon solaire qui touchait le sommet de la pyramide et l’extrémité du bâton forma deux triangles ; et vous démontrâtes qu’il y avait la même proportion entre la hauteur du bâton et celle de la pyramide qu’entre la longueur des ombres projetées par l’une et par l’autre. Mais, comme je viens de le dire, on vous accuse, auprès de lui, d’être l’ennemi des rois, et on lui a rapporté plusieurs propos injurieux que vous avez tenus contre les tyrans [[#tyrans_NdT_DR|<span id="tyrans_NdT_DR_back"><sup>6</sup></span>]] ; entre autres que l’''Ionien'' '''Molpagore''' [[#Molpagore_NdT_DR|<span id="Molpagore_NdT_DR_back"><sup>7</sup></span>]] vous ayant demandé ce qui vous paraîtrait plus extraordinaire dans la vie, vous lui répondîtes : de voir vieillir un tyran. Une autre fois, comme on vint à parler, dans un repas, du naturel des animaux, vous dîtes que le plus méchant des animaux sauvages était le tyran, et des animaux domestiques, le flatteur. Les rois, quoiqu’ils affectent de ne rien avoir de commun avec les tyrans, n’aiment pas cependant ces sortes de discours. Cette dernière réponse, dit '''Thalès''', est de '''Pittacus''' ; il la fit un jour, en plaisantant, à ''Myrsile'' [[#Myrsile_NdT_DR|<span id="Myrsile_NdT_DR_back"><sup>8</sup></span>]]. Dans la première, je parlais d’un pilote, et non pas d’un tyran. Mais puisqu’on en a fait application au tyran, je dirai comme ce jeune homme qui, jetant une pierre à son chien, en avait atteint sa belle-mère : « Le coup n'’est pas perdu. » Aussi jamais '''Solon''' ne montra-t-il plus de sagesse, à mon gré, que lorsqu'’il refusa la tyrannie ; et si '''Pittacus''' n'’eût pas été contraint de l'’accepter, il n'’eût point dit qu'’il est à charge d'’être vertueux [[#Pittacus_NdT_DR|<span id="Pittacus_NdT_DR_back"><sup>9</sup></span>]]. Il est vrai que '''Périandre''', qui a succédé à l'’autorité des tyrans, paraît jusqu'’ici opposer à ce mal héréditaire un remède puissant, par le soin qu'’il a de rechercher les entretiens et les avis salutaires des hommes vertueux , et par l'’horreur qu'’il a témoignée pour le conseil barbare que notre compatriote '''Thrasybule''' lui donnait de faire mourir les grands. Un tyran qui veut commander à des esclaves, plutôt qu'’à des hommes, ressemble à un laboureur qui aimerait mieux voir son champ couvert de passereaux et de sauterelles que d'’orge et de froment. Le seul bien qui puisse compenser tant de maux attachés au pouvoir des tyrans, c'’est d'’avoir, même sur les plus grands et les plus vertueux de leurs sujets, la supériorité de l'’honneur et de la vertu. Ceux qui préfèrent la sûreté à la gloire sont faits pour commander à des troupeaux, et non pour gouverner des hommes. « Mais '''Niloxène''' nous a jetés dans une conversation absolument étrangère à notre objet, et nous a fait négliger ce qui devait nous occuper en allant au banquet. Ne pensez-vous pas que les conviés ont, aussi bien que leur hôte, des apprêts à faire. Les ''Sybarites'', dit-on, prient les femmes à souper un an d'’avance, afin qu'’elles puissent préparer à loisir leurs habits et leurs bijoux [[#Sybarites_NdT_DR|<span id="Sybarites_NdT_DR_back"><sup>10</sup></span>]]. Pour moi, je pense qu'’il faut encore plus de temps à un convive pour faire tous les préparatifs convenables, parcequ'’il est bien plus difficile d'’orner son esprit comme il faut, que de donner à son corps une parure vaine et superflue. Un homme sensé doit aller à un festin, non pour y remplir son estomac, comme un vase, mais pour écouter et tenir à son tour des propos utiles ou amusants, suivant les circonstances. C'’est le seul moyen de rendre le repas agréable aux convives. En effet, on peut laisser un mauvais ragoût, et recourir à l'’eau quand le vin n'’est pas bon ; mais un convive désagréable, importun et fatigant, fait perdre tout le plaisir de la bonne chère et de la musique. On ne peut se délivrer de l'’ennui qu'’il cause, et souvent même une parole vive ou offensante qu'’il se sera permise dans la liberté de la table, fait naître des aversions et des ressentiments qui ne finissent qu'’avec la vie. Aussi '''Chilon''', invité hier à ce banquet, ne voulut-il accepter qu'’après qu'’on lui eut nommé tous les convives. Il disait avec raison, que quand on est sur mer ou dans un camp, il faut nécessairement supporter les compagnons qui nous sont associés, quelque fâcheux qu'’ils soient ; mais dans un festin, il n'’est pas d'’un homme sensé de se mêler indifféremment avec toutes sortes de personnes. Le squelette que les ''Égyptiens'' placent ordinairement à côté d'’eux dans leurs repas, en s'’exhortant à penser qu'’ils seront bientôt dans le même état, est, à la vérité, un compagnon de table assez triste et assez déplacé. Il est néanmoins utile, sinon pour les exciter au plaisir, du moins pour les porter à la bienveillance et à l'’amitié réciproque, et pour les avertir de ne pas remplir d'’aigreur et de querelles le temps si court de la vie [[#squelette_NdT_DR|<span id="squelette_NdT_DR_back"><sup>11</sup></span>]]. »
</div>
<table cellspacing=15 style="margin: 0 4em; font-size:85%;">
<tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Léchée_NdT_DR_back|<span id="Léchée_NdT_DR"><sup>1</sup></span>]] L’isthme de ''Corinthe'' avait deux ports, l’un sur la côte orientale, appelé ''Cenchrées'' ; et l’autre sur la côte occidentale, nommé ''Léchée''. Pausanias, qui a donné une description si détaillée de la ''Grèce'', parle d’un ''temple de Vénus'', bâti sur le port de ''Cenchrées'', et dont la statue était de marbre ; mais il ne fait pas mention de celui que cite Plutarque, et qu’il place près du port occidental.
'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Cratée_NdT_DR_back|<span id="Cratée_NdT_DR"><sup>2</sup></span>]] La mère de Périandre se nommait Cratée. On peut voir dans Parthenius la manière dont elle conçut et nourrit une passion incestueuse pour son fils, les moyens qu'elle prit pour la satisfaire sans être connue, et comment elle fut découverte. Les remords qu’elle en eut l’obligèrent de se donner la mort.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Mélisse_NdT_DR_back|<span id="Mélisse_NdT_DR"><sup>3</sup></span>]] Mélisse était fille de Proclès, roi d’[[w:Épidaure_(cité_antique)|''Épidaure'']]. On prétend que Périandre en devint éperdument amoureux pour l’avoir vue dans l’habillement ordinaire aux femmes du ''Péloponnèse''. Cette passion toutefois ne l’empêcha pas de partager son cœur entre elle et plusieurs concubines. Elles parvinrent à l’irriter contre elle au point qu’un jour, par un mouvement de jalousie, il la frappa d’un coup de pied, sans songer qu’elle était enceinte, et la fit mourir.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Niloxène_NdT_DR_back|<span id="Niloxène_NdT_DR"><sup>4</sup></span>]] Niloxène signifie hôte du ''Nil'' : ce nom semble indiquer que c’est un personnage supposé.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Priene_NdT_DR_back|<span id="Priene_NdT_DR"><sup>5</sup></span>]] Ville d’''Ionie'', colonie des ''Thébains'' et patrie de Bias.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#tyrans_NdT_DR_back|<span id="tyrans_NdT_DR"><sup>6</sup></span>]] Par le mot [[wikt:τύραννος#Grec_ancien|τύραννος]], que nous ne pouvons rendre en français que par celui de tyran, les ''Grecs'' entendaient, non pas seulement, comme nous, un prince injuste et cruel ; mais, en général, tout homme qui s’était emparé de l’autorité monarchique dans un état libre, sans qu’elle lui fût légitimement acquise.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Molpagore_NdT_DR_back|<span id="Molpagore_NdT_DR"><sup>7</sup></span>]] Ce Molpagore est peut-être le père d’Aristagore, que Darius établit tyran à ''Milet''.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Myrsile_NdT_DR_back|<span id="Myrsile_NdT_DR"><sup>8</sup></span>]] Myrsile n’est guère mieux connu que Molpagore. Strabon le met au nombre de ces ''Lesbiens'' ambitieux, qui, du temps de Pittacus, s’étaient emparés de l’autorité souveraine à ''Lesbos'', et dont le poète [[w:Alcée_de_Mytilène|Alcée]] avait flétri la mémoire.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Pittacus_NdT_DR_back|<span id="Pittacus_NdT_DR"><sup>9</sup></span>]] Pittacus en se voyant forcé, dans sa vieillesse, de reprendre le gouvernement des affaires, prononça cette maxime.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#Sybarites_NdT_DR_back|<span id="Sybarites_NdT_DR"><sup>10</sup></span>]] Cet usage des ''Sybarites'' n’avait lieu que dans les festins publics.'''
</td>
<tr>
</tr>
<td valign=top style="text-align: justify; text-indent: 15px">'''[[#squelette_NdT_DR_back|<span id="squelette_NdT_DR"><sup>11</sup></span>]] Cet usage, d'’abord particulier aux ''Egyptiens'', avait ensuite passé chez les ''Grecs'', de qui les ''Romains'' l'’empruntèrent.
'''
</td>
</tr>
</table>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe III.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la reconnaissance de la sagesse de '''Cléobuline''' ''« Eumétis »'' par '''Thalès''', de l’humilité de ce dernier et de son [[w:Cynisme|''cynisme'']].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ἐν τοιούτοις λόγοις γενόμενοι κατὰ τὴν ὁδὸν ἀφικόμεθα πρὸς τὴν οἰκίαν, καὶ λούσασθαι μὲν ὁ Θαλῆς οὐκ ἠθέλησεν, ἀληλιμμένοι γὰρ ἦμεν· ἐπιὼν δὲ τούς τε δρόμους ἐθεᾶτο καὶ τὰς παλαίστρας καὶ τὸ ἄλσος τὸ παρὰ τὴν θάλατταν ἱκανῶς διακεκοσμημένον, ὑπ´ οὐδενὸς ἐκπληττόμενος τῶν τοιούτων, ἀλλ´ ὅπως μὴ καταφρονεῖν δοκοίη μηδ´ ὑπερορᾶν τοῦ Περιάνδρου τῆς φιλοτιμίας. τῶν δ´ ἄλλων τὸν ἀλειψάμενον ἢ λουσάμενον οἱ θεράποντες εἰσῆγον εἰς τὸν ἀνδρῶνα διὰ τῆς στοᾶς. Ὁ δ´ Ἀνάχαρσις ἐν τῇ στοᾷ καθῆστο, καὶ παιδίσκη προειστήκει τὴν κόμην ταῖς χερσὶ διακρίνουσα. ταύτην ὁ Θαλῆς ἐλευθεριώτατά πως αὐτῷ προσδραμοῦσαν ἐφίλησε καὶ γελάσας « οὕτως, » ἔφη, « ποίει καλὸν τὸν ξένον, ὅπως ἡμερώτατος ὢν μὴ φοβερὸς ᾖ τὴν ὄψιν ἡμῖν μηδ´ ἄγριος. » Ἐμοῦ δ´ ἐρομένου περὶ τῆς παιδὸς ἥτις εἴη, « τὴν σοφήν, » ἔφη, « καὶ περιβόητον ἀγνοεῖς Εὔμητιν; οὕτω γὰρ ταύτην ὁ πατὴρ αὐτός, οἱ δὲ πολλοὶ πατρόθεν ὀνομάζουσι Κλεοβουλίνην. » Καὶ ὁ Νειλόξενος εἶπεν « ἦ που τὴν περὶ τὰ αἰνίγματα δεινότητα καὶ σοφίαν, » ἔφη, « τῆς κόρης ἐπαινεῖς· καὶ γὰρ εἰς Αἴγυπτον ἔνια τῶν προβαλλομένων ὑπ´ αὐτῆς διῖκται. » « Οὐκ ἔγωγ´, » εἶπεν ὁ Θαλῆς· « τούτοις γὰρ ὥσπερ ἀστραγάλοις, ὅταν τύχῃ, παίζουσα χρῆται καὶ διαβάλλεται πρὸς τοὺς ἐντυχόντας. ἀλλὰ καὶ φρόνημα θαυμαστὸν καὶ νοῦς ἔνεστι πολιτικὸς καὶ φιλάνθρωπον ἦθος, καὶ τὸν πατέρα τοῖς πολίταις πραότερον ἄρχοντα παρέχει καὶ δημοτικώτερον. » « Εἶεν, » ὁ Νειλόξενος ἔφη, « καὶ φαίνεται βλέποντι πρὸς τὴν λιτότητα καὶ ἀφέλειαν αὐτῆς· Ἀνάχαρσιν δὲ πόθεν οὕτω τημελεῖ φιλοστόργως; » « Ὅτι, » ἔφη, « σώφρων ἀνήρ ἐστι καὶ πολυμαθής, καὶ τὴν δίαιταν αὐτῇ καὶ τὸν καθαρμόν, ᾧ χρῶνται Σκύθαι περὶ τοὺς κάμνοντας, ἀφθόνως καὶ προθύμως παραδέδωκε. καὶ νῦν οἶμαι περιέπειν αὐτὴν τὸν ἄνδρα καὶ φιλοφρονεῖσθαι, μανθάνουσάν τι καὶ προσδιαλεγομένην. » Ἤδη δὲ πλησίον οὖσιν ἡμῖν τοῦ ἀνδρῶνος ἀπήντησεν Ἀλεξίδημος ὁ Μιλήσιος (ἦν δὲ Θρασυβούλου τοῦ τυράννου νόθος) καὶ ἐξῄει τεταραγμένος καὶ σὺν ὀργῇ τινι πρὸς αὑτὸν οὐδὲν ἡμῖν γε σαφὲς διαλεγόμενος. ὡς δὲ τὸν Θαλῆν εἶδε, μικρὸν ἀνενεγκὼν καὶ καταστάς « οἵαν ὕβριν, » εἶπεν, « εἰς ἡμᾶς Περίανδρος ὕβρικεν, ἐκπλεῦσαι μὲν οὐκ ἐάσας ὡρμημένον ἀλλὰ προσμεῖναι δεηθεὶς τὸ δεῖπνον, ἐλθόντι δὲ νέμων κλισίαν ἄτιμον, Αἰολεῖς δὲ καὶ νησιώτας (καὶ τίνας γὰρ οὐχί;) Θρασυβούλου προτιμῶν· Θρασύβουλον γὰρ ἐν ἐμοὶ τὸν πέμψαντα προπηλακίσαι βουλόμενος καὶ καταβαλεῖν ὡς δὴ περιορῶν δῆλός ἐστιν. » « Εἶτ´, » ἔφη, « σὺ δέδιας μὴ καθάπερ Αἰγύπτιοι τοὺς ἀστέρας ὑψώματα καὶ ταπεινώματα λαμβάνοντας ἐν τοῖς τόποις οὓς διεξίασι γίγνεσθαι βελτίονας ἢ χείρονας ἑαυτῶν λέγουσιν, οὕτως ἡ περὶ σὲ διὰ τὸν τόπον ἀμαύρωσις ἢ ταπείνωσις γένηται; καὶ τοῦ Λάκωνος ἔσῃ φαυλότερος, ὃς ἐν χορῷ τινι κατασταθεὶς εἰς τὴν ἐσχάτην χώραν ὑπὸ τοῦ ἄρχοντος ‘εὖ γ´,’ εἶπεν, ‘ἐξεῦρες, ὡς καὶ αὕτα ἔντιμος γένηται.’ οὐ καταλαβόντας, » ἔφη, « τόπον μετὰ τίνας κατακείμεθα δεῖ ζητεῖν, μᾶλλον δ´ ὅπως εὐάρμοστοι τοῖς συγκατακειμένοις ὦμεν, ἀρχὴν καὶ λαβὴν φιλίας εὐθὺς ἐν αὐτοῖς ζητοῦντες, μᾶλλον δ´ ἔχοντες τὸ μὴ δυσκολαίνειν ἀλλ´ ἐπαινεῖν ὅτι τοιούτοις συγκατεκλίθημεν· ὡς ὅ γε τόπῳ κλισίας δυσχεραίνων δυσχεραίνει τῷ συγκλίτῃ μᾶλλον ἢ τῷ κεκληκότι, καὶ πρὸς ἀμφοτέρους ἀπεχθάνεται. » « Λόγος, » ἔφη, « ταῦτ´ ἄλλως ἐστίν » ὁ Ἀλεξίδημος, « ἔργῳ δὲ καὶ τοὺς σοφοὺς ὑμᾶς ὁρῶ τὸ τιμᾶσθαι διώκοντας, » καὶ ἅμα παραμειψάμενος ἡμᾶς ἀπῆλθε. Καὶ ὁ Θαλῆς πρὸς ἡμᾶς τὴν ἀτοπίαν τοῦ ἀνθρώπου θαυμάζοντας, « ἔμπληκτος, » ἔφη, « καὶ ἀλλόκοτος φύσει, ἐπεὶ καὶ μειράκιον ὢν ἔτι, μύρου σπουδαίου Θρασυβούλῳ κομισθέντος, εἰς ψυκτῆρα κατεράσας μέγαν καὶ προσεγχέας ἄκρατον ἐξέπιεν, ἔχθραν ἀντὶ φιλίας Θρασυβούλῳ διαπεπραγμένος. » Ἐκ τούτου περιελθὼν ὑπηρέτης « κελεύει σε Περίανδρος, » ἔφη, « καὶ Θαλῆν παραλαβόντα τοῦτον ἐπισκέψασθαι τὸ κεκομισμένον ἀρτίως αὐτῷ πότερον ἄλλως γέγονεν ἤ τι σημεῖόν ἐστι καὶ τέρας· αὐτὸς μὲν γὰρ ἔοικε τεταράχθαι σφόδρα, μίασμα καὶ κηλῖδα τῆς θυσίας ἡγούμενος. » ἅμα δ´ ἀπῆγεν ἡμᾶς εἴς τι οἴκημα τῶν περὶ τὸν κῆπον. ἐνταῦθα νεανίσκος ὡς ἐφαίνετο νομευτικός, οὔπω γενειῶν ἄλλως τε τὸ εἶδος οὐκ ἀγεννής, ἀναπτύξας τινὰ διφθέραν ἔδειξεν ἡμῖν βρέφος ὡς ἔφη γεγονὸς ἐξ ἵππου, τὰ μὲν ἄνω μέχρι τοῦ τραχήλου καὶ τῶν χειρῶν ἀνθρωπόμορφον, τὰ λοιπὰ δ´ ἔχον ἵππου, τῇ δὲ φωνῇ καθάπερ τὰ νεογνὰ παιδάρια κλαυθμυριζόμενον. ὁ μὲν οὖν Νειλόξενος, « Ἀλεξίκακε » εἰπών, ἀπεστράφη τὴν ὄψιν, ὁ δὲ Θαλῆς προσέβλεπε τῷ νεανίσκῳ πολὺν χρόνον, εἶτα μειδιάσας (εἰώθει δ´ ἀεὶ παίζειν πρὸς ἐμὲ περὶ τῆς τέχνης) « ἦ που τὸν καθαρμόν, ὦ Διόκλεις, » ἔφη, « κινεῖν διανοῇ καὶ παρέχειν πράγματα τοῖς ἀποτροπαίοις, ὥς τινος δεινοῦ καὶ μεγάλου συμβάντος; » « Τί δ´, » εἶπον, « οὐ μέλλω; στάσεως γάρ, ὦ Θαλῆ, καὶ διαφορᾶς τὸ σημεῖόν ἐστι, καὶ δέδια μὴ μέχρι γάμου καὶ γενεᾶς ἐξίκηται, πρὶν ἢ τὸ πρῶτον ἐξιλάσασθαι μήνιμα, τῆς θεοῦ δεύτερον ὡς ὁρᾷς προφαινούσης. » Πρὸς τοῦτο μηδὲν ἀποκρινάμενος ὁ Θαλῆς ἀλλὰ γελῶν ἀπηλλάττετο. καὶ τοῦ Περιάνδρου πρὸς τὰς θύρας ἀπαντήσαντος ἡμῖν καὶ διαπυθομένου περὶ ὧν εἴδομεν, ἀφεὶς ὁ Θαλῆς με καὶ λαβόμενος τῆς ἐκείνου χειρὸς ἔφη, « ἃ μὲν Διοκλῆς κελεύει δράσεις καθ´ ἡσυχίαν· ἐγὼ δέ σοι παραινῶ νέοις οὕτω μὴ χρῆσθαι νομεῦσιν ἵππων, ἢ διδόναι γυναῖκας αὐτοῖς. » Ἔδοξε μὲν οὖν μοι τῶν λόγων ἀκούσας ὁ Περίανδρος ἡσθῆναι σφόδρα· καὶ γὰρ ἐξεγέλασε καὶ τὸν Θαλῆν περιβαλὼν κατησπάσατο. κἀκεῖνος « οἶμαι δ´, » εἶπεν, « ὦ Διόκλεις, καὶ πέρας ἔσχε τὸ σημεῖον· ὁρᾷς γὰρ ἡλίκον κακὸν γέγονεν ἡμῖν, Ἀλεξιδήμου συνδειπνεῖν μὴ θελήσαντος. » </div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §3'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ce fut en tenant de tels propos chemin faisant, que nous arrivâmes à la maison. '''Thalès''' ne voulut pas se baigner : « Je me suis frotté d’huile. » dit-il. Il se promena donc de côté et d’autre, regardant les champs de course, les palestres, et le bois sacré, voisin de la mer, que l’on avait bien convenablement disposé. Ce n’était pas qu’il fût frappé par aucun de ces préparatifs, mais il voulait ne pas avoir l’air de mépriser '''Périandre''' et de faire peu de cas de l’empressement avec lequel celui-ci honorait ses hôtes. Pour les autres convives, à mesure qu’ils s’étaient parfumés ou baignés, les serviteurs les introduisaient par la galerie dans la salle du banquet. Or '''Anacharsis''' s’était installé dans cette galerie, et devant lui une jeune fille se tenait, lui séparant les cheveux avec ses mains. Lorsqu’entra '''Thalès''', elle s’élança très librement à sa rencontre, et '''Thalès''', après l’avoir embrassée, lui dit en riant : « Continue à rendre bien beau notre étranger, afin qu’étant devenu la douceur même il ne conserve pas au milieu de nous une mine à faire peur et un aspect sauvage. » Je lui demandai quelle était cette jeune enfant : « Quoi ! » me dit-il, « vous ne connaissez pas la savante et célèbre '''Eumétis''' ! car c’est ainsi que son père la nomme : le plus communément on l’appelle '''Cléobuline''', du nom paternel. » Et '''Niloxène''' : « C’est sans doute à cause de son talent et de son habileté pour les énigmes, que vous faites l’éloge de cette jeune fille : car quelques-unes de celles qu’elle a proposées sont parvenues jusqu’en ''Égypte''. » — « Ce n’est pas à cause de cela », répondit '''Thalès''' : « les énigmes sont pour elle des joujoux dont elle s’amuse à l’occasion pour faire sa partie avec ceux qui se rencontrent. Mais ce qui est admirable en elle c’est sa profondeur d’esprit, son sens politique, l’aménité de son caractère, et le talent qu’elle a de rendre plus douce l’autorité de son père et d’inspirer à celui-ci des sentiments plus humains à l’égard du peuple. » — « Soit », dit '''Niloxène''' ; « et cela se reconnaît à voir sa modestie et sa simplicité. Mais d’où vient qu’elle prend un soin si amoureux de la toilette d’'''Anacharsis''' ? » — Parce que c’est, répondit '''Thalès''', « un sage, un homme des plus instruits, et parce qu’il lui a communiqué, avec de nombreux détails et de grand coeur, l’ensemble des pratiques sanitaires et des purifications que les ''Scythes'' appliquent au traitement des malades. Et dans ce moment je suppose qu’elle l’entoure de soins et d’amitiés parce qu’elle s’instruit de quelque chose en conversant avec lui. » Comme nous étions déjà près de la salle, '''Alexidème''' le ''Milésien'' vint à notre rencontre. C’était un bâtard du tyran '''Thrasybule'''. Il était sorti tout troublé, et avec une sorte de fureur il se parlait à lui-même, mais ses paroles n’avaient rien de clair pour nous. Quand il eut vu '''Thalès''', il se remit un peu ; puis, s’arrêtant tout court : « Quel affront '''Périandre''' vient de nous faire ! Je voulais mettre à la voile : il ne l’a pas permis ; il m’a supplié de rester à son festin, et quand j’arrive, il me donne une des dernières places, faisant passer des [[w:Éoliens|''Éoliens'']], des insulaires (je ne sais qui il ne me préfère pas), les faisant passer, dis je, avant '''Thrasybule''', car c’est '''Thrasybule''' en ma personne, c’est celui par lequel je suis envoyé qu’il a l’intention de traîner dans la boue et de ravaler comme le méprisant : la chose est bien claire. » — « Eh quoi ! » lui dit '''Thalès''', « êtes-vous comme les ''Égyptiens'', qui prétendent que les astres, suivant qu’ils prennent une position élevée ou basse en parcourant leur orbite, ont une condition meilleure ou pire qu’ils ne l’avaient ? Craignez-vous, pareillement, qu’autour de vous, en raison de la place où vous serez, il ne se produise obscurité ou dépression ? Serez-vous moins résigné que certain ''Spartiate'' ? À je ne sais quelle représentation il avait été placé au dernier rang par le maître des cérémonies : « Voilà qui va bien », lui dit-il : « tu as trouvé moyen de rendre honorable ce lieu même. Quand nous avons pris une place nous ne devons pas chercher au-dessous de qui nous sommes installés, mais plutôt comment nous nous mettrons en bon accord avec nos voisins. À leur occasion nous ferons voir tout d’abord, ou plutôt nous l’éprouverons réellement, un désir d’initiative et de prise de possession en matière d’amitié, et nous manifesterons ce désir en nous félicitant, loin d’en montrer du dépit, de ce que l’on nous a placés en une telle compagnie. Mais celui qui se plaint du rang qu’on lui donne à table montre plus de mécontentement contre son commensal que contre son hôte, et il se rend odieux à l’un et à l’autre. » — « Paroles que tout cela, » dit '''Alexidème''', « et paroles sans portée ! Mais je vois que de fait, vous autres sages, vous recherchez aussi les honneurs. » En même temps il s’éloigna de nous et disparut. Une conduite si étrange nous semblait étonnante. « C’est », nous dit '''Thalès''', « un homme écervelé et naturellement bizarre. Vous allez en juger. Il était encore tout jeune ; on avait apporté à '''Thrasybule''' un parfum d’un très haut prix. '''Alexidème''' le versa dans un grand vase à rafraîchir, y mêla du vin pur, et avala le tout, rendant son père odieux au lieu de le faire aimer. » Au même moment parut un serviteur : « Vous êtes invité par '''Périandre''' », me dit-il, « à venir, en vous faisant accompagner de '''Thalès''' que voici, examiner l’objet qu’on lui a récemment apporté, afin que vous disiez si c’est une création toute fortuite, ou bien un présage et une monstruosité; car, pour ce qui est de '''Périandre''', il a l’air grandement troublé, pensant que c’est une souillure et une profanation pour son sacrifice. » En même temps, il nous emmena vers une des salles qui donnaient sur le jardin. Là un jeune homme paraissant appartenir à la classe des bergers, qui n’avait pas encore de barbe et dont la physionomie ne manquait pas de noblesse, déploya une espèce de couverture en cuir, et nous montra un petit enfant né, disait-il, d’une cavale. Par le haut, jusqu’au cou et aux mains, cette créature était de forme humaine ; mais le reste était d’un cheval, et sa voix avait quelque chose des vagissements poussés par les petits enfants qui viennent de naître. « Dieu préservateur ! » s’écria '''Niloxène''', et il détourna les yeux. Mais '''Thalès''' fixa longtemps son regard sur le jeune pâtre; puis s’étant mis à sourire, (car il avait l’habitude de plaisanter toujours avec moi sur ma profession) : « Eh bien, '''Dioclès''', » dit-il, « songez-vous à préparer quelque expiation, et à donner de la besogne aux dieux préservateurs, comme vous trouvant en présence de quelque événement grave et considérable ? » — « Pourquoi non ? » répondis-je : « j’y vois le présage de troubles et de discordes qui s’étendront, j’en ai peur, jusqu’à un mariage et une génération avant que le courroux de la déesse ait été apaisé, puisqu’elle fait, vous le savez, une seconde manifestation ». À ces paroles '''Thalès''' ne répondit rien : il se contenta de rire et de s’en aller. Et comme '''Périandre''' était à la porte, s’avançant pour nous interroger sur ce que nous venions de voir, '''Thalès''' me quitta et le prit par la main : « Ce que '''Dioclès''' prescrira, vous l’exécuterez à loisir », lui dit-il ; « mais moi j’ai un conseil à vous donner : pour faire paître vos juments ne prenez pas de jeunes garçons, ou bien à ceux-ci donnez des femmes. » Ces paroles me semblèrent causer, des qu’il les eut entendues, une vive satisfaction à '''Périandre''', car il éclata de rire et serra très affectueusement '''Thalès''' dans ses bras. '''Thalès''' alors : « '''Dioclès''' », me dit-il, « si je conjecture bien, le prodige reçoit déjà son accomplissement. Car vous voyez quel grand malheur nous est arrivé, '''Alexidème''' n’ayant pas voulu souper avec nous. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §3'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage du caractère désinvolte de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§4. Ἐπεὶ δ´ εἰσήλθομεν, ἤδη μεῖζον ὁ Θαλῆς φθεγξάμενος « ποῦ δ´ » εἶπεν « ὁ ἀνὴρ κατακλινάμενος ἐδυσχέρανεν; » ἀποδειχθείσης δὲ τῆς χώρας περιελθὼν ἐκεῖ κατέκλινεν ἑαυτὸν καὶ ἡμᾶς « ἀλλὰ κἂν ἐπριάμην » εἰπών « Ἀρδάλῳ κοινωνεῖν μιᾶς τραπέζης. » ἦν δὲ Τροιζήνιος ὁ Ἄρδαλος, αὐλῳδὸς καὶ ἱερεὺς τῶν Ἀρδαλείων Μουσῶν, ἃς ὁ παλαιὸς Ἄρδαλος ἱδρύσατο ὁ Τροιζήνιος.<br /><p style="text-align: centre">[...]<br /><p style="text-align: justify; text-indent: 15px">καὶ ὁ Θαλῆς ἐμὲ προσαγορεύσας ἐπάνω τοῦ Βίαντος κατακείμενον « τί οὐκ ἔφρασας, » εἶπεν, « ὦ Διόκλεις, Βίαντι τὸν Ναυκρατίτην ξένον ἥκοντα μετὰ προβλημάτων βασιλικῶν αὖθις ἐπ´ αὐτόν, ὅπως νήφων καὶ προσέχων ἑαυτῷ τὸν λόγον δέχηται; » Καὶ ὁ Βίας « ἀλλ´ οὗτος μέν, » ἔφη, « πάλαι δεδίττεται ταῦτα παρακελευόμενος, ἐγὼ δὲ τὸν Διόνυσον οἶδα τά τ´ ἄλλα δεινὸν ὄντα καὶ Λύσιον ἀπὸ σοφίας προσαγορευόμενον, ὥστ´ οὐ δέδια τοῦ θεοῦ μεστὸς γενόμενος μὴ ἀθαρσέστερον ἀγωνίσωμαι. » Τοιαῦτα μὲν ἐκεῖνοι πρὸς ἀλλήλους ἅμα δειπνοῦντες ἔπαιζον·</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §4'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§4. Après que nous fûmes entrés, '''Thalès''' ayant déjà élevé plus haut la voix: « Où donc », dit-il, « l’avait-on placé, cet homme qui s’en est formalisé ? » Quand on lui eut montré l’endroit il fit le tour de la salle, et ce fut là-même qu’il se plaça et nous installa. « En vérité », ajouta-t-il, « j’aurais payé pour partager la même table qu’'''Ardalus'''. » Cet '''Ardalus''' était un joueur de flûte [[w:Trézène_(ville)|''Trézénien'']] [[#Trézène|<span id="Trézène_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], prêtre des ''muses Ardalides'' auxquelles l’antique [[w:Ardalos|'''Ardalus''']] de ''Trézène'' avait dressé des statues.<br /><p style="text-align: centre">[...]<br /><p style="text-indent: 15px">Moi, j’étais au-dessus de '''Bias''', et '''Thalès''' m’ayant interpellé : « '''Dioclès''' », me dit-il, « pourquoi n’avez-vous pas dit à '''Bias''' que l’étranger de ''Naucratie'' est venu une seconde fois le trouver avec des questions de la part de son prince, afin que ce soit à jeun qu’il reçoive ces communications et qu’il y applique son esprit ? » Et '''Bias''' : « Il y a longtemps », dit-il, « que '''Dioclès''' me menace de m’y contraindre ; mais je sais que '''Bacchus''', entre autres attributions merveilleuses, possède une sagacité qui l’a fait surnommer le dieu qui délie, de sorte que je ne crains pas, étant rempli de la divinité, que la confiance m’abandonne au moment de la lutte. » C’est ainsi que, pendant le repas, ils échangeaient entre eux des plaisanteries.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §4'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA trad. par Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Trézène_back|<span id="Trézène"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Τροιζήν / Troizḗn [[wikt:en:Τροιζήν#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px">[[w:polis|Cité grecque]] du [[w:Péloponnèse|''Péloponnèse'']], sur la côte nord de l’[[w:Argolide|Argolide]].'''<br/><br/></div>
{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe VII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexions de '''Thalès''' sur le défi de sagacité posé par le roi des ''Éthiopiens'' au roi d’''Égypte'', [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']], consistant à boire la mer. Ce dernier fait appel à '''Bias''' pour la résoudre, et celui-ci souhaite l’examiner en commun avec les sages. '''Chilon''' explique qu’il ne s’agit pas de faire disparaître tant d’eau salée, mais de rendre la domination d’'''Amasis''' potable et douce à ses sujets (§6).</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§7. [...] Ἐπὶ τούτῳ δ´ ὁ '''Θαλῆς''' ἔφησεν, εὐδαιμονίαν ἄρχοντος νομίζειν, εἰ τελευτήσειε γηράσας κατὰ φύσιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §7'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§7. [...] Après lui '''Thalès''' prit la parole : « J’estime que le bonheur pour un souverain, c’est s’il meurt de vieillesse et naturellement. ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §7'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IX.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexions de '''Thalès''' sur le défi de sagacité posé par le roi d’''Égypte'', [[w:Ahmôsis_II|'''Amasis''']], au roi des ''Éthiopiens'', consistant en une série de questions : « Qu’y a-t-il de plus ancien ? Le temps. — De plus grand ? Le monde. — De plus habile ? La vérité. — De plus beau ? La lumière. — De plus commun ? La mort. — De plus utile ? Dieu. — De plus nuisible ? Le mauvais Génie. — De plus puissant ? La Fortune. — De plus facile ? Le plaisir. ». '''Amasis''' fait encore appel à '''Bias''' pour analyser les réponses du roi des ''Éthiopiens'', qui les examinent également en commun avec les sages.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. Τούτων πάλιν ἀναγνωσθέντων, ὦ Νίκαρχε, γενομένης σιωπῆς Θαλῆς ἠρώτησε τὸν Νειλόξενον εἰ προσήκατο τὰς λύσεις ὁ Ἄμασις. ἐκείνου δ´ εἰπόντος ὅτι τὰς μὲν ἀπεδέξατο ταῖς δ´ ἐδυσκόλαινε, « καὶ μὴν οὐδέν, » εἶπεν ὁ Θαλῆς, « ἀνεπίληπτόν ἐστιν, ἀλλ´ ἔχει πάντα διαμαρτίας μεγάλας καὶ ἀγνοίας. οἷον εὐθὺς ὁ χρόνος πῶς ἂν εἴη πρεσβύτατον, εἰ τὸ μὲν αὐτοῦ γεγονὸς τὸ δ´ ἐνεστώς ἐστι τὸ δὲ μέλλον; ὁ γὰρ μεθ´ ἡμᾶς ἐσόμενος χρόνος καὶ πραγμάτων τῶν νῦν καὶ ἀνθρώπων νεώτερος ἂν φανείη. τὸ δὲ τὴν ἀλήθειαν ἡγεῖσθαι σοφίαν οὐδὲν ἐμοὶ δοκεῖ διαφέρειν τοῦ τὸ φῶς ὀφθαλμὸν ἀποφαίνειν. εἰ δὲ τὸ φῶς καλόν, ὥσπερ ἐστὶν, ἐνόμιζε, πῶς τὸν ἥλιον αὐτὸν παρεῖδε; τῶν δ´ ἄλλων ἡ μὲν περὶ θεῶν καὶ δαιμόνων ἀπόκρισις θράσος ἔχει καὶ κίνδυνον, ἀλογίαν δὲ καὶ πολλὴν ἡ περὶ τῆς τύχης· οὐ γὰρ ἂν μετέπιπτε ῥᾳδίως οὕτως, ἰσχυρότατον οὖσα τῶν ὄντων καὶ ῥωμαλεώτατον. οὐ μὴν οὐδ´ ὁ θάνατος κοινότατόν ἐστιν· οὐ γάρ ἐστι πρὸς τοὺς ζῶντας. ἀλλ´ ἵνα μὴ δοκῶμεν εὐθύνειν τὰς τῶν ἑτέρων ἀποφάσεις, ἰδίας ταῖς ἐκείνου παραβάλωμεν· ἐμαυτὸν δὲ παρέχω πρῶτον, εἰ βούλεται Νειλόξενος, ἐρωτᾶν καθ´ ἕκαστον. ὡς οὖν ἐγένοντο τότε, κἀγὼ νῦν διηγήσομαι τὰς ἐρωτήσεις καὶ τὰς ἀποκρίσεις· ‘Τί πρεσβύτατον;’ [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|‘θεός,’]] » ἔφη Θαλῆς· « ‘ἀγέν νητον γάρ ἐστι.’ ‘Τί μέγιστον;’ ‘τόπος· τἄλλα μὲν γὰρ ὁ κόσμος, τὸν δὲ κόσμον οὗτος περιέχει.’ ‘Τί κάλλιστον;’ ‘κόσμος· πᾶν γὰρ τὸ κατὰ τάξιν τούτου μέρος ἐστί.’ ‘Τί σοφώτατον;’ ‘χρόνος· τὰ μὲν γὰρ εὕρηκεν οὗτος ἤδη, τὰ δ´ εὑρήσει.’ ‘Τί κοινότατον;’ ‘ἐλπίς· καὶ γὰρ οἷς ἄλλο μηδέν, αὕτη πάρεστι.’ ‘Τί ὠφελιμώτατον;’ ‘ἀρετή· καὶ γὰρ τἄλλα τῷ χρῆσθαι καλῶς ὠφέλιμα ποιεῖ.’ ‘Τί βλαβερώτατον;’ ‘κακία· καὶ γὰρ τὰ πλεῖστα βλάπτει παραγενομένη.’ ‘Τί ἰσχυρότατον;’ ‘ἀνάγκη· μόνον γὰρ ἀνίκητον.’ ‘Τί ῥᾷστον;’ ‘τὸ κατὰ φύσιν, ἐπεὶ πρὸς ἡδονάς γε πολλάκις ἀπαγορεύουσιν.’ » </div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §9'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. Cette lecture ainsi reproduite, mon cher '''Nicarque''', il se fit un moment de silence. Après quoi '''Thalès''' demanda à '''Niloxène''' si '''Amasis''' avait accepté de telles solutions. Il répondit que ce monarque avait accepté les unes et qu’il avait été mécontent des autres. « C’est qu’en effet », dit '''Thalès''', « il n’en est aucune qui soit irréprochable, et toutes sont grandement entachées d’erreur et d’ignorance. Ainsi, d’abord, comment le temps pourrait-il être ce qu’il y a de plus ancien, puisque, une partie étant écoulée, je le veux bien, une autre est le présent, une autre est l’avenir ? Le temps qui doit venir après nous est évidemment plus jeune que les hommes d’aujourd’hui, que les événements actuels. Croire que ce qu’il y a de plus habile, ce soit la vérité, c’est, à mon avis, ne pas émettre une autre opinion que celle-ci : l’oeil et la lumière sont tout un. Si du reste l’''Éthiopien'' a cru, ce qui est réel, la lumière plus belle que tout, pourquoi a-t-il négligé de nommer le soleil lui-même ? Des autres réponses, celle qui concerne la Divinité et le Génie est aussi téméraire que dangereuse ; et ce qu’il dit de la Fortune est tout à fait déraisonnable : car elle ne changerait pas avec tant de facilité, si elle était ce qu’il y a de plus puissant et de plus fort au monde. De même, la mort n’est pas ce qu’il y a de plus commun, puisqu’elle n’est pas commune aux vivants. Mais pour que nous ne semblions pas nous borner à redresser les réponses des autres, il faut y opposer nos propres solutions. Je m’y offre le premier, si '''Niloxène''' veut reprendre chaque question ». Telles que furent faites alors et les demandes et les réponses, je vais vous les reproduire aujourd’hui : Qu’y a-t-il de plus ancien ? C’est dieu, répondit '''Thalès''', attendu qu’il est incréé. — De plus grand ? L’espace : car si le monde contient le reste, à son tour il est contenu dans l’espace. — De plus beau ? Le monde : car tout ce qui est bien ordonné en fait partie. ― De plus habile ? Le temps : car c’est lui qui a découvert et qui découvrira tout. — De plus commun ? L’espérance : car ceux même qui n’ont rien autre chose la possèdent. — De plus utile ? La vertu : car elle rend toutes les autres choses utiles par le bon usage qu’elle en fait. — De plus nuisible ? Le vice : car il corrompt tout par sa présence. — De plus puissant ? La nécessité : car elle est seule invincible. De plus facile ? Ce qui est selon la nature : car, pour ce qui est du plaisir, il amène souvent la lassitude.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §9'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexion de '''Thalès''' sur les gouvernements où la loi est égale pour tous.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§11. Ἐπὶ τούτῳ '''Θαλῆς''' τὴν μήτε πλουσίους ἄγαν μήτε πένητας ἔχουσαν πολίτας.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §11'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§11. Après lui '''Thalès''' : « que c’est celle qui n’a ni des citoyens trop riches, ni des citoyens trop pauvres. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §11'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Réflexion de '''Thalès''' sur la manière dont une maison doit être réglée.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§12. Τοῦτον οὖν ἄριστον ὁ '''Σόλων''' εἶπεν αὑτῷ δοκεῖν οἶκον, ὅπου τὰ χρήματα μήτε κτωμένοις ἀδικία μήτε φυλάττουσιν ἀπιστία μήτε δαπανῶσι μετάνοια πρόσεστιν. Ὁ δὲ '''Βίας''' ἐν ᾧ τοιοῦτός ἐστιν ὁ δεσπότης δι´ αὑτὸν οἷος ἔξω διὰ τὸν νόμον. Ὁ δὲ '''Θαλῆς''' ἐν ᾧ πλείστην ἄγειν τῷ δεσπότῃ σχολὴν ἔξεστιν.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §12'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§12. '''Solon''' déclara que, selon lui, « la meilleure maison est celle où le bien qui s’y trouve est possédé sans injustice, conservé sans défiance, dépensé sans repentir. » '''Bias''' : « celle où, à l’intérieur, le maître est, par respect pour lui-même, ce qu’il est au dehors par respect pour la loi. » '''Thalès''' : « celle où le maître peut avoir un très grand loisir. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §12'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XIV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de l’''espièglerie'' de '''Thalès'''.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§14. [...] '''Ἐπιστήσαντος''' δὲ τοῦ λόγου τὸ συμπόσιον ὁ μὲν '''Θαλῆς''' ἐπισκώπτων εὖ φρονεῖν ἔφη τὸν '''Ἐπιμενίδην''' ὅτι μὴ βούλεται πράγματα ἔχειν ἀλῶν τὰ σιτία καὶ πέττων ἑαυτῷ, καθάπερ '''Πιττακός'''. « ἐγὼ γάρ, » εἶπε, « τῆς ξένης ἤκουον ᾀδούσης πρὸς τὴν μύλην, ἐν [[w:Eresós|''Ἐρέσῳ'']] γενόμενος, ἄλει, μύλα, ἄλει· καὶ γὰρ '''Πιττακὸς''' ἄλει μεγάλας ''Μυτιλάνας'' βασιλεύων. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §14'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§14. [...] Ces paroles ayant mis en arrêt les convives, '''Thalès''' dit en raillant qu’'''Epiménide''' avait bien raison de ne pas vouloir se donner l’embarras de moudre et de cuire lui-même son manger, comme faisait '''Pittacus''' : « Car je me souviens », ajouta-t-il, « qu’étant à ''Lesbos'', j’entendis mon hôtesse chanter à sa meule : Va ton train, meule, va ton train, puisque '''Pittacus''', le roi de la grande ''Mitylène'', s’occupe bien à moudre. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §14'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une doctrine de '''Thalès''' sur l’importance vitale de l’agriculture.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§15. [...] « Οὐδαμῶς, » ὁ '''Κλεόδωρος''', « ἔμοιγ´, » εἶπεν, « εἰ δεῖ τὸ φαινόμενον εἰπεῖν, καὶ μάλιστα παρακειμένης τραπέζης, ἣν ἀναιροῦσιν αἰρομένης τροφῆς φιλίων θεῶν βωμὸν οὖσαν καὶ ξενίων. ὡς δὲ '''Θαλῆς''' λέγει τῆς γῆς ἀναιρεθείσης σύγχυσιν τὸν ὅλον ἕξειν κόσμον, οὕτως οἴκου διάλυσις ἐστι· συναναιρεῖται γὰρ αὐτῇ πῦρ ἑστιοῦχον ἑστία κρατῆρες ὑποδοχαὶ ξενισμοί, φιλανθρωπότατα καὶ πρῶτα κοινωνήματα πρὸς ἀλλήλους, μᾶλλον δὲ σύμπας ὁ βίος, εἴ γε διαγωγή τίς ἐστιν ἀνθρώπου πράξεων ἔχουσα διέξοδον, ὧν ἡ τῆς τροφῆς χρεία καὶ παρασκευὴ τὰς πλείστας παρακαλεῖ. [...] »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §15'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§15. [...] « S’il faut dire ce que je pense », reprit '''Cléodème''', « ce n’est nullement mon avis, et surtout quand est dressée la table, que l’on supprime si la nourriture est supprimée et qui est l’autel des dieux amis et hospitaliers. Et s’il est vrai, comme dit '''Thalès''', que la suppression de la terre dût entraîner le désordre et la ruine du monde entier, de même anéantir la table ce serait anéantir la maison. Avec la table disparaîtraient le feu qui consacre le foyer, le foyer lui-même, les coupes, les réceptions, les hospitalités, qui sont les plus affectueux et les premiers rapports de communauté entre les hommes; ou plutôt disparaîtrait la vie entière, s’il est vrai que la vie soit une sorte de courant formé par la série des actes de l’homme, actes dont le plus grand nombre est commandé par le besoin et la préparation de la nourriture.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §15'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XVII.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une parole sage de '''Thalès''' : Ne croire ni ses ennemis sur les choses croyables, ni ses amis sur les choses incroyables.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§17. τέλος δὲ γελάσας πρὸς ἡμᾶς « βούλομαι μέν, » ἔφη, « πρὸς τὸ παρὸν φράσαι τὸ προσηγγελμένον· ὀκνῶ δ´ ἀκούσας '''Θαλέω''' ποτ´ εἰπόντος ὅτι δεῖ τὰ μὲν εἰκότα λέγειν, τὰ δ´ ἀμήχανα σιωπᾶν. » Ὑπολαβὼν οὖν ὁ '''Βίας''' « ἀλλὰ καὶ τοῦτ´, » ἔφη, « '''Θαλέω''' τὸ σοφόν ἐστιν, ὅτι δεῖ τοῖς μὲν ἐχθροῖς καὶ περὶ τῶν πιστῶν ἀπιστεῖν, τοῖς δὲ φίλοις καὶ τὰ ἄπιστα πιστεύειν, ἐχθροὺς μέν, ἔγωγ´ ἡγοῦμαι, τοὺς πονηροὺς καὶ ἀνοήτους, φίλους δὲ τοὺς χρηστοὺς καὶ φρονίμους αὐτοῦ καλοῦντος. οὐκοῦν, »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §17'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§17. [...] A la fin il s’adressa à nous en éclatant de rire : « Je voudrais vous faire connaître, sans plus attendre, ce que '''Gorgias''' vient de me conter; et pourtant j’hésite, parce que j’ai autrefois entendu dire à '''Thalès''' qu’il faut dire les choses vraisemblables et taire les impossibles. « Mais, reprit '''Bias''', « c’est à '''Thalès''' aussi qu’appartient cette sage parole : qu’il faut ne pas croire ses ennemis même sur les choses croyables, et croire ses amis même sur celles qui ne le sont pas : par ennemis il entendait, je suppose, les méchants et les sots, par amis, les gens vertueux et sensés. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §17'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XXI.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage d’une doctrine de '''Thalès''' sur la résidence de l'âme dans toutes les parties du monde les plus essentielles.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§21. Μετὰ δὲ τοῦτον ὁ '''Ἀνάχαρσις''' εἶπεν ὅτι τοῦ '''Θαλέω''' καλῶς ὑπολαμβάνοντος ἐν πᾶσιν εἶναι τοῖς κυριωτάτοις μέρεσι τοῦ κόσμου καὶ μεγίστοις ψυχήν, [...].</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §21'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§21. Après '''Pittacus''', '''Anacharsis''' prit la parole : « Puisque, comme '''Thalès''' l’a magnifiquement établi, une âme réside dans toutes les parties du monde les plus essentielles, [...].</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/banquet.htm Των επτα σοφων συμποσιον - Le banquet des sept sages], §21'', texte établi par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;"></div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome I, [https://www.google.fr/books/edition/Oeuvres_morales_de_Plutarque/QnRQAAAAcAAJ?hl=fr&gbpv=0 Le banquet des sept sages]'' pp.325, 326, traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Du démon de '''Socrate''' ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe VI.</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage de l’aversion de '''Thalès''' pour les [[w:Tyran|''tyrans'']].</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">§6. Ταῦτα τοῦ '''Θεοκρίτου''' λέγοντος ὁ '''Λεοντίδης''' ἐξῄει μετὰ τῶν φίλων, ἡμεῖς δ´ εἰσελθόντες ἠσπαζόμεθα τὸν '''Σιμμίαν''' ἐπὶ τῆς κλίνης καθεζόμενον οὐ κατατετευχότα τῆς δεήσεως, οἶμαι, μάλα σύννουν καὶ διαλελυπημένον· ἀποβλέψας δὲ πρὸς ἅπαντας ἡμᾶς ‘ὦ '''Ἡράκλεις''',’ εἶπεν ‘ἀγρίων καὶ βαρβάρων ἠθῶν· εἶτ´ οὐχ ὑπέρευ '''Θαλῆς''' ὁ παλαιὸς ἀπὸ ξένης ἐλθὼν διὰ χρόνου τῶν φίλων ἐρωτώντων ὅ τι καινότατον ἱστορήκοι ’τύραννον‘ ἔφη ’γέροντα.‘ καὶ γὰρ ᾧ μηδὲν ἰδίᾳ συμβέβηκεν ἀδικεῖσθαι, τὸ βάρος αὐτὸ καὶ τὴν σκληρότητα τῆς ὁμιλίας δυσχεραίνων ἐχθρός ἐστι τῶν ἀνόμων καὶ ἀνυπευθύνων δυναστειῶν.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome II, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/demonsocrategr.htm Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate], §6'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§6. Pendant que [[w:Théocrite|'''Théocritos''']] [[#Théocrite|<span id="Théocrite_back"><sup>'''I'''</sup></span>]] parlait, '''Léontidas''' sortit avec ses amis, et nous entrâmes chez '''Simmias''', que nous saluâmes affectueusement. Il était assis sur son lit, et j’attribuai à l’insuccès de sa demande son air pensif et affligé. Après nous avoir regardés tous : « Par '''Hercule''' ! s’écria-t-il, quelles mœurs sauvages et barbares ! Eh bien ! n’avait-il pas cent fois raison le '''Thalès''' des anciens jours ? Comme il était revenu d’un long voyage à l’étranger, ses amis lui demandaient ce qu’il avait vu de plus curieux : « Un tyran parvenu à la vieillesse », répondit-il. Car ceux même qui n’ont pas éprouvé de la part d’un despote une injustice personnelle, supportent avec peine le poids et la dureté d’un semblable régime. On déteste tout pouvoir qui est en dehors de la loi et qui ne veut rendre de comptes à personne. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/74|Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate]], [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/83|§6]]'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA de trad. Victor Bétolaud de 1870|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Théocrite_back|<span id="Théocrite"><sup>I</sup></span>]] Du nom propre grec ancien Θεόκριτος / Theókritos [[wikt:en:Θεόκριτος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ de l’adjectif et du nom commun θεός / theós [[wikt:en:θεός#Ancient_Greek|(en)]], « divin, dieu, divinité »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du verbe κρίνω / krínō, « 1. (transitif) Séparer, diviser, distinguer entre deux choses ou personnes ou parmi un groupe de choses ou de personnes. 2. (transitif) Commander, organiser. 3. S’enquérir, enquêter. 4. Sélectionner, choisir, préférer. 5. (transitif) Trancher un différend ou un concours ; (intransitif) Porter un jugement, prendre une décision : • (voix moyenne, voix passive) Décider d’un concours ; (voix moyenne et voix passive) Se disputer, se disputer, se quereller. 6. Décider ou juger [+accusatif et infinitif = que quelque chose fait quelque chose], [+accusatif et accusatif = que quelque chose est quelque chose]. 7. Discerner entre le bien et le mal. 8. Juger, prononcer. 9. Traduire en justice, accuser. 10. Condamner, critiquer. 11. Sécréter, cacher, dissimuler. »;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + le suffixe adjectival récessif -τος / -tos [[wikt:en:-τος#Ancient_Greek|(en)]];<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">''Poète'', auteur de [[w:Mime|''mimes'']] (imitations comiques du langage ou des gestes), d’[[w:Poésie_pastorale|''idylles pastorales'']] et de [[w:Épopée|''contes épiques'']].<br /><p style="text-align: right; margin: 0 2em;">([[w:Circa|{{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}}]] [[w:310_av._J.-C.|-310]]<sup>[[w:IVe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>, à [[w:Théocrite#cite_ref-2|''Syracuse'']] — {{Info|''ca.''|Circa, locution latine que l’on emploie pour indiquer l’approximation d’une date}} [[w:250_av._J.-C.|-250]]<sup>[[w:IIIe_siècle_av._J.-C.|⏳]]</sup>)'''<br /><br />
</div>{{Boîte déroulante fin}}
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§6. Pendant que '''Théocritos''' discourait ainsi, '''Léontidas''' sortit avec ses amis ; nous entrâmes et saluâmes '''Simmias''', qui était assis sur son lit, tout soucieux et triste, parce que sa demande avait été rejetée sans doute. En nous regardant tous, il s’écria : « '''Héraclès''' ! les moeurs sauvages et barbares ! Ah ! que '''Thalès''' l’ancien avait raison de répondre, lorsqu’après un long voyage à l’étranger ses amis lui demandaient ce qu’il avait remarqué de plus extraordinaire : « Un tyran âgé ». Même un homme qui a eu la chance de n’être pour son compte victime d’aucune injustice exècre déjà le poids et la dureté de ce commerce et est ennemi des dictatures, des dominations arbitraires.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome II, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/demonsocrate.htm Περι του Σωκρατους Δαιμονιου - Le Démon de Socrate], §6'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les [[w:Alimentation_en_Grèce_antique#Banquets|''Symposiaques'']] [[#Symposiaques|<span id="Symposiaques_back"><sup>'''I'''</sup></span>]], ou questions de table ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
{{Boîte déroulante début|titre=NdA Symposiaques|fondtitre=#ffffff|alignT=right|styleTitre=color:#3366BB;|styleFrame=border-color:white}}
<div style="text-align: justify; border: 2px solid #3366BB; text-indent: 15px; border-radius:15px; font-size:85%;">
<p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;"><br/>'''[[#Symposiaques_back|<span id="Symposiaques"><sup>I</sup></span>]] Du nom commun grec ancien συμπόσιον / sympósion [[wikt:en:συμπόσιον#Ancient_Greek|(en)]], « Seconde partie d’un repas pendant laquelle un groupe restreint de convives buvaient et discutaient sur un sujet. » ; <br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ du nom commun σῠμπότης / sŭmpótēs [[wikt:en:συμπότης#Ancient_Greek|(en)]], « compagnon de boisson » ; <br /><p style="margin: 0 4em; text-indent: 15px;">➥ du préfixe σῠν- / sŭn- [[wikt:en:συν-#Ancient_Greek|(en)]], « avec, ensemble » ;<br /><p style="margin: 0 4em; text-indent: 15px;">➥ + du nom commun ποτής / potḗs [[wikt:en:ποτής#Ancient_Greek|(en)]], « boisson » ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">➥ + du suffixe -ῐον / -ĭon [[wikt:en:-ιον#Ancient_Greek|(en)]] ;<br /><p style="margin: 0 2em; text-indent: 15px;">Entretiens dans un banquet, propos de table.
'''<br /><br />
</div>{{Boîte déroulante fin}}
===== <div style="text-align: center;">Livre III</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
====== <div style="text-align: center;">Question VI. Sur le temps où il est à propos de se rapprocher d’une femme.</div> ======
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage du statut marital de '''Thalès''' et de sa relation avec sa mère</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">Καθάπερ οὖν '''Θαλῆς''' ὁ σοφὸς ὑπὸ τῆς μητρὸς ἐνοχλούμενος γῆμαι κελευούσης πῶς ὑπεξέφυγε παρήγαγε λέγων πρὸς αὐτὴν ἐν ἀρχῇ μέν « οὔπω καιρὸς ὦ μῆτερ, » ὕστερον δ´ « οὐκέτι καιρὸς ὦ μῆτερ », οὕτως ἄρα καὶ πρὸς ἀφροδίσια κράτιστον {ἔσται} ἔχειν ἕκαστον, ὥστε κατακλινόμενον λέγειν «οὔπω καιρός», ἀνιστάμενον δ´ « οὐκέτι καιρός ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/sympos3.htm#VI Προβλημα Ϛ. Περὶ καιροῦ συνουσίας. - Question VI. Quel est le temps le plus propre à l'amour?]'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div></div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§3. Ainsi donc, comme le sage '''Thalès''', fatigué par sa mère qui l’engageait à se marier, trouva le moyen de lui échapper et de lui donner le change en lui disant une première fois : « Il n’est pas encore temps, ma mère », et, lorsqu’elle insistait encore après qu’il avait passé l’âge : « Il n’est plus temps » ; de même, pour ce qui regarde les plaisirs de l’amour, le mieux sera que chacun se détermine à dire, en se mettant au lit : « Il n’est pas temps encore », et, en sortant du lit : « il n’est plus temps ».</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/268|Question VI. Sur le temps où il est à propos de se rapprocher d’une femme]], [[s:Page:Plutarque_-_Œuvres_complètes_de_Plutarque_-_Œuvres_morales_et_œuvres_diverses,_tome_3,_1870.djvu/271|§3]]'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">Le sage '''Thalès''', pressé par sa mère de se marier, lui répondit avec beaucoup d’adresse. Au commencement, il lui dit : Ma mère, il n’est pas encore temps. Quand il eut passé la fleur de son âge, et qu’elle lui fit de nouvelles instances, il lui répondit : Il n’est plus temps. De même, par rapport à la question proposée, le mieux serait que chacun pût se dire le soir en se couchant : Il n'm’est pas encore temps ; et le matin, quand il se lève : Il n’est plus temps. »</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome III, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/sympos3.htm#VI Προβλημα Ϛ. Περὶ καιροῦ συνουσίας. - Question VI. Quel est le temps le plus propre à l'amour?]'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== De la malignité d’'''Hérodote''' ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les opinions des Philosophes ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Livre I</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre II</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre III</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― ● ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Livre IV</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== Les animaux de terre ont-ils plus d'adresse que ceux de mer? ====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">― ✳ ―</div>
==== D’'''Isis''' et d’'''Osiris'''====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;"></div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe IX.</div> =====
<div style="text-align: center; margin: 0 1em;">Témoignage d’un voyage de '''Thalès''' en ''Égypte'', de rencontres avec des prêtres et de récit sur leur divinités.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid;"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em; text-indent: 15px">§9. [...] '''Ἑκαταῖος''' δ´ ὁ ''Ἀβδηρίτης'' φησὶ τούτῳ καὶ πρὸς ἀλλήλους τῷ ῥήματι χρῆσθαι τοὺς ''Αἰγυπτίους'', ὅταν τινὰ προσκαλῶνται· προσκλητικὴν γὰρ εἶναι τὴν φωνήν. Διὸ τὸν πρῶτον θεόν, ὃν τῷ παντὶ τὸν αὐτὸν νομίζουσιν, ὡς ἀφανῆ καὶ κεκρυμμένον ὄντα προσκαλούμενοι καὶ παρακαλοῦντες ἐμφανῆ γενέσθαι καὶ δῆλον αὐτοῖς ''Ἀμοῦν'' λέγουσιν.<br /><p style="text-indent: 15px">§10. Ἡ μὲν οὖν εὐλάβεια τῆς περὶ τὰ θεῖα σοφίας '''Αἰγυπτίων''' τοσαύτη {ἦν}, μαρτυροῦσι δὲ καὶ τῶν ''Ἑλλήνων'' οἱ σοφώτατοι, '''Σόλων''' '''Θαλῆς''' '''Πλάτων''' '''Εὔδοξος''' '''Πυθαγόρας''', ὡς δ´ ἔνιοί φασι, καὶ '''Λυκοῦργος''' εἰς ''Αἴγυπτον'' ἀφικόμενοι καὶ συγγενόμενοι τοῖς ἱερεῦσιν.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1870<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. [...] '''Hécatée''' d’''Abdère'' dit que les ''Égyptiens'' emploient ce mot pour s’appeler les uns les autres, attendu qu’il est essentiellement appellatif. C’est pourquoi, s’adressant au premier Dieu, le même, selon eux, que l’Univers, comme à un être invisible et caché, ils l’exhortent avec supplications, en l’appelant "Amoun", à se faire voir et à se découvrir à eux. Voilà jusqu’à quel point était grande la réserve qui caractérisait la philosophie religieuse des ''Égyptiens''.<br /><p style="text-indent: 15px">§10. C’est ce que témoignent les plus éclairés d’entre les ''Grecs'': '''Solon''', '''Thalès''', '''Platon''', '''Eudoxe''', '''Pythagore''', et aussi, d’après quelques-uns, '''Lycurgue'''. Ils étaient allés en ''Égypte'' et avaient eu des conférences avec les prêtres. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §§9, 10'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Sur_Isis_et_Osiris|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§9. [...] '''Hécatée''' d’''Abdère'' dit que les ''Egyptiens'' s’en servent pour s’appeler les uns les autres; que ce nom est de sa nature appellatif ; que ce peuple , qui croit que le premier des dieux, qu’il confond avec l’univers, est un dieu caché et inconnu, l’invoque et le prie de se découvrir à eux, en lui disant ''Amoun'' ;<br /><p style="text-indent: 15px">§10. tant ce peuple portait de retenue et de réserve dans sa philosophie religieuse ! C’est ce qu'attestent unanimement les plus sages d’entre les ''Grecs'', '''Solon''', '''Thalès''', '''Platon''', '''Eudoxe''', '''Pythagore''', et, suivant quelques uns, '''Lycurgue''' lui-même, qui tous voyagèrent en ''Egypte'', et y conférèrent avec les prêtres du pays.[...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §§9, 10'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto;">― • ―</div>
===== <div style="text-align: center;">Paragraphe XXXIV.</div> =====
<div style="text-align: justify; text-indent: 15px; margin: 0 1em;">Témoignage de la théorie de '''Thalès''' de l’eau principe de tous les êtres.</div>
:'''Texte grec'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; overflow: auto; height: 270px; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ἥλιον δὲ καὶ Σελήνην οὐχ ἅρμασιν ἀλλὰ πλοίοις ὀχήμασι χρωμένους περιπολεῖν φασιν αἰνιττόμενοι τὴν ἀφ´ ὑγροῦ τροφὴν αὐτῶν καὶ γένεσιν. Οἴονται δὲ καὶ '''Ὅμηρον''' ὥσπερ '''Θαλῆν''' μαθόντα παρ´ ''Αἰγυπτίων'' ὕδωρ ἀρχὴν ἁπάντων καὶ γένεσιν τίθεσθαι· τὸν γὰρ '''Ὠκεανὸν''' '''Ὄσιριν''' εἶναι, τὴν δὲ '''Τηθὺν''' '''Ἶσιν''' ὡς τιθηνουμένην πάντα καὶ συνεκτρέφουσαν. [...]</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1870<br />(également disponible une édition de 1844 [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm ici])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
:'''Traductions'''
<div style="text-align: justify; margin-top: 2em; height: 520px; overflow: auto; border: 2px solid; text-indent: 15px"><br /><div style="text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ils disent que le soleil et la lune parcourent leur route perpétuelle non pas sur des chars, mais sur des bâtiments de navigation: signifiant par là, que c’est le principe humide qui les entretient et qui leur a donné naissance. Ils croient aussi que c’est des ''Egyptiens'' qu’'''Homère''', et après lui '''Thalès''', ont appris à établir l’eau comme principe générateur de tous les êtres. Ils veulent qu’'''Osiris''' soit l’'''Océan''', qu’'''Isis''' soit '''Téthys''', laquelle nourrit et entretient tout ce qui existe.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Victor_Bétolaud|Victor Bétolaud]], 1870<br/>(également disponible [[s:Sur_Isis_et_Osiris|ici]])</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #444; width: 30%; margin: 0 auto;"></div>
<div style="text-indent: 15px; text-align: justify; margin: 0 2em;">§34. Ils disent que le soleil et la lune parcourent les cieux, portés, non sur des chars, mais sur des vaisseaux, pour signifier que tout est nourri et mis en mouvement par l’eau. Ils pensent que c’est des ''Egyptiens'' qu’'''Homère''' et '''Thalès''' avaient pris cette opinion, que l’eau est le principe de tous les êtres, qu’'''Osiris''' est l’'''Océan''', et qu’'''Isis''' est '''Thétis''', qui nourrit et alimente toutes les substances.</div>
<div style="text-align: right; margin: 0 2em 0 1em;"><u>Œuvres complètes de Plutarque, Œuvres Morales</u>, ''Tome V, [https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris1.htm Περι Ισιδος και Οσιριδος - Traité d’Isis et d’Osiris], §34'', traduites par [[w:Dominique_Ricard|Dominique Ricard]], 1844</div>
<div class="center" style="border-bottom: 1px solid #FFF; width: 30%; margin: 0 auto;"></div></div>
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Valère_Maxime|'''Valère Maxime''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:Ier_siècle|I<sup>er</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Valère_Maxime|<sup>📚</sup>]] ==
=== Actions et paroles mémorables, VII, § 2 ===
:8. Il y a aussi un mot admirable de Thalès. On lui demandait si les actions des hommes échappaient à la connaissance des dieux. "Leurs pensées non plus", répondit-il. Aussi faut-il nous appliquer à avoir, je ne dis pas seulement les mains, mais encore le cœur pur, dans la persuasion que la divinité est témoin des mouvements les plus secrets de nos âmes.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Tatien_le_Syrien|'''Tatien''']] le [[w:Assyrie_(province_romaine)|''Syrien'']] ''(vers [[w:120|120]], en [[w:Halicarnasse|''Halicarnasse'']] en [[w:Assyrie_(province_romaine)|Assyrie]] — vers [[w:173|173]], en Assyrie)'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Tatien_le_Syrien|<sup>📚</sup>]] ==
=== Discours aux Grecs, 41 ===
= [[w:Lucien_de_Samosate|'''Lucien de Samosate''']] ''(vers [[w:120|120]], à [[w:Samosate|Samosate]] — vers [[w:180|180]], en [[w:Égypte_romaine_et_byzantine|Égypte]])'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Lucien_de_Samosate|<sup>📚</sup>]] =
=== Dialogues des morts ===
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6227866x/f7.item
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6227866x/f103.double
=== Hippias ou le bain ===
:(2) Mon but est de prouver que les constructeurs de machines qui méritent le plus notre admiration sont ceux qui, distingués par leur science théorique, ont laissé en outre à la postérité des monuments de leur art et des œuvres de leur génie, tandis que les hommes, qui se sont seulement exercés dans la parole méritent plutôt le nom de sophistes que celui de savants. C'est sur la liste traditionnelle de ces artistes que nous voyons figurer Archimède et Socrate de Cnide, qui inventèrent, l'un les moyens de soumettre à Ptolémée la ville de Memphis, sans recourir à un siège, mais en détournant et en divisant le cours du Nil ; l'autre, ceux d'incendier les galères des ennemis. Avant eux, Thalès de Milet, ayant promis à Crésus de faire passer à pied sec à son armée les eaux du fleuve Halys, imagina de les détourner en une seule nuit derrière le camp ; et pourtant ce n'était pas un mécanicien de profession, mais un sage d'un esprit inventif et à l'intelligence duquel on pouvait s'en rapporter.
=== Exemples de longévité ===
:(18) Solon, Thalès et Pittacus, que l'on compte au nombre des Sept sages, vécurent chacun cent années.
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== [[w:Clément_d%27Alexandrie|'''Clément''']] d'[[w:Histoire_d%27Alexandrie#Annexion|''Alexandrie'']] ''(vers [[w:150|150]]'' <sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Athènes#Antiquité|Athènes]] — vers [[w:215|215]]'' <sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Kayseri|Kayseri]])'' [[s:Auteur:Clément_d’Alexandrie|<sup>📚</sup>]] ==
=== Stromates, I, 65 ===
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== [[w:Claude_Élien|'''Claude Élien''']] ''(vers [[w:175|175]]''<sup>[[w:IIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Préneste|Préneste]] — vers [[w:235|235]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', en [[w:Rome_antique|Rome]])'' [[s:Auteur:Élien_le_sophiste|<sup>📚</sup>]] ==
=== Histoires diverses ===
:On a vu des philosophes à la tête des affaires publiques : d'autres, se bornant à cultiver leur raison, ont passé leur vie dans le repos. Entre les premiers sont Zaleucus et Charondas qui réformèrent, l'un, le gouvernement des Locriens, l'autre, d'abord celui des Catanéens, puis, après qu'il eut été exilé de Catane, celui des Rhéginiens. Archytas servit utilement les Tarentins. Les Athéniens durent tout à Solon. Bias et Thalès rendirent les mêmes services à l'Ionie, Chilon à Lacédémone, Pittacus à Mitylène, Cléobule à Rhodes.
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== [[w:Sextus_Empiricus|'''Sextus Empiricus''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIe_siècle|II<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Sextus_Empiricus|<sup>📚</sup>]] ==
Hypot III, 30, et Liv I contre les phys., sect. 319
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796311p/f305.item.r=thales
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== [[w:Lactance|'''Lactance''']] ''(vers [[w:250|250]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Henchir_Kssiba#Histoire|Civitas Popthensis]] — vers [[w:325|325]]''<sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'', en [[w:Gaule#La_Gaule_dans_l'Antiquité_tardive|Gaule]])'' ==
Épit. 4 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f300.image.r=thales)
Inst. 111, 16 (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k282068z/f621.item.r=thales)
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== [[w:Jamblique|'''Jamblique''']] ''(vers [[w:250|250]]''<sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à [[w:Qinnasrīn|Chalcis ad Belum]] — vers [[w:333|333]]''<sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'')'' ==
=== Vie de Pythagore ===
==== chap. II ====
(https://web.archive.org/web/20110721184914/http://www.aurumsolis.info/index.php?option=com_phocadownload&view=category&download=1%3Aiamblichus-the-pythagorean-life&id=19%3Awritings-from-the-founders&Itemid=143&lang=en)
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== [[w:Eusèbe_de_Césarée|'''Eusèbe''']] de [[w:Césarée#Césarée_au_début_du_christianisme|''Césarée'']] ''(vers [[w:265|265]]'' <sup>[[w:IIIe_siècle|⏳]]</sup>'', à Césarée — [[w:340|340]]'' <sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup>'', à Césarée)'' [[s:Auteur:Eusèbe_de_Césarée|<sup>📚</sup>]] ==
Preparation Évangélique, XI, 2
Prepar. évang. I, 8, page 22-25
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9796311p/f310.image.r=thales
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== [[w:Diogène_Laërce|'''Diogène Laërce''']] ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] [[w:IIIe_siècle|III<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Diogène_Laërce|<sup>📚</sup>]] ==
''Ce texte est un extrait de la traduction de Robert Genaille (1933)''
Thalès[1], au dire d’Hérodote, de Douris et de Démocrite, était fils d’Examios et de Cléobuline, et membre de la famille des Thélides, Phéniciens descendant en droite ligne d’Agénor[2] et de Cadmus[3], s’il faut en croire Platon. Le premier, il porta le nom de sage, au temps où Damasias était archonte à Athènes[4]. C’est sous le même archontat que fut créée l’expression : « les sept sages » (cf. Démocrite de Phalère, Registre des Archontes). Thalès fut inscrit comme citoyen de Milet quand il vint dans cette ville avec Nélée chassé de Phénicie. Une autre tradition très courante veut qu’il soit natif de Milet et qu’il descende d’une bonne famille. Il s’occupa de politique avant d’étudier la nature. On croit qu’il ne laissa aucun écrit, car l’Astrologie nautique qu’on lui attribue est de Phocos de Samos.
Callimaque[5] croit qu’il découvrit la Petite Ourse et le raconte en vers iambiques :
Il mesura, dit-on, les étoiles du Chariot
Sur quoi les Phéniciens règlent leur navigation.
D’autres auteurs disent qu’il écrivit seulement deux ouvrages, un sur le solstice et un sur l’équinoxe, car il pensait le reste inaccessible. Il passe pour avoir le premier étudié l’astrologie et prédit les éclipses de soleil et les solstices (cf. Eudème, Histoire de l’astrologie)[6]. Xénophane et Hérodote le louent à ce propos, et leur témoignage est confirmé par celui d’Héraclite et de Démocrite. On dit encore (cf. le poète Choirilos) qu’il fut le premier à affirmer l’immortalité des âmes.
Le premier il dessina la course du soleil d’un solstice à l’autre, et démontra que comparée au soleil, la lune en est la cent vingtième partie. C’est encore lui qui fixa à trente jours la durée du mois, et qui écrivit le premier traité sur la Nature.
Aristote et Hippias disent aussi qu’il accordait une âme aux choses qu’on croit inanimées ; il en donnait pour preuve l’ambre et la pierre de Magnésie.
Selon Pamphile[7], il apprit des Égyptiens la géométrie, inscrivit dans un cercle le triangle rectangle, et pour cette découverte immola un bœuf. D’autres, comme Apollodore le calculateur, attribuent cette invention à Pythagore. Thalès a encore développé et précisé l’invention du Phrygien Euphorbe citée par Callimaque dans ses Iambes et concernant le triangle scalène, et tout ce qui touche aux considérations sur les lignes.
Il semble encore avoir été en politique un homme de bon conseil. Ainsi, quand Crésus[8] envoya une ambassade aux Milésiens pour demander leur alliance, il s’y opposa, et son intervention sauva la ville, puisque Cyrus l’emporta.
Héraclite cite une opinion de Clytos selon laquelle Thalès aurait eu une vie retirée et solitaire. Les uns disent qu’il se maria et eut un fils nommé Kibissos. D’autres prétendent qu’il resta célibataire et adopta le fils de sa sœur, qu’on lui demanda un jour pourquoi il ne cherchait pas à avoir des enfants, et qu’il répondit : « Par amour pour les enfants. » Sa mère l’exhortait à se marier, il lui répondit : « Non, par Zeus, il n’est pas encore temps. » Elle l’y invita une nouvelle fois quand il eut pris de l’âge, mais il lui dit : « Il n’est plus temps. »
D’après Hiéronyme de Rhodes (Notes, livre II), il voulut montrer combien il était facile de s’enrichir ayant prévu pour l’année une abondante récolte d’huile, il prit à loyer une oliveraie et gagna beaucoup d’argent[9].
Il soupçonna que l’eau était le principe des choses, que le monde était animé et rempli de démons. On dit qu’il découvrit les saisons de l’année, et qu’il la divisa en trois cent soixante-cinq jours. Il ne suivit les leçons d’aucun maître, sauf en Égypte, où il fréquenta les prêtres du pays. A ce propos, Hiéronyme dit qu’il mesura les Pyramides en calculant le rapport entre leur ombre et celle de notre corps. Si l’on en croit Minuès, il vivait au temps de Thrasybule, qui fut tyran de Milet[10].
L’histoire du trépied trouvé par des pêcheurs et dédié aux sages par le peuple de Milet est bien connue.
Des jeunes gens d’Ionie achetèrent à des pêcheurs milésiens leur coup de filet. Ils tirèrent de l’eau un trépied. On se querella et les Milésiens envoyèrent une ambassade à Delphes. Voici quel fut l’oracle de la divinité :
Race de Milet, tu interroges Phébus au sujet d’un trépied ?
Au plus sage de tous, je donne ce trépied[11].
Ils le donnent alors à Thalès, qui le donne à un autre, et cet autre à un autre, et ainsi de suite jusqu’à Solon, qui, déclarant que seul le dieu était le plus sage de tous, rendit le trépied à Delphes.
Callimaque, dans ses Iambes, rapporte cette histoire autrement ; il la tient de Léandre de Milet. Il dit qu’un certain Bathyclès d’Arcadie laissa en mourant une coupe pour qu’elle fût donnée à l’homme le plus sage. Elle fut donc donnée à Thalès, et après être passée de main en main et avoir fait le tour des sages, elle revint à Thalès. Celui-ci en fit don alors à Apollon de Didyme, en ces termes selon le poème de Callimaque :
Thalès me donne au protecteur du peuple du Nil,
Thalès qui a reçu deux fois ce présent,
ce qui, en prose, se dit ainsi : « Thalès de Milet, fils d’Examios, à Apollon delphien, ce présent qu’il a reçu deux fois des Grecs. » Celui qui portait la coupe de sage en sage, le fils de Bathyclès, s’appelait Thyrion (cf. Éleusis, Livre sur Achille, et Alexon de Mynde, Fables, livre IX).
Eudoxe de Cnide et Évanthès de Milet disent de leur côté qu’un ami de Crésus reçut du roi un vase d’or, pour le donner au plus sage des Grecs, qu’il le donna à Thalès et que ce vase parvint jusqu’à Chilon. Celui-ci consulta la Pythie, pour savoir qui était plus sage que lui. Elle répondit que c’était Myson (je parlerai de lui : Eudoxe le met parmi les sages à la place de Cléobule et Platon à la place de Périandre.) Voici la réponse que lui fit la Pythie :
Il y a un habitant de l’Oeta, Myson, né à Chénée,
Qui plus que toi est riche de sages pensées.
L’homme qui consulta l’oracle pour Chilon s’appelait Anacharsis. Dédale le Platonicien et Cléarque disent que la coupe fut envoyée par Crésus à Pittacos, et que c’est ainsi qu’elle passa de main en main. D’après Andron, d’autre part (Livre du trépied), les Argiens décidèrent que le trépied serait attribué comme prix de vertu au plus sage des Grecs. Aristodème de Sparte fut choisi et c’est lui qui donna le trépied à Chilon.
Alcée est aussi partisan d’Aristodème dont il parle dans les vers suivants :
:Comme jadis Aristodème, dit-on,
:Prononça à Sparte cette parole bien juste :
:C’est de l’argent, un homme, oui de l’argent,
:Car l’homme vertueux n’est jamais pauvre.
D’autres disent encore que Périandre envoya à Thrasybule, tyran de Milet, un navire chargé, que ce navire fit naufrage dans la mer de Cos, et que quelque temps après le trépied fut trouvé par des pêcheurs. Phanodicos dit que le trépied fut trouvé dans la mer Attique, porté à la ville, et que l’assemblée du peuple s’étant réunie le fit porter à Bias. Pourquoi cela, je le dirai quand je parlerai de Bias. Selon d’autres auteurs, le trépied avait été fabriqué par Héphaïstos et donné en présent de la part de ce dieu à Pélops lors de son mariage. Il vint ensuite à Ménélas, fut enlevé avec Hélène par Alexandre, jeté dans la mer de Cos à l’instigation de la Spartiate qui prévoyait qu’il serait un sujet de querelle. Plus tard, en ce lieu, des Lébédiens achetèrent le produit d’un coup de filet et c’est le trépied qui fut tiré de l’eau. Il y eut querelle avec les pêcheurs, on vint jusqu’à Cos, et comme on ne s’accordait pas, on s’adressa à Milet, qui était la capitale. Les Milésiens envoyèrent des députés qui ne furent pas écoutés, aussi firent-ils la guerre aux gens de Cos. Comme de chaque côté il mourait beaucoup de gens, l’oracle déclara qu’il fallait donner le trépied au plus sage. Les deux camps s’entendirent alors pour l’attribuer à Thalès, qui par la suite le consacra à Apollon de Didyme. Pour en revenir à la réponse de l’oracle aux gens de Cos, elle disait ceci :
La querelle entre Ioniens et Méropes ne cessera pas
Avant que le trépied d’or qu’Héphaïstos jeta dans la mer
N’ait quitté votre ville pour la maison de l’homme
Qui connaît le présent, l’avenir et le passé.
La réponse aux Milésiens fut la suivante :
Race de Milet, tu interroges Phoebus au sujet d’un trépied...
comme il a été dit plus haut.
En voilà assez sur ce sujet[12].
Hermippe, dans ses Vies, rapporte à Thalès ce qui est dit par d’autres de Socrate : il aimait à dire qu’il remerciait la fortune de trois choses : d’être un humain et non une bête, d’être un homme et non une femme, enfin d’être un Grec, et non un barbare. On raconte encore qu’étant sorti de chez lui pour contempler les astres, il tomba dans un puits[13]. Une vieille femme survenant se moqua de lui en ces mots : « Comment, Thalès, toi qui n’es pas capable de voir ce qui est à tes pieds, t’imagines-tu pouvoir connaître ce qui est dans le ciel ? »
Timon[14] a bien connu aussi la science de Thalès en astronomie, et dans ses Silles, il le loue en ces termes :
Comme Thalès, un des sept sages, qui fut savant astronome.
L’Argien Lobon dit que ses écrits font un total de quelque deux cents vers, et que sous sa statue on écrivit :
Thalès de Milet repose ici dans le sol qui l’a nourri,
Il fut un sage, et le premier des astrologues.
Voici un de ses poèmes :
Le trop parler n’est pas marque d’esprit.
Trouvez une seule chose sage,
Choisissez une seule chose belle,
Et vous clouerez le bec à bien des bavards.
On lui attribue encore les sentences suivantes : de tous les êtres, le plus ancien, c’est Dieu, car il n’a pas été engendré ; le plus beau, c’est le monde, car il est l’ouvrage du dieu ; le plus grand, c’est l’espace, car il contient tout ; le plus rapide, c’est l’esprit, car il court partout ; le plus fort, c’est la nécessité, car elle vient à bout de tout ; le plus sage, c’est le temps, parce qu’il découvre tout. La mort, dit-il, ne diffère en rien de la vie. On lui répond : « Pourquoi, alors, ne te donnes-tu pas la mort ? » ; « Parce que vie ou mort, c’est tout un », réplique-t-il. Quelqu’un lui demande ce qui du jour ou de la nuit fut créé d’abord ; il répond : « La nuit est en avance d’un jour. » On lui demande si les mauvaises actions d’un homme échappent au regard des dieux. Il répond : « Ils voient même les mauvaises pensées. » Un homme adultère lui demandait s’il pouvait jurer qu’il n’avait pas commis d’adultère. Il répondit : « Le parjure n’est pas pire que l’adultère. »
On lui demandait ce qui était difficile : « Se connaître » dit-il ; ce qui était facile : donner un conseil à autrui ; ce qui était le plus doux : jouir ; ce que c’était que la divinité : un être sans commencement ni fin ; encore une chose difficile : voir un tyran âgé ; comment supporter aisément l’infortune : en voyant ses ennemis plus malheureux encore ; comment vivre vertueusement : en ne faisant pas ce que nous reprochons à autrui ; qui est heureux : l’homme bien portant, riche, courageux et instruit.
Il disait encore que l’on doit penser à ses amis aussi bien en leur absence qu’en leur présence, que la beauté ne vient pas d’un beau visage, mais de belles actions. « Ne t’enrichis pas injustement, conseillait-il, et veille à ne pas être cité en justice pour de mauvaises paroles contre tes proches et tes amis. Comme tu traites tes parents, tes enfants te traiteront. »
Du Nil[15] il disait qu’il débordait quand ses eaux étaient repoussées par les vents étésiens qui soufflent contre son cours.
Apollodore dans ses Chroniques dit que Thalès naquit la première année de la trente-cinquième olympiade[16]. Il mourut dans sa soixante-dix-huitième année ou, comme le dit Sosicrate, dans sa quatre-vingt-dixième année, car ce fut dans la cinquante-huitième olympiade. Il vécut du temps de Crésus, auquel il promit de faire traverser l’Hallys[17] sans pont, en détournant le cours du fleuve.
Il y eut cinq autres personnages du nom de Thalès (cf. Démétrios de Magnésie, Homonymes) : un rhéteur de Callatie, au style prétentieux, un peintre de Sicyone, de noble origine, un troisième, très ancien, du temps d’Hésiode, d’Homère et de Lycurgue, un quatrième, mentionné par Douris dans son traité de la peinture, un cinquième, plus jeune et peu connu, cité par Denys dans ses Critiques.
Pour en revenir à notre sage, il mourut en regardant les jeux gymniques, pour avoir eu trop chaud et trop soif et par suite de sa fatigue et de son grand âge. Voici son épitaphe :
:Ce tombeau, certes, est bien petit,
:Mais la renommée de l’homme est allée au ciel.
:C’est celui de Thalès le très sage.
J’ai écrit sur lui les vers suivants dans le premier livre de mes épigrammes ou « vers de mètres divers[18] :
:Tandis qu’il regardait les jeux, ô Zeus Hélios,
:Tu as ravi du stade le sage Thalès.
:Je te loue de l’avoir rapproché du ciel. Il était si vieux
:Que de la terre il ne pouvait plus voir les astres.
Thalès est l’auteur du fameux « connais-toi toi-même » qu’Antisthène (Livre des Filiations) attribue à Phémonoé, en déclarant que Chilon se l’appropria mensongèrement.
Sur les sept sages, qu’il est juste de citer maintenant l’un après l’autre, voici la tradition. Damon de Cyrène, qui blâme tous les philosophes dans ses écrits, s’attaque surtout aux sept sages. Anaximène dit que tous étaient poètes. Dicéarque dit qu’ils n’étaient ni sages ni philosophes, mais hommes d’esprit et législateurs. Archétimos de Syracuse a décrit leurs assemblées chez Cypsélos[19] et dit qu’il y assista personnellement. Euphoros dit que tous, sauf Thalès, fréquentèrent Crésus.
D’autres disent qu’ils se réunirent à Panionium, à Corinthe et à Delphes. On rapporte même leurs paroles, et qui a prononcé telle ou telle. Exemple :
Le Spartiate Chilon fut sage,
Lui qui dit : Rien de trop,
Tout est bien qui vient en son temps !
On n’est pas d’accord sur leur nombre. Léandre, au lieu de Cléobule et de Myson, met Léophante, fils de Gorsias, ou Lébédios d’Éphèse et Épiménide de Crète. Platon, dans le Protagoras[20], met Myson à la place de Périandre. Éphoros met Anacharsis à la place de Myson et d’autres ajoutent Pythagore.
Selon Dicéarque, il y en a quatre sur qui tout le monde est d’accord : Thalès, Bias, Pittacos et Solon. Le même auteur en nomme six autres, parmi lesquels il en choisit trois : Aristodème, Pamphile, le Lacédémonien Chilon, Cléobule, Anacharsis et Périandre. D’autres ajoutent Acousilaos, Caba ou Scala, un Argien.
Hermippe, dans son livre sur les sages, dit qu’ils furent dix-sept et que chacun en choisit sept selon ses préférences. Ce sont Solon, Thalès, Pittacos, Bias, Chilon, Cléobule, Périandre, Anacharsis, Acousilaos, Épiménide, Léophante, Phérécyde, Aristodème, Pythagore, Lasos, fils de Charmantidas ou de Sisambrinos ou, selon Aristoxène, de Chabrinus, Hermonée, Anaxagore.
Hippobotos (Catalogue des Philosophes) les inscrit ainsi : Orphée, Linos, Solon, Périandre, Anacharsis, Cléobule, Myson, Thalès, Bias, Pittacos, Épicharme et Pythagore.
Voici des lettres attribuées à Thalès[21] :
==== Thalès à Phérécyde ====
« J’apprends que vous vous disposez à présenter aux Grecs le premier traité ionien des choses divines. Vous agiriez peut-être plus sagement en lisant votre ouvrage à vos amis, qu’en communiquant à n’importe quelles gens des écrits qui ne peuvent guère leur être utiles.
« Si cela vous plaît, j’aimerais profiter de vos recherches et, si vous m’y invitez, je viendrai vous trouver au plus tôt. Car Solon d’Athènes et moi, qui avons déjà traversé deux fois la mer pour aller visiter la Crète, et pour aller en Égypte nous entretenir avec les prêtres et les astronomes du lieu, nous sommes assez sages pour ne pas hésiter à la traverser de nouveau pour aller vous voir.
« Je parle de Solon, parce qu’il viendra avec moi si vous le permettez. Vous êtes un sédentaire, vous allez rarement en Ionie, vous n’aimez guère aller voir les étrangers, et vous ne songez, j’imagine, qu’à écrire.
« Mais nous qui n’écrivons pas, nous parcourons volontiers la Grèce et l’Italie. »
==== Thalès à Solon ====
« Si vous quittez Athènes, vous aurez, je crois, tout avantage à venir vous établir à Milet, parmi les colons athéniens. Il n’y a là pour vous aucun danger. Si vous hésitez, sous prétexte que nous, Milésiens, sommes gouvernés par un tyran (je sais que vous haïssez tout pouvoir absolu), songez du moins que vous aurez plaisir à vivre avec nous qui sommes vos amis. Je sais que Bias vous a écrit et vous invite à aller à Priène. Si vous trouvez préférable d’habiter la ville de Priène, j’irai vivre là-bas avec vous. »
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Ausone|'''Ausone''']] ''([[w:309|309]]/[[w:310|310]], à [[w:Bazas|Bazas]] ou à [[w:Bordeaux#Burdigala,_cité_romaine_(Ier_siècle_-_Ve_siècle)|Bordeaux]] — [[w:394|394]]/[[w:395|395]], entre [[w:Langon_(Gironde)|Langon]] et [[w:La_Réole|La Réole]])'' <sup>[[w:IVe_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Ausone|<sup>📚</sup>]] ==
=== Le Jeu des Sept Sages ===
:Thalès a trouvé [texte grec] pour nous défendre de nous porter cautions, parce qu'il y a du danger à répondre ainsi pour d'autres[iv]. Nous donnons-là un avis qui ne plaira pas beaucoup aux emprunteurs.
:THALÈS : Je suis Thalès de Milet ; j'ai dit, comme le poète Pindare, que l'eau est, le principe de toute chose. C'est à moi que des pêcheurs donnèrent autrefois [un trépied d'or] qu'ils avaient tiré de la mer : ils m'avaient choisi pour obéir au dieu de Délos, qui envoyait ce présent à un sage. Je refusai de le recevoir, je le leur rendis pour le porter à d'autres que je croyais plus dignes. Envoyé à tous les sept Sages, et renvoyé par eux, il nie fut rapporté. Je le reçus alors pour le consacrer à Apollon : car si Phébus a voulu qu'on choisit un sage, ce n'était pas d'un homme, mais d'un dieu qu'il fallait l'entendre. Je suis donc ce Thalès : mais un motif m'amène sur la scène. Comme les deux sages qui m'ont précédé, je viens défendre la sentence dont je suis l'auteur. Elle déplaira, mais non certes aux esprits prudents que l'expérience a instruits et rendus plus avisés. Nous avons dit : [texte grec], ou, en latin : Cautionne, mais tu t'en trouveras mal. Je pourrais parcourir mille exemples pour vous montrer des cautions et des répondants bien et dûment convaincus de repentir. Mais je ne veux nommer personne. Que chacun de, vous ré-fléchisse, et compte en lui-même combien de gens ont perdu ou souffert de s'être ainsi portés cautions pour d'autres. Toutefois, si un pareil service a du charme pour vous, n'y renoncez ni les uns ni les autres.
:Alors que les uns applaudissent, et que les autres, si je les blesse, me sifflent.
:THALÈS DE MILET.
:AVANT d'oser une mauvaise action, à défaut de Témoin redoute ta conscience. La vie s'éteint, mais la gloire de la mort ne meurt point. Ce que tu veux faire, abstiens-toi de le dire. C'est un supplice de craindre ce qu'on ne peut empêcher. Si tu blâmes avec raison, ton hostilité même est profitable ; si tu loues mal à propos, ton amitié même est nuisible. Rien de trop. - Arrêtons-nous, et qu'ici même il n'y ait rien de trop.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== [[w:Proclus|'''Proclus''']] ''(le 7 ou 8 février [[w:412|412]], à [[w:Constantinople|Constantinople]] — le 17 avril [[w:485|485]], à [[w:Histoire_d%27Athènes#Antiquité_tardive|Athènes]])''<sup>[[w:Ve_siècle|⏳]]</sup> [[s:Auteur:Proclus|<sup>📚</sup>]] ==
=== Commentaire sur le premier livre d'Euclide, 65, 3 ===
ὥσπερ οὖν παρὰ τοῖς Φοίνιξιν διὰ τὰς ἐμπορείας καὶ τὰ συναλλάγματα τὴν ἀρχὴν ἔλαβεν ἡ τῶν ἀριθμῶν ἀκριβὴς γνῶσις, οὕτω δὴ καὶ παρ' Αἰγυπτίοις ἡ γεωμετρία διὰ τὴν εἰρημένην αἰτίαν εὕρηται. Θαλῆς δὲ πρῶτον εἰς Αἴγυπτον ἐλθὼν μετήγαγεν εἰς τὴν Ἑλλάδα τὴν θεωρίαν ταύτην καὶ πολλὰ μὲν αὐτὸς εὗρεν, πολλῶν δὲ τὰς ἀρχὰς τοῖς μετ' αὐτὸν ὑφηγήσατο τοῖς μὲν καθολικώτερον ἐπιβάλλων, τοῖς δὲ αἰσθητικώτερον.
<div style="text-align: center; margin: 0 auto; color: #3366BB">⁂</div>
== « [[w:Souda|'''Suidas''']] » ''([[w:Floruit|{{Info|''fl.''|Floruit, locution latine que l'on emploie pour indiquer la période au cours de laquelle une personne a été active}}]] fin du [[w:IXe_siècle|IX<sup>ème</sup> siècle {{Info|EC|de l’Ère Commune}}]])'' [[s:Auteur:Suidas|<sup>📚</sup>]] ==
=== La Souda ===
Θαλῆς, Ἐξαμύου καὶ Κλεοβουλίνης, Μιλήσιος, ὡς δὲ Ἡρόδοτος Φοῖνιξ: γεγονὼς πρὸ Κροίσου, ἐπὶ τῆς λε# ὀλυμπιάδος, κατὰ δὲ Φλέγοντα γνωριζόμενος ἤδη ἐπὶ τῆς ζ#. ἔγραψε περὶ μετεώρων ἐν ἔπεσι, Περὶ ἰσημερίας, καὶ ἄλλα πολλά. ἐτελεύτησε δὲ γηραιός, θεώμενος γυμνικὸν ἀγῶνα, πιληθεὶς δὲ ὑπὸ τοῦ ὄχλου καὶ ἐκλυθεὶς ὑπὸ τοῦ καύματος. πρῶτος δὲ Θαλῆς τὸ τοῦ σοφοῦ ἔσχεν ὄνομα καὶ πρῶτος τὴν ψυχὴν εἶπεν ἀθάνατον ἐκλείψεις τε καὶ ἰσημερίας κατείληφεν. ἀποφθέγματα δὲ αὐτοῦ πλεῖστα: καὶ τὸ θρυλλούμενον: γνῶθι σαυτόν. τὸ γάρ, ἐγγύα, πάρα δ' ἄτα, Χίλωνός ἐστι μᾶλλον, ἰδιοποιησαμένου αὐτό: καὶ τό, μηδὲν ἄγαν.
p5woxbsoxgsvp0nrlifms8quncxivcg
Mathc initiation/a78a
0
79384
767311
761823
2026-06-02T08:21:28Z
Xhungab
23827
767311
wikitext
text/x-wiki
__NOTOC__
[[Catégorie:Mathc initiation (livre)]]
{| class="wikitable"
|+ Comparons les équations :
|-
! Trigonométriques !! Trigonométriques hyperboliques
|-
||
<syntaxhighlight lang="C">
*****************
* cos(x)**2 + sin(x)**2 = 1
* sec(x)**2 - tan(x)**2 = 1
* csc(x)**2 - cot(x)**2 = 1
*****************
sin(x+y) = cos(x) sin(y) + sin(x) cos(y)
cos(x+y) = cos(x) cos(y) - sin(x) sin(y)
sin(x-y) = sin(x) cos(y) - cos(x) sin(y)
cos(x-y) = cos(x) cos(y) + sin(x) sin(y)
tan(x+y) = (tan(x)+tan(y))/(1-tan(x)*tan(y))
tan(x-y) = (tan(x)-tan(y))/(1+tan(x)*tan(y))
*****************
cos(2x) = cos(x)**2 - sin(x)**2
= 1 - 2sin(x)**2
= 2cos(x)**2 - 1
cos(3x) = 4cos(x)**3 - 3cos(x)
cos(4x) = 8cos(x)**4 - 8cos(x)**2 + 1
sin(2x) = 2cos(x) sin(x)
sin(3x) = 3sin(x) - 4sin(x)**3
sin(4x) = 4sin(x) cos(x) - 8sin(x)**3 cos(x)
tan(2x) = (2*tan(x)) /(1- tan(x)**2)
tan(3x) = (3tan(x)-tan(x)**3)/(1-3tan(x)**2)
*****************
cos(x)**2 = 1/2 + 1/2 cos(2x)
cos(x)**3 = 3/4 cos(x) + 1/4 cos(3x)
cos(x)**4 = 3/8 + 1/2 cos(2x) + 1/8 cos(4x)
sin(x)**2 = 1/2 - 1/2 cos(2x)
sin(x)**3 = 3/4 sin(x) - 1/4 sin(3x)
sin(x)**4 = 3/8 - 1/2 cos(2x) + 1/8 cos(4x)
*****************
sin(x/2) = sqrt( (1-cos(x))/2)
cos(x/2) = sqrt( (1+cos(x))/2)
tan(x/2) = sqrt( (1-cos(x))/(1+cos(x)) )
*****************
sin(x)sin(y) = 1/2 [cos(x-y) - cos(x+y)]
cos(x)cos(y) = 1/2 [cos(x-y) + cos(x+y)]
sin(x)cos(y) = 1/2 [sin(x-y) + sin(x+y)]
*****************
sin(x) + sin(y) = 2sin((x+y)/2) cos((x-y)/2)
sin(x) - sin(y) = 2sin((x-y)/2) cos((x+y)/2)
cos(x) + cos(y) = 2cos((x+y)/2) cos((x-y)/2)
cos(x) - cos(y) = -2sin((x+y)/2) sin((x-y)/2)
= 2sin((x+y)/2) sin((y-x)/2)
*****************
sin(acos(x)) = sqrt(1-x**2)
cos(asin(x)) = sqrt(1-x**2)
sec(atan(x)) = sqrt(1+x**2)
csc(acot(x)) = sqrt(1+x**2)
tan(asec(x)) = sqrt(x**2-1)
cot(acsc(x)) = sqrt(x**2-1)
*****************
</syntaxhighlight>
||
<syntaxhighlight lang="C">
*****************
* cosh(x)**2 - sinh(x)**2 = 1
* sech(x)**2 + tanh(x)**2 = 1
* coth(x)**2 - csch(x)**2 = 1
*****************
sinh(x+y) = cosh(x) sinh(y) + sinh(x) cosh(y)
cosh(x+y) = cosh(x) cosh(y) + sinh(x) sinh(y)
sinh(x-y) = sinh(x) cosh(y) - cosh(x) sinh(y)
cosh(x-y) = cosh(x) cosh(y) - sinh(x) sinh(y)
tanh(x+y) = [tanh(x)+tanh(y)]/[1+tanh(x)*tanh(y)]
tanh(x-y) = [tanh(x)-tanh(y)]/[1-tanh(x)*tanh(y)]
*****************
cosh(2x) = cosh(x)**2 + sinh(x)**2
= 1 + 2*sinh(x)**2
= 2cosh(x)**2 - 1
cosh(3x) = 4cosh(x)**3 - 3cosh(x)
cosh(4x) = 8cosh(x)**4 - 8cosh(x)**2 + 1
sinh(2x) = 2cosh(x) sinh(x)
sinh(3x) = 3sinh(x) + 4sinh(x)**3
sinh(4x) = 4cosh(x) sinh(x) + 8sinh(x)**3 cosh(x)
tanh(2x) = (2tanh(x)) /(1+ tanh(x)**2)
tanh(3x) = (3tanh(x)+tanh(x)**3)/(1+3tanh(x)**2)
*****************
cosh(x)**2 = 1/2 + 1/2 cosh(2x)
cosh(x)**3 = 3/4 cosh(x) + 1/4 cosh(3x)
cosh(x)**4 = 3/8 + 1/2 cosh(2x) + 1/8 cosh(4x)
sinh(x)**2 = 1/2 cosh(2x) - 1/2
sinh(x)**3 = 1/4 sinh(3x) - 3/4 sinh(x)
sinh(x)**4 = 3/8 - 1/2 cosh(2x) + 1/8 cosh(4x)
*****************
*****************
sinh(x) sinh(y) = 1/2 [cosh(x+y) - cosh(x-y)]
cosh(x) cosh(y) = 1/2 [cosh(x-y) + cosh(x+y)]
sinh(x) cosh(y) = 1/2 [sinh(x-y) + sinh(x+y)]
*****************
sinh(x) + sinh(y) = 2sinh((x+y)/2) cosh((x-y)/2)
sinh(x) - sinh(y) = 2sinh((x-y)/2) cosh((x+y)/2)
cosh(x) + cosh(y) = 2cosh((x+y)/2) cosh((x-y)/2)
cosh(x) - cosh(y) = 2sinh((x+y)/2) sinh((x-y)/2)
*****************
sinh(acosh(x)) = sqrt(x**2 - 1)
cosh(asinh(x)) = sqrt(x**2 + 1)
tanh(asech(x)) = sqrt(1 - x**2)
coth(acsch(x)) = sqrt(1 + x**2)
*****************
</syntaxhighlight>
|}
[[Mathc initiation/a406|.]]
{{AutoCat}}
pqpr7s3ny5t40dsz2nqgnu58ss279ct
Mathc initiation/a612
0
81122
767310
752371
2026-06-02T08:20:40Z
Xhungab
23827
767310
wikitext
text/x-wiki
__NOTOC__
[[Catégorie:Mathc initiation (livre)]]
:
'''Intégral :''' '''Si f(x) = cos(x) alors avec octave f(x) = @(x) (cos(x))'''
I = quad (f, a, b)
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
I = quad (@(x) (cos(x)), 1.0,2.0)
#
</syntaxhighlight>
'''Intégral double :''' '''Si f(x,y) = cos(x)*sin(y) alors avec octave f(x,y) = @(x, y) (cos(x)*sin(y))'''
I = dblquad (f, xa, xb, ya, yb)
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
I = dblquad (@(x, y) (cos(x)*sin(y)), 0, 2, 0, 3)
#
</syntaxhighlight>
'''Intégral triple :'''
I = triplequad (f, xa, xb, ya, yb, zc, zd)
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
I = triplequad (@(x, y, z) (cos(x)*sin(y)*sin(z)), 0, 2, 0, 3, 0, 2)
#
</syntaxhighlight>
'''Déclarer un polynôme :'''
P1 : 2 s^3 + 3 s^2 - 4s + 5
P2 : 2 s^3 - 4s
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1 = [2 3 -4 5]
P2 = [2 0 -4 0]
#
</syntaxhighlight>
'''Afficher un polynôme :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1 = [2 3 -4 5]
polyout(P1,'x')
#
</syntaxhighlight>
'''Evaluer un polynôme :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1 = [2 3 -4 5];
polyout(P1,'x')
polyval(P1,1)
#
</syntaxhighlight>
'''Calculer les racines du polynôme :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1=[1 12 44 48]
rootsP1=roots(P1)
#
</syntaxhighlight>
'''Calculer le polynôme dont les racines sont :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1=poly([-2 -4 -6])
#
</syntaxhighlight>
'''Multiplier deux polynômes :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1=conv([1 2 3],[1 2 3 4])
#
</syntaxhighlight>
'''Dériver un polynôme :'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
P1 = [2 3 -4 5];
polyout(P1,'x')
P2 = polyder(P1);
polyout(P2,'x')
#
</syntaxhighlight>
'''Méthodes pour les fractions partielles :'''
5s+7 N
--------------- = -
s^3 -s^2 -2s +0 D
<syntaxhighlight lang="Octave">
# --------------------------------
# Copy/Paste into the octave window
#
N = [5 7];
D = [1 -1 -2 0];
[r, p, k, e] = residue (N, D)
#
</syntaxhighlight>
Résultat
r = [2.8333 0.6667 -3.5000] Numérateur
p = [ 2 -1 0] Dénominateur (s-p)
k = [](0x0)
e = [ 1; 1; 1] Puissance de (s-p)^e
5s+7 2.8333 .6667 3.5
------------ = ------ + ----- - ---
s^3- s^2 -2s s-2 s-(-1) s-0
[[Mathc initiation/a406|.]]
{{AutoCat}}
2gyiia1muflt47ic5lwzuo4idtjukgn
Mathc matrices/04g
0
81853
767312
753837
2026-06-02T08:22:20Z
Xhungab
23827
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wikitext
text/x-wiki
__NOTOC__
[[Catégorie:Mathc matrices (livre)]]
==== Réécrire le code de quelques fonctions ====
* [[#Diagonal matrix| '''Matrice diagonale''']]
* [[#Lower triangular matrix| '''Matrice Triangulaire inférieure''']]
* [[#Upper triangular matrix| '''Matrice triangulaire supérieure''']]
* [[#Symmetric matrix| '''Matrice symétrique''']]
* [[#Skewsymmetric matrix| '''Matrice antisymétrique''']]
:
:
:
== Diagonal matrix ==
:
:
'''Copy/Paste into the octave window'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
%% Diagonal matrix
%%
%% Clear all user-defined variables
clear
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
function M = diagD(M)
r = size (M, 1);
%% Diagonal matrix
for i=1:r
M(i,i) = round(10*randn());
end
endfunction
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
%%
%% === main ===
%% Clear the terminal
clc
rc = 6;
A = zeros(rc);
%% Display A
A = diagD(A)
%% Display A as an indexed color image
figure(1), clf
imagesc(A)
axis square, title('A')
%% === return(0) ===
</syntaxhighlight>
:
:
:
== Lower triangular matrix ==
:
:
'''Copy/Paste into the octave window'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
%% Lower triangular matrix
%%
%% Clear all user-defined variables
clear
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
function M = trigL(M)
[r,c] = size (M);
%% Lower triangular matrix
for i=1:r
for j=1:c
if((i>=j))
M(i,j) = round(10*randn());
endif
end
end
endfunction
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
%%
%% === main ===
%% Clear the terminal
clc
r = 6;
c = 6;
A = zeros(r,c);
%% Display A
A = trigL(A)
%% Display A as an indexed color image
figure(1), clf
imagesc(A)
axis square, title('A')
%% === return(0) ===
</syntaxhighlight>
:
:
:
== Upper triangular matrix ==
:
:
'''Copy/Paste into the octave window'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
%% Upper triangular matrix
%%
%% Clear all user-defined variables
clear
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
function M = trigU(M)
[r,c] = size (M);
%% Upper triangular matrix
for i=1:r
for j=1:c
if((i<=j))
M(i,j) = round(10*randn());
endif
end
end
endfunction
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
%%
%% === main ===
%% Clear the terminal
clc
r = 6;
c = 6;
A = zeros(r,c);
%% Display A
A = trigU(A)
%% Display A as an indexed color image
figure(1), clf
imagesc(A)
axis square, title('A')
%% === return(0) ===
</syntaxhighlight>
:
:
:
== Symmetric matrix ==
:
:
'''Copy/Paste into the octave window'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
%% Symmetric matrix
%%
%% Clear all user-defined variables
clear
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
function M = symmetric(M)
[r,c] = size (M);
%% Symmetric matrix
for i=1:r
for j=1:c
x = round(10*randn());
M(i,j) = x;
M(j,i) = x;
end
end
endfunction
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
%%
%% === main ===
%% Clear the terminal
clc
r = 6;
c = 6;
A = zeros(r,c);
%% Display A
A = symmetric(A)
%% Display A as an indexed color image
figure(1), clf
imagesc(A)
axis square, title('A')
%% === return(0) ===
</syntaxhighlight>
:
:
:
== Skewsymmetric matrix ==
:
:
'''Copy/Paste into the octave window'''
<syntaxhighlight lang="Octave">
%% Skewsymmetric matrix
%%
%% Clear all user-defined variables
clear
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
function M = skewsymmetric(M)
[r,c] = size (M);
%% Skewsymmetric matrix
for i=1:r
for j=1:c
if (i==j)
M(i,j) = 0;
else
x = round(10*randn());
M(i,j) = x;
M(j,i) = -x;
endif
end
end
endfunction
%% ----------------------- */
%% ----------------------- */
%%
%% === main ===
%% Clear the terminal
clc
r = 6;
c = 6;
A = zeros(r,c);
%% Display A
A = skewsymmetric(A)
%% Display A as an indexed color image
figure(1), clf
imagesc(A)
axis square, title('A')
%% === return(0) ===
</syntaxhighlight>
[[Mathc matrices/c21r|.]]
{{AutoCat}}
njwq667d5v50lc438q4vwqp0bmwiafd
Modèle:DicoPhilo/Lettre
10
83137
767313
758732
2026-06-02T09:12:44Z
DavidL
1746
767313
wikitext
text/x-wiki
{{#ifeq:{{{1}}}|{{{2}}}|<span class="lettre" style="display:block; padding:6px 2px; background:linear-gradient(180deg, #5a5045, #4a4035); border:1px solid #3a352f; border-radius:4px; color:#ffffff; font-weight:700; font-size:0.95em;">{{{1}}}</span>|[[Dictionnaire de philosophie/{{{1}}}|<span class="lettre" style="display:block; padding:6px 2px; background:linear-gradient(180deg, #ffffff, #f5f4f2); border:1px solid #d5cdbd; border-radius:4px; color:#3a3530; font-weight:600; font-size:0.95em;">{{{1}}}</span>]]}}
h4dmpjh9otlpxklhlcyph2gzi11sulu
Discussion Wikilivres:Le Bistro/2026
5
83406
767305
767010
2026-06-01T21:08:41Z
MediaWiki message delivery
36013
/* Actualités techniques n° 2026-23 */ nouvelle section
767305
wikitext
text/x-wiki
== Actualités techniques n° 2026-03 ==
<section begin="technews-2026-W03"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/03|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* La Fondation Wikimedia a publié des questions directrices pour son plan annuel de juillet 2026 à juin 2027 sur les plateformes [[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027/Product & Technology OKRs|Meta]] et ''[[diffblog:2025/12/10/shaping-wikimedia-foundations-2026-2027-annual-goals-key-questions-for-the-wikimedia-movement/|Diff]]''. Celles-ci portent sur les tendances mondiales, une expérimentation plus rapide et plus constructive, un meilleur accompagnement des nouveaux contributeurs, le renforcement du rôle des éditeurs et des utilisateurs avancés, l'amélioration de la collaboration entre les projets, ainsi que le développement et la fidélisation du lectorat. Des commentaires et suggestions sont les bienvenus sur la [[m:Talk:Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027|page de discussion]].
'''Actualités pour la contribution'''
* Dans le cadre des travaux en cours de l'équipe technique communautaire sur le projet [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/W372|Listes de surveillance multiples]], l'affichage de [[Special:EditWatchlist|Modifier la liste de surveillance]] sera mis à jour entant que qu'une première étape vers la prise en charge de plusieurs listes de surveillance. De plus, la pagination de [[Special:Search|Recherche]] sera également mise à jour, dans le cadre du travail sur le souhait [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/W186|Refonte de la pagination / navigation des pages]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T411596]
* [[m:Special:GlobalWatchlist|La Liste de Surveillance Globale]] est une [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] de MediaWiki qui vous permet de voir vos listes de surveillance provenant de différents wikis sur la même page. Il a récemment été mis à jour pour ressembler davantage à la [[Special:Watchlist|Liste de surveillance]] régulière, par exemple en le préparant pour les comptes temporaires dans le masquage IP (y compris le réacheminement des liens des utilisateurs vers les pages de contributions), en mettant les titres de page en gras et en ouvrant les liens dans les résumés d'édition et les balises dans de nouveaux onglets du navigateur. [https://phabricator.wikimedia.org/T398361][https://phabricator.wikimedia.org/T298919][https://phabricator.wikimedia.org/T273526][https://phabricator.wikimedia.org/T286309]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:28|la tâche soumise|les {{formatnum:28}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:28||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème selon lequel les blocs globaux ne disposaient pas de l'option permettant de désactiver l'envoi d'e-mails a maintenant été résolu et sera disponible à l'utilisation à partir de la semaine du 13 janvier. [https://phabricator.wikimedia.org/T401293]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* L'[[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Citation tool|outil de citation VisualEditor]] et les [[mw:Special:MyLanguage/Help:Reference Previews|Aperçus de référence]] prennent désormais en charge "carte" comme type de référence. [https://phabricator.wikimedia.org/T411083]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.10|MediaWiki]]/[[mw:MediaWiki 1.46/wmf.11|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/03|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W03"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 12 janvier 2026 à 20:33 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29907192 -->
== Thank You for Last Year – Join Wiki Loves Ramadan 2026 ==
Dear Wikimedia communities,
We hope you are doing well, and we wish you a happy New Year.
''Last year, we captured light. This year, we’ll capture legacy.''
In 2025, communities around the world shared the glow of Ramadan nights and the warmth of collective iftars. In 2026, ''Wiki Loves Ramadan'' is expanding, bringing more stories, more cultures, and deeper global connections across Wikimedia projects.
We invite you to explore the ''Wiki Loves Ramadan 2026'' [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan 2026|Meta page]] to learn how you can participate and [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan 2026/Participating communities|sign up]] your community.
📷 ''Photo campaign on '' [[c:Special:MyLanguage/Commons:Wiki Loves Ramadan 2026|Wikimedia Commons]]
If you have questions about the project, please refer to the FAQs:
* [[m:Special:MyLanguage/Wiki Loves Ramadan/FAQ/|Meta-Wiki]]
* [[c:Special:MyLanguage/Commons:Wiki Loves Ramadan/FAQ|Wikimedia Commons]]
''Early registration for updates is now open via the '''[[m:Special:RegisterForEvent/2710|Event page]]'''''
''Stay connected and receive updates:''
* [https://t.me/WikiLovesRamadan Telegram channel]
* [https://lists.wikimedia.org/postorius/lists/wikilovesramadan.lists.wikimedia.org/ Mailing list]
We look forward to collaborating with you and your community.
'''The Wiki Loves Ramadan 2026 Organizing Team''' 16 janvier 2026 à 20:44 (CET)
<!-- Message envoyé par User:ZI Jony@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Non-Technical_Village_Pumps_distribution_list&oldid=29879549 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-04</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W04"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/04|Translations]] are available.
'''Updates for editors'''
* The tray shown on [[Special:Diff|Special:Diff]] in mobile view has been redesigned. It is now collapsed by default, and incorporates a link to undo the edit being viewed, making it easier for mobile editors and reviewers to take action while keeping the interface uncluttered. [https://phabricator.wikimedia.org/T402297]
* [[m:Special:GlobalWatchlist|The Global Watchlist]] lets you view your watchlists from multiple wikis on one page. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] continues to improve — it now automatically determines the text direction (ensuring correct display of sites with unusual domain names) and shows detailed descriptions for log actions. Later this week, a new permanent link for page creations and CSS classes for each entry element will be added. [https://phabricator.wikimedia.org/T412505][https://phabricator.wikimedia.org/T287929][https://phabricator.wikimedia.org/T262768][https://phabricator.wikimedia.org/T414135]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:32}} community-submitted {{PLURAL:32|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the previously observed issue in Vector 2022, where anchor link targets were obscured by the sticky header, has now been addressed. [https://phabricator.wikimedia.org/T406114]
'''Updates for technical contributors'''
* As mentioned in the [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2025/44|October 2025 deprecation announcement]], MediaWiki Interfaces team will begin sunsetting all transform endpoints containing a trailing slash from the MediaWiki REST API the week of January 26. Changes are expected to roll out to all wikis on or before January 30th. All API users currently calling them are encouraged to transition to the non-trailing slash versions. Both endpoint variations can be found, compared, and tested using the [https://test.wikipedia.org/wiki/Special:RestSandbox REST Sandbox]. If you have questions or encounter any problems, please file a ticket in Phabricator to the [https://phabricator.wikimedia.org/project/view/6931/ #MW-Interfaces-Team board].
* Interactive reference documentation for the [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia REST API|Wikimedia REST API]] has moved. Requests to API docs previously hosted through [[mw:Special:MyLanguage/RESTBase|RESTBase]] (e.g.: <code dir=ltr>https://en.wikipedia.org/api/rest_v1/</code>) are now redirected to the [[w:en:Special:RestSandbox|REST Sandbox]].
* The [[mw:Special:MyLanguage/Wikidata Platform|WMF Wikidata Platform team]] (WDP) has published its [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Wikidata Platform team/Newsletter|January 2026 newsletter]]. It includes updates on the legacy full-graph endpoint decommissioning, the User-Agent policy change, the monthly Blazegraph migration office hours, and efforts to reduce regressions caused by the legacy endpoint shutdown. As a reminder, you can [[m:Special:MyLanguage/Global message delivery/Targets/WDP team updates|subscribe to the WDP newsletter]]!
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.12|MediaWiki]]
'''Meetings and events'''
* The [[mw:Wikimedia Hackathon Northwestern Europe 2026|Wikimedia Hackathon Northwestern Europe 2026]] will take place on 13-14 March 2026 in Arnhem, the Netherlands. Applications opened mid-December and will close soon or when capacity is reached. It's a two-day, technically oriented hackathon bringing together Wikimedians from the region. Hope to see you there!
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/04|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W04"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 19 janvier 2026 à 21:29 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29943403 -->
== Révision annuelle du code universel de conduite et des lignes directrices de l'application ==
<section begin="announcement-content" />
Nous vous informons que la période de relecture annuelle du Code de conduite universel et des règles d'applications est actuellement ouverte. Vous pouvez faire vos commentaires sur les modifications que vous souhaitez apporter jusqu'au 9 février 2026. C'est la première d'une série d'étapes nécessaires pour la révision annuelle. Vous trouverez [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Annual review/2026|d'autres informations et les discussions auxquelles participer sur la page UCoC de Meta]].
Le [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Coordinating Committee|Comité de coordination du code universel de conduite]] (U4C — Universal Code of Conduct Coordinating Committee) est un groupe global dont le rôle est de fournir une implémentation équitable et cohérente de l'UCoC. Cette relecture annuelle a été envisagée et mise en place par l'U4C. Pour plus d'informations et les responsabilités de l'U4C, veuillez lire la [[m:Special:MyLanguage/Universal Code of Conduct/Coordinating Committee/Charter|Charte de l'U4C]].
Veuillez partager ces informations avec les autres membres concernés de votre communauté.
-- En coopération avec l'U4C, [[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User talk:Keegan (WMF)|discussion]])<section end="announcement-content" />
19 janvier 2026 à 22:01 (CET)
<!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=29905753 -->
== Actualités techniques n° 2026-05 ==
<section begin="technews-2026-W05"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/05|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* La Fondation Wikimedia invite à donner des commentaires sur [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Year1 Reflections and Proposed Way Forward 2026 Update|l’avenir proposé]] du [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council|Conseil consultatif des produits et technologies]] jusqu’au 28 février.
* Tous les utilisateurs disposant d'un compte enregistré peuvent désormais utiliser des clés d'accès pour la [[m:Special:MyLanguage/Help:Two-factor authentication|double authentification]] (2FA). Les clés d'accès sont un moyen simple de se connecter sans utiliser un second appareil. Elles vérifient l'identité de l'utilisateur à l'aide d'une empreinte digitale, d'une reconnaissance faciale ou d'un code PIN. Pour configurer une clé d'accès, configurez d'abord une méthode 2FA classique. Actuellement, pour se connecter avec une clé d'accès, les utilisateurs doivent également utiliser un mot de passe. Plus tard ce trimestre, la connexion sans mot de passe permettra aux utilisateurs de se connecter d'un simple clic avec une clé d'accès. Les utilisateurs disposant de droits avancés devront également avoir la 2FA activée. Cela fait partie du projet [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Account Security|Sécurité du compte]].
* Les contributeurs non enregistrés sur des IP bloquées ou des plages d'IP bloquées peuvent désormais interagir sur le wiki pour faire appel d'un blocage en créant un compte temporaire afin de contester un blocage sur la page de discussion de l'utilisateur, sauf si l'option « empêcher cet utilisateur de modifier sa propre page de discussion » est activée. Cela résout le problème des utilisateurs déconnectés incapables d'utiliser le processus de déblocage par défaut via la page de discussion de l'utilisateur. [https://phabricator.wikimedia.org/T398673]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:20|la tâche soumise|les {{formatnum:20}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:20||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, la description des méthodes d'authentification à deux facteurs (2FA) sur la page de gestion a été mise à jour. Il est désormais plus clair et plus facile pour les utilisateurs à comprendre et à utiliser. [https://phabricator.wikimedia.org/T332385]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Une nouvelle variable AbuseFilter, <code>account_type</code>, a été ajoutée pour fournir un moyen fiable de déterminer le type de compte créé dans les actions <code>createaccount</code> et <code>autocreateaccount</code>. Dans le cadre de ce changement, la variable <code>accountname</code> a été renommée en <code>account_name</code>, et <code>accountname</code> est désormais obsolète. Les gestionnaires de filtres doivent mettre à jour tous les filtres qui utilisent des vérifications de type de compte codées en dur ou la variable obsolète. [https://phabricator.wikimedia.org/T414049]
* Les vignettes d'images demandées dans des tailles non standard, et en utilisant des méthodes non standard telles que les requêtes directes à <code dir=ltr><nowiki>upload.wikimedia.org/…</nowiki></code>, cesseront de fonctionner dans un proche avenir. Ce changement vise à prévenir les abus externes continus par des robots et des aspirateurs web. Certains utilisateurs ayant des CSS/JS personnalisés, les administrateurs d'interface qui peuvent corriger les gadgets et les thèmes locaux, ainsi que les auteurs d'outils, devront mettre à jour leur code pour utiliser des tailles de vignettes standard. [[phab:T414805|Des détails, des liens de recherche et des exemples de correction sont disponibles dans la tâche]].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.13|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/05|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W05"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 26 janvier 2026 à 22:17 (CET)
<!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=29969530 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-06</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W06"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/06|Translations]] are available.
'''Updates for editors'''
* The "{{int:pageinfo-toolboxlink}}" feature, which gives validating information about a page ([{{fullurl:{{FULLPAGENAME}}|action=info}} example]), now automatically includes a table of contents. If there is a local [[{{ns:8}}:Pageinfo-header]] page created by individual users, it can now be removed. [https://phabricator.wikimedia.org/T363726]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:21}} community-submitted {{PLURAL:21|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, VisualEditor previously added bold or italic formatting inside link descriptions, making the wikicode complex. This has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T409669]
'''Updates for technical contributors'''
* There was no XML dump on 20 January. Additionally, from now on, dumps will be generated once per month only. [https://phabricator.wikimedia.org/T414389]
* The MediaWiki Interfaces team removed support for all transform endpoints containing a trailing slash from the [https://www.mediawiki.org/wiki/Special:MyLanguage/API:REST%20API MediaWiki REST API]. All API users currently calling those endpoints are encouraged to transition to the non-trailing slash versions. If you have questions or encounter any problems, please file a ticket in phabricator to the [https://phabricator.wikimedia.org/project/view/6931/ #MW-Interfaces-Team board].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.14|MediaWiki]]
'''Weekly highlight'''
* Users are reminded that the Wikimedia Foundation has shared some guiding questions for the July 2026–June 2027 Annual Plan on [[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027/Product & Technology OKRs|Meta]] and ''[[diffblog:2025/12/10/shaping-wikimedia-foundations-2026-2027-annual-goals-key-questions-for-the-wikimedia-movement/|Diff]]''. These focus on global trends, faster and healthier experimentation, better support for newcomers, strengthening editors and advanced users, improving collaboration across projects, and growing and retaining readership. Feedback and ideas are welcome on the [[m:Talk:Wikimedia Foundation Annual Plan/2026-2027|talk page]].
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/06|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W06"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 2 février 2026 à 18:43 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30000986 -->
== Actualités techniques n° 2026-07 ==
<section begin="technews-2026-W07"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* [[File:Maki-gift-15.svg|12px|link=|class=skin-invert|Concerne un souhait]] Les contributeurs connectés qui gèrent de grandes ou complexes listes de suivi peuvent désormais organiser et filtrer les pages surveillées de manière à améliorer leurs flux de travail grâce à la nouvelle fonctionnalité [[mw:Special:MyLanguage/Help:Watchlist labels|Étiquettes de liste de suivi]]. En ajoutant des étiquettes personnalisées (par exemple : pages que vous avez créées, pages surveillées pour vandalisme, ou pages de discussion), les utilisateurs peuvent identifier plus rapidement ce qui nécessite une attention, réduire la charge cognitive et répondre plus efficacement. Cela améliore l'utilisabilité de la liste de suivi, en particulier pour les éditeurs très actifs.
* Une nouvelle fonctionnalité disponible sur [[Special:Contributions|Special:Contributions]] montre [[mw:Special:MyLanguage/Trust and Safety Product/Temporary Accounts|des comptes temporaires]] qui sont probablement utilisés par la même personne, et rend ainsi le patrouillage moins chronophage. En vérifiant les contributions d'un compte temporaire, les utilisateurs ayant accès aux adresses IP des comptes temporaires peuvent désormais avoir une vue des contributions des comptes temporaires associés. La fonctionnalité recherche toutes les adresses IP associées à un compte temporaire donné pendant la période de conservation des données et affiche toutes les contributions de tous les comptes temporaires ayant utilisé ces adresses IP. [[mw:Special:MyLanguage/Trust and Safety Product/Temporary Accounts#February 2026: Improvements to the patroller tooling|Plus...]] [https://phabricator.wikimedia.org/T415674]
* Lorsque les éditeurs prévisualisent une modification de wikitexte, la boîte de rappel indiquant qu'ils ne voient qu'une prévisualisation (qui est affichée en haut) a désormais un fond gris/neutre au lieu d'un fond jaune/d'avertissement. Cela facilite la distinction entre les notes de prévisualisation et les avertissements réels (par exemple, les conflits de modification ou les cibles de redirection problématiques), qui seront désormais affichés dans des boîtes d'avertissement ou d'erreur séparées. [https://phabricator.wikimedia.org/T414742]
* La [[m:Special:GlobalWatchlist|Liste de suivi globale]] vous permet de consulter vos listes de suivi provenant de plusieurs wikis sur une seule page. L' [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] continue de s'améliorer — elle prend désormais en charge correctement plus d'un site Wikibase, par exemple à la fois [[d:|Wikidata]] et [[testwikidata:|testwikidata]]. De plus, des problèmes concernant la direction du texte ont été résolus pour les utilisateurs qui préfèrent Wikidata ou d'autres sites Wikibase dans des langues de droite à gauche (RTL). [https://phabricator.wikimedia.org/T415440][https://phabricator.wikimedia.org/T415458]
* <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The automatic "magic links" for ISBN, RFC, and PMID numbers have been [[mw:Special:MyLanguage/Help:Magic links|deprecated in wikitext since 2021]] due to inflexibility and difficulties with localization. Several wikis have successfully replaced RFC and PMID magic links with equivalent external links, but a template was often required to replace the functionality of the ISBN magic link. There is now a new [[mw:Special:MyLanguage/Help:Magic words#isbn|built-in parser function]] <code dir=ltr><nowiki>{{#isbn}}</nowiki></code> available to replace the basic functionality of the ISBN magic link. This makes it easier for wikis who wish to migrate off of the deprecated magic link functionality to do so.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T145604]
* Deux nouveaux wikis ont été créés :
** un {{int:project-localized-name-group-wikipedia}} dans [[d:Q35401|Jju]] ([[w:kaj:|<code>w:kaj:</code>]]) [https://phabricator.wikimedia.org/T413283]
** un {{int:project-localized-name-group-wikipedia}} dans [[d:Q1186896|Nawat]] ([[w:ppl:|<code>w:ppl:</code>]]) [https://phabricator.wikimedia.org/T413273]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:23|la tâche soumise|les {{formatnum:23}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:23||s}} la semaine dernière]].
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Un nouveau groupe d'utilisateurs global a été créé : [[{{int:grouppage-local-bot}}|{{int:group-local-bot}}]]. Il sera utilisé en interne par le logiciel pour permettre aux robots communautaires de contourner les limites de débit appliquées aux [[w:en:Web_scraping|web scrapers]] abusifs. Les comptes approuvés en tant que robots sur au moins un wiki Wikimedia seront automatiquement ajoutés à ce groupe. Cela ne changera pas les autorisations dont dispose le robot. [https://phabricator.wikimedia.org/T415588]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.15|MediaWiki]]
'''Rencontres et évènements'''
* La [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Users and Developers Conference Spring 2026|Conférence des utilisateurs et des développeurs de MediaWiki, Printemps 2026]] se tiendra du 25 au 27 mars à Salt Lake City, États-Unis. Cet événement est organisé par et pour la communauté MediaWiki de tiers. Vous pouvez proposer des sessions et vous inscrire pour y assister. [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/wikitech-l@lists.wikimedia.org/thread/AZBWVI46SDEB65PGR5J6E4TYOQQEZXM7/]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W07"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 10 février 2026 à 00:30 (CET)
<!-- Message envoyé par User:Quiddity (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30026671 -->
== Actualités techniques n° 2026-08 ==
<section begin="technews-2026-W08"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/08|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* <span class="mw-translate-fuzzy">L'[[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Site Reliability Engineering|équipe SRE]] va procéder au nettoyage d'[[m:Special:MyLanguage/Etherpad|Etherpad]], l'éditeur web open source de documents collaboratifs en temps réel. Tous les blocs-notes seront définitivement supprimés après le 30 avril 2026 – si des projets de migration sont encore en cours à cette date, l'équipe pourra réexaminer la date au cas par cas. Veuillez effectuer des sauvegardes locales de tout contenu que vous souhaitez conserver, car les données supprimées ne pourront pas être récupérées. Ce nettoyage permet de réduire la taille de la base de données et l'empreinte de l'infrastructure. Etherpad continuera de prendre en charge la collaboration en temps réel, mais le stockage à long terme n'est plus assuré. D'autres nettoyages pourront avoir lieu ultérieurement sans préavis.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T415237]
'''Actualités pour la contribution'''
* L'équipe de Recherche d'Informations lancera une [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Information Retrieval/Phase 1|expérimentation sur l'application mobile Android]], afin de tester des fonctionnalités de recherche hybrides capables de gérer à la fois les requêtes sémantiques et par mots-clés. L'amélioration de la recherche sur la plateforme permettra aux lecteurs de trouver plus facilement ce qu'ils cherchent, directement sur Wikipédia. L'expérimentation sera d'abord lancée sur Wikipédia en grec fin février, puis sur les versions anglaise, française et portugaise en mars. [https://diff.wikimedia.org/2026/01/08/semantic-search-making-it-easier-to-find-the-information-readers-want/ En savoir plus] sur le blog ''Diff''. [https://www.mediawiki.org/wiki/Readers/Information_Retrieval]
* L'équipe « Croissance des lecteurs » mènera [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/WE3.10.2 Mobile Table of Contents|une expérience]] auprès des utilisateurs de la version mobile du site web qui ajoute une table des matières et développe automatiquement toutes les sections des articles, afin de mieux comprendre les problèmes de navigation qu'ils rencontrent. Le test sera disponible sur les versions arabe, chinoise, anglaise, française, indonésienne et vietnamienne de Wikipedia.
* Auparavant, les notifications ([[{{ns:8}}:Sitenotice]] et [[{{ns:8}}:Anonnotice]]) du site ne s'affichaient que sur la version ordinateur. Maintenant, elles s'afficheront désormais sur toutes les plateformes. Les utilisateurs mobiles verront ces notifications. Les administrateurs du site doivent être prêts à tester et à corriger les notifications sur les appareils mobiles afin d'éviter toute interférence avec les articles. Pour désactiver ces notifications, les administrateurs d'interface peuvent ajouter <code dir="ltr">#siteNotice { display: none; }</code> à [[{{ns:8}}:Minerva.css]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T138572][https://phabricator.wikimedia.org/T416644]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:19|la tâche soumise|les {{formatnum:19}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:19||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème concernant la section ''[[Special:RecentChanges|Spécial:Modifications récentes]]'' a été résolu. Auparavant, cliquer sur « Masquer » dans les filtres actifs entraînait la disparition du bouton « Afficher les nouvelles modifications depuis… », alors qu'il aurait dû rester visible. Ce bouton fonctionne désormais correctement. [https://phabricator.wikimedia.org/T406339]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Une nouvelle documentation est désormais disponible pour aider les rédacteurs à déboguer les fonctionnalités de recherche interne. Elle facilite le dépannage lorsque des pages n'apparaissent pas dans les résultats, lorsque le classement semble inattendu et lorsqu'il est nécessaire d'inspecter le contenu indexé, ce qui permet de mieux comprendre et d'analyser le comportement de la recherche. [[mw:Help:CirrusSearch/Debug|En savoir plus]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T411169]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.16|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/08|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W08"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 16 février 2026 à 20:17 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30086330 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-09</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W09"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/09|Translations]] are available.
'''Weekly highlight'''
* [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Reference Check|Reference Check]] has been deployed to English Wikipedia, completing its rollout across all Wikipedias. The feature prompts newcomers to add a citation before publishing new content, helping reduce common citation-related reverts and improve verifiability. In A/B testing, the impact was substantial: newcomers shown Reference Check were approximately 2.2 times more likely to include a reference on desktop and about 17.5 times more likely on mobile web. [https://analytics.wikimedia.org/published/reports/editing/reference_check_ab_test_report_final_2025.html]
'''Updates for editors'''
* The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:InterwikiSorting|InterwikiSorting extension]], which allowed for the [[m:Special:MyLanguage/Interwiki sorting order|sorting of interwiki links]], has been undeployed from Wikipedia. As a result, editors who had enabled interwiki link sorting in non-compact mode (full list format) will now see links reordered. The links moving forward will be listed in the alphabetical order of language code. [https://phabricator.wikimedia.org/T253764]
* Later this week, people who are editing a page-section using the mobile visual editor, will notice a new "Edit full page" button. When tapped, you will be able to edit the entire article. This helps when the change you want to make is outside the section you initially opened. [https://phabricator.wikimedia.org/T387175][https://phabricator.wikimedia.org/T409112]
* [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|The Reader Experience team]] is inviting editors to assess whether dark mode should still be considered "beta" on their wiki, based on their experience of how well it functions on desktop and mobile. If the feature is deemed mature, editors can update the interface messages in <code dir=ltr>MediaWiki:skin-theme-description</code> and <code dir=ltr>MediaWiki:Vector-night-mode-beta-tag</code> to indicate that dark mode is ready and no longer considered beta.
* The improved [[mw:Wikimedia_Apps/Team/iOS/Activity_Tab|Activity tab]] which displays user-insights is now available to all users of the Wikipedia iOS app (version 7.9.0 and later). Following earlier A/B testing that showed higher account creation among users with access to the feature, it has been rolled out to 100% of users along with some updates. The Activity tab now shows your edited articles in the timeline, offers editing impact insights like contribution counts and article view trends, and customization options to improve in-app experience for users.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:21}} community-submitted {{PLURAL:21|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, a bug that prevented [[mw:Special:MyLanguage/Extension:DiscussionTools|DiscussionTools]] from working on mobile has now been fixed, restoring full functionality. [https://phabricator.wikimedia.org/T415303]
'''Updates for technical contributors'''
* The [[m:Special:GlobalWatchlist|Global Watchlist]] lets you view your watchlists from multiple wikis on one page. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] that makes this possible continues to improve. The latest upgrade is the inclusion of a [[mw:Extension:GlobalWatchlist#hook|new hook]], <code dir=ltr>ext.globalwatchlist.rebuild</code>, which fires after each watchlist rebuild. This allows you to run gadgets and user scripts for the Special page. [https://phabricator.wikimedia.org/T275159]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.17|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/09|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W09"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 23 février 2026 à 20:03 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30119102 -->
== Actualités techniques n° 2026-10 ==
<section begin="technews-2026-W10"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/10|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* Le [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments|mode Anniversaire]] Wikipedia 25 est maintenant disponible sur Wikipédia en français, anglais, betawi, breton, chinois, espagnol, gorontalo, indonésien, italien, luxembourgeois, madurais, néerlandais, sicilien, tchèque, thaï et vietnamien ! Cette campagne à temps limitée célèbre 25 ans de Wikipédia avec une mascotte : « Baby Globe », disponible sous la forme d'un réglage. Lorsque ce réglage est activé, Baby Globe est montrée sur [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments/article configuration|environ 2 500 articles]], attendant d'être découverte par des lecteurs. Chaque communauté peut choisir d'activer le mode Anniversaire par consensus et en demandant à un administrateur de le rendre disponible et de le personaliser via une [[m:Special:MyLanguage/Wikipedia 25/Easter egg experiments#Community Configuration Demo|configuration]] sur le wiki local.
'''Actualités pour la contribution'''
* Le [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|sous-référencement]], une nouvelle fonctionalité pour réutiliser des références avec des détails différents est maintenant disponible sur Wikipédia en suédois, polonais et [[:phab:T418209|quelques autres]]. Vous pouvez [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing#test|essayer la fonctionalité]] sur ces projets ou sur testwiki et [https://en.wikipedia.beta.wmcloud.org/wiki/Sub-referencing betawiki]. Les retours des premiers essais sur Wikipédia en allemand ont été [[:m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing/Learnings|publiés dans un rapport]]. Contactez l'équipe de Wikimédia Allemagne si vous êtes [[:m:Talk:WMDE Technical Wishes/Sub-referencing#Pilot wikis|intéressés pour devenir un wiki pilote]].
* La [[mw:Special:MyLanguage/Help:Edit check#Paste check|vérification du collage clavier]] sera disponible sur tous les Wikipédias cette semaine. Cette fonctionalité avertit les nouveaux contributeurs qui collent du texte qu'ils n'ont probablement pas écrit de vérifier si laisser celui-ci risque de causer une violation du droit d'auteur. La vérification du collage clavier [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Tags|marque]] toutes les modifications où l'avertissement a été montré pour permettre leur vérification. Les administrateurs locaux peuvent configurer les différents aspects de cette fonctionalité à travers [[{{#special:EditChecks}}]]. Des [[mw:Special:MyLanguage/Edit check/Paste Check#A/B Experiment|études]] sur 22 wikis ont montré que cette vérification permet une réduction de 18% des annulations comparé au groupe de contrôle. Les traducteurs peuvent [https://translatewiki.net/w/i.php?title=Special%3ATranslate&group=ext-visualeditor-ve-mw-editcheck&filter=&optional=1&action=translate aider à traduire] cette fonctionalité.
* <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|Reader Experience team]] will be standardizing the user menu in the top right for all mobile users so that it is closer to the desktop experience. Currently this user menu is only visible to users with Advanced Mobile Controls (AMC) turned on. The only change is that a couple buttons previously in the left-side menu will move to the top right for users who do not have AMC turned on. This change is expected to go out March 9 and seeks to improve the user interface.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T413912]
* À partir de la semaine du 2 mars, les emails envoyés lorsqu'une adresse email a été ajoutée, supprimée ou changée pour un compte changera pour adopter un formattage HTML beaucoup plus agréable et plus clair que le texte brut précédent. [https://phabricator.wikimedia.org/T410807]
* Les notifications sont actuellement limitées à 2 000 entrées historiques par utilisateur et remontent à 2013 lorsque la fonctionnalité a été publiée. Le système va être modifié pour ne stocker que les notifications des 5 dernières années, mais jusqu'à 10 000 d'entre elles. Cela contribuera à la santé à long terme des infrastructures et à empêcher que les notifications plus récentes disparaissent trop tôt. [https://phabricator.wikimedia.org/T383948]
* <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The [[m:Special:GlobalWatchlist|Global Watchlist]] which lets you view your watchlists from multiple wikis on a single page continues to see improvements. The latest update improves label usage experience. The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:GlobalWatchlist|extension]] now allows activating the [[mw:Special:MyLanguage/Manual:Language#Fallback languages|language fallback system]] for Wikidata items without labels in the viewed language, and showing those labels in the user’s preferred Wikidata language if no <code dir=ltr>uselang=</code> URL parameter is provided.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T373686][https://phabricator.wikimedia.org/T416111]
* L'équipe Wikipédia Android a commencé un test beta de la [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Information Retrieval/Phase 1|recherche hybride]] sur Wikipédia en grec. Cette recherche hybride supporte les requêtes sémantique et par mot clés, permettant aux utilisateurs de trouver ce qu'ils cherchent plus facilement.
* Pour des raisons de sécurité, les membres de certains groupes sont [[m:Special:MyLanguage/Mandatory two-factor authentication for users with some extended rights|forcés d'avoir la double authentification]] (A2F) d'activée. Actuellement, l'A2F n'est nécessaire que pour utiliser les droits du groupe, et non pour en faire partie. Vu que ce système admet certaines failles, il sera [[phab:T418580|changé graduellement en mars]]. Les membres de ces groupes ne pourront plus désactiver la dernière méthose d'A2F sur leur compte, et il sera impossible d'ajouter des utilisateurs sans A2F à ces groupes. Il sera toujours possible de rajouter d'autres méthodes d'authentification et d'en enlever, tant qu'une est toujours activée. Dans la seconde moitié de mars, les utilisateurs sans A2F seront retirés de ces groupes. Cela s'applique aux administrateurs CentralNotice, aux vérificateurs d'utilisateurs, aux administrateurs d'interface, aux masqueurs, aux staff de Wikidata et Wikifonctions ainsi qu'aux bureaux IT et Confiance et sécurité de la WMF. Rien ne changera pour les autres utilisateurs. Voir la tâche liée pour le calendrier de déploiement. [https://phabricator.wikimedia.org/T418580]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:27|la tâche soumise|les {{formatnum:27}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:27||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème empêchant les utilisateurs de créer une instance dans [https://www.wikibase.cloud/ Wikibase.cloud] a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T416807]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">To help ensure [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|fair use of infrastructure]], over the next month the Wikimedia Foundation will implement global API rate limits across our APIs. In early March, stricter limits will be applied to unidentified requests from outside Toolforge/WMCS and API requests that are made from web browsers. In April, higher limits will be applied to identified traffic. These limits are intentionally set as high as possible to minimise impact on the community. Bots running in Toolforge/WMCS or with the bot user right on any wiki should not be affected for now. However, all developers are advised to follow updated best practices. For more information, see [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|Wikimedia APIs/Rate limits]].</span>
* <span lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">The Wikidata Query Service Linked Data Fragment (LDF) endpoint will be decommissioned in February. This endpoint served limited traffic, which was successfully migrated to other data access methods that were better suited to support existing use cases. The hardware used to support the LDF endpoint will be reallocated to support the ongoing backend migration efforts.</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T415696]
* Le nouvel analyseur syntaxique Parsoid [[mw:Special:MyLanguage/Parsoid/Parser Unification/Updates|continue d'être déployés sur plus de wikis]], améliorant la pérennité de la platforme et rendant plus facile l'ajout de nouvelles fonctionalités de lecture et de modification. Parsoid est maintenant l'analyseur par défaut sur 488 wikis de la WMF (268 Wikipédias), couvrant plus de 10% de toutes les lectures de pages Wikipédia.
* Le processus et les critères pour [[Special:MyLanguage/Wikimedia Enterprise#Access|demander un accès exceptionnel]] au flux à fort volume de l'API ''Wikimédia Entreprise'' (sans coût pour des utilisations en rapport à notre mission) [[m:Talk:Wikimedia Enterprise#Exceptional access criteria|ont maintenant été publiés]]. Notre but est de donner une documentation plus claire et plus complète aux utilisateurs.
* [https://techblog.wikimedia.org/ Le blog Tech], dédié à la communité technique de Wikimédia [https://techblog.wikimedia.org/2026/02/24/a-tech-blog-diff/ va migrer] vers [[diffblog:|Diff]], le blog pour les nouvelles et événements de la communauté. La migration devrait être terminée en Avril 2026, après quoi les nouveaux posts seront acceptés pour être publiés. Les lecteurs pourront lire les posts - anciens ou nouveaux - sur https://diff.wikimedia.org/.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.18|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/10|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W10"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 2 mars 2026 à 18:51 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30137798 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-11</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W11"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/11|Translations]] are available.
'''Weekly highlight'''
* [[m:Special:MyLanguage/Tech/Server switch|All wikis will be read-only]] for a few minutes on Wednesday, 25 March 2026 at [https://zonestamp.toolforge.org/1774450800 15:00 UTC]. This is for the datacenter server switchover backup tests, [[wikitech:Deployments/Yearly calendar|which happen twice a year]]. During the switchover, all Wikimedia website traffic is shifted from one primary data center to the backup data center to test availability and prevent service disruption even in emergencies.
* Last week, all wikis had 2 hours of read-only time, and extended unavailability for user-scripts and gadgets. This was due to a security incident which has since been resolved. Work is ongoing to prevent re-occurrences. For current information please see the [[m:Steward's noticeboard#Statement on Meta about today's user script security incident|post on the Stewards' noticeboard]] ([[m:Special:MyLanguage/Wikimedia Foundation/Product and Technology/Product Safety and Integrity/March 2026 User Script Incident|translations]]).
'''Updates for editors'''
* Users facing multiple blocks on mobile will now see the reasons for each block separately, instead of a generic message. This helps them understand why they are blocked and what steps they can take to resolve the issue. For example, users affected for using common VPNs (such as [[Special:MyLanguage/Apple iCloud Private Relay|iCloud Private Relay]]) will receive clearer guidance on what they need to do to start editing again. [https://phabricator.wikimedia.org/T357118]
* Later this week, [[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Suggestion Mode|Suggestion Mode]] will become available as a beta feature within the visual editor at all Wikipedias. This feature proactively suggests various types of actions that people can consider taking to improve Wikipedia articles, and learn about related guidelines. The feature is locally configurable, and can also be locally expanded with custom Suggestions. Current settings can be seen at [[Special:EditChecks]] and there are [[mw:Special:MyLanguage/Help:Suggestion mode#For administrators %E2%80%93 local customization|instructions for how administrators can customize]] the links to point to local guidelines. The feature is connected to [[mw:Special:MyLanguage/Help:Edit check|Edit check]] which suggests improvements while someone is writing new content. In the future, the Editing team plans to evaluate the feature's impact with newcomers through a controlled experiment. [https://phabricator.wikimedia.org/T404600]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:23}} community-submitted {{PLURAL:23|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the issue where the cursor became misaligned during the use of CodeMirror’s syntax highlighting, which makes wikitext and code easier to read, has now been fixed. This problem specifically affected users who defined a font rule in a custom stylesheet while creating a new topic with DiscussionTools. [https://phabricator.wikimedia.org/T418793]
'''Updates for technical contributors'''
* API rate limiting update: To help ensure [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|fair use of infrastructure]], global API rate limits will be applied this week to requests without a compliant User-Agent that originate from outside Toolforge/WMCS and to unauthenticated requests made from web browsers. Higher limits will be applied to identified traffic in April. Bots running in Toolforge/WMCS or with the bot user right on any wiki should not be affected for now. However, all developers are advised to follow updated best practices. For more information, see [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|Wikimedia APIs/Rate limits]].
* The new GraphQL API has been released. The API was developed as a flexible alternative to select features of the Wikidata Query Service (WDQS), to improve developer experience and foster adaptability, and efficient data access. Try it out and [[d:Wikidata:Wikibase GraphQL#Feedback and development|give feedback]]. You can also [https://greatquestion.co/wikimediadeutschland/GraphQLAPI/apply sign up for usability tests].
* The [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Unsupported Tools Working Group|PTAC Unsupported Tools Working Group]] continued improvements to [[commons:Special:MyLanguage/Commons:Video2commons#|Video2Commons]] in February, with fixes addressing authentication errors, large-file handling, task queue visibility, and clearer upload behavior. Work is still ongoing in some areas, including changes related to deprecated server-side uploads. Read [[m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/Unsupported Tools Working Group#February 2026|this update]] to learn more.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.19|MediaWiki]]
'''In depth'''
* The Article Guidance team invites experienced Wikipedia editors from selected [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Pilot wikis and collaborators#Collaborators|pilot wikis]] and interested contributors from other Wikipedias to fill out this questionnaire which is available in [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfmLeVWnxmsCbPoI_UF2jyRcn73WRGWCVPHzerXb4Cz97X_Ag/viewform English], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSd6rzr4XXQw8r4024fE3geTPFe13M_6w7Mitj-YJi0sOlWTAw/viewform?usp=header Arabic], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdok3-RfB18lcugYTUMGkpwmqG_8p760Wv4dCXitOXOszjUDw/viewform?usp=header Bengali], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjTfYp4jEo0akA4B1e-Nfg3QZPCudUjhJzHzzDi6AHyAaMGA/viewform?usp=header Japanese], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScteVoI29Aue4xc72dekk-6RYtvmMgQxzMI900UOawrFrSTWg/viewform?usp=header Portuguese], [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSetdxnYwL3ub2vqA7awCg5hJZPMIYcDPaiTe12rY9h0GYnVlw/viewform?usp=header Persian], and [https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScNvfJF-Ot-4pzA4qAN771_0QDJ4Li19YcUsaTgSKW8Nc7U_Q/viewform?usp=header Turkish]. Your answers will help the team customize guidance for less experienced editors and help them learn community policies and practices while creating an article. Learn more [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|on the project page]].
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/11|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W11"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 9 mars 2026 à 19:52 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30213008 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-12</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W12"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/12|Translations]] are available.
'''Updates for editors'''
* The [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature, also known as [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror 6]], has been used for wikitext syntax highlighting since November 2024. It will be promoted out of beta by May 2026 in order to bring improvements and new [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Features|features]] to all editors who use the standard syntax highlighter. If you have any questions or concerns about promoting the feature out of beta, [[mw:Special:MyLanguage/Help talk:Extension:CodeMirror|please share]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T259059]
* Some changes to local user groups are performed by stewards on Meta-Wiki and logged there only. Now, interwiki rights changes will be logged both on Meta-Wiki and the wiki of the target user to make it easier to access a full record of user's rights changes on a local wiki. Past log entries for such changes will be backfilled in the coming weeks. [https://phabricator.wikimedia.org/T6055]
* On wikis using [[m:Special:MyLanguage/Flagged Revisions|Flagged Revisions]], the number of pending changes shown on [[{{#Special:PendingChanges}}]] previously counted pages which were no longer pending review, because they have been removed from the system without being reviewed, e.g. due to being deleted, moved to a different namespace, or due to wiki configuration changes. The count will be correct now. On some wikis the number shown will be much smaller than before. There should be no change to the list of pages itself. [https://phabricator.wikimedia.org/T413016]
* Wikifunctions composition language has been rewritten, resulting in a new version of the language. This change aims to increase service stability by reducing the orchestrator's memory consumption. This rewrite also enables substantial latency reduction, code simplification, and better abstractions, which will open the door to later feature additions. Read more about [[f:Special:MyLanguage/Wikifunctions:Status updates/2026-03-11|the changes]].
* Users can now sort search results alphabetically by page title. The update gives an additional option to finding pages more easily and quickly. Previously, results could be sorted by Edit date, Creation date, or Relevance. To use the new option, open 'Advanced Search' on the search results page and select 'Alphabetically' under 'Sorting Order'. [https://phabricator.wikimedia.org/T403775]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:28}} community-submitted {{PLURAL:28|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the bug that prevented UploadWizard on Wikimedia Commons from importing files from Flickr has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T419263]
'''Updates for technical contributors'''
* A new special page, [[{{#special:LintTemplateErrors}}]], has been created to list transcluded pages that are flagged as containing lint errors to help users discover them easily. The list is sorted by the number of transclusions with errors. For example: [[{{#special:LintTemplateErrors}}/night-mode-unaware-background-color]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T170874]
* Users of the [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature have been using [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] instead of [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] for syntax highlighting when editing JavaScript, CSS, JSON, Vue and Lua content pages, for some time now. Along with promoting CodeMirror 6 out of beta, the plan is to replace CodeEditor as the standard editor for these content models by May 2026. [[mw:Special:MyLanguage/Help talk:Extension:CodeMirror|Feedback or concerns are welcome]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T419332]
* The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] JavaScript modules will soon be upgraded to CodeMirror 6. Leading up to the upgrade, loading the <code dir=ltr>ext.CodeMirror</code> or <code dir=ltr>ext.CodeMirror.lib</code> modules from gadgets and user scripts was deprecated in July 2025. The use of the <code dir=ltr>ext.CodeMirror.switch</code> hook was also deprecated in March 2025. Contributors can now make their scripts or gadgets compatible with CodeMirror 6. See the [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror#Gadgets and user scripts|migration guide]] for more information. [https://phabricator.wikimedia.org/T373720]
* The MediaWiki Interfaces team is expanding coverage of REST API module definitions to include [[mw:Special:MyLanguage/API:REST API/Extensions|extension APIs]]. REST API modules are groups of related endpoints that can be independently managed and versioned. Modules now exist for [https://phabricator.wikimedia.org/T414470 GrowthExperiments] and [https://phabricator.wikimedia.org/T419053 Wikifunctions] APIs. As we migrate extension APIs to this structure, documentation will move out of the main MediaWiki OpenAPI spec and REST Sandbox view, and will instead be accessible via module-specific options in the dropdown on the [https://test.wikipedia.org/wiki/Special:RestSandbox REST Sandbox] (i.e., [[{{#Special:RestSandbox}}]], available on all wiki projects).
* The [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto|Scribunto]] extension provides different pieces of information about the wiki where the module is being used via the [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto/Lua reference manual|mw.site]] library. Starting last week, the library also provides a [[mw:Special:MyLanguage/Extension:Scribunto/Lua reference manual#mw.site.wikiId|way]] of accessing the [[mw:Special:MyLanguage/Manual:Wiki ID|wiki ID]] that can be used to facilitate cross-wiki module maintenance. [https://phabricator.wikimedia.org/T146616]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.20|MediaWiki]]
'''In depth'''
* The [[m:Special:MyLanguage/Coolest Tool Award|2026 Coolest Tool Award]] celebrating outstanding community tools, is now open for nominations! Nominate your favorite tool using the [https://wikimediafoundation.limesurvey.net/435684?lang=en nomination survey] form by 23 March 2026. For more information on privacy and data handling, please see the [[foundation:Special:MyLanguage/Legal:Coolest_Tool_Award_2026_Survey_Privacy_Statement|survey privacy statement]].
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/12|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W12"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 16 mars 2026 à 20:35 (CET)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30260505 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Upcoming deployment of CampaignEvents extension to Wikibooks</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="message"/>
Hello everyone,
We are writing to inform you that the [[mw:Help:Extension:CampaignEvents|CampaignEvents extension]] will be deployed to all Wikibooks projects during the week of '''23 March 2026'''.
This follows last year’s broader rollout across Wikimedia projects. We realized that Wikibooks was not included at the time, and we’re now addressing that to ensure consistency across all communities.
The CampaignEvents extension provides tools to support event and campaign organization on-wiki, including features like on-wiki event registration and collaboration lists(global event list).
We welcome any questions, feedback, or concerns you may have. We are also happy to support anyone interested in trying out the tools.
''Apologies if this message is not in your preferred language. If you’re able to help translate it for your community, please feel free to do so.''
<section end="message"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:Udehb-WMF|Udehb-WMF]] ([[User talk:Udehb-WMF|discussion]]) 19 mars 2026 à 19:22 (CET)</bdi>
<!-- Message envoyé par User:Udehb-WMF@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=User:Udehb-WMF/sandbox/MM_target&oldid=30284073 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-13</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W13"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/13|Translations]] are available.
'''Weekly highlight'''
* Wikimedia site users can now log in without a password using passkeys. This is a secure method supported by fingerprint, facial recognition, or PIN. With this change, all users who opt for passwordless login will find it easier, faster, and more secure to log in to their accounts using any device. The new passkey login option currently appears as an autofill suggestion in the username field. An additional [[phab:T417120|"Log in with passkey" button]] will soon be available for users who have already registered a passkey. This update will improve security and user experience. The [[c:File:Passwordless_login_screencast.webm|screen recording]] demonstrates the passwordless login process step by step.
* [[m:Special:MyLanguage/Tech/Server switch|All wikis will be read-only]] for a few minutes on Wednesday, 25 March 2026 at [https://zonestamp.toolforge.org/1774450800 15:00 UTC]. This is for the datacenter server switchover backup tests, [[wikitech:Deployments/Yearly calendar|which happen twice a year]]. During the switchover, all Wikimedia website traffic is shifted from one primary data center to the backup data center to test availability and prevent service disruption even in emergencies.
'''Updates for editors'''
* Wikimedia site users can now export their notifications older than 5 years using a [[toolforge:echo-chamber|new Toolforge tool]]. This will ensure that users retain their important notifications and avoid them being lost based on the planned change to delete notifications older than 5 years, as previously announced. [https://phabricator.wikimedia.org/T383948]
* Wikipedia editors in Indonesian, Thai, Turkish, and Simple English now have access to Special:PersonalDashboard. This is an [[mw:Special:MyLanguage/Moderator Tools/Dashboard|early version of an experience]] that introduces newer editors to patrolling workflows, making it easier for them to move from making edits to participating in more advanced moderation work on their project. [https://phabricator.wikimedia.org/T402647]
* The [[Special:Block]] now has two minor interface changes. Administrators can now easily perform indefinite blocks through a dedicated radio button in the expiry section. Also, choosing an indefinite expiry provides a different set of common reasons to select from, which can be changed at: [[MediaWiki:Ipbreason-indef-dropdown]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T401823]
* Mobile editors [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#Logged-out|at several wikis]] can now see an improved logged-out edit warning, thanks to the recent updates from the Growth team. These changes released last week are part of ongoing efforts and tests to enhance [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments|account creation experience on mobile]] and then increase participation. [https://phabricator.wikimedia.org/T408484]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:36}} community-submitted {{PLURAL:36|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, the bug that prevented mobile web users from seeing the block information when affected by multiple blocks has been fixed. They can now see messages of all the blocks currently affecting them when they access Wikipedia.
'''Updates for technical contributors'''
* Images built using Toolforge will soon get the upgraded buildpacks version, bringing support for newer language versions and other upstream improvements and fixes. If you use Toolforge Build Service, review the recent [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/cloud-announce@lists.wikimedia.org/thread/EMYTA32EV2V5SQ2JIEOD2CL66YFIZEKV/ cloud-announce email] and update your build configuration as necessary to ensure your tools are compatible. [https://wikitech.wikimedia.org/w/index.php?title=Help:Toolforge/Building_container_images&oldid=2392097#Buildpack_environment_upgrade_process][https://phabricator.wikimedia.org/T380127]
* The [https://api.wikimedia.org/wiki/Main_Page API Portal] documentation wiki will shut down in June 2026. API keys created on the API Portal will continue to work normally. api.wikimedia.org endpoints will be deprecated gradually starting in July 2026. Documentation on the API Portal is moving to [[mw:Wikimedia APIs|mediawiki.org]]. Learn more on the [[wikitech:API Portal/Deprecation|project page]].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.21|MediaWiki]]
'''In depth'''
* [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes|WMDE Technical Wishes]] is considering improvements to [[m:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names|automatically generated reference names in VisualEditor]]. Please check out the [[m:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names#Proposed solutions|proposed solutions]] and participate in the [[m:Talk:WMDE Technical Wishes/References/VisualEditor automatic reference names#Request for comment|request for comment]].
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/13|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W13"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 23 mars 2026 à 17:51 (CET)
<!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30268305 -->
== Actualités techniques n° 2026-14 ==
<section begin="technews-2026-W14"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/14|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* Le version Beta de [[abstract:|Abstract Wikipedia]], un nouveau projet Wikimédia indépendant du langage, a été lancée la semaine dernière. Ce projet permet aux communautés de construire des articles Wikipédia dans leur langue natale, qui peuvent directement être lus par les autres utilisateurs et utilisatrices dans leur propre langage. Le wiki fonctionne grâce à des instructions de Wikifunctions et au contenu structuré issu de Wikidata. [[:f:Special:MyLanguage/Wikifunctions:Status updates/2026-03-26|En savoir plus]].
'''Actualités pour la contribution'''
* L'équipe Croissance mène un test A/B afin d'évaluer l'effet d'un message plus clair et plus convivial encourageant à la création de comptes sur les wikis. Actuellement, lorsqu'un utilisateur mobile non connecté lance la modification, un message d'avertissement s'affiche, pouvant paraître abrupt et décourageant. Il présente également la modification par compte temporaire comme option par défaut, au lieu d'inciter à la création d'un compte. Le test est mené sur dix Wikipédia, dont les versions en arabe, français, espagnol et allemand. [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#2. Improve logged-out warning message (T415160)|En savoir plus]].
* L'équipe des applications Wikimédia sollicite vos commentaires sur [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Apps/Team/Future of Editing on the Mobile Apps|comment devrait fonctionner l'édition dans les applications mobiles Wikipédia]]. La discussion porte sur l'amélioration de l'accès aux outils d'édition lorsque les utilisateurs appuient sur « Modifier ». Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large visant à offrir aux lecteurs intéressés par la contribution une expérience utilisateur plus intuitive.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:45|la tâche soumise|les {{formatnum:45}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:45||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème avec la récupération de citations à partir du site d'archive de journaux [https://www.newspapers.com Newspapers.com], qui ne fonctionnait plus en raison d'un blocage des requêtes [[mw:Special:MyLanguage/Citoid|Citoid]], a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T419903]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.22|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/14|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W14"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 30 mars 2026 à 21:25 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30329462 -->
== Action Required: Update templates/modules for electoral maps (Migrating from P1846 to P14226) ==
Hello everyone,
This is a notice regarding an ongoing data migration on Wikidata that may affect your election-related templates and Lua modules (such as <code>Module:Itemgroup/list</code>).
'''The Change:'''<br />
Currently, many templates pull electoral maps from Wikidata using the property [[:d:Property:P1846|P1846]], combined with the qualifier [[:d:Property:P180|P180]]: [[:d:Q19571328|Q19571328]].
We are migrating this data (across roughly 4,000 items) to a newly created, dedicated property: '''[[:d:Property:P14226|P14226]]'''.
'''What You Need To Do:'''<br />
To ensure your templates and infoboxes do not break or lose their maps, please update your local code to fetch data from [[:d:Property:P14226|P14226]] instead of the old [[:d:Property:P1846|P1846]] + [[:d:Property:P180|P180]] structure. A [[m:Wikidata/Property Migration: P1846 to P14226/List|list of pages]] was generated using Wikimedia Global Search.
'''Deadline:'''<br />
We are temporarily retaining the old data on [[:d:Property:P1846|P1846]] to allow for a smooth transition. However, to complete the data cleanup on Wikidata, the old [[:d:Property:P1846|P1846]] statements will be removed after '''May 1, 2026'''. Please update your modules and templates before this date to prevent any disruption to your wiki's election articles.
Let us know if you have any questions or need assistance with the query logic. Thank you for your help! [[User:ZI Jony|ZI Jony]] using [[Utilisateur:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]] ([[Discussion utilisateur:MediaWiki message delivery|discussion]]) 3 avril 2026 à 19:11 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:ZI Jony@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Non-Technical_Village_Pumps_distribution_list&oldid=29941252 -->
== Actualités techniques n° 2026-15 ==
<section begin="technews-2026-W15"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/15|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* L’[[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CampaignEvents|extension CampaignEvents]] comprend désormais une nouvelle fonctionnalité de définition d’objectifs de groupe, permettant aux organisateurs de définir et de suivre les objectifs de l’événement, tels que le nombre d’articles créés et de contributeurs participants en temps réel. De même, les participants peuvent travailler vers des cibles communes et voir leur impact collectif au fur et à mesure que l’événement se déroule. Cette fonctionnalité est désormais disponible sur tous les wikis Wikimedia. Pour en savoir plus, consultez [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CampaignEvents/Registration/Collaborative contributions#Goal setting|la documentation]].
* [[File:Maki-gift-15.svg|12px|link=|class=skin-invert|Concerne un souhait]] La nouvelle fonctionnalité d'[[mw:Special:MyLanguage/Help:Watchlist labels|étiquettes de liste de suivi]] (annoncée dans les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/07|Actualités techniques 2026-07 ]]) est désormais disponible via l'ÉditeurVisuel, l'éditeur de code et l'«étoile de suivi»(ou le lien de suivi, pour les habillages qui n'ont pas d'icône d'étoile). Auparavant, il n'était possible d'attribuer des étiquettes que via [[Special:EditWatchlist|Modifier la liste de suivi]]. Dans ces trois emplacements, il s'agit d'un nouveau champ situé après le champ d'expiration.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:23|la tâche soumise|les {{formatnum:23}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:23||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème où les pages de discussion sur mobile avec Parsoid sont inutilisables après les en-têtes de section vides, a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T419171]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* La [[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes/Sub-referencing|fonctionnalité de sous-référencement]], qui permet aux contributeurs d'ajouter des détails à une référence existante sans la dupliquer, sera progressivement déployée sur [[phab:T414094|davantage de wikis]] plus tard cette année. Les wikis utilisant le gadget [[mw:Special:MyLanguage/Reference Tooltips|Reference Tooltips]] sont encouragés à mettre à jour leur version (généralement sur [[m:MediaWiki:Gadget-ReferenceTooltips.js|MediaWiki:Gadget-ReferenceTooltips.js]] comme indiqué [https://en.wikipedia.org/w/index.php?diff=1344408362 ici]) pour assurer la compatibilité. D'autres gadgets liés aux références pourraient également être affectés. [https://phabricator.wikimedia.org/T416304]
* Toutes les éditions de Wikinews seront fermées et passeront en mode lecture seule le 4 mai 2026. Le contenu restera accessible, mais aucune nouvelle modification ni aucun nouvel article ne pourra être ajouté. Cette fermeture a été approuvée par le Conseil d'administration de la Fondation Wikimedia à la suite de discussions prolongées. [[m:Wikimedia Foundation Board noticeboard#Board of Trustees Approves Closure of Wikinews|En savoir plus]].
* L'[[:mw:Special:MyLanguage/API:Action API|API d'action]] a proposé plusieurs formats pour les résultats demandés. L'un d'entre eux, <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>format=php</nowiki></code></bdi>, sera bientôt supprimé. Veuillez vous assurer que vos scripts ou robots utilisent le [[mw:Special:MyLanguage/API:Data formats#Output|format JSON]]. Cette suppression devrait affecter très peu de scripts et de robots. [https://phabricator.wikimedia.org/T118538]
* La page [[Special:NamespaceInfo|Special:NamespaceInfo]] inclut désormais les alias d'espace de noms. Par exemple «WP» pour l'espace de noms ''Projet'' (''Wikipédia'') sur la Wikipédia en allemand. [https://phabricator.wikimedia.org/T381455]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.23|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/15|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W15"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 6 avril 2026 à 18:19 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30362761 -->
== <span lang="en" dir="ltr">Tech News: 2026-16</span> ==
<div lang="en" dir="ltr">
<section begin="technews-2026-W16"/><div class="plainlinks">
Latest '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|tech news]]''' from the Wikimedia technical community. Please tell other users about these changes. Not all changes will affect you. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/16|Translations]] are available.
'''Weekly highlight'''
* Experienced editors are invited to [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Main_Page test] the [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|Article guidance]] feature, designed to help less-experienced editors create well-structured, policy-compliant Wikipedia articles. Testing instructions are [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Test feature guide|available]]. Also, after reviewing [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Category:Pages_using_article_guidance the outlines], please provide feedback on the [[mw:Talk:Article guidance|project talk page]]. Based on your input, the feature will be refined and transferred to the pilot Wikipedias to translate and adapt. Check out [[c:File:Article Guidance workflow demo - April 2026.webm|the video]] explaining the feature.
'''Updates for editors'''
* On most wikis, all autoconfirmed users can now use [[Special:ChangeContentModel|Special:ChangeContentModel]] page to [[mw:Special:MyLanguage/Help:ChangeContentModel|create new pages with custom content models]], such as mass message lists, making custom page formats more accessible. Check [[Special:ListGroupRights|Special:ListGroupRights]] for the status of your wiki. [https://phabricator.wikimedia.org/T248294]
* The Growth team has launched an [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account_Creation_Experiments|account creation experiment]] to evaluate whether adding an account creation button to the mobile web header increases new account registrations and encourages more mobile users to contribute to the wikis. The experiment is currently live on Hindi, Indonesian, Bengali, Thai, and Hebrew Wikipedia, and targets 10% of logged-out mobile web users.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] View all {{formatnum:30}} community-submitted {{PLURAL:30|task|tasks}} that were [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|resolved last week]]. For example, an issue where VisualEditor could get stuck loading on Windows devices with animations turned off, has now been fixed. [https://phabricator.wikimedia.org/T382856]
'''Updates for technical contributors'''
* Starting later this week, {{int:group-abusefilter}} who have the [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]] beta feature enabled will have [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] instead of [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] as the editor at [[Special:AbuseFilter|Special:AbuseFilter]]. This is part of the broader effort to make the user experience more consistent across all editors. [https://phabricator.wikimedia.org/T399673][https://phabricator.wikimedia.org/T419332]
* Tools and bots that access the [[mw:Special:MyLanguage/Notifications/API|Notifications API]] (<bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>action=query&meta=notifications</nowiki></code></bdi>) will need to update their OAuth or BotPassword grants to also include access to private notifications. [https://phabricator.wikimedia.org/T421991]
* Due to a library upgrade, listings on category pages may be displayed out of order starting on Monday, 20th April. A migration script will be run to correct this, and will take hours to days depending on the size of the wiki (up to a week for English Wikipedia). [https://phabricator.wikimedia.org/T422544]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Recurrent item]] Detailed code updates later this week: [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.24|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Tech news]]''' prepared by [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|Tech News writers]] and posted by [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|bot]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribute]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/16|Translate]] • [[m:Tech|Get help]] • [[m:Talk:Tech/News|Give feedback]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|Subscribe or unsubscribe]].''
</div><section end="technews-2026-W16"/>
</div>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 13 avril 2026 à 17:19 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30380527 -->
== Actualités techniques n° 2026-17 ==
<section begin="technews-2026-W17"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/17|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* Après deux ans de développement, la version [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|{{int:codemirror-beta-feature-title}}]], également connue sous le nom de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror 6]], sortira de sa phase bêta le mardi 21 avril. Elle offrira une meilleure lisibilité du code et du wikitext, une réduction des fautes de frappe et d'autres [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|avantages]] à tous les utilisateurs du surligneur de syntaxe standard. Un grand merci au bénévole [https://phabricator.wikimedia.org/p/Bhsd/ Bhsd] qui a développé de nombreuses nouvelles fonctionnalités, notamment [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Code folding|le repliement de code]], [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Autocompletion|la saisie semi-automatique]] et [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror#Linting|l'analyse statique du code]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T259059]
* Une mise à jour majeure de l'application Wikipédia pour iOS est en cours de déploiement, en restructurant l'interface pour s'harmoniser avec le tout nouveau design visuel "Liquid Glass" d'Apple. [https://apps.apple.com/us/app/wikipedia/id324715238 Télécharger la dernière version] et découvrez les nouveautés.
'''Actualités pour la contribution'''
* [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/WE3.3.4 Reading lists|Les listes de lecture]] est une fonctionnalité qui permet aux lecteurs d'enregistrer des articles dans une liste pour les lire ultérieurement. Cette fonctionnalité est actuellement en version bêta sur les Wikipédias en arabe, français, indonésien, vietnamien et chinois, et activée par défaut pour tous les nouveaux comptes sur toutes les Wikipédias.
* Une expérimentation visant à étendre [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Mobile page previews|les aperçus de page au web mobile]] sera lancée la semaine du 20 avril sur les versions arabe, anglaise, française, italienne, polonaise et vietnamienne de Wikipédia. Les aperçus de page sont des fenêtres contextuelles affichant une miniature, un premier paragraphe et un lien bleu permettant d'ouvrir l'article complet, facilitant ainsi la découverte de contenu. Cette fonctionnalité est déjà disponible sur ordinateur et dans les applications. [[m:Special:MyLanguage/List of experiments in Product and Technology#Template|En savoir plus sur cette expérimentation et d'autres]].
* Sur plusieurs wikis, les contributeurs connectés qui n'ont pas [[mw:Special:MyLanguage/Help:Email confirmation|confirmé leur adresse électronique]] peuvent désormais voir une bannière les invitant à le faire. La confirmation de l'adresse électronique permet à un utilisateur de récupérer l'accès à son compte en cas de perte. [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Account Security#Encouraging users to confirm their email addresses|En savoir plus]]. [https://phabricator.wikimedia.org/T421366]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:15|la tâche soumise|les {{formatnum:15}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:15||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème qui entraînait des ralentissements lors de la modification de très grandes pages wiki dans l'éditeur wikitext de 2017, des problèmes de chargement, de prévisualisation et de défilement, ainsi que des problèmes de performance lors de la sélection, de la découpe ou du collage de contenu, a maintenant été résolu. [https://phabricator.wikimedia.org/T184857]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Dans le cadre de la promotion de [[mw:Special:MyLanguage/Help:Extension:CodeMirror|CodeMirror]] à partir d'une fonctionnalité bêta, tous les utilisateurs se serviront de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeMirror|CodeMirror]] au lieu de [[mw:Special:MyLanguage/Extension:CodeEditor|CodeEditor]] pour la coloration syntaxique lors de l'édition de pages de contenu JavaScript, CSS, JSON, Vue et Lua. [https://phabricator.wikimedia.org/T419332]
* <span class="mw-translate-fuzzy">Le service <code>mirrors.wikimedia.org</code> pour les utilisateurs de Debian et Ubuntu sera définitivement arrêté le 15 mai. Le matériel du serveur sera remplacé par des solutions plus performantes. Certains utilisateurs devront peut-être migrer vers un autre serveur qui ne devra prendre qu'une minute. [https://lists.wikimedia.org/hyperkitty/list/wikitech-l@lists.wikimedia.org/thread/LJYRIS4WB66HIRCAO4GIDTXCMDVZRBMA/ Vous pouvez en savoir plus].</span> [https://phabricator.wikimedia.org/T416707]
* Les tables <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>image</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>oldimage</nowiki></code></bdi> seront supprimées de [[wikitech:Help:Wiki Replicas|wikireplicas]]. Si vos outils ou requêtes accèdent directement à <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>image</nowiki></code></bdi> ou <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>oldimage</nowiki></code></bdi>, veuillez les mettre à jour pour utiliser les tables <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>file</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>filerevision</nowiki></code></bdi> avant le 28 mai. [https://phabricator.wikimedia.org/T28741]
* Suite à la récente mise en place de limites de débit globales pour les API non identifiées, la Fondation Wikimedia poursuit ses efforts pour garantir [[mw:Special:MyLanguage/MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|une utilisation équitable de l'infrastructure]] en appliquant des limites globales au trafic des API identifiées à partir de la dernière semaine d'avril. Ces limites sont volontairement fixées au niveau le plus élevé possible afin de minimiser l'impact sur la communauté. Les bots exécutés dans Toolforge/WMCS ou disposant des droits d'utilisateur de bot sur un wiki ne devraient pas être affectés pour le moment. Toutefois, il est conseillé à tous les développeurs de suivre les bonnes pratiques mises à jour. Pour plus d'informations, consultez la page [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|API Wikimedia/Limites de débit]] et la [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits/FAQ|Foire aux questions]].
* L'[[mw:Special:MyLanguage/Attribution API|API d'attribution]] est désormais disponible en [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Stability policy|version bêta]]. Elle récupère les informations nécessaires pour créditer les articles et les fichiers multimédias de Wikimedia, quel que soit leur lieu d'utilisation. La documentation de référence est disponible sur la page dédiée au Sandbox REST, accessible sur tous les wikis Wikimedia (comme [https://en.wikipedia.org/w/index.php?api=attribution.v0-beta&title=Special%3ARestSandbox le sandbox REST de Wikipédia en anglais]). N'hésitez pas à partager vos commentaires sur la [[mw:Talk:Attribution API|page de discussion du projet]].
* Il n'y aura pas de nouvelle version de MediaWiki cette semaine.
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/17|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W17"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 20 avril 2026 à 17:00 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30432763 -->
== Request for comment (global AI policy) ==
<bdi lang="en" dir="ltr" class="mw-content-ltr">
Apologies for writing in English. {{int:Please-translate}}
A [[:m:Requests for comment/Artificial intelligence policy|request for comment]] is currently being held to decide on a global AI policy. {{int:Feedback-thanks-title}}
[[Utilisateur:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]] ([[Discussion utilisateur:MediaWiki message delivery|discussion]]) 26 avril 2026 à 02:57 (CEST)
</bdi>
<!-- Message envoyé par User:Codename Noreste@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=30424282 -->
== Actualités techniques n° 2026-18 ==
<section begin="technews-2026-W18"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/18|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* Un changement dans la manière dont les utilisateurs et utilisatrices sont automatiquement confirmés est en cours pour améliorer la protection contre le vandalisme. Actuellement, il suffit d’avoir un compte depuis quelques jours avec quelques contributions pour être ajouté au groupe [[{{int:grouppage-autoconfirmed/{{CONTENTLANGUAGE}}}}|{{int:group-autoconfirmed}}]]. Cette configuration tend à être exploitée par certains vandales qui créent des comptes et commencent à les utiliser après un certain temps. Pour réduire ce problème, la configuration va changer la semaine prochaine afin que l’âge du compte minimum pour être confirmé automatiquement ne soit calculé qu’à partir de la première modification, au lieu de la date d’inscription. L’âge minimum du compte restera le même, c’est seulement le point de départ pour calculer cet âge qui change. Ce changement ne sera déployé que sur les wikis qui nécessitent au moins une contribution pour satisfaire les conditions de confirmation automatique. [https://phabricator.wikimedia.org/T418484]
* Tous les utilisateurs et utilisatrices de Wikipédia avec un nouveau compte et ceux qui ont activé l’option « activer automatiquement la plupart des fonctionnalités bêta » peuvent désormais utiliser la fonctionnalité bêta de [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/WE3.3.4 Reading lists|listes de lecture]] pour enregistrer des articles à lire plus tard. Cela permet d’organiser les lectures qui nous intéressent à un endroit unique pour y accéder facilement.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:30|la tâche soumise|les {{formatnum:30}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:30||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème avec les images d’infoboite qui avaient une marge intérieure immense dans Firefox a été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T423676]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Pour rappel, la limite globale d’accès à l’API sera appliquée cette semaine pour identifier le trafic de l’API. Le but est d’aider à garantir un [[mw:MediaWiki Product Insights/Responsible Reuse|accès équitable à l’infrastructure]]. Les robots qui s’exécutent dans Toolforge ou WMCS, ou avec le droit utilisateur ''robot'' sur les wikis, ne devraient pas être affectés pour le moment. Cependant, il est conseillé à tous les développeurs et développeuses de se conformer aux nouvelles bonnes pratiques à suivre. Pour plus d’informations, notamment la limite globale d’accès effective, consultez [[mw:Wikimedia APIs/Rate limits|la page sur la limite d’accès des API de Wikimedia]] et les [[mw:Wikimedia APIs/Rate limits/FAQ|questions-réponses]].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.26|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/18|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W18"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 27 avril 2026 à 20:06 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:UOzurumba (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30458046 -->
== Actualités techniques n° 2026-19 ==
<section begin="technews-2026-W19"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/19|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* L’équipe chargée des fonctionnalités de [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance|Guidage des articles]] invite les contributeurs et contributrices expérimentés des [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance/Pilot wikis and collaborators|Wikipédia pilotes]] (arabe, bangla, japonais, portugais, persan, turc, anglais simplifié, espagnol et français) à contribuer à la traduction et à l’adaptation des [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Category:Pages_using_article_guidance exemples de trames d’articles]. Ces trames guideront les contributeurs dans la création d’articles clairs, bien structurés et conformes aux règles lors de l’utilisation de [https://b24e11a4f1.catalyst.wmcloud.org/wiki/Special:NewArticle la fonctionnalité] dès son lancement en mai 2026. Des [[mw:Special:MyLanguage/Article guidance#Adapting a sample outline in a Wikipedia|instructions simples]] expliquant comment traduire et adapter ces trames sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* Le [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council|Conseil consultatif sur les produits et les technologies]] a publié [[:m:Special:MyLanguage/Product and Technology Advisory Council/May 2026 draft PTAC recommendation for feedback|une proposition de recommandation]] d’une procédure type que les organisations affiliées à Wikimedia pourraient suivre pour contribuer au domaine technique. Les membres de la communauté sont invités à donner leur avis sur cette recommandation avant le 8 mai [[:m:Talk:Product and Technology Advisory Council/May 2026 draft PTAC recommendation for feedback|sur la page de discussion]].
* Le nombre de préférences de taille de la miniature disponibles dans MediaWiki va être réduit à trois options standardisées : ''petite'' (180 px), ''moyenne'' (250 px) et ''large'' (400 px), dans le cadre du travail en cours pour améliorer les performances et réduire la pression sur les services de miniatures. Par conséquent, les préférences existantes seront automatiquement adaptées à la nouvelle taille la plus proche (par exemple, les petites tailles comme 120 px ou 150 px s’afficheront à 180 px, tandis que les grandes tailles comme 300 px ou 360 px s’afficheront à 400 px). L’interface des préférences sera bientôt mise à jour pour refléter ces changements, et les utilisateurs qui souhaitent s’y opposer ou donner leur avis peuvent le faire. [https://phabricator.wikimedia.org/T424909]
* Dorénavant, même lorsqu’une permission expire automatiquement, les utilisateurs recevront une notification Echo similaire à la notification normale pour les changements de permissions. Quant au [[m:Special:MyLanguage/Global reminder bot|robot global de rappel]], il continue de prévenir les utilisateurs une semaine ''avant'' que leurs droits ne soient sur le point d’expirer, afin qu’ils puissent les faire renouveler.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:32|la tâche soumise|les {{formatnum:32}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:32||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, le problème du sélecteur de langue ULS dans [[m:Special:Translate|Special:Translate]] qui faisait défiler verticalement alors qu’il ne devait pas, a été résolu. Auparavant, lorsque les utilisateurs ouvraient le menu déroulant « Traduire en français » et commençaient à saisir le nom d’une langue, la boîte de dialogue défilait verticalement de quelques pixels même lorsqu'il y avait suffisamment d’espace pour afficher tous les résultats. Le menu déroulant ne se déplace plus inutilement lors du filtrage des langues. [https://phabricator.wikimedia.org/T358864]
* La [[m:Special:GlobalWatchlist|liste de suivi globale]], qui vous permet de consulter vos listes de suivi provenant de plusieurs wikis sur une seule page, continue de s’améliorer. Par exemple, les listes de suivi pour les sites avec Wikibase tels que [[:d:|Wikidata]] prennent désormais en charge les éléments [[mw:Special:MyLanguage/Extension:EntitySchema|EntitySchema]] pour un meilleur suivi. Le mode Mises à jour en direct actualise désormais la page spéciale toutes les 60 secondes afin de se conformer aux [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|nouvelles limites globales d’accès à l’API]] pour une meilleure réactivité en temps réel. Par ailleurs, un bug de directionnalité du texte qui affichait les liens comme « changements 3 » au lieu de « 3 changements » dans les listes à directions mixtes a été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T415450][https://phabricator.wikimedia.org/T424422][https://phabricator.wikimedia.org/T418091]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* La deuxième phase de [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits|limitations globales d’accès à l’API]] a été déployée pour réduire l’[[diffblog:2026/03/26/quo-vadis-crawlers-progress-and-whats-next-on-safeguarding-our-infrastructure/|impact des robots IA]] et assurer un accès équitable et durable aux ressources de Wikimedia, en donnant la priorité au trafic humain et conforme à notre mission. Les [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia APIs/Rate limits#Limits|limites]] ne s’appliquent plus par heure mais par minute, produisant une meilleure répartition dans les structures de trafic ainsi qu’une meilleure prévisibilité de la charge de l’API. Les utilisateurs de la communauté ne devraient pas être affectés, et aucune action n’est requise. Les premières indications montrent que certains requérants basés sur l'agent utilisateur ajustent leur comportement, et environ 64 % du trafic API automatisé a été identifié. La surveillance continue, et Wikimedia Enterprise reste disponible pour l’assistance commerciale.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.46/wmf.27|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/19|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W19"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 4 mai 2026 à 22:43 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30498077 -->
== Actualités techniques n° 2026-20 ==
<section begin="technews-2026-W20"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/20|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* La Communauté Technique a publié [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/How to write a good wish|de nouvelles directives]] expliquant comment les souhaits sur la Liste de souhaits de la communauté sont triés et priorisés. La documentation vise à aider les contributeurs à rédiger des propositions plus solides en clarifiant les facteurs qui influencent les décisions de priorisation. Au-delà du nombre de votes, les directives mettent en avant des considérations telles que l'impact potentiel sur la communauté pour déterminer quels souhaits avanceront.
'''Actualités pour la contribution'''
* L'équipe de croissance des lecteurs lance une expérience pour tester une nouvelle [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader_Growth/Share_Card|fonctionnalité de Partage de Carte]] qui permet aux lecteurs de créer des cartes visuellement attrayantes à partir d'articles Wikipédia ou de sections d'articles sélectionnées et de les partager en ligne, chaque carte renvoyant à l'article original afin d'aider à augmenter le lectorat et la découverte des articles. Le test A/B réservé aux mobiles ne sera disponible qu'à une partie des lecteurs sur les Wikipédia en arabe, chinois, français, vietnamien et anglais afin de mieux comprendre les habitudes de lecture et de partage, et est prévu pour commencer la semaine du 18 mai pour une durée de quatre semaines.
* Les applications Wikipedia pour Android et iOS ont récemment publié en version bêta le [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia_Apps/Team/25th_Birthday_Reading_Challenge|défi de lecture de 25 jours]], dans le cadre des efforts visant à stimuler l'engagement des lecteurs en encourageant les utilisateurs à atteindre des objectifs de lecture. Pour suivre leur série de lectures pendant le défi, les utilisateurs de l'application peuvent ajouter un widget avec Baby Globe à leur écran d'accueil. Le défi commence officiellement le 11 mai.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:17|la tâche soumise|les {{formatnum:17}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:17||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème où la préférence globale pour activer la coloration syntaxique dans le wikitexte pouvait s'éteindre de manière inattendue après avoir été activée a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T425286]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* [[File:Octicons-tools.svg|12px|link=|alt=|Sujet technique]] Le module ResourceLoader <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>mediawiki.ui.input</nowiki></code></bdi>, obsolète depuis [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2023/39|septembre 2023]], sera supprimé cette semaine. Il existe un [[mw:Special:MyLanguage/Codex/Migrating_from_MediaWiki_UI|guide pour migrer de l’interface MediaWiki UI vers Codex]] pour tous les outils qui l’utilisent. [https://phabricator.wikimedia.org/T420125]
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.2|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/20|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W20"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 11 mai 2026 à 21:20 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:STei (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Global_message_delivery/Targets/Tech_ambassadors&oldid=30524429 -->
== Actualités techniques n° 2026-21 ==
<section begin="technews-2026-W21"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/21|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* L'équipe de Wikipédia abstraite a identifié cinq wikis pilotes potentiels pour évaluer leur intérêt à adopter des articles abstraits sur leurs wikis. Les pilotes sont Wikipédia en Malayalam, en Bengali, en Dagbani, en Arabe et en Indonésien. La période de retour d'information sera ouverte jusqu'au 22 mai. Si votre communauté est intéressée à devenir un pilote, [[m:Talk:Abstract Wikipedia|faites-nous savoir sur Meta]].
'''Actualités pour la contribution'''
* Une expérience visant à afficher [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists|les listes de lecture]] aux lecteurs non connectés sur le web mobile sera lancée le 18 mai sur les Wikipédias Allemande, Espagnole, Italienne, Portugaise, Polonaise, Néerlandaise, Turque et Ourdou, et durera un mois. Cet effort soutient des objectifs plus larges consistant à aider les lecteurs à enregistrer et organiser des articles pour une lecture ultérieure, tout en encourageant des habitudes qui pourraient mener à de futures contributions sur Wikipédia.
* Pour prendre en charge un bouton de marquage dans la fonctionnalité bêta Liste de lecture, le menu "Outils > Action" a été mis à jour pour afficher des icônes, y compris l'indicateur en forme d'étoile de suivi qui aide les éditeurs à identifier les articles suivis temporairement. Les icônes correspondent désormais également à celles utilisées sur mobile, améliorant la cohérence entre les plateformes. Le changement est actuellement limité au menu des actions et concerne principalement les éditeurs ayant des droits d'utilisateur privilégié. [https://phabricator.wikimedia.org/T426008]
* [[mw:Special:MyLanguage/VisualEditor/Suggestion Mode|Mode de Suggestion]] a été publié en tant qu'[[w:en:A/B test|test A/B]] pour les nouveaux éditeurs sur le site mobile à [[phab:T421189|~15 Wikipédias]]. L'expérience mesurera l'impact que le Mode de Suggestion a sur la proportion de sessions d'édition sur le web mobile par des nouveaux éditeurs qui aboutissent à des modifications constructives (non annulées) des articles. L'expérience évaluera également l'impact de la fonctionnalité sur la rétention des éditeurs et surveillera les changements dans les taux d'annulation et de blocage.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:27|la tâche soumise|les {{formatnum:27}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:27||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème dans l'application Android de Wikipédia où les images pourraient parfois ne pas se charger après avoir ouvert une notification de liste de lecture recommandée, a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T418231]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* L'[[mw:Special:MyLanguage/Wikidata Platform|équipe de la Plateforme Wikidata]] a publié sa [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:SPARQL query service/WDQS backend update/Backend Replacement|recommandation de remplacement du backend]] et l'[[wikitech:Wikidata Query Service/WDQS Architecture re-design|architecture technique]] qui l'accompagne pour la migration du Wikidata Query Service (WDQS) hors de Blazegraph grap. Les retours sont attendus jusqu'au 25 mai 2026, en particulier sur les éventuelles lacunes et impacts sur les cas d'utilisation avancés. Les membres de la communauté Wikidata et les utilisateurs de WDQS sont également encouragés à aider à identifier les outils et flux de travail à fort impact qui pourraient nécessiter une attention sur [[d:Wikidata:SPARQL query service/WDQS backend update/High-Impact Use Cases|cette page]]. Les retours peuvent être partagés sur la [[d:Wikidata talk:SPARQL query service/WDQS backend update|page de discussion de la migration]] ou lors de la [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Blazegraph Migration Office Hours|prochaine heure de bureau]]. Voir le [[d:Special:MyLanguage/Wikidata:Wikidata Platform team/Newsletter|bulletin de l'équipe WDP]] pour plus de détails.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.3|MediaWiki]]
'''En détails'''
* Sur les Wikipédia en anglais, en français, en japonais et quelques autres, il y a eu un [[diffblog:2025/09/02/better-detecting-bots-and-replacing-our-captcha/|essai de hCaptcha]], un service tiers de détection de robots. L'essai a montré que hCaptcha détecte et dissuade efficacement certaines activités automatisées de mauvaise foi, à la fois par lui-même et en donnant des signaux aux [[w:en:Wikipedia:Village pump (technical)/Archive 225#Introducing SuggestedInvestigations|checkusers et stewards]] pour qu'ils enquêtent. Comme les résultats étaient positifs, hCaptcha sera déployé sur toutes les wikis au cours des prochaines semaines. [[mw:Special:MyLanguage/Product Safety and Integrity/Anti-abuse signals/hCaptcha|Voir la page du projet hCaptcha]] pour des informations techniques sur la mise en œuvre et les protections de la vie privée. [[diffblog:2026/05/04/better-detecting-bots-and-replacing-our-captcha-part-2/|En savoir plus]].
* La dernière mise à jour de la Technologie communautaire est désormais disponible, avec des progrès dans plusieurs initiatives de la Liste de souhaits communautaire, y compris l'extension des listes de lecture de l'application mobile au site web, la prise en charge de nouvelles langues pour "Who Wrote That" et le Tableau de bord personnel, des améliorations du rendu 3D et des graphiques, ainsi que des travaux à venir sur le tri des pages de discussion, la lecture audio et les flux de travail d'édition. La mise à jour partage également les priorités actuelles, les tendances de l'état de la Liste de souhaits et les opportunités de retour d'information de la communauté sur les domaines de concentration futurs et le Plan annuel 2026–2027 de la Wikimedia Foundation. [[m:Special:MyLanguage/Community Wishlist/Updates#May 13, 2026: Latest updates from the Community Tech team|Lisez le bulletin d'information complet pour plus de détails]].
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/21|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W21"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 18 mai 2026 à 22:21 (CEST)
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== Actualités techniques n° 2026-22 ==
<section begin="technews-2026-W22"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/22|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''En lumière cette semaine'''
* Faisant suite à une [[mw:Special:MyLanguage/Contributors/Account Creation Experiments#LOWM|expérience fructueuse sur la création de comptes]], un message d'avertissement pour les personnes déconnectées sera déployé sur les wikis Wikimédia durant la première semaine de juin. Ce changement n'affectera que les personnes déconnectées sur l'interface web mobile qui commencent à modifier. Cette nouvelle expérience est faite pour encourager la création de comptes, tout en autorisant aux utilisateurs de modifier à l'aide de comptes temporaires. Les résultats de l'expérience ont montré une augmentation de la création de compte d'environ 27 % pour ceux ayant vu le nouveau message. Comme prévu, puisque plus de personnes créent un compte, la création de comptes temporaires a diminué de 16 %. L'expérience n'a pas montré d'autres changements sur la qualité des modifications ou sur les autres indicateurs surveillés. [https://phabricator.wikimedia.org/T424595]
'''Actualités pour la contribution'''
* Pour des raisons de sécurité, les membres de certains groupes d’utilisateurs sont [[m:Special:MyLanguage/Mandatory two-factor authentication for users with some extended rights|forcés d'avoir l'authentification à 2 facteurs]] (A2F) d'activée. Les membres de ces groupes seront dans l'impossibilité de désactiver la dernière méthode d'A2F sur leur compte, et il sera impossible d'ajouter des utilisateurs sans A2F à ces groupes. Ces utilisateurs auront toujours la possibilité d'ajouter ou d'enlever des nouvelles méthodes d'authentification, tant qu'une de ces méthodes est toujours activée. Dans les prochaines semaines, les utilisateurs sans A2F seront retirés de ces groupes. Cela s'applique entre autres aux bureaucrates. Veuillez lire les tâches liées pour les dates de déploiement. [https://phabricator.wikimedia.org/T423119][https://phabricator.wikimedia.org/T423120]
* L'[[m:Special:MyLanguage/WMDE Technical Wishes|équipe des souhaits techniques de Wikimédia Allemagne (WMDE)]] va lancer un [[w:fr:Test A/B|test A/B]] sur [[:phab:T415904|10 wikis]], pour essayer des [[m:WMDE Technical Wishes/References/Reference Previews|améliorations potentielles pour les aperçus de références]]. Cette expérience durera environ 2 semaines à la fin mai ou début juin et affectera 10 % du lectorat sur ordinateur sur les wikis participants.
* Après deux expériences fructueuses, l'équipe Croissance du lectorat déploiera une fonctionnalité de [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Growth/Image Browsing|visionnage d'images]] en bêta pour toutes les Wikipédia sur mobile le 25 mai. Cela veut dire que toutes les personnes ayant les fonctionnalités bêtas activées verront cette fonctionnalité. Les autres pourront l’activer dans leurs préférences. Cette fonctionnalité inclura un carrousel de toutes les images d'un article en haut de celui-ci, avec la possibilité pour les contributeurs d’[[mw:Readers/Reader_Growth/Image_Browsing#Phase_2.1_beta_feature|exclure des images du carrousel d'un article ou d'enlever la fonctionnalité pour l'entièreté de l'article]].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:30|la tâche soumise|les {{formatnum:30}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:30||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, les fichiers STL tridimensionnels étaient affichés incorrectement par l'extension 3D du lecteur multimédia, ce qui est maintenant corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T416723]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* Les classes CSS dépréciées <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>tleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>tright</nowiki></code></bdi> ont été remplacées par <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatright</nowiki></code></bdi> car les premières ne fonctionnent pas correctement sur toutes les plateformes, dont l'interface web mobile et l'application mobile. Les projets se servant de ces classes sont encouragés à vérifier leur usage et à planifier leur migration. Sachez que <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatleft</nowiki></code></bdi> et <bdi lang="zxx" dir="ltr"><code><nowiki>floatright</nowiki></code></bdi> pourraient aussi être dépréciées dans le futur, même s’il n'y a pas de calendrier défini. [[phab:T426452|En savoir plus]].
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.4|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/22|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W22"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 25 mai 2026 à 23:52 (CEST)
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== Votez maintenant aux élections 2026 de l'U4C ==
<section begin="announcement-content" />
Les votants éligibles sont invités à participer à l'élection 2026 du [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee|Comité de coordination du Code de conduite universel]]. De plus amples informations – notamment sur la vérification de l'éligibilité, le processus de vote, les candidats et un lien vers le scrutin – sont disponibles sur Meta à la [[m:Special:MyLanguage/Universal_Code_of_Conduct/Coordinating_Committee/Election/2026|page d'informations sur les élections de 2026]]. Le scrutin se termine le 2 juin 2026 à [https://zonestamp.toolforge.org/1780358400 00 h 00 UTC].
Veuillez voter si votre compte est éligble. Les résultats seront disponibles avant le 14 juin 2026. -- en coopération avec l'U4C.<section end="announcement-content" />
[[m:User:Keegan (WMF)|Keegan (WMF)]] ([[m:User talk:Keegan (WMF)|talk]]) 27 mai 2026 à 19:14 (CEST)
<!-- Message envoyé par User:Keegan (WMF)@metawiki en utilisant la liste sur https://meta.wikimedia.org/w/index.php?title=Distribution_list/Global_message_delivery&oldid=30513860 -->
== Actualités techniques n° 2026-23 ==
<section begin="technews-2026-W23"/><div class="plainlinks">
Dernières '''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|actualités techniques]]''' de la communauté technique de Wikimedia. N’hésitez pas à informer les autres utilisateurs de ces changements. Certains changements ne vous concernent pas. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/23|D’autres traductions]] sont disponibles.
'''Actualités pour la contribution'''
* L'équipe [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience|Reader Experience]] mène une expérience pour montrer la fonctionnalité [[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists|listes de lecture]], qui est encore en développement, aux lecteurs non connectés sur mobile afin de tester si elle encourage la création de compte à un rythme plus élevé que le bouton watchstar. L'[[mw:Special:MyLanguage/Readers/Reader Experience/Reading lists#Experiment timeline|expérience]] a été lancée le 18 mai sur les wikis en allemand, espagnol, italien, portugais, polonais, néerlandais, turc et ourdou, et elle durera un mois.
* L'équipe Wikimedia Apps a publié la [[mw:Special:MyLanguage/Wikimedia Apps/Team/Explore Feed Refresh/Phase 1|Phase 1]] du flux d'accueil repensé pour l'application Android Beta. Le nouveau flux d'accueil comprend un onglet « Communauté » actualisé et un onglet « Pour vous » personnalisé contenant des recommandations de lecture mises à jour quotidiennement. La refonte fait partie d'un effort plus large visant à améliorer la découverte de contenu et à créer des expériences d'apprentissage plus engageantes dans les applications Wikipédia.
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Voir {{PLURAL:18|la tâche soumise|les {{formatnum:18}} tâches soumises}} par la communauté [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Recently resolved community tasks|résolue{{PLURAL:18||s}} la semaine dernière]]. Par exemple, un problème où les images pouvaient ne pas se charger pour certaines modifications suggérées sur [[w:Special:Homepage|Special:Homepage]], laissant la vignette bloquée dans un état de chargement, a maintenant été corrigé. [https://phabricator.wikimedia.org/T424048]
'''Actualités pour la contribution technique'''
* [[File:Reload icon with two arrows.svg|12px|link=|class=skin-invert|Sujet récurrent]] Détail des mises-à-jour à venir cette semaine : [[mw:MediaWiki 1.47/wmf.5|MediaWiki]]
'''''[[m:Special:MyLanguage/Tech/News|Actualités techniques]]''' préparées par les [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/Writers|rédacteurs des actualités techniques]] et postées par [[m:Special:MyLanguage/User:MediaWiki message delivery|robot]]. [[m:Special:MyLanguage/Tech/News#contribute|Contribuer]] • [[m:Special:MyLanguage/Tech/News/2026/23|Traduire]] • [[m:Tech|Obtenir de l’aide]] • [[m:Talk:Tech/News|Donner son avis]] • [[m:Global message delivery/Targets/Tech ambassadors|S’abonner ou se désabonner]].''
</div><section end="technews-2026-W23"/>
<bdi lang="en" dir="ltr">[[User:MediaWiki message delivery|MediaWiki message delivery]]</bdi> 1 juin 2026 à 23:08 (CEST)
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Aide:Accents et caractères spéciaux
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text/x-wiki
== Accents et autres signes ==
En français, les accents sont importants pour distinguer certains mots entre eux (exemples : à / a, né / ne, obligé / oblige, ou / où ...).
C'est le cas également dans beaucoup d'autres langues (espagnol, portugais, italien, ...).
Les accents et autres signes couramment employés en français sont les suivants :
* minuscules : é à è ù ç
* majuscules : É À È Ù Ç
Ils doivent être utilisés de manière appropriée, et être présents également sur les majuscules et dans les titres.
Pour taper les majuscules avec accents ou cédille avec le clavier AZERTY :
* utiliser les touches {{Touche|AltGr}}{{Touche|7 è `}} + la lettre en majuscule produit les lettres avec accent grave,
* pour les lettres É et Ç il faut taper leurs codes (144 et 128 respectivement) en gardant la touche {{Touche|Alt}} appuyée.
== Caractères spéciaux ==
Le signe euro € est directement accessible avec un clavier AZERTY : {{Touche|AltGr}}{{Touche|E}}
Les guillemets français « et » doivent être tapés par leur codes (174 et 175 respectivement) en gardant la touche {{Touche|Alt}} appuyée.
Il est possible également (ou plus simplement) d'utiliser le modèle {{m|g}} pour entourer le texte de guillemets.
Pour les formules mathématiques ou chimiques, voir la section [[Aide:Syntaxe#Formules mathématiques ou chimiques|Formules mathématiques ou chimiques]] de la page décrivant la syntaxe wiki.
En français, l'espace insécable doit être utilisé devant les ponctuations doubles <code>: ; ! ?</code> et <code>% ‰ « »</code>.
Cependant, MediaWiki gère automatiquement le remplacement de l'espace classique par l'espace insécable.
Il est donc inutile de l'utiliser dans les pages wiki.
== Voir aussi ==
{{Contribuer}}
[[Catégorie:Aide sur Wikilivres|Accents]]
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Nietzsche : Introduction à sa philosophie/Surhomme
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PandaMystique
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Page créée avec « {{Sous-pages}} Aucun mot de Nietzsche n'a été plus répété, ni plus mal entendu, que celui de surhomme. On y a vu tour à tour un héros de bande dessinée, un athlète de la volonté, un seigneur de la guerre, et, dans la déformation la plus grave, l'emblème d'une race élue. La fortune populaire du terme s'est faite contre son sens. Il faut donc commencer par défaire l'image avant de retrouver le concept. Le surhumain, ''Übermensch'' en allemand, mot q... »
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text/x-wiki
{{Sous-pages}}
Aucun mot de Nietzsche n'a été plus répété, ni plus mal entendu, que celui de surhomme. On y a vu tour à tour un héros de bande dessinée, un athlète de la volonté, un seigneur de la guerre, et, dans la déformation la plus grave, l'emblème d'une race élue. La fortune populaire du terme s'est faite contre son sens. Il faut donc commencer par défaire l'image avant de retrouver le concept. Le surhumain, ''Übermensch'' en allemand, mot que l'on traduit aussi par « surhomme », ne nomme chez Nietzsche ni un mutant ni un tyran, mais une question : que pourrait devenir l'être humain s'il cessait de chercher son sens hors de la terre ? La figure apparaît au seuil d'''Ainsi parlait Zarathoustra'', en 1883, comme le contraire exact de ce que la philosophie et la religion avaient jusque-là proposé comme idéal. Elle vise moins à décrire un type d'homme qu'à ouvrir un horizon. Et c'est précisément cette indétermination, longtemps reprochée à Nietzsche, qui fait l'intérêt philosophique du concept.
== Un mot avant le concept ==
Contrairement à une légende tenace, Nietzsche n'a pas forgé le mot. Il en a hérité. La langue grecque connaissait déjà l'''hyperanthrôpos'', l'« au-delà de l'homme », que l'on rencontre chez Lucien de Samosate, dans une satire où le terme désigne ironiquement le tyran qui se croit supérieur au commun des mortels<ref>Le ''Kataplous'' (''La Traversée'' ou ''Le Tyran'') de Lucien met en scène, sur le mode parodique, un personnage qui se prétend ''hyperanthrôpos''. Sur cette filiation et sur la dimension parodique qu'elle introduit dans le ''Zarathoustra'', voir Babette Babich, « Nietzsche's Zarathustra and Parodic Style : On Lucian's Hyperanthropos and Nietzsche's Übermensch », ''Diogenes'', 2013.</ref>. Le mot allemand ''Übermensch'' avait lui-même circulé bien avant 1883 : on le trouve chez Heinrich Müller au dix-septième siècle dans un contexte théologique, puis chez Herder, Jean Paul, Novalis et Heine, et surtout chez Goethe, qui le place dans la bouche de l'Esprit raillant Faust<ref>« Welch erbärmlich Grauen / Faßt Übermenschen dich ! » (''Faust'', première partie, v. 490). Sur cette préhistoire du terme, la mise au point classique reste celle de Walter Kaufmann, ''Nietzsche : Philosopher, Psychologist, Antichrist'', Princeton, Princeton University Press, 1950, chapitre 11.</ref>. Le jeune Nietzsche lui-même, à dix-sept ans, avait appliqué le mot à Manfred, le héros byronien tourmenté qui erre dans les Alpes. Le concept naît donc sur un terrain déjà labouré. L'originalité de Nietzsche tient à la géographie nouvelle qu'il confère au terme, à la résonance qu'il lui donne, non à son invention.
Cette histoire n'est pas une simple curiosité d'érudit. Elle éclaire le sens du préfixe. ''Über'' signifie, selon les contextes, « au-dessus », « par-dessus », « au-delà », « par-delà ». Dans un composé comme ''Übergang'' (le passage), il dit aussi le franchissement. Il connote ainsi tantôt la supériorité, tantôt l'excès, tantôt la traversée. Nietzsche affectionnait ces composés en ''über'' : ''Überfluss'' (le trop-plein), ''Überfülle'' (la surabondance), ''Überwindung'' (le surmontement). Le ''Übermensch'' s'inscrit dans cette famille de mots qui disent le débordement et le passage plutôt que la domination. De là vient une première difficulté de traduction, dont le lecteur français doit avoir conscience.<ref>Le premier traducteur français de Nietzsche, Henri Albert, rendait ''Übermensch'' par « surhumain » dès le tournant du vingtième siècle ; l'usage a ensuite oscillé entre « surhomme » et « surhumain », sans qu'aucune des deux solutions n'épuise le mot allemand.</ref> « Surhomme » insiste sur l'élévation au-dessus des autres hommes ; « surhumain » sur le dépassement de l'humain comme tel. Or le mot allemand contient ''Mensch'', l'être humain, et non ''Mann'', le mâle. Ce détail, qui peut sembler ténu, a son poids : il interdit de réduire la figure à un idéal viril ou guerrier, et certains commentateurs y voient même une ouverture vers une humanité non assignée à un sexe<ref>Keith Ansell-Pearson, « Who Is the Übermensch ? Time, Truth, and Woman in Nietzsche », ''Journal of the History of Ideas'', vol. 53, n° 2, 1992. Ansell-Pearson examine notamment la manière dont la figure du surhumain se noue, chez Nietzsche, à des questions de temps, de vérité et de différence sexuelle.</ref>. Nous garderons ici « surhomme », par fidélité à l'usage français le plus répandu, mais en gardant à l'esprit que « surhumain » en restitue parfois mieux la portée.
== Genèse d'une figure ==
Le surhomme n'est pas une idée que Nietzsche aurait posée puis démontrée. C'est une figure qui a surgi, et il importe de savoir d'où. L'été 1881, à Sils-Maria, dans l'Engadine suisse, Nietzsche connaît ce qu'il décrira comme une inspiration : la pensée de l'éternel retour le saisit « à six mille pieds par-delà l'homme et le temps »<ref>Nietzsche relate cette inspiration dans ''Ecce Homo'', « Ainsi parlait Zarathoustra », § 1, KSA 6, 335. Il y situe la conception du ''Zarathoustra'' dans les marches alpines de l'Engadine.</ref>. De cette même constellation naîtront, presque ensemble, l'éternel retour, la mort de Dieu portée à ses dernières conséquences et le personnage de Zarathoustra. Le surhomme appartient à ce foyer. On ne le sépare ni de l'expérience qui l'a vu naître, ni de la forme littéraire qui l'accueille<ref>Sur la genèse, la forme et le détail du texte, l'ouvrage de référence est désormais le commentaire de Katharina Grätz, ''Kommentar zu Nietzsches « Also sprach Zarathustra »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2024, 2 vol.</ref>.
Car le ''Zarathoustra'' n'est pas un traité. C'est un poème philosophique, un récit, presque une contre-Écriture sainte, où la pensée s'énonce par images, paraboles et chants plutôt que par démonstrations. Ce trait de forme commande la lecture. Lorsqu'on cherche dans le surhomme une thèse à prendre au pied de la lettre, on se heurte à des métaphores : la corde, le pont, le grand midi, l'enfant. Or ces métaphores ne sont pas des ornements détachables. Elles constituent le mode propre sous lequel Nietzsche a choisi de penser le dépassement. Robert Gooding-Williams a soutenu qu'il fallait lire le ''Zarathoustra'' comme une œuvre où la forme dionysiaque met en scène, dans son tissu même, un projet de dépassement de la modernité, et non comme un traité déguisé en fiction<ref>Robert Gooding-Williams, ''Zarathustra's Dionysian Modernism'', Stanford, Stanford University Press, 2001.</ref>.
Le choix du porte-parole n'est pas indifférent non plus. Zarathoustra, le Zoroastre des anciens Perses, passe pour avoir le premier fait de la morale un combat métaphysique entre le bien et le mal. Il était donc juste, écrit Nietzsche, que le premier à reconnaître cette erreur fût aussi le premier à la surmonter<ref>''Ecce Homo'', « Pourquoi je suis un destin », § 3, KSA 6, 367. Nietzsche y explique le retournement par lequel Zarathoustra, créateur de la vieille opposition morale, en devient le destructeur.</ref>. Le prophète du dualisme moral revient pour l'abolir. Cette mise en scène éclaire l'arrière-plan du surhomme : il est ce qui devient possible quand l'opposition du bien et du mal, qui a structuré des millénaires de culture, cesse de commander notre rapport à la terre. La fidélité à la terre, que nous avons placée au cœur de la première annonce, n'est donc pas un mot d'ordre naturaliste. Elle est le revers exact de la dévaluation chrétienne et platonicienne de l'ici-bas<ref>Sur cette « rhétorique de la terre » et sur sa portée contre les arrière-mondes, voir Adrian Del Caro, ''Grounding the Nietzsche Rhetoric of Earth'', Berlin, de Gruyter, 2004.</ref>.
== « Je vous enseigne le surhumain » ==
Le surhomme entre en scène dès le prologue du ''Zarathoustra''. Descendu de sa montagne après dix ans de solitude, le personnage s'adresse à la foule rassemblée sur une place de marché et lance sa première parole publique :
<blockquote>Je vous enseigne le surhumain. L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. Qu'avez-vous fait pour le surmonter ?<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', Prologue, § 3, KSA 4, 14. Sauf indication contraire, les renvois aux textes de Nietzsche se font à l'édition critique de Giorgio Colli et Mazzino Montinari, ''Sämtliche Werke. Kritische Studienausgabe'' (KSA), Berlin, de Gruyter, 1967-1988, suivie du tome et de la page. Les traductions françaises sont propres au présent ouvrage.</ref></blockquote>
Tout est déjà dit, ou presque, dans ces trois phrases. L'homme n'est pas un terme, mais un seuil. Il se définit moins par ce qu'il est que par ce qu'il peut franchir. Et le verbe employé, ''überwinden'', que nous rendons par « surmonter », appartient au vocabulaire de la lutte intérieure autant qu'à celui du dépassement : on surmonte un obstacle, on surmonte une douleur, on se surmonte soi-même. Le surhomme n'est donc pas un être qui s'ajouterait à l'homme, mais le résultat possible d'un mouvement par lequel l'homme se travaille et s'excède.
La suite du prologue précise aussitôt la direction de ce mouvement. Le surhomme, dit Zarathoustra, est « le sens de la terre ». La formule est dirigée contre toute la tradition des arrière-mondes :
<blockquote>Le surhumain est le sens de la terre. Que votre volonté dise : que le surhumain soit le sens de la terre ! Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre, et ne croyez pas ceux qui vous parlent d'espérances supraterrestres !<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', Prologue, § 3, KSA 4, 14-15.</ref></blockquote>
Il faut peser cette injonction de fidélité. Pendant des siècles, la philosophie platonicienne et la religion chrétienne avaient enseigné que le sens de l'existence se trouvait ailleurs : dans le monde des Idées, dans l'au-delà, dans un salut promis par-delà la mort. Le corps, la terre, le devenir n'étaient que des ombres ou des épreuves. Nietzsche renverse l'orientation. Le surhomme ne s'élève pas vers un ciel ; il enfonce ses racines dans la terre dont il est issu. Le préfixe ''über'' ne désigne donc pas une transcendance verticale, un envol vers le supraterrestre, mais une intensification immanente, une manière de vivre cette vie-ci avec plus de force et de joie. C'est pourquoi la figure du surhomme est inséparable de l'annonce de la mort de Dieu. Là où Dieu se retire, un espace se libère : non pour un nouvel arrière-monde, mais pour une humanité enfin capable de se donner à elle-même sa mesure. Un commentateur a justement fait de ce nœud le centre de son étude : c'est dans la place laissée vacante par le divin que le surhomme prend sens, comme tâche et non comme consolation<ref>Rudolf Koop, ''Gott und Übermensch in der Philosophie Friedrich Nietzsches''. Koop analyse la corrélation systématique entre le retrait du divin et l'émergence de la figure du surhumain comme nouvelle instance de sens.</ref>.
Vient enfin l'image qui a fait le tour du monde, celle de la corde :
<blockquote>L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhumain, une corde au-dessus d'un abîme. Dangereux de passer de l'autre côté, dangereux d'être en chemin, dangereux de regarder en arrière, dangereux de frémir et de s'arrêter.<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', Prologue, § 4, KSA 4, 16-17.</ref></blockquote>
L'homme n'est ni la bête qu'il a été ni le surhomme qu'il pourrait devenir : il est le passage entre les deux, le pont jeté au-dessus du vide. La métaphore dit la précarité de la condition humaine après la mort de Dieu, mais aussi sa dignité de transition. Ce qu'il y a de grand dans l'homme, ajoute Zarathoustra, c'est qu'il est un pont et non un but. On comprend pourquoi le surhomme ne peut être donné par avance comme un portrait achevé. Il est ce vers quoi la corde est tendue, l'autre rive entrevue, jamais une demeure où l'on s'installe.
== Le dernier homme, figure du contraire ==
Pour saisir une figure que Nietzsche se garde de définir, le plus sûr est de regarder son contraire. Le prologue lui en fournit un, aussitôt après l'image de la corde : le dernier homme, ''der letzte Mensch''. Voyant que la foule ne comprend rien à son surhomme et préfère en rire, Zarathoustra change de tactique et lui montre ce qu'elle risque de devenir si elle ne tente rien :
<blockquote>Voyez ! Je vous montre le dernier homme. « Qu'est-ce que l'amour ? Qu'est-ce que la création ? Qu'est-ce que le désir ? Qu'est-ce qu'une étoile ? » ainsi demande le dernier homme, et il cligne de l'œil. […] « Nous avons inventé le bonheur », disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil.<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', Prologue, § 5, KSA 4, 19-20.</ref></blockquote>
Le dernier homme est celui qui ne désire plus rien au-delà de son petit confort, qui a rabougri toute aspiration, aplani toute hauteur, fait de toute chose une commodité. Il a « inventé le bonheur » au sens où il l'a réduit à l'absence de risque et de peine. Le clignement de l'œil, ce tic complice et satisfait, dit assez la suffisance d'une humanité qui ne se questionne plus. La terre, sous ses pas, est devenue petite. Ce portrait n'a rien perdu de son tranchant : il vise une forme de médiocrité organisée que Nietzsche tient pour le danger propre de la modernité, son issue la plus probable si elle laisse s'éteindre toute exigence. Un interprète contemporain a montré combien cette description, loin d'être datée, atteint le malaise de l'individu moderne et postmoderne, sommé d'être libre sans plus savoir vers quoi tendre sa liberté<ref>Maurice Schuhmann, « Nietzsches Übermensch als Ideal für ein postmodernes Individuum : Überlegungen zur Problematik des atomisierten Individuums in der Postmoderne », ''Nietzscheforschung'', vol. 21, 2014, p. 75-88. Schuhmann lit le « dernier homme » comme le symptôme d'une modernité qui a libéré l'individu de ses cadres anciens sans lui donner de quoi se créer lui-même.</ref>.
Le surhomme et le dernier homme forment ainsi un couple. L'un est ce que nous risquons de devenir par paresse, l'autre ce que nous pourrions devenir par effort. Entre les deux, l'homme tel qu'il est, sur sa corde. Cette opposition donne au concept sa première détermination, négative : le surhomme est tout ce que le dernier homme n'est pas, l'aspiration contre l'apathie, la création contre le confort, le risque contre la sécurité. Mais une détermination négative ne suffit pas. Il reste à dire ce que le dépassement surmonte au juste, et par quels moyens.
== Les hommes supérieurs ne sont pas le surhomme ==
Le ''Zarathoustra'' fourmille de figures de la grandeur, et l'on aurait tort de les confondre toutes avec le surhomme. La quatrième partie du livre met en scène une étrange galerie d'« hommes supérieurs », ''höhere Menschen'' : deux rois, un magicien, le dernier pape, le plus laid des hommes, le mendiant volontaire, l'homme à la sangsue, l'ombre du voyageur. Zarathoustra les recueille dans sa caverne, les écoute, partage leur repas. Ce sont les meilleurs représentants de l'humanité présente, ceux qui souffrent du nihilisme et le savent. Et pourtant Zarathoustra ne les tient pas pour des surhommes. Au matin, il les reconnaît pour ce qu'ils sont : des hommes encore prisonniers de la pitié et de la détresse, des ponts tout au plus, jamais l'autre rive.
La distinction n'est pas une subtilité d'exégète. Elle interdit de réduire le surhomme à l'élite des individus remarquables d'aujourd'hui, savants, artistes, esprits libres. Le surhomme n'est pas le sommet de l'humanité telle qu'elle est, mais son dépassement. Les commentateurs débattent du rapport exact entre les deux : certains tiennent le surhomme pour l'apothéose de l'homme supérieur, d'autres pour son contraire. Nietzsche lui-même n'a jamais établi de hiérarchie nette entre les nombreux noms qu'il donne à la grandeur, ce qui complique toute exposition<ref>Daniel W. Conway, « Overcoming the Übermensch », p. 211-212, recense la longue série des types que Nietzsche célèbre selon les textes (philosophes de l'avenir, bons Européens, esprits libres, hommes dionysiaques, immoralistes, nobles, législateurs de valeurs nouvelles) sans jamais en ordonner clairement la hiérarchie.</ref>. On retiendra au moins ceci : l'homme supérieur demeure une réponse à la question de la valeur, fût-elle la plus haute disponible ; le surhomme serait celui qui n'attend plus la valeur d'un ordre déjà donné, parce qu'il la crée lui-même. La question de la valeur n'y disparaît pas : elle se déplace de la table reçue vers l'acte d'évaluer. Faut-il pour autant s'attacher à ces hommes supérieurs, leur accorder du prix ? La critique récente a posé la question sans détour, se demandant pourquoi nous devrions nous soucier des « plus hauts » dans une pensée par ailleurs hostile à toute hiérarchie révélée<ref>Omri Ben-Zvi, « Why Should We Care About Nietzsche's "Higher Men" ? », ''European Journal of Philosophy'', vol. 25, n° 3, 2017.</ref>.
== Ce que « surmonter » veut dire ==
La méprise la plus répandue consiste à entendre le dépassement comme une simple domination d'autrui : le surhomme écraserait les faibles, imposerait sa loi, régnerait. C'est en manquer le ressort premier. Le surmontement dont parle Nietzsche est d'abord un surmontement de soi, ''Selbstüberwindung''. Ce que le surhomme dépasse, ce ne sont pas en premier lieu les autres hommes, mais l'homme en lui-même : ses faiblesses, ses ressentiments, la part de troupeau qui sommeille en chacun. Le combat est intérieur avant d'être extérieur.
On éclaire ce point par la distinction, capitale chez Nietzsche, entre la force et la puissance. La langue allemande dispose de deux mots, ''Kraft'' et ''Macht'', que le français recouvre malaisément. La ''Kraft'' est l'énergie brute, la force physique ou la contrainte. La ''Macht'', la puissance dont il est question dans la volonté de puissance, n'est pas d'abord pouvoir sur autrui : elle est aussi, et peut-être avant tout, capacité de se donner forme, de sublimer, de créer, de se commander à soi-même<ref>Sur cette distinction et sur le contresens qui identifie la puissance à la seule domination, voir le chapitre [[../Volonté de puissance|« La volonté de puissance »]] du présent ouvrage.</ref>. On aurait tort, pourtant, de la rabattre tout entière sur la maîtrise intérieure. La ''Macht'' enveloppe aussi l'appropriation, la mise en forme, la hiérarchisation, parfois la contrainte exercée au-dehors : un passage fameux de ''Par-delà bien et mal'' définit la vie elle-même comme appropriation, atteinte, domination de l'étranger et du plus faible, formule si abrupte qu'on l'a souvent lue comme une apologie de la violence avant d'en discuter la portée<ref>''Par-delà bien et mal'', § 259, KSA 5, 207-208. Sur la réception de ce passage et sur la prudence qu'appelle son interprétation, voir Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches « Jenseits von Gut und Böse »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2016.</ref>. La puissance dont relève le surhomme n'est donc ni la brutalité pure ni la seule ascèse. Le surhomme est l'être en qui cette force a vaincu le ressentiment : il a organisé le chaos de ses passions au lieu de les nier, il leur a donné un style. Arthur Danto résumait bien cette lecture lorsqu'il décrivait le surhomme non comme « la bête blonde dominant ses semblables », mais comme un être joyeux, sans culpabilité, libre, maître et non esclave de ses pulsions, et de ce fait capable de faire quelque chose de lui-même<ref>Arthur C. Danto, ''Nietzsche as Philosopher'', New York, Macmillan, 1965, p. 199-200. La formule de la « bête blonde » renvoie à un autre texte de Nietzsche, souvent confondu avec le surhomme, sur lequel on reviendra plus loin.</ref>.
Cette insistance sur le for intérieur ne doit pourtant pas faire oublier l'autre versant de la figure. La pensée de Nietzsche est aussi, et ouvertement, une pensée de la hiérarchie et de la formation des hommes. ''Par-delà bien et mal'' parle d'« essais de dressage et d'élevage », ''Zucht und Züchtung'', en vue d'une caste appelée à commander ; ''L'Antéchrist'' demande dès ses premières pages quel type d'homme il faut « élever » et « vouloir » comme plus digne d'avenir<ref>''Par-delà bien et mal'', § 203, KSA 5, 126-128, et ''L'Antéchrist'', § 3, KSA 6, 170. Sur ce vocabulaire de l'élevage et de la sélection, voir Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches « Jenseits von Gut und Böse »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2016, et son ''Kommentar zu Nietzsches « Der Antichrist »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2013.</ref>. Rang, commandement, obéissance, sélection : ces motifs ne sont pas des ajouts marginaux, ils accompagnent partout la figure du surhomme. La difficulté tient à ce que Nietzsche maintient ensemble une exigence intérieure de surmontement et une pensée de l'ordre des rangs, sans jamais régler tout à fait leur rapport. C'est cette tension qu'il faut tenir, plutôt que de sauver le surhomme en le réduisant à une pure ascèse de soi.
Le premier discours de Zarathoustra, juste après le prologue, décrit le chemin de ce surmontement par trois métamorphoses de l'esprit. L'esprit se fait d'abord chameau, qui s'agenouille et se charge des valeurs reçues, du « tu dois ». Il se fait ensuite lion, qui conquiert sa liberté en disant non, en arrachant au dragon des valeurs établies le droit de vouloir. Mais le lion ne sait que détruire ; il faut une métamorphose de plus pour créer. L'esprit devient alors enfant, « innocence et oubli, un nouveau commencement, un jeu, une roue qui roule d'elle-même, un premier mouvement, un sacré dire-oui »<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', première partie, « Des trois métamorphoses », KSA 4, 29-31.</ref>. La séquence dit assez que le dépassement n'est pas une simple révolte. Le non du lion ne suffit pas : il prépare le oui de l'enfant, c'est-à-dire la capacité d'inventer des valeurs neuves au lieu de seulement briser les anciennes. Le surhomme tient de l'enfant plus que du lion. Il est moins celui qui renverse les idoles que celui qui, les idoles tombées, sait encore créer.
Nietzsche n'a guère donné d'exemples du surhomme, par principe. Il en a pourtant nommé un, ou presque, lorsqu'il a parlé de Goethe. Dans le ''Crépuscule des idoles'', il décrit le poète comme un homme qui « se discipline lui-même jusqu'à devenir un tout », qui « se créa lui-même » et devint « un esprit devenu libre », tolérant non par faiblesse mais par force<ref>''Crépuscule des idoles'', « Flâneries d'un inactuel », § 49, KSA 6, 151-152. Nietzsche y voit en Goethe non un Allemand mais un « événement européen », une tentative réussie de surmontement du dix-neuvième siècle par le retour à la nature et à la totalité.</ref>. Encore faut-il y regarder de près : Nietzsche ne dit jamais que Goethe fut un surhomme. Il en serait tout au plus une préfiguration, une approximation, le signe que la chose n'est pas impensable. On tient là, à défaut d'une définition, une indication précieuse : le surhomme se rapproche de cette intégration créatrice où l'individu, loin de réprimer ce qu'il est, le sublime et le porte à son plus haut degré d'unité et de forme. Bernd Magnus a toutefois averti d'un risque que cette lecture comporte. Réduit à « un cœur chaleureux et une tête froide, moins le trop-humain », le surhomme perd de son tranchant et rejoint un très ancien idéal moraliste, celui des passions disciplinées mais non niées, où Nietzsche serait le moins original là où il a été le plus influent<ref>Bernd Magnus, « Perfectibility and Attitude in Nietzsche's Übermensch », ''Review of Metaphysics'', vol. 36, 1983, p. 642-643. Magnus reprend ici une objection qu'il adresse à la lecture de Danto.</ref>. L'avertissement est juste. Si le surhomme n'était que cela, il ne mériterait pas l'éclat des cadences de Zarathoustra. Quelque chose, dans la figure, résiste à l'idéal de perfection bien tempérée.
== Type idéal ou attitude ? Une controverse ==
C'est ici que la lecture du concept se divise, et la division mérite d'être exposée car elle commande tout le reste. Magnus a proposé d'opposer deux interprétations du surhomme, qu'il dit également défendables mais d'inégale profondeur.
La première, qu'il nomme la lecture du « type idéal », inscrit Nietzsche dans une très longue tradition. Depuis Platon et son roi-philosophe, depuis le magnanime d'Aristote, depuis le sage des stoïciens et l'homme moral de Kant, la philosophie a sans cesse dessiné une image de la perfection humaine, un modèle de ce que l'homme devrait être. Le surhomme serait la version nietzschéenne de ce projet immémorial : un ensemble de traits, de vertus, de qualités à réaliser, dont la créativité, la maîtrise de soi et la sublimation formeraient le cœur. Sur cette lecture, le surhomme prescrit ; il dit ce que nous avons à devenir, et nous laisse, au moins en principe, la tâche d'y travailler.
La seconde lecture, que Magnus tient pour plus fidèle à la singularité de Nietzsche, renverse la perspective. Le surhomme n'y serait pas un idéal prescriptif mais une attitude, ou plutôt la représentation d'une attitude. Non pas un catalogue de vertus à acquérir, mais la figure de celui qui entretient avec la vie et le monde un certain rapport : celui qui les trouve dignes d'être répétés à l'infini. Cette attitude se définit par sa relation à l'éternel retour, sur lequel on reviendra. Elle ne nous dit pas comment l'atteindre ; elle diagnostique seulement qui l'a atteinte. Magnus va jusqu'à formuler ce que le surhomme est, dans cette optique, d'un mot frappant : il est « l'équivalent séculier et inversé du dieu » de Nietzsche, l'être qui, ayant renoncé à tout au-delà, aime chaque instant de sa vie sans condition, ne veut rien d'autre, ni en avant ni en arrière, ni dans toute l'éternité<ref>Bernd Magnus, « Perfectibility and Attitude », p. 636 et suivantes. La formule de « l'équivalent divin inversé et séculier » est développée par Magnus dans « Nietzsche's Philosophy in 1888 : The Will to Power and the Übermensch », ''Journal of the History of Philosophy'', vol. 24, 1986, p. 95.</ref>.
Cette seconde lecture explique enfin pourquoi le surhomme est resté si vague sous la plume de Nietzsche. Le reproche fait au concept, son indétermination, deviendrait son sens même. Si le surhomme représentait un jeu précis de traits de caractère, Nietzsche aurait dû les énumérer. Mais s'il représente une attitude, l'attitude d'affirmation totale de la vie, alors sa figure doit demeurer aussi indéterminée qu'une tache d'encre que chacun interprète à sa manière. L'absence de portrait n'est pas une lacune : elle est requise par la chose même<ref>Bernd Magnus, « Perfectibility and Attitude », p. 640-641. C'est l'argument que Magnus nomme « diagnostique » : on ne distingue pas ceux qui affirment la vie de ceux qui la nient en regardant ''ce'' qu'ils affirment, mais seulement ''qu''ils affirment.</ref>.
Une troisième voie, qu'a frayée Alexander Nehamas, déplace l'accent de l'idéal et de l'attitude vers la création de soi. Lire sa propre vie comme on lit une œuvre, lui donner l'unité d'un personnage littéraire réussi : tel serait le sens du précepte que Nietzsche emprunte à Pindare et place en sous-titre d'''Ecce Homo'', « comment on devient ce que l'on est ». Le surhomme, dans cette optique, n'est ni un type futur ni une simple disposition, mais l'individu qui parvient à intégrer tout ce qu'il est, ses erreurs comprises, dans une figure cohérente dont il est l'auteur. Nehamas en tire une conséquence qui rejoint la prudence de Magnus : un tel idéal ne fournit aucun modèle à imiter, car l'imiter correctement reviendrait à produire justement autre chose qu'une imitation<ref>Alexander Nehamas, ''Nietzsche : Life as Literature'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1985. Le sous-titre d'''Ecce Homo'' est « Wie man wird, was man ist ».</ref>.
On peut discuter ce partage. Magnus reconnaît lui-même que les deux lectures s'entrelacent et que la frontière n'est pas étanche. Beaucoup de lecteurs continueront de tenir le surhomme pour un idéal vers lequel tendre, et le texte leur en donne le droit : Zarathoustra ne se contente pas de diagnostiquer, il exhorte. Mais l'apport de la lecture attitudinale est de nous prémunir contre une illusion. Tant que nous cherchons une recette du surhumain, un programme, une marche à suivre, c'est sans doute que nous n'avons pas quitté le terrain du dernier homme, qui veut le bonheur sur ordonnance. L'affirmation de la vie, si elle a un sens, ne se commande pas du dehors.
== Le surhumain et l'éternel retour ==
La figure du surhomme ne prend toute sa hauteur que rapportée à la pensée qui lui sert de pierre de touche, celle de l'éternel retour du même, ''ewige Wiederkunft''. Nietzsche en livre la formule la plus célèbre dans ''Le Gai Savoir'', sous le titre du « plus grand poids ». Un démon se glisse dans ta plus profonde solitude et te dit : cette vie, telle que tu la vis et l'as vécue, tu devras la revivre une fois encore et d'innombrables fois encore, sans rien de nouveau, chaque douleur et chaque joie revenant dans le même ordre. Te jetterais-tu à terre en maudissant le démon, ou aurais-tu connu un instant formidable où tu lui répondrais : tu es un dieu, et jamais je n'entendis rien de plus divin<ref>''Le Gai Savoir'', § 341, KSA 3, 570. L'aphorisme, par sa forme hypothétique (« et si un jour… »), pose moins une thèse cosmologique qu'une épreuve : une manière de mesurer son rapport à l'existence.</ref> ?
L'éternel retour fonctionne comme une épreuve, presque une pierre de touche éthique. Celui qui recule devant la perspective de revivre éternellement sa vie n'a pas encore surmonté le ressentiment contre le temps et contre le « ce fut ». Celui qui l'accueille avec joie, celui qui peut vouloir le retour de chaque instant, fût-il douloureux, celui-là a atteint l'''amor fati'', l'amour du destin. Dans une large part de la réception contemporaine, le surhumain se laisse alors comprendre comme la figure de l'affirmation, celle qui peut soutenir l'épreuve de l'éternel retour. On voit comment les deux pensées s'appellent. L'éternel retour fournit le critère, le surhumain en figure l'incarnation. Sans le retour, le dépassement risquerait de retomber dans le rêve d'un ailleurs meilleur, d'un progrès vers un terme ; avec lui, le dépassement se referme sur l'affirmation de cette vie-ci, voulue dans sa totalité. C'est cette articulation qui autorise Magnus à lire le surhumain comme l'incarnation de l'attitude affirmative, et non comme l'annonce d'un homme futur biologiquement supérieur<ref>Bernd Magnus, « Nietzsche's Philosophy in 1888 », p. 95-96. Le surhumain comme « disposition définitionnelle » de celui qui désire ardemment le retour de chaque instant.</ref>. Le surhomme n'est pas devant nous dans le temps de l'histoire ; il est, à chaque instant, devant chacun, comme la possibilité d'un certain oui. Que cette affirmation pleine soit difficile, peut-être la chose la plus difficile qui soit, la critique récente l'a justement rappelé<ref>Paul Katsafanas, « What Makes the Affirmation of Life Difficult ? », dans Keith Ansell-Pearson et Paul S. Loeb (dir.), ''The Cambridge Critical Guide to Nietzsche's Thus Spoke Zarathustra'', Cambridge, Cambridge University Press, 2022.</ref>.
== Un concept qui s'efface ? ==
Une difficulté embarrasse toute exposition du surhomme, et l'honnêteté commande de ne pas la masquer. Le mot apparaît en force dans le ''Zarathoustra'', entre 1883 et 1885, puis se raréfie. Dans les œuvres de 1888, il ne revient que de loin en loin. Bernd Magnus en a tiré une thèse qui a fait débat : à mesure que Nietzsche élabore la volonté de puissance, le surhumain perdrait de son importance, au point de devenir presque marginal dans la dernière philosophie<ref>Bernd Magnus, « Nietzsche's Philosophy in 1888 ». Magnus s'appuie notamment sur les travaux philologiques de Mazzino Montinari, qui ont reconstitué le statut des fragments posthumes de cette période.</ref>. La rareté statistique du terme inviterait à ne pas faire du surhomme la clé de voûte de l'œuvre, comme on l'a longtemps cru.
D'autres lecteurs nuancent ce constat. Le mot s'efface, mais la chose, disent-ils, demeure sous d'autres noms. Là où le ''Zarathoustra'' disait surhomme, la ''Généalogie de la morale'' parle de l'« homme de l'avenir ». Au terme de sa deuxième dissertation, Nietzsche annonce la venue d'un être qui nous délivrera du nihilisme :
<blockquote>Cet homme de l'avenir, qui nous délivrera de l'idéal régnant jusqu'ici comme de ce qui devait en naître, du grand dégoût, de la volonté de néant, du nihilisme […], cet Antéchrist et antinihiliste, ce vainqueur de Dieu et du néant, il faut qu'il vienne un jour.<ref>''La Généalogie de la morale'', deuxième dissertation, § 24, KSA 5, 336.</ref></blockquote>
Paul Loeb a soutenu que le surhomme se trouve là, dissimulé sous une autre désignation, et qu'il faut le chercher au cœur même de la ''Généalogie'', là où on l'attend le moins<ref>Paul S. Loeb, « Finding the Übermensch in Nietzsche's Genealogy of Morality », ''Journal of Nietzsche Studies'', n° 30, 2005. Loeb relie l'« homme de l'avenir » de la ''Généalogie'' à la figure du surhumain et à la pensée de l'éternel retour.</ref>. La querelle, on le voit, n'est pas seulement de vocabulaire. Elle engage la question de savoir si le surhomme est une doctrine centrale et continue, ou une figure rhétorique propre à un moment de l'œuvre, ce poème philosophique qu'est le ''Zarathoustra''.<ref>Pour une cartographie d'ensemble des lectures contemporaines, on se reportera à Keith Ansell-Pearson (dir.), ''A Companion to Nietzsche'', Oxford, Wiley-Blackwell, 2006.</ref>
Daniel Conway a porté l'interrogation plus loin encore, jusqu'à parler d'un « surmontement du surhomme ». Sa lecture du ''Zarathoustra'' est attentive à un fait souvent négligé : le personnage de Zarathoustra abandonne, en cours de route, sa propre doctrine du surhomme. Dans la première partie, il l'enseigne à la foule comme un rédempteur de l'humanité à venir, un surhomme « historique et universel ». Mais dans les parties suivantes, déçu par son échec à se faire entendre, il renonce à ce rôle de héraut et se replie sur une tâche plus modeste et plus sûre : se créer lui-même, dans le silence. « Les plus grands événements, ce ne sont pas nos heures les plus bruyantes, mais nos heures les plus silencieuses », rappelle Conway en citant Zarathoustra<ref>Daniel W. Conway, « Overcoming the Übermensch : Nietzsche's Revaluation of Values », ''Journal of the British Society for Phenomenology'', vol. 20, n° 3, 1989, p. 211-224. La citation de Zarathoustra est tirée de la deuxième partie, « De l'heure la plus silencieuse ».</ref>. Le surhomme, sur cette lecture, n'est pas le législateur cosmique qui « brise l'histoire en deux », mais l'homme qui s'accomplit en se transformant lui-même, sans fracas. Conway en tire une mise en garde politique que l'on retrouvera plus loin : glorifier le surhomme historique et universel, c'est ouvrir la porte à une foule de prétendants à ce titre, et l'histoire du vingtième siècle a montré quels désastres pouvaient s'autoriser de pareilles ambitions<ref>Conway, « Overcoming the Übermensch », p. 212-213. L'argument est que la dépendance à l'égard d'un sauveur surhumain reconduit la structure même du nihilisme que Nietzsche prétend combattre.</ref>.
On présentera donc le surhomme avec la prudence qu'imposent ces lectures. La figure est moins une doctrine arrêtée qu'un foyer de tensions, où s'éprouvent la critique du nihilisme, l'affirmation de la vie et la possibilité, pour l'homme, de se donner à lui-même son propre sens.
== Les mésententes ==
Peu de concepts philosophiques ont autant souffert de leurs interprètes. Il faut consacrer une section entière à dissiper les malentendus, non par souci de réhabilitation, mais parce que ces malentendus font eux-mêmes partie de l'histoire du concept et l'ont durablement déformé.
Le premier est le contresens darwinien et biologique. Beaucoup ont cru que le surhomme désignait une étape ultérieure de l'évolution, une espèce nouvelle qui succéderait à l'homme comme l'homme a succédé au singe. Nietzsche a explicitement écarté cette lecture, et avec une rare vivacité. Dans ''Ecce Homo'', revenant sur le mot du ''Zarathoustra'', il déplore qu'on l'ait compris « presque partout, en toute innocence », dans le sens de valeurs exactement contraires à celles qu'incarne Zarathoustra : comme un type « idéaliste » d'une humanité supérieure, mi-saint mi-génie, ou comme une notion darwinienne, ce dont il accuse « d'autres bestiaux savants » de l'avoir soupçonné<ref>''Ecce Homo'', « Pourquoi j'écris de si bons livres », § 1, KSA 6, 300. Nietzsche oppose son surhumain aussi bien à l'idéalisme qu'au culte du héros à la manière de Carlyle.</ref>. Le surhomme n'est pas le produit d'une sélection naturelle aveugle. S'il y a chez Nietzsche un vocabulaire de l'« élevage », ''Züchtung'', il ne se confond pas avec un programme racial au sens où le nazisme l'entendra. Il n'est pourtant pas purement métaphorique : Nietzsche y mêle des motifs d'éducation, de discipline et de sélection culturelle, mais aussi, par endroits, des formulations à la pente biologisante que l'on aurait tort d'effacer<ref>Sur cette ambivalence du motif de la ''Züchtung'', partagé entre formation culturelle et tentation biologisante, voir Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches « Der Antichrist »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2013.</ref>. Le rabattre sur un projet zoologique de fabrication d'une race, c'est cependant retomber dans le matérialisme plat que Nietzsche méprisait.
Le deuxième malentendu naît d'une confusion textuelle. On a souvent associé le surhomme à la « bête blonde », ''blonde Bestie'', expression de la ''Généalogie de la morale''. Or les deux notions n'ont rien à voir. La bête blonde y désigne, sur un mode descriptif et historique, la prédatrice indomptée des aristocraties guerrières archaïques, non l'idéal que Nietzsche propose à l'avenir. Importer la férocité de l'une dans la figure de l'autre, c'est commettre une erreur de lecture, hélas féconde dans la postérité<ref>Sur la distinction entre la « bête blonde » de la ''Généalogie'' et le surhumain, et sur l'amalgame que la propagande a entretenu entre les deux, voir le chapitre [[../Volonté de puissance|« La volonté de puissance »]], qui traite des mêmes contresens à propos de la puissance.</ref>.
Le troisième malentendu, le plus lourd de conséquences, est l'appropriation politique. Le surhomme a été enrôlé par l'idéologie nationale-socialiste comme caution d'un mythe racial. Cette captation doit beaucoup à la sœur de Nietzsche, Elisabeth Förster-Nietzsche, qui, après l'effondrement mental de son frère, administra l'œuvre, en orienta la réception et compila à partir des fragments posthumes un prétendu maître-livre, ''La Volonté de puissance'', dont l'édition critique de Colli et Montinari a établi qu'il ne correspondait pas aux intentions de Nietzsche<ref>Sur la fabrication de ce livre apocryphe et sur le travail philologique qui en a défait l'autorité, voir Mazzino Montinari, « Nietzsches Nachlass von 1885 bis 1888 oder Textkritik und Wille zur Macht », dans ''Nietzsche lesen'', Berlin, de Gruyter, 1982, ainsi que le chapitre [[../Volonté de puissance|« La volonté de puissance »]].</ref>. Magnus a rappelé, à propos des fragments les plus inquiétants sur une future « race de maîtres », deux choses qu'il ne faut jamais perdre de vue. D'abord, l'attention au statut des textes, publiés ou posthumes, et à leur contexte suffit le plus souvent à ruiner les lectures d'extrême droite. Ensuite, et c'est plus grave, aucun crime contre l'humanité n'a jamais été commis sous le nom du mal : le mal, comme l'observait Stanley Cavell, se pense toujours comme un bien, et c'est peut-être l'argument le plus fort contre l'idée d'un surhomme législateur incarnant simplement ses propres préférences<ref>Magnus, « Perfectibility and Attitude », p. 640, citant Stanley Cavell, ''Must We Mean What We Say ?'', New York, Scribner's, 1969, p. 136. Magnus, survivant de la Shoah, insiste sur le fait que la lecture « type idéal » du surhumain n'est pas toujours bénigne.</ref>. Le surhomme nietzschéen n'est ni antisémite ni nationaliste ; Nietzsche a rompu bruyamment avec l'antisémitisme de son entourage et tenu la nation pour une idole moderne. Mais la figure restait assez indéterminée pour qu'on pût la remplir d'un contenu qu'il aurait abhorré. C'est la rançon de son indétermination même.
Un quatrième malentendu, plus subtil, est d'ordre philosophique. Martin Heidegger a fait du surhomme une pièce de sa lecture de Nietzsche comme dernier métaphysicien : le surhumain y serait la figure du sujet de la volonté de puissance, l'homme qui prend possession de la terre et achève la métaphysique moderne de la subjectivité, accomplissant ainsi l'oubli de l'être. Wolfgang Müller-Lauter a soumis cette interprétation à une critique serrée, montrant ce qu'elle doit aux présupposés de Heidegger lui-même plus qu'aux textes de Nietzsche, et combien la pensée nietzschéenne de la pluralité des forces résiste à son unification sous le concept d'une volonté unique<ref>Wolfgang Müller-Lauter, « Das Willenswesen und der Übermensch. Ein Beitrag zu Heideggers Nietzsche-Interpretationen », ''Nietzsche-Studien''. Müller-Lauter relève l'« ambivalence » de l'interprétation heideggérienne, à la fois stimulante et violente envers le texte qu'elle commente, et renvoie aux analyses de Michel Haar, « Heidegger et le surhomme ».</ref>. La leçon vaut au-delà du cas Heidegger : le surhomme se prête aux projections, et chaque époque y a reconnu ses propres préoccupations.
C'est aussi ce qui rend délicate la dernière reprise du concept, celle des courants transhumanistes qui voient dans le surhomme l'annonce d'une humanité augmentée par la technique. Keith Ansell-Pearson a consacré une étude à ce voisinage, où il met en garde contre l'assimilation. Le surhumain de Nietzsche n'est pas une promesse technologique ; il interroge plutôt notre rapport au temps, à la finitude et à la transformation, et il n'est pas dit que l'évolution machinique réalise ce que Nietzsche appelait de ses vœux plutôt qu'elle ne perfectionne le dernier homme<ref>Keith Ansell-Pearson, ''Viroid Life : Perspectives on Nietzsche and the Transhuman Condition'', Londres, Routledge, 1997. Ansell-Pearson explore les résonances entre la vision nietzschéenne et les conceptions contemporaines de l'évolution, du biologique au technologique, sans céder à l'amalgame.</ref>.
== Ce qui demeure ==
Une fois écartés le héros de fiction, le mutant de l'évolution, le seigneur de guerre et l'emblème racial, que reste-t-il du surhomme ? Une figure, et une question. La figure est celle d'une humanité qui aurait cessé de chercher son sens dans un arrière-monde et l'aurait trouvé dans la terre, dans cette vie-ci, voulue assez fort pour en désirer le retour éternel. La question est celle que Zarathoustra lance à la foule : qu'avons-nous fait pour nous surmonter ? Elle ne réclame pas un programme mais un changement de rapport à soi et au monde.
On comprend mieux, au terme, pourquoi Nietzsche a laissé le surhomme dans une lumière incertaine. Un portrait précis l'eût trahi. Il en eût fait un nouvel idéal à imiter, une nouvelle idole, et donc l'exact contraire de ce qu'il visait : non pas une table de valeurs reçues, mais la capacité de créer ses propres valeurs. La vraie postérité du concept n'est donc pas dans les surhommes que l'histoire a cru reconnaître, et qui furent le plus souvent des derniers hommes armés. Elle est dans l'exigence qu'il maintient ouverte, contre toute installation : que l'homme est un pont et non un but, et qu'il n'a pas fini de se surmonter. Nietzsche a donné à cet instant de bascule le nom de grand midi, ''grosser Mittag'', l'heure où l'homme se tient au milieu de son chemin entre la bête et le surhumain et salue sa marche vers le soir comme sa plus haute espérance<ref>''Ainsi parlait Zarathoustra'', première partie, « De la vertu qui prodigue », § 3, KSA 4, 102. Le « grand midi » revient ensuite comme un leitmotiv dans tout le livre.</ref>. Midi n'est pas un terme atteint, mais le point le plus haut d'une course qui décline ensuite. L'image écarte une dernière fois l'idée d'un état final : il n'y a pas de surhomme déjà là, installé quelque part ; il y a seulement un dépassement à reprendre sans cesse.
À ceux qui demanderaient une recette, le ''Zarathoustra'' a déjà répondu, par avance, en montrant le dernier homme qui « cligne de l'œil ». Le surhomme n'est pas une réponse. Il est la forme que prend, chez Nietzsche, la question de savoir ce que nous pourrions devenir si nous osions être fidèles à la terre.
== Notes et références ==
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== Bibliographie ==
=== Sources primaires ===
* Friedrich Nietzsche, ''Sämtliche Werke. Kritische Studienausgabe'' (KSA), édition de Giorgio Colli et Mazzino Montinari, 15 volumes, Berlin et Munich, de Gruyter et dtv, 1967-1988.
* Friedrich Nietzsche, ''Ainsi parlait Zarathoustra'' (KSA 4).
* Friedrich Nietzsche, ''Le Gai Savoir'' (KSA 3).
* Friedrich Nietzsche, ''La Généalogie de la morale'' (KSA 5).
* Friedrich Nietzsche, ''Par-delà bien et mal'' (KSA 5).
* Friedrich Nietzsche, ''Le Crépuscule des idoles'', ''L'Antéchrist'', ''Ecce Homo'' (KSA 6).
=== Commentaires de référence ===
* Katharina Grätz, ''Kommentar zu Nietzsches « Also sprach Zarathustra ». I und II'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2024 (Historischer und kritischer Kommentar zu Friedrich Nietzsches Werken, vol. 4/1).
* Katharina Grätz, ''Kommentar zu Nietzsches « Also sprach Zarathustra ». III und IV'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2024 (vol. 4/2).
* Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches « Jenseits von Gut und Böse »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2016 (vol. 5/1).
* Andreas Urs Sommer, ''Kommentar zu Nietzsches « Der Antichrist », « Ecce homo », « Dionysos-Dithyramben », « Nietzsche contra Wagner »'', Berlin et Boston, de Gruyter, 2013 (vol. 6/2).
=== Études consacrées au surhomme ===
* Keith Ansell-Pearson, « Who Is the Übermensch ? Time, Truth, and Woman in Nietzsche », ''Journal of the History of Ideas'', vol. 53, n° 2, 1992, p. 309-331.
* Keith Ansell-Pearson, « Toward the Übermensch : Reflections on the Year of Nietzsche's Daybreak », ''Nietzsche-Studien'', vol. 23, 1994, p. 123-145.
* Keith Ansell-Pearson, ''Viroid Life : Perspectives on Nietzsche and the Transhuman Condition'', Londres, Routledge, 1997.
* Omri Ben-Zvi, « Why Should We Care About Nietzsche's "Higher Men" ? », ''European Journal of Philosophy'', vol. 25, n° 3, 2017, p. 638-656.
* Daniel W. Conway, « Overcoming the Übermensch : Nietzsche's Revaluation of Values », ''Journal of the British Society for Phenomenology'', vol. 20, n° 3, 1989, p. 211-224.
* Rudolf Koop, ''Gott und Übermensch in der Philosophie Friedrich Nietzsches''.
* Paul S. Loeb, « Finding the Übermensch in Nietzsche's Genealogy of Morality », ''Journal of Nietzsche Studies'', n° 30, 2005, p. 70-101.
* Bernd Magnus, « Perfectibility and Attitude in Nietzsche's Übermensch », ''Review of Metaphysics'', vol. 36, 1983, p. 633-659.
* Bernd Magnus, « Nietzsche's Philosophy in 1888 : The Will to Power and the Übermensch », ''Journal of the History of Philosophy'', vol. 24, n° 1, 1986, p. 79-98.
* Maurice Schuhmann, « Nietzsches Übermensch als Ideal für ein postmodernes Individuum : Überlegungen zur Problematik des atomisierten Individuums in der Postmoderne », ''Nietzscheforschung'', vol. 21, 2014, p. 75-88.
=== Études générales et lectures interprétatives ===
* Keith Ansell-Pearson (dir.), ''A Companion to Nietzsche'', Oxford, Wiley-Blackwell, 2006.
* Keith Ansell-Pearson et Paul S. Loeb (dir.), ''The Cambridge Critical Guide to Nietzsche's Thus Spoke Zarathustra'', Cambridge, Cambridge University Press, 2022.
* Babette Babich, « Nietzsche's Zarathustra and Parodic Style : On Lucian's Hyperanthropos and Nietzsche's Übermensch », ''Diogenes'', vol. 58, n° 4, 2013, p. 58-74.
* Arthur C. Danto, ''Nietzsche as Philosopher'', New York, Macmillan, 1965.
* Adrian Del Caro, ''Grounding the Nietzsche Rhetoric of Earth'', Berlin, de Gruyter, 2004.
* Robert Gooding-Williams, ''Zarathustra's Dionysian Modernism'', Stanford, Stanford University Press, 2001.
* Walter Kaufmann, ''Nietzsche : Philosopher, Psychologist, Antichrist'', Princeton, Princeton University Press, 1950.
* Mazzino Montinari, ''Nietzsche lesen'', Berlin, de Gruyter, 1982.
* Wolfgang Müller-Lauter, « Das Willenswesen und der Übermensch. Ein Beitrag zu Heideggers Nietzsche-Interpretationen », ''Nietzsche-Studien'', vol. 10, 1981, p. 132-192.
* Alexander Nehamas, ''Nietzsche : Life as Literature'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1985.
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